Gauche européenne: Un monde sens dessus dessous (Which way is up ?)

A world upside down

Head in the sandThere were plenty of leftish people in the 20th century who excused communism, but they could at least say that communism was a left-wing idea. Now overwhelmingly and everywhere you find people who scream their heads off about the smallest sexist or racist remark, yet refuse to confront ultra-reactionary movements that explicitly reject every principle they profess to hold. (…) In Europe and North America extreme versions of multiculturalism and identity politics have left a poisonous legacy. Far too many liberal-minded people think that it is somehow culturally imperialist to criticize reactionary movements and ideas — as long as they aren’t European or American reactionary movements. (…) Beyond the contortions and betrayals of liberal and leftish thinking lies a simple emotion that I don’t believe Americans take account of: an insidious fear that has produced the ideal conditions for appeasement. Radical Islam does worry Europeans but we are trying to prevent an explosion by going along with Islamist victimhood. We blame ourselves for the Islamist rage, in the hope that our admission of guilt will pacify our enemies. We are scared, but not scared enough to take a stand. Nick Cohen
Les Frères musulmans, en tant qu’organisation regroupant presque tous les groupes radicaux, prêche le « dialogue » à usage externe, tout en incitant à la haine en interne ; ses sous-produits prétendent aussi être pacifiques, tout en soutenant secrètement des actions violentes. (…) de plus en plus d’islamistes entrèrent en lice pour obtenir un référé contre mon livre. Les dizaines d’assignations en référé et les menaces de poursuites judiciaires ne m’ont pas inquiété au début. N’avais-je pas en ma possession plusieurs documents administratifs à l’appui de chaque phrase de mon livre ? (…) Malheureusement, mes preuves provenaient des services secrets. Ecoutes téléphoniques enregistrées, photos de réunions d’islamistes, prises en secret, filatures. Il s’agissait d’échanges de résultats de recherche entre services européens. Je n’avais pas pris en compte le fait qu’aucun service du renseignement ne dévoilerait devant une cour de justice ni ses sources ni la manière dont il obtient ses renseignements. (…) Les plaignants affirmaient qu’ils n’avaient jamais célébré les attentats du 11 septembre, alors qu’ils avaient été filmés en train de le faire, par les services secrets. Ils savaient que les membres de ces services ne se présenteraient pas au tribunal. Udo Ulfkotte

Bienvenue en cet étrange monde inversé …

Où, sous prétexte d’anti-impérialisme, l’islamisme le plus rétrograde se voit soutenu par, de Livingstone et Galloway en Grande-Bretagne ou par Mamère et Bové ou Le Monde et Libé en France,  la gauche prétendument la plus progressiste !

Mais où aussi bien sûr les victimes (ou les porteurs de mauvaises nouvelles) deviennent coupables …

Comme ce chercheur sur les réseaux terroristes allemand qui se voit assigner en justice et voit sa réputation et carrière ruinées pour avoir publié un livre et des informations que les services de renseignement de son pays lui avait fournis sur ledists réseaux.

Ou, toutes proportions gardées,… tous nos nouveaux Soljenitsyne et Sakharov

nos Théo Van Gogh ou Ayaan Hirsi Ali

nos journalistes Alain Hertoghe (jeté par la Croix pour avoir critiqué l’outrageuse couverture de la guerre d’Irak) …

nos blogueurs Philippe Karsenty (assigné en justice par France 2 pour avoir dénoncé l’imposture du « petit Mohamed » Al Doura par leur faussaire maison Charles Enderlin ) …

nos professeurs Chagnon et Redeker (mis à pied ou sous menace de mort pour propos non-politiquement corrects sur Mahomet …

nos journaux Le Figaro ou Charlie Hebdo (interdit ou poursuivi pour blasphème – pardon:… racisme!)…

nos intellectuels Finkielkraut

jusqu’au… Pape !

Le monde est sens dessus dessous

Udo Ulfkotte

Traduction française (à partir de la version anglaise) : Menahem Macina

Traiter des islamistes dangereux, c’est vivre dangereusement. Mais parfois le danger ne provient pas des islamistes d’Allemagne, mais de l’administration allemande. C’est la tâche de l’historien de décrire les processus historiques avec leurs antécédents. Le compte-rendu qui suit aidera les générations futures à comprendre pourquoi les chrétiens et la culture occidentale ont, les yeux grands ouverts, perdu la bataille contre des islamistes remplis de haine.

Dans ce contexte, ma personne a peu d’importance, elle est interchangeable. D’autres ont fait la même expérience en s’occupant des islamistes en Allemagne. Ils ont gardé le silence à cause de leurs enfants. Et ils gardent le silence parce qu’ils craignent pour leur emploi. Mes lecteurs doivent savoir que ma connaissance des islamistes ne provient pas de livres poussiéreux, mais que je les ai observés durant plus de 15 ans dans leurs pays d’origine : Afghanistan, Iraq, Iran, Liban, Arabie Saoudite, Yémen, Syrie, Emirats, Algérie, Jordanie, Indonésie, et Malaisie. J’ai rencontré le groupe qui entourait Ben Laden, vers le milieu des années ’90, à Khartoum, capitale du Soudan. Ils avaient un terrain de quelque 400 ares au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu.

Ben Laden avait déjà quitté Khartoum quand je m’y rendis ; quelques-uns de ses adeptes étaient encore là. Dès l’aube, les hommes priaient ensemble. Une ferme de produits laitiers, équipée de l’air conditionné se trouvait à moins de cent mètres de là. La seule famille juive du Soudan y produisait du lait. Les vaches noires et blanches provenaient des Frisons (plaines du nord de l’Allemagne). Les membres d’Al-Qaïda du terrain voisin faisaient partie des clients. Dans le monde occidental, Al-Qaïda n’était pas encore un problème. Aucun journal ne parlait de ceux qui se définissaient comme des « combattants de la guerre sainte ».

Plus tard, en Afghanistan, je rencontrai à nouveau ces combattants de la guerre sainte. Ils se donnèrent du mal pour me convertir à l’islam. J’avais fait la même expérience lors des centaines de rencontres avec des partisans du Hamas, du Hezbollah, du Hisb ut-Tahrir parti de la libération islamique – NDLR d’upjf.org, et de quelques autres groupes qui font sans cesse les titres de la presse aujourd’hui. Tous sont convaincus que leurs actions mèneront le monde à un avenir prétendument meilleur. J’ai pu observer, alors, ces islamistes qui réalisaient des engins piégés et qui étaient équipés de mitraillettes de type AK-47 avec lesquelles nous tirions, à bonne distance, dans le désert, sur des boîtes à conserve vides. J’étais toujours le pire tireur. Tout en s’efforçant de me convertir à l’islam, ils me faisaient part de leurs plans. Ils parlaient du rétablissement du Califat. Ils parlaient de l’Europe, qui serait indubitablement musulmane d’ici quelques décennies. Ils faisaient l’éloge du terrorisme. Ils avaient la certitude qu’ils pourraient détruire la culture des « infidèles ».

Je me souviens qu’à Téhéran, un dirigeant islamiste me dit que le chancelier Kohl ferait bien de le flatter, sous peine de le regretter plus tard. J’ai noté la chose en riant intérieurement. Je n’avais pas pris cet homme au sérieux. A l’époque, je m’étonnais de l’incroyable naïveté de ces combattants de la guerre sainte. Avec le recul du temps, je constate que c’est moi qui étais naïf. Plus tard, le dirigeant islamiste de Téhéran devait être connu au plan international comme le chef des terroristes qui perpètrent des attaques à l’explosif contre les forces internationales en Iraq, après l’invasion américaine. Lui et la plupart de mes connaissances d’alors figurent aujourd’hui sur les listes des personnes les plus recherchées.

Lorsqu’on travaille dans des régions en crise et en proie à la guerre, on est inévitablement amené à connaître des membres des services du renseignement. Ces gens parlent de leurs expériences et échangent des informations. Au fil des ans, cela finit par devenir un réseau. Les portes des chancelleries s’ouvrent, la liste de vos contacts s’allonge jusqu’à inclure des milliers de noms. Des documents sont divulgués ; émanant des services secrets, des administrations et aussi de firmes, ces milliers de pièces du puzzle s’agencent lentement jusqu’à composer une grande image. Après les attentats du 11 septembre, cette mosaïque est soudain devenue d’intérêt public. Dans les mois qui suivirent, j’avais résumé ma connaissance dans des articles de presse et des livres. J’enseigne la gestion de la sécurité et la défense contre le terrorisme dans une université du nord de l’Allemagne.

Beaucoup de fonctionnaires respectables m’ont donné des informations que je ne sollicitais pas – par exemple, en venant me parler après mes conférences. Des ministres d’Etat ou de régions m’ont invité à des discussions. Tel est l’arrière-fond de mon livre, Der Krieg in unseren Staedten – Wie radikale Islamisten Deutschland unterwandern (La guerre dans nos villes – Comment les islamistes radicaux minent l’Allemagne), publié au printemps 2003. Bien que les médias aient déblatéré contre moi à propos de son contenu, ce qu’il rapporte n’est pas de la fiction. J’ai fidèlement consigné dans ces pages le résultat de ce que j’ai trouvé dans les services du renseignement, allemands et autres, sur les réseaux terroristes en Allemagne. Les Frères musulmans, en tant qu’organisation regroupant presque tous les groupes radicaux, prêche le « dialogue » à usage externe, tout en incitant à la haine en interne ; ses sous-produits prétendent aussi être pacifiques, tout en soutenant secrètement des actions violentes. Quand je relis les recensions de mon livre je suis toujours surpris de l’indignation et des ricanements des médias. De nombreux critiques l’ont situé à l’extrême droite, parce que j’insistais pour que les actions nécessaires soient mises en œuvre. Même quand le ministre de l’Intérieur, Otto Schily, alla bien au-delà de mes suggestions dans ses mesures de sécurité, au cours des mois suivants, mon image ne s’est pas améliorée dans les médias. Avec le temps, on finit par s’habituer aux reproches que nous vaut le fait d’être porteur de mauvaises nouvelles. C’est pourquoi il m’a été agréable d’être honoré, la même année, du « Staatsbuergerlicher Preis » (prix national) pour ma recherche en matière de défense contre le terrorisme. C’est le ministre de l’Intérieur de Bavière, Guenther Beckstein, qui prononça l’éloge.

A la même époque, de plus en plus d’islamistes entrèrent en lice pour obtenir un référé contre mon livre. Les dizaines d’assignations en référé et les menaces de poursuites judiciaires ne m’ont pas inquiété au début. N’avais-je pas en ma possession plusieurs documents administratifs à l’appui de chaque phrase de mon livre ? J’étais heureux. Les islamistes ne pourraient pas l’emporter. On peut lire, gravée dans le calcaire à l’entrée de l’Université de Fribourg où j’ai étudié dans les années ’80, la phrase suivante : « Et la vérité vous rendra libres » citation de l’évangile de Jean 8, 32 ; NDLR d’upjf.org. J’ai mémorisé cette maxime pour toujours. Je suis passé par là des milliers de fois en allant à la fac de Droit. La vérité ne pouvait pas être abolie, n’est-ce pas ?

Malheureusement, mes preuves provenaient des services secrets. Ecoutes téléphoniques enregistrées, photos de réunions d’islamistes, prises en secret, filatures. Il s’agissait d’échanges de résultats de recherche entre services européens. Je n’avais pas pris en compte le fait qu’aucun service du renseignement ne dévoilerait devant une cour de justice ni ses sources ni la manière dont il obtient ses renseignements. C’est pourquoi j’ai comparu seul en justice. Et les documents n’ont servi à rien car les islamistes, abrités derrière la façade camouflée des Frères Musulmans, se sont contentés de démentir leur contenu. Même quand des rapports publics officiels – issus, par exemple du Bureau Fédéral pour la Protection de la Constitution – confirmaient mes assertions, les plaignants en démentirent le contenu et intentèrent une autre action en justice contre l’administration concernée. L’affaire devenait coûteuse. Bientôt les frais de procédure dépassèrent les 50.000 euros. Mon impression était que quelques-uns des plaignants exploitaient cyniquement les possibilités que leur offrait la constitution, tout en cherchant à détruire l’Etat fondé sur elle : je me souviens d’un islamiste de Marbourg, qui avait obtenu une assistance juridique et niait en bloc tous les passages qui le concernaient. Cet homme prétendait être dans le dénuement. Il perdit le procès avant même qu’il commençât, du fait qu’il était propriétaire de plusieurs appartements. L’éditeur et moi-même avons eu quelques expériences de ce genre. A ce propos, le fils de cet homme est aujourd’hui l’un des porte-parole les plus connus des organisations islamiques en Allemagne. Les débats au tribunal étaient vraiment intéressants. Les plaignants affirmaient qu’ils n’avaient jamais célébré les attentats du 11 septembre, alors qu’ils avaient été filmés en train de le faire, par les services secrets. Ils savaient que les membres de ces services ne se présenteraient pas au tribunal.

Si quelqu’un m’avait dit alors que plusieurs services du Renseignement allemand étaient en train d’enquêter sur moi du chef de trahison par divulgation, je ne l’aurais pas cru. Les responsables de ces services m’encourageaient durant les procès et continuaient à me transmettre secrètement des documents. Dans ce contexte, j’informai le public des structures terroristes et de leurs réseaux. Le 11 mars 2004, des terroristes islamistes commettaient un attentat à Madrid. Plusieurs sources m’informèrent, quelques jours plus tard, que les traces des attaquants remontaient à l’Allemagne. Je diffusai cette information à la Télévision, les 25 et 26 mars. J’appris que le ministre de l’Intérieur, Otto Schily, était furieux. Il rejeta mes affirmations. Hans Leyendecker avait, à l’évidence, une connaissance similaire de ma « fausse alerte » et intitula son article dans le Sueddeutsche Zeitung, « Fanfaronnade sans fondement d’un expert en terrorisme ». Six semaines plus tard, Focus et Der Spiegel rapportaient que l’un des attaquants avait habité en Allemagne et faisaient remarquer qu’il avait été repéré en Allemagne, ce que l’administration avait nié. Hans Leyendecker se trompait.

Entre temps, cependant, ma chance tourna : en mars 2004, plusieurs fonctionnaires de l’Etat perquisitionnèrent mon domicile ainsi que les bureaux de mon épouse dans un autre immeuble. Motif : subornation de fonctionnaires et assistance à trahison. Je me croyais dans un film. Je n’ai jamais proposé d’argent pour une information à quelque fonctionnaire que ce soit. Durant plus d’une décennie, les autorités m’ont activement communiqué des informations. Et leurs responsables m’ont toujours encouragé à publier l’information. Mais le procureur chargé de l’enquête avait jadis découvert que des journalistes obtiennent aussi des informations par pot de vin. Et c’est ainsi que mon destin prit un tour catastrophique. Le porteur de mauvaises nouvelles était exécuté publiquement.

Les islamistes firent, sur Internet, l’éloge des déclarations du bureau du procureur de Francfort. La plupart des médias se joignirent à eux dans leur triomphe. Soudain, j’étais un repris de justice. Des amis de longue date commencèrent à m’éviter, des voisins cessèrent de recevoir des envois postaux destinés à un « coupable », et ma femme perdit sa clientèle. Une photo de ses bureaux, prise de l’extérieur, sur un placard jaune, faisait en sorte que les clients de son service de comptabilité soient informés de ne pas faire d’affaires avec un « coupable ». Du fait que le préavis de résiliation du bail de ses bureaux était d’un an, ma femme dut payer son loyer durant une pleine année – sans clients. Dommage collatéral dû aux autorités allemandes de sécurité. A cette époque, l’Université de Lueneburg avait décidé d’élever ma position d’enseignant à celle d’un professorat. Maintenant, je dois d’abord attendre la fin de la procédure criminelle à mon encontre.

Comme aucun indice de pot de vin n’avait pu être trouvé, plusieurs autres enquêtes suivirent. Entre mars 2004 et mars 2005, mon domicile privé et les bureaux de ma femme furent perquisitionnés à deux reprises, une autre enquête dans mes déclarations de revenus pouvait révéler des réceptions, avec la possibilité que figure un fonctionnaire parmi les invités. En dépit du fait que je n’ai jamais eu de bureau à l’Université de Lueneburg, et que le procureur de Francfort était au courant de ma nomination imminente au professorat, l’Université de Lueneburg fit également l’objet d’une perquisition – apparemment dans l’espoir d’y trouver des preuves de ce que j’y avais invité quelque gros bonnet, donnant ainsi corps à l’accusation de subornation de fonctionnaires. Le doyen et les professeurs ont été durablement impressionnés par l’investigation. Je n’ai jamais invité des fonctionnaires à mes réceptions, à l’exception du ministre Beckstein (ma femme confectionna trois gâteaux pour lui et ses gardes du corps), aussi étais-je persuadé que le ministère public de Francfort présenterait des excuses pour ces fausses accusations. Certes, le dossier de pot de vin fut clos en 2005, ainsi que celui de l’assistance à trahison. Malheureusement, le procureur ne pouvait être contraint d’annoncer la clôture du dossier avec la même publicité qui avait accompagné celle de l’ouverture des poursuites. Aussi, le public reste sous l’impression que je pourrais avoir soudoyé des fonctionnaires.

A la place des accusations fausses et calomnieuses évoquées ci-dessus, l’accusation enquête maintenant sur mon compte pour avoir, durant plus de deux ans et demi, incité à la révélation de secrets d’Etat. L’action a été introduite il y a plus d’un an. Malheureusement, le tribunal devant lequel j’ai pu rapidement prouver que je n’avais jamais incité aucun fonctionnaire à trahir des secrets d’Etat n’avait pas le temps. Au moment où j’écris ces lignes, il n’y a pas la moindre lueur d’espoir d’une fixation de date pour le jugement. Après plus de deux ans et demi, je quitte la province de Hessen, parce que je ne veux pas participer au financement de cette procédure avec mes impôts.

J’ai entendu dire par beaucoup de fonctionnaires que l’argent est un problème avec les filatures contre-terroristes. Les enregistrements de conversations téléphoniques demandées d’urgence dans les milieux des islamistes violents ne sont pas approuvés par l’accusation, même si l’argent ne manque pas pour ce faire. Dans mon cas, pourtant, l’argent s’est envolé et coule librement. D’après les documents, j’ai pu voir que mon livre susmentionné a été examiné, phrase par phrase, par quelques employés pour le cas où mon information pourrait remonter à une période excédant quelques semaines. Il y a eu aussi de l’argent pour les écoutes téléphoniques. Quand je parlais aux journalistes, les responsables sécuritaires étaient au courant. Temporairement j’étais PBO ??? – suspect sous investigation de la police. Les six perquisitions, l’écoute téléphonique, l’observation par des spécialistes venus de loin, et l’analyse des données ont coûté beaucoup d’argent – un argent qui doit manquer pour enquêter sur les réseaux terroristes.

Pour mémoire, une fois de plus : Personne ne m’accuse de diffuser une information inexacte dans des déclarations publiques ou dans des livres sur les réseaux terroristes en Allemagne et sur le danger qu’elles constituent pour le public. Au contraire, cette information est fondée sur la vérité et est manifestement perçue comme une telle menace pour le public, que sa diffusion doit être évitée. Pourtant, si l’on se concentre trop sur le porteur de mauvaises nouvelles, il arrive que le vrai danger soit oublié.

En février 2006, j’ai publié, dans le magazine Park Avenue, une longue analyse sur l’interaction entre des boutiques de téléphonie et des cellules terroristes en Allemagne. Le Bureau Fédéral d’Investigation Criminelle a toujours répondu à mes questions à ce propos qu’un tel lien n’existait pas, alors que la preuve était en possession des autorités allemandes de sécurité. Si j’avais rendu publique cette preuve et exposé ainsi le Bureau Fédéral d’Investigation Criminelle, une septième perquisition aurait probablement suivi les précédentes. Il a fallu la tentative de faire exploser des bombes dissimulées dans des attaché-cases, heureusement découverte à temps, par hasard, pour que le Bureau Fédéral d’Investigation Criminelle prenne conscience de la coopération entre les « boutiques de téléphonie » et les cellules terroristes. Aujourd’hui, nous savons que les terroristes libanais ont créé leur réseau par le canal d’une boutique de téléphonie de Hambourg et de Kiel. A Madrid et à Londres, l’autorité en charge de la sécurité a également fait les mêmes découvertes – seulement après les attentats.

Mon livre, Der Krieg in unseren Staedten – Wie radikale Islamisten Deutschland unterwandern (La guerre dans nos villes – Comment les islamistes radicaux minent l’Allemagne), n’est plus disponible. On peut seulement l’acheter d’occasion sur http://www.amazon.de et ebay. La plupart des prévisions de mes livres ont maintenant été confirmées par la réalité, mais les islamistes ont réussi à contraindre l’éditeur à le retirer silencieusement du marché, à l’été 2006. Après que le livre ait franchi tous les obstacles juridiques en plus de trois ans et alors qu’il continuait à avoir du succès, des islamistes de Birmingham et de Vienne ont menacé d’un flot de plaintes en justice. Plaintes qui, à l’évidence, n’ont pas le moindre fondement. L’un des plaignants affirma qu’il n’avait jamais été membre de la confrérie radicale des Frères musulmans. Pourtant, en demandant l’asile en Allemagne, il avait affirmé qu’il était persécuté dans son pays en tant que membre de « Al ikhwan muslimoun » – expression arabe signifiant Frères musulmans litt. : confrérie musulmane – note du traducteur.

Les menaces de ces islamistes étaient encouragées par l’annonce que des procès seraient intentés par d’autres islamistes, jusqu’à ce que le livre soit retiré du marché. Aussi, l’éditeur et l’auteur ont-ils retiré le livre de la circulation, du fait que pas un politicien ne voulait lui accorder son soutien. Personne n’était intéressé. La fin des enquêtes sur le « coupable » Ulfkotte n’est pas en vue. Un fonctionnaire m’a fait savoir dernièrement qu’une « note anonyme » portant sur des soupçons de pornographie pédophile sur mon ordinateur pourrait suffire à justifier un autre ordre de perquisition. Dans le même temps, je trouve régulièrement dans ma boîte aux lettres des documents officiels du Bureau Fédéral d’Investigation Criminelle et des Services du Renseignement, estampillés « confidentiel », ou « secret », qui me sont envoyés contre mon gré et que je n’ai pas demandés. Au début, j’ai retourné, en recommandé, ces documents aux pouvoirs publics. Mais, à ce jour, le « divertissement » ne s’est pas arrêté. Quand j’appelle pour demander à qui je dois retourner les documents, je n’obtiens pas de réponse.

Tout de suite après les nombreuses perquisitions j’étais furieux contre les administrations allemandes. Aujourd’hui je ne ressens que de la pitié. Mais aussi de la consternation de ce que les politiciens préfèrent fermer les yeux quand, au lieu des terroristes, ce sont ceux qui dévoilent leurs réseaux qui sont poursuivis. Dans les cercles islamistes, le nom de Udo Ulfkotte est maintenant la preuve que les fondamentalistes et ceux qui veulent recourir à la violence sont sur la « bonne » voie. Un jeune musulman dans l’entourage de mes étudiants m’a dit qu’il faut voir un signe d’Allah dans le fait que l’auteur du livre Der Krieg in unseren Staedten est à présent un accusé dans une procédure pénale, tandis que les islamistes continuent à recruter sans en être empêchés.

Cela fait de nombreuses années que je fréquente la chapelle de la forêt du Taunus, le matin. J’allume une bougie et je puise, dans la prière, la force pour une nouvelle journée de travail. Durant toutes ces années de combat et d’indignité, la chapelle de la forêt a constitué un lieu où je pouvais reprendre confiance. Depuis février 2006, la chapelle a été vandalisée à plusieurs reprises. Au matin du 5 juillet, je l’ai trouvée dans le pire état jusqu’à ce jour : Les chandeliers avaient été arrachés des murs et la Madone de calcaire avait servi de cible à des jets de bouteilles. Quand j’avertis la police de l’incident, on me demanda ce que j’attendais que fasse la police. Je ne me plains pas des policiers de service. Cependant, j’ai soudain réalisé que les valeurs de notre société ont beaucoup changé. Si un lieu de prières musulman avait été vandalisé, le Bureau Fédéral d’Investigation Criminelle n’aurait certainement pas hésité à ouvrir une enquête. Dans le cas présent, rien ne s’est produit – rien. Deux semaines après le saccage de la chapelle, un journal local a mentionné le fait. Ce fut tout. Entre temps, la chapelle a été vandalisée une quatrième et une cinquième fois, immédiatement après avoir été soigneusement restaurée et repeinte grâce à des dons de la population locale. Je ne dérange plus la police pour une information de ce genre.

A l’évidence, le monde dans lequel je vis est sens dessus dessous.

Voir aussi:

An Upside-Down World
Nick Cohen
WSJ
February 23, 2007

LONDON — The other day Ken Livingstone, the mayor of my hometown of London, organized a conference on Islam and the West. It was a carefully rigged affair in which handpicked speaker after handpicked speaker stood up and announced that the democracies were to blame for the tidal wave of murder sweeping the world. To provide a spurious air of balance, the organizers invited a few people who dissented from the line of the Muslim Brotherhood and its British allies. Agnès Poirier, a French feminist, was one of them, but she pulled out because although there were no special facilities for Christians, Hindus and Jews, Mr. Livingstone had provided separate prayer rooms for Muslim men and Muslim women.

She wanted to know: Does Ken Livingstone’s idea of multiculturalism acknowledge and condone segregation? It clearly does, but what made this vignette of ethnic politics in a European city worth noting is that commentators for the BBC and nearly every newspaper here describe Mr. Livingstone as one of the most left-wing politicians in British public life. Hardly any of them notices the weirdness of an apparent socialist pandering to a reactionary strain of Islam, pushing its arguments and accepting its dictates.

Mr. Livingstone’s not alone. After suicide bombers massacred Londoners on July 7, 2005, leftish rather than conservative papers held British foreign policy responsible for the slaughters on the transport network. (« Blair’s Bombs, » ran the headline in my own leftish New Statesman.) In any university, you are more likely to hear campaigns for the rights of Muslim women derided by postmodernists than by crusty conservative dons. Our Stop the War coalition is an alliance of the white far left and the Islamist far right, and George Galloway, its leader, and the first allegedly « far left » MP to be elected to the British parliament in 50 years, is an admirer of Saddam Hussein and Hezbollah.

I could go on with specific examples, but the crucial point is the pervasive European attitude to the Iraq catastrophe. As al Qaeda, the Baathists and Shiite Islamists slaughter thousands, there is virtually no sense that their successes are our defeats. Iraqi socialists and trade unionists I know are close to despair. They turn for support to Europe, the home of liberalism, feminism and socialism, and find that rich democrats, liberals and feminists won’t help them or even acknowledge their existence.

There were plenty of leftish people in the 20th century who excused communism, but they could at least say that communism was a left-wing idea. Now overwhelmingly and everywhere you find people who scream their heads off about the smallest sexist or racist remark, yet refuse to confront ultra-reactionary movements that explicitly reject every principle they profess to hold.

Why is the world upside down? In part, it is a measure of President Bush’s failure that anti-Americanism has swept out of the intelligentsia and become mainstream in Britain. A country that was once the most pro-American in Western Europe now derides Tony Blair for sticking with the Atlantic alliance. But if Iraq has pummeled Mr. Blair’s reputation, it has also shone a very harsh light on the British and European left. No one noticed it when the Berlin Wall came down, but the death of socialism gave people who called themselves « left wing » a paradoxical advantage. They no longer had a practical program they needed to defend and could go along with ultra-right movements that would once have been taboo. In moments of crisis, otherwise sane liberals will turn to these movements and be reassured by the professed leftism of the protest organizers that they are not making a nonsense of their beliefs.

If, that is, they have strong beliefs to abandon. In Europe and North America extreme versions of multiculturalism and identity politics have left a poisonous legacy. Far too many liberal-minded people think that it is somehow culturally imperialist to criticize reactionary movements and ideas — as long as they aren’t European or American reactionary movements. This delusion is everywhere. Until very recently our Labour government was allowing its dealings with Britain’s Muslim minority to be controlled by an unelected group, the Muslim Council of Britain, which stood for everything social democrats were against. In their desperate attempts to ingratiate themselves, ministers gave its leader a knighthood — even though he had said that « death was too good » for Salman Rushdie, who happens to be a British citizen as well as a great novelist.

Beyond the contortions and betrayals of liberal and leftish thinking lies a simple emotion that I don’t believe Americans take account of: an insidious fear that has produced the ideal conditions for appeasement. Radical Islam does worry Europeans but we are trying to prevent an explosion by going along with Islamist victimhood. We blame ourselves for the Islamist rage, in the hope that our admission of guilt will pacify our enemies. We are scared, but not scared enough to take a stand.

I hope conservative American readers come to Britain. But if you do, expect to find an upside-down world. People who call themselves liberals or leftists will argue with you, and when they have finished you may experience the strange realization that they have become far more reactionary than you have ever been.

Mr. Cohen, a columnist for the Observer and the New Statesman, is the author of « What’s Left?: How Liberals Lost Their Way » (Fourth Estate, 2007).

One Response to Gauche européenne: Un monde sens dessus dessous (Which way is up ?)

  1. jcdurbant dit :

    If Labour’s problem was individual, oddball anti-Semites, they could simply be removed. If it is about an ideology so wide and deep that its adherents don’t even realise what they are supporting, then you really have got trouble. If perfectly pleasant people like Mr Corbyn, with no personal malice, nevertheless make common cause with such extremism, then you have got, to use a concept beloved of the Left, institutional racism. This story is less to do with individual wickedness than with what has happened to the Left. The stuff that Mr Livingstone garbled about Hitler supporting Zionism comes from a book by Lenni Brenner called Zionism in the Age of the Dictators. Brenner, a Trotskyite who renounced his own Jewish upbringing, sought to prove that Zionism in the Thirties was a Jewish collaboration with Hitler. In the early Eighties, when the book was published, Mr Livingstone was in charge of Labour Herald, the newspaper vehicle for his hard-Left takeover of London Labour (printed with the help of money from Colonel Gaddafi’s Libya). Labour Herald gave Brenner’s book an ecstatic review. It was part of a growing trend.During the Sixties, much of the Left moved from its traditional concern with the organised working class to a greater focus on “the wretched of the earth”. The phrase was the title of a book by the Marxist philosopher, Franz Fanon, who heavily influenced, among others, the young Barack Obama. In this picture, the greatest enemy was colonialism, and the perpetual victim was the Third World, or what is nowadays called the Global South. Violent struggle by the victims to cast off their shackles was advocated. In the same period, the Soviet Union, which had frequently used anti-Semitic propaganda to reinforce its internal repressions, began to export the stuff. In the Middle East, where it sought advantage against the United States and the West, such tropes were particularly effective. Many in the Muslim world craved support for the idea that Israel, which had so amazingly trounced its Arab neighbours when they attacked it in 1967, was part of a global plot by Western power and money to keep them in subjection. Until then, in countries like Britain, Jews and Israel had usually been well treated by the Left and seen as allies in the fight against fascism. Now this shifted. The Young Liberals, taken over by leftists such as Peter Hain, who much later became a Labour Cabinet Minister, were the first grouping to become militant about the Palestinian cause. Then the ideology spread, and gradually broadened into the all-encompassing account of dispossession and oppression – applicable from Bethlehem to Belfast to Birmingham, Alabama – which it is today. (…) Although people like Mr Corbyn have never shown belief in Islamist doctrines about chucking homosexuals off cliffs or imposing sharia law or torching synagogues, they have found themselves absolutely unable to confront such things. In doing so, they would have to question the most sacred tenet of the “anti-imperialist” Left, that the Western powers are always wrong. Besides, why should they consider accusations that they are anti-Semitic? In their minds, anti-Semitism, like all other racism, is a product of fascism. They are anti-fascists, so they simply can’t be racists. By electing Mr Corbyn as leader, Labour in effect endorsed this paranoid narrative of grievance and conspiracy that has developed over the last 50 years. So its new recruits are drawn from that school of thought – more Islamists and anti-Semites; fewer Jews, or, come to that, ordinary working people. Unlike in the Eighties, the party has not been infiltrated in a calculated manner (though Mr Corbyn’s lieutenants are now making up for lost time). It has simply decayed so much that its immune system can no longer resist the infection. One of our two main parties has adopted, almost without thinking about it, an ideology of which race hate is an intrinsic part. This has never happened before in Britain. Next week, London will elect a new Mayor. Sadiq Khan, the Labour candidate, is astute. He was quick to condemn Mr Livingstone on Thursday. But he too has done a good deal of platform-sharing. In 2004, for example, he appeared on the same bill in Tooting as prominent Holocaust deniers, Hamas supporters, misogynists and supporters of violence against Israel. He now says he “regrets giving the impression” that he shared their views The other main performer on the platform that day was a backbench Labour MP, one Jeremy Corbyn.

    Charles Moore

    http://www.telegraph.co.uk/news/2016/04/29/how-the-labour-party-embraced-an-ideology-that-has-race-hate-at/

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