Antilibéralisme: Pourquoi tant de haine? (France’s right turn)

Pourquoi tant de haine?A une semaine, malgré les ultimes et futiles efforts du tandem Royal-Bayrou, d’une décisive confrontation, on l’espère, entre les forces du mouvement et celles du plus paralysant immobilisme …

Rien de tel pour se rassurer que la lecture de l’éternel optimiste du libéralisme français, l’essayiste Guy Sorman, notamment ses deux derniers textes (en français et en anglais) …

Qui, s’il croit déceler, devant tant de haine antilibérale, un substitut au vieux fond d’antiaméricanisme, l’identifie très charitablement au seul antibushisme de nos dirigeants …

Et qui, tout en se réjouissant de l’indéniable tournant que représente l’élection actuelle, n’y voit que le simple rattrapage desdits dirigeants sur une population pour lui depuis bien longtemps acquise (même si je ne partagepastout àfait son enthousiasme pour certains groupes de rap) à l’économie de marché :

Un antilibéralisme si contraire à la vérité historique que probablement , c’est un masque, un code qui désigne autre chose : la détestation des Etats-Unis ?. L’antiaméricanisme, ce puissant fédérateur de la gauche française : quand Ségolène Royal attaque le libéralisme, n’est-ce pas George Bush qu’elle vise ?

Halte à l’antilibéralisme sauvage

« Le libéralisme, en dit Ségolène Royal, c’est la guerre de tous contre tous ». Cet acharnement contre le libéralisme laisse perplexe. A-t-elle lu Tocqueville et Raymond Aron ? Vrai, Jacques Chirac, avant elle, dans un ultime livre d’entretiens, déclarait que le libéralisme «était une perversion de l’esprit humain ».Le temps lui avait sans doute manqué pour Benjamin Constant et Bertrand de Jouvenel.
Mais comme Ségolène Royal particulièrement, semble ne pas savoir de quoi elle parle et que cette ignorance paraît répandue dans sa famille politique, rappelons, vite, ce qu’est le libéralisme.
Avant toute chose, un libéral respecte le libre arbitre de l’autre : c’est le choix philosophique d’où le libéralisme tire son nom. Ce respect implique que nul ne saurait imposer à un individu ni servage, ni servitude, ni faire obstruction à son choix. Au nom de quelle morale supérieure à l’humanisme, pourrait-on le contraindre ? Aucune qui ne serait librement choisie.
Un libéral, ensuite, considère que la démocratie est un excellent régime politique dans toutes les civilisations, sans exception ; cette passion de la démocratie incite les libéraux à défendre partout les droits de l’homme et à s’opposer aux tyrannies, sans jamais céder à la facilité du relativisme culturel.
Un libéral, enfin, constate l’efficacité expérimentale supérieure de l’économie de marché et des échanges. On parle ici d’expérience car l’économie libérale est fondée sur l’observation des phénomènes concrets : partout grâce aux entreprises et au marché , la pauvreté recule et les sociétés gagnent en équité relative.
Ces trois principes et leurs déclinaisons sont tous enracinés dans l’observation des sociétés humaines , jamais sur des a priori théoriques ; le libéralisme n’est pas une idéologie mais une pratique.
L’antilibéral est-il hostile à ces principes ou les ignore-t-il ?
De fait, il idéalise l’Etat, ce qui avec les libéraux sera un sujet de débat mais ne justifie pas tant de haine. Les libéraux français qui ne sont pas des ennemis de l’Etat ne s’interrogent que sur sa juste configuration : le réflexe libéral, inverse de la monomanie socialiste, est d’évaluer la capacité ou non des individus et du marché à progresser, avant de se retourner vers la solution étatique . On fera tout de même observer que les grandes catastrophes du XXe siècle durent plus aux excès d’Etats devenus fous qu’à trop de libre commerce.
En même temps, la même Ségolène Royal, antilibérale sauvage, défend les petites et moyennes entreprises qui constituent la clientèle naturelle du libéralisme : on s’y perd. Ne serait-elle hostile qu’aux grandes entreprises françaises mondialisées, parce que grandes et mondialisées ? Mais , par la création d’emplois et de richesses, par la distribution des profits aux épargnants, celles-ci font vivre une grande partie de notre société ; on ne comprend toujours pas tant d’antilibéralisme.
Un antilibéralisme si contraire à la vérité historique que probablement , c’est un masque, un code qui désigne autre chose : la détestation des Etats-Unis ?. L’antiaméricanisme, ce puissant fédérateur de la gauche française : quand Ségolène Royal attaque le libéralisme, n’est-ce pas George Bush qu’elle vise ? Elle confond donc les néoconservateurs de la droite américaine avec le libéralisme français, elle mêle des circonstances propres aux Etats-Unis en ce moment particulier avec une excommunication de principe des Etats-Unis. C’est regrettable.
Il faut en conclure que l’antilibéralisme sauvage n’a qu’un rapport lointain avec le libéralisme français de la même manière que l’antisémitisme a peu de relation avec les juifs et que l’antiaméricanisme est très distant des Etats-Unis réels. Cet antilibéralisme, comme un fantasme, décrit celui qui le profère, mais ne nous informe en rien sur la tradition libérale française .
Pour autant , chez les libéraux nul n’exige qu’un candidat se réclame de cette tradition ou ne produise un certificat. Estampillé par qui ? Par chance , il n’existe pas de parti Libéral : la pensée libérale par vocation, dépasse les partis, elle imprègne les mœurs et les activités économiques. Elle est dans l’air du temps, le principe organisateur de la société civile : ce pourquoi, dans les faits, la nation française se révèle de plus en plus libérale, sans que les gouvernements récents n’aient particulièrement agi dans ce sens. On espère seulement que les candidats reconnaîtront mieux une grande école de pensée et d’action qui remonte aux Lumières et nous éclaire toujours .Et qu’ils ne fassent pas absurdement obstacle à l’évolution naturelle et progressiste de la société.

Vive la Similarité
By GUY SORMAN
The Wall Street journal
April 27, 2007

PARIS — For more than two decades, Socialist and Gaullist leaders have frozen the French State. Presidents François Mitterrand and Jacques Chirac both belonged to a political tradition of authoritarianism and economic interventionism. They ruled like elected monarchs. They increased public spending. They opposed « American imperialism. » « To lead the French diplomacy, » Mr. Chirac famously declared, « you only need to do the reverse of what the U.S. government does, as it is always wrong. »

But France is changing.

In Sunday’s initial round of our presidential election, the French picked two relatively young political leaders, both in their early fifties. On the left, Ségolène Royal belongs to the Socialist Party but has thrown out the Marxist rhetoric that’s been its staple. While she is vocally hostile to big business, small and medium entrepreneurs are just fine. And, her hatred toward George W. Bush aside, Ms. Royal has nevertheless pulled her party closer to the center, sometimes even right of center, than any previous Socialist politician. Tony Blair is clearly on her mind.

As a confirmation of this tectonic shift of the French left, the unreformed and eternal Communist Party managed only 1.5% of the votes, an unprecedented defeat. We still have Trotskyite parties — three under various denominations — but they belong to our political folklore. Actually, the aim of these far left parties is not to start a revolution, but to forever safeguard the benefits of the public-sector trade unions which they represent.

Significant as well is the severe defeat of the ecologist and anti-globalization candidates, trounced at the polls despite garnering huge media coverage and a lot of sympathy from our radical-chic journalists. Their anti-progress stance, anti-biotech food demonstrations, and alarmism about global warming all played well on television, but did not sell to the French people. This remains the country of Pasteur after all.

A similar shift has occurred on the right, which is much deeper in conservative territory than it ever was in the history of the Gaullist movement. Nicolas Sarkozy, officially a Gaullist, is not afraid of looking tough on law and order. He said he would send illegal immigrants back to their native lands. This has helped him bring down the National Front, a far right party, to a historically low ebb. As part of a vicious campaign organized by the left, Mr. Sarkozy, part Hungarian and Jew, has repeatedly been called racist, even though he has never displayed any form of xenophobia.

Mr. Sarkozy constantly refers to his Christian values and says Pope Jean Paul II is his hero; Ms. Royal hints that her four children have been baptized. This in the secular, anti-church French Republic.

More provocatively, Mr. Sarkozy is not anti-American. He proved it by obtaining a photo opportunity with George W. Bush at the very beginning of his campaign. True enough, he sometimes tones down his pro-American stance by sending some barbs toward Washington, but far less frequently than any U.S. Democrat would.

Mr. Sarkozy has disappointed diehard free market advocates by his cautionary approach. Often times he sounds more like a U.S. liberal than a Milton Friedman disciple. But this is France, where any politician fears provoking the entrenched interests of the public sector. More revealing is Mr. Sarkozy’s record as president of the Hauts-de-Seine local council, which has a budget the size of Belgium. He has skillfully introduced the privatization of public services as the best way to run this wealthy region near Paris.

But the shift in the political landscape is only part of the story. Looking at France only through its political life and the chattering class would be a major mistake. In real life, the civil society is ahead of government reforms.

Higher education is one example. The teachers’ unions have always resisted any modernization of our centralized, anti-elitist universities. As a consequence, a huge number of students receive a poor education and obtain degrees which do not lead to economic opportunities. Tired of expecting reforms which are never implemented, entrepreneurs have opened hundreds of small private universities, mostly in academic fields which faculties despise, like marketing. With a degree from those private universities, each student is almost sure to find a rewarding job.

There is also change in the immigrant ghettos. Small shops thrive, for example, in the Marseille suburbs. The immigrant population does not wait for the central government to find a solution for their economic problems. Rap singers with Arab or African origins have become entrepreneurs in entertainment and fashion. They openly advocate capitalism in their lyrics.

Too often, it is said that France is in a crisis. The French State certainly is, running a huge deficit and employing far too many in the public sector. But French society is finding its way out of the crisis while politicians run behind. After this presidential election, hopefully, the gap between the French people and their government will become more narrow, and the state more in tune with the times. The French people already are.

Mr. Sorman is the author of 20 books on French politics and international affairs.

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