Anniversaires: En finir avec la repentance (Le casse-tête du 8 mai)

VE DayJe vais remettre à l’honneur la Nation et l’identité nationale, je vais rendre aux Français la fierté de la France, je vais en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. Nicolas Sarkozy

Au lendemain de la victoire que l’on sait de Nicolas Sarkozy et ses fortes paroles sur le refus de la repentance et de la guerre des mémoires, il risque d’être intéressant de voir ce qu’il va faire du 8 mai .

Supprimé en 75 par Giscard (au nom de la réconciliation avec l’Allemagne), rétabli en 81 par Mitterrand, il se trouve que l’anniversaire n’est plus fêté que… par la France !

Ni les Anglais, ni les Américains ne le fêtent (du moins ce n’est pas un jour férié) en effet (la guerre n’étant en fait finie qu’en Europe) et les Russes (décalage horaire oblige) le fêtent le lendemain.

De plus, la cérémonie du 8 mai n’était en fait que la répétition (à Berlin et sur la demande des Russes avec Joukov) de la vraie capitulation qui eut lieu le 7 à Reims entre les Alliés (sans la France) et le général allemand Jodl.

Sans compter que le 8 mai tombe le même jour que… la commémoration de la sanglante répression qui, pendant quelque deux semaines, suivit les émeutes de Sétif.

Et qu’il est l’objet (voir ci-dessous), entre Alger et Paris, d’une féroce guerre des chiffres (10 000 victimes pour les autorités françaises, 45 000 pour Bouteflika!).

Et à présent suivi deux jours plus tard… par la nouvelle commémoration, que nous a imposé l’an dernier la saint-sulpicerie chirakienne, du jour d’adoption de la loi Taubira!

Le gouvernement algérien reprend de son côté le chiffre de 45 000 victimes, avancé à l’époque par les nationalistes du Parti Pour le Peuple Algérien (PPA) de Ferhat Abbas. Pour les chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, du Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie, « la plupart des historiens s’entendent sur le fait que 45 000 est un chiffre exagéré. Il serait plus réaliste de penser que le bilan humain se situe entre 8 000 et 10 000 morts ».

Le massacre de Sétif ou le sanglant armistice
Retour sur un des plus grands massacres de l’histoire coloniale française
Barbara Vacher
Afrik.com
vendredi 8 avril 2005

Le même jour que la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, les populations du Constantinois, à Sétif et Guelma, en Algérie, manifestent pour leur droit à l’indépendance. De ces rassemblements s’en suivra une des répressions les plus sanglantes de l’histoire coloniale française, par la suite « collectivement et délibérément occultée ». Aujourd’hui, alors que les débats continuent sur le nombre de victimes occasionnées par les colons, de 1 500 à 45 000 morts, la représentation diplomatique française en Algérie, en la personne de l’Ambassadeur Hubert Colin de Verdière, a pour la première fois depuis 1945 qualifié cet épisode, jusqu’alors resté « discret », de « tragédie inexcusable ».

Sanglante armistice à Sétif. Le 8 mai 1945, dans les rues de Paris et dans toute la France, la nation chante la capitulation de l’Allemagne nazie. Au même instant, de l’autre côté de la Méditerranée, des milliers d’Algériens qui ont participé à cette victoire se rassemblent dans les rues de Sétif, afin de déposer une gerbe au pied du monument aux morts de la ville, et revendiquer le droit à l’indépendance de leur pays. Une manifestation qui tourne mal, et qui se solde par une sanglante tragédie, à laquelle participe l’armée française, la Légion Etrangère, et des milices de colons créées ad hoc. Lourd bilan humain pour une répression longue de six semaines dans le département du Constantinois.1 500 ou 45 000 morts ? Aujourd’hui encore le nombre de victimes d’une page méconnue et honteuse de l’histoire coloniale française, est l’objet de débats entre historiens. Il a fallu presque 60 ans, pour que la France, par l’intermédiaire de son Ambassadeur en Algérie, Monsieur Hubert Colin de Verdière, en visite officielle à Sétif le 27 février dernier, parle de cette « tragédie inexcusable », et reconnaisse pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, sa responsabilité dans ce massacre.

Sétif est pendant la période de l’Algérie française le symbolique fief des tous premiers nationalistes. Elle est la ville de Ferhat Abbas, figure clé de la revendication nationaliste modérée, dès 1943 avec son Manifeste du Peuple Algérien et qui deviendra le premier Président du Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) en 1958. Le jour de l’armistice Fehrat Abbas est à Alger pour féliciter le gouverneur général Chataigneau (dont il est un intime) de la victoire des Alliées. Il est arrêté dans d’étranges circonstances pour « complot contre la sécurité de l’Etat » par le directeur de la sécurité générale. C’est sans compter sur sa présence que, ce jour-là, des milliers d’Algériens musulmans se rassemblent pour fêter l’armistice et revendiquer du même coup l’indépendance de leur pays.

Tout commence par un drapeau levé…

Tôt dans la matinée, à Sétif, les Scouts musulmans, une organisation légale créée par le Parti du Peuple Algérien (PPA) se réunit pour aller déposer une gerbe aux pieds du monument aux morts, situé dans le quartier des Européens. Le Sous-préfet de la ville, Butterlin, qui s’oppose à toute manifestation à caractère politique, leur somme de ne pas porter d’armes, ni d’arborer de bannières revendiquant l’indépendance de l’Algérie. Alors que le cortège gros de 7 000 à 8 000 personnes arrive au quartier français, un drapeau algérien est levé par un jeune porteur de 20 ans. Refusant de le baisser devant l’ordre français, l’homme est abattu, comme le maire de la ville, réputé modéré, qui tente de s’interposer. Une version des faits qui fait l’unanimité parmi les historiens. Dans la fusillade qui s’ensuit, la foule se disperse et s’attaque aux Européens. Elle fait 27 victimes du côté français. La nouvelle se répand rapidement dans la province, où la population locale, majoritairement paysanne, sort crier révolte. C’est le début d’un soulèvement généralisé, dans plusieurs dizaines de villages du Constantinois, ainsi qu’à Blida et Berrouaghia dans l’Alger, et Sidi-Bel-Abbès dans l’Oranais.

A Guelma, située à 150 kilomètres de Sétif, toute « manifestation musulmane » avait été interdite pour l’armistice. Mais en fin d’après-midi, 2 000 Algériens se rassemblent et brandissent drapeau algérien et bannières. Face à l’intervention d’une « milice » européenne et de l’opposition des colons, la fusillade éclate. Dans certains villages, des manifestations se passent sans heurts, souvent grâce à l’intervention de maires « libéraux », comme à Tlemcen. Mais dans la plupart des cas, on tire sans ménagement sur la foule, à la première apparition d’un drapeau algérien, comme à Bône, Blida et Kherrata. D’après l’historien Charles Robert Ageron [1], les premières émeutes des Algériens ( les 8, 9 et 10 mai) auraient tué 102 Européens, auxquels s’ajoutent 110 blessés, et 135 habitations réduites en cendre. Sans commune mesure avec l’ampleur de la répression coloniale.

Chasse aux arabes

Le 9 mai 1945, sur ordre du Sous-préfet Butterlin, l’armée de terre menée par le Général Duval, intervient à Sétif, puis dans tout le reste du département, où elle fait la démonstration de ses sanglantes techniques, tout particulièrement à Guelma et Kherrata. La Marine quant à elle, bombarde les côtes et les gorges de Kherrata, les localité du bord de mer comme les Achas, les Falaises, et Mansouria. Cette intervention musclée pousse les insurgés à se réfugier dans les montagnes, où ils auront alors à essuyer les bombardements de 18 appareils de l’armée de l’air. La répression s’étendra pendant six longues semaines au cours desquelles « la chasse aux arabes », ainsi parfois appelée par les colons ultra de l’époque, fait rage. Car il serait sévère d’imputer l’exclusivité du massacre de mai 1945 au seul corps militaire. D’autres interventions de la part de « milices » de colons ultra armés par les militaires et en général cautionnées par l’administration locale, sont souvent plus atroces et plus sanglantes, selon les témoignages de survivants [2]. Au menu : émeutiers brûlés vifs, tortures, exécutions sommaires, enfants et femmes (même enceintes) rarement épargnés.

Qu’en est-il du bilan humain ? Il faudra attendre le 18 juillet 1945 pour que, du côté français, le ministre de l’Intérieur Tixier prononce un discours devant l’Assemblée nationale évoquant la mort de 1 500 personnes. Côté algérien, les nationalistes avancent tout de suite le chiffre de 45 000 victimes. Le journal algérien Le Populaire, dans son édition du 28 juin, parle déjà quant à lui de 6 000 à 8 000 victimes. Selon Yves Benot [3], ces chiffres auraient été donnés par des militaires au journaliste du Populaire « dans l’intimité ». En métropole, les médias subissent la censure de l’armée, particulièrement sévère à l’époque, et ne s’expriment que des semaines plus tard, en reproduisant le communiqué dicté par le gouvernement.

Bilan humain quasi-impossible

Aujourd’hui, le débat continue. Selon l’Ambassadeur de France en Algérie, qui s’est exprimé sur Sétif en février dernier, il y aurait eu entre 5 000 et 10 000 personnes tuées. Le gouvernement algérien reprend de son côté le chiffre de 45 000 victimes, avancé à l’époque par les nationalistes du Parti Pour le Peuple Algérien (PPA) de Ferhat Abbas. Pour les chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, du Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie, « la plupart des historiens s’entendent sur le fait que 45 000 est un chiffre exagéré. Il serait plus réaliste de penser que le bilan humain se situe entre 8 000 et 10 000 morts ».

Les archives de l’armée restent flous. La marine avance le ridicule chiffre de 4 victimes. Selon Yves Benot, il existerait de plus des contradictions dans les chiffres de l’armée de terre [4]. Selon le rapport du Général Duval du 9 août 1945, il y aurait eu 550 « musulmans présumés tués » au cours de l’action de l’armée dans la subdivision de Sétif, et 200 dans celle de Bône (dont relevait Guelma). Or, le seul escadron de la Garde républicaine, qui est entré en action le premier à Kherrata et Perigotville les 8 et 9 mai, et qui a poursuivi son action à Pascal, Colbert, et Saint Arnaud, donne dans son journal de marche plus de 470 tués, dont 200 à Kherrata. Yves Benot fait ainsi remarquer que cela signifierait que toutes les autres sections n’auraient fait que 70 ou 80 victimes, ce qui lui semble improbable, lorsque l’on considère le caractère musclé des interventions de ces équipes armées de mitrailleuses. Enfin, il souligne que ceux de l’aviation militaire, 200 morts, peuvent être mis en doute, dans la mesure où elle n’était pas « sur place ». A cela s’ajoute la répression opérée par les milices civiles. Ces dernières, qui n’appliquaient aucune des procédures légales permettant d’établir le nombre d’exécutions et d’arrestations, ont rendu l’exactitude d’un bilan humain impossible.

La voix des témoins de la « tragédie inexcusable » suffit à rendre compte de l’ampleur des massacres. Et il n’est jamais trop tard pour rappeler la pleine responsabilité de la France de ces crimes, qui depuis 1945, a « collectivement et délibérément occulté ce qui s’était passé à ce moment là », pour reprendre les propres paroles de Hubert Colin de Védière, interrogé par la radio française Europe 1. Mais la reconnaissance officielle est un minimum pour l’Algérie, qui demande désormais des excuses de la part de la France. Faudra-t-il encore soixante années de réflexion pour cela ? Et au philosophe français Paul Ricoeur de se dire « troublé par l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs ».

[1] In Histoire de l’Algérie Contemporaine, vol.2 : De l’insurrection de 1871 au déclenchement de la guerre de libération 1954, Paris : Presses universitaires de France, 1979

[2] Nombreux dans l’ouvrage de Boucif Mekhaled, « Chronique d’un massacre : 8 mai 1945, Setif, Guelma, Kherrata », Paris, Au nom de la mémoire/Syros, 1995

[3] « Massacres coloniaux : 1944-1950 : la IV ème république et la mise au pas des colonies françaises », La découverte, série histoire contemporaine

[4] « Massacres coloniaux : 1944-1950 : la IV ème république et la mise au pas des colonies françaises », La découverte, série histoire contemporaine

http://www.herodote.net/dossiers/evenement.php5?jour=19450508&main=79f2de70f571c75b5655d14763c821c6
8 mai 1945
Répression sanglante à Sétif
Herodote.net

Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif, en Algérie. C’est un lointain prélude à la guerre d’indépendance.

Les manifestants sont des Algériens de confession musulmane dont beaucoup se sont battus dans les troupes françaises qui ont libéré l’Italie du fascisme. Ils souhaitent avoir leur part dans le retour de la paix et la victoire des forces démocratiques.
André Larané

Origines du drame

Le 7 mars 1944, le gouvernement provisoire d’Alger a publié en signe d’ouverture une ordonnance qui octroie la citoyenneté française à 70.000 musulmans (l’Algérie compte à cette date près de 8 millions de musulmans pour moins d’un million de citoyens d’origine européenne ou israélite!).

Mécontents de ce geste qu’ils jugent très insuffisant, les indépendantistes du PPA (Parti Populaire Algérien) de Messali Hadj et de l’UDMA de Ferhat Abbas projettent un congrès clandestin qui proclamerait l’indépendance. Ferhat Abbas fonde dès mars 1944 une vitrine légale : les Amis du Manifeste et de la Liberté (AML).

L’année suivante, les deux grands leaders algériens, Messali Hadj et Ferhat Abbas, se proposent de profiter de la liesse de la victoire pour brandir le drapeau de l’Algérie indépendante.

Mais Messali Hadj est arrêté en avril 1945 et déporté dans le sud du pays puis au Gabon. Cette provocation des autorités françaises sème la consternation chez les musulmans.

Le 1er mai, une manifestation du PPA clandestin réunit 20.000 personnes à Alger, dans la rue d’Isly. Pour la première fois est arboré en public le drapeau des indépendantistes. La manifestation se solde par 11 morts, des arrestations, des tortures… et un afflux d’adhésions au PPA !

Le matin du 8 mai, jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, une manifestation se reproduit à Sétif aux cris de «Istiqlal , libérez Messali».

Les militants du PPA ont reçu la consigne de ne pas porter d’armes ni d’arborer le drapeau algérien mais un scout musulman n’en tient pas compte et brandit le drapeau au coeur des quartiers européens. La police se précipite.

Le maire socialiste de la ville, un Européen, la supplie de ne pas tirer. Il est abattu de même que le scout. La foule, évaluée à 8.000 personnes se déchaîne et 27 Européens sont assassinés dans d’atroces conditions.

D’e nature spontanée, l’insurrection s’étend à des villes voisines du Constantinois : Guelma, Batna, Biskra et Kherrata, faisant en quelques jours 103 morts dans la population européenne (y compris les soldats et… les tirailleurs sénégalais).

Dès le 9 mai, à Guelma, le sous-préfet André Achiary prend la décision imprudente de créer une milice avec les Européens et de l’associer à la répression menée par les forces régulières.

Cette répression est d’une extrême brutalité. Officiellement, elle fait 1.500 morts parmi les musulmans, en réalité de 8.000 à 20.000 (le gouvernement algérien actuel avance même le chiffre de 45.000 victimes mais la propagande n’est pas loin).

«Certains des miliciens se sont vantés d’avoir fait des hécatombes comme à l’ouverture de la chasse. L’un d’eux aurait tué à lui seul quatre-vingt-trois merles…», notera plus tard le commissaire Berger, dans son rapport sur les événements ( *).

L’aviation elle-même est requise pour bombarder les zones insurgées. Après la bataille vient la répression. Les tribunaux ordonnent 28 exécutions et une soixantaine de longues incarcérations ( *).

Lucide malgré tout, le général Duval, responsable de la répression, aurait déclaré le 9 août 1945 dans un rapport aux Français d’Algérie : «Je vous ai donné la paix pour dix ans, mais si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable» ( *).

Une opinion indifférente

Le drame passe inaperçu de l’opinion métropolitaine. Celle-ci a la tête ailleurs du fait de la censure et surtout des événements qui se déroulent le même jour à Berlin (capitulation de l’Allemagne).

Les communistes qui participent au gouvernement provisoire du général de Gaulle prétendent dans le quotidien L’Humanité que les émeutiers musulmans seraient des sympathisants de Hitler et des nazis !

Le général de Gaulle, dont le gouvernement n’a donné aucune directive à ses représentants sur place, consacre en tout et pour tout une ligne au drame dans ses volumineuses Mémoires de guerre en trois tomes.

Exception remarquable : Albert Camus, jeune directeur de Combat, en Algérie du 18 avril au 7 mai 1945, adjure le 15 mai la presse française de «refuser les appels inconsidérés à une répression aveugle» et dénonce le «sauvage massacre» du Constantinois, qui enténèbre les fêtes de la victoire ( *).

Les émeutes de Sétif consacrent la rupture définitive entre les musulmans et les colons d’Algérie et annoncent la guerre d’indépendance.

Réformes trop tardives

Il faut attendre 1947 pour qu’un statut soit accordé à l’Algérie. Celle-ci devient «un groupe de départements dotés de la personnalité civile, de l’autonomie financière et d’une organisation particulière».

Cédant aux injonctions des grands propriétaires pieds-noirs, le gouvernement français institue une Assemblée algérienne avec un double collège qui reproduit la division de la société.

Le premier collège représente les 950.000 Français du pays et quelques 45.000 musulmans. Le second, de même poids politique, représente les 8,5 millions d’autres musulmans, dont le taux de natalité très élevé conduit à penser qu’ils occuperont une place de plus en plus grande dans leur pays.

Comme si ces distorsions ne suffisaient pas, le travail de l’Assemblée algérienne est compromis dès le départ par le trucage du scrutin. Le responsable en est le gouverneur général Marcel-Edmond Naegelen, socialiste et grand résistant… Autant d’injustices flagrantes qui portent en germe le conflit futur.

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