Révolution d’Octobre/90e: A quand un véritable bilan du communisme en France? (Will France ever learn the lessons of history?)

Besancenot & Guevara (presidential campaign, March 2007)Comment la Révolution française explique et justifie avec éclat l’héroïque histoire de la révolution russe, Ernest Labrousse (historien, titre de L’Humanité, 6 novembre 1921)

Apologie de l’ex-homme de main de Castro par un certain facteur de Neuilly

Béatification (certes relancée par un quelque peu distrait président) du soi-disant « résistant » Guy Môquet

Silence radio sur le défaitisme révolutionnaire et les compromissions de juin 40, les basses oeuvres, le financement et la collaboration active avec Moscou pendant toute la Guerre froide …

Non-reconnaissance de la famine organisée d’Ukraine (Holodomor) …

Non-réaction suite aux manifestations (1 mort, 44 blessés) et l’attaque informatique qui ont suivi le déboulonnage, dans la capitale estonienne, du monument au « soldat libérateur soviétique » …

Ou devant la multiplication des provocations dignes de la Guerre froide ainsi que le « refus de toutes les repentances » de l’ex-chef du KGB en train de s’incruster au-delà de ses mandats légaux à la tête de la Russie …

On l’a compris, en ce 90e anniversaire de la tristement fameuse « Révolution d’Octobre » qui, calendrier julien oblige, eut lieu en novembre …

Ce n’est pas du pays auto-proclamé des droits de l’homme où, malgré ses derniers 2% aux présidentielles (6 avec sa « relève » trotsko), la nostalgie pour « le grand soir » (avec tout ce qu’elle charrie d’anti-américanisme rotulien à la fois politique et culturel) est encore bien présente, notamment dans nombre de milieux intellectuels, qu’il faut attendre le véritable bilan de la plus funeste et sanglante idéologie de l’histoire.

Mais à nouveau, comme le montre le tour d’horizon de La Croix de ce matin, des premiers concernés, nos voisins d’ex-Europe communiste, qui tentent, tant bien que mal et le plus souvent sans nous, de gérer ce lourd héritage …

Mémoire contre mémoire dans l’ex-URSS
Alain Guillemoles
La Croix
2/11/07

90 ans après la révolution d’Octobre, les anciennes républiques soviétiques se partagent entre celles qui refusent toute remise en question et celles qui instruisent le procès du communisme.

Les unes campent sur leurs certitudes. Les autres revisitent le passé. Quatre-vingt-dix ans après la « grande révolution d’octobre », les pays issus de l’URSS réagissent en ordre dispersé et portent sur leurs années communistes un regard bien différent.

Quelques-unes des républiques nouvellement indépendantes de l’ex-URSS s’engagent dans une relecture de la période soviétique (1917-1991). C’est, par exemple, le cas de l’Ukraine sous l’impulsion du président Viktor Iouchtchenko, nationaliste modéré arrivé au pouvoir début 2005. Il s’est placé à la tête d’une campagne internationale visant à faire reconnaître comme un génocide la famine organisée, connue en Ukraine sous le nom de Holodomor.

Au début des années 1930, de 5 à 7 millions de paysans ukrainiens ont été tués par la faim, tandis que les brigades bolcheviques confisquaient le blé dans les campagnes. Il fut longtemps interdit d’évoquer cet épisode. Mais le nouveau pouvoir ukrainien est bien décidé à promouvoir sa reconnaissance comme l’un des grands drames du XXe siècle.

D’anciens membres de l’UPA décorés

La recherche historique a commencé, en Ukraine, sur le sujet. Un musée-mémorial doit être construit, un jour annuel de commémoration est organisé. La diplomatie ukrainienne a déjà obtenu une reconnaissance officielle des Parlements canadien, argentin, polonais et même du Congrès des États-Unis depuis 2003. Une proposition de loi circule également à l’Assemblée nationale française, déposée par le député du Nord Christian Vaneste (UMP).

De la même façon, Viktor Iouchtchenko a entrepris de faire reconnaître le statut d’anciens combattants aux soldats de l’UPA, l’armée insurrectionnelle ukrainienne qui s’est battue, dans l’Ouest, contre les Soviétiques jusque dans les années 1960. Elle a compté plus de 100 000 membres, dont la moitié a été tuée par l’armée soviétique.

Le régime communisme avait fait d’eux des criminels. Le 14 octobre dernier, le président ukrainien a décoré d’anciens membres de l’UPA, provoquant des manifestations organisées par les communistes à Kiev. Il y a eu une dizaine de blessés et une cinquantaine d’arrestations.

La Russie semble vouloir incarner la continuité

Ces batailles à propos de la mémoire sont parfois source de confrontations encore plus violentes. En Estonie, le gouvernement a donné l’ordre en avril dernier de démonter le monument au soldat libérateur soviétique érigé en 1947 au centre de Tallinn, la capitale.

Dans la nuit, les affrontements qui ont suivi la manifestation ont fait un mort et 44 blessés, dont 13 policiers. Un peu plus tôt, le porte-parole du ministère russe des affaires étrangères avait qualifié le déplacement de cette statue d’acte « blasphématoire et inhumain » tandis que le président de la Douma russe demandait la rupture des relations diplomatiques avec l’Estonie.

La Russie supporte en effet très mal toute remise en question du passé soviétique. Comme si elle prétendait incarner une forme de continuité. Dans la Russie de Poutine, le Parti communiste fait pourtant ses scores électoraux les plus bas depuis la fin de l’URSS. Mais le président russe joue en permanence d’une certaine forme d’ambiguïté, tentant d’incarner une impossible synthèse qui glorifie à la fois la Russie des tsars et celle des bolcheviks. Il est le président de la fierté nationale retrouvée.

Poutine se veut le président de tous les Russes

Alors il peut à la fois décorer l’écrivain anticommuniste Alexandre Soljenitsyne puis affirmer que l’effondrement de l’URSS fut « la plus grande catastrophe du XXe siècle ». Il peut approuver le retour des restes du général russe blanc Denikine vers sa terre natale et conserver dans son bureau le buste de Felix Djerzinski, le fondateur de la Tchéka, la police secrète qui fut l’ancêtre du KGB.

Vladimir Poutine se veut le président de tous les Russes ; descendant des rouges comme des blancs. Il incarne le refus de toutes les repentances. Avec lui, le mausolée de Lénine est demeuré sur la place Rouge. La Russie a célébré le soixantième anniversaire de la fin de la « Grande Guerre patriotique », le 9 mai 2005, en évitant soigneusement tout ce qui aurait pu écorner la figure de Staline.

Et toute recherche sur Katyn s’est arrêtée : les dossiers qui concernent ce massacre des officiers polonais par l’Armée rouge, au début de la Seconde Guerre mondiale, sont retournés aux archives. Ils ne sont pas près d’en ressortir.

Entre l’attitude de l’Ukraine ou des pays Baltes, qui optent pour un retour sur le passé, et l’attitude de la Russie, qui s’y oppose, il existe une troisième voie : celle des pays d’Asie centrale ou de l’Azerbaïdjan. Ici, on considère que les années communistes font partie d’une histoire subie.

Les nouvelles autorités nationales s’exonèrent donc par avance de toutes responsabilités pour les crimes commis au temps du communisme. Et peu importe si les dirigeants d’aujourd’hui sont d’anciens chefs du Parti communiste local, voire d’anciens hauts responsables du KGB comme Gaïdar Aliev, père et prédécesseur à son poste de l’actuel président d’Azerbaïdjan.

Le retour sur la période communiste se fait en ordre dispersé
En Asie centrale, de nouvelles dynasties sont en passe de se constituer. Elles s’appuient sur le culte de personnages à nouveau exhumés de l’histoire, à l’exemple de Tamerlan, dont une immense statue a été édifiée à Tachkent, capitale d’Ouzbekistan, remplaçant l’ancienne statue de Lénine, de façon à rendre aux Ouzbeks le sentiment d’une fierté retrouvée. De Tamerlan, on retient la figure du modernisateur, plus que du conquérant.

Au Turkménistan, le culte de la personnalité s’organise plutôt autour de l’ancien président Saparmurat Niazov, mort au printemps dernier. Cet ancien dirigeant communiste s’était proclamé « Turkmenbashi », le « Père de tous les Turkmènes ». Il avait changé le nom des mois du calendrier pour les remplacer par le prénom de sa mère ou de ses proches.

Il se voulait l’unique inspirateur d’une nouvelle idéologie nationale, au point d’avoir fait construire, dans la capitale, une statue de 12 mètres de haut, dorée à l’or fin, et qui tourne sur son socle en fonction de la course du soleil. Ici, une nouvelle figure autocratique s’est substituée aux anciennes, évitant toute remise en question.

Dans l’ancienne URSS, le retour sur la période communiste se fait donc en ordre dispersé, plus lentement qu’en Europe centrale. Des musées de la terreur communiste ont vu le jour en Roumanie, Hongrie… Ils ont eu le soutien des gouvernements. En Russie, quelques associations comme Mémorial ou la fondation Sakharov tentent de soutenir des recherches historiques sur les répressions.

Elles tentent aussi d’obtenir la création de monuments en hommage aux victimes du goulag, l’organisation d’expositions, l’édition de livres… Mais ces associations n’ont aucun soutien des pouvoirs publics. Quand leur travail n’est pas entravé. Aujourd’hui, la Russie n’a pas encore envie de se pencher sur la période communiste, trop préoccupée de son redressement économique et de son retour sur la scène mondiale. L’humeur n’est pas à l’autocritique. Cela viendra peut-être pour le centième anniversaire de la révolution d’Octobre. En 2017…

4 commentaires pour Révolution d’Octobre/90e: A quand un véritable bilan du communisme en France? (Will France ever learn the lessons of history?)

  1. […] Khomeny nous prépare un nouveau parti anticapitaliste avec un postier communiste-révolutionnaire (hagiographe patenté lui aussi de l’homme de main préféré du patron de la dernière prison à ciel ouvert […]

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  2. […] inégalités, modèle qui, nous semble-t-il, a déjà, avec les résultats que l’on sait, été essayé […]

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  3. […] sans parler d’un bilan toujours attendu d’un système qui n’a toujours pas eu son Nuremberg, “dénoncer […]

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  4. […] jeune militant écologiste contestant la construction d’un barrage dans le Tarn, nos zélotes de la philosophie la plus criminelle de l’histoire viennent jeter de l’huile sur le feu […]

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