Terrorisme: Sur la « divine victoire » du Hezbollah… (« Divine victory », eh… ?)

Divine_victory_2Un autre regard sur ce que, 600 de ses meilleurs combattants (sur quelques milliers ?), 80% de ses missiles de moyenne et longue portée hors d’état de nuire et son chef terré dans les caves d’une ambassade iranienne après, nos médias persistent à appeler la… « divine victoire » du « Parti de Dieu »!

EDITO: Le Hezbollah a t-il vraiment gagné ? Le Hezbollah a subi de lourdes pertes et n’a pas gagné. «Politiquement et militairement, le Hezbollah ne peut désormais plus faire ce qu’il veut au Liban ».

Shimon Peres le numéro deux du gouvernement israélien, a estimé que «le Hezbollah ne finit pas en grand héros, mais la queue basse. A mon avis, nous avons fini en étant plus au moins vainqueurs sur le plan politique et militaire. Nous avons commencé lentement et nous sommes à plein rendement, alors que le Hezbollah a débuté très fort et maintenant, ils sont relativement épuisés».

Dans Libération : “Les établissements du Hezbollah gisent à terre. Le faubourg de Haret Hreik évoque un volcan après une éruption. Une poussière grise recouvre un paysage dévasté d’où s’élèvent, un peu partout, des fumerolles. Pas une rue sans son champ de ruines.”

Le Hezbollah a t-il vraiment gagné ?
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Par Laurent Tissot

Au-delà d’une propagande médiatique bien orchestrée par le Hezbollah et omniprésente dans les médias internationaux, nombre d’éléments mènent à analyser une forte déconvenue pour la milice chiite.

Les “victoires du Hezbollah” sont très souvent sur le front médiatique. Des techniques de propagande efficaces ont donné l’impression que cette milice avait remporté un succès foudroyant… surtout auprès des masses arabes.

En réalité la milice a bien perdu.

Le Hezbollah est à présent condamné par les Nations Unies et défait partiellement sur les plans humains, territoriaux, militaires et financiers.

Ainsi, Paris Match nous décrit l’avenir désolant du chef du Hezbollah : “L’immeuble qui abrite le domicile de Hassan Nasrallah et celui du QG du parti de Dieu sont pulvérisés. Al-Manar, la télévision du hezbollah, subit le même sort. Traqué comme Saddam Hussein en 2003 à Bagdad par les avions américains, Hassan Nasrallah se terre pour échapper aux chasseurs israéliens”.

Les rapports israéliens nous rassurent sur ce qu’il reste de l’arsenal du hezbollah et sur sa capacité à infliger des dégats : le ministre israélien de l’Intérieur Roni Bar-On, “Le potentiel du Hezbollah en termes de roquettes de longue portée a été réduit pratiquement à zéro”.

“Nous avons un avantage diplomatique car le Hezbollah est désormais sous la loupe des instances internationales. Le cadre juridique international se resserre sur Hassan Nasrallah», le chef de la milice chiite, a déclaré M. Palmor (porte-parole) ”.
• Sur le plan humain, la milice chiite a perdu de très nombreux combattants. Initialement fort de quelques milliers de combattants, le Hezbollah a été “très fortement touché” selon Tsahal.
• Sur le plan international, la résolution 1701 des Nations Unies reconnaît clairement la responsabilité du Hezbollah à l’origine du conflit :

“The Security Council, expressing its utmost concern at the continuing escalation of hostilities in Lebanon and in Israel since Hezbollah’s attack on Israel on 12 July 2006, which has already caused hundreds of deaths and injuries on both sides”

Selon Ehud Olmert, “la situation stratégique à la frontière Nord d’Israël signe une victoire de fait pour Tsahal”, malgré une opinion publique israélienne reprochant à Ehud Olmert de s’être arrêté en chemin.

• Sur le plan territorial, le Hezbollah a perdu une grande partie de ses territoires et a été repoussé au-delà de la rivière Litanie.

Malgré 6 ans de préparations minutieuses depuis le retrait unilatéral israélien du Sud Liban, les réseaux de bunkers et les tapis de mines antipersonnelles et antichars n’ont finalement pas résisté à Tsahal.

Le Hezbollah perd, au moins pour le moment un “Etat dans l’Etat”.
• Sur le plan militaire, sur un arsenal original de plus de 12,000 missiles, l’essentiel a été utilisé contre Israël ou détruit par Tsahal.

Sur plus de 6000 missiles lancés par le hezbollah, seuls 3970 ont touché le sol israélien, dont 901 dans des secteurs urbains. Donc plus de 3000 missiles (>50%) ont atterris dans des secteurs isolés en campagne, et plus de 2000 (>30%) n’ont pas passé la frontière.
• Sur le plan financier, une grande partie du trésor de guerre du hezbollah a été brûlé par les intenses combats. L’ONU devra vérifier que les dons et oeuvres charitables de la communauté internationale ne soient pas partiellement détournés vers le Hezbollah.
• Quant à l’avenir de la branche politique du Hezbollah au Liban, seul l’avenir pourra nous dire ce qu’il adviendra. Les Chrétiens Libanais joueront certainement ici un rôle crucial.

On souligne en Israël que «le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, est tenu de présenter dans les 30 jours des propositions concrètes pour appliquer la résolution 1559, jusqu’ici restée lettre morte, qui exige le désarmement du Hezbollah».

Le Figaro résume bien la situation du Hezbollah :

“Le Hezbollah est «sous la loupe» des instances internationales, ce qui confère à Israël «un avantage diplomatique», a affirmé un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.

«Le cadre juridique international se resserre sur Hassan Nasrallah», le chef de la milice chiite, a-t-il déclaré. Selon lui, «la nature de Nasrallah et du Hezbollah n’a pas changé. Mais ils vont devoir respecter la résolution 1701» des Nations unies sur la cessation des hostilités.

«Israël respectera les termes de cette résolution», a assuré le porte-parole en notant que «politiquement et militairement, le Hezbollah ne peut désormais plus faire ce qu’il veut au Liban ».-

COMPLÉMENT:

Voir aussi le bilan présenté par le site, généralement bien informé, de la Mena:

Nasrallah n’a pas de quoi pavoiser. La meilleure preuve c’est qu’il doit lire ses communiqués de “victoire” terré dans l’anonymat d’un bunker… Son organisation, Le parti de Dieu, comptait 3500 hommes armés au moment où il a agressé la patrouille sur la frontière israélienne. Ces personnels se divisaient en trois groupes distincts : 750 soldats, 600 individus chargés exclusivement de lancer des roquettes et des missiles, 1200 miliciens armés sans capacité de combat et le reste en supplétifs et en hommes chargés de la coordination, de la communication, de l’administration et du commandement.

Selon Michaël Béhé, dont on se rappelle la précision des bilans qu’il avait donnés au faîte des combats, trois jours avant les autorités israéliennes et libanaises, il y aurait eu 1950 tués au Liban durant cette guerre sans nom. 350 victimes, au grand maximum, sont des civils qui n’avaient aucun lien avec les combats ; tous les autres faisaient partie du Hezbollah et des forces qui s’étaient jointes à lui. Sur les 750 combattants dignes de ce nom, entre 670 et 690 ont été soit éliminés par Tsahal, soit faits prisonniers. 350 lanceurs de projectiles islamistes sont également au nombre des victimes. De plus, il y aurait environ 800 blessés au sein des Fous de Dieu. Pas étonnant, au vu de ces chiffres, que les communiqués libanais ne comportent aucune mention des pertes intégristes…

sans compter les dégâts en matériel militaire. La ligne Maginot, construite à coups de centaines de millions de pétrodollars perses le long de la frontière israélienne, est aux mains de l’ennemi ou entièrement dynamitée. Le Hezb a perdu 28 missiles balistiques de type Zilzal (20 selon Tsahal), sur les 30 que les ayatollahs lui avaient livrés. Tous les servants de ces engins sont soit morts soit hors de combat.

Ce qui reste à l’organisation terroriste chiite ?

– Ses leaders politiques, qui ont, pour la plupart, échappé à la chasse qui leur a été donnée par le Mossad et le Khel Avir. Ceci dit, je ne connais pas de compagnie d’assurance qui se risquerait à assurer Nasrallah sur la vie.

– Environ 2000 Katiouchas, surtout celles de faible portée. Quelques centaines de roquettes plus lourdes et une quarantaine de Fager de moyenne portée. On considère, à la Ména, que le Hezbollah, en cas de reprise des hostilités, serait capable de faire encore usage de la moitié de ces armes.

Hormis ces maigres résultats, le Hezbollah a le mérite stratégique – c’est sans doute ce que son chef appelle une victoire stratégique – de continuer d’exister et de jouir du soutien de la majorité de la population chiite libanaise. Le Parti de Dieu n’a pas été rayé de la carte, comme le prophétisait Olmert, même s’il est devenu itinérant, après que toutes ses bases de commandement au Liban aient été pulvérisées. De plus, on ne distingue pas de forces armées présentes au Liban, qui possèderaient l’intention ou la capacité de compléter le désarmement de la milice intégriste. Ceci présente assurément le risque de la voir se réarmer à courte ou moyenne échéance.

Ca va pas à la tête (info # 011608/6)
Par Jean Tsadik

© Metula News Agency

One Response to Terrorisme: Sur la « divine victoire » du Hezbollah… (« Divine victory », eh… ?)

  1. […] une fois la paix revenue et comme après la guerre du Liban d’il y a deux ans contre le Hezbollah, se précipiter pour chanter la prétendue victoire du Hamas pour avoir seulement tenu au prix, sur […]

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