Elections 2007: Pour une gauche responsable, votez… Sarkozy! (Two countries separated by a common political language)

segolene royal

Le libéralisme, c’est le désordre. (Ségolène Royal)

Reprenant le mot célèbre de George Bernard Shaw, on pourrait dire que la France et l’Amérique sont deux pays séparés par la même langue… politique!

Confirmation dans le Figaro d’hier avec l’intéressante analyse de la politologue Nicole Bacharan sur les différences entre les champs politiques américains et français, et notamment à gauche.

Repoussant les analogies faciles Parti démocrate-PS, elle montre tout ce qui sépare une Ségolène Royal d’une Hillary Clinton.

D’où en creux un fascinant portrait d’une gauche française qui brille surtout par ses archaïsmes et son irresponsabilité: avec ses « ovnis révolutionnaires se réclamant encore du communisme ou du trotskisme », son « antilibéralisme »et son refus du marché, son laxisme et son irresponsabilité sur la protection sociale et l’immigration , son rejet de l’action affirmative, son refus de la « responsabilité des démocraties vis-à-vis des peuples opprimés » et de la fidélité aux alliances à l’OTAN comme à Israël, son soutien au mariage homosexuel, son désintérêt affiché pour la foi et la religion quand ce n’est pas son sectarisme antisectes …

Avant d’arriver à la logique conclusion que le véritable équivalent français d’une gauche responsable ne peut être que… Nicolas Sarkozy !

A condition bien sûr, comme le rappelait hier Rioufol (Le « royalisme » est un archaïsme), qu’il arrête de piocher dans le jeu de sa voisine avec ses « critiques convenues contre l’euro fort, la Banque centrale, les ‘patrons voyous’, les ‘entreprises qui délocalisent’, ‘la religion du libre-échange’ …

Morceaux choisis:

l’éventail américain est beaucoup plus étroit et centriste que le français : à droite, pas de formation importante équivalente au Front national ; à gauche, pas de mouvements révolutionnaires qui auraient de l’influence. Les extrêmes existent, mais ne pèsent pas sur l’électorat. Chez les démocrates, personne ne songerait à se dire « antilibéral ». Au contraire de Ségolène, Hillary n’aura donc pas à composer, sur sa gauche, avec des ovnis se réclamant encore du communisme ou du trotskisme.
Hillary croit à la responsabilité des démocraties vis-à-vis des peuples opprimés ; elle ne transige pas sur la nécessité d’une armée puissante, la fidélité aux alliances, l’importance de l’Otan et la garantie à la sécurité d’Israël
l’économie (un marché dynamique mais régulé), la protection sociale (récompenser d’abord le travail tout en développant la solidarité envers les plus vulnérables), la sécurité et l’immigration (fermeté mais non xénophobie), ou même l’action affirmative et la politique étrangère, on s’aperçoit qu’en France, Hillary ne serait pas une femme de gauche. Une évidence s’impose, au-delà des images, des postures et de la solidarité féminine : le plus proche équivalent français de Hillary Clinton ne serait pas Ségolène Royal, mais… Nicolas Sarkozy.

La « French Hillary » n’est pas celle qu’on croit
Nicole Bacharan est politologue, historienne, auteur de Faut-il avoir peur de l’Amérique ? (Seuil) et de Américains-Arabes, l’affrontement avec Antoine Sfeir (Seuil).

Le Figaro
Le 21 décembre 2006

En apparence, elles se ressemblent… Hillary Clinton et Ségolène Royal sont deux femmes, susceptibles d’être élues présidentes, ce qui, aux États-Unis comme en France, est une première. Elles associent, dit-on souvent, une vision sociale progressiste à une conception conservatrice de la famille et de l’éducation et occuperaient donc une position comparable en politique : grosso modo, à droite de la gauche. Des deux côtés de l’Atlantique, on voit parfois en Ségolène une Hillary à la française.

Les apparences sont trompeuses. En réalité, Hillary et Ségolène ont peu de choses en commun. Pour établir une comparaison valable, superposons d’abord l’éventail des partis politiques aux États-Unis et en France, ceux qui comptent vraiment dans les élections. On s’aperçoit que l’éventail américain est beaucoup plus étroit et centriste que le français : à droite, pas de formation importante équivalente au Front national ; à gauche, pas de mouvements révolutionnaires qui auraient de l’influence. Les extrêmes existent, mais ne pèsent pas sur l’électorat. Chez les démocrates, personne ne songerait à se dire « antilibéral ». Au contraire de Ségolène, Hillary n’aura donc pas à composer, sur sa gauche, avec des ovnis se réclamant encore du communisme ou du trotskisme.

L’économie ? Le social ? La démocrate Hillary Clinton défend sans ambiguïté le libre-échange et l’esprit d’entreprise. Elle ne risque pas, là non plus, d’être plombée par les syndicats qui, aux États-Unis, se battent pour l’emploi et la protection sociale, mais sont soucieux de la croissance et de la santé des entreprises. Et si elle continue à préconiser l’extension des assurances médicales, Hillary a aussi approuvé, en 1996, la loi de Bill Clinton qui mettait fin aux allocations prolongées pour les indigents, remplacées par un « retour au travail pour tous ». On est loin du socialisme français. La sécurité ? Dans la lutte contre le terrorisme, Hillary a, par deux fois, approuvé le controversé Patriot Act (qui limite certaines libertés civiles). Sur le plan pénal, elle soutient la peine de mort, heureusement inacceptable pour tous les partis français de gouvernement (ce qui la placerait en France à droite de la droite). Quant à l’immigration clandestine, Hillary n’a pas de mots assez sévères pour la condamner : elle préconise le renforcement des frontières et fustige les employeurs qui embauchent des illégaux. Mais elle s’inscrit aussi dans la grande tradition démocrate en faveur de l’intégration des minorités : elle défend « l’action affirmative », coup de pouce à l’embauche ou à l’entrée à l’université en faveur des Noirs et des Hispaniques. Cette position est en général condamnée par le Parti socialiste français. En politique étrangère ? C’est d’abord la méthode qui distingue Hillary Clinton et Ségolène Royal. La sénatrice de New York a suivi un long apprentissage de la géopolitique. Depuis plusieurs années, elle est très active au sein de la commission des Forces armées. Hillary y est très appréciée pour sa compétence, notamment pendant les auditions publiques (et télévisées) des membres du gouvernement, et pour la cohérence de ses positions, attitude que l’on ne peut s’empêcher de remarquer après le voyage contesté de Ségolène Royal au Moyen-Orient.

Sur le fond, Hillary n’est pas une « colombe ». Elle a approuvé la guerre du Kosovo, soutenu l’intervention en Afghanistan et voté l’autorisation au recours à la force en Irak, même si, depuis, elle juge désastreuse la conduite des opérations. Ses choix stratégiques sont guidés par les impératifs de sécurité mais aussi par une vision morale : Hillary croit à la responsabilité des démocraties vis-à-vis des peuples opprimés ; elle ne transige pas sur la nécessité d’une armée puissante, la fidélité aux alliances, l’importance de l’Otan et la garantie à la sécurité d’Israël.

Dans le débat qui agite la société américaine sur les questions religieuses, les positions de Hillary Clinton sont celles d’une croyante fervente. Elle demande l’égalité des droits pour les homosexuels mais s’oppose au mariage gay ; elle défend la liberté de l’avortement, mais encourage les parents à enseigner l’abstinence à leurs enfants.

Laissons de côté ces questions morales et religieuses, qui seront, et c’est heureux, quasi absentes de la campagne électorale française. Mais si on récapitule les positions de Hillary Clinton concernant l’économie (un marché dynamique mais régulé), la protection sociale (récompenser d’abord le travail tout en développant la solidarité envers les plus vulnérables), la sécurité et l’immigration (fermeté mais non xénophobie), ou même l’action affirmative et la politique étrangère, on s’aperçoit qu’en France, Hillary ne serait pas une femme de gauche. Une évidence s’impose, au-delà des images, des postures et de la solidarité féminine : le plus proche équivalent français de Hillary Clinton ne serait pas Ségolène Royal, mais… Nicolas Sarkozy.

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