La télé, ça incite, parce qu’on veut montrer qu’on se laisse pas faire. (« Jeune » cité par Libération au lendemain des récentes émeutes de la Gare du nord)
A l’heure où, par médias interposés, certains groupes de « jeunes » et leur tireurs de ficelles politiques au PS ou à l’extrême-gauche, s’évertuent à la fois à défier et à empêcher (tout ce qui a de plus « démocratiquement ») l’ancien ministre de l’Intérieur et candidat UMP de venir faire campagne dans ce qu’ils font tout leur possible pour transformer en ghettos …
Et où les belles âmes de gauche y vont de leurs solutions aussi irresponsables que démagogiques comme le président PS de la région Ile de France avec son projet de gratuité pour les plus démunis …
Il faut lire, retrouvé dans le courrier de Libération, ce petit joyau (syndrome de Stockholm oblige) de bons sentiments et de bien-pensance sur l’émeute récente de la Gare du nord …
Car, si d’après des sources policières citées la semaine d’après par le Canard (très) enchainé, il y a peut-être eu des erreurs dans la gestion de la foule (envoi de gaz lacrymogènes ou charge trop précoces des policiers, manque d’information des passagers) …
Il faudrait peut-être rappeler la difficulté, surtout après le précédent de novembre 2005 (où on leur avait reproché de ne pas être assez nombreux dès le départ), de la gestion de centaines de voyous répartis sur un espace à tant d’entrées que la Gare du nord.
Quant à l’argument (matraqué par la presse et les médias) de l’insignifiance du point de départ (un portillon enjambé et la bagarre qui a suivi), faut-il rappeler justement que, pour une foule à la recherche de raisons pour casser du flic ou des vitrines, le plus petit prétexte peut souvent faire l’affaire?
Sans parler de l’évidente caisse de résonance et de l’effet d’incitation des caméras , déjà repéré à Strasbourg comme dans toute la France en novembre 2005.
En tout cas, si le but était de faire monter Sarkozy ou Le Pen dans les sondages, il faut reconnaitre que c’était plutôt réussi …
La foule assemblée était la France réelle, sans peur, toutes générations et origines mêlées, goguenarde, insolente, déprimée, hors d’elle, face à ce qu’on pourrait nommer une armée d’occupation civile. (…) Les jeux tordus de certaines élites viennent donc empoisonner jusqu’à notre quotidien.
Courrier
Gare du Nord, le modèle réduit du pire
Hervé Dalmais
Libération
Le 31 mars 2007
Me voici gare du Nord, coincé dans un climat de grande violence : CRS et militaires en battle dress avec mitraillette en très grand nombre, partout, isolant une zone où il ne se produisait rien, en tenue de combat, avec chiens. Je puis le jurer : la foule qui grondait avait raison. Les personnes les plus pondérées étaient abasourdies par un tel déploiement, une telle arrogance, l’absence de tout civil apte à expliquer et à calmer le jeu, étant donné l’origine infime du blocage d’une des gares les plus fréquentées d’Ile-de-France. A l’heure de pointe. Nous errons à la recherche d’une issue et d’une ligne. «Evacuation immédiate», clame un haut-parleur sur le quai de la ligne 4. C’est donc qu’il y a eu un bombardement, une attaque terroriste. Non, c’est la police qui se protège elle-même tout en faisant monter la pression. Une heure plus tard, je m’en vais, écoeuré par cette scénographie dont on connaît toutes les ficelles : on a déjà donné ! De telles situations me bouleversent et me provoquent dans ce qui intimement et collectivement me constitue comme citoyen français. La foule assemblée était la France réelle, sans peur, toutes générations et origines mêlées, goguenarde, insolente, déprimée, hors d’elle, face à ce qu’on pourrait nommer une armée d’occupation civile. J’enrage encore. J’en pleurerais. Les jeux tordus de certaines élites viennent donc empoisonner jusqu’à notre quotidien. Cette fois-ci, personne n’est mort ni n’est grièvement blessé, pour un tourniquet franchi sans ticket et la bagarre qui s’est ensuivie. Mais c’était le modèle réduit du pire qui puisse nous arriver, la dramaturgie grotesque, très dangereuse, d’une grande peur institutionnelle et des dérives qu’elle entraîne.
MISE A JOUR:
Pour ceux qui en doutaient encore, confirmation sur France 5 (“Arrêt sur images” ) et malgré les dénégations de Schneidermann et des “journalistes, que c’était bien, comme en nov. 95 et au printemps suivant pour le CPE, les médias (par la seule présence en continu de leurs caméras et micros) qui ont lancé (rumeurs et légendes urbaines comprises) et entretenu (du moins jusqu’à ce que les policiers gazent tout le monde) les émeutes de la Gare du nord de la semaine dernière …