Terrorisme: Rude semaine pour Jihad inc.

jihad Inc.Rude semaine pour Jihad inc, où avec la capture du remplaçant de Zarqawi en Irak, on apprend la défection en Amérique d’un des maitres-espions des mollahs, très au fait, selon Iran-Resist, des opérations en cours au Liban et en Irak

Même si en même temps du côté américain, la lisibilité de la direction politique est hélas de plus en plus brouillée (voir Murawiec ci-dessous) …

Extraits :

On dit que sa défection serait due à sa désapprobation de détournements opérés par des caïds du régime dans des achats d’armes. Il est probable qu’il soit également au courant des sites de stockage des missiles et les emplacements de rampes de tir le long du Golfe Persique.

Sa défection est un coup dur pour le régime car Asghari avait surtout été parmi les Pasdaran qui ont fondé le Hezbollah : il a une connaissance parfaite de tous les agents en mission et toutes les connexions entre les agents du Hezbollah, de la Brigade Qods (Pasdaran), des informateurs et des notables qui les protègent.

C’est la panique à Téhéran : Sa défection oblige le régime à rappeler tous les agents infiltrés depuis des années et à arrêter toutes les opérations en cours au Liban comme en Irak où les membres de Qods supervisent l’aide à la milice chiite et la branche irakienne d’Al Qaeda.

Le dirigeant iranien disparu est passé à l’ouest !
Iran-Resist
08.03.2007

La presse française fait actuellement état de la disparition d’un général de la milice des Pasdaran et selon Delphine Minoui, l’homme aurait été enlevé par la CIA et le Mossad. Ceci est la version du régime (reprise et diffusée docilement par la correspondante du Figaro en Iran qui est devenue la porte-parole non officielle du régime). En réalité, le général Ali Reza Asghari, 63 ans, important agent de liaison avec le Hezbollah, détenteur d’information de première importance est passé à l’ouest.

Il est difficile d’imaginer pour les services occidentaux un meilleur transfuge que le général Ali Reza Asghari car Asghari avait été pendant plusieurs années le responsable des « missions spéciales » pour le compte des Gardiens de la révolution (dans le cadre du Hezbollah) au Liban. On le soupçonne également d’avoir pris part, dans le cadre de ces fonctions en 1986, au transfert de Ron Arad, un copilote de l’armée israélienne pris en otage et expédié vers l’Iran [1].

Ce sont ses connaissances des infrastructures du Hezbollah au Liban mais aussi des renseignements dont il a pu disposer en tant que l’adjoint du ministre de la défense sous Khatami qui font de cet homme un élément précieux. On prétend également qu’il a eu accès à des renseignements sur les installations nucléaires des mollahs.

Après quelques jours de flottement pendant lesquels la nouvelle se diffusait via Internet, le régime des mollahs a finalement annoncé la disparition d’Asghari, en déclarant qu’il avait été enlevé par les services occidentaux.

Mais selon nos sources, Asghari avait préparé son coup depuis un certain temps, il avait fait partir sa famille vers l’étranger depuis quelques mois. Il a lui-même quitté l’Iran pour Damas il y a quelques jours, et de là il s’est envolé pour Istanbul. Deux iraniens d’identité inconnue lui avaient réservé une suite dans un hôtel de cette ville.

A son arrivée, Asghari s’est rendu à cet hôtel, y a déposé des affaires et a quitté l’endroit sans jamais y revenir. Etant lui-même des services secrets, il connaissait la surveillance qui pèse sur les agents du régime et il a voulu tromper la vigilance de ses collègues.

On ignore si les deux iraniens qui ont réservé la suite étaient des complices encore au service du régime ou des agents de liaison avec les services américains. Selon nos sources, Asghari, qui a demandé l’asile politique aux Etats-Unis, a sorti du pays une valise entière de documents confidentiels et il est actuellement au Danemark en train de transférer ses informations qui seront bien utile pour combattre le conglomérat Pasdaran (Qods)-Hezbollah qui est actuellement un peu en stand by au Liban mais surtout très actif en Irak.

Asghari pourrait également apporter des renseignements précieux sur le dossier nucléaire iranien à un moment où les fausses nouvelles le disputent aux vraies et que de ce fait les spécialistes manquent de preuves formelles sur ce que Téhéran possède effectivement en cette matière ou dans le domaine des achats d’armes auprès des russes.

Iran : Toutes les précisions sur la défection du général des Pasdaran
Iran-Resist
09.03.2007

Nous en savons un peu plus sur le général milicien Asghari qui est passé à l’ouest cette semaine. Selon les dernières informations, il aurait fini de communiquer ses documents aux services américains et britanniques et à présent il serait sur le sol américain.

En Iran, les miliciens de haut rang qui ont accès à des dossiers confidentiels doivent obtenir l’autorisation officielle de quitter le territoire pour tout déplacement à l’étranger. De sources iraniennes confirmées par des intermédiaires américains, nous avons su qu’Asghari s’était vu accorder une telle autorisation par le service judiciaire des Pasdaran pour un déplacement de 10 jours à destination de Damas (pour un achat d’armements).

Il avait fait partir sa famille deux jours plus tôt, selon une source iranienne. Car en cas de défection d’un agent du régime tous les membres de sa famille (femme et enfants) sont arrêtés et torturés afin d’obtenir des informations et ensuite on les élimine. Selon toutes les sources, le général avait préparé son départ depuis un certain temps et avait vendu sa maison dans le quartier de Narmak en décembre dernier.

A Damas, après quelques jours, il a, selon nos sources, envoyé un message à Téhéran pour dire que l’un de ses contacts locaux, un marchand d’armes, était à Istanbul et avait demandé à le rencontrer en Turquie. L’état majeur des Pasdaran a mordu à l’hameçon et autorisé Asghari à se rendre en Turquie : c’est Téhéran qui lui réserva via son attaché militaire à l’ambassade des mollahs une suite à l’Hôtel Continental.

À son arrivée, Asghari s’est plaint que le lieu ne lui convenait pas en terme de sécurité. Il a dit préférer Hôtel Guilan situé dans le quartier Tacsim que les Iraniens d’Istanbul apprécient. Il s’est alors installé dans une chambre et a appelé une connaissance à Téhéran. Il a quitté sa chambre à 18h30 pour tout laisser derrière lui et se livrer aux services américains dans l’enceinte de l’ambassade américaine à Istanbul.

Intérêts militaires d’Asghari | Au cours des années 90, Asghari était en charge des programmes de fabrication des missiles de courte et moyenne portée (Fajr, Zelzal, Nazeat) au ministère des industries. En 1996 et 1997, il fut chargé d’achats clandestins des composants nucléaires et, à cette époque, il se rendait régulièrement en Russie, en Chine, en Corée du Nord et en Asie de Sud Est. On dit que sa défection serait due à sa désapprobation de détournements opérés par des caïds du régime dans des achats d’armes. Il est probable qu’il soit également au courant des sites de stockage des missiles et les emplacements de rampes de tir le long du Golfe Persique.

Intérêt principal d’Asghari | Sa défection est un coup dur pour le régime car Asghari avait surtout été parmi les Pasdaran qui ont fondé le Hezbollah : il a une connaissance parfaite de tous les agents en mission et toutes les connexions entre les agents du Hezbollah, de la Brigade Qods (Pasdaran), des informateurs et des notables qui les protègent.

C’est la panique à Téhéran : Sa défection oblige le régime à rappeler tous les agents infiltrés depuis des années et à arrêter toutes les opérations en cours au Liban comme en Irak où les membres de Qods supervisent l’aide à la milice chiite et la branche irakienne d’Al Qaeda.

Voir aussi Murawiec:

La désastreuse aptitude de George W. Bush à poursuivre plusieurs lignes violemment contradictoires au risque d’en annuler tous les effets positifs et de n’en récolter que les dommages, est encore une fois mise en lumière. Ridiculisés et marginalisés par Bush lui-même il n’y a guère que trois mois, les adeptes de la tractation à tout prix, de la capitulation magouillarde et maquillarde, les amants de tous les « processus de paix » qui ne font que prolonger les affres et les massacres, James Baker en tête, triomphent de nouveau : le président avalise les causeries avec l’ennemi ! A-t-on oublié le prix qu’exige celui-ci ? La Syrie veut à nouveau ingurgiter le Liban à la sauce Nasrallah ; l’Iran veut l’Irak, les mains libres pour son programme nucléaire, l’hégémonie régionale, et que personne ne l’empêche d’exterminer Israël – toutes choses raisonnables pour un Baker, spécialiste attitré de la reddition avocassière.

Il faut, entre autres pour complaire à Tony Blair, cet allié bien moins qu’exemplaire, dont le fauteuil vacille aujourd’hui et dont la politique iranophile est ancienne (ou celle du Foreign Office, mais peu importe ici la distinction, tant que l’action est identique), palabrer aux Nations Unies. Il faut écouter les pénibles affabulations de diplomates qui n’aiment rien tant que rouler sur les tapis verts, même quand pleuvent les bombes, sur les autres s’entend, et qui vous expliquent sans frissonner qu’il ne faut pas isoler l’Iran, qu’il n’est pas sûr du tout que Téhéran veuille vraiment se doter d’armes nucléaires, qu’après tout, l’Iran est une grande puissance régionale, et tutti quanti.

Il faut faire semblant de prendre au sérieux les insultantes saloperies du ministre russe des Affaires Etrangères, Serguéi Lavrov, qui protège l’Iran comme un mafieux protège ses clients, et celles du mafieux en chef, Poutine, qui reproche, avec un toupet d’enfer, aux Etats-Unis de relancer la Guerre froide, tout en vendant à l’Iran du savoir-faire, des technologies nucléaires et des systèmes d’armement avancés. Entre Etats voyous il faut bien s’entraider ! Il faut prétendre qu’un Conseil de Sécurité, lardé de mafieux russes et de Chinois, toujours prêts à jeter de l’huile sur le feu, pourvu qu’il soit anti-américain, sans parler de la diplomatie française, toujours accueillante pour les tyrans, pourvu qu’ils soient musulmans, lui achètent des armes et paient des commissions, que ce Conseil de Sécurité, donc, acceptera d’entrouvrir les yeux pour s’apercevoir un jour que, ciel ! inconcevable surprise ! l’Iran est un Etat terroriste et qu’il est un peu risqué de le voir manier des bombes atomiques.

Tournants et virevoltes de la Maison Blanche
Laurent Murawiec (MENA)

Il s’est condamné lui-même à ne pas avoir de politique

Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat, vient d’annoncer que les Etats-Unis participeraient à des contacts organisés à Bagdad par les autorités irakiennes avec les puissances régionales, dont l’Iran et la Syrie. L’ « Axe du Mal » ? Désaxé ! La démocratie au Moyen-Orient ? Partie en fumée ! « Les Etats qui abritent ou orchestrent le terrorisme » ? Causons avec eux ! Comme le soulignait, commentateur chevronné, le chroniqueur Jim Hoagland dans un article du Washington Post, l’administration n’a plus d’autre branche à laquelle se raccrocher. Elle se garde du précipice en s’attachant aux serres des vautours, ses ennemis.
Rien d’autre à faire ? Mais il y a la « montée en puissance » (surge) qui, en accroissant de plus d’une vingtaine de milliers d’hommes les effectifs américains à pied d’œuvre en Irak, a permis d’aller quadriller jusque dans le vaste quartier de Bagdad qu’est Sadr-City, fief du tueur hirsute Moqtada al-Sadr. Lequel, courageux mais pas téméraire, s’est réfugié fissa à Téhéran, où sa niche est toujours garnie de paille. Plus encore que les effectifs, ce sont les méthodes de contre-insurrection, appliquées par le nouveau commandant des forces américaines, le général David Petraeus, qui « marchent. ». On ne se cantonne plus aux zones sécurisées ou à attendre, comme des figurines du stand de tir, que les patrouilles se fassent canarder ou soient victimes d’IED, les bombes « improvisées » (fabriquées en grande quantité et livrées par l’Iran aux insurgés) ; on va hardiment au devant de l’ennemi ou on le razzie, on le surprend. On s’attaque aux nœuds de vipères au lieu de se limiter à la défense de zone. On coopère avec les forces de sécurité irakiennes. Et on ne cache pas au premier ministre chiite Nouri al-Maliki – lequel a bien des faiblesses coupables envers al-Sadr et l’Iran -, qu’il pourrait bien avoir à se défendre tout seul s’il s’opposait au parti pris offensif de Petraeus. Maliki, qui semble d’ailleurs avoir saisi la teneur du message.

Mais alors, pourquoi nettoyer la tourbe pro-iranienne ici et faire là des risettes à ses commanditaires autour du tapis vert ? Pourquoi laisser paraître des informations qui établissent l’accablante complicité de l’Iran, son rôle essentiel, dans l’insurrection jihadie, puis, comme vient de le faire le chef d’état-major conjoint, le général Peter Pace, le premier soldat des Etats-Unis, s’écrier qu’on ne détient pas de preuve formelle de l’implication iranienne ?

Ni Bush ni le secrétaire à la Défense Bob Gates n’ont voulu faire état des dossiers de renseignement qui établissent de façon accablante la participation massive et systématique des forces spéciales (« Al-Qods ») des Gardes révolutionnaires iraniens, les Pasdaran, aux côtés de la guérilla anti-américaine en Irak ! Or, le président iranien Ahmadinejad s’est entouré d’officiers supérieurs issus desdits Pasdaran depuis qu’il est au pouvoir. La capture de cinq officiers d’Al-Qods en Irak, en janvier dernier, avait confirmé de façon éclatante la présence belligérante du régime iranien dans l’assaut donné aux forces coalisées et irakiennes. Mais dans ces conditions, pourquoi se taire, pourquoi ne pas accabler Téhéran ?

Une série d’articles parus dans le New York Times et Newsweek ces dernières semaines éclaircira le mystère, si mystère il y a : on y apprenait, entre autres, que les éléments d’Al-Qods opérant en Irak le faisaient à l’insu des autorités iraniennes, ou alors qu’il s’agissait tout bonnement d’une mission diplomatique iranienne chargée du bon suivi des rapports avec les milices chiites, ou encore que le dossier américain de renseignement était franchement plein de trous et équivoque, et qu’on ne pouvait rien conclure. Il faut une dose accablante de crétinisme pour croire à ce tissu de foutaises (sans parler de quiconque l’a écrit), dont l’objet unique est de semer la confusion pour venir en aide à ceux qui, à Washington, – ô surprise ! – veulent de toute force un accommodement avec l’Iran. On imagine sans peine le diplomate ou l’officier de renseignement qui dicte ces révélations loufoques au bon journaliste. J’en rencontre, hélas, tous les jours, de ces bons apôtres, pour qui la manipulation de l’opinion est une seconde nature.

La désastreuse aptitude de George W. Bush à poursuivre plusieurs lignes violemment contradictoires au risque d’en annuler tous les effets positifs et de n’en récolter que les dommages, est encore une fois mise en lumière. Ridiculisés et marginalisés par Bush lui-même il n’y a guère que trois mois, les adeptes de la tractation à tout prix, de la capitulation magouillarde et maquillarde, les amants de tous les « processus de paix » qui ne font que prolonger les affres et les massacres, James Baker en tête, triomphent de nouveau : le président avalise les causeries avec l’ennemi ! A-t-on oublié le prix qu’exige celui-ci ? La Syrie veut à nouveau ingurgiter le Liban à la sauce Nasrallah ; l’Iran veut l’Irak, les mains libres pour son programme nucléaire, l’hégémonie régionale, et que personne ne l’empêche d’exterminer Israël – toutes choses raisonnables pour un Baker, spécialiste attitré de la reddition avocassière.

Ce n’est pas que les Etats-Unis soient stratégiquement démunis : des options sérieuses sont disponibles, à condition qu’on accepte de les examiner et de les utiliser. L’attaque lancée l’été dernier par le Hezbollah contre Israël a ébauché de nouveaux alignements en effrayant les puissances sunnites, Arabie Saoudite, Koweit, Egypte et Jordanie en tête. Non que ces gouvernements soient dénués d’intentions malveillantes et malhonnêtes, mais leur effroi est utilisable, leur panique utile à la consolidation d’un front anti irano-chiite, qui comprend tacitement Israël. Quand le roi d’Arabie Saoudite fricote avec le gouvernement de l’ « entité sioniste », c’est qu’il est prêt à agir. Il ne s’agit pas de croire que les Saoudo-Wahhabites se soient magiquement transformés en gens de bien, ni qu’ils cessent la poursuite exclusive de leurs propres intérêts ; mais il est possible d’utiliser, avec le réalisme rugueux qui caractérise la vraie diplomatie, les motivations des ennemis d’ici pour les tourner contre les ennemis de là-bas. Monsieur de Bismarck, venez donc donner quelques séminaires à Washington ! Alors, en avant toute pour isoler l’Iran ?

Que nenni ! Il faut, entre autres pour complaire à Tony Blair, cet allié bien moins qu’exemplaire, dont le fauteuil vacille aujourd’hui et dont la politique iranophile est ancienne (ou celle du Foreign Office, mais peu importe ici la distinction, tant que l’action est identique), palabrer aux Nations Unies. Il faut écouter les pénibles affabulations de diplomates qui n’aiment rien tant que rouler sur les tapis verts, même quand pleuvent les bombes, sur les autres s’entend, et qui vous expliquent sans frissonner qu’il ne faut pas isoler l’Iran, qu’il n’est pas sûr du tout que Téhéran veuille vraiment se doter d’armes nucléaires, qu’après tout, l’Iran est une grande puissance régionale, et tutti quanti.

Il faut faire semblant de prendre au sérieux les insultantes saloperies du ministre russe des Affaires Etrangères, Serguéi Lavrov, qui protège l’Iran comme un mafieux protège ses clients, et celles du mafieux en chef, Poutine, qui reproche, avec un toupet d’enfer, aux Etats-Unis de relancer la Guerre froide, tout en vendant à l’Iran du savoir-faire, des technologies nucléaires et des systèmes d’armement avancés. Entre Etats voyous il faut bien s’entraider ! Il faut prétendre qu’un Conseil de Sécurité, lardé de mafieux russes et de Chinois, toujours prêts à jeter de l’huile sur le feu, pourvu qu’il soit anti-américain, sans parler de la diplomatie française, toujours accueillante pour les tyrans, pourvu qu’ils soient musulmans, lui achètent des armes et paient des commissions, que ce Conseil de Sécurité, donc, acceptera d’entrouvrir les yeux pour s’apercevoir un jour que, ciel ! inconcevable surprise ! l’Iran est un Etat terroriste et qu’il est un peu risqué de le voir manier des bombes atomiques.

Mais si la pression exercée par Blair et quelques autres, et par les nouvelles majorités démocrates du Congrès, peut avoir gain de cause, c’est aussi, c’est surtout en raison de la banqueroute intellectuelle de la Maison Blanche : Bush peut, en l’espace de quelques semaines, virevolter d’une option à son contraire, d’un rejet tranché du Plan Baker à son acceptation partielle, puis revenir en arrière, demi-tour, droite ! Il peut zigzaguer de la promotion privilégiée de la démocratie, version Sharansky, à l’amadou distribué par Baker aux potentats saoudiens. Passer des initiatives tendant à saigner les entreprises iraniennes, à la préservation des espaces dont les ayatollahs ont besoin. L’incohérence aliène les uns comme les autres. Elle interdit la constitution d’une stratégie.

A la vérité, il n’y a plus d’administration Bush : il y a une demi-douzaine de centres de pouvoir en concurrence qui ne s’inquiètent plus, comme ce fut naguère le cas, des velléités éventuelles du patron. Lequel a essentiellement abdiqué, sauf coups de menton épisodiques, et plus spasmodiques qu’efficaces. A laisser à tout le monde la bride sur le cou, quitte à resserrer les rênes de temps à autres, Bush a gaspillé son autorité, ses équipes rivales se sont éparpillées, il s’est condamné lui-même à ne pas avoir de politique. Plus s’aggravent la confusion et le va-et-vient des politiques antinomiques, plus s’alourdit le climat d’opinion aux Etats-Unis : là où une politique déterminée gagnerait à Bush le soutien populaire dont il a besoin pour faire passer ses choix, le trouble nébuleux qui entoure son action accroît la consternation de l’électorat, qui lui retire donc son soutien. Bush perd ainsi sur tous les tableaux.

De Washington émanent donc plusieurs courants différents. Mlle Rice va discuter avec l’Axe du Mal, cajoler le Saoudien et flatter le Palestinien ; Bob Gates au Pentagone va gérer en tâchant de s’épargner les dégâts, mais il est un partisan connu et traditionnel du « dialogue » avec l’Iran ; Steve Hadley, au Conseil national de sécurité, va aiguiller les dossiers sans trop se soucier de leur contenu ; la CIA mènera sa propre politique pro-sunnite et pro-saoudienne, en sabotant tout le reste pour ne pas courir de risque. Le directeur national du renseignement fera ceci, les diplomates feront cela. Bush fera de temps en temps des discours au ton martial qui rappelleront ses engagements antérieurs périmés, la crédibilité en moins. La bureaucratie fera ce qu’elle voudra. Le Congrès taillera des croupières au président en se servant des armes dont il dispose – il peut couper les fonds, convoquer les responsables, les mettre sur le gril et, le cas échéant, les envoyer à fond de cale en faisant des journalistes ses acolytes. La presse et les media continueront leur implacable travail de démolition de Bush. Dormez, bonnes gens – pendant ce temps, les ayatollahs de l’apocalypse, les prédicateurs saoudiens et les amis des Talibans dans l’armée pakistanaise auront leurs aises. Bush envoie la balle en touche ou dans les tribunes, en espérant que le coup de sifflet final retentira avant qu’elle ne soit remise en jeu.

Il est certes possible que le président prenne un énième tournant, lequel rectifiera les erreurs mais pas les conséquences délétères du tournant précédent – l’accumulation des inconséquences, cependant, a tant réduit la marge de manœuvre de Washington qu’elle laisse l’Irak en proie aux tourments, l’Iran largement libre de ses mouvements, et le Moyen-Orient dans la confusion et la montée des périls. La dernière année de la présidence de George W. Bush s’annonce mal.

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