Iran: Les dessous de la Révolution islamique I (Our hero Mossadegh)

MossadeghGrand propriétaire terrien, descendant de la dynastie Qadjar, l’homme politique Mossadegh était avant toute chose, « un excellent comédien aussi habile à détourner l’attention du public qu’à l’attirer dans son jeu ». Il s’était fait connaître pour son opposition aux réformes et aux grands travaux décidés par Reza Shah. En 1928, sans un sou en poche, Reza Shah lançait le plus grand chantier de chemin de fer du monde d’entre les deux guerres, Mossadegh alors simple député s’opposa au projet et soutint le trajet proposé par les Britanniques: ces derniers ne voulaient pas du trans-iranien faisant la jonction entre la Mer Caspienne et le golfe Persique et préféraient une ligne reliant l’Iran à l’Inde. Les réformes décidées par Reza Shah allaient transformer l’Iran et l’homme politique chevronné qu’était Mossadegh s’y opposait, craignant les bouleversements que ces changements allaient apporter. Il faut préciser qu’à cette époque, le Parlement iranien était entièrement soumis aux grands propriétaires féodaux dont faisait partie Mossadegh, et constitutionnellement soumis au veto d’un Conseil de Théologiens, composé de 5 à 20 experts (mollahs), qui devaient veiller à la conformité des lois avec la sacro-sainte charia. Il ne s’agissait pas d’un Parlement représentant le peuple et toute réforme était sabotée à la base par ce Parlement traditionaliste et « constitutionnellement » islamiste. Mossadegh s’opposa au projet de modernisation de l’Iran, car le roi avait décidé de s’affranchir de cette institution anti-populaire et n’appliqua jamais cette clause infâmante. Mossadegh et par la suite Bakhtiar (comme Khomeiny) reprochaient à la dynastie Pahlavi d’avoir manqué à cette obligation et d’avoir commis la faute impardonnable de ne pas respecter la Constitution. Nombreux furent les Iraniens qui ne connaissaient pas leur propre constitution et prirent cette critique pour une marque d’allégeance à la démocratie, alors qu’elle était l’exacte opposée. En 1950, à plus de 70 ans, Mossadegh était le leader d’une coalition parlementaire iranienne nommée « Front National ». Le fondement principal de sa plate-forme politique était le retour à l’Iran de ses richesses pétrolières promettant la richesse et le bonheur pour tous ! Par conséquent, il jouissait d’une grande popularité mais l’on se rendra compte par la suite que l’appui populaire ne pouvait pas suffire à résoudre deux problèmes pétroliers: un problème technique pour la production, un problème économique pour sa vente. Mossadegh fut porté au pouvoir le 29 avril 1951. Dès sa nomination, il présenta au Parlement son projet de nationalisation de l’AIOC (Anglo Iranian Oil Company). Nationalisation qui fut aussitôt promulguée par le shah le 2 mai 1951. Mossadegh se heurta à un refus du Shah quand un an plus tard, pour consolider son pouvoir, il voulut prendre le contrôle de l’armée en se faisant attribuer le ministère de la guerre. Après ce refus, Mossadegh démissionna et à nouveau, il mobilisa la rue pour reprendre le pouvoir. Alors que le vieux Ghavam Saltaneh avait obtenu de justesse la majorité au Parlement pour succéder à Mossadegh, le Shah fut contraint sous la pression de la rue de rappeler Mossadegh en lui accordant cette fois-ci le ministère de la guerre et les pleins pouvoirs. A peine avait-il repris le pouvoir à la fin de juillet 1952 qu’il prononçait la dissolution de l’Assemblée Nationale et décrétait la loi martiale. De la fin juillet 52 à août 53, il exerça le pouvoir comme un véritable dictateur dans un climat de crise continue (dont il était lui-même l’instigateur) et de manifestations de rue quotidiennes. Pendant toute cette période, le pays était en état de siège. Et la pénurie, l’insécurité et la peur furent le pain quotidien des Iraniens. Dans l’entourage de Mossadegh, personne n’osait le conseiller, le contredire ou le critiquer et bon nombre de ses compagnons initiaux l’abandonnèrent définitivement. La décision hâtive et irréfléchie de la nationalisation de l’AIOC et son incompétence totale en matière de pétrole avaient conduit le pays au bord du désastre. Les Britanniques s’y opposaient en interdisant à leurs alliés de commercer avec l’Iran. Cette affaire conduisit à une grave crise internationale rendue difficile à résoudre en raison de l’obstination de Mossadegh et l’incompatibilité d’une politique plus souple avec ses slogans politiques. Suite à cette crise, la mauvaise gestion des affaires de l’état, une série de mauvais calculs dus à l’arrêt des exportations pétrolières, il avait non seulement ruiné l’économie du pays, mais il avait en plus mis en danger son intégrité territoriale en se rapprochant dangereusement des Soviétiques. – L’URSS avait alors plus de 2500 km de frontières communes avec l’Iran. Ce rapprochement avait été décidé après le refus des Américains de lui accorder les aides financières qu’il leur demandait tout en refusant des négociations (comme le fait aujourd’hui Ahmadinejad). Pendant ce temps, l’Armée rouge avait massé ses troupes tout au long de ses frontières avec l’Iran et envisageait de l’envahir afin de mettre la main sur le Golfe Persique et son pétrole afin d’étouffer le Monde libre. Cette hypothèse a été confortée quand par la suite on a découvert un réseau de 600 officiers communistes iraniens prêts à faire basculer le pays dans le bloc soviétique. Face à cette situation chaotique pour le pays, le jeune Shah démocrate qui avait jusque-là accédé à toutes les demandes de Mossadegh, usant de son droit constitutionnel, destitua le 1er ministre le 13 août 53 et nomma le général Zahedi à sa place. Mossadegh refusa de se plier aux ordres du souverain dans une atmosphère de tensions et de haines qu’il avait créée contre la monarchie Pahlavi grâce à ses partisans et les militants communistes de Toudeh. Le Shah se retira alors et quitta le pays pour se réfugier à Rome avec son épouse. Pendant les deux jours qui suivirent, les partisans de Mossadegh et les communistes iraniens du Parti Toudeh, la masse, s’emparèrent de la rue en organisant de grandes manifestations de rue réclamant la destitution du Shah. Ces communistes réclamaient même une distribution d’armes que Mossadegh leur refusa, et c’est tout à son honneur, afin de ne pas déclencher une guerre civile. C’est dans ce contexte catastrophique que par miracle les intérêts de l’Iran coïncidèrent avec les intérêts du Monde libre ce qui sauva l’Iran d’une soviétisation certaine. Le 19 août 53 la situation fut inversée: le peuple paniqué pour son avenir descendit dans la rue en scandant des slogans en faveur du roi pour chasser du pouvoir le vieux 1er ministre maladivement obstiné et entouré d’alliés communistes. C’est alors que les Américains ont soutenu ce revirement populaire qui au passage leur permettait bien entendu de barrer la route aux soviétiques et leur ambition séculaire de s’emparer du Golfe Persique et ses réserves pétrolières.Cet heureux dénouement ramena Zahedi au pouvoir et le Shah rentra à Téhéran, le 22 Août 1953, accueilli par une foule enthousiaste. Iran Resist

En ces temps de révisionnisme rampant où les mollahs et leurs thuriféraires intérieurs comme extérieurs font feu de tout bois pour tenter de sauver ce qui reste de leur régime ..

Et pour ceux qui auraient aussi du mal à suivre le feuilleton particulièrement compliqué et retors des quelque trente dernières années de l’actuel régime iranien …

Petit retour historique, trouvé sur le site Iran-Resist …

Où l’on (re)découvre que la figure aujourd’hui tant exécrée du Shah (au pouvoir de 1941 à 1979) était en fait une sorte d’Ataturk iranien ….

Que l’attachement, tant vanté par le régime et ses thuriféraires, du premier ministre Mossadegh à la démocratie comme au nationalisme laissait quelque peu à désirer et qu’avec son recours systématique à la rue, sa nationalisation baclée du pétrole et ses amitiés communistes, il ne fut pas loin, avant sa destitution par le Shah et le soutien des Américains mais aussi de la population, d’amener le pays à la ruine et de le faire basculer dans le camp soviétique …

Que le soi-disant modèle de démocratie de la Constitution de 1906 soumettait en fait le pouvoir au « veto d’un Conseil de Théologies, composé de 5 à 20 experts (mollahs), qui devaient veiller à la conformité des lois avec la sacro-sainte charia » …

Et enfin que la fameuse révolution islamique de 1979 fut largement l’initiative des grandes puissances occidentales (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis), suite à leur lâchage d’un Shah trop indocile à leur goût, pour le remplacer par un « vieillard illettré, préfabriqué et inconnu jusqu’alors du grand public, l’Ayatollah Khomeiny ».

Iran – 11 février : La révolution de Khomeiny, l’héritage de Mossadegh
Iran-resist
11.02.2007

Les racines historiques de la révolution de Khomeiny…

Introduction

La destitution d’Ahmad Shah, dernier roi de la dynastie Qadjar d’origine turco-mongole, et la montée au pouvoir d’un officier cosaque iranien qui s’est emparé du pouvoir en 1921 et qui a pris le nom de Reza shah Pahlavi a été sans doute l’un des plus grands moments de l’histoire de l’Iran. Comme écrit Mohammad Reza Shah à propos de son père dans la « Réponse à l’histoire » [1], il fut « un de ces hommes providentiels qui apparaissent au cours des siècles pour empêcher que la patrie sombre dans le néant ». Cette personnalité remarquable fut en effet à la fois le sauveur, l’unificateur et le fondateur de l’Iran moderne.

Si en son temps, il n’inspirait que la peur, en revanche, rares sont aujourd’hui les Iraniens qui ne le respectent pas en tant que symbole de la modernité et de la fierté nationale. Reza Shah admirait beaucoup son homologue turc Mustapha Kemal Atatürk et avait comme lui l’intention de fonder des institutions démocratiques en Iran. Il fallait pour cela fonder un état laïque et moderne. La modernisation est synonyme de l’occidentalisation et la démocratie vient de l’occident ainsi que son élément indispensable et indissociable qu’est la notion des droits de l’homme sans laquelle une vraie démocratie perd tout son sens. Or, l’islam ne reconnaît pas cette notion des droits de l’homme, il a ses propres méthodes et ses propres lois dignes d’une société moyenâgeuse.

C’est la raison pour laquelle l’accès à la démocratie est chose presque impossible dans les pays musulmans. Le simple fait d’aller voter même s’il n’y a pas tricherie dans le décompte des voix ne suffit pas. L’essence même d’une démocratie moderne est la tolérance et le respect des droits de l’homme. Le problème dans les pays musulmans, c’est que l’on peut changer les lois et à la rigueur les moderniser, mais il est très difficile de changer la mentalité islamique de la société.

Ce que Reza Shah ambitionnait pour l’Iran c’était de le faire sortir de l’obscurantisme et le faire entrer parmi les sociétés les plus évoluées. Au moment de l’éclatement de la seconde guerre mondiale, il avait déclaré sa neutralité. Mais la situation géopolitique de l’Iran en a décidé autrement, il fut écarté par ses deux adversaires, les états colonialistes russe et britannique (qu’il haïssait comme tous les patriotes) et son grand œuvre resta inachevé [2].

Mossadegh, c’est la dictature de la rue

Grand propriétaire terrien, descendant de la dynastie Qadjar, l’homme politique Mossadegh était avant toute chose, « un excellent comédien aussi habile à détourner l’attention du public qu’à l’attirer dans son jeu » [3]. Il s’était fait connaître pour son opposition aux réformes et aux grands travaux décidés par Reza Shah. En 1928, sans un sou en poche, Reza Shah lançait le plus grand chantier de chemin de fer du monde d’entre les deux guerres, Mossadegh alors simple député s’opposa au projet et soutint le trajet proposé par les Britanniques: ces derniers ne voulaient pas du trans-iranien faisant la jonction entre la Mer Caspienne et le golfe Persique et préféraient une ligne reliant l’Iran à l’Inde. Les réformes décidées par Reza Shah allaient transformer l’Iran et l’homme politique chevronné qu’était Mossadegh s’y opposait, craignant les bouleversements que ces changements allaient apporter.

Il faut préciser qu’à cette époque, le Parlement iranien était entièrement soumis aux grands propriétaires féodaux dont faisait partie Mossadegh, et constitutionnellement soumis au veto d’un Conseil de Théologiens [4], composé de 5 à 20 experts (mollahs), qui devaient veiller à la conformité des lois avec la sacro-sainte charia.

Il ne s’agissait pas d’un Parlement représentant le peuple et toute réforme était sabotée à la base par ce Parlement traditionaliste et « constitutionnellement » islamiste. Mossadegh s’opposa au projet de modernisation de l’Iran, car le roi avait décidé de s’affranchir de cette institution anti-populaire et n’appliqua jamais cette clause infâmante. Mossadegh et par la suite Bakhtiar (comme Khomeiny) reprochaient à la dynastie Pahlavi d’avoir manqué à cette obligation et d’avoir commis la faute impardonnable de ne pas respecter la Constitution. Nombreux furent les Iraniens qui ne connaissaient pas leur propre constitution et prirent cette critique pour une marque d’allégeance à la démocratie, alors qu’elle était l’exacte opposée.

En 1950, à plus de 70 ans, Mossadegh était le leader d’une coalition parlementaire iranienne nommée « Front National ». Le fondement principal de sa plate-forme politique était le retour à l’Iran de ses richesses pétrolières promettant la richesse et le bonheur pour tous ! Par conséquent, il jouissait d’une grande popularité mais l’on se rendra compte par la suite que l’appui populaire ne pouvait pas suffire à résoudre deux problèmes pétroliers: un problème technique pour la production, un problème économique pour sa vente.

Mossadegh fut porté au pouvoir le 29 avril 1951. Dès sa nomination, il présenta au Parlement son projet de nationalisation de l’AIOC (Anglo Iranian Oil Company). Nationalisation qui fut aussitôt promulguée par le shah le 2 mai 1951.

Mossadegh se heurta à un refus du Shah quand un an plus tard, pour consolider son pouvoir, il voulut prendre le contrôle de l’armée en se faisant attribuer le ministère de la guerre. Après ce refus, Mossadegh démissionna et à nouveau, il mobilisa la rue pour reprendre le pouvoir. Alors que le vieux Ghavam Saltaneh avait obtenu de justesse la majorité au Parlement pour succéder à Mossadegh, le Shah fut contraint sous la pression de la rue de rappeler Mossadegh en lui accordant cette fois-ci le ministère de la guerre et les pleins pouvoirs. A peine avait-il repris le pouvoir à la fin de juillet 1952 qu’il prononçait la dissolution de l’Assemblée Nationale et décrétait la loi martiale.

De la fin juillet 52 à août 53, il exerça le pouvoir comme un véritable dictateur dans un climat de crise continue (dont il était lui-même l’instigateur) et de manifestations de rue quotidiennes. Pendant toute cette période, le pays était en état de siège. Et la pénurie, l’insécurité et la peur furent le pain quotidien des Iraniens. Dans l’entourage de Mossadegh, personne n’osait le conseiller, le contredire ou le critiquer et bon nombre de ses compagnons initiaux l’abandonnèrent définitivement [5]. La décision hâtive et irréfléchie de la nationalisation de l’AIOC et son incompétence totale en matière de pétrole avaient conduit le pays au bord du désastre [6]. Les Britanniques s’y opposaient en interdisant à leurs alliés de commercer avec l’Iran. Cette affaire conduisit à une grave crise internationale rendue difficile à résoudre en raison de l’obstination de Mossadegh et l’incompatibilité d’une politique plus souple avec ses slogans politiques. Suite à cette crise, la mauvaise gestion des affaires de l’état, une série de mauvais calculs dus à l’arrêt des exportations pétrolières, il avait non seulement ruiné l’économie du pays, mais il avait en plus mis en danger son intégrité territoriale en se rapprochant dangereusement des Soviétiques.

– L’URSS avait alors plus de 2500 km de frontières communes avec l’Iran. Ce rapprochement avait été décidé après le refus des Américains de lui accorder les aides financières qu’il leur demandait tout en refusant des négociations (comme le fait aujourd’hui Ahmadinejad). Pendant ce temps, l’Armée rouge avait massé ses troupes tout au long de ses frontières avec l’Iran et envisageait de l’envahir afin de mettre la main sur le Golfe Persique et son pétrole afin d’étouffer le Monde libre.

Cette hypothèse a été confortée quand par la suite on a découvert un réseau de 600 officiers communistes iraniens prêts à faire basculer le pays dans le bloc soviétique.

Face à cette situation chaotique pour le pays, le jeune Shah démocrate qui avait jusque-là accédé à toutes les demandes de Mossadegh, usant de son droit constitutionnel, destitua le 1er ministre le 13 août 53 et nomma le général Zahedi à sa place. Mossadegh refusa de se plier aux ordres du souverain dans une atmosphère de tensions et de haines qu’il avait créée contre la monarchie Pahlavi grâce à ses partisans et les militants communistes de Toudeh. Le Shah se retira alors et quitta le pays pour se réfugier à Rome avec son épouse.

Pendant les deux jours qui suivirent, les partisans de Mossadegh et les communistes iraniens du Parti Toudeh, la masse, s’emparèrent de la rue en organisant de grandes manifestations de rue réclamant la destitution du Shah [7]. Ces communistes réclamaient même une distribution d’armes que Mossadegh leur refusa, et c’est tout à son honneur, afin de ne pas déclencher une guerre civile.

C’est dans ce contexte catastrophique que par miracle les intérêts de l’Iran coïncidèrent avec les intérêts du Monde libre ce qui sauva l’Iran d’une soviétisation certaine. Le 19 août 53 la situation fut inversée: le peuple paniqué pour son avenir descendit dans la rue en scandant des slogans en faveur du roi pour chasser du pouvoir le vieux 1er ministre maladivement obstiné et entouré d’alliés communistes. C’est alors que les Américains ont soutenu ce revirement populaire qui au passage leur permettait bien entendu de barrer la route aux soviétiques et leur ambition séculaire de s’emparer du Golfe Persique et ses réserves pétrolières.

Cet heureux dénouement ramena Zahedi au pouvoir et le Shah rentra à Téhéran, le 22 Août 1953, accueilli par une foule enthousiaste.

Aussitôt le calme revenu un accord de consortium fut conclu pour 25 ans (1954-1979), rédigé pour exploiter le pétrole iranien (qui était encore sous embargo international). Cet accord fut ratifié par le Parlement en octobre 1954. Selon l’accord, le consortium était composé de 5 compagnies américaines qui se réservaient 40 %, laissant 40% à l’ancienne compagnie anglo-iranienne et 20% à des compagnies française ou hollandaise [8]. Le Consortium comprenait :

– Standard Oil of New Jersey : 8%
– Standard Oil of Californie : 8%
– Gulf Oil corporation : 8%
– Socony Vacuum corporation : 8%
– Texas Oil corporation : 8%
– Royal Dutch Shell : 14%
– Compagnie Française du pétrole : 6%
– British Petroleum : 40%

Le Consortium n’intervenait que comme acheteur du pétrole iranien à un prix qui avec les impôts payés sur place laissait 50% de bénéfice à l’état iranien.

La BP n’avait pas lieu de se plaindre du règlement final : une clause prévoyait que les associés devaient payer 200 millions de livres sterling à la compagnie britannique pour compenser la perte de son monopole accordé par la Dynastie Qadjar. En outre le gouvernement iranien avait accepté de verser 2 millions de livres sterling par an pendant 10 ans à la BP.

Le Shah disait souvent qu’il avait mis 15 ans pour réparer les dégâts causés par l’obstination de Mossadegh, et que ce dernier aurait pu éviter ces malheurs à l’Iran. Certes sous Mossadegh, le pétrole iranien fut nationalisé, mais cette nationalisation ne fut effective que sur le papier et elle n’apporta rien de concret aux Iraniens, rien que des problèmes sur tous les plans. Il faut dire qu’en fin de compte, le grand perdant dans cette histoire n’a pas été la BP.

En revanche, le résultat des agissements de Mossadegh n’avaient abouti qu’à un plus grand appauvrissement des Iraniens. Il ne pouvait en être autrement dans un pays qui n’était pas encore capable de gérer par lui-même son industrie pétrolière. Ce projet d’appauvrissement des Iraniens a été avorté par le soulèvement populaire du 19 août 53 et le renversement de Mossadegh, mais ce projet a bel et bien triomphé en février 79 avec la victoire de la révolution islamique en Iran, l’année où le contrat du Consortium venait d’expirer.

« 1979 »

De la chute de Mossadegh en 1954 à la révolution islamique en 1979, en 25 ans, le Shah a réellement transformé la NIOC (National Iranian Oil Company) en une véritable compagnie pétrolière indépendante, dirigée entièrement par des ingénieurs iraniens. Lisons ensemble ce paragraphe significatif du livre de Leonard Mosley : La Guerre du Pétrole [9].

« En Iran, le Shah avait fait plusieurs déclarations s’élevant contre la tricherie et les pressions économiques inadmissibles exercées par le Cartel Anglo-américain afin d’obliger son peuple à céder aux exigences qu’il (le Cartel) avait déjà essayé de lui imposer en 1954. Le shah avait par ailleurs menacé une fois de plus le Cartel d’exercer des représailles lorsque l’acte de concession viendrait à expirer en 1979. » L’Iran en 1979 était désormais capable de gérer lui-même son industrie pétrolière et disposait de l’une des 5 plus grandes raffineries au monde. L’Iran était aussi en mesure de vendre son pétrole à qui il voulait sur le marché international et cela n’était pas du bluff : ce qui n’était nullement du goût des grandes compagnies pétrolières.

Le comte Alexandre de Marenches, le chef des services de contre-espionnage français (SDECE), a dit dans son livre « Dans le secret des princes » [10], comment il avait informé le Shah de la décision de le renverser et comment ce dernier avait refusé de le croire.

« J’ai mentionné un jour au Shah les noms de ceux qui aux Etats-Unis étaient chargés d’envisager son départ et son remplacement. J‘avais même pris part à une réunion où l’une des questions était: comment fait-on pour faire partir le Shah et par qui le remplace-t-on ? Le Shah n’a pas voulu me croire. »

On connaît la suite des évènements: les grandes puissances occidentales, c’est-à-dire : la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, à la suite d’une réunion de leurs chefs d’état respectifs en Guadeloupe [11] se sont mis d’accord pour faire pression sur le Shah pour qu’il quitte l’Iran et le pouvoir afin de le remplacer par un vieillard illettré, préfabriqué et inconnu jusqu’alors du grand public, l’Ayatollah Khomeiny, guide de la révolution islamique d’Iran.

Bakhtiar, c’est le pompier pyromane…

Le Shah, très affaibli par son cancer et les traitements qu’il tenait cachés du public fut victime d’une campagne de désinformation orchestrée au niveau international contre lui : on lui reprochait de ne pas respecter les droits de l’homme. Il avait fermement décidé de ne pas recourir à la force pour réprimer les éléments subversifs qui visaient délibérément à renverser par la ruse et la violence et en collaboration étroite avec le terrorisme international le régime légitime de l’Iran. Il avait l’intention d’apaiser les tensions et résoudre le problème par la voie diplomatique et sans effusion de sang.

D’autre part, sous la pression incessante de ses alliés occidentaux en général et l’administration Carter en particulier qui soutenait ouvertement les éléments subversifs et non l’état légitime iranien, le Shah décida en fin de compte de laisser tomber le fardeau de sa responsabilité et de quitter le pays sans aucune résistance. Il pouvait aisément et avec un nombre minimum de victimes parmi les insurgés mater la rébellion et rétablir l’ordre dans le pays, d’autant plus que l’armée et la police restèrent jusqu’au bout fidèles à la monarchie et au souverain.

Cependant on a constaté que le Shah ne voulait pas agir fermement et recourir à la force et en même temps, il ne voulait laisser faire ce qui aurait encouragé les insurgés. En guise de mesure de dissuasion, une loi martiale a été décrétée sous le commandement du Général Oveyssi [12] – [13] – [14]. Mais le Shah utilisa tout son pouvoir et son autorité en tant que chef des armées sur la hiérarchie militaire pour faire obstacle à l’application de l’article 5 de la loi martiale qui consistait à rétablir l’ordre en cas d’insurrection. Pourtant, le recours à la force était absolument nécessaire et inévitable, mais en même temps, l’administration Carter aussi encourageait le roi à ne pas recourir à la force et ce au motif du respect des droits des insurgés.

Ce motif est cependant sans fondement légal international conformément à la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales du 4 novembre 1950 [15]. En effet, dans ses sources européennes, le titre 1er, article 2, alinéa C de cette Convention en vigueur dans les pays les plus démocratiques européens considère que le recours à la force est parfaitement légitime et n’est absolument pas considéré comme contraire aux droits de l’homme. Le texte préconise même de réprimer conformément à la loi une émeute ou une insurrection et considère que la mort infligée dans ces conditions n’est pas considérée comme contraire aux principes sacrés des droits de l’homme.

On peut donc considérer les pressions de l’administration Carter et des alliés européens du Shah comme un soutien indirect aux fauteurs de troubles. Ce soutien indirect a trouvé son application dans le refus de l’administration américaine d’équiper la police iranienne de moyens anti-émeutes dont elle était dépourvue : des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène [16]. Ne désirant pas réprimer les fauteurs de troubles avec des moyens militaires, le Shah écarta le Général Oveyssi du pouvoir qui pourtant était le seul homme qui aurait pu rétablir l’ordre et sauver le pays. Le roi lui conseilla de quitter le pays, ce qu’il fit.

Il opta alors pour un gouvernement civil parmi ses opposants du Front National Mossadeghiste. Il envisagea de quitter le pays pour laisser les mains libres à ce gouvernement composé de personnages qui prétendaient avoir une solution bien définie pour sortir de la crise sans recourir à la force. Pour former un tel gouvernement, le choix du 1er ministre n’était pas chose facile car pratiquement tous les candidats envisagés à ce poste exigeaient que le roi reste en Iran, en estimant que sa présence était indispensable pour préserver l’unité nationale et ce afin que le pays ne sombre pas dans le chaos. Il y avait un seul candidat qui ne partageait pas cet avis : Bakhtiar.

Décidé à quitter le pays, il opta donc pour Bakhtiar sans prendre en compte d’autres critères. Ce dernier rêvait d’une démocratie à la suédoise en Iran. Cependant il n’avait aucune base populaire en Iran et était un inconnu. Il était condamné à l’échec par avance. Une fois devenu 1er ministre, il s’est en outre avéré que Docteur Bakhtiar et ses proches du Front National n’avaient aucune solution miracle pour faire sortir le pays de la crise, ni aucun programme pour gérer les affaires de l’état. Le seul point qui motivait son équipe était leur haine vis-à-vis du Shah et de la dynastie Pahlavi.

Dans l’ensemble, le Front National n’était formé que de quelques vieux politiciens très divisés au sein même de leur famille politique. En revanche, il faut savoir que sans leur concours et soutien actifs aux divers éléments subversifs et groupuscules terroristes de tous poils, les islamistes n’auraient jamais pu espérer prendre le pouvoir en Iran.

En quittant le pays, le Shah a abandonné l’armée à son propre sort, mais il a pris cette décision avec beaucoup d’amertume et de courage. Plus tard depuis son exil, en écoutant les nouvelles sur le massacre de son peuple et du personnel militaire et des forces publiques par les islamistes, par les Moudjahiddines du Peuple et d’autres groupuscules terroristes y compris ceux de l’OLP, il a eu beaucoup de remords de n’avoir pas agi avec fermeté. La vérité est que les derniers mois de son règne, le roi n’était pas bien informé de la situation intérieure du pays et qu’il était déconnecté de la gravité de la menace. En raison de sa maladie et sous l’effet des divers traitements, le Shah ne pouvait plus décider et c’est cette vacuité de commandement qui a causé la chute de son régime. Il faut préciser que tout au long de son règne, il avait toujours agi avec indulgence vis-à-vis de ces plus féroces ennemis, et plus particulièrement ceux qui avaient attenté à sa vie : non seulement, il les pardonnait, mais certains ont même obtenu des postes dans l’administration de l’état.

Juste après le départ du Shah, Shapur Bakhtiar, 1er ministre de la monarchie, inaugura un nouveau style très médiatique (très Mossadeghien) : il privilégiait les conférences de presse quotidiennes et à ce moment ses discours étaient focalisés sur la critique du Shah ; il ne manquait pas une occasion pour accabler l’armée, la police et les méthodes de gouvernement de la monarchie. Il employa tous ses efforts pour assurer la liberté d’action des éléments subversifs.

On avait l’impression qu’il avait conclu un pacte avec les ennemis du peuple. Cependant, son jeu était trouble : il avait, au cours d’une de ses déclarations à la presse, affirmé qu’il donnerait l’ordre que l’on abatte l’avion qui ramènerait Khomeiny en Iran. Mais on a su par la suite qu’à la même époque, le 1er ministre laïquard avait dépêché à Paris son émissaire et homme à tout faire, Hadji Marzban [17], pour assurer le vieux mollah qu’il l’accueillerait avec un tapis rouge, le protégerait et lui obéirait. On imagine l’accueil qu’a reçu cette offre qui a immédiatement prouvé à Khomeiny que son adversaire était aux abois. Au lieu d’éteindre l’incendie, tâche à laquelle il s’était assigné, il propageait l’incendie tel un pompier pyromane.

Ses propos contradictoires et ses attaques incessantes vis-à-vis des forces de l’ordre et de l’armée ont grandement contribué au découragement des militaires et finalement abouti à la catastrophique annonce de la neutralité de l’armée, le dernier rempart contre la horde des islamistes. En effet, le docteur Bakhtiar a prescrit pour son malade mourant (l’Iran) exactement le contraire qu’il fallait lui administrer pour le sauver : Au nom de la liberté, il a dissous les services de renseignement et libéré simultanément des centaines de terroristes proches de Khomeiny. Au nom de la liberté d’expression, il libéra tous les journaux en donnant une tribune libre à tous les islamistes, et lui-même participa à dénigrer publiquement le souverain qui s’était retiré pour calmer le jeu.

En se comportant de la sorte, le docteur Bakhtiar acheva son malade agonisant. Comme le Shah l’avait prédit avant son départ, l’éphémère gouvernement Bakhtiar ne dura que 37 jours et fut balayé par Khomeiny. Après une courte période de clandestinité, il a fui l’Iran avec l’aide de ses anciens copains du Front National comme Madani et Bazargan qui étaient dans le 1er gouvernement formé par Khomeiny.

Il se réfugia à Paris où il fonda le Mouvement de résistance Nationale. Il reçut des aides financières considérables de la part du président irakien, Saddam Hussein. Il n’hésita pas à employer cette manne d’abord pour rassembler tous les ennemis jurés de la dynastie Pahlavi, même les plus infréquentables, et ensuite pour diviser l’opposition iranienne au régime des mollahs. Il finit égorgé par les tueurs envoyés de Téhéran dans sa maison qui était 24h sur 24 sous protection policière. Erreur ou trahison, le résultat de ses actes a été le même : il a accéléré la chute de la monarchie et livré le pays à des islamistes criminels et à la racaille.

Les efforts de laïcisation, de modernisation et d’occidentalisation entrepris par le Shah pour faire accéder l’Iran à une vraie démocratie ont déclenché de sérieuses résistances dans le pays dominé jusqu’alors en grande partie par les mollahs.

« Le fait reste qu’une certaine hiérarchie ecclésiastique fut dès 1926 ouvertement opposée aux réformes du Shah (Reza shah) et à la métamorphose de l’Iran en un état moderne, cette opposition se retrouvera lors des évènements insurrectionnels de 1952-1953, de 1963, et de 1978-1979… » C’est ainsi que le Shah résumait la situation dans son livre : La réponse à l’histoire [18].

Il convient de préciser pour nos lecteurs occidentaux que le souverain a omis de préciser (dans cette phrase) que le clergé chiite iranien dominait l’Iran en s’alliant aux Britanniques, les maîtres du pétrole iranien. La révolution iranienne a mis fin aux rêves d’indépendance énergétique de l’Iran. Les contrats buy-back que les mollahs accordent aux anciens membres du Consortium sont l’expression du non-respect de la nationalisation du pétrole iranien. L’état déplorable de nos raffineries, la vétusté des puits, et le licenciement progressif des cadres iraniens au profit d’un personnel étranger sont les acquis de cette révolution qui a stoppé la marche en avant de l’Iran.

Aujourd’hui, 11 février est un jour de deuil national.

à suivre…

[1] Réponse à l’histoire | Mohammad Reza Pahlavi – éditions Albin Michel – 1980 (Amazon) |

[2] Le Golfe Persique : Mer de légendes – réservoir de pétrole | Jean-Jacques Berreby – éditions Payot – Paris 1959 (Bibliothèque de l’Ecole des Mines de Paris) |

[3] L’homme qui voulait être Cyrus | Bertrand de Castelbajac – éditions Albatros – 1987 (Amazon) |

[4] Le Regard Mutilé | Daryush Shayegan – éd. Albin Michel – 1989 (Amazon) |

[5] De Téhéran à Caracas : Pétrole et Politique en Iran | Manouchehr Farman-Farmaian (PDG du Consortium et cousin de Mossadegh) – éditions ir. Nashr Tarikh Iran– 1995 |

[6] De Téhéran à Caracas : Pétrole et Politique en Iran | Manouchehr Farman-Farmaian (PDG du Consortium et cousin de Mossadegh) – éditions ir. Nashr Tarikh Iran– 1995 |

[7] L’homme qui voulait être Cyrus | Bertrand de Castelbajac – éditions Albatros – 1987 (Amazon) |

[8] L’homme qui voulait être Cyrus | Bertrand de Castelbajac – éditions Albatros – 1987 (Amazon) |

[9] La Guerre du Pétrole (Power Play) | Leonard Mosley – éd. Presse de la Cité – 1974 (Alibris) | page 584

[10] Dans le secret des Princes | Ockrent – Marenches – éd. Stock – 1986 (Amazon) |

[11] Le Shah : Exil et mort d’un personnage encombrant | William Shawcross – éd. Stock – 1989 (Amazon – version anglaise) |

[12] L’homme qui voulait être Cyrus | Bertrand de Castelbajac – éditions Albatros – 1987 (Amazon) |

[13] Les mémoires de Farah Pahlavi | Farah Pahlavi – éd. XO – 2003 (Amazon) |

[14] Carnets secrets, chute et mort du Shah | Houchang Nahavandi – éd. Osmondes – 2003 (Amazon) |

[15] Libertés Fondamentales et Droits de l’Homme | Jacques Robert & Henri Oberdorff – éd. Monchrestien – 1989 (Kelkoo) | Pages 23 et 24

[16] Les mémoires de Farah Pahlavi | Farah Pahlavi – éd. XO – 2003 (Amazon) |

[17] à propos de Hadji Marzban | Témoignages de Behrouz Souresrafil, journaliste iranien & du Colonel A.H. Aghilipour, attaché militaire de l’Ambassade Impériale de l’Iran en 1978 |

[18] Réponse à l’histoire | Mohammad Reza Pahlavi – éditions Albin Michel – 1980 (Amazon) |

3 commentaires pour Iran: Les dessous de la Révolution islamique I (Our hero Mossadegh)

  1. […] suffisait apparemment, entre une fausse constitution et un ou deux soi-disant massacres du Shah, d’une bonne dose de naïveté et de complaisance de […]

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  2. jcdurbant dit :

    Myths of Mossadegh
    Amir Taheri
    June 25, 2012

    Patriot of Persia: Muhammad Mossadegh and a Tragic Anglo-American Coup, by Christopher de Bellaigue (Harper, 300 pp., $27.99)

    For decades, the debate on Iran in the United States has been dominated by a legend in which an elderly aristocrat plays the central role. The legend is that in August 1953, a couple of CIA operatives organized a coup d’état that toppled a democratically elected government and paved the way for the seizure of power by the mullahs 26 years later. The hero of the legend is one Muhammad Mossadegh, who had been appointed prime minister by the shah for a second time in 1952.

    The legend was born almost a decade after the events, when the CIA, its reputation in tatters after the Bay of Pigs fiasco, was desperately looking for some success story. Since dozens of books have already been written on it, one might wonder why Christopher de Bellaigue, a British journalist, thought it necessary to offer yet another. The answer is that the legend fails to fade away.

    Right now, it is cited by Obama-administration officials to justify the policy of a “stretched hand of friendship” toward the mullahs in Tehran. De Bellaigue blames the “tragedy” on Republicans who were in power in Washington at the time of the coup: specifically, President Eisenhower and the Dulles brothers. Under the Republicans, “fair play had gone by the board at home, where Senator Joseph McCarthy was directing a persecution of suspected Communists,” and Eisenhower’s team had concluded that “it was a good moment for a muscular assertion of American values abroad.”

    The president and the Dulles brothers not only plotted against Mossadegh but also organized a propaganda campaign in Iran “to blacken the [Tudeh’s] name by showing that it was a creature of the Soviets.” (The Tudeh was Iran’s Communist party, which, according to its own leaders, was founded by Moscow in 1941 and controlled by the KGB to the very end.) The point man for the coup was Kermit Roosevelt, who, if de Bellaigue is to be believed, was a genius in black arts: He arrived in Tehran on July 19 and overthrew Mossadegh just a month later. To assist him, the CIA had a few assets, including New York Times reporter Kenneth Love and an obscure UPI stringer of Iranian origin. De Bellaigue’s anger is not directed only at the Republicans in Washington: Mossadegh’s Iranian opponents also get a thorough thrashing. While Mossadegh’s supporters are described as “the people,” his opponents are labeled “slum-dwellers.”

    Our author simply cannot imagine that at least some ordinary Iranians might have disliked Mossadegh. Only “goons” and “mobsters” marched against him. When they burn buildings and shops, Mossadegh’s supporters are merely “showing popular anger.” But when Mossadegh’s opponents do the same thing, de Bellaigue calls their action “sedition.”

    But what about the underlying truth of the matter? In fact, the Mossadegh legend is full of holes. Let’s start with the claim that, prior to the supposed CIA intervention, Iran had been a democracy. The truth is that Iran was not a democracy but a constitutional monarchy in which the king, known as the shah, wielded immense power, including the right to appoint and dismiss the prime minister. By 1953, the shah, who had acceded to the throne in 1941, had appointed and dismissed ten prime ministers, among them Mossadegh. Between 1953 and 1979, when he left for exile, he was to appoint twelve more. None of those changes of prime minister was described as a coup d’état, because, fully constitutional, they did not alter the substance or the form of Iran as a nation-state. Even Mossadegh himself never challenged the shah’s right to dismiss him as prime minister: During his trial, he claimed that he had initially doubted the authenticity of the shah’s edict dismissing him. Nor did Mossadegh himself claim that the Americans had played a role in ending his tenure as prime minister. De Bellaigue is at pains to portray Mossadegh as — in the words of the jacket copy — “one of the first liberals of the Middle East, a man whose conception of liberty was as sophisticated as any in Europe or America.” But the trouble is, there is nothing in Mossadegh’s career — spanning half a century, as provincial governor, cabinet minister, and finally prime minister — to portray him as even remotely a lover of liberty. De Bellaigue quotes Mossadegh as saying that a trusted leader is “that person whose every word is accepted and followed by the people.” To which de Bellaigue adds: “His understanding of democracy would always be coloured by traditional ideas of Muslim leadership, whereby the community chooses a man of outstanding virtue and follows him wherever he takes them.” Word for word, that could have been the late Ayatollah Khomeini’s definition of a true leader. Mossadegh also made a habit of appearing in his street meetings with a copy of the Koran in hand. According to de Bellaigue, Mossadegh liked to say that “anyone forgetting Islam is base and dishonourable, and should be killed.” During his premiership, Mossadegh demonstrated his dictatorial tendency to the full: Not once did he hold a full meeting of the council of ministers, ignoring the constitutional rule of collective responsibility. He dissolved the senate, the second chamber of the Iranian parliament, and shut down the Majlis, the lower house. He suspended a general election before all the seats had been decided and chose to rule with absolute power. He disbanded the high council of national currency and dismissed the supreme court. During much of his tenure, Tehran lived under a curfew while hundreds of his opponents were imprisoned. Toward the end of his premiership, almost all of his friends and allies had broken with him. Some even wrote to the secretary general of the United Nations to intervene to end Mossadegh’s dictatorship. But was Mossadegh a man of the people, as de Bellaigue portrays him? Again, the author’s own account provides a different picture. A landowning prince and the great-great-grandson of a Qajar king, Mossadegh belonged to the so-called thousand families who owned Iran. He and all his children were able to undertake expensive studies in Switzerland and France. The children had French nannies and, when they fell sick, were sent to Paris or Geneva for treatment. (De Bellaigue even insinuates that Mossadegh might have had a French sweetheart, although that is improbable.) On the one occasion when Mossadegh was sent to internal exile, he took with him a whole retinue, including his cook. Dean Acheson described Mossadegh as “a rich, reactionary, feudal-minded Persian inspired by a fanatical hatred of the British.” But even his supposed hatred of the British is open to question: His uncle Farmanfarma was Britain’s principal ally in Iran for almost four decades. In his memoirs, Mossadegh says that during his first posting, when he was governor of the province of Fars, he and the British consul “worked hand in hand like brothers.” As a model of patriotism, too, Mossadegh is unconvincing. According to his own memoirs, at the end of his law studies in Switzerland, he had decided to stay there and acquire Swiss citizenship. He changed his mind when he was told that he would have to wait ten years for that privilege. At the same time, Farmanfarma secured a “good post” for him in Iran, tempting him back home. De Bellaigue tries to portray the 1951–53 drama in Iran as a clash of British colonialism and Iranian nationalism. That claim, too, is hard to sustain. Iran was never a British colony. The Anglo-Iranian oil company was present in five remote localities, which did not amount to even half of 1 percent of the country’s territory, in one of Iran’s provinces. At its peak the company employed 118 British nationals. Thus the overwhelming majority of Iranians had never seen a single Brit in their lives. Sadly, de Bellaigue seems to know nothing of the hundreds of books and thousands of essays that provide the Iranian narrative of these events. The assumption is that, mere objects in their own history, Iranians cannot offer a valid narrative. It seems that, in the writing of history, scholarly imperialism comes in two versions. In the first, an arrogant “white world” boasts about its historic mission to civilize “the natives,” and takes credit for whatever is good in the world. In the second, the “guilt version,” the “white world” is portrayed as the aggressor and thus responsible for whatever disaster happens to “the natives.” Both of these versions assume that, on their own, “the natives” cannot accomplish anything, right or wrong. The imperialism of arrogance and de Bellaigue’s imperialism of guilt are two faces of the same coin. – Mr. Taheri is an Iranian-born journalist based in Europe and the author of The Persian Night: Iran under the Khomeinist Revolution.

    Read more at: https://www.nationalreview.com/nrd/articles/302213/myths-mossadegh

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  3. jcdurbant dit :

    First, the pressure for the coup came from the British, whose oil company Mossadegh wanted to nationalize. The Truman administration, which ended in January 1953, opposed American involvement. However, the situation worsened and the Eisenhower administration changed U.S. policy on the issue.Mossadegh was an extremely unstable person and leader. He was clearly losing control of the country and the Communist Party, which backed him, was gaining power steadily. A close examination of the documents shows that whether it was correct or not, U.S. fear of a Communist takeover of Iran was based on serious evidence. This was the midst of the Cold War and the U.S.S.R. was Iran’s northern neighbor. The Soviets occupied northern Iran from 1941 to 1946 to secure the country’s oil during World War II, set up puppet regimes inside the country and only withdrew under intensive U.S. pressure. On balance, and after long consideration, I think the coup was a proper move for U.S. policy. What is especially interesting in retrospect is that among the supporters of the move were the Iranian Muslim clerics, including Ayatollah Kashani, the man who would be something of a role model for Ayatollah Ruhollah Khomeini. It is ironic for Islamists to complain about a U.S. policy which they backed and even participated in at the time.

    Second, in legalistic terms the U.S. argument was that this was actually a “counter-coup” because the Shah had the right to dismiss Mossadegh. The regime — as opposed to a particular prime minister — was not being overthrown by a coup but rather it was being saved from a coup by Mossadegh. This case is not rock-solid but has some standing. The situation was not like a Latin American military overthrowing a democratic government.

    But perhaps the most important point for today is the third one: the Shah ruled for a quarter-century and basically did about as good a job as anyone was going to do there. He was a dictator, the regime had a high level of corruption and the secret police used torture. Yet in many ways the succeeding regime has been even worse.

    http://dailycaller.com/2012/01/27/ron-paul-is-wrong-overthrowing-mossadegh-wasnt-a-mistake/#ixzz4DdFW6WWn

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