Esclavage: Les Peaux-rouges aussi! (Indians had slaves, too!)

15 septembre, 2007
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/c/c9/Two_Black_Indians.jpghttp://africandiasporastudent.files.wordpress.com/2013/08/blackslavesindianmasters.jpgL’homme sauvage, quand il a dîné, est en paix avec toute la nature, et l’ami de tous ses semblables. S’agit-il quelquefois de disputer son repas? Il n’en vient jamais aux coups sans avoir auparavant comparé la difficulté de vaincre avec celle de trouver ailleurs sa subsistance et comme l’orgueil ne se mêle pas du combat, il se termine par quelques coups de poing. Le vainqueur mange, le vaincu va chercher fortune, et tout est pacifié, mais chez l’homme en société, ce sont bien d’autres affaires; il s’agit premièrement de pourvoir au nécessaire, et puis au superflu; ensuite viennent les délices, et puis les immenses richesses, et puis des sujets, et puis des esclaves… Rousseau (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1754)
Les travaux des historiens et des anthropologues, ont montré que dans les sociétés indiennes, avant la conquête par les Européens, l’esclavage était une pratique courante. Les captifs de guerre entre tribus indiennes pouvaient d’abord être soumis à la torture, ou tués, pour venger les guerriers morts. D’autres sont adoptés, prenant alors la place d’un mort dans une famille, mais ils sont en fait au service de la famille. Enfin, la dernière catégorie de prisonniers entre dans la catégorie inférieure d’esclaves. Cela se voit au vocabulaire : ils sont assimilés aux animaux, en particulier aux chiens. Ces esclaves effectuent des tâches dégradantes. Les chefs locaux, pour montrer leur puissance, cherchent ainsi à avoir le plus possible d’esclaves. Il faut signaler enfin que les Cherokees de la côte Est des États-Unis achèteront même des Noirs aux XVIIIe siècle, et revendront les esclaves fugitifs aux colons américains du Sud. Chassés par les Américains de leur territoire en 1838, ils partiront avec leurs esclaves noirs s’installer dans l’Oklahoma et pendant la guerre de Sécession entre le Nord et le Sud (1861-1865), ils soutiendront la cause sudiste contre l’abolition. Philippe Jacquin

Comme d’habitude (on va dire que je me répète), l’intéressant dans les scandales, c’est ce qu’ils permettent de découvrir sur ce qui passait jusque là pour la normalité …

Qui aurait cru que nos gentils indiens, éternelles victimes du prétendu génocide américain, avaient eux aussi des esclaves?

Et qu’ils pouvaient même, eux aussi, passer des lois de purification raciale, comme la tribu cherokee d’Oklahoma qui vient de voter l’expulsion des descendants d’esclaves (noirs donc) qui vivent encore en son sein ?

Ainsi (re)découvre-t-on, au delà de l’esclavage « interne » (comme les guerres de collecte de prisonniers pour les sacrifices humains) que pratiquaient au nord comme au sud du continent américain et bien avant l’arrivée des Blancs la plupart des tribus amérindiennes …

Que nombre de tribus indiennes du Sud américain, notamment les « Cinq tribus civilisées » : Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Creek, Seminole) avaient poussé la « civilisation », au-delà des maisons à l’européenne et des plantations, jusqu’à… la possession d’esclaves noirs (révoltes et « underground railroad » compris!).

Et qu’après leur affranchissement, nombre de ces derniers étaient restés dans les réserves, certains s’intermariant avec leurs anciens maitres.

Comme ces jusqu’ici obscurs Freedmen (qui sait même aujourd’hui, au-delà des marques de jeans ou de 4/4, les racines cherokee de Jimmy Hendrix ou Johnny Depp?), mélange de descendants d’esclaves et de ces mariages intercommunautaires d’une tribu cherokee d’Oklahoma (250 000 sur un total évalué à 5-7 millions de descendants répartis entre Oklahoma et Caroline du Nord, mais aussi Géorgie, Alabama, Arkansas, Missouri et Tennessee) …

Qui venaient en décembre dernier de récupérer, par les voies de la justice (et à coup de tests ADN!), le droit de vote que la tribu leur avait interdit en 1983 et qui se voient aujourd’hui menacés, avantages et subventions (santé, logement, bourses) obligent et via un changement constitutionnel voté il y a à peine une semaine, d’expulsion de ladite tribu.

Sauf qu’on voit mal (comme oublie de le rappeler l’article rapide de Libération – mais Le Monde et Le Figaro ne prennent même pas la peine d’en parler), ce qu’ au-delà des surenchères électorales, les Cherokees gagneraient à cette expulsion qui leur ferait risquer, comme pour les Seminoles il y a quatre ans, leur statut hautement rémunérateur de « Nation ».

Les Noirs exclus par les Cherokees
Libération
Le 5 mars 2007

Les Cherokees ont décidé d’exclure de leur nation les descendants des anciens esclaves noirs. Selon des résultats rendus publics dimanche, 77 % on voté en ce sens. Les Cherokees, deuxième nation indienne des Etats-Unis après les Navajos, bénéficient, comme toutes les tribus indiennes officiellement reconnues par le gouvernement des Etats-Unis, d’avantages et de subventions et les critiques ne voient dans ce scrutin qu’une façon d’écarter de ces avantages ceux qui ne sont pas de pur sang indien. Avant la guerre d Sécession, les Cherokees, comme d’autres tribus indiennes du sud des Etats-Unis, avaient des esclaves noirs. Ceux-ci ont été libérés à la fin de la guerre mais nombre d’entre eux sont alors restés dans les tribus où ils étaient, et certains se sont mariés à des Indiens. Ce sont leurs descendants que les Cherokees veulent exclure. Le résultat du scrutin n’est toutefois pas encore officiel, car il doit être validé par la commission électorale de la nation cherokee. On ne s’attend toutefois pas à un changement du résultat.

Voir aussi:

“Every other Indian tribe is based on blood, and they are not accused of being racists,” said John A. Ketcher, a former deputy tribal chief, in a full-page “Vote Yes” ad in the Cherokee newspaper.

Putting to a Vote the Question ‘Who Is Cherokee?’
Evelyn Nieves
The NYT
March 3, 2007

TAHLEQUAH, Okla., March 1 — The casinos here are crowded by midmorning; busloads of tourists stroll the streets, and construction crews are everywhere. But peace of mind eludes the prospering Cherokee Nation of Oklahoma.

The Cherokees, so proud that they survived the racism and greed that forced them to leave the East and settle in Oklahoma, are embroiled in a debate that is dredging up some of the most painful chapters of their history. The fundamental question they are asking is: Who is Cherokee? And it is raising ugly accusations of racism, from both inside and outside the tribe.

At issue is a group barely known outside of Indian country, the Freedmen. These are the descendants of black slaves owned by Cherokees, free blacks who were married to Cherokees and the children of mixed-race families known as black Cherokees, all of whom joined the Cherokee migration to Oklahoma in 1838.

The Freedmen became full citizens of the Cherokee Nation after emancipation, as part of the Treaty of 1866 with the United States. But in 1983, by tribal decree, the Freedmen were denied the right to vote in tribal elections on the ground they were not “Cherokee by blood.”

They sued, and in December won their challenge. But that has prompted a bigger fight. On Saturday, the Cherokee Nation is holding a special election — believed to be the first of its kind — to decide, in essence, whether to kick the Freedmen out of the tribe.

Officially, the election will ask voters whether to amend the Cherokee Nation Constitution. Overriding the 1866 treaty, it would limit citizenship to those who can trace their heritage to “Cherokee by blood” rolls, part of a census known as the Dawes Rolls of 1906. The Freedmen would automatically be denied citizenship because the Dawes Rolls, a census commissioned by Congress to distribute land to tribal members, put the Freedmen on a separate roll that made no mention of Indian blood.

Proponents of the amendment say it is about drawing a line, a blood line. The Cherokee Nation, the second-largest tribe in the country after the Navajo, is also one of the fastest growing, with 270,000 members and 1,000 new citizens enrolled every month. Members are entitled to federal benefits and tribal services, including medical and housing aid and scholarships.

“Every other Indian tribe is based on blood, and they are not accused of being racists,” said John A. Ketcher, a former deputy tribal chief, in a full-page “Vote Yes” ad in the Cherokee newspaper.

Many tribal leaders are campaigning for the amendment, citing the right of a sovereign nation to determine its citizenship.

Voters say they have been bombarded with advertisements attacking “non-Indians” as thieves who would create long lines in Cherokee health clinics and social service centers.

Freedmen supporters chalk up the claims to bigotry. They say the Cherokee Nation knows all too well that many Freedmen (who number about 25,000) have Cherokee blood.

When the Dawes Rolls were created, those with any African blood were put on the Freedmen roll, even if they were half Cherokee. Those with mixed-white and Cherokee ancestry, even if they were seven-eighths white and one-eighth Cherokee, were put on the Cherokee by blood roll. More than 75 percent of those enrolled in the Cherokee Nation have less than one-quarter Cherokee blood, the vast majority of them of European ancestry.

Marilyn Vann said she could not believe that one election could determine whether she was allowed to claim Cherokee blood.

« There are Freedmen who can prove they have a full-blooded Cherokee grandfather who won’t be members,” said Ms. Vann, president of the Descendants of Freedmen of the Five Civilized Tribes. “And there are blond people who are 1/1000th Cherokee who are members.”

Mike Miller, the Cherokee Nation spokesman, agreed.

“We are aware that there are those who can prove Indian blood who are not Cherokee citizens, because they are not on the Dawes ‘by blood’ Rolls,” Mr. Miller said. “But I don’t know of a single tribe that determines citizenship through a bunch of sources.”

This is the second time in recent years that an Indian nation has tried to remove its Freedmen. The Seminole Freedmen won a similar legal battle in 2003.

The Seminoles were formed when refugees from several tribes joined with runaway slaves. But after the Seminoles denied their Freedmen voting rights and financial benefits, effectively abrogating the Treaty of 1866, the federal government refused to recognize the Seminoles as a sovereign nation.

The Cherokees are also risking their tribal sovereignty, said Jon Velie, a lawyer for the Seminole and Cherokee Freedmen.

“There is this racial schism in Indian Country that is growing and getting worse,” Mr. Velie said. “Even having the debate is the problem. You then become a lesser person because people get to decide whether you’re in or not.”

Taylor Keen, a Cherokee tribal council member who supports Freedmen citizenship, suggested that proponents of the amendment were pandering to racism, trying to score political points for when they run for tribal office in June.

“This is a sad chapter in Cherokee history,” Mr. Keen said. “But this is not my Cherokee Nation. My Cherokee Nation is one that honors all parts of her past.”

Voir enfin sur les révoltes d’esclaves sur territoire indien:

CHEROKEE SLAVE REVOLT OF 1842
Art T. Burton
1996

Black slavery in America usually evokes images of the antebellum South, but few realize that members of the Five Civilized Tribes–the Cherokees, Choctaws, Chickasaws, Creeks, and Seminoles–in Indian Territory, today’s Oklahoma, also had slaves. Like their counterparts in the South, Indian slaveholders feared slave revolts. Those fears came true in 1842 when slaves in the Cherokee Nation made a daring dash for freedom.

In the 1830s and 1840s, initially at the insistence of President Andrew Jackson, the United States government forcibly removed the Five Civilized Tribes from their homes in Mississippi, Alabama, Tennessee, North Carolina, Georgia, and Florida to Indian Territory west of the Mississippi River. Their removal opened the lands to white settlers and planters.

When they moved, all of the tribes took with them established systems of slavery. Mixed-blood Indians, the offspring of white traders and frontiersmen who married Indian women, were the principal slaveholders in the tribes, largely because their fathers had taught them the economics of slavery. Those mixed-blood Indians remained tribal members and became important middlemen between white settlers and Indian communities.

Many Cherokees depended on black slaves as a bridge to white society. Full-blood Indian slave owners relied on the blacks as English interpreters and translators.

By 1860, the Cherokees had 4,600 slaves; the Choctaws, 2,344; the Creeks, 1,532; the Chickasaws, 975; and the Seminoles, 500. Some Indian slave owners were as harsh and cruel as any white slave master. Indians were often hired to catch runaway slaves; in fact, slave-catching was a lucrative way of life for some Indians, especially the Chickasaws.

Seminoles attitudes toward slavery were different than those of other tribes. Never practicing chattel slavery, they took in fugitive slaves and claimed them as their own ‘property’ to protect the blacks from slave-catchers. In return, the blacks, who lived in separate villages in the Seminole country, gave livestock and crop tributes to the Indians. The blacks and Seminoles also formed a military alliance, with the blacks serving the Indians as warriors and strategists. In some instances, the blacks would intermarry into the Seminole community.

All of the tribes except the Seminoles had slave codes. Even after their removal to Indian Territory, the Seminoles allowed their slaves to carry weapons and own horses and other property. Until a treaty in 1845 provided for their relocation to the western area of the Creek Nation, the Seminoles lived in the Cherokee country around Fort Gibson, Indian Territory. Before that, Cherokee and Creek slaveholders complained about the influence of Seminole slaves on their own slave populations.

The blacks locked their masters and overseers in their houses and cabins while they slept. Then they burglarized a store, stealing guns, horses, mules, ammunition, food, and supplies. At daylight the group, which included men, women, and children, headed toward Mexico, where slavery was illegal.

The Cherokee slaves at the Arkansas River port of Webbers Falls, not far from Fort Gibson, would have had ample opportunity to observe the Seminole slaves. Most of the Cherokee slaves farmed cotton and other crops, but some worked at the landing where steamboats docked and where Joseph Vann operated a public ferry. The Seminoles disembarked at Webbers Falls after their journey from Florida, and the Cherokee slaves may have been impressed with the blacks dressed in Seminole fashion and carrying rifles and knives. The black Seminoles settled in the Illinois River bottoms near Webbers Falls, allowing the Cherokee slaves to socialize with them regularly.

About 4:00 a.m., November 15, 1842, more than twenty-five slaves, most from Vann’s plantation at Webbers Falls, rendezvoused at a prearranged location near the port town. The blacks locked their masters and overseers in their houses and cabins while they slept. Then they burglarized the store of a man named Bigelow, stealing guns, horses, mules, ammunition, food, and supplies. At daylight the group, which included men, women, and children, headed toward Mexico, where slavery was illegal and many runaway slaves sought refuge. When the fugitive slaves entered the Creek Nation southwest of Webbers Falls, slaves from the plantations of wealthy Creeks named Bruner and Marshall joined them, increasing the number of runaway to more than thirty-five.

When the Cherokees discovered that their slaves had departed, about forty of them took guns and dogs and went in pursuit of the fugitives. Each slave reportedly had a horse or mule to ride, and they had taken some of Vann’s blooded racehorses, so they were highly mobile. The Cherokees followed the slaves into the Creek Nation. There a group of Creek Indians organized a search party and joined the Cherokees.

Within a few days of the escape, the Indians caught up with the blacks about ten miles beyond the Canadian River in the Choctaw Nation. The slaves found a depression in the prairie which provided a complete entrenchment for them and their horses, and they decided it would make an excellent place to fight. A pitched battle followed, with both sides suffering casualties. The blacks held the position for two days, but the Indians killed two of them and captured twelve others.

The fight convinced the Cherokees and Creeks to go home and get reinforcements before continuing the chase. The remaining fugitives kept moving toward the Red River.

During their flight, the fugitives met James Edwards, a white man, and Billy Wilson, a Delaware Indian, about fifteen miles from the battle site. Edwards and Wilson were fugitive slave hunters, whom blacks in the South called patrollers or « patty rollers. » They had with them eight blacks–one man, two women, and five children–who had escaped in the Choctaw Nation. They had belonged to a white man named Thompson, who had married a Choctaw woman, making him a citizen of the Choctaw Nation. The fugitives had been headed west to join one of the Plains Indian tribes when a man named Chisholm spotted them and turned them over to Edwards, Wilson, and a Cherokee man for transport back to Choctaw authorities.

Edwards and Wilson made good progress until they met the fugitive Cherokee and Creek slaves, who killed them. The Choctaw blacks gladly joined the Cherokee band as they continued on their journey toward Mexico.

The slave outbreak was reported to the Cherokee National Council at the capital in Tahlequah on November 17, 1842. Immediately the council passed a resolution, which Chief John Ross approved, authorizing Cherokee Militia Captain John Drew to raise a company of one hundred men to pursue, arrest, and deliver the blacks to Fort Gibson. The resolution also relieved the Cherokee Nation of any liability if the slaves resisted arrest and were killed. The Cherokee national treasury would compensate Drew’s militia, and Drew was authorized to purchase ammunition and supplies, provided that the expedition was not unnecessarily protracted and did not incur needless expenses.

Ross told Indian Agent Pierce M. Butler about the expedition and asked him to inform the commander at Fort Gibson and the Creek and Choctaw chiefs. The commander at Fort Gibson loaned Drew twenty-five pounds of gunpowder for the militia.

On November 21, Drew left Webbers Falls with eighty-seven well armed men in his command. By November 26 they had arrived at the site of the battle between the slaves and the Creeks and Cherokees.

Picking up the runaways’ trail, Drew’s command came upon the bodies of slave hunters Edwards and Wilson, who apparently had been dead about four days. The militia found the trail again and two days later found the fugitives about seven miles north of the Red River, some 280 miles from Fort Gibson.

The slaves offered no resistance; starving, they surrendered immediately. Drew captured thirty-one slaves–the entire group except two who were away hunting. Drew’s men returned the slaves to the Cherokee Nation with no problem, arriving at Webbers Falls by December 7.

Drew reported to the Cherokee National Council on December 8. After an investigation, council members ordered five slaves to be held at Fort Gibson pending trial for the murders of Wilson and Edwards, then told Drew to deliver the remaining slaves to their owners. The Choctaw male slave was also turned over to Fort Gibson authorities. Drew kept the two Choctaw slave women and five children in custody until the Cherokees could ascertain their disposition from the Choctaw Nation. Joseph Vann took most of his black rebels out of the Cherokee Nation and put them to work on his steamboat, which worked the Arkansas, Mississippi, and Ohio rivers.

The Cherokees thought the influence of « foreign » free blacks had caused the slave insurrection. On December 2 they passed « An Act in Regard to Free Negroes » directing that all free blacks, except those whom Cherokees had freed, leave the Cherokee Nation by January 1, 1843, or as soon after as possible. Those who lingered or refused would be expelled. The act targeted the free black Seminoles living in the Cherokee Nation.

Cherokee attitudes against free black Seminoles continued. In 1849, tired of harassment from slave-catchers, some of the free black Seminoles under black Chief John Horse fled Indian Territory. They joined Seminole Chief Wild Cat and his followers and successfully reached Mexico.

By 1851, nearly 300 blacks had tried to escape from Indian Territory, most headed for Mexico or Kansas. In the northern Cherokee Nation, in what would later become Washington County, Oklahoma, an « underground railroad » trail led into Kansas. None of the escapes, however, equaled the scope or violence of the Cherokee slave revolt of 1842.


Violences urbaines: Paris et les RG découvrent enfin les bandes ethniques (Paris finally discovers its ethnic gangs)

14 septembre, 2007

Ratonnades anti-blancs

Contrairement au grand banditisme classique […] composé d’individus de toutes origines ayant opté seuls pour la voie criminelle, ce nouveau milieu des cités est grégaire, issu de, et implanté dans des secteurs précis ; il est enfin ethnique, car composé d’éléments issus des seconde et troisième générations de flux migratoires venus d’anciennes colonies africaines et nord-africaines de la France. Xavier Raufer (Directeur des études du DRMCC et professeur à Paris-II, rapport d’avril 2007)

Dans les années 1980, la plupart des sociologues, influencés par la mythologie des Warriors, film américain racontant la conquête de New York par des bandes de déshérités, assimilaient la délinquance des banlieues à un phénomène social fédérant toutes les détresses. Or c’est tout l’inverse qui s’est produit : les bandes se sont fixées sur un territoire dont elles ne sortent que pour régler leurs querelles de bornage ; et elles sont devenues ethniquement homogènes à mesure que leur territoire perdait sa diversité culturelle. François Haut (Président du DRMCC)

Arrêtez de vendre des saucisses qui puent ou on va vous tirer dessus, PD de boucher. (graffitis sur la vitrine d’une boucherie-charcuterie d’un quartier sensible de Rennes, novembre 2006)

Il y a un vrai décalage entre le discours d’apaisement des politiques et la réalité du terrain où l’on constate des bandes de plus en plus violentes. Mohamed Douhane (commandant de police, membre du syndicat Synergie)

A Paris, on s’alarme de trois courses-poursuites dans les rues de la capitale, mais chez nous les règlements de compte entre bandes sont très, très fréquents, pour ne pas dire quotidiens. On a rarement des courses-poursuites comme il y en a eu à Paris. Les jeunes ont largement dépassé ce stade-là, puisqu’ils en sont carrément au règlement de compte avec armes de guerre. D’une certaine manière, on est content quand ils règlent leurs comptes en dehors de chez nous. Loïc Lecouplier (secrétaire du syndicat Alliance en Seine-Saint-Denis)

Dans certains pays, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les deux Congo, le Togo, Madagascar ou les Comores, de 30 % à 80 % des actes d’états civils sont frauduleux. Adrien Gouteyron (sénateur UMP)

Après les rackets de squats et le chantage aux enfants scolarisés …

Règlements de compte (à coups de machette) de bandes de très jeunes noirs en plein Paris, luttes de territoires pour les zones de trafic de stupéfiants, bandes ethniques ou quasi ou para-tribales, tee-shirts revendiquant des slogans ethniques, spécialisation dans le « carjacking », rondes et patrouilles sur l’économie souterraine locale, extorsion et racket des commerçants avec menaces de mort …

Communautarisation galopante avec réinvestissements et blanchiment de gains illicites dans les « taxiphones », ou les boutiques halal, investissement croissant de fondamentalistes musulmans dans la restauration rapide, arrivée de bandes tchéchènes, attaques contre chrétiens irakiens …

Au moment où, derrière les habituels cris d’orfaie et autres levées de bouclier des belles âmes des beaux quartiers suite à un projet de loi d’instauration de tests génétiques pour le regroupement familial (ce que font depuis bien longtemps les Etats-Unis ou au moins 11 pays européens), les médias se décident enfin à lever (ô combien pudiquement !) le voile sur la « fraude documentaire » ou fraude à l’état civil de ressortissants africains …

Retour, à l’occasion de la publication d’un tout récent rapport des Renseignements généraux mais surtout à la suite d’une spectaculaire série de règlements de compte à Paris même (quel meilleur moyen en effet de faire la une des journaux ?), sur le secret de polichinelle de l’ethnicisation de la délinquance en France.

A savoir, le phénomène (après des années et des années de gangsta rap) des bandes ethniques ultra-violentes de jeunes Africains dont nos belles âmes avaient si farouchement nié l’existence lorsqu’après l’odieux assassinat du jeune juif Ilan Halimi, un collectif autour d’Alain Finkielkraut les avait dénoncées lors des manifestations de lycéens ou du CPE, à savoir les fameuses ratonnades anti-blancs …

Extraits:

«Ces formations délinquantes constituées en majorité d’individus originaires d’Afrique noire ont la particularité d’instaurer une violence tribale ne donnant lieu à aucune concession », avec un « rejet violent et total des institutions » et un « total détachement quant à la gravité de l’acte commis »

« On ne peut faire de concessions face à des jeunes qui veulent recréer le Bronx, on ne peut pas laisser filer les choses, il faut rétablir l’ordre et donner une réponse judiciaire ferme. » Des jugements à délai rapproché pour les mineurs, des contrôles d’identité préventifs, et des consignes claires adressées à la PJ : bâtir des procédures irréprochables, en prévision du passage au tribunal. Jean-Claude Marin promet une sévérité maximale aux fauteurs de troubles.

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Musique: Que sont devenues les fleurs? (Pete Seeger: How Khrushchev’s songbird took over Tinseltown)

8 septembre, 2007
https://i0.wp.com/theland.wikispaces.com/file/view/Joanie_Phoanie.jpg/311977232/480x208/Joanie_Phoanie.jpgWhere have the flowers gone? (Pete Seeger)We shall overcome - Seeger sessions (Bruce Springsteen, 2005)Where are the flowers, the girls have plucked them. Where are the girls, they’ve all taken husbands. Where are the men, they’re all in the army. (Chanson traditionnelle ukrainienne reprise parMikhaïl Cholokhov)
Where have all the young men gone? They’re all in uniform. Oh, when will you ever learn? Pete Seeger (« Where have all the flowers gone? »)
If I had a hammer, I’d hammer in the morning, I’d hammer in the evening, All over this land. (..) It’s the hammer of justice, It’s the bell of freedom, And a song about love between my brothers and my sisters, All over this land. Pete Seeger (« If I had a hammer »)
Home of the brave land of the free/I don’t want to be mistreated by no bourgeoisie. Leadbelly (« The Bourgeois Blues »)
I learned our government must be strong. It’s always right and never wrong. Our leaders are the finest men. And we elect them again and again. Tom Paxton (« What did you learn in school? »)
Imagine there’s no countries, It isn’t hard to do, Nothing to kill or die for, No religion to Imagine all the people, Living life in peace. John Lennon (« Imagine »)
Saisissons l’arme de la culture. L’activité culturelle est une phase essentielle du travail idéologique général du Parti. V. J. Jerome (XVe Convention nationale du Parti communiste américain, New York, 1951)
Je me suis rabattu sur un ‘Faisons chanter l’Amérique’; peut-être que la philosophie démocratique de base de ces chansons folk atteindra subliminalement les Américains. A l’époque, il n’y avait que les cocos pour utiliser des mots comme paix et liberté. Le message était que nous avions les outils et que nous allions réussir. En tout cas, la dernière ligne ne disait pas: ‘Il n’y a ni marteau ni cloche, mais chérie je t’ai toi’.
Je suis toujours communiste, dans le sens que je ne crois pas que le monde survivra avec les riches devenant plus riches et les pauvres devenant plus pauvres. Pete Seeger (Mother Jones, 2004)
Il n’y a jamais eu de bon chanteur de folk républicain. Joan Baez
« Qui est la chanteuse? », demandai-je à Indar. « Joan Baez. Elle est très célèbre aux Etats-Unis. » « Et millionnaire, » dit Yvette. Je commençais à deviner quand elle était ironique (. . .) Impossible de chanter des chansons douces sur l’injustice si l’on ne bénéficie pas soi-même de la justice et si elle ne nous est pas rendue la plupart du temps. Impossible de chanter des chansons sur la fin du monde (…) si l’on ne sait pas que le monde continue et qu’on y est en sécurité. V. S. Naipaul (« A la courbe du fleuve », 1979)
La politisation de la musique populaire américaine date des années 60, mais elle est le produit d’une patiente stratégie politique de gauche qui a commencé au milieu des années 30 issue de l’effort du Front populaire du parti Communiste d’employer la culture populaire pour avancer sa cause (…) Une figure ressort tout particulièrement dans cette entreprise: ‘la légende de la musique folk’, chanteur-parolier et ancien pilier du Parti, Peter Seeger, maintenant âgé de 86 ans. Etant donné son influence décisive sur la direction politique de la musique populaire, il est bien possible que Seeger ait été le communiste américain le plus efficace de l’histoire. (…) Si Seeger était le Lénine du Front Populaire, Dylan était son Che Guevara, moto comprise. Howard Husock

« Where have all the flowers gone? », If I had a hammer », « We shall overcome », “This Land Is Your Land,” “Turn, Turn, Turn”, “Little Boxes,” “Hard Rain’s A-Gonna Fall,” “Blowin’ in the Wind,” “I Dreamed I Saw Joe Hill Last Night”, « What did you learn in school? », “Born in the USA,” “Imagine,” le pacifisme béat, le poverty chic, les « workers » clothes » (jeans, chemises denim et chaussures de travail), les concerts humanitaires, la contreculture, l’anticonsumérisme, le relativisme culturel, l’équivalence morale, …

Claude François ou Dalida se retourneraient probablement dans leurs tombes s’ils apprenaient, à une semaine d’une énième Fête de l’Humanité, que leurs fameuses adaptations des chansons de Pete Seeger (« Si j’avais un marteau » et « Que sont devenues les fleurs? ») étaient alors en fait… des (dûment défaucillées) chansons cocos!

Et surtout… deux des rouages d’une formidable entreprise (avec l’espionnage et l’exploitation des insuffisances de la société américaine comme la ségrégation raciale ou les affaires judiciaires à la Sacco et Vanzetti ou Rosenberg) établie au VIIe Congrès de l’Internationale communiste de 1935, de prise de contrôle de la culture populaire par le Komintern!

Au moment où, comme le rappelle un de ses anciens fans, l’une des plus grandes figures de la chanson de protestation (aujourd’hui âgé de 88 ans) semble faire enfin un début d’autocritique (au moins sur Staline) …

 

Petit retour, avec un excellent papier d’il y a deux ans de Howard Husock dans le City journal, sur celui qu’il qualifie de « communiste américain le plus efficace de l’histoire ».

 

Et surtout sur le fascinant récit de la manière dont, via le Parti communiste américain mais surtout ses compagnons de route et idiots utiles, Moscou avait peu à peu et dans le cadre d’une stratégie délibérée dite de Front populaire d’infiltration de la culture populaire à travers la littérature, la peinture, le cinéma ou la musique (les Diego Rivera, Langston Hughes, Howard Fast, Hemingway et autres Dos Passos), investi la musique populaire américaine et partant mondiale.

 

Où l’on découvre que si Woody Guthrie était un authentique prolo, son principal promoteur (Pete Seeger) était en fait le fils d’un musicologue de l’Université de Berkeley (issue d’une des plus anciennes familles de la Nouvelle Angleterre, descendant directement des Puritains du Mayflower!) qui avec un autre célèbre musicologue (Alan Lomax de la Library of Congress) avaient presque à eux tout seuls inventé la musique populaire américaine (noire et blanche: blues et folk) jusque là largement apolitique et liée à la religion (gospel) et à la vie sentimentale.

 

Parcourant ainsi les Etats-Unis avec leurs chansons militantes d’abord pour les syndicats de la CIO (inspirées des « Raisins de la colère » de Steinbeck: “Tom Joad” et autres “Dust Bowl Ballads” ou célébrant la mort du militant syndical d’origine suédoise Joe Hill injustement exécuté en 1915 en Utah: “I Dreamed I Saw Joe Hill Last Night”, reprise, comme aussi la « Ballad of Sacco and Vanzetti », par Joan Baez à Woodstock en 1965), puis, Pacte germano-soviétique oblige, des chansons pacifistes (mais aussi des reprises de standards « progressistes » comme « Guantanamera« , la chanson populaire sur une paysanne de Guantanamo diffusée par Jose Fernandez Diaz et devenue, avec des paroles du héros de la révolution cubaine Jose Marti, un quasi hymne national pour la prison à ciel ouvert cubaine), avant les chansons anti-guerre du Vietnam et même tout récemment anti-Irak!

 

Tant de zèle militant n’échappant pas bien sûr aux autorités, d’où la convocation du membre du Parti qu’était Pete Seeger depuis 1940 devant la fameuse Commission des affaires anti-américaines du sénateur Mc Carthy qui, en fait, le força à adopter une approche plus subtile, se révélant finalement plus efficace quand sa fameuse chanson « Where have the flowers gone? » (inspirée d’une chanson traditionnelle ukrainienne citée dans le célèbre livre – « Le Don paisible », 1941 – qui valut le prix Nobel 1965 à l’écrivain préféré de Staline Mikhaïl Cholokhov) fut reprise avec succès par le groupe très propre sur soi Kingston Trio en 1962.

 

Mais aussi transformant une vielle chanson de gospel (« I shall overcome ») en le célèbre hymne du mouvement des droits civiques autour de Martin Luther King (« We shall overcome », repris plus tard par Joan Baez et tout récemment par Springsteen).

 

Et, si bien sûr l’essentiel de la musique populaire n’a jamais été politique, sera ainsi initiée toute une tradition de la chanson progressiste à texte avec leurs émules Bob Dylan, Joan Baez, John Lennon, Bruce Springsteen, jusqu’aux Bono et Green Day d’aujourd’hui.

 

Mais qui, comme le conclut très malicieusement Howard Husock, peuvent être réutilisées d’une manière dont Seeger et ses émules n’auraient probablement jamais imaginée, comme ces manifestants taiwanais reprenant il y a deux ans les paroles de « We shall overcome » et « Blowing in the wind » pour… protester contre les menaces d’invasion de leur île par le totalitarisme chinois!

 

Extraits:

 

Il est tentant de rejeter la portée de la politisation de la musique populaire comme quantité négligeable. Mais comme le front populaire l’avait bien compris, la culture est importante – et la musique peut-être encore plus. Reprenant Platon, Allan, Platon a écrit que « pour prendre la température spirituelle d’un individu ou d’une société, il faut écouter sa musique.’ « En Amérique, la musique populaire fournit en quelque sorte la bande-son de l’adolescence. Et les paroles de cette musique fournit trop souvent le message que nos dirigeants sont des « idiots, » qui notre politique est corrompue, que la vie bourgeoise est sans but, que ce pays n’est pas plus libre que n’importe quel autre – et probablement moins. Comment alors s’étonner de la froide indifférence qui caractérise tant de jeunes qui ont grandi dans l’abondance, la liberté, et la paix ?

 

Heureusement, certains reprennent l’héritage du Front populaire d’une manière que Seeger n’avait pas prévue et qu’il n’approuverait probablement pas. En mars dernier à Taïpeh, une foule de plusieurs centaines de manifestants a chanté « We shall overcome » et « Blowin in the wind » dans le cadre d’une protestation contre l’annexion de force par la Chine – et donc la perspective de la prise du pouvoir par le Parti Communiste.

 

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Totalitarismes: Pékin prépare ses Jeux du Génocide (One world, one nightmare)

7 septembre, 2007
Genocide games (Beijing, Aug. 2008)M. Spielberg, qui en 1994 a fondé la Fondation sur la Shoah pour enregistrer les témoignages des survivants de l’Holocauste, se rend-il compte que la Chine finance le génocide du Darfour ? (…) M. Spielberg veut-il vraiment entrer dans l’histoire comme la Leni Riefenstahl des Jeux de Pékin ? Mia Farrow

Militarisation à marche forcée, destruction de satellites, menaces sur ses voisins, pandémies cachées, exportations de produits avariés ou toxiques, attaques électroniques sur gouvernements étrangers, soutien de génocidaires, goulags à ciel ouvert ou djihadistes irakiens et afghans

Dissidents emprisonnés et torturés, presse contrainte à l’autocensure, Internet filtré, médias et journalistes étrangers surveillés de près, chaines de télévision étrangères bloquées ou censurées, nouvelles lois liberticides, …

A moins d’un an des Jeux olympiques de Beijing (et de leur mise en scène spielbergienne avec président américain en prime!), ultime récompense du bon élève chinois …

Et à l’heure où nos industriels et nos dirigeants-commis-voyageurs se précipitent en rangs serrés pour aligner les gros contrats …

Petit retour, avec le dernier Rapport RSF, sur la “société harmonieuse” du président Hu, énième victime, après l’Ukraine, la Georgie, le Liban, l’Afghanistan, l’Irak, des “forces hostiles” qui tentent à nouveau de fomenter une “révolution colorée” …

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Carte scolaire: J’ai choisi la liberté (I chose freedom: French school defectors talk about their ordeal)

7 septembre, 2007

I chose freedom (Kravchenko)Un quart des postes de fonctionnaires non remplacés au lieu des un sur deux annoncés (dont seulement un sur trois à l’Education) …

Projets de réduction des déficits publics et sociaux rapidement enterrés dans une énième commission ou égarés dans quelque fond de tiroir …

Impôt plancher vite passé à la trappe (pour éviter, on s’excuse de le répéter, la non-imposition, pour cause de niches fiscales, des plus gros revenus !) …

On ne compte plus les promesses non tenues de notre champion de la rupture qui n’en peut plus de ses sondages à 70%!

D’où ce petit retour, en cette première rentrée scolaire sous gouvernement Chirac III (pardon: Sarkozy I) où les syndicats d’enseignants (et leur claque médiatique) font semblant de s’indigner de demi-mesures qu’ils ont eux-mêmes négociées (jusqu’à, dès le départ, l’abrogation, toute chiraquienne, des mesures précédentes, à savoir ce qui restait des Lois Robien !) …

Sur un autre de ces vestiges d’économie administrée dignes de l’ex-Union soviétique que le monde nous envie (avant que là aussi on revienne sur l’assouplissement promis?), à savoir la carte scolaire et les nouvelles formes d’assignation à résidence ainsi que les contorsions ubuesques auxquelles elle contraint les familles, comme l’illustrent bien ces quelques témoignages (dûment anonymes – comme.. les fameux samizdats des dissidents soviétiques!) publiés hier par le Monde:

« Pour que mes trois enfants aient des instituteurs qui pratiquent le pédagogie Freinet »
Le Monde
Le 03.09.07

« Si je ne scolarisais pas mes enfants dans cette école, je perdais leur nounou »

J’ai contourné la carte scolaire, non pas pour emmener mes enfants dans une école loin de chez moi, mais dans une école près de chez moi ! La deuxième raison était que cette école se situe sur mon trajet domicile-travail, et enfin c’est l’école la plus proche du domicile de l’assistante maternelle agréée qui récupère mes enfants à midi et le soir après l’école. Si je ne scolarisais pas mes enfants dans cette école, je perdais la nounou de mes enfants qui les garde depuis qu’ils ont qu’ils ont trois mois, et à laquelle ils sont très attachés.

Voilà trois très bonnes raisons pour avoir contourné la carte scolaire ! S’ajoute un problème d’aberration administrative : mon immeuble se situe à la limite de deux communes, Lyon et Villeurbanne ; certaines allées de mon immeuble ont une adresse postale sur Lyon, et d’autres allées comme la mienne, une adresse postale sur Villeurbanne.

Or l’école où je voulais scolariser mes enfants se situe à Lyon… D’où le problème…

Les écoles lyonnaises étant surchargées, on m’a dit que demander une dérogation pour nounou serait refusée.

« TOUT CELA ME REND TRÈS MAL À L’AISE »

Donc j’ai décidé de faire une fausse domiciliation pour pouvoir inscrire mes enfants dans l’école, me permettant de ne pas remettre en cause toute l’organisation familiale et l’équilibre affectif de mes enfants ! Je ne suis pas du tout satisfaite d’avoir dû faire cela, car j’indique une fausse adresse sur les formulaires de l’école, je n’invite pas les copains de mon fils chez nous pour ne pas dévoiler qu’en fait nous habitons à Villeurbanne, mon fils aîné commence à me demander le nom de sa rue, et je ne lui donne pas le bon… Bref tout cela me rend très mal à l’aise.

Je voudrais pouvoir déclarer maintenant ma bonne adresse et que mes enfants puissent rester scolariser où ils sont. J’espère qu’avec l’assouplissement de la carte solaire promis par Nicolas Sarkozy, je vais pouvoir sortir de cette situation ubuesque !
L.

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« Pour que mes trois enfants aient des instituteurs qui pratiquent le pédagogie Freinet »

J’ai contourné la carte scolaire : en primaire pour que mes trois enfants aient des instituteurs qui pratiquent le pédagogie Freinet (deux sur trois dans cette école). Quarante kilomètres tous les jours, passage d’un pont très encombré et changement de département, mais que ces années ont été heureuses pour mes enfants. Pas de notation jusqu’en sixième.

Au lycée, chaque fois qu’il l’a fallu, je suis allée dans le privé pour échapper à des enseignants « nuls » dont une agrégée de math qui s’est reconvertie après 10 ans de classes massacrées, et à l’inverse pour échapper à des enseignants qu’on appelle des « bons profs, dans des bonnes classes », c’est-à-dire prétentieux, autoritaires, cruels, qui notent très sévérement, n’encouragent pas. Leur métier, c’est de désespérer les élèves, ils ne sont intéressés que par les très bons élèves qui ont le profil des prépas (je signale que mes enfants étaient de bons élèves mais je ne voulais pas de ça pour eux).

Un seul commentaire : j’aimerais que dorénavant dans les médias, on parle de l’échec de l’école, plutôt que de l’échec scolaire ou d’enfants en échec, ou d’enfants plus lents….

Anne

« Mes enfants font tous les jours 2 heures de trajet pour être dans de bons établissements parisiens »

J’ai déjoué la carte scolaire car l’équipe de l’établissement de mon secteur était nouvelle. Chaque année scolaire, impossible d’avoir une équipe qui dure dans ma zone, j’ai mis mes petits ailleurs car pour mon ainée qui voulait devenir médecin : le professeur lui a répondu faites infirmière, c’est plus accessible pour vous.

Des écoles qui ne donnent pas aux élèves d’avoir de l’ambition, d’avoir envie, ne sont pas des écoles où il fait bon aller. Je me suis rendu compte que la mixité sociale que la carte scolaire devait soit-disant préserver n’existe pas dans la réalité ; enfin, j’ai décidé de mettre mes enfants ailleurs quand une maîtresse de maternelle m’affirma que les écoles de la ville, en banlieue parisienne, étaient des ghettos scolaires, de la maternelle au lycée.

Voilà pourquoi mes enfants font tous les jours 2 heures de trajet pour être dans de bons établissements parisiens…

Mohamed

« A cause d’une institutrice en grande difficulté »

J’habite dans une zone rurale très défavorisée, j’ai effectivement contourné la carte scolaire pour changer d’académie suite à la confrontation du handicap d’un enfant de quatre ans avec une institutrice en grande difficulté (alcoolisme honteux mais notoire).

Dans un premier temps, j’ai essayé de mettre mon enfant dans une autre école mais après investigation, j’ai acquis la conviction que cette zone rurale présentait un taux d’enseignants en grande difficulté dans des proportions qui paraissent inhabituelles.

Pour exemple : suite à un entretien avec l’inspecteur académique (au courant du problème d’alcoolisme), mes investigations m’ont conduit à interroger les parents d’élèves sur la raison de leur inaction face à l’alcoolisme de l’institutrice et aux débordements auquels il conduisait.

Les réponses ont été claires, « il y a pires enseignants dans les villages environnants, on sait ce que l’on a mais on sait pas ce que l’on aura si notre instit, même alcoolo, s’en va ».

Il y a cinquante ans déjà, il valait mieux être fils de bourgeois parisien que bon élève banlieusard.

En 1957, mon père, petit fonctionnaire des contributions indirectes, est victime de l’obligation de mobilité liée à une promotion.

Dans l’intérêt de mes études, il se dit que, tant qu’à quitter le Midi, autant monter jusqu’à Paris. N’ayant pas eu la chance d’aller au lycée dans son enfance, il rêve pour moi des grands établissements parisiens : Charlemagne, Condorcet, Montaigne …

Bien entendu, mes parents n’ont pas les moyens d’habiter Paris, mais seulement le droit d’y travailler, ce qui est d’ailleurs toujours le cas pour un grand nombre de Franciliens. En donnant son adresse professionnelle, devenue célèbre depuis, car il s’agissait du 10 rue de Solférino, mon père parvient à me faire inscrire à Montaigne, dont les élèves avaient vocation à rejoindre Louis-le-Grand, à partir de la seconde.

Quatre ans plus tard, la carte scolaire n’est pas encore créée, mais on me refuse à Louis-le-Grand, au motif que j’habite Maisons-Alfort, dans ce qui deviendra un peu plus tard le 94. Obligé de m’inscrire au lycée de Saint-Maur, honorable établissement au demeurant, je suis désespéré, à la fois de perdre mes amis et de voir qu’on me ferme la porte du premier lycée de France, malgré mes résultats.

Je n’oublierai jamais qu’on m’a refusé à Louis-le-Grand parce que mes parents n’avaient pas les moyens d’habiter Paris.

Heureusement, le surveillant général, qu’on n’appelait pas encore  » conseiller d’éducation « , avait travaillé pour moi, et m’avait obtenu une place à Henri-IV, utilisant l’argument qu’Henri-IV avait une annexe à Ivry.

Grâces lui soient rendues ici, malgré les injustes « punitions administratives » qu’il faisait pleuvoir sur nous pour des raisons qui étonneraient beaucoup les jeunes d’aujourd’hui.

En effet, la vérité oblige à dire que je me suis bien plu à Henri-IV, le lycée de charme de Paris. Mais ce qui fait le sel de cette anecdote c’est qu’Henri-IV n’est qu’à trois cents mètres de Louis-le-Grand.
Jean-Claude

« Parce que ma fille n’était pas assez stimulée à l’école du quartier »

J’ai contourné la carte scolaire parce que ma fille n’était pas assez stimulée à l’école du quartier.

Le credo était de « laisser vivre leur enfance, l’affectif avant tout ». J’en avais assez de faire l’école à la maison, je voulais reprendre ma place de maman. C’est à moi d’apporter l’affection, pas à la maîtresse. C’est à la maîtresse d’apporter le savoir savant, pas à moi.

Les cahiers de grande section de ma fille sont vides, elle ne s’intéressait plus à l’école. Je l’ai inscrite dans une école publique, mais réputée, près du lieu de travail de mon époux. Elle a maintenant compris le sens de l’effort et de la rigueur, et elle est beaucoup plus gaie et épanouie.
Laurence

Vous aussi, vous avez contourné la carte scolaire

Vous avez contourné la carte scolaire pour faire inscrire vos enfants dans une école loin de chez vous ? Racontez-nous comment et pourquoi. Une sélection de vos témoignages sera publiée sur le Monde.fr.

Envoyez-nous votre texte et vos photos par e-mail à , en précisant vos nom et prénom.

Si vous le souhaitez, vous pouvez également nous envoyer une vidéo (sur le groupe Dailymotion du Monde.fr, via le formulaire ci-dessous).

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Totalitarismes: L’année des Jeux sera-t-elle l’année de tous les dangers pour… la Chine? (Will 2008 be the year of living dangerously for… Beijing ?)

6 septembre, 2007
Taiwan's 1st gold (Athens 2004)Taiwan's 2nd gold (Athens 2004)Il serait normal non seulement de cesser de répéter à toute occasion que Taiwan est une province chinoise sans tenir compte de l’histoire, mais aussi de soutenir cette Chine démocratique qui fait la démonstration que les valeurs qui sont les nôtres ont leur place dans cette partie du monde. Thérèse Delpech
L’absence de reconnaissance diplomatique risque de pousser Taiwan à prendre des initiatives dangereuses (…) compte tenu de la nouvelle loi anti-sécession votée à Pékin en 2005 (…) Au contraire, la reconnaissance de Taipei serait pour l’île l’équivalent d’une déclaration d’indépendance mais interdirait l’ouverture d’hostilités. Thérèse Delpech

Et si les Jeux olympiques, récompense suprême de respectabilité mondiale que la communauté internationale (rappelons nous il y a 43 ans ceux du Japon) s’apprête, sous la pression de ses industriels pressés, à accorder au dernier (avec l’actuel régime iranien) bastion totalitaire de la planète allait se retourner contre son jusqu’ici bénéficiaire?

Et si Taiwan (honteusement interdit, par Athènes il y a trois ans, de drapeau et d’hymne pour ses deux premières médailles d’or), qui pour les massacreurs d’étudiants de Tienanmen aurait le potentiel d’une Alsace-Lorraine du XXIe siècle, profitait des regards du monde entier sur les Jeux pour… déclarer son indépendance?

Telle est l’intéressante question que soulève un récent article d’Agoravox.

Mais pourrait-on ajouter, avec Thérèse Delpech: et si, profitant de cette période délicate pour l’Etat-voyou chinois, c’était le Monde libre et tout particulièrement la Patrie autoproclamée des Droits de l’Homme qui accordaient (60 ans après celle de l’autre îlot de liberté menacé du monde, à savoir Israël) cette reconnaissance diplomatique à la seule Chine démocratique de la planète, ce qui serait l’équivalent d’une indépendance et retirerait de ce fait tout prétexte à Beijing pour intervenir?

Aujourd’hui, certains en Chine se demandent si leur scénario prévu ne pourrait pas se transformer en cauchemar politique et médiatique pour leur pays, du fait de ce processus d’indépendance de Taiwan pour 2008.

Taiwan : les armes de l’indépendance
Philippe Vassé
Agoravox

Pendant que se préparent les futurs Jeux Olympiques de Pékin en 2008, qui vont attirer naturellement une forte attention médiatique sur la Chine, ses voisins et l’Asie, les autorités taiwanaises préparent activement une «déclaration d’indépendance» à la manière américaine, cette indépendance initiée par George Washington par rapport aux frères anglais des colons des 13 premiers Etats-Unis d’Amérique…

Une «indépendance» comparable à celle des Etats-Unis d’Amérique face à l’Angleterre

La situation géostratégique et géopolitique en Asie connaîtra certainement en 2008 des modifications qu’il peut être intéressant d’anticiper, eu égard aux conséquences diverses que ces changements pourraient avoir sur le plan des relations internationales.

Ces évolutions sont déjà engagées et, partant de ce constat, il peut sembler nécessaire d’en comprendre les causes, d’en analyser les processus et de définir les options possibles pour le futur.

Un des facteurs politiques-clés, sis juste aux portes de la Chine, et qui sera bientôt éclairée par les projecteurs médiatiques, est la volonté d’indépendance politique absolue de Taiwan.

Taiwan est pour l’heure un Etat de facto existant comme tel, mais sans reconnaissance juridique par l’ONU, ni les principaux Etats du monde, attachés du fait de «leurs relations» avec le pouvoir chinois, à la conception actuelle de la dictature de Pékin selon laquelle Taiwan est une part de la Chine, qui, à terme, devrait revenir à ce pays.

Aujourd’hui, il est clair, et tous les sondages d’opinion publique à Taiwan le montrent avec force, que les habitants de Taiwan se sentent d’abord «Taiwanais», c’est-à-dire qu’ils s’autodéfinissent comme une nation, de culture chinoise et de langue mandarine, mais avec des valeurs et des aspirations différentes de celles qui prédominent en Chine.

C’est la raison pour laquelle, si l’on veut prendre une référence historique, un exemple analogue à ce qui se passe sous nos yeux, on peut comparer la volonté d’indépendance du peuple de Taiwan à celle des colons anglophones des Etats-Unis d’Amérique, volonté que George Washington a fédérée en une force politique et militaire.

C’est ainsi que le premier président des Etats-Unis d’Amérique a pu donner naissance à la nation américaine, contre la métropole et grande puissance de l’époque, l’Angleterre, de même culture et langue que les «rebelles» ou «patriotes» de la guerre d’indépendance américaine.

Une indépendance largement discutée et débattue

A l’évidence, le processus en cours à Taiwan vers l’indépendance du pays, ce qui se traduira par une claire insistance, ancrée dans la constitution à rédiger, sur le fait que le pays n’est pas une partie de la Chine et que celle-ci n’a aucun droit à faire valoir sur l’île et ses habitants, pose de multiples problèmes à beaucoup de capitales étrangères.

Son orientation politique actuelle génère, c’est le moins que l’on puisse dire, un embarras certain dans les pays de la région, y compris au Japon, mais surtout chez l’allié de toujours, les Etats-Unis.

Il n’est pas inintéressant d’observer que la marche de Taiwan vers l’indépendance officielle, mettant fin à l’actuel statut juridique et politique imprécis du pays, est très diversement appréciée tant au sein de l’administration Bush que dans les rangs du parti démocrate. D’autant qu’elle pose manifestement des risques de tensions militaires, voire même de confrontation violente, même si la Chine n’a aucun intérêt à briser son expansion économique actuelle par une guerre qui pourrait lui nuire aussi beaucoup sur divers plans.

Mais, nul n’ignore que les dirigeants de la dictature de Pékin sont parfois imprévisibles dans leurs réactions, comme les massacres de juin 1989 l’ont prouvé dans le passé.

Les divergences sur la question aux Etats-Unis ne recoupent pas les clivages politiques habituels comme cela est le cas sur l’Irak ou l’Afghanistan, mais des positions politiques et des appréciations sous-jacentes de ce qui serait positif ou non pour les intérêts américains. De même en Extrême-Orient, où la crainte de la Chine et de sa puissance tant économique que militaire ne crée pas forcément que des sentiments amicaux envers ce pays, et où Taiwan devenant un facteur de crise pour Pékin ne serait pas vue comme une mauvaise chose.

En résumé, l’indépendance de Taiwan et sa déclaration officielle de séparation totale d’avec la Chine sont des sujets de discussion dans les cercles de pouvoir, de Tokyo à Washington, et de New Delhi à Moscou, mais aussi à Pékin, chacun pesant et évaluant ses propres intérêts dans une telle perspective.

Les armes de l’indépendance et l’industrie militaire taiwanaise

Parmi les éléments de la discussion qui se mène dans les capitales citées vis-à-vis de la possible déclaration d’indépendance de Taiwan, qui s’appuierait de plus sur un vote d’approbation par voie de référendum populaire, conférant à ce processus la caractère de respect scrupuleux de la volonté populaire et un aspect démocratique indéniable, il y a la question des armements en rapide développement de Taiwan.

Depuis plusieurs années, et notamment après les affaires que tous connaissent des frégates et des Mirage 2000, qui ont valu aux autorités taiwanaises bien des déboires, des ennuis et des déceptions, une décision de principe avait été prise, afin d’assurer au préalable l’indépendance du pays en matière de défense et de sécurité, celle de promouvoir une véritable industrie nationale de production d’armements.

Le résultat concret en 2007, à moins d’un an des Jeux Olympiques de Pékin, est plus qu’explicite.

Depuis quelques jours, alors que l’activité diplomatique des autorités taiwanaises s’intensifie sur l’axe politique et diplomatique en vue de l’indépendance, on assiste aussi à la démonstration, par petites vagues successives, de la force attestée des industries militaires du pays.

On voit ainsi apparaître au grand jour des systèmes de missiles et d’antimissiles de très haute technologie, issus de la production nationale, mais aussi des blindés et des canons sans recul, des navires et des systèmes nouveaux autant que performants en termes de détection et d’antidétection, de minage et de déminage.

Les lecteurs ne doivent pas oublier que Taiwan, sur le plan de la recherche militaire, a l’avantage de s’appuyer sur une population ayant un haut pourcentage de citoyens versés dans les technologies de pointe, comme c’est aussi le cas pour un pays qui a suivi le même chemin industriel auparavant: Israël.

Certaines sources bien informées, mais requérant un anonymat nécessaire, indiquent que les progrès ont aussi été considérables dans le domaine aérien, dans celui des télécommunications et de la surveillance ciel et mer.

Mais, sur ces plans, Taiwan sort ses atouts militaires de sa manche avec une sereine lenteur, manifestant bien ainsi à chaque étape, aux fins de clarté pour tous, amis possibles et ennemis potentiels, que les armes de l’indépendance sont prêtes.

Par ailleurs, des informations de presse récentes soulignent une montée en puissance du budget de défense du pays (+ 15 %), des achats de matériel à des pays de la région (notamment des hélicoptères de fabrication japonaise), tandis que les pays européens comme la France sont de facto abandonnés.

Du côté américain, les autorités attendent un feu vert de la Maison Blanche pour l’achat d’avions de combat, mais l’administration Bush semble encore indécise sur le sujet.

Les Jeux Olympiques: un enjeu de taille en 2008 ou «qui gagne les J.O. peut les perdre»

A l’origine, quand Pékin avait été choisie comme ville olympique par le CIO, les responsables du pays avaient imaginé que tous les avantages en seraient pour eux.

Aujourd’hui, certains en Chine se demandent si leur scénario prévu ne pourrait pas se transformer en cauchemar politique et médiatique pour leur pays, du fait de ce processus d’indépendance de Taiwan pour 2008.

A l’évidence, la situation en Asie du Sud-Est en 2008 est lourde de tensions possibles de ce fait.

Les Jeux Olympiques de Pékin pourraient donc mettre la Chine au centre des attentions du monde, mais peut-être pas comme ses autorités dirigeantes l’avaient envisagé et prévu à l’origine.

Comme le dit un dicton aborigène taiwanais, que la France connaît aussi sous une forme proche: « Un petit grain de sable dur peut créer de grands problèmes à une grosse machine.»


Iran: Les Mollahs lavent plus blanc! (Durban II: Iran prepares to outwest the West)

5 septembre, 2007
Image result for the Imam's mausoleum (Khatami, Aug.2000)
Combattez, combattez, parlez, parlez. Mao
Le jour approche où le monde musulman possédera des armes nucléaires, ce jour-là, la stratégie de l’Ouest sera caduque, car une unique bombe atomique a le pouvoir de complètement détruire Israël, alors qu’une contre-attaque israélienne ne peut causer que des dégâts mineurs au monde musulman. Rafsandjani (Journée de Jérusalem, le 14 décembre 2001, soit 3 mois après le 11 septembre)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
Ce qui fait du totalitarisme iranien un totalitarisme du XXIe siècle, c’est la maitrise et la domination de sa propre critique. Ramine Kamrane & Frédéric Tellier
Toute personne a le droit d’exprimer ses pensées et ses convictions dans la mesure où elle reste dans les limites prescrites par la Charia. Déclaration des Droits de l’Homme dans l’Islam (Art. 12)

Plus contre-culture que moi, tu meurs !

« Elargir la perspective actuelle des droits de l’homme à la diversité culturelle afin de contrer l’impérialisme culturel préconisé par les états occidentaux ».

Ainsi, à peine nommé par l’ONU au comité préparatoire de Durban II, l’Iran commence-t-il, comme le rappelle Iran-resist, à « préparer le terrain » avec une première conférence, lundi dernier à Téhéran, sur « les droits de l’homme et la diversité culturelle » en présence de plus de 100 délégations de 118 Etats Membres du Mouvement des Non Alignés et de l’Organisation de la Conférence Islamique …

Mais comment ne pas souscrire, surtout si on est jeune et progressiste (entendez: anti-mondialiste et anti-américain), à une aussi belle et exaltante déclaration de principe?

Et comment ne pas être frappé par une aussi formidable entreprise de contrôle de sa propre critique permettant à l’islamisme de s’attirer les sympathies d’une sorte de front commun et mondial du ressentiment?

Droits de l’homme, diversité culturelle, éthique, protection de l’environnement, critique des excès du capitalisme et de la mondialisation, féminisme, post-modernisme (rebaptisé post-islamisme), tout y passe …

Encore plus fort que la Chine (avec laquelle il partage la particularité d’être le seul à avoir survécu à la mort de son, dûment embaumé, fondateur mais pas, malgré la rente pétrolière, les succès économiques, d’où la surenchère dans le discours), le totalitarisme iranien est passé maitre dans la reprise et le recyclage de tous les thèmes et concepts en vogue de l’Occident.

Mais bien sûr, à chaque fois pour mieux les détourner et les parasiter, car il s’agit toujours d’une reformulation islamiste (c’est-à-dire tronquée) pour retourner contre elle les valeurs mêmes de la démocratie libérale.

De même, à l’image des « démocraties populaires » d’antan, il reprend et mime tout le vocabulaire et les institutions de la démocratie (Constitution, élections, Peuple) tout en leur retirant les conditions effectives d’exercice par le refus en dernière analyse de lâcher le dogme ultime de « la religion unique ».

Et ce d’une manière remarquablement sophistiquée puisqu’il le fait souvent via une classe d’intellectuels et d’artistes subventionnés et une prétendue « opposition » qu’il a créée de toutes pièces ainsi qu’une véritable petite armée de thuriféraires et idiots utiles étrangers, rebondissant et déclinant tous les débats en vogue de l’Occident selon le point de vue islamiste.

Ainsi au concept huntingtonien de « conflit des civilisations », on va opposer celui de « dialogue des civilisations », mais qui est bien sûr toujours inégalitaire et à sens unique puisque l’islam y a à chaque fois le dernier mot.

Comme, à l’instar du concept chinois de « démocratie socialiste », à celui de « droits de l’homme », on opposera une version islamique de la Déclaration universelle des droits humains (« La Déclaration des Droits de l’Homme dans l’Islam« , rédigé en 1981, repris par la Charte officielle de l’OCI en 1990 et par la Charte Arabe de 1994 de la Ligue Arabe), où, par exemple la « liberté de conscience » est posée mais très fortement encadrée puisqu’elle doit rester « dans les limites prescrites par la Charia », qui elle-même interdit sous peine de mort… l’apostasie!

Le tout, en s’orientant, à terme et grâce aux intérêts bien compris des industriels occidentaux vers, entre deux piqûres de rappel de répression, une sorte d’ « islamisme dans un seul pays » (du moins pour la version « réformiste » ou « pragmatique » des affairistes et oligarques tels que l’ancien président, demi-frère de Khomeiny et véritable homme fort du régime – derrière les pantins « durs » à la Ahmadinejad mais néanmoins, mandat d’arrêt international oblige, condamné aux fonctions occultes -, Rafsandjani, qui vient d’ailleurs de prendre la tête de l’assemblée chargée de la nomination du Guide Suprême gravement malade – à supposer qu’ils consentent un jour à lâcher le terrorisme international comme la Chine a commencé à lâcher ses affidés terroristes nord-coréens?).

Autrement dit, vers une sorte de « modèle chinois » « post-totalitaire » (croissance économique, ouverture aux investissements étrangers, enrichissement des classes moyennes, une certaine libéralisation sociale et culturelle en échange de l’abandon du politique), revenant en dernière analyse à « noyer le politique dans l’économique » …

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