Football: Zidane qui n’a jamais rien dit …

FrancealgrieCe mouvement de liesse en fin de match n’est pas grave en soi. Roger Lemerre (ancien entraîneur des Bleus)

Malgré quelques jets de bouteilles en plastique, les forces de l’ordre restaient stoïques. La ministre de la jeunesse et des sports, Marie-George Buffet, à l’initiative de la rencontre était copieusement sifflée. Jusqu’alors, seuls les sifflets couvrant la Marseillaise avaient terni l’ambiance. Le Monde
Zidane qui n’a jamais rien dit lorsque ceux qui se réclament de lui en agitant le drapeau algérien agressent le public qui croyait en Zidane comme porte drapeau de la France généreuse, accueillante, Zidane qui ne défendait que sa réputation… LSA Oulahbib

Excellent commentaire de notre ami LSA Oulahbib de resiliencetv.

D’ailleurs, on devrait pouvoir dire ça d’une bonne partie de la “communauté” immigrée ou assimilés en général …

Comme ce Thuram (voir ci-dessous) qui s’était permis de soi-disant remettre Sarkozy à sa place pour défendre… l’indéfendable comportement de jeunes qui avaient brûlé les crèches et écoles de leurs quartiers!

Oui, même si le parcours final des Bleus avait été aussi brillant qu’inespéré (personnellement, en jeu pur, je préférais les bleus italiens) la France de Chirak (mais aussi finalement de Zidane) ne méritait pas vraiment cette 2e étoile.

De fait, tout montrait ces derniers jours que cette victoire trop annoncée risquait sérieusement de servir à nouveau de prétexte au ripou qu’on traine à notre tête depuis 11 ans pour repartir pour un an comme si de rien n’était …

Alors je dois reconnaitre que je ne suis pas mécontent de cette 2e place parce que c’est à la fois une vraie réussite et peut-être une chance pour notre pays de revenir un peu sur lui-même et commencer à voir enfin… les choses en face?

Incompréhensible
LSA Oulahbib
resileincetv

Même si Zidane fut insulté (Materazzi aurait sorti « nique ta mère bougnoule « ), il est clair que nous n’étions pas dans une cour d’école et qu’il fallait prendre sur soi, quitte à rêgler ses comptes (en cessant de jouer et en s’adressant à l’arbitre) ou alors en allant voir Materazzi après.

Zidane s’est cru dans les quartiers nord de Marseille où un différend se dissout à coup de boule. Zidane a quitté la partie sur un coup de tête, oubliant le ballon, et ces millions de gens qui croient encore au Droit du sol, au Creuset républicain, lui n’a vu rien d’autre que son orgueil blessé, excusé à bout de bras par un Chirac exsangue alors que c’était le moment pour expliquer qu’un leader n’a pas le droit à l’erreur ou alors il s’en va (mais Chirac est-il parti le 29 mai ?…).

Zidane qui n’a jamais rien dit lorsque ceux qui se réclament de lui en agitant le drapeau algérien agressent le public qui croyait en Zidane comme porte drapeau de la France généreuse, accueillante (quoi qu’en pense Bouteflika qui cherche un bouc émissaire pour les quarante quatre ans de misère que sa clique a imposé au peuple algérien depuis 1962), Zidane qui ne défendait que sa réputation… C’est triste de partir ainsi, sur un formidable gâchis. Et pendant ce temps on se bat sur les Champs Elysées…le champ d’honneur des héros grecs…l’avenue des espoirs brisés…, celle de la République désormais sans tête….

Voir aussi:

Le match France-Algérie de la réconciliation reste à jouer
76e minute, des spectateurs envahissent la pelouse du Stade de France…
Le Monde
Etienne Labrunie
09.10.01

Et puis, il y eut cette 76e minute. Une dizaine de supporteurs algériens, vite suivis d’une bonne centaine de jeunes, envahissaient le terrain et mettaient fin à la rencontre de football qui, pour la première fois, opposait la France à l’Algérie, samedi 6 octobre au Stade de France. Stupeur et consternation : les perturbateurs prenaient à défaut des stadiers dépassés et privaient d’un final digne une rencontre historique placée sous le signe de la réconciliation. Les joueurs des deux équipes quittaient la pelouse, des CRS faisaient leur entrée dans l’enceinte et se positionnaient devant les deux virages.

Malgré quelques jets de bouteilles en plastique, les forces de l’ordre restaient stoïques. Dix minutes plus tard, depuis la tribune officielle, Claude Simonet, président de la fédération française, prenait la parole : « Ne gâchez pas la fête, rentrez chez vous dans le calme et l’amitié. » La ministre de la jeunesse et des sports, Marie-George Buffet, à l’initiative de la rencontre, lui succédait : « Respectez ce match, respectez la joie. » Elle était copieusement sifflée. Claude Simonet reprenait le micro : « L’arbitre est le seul maître du terrain et on ne peut pas reprendre le match. Gardons le bon souvenir de ce qui s’est passé jusqu’à présent. » L’équipe de France menait 4-1 et la rencontre était définitivement interrompue.

Dans les couloirs du Stade de France, la tristesse prévalait. Le sélectionneur national Rabah Madjer s’exprimait le premier : « Je suis désolé, sincèrement triste. Mes joueurs sont abattus, choqués, tout comme moi. » Plus tard, l’ancien joueur du FC Porto dénonçait, plus amer : « Je pense que ces gens étaient visiblement bien préparés pour perturber ce match. »

Côté français, à l’instar de Claude Simonet, on ne souhaitait retenir que le côté positif de la rencontre. « La réconciliation à travers le sport est en marche, il ne faut retenir que ce petit bout de bonheur qui a duré 76 minutes. Ce mouvement de liesse en fin de match n’est pas grave en soi », affirmait l’entraîneur des Bleus, Roger Lemerre.

Le capitaine Marcel Desailly était plus choqué : « La fête est gâchée, on est déçu. Au lieu de mettre les choses à plat, on a le sentiment qu’on va se poser des questions et que cette rencontre va être sujet à débat. » Il avouait : « Avant la rencontre, on a essayé de minimiser les choses en modérant notre discours mais le groupe était nerveux. Oui, on avait peur. »

Mohamed Ghouli, ambassadeur de l’Algérie en France, abondait dans le sens du capitaine tricolore : « Ce match qui se déroulait dans une atmosphère magnifique a été victime de sa propre densité passionnelle. » Pourtant, durant une heure et quart, la fête annoncée eut bien lieu. Le Stade de France, totalement acquis aux Algériens, avait rarement été le théâtre d’une telle ferveur.

Aux milliers de drapeaux algériens s’ajoutaient ceux de la Tunisie et du Maroc. A l’annonce des équipes, Zinedine Zidane, trait d’union de cette rencontre, recevait une ovation énorme. « One, two, three, Algérie », scandait le Stade de France. Le but inscrit par Djamel Belmadi (45e), alors que l’équipe d’Algérie était menée 3-0, faisait se lever le public comme un seul homme.

Jusqu’alors, seuls les sifflets couvrant la Marseillaise avaient terni l’ambiance. « Je n’ai plus une écharpe de l’Algérie mais beaucoup de françaises », faisait remarquer un vendeur sur le parvis du stade. Reste ce goût d’inachevé. Rabah Madjer, dépité, n’émettait qu’un seul souhait : « On aimerait recevoir la France en Algérie. Ils auront un superbe accueil et je vous promets qu’il n’y aura pas d’incident. »

Voir enfin:

LA CRISE DANS LES BANLIEUES
RÉACTION
« L’agressivité n’est jamais gratuite », juge Lilian Thuram
Bruno Caussé
Le Monde
10.11.05

Lilian Thuram, membre du Haut Conseil à l’intégration et défenseur central de l’équipe de France de football, s’est exprimé sur le problème des banlieues, mardi 8 novembre, à Fort-de-France (Martinique), à la veille de la rencontre amicale entre la France et le Costa Rica. Il a parlé avec « colère » de la situation sociale . « Culturellement, je suis proche des banlieues, j’y ai grandi, j’y ai vécu », a expliqué le joueur. « Les jeunes deviennent agressifs, mais l’agressivité n’est jamais gratuite, a-t-il lancé. Les plus dangereux, ce ne sont pas eux. »

Il a stigmatisé le thème de « la sécurité » : « C’est un mot fédérateur, mais le débat politique mérite autre chose : comment vivre ensemble, comment donner du travail, comment créer des emplois, voilà les vraies questions. » Lilian Thuram a dit son refus de « montrer les jeunes du doigt », de « mettre les gens dans des cases » : « Parler sans cesse des banlieues sans apporter de solutions et expulser les sans-papiers, pour moi ce n’est pas la France (…). Quand quelqu’un dit : Il faut nettoyer au Kärcher – il ne sait peut-être pas ce qu’il dit, Sarkozy -, je le prends pour moi. »

L’état actuel de la société française vous inquiète ?
Oui, car j’ai le sentiment qu’elle s’américanise, dans le mauvais
sens du terme. Les ghettos se forment, les riches vivent d’un côté, les
pauvres entre eux, les communautés se replient sur elles.

UN BLEU DES BANLIEUES Le temps des victoires « black-blanc-beur » est bien terminé. Un des héros du Mondial 1998 retrouve aujourd’hui une France « minée » par le communautarisme. Lucide et inquiet

Lilian Thuram : « Ouvrez les ghettos ! »
le Monde
25.03.06

En novembre 2005, les émeutes dans les banlieues vous ont fait réagir. Aujourd’hui, ce sont les étudiants qui expriment leur colère. Comprenez-vous ce mouvement ?

Jeunes de banlieues défavorisées et étudiants mieux insérés socialement ont un point commun : ils veulent un avenir. Malheureusement, ce qu’on leur propose, c’est la précarité.

Dans les banlieues, les jeunes dénoncent le racisme. Les élites françaises sont-elles responsables d’une radicalisation de la société ?

Les mots ont un sens. Lorsqu’un philosophe respectable comme Alain Finkielkraut déclare que l’équipe de France de football fait rigoler toute l’Europe parce que, aujourd’hui, elle est « black, black, black », cela signifie-t-il que les Noirs ne sont donc pas français ? Si vous êtes d’origine russe, italienne ou polonaise, vous êtes un Français parfaitement intégré. Mais moi qui suis antillais et français depuis une éternité, est-ce que je reste un non-Français à cause de la couleur de ma peau ?

Oui, les mots ont un sens, et Nicolas Sarkozy, lorsqu’il emploie certains termes, porte une responsabilité dans la crispation de notre société. Comme si certaines idées clairement identifiées à l’extrême droite il y a quelques années avaient été récupérées et devenaient aujourd’hui « normales »…

Lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour de l’élection présidentielle, on m’a appris la nouvelle par téléphone de Guadeloupe. J’ai cru à une mauvaise blague. Le lendemain, mes coéquipiers de la Juventus Turin se sont moqués de la France, pays des droits de l’homme ! Ce jour-là, j’ai eu honte…

L’état actuel de la société française vous inquiète ?

Oui, car j’ai le sentiment qu’elle s’américanise, dans le mauvais sens du terme. Les ghettos se forment, les riches vivent d’un côté, les pauvres entre eux, les communautés se replient sur elles. Il faut savoir quelle France on veut dans l’avenir : un pays au sein duquel l’identité nationale est partagée par toutes les couches sociales, ou un pays divisé et miné par les intérêts communautaires. Je trouve que l’on entend un peu trop le terme de minorités, et j’aimerais qu’il disparaisse du vocabulaire des politiques ! Tout le monde devrait avoir la même visibilité dans cette société et les mêmes droits. Mais pour que les gens s’identifient à ce pays, il faut agir, éduquer, ouvrir les ghettos. On n’en prend pas le chemin…

Lorsque vous étiez enfant, dans votre cité, près de Fontainebleau, la situation n’était-elle pas déjà bloquée ?

Il existait un mélange social au sein de la cité qui semble avoir disparu. De ce point de vue, la situation s’est nettement dégradée depuis une quinzaine d’années. Au lieu de favoriser cette ghettoïsation, les responsables devraient tout mettre en oeuvre pour tisser des liens entre Français, quelles que soient leurs origines.

Les politiques sont coupables, car leurs discours prônent la séparation et favorisent le communautarisme. Chacun dans son coin, voilà la réalité.

Trouvez-vous normal que l’on ait besoin de voter une loi afin que certaines catégories de citoyens français aient accès à une visibilité médiatique ?

On ne doit pas mettre un Noir à la télévision pour séduire ou calmer les Noirs de ce pays, mais tout simplement parce que la France d’aujourd’hui, dans sa diversité, est aussi noire !

Comment faire évoluer les mentalités ?

Par l’éducation. Il faut mettre de gros moyens matériels et humains pour éduquer toutes les couches sociales de ce pays. A long terme, l’éducation est plus efficace qu’une loi votée dans la précipitation. Encore une fois, quelle France veut-on ? Les responsables politiques n’ont pas de vision à long terme, ils naviguent à vue. Il faut briser l’équation immigration égale danger.

Qui a permis à la France de se sortir de deux guerres mondiales, puis de se reconstruire ? L’immigration noire, maghrébine, italienne, portugaise ou polonaise est source de richesses pour ce pays. Il faut combattre le racisme latent que les discours de certaines personnalités ont hélas tendance à réveiller ! Lorsqu’un membre de l’Académie française parle de polygamie, cette personne a-t-elle conscience d’envoyer un message extrêmement négatif, qui ne fait que conforter le racisme ambiant ? Lorsqu’Alain Finkielkraut explique que le problème des banlieues est avant tout un problème ethnique et religieux, il ne fait que réveiller lui aussi le racisme latent qui existe depuis toujours dans la société française.

Vous évoluez depuis dix ans dans un championnat italien gangrené par les actes de racisme. Comment le vivez-vous ?

Lorsque je suis arrivé à Parme, en 1996, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. Mais, petit à petit, j’ai eu, en tant que joueur noir, des problèmes avec certains tifosis qui hurlaient des insultes racistes. Puis il y a eu une accalmie.

Mais, depuis quelques années, le phénomène a repris de l’ampleur. Ce n’est pas un hasard si les responsables de la fédération internationale [FIFA] ont décidé, il y a quelques jours, de prendre des mesures officielles pour sanctionner beaucoup plus sévèrement les actes de racisme dans les stades.

La situation en Italie est préoccupante, et je ne fais pas de distinction entre le salut fasciste adressé par Paolo di Canio [un joueur de la Lazio Rome] à ses supporteurs et les cris de singe entendus dans certaines tribunes. Cela est grave. Tout comme est incompréhensible la mansuétude des autorités internationales envers Luis Aragones, le sélectionneur de l’équipe espagnole, qui, il y a quelques mois, a traité Thierry Henry de « Noir de merde ».

Propos recueillis par Alain Constant (Turin, envoyé spécial)

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