Caricatures de Mahomet: Arrêtez, on n’a plus de vierges! (Stop, we’re out of virgins!)

RD0657139: February 2008MoeIssuesoftheDay.blogspot.com: Busy morning so far....maybe more ...Qu’est ce qui porte plus préjudice à l’islam, ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman? Jihad Momani, éditorialiste (au prénom prédestiné ?) de l’hedomadaire jordanien Shihane
Nous ne nous excuserons jamais d’êtres libres… (…) Nous voilà sommés, nous, citoyens de sociétés démocratiques et laïques, de condamner une douzaine de caricatures jugées offensantes pour l’islam. Et sommés par qui ? Par les Frères musulmans, la Syrie, le Jihad islamique, les ministres de l’Intérieur des pays arabes, la Conférence islamique… Que des paragons de tolérance, d’humanisme et de démocratie. Ainsi, il devrait leur être présenté des excuses, parce que la liberté d’expression qu’ils refusent jour après jour à chacun de leurs citoyens, fidèles ou militants, s’est exercée dans une société échappant à leur férule. C’est le monde à l’envers. Non, nous ne nous excuserons jamais d’êtres libres de parler, de penser et de croire. Puisque ces docteurs autoproclamés de la foi en font une question de principe, il faut être ferme. Clamons-le autant qu’il le sera nécessaire, on a le droit de caricaturer Mahomet, Jésus, Bouddha, Yahvé et toutes les déclinaisons du théisme. Cela s’appelle la liberté d’expression dans un pays laïque (…) Serge Faubert (France Soir, 1/2/06)

Bravo (au moins sur ce coup-là) à France-Soir pour cet éditorial et la publication aujourd’hui des dessins de leurs confrères danois et norvégiens qui semblent tant exciter nos grands démocrates musulmans !

Ceux-là mêmes d’ailleurs qui, il y a pas si longtemps en Irak, se sont bien gardés de toute condamnation lors des sacrifices en direct, aux cris d’Allah Akbar, d’otages américains !

Sans parler de leurs coreligionnaires qui, avec leur bénédiction et à Tel Aviv ou à Baghdad, se font régulièrement exploser dans les bus, les marchés ou les discothèques !

Et maintenant à quand la publication de ces dessins dans… TOUS nos autres journaux?

Mais pour en revenir au débat de fond, même si, croyant moi-même, je ne suis pas en principe pour le dénigrement des religions, il est évident qu’ on a là affaire à la salutaire- et plutôt mesurée – dénonciation des DÉRIVES criminelles d’une religion (via les fameuses houris promises aux martyrs de la foi, ces 72 vierges censées retrouver leur virginité après chaque acte sexuel), que je ne peux qu’applaudir… des deux mains !

« Stop, we’re out of virgins ! » (mon préféré) …

Ne croirait-on pas entendre là… NOS grands prophètes de la Bible ?

Qu’ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l’Éternel. Je suis rassasié des holocaustes… Cessez d’apporter de vaines offrandes (…) Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités. (…) Vos mains sont pleines de sang.

Esaïe 1 : 11-15

Et même… la parole adressée au père de tous les croyants, Abraham lui-même ?

L’ange dit: N’avance pas ta main sur l’enfant …   Genèse 22 :12

Complément (du 2/2/06): au moment où le directeur de publication de France Soir vient de se faire limoger par son copte de patron, ce qui laisse supposer au passage (et quelles que puissent être les motivations de ce dernier dont la réputation de dépeçeur d’entreprises n’est plus à faire) le genre de pressions qu’il a pu subir (et incidemment le type de coexistence que les états musulmans proposent et réservent à leurs minorités religieuses et notamment chrétiennes !) et où on découvre que les milieux islamistes danois auraient délibérement ajouté d’autres dessins, trouvés sur l’internet, ceux-là réellement et délibérément offensants (ie. Mahomet à tête de porc – voir : http://mysterier.org/politikk/ekstrabladet/hefte/), comment ne pas citer ce fameux texte de Voltaire (d’ailleurs évoqué par l’éditorialiste de France Soir):

Insipide écrivain, qui crois à tes lecteurs
Crayonner les portraits de tes Trois Imposteurs,
D’où vient que, sans esprit, tu fais le quatrième?
Pourquoi, pauvre ennemi de l’essence suprême,
Confonds-tu Mahomet avec le Créateur,
Et les oeuvres de l’homme avec Dieu, son auteur?…
Corrige le valet, mais respecte le maître.
Dieu ne doit point pâtir des sottises du prêtre:
Reconnaissons ce Dieu, quoique très-mal servi.

Voltaire, Epître à l’auteur du livre des Trois imposteurs, 1768

Voir la suite sur:

http://humanities.uchicago.edu/homes/VSA/trois.imposteurs.html

Complément 2: Voir aussi le rare début d’autocritique du côté arabe dans

« l’hebdomadaire jordanien Shihane, qui va jusqu’à reproduire trois des caricatures. Sous le titre «Musulmans du monde, soyez raisonnables », le rédacteur en chef, Jihad Momani, se demande: « Qu’est ce qui porte plus préjudice à l’islam, ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman? » Le journal a été retiré de la vente. » Et le journaliste… arrêté !

http://www.liberation.fr/page.php?Article=356582

8 Responses to Caricatures de Mahomet: Arrêtez, on n’a plus de vierges! (Stop, we’re out of virgins!)

  1. […] devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman? Jihad Momani (hedomadaire jordanien […]

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  2. jcdurbant dit :

    PENDANT LES TRAVAUX LA VENTE CONTINUE (Le roi du Maroc se réveille et confirme que malgré la rupture de stocks de vierges, l’islam est bien une religion de paix et que le djihad ne tue que des coupables)

    “Les terroristes qui opèrent au nom de l’islam ne sont pas musulmans. (…) Menés par leur ignorance, ils croient que ce qu’ils font est le djihad. Mais depuis quand le djihad consiste-t-il à tuer des innocents ? (…) Est ce qu’une personne saine d’esprit peut croire que des vierges au Paradis sont la récompense pour le djihad ? Est-il concevable que ceux qui écoutent de la musique seront avalés par la Terre ? Et il y d’autres mensonges de cette sorte. Les terroristes et les extrémistes utilisent tous les moyens possibles pour persuader les jeunes de se joindre à eux et de frapper des sociétés qui défendent les valeurs de liberté, d’ouverture et de tolérance. (…) Nous sommes tous visés. Celui qui croit en ce que j’ai dit est une cible pour le terrorisme”.

    Mohammed VI (roi du Maroc)

    https://fr.express.live/le-roi-du-maroc-mohammed-vi-pas-de-vierges-au-paradis

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  3. jcdurbant dit :

    ISLAM IS A RELIGION OF PEACE(When was Jihad ever about the killing of innocent people? )

    Islam has instructed us to be good to the People of the Book. Allah said: ‘We make no distinction between any of His messengers.’ Allah said: ‘…one who believes in Allah, Judgement Day, the angels, the Quran, and the prophets.’ The terrorists who operate in the name of Islam are not Muslims. They have nothing to do with Islam … Led by their ignorance, they believe that what they do constitutes Jihad. When was Jihad ever about the killing of innocent people? Allah said: ‘…do not transgress. Allah does not love the transgressors.’ Is it conceivable that Allah, the Forgiver, the Compassionate, would order a person to blow himself up or to kill innocent people?! It should be noted that Islam prohibits suicide of any kind, regardless of the reasons. Allah said: ‘…whoever kills a soul unless for a soul or for corruption upon the land – it is as if he had killed all of Mankind.’ « Islam is a religion of peace. Allah said: ‘Oh you who believe, enter Islam one and all.’ Jihad in Islam is subject to specific conditions, including the condition that it must not be waged unless for the purpose of defense, and may never be waged for the purpose of killing or aggression. It is prohibited to kill people under the pretext of waging Jihad. Another condition of Jihad is that it must be declared by the Emir of the Believers – not by any individual or group. People who call for killing and aggression, who unjustly accuse people of heresy, and who interpret the Quran and the Sunna in a manner befitting their goals are attributing lies to Allah and His Messenger. This is the true heresy. […] « They are exploiting some Muslim youth, especially in Europe. They are exploiting their ignorance of the Arabic language and of true Islam, in order to convey their erroneous messages and misleading promises. Can anyone of sound mind believe that the reward for Jihad could be some virgins in Paradise? Is it conceivable that anyone who listens to music will be swallowed by the Earth? And there are similar lies. The terrorists and extremists are using all possible means to persuade the youth to join them, and to strike at societies that bask in the values of liberty, openness, and tolerance. […] « We are all being targeted. Anyone who believes in what I have said serves as a target for terrorism. Terrorism struck in Morocco in the past, and then it hits in Europe and many regions in the world. Given the spread of ignorance in the name of religion, everybody – Muslims, Christians, and Jews – must stand together in the fight against all types of extremism, against hatred, and against close-mindedness. The history of humanity is the best proof that it is impossible to achieve progress in any society suffering from extremism and hatred, because these are the main causes for the loss of security and stability. Human history abounds with successful examples, showing that cooperation and coexistence between religions give rise to open and modern societies, ruled by love, harmony, comfort, and prosperity. This was embodied in the Islamic culture, especially in Baghdad and Andalusia, which was one of the most progressive and open human societies. »

    Muhammed VI

    https://www.memri.org/tv/king-morocco-mohammed-vi-can-anyone-sound-mind-believe-reward-jihad-could-be-some-virgins

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  4. jcdurbant dit :

    QUELLE NOUVELLE TRAHISON DES CLERCS ET QUEL RACISME DE L’ANTIRACISME ? (Au commencement, il y a toujours le verbe: une partie de la gauche mais aussi de la communauté universitaire, intellectuelle et médiatique en est venue à dire que pour les catholiques, ils étaient d’accord, mais que pour l’islam il fallait faire attention parce que c’est une minorité)

    « Où les purges ont-elles lieu ? Pas chez Fox News mais au New York Times. Où démissionne-t-on, où se fait-on congédier parce qu’on n’a pas l’opinion qu’il faut ? Dans des universités américaines marquées très à gauche, parce qu’il y a toujours plus radical. »

    Me Richard Malka

    Après l’attentat, nous avons décidé que l’avocat de la personne morale « Charlie Hebdo » ne pouvait représenter, en même temps, les victimes et leurs proches. Ce sont des défenses et des approches différentes. Cela fait trente ans que je défends ce journal, ce qu’il symbolise et ce qui constitue précisément ce que les frères Kouachi ont voulu éradiquer. Ma malheureuse cliente sera donc la liberté, et je crains qu’à moyen terme ce ne soit une cause perdue. (…) Toujours (sous protection policière) Cela a commencé le 8 janvier 2015 et ça ne s’est jamais arrêté. J’aggrave régulièrement mon cas en défendant Mila ou une jeune femme qu’on ne laisse pas monter dans un bus RATP parce qu’on la suppose maghrébine et qu’elle porte une jupe au-dessus du genou… Si on regarde ça froidement, c’est invraisemblable. Que de paisibles dessinateurs de presse, d’inoffensifs caricaturistes fassent, eux aussi, l’objet d’une garde rapprochée, ça l’est encore plus, mais tout le monde s’y est habitué. C’était d’ailleurs l’objet recherché : instaurer une nouvelle normalité, la peur et le silence par l’effroi des conséquences de l’irrévérence. (…) Ce sera un procès historique, raison pour laquelle il sera filmé. Les faits jugés ont marqué la France et le monde, mais, effectivement, dans le box des accusés vont se retrouver ce que vous appelez des « seconds couteaux » puisque les principaux responsables sont morts. Pour être franc, ils ne m’intéressent pas beaucoup. D’ailleurs, les Kouachi seraient dans le box qu’ils ne m’intéresseraient guère davantage. Ils ne sont que des armes. Ils présentent autant d’intérêt qu’une kalachnikov, même s’il peut être nécessaire de comprendre par quel processus des hommes peuvent se transformer en outil de mort. Qui a armé intellectuellement les Kouachi, Coulibaly ou un Merah, avide de tuer des enfants de 5 ans ? Ce qui m’intéresse, c’est le lavage de cerveau préalable. Et, au commencement, il y a toujours le verbe. (…) Les complices intellectuels ne sont pas poursuivis. Et je ne le demande pas, précisément au nom de la liberté d’expression, celle de mes adversaires en l’occurrence. C’est sur le terrain politique et idéologique qu’il faut les combattre. Pour autant, il faudra bien traiter du mobile du crime, qui ne peut être le fantôme dont on ne parle pas. Pourquoi cet attentat ? Parce que des caricatures ont été publiées près de dix ans auparavant. Le mobile du crime, c’est la volonté d’interdire la critique de Dieu, donc la liberté d’expression, donc la liberté tout court. Mirabeau présentait la liberté d’expression comme « le bien le plus précieux de l’homme », formule reprise dans la Déclaration de 1789. Elle est précieuse car toutes les autres en découlent. (…) C’est l’histoire d’une grande trahison. Je suis devenu l’avocat de Charlie Hebdo en 1992, j’avais 23 ans. J’ai passé une première décennie à défendre ce journal contre des catholiques intégristes. On a gagné nos procès, et une jurisprudence a consacré la liberté de caricature religieuse. La gauche unanime nous applaudissait, on était fêtés, nous étions des héros et j’étais heureux. En réalité, il n’y avait rien d’héroïque. À ce moment-là, nos combats étaient utiles et légitimes mais nous étions portés par l’air du temps. Les choses ont commencé à changer au début des années 2000. On a subi les mêmes attaques, reposant sur les mêmes fondements juridiques, pour des dessins strictement identiques, voire moins virulents, mais de la part d’associations se revendiquant cette fois de l’islam. Sauf que le climat a changé. Le bloc de gauche, historiquement attaché à la liberté d’expression issue de la Révolution française, puis portée par les républicains, spécialement l’Union républicaine, le parti de Victor Hugo, qui donna naissance à la loi de 1881 [sur la liberté d’imprimer, NDLR], a commencé à se fissurer. Certains de nos amis se sont détournés et, peu à peu, nous ont condamnés. Une partie de la gauche mais aussi de la communauté universitaire, intellectuelle et médiatique en est venue à dire à peu près ceci : pour les catholiques, on était d’accord, mais pour l’islam il faut faire attention, c’est une minorité. On nous expliquait qu’il s’agissait de personnes qui n’avaient pas suffisamment d’éducation pour comprendre l’humour, qui n’avaient pas assez de distance à l’égard de leur religion pour accepter la caricature et qu’il fallait le respecter… (….) C’est d’une condescendance infinie et ne fait qu’exprimer un sentiment de supériorité. Cela revient à essentialiser les gens. L’enfant d’immigrés que je suis n’acceptera jamais ce renoncement à voir l’autre comme un égal. Renoncer à exiger d’un musulman qu’il accepte la critique de sa religion, au même titre qu’un juif ou qu’un protestant, c’est cela le racisme. (…) De mémoire, les premières menaces de mort remontent à 2002. Cabu avait légendé ainsi l’un de ses dessins : « Élection de miss sac à patates organisée par Mahomet. » On y voyait le prophète rigolard présenter une dizaine de femmes en burka… Ce dessin était une réaction à une aberration : le Nigeria avait organisé un concours de Miss Monde, considéré comme une insulte à l’islam par certains. Une manifestation hostile s’est conclue par 200 morts. Deux cents vies fauchées pour une telle futilité ! (…) Et (avec la publication des caricatures de Mahomet, en 2006) la gauche se fracture plus durement. Mais pas seulement elle. Les condamnations pleuvent de toutes parts : de Jacques Chirac, qui dénonce « les provocations susceptibles d’attiser les passions », à Dominique de Villepin, son Premier ministre, qui appelle « au respect et à éviter tout ce qui blesse inutilement les convictions religieuses ». Puis Jean-Marc Ayrault manifeste sa « désapprobation face à tout excès » et en appelle « à l’esprit de responsabilité de chacun ». Élisabeth Guiguou dénonce « un amalgame absolument inadmissible car l’islam est une religion de paix »… (…) En quoi est-ce « irresponsable » de critiquer Dieu ? C’est ce que la France a apporté au monde : la liberté de choisir de diriger nos vies par la raison plutôt que par des commandements divins ! La laïcité. C’est l’article 1 de notre Constitution. Et pour parvenir à apprivoiser les passions religieuses, la liberté d’expression doit être la plus large possible, y compris pour « ce qui blesse, heurte et choque », comme le rappelle la Cour européenne des droits de l’homme. Ce que les fanatiques rejettent à travers la liberté d’expression, c’est le doute, la remise en cause de dogmes insensés et souvent liberticides : habillez-vous comme ci, mangez comme ça, interdisez-vous d’aimer et de jouir comme vous le souhaitez… Pourtant, si Dieu nous a dotés d’un esprit critique, c’est pour que nous puissions l’exercer. Ou alors, il est con ! Et c’est cette liberté de critique, y compris à travers le rire, qui nous protège du fanatisme. Au XVIIIe siècle, les encyclopédistes ont pensé un monde débarrassé de Dieu pour appréhender les sciences, les arts, la liberté, la vie politique… Notre civilisation s’est bâtie sur cette idée pour s’éloigner de l’obscurantisme. (…) Douste-Blazy, 3 février 2006 [il lit] : « Il n’est pas normal de caricaturer l’ensemble d’une religion. » Donnedieu de Vabres : « Il est du devoir de ce journal de respecter les convictions d’une partie de nos concitoyens. » J’en ai dix pages comme ça ! Vous me demandez ce qu’on a raté ? Voilà, ça a commencé là ! Aujourd’hui, dans les collèges, il y a unanimité pour considérer qu’il faut « respecter les religions et ne pas blesser les croyants ». Mais c’est l’inverse que l’on devrait enseigner ! Cet argument de la blessure et de la sensibilité, du respect des religions et des croyances, c’est l’Étoile noire, une arme de destruction massive de la liberté d’expression. On respecte les hommes, pas les mille et une croyances qui sont les leurs, sinon il faut renoncer au débat, à la critique, à l’altérité, c’est-à-dire entendre celui qui est différent de vous. » (…) À chaque crise, on était toujours plus seuls. Après l’incendie du 2 novembre 2011, 19 intellectuels, portés notamment par Rokhaya Diallo, publient une pétition d’une violence incroyable contre le soutien à Charlie Hebdo : « Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie, les dégâts matériels seront pris en charge par les assurances », osent-ils écrire. Les pétitionnaires y manifestent encore « pour ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias » et disent leur « écœurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire, l’islamophobie ». En gros, ils l’ont bien cherché ! On en revient à votre question initiale. Voilà ce qui arme les terroristes : la thématique de l’humiliation. C’est la source de tant de violences et de tous les génocides. Comment parvient-on, dans les années 1930, à faire de l’un des peuples les plus raffinés de la planète une nation sanguinaire ? En répétant sans cesse : vous avez été humiliés par le traité de Versailles, vous êtes des victimes, je vais vous redonner votre fierté. Comment fabrique-t-on un Mohamed Merah ? En lui répétant depuis la petite enfance qu’il est une victime de la société, des médias, du racisme français et, bien sûr, des juifs. Couplez ça avec un aveuglement religieux et vous créez une machine de guerre. (…) On peut les respecter… ou pas. C’est un libre choix, mais après la publication des caricatures, la confusion a gagné. En 2006, Marielle de Sarnez affirme que « la laïcité, c’est aussi éviter de blesser des sensibilités ». Près de quinze ans plus tard, dans l’affaire Mila (la jeune lycéenne qui, en début d’année, a critiqué l’islam sur Instagram avant d’être menacée de mort, de viol et de lapidation), Nicole Belloubet, ministre de la Justice, agrégée de droit, déclare exactement la même chose : « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience. » Elle a, certes, reconnu son erreur, mais cela traduit une profonde perte de repères sur ce qui fait l’idée même de république. (…) (les politiques) ne sont pas les seuls ! Le clergé de cette nouvelle pensée ténébreuse est constitué d’une partie des classes politique, universitaire et médiatique. Si après la publication des caricatures de Charlie et les menaces de mort qui ont suivi, celles-ci avaient été reprises par tous les médias, nous ne nous serions pas retrouvés avec une cible dans le dos. (…) Une détermination absolue, mais aussi la peur de ce que cela va remuer comme souffrance ; de ne pas être à la hauteur de ma cause et de ceux qui ne sont plus là ; de ne pas parvenir à dominer la rage et la colère… (…) Celles que j’éprouve à l’égard de ceux qui ont trahi la cause de la liberté, par lâcheté, aveuglement, posture, calcul… La colère contre cette gauche souvent radicale qui nous a poignardés en devenant bigote. Cette gauche devenue identitaire par le biais des minorités : son nouveau culte. Où est passée la gauche libertaire, universaliste et laïque ? Pourquoi cette gêne ? On peut être férocement antiraciste, comme l’a toujours été Charlie, et radicalement blasphémateur. C’est même recommandé.(…) Je vais aller plus loin : il faut être islamophobe, christianophobe, judéophobe, bouddhaphobe… Il faut avoir peur de ces religions dont l’apport à l’humanité est immense, mais qui ont aussi produit des océans de sang et de malheur. Toute religion est privative de liberté. Il faut aider les hommes qui le veulent à s’affranchir de ce carcan et c’est dans cette tradition que Charlie s’inscrit. (…) (le 11 janvier 2015, 4 millions de personnes, dont 35 chefs d’État, dans la rue) C’était un moment très fort. Et, contrairement à ce qu’a dit Emmanuel Todd, je ne crois pas que ce soient des « catholiques zombies » qui, ce dimanche, ont manifesté. Mais je n’ai jamais eu la moindre illusion sur le fait que le 11 janvier pourrait changer le cours des choses. (…) Les frères Kouachi et ceux qui les ont armés ont gagné, oui… Qui, aujourd’hui, publierait les caricatures de Mahomet ? Quel journal ? Dans quelle pièce, quel film, quel livre ose-t-on critiquer l’islam ? Qui depuis cinq ans ? (…) ‘Soumission’ est sorti le jour de l’attentat. Avant, donc. Bien sûr qu’ils ont gagné… Mais je fais le pari pascalien que l’aspiration des hommes à vivre libres finit toujours par l’emporter. (…) Aux côtés de qui est-ce que je bataille ? Essentiellement des hommes et des femmes de culture musulmane : Mohamed Sifaoui, Fatiha Boudjahlat, Zineb el-Rhazoui, Mohamed Louizi et bien d’autres. Ils mènent, aujourd’hui, le combat des valeurs républicaines. Avec Mila, aussi. Une adolescente qui exerce son droit à la critique religieuse. Qui, à la fin, a été contrainte de quitter son lycée ? Pas les agresseurs, pas les harceleurs. C’est elle qu’on a exfiltrée ! (…) Voilà où nous en sommes, cinq ans après l’attentat de Charlie ! Au passage, on aimerait bien que le prétendu Observatoire de la laïcité de M Bianco ne passe pas son temps à voir de l’islamophobie partout et des atteintes à la laïcité nulle part. Les présidents et Premiers ministres se succèdent mais rien ne change. (…) J’essaie d’éviter les références à la Seconde Guerre mondiale, car après il devient difficile de dialoguer. Cela dit, il est parfois difficile de ne pas y avoir recours. Ainsi pour Virginie Despentes qui déclare aux Inrocks, dix jours après l’attentat : « J’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter une kalachnikov et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que de vivre à genoux. J’ai aimé ceux-là qui ont fait lever leurs victimes en leur demandant de décliner leur identité avant de viser au visage. J’ai aimé aussi leur désespoir.  » Ce texte fait froid dans le dos ! Despentes ne cherche pas à comprendre. Elle excuse. Elle justifie. Elle légitime. Elle les aime ! En prenant la pose d’une grande humaniste radicale, elle n’exprime, au fond, que sa fascination pour le mal, son attirance pour la noirceur du monde. Pour elle, les assassins vivent courageusement debout et sont en réalité des victimes qui tuent parce qu’ils n’ont pas eu assez de sous quand ils étaient petits. Alors oui, pour moi, ce courant intellectuel a du sang sur les mains et sur les lèvres. C’est lui qui arme les terroristes. (…) et il y a pire, quand Plenel dit que Charlie fait « la guerre aux musulmans »… C’est une rhétorique qui aboutit à dire : tuez-les ! Parce que si Charlie est en guerre contre les musulmans, ça veut dire que les musulmans sont en guerre contre Charlie. Or, dans une guerre, on tue.L’univers médiatique n’a pas vraiment soutenu « Charlie » à ce moment-là… « Le Monde », par exemple, a semblé renvoyer Riss et Plenel dos à dos. À nouveau ce malaise. On pense qu’on ne peut pas critiquer une religion sans porter atteinte à celui qui la pratique. Mais ça vient d’où, ça ? Cela va vous paraître étrange, mais il n’y a pas une journée où je ne suis abordé par une personne de culture musulmane pour me dire : continuez, on compte sur vous ! Car qui sont les principales victimes de l’islamisme et, on va le dire, de l’islam tout court ? Les musulmans. Combien ont été assassinés, privés de liberté, empêchés d’être eux-mêmes ? Dans ma vie judiciaire, je défends des musulmans qui ont osé critiquer leur religion, ce qui ne les empêche pas de conserver leur foi. Cette gauche dont nous parlons ne veut pas le comprendre. Des intellectuels du monde entier s’en alertent à présent chaque jour : la demande de censure a migré vers la gauche, au désespoir, d’ailleurs, de ses électeurs. La gauche libertaire n’ose plus s’exprimer. Où les purges ont-elles lieu ? Pas chez Fox News mais au New York Times. Où démissionne-t-on, où se fait-on congédier parce qu’on n’a pas l’opinion qu’il faut ? Dans des universités américaines marquées très à gauche, parce qu’il y a toujours plus radical. Si « l’identitairement correct » poursuit sa pénétration en France, ça ne sera pas au Figaro mais au Monde que les purges auront lieu. Il y a des mouvements de fond contraires à la liberté d’expression, et la gauche n’a pas encore trouvé le logiciel pour y résister. Elle en meurt, car c’est son ADN. (…) La tendance actuelle consiste à dire : je suis blessé par celui qui pense différemment de moi. Donc je ne veux jamais y être confronté. Il faut, dès lors, organiser des ateliers pour ma communauté, entre « racisés ». C’est tragique et fascinant : le combat contre le racisme, qui est une intense nécessité, est en train de créer un néoracisme, de réinventer les races. Que font ceux qui, comme moi, refusent de se définir par une appartenance communautaire réductrice ? On a le droit de parler de quoi ? Avec qui ? Je n’ai pas envie que les Blancs soient interdits de parler d’esclavage. Que les Noirs ne puissent parler de la Shoah. Que les hétérosexuels ne puissent parler d’homosexualité. Que les hommes ne puissent s’exprimer sur le féminisme. Si c’est cela le nouveau monde, alors ce n’est qu’une nouvelle appellation du Moyen Âge ! (…) Cet esprit (de la marche du 11 janvier 2015) n’existe plus depuis longtemps. Oui, la situation est bien pire qu’il y a cinq ans. Pas un mois sans qu’on empêche, dans les universités françaises, quelqu’un d’intervenir : François Hollande, Sylviane Agacinski, Mohamed Sifaoui, Alain Finkielkraut, les représentations de pièces antiques ou celle de Charb… Des apprentis talibans de l’Unef ou d’obscures associations s’opposent à ce qu’ils s’expriment ainsi qu’à la liberté de création. (…) J’ai la conviction que l’immense majorité de nos concitoyens soutient ces combats ; qu’ils ne soient pas entendus finira par poser un problème démocratique. Le sujet n’est d’ailleurs pas que français. On ne peut plus publier, aux États-Unis, patrie de la liberté d’expression, les Mémoires de Woody Allen. Des artistes qui avaient dénoncé l’esclavage voient leurs œuvres censurées et se font exclure des musées, car Blancs. En Pologne, des catholiques brûlent Harry Potter. Timothée de Fombelle, auteur de littérature pour enfants, se voit refuser son livre par son éditeur anglais parce qu’il est blanc et met en scène une petite fille noire… Si l’on ne place pas la liberté à l’article 1 de toute idéologie et de tout système politique, les plus beaux principes dégénèrent en totalitarisme par l’effet de la nature humaine. Ce n’est pas un hasard si le premier terme de notre devise est la liberté. Cette prédominance doit s’appliquer à tout système d’organisation collective. » (…) Dire qu’il faut interdire le port du voile dans la rue, c’est totalitaire ! J’aimerais convaincre de ne pas le porter, mais en aucun cas l’interdire. C’est vrai pour tous les sujets. Comme vous, j’imagine, les menaces sur le climat et la biodiversité m’inquiètent. Mais que propose la Convention citoyenne sur le climat ? Modifier la Constitution, rien de moins, pour affirmer que la « conciliation des droits, libertés et principes » ne « saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». En rétrogradant ainsi la liberté, en en faisant une question subsidiaire, on crée la base juridique d’un nouveau totalitarisme. Avec une telle mesure, on pourrait ensuite légiférer sur la nécessaire limitation des naissances ou l’interdiction de se déplacer. À quoi bon sauver la planète si c’est pour vivre en dictature ? C’est applicable à tous les sujets : la religion, l’écologie, le féminisme. Je suis en totale adhésion avec le mouvement #Metoo dès lors qu’il ne désigne pas à la vindicte telle ou telle personne avant tout procès. On ne peut plus tolérer que la quasi-totalité des femmes soient confrontées aux agressions sexuelles, au harcèlement et, dans les pires cas, au viol. Mais là encore, si l’objectif est l’harmonie des sexes, la raison doit l’emporter sur les passions vengeresses ; la liberté de ne pas être condamné et emprisonné du seul fait d’être accusé doit être observée par tous comme un apport de la civilisation sur l’époque des lynchages. (…) Les dictateurs avancent toujours masqués sous l’étendard du bien, jamais sous celui du diable. Au nom de l’égalité, on a inventé le goulag. Au nom de la fierté est né le nazisme. Les nouveaux totalitarismes avanceront au nom de valeurs généreuses et légitimes. Je me méfie toujours des gens qui disent vouloir me faire du bien ! (…) (le 7 janvier 2015) J’arrivais à mon cabinet, un journaliste m’a appelé pour me dire qu’une fusillade était en cours à Charlie. J’ai foncé à la rédaction. Pendant un mois, j’ai vécu déconnecté du monde. Toute personne ayant connu un traumatisme connaît cela : on ne peut plus parler aux gens, on n’est plus dans la même réalité. Et ce n’est évidemment rien comparé à ce qu’ont vécu les vraies victimes : les blessés, les familles des disparus. Je suis allé sur place. Il a fallu annoncer aux familles la mort de leur proche. Il fallait aussi parler à l’opinion, le plus calmement possible, en étant ferme sur les principes. En fait, il y avait un million de choses à organiser et aucun de nous ne savait comment faire ; mais ce dont j’étais convaincu, c’est que le numéro suivant du journal devait sortir. Nous nous sommes battus pour cela. J’ai « coupé » mes émotions, ce n’était pas gérable autrement. Je ne suis absolument pas une victime, juste un proche et un acteur parmi d’autres de cette longue histoire, mais plus rien n’a jamais été pareil. (…) Et il faut aller jusque-là (le procès) . Les cicatrices vont se rouvrir et, en même temps, on ne peut pas y échapper, parce que c’est notre histoire. J’espère qu’au moins certaines des victimes parviendront à laisser un peu du poids de leur souffrance dans la salle de la cour d’assises. J’espère aussi que nous saurons, collectivement, nous montrer plus constants et plus courageux dans la défense de nos libertés.

    Me Richard Malka

    « Charlie Hebdo », un journal dans la ligne de mire

    Mobile. Le 8 février 2006 « Charlie Hebdo » publie douze caricatures du prophète Mahomet. Des organisations mulsulmanes poursuivent le journal pour « injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion ».

    Cocktail Molotov. Le 2 novembre 2011, les locaux de la rédaction sont incendiés alors que « Charlie Hebdo » s’apprête à sortir un numéro rebaptisé « Charia Hebdo ». En une, le prophète Mahomet dessiné par Luz (photo).

    Attaque. Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi font irruption dans les locaux de « Charlie Hebdo » et assassinent 11 personnes. Dans leur fuite, ils tuent un gardien de la paix, Ahmed Merabet.

    Choc. Le 7 janvier 2015, évacuation des blessés après l’attentat perpétré par les frères Kouachi.

    https://www.lepoint.fr/societe/me-richard-malka-la-situation-est-bien-pire-qu-il-y-a-cinq-ans-12-08-2020-2387585_23.php

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  5. jcdurbant dit :

    PILIER DE L’ISLAM (Quelle grande classe des pipicacas de Charlie hebdo ?)

    Le mercredi 19 septembre 2012, Charlie Hebdo publie un numéro, dans lequel le prophète Mahomet est représenté dans des postures osées. On le voit là, allongé sur le ventre dans un lit, imitant la pose de Brigitte Bardot dans Le Mépris, avec cette légende : « Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ? » ; ou ici, nu, à quatre pattes, une étoile jaune dans les fesses, une goutte s’échappant de son pénis, le dessin étant accompagné de ces quelques mots : « Mahomet : une étoile est née ! » C’est cette dernière caricature qui, dans une volonté de leur apprendre la liberté d’expression, sera montrée, le 5 octobre 2020, par le professeur Samuel Paty à ses élèves de quatrième, quelques jours avant d’être décapité sur la voie publique par un terroriste islamiste. Au sujet du dessin de Mahomet à quatre pattes, celui-là même qui sera montré par le professeur Paty à ses élèves, les associations estiment qu’il fait « à l’évidence référence à la posture de prosternation effectuée au cours de la prière prescrite par le Coran, qui est l’un des cinq piliers fondateurs de l’Islam ». Il représente également Mahomet comme un exhibitionniste. Pour les requérantes, les dessins et les expressions sont donc « gratuitement offensantes pour la communauté musulmane et ne contribuent à aucune forme de débat public, bien au contraire »…

    https://www.lepoint.fr/justice/pourquoi-la-caricature-montree-par-samuel-paty-a-ses-eleves-a-ete-attaquee-en-justice-26-10-2020-2398077_2386.php

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  6. jcdurbant dit :

    A LA LIMITE DE LA PORNOGRAPHIE (On n’est pas obligé d’insulter les gens pour défendre la liberté d’expression)

    On n’est pas obligé, pour enseigner la liberté d’expression, de montrer des caricatures qui sont à la limite de la pornographie. Si je devais aujourd’hui, dans une classe de terminale, faire un cours sur les caricatures et la liberté d’expression, je partirais éventuellement de Louis Philippe. Ça a fait scandale à l’époque. Je montrerais les caricatures, éventuellement celles de Charlie, mais qui mettent en scène aussi bien Jésus, Moïse et Mahomet. Mais on n’est pas obligé de montrer pour autant des caricatures qui sont à la limite de la pornographie et qui sont quand même ignobles. On n’est pas obligé d’insulter les gens pour défendre la liberté d’expression. »

    Luc Ferry

    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/enseignant-decapite-dans-les-yvelines/caricatures-de-mahomet-on-n-est-pas-oblige-pour-enseigner-la-liberte-d-expression-de-montrer-des-caricatures-qui-sont-a-la-limite-de-la-pornographie-estime-luc-ferry_4165271.html

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