Iran: Qu’arrive-t-il à Daniel Pipes? (Is Pipes also falling in for the jihadists’… pretty cheerleaders?)

People\'s jihadists\' lebensbornContre Hitler, je ferais alliance avec le diable lui-même. Churchill

Mais qu’arrive-t-il à Daniel Pipes?

L’un des plus lucides, jusqu’ici, islamologues et partisan, parmi les plus convaincus et les plus solides, de la guerre contre le totalitarisme islamique est-il en train de tomber, après la presque totalité de l’intelligentsia française (Verts, PCF, la Mère Mitterrand, l’Abbé Pierre, Glucksmann, Tertrais, Encel), pour la propagande et les numéros très au point des (certes très avenantes) jeunes pompom girls de la Mère (supérieure) Maryam?

A savoir, comme nous le rappelions en février dernier, Maryam Rajavi, la chef de secte de l’Organisation des Jihadistes du peuple iranien (OMPI), ce bizarre mélange de secte islamiste et de groupuscule marxiste (une sorte d’improbable hybride d’OLP et d’Hare Krishna?).

Avec ses mises en scènes très étudiées (pétitions, fêtes, manifs ou colloques dans leur tranquille communauté d’Auvers-sur-Oise ou, comme à Villepinte le 30 juin dernier, des mega-shows à l’américaine) et les réelles persécutions que ses membres ont subies de la part du régime des mollahs ainsi que les importantes révélations (grâce aux satellites israéliens?) qu’ils ont faites sur le programme nucléaire caché (pendant 20 ans) de ces derniers (comme, contrairement à d’autres prétendus opposants à la Satrapi, de leurs abominations).

Mais aussi leur passé sulfureux (nombre d’attentats antiaméricains, enrôlement auprès de Saddam dans sa guerre contre l’Iran dans un camp qu’ils garderont jusqu’à la fin) …

Et surtout leurs bizarres habitudes sectaires (culte de la personnalité et pratiques pour le moins totalitaires – jusqu’à l’assassinat ! – de leurs gourous, interdiction, apparemment, des relations sexuelles, envoi de leurs enfants en Europe dans une sorte de “lebenborn”, etc.) …?

Il faut déchaîner l’opposition iranienne
Daniel Pipes
New York Sun
10 juillet 2007
(traduction d’ajm)

Il est toujours difficile de s’y retrouver dans les turbulents courants politiques émigrés et c’est particulièrement vrai pour le groupe d’opposition iranien connu sous le nom de Mujahedeen-e Khalq (MEK) ou Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien (OMPI). En deux mots, le régime voyou de l’État producteur de pétrole auquel il s’oppose effraie une moitié de l’Occident et tente l’autre; et l’OMPI est elle-même accusée d’être le reliquat d’un culte marxiste-islamiste terroriste.

Mais ces obstacles n’ont pas empêché l’OMPI de claironner que l’islamisme est la nouvelle menace mondiale, de fournir des renseignements importants à l’Occident (par exemple sur le programme nucléaire iranien), de terrifier le régime de Téhéran et de mettre sur pied de grandes manifestations de solidarité contre le régime iranien.

J’ai assisté à l’une de ces manifestations la semaine passée dans un vaste parc d’exposition proche de Paris, où quelque 20.000 Iraniens du monde entier étaient réunis pour entendre de la musique de leur pays d’antan, brandir des drapeaux et des banderoles et écouter de courts discours de sympathisants non iraniens – notamment le membre du Congrès américain Bob Filner, démocrate de Californie, et l’ex-premier ministre algérien Sid Ahmad Ghozali. À la suite de quoi le public a pu suivre le tour d’horizon [en français dans le texte] de 85 minutes de la dirigeante de l’OMPI, Maryam Radjavi.

Le meeting appelait plusieurs observations. Premièrement, la production stylée, rappelant une convention politique américaine (ballons et confettis tombant des chevrons, séquence vidéo montrant l’arrivée de la leader dans une cavalcade), était essentiellement destinée à un public situé hors du bâtiment, spécialement en Iran.

Deuxièmement, l’événement poursuivait apparemment deux objectifs: rappeler aux Iraniens qu’il existe une alternative à la théocratie actuelle et faire pression sur l’Union européenne pour qu’elle supprime l’OMPI de sa liste de terrorisme. Pour les Iraniens, la partie musicale comprenait de jolies jeunes filles habillées (audacieusement, pour eux) à l’occidentale. Pour les Européens, il faisait la part belle au Chant des partisans de la Résistance française pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Troisièmement, l’analyse approfondie de Radjavi ne mentionnait ni les États-Unis, ni Israël – chose extrêmement rare pour un discours majeur sur la politique moyen-orientale. Et elle n’a pas non plus fait la moindre allusion à des réflexions conspirationnistes – une nouveauté vraiment très opportune dans la politique iranienne.

Enfin, aucun groupe d’opposition dans le monde ne peut faire des démonstrations de force aussi impressionnantes que l’OMPI, avec ses milliers de supporters, souvent jeunes, et sa liste de dignitaires.

Ces facteurs, ajoutés à la réaction quasi phobique causée par l’OMPI parmi les mullahs, indiquent que l’organisation constitue un outil redoutablement efficace pour intimider Téhéran.

Hélas, les Occidentaux ne peuvent pas travailler avec l’OMPI à cause d’une décision prise en 1997 par l’administration Clinton et adoptée cinq ans plus tard par l’Union européenne de tenter d’amadouer les Mullahs en déclarant que l’OMPI était un groupe terroriste, placé ainsi sur un pied d’égalité avec Al-Qaïda, le Hamas et le Hezbollah. Paulo Casaca, un membre portugais du Parlement européen, relève que «les officiels des deux côtés de l’Atlantique ont déclaré publiquement que la seule raison pour laquelle ce groupe a été placé sur la liste américaine de terrorisme était de faire un geste de bonne volonté en direction du régime iranien».

Mais l’OMPI ne représente aucun danger pour les Américains et les Européens, depuis des décennies. En revanche, il constitue bel un bien un danger pour le régime théocratique pernicieux et belliqueux de Téhéran. L’utilité de l’OMPI pour les États occidentaux est reflétée dans l’incohérence, voir les contradictions, de l’attitude du gouvernement américain à son égard au cours de la dernière décennie. Ainsi, une anecdote cocasse s’est déroulée en octobre 2003, lorsque Colin Powell, secrétaire d’État, rappela avec aigreur à Donald Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense, que les 3800 combattants de l’OMPI stationnés au camp irakien Ashraf étaient supposés être traités comme des prisonniers et non comme des alliés.

Mais il ne se passera rien d’amusant lorsque la présence américaine en Irak sera réduite et que des milliers de membres désarmés de l’OMPI seront abandonnés à la merci du régime pro-iranien de Bagdad. L’administration Bush, en retard sur ce dossier, doit prendre trois mesures. D’abord, laisser les membres de l’OMPI quitter le Camp Ashraf avec dignité et en sécurité. Ensuite, biffer l’organisation sur la liste des groupes terroristes, lui permettant ainsi de se déchaîner contre la République islamique d’Iran. Enfin, tirer parti de la crainte démesurée qu’inspire l’OMPI au régime de Téhéran.

Comme Patrick Clawson and moi le suggérions il y a quatre ans, «pour dissuader les mullahs d’adopter une attitude hostile (soutenir le terrorisme contre les troupes de la coalition en Irak, fabriquer des armes nucléaires), il pourrait se révéler fort utile de menacer que les États-Unis ne rencontrent l’OMPI ou ne lui fournissent leur aide dans sa campagne d’information contre le régime».

Le conseil reste bon, mais il ne supportera pas d’attendre quatre ans de plus.

Voir aussi:

Unleash the Iranian Opposition[the Mujahedeen-e Khalq]
Daniel Pipes
New York Sun
July 10, 2007

[With slight differences from the NY Sun version]

Navigating the fractious currents of émigré politics is never easy, and especially for the Iranian opposition group known as the Mujahedeen-e Khalq or the People’s Mujahedeen of Iran. Simply put, the rogue oil state regime it opposes terrifies one half the West and tempts the other, and the MEK is itself accused of being a superannuated Marxist-Islamist terrorist cult.

These obstacles have not, however, prevented the MEK from trumpeting Islamism as the new global threat, providing important intelligence to the West – for example, about Iran’s nuclear program – terrifying the regime in Tehran, and putting on major displays of anti-regime solidarity.

I witnessed one such display at a vast exposition hall outside Paris last week, where some 20,000 Iranians from around the world met to hear music from the old country, wave flags and banners, and listen to brief speeches by non-Iranian well-wishers – notably U.S. Congressman Bob Filner, Democrat of California, and former Algerian prime minister Sid Ahmad Ghozali. The crowd then settled in for an 85-minute tour d’horizon by the MEK leader, Maryam Rajavi.

The meeting inspired several observations. First, the slick production, with hints of an American political convention – balloons and chaff falling from the rafters, a televised sequence of the leader arriving in cavalcade – was aimed mostly at an audience outside the hall, especially in Iran.

Second, the event had two apparent goals: reminding Iranians that an alternative does exist to today’s theocracy, plus pressuring the European Union to remove the MEK from its terror list. For Iranians, the music portion included pretty girls in (for them, daring) Western clothing. For Europeans, it pointedly included « Le chant des partisans, » the anthem of the French Resistance during World War II.

Third, Rajavi’s in-depth analysis mentioned neither the United States nor Israel, something extremely rare for a major speech about Middle Eastern politics. Nor did she even hint at conspiratorial thinking, a deeply welcome change for Iranian politics.

Finally, no other opposition group in the world can mount so impressive a display of muscle as does the MEK, with its thousands of supporters, many young, and a slate of dignitaries.

These factors, combined with the mullah’s near-phobic reaction toward the MEK, suggest that the organization presents a formidable tool for intimidating Tehran.

Alas, Westerners presently cannot work with the MEK, due to a 1997 decision by the Clinton administration, followed five years later by the European Union, to offer a sop to the mullahs and declare it a terrorist group, putting it officially on a par with the likes of Al-Qaeda, Hamas, and Hizbullah. A Portuguese member of the European parliament, Paulo Casaca, notes that « Officials on both sides of the Atlantic are on the record as saying that the only reason why the group was put on the U.S. terrorism list in the first place was to send a ‘goodwill gesture’ to the Iranian regime. »

But the MEK poses no danger to Americans or Europeans, and has not for decades. It does pose a danger to the malign, bellicose theocratic regime in Tehran. The MEK’s utility to Western states is reflected in the inconsistent, even contradictory, U.S. government attitude toward it over the past decade. One amusing instance came in October 2003, when Colin Powell, the secretary of state, tartly wrote Donald Rumsfeld, then secretary of defense, to remind him that the 3,800 MEK forces at Camp Ashraf in Iraq were supposed to be treated as captives, not as allies.

But there will be nothing amusing as the American presence in Iraq winds down and thousands of unarmed MEK members are left to the tender mercies of the pro-Tehran regime in Baghdad. Belatedly, the Bush administration needs to take three steps. First, let the MEK members leave Camp Ashraf in a humane and secure manner. Second, delist the organization from the terror rolls, unleashing it to challenge the Islamic Republic of Iran. Third, exploit that regime’s inordinate fear of the MEK.

As Patrick Clawson and I suggested over four years ago, « To deter the mullahs from taking hostile steps (supporting terrorism against coalition troops in Iraq, building nuclear weapons), it could prove highly effective to threaten U.S. meetings with the MEK or providing help for its anti-regime publicity campaign. »

That remains good advice, but there’s not another four years to wait.

COMPLEMENT:

L’Iran, Daniel Pipes et sa pom pom girl !
Iran Resist

20.07.2007

 

Daniel Pipes qui traîne une longue liste de qualifications prestigieuses comme « directeur du Forum du Moyen-Orient, l’auteur et co-auteur de nombreux ouvrages, chroniqueur, spécialiste du Proche et Moyen-Orient, expert en matière de terrorisme auprès du Pentagone », était l’un des intervenants du Colloque « Le monde libre, une idée neuve » organisé par l’Institut Jean-Jacques Rousseau à Paris le 28 juin.

À l’occasion de son séjour parisien, Pipes s’est éloigné du « monde libre et ses idées nouvelles » pour se rendre à un rassemblement de l’Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) afin de se rapprocher de ce mouvement sectaire aux idées archaïques.

À cette occasion, il a écrit un texte élogieux sur l’OMPI et sa présidente Maryam Radjavi, appelant les Etats-Unis à réhabiliter ce mouvement et en faire son principal allié en Iran. Le texte a suscité la surprise parmi les Français qui connaissent l’OMPI et ses pratiques et il a suscité du dégoût parmi les Iraniens de la diaspora en raison du respect dont jouit Pipes dans les médias et les milieux intellectuels juifs européens, américains ou israéliens. Nous avons décidé de rassurer nos compatriotes car cette tentative n’a rien d’alarmant : elle s’inscrit dans la continuité de l’actuelle diplomatie iranienne des Etats-Unis.

L’administration Bush n’a pas attendu la recommandation de Pipes pour s’intéresser à l’OMPI. Les amis du président américain ont confié des missions d’infiltration en Iran aux membres de ce mouvement, mais toutes ces missions ont échoué, les membres des commandos ont été capturés ou tués principalement parce qu’ils ne suscitent pas la confiance parmi les Iraniens. Les Moudjahiddines ne jouissent d’aucun appui populaire en Iran en raison de l’aide qu’ils ont apporté à Saddam pour massacrer les jeunes recrues iraniennes durant la guerre Iran-Irak. La recommandation de Pipes est loin de convenir aux décideurs Américains, mais son article « Il faut déchaîner l’opposition iranienne » (Unleash the Iranian OppositionAdaptation française  : Alain Jean-Mairet) existe et il nécessite des clarifications.

Dans cet article, Pipes nous invite à oublier la qualification de marxiste-islamique terroriste à propos de ce mouvement car selon lui, il s’agit d’un mouvement ami de l’Occident qui a fourni les plus importants renseignements sur le programme nucléaire iranien aux Occidentaux.

Pipes s’adresse à des gens naïfs ou il prend ses lecteurs pour des idiots : ce n’est pas l’OMPI qui fournit des renseignements importants sur le programme nucléaire iranien. Les renseignements en question ne sont pas des indications précises obtenues par les sympathisants de ce groupe au sein du régime ou via son réseau d’informateurs. L’OMPI fournit essentiellement des photos satellites des installations nucléaires iraniennes, or ce mouvement n’a pas de satellite dans l’espace pour réaliser ces admirables clichés ! C’est un secret de polichinelle parmi les opposants iraniens : ces photos sont communiquées à l’OMPI par les services israéliens.

L’OMPI a toujours été un mouvement mercenaire et ainsi il a amassé un important trésor de guerre. Cette organisation est aujourd’hui classée sur la liste des mouvements terroristes et désire en sortir : elle rend ainsi service à tous ceux qui seraient susceptibles de le tirer d’affaire. Dans cette perspective, les Moudjahiddines « travaillent » également et bénévolement pour les Américains via leur réseau de médias composé d’une chaîne de télévision et de plusieurs « sites d’information » !

Ainsi, quand les Américains évoquent un programme balistique iranien afin de justifier le déploiement d’un bouclier de missiles en Europe de l’Est, le lendemain, tous les sites d’infos de l’OMPI publient des rapports soi-disant secrets et fournis par des indics anonymes sur ce programme très clandestin en Iran. Idem pour le programme nucléaire des mollahs, quand les Américains désirent mettre la pression aux mollahs, l’OMPI fait des révélations sur ce programme. En échange de ses services, l’OMPI espère obtenir deux faveurs : sortir de la liste des mouvements terroristes et que les 3800 membres du mouvement puissent quitter le camp irakien d’Ashraf en toute sécurité sans risquer d’être lynchés par les Irakiens !

En fait, Pipes propose d’aider un groupe qui est incapable de s’auto-défendre et incapable de fédérer la haine des Iraniens pour les mollahs. Il n’y a donc aucune crainte à avoir que l’administration Bush suive la recommandation de Pipes, mais cette recommandation pose quand même un très grand problème car elle n’est pas la seule de ce genre : de nombreux chercheurs politiques américains, qui se disent par ailleurs proches d’Israël, recommandent aux politiciens américains d’envisager d’entretenir des relations avec des mouvements peu recommandables. Le point commun de ces mouvements est leur mépris pour la cohésion nationale iranienne et leur adaptabilité aux exigences actuelles de la diplomatie américaine qui privilégie la création d’un Iran fédéral et divisé.

Les Moudjahiddines, pris au piège d’Ashraf, de la liste des mouvements terroristes, mais aussi et avant tout par une idéologie islamo-marxiste doublement internationaliste, sont prêts à tout même à payer : c’est pourquoi Pipes a décidé de jouer cette carte. Il s’est ainsi placé (avec ses Moudjahiddines) en challenger d’un projet fédéraliste de changement de régime, projet mené tambour battant par Kenneth Timmerman (et son Sancho pansa John Bolton).

Les opposants Iraniens assistent avec effroi à une guéguerre entre Daniel Pipes et Kenneth Timmerman : le premier veut ressusciter les vieux terroristes de l’OMPI –dans un but imprécis- et l’autre proche de l’American Enterprise Institute envisage d’obtenir 300 millions de dollars d’aide pour permettre à des séparatistes de salon de se payer des mercenaires du PKK (ou de Pejak) pour balkaniser un si ancien pays. Le projet de Timmerman veut ressusciter le projet de la Ceinture Verte, œuvre majeure du Council on Foreign Relations (actuel artisan de la division de l’Irak).

En réalité, le projet de Daniel Pipes n’est pas un projet de changement de régime, mais une proposition pour le renforcement de l’actuelle diplomatie américaine d’affaiblissement des mollahs (affaiblissement et non pas de renversement… Il s’agit en plus d’un projet auto financé par les fonds occultes des Moudjahiddines qui ne coûtera pas un cent aux contribuables américains).

D’ailleurs, relisez-le bien, à aucun moment dans son article sur les Moudjahiddines, Pipes ne parle de changement de régime en Iran avec l’aide de l’OMPI. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé Pipes dans un entretien accordé à ResilienceTV. À la question de « que préconisez-vous dans le cas de l’Iran ? Pipes a répondu qu’il fallait convaincre les centres du pouvoir que poursuivre dans la voie dans laquelle ils se sont engagés n’est pas une bonne idée… ».

Daniel Pipes n’a nullement évoqué un renversement de régime ou un soutien aux Iraniens pour se libérer de ce qu’il appelle l’islamo-fascisme. Pipes ne veut pas de l’islamo-fascisme en Europe, mais que cette idéologie détruise l’Iran ou le Moyen-Orient, ce ne sont pas ses oignons. En remontant même plus loin dans ses écrits, nous avons déniché un texte datant de 1980, dans lequel il se félicitait que grâce à la révolution islamique les Iraniens aient détruit toutes les grandes avancées industrielles et technologiques du régime du shah. En fait, il a un point de vue cynique avec des objectifs centrés sur les intérêts américains. Les deux hommes, Pipes et Timmerman ont ce trait en commun : ils se placent vis-à-vis du pouvoir américain et proposent des solutions médianes susceptibles d’être appliquées immédiatement par le pouvoir américain.

Les deux groupes (Pipes et Timmerman) sont en concurrence et ils s’opposent par réunions interposées qui ont lieu aux mêmes dates ! Ainsi le 30 juin, l’Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien réunissait à Villepinte ses membres et ses partisans occidentaux et étrangers dans un show à l’américaine avec ballons, confettis et pompom girls chantantes et sautillantes, et au même moment Timmerman réunissait dans une salle de conférence près de la Rue Cambronne, la fine fleur des vieux séparatistes iraniens, tous d’anciens compagnons de route de Khomeiny (ou leurs fistons).

Pipes s’est rendu chez ses nouveaux amis, les Moudjahiddines, qui ont du sang iranien, américain, bosniaque et irakien sur les mains, et il a chanté et ri avec eux comme le font régulièrement les membres du Parlement Européen ! De son côté, Timmerman s’est rendu rue Cambronne pour faire l’appel et relever les noms des absents qui avaient boudé cette réunion très confidentielle (uniquement sur invitation) qui se tenait à huis clos loin des caméras et des confettis.

Ni Pipes, ni Timmerman n’ont cherché à rencontrer les tenants d’un Iran laïque et uni qui serait source de stabilité dans ce Moyen-Orient tumultueux. C’est d’ailleurs l’un des points communs des efforts de Pipes et Timmerman : dénigrer les seuls opposants qui ont un appui populaire en Iran.

Mais, il ne faut pas se tromper, ce ne sont pas les Etats-Unis qui suivent les recommandations de Pipes ou de Timmerman, c’est l’inverse. Ces derniers sont des suiveurs avisés qui espèrent tirer profit des choix diplomatiques des Etats-Unis. Ils choisissent des groupes malléables et utilisent leurs relations et leur respectabilité personnelle à des fins d’enrichissement, d’ambition personnelle démesurée et parfaitement cynique avec une pincée de mépris raciste pour les Iraniens.

Les deux solutions sont évidemment dangereuses : Dans la solution de Timmerman, le facteur de déstabilisation régionale sera l’Iran balkanisé divisé en républiques ethniques ou religieuses ou ethnico-religieuses, toutes hostiles les unes envers les autres. Dans la solution de Pipes, le facteur de la déstabilisation sera le régime des mollahs lui-même légèrement affaibli, mais l’Iran préservera sa forme historique.

Si le projet de Pipes vaut bien un bonnet d’âne (que nous lui décernons avec joie), il n’en va pas de même du projet fédéraliste de Timmerman. Vous saurez bientôt tout sur la réunion parisienne des vieux séparatistes de Timmerman car parmi les participants, il y avait un célèbre émissaire du ministère des affaires étrangères de… !

Restez fidèles à Iran-Resist et saurez tout sur cette réunion et ses participants.

One Response to Iran: Qu’arrive-t-il à Daniel Pipes? (Is Pipes also falling in for the jihadists’… pretty cheerleaders?)

  1. […] l’accès aux médias, comme du droit de rassemblement ou d’organes de diffusion, sans parler du lobbying à coups de millions d’euros auprès de personnalités comme une certaine Mme Mitterrand ou […]

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