Conflit israélo-palestinien: La Ligue arabe a besoin des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël

Moyen-Orient la nuit
Pour mes parents, notre séjour au Liban était temporaire; nous y étions en visite ou même en villégiature. On avait à l’époque commandé aux Palestiniens de quitter leur patrie pour ne point gêner le déroulement des opérations militaires arabes qui devaient durer quelques jours et nous permettre de réintégrer rapidement nos maisons. Mes parents découvrirent bien vite que ces promesses n’étaient que rêves… Mahmoud Darwich (poète palestinien, l984)
Nous écraserons le pays avec nos fusils et nous détruirons tout lieu où les Juifs chercheront refuge. Les Arabes devront emmener leurs femmes et leurs enfants à l’abri pendant le danger, après quoi toute la Palestine sera à eux. Nouri Said (Premier ministre irakien, le 15 mars 1948)
Ben Gourion (…) avait compris qu’il ne pourrait pas y avoir un Etat juif au beau milieu d’une minorité arabe hostile. […] Rien ne justifie les viols. Rien ne justifie les massacres. Ce sont des crimes de guerre. Mais dans certaines conditions, les expulsions ne sont pas des crimes de guerre. […] Les Arabes israéliens sont une bombe à retardement. Leur glissement vers une palestinisation totale a fait d’eux un émissaire de l’ennemi qui est parmi nous. Ils sont une cinquième colonne potentielle. Benny Morris (Haaretz, le 8 janvier 2004)
Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique. II y a la Ligue arabe et toute la politique de la Ligue arabe…! La Ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël… L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important. En second lieu, une paix entre la Jordanie et Israël serait des plus embarrassantes, du point de vue de la Ligue arabe, en levant l’embargo sur Israël… Telle est, me semble-t-il, l’impasse à laquelle nous nous trouvons acculés…. Richard Crossrrian (député travailliste, 15/3/1951)
« Si j’avais eu les millions que l’ONU distribue ici, il y a longtemps que le problème serait résolu. Ce pays est immense, il ne manque pas de terres… si seulement les pachas voulaient permettre aux réfugiés de s’y installer… », et il fit un geste large de ses deux bras: « Regardez ce qu’ils font de l’autre côté… Le problème qui se pose à eux est encore plus vaste, et ils arrivent à le résoudre… » – et il désignait du doigt, par-delà les collines, la frontière israélienne. » (Réfugié arabe, 1951)
Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique. Il y a la ligue arabe, et toute la politique de la ligue arabe. La ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël. L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important… Richard Crossrian (parlementaire anglais travailliste, 1950)
Dès lors que l’ONU les a pris en charge, les Palestiniens se sont mis à enterrer leurs morts la nuit, sans les déclarer, afin de se partager leurs rations. Ce qui fait que pendant près de 20 ans, le taux de mortalité officiel dans les camps était proche de zéro. De plus, il y avait beaucoup de mouvements entre les camps. Mais ces déplacements étaient rarement répertoriés, de sorte qu’un Palestinien pouvait apparaître dans plusieurs camps au même moment, multipliant ainsi les aides financières auxquelles il avait droit. Saïd Aburish
Dans le cadre de coupes budgétaires annoncées, l’administration américaine va réduire de façon drastique sa participation financière à l’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. L’ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley, souhaitait la suppression pure et simple des 364 millions de dollars attribués chaque année à l’agence onusienne, tant qu’elle n’aurait pas mis en œuvre les réformes nécessaires à son bon fonctionnement et à sa transparence, mais le secrétaire d’État aux affaires étrangères Rex Tillerson, s’est contenté pour l’instant de réduire de moitié la première tranche d’aide, originellement fixée à 125 millions. Au cœur de cette affaire, il y a évidemment la volonté du président Trump d’arrêter de financer toute agence et organisation internationale qui ne contribuerait pas directement aux intérêts américains. Mais il y a surtout le virage à 180 degrés de des USA dans le conflit israélo-arabe depuis que la nouvelle administration s’est engagée à ne pas refaire les mêmes erreurs que les gouvernements précédents. Créée en décembre 1949 pour un mandat d’un an, la «United Nation Relief and Work Agency for Palestine Refugees in the Near East» ou «Office de secours et d’aide des Réfugiés palestiniens», avait pour but à sa naissance d’aider à s’établir les quelque 600 000 Arabes de Palestine ayant fui la zone de conflit à la renaissance de l’état d’Israël. Parmi ces réfugiés, selon un article de Tibor Mende dans Le Monde en 1951, «certains ne voulaient pas vivre dans un État juif, d’autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n’ont pas pu rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu’on leur avait dit que c’était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu’ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes». On s’étonnera du fait qu’aucun office n’ait été créé en parallèle pour prêter secours aux 870 000 juifs expulsés et spoliés par la majorité des pays arabo-musulmans entre 1948 et 1974, y compris ceux chassés militairement de Judée-Samarie par le royaume Hachémite, qui s’empressa de renommer cette région «Cisjordanie» après l’avoir annexée. Ces juifs en exode furent accueillis par l’État d’Israël et dans le monde occidental tandis qu’à l’exception de la Jordanie, aucun pays arabe limitrophe de l’État hébreu ne fit le moindre geste pour ses propres victimes du conflit, préférant au contraire, pour des raisons politiques, les laisser croupir dans les pires conditions. (…) L’UNRWA a aujourd’hui la charge de plus de cinq millions d’âmes, dont seulement quelques 20 000 devraient être considérés comme réfugiés selon la définition internationale des Nations unies, qui s’applique aux millions d’exilés dans le monde… Exception faite des Palestiniens. Le statut de «réfugié» ne saurait être transmissible de génération en génération, comme c’est les cas pour les Palestiniens aujourd’hui. Un Palestinien possédant un passeport européen, américain ou jordanien n’a donc aucune raison d’être considéré comme réfugié. Sauf pour l’UNRWA. Que l’on compare alors quelques chiffres de la plus haute importance. – Tous les réfugiés de la planète (à l’exception des Palestiniens) sont pris en charge par le Haut Conseil aux Réfugiés des Nations unies (UNHCR). Un staff de 10 966 cadres et employés tente de porter secours à 65,6 millions de victimes, depuis le Congo jusqu’à Myanmar. – L’UNRWA quant à elle déploie 30 627 exécutifs et 21 571 chargés d’éducation pour s’occuper des descendants de «réfugiés» palestiniens, dont le nombre quoiqu’en inflation à cause de la nature perverse du système, reste dix fois inférieur à celui de tous les autres déplacés. Autrement dit, chaque bénéficiaire reçoit une aide en assistance humaine et en argent environ 50 fois supérieure à celle d’un Africain ou d’un Asiatique directement victime de persécutions! Le budget annuel de l’UNRWA avoisine le milliard de dollars. Dont, nous l’avons vu, plus d’un tiers est financé par les USA. Mais il y a plus. Contrairement aux autres agences humanitaires onusiennes, celle en charge des descendants de réfugiés palestiniens dispose d’un fonds de pension et de retraite placé en bourse dans divers pays pour un montant de plus d’un milliard et demi de dollars. Ces chiffres astronomiques ne font que souligner et compléter plusieurs aberrations de l’UNRWA. Tout d’abord, et non des moindres, selon l’UNRWA “un réfugié de Palestine est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948.» Clairement, tout travailleur immigré ou visiteur, quelle que soit son origine, pouvait entrer dans les statistiques de l’UNRWA et transmettre ce droit, dès lors qu’il pouvait justifier avoir passé ces deux dernières années à l’intérieur de ce qui était devenu Israël. (…) Mais dès qu’il s’agit de l’UNRWA, les termes employés pour décrire leur mission perdent rapidement leur sens. Par exemple, les banlieues de Djénine et de Ramallah, composées de petites maisons cossues, avoisinant quelques résidences surpeuplées, continuent d’être appelées «camps de réfugiés» alors que les tentes et les réchauds ont depuis longtemps été remplacés par des constructions en dur, le tout à l’égout et l’électricité. Dans les années soixante, l’administration israélienne avait développé un projet humanitaire destiné à l’auto-réhabilitation des réfugiés de Gaza. L’idée était simple: il s’agissait de construire des quartiers résidentiels modernes dans les terrains encore inexploités de l’enclave. Les 160 000 Palestiniens vivant alors dans des camps auraient obtenu des prêts gratuits, leur permettant d’accéder rapidement à la propriété, tandis que nombre d’entre eux auraient participé à la construction des unités, des infrastructures, des écoles et des hôpitaux, en échange d’un salaire qui leur permettrait de rembourser le prêt. La réaction ne se fit pas attendre. Yasser Arafat en appela immédiatement à la ligue arabe qui fit aussitôt pression sur les Nations unies, entraînant l’organisation à condamner Israël une fois de plus pour son initiative, et concluant sa résolution par l’injonction suivante «Renvoyez les réfugiés dans les camps!» Le projet fut avorté après que seulement 7 500 Palestiniens ont pu en profiter. Le 12 février 2017, l’ONG «UN WATCH» a dénoncé auprès du secrétaire général des Nations unies Antonio Gutteres, la prise de position d’une quarantaine de responsables de l’UNRWA dont les pages Facebook font l’apologie du nazisme, vénèrent Hitler, appellent à l’extermination des Juifs, célèbrent le meurtre et l’enlèvement d’Israéliens, publient la propagande du Hamas à la gloire des «martyrs» et, plus généralement, refusent le droit à l’existence d’Israël, quelles que soient ses frontières. Pendant les guerres opposant Israël aux organisations terroristes qui dirigent Gaza, des roquettes étaient couramment tirées depuis les écoles de l’UNRWA, ou à proximité de ses hôpitaux. Les accès à plusieurs tunnels ont été creusés sous ses infrastructures. Des munitions ont été retrouvées dans un collège. Évidemment, interrogés sur ce point, les responsables de l’UNRWA se sont empressés de condamner l’intolérable utilisation de leur neutralité à des fins guerrières. Ce qui n’a pas empêché l’UNRWA de rendre au Hamas les roquettes et autres mortiers trouvés dans ses infrastructures… Plusieurs reportages vidéo conduits par le Center For Near East Policy auprès d’élèves d’écoles de l’UNRWA sont encore plus inquiétants. Aucun enfant, interrogé sur ce point, ne reconnaît le droit à l’existence d’Israël. Tous, filles comme garçons, rêvent de devenir un jour des martyrs à la cause palestinienne, certains affirment sans honte que leur plus grand souhait est de tuer des Juifs. Interrogés sur la source de leur motivation, la plupart répondent que leurs enseignants leur ont appris l’histoire de leur pays «volé par les Juifs». Pierre Rehov
L’Union européenne et les différents États membres de l’Union européenne consacrent ensemble et chaque année, plus d’une centaine de millions d’euros à financer des actions menées en faveur de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Ces actions sont menées par un tissu important d’associations et d’ONG palestiniennes et israéliennes. Entre 2017 et 2019, plusieurs directives ont été adoptées pour réduire la porosité financière entre un certain nombre d’ONG et diverses organisations terroristes. Mais le 17 mai 2017, le Parlement européen a voté une résolution affirmant que pour maintenir vivant le «processus de paix», il était «vital pour les autorités compétentes de l’UE de veiller à ce qu’aucun financement de l’UE ne puisse être directement ou indirectement détourné vers des organisations ou des activités terroristes qui incitent à ces actes». Entre 2017 et 2019, plusieurs directives ont été adoptées pour réduire la porosité financière entre un certain nombre d’ONG et diverses organisations terroristes. Dans chaque contrat passé avec une ONG, l’Union européenne a ajouté une clause dite de contre-terrorisme, qui engage l’ONG bénéficiaire de fonds européens à ne pas s’associer au mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) ni à d’autres organisations terroristes. Conséquence de ce «durcissement» des conditions de financement, le 1er janvier 2020, plus d’une centaine d’ONG palestiniennes qui soutenaient le BDS ou qui avaient un lien avec le FPLP fondé par Georges Habache, une organisation qui est sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, des États-Unis, du Canada et d’Israël, ont bruyamment fait savoir qu’elles renonçaient à demander des subventions à l’Union européenne. Cette manifestation de colère des ONG palestiniennes a été soutenue par l’Autorité Palestinienne. (…) À chaque fois, il en ressort une légèreté manifeste de la part des institutions européennes, qui ont commis de profondes erreurs d’analyse et semblent ignorer la réalité politique du terrain. Le paradoxe, c’est que les services administratifs de l’UE se rendent ainsi complices d’ONG qui n’ont aucun goût pour la «solution à deux États», pourtant prônée… par l’Union européenne. Aucune base de données ne permet de différencier les ONG réellement impliquées dans le travail social d’une ONG qui utilise les fonds pour financer des organisations terroristes. (…) Le vrai problème de ces différents portefeuilles d’aides financières de l’Union européenne tient au fait qu’ils ne sont pas connectés entre eux, que leurs missions se chevauchent et que les aides forment un éventail complexe et mal coordonné qui est distribué par des équipes dépourvues de stratégie politique. Par ailleurs, aucune base de données ne permet de différencier les ONG réellement impliquées dans une forme ou une autre de travail social et une ONG qui utilise tout ou partie des fonds pour financer des organisations terroristes ou inciter à la violence contre Israël. Yves Mamou
A Naplouse, parmi les oliveraies de Samarie; autour d’Amman; dans les grottes de Bethléem; dans l’ombre de la mosquée d’Omar à Jérusalem, des centaines de milliers de réfugiés attendent, dans des campements infects et sous des tentes en lambeaux, le jour où, dans le sillage des armées vengeresses de la Ligue arabe, ils retourneront chez eux. C’est ce qu’on leur fait croire dans tous les camps, et partout la tension monte à mesure que les jours passent sans apporter de changement à leur existence sans but. (…) Certains ne voulaient pas vivre dans un État juif; d’autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n’ont jamais trouvé l’occasion de rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu’on leur avait dit que c’était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu’ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes; ils travaillaient comme ouvriers agricoles chez des propriétaires arabes, et n’avaient fait qu’obéir, comme toujours, aux ordres de leurs supérieurs. Lorsque le flot des réfugiés eut franchi la ligne qui devait devenir la frontière israélienne, les États arabes se trouvèrent débordés, et, avec la coopération d’organisations bénévoles, les Nations unies durent se mettre de la partie. (…) Menacé chaque jour par la presse arabe d’un « second round » de la guerre, Israël ne tient pas, cela se comprend, à laisser rentrer un grand nombre d’Arabes qui pourraient former une cinquième colonne en puissance dans un État dont les Arabes se refusent à reconnaître les frontières. (…) En second lieu, malgré leurs déclarations charitables, les États arabes n’ont pas bougé le petit doigt pour permettre aux réfugiés de s’établir chez eux. (…) A l’heure actuelle tout le monde est d’accord pour reconnaître que la réinstallation des réfugiés est la seule solution. Les Nations unies ont proposé à cet effet une résolution; le même principe a été accepté à la Chambre des communes. Le roi Abdallah a proclamé que la Jordanie était prête à accueillir les réfugiés comme citoyens permanents. L’Ouest du royaume comporte quantité de terres cultivables qui demandent des bras, et tous les pays arabes ont une population nettement insuffisante. Tibor Mende (1951)

« La thèse largement répandue selon laquelle les Nations unies dépenseraient de grosses sommes d’argent pour créer un problème des réfugiés plutôt que pour le résoudre » …

Dans quel grand quotidien français …

Trouver des analyses aussi peu politiquement correctes du problème des réfugiés palestiniens …

Qui depuis bientôt 60 ans (l’an prochain!) hante le Moyen-Orient et le monde ?

Telles sont les perles retrouvées (50 ans plus tard) par le site Chrétiens et juifs dans (je vous le donne en mille)… Le Monde !

LE PROBLEME DES REFUGIES DE PALESTINE
Tibor Mende [expert en développement hongro-français]
Le Monde
21 avril 1951

La Jordanie est formée de montagnes arides et de déserts. Des routes en lacets gravissent les collines escarpées et rocailleuses, et, à l’exception de quelques Bédouins nomades et de quelques villageois montés sur leurs mules, seules les jeeps de la Légion arabe sillonnent la campagne. En descendant au-dessous du niveau de la mer Morte on arrive à une vaste étendue sablonneuse qui précède Jéricho, et où plus de vingt mille réfugiés, entassés sous des tentes, sont abandonnés sur le sable brûlant. Ils sont là depuis plus de deux ans.
Sans occupation utile, sans espoir pour l’avenir, ils font la queue trois fois par jour pour la soupe ou pour leurs rations; ils discutent autour des tentes et écoutent les tirades provocantes des vieux moukhtars de village ou des agitateurs professionnels. Déambulant, sans but, entourés de ce paysage inhospitalier, et nourris de la propagande incessante des notables du camp, leur nervosité croît de jour en jour, jusqu’au moment où leur amertume trouve un exutoire dans des violences dangereuses. A Naplouse, parmi les oliveraies de Samarie; autour d’Amman; dans les grottes de Bethléem; dans l’ombre de la mosquée d’Omar à Jérusalem, des centaines de milliers de réfugiés attendent, dans des campements infects et sous des tentes en lambeaux, le jour où, dans le sillage des armées vengeresses de la Ligue arabe, ils retourneront chez eux.
C’est ce qu’on leur fait croire dans tous les camps, et partout la tension monte à mesure que les jours passent sans apporter de changement à leur existence sans but. Il y a quelques jours un fonctionnaire de district a été assassiné par des réfugiés surexcités. Pas loin d’ici, dans un autre camp, les magasins d’approvisionnement ont été mis au pillage par une foule furieuse, et il circule de mauvaises rumeurs d’armes cachées dans les camps, de violences et d’agitation croissante.

Manque de soins

Où qu’on aille dans ce pays, c’est partout la même histoire. Les réfugiés groupés dans les villes et les villages connaissent souvent des conditions encore pires que ceux des camps, qui reçoivent du moins quelques soins médicaux et hygiéniques.
Pour comprendre les origines de ce problème terrifiant il est nécessaire de se reporter à l’époque de la lutte, en 1948. On peut poser mille fois la question de savoir pourquoi ces gens ont quitté leurs foyers de Palestine, on obtiendra mille réponses différentes.

Certains ne voulaient pas vivre dans un État juif; d’autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n’ont jamais trouvé l’occasion de rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu’on leur avait dit que c’était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu’ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes; ils travaillaient comme ouvriers agricoles chez des propriétaires arabes, et n’avaient fait qu’obéir, comme toujours, aux ordres de leurs supérieurs. Lorsque le flot des réfugiés eut franchi la ligne qui devait devenir la frontière israélienne, les États arabes se trouvèrent débordés, et, avec la coopération d’organisations bénévoles, les Nations unies durent se mettre de la partie.
En 1950, l’Office de secours et d’aide des réfugiés de Palestine (UNRWA), ayant à sa tête un Canadien, le général Kennedy, assisté du représentant de la Grande-Bretagne, Sir Henry Knight, prit l’affaire en main. La Jordanie à elle seule avait plus de 450 000 réfugiés, le Liban 120 000, et la Syrie 80 000. Dans le « couloir de Gaza » – bande de terre stérile de 40 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large, attenante à l’Égypte – deux cent cinquante mille personnes sont entassées dans l’un des camps les plus sinistres que notre monde, pourtant si tourmenté, ait jamais connus.

Mais les secours matériels, lorsqu’ils viennent seuls, ne font que démoraliser, et d’autres décisions s’imposaient. L’établissement définitif (resettlement) des réfugiés semblait encore impossible étant donnée l’atmosphère générale. L’UNRWA fut autorisé à organiser, en même temps que les secours, des travaux destinés à procurer une occupation utile aux malheureux habitants des camps. La construction des routes et quelques projets insignifiants mis à part, les « travaux » se heurtèrent à des difficultés. En 1950, 17 % seulement des fonds de l’UNRWA ont été dépensés à créer des occupations utiles pour les réfugiés, contre 70 % consacrés aux rations; et cependant les pays où vivent ces réfugiés ont un besoin criant de bonnes routes et de travaux publics de toute sorte.

Pendant ce temps un certain nombre de choses se sont éclaircies. Menacé chaque jour par la presse arabe d’un « second round » de la guerre, Israël ne tient pas, cela se comprend, à laisser rentrer un grand nombre d’Arabes qui pourraient former une cinquième colonne en puissance dans un État dont les Arabes se refusent à reconnaître les frontières.
En second lieu, malgré leurs déclarations charitables, les États arabes n’ont pas bougé le petit doigt pour permettre aux réfugiés de s’établir chez eux.
Troisièmement, l’UNRWA s’est montré incapable de faire quoi que ce soit d’effectif pour l’intégration de ces malheureux dans un système nouveau et définitif. Cependant la question des huit cent cinquante mille réfugiés prend les proportions d’un grave problème international. C’est un brandon qu’il est dangereux de laisser traîner dans une région déjà explosive d’un monde livré à la guerre froide, et qui menace la stabilité de toute la Méditerranée orientale.

A l’heure actuelle tout le monde est d’accord pour reconnaître que la réinstallation des réfugiés est la seule solution.
Les Nations unies ont proposé à cet effet une résolution; le même principe a été accepté à la Chambre des communes. Le roi Abdallah a proclamé que la Jordanie était prête à accueillir les réfugiés comme citoyens permanents. L’Ouest du royaume comporte quantité de terres cultivables qui demandent des bras, et tous les pays arabes ont une population nettement insuffisante. Et pourtant, s’il est un mot qu’on ne prononce actuellement en Moyen-Orient qu’à voix basse et avec terreur, c’est bien celui d’ « intégration ». Aucun officiel n’ose s’en faire le champion; nul politicien ne la soutiendrait, et, apparemment, nulle grande puissance n’a le courage de la reconnaître pour l’un de ses buts.

L’un des jeunes bureaucrates grassement payés que l’UNRWA entretient à Beyrouth – un de ces fonctionnaires internationaux dont l’idéalisme s’accroche obstinément à des illusions – me racontait qu’il y a quelques mois, il avait organisé dans un des camps de réfugiés la culture des légumes autour des tentes. Occuper ces gens tout en ajoutant à leurs maigres rations quelques légumes frais lui avait semblé une excellente idée. Quelques semaines plus tard arrivait du quartier général une sévère réprimande: « Arrêtez immédiatement opération carré de légumes… » « La raison? », demandai-je, désireux d’obtenir quelques éclaircissements. « Cela sentait l’intégration… » Il haussa les épaules. Ce tout petit exemple, qui n’a rien d’exceptionnel, vient à l’appui de la thèse largement répandue selon laquelle les Nations unies dépenseraient de grosses sommes d’argent pour créer un problème des réfugiés plutôt que pour le résoudre.

Un alibi pour la Ligue arabe

Où est l’explication? Qui est responsable de cette curieuse impasse? Richard Crossrrian, député travailliste, qui se trouvait ici il y a quelques jours, a essayé de donner une réponse à ces questions au cours du débat du 15 mars à la Chambre des Communes. « Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique, a-t-il déclaré. II y a la Ligue arabe et toute la politique de la Ligue arabe…! La Ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël… L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important. En second lieu, une paix entre la Jordanie et Israël serait des plus embarrassantes, du point de vue de la Ligue arabe, en levant l’embargo sur Israël… Telle est, me semble-t-il, l’impasse à laquelle nous nous trouvons acculés…. »

Loin de Westminster, à quelques kilomètres d’ici, un Arabe, personnage de l’un des camps, me disait la même chose en d’autres termes « Si j’avais eu les millions que l’ONU distribue ici, il y a longtemps que le problème serait résolu. Ce pays est immense, il ne manque pas de terres… si seulement les pachas voulaient permettre aux réfugiés de s’y installer… », et il fit un geste large de ses deux bras: « Regardez ce qu’ils font de l’autre côté… Le problème qui se pose à eux est encore plus vaste, et ils arrivent à le résoudre… » – et il désignait du doigt, par-delà les collines, la frontière israélienne. Il nous fallait rester là, car des camions bringuebalaient sur la route, chargés de caisses portant l’inscription ONU, et des enfants s’alignaient pour la distribution quotidienne de lait. La psalmodie du Coran se tut brusquement: c’était l’heure du repas.

COMPLEMENT:

Réfugiés palestiniens : pourquoi Trump coupe les vivres à l’UNRWA

FIGAROVOX/OPINION – Pour Pierre Rehov, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens est une administration très dispendieuse qui obéit de surcroît à une logique politique. Selon lui, la baisse annoncée de la participation américaine à son budget permettra une réforme profonde de sa structure et de son fonctionnement.

Pierre Rehov

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de deux films documentaires sur les réfugiés Juifs de pays arabes et les réfugiés Palestiniens: «Les otages de la haine» et «Les réfugiés du silence».


Dans le cadre de coupes budgétaires annoncées, l’administration américaine va réduire de façon drastique sa participation financière à l’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. L’ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley, souhaitait la suppression pure et simple des 364 millions de dollars attribués chaque année à l’agence onusienne, tant qu’elle n’aurait pas mis en œuvre les réformes nécessaires à son bon fonctionnement et à sa transparence, mais le secrétaire d’État aux affaires étrangères Rex Tillerson, s’est contenté pour l’instant de réduire de moitié la première tranche d’aide, originellement fixée à 125 millions.

Au cœur de cette affaire, il y a évidemment la volonté du président Trump d’arrêter de financer toute agence et organisation internationale qui ne contribuerait pas directement aux intérêts américains. Mais il y a surtout le virage à 180 degrés de des USA dans le conflit israélo-arabe depuis que la nouvelle administration s’est engagée à ne pas refaire les mêmes erreurs que les gouvernements précédents.

Créée en décembre 1949 pour un mandat d’un an, la «United Nation Relief and Work Agency for Palestine Refugees in the Near East» ou «Office de secours et d’aide des Réfugiés palestiniens», avait pour but à sa naissance d’aider à s’établir les quelque 600 000 Arabes de Palestine ayant fui la zone de conflit à la renaissance de l’état d’Israël.

Parmi ces réfugiés, selon un article de Tibor Mende dans Le Monde en 1951, «certains ne voulaient pas vivre dans un État juif, d’autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n’ont pas pu rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu’on leur avait dit que c’était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu’ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes»

On s’étonnera du fait qu’aucun office n’ait été créé en parallèle pour prêter secours aux 870 000 juifs expulsés et spoliés par la majorité des pays arabo-musulmans entre 1948 et 1974, y compris ceux chassés militairement de Judée-Samarie par le royaume Hachémite, qui s’empressa de renommer cette région «Cisjordanie» après l’avoir annexée.

Ces juifs en exode furent accueillis par l’État d’Israël et dans le monde occidental tandis qu’à l’exception de la Jordanie, aucun pays arabe limitrophe de l’État hébreu ne fit le moindre geste pour ses propres victimes du conflit, préférant au contraire, pour des raisons politiques, les laisser croupir dans les pires conditions.

En 1950, alors que le général canadien Kennedy, et Sir Henry Right, premiers responsables de l’UNRWA, devaient constater que leur travail était rendu impossible par la politisation de la crise humanitaire dont ils avaient la charge, et que leur mandat ne pourrait s’achever en un si court laps de temps, un parlementaire anglais travailliste, Richard Crossrian, fut appelé à expliquer leur échec devant la Chambre des Communes.

Sa réponse fut éloquente:

«Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique. Il y a la ligue arabe, et toute la politique de la ligue arabe. La ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël. L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important…»

Depuis 70 ans, la petite agence humanitaire est devenue un monstre.

L’UNRWA a aujourd’hui la charge de plus de cinq millions d’âmes, dont seulement quelques 20 000 devraient être considérés comme réfugiés selon la définition internationale des Nations unies, qui s’applique aux millions d’exilés dans le monde… Exception faite des Palestiniens.

Le statut de «réfugié» ne saurait être transmissible de génération en génération, comme c’est les cas pour les Palestiniens aujourd’hui.

Un Palestinien possédant un passeport européen, américain ou jordanien n’a donc aucune raison d’être considéré comme réfugié. Sauf pour l’UNRWA.

Que l’on compare alors quelques chiffres de la plus haute importance.

– Tous les réfugiés de la planète (à l’exception des Palestiniens) sont pris en charge par le Haut Conseil aux Réfugiés des Nations unies (UNHCR). Un staff de 10 966 cadres et employés tente de porter secours à 65,6 millions de victimes, depuis le Congo jusqu’à Myanmar.

– L’UNRWA quant à elle déploie 30 627 exécutifs et 21 571 chargés d’éducation pour s’occuper des descendants de «réfugiés» palestiniens, dont le nombre quoiqu’en inflation à cause de la nature perverse du système, reste dix fois inférieur à celui de tous les autres déplacés.

Autrement dit, chaque bénéficiaire reçoit une aide en assistance humaine et en argent environ 50 fois supérieure à celle d’un Africain ou d’un Asiatique directement victime de persécutions!

Le budget annuel de l’UNRWA avoisine le milliard de dollars. Dont, nous l’avons vu, plus d’un tiers est financé par les USA. Mais il y a plus. Contrairement aux autres agences humanitaires onusiennes, celle en charge des descendants de réfugiés palestiniens dispose d’un fonds de pension et de retraite placé en bourse dans divers pays pour un montant de plus d’un milliard et demi de dollars.

Ces chiffres astronomiques ne font que souligner et compléter plusieurs aberrations de l’UNRWA.

Tout d’abord, et non des moindres, selon l’UNRWA “un réfugié de Palestine est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948.»

Clairement, tout travailleur immigré ou visiteur, quelle que soit son origine, pouvait entrer dans les statistiques de l’UNRWA et transmettre ce droit, dès lors qu’il pouvait justifier avoir passé ces deux dernières années à l’intérieur de ce qui était devenu Israël.

Interrogé sur ce sujet par l’auteur de cet article, le biographe d’Arafat et ancien conseiller de Saddam Hussein, Saïd Aburish, lui-même réfugié de la région du nord d’Israël, a révélé d’autres aberrations du même ordre.

«Dès lors que l’ONU les a pris en charge, les Palestiniens se sont mis à enterrer leurs morts la nuit, sans les déclarer, afin de se partager leurs rations. Ce qui fait que pendant près de 20 ans, le taux de mortalité officiel dans les camps était proche de zéro. De plus, il y avait beaucoup de mouvements entre les camps. Mais ces déplacements étaient rarement répertoriés, de sorte qu’un Palestinien pouvait apparaître dans plusieurs camps au même moment, multipliant ainsi les aides financières auxquelles il avait droit.»

Mais dès qu’il s’agit de l’UNRWA, les termes employés pour décrire leur mission perdent rapidement leur sens. Par exemple, les banlieues de Djénine et de Ramallah, composées de petites maisons cossues, avoisinant quelques résidences surpeuplées, continuent d’être appelées «camps de réfugiés» alors que les tentes et les réchauds ont depuis longtemps été remplacés par des constructions en dur, le tout à l’égout et l’électricité.

Dans les années soixante, l’administration israélienne avait développé un projet humanitaire destiné à l’auto-réhabilitation des réfugiés de Gaza. L’idée était simple: il s’agissait de construire des quartiers résidentiels modernes dans les terrains encore inexploités de l’enclave. Les 160 000 Palestiniens vivant alors dans des camps auraient obtenu des prêts gratuits, leur permettant d’accéder rapidement à la propriété, tandis que nombre d’entre eux auraient participé à la construction des unités, des infrastructures, des écoles et des hôpitaux, en échange d’un salaire qui leur permettrait de rembourser le prêt. La réaction ne se fit pas attendre. Yasser Arafat en appela immédiatement à la ligue arabe qui fit aussitôt pression sur les Nations unies, entraînant l’organisation à condamner Israël une fois de plus pour son initiative, et concluant sa résolution par l’injonction suivante «Renvoyez les réfugiés dans les camps!»

Le projet fut avorté après que seulement 7 500 Palestiniens ont pu en profiter.

Les partisans de l’Agence, tel le porte-parole des Nations Unies Stéphane Dujarric, ont cependant raison de dire que, d’une certaine manière «l’UNRWA est une présence stabilisante sur le terrain». Car, si demain les plus de 30 000 employés de l’UNRWA, à 95% palestiniens, se retrouvaient sans travail, tandis que les rations, aides, et accès à l’éducation pour les personnes à charge étaient supprimées, la situation déjà explosive dans les «camps» pourrait tourner au drame, et déclencher des vagues de violence sans précédent.

Le 12 février 2017, l’ONG «UN WATCH» a dénoncé auprès du secrétaire général des Nations unies Antonio Gutteres, la prise de position d’une quarantaine de responsables de l’UNRWA dont les pages Facebook font l’apologie du nazisme, vénèrent Hitler, appellent à l’extermination des Juifs, célèbrent le meurtre et l’enlèvement d’Israéliens, publient la propagande du Hamas à la gloire des «martyrs» et, plus généralement, refusent le droit à l’existence d’Israël, quelles que soient ses frontières.

Pendant les guerres opposant Israël aux organisations terroristes qui dirigent Gaza, des roquettes étaient couramment tirées depuis les écoles de l’UNRWA, ou à proximité de ses hôpitaux. Les accès à plusieurs tunnels ont été creusés sous ses infrastructures. Des munitions ont été retrouvées dans un collège. Évidemment, interrogés sur ce point, les responsables de l’UNRWA se sont empressés de condamner l’intolérable utilisation de leur neutralité à des fins guerrières. Ce qui n’a pas empêché l’UNRWA de rendre au Hamas les roquettes et autres mortiers trouvés dans ses infrastructures…

Plusieurs reportages vidéo conduits par le Center For Near East Policy auprès d’élèves d’écoles de l’UNRWA sont encore plus inquiétants. Aucun enfant, interrogé sur ce point, ne reconnaît le droit à l’existence d’Israël. Tous, filles comme garçons, rêvent de devenir un jour des martyrs à la cause palestinienne, certains affirment sans honte que leur plus grand souhait est de tuer des Juifs. Interrogés sur la source de leur motivation, la plupart répondent que leurs enseignants leur ont appris l’histoire de leur pays «volé par les Juifs».

Alors, que faire face à une telle situation?

Le retrait progressif des fonds alloués par les USA semble une mesure positive à condition toutefois que l’UNRWA réforme sa structure et son mode de fonctionnement.

Une première solution logique serait de fusionner l’UNRWA avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés, mettant ainsi fin à l’exception palestinienne, tout en étalant les budgets de façon plus équitables entre les vrais réfugiés souffrant les pires misères sur cette planète.

Malheureusement, l’UNRWA dépend de l’Assemblée Générale des Nations unies, où la majorité automatique anti-israélienne conduite par la ligue arabe empêche toute modification de son statut actuel.

Le retrait progressif des fonds alloués par les USA semble une mesure positive à condition toutefois que l’UNRWA réforme sa structure et son mode de fonctionnement.

Il s’agirait alors pour l’avatar onusien de faire preuve de transparence, de s’assurer qu’aucun membre d’aucune organisation terroriste ne fasse plus désormais partie de ses employés, de changer son curriculum scolaire douteux pour une éducation engageant à la paix, de dénoncer l’entraînement paramilitaire qui se déroule parfois dans la cour de ses écoles et, en gage de bonne foi, de commencer par annuler la tournée mondiale de son «jeune ambassadeur», Muhammad Assaf, qui, lors de ses interventions ne fait qu’encourager à l’insurrection et à la violence.

Concluons par une citation du porte-parole de l’UNRWA, Chris Gunness: «L’UNRWA continuera de travailler inlassablement pour s’assurer de l’application intégrale de notre mandat, tel que défini par l’assemblée générale».

Autrement dit, dans trente ans, si rien n’est fait, l’UNRWA gérera le destin de quarante millions de réfugiés palestiniens.

Voir enfin:

Quand des ONG proches du terrorisme palestinien vivent de subventions… européennes

FIGAROVOX/TRIBUNE – Les fonds européens destinés à des ONG promouvant la paix au Moyen-Orient sont parfois détournés au profit d’organisations terroristes propalestiniennes, accuse Yves Mamou.

Yves Mamou
Le Figaro
29 janvier 2020

Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Insitute, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Grand abandon. Les élites françaises et l’islamisme (éd. L’Artilleur, 2018) .


L’Union européenne et les différents États membres de l’Union européenne consacrent ensemble et chaque année, plus d’une centaine de millions d’euros à financer des actions menées en faveur de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Ces actions sont menées par un tissu important d’associations et d’ONG palestiniennes et israéliennes.

Entre 2017 et 2019, plusieurs directives ont été adoptées pour réduire la porosité financière entre un certain nombre d’ONG et diverses organisations terroristes.

Mais le 17 mai 2017, le Parlement européen a voté une résolution affirmant que pour maintenir vivant le «processus de paix», il était «vital pour les autorités compétentes de l’UE de veiller à ce qu’aucun financement de l’UE ne puisse être directement ou indirectement détourné vers des organisations ou des activités terroristes qui incitent à ces actes».

Entre 2017 et 2019, plusieurs directives ont été adoptées pour réduire la porosité financière entre un certain nombre d’ONG et diverses organisations terroristes. Dans chaque contrat passé avec une ONG, l’Union européenne a ajouté une clause dite de contre-terrorisme, qui engage l’ONG bénéficiaire de fonds européens à ne pas s’associer au mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) ni à d’autres organisations terroristes.

Conséquence de ce «durcissement» des conditions de financement, le 1er janvier 2020, plus d’une centaine d’ONG palestiniennes qui soutenaient le BDS ou qui avaient un lien avec le FPLP fondé par Georges Habache, une organisation qui est sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, des États-Unis, du Canada et d’Israël, ont bruyamment fait savoir qu’elles renonçaient à demander des subventions à l’Union européenne. Cette manifestation de colère des ONG palestiniennes a été soutenue par l’Autorité Palestinienne.

Voici deux exemples d’une utilisation partisane des fonds de l’UE, publiés par le site Internet NGO Monitor, une association israélienne spécialisée dans le suivi politique et financier des ONG palestiniennes et israéliennes.

En 2017, l’EIDHR (European Instrument for Democracy and Human Rights), un fonds humanitaire de l’Union européenne, a accordé 699 236 euros à un projet intitulé «Renforcer la résilience et la cohésion sociale de la communauté de Jérusalem-est de part et d’autres du mur de séparation». Les cinq ONG palestiniennes impliquées dans le projet (Union of Palestinian Women Committees (UPWC), Defense for Children International-Palestine (DCI-P), Health Work Committees (HWC), et Bisan Center for Research and Development Association) avaient toutes des liens avec le FPLP, une organisation inscrite sur la liste des organisations terroristes de l’UE.

Ma’an Network, une agence de presse palestinienne, a reçu 427 200 euros de l’EIDHR entre 2016 et 2019 pour une bourse de recherche intitulée «Médias pour le changement: Tirer parti des initiatives des médias pour promouvoir l’engagement participatif dans le processus de paix». Le 1er août 2017, Ma’an Network a publié un article en arabe intitulé «Chanson en hébreu en défense de la mosquée Al Aqsa» pour illustrer une vidéo du même nom. La vidéo montre une attaque terroriste accompagnée en chanson des paroles suivantes: «Je vais nettoyer mon pays de chaque Juif / Je servirai mon pays de tout mon être». L’article raconte que la vidéo «promet de nettoyer la Palestine des Juifs, et proteste contre les mesures de sécurité israéliennes». La réprobation publique générée par l’information sur cette chanson a incité Ma’an à retirer par la suite l’article de son site Internet et la vidéo de son compte Youtube…

Les services administratifs de l’UE se rendent ainsi complices d’ONG qui n’ont aucun goût pour la « solution à deux États  », pourtant prônée… par l’Union européenne.

Entre 2017 et 2020, l’ONG Al-Haq a touché 296 600 € de l’EIDHR pour «Autonomiser la société civile palestinienne et promouvoir la déclaration et la mise en œuvre efficaces des instruments internationaux de droits que la Palestine a accueillis en 2014» : Al-Haq joue un rôle prépondérant dans le «lawfare» (la guerre juridique) contre Israël et s’active aux côtés de BDS. Le directeur général d’Al-Haq, Shawan Jabarin, a des liens avec l’organisation terroriste FPLP et, pour cette raison, Israël et la Jordanie lui ont refusé des visas de sortie. Selon la Cour suprême israélienne, Jabarin «agit apparemment comme une manière de Docteur Jekyll et Mister Hyde, agissant une partie du temps en tant que PDG d’une organisation de droits de l’homme, et à d’autres moments en tant que militant d’une organisation terroriste.».

En réalité, la liste est longue et il nous est difficile de tous les citer. À chaque fois, il en ressort une légèreté manifeste de la part des institutions européennes, qui ont commis de profondes erreurs d’analyse et semblent ignorer la réalité politique du terrain. Le paradoxe, c’est que les services administratifs de l’UE se rendent ainsi complices d’ONG qui n’ont aucun goût pour la «solution à deux États», pourtant prônée… par l’Union européenne.

Aucune base de données ne permet de différencier les ONG réellement impliquées dans le travail social une ONG qui utilise les fonds pour financer des organisations terroristes.

Ces exemples de subventions douteuses accordées par l’EIDHR pourraient être juxtaposés avec d’autres exemples de financements douteux accordés par d’autres enveloppes financières de l’UE, comme le Directorate General for International Cooperation and Development (DEVCO), l’EU Peacebuilding Initiative (PbI), l’EU’s Peacebuilding Initiative, etc.

Le vrai problème de ces différents portefeuilles d’aides financières de l’Union européenne tient au fait qu’ils ne sont pas connectés entre eux, que leurs missions se chevauchent et que les aides forment un éventail complexe et mal coordonné qui est distribué par des équipes dépourvues de stratégie politique. Par ailleurs, aucune base de données ne permet de différencier les ONG réellement impliquées dans une forme ou une autre de travail social et une ONG qui utilise tout ou partie des fonds pour financer des organisations terroristes ou inciter à la violence contre Israël.

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