Tuerie d’Istres: C’est l’imitation et les médias, imbécile ! (When monkey see monkey do meets have gun will travel)

27 avril, 2013
http://www.mondespersistants.com/images/screenshots/World_of_Warcraft-56977.jpgJe suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Il s’est mis à tirer comme dans un jeu video. Enquêteurs
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents ». Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes dans la mesure où ceux qui les ont vues éprouvent de sensations, des émotions et des états du corps difficiles à maîtriser et donc angoissants, et qu’ils sont donc particulièrement tentés d’adopter les repères que leur propose leur groupe d’appartenance, voire le leader de ce groupe. Serge Tisseron
Ces meurtriers sont fascinés par des jeux vidéo violents. Ces jeux consommés à haute dose provoquent une désensibilisation par rapport à l’acte criminel. Dans certains jeux, pour franchir les différents niveaux, il faut parfois tuer un policier ou une femme enceinte. Celui qui joue est par définition acteur, il n’est pas passif. Certains jeux japonais, accessibles gratuitement en ligne, permettent d’incarner un violeur en série. Le joueur devient un participant actif et exprime ses fantasmes. Là, c’est le véritable danger. (…) Le tueur de masse avance toujours de faux prétextes religieux, politiques, ce qui semble être le cas ici. Cet homme s’est défini comme un fondamentaliste chrétien. Depuis la tragédie de Columbine aux Etats-Unis en 1999, le crime de masse est devenu un crime d’imitation. Les tueurs sont souvent habillés de noir, vêtus d’un treillis ou d’un costume de l’autorité. Ils postent de nombreux messages sur des forums Internet annonçant leurs actes. Le réseau Internet où ils se mettent en scène est l’occasion pour eux de laisser un testament numérique. Stéphane Bourgoin
Le tueur de masse, et c’est important, commet un crime d’imitation. On le voit dans le cas de Breivik puisqu’il pompe des centaines de pages du manifeste de Théodor Kaczynski, Unabomber. Il se contente à certains endroits de remplacer le marxisme par multiculturalisme ou par islamisme. Il copie, c’est frappant. Pourtant, idéologiquement, ils sont à l’opposé puisque Unabomber est un terroriste écologique. Autre imitation, pour sa bombe, il utilise exactement la même recette de fabrication que Timothy McVeigh dans l’attentat de l’immeuble fédéral d’Oklahoma City, en 1995. Il a trouvé la recette sur Internet, sur des sites suprématistes blancs et de survivalistes américains. (…)  J’estime à 10 % d’entre eux ceux qui manifestent des revendications idéologiques. Mais ce ne sont pas uniquement ces revendications idéologiques qui poussent Anders Breivik ou Timothy McVeigh à commettre de tels attentats meurtriers. C’est aussi une véritable haine de la société. Ils s’estiment victimes de la société parce qu’elle ne les a pas reconnus à leur juste valeur. Et ils souffrent de troubles psychologiques voire psychiatriques profond. Là, ce n’est pas le cas pour Breivik qui ne souffre pas de troubles psychiatriques, puisqu’une personne délirante et irresponsable n’est pas capable d’organiser des attentats d’une telle envergure et avec une telle minutie. (…)  Il a choisi deux cibles qui cristallisent, l’une et l’autre, ses haines. Des immeubles du gouvernement norvégien qu’il juge responsable de l’immigration massive en Norvège et sa haine des marxistes avec le rassemblement des jeunes du Parti travailliste, qu’il savait sur une île isolée, où il pourrait commettre un carnage sans être dérangé. (…) C’est un long processus. Il commence à écrire son manifeste en 2002. En 2007, il quitte le Parti du progrès, parti populiste d’extrême droite norvégien, et indique dans plusieurs forums que l’action politique et démocratique mène à une impasse et qu’il est temps de créer un choc et mener une révolution au sein de la société norvégienne. Sans parler ouvertement de son acte. En 2008, voire 2007, il pense déjà à commettre un tel attentat. Il a loué cette ferme voici deux ans, uniquement pour qu’elle lui serve de couverture. Nullement pour subvenir à ses besoins, mais pour lui permettre d’acheter des engrais chimiques sans attirer l’attention. On sait par son journal intime qu’il avait terminé de fabriquer les engins explosifs vers le mois de mai. Il a alors attendu le moment favorable, cette réunion des jeunes du Parti travailliste où devait se rendre, avant finalement d’annuler, le Premier ministre. (…) Le phénomène est amplifié par les nouvelles technologies, notamment Internet. Depuis Columbine, les tueurs laissent tous un testament numérique. On a retrouvé de nombreuses vidéos où ils se mettent en scène, apprennent à tirer. Où ils tiennent un journal de bord. Idem pour le massacre de Virginia Tech, qui a fait une trentaine de victimes en 2007. Idem avec les deux tueurs allemands dans deux écoles (Erfurt en 2002, Winnenden en 2009, ndlr). Idem pour le tueur finlandais de Kauhajoki en 2008, etc. Depuis le massacre de Colombine, c’est pareil pour tous les tueurs de masse : on laisse un testament en vidéo ou un long post sur un blog. C’est assez frappant. C’est un crime d’imitation. D’ailleurs, j’ajoute que les médias sont également un peu responsables de la prolifération de ce type d’acte criminel en raison de la place qu’ils accordent à ces criminels. Si, par exemple, les médias décidaient de ne jamais publier l’identité des auteurs ni leur texte ou leur vidéo, je pense qu’on verrait une réduction de ce type d’actes criminels. Ce que veulent ces individus, c’est passer à la postérité, or si on ne publie pas leur identité, la frustration sera extrême. La mégalomanie et le narcissisme d’un personnage comme Anders Breivik est éloquent ! Il voulait apparaître en uniforme lors d’un procès public, pour montrer au monde entier sa puissance. Ils savent ce qui va se passer après les meurtres et s’en délectent à l’avance, comme se délecte Anders Breivik à l’idée de son procès, qui devrait se tenir d’ici un an et demi. (…) Une agence de presse a quelque peu exagéré et déformé mes propos. Ce que j’ai exactement dit sur le profil-type du tueur de masse, c’est que sur les 113 cas en vingt ans, 108 s’adonnaient quotidiennement voire parfois des heures entières à des jeux vidéo violents. Mais j’ajoutais, bien sûr, que ce n’est pas le fait de jouer à des jeux vidéo violents qui fait qu’on devient un tueur de masse. Comme pour les tueurs en série, on retrouve la plupart du temps des cas de maltraitances physiques ou psychologiques et d’abandon parental, mais ce n’est parce qu’on est un enfant abandonné qui subit des maltraitances qu’on est un serial killer. Il y en aurait malheureusement des milliers. J’ajoutais aussi que pour un adolescent qui souffre de troubles psychiatriques ou psychologiques, le fait de s’adonner de manière frénétique à des jeux vidéo violents pouvait le mener à une désensibilisation à la violence. Stéphane Bourgoin
On est dans le crime d’imitation. Ces tueurs savent qu’ils vont avoir une importante résonance médiatique. (…) On peut imaginer qu’ils s’estimaient persécutés et avaient des comptes à régler avec la société. En tuant des personnes qu’ils ne connaissaient pas, ils plongeaient dans un monde virtuel. Comme dans un jeu vidéo … Stéphane Bourgoin

Attention: un tueur peut en cacher beaucoup d’autres !

Au lendemain d’un nouvel épisode de fusillade meurtrière encore inexpliqué cette fois sur notre propre Côte d’azur …

Comment ne pas deviner, avec l’écrivain spécialisé Stéphane Bourgoin, cette forte dimension mimétique de la chose y compris d’ailleurs chez les pros de naguère à la Carlos?

Mais aussi hélas cette vague de tueurs de masse qui vient ou est en fait déjà (potentiellement) là

Qui, entre ressentiment personnel, recherche de visibilité médiatique, entrainement/conditionnement quotidien et massif à la tuerie en ligne et accessibilité en ligne des matériels et modes d’emplois, n’attendent que l’occasion propice pour passer à l’acte?

D’où la double contrainte inextricable du phénomène: si on n’en parle pas, on risque de passer à côté de quelque chose de peut-être bien plus grave (voir les frères Tsarnaev) et si on en parle, on fait le jeu du tueur en question et de ses futurs imitateurs toujours prêts à raccrocher leur wagon de ressentiment personnel à tout mouvement de haine du moment à forte valeur ajoutée médiatique …

Fusillade d’Istres : le profil psy et guerrier d’un individu nommé Rose

La Provence

26 avril 2013

Le tueur se nommerait Karl Rose, son profil Facebook donne quelques indications sur sa personnalité

Il s’appelle Karl Rose. Il a 19 ans. Il est né à Istres, habite Istres et lors de sa dernière comparution en justice, il se disait « ouvrier ». Pour l’heure, il était hier encore sans profession, précise-t-on de source proche de l’enquête.

Il est connu des services de police pour port d’armes prohibées, au moins à deux reprises, ce qui témoigne à tout le moins d’un certain goût pour elles. Jusqu’aux faits qui l’ont traîné hier à la Une des gazettes, il était aussi connu pour escroquerie et falsification de documents. Il est manifestement sujet à des problèmes psychiatriques, a prétendu répondre aux « préceptes » d’al-Qaïda.

Un individu dans son univers

Quand il a été interpellé, il a fait état aussitôt d’une « connaissance » qui s’apprêterait à agir à sa manière, dans une gare, en région parisienne… Cet homme a été arrêté plus tard dans la soirée. Pour le reste, le profil Facebook de Karl Rose est aussi éloquent que crypté.

Il y dit travailler à « braqueur de fourgon ». Il aime aussi les arts martiaux, la musculation et l’informatique. Toujours selon son profil Facebook, il étudie à « Paris Tramway Ligne 3″. Comprenne qui pourra. « La TV dirige la nation », peut-on entendre, en anglais, sur la seule chanson présente sur son profil en ligne.

Un individu manifestement dans son univers, qui, au chapitre des livres, affiche : « Le judaïsme est une escroquerie de 4 000 ans », semble faire de l’affaire Mérah un « complot » et s’autodécerne la « médaille d’honneur » du « combattant de guerre » sur un jeu vidéo qui permet, au moins virtuellement, de tuer plus facilement son prochain que de l’aimer.

Les 3 questions à Stéphane Bourgoin auteur du livre « 99 ans de serial killer » (Edition Ring)

1. La Provence a jusqu’ici été épargnée par les tueurs de masse. L’hyper médiatisation de l’affaire Merah et des attentats de Boston a-t-elle pu favoriser le passage à l’acte ?

Stéphane Bourgoin : Oui, on est dans le crime d’imitation. Ces tueurs savent qu’ils vont avoir une importante résonance médiatique.

2. Ont-ils un profil psychologique similaire ?

S.B : Ils sont souvent très jeunes et fascinés par les armes à feu. Si eux agissent sur la voie publique, les plus vieux passent généralement à l’acte sur leur lieu de travail. Dans la plupart des cas, ce sont des paranoïaques qui ont pu avoir des antécédents psychiatriques ou souffrent de troubles psychologiques.

3. Généralement, ces tueurs se suicident ou se font abattre. À Istres, il s’est rendu sans problème…

S.B : 70 % de ces tueurs ne survivent pas, c’est vrai. Mais ce n’était pas le cas du tueur d’Aurora ou de Anders Breivik en Norvège. On peut imaginer qu’ils s’estimaient persécutés et avaient des comptes à régler avec la société. En tuant des personnes qu’ils ne connaissaient pas, ils plongeaient dans un monde virtuel. Comme dans un jeu vidéo.

Denis Trossero et Frédéric Cheutin, propos recueillis par Laetitia Sariroglou

Voir aussi:

Norvège : «Ces tueurs veulent laisser une trace dans l’histoire»

Stéphane Bourgoin

Le Parisien

24.07.2011

STÉPHANE BOURGOIN spécialiste des tueurs de masse*. Ecrivain, Stéphane Bourgoin, 58 ans, est surtout un spécialiste reconnu des tueurs de masse et tueurs en série.

Peut-on considérer le suspect arrêté comme un tueur de masse?

STÉPHANE BOURGOIN. Il appartient à l’évidence à la catégorie des tueurs de masse. Il s’agit souvent d’hommes solitaires souffrant de troubles suicidaires.

Ce sont des désespérés extravertis et très narcissiques. Ils ont un désir de toute-puissance et sont souvent fascinés par les armes à feu et aussi l’autorité. Ils aiment incarner des militaires ou des policiers.

Quels sont leurs autres traits communs?

Ils ont peu de relations sociales, voire pas du tout. Leur univers amoureux est réduit à néant. Mais, surtout, ils veulent tous laisser une trace dans l’histoire pour qu’on se souvienne d’eux. Ils tuent pour qu’on ne les oublie pas. A la différence des tueurs en série, qui, eux, sont des psychopathes responsables de leurs actes qui font tout pour échapper à la police, les tueurs de masse cherchent à revendiquer leurs actes. Ils vont à la rencontre des enquêteurs, ils font face et cherchent même à se faire tuer par les policiers.

Les jeux vidéo ont-t-ils une influence dans leur passage à l’acte?

Là aussi, c’est un trait dominant chez ces meurtriers. Ils sont fascinés par des jeux vidéo violents comme World of Warcraft. Ces jeux consommés à haute dose provoquent une désensibilisation par rapport à l’acte criminel. Dans d’autres jeux, pour franchir les différents niveaux, il faut parfois tuer un policier ou une femme enceinte. Celui qui joue est par définition acteur, il n’est pas passif. Certains jeux japonais, accessibles gratuitement en ligne, permettent d’incarner un violeur en série. Le joueur devient un participant actif et exprime ses fantasmes. Là, c’est le véritable danger.

Comment analyser ce qui vient de se passer en Norvège?

Le tueur de masse avance toujours de faux prétextes religieux, politiques, ce qui semble être le cas ici. Cet homme s’est défini comme un fondamentaliste chrétien. Depuis la tragédie de Columbine aux Etats-Unis en 1999, le crime de masse est devenu un crime d’imitation. Les tueurs sont souvent habillés de noir, vêtus d’un treillis ou d’un costume de l’autorité. Ils postent de nombreux messages sur des forums Internet annonçant leurs actes. Le réseau Internet où ils se mettent en scène est l’occasion pour eux de laisser un testament numérique.

Il vient de publier « Enquête mondiale sur les tueurs en série » aux Editions Grasset.

Voir encore:

Profil de tueur

Dorothée Duchemin

Citazine

28 juill. 2011

Anders Breivik, principal suspect de la tuerie survenue en Norvège le 22 juillet dernier, possède-t-il le profil typique d’un tueur de masse ? Qui sont ces criminels ? Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série et tueurs de masse, répond à Citazine.

Peut-on parler d’un profil-type du tueur de masse ?

Le profil d’un tueur de masse, auquel répond tout à fait Anders Breivik, est quelqu’un qui tue un grand nombre de personnes en un laps de temps très court. Peu lui importe l’âge, le sexe ou l’ethnie des victimes, contrairement au tueur en série qui tue sur des années et ne cherche pas à se faire prendre. Alors que le tueur de masse, dans 75 % des cas, va chercher soit à se suicider, soit à être abattu par les forces de l’ordre après avoir commis son acte.

Cette personne est généralement isolée de la société, marginalisée. Elle a peu d’amis, pas de relation sentimentale, est passionnée d’armes à feu et est fascinée par la chasse ainsi que par toutes formes d’autorité. Elle s’adonne à des jeux vidéo violents, est marquée par une lourde tendance suicidaire mais ne se suicidera pas seule dans son coin. Elle veut marquer l’histoire et laisser une marque indélébile en se suicidant et en emportant le plus de victimes avec elle.

Alors, puisqu’il ne s’est pas suicidé, Andres Breivik fait-il figure d’exception ?

Un gros pourcentage d’entre eux, entre 25 et 30 %, ne se suicident pas au moment où ils commettent leurs actes. Andres Breivik l’annonce, dans la partie du journal intime, à la fin de son manifeste. Il n’avait pas l’intention de se suicider et veut témoigner à son procès.

Un code, depuis Columbine

Anders Breivik est âgé de 32 ans. N’est-il pas bien plus vieux que la majorité des tueurs de masse ?

Il y a eu des tueurs de masse bien plus âgés qu’Anders Breivik. Cela n’a rien à voir avec l’âge. Les tueries de masse ont existé avant Columbine (Tuerie du lycée de Columbine, en 1999, perpétrée par Eric Harris et Dylan Klebold, ndlr). Mais depuis, un code et une imitation s’installent. Un code vestimentaire : les tueurs sont revêtus de noir, de treillis militaire ou uniforme de police. Avec ces vêtements, ils expriment le désir de toute puissance et la fascination des armes à feu. Ils s’imaginent être des héros dans une réalité virtuelle. Alors qu’ils savent que dans la réalité, ils sont des types qui n’ont jamais rien concrétisé dans leur existence. Le tueur de masse, et c’est important, commet un crime d’imitation. On le voit dans le cas de Breivik puisqu’il pompe des centaines de pages du manifeste de Théodor Kaczynski, Unabomber. Il se contente à certains endroits de remplacer le marxisme par multiculturalisme ou par islamisme. Il copie, c’est frappant. Pourtant, idéologiquement, ils sont à l’opposé puisque Unabomber est un terroriste écologique. Autre imitation, pour sa bombe, il utilise exactement la même recette de fabrication que Timothy McVeigh dans l’attentat de l’immeuble fédéral d’Oklahoma City, en 1995. Il a trouvé la recette sur Internet, sur des sites suprématistes blancs et de survivalistes américains.

Il se nourrit ça et là des tueries de masse de ses prédécesseurs.

Oui, tout à fait.

La majorité des ces tueurs agit-elle par revendications idéologiques ?

Non. Un certain nombre d’entre eux en ont, mais ils sont assez rares. J’estime à 10 % d’entre eux ceux qui manifestent des revendications idéologiques. Mais ce ne sont pas uniquement ces revendications idéologiques qui poussent Anders Breivik ou Timothy McVeigh à commettre de tels attentats meurtriers. C’est aussi une véritable haine de la société. Ils s’estiment victimes de la société parce qu’elle ne les a pas reconnus à leur juste valeur. Et ils souffrent de troubles psychologiques voire psychiatriques profond. Là, ce n’est pas le cas pour Breivik qui ne souffre pas de troubles psychiatriques, puisqu’une personne délirante et irresponsable n’est pas capable d’organiser des attentats d’une telle envergure et avec une telle minutie.

Deux lieux, deux armes

N’est-ce pas étonnant d’agir avec une bombe puis une arme à feu ?

Oui, c’est assez rare. En règle général, le crime se déroule en un lieu unique pour les tueurs de masse. Là, c’est un cas assez inhabituel. Il a choisi deux cibles qui cristallisent, l’une et l’autre, ses haines. Des immeubles du gouvernement norvégien qu’il juge responsable de l’immigration massive en Norvège et sa haine des marxistes avec le rassemblement des jeunes du Parti travailliste, qu’il savait sur une île isolée, où il pourrait commettre un carnage sans être dérangé.

Peut-il ressentir de la pitié, de la compassion et des remords ?

Absolument pas. Au moment où il commet son acte, on voit qu’il rit sur certaines images en abattant ses victimes. Il est à ce moment dans une transe et agit comme un robot. Lors de ses interrogatoires, il insiste sur le fait qu’il a effectivement commis « des actes cruels mais nécessaires » et plaide non coupable car il ne se sent pas responsable de ce qu’il a commis. Il n’éprouvera jamais de remords.

Est-il arrivé à commettre de tels actes après un long processus qui s’est mis en place petit à petit ou s’agit-il d’un déclic soudain ?

C’est un long processus. Il commence à écrire son manifeste en 2002. En 2007, il quitte le Parti du progrès, parti populiste d’extrême droite norvégien, et indique dans plusieurs forums que l’action politique et démocratique mène à une impasse et qu’il est temps de créer un choc et mener une révolution au sein de la société norvégienne. Sans parler ouvertement de son acte. En 2008, voire 2007, il pense déjà à commettre un tel attentat.

Il a loué cette ferme voici deux ans, uniquement pour qu’elle lui serve de couverture. Nullement pour subvenir à ses besoins, mais pour lui permettre d’acheter des engrais chimiques sans attirer l’attention. On sait par son journal intime qu’il avait terminé de fabriquer les engins explosifs vers le mois de mai. Il a alors attendu le moment favorable, cette réunion des jeunes du Parti travailliste où devait se rendre, avant finalement d’annuler, le Premier ministre.

Un phénomène contemporain ?

Pensez-vous que les meurtres de masse sont des phénomènes de notre époque ?

Tout à fait. Le phénomène est amplifié par les nouvelles technologies, notamment Internet. Depuis Columbine, les tueurs laissent tous un testament numérique. On a retrouvé de nombreuses vidéos où ils se mettent en scène, apprennent à tirer. Où ils tiennent un journal de bord. Idem pour le massacre de Virginia Tech, qui a fait une trentaine de victimes en 2007. Idem avec les deux tueurs allemands dans deux écoles (Erfurt en 2002, Winnenden en 2009, ndlr). Idem pour le tueur finlandais de Kauhajoki en 2008, etc.

Depuis le massacre de Colombine, c’est pareil pour tous les tueurs de masse : on laisse un testament en vidéo ou un long post sur un blog. C’est assez frappant. C’est un crime d’imitation. D’ailleurs, j’ajoute que les médias sont également un peu responsables de la prolifération de ce type d’acte criminel en raison de la place qu’ils accordent à ces criminels. Si, par exemple, les médias décidaient de ne jamais publier l’identité des auteurs ni leur texte ou leur vidéo, je pense qu’on verrait une réduction de ce type d’actes criminels. Ce que veulent ces individus, c’est passer à la postérité, or si on ne publie pas leur identité, la frustration sera extrême. La mégalomanie et le narcissisme d’un personnage comme Anders Breivik est éloquent ! Il voulait apparaître en uniforme lors d’un procès public, pour montrer au monde entier sa puissance.

Ils savent ce qui va se passer après les meurtres et s’en délectent à l’avance, comme se délecte Anders Breivik à l’idée de son procès, qui devrait se tenir d’ici un an et demi.

Ne peut-on pas y avoir une délectation d’ordre sexuel ?

Si, sans doute. J’ai interrogé quelques tueurs de masse survivants qui m’ont dit que quand ils abattaient leurs victimes, ils agissaient comme des sortes de robots et qu’ils en ressentaient une poussée d’adrénaline mais aussi une jouissance immense. Donc, on peut penser que ces meurtres peuvent avoir une connotation sexuelle. De toute façon, c’est un désir de toute puissance. Celle-ci peut s’obtenir par le sexe ou d’autres moyens.

De la même façon, les tueurs en série ne sont pas intéressés par le sexe en lui-même mais par l’envie d’humilier, de dominer leurs victimes.

Et pourquoi seuls des hommes sont-ils concernés ?

Sur 113 cas en vingt ans, il n’y a que deux femmes. Parce que les femmes ne sont pas fascinées par les armes à feu, ne vont pas ou peu s’adonner à des jeux vidéo violents, ne vont pas s’amuser à se déguiser en policier ou en soldat. Et il y a aussi fort peu de femmes tueuses en série.

Je me permets de revenir sur les jeux vidéo. La polémique rejaillit, comme à chaque fois en pareil cas, autour de la responsabilité des jeux vidéo. J’ai cru comprendre que vous les jugiez responsables ?

Une agence de presse a quelque peu exagéré et déformé mes propos. Ce que j’ai exactement dit sur le profil-type du tueur de masse, c’est que sur les 113 cas en vingt ans, 108 s’adonnaient quotidiennement voire parfois des heures entières à des jeux vidéo violents. Mais j’ajoutais, bien sûr, que ce n’est pas le fait de jouer à des jeux vidéo violents qui fait qu’on devient un tueur de masse.

Comme pour les tueurs en série, on retrouve la plupart du temps des cas de maltraitances physiques ou psychologiques et d’abandon parental, mais ce n’est parce qu’on est un enfant abandonné qui subit des maltraitances qu’on est un serial killer. Il y en aurait malheureusement des milliers. J’ajoutais aussi que pour un adolescent qui souffre de troubles psychiatriques ou psychologiques, le fait de s’adonner de manière frénétique à des jeux vidéo violents pouvait le mener à une désensibilisation à la violence. C’est exactement ce que j’ai dit.

> Stéphane Bourgoin est analyste au Centre international de sciences criminelles et pénales. Auteur de nombreux ouvrages sur les tueurs, il vient de publier aux éditions Grasset Serial Killers, enquête mondiale sur les tueurs en série. Il est également libraire et tient la librairie Au 3ème oeil.


Attentats de Boston: C’est l’islam, imbécile ! (Have Koran, will kill: Muslims of the world, unite!)

24 avril, 2013
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/04/3df0c-death252520to252520america.jpg?w=450&h=237http://www.weeklystandard.com/sites/all/files/images/bh-2013-04-24-E-A001.preview.jpgL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
While it is critical that we don’t jump to conclusions by associating religious affiliation with militancy, there is no doubt that embracing an ideology of Islam that promotes extremism and violence has been a motivator for terrorism, from assassinated al-Qaeda leader Osama bin Laden to Army Major Nidal Hasan. Did such an ideology influence the Tsarnaev brothers? Who or what compelled them to violence? What role does Muslim culture play in this type of radicalization? Rather than worrying about being politically correct, we have to be comfortable asking these difficult questions. And the collectivist-minded Muslim community needs to learn an important lesson from Tsarni: It’s time to acknowledge the dishonor of terrorism within our communities, not to deny it because of shame. As we negotiate critical issues of ethnicity, religious ideology and identity as potential motivators for conflict, we have to establish basic facts. (…) The bombing suspects, « put a shame on the entire Chechnyan ethnicity,” he said. (…) To me, the answer lies inside a culture shift where we honestly acknowledge the radicalization problems within our communities … Asra Q. Nomani
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Notre lutte est une lutte à mort. Ernesto Guevara (décembre 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène: chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. Ernesto Guevara (avril 1967)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse. (…) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (Minimanuel de guerilla urbaine, 1969)
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos, 2004)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Paul Berman
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! (…) Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence. Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même. Robert Redeker
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
Le problème de fond, c’est qu’aujourd’hui, en sus de cette crise d’identité des minorités hybrides, il existe une crise d’identité plus générale de l’Europe et des États-Unis. Une forme d’anxiété profonde face à l’afflux d’immigrants. En Amérique, un pays qui s’est bâti sur l’immigration, le sentiment général à l’égard des immigrés est en train de changer, se rapprochant de ce qu’il est en Europe. Depuis le 11 Septembre, les musulmans américains deviennent une minorité qui fait peur. Cette peur est le résultat de notre ère globalisée. Dans les pays musulmans, la peur de l’hybride croît également. De la même manière que l’Europe et l’Amérique se sentent physiquement menacées par une invasion musulmane, les populations conservatrices du Pakistan se sentent, elles, menacées par l’invasion du mode de pensée et de vie américain et européen. C’est la raison pour laquelle, l’an dernier, 3 000 personnes ont été tuées par les terroristes en terre pakistanaise. N’oublions jamais que la vraie bataille entre l’islam radical et le reste du monde se déroule là-bas. Mohsin Hamid
Humanity makes the gravest of errors and risks losing its account of morals, if it makes America its example. Sayyid Qutb
This is the very spirit in which the crowds visit the art museums, passing rapidly through the halls and the exhibits in a way that does not suggest any enjoyment or love of these works [of art]. In just the same way they go (individually and in groups) to get a rapid view of natural spectacles. Passing by places and spectacles at the cars’ top speed, they collect conversational material and also comply with the natural American inclination toward collection and enumeration. At the beginning of my stay in America, I would hear that one of them had visited X cities and countries and sights and spectacles and had gone X miles in his tourist journeys and knew X friends, so that I was astonished at this capacity for producing such things and wished that I were capable of any of it! Then I discovered afterward how all these marvels took place… One of them drives his car on a journey, alone or with his family or friends. He races it at top speed, taking it through cities and over distances, passing by sights and spectacles, while recording in his notebook the names and the mileage… Then he returns, and see! he has seen all of it, and he has the right to converse about it! As for friends, it is enough that one be invited to get-acquainted parties. There he encounters their faces for the first time, and the host acquaints him with the attendees one by one (men as well as women), and he asks whoever of them wish to do so to write down their names and addresses, and so they in turn do with him. After some time, his notebook is full of names and addresses. And see! he has a great number of friends (men and women), and perhaps he is even victorious in the competition undertaken in pursuit of this goal. How great, how strange are the competitions here! Thus your knowledge and your culture are often measured by how much you have read and watched and heard. It is the same as the way that your material riches are calculated by the quantity and amount of the cash and real property that you own: without any distinctions!
The only art in which the Americans are proficient—although there are other [peoples] who still surpass them in it as far as artistry goes—is the art of the cinema. This is natural and logical given the phenomenon that makes the American unique: the height of industrial proficiency combined with primitiveness of artistic feelings. In the cinema this phenomenon is very much manifest. By its nature, the cinematic art does not rise to the loftiest regions of the arts—music, drawing, sculpture, and poetry—nor for that matter to the [level of the] art of the theater, although in the cinema the possibilities for artistic craft and the possibilities of production are much greater. And in terms of originality, the art of production in the cinema has gotten only as far as the farthest point reached by the art of photography. Moreover, some distance remains between it and (for example) the art of the theater, just as some distance remains too between depiction by photography and depiction by a [painter’s] brush. In the latter is expressed genius of feelings; in the former, expertise of craft. The cinema is the popular art of the multitudes, so it is the art in which one finds expertise, proficiency, magnification, and approximation. By its nature it relies more on expertise than on the artistic spirit… in it the American genius can exercise creativity… yet despite this, English, French, Russian, and German film all remain superior to American film, although they are inferior to it in craft and expertise. In the great majority of American films, one sees manifestly primitive subjects and primitive excitement; this is true of police/crime films and cowboy films. As for high, skillful films, such as “Gone with the Wind,” “Wuthering Heights,” “The Song of Bernadette,” and such, they are few in comparison with what America produces. Such American film as does reach Egypt or the Arab countries does not resemble this family, since the majority of it comes from among the superior, rare American films. And those people who visit the regions of the land in America are those who reach that tiny family of valuable films. Sayyid Qutb
The core problem with the United States, for Qutb, was not something Americans did, but simply what America was—“the New World…is spellbinding.” It was more than a land of pleasures without limit. In America, unlike in Egypt, dreams could come true. Qutb understood the danger this posed: America’s dazzle had the power to blind people to the real zenith of civilization, which for Qutb began with Muhammad in the seventh century and reached its apex in the Middle Ages, carried triumphantly by Muslim armies. David Von Drehle
Qutb (…)  judges Americans on a range of social and moral characteristics—including their sexual mores, their political history, and their attitudes towards religion, sports, art, and death—and generally finds them wanting. Most striking about the article is Qutb’s adherence to a standard of “human values” rather than specifically “Islamic values.” Qutb never elaborates this standard explicitly, but in general his theme seems to be that human beings should strive to attain high-minded, civilized, and spiritual values rather than bestial, primitive, and sensual ones. American society, in Qutb’s view, tends toward the latter. Daniel Burns
Ils ont tué des gens parce que l’Islam leur donne l’autorisation théologique d’utiliser la violence contre les infidèles dont l’existence menace l’hégémonie islamique légitimée par Allah. (…) Le manque d’éducation et d’opportunité économique existe dans le monde entier, mais les chrétiens africains et les animistes ou les hindous indiens, et les Bouddhistes ne commettent pas d’actes terroristes n’importe où et à la même fréquence que les musulmans. Beaucoup de personnes dans le monde vivent sous des dictateurs oppressifs qui violent régulièrement les droits de l’homme, et ils ne se tournent pas pour autant vers le terrorisme contre les étrangers, en réponse. Les Tibétains n’enfilent pas des gilets pour kamikazes et ne bombardent pas des marathoniens. Il y a des millions et des millions de pauvres partout dans le monde, ils ne tuent pas aveuglément des gens innocents dans les pays éloignés de leur domicile. Bruce Thornton

Alors qu’au lendemain de l’attentat aveugle et purement anti-civils de Boston suivi ou précédé, de la France à l’Espagne et au Canada, par plusieurs autres tentatives déjouées (dont une, signe encourageant, avec l’aide d’un imam) …

Comment ne pas voir, avec le chroniqueur américain Bruce Thornton, l’incroyable aveuglement de nos belles âmes devant l’évidence …

De ce nouveau ciment de toutes les violences (plus de 20.000 depuis le 11 Septembre) qu’est devenu, remplaçant le marxisme d’hier, l’islam ?

Et, depuis le voyage en Amérique d’un de leurs premièrs théoriciens, l’Egyptien  Sayyid Qutb dans les années 50, de cette haine pure et simple, tout en profitant de ses largesses, de la civilisation occidentale incarnée par l’Amérique ?

llusions sur la raison pour laquelle des frères musulmans tuent

Bruce Thornton

Middle East and Terrorism

Adapté en français par Hanna Lévy

israel-chronique-en-ligne.over-blog.com

21 Avril 2013

Malgré les vœux fervents des médias progressistes et du fantaisiste David Sirota, qui espérait que le coupable soit un « homme blanc », il s’avère que les terroristes qui ont bombardé le Marathon de Boston, n’étaient pas blancs, ni le Tea Party, ni des frondeurs amers haïssant les impôts, mais des Musulmans tchéchènes. Quelle surprise ! Comme disent les Français. Nous allons maintenant, commencer à entendre toutes les interprétations de justification pour leur acte, dont peu exposeront l’évidence : Ils ont tué des gens parce que l’Islam leur donne l’autorisation théologique d’utiliser la violence contre les infidèles dont l’existence menace l’hégémonie islamique légitimée par Allah.

Bien sûr, pour les matérialistes laïques et les experts de gauche, dont les esprits sont pourvus d’idées, de clichés banals, tels que le fait de dire, que c’est un discours de haine islamophobe. Que seul le christianisme et le judaïsme mènent à la violence, aux croisades et au sionisme. Que l’Islam est « la religion de paix et de tolérance », qui a créé la Renaissance et a traité les Juifs et les Chrétiens avec bonté. Que si les Musulmans agissent avec violence – plus de 20.000 attaques violentes depuis le 11 Septembre – c’est parce qu’ils doivent avoir été provoqué par le mauvais comportement de l’Occident : le colonialisme, l’impérialisme, l’avidité pour le pétrole, le soutien à Israël, le non-respect de l’Islam et de Mohammed, la guerre contre le terrorisme qui a diabolisé les Musulmans. Ou, parce que les terroristes sont créés par les inégalités et les coûts du capitalisme mondial, qui ne donnent que peu de possibilités éducatives ou économiques aux jeunes gens musulmans, créant chez eux frustration et désespoir, ce qui les poussent à se tourner vers un schisme déformé de l’Islam en soulagement. Ou, parce qu’ils sont les produits de régimes politiques oppressifs qui limitent leur liberté, violent leurs droits de l’homme et étouffent leurs aspirations.

Nous avons entendu toutes ces explications venant de gauche comme de droite depuis plus d’une décennie. Ce que nous n’avons pas vu, c’est la preuve que cela soit réellement le cas. L’histoire ne fournit aucune preuve que les prétendus péchés de la politique étrangère américaine prédominent sur les avantages tangibles démontrables de nos actions aux Musulmans. L’Amérique n’a jamais eu de colonie dans les terres musulmanes, et en effet,  après la Seconde Guerre mondiale, a résisté aux tentatives françaises et britanniques de réaffirmer leur autorité sur leurs anciennes colonies, plus manifestement dans la crise de Suez de 1956. Depuis lors, les États-Unis ont armé les Afghans et les ont aidé à chasser les Soviétiques, ils ont sauvé le Koweït et l’Arabie Saoudite des griffes du sadique psychopathe Saddam Hussein, ils ont bombardé les Serbes chrétiens pour sauver les Kosovars et les Bosniaques musulmans, ils ont libéré les Chiites irakiens des mains de Saddam Hussein, ils ont libéré les Afghans de la brutalité des Talibans, ils ont versé des milliards de dollars d’aide à des régimes terroristes palestiniens, ils ont utilisé leurs avions pour aidé les Musulmans en Libye afin de les libérer du psychotique Kadhafi, et ils ont soutenu la parole et les inventions des djihadistes, des Frères musulmans d’Égypte, antisémites et haïssant l’Amérique, afin que les Musulmans puissent jouir de la « liberté et la démocratie ».

Et ce n’est pas tout ! Nous avons sans cesse manifesté notre respect pour la merveilleuse foi islamique, nous avons censuré nos communications officielles et nos programmes de formation pour supprimer toute référence au djihadisme ou à la théologie islamique qui justifie la guerre sainte, nous avons parlé avec pudeur des attaques djihadistes comme pour les meurtres de Fort Hood « violence en milieu du travail », nous avons invité de modestes Imams à prier à la Maison Blanche, nous avons rempli nos écoles avec des programmes faisant l’éloge de l’Islam et de ses contributions à la civilisation, nous avons sermonné et poursuivi des auteurs ou dessinateurs qui exerçaient leur droit au premier amendement, critiquer l’Islam, nous avons abandonné le « profilage » en tant que technique permettant d’identifier d’éventuels terroristes tentant de monter dans un avion ou entrer dans le pays, nous avons employé comme conseillers auprès du FBI, du Pentagone et de la CIA, des Musulmans apologistes, qui recyclent des mensonges éhontés et déforment les faits – nous avons fait tout ceci pour cette libération musulmane, pour eux, pour leur foi, et ils ne nous aiment toujours pas, ils veulent toujours nous tuer !

Cette déconnexion entre notre prétendu mauvais comportement et les motivations des djihadistes est particulièrement évidente dans le cas des terroristes de Boston. Si les Musulmans tchéchènes ont quelque chose à reprocher à quelqu’un, c’est aux Russes. Quand le terrorisme djihadiste est devenu un problème en Tchéchènie, il n’y a eu ni « cœurs, ni esprits » pour des campagnes de sensibilisation, aucune sollicitude, aucune aide de l’étranger, aucune excuse pour ses péchés passés, aucun respect scrupuleux des lois de la guerre, des conventions de Genève ou des droits de l’homme, aucun tribunal d’Imam pour donner un aperçu de la magnificence de l’Islam. Les Russes ont employé la torture, l’assassinat, les représailles collectives, et pour finir ont encerclé Grozny avec l’artillerie et l’ont laissé en ruines. Au cours des deux guerres de Tchétchénie, les Russes ont tué environ 150.000 personnes. En fait, la Russie a tué des Musulmans depuis le 18ème siècle et ont occupé des terres musulmanes en Asie centrale pendant 80 ans sous l’Union soviétique. Alors, dites-moi, M. le Sénateur Rand Paul ou M. le Secrétaire à la Défense Chuck Hagel, si notre mauvaise conduite de politique étrangère explique la haine djihadiste, comment se fait-il que deux siècles de violence russe contre les Musulmans soient ignorés, que tout notre sang et notre argent dépensé pour libérer et aider les Musulmans n’aient aucune importance ?

Les autres justifications de la violence musulmane ne sont pas plus convaincantes. Le manque d’éducation et d’opportunité économique existe dans le monde entier, mais les chrétiens africains et les animistes ou les Hindous indiens, et les Bouddhistes ne commettent pas d’actes terroristes n’importe où et à la même fréquence que les Musulmans. Beaucoup de personnes dans le monde vivent sous des dictateurs oppressifs qui violent régulièrement les droits de l’homme, et ils ne se tournent pas pour autant vers le terrorisme contre les étrangers, en réponse. Les Tibétains n’enfilent pas des gilets pour kamikazes et ne bombardent pas des marathoniens. Il y a des millions et des millions de pauvres partout dans le monde, ils ne tuent pas aveuglément des gens innocents dans les pays éloignés de leur domicile. Chaque excuse à la violence musulmane s’effondre sous le poids de ces faits. Pendant ce temps, la cause commune à tous ces tueurs – riches ou pauvres, instruits ou pas, politiquement opprimés ou non – est l’Islam, et préventivement le rejet de l’explication de la violence.

Cet « aveuglement volontaire », comme l’appelle Andy McCarthy, est devenu dangereux. Il reflète l’arrogance du matérialisme laïc, qui a écarté la religion comme un simple choix de style de vie, d’habitude bénin – à moins que vous ne parliez d’un criminel armé, d’un raciste, d’un misogyne, d’un chrétien évangélique homophobe ou raciste, de l’accaparement de terres par des Juifs sionistes. Non, il s’agit d’un traumatisme psychologique causé par la mondialisation ou l’islamophobie ou des insultes insensibles à Mohammed ou l’oppression des Palestiniens par Israël ou quoique ce soit d’autre que les passages dans le Coran, les hadiths et 14 siècles de jurisprudence islamique et de théologie, qui clairement et systématiquement définissent la doctrine du djihad violent contre les infidèles.

Attendez-vous donc, dans les prochaines semaines au même retour de flamme du vieux commentaire sur la politique étrangère ou à un soupçon d’analyses psychologiques personnelles ou des commentaires sur les péchés d’Israël et les guerres de Bush ou des commentaires sur l’intolérance et la xénophobie américaine ou sur notre besoin de « tendre la main » et  de « s’engager » et de « respecter » et de « comprendre » les fanatiques qui ne veulent pas de notre aide, de notre tolérance ou de notre respect, mais nos morts. En bref, il faut s’attendre à ce que les djihadistes pensent que nous sommes faibles et corrompus et que nous méritons donc de mourir.

Voir aussi:

Muslims have a problem. Uncle Ruslan may have the answer.

Asra Nomani

Washington post

April 23

In Reef flip flops, blue jeans and a Calvin Klein polo shirt, Ruslan Tsarni, an uncle of the alleged Boston Marathon bombers, strode down the driveway of his Federalist-style home last week in Montgomery Village, Md., an upper middle-class Washington, D.C. suburb, past a ground cover of purple wisteria blooming in his front yard and pink tulips across the street.

In the next few minutes, the uncle to Dzhokhar Tsarnaev, 19, and Tamerlan Tsarnaev, 26, the alleged Boston Marathon bombers, accomplished something that 11 years of post-9/11 press releases, news conferences and soundbites by too many American Muslim leaders has failed to do on the issue of radicalization and terrorism: with raw, unfettered emotion, he owned up to the problem within.

Instead of being silenced by what they did, he openly said that his nephews had brought “shame” on the family with their actions. This is the same kind of “shame off,” as one admirer later called it, that protesters to the gang rape in India have to win: Are we shamed into silence? Or do we confront the serious issues that shame us?

Hands clasped tightly in front of him, Uncle Ruslan faced off against a pack of about 30 journalists, cameras pointing at him, microphones stuck in front of him, questions about his nephews thrown at him:

“When was the last time you saw them?” He answered: December 2005. Another journalist asked: “What do you think provoked this?” “Umm, being losers! Hatred to those who were able to settle themselves!” he shouted. “These are the only reasons I can imagine. Anything else to do with religion, to do with Islam, is a fraud, is a fake.”

As an American Muslim who has watched the radicalization of Muslims from Louisville, Ky., to Chatanooga, Tenn., to Chechnya, the ancestral ethnicity of the alleged bombers, over the last three decades, I had one question on my mind.

I asked softly: “Is your family Muslim?”

The uncle didn’t hear me well: “Huh?”

I repeated my question: “Is your family Muslim?”

The question was one other journalists later admitted to me that they wondered but didn’t dare ask, the proverbial elephant in the room, only at that moment, on a cul-de-sac with manicured lawns, playground sets and helicopters and Canadian geese overhead. In Washington, D.C., leaders of national American Muslim organizations filled a room at the National Press Club and issued their flat, blanket rebuttals: Islam doesn’t sanction violence, and it doesn’t allow terrorism. When the New York Post made the mistake of writing that a Saudi witness was actually a suspect, bloggers and others took advantage of the opportunity to chortle over the mistake as just one more horrible example of stereotyping.

While it is critical that we don’t jump to conclusions by associating religious affiliation with militancy, there is no doubt that embracing an ideology of Islam that promotes extremism and violence has been a motivator for terrorism, from assassinated al-Qaeda leader Osama bin Laden to Army Major Nidal Hasan.

Did such an ideology influence the Tsarnaev brothers? Who or what compelled them to violence? What role does Muslim culture play in this type of radicalization?

Rather than worrying about being politically correct, we have to be comfortable asking these difficult questions. And the collectivist-minded Muslim community needs to learn an important lesson from Tsarni: It’s time to acknowledge the dishonor of terrorism within our communities, not to deny it because of shame. As we negotiate critical issues of ethnicity, religious ideology and identity as potential motivators for conflict, we have to establish basic facts.

So when I asked about his faith, Tsarni heard me. And he did something remarkable. He didn’t flinch.

“We are Muslims,” he answered clearly and steely-eyed. “We are Chechnyans. We are ethnic Chechnyans.”

Had the boys gotten radicalized, I wondered. The stories of so many—from Richard Reid, the “shoebomber,” to Faisal Shahzad, the alleged Time Square bomber–have included radicalization. The Boston area mosques haven’t been immune. “Do you think that they got radicalized in the mosques in that area?” I asked.

What I heard I couldn’t believe, I’ve become so used to the tactics of deflection. He looked me straight in the eye, and he said, “…most likely somebody radicalized them. But it’s not my brother, who just moved back to Russia, who spent his life bringing bread to their table, fixing cars, fixing cars.”

What happened when this Muslim American looked us in the eye and admitted the problem?

Tsarni became “Uncle Ruslan” to millions of Americans watching him on TV and later online, winning their respect, first, with apologies and then, with his hands clenched, fierce indignation, outrage and anger over the suspected role of his nephews as the Boston Marathon bombers. And there was his color too: Still using AOL when most don’t even know it still exits, scolding Dzhokhar to turn himself in.

The uncle stunned seasoned reporters, some of them veterans of the trials in Guantanamo Bay and the wars in Iraq and Afghanistan, with his straight talk. First, he expressed his condolences to the victims of the Boston Marathon bombings and, then, declared loud and clear that his nephews brought “shame” on his family and the people of Chechnya, the family’s ethnicity: “Yes, of course, we’re ashamed. We’re ashamed. They’re children of my brother, who had little influence of them!” Later on Dzhokhar: “He put a shame on the entire Chechnyan ethnicity!” According to public records, Uncle Ruslan shared the same last name as his nephews but shortened it .

With close-cropped hair, a strong jawline and fit physique, the attorney became an accidental spokesman, instilling confidence as a truth-teller.

Admirers have created memes, or images, of his face, contorted in rage, revealing just how effective he has been in instilling confidence.

One meme headline: “Uncle Ruslan. Mosque Board Chairman 2013.”

His effectiveness reveals that the best crisis management doesn’t require intellectual gymnastic but just plain, honest talk: We have a problem. We know it. And we want to do right. Another “Uncle Ruslan” meme reads, “If you can believe it I have had no media training.” Yet another, “First time public speaking. Nailed it.”

“Uncle Ruslan” proved that folks can handle nuance. “It was wild, dramatic, angry, over-the-top,” wrote Washington Post blogger Alexandra Petri. She added: “People like Uncle Ruslan remind us that it’s the apples, not the barrel.”

She concluded: “Thank you. This was a moment we all needed.”

In this family lies the dichotomy of cross-cultural communication patterns confronting Muslim communities, just like other traditional societies. Many parts of Muslim society hold to traditional cultures which are shame-based; people “save face” to hide “shameful” acts. That’s what we heard from the brothers’ parents and aunt, Patemat Sulemanova.

While her brother said the nephews had shamed their family, Sulemanova, in Canada, told reporters she didn’t believe her nephews were involved in the bombings: “Convince me,” she said.

In Russia, Zubeidat Tsarnaev said her older son got involved in “religious politics” five years ago, but she refused to believe her sons were involved in the bombings, saying the FBI had visited her years earlier, troubled about Tamerlan’s activities, but that the FBI was in “the control” her older son’s activities. “He never told me he would be on the side of jihad,” she said. Typical of the failure of this posture of denial and conspiracy theories, a CNN reporter called it “a rant.”

Also in Russia, the alleged bombers’ father, Anzor Tsarnaev, called his brother “a great attorney,” but said he couldn’t believe his sons were involved. “I’m always telling them study, study, study,” he said. “Someone framed them.”

But back in America, Uncle Ruslan was winning in the court of public opinion.

And it was stunning to see how he acknowledged the shame openly but didn’t allow it to silence his criticism.

The bombing suspects, « put a shame on the entire Chechnyan ethnicity,” he said.

Earlier, Tsarni had told the Associated Press: “When I was speaking to the older one, he started all this religious talk, ‘Insh’allah’ and all that, and I asked him, ‘Where is all that coming from?’” Insh’allah is the Arabic phrase that means “God willing.”

What Tsarni is admitting is something true but politically incorrect to talk about: the increasing use of these phrases of religiosity are code inside the community for someone who is becoming hardcore. It doesn’t mean that they’re becoming violent or criminal, but it’s a red flag. In 2004, when I spoke about women’s rights at mosques at the Islamic Society of North America conference in Chicago, a young Muslim man stood at the microphone during the Q&A and scolded me for not saying an honorific, “Peace be upon him,” whenever I mentioned the name of the prophet Muhammad. He later sent me an electronic death threat I turned over to the FBI. It’s a game of trying to out-Muslim a Muslim.

Instead of playing that game, Uncle Ruslan did something remarkable. He put his hands together as if in prayer, and he showed humility, not defensive arrogance, saying he’d prostrate himself before the victims of the Boston bombings.

Ameen, as “amen” is said in Arabic and Muslim culture, to Uncle Ruslan. I believe it’s time for us American Muslims to take collective responsibility, rather than issue collective denial. That’s the attitude that cultivates confidence and fosters safety—for all.

With his passions expressed, Uncle Ruslan begged his goodbyes. Journalists remained in formation on the street outside the house, one eating a quick Subway sandwich on the lawn outside, another dragging a wicker chair from a neighbor’s garbage, before a cop reprimanded him. Suddenly, Tsarni emerged. Coming down the stairs onto the driveway he turned to walk toward the end of the cul-de-sac. Reporters and camera crews hustled to catch up. He pleaded with them: “What are you expecting from me? I’m just going to my neighbors to apologize to them for the discomfort my family has caused them.”

Rather than waiting for an invitation to RSVP to a superfluous “interfaith” dinner, Uncle Ruslan did something simple but crucial: He extended an invitation, was a good neighbor and took responsibility for the trouble that emerged in his front yard. In short, he owned up.

Surely, the Tsaernev family story is complicated, and there is nobody without flaw.

But Uncle Ruslan showed us where to begin.

With reporters still camped out , he emerged from his neighbor’s porch, his arm around the older music teacher who lived there, leading her warmly into his house. Hundreds of miles away, Boston Police drew close to bringing his nephew into custody, leaving Uncle Ruslan, the rest of Tsaernev family and our Muslim communities to do some real soul-searching about how we lost these boys to the ideology of terrorism.

To me, the answer lies inside a culture shift where we honestly acknowledge the radicalization problems within our communities—so that no Uncle Ruslan has to step outside his home, confessing to something gone very, very wrong.

Asra Q. Nomani, a former Wall Street Journal reporter, is a mother and the author of “Standing Alone: A Muslim Woman’s Struggle for the Soul of Islam.”

Voir également:

A Lesson In Hate

How an Egyptian student came to study 1950s America and left determined to wage holy war

David Von Drehle

Smithsonian magazine

February 2006,

Before Sayyid Qutb became a leading theorist of violent jihad, he was a little-known Egyptian writer sojourning in the United States, where he attended a small teachers college on the Great Plains. Greeley, Colorado, circa 1950 was the last place one might think to look for signs of American decadence. Its wide streets were dotted with churches, and there wasn’t a bar in the whole temperate town. But the courtly Qutb (COO-tub) saw things that others did not. He seethed at the brutishness of the people around him: the way they salted their watermelon and drank their tea unsweetened and watered their lawns. He found the muscular football players appalling and despaired of finding a barber who could give a proper haircut. As for the music: “The American’s enjoyment of jazz does not fully begin until he couples it with singing like crude screaming,” Qutb wrote when he returned to Egypt. “It is this music that the savage bushmen created to satisfy their primitive desires.”

Such grumbling by an unhappy crank would be almost comical but for one fact: a direct line of influence runs from Sayyid Qutb to Osama bin Laden, and to bin Laden’s Egyptian partner in terror, Ayman al-Zawahiri. From them, the line continues to another quietly seething Egyptian sojourning in the United States—the 9/11 hijacker Mohammed Atta. Qutb’s gripes about America require serious attention because they cast light on a question that has been nagging since the fall of the World Trade Center: Why do they hate us?

Born in 1906 in the northern Egyptian village of Musha and raised in a devout Muslim home, Qutb memorized the Koran as a boy. Later he moved to Cairo and found work as a teacher and writer. His novels made no great impression, but he earned a reputation as an astute literary critic. Qutb was among the first champions of Naguib Mahfouz, a young, modern novelist who, in 1988, would win the Nobel Prize in Literature. As Qutb matured, his mind took on a more political cast. Even by the standards of Egypt, those were chaotic, corrupt times: World War I had completed the destruction of the Ottoman Empire, and the Western powers were creating, with absolute colonial confidence, new maps and governments for the Middle East. For a proud man like Sayyid Qutb, the humiliation of his country at the hands of secular leaders and Western puppets was galling. His writing drew unfavorable attention from the Egyptian government, and by 1948, Mahfouz has said, Qutb’s friends in the Ministry of Education were sufficiently worried about his situation that they contrived to send him abroad to the safety of the United States.

Some biographical sketches suggest that Qutb arrived with a benign view of America, but if that’s true it didn’t last long. During a short stay in Washington, D.C., he witnessed the commotion surrounding an elevator accident and was stunned to hear other onlookers making a joke of the victim’s appearance. From this and a few offhand remarks in other settings, Qutb concluded that Americans suffered from “a drought of sentimental sympathy” and that “Americans intentionally deride what people in the Old World hold sacred.”

This became the lens through which Qutb read nearly every American encounter—a clash of New World versus Old. Qutb easily satisfied the requirements at the graduate school of the Colorado State College of Education (now known as the University of Northern Colorado) and devoted the rest of his time to his true interest—the American soul, if such a thing existed. “This great America: What is its worth in the scale of human values?” Qutb wondered. “And what does it add to the moral account of humanity?” His answer: nothing.

Still, Qutb’s contempt for America was not as simple as some people might now imagine. He did not recoil from political freedom and democracy, as, say, President Bush might expect from a jihadi theorist, nor did he complain about shades of imperial ambition in American foreign policy, as writers on the left might suppose. Regarding the excesses of American culture—vulgarity, materialism and promiscuity—Qutb expressed shock, but it rang a bit hollow. “The American girl is well acquainted with her body’s seductive capacity,” he wrote. “She knows seductiveness lies in the round breasts, the full buttocks, and in the shapely thighs, sleek legs and she shows all this and does not hide it.” These curvy jezebels pursued boys with “wide, strapping chest[s]” and “ox muscles,” Qutb added with disgust. Yet no matter how lascivious his adjectives, the fastidious, unmarried Egyptian could not convincingly portray the church dances and Look magazines he encountered in sleepy Greeley as constituting a genuine sexual “jungle.”

The core problem with the United States, for Qutb, was not something Americans did, but simply what America was—“the New World…is spellbinding.” It was more than a land of pleasures without limit. In America, unlike in Egypt, dreams could come true. Qutb understood the danger this posed: America’s dazzle had the power to blind people to the real zenith of civilization, which for Qutb began with Muhammad in the seventh century and reached its apex in the Middle Ages, carried triumphantly by Muslim armies.

Qutb rejected the idea that “new” was also “improved.” The Enlightenment, the Industrial Age—modernity itself—were not progress. “The true value of every civilization…lies not in the tools man has invented or in how much power he wields,” Qutb wrote. “The value of civilizations lay in what universal truths and worldviews they have attained.” The modern obsession with science and invention was a moral regression to the primitive condition of the first toolmakers. Qutb’s America was bursting with raw energy and appetite, but utterly without higher virtues. In his eyes, its “interminable, incalculable expanses of virgin land” were settled by “groups of adventurers and groups of criminals” who lacked the time and reflection required for a civilized life. Qutb’s Americans “faced the uncharted forests, the tortuous mountain mazes, the fields of ice, the thundering hurricanes, and the beasts, serpents and vermin of the forest” in a struggle that left them numb to “faith in religion, faith in art and faith in spiritual values altogether.”

This portrait likely would have surprised the people of mid-century Greeley, had they somehow become aware of the unspoken opinions of their somewhat frosty neighbor. Theirs was a friendly town best known for the unpretentious college and for the cattle feedlots sprawling pungently on its outskirts. The founding of Greeley in the 1870s involved no ice fields, hurricanes or serpents. Instead, it began with a simple newspaper column written by Nathan Meeker, agricultural editor of the New York Tribune. On December 14, 1869, Meeker appealed to literate readers of high moral character to join him in building a utopian community by the South Platte River near the foot of the Rocky Mountains. More than 3,000 readers applied; from this list Meeker selected the 700 best qualified to realize his vision of a sober, godly, cooperative community. The town was dubbed Greeley in honor of Meeker’s boss at the Tribune, the quixotic publisher Horace Greeley, who died within weeks of his failed run for president in 1872, just as the project was gathering steam.

Poet and journalist Sara Lippincott was an early visitor to the frontier outpost, and later wrote about it under her pen name, Grace Greenwood. “You’ll die of dullness in less than five hours,” another traveler had warned her about Greeley. “There is nothing there but irrigation. Your host will invite you out to see him irrigate his potato-patch…there is not a billiard-saloon in the whole camp, nor a drink of whiskey to be had for love or money.” None of that made any difference to Qutb, who saw only what he already believed, and wrote not facts, but his own truth, in his 1951 essay, “The America I Have Seen.”

Sayyid Qutb cut short his stay in America and returned to Egypt in 1951 after the assassination of Hassan al-Banna, founder of the nationalist, religious and militant movement known as the Muslim Brotherhood. Over the next decade and a half, often writing from prison, Qutb refined a violent political theology from the raw anti-modernism of his American interlude. Virtually the entire modern world, Qutb theorized, is jahiliyya, that barbarous state that existed before Muhammad. Only the strict, unchanging law of the prophet can redeem this uncivilized condition. Nearly a millennium of history became, to the radicalized Qutb, an offense wrought by the violence of jahili “Crusaders” and the supposed perfidy of the Jews. And Muslim leaders allied with the West were no better than the Crusaders themselves. Therefore, Qutb called all true Muslims to jihad, or Holy War, against jahiliyya—which is to say, against modernity, which America so powerfully represents.

This philosophy led to Qutb’s execution in 1966. Proud to the end, he refused to accept the secular Egyptian leader Gamal Abdel Nasser’s offer of mercy in exchange for Qutb’s repudiation of his jihad. Nasser may have silenced a critic, but the martyrdom of Sayyid Qutb accelerated his movement. The same year the philosopher was hanged, according to journalist Lawrence Wright, the teenage al-Zawahiri formed his first violent cell, dedicated to the overthrow of the Egyptian government and the creation of an Islamist state. Meanwhile, Qutb’s brother Muhammad went into exile in Saudi Arabia, where he taught at King Abdul Aziz University. One of his students, an heir to the country’s largest construction fortune, was Osama bin Laden.

Others have taken Qutb’s ideas in less apocalyptic directions, so that M.A. Muqtedar Khan of the Brookings Institution can rank him alongside the Ayatollah Khomeini of Iran as “one of the major architects and ‘strategists’ of contemporary Islamic revival.” But the last paragraphs of Qutb’s American memoir suggest just how far outside normal discourse his mind was wont to stray. After noting the stupidity of his Greeley neighbors, who failed to understand his dry and cutting jokes, Qutb writes: “In summary, anything that requires a touch of elegance is not for the American, even haircuts! For there was not one instance in which I had a haircut there when I did not return home to even with my own hands what the barber had wrought.” This culminating example of inescapable barbarism led directly to his conclusion. “Humanity makes the gravest of errors and risks losing its account of morals, if it makes America its example.”

Turning a haircut into a matter of grave moral significance is the work of a fanatic. That’s the light ultimately cast by Qutb’s American experience on the question of why his disciples might hate us. Hating America for its haircuts cannot be distinguished from hating for no sane reason at all.

Voir encore:

Said Qutb on the Arts in America

Daniel Burns, Translator

November 18, 2009

Current Trends in Islamist Ideology vol. 9

Translator’s note[1]

The Egyptian Said Qutb was one of the leading intellectual lights of 20th Century Islamic radicalism when he was executed in 1966 for his involvement with the illegal Muslim Brotherhood. He is best known for his lengthy Quranic commentary In the Shade of the Qur’an and his book Milestones, in which he makes the case that allegedly Muslim regimes like that of Egypt should be understood as jahiliy (pagan) and therefore the proper target of military jihad.

Years before writing these radical works, Qutb spent two years studying in America (1948-1950). Upon his return to Egypt, he published the three-part article “The America That I Have Seen: In the Scale of Human Values” in the Egyptian journal Al-Risala (Vol. 19 [1951]; no. 957, 959, 961; pp. 1245-7, 1301-6, 1357-1360). A translation of this article appears in the anthology America in an Arab Mirror (New York: St. Martin’s Press, 2000), but that translation is missing a considerable block of text for no reason that I can see. Here I have translated the section of the article’s third part that contains that missing block. All but the first three and the last three paragraphs below are therefore appearing in English for the first time.

The article as a whole contains Qutb’s observations on American life and chiefly on how American citizens rank “in the scale of human values.” He judges Americans on a range of social and moral characteristics—including their sexual mores, their political history, and their attitudes towards religion, sports, art, and death—and generally finds them wanting. Most striking about the article is Qutb’s adherence to a standard of “human values” rather than specifically “Islamic values.” Qutb never elaborates this standard explicitly, but in general his theme seems to be that human beings should strive to attain high-minded, civilized, and spiritual values rather than bestial, primitive, and sensual ones. American society, in Qutb’s view, tends toward the latter.

Wherever possible, I have translated a single Arabic word with a single English word. Words in [square brackets] are my additions or clarifications. I have used Qutb’s punctuation as a guideline but have not been able to reproduce it fully in English; in particular, I have used parentheses, long dashes, sentence breaks, and other means to translate the versatile Arabic particle wa. I have however retained the author’s strange use of quotation marks and ellipses.

Said Qutb: On the Arts in America

The American is primitive in his artistic taste, both in what he enjoys as art and in his own artistic works.

“Jazz” music is his music of choice. This is that music that the Negroes invented to satisfy their primitive inclinations, as well as their desire to be noisy on the one hand and to excite bestial tendencies on the other. The American’s intoxication in “jazz” music does not reach its full completion until the music is accompanied by singing that is just as coarse and obnoxious as the music itself. Meanwhile, the noise of the instruments and the voices mounts, and it rings in the ears to an unbearable degree… The agitation of the multitude[2] increases, and the voices of approval mount, and their palms ring out in vehement, continuous applause that all but deafens the ears.

But despite this, the American multitude attends the opera, listens to symphonies, crowds together for the “ballet,” and watches “classic” plays—so much so that you will hardly find an empty seat. It will happen sometimes that you do not find a place unless you reserve your seat days beforehand, and that at the high price of the fares for these performances.

This phenomenon misled me at first; I even rejoiced at it, down to the depths of my soul. For I had been feeling constantly “begrudging” at the fact that this people, which produces marvels in the world of industry and of science and of research, should have no store of the other human values. I had also been terribly afraid on behalf of humanity that its leadership will pass into the hands of this people that is altogether poor in those values.

Therefore I rejoiced when I saw this phenomenon. For the public that takes an interest in refined art is not to be despaired of no matter what its faults may be, and when this window on its feelings has been opened, there is great hope that many other rays may diffuse from it.

The importance of this phenomenon pushed me to investigate everything about it, in different surroundings and in numerous cities. But when I tracked the expressions on faces, and conversed with a great many of the men and women[3] who visit these places (those I knew and those I did not know), all this revealed to me—with regret—how wide a chasm still separates the spirit of such humane art from the spirit of the Americans. Indeed, their feelings about it[4] are even concealed in all but rare cases; they only look at the matter from a purely social angle. For the cultured American must of necessity see these sorts [of shows] and go to these places in case there should be a conversation about them in any group of people taking part in conversation together. For it is a matter of the greatest shame in America that anyone should fail to take part in the conversation—especially in the case of young women, since what is demanded of them is that they should always find subjects for conversation. So if young women visit these places, they add new subjects to the perpetual American subjects [of conversation], i.e., ball games, names of films and of actors and actresses, cases of divorce and marriage, markings and prices of cars…

This is the very spirit in which the crowds visit the art museums, passing rapidly through the halls and the exhibits in a way that does not suggest any enjoyment or love of these works [of art]. In just the same way they go (individually and in groups) to get a rapid view of natural spectacles. Passing by places and spectacles at the cars’ top speed, they collect conversational material and also comply with the natural American inclination toward collection and enumeration.

At the beginning of my stay in America, I would hear that one of them had visited X cities and countries and sights and spectacles and had gone X miles in his tourist journeys and knew X friends, so that I was astonished at this capacity for producing such things and wished that I were capable of any of it! Then I discovered afterward how all these marvels took place… One of them drives his car on a journey, alone or with his family or friends. He races it at top speed, taking it through cities and over distances, passing by sights and spectacles, while recording in his notebook the names and the mileage… Then he returns, and see! he has seen all of it, and he has the right to converse about it! As for friends, it is enough that one be invited to get-acquainted parties. There he encounters their faces for the first time, and the host acquaints him with the attendees one by one (men as well as women)[5], and he asks whoever of them wish to do so to write down their names and addresses, and so they in turn do with him. After some time, his notebook is full of names and addresses. And see! he has a great number of friends (men and women)[6], and perhaps he is even victorious in the competition undertaken in pursuit of this goal. How great, how strange are the competitions here!

Thus your knowledge and your culture[7] are often measured by how much you have read and watched and heard. It is the same as the way that your material riches are calculated by the quantity and amount of the cash and real property that you own: without any distinctions!

And this is not the mentality of the multitudes only, but it is also very much the mentality of the thinkers and the researchers. For it had occurred to the thinkers in America that it was not right that their country should be the richest country in the world, and their people the greatest people on earth in terms of industrial civilization and scientific civilization, while they should have no artistic wealth like that of poorer peoples such as the Italians and the Germans.

They have money—and money works wonders—so it was only a matter of years before they had museums of drawing and sculpture more magnificent and larger than those other peoples’. These museums have accumulated for themselves works of art from everywhere and have filled up with the rare and the costly among these works, which they[8] have not been stingy about buying with money. These are all foreign works save a few, since American works are primitive and plain to the point of being laughable next to those splendid worldly treasures.

Likewise, [it was only a matter of years before] they had some performing orchestras and some dance troupes of the “ballet,” most of which [demonstrate] expertise and proficiency. And most of the conductors of these orchestras and the directors of these troupes [demonstrate] genius and originality…and all of them[9] save a few are foreigners.

Thus there emerged[10] precise enumerations that indicate what America possesses in the way of great artistic riches, purchased by money. But there remained one little matter: Does the American soul have any share in these riches? Does she even have mere artistic enjoyment of this costly human inheritance!

It occurred to me to examine these points in the art museums just as I examined them at the opera houses and such.

I went for the tenth time to the museum of art in San Francisco and made one of the picture halls of French art the subject of my examination. I distributed my attention over all the pictures inside it, but I concentrated on one outstanding picture named “Fox in the Chicken House.”[11] There are no words that could relate to the reader the beauty of this ingenious picture, in which the artist depicted several profound, complex feelings in a painting where there is no human face to make it easy for the artist to depict those feelings… A fox is in the chicken house, the sky is suffocatingly dark, and the fox has just attacked a chicken, a nesting mother, who appears in distress and exhausted in the claws of the wild beast baring his teeth; her little ones are terrified and the eggs remaining beneath her are scattered; her fellow hens meanwhile are scattered throughout the space of the painting, and the rooster—the man of the house—stands helpless, at a loss to find any salvation for his spouse in distress, although he is her guardian! As for the other hens, one is anxious and taken by surprise, another is despairing and disgusted that there should be all this atrocity in life, while a third is at a loss, asking: “How did this happen?” And the entire sky and the colors in this ingenious painting depict that which words cannot grasp.

I took a rest on one of the seats that the halls do provide with singular[12] courtesy for those visitors who are tired of looking and of walking around to rest on, and I rested, inspecting the features and expressions [of faces] and listening to the remarks and comments.

Four full hours passed over me in my seat, during which 109 persons passed by me, singles and couples and groups, of whom the majority were among the [many] young women and young men[13] who make appointments to spend some time in the museum’s garden and then in the museum itself, since it is proper for the social young woman to share in conversation and to find subjects for conversation.

On [the faces of] how many of these 109 did it appear that they were feeling anything of what they were seeing? Only one lingered for about two minutes in front of the picture I had selected, and he lingered in the whole hall for about five minutes…then he flew off.

I repeated the experiment in the other halls of the museum, and then repeated it in other museums in several cities. Again I arrived at the point where [I could say that], out of the great mass of visitors comprised in my enumerations, only a rare minority comprehended anything of these tremendous artistic riches that the dollar has gathered from all the places on earth; all that remained for the dollar to do was to create artistic sensation, but apparently that does not respond to the dollar’s charms!

The only art in which the Americans are proficient—although there are other [peoples] who still surpass them in it as far as artistry goes—is the art of the cinema. This is natural and logical given the phenomenon that makes the American unique: the height of industrial proficiency combined with primitiveness of artistic feelings. In the cinema this phenomenon is very much manifest.

By its nature, the cinematic art does not rise to the loftiest regions of the arts—music, drawing, sculpture, and poetry—nor for that matter to the [level of the] art of the theater, although in the cinema the possibilities for artistic craft[14] and the possibilities of production are much greater. And in terms of originality, the art of production in the cinema has gotten only as far as the farthest point reached by the art of photography. Moreover, some distance remains between it and (for example) the art of the theater, just as some distance remains too between depiction by photography and depiction by a [painter’s] brush. In the latter is expressed genius of feelings; in the former, expertise of craft.

The cinema is the popular art of the multitudes, so it is the art in which one finds expertise, proficiency, magnification, and approximation. By its nature it relies more on expertise than on the artistic spirit… in it the American genius[15] can exercise creativity… yet despite this, English, French, Russian, and German film all remain superior to American film, although they are inferior to it in craft and expertise.

In the great majority of American films, one sees manifestly primitive subjects and primitive excitement; this is true of police/crime films and cowboy films. As for high, skillful films, such as “Gone with the Wind,” “Wuthering Heights,” “The Song of Bernadette,” and such, they are few in comparison with what America produces. Such American film as does reach Egypt or the Arab countries does not resemble this family, since the majority of it comes from among the superior, rare American films.[16] And those people who visit the regions of the land in America are those who reach that tiny family of valuable films.

There is another art in which the Americans are skillful, because in it there is more of expertise in craft and production than there is of high, genuine art… It is the art of depicting natural spectacles in color as if [the depictions] were photographic, true and exact[17]. This can be seen in the museums of land and water animals, since these animals or their embalmed bodies are displayed [there] in the likeness of their natural habitats, just as if they were real. The artist’s brush is skillful in depicting these habitats in cooperation with the spectacle’s artistic design; it reaches the point of creativity.

This translation of Qutb’s article appeared in Volume 9 of Current Trends in Islamist Ideology published by Hudson Institute.

Keywords: Qutb, Muslim Brotherhood, American Arts, jahiliy

Notes

[1] I am grateful to the Ernest Fortin Memorial Foundation for a summer grant that allowed me to work on this translation, to Michael Montalbano for his relentless editing, and to Prof. Martha Bayles, Prof. Nasser Behnegar, Dr. Hillel Fradkin, Prof. Dennis Hale, Prof. James Nolan, and Zander Baron for reading drafts.

[2] The word consistently translated “multitude” (jamhour) appears a few times in this passage and has political connotations: it is the root of the Arabic word for “republic.” It means something like hoi polloi.

[3] Here and elsewhere Qutb uses two forms, a masculine and a feminine, where Arabic grammar only requires one (since the masculine is taken to include both sexes). Literally this passage says “a great many [m.] and a great many [f.] of those who visit these places.” Qutb seems to want to emphasize that both sexes are included, perhaps because he finds this immodest or perhaps because his audience would not otherwise know whether the social events being described were single-sex.

[4] The nearest possible antecedent is “spirit,” but the earlier “this phenomenon” seems likelier. The gender of the pronoun makes it impossible that it could be “art”.

[5] Literally “one by one and one (f.) by one (f.).” See note 3.

[6] Literally “male-friends and female-friends,” or “friends and female friends.” See note 3.

[7] In the sense of “the state of being cultured,” not “cultural identity.”

[8] The gender of the pronoun means that it most likely refers to, not “museums,” but the antecedent from earlier in the paragraph: “Americans,” or possibly “the thinkers in America.”

[9] Since the entire paragraph is one sentence in Arabic, it is not clear whether this word refers only to the conductors and directors or to the performing groups’ members as a whole.

[10] This is a bit obscure, but Qutb seems to mean that these enumerations became easily available in the course of his own investigations.

[11] Jean-Baptiste Huet’s Fox in the Chicken Yard (1766) meets most of Qutb’s description. I can only see two “other hens,” though.

[12] The ambiguity is present in Arabic as in English: this may be a backhanded compliment.

[13] Literally “female-youths and male-youths,” or “female-youths and youths.” See note 3.

[14] The word is a recurrent theme in the entire article and has been translated “industry” or (as an adjective) “industrial.” From here on it will be translated “craft.”

[15] This phrase does not refer to particular American people that we would call “geniuses,” but to something more abstract, like the previous “artistic spirit.”

[16] The antecedents are hard to follow in this sentence, but the sense seems to me to require: “Such American film as does reach us in Egypt or the Arab countries does not resemble the (generally low-quality) family of American films as a whole, since the majority of what does reach us consists in those high-quality films that make up only a tiny minority of the whole family.”

[17] Qutb seems to mean this as something of a compliment, but on the other hand, that meaning would seem to be at odds with his disparagement of photography three paragraphs earlier.

Voir enfin:

Column One: Moral relativism and jihad

Caroline B. Glick

The Jerusalem Post

11/04/2013

It is the dominance of moral relativism in liberal institutions like the New York Times that make even the most apologetic expose of the Muslim Brotherhood a major event.

Two events happened on Wednesday which should send a shiver down the spine of everyone concerned about the future of the American Jewish community. But to understand their importance it is important to consider the context in which they occurred.

On January 13, The New York Times reported on a series of virulently anti-Jewish comments Egyptian President Mohamed Morsi made in speeches given in 2010. Among other things, Morsi said, “We must never forget, brothers, to nurse our children and our grandchildren on hatred for them: for Zionists, for Jews.” He said that Egyptian children “must feed on hatred; hatred must continue. The hatred must go on for God and as a form of worshiping him.”

In another speech, he called Jews “bloodsuckers,” and “the descendants of apes and pigs.”

Two weeks after the Times ran the story, the Obama administration sent four F-16 fighter jets to Egypt as part of a military aid package announced in December 2012 entailing the provision of 20 F-16s and 200 M1-A1 Abrams tanks.

The Anti-Defamation League, AIPAC, the Jewish Council for Public Affairs and other prominent American Jewish groups did not oppose the weapons transfer.

With the American Jewish leadership silent on the issue, Israel found its national security championed by Sen. Rand Paul. He attached an amendment to a budget bill that would bar the US from transferring the advanced weapons platforms to Egypt.

Paul explained, “Egypt is currently governed by a religious zealot… who said recently that Jews were bloodsuckers and descendants of apes and pigs. This doesn’t sound like the kind of stable personality we [sh]ould be sending our most sophisticated weapons to.”

Paul’s amendment was overwhelmingly defeated, due in large part to the silence of the American Jewish leadership.

The Times noted that Morsi’s castigation of Jews as “apes and pigs” was “a slur for Jews that is familiar across the Muslim world.”

Significantly the Times failed to note that the reason it is familiar is because it comes from both the Koran and the hadith. The scripturally based denigration of Jews as apes and pigs is legion among leading clerics of both Sunni and Shi’ite Islam.

It was not a coincidence that the Times failed to mention why Morsi’s castigation of Jews as apes and pigs was so familiar to Muslim audiences.

The Islamic sources of Muslim Brotherhood Jew hatred, and indeed, hatred of Jews by Islamic leaders from both the Sunni and Shi’ite worlds, is largely overlooked by the liberal ideological camp. And the overwhelming majority of the American Jewish leadership is associated with the liberal ideological camp.

If the Times acknowledged that the Jew hatred espoused by Morsi and his colleagues in the Muslim Brotherhood, as well as by their Shi’ite colleagues in the Iranian regime and Hezbollah is based on the Koran, they would have to acknowledge that Islamic Jew hatred and other bigotry is not necessarily antithetical to mainstream Islamic teaching. And that is something that the Times, like its fellow liberal institutions, is not capable of acknowledging.

They are incapable of acknowledging this possibility because considering it would implicitly require a critical study of jihadist doctrine. And a critical study of jihadist doctrine would show that the doctrine of jihad, or Islamic holy war, subscribed to by the Muslim Brotherhood and its affiliates, as well as by the Iranian regime and Hezbollah and their affiliates, is widely supported, violent, bigoted, evil and dangerous to the free world.

And that isn’t even the biggest problem with studying the doctrine of jihad. The biggest problem is that a critical study of the doctrine of jihad would force liberal institutions like the New York Times and the institutional leadership of the American Jewish community alike to abandon the reigning dogma of the liberal ideological camp – moral relativism.

Moral relativism is based on a refusal to call evil evil and a concomitant willingness to denigrate truth if truth requires you to notice evil.

Since pointing out the reality of the danger the jihadist doctrines propagated by the likes of the Muslim Brotherhood involves the implicit demand that people make distinctions between good and evil and side with good against evil, moral relativists – that is most liberals – cannot contend with jihad.

This is why the American Jewish leadership refused to join Rand Paul and his conservative Republican colleagues in the Senate and demand an immediate cessation of US military aid to the Muslim Brotherhood-controlled Egyptian military even after the evidence of the Brotherhood’s genocidal Jew hatred was splashed across the front page of the Times.

It is the dominance of moral relativism in liberal institutions like the New York Times that make even the most apologetic expose of the Muslim Brotherhood a major event. And it is the dominance of liberal orthodoxies in the mainstream Jewish community that makes it all but impossible for Jewish leaders to speak up against the Muslim Brotherhood, despite the manifest danger its genocidal hatred of Jews poses not only for Israel, but for Jews everywhere.

It is bad enough that liberal Jewish leaders won’t speak out against the Koranic-inspired evil that characterizes the ideology of the Muslim Brotherhood. What is worse is what their own morally relative blindness causes them to do.

On Wednesday, we saw two distressing examples of the consequences of this self-imposed embrace of ideological fantasies.

First, on Wednesday, Yeshiva University’s Cardozo Law School’s Journal of Conflict Resolution gave its annual International Advocate of Peace Award to former president Jimmy Carter.

Carter’s long record of anti-Israel, and indeed anti-Semitic, actions and behavior made the decision to bestow him with the honor an affront not only to the cause of peace, but to the cause of Jewish legal rights. As an advocate of Hamas and a man who castigates Israel as an illegal “apartheid” state, Carter has a long record of outspoken opposition to both Jewish human rights and to viable peace between Israel and its neighbors.

For outsiders, the Orthodox Jewish university’s law school’s law journal’s decision to honor Carter was shocking, but as it works out, the Cardozo Journal of Conflict Resolution confers its prize almost exclusively on people active in pressuring Israel to make concessions to Palestinian terrorists who reject Israel’s right to exist. Past winners include Dennis Ross, Bill Clinton, Richard Holbrooke, George Mitchell, John Wallach and Seeds of Peace and, perhaps most astoundingly, the outspoken Jew hater Archbishop Desmond Tutu.

In other words, Carter wasn’t chosen for the honor despite his anti-Israel record. He was selected because of his anti-Israel record.

In a similar fashion, New York’s 92nd Street Y invited virulent Israel hater Roger Waters to perform a concert on April 30. Given Waters’s outspoken opposition to Israel, his call for total economic and cultural warfare against the Jewish state and his leading role in the BDS movement, it is not possible that the 92nd Street Y was unaware of his radical, anti-Semitic sentiments.

And so, the only reasonable explanation for his invitation to perform at the Jewish institution is that the Y wanted to invite this openly anti- Semitic musician to perform. A public outcry by pro-Israel activists forced the Y to cancel his performance.

The day that Carter was embraced by the Orthodox Jewish establishment, Jewish author and activist Pamela Geller was silenced. Geller is the nightmare of the liberal Jewish establishment.

She is a beautiful and articulate speaker and writer who has risen to prominence in the US for her steadfast commitment to exposing the deadly pathologies of Jew hatred, misogyny and other prejudices inherent to jihadist ideology.

Geller’s website, Atlas Shrugs, is a clearinghouse for information on Islamic persecution of women, Christians and apostates and hatred of Jews. She also showcases the documented ties between mainstream American Islamic groups and the Muslim Brotherhood.

An indefatigable defender of Israel, Geller recently ran a highly controversial, and successful ad campaign in the New York and San Francisco public transportation systems in response to an anti-Israel ad campaign. Her billboards read, “In any war between the civilized man and the savage, support the civilized man. Support Israel, Defeat Jihad.”

Geller was scheduled to speak on April 13 at the Great Neck Synagogue in Great Neck, New York. The topic of her talk was “The Imposition of Shari’a in America.”

Last month, after learning of her talk, a consortium of Islamic and leftist activists in Nassau County led by Habeed Ahmed from the Islamic Center of Long Island launched a pressure campaign to coerce the synagogue into cancelling her speech. Members of the group telephoned the synagogue and castigated Geller as a bigot, and likened her to the Nazis in the 1930s.

In short order liberal rabbis Michael White and Jerome Davidson took over the opposition to Geller and launched a media campaign attacking her as a bigot and demanding that the Great Neck Synagogue cancel her speech.

Rejecting the distinction Geller makes between jihadists and their victims – Muslim and non- Muslim alike, White and Davidson claimed that she opposes all Muslims and so her speech must be canceled. By hosting her, they intoned, the Great Neck Synagogue would be guilty of propagating hate speech. Liberal Christian and Jewish activists and their Muslim associates threatened to protest the speech.

On Wednesday the synagogue caved in to their massive pressure. Citing “security concerns” the synagogue board released a statement saying that while “these important issues must be discussed, the synagogue is unable to bear the burden” of the pressure campaign surrounding Geller’s planned speech. Her event was canceled.

Surveys of the American Jewish community taken in recent years by the American Jewish Committee demonstrate that the vast majority of American Jews are deeply supportive of Israel, and their views tend toward the Right side of the political spectrum in issues related to Israel, the Palestinians and the wider Islamic conflict with the Jewish state.

On the other hand, the AJC’s surveys show that for the vast majority of American Jews, Israel is not a voting issue. This state of affairs was reflected by a comment that Yeshiva University student Ben Winter made to the media regarding the absence of student protest against Carter on Wednesday. In Winter’s words, “While many students at YU feel strongly about their Zionism, few have the courage to publicly express their opinions.”

The danger exposed by the cancellation of Geller’s speech and the conferral of honors on the likes of Carter and Waters by mainstream Jewish institutions is daunting. If moral relativism remains the dominant dogma of the American Jewish establishment, the already weakly defended, but still strongly rooted, support for Israel among the rank and file of the American Jewish community will dissipate.


Littérature: La théorie des jeux redécouvre la plus complète science de la nature humaine (Game theory vindicated by Jane Austen)

24 avril, 2013
http://media.onsugar.com/files/upl0/4/41251/03_2008/Northanger-Abbey.jpgLe monde n’est qu’un reflet de ce qui se passe en amour. Proust
J’étais incapable  de voir ce dont le désir n’avait pas été éveillé en moi par quelque lecture. Proust
Ce sont les femmes qui sont amusées par les rêveries des romanciers stupides, qui, sachant peu de choses de la nature humaine, concoctent des contes rassis et décrivent des scènes factices, le tout préservés dans un jargon sentimental, qui tendent également à corrompre le goût et à détourner le coeur de ses tâches quotidiennes. Incapables de saisir quelque chose de grand, est-il étonnant qu’elles trouvent la lecture de l’histoire, une tâche très sèche et les dissertations adressées à la compréhension horriblement fastidieuses et presque inintelligibles ? Mary Wollstonecraft
Silly Novels by Lady Novelists are a genus with many species, determined by the particular quality of silliness that predominates in them-the frothy, the prosy, the pious, or the pedantic. But it is a mixture of all these-a composite order of feminine fatuity-that produces the largest class of such novels, which we shall distinguish as the mind-and-millinery species. The standard apology for women who become writers without any special qualification is that society shuts them out from other spheres of occupation … ‘In all labour there is profit'; but ladies’s silly novels, we imagine, are less the result of labour than of busy idleness. George Eliot (Mary Ann Evans)
Le romancier qui révèle le désir de l’élite sociale est presque toujours prophétique. Il décrit des structures intersubjectives qui vont se banaliser peu à peu. René Girard
Elle est sans nul doute le plus grand écrivain femme que nous ayions. Elle est la plus grande pour la raison suivante : elle ne cherche pas à écrire comme un homme alors que toutes les autres femmes le font. C’est pour cela que je ne les lis pas. Richard Dalloway (The Voyage Out, Virginia Woolf, 1915)
En plusieurs occasions, les héros de Jane Austen prennent la défense des romans. C’est particulièrement évident dans Northanger Abbey, par la voix de Catherine Morland et de Henry Tilney, et dans le long développement, souvent commenté, de la fin du chapitre V (Jane Austen y utilise à peu près les mêmes termes qu’utilise plus tard Margaret Oliphant). Les romans connaissent alors une grande vogue, en particulier auprès des femmes, dont l’éducation a considérablement progressé au cours du XVIIIe siècle. D’ailleurs, ce sont elles qui se trouvent à l’origine de cette évolution, puisqu’on estime qu’entre 1692 et la fin du XVIIIe siècle, la majorité des romans est écrite par des auteurs féminins. Mais la culture masculine, qu’incarnent à la fin du XVIIIe siècle Swift ou Pope, voit d’un mauvais œil l’intrusion de female wits (« de femmes d’esprit ») dans la littérature; d’ailleurs, un jeu de mots facile permet de salir ces auteurs en assimilant les « femmes publiées » aux « femmes publiques », c’est-à-dire aux prostituées (female publication = public woman). Ce n’est que très progressivement, tout à la fin du XVIIIe siècle, que la réputation du roman commence à s’améliorer, avec Clara Reeves et son ouvrage The Progress of Romance (1785) tout d’abord, puis avec Joanna Baillie et William Godwin, précisément à l’époque où Jane Austen écrit Northanger Abbey (1797-1798). Aussi, la défense des romans constitue-t-elle du même coup chez Jane Austen un plaidoyer en faveur des romancières, d’autant plus nécessaire que certaines d’entre elles dénigrent elles-mêmes le genre : ainsi Maria Edgeworth, lorsqu’elle présente Belinda, préfère l’appeler un « conte moral » (moral tale) plutôt qu’un « roman » (novel), considérant que « tant de sottise, d’erreur et de vice parsèment des livres catalogués sous cette [dernière] appellation, que j’espère que le choix de retenir [la première] qualification sera attribué à une intention louable et non au pinaillage ». Margaret Oliphant qui, après Jane Austen, prend en 1882 la défense du roman féminin face à la « noble poésie » des hommes.Car le roman, à son époque, n’a pas l’aura de la poésie, genre noble par excellence. Aussi, Margaret Oliphant, essayiste, historienne et mère de cinq enfantsN 10, note-t-elle en 1882 que, si la culture britannique célèbre les hommes pour être à l’origine du flux de noble poésie au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, « elle néglige l’émergence soudaine, à la même époque, d’une forme purement féminine du génie littéraire » (negligent of the sudden development of purely feminine genius at the same great era). Au cours du chapitre V, l’amitié de plus en plus forte qui lie Catherine Morland et son amie Isabella Thorpe se traduit, dit la voix narratrice, par le fait qu’elles s’enferment ensemble pour lire des romans. Et elle ajoute, dans un plaidoyer pro domo où la romancière intervient à la première personne : « Je ne ferai pas mienne cette habitude bien peu généreuse et bien peu politique si fréquente chez les romancières, de rabaisser par leurs critiques méprisantes les réalisations mêmes auxquelles elles ont elles-mêmes contribué ». Dans cette défense des romans où elle prend elle-même position, Jane Austen veille à ne citer que ceux qu’elle tient en plus haute estime, Cecilia, et Camilla, de Fanny Burney, ou encore Belinda de Maria Edgeworth. Mais Ann Radcliffe n’est pas admise dans ce panthéon. Wikipedia
It’s no surprise that Catherine is an ardent novel reader, and no compliment to the form that the shallow Isabella is. But Austen, a realistic novelist, is not going to say that young women such as Catherine and Isabella don’t read novels—they consume them—or that they find them « insipid. » Nor will Austen have the two young women on a rainy morning reading David Hume’s History of England, Pope’s Essay on Man, or Addison’s Spectator. That would be unrealistic of Austen and disloyal to the broad appeal of novels, far greater than that of any other genre. Yet not all readers are equal, nor all novelists, nor are all novels of the same type no less quality. Austen’s point is that the novel is not to be judged negatively by its huge and broad popularity. There are silly, young women who thrive on sentimental romances and Gothic fiction, some of it by silly novelists. That does not condemn the genre as a whole. Intelligent, talented, and morally serious women and men also read as well as write novels of all sorts. The first target of Austen’s chastisement are those novelists who disparage their own art by describing heroines who disdain novels. Our « foes, » she maintains, are almost as numerous as our readers. Though there was surely « trash, » the works of Defoe, Richardson, Fielding, Sterne, Smollett, Goldsmith, the clever Frances (Fanny) Burney (the Cecilia and Camilla mentioned here, to whom we can add Evelina), Edgeworth (Belinda), Scott, and Austen herself, to take the best-known, were perceived as lustrous by many except the most stiff-necked and pharisaical sermonizers, such as the buffoonish Reverend Collins in Past and Present. There were many histories of England, including those by the David Hume and Catherine Macaulay, and Austen wrote a youthful parody of Goldsmith’s History. But a question implicit in the contention between fiction and history is whether fiction is less true than history? The claim can be made that some fiction, such as Scott’s Waverley Novels, is the closest we can come to « history, » and some of the novels of Defoe (including A Journal of the Plague Year), Richardson, Fielding, Burney, and Austen ARE history—they are the history of fictitious characters in real conditions of which we’d have at best a paltry, sketchy understanding without the « fiction. » Fiction and history are not mutually exclusive. In any case, what writers choose to invent or painters to paint in a given time is itself germane to the history of the time. Behind Austen’s defense of fiction is also a matter of gender. Whether or not the writer was a woman, the reading of fiction was associated more with women, whose minds, it was thought, were unequal to the task of reading philosophy, history, political science, and economics. Hence the embarrassed « Miss » who quickly puts away her novel for fear of proving that she was even more fatuous than her sex was judged to be. Mary Wollstonecraft’s Vindication is particularly severe on novels and their readers. BookDoors
Austen was very deliberately trying to lay philosophical groundwork for a new theory of strategic action, sometimes charting territory that today’s theoreticians have themselves failed to reach. First among her as yet unequaled concepts is “cluelessness,” which in Mr. Chwe’s analysis isn’t just tween-friendly slang but an analytic concept worthy of consideration alongside game-theoretic chestnuts like “zero-sum,” “risk dominance” and “prisoner’s dilemma.” Most game theory (…) treats players as equally “rational” parties sitting across a chessboard. But many situations (…) involve parties with unequal levels of strategic thinking. Sometimes a party may simply lack ability. But sometimes a powerful party faced with a weaker one may not realize it even needs to think strategically. Take the scene in “Pride and Prejudice” where Lady Catherine de Bourgh demands that Elizabeth Bennet promise not to marry Mr. Darcy. Elizabeth refuses to promise, and Lady Catherine repeats this to Mr. Darcy as an example of her insolence — not realizing that she is helping Elizabeth indirectly signal to Mr. Darcy that she is still interested. It’s a classic case of cluelessness, which is distinct from garden-variety stupidity. “Lady Catherine doesn’t even think that Elizabeth” — her social inferior — “could be manipulating her,” he said. (Ditto for Mr. Darcy: gender differences can also “cause cluelessness … Michael Chwe
Je ne parle pas assez bien pour être incompréhensible. Catherine Morland (Northanger abbey)
Oui, des romans ; car je ne donne pas dans cette mesquine et maladroite habitude, qu’ont les auteurs de romans, de déprécier, par leur blâme, toute une catégorie d’oeuvres dont ils ont eux-mêmes accru le nombre : se joignant à leurs ennemis pour décerner les plus rogues épithètes à ces oeuvres-là et n’en permettant presque jamais la lecture à leur héroïne qui, si elle ouvre par hasard un roman, ne fera certainement que le feuilleter, et avec dégoût. Las ! si l’héroïne d’un roman n’est pas patronnée par l’héroïne d’un autre roman, de qui pourra-t-elle attendre protection et égards ? Laissons aux rédacteurs de revues le soin d’incriminer toute effusion d’imagination et de déplorer, sur un mode marmiteux, les riens qui font maintenant gémir les presses. Ne désertons pas notre propre cause. Nous sommes une caste fort décriée. Par vanité, ignorance ou mode, nos ennemis sont presque aussi nombreux que nos lecteurs ; et, tandis que les prestiges du 900e abréviateur de l’« Histoire d’Angleterre » ou ceux du monsieur qui réunit et publie douze vers de Milton, de Pope, de Prior, avec un morceau du Spectateur et un chapitre de Sterne, sont exaltés par mille plumes, il semble qu’il y ait un souci presque général de contester l’importance et de sous-évaluer le travail du romancier, bref, mépriser des oeuvres qui ne se recommandent que par de l’invention, de l’esprit et du goût. « Je ne suis pas un liseur de roman ; un coup d’oeil à peine aux romans ; ne vous imaginez pas que je lise souvent des romans ; ce n’est vraiment pas mal pour un roman. » Tel est le jargon en usage. « Et que lisez-vous, Miss *** ? – Oh ! ce n’est qu’un roman ! » réplique la jeune personne, en laissant tomber son livre avec une indifférence affectée ou quelque honte. « Ce n’est que Cécile, ou Camille, ou Bélinde » : c’est seulement une oeuvre dans laquelle les plus belles facultés de l’esprit sont prodiguées et qui offre au monde, en un langage de choix, la plus complète science de la nature humaine, la plus heureuse image de ses variétés, les plus vives effusions d’esprit et d’humour. Mais, qu’elle eût été aux prises avec un volume du Spectateur, combien orgueilleusement elle eût produit le livre, et proclamé son titre ! quoiqu’il soit peu probable qu’une jeune personne de goût puisse ne pas être rebutée par le sujet et le style de cette volumineuse publication où sont colligés surtout des anecdotes improbables, des traits de caractère extravagants, des thèmes de conversation qui ne concernent plus âme qui vive, le tout en un langage dont la fréquente grossièreté est peu faite pour donner une idée flatteuse du temps qui la supporta. Jane Austen (Nothanger abbey)
Ce n’est pas faire preuve d’esprit que de ne pas se plaire à la lecture d’un bon roman. Henry
Ce monsieur (…) aurait lassé ma patience s’il était resté avec vous une demi-minute de plus. Nous avons fait un contrat d’amabilité réciproque pour un soir, et l’amabilité de chacun de nous appartient à l’autre tout ce temps-là. Personne ne peut forcer l’attention de l’un sans attenter aux droits de l’autre. Je considère la contredanse comme l’emblème du mariage. Là et là, miss Morland, la fidélité et l’affection sont les devoirs principaux ; et les gens qui ne sont disposés ni à danser ni à se marier n’ont rien à faire avec les danseuses ou les femmes de leurs voisins. (…) Vous en conviendrez : dans les deux cas, l’homme a la faculté de choisir, la femme, seulement celle de refuser ; dans les deux cas, il y a entre l’homme et la femme un engagement formé pour l’avantage de chacun ; une fois cet engagement conclu et jusqu’à sa dissolution, ils appartiennent exclusivement l’un à l’autre : c’est le devoir de chacun de ne donner à son partenaire nul motif de regretter n’avoir pas disposé autrement de soi ; c’est l’intérêt de chacun de ne pas s’attarder complaisamment aux perfections des étrangers et de ne pas s’imaginer qu’avec eux la vie eût été plus belle. (…) Dans le mariage, l’homme est supposé subvenir aux besoins de la femme, la femme rendre la maison agréable à son mari. Il ravitaille et elle sourit. Dans la danse, ces obligations sont exactement inverses : à lui, incombent les gracieusetés et les complaisances, tandis qu’elle fournit l’éventail et l’eau de lavande. C’était, j’imagine, la différence de devoirs qui vous paraissait rendre impossible une comparaison. Henry
Mais la conduite du général ne restait pas moins inexplicable pour elle. Qu’il aimât fort la bonne chère, elle l’avait remarqué sans le secours de personne. Mais pourquoi disait-il une chose alors qu’il en pensait une autre ?… À ce compte on ne pouvait jamais se comprendre. Catherine
En ce moment critique, toute femme peut sentir pour mon héroïne, car toute femme a connu ces agitations. Toutes ont été ou, du moins, ont cru être exposées à la poursuite d’un insupportable fâcheux ; toutes ont été anxieuses des attentions de quelqu’un à qui elles désiraient plaire. Jane Austen
Seul un homme peut savoir combien un homme est indifférent aux charmes d’une robe neuve. Ce serait mortifier mainte et mainte dames que leur apprendre – mais entendraient-elles ? – combien peu le coeur d’un homme est sensible à ce qu’il y aura de coûteux ou de neuf dans leur attirail, combien il est aveugle à la texture d’un tissu, ce coeur, et combien il est incapable d’opter à bon escient entre le jaconas, la batiste, le nansouk et l’organdi, même brodé au tambour. Une femme est belle pour sa seule satisfaction. Nul homme ne l’en admirera plus, nulle femme ne l’en aimera mieux. Henry
L’histoire (…) J’en ai lu un peu, par devoir ; mais je n’y vois rien qui ne m’irrite ou ne m’ennuie : des querelles de papes et de rois, des guerres ou des pestes à chaque page, des hommes qui ne valent pas grand’chose, et presque pas de femmes, – c’est très fastidieux ; et parfois je me dis qu’il est surprenant que ce soit si ennuyeux, car une grande partie de tout cela doit être imaginé de toutes pièces. Les paroles mises dans la bouche des héros, leurs pensées, leurs projets, oui, tout cela doit être de pure invention, et ce qui me plaît le plus dans les autres livres, c’est précisément l’invention. Catherine
Si je vous comprends bien, vous aviez conçu des soupçons si atroces que je trouve à peine des mots pour… Chère, chère miss Morland, qu’aviez-vous donc en tête ? À quelle époque et dans quel pays croyez-vous donc vivre ? Songez que nous sommes des Anglais, que nous sommes des chrétiens. Consultez votre raison, votre expérience personnelle. Notre éducation nous prépare-t-elle à de telles atrocités ? Ne seraient-elles pas connues bientôt, en ce pays de routes et de gazettes ? Et les lois resteraient-elles inertes ? Henry

Attention: une science peut en cacher une autre !

En ces temps où, entre l’Affaire Cahuzac et la navigation à vue quotidienne, l’actuel gouvernement d’un maitre es manipulations politiques (ie. le mariage, à défaut du travail, pour tous) est en train de pousser au rang d’art le plus pur amateurisme

Pendant que piégés par la simple évocation de noms de groupes inexistants, nos jeunes festivaliers de Coachella montrent que la peur de reconnaitre son ignorance et de ne pas en être a encore de beaux jours devant elle …

Commment ne pas se réjouir de la (re)découverte par le spécialiste de la théorie des jeux de UCLA Michael Chweh (Jane Austen: game theorist, 2013)…

De la remarquable « science de la nature humaine » de l’auteur d’ « histoires d’amour à dentelles » Jane Austen ?

Et comment ne pas vouloir relire certains des passages les plus perceptifs de la première et relativement moins connue de ses oeuvres …

Publiée posthumement mais qui, à l’instar du « manifeste négatif » de George Eliot 50 ans plus tard (Silly novels by lady novelists) …

Faisait la parodie des romans gothiques alors en vogue, à savoir Northanger abbey  ?

Game Theory: Jane Austen Had It First

Jenifer Schuessler

The New York Times

April 22, 2013

It’s not every day that someone stumbles upon a major new strategic thinker during family movie night. But that’s what happened to Michael Chwe, an associate professor of political science at the University of California, Los Angeles, when he sat down with his children some eight years ago to watch “Clueless,” the 1995 romantic comedy based on Jane Austen’s “Emma.”

Mr. Chwe (pronounced CHEH), the author of papers like “Farsighted Coalitional Stability” and “Anonymous Procedures for Condorcet’s Model: Robustness, Nonmonotonicity and Optimality,” had never cracked “Emma” or “Pride and Prejudice.” But on screen, he saw glimmers of a strategic intelligence that would make Henry Kissinger blush.

“This movie was all about manipulation,” Mr. Chwe, a practitioner of the hard-nosed science of game theory, said recently by telephone. “I had always been taught that game theory was a mathematical thing. But when you think about it, people have been thinking about strategic action for a long time.”

Mr. Chwe set to doing his English homework, and now his assignment is in. “Jane Austen, Game Theorist,” just published by Princeton University Press, is more than the larky scholarly equivalent of “Pride and Prejudice and Zombies.” In 230 diagram-heavy pages, Mr. Chwe argues that Austen isn’t merely fodder for game-theoretical analysis, but an unacknowledged founder of the discipline itself: a kind of Empire-waisted version of the mathematician and cold war thinker John von Neumann, ruthlessly breaking down the stratagems of 18th-century social warfare.

Or, as Mr. Chwe puts it in the book, “Anyone interested in human behavior should read Austen because her research program has results.”

Modern game theory is generally dated to 1944, with the publication of von Neumann’s “Theory of Games and Economic Behavior,” which imagined human interactions as a series of moves and countermoves aimed at maximizing “payoff.” Since then the discipline has thrived, often dominating political science, economics and biology departments with densely mathematical analyses of phenomena as diverse as nuclear brinkmanship, the fate of protest movements, stock trading and predator behavior.

But a century and a half earlier, Mr. Chwe argues, Austen was very deliberately trying to lay philosophical groundwork for a new theory of strategic action, sometimes charting territory that today’s theoreticians have themselves failed to reach.

First among her as yet unequaled concepts is “cluelessness,” which in Mr. Chwe’s analysis isn’t just tween-friendly slang but an analytic concept worthy of consideration alongside game-theoretic chestnuts like “zero-sum,” “risk dominance” and “prisoner’s dilemma.”

Most game theory, he noted, treats players as equally “rational” parties sitting across a chessboard. But many situations, Mr. Chwe points out, involve parties with unequal levels of strategic thinking. Sometimes a party may simply lack ability. But sometimes a powerful party faced with a weaker one may not realize it even needs to think strategically.

Take the scene in “Pride and Prejudice” where Lady Catherine de Bourgh demands that Elizabeth Bennet promise not to marry Mr. Darcy. Elizabeth refuses to promise, and Lady Catherine repeats this to Mr. Darcy as an example of her insolence — not realizing that she is helping Elizabeth indirectly signal to Mr. Darcy that she is still interested.

It’s a classic case of cluelessness, which is distinct from garden-variety stupidity, Mr. Chwe argues. “Lady Catherine doesn’t even think that Elizabeth” — her social inferior — “could be manipulating her,” he said. (Ditto for Mr. Darcy: gender differences can also “cause cluelessness,” he noted, though Austen was generally more tolerant of the male variety.)

The phenomenon is hardly limited to Austen’s fictional rural society. In a chapter called “Real-World Cluelessness,” Mr. Chwe argues that the moralistic American reaction to the 2004 killing and mutilation of four private security guards working with the American military in Falluja — L. Paul Bremer III, leader of the American occupation of Iraq, later compared the killers to “human jackals”— obscured a strategic truth: that striking back at the city as a whole would only be counterproductive.

“Calling your enemy an animal might improve your bargaining position or deaden your moral qualms, but at the expense of not being able to think about your enemy strategically,” Mr. Chwe writes.

The darker side of Austen is hardly unknown to literary scholars. “Regulated Hatred,” a classic 1940 paper by the psychologist D. W. Harding, argued that her novels explored containment strategies against the “eruption of fear and hatred into the relationships of everyday social life.”

But Mr. Chwe, who identifies some 50 “strategic manipulations” in Austen (in addition to a chapter on the sophisticated “folk game theory” insights in traditional African tales), is more interested in exploring the softer side of game theory. Game theory, he argues, isn’t just part of “hegemonic cold war discourse,” but what the political scientist James Scott called a subversive “weapon of the weak.”

Such analysis may not go over well with military types, to say nothing of literary scholars, many of whom see books like Mr. Chwe’s or “Graphing Jane Austen,” an anthology of Darwinian literary criticism published last year, as examples of ham-handed scientific imperialism.

“These ostensibly interdisciplinary efforts are sometimes seen as attempts to validate the humanities by attaching them to more empirical disciplines,” said Jonathan Kramnick, a professor of English at Johns Hopkins and the author of the 2011 essay “Against Literary Darwinism,” who has not read Mr. Chwe’s book. “But for some, myself included, literary studies doesn’t need to attach itself to any other discipline.” Even some humanists who admire Mr. Chwe’s work suggest that when it comes to appreciating Austen, social scientists may be the clueless ones. Austen scholars “will not be surprised at all to see the depths of her grasp of strategic thinking and the way she anticipated a 20th-century field of inquiry,” Laura J. Rosenthal, a specialist in 18th-century British literature at the University of Maryland, said via e-mail.

As for Mr. Chwe, he said he was happy if he could spread Janeism among the game-playing wonks. And which Austen character would he want leading America in a nuclear showdown?

Easy, he said with a laugh: “I would want Austen herself.”

Voir aussi:

Political Scientist Realizes Jane Austen Knew Something About Human Relationships

Adelle Waldman

April 23, 2013

Slate.com

Readers of Jane Austen had reason to rejoice this morning. According to an article in today’s New York Times, we haven’t just been wasting our time on frivolous little stories. Austen, it seems, has something to tell us. And not only us English majors. Mathematicians. Game theorists. Serious thinkers. Even Henry Kissinger.

That’s all according to a new book called Jane Austen, Game Theorist, by Michael Chwe, an associate professor of political science at UCLA. According to the Times piece, Chwe watched the movie Clueless, an adaptation of Austen’s Emma, and realized that Austen had some insight into human behavior. So he went back and read her novels, which he hadn’t done before, and they led him to conclude that she is a little-heralded forerunner of game theory. “When you think about it,” Chwe told the Times reporter, “people have been thinking about strategic action for a long time.” Yes, when you think about it, they have.

Good for Chwe for looking beyond statistical models and academic papers for insight—that he was inspired by a movie suggests the kind of active and wide-ranging curiosity that we can all find admirable. His book sounds charming, and the fact that he is capable of seeing the sophistication of Austen’s mind—and the unsentimental sweep of her analysis into human behavior and psychology—is to his credit. Certainly some less discerning minds—male and female, from math majors to MFA students—have not been able to see past the petticoats and romantic storylines.

But Jane Austen doesn’t need vindication from social science. Or math. Let alone from Henry Kissinger. And these kinds of arguments often flatten both art and science, reducing the insights of each to simple platitudes.

Take Jonah Lehrer’s first book, Proust was a Neuroscientist, in which he argued that great artists anticipated later scientific discoveries about the human brain or human psychology. Forget, for a moment, subsequent criticisms of Lehrer. Just read Jonathon Keats’ devastating review in Salon, which examined Lehrer’s argument that George Eliot’s Middlemarch anticipated a process called neurogenesis because over the course of the novel characters change dramatically. “Setting aside the fact that Eliot hardly needed to anticipate neurogenesis (or even neuroplasticity) to conjure characters changed by circumstances,” Keats wrote, “the essential question arises: What is the good of saddling Eliot with neuroscience? Lehrer’s reductionist reading of Middlemarch strips it of any interest as literature, and denies the value to be found in any work that doesn’t operate as an exemplar of neurogenesis, such as fatalistic Oedipus Rex.”

I don’t want to judge Chwe’s explication of Austen without having read it. It seems perfectly plausible to me that people who are interested in manipulation and persuasion in the real world could tease out useful lessons from a writer as shrewd as Austen. But what we shouldn’t do is treat Austen’s supposed utility—to serious experts!—as a validation of her art.

Of course the tendency to implicitly deprecate fiction in favor of “harder” writing is nothing new. “There seems,” Austen wrote in Northanger Abbey, “a general wish of decrying the capacity and undervaluing the labor of the novelist, and of slighting performances which have only genius, wit and taste to recommend them.” Now those are prescient words.

Voir encore:

Yes, novels

Category: Writing & Reading | Type: Discussion | Title: Northanger Abbey (in Context) | Author: Jane Austen | Ch: Chapter 5

This passage has an edgy personal note to it, for Austen, in an uncommon departure, uses the first-person singular.

It’s no surprise that Catherine is an ardent novel reader, and no compliment to the form that the shallow Isabella is. But Austen, a realistic novelist, is not going to say that young women such as Catherine and Isabella don’t read novels—they consume them—or that they find them « insipid. » Nor will Austen have the two young women on a rainy morning reading David Hume’s History of England, Pope’s Essay on Man, or Addison’s Spectator. That would be unrealistic of Austen and disloyal to the broad appeal of novels, far greater than that of any other genre.

Yet not all readers are equal, nor all novelists, nor are all novels of the same type no less quality. Austen’s point is that the novel is not to be judged negatively by its huge and broad popularity. There are silly, young women who thrive on sentimental romances and Gothic fiction, some of it by silly novelists. That does not condemn the genre as a whole. Intelligent, talented, and morally serious women and men also read as well as write novels of all sorts.

The first target of Austen’s chastisement are those novelists who disparage their own art by describing heroines who disdain novels. Our « foes, » she maintains, are almost as numerous as our readers. Though there was surely « trash, » the works of Defoe, Richardson, Fielding, Sterne, Smollett, Goldsmith, the clever Frances (Fanny) Burney (the Cecilia and Camilla mentioned here, to whom we can add Evelina), Edgeworth (Belinda), Scott, and Austen herself, to take the best-known, were perceived as lustrous by many except the most stiff-necked and pharisaical sermonizers, such as the buffoonish Reverend Collins in Past and Present.

There were many histories of England, including those by the David Hume and Catherine Macaulay, and Austen wrote a youthful parody of Goldsmith’s History. But a question implicit in the contention between fiction and history is whether fiction is less true than history? The claim can be made that some fiction, such as Scott’s Waverley Novels, is the closest we can come to « history, » and some of the novels of Defoe (including A Journal of the Plague Year), Richardson, Fielding, Burney, and Austen ARE history—they are the history of fictitious characters in real conditions of which we’d have at best a paltry, sketchy understanding without the « fiction. » Fiction and history are not mutually exclusive. In any case, what writers choose to invent or painters to paint in a given time is itself germane to the history of the time.

Behind Austen’s defense of fiction is also a matter of gender. Whether or not the writer was a woman, the reading of fiction was associated more with women, whose minds, it was thought, were unequal to the task of reading philosophy, history, political science, and economics. Hence the embarrassed « Miss » who quickly puts away her novel for fear of proving that she was even more fatuous than her sex was judged to be. Mary Wollstonecraft’s Vindication is particularly severe on novels and their readers: « These are the women who are amused by the reveries of the stupid novelists, who, knowing little of human nature, work up stale tales, and describe meretricious scenes, all retained in a sentimental jargon, which equally tend to corrupt the taste, and draw the heart aside from its daily duties. » She then contrasts novels and histories: « Unable to grasp anything great, is it surprising that they find the reading of history a very dry task, and disquisitions addressed to the understanding intolerably tedious, and almost unintelligible? » Histories « exercise the understanding and regulate the imagination » (Chapter 13, section ii). All that she will allow is that reading novels is preferable to reading nothing at all.

Wollstonecraft’s views reflect an understandable prejudice against a genre that debased women readers by entertaining them with affirmations and reinforcements of the society’s institutionalized view of women. But her view of women novelists and women readers is, even a generation before Austen, is parochial.

The great Victorian novelist George Eliot (Marian Evans) has a relevant essay titled « Silly Novels by Lady Novelists » (1856).

Voir enfin:

Qui a peur de Jane Austen ? Mœurs et féminisme à l’ère austenienne

Simples « romans de la vie domestique » pour certains, manifestation d’une critique féministe avant-gardiste pour d’autres, les œuvres de Jane Austen, devenus des classiques incontournables de la littérature anglaise, n’ont pas fini de faire parler d’eux. Au-delà des histoires d’amour à dentelles, qu’il y a-t-il de si remarquable dans les écrits de la vieille fille écrivain ?

Arte

Oriane Hurard

 02/07/12

Une peinture de la vie quotidienne

Le tourbillon de sœurs émoustillées à l’annonce d’un nouveau jeune homme dans le voisinage, les danses endiablées du bal des voisins… On pourrait se contenter de comparer les romans de Jane Austen aux Quatre filles du Dr March ou au Marc Levy du XVIIIe siècle. On aurait tort.

À l’instar de Bruegel ou de Veermer en peinture, Jane Austen écrit sur ce qu’elle connaît le mieux : la vie quotidienne de la petite bourgeoisie à la campagne. Reine du détail, elle manie comme personne l’art de la description des rapports entre sœurs, amis ou futurs amants, et excelle dans l’art de la description des « petits riens » qui font toute la vivacité d’un récit – à la manière d’une Julie Andrews chantant « Un morceau de sucre » ou “My Favorite things.

Dans l’ensemble de son œuvre, Jane Austen s’amuse à décliner ce que doit être une jeune fille parfaite au sein de la gentry, la bonne société georgienne : ne pas dépenser plus que son revenu (« not to live beyond one’s income »), être aimable avec ses inférieurs, avoir un comportement honorable.

Être une jeune femme accomplie est une exigence pour pouvoir trouver un mari. Ces “accomplishments sont d’ailleurs décrits lors d’une scène culte de Pride & Prejudice : la maîtrise de la musique, du chant, du dessin, de la danse, des langues étrangères (dans l’ordre : française, allemand, italien) sont requis ; liste à laquelle Mr Darcy ajoute « la culture de l’esprit par la lecture ».

Par cette précision, Jane Austen amène une nuance de taille : ses héroïnes (Emma, Elizabeth Bennett, Marianne Dashwood) sont en effet toujours vives, ironiques et pleines d’esprit (”wit girl”). Alors que leurs sœurs sont, au choix, écervelées ou romantiquement passives, celles-ci ont le goût de la lecture et de la répartie, provoquant immanquablement le courroux chez leurs prétendants avant, évidemment, de filer le parfait amour at the end.

L’ironie, considérée par l’auteur comme plus subtile que la critique, est une des clés d’analyse tardive de toute l’œuvre austenienne – une fois passée l’idéalisation familiale et élitiste de la “good quiet Aunt Jane.

«C’est une vérité reconnue, qu’un jeune homme qui a de la fortune doit chercher à se marier. »

L’incipit bien connu de Pride & Prejudice reflète précisément la critique sociale, plus restrictive et subtile que véritablement subversive, contenue dans chacun des romans de Jane, et qui reflète aussi ce qu’a pu être la dureté de sa vie – quoi que sa famille ait pu écrire.

Ainsi, dans plusieurs de ces romans (et en particulier dans le début de Raison et sentiments) est décrite – et critiquée – la loi de l’entail, ou l’héritage à l’anglaise. L’entail, aboli seulement en 1925, est le système régissant les transmissions de biens immobiliers de manière à ce que les propriétés ne puissent être divisées ou vendues. Les héritiers in tail, éligibles à cette transmission, étaient définis par des critères bien précis qui, dans la majeure partie des cas, favorisaient l’ainé des héritiers mâles – qu’il s’agisse du fils, d’un neveu ou même d’un lointain cousin. Dans Orgueil et préjugés, mais aussi dans Persuasion, un autre de ses romans, les héroïnes austeniennes en font ainsi les frais. Le père de famille disparu, elles n’ont plus aucun droit et deviennent occupantes d’une propriété qui ne leur appartient plus – quand bien même elles y ont vécu toute leur vie.

“I do think it is the hardest thing in the world that your estate should be entailed away from your own children” (« Je suis persuadée que la pire chose au monde est que vos enfants soient dépossédés de vos biens »)(Mrs Bennet, Orgueil et préjugés, Chapitre 13)

On comprend mieux alors l’empressement, si souvent tourné en dérision, de Mrs Bennet à vouloir marier ses cinq filles coûte que coûte, histoire d’amour en jeu ou non. Au-delà des histoires d’amour et de place dans la société, c’est bien de la question concrète de l’argent et de l’autonomie financière dont traite Austen dans tous ses romans.

Que ses héroïnes soient sans le sou (Raison et sentiments) ou fortunées (Emma), la question n’est jamais ignorée ou passée sous silence. Chaque prétendant, chaque famille est jugée à l’aune de sa rente ou de ses revenus. Au début d’Orgueil et préjugés, lorsque les sœurs Bennett aperçoivent Fitzwiliam Darcy pour la première fois, ce n’est pas sa beauté ou sa prestance qui est commentée en premier, mais bien sa fortune : « 10 000 livres », chuchotent-elles sur son passage. Soit assez pour disposer d’un attelage et de son personnel, d’une maison dans la capitale et « de la moitié du Devonshire ».

Tout le paradoxe austenien se situe là : défendre  et favoriser le mariage d’amour tout en faisant de l’argent une donnée omniprésente, dans la bouche de tous ses personnages.

Militante, Jane Austen ?

La condition féminine dépeinte et critiquée par Austen a poussé certains à la désigner comme le premier auteur féministe, voire lesbien, de l’époque moderne – au risque d’une analyse anachronique de l’œuvre : le terme feminism” n’étant apparu qu’en 1851 dans l’Oxford English Dictionnary.

Sans entrer dans des querelles linguistiques, il est indéniable que les personnages féminins d’Austen, à défaut d’être féministes, proposent des caractères forts, passionnés, sans concession, comme autant d’exemples que l’auteur aimerait faire suivre aux générations suivantes de jeunes filles anglaises. Elizabeth Bennett refuse ainsi catégoriquement le mariage d’argent qui tirerait toute sa famille de l’embarras pour mieux suivre les inclinaisons de son cœur.

Tandis qu’encore aujourd’hui, on a tendance à minorer l’œuvre austenienne en la réduisant à ses adaptations costumées, certains grands penseurs ne se sont pas trompés quant à la finesse de son écriture. Ainsi, l’écrivain féministe Virginia Woolf fut l’une des plus grandes admiratrices d’Austen. Rédigeant des essais à son sujet, s’inspirant d’elle pour Nuit et jour et Une chambre à soi, on peut même dire qu’elle fut, en quelque sorte, habitée par la vieille fille écrivain, près d’un siècle après la disparition de celle-ci.

« She is incomparably the greatest female writer we possess. She is the greatest and for this reason: she does not attempt to write like a man. Every other woman does; on that account, I don’t read ‘em. » (« Elle est sans nul doute le plus grand écrivain femme que nous ayions. Elle est la plus grande pour la raison suivante : elle ne cherche pas à écrire comme un homme alors que toutes les autres femmes le font. C’est pour cela que je ne les lis pas. ») (Richard Dalloway dans The Voyage Out, premier roman de Virginia Woolf, 1915).

“Deceived in friendship and betrayed in love” (« Trompée en amitié et trahie en amour »)

Orgueil et préjugés : au-delà de l’allitération (Pride and Prejudice en VO), ces deux mots qualifient parfaitement la manière dont l’auteur voyait et dépeignait sa classe : supposément “gentle”, la gentry anglaise n’était faite que de traditions, de rancœurs et d’hypocrisie généralisée.

Évidemment, les romans de Jane Austen et leurs adaptations continuent à se classer dans la catégorie des « comédies romantiques », se terminant tous par le sacro-saint mariage d’amour.

Il faut néanmoins considérer les conditions de vie de la romancière lors de la dernière partie de sa vie : après la mort de son père, elle et sa sœur ne finirent pas comme Marianne et Elinor (Raison et sentiments) en épousant de riches gentlemen. Vieilles filles et considérées comme telles par l’ensemble de la société, dépendantes de l’aide financière de leur frère, elles avaient de ce fait une vie sociale extrêmement réduite.

On peut donc lire les romans de Jane Austen comme une peinture extrêmement minutieuse, parfois critique de la vie quotidienne de la gentry, en gardant toujours à l’esprit que les histoires d’amour qui y sont relatées sont sans doute celles qu’a sublimées et fantasmées l’auteur toute sa vie.


Société: Attention, une pruderie peut en cacher une autre ! (A nation of promiscuous prudes)

22 avril, 2013
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Nous venons de passer la semaine de Boston, et j’ai des sentiments profonds pour ce qui arrive quand il faut faire face à la violence, quand quelque chose qui arrive soudainement et vous perdez des gens qui sont proches et chers.  Elle affecte la communauté; elle affecte le pays. Mais à l’avenir, vous le savez, nous devons trouver le meilleur moyen de rassembler les gens et annuler ces tensions et annuler ces stéréotypes tout en essayant de faire la paix. John Kerry (Ankara)
Il n’est jamais utile de faire des équivalences morales et de confondre les terroristes et leurs victimes. Comme nos amis américains en ont fait une nouvelle fois la cruelle expérience la semaine dernière, la seule façon de traiter les maux du terrorisme est de mener une guerre implacable contre ses auteurs où qu’ils se trouvent. Dany Danon (ministre adjoint israélien de la défense)
Should we not all be meditating on W.H. Auden’s haunting line: « Those to whom evil is done/do evil in return »? The American global domination project is bound to generate all kinds of resistance in the post- colonial world. In some respects, the United States has been fortunate not to experience worse blowbacks, and these may yet happen, especially if there is no disposition to rethink US relations to others in the world, starting with the Middle East. . . . Aside from the tensions of the moment, self-scrutiny and mid-course reflections on America’s global role is long overdue. Such a process is crucial both for the sake of the country’s own future security and also in consideration of the wellbeing of others. Such adjustments will eventually come about either as a result of a voluntary process of self-reflection or through the force of unpleasant events. How and when this process of reassessment occurs remains a mystery. Until it does, America’s military prowess and the abiding confidence of its leaders in hard power diplomacy makes the United States a menace to the world and to itself. . . . The signature irony is that the more American decline is met by a politics of denial, the more rapid and steep will be the decline, and the more abrupt and risky will be the necessary shrinking of the global leadership role so long played by the United States. We should be asking ourselves at this moment, « How many canaries will have to die before we awaken from our geopolitical fantasy of global domination? Richard Falk (special rapporteur of the United Nations Human Rights Council and professor emeritus at Princeton)
La radicalisation de Tamerlan Tsarnaev s’est faite contre les Etats-Unis. Il avait sans doute 14 ou 15 ans quand il est arrivé en Amérique, son frère 6 ou 7 ans. Leur socialisation a eu lieu dans ce pays. On a à faire à une construction de l’imaginaire. Se mêlent sans doute dans leur tête les images des dégâts commis par les Américains en Irak ou en Afghanistan. A quoi s’ajoute la discrimination dont ils ont pu se sentir victimes en tant que musulmans. Depuis le 11-Septembre, le climat dans le pays est très hostile vis-à-vis de l’Islam. Il y a une islamophobie religieuse très virulente de la part de protestants zélés qui décrivent le prophète Mohamed comme l’antéchrist. (…) La radicalisation de Tamerlan Tsarnaev s’est faite contre les Etats-Unis. Il avait sans doute 14 ou 15 ans quand il est arrivé en Amérique, son frère 6 ou 7 ans. Leur socialisation a eu lieu dans ce pays. On a à faire à une construction de l’imaginaire. Se mêlent sans doute dans leur tête les images des dégâts commis par les Américains en Irak ou en Afghanistan. A quoi s’ajoute la discrimination dont ils ont pu se sentir victimes en tant que musulmans. Depuis le 11-Septembre, le climat dans le pays est très hostile vis-à-vis de l’Islam. Il y a une islamophobie religieuse très virulente de la part de protestants zélés qui décrivent le prophète Mohamed comme l’antéchrist.  (…) Il est quasiment impossible de parer à ce genre de dérive sans l’aide des communautés dont sont issus ces individus  C’est très compliqué. Le renforcement de la traque des réseaux islamistes par les services de renseignement occidentaux font que des actions terroristes d’envergure comme le 11 septembre ou les attentats de Madrid et de Londres sont désormais peu probables. Ce succès a entraîné une mutation des modes d’actions des groupes djihadistes: les passages à l’acte sont désormais le fait de très petits groupes ou d’individus, comme on l’a vu dans le cas de Mohamed Merah.  On a le même genre de phénomène en Europe: des jeunes qui se radicalisent se réclament d’Al Qaïda, mais les liens avec l’organisation sont ténus. Ils ont certes pu établir des contacts avec des groupes djihadistes structurés, via Internet où à l’occasion de voyages, mais la décision du passage à l’acte se fait de façon autonome. Ce qui laisse les autorités très démunies. Le FBI avait enquêté sur Tamerlan Tsarnaev mais n’avait rien trouvé de concret qui aurait permis d’agir contre lui. On ne peut rien contre ce genre d’agissement sans remettre en cause les principes démocratiques, notamment celui de la présomption d’innocence. Farhad Khosrokhavar
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal

Attention, une pruderie peut en cacher une autre !

Dépennalisation du cannabis et diabolisation du tabac, apologie du sexe et déconciation de la galanterie (pardon: du « sexisme bienveillant »), cours de fac sur la masturbation ou la prostitution et poursuites judiciaires pour harcèlement sexuel, accès de la contraception aux moins de 16 ans protégées par ailleurs par le délit de détournement de minieures,  observations sur les vêtements provocateurs  souvent considérés comme plus graves que le port desdits vêtements, critiques de spectacles d’une Madonna à demi-nue qualifiés de plus grossières que les scènes  simulées de celle-ci de cruxifixion ou de copulation, défense du mariage traditionnel par une Miss America condamnées presque aussi vivement que les amours tarifées d’un parlementaire   …

A l’heure où, face à l’évidence d’une énième tuerie jihadiste, nos belles âmes comme nos médias rivalisent d’étonnement devant les « mobiles » prétendument incompréhensibles d’une telle violence …

Pendant qu’un secrétaire d’Etat américain compare les terroristes du Mavi Marmara aux victimes de Boston …

Et qu’un président français qui a toujours refusé le mariage pour lui-même veut l’imposer à tous …

De même que le même ministre de l’éducation qui prônait la dépennalisation du cannabis nous ressort à présent les cours de morale de grand-papa …

Retour, avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, sur ces temps étranges de relativisme et de schizophrénie morale …

Où, hypercorrection politique oblige, la pruderie langagière la plus extrême cotoie le dévoiement moral le plus grave …

Postmodern Prudes

Victor Davis Hanson

In the age of relativism, popular morality hasn’t so much disappeared as become schizophrenic.

More than 500 people were murdered in Chicago last year. Yet Chicago mayor Rahm Emanuel still found time to berate the fast-food franchise Chick-fil-A for not sharing “Chicago values” — apparently, because its founder does not approve of gay marriage.

Two states have legalized marijuana, with more to come. Yet social taboos against tobacco smoking make it nearly impossible to light up a cigarette in public places. Marijuana, like alcohol, causes far greater short-term impairment than does nicotine. But legal cigarette smoking is now seen as a corporate-sponsored, uncool, and dirty habit that leads to long-term health costs for society at large — in a way homegrown, hip, and mostly illegal pot smoking apparently does not.

Graphic language, nudity, and sex are now commonplace in movies and on cable television. At the same time, there is now almost no tolerance for casual and slangy banter in the media or the workplace. A boss who calls an employee “honey” might face accusations of fostering a hostile work environment, yet a television producer whose program shows an 18-year-old having sex does not. Many colleges offer courses on lurid themes from masturbation to prostitution, even as campus sexual-harassment suits over hurtful language are at an all-time high.

A federal judge in New York recently ruled that the so-called morning-after birth-control pill must be made available to all “women” regardless of age or parental consent, and without a prescription. The judge determined that it was unfair for those under 16 to be denied access to such emergency contraceptives. But if vast numbers of girls younger than 16 need after-sex options to prevent unwanted pregnancies, why isn’t there a flood of statutory-rape charges being lodged against older teenagers for having consensual relations with younger girls?

Our schizophrenic morality also affects the military. When America was a far more traditional society, few seemed to care that General Dwight Eisenhower carried on an unusual relationship at the front in Normandy with his young female chauffeur, Kay Summersby. As the Third Army chased the Germans across France, General George S. Patton was not discreet about his female liaisons. Contrast that live-and-let-live attitude of a supposedly uptight society with our own hip culture’s tabloid interest in General David Petraeus’s career-ending affair with Paula Broadwell, or in the private e-mails of General John Allen.

What explains these contradictions in our wide-open but prudish society? Decades after the rise of feminism, popular culture still seems confused by it. If women should be able to approach sexuality like men, does it follow that commentary about sex should follow the same gender-neutral rules? Yet wearing provocative or inappropriate clothing is often considered less offensive than remarking upon it. Calling a near-nude Madonna onstage a “hussy” or “tart” would be considered crude in a way that her mock crucifixion and simulated sex acts are not.

Criminal sexual activity is sometimes not as professionally injurious as politically incorrect thoughts about sex and gender. Former New York governor Eliot Spitzer — found to have hired prostitutes on a number of occasions during his time in office — was given a CNN news show despite the scandal. But when former Miss California Carrie Prejean was asked in the Miss USA pageant whether she endorsed gay marriage, she said no — and thereby earned nearly as much popular condemnation for her candid defense of traditional marriage as Spitzer had for his purchased affairs.

Critics were outraged that talk-show host Rush Limbaugh grossly insulted birth-control activist Sandra Fluke. Amid the attention, Fluke was canonized for her position that federal health-care plans should pay for the contraceptive costs of all women. Yet in comparison to Fluke’s well-publicized victimhood, there has been a veritable news blackout for the trial of the macabre Dr. Kermit Gosnell, charged with killing and mutilating in gruesome fashion seven babies during a long career of conducting sometimes illegal late-term abortions. Had Gosnell’s aborted victims been canines instead of humans — compare the minimal coverage of the Gosnell trial with the widespread media condemnation of dog-killing quarterback Michael Vick — perhaps the doctor’s mayhem likewise would have been front-page news outside of Philadelphia.

Modern society also resorts to empty, symbolic moral action when it cannot deal with real problems. So-called assault weapons account for less than 1 percent of gun deaths in America. But the country whips itself into a frenzy to ban them, apparently to prove that at least it can do something, instead of wading into polarized racial and class controversies by going after illegal urban handguns, the real source of the nation’s high gun-related body count.

Not since the late-19th-century juxtaposition of the Wild West with the Victorian East has popular morality been so unbridled and yet so uptight. In short, we have become a nation of promiscuous prudes.

NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution. His The Savior Generals will appear in the spring from Bloomsbury Books.


Attentats de Boston: La surveillance pour tous ! (Why should Muslims and leftists be less deserving of surveillance than right-wing extremist groups ?)

21 avril, 2013
http://tundratabloids.com/wp-content/uploads/2013/04/fbi-interviewed-dead-olderbrother-tsarnaev-could-have-deported-him-20.4.2013.pngL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
The Tsarnaev brothers pulled off their terrorist attack with great skill but made a fatal mistake in letting their faces and bodies be seen at a heavily photographed international sporting event. This meant that multiple images of them were available for a massive law enforcement squad to comb over and, after three days, identify them by name and appearance. This rapid identification was not unprecedented – the London police had done likewise in the July 2005 suicide bombings but because none of the four perpetrators survived that attack, that was more a theoretical achievement than a practical one. To the best of my knowledge, the Tsarnaevs were the first terrorists to be tracked down via still and video pictures. (…) But how to avoid doing so? Hoodies leave the face exposed. Ski masks arouse suspicion in temperate weather, as do Halloween masks all but one night a year, and stocking masks at any time. Obviously, they should have put on Islamic full body covers that show only the eyes (niqabs) or nothing at all (burqas). These garments have multiple and unique virtues, totally hiding the wearers identity; being legitimate attire in any weather and in any place; permitting the discreet transport of weapons; giving off the helpfully false impression of being worn by women, which both reduces suspicion and misleads witnesses; usefully creating a social barrier; maximizing personal prerogatives; and being ideologically appropriate, sending an unmistakable Islamist signal. (…) One must expect future non-suicide bombers to turn to niqabs or burqas. (As many terrorists and criminals repeatedly have done so.). But why wait for them to engage in more murders? Why close the barn door only after the horse has run away? Far smarter would be to ban the niqab and burqa in public places now, before tragedy occurs. Daniel Pipes
L’attaque de Bourgas était une attaque sur le sol européen contre un Etat membre de l’Union européenne. Nous espérons que les Européens vont tirer les conclusions qui s’imposent. Les conclusions annoncées par la Bulgarie aujourd’hui sont claires: le Hezbollah était directement responsable de cette atrocité. Il n’y a qu’un seul Hezbollah, c’est une organisation unique avec un commandement unique. C’est une nouvelle confirmation de ce que nous savions déjà: que le Hezbollah et son parrain l’Iran orchestrent une campagne terroriste à travers les pays et les continents. Benjamin Netanyahou
Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat. (Ces personnes) possédaient des passeports de l’Australie et du Canada » et « vivaient sur le territoire libanais depuis 2006 et 2010. Tsvetan Tsvetanov (ministre bulgare de l’Intérieur)
Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence. 20 minutes
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté d’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
Aux Etats-Unis, les musulmans sont plus résistants, mais pas à l’abri du message radical. Malgré les perspectives économiques, la puissante force d’attraction des racines religieuses des individus et de l’identité peut parfois prendre le dessus sur la nature assimilatrice de la société américaine, faite de réussite professionnelle, stabilité financière et confort matériel. Mitchell Silber et Arvin Bhatt
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal

Attention: un scandale peut en cacher un autre !

Responsable de l’attentat des Jeux d’Atlanta accusé d’attaque indiscriminée de civils alors qu’en alertant la police 45 minutes auparavant il avait tout fait pour l’éviter, groupe suprémaciste texan faussement soupçonné d’avoir tué un juge et son épouse, organisation terroriste libanaise et ses commanditaires iraniens contraints de déployer leurs actions jusqu’en Bulgarie devant le refus indu de l’Europe de toute reconnaissance digne de ce nom …

Alors qu’au lendemain de la mort et de la capture des Mérah américains responsables de la dernière tuerie islamiste en date …

Une opinion et des médias obsédés par les groupes extrémistes de droite continuent comme si de rien n’était leur refus de voir l’évidence …

Pendant qu’après la Maison Blanche, Hollywood se décide enfin à reconnaitre leur dû aux Weathermen et les parlementaires français comme néo-zélandais l’avancée incommensurable du mariage pour tous

Comment ne pas voir avec le WSJ…

Sous prétexte de correction politique et face aux efforts toujours plus méritants des musulmans et de leurs soutiens d’extrême-gauche se tuant littéralement à prouver leur bonne volonté meurtrière

La scandaleuse injustice d’une surveillance policière réservée aux seuls groupes extémistes de droite ?

The Brothers Tsarnaev

Mohsin Hamid

The WSJ

April 20, 2013

The terrorist suspects next door.

Events in Boston were moving so quickly on Friday that it’s impossible to draw too many conclusions. But the emergence of Dzhokhar and Tamerlan Tsarnaev as the chief terror suspects who paralyzed a great American city deserves at least some reflection.

One consoling thought is the admirable behavior of the citizens of greater Boston and its law enforcers. The point may seem banal, but it’s no small matter that the public largely heeded the government’s orders to stay off the streets and take the day off so police could track down the younger brother, 19-year-old Dzhokhar, who was captured Friday night after a day-long manhunt.

Bostonians have endured enormous disruption this week, but the city has shown a remarkable civility and calm throughout it all. Many lives were saved because of the rapid triage work by volunteers at the bomb scene. Bloomberg News reports that one of the marathon bombing’s victims also helped the FBI identify a suspect after he awoke from surgery at the hospital. The suspect had dropped a bag at Jeff Bauman’s feet and looked him in the eye minutes before it exploded. Mr. Bauman lost both legs below the knee but got his man.

As for the brothers, we will learn more about their motives, their training and whether they acted alone or as part of a network. What we have already learned is that they are immigrants from Chechnya, of the Muslim faith, and that 26-year old Tamerlan was uncomfortable in American society despite having lived here for about a decade.

The Associated Press reported that he was quoted in a Boston University student magazine in 2010 as saying, « I don’t have a single American friend. I don’t understand them. » Mother Jones reported that a video attributed to a Tamerlan Tsarnaev extolled an extremist religious prophecy associated with al Qaeda. None of this is definitive but it might be illustrative.

If such alienation turned to jihad, it would not be the first time. The radicalization of young Muslims in the West, in particular children of the well-off, is by now a familiar story. The London bombers of 2005 were middle-class Pakistani immigrants from Birmingham. Faisal Shahzad, the failed Times Square bomber, was a naturalized citizen from Pakistan.

After the London bombings, many Americans took comfort in the belief that immigrants to the U.S. are better assimilated than they are in Europe. But that may be more conceit than fact, at least in regard to some young men. « My Son the Fanatic » is a novella by Hanif Kureishi that speaks to the difficulties of acculturation of second-generation Muslims. The recent Pulitzer Prize- winning play, « Disgraced, » covers related ground.

Mitchell Silber and Arvin Bhatt explained how this can evolve into a threat in an instructive paper for the New York Police Department in 2007,

« Radicalization in the West: The Homegrown Threat. » The intelligence analysts looked at several cases here and abroad and described the process by which otherwise « unremarkable » men leading regular lives become jihadists.

« Muslims in the U.S. are more resistant, but not immune to the radical message, » they wrote. « Despite the economic opportunities in the United States, the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts. » The Tsarnaev brothers may be an example.

Some will use this threat as an argument against immigration, but that would punish everyone for the sins of a few. The « homegrown » radical threat is really an argument for vigilance, especially within communities prone to producing terrorists.

This means surveilling foreign student groups in the U.S., certain immigrant communities that have produced jihadists, and, yes, even mosques and other Muslim venues. The key is to be familiar enough with these communities, to know and be trusted enough by their leaders, so those man and women will alert law enforcers when someone appears to have become radicalized.

This offends some civil libertarians, and the Associated Press excoriated the NYPD for the practice in a series of stories in 2011. In the wake of Boston, this looks notably misguided. New York’s police say they’ve kept at it, under appropriate legal safeguards, and we hope they will continue.

The U.S. government watches right-wing extremist groups because we know they are dangerous. The police shouldn’t refrain from doing the same to Muslim or immigrant groups merely because that is deemed less politically correct. As the week’s events in Boston show, the costs of doing otherwise are too high.

Voir aussi:

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par le FBI

20 minutes

20/04/2013

ETATS-UNIS – Le FBI l’a confirmé. Il pourrait ainsi être placé dans l’embarras…

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence.

«Un coup monté», selon la mère des deux suspects

Interrogée par le service en langue anglaise de la chaîne de télévision Russia Today, la mère des deux suspects a pour sa part affirmé que son fils aîné était surveillé par le FBI depuis au moins trois ans et que la police fédérale américaine était parfaitement au courant de ses activités. «Il était contrôlé par le FBI depuis quelque chose comme trois à cinq ans», a dit Zoubeidat Tsarnaeva, employant en anglais le faux-ami du mot russe signifiant «surveiller». «Ils savaient ce que mon fils était en train de faire, ils savaient quels sites il consultait sur internet» a-t-elle ajouté.

D’après Russia Today, qui l’a interrogée au téléphone, Zoubeidat Tsarnaeva se trouvait à Makhachkala, la ville du Daguestan où elle réside. Comme Anzor, leur père interrogé vendredi par les médias, Zoubeidat Tsarnaeva pense que ses enfants ont été manipulés. «C’est vraiment, vraiment difficile à entendre. Et en tant que mère, tout ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment convaincue, je suis sûre à 100% qu’il s’agit d’un coup monté» a-t-elle dit. On ignore donc d’où provenait l’avertissement mentionné par le FBI mais Tamerlan Tsarnaev aurait effectué un voyage en Russie l’année dernière.

«Très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI»

Les deux suspects, originaires de Tchétchénie, sont nés au Kirghizistan et vivaient depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, où rien ne pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’extrémistes. Le cadet a la nationalité américaine Rien n’indiquait jusqu’ici que les frères Tsarnaev étaient connus des services de police.

«C’est une information nouvelle pour moi et c’est très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI» a réagi Michael McCaul, député républicain du Texas et président de la commission Sécurité de la Chambre des représentants. Les services de sécurité américains avaient auparavant indiqué ne disposer d’aucune information permettant d’établir un lien entre les frères Tsarnaev et un mouvement islamiste tel qu’Al Qaïda.

Voir également:

Procureurs assassinés au Texas : un ex-juge et sa femme incriminés

France info

18 Avril 2013

Deux procureurs ont été tués dans l’Etat du Texas, en janvier puis fin mars dernier. Après avoir soupçonné un groupe de défense de la suprémacie de la race blanche, l’enquête a connu un rebondissement ces derniers jours. Un ancien juge de paix et sa femme ont été mis en accusation.

L’affaire avait suscité beaucoup d’émoi au Texas le mois dernier. Non seulement le procureur du comté de Kaufman, près de Dallas et sa femme avaient été retrouvés morts chez eux. Mais en plus, il ne s’agissait pas du premier crime. Un autre procureur travaillant dans le même bureau avait été assassiné deux mois plus tôt.

De quoi envisager aussitôt un lien entre les deux affaires. Les enquêteurs avaient même poussé le raisonnement jusqu’à relier ces deux meurtres, à un troisième, celui du directeur d’une prison dans le Colorado le 19 mars. Dans leur ligne de mire : un groupe de « suprémacistes », la Fraternité aryenne.

De la fausse piste aux arrestations

Mais la piste s’est avérée fausse. Car les recherches ont éloigné les enquêteurs de cette piste d’extrême droite, pour les conduire à un email anonyme annonçant d’autres attaques, et à un ancien juge de paix, renvoyé pour avoir été confondu dans une affaire de vol. Tout est alors allé très vite.

L’ancien magistrat a été arrêté samedi, et accusé de « menace à caractère terroriste », pour avoir rédigé cet email. Quand à sa femme, elle a « avoué son implication dans la planification et la mise à exécution des meurtres par balle », indique son mandat d’arrestation. Mise en accusation mercredi, elle a néanmoins affirmé que c’est son mari qui avait appuyé sur la gâchette.

Voir encore:

Deux procureurs assassinés au Texas, les « suprémacistes » suspectés

France info

1 Avril 2013

Un procureur a été retrouvé mort samedi dans le comté de Kaufman, près de Dallas au Texas. Deux mois après le meurtre de son adjoint et deux semaines après celui d’un directeur de prison. Coïncidences ? Les autorités locales en doutent et soupçonnent un groupe de défenseurs de la race blanche.

Le FBI, les Texas Rangers et d’autres services judiciaires participent à l’enquête sur le meurtre du procureur et sa femme © Reuters – Shannon Stapleton

Il y a deux mois, le procureur de Kaufman Mike McLelland, ancien GI’s de l’opération Tempête du désert en Irak jouait les fier-à-bras, promettant une traque sans fin à la « racaille » qui venait d’assassiner son adjoint, Franck Hasse. Il ne quittait jamais son arme, « même pour promener son chien », disait-il, se décrivant comme « un soldat ». Pourtant, il a été retrouvé mort samedi, chez lui, à quelques kilomètres de Dallas, avec son épouse, le corps criblé de balles. Selon les témoignages, le couple aurait été abattu par un ou deux hommes, visages masqués.

« Une attaque ciblée », affirme la police qui refuse de tirer des conclusions trop hâtives, mais estime tout de même que deux meurtres de procureurs à deux mois d’intervalle, dans une ville de 106.000 habitants, c’est un peu trop pour n’être qu’une coïncidence.

Sur les traces de la Fraternité aryenne

Dans le viseur des autorités, la Fraternité aryenne, prônant la défense de la suprématie blanche. Un premier lien avait été établi après le meurtre de Franck Hasse, meurtre perpétré le 19 janvier, jour où le département de la Justice avait annoncé par communiqué l’ouverture d’une enquête par le bureau du procureur de Kaufman contre ce groupe d’extrême droite pour une affaire de racket.

Mais l’affaire ne s’arrêterait pas là. Car le FBI s’est déjà intéressé aux liens entre le meurtre de Franck Hasse et celui du directeur d’une prison du Colorado le 19 mars. Le suspect principal de ce dernier assassinat, mort dans une course-poursuite avec la police deux jours plus tard, faisait précisément partie de la Fraternité aryenne et portait des tatouages de croix gammées.

>>> Si vous avez du mal à suivre, le New York Times a tenté de remonter le temps pour illustrer les possibles connections entre ces différentes affaires.

La branche texane de la Fraternité aryenne est présentée comme un gang responsable de meurtres, d’incendies criminels, d’agressions et autres crimes. Il est décrit comme « enclin à la violence et aux menaces violentes pour maintenir une discipline interne ainsi qu’à des représailles contre les personnes soupçonnées de collaborer avec les forces de l’ordre ». La Fraternité aryenne (« Aryan brotherhood ») fait partie de la mouvance suprémaciste, qui comme son nom l’indique, revendique la suprématie de la race blanche. Des groupuscules surveillés de près par la SLPC aux États-Unis.

Voir encore:

Hezbollah : les révélations des enquêteurs bulgares

Alexandre Lévy

Le Figaro

07/02/2013

Le Figaro a recueilli des confidences sur le rapport top secret de la Commission nationale de sécurité bulgare qui a conclu à la responsabilité du Hezbollah dans l’attentat de Burgas contre un bus israélien en 2012.

Jacque Filipe Martin, Ralph William Rico et Brian Jameson. Deux jeunes Canadiens et un Australien sur les bords de la mer Noire à l’été 2012. Des touristes en goguette? Non, pour les autorités bulgares, ces trois hommes sont les responsables de l’attentat anti-israélien du 18 juillet 2012 qui a fait six morts et une trentaine de blessés à l’aéroport de Burgas, à l’est du pays.

Le premier y a laissé sa peau, déchiqueté par la charge explosive de plus de 3 kg qu’il transportait dans son sac à dos; ses deux complices sont repartis, via un autre pays européen, vers le Liban dont ils sont tous originaires. Des binationaux, le «cauchemar» des services de sécurité.

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth»

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth», résume un responsable policier au lendemain de la session extraordinaire du Conseil de sécurité, le 5 février, à l’issue duquel Sofia a officiellement mis en cause le Hezbollah dans cet acte sans précédent sur le sol bulgare. «Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes», a affirmé le ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov, après six heures de débats à huis clos pendant lesquels les membres du Conseil ont pris connaissance du rapport préliminaire établi par les services de sécurité bulgares et leurs partenaires occidentaux sur cette affaire – un texte classé «secret-défense».

Grâce aux confidences de certains des membres du Conseil, on peut néanmoins établir les éléments qui ont permis cette mise en cause tant attendue par Washington et Tel-Aviv qui se sont empressés de remettre la pression sur l’Union européenne pour qu’elle reconnaisse le Hezbollah comme «organisation terroriste».

Les terroristes voulaient faire un maximum de victimes

Les transferts d’argent en provenance du Liban tout d’abord. Ils avaient pour destinataire le porteur du passeport australien du trio, que les enquêteurs considèrent comme l’artificier du groupe. Les faux permis de conduire américains retrouvés en Bulgarie étaient tous fabriqués dans le même atelier libanais – un lieu «connu» des services de renseignement occidentaux.

Les enquêteurs bulgares disposeraient également d’une photo sur laquelle figureraient des proches parents de l’un des présumés terroristes aux côtés de membres du Hezbollah. Enfin, les policiers ont également établi avec exactitude le timing des déplacements du trio. Ils sont arrivés par avion en Bulgarie munis de leurs véritables passeports, après avoir transité par trois autres pays européens. Mais leur point de départ était Beyrouth, où, selon, le patron de l’antigang de Sofia, Stanimir Florov, les deux survivants se trouvent aujourd’hui.

Autre conclusion importante: l’explosion sur le parking de l’aéroport de Burgas, présentée comme un attentat suicide au début, est aujourd’hui considérée comme «accidentelle». «Les terroristes voulaient faire exploser la bombe à distance dans le bus en mouvement, faisant ainsi le maximum de victimes tout en effaçant leurs traces. Mais soit le porteur de la bombe a fait une mauvaise manipulation, soit il s’est fait avoir par ses coéquipiers», affirme une source policière.

Ayant reconstitué le parcours des trois hommes en Bulgarie, les enquêteurs sont également persuadés qu’ils n’avaient pas un comportement de fanatiques islamiques mais plutôt de «James Bond en herbe». Et ils n’ont boudé les plaisirs de la vie. «Ils ont fréquenté des hôtels de charme et des restaurants fins, souvent joliment accompagnés», disent-ils.

Ottawa a confirmé que l’un de ses ressortissants est bien impliqué dans cet attentat, précisant qu’il a quitté le sol canadien à l’âge de 12 ans. Les autorités australiennes sont également à la recherche de «Brian», alors que le gouvernement libanais s’est engagé à «coopérer» avec les enquêteurs bulgares. La véritable identité du troisième terroriste, mort dans l’attentat, reste en revanche un mystère. «Force est de constater que les organisateurs de cet attentat ont trouvé un homme que personne ne pleure, ni ne regrette», conclut un policier occidental spécialisé dans la lutte antiterroriste.

Voir enfin:

The Homegrown Terrorist Threat to the US Homeland (ARI)

Lorenzo Vidino

ARI 171/2009

18/12/2009

Theme: Radicalisation into violence affects some small segments of the American Muslim population and recent events show that a threat from homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US.

Summary: The wave of arrests and thwarted plots recently seen in the US has severely undermined the long-held assumption that American Muslims, unlike their European counterparts, are virtually immune to radicalisation. In reality, as argued in this ARI, evidence also existed before the autumn of 2009, highlighting how radicalisation affected some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. After putting forth this argument, this paper analyses the five concurring reasons traditionally used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US: better economic conditions, lack of urban ghettoes, lower presence of recruiting networks, different demographics and a more inclusive sense of citizenship. While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee, as other factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation. Finally, the paper looks at the post-9/11 evolution of the homegrown terrorist threat to the US homeland and examines possible future scenarios.[1]

Analysis: The American authorities and public have been shocked by the tragic events of 5 November 2009, when Army Major Nidal Malik Hasan allegedly opened fire against fellow soldiers inside the Fort Hood military base, killing 13 people and wounding 30 others. The shooting triggered a heated debate over Major Hasan’s motives. Earlier analyses focused on personal and psychological factors, such as his alleged distress towards his forthcoming deployment to Iraq and the abuses he had reportedly suffered from other soldiers. As the days went by, more and more evidence surfaced pointing to Major Hasan’s radical Islamist sympathies. Colleagues and acquaintances described many instances in which the Virginia-born Army psychiatrist had expressed extremely negative feelings towards the US and praised acts of violence against it. Reports also indicated that the FBI had investigated Major Hasan’s e-mail conversations with Anwar al Awlaqi, a US-born Yemeni-based cleric known for his fiery rhetoric and links to two of the 9/11 hijackers.

Authorities have so far been reluctant to officially label the Fort Hood shooting an act of terrorism and, at the time of writing, various investigations are exploring all angles of this tragic event. While it might be premature, if ever possible, to identify the full spectrum of motives behind Major Hasan’s actions, it is fair to say that radical Islamist ideology had an influence on his worldview. In any case, the Fort Hood shooting comes at the tail end of two months that have challenged many of the assumptions on terrorism and radicalisation in the US that have shaped the debate for more than a decade. Since September 2009, in fact, a staggering series of arrests has taken place on US soil:

On 20 September, FBI agents arrested two Afghan immigrants in Colorado and one in New York.[2] According to the authorities, one of the men, Najibullah Zazi, had trained in an al-Qaeda training camp in Pakistan and, once back in the US, had purchased large quantities of chemical substances in various beauty supply stores. Zazi allegedly intended to mix the substances and detonate them against targets throughout the New York metropolitan area. The authorities described Zazi’s plot as the most serious threat against the US homeland uncovered since 9/11.[3]

On 24 September, a 19-year-old Jordanian immigrant was arrested for having parked what he believed to be a car bomb in the car park of a 60-story skyscraper in downtown Dallas, Texas.4 Before driving the car to the site, Hosam Hamer Husein Smadi had made a video which he believed would have been sent to Osama bin Laden.[5]

On the same day but in an unrelated plot, Michael C. Finton, a 29-year-old American-born convert to Islam, parked a car that he also believed laden with explosives outside a federal courthouse in Springfield, Illinois.[6] In both the Finton and the Smadi cases, federal agents had approached the two men after unearthing information about their desire to commit acts of violence, led them to believe they were affiliated to al-Qaeda and supplied them with explosives that the men wrongly believed to be active.

On 21 October, the authorities indicted two Boston-area natives, Tarek Mehanna and Ahmad Abousamra, with various conspiracy charges.[7] According to the indictment, the men, who had been extremely active in online jihadist forums, had been trying to join various al-Qaeda affiliates since 2001 and had also planned attacks inside the US (reportedly targeting a local shopping mall and various US government officials).

On 27 October, the authorities arrested two long-time Chicago residents of Pakistani descent and charged them with conspiracy to provide material support and/or to commit terrorist acts against overseas targets.[8] According to the charges the two men had been in close contact with senior leaders of Pakistani jihadist groups Lashkar e Taiba and Harakat ul Jihad Islami and one of them, Daood Gilani, had travelled to Denmark to conduct surveillance of the facilities of the Danish newspaper Jyllands Posten for a possible attack against it. On 7 December the authorities charged Gilani also with conducting surveillance of various targets in Mumbai in the two years preceding the deadly November 2008 attack on the Indian city. According to the indictment, upon accepting the task Gilani changed his name to David Headley and travelled at least five times to Mumbai, confident that his new name and American passport would not attract the attention of the Indian authorities. After each trip he travelled to Pakistan, where he shared the pictures, videotapes and notes he had taken with senior Lashkar e Taiba operatives.[9]

On 28 October, the federal authorities in Detroit proceeded to arrest 11 members of Ummah, a group of mostly African-American converts to Islam, on charges that ranged from mail fraud to illegal possession and sale of firearms. Most suspects were arrested without opposing resistance, but Luqman Ameen Abdullah (alias Christopher Thomas), the group’s leader, fired at agents and was subsequently killed. While the case cannot be considered a full-fledged terrorism investigation, it nevertheless involves a US-based radical Islamist network. Ummah, in fact, is a group that, according to authorities, ‘seeks to establish a separate Sharia-law governed state within the United States’ and whose members have been involved in violent acts in the past.[10]

Finally, in early December, the Pakistani authorities arrested five American Muslims in the city of Sargodha. The five, all US citizens in their late teens and early 20s who had gone missing from their northern Virginia homes a few days earlier, had reportedly been in touch via the Internet with senior militants of various al-Qaeda-affiliated organisations and allegedly intended to train with local outfits to fight against US forces.[11]

All these plots are very diverse in their origin, degree of sophistication and characteristics of the individuals involved. Yet they all contribute to paint the picture of the complex and rapidly changing reality of terrorism of Islamist inspiration in the US. Moreover, they smash or, at least, severely undermine an assumption that has been widely held by policymakers and analysts over the last 15 years. The common wisdom, in fact, has traditionally been that American Muslims, unlike their European counterparts, were virtually immune to radicalisation. Europeans, argued this narrative, have been unable to integrate their immigrant Muslim population and radicalisation is the inevitable by-product of the discrimination and socio-economic disparity suffered by European Muslims. America, on the other hand, is more open to its immigrants and has been able to integrate its Muslims, making them impervious to radicalisation.

The wave of arrests of the last months of 2009 has contributed to shedding light on a reality that is significantly more nuanced, showing that radicalisation affects some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. Evidence supporting this view has been available for a long time, as the cases of American Muslims joining radical Islamist groups date back to the 1970s.[12] According to data collected by the NYU Center on Law and Security, for example, more than 500 individuals have been convicted by the American authorities for terrorism-related charges since 9/11.[13] Most of them are US citizens or long-time US residents who underwent radicalisation inside the US. While making a numerically accurate comparison is not easy, it is fair to say that the number of American Muslims involved in violent activities is either equal or only slightly lower than that of any European country with a comparable Muslim population.

Yet, despite this evidence, for a long time the American authorities and commentators seemed unable to acknowledge the existence of radicalisation among small segments of the American Muslim population. In the FBI’s parlance, for example, until 2005, the term ‘homegrown terrorism’ was still reserved for domestic organisations such as anti-government militias, white supremacists and eco-terrorist groups such as the Earth Liberation Front. Such groups were termed ‘homegrown’ to distinguish them from jihadist terrorist networks, even though some of the latter possessed some of the very same characteristics (membership born and raised in the US and a focus on US targets). Since the cause of the jihadists was perceived to be foreign, the US government did not label them as ‘homegrown’, despite the typically homegrown characteristics of many of them.

The July 2005 attacks in London led the US authorities to look at the homegrown issue with renewed attention. As an increasing number of cells that clearly possessed homegrown characteristics were uncovered throughout the country, the authorities began to re-assess the definition of homegrown. By 2006 top FBI and DHS officials began to openly speak of homegrown terrorism of jihadist inspiration inside the US, even describing it as a threat ‘as dangerous as groups like al-Qaeda, if not more so’.[14] As a consequence of this reassessment, the US authorities began to ask themselves if the emergence of relatively large numbers of radicalised second-generation Muslims that had been observed in Europe could also take place in the US. This fear led to an increased attention on the dynamics and causes of radicalisation among Muslims in both Europe and North America.

Comparing Radicalisation in Europe and America

Five concurring reasons have traditionally been used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US. The first one is related to the significantly better economic conditions of American Muslims. While European Muslims generally languish at the bottom of most rankings that measure economic integration, American Muslims fare significantly better, and the average American Muslim household’s income is equal to, if not higher, than the average American’s.[15] As the many cases of militants who came from privileged backgrounds have proved, economic integration is not always an antidote to radicalisation, but it is undeniable that radical ideas find a fertile environment among unemployed and disenfranchised youth. A direct consequence of economic integration is the lack of Muslim ghettoes in the US. Areas of large European cities with a high concentration of poor Muslim immigrants have been ideological sanctuaries where radicals could freely spread their message and where radical Islam has become a sort of counterculture. The American Muslim community’s economic conditions have prevented the formation of such enclaves in the US.

Geographic dispersion, immigration patterns and tougher immigration policies have also prevented the formation of extensive recruiting and propaganda networks as those that have sprung up in Europe. While places such as Brooklyn’s al-Farooq mosque or Tucson’s Islamic Center saw extensive jihadist activities in the 1990s, they pale in comparison to recruiting headquarters such as London’s Finsbury Park, Hamburg’s al-Quds mosque or Milan’s Islamic Cultural Institute. Moreover, the fact that large segments of the American Muslim population belong to ethnicities that have traditionally espoused moderate interpretations of Islam has been cited as another reason for America’s lower levels of radicalism. In fact, Muslims from the Iranian and Indian American communities, which account for vast segments of America’s Muslim population, have traditionally embraced moderate forms of Islam and have been, to varying degrees, almost impervious to radicalisation.

Finally, commentators have often pointed out that America is a country built on immigration, traditionally accepting immigrants of all races and religions as citizens. European countries, on the other hand, have been unable to develop a sense of citizenship not linked to century-long identifying factors such as ethnicity and religious affiliation. In a nutshell, it is easy to become American, while it is very difficult for immigrants, particularly if they are not white and Christian, to be accepted as full-fledged Germans, Frenchmen or Spaniards. This sense of exclusion is traditionally cited as one of the factors driving some European Muslims to radicalisation, while the more inclusive nature of American society would prevent American Muslims from undergoing the same process.

While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee. Factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation, irrespective of favourable economic conditions. Experts and community leaders have repeatedly warned about the growing alienation of American Muslims, particularly among those of the second generation. These frustrations could produce what Steven Simon refers to as ‘a rejectionist generation’, which could embrace radical interpretations of Islam.[16] The same conclusion has been reached by a widely publicised report released by the New York Police Department Intelligence Division in 2007. ‘Despite the economic opportunities in the United States’, reads the report, ‘the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts’.[17]

Future Scenarios

The terrorist threat to the US homeland has evolved significantly over the last eight years. Until mid-2003 virtually all of the terrorist conspiracies intended to strike against American soil had been planned, albeit with varying degrees of involvement, by Khalid Sheikh Mohammed (KSM) and al-Qaeda’s central leadership. The arrest of KSM and many of his top lieutenants, al-Qaeda’s loss of the Afghan sanctuary and the significant improvement in homeland security measures triggered a shift that began to materialise in late 2003. With the exception of the 2006 Transatlantic Plot, a plot hatched by UK-based militants apparently directed by al-Qaeda members in Pakistan to detonate liquid explosives on board several US-bound flights, every single attack against the American homeland thwarted by US authorities since then appears to have been conceived by individuals acting independently from al-Qaeda’s leadership.[19]

The individuals involved in these plots have been an odd mix of low-ranking al-Qaeda affiliates and jihad enthusiasts who had never had any contact with al-Qaeda or other established organisations. And most of them have been characterised by the absolute operational independence of the planners. The result of this shift from leader-led to homegrown has been a remarkable decrease in the sophistication of the operations planned, as most of the plotters were amateurish if not embarrassingly clumsy, lacking the basic tradecraft and capabilities to operate undetected or mount any sort of sophisticated attack.

While this was true until a few months ago, there are indications that things are changing. Recent investigations have shown that a small yet increasing number of American Muslims have been travelling to Pakistan to acquire operational skills and establish contacts with various jihadist outfits. One well known case is that of Bryant Neal Vinas, a 26 year-old Long Island native who was captured in Pakistan and brought back to the US in November 2008.[20] Vinas, who had allegedly participated in a rocket attack against a US military base in Afghanistan, decided to cooperate with American interrogators and has since provided ‘an intelligence gold mine’.[21] Thanks to Vinas’ information the authorities have been able to identify and arrest several American and European militants who had also trained with al-Qaeda and affiliated groups in the Afghanistan/Pakistan region.

While this ‘Pakistan connection’ is not new to the European authorities, it is a disturbing new development for their American counterparts. To be sure, Americans had trained with various Afghanistan/Pakistan-based jihadist outfits before and after 9/11. In 2003, for example, the US authorities dismantled the so-called ‘paintball jihad’ network in northern Virginia.[22] The network was formed by a dozen young men from the Washington suburbs who had travelled to Pakistan immediately after 9/11, where they trained with Lashkar-e-Taiba. But what seemed to be isolated cases are increasingly becoming the norm. Moreover, in the case of Vinas and at least two of the cases from the fall of 2009 (the Najibullah Zazi/New York plot and the Chicago/Denmark plot) authorities have noticed with apprehension that American militants returning from Pakistan were significantly better trained and organised than the homegrown jihadists who had been operating in the US over the last few years. The ‘Pakistan connection’, that operational link to organised outfits in the Afghanistan/Pakistan area that makes amateurish homegrown networks graduate into more professional terrorist clusters, has been crucial in the development of jihadist networks in Europe over the last five years and it now appears to have become a significant factor also in the US.

Given these dynamics, one of the scenarios that the US authorities take into particular consideration is the case of a homegrown cluster that, thanks to the directions and skills obtained from al-Qaeda or various al-Qaeda-affiliated networks in Afghanistan/Pakistan, manages to reach sufficient operational sophistication to carry out a significant attack against the American homeland.[23] And if traditionally authorities estimated that al-Qaeda’s leadership intended to strike inside the US only with a mass-casualty attack that would at least rival the actions of 9/11, lately this assessment has been revised.[24] Recent cases have shown that not only independent clusters but also American networks operating in cooperation with Afghanistan/Pakistan-based groups are focusing on less grandiose plans, considering that even a less ambitious attack –on the scale of the 2004 Madrid or 2005 London bombings– would be a success.

If Afghanistan/Pakistan is a major source of concerns, the authorities have also been monitoring the possible impact of the Somali conflict on American domestic security. Over the last few years, in fact, a few dozen young American Muslims have travelled to Somalia to fight and train alongside al-Shabaab, the local Islamist militia battling the Somali government and African Union troops. Most of them have been ethnic Somalis, sons of the large Somali diaspora community present in Minneapolis, Seattle and other American cities. One of them, 27-year-old Minneapolis college student Shirwa Ahmed, reportedly blew himself up in a suicide bombing in northern Somalia in October 2008.[25] Another four Minneapolis residents have been reported killed in the African country since then. A few non-ethnic Somali Americans have also reportedly joined al-Shabaab. While the New Jersey native of Egyptian descent Amir Mohamed Meshal and Massachusetts-born convert Daniel Maldonado have been arrested after leaving Somalia, Alabama native Omar Hammami is still very much active inside the country, starring in several English language al-Shabaab propaganda videos under the nom de guerre Abu Mansour al Amriki.

While there are no indications that al-Shabaab is planning an attack within the US, its increased focus on global issues and public support for al-Qaeda make the hypothesis not that far-fetched. Moreover, while many of the foreign fighters joining al-Shabaab, whether from the US, Europe or other regions, are Somalis driven by some sort of nationalist sentiment, others are aspiring jihadists whose interest in the African country is mostly tactical and temporary. It is safe to assume that many of them, given the opportunity, would use the skills acquired in Somalia against other targets. Questioned by American interrogators after his arrest, in fact, Daniel Maldonado described his experience in the African country with these words: ‘I would be fighting the Somali militia, and that turned into fighting the Ethiopians, and if Americans came, I would fight them too’.[26] The fact that Maldonado was in close contact with the individuals arrested in Boston in October 2009 provides additional evidence as to why the ‘Somalia connection’ is considered a serious threat.

Conclusion: Since 9/11 the American counterterrorism posture has been extraordinarily aggressive, both domestically and globally. Extensive overseas military and intelligence gathering actions, the introduction of enhanced investigative powers, a significantly improved inter-agency coordination and, in general, a constant high level of vigilance have allowed the authorities to keep the country safe from terrorist attacks. While some civil libertarians might have a point in questioning some of the tools used to do so, the achievement is nevertheless remarkable. At the same time, though, the US seems to be lacking a long-term strategy to confront the threat of radicalisation on the domestic front. The authorities have in fact been unable to conceive a policy that would pre-emptively tackle the issue of radicalisation, preventing young American Muslims from embracing extremist ideas in the first place.

Various intelligence and law enforcement agencies have reached out to the academic community to better understand the social, political and psychological causes of radicalisation. But the limited understanding of the issue, coupled with the overlap of jurisdiction between often competing federal, state and local authorities, has prevented the implementation of a systematic, nationwide programme to combat radicalisation. Solutions are, to be sure, hard to find. Europeans, who experienced the problem of radicalisation of segments of their own Muslim communities well before the US, are still struggling with the same issue and are only now attempting to put in place coherent anti-radicalisation programmes, the success of which must still be verified. Equally challenging have been the efforts, on both sides of the Atlantic, to find reliable and representative organisations within various Muslim communities to be employed as partners in anti-radicalisation activities. Clearly, more attention and analysis should be devoted to the issue. But the awareness that homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US is a necessary starting point. The events of the fall of 2009 provided, if needed, additional evidence to suggest so.

Lorenzo Vidino

Fellow at the Initiative on Religion in International Affairs, Belfer Center for Science and International Affairs, Kennedy School of Government, Harvard University and a Peace Scholar at the US Institute of Peace

[1] It goes without saying that various forms of homegrown terrorism have long threatened the US, some of them well before those of jihadist inspiration. Right-wing militias, radical environmentalist groups and, to a lesser degree, some fringe left-wing and anarchist groups are very much active inside the country and have occasionally carried out violent acts over the last few years. Yet it is undeniable that, in terms of magnitude, frequency and sophistication, homegrown terrorism of jihadist inspiration currently represents the most immediate threat against the US and is therefore the subject of this analysis.

[2]http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel09/zazi_092009.htm.

[3] Kevin Johnson, ‘Alleged terror threat seen as “most serious” since 9/11 attacks’, USA Today, 25/IX/2009.

[4]http://dallas.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/dl092409.htm.

[5] Jon Nielsen, ‘FBI says Dallas terror plot suspect made video to send to Osama bin Laden’, Dallas Morning News, 5/X/ 2009.

[6] http://www.usdoj.gov/usao/ilc/press/2009/09September/24Finton.html.

[7] http://boston.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/bs102109a.htm.

[8] http://www.justice.gov/usao/iln/pr/chicago/2009/pr1027_01.pdf.

[9] http://www.justice.gov/opa/pr/2009/December/09-nsd-1304.html.

[10] http://detroit.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/de102809.htm.

[11] Waqar Gilani & Jane Perlez, ‘5 US Men Arrested Said to Plan Jihad Training’, New York Times, 11/XII/2009.

[12] For an overview, see Lorenzo Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States: A New and Occasional Phenomenon?’, Studies in Conflict and Terrorism, vol. 32, 1/I/2009, p. 1-17.

[13] http://www.lawandsecurity.org/publications/TTRCHighlightsSept25th.pdf.

[14] Remarks of FBI Director Robert Muller, City Club of Cleveland, 23/VI/2006.

[15] Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream, Pew Research Center, 22/V/2007, p. 24-5.

[16] Steven Simon, Statement before the Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, 12/IX/2006.

[17] Report by Mitchell D. Silber and Arvin Bhatt, New York Police Department Intelligence Division, Radicalization in the West: The Homegrown Threat, August 2007, p. 8.

[18] Bruce Hoffman, ‘The Use of the Internet by Islamic Extremists’, Testimony before the House Permanent Select Committee on Intelligence, 4/V/2006.

[19] Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States’.

[20] US v. Bryant Neal Vinas, Superseding Indictment, US District Court, Eastern District of New York, 08-823 (NGG) (S-1), 28/I/2009.

[21] ‘Man Was “Gold Mine” of Terror Intel’, Associated Press, 31/VII/2009.

[22] Terrorism in the United States, 2002-2005, unclassified report by the Federal Bureau of Investigation,http://www.fbi.gov/publications/terror/terrorism2002_2005.htm.

[23] Interview with various FBI officials, September/October 2009, Boston and Washington DC.

[24] David Johnston & Eric Schmitt, ‘Smaller-Scale Terrorism Plots Pose New and Worrisome Threats, Officials Say’, New York Times, 31/X/2009.

[25] http://minneapolis.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/mp112309.htm.

[26] Affidavit of FBI Special Agent Jeremiah A. George in US v. Daniel Joseph Maldonado, US District Court, Southern District of Texas, H-07-125M, 13/II/2007.


Attentats de Boston: Des Maghrébins infiltrés du Canada ? (French judge surprised that a US far right anti-government movement would suddenly target civilians)

19 avril, 2013
Suspects wanted for questioning in relation to the Boston Marathon bombing April 15 are revealed during an FBI news conference in BostonEspérons que le terroriste du marathon de Boston est un Américain blanc. Salon
White privilege is knowing that even if the Boston Marathon bomber turns out to be white, his or her identity will not result in white folks generally being singled out for suspicion by law enforcement, or the TSA, or the FBI. White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for whites to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening, or threatened with deportation. White privilege is knowing that if the bomber turns out to be white, he or she will be viewed as an exception to an otherwise non-white rule, an aberration, an anomaly, and that he or she will be able to join the ranks of Tim McVeigh and Terry Nichols and Ted Kaczynski and Eric Rudolph and Joe Stack and George Metesky and Byron De La Beckwith and Bobby Frank Cherry and Thomas Blanton and Herman Frank Cash and Robert Chambliss and James von Brunn and Robert Mathews and David Lane and Michael F. Griffin and Paul Hill and John Salvi and James Kopp and Luke Helder and James David Adkisson and Scott Roeder and Shelley Shannon and Dennis Mahon and Wade Michael Page and Byron Williams and Kevin Harpham and William Krar and Judith Bruey and Edward Feltus and Raymond Kirk Dillard and Adam Lynn Cunningham and Bonnell Hughes and Randall Garrett Cole and James Ray McElroy and Michael Gorbey and Daniel Cowart and Paul Schlesselman and Frederick Thomas and Paul Ross Evans and Matt Goldsby and Jimmy Simmons and Kathy Simmons and Kaye Wiggins and Patricia Hughes and Jeremy Dunahoe and David McMenemy and Bobby Joe Rogers and Francis Grady and Demetrius Van Crocker and Floyd Raymond Looker and Derek Mathew Shrout, among the pantheon of white people who engage in (or have plotted) politically motivated violence meant to terrorize and kill, but whose actions result in the assumption of absolutely nothing about white people generally, or white Christians in particular. And white privilege is being able to know nothing about the crimes committed by most of the terrorists listed above — indeed, never to have so much as heard most of their names — let alone to make assumptions about the role that their racial or ethnic identity may have played in their crimes. White privilege is knowing that if the Boston bomber turns out to be white, we will not be asked to denounce him or her, so as to prove our own loyalties to the common national good. It is knowing that the next time a cop sees one of us standing on the sidewalk cheering on runners in a marathon, that cop will say exactly nothing to us as a result. White privilege is knowing that if you are a white student from Nebraska — as opposed to, say, a student from Saudi Arabia — that no one, and I mean no one would think it important to detain and question you in the wake of a bombing such as the one at the Boston Marathon. And white privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Belfast. And if he’s an Italian American Catholic we won’t bomb the Vatican. In short, white privilege is the thing that allows you (if you’re white) — and me — to view tragic events like this as merely horrific, and from the perspective of pure and innocent victims, rather than having to wonder, and to look over one’s shoulder, and to ask even if only in hushed tones, whether those we pass on the street might think that somehow we were involved. Tim Wise
Despite widespread speculation that “white supremacists” were behind the killings of two prosecutors in Texas (and the wife of one of the prosecutors), it turned out that a disgruntled Texas Justice of the Peace was behind the murders. As in the Newtown and Boston Marathon cases, initial media speculation and reporting was almost entirely wrong. National media attention on the case mostly dropped once the “white supremacist” angle was gone. LI
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté pd’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc. Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un « Américain blanc, sans accent particulier », avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion. Radio France
Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait « étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle ». (…) Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.» (…) «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable». Le Figaro

Alors que le FBI publie des photos de deux suspects ayant apparemment déposé les sacs à dos contenant les bombes des attentats du marathon de Boston d’il y a quatre jours …

Et que, certains s’en réjouissant déjà explicitement à l’avance, l’hypothèse, y compris sur les réseaux sociaux, du terrorisme interne d’extrême-droite est jusque là la plus souvent évoquée …

Qui à part le juge antiterroriste Bruguière jugeant sérieuse la piste islamiste éventuellement infiltrée du Canada ….

S’étonne qu’une mouvance jusque là caractérisée par sa focalisation sur l’Etat fédéral et ses représentants s’attaque soudain à des civils d’une manière aveugle?

Et qui prend la peine de rappeler par exemple que contrairement à l’attaque délibérément anti-civils de Boston   ….

Le militant anti-avortement Eric Rudolph et auteur de l’attentat des Jeux d’Atlanta de 1996 avait, en appelant à l’avance la police qui n’avait hélas pas répercuté à temps l’avertissement, tout fait pour éviter les victimes civiles ?

Boston : Bruguière juge la piste islamiste sérieuse

Jean-Marc Leclerc

Le Figaro

18/04/2013

Alors que le FBI aurait identifié sur des photos deux suspects, possibles ressortissants du Maghreb ou du Moyen-Orient, l’ancien vice-président du tribunal de Paris chargé de la coordination antiterroriste en France, Jean-Louis Bruguière, explique pourquoi il faut prendre au sérieux la piste islamiste dans les attentats de Boston. Resté très proche des autorités américaines, l’ex-juge l’assurait au Figaro dès le 16 avril, au lendemain des attaques sur le sol américain: «Ce n’est pas parce qu’al-Qaida au Pakistan prétend ne pas être l’auteur d’une agression que celle-ci n’a rien à voir avec le djihad». Lui a évoqué d’emblée l’hypothèse d’un acte d’al-Qaida en Afrique, type Aqmi (al-Qaida pour le Maghreb islamique ). Un acte peut-être en lien avec les soubresauts au Mali et plus généralement dans la région subsaharienne, «où le djihad s’internationalise», rappelle-t-il.

Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait «étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle».

Nitrate de fioul ou poudre noir

L’explosion filmée et largement diffusée par les médias a fait dire à cet observateur avisé, qui a visionné des dizaines de films d’attentats et assisté à de nombreuses reconstitutions techniques, que «l’explosif employé à Boston n’était pas un explosif brisant, de type semtex ou penthrite».

Selon lui, «les images font plutôt penser à une explosion de nitrate de fioul ou de poudre noire, très usités par les islamistes radicaux». Le morceau, retrouvé sur place, de la cocotte-minute contenant l’explosif accrédite, il est vrai, une telle hypothèse. Par ailleurs, «le mélange avec des billes d’acier et de clous, pour faire un maximum de victimes, ainsi que les explosions coordonnées, sont typiques de la signature des commandos type Aqmi ou Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)». Il cite comme exemple les attentats de Madrid en 2004.

À quelle logique répondrait une telle agression? «Le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), issu d’une scission d’Aqmi en 2011, a annoncé récemment qu’il comptait internationaliser son combat et il s’appuie sur les islamistes libyens, spécule le juge Bruguière. Par ailleurs, dans la région, le groupuscule islamiste du Nigeria Boko Haram, responsable notamment de l’enlèvement d’une famille française au Cameroun, a revendiqué son allégeance à al-Qaida.»

Le précédent Hamed Ressam

Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.»

Jean-Louis Bruguière rappelle que «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable».

Et l’ex-juge de conclure: «Si c’est bien cette piste africaine qui émerge, ce serait un bouleversement géopolitique majeur, car ces actions placeraient l’Afrique au centre des préoccupations de la population américaine. Et les États-Unis restent rarement sans réagir…» Les enquêteurs du FBI disent ne vouloir pour l’heure privilégier aucune thèse.

Voir aussi:

Attentat de Boston: Le FBI lance un appel à témoin pour identifier deux suspects

Philippe Berry

20 minutes

19/04/2013

ETATS-UNIS – Des photos et une vidéo ont été publiées. Selon les autorités, le suspect numéro 2 est vu en train de déposer un sac à dos près de la ligne d’arrivée…

De notre correspondant aux Etats-Unis

Ce sont les deux hommes les plus recherchés des Etats-Unis. Jeudi, trois jours après le double attentat de Boston, le FBI a dévoilé des photos et une vidéo de deux «suspects». Les autorités demandent l’aide du public pour identifier les deux hommes, décrits comme «extrêmement dangereux».

La vidéo, filmée par plusieurs caméras de surveillance

Deux hommes relativement jeunes

La mauvaise qualité des images ne permet pas de déterminer avec exactitude leur âge ou leur race. Ils marchent sans se presser. L’un porte une casquette de golf sombre et des lunettes de soleil (suspect #1). L’autre a une casquette blanche portée à l’envers, qui laisse davantage voir son visage (suspect #2). Ils ont tous les deux un sac à dos.

Pourquoi sont-ils considérés comme suspects?

Le FBI aurait pu les qualifier de «personnes d’intérêt» mais le terme «suspect» est plus fort.Sur une autre vidéo non dévoilée, le suspect #2 est vu en train de déposer son sac à dos au niveau du site de la seconde explosion, quelques minutes avant la détonation, selon le FBI. Le sac à dos du premier ressemble aux restes de celui retrouvé au niveau de la ligne d’arrivée. Les deux hommes marchent ensemble, à quelques mètres de distance.

Les internautes au travail

Sur Reddit, un fil de discussion a rassemblé plus de 2.000 commentaires en moins d’une heure. Le modèle des casquettes a vite été identifié (Bridgestone et Ralph Lauren). Un internaute appelle tous ceux présents sur la ligne d’arrivée, lundi, à se replonger dans leurs photos pour essayer d’en dénicher une de meilleure définitions que celles des caméras de vidéosurveillance. Un autre demande aux redditeurs de ne publier ni noms ni adresses, pour éviter les erreurs et un lynchage accidentel. «Innocent until proven guilty», rappelle un dernier, alors que le New York Post a publié, la veille, une photo de deux prétendus «suspects». Ils ont depuis été innocentés par les autorités.

L’analyste de Tom Fuentes, ex-directeur adjoint du FBI

«Ce qui frappe, c’est le confort, la nonchalance, avec laquelle ils marchent, surtout pour des hommes, si ce sont les coupables, qui portent une bombe dans leur sac à dos. C’est le signe d’une confiance et d’une expérience avec les explosifs qu’on peut trouver chez des ex-soldats ou des militants terroristes», analyse Fuentes, interrogé sur CNN, jeudi soir.

Combien de temps avant une identification?

Une source au FBI dit à Reuters que les autorités espèrent les identifier «en quelques heures». Selon CBS, le FBI dispose déjà de plusieurs pistes.

Voir de même:

Attentats à Boston : les internautes mènent leur propre enquête

Blandine Le Cain

8/04/2013

Une chasse à l’homme a été lancée sur les réseaux sociaux pour identifier des suspects potentiels, après l’appel du FBI à fournir toutes les photos et vidéos disponibles.

Les forces de police américaines redoublent d’effort pour mettre la main sur le ou les responsables des explosions du marathon de Boston. Les spectateurs présents ont été invités par le FBI à fournir tous les éléments – photos, vidéos, témoignages – qui pourraient les y aider. Un appel massivement suivi, qui a engendré une enquête parallèle et communautaire sur les réseaux sociaux.

Une page Findbostonbombers (Trouver les terroristes de Boston) a été lancée sur le site Reddit, réseau social de partage de liens qui sont soumis au vote des internautes. En 24 heures d’existence, elle affiche plus de 200 discussions. Le principe? Les internautes postent photos et vidéos du marathon, puis observent, zooment, recoupent et partagent leur moindre soupçon, cercles colorés et flèches à l’appui, pour débusquer le moindre suspect.

Une marque de sac, un vêtement, un simple «air suspect» ou «inquiétant», et les théories s’échaffaudent au fil des centaines de commentaires: «L’homme au manteau noir et au sweat gris (à gauche). Sa réaction est bizarre (…) Il ne se retourne pas vers le son de l’explosion (comme les autres), il continue d’avancer…», pointe un internaute. Ou encore: «Comment le sac de cette femme s’est retrouvé de l’autre côté de la barrière? Peut-il contenir la bombe?» Apparaissent alors «suspect potentiel», hyptohèse «plausible», «théorie»… La traque numérique s’organise: des albums photos ont été créés, ainsi qu’un document Google, que chacun peut alimenter. Il récapitule les indices: explosifs utilisés, caractéristiques de la Cocotte-Minute, listings des possibles suspects.

Des risques de dérive

Les concordances repérées par des internautes peuvent orienter les enquêteurs du FBI, auprès de qui certains contributeurs disent avoir témoigné. Les enquêteurs ont d’ailleurs reconnu avoir eu écho d’une photo montrant une silhouette sur un toit, postée sur Twitter, et qui avait agité de nombreux membres, même s’ils refusent de commenter toute photo émanant du grand public. Le site Reddit permet par ailleurs de valoriser les indices bien argumentés. Mais les risques de dérive existent.

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Des médias ont ainsi relaté l’histoire du «Blue Robe Guy», «l’homme en robe de chambre bleue», surnommé ainsi à cause de la veste bleue qu’il porte. Son sac à dos ressemble à celui retrouvé par les enquêteurs, il a été aperçu près du lieu des explosions. Certains ajoutent qu’il «correspond au profil du type de personnes ayant fait cela». Des éléments faibles, mais qui ont poussé des internautes à poster des photos de lui sur Facebook afin de l’identifier, sans précaution.

À mesure que cette enquête communautaire prend de l’ampleur, les critiques émergent. Y compris parmi les contributeurs: «Nous n’avons pas plus de dix sources», tempère un internaute, pour qui ce travail de recherche ne se fait pas «parce qu’on a une chance de trouver le terroriste», mais parce que «c’est rassurant». «Il y a plus de chance de “trouver le terroriste” en faisant ça qu’en ne le faisant pas», lui rétorque un autre utilisateur. Des phénomènes similaires avaient été observés lors de la tuerie de Newtown. Résultat: une mauvaise information sur le nom – Ryan Lanza au lieu d’Adam Lanza – avait mis à l’index toute une série d’innocents.

Voir également:

Explosions au marathon de Boston: le souvenir des attentats d’Atlanta 96

Yannick Cochennec

Slate

15/04/2013

On a encore que très peu de détails sur les explosions qui ont eu lieu ce 15 avril 2013 à la fin du marathon de Boston. Néanmoins, ce n’est pas la première fois qu’un événement sportif est endeuillé aux Etats-Unis. Au premier rang, bien sûr, les Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

A la veille des JO, les autorités américaines avaient affiché leur sérénité dans le sillage de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City, survenu le 19 avril 1995 et qui avait fait 168 morts et des centaines de blessés, carnage réalisé sous l’autorité de Timothy McVeigh. «Je pense pouvoir affirmer que nos plans de sécurité ont été conçus dès le début avec le potentiel d’une telle tragédie à l’esprit», avait déclaré A.D. Frazier, l’officier responsable de la sécurité au comité d’organisation des Jeux d’Atlanta.

L’explosion d’un Boeing de la TWA reliant New York à Paris à quelques heures du début des Jeux olympiques avait toutefois entraîné une vigilance encore plus accrue. Mais en dépit de la mise en place d’un dispositif très onéreux et contraignant, une bombe avait explosé en pleins Jeux, au parc du Centenaire, le 27 juillet à 1h09 du matin. Bilan: 2 morts et quelque 150 blessés.

L’affaire tourna d’abord à la confusion lorsqu’un procès médiatique fut intenté à Richard Jewells après l’attentat. Cet agent de sécurité avait trouvé un paquet suspect avant que les bombes n’explosent. Désigné «suspect numéro un» par le FBI, il était devenu la cible des médias américains qui avaient vite fait le raccourci entre suspect et coupable.

Le vrai coupable, Eric Rudolph, un militant anti-avortement, fut arrêté seulement le 31 mai 2003 après des années de traque. Lors de sa comparution, il lut cette déclaration au sujet de ses motivations au-delà d’autres crimes commis dans le sud des Etats-Unis contre des cliniques pratiquant l’avortement:

«A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies.»

Eric Rudoph fut condamné à la prison à vie en 2005.

Wednesday, Apr 17, 2013 01:24 AM CEST

Voir aussi:

Let’s hope the Boston Marathon bomber is a white American

There is a double standard: White terrorists are dealt with as lone wolves, Islamists are existential threats

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Let's hope the Boston Marathon bomber is a white AmericanTimothy McVeigh, Osama Bin Laden(Credit: AP/David Longstreath)
Updated: Sirota responds to critics of this piece over here.

As we now move into the official Political Aftermath period of the Boston bombing — the period that will determine the long-term legislative fallout of the atrocity — the dynamics of privilege will undoubtedly influence the nation’s collective reaction to the attacks. That’s because privilege tends to determine: 1) which groups are — and are not — collectively denigrated or targeted for the unlawful actions of individuals; and 2) how big and politically game-changing the overall reaction ends up being.

This has been most obvious in the context of recent mass shootings. In those awful episodes, a religious or ethnic minority group lacking such privilege would likely be collectively slandered and/or targeted with surveillance or profiling (or worse) if some of its individuals comprised most of the mass shooters. However, white male privilege means white men are not collectively denigrated/targeted for those shootings — even though most come at the hands of white dudes.

Likewise, in the context of terrorist attacks, such privilege means white non-Islamic terrorists are typically portrayed not as representative of whole groups or ideologies, but as “lone wolf” threats to be dealt with as isolated law enforcement matters. Meanwhile, non-white or developing-world terrorism suspects are often reflexively portrayed as representative of larger conspiracies, ideologies and religions that must be dealt with as systemic threats — the kind potentially requiring everything from law enforcement action to military operations to civil liberties legislation to foreign policy shifts.

“White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for your group to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening or threatened with deportation,” writes author Tim Wise. “White privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Dublin. And if he’s an Italian-American Catholic we won’t bomb the Vatican.”

Because of these undeniable and pervasive double standards, the specific identity of the Boston Marathon bomber (or bombers) is not some minor detail — it will almost certainly dictate what kind of governmental, political and societal response we see in the coming weeks. That means regardless of your particular party affiliation, if you care about everything from stopping war to reducing the defense budget to protecting civil liberties to passing immigration reform, you should hope the bomber was a white domestic terrorist. Why? Because only in that case will privilege work to prevent the Boston attack from potentially undermining progress on those other issues.

To know that’s true is to simply consider how America reacts to different kinds of terrorism.

Though FBI data show fewer terrorist plots involving Muslims than terrorist plots involving non-Muslims, America has mobilized a full-on war effort exclusively against the prospect of Islamic terrorism. Indeed, the moniker “War on Terrorism” has come to specifically mean “War on Islamic Terrorism,” involving everything from new laws like the Patriot Act, to a new torture regime, to new federal agencies like the Transportation Security Administration and Department of Homeland Security, to wars in Iraq and Afghanistan to mass surveillance of Muslim communities.

By contrast, even though America has seen a consistent barrage of attacks from domestic non-Islamic terrorists, the privilege and double standards baked into our national security ideologies means those attacks have resulted in no systemic action of the scope marshaled against foreign terrorists. In fact, it has been quite the opposite — according to Darryl Johnson, the senior domestic terrorism analyst at the Department of Homeland Security, the conservative movement backlash to merely reporting the rising threat of such domestic terrorism resulted in DHS seriously curtailing its initiatives against that particular threat. (Irony alert: When it comes specifically to fighting white non-Muslim domestic terrorists, the right seems to now support the very doctrine it criticized Democratic presidential candidate John Kerry for articulating — the doctrine that sees fighting terrorism as primarily “an intelligence-gathering, law-enforcement, public-diplomacy effort” and not something more systemic.)

Enter the Boston bombing. Coming at the very moment the U.S. government is planning to withdraw from Afghanistan, considering cuts to the Pentagon budget, discussing civil liberties principles and debating landmark immigration legislation, the attack could easily become the fulcrum of all of those contentious policy debates — that is, depending on the demographic profile of the assailant.

If recent history is any guide, if the bomber ends up being a white anti-government extremist, white privilege will likely mean the attack is portrayed as just an isolated incident — one that has no bearing on any larger policy debates. Put another way, white privilege will work to not only insulate whites from collective blame, but also to insulate the political debate from any fallout from the attack.

It will probably be much different if the bomber ends up being a Muslim and/or a foreigner from the developing world. As we know from our own history, when those kind of individuals break laws in such a high-profile way, America often cites them as both proof that entire demographic groups must be targeted, and that therefore a more systemic response is warranted. At that point, it’s easy to imagine conservatives citing Boston as a reason to block immigration reform defense spending cuts and the Afghan War withdrawal and to further expand surveillance and other encroachments on civil liberties.

If that sounds hard to believe, just look at yesterday’s comments by right-wing radio host Laura Ingraham, whose talking points often become Republican Party doctrine. Though authorities haven’t even identified a suspect in the Boston attack, she (like other conservatives) seems to already assume the assailant is foreign, and is consequently citing the attack as rationale to slam the immigration reform bill.

The same Laura Ingraham, of course, was one of the leading voices criticizing the Department of Homeland Security for daring to even report on right-wing domestic terrorism. In that sense, she perfectly embodies the double standard that, more than anything, will determine the long-term political impact of the Boston bombing.

At 1:30 p.m. ET Wednesday, David Sirota will be debating Breitbart.com’s Ben Shapiro on guns here.

David Sirota David Sirota is a nationally syndicated newspaper columnist, magazine journalist and the best-selling author of the books « Hostile Takeover, » « The Uprising » and « Back to Our Future. » E-mail him at ds@davidsirota.com, follow him on Twitter @davidsirota or visit his website

Voir également:

Le fait – Atlanta 1996

Un attentat qui a fait craindre le pire.

Près d’un quart de siècle après le premier attentat terroriste de l’histoire olympique (Munich, 1972), les Jeux ont encore tremblé sur leur socle centenaire à Atlanta avec l’explosion d’une bombe artisanale dans un parc du centre-ville.

Samedi 27 juillet 1996. Neuvième jour des Jeux. Il est 01H20 locale (05H20 GMT) dans le parc du Centenaire, situé en plein coeur d’Atlanta. Un lieu très fréquenté où les touristes et les jeunes se retrouvent pour faire la fête depuis le début des Jeux. L’ambiance est joyeuse et animée lorsqu’une violente explosion se produit. La panique s’empare de tout le monde. L’attentat fera un mort et plus de 110 blessés. Un caméraman turc décèdera d’une crise cardiaque en courant pour se rendre sur les lieux du drame.

La vigilance des forces de sécurité –plus de 35.000 personnes– a été prise en défaut dans un endroit et à un moment où on s’y attendait le moins. Le fameux FBI et les plus hautes autorités américaines avaient pourtant assuré qu’Atlanta serait « la ville la plus sûre du monde ».

La police prévenue.

C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc.

Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un « Américain blanc, sans accent particulier », avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion.

Richard Jewell (34 ans) est alors présenté comme le principal suspect dans la presse nationale et locale. Il sera lavé de tout soupçon par le FBI en octobre 1996 et obtiendra d’importants dédommagements.

Ce nouvel acte de violence est condamné par les autorités du monde entier, à commencer par le président Bill Clinton qui dénonce « un acte de terreur maléfique et lâche ». Le chef de l’état américain précise aussi que « toutes les mesures nécessaires » seront prises pour protéger les athlètes.

Les Jeux continuent.

Très vite, environ trois heures après, le CIO réagit par la voix de son vice-président, le prince Alexandre de Mérode, qui déclare que les Jeux d’Atlanta continueront. « Je viens d’avoir au téléphone le président Samaranch et je peux vous confirmer que les Jeux continueront », déclare-t-il à l’AFP.

Et, de fait, les compétitions reprennent. Une minute de silence est observée sur tous les sites et les drapeaux olympiques sont mis en berne en ce samedi 27 juillet, l’une des journées phares des JO avec notamment l’épreuve-reine: la finale du 100 mètres en athlétisme.

Lors de la cérémonie de clôture, Juan Antonio Samaranch reviendra sur cet attentat en faisant observer une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats des JO de Munich et d’Atlanta. « Aucun acte de terrorisme n’a jamais détruit ni ne détruira jamais le Mouvement olympique, affirmera-t-il dans son allocution aux quelque 83.000 personnes du stade olympique. J’aimerais à présent vous demander de vous lever et d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes de ces actes terribles ».

Plus de deux ans après l’attentat, la justice américaine identifiera son auteur présumé. Il s’agit d’Eric Rudolph (32 ans), proche des milices et mouvements religieux extrémistes hostiles au gouvernement fédéral, également soupçonné de deux autres attentats commis dans la région d’Atlanta dans les mois suivants. Un mandat d’arrêt a été rendu public le 14 octobre 1998 contre Rudolph qui demeure toujours introuvable en dépit de recherches menées par des centaines d’agents des forces de l’ordre.

Voir encore:

L’auteur présumé de l’attentat des Jeux olympiques d’Atlanta a été arrêté

Eric Leser

Le Monde

03.06.03

Après cinq ans de recherches, la police américaine a capturé, samedi 31 mai, Eric Robert Rudolph. Ce « survivaliste », héros de l’extrême droite américaine, est accusé d’avoir fait exploser trois autres bombes

Après cinq années de cavale dans les forêts des Appalaches, le « survivaliste » Eric Robert Rudolph, 36 ans, a été arrêté par hasard, samedi 31 mai, dans la petite ville de Murphy, en Caroline du Nord. Un policier débutant, Jeffrey Postell, 21 ans, l’a interpellé à 3 heures du matin pour une simple tentative de vol dans un supermarché.

Il a été identifié un peu plus tard au commissariat. Avant les attaques du 11 septembre 2001, Eric Rudolph était l’un des hommes les plus recherchés par le FBI. Il est considéré comme étant l’auteur de quatre attentats à la bombe, dont celui en juillet 1996 à Atlanta pendant les Jeux olympiques. Il aurait au total tué deux personnes et blessé plus d’une centaine d’autres. La police fédérale s’était lancée à sa poursuite en 1998 avec des moyens considérables, mais avait été incapable de le retrouver. Il a disparu dans les montagnes, devenant aux yeux des organisations d’extrême droite américaines un héros, vivant dans la nature et narguant l’Etat fédéral. Au plus fort de la chasse à l’homme, les T-shirts et autres autocollants avec l’inscription « Run, Rudolph, run » (Cours, Rudolph, cours) et « Eric Rudolph the Hide and Seek Champion of the World » (Eric Rudolph champion du monde de cache-cache) se vendaient par milliers en Caroline du Nord. Deux chansons country ont même été écrites à sa gloire. Le FBI enquête sur les complicités dont il aurait bénéficié. Il pense avoir retrouvé son campement, à quelques centaines de mètres de la ville. Quand il a été interpellé, il était certes amaigri mais en parfaite santé, cheveux courts, et vêtements impeccables.

Selon les enquêteurs, Eric Rudolph aurait posé le 27 juillet 1996 la bombe remplie de clous et de morceaux de métal qui a tué Alice Hawthorne, 44 ans, et blessé plus d’une centaine de personnes au Parc olympique du centenaire à Atlanta. L’explosion s’était produite pendant un concert et avait provoqué une incroyable panique. A l’époque, l’arrêt des Jeux avait même été évoqué. Les autorités avaient rapidement arrêté Richard Jewell, un garde de sécurité, avant de le libérer et de le disculper après une controverse sur la façon dont l’enquête était menée. Six mois plus tard, le 16 janvier 1997, deux bombes explosaient à l’extérieur d’un centre de planning familial à Atlanta, blessant sept passants. Le 21 février, un autre attentat à l’explosif, toujours à Atlanta, était commis devant une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, blessant cinq personnes. Un deuxième engin, qui devait sauter à l’arrivée des équipes de secours, était rendu inoffensif au dernier moment par la police. Enfin, le 29 janvier 1998, une bombe sautait près d’un centre médical pratiquant l’avortement à Birmingham dans l’Alabama, tuant l’officier de police Robert Sanderson et rendant presque aveugle l’infirmière Emily Lyons.

Eric Rudolph, qui a abandonné le collège pour s’engager dans l’armée entre 1987 et 1989 avant d’être renvoyé pour avoir fumé de la drogue, était alors repéré alors qu’il s’enfuyait des abords de la clinique. Un témoin avait retenu le numéro de la plaque de son pick-up immatriculé en Caroline du Nord.

Les différents attentats avaient été revendiqués par une mystérieuse organisation baptisée l’« Armée de Dieu ». Les lettres envoyées aux médias utilisaient les mêmes termes et expressions qu’un groupe de suprématistes blancs opposé à l’avortement, à l’homosexualité et antisémite, Christian Identity, dont le quartier général se trouve près de la ville de Murphy. Le FBI faisait alors le rapprochement avec Eric Rudolph. Au printemps 1998, des centaines d’agents étaient envoyés à sa recherche dans la forêt nationale de Nantahala. Mais il échappait aux chiens, aux hélicoptères, aux détecteurs électroniques et aux patrouilles de volontaires. Une récompense de 1 million de dollars pour sa capture ne donnait pas non plus le moindre résultat. Après des mois d’échec, un agent du FBI évoquait même la possibilité qu’il soit mort dans les bois.

Eric Rudolph comparaît lundi 2 juin devant la Cour fédérale d’Asheville en Caroline du Nord et sera transféré ensuite à Birmingham ou à Atlanta. S’il est jugé coupable, il est passible de la peine de mort. « C’est un message à tous les terroristes, nationaux ou étrangers. Nous ne cesserons pas de les poursuivre », a déclaré, le 31 mai, John Ashcroft, le ministre américain de la justice.

Voir enfin:

Excerpts from Eric Rudolph’s statement

The Associated Press

USA today

4/13/2005

Excerpts from Eric Rudolph’s written statement, handed out by his attorneys Wednesday after his guilty pleas to four bombings across the South, including the deadly blast at the 1996 Atlanta Olympics. The statement marked the first time Rudolph has offered a motive for the attacks. He entered the pleas in exchange for prosecutors not seeking the death penalty:

« I have deprived the government of its goal of sentencing me to death. »

« The fact that I have entered an agreement with the government is purely a tactical choice on my part and in no way legitimates the moral authority of the government to judge this matter or impute my guilt. »

« Abortion is murder. And when the regime in Washington legalized, sanctioned and legitimized this practice, they forfeited their legitimacy and moral authority to govern. »

« I am not an anarchist. I have nothing against government or law enforcement in general. It is solely for the reason that this government has legalized the murder of children that I have no allegiance to nor do I recognize the legitimacy of this particular government in Washington. »

« There are those who would say to me that the system in Washington works. They say that the pro-life forces are making progress, that eventually Roe v. Wade will be overturned, that the culture of life will ultimately win over the majority of Americans and the horror of abortion will be outlawed. Yet, in the meantime thousands die everyday. … I ask these peaceful Christian law-abiding Pro-Life citizens, is there any point at which all of the legal remedies will not suffice and you would fight to end the massacre of children? How many decades have to pass, how many millions have to die? … I think that your inaction after three decades of slaughter is a sufficient answer to all of these questions. »

« No politician in Washington will ever seriously threaten abortion on demand. And the fools who listen to them, in their hearts, know this but do not care. You so-called ‘Pro-Life,’ ‘good Christian people’ who point your plastic fingers at me saying that I am a ‘murderer,’ that ‘two wrongs don’t make a right,’ that even though ‘abortion is murder, those who would use force to stop the murder are morally the same,’ I say to you that your lies are transparent. »

« Answer me, is the causus belli of promoting democracy in the Middle East more weighty for waging war than the systematic murder of your own citizens? »

« Along with abortion, another assault upon the integrity of American society is the concerted effort to legitimize the practice of homosexuality. Homosexuality is an aberrant sexual behavior, and as such I have complete sympathy and understanding for those who are suffering from this condition. Practiced by consenting adults within the confines of their own private lives, homosexuality is not a threat to society. Those consenting adults practicing this behavior in privacy should not be hassled by a society which respects the sanctity of private sexual life. But when the attempt is made to drag this practice out of the closet and into the public square in an « in your face » attempt to force society to accept and recognize this behavior as being just as legitimate and normal as the natural man/woman relationship, every effort should be made, including force if necessary, to halt this effort. »

« Any conscientious individual afflicted with homosexuality should acknowledge that a healthy society requires a model of sexual behavior to be held up and maintained without assault. Like other humans suffering from various disabilities homosexuals should not attempt to infect the rest of society with their particular illness. »

On the Olympic Park bombing, which killed one person and wounded 111:

« For many years I thought long and hard on these issues and then in 1996 I decided to act. In the summer of 1996, the world converged upon Atlanta for the Olympic Games. Under the protection and auspices of the regime in Washington millions of people came to celebrate the ideals of global socialism. Multinational corporations spent billions of dollars, and Washington organized an army of security to protect these best of all games. Even thought (sic) the conception and purpose of the so-called Olympic movement is to promote the values of global socialism, as perfectly expressed in the song « Imagine » by John Lennon, which was the theme of the 1996 Games — even though the purpose of the Olympics is to promote these despicable ideals, the purpose of the attack on July 27th was to confound, anger and embarrass the Washington government in the eyes of the world for its abominable sanctioning of abortion on demand. »

« The plan was to force the cancellation of the Games, or at least create a state of insecurity to empty the streets around the venues and thereby eat into the vast amounts of money invested. The plan was conceived in haste and carried out with limited resources, planning and preparation — it was a monster that kept getting out of control the more I got into it. Because I could not acquire the necessary high explosives, I had to dismiss the unrealistic notion of knocking down the power grid surrounding Atlanta and consequently pulling the plug on the Olympics for their duration. »

« The plan that I finally settled upon was to use five low-tech timed explosives to be placed one at a time on successive days throughout the Olympic schedule, each preceded by a forty to fifty minute warning given to 911. The location and time of detonation was to be given, and the intent was to thereby clear each of the areas, leaving only uniformed arms-carrying government personnel exposed to potential injury.

« The attacks were to have commenced with the start of the Olympics, but due to a lack of planning this was postponed a week. I had sincerely hoped to achieve these objections without harming innocent civilians. »

« After the disaster at Centennial Park, I resolved to improve my devices and focus the blasts upon a very narrow target. Towards this end I acquired a quantity of high explosives (dynamite). »

On the 1997 bombing at a women’s health clinic in Sandy Springs, Ga., which involved two explosive devices and wounded six people:

« The abortion mill was closed that day but occasionally there was staff on hand to clean their blood-stained equipment, and these minions and the facility itself were the targets of the first device. The second device placed at the scene was designed to target agents of the Washington government. »

On the 1997 bombing on the gay nightclub in Atlanta, which wounded five patrons:

« The first device was designed not necessarily to target the patrons of this homosexual bar, but rather to set the stage for the next device, which was again targeted at Washington agents. The attack itself was meant to send a powerful message in protest of Washington’s continued tolerance and support for the homosexual political agenda. »

On the 1998 bombing at a women’s health clinic in Birmingham, Ala., which killed an off-duty police officer and maimed a nurse:

« The object was to target the doctor-killer, but because the device was prematurely discovered by the security guard, it had to be detonated with only the assistant-killers in the target area. … I had nothing against Lyons and Sanderson. They were targeted for what they did, not who they were as individuals. »

On his five years on the lam:

« Washington was lucky that day in Birmingham, they had a witness who happened into a fortuitous position, and my truck was identified. I knew something was amiss based upon the early reports coming out of Birmingham so I prepared to make a move as I debated within myself whether or not to run or fight them in court. I chose the woods. »

« The next year was a starving time. Hunted and haggard, I struggled to survive. But I am a quick study, and so I learned to adapt to my situation. I adapted so well, I decided to take my fight to my enemies.


Patrimoine: Cachez cet argent que je ne saurai voir ! (No money please, we’re French!)

17 avril, 2013
http://st-takla.org/Gallery/var/albums/Bible/Illustrations/Coloured-Picture-Bible/www-St-Takla-org--foolish-servant.jpg?m=1312679898Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. (…) Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître. (…) Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres. Son maître lui dit: C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup. (…)  Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit: Seigneur,  (…) j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné;il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Jésus (Matthieu 25: 14-21)
Quand les riches s’habituent à leur richesse, la simple consommation ostentatoire perd de son attrait et les nouveaux riches se métamorphosent en anciens riches. Ils considèrent ce changement comme le summum du raffinement culturel et font de leur mieux pour le rendre aussi visible que la consommation qu’ils pratiquaient auparavant. C’est à ce moment-là qu’ils inventent la non-consommation ostentatoire, qui paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus. (…) Plus nous sommes riches en fait, moins nous pouvons nous permettre de nous montrer grossièrement matérialistes car nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. René Girard
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu … Vauban (1689)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne!” … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (1881)
Autrefois pour faire sa cour on parlait d’amour (…) Aujourd’hui (…) Pour séduire le cher ange (…) On lui glisse à l’oreille (…) Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer et du Dunlopillo … Boris Vian
Argent : cause de tout le mal. Gustave Flaubert Dictionnaires des idées reçues (1850-1880)
Mon seul adversaire, celui de la France, n’a jamais cessé d’être l’argent. De Gaulle (1952)
« L’Argent », vous savez » l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! Mitterrand (1971)
Nos sociétés ont essayé de réagir, avec le communisme, contre la misère et l’inégalité. (…) Mais le libéralisme est lui aussi dangereux et conduira aux mêmes excès. (…) Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme, et qu’il conduira aux mêmes excès. L’un comme l’autre sont des perversions de la pensée humaine. (…) Je ne crois pas au libéralisme qui est, à mon avis, une forme de déviance. Jacques Chirac ( 2007)
Je n’aime pas les riches, j’en conviens. François Hollande
Dans cette bataille, mon véritable adversaire, c’est la finance. François Hollande (2012)
Je ne veux pas réguler le capitalisme, je veux l’étrangler. Jean-Luc Mélenchon
Au-dessus de 360 000 euros, il prend tout ! Le candidat du Front de gauche entend taxer à 100% tous les revenus annuels supérieurs à 360 000 euros par an. C’est-à-dire 30 000 euros mensuels. L’Express
La domination du capitalisme empêche toute véritable démocratie. Seul l’Etat, appuyé sur un secteur public puissant, peut faire reculer la domination de l’argent. Alain Touraine
Quand on évoque le rapport des Français à l’argent, c’est toujours, implicitement, pour l’opposer à la façon décomplexée et sans tabous dont les Américains l’aborderaient. La France serait ce pays frileux, taiseux et prude, face au grand corps sain et prodigue du monde anglo-saxon. Mais les choses sont un peu plus compliquées. Philippe Chanial, auteur de La Société du don (La Découverte), maître de conférences en sociologie à l’université de Paris-Dauphine et secrétaire général du Mauss (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), le rappelle : « Certains vont épingler l’absence de générosité des Français, mais il y aussi la figure du Français vu sous l’angle du sans-culotte, symbole de l’égalitarisme !  » (…) Si les Français sont hostiles à l’argent, ce n’est pas uniquement pour des mauvaises raisons, des héritages mal digérés de culture paysanne, de catholicisme étroit ou de marxisme rance. « Dans la tradition française, héritée de la Révolution, poursuit Philippe Chanial, la figure du citoyen suppose l’égalité matérielle. Pour Rousseau, une communauté politique ne peut pas exister avec des inégalités de richesse trop fortes. Il ne s’agit pas de raisons simplement morales, mais politiques : quand les gens sont trop pauvres, ils risquent d’être asservis, or, justement, l’égalité – comme la liberté, d’ailleurs – suppose d’abord la non-domination, le refus de toute forme de servitude. » Ainsi, le rapport méfiant que nous entretiendrions à l’argent ne viendrait pas seulement de basses raisons psychologiques – une vision pudibonde, hypocrite, envieuse, façon Père Goriot –, mais trouverait son origine dans une haute vision de la politique qui coulerait dans nos veines plus ou moins consciemment. Aussi cela peut-il paraître un peu absurde de comparer sans cesse les Français aux Anglo-Saxons, alors que nous sommes issus d’une histoire totalement différente. On est presque gêné de rappeler que si les Américains témoignent d’un rapport si décomplexé à l’argent, c’est que – comme l’a montré Max Weber, dans son légendaire ouvrage L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme – le protestantisme a opéré un renversement de valeurs, où la richesse, devenant un signe d’élection divine, va donner une parfaite bonne conscience au faiseur d’argent. Elle « a modelé l’image du pionnier individualiste, du self-made man, qui est complètement étrangère à la conception française de la citoyenneté, où la reconnaissance du mérite individuel est en quelque sorte enchâssée dans une représentation forte de l’être-ensemble, inséparable d’une solidarité globale. » (…) Bien sûr on pourra faire remarquer que la tradition républicaine s’est essoufflée, qu’elle a connu de sérieux ratés, ce qui a provoqué une vraie conversion libérale dans notre pays. Nombre d’enquêtes ont ainsi attesté, ces dernières années, que les Français s’étaient réconciliés avec l’argent, que celui-ci était démythifié, dépassionné, dédramatisé, comme en témoigne l’engouement pour la Bourse. En 1998, un sondage exclusif publié dans Le Nouvel Observateur montrait que les Français associaient l’argent à des mots positifs comme « sécurité » (79 %), « plaisir » (75 %), « pouvoir » (71 %), « réussite » (71 %), « épanouissement » (59 %), alors que des termes négatifs comme « nuisance » ou « immoralité », qui s’imposaient autrefois, étaient à peine évoqués. L’économiste Jacques Marseille pouvait écrire dans l’hebdomadaire : « Nous sommes en train de vivre la fin de l’exception française. Tout se passe comme si les Français avaient compris que l’argent, avant d’être corrupteur, était l’instrument indispensable de toute économie d’échange. » C’était avant la crise. Depuis qu’elle a déferlé, les Français semblent avoir retrouvé certains de leurs anciens réflexes face à l’argent fou et aux inégalités criantes, tant le principe égalitariste est inscrit dans notre ADN culturel. Philo magazine
Les Français n’aiment pas parler d’argent mais ils adorent savoir. Janine Mossuz-Lavau
C’est la grande différence avec les États-Unis, où, au contraire, on parle beaucoup d’argent et où il n’est pas inhabituel qu’on vous demande dans la conversation combien vous gagnez. (…) Il y a trois raisons principales. La première tient à la culture paysanne. À une, deux, ou trois générations, nous sommes tous issus du monde paysan, où l’argent n’était pas à la banque, mais restait caché à la maison. On ne devait pas en parler, pour ne pas se le faire voler et ne pas attiser les convoitises. La seconde raison est la prégnance de la culture catholique, dans laquelle l’Église doit être tournée vers les pauvres. L’argent et la richesse ne doivent en aucun cas être la préoccupation première. Et puis, il existe une empreinte du marxisme sur toute une frange de la population de gauche. Il est resté, dans l’esprit des gens, l’idée que le profit, « ce n’est pas bien ». (…) Aux États-Unis, par exemple, il y a une obsession de l’argent beaucoup plus forte que chez nous, dans la mesure où les Américains doivent se préoccuper en permanence d’en trouver, non seulement pour vivre, mais aussi pour se soigner ou pour assurer les études de leurs enfants. Toutes choses qui sont accessibles gratuitement chez nous. (…) L’hypothèse qu’on peut devenir riche en travaillant beaucoup est rarement avancée. Janine Mossuz-Lavau

A l’heure, où strip poker suite à l’affaire Cahuzac oblige, nos gouvernants nous convient à présent à un véritable potlatch de scooters et vélos

Pendant qu’à l’instar de nos Obama ou Hollande, notre tribun néo-stalinien et multi cumulard national qui, avant sa démission du Sénat suite à son élection au parlement européen en juin 2009 aurait émargé pendant au mois quelques mois (entre ses mandats et indemnités de parlementaire européen et sénateur français entre juillet 2009 et janvier 2010 ?) à quelque 30 000 euros mensuels et donc 360 000 annuels, propose de confisquer comme par hasard les revenus de tous ceux qui auraient gagné plus  …

Retour avec la sociologue Janine Mossuz-Lavau …

Entre culture paysanne, catholicisme et marxisme plus ou moins bien digérés …

Sur ce tabou si français de l’argent de la fille aînée de l’Eglise

« L’argent est encore plus tabou que la sexualité »

Propos recueillis par Guirec Gombert

Le Figaro

0/08/2007

Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Centre de la vie politique française, estime que les jeunes osent plus parler d’argent que les générations pércédentes.

Le Figaro.fr : L’argent demeure-t-il tabou pour les Français ?

Janine Mossuz-Lavau : D’après mon enquête ce sujet est encore plus tabou que la sexualité. A mon sens, trois raisons continuent de l’expliquer. La première est que nous sommes tous issus d’une culture paysanne où l’on gardait l’argent à la maison. Il ne fallait pas en parler par peur de se le faire voler, et le conserver en cas de coups durs, de mauvaises récoltes notamment. La deuxième raison tient au catholicisme, qui est la religion des pauvres. Une phrase de l’évangile que l’on prête à Jésus le résume très bien : « Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour le riche d’entrer au royaume des cieux. » Enfin, la troisième raison est l’influence du marxisme. Nous avons retenu que le profit c’est immoral. Il suffit de se rendre à un dîner entre amis pour constater que nous ne savons pas forcément combien les gens gagnent et nous n’en parlons pas si facilement. Cela change doucement chez les jeunes, plus à l’aise pour en parler.

Les hommes et les femmes ont-il un rapport différent à l’argent ?

Pas vraiment, j’ai eu autant de cas de femmes dépensières ou économes que d’hommes. Les jeunes femmes sont peut-être plus facilement dans le rouge, ou en interdit bancaire. Dans l’étude de la Sofres, elles apparaissent comme plus prévoyantes mais cela n’est pas une donnée absolue. En revanche, l’argent reste plus valorisé chez les hommes. Dans notre société, l’homme reste le pourvoyeur de la société, c’est lui qui apporte l’argent au ménage. D’ailleurs, il est rare que les femmes aient des revenus supérieurs aux hommes. Et quand c’est le cas, cela n’est pas sans poser problème. Il y a des cas où l’homme au chômage sent un regard de commisération. Mais c’est surtout chez les femmes qu’il y a un malaise, pour elles, il ne faut pas faire sentir qu’elles gagnent plus d’argent. L’égalité n’est pas encore réalisée dans ce domaine. La question se pose toujours chez les jeunes, le garçon doit inviter la fille pour séduire, même s’ils ont pris l’habitude de se dire on fait « moit-moit ».

L’argent demeure un gage de sécurité dans les mentalités?

Nous vivons dans un monde d’insécurité, de précarité très forte. Il n’est pas assuré que l’on conservera son travail, le taux de chômage est fort, les bas salaires et les temps partiels sont nombreux.

Comment expliquer que tant de personnes aient envie de consommer sans en avoir les moyens ?

Dans notre société de consommation, les sollicitations sont permanentes, dans les vitrines, à la télé, sur Internet… Cela donne envie de bénéficier de choses agréables, mais les gens n’ont pas envie que de superflu. Certaines personnes ne cherchent que des choses nécessaires. J’ai eu le cas d’une femme dont la situation lui paraissait meilleure qu’auparavant car, au lieu d’un paquet de pâtes dans son placard, elle en avait désormais deux. D’ailleurs à mon sens l’étude de la Sofres devrait se lire différemment : quand les gens répondent qu’ils n’ont pas envie de dépenser, certains ont intégré qu’ils ne le pouvaient pas. Au final, ils n’ont même plus l’envie de dépenser.

Janine Mossuz-Lavau a notamment publié  »L’argent et nous », aux éditions La Martinière.

Voir aussi:

Janine Mossuz-Lavau : « En France, parler d’argent est encore tabou »

La publication du patrimoine des élus ne fait pas l’unanimité dans un pays où parler d’argent est toujours difficile.

La Croix

14/4/13

Entretien avec la politologue Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au Cevipof (1).

Comment expliquez-vous le malaise qui existe autour de la publication des déclarations de patrimoine de nos élus ?

Janine Mossuz-Lavau : Il tient au rapport que nous entretenons avec l’argent. Il est omniprésent dans nos vies, car on en a besoin, tout le monde en cherche et en veut plus. Mais la parole sur l’argent est encore largement taboue en France. En avoir est une chose, en parler est plus difficile.

C’est la grande différence avec les États-Unis, où, au contraire, on parle beaucoup d’argent et où il n’est pas inhabituel qu’on vous demande dans la conversation combien vous gagnez.

Comment expliquez-vous cette réticence à afficher son argent  ?

J. M.-L. : Il y a trois raisons principales. La première tient à la culture paysanne. À une, deux, ou trois générations, nous sommes tous issus du monde paysan, où l’argent n’était pas à la banque, mais restait caché à la maison. On ne devait pas en parler, pour ne pas se le faire voler et ne pas attiser les convoitises.

La seconde raison est la prégnance de la culture catholique, dans laquelle l’Église doit être tournée vers les pauvres. L’argent et la richesse ne doivent en aucun cas être la préoccupation première.

Et puis, il existe une empreinte du marxisme sur toute une frange de la population de gauche. Il est resté, dans l’esprit des gens, l’idée que le profit, « ce n’est pas bien ».

Y a-t-il une spécificité française dans ce domaine ?

J. M.-L. : Aux États-Unis, par exemple, il y a une obsession de l’argent beaucoup plus forte que chez nous, dans la mesure où les Américains doivent se préoccuper en permanence d’en trouver, non seulement pour vivre, mais aussi pour se soigner ou pour assurer les études de leurs enfants. Toutes choses qui sont accessibles gratuitement chez nous.

Notre État providence a, de ce point de vue, tendance à freiner la pression de l’argent. Mais les choses changent, car la crise et la remise en cause de notre modèle social contribuent fortement au retour de l’argent dans la préoccupation des Français.

On dit que les Français n’aiment pas les riches. Est-ce une réalité ?

J. M.-L. : Dans mon enquête (1), j’ai pu constater que les personnes qui étaient dans cette situation se plaignaient de n’être pas aimées, d’être tout le temps critiquées, alors qu’elles avaient le sentiment de se « défoncer » tous les jours pour gagner cet argent. De fait, les gens riches attisent la jalousie et le soupçon. On se demande forcément : d’où vient l’argent ? Soit c’est un héritage et on considère qu’il n’y a pas de mérite à en disposer ; soit vous l’avez gagné par vous-même et on va vous soupçonner d’avoir exploité des gens !

L’hypothèse qu’on peut devenir riche en travaillant beaucoup est rarement avancée. D’où le sentiment que le mérite n’est pas reconnu, même si, de ce point de vue, le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec son côté « bling-bling » a tenté de décomplexer les Français.

Recueilli par Céline Rouden

Voir également:

Combien gagnent nos élus ?

La Croix

14/4/13

Le président de la République et le premier ministre : 14 910 € brut par mois. Une rémunération qui a été baissée de 30 % en juillet 2012. Elle était auparavant de 21 300 € brut.

Les parlementaires : une indemnité de base de 7 100 € brut par mois. S’y ajoute une indemnité représentative des frais de mandat d’un montant de 5 770 € brut. Est mis en outre à leur disposition un crédit maximum de 9 504 € pour rémunérer des collaborateurs.

Les conseillers régionaux : de 1 520 € dans les régions de moins d’un million d’habitants à 2 661 € pour les plus de trois millions d’habitants.

Les conseillers généraux : de 1 520 € pour un département de moins de 250 000 habitants à 2 661 € à partir de 1,25 millions d’habitants.

Les maires : de 646 € pour une commune de moins de 500 habitants à 2 470 € (10 000 à 20 000 habitants), 3 421 € (20 000 à 50 000 habitants), 4 181 € (50 000 à 100 000 habitants), 5 212 € (à partir de 100 000 habitants).

Voir encore:

DossierExiste-t-il un esprit français ?

Un problème avec l’argent ?

Ils refusent d’avouer leur salaire, ont une réputation de pingres en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, sont hostiles au bling-bling… Mais pourquoi les Français sont-ils ainsi fâchés avec l’argent ? Si nos racines paysannes expliquent en partie notre culte de l’épargne et de la propriété immobilière, il est possible que la valeur républicaine de l’égalité soit la principale racine du tabou.

Philomag n°30

28/05/2009

« Mon seul adversaire, celui de la France, n’a jamais cessé d’être l’argent », déclarait de Gaulle en 1952. Quelques années plus tard, en 1971, François Mitterrand fustigeait « l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase. L’argent-roi qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». C’est bien connu : dans notre pays, l’argent n’a jamais eu bonne réputation. En témoignent les réactions outrées face au bling-bling sarkozien, les récentes indignations devant les revenus des patrons, ou la répugnance, plus ancrée, à avouer son salaire… Mais cette hostilité se mêle d’ambiguïté. Ne dit-on pas aussi que les Français sont avares ou obsédés par la propriété ? Et, ces temps-ci, n’ont-ils pas mieux résisté à la crise grâce au fait que, de tous les Occidentaux, ils sont ceux qui épargnent le plus ? Notre rapport à l’argent est complexe…

La défiance gauloise à son égard n’a rien d’un mythe. « En France, parler d’argent est encore plus dur que de parler de sexualité », constate la sociologue Janine Mossuz-Lavau, auteure d’une grande enquête parue en 2007, L’Argent et nous (La Martinière). « Cette hostilité s’explique par le fait que nous venons presque tous de familles paysannes. Dans la culture rurale, personne ne parlait d’argent car on l’avait tous en liquide à la maison. » Autre motif bien connu : le poids du catholicisme, religion tournée vers les humbles et qui n’a cessé de fustiger le pouvoir corrupteur des richesses. La sociologue rappelle aussi l’influence de la pensée marxiste sur une partie de la population, et le rôle de l’État providence, qui permet que l’on ait moins à évoquer l’argent dans les discussions et dans la vie quotidienne que dans un pays comme les États-Unis, où l’on doit à tout instant se soucier de payer pour tout : l’éducation, la santé, etc.

Quand on évoque le rapport des Français à l’argent, c’est toujours, implicitement, pour l’opposer à la façon décomplexée et sans tabous dont les Américains l’aborderaient. La France serait ce pays frileux, taiseux et prude, face au grand corps sain et prodigue du monde anglo-saxon. Mais les choses sont un peu plus compliquées. Philippe Chanial, auteur de La Société du don (La Découverte), maître de conférences en sociologie à l’université de Paris-Dauphine et secrétaire général du Mauss (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), le rappelle : « Certains vont épingler l’absence de générosité des Français, mais il y aussi la figure du Français vu sous l’angle du sans-culotte, symbole de l’égalitarisme ! »

« La France serait ce pays frileux, taiseux et prude, face au grand corps sain et prodigue du monde anglo-saxon. »

Préserver le pacte social

Si les Français sont hostiles à l’argent, ce n’est pas uniquement pour des mauvaises raisons, des héritages mal digérés de culture paysanne, de catholicisme étroit ou de marxisme rance. « Dans la tradition française, héritée de la Révolution, poursuit Philippe Chanial, la figure du citoyen suppose l’égalité matérielle. Pour Rousseau, une communauté politique ne peut pas exister avec des inégalités de richesse trop fortes. Il ne s’agit pas de raisons simplement morales, mais politiques : quand les gens sont trop pauvres, ils risquent d’être asservis, or, justement, l’égalité – comme la liberté, d’ailleurs – suppose d’abord la non-domination, le refus de toute forme de servitude. » Ainsi, le rapport méfiant que nous entretiendrions à l’argent ne viendrait pas seulement de basses raisons psychologiques – une vision pudibonde, hypocrite, envieuse, façon Père Goriot –, mais trouverait son origine dans une haute vision de la politique qui coulerait dans nos veines plus ou moins consciemment. Aussi cela peut-il paraître un peu absurde de comparer sans cesse les Français aux Anglo-Saxons, alors que nous sommes issus d’une histoire totalement différente. On est presque gêné de rappeler que si les Américains témoignent d’un rapport si décomplexé à l’argent, c’est que – comme l’a montré Max Weber, dans son légendaire ouvrage L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme – le protestantisme a opéré un renversement de valeurs, où la richesse, devenant un signe d’élection divine, va donner une parfaite bonne conscience au faiseur d’argent. Elle « a modelé l’image du pionnier individualiste, du self-made man, qui est complètement étrangère à la conception française de la citoyenneté, où la reconnaissance du mérite individuel est en quelque sorte enchâssée dans une représentation forte de l’être-ensemble, inséparable d’une solidarité globale. » Les protestations récentes contre les salaires mirobolants des patrons et les séquestrations de dirigeants proviendraient moins d’une « jalousie » face à ceux qui réussissent que du sentiment très fort, bien qu’inconscient, que le pacte social est rompu. C’est ainsi qu’il faut comprendre la réaction négative des Français face à l’épisode bling-bling de Nicolas Sarkozy l’an passé, ou face aux déclarations de Jacques Séguéla sur sa Rolex. Sarkozy « l’Américain » n’avait pas seulement commis une faute de goût, il avait transgressé cette culture de l’égalité qui nous tient ensemble.

Un rôle dans la refonte du capitalisme

Bien sûr on pourra faire remarquer que la tradition républicaine s’est essoufflée, qu’elle a connu de sérieux ratés, ce qui a provoqué une vraie conversion libérale dans notre pays. Nombre d’enquêtes ont ainsi attesté, ces dernières années, que les Français s’étaient réconciliés avec l’argent, que celui-ci était démythifié, dépassionné, dédramatisé, comme en témoigne l’engouement pour la Bourse. En 1998, un sondage exclusif publié dans Le Nouvel Observateur montrait que les Français associaient l’argent à des mots positifs comme « sécurité » (79 %), « plaisir » (75 %), « pouvoir » (71 %), « réussite » (71 %), « épanouissement » (59 %), alors que des termes négatifs comme « nuisance » ou « immoralité », qui s’imposaient autrefois, étaient à peine évoqués. L’économiste Jacques Marseille pouvait écrire dans l’hebdomadaire : « Nous sommes en train de vivre la fin de l’exception française. Tout se passe comme si les Français avaient compris que l’argent, avant d’être corrupteur, était l’instrument indispensable de toute économie d’échange. » C’était avant la crise. Depuis qu’elle a déferlé, les Français semblent avoir retrouvé certains de leurs anciens réflexes face à l’argent fou et aux inégalités criantes, tant le principe égalitariste est inscrit dans notre ADN culturel.

« Dans la conception française de la citoyenneté, la reconnaissance du mérite individuel est inséparable d’une solidarité globale. »

Philippe Chanial

Ce qui n’est pas forcément un défaut. Alors que l’on s’interroge ces temps-ci sur la façon de réformer le capitalisme, la France, dans son rapport particulier à l’argent, peut jouer un rôle dans la définition d’une nouvelle direction. Commentaire de Philippe Chanial : « Comme le disait Hannah Arendt, la France est la nation politique par excellence, celle où les rapports sociaux sont fondés sur un contrat égalitaire, sur une solidarité entre les membres. Cette tradition anti-utilitaire, qui n’est pas fondée sur la seule poursuite de son intérêt personnel, ne s’oppose pas forcément, comme on le croit souvent, à la réussite économique. Bien au contraire. Elle permet justement cette confiance entre les membres de la société qui permet de donner aux autres, de coopérer, d’entreprendre et de réussir. Dans cette logique, l’argent ne fait pas le bonheur, mais peut-être est-ce aussi le bonheur que procure ce type de relation qui “fait” l’argent. » En d’autres termes, la passion de l’égalité, à l’origine de l’hostilité française face aux richesses, pourrait aussi être à la base de cette confiance si nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme. Et le rapport des Français à l’argent pourrait ne pas être aussi ringard que ça.

Voir enfin:

Trois vélos, un combi, une 4L: les perles des déclarations de patrimoine des ministres

Marie Simon (avec Paul Chaulet)

L’Express

16/04/2013

Trois vélos, un fauteuil design, des terres agricoles, un découvert conséquent, un parking à Dijon… Quelques détails insolites se sont glissés dans les déclarations de patrimoine des ministres, publiées lundi soir. Quelques manques aussi.

Trois vélos, un combi, une 4L: les perles des déclarations de patrimoine des ministres

Un Combi Volkswagen comme celui du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Les déclarations de patrimoine des 37 ministres et du chef du gouvernement ont été publiées lundi soir, réservant quelques surprises insolites.

« Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer et du Dunlopillo… » Les ministres ont-ils fait preuve d’autant d’imagination que Boris Vian, lorsqu’il a fallu dresser la liste de leur patrimoine, rendu public ce lundi soir? Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, n’en a retenu qu’un élément: le « joli scooter ». Un Piaggio acheté 1500 euros en 2008, d’une valeur de 500 euros actuellement et qui n’est pas à vendre, si l’on se fie aux réponses négatives de la ministre aux internautes intéressés.

Un soutien marqué à l’industrie automobile française

Restons dans les véhicules, une case que seuls Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Manuel Valls (Intérieur) ont laissée vide. Les ministres ont un goût prononcé, naturel ou non, pour l’industrie automobile française. La Peugeot 407 a des adeptes, d’Arnaud Montebourg (Redressement industriel) à Vincent Peillon (Education nationale) en passant par Marisol Touraine (Santé).

La Renault Mégane et la Renault Twingo reviennent aussi souvent dans les déclarations. Et on a retrouvé l’un des rares acheteurs de la Velsatis, flop retentissant de la marque au losange: Alain Vidalies (Relations avec le Parlement). Outre une Twingo, Cécile Duflot (Logement)… n’a pas manqué de faire état de sa 4L, achetée 10 000 francs. Pas à vendre non plus. Valérie Fourneyron (Sports) reste fidèle à sa Citroën 2 chevaux.

Quant à Jean-Marc Ayrault, il soutient aussi le made in France, avec sa Citroën C4 Picasso. Mais le Premier ministre n’a pas oublié d’ajouter son Combi Volkswagen modèle 1988. Souvenir de ses années hippies ou de son passé de professeur d’allemand?

Trois vélos, deux bateaux et un fauteuil design…

On retient aussi les trois vélos de marques Décathlon, Peugeot et Gitane de Christiane Taubira (Justice), ou la moto BMW de Stéphane Le Foll (Agriculture). Loin de « tout ce qui roule », Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Réforme de l’Etat), eux, optent plutôt pour « tout ce qui flotte » et déclarent un bateau pêche promenade estimé à 4000 euros pour le premier, un bateau de marque Bénéteau d’une valeur de 2000 euros pour la seconde.

Si la place de parking sous-terrain qu’Arnaud Montebourg déclare à Dijon est « d’une valeur inconnue », on connaît en revanche le prix d’achat de son fauteuil du designer Charles Eames: 28 000 francs, en 1988. La perle de la déclaration de Delphine Batho (Environnement), elle, n’a pas été achetée mais léguée: il s’agit des photos de ses parents, les artistes-photographes Claude et John Batho, estimées à quelque 30 000 euros.

Ces deux éléments ne figurent pas, en réalité, dans la déclaration de patrimoine publiée: ce sont les ministres qui ont apporté ces précisions dans les médias. La case dans laquelle tombent ces miscellanées, les « biens mobiliers divers », ne présente souvent qu’un chiffre sans indication particulière. Chiffre tout petit pour certains… mais très coquet pour d’autres comme Anne-Marie Escoffier (Décentralisation) qui y déclare 275 000 euros de « on ne sait quoi », soit une très grosse partie de son patrimoine total d’environ 370 000 euros.

Passons aux logements des ministres. Un bel appartement à Paris et une (ou plusieurs) maison en province? Trop classique! Posséder un appartement à Dublin Nord comme Hélène Conway-Mouret (Français de l’étranger), voilà qui est plus original. Ou encore déclarer des terres agricoles. Dans cette catégorie, on retrouve Michel Sapin qui possède 433 hectares de terres et de bois dans l’Indre, son fief familial. Christiane Taubira aussi déclare plusieurs terrains en Guyane, Victorin Lurel (Outre-mer) en Guadeloupe et Michèle Delaunay (Affaires sociales) en Vendée.

L’âge de la ministre

On aura aussi découvert à cette occasion… des découverts. Un petit pour Christiane Taubira, qui s’élève à 173 euros sur un de ses comptes courants. Plus conséquent pour Laurent Fabius, avec un compte HSBC déficitaire de plus de 30 000 euros, mais sans doute pas pour longtemps compte tenu du patrimoine du ministre supérieur à 6 millions d’euros.

Yamina Benguigui (Francophonie), elle, a ramené à zéro euros deux de ses comptes en banque. Serait-elle fâchée avec les chiffres pour avoir omis d’indiquer son année de naissance? Un autre manque s’est glissé dans ces 38 inventaires à la Prévert: malgré son annonce dans les médias, Aurélie Filippetti n’a pas déclaré le Tshirt du footballeur David Beckham.


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