F for fake (Retour sur la supercherie du « Cauchemar de Darwin »)

Darwins_nightmareRetour, à l’occasion d’une énième « mise au point » du Monde, sur la supercherie du « Cauchemar de Darwin », « documentaire » (il vaudrait mieux parler, comme dans l’excellente analyse d’Olivier Barlet*, d’un formidable numéro « d’auto-flagellation » sur le thème particulièrement mobilisateur du « tous pourris », d’où son extraordinaire succès dans les festivals: Toronto, Venise, Angers, les Césars, etc.) de l’émule autrichien de Michael Moore, Hubert Sauper, qui, sous couvert d’information, nous balance son idéologie anti-moderniste ou anti-occidentale comme une prétendue “accumulation de faits irréfutables”.

« Mise au point » d’ailleurs où, derrière le pudique (ou délibérément ambigu ?) terme de « malentendu » (terme qu’affectionne aussi particulièrement un certain correspondant d’une chaine publique française !) et des références très lettrées à Flaherty ou Bunuel, on semble essentiellement s’occuper à… noyer le poisson.

Alors qu’il serait grand temps que le petit monde de nos documentaristes ainsi que les critiques qui les font connaitre commencent à se rendre compte de tout le mal que les Moore ou Sauper comme les Karel ou Laurent sont en train de faire à leur jusqu’ici honorable profession.

Mais, plus sérieusement car au cœur-même de la source d’informations quotidiennes de millions de nos compatriotes, la profession journalistique (à l’instar des Leconte ou Jeambar) a-t-elle réagi autrement quand a enfin été démasqué… le faussaire de France 2 Charles Enderlin ?

Parce qu’aussi intéressantes que puissent être des remarques sur le cinéma comme « état non pas du monde, mais du rapport du cinéaste au monde qu’il filme ». Ou le rappel des limites d’un Flaherty qui en 1921 « réinvente une réalité dont beaucoup d’éléments étaient au mieux caducs au moment du tournage, au pire inexistants”. Ou celles d’un Buñuel qui en 1933, « prenait le parti de « priver cette population de son humanité » en « rejetant délibérément de son film des
manifestations de solidarité communautaire, de tendresse, d’enthousiasme ». Il n’en reste pas moins que, « jouant sur les seules apparences du reportage et du témoignage filmé »,
Sauper « avance ‘masqué’ dans un film-essai qui se présente comme une enquête froide ».

Et surtout, nos deux journalistes sont bien obligés de reconnaitre que le réalisateur autrichien a clairement menti (pardon: « pose des problèmes » !) sur au moins trois points décisifs: la destination – non-humaine – des carcasses des poissons (contrairement aux têtes, rejetées par les Européens mais… particulièrement prisées par la population locale !), les résultats – bénéfiques – de cette activité économique sur la population et le lien – non prouvé mais littéralement « affiché » – entre le transport du poisson et le trafic d’armes …

D’où l’évidente mauvaise foi, alors qu’on s’est explicitement placé sur le terrain de l’information, d’une défense revendiquant la subjectivité de l’artiste. Défense qui rappelle étrangement (même si son auteur n’officie pas sur une chaine publique depuis… 81 !) une autre argumentation bien connue:

« pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie »

« lors de la réalisation de son reportage, un journaliste doit-il tenir compte de l’usage malhonnête qui pourrait en être fait ultérieurement par des groupes extrémistes ? Une telle exigence signifierait une inacceptable censure à la source. »

Charles Enderlin, Le Figaro, 27/2/05, http://www.laveritemaintenant.org/Members/webmestre/Document.2005-01-27.2421

« Darwin » ou le malentendu documentaire
Michel Guerrin et Jacques Mandelbaum
LE MONDE
27.03.06

Le Cauchemar de Darwin, film documentaire de l’Autrichien Hubert Sauper, a été un des jolis succès de l’année écoulée, avec 400 000 entrées dans les salles de cinéma. Gros succès critique aussi pour un film qui a obtenu un César et était nominé aux Oscars d’Hollywood. Il est vrai que le sujet est attractif : montrer comment l’Occident a tout à gagner de l’exploitation de la perche du Nil, poisson du lac Victoria, en Tanzanie, et comment la région où a été tourné ce film a tout à perdre. Rarement un film aurait aussi bien démonté, à travers un fait local, les mécanismes de la mondialisation et ses méfaits. De nombreux spectateurs ont vu se vérifier sur grand écran des convictions profondes quant à la façon dont l’Occident capitaliste exploite ce qu’on appelait le tiers-monde. Sans doute est-ce la raison principale du succès du Cauchemar de Darwin, film qui existe en DVD et que l’on pourra revoir, le 24 avril, sur Arte.
C’est aussi parce que le film a beaucoup été vu qu’il est devenu objet de polémique. Dans la revue Les Temps Modernes (n° 635-636), l’historien François Garçon a contesté la réalité des faits alignés par Hubert Sauper. Pour se faire sa propre idée, un journaliste du Monde s’est rendu dans la ville de Mwanza, au bord du lac Victoria, où a eu lieu le tournage (Le Monde du 4 mars). Selon notre enquête, trois aspects du film posent problème : après dépeçage des poissons, les carcasses ne seraient pas destinées à la population, mais aux poulets et aux porcs ; cette activité économique participe au développement de la population locale et non à son appauvrissement ; il n’y a aucune preuve du lien entre le transport du poisson et un trafic d’armes, alors que ce lien, suggéré dans le film, figure sur l’affiche et en assurait la promotion.

Pour sa défense, Sauper livre un argument brandi par un nombre toujours plus grand de documentaristes : « Mon langage à moi, c’est celui du cinéma. » Sous-entendu, il faut juger le film au regard de la subjectivité du cinéaste. Sauper a sans doute intellectuellement raison. Pratiquement, ce n’est pas si simple. Le Cauchemar de Darwin participe de l’arrivée en force, dans les salles de cinéma, de films qui se situent sur le terrain de l’actualité et de l’information, plongent dans la politique et l’économie mondiales, décortiquent les pouvoirs en place. On pense aux brûlots de Michael Moore, notamment Fahrenheit 9/11, qui dresse un portrait au vitriol de George Bush, ou Mondovino, de Jonathan Nossiter, qui montre comment la mondialisation formate les exploitations viticoles. Leurs auteurs se placent sur le terrain du journalisme avec d’autres armes, au sens où ils réalisent des enquêtes à charge au nom d’une profession de foi explicite. Mais on voit bien l’ambiguïté de tels sujets au cinéma : si les partis pris ne sont pas clairement affichés sur l’écran, ce qui se veut un projet allégorique peut être perçu par le public comme une accumulation de faits irréfutables.

On peut reprocher à Hubert Sauper d’avoir insuffisamment manifesté cette subjectivité en jouant sur les seules apparences du reportage et du témoignage filmé. Sauper avance « masqué » dans un film-essai qui se présente comme une enquête froide. C’est sans doute ce qui a nourri la polémique, à l’inverse d’autres films qui pourraient être pareillement contestés. Au-delà, les grands cinéastes dits documentaires – Jean Rouch, Johan Van der Keuken, Robert Kramer ou Raymond Depardon – ont montré que le cinéma moderne a depuis longtemps fait sauter les frontières qui séparent le documentaire de la fiction, affirmant ici et là la primauté subjective du point de vue et l’ambiguïté qui lui est liée.

MANIPULATION OU TRAHISON

L’histoire du documentaire, en raison du malentendu qu’entraîne sa définition, est semée de polémiques récurrentes sur la manipulation ou la trahison de la réalité. Rappelons deux exemples célèbres. Nanouk l’Esquimau (1921), de Robert Flaherty, filme la vie quotidienne de Nanouk et de sa famille dans le Grand Nord canadien. La sortie triomphale du film suscite une polémique sur la « mise en scène » de Flaherty, qui aurait reconstitué une scène de pêche fictive, bricolé un igloo aux dimensions extravagantes, fait fabriquer des vêtements pour les acteurs du film, réinventé une réalité dont beaucoup d’éléments étaient au mieux caducs au moment du tournage, au pire inexistants. Cette approche idéologique du réalisateur, sous laquelle se devine une attitude hostile aux mutations de la modernité, n’empêche pas le film d’être un magnifique témoignage, fût-il reconstitué et idéalisé, sur la culture traditionnelle des esquimaux.

Terre sans pain (1933), de Luis Buñuel, est un film de dénonciation poussé au noir de la misère de la population des Hurdes, en Espagne. Le cinéaste et critique Jean-Louis Comolli découvre, en 1996, les rushes du film à la Cinémathèque de Toulouse. Révélant ce que Buñuel a délibérément rejeté (des manifestations de solidarité communautaire, de tendresse, d’enthousiasme…), ceux-ci confirment le parti pris de mise en scène du film, qui consiste à priver cette population de son humanité : « Choix de montage, c’est-à-dire choix de sens et de ton. Noircir le trait. Forcer la note. (…) La misère est insupportable ? Que son spectacle lui aussi le devienne. Car la question du cinéaste est toujours la même (c’est une question politique) : comment réveiller en chaque spectateur les doutes et les crises que le spectacle a plutôt pour mission de refouler et d’éloigner ? », écrit Comolli.

Ces exemples montrent que tout film est d’abord une représentation, une reconstitution de la réalité, un état non pas du monde, mais du rapport du cinéaste au monde qu’il filme, rapport qui ne s’exempte pas des enjeux idéologiques, moraux et culturels de l’époque dans laquelle le film s’inscrit. Tout film, y compris documentaire, est à ce titre un mensonge dont on peut au mieux espérer qu’il soit mis au service d’une vérité.

Avec le film de Sauper, on n’est pas loin du principe selon lequel « la fin justifie les moyens ». Pour certains, ceux qui considèrent sa lecture de l’usine de poissons comme un contresens ou que tout n’est pas à jeter au lac dans la mondialisation, le cinéaste est allé trop loin. D’autres salueront la tonalité allégorique et pamphlétaire d’un film remarquable sur l’exploitation séculaire de l’Afrique. On entre ici dans un débat politique qui dépasse l’objet du litige. Au plan du cinéma, Johan Van der Keuken confessait avant sa mort : « Peu importe la tricherie, le fond doit être sain. » Il ajoutait : « La peste du documentaire, c’est de vouloir expliquer le monde sans cet énorme trou du doute, du non-savoir. »

Michel Guerrin et Jacques Mandelbaum
Article paru dans l’édition du 28.03.06

http://lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-754921,0.html

Voir aussi cet article du Kenya East Standard:

Tuesday December 13, 2005

Experts protest over film on Lake Victoria

By Harold Ayodo

An award-winning documentary that depicts Lake Victoria as a doomed resource has angered environmentalists.

The International Union for Conservation of Nature, Eastern Africa Regional Director, Dr Alice Kaudia, said the documentary: Darwin’s Nightmare mocked the fresh water resource.

Experts believe the film, yet to be shown in East Africa, suggests that poverty, prostitution and HIV/Aids are consequences of the greatest gains of the lake; fishing.

Over 30 million communities in Kenya, Uganda and Tanzania rely directly on the resource for their livelihood, Kaudia said.

The documentary allegedly portrays a close link between fish export and import of weapons to Africa.

Kaudia says the movie sells the ideology that Europe perpetuates war to strip Africa of its fish and other resources.

They are outraged by an alleged depiction that planes from Europe to Africa carry in weapons and fly out with fish.

They claimed the producers left out hundreds of African research advisers who could have given them a different perspective of things.

In a letter to Mille et Une Productions- the producers of the film-IUCN accused the production of misleading audiences.

« Your documentary leads audiences to believe the export of fish to Europe creates poverty in Tanzania, » Kaudia said.

Lake Victoria Fisheries Organisation executive secretary Thomas Maembe, in a letter, said fisheries have increased food security and consequently led to reduced poverty in the region.

The environmentalists said local scientists would have portrayed a balanced story to the European viewers.

The December 8 letter is addressed to Mr Hubert Sauper of the production company.

« There were better sides of the story, but the documentary preferred to confirm the stereotypical image of Europe towards Africa, » Maembe said.

He said the documentary does not depict how East Africa gains from the export of fish.

« The film suggests that poverty, prostitution, HIV/Aids and homelessness are a direct consequence of the fisheries export, » Maembe said.

The experts took issue with Darwin’s Nightmare for not showing fishing communities as benefiting from the natural resource.

http://www.eastandard.net/print/news.php?articleid=33631

Voir aussi le petit compte-rendu dans Libération de la mise en cause du film par l’historien François Garçon dans le numéro 635-636 de la revue les Temps modernes :

Extraits :

– « la perche du Nil a été introduite dans les années 50 dans le cadre d’un programme de développement de l’OCDE, et que les seuls à s’opposer à ce type de politique à l’époque se comptaient dans les rangs de l’extrême droite. »

– « Le film laisse à penser que l’intégralité du poisson file vers les pays riches. Or, selon Garçon, «74 % de ce qui est pêché dans le lac Victoria n’est pas exporté, et 40 % de ce total sera consommé sur place».

– « De même, les magazines de la BBC cadrés en gros plan où l’on voit des photos de soldats noirs portant des caisses (sous-entendu d’armes illégales livrées par les pays occidentaux) dateraient d’octobre-décembre 1997 et seraient des clichés d’une action «inscrite dans le droit international» en soutien au gouvernement du Sierra-Léonais Ahmad Tejan Kabbah, renversé par un putsch. »

– « Enfin, le film montre Mwanza comme une petite ville pourrissante. Or il s’agit de la deuxième plus grosse agglomération urbaine de Tanzanie. «Exit les contrastes sociaux intra-africains, la bourgeoise locale industrieuse, le grand parc d’automobiles, les immeubles modernes, tous signes de modernité industrielle qui contrarient la thèse ultramisérabiliste d’une Afrique scotchée au malheur, cliché conforme il est vrai à l’attente du spectateur occidental.»

Polémique sur «le Cauchemar de Darwin»

Un historien dénonce les manipulations du réalisateur Sauper.

Didier Péron

Libération
18 février 2006

http://www.liberation.fr/page.php?Article=360485

Complément: il y a bien confrmation, comme l’a rappelé Garçon sur le plateau de l’émission de France 5 « Arrêts sur images » du 30/4/06, de l’article du East African (du 2 juillet 2002) présenté dans le film et faisant référence à une saisie (temporaire) d’armes dans un avion ukrainien sur l’aéroport de Mwanza en octobre de l’année précédente, sauf que si (contrairement aux propos de Garçon) il venait bien d’Europe (Slovaquie via Israël), sa cargaison provenait surtout apparemment d’Iran (« RPG’s » iraniens, accompagnés d’équipements militaires slovaque et israélien) et que sa destination était non la Tanzanie mais l’Angola (et non l’Ouganda, comme semble le dire par erreur Garçon).

Mais surtout il semble, d »après Garçon (mais pas du journal) qu’on ait affaire là à un incident isolé et apparemment que l’arrêt à Mwanza n’était pas prévu mais la conséquence fortuite d’un… incident technique ! (ou, après Le Caire, une simple escale technique – ie. ravitallement en kérosène et repos des pilotes ?).

http://www.nationaudio.com/News/EastAfrican/01072002/Regional/Regional35.html

http://hrw.org/reports/2004/slovakia0204/3.htm

___________________

* « un étonnant phénomène d’autoflagellation pousse [le public] à se
précipiter pour voir un film dont il sait pertinemment qu’il va le
déranger et ne pourra s’en extraire. Cela participe de cette fonction
du cinéma d’un partage collectif d’émotion sur des références communes
: vu individuellement hors de ce contexte, le Cauchemar de Darwin
n’aurait pas le même effet, le téléspectateur zapperait peut-être vers
un programme moins sombre et gênant. Dans la salle de cinéma se joue
une sorte de messe où les spectateurs rejouent ensemble mais
confortablement assis leur effroi devant l’horreur du monde. Ils
peuvent ensuite se redire le choc subi, le valoriser auprès d’amis et
leur donner l’envie de le partager. Emmanuel Ethis a montré « qu’il est
rassurant d’avoir peur ensemble.» Et qu’on le fait entre gens qui
se regroupent en fonction de communes sensibilités, ici ceux qui ont
une fibre politico-humaniste. Au cinéma comme ailleurs, les
démonstrations ne convainquent souvent que les convaincus. »

http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&no=4319

Complément II: voir aussi cet excellent commentaire de Robert Marchenoir sur le blog d’Assouline:

Ce film prétend être une enquête journalistique. C’est parfaitement faux. C’est une opération militante de mauvaise foi.

Il faut entendre les questions parfaitement orientées qui sont posées à un type qui passait par là, qui n’est en rien une source qualifiée, pour lui faire dire qu’il y a du trafic d’armes dans l’air. C’est interminable, la personne interrogée ne dit rien de concret, mais ses silences sont censés peser lourd. Moins il en dit, plus nous sommes priés de trouver cela suspect.

Ce qu’il y a de plus proche d’une enquête sur le sujet, c’est la lecture à haute voix de l’article d’un journal local. Mais à aucun moment, l’auteur ne refait l’enquête, ne contacte les sources mentionnées par le journaliste africain. Recopier ses informations dans les journaux, ça c’est de la super-enquête exclusive!

Finalement, un membre d’équipage d’un avion qui transporte le poisson lui avoue avoir également transporté des armes. Tout ça pour ça! Qui vend ces armes à qui? Avec quel argent? Quel rapport — s’il y en a un — avec la vente des poissons? Tous les pays du monde achètent des armes. La France, le Luxembourg… En quoi, dans ce cas précis, ce commerce est-il répréhensible ou illégal? On n’en saura rien.

Mais le film aura suggéré que l’occident exploite l’Afrique, lui vole son poisson, puis son argent, et est responsable des guerres qui déciment le continent. C’est cela qu’il fallait comprendre, et cela suffit pleinement à l’auteur. La matérialité des faits, la vérification des informations, l’enchaînement des causes, l’analyse des rapports de force, l’établissement des responsabilités, tout cela importe peu.

La lourde responsabilité des gouvernements africains corrompus et dictatoriaux, dans le naufrage de leurs pays, n’est évoquée à aucun moment.

Même chose pour la prostitution. Le film s’étale complaisamment sur les rencontres entre pilotes d’avion et prostituées locales. Mais à qui fera-t-on croire que quelques équipages de cargos russes puissent, à eux seuls, entretenir la prostitution dans toute une région? Les prostituées qu’on voit dans le film se vendaient-elles avant le commerce du poisson? Combien sont-elles? Qui sont leurs autres clients?

Comme si la prostitution n’était pas un phénomène endémique en Afrique, comme si elle était apparue avec les Russes, comme si les hommes africains n’y avaient pas recours!

Et tout est comme ça. Pas un seul responsable interrogé (sauf ceux de l’usine à poisson). Juste des images, des impressions, des émotions, quelques constatations immédiates mises bout à bout, qui ne sont là que pour étayer des préjugés, confirmer que tous les Occidentaux sont des salauds, et tous les Africains leurs victimes exploitées.

La démarche est profondément hypocrite, parce qu’elle prétend à la révélation de faits cachés, et dès qu’on voudrait en savoir un peu plus, tout s’arrête: ah non, on n’a pas pu interroger les vrais responsables, ils n’ont pas voulu nous recevoir, puis on n’avait pas assez de temps, pas assez d’argent, et d’ailleurs nous on fait une enquête au ras des pâquerettes, on dit ce qu’on voit, vous comprenez, on est proches du peuple et des réalités, on n’est pas comme les médias officiels qui frayent avec les pouvoirs…

Effrayant mélange de naïveté et de roublardise, de bonne conscience et de désinvolture.

Et si ça se trouve, la thèse du film est en partie vraie… Mais rien dans l’oeuvre ne permet de le savoir, et tout dans la méthode permet d’en douter.

Une mauvaise action.

Rédigé par: Robert Marchenoir | 22 avr. 06 17:51:06

A comparer avec l’indigent « débat », me dit un ami blogueur (merci madimaxi), qui a suivi la diffusion du film sur Arte et encore visible ici:

Le débat

Lundi 24 avril 2006 à 22h25

Débat sur le thème du néo-colonialisme en Afrique et des effets dévastateurs de la mondialisation.

>> Regardez le débat télévisé en ligne.

cauchemar de darwin débat

Ce débat est animé par Pierre-André Boutang en compagnie du réalisateur Hubert Sauper et de Monsieur Elikia M’Bokolo, directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), congolais spécialiste en Histoire et civilisations de l’Afrique.

>> Regardez le débat télévisé en ligne.

………………………………………………………….
LE CAUCHEMAR DE DARWIN
Lundi 24 avril 2006
à 20h40
Grand format
Documentaire
Réalisé par Hubert Sauper
Production : Mille et une Productions,
Coop99 Film Produktion, Saga Films,
en association avec WDR/ARTE
………………………………………………………….

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