Terrorisme islamique: L’enlèvement de missionnaires comme continuation du jihad par d’autres moyens (Korean martyrs: If they keep quiet, the stones will cry out)

Today's new martyrsJe vous le dis, si mes disciples se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19:40)
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. (…) je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Jésus (Matthieu 10:8-16)
Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre.
Ce n’était pas une erreur que d’aider les Afghans dans le besoin, mais c’était un erreur que de ne pas prendre en compte la sécurité. Les responsables évangélistes sont en train de reconsidérer notre travail missionnaire. Sung-Deuk Oak (UCLA)

3e pays chrétien d’Asie (près de 30% de la population), 16 000 missionnaires dans 170 pays, 2e pays missionnaire au monde après les Etats-Unis pour une population six fois moindre (49 contre 300 millions d’habitants) …

L’odieuse prise d’otages de 23 jeunes missionnaires et l’ignoble assassinat, après un en Irak il y a trois ans, de deux d’entre eux par les tortionnaires taliban l’été dernier ont révélé au monde l’incroyable ferveur missionnaire de cette population elle-même martyrisée il y a 50 ans par les taliban communistes de Kim Il Sung et ses maitres chinois et soviétiques.

Mais aussi hélas suscité l’incompréhension et la condamnation, en Corée même notamment à la sortie du film « Secret sunshine » mais aussi parmi les enfants gâtés de la démocratie que nous sommes devenus, pour une œuvre humanitaire et sociale mais aussi inséparablement politique (le christianisme étant, on l’oublie trop souvent, le vecteur historique, y compris en Corée même, des droits de la personne et de la liberté) aussi massive qu’indispensable.

Et surtout, comme le rappelle le responsable de l’Alliance Evangélique Allemande Albrecht Hauser sur le blogdei, risque non seulement de priver les populations déshéritées et martyrisées de la planète et notamment dans les pays musulmans d’une aide irremplaçable (qui n’exclut bien sûr pas la prudence) mais d’encourager les jihadistes à étendre à d’autres endroits leur œuvre de terreur et de mort

L’enlèvement de missionnaires bientôt nouvelle parade des islamistes dans le monde? Retour sur la situation de L’Afghanistan
Nicolas
Blogdei
6 sep 2007

Les organisations chrétiennes devraient-elles se retirer d’Afghanistan ? Un expert chrétien évangélique explique qu’un retrait serait une véritable tragédie pour les Afghans.

Ce serait effectivement une tragédie pour le peuple Afghan de voir les organisations chrétiennes se retirer d’Afghanistan à la suite des récents enlèvements. Un retrait ne serait pas seulement tragique pour les centaines de travailleurs et familles employés par les organisations chrétiennes, mais, plus important encore, pour les milliers de citoyens qui bénéficient des structures mises en place en matière d’éducation, de santé et d’économie.

Albrecht Hauser, président du Comité Islamique auprès de l’Alliance Evangélique Allemande, s’exprime dans une interview avec l’Agence évangélique Idea. Hauser était lui-même très actif dans le développement de projets en Afghanistan il y a 30 ans.

Malgré le risque d’enlèvements ultérieurs et l’accord conclu suite aux négociations entre des officiels Sud-Coréens et les Talibans – qui ont accepté de libérer les 19 otages sud-coréens détenus en Afghanistan – Hauser pense que la plupart des organisations chrétiennes resteront en place.

Elles ont déjà travaillé en Afghanistan sous le régime Taliban. Ce qui inquiète Hauser, c’est que l’accord conclu par les négociateurs Sud-Coréens – le rappel des soldats et des missionnaires chrétiens avant la fin de l’année – pourrait inciter certains Islamistes à des exigences similaires dans d’autres endroits ciblés. Des manuels encourageant l’enlèvement sont déjà publiés sur Internet.

Hauser exprime toute sa joie concernant la libération le 30 août des derniers otages Coréens. 23 membres de l’Eglise Presbytérienne de Bandung avaient été enlevés le 19 juillet sur le chemin de leurs institutions sociales, où ils travaillaient aux projets d’aide et d’assistance dans la province afghane de Ghazni

Les Talibans ont tué deux hommes et relâché deux femmes. Après les pourparlers avec les officiels sud-Coréens, les autres otages ont été libérés par petits groupes, cependant que le gouvernement Afghan n’a pas encore satisfait à la demande de libération des prisonniers Talibans.

La Corée du Sud a été critiquée pour avoir négocié avec des terroristes, ce qui peut avoir pour résultat d’augmenter l’influence politique des Talibans. L’accord conclu peut inciter à d’autres enlèvements de Chrétiens.

L’Organisation Chrétienne humanitaire Ora International n’envisage pas de quitter l’Afghanistan. La directrice administrative à Kabul, Christina Meier, a été enlevée récemment et libérée 36 heures plus tard. Elle est depuis lors retournée en Allemagne, son pays d’origine.

Au cours d’un programme télévisé, produit par Idea Television, le porte-parole de l’organisation, Ulf Bauman, interviewé sur le sujet, a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de rapatrier les travailleurs de son Organisation. Il s’agit de 20 personnes réparties dans le monde entier avec leurs familles, travaillant à des projets humanitaires. Leur sécurité a été cependant resserrée.

Bauman met l’accent sur le côté entièrement humanitaire des projets de développement dans lesquels l’Organisation Ora s’est engagée en Afghanistan qui comprennent entre autres deux cliniques, l’information et la prévention VIH-Sida, des programmes d’éducation et des projets de microéconomie pour les femmes (à l’échelle individuelle).

Voir aussi:

A Séoul, la Fédération coréenne des musulmans a lancé des appels à ses « frères d’Afghanistan » pour que, « au nom de l’islam », la vie des évangélistes soit épargnée. Mais le drame suscite aussi des polémiques. Des intellectuels, des diplomates et de nombreux éditorialistes sud-coréens doutent de « l’influence spirituelle » d’un certain nombre d’églises évangéliques sud-coréennes, fer de lance du combat pour la démocratie durant les années de dictature …

« On constate un mouvement de l’islam, très dynamique, en direction de pays d’ancienne tradition chrétienne comme la Côté d’Ivoire, le Bénin ou la Togo. Des méthodes parfois radicales sont employées dans ces contrées par des groupes liés aux wahhabites, aux salafistes ou aux Frères musulmans. » Mais les « mouvements du réveil » protestants, ne sont pas en reste, qui évangélisent aussi bien les catholiques que les musulmans. « Beaucoup d’entités ecclésiales viennent des États-Unis comme la Foursquare Church, très décentralisée », note Jean-Pierre Dozon. « Mais on note aussi le développement d’Églises d’origine africaine qui exportent leurs propres missionnaires sur le continent, depuis le Ghana ou le Nigeria. »

Les missionnaires protestants venus d’Amérique du Sud ne sont pas en reste. « L’Église universelle du Royaume de Dieu », d’origine brésilienne, s’est ainsi d’abord développée dans les pays lusophones comme l’Angola ou le Mozambique, puis dans des contrées anglophones. Depuis peu, certaines de ces Églises chrétiennes sont parvenues à s’implanter dans des pays à majorité musulmane comme le Niger, le Mali ou le Sénégal. Jean-Pierre Dozon (Directeur d’étude à l’École des hautes études en science sociale)

L’Eglise Coréenne envoie 16 000 Missionnaires dans 170 pays

Nouvelobs.com
12 août 2007

Ils avaient été prévenus. Sinon eux-mêmes personnellement, du moins les responsables de ces Églises protestantes coréennes qui se sont spécialisées dans l’évangélisation des terres à majorité musulmanes, qu’elles soient en Asie ou au Proche-Orient. Depuis la décapitation du traducteur coréen Kim Sun-il en juin 2004, en Irak – où il souhaitait transmettre la Bonne Nouvelle – le gouvernement de Séoul n’a cessé de mettre en garde ses ressortissants. Encore en février dernier le ministère des Affaires étrangères sud-coréen avait averti ses citoyens voyageant en Afghanistan pour des missions chrétiennes ou humanitaires, des risques qu’ils encouraient d’être enlevés.

Mais les croyants coréens n’ont cure du danger. L’été dernier, ils avaient souhaité organiser une sorte de « festival de la paix » du côté de Kaboul en présence de plus d’un millier de missionnaires. Ce n’est que devant l’ampleur des menaces qu’ils avaient finalement renoncé à leur folle entreprise.

Aussi déterminés que ces protestants presbytériens qui sillonnaient les terres les plus hostiles au XIXe siècle, les Coréens considèrent fièrement leur communauté presbytérienne comme la plus importante au monde. On estime à plus de 15 000 le nombre de missionnaires chrétiens coréens qui évangélisent hors de leurs frontières, majoritairement en Asie, et plus particulièrement en Asie centrale et en Russie. Leur présence est également notoire en Chine.

Si, en 1784, les catholiques arrivent les premiers en Asie, où ils s’apprêtent à subir près d’un siècle de persécutions, la première église protestante a, elle, été bâtie en 1884 par des missionnaires américains. Depuis le début de l’occupation japonaise de la Corée en 1910, le protestantisme a doublé tous les dix ans. Il est aujourd’hui bien placé sur la liste des confessions nationales. Les chrétiens, intégrant les croyances religieuses locales, ont apporté avec eux les valeurs des droits de l’homme et de la démocratie. Ils ont souvent été aux avant-postes des luttes pour l’indépendance.

Les missionnaires coréens sont désormais les plus nombreux, après leurs homologues américains. Les uns et les autres partagent nombre d’attitudes et de desseins.

Ces évangélistes sud-coréens missionnés en terre d’islam

D’aucuns parmi les Coréens évoquent déjà un véritable chemin de croix. La tragédie des 23 otages sud-coréens enlevés par les talibans, en Afghanistan, constitue une des plus graves crises à laquelle ait été confrontée l’Eglise protestante sud-coréenne. Ce sont des humanitaires mais, avant tout, des fidèles. Tous appartiennent à l’Eglise Saemmul (littéralement « source ») de Pundang, ville nouvelle apparue dans la grande banlieue de Séoul dans les années 90. L’émoi est d’autant plus grand que la Corée du Sud est le troisième pays chrétien d’Asie – continent qui abrite des dizaines de millions de protestants. Un tiers de la population est aujourd’hui chrétienne et affiliée principalement à des Eglises protestantes.

A Séoul, de nombreuses Eglises s’activent à aider des transfuges nord-coréens à s’intégrer au Sud ou à tenter une vie nouvelle ailleurs. Parfois même en. Corée du Nord. Car, après les avoir convertis à l’Evangile, certaines Eglises sud-coréennes parviendraient à renvoyer au Nord des réfugiés chargés à leur tour d’aller évangéliser, une bible sous le bras, les âmes du régime de Pyongyang.

Relais

On estime que, à l’heure actuelle, 16 000 protestants sud-coréens accompliraient des œuvres humanitaires dans près de 170 pays. Durant l’été 2006, bravant tous les risques, les Eglises protestantes sud-coréennes ont réussi à envoyer quelque 2 000 évangélistes à Kaboul, chacun muni d’un visa de touriste, invités par un « Institut pour la culture et le développement asiatique », d’obédience protestante. L’information a été confirmée depuis par un responsable du ministère des Affaires étrangères afghan. Les riches Eglises sud-coréennes ne sont pas qu’influentes en leur pays. Elles disposent d’efficaces relais dans le monde entier.

Guidés par Bae Hyung-kyu, un pasteur expérimenté de 42 ans, les 23 volontaires sud-coréens envoyés cet été en Afghanistan ont entre vingt et trente ans. La mission a viré au drame sur la route entre Kaboul et Kandahar. Leur chef a été exécuté le premier et, avant-hier, les talibans ont tué un deuxième otage. Depuis, les Sud-Coréens retiennent leur souffle.

Intellectuels.

Tout le pays prie pour que les autres membres du groupe, parmi lesquels 16 femmes, aient la vie sauve. A Séoul, la Fédération coréenne des musulmans a lancé des appels à ses « frères d’Afghanistan » pour que, « au nom de l’islam », la vie des évangélistes soit épargnée. Mais le drame suscite aussi des polémiques. Des intellectuels, des diplomates et de nombreux éditorialistes sud-coréens doutent de « l’influence spirituelle » d’un certain nombre d’églises évangéliques sud-coréennes, fer de lance du combat pour la démocratie durant les années de dictature, et aujourd’hui apôtres d’idéologies conservatrices. Bien qu’à but humanitaire le prosélytisme protestant dans des pays islamiques tels que l’Afghanistan a-t-il un sens alors que les groupes radicaux, mais aussi une partie importante de la population, y sont hostiles ?

Dogmes.

De nombreux médias sud-coréens rappellent que les 23 volontaires ont bravé les mises en garde répétées des autorités de Séoul sur les risques de telles évangélisations. Sans remettre en cause leurs dogmes et pratiques, des Eglises évangéliques commencent ces derniers jours à s’interroger sur les périls de telles missions. Le pasteur de l’Eglise Saemmul a présenté lundi ses excuses au pays pour les « soucis » causés par l’envoi de son groupe de fidèles.

L’Afrique, l’autre continent

Pour ces églises évangélistes, c’est le musulman qu’il s’agit le plus souvent de convertir. Et en dehors de l’Asie, c’est l’Afrique – l’autre continent où le christianisme est en hausse – qu’il convient d’évangéliser.

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

Directeur d’étude à l’École des hautes études en science sociale (EHESS), Jean-Pierre Dozon observe ce phénomène africain depuis de longues années. « On constate, dit-il, un mouvement de l’islam, très dynamique, en direction de pays d’ancienne tradition chrétienne comme la Côté d’Ivoire, le Bénin ou la Togo. Des méthodes parfois radicales sont employées dans ces contrées par des groupes liés aux wahhabites, aux salafistes ou aux Frères musulmans. » Mais les « mouvements du réveil » protestants, ne sont pas en reste, qui évangélisent aussi bien les catholiques que les musulmans. « Beaucoup d’entités ecclésiales viennent des États-Unis comme la Foursquare Church, très décentralisée », note Jean-Pierre Dozon. « Mais on note aussi le développement d’Églises d’origine africaine qui exportent leurs propres missionnaires sur le continent, depuis le Ghana ou le Nigeria. »

Les missionnaires protestants venus d’Amérique du Sud ne sont pas en reste. « L’Église universelle du Royaume de Dieu », d’origine brésilienne, s’est ainsi d’abord développée dans les pays lusophones comme l’Angola ou le Mozambique, puis dans des contrées anglophones. Depuis peu, certaines de ces Églises chrétiennes sont parvenues à s’implanter dans des pays à majorité musulmane comme le Niger, le Mali ou le Sénégal. « Les musulmans ou les chrétiens protestants qui emploient tous le même vocabulaire tiré du registre des croisades, ajoute Jean-Pierre Dozon, se développent par leur prise en charge des secteurs de l’éducation et de la santé, laissés à l’abandon par les gouvernements. »

Voir également:

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

La crise des otages afghans force les évangélistes coréens à repenser leur envoi de missionnaires à l’étranger

Les bancs de l’auditorium de 12.000 places sont remplis pour les offices dominicaux et la ligne d’horizon de la capitale est embrasée par des néons rouges en forme de croix.

Ceux qui ne sont pas dans la Yoido Full Gospel Church – la plus grande communauté protestante du monde – peuvent suivre les sermons en ligne traduits dans 16 langues.

La Corée du Sud est marquée par une ancienne tradition bouddhiste. Mais les évangélistes sont en train de faire du christianisme la religion dominante de la nation.

Le travail missionnaire coréen, seulement deuxième en importance après les Eats-Unis, fait en effet de nombreux convertis.

Mais l’enlèvement de 23 volontaires chrétiens coréens en Afghanistan le 19 juillet dernier, force les communautés chrétiennes à repenser leur politique.

Ces dernières années, des centaines de volontaires ont en effet été renvoyés d’Afghanistan, d’Egypte et de Chine, tandis que d’autres ont été emprisonnés ou même tués en Irak. Certains poursuivent leur oeuvre en Somalie, même si l’accès de ce pays est interdit par le gouvernement coréen.

Deux des otages en Afghanistan – un ecclésiastique et un autre homme – ont été tués et abandonnés sur le bord de la route. Le destin des cinq hommes restants et des 16 femmes, demeure incertain.

Les évangélistes coréens et les proches des otages affirment que les volontaires travaillaient à des projets humanitaires et n’évangélisaient pas.

Ils ont principalement entre vingt et quarante ans, et étaient membres de la communauté Presbyterian Saemmul Community Church, qui compte près de 3.800 fidèles dans la ville de Bundang, située au sud de Séoul.

Beaucoup suivaient ensemble des cours d’école biblique et travaillaient comme infirmières, professeurs, musiciens, ingénieurs et coiffeur avant de partir pour l’Afghanistan à l’occasion d’un voyage organisé par la fondation coréenne Korean foundation for World Aid, une agence non-gouvernementale suivant des principes chrétiens, et dirigé par un pasteur.

Ils étaient ainsi 16.616 Coréens du Sud dans 173 pays en janvier dernier, selon l’Association Korea World Missions Association.

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

Les missionnaires coréens sont formés auprès de centres de théologie aux Etats-Unis, qui les forment à travailler dans des environnements potentiellement hostiles en enseignant la culture et la religion plus qu’en prêchant.

« Beaucoup de pasteurs, théologiens et professeurs de séminaires ont été formés aux Etats-Unis », déclare Sung-Deuk Oak, un professeur adjoint de christianisme coréen à l’Université UCLA.

« Ce n’était pas une erreur que d’aider les Afghans dans le besoin, mais c’était un erreur que de ne pas prendre en compte la sécurité », estime-t-il. « Les responsables évangélistes sont en train de reconsidérer notre travail missionnaire ».

Séoul accueille onze des douze plus grandes communautés chrétiennes, Yoido incluse, qui commença les cours bibliques dans une tente en 1958 et compte maintenant 800.000 membres et dont l’objectif est d’obtenir 5.000 églises dans le monde d’ici 2010.

Voir aussi:

Tout le monde ne pleure pas sur le sort des otages
Chon Kyong-ung
Freezonenews
Traduit par Courrier international
2 août 2007

Les 23 Sud-Coréens retenus par les talibans étaient venus en Afghanistan comme missionnaires évangéliques. A Séoul, cette affaire ravive la lutte sourde qui oppose les Eglises protestantes et une part de l’opinion publique.

L’Afghanistan n’a plus connu le calme depuis 1979. Après que les Soviétiques l’ont entraîné dans une guerre qui a duré dix ans, une lutte armée fratricide s’est engagée entre les différentes factions. Après les attentats du 11 septembre 2001, les Américains et leurs alliés ont envahi le pays, évinçant du pouvoir les talibans, qui, mieux organisés depuis quelque temps, continuent à résister. Cette situation ne dissuade pas des milliers de voyageurs, journalistes, missionnaires et humanitaires de s’y aventurer. D’après le ministère des Affaires étrangères sud-coréen, avant l’enlèvement de ses 23 ressortissants le 19 juillet dernier, 200 Sud-Coréens allaient tous les mois en Afghanistan sans être inquiétés. [Le 25 juillet, un des otages – un pasteur – a été exécuté par balles. Après l’ultimatum du 30 juillet, les négociations se poursuivaient.]

Il est d’usage partout dans le monde qu’avant de se rendre dans une région afghane, on se renseigne pour savoir quels sont les dangers auxquels on peut être exposé. Quand le déplacement est jugé indispensable, on informe son gouvernement ou les autorités locales de son emploi du temps. De telles précautions n’étaient visiblement pas dans les habitudes des organisations sud-coréennes. Quant au ministère des Affaires étrangères, craignant d’être accusé d’entrave à la liberté, il n’aurait guère cherché à dissuader ou à mettre en garde ses ressortissants. Le sud de l’Afghanistan, où les talibans livrent des combats contre la Force internationale d’assistance à la sécurité, est particulièrement redouté et le district de Qarabagh, dans la province de Ghazni [au sud-ouest de Kaboul], où les Sud-Coréens ont été enlevés, en fait partie. Il semble qu’ils n’aient pas pris, avant de quitter Séoul, suffisamment de renseignements sur les risques courus dans cette région.

Quant à la presse coréenne, elle n’est pas innocente non plus dans cette affaire. Elle faisait volontiers la publicité des humanitaires, qui, de retour au pays, racontaient fièrement leurs hauts faits d’armes. Les vingt-trois malheureux évangéliques se sont probablement rendus à Kaboul en se disant que d’autres en étaient revenus sains et saufs. Peu au fait en matière de politique internationale, ils pensaient sûrement que l’Afghanistan était comme la Corée du Sud, en plus pauvre. La Fondation coréenne pour l’aide internationale [organisme protestant], qui a organisé ce voyage, gère depuis cinq ans des écoles maternelles et des hôpitaux à Kaboul, mais elle a omis de prévenir les missionnaires des divers incidents survenus dans le passé. L’Eglise Saemmul, à laquelle les otages appartiennent, est restée tout aussi discrète sur les questions de sécurité. Personne dans ce pays n’a prêté attention à ce voyage.

Inculquer une conception simpliste du christianisme

Que pense aujourd’hui la population coréenne ? L’opinion publique semble avant tout remontée contre les évangéliques. Alors que la presse a déclaré qu’il ne s’agissait pas de missionnaires, mais de simples humanitaires, les internautes s’en sont pris à l’Eglise et aux victimes, aveuglées selon eux par le désir d’évangéliser, au point que la Maison bleue [présidence de la République] a dû intervenir pour calmer le jeu. Pourquoi tant de reproches à l’adresse de ces malheureux compatriotes ? Introduit en Corée après le traité de 1882 avec les Etats-Unis, le protestantisme a connu une expansion fulgurante aux alentours de la guerre de Corée [1950-1953]. Le puritanisme et le messianisme ont accompagné la modernisation du pays et contribué à maintenir de bonnes relations avec le monde occidental, représenté par les Etats-Unis. Or, depuis quelque temps, les Eglises protestantes font l’objet de critiques dans le pays. Les temples sont accusés de se livrer à une concurrence exacerbée pour attirer toujours plus d’adeptes au lieu de venir au secours des plus pauvres. Les plus extrémistes de ces protestants détruisent les statues de Tangun [fondateur légendaire de la Corée] et du Bouddha, diabolisent les autres religions et arrêtent les passants dans les rues pour leur inculquer une conception simpliste du christianisme : “Si tu crois en Jésus, tu vas au paradis, sinon en enfer.”

La répulsion vis-à-vis des non-croyants s’est accrue avec la multiplication des affaires de corruption et des délits impliquant des personnes appartenant à ces Eglises. Trop de temples, des pasteurs obsédés par le pouvoir, le sentiment de supériorité des fidèles, leur ignorance et leur mépris à l’égard des autres religions et une évangélisation digne d’une croisade : les antiprotestants sud-coréens ne semblent pas manquer d’arguments. Mais leurs attaques verbales sont d’une extrême virulence et ignorent la modération. Heureusement, ils ne semblent pas être aussi violents dans la vie que sur la Toile.

Statistiques
Selon le recensement de 2005, 18,3 % des Coréens se déclarent protestants et 10,9 % catholiques. Les différents courants protestants sud-coréens sont aujourd’hui présents dans 173 pays, grâce à 16 600 missionnaires, ce qui fait de la Corée du Sud le deuxième pays “exportateur” de militants évangéliques [ ?].

Voir enfin:

L’Eglise protestante en état de crise
Kwon Hyok-ryul
Hankyoreh
Traduit par Courrier international
24 août 2006

Jadis fer de lance du combat pour la démocratie, aujourd’hui proche des évangéliques américains, elle joue désormais la carte d’un conservatisme dur. Et perd peu à peu ses fidèles.

Pendant la dictature, l’Eglise protestante fut en Corée du Sud l’un des porte-drapeaux de la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme. Or, depuis quelques années, elle apparaît sous un tout autre jour. En 2002, alors que les rassemblements aux bougies se multipliaient pour rendre hommage aux deux jeunes filles victimes d’un accident provoqué par un char piloté par des soldats américains stationnés dans le pays, certains pasteurs avaient réuni des fidèles devant l’hôtel de ville de Séoul pour protester contre l’antiaméricanisme et s’opposer au retrait des troupes des Etats-Unis du territoire national. Que s’est-il passé en vingt ans pour que cette Eglise devienne un soutien de la droite conservatrice ? D’après les résultats du recensement de la population réalisé en 2005, récemment publiés, le pays compterait désormais 8,62 millions de protestants, soit 1,6 % de moins qu’il y a dix ans, alors que le nombre des bouddhistes aurait augmenté de 3,9 % [10,73 millions de personnes] et celui des catholiques de 74,4 % [5,15 millions].

Les dirigeants s’accrochent à une doctrine désuète

Ce recul a été diversement commenté par les intéressés. Pour Pak Kyong-jo, président de l’Association des temples protestants de Corée, “c’est l’occasion pour nous de réfléchir”, tandis que O Tok-gyo, le doyen de la faculté de la théologie Hapdong, déclare ne pas comprendre et se demande “si le recensement n’a pas été truqué, compte tenu du fait que les autorités actuelles n’ont pas de sympathie pour notre Eglise”. Pour l’expliquer, les avis sont partagés. Les plus radicaux estiment que l’évangélisation et le salut de l’âme ont été sacrifiés à l’engagement social et à la théologie libérale ; les progressistes ou modérés pensent au contraire que l’Eglise protestante a perdu la confiance des gens, à force de négliger ses responsabilités sociales. “Pourquoi y a-t-il de moins en moins de fidèles, alors que l’Eglise protestante dispose de beaucoup plus de prédicateurs passionnés que les autres religions ?” se demande Ryu Sang-tae, ancien pasteur du lycée Taekwang, avant de répondre que “ses dirigeants continuent à s’accrocher à des croyances primaires du genre ‘Jésus et le paradis, sinon l’enfer’ et à une doctrine désuète”.

Il semble certain que cette institution subit une crise, du fait de la baisse non seulement du nombre des fidèles, mais aussi de son influence au sein de la société au moment où l’on assiste à une montée d’un sentiment antiprotestant. L’Association des chrétiens pour la réforme de l’Eglise montre du doigt une certaine dégradation morale au sein de cette dernière, qui l’aurait discréditée. En effet, plusieurs scandales de succession de pastorat et d’abus de biens sociaux ont éclaté ces dernières années, et des affaires d’abus sexuels commis par des religieux sur des fidèles éclaboussent régulièrement l’Eglise protestante.

L’échec d’un parti créé sur le modèle américain

Ce qui n’a pas empêché l’Eglise protestante sud-coréenne, toujours sûre d’elle-même grâce au nombre encore très élevé de ses adeptes, de créer, en 2004, un parti politique sur le modèle américain de la Christian Coalition fondée par Pat Robertson [télévangéliste proche de la famille Bush], qui s’est beaucoup impliquée dans la politique en s’efforçant d’imposer des valeurs chrétiennes en collaboration avec le Parti républicain et en s’opposant à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’islam. La tentative en Corée du Sud s’est soldée par un échec retentissant, ce parti n’ayant obtenu que 1,1 % lors des législatives de 2004. Au lieu de chercher les raisons de cette défaite en son sein, l’Eglise protestante s’est mise à critiquer l’atmosphère régnant dans la société sud-coréenne, qu’elle juge trop favorable à la Corée du Nord antiaméricaine et antiprotestante. Elle a donc poursuivi son action sans se remettre en question.

Les spécialistes des religions expliquent cette tendance conservatrice par le sentiment de crise provoqué par la défection des fidèles. Estimant que la tendance progressiste au sein de la société sud-coréenne, accélérée par les mouvements de citoyens depuis la démocratisation entamée en juin 1987, secoue sa base sociale, cette Eglise se montrerait encore moins tolérante et plus agressive. Où est donc passée l’Eglise protestante d’autrefois, celle qui était à la tête des revendications pour la démocratisation et les droits de l’homme ? Après la chute de la dictature militaire, alors que les militants protestants qui avaient perdu leur ennemi commun se sont rapidement dispersés pour s’adonner à diverses activités, les extrémistes, qui avaient été plutôt discrets jusque-là, ont fait leur apparition pour former un groupe conservateur hostile aux changements de la société. De plus, les évangélistes remettent depuis quelque temps au goût du jour leur vieille hantise de voir la société basculer à gauche.

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