Islam: Un loup totalitaire déguisé en agneau religieux (A totalitarian wolf in religious sheep’s clothing)

Muslimssflag_1Jamais, au grand jamais, la paix n’a été sauvée par le désir hystérique de survivre à n’importe quel prix. Le slogan « plutôt rouge que mort » n’est qu’une piètre ineptie. Ceux qui le suivraient seraient et rouges et morts. Boukovsky 1982
Dans de nombreux pays musulmans, le néo-islam s’est affiché comme un mouvement politique et ne peut plus tromper les foules. En Occident, en revanche, il est parvenu à amener une partie des médias, des gouvernements et du monde universitaire à ne pas le considérer comme un mouvement politique, ce qu’il est, mais comme l’expression de l’islam en tant que religion. [Ainsi], la plus grande partie de la propagande du néo-islam, y compris les livres, les journaux, les vidéos et les DVD, n’est pas produite dans un pays musulman mais en Europe occidentale, aux Etats-Unis et au Canada. [De même], certains des accoutrements les plus extravagants du néo-islam ne peuvent se voir qu’en Occident, jamais dans un pays musulman. Taheri

Comme leurs prédecesseurs des régimes soviétiques, les nouveaux dissidents des régimes musulmans qui tentent d’avertir les Occidentaux du danger islamiste ont beaucoup de mal à se faire entendre. Les bonnes consciences occidentales n’ont, comme leurs parents avant eux dans les années 80, que les mots de tolérance et de paix à la bouche et ne trouvent pas de mots assez durs pour fustiger les rares chefs d’Etat comme George Bush ou Tony Blair qui tentent de faire face à ce nouveau totalitarisme venu cette fois d’Orient.

Pourtant, ce n’est pas les avertissements qui manquent, depuis les attentats de New-York-Washington, Madrid et Londres jusqu’aux actuelles tentatives de l’Iran de se doter du feu nucléaire, doublé des discours de plus en plus belliqueux de son président (dont, excusez du peu, un projet de « solution finale » pour Israël !).

D’où l’intérêt de cette récente tribune de l’ancien journaliste iranien Amir Taheri qui dénonce justement  la supercherie d’un totalitarisme d’autant plus pernicieux et efficace, dans le monde universitaire ou les diasporas musulmanes en Occident, qu’il se déguise en… religion de tolérance, de paix et d’amour.

 

L’ISLAM DOIT REDEVENIR UNE RELIGION
Amir Taheri
Le Temps, Genève
3 mars, 2006
Le néo-islam est un mouvement politique déguisé en religion qui utilise des techniques développées par des idéologies totalitaires comme le fascisme et le communisme.

Amir Taheri, Journaliste iranien

«Dieu? Eh bien quoi?» a demandé le cheikh en fronçant les sourcils. Nous nous trouvions dans une mosquée de Londres et discutions des sermons qu’il prononce lors des assemblées de fidèles le vendredi. Je lui ai demandé pourquoi Dieu ne figurait presque jamais ou alors, dans le meilleur des cas, ne faisait qu’une brève apparition dans des sermons portant presque exclusivement sur des problèmes politiques. Pour le cheikh, ce qui importait était «les souffrances de nos frères sous occupation». En d’autres termes: dans notre islam, on ne s’occupe pas de Dieu, mais de la Palestine, du Cachemire et de l’Irak!

Nous avons là une religion sans théologie, un loup laïc déguisé en agneau religieux. Comment ce néo-islam, un mouvement politique qui se fait passer pour une religion, est-il né, et comment ceux qui connaissent mal l’islam peuvent-ils le distinguer de la foi dominante?

Utiliser l’islam pour véhiculer des ambitions politiques n’est pas nouveau. Les Omeyyades l’ont fait après la mort du Prophète pour installer une loi dynastique. Trois des quatre califes qui ont succédé à Mahomet ont été assassinés dans le cadre de jeux de pouvoir politique présentés comme des conflits religieux. Revenons un peu en arrière: au XIXe siècle, un aventurier persan du nom de Jamaleddin Assadabadi se déguisa en Afghan, afin de cacher ses origines chiites, et partit se construire une carrière dans la province ottomane, majoritairement sunnite, d’Egypte. Bien que franc-maçon, Jamal, qui se surnommait lui-même Sayyed Gamal, comprit que le seul moyen d’acquérir du pouvoir parmi les musulmans était d’en appeler à leurs sentiments religieux. Il se transforma donc en érudit islamiste, se laissa pousser une barbe impressionnante et se coiffa d’un immense turban noir pour souligner l’affirmation selon laquelle il descendait du Prophète. Jamal et son ami et partenaire en affaires Mirza Malkam Khan, un Arménien qui déclarait s’être converti à l’islam, lancèrent l’idée d’une «Renaissance islamique» (An-Nahda) et encouragèrent le concept de «gouvernement islamique parfait» sous un «despote éclairé». […] Les campagnes de Sayyed Gamal et Mirza Malkam produisirent le mouvement salafiste à la fin du XIXe siècle, dont le partisan le plus connu fut le Syrien Rashid Rada. Le terme vient de l’expression «aslaf al-salehin» (les nobles ancêtres) et évoque l’espoir de réanimer «l’islam pur des premiers jours sous Mahomet».

Brièvement résumé, le mouvement salafiste donna naissance aux Frères musulmans (Ikhwan al-Moslemeen), dirigés par Hassan al-Banna en Egypte (1922), et à sa version chiite iranienne, les Fedayin de l’islam, dirigés par Mohamed Navab-Safavi (1941). Dans les années 1940, le mouvement produisit également deux enfants illégitimes. Le premier était un hybride de marxisme et d’islam concocté par un journaliste pakistanais, Abul-Ala al-Maudoodi, qui se considérait lui-même comme «le Lénine de l’islam». L’autre était un mélange de nazisme et d’islam défendu par le mufti palestinien Haj Amin al-Hussaini et un fauteur de troubles irakien d’origine iranienne, Rashid Ali al-Gilani.

Tous ces mouvements apparurent à une époque où la théologie islamique avait cessé d’exister de façon significative. Le dernier théologien islamique éminent avait été Mohamed-Hussein Khashif al-Ghitaa en Irak au XIXe siècle. De plus, la philosophie islamique était aussi morte et enterrée sous les régimes despotiques successifs, le dernier philosophe musulman digne de ce nom étant Mulla Sadra (1571-1635) de Shiraz.

Des années 1930 aux années 1960, les descendants du salafisme, à la fois dans les pays arabes et en Iran, organisèrent des opérations terroristes qui causèrent des centaines de victimes, surtout des politiciens, des universitaires, des juges et des journalistes, mais ils ne réussirent à conquérir le pouvoir nulle part. La raison de leur échec fut que la plupart des nations musulmanes étaient alors séduites par les idéologies occidentales comme le nationalisme, le socialisme et le communisme. Dans les années 1970, nombre de ces idéologies occidentales avaient perdu leur lustre. La faillite du communisme était manifeste en Union soviétique. Le nationalisme avait conduit plusieurs pays musulmans, notamment l’Egypte de Nasser, à des défaites humiliantes. En Occident même, les idéologies libérales étaient défiées tandis que s’étendait la gangrène du multiculturalisme et son exigence d’égalité pour toutes les cultures.

Le vide idéologique ainsi créé dans le monde musulman fut partiellement comblé par le mouvement salafiste et ses différentes versions. En 1979 il accéda au pouvoir en Iran avec un mollah à peine instruit du nom de Ruhallah Khomeini. Dans les années 1980, il gagna le Pakistan par l’intermédiaire d’un groupe d’officiers de l’armée connus comme «les généraux du Coran». En 1992 il faillit s’emparer du pouvoir en Algérie avec le Front islamique du salut (FIS). En 1995 il s’imposa à Kaboul sous la bannière des talibans. Plus récemment, il a gagné les élections en Cisjordanie et à Gaza avec le Hamas. Le salafisme a pourtant remporté ses plus grands succès dans les démocraties occidentales, où l’émergence de grandes communautés musulmanes au cours des dernières décennies a créé un espace dans lequel le néo-islam peut prospérer. Ce nouvel espace est d’une importance cruciale pour deux raisons.

Tout d’abord, il permet au salafisme de promouvoir ses idées et de recruter des militants librement, ce qui est impossible dans la plupart des pays musulmans, où les dictateurs locaux ne toléreraient pas la moindre brèche dans leur contrôle de l’espace public. Les Frères musulmans en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, par exemple, peuvent dire et faire des choses qui leur sont interdites dans leur pays d’origine, l’Egypte. C’est pourquoi la plus grande partie de la propagande du néo-islam, y compris les livres, les journaux, les vidéos et les DVD, n’est pas produite dans un pays musulman mais en Europe occidentale, aux Etats-Unis et au Canada. L’argent, ainsi que le vernis pseudo-religieux, vient des Etats arabes riches en pétrole, de l’Iran, du Pakistan et de l’Egypte.

Deuxièmement, les musulmans vivant en Occident n’ont pas une expérience de première main de l’intolérance et de la terreur que le néo-islam a pratiquées dans les pays musulmans pendant des décennies. […]

Soucieux de contrôler ses adeptes à l’intérieur des démocraties occidentales, le néo-islam utilise les techniques développées par d’autres idéologies totalitaires, notamment le fascisme et le communisme. Sa première mesure a été d’encourager un apartheid visuel pour distinguer ses partisans du reste de la société. Les accessoires utilisés sont, pour les hommes, la barbe, le refus de porter des cravates, des vêtements comme des t-shirts descendant jusqu’aux genoux, des pantalons amples, un couvre-chef, une écharpe palestinienne à carreaux, et des sandales ou des chaussures sans lacets. Les vêtements ne doivent jamais être colorés car le blanc et le noir sont les nuances préférées du néo-islam. Le néo-islamiste portera toujours sur lui un «komboloï» (sorte de chapelet) ainsi qu’un «miswak» (sorte de cure-dent en bois) supposé avoir eu les faveurs du Prophète. […]

Pour les femmes, le choix de vêtements est encore plus limité. Elles sont obligées de couvrir leurs cheveux car, disent les néo-islamistes, ils dégagent un rayonnement invisible qui rend les hommes fous. Les femmes doivent également éviter les couleurs vives, même si le vert était la couleur du clan de Mahomet, les Bani-Hashim. […]

Inutile de préciser que seule une petite minorité des quelque 1,2 milliard de musulmans du monde applique cet apartheid visuel recommandé par le néo-islam. Certains des accoutrements les plus extravagants du néo-islam ne peuvent se voir qu’en Occident, jamais dans un pays musulman. […]

Une fois l’apartheid visuel réussi, de la même façon que Lénine, Hitler et Mao exigeaient que leurs partisans portent des uniformes caractéristiques, le néo-islamiste passe à la seconde phase de son projet qui consiste à annihiler le cerveau de ses adeptes, et ce en les persuadant qu’il n’y a qu’une réponse islamique unique à toutes les questions posées jusqu’ici et qui se poseront à l’avenir. […] L’idée étant, comme le croyait Maudoodi, que l’islam a été envoyé par Dieu pour transformer les hommes en robots obéissant aux règles divines telles qu’énoncées par les cheikhs. Maudoodi affirme que lorsque Dieu a créé l’homme il a soumis l’existence biologique de sa créature à des «lois indiscutables». Par exemple, si un homme a soif la loi divine le force à boire. L’erreur que Dieu a commise, selon Maudoodi, c’est de ne pas appliquer la même règle à l’existence spirituelle, politique et culturelle de l’homme. Conscient de Son erreur, Dieu a envoyé Mahomet prêcher l’islam, qui procure les «lois indiscutables» nécessaires aux aspects non matériels de la vie de l’homme.

Le néo-islam poursuit sa culture de l’apartheid en divisant le monde en deux: l’islam et le non-islam. […] Il affirme qu’il suffit d’être musulman pour avoir toujours raison contre les non-musulmans. Mais ce n’est pas ainsi que Mahomet a enseigné l’islam. Sa biographie est truffée d’exemples où il a tranché contre un musulman dans une dispute avec un non musulman. Pour lui, le monde était divisé entre «juste» et «faux», entre «bien» et «mal», et non entre islam et non-islam. […]

La tentative du néo-islam de détruire les libertés individuelles est une menace aussi importante pour l’islam que l’Inquisition l’a été pour le christianisme. En prônant le martyr comme but suprême pour les musulmans et en claironnant «le conflit des civilisations», le néo-islam est aussi un danger pour la paix mondiale et la législation internationale. Pour se protéger, l’islam a besoin de réanimer sa théologie en mettant l’accent sur la divinité. Autrement dit, l’islam doit redevenir une religion.

Cela ne signifie pas que les musulmans devraient se tenir à l’écart de la politique ou ne pas se sentir concernés par la Palestine, l’Irak et le Cachemire ou tout autre cause politique qui pourrait les intéresser. Cela signifie qu’ils devraient reconnaître que ces causes-là, tout comme d’autres semblables, sont politiques et non pas religieuses. Personne n’empêche les musulmans de pratiquer leur foi en Palestine ou au Cachemire. Ces conflits portent sur le territoire, les frontières, l’existence d’un Etat, pas sur la foi.

Le néo-islam est une forme de fascisme, d’où le terme d’islamofascisme. Ses premières victimes sont musulmanes, tant dans les pays à majorité musulmane qu’en Occident. Dans de nombreux pays musulmans, le néo-islam s’est affiché comme un mouvement politique et ne peut plus tromper les foules. En Occident, en revanche, il est parvenu à amener une partie des médias, des gouvernements et du monde universitaire à ne pas le considérer comme un mouvement politique, ce qu’il est, mais comme l’expression de l’islam en tant que religion. Il est temps de mettre un terme à cette supercherie et de reconnaître le néo-islam, dans ses nombreuses variantes, comme un phénomène politique. Le néo-islam a le même droit que tout autre parti dans une démocratie à opérer sur le terrain politique. Mais il n’a pas le droit de prétendre être une religion alors qu’il ne l’est pas.

Traduit de l’anglais par Pilar Salgado

Voir aussi:

Néo-islam : L’islam pris en otage

Amir Taheri

New York Post

12 février 2006

Texte original anglais: « Hijacking Islam ».

Traduction française : Menahem Macina

– « Dieu ? Quel est votre problème à son sujet ? », questionna le cheikh en fronçant les sourcils.

Nous étions dans une mosquée de Londres, discutant des sermons que prononce le cheikh pour les fidèles, le vendredi. Je lui avais demandé pourquoi Dieu ne figurait pas (ou avait, tout au plus, un rôle secondaire) dans des sermons qui se concentraient presque exclusivement sur des questions politiques.

L’important, pour le cheikh, c’étaient « les souffrances de nos frères soumis à l’occupation ». En d’autres termes : dans notre islam, nous ne nous occupons pas de Dieu, mais de la Palestine, du Cachemire et de l’Iraq.

Nous sommes donc ici face à une religion sans théologie, un loup laïque déguisé en brebis religieuse.

Comment est né ce néo-islam – mouvement politique déguisé en religion -, et comment ceux qui connaissent peu de choses en matière d’islam, peuvent-ils le distinguer de la foi de la majorité des fidèles ?

L’utilisation de l’islam comme vecteur d’ambitions politiques n’est pas chose nouvelle. Les Omeyyades y ont eu recours, après la mort du Prophète, pour instaurer un pouvoir dynastique. Trois des quatre califes qui succédèrent à Mahomet furent assassinés dans le contexte de joutes politiques pour le pouvoir, présentées comme des controverses religieuses.

Transportons-nous jusqu’au XIXe siècle et à l’aventurier perse, Jamaleddin Assadabadi, qui se déguisait en Afghan pour dissimuler son origine shiite, et entreprit de faire carrière dans la terre, à majorité sunnite, d’Egypte. Bien que franc-maçon, Jamal (qui se surnommait lui-même Sayyed Gamal) parvint à la conclusion que le seul moyen d’accéder au pouvoir, chez les musulmans, était d’en appeler à leurs sentiments religieux. Aussi, se transforma-t-il en érudit islamique : il se laissa pousser une barbe imposante et arbora un énorme turban noir, pour souligner sa prétention d’être un descendant du Prophète.

Son partenaire était Mirza Malkam Khan, un Arménien qui affirmait s’être converti à l’islam. Ensemble, ils lancèrent l’idée d’une « Renaissance islamique » (An-Nahda) et promurent l’idée d’un « gouvernement islamique parfait », sous l’autorité d’un « despote éclairé ».

Malkam avait un slogan d’un cynisme sans égal : « Dites aux musulmans que quelque chose est dans le Coran et ils mourront pour vous ».

L’astuce réussit, parce que l’immense majorité des musulmans ne connaissaient pas l’arabe, et que ceux qui maîtrisaient cette langue avaient autant de difficulté à lire le Coran qu’un lecteur de langue anglaise à lire Chaucer.

Par la suite, les campagnes de Sayyed Gamal et de Mirza Malkam produisirent le mouvement salafiste. Le mot Salafi vient de l’expression aslaf al-salehin (les vénérables ancêtres) et évoque l’espoir de redonner vie au « pur islam des premiers temps de l’époque de Mahomet ».

Le mouvement salafiste donna naissance à l’organisation des Frères Musulmans (Ikhwan al-Moslemeen), dirigée, en Egypte, par Hassan al-Banna (1928), ainsi qu’à une version iranienne shiite, les Feddayin de l’Islam, dirigés par Muhammad Navab-Safavi (1941).

Dans les années 40, le mouvement produisit deux autres rejetons. Le premier était un croisement de marxisme et d’islam, concocté par un journaliste pakistanais, Abul-Ala al-Maudoodi, qui se considérait comme « le Lénine de l’islam ». L’autre était un croisement de nazisme et d’islam, soutenu par le mufti palestinien, Haj Amin al-Hussaini, et Rashid al-Gilani, un provocateur d’origine iranienne.

Des années 30 jusqu’aux années 60, les rejetons du salafisme organisèrent des opérations terroristes et tuèrent des centaines de personnes, mais ils ne purent prendre le pouvoir nulle part. Par contre, la plupart des nations musulmanes furent séduites par des idéologies occidentales, tels le nationalisme, le socialisme et le communisme. Cependant, la plupart de ces idéologies perdirent leur lustre aux alentours des années 1970, et des versions variées du mouvement salafiste commencèrent à remplir l’espace laissé libre.

En 1979, le salafisme conquit le pouvoir en Iran, sous l’égide d’un mollah à demi-illettré, du nom de Ruhallah Khomeini. Dans les années 80, le mouvement domina le Pakistan par l’intermédiaire d’un groupe d’officiers connus comme « les Généraux du Coran ». En 1992, il faillit s’emparer du pouvoir en Algérie par l’entremise du Front du Salut Islamique (FIS). En 1995, il prit le pouvoir à Kaboul sous la bannière des Taliban. Plus récemment, il a remporté les élections en Cisjordanie et à Gaza, sous le label du Hamas.

Toutefois, le salafisme a remporté ses plus grands succès en Occident, où l’émergence d’amples communautés de musulmans a créé un espace dans lequel le néo-islam peut prospérer.

Ce nouvel espace est d’importance cruciale, pour deux raisons :

– Il permet au salafisme de promouvoir ses idées et de recruter des militants en toute liberté – chose impossible dans la plupart des pays musulmans, où les despotes locaux ne tolèrent aucun empiètement sur leur contrôle de l’espace public.

– Des musulmans vivant en Occident n’ont pas l’expérience vécue de l’intolérance et de la terreur que le néo-islam a fait régner dans les pays musulmans durant des décennies. Ils voient, au contraire, dans l’islam, un élément de leur identité et, bien qu’ils fréquentent rarement la mosquée, ils considèrent les militants néo-islamistes comme des gens qui se donnent du mal pour eux.

Attentif à contrôler son électorat dans les démocraties occidentales, le néo-islam, dans ses différentes versions, recourt aux tactiques développées par d’autres idéologies totalitaires, notamment le fascisme et le communisme.

Sa première initiative a consisté à favoriser un apartheid visuel, pour distinguer ses adhérents du reste de la société, de la même manière que Lénine, Hitler et Mao, qui voulaient que leurs partisans portent des uniformes spécifiques.

Pour les hommes, les marques distinctives sont la barbe, les vêtements khaksari (matériels), tels shalwar (pantalons) bouffants et araqchin (tissu couvrant la tête), un foulard palestinien à carreaux et des sandales, ou des chaussures sans lacets. Les vêtements ne doivent jamais être de couleurs vives (quoique le vert soit la couleur de la tribu de Mahomet, les Bani-Haschim) ; le noir et le blanc sont les tons préférés du néo-islam. Le néo-islamiste portera toujours aussi un chapelet, et un miswak (cure-dents en bois), dont on dit qu’il avait la faveur du Prophète.

Pour ce qui est des femmes, le choix vestimentaire est encore plus limité. Elles sont obligées de couvrir leur chevelure et également d’éviter les couleurs vives. Les néo-islamistes plus radicaux prônent la burqa, une espèce de draperie qui enveloppe de la tête aux pieds, avec deux trous pour les yeux.

Seule une petite minorité de Musulmans dans le monde pratiquent cet apartheid visuel. Il n’y a qu’en Occident que l’on peut voir certains des accessoires les plus humiliants du néo-islam, on ne les voit jamais dans un pays musulman.

Une fois l’apartheid visuel réalisé, le néo-islamisme passe à la Phase Deux : décerveler ses adeptes. Cela se fait en les persuadant qu’il y a une seule et unique réponse islamique à toutes les questions, déjà posées ou à venir.

Et d’où provient la réponse ? Des « usines à fatwas », mises en place par des cheikhs (souvent à demi illettrés) dans certains pays musulmans. Aux questions les plus complexes, depuis les intérêts bancaires jusqu’à l’euthanasie, il n’est pas rare que l’on réponde tout simplement par « oui » ou par « non ».

L’idée est, comme le croyait Maudoodi (le « Lénine de l’Islam »), que l’islam a été donné par Dieu pour transformer les hommes en robots qui obéissent aux règles édictées par les cheikhs.

Maudoodi affirmait que, quand Dieu créa l’homme, Il soumit l’existence biologique de Ses créatures à des « lois indiscutables ». Mais Dieu omit d’appliquer les mêmes règles à l’existence spirituelle, politique et culturelle de l’homme. Réalisant Son erreur, Dieu envoya Mahomet pour prêcher l’islam, qui fournit les « lois indiscutables » nécessaires aux aspects non matériels de l’existence humaine.

Le néo-islam poursuit sa culture d’apartheid en divisant la terre en « islam » et « non-islam ».

Tous les lieux où les musulmans sont majoritaires sont désignés comme étant Dar al-Islam (Maison de la Paix) ; le reste du monde est Dar al-Harb (Maison de la Guerre), ou, au mieux, Dar al-Da’awah (Maison de la Propagation [de la doctrine de l’islam]). Le postulat est qu’il suffit d’être un musulman pour avoir toujours raison contre des non-musulmans.

Ce n’est pas ainsi que Mahomet enseignait l’islam. Sa biographie est remplie d’exemples où il rendit une décision défavorable à un musulman dans une contestation avec un non-musulman. Pour lui, le monde était divisé entre la « justice » et l’ »injustice », et entre le « bien » et le « mal », non entre islam et non-islam. On peut être un musulman et faire des choses répréhensibles, tandis qu’un non-musulman peut aussi être un agent du bien.

Que le néo-islam ne soit pas à l’aise avec la conception d’une religion comme quelque chose à faire avec Dieu, n’a rien de surprenant. En islam, la seule vérité absolue et immuable est l’Unicité de Dieu. Aussi, ce que propose le Coran ou la shariah (sans parler des cheiks autoproclamés) est quelque chose de relatif, et ouvert à des interprétations sans fin.

La tentative néo-islamique de détruire les libertés individuelles constitue une menace aussi grande pour l’islam que celle que représenta l’Inquisition pour le christianisme.

Pour se protéger, l’islam doit faire revivre sa théologie en mettant l’accent sur le divin (marefat al-ilayah). En d’autres termes, l’islam doit re-devenir une religion.

Cela ne signifie pas que les musulmans doivent rester à l’écart de la politique, ou négliger la Palestine, l’Iraq, le Cachemire, ou toute autre cause. Ce que cela signifie, c’est qu’ils doivent reconnaître que ces causes et d’autres similaires sont des causes politiques, et non pas religieuses. Personne n’empêche les musulmans de pratiquer leur foi en Palestine ou au Cachemire. Ces conflits ont pour objet un territoire, des frontières, la souveraineté, pas la foi.

Le néo-islam est une forme de fascisme, d’où l’expression islamofascisme. Ses premières victimes sont les musulmans, tant dans les pays à majorité musulmane qu’en Occident.

Dans de nombreux pays musulmans, le néo-islam a été présenté comme un mouvement politique et il ne peut plus tromper les masses. En Occident, par contre, il a réussi à duper certains secteurs des médias, des gouvernements et des milieux universitaires, en sorte qu’ils le traitent non comme le mouvement politique qu’il est, mais comme l’expression de l’islam en tant que religion.

Il est temps d’en finir avec cette tromperie et d’identifier le néo-islam, dans ses multiples manifestations, comme un phénomène politique.

Le néo-islam a autant le droit d’agir dans le champ politique que tout autre parti dans une démocratie. Mais il n’a pas le droit de prétendre être une religion. Il n’en est pas une.

Voir encore:

NEO-ISLAM
Amir Taheri
Benador Associates
February 17, 2006

 » God ? What about him? » the sheikh asked with a frown. We were in a mosque in London, discussing sermons the sheikh delivers at Friday congregations. I had asked why God almost never featured in, or, at best, was assigned a cameo role, in sermons that focused almost exclusively on political issues.

For the sheikh what mattered was « the sufferings of our brethren under occupation. » In other words: In our Islam, we don’t do God, we do Palestine, Kashmir and Iraq!

Here we had a religion without a theology, a secular wolf disguised as a religious lamb.

How did this neo-Islam, a political movement masquerading as religion, come into being, and how could those who know little about Islam distinguish it from the mainstream of the faith?

Using Islam as a vehicle for political ambitions is not new.

The Umayyads used it after the Prophet’s death to set up a dynastic rule. Three of the four Caliphs who succeeded Muhammad were assassinated in the context of political power games presented as religious disputes.

Fast forward, to more recent times:

In the 19th century a Persian adventurer named Jamaleddin Assadabadi, disguised himself as an Afghan, so as to hide his Shiite origin, and set out to build a career in the mostly Sunni Ottoman province of Egypt. Although a Freemason, Jamal, who dubbed himself Sayyed Gamal, concluded that the only way to win power among Muslims was by appealing to their religious sentiments. So, he transformed himself into an Islamic scholar, grew an impressive beard and donned a huge black turban to underline his claim of being a descendant of the Prophet.

Jamal and his friend and business partner Mirza Malkam Khan, an Armenian who claimed to have converted to Islam, launched the idea of an  » Islamic Renaissance » (An-Nahda) and promoted the concept of a  » perfect Islamic government » under  » an enlightened despot ». They used parts of the proceeds of the monopoly they had won to organise the lottery business in Persia for publishing a newspaper to promote their ideas.

Malkam had a slogan of unrivaled cynicism: « Tell the Muslims something is in the Koran and they will die for you! »

The trick would work because the overwhelming majority of Muslims did not know Arabic and those who did had at least as much difficulty understanding the Koran as an English speaker reading Chaucer or Macaulay.

Fast forward: the campaigns of Sayyed Gamal and Mirza Malkam produce the Salafi movement in the latter part of the 19th century with the Syrian Rashid Rada as its best-known advocate. The term is taken from the phrase  » aslaf al-salehin » (the worthy ancestors) and evokes the hope of reviving  » the pure Islam of the early days under Muhammad. »

Fast forward again: the Salafi movement gives birth to the Muslim Brotherhood ( Ikhwan al-Moslemeen) led by Hassan al-Banna in Egypt (1928) and its Iranian Shiite version the Fedayeen of Islam led by Muhammad Navab-Safavi (1941). In the 1940s the movement also produced two other illegitimate children. The first was a hybrid of Marxism and Islam concocted by a Pakistani journalist Abul-Ala al-Maudoodi who saw himself as « the Lenin of Islam ». The other was a hybrid of Nazism and Islam promoted by the Palestinian Mufti Haj Amin al-Hussaini and an Iraqi firebrand of Iranian origin Rashid ‘Ali al-Gilani.

All these movements appeared at a time that Islamic theology had ceased to exist in any meaningful way. The last Islamic theologian of note had been Muhammad-Hussein Khashif al-Ghitaa in Iraq in the 19th century. At the same time Islamic philosophy had also died and buried under successive despotic regimes, the last Muslim philosopher of note being Mulla Sadra of Shiraz.

The offspring of Salafism, both in Arab countries and Iran, organised terrorist operations killing hundreds of people, mostly politicians, academics, judges, and journalists between the 1930s and the 1960s but failed to win power anywhere. The reason for their failure was that most Muslim nations at the time were seduced by Western ideologies such as nationalism, socialism, and communism.

By the 1970s most of those Western ideologies had lost their luster. The bankruptcy of Communism was manifest in the Soviet Union. Nationalism had led several Muslim nations, notably Egypt under Gamal Abdul-Nasser, to humiliating defeats. The liberal ideologies were being mocked inside the West itself as the gangrene of multiculturalism and its claim of equality for all cultures spread.

The ideological vacuum thus created in the Muslim world was partly filled by the Salafi movement in its different versions.

In 1979 it won power in Iran under a semi-literate mullah named Ruhallah Khomeini. In the 1980s it dominated Pakistan through a group of army officers known as « the Koran Generals ». In 1992 it came close to seizing power in Algeria through the Front for Islamic Salvation (FIS). In 1995 it seized power in Kabul under the banner of the Taliban. Most recently it won the election in the West Bank and Gaza under the label of Hamas.

The biggest successes of salafism, however, have been scored in Western democracies where the emergence of large communities of Muslims in recent decades has created a space in which neo-Islam, or Ta’aslum (Islamism) as a new Arab term has it, can thrive.

This new space is of crucial importance for two reasons.

First, it allows Salafism to promote its ideas and recruit militants in freedom, something not possible in most Muslim countries where local despots would not tolerate any breach of their control of the public space. The Muslim Brotherhood in Britain or the United States, for example, can say and do things that it cannot in its birthplace of Egypt. This is why the bulk of the propaganda of neo-Islam, including books, journals , videos and DVDs, is produced not in any Muslim country but in Western Europe the United States and Canada. The money, together with the pseudo-religious veneer, comes from oil-rich Arab states, Iran, Pakistan and Egypt.

Secondly, Muslims living in the West have no first hand experience of the intolerance and terror that neo-Islam has practiced in Muslim countries for decades. Muslims in the West see Islam as an element of their identity and, although seldom going to the mosque, consider neo-Islamist militants as « lobbyists » for themselves.

Anxious to control its constituency within Western democracies, neo-Islam, in its different versions, uses tactics developed by other totalitarian ideologies , notably Fascism and Communism.

Its first move was to promote a visual apartheid to distinguish its adherents from the rest of society.

The prop used are, for men, beards, a refusal to wear neckties, the « khaksari » (earthly) garments such as shirts falling down to the knees, baggy « shalwar »( pantaloons), an « araqchin » (cloth cap), a checkered Palestinian neck-scarf, and sandals or shoes without shoelaces. The garments must never come in bright colours as black and white are the preferred shades of neo-Islam. The neo-Islamist will also always carry a worry bead plus a  » miswak » ( a wooden tooth pick) which is supposed to have been favoured by the Prophet.

A semiological study of the types of beards grown by neo-Islam is impossible in a short essay. Suffice it to note that every version of neo-Islam grows its own specific type of beard and regards other types of facial hair as « deviations ».

When it comes to women the choice of clothes is even more limited. Women are obliged to cover their hair because, so the neo-Islamists claim, it emanates an invisible radiation that drives men wild. Women must also avoid bright colours, although green was the colour of Muhammad’s clan, the Bani-Hashim. The ideal neo-Islamist woman is draped all in black, although pro-Taliban groups prefer the all-white headgear. The more radical neo-Islamists promote the burqaa, a drape that covers the woman head to toe, allowing only two holes for the eyes. Other neo-Islamist schools want women to wear masks that makes them look like female versions of Batman.

Needless to say a small minority of the world’s estimated 1.2 billion Muslims follow the visual apartheid promoted by neo-Islam. Some of the most outrageous disguises of neo-Islam can be seen only in the West, never in any Muslim country. In New York and Paris you see neo-Islamist disguises that you will never find in Cairo or Tehran.

Once visual apartheid is achieved, in the same way that Lenin, Hitler and Mao wanted their followers to wear specific uniforms, the neo-Islamist moves to the second phase of his project which is to make his followers brain-dead.

This is done by persuading them that there is a unique Islamic answer to all questions ever asked or to be asked in the future.

And where does the answer come from? It comes from  » fatwa » factories set up by often semi-literate sheikhs in some Muslim countries.

The largest such factory operates in Qatar, the smallest of Arab states, where a group funded by the European Union produces an annual brochure under the heading  » Allowed and Forbidden » (Yajuz wa La-Yajuz). The most complex issues of life, ranging from charging interests by banks to euthanasia, are answered often with a simple « yes » or  » no. »

The idea is that, as Maudoodi believed, Islam was sent by God to turn men into robots obeying divine rules as spelled out by the sheikhs.

Maudoodi claims that when God created man he made his creature’s biological existence subject to  » unquestionable laws. » For example, if a man is thirsty the divine law forces him to drink. The mistake that God made, according to Maudoodi, was not to apply the same rule to man’s spiritual, political and cultural existence. Realising His mistake, God sent Muhammad to preach Islam which provides the « unquestionable laws » needed for the non-material aspects of man’s existence.

Neo-Islam pursues its culture of apartheid by dividing the world into  » Islam » and  » un-Islam ».

Wherever Muslims are a majority is designated as Dar al-Islam( House of Peace) with the rest of the world seen as Dar al-Harb (House of War) or, at best, Dar al-Da’awah ( House of Propagation). The claim is that it is enough to be a Muslim to be always right against non-Muslims. But this is not how Muhammad taught Islam. His biography is full of instances in which he ruled against a Muslim in a dispute with a non-Muslim. For him the world was divided between  » right » and  » wrong », and  » good » and  » evil », not Islam and non-Islam. In other words it is possible to be a Muslim and do evil things while a non-Muslim could also be an agent of good.

That neo-Islam is uncomfortable with the idea of religion as something to do with God is not surprising. In Islam the only absolute and immutable truth is the Oneness of God. Thus what the Koran or the shariah, not to mention self-appointed sheikhs, offer are relative matters, open to infinite interpretations.

Because Islam does not have a church structure and clergy it is exceptionally vulnerable to being hijacked for fraudulent purposes. In Egypt and Pakistan so-called « Islamic investment funds » have defrauded millions of people, often the poorest, of their meager savings in the name of bogus Koranic interpretations. In the West, neo-Islamic charlatans have persuaded thousands of men and women to use their bodies as advertising spaces for a sick ideology in the name of religion.

Neo-Islam’s attempt at destroying individual freedoms is as much a threat to Islam as the Inquisition was to Christianity.

By preaching martyrdom as the highest goal for Muslims, and beating the drums of « the clash of civilisations », neo-Islam is also a threat to world peace and international law.

To protect itself, Islam needs to revive its theology with emphasis on divinity (marefat al-ilahiyah). In other words, Islam must re-become a religion.

This does not mean that Muslims should stay out of politics or not be concerned about Palestine, Iraq, and Kashmir or any other political cause they might be interested in.

What it means is that they should recognise that those and other similar causes are political, not religious, ones. Nobody prevents Muslims from practicing their faith in Palestine or Kashmir. These disputes are about territory, borders, and statehood, not about faith.

Neo-Islam is a form of fascism, hence the term Islamofascism. Its primary victims are Muslims, both in Muslim majority countries and in the West. In many Muslim countries neo-Islam has been exposed as a political movement and can no longer deceive the masses. In the West, however, it is has managed to dupe part of the media, government, and academia into treating it not as a political movement, which it is, but as the expression of Islam as a religion.

It is time to end that deception and recognise neo-Islam in its many manifestations as a political phenomenon. Neo-Islam has as much right to operate in the political field as any other party in a democracy. What it does not have the right to do is to pretend to be a religion, which it is not.

A shorter version of this article appeared in the New York Post on February 12, 2006

This item is available on the Benador Associates website, at http://www.benadorassociates.com/article/19333

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :