De la lepénisation à la… durbanisation des esprits (From « One settler, one bullet » to… « One Jew, one bullet »)

17 août, 2006
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Le conflit du Proche-Orient n’est plus perçu dans les catégories de la guerre, mais dans celles du crime: il met aux prises non pas deux adversaires, mais l’innocence martyrisée d’un côté et, de l’autre, l’ennemi sioniste du genre humain. Alain Finkielkraut

Au moment où la bien-pensance et la bonne conscience viennent à nouveau, sous la forme de leur incarnation onusienne, de se liguer contre Israël pour l »empêcher de faire appliquer la loi commune à un groupe terroriste supplétif d’un membre de l’Axe du Mal …

Et où, coïncidence, l’une des plus influentes (Nobel à l’appui!) incarnations de ce discours « progressiste » et de ce masochisme moralisateur qu’affectionne tant l’ONU reconnait (apparemment sans trop de regret) avoir caché pendant 60 ans son engagment volontaire dans les SS (« Pour moi, les Waffen SS n’avaient rien d’atroce, c’était une unité d’élite qui était toujours engagée là où ça chauffait » : Gunther Grass) …

Petit retour, avec un entretien d’Alain Finkelkraut de 2004, sur cette étrange perversion du « progressisme », cette singulière convergence des extrêmismes, qui, dans sa tendance systématique à l’inversion des signes, tend à faire d’Israël (pardon: du sionisme!) le principe unique d’explication des malheurs du monde et qui se concrétisa tout particulièrement à la conférence sur le racisme – à nouveau onusienne ! – de Durban il y a exactement cinq ans.

Parler du mur de l’apartheid, c’est réussir le double exploit de nier et de légitimer le terrorisme. Alain Finkielkraut (L’Express, 30/08/2004)

«L’antiracisme est l’idéologie de notre temps»

Dominique Simonnet

L’Express

30/08/04

On croyait l’avoir compris: il faut se méfier des idéologies, fussent-elles des plus généreuses. Car sur le chemin du bien on finit par rencontrer un goulag ou un camp. Aurait-on mal retenu la leçon? Les bonnes intentions que l’on nourrit aujourd’hui seraient-elles en train de paver le prochain enfer? A croire le philosophe Alain Finkielkraut, c’est l’antiracisme, la «religion de l’homme», qui devient à son tour un pousse-au-crime. Cette idéologie qui ne dit pas son nom réduit la réalité à un conflit entre agresseurs et agressés, elle opère des renversements pervers (les juifs sont des nazis, l’Amérique est un pays totalitaire) et cultive un antisémitisme travesti en humanisme. «La haine des antiracistes est aussi dangereuse que celle des racistes», avertit ici Finkielkraut. Des propos dérangeants à méditer d’urgence, loin des conformismes du moment.

Des synagogues sont incendiées, des rabbins sont molestés, des cimetières sont profanés…», écriviez-vous il y a un an dans un manifeste intitulé Au nom de l’Autre. Réflexions sur l’antisémitisme qui vient (Gallimard). Est-il venu, cet antisémitisme?

Le pire reste à venir, mais l’animosité envers les juifs fait d’ores et déjà partie du paysage: elle est présente, palpable et très inquiétante, car ceux qui l’expriment et la diffusent ne correspondent pas au portrait-robot de l’antisémite placardé dans toutes les têtes par le devoir de mémoire.

Car il s’agit non pas d’un «retour» de l’antisémitisme, mais d’une nouvelle forme de haine, plus difficile à identifier.

Cet antisémitisme a conquis son droit de cité planétaire en août 2001, à Durban, en Afrique du Sud, lors de la conférence de l’ONU contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance. Le conflit israélo-palestinien, qui n’avait rien à y faire, a occupé tous les participants: on a mis Israël au ban des nations, et des manifestants ont défilé en criant: «One Jew, one bullet» [un juif, une balle], slogan repris du «One settler, one bullet» [un colon, une balle] des années d’apartheid. A Durban, l’antisémitisme s’est dépouillé de sa gangue raciste pour s’énoncer dans la belle langue cristalline de l’antiracisme. «Les juifs, ces racistes», dit-on maintenant, en donnant un second souffle postreligieux à la vieille condamnation théologique du peuple qui se croit toujours élu. «Les juifs, ces menteurs», ajoute-t-on depuis l’affaire du RER D. Marie-Léonie est plus que le prénom d’une pauvre mythomane: c’est la formule magique qui transmue la montée de la violence antijuive en délire antiarabe et antinoir. Je retiendrai deux symptômes de cette «durbanisation» des esprits et de cette «marie-léonisation» des faits: Dieudonné, qui traite les juifs de négriers reconvertis dans la banque, est devenu une icône de la liberté d’expression; les deux élèves arabes exclus du lycée Montaigne pour avoir persécuté un condisciple juif sont réintégrés par la justice administrative sous les vivats du journal Le Monde et de la Ligue des droits de l’homme. Le dreyfusisme achève lamentablement sa course dans la dénonciation du tapage victimaire juif. Et c’est l’élève agressé qui, sans tambour ni trompette, doit changer d’établissement. Ainsi commence le XXIe siècle.

«Les juifs n’étant plus les opprimés, il faut qu’ils soient des nazis»

Les antisémites d’aujourd’hui, ce seraient donc les antiracistes. A première vue, cela paraît paradoxal.

L’antisémite dont Sartre a fait naguère le portrait était un homme foncièrement hostile à la démocratie. Pour se sentir lui-même membre d’une élite, il ressuscitait l’idée d’une hiérarchie naturelle des êtres. L’antisémite actuel, en revanche, est démocrate jusqu’au bout des ongles. Il professe la religion de l’humanité, qui ne connaît d’autre sacrilège que la remise en question de l’égale dignité de tous les hommes. Cette religion a longtemps protégé les juifs. Elle se retourne maintenant contre eux. Les voici en effet accusés, par Israël interposé, de traiter les Arabes comme des êtres inférieurs. Le conflit du Proche-Orient n’est plus perçu dans les catégories de la guerre, mais dans celles du crime: il met aux prises non pas deux adversaires, mais l’innocence martyrisée d’un côté et, de l’autre, l’ennemi sioniste du genre humain.

Certains vous rétorqueraient que les critiques portées contre le comportement d’Israël s’attacheraient à d’autres situations similaires, qu’elles ne portent pas contre les juifs en tant que tels.

Ce que je constate, c’est l’incapacité à critiquer Israël en termes politiques. Le seul schéma qui soit désormais à la disposition de la critique, c’est l’antiracisme. Car l’antiracisme est devenu l’idéologie de notre temps. L’idéologie, disait Hannah Arendt, c’est un principe unique d’explication du monde. Hier, l’idéologie marxiste réduisait la réalité à la lutte des classes: tout était ramené à l’exploitation. Aujourd’hui, l’idéologie antiraciste réduit la réalité à la grande antithèse de la discrimination et des droits de l’homme: tout est ramené à l’exclusion. De la pluralité humaine et de la complexité du monde, il ne reste que deux camps: les oppresseurs et les opprimés. Dans l’idéologie communiste, l’oppresseur avait le visage du bourgeois. Dans l’idéologie antiraciste, l’oppresseur a le visage du nazi. Les juifs n’étant plus les opprimés, il faut donc qu’ils soient des nazis.

On accuserait donc à présent les juifs non plus d’être une race mais d’être racistes. Et c’est ce retournement-là qui serait la forme nouvelle de l’antisémitisme?

En effet, ce n’est pas l’incitation à la haine raciale, c’est l’incitation à la haine antiraciste qui caractérise la judéophobie contemporaine. Haine antiraciste du Mur, par exemple. Or les Israéliens n’ont pas érigé une barrière de séparation pour signifier aux Palestiniens qu’ils étaient des sous-hommes; ils l’ont fait pour trouver une parade aux attentats suicides. Peut-être achètent-ils une sécurité relative au prix de l’aggravation des conditions de vie d’un nombre important de Palestiniens. Sans doute aussi le tracé de cette barrière doit-il être contesté du fait de son incursion en Cisjordanie pour protéger certaines implantations. Parler, cependant, du mur de l’apartheid, c’est réussir le double exploit de nier et de légitimer le terrorisme: contre ceux qui refusent à d’autres le titre d’homme, tout est permis, car, en excluant, ils s’excluent eux-mêmes de l’humanité commune.

Il allait de soi jusque-là que l’antiracisme, l’humanisme présupposaient des valeurs généreuses. Vous affirmez que ces «ismes» -là sont eux aussi porteurs de crimes.

«Toute générosité est menacée par son stalinisme», disait justement Emmanuel Levinas. Les «ismes» dont vous parlez travaillent, comme leurs prédécesseurs, à la reconnaissance de l’homme par l’homme. Il faut être un vrai salaud pour vouloir empêcher ou retarder la réalisation d’un objectif si irréfutable. Et que faire des salauds, sinon les mettre hors d’état de nuire?

L’idéologie que vous dénoncez est portée en France par une galaxie qui se dit effectivement humaniste, antiraciste, universaliste, et qui compte, parmi d’autres, les amis de José Bové, Le Monde diplomatique, Attac, les Verts, l’extrême gauche… Une certaine gauche, en somme.

Toute la gauche n’est pas impliquée dans ce mouvement. Mais je constate que la gauche antitotalitaire a perdu la bataille qu’elle menait depuis longtemps déjà contre la gauche progressiste…

Par «progressiste», vous entendez «révolutionnaire», c’est cela?

Le progressisme, c’est l’idée que tout est politique, et qu’en effet on peut accéder à un monde meilleur par un bouleversement radical des institutions, par la révolution ou l’élimination des méchants. La phrase inaugurale du progressisme a été écrite par Jean-Jacques Rousseau: «Je hais la servitude comme la source de tous les maux du genre humain.» Le mal est donc une réalité politique ou économique, ce n’est plus un fait de nature. D’où cette mission inouïe assignée à la politique: en finir avec le mal. Nourrie de cette espérance, la gauche progressiste ne voulait pas voir les horreurs commises en son nom. Et quand elle les voyait et finissait par condamner le communisme soviétique, c’était pour reporter aussitôt son impatience messianique sur Cuba ou sur la Chine. La gauche antitotalitaire, à l’inverse, s’est inspirée de Soljenitsyne et des dissidents pour dénoncer non seulement l’écart entre l’idéal communiste et la réalité, mais aussi le danger d’un idéal d’éradication définitive du mal. On pourrait croire que le mur de Berlin a entraîné dans sa chute les illusions du progressisme. C’est le contraire qui est vrai. L’antitotalitarisme a disparu en même temps que le système totalitaire.

«L’antitotalitarisme a disparu en même temps que le système totalitaire»

C’est cette même gauche qui dénonce aujourd’hui le «totalitarisme» américain.

Le mot de totalitarisme, c’est vrai, n’est pas tombé dans l’oubli. Mais il désigne désormais l’ «hyperpuissance» d’une Amérique jugée à ce point maléfique qu’elle fomenterait non seulement ses mauvais coups mais aussi ceux des autres: n’a-t-elle pas fabriqué Ben Laden, armé Saddam Hussein? Cet usage-là du concept de totalitarisme signe la défaite de la pensée antitotalitaire et le grand retour de la politique absolue. Il y a, dans ce retour, une seule innovation: la place faite à Israël.

L’Etat juif est-il une province de l’empire américain ou bien est-ce, en fin de compte, l’Amérique qui est le bras armé de l’Etat juif, comme il est dit dans le film de William Karel Le Monde selon Bush?

Telle est la question qui tourmente le néoprogressisme. Et le jour est proche où les deux extrémismes, de gauche et de droite, se retrouveront dans ce cri du cœur lu sur les murs du centre social israélite qui vient d’être incendié à Paris: «Sans les juifs, le monde serait heureux.»[qui se révèlera aussi être en fait l’acte d’un déséquilibré juif, employé dudit centre et apparemment inspiré par… une fiction de France 2 filmée dans les mêms lieux quelques mois auparavant!].

Dans votre dialogue avec Peter Sloterdijk (Les Battements du monde, Pauvert), vous parlez du «songe» de l’Amérique qui poursuit son rêve mais se coltine la réalité du monde, et du «mensonge» de l’Europe qui refuse de voir le monde tel qu’il est et cultive l’illusion. Comme si l’Europe, traumatisée par son XXe siècle, n’osait plus affirmer ses valeurs et se laissait aller à une culpabilité passive somme toute assez confortable.

Alors que les Américains disent: «Attention, nous avons des ennemis!», la gauche progressiste leur répond: «C’est vous, l’ennemi, en tant précisément que dirigeants du monde occidental.» Là est la grande division aujourd’hui. Pour les progressistes, il n’existe pas de politique extérieure. Il n’y a qu’une politique intérieure de l’Occident. C’est aussi le grand paradoxe: ces gens généreux ne voient en fait qu’eux-mêmes. Dans un article remarquable sur Sartre, Octavio Paz faisait une distinction salutaire entre l’esprit critique des Lumières, dont nous devons rester les héritiers, et le masochisme moralisateur du XXe siècle. Sartre est selon lui une incarnation de ce masochisme. Il est moins la conscience de son époque que sa mauvaise conscience: c’est la honte qui a fait de lui l’intellectuel le plus représentatif, honte d’être un Occidental, honte d’être un intellectuel.

Si l’Europe cultive sa culpabilité et son masochisme, le monde musulman, lui, entretient de manière forcenée un sentiment d’humiliation.

L’humiliation est en effet dans le monde arabo-musulman le sentiment qui remplace la distance à soi. Et la paranoïa se substitue au discours critique, avec, qui plus est, la bénédiction de l’intelligentsia progressiste occidentale. Erigée en humiliation suprême, la question palestinienne est le grand alibi, l’exutoire providentiel de tous les mécontentements. Deux rapports accablants, rédigés par des universitaires arabes et publiés sous l’égide des Nations unies, faisaient état du marasme qui sévit en terre d’islam: corruption, incurie, incuriosité (autant de livres traduits en un millénaire qu’en un an en Espagne), gouvernements autocratiques, stagnation économique, ségrégation des femmes, étouffement des libertés individuelles… Le reste du monde devrait se saisir de ce problème. On ne le fait pas. Pourquoi? Par solidarité avec la souffrance des Palestiniens.

La vraie identité arabe, écrivez-vous, c’est le rejet d’Israël.

Il serait plus facile de trouver un compromis entre Israéliens et Palestiniens si l’identité palestinienne n’était pas fondée sur le rejet d’Israël. Reste que la souffrance des Palestiniens et la terreur des Israéliens sont bien réelles et qu’un compromis territorial est plus nécessaire que jamais. J’entends par «compromis» la création d’un Etat palestinien et l’évacuation de la plus grande partie des implantations. Mais cela va de pair avec une sévérité sans faille envers l’antisémitisme en vigueur dans les rues du Caire, de Beyrouth ou de Téhéran, et sur les sites Internet de l’altermondialisation.

Comment expliquez-vous que tant de gens adhèrent aux simplifications que vous dénoncez?

Cela tient à l’effort qu’il faut fournir pour prendre acte du caractère tragique de l’existence. Là où il y a du tragique, c’est-à-dire de l’inextricable, de l’irréparable et plusieurs légitimités, on met spontanément du mélodrame. Ainsi le conflit entre deux droits – celui des Israéliens, celui des Palestiniens – est-il converti en combat contre le crime sioniste. Ironie de la mémoire: Hitler n’a pas seulement dévasté l’Europe, il l’a aussi abêtie, et pour longtemps. Parce qu’il avait l’atroce simplicité du mal absolu et que ce mal est inoubliable, le nazisme nous a coupés du grand héritage tragique qui, de Sophocle à Hegel, avait façonné l’âme européenne.

Et qui suggère un pessimisme prudent à l’égard de la nature humaine et une vision complexe du monde… Pour se garder des effets pervers de l’antiracisme et des autres idéologies à naître sur nos bons sentiments, il faudrait donc cultiver l’esprit critique cher aux philosophes…

Le problème, c’est que tout est exposé à sa propre caricature. La Terreur procédait directement de ce que Robespierre lui-même appelait le «zèle compatissant». De la même manière, l’esprit critique peut se dévoyer en hypercritique, et frapper de suspicion toute réalité contrariante, toute information inattendue ou non souhaitée. Alors la démystification rejoint la propagande, comme on le voit dans ce qu’on appelle improprement les «documentaires» de Michael Moore et de William Karel. L’esprit critique est lui-même menacé par ses propres dérives. Il nous faudrait plutôt essayer de nous garder de l’arrogance intellectuelle, cultiver une forme d’humilité devant la réalité. Et tuer, comme le disait Paul Valéry, la marionnette qui est en nous, même si elle a revêtu les beaux atours de la générosité.

Voir aussi l’intéressant commentaire de deux écrivains allemands sur l’autre véritable scandale que cache la controverse sur Grass:

Leftist German pacifists, who have designed their lives to be the anti-thesis of their Nazi fathers’ or grandfathers’, demonstrate (as in Berlin in July) « side by side » with Arabs yelling « death to the Jews »! But nobody sees a scandal in that.

We retreat to dismayed pacifism, which may be comfortable in German living rooms but is not, unfortunately, a political position. A political position would be to consider under what circumstances war cannot be avoided. What does Grass have to say on that? And all the others? The well-practiced perpetrator-victim reversal would have also been worth a challenge. The TV pictures, the headlines, the majority of the published opinion wanted to make us believe: Israel is so strong, so aggressive, there are always fewer deaths there, so it must be to blame, somehow. For historical reasons, we Germans are always on the side of the weak. In other words, on the side of the Lebanese civilians. The Israeli civilians are safe in their bunkers.

But where were the German intellectuals who would have said: we don’t need Auschwitz to speak out? We are on Israel’s side not because Nazi Germany murdered 6 million Jews but because Israel is a democratic state with enemies that want to destroy not only it but all democratic societies of the West? This is not about Jews versus Arabs but about democracy versus murderous fanaticism, enlightenment versus the Middle Ages, human and civil rights versus martyrs and suicide bombers. Let’s talk about the terrorist attacks that were prevented in London, let’s talk about our relationship to Islam, let’s talk about the limits of liberality. This is about us and our future.

Voir aussi:

This endless moral flutter

The same old issues, the same old voices. A plea for less Grass and more debate on the Middle East. By Eva Menasse and Michael Kumpfmüller
Süddeutsche Zeitung
August 17, 2006

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Terrorisme: Pour que le Mal triomphe … (All that is necessary…)

16 août, 2006

Axisofevilx_1Pour que le Mal triomphe, il suffit que les hommes de Bien ne fassent rien. (attribué à) Edmund Burke 

« Prendre clairement parti » (comme en Bosnie en 95) « décision délicate et dont on fait les frais à terme » ? « prouver sa neutralité en ne faisant rien » (Liban depuis 78) ? « désarmer le parti de Dieu » (comme le prévoit la résolution 1559 de l’ONU depuis 2004)? « Evidemment non » ! …

Belle illustration dans Le Figaro de vendredi, par l’un des conseillers de notre roi fainéant Etienne de Durand, de la pusillanimité (ici sous la forme du constat désabusé, d’où effectivement la justesse de nombre des observations: « L’enfer stratégique est lui aussi pavé de bonnes intentions »), dont nos dirigeants nationaux (France en tête) et instances internationales (l’ONU, pour ne pas la citer) se sont fait une spécialité* !

Et surtout de cet étrange refus d’appeler le Mal par son nom et donc de prendre clairement parti pour le Bien. Cet étrange rejet, que les débats sur l’intervention anglo-américaine en Irak avaient déjà largement révélé, de la question du Bien et du Mal comme en témoignent les sarcasmes et l’indignation qu’avait accueilli (du fait, on suppose, de son origine judéo-chrétienne et pour l’inacceptable prétention au Bien qu’elle suppose nécessairement) la simple mention par un président américain (Reagan jadis ou Bush aujourd’hui) du vocabulaire du Bien et du Mal.

Le tout apparemment en faveur d’une approche relativiste de la réalité et donc du refus de règles ou de valeurs communes qui fait qu’on s’interdit d’appeler Mal des choses aussi difficilement justifiables que… le totalitarisme ou le terrorisme!

Mais qui, par un tout aussi étrange retournement, aboutit à une sorte de sacralisation paradoxale et quasi-religieuse de la paix (dans une sorte de « croisade pacifique », autrement dit, comme on parle de « guerre sainte », une sorte de… « paix sainte »!) où les ennemis du Bien et donc le Mal ne disparaissent pas mais deviennent le libéralisme, la mondialisation, la guerre (« pire des solutions, dixit Chirak !).

D’où par exemple la présentation de la préservation d’Israël (peuple, on le sait, particulièrement et à la fois « mercantile » et « guerrier ») comme le comble de l’horreur politique (« réalisant ainsi l’objectif de l’Etat hébreu à sa place » – qui se trouve pourtant être aussi… une résolution de l’ONU !). Le nouveau Bien devenant donc la défense incantatoire de la paix à tout prix et des victimes de la mondialisation, la  sacro-sainte « multipolarité », le « respect des différences culturelles » (jusqu’au… sang du dernier dissident ?).

Vision que l’on retrouve d’ailleurs parfaitement, dans le même Figaro et sous la plume d’un autre conseiller de notre roi fainéant, notre grand islamologue national Olivier Roy.

Qui commence par multiplier les précautions oratoires et les marques de neutralité ostentatoires (« on peut gloser », « quelle que soit l’issue de guerre en Irak », « réalité ou fantasme ») et de sa compréhension, quand ce n’est pas la complaisance ou la connivence ou, l’évidente difficulté à cacher sa joie mauvaise devant les  « succès » de ses objets d’étude ou les échecs supposés des Occidentaux (« l’Iran est en passe de réussir, grâce au coup de bluff d’Ahmedinejad », « elle a aussi permis à Téhéran de gagner sur tous les tableaux », ‘l’illégitimité’ d’Israël, thème évidemment porteur dans la région », « Israël n’a plus de politique, sinon la bunkérisation et la destruction de toute force menaçante dans l’espèce de no man’s land qu’il crée »).

Et finit par ne pas avoir de mots assez durs pour fustiger l’incapacité américaine à respecter les différences (en se « gargarisant de termes vagues et inopérants comme ‘guerre au terrorisme’ ou ‘fascisme islamique’ « ), à « dissocier les deux tendances lourdes de la région », à « traiter différemment le Hamas (avec qui il faudra bien négocier »: quoi ? la… disparition d’Israël ?) du Hezbollah » ou à « retrouver la spécificité de chaque conflit ».

Mais aussi pour Israël, également responsable d’avoir (« en bombardant tout le Liban ») « réunifié chiites, sunnites et chrétiens » et d’être « la seule cause qui permet de connecter le front arabo-sunnite et le radicalisme chiite », car (refus de la guerre) « il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique de long terme peut stabiliser la région ».

Morceaux choisis:

Rien n’est plus dangereux que de prétendre maintenir la paix quand il s’agit en réalité de l’imposer. Intervenir dans un conflit ouvert implique soit de s’imposer par la force auprès des belligérants,
solution coûteuse, soit de prendre clairement parti (Bosnie en 1995), décision délicate et dont on fait les frais à terme (ainsi des Occidentaux face à l’UCK au Kosovo), soit enfin de prouver sa
neutralité en ne faisant rien : quel meilleur exemple que la Finul déployée inutilement au Liban depuis 1978 ?
sera-t-on, le cas échéant, prêt à désarmer le Parti de Dieu par la force, réalisant ainsi l’objectif de l’Etat hébreu à sa place, si d’aventure il réengageait les hostilités en frappant à nouveau Israël depuis l’intérieur du Liban, littéralement par-dessus les «peacekeepers» ? Évidemment non

Bien plus qu’une simple mission de police, la stabilisation suppose de ne pas se contenter de déployer des troupes avec des objectifs aussi bienveillants que vagues mais de définir des objectifs politiques précis, traduisibles en objectifs militaires, et d’allouer les moyens correspondants, face à un ennemi potentiel ou réel.

Ces forces déployées mais pas employées, selon l’excellente formule du général britannique Rupert Smith, au mieux projetteront une image d’impuissance bien nuisible à la crédibilité occidentale sur d’autres théâtres, au pire seront autant d’otages livrés au Hezbollah, et donc à la Syrie et à l’Iran, alors que le bras de fer engagé avec Téhéran à propos de son programme nucléaire risque d’empirer dans les prochains mois.

Le piège d’une interposition au Liban
Etienne de Durand, Responsable du département des études de sécurité à l’Institut français des relations internationales (Ifri)..

Alors que les Américains voient dans l’Iran un Etat terroriste, ils se
sont paradoxalement retrouvés dans le même camp que les Iraniens en Irak – et en Afghanistan. Quelle que soit l’issue de guerre en Irak,
les chiites irakiens sont les grands vainqueurs de l’intervention
américaine.
Aujourd’hui, l’Iran est en passe de réussir, grâce au coup de bluff
d’Ahmedinejad, à l’incohérence des politiques occidentales, à la
violence de la réaction israélienne et à la paralysie des régimes
arabes sunnites.

La seule cause qui permet de connecter le front arabo-sunnite et le
radicalisme chiite est la Palestine ; plus précisément, toute
conjonction entre le Hamas et le Hezbollah permet à l’Iran d’articuler
ses deux stratégies. Ahmedinejad a donc commencé par prendre des
positions en flèche sur l’«illégitimité» d’Israël, thème évidemment
porteur dans la région, tout en armant et équipant le Hezbollah.

On peut gloser sur les causes qui ont poussé la branche armée du Hamas à capturer un soldat israélien en juin dernier ; mais, vu la réaction israélienne, il est difficile de croire que le Hezbollah ne s’attendait pas à une attaque israélienne après avoir à son tour capturé deux soldats. En tout cas, il était prêt à la guerre. Toujours est-il que la brutale connexion entre le conflit israélo-palestinien et
israélo-hezbollah a permis à l’Iran de fusionner Front du refus et arc
chiite. Pour le moment, elle a aussi permis à Téhéran de gagner sur
tous les tableaux.

Quant à Israël, en bombardant tout le Liban, il a réunifié chiites,
sunnites et chrétiens, même provisoirement. Mais l’occasion de jouer
une stratégie complexe de division et d’isolement des forces radicales
au Moyen-Orient a été perdue, même si le soutien au Hezbollah reste
très fragile au Liban. Surtout, Israël n’a plus de politique, sinon la
bunkérisation et la destruction de toute force menaçante dans l’espèce
de no man’s land qu’il crée, de la bande de Gaza au fleuve Litani. Or
il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique
de long terme peut stabiliser la région.

Pour cela, il faut à nouveau dissocier les deux tendances lourdes de la
région, et donc, commencer par traiter différemment le Hamas (avec qui il faudra bien négocier) du Hezbollah (qu’on ne peut isoler qu’en
négociant avec les autres forces politiques libanaises et arabes).
Bref, il faut retrouver la spécificité de chaque conflit, au lieu de se
gargariser de termes vagues et inopérants comme «guerre au terrorisme»ou «fascisme islamique».

Voir aussi:

Moyen-Orient : empêcher la jonction des forces radicales et extrémistes
Olivier Roy*
Le Figaro
le 12 août 2006

* les médias occidentaux ne se défendent pas mal non plus dans cette fausse « neutralité axiologique », comme le NYT
de ce matin qui parle du secret de polichinelle du programme nucléaire
iranien avec la prétendue « objectivité » qu’il convient en le réduisant,
alors que ledit programme est depuis des années l’objet d’une enquête
des Nations Unies, à… une « accusation occidentale »: « Iran, which
invested millions of dollars in Hezbollah and which the West accuses of
harboring a secret program to build nuclear weapons. »

Le piège d’une interposition au Liban
Etienne de Durand, Responsable du département des études de sécurité à l’Institut français des relations internationales (Ifri)..
Le Figaro
le 14 août 2006

L’émotion qu’engendre l’affrontement entre Israël et le Hezbollah pousse les gouvernements occidentaux à l’action. D’intenses tractations sont à l’oeuvre afin d’organiser une force internationale chargée de s’interposer entre les belligérants. Moralement louable, cette initiative est stratégiquement dangereuse et vraisemblablement vouée à l’échec.

En matière d’intervention, il n’existe guère que deux situations, le maintien de la paix et l’imposition de la paix, souvent baptisée opération de stabilisation. Le maintien de la paix a pour fonction de séparer les adversaires. Pour réussir, il suppose des moyens militaires dissuasifs, des «règles d’engagement» qui dépassent la seule autodéfense à laquelle les Casques bleus sont cantonnés, enfin et surtout un accord politique préalable entre les parties au conflit, ou à tout le moins un épuisement militaire. L’interposition n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle est appliquée préventivement, avant la violence, ou en sortie de crise, quand les belligérants n’en peuvent plus.

En sens inverse, les opérations de stabilisation complexes ne requièrent pas l’assentiment de tous les acteurs : certains d’entre eux sont souvent, ouvertement ou pas, hostiles à la force d’intervention. Bien plus qu’une simple mission de police, la stabilisation suppose de ne pas se contenter de déployer des troupes avec des objectifs aussi bienveillants que vagues mais de définir des objectifs politiques précis, traduisibles en objectifs militaires, et d’allouer les moyens correspondants, face à un ennemi potentiel ou réel.

Rien n’est plus dangereux que de prétendre maintenir la paix quand il s’agit en réalité de l’imposer. Intervenir dans un conflit ouvert implique soit de s’imposer par la force auprès des belligérants, solution coûteuse, soit de prendre clairement parti (Bosnie en 1995), décision délicate et dont on fait les frais à terme (ainsi des Occidentaux face à l’UCK au Kosovo), soit enfin de prouver sa neutralité en ne faisant rien : quel meilleur exemple que la Finul déployée inutilement au Liban depuis 1978 ?

Appliqué à la situation qui prévaut au Proche-Orient, le raisonnement aboutit à des conclusions nettes, quelle que soit la résolution finalement adoptée.

– Objectifs politiques : même en cas de cessez-le-feu, la confrontation politique sous-jacente ne sera en rien résolue et le sera d’autant moins qu’elle implique de nombreux acteurs, locaux et régionaux, aux intérêts fondamentalement divergents.

– Objectifs militaires : sera-t-on, le cas échéant, prêt à désarmer le Parti de Dieu par la force, réalisant ainsi l’objectif de l’Etat hébreu à sa place, si d’aventure il réengageait les hostilités en frappant à nouveau Israël depuis l’intérieur du Liban, littéralement par-dessus les «peacekeepers» ? Évidemment non, et l’on imagine encore moins des «soldats de la paix» allemands s’en prendre à des forces israéliennes organisant des représailles au Liban-Sud.

– Capacités : avec 15 000 hommes, la force internationale, même avec l’appui de l’armée libanaise, structurellement impuissante, n’aura pas les moyens de contrôler le terrain ou de désarmer le Hezbollah ; celui-ci a d’ailleurs déjà annoncé, par la voix de Hassan Nasrallah, que la «force [internationale] sera accueillie par les balles du Hezbollah». En outre, les armées occidentales connaissent déjà des problèmes d’effectifs pour mener les opérations en cours en Côte d’Ivoire, en Afghanistan, dans les Balkans, en Irak et ailleurs.

Ces forces déployées mais pas employées, selon l’excellente formule du général britannique Rupert Smith, au mieux projetteront une image d’impuissance bien nuisible à la crédibilité occidentale sur d’autres théâtres, au pire seront autant d’otages livrés au Hezbollah, et donc à la Syrie et à l’Iran, alors que le bras de fer engagé avec Téhéran à propos de son programme nucléaire risque d’empirer dans les prochains mois. Sans rien résoudre de la crise, nous nous serons ainsi placés de nous-mêmes en situation de faiblesse, à la merci d’un nouveau «Drakkar». L’enfer stratégique est lui aussi pavé de bonnes intentions.

Responsable du département des études de sécurité à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Voir enfin:

Moyen-Orient : empêcher la jonction des forces radicales et extrémistes

Olivier Roy* .
Le Figaro
le 12 août 2006
Avec l’aggravation de la guerre au Liban et la mise au jour d’un complot terroriste à Londres, l’actualité de ces derniers jours l’illustre abondamment : deux logiques profondes sont à l’oeuvre au Moyen-Orient. D’une part, la recréation d’un «front du refus» anti-israélien, mais, cette fois, sous l’égide de l’Iran ; d’autre part, un clivage croissant entre chiites et sunnites qui atteint son paroxysme en Irak et menace de s’étendre à la toute la zone.

En soi, ces deux tendances ne sont pas nouvelles. Le Front du refus est apparu à la fin des années 1970, quand l’Egypte a entamé un processus de reconnaissance d’Israël, qui a culminé dans les accords d’Oslo. Et le clivage chiite-sunnite s’est développé dès la victoire de la révolution iranienne en 1979, mais surtout lors de la guerre entre l’Irak et l’Iran. On a assisté alors à une alliance contre l’Iran entre nationalisme arabe et sunnisme conservateur, sous la houlette de l’Arabie saoudite, mais aussi, ne l’oublions pas, du Pakistan.

Les premières attaques systématiques de groupes militants sunnites armés contre les chiites ont de fait commencé au Pakistan, vers 1985. Depuis, on a assisté à une surenchère entre groupes radicaux sunnites (dont al-Qaida est le prototype) et le régime iranien. Les milieux salafistes et wahhabites, longtemps soutiens de Ben Laden, se sont lancés dans une campagne d’anathème contre les chiites, accusés d’hérésie. Les Iraniens, quant à eux, ont toujours rêvé de prendre la tête de l’ensemble de la contestation islamique, mais se sont, dès 1980, trouvés réduits au soutien d’une partie des communautés chiites de la région. De plus, ils n’ont même pas réussi à unifier, tant politiquement que religieusement, l’ensemble des chiites sous la houlette du guide de la révolution.

Mais, la nouveauté, c’est que l’intervention américaine en Irak a changé la donne. Alors que les Américains voient dans l’Iran un Etat terroriste, ils se sont paradoxalement retrouvés dans le même camp que les Iraniens en Irak – et en Afghanistan. Quelle que soit l’issue de guerre en Irak, les chiites irakiens sont les grands vainqueurs de l’intervention américaine. Cette montée en puissance des chiites dans la région du Golfe (également perceptible à Bahreïn, Koweït et au nord-est de l’Arabie saoudite), dans ce qui constitue l’essentiel des zones pétrolières, a inspiré une vive inquiétude aux régimes sunnites arabes conservateurs de la région.

Fantasme ou réalité, la référence au péril chiite est devenue centrale dans les discussions politiques. L’alliance entre nationalistes arabes et salafis sunnites s’est reconstituée ainsi dans le nord de l’Irak, sous l’impulsion de radicaux comme Zarqaoui, et avec une certaine bienveillance des milieux conservateurs arabes, tant dans le Golfe qu’en Jordanie. Zarqaoui s’est lancé dans un djihad violent contre les chiites en Irak. L’axe qui avait permis de limiter l’expansion de la révolution islamique iranienne s’est ainsi reconstitué. Sauf que, cette fois, les Américains se retrouvaient objectivement dans le camp de l’Iran.

L’obsession iranienne a toujours été de contourner ce front arabo-sunnite pour se positionner en champion de la cause arabo-musulmane au Moyen-Orient, tout en maîtrisant et instrumentalisant les réseaux chiites. Aujourd’hui, l’Iran est en passe de réussir, grâce au coup de bluff d’Ahmedinejad, à l’incohérence des politiques occidentales, à la violence de la réaction israélienne et à la paralysie des régimes arabes sunnites. La seule cause qui permet de connecter le front arabo-sunnite et le radicalisme chiite est la Palestine ; plus précisément, toute conjonction entre le Hamas et le Hezbollah permet à l’Iran d’articuler ses deux stratégies. Ahmedinejad a donc commencé par prendre des positions en flèche sur l’«illégitimité» d’Israël, thème évidemment porteur dans la région, tout en armant et équipant le Hezbollah.

On peut gloser sur les causes qui ont poussé la branche armée du Hamas à capturer un soldat israélien en juin dernier ; mais, vu la réaction israélienne, il est difficile de croire que le Hezbollah ne s’attendait pas à une attaque israélienne après avoir à son tour capturé deux soldats. En tout cas, il était prêt à la guerre. Toujours est-il que la brutale connexion entre le conflit israélo-palestinien et israélo-hezbollah a permis à l’Iran de fusionner Front du refus et arc chiite. Pour le moment, elle a aussi permis à Téhéran de gagner sur tous les tableaux.

Les milieux salafistes et wahhabites ne s’y sont pas trompés, contraints, d’un seul coup, comme le montrent leurs déclarations récentes, à mettre un bémol à leur diabolisation des chiites et à reconnaître en Nasrallah un héros de la cause arabo-musulmane, ce que la rue arabe a fait depuis longtemps. Les Saoudiens et les Jordaniens, après avoir blâmé le Hezbollah pour le déclenchement de la crise, ont dû faire marche arrière et se retrouvent, comme le régime égyptien, en spectateurs.

Les Européens continuent de pratiquer une diplomatie cloisonnée, en traînant l’Iran devant le Conseil de sécurité pour son programme nucléaire, tout en appelant, par la voix du ministre français des Affaires étrangères, à l’intégrer dans la recherche d’une solution au Liban, comme facteur de… stabilisation (alors qu’une des motivations de l’Iran de jouer la crise au Proche-Orient est précisément de pouvoir continuer son programme nucléaire).

Les Américains sont, quant à eux, dans une situation particulièrement schizophrène : ils refusent de parler aux «Etats voyous», mais ont renoncé à les démocratiser, par crainte, dans le cas de la Syrie, d’une victoire des Frères musulmans et, dans le cas de l’Iran, d’une aggravation de la situation en Irak et dans le Golfe. Bref, on parle de guerre sans la faire et on refuse la diplomatie, ce qui a pour conséquence de laisser le champ libre à Damas et à Téhéran.

Quant à Israël, en bombardant tout le Liban, il a réunifié chiites, sunnites et chrétiens, même provisoirement. Mais l’occasion de jouer une stratégie complexe de division et d’isolement des forces radicales au Moyen-Orient a été perdue, même si le soutien au Hezbollah reste très fragile au Liban. Surtout, Israël n’a plus de politique, sinon la bunkérisation et la destruction de toute force menaçante dans l’espèce de no man’s land qu’il crée, de la bande de Gaza au fleuve Litani. Or il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique de long terme peut stabiliser la région.

Pour cela, il faut à nouveau dissocier les deux tendances lourdes de la région, et donc, commencer par traiter différemment le Hamas (avec qui il faudra bien négocier) du Hezbollah (qu’on ne peut isoler qu’en négociant avec les autres forces politiques libanaises et arabes). Bref, il faut retrouver la spécificité de chaque conflit, au lieu de se gargariser de termes vagues et inopérants comme «guerre au terrorisme» ou «fascisme islamique».

* Islamologue, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, auteur de La Laïcité face à l’islam (Stock), Les Illusions du 11 Septembre et L’Islam mondialisé (Seuil).


Terrorisme: Sur la « divine victoire » du Hezbollah… (« Divine victory », eh… ?)

16 août, 2006

Divine_victory_2Un autre regard sur ce que, 600 de ses meilleurs combattants (sur quelques milliers ?), 80% de ses missiles de moyenne et longue portée hors d’état de nuire et son chef terré dans les caves d’une ambassade iranienne après, nos médias persistent à appeler la… « divine victoire » du « Parti de Dieu »!

EDITO: Le Hezbollah a t-il vraiment gagné ? Le Hezbollah a subi de lourdes pertes et n’a pas gagné. «Politiquement et militairement, le Hezbollah ne peut désormais plus faire ce qu’il veut au Liban ».

Shimon Peres le numéro deux du gouvernement israélien, a estimé que «le Hezbollah ne finit pas en grand héros, mais la queue basse. A mon avis, nous avons fini en étant plus au moins vainqueurs sur le plan politique et militaire. Nous avons commencé lentement et nous sommes à plein rendement, alors que le Hezbollah a débuté très fort et maintenant, ils sont relativement épuisés».

Dans Libération : “Les établissements du Hezbollah gisent à terre. Le faubourg de Haret Hreik évoque un volcan après une éruption. Une poussière grise recouvre un paysage dévasté d’où s’élèvent, un peu partout, des fumerolles. Pas une rue sans son champ de ruines.”

Le Hezbollah a t-il vraiment gagné ?
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Par Laurent Tissot

Au-delà d’une propagande médiatique bien orchestrée par le Hezbollah et omniprésente dans les médias internationaux, nombre d’éléments mènent à analyser une forte déconvenue pour la milice chiite.

Les “victoires du Hezbollah” sont très souvent sur le front médiatique. Des techniques de propagande efficaces ont donné l’impression que cette milice avait remporté un succès foudroyant… surtout auprès des masses arabes.

En réalité la milice a bien perdu.

Le Hezbollah est à présent condamné par les Nations Unies et défait partiellement sur les plans humains, territoriaux, militaires et financiers.

Ainsi, Paris Match nous décrit l’avenir désolant du chef du Hezbollah : “L’immeuble qui abrite le domicile de Hassan Nasrallah et celui du QG du parti de Dieu sont pulvérisés. Al-Manar, la télévision du hezbollah, subit le même sort. Traqué comme Saddam Hussein en 2003 à Bagdad par les avions américains, Hassan Nasrallah se terre pour échapper aux chasseurs israéliens”.

Les rapports israéliens nous rassurent sur ce qu’il reste de l’arsenal du hezbollah et sur sa capacité à infliger des dégats : le ministre israélien de l’Intérieur Roni Bar-On, “Le potentiel du Hezbollah en termes de roquettes de longue portée a été réduit pratiquement à zéro”.

“Nous avons un avantage diplomatique car le Hezbollah est désormais sous la loupe des instances internationales. Le cadre juridique international se resserre sur Hassan Nasrallah», le chef de la milice chiite, a déclaré M. Palmor (porte-parole) ”.
• Sur le plan humain, la milice chiite a perdu de très nombreux combattants. Initialement fort de quelques milliers de combattants, le Hezbollah a été “très fortement touché” selon Tsahal.
• Sur le plan international, la résolution 1701 des Nations Unies reconnaît clairement la responsabilité du Hezbollah à l’origine du conflit :

“The Security Council, expressing its utmost concern at the continuing escalation of hostilities in Lebanon and in Israel since Hezbollah’s attack on Israel on 12 July 2006, which has already caused hundreds of deaths and injuries on both sides”

Selon Ehud Olmert, “la situation stratégique à la frontière Nord d’Israël signe une victoire de fait pour Tsahal”, malgré une opinion publique israélienne reprochant à Ehud Olmert de s’être arrêté en chemin.

• Sur le plan territorial, le Hezbollah a perdu une grande partie de ses territoires et a été repoussé au-delà de la rivière Litanie.

Malgré 6 ans de préparations minutieuses depuis le retrait unilatéral israélien du Sud Liban, les réseaux de bunkers et les tapis de mines antipersonnelles et antichars n’ont finalement pas résisté à Tsahal.

Le Hezbollah perd, au moins pour le moment un “Etat dans l’Etat”.
• Sur le plan militaire, sur un arsenal original de plus de 12,000 missiles, l’essentiel a été utilisé contre Israël ou détruit par Tsahal.

Sur plus de 6000 missiles lancés par le hezbollah, seuls 3970 ont touché le sol israélien, dont 901 dans des secteurs urbains. Donc plus de 3000 missiles (>50%) ont atterris dans des secteurs isolés en campagne, et plus de 2000 (>30%) n’ont pas passé la frontière.
• Sur le plan financier, une grande partie du trésor de guerre du hezbollah a été brûlé par les intenses combats. L’ONU devra vérifier que les dons et oeuvres charitables de la communauté internationale ne soient pas partiellement détournés vers le Hezbollah.
• Quant à l’avenir de la branche politique du Hezbollah au Liban, seul l’avenir pourra nous dire ce qu’il adviendra. Les Chrétiens Libanais joueront certainement ici un rôle crucial.

On souligne en Israël que «le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, est tenu de présenter dans les 30 jours des propositions concrètes pour appliquer la résolution 1559, jusqu’ici restée lettre morte, qui exige le désarmement du Hezbollah».

Le Figaro résume bien la situation du Hezbollah :

“Le Hezbollah est «sous la loupe» des instances internationales, ce qui confère à Israël «un avantage diplomatique», a affirmé un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.

«Le cadre juridique international se resserre sur Hassan Nasrallah», le chef de la milice chiite, a-t-il déclaré. Selon lui, «la nature de Nasrallah et du Hezbollah n’a pas changé. Mais ils vont devoir respecter la résolution 1701» des Nations unies sur la cessation des hostilités.

«Israël respectera les termes de cette résolution», a assuré le porte-parole en notant que «politiquement et militairement, le Hezbollah ne peut désormais plus faire ce qu’il veut au Liban ».-

COMPLÉMENT:

Voir aussi le bilan présenté par le site, généralement bien informé, de la Mena:

Nasrallah n’a pas de quoi pavoiser. La meilleure preuve c’est qu’il doit lire ses communiqués de “victoire” terré dans l’anonymat d’un bunker… Son organisation, Le parti de Dieu, comptait 3500 hommes armés au moment où il a agressé la patrouille sur la frontière israélienne. Ces personnels se divisaient en trois groupes distincts : 750 soldats, 600 individus chargés exclusivement de lancer des roquettes et des missiles, 1200 miliciens armés sans capacité de combat et le reste en supplétifs et en hommes chargés de la coordination, de la communication, de l’administration et du commandement.

Selon Michaël Béhé, dont on se rappelle la précision des bilans qu’il avait donnés au faîte des combats, trois jours avant les autorités israéliennes et libanaises, il y aurait eu 1950 tués au Liban durant cette guerre sans nom. 350 victimes, au grand maximum, sont des civils qui n’avaient aucun lien avec les combats ; tous les autres faisaient partie du Hezbollah et des forces qui s’étaient jointes à lui. Sur les 750 combattants dignes de ce nom, entre 670 et 690 ont été soit éliminés par Tsahal, soit faits prisonniers. 350 lanceurs de projectiles islamistes sont également au nombre des victimes. De plus, il y aurait environ 800 blessés au sein des Fous de Dieu. Pas étonnant, au vu de ces chiffres, que les communiqués libanais ne comportent aucune mention des pertes intégristes…

sans compter les dégâts en matériel militaire. La ligne Maginot, construite à coups de centaines de millions de pétrodollars perses le long de la frontière israélienne, est aux mains de l’ennemi ou entièrement dynamitée. Le Hezb a perdu 28 missiles balistiques de type Zilzal (20 selon Tsahal), sur les 30 que les ayatollahs lui avaient livrés. Tous les servants de ces engins sont soit morts soit hors de combat.

Ce qui reste à l’organisation terroriste chiite ?

– Ses leaders politiques, qui ont, pour la plupart, échappé à la chasse qui leur a été donnée par le Mossad et le Khel Avir. Ceci dit, je ne connais pas de compagnie d’assurance qui se risquerait à assurer Nasrallah sur la vie.

– Environ 2000 Katiouchas, surtout celles de faible portée. Quelques centaines de roquettes plus lourdes et une quarantaine de Fager de moyenne portée. On considère, à la Ména, que le Hezbollah, en cas de reprise des hostilités, serait capable de faire encore usage de la moitié de ces armes.

Hormis ces maigres résultats, le Hezbollah a le mérite stratégique – c’est sans doute ce que son chef appelle une victoire stratégique – de continuer d’exister et de jouir du soutien de la majorité de la population chiite libanaise. Le Parti de Dieu n’a pas été rayé de la carte, comme le prophétisait Olmert, même s’il est devenu itinérant, après que toutes ses bases de commandement au Liban aient été pulvérisées. De plus, on ne distingue pas de forces armées présentes au Liban, qui possèderaient l’intention ou la capacité de compléter le désarmement de la milice intégriste. Ceci présente assurément le risque de la voir se réarmer à courte ou moyenne échéance.

Ca va pas à la tête (info # 011608/6)
Par Jean Tsadik

© Metula News Agency


Eric Hoffer: Ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous (So will it go with all of us)

14 août, 2006
Canary_in_the_mine_2Le canari (…) fut longtemps élevé dans les mines où il était utilisé pour détecter le grisou. L’appareil respiratoire de l’oiseau étant fragile, le canari cessait de chanter et mourait dès l’apparition de ce gaz. Daniele
L’employé juif d’un coiffeur parisien va voir son patron et lui dit : « Patron, je dois démissionner ». « Mais pourquoi donc ? » lui répond le patron. « Parce que tous vos employés sont antisémites ! » « Allons bon, mon cher Jean-Claude. Je suis sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est ce qui vous fait penser cela ? » « C’est simple, patron. Lorsque je leur dit qu’Hitler a voulu tuer tous les juifs et les coiffeurs… » Le patron l’interrompt : « Mais Jean-Claude, pourquoi les coiffeurs ? » « Vous voyez patron, vous aussi ! » Blague juive
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer

Au moment où l’infâme « machin » qui a pour nom « l’Organisation des Nations Unies » ou « Communauté internationale » vient à nouveau d’être utilisé pour empêcher Israël de protéger sa frontière nord, autrement dit son simple droit à l’existence, il faut relire ces paroles fortes d’Eric Hoffer d’il y a presque 40 ans (au lendemain d’une autre et énième tentative victorieuse de ce petit parmi les petits Etats pour continuer à exister) et qui auraient pu être écrites… hier!

Tout comme d’ailleurs les célèbres lignes du pasteur allemand Niemöller: D’abord, ils sont venus pour les juifs  …

D’autres nations victorieuses sur les champs de bataille dictent les conditions de la paix. Mais quand Israël est vainqueur il doit supplier pour obtenir la paix. Chacun attend des Juifs qu’ils soient les seuls vrais Chrétiens sur terre.

La situation particulière d’Israël
Eric Hoffer*
LA Times
26 mai 1968
Traduit par Norbert Lipszyc

*Les Juifs sont un peuple particulier : ce qui est permis à d’autres nations est interdit aux Juifs. D’autres nations expulsent des milliers, et même des millions de gens, et il n’y a pas de problème de réfugiés. La Russie l’a fait, la Pologne, la Tchécoslovaquie l’ont fait, la Turquie a expulsé un million de Grecs, et l’Algérie un million de Français. L’Indonésie a expulsé, Dieu sait combien de Chinois, et personne ne dit un mot au sujet des réfugiés. Mais dans le cas d’Israël, les Arabes déplacés sont devenus d’éternels réfugiés.

Tout le monde insiste sur le fait qu’Israël doit reprendre tout Arabe. Arnold Toynbee appelle ce déplacement des Arabes une atrocité plus grande que tout ce qu’ont commis les Nazis.

D’autres nations victorieuses sur les champs de bataille dictent les conditions de la paix. Mais quand Israël est vainqueur il doit supplier pour obtenir la paix. Chacun attend des Juifs qu’ils soient les seuls
vrais Chrétiens sur terre.

D’autres nations, quand elles sont vaincues, survivent et se rétablissent, mais si Israël était défait une seul fois il serait détruit. Si Nasser avait triomphé, en juin dernier, il aurait effacé Israël de la carte, et personne n’aurait levé le petit doigt pour sauver les Juifs. Aucun engagement pris envers les Juifs par quelque gouvernement que ce soit, dont le nôtre, ne vaut le papier sur lequel il est écrit.

Le monde entier s’indigne quand on meurt au Vietnam, ou quand deux noirs sont exécutés en Rhodésie. Mais quand Hitler massacra les Juifs, personne ne protesta auprès de lui.

Les Suédois, qui sont prêts à rompre leurs relations diplomatiques avec les Etats-Unis à cause de ce que nous faisons au Vietnam, ne bronchèrent pas quand Hitler massacrait les Juifs. Ils envoyèrent à Hitler du minerai de fer de première qualité, des roulements à bille, et assurèrent l’entretien de ses trains de troupes destinés à la Norvège. Les Juifs sont seuls au monde. Si Israël survit, ce sera uniquement grâce aux efforts des Juifs. Et aux ressources juives.

Pourtant, en ce moment même, Israël est notre seul allié inconditionnel et fiable. Nous pouvons compter sur Israël plus qu’Israël peut compter sur nous. Il suffit seulement d’imaginer ce qui se serait produit, l’été dernier, si les Arabes, avec leurs soutiens russes, avaient gagné la guerre, pour comprendre à quel point la survie d’Israël est vitale pour l’Amérique, pour l’Occident en général.

J’ai une prémonition qui ne me quittera pas : ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous.

Eric Hoffer

* Eric Hoffer était un Américain non-Juif, philosophe et sociologue. Il est né en 1902 et mort en 1983. Il a écrit 9 livres et reçu la Médaille Présidentielle de la Liberté. Son premier livre, /The True Believer/ – Le Vrai Croyant, publié en 1951, est considéré comme un classique.

Israel’s peculiar position
Eric Hoffer
LA Times
5/26/68

The Jews are a peculiar people: things permitted to other nations are forbidden to the Jews.

Other nations drive out thousands, even millions of people and there is no refugee problem. Russian did it, Poland and Czechoslovakia did it, Turkey threw out a million Greeks, and Algeria a million Frenchmen. Indonesia threw out heaven knows how many Chinese-and no one says a word about refugees. But in the case of Israel the displaced Arabs have become eternal refugees.

Everyone insists that Israel must take back every single Arab. Arnold Toynbee calls the displacement of the Arabs an atrocity greater than any committed by the Nazis.

Other nations when victorious on the battlefield dictate peace terms. But when Israel is victorious it must sue for peace. Everyone expects the Jews to be the only real Christians in this world.

Other nations when they are defeated survive and recover but should Israel be defeated it would be destroyed. Had Nasser triumphed last June he would have wiped Israel off the map, and no one would have lifted a finger to save the Jews.

No commitment to the Jews by any government, including our own, is worth the paper it is written on. There is a cry of outrage all over the world when people die in Vietnam or when two Negroes are executed in Rhodesia. But when Hitler slaughtered Jews no one remonstrated with him.

The Swedes, who are ready to break of diplomatic relations with America because of what we do in Vietnam, did not let out a peep when Hitler was slaughtering Jews. They sent Hitler choice iron ore, and ball bearings, and serviced his troop trains to Norway. The Jews are alone in the world. If Israel survives, it will be solely because of Jewish efforts. And Jewish resources.

Yet at this moment Israel is our only reliable and unconditional ally. We can rely more on Israel than Israel can rely on us. And one has only to imagine what would have happened last summer had the Arabs and their Russian backers won the war to realize how vital the survival of Israel is to America and the West in general.

I have a premonition that will not leave me; as it goes with Israel so will it go with all of us. Should Israel perish the holocaust will be upon us.


Bilan de Chirac: Attention, un bourbier peut en cacher un autre (We’re liberators, not occupiers!)

14 août, 2006
Surrender monkeysOn ne peut pas avoir d’un côté des soldats qui se battent et qui meurent, et de l’autre des troupes qui distribuent des sucettes à Kaboul. Général Richards
Helmand province is no place for defence forces that cannot go out at night without their mothers. Col Tim Collins

Attention: un coup de poignard peut en cacher un autre!

Au moment du bilan de notre roi-fainéant et actuel squatter et futur SDF de l’Elysée …

Et pour ceux qui nous bassinent encore avec la soi-disant grande clairvoyance du grand homme sur l’Irak, il faudrait peut-être rappeler l’autre bourbier (plus, comme nous le rappelions en novembre dernier, de pertes occidentales en proportion) où cette fois nos troupes étaient dès le départ soi-disant partantes.

Ou plus précisément, nos troupes fantômes puisque, avec le grand courage qu’on lui connaît et reconnaît, Notre Génie de Corrèze ne reconnaitra que quelque six mois plus tard et seulement suite à une indiscrétion de la presse et de sa ministre de la défense (on allait quand même pas provoquer les terroristes!), que la « Patrie (autoproclamée) des droits de l’homme » avait quelque 200 forces spéciales à la poursuite de Ben Laden.

Troupes qui viennent d’ailleurs d’être tout aussi discrètement, et suite à des pertes relativement importantes, retirées (pardon: « redéployées »!).

Quant aux troupes restantes (1100 pour l’Armée de Terre et quelque 200 pour l’Air et la Marine, dont il n’est pas question de mettre en doute la valeur et dont on imagine la frustration), elles se limitent pour l’instant, avec leurs homologues allemands (interdits de sortie après 18h ! – les Espagnols de Bambi se limitant à de la figuration: à peine 600 sur 35 000 et 30 pays) à la reconnaissance en vol ou au babysitting en ville …

Laissant ainsi à leurs « petits camarades » britanniques (qui viennent eux, avec la petite Norvège, de promettre des troupes de plus) ou canadiens… l’essentiel des pertes !

Mais n’allez pas chercher ça dans vos quotidiens hexagonaux, sinon bien cachés en fond de page ou entre deux entrefilets (qui, « la Corrèze avant le Zambèze » oblige, a entendu parler en France de nos troupes spéciales tombées au champ d’honneur afghan?), d’où l’obligation (désolé pour les non-anglophones) de se référer à la presse de langue anglaise …

Lire le reste de cette entrée »


Confirmation de l’OPA iranienne sur le terrorisme mondial (Iran-Terror Inc.)

14 août, 2006

Chomsky as Hezbollah pompom girl

Les camps d’entraînement du Hezbollah sous contrôle iranien ou sous le nom du Hezbollah sont disséminés sur les quatre continents, dont l’Argentine, le Paraguay, la Colombie et probablement au Venezuela, en Asie Pacifique, l’Indonésie intéresse les mollahs. Il ne faut surtout pas oublier l’Afrique où les mollahs comptent de nombreux alliés parmi lesquels au premier rang se trouve l’Afrique du Sud, pays phare de ce continent et intermédiaire diplomatique dans de nombreux conflits régionaux. (…) Mais, il y a aussi les Etats-Unis, où le régime compte des nombreux partisans débarqués dans ce pays avec des passeports iraniens et des titres de professeurs ou chercheurs. L’Europe compte aussi d’importants centres (d’études et de recherches) gérés par le Hezbollah et selon la presse allemande, le nombre des partisans du Hezbollah sera de 900 dans ce pays. L’ensemble des ces réseaux internationaux qui sont présent en Amérique Latine, dans les pays du Golfe Persique, aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie Pacifique font état d’une éclatante santé idéologique. (…) Dans ces conditions, nous songeons au dernier article d’Antoine Sfeir dans le Figaro. Sfeir qui est un des agents du lobby des mollahs en France et se rend souvent en Iran écrit naïvement : L’Iran possèdera tôt ou tard l’arme nucléaire. La véritable question est de savoir s’il l’aura avec nous ou contre nous ?” Iran-Resist

Confirmation par un journal saoudien (et donc sunnite mais reprise par Iran-Resist), que le leader chiite de l’Axe du Mal ne ménage pas sa peine et ses ressources pour multiplier tous azimuts ses franchises terroristes …

Du Golfe persique à l’Afghanistan en passant bien sûr par l’Irak et le Liban, et d’Asie du sud à l’Amérique du sud, y compris avec l’installation de camps d’entrainement!

Sans parler de l’aide idéologique vers l’Amérique du nord et l’Europe.

Y compris apparemment (en plus des habituels Chomsky et Galloway)… notre propre Antoine Sfeir national !

Manque plus maintenant, pour compléter la panoplie, que la bombe !

Rendez-vous au… 22 août ?

Iran : Rumeurs sur le 22 août
Iran-Resist

11.08.2006

Le journal Al Watan d’Arabie Saoudite s’est penché sur les dépenses pharaoniques du régime de Téhéran pour son soutien aux mouvements terroristes chiites dans le monde, et en particulier au Liban et en Irak.

Tout en faisant le point sur l’aide apportée aux organisations terroristes islamiques par le régime des mollahs, le journal Saoudien insiste sur la manière dont la république islamique d’Iran fournit cette aide.

Il s’agit de soutiens technique, logistique, informatique, diplomatique et parfois militaire aux populations chiites du Koweït, de Bahreïn, d’Arabie Saoudite afin de les préparer à pouvoir prendre le pouvoir dans leur pays respectif. Ainsi ces populations, parfois même d’origine iranienne, établies dans les pays du Golfe Persique sont poussées par tous les moyens à s’investir dans la vie politique de leur ville de résidence. Selon Al Watan, lors de toutes sortes d’élections, la participation des chiites est remarquable et bientôt il n’y aura plus que des élus chiites à la direction des diverses associations politiques ou religieuses.

Le journal note aussi qu’au lendemain de la guerre d’Afghanistan puis d’Irak, les populations chiites de ces pays ont été incitées par le régime des mollahs à fomenter des troubles locaux. En Afghanistan et en Irak mais aussi dans les autres après les catastrophes naturelles de type séisme, le journal constate que l’aide iranienne est la première à arriver sur les lieux et que cette aide n’est pas seulement humanitaire mais aussi très idéologique.

Al Watan estime que la seule aide aux organisations comme le Hezbollah, tant en personnel (formateurs) qu’en armes et équipement divers se chiffre au minimum à 1 milliard de dollars chaque année. Selon d’autres informations, il manquerait 6,5 milliards de $ dans les caisses du ministère iranien du pétrole dont ce milliard sera une partie.

Les camps d’entraînement du Hezbollah sous contrôle iranien ou sous le nom du Hezbollah sont disséminés sur les quatre continents et nécessitent d’importants budgets, sans doute plus d’un milliard de $ même si aucune étude n’a été faite sur le sujet… Le nombre des camps du Hezbollah est inconnu mais très récemment la chaîne Fox news a montré un de ces camps au Paraguay. Ainsi Certains camps sont très éloignés de Téhéran.

En Amérique du Sud de nombreux pays abritent des camps d’entraînement du Hezbollah : l’Argentine, le Paraguay, la Colombie et probablement au Venezuela, en Asie Pacifique, l’Indonésie intéresse les mollahs. Il ne faut surtout pas oublier l’Afrique où les mollahs comptent de nombreux alliés parmi lesquels au premier rang se trouve l’Afrique du Sud, pays phare de ce continent et intermédiaire diplomatique dans de nombreux conflits régionaux.

Mais, il y a aussi les Etats-Unis, où le régime compte des nombreux partisans débarqués dans ce pays avec des passeports iraniens et des titres de professeurs ou chercheurs. L’Europe compte aussi d’importants centres (d’études et de recherches) gérés par le Hezbollah et selon la presse allemande, le nombre des partisans du Hezbollah sera de 900 dans ce pays. L’ensemble des ces réseaux internationaux qui sont présent en Amérique Latine, dans les pays du Golfe Persique, aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie Pacifique font état d’une éclatante santé idéologique.

L’investissement des mollahs dans le domaine d’aide au Hezbollah est total et ils ne renonceront pas à cette arme extraordinaire qui leur permet aujourd’hui d’avoir le monopole du terrorisme dans de nombreuses régions du globe. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises : cette compétence leur permet d’être utile à la Russie et ses alliés et s’ils renoncent au terrorisme, ils perdraient leur intérêt pour les adversaires des Etats-Unis.

Les mollahs doivent, obligatoirement, soutenir le Hezbollah quoiqu’il leur en coûte. Leur force de dissuasion est le Hezbollah. S’il arrive au savoir faire nucléaire militaire, il franchiront une étape décisive qui leur permettra d’étendre leur domaine de l’influence au-delà des pays purement islamiques.

Dans ces conditions, nous songeons au dernier article d’Antoine Sfeir dans le Figaro. Sfeir qui est un des agents du lobby des mollahs en France et se rend souvent en Iran écrit naïvement : L’Iran possèdera tôt ou tard l’arme nucléaire. La véritable question est de savoir s’il l’aura avec nous ou contre nous ?

Il n’y a qu’un agent de ce régime infernal pour ne pas voir le danger d’une arme atomique promis à tous les intégristes de la planète dans les arrières salles des centres de recherches culturelles du Hezbollah à Kinshasa, à Pretoria , à Alger, à Qatar, à Bahreïn, à Bagdad, à Caracas, à Lima, à Rome, à Berlin, à Paris, à Londres, à New York ou à San Francisco. Ils attendent dans toutes ces villes. La bombe sera pour eux.

L’intérêt des mollahs réside dans leur degré de nuisance. C’est elle leur monnaie d’échange. Cette nuisance a des succursales partout dans le monde.

Les mollahs sont par nature opposés à la stabilité. Quand Sfeir affirme que l’Iran possèdera tôt ou tard l’arme nucléaire : il faut le prendre au sérieux, en bon agent du régime des mollahs, il a été autorisé de dire cette phrase.

C’est l’art du dérapage contrôlé qui fascine les mollahs. La réponse tombera le 22 Août, date nous dit-on prévu pour l’apparition de l’Imam caché, celui qui doit sortir d’un puits comme une BM25 à tête nucléaire sortirait d’un silo souterrain.

Au fait : l’imam caché arrive quand le monde (musulman) est plongé dans le chaos et actuellement, il y a le chaos partout sur les terres musulmanes.


Terrorisme: Le seul parti politique au monde à disposer de… 12 000 missiles! (The world’s only political party with… 12,000 missiles!)

13 août, 2006

Hez_civilians1_3Le placement cynique, par les Serbes, d’armes et de véhicules dans des habitations et des bâtiments civils, la présence de véhicules militaires dans des convois civils et, parfois, le recours à des boucliers humains, a compliqué les frappes aériennes. Les Serbes ont ainsi pu exploiter le souci qu’avait l’OTAN d’éviter de faire des victimes civiles.

Crise au Kosovo, OTAN, octobre 2000 (un an après une campagne de bombardements qui, on s’en souvient, avait fait plus de 500 victimes civiles)

Au moment où nos médias et dirigeants n’en peuvent plus de s’extasier devant le prétendu savoir-faire politique du Hezbollah, voici une petite et éfifiante sélection d’images sur… le seul parti politique au monde à posséder 12 000 missiles !

Mais n’allez pas chercher ces photos dans vos médias, à l’exception peut-être du journal australien Herald Sun qui a pris la peine de montrer en plus les vraies conditions d’utilisation de ces missiles, à savoir en pleine ville et au beau milieu de ces fameux civils dont les unes de nos journaux sont pleines.

Hez_civilian_3 Hez_civilian

Hez_civilians2_1

Hezwoman_cum_launcher_1

Hez_katushas
Hez_rockettrucks



Hez_katyushas

Nasrallah_1

Nasrallah_cum_koran_2










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Photos that damn Hezbollah

Chris Link

July 30, 2006
Sunday Herald Sun

THIS is the picture that damns Hezbollah. It is one of several, smuggled from behind Lebanon’s battle lines, showing that Hezbollah is waging war amid suburbia.

The images, obtained exclusively by the Sunday Herald Sun, show Hezbollah using high-density residential areas as launch pads for rockets and heavy-calibre weapons.

Dressed in civilian clothing so they can quickly disappear, the militants carrying automatic assault rifles and ride in on trucks mounted with cannon.

The photographs, from the Christian area of Wadi Chahrour in the east of Beirut, were taken by a visiting journalist and smuggled out by a friend.

They emerged as:

US President George Bush called for an
international force to be sent to Lebanon.

ISRAEL called up another 30,000 reserve troops.

THE UN’s humanitarian chief Jan Egeland called for a three-day truce to evacuate civilians and transport food and water into cut-off areas.

US SECRETARY of State Condoleezza Rice returned to the Middle East to push a UN resolution aimed at ending the 18-day war, and:

A PALESTINIAN militant group said it had kidnapped, killed and burned an Israeli settler in the West Bank.

The images include one of a group of men and youths preparing to fire an anti-aircraft gun metres from an apartment block with sheets hanging out on a balcony to dry.

Others show a militant with AK47 rifle guarding no-go zones after Israeli blitzes.

Another depicts the remnants of a Hezbollah Katyusha rocket in the middle of a residential block blown up in an Israeli air attack.

The Melbourne man who smuggled the shots out of Beirut and did not wish to be named said he was less than 400m from the block when it was obliterated.

« Hezbollah came in to launch their rockets, then within minutes the area was blasted by Israeli jets, » he said.

« Until the Hezbollah fighters arrived, it had not been touched by the Israelis. Then it was totally devastated.

« It was carnage. Two innocent people died in that incident, but it was so lucky it was not more. »

The release of the images comes as Hezbollah faces criticism for allegedly using innocent civilians as « human shields ».

Mr Egeland blasted Hezbollah as « cowards » for operating among civilians.

« When I was in Lebanon, in the Hezbollah heartland, I said Hezbollah must stop this cowardly blending in among women and children, » he said.

Voir aussi:

One photograph depicts a fighter with an AK-47 rifle guarding « no-go » zones after an Israeli attack, and another with a group of men and youths preparing to fire an anti-aircraft gun in an apartment block, with sheets hanging out to dry on a balcony. Another shows the remnants of a Hezbollah Katyusha rocket in the middle of a residential block destroyed in an Israeli airstrike. An Australian was standing just down the street when the block was obliterated. « Hezbollah came in to launch their rockets, then within minutes the area was blasted by Israeli jets, » he said. « Until the Hezbollah fighters arrived, it had not been touched by the Israelis. Then, it was totally devastated…It was carnage. Two innocent people died in that incident, but it was so lucky it was not more. »

Hezbollah’s human shields
The Washington Times
July 31, 2006

Israel is being vilified by opportunistic politicians and the international media over the air strike that killed 56 persons early yesterday in the Lebanese village of Qana. In the rush to blame Israel, a number of relevant facts are ignored: 1) the sad fact of the matter is that, no matter how much is done to minimize the risk to civilians, civilians inevitably die in wars; 2) Israel has placed its soldiers at risk in order to minimize civilian casualties in Lebanon, while Hezbollah, in flagrant violation of international law, including the Geneva Conventions, deliberately behaves in ways to maximize harm to Israeli and Lebanese civilians; 3) in Qana there were indisputable military targets, including locations from which Hezbollah has been firing rockets into Israel; 4) pending the outcome of an investigation, there is no way to tell whether all of those killed in the airstrike were « civilians, » as Israel’s critics confidently tell us, or whether the dead were actually a mix of combatants and noncombatants.
Senior Israeli officials said yesterday that Hezbollah rocket launchers were concealed in civilian buildings in the village, from which 150 rockets were fired over the past 20 days. They showed reporters video footage of rocket launchers being driven into Qana, from whence rockets were fired at northern Israeli towns, including Kiryat Shemona, Afula and Ma’alot. Israel targeted the building hit early yesterday because intelligence reports indicated that Hezbollah operatives were inside, along with Katyusha rockets and launchers. Typically Hezbollah fighters fire rockets at Israeli targets and then dart into nearby buildings.
Indeed, as it has repeatedly done in the course of the 19-day-old military campaign against Hezbollah in Lebanon, the Israel Defense Forces have relinquished the element of surprise by dropping leaflets on Qana and many other Lebanese towns telling residents that they should leave the area because the IDF is preparing to conduct military operations against Hezbollah. Just as Israel tries to move Lebanese civilians out of the line of fire, Hezbollah does its best to put them in danger and peril. In a dispatch published yesterday in Australia, the Sydney Sunday Herald Sun demonstrates just how Hezbollah wages war.
The photographs, from a Christian area of eastern Beirut called Wadi Chahrour, were smuggled out of Lebanon. One photograph depicts a fighter with an AK-47 rifle guarding « no-go » zones after an Israeli attack, and another with a group of men and youths preparing to fire an anti-aircraft gun in an apartment block, with sheets hanging out to dry on a balcony. Another shows the remnants of a Hezbollah Katyusha rocket in the middle of a residential block destroyed in an Israeli airstrike. An Australian was standing just down the street when the block was obliterated. « Hezbollah came in to launch their rockets, then within minutes the area was blasted by Israeli jets, » he said. « Until the Hezbollah fighters arrived, it had not been touched by the Israelis. Then, it was totally devastated…It was carnage. Two innocent people died in that incident, but it was so lucky it was not more. » (The pictures are posted online at http://www.news.com.au/heraldsun.)
Hezbollah’s treatment of both Israeli and Lebanese civilians violates international law. Article 51 of the Additional Protocol to the Geneva Convention states that: « The civilian population as such, as well as individual civilians, shall not be the subject of attack. » Moreover, by using Lebanese civilians as human shields, Hezbollah appears to be violating Article 58 of Protocol 1, which requires parties to a conflict to « Avoid locating military objectives within or near densely populated areas. » Article 28 of the Fourth Geneva Convention states: « The presence of a protected person may not be used to render certain points or areas immune from military operations. »
U.N. Secretary-General Kofi Annan falsely accuses Israel of deliberately attacking members of the United Nations Interim Force in Lebanon (UNIFIL), even as Hezbollah repeatedly targets U.N. peacekeepers. Last Monday, an Internet site called Little Green Footballs notes that the United Nations issued a press release reporting that an unarmed U.N. observer was critically wounded by small arms fire originating from a position controlled by Hezbollah. He was airlifted to an Israeli hospital for treatment. The following day, Hezbollah opened fire on a U.N. convoy, forcing it to turn back. On Friday, U.N. forces issued a press release reporting that « Hezbollah fired from the vicinity of five U.N. positions » in southern Lebanon, and that the number of troops in a Ghanaian battalion of the U.N. is « somewhat reduced » due to Hezbollah firing from near the U.N. positions, which provokes retaliatory shelling from the Israeli side.
In sum, Hezbollah — along with its enablers in Tehran and Damascus — bears full responsibility for the carnage in both Israel and Lebanon.

« showing that Hezbollah is waging war amid suburbia. The images…show Hezbollah using high-density residential areas as launch pads for rockets and heavy-calibre weapons. Dressed in civilian clothing so they can quickly disappear, the militants carrying automatic assault rifles and ride in on trucks mounted with cannon. »

Voir également:

http://www.honestreporting.com/articles/45884734/critiques/Qana_In_Context.asp

http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2006/08/lebanon.swf

Voir enfin :

Israel Under Fire
Honest reporting
July 16, 2006

A look at some of the myths and facts following Hezbollah’s attack on Israel.

Israeli military operations in Lebanon are taking place in response to an unprovoked border attack which left 8 Israeli soldiers dead and two kidnapped by the Hezbollah. Since then many more Israelis have been wounded and killed by over 700 Katyusha missiles and mortars that have rained down on Israel’s northern cities, including as far south as Haifa and Tiberias. Israel is exercising her legitimate right to self-defense.

Please stand up for Israel at this extremely difficult time and support our efforts to promote balance in the media, particularly as the volume of media coverage expands so dramatically.

MYTHS AND FACTS SURROUNDING THE CRISIS

Myth – « Israel’s response is disproportionate. »

Fact – The definition of a « disproportionate » response is a subjective one. The question that could be asked of any other country in the world is simply: « What would you do in the same situation? » When protecting its citizens, exercising the right to self-defense and responding to missile attacks over a recognized border, most countries would respond in a similar manner. After all, how many Israelis need to die before the world believes that Israeli responses are proportionate?

Any civilian casualties in a conflict are, of course, tragic and regrettable. Civilians on both sides are suffering. However, Israeli air strikes on Lebanon are not intended to kill civilians, unlike the hundreds of Hezbollah missiles that are targeted specifically at Israeli civilians who have been forced into bomb shelters for their own safety. Israel has even dropped leaflets on Beirut suburbs calling on civilians to stay away from Hezbollah strongholds to avoid being caught up in the fighting.

Israel has also been criticized for targeting Lebanese infrastructure such as the Beirut airport. However, it is also interesting to note what has not been targeted. For example, while the airport runway was bombed, other vital installations such as the control tower were left untouched and Lebanese civilian airliners were allowed to fly to safety. Transport hubs and bridges have been targeted in order to prevent Hezbollah moving the kidnapped Israeli soldiers deeper into Lebanon and possibly even as far as Iran, as well as to prevent the terrorist organization being re-supplied with arms from Iran and elsewhere.

Many of Hezbollah’s facilities and missile launch sites are located near residential areas, such as the suburbs of southern Beirut. Terrorists hide within the civilian population and use this population as a shield. Israel’s priority is to strike at the Hezbollah terrorist infrastructure that has been allowed to develop in Lebanon.

Israel has, so far, avoided initiating a major ground offensive into Lebanese territory and has barely used a fraction of the firepower available to the IDF.

Myth – « Lebanon bears no responsibility for the actions of Hezbollah. »

Fact – UN Security Council Resolution 1559 of September 2004, which referred back to Resolution 425, called « upon all remaining foreign forces to withdraw from Lebanon »; « for the disbanding and disarmament of all Lebanese and non-Lebanese militias »; and supported « the extension of the control of the Government of Lebanon over all Lebanese territory ».

Syria eventually complied with 1559 and removed its occupying forces. However, the Lebanese government has not disarmed Hezbollah nor has it sent its armed forces to secure southern Lebanon and the border with Israel.

In addition, Hezbollah is actually part of the Lebanese government, which contains two Hezbollah members in the Cabinet. The Lebanese government, therefore, cannot abstain from responsibility for the actions of a part of its own leadership.

Myth – « Hezbollah is an indigenous Lebanese ‘resistance’ organization. »

Fact – According to the Council on Foreign Relations, the Hezbollah:

is a Lebanese umbrella organization of radical Islamic Shiite groups and organizations. It opposes the West, seeks to create a Muslim fundamentalist state modeled on Iran, and is a bitter foe of Israel. Hezbollah, whose name means « party of God, » is a terrorist group believed responsible for nearly 200 attacks since 1982 that have killed more than 800 people.

Hezbollah and its affiliates have planned or been linked to a lengthy series of terrorist attacks against the United States, Israel, and other Western targets. These attacks include:
• a series of kidnappings of Westerners in Lebanon, including several Americans, in the 1980s;
• the suicide truck bombings that killed more than 200 U.S. Marines at their barracks in Beirut, Lebanon, in 1983;
• the 1985 hijacking of TWA flight 847, which featured the famous footage of the plane?s pilot leaning out of the cockpit with a gun to his head;
• and two major 1990s attacks on Jewish targets in Argentina – the 1992 bombing of the Israeli Embassy (killing twenty-nine) and the 1994 bombing of a Jewish community center (killing ninety-five).

In addition, Hezbollah is sponsored, funded and armed by Iran and Syria who use the organization as a proxy to fight Israel and to destabilize the region. Hezbollah is designated as a Foreign Terrorist Organization by the US State Department.

For more information on Hezbollah, see the following sources:

Anti-Defamation League

Institute for Counter-Terrorism

Intelligence and Terrorism Information Center

Terrorism Knowledge Base

Myth – « Outside actors such as Iran are not fuelling the crisis. »

Fact – A number of analysts have suggested that the timing of the Hezbollah operation is no coincidence, occurring just prior to the G8 Summit in St. Petersburg. The G8 was expected to concentrate heavily on Iran’s refusal to comply with demands to curtail its nuclear program. A wider Mideast crisis, provoked by Iran’s Hezbollah proxies, has now moved to the top of the G8 agenda, thus relieving some of the pressure on Iran.

In addition, Iranian fingerprints are to be found in the current conflict. The Katyusha missiles that are currently raining down on the north of Israel are supplied by Iran. An Israeli Naval vessel was also struck by an Iranian-made C802 missile, killing four sailors.

Myth – « Israel continues to occupy Lebanese land, specifically the Shebaa Farms area. »

Fact – On May 24, 2000, Israel completed the unilateral withdrawal of all IDF forces from southern Lebanon, in accordance with Israeli government decisions and UN Security Council Resolution 425, ending an 18-year presence there.

On June 18, 2000, the UN Security Council endorsed the Secretary-General’s conclusion that, as of 16 June, Israel had withdrawn its forces from Lebanon in accordance with Resolution 425.

As explained by Israel’s Foreign Ministry, the Shebaa Farms area is not, and should not be, considered disputed territory – its status was clarified by a number of United Nations statements following the withdrawal of Israel forces from Lebanon in May 2000.

The United Nations views the Shebaa Farms area as Syrian territory. Therefore, UN Security Council Resolution 425 – which concerns Lebanon – does not require Israel to withdraw from this area.

While Lebanon claims to be the owner of the Shebaa Farms area, the UN has encouraged the Lebanese and Syrians to negotiate between themselves as to who is the rightful owner. If Syria were to cede ownership of the area to Lebanon, then it is probable that Israel and the UN would then reconsider the status of the territory. In the meantime, the issue of the Shebaa Farms is used simply as an excuse for the Hezbollah to maintain itself as an armed force in the region.

Myth – « Arab prisoners held in Israeli jails were kidnapped from Lebanese soil and should be released. »

Some Lebanese and other Arab spokespeople have defended Hezbollah’s actions as a legitimate form of « resistance » aimed at securing the release of Lebanese prisoners held in Israeli jails from the period of Israel’s presence in its southern Lebanon security zone.

Fact – The prisoner whom Hezbollah is demanding, above all others, be released, is Samir Kuntar, jailed in Israel since a 1979 attack in the northern Israeli town of Nahariyah, in which he entered an apartment and murdered three family members and an Israeli police officer.

Kuntar is quite simply a terrorist and a murderer who committed a terrible atrocity on Israeli soil. Those prisoners held in Israeli jails captured during Israel’s stay in southern Lebanon are, likewise, held for terrorist offences and due to the inherent risk that they will return to their previous activities.

FURTHER READING AND ANALYSIS

Israel’s next war has begun, Yossi Klein Halevi, New Republic

The Nation of Hezbollah, Megan K. Stack and Rania Abouzeid, LA Times

Necessary Steps for Israel, Michael Oren, Washington Post

Israeli crisis is a smokescreen for Iran’s nuclear ambitions, Con Coughlin, Daily Telegraph

States of Terror, Editorial, Wall Street Journal

Terror as Statecraft, Editorial, Chicago Tribune

Mideast Madness, Editorial, Houston Chronicle


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