Wafa Sultan: La publication des caricatures a été la première fissure dans les murs de notre prison (Publishing the cartoons was the first crack in the walls of our prison)

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The clash we are witnessing around the world is not a clash of religions or a clash of civilizations. It is a clash between two opposites, between two eras. It is a clash between a mentality that belongs to the Middle Ages and another mentality that belongs to the 21st century. It is a clash between civilization and backwardness, between the civilized and the primitive, between barbarity and rationality. (…) The Jews have come from the tragedy and forced the world to respect them, with their knowledge, not with their terror; with their work, not with their crying and yelling. We have not seen a single Jew blow himself up in a German restaurant. We have not seen a single Jew destroy a church. We have not seen a single Jew protest by killing people. Only the Muslims defend their beliefs by burning down churches, killing people and destroying embassies. This path will not yield any results. The Muslims must ask themselves what they can do for humankind, before they demand that humankind respect them. (…) Why does a young Muslim man, in the prime of life, with a full life ahead, go and blow himself up? In our countries, religion is the sole source of education and is the only spring from which that terrorist drank until his thirst was quenched. Wafa Sultan
Nous en tant que musulmans, nous avons été otages de notre propre système, otages de croyances ; depuis des siècles nous avons été otages de notre propre prison. Nous n’avons jamais entendu d’autres voix, des voix venant du dehors; nous ne sommes pas habitués à entendre d’autres voix. Il nous est à peine permis d’entendre notre propre voix. Alors je vois la publication des caricatures comme la première fissure dans les murs de notre prison, parce que, en tant que prisonnier, il est quasiment impossible de mettre à bas les murs de notre prison. Vous avez besoin de quelqu’un à l’extérieur pour vous aider à le démolir. (…) Oui ; j’étais une prisonnière ; j’étais une prisonnière ; vivre aux USA pendant 17 ans m’a libérée, m’a aidée à sortir de la boîte et nous devons en faire sortir aussi les musulmans vivant dans les pays islamiques. Nous devons leur apprendre comment écouter d’autres gens, d’autres opinions, même s’ils n’aiment pas ce qu’ils entendent. (…) Publier des caricatures et des critiques encore et encore poussera les musulmans à examiner de plus près leur religion et c’est le seul moyen d’améliorer notre culture, d’améliorer notre religion. Nous devrions être heureux d’entendre la façon dont les autres perçoivent notre religion de telle sorte que nous puissions l’améliorer. (…)  sur le long terme (…) Vous êtes en train d’aider les musulmans à s’habituer à la critique, parce que je crois que l’islam, comme tout autre religion, n’est pas au-dessus de la critique. Il y a tant de gens qui critiquent le christianisme, le judaïsme, et …qui s’en soucie ? Alors, pourquoi n’en serait-il pas de même avec l’islam ? (…) Je crois que le problème de l’islam est profondément enraciné dans ses enseignements. L’islam n’est pas seulement une religion, l’islam est aussi une idéologie politique, qui prêche la violence et applique son programme par la force. Je n’ai jamais critiqué la part religieuse de l’islam. Je respecte la partie religieuse autant que je respecte toute autre religion. Mais je crois que nous devons extirper la politique de l’islam et confiner l’islam -en tant que religion- aux lieux de culte et aux foyers. C’est la seule solution. (…) Je crois que l’appellation de modérés n’est pas correcte ; je ne crois pas qu’il y ait de musulman modéré. Je crois qu’il y a des modérés en terme de culture, des musulmans culturels (modérés), mais pas en ce qui concerne la religion parce qu’en islam, vous DEVEZ croire à TOUS les préceptes comme étant sacrés. Vous ne pouvez pas les changer, vous devez les accepter comme ils sont, sinon vous n’êtes tout simplement pas musulman.. (…) Je reçois des menaces de mort quotidiennement, mais au plus profond de moi, je me sens en paix, vous savez. Je n’ai pas peur. (…)  Je crois en ce que je fais, et j’ai décidé de continuer à le faire jusqu’à la fin de mes jours même si je dois sacrifier ma propre vie parce que je crois que nous sommes ici pour une raison et nous n’avons qu’une vie. Il faut donc bien l’utiliser. Vous devez être ici pour une bonne raison. Vous savez, je crois que nos pères, nos grands-pères, nos aïeux ne nous ont légué que des problèmes ; alors pourquoi aurions-nous à laisser le même problème à la génération (suivante) ? Pourquoi ? Nous devons faire quelque chose. (…)  la mentalité musulmane a été façonnée au cours de 14 siècles, sans aucune remise en question, alors il n’est pas facile de changer cette mentalité du jour au lendemain ; ça prendra longtemps et énormément d’efforts. Mais à la fin, nous obtiendrons des résultats positifs. Nous devons être optimistes là-dessus. Nous devons avoir de l’espoir pour aller de l’avant. Je n’abandonnerai jamais espoir quelles que soient les circonstances. (…) Je ne suis pas surprise de leurs réactions, parce qu’ils n’ont jamais entendu d’autres voix ; c’est, je crois, une réaction très naturelle. Mais plus vous le ferez, plus ils s’habitueront à cela. Alors, continuez simplement dans cette voie. (…)  beaucoup d’amis m’ont conseillé de polir mon message et d’adoucir ma façon de dire ces choses. J’ai essayé mais je n’y arrive pas. Je perçois la vérité comme étant nue et je crois qu’il est plus important de la laisser nue. Je ne peux pas, pour l’enjoliver, lui mettre une plus belle robe. Alors, je vais le dire franchement comme j’ai fait jusqu’ici. Je ne crois pas que l’islam puisse être réformé. Je n’y crois vraiment pas. Je crois que l’islam sera transformé et il faudra des chefs religieux intrépides et des gens très fins pour conduire à cette transformation. Si l’islam était transformé, alors oui, il aurait une rôle et jouer dans notre monde. (…) Il faut que nous fassions davantage pression sur eux s’ils affirment qu’ils peuvent réformer l’islam, il faut que nous les mettions au défi. Prouvez-nous, prouvez-moi que j’ai tort et faites-le. S’ils pensent, s’ils déclarent qu’ils peuvent réformer l’islam, nous devons leur donner l’opportunité de le faire et nous devons faire davantage pression sur eux pour qu’ils le fassent. Nous devons les encourager à le faire. Une fois l’islam transformé, nous serons dans la bonne direction. Une fois qu’il sera transformé, à ce moment, l’islam sera capable de jouer un rôle positif dans nos vies. Wafa Sultan

A voir d’urgence, en ce premier anniversaire de la parution des caricatures de Mohammed par un journal danois et après, du côté occidental, les tombereaux de lâcheté qui l’ont suivie, ce dernier entretien, à la télévision danoise il y a quelques jours, d’une femme qui pourrait montrer à bien des ‘hommes ce que veut dire « en avoir là où il faut », la psychologue syro-américaine Wafa Sultan.

Voir aussi sur Wikipedia:

Wafa Sultan (arabe : وفاء سلطان) est une psychologue américaine d’origine syrienne. Wafa Sultan est surtout connue par son intervention sur la chaine qatariote Al-Jezira, y critiquant l’Islam.

Biographie

Wafa Sultan a grandi dans une famille musulmane traditionnelle en Syrie, à Banias, petite ville sur la Méditerranée à deux heures de Beyrouth. Son père, musulman dévôt, était un négociant en céréales. Wafa Sultan a suivi jusqu’à l’âge adulte tous les préceptes religieux.

Sa vie bascule en 1979. Elle est alors étudiante en médecine à Alep. L’époque oppose les Frères Musulmans et le gouvernement du Président Hafez el-Assad. C’est dans ce contexte qu’elle assiste à l’université, sous ses yeux, à l’assassinat de son professeur par des membres des Frères Musulmans. Cet événement la marquera à tout jamais : « à ce moment précis, j’ai perdu la foi en leur dieu, et commencé à remettre en question tous nos enseignements. C’était le tournant de ma vie, et cela m’a amenée à la situation présente. J’ai dû partir. J’ai dû rechercher un autre dieu ».

En 1989, elle parvient avec sa famille à s’expatrier aux États-Unis. Elle s’installe en Californie. Elle termine sa licence de médecine. Elle commence à écrire et s’occupe d’un site réformateur de l’islam « An-naqed » (la critique) crée par un Syrien expatrié à Phoenix. Un de ses essais sur les Frères Musulmans attire l’attention d’Al-Jezira qui l’invite alors à discuter avec un ecclésiastique algérien en juillet 2005. Au cours de l’échange, elle remet en cause les enseignement religieux qui pousse des jeunes à se suicider au nom de Dieu. Ses remarques suscitent des débats dans le monde entier et son nom commence à apparaître dans la presse et les sites Internet arabes. Mais sa réputation devient planétaire lorsqu’elle réapparaît sur Al-Jezira le 21 février 2006.

Wafa Sultan travaille actuellement à la rédaction d’un livre dont le titre prévu est « Le prisonnier échappé : Quand Dieu est un monstre ». « J’ai atteint un point de non-retour qui ne permet pas de revenir en arrière, je n’ai plus le choix. Je remets en cause chaque enseignement de notre Livre Saint » dit la psychologue.

La polémique à la suite de l’intervention sur Al-Jezira

C’est à la suite d’une interview provocante sur la chaîne Al-Jezira le 21 février 2006, que Wafa Sultan devient une vedette internationale, présentée par les uns comme la voix de la raison, par d’autres comme une démagogue. Un magazine français l’a qualifiée de « Voltaire de l’Islam ».
L’interview a été téléchargée sur Internet plus d’un million de fois en deux semaines et a rapidement circulée sur Internet. Pour Wafa Sultan, les musulmans du monde se sont enfoncés dans la barbarie. À contre-courant de la thèse du choc des civilisations, la psychologue oppose la barbarie à la modernité, la violence à la raison.
Félicitée par les réformateurs islamiques, elle a aussi catalysé la violence islamiste, reçevant des menaces de mort.

Citations

« Seuls les musulmans défendent leur croyance en brûlant des églises, en tuant des personnes et en détruisant des ambassades. Cette voie ne donnera aucun résultat. Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité, avant d’exiger que l’humanité les respecte ».

« Le choc dont nous sommes témoins sur terre n’est pas un choc des religions ou un choc des civilisations, c’est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C’est un choc entre une mentalité qui appartient au Moyen Âge et une mentalité différente qui appartient au XXIe siècle. C’est un choc entre la civilisation et le retard, entre civilisé et primitif, entre barbarie et rationalité ».

« Je suis un être humain laïc ».

Voir enfin:

For Muslim Who Says Violence Destroys Islam, Violent Threats
John M. Broder
The NYT
March 11, 2006

LOS ANGELES, March 10 — Three weeks ago, Dr. Wafa Sultan was a largely unknown Syrian-American psychiatrist living outside Los Angeles, nursing a deep anger and despair about her fellow Muslims.

Today, thanks to an unusually blunt and provocative interview on Al Jazeera television on Feb. 21, she is an international sensation, hailed as a fresh voice of reason by some, and by others as a heretic and infidel who deserves to die.

In the interview, which has been viewed on the Internet more than a million times and has reached the e-mail of hundreds of thousands around the world, Dr. Sultan bitterly criticized the Muslim clerics, holy warriors and political leaders who she believes have distorted the teachings of Muhammad and the Koran for 14 centuries.

She said the world’s Muslims, whom she compares unfavorably with the Jews, have descended into a vortex of self-pity and violence.

Dr. Sultan said the world was not witnessing a clash of religions or cultures, but a battle between modernity and barbarism, a battle that the forces of violent, reactionary Islam are destined to lose.

In response, clerics throughout the Muslim world have condemned her, and her telephone answering machine has filled with dark threats. But Islamic reformers have praised her for saying out loud, in Arabic and on the most widely seen television network in the Arab world, what few Muslims dare to say even in private.

« I believe our people are hostages to our own beliefs and teachings, » she said in an interview this week in her home in a Los Angeles suburb.

Dr. Sultan, who is 47, wears a prim sweater and skirt, with fleece-lined slippers and heavy stockings. Her eyes and hair are jet black and her modest manner belies her intense words: « Knowledge has released me from this backward thinking. Somebody has to help free the Muslim people from these wrong beliefs. »

Perhaps her most provocative words on Al Jazeera were those comparing how the Jews and Muslims have reacted to adversity. Speaking of the Holocaust, she said, « The Jews have come from the tragedy and forced the world to respect them, with their knowledge, not with their terror; with their work, not with their crying and yelling. »

She went on, « We have not seen a single Jew blow himself up in a German restaurant. We have not seen a single Jew destroy a church. We have not seen a single Jew protest by killing people. »

She concluded, « Only the Muslims defend their beliefs by burning down churches, killing people and destroying embassies. This path will not yield any results. The Muslims must ask themselves what they can do for humankind, before they demand that humankind respect them. »

Her views caught the ear of the American Jewish Congress, which has invited her to speak in May at a conference in Israel. « We have been discussing with her the importance of her message and trying to devise the right venue for her to address Jewish leaders, » said Neil B. Goldstein, executive director of the organization.

She is probably more welcome in Tel Aviv than she would be in Damascus. Shortly after the broadcast, clerics in Syria denounced her as an infidel. One said she had done Islam more damage than the Danish cartoons mocking the Prophet Muhammad, a wire service reported.

DR. SULTAN is « working on a book that — if it is published — it’s going to turn the Islamic world upside down. »

« I have reached the point that doesn’t allow any U-turn. I have no choice. I am questioning every single teaching of our holy book. »

The working title is, « The Escaped Prisoner: When God Is a Monster. »

Dr. Sultan grew up in a large traditional Muslim family in Banias, Syria, a small city on the Mediterranean about a two-hour drive north of Beirut. Her father was a grain trader and a devout Muslim, and she followed the faith’s strictures into adulthood.

But, she said, her life changed in 1979 when she was a medical student at the University of Aleppo, in northern Syria. At that time, the radical Muslim Brotherhood was using terrorism to try to undermine the government of President Hafez al-Assad. Gunmen of the Muslim Brotherhood burst into a classroom at the university and killed her professor as she watched, she said.

« They shot hundreds of bullets into him, shouting, ‘God is great!’  » she said. « At that point, I lost my trust in their god and began to question all our teachings. It was the turning point of my life, and it has led me to this present point. I had to leave. I had to look for another god. »

She and her husband, who now goes by the Americanized name of David, laid plans to leave for the United States. Their visas finally came in 1989, and the Sultans and their two children (they have since had a third) settled in with friends in Cerritos, Calif., a prosperous bedroom community on the edge of Los Angeles County.

After a succession of jobs and struggles with language, Dr. Sultan has completed her American medical licensing, with the exception of a hospital residency program, which she hopes to do within a year. David operates an automotive-smog-check station. They bought a home in the Los Angeles area and put their children through local public schools. All are now American citizens.

BUT even as she settled into a comfortable middle-class American life, Dr. Sultan’s anger burned within. She took to writing, first for herself, then for an Islamic reform Web site called Annaqed (The Critic), run by a Syrian expatriate in Phoenix.

An angry essay on that site by Dr. Sultan about the Muslim Brotherhood caught the attention of Al Jazeera, which invited her to debate an Algerian cleric on the air last July.

In the debate, she questioned the religious teachings that prompt young people to commit suicide in the name of God. « Why does a young Muslim man, in the prime of life, with a full life ahead, go and blow himself up? » she asked. « In our countries, religion is the sole source of education and is the only spring from which that terrorist drank until his thirst was quenched. »

Her remarks set off debates around the globe and her name began appearing in Arabic newspapers and Web sites. But her fame grew exponentially when she appeared on Al Jazeera again on Feb. 21, an appearance that was translated and widely distributed by the Middle East Media Research Institute, known as Memri.

Memri said the clip of her February appearance had been viewed more than a million times.

« The clash we are witnessing around the world is not a clash of religions or a clash of civilizations, » Dr. Sultan said. « It is a clash between two opposites, between two eras. It is a clash between a mentality that belongs to the Middle Ages and another mentality that belongs to the 21st century. It is a clash between civilization and backwardness, between the civilized and the primitive, between barbarity and rationality. »

She said she no longer practiced Islam. « I am a secular human being, » she said.

The other guest on the program, identified as an Egyptian professor of religious studies, Dr. Ibrahim al-Khouli, asked, « Are you a heretic? » He then said there was no point in rebuking or debating her, because she had blasphemed against Islam, the Prophet Muhammad and the Koran.

Dr. Sultan said she took those words as a formal fatwa, a religious condemnation. Since then, she said, she has received numerous death threats on her answering machine and by e-mail.

One message said: « Oh, you are still alive? Wait and see. » She received an e-mail message the other day, in Arabic, that said, « If someone were to kill you, it would be me. »

Dr. Sultan said her mother, who still lives in Syria, is afraid to contact her directly, speaking only through a sister who lives in Qatar. She said she worried more about the safety of family members here and in Syria than she did for her own.

« I have no fear, » she said. « I believe in my message. It is like a million-mile journey, and I believe I have walked the first and hardest 10 miles. »

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