Fêtes de Pâque(s): Attention, une expulsion peut en cacher une autre ! (Forgotten refugees: Guess why there are almost no Jews left in Arab countries today)

New exodus
 L’Organisation des Nations unies… ne doit pas perdre de vue que la solution proposée peut mettre en danger un million de Juifs vivant dans les pays musulmans. Le partage de la Palestine peut créer au sein de ces pays un antisémitisme encore plus difficile à guérir que celui dont les alliés cherchent à guérir l’Allemagne… Si l’Organisation des Nations unies décidait de partager la Palestine, elle pourrait être responsable de troubles très graves et du massacre d’un grand nombre de Juifs. Un million d’Israélites vivent en paix en Égypte et jouissent de tous les droits de citoyen. Ils ne désirent nullement émigrer vers la Palestine. Cependant, si un État juif était créé, nul ne pourrait empêcher des troubles. Des émeutes éclateraient en Palestine, se répandraient à travers tous les États arabes et aboutiraient peut-être à une guerre entre deux races. Heykal Pasha (représentant de l’Egypte à l’ONU, 24 novembre 1947)
Les Arabes n’ont jamais adopté de mesures de discrimination raciale contre une minorité religieuse ou ethnique vivant au sein de leur société. Pendant des centaines d’années, les Juifs ont vécu parmi les Arabes musulmans sans avoir à subir de discrimination. Au contraire, ils étaient très respectés. Farouk Shara (ministre syrien des Affaires étrangères, ONU, 1er octobre 1991)
It would seem that most people in Egypt are unaware of the fact that among Egyptian Muslims there are some who have white skin. Every time I board a tram I hear people pointing at me with a finger and saying « Jew, » « Jew. » I have been beaten more than once because of this. For that reason I humbly beg that my picture (enclosed) be published with the explanation that I am not Jewish and that my name is Adham Mustafa Galeb. (Courrier de lecteur, Akhir Sa’a, 1948)

Suite à notre billet sur la fuite des résidents arabes de Palestine en 1948 …

En ce jour où pour une fois tous les chrétiens (protestants, catholiques et orthodoxes) fêtent la Pâque ensemble (terme inspiré de l’hébreu « pessah »: « passage », mais tiré du grec « pasquo »: « souffrir » qui a aussi donné « passion »), à savoir l’expulsion violente, mais aussi la résurrection, du Messie …

Et au lendemain du jour où les Juifs eux-mêmes ont fêté la délivrance, via leur expulsion violente d’Egypte, de l’oppression mais aussi la naissance de leur peuple…

Petit retour sur une autre expulsion, sur le site du Middle East Quaterly, celle des juifs des pays arabes au moment et dans les années qui suivirent (mais aussi précédèrent) la partition de la Palestine de 1947 et la (re)naissance d’Israël.

L’expulsion [1] des Juifs des pays arabes [*]L’attitude palestinienne vis-à-vis de cette expulsion et des réclamations qui s’ensuivirent

Ya’akov Meron, professeur, spécialiste du droit des pays arabes, ancien conseiller juridique au ministère de la Justice d’Israël.

Cairn

2003/1 (N° 34)

« Les Arabes n’ont jamais adopté de mesures de discrimination raciale contre une minorité religieuse ou ethnique vivant au sein de leur société. Pendant des centaines d’années, les Juifs ont vécu parmi les Arabes musulmans sans avoir à subir de discrimination. Au contraire, ils étaient très respectés [2][2] Ces idées avaient déjà été émises par la même personne…. »

Farouk Shara, ministre syrien des Affaires étrangères s’adressant à l’Assemblée générale de l’ONU le 1er octobre 1991.

1

Les efforts actuels pour trouver une solution au conflit arabo-israélien soulèvent des questions légales qui ont été ignorées pendant des décennies, et notamment le problème des réfugiés juifs. Un bref aperçu historique est nécessaire afin de comprendre la complexité du problème.

2

Je suis heureux que cet article voie le jour en France, car la France fut impliquée dans plusieurs étapes cruciales de l’évolution de ce sujet. Conformément à sa politique de « protection des minorités » en Orient, la France a eu l’obligeance de s’adresser à la Cour internationale de justice de La Haye dès qu’ont commencé les sévices contre les Juifs en Égypte en 1948 [3][3] D’après Itamar Levin, Locked Doors, The Seizure of…. Plus tard, lors des expulsions massives des Juifs de l’Égypte en 1957-1958, le Bureau central de documentation relative aux pertes juives en Égypte a été fondé ici à Paris, sous l’égide de l’Alliance israélite universelle, le Congrès juif mondial, l’American Jewish Committee et l’Agence juive. Le grand intérêt de cette documentation tient à ce qu’elle a été recueillie à une période très proche de la spoliation des biens des Juifs en Égypte, à savoir dès leur arrivée en France.

3

Enfin et surtout, c’est ici à Paris qu’a été fondé en 1975 WOJAC (World Organization of Jews from Arab Countries), l’Organisation mondiale des juifs originaires de pays arabes. Cette organisation a beaucoup fait pour qu’on n’oublie pas la douloureuse histoire de l’expulsion des Juifs des pays arabes, ni les droits qu’ils revendiquent.

Le Programme d’expulsion

4

Toutes les vagues d’émigration juive vers Israël ont été motivées par des mouvements d’attraction (l’idéal sioniste) et de rejet (l’antisémitisme). Ce qui distingue cependant l’exode des Juifs des pays arabes, c’est le mouvement du rejet. Et, avec l’ouverture des archives sur la première décennie de l’existence d’Israël, il apparaît qu’une politique délibérée d’expulsion des Juifs a été menée par les pays de la Ligue arabe.

5

Au début des années 1950, les pays d’Afrique du Nord n’étaient pas encore indépendants. Les remarques suivantes concernent donc surtout les pays arabes qui sont géographiquement plus proches d’Israël. Malheureusement, les archives de la Ligue arabe n’ont pas encore été mises à la disposition des chercheurs, bien qu’il semblerait qu’elles contiennent des renseignements de grande valeur, surtout sur l’exode du Maroc [4][4] Le 27 juin 1956, le Maroc a interdit le départ de ses…, après la déclaration d’indépendance à la fin des années 1950. La politique des pays arabes a peut-être subi des changements révolutionnaires au fil des années, mais ce qui est sûr, c’est qu’à la fin de 1949 et au début des années 1950, ces pays ont fait preuve d’une ligne politique unique et systématique. Cette référence aux pays arabes indépendants en tant qu’entité spécifique est basée sur deux événements.

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Premièrement, s’adressant au Comité des affaires politiques de l’Assemblée générale des Nations unies le 24 novembre 1947, Heykal Pasha, délégué égyptien, a fait les remarques suivantes sur le plan de partition de la Palestine, discuté à ce moment-là :

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« L’Organisation des Nations unies… ne doit pas perdre de vue que la solution proposée peut mettre en danger un million de Juifs vivant dans les pays musulmans. Le partage de la Palestine peut créer au sein de ces pays un antisémitisme encore plus difficile à guérir que celui dont les alliés cherchent à guérir l’Allemagne… Si l’Organisation des Nations unies décidait de partager la Palestine, elle pourrait être responsable de troubles très graves et du massacre d’un grand nombre de Juifs [5][5] ONU, Official Records of the Second Session of the…. »

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Heykal Pasha développe son argument :

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« Un million d’Israélites vivent en paix en Égypte et jouissent de tous les droits de citoyen. Ils ne désirent nullement émigrer vers la Palestine. Cependant, si un État juif était créé, nul ne pourrait empêcher des troubles. Des émeutes éclateraient en Palestine, se répandraient à travers tous les États arabes et aboutiraient peut-être à une guerre entre deux races [6][6] Ibid.. »

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Ni les menaces de « massacre », ni les remarques sur l’immigration, ni le moment choisi pour faire ces remarques, ou le contenu de ces remarques, ont reçu l’attention qu’ils méritaient, bien qu’ils ne soient pas passés inaperçus des Juifs [7][7] Émile Najjar, le dernier président de la Fédération… au moment des faits ; aujourd’hui, des chercheurs contemporains en ont également fait mention [8][8] Y. Meron. « Pourquoi les Juifs ont fui les pays arabes »…. Paradoxalement, Heykal Pasha, qui a prononcé ces mots très graves aux Nations unies [9][9] Mahmud Fawzi Bey, qui était le principal porte-parole…, était « reconnu pour son ouverture d’esprit » [10][10] Gudron Kramer, « L’avènement et le déclin de la communauté…. Quelle que soit son ouverture d’esprit, son discours à l’ONU, cité plus haut, démontre ses sympathies largement panarabes [11][11] Aujourd’hui, la tendance en Égypte est d’associer la…. Bien qu’il ne soit que le représentant égyptien à l’ONU, il a mentionné à plusieurs reprises les Juifs « dans les autres pays musulmans », « dans les pays arabes ». Pour les Juifs à cette époque, le discours de Heykal Pasha avec l’emploi des mots « massacre » « émeutes », et « guerre entre les deux races » ne différait guère des propositions faites, six ans plus tôt, par le leader palestinien Haj Amin el-Husseini à Hitler, dans le but d’appliquer la « solution finale » aux Juifs des pays arabes et de la Palestine, celle-là même qui avait été appliquée aux Juifs dans l’Europe occupée par les nazis [12][12] Je suis reconnaissant à l’ambassadeur Shamï Cahana….

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Historiquement, dans la perspective des échanges de population, les paroles de Heykal Pasha suivent la ligne proposée en 1937 par le secrétaire des colonies britanniques, et réitérée en 1944 par le parti travailliste britannique [13][13] Voir note 35 ci-dessous.. Les remarques faites par Jamili, le ministre irakien des Affaires étrangères, quatre jours après le discours de Heykal Pasha [14][14] Nations unies, Official Records of the Second Session…, aussi bien que la deuxième pièce à conviction, qui sera discutée plus loin, indiquent que les remarques de Heykal Pasha n’ont pas été dictées par une initiative uniquement égyptienne, mais qu’elles étaient le résultat d’une coordination préalable entre les États arabes qui étaient représentés à l’ONU et membres de la Ligue arabe. Juste après l’adoption du plan de partition par l’ONU, et « suivant l’ordre donné par la Ligue arabe » [15][15] H. J. Cohen, The Jews of the Middle East, 1860-1972,…, des outrages ont été commis sur des Juifs [16][16] Ibid. à Aden et à Alep, en Syrie [17][17] Ibid., p. 46..

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Le moment choisi pour le discours de Heykal Pasha met en lumière la perversion dont les partis intéressés ont plus tard fait montre dans la suite des événements qui ont mené à l’expulsion des Juifs des pays arabes [18][18] En décrivant les démarches qui ont été faites par Nuri…. Il est significatif que ce plan d’expulsion ait été annoncé d’avance, publiquement et très formellement par Heykal Pasha, quatre mois avant le départ massif de 540 000 Arabes (selon l’UNRWA) des régions de la Palestine où l’État d’Israël devait être établi. Selon des sources réputées arabes, « les Arabes ont tenu tête pendant la période allant de novembre 1947 à mars 1948. Jusqu’au 1er mars, pas un seul village arabe n’avait été abandonné par ses habitants, et le nombre de personnes quittant les villes mixtes était insignifiant » [19][19] Walid Khalidi, « Plan Dalet, Master Plan for the conquest…. Si l’expulsion des Juifs des pays arabes avait été une sorte de revanche, c’était, selon Heykal Pasha, en réaction à la résolution du 29 novembre 1947 des Nations unies sur le partage de la Palestine. Plus tard, après la défaite des armées arabes et la victoire d’Israël, le plan d’expulsion a été présenté comme des représailles [20][20] Voir appendice A, la lettre du ministre à l’ambassade… pour cette victoire bien que cet événement n’eût rien à voir avec les Juifs des pays arabes.

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La réunion à Beyrouth des diplomates de tous les pays arabes est une autre preuve de la coordination de l’expulsion des Juifs des pays arabes. Un compte rendu en a été publié dans le journal syrien Al-Kifah le 28 mars 1949, disant que, « [si] Israël refuse le retour des réfugiés arabes dans leurs foyers, les gouvernements arabes expulseront les Juifs vivant dans leur pays » [21][21] Shlomo Hillel, Ruah Kadim, hébreu, Jerusalem, Edanim,…. Ce nouveau motif pour justifier l’expulsion était certainement invoqué à des fins politiques et pour des raisons de propagande en faveur des pays arabes. Mais, qu’importent les raisons, le programme d’expulsion prévu par Heykal Pasha le 24 novembre 1947 était toujours sur l’agenda des pays arabes le 28 mars 1949. À partir de cette date, dans les pays arabes ayant participé à l’élaboration de ce programme d’expulsion, les événements se sont multipliés.

Yémen

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Le premier État à mettre en application la politique décrite par Heykal Pasha était le Yémen. Plus précisément, au Yémen, comme dans les autres pays arabes, des événements et des processus locaux ont mené aux résultats préconisés par Heykal Pasha. La première émigration de Juifs du Yémen en Palestine a eu lieu à peu près en même temps que l’émigration des Bilu[22][22] Acronyme pour les mots en hébreu signifiant « Maison… qui avaient choisi d’émigrer de Russie en Palestine à la fin du xixe siècle [23][23] Khalil Muhammad Silwani, président de la Haute Cour…. Les lois discriminatoires dégradantes de l’islam contre les dhimmis (les infidèles protégés) étaient appliquées au Yémen, le facteur modérateur d’une présence d’autorités coloniales n’existant pas ici comme dans les autres pays arabes.

15

La discrimination spécifique dont se plaignaient les Juifs et qui contribua, plus que toute autre cause, à leur désir de quitter le pays était l’islamisation forcée d’orphelins juifs [24][24] Cohen, op. cit. (note 15 plus haut), p. 64, 168. Yehuda…. La situation des Juifs du Yémen est donc assez conforme aux menaces contenues dans la déclaration de Heykal Pasha du 24 novembre 1947, à l’exception de l’image idyllique décrivant la vie paisible des Juifs bénéficiant de tous les droits civiques dans les pays arabes.

16

De nouveau, nous n’avons pas de renseignements sur le processus de prise de décision du gouvernement du Yémen à cette époque. Mais, il est pertinent de signaler que la Ligue arabe a pris part à la mise en œuvre de la politique appliquée aux Juifs ; Aden peut être cité en exemple [25][25] Cohen, op. cit. (voir note 15 plus haut).. Tout ce que nous savons, c’est que le Yémen a participé au débat sur le partage de la Palestine. Il a aussi sans doute participé aux discussions internes entre les représentants arabes de cette époque, tout comme il a participé à la réunion des diplomates arabes à Beyrouth le 24 mars 1949.

Arabie Saoudite

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La province de Najran avait été conquise sur le Yémen par l’Arabie Saoudite et était restée en partie sous la souveraineté saoudienne suivant l’accord de Taïf du 13 mai 1934. Pendant les années 1948-1949, les Juifs à Najran apprirent le départ vers Israël des Juifs du Yémen et voulurent se joindre à eux. L’émir Turki ben Mahdi, Gouverneur de Najran pour le compte des Saoudiens, convoqua les chefs des familles juives et leur posa la question : « Avez-vous l’intention de quitter Najran définitivement ? » Ayant reçu une réponse positive, il leur dit que les Juifs qui voulaient partir devaient le faire tous au jour qu’il leur désignerait et que ceux qui ne partiraient pas ce jour-là ne pourraient jamais quitter Najran. En vue de protéger les Juifs sur la route, le Gouverneur leur ordonna de faire savoir sur place la somme d’argent qu’ils prendraient avec eux. Le jour venu, deux soldats saoudiens arrivèrent avec la liste des partants et les sommes que chacun avait déclaré vouloir emporter. Les soldats demandèrent aux Juifs de leur confier cet argent afin de les protéger en route. Quand le convoi arriva à la ville yéménite de Saada, les Juifs s’attendirent à récupérer leur argent, mais les soldats leur dirent que l’argent avait été confisqué par le royaume d’Arabie Saoudite car il était interdit de renforcer Israël avec des fonds provenant d’Arabie Saoudite. Démunis et découragés, ces Juifs languirent au Yémen pendant plus d’un an jusqu’à ce qu’Israël les aide à parvenir à destination.

18

Les Juifs d’Arabie Saoudite avaient bien projeté un exode, mais l’intervention du pouvoir d’Arabie Saoudite transforma l’exode en expulsion.

Irak

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Quatre jours après les menaces de Heykal Pasha en 1947, l’Irak s’est formellement et ouvertement identifié à ses menaces. Le ministre irakien des Affaires étrangères, Fadel Jamali, déclara :

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« Les masses dans le monde arabe ne peuvent être retenues. Les relations arabo-juives dans le monde arabe vont se détériorer grandement. Il y a beaucoup plus de Juifs dans le monde arabe qu’en Palestine. En Irak seulement, nous avons environ cent cinquante mille Juifs qui partagent avec les musulmans et les chrétiens tous les droits politiques et économiques. Une harmonie règne entre les musulmans, les chrétiens et les Juifs. Mais toute injustice imposée aux Arabes de la Palestine perturbera l’harmonie entre les Juifs et les non-Juifs en Irak ; elle fera naître des préjugés et une haine entre religions [26][26] Official Records of the Second Session of the General…. »

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La référence aux « masses » n’était qu’une façon de parler, car ces « masses » étaient en fait les autorités gouvernementales irakiennes, qui avaient pris toute une série de mesures contre les Juifs [27][27] Les outrages commis à l’encontre des Juifs d’Irak le…, y compris l’adoption d’une législation à leur encontre. La première de ces législations était l’amendement du 14 novembre 1948 [28][28] Loi n° 11 de 1948 qui a amendée la Loi n° 51 de 1938,… à la loi de 1938 [29][29] Loi n° 51 de 1938, Official Gazette, 24 juillet 1938… du Code pénal de Bagdad [30][30] Une version plus tardive du Code pénal de Bagdad place…. Cet amendement rangea le sionisme dans la liste des infractions, le faisant figurer aux côtés du communisme, de l’anarchisme et de l’immoralité. Leur propagation constituait une infraction sanctionnée par une peine de sept ans d’emprisonnement et une amende. La loi 1 de 1950 a privé les Juifs de leur nationalité [31][31] La Loi n° 1 de 1950 intitulée « Supplément à l’ordonnance…. La loi 5 de 1951, qui a été amendée par la loi 12 de 1951 [32][32] Loi n° 5 de 1951, « A Law for the Supervision and Administration…, les a privés de leurs biens [33][33] Loi n° 12 en supplément de la Loi n° 5, voir plus haut…. En Égypte, le sionisme a été dénoncé dans la législation seulement huit ans plus tard, dans l’amendement de 1956 à la loi relative à la nationalité égyptienne [34][34] V. note 77..

22

Une définition précise du « sionisme », mentionnée dans l’amendement de 1948, est donnée dans les mémoires de Sir Alec Kirkbride, ambassadeur britannique à Amman de 1947 à 1951 (ce poste venant après celui de résident du Colonial Office britannique en Transjordanie). Il assistait à une réunion à l’Ambassade britannique à Amman entre Nuri Sa‘id, le chef du gouvernement irakien, et Samir El-Rifa‘i, chef du gouvernement jordanien, à la fin du mois de janvier ou au début de février 1949 [35][35] Cette date a été déterminée par Hillel, op. cit. (note…. Expliquant que le plan irakien d’expulsion des Juifs d’Irak avait été établi en représailles à l’expulsion des réfugiés arabes de Palestine [36][36] Pour les distorsions de cette description, voir note…, Kirkbride ajoute :

23

« Nuri Sa‘id, le Premier ministre d’Irak, qui effectuait une visite à Amman, lâcha une proposition ahurissante suivant laquelle un convoi de Juifs irakiens serait amené dans des camions militaires accompagnés par des voitures blindées et serait conduit à la frontière jordano-israélienne où [ces Juifs] seraient forcés de traverser la ligne. Mis à part la certitude que les Israéliens ne pourraient consentir à accueillir des personnes déportées de cette manière, le passage des Juifs par la Jordanie déclencherait presque certainement des troubles sérieux parmi les réfugiés arabes, très mécontents, entassés dans le pays. Les Juifs irakiens seraient massacrés ou bien leurs gardiens seraient obligés de tirer sur d’autres Arabes pour protéger la vie de ceux qui sont sous leur garde.

La méthode tortueuse employée par Nuri Sa‘id pour présenter sa proposition était en soi suffisante pour indisposer le roi et le cabinet, lesquels éprouvaient encore quelque ressentiment envers le gouvernement irakien qui les avait embarrassés lors des négociations d’armistice. Nuri m’a téléphoné d’abord, me demandant un rendez-vous chez moi avec Samir Rifa‘i, afin de débattre d’une question importante concernant la Palestine. J’ai donné mon accord pour le rencontrer, en supposant naturellement que Samir était au courant de la question. Puis, Nuri a parlé avec Samir, lui disant que je voulais les voir tous deux chez moi. Samir a alors supposé que l’initiative venait de moi. Quand nous nous sommes réunis, Nuri a fait sa proposition en ajoutant l’affirmation également étonnante qu’il serait responsable des conséquences ; Samir et moi avons été stupéfaits et nos visages devaient refléter nos sentiments. Nous étions tous deux vexés d’avoir été mis frauduleusement dans une fausse position. J’ai répondu tout de suite que le sujet en question ne regardait pas le Gouvernement de sa Majesté [37][37] Néanmoins, il n’est pas difficile de déchiffrer les…. Samir a refusé aussi poliment que possible de donner son assentiment, mais Nuri s’est mis en colère en se voyant ainsi repoussé et a dit : “Donc, vous ne voulez pas le faire. Ne voulez-vous pas ?” Samir a rétorqué : “Bien sûr. Je ne veux pas être complice d’un tel crime [38][38] L’attitude judicieuse adoptée par le chef du gouvernement….” Nuri a explosé de rage et j’ai commencé à me demander ce que devait faire le chef de la mission diplomatique si deux premiers ministres en venaient aux mains dans son étude. Nous avons levé la séance en désordre, mais j’ai réussi à leur faire quitter les lieux tout en préservant un minimum de convenances [39][39] Kirkbride, op. cit. (note 18), p. 115-116. La menace…. »

24

Ce compte rendu, autant dans sa partie équilibrée que dans sa partie animée, ne mentionne nullement le terme de « sionisme ». Néanmoins le message est clair : le gouvernement irakien ne fait pas de distinction entre le sionisme et les Juifs. Ce n’était pas la première fois que Nuri Sa‘id abordait l’idée d’expulsion. Avant la promulgation de la loi 1 de 1950, il avait été le chef du gouvernement en 1949 [40][40] Hillel, op. cit. (note 21), p. 189, 242., et nous savons maintenant qu’il s’était entretenu de son plan avec des autorités étrangères au moins six fois. En plus de son plan d’expulsion proposé en présence de l’Ambassadeur britannique à Amman « à la fin de janvier ou au début de février 1949 » [41][41] Voir note 35., Nuri Sa‘id déclara à la Commission de réconciliation de l’ONU, qui s’était rendue à Bagdad le 18 février 1949, que « l’Irak avait pour le moment protégé ses 160 000 Juifs, mais… que si les conditions ne s’amélioraient pas et si les Juifs ne prouvaient pas leur bonne volonté par des actes et non par des mots, l’Irak serait peut être incapable de contenir l’action spontanée de son peuple [42][42] Un télégramme envoyé de l’ambassade américaine de Bagdad… ». De nouveau, le 8 mai 1949 Nuri Sa‘id s’entretint avec Edward Crocker, Ambassadeur américain à Bagdad, en mentionnant la possibilité d’« un échange volontaire entre Juifs irakiens et Arabes palestiniens sur la base d’un quota, car des boutefeux irakiens pourraient prendre en main les affaires et rendre misérable le sort de milliers de personnes [43][43] Voir note 42. ».

25

Le 8 août 1949, Nuri Sa‘id, lors d’entretiens avec des fonctionnaires du ministère britannique des Affaires étrangères, est revenu sur l’idée d’un « échange de populations » [44][44] Gat, op. cit. (note 38), p. 40.. De plus, le thème principal de l’entretien qu’il eut le 14 octobre 1949 avec Gordon R. Clapp, directeur de la Commission d’enquête économique de l’ONU, et ses « trois présidents-adjoints », en présence du ministre intérimaire des Affaires étrangères et du ministre de l’Économie, était le sort des Juifs d’Irak, qui était à nouveau remis en cause. Nuri Sa‘id parla de l’« échange de 100 000 juifs de Bagdad et 80 000 juifs irakiens respectivement pour un nombre équivalent de réfugiés palestiniens » [45][45] Ces chiffres sont exagérés. Le nombre de Juifs en Irak…. L’auteur de ce télégramme secret de l’ambassade américaine à Bagdad (Dorse ?) avait l’impression que l’argument de Nuri Sa‘id n’avait été émis que « pour la conversation », mais ce n’était pas l’impression d’un membre de l’ambassade britannique à Bagdad qui, deux semaines auparavant, le 29 septembre 1949, rapporta que le désir de Nuri Sa‘id était « d’effectuer l’échange de populations sous la surveillance de l’ONU et de transférer hors d’Irak 100 000 Juifs en échange de réfugiés arabes, qui avaient déjà quitté le territoire sous contrôle israélien [46][46] Hillel, op. cit. (note 21), p. 245. ».

26

Des lettres envoyées de Palestine à de proches parents en Irak furent interceptées par les autorités irakiennes. Les destinataires en Irak firent l’objet d’interrogatoires par la police irakienne et furent accusés d’espionnage et de commerce avec l’ennemi. Le gouvernement irakien mit à mort par pendaison deux Juifs Chalom Saleh et Joseph Basri, arrêtés sous de fausses accusations. L’ambassadeur des États-Unis en Irak, Edward S. Crocker, commentant ces mises à mort, écrivit dans une dépêche du 4 février 1952 que « les lois du désert, qui ne laissent pas place à la pitié à l’égard d’un ennemi qui se soumet, coulent encore dans les veines des Irakiens, même dans celles des plus sophistiqués parmi eux [47][47] M. Ben Porat, A Bagdad et de retour (en hébreu), Or… ».

27

L’annonce du projet d’« échange de populations » de Nuri Sa‘id a dû arriver jusqu’au gouvernement d’Israël. En conséquence, la sortie des Juifs d’Irak se fit par voie aérienne, et non par voie terrestre comme le prévoyait Nuri Sa‘id, mais la responsabilité officielle et directe de l’Irak dans l’expulsion des Juifs d’Irak est ainsi patente. Présenter l’expulsion des Juifs d’Irak comme des représailles contre l’exode des réfugiés arabes de Palestine, tel que Kirkbride l’a fait, est inacceptable. Non seulement on ignore ainsi l’accumulation des preuves relatives aux intentions du chef du Gouvernement irakien, mais on refuse de reconnaître que c’est aussi l’expression officielle et publique du programme d’expulsion, qui a précédé la création même du problème des réfugiés arabes [48][48] Voir notes 5 et 14 et les textes se fondant sur les…. Cette thèse passe sous silence les discriminations décrétées par le Gouvernement irakien [49][49] Hillel, op. cit. (note 21), p. 257, dit que le ministère… et l’antisémitisme formulé dans son plan d’expulsion.

28

En comprenant l’exode des Juifs irakiens comme une expulsion, nous élucidons un certain nombre de questions restées jusqu’ici sans réponse. En ce qui concerne la loi 1 de 1950 [50][50] Voir note 31., Shlomo Hillel s’est demandé ce qui avait modifié radicalement l’attitude de l’Irak sur le départ des Juifs. Pourquoi cette loi sans précédent a-t-elle été adoptée ? Hillel est enclin à accepter l’analyse de Sir Henry Mack, ambassadeur britannique à Bagdad, qui, le 17 février 1949 et de nouveau le 24 février, écrivait que Nuri Sa‘id n’avait nulle intention d’appliquer immédiatement ce plan [51][51] Hillel, op. cit. (note 21), p. 244.. Néanmoins, on ne saurait négliger les déclarations faites à l’ONU en novembre 1947, notamment celle de Fadel Jamali, le ministre irakien des Affaires étrangères [52][52] Voir note 26., la législation antijuive irakienne [53][53] Voir notes 28, 33., les persécutions raciales du gouvernement irakien [54][54] Hillel, op. cit. (note 21), p. 188, 250, Cohen, op….. Mais nous aimerions suggérer qu’il faut comprendre ce renversement total de la situation comme une des étapes dans l’exécution du plan d’expulsion, bien que ce ne fût pas évident pour les Juifs, qui avaient beaucoup œuvré et sacrifié afin de faire sortir leurs frères de l’enfer irakien entre le 15 mai 1948 et la date à laquelle la loi n° 1 de 1950 a été votée [55][55] Yehuda Atlas, Sur l’Échafaudage : La Saga des forces….

29

Cela nous aide à expliquer un autre événement mystérieux : la bombe jetée sur la synagogue où des Juifs étaient en train de s’inscrire pour émigrer [56][56] La Synagogue Mas‘uda Shem Tov le 14 janvier 1951 :…. Cet incident a donné lieu à toutes sortes d’accusations fausses contre les Juifs sionistes qui essayaient soi-disant de relancer la sortie des Juifs d’Irak. Maintenant que le plan d’expulsion qui a guidé l’action du Gouvernement irakien a été exposé, n’est-il pas plus raisonnable de rechercher les poseurs de bombe parmi les Irakiens qui obéissaient aux ordres du Gouvernement, ou au moins dans les cercles tels que le parti Istikal, qui adoptèrent la politique du gouvernement avec beaucoup de zèle [57][57] Voir le chapitre « Bombs in the streets of Bagdad »… ?

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Le gouvernement irakien était bien conscient de ce qu’il était en train de faire à la population juive locale et des conséquences à long terme de ses actions. C’est un Arabe palestinien, ‘Aref el-‘Aref, qui s’est assuré que Nuri Sa‘id était conscient des conséquences sérieuses du départ des Juifs d’Irak sur l’avenir des Arabes palestiniens et, en particulier, sur les réfugiés parmi eux. Plus de six mois après le début des opérations de l’exode aérien de l’Irak [58][58] Le premier groupe de Juifs à quitter l’Irak en accord…, pendant que Nuri Sa‘id visitait Jérusalem le 13 janvier 1951, il rencontra ‘Aref el-‘Aref, le Gouverneur de Jérusalem pour les autorités jordaniennes. ‘Aref el-‘Aref voulait que Nuri Sa‘id stoppe le départ des Juifs d’Irak jusqu’à ce que le problème des réfugiés palestiniens soit résolu, ou au moins pour un ou deux ans [59][59] ‘Aref el-‘Aref, L’holocauste, 1947-1955, en arabe,…. Selon ‘Aref, la raison de la visite de Nuri Sa‘id était d’obtenir la permission de la Jordanie de laisser passer les Juifs irakiens sur son territoire dans leur exode vers Israël [60][60] Nuri Sa‘id a offert à Abdullah deux dinars pour chaque…. ‘Aref, n’ayant pas réussi à convaincre Nuri Sa‘id, envoya un télégramme à ‘Azam Pasha, secrétaire général de la Ligue arabe, et aux chefs des délégations arabes de la Commission politique de la Ligue qui s’était réunie le 21 janvier 1951. Le roi Abdullah a, par la suite, reproché à ‘Aref el-‘Aref d’avoir critiqué l’Irak [61][61] ‘Aref, op. cit. (note 59), p. 894. Une opposition à….

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L’analyse d’‘Aref el-‘Aref était bien fondée quant aux données sur la situation. L’aide apportée aux réfugiés palestiniens par les pays arabes était militaire aussi bien qu’économique. La preuve en fut donnée par le témoignage d’un Arabe, Alhaj, qui travaillait pendant le mandat britannique à la douane de Jaffa, et qui est resté dans la ville après sa conquête par les Juifs. Dans une interview de Menachem Talmi publiée dans le journal Ma’ariv le 20 juin 1990, Alhaj raconte que :

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« Au printemps 1948, les riches ont commencé à quitter la ville. Des bandes de jeunes (shebab) régnaient sur la rue. Les actes de vandalisme et de pillage devenaient de plus en plus nombreux. Un sentiment de défaite immanente était présent. Au début du mois de mai, l’anarchie s’était installée. Les soldats irakiens qui étaient venus pour aider à la défense de la ville de Jaffa contre les forces israéliennes ont participé au pillage et au saccage. Du vol au viol, le chemin est court. Je me rappelle que les habitants qui étaient restés dans la ville ont maudit le mufti et ses compagnons plus que les Juifs. Je me rappelle une femme au milieu d’une rue hurlant aux forces arabes, moitié jordaniennes et moitié irakiennes, “Le Lehi (les hommes du groupe Stern) sont plus humains et plus nobles que vous.” Les soldats irakiens avaient dépassé les bornes et, après avoir pillé la ville, ils sont descendus piller le port. Ils ont pénétré dans des entrepôts et volé tout ce qu’ils trouvaient pour le revendre. Après avoir terminé leur pillage et leurs viols ils ont quitté la ville. Abu Laban (le maire de Jaffa) est allé à Tel Aviv avec ses compagnons pour se rendre au commandement de la Haganah ». C’est ainsi que s’est terminée l’histoire de la ville arabe de Jaffa [62][62] Le récit de Alhajj devrait mettre un terme à la question…. (Souligné par nous.)

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Nous reviendrons sur l’histoire de ‘Aref el-‘Aref plus tard.

La Libye

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En Libye comme au Yémen, l’exode des Juifs a commencé avant la déclaration de Heykal Pasha à l’ONU le 24 novembre 1947. Par ailleurs, comme en Syrie, le départ en masse des Juifs a eu lieu avant la déclaration d’indépendance de la Libye. Ici, des événements locaux ont amené le dénouement désiré par Heykal Pasha, avant même son discours à l’ONU [63][63] Le départ des Juifs de Libye a commencé en 1945 après… – tout comme au Yémen. Il faut dire que le programme brutal contre les Juifs de Tripoli a incité au départ la première vague d’émigrants en 1945, c’est-à-dire trois ans avant la création de l’État d’Israël. Pourtant, il y a tendance à associer le déracinement de la communauté juive de Libye avec la création de l’État d’Israël. Il est dit que le départ des Juifs de Libye était la conséquence des événements qui ont mené à sa création et qui sont survenus après la création de l’État d’Israël en mai 1948 [64][64] Wright, op. cit. (note 63).. Comment est-ce que les émeutes antijuives de 1945 pourraient-elles être la conséquence de la création de l’État d’Israël ? La question se pose pour toutes les émeutes dans les pays arabes : en Irak en 1941, au Caire en 1945, à Aden et à Alep en 1947 [65][65] « 76 Juifs ont été tués à Alep, 300 maisons et 11 synagogues…, aussi bien qu’en Libye en 1945.

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John Wright, expert en l’histoire de la Libye, donne deux réponses, contradictoires, à cette question. D’une part, il dit qu’une des multiples réalisations de la révolution (de Khadafi) mises en place pendant sa première année était l’éradication des symboles les plus manifestes de la subversion, de la colonisation et de l’impérialisme, y compris la fin des communautés juives [66][66] Wright, op. cit. (note 63), p. 140.. Khadafi pensait que sa première mission était de nettoyer le pays de la corruption et des trahisons et que l’expulsion des quelques Juifs qui restaient pouvait être interprétée comme une affirmation du caractère islamique inhérent du pays [67][67] Ibid., p. 182.. D’autre part, le même auteur cite une interview que Kadafi a donnée au début de 1970 exprimant « son opposition sans compromis au sionisme et non au judaïsme ». Il déclare que les Juifs partis en Israël après 1948 pouvaient retourner chez eux dans les pays arabes, y compris en Libye [68][68] Ibid., p. 150.. Mais comment la Libye resterait-elle « propre » si elle est prête à reprendre les Juifs dont l’expulsion a été si vitale pour le nettoyage du pays ? Si l’expulsion des Juifs de la Libye et des autres pays arabes avait été une nécessité interne, de quoi accuse-t-on alors le sionisme et Israël ?

La Syrie

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Ici à nouveau, la majorité des Juifs sont partis en 1944 avant l’indépendance de la Syrie, certainement avant la déclaration de Heykal Pasha à l’ONU en 1947, et avant la création de l’État d’Israël en 1948. Par ailleurs, la Syrie se distingue des autres pays arabes par la pureté de sa législation. Il est difficile de trouver dans ses textes des déclarations ouvertement discriminatoires contre les Juifs, mais les conditions ignobles qui étaient en vigueur dans ce pays sont bien connues [69][69] Il a été rapporté, en décembre 1976 et janvier 1977,…. Le 22 juin 1980, l’Association des avocats syriens a publié les résolutions de son Assemblée générale qui demandait la cessation immédiate de l’état d’urgence qui était en vigueur depuis le décret militaire n° 2 de mars 1963, et l’arrêt de toutes les juridictions d’urgence apparaissant sous des noms divers, et de tous les comportements illégaux des institutions de l’État, y compris les prohibitions et oppressions de toutes sortes dont la torture [70][70] Cité par Ibrahim Hassan, « La Syrie et la guerre civile »,….

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La diminution du nombre de Juifs en Syrie, de 30 000 en 1943 à 1 100 au début de 1990 et à seulement 200 en 1997, est bien évidemment due à ces conditions. En tout cas, même en Syrie, la politique déclarée (en 1947) de Heykal Pasha a pris forme et a été pleinement confirmée par la réunion des diplomates arabes le 28 mars 1949 [71][71] Voir note 20.. Les biens juifs ont été confisqués et donnés aux réfugiés arabes. Des Palestiniens ont été installés dans les maisons du ghetto juif de Damas, et l’école de l’Alliance a été réquisitionnée pour les enfants réfugiés palestiniens. Un diplomate français, qui est intervenu auprès des autorités syriennes au sujet de l’école, a été informé que les Juifs syriens étaient obligés de faire de la place aux réfugiés, étant donné que c’étaient les Juifs palestiniens qui les avaient expulsés [72][72] Ceci est la réponse donnée par un diplomate français,….

L’Égypte

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L’Égypte, le pays qui a envoyé Heykal Pasha à l’ONU, a mis quelque lenteur à exécuter le plan d’expulsion. L’Égypte avait subi une révolution en 1952, aussi bien qu’un coup d’État en 1954 mais, quand Nasser a saisi le pouvoir du général Neguib, elle a vite suivi les autres pays arabes. Avant cette date, des incidents avaient déjà perturbé les Juifs de ce pays.

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Le 29 juillet 1947, un amendement avait été voté obligeant les sociétés égyptiennes à respecter un quota d’emplois pour les nationaux égyptiens : 75 % au moins pour les cadres et 90 % pour les employés. Des licenciements et des pertes d’emplois en résultèrent, car seulement 15 % d’entre eux avaient la nationalité égyptienne [73][73] Cohen, op. cit. (note 15), p. 88. Shimon Shamir, « L’Évolution…. En novembre 1945, eurent lieu des émeutes contre les Juifs. La violence s’était accentuée entre le 15 mai et le mois de novembre 1948 à cause de la guerre avec Israël. Une série d’agressions individuelles entretint un climat délétère. Le 15 mai 1948, le jour même de l’établissement de l’État d’Israël, qui était un samedi, un Juif sortant d’une synagogue dans le quartier juif du Caire (Harat el-Yahùd), après la prière du soir, fut agressé par un Arabe tenant un couteau de boucher à la main. À l’aide de ce couteau, l’Arabe lui ouvrit le ventre. Des agressions de ce genre se sont multipliées pendant les mois de mai et juin 1948. Ainsi, un Juif travaillant à la banque Zilkha au Caire fut poignardé en allant au travail. Les agressions individuelles de ce genre ont connu un tournant le 19 juin 1948 par la première explosion d’un grand bâtiment à l’entrée du quartier juif caraïte au Caire. Cette explosion a causé des dizaines de morts [74][74] Une description vivante de cette explosion, et surtout…. À partir de cette date, les explosions entraînant de nombreuses victimes se sont multipliées. Je ne mentionnerai ici qu’un seul cas, celui de la petite fille Aliza Caro. Ainsi que l’écrivit son père, Mardoché Caro : « Jusqu’à l’âge de trois ans, Aliza grandissait normalement, naturellement et positivement à tous les points de vue, sans aucun retard par rapport aux enfants de son âge. Pendant juillet-août 1948, un tricycle contenant une grosse quantité de dynamite a été posé accolé à notre maison. Par l’explosion ce jour-là, des dizaines de Juifs ont été blessés et tués dans le quartier. Au moment de l’explosion, ma femme et ma fille se trouvaient dans l’escalier au deuxième étage. Par la force de l’explosion, l’escalier s’est effondré et toutes deux sont tombées au rez-de-chaussée. Ma femme a subi un choc et ma fille a été grièvement atteinte, a perdu connaissance et est restée dans cet état le reste de ce jour et la nuit suivante. De peur des pogroms contre les Juifs, nous n’avons amené notre fille à l’hôpital qu’après quatre jours. Ma fille a été admise à l’hôpital en raison de la perte de connaissance et d’une fièvre très élevée sans raison apparente. Après un séjour d’un mois à l’hôpital juif, aucune amélioration ne s’était produite. Du fait de l’intensification des émeutes et des pogroms contre les Juifs, ma femme a été obligée de reprendre notre fille et est sortie de l’hôpital déguisée en femme arabe. C’est ainsi que ma fille est restée invalide, mentalement atteinte. » Plus tard, Aliza fut admise dans une institution israélienne pour infirmes mentaux avant de mourir à l’âge de quarante ans.

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Les agressions individuelles continuèrent parallèlement aux explosions au Caire. Maurice Ades, homme très cultivé, titulaire de deux doctorats, en chimie et en droit, de l’université de Paris, industriel au Caire, propriétaire de deux usines, l’une de produits chimiques et la deuxième de fabrication de savon et, en même temps, importateur de thé et de café en Égypte, fut agressé par la foule alors qu’il marchait dans la rue au Caire. Un coiffeur qui le connaissait réussit à le faire entrer dans son salon de coiffure. Les agents de police le traînèrent tout au long de la rue jusqu’à la station de police, ses vêtements déchirés et souillés de sang. Là, les agents de police eux-mêmes commencèrent à le malmener. Finalement, M. Ades réussit à se libérer en payant des pots-de-vin aux agents de police. Ce n’est toutefois pas la fin de l’histoire. Deux jours plus tard, des agents de police se présentèrent à son bureau réclamant encore de l’argent, en le menaçant, s’il ne s’exécutait pas, de l’incarcérer avec les autres Juifs qui se trouvaient déjà dans un camp d’internement à Huckstep. La même scène se reproduisit tous les deux jours. Après avoir versé aux agents de police une grosse somme d’argent par paiements échelonnés, M. Ades fut incarcéré dans le camp d’internement où les agents avaient menacé continuellement de l’interner. À sa libération, il trouva ses usines mises sous séquestre, l’entrée lui en étant interdite. M. Ades fut ainsi acculé à s’évader, laissant en Égypte tous ses biens. Actuellement, octogénaire, il vit en Israël à Netanya. Avraham Negreen avait travaillé pendant trente-trois ans à l’Opéra cairote. Des soldats égyptiens l’assassinèrent. De nationalité italienne (de Livourne), le consul d’Italie s’occupa du cadavre sans que l’on sache, jusqu’aujourd’hui, où il est enterré. Enfin, Habib Shami, un Juif caraïte, fut déchiqueté par une foule haineuse. Étendu par terre, agonisant dans la rue, un agent de police égyptien le foula aux pieds jusqu’à la mort.

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J’insiste sur le rôle des agents du pouvoir dans toutes ces atrocités. Le droit international hésite à imposer à l’État l’obligation de payer des dommages et intérêts à des citoyens qui ont subi des dégâts du fait d’une défaillance de l’État dans le respect de la loi et le maintien de l’ordre. Mais quand les dégâts ont été perpétrés par les agents du pouvoir, comme c’est le cas des trois victimes susmentionnées, la responsabilité de l’État est engagée sans aucun doute. Le gouvernement égyptien est donc redevable de dommages et intérêts aux Juifs victimes d’atrocités et d’agressions commises par des agents du pouvoir.

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Les explosions contre les Juifs ont été attribuées aux Frères musulmans. Mais si ces extrémistes se sont permis de procéder à de tels excès, c’est qu’ils pensaient que le Gouvernement égyptien les soutenait, conformément aux paroles de Heykal Pasha. En fait, ces extrémistes ne se trompèrent pas, puisque personne ne fut traduit en justice pour agression contre les Juifs en Égypte.

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On peut entrevoir les sentiments des Juifs égyptiens en lisant une lettre adressée à l’éditeur du journal Akhir Sa’a, traduite en français et publiée dans une revue de presse dans La Bourse égyptienne du 22 juillet 1948 :

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« Il semblerait que la plupart des gens en Égypte ne savent pas que certains musulmans égyptiens ont la peau blanche. Chaque fois que je monte dans un bus, les gens pointent du doigt en disant : “Juif ! Juif !” On m’a battu plus d’une fois à cause de cela. C’est pourquoi je demande très humblement que vous publiiez ma photo en expliquant que je ne suis pas juif et que mon nom est Adham Mustafa Galeb [75][75] La Bourse égyptienne, 22 juillet 1948, cité in Yehudiya…. »

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Ce témoignage contredit les arguments de Heykal Pasha à l’ONU en novembre 1947, qui déclarait que les Juifs vivaient paisiblement en Égypte (et dans d’autres pays musulmans) et qu’ils jouissaient de tous leurs droits civiques [76][76] Voir notes 5 et 6 ainsi que le texte les accompagn…. Mais ce qui a déclenché le départ en masse des Juifs, c’est l’amendement de 1956 sur la loi relative à la nationalité, qui en excluait les sionistes [77][77] La Loi 391 de 1956, section 1 (a). Voir Revue égyptienne… ainsi que la promulgation de l’ordre de l’armée n° 4 sur l’administration de la propriété des « personnes et associations qui étaient sujettes à l’emprisonnement et la surveillance » [78][78] Egyptian Official Gazette, n° 88, 1er novembre 195…. Les Juifs, y compris des personnalités très respectées de la communauté, étaient incarcérés [79][79] Cohen, op. cit. (note 15), p. 51-52. Cette expérience… puis, avec les autres, expulsés d’Égypte par avion ou en bateau.

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Le terme « sioniste » avait été défini non comme une religion, mais comme un lien spirituel et matériel unissant les sionistes et Israël [80][80] « La nationalité égyptienne : la décision du président…. Une définition plus précise peut être trouvée dans l’amendement, publié par le ministre de l’Intérieur dans la Gazette Officielle du 15 avril 1958, selon lequel tous les Juifs entre 10 et 65 ans quittant l’Égypte seraient inscrits sur la liste des personnes qui ne seraient pas autorisées à revenir dans le pays. (Il faut dire que, depuis la signature du traité de paix avec Israël, pas un seul Juif né en Égypte n’a eu de difficultés pour y entrer.)

La Jordanie et l’Algérie

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Le point commun entre ces deux pays, situés sur des continents différents, est l’absence des communautés juives au moment de leur indépendance respective. Il n’y avait pas de Juifs en Jordanie en 1946 quand elle est devenue un royaume indépendant et au moment de la création de l’État d’Israël [81][81] Cette situation est le résultat d’une politique intentionnelle….. Il n’y avait plus de communautés juives en Algérie en 1962 quand elle est devenue indépendante. Malgré cette situation « neutre » au regard de la question juive, il existe, dans les deux cas, des indices montrant l’existence d’une identification de ces deux pays avec la déclaration de Heykal Pasha en 1947.

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Les Juifs ont quitté l’Algérie en même temps que tous les Français. En fait, les Juifs avaient leur propre motif. Le 14 mai 1962, une jeune mère, dénommée Amram, sortit de chez elle pour faire ses courses, confiant ses deux enfants, l’un âgé de six ans et l’autre de deux ans, à Fatma, une domestique dévouée, intégrée dans la famille, aimée des enfants, du genre de celles qui se trouvaient dans presque toutes les familles juives à Alger. Quand la mère revint à la maison, elle trouva la porte étrangement ouverte. Elle entra et vit ses enfants immergés dans une nappe de sang, la gorge tranchée. La « fidèle » Fatma n’était plus là [82][82] Je tiens ces informations du grand-père des enfants…. Cette atrocité a suscité des vagues d’horreur partout dans la communauté juive d’Alger. Elle a constitué la provocation finale qui a galvanisé la détermination des Juifs à quitter l’Algérie. L’assassinat des enfants Amram en Algérie a eu le même effet sur les Juifs que les explosions au Caire, les pogroms d’Alep ou les massacres de Tripoli et d’Aden.

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Le code algérien accorde la nationalité algérienne aux citoyens dont les pères et grands-pères paternels ont eu le statut de musulman en Algérie [83][83] Voir section 34 du Code de la nationalité algérienne,…. Bien que nous n’ayons pas trouvé une activation de la loi musulmane concernant les orphelins juifs comme au Yémen [84][84] Voir note 24., néanmoins le critère religieux pour accorder la nationalité semblerait avoir été en vogue même avant le déluge du fondamentalisme islamique. Le slogan du Front de libération nationale en Algérie, qui militait pour « un État démocratique et séculier » n’a pas arrêté des supporters fervents de la sécularisation et de la démocratie d’adhérer au critère religieux pour statuer sur la nationalité. De même, en Jordanie, où les leaders ont manifesté un certain intérêt humanitaire au sujet des Juifs expulsés d’Irak [85][85] Voir note 38., il est pertinent de noter que, parmi les Palestiniens (les Juifs étaient considérés palestiniens avant la création de l’État d’Israël), seuls les non Juifs ont droit à la nationalité jordanienne [86][86] Section 3 (3) du Code de la nationalité jordanienne,….

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L’attitude de la Jordanie, et plus encore, celle de l’Algérie (car celle-ci est loin géographiquement du conflit israélo-arabe) nous éclairent sur la déclaration de Heykal Pasha du 24 novembre 1947. Cette déclaration ainsi que la loi sur la nationalité en Algérie et en Jordanie concordent avec la prédiction de l’historien britannique Arnold Toynbee, qui disait qu’immédiatement après la conclusion de la Première Guerre mondiale, une vague de nationalisme mettrait beaucoup de pression sur les minorités dans le monde arabe, et favoriserait peut-être même leur disparition [87][87] Survey of International Affairs, Royal Institute for….

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L’expulsion massive des Juifs des pays arabes est une violation flagrante du droit international. La Charte de Nuremberg de 1945 a fait de la déportation massive en temps de guerre un crime contre l’humanité, et la Convention de Genève sur le traitement des civils en temps de guerre interdit aussi les transferts forcés de personnes, que ce soit individuels ou en groupe [88][88] La Charte du Tribunal militaire international, 82 UNTS…. Bien qu’il n’existe pas de traité qui interdise explicitement l’expulsion en masse de population civile en temps de paix, l’opinion des experts et des traités régionaux sur les droits de l’homme, en Europe et en Afrique, indiquent clairement que ce principe est généralement accepté [89][89] Voir Donna E. Arzt, Refugees into Citizens, New York,….

Les répercussions de l’expulsion des Juifs

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Lorsque Nuri Sa‘id a expliqué à ‘Aref el-‘Aref pourquoi il refusait d’arrêter l’expulsion des Juifs d’Irak, ou de même la remettre à plus tard, son argumentation ne faisait nullement référence à un échange de population ou même à une « vengeance » pour l’expulsion des réfugiés arabes d’Israël, bien qu’il ait abondamment usé de cet argument lors de ses entretiens avec des diplomates étrangers [90][90] Voir p. 116.. Avec ‘Aref el-‘Aref, Nuri Sa‘id n’a évoqué que des considérations de politique interne :

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« Les Juifs ont toujours été une source de mal et de tort pour l’Irak. Ils sont des espions. Ils ont vendu leurs propriétés en Irak ; ils n’ont pas de terre parmi nous qu’ils puissent cultiver. Comment peuvent-ils vivre ? Que feront-ils s’ils restent en Irak ? Non, non mon ami, il vaut mieux se débarrasser d’eux pendant qu’il est encore temps [91][91] Voir note 59.. »

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L’analyse de John Wright relative aux motifs de l’expulsion des Juifs par la Libye conclut que les considérations de politique intérieure étaient du même type [92][92] Voir p. 119.. Khadafi non seulement ne suggérait pas un échange de population mais il parlait d’inviter les Juifs de Libye et des autres pays arabes à revenir chez eux [93][93] Voir note 68..

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Si on associe cette invitation à d’autres semblables [94][94] Dans une lettre signée par un membre du Conseil du…, on comprend le silence autour des expulsions. Dans ses mémoires, Al-Seweidi, Premier ministre de l’Irak à l’époque où l’accord pour le transfert aérien des Juifs d’Irak en Israël a été conclu, soutient « qu’il ne se rappelle pas le départ des communautés juives de son pays » [95][95] Écrit lors de son exil à Beyrouth, après avoir été…. Une enquête portant sur une quinzaine d’ouvrages écrits par des politiciens et d’autres personnages publics rapporte seulement deux références au farhud, le pogrom de 1941 qui a secoué les sentiments identitaires des Juifs d’Irak, pays qui résonne d’histoire juive [96][96] Yehuda Tagar, « Le Farhud dans les écrits arabes des…. On peut considérer ce pogrom comme un prélude aux expulsions de ce pays.

La réaction israélienne

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Il est difficile de savoir si, avant 1977, l’establishment en Israël avait essayé de briser le silence autour des circonstances de l’exode juif des pays arabes [97][97] Voir l’étonnement de Jean-Pierre Peroncel-Hugoz (note…. Il semble au contraire qu’on ait recherché des noms de code romantiques tels que « tapis magique » (pour l’émigration du Yémen) ou d’origine biblique « Opération Ezra et Néhémiah » (pour l’exode d’Irak) pour souligner le côté positif mais, en même temps, on a occulté les circonstances de l’exode qui étaient la conséquence de l’expulsion des pays arabes. Les événements en Israël ont porté au-devant de la scène politique des personnes qui avaient quitté les pays arabes, ou leurs enfants. Au milieu des années 1980, ceux-ci sont devenus des personnalités : le chef d’état-major de l’armée israélienne, Moshé Lévy, fils d’émigrants d’Irak ; Shlomo Hillel, né en Irak et président de la Knesset ; Israël Keisar, né au Yémen, secrétaire général de la Histadrut (Fédération du travail) ; le Premier ministre adjoint et ministre des Travaux publics David Lévy, et le ministre de l’Intérieur, le Rabbin Yitzhak Peretz, nés au Maroc ; Moshé Nissim, ministre de la Justice puis ministre des Finances ; Moshé Shahal, ministre de l’Énergie et Mme Shoshana Arbeli-Almozlino, ministre de la Santé, sont nés en Irak. Le cercle s’est agrandi durant les années 1990. Ainsi les Juifs des pays de la Ligue arabe ont obtenu des positions importantes dans le Gouvernement d’Israël [98][98] Voir Malka H. Shulewitz, The Forgotten Millions, 2e….

La réaction palestinienne

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Il est intéressant de noter que les Arabes palestiniens ont combattu l’expulsion des Juifs des pays arabes, sinon par amour des Juifs du moins par haine envers Israël [99][99] Voir note 12 sur les preuves de cette haine contre…. ‘Aref el-‘Aref a adressé à la Ligue arabe un télégramme, ses efforts pour persuader Nuri Sa‘id d’arrêter l’exode des Juifs d’Irak n’ayant pas abouti, dans lequel il écrit : « Si tous les pays arabes où résident des Juifs retenaient les Juifs et leurs biens en gage, on résoudrait aisément deux problèmes, celui de la Palestine en général et celui des réfugiés en particulier [100][100] Voir note 59, p. 194.. » Des années plus tard, Dr Isam Sirtawi confie à son ami Uri Avnéri qu’il (Sirtawi) a abandonné le terrorisme et commencé à promouvoir la négociation avec Israël parce qu’il avait compris qu’Israël était le refuge des Juifs expulsés des pays arabes et qu’il n’y avait pas de retour possible [101][101] Rapporté par Uri Avneri lors d’une interview donnée…. Le Directeur de l’Institut des études palestiniennes à Beyrouth, Sabri Jiryis, a fait sensation lors de la parution le 15 mai 1975 d’un article dans le journal Al-Nahar de Beyrouth, dans lequel il énumérait les causes qui avaient mené à la fondation de l’État d’Israël. Une des causes citées, et non la moindre, était l’expulsion « pas très jolie » des Juifs et l’expropriation ou la vente forcée à prix réduit de leurs possessions par les pays arabes, membres de la Ligue arabe. Son opinion était que ces Juifs

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« ont participé au renforcement d’Israël, à sa fortification et à sa consolidation actuelles… Il n’est pas nécessaire de dire que le problème de ces juifs et leur émigration en Israël n’est que purement théorique, du point de vue palestinien. Il est clair qu’Israël soulèvera la question lors de toute négociation sérieuse menée sur les droits des Palestiniens. Les arguments d’Israël prendront plus ou moins cette forme : Il est vrai que les Israéliens ont causé l’exode des Arabes en 1948 ; et que nous avons pris le contrôle de leurs biens. Mais, vous, les Arabes, avez causé l’expulsion d’un nombre comparable de Juifs des pays arabes de 1948 à nos jours. La plupart d’entre eux sont venus en Israël après que vous avez saisi leurs biens d’une manière ou d’une autre. Donc, il y a eu “un transfert de population et de biens” et les conséquences sont supportées par les deux parties. Israël a rassemblé les Juifs des pays arabes et les pays arabes sont obligés de réinstaller les Palestiniensà l’intérieur de leurs frontières et d’œuvrer pour résoudre le problème. Israël sans nul doute avancera ces arguments dans le premier vrai débat sur le problème palestinien. »

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En d’autres termes, Sabri Jiryis attribue à Israël l’argument « d’échange de population » que Nouri Sa‘id utilisait quand il a pressé pour l’expulsion des Juifs d’Irak [102][102] Voir le texte des notes 41-46. L’écrivain irakien ‘Ala’al-Din….

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Malheureusement, les Palestiniens ne comprennent pas tous ce concept. L’idée de renvoyer les Juifs dans leurs pays d’origine était exprimée par la première Charte nationale palestinienne de 1964, amendée en 1968. Le Dr Nabil Shaath, conseiller de Yasser Arafat, parlant des Juifs des pays arabes, souligne l’invitation du Soudan et de la Libye aux Juifs de revenir ; il appelle les États arabes à légiférer en faveur des Juifs originaires des pays arabes une « loi de retour » pour les inviter à réintégrer leur pays d’origine [103][103] Dans une interview exclusive de la revue publiée à….

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Depuis, plus de vingt ans après, les remarques du Dr Shaath n’ont interpellé personne [104][104] La Déclaration sur les Principes de l’autodétermination…. Le concept d’échange de population, expliqué si lucidement par Sabri Jiryis en 1975, ne semble avoir influencé ni le Dr Shaath ni ses collègues de l’OLP. Il est donc pertinent d’examiner les droits que les États arabes réclament pour les réfugiés arabes et leur signification quand ces mêmes droits sont appliqués aux Juifs chassés des pays arabes.

La revendication des États arabes

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À la Conférence de Lausanne en juillet-août 1949, Israël a accepté de reprendre 100 000 réfugiés arabes malgré les agressions dont était victime le jeune État juif. Les États arabes, à cette offre généreuse, ont répondu que les réfugiés ne désiraient pas vivre sous l’égide d’un gouvernement juif et que ceux qui avaient quitté le territoire alloué à l’État juif par le plan de partage étaient en droit de réclamer des compensations territoriales et non de l’argent [105][105] David P. Forsythe, United Nations Peacemaking : The…. Les États arabes pensaient réduire les dimensions territoriales d’Israël en demandant de telles compensations pour les réfugiés arabes qui ne voulaient pas vivre en Israël. Cet argument – apparemment étrange – n’était pourtant pas si insolite. En avril 1966, les États arabes ont soumis leurs réserves à l’évaluation par la Commission de réconciliation des biens laissés par les Arabes en Israël. Outre une série d’arguments techniques, ils ont réitéré l’argument étrange, émis à Lausanne en 1949 mais, cette fois, plus subtilement, impliquant que comme le gouvernement mandataire détenait beaucoup de terre, cette terre devenait revenir de droit à la population : ainsi, les Arabes, qui avaient vécu en Palestine, avaient des droits de propriété proportionnellement à leur nombre en 1947. C’est-à-dire que les Arabes étant plus nombreux en 1947 sur cette terre, la majorité du pays leur appartient [106][106] Ibid., p. 119.. La position arabe a été énoncée succinctement par le Président Assad de Syrie dans une interview au New York Time (le 28 août 1977) de la manière suivante : « Je pense aussi que sur la superficie totale de Cisjordanie de 5 000 km2 , trois millions de personnes (les Palestiniens) ne peuvent être absorbées ; la superficie d’Israël est par contre de 20 000 km2 et Israël peut donc les absorber. »

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Si nous appliquons cette méthode de calcul aux droits des Juifs qui ont quitté les pays arabes, nous arrivons à des conclusions intéressantes. Par exemple, la densité de la population de la Libye au moment de son indépendance en 1952 était d’un habitant par km2. Les Juifs de Libye étaient au nombre de 35 000 au moins [107][107] Ce chiffre a été donné par Wright (note 60) ; les Juifs…. Ainsi en arrivant en Israël, les Juifs de Libye avaient droit à un territoire de 35 000 km2. C’est sept fois la superficie de la Judée, la Samarie, la Bande de Gaza et du Golan ; cela sans mentionner les droits territoriaux des Juifs d’Irak, du Yémen et d’autres pays arabes. Les droits des Juifs au Moyen-Orient seraient astronomiques. L’idée d’un transfert de population justifiant un transfert de territoire n’est nullement réservée aux Arabes. On la trouve en France. Jean-Pierre Peroncel-Hugoz, éminent journaliste, rappelle aux Arabes, dans son livre Une croix sur le Liban, la dette considérable que ceux-ci ont envers l’État d’Israël, non seulement à cause des biens et avoirs que les Juifs ont laissés dans ces pays, mais aussi et surtout à cause de l’espace qu’ils ont laissé dans leurs pays d’origine [108][108] « Il est étonnant qu’Israël ne fasse que très rarement…. La résolution 242 de l’ONU, en évitant de mentionner les Palestiniens, a exprimé ses réserves quant à leurs droits territoriaux, et nous ne pouvons certainement pas argumenter contre la résolution 242. Le Gouvernement américain a tenté de faire adopter le principe de « territoires contre la paix » [109][109] Selon le discours du secrétaire d’État, James Baker,…, mais ce principe viendrait alors contredire une déclaration du Président américain Jimmy Carter : « Eh bien, les Palestiniens ont des droits… c’est évident ; il y a aussi les réfugiés juifs… ils ont les mêmes droits que les autres [110][110] À une conférence de presse le 29 octobre 1977. Le Président…. »

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Il est certain que les torts commis – par n’importe quelle partie – doivent être réparés, y compris les graves injustices envers les Juifs expulsés des pays arabes où ils ont vécu pendant des siècles, avant même la conquête de ces pays par l’Islam. La volonté d’aborder ces injustices est liée au désir de conciliation, qui ne peut pas être trouvé dans une atmosphère de revendication nationale. Les valeurs religieuses de justice, d’équité et de paix qui existent dans les traditions musulmane [111][111] Voir Appendice B. et juive [112][112] Maimonide dit que le « monothéisme des musulmans est… sont suffisantes pour conclure des arrangements mutuels.

Les réclamations des réfugiés palestiniens

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De nombreuses ressources internationales [113][113] Le Professeur Don Peretz dans son article « Palestinian… et énormément d’attention ont été monopolisées sur le problème des réfugiés, ainsi qu’il est mentionné notamment dans la résolution 3236 III de l’Assemblée générale de 1974 sur le droit d’autodétermination des Palestiniens [114][114] K. Radley, « The Palestinian refugees : the right to…. Cette préoccupation quant à l’autodétermination a eu pour effet d’éclipser les autres réclamations des Palestiniens, en particulier celles concernant les biens [115][115] « Après la guerre de 1967… l’attention du monde s’est…. Une pression grandissante étant exercée pour l’autodétermination, les réclamations relatives aux biens n’ont plus reçu l’attention qu’on leur avait portée dans les années 1950 [116][116] Sami Hadawi, Land Ownership in Palestine, Palestine… et 1960 [117][117] Un compte rendu du matériel se trouve dans Don Peretz…. Et cela d’autant plus que les pressions pour l’autodétermination n’ont abouti à rien. Le droit à l’autodétermination pour les Palestiniens contredit la Résolution 242 du Conseil de Sécurité, qui évite délibérément de mentionner les Palestiniens dans le texte [118][118] L’Union soviétique a tenté, sans succès, de limiter…. De surcroît, la Résolution 242 est basée sur l’article 2 de la Charte de l’ONU qui stipule les principes sur lesquels l’ONU a été fondée, et notamment l’un des plus importants d’entre eux, celui de la nécessité d’une bonne volonté à remplir les obligations définies dans la Charte. Et pourtant, durant seize années (1975-1991), les Nations unies avaient conservé dans leurs résolutions l’équation odieuse entre sionisme et racisme [119][119] Yohanan Manor, To Right a Wrong : The Revocation of…. La même majorité automatique, menée par le bloc arabo-soviétique, qui pouvait faire insérer une telle diffamation dans une résolution, était aussi responsable pour la résolution relative à l’autodétermination palestinienne. La bonne volonté requise par l’article 2 de la Charte de l’ONU est absente dans toutes ces résolutions.

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Le même principe s’applique à la Résolution 194 III de l’Assemblée générale, tant déformée et critiquée [120][120] À la page 11 de son article, Don Peretz présente la…. Dans sa forme originelle, elle n’accordait pas de « droit de retour », car elle réservait le rapatriement uniquement à ceux qui désiraient vivre en paix avec leurs voisins [121][121] Voir Don Peretz (note 113) sur la Résolution 194 I…. De tels réfugiés arabes ne se sont jamais proposés. L’expulsion de presque un million de Juifs des pays arabes vers Israël a rendu le retour des Arabes impraticable et injuste, comme l’a reconnu le leader palestinien ‘Aref el-’Aref, et d’autres personnalités palestiniennes comme Sabri Jiryis et Isam Sirtawi. En outre, la Résolution 242 du Conseil de sécurité a abrogé le « droit au retour » attribué à la Résolution 194 III de l’Assemblée générale.

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Historiquement, la dévaluation et pratiquement l’abrogation des résolutions relatives à l’autodétermination font partie des ruines laissées par la chute de l’Union soviétique et, en conséquence, le démembrement du bloc arabo-soviétique qui avait une majorité automatique à l’ONU.

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À ce jour, la seule évaluation professionnelle et objective des biens arabes a été faite par John Berncastle, sous les auspices de la Commission de conciliation de l’ONU [122][122] L’évaluation de Berncastle est une des trois réalisations…. M. Berncastle était expert en chef du Gouvernement mandataire britannique. Son évaluation de la valeur totale des biens abandonnés par les Arabes (en Israël) est de Lp 100 000 000, soit 100 millions de livres palestiniennes au jour du 29 novembre 1947, date à laquelle la livre palestinienne était indexée et interchangeable avec la livre sterling. À une date ultérieure, on a convaincu M. Berncastle de rajouter vingt pour cent à cette somme au titre des droits de construction non utilisés jusqu’à présent [123][123] Donna Arzt dit que Berncastle est arrivé à la somme….

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Les chiffres faramineux avancés par certains Arabes [124][124] Par exemple, Les autorités arabes ont évalué la « vraie… sont loin de l’estimation professionnelle et mesurée de M. Berncastle. Les projets de développement, dont le financement est basé sur les compensations à recevoir pour les biens abandonnés par les Arabes en Israël, sont fantaisistes [125][125] Pour de tels projets illusoires, Don Peretz fait référence….

Les effets du temps

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Un demi-siècle s’est écoulé depuis le début du problème des réfugiés arabes et juifs, résultant du conflit arabo-israélien. Les participants à un quelconque programme de réhabilitation sont majoritairement des héritiers [126][126] Selon Moshe Efrat (The Palestinian Refugees : The Dynamics…, souvent même les petits-enfants des réfugiés. Cette période de temps écoulé ne peut que limiter la possibilité d’identifier correctement le « réfugié », ainsi que l’exactitude des données.

Identité

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Les héritiers n’ont ni la capacité de reconnaître la propriété de leurs parents décédés, ni la détermination de poursuivre l’affaire jusqu’à la restitution de leur bien. Cet état de fait a été vérifié lors des recherches effectuées par Israël pour tenter de restituer à leurs propriétaires juifs des biens à Jérusalem Est. Après la réunification de Jérusalem en 1967, le Gouvernement d’Israël a publié un ordre demandant aux propriétaires de Jérusalem-Est de déposer leurs réclamations au bureau de l’administrateur général. Sur plus de mille réclamations potentielles, seules quelques-unes ont été déposées, alors que les faits s’étaient produits seulement dix-neuf ans plus tôt lorsque Jérusalem était sous occupation jordanienne. On a confié à un fonctionnaire, M. Y. Tsurieli, la mission de rechercher les propriétaires des biens – ou leurs héritiers – ; ce fut une tâche ardue. Ce précédent lors de la recherche des propriétaires de biens juifs à Jérusalem Est est particulièrement instructif, car il démontre l’effet néfaste du temps, sans l’intervention des considérations politiques et ethniques : un gouvernement désirant faire restituer à ses citoyens leurs biens.

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Bien que les réfugiés soient, de par leur situation précaire, plus motivés pour une demande de restitution de biens que les propriétaires juifs dépossédés à Jérusalem Est, le résultat serait similaire. Ceci est illustré également par ailleurs : l’exécution inadéquate de la Convention franco-égyptienne de 1958 sur la restitution des propriétés françaises en Égypte.

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Il y a aussi le problème d’identification des réfugiés résidant dans les camps de réfugiés. En Judée et Samarie, les camps voisinent des villes et, parmi les premiers habitants des camps, nombreux sont ceux qui partirent habiter dans ces villes, louant leurs places à des locataires non réfugiés. Le camp est devenu une zone d’habitations à loyers bas [127][127] Voir Don Peretz (note 113), p.25 sur l’augmentation…. Les cartes de réfugiés sont restées aux mains des propriétaires absents. Comment identifier ceux qui doivent être dédommagés : par des cartes, pour les réfugiés qui ne vivent plus dans un camp de réfugiés ; par la résidence dans ces camps de réfugiés, bien qu’une grande partie de leurs résidents ne soient pas des réfugiés et n’aient jamais été des réfugiés, ou peut-être seulement par la possession de cartes de réfugiés authentifiées ? Doit-on proposer une compensation à tous ?

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Dans le procès de la succession de Schechter contre le Commandement de Judée et Samarie (rendu le 3 décembre 1996), la Cour suprême d’Israël a rejeté une réclamation déposée par des Juifs contre le Curateur des propriétés abandonnées ou appartenant au Gouvernement de Judée et Samarie. Le terrain en question avait été acheté par leur père défunt, Schechter, en 1937 dans le village de Bido, qui était dans la Palestine Mandataire et se trouve maintenant en Judée et Samarie. D’après la Banque voor Handel de Scheepvart N.V.v. Administrateur de Hungaman [128][128] 1954 (1 All ER 969)., la Cour suprême a déclaré que « Le droit international ne contient pas de dispositions obligeant la restitution de la terre aux propriétaires [129][129] Section 15 de ce jugement. ». C’est ainsi qu’a été maintenue la validité de l’acte du Gardien jordanien sur les biens ennemis en privant le Juif Schechter de son terrain. La même décision s’applique à

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« des milliers de dunam de terre appartenant à des Israéliens (juifs et arabes)… situés entre autres dans le quartier juif de Hébron, à Gush Etzion, les terres sur lesquelles les camps de réfugiés arabes ont été construits, des terres au nord de Jérusalem et de grandes étendues de terre dans la partie ouest du district de Tul Karem [130][130] Section 18 de ce jugement.. »

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Le même raisonnement convient également pour les biens qui appartenaient à des Arabes avant 1948 en Palestine, sous le Mandat britannique, et qui, plus tard, ont été pris en charge par le Curateur israélien des biens des absents. Cela est rendu explicite par la décision de la Cour suprême [131][131] Section 15 de ce jugement.. En effet, le laps de temps écoulé depuis la guerre de 1948 confirme et renforce les mesures prises par le curateur jordanien des propriétés de l’ennemi, ainsi que la légalité de la décision politique proclamée par le ministre israélien des Affaires étrangères Moshe Sharett, le 19 mars 1951 [132][132] Voir note 18..

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Outre les limitations émanant des réclamants eux-mêmes, il y a également les restrictions imposées par l’environnement dans lequel les demandeurs désirent se réinstaller. En 1992, la natalité israélienne était de 2,6 enfants par foyer, inférieure par rapport aux années précédentes de par l’arrivée de 400 000 Juifs russes en 1990 qui, eux, avaient un taux de natalité de 1,5 seulement. Chez les musulmans, par contre, le taux de natalité était de 4,7 enfants par foyer, inférieur de moitié au taux d’il y a trente ans. « Une enquête israélienne rapporte que la natalité est à son taux le plus bas depuis 1948 » tel que le rapporte Clyde Haberman dans le New York Times le 8 novembre 1992 [133][133] Cité par Donna Arzt (note 89), p. 149.. En d’autres termes, le foyer juif israélien moyen a 3,43 personnes et le foyer non juif israélien moyen 5,53 personnes [134][134] Clyde Haberman : « Les Arabes israéliens disent que…. Les prédictions alarmantes de la bombe biologique à retardement qui menace l’éventuelle hégémonie juive reposent sur deux suppositions discutables : d’une part les territoires seront annexés, ce qui créerait une majorité palestinienne ; d’autre part, même avec la modernisation de la vie, les femmes musulmanes continueront à avoir autant d’enfants. Ces deux prédictions vont, d’après le professeur Donna Arzt, à l’encontre de la tendance politique et sociale [135][135] Voir Alon Ben-Meir, « Israelis and Palestinians : harsh….

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Dans son livre, le professeur Donna Arzt occulte ce taux de natalité chez les réfugiés palestiniens, qui est presque le double de celui des femmes musulmanes israéliennes. Elle ignore également que, lorsque la paix était encore une vue de l’esprit, Israël a, selon l’Accord relatif à la réunification des familles, ouvert ses frontières à un nombre d’Arabes supérieur aux 75 000 demandés par le professeur Arzt.

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Refusant de prendre en compte ce qu’elle appelle « des présomptions contestables », le professeur Arzt propose de permettre le retour de 75 000 Palestiniens auxquels serait donnée la nationalité israélienne [136][136] Donna Arzt (note 89), p. 90.. Cette proposition est un affront flagrant aux Juifs originaires des pays arabes.

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Il serait juste et équitable que chaque pays arabe ouvre ses frontières à un nombre de réfugiés palestiniens égal au moins au nombre de Juifs expulsés de ce pays. Israël a absorbé plus que sa part de réfugiés palestiniens (avec leurs enfants), devenus des réfugiés de par le conflit au Moyen-Orient.

Fragmentation

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Une propriété qui, il y a cinquante ans, était assez grande pour une famille, divisée par soixante ou soixante-dix héritiers, a trop peu de valeur pour chaque héritier, de sorte que l’héritier ne réclame pas sa part. C’est peut-être pourquoi il y eut si peu de réclamations sur les propriétés juives de Jérusalem Est. Cela découragera probablement aussi les réclamations futures des réfugiés palestiniens, car elles sont soumises au droit musulman de succession, qui va très loin dans la fragmentation de propriétés héritées.

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Pour ces raisons techniques, toute négociation sur « le retour dans leurs foyers ancestraux » ou « dans leurs villages, maisons ou commerces » toujours existants est sans doute sans intérêt réel pour les réfugiés.

Le niveau de vie

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Le partage des propriétés entre les nombreux héritiers va de pair avec la montée du niveau de vie. Autrefois, dans les villages arabes palestiniens, les familles vivaient sans électricité ni eau courante et partageaient les sanitaires avec plusieurs familles. Personne, et les réfugiés eux-mêmes, n’imposeraient aujourd’hui de telles conditions de vie. En d’autres termes, la réhabilitation aujourd’hui impliquerait pour les réfugiés un niveau de vie supérieur à celui d’il y a cinquante ans.

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Les biens en Israël restent rarement aux mêmes propriétaires, comme il y a cinquante ans. La population juive s’est multipliée par sept depuis 1948. Après le Traité de paix signé entre Israël et l’Égypte, des réclamations avaient été faites par l’Égypte relatives à des propriétés ou terrains. Après enquête, on a trouvé une succession de transferts de propriété. En outre, dans la plupart des cas, les plaignants n’ont pu avoir la signature ou les documents de tous les héritiers. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Français n’ont pu récupérer leurs propriétés en Égypte.

L’indexation [137][137] Les valeurs immobilières d’il y a quarante ans ne sont…

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Il n’existe pas de système d’indexation dans les pays arabes. En conséquence, en Égypte par exemple, la livre de 1954 est considérée comme ayant légalement la même valeur que la livre d’aujourd’hui. Même en Israël, où existe un système d’indexation, les résultats ne sont pas toujours satisfaisants. Étant donné la situation dans les pays arabes et en vertu de la politique annoncée le 19 mars 1951 [138][138] Voir note 18., il est fort improbable qu’on améliore le système d’indexation pour les soi-disant propriétés abandonnées. C’est une raison supplémentaire pour laquelle les réclamations relatives aux propriétés individuelles sont sans intérêt. En fait, c’est peut-être le facteur décisif.

La pauvreté

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Enfin, les réfugiés arabes ne possédaient pas tous des biens d’une valeur significative.

Des besoins, pas des droits

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Le facteur temps influant sur la valeur des biens, ainsi que l’identité des demandeurs ont fait que le recensement exact des réfugiés ne peut être qu’un exercice purement académique. Zivia S. Wurtle et Morten G. Wurtle ont proposé une méthode qui tente d’esquiver « la contestation des estimations des échanges de population qui ont eu lieu en 1947 et 1948 ». En utilisant les taux de croissance naturelle de 0,25 ou de 0,3 basées sur les données du recensement de 1922 des Britanniques, ils sont arrivés à des résultats que contredisent les trois millions de réfugiés arabes revendiqués [139][139] Zivia S. Wurtele and Morton G. Wurtele, « De facto….

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Une estimation israélienne du nombre de réfugiés palestiniens, qui ont quitté la partie de la Palestine devenue israélienne entre le 29 novembre 1947 et l’Armistice de 1949, est de 590 000 personnes [140][140] Roberto Bachi, La Population d’Israël, Institute of…. Une manière beaucoup plus réaliste d’aborder le problème est de compiler une liste limitée des lieux à densité de population par les personnes destituées et définies comme réfugiés et qui ont besoin d’aide.

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En Israël, une telle liste de lieux, habités surtout par des Juifs venant des pays arabes et leurs descendants, a été compilée au milieu des années 1970. Bien que les paramètres pour définir les lieux destinés à être inclus dans le programme aient évolué avec le temps, des 152 lieux sur la liste, 50 sont toujours considérés aujourd’hui comme devant être réhabilités. Il y a pourtant trente ou quarante lieux qui auraient dû figurer sur la liste originelle et qui ne s’y trouvent pas [141][141] Ce chiffre m’a été donné le 12 septembre 1994 par Hagit…. Nous devons souligner qu’à la fin des année 1990, les eaux d’égout ne s’écoulaient plus dans les rues (comme c’était le cas dans la bande de Gaza jusqu’à récemment). Mais le traumatisme du déplacement des Juifs des pays arabes a infligé des blessures émotionnelles et culturelles qui sont toujours à panser.

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La concentration de réfugiés la plus problématique est celle des Palestiniens au Liban. Ainsi qu’il est difficile d’imposer à un pays un changement dans sa législation sur l’indexation (mentionnée plus haut), il semble également difficile d’imposer des réfugiés indésirables à un pays. Si l’on considère « le droit de choisir » des réfugiés arabes, les conditions doivent être créées afin de les attirer dans un des onze pays arabes d’accueil, qui participent au groupe multilatéral s’occupant des réfugiés, sous la présidence canadienne (la Syrie et le Liban ayant refusé de participer). Aryeh Shalev [142][142] Dans son livre Israël and Syria : Peace and security… conçoit cette réhabilitation des réfugiés palestiniens au Liban dans le contexte global du processus de paix entre Israël et la Syrie.

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Ici, l’événement le plus important est la déclaration du 28 juillet 2000 faite par le Président des États-Unis, Bill Clinton :

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« Il faudra qu’un fonds international de quelque sorte soit constitué pour les réfugiés. Curieusement, il y a un intérêt des deux côtés à constituer un fonds qui compenserait les Israéliens qui avaient été transformés en réfugiés par la guerre survenue après la naissance de l’État d’Israël. Israël est rempli de Juifs qui ont vécu dans des pays à prédominance arabe et qui sont venus en Israël parce qu’ils ont été transformés en réfugiés dans leur propre pays. Voici encore une bonne nouvelle que, je pense, je peux révéler hors du sommet. Les Palestiniens ont dit qu’ils pensent que ces personnes ont droit, elles aussi, à des dommages et intérêts. Ainsi, il nous faudra constituer un fonds et nous y contribuerons… J’ai demandé aux Européens et aux Japonais d’y contribuer eux aussi. »

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Le type de fonds international dont a parlé le Président Clinton soulève deux séries de questions :

  • les contributions ;

  • les dommages et intérêts qui seront versés.

En ce qui concerne les contributions, d’après l’évaluation de John Berncastle, les biens des réfugiés arabes valent 100 millions de livres, à la valeur de la livre sterling le 29 novembre 1947. À mon avis, c’est là la somme maximale qu’on peut s’attendre à voir versée au fonds international par l’État d’Israël.

94

Les sommes que les pays arabes devront verser au fonds international ne peuvent pas être inférieures à la valeur des biens et avoirs que les Juifs ont laissés dans les pays arabes.

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Il va de soi que les pays arabes pétroliers devront verser au fonds international des sommes qui seront au moins équivalentes aux sommes que pourront verser les Japonais, les Européens et les États-Unis.

Le coût et l’urgence de la réhabilitation

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Une commission ministérielle du Gouvernement israélien a estimé en novembre 1983 que le coût total pour réhabiliter les réfugiés arabes des camps en Judée et Samarie et la Bande de Gaza serait de près de 1 500 millions de dollars, sans compter le prix du terrain nécessaire pour construire les nouvelles maisons et le coût pour administrer une opération qui s’étendrait sur cinq ans.

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Le coût de réhabilitation des projets de renouvellement des quartiers habités par des Juifs et leurs descendants venant majoritairement des pays arabes coûtait à Israël 1 600 000 000 de dollars entre 1978 et 1996. Les communautés juives de la diaspora ont contribué à ce projet, qui a couvert seulement 60 pour cent des quartiers qui avaient été marqués pour une réhabilitation[143][143] Ce chiffre a été donné le 4 août 1997 par Hagit Hovav,…. Ceci indique la somme qui est toujours nécessaire.

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Le projet de renouvellement, sur l’initiative du Premier ministre Menachem Begin, est une tâche de grande envergure. Il s’agit de reconstruire matériellement et socialement les lieux destitués. Plusieurs ministères – en particulier le ministère du Bâtiment et de l’Habitat – et l’Agence juive sont concernés.

99

La liquidation des camps de réfugiés qui se sont créés suite à l’échange de population devient un facteur cardinal dans un processus de paix réel, car dans les pays arabes, notamment dans la Bande de Gaza, ces camps sont devenus des nids de terroristes et de fondamentalistes [144][144] Don Peretz aussi parle du soutien montant aux factions….

100

Toute activité relative à une recherche de solution globale du problème des réfugiés ne devra pas empêcher les individus ou les groupes de revendiquer leurs biens et autres droits dans leurs pays d’origine. Ces réclamations relèvent du droit international et de la loi des pays concernés.

101

Toute négociation de paix risque d’être compromise aussi longtemps que la misère continuera à exister dans ces lieux ; nos principes de justice et d’équité nous ordonnent de mettre un terme à – ou du moins à limiter – la souffrance des réfugiés.

102

(Traduit de l’anglais par Neil Philip Johnson.) [145][145] Préconisé par Don Peretz (note 113). p. 28 et 31.


Annexe

Annexe 1 – La politique antisémite du gouvernement irakien

103

Copies : Information et Presse : Beyrouth ; Le Caire ; Damas ; Londres ; Amman ; Washington ; Tel Aviv

104

Le 28 octobre 1949

LE MINISTRE DE FRANCE EN IRAK

À SON EXCELLENCE

MONSIEUR LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

PARIS

105

Politique antisémite du Gouvernement irakien.

106

La communauté juive d’Irak vit à nouveau des jours difficiles ; en butte aux mesures discriminatoires du Gouvernement de Nouri Sa‘id, ses 150 000 membres se remémorent avec angoisse les troubles de 1941, qui firent une soixantaine de morts et quelques centaines de blessés.

107

À ces événements avait succédé un calme relatif, que la création d’Israël et l’entrée en guerre des Arabes devaient remettre en question. Sans doute les dirigeants irakiens ne se seraient-ils pas laissés aller à des excès antisémites si le sort des armes leur avait été favorable en Palestine. Mais, vaincus et bafoués par un ennemi résolu, ils cédèrent à la tentation facile de se venger de leurs déboires et d’en faire payer le prix à une minorité désarmée et impuissante, quant au reste bien étrangère aux défaites arabes.

108

C’est ainsi que se succédèrent les mesures vexatoires visant à créer chez les Juifs un climat d’insécurité en portant atteinte à leurs libertés personnelles et en menaçant leurs intérêts. J’ai déjà eu l’occasion de signaler au Département les procédés employés : arrestations arbitraires suivies d’offres de rachat, délivrance des passeports et visas de sortie subordonnés au versement d’une caution atteignant 3 000 dinars (environ 3 millions de francs), refus d’accorder des devises étrangères aux personnes ayant obtenu le visa, entrave à la liberté du commerce juif, etc. Au surplus, les écoles secondaires et supérieures sont maintenant complètement fermées aux jeunes israélites. Enfin, dernière vexation, les titulaires d’un permis de port d’armes ont dû déposer cette arme au commissariat – mesure bien vaine puisqu’elle ne touche pas les porteurs clandestins.

109

Au cours du mois dernier cependant, il était apparu que l’action du Gouvernement se relâchait légèrement et, bien que sachant la querelle arabo-juive loin de s’éteindre, les Juifs se prenaient à respirer plus librement.

110

C’est alors que, il y a trois semaines environ, la police lança une vague d’arrestations massives, effectuées dans le meilleur style de la gestapo avec irruption dans les maisons à 2 heures du matin, bris de serrure à la mitraillette, menace d’amener la famille entière si le suspect, parfois désigné par son seul prénom ne se montrait pas, enlèvement brutal sous les yeux des parents. On ajoute, mais ceci ne peut évidemment être prouvé, que les locaux du « Centre d’investigations criminelles » retentissent parfois des cris de personnes auxquelles sont appliqués divers moyens de torture. On dit également qu’à l’occasion les policiers abusent de leurs prisonnières.

111

Les Juifs estiment que 300 jeunes gens et jeunes filles de 12 à 19 ans ont été arrêtés.

112

Bien qu’un sentiment proche de la panique règne maintenant dans la communauté juive, les réactions qui se sont produites ont jusqu’ici gardé un caractère pacifique. Un cortège de femmes et d’enfants a parcouru dimanche l’artère centrale de Bagdad, arrêtant la voiture du Régent et manifestant sa douleur par des pleurs et des lamentations. Le Grand Rabbin avait été sommé de prendre la tête de cette manifestation, au cours de laquelle il fut à vrai dire un peu malmené par ses coreligionnaires qui le jugent trop timoré. Il a en fait été mis en place par le Gouvernement, vis-à-vis duquel il n’a donc aucune indépendance. Il n’a pas l’entière confiance de ses ressortissants, qui demandent sa démission et ont déjà pour le remplacer un successeur désigné.

113

Aux questions ou aux timides représentations qui leur sont faites, les autorités opposent un calme parfait, disant tout ignorer des exactions et des sévices qui leur sont imputés, le Chef de la police déclare que le nombre des personnes arrêtées se limite à 36 dont seulement 4 femmes et que les subordonnés font uniquement leur devoir en tenant en respect la 5e colonne sioniste. Il s’offre, par ailleurs, pour prouver que nulle torture n’a été infligée, à laisser examiner les prisonniers par deux médecins juifs ; il est superflu de dire qu’aucun volontaire ne s’est présenté.

114

Ces déclarations ne trompent personne quant au nombre des arrestations et aux procédés employés. Elles ne sont cependant pas sans rapport avec la réalité en ce qui concerne les activités en faveur d’Israël. Il existe en effet depuis une trentaine d’années en Irak une organisation sioniste dont l’importance n’est pas exactement connue, mais qui exerce certainement une grande attraction sur la jeunesse locale et qui enseigne clandestinement l’hébreu. Selon une explication officieuse, les événements actuels ont été provoqués par les révélations d’un jeune membre de l’organisation, de bonne famille mais mentalement instable et qui, traqué par la sûreté, cherchait à s’enfuir en Palestine. Outré par l’importance de la somme qui lui était demandée à cet effet, il se serait livré à la police pour faire amende honorable et dénoncer ses camarades.

115

Cette interprétation, plausible en elle-même, ne suffit cependant pas à expliquer aux yeux des Juifs l’attitude du Gouvernement irakien. Ils prétendent en effet que la police était depuis longtemps de connivence avec les sionistes locaux, moyennant une compensation appropriée, pour fermer les yeux sur le passage des frontières par les jeunes gens rejoignant Israël. Ils rappellent que ceux-ci avaient même la tâche plus facile lorsqu’ils faisaient pour 300 dinars le voyage dans l’avion du propre fils d’un politicien connu. Ils font également remarquer que point n’était besoin d’attendre aujourd’hui pour arrêter un transfuge et lui arracher les secrets de l’organisation.

116

L’observateur étranger en reste donc à se demander à quelles fins le gouvernement irakien veut délibérément créer la panique dans la communauté juive. Mes collègues arabes s’en montrent surpris ; ils pensent que le Gouvernement veut pousser les Juifs à des actes de désespoir, à une révolte armée dont il pourrait prendre prétexte pour exercer une répression sévère et les expulser ensuite en masse, réalisant ainsi cette expropriation qui est la partie essentielle du projet irakien d’échange de populations.

117

D’autres y voient une manœuvre destinée à préparer l’opinion à la signature d’un nouveau traité avec la Grande-Bretagne, en faisant apparaître le spectre d’un Irak isolé devant un danger sioniste qui ne serait plus seulement extérieur.

118

Dans les milieux juifs modérés, on note que la vague antisémite a, une fois de plus, coïncidé avec le retour de Londres du Régent et de Nouri Sa‘id. On accuse l’Angleterre, déjà peu aimée, d’avoir poussé l’Irak à ces mesures afin d’entretenir un malaise économique favorable au maintien de sa domination dans le pays, et d’attiser cette crainte du sionisme au nom de laquelle l’Irak demande l’union avec la Syrie. Les personnalités juives indépendantes font en outre ressortir, ce qui est exact, qu’il suffirait d’un coup de téléphone de l’Ambassade au Palais pour humaniser l’action de la police ou y mettre fin.

119

Ces mêmes personnes déplorent l’intervention d’Israël et appréhendent dans une certaine mesure celle des États-Unis. Elles ont présent à l’esprit le sort des minorités, encouragées dans leurs revendications, puis abandonnées au courroux de leurs oppresseurs. Elles se sont toujours efforcées de garder à la querelle un caractère national, à l’abri de toute ingérence étrangère. À leur sens, la forme la moins novice d’intervention serait une pression des États-Unis sur la Grande-Bretagne.

120

Quant aux Britanniques, ils demeurent impassibles, les dénégations et mises au point de la police sont prises pour argent comptant, et répétées à tout venant.

121

L’émotion est très vive en revanche à l’Ambassade des États-Unis, encore qu’une haute personnalité du Palais s’efforce de la persuader que « ces sionistes de Bagdad sont des communistes ». Un rapport détaillé a été demandé par Washington ; il est à souhaiter que ce rapport décide le département d’État à agir vigoureusement à Londres et, en l’occurrence encore, de trouver la capitale de l’Irak.

Annexe 2 – Le Livre de la guerre sainte (Kitab al-Jihad) d’Abu Bakr Al-Kasani reflète l’attitude du droit musulman à l’égard des Juifs :

122

Si les gens du livre, sont restés sous la protection de l’Islam et sujets à une capitation, [et n’ont pas été forcés par l’épée à la conversion à l’islam], ce n’est pas par avidité pour ce qu’on pouvait leur prendre… mais plutôt pour les inviter [à se convertir] à l’islam, afin qu’ils fréquentent les musulmans et contemplent les mérites de l’islam. Examinant les lois de l’Islam ils trouveront que ses lois ont été établies sur ce que l’intelligence peut tolérer et accepter. Ils seront alors invités [à se convertir] à l’islam, et [les gens du livre] désireront y adhérer. Le contrat de protection est [donc] fait pour susciter l’aspiration vers l’islam.

Mais ce but n’aurait pas été atteint par un tel contrat de protection [conclu] avec les païens arabes, car ils sont un peuple qui imite servilement et généralement ne comprend rien d’autre que les coutumes et l’imitation des ancêtres… Ils ne se dévouent pas à la contemplation ni à la réflexion sur les mérites de la loi (shari‘a), afin de la comprendre, ce qui les amènerait [à se convertir] à l’Islam. C’est pourquoi ils sont invités à se convertir à l’Islam par l’épée (fa-ta‘ayyana al-sayf da‘iyan la-hum ila ? islam). [146][146] Abu Bakr Al-Kasani, Bada ?’i‘ al-Sana ?’i‘ fi ? Tartib…

En d’autres termes la force et la violence sont, selon le droit musulman, utilisées seulement pour ceux qui ne sont pas capables de comprendre et d’être persuadés. Les Gens du livre (Juifs et chrétiens) n’en font pas partie. Ainsi selon l’islam, l’emploi de la violence et de la force contre eux est répréhensible et même interdit.

Notes

[*]

Une version différente de cet article a été publiée dans « The Forgotten Millions », copyright Continuum Books.

[1]

Le terme « expulsion » employé ici définit un renvoi par la force, sans référence à une décision formelle de justice ou à une décision administrative au sujet d’une personne spécifique.

[2]

Ces idées avaient déjà été émises par la même personne lors de la Conférance de la Paix à Madrid en octobre 1991. Voir notes 65 et 69 plus bas qui précisent la mesure dans laquelle ces assertions sont valables pour la Syrie.

[3]

D’après Itamar Levin, Locked Doors, The Seizure of Jewish Property in Arab Countries, Tel Aviv, Ministry of Defence, Israel 2001 (en hébreu), p. 151, la France s’est adressée à la Cour internationale de justice en octobre 1949.

[4]

Le 27 juin 1956, le Maroc a interdit le départ de ses juifs (S. Segev, The “Yakhin” Operation. La Migration secrète des juifs du Maroc vers Israël, en hébreu, 1984, p. 105). Une mission de la Ligue arabe a consulté le ministre des Affaires étrangères marocain le 15 mars 1962, et le 20 juin 1962 la migration du Maroc a cessé (ibid., p. 249-50). La raison de la suppression éventuelle de l’interdiction à l’émigration des Juifs du Maroc après 1962 par la Ligue arabe n’est pas claire.

[5]

ONU, Official Records of the Second Session of the General Assembly, Ad Hoc Committee on the Palestinian Question, Summary Records of Meetings, 25 September to 25 November 1947, Lake Success, New York, p. 185.

[6]

Ibid.

[7]

Émile Najjar, le dernier président de la Fédération sioniste égyptienne et qui, plus tard, a représenté diplomatiquement Israël dans plusieurs pays européens, a attiré l’attention sur les remarques de Heykal Pasha dans une conférence donnée à Paris le 20 décembre 1947 au Centre d’études de la politique étrangère. Émile Najjar est décédé le 31 août 1994.

[8]

Y. Meron. « Pourquoi les Juifs ont fui les pays arabes » en anglais, Middle East Quarterly, September 1995, p. 47-50. Mais une intellectuelle contemporaine qui était au courant des déclarations de Heykal Pasha (selon une note dans le Al-Ahram du 25 novembre 1947 ; voir note 10 plus loin) ne mentionne nullement le sujet dans sa discussion du « Sionisme en Égypte », 1917-1948 (Pe‘amim 16, en Hébreu, 1983, p. 107, 125).

[9]

Mahmud Fawzi Bey, qui était le principal porte-parole égyptien, n’a jamais fait part de telles déclarations, étant un vrai gentleman et peut-être aussi à cause de son amitié avec certains leaders juifs de Palestine, qui datait de l’époque où il était le consul général d’Égypte à Jérusalem. Après la conclusion du discours de Heykal Pasha devant la Commission des affaires politiques de l’ONU, le président a demandé à Mahmud Farwzi Bey de parler « à la demande de Heykal Pasha » (voir note 5 plus haut).

[10]

Gudron Kramer, « L’avènement et le déclin de la communauté du Caire », Pe’amim 7, 1981, p. 28, 30-34.

[11]

Aujourd’hui, la tendance en Égypte est d’associer la prise de position de Heykal Pasha avec ses tendances personnelles. Heykal Pasha était un défenseur de l’unité arabe ; voir son Towards Arab Unity, publié par le ministère égyptien de l’Éducation, 1943. Thomas Meyer, Egypt and the Palestine Question (Berlin, Klaus Schwartz Verlag, 1983) présente Heykal Pasha comme un des maires de Jaffa (op. cit., p. 189). Bien que ses sympathies pour l’unité arabe aient été prises en compte quand il a été choisi pour parler pendant le débat à l’ONU, c’est en tant que représentant officiel de l’Égypte qu’il fait ses déclarations.

[12]

Je suis reconnaissant à l’ambassadeur Shamï Cahana qui a attiré mon attention sur cette dimension de la menace de Heykal Pasha. Dans un brouillon de déclaration politique proposée à l’Allemagne et à l’Italie pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Mufti Haj Amin el-Husseini écrit au paragraphe 7 que l’Allemagne et l’Italie « reconnaissent les droits de la Palestine et des autres pays arabes » de « résoudre le problème des éléments juifs en Palestine et d’autres pays arabes de la même manière que le problème a été résolu par les pays de l’Axe ». Ce document a été écrit en français avec quelques commentaires en arabe. Le 22 juillet 1991, le New York Post a rapporté que le Centre Wiesenthal l’avait découvert dans les archives de l’ONU le 22 juillet 1991. Mais, selon le Yediot Aharonot du 23 juillet 1991, le texte était connu depuis quarante ans, depuis sa publication partielle dans un livre d’Alexander Dotan (Lutzki), La Guerre des Arabes contre Israël (en hébreu) Tel Aviv 1951). Dans ses Mémoires, publiés en 1968, Haj Amin al-Husseini, se référant à la plainte déposée contre lui à l’ONU en 1947, a essayé de minimiser sa part de responsabilité dans le fait qu’il avait essayé d’empêcher les Juifs de sauver leurs vies en fuyant l’Europe occupée par les nazis. Il a écrit que les Allemands étaient suffisamment sans pitié et n’avaient eu besoin d’aucun encouragement pour exterminer les Juifs. » (Zvi Al-Peleg, The Grand Mufti, en hébreu, Tel Aviv, ministère israélien de la Défense, 1989, p. 75). Haj Amin a admis lui-même qu’il s’était opposé à « l’effort de la judaïté mondiale » en 1944 qui voulait faire venir les Juifs d’Europe de l’Est en Palestine : « J’ai écrit à Ribbentrop, Himmler et Hitler jusqu’à ce que je réussisse à faire échouer leurs efforts. » (op. cit., p. 74, selon Muhammed Amin Al-Husseini, « Safahat min Mudhakkirat Haj Amin Al-Huseini » (« Pages des Mémoires de Haj Amin Al-Husseini ») dans Filastin (son journal en arabe qui a paru à Beyrhout), août 1968, p. 16 et 105 ; décembre 1969, p. 4-5). Selon le même journal de juillet 1970 (p. 5-7 et 112), Zvi Peleg cite la lettre de Haj Amin, datée du 25 juillet 1944 et adressée au ministère allemand des Affaires étrangères, dans laquelle il indique la Pologne comme une meilleure destination que la Palestine pour les Juifs dont on veut se débarrasser.

[13]

Voir note 35 ci-dessous.

[14]

Nations unies, Official Records of the Second Session of the General Assembly, Vol. 2, 13-29 novembre 1947, Lake Success, New York, p. 1391.

[15]

H. J. Cohen, The Jews of the Middle East, 1860-1972, Jerusalem, Israel Universities Press, 1973, p. 67.

[16]

Ibid.

[17]

Ibid., p. 46.

[18]

En décrivant les démarches qui ont été faites par Nuri Sa‘id pour expulser les Juifs d’Irak, Sir Alec Kirkbride dit que l’action avait été entreprise « en représailles à l’expulsion des réfugiés arabes de la Palestine » (From the Wings : Amman Memoirs, 1947-1951. Londres, Frank Cass, 1976, p. 115). Cette présentation erronée des faits est devenue un article de foi de la propagande arabe anti-israélienne. Voir Mohammad Aly el-Ewainy « Idéologie raciale en Israël et Afrique du Sud », Revue égyptienne de droit international, Vol. 29 (1973), p. 284-285. Il est fort possible que cette présentation erronée des faits ait commencé avec les commentaires de Nuri Sa‘id en septembre 1950 sur « les mesures de rétorsion ». Voir D. Tsimhoni, « Le Gouvernement d’Irak et l’émigration des Juifs en Israël », Pe‘amim, Vol. 39 (1989), p. 88. En présentant ce qui allait devenir la loi n° 5 de 1951, il a fait référence « aux mesures de rétorsion » (ibid., p. 98). Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont tous deux rejeté la proposition d’Israël qui demandait la suppression – ou au moins un allégement – de la loi, car « l’action du Gouvernement irakien était semblable à la politique israélienne quant aux biens des réfugiés arabes » (ibid., p. 99 et 97). À la longue, l’État d’Israël, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Moshe Sharett, a aussi vu l’analogie entre les réclamations des Juifs irakiens concernant leurs biens et les réclamations des réfugiés arabes (Divrei ha-Knesset, 19 mars 1951, vol 8, p. 1359). À l’origine pourtant, il n’y avait aucun parallèle entre ce qui a été fait aux Juifs des pays arabes et ce qui devait arriver aux Arabes en Palestine quand les États arabes ont annoncé leur plan d’expulsion.

[19]

Walid Khalidi, « Plan Dalet, Master Plan for the conquest of Palestine », Middle East Forum, November 1961, p. 23-28.

[20]

Voir appendice A, la lettre du ministre à l’ambassade de France à Bagdad, datée du 28 octobre 1949 et adressée au ministre français des Affaires étrangères à Paris.

[21]

Shlomo Hillel, Ruah Kadim, hébreu, Jerusalem, Edanim, 1985, p. 244. Operation Babylone, anglais, Londres, Collins, 1988.

[22]

Acronyme pour les mots en hébreu signifiant « Maison de Jacob, venez et laissez-nous partir » (Isaïe 2 : 5).

[23]

Khalil Muhammad Silwani, président de la Haute Cour de Judée et de Samarie m’a informé le 12 juillet 1988 que c’était son grand-père maternel qui avait vendu des maisons à Silwan aux immigrants du Yémen à la fin du xixe siècle. Et il a rajouté avec une certaine fierté, qu’adolescent, il avait été « le goy de shabbat » de ces juifs du Yémen. Tous les vendredis soir, ils visitait ces Juifs chez eux pour éteindre leurs lumières. Pour plus de renseignements sur les colonies peuplées par des Juifs yéménites y compris à Silwan, voir Y. Nini, « Les immigrants du Yémen en Palestine, 1882-1914 », dans S. Sari, Se’i Yona : Les Juifs du Yémen en Israël, hébreu, Tel Aviv, ‘Am ‘Oved, 1983, p. 106-108.

[24]

Cohen, op. cit. (note 15 plus haut), p. 64, 168. Yehuda Nini, Le Yémen et Sion, Tel Aviv, 1982, en hébreu, p. 32-4. Le premier important historien à parler de ce problème en Palestine était le professeur S. D. Goitein dans « Hayim Habshush et son livre Hezyon Teyman », paru dans Sefer Magnes, (en hébreu) I. N. Epstein et al. (eds), 1938, p. 89-96. Voir aussi I. Yeshayahu et J. Tubi (eds) Les Juifs du Yémen (en hébreu, 1976, p. 115-143), qui ont publié le manuscrit « La vie du Yémen » du Rabbin J. Shemen, écrit pendant les années 1920 et 1930 et qui aborde ce problème (p. 130). La raison invoquée par le droit musulman pour la conversion des orphelins juifs ou chrétiens est la tradition (hadith) attribuée au Prophète, selon laquelle chaque enfant naît avec un penchant religieux (fitra) et ce sont ses parents – juifs ou chrétiens – qui font de lui un juif ou un chrétien. Mais si les parents sont en désaccord parce que l’un d’eux n’est pas musulman ou s’il est décédé, l’enfant suit son penchant naturel qui est l’islam. Voir Ibn Abidin, Radd al-Muhtar, Le Caire, Éditions Halabi, vol. III, 1966, p. 196-197 pour l’application de cette loi à un enfant né hors mariage d’un père musulman et d’une mère non musulmane. C’est ainsi qu’était résolu le problème de la filiation d’un enfant né hors mariage dans un couple composé d’un père musulman et d’une mère chrétienne. Quand les Juifs du Yémen sont arrivés en Israël il y avait parmi eux des jeunes filles mariées au Yémen à des hommes plus âgés afin de les préserver d’une conversion forcée à l’islam. Voir Report of the investigating Committee into Educational Matters in Immigrant Camps. Le rapport de cette Commission a été publié dans la Gazette Officielle du 25 janvier 1950, p. 484. La Commission a été présidée par le Juge Frumkin de la Cour Suprême et, parmi les cinq membres de la Commission, il y avait Yitzhak Ben-Zvi, devenu plus tard le deuxième président de l’État d’Israël, et Israël Yeshayahu, secrétaire, devenu ensuite le président de la Knesset. Le rapport a été présenté le 9 mai 1950, voir p. 48-49.

[25]

Cohen, op. cit. (voir note 15 plus haut).

[26]

Official Records of the Second Session of the General Assembly, Verbatim Record of the plenary Meeting, vol. 2, 110-28e réunions, novembre 16-29 1947, p. 1391. Nuri Sa‘id a changé d’attitude vis-à-vis des Juifs d’Irak après s’être emporté contre eux car ils avaient participé aux manifestation contre l’Accord qu’il avait signé avec la Grande-Bretagne à Portsmouth en janvier 1948, (voir Tsimhoni, note 18, p. 65). Avant cette date, il n’était pas considéré comme antijuif (voir Tsimhoni, note 18, p. 64). Nous suggérons respectueusement que les déclarations de Jamali à l’ONU qui ont précédé l’approbation par Nuri Sa‘id d’un échange de population rendent dérisoire toute spéculation sur l’état de conscience de Nuri Sa‘id.

[27]

Les outrages commis à l’encontre des Juifs d’Irak le deuxième jour de Shavouot 1941 étaient menés par des officiers de l’armée, sans que la police prenne aucune mesure. Ceci a été établi officiellement par une commission constituée par le Gouvernement irakien le 8 juillet 1941. Voir Cohen, op. cit., p. 29-31. Les mesures, prises à l’encontre des Juifs en Irak à partir de la fin 1947 jusqu’à la grande vague d’immigration qui a commencé en janvier 1950 pour une durée de deux ans, étaient inspirées sinon dictées par les autorités. Voir Hillel, op. cit. (note 21), p. 135-142, et Cohen, op. cit., p. 33-35.

[28]

Loi n° 11 de 1948 qui a amendée la Loi n° 51 de 1938, qui était elle-même un supplément au Code pénal de Bagdad : Official Gazette, 14 novembre 1948 (p. 591 de l’édition anglaise).

[29]

Loi n° 51 de 1938, Official Gazette, 24 juillet 1938 (p. 475 de l’édition anglaise). Cette édition ne mentionne pas le numéro de la section concernée du Code pénal.

[30]

Une version plus tardive du Code pénal de Bagdad place les dispositions concernant le communisme, l’anarchie et l’immoralité dans la section 89A (1). La version originale de la section 89 ne mentionne pas ces termes ; la section concerne d’une façon générale l’interdiction à l’incitation à la haine, à l’abus du gouvernement ou à l’intégrité du peuple. Le Code a été mis en application le 21 novembre 1919 par les autorités britanniques, mais il suit l’esprit de la Loi ottoman n° 1 de 1859, d’origine française.

[31]

La Loi n° 1 de 1950 intitulée « Supplément à l’ordonnance annulant la nationalité irakienne » Official Iraqi Gazette du 9 mars 1950. La section I stipule que « le Conseil des ministres peut annuler la nationalité irakienne du Juif irakien qui, de son propre gré, veut quitter l’Irak définitivement ; celui-ci aura apposé sa signature sur un formulaire spécial, en présence d’un fonctionnaire désigné par le ministre de l’Intérieur (la version anglaise est une traduction officielle irakienne). Le leader Shi‘ite Saleh Jaber, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Tawfiq al-Sweidi (voir notes 38 et 61 plus loin) s’est fait l’instrument dans l’application de cette loi, bien qu’il eût de bonnes intentions envers les Juifs. Voir Daphna Tsimhoni, « L’arrière-plan politique du transfert des Juifs d’Irak 1950-1951 » in I. Avishur, Études sur l’Histoire et la Culture des Juifs Irakiens (en hébreu, Babylonian Jewry Heritage Center, Or Yehuda, Israel, 1991, p. 106, 108, 110).

[32]

Loi n° 5 de 1951, « A Law for the Supervision and Administration of the Property of Jews who have Forfeited Iraqi Nationality » (Official Gazette, 10 mars 1951, version anglaise, p. 17), section 2 (a) « gèle » les biens juifs. Voir Tsimhoni (note 18) p. 24 pour les circonstances de la mise en application de cette loi.

[33]

Loi n° 12 en supplément de la Loi n° 5, voir plus haut (Official Gazette, version anglaise, 27 janvier 1952, p. 32) avait paru dans la version arabe le 22 mars 1951.

[34]

V. note 77.

[35]

Cette date a été déterminée par Hillel, op. cit. (note 21), p. 243.

[36]

Pour les distorsions de cette description, voir note 18 plus haut.

[37]

Néanmoins, il n’est pas difficile de déchiffrer les considérations de Nuri Sa‘id quand il prit la décision de faire part de son plan au chef du Gouvernement jordanien à l’ambassade britannique à Amman. Lors des délibérations de la Commission des mandats de la Ligue des Nations en 1937, le secrétaire des colonies britanniques avait suggéré la nécessité d’un échange de populations entre les Arabes palestiniens et les Juifs des pays arabes : Minutes of the 32nd (Extraordinary) session of the Permanent Mandates Commission of the League of Nations « Devoted to Palestine », qui a eu lieu à Genève du 30 juillet au 18 août 1937, p. 21. Le parti travailliste britannique a exprimé son soutien à cette idée en décembre 1944 et en avril 1945 (voir Edward Atiya, The Arabs Edinburgh, Clark, 1955, p. 174). L’expression la moins ambiguë de cette idée a été énoncée par Hugh Dalton, un ancien ministre britannique des Finances, dans ses Mémoires, The Fatal years, 1931-1945, London Muller (1957 p. 426-427) : « Des mouvements de populations de Juifs vers la Palestine et d’Arabes hors de la Palestine sont nécessaires. » Voir aussi Chaim Simons, International Proposals to transfer Arabs from Palestine 1895-1947 : A Historical Survey (Hoboken, NJ, Ktav Publications House, 1988) pour des propositions similaires de transferts d’Arabes de la Palestine faites par Herbert Hoover, John Gunther, Edwyn Bevan et Harry St John Philby. « Le droit international permet les transferts multilatéraux seulement s’ils sont faits d’une façon humanitaire » (Donna Arzt, voir plus bas note 89). Nuri Sa‘id était au courant du sentiment général des Britanniques sur la Palestine, du moins entre août et septembre 1936, période pendant laquelle il a manifesté sa bonne volonté pour calmer les esprits en Palestine. Voir David Ben-Gourion, Rencontres avec les leaders arabes, en hébreu, ‘Am ‘Oved, 1975, p. 117-128. Nuri Sa‘id avait donc des raisons de croire qu’un dispositif britannique serait favorable à sa proposition d’expulser des Juifs d’Irak, et que les Britanniques seraient sinon encourageants, du moins compréhensifs. Il y avait de surcroît de bonnes raisons d’impliquer l’Ambassade britannique à Amman dans cette initiative, car ils avaient énormément d’influence en Jordanie.

[38]

L’attitude judicieuse adoptée par le chef du gouvernement jordanien de l’époque, Samir Rifa‘i, lorsqu’il a qualifié de « crime » l’initiative irakienne peut aussi expliquer pourquoi la Jordanie a exprimé de la modération et de la discrétion envers Israël. Rifa‘i a été le chef du gouvernement jordanien six fois pendant le règne du roi Abdullah. Son fils, Zeid Rifa‘i, a aussi été Premier ministre de 1973 à 1976 et, ensuite, d’avril 1985 à avril 1989. Le roi Abdullah lui-même a exprimé à plusieurs reprises son opposition au plan d’expulsion de Nuri Sa‘id : à une conférence de presse à Bagdad le 27 octobre 1950 ; à la fin d’une visite qu’il y a effectuée. (M. Gat, A Jewish Community in Crisis, The Exodus from Iraq, 1948-1951. Jerusalem, Zalman Shazar Center, 1989, p. 108) et, de nouveau, quand Nuri Sa‘id s’est rendu en Jordanie en janvier 1951, ibid., p. 115. Une opinion différente sur l’attitude du roi Abdullah est exprimée par Tsmihoni (note 18) p. 90. Saleh Jaber, le leader Shi‘ite en Irak, qui a été ministre de l’Intérieur dans le Gouvernement de Tawfiq al-Seweidi, a désigné Nuri Sa‘id comme « un criminel » lorsque Nuri Sa‘id, de nouveau Premier ministre, a mis en application la loi du 10 mars 1951, saisissant tous les biens des Juifs en Irak (Mordechai Ben-Porat, To Bagdad and Back, Tel Aviv, Ma‘ariv Book Guild, 1996, p. 228).

[39]

Kirkbride, op. cit. (note 18), p. 115-116. La menace d’expulser les Juifs d’Irak ou de les amener jusqu’à la frontière a été exprimée par le gouvernement irakien lorsque les vols à destination d’Israël ont diminué, au grand mécontentement de l’Irak. C’était entre le 28 et le 30 août et en septembre 1950, où il y avait de nombreux vols à destination de La Mecque pour les pèlerins musulmans dans des avions de Ronny Barnet. Voir note 58 et Tsmihoni (note 18) p. 83, 87-91, 93.

[40]

Hillel, op. cit. (note 21), p. 189, 242.

[41]

Voir note 35.

[42]

Un télégramme envoyé de l’ambassade américaine de Bagdad à Washington communiqua un tel message. Cette même idée a été retrouvée dans deux autres télégrammes datant des 9 et 14 octobre, dans les archives du département d’État à Washington par le Dr Ron Zweig du département des Relations internationales de l’université hébraïque, alors qu’il travaillait sur un autre sujet. Je lui suis reconnaissant de m’avoir fait partager cette information.

[43]

Voir note 42.

[44]

Gat, op. cit. (note 38), p. 40.

[45]

Ces chiffres sont exagérés. Le nombre de Juifs en Irak ne dépassait pas 160 000 comme Nuri Sa‘id l’a lui-même déclaré à la Commission de conciliation (Voir note 42. Voir Gat, op. cit. (note 36), p. 41 pour la rencontre entre Nuri Sa‘id et Gordon Clap. Le 12 décembre 1990, Paul-Marc Henry, qui avait été ambassadeur de France au Liban, a déclaré que, quand il avait été secrétaire de la Mission Clap à l’ONU, il avait aussi entendu Nuri Sa‘id tenir ces mêmes propos sur l’expulsion des Juifs d’Irak dans le contexte d’un échange de population.

[46]

Hillel, op. cit. (note 21), p. 245.

[47]

M. Ben Porat, A Bagdad et de retour (en hébreu), Or Yehuda, Maariv Book Guild, 1996, p. 215. Traduit en anglais par Marcia Grant et Kathy Akerio, Jérusalem, Gefen Books, 1998.

[48]

Voir notes 5 et 14 et les textes se fondant sur les notes 26 et 28.

[49]

Hillel, op. cit. (note 21), p. 257, dit que le ministère britannique des Affaires étrangères pensait que c’était son devoir de défendre totalement Nuri Sa‘id et son régime. Les Britanniques ont tout fait pour affaiblir les arguments d’Israël et minimiser l’importance de ses allégations ; ils ont même essayé d’attaquer la crédibilité d’Israël et d’empêcher que le sujet de la persécution ne soit soulevé. Ces remarques valent aussi bien pour la conduite des Britanniques en 1949 que pour Kirkbride lui-même.

[50]

Voir note 31.

[51]

Hillel, op. cit. (note 21), p. 244.

[52]

Voir note 26.

[53]

Voir notes 28, 33.

[54]

Hillel, op. cit. (note 21), p. 188, 250, Cohen, op. cit. (note 15) p. 33-4.

[55]

Yehuda Atlas, Sur l’Échafaudage : La Saga des forces clandestines irakiennes, 1969, en hébreu, 4th edn. Tel Aviv, Ma‘arachot, 1978 ; Mordechai Ben-Porat, (op. cit.) note 47,

[56]

La Synagogue Mas‘uda Shem Tov le 14 janvier 1951 : Gat, op. cit. (note 38), p. 116, 137, 149-55.

[57]

Voir le chapitre « Bombs in the streets of Bagdad » et le rapport de la Commission de renseignement sur les allégations de la complicité des Juifs dans la perpétration de ce crime : Mordechai Ben-Porat, (op. cit.), note 47 p. 243-340.

[58]

Le premier groupe de Juifs à quitter l’Irak en accord avec le gouvernement irakien (Hillel, op. cit., note 21, p. 255-90), le 19 mai 1950, l’a fait dans des avions de la Near Eastern Air Transport, appartenant à Ronny Barnet, Juif anglais propriétaire également de Trans Ocean Airline, qui transportait les pèlerins à La Mecque. Barnet est décédé à Londres le 23 août 1989. Pour en savoir davantage sur ses activités en Irak en 1949, voir Tsimhoni (note 18), p. 76-78, 82, 86, 88.

[59]

‘Aref el-‘Aref, L’holocauste, 1947-1955, en arabe, Vol. 4, Saida, Beyrouth, 1960, p. 893.

[60]

Nuri Sa‘id a offert à Abdullah deux dinars pour chaque Juif qu’il transporterait à travers la Jordanie, outre des concessions sur le prix d’importation de l’huile et de la farine. Tsimhoni (note 18), p. 19. Tsimhoni semble confondre la rencontre de Nuri Sa‘id avec le roi Abdullah, qui aurait eu lieu au début du mois de février 1951 avec une rencontre entre Nuri Sa‘id et Samir Rifa‘i se situant à la fin du mois de janvier ou au début du mois de février 1949, Voir le texte se fondant sur la note 35.

[61]

‘Aref, op. cit. (note 59), p. 894. Une opposition à la loi n° 5 de 1951 s’est organisée en Irak par le leader Shi‘ite Saleh Jaber et son groupe parlementaire, Tsimhoni (note 18), p. 97. Zayad Abu Zayad de l’Autorité palestinienne a déclaré : « Nous, les Palestiniens, nous ne les avons pas forcés, les Juifs des pays arabes, à quitter ces pays. C’est pour cette raison que le problème doit être négocié directement avec les pays arabes d’où viennent ces réfugiés » (Jerusalem Post, 3 juin 1994, p. 38, cité par Donna Arzt, [note 89], p. 127). Il faut dire que les gouvernements arabes se sont conduits comme s’ils savaient ce qui était bien pour les Palestiniens. Voir Marcel Colombe, « Le problème de l’entité palestinienne dans les relations interarabes », Orient, Vol 8 (1964), p. 57-87. D’où les divergences comme celle-ci entre le Palestinien ‘Aref el-‘Aref et le Premier ministre irakien Nuri Sa‘id. Néanmoins, le fait est que l’implication des gouvernements arabes dans les affaires palestiniennes, y compris dans la guerre contre Israël, est arrivée après une demande des Palestiniens à ces gouvernements, notamment par l’intermédiaire de la Ligue arabe. Les Palestiniens ne peuvent pas nier leur responsabilité pour la façon dont les gouvernements arabes ont répondu à la demande palestinienne, y compris la persécution et l’expulsion des Juifs. La plus grande partie de la responsabilité revient aux gouvernements arabes. Un conseiller sur la question des réfugiés du Conseil mondial des églises, le Dr Elfan Rees, a attribué la responsabilité aux États arabes pour ce qui est de satisfaire les réclamations faites par les Palestiniens. En 1957, il déclara : « Je crois que la dette envers ces réfugiés est triple. L’État d’Israël a une dette envers eux, de même que la communauté internationale et je crois que ce ne serait pas injuste de dire que les États arabes ont une dette envers eux.… une dette que des hommes ayant la même langue, la même religion et la même organisation sociale doivent à toute époque se sentir redevables à leurs frères en détresse. En termes simples, cette dette est de considérer leurs frères comme des êtres humains et non comme des ballons de football politiques. » Elfan Rees, « The refugees in the Middle East », Christian News from Israel, vol. 8, n° 2 (1957), p. 36-41. Les italiques sont de nous. Donna Arzt (note 89) la cite elle aussi, p. 73.

[62]

Le récit de Alhajj devrait mettre un terme à la question de savoir si le départ des Palestiniens de leurs villes et villages était volontaire ou s’il y avait un plan israélien pour les déloger, comme l’historien révisionniste Benny Morris le prétend. (Donna Arzt, note 89, p. 73, 130-1, notes 13 et 21). Normalement, les civils fuient les endroits où les balles sont tirées et, dans le cas de Jaffa, les Juifs n’ont pas eu besoin de tirer des balles, selon le récit de Alhajj. C’est la différence entre l’exode des Arabes de la Palestine et l’exode des Juifs des pays arabes. Les Juifs vivaient à des milliers de kilomètres loin de l’arène de la guerre. S’il n’y avait pas eu ce plan d’expulsion, les Juifs auraient pu continuer à vivre plus ou moins paisiblement où ils étaient. L’attitude des gouvernements arabes vis-à-vis des Palestiniens n’est donc pas meilleure que celle des soldats irakiens. Pendant la guerre de Yom Kippour, en octobre 1973, les États arabes ont réduit la production de pétrole dans le but déclaré d’obtenir des droits pour les Palestiniens. Mais les réductions ont été arrêtées en décembre 1973, seulement deux mois plus tard, quand une flambée des prix était assurée. La dévotion de ces gouvernements aux Palestiniens était bruyante mais malhonnête (M.A. Adelman, MIT’s Center for Energy policy Research, « Oil fallacies », Foreign Policy, vol. 3 (Printemps 1991), p. 14. De plus, « les victimes de guerre et de conflits armés ne sont pas considérées comme réfugiées d’après la définition [du droit international]… C’est pourquoi… des personnes s’échappant de zones de guerre ne sont pas classées comme réfugiées ». C’est uniquement à cause de l’usage, dans les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies, de l’expression « réfugiés palestiniens » que les Palestiniens déplacés sont reconnus comme une catégorie spéciale de réfugiés. Donna Arzt, (note 89), p. 69-76.

[63]

Le départ des Juifs de Libye a commencé en 1945 après des attaques répétées contre le quartier juif de Tripoli et dans d’autres villes décrites comme des massacres dans le Daily Telegraph Magazine, n° 326, du 22 janvier 1971 par l’orientaliste bien connu Bernard Lewis. Voir John Wright, Lybia : A modern History, Baltimore, Johns Hopkins University press, 1982, p. 75, note 1. Voir aussi The Jewish Case before the Anglo-American Committee of Inquiry on Palestine présenté par l’Agence juive pour la Palestine, Jerusalem, 1947, p. 392-394. L’administration britannique en Libye a compté, après ces attaques, 130 morts et nombre de blessés, sans parler du pillage des biens juifs. Ce massacre a inspiré au journaliste Serge Groussard le roman Pogrom (Paris, Fayard, 1948).

[64]

Wright, op. cit. (note 63).

[65]

« 76 Juifs ont été tués à Alep, 300 maisons et 11 synagogues brûlées » (Le Monde, 22 novembre 1987. L’article avait pour sous-titre « Il y a quarante ans : le vote à l’ONU sur le partage de la Palestine ») Daniel Pipes, Greater Syria : The History of an ambition (New York and Oxford, Oxford University Press, 1990, p. 57) estime le nombre de personnes massacrées à Alep à 75.

[66]

Wright, op. cit. (note 63), p. 140.

[67]

Ibid., p. 182.

[68]

Ibid., p. 150.

[69]

Il a été rapporté, en décembre 1976 et janvier 1977, dans un journal du Kuwait et par M. Solarz, membre du Congrès américain, et, enfin, par des sources non officielles françaises, que les restrictions suivantes étaient abrogées pour les Juifs syriens :

  • les restrictions sur le déplacement des personnes dans un périmètre de 3 km autour de leur résidence. Les Juifs n’avaient ainsi plus besoin de permis s’ils voulaient quitter ce périmètre de 3 km ;

  • la permission préalable pour mettre en vente des biens immobiliers. Dans le passé, les prix étaient gelés par les autorités ;

  • l’interdiction d’hériter une maison de ses parents. Dans le passé, la maison revenait au gouvernement et les parents avaient le droit d’y habiter en tant que locataires ;

  • le tampon rouge signifiant la qualité de « Juif » sur les passeports, ce qui était contraire à la décision de 1950 des autorités syriennes de supprimer toute mention relative à une affiliation religieuse sur les cartes d’identité. Bernard Botiveau, Loi islamique et droit dans les sociétés arabes, Paris, éditions Karthala, 1993, p. 236) ;

  • la cessation du versement d’une taxe de 25 000 lires pour chaque juif désirant quitter la Syrie pour des raisons médicales, etc., car la présence en Syrie du conjoint et des enfants était une garantie insuffisante au retour de la personne. Des promesses avaient été données par les autorités syriennes afin de permettre le déplacement de 400 célibataires. La plupart des promesses n’avaient pas été tenues à l’époque. Selon le Ma’ariv du 29 août 1977, la vie des Juifs était à nouveau limitée.

Voir « Impressions de la situation dans la communauté juive de Syrie ». Audition devant le Sous-comité des affaires étrangères sur l’Europe et le Moyen-Orient du Comité de la Maison des représentants du Congrès américain, Quatre-vingt-dixième Congrès, première session, 2 avril 1979. Voir « Syrie, “Un cas spécial” », de Harold Troper (chapitre 4 dans Malka H. Shulewitz, The Forgetters Millions, London and New York, Continuum 2000, p. 52-79. Le 27 avril 1992, Margaret Tutweller, porte-parole du département d’État des États-Unis, déclara que « le Gouvernement syrien avait supprimé les difficultés rencontrées par ses citoyens juifs en ce qui concerne la vente des biens immobiliers en Syrie… Le Gouvernement syrien nous a informé que ses mesures avaient déjà été mises en application » (Jerusalem Post, 28 avril 1992). Elle ajoute que « Les Juifs syriens auront maintenant la permission de voyager en famille, pour affaires ou pour raisons personnelles » (ibid.) Mais, Yosef Kalosh, secrétaire général de l’Association des Juifs syriens en Israël, située à Tel Aviv, réagit ainsi : « La question est de savoir s’ils doivent toujours demander la permission du Mukhabarat (la police secrète syrienne) avant de partir, ou s’ils peuvent avoir un passeport comme tout le monde ». « Nous attendons que des membres de la communauté essayent la nouvelle procédure » a déclaré Gilbert Kahn, directeur du Conseil pour le sauvetage des Juifs syriens, basé à New York (ibid.). Le 28 avril 1992, le Premier ministre israélien, Yitzhak Shamir, a reçu une lettre de George Bush, président des États-Unis, lui annonçant que « le gouvernement syrien… vient de nous informer que tous les membres de la communauté juive syrienne auront la permission de voyager à l’étranger avec leur famille, pour affaires ou en vacances. De plus, toutes les difficultés rencontrées par les citoyens juifs syriens pour vendre leurs biens immobiliers seront supprimées ». Le texte dans son intégralité est paru dans le Jerusalem Post du 29 avril 1992.

[70]

Cité par Ibrahim Hassan, « La Syrie et la guerre civile », in Peuples méditerranéens, vol. 12 (1980), p. 102 ; Botiveau, op. cit. (note 69), p. 235, note 4.

[71]

Voir note 20.

[72]

Ceci est la réponse donnée par un diplomate français, Eugène Weill, secrétaire général pour l’Alliance israélite universelle au début des années 1950. M. Weill me l’a répété en 1970.

[73]

Cohen, op. cit. (note 15), p. 88. Shimon Shamir, « L’Évolution des lois sur la nationalité égyptienne et l’application de celle-ci aux Juifs pendant la Monarchie » (en anglais), in The Jews of Égypte, Boulder and London, Westview Press, 1987, p. 33-67.

[74]

Une description vivante de cette explosion, et surtout de ses séquelles, écrite en arabe égyptien, a été publiée avec une traduction en hébreu dans « L’explosion dans le quartier juif caraïte au Caire, le 19 juin 1948 » in Pe‘amim, 1977, p. 141-156. Voir aussi Cohen, op. cit. (note 15), p. 49-51.

[75]

La Bourse égyptienne, 22 juillet 1948, cité in Yehudiya Masriya, Les Juifs en Égypte (Genève, Éditions de l’Avenir, 1971, p. 54).

[76]

Voir notes 5 et 6 ainsi que le texte les accompagnant.

[77]

La Loi 391 de 1956, section 1 (a). Voir Revue égyptienne de droit international, vol. 12 (1956), p. 80.

[78]

Egyptian Official Gazette, n° 88, 1er novembre 1957.

[79]

Cohen, op. cit. (note 15), p. 51-52. Cette expérience est une reconstitution « améliorée » de l’internement de centaines de Juifs dans des camps de concentration, d’octobre 1948 à juillet 1949. Voir Meron, « L’explosion » (note 74), p. 154.

[80]

« La nationalité égyptienne : la décision du président de la République n° 391 de 1956 sur la nationalité égyptienne, notes explicatives sur le projet de loi sur la nationalité égyptienne ». Voir Revue égyptienne de droit international, vol 12, p. 80, 87.

[81]

Cette situation est le résultat d’une politique intentionnelle. « Sir John Shuckburgh a expliqué que la politique du pouvoir mandataire était de laisser le gouvernement de la Transjordanie prendre la décision d’admettre les Juifs venant de Palestine. » (Ligue des Nations, Commission des Mandats permanents, onzième session tenue à Genève, 20 juin au 6 juillet 1927, Minutes, p. 114), « lieutenant-colonel Sir Stewart Symes, a dit que… les Juifs n’avaient pas le droit de pénétrer dans le territoire » (Ligue des Nations, Commission des Mandats permanents, treizième session tenue à Genève, du 12 au 29 juin 1928, notes, p. 47). Sir John Chancellor (Le Haut Commissaire en Palestine à l’époque) « a expliqué qu’il n’y avait pas d’interdiction légale à leur entrée. Ce qu’il a essayé de faire, c’était tenter d’expliquer l’attitude hostile du gouvernement transjordanien vis-à-vis de l’installation des Juifs en Transjordanie » (Ligue des Nations, Commission des Mandats permanents, Quinzième session tenue à Genève du 1er au 19 juillet 1929, minutes, p. 100). Voir Aaron S. Kleiman, Foundations of British Policy in the Arab World : the Cairo Conference of 1921,Baltimore, MD, Johns Hopkins University Press, 1970, p. 230.

[82]

Je tiens ces informations du grand-père des enfants assassinés. Toutefois, d’après Henri Chemouilli, Une diaspora méconnue : les Juifs d’Algérie, Paris, I.M.P., 1976, p. 318, « la fidèle Fatma a [seulement] ouvert la porte à l’égorgeur et s’est enfuie ensuite avec lui ».

[83]

Voir section 34 du Code de la nationalité algérienne, Loi n° 63-9 du 27 mars 1963, p. 306, et citée dans Annuaire de l’Afrique du Nord, 1973, p. 806-814. Une loi ultérieure, n° 70-86 de décembre 1970, réitère la section 34 dans la section 32.

[84]

Voir note 24.

[85]

Voir note 38.

[86]

Section 3 (3) du Code de la nationalité jordanienne, n° 6 de 1954 (Official Gazette, n° 1171 du 16 février 1954, p.105). La sous-section est numérotée (2) dans un amendement qui a paru dans Official Gazette, n° 1675 du 1er avril 1963, p. 270. Il n’y a plus eu d’amendement depuis que le roi Hussein a déclaré qu’il « abandonnait » la Transjordanie le 7 août 1988 et que le Traité de Paix a été signé avec Israël. Une discrimination antijuive apparaît dans l’ordre n° 1282 du 1er juillet 1957 (attribué à la Gazette Officielle de la Jordanie par la Collection of Laws and Régulations (en arabe), édité par le Barreau des avocats jordaniens, Amman, vol. 1, 1957, p. 186) : « Les citoyens syriens ne sont pas obligés de montrer leur passeport en entrant ou en quittant le Jordanie. Ils peuvent utiliser simplement une pièce d’identité, s’ils ne sont pas juifs. » Une discrimination similaire contre les Juifs libanais apparaît dans Majmu’at al- Qawanin wal-Anzima, vol. 1, Amman, 1966, p. 188.

[87]

Survey of International Affairs, Royal Institute for International Affairs, London, 1925, vol. 8, p. 17.

[88]

La Charte du Tribunal militaire international, 82 UNTS 279 signé le 8 août 1945 ; La Convention de Genève III, 6 UST 3516, 75 UNTS 287 signée le 12 août 1949.

[89]

Voir Donna E. Arzt, Refugees into Citizens, New York, un livre du Council on Foreign Relations, 1997, p. 159 ; Jean-Marie Henkaerts, Mass Expulsion in Modern International Law and Practice, La Haye, Nijhoff, 1995. Anis F. Kassim, éditeur du Palestine Yearbook of International Law (vol. VIII, 1994-1995, Kluwer Law International, 1996, p. 519-523) écrit : que « L’immigration a été et demeure une méthode de conquête israélienne du territoire palestinien » (p. 521) et « Ces vagues d’immigrants juifs vers la Palestine ont une valeur stratégique ». « De telles vagues d’immigrants ne sont pas… des mouvements volontaires de réfugiés à la recherche d’un abri… C’est un emploi illégal de la force », (p. 522). On peut se demander comment Israël peut être accusé d’organiser le mouvement d’un million de Juifs des pays arabes et musulmans, quand les gouvernements arabes avaient une politique délibérée d’expulsion, qu’ils ont mise clairement en application.

[90]

Voir p. 116.

[91]

Voir note 59.

[92]

Voir p. 119.

[93]

Voir note 68.

[94]

Dans une lettre signée par un membre du Conseil du commandement révolutionnaire, datée du 28 mai 1970, le gouvernement libyen invitait les réfugiés juifs à Rome à revenir. Dès lors, leurs biens leur seraient restitués. Dans un communiqué du ministère yéménite des Affaires étrangères paru dans le Yediot Aharonot du 20 avril 1974, les Juifs du Yémen étaient invités à rentrer au Yémen. À l’occasion de la fête d’Indépendance soudanaise, le 1er janvier 1975, le Jerusalem Post du 2 janvier 1975 rapporte que le président soudanais demandait aux Juifs qui avaient émigré en Israël « de se sauver et de revenir au Soudan ». Le gouvernement irakien a fait connaître publiquement sa décision du 26 novembre 1975 conférant le droit de retour aux Juifs qui avaient quitté l’Irak depuis 1948, Le Monde, du 6 décembre 1975. Dans une interview donnée à un journal jordanien en 1976, le chef du gouvernement marocain a appelé au retour des Juifs, cité par Victor Malka, La Mémoire Brisée (Paris, Éditions Entente, 1978, p. 103-104). Dans une interview au Al-Ahram du 18 juillet 1977, le président Sadat a invité les Juifs à revenir, selon le Jerusalem Post du 19 juillet 1977. Les Palestiniens, et notamment l’OLP, étaient derrière la plupart de ses invitations, comme il est expliqué plus haut.

[95]

Écrit lors de son exil à Beyrouth, après avoir été emprisonné pendant plusieurs années et expulsé d’Irak en 1958 : Hillel, op. cit. (note 21), p. 285. Sur le rôle de Tawfiq al-Seweidi qui a permis la sortie des Juifs persécutés, voir Mordechai Ben-Porat, op. cit. (note 47), p. 66-68, 80, 83, 86, 89, 91.

[96]

Yehuda Tagar, « Le Farhud dans les écrits arabes des politiciens et écrivains irakiens », Pe‘amim (en hébreu), Vol. 8 (1981), p. 38-45.

[97]

Voir l’étonnement de Jean-Pierre Peroncel-Hugoz (note 108 ci-dessous). La personne en Israël qui a consacré beaucoup de temps à combattre le silence sur le reniement des droits des Juifs venant des pays arabes est Mordechai Ben-Porat, ancien ministre et membre de la Knesset. Il a joué un rôle dans l’organisation de l’immigration des Juifs d’Irak. À la fin de 1975, il a participé à la création de la WOJAC, Organisation mondiale des Juifs des pays arabes.

[98]

Voir Malka H. Shulewitz, The Forgotten Millions, 2e éd. London and New York, Continuum 2000, p. XVII-XVIII.

[99]

Voir note 12 sur les preuves de cette haine contre Israël lors des jours sombres de la Shoah.

[100]

Voir note 59, p. 194.

[101]

Rapporté par Uri Avneri lors d’une interview donnée à Aryeh Dayan, à la veille de la publication de son livre Mon Ami l’Ennemi et publiée dans un journal local de Jérusalem, Kol Ha’ir le 30 octobre 1986.

[102]

Voir le texte des notes 41-46. L’écrivain irakien ‘Ala’al-Din al-Zahir, exilé aux Pays-Bas, prend part au débat soulevé dans la presse arabe à Londres sur les causes de l’exode des Juifs d’Irak. Il affirme que « Nos gouverneurs ont commis un crime envers des citoyens irakiens (les Juifs en Irak) qui avaient participé à la formation de notre civilisation pendant plus de 2 500 ans. Nos gouverneurs ont également commis un crime envers les Palestiniens en leur envoyant un tel nombre de Juifs irakiens. Ils ont aussi commis un crime contre la région (du Moyen-Orient) quand ils ont accordé à Israël une main-d’œuvre aussi importante. » (Al-Quds Al-Arabi du 4 janvier 2002, Londres).

[103]

Dans une interview exclusive de la revue publiée à Paris, Jeune Afrique (4 juillet 1975). Également cité dans Ma‘ariv (3 juillet 1975).

[104]

La Déclaration sur les Principes de l’autodétermination intérimaire, signée à Washington entre Israël et l’OLP le 13 septembre 1993, ne peut pas être considérée comme le résultat de la demande des Palestiniens de renvoyer les Juifs des pays arabes dans leurs pays d’origine ne serait-ce ce qu’à cause de la lettre de Yasser Arafat du 9 septembre à Yitzhak Rabin, Premier ministre d’Israël, dans laquelle il écrit que « l’OLP reconnaît le droit à Israël d’exister dans la paix et la sécurité ». (Le texte dans son intégralité est paru dans le Jerusalem Post du 10 septembre 1993).

[105]

David P. Forsythe, United Nations Peacemaking : The Conciliation Commission for Palestine, Baltimore & London, Johns Hopkins University Press, 1972, p. 57-58.

[106]

Ibid., p. 119.

[107]

Ce chiffre a été donné par Wright (note 60) ; les Juifs de Libye disent 38 000.

[108]

« Il est étonnant qu’Israël ne fasse que très rarement valoir qu’une partie de ses habitants ont abandonné dans leur pays de naissance des biens et un espace dont ils étaient les légitimes propriétaires. » Jean-Pierre Peroncel-Hugoz, Une croix sur le Liban, Paris, Lieu commun, 1984, p. 114.

[109]

Selon le discours du secrétaire d’État, James Baker, le 23 mai 1989. « Land for Peace » est trompeur car on pourrait l’interpréter comme voulant dire que le retrait complet de tous les territoires occupés en 1967 mènerait à une paix complète et ce n’est certainement pas ce que la résolution 242 dit (Ruth Lapidoth, « Security Council Resolution 242 at twenty-five » in Israel Law review, vol. 26 (1992), p. 295-318.

[110]

À une conférence de presse le 29 octobre 1977. Le Président Jimmy Carter n’est pas le seul à donner une telle interprétation judicieuse de la Résolution 242 du Conseil de sécurité qu’il exprima lors de sa conférence de presse du 27 octobre 1977. J. Peroncel-Hugoz exprime une idée similaire dans son livre Une croix sur le Liban (note 108). Dans le même esprit, le Président français, François Mitterrand, évitait l’expression « territoires occupés » quand il parlait de la Judée et de la Samarie et la Bande de Gaza, préférant l’expression « territoires disputés » (Ha-Arezt, 2 novembre 1990). En ce qui concerne le Golan, le Président américain, Gerald Ford, a écrit au Premier ministre Yitzhak Rabin le 1er septembre 1975 : « Les États Unis n’ont pas encore pris une position finale sur la question des frontières permanentes. S’ils venaient à le faire, ils donneraient grand poids à la position d’Israël, qui prévoit que tout accord de paix avec la Syrie doit être fondé (« predicated ») sur la persistance d’Israël sur le Golan. » (Une partie de cette lettre est parue dans le livre d’Aryeh Shalev, Israël et la Syrie : La Paix et la Sécurité dans le Golan, Tel Aviv University, Jaffee Center for Strategic Studies, 1994, p. 67-68). L’implication américaine dans l’échange de population qui a eu lieu entre Israël et les pays arabes date de 1950. Le 1er août 1950, un attaché de l’Ambassade américaine à Tel Aviv a rencontré le ministre des Affaires étrangères et a exprimé la préoccupation des autorités américaines sur la rumeur qu’Israël allait peut-être réduire le nombre de réfugiés en provenance d’Irak. De nouveau en octobre et novembre de cette même année, l’ambassadeur MacDonald a appelé les autorités israéliennes à plusieurs reprises pour demander qu’elles autorisent à un plus grand nombre de réfugiés d’Irak l’entrée en Israël. Voir Tsimhoni (note 18), p. 75-76, 93.

[111]

Voir Appendice B.

[112]

Maimonide dit que le « monothéisme des musulmans est irréprochable et que les cœurs des musulmans sont dévoués aux cieux ». Voir Y. Blau (ed), Rambam Responsa (hébreu) Jérusalem, Mekitzei Nirdamin, 1960, p. 726-8, Voir aussi Y. Meron, « The Sabbath and the Jews as seen by Moslems », Journal of the Central Conference of American Rabbis, Spring 1998, p. 69-78.

[113]

Le Professeur Don Peretz dans son article « Palestinian Refugees and Middle East Stability » in The Defense Academic Reseach Support Progam (DARSP), november 1992, Defense Intelligence College, Department of Defense, US Government) dit que les dépenses frôleront les 4 milliards (p. 1). On peut se rendre compte de l’attention qui a été donnée à ce sujet par le nombre de résolutions de l’ONU s’y rapportant, et qui dépasse le nombre de résolutions portant sur les autres sujet discutés (ibid.).

[114]

K. Radley, « The Palestinian refugees : the right to return in international law », American Journal of International Law, vol. 586 (1978) ; R. Lapidoth, « The right of return in international law, with a special reference to the Palestinian refugees », Israel Yearbook on Human Rights, vol. 103 (1986) ; Gidon Gottlieb, « Nations without states », Foreign Affairs, mai-avril 1994, p. 100-112.

[115]

« Après la guerre de 1967… l’attention du monde s’est peu à peu focalisée sur le problème politique plutôt que sur le problème des réfugiés palestiniens » (Don Peretz, note 113), p. 8. Avant l’initiative des États-Unis datant de 1988-1989, « il y avait peu de discussions sur les différents aspects du dilemme des réfugiés depuis les années soixante. Les problèmes tels que la compensation, le rapatriement ou les projets de réinstallation et de développement pour l’intégration économique des réfugiés n’ont plus été prioritaires depuis le début des années soixante, quand le président Kennedy a envoyé une mission dirigée par Joseph Johnson son représentant spéciale au Moyen-Orient » (ibid., p. 8-9). « La dernière fois qu’on a essayé de résoudre le problème par des projets de réinstallation financés par la communauté internationale était en 1959, un projet proposé par Dag Hammarskjold, et qui a été rejeté par une conférence palestinienne tenue à Beyrouth en juin 1959. » Don Peretz, (note 113), p. 34-35. Un rappel unique, qui a pris la forme d’une nouvelle édition élargie du livre de Sami Hadawi, est paru à Londres : Palestinian Rights and Losses in 1948 : A comprehensive study, Part V An Economic Assessement of Total Palestinian Losses publié par le Dr Atef Kubrusi cité par Don Peretz (note 113).

[116]

Sami Hadawi, Land Ownership in Palestine, Palestine Arab Refugee Office, NewYork N.Y., cité par Moishe Auman, Land Ownership in Palestine, Israel Academic Committee on the Middle East, Jerusalem (1976), p. 16 comme une publication du Palestine Research Center, Beyrouth.

[117]

Un compte rendu du matériel se trouve dans Don Peretz (note 113).

[118]

L’Union soviétique a tenté, sans succès, de limiter « the just settlement of the refugee problem » aux réfugiés palestiniens uniquement (S/8336, discuté par le Conseil de sécurité lors de sa réunion du 22 novembre 1967, notamment le paragraphe 117, dans les paroles de l’ambassadeur Kouznetsov de l’Union soviétique).

[119]

Yohanan Manor, To Right a Wrong : The Revocation of the UN General Assembly Resolution 3379 Defaming Zionism (2e éd.), New York, Shengold Publishers Inc., 1997.

[120]

À la page 11 de son article, Don Peretz présente la résolution 194 III comme « un appel pour le retour des Palestiniens à l’intérieur d’Israël ». En fait, cette résolution désigne des « réfugiés » et non les palestiniens. Et cela d’autant plus que cet « appel » est sujet à des qualifications extrêmement importantes que Don Peretz mentionne à la page 22, et qui sont discutées plus loin. Voir aussi Dr Avi Beker, « Perpetuating the Tragedy : The United Nations and the Palestinian Refugees » in Malka H. Shulwitz (op.cit., note 97) p. 142-152, traduit dans cet ouvrage.

[121]

Voir Don Peretz (note 113) sur la Résolution 194 III.

[122]

L’évaluation de Berncastle est une des trois réalisations de la Commission de conciliation pour la Palestine selon Don Peretz (note 113), p. 31. Après le rapport de Berncastle, et sous la pression arabe, F.E. Jarvis a commencé à préparer un rapport sur la base d’une opinion opposée. Ce rapport n’a jamais été complété. Le Gouvernement israélien s’est abstenu de commenter ce rapport inachevé, jugeant qu’il n’était pas professionnel. Don Peretz pense « qu’il est peu probable que des paiements se fassent pour des réclamations individuelles » (note 113), p.31.

[123]

Donna Arzt dit que Berncastle est arrivé à la somme de 240 million de dollars, cf. Donna Arzt, op. cit., (note 89), p. 162. Ce chiffre est probablement la conversion en dollars américains du chiffre original de Berncastle, au taux d’échange de l’époque.

[124]

Par exemple, Les autorités arabes ont évalué la « vraie valeur » des biens abandonnés en Israël à 2 milliards de livres palestiniens (approximativement 36 milliards de US dollars de 1990), presque vingt fois l’estimation de l’Office des réfugiés du CCP. Don Peretz (note 113), p. 31.

[125]

Pour de tels projets illusoires, Don Peretz fait référence à George T. Abed, The Economic Viability of a Palestinian State and Masterplanning : The State of Palestine, Suggested guidelines, préparé pour l’ANERA par le Centre de planification et du Génie civil à Ramallah (note 113, p. 26). Abed a estimé que le coût total pour le « programme d’infrastructure » pour l’État palestinien pendant les dix années à venir serait de l’ordre de $ 13 milliards au taux de 1990. Mais Don Peretz pense que ce sera plutôt le double du chiffre avancé par Abed (p. 27). À la page 28, Peretz accepterait des immeubles construits par les colons juifs de la Judée, Samarie et de la Bande de Gaza comme faisant partie de la compensation qui est due, dans son idée, aux Palestiniens. Apparemment, ni Abed ni Don Peretz semblent être au courant de la pensée d’‘Aref-el ‘Aref (voir le texte se fondant sur les notes 58-62, 91, 100) ou des écrits de Sabri Jiryis (notes 101-2) ou de l’opinion de Isam Sirtawi (note 100). Le roi Hussein de Jordanie a lui aussi escompté des compensations pour tous les biens perdus en Palestine et qui lui semblent nécessaires pour faciliter l’intégration des réfugiés arabes dans les pays d’accueil. Don Peretz (note 113) p. 136.

[126]

Selon Moshe Efrat (The Palestinian Refugees : The Dynamics of Economic Integration in Their Host Countries, A Discussion Paper, septembre 1993), en juin 1990, seulement 15 à 20 pour cent des réfugiés faisaient à l’origine partie des réfugiés. Les autres sont des descendants (p. 5). Don Peretz dit qu’« Au moment où nous approchons la date qui marque un demi-siècle depuis l’exode de la Palestine, les troisième et quatrième générations de réfugiés, qui n’ont jamais vu la Palestine, avoisinent l’âge de la maturité » (p. 7).

[127]

Voir Don Peretz (note 113), p.25 sur l’augmentation du niveau de vie depuis l’occupation de 1967 en Judée, Samarie et dans la Bande de Gaza.

[128]

1954 (1 All ER 969).

[129]

Section 15 de ce jugement.

[130]

Section 18 de ce jugement.

[131]

Section 15 de ce jugement.

[132]

Voir note 18.

[133]

Cité par Donna Arzt (note 89), p. 149.

[134]

Clyde Haberman : « Les Arabes israéliens disent que l’OLP est la voie pour obtenir le statut de citoyen de première classe » (ibid.).

[135]

Voir Alon Ben-Meir, « Israelis and Palestinians : harsh demographic reality and peace », Middle East Policy, vol. 2 (1993), p. 74-86. Aaron Soffer, « Demography and the shaping of Israel’s borders », Contemporary Jewry, vol. 10 (1989), p. 91, 98. Cités par Donna Arzt (note 89), p. 149-150.

[136]

Donna Arzt (note 89), p. 90.

[137]

Les valeurs immobilières d’il y a quarante ans ne sont plus les mêmes : il serait très difficile – sinon impossible – d’estimer la valeur des terrains urbains par rapport à la valeur de ces mêmes terrains à l’époque où ils étaient agricoles. Nombre d’immeubles qui existaient et existent toujours ont été reconstruits, leur valeur actuelle n’ayant rien à voir avec leur ancienne valeur sur le marché de 1947-1948 » (Don Peretz, note 85), p. 28-29. Don Peretz dit très justement que Berncastle avait basé la valeur de la terre sur les valeurs et les conditions de novembre 1947 (ibid., p. 29). C’est la seule façon raisonnable et professionnelle d’évaluer la valeur des biens dans la Palestine de cette époque.

[138]

Voir note 18.

[139]

Zivia S. Wurtele and Morton G. Wurtele, « De facto population exchange between Arabs and Oriental Jews 1922-1972 ». Middle East Review, Spring/Summer (1975) p. 57-59.

[140]

Roberto Bachi, La Population d’Israël, Institute of Contemporary Jewry, Université hébraïque de Jérusalem, Centre de Démographie, Bureau du Premier Ministre 1974) estime que « le nombre de réfugiés arabes originaires de la partie de la Palestine qui est devenue l’État d’Israël est à peu près de 614 000-626 000 » (p. 402). Moshe Efrat, qui a comparé ses chiffres avec ceux de l’UNRWA (540.00) et ceux de sources arabes, dit qu’en 1949 la population totale de réfugiés était de 666 000. Mais, si on prend en compte les diverses erreurs relevées dans les données du Gouvernement mandataire de la Palestine (tel que le non-enregistrement des décès pour éviter le rationnement pendant la guerre), le Bureau central des statistiques du Gouvernement israélien a évalué le nombre de réfugiés palestiniens à la fin de 1949 entre 614 000 et 626 000. Walter Pinner (The legend of the Arab Refugees, A Critical Study of UNRWA’s Reports and Statistics, Tel Aviv, Economic and Social research Institute, 1967) va encore plus loin et met le nombre de réfugiés arabes à 539 000 en 1948. Selon Don Peretz, le nombre de réfugiés inscrits à l’UNRWA était de 2 600 000, une augmentation de 1 554 000 depuis 1950. Don Peretz présume que le nombre de réfugiés inscrits à l’UNRWA en 1950 était d’un million. Selon la Commission de conciliation pour la Palestine de l’ONU et le rapport de l’UNRWA (25 novembre 1952), le nombre était de 726 000 à cette date. Donna Arzt (note 89), p. 128, note 5.

[141]

Ce chiffre m’a été donné le 12 septembre 1994 par Hagit Hovav, responsable, depuis le début des programmes de réhabilitation, au ministère israélien des Travaux publics et de l’Habitat.

[142]

Dans son livre Israël and Syria : Peace and security on the Golan (cité plus haut note 110, p. 92, 204, 205-206). Don Peretz (cité plus haut note 113, p. 21) félicite les Syriens pour leur décision « d’accepter les Palestiniens qui sont déjà présents sur leur sol ».

[143]

Ce chiffre a été donné le 4 août 1997 par Hagit Hovav, directeur départemental du Projet de renouvellement au ministère israélien des Travaux publics et de l’Habitat et coordinateur du Comité interministériel pour le Projet de reconstruction.

[144]

Don Peretz aussi parle du soutien montant aux factions fondamentalistes palestiniennes (note 113), p. 9.

[145]

Préconisé par Don Peretz (note 113). p. 28 et 31.

[146]

Abu Bakr Al-Kasani, Bada ?’i‘ al-Sana ?’i‘ fi ? Tartib al-Shara ?’i‘. Vols. VII. Cairo 1910, p. 110-111.

Voir aussi:

Why Jews Fled the Arab Countries
Ya’akov Meron
Middle East Quarterly
September 1995

Ya’akov Meron holds a doctorate in law from the Faculté de Droit de Paris and is an authority on Islamic law and the law of Arab countries. He was a member of the Israeli delegation to negotiate the peace treaty with Egypt and to solve the Taba issue.

COORDINATING A PROGRAM OF EXPULSION

In a key address before the Political Committee of the U.N. General Assembly on November 14, 1947, just five days before that body voted on the partition plan for Palestine, Heykal Pasha, an Egyptian delegate, made the following key statement in connection with that plan:
The United Nations . . . should not lose sight of the fact that the proposed solution might endanger a million Jews living in the Moslem countries. Partition of Palestine might create in those countries an anti-Semitism even more difficult to root out than the anti-Semitism which the Allies were trying to eradicate in Germany. . . If the United Nations decides to partition Palestine, it might be responsible for the massacre of a large number of Jews.

Heykal Pasha then elaborated on his threat:
A million Jews live in peace in Egypt [and other Muslim countries] and enjoy all rights of citizenship. They have no desire to emigrate to Palestine. However, if a Jewish State were established, nobody could prevent disorders. Riots would break out in Palestine, would spread through all the Arab states and might lead to a war between two races.1

Heykal Pasha’s thinly veiled threats of « grave disorders, » « massacre, » « riots, » and « war between two races » did not at the time go unnoticed by Jews;2 for them, it had the same ring as the proposition made six years earlier by the Palestinian leader Hajj Amin al-Husayni to Hitler of a « final solution » for the Jews of Arab countries, including Palestine. But the statement appears to have made no lasting impression, to the point that a historian of the Jews in Egypt has described Heykal Pasha as « a well-known liberal. »3

Particularly noteworthy is that although Heykal Pasha spoke at the United Nations in his capacity as a representative of Egypt, he continuously mentioned the Jews « in other Muslim countries » and « all the Arab states, » suggesting a level of coordination among the Arab governments. Indeed, four days after his statement, Iraq’s Foreign Minister Fadil Jamali declared at the United Nations that « interreligious prejudice and hatred » would bring about a great deterioration in the Arab-Jewish relationship in Iraq and in the Arab world at large,4 thereby reinforcing the impression that Heykal Pasha was talking not just on behalf of Egypt but for all the independent Arab states. Further confirmation came several days later, after the General Assembly had decided in favor of partitioning Palestine, when, « following orders issued by the Arab League, »5 Muslims engaged in outrages against Jews living in Aden and Aleppo.6

Another indication that Arab rulers coordinated the expulsion of Jews from their territories comes from a Beirut meeting one and a half years later of senior diplomats from all the Arab States. By this time, March 1949, the Arab states had already lost the first Arab-Israeli war; they now used this defeat to justify an expulsion that had been officially proclaimed before the war even began. As reported in a Syrian newspaper, « If Israel should oppose the return of the Arab refugees to their homes, the Arab governments will expel the Jews living in their countries. »7

According to Walid Khalidi, perhaps the leading Palestinian nationalist historian and a highly reputable source, « The Arabs held their ground throughout the period from November 1947 to March 1948. Up to March 1, not one single Arab village had been vacated by its inhabitants, and the number of people leaving the mixed towns was insignificant. »8 The mass departure from Palestine of 590,000 Arabs began only in April 1948; yet , Heykal Pasha had publicly and very formally announced a program to expel Jews from Arab countries fully five months earlier.

To understand how and when the expulsion of Jews from the Arab countries was actually carried out, we look at the Iraqi case in some detail, then others more breifly.

IRAQ

As mentioned above, the Iraqi authorities openly and formally identified themselves with Heykal Pasha’s threats just four days after he uttered them. Foreign Minister Jamali addressed the United Nations in this manner:
The masses in the Arab world cannot be restrained. The Arab-Jewish relationship in the Arab world will greatly deteriorate. . . . Harmony prevails among Muslems, Christians and Jews [in Iraq]. But any injustice imposed upon the Arabs of Palestine will disturb the harmony among Jews and non-Jews in Iraq; it will breed interreligious prejudice and hatred.9

By « the masses in the Arab world, » Jamali in fact meant his own government, which soon took a series of steps, including anti-Semitic legislation, against its Jewish population. This began with a 1948 amendment to the Penal Code of Baghdad, adding Zionism to other ideologies and behavior (communism, anarchism, and immorality) whose propagation constituted a punishable offense. Laws in 1950 and 1951 the deprived Jews of their Iraqi nationality and their property in Iraq, respectively.10

At times, Iraqi politicians candidly acknowledged that they wanted to expel their Jewish population for reasons of their own, having nothing to do with retaliation for the Palestinian exodus. Perhaps the most interesting incident took place at the tail end of the Israeli war of independence, in late January or early February 1949, when Iraq’s Prime Minister Nuri Sa’id described a plan to expel Jews from Iraq to Alec Kirkbride, then the British ambassador at Amman, and Samir El-Rifa’i, head of the Jordanian government. Kirkbride recounts that Nuri

Came out with the astounding proposition that a convoy of Iraqi Jews should be brought over in army lorries escorted by armoured cars, taken to the Jordanian-Israeli frontier, and forced to cross the line. Quite apart from the certainty that the Israelis would not consent to receive deportees in that manner, the passage of Jews through Jordan would almost certainly have touched off serious trouble amongst the very disgruntled Arab refugees who were crowded into the country. Either the Iraqi guards would have had to shoot other Arabs to protect the lives of their charges. . .

Samir and I were flabbergasted and our faces must have shown our feelings. . . .

I replied, at once, that the matter at issue was no concern of His Majesty’s Government. Samir refused his assent as politely as possible but Nuri lost his temper at being rebuffed and he said: « So, you do not want to do it, do you? » Samir snapped back: « Of course I do not want to be party to such a crime. » Nuri thereupon exploded with rage and I began to wonder what the head of the diplomatic mission would do if two Prime Ministers came to blows in his study. We then broke up in disorder, but I got them out of the house whilst preserving a minimum of propriety.11

Nuri probably chose the British embassy in Amman as the site at which to disclose his plan to the head of the Jordanian government because high-ranking British officials had often spoken of the need to exchange Palestinian Arab and Arab Jewish populations,12 and he most likely expected British understanding of, it not support for, his scheme.

Similarly, when Nuri visited Jerusalem on January 13, 1951, he met ‘Arif al-‘Arif, the Palestinian leader who served as Jordan’s district commissioner for Jerusalem. ‘Arif asked Nuri to hold up the departure of Jews from Iraq « until the problem of Palestine and of the refugees had been solved, » or at least « for one or two years. » Nuri refused to do so. Revealingly, his reasons bore only on considerations of internal Iraqi policy:
The Jews have always been a source of evil and harm to Iraq. They are spies. They have sold their property in Iraq, they have no land among us that they can cultivate. How therefore can they live? What will they do if they stay in Iraq? No, no my friend, it is better for us to be rid of them as long as we are able to do so.13

Nuri candidly acknowledges here that he wanted the Jews out of Iraq, and never mind what consequences their exodus might have for the future of the Palestinian Arabs.

In conversation with foreign diplomats, however, Nuri presented the expulsion of Iraq’s Jews in a very different light-as an exchange of population. On no less than six occasions in 1949, he made this point with foreigners.

(1) In talks with the U.N. Reconciliation Commission in Baghdad on February 18, 1949 (in other words, even before the Beirut meeting of Arab diplomats in March 1949, when the Arab states coordinated their stand on the matter), he threatened harm to the Jews: « Iraq has thus far been able to protect its 160,000 Jews but . . . unless conditions improve and unless Jews now demonstrated their good faith with deeds not words Iraq might be helpless to prevent spontaneous action by its people. »14

(2) To an American diplomat in Baghdad on May 8, 1949, Nuri mentioned his idea of a « voluntary exchange on pro rata basis of Iraqi Jews for Pal[estinian] Arabs, » adding the threat that « firebrand Iraqis might take matters into [their] own hands and cause untold misery to thousands [of] innocent persons. »15

(3) On August 8, 1949, he raised with an official of the British Foreign Office the idea of « an exchange of population. »16

(4) On September 29, 1949, a member of the British embassy in Baghdad reported Nuri’s wish « to force an exchange of population under U.N. supervision and the transfer of 100,000 Jews beyond Iraq in exchange for the Arab refugees who had already left the territory in Israeli hands. »17

(5) On October 14, 1949, Nuri spoke with U.N. officials about the exchange of « 100,000 Baghdad Jews and 80,000 other Jews in Iraq for [an] equivalent number [of] urban Arab Palestinian refugees. »18

(6) To the Clapp Mission in 1949,19 Nuri presented the Jewish expulsion from Iraq as part of a population exchange.20

This (and other evidence) leads to the conclusion that while the Iraqi government sought to present the explusion of Jews as a crowd-driven retaliatory act for the exodus of the Arab refugees from Palestine, it in fact had a full-fledged plan in place before the Arab refugee problem even came into existence.

This interpretation resolves a number of historical questions. It explains the origins of the otherwise mysterious legislation in 1950 depriving Jews of their Iraqi nationality. For example, Shlomo Hillel cannot understand how this complete reversal of the Iraqi attitudes happened, and suggests that Nuri Sa’id did not really intend immediately to apply the law.21 This author respectfully disagrees: take into account the U.N. declarations, the anti-Jewish legislation, and the government persecution of Jews, and it becomes clear that the deprivation of Iraqi nationality was but another step in a plan of expulsion.

The Iraqi plan of expulsion also explains the bombing of the Mas’uda Shem Tob Synagogue in Baghdad on January 14, 1951, as Jews were registering there to emigrate to Israel. Zionists have been accused of causing the violence in the hopes of spurring the Jews to leave Iraq, an accusation whose truth so eminent an authority as Elie Kedourie has said « must remain an open question. »22 But knowing of the authorities’ expulsion plan suggests that not Zionists but Muslim Iraqis were behind the incident . That an Iraqi army officer arrested for throwing the bomb belonged to the opposition Istiqlal Party points to that faction’s responsibility.23

OTHER ARAB COUNTRIES

Similar patterns of Jewish exodus existed in other Arabic-speaking countries, including Yemen, Libya, Syria, Egypt, Algeria and Jordan.

Yemen. Yemeni persecution of Jews prompted a trickle of Jewish emigration to Palestine from the third quarter of the nineteenth century on. Heykal Pasha’s speech merely added momentum to the longstanding Yemeni policy of discrimination against and degradation of Jews, based on a particularly pedantic interpretation of the Islamic law. A bribe from the American Joint Distribution Committee to Yemen’s ruler, Imam Ahmad ibn Yahya, led to his agreeing to the mass exodus of Jews to Israel in 1949-50 by airplane via Aden, an operation known as « On Eagle’s Wings » (or, in journalistic lore, « Magic Carpet »). The Jews of Yemen, relying on their own means, sufferng losses of life and deprivations, traversed the desert to Aden by foot and on donkeys. There, the Jewish Agency lodged them in camps and eventually boarded them onto planes that took them to Israel. In this way, some 50,000 Yemeni Jews reached Israel during the two-year period.

We lack information about the Yemeni government’s decision-making process. But this case provides the clearest example of Jews’ being persecuted and expelled for reasons having to do with Islamic law.

Libya. In Libya, as in Yemen, the exodus of the Jews began even before Heykal Pahsa’s declaration at the United Nations. Attacks on Jewish quarters in Tripoli and other cities occurred in 1945, leading to a death toll the British put at 130 Jews.24 In other words, Jews began leaving Libya three years before the establishment of Israel and seven years before Libya gained independence. Their departure turned into a mass exodus as soon as Israel gained independence and the gates opened to Libyan Jewry. As in Iraq, internal policy appears to be the reason both for the Jews’ expulsion and for later rhetoric inviting them back.

Syria. In Syria, too, the majority of Jews departed before independence in 1946, and long before Heykal Pasha’s statement and the establishment of Israel. As in Yemen and Libya, crude pressure on the Jews of Syria-such as the 1947 pogrom in Aleppo and the rape and murder of four Jewish girls who allegedly tried to smuggle themselves out of Syria-caused a substantial emigration.

While Syria is distinguished from other Arab countries by the fact that its legislation does not manifest discrimination against Jews, Heykal Pasha’s policy was indeed applied there, too. The government seized control of Jewish property in Syria on the basis of emergency legislation and gave it to Arab refugees. Thus, Palestinians were settled in Damascus’s Jewish ghetto, while the Alliance Israélite Universelle School, finished 1n 1939, became a school for Palestinian children. A diplomat at the French embassy in Damascus intervened with the Syrian authorities about this school and was told that the Syrian Jews had to provide room for the Arab refugees, the latter having been expelled by their Palestinian co-religionsits.25

Egypt. In some cases, the execution of the Arab plan of expulsion extended over a period much longer than that of the military hostilities. In Egypt, the expulsion reached its climax only after the overthrow of the monarchy by disgruntled army officers back from the Palestinian battlefield. In Algeria, which did not attain independence until 1962, the expulsion took place later yet.

Jews in Egypt faced acute problems in the 1940s but these did not set their mass departure in motion. Rioting against Jews occurred in November 1945, then resumed in June-November 1948,26 the latter time inspired by the war with Israel. An amendment to the Egyptian Companies Law dated July 29, 1947, required that 40 percent of a company’s directors and 75 percent of its employees be Egyptian nationals, causing the dismissal and livelihood of many Jews, 85 percent of whom did not possess Egyptian nationality.27 A letter to the editor of Akhir Sa’a in 1948 offers some insight into the predicament of Egyptian Jews:
It would seem that most people in Egypt are unaware of the fact that among Egyptian Muslisms there are some who have white skin. Every time I board a tram I hear people pointing at me with a finger and saying « Jew, » « Jew. » I have been beaten more than once because of this. For that reason I humbly beg that my picture (enclosed) be published with the explanation that I am not Jewish and that my name is Adham Mustafa Galeb.28

This testimony rather directly refutes the fine rhetoric of Heykal Pasha about Jews’ enjoying « all rights of citizenship. »

Cairo was slow in carrying out the plan proclaimed by its own diplomat, Heykal Pasha; only during and after the Suez Crisis of 1956 did Egyptian Jews leave in substantial numbers. At that time, the Egyptian Nationality Law was amended to prohibit « Zionists » from holding Egyptian nationality,29 Army Order no. 4 then confiscated property of individuals and associations;30 and supervision, imprisonment, or expulsion followed. The amendment to the Nationality Law of 1956 defined the term Zionism as « not a religion but the spiritual and material bond between those defined as Zionists and Israel. »31 A furthur ministerial decree in 1958 indicates that all Jews between the ages of ten and sixty-five leaving Egypt would be added to the list of persons prohibited from reentering the country.32 Clearly, these decrees had little to do with the Arab refugees of a decade earlier.

Algeria. In Algeria, no significant Jewish emigration occurred until the summer of 1961, and then nearly the entire population was gone within the year.33 Algeria’s independence from France was the key event here; Jews were no longer welcome after the French depature. The Algerian Nationality Code of 1963 made this clear by granting Algerian nationality as a right only to those inhabitants whose fathers and paternal grandfathers had Muslim personal status in Algeria.34 In other words, although the National Liberation Front in Algeria was known for its slogan « A Democratic Secular State, » it adhered to strictly religious criteria in granting nationality.

Jordan. No Jews lived in Transjordan in 1946 (when it became an independent state), as a result of Winston Churchill’s 1921 decision in favor of « preserving [the] Arab character » of Transjordan35 and the resulting British policy forbidding Jews from settling there. Legislation passed in 1954 declared that only non-Jews coming from the former British Mandate of Palestine were entitled to Jordanian citizenship.36 What is so striking about Jordan is that although it lacked a Jewish population, it still shared in the general Arab trend of excluding Jews. Further, it actively discriminated against Lebanese and Syrian Jews.37

SILENCE, DENUNCIATION, AND ACCEPTANCE

A strange silence prevails over the expulsion of the Jews from Arab countries. Out of fifteen books (mainly autobiographies) written by Iraqi politicians and other public figures, only two make any reference to the farhud,38 the Iraqi pogrom of 1941 that first shook feelings among the Jews for the land of their very ancient residence and was the first step in their leaving the country. In his memoirs, Tawfiq as-Suwaydi, head of the Iraqi government and the man with whom the agreement to transport Jews from Baghdad to Israel by air was reached, « does not recall, if only by way of a mere hint, the actual departure of the Jewish communities from his country. »39

On the Israeli side, the establishment did little to break the silence about the dire circumstances of the Jewish exodus from Arab countries.40 Quite the contrary, the romantic « magic carpet » image for the migration from Yemen and the « Ezra and Nehemiah Operation » name attached to the Iraqi migration stress the positive, glossing over the unhappy circumstances of the Arab expulsions. Jean-Peirre Péroncel-Hugoz, a Frence orientalist and journalist at Le Monde, notes with surprise « that Israel only very rarely emphasizes the fact that a part if its population left property and space it legitimately owned in the Arab countries of its origin. »41

Palestinians are the only Arabs vocally to denounce the expulsion of Jews from Arab countries. This began in January 1951 with a telegram from ‘Aarif to the Arab Legue after he failed in his efforts to persuade Nuri to stop the exit of Jews from Iraq. « Were every area of Arab land where Jews reside to retain the Jews and their property as a pledge, two problems would easily be solved, that of Palestine generally and that of the refugees in particular. »42 Along these lines, the Palestinian National Covenant calls for sending the Jews back to their lands of origin. Nabil Hga’th, Yasir Arafat’s advisor, twenty years ago drew attention to the invitation that the Sudan and Libya sent to « their » Jews to return, and called upon the Arab states to legislate a kind of « Law of Return » for Jews of Arab origins.43

Remarkably, some Palestinians have come to see Jewish sovereignty in Israel in terms of a population exchange, and as the necessary price to be paid for the Arab expulsions. ‘Isam as-Sirtawi, who participated in some well-known terrorist operations but later excelled in seeking contact with the Israelis, told Ha-‘Olam Ha-zé editor Uri Avneir that he gave up terrorism against Israel and instead began promoting negotiations when he realized that Israel serves as the asylum for Jews expelled from Arab countries; and that there is no going back along that path.44 Sabri Jiryis, director of the Institute of Palestine Studies in Beirut, enumerated in 1975 the factors leading to the establishment of the State of Israel. The Arab states had much to do with this, for they expelled the Jews « in a most ugly fashion, and after confiscating their possessions or taking control thereof at the lowest price. » These Jews then participated in the reinforcement of Israel, its strengthening and fortification to the degree we see it as present. . . . There is no need to say that the problem of those Jews and their passage to Israel is not merely theoretical, at least from the viewpoint of the Palestinian problem. Clearly, Israel will raise the question in all serious negotiation that may in time be conducted over the rights of the Palestinians. . . . Israel’s arguments take approximately the following form: « It is true that we Israelis brought about the exodus of the Arabs from their land in the war of 1948 . . . and that we took control of their property. In return however you Arabs caused the expulsion of a like number of Jews from Arab countries since 1948 until today. Most of these went to Israel after you seized control of their property in one way or another. What happened, therefore, is merely a kind of ‘population and property transfer,’ the consequences of which both sides have to bear. Thus Israel gathers in the Jews from Arab countries and the Arab countries are obliged in turn to settle the Palestinians within their own borders and work towards a solution of the problem ». Israel will undoubtedly advance these claims in the first real debate over the Palestinian problem.45

In brief, ‘Arif, Sirtawi, and Jiryis recognize that the expulsion of a million Jews from the Arab countries renders the return of Arab refugees infeasible. This realization is compounded by the fact that almost half a century has elapsed since the beginning of the refugee problem, both Arab and Jewish, within the Arab-Israeli conflict. Those individuals to be involved in any future rehabilitation program will mostly be heirs, and even grandchildren, of the original refugees.

CONCLUSION

Accounts of the late 1940s widely assume that the Arab exodus occurred first, followed by the Jewish expulsion. Kirkbride refers to « a decision of the Iraqi government to retaliate for the expulsion of Arab refugees from Palestine by forcing the majority of the Jewish population of Iraq to go to Israel. »46 In Libya, too, there is a similar tendency to associate the uprooting of the Jewish community with the establishment of the State of Israel. « Jews, » John Wright argues, « were forced out of Libya as a result of events leading up and following the foundation of the State of Israel in May 1948. »47

But these accounts oversimplify the actual sequence of events: as we have seen, in a good many cases, Jews were forced out well before the Palestinian exodus. As ‘Arif, Sirtawi, and Jiryis acknowledge, the Arab states contributed substantially to the Palestinians’ present predicament. A recognition of the full wrong done to the Jews of the Arab countries should put to rest Palestinian claims for restitution by Israel. As Péroncel-Hugoz correctly points out, the Jews « left property and space [they] legitimately owned » in the Middle East. In coming to Israel, then these Jews brought with them certain rights.

This information not only straightens out the sequence of events fifty years ago but it refutes exorbitant claims made in the name of Palestinians. A recognition of the true nature of those events represents the best chance for a swift resolution of the Palestinian refugee question today. With so many issues that will have a lasting effect on the future of their populations awaiting the attention of Israeli and Palestinian negotiators, this is one case where the two sides would do well to let history stand and call it even.

1 U.N. General Assembly, Second Session, Official Records, Ad Hoc Committee on the Palestinian Question, Summary Records of Meetings, Lake Success, N.Y., Sept. 25-Nov. 15, 1947, p. 185. The original language of this statement is French, so we have altered the U.N’s English translation to bring it into harmony with the equally official French text.
2 For example, Emile Najjar, the last president of the Egyptian Zionist Federation and a future Israeli diplomat, pointed out Heykal Pasha’s remarks in a lecture delivered in Paris at the Centre d’Etudes de Politique Etrangére on Dec. 20, 1947.
3 Gurdron Krämer, « Aliyatah u-shki’atah shel Kehilat Kahir, » Pe’amim, Spring 1981, pp. 28-30-34.
4 U.N. General Assembly, Second Session, Official Records, Verbatim Record of the Plenary Meeting, vol. II, 110th-128th meetings, Lake Success, N.Y., Sept. 16-Nov. 29, 1947, p. 1391.
5 H.J. Cohen, The Jews of the Middle East, 1860-1972 (Jerusalem: Israel Universities Press, 1973), p. 67.
6 Daniel Pipes, Greater Syria: The History of an Ambition (New York: Oxford University Press, 1990) p. 57, records 75 victims of the Aleppo massacre.
7 Al-Kifah, Mar. 28, 1949, quoted Shlomo Hillel, Ruah Kadim (Jerusalem: ‘Idanim, 1985) p. 244. This book is available in English as Operation Babylon, trans. Ina Friedman (New York: Doubleday, 1987).
8 Walid Khalidi, « Plan Dalet, Master Plan for the Conquest of Palestine, » Middle East Forum, Nov. 1961, p. 27.
9 U.N. General Assembly, Second Session, Official Records, Verbatim Record of the Plenary Meeting, p. 1391.
10 Cohen, Jews of the Middle East, pp. 29-35: Hillel, Ruah Kadim, pp. 135-42.
11 Sir Alec Kirkbride, From the Wings: Amman Memoirs, 1947-1951 (London: Frank Cass, 1976), pp. 115-16.
12 For example, the colonial secretary spoke of this to the Mandates Commission of the League of Nations in 1937. League of Nations, Minutes of the 32d (Extraordinary Sessions of the permanent Mandates Commission, Geneva, July 30-Aug. 18, 1932, p. 21; Hugh dalton, Memoirs: The Fatal Years, 1931-1945 (London: Frederick Muller, Ltd., 1957) pp. 426-427.
13 ‘Arif al-‘Arif, An-Nakba, 1947-1955, vol. 4 (Sidon and Beirut: Al-Maktaba al-‘Asriya, 1960) p. 893.
14 Telegram from the American embassy in Damascus to Washington, D.C., Feb. 21, 1949. I am grateful to Ron Zweig for making this and other U.S. government telegrams available to me.
15 Telegram from the American embassy in Baghdad to Washington, D.C., May 9, 1949.
16 Moshe Gat, A Jewish Community in Crisis: The Exodus from Iraq, 1948-1951 (Jerusalem: The Zalman Shazar Center for Jewish History, 1989), p. 40.
17 Hillel, Ruah Kadim, p. 245.
18 Telegram from the American embassy in Baghdad to Washington, D.C., Oct. 15, 1949.
19 Formally, the Economic Survey Mission, a U.N. effort headed by the Tennessee Valley Authority chairman, Gordon R. Clapp, which led to the establishment of the United Nations Relief and Works Agency.
20 Information related to the author on Dec. 12, 1990, by Paul Marc Henry, secretary to the Clapp Mission (and later French ambassador to Lebanon).
21 Hillel, Ruah Kadim, p. 224.
22 Elie Kedourie, The Chatham Version and Other Middle Eastern Studies (London: Weidenfeld and Nicolson, 1970), p. 449n. 72.
23 Gat, Jewish Community in Crisis, pp. 151-52. An Israeli court has confirmed that Zionists were not behind the explosion: Barukh Nadel, an Israeli journalist, wrote that Israel’s emissaries in Iraq were involved in this crime. In 1980, Mordekhaï Ben- Porat, a former member of parliament (and later a government minister) who had played a major role in organizing the mass immigration of Jews from Iraq to Israel, brought a libel suit against Nadel. Ben-Porat produced the results of an inquiry by the Israeli secret services in 1951, which concluded that none of the Israeli emissaries was involved in the crime. The defendant retracted his allegations and the case was closed. See Ma’ariv, Dec. 7, 1981.
24 John Wright, Libya: A Modern History (Baltimore, Md.: The John Hopkins University Press, 1982), p. 75n. 1; « The Jewish Case before the Anglo-American Committee of Inquiry on Palestine as presented by the Jewish Agency for Palestine » (Jerusalem: Publishing Department of the Jewish Agency for Palestine, 1947), pp. 392-94.
25 The French diplomat (whose name is no longer known) told this in the early 1950s to Eugene Weill, secretary-general of the Alliance Israélite Universelle; Mr. Weill repeated it to the author in the early 1970s.
26 Cohen, Jews of the Middle East, pp. 49-51.
27 Ibid., p. 88; Shimon Shamir, The Jewis of Egypt (Boulder, Colo.: Westview Press, 1987), pp. 33-67.
28 Published originally in Akhir Sa’a, then translated into French as part of a newspaper survey in La Bourse Egyptienne of July 22, 1948; cited in Yehudiya Masriya, Les Jufis en Egypte (Geneva: Editions de l’Avenir, 1971), p. 54.
29 Law no. 391 of 1956, section 1(a). See Al-Waqa ‘i’ al-Misriya, no. 93 repeated (1), Nov. 30, 1956.
30 Egyptian Official Gazette, no. 88 repeated (1) of Nov. 1, 1957.
31 « Egyptian Nationality, » in Revue Egyptienne de Droit International, vol. 12 (1956), pp. 80,87.
32 Egyptian Official Gazette no. 31, Apr. 15, 1958.
33 For a compelling account of how the « very old and well-established  » Jewish community of one Algerian town, Ghardaia, « could be blasted loose from its deep and ancient roots almost overnight, and could be shattered so completely, » see the compelling account by Lloyd Cabot Briggs and Norina Lami Guéde, No More For Ever; A Saharan Jewish Town (Cambridge, Mass.: Peabody Museum, 1964).
34 See section 34 of the Algerian Nationality Code, Law no. 63-69 of Mar. 27, 1963 p. 306; also cited in Annuaire de l’Afrique du Nord 1973, pp. 806-14.
35 Quoted in Aaron S. Klieman, Foundations of British Policy in the Arab World: The Cairo Conference of 1921 (Baltimore, Md.: The Johns Hopkins University Press, 1970), p. 230.
36 Section 3(3) of Jordanian Nationality Law no. 6 of 1954, recorded in Al-Jarida ar-Rasmiya, no. 1171, Feb. 16, 1954, p. 105.
37 Anti-Jewish discrimination appears in order no. 1282 of July 1, 1957 (attributed to the Official Gazette of Jordan, no. 1282 by the Collection of Laws and Regulations [in Arabic], vol. 1 issued by the Jordanian Bar, Amman, 1957, p. 186), which exempts Syrian nationals from showing their passports on entering or leaving Jordan. They may use any other identifying document provided that « they are not Jews. » The same discriminatory legislation against Jews from Lebanon appears in Majmu’at al-Qawanin wa’l-Anzima, vol. 1 (Amman: Jordanian Bar, 1966), p. 188
38 Yehuda Tagar « Ha-Farhud bi-Ktavim be-‘Aravit me’et Medina’im u-Mehabrim ‘Iraqiyim, »Pe’amim, Summer 1981, pp. 38-45.
39 Hillel, Ruah Kadim, p. 285.
40 Mordekhaï Ben-Porat is one exception,: at the end of 1975, he established the World Organization of Jews from Arab Countries. He also spoke up on this topic in the Israeli parliament (see, for example, Divrei ha-Knesset, vol. 72, Jan. 1, 1975, p. 1112).
41 Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, Une Croix sur le Liban (Paris: Lieu Commun, 1984), p. 114. The issue of Jewish refugees from Arab countries is likely to grow in importance as many of their number reach the forefront of public life in Israel. In the imd-1980s, for example, the chief of staff of the Israel army, the parliamentary speaker, the minister of justice, the minister of energy, and the minister of health all were of Iraqi origin. The secretary-general of the Histadrut (the labor federation) was born in Yemen. The deputy prime minister and the minister of the interior were born in Morocco. The countries of the Arab League have by now an impressive representation in the government of Israel.
42 ‘Arif, Al-Nakba, p. 894.
43 Jeune Afrique, July 4, 1975; Ma’ariv, July 3, 1975.
44 Kol Ha’ir, Oct. 30, 1986.
45 An-Nahar, May 15, 1975.
46 Kirkbride, From the Wings, p. 115.
47 Wright, Libya, p. 75n 1.

Voir aussi:

Exodus Today
Don’t pass over modern-day oppression.
Joseph Abdel Wahed
NRO
April 17, 2003

As an Egyptian Jewish refugee, I celebrate Passover with special meaning. Passover is a time to commemorate the Jews’ liberation from slavery in Egypt in 1,300 B.C. and return to freedom in Israel. At my family seders in Cairo in the 1940s, we felt as if we represented the enduring memory of that exodus. Little did we know that we would soon experience our own exodus from Egypt as a result of racism and oppression.

On Passover it is a Jewish tradition that, in retelling the exodus story, we should feel as if we ourselves experienced persecution and exodus from Egypt. I hope that this year we also remember the modern exodus of Middle Eastern Jews, one million of whom fled their homes in Arab countries between 1940 and 1980.

Jews are the oldest-existing indigenous group in the Middle East. While our communities long predate the Arab conquest of the region in the 7th century, our contributions to modern Arab states are immense. Sasson Heskel, a Baghdadi Jew, was Iraq’s finance minister in the 1930s. My relative Mourad Bey helped draft the Egyptian constitution in the 1930s. (Not many Egyptians know that a Jew helped draft their constitution.) And Layla Murad, the great diva of Arabic music and film, was also an Egyptian Jew — our own Barbara Streisand.

But even as child, I understood that Jews were second-class citizens. Signs in the street read: El yahud kalb el arab, « The Jews are the dogs of the Arabs. » At school, my best friend Menyawi turned to me and said with a half-smile, « One day, all the Jews will have their throats slit. » An older Muslim man advised that if I was threatened in the streets, I should say: Ana Muslum, M’wahed billah, « I am a Muslim and believe in one God. »

Despite the hatred in the air, my family was successful. In 1950, as a teenager, I attended a British prep school in Cairo that boasted prominent alumni such as King Hussein of Jordan and Columbia professor Edward Said (who never writes about how his Jewish classmates were expelled from Egypt). But I never got the chance to graduate.

In 1952, Egypt’s new nationalist leader, Gamal Abdel Nasser, began arresting Jews on trumped-up charges and confiscating their property. My uncle and cousin were arrested and a warrant was issued for my father. My family happened to be traveling in Europe, and my father said: « We’ll never return. » My uncle chose to remain, and, following the 1967 war with Israel, was thrown in an Egyptian concentration camp for three years, along with hundreds of other Egyptian Jews.

In 1943, 80,000 Jews lived in Egypt. In 2003, fewer than 50 remain. In 1300 B.C., the Israelites were forced to flee Egypt so fast that their bread didn’t have time to rise. In the 1950s and 1960s, Jews were forced to flee Egypt so fast they didn’t have time to pack their bags.

This pattern of intimidation and expulsion has been repeated in countries throughout the Middle East: in Morocco, Libya, Syria, Iran, Yemen, and Iraq. Arab governments have forced hundreds of thousands of Jews from their lands through laws and waves of pogroms. The American Sephardi Federation estimates that Arab governments confiscated tens of billions of dollars in property and assets from fleeing Jews.

Some fled to Europe and America — like Vidal Sassoon, from Iraq, or Jerry Seinfeld’s mother, from Syria. But the majority returned to Israel, where today more than half of the population is Mizrahi — the descendants of Jews who fled the Middle East and North Africa in the 20th century.

But Arab governments today do not retell the story of Jewish flight from Egypt. I recently checked in to a hotel and struck up a conversation in Arabic with the Egyptian woman working behind the counter. Astonished to learn I fled Cairo as a teenager, she said: « I didn’t know there were Jews in Egypt. »

Today, hatred of Jews is stronger than ever. I see it in the Arab media, school curricula, and of course the mosques. Just a few months ago, Egyptian television ran a 41-part series based on the anti-Semitic myth of the Protocols of the Elders of Zion. The same hatred that drove us from our homes now fuels suicide bombings and lynchings, and the challenge before us is to stop this racism once and for all.

As we recall the Israelites’ exodus from Egypt, we should not forget the modern exodus of Jews in the Middle East. This Passover is a time to commemorate these lost Jewish communities and seek justice for the victims of the Forgotten Exodus. When Arab governments recognize their role in turning nearly a million Jews into refugees, peace will at last be possible.

— Joseph Abdel-Wahed is the former chief economist of Wells Fargo Bank and cofounder of JIMENA: Jews Indigenous to the Middle East and North Africa

Source illustration: Never to return (Mr. Mark Cohen carrying his suit case out of Egypt [1956?]. Mr. Cohen resides in New York today).

Voir encore:

The Forgotten Narrative: Jewish Refugees from Arab Countries
Avi Beker

Jewish Political Studies Review

(Fall 2005)

Historically, there was an exchange of populations in the Middle East and the number of displaced Jews exceeds the number of Palestinian Arab refugees. Most of the Jews were expelled as a result of an open policy of anti-Semitic incitement and even ethnic cleansing. However, unlike the Arab refugees, the Jews who fled are a forgotten case because of a combination of international cynicism and domestic Israeli suppression of the subject. The Palestinians are the only group of refugees out of the more than one hundred million who were displaced after World War II who have a special UN agency that, according to its mandate, cannot but perpetuate their tragedy. An open debate about the exodus of the Jews is critical for countering the Palestinian demand for the « right of return » and will require a more objective scrutiny of the myths about the origins of the Arab- Israeli conflict.

Introduction
Why was the story of the Jewish refugees from Arab countries suppressed? How did it become a forgotten exodus?

Semha Alwaya, an attorney from San Francisco and former Jewish refugee from Iraq, wrote in March 2005 in the San Francisco Chronicle that the world is ignoring her story simply because of the « inconvenience for those who seek to blame Israel for all the problems in the Middle East. »1 As she notes, since 1949 the United Nations has passed more than a hundred resolutions on Palestinian refugees and not a single one on Jewish refugees from Arab countries. The UN makes a clear divide between the « right of return » of millions of refugees even into Israel proper (the pre-1967 borders) and the rights of these Jewish refugees.

Although they exceed the numbers of the Palestinian refugees, the Jews who fled are a forgotten case. Whereas the former are at the very heart of the peace process with a huge UN bureaucratic machinery dedicated to keeping them in the camps, the nine hundred thousand Jews who were forced out of Arab countries have not been refugees for many years. Most of them, about 650,000, went to Israel because it was the only country that would admit them. Most of them resided in tents that after several years were replaced by wooden cabins, and stayed in what were actually refugee camps for up to twelve years. They never received any aid or even attention from the UN Relief And Works Agency (UNRWA), the UN High Commissioner for Refugees, or any other international agency. Although their plight was raised almost every year at the UN by Israeli representatives, there was never any other reference to their case at the world body.2

Only at the end of October 2003 was a bipartisan resolution (H. Con. Res. 311) submitted to the U.S. Congress that recognized the « Dual Middle East Refugee Problem. » It speaks of the forgotten exodus of nine hundred thousand Jews from Arab countries who « were forced to flee and in some cases brutally expelled amid coordinated violence and anti-Semitic incitement that amounted to ethnic cleansing. » Referring to the « population exchange » that took place in the Middle East, the resolution deplores the « cynical perpetuation of the Arab refugee crisis » and criticizes the « immense machinery of UNRWA » that only « increases violence through terror. » The resolution called on UNRWA to set up a program for resettling the Palestinian refugees.3

Typically, the issue of the Jewish refugees was not on the agenda of the Israeli-Palestinian negotiations for a final settlement at Camp David in July 2000. The subject emerged only after the parties failed to reach an agreement on the issue of the Palestinian refugees. Only then did the Israelis raise the question of justice for the Jews from Arab countries.

In addition to the international constraints, there have been domestic political reasons for successive Israeli governments’ suppression of the subject. Many Israelis regarded the immigration and later integration of the Middle Eastern Jews into Israeli society as an important element in the Zionist ethos of the ingathering of exiles, and there was a reluctance to describe it in terms of a forced expulsion or, at best, an involuntary emigration. The Zionist leadership of the newborn state chose the romanticized code-name Magic Carpet to describe the immigration from Yemen, and the biblical title Operation Ezra and Nehemiah – they were Jewish leaders who returned to Jerusalem from Babylon to build the Second Temple – for the exodus of the Iraqi Jews.

Before Camp David in July 2000, the conventional wisdom among both Israelis and international observers was that the issue of the Palestinian refugees should be left to the end of the peace process. It was believed that once the parties reached agreements on recognition, security, borders, water, normalization, and so on, the difficult refugee question would dissipate by itself. Indeed, it was never negotiated seriously since the abortive meetings of the UN Palestine Conciliation Commission in the early 1950s, which discussed a compromise on the refugees’ return that the Arabs rejected.

From the very beginning, the Arabs treated the refugee issue as an instrument to achieve, through UN diplomacy, what they had failed to attain in the battles of 1948-1949 and the subsequent armistice agreements. The much-quoted General Assembly Resolution 194, which is adduced as legitimizing the Palestinian « right of return, » was originally rejected by the Arab states and contains nothing that makes this « right » a principle of international law.4 The wording of 194 already compromised the basis of negotiation by establishing the Palestinian Central Council (PCC) with the aim of facilitating « indirect contacts between the sides, » so as to overcome the Arab refusal to recognize Israel.

Subsequently, the General Assembly refused for many years to use the word peace in regard to settlements between the parties in the Middle East. This deletion from the UN vocabulary sharply contradicted the UN Charter and was a major failing for an organization that had mediated the armistice agreements after Israel’s Independence War, for which its chief negotiator Dr. Ralph Bunche received the Nobel Peace Prize.

The conspiracy to exploit the human tragedy of the refugees against Israel was consolidated when the Arabs refused to accept the concept of resettlement, which appeared in 194 as an alternative solution. This approach was manifested in the establishment of UNWRA in December 1949 as the only agency of its kind to deal with a regional refugee problem.

On 14 December 1950, the UN again reiterated the principles of « repatriation or resettlement and compensation, » and even voiced a concern that « the repatriation, resettlement, economic and social rehabilitation of the refugees and the payment of compensation have not been effected. » The Arabs, however, rejected the conciliation efforts of the PCC and succeeded to convince the General Assembly to separate the refugee issue from the other contested matters of the dispute. This marked a turning point in the UN’s attitude toward the refugee question; subsequently it took on a clear political dimension as needing to be solved in the framework of the « right of return » to an entity known as Palestine.5

The UN never discussed the plight of the Jewish refugees from Arab countries even though it had all the necessary information on their expulsion and even « ethnic cleansing » resulting in their resettlement mostly in Israel. From that point the refugee issue became an independent question, with no relationship to the Arab-Israeli conflict as a whole and the hostile acts that had created the problem in the first place. Hence, the Arabs consistently rejected ideas such as the UN Security Council’s 1949 proposals for an economic survey aimed at settling the refugees in different parts of the Middle East. Similarly, in June 1959 the Arabs reacted with fury when UN Secretary-General Dag Hammarskjöld presented multi year plan for the refugees’ rehabilitation.

The crisis at Camp David in 2000 highlighted the disastrous impact of this approach. It became apparent that the gaps between the parties were unbridgeable. Both the Israelis and the Americans were shocked to discover the Palestinians’ unwillingness to compromise on this matter. Even the pro-Palestinian Left in Israel felt betrayed and expressed the fear that the insistence on full implementation of the right of return is an attempt to destroy the Jewish state. It was only because of this crisis that the Israelis decided to present their own demands for the rights of the Jewish refugees from Arab countries. As a result, President Clinton made a historic statement recognizing these refugees’ entitlement to compensation: « the fund should compensate the Israelis who were made refugees by the war, which occurred after the birth of the State of Israel. Israel is full of people, Jewish people, who lived in predominately Arab countries who came to Israel because they were made refugees in their own land. »6

This American commitment was not, however, entirely new. In a press conference held twenty-three years earlier, on 27 October 1977, President Jimmy Carter said in regard to the Egyptian-Israeli peace treaty: « Palestinians have rights…obviously there are Jewish refugees… they have the same rights as others do. » Although both presidents’ statements are critical for the historical narrative of the Arab- Israeli conflict and have serious implications for solving the Palestinian refugee problem, they remained tangential to the peace process. The matter of the Jewish refugees seems to lurk as a « secret weapon » or fallback position in case the Arab side refuses to compromise on the right of return.

Are Jews Refugees, Too?
On 11 October 2003, the New York Times printed a story whose title bore a question mark: « Are Jews Who Fled Arab Lands to Israel Refugees, Too? » In its evenhanded approach and politically correct sensitivity to Arab claims, the Times left the issue unresolved because, as the article’s author Samuel G. Freedman asserted, the Middle East is « typified by clashes of narratives, different accounts of flight and dispossession that are used to justify political goals today. »7 The Times, however, could have cleared up the confusion by consulting its own archives and checking the reports on the nine hundred thousand Jews who fled Arab states amid anti-Semitic riots and threats after Israel’s creation in 1948. In those accounts there was no clash of narratives but only the « news that’s fit to print » about the mortal danger these Jews faced.

On 16 May 1948, the day after Israel declared independence, the Times published a front-page story with the headline: « Jews in Grave Danger in All Moslem Lands. »8 The paper noted that for nearly four months, « the UN had had before it an appeal for immediate and urgent consideration of the case of the Jewish population in Arab and Moslem countries. » A sub-headline stated that: « Nine Hundred Thousand Jews in Africa and Asia Face Wrath of Their Foes, » and the article cited reports of deteriorating Jewish security including violent incidents. The Times points out that according to a law drafted by the Political Committee of the Arab League, all Jewish citizens of these countries would be considered « members of the minority Jewish state of Palestine. » This implies that there was a clear Arab strategy to expel their Jewish citizens while expecting that they would find refuge in Israel.

In the same UN General Assembly, death threats were aired against Jews without much ado. The Egyptian delegate, Heykal Pasha, warned already on 24 November 1947 about the consequences of establishing a Jewish state in Palestine: « the United Nations…should not lose sight of the fact that the proposed solution might endanger a million Jews living in Muslim countries…creating anti-Semitism in those countries even more difficult to root out than the anti-Semitism which the Allies tried to eradicate in Germany…making the UN…responsible for very grave disorders and for the massacre of a large number of Jews. »9 The Palestinian delegate, Jamal Al-Hussayni, said the Jews’ situation in the Arab world « will become very precarious. Governments in general have always been unable to prevent mob excitement and violence. »10 Syrian UN representative Faris Al-Khuri is quoted in the New York Times as far back as 19 February 1947 stating that: « Unless the Palestinian problem is settled, we shall have difficulty in protecting the Jews in the Arab world. »11 As reported by a Jewish publication: « With the entire Arabic press fulminating against the perfidy of Zionism, and with Arab politicians rousing their underfed and enervated masses to a dangerous pitch of hysteria, the threats were certainly not empty. »12

In Iraq the threats were made publicly, and its Foreign Minister Fadel Jamail offered a similar statement in the UN.13 Iraqi Prime Minister Nuri Sa’id pursued special efforts to expel his country’s Jews and in different political venues raised the idea of a population exchange. Specifically, according to a diplomatic report he suggested « to force an exchange of population under UN supervision and the transfer of 100,000 Jews beyond Iraq in exchange for the Arab refugees who had already left the territory in Israel’s hands. »14 The case of the Jews of Iraq is a documented record of legislation and public executions as part an official government policy of ethnic cleansing of the Middle East’s most ancient Jewish community.15

Expulsion as the Goal
The Arab statements in the UN General Assembly and the New York Times reports prove that the intention to expel these Jewish populations preceded the establishment of Israel and the plight of the Palestinian refugees. At the end of the war for Israel’s independence, early in February 1949, Britain’s ambassador to Transjordan Sir Alec Kirkbride was present at an exchange between the abovementioned Iraqi Prime Minister Sa’id and his Jordanian counterpart, Samir El-Rifa’i, regarding the fate of the Iraqi Jews. The former leader was planning mass killings of his Jewish countrymen to induce them to flee via Jordan. According to Kirkbride, Sa’id « came out with the astounding proposition that a convoy of Iraqi Jews should be brought over in army lorries escorted by armored cars, taken to the Jordanian-Israeli frontier and forced to cross the line. » Sa’id spelled out his strategy:

Quite apart from the certainty that the Israelis would not consent to receive the deportations in that manner, the passage of the Jews through Jordan would almost certainly have touched off serious trouble amongst the very disgruntled Arab refugees who were crowded into the country. Either the Iraqi Jews would have been massacred or their guards would have to shoot other Arabs to protect the lives of their charges.16
Kirkbride and El-Rafa’i turned down the plan, and Sa’id went back to Iraq to reinforce his anti-Jewish measures internally.

What, then, happened to the nine hundred thousand Jews of the Arab countries?17

In a few years, Jewish communities that had existed in the Middle East for more than 2,500 years were brutally expelled or had to run for their lives. The statements made in the UN were harbingers of what became a total collapse of these Jews’ security. Following the Partition Resolution of November 1947, and in some countries even earlier during World War II, Middle Eastern Jews were the targets of official and popular incitement, state-legislated discrimination, and pogroms – again, all this before the massive flight of the Arabs from Palestine.

In Syria, anti-Semitism grew after the Nazis’ rise to power in Germany. By the late 1930s, Syria already served as a headquarters for anti-Semitism and hosted Nazi officers. By 1945 the thirty thousand Syrian Jews already faced restrictions on emigration to Israel and some of their property was burned and looted, including the Great Synagogue in Damascus. In December 1947 there was a major pogrom against the Jews of Aleppo, the largest community with seventeen thousand; many were killed and seven thousand fled. Jewish bank accounts in the city were frozen and private property was confiscated; fifty shops, eighteen synagogues, and five schools were burned. Later, after Israel’s founding, more Syrian Jews were killed and banks were instructed to freeze all Jewish accounts.

In Yemen, Jews were always treated as second-class citizens. As far back as the 1880s, 2,500 Jews moved from there to Jerusalem and Jaffa, and as conditions worsened another seventeen thousand left to Aden and Palestine between 1923-1945. Riots and massacres also occurred in Aden, which was in British-controlled Yemen. In three days of disturbances in December 1947, many Jews were killed and the Jewish quarter was burned to the ground, so that the community lost its business and economic base. Altogether in those three days, 82 Jews were killed, 106 shops looted out of 170, 220 houses destroyed, and four synagogues gutted.

The Iraqi Jews’ condition deteriorated parallel to the rise of Nazism in Germany. Nazi ideology pervaded Iraqi society including the school curricula, which praised Hitler for his anti-Jewish policy and called the Iraqi Jews a fifth column. Hundreds of Jews were forced out of their civil service jobs in the 1930s, and during the 1936 Arab Revolt in Palestine, Jews were terrorized and murdered in Baghdad. That year the Chief Rabbi of Iraq, Sassoon Khaddouri, was forced to issue a statement denying any connection between Iraqi Jews and the Zionist movement, and in 1938 thirty-three Jewish leaders cabled to the League of Nations a strong condemnation of Zionism.18

The worst, however, came in June 1941 with the Farhud, a pro- Nazi uprising against the Jews. Beginning on the Shavuot holiday, in two days incited mobs murdered two hundred Jews, wounded over two thousand, looted more than nine hundred homes, and damaged shops and warehouses.

The Partition Resolution of November 1947 found Iraq’s Jews in a state of fear. There had already been riots in the two preceding years, and Jewish children were no longer accepted in government schools. In May and again in December 1947, Jews were accused of poisoning sweets for Arab children and trying to inject cholera germs in drinking water. In 1948, Zionism was declared a crime, 1,500 Jews were dismissed from public service, and Jewish banks lost their authorization.19 Many Jews were imprisoned and some hanged on the same « charge »; in 1948 the richest Jew in Iraq, Shafiq Adas, received the death penalty for « Zionist and communist crimes. » His execution by hanging was a clear message that Jews had no future in the country.20 Again in 1949, numerous Jews were injured in a new wave of riots. Hence, the evacuation of more than one hundred thousand Jews to Israel between 1949-1951 was precipitated by Iraqi anti-Semitism and echoed the calls of Iraqi leaders for expulsion and population exchange.

A similar wave of persecution took place in Egypt and Libya, where in 1945 there were riots and massacres of hundreds of Jews, with destruction of synagogues and other communal buildings. This recurred in 1948 with the arrest of thousands in Egypt, and deadly attacks in both countries along with synagogue burnings and confiscation of both communal and private property.

The North African countries of Morocco, Algeria, and Tunisia also saw periodic waves of anti-Jewish riots including mass killings, but they were less intensive and with fewer casualties because of the better protection offered by the French authorities, who were engaged in their own conflict with the Arabs. However, many testimonies express fears of sudden deterioration that were reinforced by developments in other Arab countries and in the Arab-Israeli conflict.

Clash of Narratives or Deliberate Injustice?
The creation of the Jewish refugee problem in the Middle East was strongly intertwined with the establishment of Israel and the Arab rejection of a Jewish state. When, after successive wars, a peace process slowly emerged, the Palestinians expected that Israel would strongly pursue the issue of the Jewish refugees. In a 1975 article Sabri Jiryis, then director of the Institute of Palestine Studies in Beirut, accused the Arab states of expelling their Jews « in a mostly cruel manner after confiscating their possessions or taking control of them at the lowest price. » Jiryis expected that the Israelis would claim, in future negotiations, that there had been a population exchange in the Middle East. Although Israelis indeed raised the issue in international forums and information material, it did not enter the peace talks as a clear and unequivocal demand. Jiryis, however, envisaged it differently:

There is no need to say that the problem of those Jews and their passage to Israel is not merely theoretical, at least from the viewpoint of the Palestinian problem. Clearly, Israel will raise the question in all serious negotiations that may in time be conducted over the rights of the Palestinians….Israel’s argument will take approximately the following form: It is true that we Israelis brought about the exodus of Arabs from their land in the war of 1948…and that we took control of their property. In return, however, you Arabs caused the expulsion of a like number of Jews from Arab countries since 1948 until today. Most of them went to Israel after you seized control of their property in one way or another. What happened, therefore, is merely a kind of « population and property transfer, » the consequences of which both sides have to bear. Thus, Israel gathers in the Jews from Arab countries and the Arab countries are obliged in turn to settle the Palestinians within their own borders and work towards a solution of the problem. Israel will undoubtedly advance these claims in the first real debate over the Palestinian problem.21
Why did this not materialize?

Although the repression of painful memories by the Jewish refugees themselves is understandable, it is harder to grasp the silence of Israel’s government and society on an issue that touches the very heart of the Israeli-Palestinian conflict. Drawing an analogy between the stories of the Jewish and Palestinian refugees enables presenting a moral argument against the Palestinian demand for a right of return. For different reasons, however, both the Israeli Left and Right have been reluctant to make that analogy.

The Left, for its part, has trouble with an argument that tends to emphasize the morally superior approach of the Jewish side, which absorbed and rehabilitated its refugees whereas the Arabs worked to perpetuate the Palestinian refugees’ suffering as an anti-Israeli tool. For the Left, the Zionist ethos involves much guilt over Israel’s having allegedly caused the Palestinians to flee. The radical Left has even made sweeping and false accusations that Israeli forces committed systematic massacres and deportations. According to the New Historians and post-Zionists, the state of Israel was born in sin. These notions have found their way into the public discourse, and have been adopted in academe and among the tone-setters in the Israeli culture and media.

The Israeli Right and Center have inhibitions of a different kind. These circles, which represent the mainstream ideology, believe the term « Jewish refugees » should be avoided so as to diminish the social tensions between Ashkenazim and Sephardim. In their view, it is better to stress that most of the Jews from Arab states were drawn to Israel by Zionist ideals and did not come as refugees. Indeed, many Israelis from Arab countries prefer that interpretation. The truth, however, is that the vast majority of Israelis, both Ashkenazim and Sephardim, came to the Promised Land as persecuted or deported refugees; the voluntary, pioneering leadership was always a small minority.

For ideological reasons, as part of its Zionist mission, the Israeli government did not retain the term refugees for the Jews who came from Arab countries. Because it refers to someone without a home or a shelter, the state of Israel « abolished the term from the Jewish historical lexicon, » aiming to show that its door was open to Jewish immigration according to its Law of Return.22 However, these Zionist principles concealed the fact that almost all the Jews from Arab countries were indeed refugees who had suffered a great deal as individuals and as a community. They had undergone persecution, official and unofficial discrimination, and daily political, social, religious, and economic restrictions. They also were refugees because they arrived penniless after all their property and bank accounts were confiscated or looted.

As for the Zionist motives of these immigrants, they were reflected in their religious life in their Diaspora countries where they had prayed for their homeland in Israel and for the welfare of Jerusalem. But like their brethren in Europe, their strong ties to Zion, which were kept and nourished for two thousand years, were never translated into a voluntary, massive immigration to the Land of Israel. What prompted that were the riots and massacres that had been threatened and incited by the Arab leaders even from the rostrum of the UN.

The Role of the UN and UNRWA
The UN clearly played a central role in constructing the Arab narrative and ignoring and later delegitimizing the Jewish-Israeli one. The world body gave the Jews only a short grace period after the Holocaust and up to the establishment of their state. When the UN voted to partition Mandatory Palestine into two states on 29 November 1947, most Jews around the world were ecstatic. Yet even this historic decision was achieved only because of a sudden shift by the Soviet Union and its satellites motivated by political expediency. The Soviets, already engaged in the Cold War, wanted first and foremost to speed Britain’s departure from the Middle East.23 They later reaffirmed Israel’s establishment in the Security Council resolutions of 15 July 1948, which blamed the Arab League for rejecting calls for a ceasefire, and in Israel’s admittance to the UN in May 1949.

The approval of Israel’s UN membership has both political and legal significance, beyond the recognition itself. The passing of the resolution by the General Assembly, against the Arab will, can be considered an ex post facto acknowledgment of the armistice agreements, and a confirmation of the realities created by the Arab rejection of partition: the territorial changes and the need to resettle the Arab refugees in their new areas of residence. Such resettlement of refugees was the regular practice in numerous cases after World War II, and was referred to regarding the Arab refugees in two other General Assembly resolutions: 194 of December 1948, and 394 of December 1950.

The strategy of delegitimizing Israel was based from the beginning on the tragedy of the Palestinians. The Arabs exploited their distress in seeking to make Israel a pariah state. UNRWA was established as the only UN agency devoted to a specific group of refugees. Unlike the UN High Commissioner for Refugees, an agency that deals with all other refugees throughout the world, the Arabs opposed rehabilitation plans for the displaced Palestinians. UNRWA’s political objective was clear: to create a permanent reminder of alleged Israeli misdeeds so as to keep the Palestinian issue alive. In August 1958, the former director of UNRWA in Jordan said: « The Arab States do not want to solve the refugee problem. They want to keep it as an open sore, as an affront to the United Nations and as a weapon against Israel. Arab leaders don’t give a damn whether the refugees live or die. »24

In 2000, more than fifty years after UNRWA’s establishment, an official PLO document reaffirmed the Arab strategy to perpetuate the refugees’ distress by keeping them in the camps: « In order to keep the refugee issue alive and prevent Israel from evading responsibility for their plight, Arab countries – with the notable exception of Jordan – have usually sought to preserve a Palestinian identity by maintaining the Palestinians’ status as refugees. »25

The UNRWA system has largely enabled the corruption of the Palestinian Arab leadership, who have never displayed a real concern for the refugees but only exploited them for political-financial interests. Although UNRWA has carried out laudable humanitarian work, this cannot atone for its generally destructive role. The way in which UNRWA’s mandate is defined plays into the hands of militant groups, including those in the camps. The literature on humanitarian aid refers to the camps as a « refugee-warrior » community, meaning they serve as military staging grounds.

Indeed, the link between refugee camps and terror in general was recognized by the UN Security Council in 1998 when, in discussing refugees in Africa, it declared the « unacceptability of using refugee camps…to achieve military purposes. » Later that year Secretary-General Kofi Annan, in his report to the Security Council, demanded that « refugee camps…be kept free of any military presence or equipment. » But such strictures were never applied to the UNRWA camps, where suicide-bomb belts are prepared, car bombs are constructed, and terrorists are trained.

The Myth of Arab Tolerance
Both Jewish and Arab writers, in different times and for different reasons, have contributed to the myth about the interfaith utopia between Jews and Arabs under Islam. In the nineteenth century, among Jewish authors, this reflected frustration over the failures of European emancipation, and in the twentieth century it figured in Arab accusations that Zionism and Israel had spoiled hundreds of years of pleasant coexistence. Specifically, the myth of Arab tolerance is used to deny the allegations that Jews were expelled from Arab states or faced threats and persecution there. Arab and Palestinian leaders have claimed that the Jews who left those countries can return and resume their peaceful lives.

The historical record of Jewish life under Arab rule, however, is mixed and much less encouraging. Maimonides, the greatest Jewish scholar of the Middle Ages, was close to power in Islamic society and conversant in the Arab language and culture. In his classic « Epistle to the Jews of Yemen » (1172), which he wrote to bolster the Yemenite Jews in the face of oppression and attempts at forced conversion, he wrote:

You know, my brethren, that on account of our sins God has cast us into the midst of this people, the nation of Ishmael, who persecute us severely, and who devise ways to harm us and to debase us. This is as the Exalted had warned us: « Even our enemies themselves being judges » (Deut. 32:31). No nation has ever done more harm to Israel. None has matched it in debasing and humiliating us. None has been able to reduce us as they have.26
For Maimonides, who knew about the Crusaders’ depredations against the Jews of Europe, this was an emphatic historical judgment. It may reflect his own family’s experience of fleeing Spain after the deterioration in the Jews’ conditions there and the death threats they faced from Muslim extremists, or it could be a great thinker’s religiocultural assessment and anticipation of the future Muslim-Jewish confrontation.

The particular myth about the Golden Age and interfaith utopia in Spain was popular in Jewish historiography in the nineteenth century. The Jews’ traumatic expulsion from Catholic Spain in 1492 and the fact that they found refuge in Muslim Turkey reinforced the longing for the better periods when Jews were somewhat economically and culturally integrated in Muslim Spain. Moreover, nineteenth-century Jewish historians were frustrated by their people’s tortuously slow acceptance by European society in what was supposed to be a liberal age. As the greatest of these scholars, Heinrich Graetz, put it in his History of the Jews:

Wearied with contemplating the miserable plight of the Jews in their ancient home and in the countries of Europe, and fatigued by the constant sight of fanatical oppression in Christendom, the eyes of the observer rest with gladness upon their situation in the Arabian Peninsula. Here the sons of Judah were free to raise their heads, and did not need to look around them with fear and humiliation….Here they…were allowed to develop their powers in the midst of a free, simple and talented people, to show their manly courage, to compete for the gifts of fame, and with practiced hand to measure swords with their antagonists….

The height of culture…was reached by the Jews of Spain in their most flourishing period.27 (emphasis added)
Bernard Lewis, however, offers a more balanced assessment of the fourteen centuries of Jewish life under Islamic rule:

The Jews were never free from discrimination, but only rarely subject to persecution;…their situation was never as bad as in Christendom at its worst, nor ever as good as in Christendom at its best. There is nothing in Islamic history to parallel the Spanish expulsion and Inquisition, the Russian pogroms, or the Nazi Holocaust; there is also nothing to compare with the progressive emancipation and acceptance accorded to Jews in the democratic West during the last three centuries.28
Unlike Christianity, Islam had no tradition of deicide and Muslims did not blame Jews for the demise of their prophet Mohammed, who died a natural death. However, Muslims’ attitudes toward contemporary Jews were influenced by biographical accounts of Mohammed and by hadith concerning Jewish attempts on the Prophet’s life, and when the Islamic world was threatened from within or without, its leaders became harsher toward the other religions leading to discrimination and violent persecution.29

Since the late nineteenth century both theological and racist European anti-Semitism, including the innovations of the Nazis, have been internalized in the Muslim world. This includes themes centering on Jewish « chosenness, » with wide dissemination of the Protocols of the Elders of Zion. Lewis observes that hatred of Israel is the only grievance that can be freely and safely expressed in the Arab totalitarian societies; Israel serves to deflect anger about economic conditions and lack of political freedom.30

Yehuda Bauer notes that the study of Islam is important for Holocaust scholars because the same patterns and threats have arisen and a second Holocaust is perfectly possible: « In radical Islam there are forces which are mentally prepared – given the power – to carry out genocide against others. » Whereas in the past traditional Islamic sects like the Saudi Wahabists did not focus on Jews, they now speak explicitly of eradicating them: « Their language is a mixture of that of the Nazis and the Qur’an. »31

Denial of History and Justice
The denial of history has become an important tool in the Arab- Palestinian narrative. The obfuscation of the Jewish exodus from Arab countries is part of a larger revisionist endeavor. For instance, the official Palestinian Authority newspaper Al-Hayat Al-Jadida quotes Muslim writer Safi naz Kallan’s statement that: « there is no people or land named Israel, only Zionist thieves unfit to establish a nation or have their own language and religion. » These Jews are « Shylocks of the land, busy emptying Palestinian pockets. »32 At the Camp David talks in July 2000, Yasser Arafat denied any Jewish connection to the Temple Mount, thereby contradicting the Koran, the hadith, and other Islamic sources. His representative Saeb Erekat said the very idea of the Temple is a Jewish invention with no historical basis. President Clinton replied: « it is not just all the Jews around the world who believe that the Temple was there but the majority of Christians as well. »33

The Arabs’ claim of a right of return for the Palestinian refugees relies on false premises: that there is such a right under international law, that it was granted to the Palestinians in UN resolutions, and that Israel is responsible for creating the refugee problem.34 The case of the Jewish refugees highlights the Arabs’ unwillingness to recognize the Jewish right to a homeland and calculated policy of exploiting the conflict to pursue their goal of an « ethnic cleansing » of Israel. This policy has long and consistently been practiced by the Arabs. Today almost no Jews live in the Arab world, and Christian communities have dwindled sharply there.

In launching their war against the Jewish state in 1948, Arab countries were basically responsible for both the Jewish and Arab refugee problems. During this eighteen-month confrontation, in which Arab armies invaded Israel and battles raged in almost every city and settlement, there were instances in which Israeli troops forced the local Arab population to leave their homes. These were acts of self-defense in a war that killed six thousand of the six hundred thousand Jews then in the country, and it is clear that Israel did not, as alleged, mastermind a large-scale expulsion of Palestinians. According to their own testimonies, most of the Palestinians left because of the threats and fear-mongering of Arab leaders.

In his memoirs the former prime minister of Syria, Khalid Al- Azm, placed the entire blame for the refugee problem on the Arabs:

Since 1948 it is we who demanded the return of the refugees…while it is we who made them leave….We brought disaster upon…Arab refugees, by inviting them and bringing pressure to bear upon them to leave….We have rendered them dispossessed….Then we exploited them in executing crimes of murder, arson, and throwing bombs upon…men, women and children – all this in the service of political purposes.35
In March 1976, in the official PLO journal in Beirut, Falastin Al- Thawra, current Palestinian Authority Chairman Mahmoud Abbas wrote:

The Arab armies entered Palestine to protect the Palestinians from Zionist tyranny, but instead they abandoned them, forced them to emigrate and to leave their homeland, imposed upon them a political and ideological blockade and threw them into prisons similar to the ghettos in which the Jews used to live in Eastern Europe….36
The Arab demand for a right of return is a formula for destroying Israel as a Jewish state and reflects the unwillingness to seek a realistic settlement. Open discussion of the Jews’ flight from Arab countries will encourage a more objective scrutiny of the myths about the origins of the Arab-Israeli conflict. The Arab and Palestinian responsibility for the population exchange that occurred weakens their argument for a « return » and highlights the double standard the UN has consistently applied to the conflict.

The case of the Jewish refugees from Arab countries and their harsh expulsion is a critical element in transforming the refugee question from a political-military tool to a humanitarian issue and helping to set the Middle East narrative straight.

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Notes
1. Semha Alwaya, « The Vanishing Jews of the Arab World: Baghdad Native Tells the Story of Being a Middle East Refugee, » San Francisco Chronicle, 6 March 2005.

2. For more on the subject, see Avi Beker, « Perpetuating the Tragedy: The United Nations and the Palestinian Refugees, » in Malka Hillel Shulewitz, ed., The Forgotten Million: The Modern Jewish Exodus from Arab Countries (London: Cassell, 1999), pp. 142-52; on the absorption in Israel, see Yehuda Dominitz, « Immigration and Absorption of Jews from Arab Countries, » in Shulewitz, ibid., pp. 155-84.

3. Itamar Levin, « Move in US Congress on Jews from Arab Countries…Also Calls on UNRWA to Resettle Palestinian Refugees, » Globes, 30 October 2003 (Hebrew); Melissa Radler, Jerusalem Post, 31 October 2003.

4. Ruth Lapidoth, « Legal Aspects of the Palestinian Refugee Question, » Jerusalem Letter No. 485, Jerusalem Center for Public Affairs, September 2002.

5. Avi Beker, The United Nations and Israel: From Recognition to Reprehension (Lexington, MA: Lexington Books, 1988), p. 49; Shabtai Rosenne, « Israel and the United Nations: Changed Perspectives, 1945-1976, » American Jewish Yearbook, 1978, pp. 33-34.

6. ABCnews.go.com/transcript: « Israeli TV Interviews Clinton, » 27 July 2000.

7. Samuel G. Freedman, « Are Jews Who Fled Arab Lands to Israel Refugees, Too? » New York Times, 11 October 2003.

8. Mallory Browne, « Jews in Grave Danger in All Moslem Lands, » New York Times, 16 May 1948; George Barret, « Protection of UN Sought for Jews, » New York Times, 17 May 1948.

9. United Nations, Official Records of the Second Session of the General Assembly, Ad Hoc Committee on the Palestinian Question, Summary Records of Meetings, 25 September-25 November 1947, Lake Success, NY, p. 185.

10. Ibid.

11. Quoted in S. Landshut, Jewish Communities in the Muslim Countries of the Middle East: A Survey, for the American Jewish Committee and the Anglo- Jewish Association (London: Jewish Chronicle, 1950).

12. Ibid., p. 26.

13. United Nations, Official Records of the Second Session of the General Assembly, Verbatim Record of the Plenary Meeting, Vol. 2, 110 – 28th meeting, 16 November 1947, p. 1391.

14. For the sources, see Ya’akov Meron, « Expulsion of Jews from Arab Countries, » in Shulewitz, Forgotten Million, pp. 88-89.

15. Carole Basri, « The Jewish Refugees from Arab Countries: An Examination of Legal Rights – A Case Study of the Human Rights Violations of Iraqi Jews, » Fordham International Law Journal, Vol. 26, No. 3, March 2003, pp. 656-720.

16. Alec Kirkbride, From the Wings: The Amman Memoirs, 1947-1951 (London: Frank Cass, 1976), pp. 115-16.

17. The survey of the Jewish condition in Arab countries is based on Norman A. Stillman, The Jews of Arab Lands in Modern Times (Philadelphia: Jewish Publication Society, 1991); Martin Gilbert, The Jews of Arab Lands (London: British Board of Jewish Deputies, 1976); Ya’akov Meron, « Why Jews Fled the Arab Countries, » Middle East Quarterly, September 1995, pp. 47-54; Raphael Patai, The Vanished Worlds of Jewry (New York: Macmillan, 1980).

18. Stillman, Jews of Arab Lands, p. 116, n. 32; Moshe Gat, The Jewish Exodus from Iraq 1948-1951 (London: Frank Cass, 1997), p. 7.

19. Levin, « Move in US Congress, » p. 13.

20. Gat, Jewish Exodus, pp. 38-39.

21. Quoted in Meron, « Expulsion of Jews, » p. 96.

22. Dominitz, « Immigration and Absorption. »

23. Beker, United Nations and Israel, pp. 32-36.

24. See Terrence Prittie, « Middle East Refugees, » in Michael Curtis, Joseph Neyer, Chaim I. Waxman, and Allan Pollack, eds., The Palestinians: People, History, Politics (New Brunswick, NJ: Transaction Books, 1975), p. 71.

25. « The Palestinian Refugees, » in Factfiles (Ramallah: Palestine Liberation Organization, 2000), p. 22.

26. « Maimonides’ Epistle to the Jews of Yemen, » in Norman A. Stillman, The Jews of Arab Lands: History and Source Book (Philadelphia: Jewish Publication Society, 1979), p. 241.

27. Quoted in Marc R. Cohen, Under the Crescent and Cross: The Jews in the Middle Ages (Princeton: Princeton University Press, 1994), pp. 3-4.

28. Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites (London: Phoenix, 1997), pp. 121-22.

29. Cohen, Under the Crescent, p. 24; Lewis, ibid., p. 128.

30. Lewis, ibid.

31. « From Propagating Myths to Research: Preparing for Holocaust Education – An Interview with Yehuda Bauer, » Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 3, Jerusalem Center for Public Affairs, 1 December 2002.

32. Al-Hayat Al-Jadida, 5 November 1997 (Arabic).

33. Shlomo Ben Ami, A Front without a Rearguard: A Voyage to the Boundaries of the Peace Process (Tel Aviv: Yediot Aharonot, 2004), p. 219 (Hebrew).

34. Ruth Lapidoth, « The Right of Return in International Law, with Special Reference to the Palestinian Refugees, » Israel Yearbook on Human Rights, Vol. 16 (Tel Aviv: Tel Aviv University, 1986).

35. Quoted in Joan Peters, From Time Immemorial (Chicago: JKAP Publications, 1984), p. 16.

36. « Abu Mazen Charges that the Arab States Are the Cause of the Palestinian Refugee Problem, » Wall Street Journal, 5 June 2003.

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DR. AVI BEKER is former secretary-general of the World Jewish Congress and has testified before the U.S. Congress on the Jewish refugees from Arab countries. He currently teaches international diplomacy to MA students and heads the Jewish Public Policy project at the School of Government and Policy at Tel Aviv University. He has published books and articles on international, UN, and Jewish affairs.

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The opinions expressed herein do not necessarily reflect those of the Board of Fellows of the Jerusalem Center for Public Affairs.

The above essay appears in the Fall 2005 issue of the Jewish Political Studies Review, the first and only journal dedicated to the study of Jewish political institutions and behavior, Jewish political thought, and Jewish public affairs.

Published by the Jerusalem Center for Public Affairs (http://www.jcpa.org/), the JPSR appears twice a year in the form of two double issues, either of a general nature or thematic, with contributors including outstanding scholars from the United States, Israel, and abroad. The hard copy of the Spring 2005 issue will be available in the coming weeks. »

From the Editors: Manfred Gerstenfeld and Shmuel Sandler

The Forgotten Narrative: Jewish Refugees from Arab Countries by Avi Beker

European Politics: Double Standards toward Israel by Manfred Gerstenfeld

Annals of Israeli-Albanian Contacts on Establishing Diplomatic Relations by Yosef Govrin

Perspectives – Jomo Kenyatta and Israel by Asher Naim

Assessing the American Jewish Institutional Response to Global Anti-Semitism by Steven Windmueller

The New Muslim Anti-Semitism: Exploring Novel Avenues of Hatred by Raphael Israeli

Arab and Muslim Anti-Semitism in Sweden by Mikael Tossavainen

Kill a Jew – Go to Heaven: The Perception of the Jew in Palestinian Society by Itamar Marcus and Barbara Crook

Israel in the Australian Media by Tzvi Fleischer

Barbara Tuchman’s Comments on Israel by Moshe Yegar

Hidden in Plain Sight: Alexis de Tocqueville’s Recognition of the Jewish Origin of the Idea of Equality by Joel Fishman

Perspectives – The Seventh-Century Christian Obsession with the Jews: A Historical Parallel for the Present? by Rivkah Duker Fishman

Book Reviews:

Isi Leibler on Tower of Babble: How the United Nations Has Fueled Global Chaos by Dore Gold

Shalom Freedman on Iran’s Nuclear Option: Tehran’s Quest for the Atom Bomb by Al J. Venter

Shalom Freedman on Rabin and Israel’s National Security by Efraim Inbar

Freddy Eytan on The Long Journey to Asia by Moshe Yegar

Susanne Urban on From Cooperation to Complicity: Degussa in the Third Reich by Peter Hayes, and The Nazi Dictatorship and the Deutsche Bank by Harold James

Joel Fishman on The Oslo Syndrome: Delusions of a People under Siege by Kenneth Levin

Manfred Gerstenfeld on Rising from the Muck: The New Anti-Semitism in Europe by Pierre-André Taguieff

Manfred Gerstenfeld on Les territoires perdus de la République: Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire by Emmanuel Brenner

Manfred Gerstenfeld on Holocaust Justice: The Battle for Restitution in America’s Courts by Michael J. Bazyler

Shalom Freedman on Double or Nothing: Jewish Families and Mixed Marriages by Sylvia Barack Fishman

COMPLEMENT:

Recognition for the Silent Jewish Refugees
Andrew G. Bostom

American thinker

July 19, 2007

Summary

The bicameral Congressional Human Rights Caucus (CHRC) will hold a landmark hearing on Thursday July 19th regarding the hundreds of thousands of Jews forced to flee their communities in the Arab Muslim nations as a result of the Arab-Israeli conflict. Oriental Jews suffered profound violations of their basic human rights under the Islamic regimes throughout North Africa, the Middle East and the Gulf Region.

This persecution — including pogroms and expropriations — caused their subsequent flight despite longtime residences in these countries. The two decades following World War II witnessed a rapid dissolution of the major Jewish communities in the Arab Muslim world (and beyond, including Afghanistan, as well as the significant attrition of the Jewish population in Turkey). Even the first decade after World War II saw a reduction by half in the overall Jewish population of the Arab countries.

The July 19, 2007 congressional hearing on Jewish refugees has an immediate, practical goal of providing US legislators with preliminary information before voting on House Resolution 185 and Senate Resolution 85. Under the proposed legislation, the US president would be required to instruct all official representatives of the United States that « explicit reference to Palestinian refugees be matched by a similar explicit reference to Jewish and other refugees, as a matter of law and equity. » The historical legacy of this mass Jewish exodus elucidates the bare minimum equity provided in these resolutions. This Thursday’s CHRC hearings provide a unique window on the legacy of dhimmitude and Islamic antisemitism which caused the tragic exodus of some 900,000 Jews from the Arab (and non-Arab Muslim) nations, liquidating most of these ancient communities.

But the occasion of these hearings should also serve as a clarion reminder that this is a living legacy for those vestigial remnant Jewish populations still living within the Arab Muslim world, as well as the larger populations of Jews in both non-Arab Iran (in particular), and even Turkey. Finally, it must be acknowledged that this same animus-born of general anti-dhimmi attitudes and specific Islamic antisemitism-has reached genocidal proportions when directed at the Jews of Israel, nearly half of whom are Oriental Jewish refugees and their descendants.

Full Article

The bicameral Congressional Human Rights Caucus (CHRC) will hold a landmark hearing on Thursday July 19th regarding the hundreds of thousands of Jews forced to flee their communities in the Arab Muslim nations as a result of the Arab-Israeli conflict. Oriental Jews suffered profound violations of their basic human rights under the Islamic regimes throughout North Africa, the Middle East and the Gulf Region. This persecution — including pogroms and expropriations — caused their subsequent flight despite longtime residences in these countries. The Congressional Human Rights Caucus, under the auspices of its Chairman, Congressman Tom Lantos, will hear testimony from legal experts on the rights of Jewish refugees from Arab countries as well as from « living witnesses' » — Oriental Jews who will testify as to their plight in, and flight from, the Arab countries where they were born.

The July 19, 2007 congressional hearing on Jewish refugees has an immediate, practical goal of providing US legislators with preliminary information before voting on House Resolution 185 and Senate Resolution 85. Under the proposed legislation, the US president would be required to instruct all official representatives of the United States that « explicit reference to Palestinian refugees be matched by a similar explicit reference to Jewish and other refugees, as a matter of law and equity. » The historical legacy of this mass Jewish exodus elucidates the bare minimum equity provided in these resolutions.

From Minority Protection to Minority Sacrifice

The two decades following World War II witnessed a rapid dissolution of the major Jewish communities in the Arab Muslim world (and beyond, including Afghanistan, as well as the significant attrition of the Jewish population in Turkey). Even the first decade after World War II saw a reduction by half in the overall Jewish population of the Arab countries. The decline was far greater in several countries. Iraq, Yemen, and Libya had lost over 90 percent of their Jews, and Syria 75 percent, by the end of 1953. At this time, the French-ruled Maghreb contained most of the Jews who remained in the Arab world. Not long afterward, however, the three countries of that region (i.e., Morocco, Tunisia, and Algeria) achieved their independence. And within little more than two decades after the end of World War II, most of the North African Jews were gone as well.

Although the Arab-Israeli conflict, combined with the end of French colonial rule in North Africa, may have served as catalysts for this mass exodus, these phenomena were antedated by a more powerful underlying dynamic set in motion during the 19th century era of Western colonization. Historians Bat Ye’or and Norman Stillman have highlighted the profound political and psychosocial impact of the West’s penetration into the Islamic world through the 19th and 20th centuries, which undermined (at least temporarily, and in part) the prevailing system of dhimmitude:

(Bat Ye’or) They were no longer forbidden to have a position that might give them equality or superiority over a Muslim. They could revive their prohibited language, as well as their history and their culture. They were no longer dehumanized dhimmis, deprived of the right to speak, to defend themselves and to preserve their own history…The national liberation of a dhimmi people [i.e., the Jews of Israel] meant the abolition of the laws of dhimmitude…[in] their historical homeland

(Norman Stillman) …the Jews and most native Christians…viewed it [European colonial governance] as a liberation from their traditional subordinate dhimmi status, which since the later Middle Ages [at least] had been rigorously imposed upon them. The Jews and Christians of the Muslim world were quick to see that increased European interference and penetration into the affairs of their region meant a weakening of the traditional Islamic norms of society and could only better their own position, which was one of religiously and legally defined inferiority.

Jewish and Christian dhimmi populations availed themselves eagerly of the modern educational programs provided by an array of Western religious and cultural representatives inundating the Middle East and North Africa. From the 1860s onward, the Alliance Israelite Universelle, for Jews, specifically, was the chief provider of modern education in the major cities and towns of most Arab countries. Concomitantly, French, rather than Arabic or Turkish, became the primary language of high culture for tens of thousands of Jews. The Alliance also instilled in its Jewish pupils an improved self-image, which fostered new expectations within them.

Jews (and Christians, who benefited from missionary schools) took advantage of these educational opportunities, which produced cadres of westernized native non-Muslims who now had a distinct advantage over the largely uneducated Muslim masses, arousing the ire of the latter. The Western acculturation and economic success of the Jewish and Christian minorities, as well as their foreign ties, were deeply resented by the Muslim Arab majority. Conspicuous overachievement by some Jews and Christians would contribute to their undoing in the twentieth century, as decolonization lead to the recrudescence of dhimmitude — an inevitable consequence when the aroused jihadist forces (whether traditional, or thinly veiled under the guise of « secular Arab nationalism ») helped end Western colonial rule.

For Jews, traditional Islamic antisemitism accompanied this dhimmitude, intensified by a furious anti-Zionism, seamlessly interwoven with both Islamic and modern European antisemitism, especially Nazism. This predictable course of events was foreshadowed during the waning years of European colonialism when the policy of protecting non-Muslim minority rights was sacrificed in order to appease the restive majority Muslim populations. The unleashing of this powerful tide through appeasing, or at least not offending the sensibilities of the Muslim majorities, eventually engulfed and destroyed the Jewish, and some of the Christian communities, in the Arab world.

Pogroms, Persecutions, Expropriations, and Mass Exodus: 1941-1973

Addressing the Political Committee of the U.N. General Assembly with regard to the proposed Partition Plan for Palestine (Resolution 181), on November 24, 1947, Egyptian delegate Heykal Pasha, a « well-known liberal » threatened,

The United Nations…should not lose sight of the fact that the proposed solution might endanger a million Jews living in the Muslim countries. Partition of Palestine might create Antisemitism in those countries even more difficult to root out than the Antisemitism which the Allies tried to eradicate in Germany…If the United Nations decides to partition Palestine, it might be responsible for very grave disorders and for the massacre of the large number of Jews…A million Jews live in peace in Egypt [and the other Muslim states] and enjoy all rights of citizenship. They have no desire to emigrate to Palestine. However, if a Jewish state were established, nobody could prevent disorders. Riots would break out in Palestine, would spread through all the Arab states and might lead to a war between two races.

Five days later on November 29, 1947 the U.N. General Assembly adopted Resolution 181, known as the « Partition Plan. » David Littman has summarized Resolution 181, its relationship to the 1922 League of Nations Mandate, and reception by the Arab League:

Called the « Partition Plan », it [divided] the land west of the Jordan River into two parts: an Arab state and a Jewish state, with an international corpus separatum for Jerusalem. It comprised about 22 percent of the roughly 120,000 km2 of the original 1922 League of Nations area of Palestine. All the land east of the Jordan River-78 percent, about 94,000 km2 of the entire mandatory area-had been transferred to the Emir Abdullah of Arabia by Britain, thus creating the de facto Emirate of Trans-Jordan, later to be re-named in 1949 the Hashemite Kingdom of Jordan. This 1947 Partition Plan was categorically refused by all the Arab League States and also by the Arab-Palestinian leadership, still nominally headed by the Mufti of Jerusalem, Hajj Amin el-Husseini, who found refuge in Egypt in 1946 (he moved to Beirut in 1962).

Heykal Pasha’s speech provides a useful benchmark for delineating three phases of pogroms and persecutions which caused the exodus of Jews from Arab Muslim nations: the decade prior to his speech; in the immediate aftermath of the speech and the U.N. Partition vote on November 29, 1947; and, the Arab-Israeli War of May-June 1948, and ensuing two decades.

The Baghdad pogrom (the « Farhud ») of June,1941– fomented by Hajj Amin el-Husseini, during his WW II sojourn in Iraq — was followed by three outbursts of anti-Jewish violence in November, 1945 in Egypt, Libya, and Syria. Baghdad (1941) and Libya (Tripolitania, 1945) experienced major pogroms: hundreds of Jews were killed and thousands wounded, accompanied by widespread devastation to Jewish homes, synagogues, and businesses. During the Farhud, Stillman maintains 179 Jews (including women and children) were murdered, 242 children orphaned, 586 businesses looted, and 911 buildings housing 12,000 individuals were pillaged. Estimates for property damage ranged from 680,000 to 2,700,000 pounds. Naim Kattan, an Iraqi Jew, described the Farhud in this eyewitness account from his autobiographical Farewell Babylon:

The Jews would bare the cost of this repressed hunger, this devouring thirst. Two days and a night. We could hear shots in the distance. They came closer and gradually grew clearer. The conflagration invaded new grounds. Soon it would swallow up everything. They advanced. Armed with picks, daggers, sometimes with rifles, they unfurled in waves, surrounded the city, beleaguered it. As they passed through, they brought along Muslims, spared the Christians. Only the Jews were being pursued. As they advanced, their ranks swelled, teeming with women, children, and adolescents who ululated as they did on great occasions such as weddings and feasts. They reached the target. It was the poorest part of town, Abou Sifain. They pushed down the gates and moved in. What could not be carried away was demolished. Then a second wave entered the devastated site. The men were sent away. Those who put up the slightest resistance had their throats cut on the spot. And the women were made to submit to the will of the men…The Chief Rabbi published a notice of mourning: the community had lost three hundred members. People laughed in his face. Only three hundred! Was he in league with the government? Or perhaps he only wanted to lessen the horror…The dead were entitled to a prayer and the repose of their souls. And what of the hundreds of girls who had been savagely raped? At best they hoped to keep their misfortune secret.

Elie Kedourie has written that 600 Jews were murdered during the May, 1941 Baghdad Farhud, (in support of Kattan’s implication that many more than 300 had been killed), noting, the figure of 600 « …is the official figure which was kept confidential at the time. »

Recurrent anti-Zionist/Antisemitic incitement from 1943 to 1945 culminated in a series of anti-Jewish riots during November of 1945. Egypt was the sight of the first of these riots — in both Cairo and Alexandra — fomented by Islamic groups including the Muslim Brotherhood and the Young Men’s Muslim Association. Hundreds were injured during the rioting and looting of some 110 Jewish businesses in Cairo, while the disturbances in Alexandria claimed the lives of 5 Jews. Thomas Mayer has observed, « the critics of the riots did nothing to prevent the distribution of anti-Jewish propaganda in Egypt, » and « the Egyptian Jews continued to be harassed by Pan-Arab and Islamic societies, as well as by Government officials, and pressed to make anti-Zionist declarations. » Thus in the aftermath of the riots, neither the Egyptian Chief Rabbi’s protestations of loyalty, nor the expressions of regret and sympathy by Egyptian government officials could restore Egyptian Jewry’s sense of security, as the general atmosphere of hostility towards Jews remained unchanged.

One day after the rioting in Egypt subsided much more extensive and devastating anti-Jewish violence erupted in Libya. A minor altercation between Arabs and Jews near the electric power station outside the Jewish quarter of Tripoli was followed the next day (November 5th) by an anti-Jewish pogrom, as characterized by Norman Stillman,

…mobs numbering in the thousands poured into the Jewish quarter and the Suq al-Turk (the bazaar where many Jewish shops were located) and went on a rampage of looting, beating, and killing. According to one confidential report, weapons were distributed to the rioters at certain command centers, one of which was the shop of Ahmad Krawi, a leading Arab merchant…only Jews and Jewish property were attacked. The rioters had no difficulty in distinguishing Jewish homes and businesses because prior to the attack, doors had been marked with chalk in Arabic indicating « Jew, » « Italian, » or « Arab. » Mob passions reached a fever pitch when a rumor spread that the Chief Qadi of Tripoli had been murdered by Jews and the Shari’a Court burned. The terror then spread to the nearby towns of Amrus, Tagiura, Zawia, Zanzur, and Qusabat.

Zachino Habib, Tripoli’s Jewish community president, provided this eyewitness account of what transpired in Tripoli, Zanzur, Zawia, Qusabat, and Zitlin on November 4-5, 1945:

…the Arabs attacked the Jews in obedience to mysterious orders. Their outbursts of violence had no plausible motive. For fifty hours they hunted men down, attacked houses and shops, killed men, women, old and young, horribly tortured and dismembered Jews isolated in the interior…In order to carry out the slaughter, the attackers used various weapons: knives, daggers, sticks, clubs, iron bars, revolvers, and even hand grenades

Stillman assessed the toll of the pogrom in lives and property, as well as its psychosocial impact:

When the pogroms — for that is what the riots essentially were — were over, 130 Jews were dead, including thirty-six children. Some entire families were wiped out. Hundreds were injured, and approximately 4,000 people were left homeless. An additional 4,200 were reduced to poverty. There were many instances of rape, especially in the provincial town of Qusabat, where many individuals embraced Islam to save themselves. Nine synagogues — five in Tripoli, four in the provincial towns-had been desecrated and destroyed. More than 1,000 residential buildings and businesses had been plundered in Tripoli alone. Damage claims totaled more than one quarter of a billion lire (over half a million pounds sterling). The Tripolitanian pogroms dealt, in the words one one observer [Haim Abravanel, director of Alliance schools in Tripoli], « an unprecedented blow…to the Jews’ sense of security. » Many leading Arab notables condemned the atrocities, but as the British Military Administration’s Annual Report for 1945 noted, « no general, deep-felt sense of guilt seems to animate the Arab community at large; nor has it been too active in offering help to the victims. »

Minor anti-Jewish violence also occurred on November 18, 1945 in Syria (coinciding with the Muslim holiday al-Id al-Kabir, the culmination of the hajj (pilgrimage) rites at Mina, Saudi Arabia), when « …a mob broke into the Great Synagogue of Aleppo, smashed votive objects, burned prayer books, and beat up two elderly men who were studying there. »

Shortly after Heykal Pasha’s November 24, 1947 speech and the November 29, 1947 U.N. vote which adopted the « Partition Plan » for Palestine, demonstrations were held (December 2nd to 5th) throughout the Arab Muslim world to protest the U.N. decision. These demonstrations sparked anti-Jewish violence in Bahrain, Aleppo, and the British protectorate of Aden. The riots in Aleppo and Aden were severe — many Jews were killed, significant physical devastation occurred, and roughly half of Aleppo’s Jewish population fled.

Such violent anti-Jewish outbursts following the November 1947 U.N. vote to partition Palestine further demoralized Jews living in eastern Arab countries whose confidence had already been shaken by the 1941 Baghdad Farhud, and the 1945 riots in Libya, Egypt, and Syria. The steady re-emergence of Islamic (or its corollary « Arab ») national identity in these countries also subjected the Jews to chronic discrimination in employment.

The ongoing isolation and alienation of Jews from the larger Arab Muslim societies in which they lived accelerated considerably after the establishment of Israel on May 15, 1948, and the immediate war on the nascent Jewish state declared and waged by members of the Arab League. A rapid annihilation of Israel and its Jewish population was predicted and savored by Arab leaders such as Azzam Pasha, the secretary of the Arab League, who declared:

[T]his will be a war of extermination and a momentous massacre which will be spoken of like the Mongolian massacres and the crusades

Such widely held expectations may have subdued violent mob reactions of the Arab masses against Middle Eastern and North African Jews at the outset of the war. However, once the Arab offensive in Palestine experienced setbacks, several weeks after the war began, anti-Jewish violence erupted in Morocco and Libya. On June 7 and 8 in the northeastern Moroccan towns of Oujda and Jerada, 42 Jews were killed and roughly 150 injured, many of them seriously, while scores of homes and shops were sacked. One day after the first truce was declared between the Israeli and Arab forces in Palestine, on June 12th, Muslim mobs attacked the Jewish Quarter in Tripoli, Libya, and upon being repelled by Jewish self-defense units-which had been organized there as in other cities that had suffered pogroms in recent years-turned upon undefended neighborhoods outside Hara, murdering thirteen or fourteen Jews, seriously injuring 22, causing extensive property damage, and leaving approximately 300 families destitute. Jews in the surrounding countryside and in Benghazi were subjected to additional attacks.
These events were followed by a series of violent disturbances in Egypt, despite a second truce in Palestine declared on July 18, 1948. During the next three month period Egyptian Jewry was under siege, as bombs destroyed Jewish-owned movie theaters and large retail businesses, including the Adès, Gategno, and Benzion establishments. Overall, these attacks on the Jews of Egypt claimed approximately 50 lives in the summer of 1948, accompanied by enormous property losses. Hundred were left injured, homeless, and unemployed.

The signing of Arab-Israeli armistice agreements in the spring and summer of 1949 rekindled a cautious optimism among many upper, and some middle class Egyptian, Iraqi, and Syrian Jews. This optimism quickly faded for the Jews of Syria and Iraq, lasted perhaps until the 1956 Suez War among Egyptian Jews, and never existed for Libyan or Yemenite Jewry. French disengagement from colonial rule in North Africa between 1954 and 1962 created anxiety in the Jewish populations of Morocco, Tunisia, and Algeria.

These tensions and fears are mirrored in the waves of mass exodus of Jews: almost immediately and completely for the Jews of Libya and Yemen (between 1949 and 1951); a slightly delayed mass exodus of Iraqi Jews by the end of 1951 (after which only 6,000 remained out of ~ 140,000, circa 1945); the rapid attrition of Syria’s population, « …of mass proportions in relation to the smallness of the community », by 1953; the flight of 60% of Egyptian Jewry within 12 months after the 1956 war, despite being required to abandon almost all their assets except for some items of clothing; a dramatic rise in Jewish emigration from Morocco and Tunisia in anticipation of their independence from France, which continued steadily once independence was achieved; and a precipitous and nearly complete exodus of Algerian Jewry in anticipation of Algerian independence, July 1962.

The « best case » scenarios of Morocco and Tunisia may be most instructive. Muhammad V (of Morocco) and Habib Bourguiba (of Tunisia) — relatively progressive leaders — each initially appointed a Jew to their respective cabinets, and allotted Jews positions within their government bureaucracies. A Muslim-Jewish group promoting interfaith understanding named al-Wifaq (Entente) was even created in Morocco within the (nationalist) Istiqlal party. Despite these « goodwill gestures », no sustained policies were implemented to combat anti-Jewish discrimination, and the exodus of Jews continued apace. Stillman summarizes these failed efforts:

Neither Jewish minister survived the first reshuffling of their respective cabinets. More significantly, no Jew was appointed again to a ministerial post in either Morocco or Tunisia. The proponents of intercommunal entente made little impression on the Jewish and Muslim masses from whom they were totally removed. The cordiality shown to Jews in some of the highest echelons of government did not percolate down to the lower ranks of officialdom, which exhibited attitudes that ranged from traditional contempt to outright hostility. The natural progression in both countries toward increased identification with the rest of the Arab world (first Morocco, then Tunisia entered the Arab League in 1958) only widened the gulf between Muslims and Jews. Furthermore, government steps to reduce Jewish communal autonomy, such as Tunisian Law No. 58-78 of July 11, 1958, which dissolved the Jewish Communal Council of Tunis and replaced it with the Provisional Commission for the Oversight of Jewish Religious Matters, having far more circumscribed authority, had negative psychological consequences for Jews, who saw their traditional structures under siege. The official pressure on Jewish educational institutions for arabization and cultural conformity only succeeded in feeding the Jews’ worst fears, rather than fostering integration.

The ongoing steady departure of Jews from Tunisia picked up momentum following violent clashes between the French and Tunisian governments in 1961 (during which « Jews » were accused of disloyalty in the Tunisian press) over the naval base at Bizerte. Widespread anti-Jewish riots in Tunis on June 5, 1967 during the Six-Day War reduced Tunisian Jewry to a small remnant population within a year.

Despite the prohibition of mass legal emigration from Morocco in 1956, organized clandestine efforts by the Israeli Mossad continued throughout the remainder of the decade and into the early 1960s. Even during the four years following the dissolution of Cadima [the local Moroccan Zionist organization ordered to « dissolve itself » in 1956] and the imposition of the ban on aliya activities, almost 18,000 Moroccan Jews were spirited out of the country, as Moroccan officials frequently ignored this underground exodus. However during the premiership of Abd Allah Ibrahim (December 1958 to May 1960), who represented the radical wing of the Istiqlal party, there was a serious effort to clamp down on illegal movement, and a special emigration section was established in the police department that made numerous arrests of Jews attempting or even suspected of planning illegal emigration.

Muhammad V reversed the ban on Jewish emigration just prior to his sudden death in February 1961, motivated by pragmatic considerations, including the negative international publicity generated by the drowning of 44 Jews, whose small boat, the Pisces, foundered off the northern Moroccan coast on the night of January 10, 1961, while the passengers were attempting to flee the country.

Once mass emigration was allowed to resume, within three years 70,000 Jews left Morocco. In 1965, Moroccan writer Said Ghallab described the attitude of his fellow Muslims toward their Jewish neighbors:

The worst insult that one Moroccan can make to another is to call him a Jew….My childhood friends have remained anti-Jewish. They mask their virulent antisemitism by maintaining that the State of Israel was the creation of Western imperialism. My Communist comrades have fallen into this trap. Not a single issue of the Communist press denounces either the Antisemitism of the Moroccans or that of their government [emphasis added]…And the integral Hitlerite myth is cultivated among the popular classes. Hitler’s massacre of the Jews was acclaimed with delight. It is even believed that Hitler is not dead, but very much alive. And his arrival is awaited — like that of the Imam el Mahdi [emphasis added] — to deliver the Arabs from Israel.

Moroccan Muslim attitudes such as these, likely exacerbated by the Arab-Israeli wars of 1967 and 1973, may have contributed to the steady decline of Morocco’s Jewish population throughout the 1960s and 1970s. Nearly a quarter million Jews lived in Morocco (almost 300,000 including Tangier) after World War II. By the early 1970s that number had dropped dramatically to 25,000. With continued attrition, less than 4,000 Jews remain in Morocco at present.

David Littman recently summarized the remarkable demographic decline of all the populations of Jews living in Muslim countries, especially the Arab nations, since 1945:

In 1945 about 140,000 Jews lived in Iraq; 60,000 in Yemen and Aden; 35,000 in Syria; 5,000 in Lebanon; 90,000 in Egypt; 40,000 in Libya; 150,000 in Algeria; 120,000 in Tunisia; 300,000 in Morocco, including Tangier-a total of roughly 940,000 (and approximately 200,000 more in Iran and Turkey). Of these indigenous communities, less than 50,000 Jews remain today — and in the Arab world, their number is barely 5,000-0.5% of the overall total at the end of the Second World War. [emphasis added]

Denial of the Past-and the Present

The Jews of Arab Muslim lands have been reduced to (an exceedingly) « small, vestigial and moribund remnant. », as Stillman has observed. Devoid of political and economic power (or even aspirations) — unseen, unheard, and certainly unarmed — they are the ideal dhimmis, worthy of the benevolent and tolerant treatment ostensibly afforded them in the idyllic era before European colonization, as described in this October 1991 address to the U.N. General Assembly by then Syrian Foreign Minister, Farouk Shara:

For hundreds of years Jews have lived amidst Muslim Arabs without suffering. On the contrary they have been greatly respected.

Saul S. Friedman examined contemporary « respectful » Muslim treatment of Jews in Mr. Shara’s own Syria, in a 1989 study. His sobering analysis reveals the living legacy of Antisemitic, anti-dhimmi Islamic attitudes exploited by a pseudo-secular totalitarian government, further enamored of European Antisemitic motifs — from « historical proofs » of the Jews responsibility for ritual murder in the 1840 Damascus blood libel, published (and re-published) by the Syrian Defense Minister Mustafa Tlass, to Nazi Antisemitism expressed by unrepentant Nazis such as Alois Brunner, who stated, « All of them [Jews] deserved to die because they were the devil’s agents and human garbage…I have no regret and would do it again… », while being granted safe haven in Syria.

And current Syrian President Bashar al-Assad, in a speech welcoming Pope John Paul to Damascus on May 5, 2001, put the « torture » of Jesus (Isa) in an Islamic context consistent with Qur’an 2:61/3:112 which accuses the Jews of murdering the prophets:

We notice them [i.e., the Jews] aggressing against Muslim and Christian Holy Sites in Palestine, violating the sanctity of the Holy Mosque (Al-Aqsa), of the church of Sepulcher in Jerusalem and of the Church of Nativity in Bethlehem. They [i.e., the Jews] try to kill all the principles of divine faiths with the same mentality of betraying Jesus Christ and torturing Him, and in the same way that they tried to commit treachery against Prophet Mohammad (peace be upon Him). [emphasis added]

Bashar further demonstrated how the Islamic motif of Jews as prophet killers and torturers is « updated » with flawless logic by his reference to the canonical hadith — wherein Muhammad is poisoned by a Khaybar Jewess, and ultimately suffers a protracted, painful death traced to this incident — to vilify both Jews, and the Jewish State of Israel.

At the outset of Hafez al-Assad’s accession to power in the early 1970s, these were the conditions under which Syrian Jews lived:

Jews were required to live in ghettos and not permitted to travel more than 3 or 4 kiolmeters from their homes. (By contrast 500,000 Muslims visited Lebanon in 1971 alone.) Anyone attempting to flee the country could be jailed and tortured for three months or more. Jews were required to carry identity cards with the word Mussawi (follower of Moses) broadly scrawled in red ink. In Al-Qamishli, Jewish homes and stores were required to bear a red sign (the color connoting uncleanliness). Under a law drafted February 8, 1967, all government employees and members of the Syrian armed forces were barred from trading with any Jewish establishment in Syria. A list of boycotted businesses was supplied by the government. In some instrances, Jews were barred from making food purchases themselves and had to rely on Syrian friends to keep them from starving. Jews could not own or drive automobiles or have telephones.

Jews could not serve in the Syrian armed forces, but had to pay $600 to secure exemption certificates. Jews could not sell property. In the event of death or illegal emigration, property was transferred to the state, which disposed of it either through sale or grant to Palestinians. Mmebers of saiqa, a Palestine Liberation Organization (PLO) faction favored by the Syrians, openly strutted through the streets of Damascus ghetto, intimidating people with arms and beatings. Al Fatah also maintained an office in this ghetto where in one week in 1971 seven Jewish homes were torched.

The overall situation was so critical that the Jewish Telegraphic Agency of November 19, 1971 reported: For the first time since the Russian Revolution of 1917, Soviet Jews have petitioned their government to aid Jews of another country. Russian Jewish sources reported that a group of Muscovite Jews wrote to the Kremlin’s Big Three-Communist Party Chief Leonid I. Brezhnev, Premier Aleksei N. Kosygin, and President Nikolai V. Podgorny-to intervene with the Damascus government for a cessation of restrictions on Syrian Jews. The names of the petitioners were not disclosed, but the sources said they were all activist Jews, many of whom have applied for migration to Israel. The petitioners based their appeal on humanitarian grounds and on the fact of good Russian-Syrian relations.

Saul Friedman also describes how gullible, high profile U.S. journalists — Seymour Topping of the New York Times and Mike Wallace of 60 Minutes, as well as the National Geographic — were manipulated by Assad’s government during a mid-1970s Syrian campaign to whitewash the brutally oppressive conditions under which Syrian Jews lived.

On January 5, 1975, The New York Times correspondent Seymour Topping offered the American public a rare view of the lives of Syrian Jews. After rhapsodizing characteristically about « synagogues still being open » and giving the anodyne explanation of official hostility to Jews being due to the technical state of war that made it impossible for Jews to leave the city or country, Topping ended with a conventional stereotype. « The most popular men’s clothing store in Damascus is owned by a Jew. ‘He is a friend of mine,’ said Dr. Saber Falhout, editor of the leading newspaper, Al Baath. ‘This suit I am wearing was made by him.’ It was a well-tailored plaid. » Shortly after this misleading piece appeared, Topping spent some time with George Gruen of the American Jewish Committee. Topping was informed that the people he interviewed were among the few Jewish families permitted to function outside ghetto walls, where foreign visitors were taken to display the government’s benevolence. [emphasis added]

…a Wallace segment on 60 Minutes in 1975 would paint an equally misleading picture of conditions in Syria. Once more carefully selected spokesmen expressed gratitude to the Ba’athist reime for bringing stability to their lives. One, Maurice Nuseyri…offered his own identity card as evidence of a thaw in Arab-Jewish relations. Although there was a line where Nuseyri’s religion was typed, the hateful Mussawi was lacking. Wallace did inquire how long Nuseyri had had the card but did not follow-up when the latter responded, « Oh, about one week. » Nor did the normally relentless journalist inquire after two of Nuseyri’s children who had fled the country, abandoning all property in their quest for freedom. [emphasis added]

One other prestigious institution would fall victim to Syruian propaganda. The National Geographic devoted part of its April, 1974 issue to Syria. An article written by freelance journalist Robert Azzi told of the « freedom of worship and freedom of opportunity » enjoyed by Syrian Jews, especially in Damascus, « the city still tolerantly (embracing) [sic] significant numbers of Jews. » Seven months later, the editors of The National Geographic, noting the difficulty of obtaining « reliable nonpartisan information, » tried to swallow Azzi’s words.

Many of our Jewish members sharply criticized us for not delineating in greater detail the harsh conditions under which that small community has been forced to exist since 1948. We began to wonder if we had unwittingly failed to reflect the true situation. Now after months of carefully reviewing the evidence, we have concluded that our critics were right. We erred. [emphasis added]

For the first time in its eighty-six years of publication, the National Geographic retracted a major article. The evidence that Jews in Syria were not being treated fairly was compelling. Although the Assad government attempted to befog the issue, persecution of Jews continued through the remainder of the decade.

Friedman concluded his 1989 assessment with these observations, despite the putative 1980s « thaw » in overt Syrian government persecution of Jews:

…there is no mistaking the dhimmi status of Syria’s Jews even today. [emphasis added] Few Jews advertise their existence by displaying mezzuzot on the street entrances of their houses. In a land where annual per capita income is less than $1,000, the Muhabarat [Syrian Secret Police] still require a deposit of $5,000 or $6,000 for any Jew temporarily leaving the country.

Recently, the officer in charge of the Jewish Section in the Muhabarat lost his wife in an auto accident and has clamped down on innocents. Six Jews remain imprisoned in the filthy Adra prison, bent over in tiny cells seventy feet below ground level. All have been tortured and one (an eighteen-year-old Laham boy) was beaten so badly that he suffered from phlebitis. His father, visiting the jail, pleaded with the Muhabarat, « Take me! Kill me instead! »

The plight of Syrian Jewry notwithstanding, vestigial Jewish populations in Muslim countries far removed from the battlegrounds of the Arab-Israeli conflict continue to be targeted with attacks — recent examples being the jihadist bombings of the ancient al-Ghariba synagogue in Djerba, Tunisia on April 11, 2002 (which killed 21, and seriously wounded many others, most being elderly German tourists), as well as the simultaneous jihadist bombings of two Istanbul synagogues in November 2003. And during January 2007, even the infinitesimal remnant population of Yemenite Jews (some 200 or less) living in the province of Sa’ada, was under duress. Reports indicated that these Jews were being forced to make apparent jizya payments, had been falsely accused of selling wine to Muslims, and were threatened with killings, abductions, and lootings. A letter delivered to the Jewish communal leader, believed to have been composed by disciples of the Yemenite Shi’ite cleric Hossein Bader a-Din al Khouty, stated:

Islam calls upon us to fight against the disseminators of decay…After accurate surveillance over the Jews [in Sa’ada province]…it has become clear to us that they were doing things which serve mainly global Zionism, which seeks to corrupt the people and distance them from their principles, their values, their morals, and their religion.

Georges Vajda’s 1937 analysis of the portrayal of the Jews in the hadith remains the definitive treatment of this subject matter. Vajda (d. 1981) made these sadly prescient observations in 1968 regarding Islamic doctrines which continue to shape the behaviors of Muslim governments and societies towards any Jewish communities remaining in their midst, no matter how small or unobtrusive.

…it seems clear that, unless it changes its principles, goes against the deepest feelings of its coreligionists and calls in question its own raison d’être, no Muslim power, however « liberal » it may like to think itself…could depart from the line of conduct followed in the past and continued de facto in the present [emphasis added], in conferring on Jews anything but the historic status of « protection », patched up with ill-digested and unassimilated Western phraseology.

Conclusion

Today’s (7/19/07) CHRC hearings provide a unique window on the legacy of dhimmitude and Islamic antisemitism which caused the tragic exodus of some 900,000 Jews from the Arab (and non-Arab Muslim) nations, liquidating most of these ancient communities. But the occasion of these hearings should also serve as a clarion reminder that this is a living legacy for those vestigial remnant Jewish populations still living within the Arab Muslim world, as well as the larger populations of Jews in both non-Arab Iran (in particular), and even Turkey. Finally, it must be acknowledged that this same animus — born of general anti-dhimmi attitudes and specific Islamic antisemitism — has reached genocidal proportions when directed at the Jews of Israel, nearly half of whom are Oriental Jewish refugees and their descendants.

Andrew G. Bostom is the author of The Legacy of Jihad (Prometheus, 2005) and the forthcoming The Legacy of Islamic Antisemitism  » (Prometheus, November, 2007)

Un commentaire pour Fêtes de Pâque(s): Attention, une expulsion peut en cacher une autre ! (Forgotten refugees: Guess why there are almost no Jews left in Arab countries today)

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