Manuels scolaires: Belin floute Mahomet et… floue nos enfants! (French textbooks blur the Prophet: another step towards the dhimmization of France ?)

https://i2.wp.com/p1.storage.canalblog.com/16/04/139268/12167304.jpgLe terrorisme est l’arme des faibles, qui dans l’incapacité d’attaquer frontalement une grande puissance, cherchent à la déstabiliser en s’en prenant à des cibles symboliques. Manuel d’histoire-géographie Magnard

Sur le front de la lutte contre l’obscurantisme islamique, une bonne et une mauvaise nouvelle.

Bonne nouvelle: un lycée de la petite ville d’Ecquevilly (Yvelines) a courageusement protesté contre la censure et pour la liberté d’information des élèves qui leur sont confiés.

Mauvaise nouvelle: un éditeur français a ajouté son nom à la longue liste des responsables et institutions de ce pays, adeptes (depuis l’actuel plus haut sommet de l’Etat) de la capitulation préventive devant le terrorisme, physique comme symbolique, de la prétendue « 2e religion de France ».

Car à l’heure où nos politiques et législateurs se mêlent, par lois mémorielles interposées, de dicter ou brider les travaux des historiens et les manuels scolaires qui en sont tirés …

Et où nombre d’enseignants hésitent de plus en plus à aborder certains sujets (génocide juif, colonisation, guerre d’Algérie, terrorisme, islam) sous peine de contestations de leurs élèves, voire de mise à pied (Louis Chagnon) ou de menaces de mort (Robert Redeker)…

Il devient de plus en plus clair pour les professeurs comme pour leurs élèves et comme l’ont montré il y a deux ans Barbara Lefebvre et Eve Bonnivard dans leur livre-enquête post-11 septembre sur les manuels scolaires d’histoire-géographie ou d’économie (« Elèves sous influence« ) …

Que si l’on peut impunément critiquer les Etats-Unis (pardon: la mondialisation, l’impérialisme, le libéralisme), certains groupes (nouveaux « damnés de la terre ») ou religion (au nom de laquelle sont notamment commis les pires forfaits) ont eux droit à tous les égards et toutes les indulgences sous prétexte de… « ne pas créer de problèmes avec des élèves ».

De plus en plus d’enseignants préfèrent ne pas aborder certaines questions touchant à la religion. Il est regrettable que les éditeurs les relaient.

Controverse sur une image de Mahomet
Marie-Estelle Pech.
Le Figaro
le 07 avril 2007

La miniature du Prophète a été « floutée » dans un livre d’histoire-géographie. Une forme d' »autocensure de l’éditeur » dénoncée par des défenseurs de la laïcité.

Certains enseignants ont tendance à éviter les sujets qui fâchent en classe. Désormais, des éditeurs sont aussi enclins à l’autocensure. Le lycée Léonard-de-Vinci à Ecquevilly (Yvelines) a reçu à la rentrée scolaire un manuel d’histoire-géographie de cinquième édité par Belin, où le visage du Prophète Mahomet, sur une mi niature du XIIIe siècle illustrant un chapitre consacré au monde mu sulman, avait été « flouté ». Des enseignants de l’établissement et le proviseur ont alors écrit à l’éditeur pour demander que les ma nuels « soient conformes au spécimen qu’ils avaient consulté avant de le choisir » et qui ne comportait pas de visage effacé. L’éditeur refuse aujourd’hui de reprendre les ou vrages et a justifié sa décision de modifier l’image pour « ne pas créer de problèmes avec des élèves », puisque l’islam interdit la représentation du prophète. « Il nous a proposé de nous renvoyer la page non floutée », précise-t-on au lycée.

Une «démarche contraire à celle de l’historien»

Animateur du site Internet http://www.atheisme.org, Jocelyn Bézecourt a dévoilé l’affaire pour dé noncer ce « cas d’autocensure ». Il estime que ce comportement conforte un petit nombre d’obscurantistes. De même au SNES, principal syndicat d’enseignants du secondaire, on se dit choqué, tout en précisant avoir tous les jours connaissance de tels problèmes. « De plus en plus d’enseignants préfèrent ne pas aborder certaines questions touchant à la religion. Il est regrettable que les éditeurs les relaient. » Pour Alice Cardoso, en charge du groupe histoire-géographie au Snes, il est « injustifiable de manipuler une source. Sur le fond, on ne peut que condamner ce procédé, c’est une démarche contraire à celle de l’historien ».

Selon Belin, la décision de floutage a été prise à l’été 2005. Bien longtemps donc avant que l’affaire des caricatures de Mahomet n’éclate. Marie-Claude Brossolet, PDG de la maison, ne regrette pas son choix, car un éditeur de manuel scolaire est responsable, selon elle « de la paix dans les classes ». Plusieurs enseignants, lors de la présentation du livre, avaient fait part du caractère provocant d’une telle représentation « et de la difficulté d’enseigner dans des classes hétérogènes où plusieurs nationalités et religions se cô toient », justifie-t-elle.

Les manuels d’histoire-géographie sont très exposés à la controverse : « Quand nous pu blions un texte de Théophile Gautier, on nous accuse d’antisémitisme, du fait des convictions du poète, et quand il s’agit d’une carte de France des langues, les organisations de défense de l’occitan nous appellent. » Belin estime qu’à chaque publication de ces manuels au moins un tiers des lecteurs sont en désaccord avec leur contenu.

Voir aussi:

Mahomet « flouté » dans un manuel d’histoire pour les collèges
LE MONDE | 07.04.07 |

L’éditeur de manuels scolaires Belin est-il tombé dans le biais du « religieusement correct ? » Dans un manuel d’histoire-géographie de 5e, l’éditeur a flouté le visage du prophète Mahomet représenté dans une miniature du XIIIe siècle. L’information a été révélée par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo dans son édition du 4 avril.

« Plusieurs enseignants d’histoire-géographie à qui nous avons présenté le livre en mai 2006 se sont inquiétés du fait qu’une telle représentation puisse susciter des réactions et compliquer leur enseignement dans des classes très hétérogènes », explique Marie-Claude Brossolet, PDG des éditions Belin. « Nous avons cru bien faire en prenant la décision de masquer le document. Il ne faut rien y voir d’autre qu’une décision destinée à faciliter le travail des professeurs », précise l’éditrice. Selon elle, le choix de supprimer le document et de le remplacer par un autre aurait entraîné une modification en chaîne de tout l’ouvrage. La solution du floutage a donc été retenue.

Edité à 30 000 exemplaires, cet ouvrage, qui est en usage depuis la rentrée 2006-2007, a provoqué la colère de plusieurs enseignants d’histoire-géographie du collège Léonard-de-Vinci, à Ecquevilly (Yvelines), surpris de recevoir à la rentrée un ouvrage différent du spécimen qu’ils avaient consulté. Ils ont alors écrit aux éditions Belin en novembre 2006, qui leur ont répondu que « ce choix, qui ne falsifie pas le document original, permettait d’en maintenir l’exploitation pédagogique, voire de provoquer un débat en classe ».

Sylvie Mony, chargée du secteur contenu des enseignements au SNES, principal syndicat des enseignants du second degré, considère que la décision de l’éditeur est « curieuse ».

« C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un manuel est flouté sur une source historique, s’étonne-t-elle. C’est une démarche qui est complètement anormale pour un historien. » Par ailleurs, poursuit Mme Mony, « le fait d’anticiper les réactions présumées de telle ou telle communauté est davantage susceptible de fabriquer ou de renforcer de l’intégrisme que de le combattre ».

Catherine Rollot
Article paru dans l’édition du 08.04.07

6 commentaires pour Manuels scolaires: Belin floute Mahomet et… floue nos enfants! (French textbooks blur the Prophet: another step towards the dhimmization of France ?)

  1. […] l’heure, on vient de le voir, où nos courageux éditeurs floutent les images de Mahomet […]

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  2. […] pays d’apartheid contre les nouveaux damnés de la terre ou l’hallalisation, après les manuels de nos enfants, de nos cinémas et théâtres […]

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  3. jcdurbant dit :

    Pour la première fois sans doute depuis que l’agrégation d’histoire existe, la question d’histoire médiévale au programme porte, pour les deux années à venir, sur une aire culturelle non-européenne considérée en soi et pour soi, et non pas, comme il est arrivé dans le passé, dans son rapport avec l’Occident. L’Islam – puisque c’est de lui qu’il s’agit – est abordé comme il se voyait lui-même : le centre du monde, le cœur de la civilisation, l’héritier de tous les patrimoines, le destin central de l’humanité, à peu près comme l’Occident moderne se voit depuis deux ou trois siècles …

    http://www.histoire.presse.fr/ressources/prepa-concours/gouverner-islam-xe-xve-siecles

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