Iran/Irak – On n’exporte pas la démocratie: La preuve par l’image (You can’t export democracy)

Lynching in Irak (Kurdistan, Apr.07)On ne peut pas obtenir la démocratie en une nuit. On ne peut pas l’importer non plus. La démocratie est une évolution sociale et la société iranienne a évolué. Marjane Satrapi

Quatre ans après la prétendue « Opération Liberté pour l’Irak » et deux ans après l’institution d’une belle constitution toute neuve importée directement de Washington …

Confirmation du degré d’évolution de l’Iran et du chaos auquel Bush et les « neocons » ont réduit l’Irak:

Ce lynchage d’une jeune fille de 17 ans il y a deux mois dans le nord de l’Irak et en plus dans la partie kurde que les « neocons » n’arrêtent pas de nous présenter comme le grand succès de leur intervention (sur Iran-Resist mais pour ceux qui ont le cœur ou l’estomac solides seulement)

Bien sûr, pour sauver la face, le gouvernement irakien annonce l’arrestation de quatre responsables …

Mais on voit bien la différence avec l’Iran comme le montre si bien Mlle Satrapi dans ses BD et son merveilleux film (« Persepolis ») …

Là au moins, tout est beaucoup plus civilisé et même si ça arrive, c’est exceptionnel et dans les provinces les plus reculées …

D’ailleurs, dans la « Persepolis » moderne, on n’a même plus besoin de ça puisque le système a tellement évolué avec toutes ces femmes à l’Université.

Donc, à nouveau, on voit bien que c’est pas le tout d’enlever la lapidation de sa constitution. Il faut donner du temps au temps et la démocratie, on le sait bien, ça s’exporte pas.

D’ailleurs, comme l’a montré le lynchage d’une jeune fille il y a quatre ans dans la banlieue de Marseille, même un grand pays d’ancienne civilisation comme la France n’est pas à l’abri de tels dérapages!

Et puis d’abord, il ne faut pas confondre lynchage et lapidation. La lapidation a été ordonnée par le Prophète et on en a encore besoin pour les régions arriérées.

Et surtout… la dimension des pierres est très strictement réglementée!

Un Iranien condamné pour adultère a été exécuté par lapidation le jeudi 5 juillet dans le nord-ouest de l’Iran, a annoncé mardi 10 juillet le porte-parole du pouvoir judiciaire Alireza Jamshidi.

Le verdict a été appliqué dans le village Aghche Kand, situé à environ 200 Km à l’ouest de Téhéran. Le porte-parole du pouvoir judiciaire a expliqué que le jugement avait été appliqué car il était définitif suite à un avis positif de la Cour suprême. Par la suite, le régime a changé sa version en affirmant qu’il s’agissait d’un lynchage populaire alors que le condamné était en prison et non en liberté.

Iran : Nous avons tué un homme à coups de pierres
11.07.2007

Un Iranien condamné pour adultère a été exécuté par lapidation le jeudi 5 juillet dans le nord-ouest de l’Iran, a annoncé mardi 10 juillet le porte-parole du pouvoir judiciaire Alireza Jamshidi. Les préparatifs nécessaires à l’exécution de la sentence avaient été mis en oeuvre dès le 20 juin.

L’homme exécuté s’appelait Jafar Kiani, il avait été condamné pour relation en dehors du mariage avec une femme nommé Mokarrameh Ebrahimi. Tous deux mariés, ils avaient quitté leurs familles pour vivre ensemble il y a treize ans, avant d’être arrêtés il y a onze ans. Ils ont alors été séparés de l’enfant qui venait naître de leur union amoureuse et aucun n’a pu élever cet enfant qui a aujourd’hui 11 ans. La mère est en prison et depuis 11 ans, elle attend dans le couloir de la mort, l’instant où elle périra fracassée par les pierres.

Le verdict a été appliqué dans le village Aghche Kand, situé à environ 200 Km à l’ouest de Téhéran. Le porte-parole du pouvoir judiciaire a expliqué que le jugement avait été appliqué car il était définitif suite à un avis positif de la Cour suprême. Par la suite, le régime a changé sa version en affirmant qu’il s’agissait d’un lynchage populaire alors que le condamné était en prison et non en liberté.

Selon la presse occidentale, c’est la première exécution de ce type depuis celle appliquée et reconnue officiellement par les autorités en juillet 2001. En juillet 2001, Maryam Ayoubi a été lapidée à mort dans la prison d’Evin pour adultère et meurtre, c’était sous la présidence du très modéré Khatami (d’autres sources font état de 2 personnes, un homme et une femme, lapidées en 2002, toujours sous Khatami).

Aucune protestation n’a été enregistrée à ces dates de la part de Shirin Ebadi, Marjane Satrapi ou Fariba Adelkhah et pourtant en 2005, le Monde 2 a demandé à Satrapi qu’elle se disait alors opposante au régime (page 26) et à la « politologue » Adelkhah de parler de « leur Iran ». Les deux femmes parlent d’un Iran fantasmé de Shirin Ebadi et pas un seul mot sur les lapidations ou cette pédophilie autorisée qui ne suscite aucune indignation auprès des « people » français.

Sous la présidence du modéré Khatami, ami de Shirin Ebadi et idole de Fariba Adelkhah, 27 personnes dont 18 femmes ont été condamnées à périr sous les pierres ! Sept lapidations ont eu lieu dans sa première et deuxième années de présidence. Le 26 octobre 1997, l’Associated Press rapportait la lapidation à mort de six personnes, à Sari, capitale de la province du Mazandaran [1]. La lapidation de six personnes en un jour !

Combien de femmes et d’hommes sont morts ainsi depuis 1979 : personne ne le sait. Il existe des noms de quelques condamnés. Quoi, vous ne le saviez pas ? Ce n’est pas écrit dans Persépolis ? Son auteur n’a pas saisi la première occasion pour vous en parler ? Nous avons créé ce site pour qu’il n’y ait plus d’excuses de ce genre.

Le Code pénal iranien prévoit la peine de mort par lapidation pour les crimes contre la volonté de Dieu dont font partie l’adultère et la prostitution. Ceci est publié depuis des années par notre site et d’autres qui ont commencé : le code précise quel type de pierres il faut utiliser. L’article 104 explique en effet :

« Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux ; elles ne devront pas non plus être si petites qu’on ne puisse leur donner le nom de pierre. » Il en ressort clairement que le but de l’exécution par lapidation est d’infliger à la victime une douleur atroce avant sa mort…

C’est nous qui avons affligé cette douleur à cet homme car nous n’avons pas su vous mobiliser, nous n’avons pas su vous dire que le régime que certains ne veulent pas diaboliser est si cruel.

Mais il faut reconnaître que vous n’avez pas écouté, submergés par d’autres infos sur l’Iran. Il faut reconnaître que certaines rédactions nous ont ri au nez, d’autres ont claqué la porte et nous ont dit de les recontacter à la rentrée. Car on a beaucoup parlé d’IRAN ces jours-ci, mais pour ne rien dire, pour lire un dossier de presse d’un film qui ne parle pas de l’Iran réel mais d’un pays où il ne faut pas brusquer la lente évolution vers le mieux.
(Le Monde 2 – n°70 – page 30 – image ci-dessous)

On a beaucoup parlé sur France Inter et si les journalistes du Masque et la Plume avaient au moins évoqué la lapidation, ce qui se passe en Iran, on aurait peut-être sauvé cet homme, on aurait commencé déjà à former une association pour dénoncer la pédophilie autorisée. Nous n’avons pas cessé de l’évoquer.

Nous avons parlé du contenu de Persépolis (Film et BD), car il ne parle pas de la lapidation, on nous dit que Satrapi est une fille privilégiée qui a livré sa vision de sa classe. Nous avons alors mené une enquête sur son identité et su qu’elle n’était pas issue d’une classe privilégiée qui l’aurait empêchée d’avoir une vie semblable à nous « les communs »… Alors on nous ne parle plus que de l’esthétique du film, cette esthétique pour faire oublier la réalité.

Réveillez-vous, nous avons tué un homme à coups de pierre et une lapidation ressemble à ça [2]..

[1] Lapidation sous khatami | source : Commission des droits de l’homme de l’ONU
Rapport E/CN.4/1998/NGO/101 du 1 avril 1998 |

[2] Cette vidéo | Dua Khalil Aswad a été lapidée en public le 7 avril 2007 dans la ville de Bashika, dans le nord de l’Irak, par un groupe d’hommes, dont certains auraient été des membres de sa famille, parce qu’elle avait noué une relation avec un garçon musulman sunnite et s’était, semble-t-il, convertie à l’islam. |

Voir aussi:

Video Captures Stoning of Kurdish Teenage Girl
Assyrian international News Agency
4-25-2007

Mosul, Iraq — According to the Kurdish website Jebar.info up to 1000 men from the Yezidi Kurdish community of Mosul killed a teenager who’s only crime was running away to marry a Muslim man whom she loved and converting to his religion.

For four months the girl had been given shelter by a local Muslim Sheik. It was reported that in the last few days her family persuaded her to return home, convincing her that she had been forgiven by her parents and relatives for her mistake.

In a short mobile video clip which appears to have been taken by locals at seen of the murder, the girl is seen being ambushed on her way home by a group of up to 1000 men who were waiting for her to return; the men killed her in the most brutal way possible, by throwing large stones on her head. The following clips show that while she is alive and crying for help she is taunted and kicked in her stomach until someone finishes her off by throwing a large stone on her face.

Warning: the following videos (RealPlayer) show graphic and disturbing images:

From the clips it appears that the girl was first stripped naked to symbolize that she had dishonored her family and her Yezidi religion. She is lying on the road naked while her smashed face is covered with blood and still breathing.

According to the website and footage from the clip a number of armed local police officers were present who in fact helped the crowd to kill the woman rather than preventing the crime. Sometime later the Iraqi army arrived at the scene and refused anyone entry, including the press.

Killing women for reasons of honor, shame and religion does happens in regions of Kurdistan and Iraq. The above incidents are not uncommon in some of the deeply religious and traditional communities. For long violence against women has been commonly used as a political and religious weapon and as a means of social control.

By Kameel Ahmady, Mina Rojdar
http://www.Kurdishaspect.com

Four Arrested in Iraq ‘Honor Killing’
Assyrian International News Agency
Posted GMT 5-18-2007

BAGHDAD (CNN) — Authorities in northern Iraq have arrested four people in connection with the « honor killing » last month of a Kurdish teen — a startling, morbid pummeling caught on a mobile phone video camera and broadcast around the world.

The case portrays the tragedy and brutality of honor killings in the Muslim world. Honor killings take place when family members kill relatives, almost always female, because they feel the relatives’ actions have shamed the family.

In this case, Dua Khalil, a 17-year-old Kurdish girl whose religion is Yazidi, was dragged into a crowd in a headlock with police looking on and kicked, beaten and stoned to death last month (video).

Authorities believe she was killed for being seen with a Sunni Muslim man. She had not married him or converted, but her attackers believed she had, a top official in Nineveh province said. The Yazidis, who observe an ancient Middle Eastern religion, look down on mixing with people of another faith.

Each year, dozens of honor killings are reported in Iraq and thousands are reported worldwide, said the United Nations. The practice has been condemned around the world by governments and human rights groups. A yearly vigil protesting honor killings is held in London, England.

Two of the four arrested are members of the victim’s family, police in Nineveh province said Thursday. Four others, including a cousin thought to have instigated the killing, are being sought.

The killing is said to have spurred the killings of about two dozen Yazidi men by Sunni Muslims in the Mosul area two weeks later. Attackers affiliated with al Qaeda pulled 24 Yazidi men out of a bus and slaughtered them, a provincial official said.

The violence ratcheted up tensions between Yazids and Muslims in Bashiqa, the victim’s hometown, a largely Yazidi city in Nineveh province.

Provincial officials don’t think much could have been done to stop the honor killing, but at least three officers are being investigated and could be fired.

« The climate, the religious and social climate is such that people can do that in daylight and that authorities do not intervene, » said the spokeswoman for the Organization of Womens’ Freedom in Iraq, Houzan Mahmoud.

Also, the top police official in Bashiqa is being replaced.

Voir enfin pour la France:

Violence
La lapidation de Ghofrane: ouverture du procès
L’Express
Le 10 avril 2007

Le procès à huis clos des meurtriers présumés de Ghofrane Haddaoui s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises des mineurs d’Aix-en-Provence. La jeune femme, âgée de 23 ans, avait été sauvagement assassinée à coups de pierres, puis abandonnée dans un terrain vague

Le procès à huis clos des assassins présumés de Ghofrane Haddaoui s’ouvrira mardi devant la cour d’assises des mineurs d’Aix-en-Provence. Deux jeunes hommes sont accusés de meurtre, un troisième de « non dénonciation du crime ». Aujourd’hui âgés de 19 et 20 ans, les prévenus étaient mineurs lors des faits.

Tuée à coups de pierre
Le 17 octobre 2004, Ghofrane, 23 ans, avait été tuée à coups de pierres dans les quartiers nord de Marseille. Le drame avait bouleversé les marseillais et, en novembre 2004, une marche silencieuse avait été organisée à sa mémoire, à l’appel du mouvement « Ni putes ni soumises ». Les deux accusés se sont jusqu’à présent rejeté la responsabilité du meurtre, mais l’un deux, après avoir plusieurs fois modifié sa version des faits, devrait reconnaître sa culpabilité devant la cour.

Le corps de la jeune fille avait été retrouvé le 19 octobre 2004, dans un terrain vague, près d’un centre commercial des quartiers nord de Marseille. D’après l’autopsie, elle avait été frappée une trentaine de fois à la tête à l’aide de grosses pierres trouvées sur place. Les coups avaient entraîné des lésions cérébrales et une hémorragie à l’origine de la mort, le 18 octobre au matin.

Deux autres garçons étaient présent ce soir-là
Le meurtrier présumé a été débusqué grâce au téléphone portable de Ghofrane, qui avait gardé la trace d’une communication passée avec la puce d’un autre téléphone, celle d’un garçon de 17 ans. Le jeune homme en question, arrêté le 8 novembre, a reconnu durant sa garde à vue être l’auteur du meurtre, avant de changer sa déposition à plusieurs reprises. Selon l’enquête de voisinage, il était amoureux de Ghofrane et ne supportait pas qu’elle ait prévu de se marier avec un autre garçon, quelques mois plus tard. Un soir, après avoir bu et fumé du cannabis, le jeune homme aurait invité Ghofrane chez lui, pour une expérience sexuelle. Devant le refus de la jeune fille, fou de colère, il se serait acharné sur elle, la laissant pour morte.

Selon de nouveaux témoignages, deux autres garçons étaient présent ce soir-là: l’un a été interpellé en novembre, l’autre extrait de la prison où il était détenu pour vol à main armée. Le premier comparait pour « non-dénonciation d’un crime », puisque, connaissant le meurtrier, il ne l’aurait pas dénoncé à la police. Le deuxième comparait pour le meurtre, même s’il n’a jamais avoué. Le verdict est attendu vendredi. La mère de la victime souhaiterait voir qualifié le meutre de sa fille « en crime avec barbarie ».

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