Dans notre série des champions de la lutte contre le djihad international et la dhimmitude, il y a bien sûr l’incontournable Daniel Pipes (très présent aussi sur ce blog).
Et quel meilleur portrait de lui (qu’au moins on ne pourra pas accuser de partialité pro-Pipes) que celui que diffuse l’un de ses principaux ennemis, le champion toutes catégories de la désinformation, notre Thierry Meyssan national, qui, comme les Garaudy & co viennent de le démontrer lamentablement à la conférence de la honte de Téhéran, n’a de cesse de se vendre au plus offrant des ennemis de la Société ouverte et du Monde libre …
En 2002, Daniel Pipes fut de toutes les radios et télévisions pour mener campagne contre L’Effroyable imposture, un ouvrage sur les attentats du 11 septembre …
Daniel Pipes, expert de la haine
Expert incontournable aux États-Unis des plateaux de télévision et des pages opinions des grands quotidiens, Daniel Pipes est devenu le théoricien mondial de l’islamophobie. Fils de Richard Pipes, le soviétologue qui relança la course aux armements sous la présidence Ford, et fils spirituel de Robert Strausz-Hupé, le visionnaire du nouvel ordre mondial, il anime une kyrielle d’instituts stratégiques. On lui doit les concepts à la mode de « nouvel antisémitisme », de « militants de l’islam » et de « conspirationisme ». Partisan de l’écrasement des Palestiniens, il a été nommé par George W. Bush administrateur de l’Institut des États-Unis pour la paix.
Entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2002, Daniel Pipes est devenu l’un des principaux commentateurs états-uniens à propos du terrorisme et de l’Islam. Selon un décompte réalisé par The Nation, qui vient de lui consacrer un portrait au vitriol [1], il est apparu pendant cette période dans 110 émissions de télévision et 450 émissions de radio. Ses éditoriaux ont eu les bonnes grâces du Wall Street Journal et du Los Angeles Times, tandis que le New York Post en a fait l’un de ses chroniqueurs.
La dynastie Pipes
Cette brusque gloire médiatique ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’un talent personnel, d’une longue formation et de parrainages prestigieux. Elle joue un rôle essentiel dans la stratégie politique des néo-conservateurs au pouvoir à Washington et à Tel-Aviv.
Pour comprendre ce parcours, il nous faut revenir trente ans en arrière. Pour en finir avec la crise du Watergate et les conflits de personnes qui suivirent, le président Gerald Ford trancha entre les divers courants républicains qui le soutenaient. Le 3 novembre 1975, il sacrifia son secrétaire à la Défense, James Schlesinger, et toute une flopée de collaborateurs. L’événement est connu sous le sobriquet de « massacre d’Halloween ». Il s’entoura alors d’une équipe restreinte qui est très exactement celle qui est revenue au pouvoir en 2001 : il nomma Dick Cheney secrétaire général de la Maison-Blanche, Donald Rumsfeld secrétaire à la Défense, et George H. Bush (le père) directeur de la CIA [2]. Une campagne de presse organisée par des associations amies alerta alors l’opinion publique sur la sous-estimation du péril rouge par la CIA. Feignant de céder à cette pression, le président Ford autorisa la constitution d’un comité indépendant d’évaluation de la menace soviétique, dont la responsabilité fut confiée à un professeur d’Harvard, Richard Pipes. Celui-ci constitua un panel, connu sous le nom de Team B, dans lequel siégèrent les partisans les plus fanatiques de la Guerre froide, dont le général Lyman Lemnitzer [3] et le jeune Paul Wolfowitz. C’est ainsi que le Rapport Pipes, publié dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee fondée par Irving Kristol, permit à l’administration Ford de relancer la course aux armements.
Richard Pipes avait un fils aîné : Daniel. Celui-ci avait poursuivi des études sur l’histoire médiévale de l’islam à Harvard et s’était distingué sur le campus en s’opposant aux manifestations des gauchistes contre la guerre du Vietnam. En 1981, il publia Slave Soldiers and Islam, un premier ouvrage très universitaire et très documenté, d’où ne ressortent aucune de ses convictions politiques. L’ouvrage a été rédigé avant la révolution islamique iranienne de 1979. Cet événement va faire naître les convictions de l’analyste. En 1982, alors que son père, Richard, rejoint l’administration Reagan, Daniel Pipes fait de même et rejoint l’équipe de prospection du Département d’État. Il consacre beaucoup de temps à la rédaction de son deuxième livre, In the Path of God, paru en 1983, qui met à jour ses préoccupations face au fondamentalisme musulman dont il analyse la montée dans une douzaine d’États. Un phénomène selon lui lié aux revenus pétroliers des États arabes depuis la guerre du Kippour.
Un intellectuel engagé
Après avoir quitté le département d’État en 1983, Daniel Pipes enseigne dans plusieurs universités, dont l’Académie militaire de marine (United States Naval War College), mais se retrouve marginalisé dans le champ académique. Il ne publie plus de travaux universitaires et leur préfère des articles, qu’il rédige sur divers sujets : le terrorisme, Israël, l’affaire Salman Rushdie, et qu’il fait publier dans Commentary [4].
Ses choix ne sont pas toujours très heureux : il vante ainsi les mérites de From Time Immemorial, un ouvrage sur la colonisation sioniste de la Palestine écrit par Joan Peters. Le livre sera pourtant démonté par plusieurs importants chroniqueurs qui en analysent les ficelles grotesques, les erreurs factuelles et les plagiats. Son intérêt pour la question israélienne devient peu à peu prépondérant. Après avoir critiqué le traitement médiatique de la guerre du Liban qui nuisait à l’image d’Israël, il publie en 1988 une tribune dans le New York Times dans laquelle il rejette l’idée d’un État palestinien, qui serait un « cauchemar » pour ses habitants : selon lui, cette solution « ferait plus de tort aux Arabes qu’aux Israéliens » car les Palestiniens seraient contraints de vivre sous le joug d’une organisation terroriste, l’OLP de Yasser Arafat.
Daniel Pipes ne saurait pourtant être catalogué comme un soutien inconditionnel du gouvernement israélien. Il lui arrive en effet de le critiquer. Par exemple pour lui reprocher de ne pas réprimer assez les populations palestiniennes. Selon lui, il faut écraser les Palestiniens, pour leur bien, tout en accusant des universitaires tels que Rashid Khalidi de faire l’apologie de la violence. D’après Juan Cole, professeur à l’Université du Michigan, « l’une des choses que veut dire Pipes lorsqu’il accuse les professeurs d’université de soutenir le terrorisme, c’est que nous refusons sa vision qui fait de tous les Palestiniens des terroristes ».
Au milieu des années 80, Pipes s’installe à Philadelphie où il prend la direction de l’Institut de recherche en politique étrangère (Foreign Policy Research Institute – FPRI) de l’université de Pennsylvanie, un laboratoire créé par le géopoliticien Robert Strausz-Hupé, qui deviendra son maître à penser. Fondé en 1955, l’institut publie depuis 1957 la revue Orbis.
Le premier numéro contient le manifeste de Strausz-Hupé : L’Équilibre de demain [5]. On peut y lire : « L’ordre mondial qui se profile sera-t-il celui de l’empire universel américain ? Il doit en être ainsi, dans la mesure où il portera le sceau de l’esprit américain. L’ordre à venir marquera la dernière phase d’une transition historique et en finira avec la période révolutionnaire de ce siècle. La mission du peuple américain consiste à enterrer les États-nations, guider leurs peuples endeuillés vers des unions plus larges, et intimider par sa puissance les velléités de sabotage du nouvel ordre mondial qui n’ont rien d’autre à offrir à l’humanité que de l’idéologie putréfiée et de la force brute… Pour la cinquantaine d’années à venir le futur appartient à l’Amérique. L’empire américain et l’humanité ne seront pas opposés, mais simplement deux noms pour un même ordre universel sous le signe de la paix et du bonheur. Novus orbis terranum (Nouvel ordre mondial) ». Ce manifeste sera ultérieurement republié par Daniel Pipes.
De 1986 à 1993, Daniel Pipes est rédacteur en chef du journal Orbis. Il y publie à l’époque des articles prônant le soutien à l’Irak contre l’Iran, comme « L’alternative de Bagdad » de Laurie Mylroie [6]. Il co-signe d’ailleurs avec la jeune femme un article sur le même thème dans The New Republic [7].
En 1990, il publie un article dans la National Review intitulé « Les musulmans arrivent ! Les musulmans arrivent ! » où il fait part de ses vues alarmistes sur la question. Il y écrit : « les sociétés d’Europe occidentales ne sont pas suffisamment préparées à une immigration massive de gens à la peau mate, cuisinant des plats étranges et n’appliquant pas vraiment les normes d’hygiènes allemandes » [8].
Dans cette période, ses livres et ses articles se démarquent par la position extrêmement dure qu’ils préconisaient à l’encontre des pays arabes, qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Iran, ou même de l’Arabie saoudite, pourtant alliée de Washington. Déjà, il met en garde contre la menace que feraient peser les « musulmans d’Amérique » sur la sécurité des États-Unis. Dans un article de Commentary, il s’érige ainsi contre les « atermoiements » des organisations musulmanes états-uniennes, face à la discrimination dont elles s’estimaient victimes [9].
Une logique qui l’amène loin : se faisant l’écho de son ami Steven Emerson, également expert en terrorisme, il déclare à USA Today que l’attentat d’Oklahoma City, en 1995, démontre que l’Occident est attaqué et que les fondamentalistes « nous visent ».
En 1990, Daniel Pipes fonde une section du FPRI, le Forum du Moyen-Orient (Middle East Forum – MEF), pour « promouvoir les intérêts américains » dans la région. Celle-ci devient une association indépendante, en 1994, et publie depuis le Middle East Quaterly, ainsi que, depuis 1999, le Middle East Intelligence Bulletin [10].
En 1997, Daniel Pipes a participé à la création du Comité américain pour un Liban libre (US Committe for a Free Lebanon – USCFL) autour du banquier Ziad K. Abdelnour, expert du Forum du Moyen-Orient.
Daniel Pipes et les experts du FPRI, du MEF et de l’USCFL participent activement aux travaux de l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient (Washington Institute for Near East Policy – WINEP) où l’on retrouve les faucons les plus en vue et la fine fleur du Likoud [11].
Daniel Pipes s’est fait connaître en tant que débusqueur de « la cinquième colonne » évoluant sur les campus universitaires états-uniens. En 2002, il a créé une section du MEF, l’Observatoire des campus (Campus Watch), « une organisation dont le but avoué est de rendre compte des erreurs d’analyse et des biais politiques dans le domaine de l’étude du Moyen-Orient ». L’une des premières mesures de cette organisation, raconte The Nation, a été de déposer des dossiers « à la McCarthy » sur différents professeurs soupçonnés de ne pas être assez pro-israéliens. En réaction, plus d’une centaine d’universitaires contactèrent Campus Watch en demandant à être ajoutés sur la liste. Une démarche qui exaspéra Daniel Pipes, qui les qualifia « d’apologistes des attentats-suicide et de l’islam militant ». Il usa également d’autres qualificatifs tels que « self-hating » ou « anti-Américains ». Dans un article intitulé « Les universitaires américains qui détestent l’Amérique », il se moque ainsi de tous ceux qui, comme Noam Chomsky, ont dénoncé l’intervention états-unienne en Irak, refusant de voir la « menace directe » que faisait peser Saddam Hussein sur les États-Unis.
Pour faire passer l’idée selon laquelle les universitaires et les étudiants seraient aveugles quant à la menace islamiste, il a pu s’appuyer sur Martin Kramer, actuel rédacteur-en-chef du Middle East Quaterly, et Stanley Kurtz, membre de la Hoover Institution et collaborateur à la National Review Online. D’après The Nation, ses thèses ont eu un relai médiatique exceptionnel, « de MSNBC à NPR ». Le Washington Post y consacra sa première page, et le débat eut même des prolongements au Congrès : un projet est à l’étude, qui créerait un comité consultatif dont les membres seraient nommés par le gouvernement afin de superviser les programmes d’étude financés par des fonds fédéraux et destinés à enseigner la question du Proche-Orient à plusieurs milliers d’étudiants chaque année. Les programmes devraient désormais « représenter l’ensemble des points de vue » et non « les seules critiques de la politique étrangère américaine », comme l’a expliqué Stanley Kurtz à la Chambre des représentants du Congrès en juin 2003 [12].
Daniel Pipes a récemment fait son entrée dans le classement réalisé par le journal juif The Forward des cinquante Juifs états-uniens les plus influents [13].
Sa nomination à l’Institut des États-Unis pour la paix (US Institute of Peace – USIP) par le président George W. Bush a choqué la communauté musulmane, et notamment le Muslim Public Affairs Council. Ce think tank financé par des fonds fédéraux est en effet destiné à promouvoir « une résolution pacifique des conflits internationaux ». Une conception qui est assez éloignée de la pensée politique de Daniel Pipes : celui-ci écrivait en effet, en février 2002, que « la diplomatie met rarement un terme aux conflits » [14]. À peine entré à l’USIP, il s’est fait un devoir d’épurer la liste des collaborateurs. Il a ainsi exclu le Center for the Study of Islam and Democracy, un groupe pro-terroristes, selon lui, qui se serait infiltré dans la vénérable institution publique [15]. Il a quitté l’USIP début 2005.
Le penseur de l’islamophobie
Daniel Pipes est l’inventeur de plusieurs concepts qui ont été imposés dans le débat public.
Il est en premier lieu l’inventeur du « Nouvel antisémitisme » [16]. Cette expression désigne initialement l’opposition des groupes de pression musulmans états-uniens contre les groupes de pression juifs états-uniens à propos de la Palestine. Elle introduit un amalgame entre anti-sionisme et antisémitisme qui a fait florès.
Il est aussi l’inventeur des « Militants de l’islam » [17]. L’expression désigne des musulmans qui ne se contentent pas de leurs prières domestiques, mais adhérent à des organisations communautaires et défendent les droits des Palestiniens au détriment des Israéliens soutenus par les États-Unis. Elle introduit un nouvel amalgame entre identité musulmane, lutte contre l’État d’Israël, et contestation de la politique de Washington. Il s’ensuit que les États-uniens de religion musulmane sont par essence des traîtres.
Enfin, il a inventé « la théorie moyen-orientale du complot ». Les Arabes, qui refusent d’admettre qu’ils sont incapables de résoudre leurs problèmes, s’imaginent qu’ils sont victimes de complots occidentaux [18].
En 2002, Daniel Pipes fut de toutes les radios et télévisions pour mener campagne contre L’Effroyable imposture, un ouvrage sur les attentats du 11 septembre et le changement de régime qui s’en est suivi aux États-Unis [19]. N’ayant aucun argument à opposer à la thèse et pensant à tort que son auteur était arabe, il s’efforça d’y voir une illustration du conspirationnisme des intellectuels arabes installés en France. Ce jugement de valeur fut relayé en France par Guillaume Dasquié et Jean Guisnel [20], puis par Daniel Lecomte [21].
Invité, en 2003, à participer à la plus grande émission politique arabe, L’Opinion contraire (Al-Jazeera) pour débattre avec Thierry Meyssan, il dû décliner l’offre car il était en attente de confirmation par le Congrès de sa nomination à l’USIP. Il dépêcha pour le remplacer son fidèle lieutenant Jonathan Schanzer [22] qui n’apporta pas plus de réfutation à l’ouvrage débattu.
Pipes peut également compter en France sur son traducteur, Guy Millière, pour diffuser sa pensée. Celui-ci a notamment publié Ce que veut Bush, un ouvrage apologétique réalisé à partir d’entretien avec Daniel Pipes, Paul Wolfowitz, etc. [23]
L’islamophobie est l’obsession de Daniel Pipes. En 1999, il publie un article dans The Forward dans lequel il écrit « les Musulmans qui détestent l’Amérique, et notamment les Juifs qui y vivent, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants, grâce à la protection offerte par l’État de droit et l’indulgence d’une société pluraliste et charitable ». Les attentats du 11 septembre vont conforter l’analyste dans ses convictions, en même temps qu’ils lui permettent d’obtenir une plus large audience. Selon lui, c’est cela qui lui a permis de publier en 2002 Militant Islam Reaches America en 2002, un livre « impubliable » jusque là et qui met en garde contre le fait que les populations musulmanes américaines abritent « un nombre important » de gens qui « soutiennent les objectifs des détourneurs d’avion », et qui « détestent les États-Unis et souhaitent, en fin de compte, le transformer en pays musulman ». Jim Lobe, de l’Inter-Press Service, dit avoir obtenu un projet de demande de subvention dans lequel Daniel Pipes propose de lancer un « Institut de l’Islam Progressiste » qui « pourrait élaborer un point de vue modéré, moderne et pro-américain » au nom de la communauté musulmane. Selon lui, les fondamentalistes musulmans sont des « Nazis », des « tueurs potentiels » qui représentent « de vrais dangers » pour les Juifs, les Chrétiens, les femmes et les homosexuels.
La guerre d’Irak a été la consécration des théories de Daniel Pipes, puisqu’il y a vu « une chance unique de remplacer le régime le plus excité du monde ». Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, il est un peu revenu sur cette position : en effet, il a décrété que l’Irak avait désormais besoin d’un « homme fort à l’esprit démocratique » puisque les Irakiens « vivent dans un univers mental de théorie du complot » et ne sont pas tout à fait prêts à s’auto-gouverner comme les occidentaux. Aujourd’hui même, dans le New York Sun, il donne le nom de celui qu’il voudrait voir remplir ce rôle. Il s’agit sans surprise d’un militaire, l’ex-Major Général Jassim Mohammed Saleh al-Dulaimi, qui a l’avantage de ne pas avoir participé aux atrocités du régime de Saddam Hussein, de ne pas avoir de convictions idéologiques radicales tout en bénéficiant d’une position sociale reconnue [24].
[1] « Neocon Man », par Eyal Press, The Nation, 10 mai 2004.
[2] Voir notre enquête « Les marionnettistes de Washington », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 novembre 2002. Version portugaise : Os senhores da guerra, Frenesi éd., 2002.
[3] Sur le général Lemnitzer, voir « Opération Northwoods, quand l’état-major américain planifiait des attentats terroristes contre sa population », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2001.
[4] La revue française Commentaires de Raymond Aron et Jean-Claude Casanova est organiquement liée à Commentary. Cf. « La face cachée de la Fondation Saint-Simon », par Denis Boneau, Voltaire, 10 février 2004.
[5] The Balance of Tomorrow, par Robert Strausz-Hupé, Orbis, 1957.
[6] « The Baghdad Alternative », par Laurie Mylroie, Orbis, 1988.
[7] « Back Iraq », par Laurie Mylroie et Daniel Pipes, The New Republic, 1989.
[8] « The Muslims are Coming ! The Muslims are Coming ! », par Daniel Pipes, National Review, 19 novembre 1990.
[9] « Are Muslim Americans Victimized ? », par Daniel Pipes, Commentary, novembre 2000.
[10] Le Middle East Forum emploie les experts suivants : Ziad Abdelnour, Mitchell G. Bard, Patrick Clawson, Khalid Durán, John Eibner, Joseph Farah, Gary Gambill, Martin Kramer, William Kristol, Habib Malik, Daniel Mandel, Laurent Murawiec, Daniel Pipes, Michael Rubin, Robert Satloff, Jonathan Schanzer, Tashbih Sayyed et Meyrav Wurmser.
[11] « Un Think Tank au service du Likoud », par Joel Beinin, Le Monde diplomatique, juillet 2003.
[12] « Funding Anti-Americanism – Title VI and radicalism in Middle Eastern studies », par Justin Peck, Concord Bridge, octobre 2003.
[13] « Forward 50 », The Forward, 14 novembre 2003.
[14] « The Only ’Solution’ (for Israel) is Military », par Daniel Pipes, New York Post, 25 février 2002.
[15] « The US Institute of Peace Stumbles » par Daniel Pipes, The New York Sun, 23 mars 2004.
[16] « The New Antisemitism » par Daniel Pipes, Jewish Exponent, 16 octobre 1997.
[17] Militant Islam Reaches America par Daniel Pipes, W. W. Norton éd., 2003.
[18] The Hidden Hand par Daniel Pipes, St Martin’s Press éd., 1996, et Conspiracy, Free Press éd., 1997.
[19] L’Effroyable imposture, par Thierry Meyssan, éd. Carnot, 2002.
[20] L’Effroyable mensonge, par Guillaume Dasquié et Jean Guisnel, éd. La Douverte, 2002 (ouvrage condamné pour diffamation par jugement de la XVIIe chambre correctionnelle du TGI de Paris).
[21] « Le 11 septembre n’a pas eu lieu », soirée Théma produite et animée par Daniel Leconte, Arte, 2004.
[22] À l’issue d’une heure trente de débat, un sondage réalisé auprès d’un panel de téléspectateurs [musulmans pour la plupart] montra que ceux-ci étaient convaincus à 17% par M. Schanzer et à 83% par M. Meyssan. L’émission, qui fit un pic d’audience, avait été regardée par 70 millions de téléspectateurs.
[23] Ce que veut Bush par Guy Millière, La Martinière éd., 2003. Il a également publié Qui a peur de l’Islam ?, Michalon éd., 2004.
[24] « Is an Iraqi strongman emerging » par Daniel Pipes, New York Sun, 3 mai 2004. Article repris le lendemain par le Jerusalem Post.
Voir aussi ce vieil entretien de décembre 2000:
Most people who have suffered due to islamism are Muslims
Daniel Pipes is among the leading experts on Islam and Islamic terrorism in the United States. Presently heading the Middle East Forum, a Philadelphia-based think-tank focusing on West Asia, Pipes is among the favourites to join George W Bush Jr as a security advisor, if the latter is elected US president. Soft spoken and low profile, his clarity on Islamic terrorism and its emerging face is refreshing.
He was in India a few days after the first Indo-Russian joint working group meeting on Afghanistan last month. Special Correspondent Josy Joseph caught up with him in the capital to get his views on aspects of Islamic terrorism that concern India.
How do you view the Taleban regime and Osama bin Laden? Do you buy India’s version that the Taleban is completely sponsored by Pakistan?
The ideology of the Taleban has very heavily been influenced by the Wahabis of Saudi Arabia. This is a government that in many ways is more radical, in the pure version than what one finds in Saudi Arabia. When it comes to the government itself, I see it partly aided by the Pakistan government. But I also see it having an indigenous origin. I don’t see it as purely a creation of Pakistan. I do think in the beginning there was an impulse among religious students which reflected a hidden need of some Afghans, but their success is not completely due to Pakistani sponsorship.
They are very limited by the fact that they are opposed by the Russians, the Indians, the Americans, the Iranians. They have really just one sponsor. They have been unable to gain international legitimacy, unable to fulfill their goals because of this.
They have a mixed foreign policy. I know they are very cautious towards the USA — they make no aggressive statements. On the other hand they do host Osama bin Laden, who has an extremely aggressive policy. I think it is very costly for them to host bin Laden. At the same time they find it impossible to push him out because that would be a betrayal of their ideals.
He speaks for them in many ways. He represents what they would be like, if they were more secure, more recognised, more established. They would have, I think, an approach to politics like his, but they are not doing it right now because they are being careful. So it is a dangerous regime potentially.
What exactly is the present situation in Afghanistan? How long will the Northern Alliance stand the onslaught? Or do you see foreign hands getting involved to counter the Taleban?
The key initiative will be diplomatic. Will the Taleban regime gain international recognition diplomatically? In which case they will have greater means to influence other states. And two, will they be able to defeat the Northern Alliance? Although it controls only a small portion of the territory, the Alliance is a prominent opposition to the Taleban.
Are the Russian and Americans, with tacit support from India, getting ready to launch an attack on at least bin Laden’s hideouts? Rumours of that is thick in intelligence circles here.
I don’t know enough about that. I know there is a feeling among American officials that the Taleban are a problem. We have created certain sanctions against them. Strangely, we have not made them a terrorist-supporting regime, because we don’t recognise them. But I don’t know what kind of support or co-operation exists behind the scenes.
Russia and India are talking about US co-operation to fight the Taleban. Why is that China, which too faces an Islamic problem in Xinjiang province, does not come out in the open supporting this initiative?
Two differences. One, the Chinese have traditionally had an alliance with Pakistan. They are inclined to work with Pakistan. Two, their Xinjiang problem, the unhappiness with Muslims in the far-west, is seen more as a problem due to Iranians and not the Afghans. I think that is correct, it is more Iranian.
Russia is already talking of getting US assistance for taking on the Afghan menace. Is this alliance going to emerge as a new strategic alliance in the post-Cold War era? The « democratic regimes » against the « rogues »?
It is conceivable, but I don’t think we are close to that. There is a growing sense in the United States where our old problem was the Soviet bloc and its allies all over the world. We would work with the states against the Soviet Union even if those states were not exactly close allies of ours.
Now in the new era, our international problem is Islamic radicalism. We work with states we don’t agree with exactly on other problems. But we work with them. That is just the beginning, and it is still controversial. But there is potential.
The Taleban, bin Laden and other threats from Islamic terrorism. Are these factors contributing to a change in the international perspective of the Kashmir problem?
I don’t think in the United States there is a connection between Afghanistan and Kashmir. I don’t think most American analysts share the analysis of Indians that Afghanistan is a subsidiary of Pakistan. It (Afghanistan) is not seen as a problem of Pakistan.
There is the very beginning of the attempts to look at Pakistan as a rogue state. But there is much reluctance to labeling it that way, to name it as a bad behaving state. The feeling is we will lose our influence there, if we do that. But there are many tensions, there is Afghanistan, there is Pakistan, there are nuclear weapons, drugs, many, many issues with Pakistan. And other issues connected to terrorism.
Does the West share the view that there is a parallel between Chechnya, Afghanistan and Kashmir?
I believe there are two forms of Islamic action. One is to take control of the state from non-Muslims, to become empowered. The other is when you have Muslims in power already, to make them pious, make them more radical perhaps. The conflict in Afghanistan is between Muslims and what kind of Muslim rule they would like. Between Ahmed Shah Masoud and the Taleban.
In Chechnya, of course, it is a drive to get power, to control one’s own destiny. If you look around the world, you will find there are many Chechnya sort of fights. Be it in the Philippines, Taiwan, Palestine, and many other places.
There are other attempts to get the right kind of Muslim rulers. Be it in Algeria, Egypt where the fighting is among Muslims.
In your recent presentation you drew a distinction between Islamist and Islamic. Could you elaborate on that?
By Islamic, I would mean anything connected to Islam. Islamist, I would mean anything connected to Islamism. Islamism, I believe, is the modern 20th century transformation of Islam into an ideology, a radical utopian ideology in the same traditions of fascism and Marxism. It is completely different from Islam. And its first enemies and first victims are Muslims.
Algeria certainly has thousands of Muslim victims. Salman Rushdie would be a famous victim of Islamism. Iran has many victims. Most of the people who have lost their lives and suffered due to Islamism are Muslims. And the real fight is not between non-Muslims and Muslims, but between Islamists and non-Islamists. Who is going to prevail? Is it going to be an Afghan vision of Islam, or a moderate Iranian vision. Or is it going to be a moderate vision, perhaps a Turkish vision, very, very different. So the fight is between Muslims.
All the blame is laid at the doorsteps of Osama bin Laden, who operates from a cave somewhere in a remote desert. How much of it is logically possible?
I find it difficult to imagine someone in a cave in Afghanistan, who cannot use his satellite phone, is unable to monitor his money, is very, very remote from the world — is able to fine tune who is doing what, how and where. It is logistically hard to imagine that he controls his money, he controls his people. I don’t see how he can. I am not saying it from the deep knowledge of the way his operation works. He is so remote, how can he do it?
I think we have a tendency to personalise these issues to big persons, someone with a name. I don’t say this again from evidence.
So, who is the supreme leader of these Islamic groups? Or is it all scattered, fragmented?
The impression we have had from 1993, with the attack on the World Trade Center, is that Islamic groups are loose, they come together, work together on a project and part. I am impressed by that, I think that makes sense. Osama bin Laden and his supporters are one element in an international network. Rather than see it as one single person giving orders.
How tech-savvy are these Islamic groups?
I don’t know much about that. But I can say in the last two months, the Internet warfare between Palestinians and Israelis has become more prominent than seen earlier. Palestinians, their allies and some Islamists have been quite active in subverting Israeli and Jewish sites. Nothing decisive. But it has become the secondary front.
What is interesting about Islamists is that they are technically very capable. Over and over again, we see their leaders are people with technical background: In computers, in other technical aspects. The bombs that were set off on the Philippine airline and in New York were extremely sophisticated. These were not simple bombs, these were very, very skilled bombs. There is a high degree of technical expertise among the Islamists — computers, chemicals, electrical, and otherwise.
Doesn’t all this aggressive talk about Islamic terrorism lead to a social gulf between Muslims and the rest of society? Are you not concerned about that?
The pattern of violence and radicalism has created some worry among Muslims — that Muslims even when perfectly innocent are looked upon with suspicion. They, in turn, are upset with this bias.
Illustration: Dominic Xavier
Devinez qui est passé en tête du classement des blogs francophones pour l’international ?
Le monde ne remerciera jamais assez Monsieur Thierry Meyssan pour avoir été à l’origine de la prise de conscience mondiale de la manipulation de l’information sur cet évènement que fut le 11 Septembre.
Réseau international
http://reseauinternational.net/
http://www.voltairenet.org/article1.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Voltaire
Voir aussi:
Dans la photo, il y a également, moins visible, Thierry Meyssan, l’animateur du Réseau Voltaire, connu pour sa contestation de la thèse du 11 septembre 2001, qui passe beaucoup de temps à Damas depuis quelques années. Meyssan ne cesse de défendre le régime de Damas sur le site du Réseau Voltaire, en qualifiant l’opposition à Assad de « Contras », une référence aux contre-révolutionnaires financés par la CIA en Amérique centrale dans les années 80… Ce que montre cette photo, révélée l’an dernier par le « site d’informations antifascistes » Reflex, c’est l’un des réseaux activés, et financés, par la Syrie de Bachar el-Assad pour mener la bataille de l’information dans le monde, avant et après le début du soulèvement contre le régime syrien il y a dix-huit mois. Tout général qu’il était, Manaf Tlass s’occupait en particulier de cet étrange attelage autour du Réseau Voltaire de Thierry Meyssan ainsi financé par Damas, et du site InfoSyrie.fr, « agence de réinformation » créée l’an dernier par Frédéric Chatillon, un ancien dirigeant du GUD d’extrême droite, le « prestataire de service » de la dernière campagne de Marine Le Pen. Chatillon a créé une boite de com’ nommée Riwal très active au Proche-Orient. La défection de Manaf Tlass, annoncée en grande pompe par Laurent Fabius lors de la réunion des Amis de la Syrie à Paris, est venue perturber ce petit monde harmonieux. Manaf Tlass est venu rejoindre à Paris sa sœur Nahed, richissime personnalité connue du tout-Paris politico-médiatique comme nous le rappelions récemment, et son père, le général Moustapha Tlass, autrefois au cœur de l’appareil répressif syrien. Après un moment de silence, l’ex-ami de Bachar el-Assad a choisi la télévision soutenue par l’Arabie saoudite, Al Arabya, pour rompre officiellement avec le régime de Damas.
Rue 89
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[…] de la lutte contre le djihad international et la dhimmitude, il y a bien sûr l’incontournable Daniel Pipes (très présent aussi sur ce […]
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