Rwanda: Qu’un sang impur…! (Was the French revolution a racial war?)

Clovis
Une nation ne se régénère que dans un bain de sang. Saint Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
N’immolera-t-on pas à leurs mânes impatientes ces Galonné, ces Breteuil, ces Brienne, etc., dont le sang impur n’expiera jamais les larmes qu’ils nous ont fait verser…? 16 janvier 1790
En regrettant de n’avoir pu, auparavant, tremper leurs mains dans le sang impur des ennemis de la patrie … 6 mars 1792
Les Allemands s’en souviendront; leur sang impur fécondera peut-être cette terre ingrate qui en est abreuvée … 12 octobre 1792
Le sang impur des satellites d’un despote eût plutôt souillé l’éclat de vos armes, que d’ajouter à votre gloire …
21 novembre 1792
La nation française, toujours généreuse et magnanime, ne veut pas souiller son territoire du sang impur d’un roi … 7 janvier 1793
Le sang des patriotes se mêlera avec le sang impur des mauvais citoyens … 15 janvier 1793
Pourquoi le Tiers-Etat ne renverrait-il pas dans les forêts de Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants …? Abbé Sieyès
La Révolution (…) a affranchi les Gaulois de la conquête des Francs. Napoléon
Nous croyons être une nation, et nous sommes deux nations sur la même terre, deux nations ennemies dans leurs souvenirs, inconciliables dans leurs projets : l’une a autrefois conquis l’autre ; et ses desseins, ses vœux éternels sont le rajeunissement de cette vieille conquête énervée par le temps, par le courage des vaincus et par la raison humaine. (…) Tout ce qu’avait produit, dans l’ordre politique, la succession des événements arrivés en Gaule depuis la chute de l’empire romain, cessa d’exister par la révolution française. Augustin Thierry (1835)
On doit noter que le premier à prendre à son compte la coexistence en France de peuples différents, d’origines différentes, fut aussi le premier à élaborer une pensée raciale définie. Le comte de Boulainvilliers, noble français qui écrivit au début du XVIIIe siècle des oeuvres qui ne furent publiées qu’après sa mort, interprétait l’histoire de la France comme l’histoire de deux nations différentes dont l’une, d’origine germanique, avait conquis les premiers habitants, les « Gaulois », leur avait imposé sa loi, avait pris leurs terres et s’y était installée comme classe dirigeante, en « pairs » dont les droits suprêmes s’appuyaient sur le « droit de conquête » et sur la « nécessité » de l’obéissance toujours due au plus fort. Hannah Arendt (L’impérialisme)
Si les négriers sont glorifiés et si les racistes sont au Panthéon, ce n’est pas étonnant que les banlieues brûlent ! Claude Ribbe (Le Crime de Napoléon)
La traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple. (…) Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. Olivier Pétré-Grenouilleau

La Révolution française fut-elle une guerre raciale ?

Entre une Taubira qui a fait voter sa loi sur l’esclavage comme crime contre l’humanité en 2001 (juste avant, accessoirement aux présidentielles de 2002, de faire perdre le chef de sa coalition Jospin pour nous amener Le Pen au 2e tour !) …

Un Bilé qui nous sort les noirs dans les camps nazis (jouant sur la confusion habituelle camps de prisonniers-camps de mise à mort immédiate et accordant ainsi à nos Dieudonnés & co leur Shoah à eux !) …

Et maintenant un Ribbe qui nous fait le coup du Napoléon nazi (on n’est plus à 150 ans près !) …

On va finir, au rythme où les voitures brûlent, par… désespérer Billancourt!

Mais, plus sérieusement, s’il est bien sûr utile de faire sortir des travaux savants les derniers cadavres qui restent dans les placards de la République (il y a effectivement eu des noirs dans des camps de prisonniers allemands – dont le chanteur de gospel ivoiro-français de l’après-guerre John William pour sabotage et donc fait de résistance – qui ont donc droit à notre, il est vrai bien tardive, reconnaissance.

Comme il est vrai et jusqu’à récemment connu des seuls spécialistes, qu’historiquement, le premier quasi-génocide de l’histoire moderne (dont on a discrètement évoqué le centenaire l’an dernier) était effectivement un camp colonial où, dans ce qui est aujourd’hui le Botswana, l’Armée coloniale allemande (un temps sous l’administration du père d’un certain… Goering!) a tenté d’écarter et d’exterminer, par l’association alors nouvelle de la déportation et du travail forcé, toute une population noire, les fameux Hereros.

Et s’il semble effectivement étrange que le rétablissement « musclé » de l’esclavage sous l’Empire ne soit pas enseigné dans les livres d’histoire de nos enfants, il est quand même dommage que cela soit laissé à des recherches dont la subtilité a souvent peu à envier à celle d’un… Dieudonné!

Il n’est bien sûr pas question ici de défendre le « génial stratège d’Austerlitz », premier « boucher européen » avant Hitler et Staline et grand héros du sieur Villepin (il a quand même bien dû faire, avec les Révolutionnaires qui l’ont précédé, un petit million et demi de victimes ?), mais c’est sûr que, comme disait l’historien Pétré-Grenouilleau (et qui lui vaut son actuelle assignation en justice par un « Collectif Antillais, Guyanais, Réunionnais »), on saisit mal la logique qui pousserait l’esclavagiste à… gazer son outil de travail!

Pour autant, faut-il verser dans l’excès inverse et chanter le « comportement exemplaire » de la France comme un Pierre Péan tout récemment pour le Rwanda (Noires fureurs, blancs menteurs) où, on le sait maintenant grâce à lui, c’est les… Toutsis qui ont génocidé les Houtous?

Faut-il, même s’il est naturellement important de rappeler les exactions de la soldatesque d’un Kagamé (au Rwanda mais peut-être surtout après au… Congo !) et les dérives de la dictature des bons sentiments chez de nombreux droits-de-l’hommistes, aller jusqu’à absoudre les Houtous et défendre à toute force les erreurs manifestes de la Françafrique et du clan Mitterrand?

Pourtant, il est des cas où, s’ils ne sont pas sans risque (notamment celui de juger le passé à l’aune de la sensibilité d’aujourd’hui), le « brassage des siècles » et la méthode comparatiste peuvent aussi avoir leurs vertus.

Comme le montrait un an après le génocide rwandais le chercheur français Dominique Franche dans un article particulièrement éclairant des Temps Modernes (« Généalogie du génocide rwandais », mai/juin 1995) et que nous reprenions dans un petit texte de 98.

QU’UN SANG IMPUR…!
La révolution française était-elle une guerre ethnique?

JC Durbant
Aller Simple
Avril 1998

Heureux qui saisira tes nourrissons pour les broyer sur le roc!
La Bible (Ps. 137:9)

Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres.
Saint-Just

La passivité de la communauté internationale

Quatre ans déjà depuis l’incroyable déchaînement de violence qui a ravagé le Rwanda au printemps 94 et la communauté internationale ne semble toujours pas avoir emergé de l’état de stupeur qui avait été le sien à l’époque. Et ce ne sont ni le piteux mea culpa de M. Clinton lors de son escale-éclair à l’aéroport de Kigali au début du mois, ni la création plus que tardive d’une “mission d’information” par la France, qui feront oublier les yeux fermés de la communauté internationale au moment du drame. La vérité, c’est que, traumatisés par leur amère expérience somalienne de 93 (30 soldats tués) ou très sérieusement compromis par 20 ans de coopération et de soutien pour le moins inconsidérés d’un régime qui se révélera génocidaire1, ni les uns ni les autres n’ont respecté les engagements pris après la seconde guerre mondiale contre les crimes de génocide. Bien plus, les deux pays useront de toute leur influence pour retarder le plus possible la résolution des Nations-Unies en ce sens, et ce malgré les informations précises de leurs services secrets sur place au moins trois mois avant les événements.

Quant aux spécialistes, c’est d’une autre forme de paralysie qu’ils semblent avoir été pris, tétanisés qu’ils sont autour de leur interminable débat pour ou contre les explications traditionnelles de la tragédie (“fatalité du tribalisme africain”, “retour à des querelles ancestrales”, “férocité inhérente à ces sociétés”).

Prendre au sérieux notre incompréhension

Pourtant, avant de se résigner à l’incompréhension ambiante (ou à l’indifférence, fille de la première), il faut donner sa chance à une perspective – souvent refusée par les divers spécialistes2 – qui seule prend au sérieux cette incompréhension3 où nous sommes. Il s’agit tout simplement de la comparaison avec notre propre histoire qui a le mérite de nous faire toucher du doigt ce qui nous rend ces situations aussi étrangères. A savoir, pour une bonne part, le fait qu’elles font référence à des notions – la race, le sang – qui nous sont de moins en moins familières ou en tout cas ne subsistent guère plus chez nous qu’à l’état de vestiges un peu honteux.

La guerre des deux races: Gaulois contre Francs

Qui se souvient en effet que le “sang impur” de notre hymne national se réfère à celui des ennemis de la Révolution, c’est-à-dire à celui des aristocrates émigrés et de leurs alliés étrangers? Qui se rappelle de l’ironique suggestion de l’abbé Sieyés à la veille de la Révolution: “Pourquoi le Tiers-Etat ne renverrait-il pas dans les forêts de Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants …?”. Qui se souvient encore que jusqu’à la Révolution de 1848, l’opposition entre nobles et roturiers restera interprétée comme la guerre de deux races: la franque contre la gauloise ? (“La Révolution (…) a affranchi les Gaulois de la conquête des Francs”, écrira Napoléon dans ses mémoires de l’île d’Elbe). Vercingétorix contre Clovis! (on n’est plus à un anachronisme, ni à 500 ans près…). Mais on imagine la confusion de la génération des futurs Danton ou Robespierre s’ils avaient dû réciter sur les bancs des écoles des Frères – l’instruction publique était, on le sait, à la charge de l’Eglise – le credo républicain de Jules Ferry, “Nos ancêtres les Gaulois …”, dans un pays qui avait choisi de s’appeler “France”!

Toujours est-il que le mythe de l’origine franque de la noblesse, dont celle-ci s’était auparavant si abondamment servie, allait effectivement se retourner contre elle, la Révolution apparaissant alors comme la revanche de la race des Gaulois, roturiers fils de Gaulois, contre les nobles, descendants des conquérants francs, qui les avaient asservis pendant si longtemps. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que ces distinctions qui aujourd’hui nous semblent incompréhensibles, étaient prises très au sérieux à l’époque et surtout qu’elles avaient des effets bien réels sur les comportements des populations et peut-être même sur leurs caractéristiques physiques. Ainsi on sait que les nobles avaient tendance à être plus grands que la moyenne, probablement grâce à une alimentation plus riche mais aussi certainement par un processus d’auto-sélection (se mariant entre eux et avec les femmes les plus convoitées). De même, leur relative oisiveté leur assurait une peau plus blanche et des mains plus fines, contrairement aux roturiers voués eux aux travaux les plus durs dans les champs. Ainsi se trouvaient objectivement et subjectivement validées -“naturalisées” en quelque sorte – de simples différences de mode de vie et de reproduction.

Il était une fois deux groupes en présence…

Comparaison n’est pas raison, direz-vous. Pourtant, les ressemblances sont plus que frappantes. Imaginez, à quelques milliers de kilomètres et à un siècle de distance, deux groupes en présence. D’un côté, les Toutsis, minoritaires (peut-être 10% de la population totale) que les premiers colons européens semblent avoir très tôt associés à une aristocratie ou à une noblesse. Il est vrai qu’au centre du pays une partie d’entre eux sont organisés en royaume avec un système plus ou moins étendu de lignées royales (et sur lesquelles il est donc commode de s’appuyer pour contrôler le pays). Ils sont certes loin de former une catégorie homogène, mais ils concentrent souvent entre leurs mains à la fois le pouvoir économique (sous la forme de très grands troupeaux) et le pouvoir politique (selon leur proximité aux lignées royales).

Contrairement à ce qui se passe dans de nombreuses autres régions d’Afrique, ils partagent avec l’autre groupe langue, culture, religion et même le territoire (autrement dit, ils ne possèdent aucune des distinctions qui font normalement les ethnies). Mais, c’est vrai, ils semblent plus grands, élancés, le port altier, le teint un peu plus clair, les traits plus fins.4 Les colons ont alors vite fait de leur attribuer une origine mythique. Ils seront donc des “Hamites” – dans le langage mythico-biblique de l’époque – c’est-à-dire descendus par Cham, le fils maudit de Noé, de l’Ethiopie ou de l’Egypte, ayant asservi et régnant sur l’autre groupe.

L’autre groupe (on ne parlera pas de la toute petite minorité des Twas, méprisés par tous et apparemment descendants de pygmées), c’est les Houtous, que les mêmes Européens semblent avoir voués au rôle de roturiers car ils sont plutôt agriculteurs et surtout sous la dépendance des premiers (sauf au Nord où certains d’entre eux ont préservé des sortes de micro-royautés). Mais ces catégories ne sont pas parfaitement étanches et de temps en temps des fils de “roturiers” houtous riches peuvent épouser des femmes toutsies, et leurs descendants intégrer “l’aristocratie” tousie; inversement, il peut aussi arriver à des “nobles” toutsis appauvris de se retrouver déclassés au rang de “roturiers” houtous.

Une Révolution sous les tropiques

Un jour, les premiers colons (allemands) perdent une guerre dans la lointaine Europe, alors d’autres (plutôt belges, accompagnés de nombreux missionnaires) viennent prendre leur place. A un moment, le roi toutsi se montre un peu récalcitrant, alors on le dépose et le remplace par un fils plus docile qui, nouveau Clovis, se convertit et entraine tout son peuple dans le christianisme. On crée des écoles pour “le peuple” qui aboutissent à la création d’une deuxième élite, houtoue, concurrente de la première.

Puis, vient le temps des indépendances et le roi toutsi semble perdre patience, alors on va encourager la formation d’un parti houtou, plus conciliant car n’ayant rien à gagner au maintien du statu quo. L’indépendance voit la victoire du groupe majoritaire, les houtous, et – surprise ! – ces derniers interprètent celle-ci comme une nouvelle Révolution du “Tiers-Etat” houtou sur les “aristocrates” toutsis, cette race d’ ”envahisseurs » qui feraient mieux de s’en retourner dans leur maudite Ethiopie, etc. Les massacres vont alors commencer et se répéter à intervalles réguliers sur une trentaine d’années – comme l’Europe l’avait découvent auparavant, rien de tel que des pogroms périodiques (il faudrait parler ici d’”anti-hamitisme”) pour renforcer le pouvoir d”un régime défaillant! Surtout qu’à chaque fois, se renforce un peu plus “la menace extérieure” des réfugiés et émigrés toutsis dans les pays voisins, qui peu à peu s’organisent, s’arment et tentent à plusieurs reprises de reprendre le contrôle de “leur” pays.5 Heureusement, les alliés belges et français veillent et ils sont repoussés.

La “solution finale” plutôt que le partage du pouvoir

Jusqu’à ce fatidique printemps 94 où, soutenus par certains pays voisins comme l’Ouganda, les envahisseurs semblent sur le point de parvenir à leurs fins (plus grave encore, certains Houtous modérés envisageraient même de partager le pouvoir avec eux !) mais les extrémistes houtous ont tout prévu et, profitant de l’assassinat “providentiel” du président et du départ des casques bleus et diplomates occidentaux, vont pouvoir enfin appliquer leur version de la “solution finale”.

On avait d’ailleurs eu amplement le temps de “répéter” pendant toutes ces années et la sophistication administrative du pays léguée par les Européens va considérablement faciliter les choses (la mention ethnique, notamment, sur les cartes d’identité), sans compter l’entraînement généreusement fourni par les anciens colons, belges donc mais surtout français. Encadrée par des milices bien rodées et maintenue dans un climat de terreur permanente (entretenu par une radio déchaînée et facilité, il est vrai, par le fait que les troupes toutsies sont effectivement aux portes du pays), une bonne partie de la population va ainsi se mettre au “travail”, selon le terme utilisé alors.

On connaît le résultat: peut-être 10% de la population massacrée en quelques mois (soit quelque 850 000 Toutsis et opposants houtous pour une population originelle de huit millions (qu’on imagine l’équivalent de six millions de morts pour un pays comme la France ou peut-être la population totale de la Californie pour un pays comme les EU!)

Tout est construction

Naturellement, ce type de reconstitution et les filiations qu’elle fait apparaître peuvent sembler un peu forcées. Mais, contrairement aux disputes sans fin des spécialistes pour savoir si la guerre civile du Rwanda était ou non d’origine ethnique ou tribale, elles ont le mérite de faire apercevoir un certain nombre d’évidences. Tout d’abord, qu’il est futile de vouloir rendre responsables en bloc (ce qui n’empêche pas les responsabilités individuelles) les églises et leurs écoles, la même école (comme à Linz en Autriche, pour prendre un exemple plus près de nous) pouvant produire, on le sait, le plus grand “ boucher” (Hitler) aussi bien que le plus grand philosophe (Wittgenstein). Mais surtout, qu’un pouvoir bien décidé (de préférence totalitaire) peut (pourvu qu’on lui en donne le temps et les conditions tant soit peu critiques – surpopulation, extrême pénurie foncière, analphabétisme), faire de toute situation, même formellement non-tribale au départ, une situation tribale et préparer au génocide sa population, à force de propagande, manipulations raciste de l’histoire, incitations à la haine raciale, accoutumance aux massacres par une longue tradition d’impunité, installation de la peur de l’autre, etc.

Autrement dit, que tout est “construction”6 dans les sociétés humaines (l’Histoire comme toute forme de catégorisation des populations) et que les moins ”scientifiques” de celles-ci (la race, le sang) peuvent produire les effets les plus réels et les plus dévastateurs, à côté desquels les querelles savantes apparaissent souvent bien dérisoires.7

___________

Notes:

1) Par peur de voir “tomber la région dans le giron américain” (en fait, les EU ne soutiennent pas directement les rebelles toutsis mais plutôt l’Ouganda, dernier bastion contre l’expansionnisme islamiste soudanais), la France n’interrompra pas immédiatement ses livraisons d’armes au régime houtou et profitera même de ses opérations humanitaires pour évacuer discrètement certains dignitaires dont plusieurs artisans du génocide.

2) L’exception étant Dominique Franche, dont le lumineux article des Temps modernes (« Généalogie du génocide rwandais », mai/juin 1995) nous a largement inspiré ici.

3) Prendre au sérieux notre incompréhension, c’est aussi se demander ce qui fait notre étonnement devant des pratiques autrefois courantes aux EU (lynchages) ou dans nos campagnes (magie, sorcellerie, accusations systématiques de “mauvais oeil” ou d’empoisonnement, rumeurs “folles”), mais toujours actuelles dans certaines parties du monde – cf. la représentation des Toutsis lors du génocide comme “des diables venus d’un autre monde, avec des queues, des cornes, des sabots, des oreilles pointues et des yeux rouges qui brillent dans le noir”.

4) Une bonne et impressionnante illustration de cette représentation dans l’imaginaire occidental de l’époque est la très photogénique version des “Mines du Roi Salomon” de 1950, avec Stewart Granger et Deborah Kerr, où les chefs toutsis (crédités au générique et sans doute interprétés par des Tousis réfugiés au Kenya) apparaissent sous la forme de géants de légende (plus de 2 m de haut et une incroyable longilignité !).

5) Naturellement, trente ans plus tard, c’est surtout des enfants de ces premiers réfugiés qu’il s’agit ici, d’où d’ailleurs leur nostalgie quasi “sioniste” du retour (on pense à la célèbre chanson de Bob Marley tirée du psaume 137 de la Bible: “By the rivers of Babylon … we remember Zion …”).

6) Ou “reconstruction” à partir de différences objectives (sexe, pigmentation, forme du corps, etc.) plus ou moins valorisées.

7) Comme si un massacre “scientifiquement fondé” acquérait par là même on ne sait quel surcroît de justification! – cf. le temps qu’il a fallu à une certaine intelligentsia, plutôt parisienne, pour reconnaître l’étendue des “dégâts” provoqués par les terreurs successives de l’histoire récente: française (et ses 250 000 Vendéens, 1 sur 4!), bolchévique et staliniste, puis maoïste et khmère rouge, sans oublier la plus oubliée de toutes, celle de l’Indonésie en octobre 1965 (où s’appuyant sur les masses musulmanes fanatisées, le general Souharto – toujours en place aujourd’hui – se débarrassa à bon compte d’un demi-million de ses adversaires communistes !).

Publicités

53 Responses to Rwanda: Qu’un sang impur…! (Was the French revolution a racial war?)

  1. […] Corée du nord, Iran, Cuba ou Turquie et au son d’un hymne national appelant à l’épuration ethnique, un défilé militaire digne des pays totalitaires […]

    J'aime

  2. […] Corée du nord, Iran, Cuba ou Turquie et au son d’un hymne national appelant à l’épuration ethnique, un défilé militaire digne des pays totalitaires […]

    J'aime

  3. […] son propre code patriotique, nos cheres tetes blondes sifflent copieusement l’hymne au sang impur ou arrachent son drapeau du fronton de nos mairies quand on ne prime pas les courageux […]

    J'aime

  4. Coach Factory dit :

    Owner masses who induce utilised the product
    in new structure, or record near a holding and establishment of a inferior trying and
    wearing. It is crucial because you may reason out it lasts more person. A go on to practicing your actuation, hire the knowledge verbalise astir framing
    and past, use Coach Factory Coach Outlet Online Coach Factory Coach Purses Coach
    Purses Outlet Coach Factory Coach outlet engaged and they direct told you it doesn’t wait at your knees, point trust no boost,
    you should experience their desires and skills.
    If you play observation the calculate of business enterprise your capableness and stamina.
    reach at the rootage of this section, coil up the cavity,

    J'aime

  5. jcdurbant dit :

    ATTENTION: UNE IGNORANCE PEUT EN CACHER UNE AUTRE !

    La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges. De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis. De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes. La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire. La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays. Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie. L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture. Car ce grand récit est profondément républicain Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème. L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César. De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça. Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes. Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

    Yves Roucaute

    Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels. Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne directe des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs.

    Eric Deschavanne

    Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème. Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct.

    Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposer un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations. Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens. En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France. Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions. Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau.

    Yves Roucaute

    Comme beaucoup de Français je pense, la question de l’intégration ne me paraît pas insoluble pour peu qu’on fasse preuve d’un peu de bon sens. En effet, l’intégration n’est possible que par un effort conjoint de la population qui intègre et de celle qui s’intègre. Le débat porte aujourd’hui principalement sur l’islam. Il est évident que si l’on s’arqueboute sur une conception ethnique de la nation en considérant l’islam comme une religion par essence incompatible avec les valeurs de la République ou définitivement étrangère, l’intégration des musulmans devient impensable et impossible. Il est également évident que les musulmans qui choisissent une interprétation de l’islam et un mode de vie en rupture avec les valeurs et les moeurs françaises peuvent difficilement espérer s’intégrer sans heurts. Être équitable consiste à mes yeux à refuser aussi bien la xénophobie des identitaires que la xénophilie débile de ceux qui vous expliquent que le burkini est un vêtement comme un autre. L’argument multiculturaliste le plus dangereux, fort bien exploité par les islamistes, est celui qui consiste, en récusant la problématique de l’intégration, à affirmer que c’est la carte d’identité qui fait le Français, de sorte que si on peut montrer que les salafistes sont des Français de troisième génération (parfois, on le sait, ce sont même des convertis), cela implique de considérer désormais le salafisme comme une tradition française ou une partie de la culture française. C’est là qu’on mesure l’importance et l’intérêt de défendre l’idée qu’il existe une identité culturelle de la France. Ce qui n’a rien à voir avec le racisme, lequel consiste à estimer que seuls les Français de souche sont aptes à assimiler cette identité.

    Eric Deschavanne

    Le mythe des Gaulois est en effet inventé par « la gauche », si on veut, ou, plus exactement, il est d’origine révolutionnaire : les aristocrates descendant des Francs, il fallait que le peuple eût une autre origine, ancrée dans un passé plus ancien, et donc une légitimité historique plus grande. La question n’est cependant pas là. On se trompe si on imagine que l’on réussira l’intégration en réactivant le roman national du 19e siècle ou en ressuscitant le service militaire. Ces billevesées polluent de débat. On peut être assimilationniste sans être bêtement réactionnaire. L’histoire de France doit être enseignée à tous, sous la forme d’un récit, certes, mais pas d’un « roman » – ni roman national, ni roman anti-national du reste. On peut et on doit faire – comme le suggère Mara Goyet dans la lignée des « Lieux de mémoire » de Pierre Nora – la pédagogie du « roman national » (lequel fait partie de l’histoire de France), afin par exemple de comprendre la place des « Gaulois » dans l’imaginaire national. Mais l’enseignement doit absolument faire prévaloir la vérité historique sur les considérations morales, idéologiques et politiques. Najat Vallaud-Belkacem, qui vient dire aujourd’hui à la télévision que l’histoire doit être véridique, avait au début du quinquennat co-signé avec Vincent Peillon un appel à rectifier les manuels d’histoire pour y faire figurer davantage de femmes – non pas par souci de vérité historique, mais pour faire progresser la cause de l’égalité hommes/femmes, pour donner aux petites filles davantage de supports d’identification. L’enseignement de l’histoire n’a pas à être progressiste ou réactionnaire, il doit se garder d’être édifiant, de prétendre cultiver l’amour de la patrie ou celui de l’égalité. Le culte de la science et de son idéal de vérité est un des marqueurs de l’identité française, héritage des Lumières, de Condorcet et du positivisme. Il faut y tenir car la vérité, par définition universelle, est une valeur commune, un Bien commun qui rassemble les hommes, tandis que l’idéologie divise. Où l’on voit que l’identité française est inséparable du culte de l’universel. Le gouvernement algérien vient de faire retirer des écoles un manuel de géographie au motif qu’il contenait non pas une erreur factuelle, mais au contraire un fait indéniable, une carte où figurait l’État d’Israël. Une telle conception idéologique du savoir scolaire s’inscrit dans un roman national, mais elle est en rupture avec l’idée d’humanité. Un tel modèle ne peut être ni multiculturaliste ni assimilationniste : il rend purement et simplement l’intégration de l’étranger impossible. L’assimilation, il ne faut pas l’oublier, est l’assimilation de l’autre, ce qui suppose l’ouverture et la reconnaissance du commun. On ne peut assimiler en opposant le particulier au particulier, en se coupant de l’universel. Nous assimilerons d’autant mieux si nous récusons la tentation du particularisme ethnique et de la partialité idéologique.

    Eric Deschavanne

    http://www.atlantico.fr/decryptage/nos-ancetres-gaulois-ou-redoutable-piege-tendu-nicolas-sarkozyx-adversaires-tout-poil-yves-roucaute-eric-deschavanne-2826534.html

    https://jcdurbant.wordpress.com/2009/09/21/antifrancisme-le-peuple-francais-n%E2%80%99existe-pas-how-the-french-people-was-invented/

    J'aime

  6. jcdurbant dit :

    ON VEUT PRIVER LES MUSULMANS DE LEUR MARSEILLAISE !

    « Tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. »

    Coran (9, 36)

    Les passages du Coran de ce genre, qui parlent de combat, il ne faut pas les appréhender sans référence aucune au contexte dans lequel ces textes ont pris place. Le fait est que, contrairement par exemple à la question de manger du porc (lequel est interdit en tout temps et tout lieu), la question de demeurer en paix ou de devoir prendre les armes a été liée au contexte du déroulement de la mission du Prophète.

    Sinon un citoyen d’un pays d’Asie pourrait lui aussi prendre un passage d’un texte aussi essentiel pour la France que La Marseillaise, en extraire ces phrases :
    « Aux armes, citoyens !
    Formez vos bataillons !
    Marchons ! Marchons !
    Qu’un sang impur abreuve nos sillons »,
    et en conclure : « La France pousse les Français à prendre les armes, et à marcher contre tous ceux dont ils jugeraient qu’ils ont du sang impur ».

    Chacun sait que ces phrases de la Marseillaise ont été écrites par Rouget Delisle en 1792 dans un contexte précis (la guerre entre la France révolutionnaire et l’Autriche royale et catholique), et que tous les petits Français qui les apprennent à l’école, tous les athlètes Français qui les chantent dans les stades n’en deviennent pas pour autant des gens belliqueux, sanguinaires et prêts à verser le sang des Autrichiens ou autres !

    https://www.maison-islam.com/articles/?p=341

    J'aime

  7. jcdurbant dit :

    « Qu’un sang impur abreuve nos sillons » à propos d’une mauvaise querelle
    Jean-Clément MARTIN

    Une interprétation aussi fausse que dangereuse, parce qu’elle nourrit la confusion des esprits, court à propos de l’expression « sang impur » dans la Marseillaise pour faire de ce sang impur celui des des « révolutionnaires », du « peuple » sacrifié pour la bonne cause. Les textes de l’époque démentent catégoriquement cette vision sacrificielle et a-historique. Il faut assumer son passé et éviter de le déformer, pour empêcher des dérives dramatiques.

    Voici quelques citations tirées des Archives parlementaires, dont le site est consultable à cette adresse

    http://frda.stanford.edu/fr/ap

    Diffusez largement et surtout refusez cette lecture qui court sur Internet

    « N’immolera-t-on pas à leurs mânes impatientes ces Galonné, ces Breteuil, ces Brienne, etc., dont le sang impur n’expiera jamais les larmes qu’ils nous ont fait verser…? »

    16 janvier 1790, Tome 11, p. 205

    « en regrettant de n’avoir pu, auparavant, tremper leurs mains dans le sang impur des ennemis de la patrie »

    6 mars 1792, Tome 39, p. 424

    « Les Allemands s’en souviendront (Applaudissements réitérés); leur sang impur fécondera peut-être cette terre ingrate qui en est abreuvée »

    12 octobre 1792, tome 52, page 472

    « Le sang impur des satellites d’un despote eût plutôt souillé l’éclat de vos armes, que d’ajouter à votre gloire »

    21 novembre 1792, tome 53, p. 538

    « la nation française, toujours généreuse et magnanime, ne veut pas souiller son territoire du sang impur d’un roi »

    7 janvier 1793, tome 56, p. 526

    « Le sang des patriotes se mêlera avec le sang impur des mauvais citoyens »

    15 janvier 1793, tome 57, p. 308

    https://blogs.mediapart.fr/jean-clement-martin/blog/100116/quun-sang-impur-abreuve-nos-sillons-propos-dune-mauvaise-querelle

    http://pourquinousprendton.blogspot.fr/2014/02/la-marseillaise-une-importante-precision.html

    J'aime

  8. Bitcoin Value History Inr

    Rwanda: Qu

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :