Budapest/50e: Pour un Nuremberg du communisme (For a Nuremberg Trial of communism)

medium_staline.2.jpgUn des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
L’opinion publique est encore hélas très peu consciente des crimes commis par les régimes communistes totalitaires, et pour plusieurs raisons. Jamais les crimes commis au nom du communisme n’ont fait l’objet d’enquêtes ou de condamnations internationales, contrairement aux crimes commis par son jumeau « hétérozygote » selon l’expression de l’historien Pierre Chaunu, l’autre régime totalitaire du XXe siècle, le nazisme. L’absence de condamnation s’explique aussi en partie par l’existence de pays dont les gouvernements adhèrent toujours à l’idéologie communiste. Proposition de loi Carayon

Quel meilleur jour que ce 50e anniversaire du début de l’insurrection antisoviétique hongroise (qui vit l’engagement de 150 000 soldats russes armés de 6,000 chars et fit en 2 semaines quelque 2 500 victimes et 13 000 blessés – et… 3 morts à Paris dans la manif de « fachos » devant le siège du PCF!) pour reprendre l’appel de Stéphane Courtois (avec iaboc et « L’Homme nouveau ») pour… »un Nuremberg du communisme »?

Le débat sur le procès du communisme est toujours d’actualité. Nous célébrons en 2006 le cinquantième anniversaire du soulèvement hongrois de 1956.

Paradoxale situation en France ou les lois mémorielles à sens unique barrent petit à petit le chemin vers le passé en réécrivant une histoire officielle dorée à la sauce contemporaine. La dernière loi en préparation sera celle condamnant pénalement ceux qui dénient le génocide arménien. Mémoire officielle contre liberté d’expression, tel serait le débat (faux-débat) d’aujourd’hui. Quoiqu’on en dise, il faut que l’expression sur le génocide arménien soit libre, totalement libre au risque de pourrir tout débat et de faire de l’Histoire en enjeu politique malsain. La France républicaine contemporaine est une créatrice de tabous, à l’instar des sociétés primitives. Couper la parole est l’exercice le plus symbolique du pouvoir d’Etat. Il est malheureusement une réalité cruelle.

Pour en revenir au communisme, l’écrivain Reynald Secher a publié un petit article dans le N° 1379 du journal catholique L’Homme Nouveau du 30 septembre 2006, plaidant pour un Nuremberg du communisme.

« Faut-il faire le Nuremberg du communisme ? La question peut sembler à première vue curieuse voire pour certains choquante. De nombreux gouvernants ne se réfèrent-ils pas encore à cette idéologie à l’heure ou des milliers de Chinois se pressent aux portes du Mausolée de Mao à l’occasion du trentième anniversaire de la mort du « Grand Timonier » ? C’est justement en raison de ce contexte, des arguments retenus pour la réhabilitation du communisme qu’il faut plus que jamais réflèchir sur cette question gravissime pour l’avenir. L’histoire est là ! Les faits sont connus. Relisons pour nous convaincre l’ouvrage remarquable sur ce sujet de Stéphane Courtois : Le livre noir du communisme. Au-delà de l’incroyable bilan humain, au moins cent millions de victimes (…), au-delà des traumatismes individuels, familiaux, économiques, etc., il ne faut pas oublier l’aspect ravageur au niveau planétaire de cette idéologie foncièrement perverse dont la force a toujours été une incroyable capacité d’adaptation quel que soit l’environnement. Si certains comme le Cambodge osent courageusement juger quelques-uns de ses bourreaux, si certains pays comme la Russie ont interdit ce parti, il n’en reste pas moins vrai que jamais on n’a osé juger le communisme comme on l’a fait pour le nazisme à Nuremberg. Si nous ne le faisons pas maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ne serait-ce qu’en raison de la mort des derniers témoins oculaires, soyons sûrs que demain, certains pays seront tentés par de nouvelles expériences qui connaîtront les mêmes conséquences. Reste aussi le délicat problème des victimes jamais réhabilitées et des survivants. Auront-elles, elles aussi, le droit d’avoir leur mémorial ? »

Voir aussi:

le 17 novembre 2008N° 422_____ASSEMBLÉE NATIONALECONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 21 novembre 2007.

PROPOSITION DE LOI

visant à instituer une journée nationale d’hommage
aux victimes du communisme,

(Renvoyée à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Bernard CARAYON, Yvan LACHAUD, Jean-Christophe LAGARDE, Benoist APPARU, Jean AUCLAIR, Brigitte BARÈGES, Jacques Alain BÉNISTI, Jean-Yves Besselat, Étienne BLANC, Claude BODIN, Philippe BOËNNEC, Marcel BONNOT, Valérie BOYER, Xavier BRETON, Bernard BROCHAND, Patrice CALMÉJANE, Joëlle CECCALDI-RAYNAUD, Édouard COURTIAL, Alain COUSIN, Olivier DASSAULT, Bernard DEBRÉ, Jean-Pierre DECOOL, Michel DIEFENBACHER, Dominique DORD, Gilles D’ETTORE, Marie-Louise FORT, Arlette FRANCO, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Franck GILARD, Georges GINESTA, Claude GOASGUEN, François-Michel GONNOT, Jean-Pierre GORGES, François GROSDIDIER, Louis GUÉDON, Jean-Jacques GUILLET, Gérard HAMEL, Laurent HÉNART, Michel HERBILLON, Francis HILLMEYER, Charles de la VERPILLIÈRE, Marc LE FUR, Michel LEJEUNE, Jean-Louis LÉONARD, Lionnel LUCA, Richard MALLIÉ, Alain MARC, Thierry MARIANI, Jacques MYARD, Jean-Marc NESME, Philippe PEMEZEC, Didier QUENTIN, Jacques REMILLER, Francis SAINT-LÉGER, Bruno SANDRAS, Michel SORDI, Guy TEISSIER, Dominique TIAN, Christian VANNESTE, Patrice VERCHÈRE et Michel ZUMKELLER,

députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le 25 janvier dernier 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui rassemble des parlementaires de quarante États européens, condamnait dans une résolution les violations massives des droits de l’homme commises par les régimes communistes totalitaires et rendait hommage aux victimes de ces crimes.

L’opinion publique est encore hélas très peu consciente des crimes commis par les régimes communistes totalitaires, et pour plusieurs raisons Jamais les crimes commis au nom du communisme n’ont fait l’objet d’enquêtes ou de condamnations internationales, contrairement aux crimes commis par son jumeau « hétérozygote » selon l’expression de l’historien Pierre Chaunu, l’autre régime totalitaire du XXe siècle, le nazisme. L’absence de condamnation s’explique aussi en partie par l’existence de pays dont les gouvernements adhèrent toujours à l’idéologie communiste.

Le communisme totalitaire appartient désormais à l’histoire. Des caractéristiques communes se dégagent des régimes communistes historiques quels que soient le pays, la culture ou la période.

Ces régimes ont été marqués, sans exception, par des violations massives des droits de l’homme. Ces violations incluaient les assassinats et les exécutions, qu’ils soient individuels ou collectifs, les décès dans des camps de concentration, l’organisation de famines, les déportations, la torture, le travail forcé et d’autres formes de terreur physique collective.

Ces crimes ont été justifiés par la théorie de la lutte des classes et le principe de la dictature du prolétariat. L’interprétation de ces deux principes rendait légitime « l’élimination » des catégories de personnes considérées comme nuisibles à la construction d’une société nouvelle et, par conséquent, comme ennemies des régimes communistes totalitaires.

La mémoire de ces crimes est destinée à éviter que des crimes similaires ne se produisent à l’avenir. Le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rôle important dans l’éducation donnée aux jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action future.

Alors que des victimes des régimes communistes ou des membres de leurs familles sont encore en vie, il est temps de reconnaître leurs souffrances.

L’Europe continue son processus de réunification politique, économique, juridique. L’APCE a déclaré que la clarté de cette position ne peut que favoriser la poursuite de la réconciliation.

Aussi, cette proposition de loi vise à rendre un juste hommage aux victimes des régimes communistes en instituant une Journée nationale du souvenir. La date retenue est celle de la chute du Mur de Berlin, 9 novembre 1989.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Une journée nationale d’hommage aux victimes des régimes communistes est fixée le 9 novembre. Une cérémonie officielle a lieu chaque année à cette date à Paris. Les préfets organisent une cérémonie analogue dans chaque département.

8 Responses to Budapest/50e: Pour un Nuremberg du communisme (For a Nuremberg Trial of communism)

  1. […] de la liberté institué en novembre 2001 par George Bush (à quand, à défaut d’un nouveau Nuremberg, une Journée commémorative pour les quelque 70millions de victimes?) […]

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  2. […] sans parler d’un bilan toujours attendu d’un système qui n’a toujours pas eu son Nuremberg, “dénoncer l’alliance du PS avec le parti qui déclarait jadis que ‘Staline est […]

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  3. […] en près de douze ans et préfigurant les dizaines de millions de morts du communisme du siècle suivant, fera deux fois plus de vicitmes que la Première Guerre mondiale […]

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  4. […] de l’Union soviétique à la Chine ou au Cambodge les dizaines de millions de morts du communisme du siècle suivant, fera deux fois plus de vicitmes que la Première Guerre mondiale […]

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  5. […] de l’Union soviétique à la Chine ou au Cambodge les dizaines de millions de morts du communisme du siècle suivant, fera deux fois plus de vicitmes que la Première Guerre mondiale […]

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  6. […] par le communisme (dont d’ailleurs comme en Chine on attend toujours les procès de Nuremberg) et pas vraiment gâtées par leurs successeurs […]

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  7. […] qu’en Chine comme en Russie les successeurs des auteurs toujours impunis du plus grand massacre de l’histoire se paient le luxe d’ironiser sur les limites du modèle démocratique […]

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  8. […] L’opinion publique est encore hélas très peu consciente des crimes commis par les régimes communistes totalitaires, et pour plusieurs raisons Jamais les crimes commis au nom du communisme n’ont fait l’objet d’enquêtes ou de condamnations internationales, contrairement aux crimes commis par son jumeau « hétérozygote » selon l’expression de l’historien Pierre Chaunu, l’autre régime totalitaire du XXe siècle, le nazisme. L’absence de condamnation s’explique aussi en partie par l’existence de pays dont les gouvernements adhèrent toujours à l’idéologie communiste. Proposition de loi Carayon […]

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