Islam/terrorisme: Une arme unique qu’Allah a placée entre les seules mains des croyants (Leading Islamic cleric condones suicide operations at European conference)

Plantu4_2Le terrorisme est l’équivalent en temps de paix d’un crime de guerre. (Définition légale courte de l’ONU, proposée par A.P. Schmid)
La nécessité autorise les interdits. Les opérations martyre perpétrées par les factions palestiniennes pour résister à l’occupation sioniste n’entrent en aucun cas dans le cadre du terrorisme interdit, même s’il se trouve des civils parmi les victimes. Youssouf Al-Qaradawi (président du Conseil européen de la fatwa)

Toujours dans le cadre de l’affaire des caricatures de Mohammed …

Instructif petit rappel des déclarations du célèbre ouléma qatari Youssouf Al-Qaradawi, qui, on s’en souvient, avait explicitement justifié les attentats-suicides (pardon: les « opérations de martyre ») en Israël et dans les territoires à Stockholm en juillet 2003, à l’occasion de la 11e session du Conseil européen de la fatwa qu’il préside .

Et pour mieux situer le personnage et l’influence qu’il représente dans l’islam mondial, rappelons, avec Le Monde (31/8/2004), que « cet ancien frère musulman, âgé de 77 ans et formé à l’université d’Al-Azhar, au Caire, est devenu une figure très populaire dans le monde musulman, en animant, chaque dimanche sur la chaîne Al-Jazira, une émission intitulée « La charia et la vie », dans laquelle il répond en direct aux questions posées par des téléspectateurs appelant du monde entier ».

Merci aussi au site MEMRI (The Middle East Media Research Institute) qui, depuis février 98, s’est consacré à la tâche fastidieuse mais importante de traduire régulièrement et fidèlement en neuf langues (anglais, français, allemand, espagnol, italien, russe, japonais, hébreu et turc) une large sélection de ce qui se dit ou se publie dans les médias du Moyen-Orient.

Al-Qaradhawi favorable aux opérations suicides lors d’une conférence islamique en Suède

La première semaine de juillet 2003, le Conseil européen pour les fatwas et la recherche s’est réuni à Stockholm pour sa 11ème session. Le Conseil, créé en 1997 au Royaume-Uni et composé essentiellement de savants de l’islam issus du monde arabe, est présidé par le cheikh Youssef Al-Qaradhawi, l’un des dignitaires religieux les plus influents de l’islam sunnite. Le Conseil se réunit à intervalles réguliers de quelques mois dans des villes européennes, pour aborder certains sujets et émettre des fatwas à l’attention des communautés musulmanes d’Occident. Face aux désaccords manifestés sur la question des attentats suicides au cours de la précédente session (à Dublin en janvier 2003), le Conseil avait décidé d’étudier le problème avant de se retrouver en juillet.

Bien que la conférence de Stockholm ait eu pour thème «Le djihad et son absence de lien au terrorisme», les cinq rapports présentés se focalisaient sur les différentes définitions du mot «terrorisme». Al-Sharq Al-Awsat , [1] quotidien édité en arabe à Londres, évoque longuement le résultat des recherches du cheikh Al-Qaradhawi, qui répertorie les différentes formes de terrorisme comme suit: le terrorisme colonialiste, le terrorisme d’Etat, le terrorisme international, le terrorisme politique, le terrorisme permis par la loi islamique, celui qui ne l’est pas, et les opérations martyre. Voici quelques extraits du rapport:

Les opérations martyre

«Les opérations martyre perpétrées par les factions palestiniennes pour résister à l’occupation sioniste n’entrent en aucun cas dans le cadre du terrorisme interdit, même s’il se trouve des civils parmi les victimes.

Cela pour plusieurs raisons:

En premier lieu, vu la nature colonialiste et raciste de la société israélienne qui a naturellement tendance à l’occupation et [l’usurpation], [on peut dire qu’il] s’agit bien là d’une société militaire. Tous ceux qui ont passé le cap de l’enfance, les femmes comme les hommes, sont incorporés à l’armée. Chaque Israélien est un soldat de l’armée, soit par son statut, soit parce qu’en tant que soldat de réserve, il peut être appelé à n’importe quel moment à la guerre. C’est là un fait qui n’a pas besoin d’être prouvé. Les soi-disant ‘civils’ sont des ‘soldats’ de l’armée des fils de Sion.

Deuxièmement , la société israélienne possède une caractéristique unique qui la différencie des autres sociétés: c’est une ‘société d’envahisseurs’ non originaires de la région, venus de Russie, d’Amérique, d’Europe ou de pays d’Orient pour occuper la Palestine et s’y implanter (…)

Les victimes de l’invasion ont le droit de lutter contre les envahisseurs par tous les moyens dont ils disposent afin de les chasser de leurs habitations et de les renvoyer chez eux (…) Ceci entre dans le cadre du djihad par nécessité, selon l’appellation des guides religieux, et non du djihad par choix (…) La mort d’enfants innocents au cours de ce djihad n’est pas préméditée, mais résulte des impératifs de la guerre (…) Même avec le temps, des soi-disant ‘civils’ [israéliens] ne cessent pas d’être des envahisseurs, des oppresseurs malfaisants et tyranniques (…)

Troisièmement (…), la loi islamique précise que le sang et la propriété des personnes du Dar Al-Harb [Domaine de l’impiété où la bataille pour la domination de l’islam doit être menée] ne sont pas protégés. En luttant contre les musulmans, ces personnes perdent le droit à la protection de leur sang et de leur propriété.

Quatrièmement , les guides religieux musulmans, ou du moins la plupart d’entre eux, ont établi qu’il est permis de tuer des musulmans si l’armée ennemie se cache derrière eux, se servant d’eux comme boucliers humains, les plaçant au front afin que le feu, les flèches et les lances des musulmans les atteignent en premier. Les instances religieuses ont permis de tuer ces musulmans innocents forcés de se tenir au front de l’armée ennemie (…) car autrement l’armée envahirait le pays, anéantirait sa descendance et ses récoltes. Il n’y a d’autre alternative que de sacrifier certains [de ces musulmans] pour défendre la communauté [musulmane] dans son ensemble. Ainsi, s’il est permis de tuer des musulmans innocents pour protéger la communauté dans son ensemble, il est à plus forte raison permis de tuer des non-musulmans pour libérer la terre musulmane de ses occupants et oppresseurs.

Cinquièmement , dans la guerre moderne, toute la société, toutes ses classes et tous ses groupes ethniques sont mobilisés, afin de fournir le carburant matériel et humain nécessaires à la victoire de l’Etat. Chaque citoyen doit se charger d’une fonction. Tout le front domestique – professions libérales, travailleurs et industriels – se tient derrière l’armée combattante, sans nécessairement porter les armes. C’est pourquoi les spécialistes affirment que l’entité sionisteforme en réalité une armée.

Sixièmement , il existe deux types de fatwas: les fatwas à appliquer en situation de calme ou le choix est permis, et les fatwas à appliquer en situation de détresse et de nécessité. Il est permis à un musulman, en cas de nécessité extrême, de faire ce qui lui interdit en temps de choix (…) Ainsi, l’un des guides religieux a adopté la règle qui veut que: ‘la nécessité autorise les interdits’. Nos frères en Palestine sont, sans l’ombre d’un doute, dans l’extrême nécessité de ces opérations martyre visant à repousser les usurpateurs ennemis et à semer l’horreur dans leur cœur afin qu’ils s’en aillent, qu’ils retournent d’où ils viennent (…)

Quelle arme peut atteindre l’ennemi, l’empêcher de dormir, lui ôter le sentiment de sécurité et de stabilité, si ce n’est celle de ces bombes humaines – un jeune homme ou une jeune femme qui se fait sauter au milieu de l’ennemi? Voilà une arme que l’ennemi ne possédera jamais, même si les Etats-Unis lui accordent des milliards et les armes les plus puissantes, car c’est là une arme unique, qu’Allah a placée entre les seules mains des croyants. C’est une forme de justice divine sur terre (…) C’est l’arme avec laquelle les faibles miséreux affrontent le puissant tyran (…)»

Ceux qui s’opposent aux opérations martyre et les qualifient de suicides commettent une grande erreur

«Ceux qui s’opposent aux opérations martyre et les qualifient de suicides commettent une grande erreur. Le but de l’auteur d’une opération martyre n’a rien à voir avec le but de celui qui se suicide. Quiconque considère ces deux âmes s’aperçoit de l’immense différence qui existe entre elles. [L’auteur du] suicide se tue pour se tuer, parce qu’il a échoué dans les affaires, en amour, son examen, ou quelque chose de cet ordre. Il était trop faible pour affronter la situation et à choisi de fuir la vie pour la mort.

Contrairement à lui, l’auteur d’un attentat suicide ne pense pas à lui-même. Il se sacrifie pour un but supérieur, face auquel tous les sacrifices deviennent insignifiants. Il se vend à Allah en échange du Paradis. Allah a dit: ‘Allah a acheté leurs âmes et leurs biens aux croyants parce qu’ils hériteront le Paradis.’ Alors que [l’auteur du] suicide meurt pour fuir le monde, celui qui exécute une opération martyre meurt en allant de l’avant et en attaquant. Contrairement au suicide, qui a pour seul objectif d’échapper au conflit, l’opération martyre a un but précis, qui est de réjouir Allah (…)»

[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 19 juillet 2003

http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sd&ID=SP54203

Voir aussi:

Dépêches spéciales – No. 794

Octobre 6, 2004
No.794

Les réactions à la fatwa du Cheikh Al-Qaradhawi appelant à l’enlèvement et au meurtre de civils américains en Irak

Lors d’un congrès portant sur le thème « pluralisme et islam » qui s’est déroulé fin août 2004 au Syndicat des Journalistes Egyptiens au Caire, le Cheikh Dr. Youssef Al-Qaradhawi, un chef du mouvement des Frères Musulmans et l’une des autorités les plus influentes dans les cercles islamistes, a émis une position religieuse légale autorisant l’enlèvement et le meurtre de civils américains en Irak dans le but de faire pression sur l’armée américaine pour qu’elle évacue ses troupes. Al-Qaradhawi insista sur le fait que selon lui, «tous les Américains en Irak sont des combattants, il n’y a aucune différence entre les civils et les soldats et l’on doit les combattre, dans la mesure où les civils américains sont venus en Irak pour servir l’occupation. L’enlèvement et le meurtre d’Américains en Irak est une obligation [religieuse] en vue de les pousser à quitter l’Irak immédiatement. La mutilation des cadavres est [néanmoins] interdite par l’islam». [1]

Al-Qaradhawi prenait cette position une semaine après que des dignitaires musulmans de premier plan, originaires de plusieurs pays, avaient publié une déclaration appelant au soutien des forces luttant contre la coalition en Irak. Cette déclaration était signée par 93 religieux musulmans, dont des membres influents du mouvement des Frères Musulmans, parmi eux Al-Qaradhawi, ainsi que des dirigeants du Hamas, du Jihad Islamique et du Hezbollah. [2]

Dix jours après qu’ait été exprimée la position d’Al-Qaradhawi relative à l’enlèvement et au meurtre de civils américains en Irak et après que ses propos aient déjà suscité des réactions enflammées dans le monde musulman, Al-Qaradhawi envoya un fax au bureau du quotidien Al-Hayat dans lequel il nia «tout ce qui a été dit en mon nom dans les médias au sujet du meurtre de civils américains en Irak». Selon Al-Qaradhawi, «certains organes de presse ont prétendu que j’avais publié une position légale religieuse ayant pour effet d’affirmer qu’il existe une obligation de tuer des civils américains en Irak. Ces allégations ne sont pas fondées. Je n’ai pas publié de fatwa sur cette question. Au Syndicat des Journalistes Egyptiens, il y a quelques jours, l’on m’a demandé s’il était permis de combattre l’occupation en Irak et j’ai répondu que c’était autorisé. Puis l’on m’a interrogé à propos des civils américains en Irak et j’ai simplement répondu par cette question: Y a-t-il des civils américains en Irak? Il est notoire que dans les fatwas de ce type, je n’emploie pas le terme de «meurtre» mais je préfère celui de «lutte», qui est un mot plus général que celui de «meurtre» et qui ne signifie pas nécessairement tuer. De plus, j’ai condamné les prises d’otages à plusieurs occasions dans le passé et ai exigée qu’ils soient libérés et que leurs vies ne soient pas mises en danger». [3]

A une autre occasion, Al-Qaradhawi expliqua qu’un civil en Irak est «quelqu’un qui ne prend pas part au combat et ne soutient pas les forces d’occupation. [Néanmoins, concernant] ceux qui soutiennent les occupants, leur statut est identique à ces derniers. L’occupation combat les musulmans et quiconque vient en aide à l’occupation a le même statut que l’armée». Il précisa en outre que sa position s’applique également aux civils irakiens musulmans. [4]

Il est important de souligner que préalablement à la publication de son démenti, le directeur du bureau d’Al-Qaradhawi, Isam Talima, affirma qu’Al-Qaradhawi avait effectivement émis une fatwa ayant pour effet de rendre obligatoire la lutte contre les civils américains en Irak, ceux-ci étant considérés comme des envahisseurs. [5]

Tel que cela a été mentionné ci-dessus, le décret d’Al-Qaradhawi provoqua une variété de réactions parmi des personnalités religieuses et des intellectuels musulmans; voici les plus importantes d’entre elles:

Des religieux d’Al-Azhar: Les Américains en Irak ne sont pas des civils innocents et il est en conséquence autorisé de les tuer

Certaines personnalités religieuses de l’Université d’Al-Azhar au Caire ont exprimé un soutien sans faille à la position d’Al-Qaradhawi. L’ancien doyen de la Faculté des Fondamentaux Religieux d’Al-Azhar, le Docteur Abd Al-Mu’ti Bayyoumi, a expliqué: «La loi islamique dispose qu’il est interdit de tuer des civils se tenant à distance des zones de combat, qui ne participent pas aux opérationsmilitaires et qui n’ont aucun lien avec l’occupation des terres. Néanmoins, concernant les civils prenant part aux opérations militaires, qu’il s’agisse d’approvisionner en nourriture ou de prodiguer des soins aux combattants, leur statut légal est celui de combattants qui attaquent la terre, l’honneur et la propriété, et en conséquence l’Islam n’interdit pas de les tuer». [6]

Un maître de conférences à l’Université d’Al-Azhar, le Docteur Salih Zaydan, ajoute: «Quiconque collabore avec les soldats qui attaquent la terre des musulmans, comme les civils américains qui assistent l’armée en Irak, devient lui-même un combattant par ses actions.Les musulmans sont autorisés à combattre de tels individus et à les tuer dans le but de défendre la terre, l’honneur et la propriété, et il n’existe ainsi aucune interdiction de les tuer». [7]

L’ancien sous-secrétaire du Département des Dotations Religieuses, le Cheikh Mansour Al-Rifa’i Ubeid, justifie: «Il est illogique [de penser] que les Etats-Unis envoient leurs citoyens en Irak dans l’état de guerre [actuel] sans qu’ils aient un rôle dans les opérations militaires. En conséquence, ils ne sont pas des civils, mais des combattants dont le statut [au sens de la loi religieuse] est identique à celui de combattants militaires». [8]

Le Docteur Abd Al-Azim Al-Muta’ani, un membre du Comité Suprême des Affaires Islamiques au Caire et conférencier à l’Université d’Al-Azhar, expliqua que seul un civil américain qui vivait déjà en Irak avant l’occupation n’est pas inclus dans la fatwa: « Al-Qaradhawi fonde sa fatwa selon laquelle il est permis de tuer des civils américains sur le fait qu’ils sont venus en Irak en tant qu’envahisseurs (…). Il est [normalement] interdit de s’en prendre à des civils, mais les civils et les soldats [américains] sont venus en Irak en tant que forces d’invasion. Le crime [qui est interdit] est celui d’attaquer des civils américains sur leur propre terre. Non seulement ceux qui sont armés mais également ceux qui assistent les soldats américains ont un statut identique [au sens de la loi religieuse], mis à part les civils américains qui se trouvaient déjà en Irak avant l’occupation et qui y sont restés; ils ne doivent pas être considérés comme des envahisseurs. Cependant ces derniers sont très peu nombreux en raison des relations très tendues entre Washington et Bagdad». Al-Muta’ani a également donné son opinion concernant les Arabes qui aident les Américains: «Un Arabe ou un musulman qui soutient les forces d’occupation américaines en Irak est un traître dont le statut [au sens de la loi religieuse] est identique à celui des civils américains. Il est permis de l’enlever et de le tuer, mais il est défendu de mutiler son cadavre, ceci étant interdit par la shari’a ».

Le Docteur Abd Al-Sabour Shahin, un conférencier à l’ Université du Caire, célèbre pour ses activités de propagation de l’islam, met l’accent sur le fait que tandis qu’il est permis d’enlever et de tuer des civils américains en Irak, aucun mal ne doit être fait aux journalistes européens: «Je soutiens la fatwa d’Al-Qaradhawi à cent pour cent dans la mesure où si ce n’était pour l’occupation, [les civils américains] ne viendraient pas en Irak[…]. [Néanmoins,] les non-américains, comme les reporters français et les autres européens, venus en Irak afin d’informer le monde des faits, doivent être considérés comme étant venus aider le peuple irakien et il n’y a aucune raison de leur faire du mal, la cause irakienne ayant encore besoin de leur aide». [9]

L’Ayatollah Hussein Isma’il Al-Sadr, dignitaire chiite irakien de premier plan, a critiqué la fatwa d’Al-Qaradhawi et s’est opposé à l’ingérence de religieux étrangers dans la situation en Irak: «L’Irak dispose de ses propres autorités religieuses à même de comprendre le pays et ses habitants […]. Les fatwas émises par des personnalités religieuses hors des frontières irakiennes ne sont pas basées sur une analyse exacte de l’état de la situation dans le pays». [10]

Des intellectuels musulmans progressistes s’opposent à la fatwa d’Al-Qaradhawi

Cette fatwa est un appel au meurtre général

Le Docteur Ahmad Al-Rub’i, éditorialiste pour le quotidien en langue arabe basé à Londres, Al-Sharq Al-Awsat, a écrit: «Comme si ces assassinats quotidiens ne nous suffisaient pas; nous nous réveillons en assistant aux décapitations des travailleurs népalais en Irak et nous nous couchons avec la nouvelle de la prise en otages de centaines d’enfants innocents en Russie, et dans le cours de [la journée nous entendons parler] de l’enlèvement de journalistes français et des travailleurs turcs égorgés à Bagdad. Comme si tout ceci n’était pas suffisant, apparaît ici quelqu’un sensé être un promoteur modéré de l’Islam, le Cheikh Youssef Al-Qaradhawi, publiant une position légale religieuse autorisant le meurtre de citoyens américains en Irak […]. [11]

Le Cheikh Al-Qaradhawi est comme nombre de ces cheikhs radicaux qui ne meurent généralement pas [pour une cause] et n’optent pas pour la voie du martyre. Leurs fils non plus, qui étudient pour la plupart dans les meilleures universités en occident. De telles fatwas sont lues par de jeunes musulmans exaltés tentés de se rendre en Irak pour remplir le devoir religieux prêché par le cheikh Al-Qaradhawi. Puisqu’il n’y a aucune différence entre un américain se rendant en Irak avec une organisation internationale pour aider la population en lui fournissant des soins médicaux et un soldat au combat, que pourra arrêter un jeune homme enflammé, qui respecte et croit le cheikh Al-Qaradhawi, d’aller tuer un docteur ou un employé civil des [organisations] humanitaires en Irak […] et au vu des difficultés pour rentrer en Irak, pourquoi ce jeune exalté ne devrait-il pas tuer des soldats américains dispersés à travers les pays du Golfe qui collaborent [avec les Etats-Unis] – en particulier Doha et le Koweït – car après tout, la plupart d’entre eux ont servi ou ont été employés en Irak? Et pourquoi ne devrait-il pas tuer les civils américains au Koweït ou au Qatar, étant donné que ces pays aident l’armée américaine? Et de la même manière […] n’est-il pas du devoir du jeune exalté plein de respect pour Al-Qaradhawi d’aller tuer des responsables qataris et koweïtiens qui ont rendu possible le stationnement de ces forces dans leur pays?

Ce qui distingue la folie de la raison et l’extrémisme de la modération est clair. Al-Qaradhawi, qui mène une vie de luxe et de confort à Doha, émet une fatwa pour tuer des civils américains, alors que les quatre Imams chiites qui se sont réunis dans la demeure d’Al-Sistani à Najaf et qui vivent sous occupation, lancent des appels opposés à la violence contre les forces américaines. Voilà la différence entre une pensée responsable et une pensée irresponsable, entre une pensée tournée vers la protection de la vie des gens et une pensée appelant au meurtre tout en faisant des conférences sur la modération». [12]

Dr Wael Al-Hasawi, chroniqueur du quotidien koweïtien Al-Rai Al-Aam a écrit les propos suivants: « Je ne suis pas un expert et ne publie pas de fatwas, mais je suis en droit de questionner certaines des opinions religieuses des clercs d’un point de vue réaliste par rapport à leur compatibilité avec les principes de base de l’islam. La fatwa d’Al-Qaradhawi ouvre de nouvelles portes à la justification de crimes barbares perpétrés contre des étrangers en Irak. La logique exige que ce qui s’avère vrai pour les Américains, l’est aussi pour les Anglais, les Italiens, les Japonais et autres, car ils sont des envahisseurs ou aident les envahisseurs. En outre, le mot «civil» désigne aussi les journalistes qui sont venus en Irak pour rendre compte des événements et révéler au monde entier ce qu’il se passe [sur les lieux], ainsi que les ingénieurs, les experts et les ouvriers qui sont venus avec leurs entreprises dans le but de reconstruire l’Irak et n’ont rien à voir avec la guerre (…).

La ligne qui sépare le djihad pour Allah de la dissémination de la corruption sur la terre est ténue, et le devoir des dignitaires religieux est de clarifier cet aspect au peuple et de les empêcher de mal agir et d’effectuer des actes barbares sous couvert de défendre leur pays et leur peuple (…). Un des points qu’il est temps que les dignitaires religieux examinent et réglementent est la question de la prise de civils comme cibles – femmes, enfants et hommes – même dans des pays occupés par (…) des envahisseurs tels la Palestine ou la Tchétchénie. Nous en avons assez de justifier ceci par [le fait] qu’il n’y a pas de différences entre les civils et les soldats dans un pays comme l’entité sioniste en Palestine, ou qu’un pays comme la Russie ait porté atteinte aux Musulmans en Tchétchénie et tué nombre d’entre eux (…) Il est impossible d’atteindre de hauts objectifs excepté par des moyens de même nature. Le plus grand crime qui a lieu dans notre génération est la dénaturation de l’image de l’islam (…)». [13]

Les dignitaires religieux sont loin d’être exemptés de leur part de responsabilité concernant la terreur

Une écrivaine et journaliste de Bahreïn, Sawsan Al-Sha’er réplique à la fatwa d’Al-Qaradhawi dans sa chronique du quotidien bahreïni Al-Ayyam en exposant les points suivants: « (…) Ainsi, aujourd’hui, il y a des bombes à retardement, particulièrement parmi les Arabes sunnites dispersés parmi nous, dans les pays arabes ainsi que dans le reste du monde, attendant le moment propice pour se faire exploser et tuer quiconque se trouvant à leurs côtés (comme acte de djihad) (…) Ces bombes à retardement sont nos fils, qui ont vu le jour sur notre sol et ont été éduqués par nos cheikhs et nos dignitaires religieux.

Les musulmans sont embarrassés quand ils se trouvent face aux dignitaires religieux et aux cheikhs qui admettent au travers de leur position hésitante [envers les tueries] qu’il y a encore des défenseurs de cette tendance suicidaire (djihadiste) dans nos milieux et que ceux-ci ont une influence sociale et la capacité de peser sur le statut populaire de ces cheikhs. Il y a des courtisans parmi nous, qui défendent cette tendance de kamikazes … Ils font en sorte que chaque mot qui sort de leur bouche soit ambigu (…) d’une part, ils s’efforcent de détourner l’accusation de terrorisme [dirigée à l’encontre] des musulmans, et d’autre part il prie pour le bien-être et la longévité des défenseurs de cette tendance. Ce sont les Arabes qui ont effectué toutes les dernières attaques terroristes atroces. Le fait qu’ils [les auteurs] ne fassent pas partie des rangs de nos cheikhs et nos dignitaires religieux ne prouve pas que ce groupe n’est pas rendu responsable d’extrémisme. Aussi longtemps que nous ne reconnaissons pas cette responsabilité, notre tour viendra, et celui de nos dignitaires religieux et de nos cheikhs viendra tout autant.» [14]

L’ancien directeur du quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat, Abd Al-Rahman Al-Rashed, a écrit dans un article intitulé «la triste vérité est que tous les terroristes sont musulmans»: «Ecoutez ce que le télé-coraniste, Yousef Al-Qaradhawi, a dit. Il a émis une fatwa publique permettant de tuer les Américains en Irak. Imaginez un dignitaire religieux poussant au meurtre de civils; un vieux cheikh incitant de jeunes garçons à tuer des civils alors que ses deux filles étudient sous la protection [des forces] de sécurité britannique au Royaume-uni infidèle. Comment un père comme lui peut-il regarder dans les yeux la mère du jeune [Nick] Berg dont la gorge a été tranchée parce qu’il s’était rendu en Irak pour travailler en tant qu’ingénieur à [Prometheus] Towers [Company]? Comment pouvons-nous le croire quand il nous affirme que l’islam est une religion de compassion et de tolérance alors qu’il la transforme en religion de sang (…)?

Il est clair qu’aucun honneur ne nous est rendu lorsque l’un d’entre nous détient des élèves en otage dans une école, kidnappe des journalistes, tue des civils ou fait exploser des bus, quelque soit la douleur des vengeurs. Ce sont eux qui ont dénaturé et porté atteinte à l’islam. Nous pourrons rétablir notre réputation seulement une fois que nous aurons admis le fait évident et honteux que la plupart des actes terroristes dans le monde sont perpétrés par des musulmans. Nous devons réaliser que la seule condition, pour pouvoir corriger la situation de nos jeunes qui effectuent ces opérations honteuses, est de soigner l’esprit de nos cheikhs, qui se sont reconvertis en révolutionnaires de pupitre, en envoyant les enfants des autres se battre alors qu’ils envoient leurs propres enfants dans des écoles européennes». [15]

Hussein Sanjari a écrit dans un article intitulé «Quiconque incite au terrorisme est un terroriste» dans l’hebdomadaire irakien Al-Ahali: «Cheikh Youssef Al-Qaradhawi a explicitement dit que «tuer des soldats et des civils en Irak était un devoir religieux». Cette même fatwa a été publiée par le dignitaire religieux libanais chiite, Muhammad Hussein Fadlallah. Ces deux individus et des centaines de milliers de mullahs dans toutes les terres d’Islam (…) donnent des sermons hebdomadaires encourageant les jeunes à tuer et faire couler le sang en Tchétchénie, en Irak, au Kurdistan, en Palestine, en Arabie Saoudite, en Afghanistan, en Amérique, en Europe, en Asie et dans le Pacifique. Regardez ce qu’il s’est passé avec le massacre d’enfants à Beslan et rappelez-vous bien ce dont le monde entier se souvient, que les Arabes syriens, jordaniens et yéménites se trouvaient parmi ceux qui criaient «Allah Akbar, nous sommes ici pour mourir(…)»

Les Kurdes ont raconté que l’un des kamikazes qui fut attrapé avant de réussir à se faire exploser fut questionné par ses interrogateurs: «Pourquoi aviez-vous enveloppé vos parties génitales dans tous ces bandages?» Le terroriste répondit: «On m’avait conseillé [de faire cela] pour que mes parties génitales ne soient pas endommagées lors de l’explosion et qu’elles restent intactes lorsque j’irai au paradis et serai accueilli par les vierges.

Quand les dignitaires religieux réformistes viendront-ils purifier la religion de ces idées sanguinaires ? Ils feront surface lorsque le nœud unissant la religion avec la politique sera défait. Nous devons séparer les deux, pour le bien de la religion et encore plus pour le bien de la politique (…)». [16]

Cheikh Al-Qaradhawi a dévoilé son vrai visage

Dr Abd Al-Khalik Hussein, collaborateur du site Internet progressiste Elaph a écrit: « Finalement, le Cheikh Yousef Al-Qaradhawi a dévoilé son vrai visage, le même visage que celui de tous les terroristes masqués, et s’est proclamé être une autorité religieuse et un propagandiste pour les terroristes, sans honte et sans hésitation. Ceci vient après une longue période pendant laquelle il a tenté de [nous] duper, en essayant de se faire passer pour [quelqu’un] de modéré et de religieusement tolérant.

Al-Qaradhawi a publié une fatwa [appelant] à enlever des civils américains et à les tuer de sang froid pour atteindre deux buts: «protéger le peuple irakien et élever [le statut] de l’islam, de celui des musulmans et leur rang parmi les nations! En tant qu’Irakiens, la fatwa du propagandiste du terrorisme ne nous a point surpris, car il est le guide spirituel de la chaîne de télévision qatari Al-Jazirah, que les Irakiens surnomment à juste titre «la chaîne satellite des [terroristes]masqués », et qui fournit de grands efforts jour et nuit pour encourager le terrorisme en Irak. Le parti des Frères Musulmans en Egypte a proposé d’élire Al-Qaradhawi comme dirigeant du parti. Il a refusé [l’offre], peut-être pour ne pas faire incomber au parti une quelconque responsabilité concernant la publication de ses fatwas sanguinaires et pour tirer profit de la religion d’une main libre à des fins politiques et financières, comme il apprécie tant le faire (…).

Il est curieux et déroutant qu’Al-Qaradhawi ait émis une fatwa appelant uniquement au meurtre de soldats et de civils américains en Irak, et non en Egypte, au Koweït, au Qatar ou partout ailleurs dans le monde. Al-Qaradhawi vit au Qatar dans une maison décorée luxueusement, et travaille pour la chaîne Al-Jazirah, à quelques mètres à peine de la plus grande basemilitaire américaine dans le monde, hors des Etats-Unis. D’autant plus que, le cheikh s’est rendu à Londres, la capitale de la Grande-Bretagne, le plus grand allié des Etats-Unis, qui apporta son assistance à l’«occupation» de l’Irak […].

Une question pour l’assoiffé de sang, le dignitaire religieux épris de terrorisme Al-Qaradhawi et ses partisans parmi les cheikhs [de l’université] d’Al-Azhar: Savez-vous ce qui est dans l’intérêt du peuple irakien mieux que les Irakiens eux-mêmes[…]? Qui vous a autorisé à vous imposer comme les gardiens du peuple irakien? A traversles actes des religieux assoiffés de sang qui publient des fatwas terroristes et à travers leur soutien pour les terroristes, ils ont transformé la pensée islamique en une idéologie de terreur et ce faisant ils ont causé le plus grand tort aux musulmans, à l’islam, à la pensée islamique et à la réputation de l’islam dans le monde […]». [17]

Il n’y a aucune réelle modération dans l’Islam politique

Said Al-Hamad, un chroniqueur pour le quotidien Bahreïni, Al-Ayyam, écrit: «Il est possible que la fatwa du « cheik » et de « l’Imam des modérés », cheik Youssef Al-Qaradhawi, qui a permis et a même commandé l’enlèvement et le massacre des civils américains en Irak […] dissipera la confusion […] que nous, les intellectuels progressistes, avons au sujet de la «modération» et de «l’extrémisme» parmi les courants de l’islam politique, dans toutes ses diverses formes et gradations. Il est possible que cette fatwa, publiée par le «cheikh de la modération et du compromis [ wasatiya ]», vienne mettre un terme au débat parmi les progressistes [sur la question de] […] l’existence de la «modération» dans la pensée et le discours de certains des courants de l’Islam politique [ou si] cette «modération» est simplement quelque chose de superficiel, forcé par des conditions spécifiques ou, dans la terminologie moderne, [si celle-ci est] simplement une tactique ou une prudence conditionnelle, et non une stratégie ou un principe basé sur la pensée de ces divers groupes et courants, dans toutes leurs désignations et écoles changeantes.

La fatwa d’Al-Qaradhawi, qui porte le titre de «cheikh et Imam des modérés», a conduit à l’effondrement quasi total de la modération et a détruit les bases même de la «voie du compromis». Elle souligne que la question de la «modération et de l’extrémisme» est une question relative parmi les différents courants de l’islam politique. Al-Qaradhawi a démontré la vérité de la conclusion tirée par le chercheur [égyptien] renommé, Nasser Hamed Abu Zayd, qui a indiqué que les différences dans la conceptualisation de la modération et de l’extrémisme parmi les différents courants de l’islam politique, [illustré] dans leurs nombreux sermons, sont seulement une question de degrés et non de genre. La différence est une de quantité et non de fond. La preuve de ceci est la fatwa d’Al-Qaradhawi […] dans laquelle il n’interdit pas le massacre et le meurtre, mais limite la catégorie et la quantité des civils américains. La fatwa de cheikh Qaradhawi […] nous obligera, [en tant que] intellectuels progressistes, a réévalué le concept de la «modération» ou de «l’extrémisme» des groupes islamiques de grand renom sur la scène arabe, tant que les «modérés», s’ils existent, ne se dépêchent pas pour corriger l’équilibre de la modération par une fatwa honnête et sans équivoque qui s’opposera à la fatwa de leur cheikh et imam […]». [18]

Le chroniqueur irakien Aziz Al-Hajj a écrit sur le site Internet progressiste, Elaph: « Quel genre de cause nationale est celle qui se sert d’enfants comme de l’essence pour enflammer une guerre totale de destruction, au nom de la liberté nationale et religieuse ? […] Le terrorisme arabe-islamique est devenu le plus grand danger au monde et menace la civilisation, la sécurité et la vie partout. Aujourd’hui, il est le symbole du mal, du fanatisme religieux, de la dégradation morale et l’essence du crime politique dans le monde actuel […]. Le terrorisme islamique est le résultat de l’islam politique « modéré », comme il est généralement décrit. La dernière preuve est la récente fatwa du cheik Al-Qaradhawi appelant au massacre de tous les Américains en Irak [… ]». [19]

La solution au problème du terrorisme: inculper ceux qui incitent au terrorisme

Le chercheur et auteur, Dr Shaker Al-Nabulsi, qui écrit pour le site Internet progressiste Elaph, a également fortement critiqué la fatwa d’Al-Qaradhawi, et a soulevé des questions au sujet de ses motifs en choisissant les Américains comme cible au lieu des autres forces de la coalition: «Est-ce parce que les Américains sont la raison pour laquelle Al-Qaradhawi a perdu trois millions de dollars qui étaient dans son compte bancaire «Al-Taqwa», appartenant aux Frères Musulmans, qui était le contributeur principal de l’organisation Al-Qa’ida, et qui a été fermé, ses capitaux et dépôts confisqués, grâce aux efforts américains de tracer [les activités] de cette banque douteuse qui avait financé diverses opérations de terreur? ¶ Est-ce parce que l’Amérique a empêché Al-Qaradhawi d’entrer dans son territoire et a révoqué le visa qu’elle lui avait accordé par le passé? ¶ Est-ce qu’Al-Qaradhawi a omis les soldats et les civils britanniques de son dernier fatwa parce que la Grande-Bretagne est actuellement la seule ouverture dont Qaradhawi dispose pour visiter et discourir en occident, après qu’il ait brûlé ses ponts avec la France due à sa position négative sur la [loi] empêchant [le port du] voile [dans les écoles][…]?

Sur quel vers ou sur quelle tradition divine ou prophétique, Al-Qaradhawi s’est-il basé dans cette fatwa ? ¶ Y-a-t-il un vers dans le Coran qui indique: ¶ «Oh fidèles, si les Américains renversent le régime de Saddam combattez-les, leurs soldats, leurs enfants et leurs femmes, sans exceptions […]»? Y-a-t-il une tradition issue de la parole de Dieu disant: ¶ «Oh mes serviteurs, vous devez [tuer] les Américains, leurs soldats et leurs civils. ¶ Ils sont simplement morts mais vous êtes des martyres»?» ¶

¶ Al-Nabulsi continue en décrivant la faiblesse repandue dans le monde arabe: « ¶ Il n’y a aucun doute que le vide politique arabe, la nature pitoyable des politiciens arabes, l’échec des partis politiques, le vide du discours politique arabe, l’effondrement et l’atténuation des structures politiques arabes, l’absence d’une base populaire arabe politiquement consciente, l’absence d’une opinion publique active capable de provoquer le changement […] a permis à ceux qui portent des turbans [c.-à-d. les chefs religieux] de monter aux estrades politiques, dans l’est et l’ouest du monde arabe, et de diriger l’activité politique arabe qui s’est transformé en une expression de l’appel croisant au carnage au nom de la nouvelle religion qu’à apporter Al-Qaradawi, ainsi que le reste des groupes intégristes terroristes. ¶ C’est la preuve incontournable que nous sommes devenus une nation en faillite politique. ¶ Nous l’avons hérité de nos pères et nous la léguons à nos enfants […].Les régimes arabes ne sont pas capables de contenir les cheikhs religieux et de les empêcher de disséminer des décrets politico-religieux, puisque certains de ces décrets sont à leur avantage, renforçant leur influence, prolongeant leur règne, et leur fournissant une égide religieuse. ¶ Les partis politiques séculaires ne sont pas capables de former une coalition entre eux car le tribalisme et la loyauté familiale règnent au sein de ces parties […]. La base populaire arabe a disparu, elle a faim, elle n’est pas éduquée, elle est fatiguée et elle a perdu tout espoir envers les forces politiques arabes. ¶ Elle voit dans les cheikhs de l’establishment religieux et dans leurs fatwas son dernier refuge contre la haine, l’oppression, la famine, l’abandon et le vol de l’establishment régnante. ¶ Les élites intellectuelles et politiques arabes qui vivent dans le monde arabe sont incapables de gérer les cheikhs religieux et leurs décrets dus à de leur crainte du pouvoir de ces cheikhs, qui ont des milices armées sanguinaires qui sont capables de décapiter n’importe quel intellectuel ou politicien qui s’oppose à eux […]. La majorité des voix s’opposant à ces cheikhs et attaquant leurs décrets sont ces Arabes qui vivent en Occident, loin de la violence des cheikhs contre leurs adversaires. ¶

Alors que faire? ¶ Il n’y a qu’une solution. ¶ Un groupe d’intellectuels arabes progressistes prêts à mettre leurs vies en danger doivent se rencontrer et rédiger une déclaration humaniste, internationale, progressive écrite dans la langue, la manière de pensée et la logique du 21ème siècle. ¶ Il doit présenter cette déclaration à l’ONU et exiger que le Conseil de sécurité en discute et passe une résolution à son sujet qui accordera à l’ONU [l’autorité] d’établir un tribunal, qui s’appellera la «Cour du terrorisme». ¶ Tous ceux qui fomentent le terrorisme et disséminent des fatwas encourageant le terrorisme, et tous ceux qui pratiquent le terrorisme, seront amenés devant ce tribunal. ¶ [C’est nécessaire] car le terrorisme est devenu un problème global et international qui ne concerne pas uniquement les Arabes […]». [20] ¶

[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 2 septembre 2004.

[2] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 23 août 2004. ¶ Pour plus d’information sur cette déclaration voir la Dépêche spéciale No. 776 de MEMRI : «Les Frères musulmans soutiennent le combat contre les forces américaines enIrak».

[3] Al-Hayat (Londres), 9 septembre 2004.

[4] Al-Hayat (Londres), 23 septembre 2004.

[5] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 9 septembre 2004.

[6] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[7] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[8] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[9] Al-Quds (Jérusalem), 4 septembre 2004. ¶

[10] Al-Quds (Jérusalem), 3 septembre 2004.

[11] Al-Hayat (Londres), 5 septembre 2004.

[12] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 3 septembre 2004.

[13] Al-Rai Al-Aam (Koweït), 5 septembre 2004.

[14] Al-Ayyam (Bahreïn), 7 septembre 2004.

[15] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 4 septembre 2004.

[16] Al-Ahali (Irak) 8 septembre 2004.

[17] http://www.elaph.com , 5 septembre 2004.

[18] Al-Ayyam (Bahreïn), 7 septembre 2004.

[19] http://www.elaph.com , 4 septembre 2004.

[20] http://www.elaph.com , 3 septembre 2004.

L’Institut de recherche des medias du Moyen-Orient
Dépêches spéciales
No. 542
Juillet 28, 2003
http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP79404

Voir aussi pour l’Irak:

Tous les Américains en Irak sont des combattants, il n’y a aucune différence entre les civils et les soldats et l’on doit les combattre, dans la mesure où les civils américains sont venus en Irak pour servir l’occupation. L’enlèvement et le meurtre d’Américains en Irak est une obligation [religieuse] en vue de les pousser à quitter l’Irak immédiatement. La mutilation des cadavres est [néanmoins] interdite par l’islam.

Les réactions à la fatwa du Cheikh Al-Qaradhawi appelant à l’enlèvement et au meurtre de civils américains en Irak

Lors d’un congrès portant sur le thème « pluralisme et islam » qui s’est déroulé fin août 2004 au Syndicat des Journalistes Egyptiens au Caire, le Cheikh Dr. Youssef Al-Qaradhawi, un chef du mouvement des Frères Musulmans et l’une des autorités les plus influentes dans les cercles islamistes, a émis une position religieuse légale autorisant l’enlèvement et le meurtre de civils américains en Irak dans le but de faire pression sur l’armée américaine pour qu’elle évacue ses troupes. Al-Qaradhawi insista sur le fait que selon lui, «tous les Américains en Irak sont des combattants, il n’y a aucune différence entre les civils et les soldats et l’on doit les combattre, dans la mesure où les civils américains sont venus en Irak pour servir l’occupation. L’enlèvement et le meurtre d’Américains en Irak est une obligation [religieuse] en vue de les pousser à quitter l’Irak immédiatement. La mutilation des cadavres est [néanmoins] interdite par l’islam». [1]

Al-Qaradhawi prenait cette position une semaine après que des dignitaires musulmans de premier plan, originaires de plusieurs pays, avaient publié une déclaration appelant au soutien des forces luttant contre la coalition en Irak. Cette déclaration était signée par 93 religieux musulmans, dont des membres influents du mouvement des Frères Musulmans, parmi eux Al-Qaradhawi, ainsi que des dirigeants du Hamas, du Jihad Islamique et du Hezbollah. [2]

Dix jours après qu’ait été exprimée la position d’Al-Qaradhawi relative à l’enlèvement et au meurtre de civils américains en Irak et après que ses propos aient déjà suscité des réactions enflammées dans le monde musulman, Al-Qaradhawi envoya un fax au bureau du quotidien Al-Hayat dans lequel il nia «tout ce qui a été dit en mon nom dans les médias au sujet du meurtre de civils américains en Irak». Selon Al-Qaradhawi, «certains organes de presse ont prétendu que j’avais publié une position légale religieuse ayant pour effet d’affirmer qu’il existe une obligation de tuer des civils américains en Irak. Ces allégations ne sont pas fondées. Je n’ai pas publié de fatwa sur cette question. Au Syndicat des Journalistes Egyptiens, il y a quelques jours, l’on m’a demandé s’il était permis de combattre l’occupation en Irak et j’ai répondu que c’était autorisé. Puis l’on m’a interrogé à propos des civils américains en Irak et j’ai simplement répondu par cette question: Y a-t-il des civils américains en Irak? Il est notoire que dans les fatwas de ce type, je n’emploie pas le terme de «meurtre» mais je préfère celui de «lutte», qui est un mot plus général que celui de «meurtre» et qui ne signifie pas nécessairement tuer. De plus, j’ai condamné les prises d’otages à plusieurs occasions dans le passé et ai exigée qu’ils soient libérés et que leurs vies ne soient pas mises en danger». [3]

A une autre occasion, Al-Qaradhawi expliqua qu’un civil en Irak est «quelqu’un qui ne prend pas part au combat et ne soutient pas les forces d’occupation. [Néanmoins, concernant] ceux qui soutiennent les occupants, leur statut est identique à ces derniers. L’occupation combat les musulmans et quiconque vient en aide à l’occupation a le même statut que l’armée». Il précisa en outre que sa position s’applique également aux civils irakiens musulmans. [4]

Il est important de souligner que préalablement à la publication de son démenti, le directeur du bureau d’Al-Qaradhawi, Isam Talima, affirma qu’Al-Qaradhawi avait effectivement émis une fatwa ayant pour effet de rendre obligatoire la lutte contre les civils américains en Irak, ceux-ci étant considérés comme des envahisseurs. [5]

Tel que cela a été mentionné ci-dessus, le décret d’Al-Qaradhawi provoqua une variété de réactions parmi des personnalités religieuses et des intellectuels musulmans; voici les plus importantes d’entre elles:

Des religieux d’Al-Azhar: Les Américains en Irak ne sont pas des civils innocents et il est en conséquence autorisé de les tuer

Certaines personnalités religieuses de l’Université d’Al-Azhar au Caire ont exprimé un soutien sans faille à la position d’Al-Qaradhawi. L’ancien doyen de la Faculté des Fondamentaux Religieux d’Al-Azhar, le Docteur Abd Al-Mu’ti Bayyoumi, a expliqué: «La loi islamique dispose qu’il est interdit de tuer des civils se tenant à distance des zones de combat, qui ne participent pas aux opérationsmilitaires et qui n’ont aucun lien avec l’occupation des terres. Néanmoins, concernant les civils prenant part aux opérations militaires, qu’il s’agisse d’approvisionner en nourriture ou de prodiguer des soins aux combattants, leur statut légal est celui de combattants qui attaquent la terre, l’honneur et la propriété, et en conséquence l’Islam n’interdit pas de les tuer». [6]

Un maître de conférences à l’Université d’Al-Azhar, le Docteur Salih Zaydan, ajoute: «Quiconque collabore avec les soldats qui attaquent la terre des musulmans, comme les civils américains qui assistent l’armée en Irak, devient lui-même un combattant par ses actions.Les musulmans sont autorisés à combattre de tels individus et à les tuer dans le but de défendre la terre, l’honneur et la propriété, et il n’existe ainsi aucune interdiction de les tuer». [7]

L’ancien sous-secrétaire du Département des Dotations Religieuses, le Cheikh Mansour Al-Rifa’i Ubeid, justifie: «Il est illogique [de penser] que les Etats-Unis envoient leurs citoyens en Irak dans l’état de guerre [actuel] sans qu’ils aient un rôle dans les opérations militaires. En conséquence, ils ne sont pas des civils, mais des combattants dont le statut [au sens de la loi religieuse] est identique à celui de combattants militaires». [8]

Le Docteur Abd Al-Azim Al-Muta’ani, un membre du Comité Suprême des Affaires Islamiques au Caire et conférencier à l’Université d’Al-Azhar, expliqua que seul un civil américain qui vivait déjà en Irak avant l’occupation n’est pas inclus dans la fatwa: « Al-Qaradhawi fonde sa fatwa selon laquelle il est permis de tuer des civils américains sur le fait qu’ils sont venus en Irak en tant qu’envahisseurs (…). Il est [normalement] interdit de s’en prendre à des civils, mais les civils et les soldats [américains] sont venus en Irak en tant que forces d’invasion. Le crime [qui est interdit] est celui d’attaquer des civils américains sur leur propre terre. Non seulement ceux qui sont armés mais également ceux qui assistent les soldats américains ont un statut identique [au sens de la loi religieuse], mis à part les civils américains qui se trouvaient déjà en Irak avant l’occupation et qui y sont restés; ils ne doivent pas être considérés comme des envahisseurs. Cependant ces derniers sont très peu nombreux en raison des relations très tendues entre Washington et Bagdad». Al-Muta’ani a également donné son opinion concernant les Arabes qui aident les Américains: «Un Arabe ou un musulman qui soutient les forces d’occupation américaines en Irak est un traître dont le statut [au sens de la loi religieuse] est identique à celui des civils américains. Il est permis de l’enlever et de le tuer, mais il est défendu de mutiler son cadavre, ceci étant interdit par la shari’a ».

Le Docteur Abd Al-Sabour Shahin, un conférencier à l’ Université du Caire, célèbre pour ses activités de propagation de l’islam, met l’accent sur le fait que tandis qu’il est permis d’enlever et de tuer des civils américains en Irak, aucun mal ne doit être fait aux journalistes européens: «Je soutiens la fatwa d’Al-Qaradhawi à cent pour cent dans la mesure où si ce n’était pour l’occupation, [les civils américains] ne viendraient pas en Irak[…]. [Néanmoins,] les non-américains, comme les reporters français et les autres européens, venus en Irak afin d’informer le monde des faits, doivent être considérés comme étant venus aider le peuple irakien et il n’y a aucune raison de leur faire du mal, la cause irakienne ayant encore besoin de leur aide». [9]

L’ Ayatollah Hussein Isma’il Al-Sadr, dignitaire chiite irakien de premier plan, a critiqué la fatwa d’Al-Qaradhawi et s’est opposé à l’ingérence de religieux étrangers dans la situation en Irak: «L’Irak dispose de ses propres autorités religieuses à même de comprendre le pays et ses habitants […]. Les fatwas émises par des personnalités religieuses hors des frontières irakiennes ne sont pas basées sur une analyse exacte de l’état de la situation dans le pays». [10]

Des intellectuels musulmans progressistes s’opposent à la fatwa d’Al-Qaradhawi

Cette fatwa est un appel au meurtre général

Le Docteur Ahmad Al-Rub’i, éditorialiste pour le quotidien en langue arabe basé à Londres, Al-Sharq Al-Awsat, a écrit: «Comme si ces assassinats quotidiens ne nous suffisaient pas; nous nous réveillons en assistant aux décapitations des travailleurs népalais en Irak et nous nous couchons avec la nouvelle de la prise en otages de centaines d’enfants innocents en Russie, et dans le cours de [la journée nous entendons parler] de l’enlèvement de journalistes français et des travailleurs turcs égorgés à Bagdad. Comme si tout ceci n’était pas suffisant, apparaît ici quelqu’un sensé être un promoteur modéré de l’Islam, le Cheikh Youssef Al-Qaradhawi, publiant une position légale religieuse autorisant le meurtre de citoyens américains en Irak […]. [11]

Le Cheikh Al-Qaradhawi est comme nombre de ces cheikhs radicaux qui ne meurent généralement pas [pour une cause] et n’optent pas pour la voie du martyre. Leurs fils non plus, qui étudient pour la plupart dans les meilleures universités en occident. De telles fatwas sont lues par de jeunes musulmans exaltés tentés de se rendre en Irak pour remplir le devoir religieux prêché par le cheikh Al-Qaradhawi. Puisqu’il n’y a aucune différence entre un américain se rendant en Irak avec une organisation internationale pour aider la population en lui fournissant des soins médicaux et un soldat au combat, que pourra arrêter un jeune homme enflammé, qui respecte et croit le cheikh Al-Qaradhawi, d’aller tuer un docteur ou un employé civil des [organisations] humanitaires en Irak […] et au vu des difficultés pour rentrer en Irak, pourquoi ce jeune exalté ne devrait-il pas tuer des soldats américains dispersés à travers les pays du Golfe qui collaborent [avec les Etats-Unis] – en particulier Doha et le Koweït – car après tout, la plupart d’entre eux ont servi ou ont été employés en Irak? Et pourquoi ne devrait-il pas tuer les civils américains au Koweït ou au Qatar, étant donné que ces pays aident l’armée américaine? Et de la même manière […] n’est-il pas du devoir du jeune exalté plein de respect pour Al-Qaradhawi d’aller tuer des responsables qataris et koweïtiens qui ont rendu possible le stationnement de ces forces dans leur pays?

Ce qui distingue la folie de la raison et l’extrémisme de la modération est clair. Al-Qaradhawi, qui mène une vie de luxe et de confort à Doha, émet une fatwa pour tuer des civils américains, alors que les quatre Imams chiites qui se sont réunis dans la demeure d’Al-Sistani à Najaf et qui vivent sous occupation, lancent des appels opposés à la violence contre les forces américaines. Voilà la différence entre une pensée responsable et une pensée irresponsable, entre une pensée tournée vers la protection de la vie des gens et une pensée appelant au meurtre tout en faisant des conférences sur la modération». [12]

Dr Wael Al-Hasawi, chroniqueur du quotidien koweïtien Al-Rai Al-Aam a écrit les propos suivants: « Je ne suis pas un expert et ne publie pas de fatwas, mais je suis en droit de questionner certaines des opinions religieuses des clercs d’un point de vue réaliste par rapport à leur compatibilité avec les principes de base de l’islam. La fatwa d’Al-Qaradhawi ouvre de nouvelles portes à la justification de crimes barbares perpétrés contre des étrangers en Irak. La logique exige que ce qui s’avère vrai pour les Américains, l’est aussi pour les Anglais, les Italiens, les Japonais et autres, car ils sont des envahisseurs ou aident les envahisseurs. En outre, le mot «civil» désigne aussi les journalistes qui sont venus en Irak pour rendre compte des événements et révéler au monde entier ce qu’il se passe [sur les lieux], ainsi que les ingénieurs, les experts et les ouvriers qui sont venus avec leurs entreprises dans le but de reconstruire l’Irak et n’ont rien à voir avec la guerre (…).

La ligne qui sépare le djihad pour Allah de la dissémination de la corruption sur la terre est ténue, et le devoir des dignitaires religieux est de clarifier cet aspect au peuple et de les empêcher de mal agir et d’effectuer des actes barbares sous couvert de défendre leur pays et leur peuple (…). Un des points qu’il est temps que les dignitaires religieux examinent et réglementent est la question de la prise de civils comme cibles – femmes, enfants et hommes – même dans des pays occupés par (…) des envahisseurs tels la Palestine ou la Tchétchénie. Nous en avons assez de justifier ceci par [le fait] qu’il n’y a pas de différences entre les civils et les soldats dans un pays comme l’entité sioniste en Palestine, ou qu’un pays comme la Russie ait porté atteinte aux Musulmans en Tchétchénie et tué nombre d’entre eux (…) Il est impossible d’atteindre de hauts objectifs excepté par des moyens de même nature. Le plus grand crime qui a lieu dans notre génération est la dénaturation de l’image de l’islam (…)». [13]

Les dignitaires religieux sont loin d’être exemptés de leur part de responsabilité concernant la terreur

Une écrivaine et journaliste de Bahreïn, Sawsan Al-Sha’er réplique à la fatwa d’Al-Qaradhawi dans sa chronique du quotidien bahreïni Al-Ayyam en exposant les points suivants: « (…) Ainsi, aujourd’hui, il y a des bombes à retardement, particulièrement parmi les Arabes sunnites dispersés parmi nous, dans les pays arabes ainsi que dans le reste du monde, attendant le moment propice pour se faire exploser et tuer quiconque se trouvant à leurs côtés (comme acte de djihad) (…) Ces bombes à retardement sont nos fils, qui ont vu le jour sur notre sol et ont été éduqués par nos cheikhs et nos dignitaires religieux.

Les musulmans sont embarrassés quand ils se trouvent face aux dignitaires religieux et aux cheikhs qui admettent au travers de leur position hésitante [envers les tueries] qu’il y a encore des défenseurs de cette tendance suicidaire (djihadiste) dans nos milieux et que ceux-ci ont une influence sociale et la capacité de peser sur le statut populaire de ces cheikhs. Il y a des courtisans parmi nous, qui défendent cette tendance de kamikazes … Ils font en sorte que chaque mot qui sort de leur bouche soit ambigu (…) d’une part, ils s’efforcent de détourner l’accusation de terrorisme [dirigée à l’encontre] des musulmans, et d’autre part il prie pour le bien-être et la longévité des défenseurs de cette tendance. Ce sont les Arabes qui ont effectué toutes les dernières attaques terroristes atroces. Le fait qu’ils [les auteurs] ne fassent pas partie des rangs de nos cheikhs et nos dignitaires religieux ne prouve pas que ce groupe n’est pas rendu responsable d’extrémisme. Aussi longtemps que nous ne reconnaissons pas cette responsabilité, notre tour viendra, et celui de nos dignitaires religieux et de nos cheikhs viendra tout autant.» [14]

L’ancien directeur du quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat, Abd Al-Rahman Al-Rashed, a écrit dans un article intitulé «la triste vérité est que tous les terroristes sont musulmans»: «Ecoutez ce que le télé-coraniste, Yousef Al-Qaradhawi, a dit. Il a émis une fatwa publique permettant de tuer les Américains en Irak. Imaginez un dignitaire religieux poussant au meurtre de civils; un vieux cheikh incitant de jeunes garçons à tuer des civils alors que ses deux filles étudient sous la protection [des forces] de sécurité britannique au Royaume-uni infidèle. Comment un père comme lui peut-il regarder dans les yeux la mère du jeune [Nick] Berg dont la gorge a été tranchée parce qu’il s’était rendu en Irak pour travailler en tant qu’ingénieur à [Prometheus] Towers [Company]? Comment pouvons-nous le croire quand il nous affirme que l’islam est une religion de compassion et de tolérance alors qu’il la transforme en religion de sang (…)?

Il est clair qu’aucun honneur ne nous est rendu lorsque l’un d’entre nous détient des élèves en otage dans une école, kidnappe des journalistes, tue des civils ou fait exploser des bus, quelque soit la douleur des vengeurs. Ce sont eux qui ont dénaturé et porté atteinte à l’islam. Nous pourrons rétablir notre réputation seulement une fois que nous aurons admis le fait évident et honteux que la plupart des actes terroristes dans le monde sont perpétrés par des musulmans. Nous devons réaliser que la seule condition, pour pouvoir corriger la situation de nos jeunes qui effectuent ces opérations honteuses, est de soigner l’esprit de nos cheikhs, qui se sont reconvertis en révolutionnaires de pupitre, en envoyant les enfants des autres se battre alors qu’ils envoient leurs propres enfants dans des écoles européennes». [15]

Hussein Sanjari a écrit dans un article intitulé «Quiconque incite au terrorisme est un terroriste» dans l’hebdomadaire irakien Al-Ahali: «Cheikh Youssef Al-Qaradhawi a explicitement dit que «tuer des soldats et des civils en Irak était un devoir religieux». Cette même fatwa a été publiée par le dignitaire religieux libanais chiite, Muhammad Hussein Fadlallah. Ces deux individus et des centaines de milliers de mullahs dans toutes les terres d’Islam (…) donnent des sermons hebdomadaires encourageant les jeunes à tuer et faire couler le sang en Tchétchénie, en Irak, au Kurdistan, en Palestine, en Arabie Saoudite, en Afghanistan, en Amérique, en Europe, en Asie et dans le Pacifique. Regardez ce qu’il s’est passé avec le massacre d’enfants à Beslan et rappelez-vous bien ce dont le monde entier se souvient, que les Arabes syriens, jordaniens et yéménites se trouvaient parmi ceux qui criaient «Allah Akbar, nous sommes ici pour mourir(…)»

Les Kurdes ont raconté que l’un des kamikazes qui fut attrapé avant de réussir à se faire exploser fut questionné par ses interrogateurs: «Pourquoi aviez-vous enveloppé vos parties génitales dans tous ces bandages?» Le terroriste répondit: «On m’avait conseillé [de faire cela] pour que mes parties génitales ne soient pas endommagées lors de l’explosion et qu’elles restent intactes lorsque j’irai au paradis et serai accueilli par les vierges.

Quand les dignitaires religieux réformistes viendront-ils purifier la religion de ces idées sanguinaires ? Ils feront surface lorsque le nœud unissant la religion avec la politique sera défait. Nous devons séparer les deux, pour le bien de la religion et encore plus pour le bien de la politique (…)». [16]

Cheikh Al-Qaradhawi a dévoilé son vrai visage

Dr Abd Al-Khalik Hussein, collaborateur du site Internet progressiste Elaph a écrit: « Finalement, le Cheikh Yousef Al-Qaradhawi a dévoilé son vrai visage, le même visage que celui de tous les terroristes masqués, et s’est proclamé être une autorité religieuse et un propagandiste pour les terroristes, sans honte et sans hésitation. Ceci vient après une longue période pendant laquelle il a tenté de [nous] duper, en essayant de se faire passer pour [quelqu’un] de modéré et de religieusement tolérant.

Al-Qaradhawi a publié une fatwa [appelant] à enlever des civils américains et à les tuer de sang froid pour atteindre deux buts: «protéger le peuple irakien et élever [le statut] de l’islam, de celui des musulmans et leur rang parmi les nations! En tant qu’Irakiens, la fatwa du propagandiste du terrorisme ne nous a point surpris, car il est le guide spirituel de la chaîne de télévision qatari Al-Jazirah, que les Irakiens surnomment à juste titre «la chaîne satellite des [terroristes]masqués », et qui fournit de grands efforts jour et nuit pour encourager le terrorisme en Irak. Le parti des Frères Musulmans en Egypte a proposé d’élire Al-Qaradhawi comme dirigeant du parti. Il a refusé [l’offre], peut-être pour ne pas faire incomber au parti une quelconque responsabilité concernant la publication de ses fatwas sanguinaires et pour tirer profit de la religion d’une main libre à des fins politiques et financières, comme il apprécie tant le faire (…).

Il est curieux et déroutant qu’Al-Qaradhawi ait émis une fatwa appelant uniquement au meurtre de soldats et de civils américains en Irak, et non en Egypte, au Koweït, au Qatar ou partout ailleurs dans le monde. Al-Qaradhawi vit au Qatar dans une maison décorée luxueusement, et travaille pour la chaîne Al-Jazirah, à quelques mètres à peine de la plus grande basemilitaire américaine dans le monde, hors des Etats-Unis. D’autant plus que, le cheikh s’est rendu à Londres, la capitale de la Grande-Bretagne, le plus grand allié des Etats-Unis, qui apporta son assistance à l’«occupation» de l’Irak […].

Une question pour l’assoiffé de sang, le dignitaire religieux épris de terrorisme Al-Qaradhawi et ses partisans parmi les cheikhs [de l’université] d’Al-Azhar: Savez-vous ce qui est dans l’intérêt du peuple irakien mieux que les Irakiens eux-mêmes[…]? Qui vous a autorisé à vous imposer comme les gardiens du peuple irakien? A traversles actes des religieux assoiffés de sang qui publient des fatwas terroristes et à travers leur soutien pour les terroristes, ils ont transformé la pensée islamique en une idéologie de terreur et ce faisant ils ont causé le plus grand tort aux musulmans, à l’islam, à la pensée islamique et à la réputation de l’islam dans le monde […]». [17]

Il n’y a aucune réelle modération dans l’Islam politique

Said Al-Hamad, un chroniqueur pour le quotidien Bahreïni, Al-Ayyam, écrit: «Il est possible que la fatwa du « cheik » et de « l’Imam des modérés », cheik Youssef Al-Qaradhawi, qui a permis et a même commandé l’enlèvement et le massacre des civils américains en Irak […] dissipera la confusion […] que nous, les intellectuels progressistes, avons au sujet de la «modération» et de «l’extrémisme» parmi les courants de l’islam politique, dans toutes ses diverses formes et gradations. Il est possible que cette fatwa, publiée par le «cheikh de la modération et du compromis [ wasatiya ]», vienne mettre un terme au débat parmi les progressistes [sur la question de] […] l’existence de la «modération» dans la pensée et le discours de certains des courants de l’Islam politique [ou si] cette «modération» est simplement quelque chose de superficiel, forcé par des conditions spécifiques ou, dans la terminologie moderne, [si celle-ci est] simplement une tactique ou une prudence conditionnelle, et non une stratégie ou un principe basé sur la pensée de ces divers groupes et courants, dans toutes leurs désignations et écoles changeantes.

La fatwa d’Al-Qaradhawi, qui porte le titre de «cheikh et Imam des modérés», a conduit à l’effondrement quasi total de la modération et a détruit les bases même de la «voie du compromis». Elle souligne que la question de la «modération et de l’extrémisme» est une question relative parmi les différents courants de l’islam politique. Al-Qaradhawi a démontré la vérité de la conclusion tirée par le chercheur [égyptien] renommé, Nasser Hamed Abu Zayd, qui a indiqué que les différences dans la conceptualisation de la modération et de l’extrémisme parmi les différents courants de l’islam politique, [illustré] dans leurs nombreux sermons, sont seulement une question de degrés et non de genre. La différence est une de quantité et non de fond. La preuve de ceci est la fatwa d’Al-Qaradhawi […] dans laquelle il n’interdit pas le massacre et le meurtre, mais limite la catégorie et la quantité des civils américains. La fatwa de cheikh Qaradhawi […] nous obligera, [en tant que] intellectuels progressistes, a réévalué le concept de la «modération» ou de «l’extrémisme» des groupes islamiques de grand renom sur la scène arabe, tant que les «modérés», s’ils existent, ne se dépêchent pas pour corriger l’équilibre de la modération par une fatwa honnête et sans équivoque qui s’opposera à la fatwa de leur cheikh et imam […]». [18]

Le chroniqueur irakien Aziz Al-Hajj a écrit sur le site Internet progressiste, Elaph: « Quel genre de cause nationale est celle qui se sert d’enfants comme de l’essence pour enflammer une guerre totale de destruction, au nom de la liberté nationale et religieuse ? […] Le terrorisme arabe-islamique est devenu le plus grand danger au monde et menace la civilisation, la sécurité et la vie partout. Aujourd’hui, il est le symbole du mal, du fanatisme religieux, de la dégradation morale et l’essence du crime politique dans le monde actuel […]. Le terrorisme islamique est le résultat de l’islam politique « modéré », comme il est généralement décrit. La dernière preuve est la récente fatwa du cheik Al-Qaradhawi appelant au massacre de tous les Américains en Irak [… ]». [19]

La solution au problème du terrorisme: inculper ceux qui incitent au terrorisme

Le chercheur et auteur, Dr Shaker Al-Nabulsi, qui écrit pour le site Internet progressiste Elaph, a également fortement critiqué la fatwa d’Al-Qaradhawi, et a soulevé des questions au sujet de ses motifs en choisissant les Américains comme cible au lieu des autres forces de la coalition: «Est-ce parce que les Américains sont la raison pour laquelle Al-Qaradhawi a perdu trois millions de dollars qui étaient dans son compte bancaire «Al-Taqwa», appartenant aux Frères Musulmans, qui était le contributeur principal de l’organisation Al-Qa’ida, et qui a été fermé, ses capitaux et dépôts confisqués, grâce aux efforts américains de tracer [les activités] de cette banque douteuse qui avait financé diverses opérations de terreur? ¶ Est-ce parce que l’Amérique a empêché Al-Qaradhawi d’entrer dans son territoire et a révoqué le visa qu’elle lui avait accordé par le passé? ¶ Est-ce qu’Al-Qaradhawi a omis les soldats et les civils britanniques de son dernier fatwa parce que la Grande-Bretagne est actuellement la seule ouverture dont Qaradhawi dispose pour visiter et discourir en occident, après qu’il ait brûlé ses ponts avec la France due à sa position négative sur la [loi] empêchant [le port du] voile [dans les écoles][…]?

Sur quel vers ou sur quelle tradition divine ou prophétique, Al-Qaradhawi s’est-il basé dans cette fatwa ? ¶ Y-a-t-il un vers dans le Coran qui indique: ¶ «Oh fidèles, si les Américains renversent le régime de Saddam combattez-les, leurs soldats, leurs enfants et leurs femmes, sans exceptions […]»? Y-a-t-il une tradition issue de la parole de Dieu disant: ¶ «Oh mes serviteurs, vous devez [tuer] les Américains, leurs soldats et leurs civils. ¶ Ils sont simplement morts mais vous êtes des martyres»?» ¶

Al-Nabulsi continue en décrivant la faiblesse repandue dans le monde arabe: « ¶ Il n’y a aucun doute que le vide politique arabe, la nature pitoyable des politiciens arabes, l’échec des partis politiques, le vide du discours politique arabe, l’effondrement et l’atténuation des structures politiques arabes, l’absence d’une base populaire arabe politiquement consciente, l’absence d’une opinion publique active capable de provoquer le changement […] a permis à ceux qui portent des turbans [c.-à-d. les chefs religieux] de monter aux estrades politiques, dans l’est et l’ouest du monde arabe, et de diriger l’activité politique arabe qui s’est transformé en une expression de l’appel croisant au carnage au nom de la nouvelle religion qu’à apporter Al-Qaradawi, ainsi que le reste des groupes intégristes terroristes. ¶ C’est la preuve incontournable que nous sommes devenus une nation en faillite politique. ¶ Nous l’avons hérité de nos pères et nous la léguons à nos enfants […].

Les régimes arabes ne sont pas capables de contenir les cheikhs religieux et de les empêcher de disséminer des décrets politico-religieux, puisque certains de ces décrets sont à leur avantage, renforçant leur influence, prolongeant leur règne, et leur fournissant une égide religieuse. ¶ Les partis politiques séculaires ne sont pas capables de former une coalition entre eux car le tribalisme et la loyauté familiale règnent au sein de ces parties […]. La base populaire arabe a disparu, elle a faim, elle n’est pas éduquée, elle est fatiguée et elle a perdu tout espoir envers les forces politiques arabes. ¶ Elle voit dans les cheikhs de l’establishment religieux et dans leurs fatwas son dernier refuge contre la haine, l’oppression, la famine, l’abandon et le vol de l’establishment régnante. ¶ Les élites intellectuelles et politiques arabes qui vivent dans le monde arabe sont incapables de gérer les cheikhs religieux et leurs décrets dus à de leur crainte du pouvoir de ces cheikhs, qui ont des milices armées sanguinaires qui sont capables de décapiter n’importe quel intellectuel ou politicien qui s’oppose à eux […]. La majorité des voix s’opposant à ces cheikhs et attaquant leurs décrets sont ces Arabes qui vivent en Occident, loin de la violence des cheikhs contre leurs adversaires. ¶

Alors que faire? ¶ Il n’y a qu’une solution. ¶ Un groupe d’intellectuels arabes progressistes prêts à mettre leurs vies en danger doivent se rencontrer et rédiger une déclaration humaniste, internationale, progressive écrite dans la langue, la manière de pensée et la logique du 21ème siècle. ¶ Il doit présenter cette déclaration à l’ONU et exiger que le Conseil de sécurité en discute et passe une résolution à son sujet qui accordera à l’ONU [l’autorité] d’établir un tribunal, qui s’appellera la «Cour du terrorisme». ¶ Tous ceux qui fomentent le terrorisme et disséminent des fatwas encourageant le terrorisme, et tous ceux qui pratiquent le terrorisme, seront amenés devant ce tribunal. ¶ [C’est nécessaire] car le terrorisme est devenu un problème global et international qui ne concerne pas uniquement les Arabes […]». [20] ¶

[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 2 septembre 2004.

[2] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 23 août 2004. ¶ Pour plus d’information sur cette déclaration voir la Dépêche spéciale No. 776 de MEMRI : «Les Frères musulmans soutiennent le combat contre les forces américaines enIrak».

[3] Al-Hayat (Londres), 9 septembre 2004.

[4] Al-Hayat (Londres), 23 septembre 2004.

[5] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 9 septembre 2004.

[6] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[7] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[8] http://www.aljazeera.net , 9 juin 2004.

[9] Al-Quds (Jérusalem), 4 septembre 2004. ¶

[10] Al-Quds (Jérusalem), 3 septembre 2004.

[11] Al-Hayat (Londres), 5 septembre 2004.

[12] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 3 septembre 2004.

[13] Al-Rai Al-Aam (Koweït), 5 septembre 2004.

[14] Al-Ayyam (Bahreïn), 7 septembre 2004.

[15] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 4 septembre 2004.

[16] Al-Ahali (Irak) 8 septembre 2004.

[17] http://www.elaph.com , 5 septembre 2004.

[18] Al-Ayyam (Bahreïn), 7 septembre 2004.

[19] http://www.elaph.com , 4 septembre 2004.

[20] http://www.elaph.com , 3 septembre 2004.

Dépêches spéciales – No. 794
Octobre 6, 2004
No.794

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