Campagne 2007: Qui nous délivrera enfin… de la Françafrique?

FrançafriqueL’Afrique est le dernier endroit au monde où la France est reçue comme une grande puissance. Giscard
C’est la fin des réseaux de la corruption, et d’une certaine vision postcoloniale de la France en Afrique. /…/ on ne doit pas aider tous les pays africains de la même façon. Un pays comme le Bénin a connu 82 % de participation électorale à la dernière élection présidentielle. Le Bénin doit être davantage aidé que d’autres pays qui sont moins exemplaires en termes de démocratie. /…/ il faut un débat sur la présence militaire française en Afrique. Cette présence militaire est justifiée lorsqu’elle est une force de paix sous contrôle international, mais elle ne le serait plus si elle était là pour soutenir un régime douteux, fût-il « ami » de la France. (…) Il y a eu une grande complaisance et des malentendus dans les rapports entre l’Europe et l’Afrique. Expliquer l’échec de l’Afrique par les seules conséquences de la colonisation est outrancier. C’est respecter les Africains que de dire qu’ils ont une part de responsabilité dans la situation qui est la leur. /../ il y a neuf cents millions d’Africains. Et sur ces neuf cents millions d’Africains, il y en a quatre cent cinquante millions qui ont moins de 17 ans. La jeunesse du monde est africaine. Nous ne pourrons pas accueillir toute la jeunesse africaine. /…/ L’échec de l’Afrique d’aujourd’hui sera le désastre de l’Europe de demain. La question du développement de l’Afrique est une question essentielle. On doit définir une politique d’immigration commune qui ne pille pas les élites africaines, et qui ne désagrège pas le modèle d’intégration français. Nicolas Sarkozy
la politique africaine de la France, figée dans une coupable immobilité (…) Depuis bientôt cinq ans, la droite française est en effet à l’origine de désordres sans précédent sur le continent africain. La conception de la Présidence de la République de Jacques Chirac y est pour beaucoup. En privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général, la pratique présidentielle a terni l’image de notre pays, qui se trouve associé dans l’esprit des Africaines et des Africains aux régimes les plus contestables du continent. Ségolène Royal
Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Ségolène Royal, a fait savoir hier soir que le texte sur l’Afrique qui devrait être publié demain dans Témoignage chrétien et dans lequel la candidate PS lance une violente attaque contre la politique africaine de Jacques Chirac avait été envoyé « par erreur ». Le Figaro

A l’ouverture du dernier sommet franco-africain de l’actuel squatter et futur SDF de l’Elysée (à Cannes les 15-17 février), comment ne pas évoquer les positions respectives des deux principaux candidats à l’élection d’avril prochain et poser la question: qui nous délivrera enfin… de la Françafrique?

« Sarkozy l’Américain » qui conserve certes quelques amitiés compromettantes (le président à vie gabonais Omar Bongo ou l’archi-corrompu congolais Sassou Nguesso) mais s’est engagé à rompre avec, comme l’appelle Le Canard (très) enchainé, la « Chirafrique » …

Ou la Mère Royal, née à Dakar mais apparemment hors des vieux réseaux et qui vient de publier dans le Monde diplodocus des cathos de gauche (« Témoignage chrétien ») une position très vigoureuse et courageuse avant promptement de… la retirer?

Afrique: imbroglio autour d’un texte de Royal
Le Figaro
14 février 2007

Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Ségolène Royal, a fait savoir hier soir que le texte sur l’Afrique qui devrait être publié demain dans Témoignage chrétien et dans lequel la candidate PS lance une violente attaque contre la politique africaine de Jacques Chirac avait été envoyé « par erreur ». Dénonçant une « coupable immobilité » de la politique africaine de la France, Royal accuse dans ce texte le chef de l’État d’avoir privilégié « systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général ». Selon Christophe Chantepy, la lettre « n’a aucunement été validée dans cette forme par Mme Royal », qui « s’est toujours gardée de toute attaque personnelle au cours de cette campagne ». « Je tombe des nues », a réagi hier sur LCI, Noël Bouttier, rédacteur en chef de l’hebdomadaire.

Edito

Mon projet pour l’Afrique, par Ségolène Royal

L’Afrique, dans l’extrême diversité des situations qui la caractérise, est en pleine mutation. Le parallèle avec la politique africaine de la France, figée dans une coupable immobilité n’en est que plus cruel. Cela doit changer dès 2007. Depuis bientôt cinq ans, la droite française est en effet à l’origine de désordres sans précédent sur le continent africain. La conception de la Présidence de la République de Jacques Chirac y est pour beaucoup. En privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général, la pratique présidentielle a terni l’image de notre pays, qui se trouve associé dans l’esprit des Africaines et des Africains aux régimes les plus contestables du continent. La France doit à nouveau porter en Afrique un message de démocratie, de solidarité, de paix et de défense des droits de la personne humaine, sans qu’il soit possible d’opposer à cette ambition la réalité des interventions de notre pays. De ce point de vue, les récentes déclarations du candidat de l’UMP qui s’inscrivent sans retenue, dans les mêmes réseaux que le Président Jacques Chirac, ne sont pas de nature à rassurer nos concitoyens qui souhaitent que notre pays demeure fidèle à ses valeurs de solidarité internationale, de promotion de la démocratie et de consolidation de l’Etat de droit.
Les Africains sont malheureusement les premières victimes de cette politique de la « Françafrique ». La multiplication des interventions militaires improvisées au profit de régimes réputés amis au Tchad ou en Centrafrique, nous détourne des objectifs de développement qui devraient être prioritaires. Faute d’avoir incité les régimes les plus fermes à s’engager dans la voie de la démocratisation et du respect des droits humains, nous nous trouvons réduits à intervenir militairement dans la précipitation pour éviter des prises de pouvoir par la force. Mais c’est en amont que nous aurions dû agir pour favoriser le dialogue politique et la participation de l’opposition et de la société civile africaine au jeu démocratique. D’une part, les termes de nos accords de défense et de coopération militaire avec plusieurs pays africains devront être clarifiés et si besoin renégociés. Notre politique étrangère doit être conduite dans la transparence. Je propose donc que nos accords de coopération, et notamment nos accords de défense et de coopération militaire soient examinés par le Parlement. Il s’agit d’un engagement nouveau mais nécessaire. Les citoyens français ont le droit d’être informés des buts poursuivis par nos programmes de coopération et des raisons de l’engagement de nos forces armées sur le continent africain. Je propose qu’un débat à l’Assemblée nationale soit obligatoire en cas d’intervention armée dans un conflit sur le continent africain. Il faudra aller au-delà et je retiens votre proposition de mettre en place une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales. Cette délégation permettra non seulement de mettre en débat les grandes orientations de la politique de coopération, elle devra aussi contribuer à clarifier le rôle des différents acteurs engagés dans la coopération : services publics, collectivités locales, entreprises et ONG.

D’autre part, notre coopération devra faire des efforts particuliers pour consolider la société civile africaine et renforcer les mécanismes contribuant à l’émergence de la démocratie. À l’évidence, les ONG françaises et européennes ont un rôle particulier à jouer dans ce domaine. Je souhaite que nous développions une ligne de programme spécifique accessible aux ONG françaises et à la société civile africaine, en valorisant les enseignements du programme Démocratie et droits de l’Homme mis en œuvre par l’Union européenne, programme avec lequel nous gagnerions à développer des synergies. Cet aggiornamento politique me semble constituer la première étape de la rénovation de notre politique en direction de l’Afrique. Mais nous devons aussi innover pour accompagner le continent sur la voie d’un développement durable. La pauvreté reste endémique. L’espérance de vie régresse dans les pays frappés par le sida et le paludisme. La croissance urbaine crée de graves déséquilibres. La condition des femmes est trop souvent bafouée. Je voudrais suggérer ici plusieurs pistes d’action.

Nous devons veiller à préserver nos capacités des pays africains à vivre de l’exploitation durable des ressources dont ils bénéficient sur leur territoire. Il n’est pas acceptable que certaines entreprises. dont certaines ont leur siège en France, procèdent à un véritable pillage de ces ressources en privant les Africains des plus values qui permettraient le décollage économique. Il est encore plus préoccupant de constater que le pillage de ces ressources, en appauvrissant les populations, force certains à l’émigration vers l’Europe. Il serait plus intéressant d’éviter ces pillages et d’encourager l’économie locale au bénéfice de populations qui, dès lors, préféreraient vivre et prospérer dans leur propre pays.

Nous devons plus généralement encourager voire contraindre les entreprises à s’engager sur une éthique de responsabilité sociale et environnementale en veillant a minima qu’elles respectent les codes de conduites édictés par exemple par l’OCDE. A ce titre, je soutiens l’initiative « Publiez ce que vous payez » qui propose d’imposer aux industries extractives de rendre publiques les sommes versées aux Etats pour l`exploitation de leurs ressources naturelles. Les citoyens africains ont le droit de savoir ce que leurs gouvernements perçoivent des compagnies étrangères et les consommateurs français doivent pouvoir s’assurer que l’essence qu’ils achètent n’entretient pas un régime despotique. Nos pratiques doivent évoluer: la transparence, c’est la modernité, l’opacité actuelle l’archaïsme. La première condition du développement est de ne pas gâcher les atouts humains dont un pays dispose. Je constate que les pays qui investissent le plus dans l’éducation. en particulier celle des jeunes filles et qui respectent le plus les droits des femmes sont aussi ceux qui réussissent le mieux.

Pensons au rôle qu’ont pu jouer les femmes dans l’émergence de pays tels que le Cap Vert, la Tunisie ou l’Afrique du Sud… L’éducation joue aussi un rôle clé pour la prévention de la diffusion des pandémies. Enfin, l’amélioration de la condition des femmes africaines passe par le soutien aux mouvements qui luttent contre l’excision, pour le droit des femmes à maîtriser leur corps et leur fécondité, ainsi que par le renforcement de la participation des femmes à la représentation politique. Pour valoriser les atouts humains de l’Afrique il convient aussi de préserver la santé des populations africaines. Le sida entraîne de terribles régressions. Les exemples sont nombreux en Afrique australe: en Zambie, l’espérance de vie a ainsi régressé de dix ans dans les dix dernières années.

Les pays en développement ont obtenu à Doha le droit de copier ou d’importer des médicaments génériques pour leur politique de santé publique, mais, de facto, ils ne peuvent utiliser ce droit, en raison des mécanismes juridiques très contraignants qui ont été fixés sous la pression des laboratoires pharmaceutiques. Ces obstacles doivent être levés et la France doit s’engager à soutenir effectivement l’accès aux médicaments des pays pauvres. Mais les médicaments seuls ne peuvent suffire. Sans médecins pour les dispenser, sans réseaux de santé, ils n’atteindront pas les malades et l’on ne pourra endiguer l’épidémie de sida. De ce point de vue, comment ne pas être alarmé par l’extraordinaire proportion de médecins formés en Afrique qui exercent en Europe. Cette proportion atteint 30% dans certains pays. Le projet d’immigration choisie défendu par le candidat de l’UMP va aggraver cette tendance et, je le dis avec gravité, contribuer à affaiblir des systèmes de santé déjà fragiles.

Je propose pour ma part d’agir en responsabilité en ne pillant pas les ressources humaines qui sont vitales pour ces pays. Je propose. à l’inverse. de faciliter les allers et retours des médecins d’origine africaine afin qu’ils puissent exercer dans leur pays d’origine et participer à la formation de jeunes médecins tout en conservant des connections en France leur permettant de poursuivra l’approfondissement de leurs compétences, Plus largement je proposerai de renforcer les moyens affectés à la santé en encourageant la constitution d`un fonds public mondial pour la santé de base.

Une deuxième condition au développement c’est de pouvoir valoriser ses atouts économiques. Cela suppose des moyens importants. Les budgets des États restent lourdement affectés par le remboursement de la dette accumulée dans les années 1980 malgré les premières vagues d’annulations. Il conviendra d’achever ce processus de désendettement.

S’il faut aider les Etats, il faut aussi soutenir les familles. Le micro-crédit est une voie pour permettre aux Africains de financer leurs projets de développement: l’extension des réseaux de micro-crédit dans les campagnes où ils sont encore peu présents doit permettre à de nombreuses familles de sortir de la pauvreté. L’Afrique possède de nombreuses richesses, mais celles-ci sont le plus souvent surexploitées par des groupes étrangers. Il s’agit donc de promouvoir en Afrique des filières d’excellence durable reposant davantage sur les populations. Je pense au coton dont l’Afrique est un producteur de qualité mais qui est déprécié sur les marchés internationaux en raison notamment des subventions américaines: il faudra porter cette question avec plus de force dans le cycle de négociations de l’OMC. Je pense aussi aux énergies renouvelables – et à l’énergie solaire en particulier – qui permettent notamment dans les zones rurales, d’apporter de l’énergie à des coûts raisonnables pour la fourniture de services essentiels. Je pense enfin à la promotion du commerce équitable dont nous devons valoriser les débouchés sur le marché français.

Pour financer ces nouvelles opérations de développement durable il est avant toute chose nécessaire d’optimiser l’utilisation des moyens actuels disponibles, pour éviter les gaspillages et nous assurer que les ressources seront mises effectivement à disposition de ceux qui en ont le plus besoin. Comme je l’ai mentionné plus haut, cette optimisation de l’utilisation de l’aide publique passe par la clarification du rôle des différents acteurs et par la recherche de synergies avec les instruments européens.

Je souhaite que notre nouvelle politique de co-développement s’appuie plus directement sur les acteurs de terrains. Dans ce cadre, je propose de rénover nos méthodes de coopération notamment en valorisant davantage le travail des ONG en portant à 5% comme c’est le cas ailleurs en Europe le pourcentage de l’aide française qui sera mise en oeuvre par leur canal. Ne privatisons pas l’aide publique au développement , rationalisons le dispositif français de coopération, encore trop éclaté ! Mobilisons davantage la coopération décentralisée, qui permet à des collectivités françaises de collaborer directement avec des collectivités africaines, car, au-delà des transferts d’argent, c’est aussi de capacités d’action autonomes dont les pays africains ont besoin. Mobilisons davantage les migrants et leurs compétences ! Mobilisons les jeunes qui souhaiteront effectuer un service civil à l’étranger ! Dans ce domaine de la coopération, comme dans bien d’autres secteurs, la France devra aussi contribuer à renforcer les politiques européennes pour une solidarité plus efficace et une contribution plus significative au développement durable du continent africain.

Enfin, au delà de cette optimisation des moyens et des politiques, je veux aussi que nous réfléchissions à une taxation des transactions financières pour accroître le financement du développement. Enfin. conformément au projet du PS, nous porterons progressivement le montant de l’aide publique à 0,7% du PlN, pour remplir les engagements internationaux qui ont été trop longtemps bafoués.

Je crois possible de mettre fin au désordre créé par des décennies de politique clientélistes en Afrique, des politiques bien peu responsables au regard des besoins des sociétés africaines et des volontés de solidarité des citoyennes et citoyens français. Pour cela, nous devons être fermes sur la défense des droits de la personne humaine, innovants en matière de développement. Nos objectifs doivent être explicités et nos méthodes transparentes. Ce sont les positions que je défendrai au cours de cette campagne pour rénover la politique de la France aux côtés de l’Afrique. Ce sont les orientations que je mettrai en oeuvre si je suis élue.

Le texte de Mme Royal répondait à un appel lancé, dans nos colonnes le 14 décembre dernier, par Jean-Marie Fardeau, Secrétaire général du CCFD (Comité catholique contre la Faim et our le Développement)..

Voici le commentaire de M. Fardeau au texte de Mme Royal

La réponse de Mme Royal à ma lettre ouverte sur la nécessité d’un changement radical de la politique de la France en Afrique est un signe encourageant d’engagement. Mme Royal se prononce en effet clairement sur plusieurs questions chères au CCFD, qui sont portées, en vue des élections, par la campagne « État d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire » : examen par le Parlement des accords de défense liant la France et des pays africains, création d’une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales, engagement de faire transiter 5 % de l’aide publique au développement par les ONG, exigence, pour les entreprises exploitant des ressources en Afrique, de déclarer ce qu’elles versent aux autorités de ces pays… Je m’en réjouis bien entendu. Sur plusieurs questions – dette, taxation des transactions financières, règles commerciales mondiales… -, nous attendons des engagements plus précis. Le dialogue va donc se poursuivre, comme c’est le cas avec tous les candidats que nous avons interpellés. La France et tous ses citoyens sortiront grandis de ce débat démocratique sur ses relations avec l’Afrique.

Voir aussi la déclaration du collectif Survie-france.org qui fustige avec raison le soutien français et l’impunité des tyrans africains mais qui (autant d’ailleurs que, voix des agriculteurs obligent, Sarkozy ou Royal!) oublie étrangement en chemin la première mesure susceptible d’aider l’Afrique à se sortir du marasme où elle s’enfonce toujours plus après 45 ans de coopération (et le tiers de l’armée française, soit 11 000 hommes):

A savoir non pas la libre circulation des personnes (qui ne ferait qu’aggraver les actuels problèmes d’immigration et d’intégration) mais des marchandises et surtout des produits agricoles africains sans laquelle l’Afrique ne pourra jamais décoller.

Et donc (et c’est là que le bât blesse) le démantèlement de la PAC européenne qui nous coûte si cher et ne profite qu’à une minorité des quelque 2% de la population active auquels se reduisent nos paysans sursubventionnés à surproduire et surpolluer …

1er décembre 2005

Déclaration finale à l’issue du Sommet alternatif citoyen de BAMAKO

>> L’APPEL DE BAMAKO<<

Du 30 novembre au 1er décembre 2005 s’est tenu à la Maison des Jeunes de Bamako (Mali), le Sommet alternatif citoyen Afrique France en réplique au 23ème Sommet Afrique France, vitrine du néo-colonialisme français.

Cet événement inédit en Afrique a réuni plus de 200 participants venant de 12 pays d’Afrique et du reste du monde, représentant par délégation plus d’une centaine d’organisations de la société civile. Au cours des travaux, le Sommet s’est penché sur les thèmes relatifs aux principaux maux qui minent l’Afrique : dictatures, dette odieuse, corruption, échange inégal, violations massives des droits de l’homme, impunité, pillages.

45 ans de coopération et 22 Sommets France Afrique n’ont apporté aucun remède à ces maux. Le Sommet alternatif citoyen Afrique France constate au contraire que la coopération françafricaine n’a servi que les intérêts économiques et politiques des seuls dirigeants français et africains, au mépris des peuples qu’ils sont censés représenter.

En cette année 2005, la France a validé le coup d’état électoral de Faure Gnassingbé Eyadéma au Togo, poursuivi un jeu trouble en Côte d’Ivoire. Elle soutient le régime agonisant d’Idriss Déby au Tchad et les pouvoirs dictatoriaux de Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou N’Guesso au Congo et tant d’autres accueillis aujourd’hui à Bamako avec une débauche de moyens insultant la misère de leurs peuples.

Et ce n’est pas le nouvel habillage européen et multilatéral auquel la France essaye de faire croire qui changera la nature du système dont la logique conduit à la pauvreté, à la désespérance, et par ricochet à l’exode et l’émigration forcée des jeunes…

Les participants au Sommet alternatif citoyen se sont indignés des politiques de répression et de stigmatisation des populations immigrées ou d’origine immigrée, reflet d’un passé colonial mal assumé et d’un présent néo-colonial occulté. (???)

Constatant l’échec de ces politiques et le refus de dialogue des participants au Sommet officiel, le Sommet alternatif a décidé de relayer les aspirations de la masse des citoyens, d’organiser les réseaux internationaux associatifs qui les mobilisent pour permettre à leurs résistances de se construire, de mener des actions pour exprimer leur révolte et obtenir des transformations radicales avec les peuples et pour les peuples.

Cela requiert de notre part :

d’opérer un vaste programme d’éducation à la citoyenneté ;
de favoriser le décloisonnement et la solidarité des luttes nationales, régionales et internationales ;
de créer un réseau d’information et de mobilisation internationale ;
de travailler conjointement pour la mise en place de mécanismes de lutte contre l’impunité des crimes politiques (justice pénale internationale, compétence universelle) et économiques (audit de la dette, nouvelles règles du commerce international, transparence des industries extractives, etc.)
d’exiger la libre circulation des personnes (???).

Pour ne pas répondre aux discours vides par d’autres discours sans effet, les participants au Sommet alternatif s’engagent à mettre en place dans les prochains mois un cadre cohérent d’actions et de propositions.

L’heure est venue de construire une véritable coopération entre l’Afrique et la France basée sur la vérité, la justice, l’égalité, la liberté et le respect mutuel.

Le règne de la Françafrique et l’impunité de ses dirigeants doivent prendre fin !

Fait à Bamako, le 1er décembre 2005

Le Sommet Alternatif Citoyen France Afrique

Voir également:

Les troupes françaises en Afrique
lefigaro.fr
Publié le 15 février 2007

Un tiers de l’armée française est en Afrique. Soit plus de 11.000 hommes. Il faut savoir que, en plus des militaires qui sont en opération sur le continent (carte ci-dessous), 8.600 hommes y sont également présents en tant que «forces prépositionnées», ou déployées dans un but de prévention. Ainsi, 3.800 hommes sont à Mayotte et à la Réunion, 2.900 à Djibouti, 800 au Gabon et 1.100 au Sénégal.
En Côte d’Ivoire, 3.350 hommes sont présents dans le cadre de l’opération Licorne, et 200 sous l’égide de l’Onu (sur environ 5.000 militaires toutes nationalités confondues).
En République Démocratique du Congo (RDC), il y a environ 40 militaires français présents au titre de l’Onu sur un total de 17.000 soldats environ.
Enfin, au Soudan, 10 militaires français figurent parmi les 4 à 5.000 en mission pour l’Onu.

Voir enfin:

La presse africaine ne fait pas de cadeaux à Jacques Chirac
Julie ConnanLe Figaro le 15 février 2007

Le 24e sommet Afrique-France à Cannes est l’occasion pour les journaux africains de dresser le bilan du «grand chef blanc» français.

«Le dernier tango de Jacques Chirac», écrit Le Pays du Burkina Faso: c’est ainsi que les journaux africains voient le 24e sommet Afrique-France, à Cannes. «Que laisse Chirac derrière lui, à l’heure du bilan, après douze années de pouvoir ?», s’interroge le quotidien ivoirien Fraternité Matin, pour qui le dernier sommet du président français sonne comme «un rendez-vous d’adieu avec une ère».

A l’instar de ce journal gouvernemental, nombre de médias africains estiment que cette rencontre sera dominée «par un double sentiment parmi les participants» : «la mélancolie chez ceux qui voient leur ami, leur maître, leur soutien inconditionnel, quitter le pouvoir. Et la joie chez d’autres chefs d’Etat qui salueront le départ d’un bourreau, un déstabilisateur, un injuste qui condamne la rébellion dans certains pays pendant qu’il déroule le tapis rouge à cette même rébellion dans d’autres Etats».

Cette rencontre devrait toutefois pas se différencier des sommets précédents pour Jacques Chirac, affirme l’Essor du Mali : «comme à son habitude, le chef de l’Etat français se posera en avocat d’un continent où 300 millions de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour et qui reste le plus touché par le sida». «23 sommets pour rien», juge quant à lui le quotidien ivoirien Notre Voie. Pour l’Observateur de Paalga, du Burkina Faso, la «dernière messe noire de Chirac» sera un «sommet d’adieu pour un homme, qui à force de plaider pour l’Afrique (…) a réussi à se faire passer pour l’ami des Africains».

D’où cette question, soulevée par Le Potentiel : l’Afrique-France survivra-t-elle à l’après-Chirac ? Et, si tel est le cas, «Jacques Chirac se comportera-t-il comme François Mitterrand ?» Et l’Obs de rappeler le sommet de La Baule de 1989, au cours duquel le président socialiste «avait saisi cette opportunité pour adresser son message-testament».

Pour Paris, rappelle le quotidien algérien El Moudjahid, ce sommet «devrait marquer un renouveau dans les relations entre la France et les Etats africains», avant le scrutin présidentiel. Le journal gouvernemental remarque à ce titre que les deux principaux candidats «Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont visité des pays africains avant même le lancement de la campagne». Même si pour Le Pays, «le changement des sommets Afrique-France viendra moins d’un changement de locataires à l’Elysée, que d’un sursaut d’orgueil et d’ambitions des présidents africains».

Mais, s’interroge l’Observateur Paalga, «est-ce que la France va accepter de renoncer aussi facilement à «son» continent ? ». Car, pour El Moudjahid, «cet intérêt renouvelé pour le continent africain se double qu’une grande inquiétude face à la percée de la Chine en Afrique». De toute façon, conclut l’Obs, «une chose est sûre, au moment où les Etats-Unis et la Chine font les yeux doux à l’Afrique, la France ne va pas, si on ose le dire, battre en retraite».

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