Nucléaire: Et si l’Iran bluffait? (is Iran bluffing ?)

https://i0.wp.com/vitalperspective.typepad.com/vital_perspective_clarity/images/061217.genocidallogic-xDeux questions préoccupantes demeurent sans réponse : pourquoi les Iraniens brandissent-ils aussi effrontément leur programme nucléaire ? Et pourquoi harcèlent-ils aussi ouvertement les Israéliens en menaçant inlassablement leur existence même ? Tout se passe comme s’ils cherchaient à provoquer délibérément une attaque israélienne. Et c’est peut-être justement ce qu’ils veulent. (…) Hormis son propre programme nucléaire, l’Iran aurait acheté plusieurs bombes nucléaires “prêtes à l’emploi” à des scientifiques mafieux de l’ex-Union soviétique. Auquel cas, derrière tout le battage organisé autour de son programme nucléaire, Téhéran disposerait d’ores et déjà de plusieurs armes nucléaires tactiques dans son arsenal. Douglas Davis (The Spectator)
L’objectif final n’est pas la bombe nucléaire «classique» mais l’Abolition de l’Exclusivité de la Dissuasion. Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela [4], l’Algérie [5], la Syrie, la Corée du Nord et la Russie [6]…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la Dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre.Le régime des mollahs n’aura pas une dissuasion basée sur la qualité ou la puissance de sa bombe mais sur la qualité de l’attaque qui sera une attaque terroriste : par exemple une bombe à plutonium qui explosera à bord d’un avion civil. Une attaque de ce genre défierait toute sorte de système de défense ou de détection de tir de missile balistique. Une attaque de ce genre permettrait de détruire plusieurs cibles dans différents endroits en même temps et en plus, l’état iranien ne serait pas inquiété car l’attaque ne serait pas lancée depuis l’Iran. Telle est la dissuasion des mollahs : la combinaison du nucléaire et du terrorisme de type 11 septembre. (…) La guerre libanaise de l’été 2006 et la main mise des mollahs sur l’Irak comme leur implication dans les évènements de la Somalie ou leur espionnage en Afghanistan ont confirmé l’hyperactivité du Hezbollah qui entend s’affirmer comme un composant incontournable en Orient comme en Afrique, en attendant son déploiement en Amérique du Sud. L’ensemble des crises actuelles où sont impliqués les mollahs tourne autour de la reconnaissance des Garanties régionales de sécurité pour la république islamique d’Iran. Les mollahs veulent rester au pouvoir et conserver le leadership de l’islamisme révolutionnaire. Ils doivent mettre Bush dans une situation impossible afin qu’il cède au sujet du Hezbollah. Parallèlement nous pensons que les mollahs ont acquis quelques bombes nucléaires et si le besoin se faisait sentir, ils procéderaient à un essai nucléaire avec l’une de ces bombes d’origine ex-soviétique.  (…) Mais même sans cette bombe, le régime des mollahs reste dangereux car il entend surtout combiner le terrorisme et le plutonium ou les déchets nucléaires pour s’orienter vers le terrorisme sale. Iran-Resist
Recherche délibérée et systématique de la crise (via ses affidés libanais, irakiens ou palestiniens), multiplication des provocations verbales négationistes et antisémites, annonces chaque fois plus alarmantes mais jamais démontrées sur son programme nucléaire, suractivisme diplomatique pour acheter la complaisance diplomatique et les voix à l’ONU de tout ce que la planète compte de régimes parias ou surendettés (Amérique latine, Asie, Afrique) …
Et si, à l’instar de l’Irak de Saddam avant sa chute et comme le soutient le site Iran-Resist, l’Iran bluffait ?
Et si cette politique de nuisance délibérée était la stratégie des mollahs (avec la complicité de Moscou dans un jeu qui n’est pas sans rappeler celui de la Chine avec l’autre membre de l’Axe du mal, la Corée du nord) pour tenter de sanctuariser leur régime et imposer leur influence sur le Moyen-Orient ?
Autrement dit, si l’Iran était beaucoup moins avancé qu’il ne le dit dans ses recherches et capacités nucléaires ?
Sauf bien sûr que, bombe ou pas, l’Iran reste dangereux de par sa grande capacité de nuisance dans la région mais aussi peut-être par les quelques ogives qu’il aurait achetées, via des réseaux mafieux, à d’anciennes républiques soviétiques, sans parler de l’option terroriste de la bombe sale…

L’Iran se spécialise en déclarations polémiques
Iran-resist

16.01.2007

Selon le porte-parole du gouvernement Ahmadinejad, le régime des mollahs continue l’installation de 3.000 centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium car pour produire du combustible nucléaire, le pays a besoin de trois mille centrifugeuses, a-t-il souligné.

 Annonce hautement médiatique qui montre l’intention du régime des mollahs à continuer ses provocations verbales non vérifiables, non pas pour produire de l’électricité pour les toasters mais pour amplifier la crise et électrifier l’ambiance. Son objectif :

terroriser l’opinion internationale,
rendre la confrontation inévitable
et forcer le Conseil de Sécurité à renouer le dialogue afin que les mollahs imposent leurs exigences.

Dans ce contexte d’amplification de la crise, selon l’estimation des stratèges du régime, tout est bon. Ainsi nous avons régulièrement droit à des déclarations sur une possible flambée du baril par la volonté de ce régime, des appels à un terrorisme naval dans le Golfe Persique, des annonces d’intensifications du chaos irakien et bien évidemment des relances du projet négationniste anti-Israélien.

Investissements contre amitié | Cette stratégie multidirectionnelle a isolé l’Iran (surtout dans monde musulman) et le contraint à payer ses derniers alliés, souvent des pays démunis, pour ne pas se trouver entièrement seul.

Ceci n’est pas nouveau : Durant des années, les mollahs ont signé des contrats pétroliers Buy-Back avec leurs partenaires Européens et asiatiques (vendant leur pétrole à très bas prix), en échange de la complaisance diplomatique de leurs partenaires ou de leur soutien à la poursuite des négociations nucléaires avec l’Iran.
Ainsi l’Iran continue à appliquer une politique qui n’a pas empêché son dossier nucléaire d’aller au Conseil de Sécurité. Et malgré sa dette et son déficit qui se creuse quotidiennement, il accepte à présent de faire de nouveaux très importants investissements chez ses derniers alliés du tiers-monde : des alliés qui seraient susceptibles de le soutenir aux Nations Unies, au Conseil des Gouverneurs de l’AIEA ou au sein du Mouvement des non-alignés (moins ses membres arabo-musulmans).
Ainsi cette stratégie ruineuse a amené l’Iran à construire une raffinerie pour la Malaisie afin que cette dernière accepte d’investir ces milliards dans les gisements très prometteurs de South Pars et ce afin de prouver que l’Iran n’est pas affecté par le refus des majors pétrolières à honorer leurs accords en cours. L’Iran s’est engagé également à construire une raffinerie pour Chavez.
Cette stratégie ruineuse (investissements contre amitié) a également conduit les mollahs à accorder des prêts à quelques états africains insolvables et a entraîné Ahmadinejad en Amérique Latine pour signer des contrats avec le Venezuela mais aussi avec 2 des pays du groupes « pays pauvres très endettés » (le Nicaragua ou la Bolivie).
Provocations | Dans un autre domaine, celui du négationnisme, le régime des mollahs ne perd pas non plus son temps et il vient de relancer le débat par l’intermédiaire d’Alireza Moayeri, ambassadeur de la république islamique auprès de l’ONU. Ce dernier a adressé une lettre à Luis de Alba [1], le président du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU afin de justifier la tenue de la conférence négationniste qui a eu lieu à Téhéran en décembre 2006.
Moayeri qualifie cette conférence de manifestation scientifique. Il s’agit évidemment d’allumer des feux et alimenter les foyers d’incendie afin de créer un niveau intolérable de crise. Comme la déclaration de l’assemblage des centrifugeuses, l’annonce de mesures prises avec Chavez pour faire monter les prix du pétrole, cette lettre a pour objectif de soulever une vague de protestation.
La stratégie d’amplification de la crise se perfectionne. Les déclarations négationnistes d’Ahmadinejad ne sont plus surprenantes, c’est pourquoi les mollahs ont décidé d’utiliser le forum des Droits de l’Homme pour remettre en cause la Shoah, crime contre l’humanité sur les cendres duquel l’ONU a été fondé comme le rappeler récemment Kofi Annan. Le lundi 29 janvier, les cérémonies de commémoration de l’holocauste se tiendront par l’ONU à Genève et à New York. Il est fort probable que les mollahs marqueront aussi l’événement par quelques déclarations susceptibles de choquer l’opinion.
Voir aussi:
Analyse : Ahmadinejad et la capacité nucléaire de l’Iran

Iran Resist

05.01.2007

La république islamique de l’Iran, principalement par le biais d’Ahmadinejad, tente de maintenir la crise au niveau de l’intolérable dans le dossier nucléaire iranien. Ce dernier ne cesse de faire des déclarations propres à effrayer la communauté internationale. La dernière en date est l’annonce de la production prochaine du combustible nucléaire par le régime des mollahs (il s’agit d’ailleurs d’une reprise d’une précédente déclaration de mars 2006). Cette déclaration ou plutôt cette nouvelle provocation nous incite à vous exposer un point de vue inédit : l’Iran bluffe.
Nous avons été les premiers voire les seuls à annoncer sur la base de notre analyse (et avec plusieurs semaines ou de mois d’avance) que l’élection d’Ahmadinejad avait été programmée pour déboucher sur une rupture des pourparlers avec la Troïka,
que l’offre incitative européenne n’avait aucune chance d’être acceptée par Téhéran,
que le Rapport Baker était voué à l’échec,
que les mollahs étaient les instigateurs de la guerre ethnique en Irak.
Et nous avons également été les premiers à détecter l’offensive énergétique russe, son objectif et son alliance avec les mollahs.
Un enjeu géopolitique
La crise nucléaire iranienne a servi les intérêts régionaux de la Russie et cet état à tout fait pour faire durer cette crise dans ce seul but, tout en sachant que la possible bombe nucléaire iranienne (même en un seul exemplaire) serait certainement annonciatrice d’un bouleversement régional intéressant pour Moscou. Cette bombe mythique inaugurerait une tendance à la nucléarisation militaire de la région et fragiliserait la position anti-proliférationniste des Etats-Unis. La supposée bombe iranienne servirait, en priorité, les intérêts de Moscou dans la région. Les mollahs ont pleinement profité de cette intention non déclarée de Moscou mais avérée dans les faits par les déclarations de reconnaissance du droit au nucléaire de l’Iran mais aussi de l’Egypte.
Un enjeu vital pour le régime
Cependant, dans nos articles, nous avons toujours laissé entendre que la rupture des pourparlers avec la Troïka, le rejet de l’offre incitative européenne, le rejet du rapport Baker comme les ingérences en Irak étaient reliés par un fil conducteur qui est l’exigence explicite de la reconnaissance américaine du rôle régional de l’Iran, rôle exercé par le biais du Hezbollah.
Explications | L’instabilité de la région permet aux mollahs de se poser en arbitre de la confusion. Cette confusion ne peut exister que si les mollahs ont des agitateurs sur place.
Tel est le fondement de leur stratégie, ils restent en retrait et laissent faire des intermédiaires : le Hamas, le Hezbollah et même la Syrie. C’est pourquoi le Hezbollah est une nécessité pour les mollahs.
Le Hezbollah garantit la politique de nuisance régionale des mollahs et en retour les mollahs doivent trouver un cadre international qui garantisse le Hezbollah. La communauté internationale s’y oppose (avec des nuances). C’est pourquoi le régime des mollahs doit faire peur à une très grande échelle afin de pousser les Européens et surtout les Américains à consentir à accepter un compromis : un statut quo sur le Hezbollah.
La guerre libanaise de l’été 2006 et la main mise des mollahs sur l’Irak comme leur implication dans les évènements de la Somalie ou leur espionnage en Afghanistan ont confirmé l’hyperactivité du Hezbollah qui entend s’affirmer comme un composant incontournable en Orient comme en Afrique, en attendant son déploiement en Amérique du Sud. L’ensemble des crises actuelles où sont impliqués les mollahs tourne autour de la reconnaissance des Garanties régionales de sécurité pour la république islamique d’Iran. Les mollahs veulent rester au pouvoir et conserver le leadership de l’islamisme révolutionnaire. Ils doivent mettre Bush dans une situation impossible afin qu’il cède au sujet du Hezbollah.
Autrement dit, la crise nucléaire et les déclarations alarmantes dans ce domaine sont aussi un moyen efficace pour Téhéran de pousser les Américains à un consensus. Dans ces conditions, une visite guidée des installations nucléaires et enterrées de l’Iran provoquerait une crise sans précédent et sans doute plus efficace que l’ensemble des déclarations et provocations nucléaires tentées par le régime.
Ceci nous permet aujourd’hui, bien avant d’autres Think Tanks, de vous annoncer que Téhéran, malgré sa volonté et ses efforts, est certainement loin de posséder le centième de capacité nucléaire ou même du savoir faire scientifique pour parvenir à une quelconque prouesse technologique dans le domaine nucléaire.
Ainsi la déclaration d’Ahmadinejad : « L’Iran a maîtrisé le cycle du combustible et va lancer la production de combustible nucléaire à l’échelle industrielle », est une provocation supplémentaire pour maintenir la crise à un niveau intolérable qui ferait céder l’Europe en premier entraînant dans son sillage, la Russie dont l’intérêt est dans la durée de la crise.
Le régime des mollahs ne peut en aucun cas être dangereux avec sa petite quantité de bombes, mais ce régime utilise cette menace intolérable pour obtenir une refonte des alliances américaines dans la région et pérenniser le rôle du Hezbollah. En même temps, si cette bombe est peu utile à l’Iran, elle desservira uniquement les Etats-Unis et permettra le retour en force de la Russie dans la région. Mais même sans cette bombe, le régime des mollahs reste dangereux car il entend surtout combiner le terrorisme et le plutonium ou les déchets nucléaires pour s’orienter vers le terrorisme sale.
Ce régime a longtemps profité de la division atlantique, de la naïveté de ses partenaires commerciaux qui n’ont pas détecté ses visées régionales, il a aussi profité de la bienveillance intéressée des Russes. Mais aujourd’hui, son activisme confessionnel nuit aux puissances régionales et sème les germes d’une instabilité propre à mettre en danger l’approvisionnement énergétique par le Golfe Persique. Aujourd’hui, ce régime n’a aucun allié déclaré et son économie est à l’agonie. Il peut être renversé et il le doit car les enjeux de l’Iran sont stratégiques, énergétiques et confessionnels.
Nous ne pouvons que recommander la plus grande fermeté à son égard, que ses capacités nucléaires soient vraies ou feintes comme nous vous le confirmons : il doit être renversé pour être remplacé par un état garant de la stabilité régionale. Il faut pacifier cette région enfiévrée. Ce futur Iran sera la terre de passage des gazoducs d’Asie Centrale vers l’Europe. Sans ces changements, la république islamique continuera à professer l’agitation islamiste et maintiendra une alliance énergétique avec la Russie pour démolir la défense Européenne.
Se donner un air menaçant…
Ces doutes sur l’inexistence d’un programme nucléaire menaçant se confirment par des détails mystérieux qui sont justement de nature à suggérer la menace. Le régime des mollahs laisse entendre qu’il possède une vingtaine de centrales ou centre de recherches, juste pour se donner un air menaçant (Saddam en faisait également autant).
Le régime des mollahs a fait démonter une usine nucléaire pour empêcher des visites d’inspecteurs de l’AIEA. Nous sommes perpétuellement dans le mystère. En mai 2006 l’AIEA révéla que l’Iran avait utilisé des stocks de gaz UF6 (hexafluorure d’uranium) chinois, plutôt que celui qu’il prétendait avoir produit quelques mois plus tôt et ce car il avait hâte de prouver qu’il maîtrisait l’enrichissement de l’uranium. Il est fort possible que El Baradai n’ait pas menti en affirmant qu’il n’avait aucune preuve de l’existence d’un programme nucléaire militaire en Iran. Cependant, El Baradai a aidé le régime des mollahs en retardant le renvoi du dossier au Conseil de Sécurité.
L’exposé des mystères du programme nucléaire iranien renforce notre analyse : il y a bien un enjeu qui va au-delà du nucléaire, un enjeu qui pousse les mollahs à endurer les sanctions alors qu’ils ont le moyen de les stopper : faire visiter leurs centrales.
Cette visite peut radicaliser leurs provocations et booster le débat ou au contraire prouver l’inexistence d’un programme nucléaire cohérent et menaçant. Mais ils ne font ni l’un, ni l’autre et restent dans le domaine des provocations verbales d’un certain niveau. Ce régime cherche à provoquer une crise internationale qui fasse craindre le risque d’une déflagration mondiale ; il fait un chantage permanent… Les mollahs utilisent le nucléaire, l’Irak et le Liban comme un panel d’atouts dans ce chantage.
Enjeux croisés
L’ensemble du dossier nucléaire iranien est d’ailleurs un imbroglio d’enjeux et d’objectifs opposés. L’objectif des Russes est d’amplifier la crise afin de casser l’ordre régional, l’objectif de la Ligue Arabe est de discréditer la dissuasion israélienne par l’intermédiaire d’El Baradai, l’objectif des mollahs est de Garantir leur main mise sur la région en garantissant l’avenir du Hezbollah, l’objectif de l’Europe est d’assurer ses intérêts en Iran et les Américains ont plusieurs objectifs qui sont parfois incohérents (rétablir la stabilité et injecter de la démocratie dans un environnement acquis à l’islamisme). Les mollahs ont profité de cette cacophonie pour continuer leur politique d’amplification des crises. Trois éléments se dégagent de cette analyse :
Il y a une crise nucléaire (voulue par l’Iran) mais pas de « capacité nucléaire iranienne » prouvable. Le « programme nucléaire iranien » a deux fonctions :

Maintenir la pression sur la communauté internationale
Couvrir un programme clandestin d’achat de bombes et de missiles nucléaires auprès des ex-républiques soviétiques,

Il existe donc un risque de prolifération régionale en réaction à l’activisme nucléaire des mollahs,
Il y a l’enjeu (iranien) de cette crise : Garantir l’avenir du Hezbollah afin de maîtriser cette région de transit d’hydrocarbures,
Il existe donc un risque de rejet de cette hégémonie, risque d’instabilité régionale et de guerres sunnite-chiite par milices interposées,
Il y a la nécessité de reconnaître ces enjeux et ces risques pour résoudre cette crise.

Pour en savoir + :
La tournée sud-américaine d’Ahmadinejad est une ruse médiatique
(15.01.2007)

Ajoutons que cette recherche délibérée de la crise n’est pas seulement de nature verbale : la lettre de Moayeri a été distribuée le jour même où les experts des Droits de l’Homme de l’ONU ont invité le régime des mollahs à ne pas exécuter 7 iraniens d’Ahwaz après un jugement secret que les experts ont décrit comme une parodie de justice.
Les mollahs continueront évidemment cette stratégie malgré ses échecs, et son coût économique pour l’Iran : le déficit semble sur le point de passer à 78 milliards de $ doit + 6 milliards en moins de 2 semaines.
Cependant, les brimades, les pendaisons publiques dans les stades et la distribution des fonds aux états alliés et aux organismes amis (Hezbollah, Hamas, Al Qaeda) ont un véritable coût humain en Iran. La pauvreté touche l’ensemble de la société d’où sont issus les miliciens eux-mêmes, il faut continuer à imposer des sanctions économiques au régime afin qu’il continue sa stratégie ruineuse et ne soit plus en mesure de rémunérer ces miliciens déçus et en colère. Ce régime est vulnérable et sa chute pourrait mettre un terme de nombreuses menaces mondiales.
 [1] La lettre de Moayeri, ambassadeur de la république islamique auprès de l’ONU

Le lettre d’Alireza Moayeri à Luis de Alba
(PDF, 121.4 ko)

 Voir encore:
Iran : une visite anxiogène des installations nucléaires

Iran Resist

05.02.2007

Six émissaires de pays membres du Mouvement des non-alignés se sont rendus samedi sur un site nucléaire iranien où il n’y avait aucune centrifugeuse. Il s’agit en réalité d’une visite organisée d’un centre de reconversion du minerai en gaz UF6 pour les centrifugeuses. La visite a laissé les convives sur leur faim.

La délégation comprenait des émissaires Egyptien, Malaisien, Cubain, Algérien et Soudanais, ainsi qu’un Syrien représentant la Ligue Arabe. Priée de dire, après la visite, si les ambassadeurs pouvaient désormais déterminer si le programme atomique iranien était pacifique, l’ambassadrice de Cuba, Norma Goicochea Estenoz, a répondu que « du point de vue technique, on ne peut rien dire… Je ne pense pas que nous puissions faire une quelconque évaluation », a-t-elle dit.
En organisant cette visite, Téhéran souhaitait prouver la « transparence » de son programme atomique et c’est plutôt raté. En plus, il n’est pas prévu que les émissaires, en visite dans le pays jusqu’à lundi, puissent se rendre à l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, où de l’UF6 est injecté dans quelques 350 centrifugeuses.
Ces visiteurs ne pourront donc ni confirmer ni démentir l’existence des 3.000 centrifugeuses que les mollahs prétendent avoir assemblées pour augmenter la production d’uranium enrichi.
Par ailleurs, en mars dernier, les mollahs avaient prétendu qu’ils avaient obtenu de l’uranium enrichi et cette information s’est également avérée invérifiable. Les inspecteurs de l’AIEA ont su que le gaz UF6 qui aurait servi pour cette production n’était produit à Ispahan mais qu’il était d’origine chinoise. En réalité, les mines iraniennes d’uranium sont de mauvaise qualité et le minerai n’a pas une densité intéressante. Quand l’Iran avait signé le contrat Eurodif, le pays avait acheté du minerai sud-africain.
Les mollahs n’ont cessé de prétendre avoir découvert de nouvelles mines mais du temps du Chah, la France avait mené des prospections en Iran et découvert moins d’une dizaine de sites peu prometteurs (mauvaise qualité de minerai et peu de capacité). De ce fait, les revendications de production d’UF6 sont erronées et l’Iran utilise du Gaz UF6 produit en Chine, qui fut son premier fournisseur occulte d’équipements nucléaires. Selon les dernières informations, un contrat a été signé en 1984 avec les chinois pour un réacteur de recherche et puis pour un réacteur à plutonium, mais ce dernier contrat a dû être abandonné sous les pressions américaines. Depuis, les mollahs ont acheté beaucoup d’équipements d’origines diverses, mais le problème majeur est la compatibilité des équipements entre eux : il y a une dimension de désinformation dans ce programme nucléaire. Malgré leur véhémence, les mollahs ont échoué dans leurs efforts nucléaires militaires, mais ils continuent en connaissant les effets anxiogènes de leurs activités nucléaires sur l’opinion.
Il y a peu de temps nous avons décidé de franchir le cap et d’exposer la Théorie d’IRAN-RESIST sur ce programme. Nous pensons que les mollahs agissent méthodiquement pour se faire soupçonner en jouant sur la qualité anxiogène de leurs exigences ou déclarations nucléaires. Ainsi, ils cherchent à créer l’illusion qu’ils sont à la veille de grandes découvertes nucléaires et fabriquent des indices qui laisseraient croire qu’ils sont prêts du but. Sachant qu’ils sont photographiés par des satellites, ils creusent un tunnel ou font construire tel bâtiment qui d’après l’analyse des photos permettent de conclure à un développement militaire de leur programme.
Nous pensons que, de bon escient, ils disséminent des indices compromettants ou qu’ils revendiquent contre vents et marées « le droit à l’enrichissement ». Techniquement le savoir faire nucléaire n’est pas restrictif : celui qui enrichirait son uranium à 4% saurait le faire à 99% et construire une bombe atomique. En réalité, incapable d’accéder à ce savoir-faire anxiogène, le régime des mollahs prétend le contraire pour faire paniquer la communauté internationale (ou plus exactement les Etats-Unis) et la pousser au consensus de la reconnaissance de son rôle régional.
Parallèlement nous pensons que les mollahs ont acquis quelques bombes nucléaires et si le besoin se faisait sentir, ils procéderaient à un essai nucléaire avec l’une de ces bombes d’origine ex-soviétique. Un savant atomiste iranien qui vit en exil pense que les mollahs ont un programme clandestin du côté de Nishapur où ils utilisent du minerai ouzbek qui est de très bonne qualité et qu’ils sont épaulés par des savants russes. Selon ce scénario, la première bombe des mollahs sera produite d’ici un an. Cependant, ce programme dont nous avions déjà parlé, ne semble pas alerter les services de renseignements américains.
Mais ce qui est certain, c’est que Natanz et l’affaire des 3000 centrifugeuses sont un leurre. Et c’est pourquoi les mollahs ne feront pas visiter ce site. Une visite équivaudrait à un démenti de la menace nucléaire iranienne, et ce n’est pas à l’ordre du jour à Téhéran.
L’objectif des mollahs reste de faire peur et de continuer dans le sens des provocations nucléaires anxiogènes. Cette visite bancale y contribue également. Il s’agit donc encore d’une provocation pour laisser planer le doute.
Ce qui est intéressant c’est le nombre très limité de pays non-alignés qui ont accepté de participer à cette mascarade (5 sur 114 états) et la réaction mitigée de la représentante de Cuba. Après ce show, reste l’isolement des mollahs qui n’ont su ni déplacer des alliés potentiels, ni convaincre, mais peut être qu’ils ne cherchent pas à convaincre mais juste à entretenir l’anxiété.

http://www.iran-resist.org/article3088

Voir enfin:

Moyen-Orient
ISRAËL – Une bombe à neutrons sur l’Iran ?

Courrier international

11 janv. 2007

Détruire le programme nucléaire iranien est plus que jamais au cœur des préoccupations d’Israël. Plusieurs scénarios sont étudiés, y compris une bombe à neutrons, une arme jugée “propre”.
Au cours des douze mois à venir, il y a de fortes chances pour que les Américains ou les Israéliens, sinon les deux, lancent des frappes militaires afin de paralyser les ambitions nucléaires de l’Iran. Ces offensives se feraient sans doute à relativement brève échéance, et il s’agira probablement de frappes nucléaires. Les analystes militaires israéliens estiment qu’il est indispensable d’intervenir avant que les chercheurs iraniens ne parviennent à boucler le cycle nucléaire – sans doute au cours de 2007 – et ne commencent à produire de l’uranium à usage militaire. Alors, l’Iran aura franchi ce que les Israéliens appellent le “point de non-retour”, c’est-à-dire la phase où ils pourront extraire de l’uranium enrichi, puis le stocker loin des installations nucléaires, de sorte qu’il soit pratiquement impossible à localiser.
Les services de renseignements [britanniques] estiment que l’Iran a encore besoin de deux ans pour accumuler suffisamment d’uranium de qualité militaire pour fabriquer une bombe nucléaire. Entre-temps, le pays a les moyens d’en distribuer des quantités plus modestes à une multitude de groupes terroristes qu’il soutient, parmi lesquels le Hamas, le Djihad islamique [palestiniens] et le Hezbollah [libanais], pour leur permettre de confectionner des “bombes sales”, associant un explosif conventionnel à des matières radioactives – de petites doses d’uranium enrichi, par exemple. Seuls les Américains et les Israéliens ont la volonté et la capacité d’arrêter les Iraniens avant qu’ils ne franchissent le seuil critique de l’enrichissement. Courant janvier, les Etats-Unis devraient déployer un porte-avions supplémentaire qui, accompagné de son groupe de combat aéronaval, rejoindra sa flotte de croiseurs, contre-torpilleurs et sous-marins stationnée dans le Golfe. Les hauts responsables américains soulignent qu’il ne faut pas voir dans l’intensification de la puissance navale dans cette région les préparatifs d’une offensive, tout en admettant que leur capacité à attaquer l’Iran n’en sera que meilleure.
Mais Washington est peut-être trop échaudé et traumatisé par l’imbroglio irakien pour ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient. Il ne resterait donc qu’Israël pour passer à l’action. Et, après les appels répétés du président Ahmadinejad à “rayer Israël de la carte” et sa conférence négationniste organisée à Téhéran le mois dernier, Israël n’a jamais été plus motivé. “Il s’agit ici d’une menace visant la survie de l’Etat d’Israël et, sur ce point, il ne peut y avoir aucun compromis”, confie une source israélienne haut placée.
Le scénario optimiste serait que l’on parvienne à enrayer les travaux nucléaires de l’Iran en attendant que l’on puisse mettre au point un bouclier antimissiles ou, peut-être, qu’un nouveau pouvoir politique moins disposé à défendre les idées d’hégémonie islamique s’impose à Téhéran. Les frappes militaires viseraient donc à interrompre et à retarder les activités de l’Iran en détruisant des maillons essentiels de sa chaîne nucléaire.
La trajectoire des ambitions nucléaires de l’Iran passe par quatre grands sites nucléaires qui seraient les principales cibles d’éventuelles frappes : Bushehr, où une centrale nucléaire est en cours de construction ; Natanz, qui abrite une importante usine d’enrichissement de combustible ; Arak, où une centrale à l’eau lourde a été inaugurée pour produire du plutonium de qualité militaire ; et Ispahan, où 3 000 scientifiques travaillent sur un large éventail d’activités liées au nucléaire, depuis la coordination de la conception d’armes nucléaires jusqu’à la production de gaz UF6, matière première de l’enrichissement par centrifugeuse dans les installations de conversion de l’uranium.
Il y aurait en Iran près de 70 sites consacrés au développement nucléaire, mais, selon les analystes américains, il suffirait d’une petite quinzaine de frappes bien ciblées pour retarder le programme et empêcher pendant plusieurs années les Iraniens de fabriquer la bombe. Cette option présente toutefois un problème : les armes conventionnelles américaines peuvent pénétrer dans une épaisseur maximale de 9 mètres de matériaux durs ou 30 mètres de terre, mais certaines installations iraniennes seraient enterrées à quelque 200 mètres de profondeur. Pour ne rien arranger, l’Iran a construit la plupart de ses installations sous une alternance de couches de terre et de ciment spécialement conçues pour absorber l’impact des bombes à pénétration profonde.

Deux centrifugeuses enfouies à au moins 22,5 m

Les centrifugeuses sont au cœur du processus d’enrichissement. Elles sont également le maillon le plus faible de la chaîne et la cible prioritaire des frappes. Elles sont effectivement très sensibles aux mouvements terrestres : dans un milieu instable, elles se dérèglent et cessent de fonctionner. Des images satellite de l’usine de Natanz indiquent que deux grandes centrifugeuses sont enfouies sous un mélange de béton armé et de terre à une profondeur d’au moins 22,5 mètres, ce qui dépasse la portée des bombes américaines.
Mais il y aurait un moyen de neutraliser les centrifugeuses en simulant des séismes par une frappe nucléaire. La bombe à neutrons, explique une source européenne, a peut-être été conçue dans ce but. Cette arme atomique “propre” émet de grandes quantités de neutrons à haute énergie, capables de pénétrer le blindage le plus dur, détruisant tous les tissus biologiques et les systèmes électroniques dans son rayon d’action. La bombe à neutrons présente deux avantages : d’une part, son impact destructif est limité à un rayon de quelques centaines de mètres à peine ; d’autre part, elle ne provoque pratiquement aucune retombée radioactive. L’arsenal nucléaire d’Israël, sur lequel plane toujours un certain mystère, comporterait un stock important de bombes à neutrons.
Outre ses ogives capables de provoquer des tremblements de terre, Israël dispose d’une famille de vecteurs extrêmement précis – des missiles pouvant être lancés depuis le sol, la mer ou l’air – pouvant emporter une charge nucléaire. La distance qui sépare Israël de l’Iran rend toutefois une frappe aérienne très problématique, mais Israël a d’autres options : il peut, par exemple, lancer une frappe contre les installations iraniennes à partir d’un ou de plusieurs de ses trois sous-marins de classe Dolphin, achetés à l’Allemagne ces huit dernières années.

Provoquer délibérément une attaque israélienne

Aucun expert militaire ne croit Téhéran lorsqu’il clame que son programme nucléaire a une vocation strictement civile. Pourquoi, demandent-ils, l’un des pays les plus riches au monde en gaz naturel et en pétrole aurait-il besoin de l’électricité nucléaire, plus chère ? Si ses intentions sont pacifiques, pourquoi l’Iran a-t-il délibérément dupé les inspecteurs nucléaires des Nations unies pendant des années ? Pourquoi s’évertue-t-il à cacher ses installations sous terre ? Et, enfin, pourquoi acquiert-il des milliers de centrifugeuses capables d’enrichir l’uranium pour produire un matériau de qualité militaire ? De plus, parallèlement à son programme nucléaire, l’Iran a engagé un effort vigoureux pour mettre au point des vecteurs adaptés, ce qui est révélateur. Les missiles iraniens présentent déjà une portée suffisante pour atteindre tout le Moyen-Orient et plusieurs régions d’Europe méridionale. D’ici à la fin de la décennie, ils pourront arroser l’ensemble de l’Europe – et, à terme, atteindre n’importe quel coin de la planète.
Israël n’est pas le seul pays de la région qui a de bonnes raisons de craindre une nucléarisation de l’Iran. A l’heure où le brouillard des querelles internes s’épaissit en Irak, les lignes de fracture intra-islamique commencent à apparaître plus clairement. L’Arabie Saoudite, centre de gravité du monde sunnite, redoute particulièrement une montée en puissance de l’Iran chiite, qui pourrait imposer son hégémonie dans le Golfe, voire au-delà. Les autorités saoudiennes et les Etats du Golfe plus petits, tels le Koweït, Bahreïn, Oman, le Qatar et les Emirats arabes unis, envisageraient d’ores et déjà de se doter d’un programme nucléaire commun. L’Egypte ne sera pas loin derrière dans la course aux armes nucléaires, et la Turquie suivra le mouvement.
Deux questions préoccupantes demeurent sans réponse : pourquoi les Iraniens brandissent-ils aussi effrontément leur programme nucléaire ? Et pourquoi harcèlent-ils aussi ouvertement les Israéliens en menaçant inlassablement leur existence même ? Tout se passe comme s’ils cherchaient à provoquer délibérément une attaque israélienne. Et c’est peut-être justement ce qu’ils veulent.
Hormis son propre programme nucléaire, l’Iran aurait acheté plusieurs bombes nucléaires “prêtes à l’emploi” à des scientifiques mafieux de l’ex-Union soviétique. Auquel cas, derrière tout le battage organisé autour de son programme nucléaire, Téhéran disposerait d’ores et déjà de plusieurs armes nucléaires tactiques dans son arsenal.

IRAN
La riposte de Téhéran sera diplomatique

Douglas Davis

The Spectator

Les sanctions onusiennes contre l’Iran n’effraient pas le régime de Téhéran. Car ce dernier sait très bien que l’Occident a besoin de lui pour régler les conflits, tant en Irak et en Afghanistan qu’en Palestine et au Liban.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement décidé à l’unanimité, samedi 23 décembre, de voter des sanctions contre l’Iran. La résolution 1787 a des caractéristiques complexes et ses conséquences sont difficiles à déterminer. La sanction principale concerne les technologies nucléaires et les missiles. [Elle interdit à l’Iran d’importer et d’exporter des matériaux et des technologies liés à l’enrichissement de l’uranium, au retraitement, aux réacteurs à eau lourde et aux vecteurs de missiles balistiques.] Cette sanction ne devrait pas avoir de conséquences directes sur la population et le commerce. Selon les dirigeants iraniens, l’Iran ne dépend pas beaucoup de l’étranger pour la technologie nucléaire et les missiles, car son développement nucléaire et militaire repose sur ses compétences scientifiques intérieures.
L’effet immédiat de cette résolution est un choc psychologique, qui va faire fluctuer la Bourse de Téhéran. Dans l’ensemble, l’économie nationale devrait s’en relever, puisque, comme dans toute crise, certains investisseurs perdront beaucoup d’argent et d’autres en tireront profit. L’histoire nous apprend que la chute des cours ne dure jamais très longtemps. Le danger est que, à plus long terme, les pays qui ont sanctionné l’Iran réussissent à l’isoler durablement. Si un sentiment d’instabilité s’installait, le pays risquerait en effet de ne plus être considéré comme fiable par les investisseurs.

Le poids des diplomates iraniens sur la scène internationale risque aussi de se trouver amoindri par cette résolution. Ce qui ne fait que rendre la tâche plus facile aux Occidentaux. Ils pourront faire adopter à l’ONU des résolutions plus dures, qui auront des effets directs sur la vie du peuple iranien.
Pour éloigner le pays de ce scénario catastrophe, nous devons redoubler d’efforts sur le terrain diplomatique. Notre activité dans ce domaine doit aller au-delà des habituelles courbettes. Il faut être offensif pour contredire ce que les Occidentaux disent sur notre pays. Nous devons oublier nos slogans vides de sens et la phraséologie diplomatique, pour adopter une stratégie du donnant-donnant.
D’abord, il faut tirer profit des divisions et des désaccords entre les différents pays et choisir nos amitiés en fonction de nos intérêts. Dans le milieu international, il n’y a pas d’ami ou d’ennemi de toujours, tout évolue en fonction des circonstances. Les problèmes se dénouent lorsqu’on sait s’adresser aux pays qui ont de l’influence dans le domaine qui nous intéresse. Après, il s’agit d’analyser les besoins de chaque pays et de lui proposer notre aide dans les domaines où nous sommes influents. Les Occidentaux savent très bien que l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine et le Liban sont des lieux de conflit qui ne peuvent être sécurisés sans l’aide de l’Iran. Cette réalité est un atout dans les mains des dirigeants de la République islamique. Ils peuvent amener l’Occident à accepter des relations bilatérales qui sont dans l’intérêt de tous.

RUMEURS
La bombe du “Sunday Times”
Tsahal a-t-elle mis au point un plan de destruction des installations iraniennes d’enrichissement de l’uranium par une frappe aérienne utilisant l’arme nucléaire tactique ? Selon l’hebdomadaire britannique The Sunday Times, qui l’affirme, le plan israélien prévoirait l’utilisation de missiles conventionnels guidés par laser puis celle de petites bombes atomiques tactiques. Les pilotes israéliens auraient effectué ces dernières semaines des vols d’entraînement longue distance jusqu’à Gibraltar.
Alors que la presse internationale bruisse de rumeurs sur le plan israélien, la presse de Tel-Aviv, elle, se contente de dépêches d’agence. Car le feuilleton qui captive l’opinion, c’est celui de la survie politique du Premier ministre Ehoud Olmert et du ministre travailliste de la Défense Amir Peretz. Olmert est cerné par les soupçons de corruption et de délit d’initié qui pèsent sur lui et sur son parti, Kadima. Et Peretz, totalement discrédité, vient de publier un “plan de paix” qui n’a, semble-t-il, d’autre but que de contrecarrer le retour annoncé de l’ancien Premier ministre Ehoud Barak à la tête du Parti travailliste. On observe curieusement le même silence dans la presse de Téhéran.

© Courrier international 2007

Voir de même:

Laurent Murawiec : Frapper l’Iran ?
09.02.2007

C’est bien tard : découvrir aujourd’hui que l’Iran est l’un des grands soutiens des insurrections irakiennes !

Les Etats-Unis en font beaucoup. Envoi d’une vingtaine de milliers de soldats en Irak, pression plutôt réussie sur le premier ministre bagdadi al-Maliki pour qu’il cesse de n’être que le pantin des extrémistes chiites. Attaques menées contre les nids urbains de miliciens chiites de Muqtada al-Sadr, nomination de l’audacieux général David Petraeus à la tête des forces américaines et coalisées en ce qui concerne l’Irak.

Envoi d’un porte-avion de plus vers le Golfe Persique, avec toute son armada accompagnatrice dotée d’une force de frappe considérable, sous la houlette de l’amiral Fallon, un as de l’aéronavale aux talents certains de coordination de frappes aériennes lourdes. Dénonciations appuyées et multiples du rôle offensif de l’Iran et de ses services dans les rebellions irakiennes, arrestations en Irak d’agents iraniens, officiers de la « Force al-Quds », forces spéciales iraniennes…

Va-t-on, la question est dans tous les esprits, vers une intervention américaine contre l’Iran ? Avant de répondre, examinons le paysage…

Dans la région, voit graduellement le jour un Axe sunnite, qu’on pourrait baptiser coalition des effrayés : les despotes arabes, saoudiens, égyptiens et autres, que la montée du danger perso-chiite fait trembler [1] . Il ne s’agit plus du simple désir, chez eux, de fouler aux pieds les hérétiques, comme leur compère Saddam l’avait si bien fait, mais d’échapper aux ambitions hégémoniques de l’Iran ayatollesque.

L’acquisition d’un arsenal nucléaire et balistique par les ayatollahs, la montée en puissance du Hezbollah au Liban, qui prépare sans se cacher le coup d’Etat, ou, s’il échoue, la guerre civile, la prise de contrôle du Hamas par l’Iran et la Syrie : c’est la grand’ peur pour les pétromonarchies sunnites du Golfe ; c’est elle qui a motivée les gestes remarqués et renouvelés contre l’Iran, sous formes de fatwas saoudiennes contre Téhéran et le Hezbollah, de rencontres à peine secrètes entre responsables israéliens et saoudiens, du soutien apporté à Abou Mazen contre le Hamas. Ils ont très peur de l’apocalypse chiite et de l’implantation durable et agressive des agents de la puissance iranienne sur les rives de la Méditerranée.

En Arabie, autant que l’on puisse déchiffrer les signes ésotériques qui émanent, comme des signaux de fumée de Peaux-rouges à travers la prairie, de l’opaque dynastie des Al-Saoud, un clash sévère a opposé ceux qui – tel l’ancien patron des services secrets Turki, qui vient d’abandonner, après 18 mois seulement, ses fonctions de « Ministre des Affaires Américaines » (ambassadeur à Washington) – voulaient flirter avec un Iran ascendant, et ceux qui – tel son prédécesseur et directeur du Conseil national de sécurité, Bandar, soutenu par le roi Abdallah – ont plus peur de Téhéran que de Washington, ou même d’Israël (ou qui plutôt voient pour l’heure plus de bénéfices à rameuter le voisinage contre l’Iran que contre Israël).

Riyad, soutenu par le pétro-potentat koweitien, a mis en œuvre un nouveau cours pétrolier destiné à étouffer économiquement un Iran totalement dépendant du revenu pétrolier. La chute libre du prix du baril, passé de plus de 75 dollars à 50 en l’espace de quelques mois, reflète un accroissement des pompages dans le Golfe arabe. Sur un marché saturé, le prix du brut a donc chuté d’un tiers. La perte de revenu est absorbable par les pétroliers du Golfe, mais pas par l’Iran populeux. Les Saoudiens affaiblissent par la même occasion leur autre grand ennemi : les investissements américains en formes alternatives d’énergie. Le budget prévisionnel koweitien de l’an prochain se fonde sur un prix de 26 dollars le baril ! A 50 dollars et moins, les caisses iraniennes se vident, et la marge de manœuvre du régime s’étrécit.

On rapporte ici et là, surtout depuis les récentes « élections » en Iran, que les « modérés » y auraient repris la main, que le Guide suprême Khamenei, appuyé par l’ex-président Hachémi Rafsandjani, voudrait reprendre les rênes, de peur que l’extrémisme illimité manifesté par Ahmadinejad ne finisse, à coup de provocations inutiles, par amener la formation d’une grande et agressive coalition contre l’Iran, prélude à un assaut contre son programme nucléaire.

Il est vrai que certains ayatollahs milliardaires tiennent à leurs privilèges, alors qu’Ahmadinejad-le-maigre ne tient qu’à ses ferveurs mystico-assassines. N’oublions pas, néanmoins, que les ayatollahs sont passés maîtres dans la science de la manipulation politique, celle qu’ils ont apprise des Soviétiques : remuer bien haut la marionnette « modérée » pour entortiller les gogos (qui se pressent en masse navrante du côté occidental : il n’est pire sourd…) et gagner du temps pour les pas-modérés-du tout qui utilisent les faux-modérés comme écran de fumée.

Depuis de nombreuses années, en Iran, l’accident d’hélicoptère est le moyen favori de la purge politique, surtout envers les dirigeants militaires ou des Pasdaran. C’est un progrès considérable par rapport à la pendaison, et cela évite les frais de torture. Donc, à l’annonce qu’Ahmadinejad a été victime d’un regrettable désastre aérien, nous saurons que Khamenei et les pseudo-modérés sont sérieux – mais pas avant. Avant cela, ils continueront de jouer sur les deux tableaux, et d’utiliser l’épouvantail mystico-assassin pour effrayer les gobe-mouches tout en secouant les plumes de la coiffe modérée pour appâter les mêmes.

Mais leur Iran est perclus de trous et de vulnérabilités : le pays à l’économie nationalisée et bureaucratisée est à demi en ruine. Pour financer le programme nucléaire, les investissements lourds, les achats de matériels sensibles, pour maintenir un niveau d’armement suffisant, acheter une partie de la population pauvre à coup de distributions populistes et de prébendes, et subventionner la révolution islamique, il faut des fonds considérables – Téhéran comptait sur le pétrole. Par ailleurs, l’Iran ne possède aucune capacité de raffiner le pétrole en essence, et dépend donc totalement des importations, ce qui a poussé Ahmadinejad à lancer un lourd programme de conversion au gaz naturel du parc automobile. Le programme était viable à un niveau élevé de revenu pétrolier, mais devient un terrible fardeau au prix actuel.

Autre vulnérabilité iranienne, les flux financiers. En la matière, les Américains ont lancé discrètement une campagne visant à affaiblir l’Iran en l’isolant financièrement : on fait savoir aux établissements financiers internationaux qui travaillent avec les banques iraniennes qu’ils seront mis sur liste noire par les autorités fédérales américaines s’ils continuent. La gêne et même la pénurie causée à Téhéran sont sérieuses, et prometteuses, même si l’Iran tend à utiliser l’euro plus que le dollar pour se prémunir. Washington essaie également de coopérer avec l’Union européenne. Mais décider à 27 est une affaire lente et difficile, d’autant que l’UE ne s’est pas dotée des instruments indispensables à l’identification et au ciblage des établissements financiers délictueux : Washington doit parler à 27 Etats plutôt qu’à une seule instance. Les Américains ont donc été forcés de travailler plutôt avec les banques européennes. Téhéran a besoin de crédit, et peut de moins en moins en obtenir.

Finalement, la vulnérabilité technologique concerne non seulement les techniques du nucléaire et de la missilerie, mais également l’extraction pétrolière et gazière. Il y a besoin en la demeure d’une vaste coopération internationale pour limiter au maximum les fuites technologiques en direction de l’Iran. Plus il sera difficile et coûteux pour l’Iran de se procurer ces technologies de pointe, plus difficile deviendra sa situation économique.

On ne manque donc pas de moyens de serrer la vis au régime des ayatollahs. Une certaine volonté se manifeste à Washington à cet égard, mais c’est bien peu et c’est bien tard : découvrir aujourd’hui que l’Iran est l’un des grands soutiens des insurrections irakiennes, c’est faire preuve d’une étrange cécité, ou de vision différée, puisque le soutien a commencé dès la chute de Saddam. Pourquoi avoir perdu trois ans ? Découvrir et dénoncer, de même, les interférences syriennes, après avoir passé trois ans à faire semblant de ne rien voir afin de ne pas avoir à intervenir, c’est faire preuve d’une extraordinaire pusillanimité.

De même, il y a plus de deux ans, le magazine Time, se basant entre autres sur des rapports du renseignement militaire américain, dressait le portrait de la stratégie iranienne en Irak : les Gardes révolutionnaires iraniens (Pasdaran) y avaient créé un réseau de près de 300 tueurs opérant en Irak, divisés en 17 groupes de fabricants de bombes et d’escadrons de la mort, formés par le Hezbollah et les Pasdaran, abrités à Sadr City, le bastion de Muqtada al-Sadr, et dirigés par Abou Moustafa al-Sheibani (Time, 14 août 2005, « La guerre secrète de l’Iran pour conquérir l’Irak »). On en savait bien plus – qu’a t-on fait ? Ali al-Dabbagh, porte-parole du gouvernement irakien, vient de déclarer à la BBC que les terroristes basés en Syrie étaient responsable de la moitié des attentats commis à Bagdad ; rien de neuf à cela : pourquoi n’avoir pas fait payer Damas plus tôt ?

Bush a cru pouvoir faire la « guerre au terrorisme » en isolant les fronts, en choisissant une cible puis l’autre, sans comprendre un instant que le « front » de la guerre n’est pas territorial. On ne pouvait mener la guerre en Irak sans traiter d’une manière ou d’une autre les trois grands voisins de l’Irak qui soutiennent les insurrections chiites ou sunnites ou les deux : Iran, Syrie, Arabie saoudite. Mais encore aurait-il fallu que Bush ôte ses œillères et refuse d’écouter les propos lénifiants de ses conseillers chéris, Condi Rice, George Tenet à la CIA, et bien d’autres. Les ennemis sur l’action desquels on faisait l’impasse se sentaient d’autant plus encouragés, par cette insolite immunité, à s’attaquer aux forces américaines en Irak. L’Arabie saoudite continua de plus belle à y exporter ses jihadis et à les financer, pas trop afin de ne pas provoquer une riposte, assez pour affaiblir les Américains ; l’Iran fournissait les insurgés en armements, les formait à la guérilla façon Hezbollah, et appliquait sa stratégie « à la libanaise », tout en éliminant les dirigeants chiites qui lui déplaisaient et en promouvant ses propres pions ; la Syrie ouvrait toutes les portes aux jihadis désireux d’entrer en Irak. Les insurrections faisaient rage grâce à leurs sanctuaires, et les sanctuaires étaient protégés par l’auto-aveuglement diplomatique de l’administration Bush !

Ce dernier aura donc, depuis 2001, mené de front plusieurs politiques contradictoires. L’Amérique a été plongée, en dépit d’elle-même, dans un nouveau conflit mondial dont elle n’a pas fini d’apprendre les règles. L’administration Bush reflète l’état d’esprit composite de l’Amérique, engluée dans le « politiquement correct » d’avant le 11 septembre, « l’esprit du 10 septembre » comme l’ont nommé certains, et d’une Amérique qui veut contre-attaquer, sans savoir forcément comment procéder. Les règles du jeu « du 12 septembre » sont à inventer. Mais le président s’est entouré d’une coalition « du 10 » et « du 12 » sans opter fermement pour l’une ou l’autre date. La confusion règne à Washington. L’électorat – qui le lui reprochera – veut des directions claires. Il avait donné beaucoup de crédit à Bush, mais pas un chèque en blanc. Il a repris ses billes en novembre dernier, tant il est vrai que ce sont les Républicains qui ont perdu, et non les Démocrates qui ont gagné.

Les media, ivres de leur puissance depuis la fin de la guerre du Vietnam et le Watergate, forts d’une impunité absolue et d’une puissance de manipulation formidable, ont mené une guerre implacable contre Bush. Les élus de l’exécutif et du législatif sont soumis au suffrage universel ; les sociétés cotées en bourse à la censure de leurs actionnaires et aux décisions des acheteurs ; les media sont incontrôlés, et, idéologiquement, très à gauche : neuf journalistes sur dix se définissent eux-mêmes ainsi. Leur hypercritique malveillante étend un parapluie protecteur au-dessus de tous les ennemis des Etats-Unis. L’incapacité de l’administration à bien concevoir sa stratégie et à l’énoncer clairement a laissé le champ libre à l’aristocratie médiatique dont le fiel se répand quotidiennement. La confusion qui règne au sein de la population américaine tient en grande partie à ce double mouvement.

Bush est, nul ne l’ignore, un canard plutôt boiteux : il cessera formellement d’être président le 20 janvier 2009, mais cèdera son pouvoir de décision à son successeur élu dès le premier mercredi de novembre 2008. Privé de majorités favorables dans les deux chambres du Congrès, contesté dans son propre parti, Bush aura-t-il la marge de manœuvre, et, au fond, l’esprit de décision et la sagesse stratégique voulus pour faire face à l’Iran ?

Ahmadinejad et ses séides sont convaincus de la grande faiblesse du « tigre de papier » américain. Le marasme irakien, l’échec israélien au Liban, la situation politique aux Etats-Unis, le désarroi au sein de la coalition occidentale, le soutien inconditionnel de Chirac et de Poutine à toutes les turpitudes de l’Iran, ont parachevé le sentiment d’impunité qui isole encore plus le président iranien de la réalité : il se pense invincible. On peut prévoir une aggravation des attaques anti-américaines (et anti-israéliennes). En Afghanistan comme en Irak, l’Iran met la pression. C’est dans ce cadre qu’il commettra des erreurs stratégiques fatales, le genre d’erreur de calcul qui force la main des hésitants. Une provocation de plus, et Bush, qui n’est jamais aussi bon que quand il est piqué au vif, repassera à l’action au lieu de n’être que passif-agressif. La région le soutiendra – elle le lui demande. Le jeu est jouable, à condition d’être joué ! [2]

[1] Danger perso-chiite ? | Même si les arabes de la région nous voient comme des « perso-chiites », l’association des deux mots reste choquante et décrit une réalité inexistante. L’islam s’est imposé à la Perse afin de la détruire corps et âme. De cette lutte inégale, la culture persane est sortie amputée mais invaincue.

La Perse est même redevenue IRAN pour renouer avec les traditions héritées de ses ancêtres Achéménides et Sassanides. La date de naissance de l’IRAN est connue (21 mars 1935) et ce nom reste à jamais lié à la volonté de Reza Shah, un homme simple et extraordinaire qui devint un roi, un architecte, un grand bâtisseur et authentique libérateur des femmes. L’IRAN a été bâti sur les bases de la laïcité comme un point de départ social et politique et aussi bâti sur la culture persane pour disposer de plusieurs remparts contre l’islamisme qui le gangrenait sous les Qadjar.

Il est de ce fait fort choquant pour un iranien, après 28 ans de déchéance culturelle imposée par les mollahs, de voir le « persan » souillé par le « chiisme ». Et ce d’autant plus que ce ne sont pas les persans qui menacent les arabes, mais les mollahs qui souhaitent rester les maîtres du chaos pour devenir l’arbitre des jeux au Moyen-Orient.

Les Iraniens (les persans) n’ont qu’une envie : rompre avec les mollahs. Les persans ou les iraniens n’ont aucune envie d’aller conquérir les sables de l’Arabie Saoudite ou les plaines de la Syrie pour leur apprendre les coutumes de Nowrooz ou les subtilités de la langue persane. Nous espérons juste vivre en harmonie avec nos voisins. |

[2] Frapper l’IRAN | Si l’attaque se résume à un bombardement contre un programme nucléaire qui lui-même est à plus de 70% une rumeur, elle risque surtout de servir les mollahs et les consolider : non pas en raison d’une soi-disante solidarité nationale entre une population iranienne et les mollahs chiites, mais plutôt parce qu’elle risque de déboucher sur une Conférence de Paix qui donnera aux mollahs les Garanties de Sécurité qu’ils exigent.

La solution serait quand même de laisser les patriotes disposer de moyens pour parler à ceux de l’intérieur. Saviez-vous que le satellite Hot Bird refuse d’émettre vers l’Iran les émissions des journalistes qui militent pour un changement de régime et qui ont en eux la capacité de mobiliser les populations ? Au lieu de lancer une attaque sur l’Iran sans aucune Garantie de changement de régime, aidez-nous à avoir notre radio ou télé et l’on vous mettra ce peuple résigné sur le pied de guerre !

Voir enfin:

La renversante stratégie de bluff nucléaire de Saddam
Kenneth Adelman
Source Gulf News (Émirats arabes unis)
Référence « The Nuclear Bluffers », par Kenneth Adelman, Los Angeles Times, 22 octobre 2004.
« Saddam’s stunning strategy of nuclear bluff », Gulf News, 27 octobre 2004.
Résumé

À travers l’Histoire, les dirigeants du monde ont caché leurs violation des traités et ont menti à ce sujet. Saddam, lui, a élaboré une nouvelle stratégie : respecter les accords et mentir à ce sujet. C’est ce que démontre le rapport Duelfer : Hussein a respecté les résolutions de l’ONU lui interdisant de posséder des armes de destruction massive tout en faisant croire qu’il ne les appliquait pas.
Cela peut sembler relever du cas psychiatrique, mais en réalité, il s’agissait d’une nouvelle stratégie nucléaire. Après tout, un pays du tiers-monde ne peut être une puissance nucléaire, mais il peut le faire croire. Cela peut avoir le même effet dissuasif, mais à moindre coût. Le bluffeur peut effrayer ses voisins et empêcher toute agression, pousser les pays riches à offrir leur aide ou des pactes de non-agression. Regardez la Corée du Nord, on ne lui prêterait pas plus d’attention qu’au Burkina Faso si ce n’était pas une puissance nucléaire. Nous sommes certains que la Corée du Nord est une puissance nucléaire, mais nous en étions également persuadé à propos de l’Irak. Comment être sûr ? Li Gun, un haut responsable nord-coréen, a affirmé que la Corée du Nord prouverait bientôt qu’elle avait des armes nucléaires, mais un an et demi après, on a rien vu venir et les dirigeants de nombreux pays continuent de faire des offres à Pyongyang.
Je pense que la Corée du Nord ne bluffe pas, mais c’est possible. Quoi qu’il en soit, mieux vaut ne pas prendre de risques.

Ancien vice-représentant des États-Unis à l’ONU (1981-1983) et négociateur pour le contrôle des armes avec la Chine (1983-1986), Kenneth Adelman est membre du Defense Policy Board Advisory Committee du Pentagone. Il a été membre du Committee on the Present Danger et de la Rand Corporation. Il est aujourd’hui secrétaire du Conseil d’administration de la Freedom House et membre du Conseil d’administration de l’International Crisis Group. Il est commentateur pour Fox News et directeur du mensuel The Washingtonian.

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