Deux questions préoccupantes demeurent sans réponse : pourquoi les Iraniens brandissent-ils aussi effrontément leur programme nucléaire ? Et pourquoi harcèlent-ils aussi ouvertement les Israéliens en menaçant inlassablement leur existence même ? Tout se passe comme s’ils cherchaient à provoquer délibérément une attaque israélienne. Et c’est peut-être justement ce qu’ils veulent. (…) Hormis son propre programme nucléaire, l’Iran aurait acheté plusieurs bombes nucléaires “prêtes à l’emploi” à des scientifiques mafieux de l’ex-Union soviétique. Auquel cas, derrière tout le battage organisé autour de son programme nucléaire, Téhéran disposerait d’ores et déjà de plusieurs armes nucléaires tactiques dans son arsenal. Douglas Davis (The Spectator)
L’objectif final n’est pas la bombe nucléaire «classique» mais l’Abolition de l’Exclusivité de la Dissuasion. Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela [4], l’Algérie [5], la Syrie, la Corée du Nord et la Russie [6]…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la Dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre.Le régime des mollahs n’aura pas une dissuasion basée sur la qualité ou la puissance de sa bombe mais sur la qualité de l’attaque qui sera une attaque terroriste : par exemple une bombe à plutonium qui explosera à bord d’un avion civil. Une attaque de ce genre défierait toute sorte de système de défense ou de détection de tir de missile balistique. Une attaque de ce genre permettrait de détruire plusieurs cibles dans différents endroits en même temps et en plus, l’état iranien ne serait pas inquiété car l’attaque ne serait pas lancée depuis l’Iran. Telle est la dissuasion des mollahs : la combinaison du nucléaire et du terrorisme de type 11 septembre. (…) La guerre libanaise de l’été 2006 et la main mise des mollahs sur l’Irak comme leur implication dans les évènements de la Somalie ou leur espionnage en Afghanistan ont confirmé l’hyperactivité du Hezbollah qui entend s’affirmer comme un composant incontournable en Orient comme en Afrique, en attendant son déploiement en Amérique du Sud. L’ensemble des crises actuelles où sont impliqués les mollahs tourne autour de la reconnaissance des Garanties régionales de sécurité pour la république islamique d’Iran. Les mollahs veulent rester au pouvoir et conserver le leadership de l’islamisme révolutionnaire. Ils doivent mettre Bush dans une situation impossible afin qu’il cède au sujet du Hezbollah. Parallèlement nous pensons que les mollahs ont acquis quelques bombes nucléaires et si le besoin se faisait sentir, ils procéderaient à un essai nucléaire avec l’une de ces bombes d’origine ex-soviétique. (…) Mais même sans cette bombe, le régime des mollahs reste dangereux car il entend surtout combiner le terrorisme et le plutonium ou les déchets nucléaires pour s’orienter vers le terrorisme sale. Iran-Resist
L’Iran se spécialise en déclarations polémiques
Iran-resist
16.01.2007
Selon le porte-parole du gouvernement Ahmadinejad, le régime des mollahs continue l’installation de 3.000 centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium car pour produire du combustible nucléaire, le pays a besoin de trois mille centrifugeuses, a-t-il souligné.
terroriser l’opinion internationale,
rendre la confrontation inévitable
et forcer le Conseil de Sécurité à renouer le dialogue afin que les mollahs imposent leurs exigences.
Investissements contre amitié | Cette stratégie multidirectionnelle a isolé l’Iran (surtout dans monde musulman) et le contraint à payer ses derniers alliés, souvent des pays démunis, pour ne pas se trouver entièrement seul.
Iran Resist
05.01.2007
Maintenir la pression sur la communauté internationale
Couvrir un programme clandestin d’achat de bombes et de missiles nucléaires auprès des ex-républiques soviétiques,
Pour en savoir + :
La tournée sud-américaine d’Ahmadinejad est une ruse médiatique
(15.01.2007)
Le lettre d’Alireza Moayeri à Luis de Alba
(PDF, 121.4 ko)
Iran Resist
05.02.2007
Six émissaires de pays membres du Mouvement des non-alignés se sont rendus samedi sur un site nucléaire iranien où il n’y avait aucune centrifugeuse. Il s’agit en réalité d’une visite organisée d’un centre de reconversion du minerai en gaz UF6 pour les centrifugeuses. La visite a laissé les convives sur leur faim.
http://www.iran-resist.org/article3088
Voir enfin:
Moyen-Orient
ISRAËL – Une bombe à neutrons sur l’Iran ?
Courrier international
11 janv. 2007
Détruire le programme nucléaire iranien est plus que jamais au cœur des préoccupations d’Israël. Plusieurs scénarios sont étudiés, y compris une bombe à neutrons, une arme jugée “propre”.
Au cours des douze mois à venir, il y a de fortes chances pour que les Américains ou les Israéliens, sinon les deux, lancent des frappes militaires afin de paralyser les ambitions nucléaires de l’Iran. Ces offensives se feraient sans doute à relativement brève échéance, et il s’agira probablement de frappes nucléaires. Les analystes militaires israéliens estiment qu’il est indispensable d’intervenir avant que les chercheurs iraniens ne parviennent à boucler le cycle nucléaire – sans doute au cours de 2007 – et ne commencent à produire de l’uranium à usage militaire. Alors, l’Iran aura franchi ce que les Israéliens appellent le “point de non-retour”, c’est-à-dire la phase où ils pourront extraire de l’uranium enrichi, puis le stocker loin des installations nucléaires, de sorte qu’il soit pratiquement impossible à localiser.
Les services de renseignements [britanniques] estiment que l’Iran a encore besoin de deux ans pour accumuler suffisamment d’uranium de qualité militaire pour fabriquer une bombe nucléaire. Entre-temps, le pays a les moyens d’en distribuer des quantités plus modestes à une multitude de groupes terroristes qu’il soutient, parmi lesquels le Hamas, le Djihad islamique [palestiniens] et le Hezbollah [libanais], pour leur permettre de confectionner des “bombes sales”, associant un explosif conventionnel à des matières radioactives – de petites doses d’uranium enrichi, par exemple. Seuls les Américains et les Israéliens ont la volonté et la capacité d’arrêter les Iraniens avant qu’ils ne franchissent le seuil critique de l’enrichissement. Courant janvier, les Etats-Unis devraient déployer un porte-avions supplémentaire qui, accompagné de son groupe de combat aéronaval, rejoindra sa flotte de croiseurs, contre-torpilleurs et sous-marins stationnée dans le Golfe. Les hauts responsables américains soulignent qu’il ne faut pas voir dans l’intensification de la puissance navale dans cette région les préparatifs d’une offensive, tout en admettant que leur capacité à attaquer l’Iran n’en sera que meilleure.
Mais Washington est peut-être trop échaudé et traumatisé par l’imbroglio irakien pour ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient. Il ne resterait donc qu’Israël pour passer à l’action. Et, après les appels répétés du président Ahmadinejad à “rayer Israël de la carte” et sa conférence négationniste organisée à Téhéran le mois dernier, Israël n’a jamais été plus motivé. “Il s’agit ici d’une menace visant la survie de l’Etat d’Israël et, sur ce point, il ne peut y avoir aucun compromis”, confie une source israélienne haut placée.
Le scénario optimiste serait que l’on parvienne à enrayer les travaux nucléaires de l’Iran en attendant que l’on puisse mettre au point un bouclier antimissiles ou, peut-être, qu’un nouveau pouvoir politique moins disposé à défendre les idées d’hégémonie islamique s’impose à Téhéran. Les frappes militaires viseraient donc à interrompre et à retarder les activités de l’Iran en détruisant des maillons essentiels de sa chaîne nucléaire.
La trajectoire des ambitions nucléaires de l’Iran passe par quatre grands sites nucléaires qui seraient les principales cibles d’éventuelles frappes : Bushehr, où une centrale nucléaire est en cours de construction ; Natanz, qui abrite une importante usine d’enrichissement de combustible ; Arak, où une centrale à l’eau lourde a été inaugurée pour produire du plutonium de qualité militaire ; et Ispahan, où 3 000 scientifiques travaillent sur un large éventail d’activités liées au nucléaire, depuis la coordination de la conception d’armes nucléaires jusqu’à la production de gaz UF6, matière première de l’enrichissement par centrifugeuse dans les installations de conversion de l’uranium.
Il y aurait en Iran près de 70 sites consacrés au développement nucléaire, mais, selon les analystes américains, il suffirait d’une petite quinzaine de frappes bien ciblées pour retarder le programme et empêcher pendant plusieurs années les Iraniens de fabriquer la bombe. Cette option présente toutefois un problème : les armes conventionnelles américaines peuvent pénétrer dans une épaisseur maximale de 9 mètres de matériaux durs ou 30 mètres de terre, mais certaines installations iraniennes seraient enterrées à quelque 200 mètres de profondeur. Pour ne rien arranger, l’Iran a construit la plupart de ses installations sous une alternance de couches de terre et de ciment spécialement conçues pour absorber l’impact des bombes à pénétration profonde.
Deux centrifugeuses enfouies à au moins 22,5 m
Les centrifugeuses sont au cœur du processus d’enrichissement. Elles sont également le maillon le plus faible de la chaîne et la cible prioritaire des frappes. Elles sont effectivement très sensibles aux mouvements terrestres : dans un milieu instable, elles se dérèglent et cessent de fonctionner. Des images satellite de l’usine de Natanz indiquent que deux grandes centrifugeuses sont enfouies sous un mélange de béton armé et de terre à une profondeur d’au moins 22,5 mètres, ce qui dépasse la portée des bombes américaines.
Mais il y aurait un moyen de neutraliser les centrifugeuses en simulant des séismes par une frappe nucléaire. La bombe à neutrons, explique une source européenne, a peut-être été conçue dans ce but. Cette arme atomique “propre” émet de grandes quantités de neutrons à haute énergie, capables de pénétrer le blindage le plus dur, détruisant tous les tissus biologiques et les systèmes électroniques dans son rayon d’action. La bombe à neutrons présente deux avantages : d’une part, son impact destructif est limité à un rayon de quelques centaines de mètres à peine ; d’autre part, elle ne provoque pratiquement aucune retombée radioactive. L’arsenal nucléaire d’Israël, sur lequel plane toujours un certain mystère, comporterait un stock important de bombes à neutrons.
Outre ses ogives capables de provoquer des tremblements de terre, Israël dispose d’une famille de vecteurs extrêmement précis – des missiles pouvant être lancés depuis le sol, la mer ou l’air – pouvant emporter une charge nucléaire. La distance qui sépare Israël de l’Iran rend toutefois une frappe aérienne très problématique, mais Israël a d’autres options : il peut, par exemple, lancer une frappe contre les installations iraniennes à partir d’un ou de plusieurs de ses trois sous-marins de classe Dolphin, achetés à l’Allemagne ces huit dernières années.
Provoquer délibérément une attaque israélienne
Aucun expert militaire ne croit Téhéran lorsqu’il clame que son programme nucléaire a une vocation strictement civile. Pourquoi, demandent-ils, l’un des pays les plus riches au monde en gaz naturel et en pétrole aurait-il besoin de l’électricité nucléaire, plus chère ? Si ses intentions sont pacifiques, pourquoi l’Iran a-t-il délibérément dupé les inspecteurs nucléaires des Nations unies pendant des années ? Pourquoi s’évertue-t-il à cacher ses installations sous terre ? Et, enfin, pourquoi acquiert-il des milliers de centrifugeuses capables d’enrichir l’uranium pour produire un matériau de qualité militaire ? De plus, parallèlement à son programme nucléaire, l’Iran a engagé un effort vigoureux pour mettre au point des vecteurs adaptés, ce qui est révélateur. Les missiles iraniens présentent déjà une portée suffisante pour atteindre tout le Moyen-Orient et plusieurs régions d’Europe méridionale. D’ici à la fin de la décennie, ils pourront arroser l’ensemble de l’Europe – et, à terme, atteindre n’importe quel coin de la planète.
Israël n’est pas le seul pays de la région qui a de bonnes raisons de craindre une nucléarisation de l’Iran. A l’heure où le brouillard des querelles internes s’épaissit en Irak, les lignes de fracture intra-islamique commencent à apparaître plus clairement. L’Arabie Saoudite, centre de gravité du monde sunnite, redoute particulièrement une montée en puissance de l’Iran chiite, qui pourrait imposer son hégémonie dans le Golfe, voire au-delà. Les autorités saoudiennes et les Etats du Golfe plus petits, tels le Koweït, Bahreïn, Oman, le Qatar et les Emirats arabes unis, envisageraient d’ores et déjà de se doter d’un programme nucléaire commun. L’Egypte ne sera pas loin derrière dans la course aux armes nucléaires, et la Turquie suivra le mouvement.
Deux questions préoccupantes demeurent sans réponse : pourquoi les Iraniens brandissent-ils aussi effrontément leur programme nucléaire ? Et pourquoi harcèlent-ils aussi ouvertement les Israéliens en menaçant inlassablement leur existence même ? Tout se passe comme s’ils cherchaient à provoquer délibérément une attaque israélienne. Et c’est peut-être justement ce qu’ils veulent.
Hormis son propre programme nucléaire, l’Iran aurait acheté plusieurs bombes nucléaires “prêtes à l’emploi” à des scientifiques mafieux de l’ex-Union soviétique. Auquel cas, derrière tout le battage organisé autour de son programme nucléaire, Téhéran disposerait d’ores et déjà de plusieurs armes nucléaires tactiques dans son arsenal.
IRAN
La riposte de Téhéran sera diplomatique
Douglas Davis
The Spectator
Les sanctions onusiennes contre l’Iran n’effraient pas le régime de Téhéran. Car ce dernier sait très bien que l’Occident a besoin de lui pour régler les conflits, tant en Irak et en Afghanistan qu’en Palestine et au Liban.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a finalement décidé à l’unanimité, samedi 23 décembre, de voter des sanctions contre l’Iran. La résolution 1787 a des caractéristiques complexes et ses conséquences sont difficiles à déterminer. La sanction principale concerne les technologies nucléaires et les missiles. [Elle interdit à l’Iran d’importer et d’exporter des matériaux et des technologies liés à l’enrichissement de l’uranium, au retraitement, aux réacteurs à eau lourde et aux vecteurs de missiles balistiques.] Cette sanction ne devrait pas avoir de conséquences directes sur la population et le commerce. Selon les dirigeants iraniens, l’Iran ne dépend pas beaucoup de l’étranger pour la technologie nucléaire et les missiles, car son développement nucléaire et militaire repose sur ses compétences scientifiques intérieures.
L’effet immédiat de cette résolution est un choc psychologique, qui va faire fluctuer la Bourse de Téhéran. Dans l’ensemble, l’économie nationale devrait s’en relever, puisque, comme dans toute crise, certains investisseurs perdront beaucoup d’argent et d’autres en tireront profit. L’histoire nous apprend que la chute des cours ne dure jamais très longtemps. Le danger est que, à plus long terme, les pays qui ont sanctionné l’Iran réussissent à l’isoler durablement. Si un sentiment d’instabilité s’installait, le pays risquerait en effet de ne plus être considéré comme fiable par les investisseurs.
Le poids des diplomates iraniens sur la scène internationale risque aussi de se trouver amoindri par cette résolution. Ce qui ne fait que rendre la tâche plus facile aux Occidentaux. Ils pourront faire adopter à l’ONU des résolutions plus dures, qui auront des effets directs sur la vie du peuple iranien.
Pour éloigner le pays de ce scénario catastrophe, nous devons redoubler d’efforts sur le terrain diplomatique. Notre activité dans ce domaine doit aller au-delà des habituelles courbettes. Il faut être offensif pour contredire ce que les Occidentaux disent sur notre pays. Nous devons oublier nos slogans vides de sens et la phraséologie diplomatique, pour adopter une stratégie du donnant-donnant.
D’abord, il faut tirer profit des divisions et des désaccords entre les différents pays et choisir nos amitiés en fonction de nos intérêts. Dans le milieu international, il n’y a pas d’ami ou d’ennemi de toujours, tout évolue en fonction des circonstances. Les problèmes se dénouent lorsqu’on sait s’adresser aux pays qui ont de l’influence dans le domaine qui nous intéresse. Après, il s’agit d’analyser les besoins de chaque pays et de lui proposer notre aide dans les domaines où nous sommes influents. Les Occidentaux savent très bien que l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine et le Liban sont des lieux de conflit qui ne peuvent être sécurisés sans l’aide de l’Iran. Cette réalité est un atout dans les mains des dirigeants de la République islamique. Ils peuvent amener l’Occident à accepter des relations bilatérales qui sont dans l’intérêt de tous.
RUMEURS
La bombe du “Sunday Times”
Tsahal a-t-elle mis au point un plan de destruction des installations iraniennes d’enrichissement de l’uranium par une frappe aérienne utilisant l’arme nucléaire tactique ? Selon l’hebdomadaire britannique The Sunday Times, qui l’affirme, le plan israélien prévoirait l’utilisation de missiles conventionnels guidés par laser puis celle de petites bombes atomiques tactiques. Les pilotes israéliens auraient effectué ces dernières semaines des vols d’entraînement longue distance jusqu’à Gibraltar.
Alors que la presse internationale bruisse de rumeurs sur le plan israélien, la presse de Tel-Aviv, elle, se contente de dépêches d’agence. Car le feuilleton qui captive l’opinion, c’est celui de la survie politique du Premier ministre Ehoud Olmert et du ministre travailliste de la Défense Amir Peretz. Olmert est cerné par les soupçons de corruption et de délit d’initié qui pèsent sur lui et sur son parti, Kadima. Et Peretz, totalement discrédité, vient de publier un “plan de paix” qui n’a, semble-t-il, d’autre but que de contrecarrer le retour annoncé de l’ancien Premier ministre Ehoud Barak à la tête du Parti travailliste. On observe curieusement le même silence dans la presse de Téhéran.
© Courrier international 2007
Voir de même:
Laurent Murawiec : Frapper l’Iran ?
09.02.2007
C’est bien tard : découvrir aujourd’hui que l’Iran est l’un des grands soutiens des insurrections irakiennes !
Les Etats-Unis en font beaucoup. Envoi d’une vingtaine de milliers de soldats en Irak, pression plutôt réussie sur le premier ministre bagdadi al-Maliki pour qu’il cesse de n’être que le pantin des extrémistes chiites. Attaques menées contre les nids urbains de miliciens chiites de Muqtada al-Sadr, nomination de l’audacieux général David Petraeus à la tête des forces américaines et coalisées en ce qui concerne l’Irak.
Envoi d’un porte-avion de plus vers le Golfe Persique, avec toute son armada accompagnatrice dotée d’une force de frappe considérable, sous la houlette de l’amiral Fallon, un as de l’aéronavale aux talents certains de coordination de frappes aériennes lourdes. Dénonciations appuyées et multiples du rôle offensif de l’Iran et de ses services dans les rebellions irakiennes, arrestations en Irak d’agents iraniens, officiers de la « Force al-Quds », forces spéciales iraniennes…
Va-t-on, la question est dans tous les esprits, vers une intervention américaine contre l’Iran ? Avant de répondre, examinons le paysage…
Dans la région, voit graduellement le jour un Axe sunnite, qu’on pourrait baptiser coalition des effrayés : les despotes arabes, saoudiens, égyptiens et autres, que la montée du danger perso-chiite fait trembler [1] . Il ne s’agit plus du simple désir, chez eux, de fouler aux pieds les hérétiques, comme leur compère Saddam l’avait si bien fait, mais d’échapper aux ambitions hégémoniques de l’Iran ayatollesque.
L’acquisition d’un arsenal nucléaire et balistique par les ayatollahs, la montée en puissance du Hezbollah au Liban, qui prépare sans se cacher le coup d’Etat, ou, s’il échoue, la guerre civile, la prise de contrôle du Hamas par l’Iran et la Syrie : c’est la grand’ peur pour les pétromonarchies sunnites du Golfe ; c’est elle qui a motivée les gestes remarqués et renouvelés contre l’Iran, sous formes de fatwas saoudiennes contre Téhéran et le Hezbollah, de rencontres à peine secrètes entre responsables israéliens et saoudiens, du soutien apporté à Abou Mazen contre le Hamas. Ils ont très peur de l’apocalypse chiite et de l’implantation durable et agressive des agents de la puissance iranienne sur les rives de la Méditerranée.
En Arabie, autant que l’on puisse déchiffrer les signes ésotériques qui émanent, comme des signaux de fumée de Peaux-rouges à travers la prairie, de l’opaque dynastie des Al-Saoud, un clash sévère a opposé ceux qui – tel l’ancien patron des services secrets Turki, qui vient d’abandonner, après 18 mois seulement, ses fonctions de « Ministre des Affaires Américaines » (ambassadeur à Washington) – voulaient flirter avec un Iran ascendant, et ceux qui – tel son prédécesseur et directeur du Conseil national de sécurité, Bandar, soutenu par le roi Abdallah – ont plus peur de Téhéran que de Washington, ou même d’Israël (ou qui plutôt voient pour l’heure plus de bénéfices à rameuter le voisinage contre l’Iran que contre Israël).
Riyad, soutenu par le pétro-potentat koweitien, a mis en œuvre un nouveau cours pétrolier destiné à étouffer économiquement un Iran totalement dépendant du revenu pétrolier. La chute libre du prix du baril, passé de plus de 75 dollars à 50 en l’espace de quelques mois, reflète un accroissement des pompages dans le Golfe arabe. Sur un marché saturé, le prix du brut a donc chuté d’un tiers. La perte de revenu est absorbable par les pétroliers du Golfe, mais pas par l’Iran populeux. Les Saoudiens affaiblissent par la même occasion leur autre grand ennemi : les investissements américains en formes alternatives d’énergie. Le budget prévisionnel koweitien de l’an prochain se fonde sur un prix de 26 dollars le baril ! A 50 dollars et moins, les caisses iraniennes se vident, et la marge de manœuvre du régime s’étrécit.
On rapporte ici et là, surtout depuis les récentes « élections » en Iran, que les « modérés » y auraient repris la main, que le Guide suprême Khamenei, appuyé par l’ex-président Hachémi Rafsandjani, voudrait reprendre les rênes, de peur que l’extrémisme illimité manifesté par Ahmadinejad ne finisse, à coup de provocations inutiles, par amener la formation d’une grande et agressive coalition contre l’Iran, prélude à un assaut contre son programme nucléaire.
Il est vrai que certains ayatollahs milliardaires tiennent à leurs privilèges, alors qu’Ahmadinejad-le-maigre ne tient qu’à ses ferveurs mystico-assassines. N’oublions pas, néanmoins, que les ayatollahs sont passés maîtres dans la science de la manipulation politique, celle qu’ils ont apprise des Soviétiques : remuer bien haut la marionnette « modérée » pour entortiller les gogos (qui se pressent en masse navrante du côté occidental : il n’est pire sourd…) et gagner du temps pour les pas-modérés-du tout qui utilisent les faux-modérés comme écran de fumée.
Depuis de nombreuses années, en Iran, l’accident d’hélicoptère est le moyen favori de la purge politique, surtout envers les dirigeants militaires ou des Pasdaran. C’est un progrès considérable par rapport à la pendaison, et cela évite les frais de torture. Donc, à l’annonce qu’Ahmadinejad a été victime d’un regrettable désastre aérien, nous saurons que Khamenei et les pseudo-modérés sont sérieux – mais pas avant. Avant cela, ils continueront de jouer sur les deux tableaux, et d’utiliser l’épouvantail mystico-assassin pour effrayer les gobe-mouches tout en secouant les plumes de la coiffe modérée pour appâter les mêmes.
Mais leur Iran est perclus de trous et de vulnérabilités : le pays à l’économie nationalisée et bureaucratisée est à demi en ruine. Pour financer le programme nucléaire, les investissements lourds, les achats de matériels sensibles, pour maintenir un niveau d’armement suffisant, acheter une partie de la population pauvre à coup de distributions populistes et de prébendes, et subventionner la révolution islamique, il faut des fonds considérables – Téhéran comptait sur le pétrole. Par ailleurs, l’Iran ne possède aucune capacité de raffiner le pétrole en essence, et dépend donc totalement des importations, ce qui a poussé Ahmadinejad à lancer un lourd programme de conversion au gaz naturel du parc automobile. Le programme était viable à un niveau élevé de revenu pétrolier, mais devient un terrible fardeau au prix actuel.
Autre vulnérabilité iranienne, les flux financiers. En la matière, les Américains ont lancé discrètement une campagne visant à affaiblir l’Iran en l’isolant financièrement : on fait savoir aux établissements financiers internationaux qui travaillent avec les banques iraniennes qu’ils seront mis sur liste noire par les autorités fédérales américaines s’ils continuent. La gêne et même la pénurie causée à Téhéran sont sérieuses, et prometteuses, même si l’Iran tend à utiliser l’euro plus que le dollar pour se prémunir. Washington essaie également de coopérer avec l’Union européenne. Mais décider à 27 est une affaire lente et difficile, d’autant que l’UE ne s’est pas dotée des instruments indispensables à l’identification et au ciblage des établissements financiers délictueux : Washington doit parler à 27 Etats plutôt qu’à une seule instance. Les Américains ont donc été forcés de travailler plutôt avec les banques européennes. Téhéran a besoin de crédit, et peut de moins en moins en obtenir.
Finalement, la vulnérabilité technologique concerne non seulement les techniques du nucléaire et de la missilerie, mais également l’extraction pétrolière et gazière. Il y a besoin en la demeure d’une vaste coopération internationale pour limiter au maximum les fuites technologiques en direction de l’Iran. Plus il sera difficile et coûteux pour l’Iran de se procurer ces technologies de pointe, plus difficile deviendra sa situation économique.
On ne manque donc pas de moyens de serrer la vis au régime des ayatollahs. Une certaine volonté se manifeste à Washington à cet égard, mais c’est bien peu et c’est bien tard : découvrir aujourd’hui que l’Iran est l’un des grands soutiens des insurrections irakiennes, c’est faire preuve d’une étrange cécité, ou de vision différée, puisque le soutien a commencé dès la chute de Saddam. Pourquoi avoir perdu trois ans ? Découvrir et dénoncer, de même, les interférences syriennes, après avoir passé trois ans à faire semblant de ne rien voir afin de ne pas avoir à intervenir, c’est faire preuve d’une extraordinaire pusillanimité.
De même, il y a plus de deux ans, le magazine Time, se basant entre autres sur des rapports du renseignement militaire américain, dressait le portrait de la stratégie iranienne en Irak : les Gardes révolutionnaires iraniens (Pasdaran) y avaient créé un réseau de près de 300 tueurs opérant en Irak, divisés en 17 groupes de fabricants de bombes et d’escadrons de la mort, formés par le Hezbollah et les Pasdaran, abrités à Sadr City, le bastion de Muqtada al-Sadr, et dirigés par Abou Moustafa al-Sheibani (Time, 14 août 2005, « La guerre secrète de l’Iran pour conquérir l’Irak »). On en savait bien plus – qu’a t-on fait ? Ali al-Dabbagh, porte-parole du gouvernement irakien, vient de déclarer à la BBC que les terroristes basés en Syrie étaient responsable de la moitié des attentats commis à Bagdad ; rien de neuf à cela : pourquoi n’avoir pas fait payer Damas plus tôt ?
Bush a cru pouvoir faire la « guerre au terrorisme » en isolant les fronts, en choisissant une cible puis l’autre, sans comprendre un instant que le « front » de la guerre n’est pas territorial. On ne pouvait mener la guerre en Irak sans traiter d’une manière ou d’une autre les trois grands voisins de l’Irak qui soutiennent les insurrections chiites ou sunnites ou les deux : Iran, Syrie, Arabie saoudite. Mais encore aurait-il fallu que Bush ôte ses œillères et refuse d’écouter les propos lénifiants de ses conseillers chéris, Condi Rice, George Tenet à la CIA, et bien d’autres. Les ennemis sur l’action desquels on faisait l’impasse se sentaient d’autant plus encouragés, par cette insolite immunité, à s’attaquer aux forces américaines en Irak. L’Arabie saoudite continua de plus belle à y exporter ses jihadis et à les financer, pas trop afin de ne pas provoquer une riposte, assez pour affaiblir les Américains ; l’Iran fournissait les insurgés en armements, les formait à la guérilla façon Hezbollah, et appliquait sa stratégie « à la libanaise », tout en éliminant les dirigeants chiites qui lui déplaisaient et en promouvant ses propres pions ; la Syrie ouvrait toutes les portes aux jihadis désireux d’entrer en Irak. Les insurrections faisaient rage grâce à leurs sanctuaires, et les sanctuaires étaient protégés par l’auto-aveuglement diplomatique de l’administration Bush !
Ce dernier aura donc, depuis 2001, mené de front plusieurs politiques contradictoires. L’Amérique a été plongée, en dépit d’elle-même, dans un nouveau conflit mondial dont elle n’a pas fini d’apprendre les règles. L’administration Bush reflète l’état d’esprit composite de l’Amérique, engluée dans le « politiquement correct » d’avant le 11 septembre, « l’esprit du 10 septembre » comme l’ont nommé certains, et d’une Amérique qui veut contre-attaquer, sans savoir forcément comment procéder. Les règles du jeu « du 12 septembre » sont à inventer. Mais le président s’est entouré d’une coalition « du 10 » et « du 12 » sans opter fermement pour l’une ou l’autre date. La confusion règne à Washington. L’électorat – qui le lui reprochera – veut des directions claires. Il avait donné beaucoup de crédit à Bush, mais pas un chèque en blanc. Il a repris ses billes en novembre dernier, tant il est vrai que ce sont les Républicains qui ont perdu, et non les Démocrates qui ont gagné.
Les media, ivres de leur puissance depuis la fin de la guerre du Vietnam et le Watergate, forts d’une impunité absolue et d’une puissance de manipulation formidable, ont mené une guerre implacable contre Bush. Les élus de l’exécutif et du législatif sont soumis au suffrage universel ; les sociétés cotées en bourse à la censure de leurs actionnaires et aux décisions des acheteurs ; les media sont incontrôlés, et, idéologiquement, très à gauche : neuf journalistes sur dix se définissent eux-mêmes ainsi. Leur hypercritique malveillante étend un parapluie protecteur au-dessus de tous les ennemis des Etats-Unis. L’incapacité de l’administration à bien concevoir sa stratégie et à l’énoncer clairement a laissé le champ libre à l’aristocratie médiatique dont le fiel se répand quotidiennement. La confusion qui règne au sein de la population américaine tient en grande partie à ce double mouvement.
Bush est, nul ne l’ignore, un canard plutôt boiteux : il cessera formellement d’être président le 20 janvier 2009, mais cèdera son pouvoir de décision à son successeur élu dès le premier mercredi de novembre 2008. Privé de majorités favorables dans les deux chambres du Congrès, contesté dans son propre parti, Bush aura-t-il la marge de manœuvre, et, au fond, l’esprit de décision et la sagesse stratégique voulus pour faire face à l’Iran ?
Ahmadinejad et ses séides sont convaincus de la grande faiblesse du « tigre de papier » américain. Le marasme irakien, l’échec israélien au Liban, la situation politique aux Etats-Unis, le désarroi au sein de la coalition occidentale, le soutien inconditionnel de Chirac et de Poutine à toutes les turpitudes de l’Iran, ont parachevé le sentiment d’impunité qui isole encore plus le président iranien de la réalité : il se pense invincible. On peut prévoir une aggravation des attaques anti-américaines (et anti-israéliennes). En Afghanistan comme en Irak, l’Iran met la pression. C’est dans ce cadre qu’il commettra des erreurs stratégiques fatales, le genre d’erreur de calcul qui force la main des hésitants. Une provocation de plus, et Bush, qui n’est jamais aussi bon que quand il est piqué au vif, repassera à l’action au lieu de n’être que passif-agressif. La région le soutiendra – elle le lui demande. Le jeu est jouable, à condition d’être joué ! [2]
[1] Danger perso-chiite ? | Même si les arabes de la région nous voient comme des « perso-chiites », l’association des deux mots reste choquante et décrit une réalité inexistante. L’islam s’est imposé à la Perse afin de la détruire corps et âme. De cette lutte inégale, la culture persane est sortie amputée mais invaincue.
La Perse est même redevenue IRAN pour renouer avec les traditions héritées de ses ancêtres Achéménides et Sassanides. La date de naissance de l’IRAN est connue (21 mars 1935) et ce nom reste à jamais lié à la volonté de Reza Shah, un homme simple et extraordinaire qui devint un roi, un architecte, un grand bâtisseur et authentique libérateur des femmes. L’IRAN a été bâti sur les bases de la laïcité comme un point de départ social et politique et aussi bâti sur la culture persane pour disposer de plusieurs remparts contre l’islamisme qui le gangrenait sous les Qadjar.
Il est de ce fait fort choquant pour un iranien, après 28 ans de déchéance culturelle imposée par les mollahs, de voir le « persan » souillé par le « chiisme ». Et ce d’autant plus que ce ne sont pas les persans qui menacent les arabes, mais les mollahs qui souhaitent rester les maîtres du chaos pour devenir l’arbitre des jeux au Moyen-Orient.
Les Iraniens (les persans) n’ont qu’une envie : rompre avec les mollahs. Les persans ou les iraniens n’ont aucune envie d’aller conquérir les sables de l’Arabie Saoudite ou les plaines de la Syrie pour leur apprendre les coutumes de Nowrooz ou les subtilités de la langue persane. Nous espérons juste vivre en harmonie avec nos voisins. |
[2] Frapper l’IRAN | Si l’attaque se résume à un bombardement contre un programme nucléaire qui lui-même est à plus de 70% une rumeur, elle risque surtout de servir les mollahs et les consolider : non pas en raison d’une soi-disante solidarité nationale entre une population iranienne et les mollahs chiites, mais plutôt parce qu’elle risque de déboucher sur une Conférence de Paix qui donnera aux mollahs les Garanties de Sécurité qu’ils exigent.
La solution serait quand même de laisser les patriotes disposer de moyens pour parler à ceux de l’intérieur. Saviez-vous que le satellite Hot Bird refuse d’émettre vers l’Iran les émissions des journalistes qui militent pour un changement de régime et qui ont en eux la capacité de mobiliser les populations ? Au lieu de lancer une attaque sur l’Iran sans aucune Garantie de changement de régime, aidez-nous à avoir notre radio ou télé et l’on vous mettra ce peuple résigné sur le pied de guerre !
Voir enfin:
La renversante stratégie de bluff nucléaire de Saddam
Kenneth Adelman
Source Gulf News (Émirats arabes unis)
Référence « The Nuclear Bluffers », par Kenneth Adelman, Los Angeles Times, 22 octobre 2004.
« Saddam’s stunning strategy of nuclear bluff », Gulf News, 27 octobre 2004.
Résumé
À travers l’Histoire, les dirigeants du monde ont caché leurs violation des traités et ont menti à ce sujet. Saddam, lui, a élaboré une nouvelle stratégie : respecter les accords et mentir à ce sujet. C’est ce que démontre le rapport Duelfer : Hussein a respecté les résolutions de l’ONU lui interdisant de posséder des armes de destruction massive tout en faisant croire qu’il ne les appliquait pas.
Cela peut sembler relever du cas psychiatrique, mais en réalité, il s’agissait d’une nouvelle stratégie nucléaire. Après tout, un pays du tiers-monde ne peut être une puissance nucléaire, mais il peut le faire croire. Cela peut avoir le même effet dissuasif, mais à moindre coût. Le bluffeur peut effrayer ses voisins et empêcher toute agression, pousser les pays riches à offrir leur aide ou des pactes de non-agression. Regardez la Corée du Nord, on ne lui prêterait pas plus d’attention qu’au Burkina Faso si ce n’était pas une puissance nucléaire. Nous sommes certains que la Corée du Nord est une puissance nucléaire, mais nous en étions également persuadé à propos de l’Irak. Comment être sûr ? Li Gun, un haut responsable nord-coréen, a affirmé que la Corée du Nord prouverait bientôt qu’elle avait des armes nucléaires, mais un an et demi après, on a rien vu venir et les dirigeants de nombreux pays continuent de faire des offres à Pyongyang.
Je pense que la Corée du Nord ne bluffe pas, mais c’est possible. Quoi qu’il en soit, mieux vaut ne pas prendre de risques.
Ancien vice-représentant des États-Unis à l’ONU (1981-1983) et négociateur pour le contrôle des armes avec la Chine (1983-1986), Kenneth Adelman est membre du Defense Policy Board Advisory Committee du Pentagone. Il a été membre du Committee on the Present Danger et de la Rand Corporation. Il est aujourd’hui secrétaire du Conseil d’administration de la Freedom House et membre du Conseil d’administration de l’International Crisis Group. Il est commentateur pour Fox News et directeur du mensuel The Washingtonian.