Gaza/Mossoul: Quand l’assassinat devient spectacle (Looking back at Laurent Murawiec’s prophetic texts on today’s convergence of Western inversion of values and Islamic thirst for genocide)

21 août, 2014
Gaza : 4 tués par un raid dans un enterrement Quatre Palestiniens ont été tués aujourd’hui dans la ville de Gaza lors d’un raid aérien sur un cimetière où ils enterraient des proches tués plus tôt, ont indiqué les services de secours. Ces nouvelles victimes, quatre hommes, portent à au moins 19 le nombre de Palestiniens tués aujourd’hui. Ce bilan inclut quatre enfants. Les enfants et les adolescents représentent plus du quart des près de 2070 Palestiniens tués depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 8 juillet. Le Figaro (21.08.14)
5 terroristes ont été ciblés à Gaza tandis qu’ils s’apprêtaient à tirer des roquettes depuis un cimetière. Il avait été utilisé hier pour viser Ashkelon. Depuis le début de l’Opération Bordure Protectrice, environ 130 roquettes ont été tirées depuis des cimetières à Gaza sur Israël. Armée de défense Israël  (21.08.14)
Les services de renseignements américains et britanniques tentent d’identifier l’auteur de la décapitation de James Foley. Il pourrait venir de Londres ou du sud-est de l’Angleterre. (…)  sur les images authentifiées par le FBI, l’homme s’exprime en anglais avec un accent britannique. (…) Une hypothèse confortée par le témoignage de plusieurs ex-otages interrogés par le quotidien. Ces derniers identifient le bourreau comme étant «John», un Londonien parti faire le djihad. Intelligent, instruit et croyant en l’Islam radical, il serait le leader d’un groupe de trois combattants d’origine britannique qui s’occuperait spécifiquement des otages étrangers et des négociations avec leurs familles. Ce groupe serait surnommé «les Beatles» par les otages, du fait de leur nationalité. Pour le Pr Peter Neumann, directeur du Centre international d’études sur la radicalisation (ICSR) au King’s College de Londres, le djihadiste de la vidéo n’a pas été choisi par hasard. «Peu importe sa nationalité, ils avaient surtout besoin d’un anglophone, a-t-il expliqué au Guardian. Ils voulaient clairement quelqu’un qui parlait couramment l’anglais pour avoir un maximum d’impact en Occident et être sûrs que la vidéo serait diffusée sur toutes les chaînes de télévision américaines». D’ailleurs, l’anglais est la seule langue utilisée, seuls des sous-titres en arabe ont été ajoutés. Le Figaro
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler
Comme le Hamas le fait savoir à qui veut, il est braqué sur « la fin de l’occupation de la Palestine » – autrement dit mettre fin à l’existence d’Israël. Malheureusement, trop peu de gens le comprennent. Naturellement consternés par la mort et la dévastation dans la bande de Gaza, beaucoup de gens dans le monde, l’homme de la rue comme les dirigeants politiques, confondent la cause et la conséquence. Le Hamas ne cherche pas la liberté pour le peuple de Gaza quand il exige la « levée du siège », un port et un aéroport, et quand il tire des roquettes parce que ses exigences ne sont pas respectées. Il est, au contraire, à la recherche de la capacité de poursuivre son objectif de rayer Israël et donc de bloquer toutes ces pénibles restrictions sur sa capacité à construire une machine de guerre encore plus puissante. Le blocus israélo-égyptien n’est pas antérieur à la saisie violente de Gaza par le Hamas en 2007 ; il a été imposé après que les islamistes en aient pris le contrôle, et serait supprimé si la sécurité d’Israël n’était pas menacée par le Hamas et ses compagnons islamistes. Vous voulez alléger les souffrances des Israéliens ordinaires mais aussi des Gazaouis ordinaires ? Mettre fin au Hamas. Vous voulez au contraire leur assurer une plus grande souffrance ? Levez le blocus avec un Hamas toujours aux commandes. Effusions de sang garanties… (…) Mais c’est seulement si le Hamas croit que sa survie est en danger qu’il mettra un terme au feu. Et il faudrait une opération militaire beaucoup plus importante que le gouvernement israélien, conscient de ses conséquences en pertes probables, se prépare peut-être à mettre en place. Il faudrait aussi une évaluation bien différente du conflit par la communauté internationale – moins partiale et plus ingénieuse – afin de fournir un soutien plus fiable à Israël. (…) le Hamas (…) a signé un gouvernement d’unité avec Abbas au printemps dernier comme une étape vers la prise du pouvoir de l’Autorité palestinienne. En même temps, comme le Shin Bet l’a révélé lundi, il se préparait à une série d’attaques terroristes contre des cibles israéliennes, dans un complot élaboré visant à favoriser une troisième intifada et à renverser Abbas. Le Hamas ne se mettra jamais dans une position docile par rapport à Abbas. Au détriment des habitants de Gaza et des Israéliens, le Hamas n’est pas prêt à s’en remettre docilement à Abbas ni à personne. Le business du Hamas n’est pas de gouverner Gaza ; c’est celui du terrorisme. David Horowitz
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec
Les illusionnistes et les hypocrites – «je ne justifie pas, j’explique» – qui justifient tout invoqueront la coopération de Tony Blair avec Bush, mais ils ne pourront masquer la logique tribale qui préside à la stratégie et à la pratique islamistes : les islamistes ont déclaré la guerre à l’Occident, tous les Occidentaux sont donc coupables, jugés, assassinables, car ils participent de la substance qu’il faut détruire, le monde de l’Incroyance, dar el-Kufr. Ceux qui croient s’être mis à l’abri grâce à leurs complaisances envers Arafat, le Hamas, le Hezbollah, le régime des ayatollahs et le reste des dictateurs et des despotes arabo-musulmans ne récoltent que le mépris, qui mène inévitablement au rudoiement. Qui se conduit comme un dhimmi sera condamné à la dhimmitude. Quand un quotidien parisien titre «Al-Qaida punit Londres», je flaire dans cet intitulé toute la puanteur de la soumission. Il faut beaucoup d’aveuglement à nos dames patronnesses palestinophiles pour ne pas voir que le refus de la dhimmitude des Juifs d’Israël est précisément l’une des motivations fondamentales de ce que l’on appelle le «conflit israélo-palestinien». Soumettez-vous, il ne vous sera fait aucun mal, ou pas trop. Vous ne serez pas punis. Sinon, vous serez soumis aux bombes vivantes fabriquées à la chaîne par les usines à tueurs que sont les medersas du monde islamo-arabe. C’est qu’aucun «grief», aucune «revendication» ni «aspiration» ne sont justiciables de la terreur. Il faut avoir bu toute honte pour comparer à la Résistance française – qui refusait les attentats individuels (à l’exception des communistes, à la bonne école de la terreur soviétique) et ne s’attaqua jamais à civil, femme, enfant ou vieillard – le ramassis de nervis assoiffés de sang qui s’est autoproclamé porte-parole unique, qui des Palestiniens, qui du monde arabe, qui du monde musulman tout entier, et dont le programme, clairement énoncé, est exterminateur. Le culte de la mort et de la destruction, l’amour de la souffrance que l’on inflige, l’assassinat rendu spectacle et objet d’affirmation identitaire, la délectation devant l’humiliation que l’on inflige à ceux dont on va vidéofilmer la décapitation, l’égorgement, l’éventrement, la volonté de puissance illimitée qu’est le pouvoir d’infliger la mort : telle est la nature de la guerre islamiste contre l’Occident. Et de l’université d’al-Azhar pour les sunnites, de la ville de Qom pour les chiites, ne s’est élevée aucune condamnation, mais au contraire, l’éloge de la mort. Voilà qui doit faire entendre, comme le fait depuis longtemps remarquer l’islamologue Bernard Lewis, que l’objet de la haine inextinguible des djihadistes n’est point ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Hitler n’exterminait pas les Polonais à cause de leurs «crimes», de leurs «erreurs», de leur «injustice», mais pour des raisons métaphysiques, et de même que tous ceux qu’il vouait au statut de «races inférieures». Le philosophe germano-américain, Eric Voegelin, discerna dans les mouvements totalitaires du XXe siècle, qu’il conçut avec précision comme une «Gnose moderne», cette pseudo-religion qui croit trouver le Salut ici-bas, qui en connaît toutes les voies et tous les chemins, qui est dirigée par des prophètes omniscients, et qui est prête à sacrifier la moitié de l’espèce humaine pour parvenir à ses fins. C’est au nom des raisons irrationnelles de ces croyances, hier nazies et bolcheviques, aujourd’hui islamistes, que se déchaînent l’amour du carnage et la volonté de «purifier» l’univers entier du Mal, représenté par l’Autre, juif, koulak, infidèle. Nous pouvons coexister avec un monde de l’islam qui voudrait se moderniser, mais pas avec l’islamisme éradicateur. Il faut s’en pénétrer : nous sommes en guerre. Il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne. Theo Van Gogh adjura au dialogue celui qui allait l’égorger ! Contre ce djihad, il n’y a pas de guerre défensive, il n’y a pas de défense territoriale. L’islamisme a paralysé et phagocyté une grande partie de son environnement. Il faut y porter le fer. Il faut en même temps encourager et soutenir les aspirations à la modernité, à la liberté et à la démocratie dans le monde arabo-musulman, que les élections afghanes, irakiennes et libanaises viennent de concrétiser. Quand des enjeux de civilisation causent les guerres, la neutralité est proscrite. Les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux mous et aux tièdes : ce sont les islamistes qui s’en chargent. Les jeux sont faits. Laurent Murawiec

Attention: une perversion peut en cacher une autre !

Alors qu’après plus d’un mois de massacre dûment orchestré et chorégraphé, nos médias et nos belles âmes continuent sans se poser la moindre question à marteler contre le seul Etat d‘Israël la même propagande des bouchers du Hamas à Gaza …

Pendant que juste à côté, en Irak ou en Syrie ou plus loin en Afrique, les tenants du même islam et du même coran enlève, massacre, décapite, enterre vivant, crucifie, découpe en morceaux hommes, femmes et enfants et à nouveau nos propres journalistes par nos propres ressortissants

Comment ne pas repenser à ces analyses si lumineuses du politologue franco-américain Laurent Murawiec décédé  il y a cinq ans …

Qui pointait déjà à l’époque, concernant ces mêmes belles âmes, gouvernants et médias confondus, le même aveuglement complice comme la même  "inversion des valeurs" et "perversion du réel" devant "l’assassinat rendu spectacle" …

Et cette même incapacité à comprendre que, de Gaza à l’Irak et de la Syrie à l’Afrique ou nos propres territoires, "avec l’islamisme éradicateur, nous sommes en guerre et qu’il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne" ?

Inversion des valeurs, perversion du réel
Laurent Murawiec
Metula News Agency
4 février 2009

La caractéristique de l’idéologie, c’est de voir ce que l’on croit au lieu de croire ce que l’on voit, avait jadis écrit Alain Besançon. Une vision sélective et déformée du réel le transforme en ce que l’on désire, on prend ses désirs pour la réalité ; le « voyant » réduit le réel à ce qui cadre avec la conception qui l’anime à l’exclusion de tout le reste.

Une vision non-idéologique, au contraire, s’efforce de bricoler un modèle de la réalité qui ne lui soit pas trop infidèle : elle est, par définition, connaissance approchée. Elle essaie de converger cahin-caha avec le réel. L’idéologue, lui, croit en une version inconditionnelle des choses, et que nul fait ne pourra réfuter (voir ce qu’en dit le philosophe Karl Popper).

Le croyant sait qu’il croit, l’idéologue croit qu’il sait, différence essentielle, puisque l’un fonde la religion, qui parle du surnaturel en sachant qu’il « n’est pas de ce monde », alors que l’autre prétend parler du réel et ne parle que de son fantasme du monde.

Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ».

A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes.

Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste.

Étrange distorsion : en 1970, lors de « Septembre Noir », les Jordaniens ont occis 30 000 Palestiniens, femmes et enfants compris, en bombardant à l’aveuglette les camps palestiniens d’Amman. En 1982, le dictateur syrien Assad (père), fit donner l’artillerie et l’aviation sur le centre ville de Hama (400 000 habitants) et exterminer 20 à 25 000 de ses compatriotes. Dans les années 80, la coalition syro-palestinienne et associés massacra les autres Libanais, chrétiens au premier chef, par dizaines de milliers. L’ayatollah Khomeiny et ses séides exterminèrent tant et plus, par centaines des milliers, des enfants envoyés marcher à travers les champs de mines, avec, au cou, une clé en plastique « pour entrer au Paradis ».

Nasser, Sadate et Moubarak pendirent, torturèrent, firent tirer dans le tas sans vergogne ; Saddam Hussein gaza les villageois, massacra par familles et clans entiers. La liste n’est pas limitative. Chacun des grands massacres commis par les dirigeants arabes et musulmans a tué bien plus que la totalité des victimes arabes du conflit israélo-palestinien. Aux yeux des bavards professionnels, l’Arabe en général ne vaut rien : c’est un sous-homme; le seul Arabe médiatique, c’est le Palestinien mort. Ne comptez pas sur CNN pour s’intéresser aux autres. Dans les pays arabes, les assassins au pouvoir, solidaires, font le silence sur les atrocités commises par leurs frères en infamie, sauf si un avantage propagandiste passager peut y être gagné : le silence de l’intelligentsia arabe sur les crimes de Saddam Hussein contre le peuple irakien fut assourdissant.

Comme s’en indignait l’intellectuel irakien Kanan Makiya dans son grand livre Silence and Cruelty : War,Tyranny, Uprising and Massacre in the Arab World (Le silence et la cruauté : guerre, tyrannie, insurrection et massacre dans le monde arabe). Comme les régimes, partout, contrôlent les médias, la « rue arabe » n’en apprend rien. Elle pourra d’autant mieux gigoter en face des caméras quand on lui en donnera le signal.

Mais ici, en Occident, prévaut la formidable disproportion entre l’inattention prêtée aux immenses crimes commis d’un côté, et l’attention obsessionnelle prêtée au résultat des actions menées par Israël ; cette disproportion révèle une distorsion mentale bien plus qu’elle ne reflète une réalité quelconque. C’est une singulière déformation du réel dans la vision du monde qui présente une image faussée du Moyen Orient. Cette déformation est d’autant plus frappante, qu’elle est systématique, permanente et à sens unique. Mais elle n’est pas sans précédent.

Hier c’était l’adulation des régimes « progressistes » arabes, le despote Nasser en tête, le « socialisme » syrien, l’islamo-marxisme iranien, le « progressisme » de Saddam. Aujourd’hui, c’est la passion qui s’empare des journalistes justiciers et moralisateurs pour la Victime parfaite, le Palestinien – et, comme chaque victime absolue a besoin d’être causée par un diable, l’Ange violenté l’est par un Satan. Je ne suis pas le premier à m’émerveiller devant cette pure et simple répétition de la haine des Juifs du monde médiéval européen.

Mon maître, Léon Poliakov, avait élaboré le concept profond de « causalité diabolique » pour la décrire : il fallait un Satan pour pseudo-expliquer les infortunes du monde. Hosanna ! Nous avions perdu notre Satan aux alentours de 1945. Nous l’avons re-trouvé ! Réjouissons-nous, le monde marche de nouveau, non plus sur ses pieds, ce qui était inconvenant, mais sur sa tête, sans s’encombrer de cette fâcheuse importunité qu’est la réalité. Les fictionnaires ne prennent qu’une photo unique : celle de la femme palestinienne qui a perdu sa maison éventrée.

Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ?

Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux.

J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels).

D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ?

On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites.

La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche.

Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature.

Un exemple entre tant d’autres, le même poète français qui écrivait, en 1937, « Il nous faut un Guépéou » (au beau milieu des méga-massacres commis par la police politique de Staline) expliqua, dans son exaltation, que « nous fûmes les premiers à voir les nuages plus bas que nous » ! Assis sur des monceaux de cadavres, ce Louis Aragon, qui acclamait le crime, se croyait artisan de la rédemption du monde ; il n’était que le plumitif des criminels. On n’en finirait pas d’énumérer ces interprétations délirantes. Le «Grand Bond en Avant » (1959), qui fit 30 millions de morts, et la Révolution culturelle chinoise (1965), qui ajouta plusieurs millions de morts au palmarès, créaient l’Homme nouveau. Pol Pot (formé par des intellectuels communistes français) « libérait» le Cambodge en 1975 et lançait l’extermination de 30 à 40 pour cent de la population du pays, mais il était également libérateur. Tortionnaire et geôlier, Fidel Castro était l’idole. L’assassin exalté Che Guevara devenait la rock star de la révolution. Et j’en oublie tant, du chef communiste Ho Chi-Minh, qui sacrifia des millions de Vietnamiens à ses lubies idéologiques (ses successeurs mendient aujourd’hui les investissements étrangers qu’il voulait chasser), aux émules exterminatrices qui régnaient en Angola, au Mozambique, en Ethiopie, au Ghana et en Guinée, au Nicaragua et au Zimbabwe, et dont le « socialisme » à la sauce africaine, asiatique ou latino-américaine se traduisait immanquablement par le règne de la mort et l’essor des cimetières.

Aujourd’hui, c’est cette icône à la vulgarité gluante d’Hugo Chavez, avec les ficelles de caudillo sanguinaire qui lui pendouillent de partout, qui est l’idole des pervers de l’intellect assemblés au Forum social mondial. Et sous la même bannière socialiste ou communiste, le monde arabo-musulman ne restait pas en arrière : quel pavillon plus apte à déguiser la soif effrénée de pouvoir de psychopathes convaincus de leur « mission » ? Ce qui importe, de la canonisation des assassins à la Robespierre ou Saint-Just à l’adulation vouée à Arafat, c’est l’imposition d’une version de l’Histoire où l’anticapitalisme, l’anti-impérialisme, l’antisionisme, la haine de l’Occident et de leurs figures symboliques, devenaient des vertus.

Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale.

Un politique français, aujourd’hui oublié, mais qui joua longtemps un rôle de premier plan, le radical Edouard Herriot, visita l’Ukraine en1933, alors qu’agonisaient six à sept millions de paysans à raison d’une famine artificielle, orchestrée par Staline et son régime. Le dramaturge et socialiste britannique George Bernard Shaw fit de même : l’un et l’autre proclamèrent urbi et orbi que tout le monde mangeait à sa faim en Ukraine, et que les rumeurs de famine n’étaient que racontars antisoviétiques. Ah ! Quels beaux esprits ! Il fallait le génie d’un George Orwell pour démonter leurs ressorts et les montrer dans toute leur misère morale et intellectuelle. Les bavards et les menteurs ne lui ont pardonné ni 1984 ni La ferme des animaux, ces portraits violemment ressemblants, pas plus qu’ils n’ont pardonné aux grands démystificateurs, comme Raymond Aron ou Albert Camus, qui s’étaient exclus de la communion des « grands esprits » serviles à l’Esprit du Temps et à ses maîtres-tueurs.

Ces clercs qui faisaient et font profession de penser ont trahi la vocation censée être la leur : au lieu d’analyser le monde, ils ne pensent plus, ils sont la claque des égorgeurs. Ils ont prit Marx au mot, « Il ne s’agit plus de comprendre le monde, il s’agit de le transformer ». Ce mot d’ordre lapidaire est parfaitement clair : il faut déformer le monde et en donner un rendu trompeur afin de faire nos quatre volontés. Ils sont les porteurs de l’abomination que j’ai dénommée l’inversion du réel, parce que leurs valeurs sont inverties : la destruction, le néant, la ruine du monde occidental sont leurs idéaux. Ils se sont faits les agents de l’effondrement qu’ils appellent de leurs vœux ; ils sont ce que Goethe faisait dire à son Méphistophélès, Ich bin derGeist, der stets verneint, « je suis l’esprit qui toujours nie ».

Comment s’attendre à ce que les versions désaxées du réel qu’ils composent et distribuent reflètent en quoi que ce soit la réalité ? Ce qu’ils disent, écrivent et montrent n’exhibe que leurs paysages intérieurs dévastés. C’est à ce compte qu’Israel attaqué devient l’agresseur, que la mort de 600 miliciens terroristes devient un génocide, qu’Hamas (dénoncé même, grande première, par quelques ONG ces jours derniers – après des années de criminalité sans frein – pour violations majeures des droits de l’Homme à Gaza) est « la voix du peuple palestinien » – la belle affaire, ils tuent quiconque fait mine de n’être pas d’accord !

Palestinien = victime. Hamas = Palestiniens. Actions de Hamas = résistance. Israel = criminel. La faiblesse d’esprit requise pour accepter cette chaîne « logique » ne peut provenir que de la perversion des valeurs que j’examine ici. L’époque est telle que cette lamentable liturgie domine sans partage la diplomatie internationale. Les Nations-Unies convoquent une conférence de suivi sur l’antiracisme, baptisée « Durban II », d’après le nom de la ville sud-africaine où s’était tenue la première : on y avait fait des Protocoles des Sages de Sion, faux célèbre qui fut le bréviaire antisémite des Nazis, le plat de résistance des débats. La conférence, loin de s’intéresser aux droits de l’Homme partout où ils sont foulés aux pieds – il n’y a qu’à consulter le classement des pays qui va de « libre » à « non libre », que publie chaque année Freedom House à New York : on y trouve les coupables de façon documentée – tourna à l’orgie de haine du Juif. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, présidée par l’Iran, par la Libye, par Cuba, etc., se consacre exclusivement à diaboliser Israël. Ce qui s’appelait jadis le « bloc afro-asiatique », les pays arabes, musulmans et leurs obligés, stipendiés et achetés, et les pleutres d’Europe occidentale, qui pleurnichent pour imiter les crocodiles dans l’espoir d’en recevoir quelque faveur et de n’être mangés que plus tard, fait la loi à l’ONU, et impose, à l’UNESCO et à d’autres organismes spécialisés, sa vulgate invertie

.C’est ainsi que les pays de la Conférence islamique essaient d’imposer un morceau de Charia – concernant le « blasphème – c’est-à-dire la moindre approche critique – pour abolir la liberté d’opinion et la liberté de la presse. L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant.

Voir aussi:

Le djihad n’admet aucune troisième voie
Laurent Murawiec
Le Figaro
18/07/2005

L’islamisme radical avait frappé à Bali et tué 88 Australiens et 38 Balinais non musulmans. La réaction de l’Australie, aux antipodes de Zapatero et des plaintives ritournelles qui s’élèvent d’Europe sur le thème «c’est pas nous, c’est eux !», fut de réélire le premier ministre John Howard, allié de Bush dans la guerre. Puis les Pays-Bas, d’un tolérantisme sans rivage envers les idéologies et les pratiques les plus extrêmes, furent frappés en la personne de Theo Van Gogh ; ils sont en plein réexamen des questions de fond posées par la présence d’une minorité violente, inassimilable et animée d’une hostilité au vitriol envers les valeurs, la culture et la société où elle s’est incrustée, et dont elle profite. Avec les attentats de Londres, l’islam radical vient de remuer violemment une eau qui dormait, mais que seuls les fous agitent : contrairement à l’ambition de leur machination, la rage de John Bull, même en ces temps postmodernes, sera terrible.

Bien sûr, la gauche intellectuelle anglaise, la gauche travailliste islamophile seront disponibles pour trouver les justifications et les alibis, et tourneront leur prose négativiste contre les «vrais» coupables, Bush et Blair, comme chacun sait, et Sharon, ne l’oublions pas. Les conquérants, nous dit Clausewitz, sont pacifiques : du moment que leurs proies capitulent, ils ne font pas la guerre. Les lâches ont toujours d’excellentes raisons de capituler, et de blâmer qui résiste pour les brûlures de la bataille. Mais ce serait mal connaître l’Anglais que d’attendre un réflexe d’avachissement.

Ce que l’islamisme, aveuglé par les acides de son propre bouillon d’inculture, ne conçoit pas, c’est que les attaques font fléchir les faibles mais radicalisent les forts. Ils viennent de démontrer à des Anglais qui suivaient mollement Tony Blair que la longue patience britannique envers les volcans d’extrémisme, de fanatisme et de haine qu’abritent les quartiers pakistanais et les mosquées islamistes du royaume, surnommés collectivement le «Londonistan», non seulement ne paie pas, mais rend les assassins sûrs de leur force et de leur impunité (les coudées franches laissées aux ultras de l’islam à Londres en font partie). Tout avait commencé par la réaction atone des autorités londoniennes à la fatwa de l’ayatollah Khomeiny, qui condamnait Salman Rushdie à mort : la gauche travailliste avait violemment attaqué Rushdie, elle avait adopté le discours khomeiniste. Elle aurait bien fait de méditer le propos du grand poète allemand Heinrich Heine : «Ceux qui brûlent des livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes.» La facture des grandes erreurs n’est pas forcément due au comptant. Quand elle vient à terme, elle est terrible.

Les illusionnistes et les hypocrites – «je ne justifie pas, j’explique» – qui justifient tout invoqueront la coopération de Tony Blair avec Bush, mais ils ne pourront masquer la logique tribale qui préside à la stratégie et à la pratique islamistes : les islamistes ont déclaré la guerre à l’Occident, tous les Occidentaux sont donc coupables, jugés, assassinables, car ils participent de la substance qu’il faut détruire, le monde de l’Incroyance, dar el-Kufr. Ceux qui croient s’être mis à l’abri grâce à leurs complaisances envers Arafat, le Hamas, le Hezbollah, le régime des ayatollahs et le reste des dictateurs et des despotes arabo-musulmans ne récoltent que le mépris, qui mène inévitablement au rudoiement. Qui se conduit comme un dhimmi sera condamné à la dhimmitude. Quand un quotidien parisien titre «Al-Qaida punit Londres», je flaire dans cet intitulé toute la puanteur de la soumission. Il faut beaucoup d’aveuglement à nos dames patronnesses palestinophiles pour ne pas voir que le refus de la dhimmitude des Juifs d’Israël est précisément l’une des motivations fondamentales de ce que l’on appelle le «conflit israélo-palestinien». Soumettez-vous, il ne vous sera fait aucun mal, ou pas trop. Vous ne serez pas punis. Sinon, vous serez soumis aux bombes vivantes fabriquées à la chaîne par les usines à tueurs que sont les medersas [1] du monde islamo-arabe.

C’est qu’aucun «grief», aucune «revendication» ni «aspiration» ne sont justiciables de la terreur. Il faut avoir bu toute honte pour comparer à la Résistance française – qui refusait les attentats individuels (à l’exception des communistes, à la bonne école de la terreur soviétique) et ne s’attaqua jamais à civil, femme, enfant ou vieillard – le ramassis de nervis assoiffés de sang qui s’est autoproclamé porte-parole unique, qui des Palestiniens, qui du monde arabe, qui du monde musulman tout entier, et dont le programme, clairement énoncé, est exterminateur. Le culte de la mort et de la destruction, l’amour de la souffrance que l’on inflige, l’assassinat rendu spectacle et objet d’affirmation identitaire, la délectation devant l’humiliation que l’on inflige à ceux dont on va vidéofilmer la décapitation, l’égorgement, l’éventrement, la volonté de puissance illimitée qu’est le pouvoir d’infliger la mort : telle est la nature de la guerre islamiste contre l’Occident. Et de l’université d’al-Azhar pour les sunnites, de la ville de Qom pour les chiites, ne s’est élevée aucune condamnation, mais au contraire, l’éloge de la mort.

Voilà qui doit faire entendre, comme le fait depuis longtemps remarquer l’islamologue Bernard Lewis, que l’objet de la haine inextinguible des djihadistes n’est point ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Hitler n’exterminait pas les Polonais à cause de leurs «crimes», de leurs «erreurs», de leur «injustice», mais pour des raisons métaphysiques, et de même que tous ceux qu’il vouait au statut de «races inférieures». Le philosophe germano-américain, Eric Voegelin, discerna dans les mouvements totalitaires du XXe siècle, qu’il conçut avec précision comme une «Gnose moderne», cette pseudo-religion qui croit trouver le Salut ici-bas, qui en connaît toutes les voies et tous les chemins, qui est dirigée par des prophètes omniscients, et qui est prête à sacrifier la moitié de l’espèce humaine pour parvenir à ses fins. C’est au nom des raisons irrationnelles de ces croyances, hier nazies et bolcheviques, aujourd’hui islamistes, que se déchaînent l’amour du carnage et la volonté de «purifier» l’univers entier du Mal, représenté par l’Autre, juif, koulak, infidèle.

Nous pouvons coexister avec un monde de l’islam qui voudrait se moderniser, mais pas avec l’islamisme éradicateur. Il faut s’en pénétrer : nous sommes en guerre. Il n’est aucune «concession», aucune conciliation, aucun dialogue qui puissent se faire avec le djihad moderne. Theo Van Gogh adjura au dialogue celui qui allait l’égorger ! Contre ce djihad, il n’y a pas de guerre défensive, il n’y a pas de défense territoriale. L’islamisme a paralysé et phagocyté une grande partie de son environnement. Il faut y porter le fer. Il faut en même temps encourager et soutenir les aspirations à la modernité, à la liberté et à la démocratie dans le monde arabo-musulman, que les élections afghanes, irakiennes et libanaises viennent de concrétiser. Quand des enjeux de civilisation causent les guerres, la neutralité est proscrite. Les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux mous et aux tièdes : ce sont les islamistes qui s’en chargent. Les jeux sont faits.

© Laurent Murawiec *

* Directeur de recherche à l’Institut Hudson, Washington. Voir à son propos notre Fiche-Auteur, ainsi que son interview par Check-Point, reproduite sur notre site sous le titre "Le noeud gordien n’a pas été tranché".


Gaza: La continuation de la Solution finale par d’autres moyens (The continuation of genocide by other means: Will the world ever understand Hamas’s real objective?)

20 août, 2014
C’est le djihad final Groupons-nous et demain L’Internationale sera le genre humain … Air connu
Le Mouvement de la Résistance Islamique aspire à l’accomplissement de la promesse de Dieu, quel que soit le temps nécessaire. L’Apôtre de Dieu -que Dieu lui donne bénédiction et paix- a dit : "L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs (c’est à dire que les musulmans ne les aient tués), avant que les Juifs ne se fussent cachés derrière les pierres et les arbres et que les pierres et les arbres eussent dit : ‘Musulman, serviteur de Dieu ! Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le. Charte du Hamas (article 7)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Aucun pays arabe, président arabe ou roi arabe, ni tous les rois et présidents arabes réunis, ni une organisation même palestinienne n’a le droit de le faire. La Palestine est un Waqf musulman consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Qui peut prétendre avoir le droit de représenter les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier ? Tel est le statut de la terre de Palestine dans la Charia, et il en va de même pour toutes les terres conquises par l’islam et devenues terres de Waqf dès leur conquête, pour être consacrées à toutes les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Il en est ainsi depuis que les chefs des armées islamiques ont conquis les terres de Syrie et d’Irak et ont demandé au Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, s’ils devaient partager ces terres entre les soldats ou les laisser à leurs propriétaires. Suite à des consultations et des discussions entre le Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, et les compagnons du Prophète, Allah le bénisse, il fut décidé que la terre soit laissée à ses propriétaires pour qu’ils profitent de ses fruits. Cependant, la propriété véritable et la terre même doit être consacrée aux seuls musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Ceux qui se trouvent sur ces terres peuvent uniquement profiter de ses fruits. Ce waqf persiste tant que le Ciel et la Terre existent. Toute procédure en contradiction avec la Charia islamique en ce qui concerne la Palestine est nulle et non avenue.« C’est la vérité infaillible. Célèbre le nom d’Allah le Très-Haut » (Coran, LVI, 95-96). Charte du Hamas (article 11)
Comme le Hamas le fait savoir à qui veut, il est braqué sur « la fin de l’occupation de la Palestine » – autrement dit mettre fin à l’existence d’Israël. Malheureusement, trop peu de gens le comprennent. Naturellement consternés par la mort et la dévastation dans la bande de Gaza, beaucoup de gens dans le monde, l’homme de la rue comme les dirigeants politiques, confondent la cause et la conséquence. Le Hamas ne cherche pas la liberté pour le peuple de Gaza quand il exige la « levée du siège », un port et un aéroport, et quand il tire des roquettes parce que ses exigences ne sont pas respectées. Il est, au contraire, à la recherche de la capacité de poursuivre son objectif de rayer Israël et donc de bloquer toutes ces pénibles restrictions sur sa capacité à construire une machine de guerre encore plus puissante. Le blocus israélo-égyptien n’est pas antérieur à la saisie violente de Gaza par le Hamas en 2007 ; il a été imposé après que les islamistes en aient pris le contrôle, et serait supprimé si la sécurité d’Israël n’était pas menacée par le Hamas et ses compagnons islamistes. Vous voulez alléger les souffrances des Israéliens ordinaires mais aussi des Gazaouis ordinaires ? Mettre fin au Hamas. Vous voulez au contraire leur assurer une plus grande souffrance ? Levez le blocus avec un Hamas toujours aux commandes. Effusions de sang garanties… (…) Mais c’est seulement si le Hamas croit que sa survie est en danger qu’il mettra un terme au feu. Et il faudrait une opération militaire beaucoup plus importante que le gouvernement israélien, conscient de ses conséquences en pertes probables, se prépare peut-être à mettre en place. Il faudrait aussi une évaluation bien différente du conflit par la communauté internationale – moins partiale et plus ingénieuse – afin de fournir un soutien plus fiable à Israël. (…)  le Hamas (…) a signé un gouvernement d’unité avec Abbas au printemps dernier comme une étape vers la prise du pouvoir de l’Autorité palestinienne. En même temps, comme le Shin Bet l’a révélé lundi, il se préparait à une série d’attaques terroristes contre des cibles israéliennes, dans un complot élaboré visant à favoriser une troisième intifada et à renverser Abbas. Le Hamas ne se mettra jamais dans une position docile par rapport à Abbas. Au détriment des habitants de Gaza et des Israéliens, le Hamas n’est pas prêt à s’en remettre docilement à Abbas ni à personne. Le business du Hamas n’est pas de gouverner Gaza ; c’est celui du terrorisme. David Horowitz

Attention: une Solution finale peut en cacher une autre !

Alors que fidèle à lui-même le Hamas a repris, de son aveu même, sa véritable raison d’être …

A savoir la "fin de l’occupation de la Palestine" …

Qui, comme le rappelle The Times of Israel, est prêt à comprendre que sa revendication du lever du blocus égypto-israélien censé motiver ses attaques …

N’est autre, à l’instar de ses partenaires du djihad final, que la continuation par d’autres moyens de la Solution finale au problème palestinien ?

Un Hamas cynique et difficile à décourager

Le business du Hamas n’est pas de gouverner Gaza ; c’est celui de mettre fin à l’existence d’Israël par le biais du terrorisme

David Horowitz

The Times of Israel

20 août 2014

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du … [Plus]

Jusqu’à un certain point, il pourrait être utile d’entendre ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit depuis le début de l’opération « Bordure protectrice » il y a déjà six semaines : Israël doit se préparer à un long conflit.

Alors que les tirs de roquettes sur Beer Sheva mardi après-midi marquaient la dernière série de violations de la trêve du Hamas, l’idée qu’une sorte d’arrangement durable allait bientôt émerger des négociations indirectes au Caire (une notion largement médiatisée ces derniers jours) a été brisée à nouveau, et de manière brutale.

Netanyahu n’est pas sur le point d’approuver un accord qui donnerait au Hamas une quelconque récompense diplomatique suite aux tirs de 3 500 roquettes sur Israël, à la construction d’un réseau complexe de tunnels d’attaque sous la frontière, et à sa volonté de garder les citoyens de Gaza – et dans une certaine mesure ceux d’Israël – comme des otages de sa machine de guerre élaborée.

Le problème du Premier ministre – et d’Israël – est que le Hamas est encore trop fort, et que le Hamas sera toujours trop cynique, pour être dissuadé par la réponse d’Israël à ces attaques incessantes. Le Hamas a perdu des dizaines de ses tunnels, et peut-être 1 000 de ses hommes armés, et a plaidé pour un cessez-le-feu, croyant apparemment pouvoir négocier une solution diplomatique plus satisfaisante que ce que lui avait coûté le face-à-face militaire.

Mais la plupart de ses « combattants d’élite » demeurent encore en vie. Le Hamas possède encore des milliers de roquettes ; il est capable d’en fabriquer à mi-conflit.

Son leadership politique local est encore sain et sauf dans le sous-sol de Gaza. Son leadership à l’étranger est, lui, encore en meilleure forme, dorloté par le Qatar. Et il ne se soucie pas le moins du monde de la souffrance que son extrémisme islamiste violent apporte aux habitants de Gaza (une proportion très importante d’entre eux avaient voté pour le Hamas aux élections législatives relativement démocratiques de 2006).

Comme le Hamas le fait savoir à qui veut, il est braqué sur « la fin de l’occupation de la Palestine » – autrement dit mettre fin à l’existence d’Israël. Malheureusement, trop peu de gens le comprennent. Naturellement consternés par la mort et la dévastation dans la bande de Gaza, beaucoup de gens dans le monde, l’homme de la rue comme les dirigeants politiques, confondent la cause et la conséquence.

Le Hamas ne cherche pas la liberté pour le peuple de Gaza quand il exige la « levée du siège », un port et un aéroport, et quand il tire des roquettes parce que ses exigences ne sont pas respectées. Il est, au contraire, à la recherche de la capacité de poursuivre son objectif de rayer Israël et donc de bloquer toutes ces pénibles restrictions sur sa capacité à construire une machine de guerre encore plus puissante.

Le blocus israélo-égyptien n’est pas antérieur à la saisie violente de Gaza par le Hamas en 2007 ; il a été imposé après que les islamistes en aient pris le contrôle, et serait supprimé si la sécurité d’Israël n’était pas menacée par le Hamas et ses compagnons islamistes.

Vous voulez alléger les souffrances des Israéliens ordinaires mais aussi des Gazaouis ordinaires ? Mettre fin au Hamas. Vous voulez au contraire leur assurer une plus grande souffrance ? Levez le blocus avec un Hamas toujours aux commandes. Effusions de sang garanties…

A ce jour, Netanyahu a rappelé ses négociateurs du Caire – parce qu’Israël ne négocierait pas sous le feu – et l’armée israélienne répond aux tirs de roquettes du Hamas par des frappes ciblées dans la bande de Gaza. Si les tirs de roquettes se poursuivent, Israël continuera à riposter.

Mais c’est seulement si le Hamas croit que sa survie est en danger qu’il mettra un terme au feu. Et il faudrait une opération militaire beaucoup plus importante que le gouvernement israélien, conscient de ses conséquences en pertes probables, se prépare peut-être à mettre en place. Il faudrait aussi une évaluation bien différente du conflit par la communauté internationale – moins partiale et plus ingénieuse – afin de fournir un soutien plus fiable à Israël.

Israël a cherché à atteindre un résultat similaire par le biais des négociations indirectes au Caire ces derniers jours – pousser, en alliance avec l’Egypte, un arrangement qui donnerait à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas un rôle de supervision dans la réhabilitation de Gaza, et laisser au Hamas le rôle du « destructeur ».

Bien sur, avec la reprise, mardi, des tirs de roquettes, le Hamas est enclin à jouer ce rôle. Il a signé un gouvernement d’unité avec Abbas au printemps dernier comme une étape vers la prise du pouvoir de l’Autorité palestinienne. En même temps, comme le Shin Bet l’a révélé lundi, il se préparait à une série d’attaques terroristes contre des cibles israéliennes, dans un complot élaboré visant à favoriser une troisième intifada et à renverser Abbas.

Le Hamas ne se mettra jamais dans une position docile par rapport à Abbas. Au détriment des habitants de Gaza et des Israéliens, le Hamas n’est pas prêt à s’en remettre docilement à Abbas ni à personne. Le business du Hamas n’est pas de gouverner Gaza ; c’est celui du terrorisme et comme tous les autres groupes terroristes, il est difficile de le mettre à mal.

Comme l’a dit Netanyahu il y a six semaines, Israël devrait se préparer à un conflit prolongé. Plus long, peut-on craindre, que ce qu’il avait lui-même envisagé.


Gaza: Une guerre brillante de propagande médiatique (With a little help from their friends: How our best reporters helped the Hamas wage its deadly propaganda war)

20 août, 2014

Dans le cas où il y a une agression injuste, il est licite de stopper l’agresseur injuste. Je souligne le verbe : stopper, je ne dis pas bombarder ni faire la guerre. Pape François
[La vente de femmes dénoncée par le porte-parole du ministère des Droits de l’homme Irakien] est vraisemblable car depuis 2003, les djihadistes sont de mèche avec des réseaux de prostitution. Pour l’État islamique les femmes doivent être assujetties et déshumanisées. Les combattants les considèrent comme des objets commerciaux et sexuels. Ils les capturent, les enferment et en font des butins de guerre. Dans le califat proclamé, la femme n’est pas une citoyenne, mais une esclave domestique et sexuelle à la merci de son mari. Récemment, ils ont imposé le voile à Mossoul, dans le Nord de l’Irak et en Syrie. Ces hommes assassinent froidement des populations. (…) Une femme libre est le symbole de tout ce que les djihadistes détestent : l’Occident et la liberté. Les islamistes radicaux ont interdit le port du jean ou des vêtements qui laissent apparaître la chair car ils y voient une influence néfaste et mécréante de l’Occident. Ces extrémistes pensent qu’en les soumettant, ils reviennent aux bases de l’Islam. Myriam Benraad (politologue spécialiste de l’Irak, chercheuse au CERI)
Parmi tous les critères que proposent  les commentateurs pour déterminer « qui a gagné » l’Opération Bordure de protection, une chose saute aux yeux de tout le monde: l’attitude de la communauté internationale à l’égard d’un après-guerre de Gaza (pour peu qu’elle s’achève et quand elle s’achèvera). Et sur ce chapitre, Israël semble avoir remporté une victoire convaincante. La guerre de Gaza a changé la manière dont le monde parle du Hamas et de la bande de Gaza – et malgré toutes leurs niaiseries à Jérusalem, ce qui se passe est plus ou moins à l’unisson de ce que dit Benjamin Netanyahu. La semaine dernière, je parlais de la proposition informelle du gouvernement Netanyahu d’une « paix économique » pour Gaza, en échange de sa démilitarisation. Malgré les succès enregistrés, la paix économique n’a jamais été réellement adoptée par la communauté internationale, et quand Netanyahu la proposait, elle était généralement accueillie avec colère et dérision. Mais pas cette fois. Cette fois, le Hamas semble avoir surestimé sa force. Il est possible qu’il ait été victime de son "succès" macabre en matière de guerre de propagande. Mais le fait est que la communauté internationale est si déchirée par la violence à Gaza, qu’elle veut, plus que jamais, en empêcher la récurrence. Et peu importe ses nombreuses tentatives d’accuser Israël, il semble qu’elle comprenne qu’il n’y a qu’une manière d’empêcher un futur bain de sang : démilitariser, au moins de manière significative, la bande de Gaza. Seth Mandel
C’est un mystère pourquoi tant de médias acceptent comme parole d’évangile les chiffres du Hamas sur le nombre de civils tués dans la récente guerre. Le Hamas proclame que 90% des 1800 Palestiniens tués sont des civils. Israël dit que la moitié des tués sont des combattants. Les faits objectifs sont plus proches de ce que dit Israël que du Hamas. Même des organisations de droits de l’homme anti-israéliennes reconnaissent, selon le New York Times, que le Hamas compte probablement parmi ces "civils tués par Israël", les groupes suivants : les Palestiniens tués comme collaborateurs, ceux tués de violences domestiques (crimes d’honneur), les Palestiniens tués par des roquettes ou obus de mortier du Hamas et les Palestiniens qui sont morts de mort naturelle durant le conflit. Je me demande si le Hamas compte aussi les 162 enfants qui sont morts en travaillant comme esclaves pour construire les tunnels. Le Hamas ne comptabilise pas comme combattants, ceux qui construisent les tunnels, ni ceux qui permettent à leurs maisons d’être utilisées comme cache d’armes et lancement de roquettes, ni les policiers du Hamas, ni les membres de la branche politique et ni les autres qui travaillent main dans la main avec les terroristes armés. Il y a plusieurs années, j’ai forgé un concept pour essayer de montrer que la distance entre un civil et un combattant n’est souvent qu’une question de degré, je l’ai appelé "continuum of civilianality". Il est clair qu’un enfant dont l’âge ne lui permet pas encore d’aider les combattants du Hamas est un civil et qu’un combattant du Hamas qui tire des roquettes, porte des armes ou opère dans les tunnels est un combattant. Entre ces deux extrêmes, se trouve une grande variété de gens, dont certains sont plus proches des civils et certains sont plus proches des combattants. La loi de la guerre n’a pas établi de distinction claire entre combattants et civils, en particulier dans un contexte de guerre urbaine où des gens peuvent transporter des armes la nuit et être boulangers durant la journée, ou tirer des roquettes durant la journée et aller dormir avec leurs familles la nuit. (…) Les données publiées par le New York Times suggèrent fortement qu’un très grand nombre, peut-être la majorité des gens tués sont plus proches du combattant de l’extrêmité de l’échelle que du civil de l’extrémité de l’échelle. Premièrement, la vaste majorité des tués sont plutôt des hommes que des femmes, deuxièmement la majorité ont entre 15 et 40 ans, le nombre de personnes âgés de plus de 60 ans sont rarissimes, le nombre d’enfants en dessous de 15 ans est aussi relativement petit, bien que leurs images aient été prépondérantes ! En d’autres termes, les genres et âges des tués ne sont pas représentatifs de la population générale de Gaza mais plus représentatifs du genre et de l’âge des combattants. Ces données suggèrent qu’un très grand pourcentage de Palestiniens tués sont du coté des combattants de l’échelle (continuum). Elles prouvent également, comme si des preuves étaient nécessaires à des yeux impartiaux, qu’Israël n’a pas ciblé des civils au hasard. Si cela était le cas, les tués seraient représentatifs de la population générale de Gaza plutôt que de sous-groupes étroitement associées à des combattants. Les médias devraient cesser immédiatement d’utiliser les statistiques approuvées par le Hamas qui déjà dans le passé se sont révélés être très peu fiables (…) Les médias font preuve de paresse en s’appuyant sur les chiffres de la propagande du Hamas et mettent en danger la profession. Lorsque l’infâme rapport Goldstone a faussement affirmé que la grande majorité des personnes tuées dans l’Opération Plomb Durci étaient des civils et non des combattants du Hamas, beaucoup d’habitants de Gaza se sont plaints, ils ont accusé le Hamas de lâcheté puisque tant de civils avaient été tués alors que les combattants avaient été épargnés. À la suite de ces plaintes, le Hamas a été forcé de dire la vérité : il a reconnu le nombre de combattants et policiers armés tués. Il est probable que le Hamas fera une "correction" similaire à l’égard de ce conflit. Mais cette correction ne sera pas diffusée dans les médias, comme la correction précédente ne l’avait pas été. Les gros titres du genre "La plupart des personnes tuées par Israël sont des enfants, des femmes et des personnes âgées" vont continuer à être diffusés malgré la fausseté des faits. Tant que les médias ne démentiront pas, le Hamas poursuivra sa "stratégie de bébés morts" et plus de gens des deux côtés vont mourir. Alan Dershowitz
Le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes. Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas. La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital. Oren Kessler

On a retrouvé le Hamas ! (Attention: un succès peut en cacher un autre !)

A l’heure où, entre deux parties de golf ou condamnations d’Israël, les autruches censées nous gouverner ou nous éclairer semblent enfin prendre conscience …

Que c’est bel et bien le djihad final (financé par nos propres amis de Doha, Riadh ou Istanbul, et que l‘Internationale islamique pourrait bientôt être le genre humain …

Retour, avec the New Republic, sur le secret de la guerre "brillante" de propagande médiatique du Hamas …

A condition bien sûr de trouver "brillant" le fait de faire tuer sa population et ses enfants

A savoir l’aide, jusqu’ici savamment cachée et sans compter nos infatigables belles âmes, de nos meilleurs reporters de guerre !

Gaza : le journalisme de guerre mis en échec par le Hamas
Oren Kessler

New Republic
11 Août 2014

traduit par Coolisrael

Les médias occidentaux ont enfin trouvé le Hamas. Après un mois de couverture du conflit, les journalistes ont commencé à diffuser des images des combattants du Hamas et des reportages sur leurs tactiques de boucliers humains et d’intimidation des journalistes. Quelle qu’en soit la raison – un sens aigu des relations publiques de la part du Hamas ; l’incompétence des médias ou la peur de représailles – il est surprenant que la découverte ait pris autant de temps.

La Bande de Gaza, après tout, fait seulement 40 km de longueur et 11 km de large. Plus de 700 journalistes s’y sont rendus pour couvrir l’opération terrestre d’Israël, durant laquelle le Hamas a tiré plus de 3 500 roquettes – soit une moyenne d’une centaine de roquettes par jour- en Israël.

Cependant, depuis le début de l’opération israélienne, le 8 juillet, l’attention des médias s’est rarement éloignée des pertes humaines. Cet accent mis sur les morts est compréhensible : les images des civils morts ou blessés sont inqualifiables. 43% de la population gazaouie est âgée de moins de 14 ans (et la moitié de la population est âgée de moins de 18 ans), signifiant que ce sont avant tout les jeunes qui payent les frais de cette guerre.

De plus, le Hamas a lancé une guerre sophistiquée et même brillante de propagande médiatique. « Toute personne tuée ou morte en martyr doit être appelée un civil de Gaza ou de Palestine », a annoncé le mouvement aux Gazaouis dans une annonce publique, « avant même que l’on parle de son statut dans le djihad ou de son rang militaire ». Le Hamas a enjoint la population à utiliser l’élément de langage « civils innocents » autant que possible lorsqu’ils s’adressent aux journalistes.

Le Hamas lance des roquettes depuis les zones les plus densément peuplées de la Bande de Gaza – soit la ville de Gaza, Beit Hanoun dans le Nord et Khan Younis dans le Sud – et dit aux combattants de tirer depuis des sites sensibles comme les écoles, les églises, les mosquées, les infrastructures des Nations-Unies et les hôpitaux. C’est une stratégie gagnant-gagnant : si Israël est dissuadé, les infrastructures et les soldats du Hamas sont préservés ; si Israël tire malgré tout, les pertes civiles seront une victoire pour la propagande du Hamas.

La stratégie médiatique du Hamas a été illustrée par son utilisation de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza. Là, au vu et su de tous, les chefs ont commandité leur offensive depuis un bunker souterrain caché sous l’hôpital. Les reporters étaient interdits d’accès au bunker et étaient invités à la place à un point presse dans la cour de l’hôpital. Ici, les journalistes qui cherchaient à interviewer le Hamas devaient faire la queue, un poste idéal pour prendre des photos de civils et de combattants blessés (ces derniers étant inévitablement habillés en civils) qui étaient amenés à toute vitesse à l’intérieur de l’hôpital.

Laissez-moi être clair : J’admire la bravoure de ces reporters de guerre, et je reconnais les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent. Je ne vois pas de complot derrière l’inhabilité de beaucoup à couvrir le conflit de manière exhaustive. En fait, je vois un échec collectif de la presse internationale à donner un rendu objectif sur l’une des Parties de ce conflit, et un échec de mettre à nu – que cela soit de manière explicite ou plus subtilement- les pressions auxquels ils sont confrontés.

Prenez le New York Times par exemple. Son groupe de photo journalistes était mené par Tyler Hicks – primé par deux fois du prix Pulitzer qui a couvert des conflits asymétriques tels que l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye ou la Syrie – et comptait également le reporter free-lance Sergrey Ponomarev (lui aussi primé), dont le portfolio inclue des zones de conflit comme le Liban, la Géorgie ou l’Ukraine. Il est donc surprenant que les quatre couvertures majeures du conflit par le Times ne comportent pas une seule photo d’un soldat du Hamas.

Confronté au paradoxe la semaine dernière, Hicks a dit que les « combattants étaient virtuellement invisibles à leurs yeux… Il est impossible de savoir qui est qui. Nous avons essayé de couvrir le conflit de la manière la plus objective possible » Plus tôt, Ponomarev avait implicitement expliqué que la « routine de la guerre » ne lui avait tout simplement pas laissé le temps de chercher des soldats du Hamas : « Vous partez tôt le matin pour voir les décombres des maisons détruites dans la nuit. Après, vous allez aux funérailles, après à l’hôpital parce que de plus en plus de blessés arrivent, et le soir vous repartez voir davantage de maisons détruites ».

La guerre s’installant, les tactiques du Hamas sont devenues plus difficiles à ignorer. Le 21 juillet, le correspondant du Wall Street Journal Nick Casey a twitté ses doutes sur l’engouement des patients de l’hôpital Al-Shifa à voir le Hamas utiliser les locaux comme point presse et base militaire. Ce tweet a été supprimé peu après, sans la moindre explication. Le jour suivant, un journaliste palestinien a écrit dans Libération qu’il avait été interrogé par le Hamas et menacé d’expulsion de la Bande de Gaza. Un collègue lui avait même refusé refuge le soir venu, disant « tu ne plaisantes pas avec ces gens-là »- c’est-à-dire le Hamas-« en temps de guerre ». Deux jours après, l’histoire était retirée du quotidien à la demande du journaliste.

Le 28 juillet, des explosions ont touché Shifa et le camp de réfugiés Al-Shati qui se trouvait à proximité, tuant dix personnes – neuf d’entre eux des enfants. Un reportage du Daily Beast intitulé « La campagne israélienne pour renvoyer Gaza à l’âge de pierre » a décrit une scène dans laquelle « des jeunes enfants se tordaient de douleur sur des civières, attendant que des médecins urgentistes viennent s’occuper d’eux à la suite d’une frappe aérienne sur le camp de réfugiés Al-Shati. Neuf des dix personnes tuées dans l’attaque étaient des enfants et de nombreux autres ont été blessés ». Au même moment cependant, un journaliste italien admettait que le tir n’était pas israélien mais plutôt le résultat de tirs de roquettes défectueuses du Hamas – des preuves que le groupe a tôt fait d’éliminer. Il a attendu pour révéler cette information d’être sorti de Gaza (loin des représailles du Hamas).

Alors que le conflit aura duré bientôt un mois, la couverture médiatique a changé de manière perceptible. Le 1er août, un correspondant de la télévision finlandaise a rapporté avoir vu des roquettes tirées depuis Shifa. Quelques jours après, une équipe de télévision indienne, filmant de leur chambre d’hôtel, ont surpris une équipe du Hamas installer une rampe de lancement de roquettes depuis une zone civile densément peuplée. Là aussi, les images sont sorties une fois l’équipe de journalistes hors de Gaza.

Mais le reportage le plus à charge à ce jour est arrivé le 5 août du reporter de France 24 Gallagher Fenwick. Quelques jours auparavant, le correspondant était en direct lorsqu’une roquette du Hamas avait été tirée juste au-dessus de sa tête. Revenant au site de lancement peu de temps après, il avait révélé qu’il s’agissait d’une zone densément peuplée située à une centaine de mètres d’un local de l’ONU et à 50 mètres d’un hôtel fréquenté par des journalistes étrangers.

L’attaque de roquette du Hamas était triplement cynique : destinée à ouvrir le feu non seulement sur sa population mais également sur un édifice supposément neutre des Nations-Unies et sur les mêmes journalistes qui avaient caché les actions du groupe.

Vendredi [8 août], Anshel Pfeffer, un reporter du quotidien israélien de gauche Haaretz, a interrogé de nombreux journalistes qui revenaient de Gaza sur leur couverture du conflit. Les réponses ont oscillé entre mensonge manifeste (le Hamas était « trop occupé à combattre pour s’occuper » des médias, a offert l’un d’eux) et déclaration plausible (« Je me serais fait tuer » a avoué un correspondant de guerre vétéran).

Israël a cependant du mal à croire ces explications. « C’est le fleuron du journalisme de guerre » s’est lamenté un porte-parole du ministère des Affaires Etrangères. « Comment le Hamas a-t-il si bien réussi ? » D’autres journalistes ont quant à eux exprimé des regrets.

« Quand je regarde en arrière, je me rends compte que j’aurais dû essayer de parler du Hamas un peu plus » a expliqué à Haaretz un reporter anonyme qui se trouve toujours à Gaza.

« L’angle des civils a canalisé presque toute l’attention, mais celui du Hamas aurait dû être couvert davantage, surtout le fait qu’ils… cachent des armes dans des maisons et des mosquées » a-t-il dit. « Cela aurait dû être mieux couvert, mais il y avait tellement de morts tout autour… »

Voir encore:

Israël accuse le Qatar de devenir une des plus importantes menaces terroristes au monde

L’ambassadeur d’Israël aux Nations-Unies, Ron Prosor, a mis en garde lundi la communauté internationale sur les activités terroristes du Qatar.

Faouzi Ahmed

Le Monde Juif .info

 19 août 2014

L’État hébreu accuse le richissime État du Golfe de devenir « le plus grand bailleur de fonds du terrorisme dans le monde », juste derrière l’Iran, en raison de son soutien financier au Hamas dans la bande de Gaza.

« Le Qatar est en passe de devenir le plus grand bailleur de fonds du terrorisme dans le monde, juste derrière l’Iran », a dénoncé le diplomate israélien lors d’une conférence de presse au siège du Conseil de sécurité des Nations-Unies. « Avec sa puissance financière, il peut tout acheter, tout menacer et tout corrompre comme on le voit pour la Coupe du monde 2022 », a-t-il accusé.

Ron Prosor a accusé Doha de financer massivement l’appareil terroriste du Hamas, y compris le creusement de tunnels et l’achat de missiles et de lance-roquettes. L’ambassadeur israélien a par ailleurs fustigé l’absence de condamnation de l’ONU à ce sujet.

Accusée par l’ambassadeur israélien aux Nations-Unies Ron Prosor d’avoir un « un parti pris à l’encontre d’Israël » et de reprendre systématiquement le faux bilan des pertes palestiniennes donné par l’organisation terroriste islamiste Hamas, l’ONU, a rejeté ces accusations.

Selon le porte-parole des Nations-Unies, Stéphane Dujarric, les chiffres de l’ONU, sont « préliminaires », précisant qu’ils proviennent de « plusieurs sources », dont des ONG présentes sur le terrain.

Selon de récentes enquêtes de la BBC et du New York Times, les chiffres des « victimes civiles » à Gaza, avancés par les médias internationaux depuis le début du conflit ne sont pas fiables.

« Nous ne savons pas aujourd’hui combien de morts à Gaza sont des civils et combien sont des combattants… Cela signifie que certaines conclusions sont tirées prématurément », affirme Anthony Reuben, responsable des statistiques pour la BBC, ajoutant que ces chiffres sont « très largement basés sur les informations données par le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas ».

La BBC, qui a récemment dénoncé l’utilisation frauduleuse de photos de victimes syriennes transformées en victimes palestiniennes, fait également remarquer que « si les attaques israéliennes étaient indiscriminées » et touchaient donc autant les civils que les combattants, « il est difficile d’expliquer pourquoi ils ont tué beaucoup plus d’hommes civils que de femmes ».

Une analyse que partage le New York Times, qui après avoir analysé les chiffres et les noms des victimes, donnés par le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR), arrive à la conclusion que « la population qui a le plus de probabilité d’être des combattants, les hommes âgés de 20 ans à 29 ans, est aussi la plus surreprésentée dans le total des morts.

Comme à chaque conflit avec Israël, le Hamas, qui dirige la bande de Gaza depuis 2006, n’hésite pas à gonfler le bilan des pertes palestiniennes en intégrant dans les décomptes ses pertes militaires, les adversaires politiques ou informateurs qu’il a assassinés, et les Palestiniens morts de mort naturelle.

Le « Ministère de l’Intérieur » du Hamas, dans le cadre de sa campagne « Be Aware – Social Media Activist Awareness Campain », publie des vidéos et des posters sur son compte Facebook et sur son compte Twitter, apprenant aux Gazaouis à décrire les terroristes comme des civils innocents.

« Chaque personne tuée ou chaque martyr doit être appelé civil de Gaza ou de Palestine », écrit l’office de propagande de l’organisation terroriste dans les instructions. « N’oubliez pas de toujours ajouter ‘civil innocent’ ou ‘citoyen innocent’ lorsque vous décrivez ceux qui ont été tués dans des attaques israéliennes à Gaza. », précise-t-il.

Plus récemment, le « Ministère de l’Intérieur » du Hamas a menacé les Gazaouis de ne pas poster sur les réseaux sociaux des photos de ses terroristes tués ni de publier des informations les concernant.

En 2008-2009, lors de l’offensive israélienne Plomb durci à Gaza, les chiffres avancés par le Hamas et repris complaisamment par les médias internationaux ne faisaient état que d’une cinquantaine de terroristes tués. Or, quelques mois après la fin du conflit, le Hamas admettait que plus de 600 de ses membres armées avaient péri dans les combats.

En 2002, lors de l’opération « Rempart », la communauté internationale avait accusé Israël d’avoir commis un massacre dans un camp de Jénine, reprenant les chiffres de 400 à 500 civiles palestiniens tués, donnés par le Hamas.

Or, un rapport du secrétaire général des Nations unies, publié le 1er août 2002, estimait que le nombre total des morts palestiniens était de cinquante-deux, citant à la fois des sources israéliennes (Tsahal) et palestiniennes (l’hôpital de Jénine), contre 23 morts parmi les soldats israéliens et 60 blessés.


Gaza: De Tangorre au Hamas, quand l’erreur se transforme en crime (On French intellectuals’s selective abolition of all critical sense when it comes to supposed victims)

19 août, 2014
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. (…) Meursault, pour moi, n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l’anime : la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. Camus (préface américaine à L’Etranger)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. René Girard (Critiques dans un souterrain, 1976)
Le besoin de se justifier hante toute la littérature moderne du «procès». Mais il y a plusieurs niveaux de conscience. Ce qu’on appelle le «mythe» du procès peut être abordé sous des angles radicalement différents. Dans L’Etranger, la seule question est de savoir si les personnages sont innocents ou coupables. Le criminel est innocent et les juges coupables. Dans la littérature traditionnelle, le criminel est généralement coupable et les juges innocents. La différence n’est pas aussi importante qu’il le semble. Dans les deux cas, le Bien et le Mal sont des concepts figés, immuables : on conteste le verdict des juges, mais pas les valeurs sur lesquelles il repose. La Chute va plus loin. Clamence s’efforce de démontrer qu’il est du côté du bien et les autres du côté du mal, mais les échelles de valeurs auxquelles il se réfère s’effondrent une à une. Le vrai problème n’est plus de savoir «qui est innocent et qui est coupable?», mais «pourquoi faut-il continuer à juger et à être jugé?». C’est là une question plus intéressante, celle-là même qui préoccupait Dostoïevski. Avec La Chute, Camus élève la littérature du procès au niveau de son génial prédécesseur. Le Camus des premières oeuvres ne savait pas à quel point le jugement est un mal insidieux et difficile à éviter. Il se croyait en-dehors du jugement parce qu’il condamnait ceux qui condamnent. En utilisant la terminologie de Gabriel Marcel, on pourrait dire que Camus considérait le Mal comme quelque chose d’extérieur à lui, comme un «problème» qui ne concernait que les juges, alors que Clamence sait bien qu’il est lui aussi concerné. Le Mal, c’est le «mystère» d’une passion qui en condamnant les autres se condamne elle-même sans le savoir. C’est la passion d’Oedipe, autre héros de la littérature du procès, qui profère les malédictions qui le mènent à sa propre perte. [...] L’étranger n’est pas en dehors de la société mais en dedans, bien qu’il l’ignore. C’est cette ignorance qui limite la portée de L’Etranger tant au point de vue esthétique qu’au point de vue de la pensée. L’homme qui ressent le besoin d’écrire un roman-procès n’appartient pas à la Méditerranée, mais aux brumes d’Amsterdam. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de jugement perpétuel. C’est sans doute le vestige de notre tradition judéo-chrétienne. Nous ne sommes pas de robustes païens, ni des juifs, puisque nous n’avons pas de Loi. Mais nous ne sommes pas non plus de vrais chrétiens puisque nous continuons à juger. Qui sommes-nous? Un chrétien ne peut s’empêcher de penser que la réponse est là, à portée de la main : «Aussi es-tu sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu agis de même, toi qui juges». Camus s’était-il aperçu que tous les thèmes de La Chute sont contenus dans les Epîtres de saint Paul ? [...] Meursault était coupable d’avoir jugé, mais il ne le sut jamais. Seul Clamence s’en rendit compte. On peut voir dans ces deux héros deux aspects d’un même personnage dont le destin décrit une ligne qui n’est pas sans rappeler celle des grands personnages de Dostoïevski." René Girard – Critique dans un souterrain, Pour un nouveau procès de l’Etranger, p.140-142)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement esayé d’arrêter les progrès de la science. Jean-Paul Sartre ("Les animaux malades de la rage", Libération, 22 juin 1953)
La fameuse vie idyllique des juifs dans les pays arabes, c’est un mythe ! La vérité [...] est que nous étions d’abord une minorité dans un milieu hostile ; comme tels, nous avions toutes les peurs, les angoisses, le sentiment constant de la fragilité des trop faibles. Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfant, dans les récits de mon père, de mes grands-parents, de mes tantes et oncles, la cohabitation avec les Arabes n’était pas seulement malaisée, elle était pleine de menaces, périodiquement mises à exécution. Il faut tout de même rappeler ce fait lourd de signification : la situation des juifs pendant la colonisation était plus sûre, parce que plus légalisée. Car sur la période qui a précédé la colonisation, la mémoire collective des juifs de Tunisie ne laisse aucun doute. Il suffit de reprendre les quelques récits, les quelques contes qui en restent : c’est une sombre histoire. Les communautés juives vivaient dans les ténèbres de l’histoire, l’arbitraire et la peur, sous des monarques tout-puissants, dont les décisions ne pouvaient être abolie ni même discutées. Tout le monde, direz vous, était soumis à ces monarques, sultans, beys ou deys. Oui, mais les juifs n’étaient pas seulement livrés au monarque, mais à l’homme de la rue. Mon grand-père portait encore des signes vestimentaires distinctifs, et il vivait à une époque où tout passant juif était susceptible de recevoir des coups sur la tête de tout musulman qu’il rencontrait. Cet aimable rituel avait même un nom : la chtaka, et comportait une formule sacramentelle, que j’ai oubliée. Un arabisant français m’a objecté, lors d’une réunion " En pays d’islam les chrétiens n’étaient pas mieux lotis". C’est vrai, et alors ? C’est un argument à double tranchant : il signifie en somme que personne, aucun minoritaire, ne vivait en paix et dans la dignité dans un pays à majorité arabe ! " (…) C’est notre complaisance de déracinés qui ont tendance à embellir le passé, qui, dans leur regret de l’Orient natal, minimisent, ou effacent complètement le souvenir des persécutions. Albert Memmi ("Juifs et Arabes", 1974)
Cette représentation idyllique occupe une place d’autant plus importante dans la mémoire qu’elle propose une lecture optimiste des rapports judéo-musulmans, au moment où l’actualité est dominée par la tension constante en Israël. Bien entendu, la mémoire ment quand elle enjolive à l’excès la situation des juifs en Tunisie. Le besoin irrépressible de gommer les drames, de lisser les aspérités conflictuelles s’est manifesté très tôt. Il n’est du reste pas spécifique aux juifs tunisiens, mais a été constaté également pour le Maroc et l’Algérie. Albert Memmi attribue le succès de ce mythe à cinq facteurs, dont la propagande arabe qui aurait cherché, dans le cadre du conflit israélo-arabe, à opposer juifs maghrébins et européens. Mais la principale responsabilité serait portée par les juifs des pays arabes eux-mêmes que Memmi (auto)critique avec lucidité. Patrick Simon
Pas un instant, Luc Tangorre n’a cessé de proclamer son innocence, avec parfois une maladresse qui a indisposé ses juges. C’est un reproche que l’on fait souvent aux innocents. Historien, petit-fils, fils, frère de juriste, je n’ai pas la religion de l’aveu, mais j’ai la religion de la preuve. J’ai examiné de très près l’ensemble du dossier. Je le dis en pesant mes mots : il ne peut y avoir aucun doute pour un esprit sérieux. Contre Luc Tangorre, il n’existe pas une seule preuve digne de ce nom. Ma conviction personnelle, absolue, est qu’il est innocent. Mais pour lui accorder un non-lieu, ou un acquittement, il aurait suffi de constater l’absence de preuves. La police, le juge d’instruction, la cour d’assises en ont jugé autrement. Le représentant du parquet osa dire aux jurés : " Le doute doit profiter à l’accusé, mais si vous l’acquittez, il vous aura bien eus. " Ainsi passa la justice, mais voyons un peu. Je n’entends pas résumer en quelques lignes un dossier considérable. Mais voisin parmi beaucoup d’autres, des faits. Personnellement, Luc Tangorre ne présente aucun trait de déséquilibre ou de frustration.  (…) À cette affaire Dreyfus au petit pied, il n’aura même pas manqué un Bertillon. Les preuves matérielles ne valent pas davantage. (…)  Qu’importe, on s’efforce et naturellement on parvient à ne pas prendre en compte cet alibi. Les témoins à décharge sont entendus tardivement, avec une suspicion préalable. On s’enfonce peu à peu dans l’erreur : ainsi naissent les affaires Dreyfus. La Cour de cassation, je l’ai dit, a scellé cette erreur déjà payée par Luc Tangorre de plus de trente mois de prison. Il faut y mettre un terme. Je supplie le garde des sceaux, Robert Badinter, d’user de son pouvoir, et, dès que le mémoire actuellement en cours de rédaction aura été déposé, d’ordonner l’ouverture de la procédure en révision. Dès maintenant, la peine peut être suspendue, comme elle le fut dans l’affaire Mauvillain. Robert Badinter a fait abolir la peine de mort, il ne doit par être le garde des sceaux qui aura maintenu en prison un innocent. Et si ce n’est pas assez du garde des sceaux, je fais appel au président de la République. Il a le pouvoir, en prononçant la grâce de Luc Tangorre, d’annuler, au nom de la République, les faits d’un jugement inique. La révision peut attendre, la liberté ne le peut pas. Faute de quoi, l’erreur judiciaire se transformerait inévitablement en crime judiciaire. Pierre Vidal-Naquet
M. Vidal-Naquet, qui n’a pas assisté aux débats, n’hésite pas à porter un jugement définitif sur le comportement du président de cette cour d’assises, qu’il accuse d’une " incroyable partialité ". Pour être recevable, une accusation de cette gravité devrait s’appuyer sur des faits précis particulièrement probants. Or le défaut de pertinence des éléments retenus par M. Vidal-Naquet révèle qu’il a été mal informé tant du déroulement des débats que du contenu du dossier. Lorsqu’on écrit que le président de la cour d’assises n’a pas communiqué aux parties un document que l’on prétend favorable à l’accusé, il faut ajouter que ce sont les avocats de la défense et Luc Tangorre eux-mêmes qui se sont opposés à sa lecture. En affirmant que, pendant ses sept années de détention, Luc Tangorre n’a fait l’objet d'" aucune enquête psychiatrique digne de ce nom ", M. Vidal-Naquet fait fi des dix experts psychiatres et psychologues qui ont tour à tour examiné l’accusé pendant cette période. (…) M. Pierre Vidal-Naquet soupçonne enfin la cour et le jury du Gard d’avoir sanctionné Luc Tangorre de dix-huit ans de réclusion criminelle moins pour les crimes commis que pour le refus de les avouer. Il convient de rappeler que, condamné par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, le 24 mai 1983, à quinze ans de réclusion criminelle pour six viols et quatre attentats à la pudeur avec violence, Luc Tangorre a été condamné par la cour d’assises du Gard pour avoir à nouveau violé deux jeunes filles, trois mois après sa sortie de prison. Magistrats nimois
Ces jeunes filles avaient-elles dit la vérité et était-ce bien Luc Tangorre qui les avait violées ? Après une longue et douloureuse réflexion, aussi documentée que possible, j’ai dû me rendre à l’évidence. En dehors de ce récit, il n’y avait que deux hypothèses possibles, toutes les deux romanesques : l’action d’un sosie qui aurait persécuté Luc Tangorre au moins depuis 1980, ou une machination policière, qui supposait des manipulations tellement énormes – sans parler de la complicité des jeunes filles – qu’on ne peut que se refuser à l’admettre. Jusqu’à plus ample informé, telle est, je crois, hélas, la vérité, et je ne puis qu’exprimer mes regrets tant à l’égard des victimes anciennes, même si toutes n’ont pas été violées par Luc Tangorre, – il avait pour certaines d’entre elles des alibis irréprochables, – qu’à celui des victimes nouvelles, puisque, sans mon action et celle de tant de Français qui m’ont accompagné, ces derniers viols n’auraient pas eu lieu. Pierre Vidal-Naquet
Hélas, dans une seule affaire j’obtins un résultat, mais celle-ci se révéla mauvaise, puisqu’il s’agit de Luc Tangorre, arrêté pour viol à Marseille en avril 1981. (…) J’étudiai le dossier avec, il est vrai, un préjugé favorable pour le condamné. Il était à la fois accablant et inquiétant, accablant parce que nombre de jeunes femmes violées avaient formellement reconnu leur agresseur, inquiétant parce que le juge avait mené l’instruction à charge et jamais à décharge, que, dans plusieurs affaires, Luc avait des alibis solides, qu’il n’avait pas un seul instant cessé de proclamer son innocence, qu’il avait même hurlé cette innocence devant la cour d’assises. Un comité de soutien fort actif s’était formé à Marseille. Je me convainquis peu à peu de l’innocence complète de Luc Tangorre. Et comme j’étais convaincu, je me préoccupai de faire partager cette conviction. Le dossier, transmis par Jérôme Lindon, emporta, par exemple, l’adhésion de Jacques Derogy qui mena campagne contre le «spectre de l’erreur judiciaire» dans L’Express. Je trouvai à Luc deux nouveaux avocats. L’un était mon frère François qui alla voir ce garçon en prison et dit à sa sortie: «Ou bien il est innocent, ou bien il faut l’engager tout de suite à la Comédie-Française!» A l’automne 1983, Jean-Denis Bredin publia L’Affaire (Julliard), et m’en envoya un exemplaire. Je lui répondis qu’il était très bon de continuer à défendre Dreyfus, mais qu’un jeune homme, innocent des crimes pour lesquels il avait été condamné, était en prison. Il me répondit le 27 octobre que ce que je lui disais d’un innocent de vingt-deux ans condamné le bouleversait et qu’il était prêt à m’aider si j’avais la conviction de son innocence. Je l’avais, et Jean-Denis Bredin entra aussitôt dans l’affaire et rédigea un impeccable mémoire qui me parut détruire entièrement l’accusation. Je me battis sur tous les terrains. Robert Badinter était ministre et j’allai le voir. François Mitterrand occupait l’Élysée. Le chef de son secrétariat, Paulette Decraene, était la mère d’un de mes anciens élèves, Jean-Philippe Decraene. Je la convainquis elle aussi et obtins par son intermédiaire un rendez-vous avec le président de la République. J’en parlai aussi à Danielle Mitterrand. J’écrivis des articles, fis publier un manifeste sur le thème: «Le viol est un crime, l’erreur judiciaire est un autre crime.» J’aidai Gisèle Tichané à rédiger un livre, Coupable à tout prix, que publia François Gèze à La Découverte, convaincu lui aussi, en 1984. J’avais muni ce livre d’une postface que je croyais bien argumentée. (…)  Hélas, quelques mois après, on apprit que, le 29 mai 1988, un garçon dont le moins qu’on puisse dire est qu’il lui ressemblait comme un frère jumeau avait violé deux étudiantes américaines. Mon frère fit jusqu’au bout son devoir d’avocat avec l’assistance de plusieurs confrères dont Mes Jean-Louis Pelletier et Paul Lombard. Luc Tangorre fut condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. J’ai tenté quelque temps de me convaincre que là aussi il y avait maldonne. Je ne pus y parvenir. Peu après le verdict, Le Monde publia en première page, le 15 février 1992, mon article: «Luc Tangorre et notre erreur.» J’y faisais l’historique de l’affaire telle que je l’avais menée en me trompant. Du fond de ses prisons successives, Luc continua à protester de son innocence. Il a trouvé des fidèles qui ont publié d’autres livres pour le défendre. De cette innocence, je ne suis plus, pour ma part, convaincu. Dans cette affaire, j’ai donc joué et perdu. Si j’avais le besoin de me convaincre qu’un récit historique n’a de valeur que provisoire et qu’il peut être remplacé par un autre récit, l’affaire Tangorre aurait été pour moi une terrible leçon de choses.  Pierre Vidal-Naquet
Décidément, la poésie politique est un art grandiloquent et dangereux. Les esthètes qui la pratiquent, et qui préfèrent avoir tort avec Sartre que raison avec Aron, n’écartent pas l’hypothèse de commettre des erreurs par excès de bonté. Qu’importe, nos chrétiens de gauche ou nos néo-staliniens ont conservé le goût de la mortification et de l’ autocritique à grand retardement. Il faut dire que l’exercice ne coûte pas cher et est censé grandir le repentant. Pour ma part, je n’y verrais pas d’inconvénients , si j’estimais la contrition utile. Hélas, les mêmes recettes empoisonnées à l’arsenic du conformisme hautain, au curare du terrorisme intellectuel et au cyanure de la désinformation idéologique n’ont pas varié depuis 68. Seules les victimes de l’intoxication au plomb d’imprimerie se sont succédé au travers les générations malmenées. Trop tard pour les Chinois, les Libyens, les chrétiens d’Irak et les victimes des faux Dreyfus. De Tel Aviv où je me trouve , et actualité oblige, on me permettra, de me poser la question pour les Israéliens, tant je reconnais à l’odeur et au goût, les vieilles recettes et leurs ingrédients épicés. Je ferai grâce à mon lecteur d’une énième analyse sur une guerre asymétrique, disproportionnée par essence, contre un mouvement terroriste qui cherche à tuer les enfants des autres et à faire tuer les siens . Celui-ci aura gagné son combat médiatique en échouant à assassiner les gamins ennemis tout en réussissant à faire tuer de petits gazaouis. A la lumière glauque de l’idéologie gauchisante qui précède, et qui continue d’éclairer la médiacratie européenne, cette guerre de l’émotion ne pouvait être perdue, dans ce match opposant l’Orient et l’Occident, l’innocent a priori et le coupable au pilori. Il n’en demeure pas moins que l’éclairage se fait moins brillant, tel un astre mort qui l’ignore encore. Raison pourquoi, les sondages montrent qu’une partie du public se protège du bombardement médiatique en se bardant d’un scepticisme grandissant. Ainsi, et pour la première fois, le public a compris l’instrumentalisation par le mouvement terroriste islamique du bouclier humain que constitue sa population, avec une prédilection particulière pour ses sanctuaires comme base guerrière, tels que les mosquées, les hôpitaux et les écoles. Encore faut-il observer-et c’est tout mon propos d’aujourd’hui-que cette compréhension nouvelle n’a pu être obtenue que par une analyse essentiellement déductive, tant l’idéologie médiatique encore au pouvoir aura largement utilisé ses vieilles recettes basées sur son système de focalisation-occultation pour accabler l’État démocratique judéo-occidental détesté par essence. À ce stade, quelques exemples sont nécessaires à l’illustration d’un propos forcément dérangeant. – Le journal du soir que j’évoquais plus haut a ouvert ses colonnes pour interviewer uniquement deux intellectuels israéliens de la gauche extrême: Gédéon Lévy et Zeev Sternhell. Les deux sont connus pour être des contempteurs hypercritiques de tous les gouvernements israéliens qui se sont succédé. Un peu comme si un journal chinois n’interrogeait que Besancenot et Duflot pour connaître le point de vue français en matière de politique étrangère. Dans le même temps, et cela ne concerne pas que le quotidien vespéral, le public européen ignore totalement qu’il existe des personnalités arabes et même palestiniennes qui expriment une opinion très critique sur le Hamas. Je renvoie ce public désinformé sur l’interview édifiante par les télés américaines de Mosab Hassan Yousef fils d’un fondateur du mouvement terroriste qui approuve sans ambages l’opération israélienne ou encore sur cet article de Bassem Eid intellectuel arabe de la même farine qui prie pour l’éradication du Hamas qui n’auront aucune chance de contrebalancer dans la presse européenne convenue les articles des Israéliens hypercritiques systématiquement mis en avant. – À la différence du public américain, la presse conformiste a dissimulé soigneusement les plaintes de journalistes occidentaux sortant de Gaza quant aux menaces dont ils ont fait l’objet des lors qu’ils voulaient filmer les combattants du Hamas utilisant les sanctuaires civils comme base de lancement de missiles. De même, les exécutions de «collaborateurs» ou de manifestants ont été traitées avec une égale et délicate discrétion. Je n’ai pas vu non plus une grande publicité données aux enquêtes réalisées par le New York Times ou la BBC, pourtant peu soupçonnés de tropisme pro israélien, sur les mensonges des bilans chiffrés par le Hamas de ses victimes civiles ou combattantes, bilans accueillis avec la même confiance que s’ils émanaient du Moniteur ou du Journal Officiel. – Enfin, que penser de cette absence de toute réaction d’une presse ordinairement sentencieuse, à la nouvelle de la nomination de M. Shabas pour présider la Commission d’Enquête ad hoc de l’ONU. Celui-ci s’étant fait remarquer précédemment pour avoir demandé, dans le cadre du très orienté tribunal Russel sur la Palestine, autoproclamé pour enquêter «sur les crimes de guerre commis par Israël», la comparution de Shimon Peres, prix Nobel de la paix, devant le Tribunal Pénal International. À ce stade de constatation de l’abolition sélective de tout esprit critique, est-il permis à un observateur engagé mais qui n’a pas renoncé à son honnêteté, de se dire désabusé? Lorsque dans dix ans ou moins, quelque journaliste ou intellectuel en mal de mortification se livrera à un exercice de repentance sur la question d’Orient, je ne suis pas sûr qu’il devra compter sur la miséricorde des Israéliens affligés ou sur celle d’un public qui devient chaque jour plus difficile à mystifier. Gilles William Goldnadel

Quand l’erreur se transforme en crime …

Au terme d’une énième guerre de Gaza qui a pour la première fois révélé à l’opinion publique mondiale la terrible instrumentalisation de sa propre population, ses lieux de culte, hôpitaux et écoles  par le Hamas …

Mais aussi le parti-pris anti-israélien quasi-systématique de nos médias et de nos belles âmes …

Alors que, plus près de nous, une "icône de la gauche pétitionnaire des années 80" se voit à nouveau impliqué dans une histoire d’agression sexuelle …

Rappel avec l"implacable réquisitoire de l’avocat Gilles William Goldnadel dans Le Figaro d’hier …

De cette longue et coûteuse histoire, pour les victimes des faux dreyfus à la Tangorre  ou aujourd’hui des islamistes de Palestine, d’Irak ou d’Afrique, des erreurs transformées en crimes …

D’une gauche pétitionnaire juifs compris qui, entre deux ô combien tardifs mea culpa, a toujours préféré avoir tort avec Sartre que raison avec Aron …

Le réquisitoire de Goldnadel : pour en finir avec le procès d’Israël

Vue du nord dévasté de la bande de Gaza, le 16 août.
Vue du nord dévasté de la bande de Gaza, le 16 août. Crédits photo : ROBERTO SCHMIDT/AFP

FIGAROVOX/CHRONIQUE – A l’occasion de la semaine sainte, notre chroniqueur Gilles-William Goldnadel fustige la bien-pensance de certains médias dans leur traitement du conflit israélo-palestinien, mais espère que le grand public ouvrira les yeux sur les exactions du Hamas.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l’UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l’Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


La semaine sainte (sic) fut décidément à la repentance. Luc Tangorre à nouveau sous écrou. Pour ceux qui auraient oublié ce nom de bandes dessinées, il s’agit de cette icône de la gauche pétitionnaire des années 80.

L’homme, condamné pour quatre viols qu’il niait farouchement en dépit d’un dossier accablant, se vit prendre en charge par un comité de soutien progressiste aux accents dreyfusards.

Celui-ci, mené tambour battant par Marguerite Duras et Pierre Vidal-Naquet-frère de l’avocat du condamné-obtint par voie d’ écrits indignés, la grâce sanctificatrice de François Mitterrand.

Luc entrait dans le saint des saints des innocents forcément innocents, au même titre que Klaus Croissant , Pierre Goldman et bientôt Omar Raddad.

Las, quelques années plus tard, Tangorre était condamné pour le viol de deux étudiantes américaines, ce qui obligea Pierre Vidal-Naquet à faire amende honorable.

Il n’est pas sûr que les victimes s’en trouvèrent rassérénées. Pas davantage que cette enfant qu’aurait agressée dans le chaud de l’été, l’ancien protégé de la gauche impériale.

Si les pétitionnaires survivants ont une conscience, elle pourrait leur peser.

Un journal du soir a regretté dans un éditorial d’avoir approuvé, sans doute sous le coup de l’émotion, l’intervention militaire contre Kadhafi. Il faut dire que le spectacle d’une Libye dévastée, aux arsenaux pillés, livrée à la bestialité des milices islamistes, a pu accélérer cette tardive réflexion. Il faut dire aussi que ce journal n’a pas eu le monopole de l’approbation funeste, et que gauche et droite, sur la question, étaient malheureusement unies dans l’erreur commune.

Le même quotidien vespéral, décidément dans l’introspection nostalgique, a déploré avoir moqué le regretté Simon Leys, récemment décédé, lorsque celui-ci tailla un costard sur mesure au communisme chinois dans les «habits neufs du président Mao». Voilà Leys, après avoir fait l’objet d’une rééducation morale et culturelle, aujourd’hui encensé et prestement embaumé .

Décidément, la poésie politique est un art grandiloquent et dangereux. Les esthètes qui la pratiquent, et qui préfèrent avoir tort avec Sartre que raison avec Aron, n’écartent pas l’hypothèse de commettre des erreurs par excès de bonté. Qu’importe, nos chrétiens de gauche ou nos néo-staliniens ont conservé le goût de la mortification et de l’ autocritique à grand retardement.

Il faut dire que l’exercice ne coûte pas cher et est censé grandir le repentant.

Pour ma part, je n’y verrais pas d’inconvénients , si j’estimais la contrition utile.

Hélas, les mêmes recettes empoisonnées à l’arsenic du conformisme hautain, au curare du terrorisme intellectuel et au cyanure de la désinformation idéologique n’ont pas varié depuis 68. Seules les victimes de l’intoxication au plomb d’imprimerie se sont succédé au travers les générations malmenées.

Trop tard pour les Chinois, les Libyens, les chrétiens d’Irak et les victimes des faux Dreyfus.

De Tel Aviv où je me trouve , et actualité oblige, on me permettra, de me poser la question pour les Israéliens, tant je reconnais à l’odeur et au goût, les vieilles recettes et leurs ingrédients épicés.

Je ferai grâce à mon lecteur d’une énième analyse sur une guerre asymétrique, disproportionnée par essence, contre un mouvement terroriste qui cherche à tuer les enfants des autres et à faire tuer les siens . Celui-ci aura gagné son combat médiatique en échouant à assassiner les gamins ennemis tout en réussissant à faire tuer de petits gazaouis.

A la lumière glauque de l’idéologie gauchisante qui précède, et qui continue d’éclairer la médiacratie européenne, cette guerre de l’émotion ne pouvait être perdue, dans ce match opposant l’Orient et l’Occident, l’innocent a priori et le coupable au pilori.

Il n’en demeure pas moins que l’éclairage se fait moins brillant, tel un astre mort qui l’ignore encore. Raison pourquoi, les sondages montrent qu’une partie du public se protège du bombardement médiatique en se bardant d’un scepticisme grandissant.

Ainsi, et pour la première fois, le public a compris l’instrumentalisation par le mouvement terroriste islamique du bouclier humain que constitue sa population, avec une prédilection particulière pour ses sanctuaires comme base guerrière, tels que les mosquées, les hôpitaux et les écoles.

Encore faut-il observer-et c’est tout mon propos d’aujourd’hui-que cette compréhension nouvelle n’a pu être obtenue que par une analyse essentiellement déductive, tant l’idéologie médiatique encore au pouvoir aura largement utilisé ses vieilles recettes basées sur son système de focalisation-occultation pour accabler l’État démocratique judéo-occidental détesté par essence.

À ce stade, quelques exemples sont nécessaires à l’illustration d’un propos forcément dérangeant.

- Le journal du soir que j’évoquais plus haut a ouvert ses colonnes pour interviewer uniquement deux intellectuels israéliens de la gauche extrême: Gédéon Lévy et Zeev Sternhell. Les deux sont connus pour être des contempteurs hypercritiques de tous les gouvernements israéliens qui se sont succédé.

Un peu comme si un journal chinois n’interrogeait que Besancenot et Duflot pour connaître le point de vue français en matière de politique étrangère.

Dans le même temps, et cela ne concerne pas que le quotidien vespéral, le public européen ignore totalement qu’il existe des personnalités arabes et même palestiniennes qui expriment une opinion très critique sur le Hamas. Je renvoie ce public désinformé sur l’interview édifiante par les télés américaines de Mosab Hassan Yousef fils d’un fondateur du mouvement terroriste qui approuve sans ambages l’opération israélienne ou encore sur cet article de Bassem Eid intellectuel arabe de la même farine qui prie pour l’éradication du Hamas qui n’auront aucune chance de contrebalancer dans la presse européenne convenue les articles des Israéliens hypercritiques systématiquement mis en avant.

- À la différence du public américain, la presse conformiste a dissimulé soigneusement les plaintes de journalistes occidentaux sortant de Gaza quant aux menaces dont ils ont fait l’objet des lors qu’ils voulaient filmer les combattants du Hamas utilisant les sanctuaires civils comme base de lancement de missiles. De même, les exécutions de «collaborateurs» ou de manifestants ont été traitées avec une égale et délicate discrétion.

Je n’ai pas vu non plus une grande publicité données aux enquêtes réalisées par le New York Times ou la BBC, pourtant peu soupçonnés de tropisme pro israélien, sur les mensonges des bilans chiffrés par le Hamas de ses victimes civiles ou combattantes, bilans accueillis avec la même confiance que s’ils émanaient du Moniteur ou du Journal Officiel.

- Enfin, que penser de cette absence de toute réaction d’une presse ordinairement sentencieuse, à la nouvelle de la nomination de M. Shabas pour présider la Commission d’Enquête ad hoc de l’ONU. Celui-ci s’étant fait remarquer précédemment pour avoir demandé, dans le cadre du très orienté tribunal Russel sur la Palestine, autoproclamé pour enquêter «sur les crimes de guerre commis par Israël», la comparution de Shimon Peres, prix Nobel de la paix, devant le Tribunal Pénal International.

À ce stade de constatation de l’abolition sélective de tout esprit critique, est-il permis à un observateur engagé mais qui n’a pas renoncé à son honnêteté, de se dire désabusé?

Lorsque dans dix ans ou moins, quelque journaliste ou intellectuel en mal de mortification se livrera à un exercice de repentance sur la question d’Orient, je ne suis pas sûr qu’il devra compter sur la miséricorde des israéliens affligés ou sur celle d’un public qui devient chaque jour plus difficile à mystifier.

Voir aussi:

Pour Luc Tangorre
Pierre Vidal-Naquet (*)

Le Monde

28.12.1983
ENTRE le 3 décembre 1980 et le 9 avril 1981, les services de police de Marseille reçurent au moins onze plaintes pour viols ou attentats à la pudeur " commis avec violence et sous la menace d’une arme " sur des femmes demeurant dans le huitième ou le neuvième arrondissement de Marseille, qui regagnaient seules, de nuit, leur domicile.

Le 12 avril 1981, à 23 h 30, un étudiant en éducation physique, Luc Tangorre, âgé de vingt-deux ans, était arrêté par une patrouille de police à l’occasion d’un contrôle, sur la base d’un portrait-robot établi à partir des déclarations des victimes. Confronté à celles-ci, inculpé, il a été condamné, le 24 mai 1983, à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, et cette condamnation est devenue juridiquement définitive le 10 novembre dernier, jour où la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi.

La gravité des faits n’est pas niable. On ne peut, en présence d’une telle accumulation de forfaits, que souhaiter que la justice ait frappé à bon escient. Le viol n’est pas une plaisanterie, il est un crime et, sur ce point, les mouvements féministes n’ont pas tort de se montrer vigilants.

Pas un instant, Luc Tangorre n’a cessé de proclamer son innocence, avec parfois une maladresse qui a indisposé ses juges. C’est un reproche que l’on fait souvent aux innocents. Historien, petit-fils, fils, frère de juriste, je n’ai pas la religion de l’aveu, mais j’ai la religion de la preuve. J’ai examiné de très près l’ensemble du dossier. Je le dis en pesant mes mots : il ne peut y avoir aucun doute pour un esprit sérieux. Contre Luc Tangorre, il n’existe pas une seule preuve digne de ce nom. Ma conviction personnelle, absolue, est qu’il est innocent. Mais pour lui accorder un non-lieu, ou un acquittement, il aurait suffi de constater l’absence de preuves. La police, le juge d’instruction, la cour d’assises en ont jugé autrement. Le représentant du parquet osa dire aux jurés : " Le doute doit profiter à l’accusé, mais si vous l’acquittez, il vous aura bien eus. " Ainsi passa la justice, mais voyons un peu.

Je n’entends pas résumer en quelques lignes un dossier considérable. Mais voisin parmi beaucoup d’autres, des faits. Personnellement, Luc Tangorre ne présente aucun trait de déséquilibre ou de frustration. En épluchant son passé, on a découvert que, un jour, au collège, âgé de quatorze ans, il a baissé sa culotte devant des camarades garçons et filles, pendant une séance de plein air. Soit, mais sa vie sexuelle depuis l’âge de quinze ans est heureuse. Il partageait, avec parfois quelques disputes, la vie d’une charmante jeune femme qui se considère toujours comme sa fiancée. Ses camarades ont massivement participé au comité de défense qui s’est constitué à Marseille. Les psychiatres l’ont jugé équilibré et normal : ni schizophrène, ni hystérique, ni paranoïaque. Un rapport médico-psychologique fait cependant exception. Luc Tangorre a été soumis au " test du village ", sous une forme renouvelée par un psychologue marseillais.

Le principe consiste à situer les différents bâtiments d’un village par rapport à son centre. Luc Tangorre a placé la bergerie loin du centre, ce qui montre qu’il est un bon observateur des réalités provençales. C’est aussi la preuve irréfutable d’un conflit avec la mère, caractéristique de tout violeur. Les experts, dont l’un est l’inventeur du nouveau test, écrivent sans rire : " Il a été difficile de faire admettre à M. Tangorre l’existence de ce conflit ; il est allé jusqu’à contester la validité dut est en cause. " À cette affaire Dreyfus au petit pied, il n’aura même pas manqué un Bertillon.

Les preuves matérielles ne valent pas davantage. Le criminel menaçait ses victimes d’un revolver. Un pistolet-jouet a été effectivement découvert au domicile de la fiancée de Luc Tangorre. Passons sur le fait que Luc est entré en possession de cette arme redoutable un an après les premiers viols. Ce revolver possède un trait caractéristique : le bout du canon est rouge. Aucune victime n’a mentionné ce fait. Sur de très nombreux détails, vestimentaires, par exemple, les descriptions données par les victimes ne correspondent en rien à Luc Tangorre. Celui-ci ne peut guère avoir tenu les propos prêtés au criminel : " Vous seriez bien étonnée de savoir le métier que je fais ? " En quoi ce mot peut-il se rapporter à un étudiant en gymnastique ? Luc Tangorre a été, il est vrai, formellement reconnu par la plupart des victimes, non par toutes. Il n’a pas été le premier. Un autre homme a été reconnu qui a bénéficié d’un non-lieu.

Imagine-t-on, d’ailleurs, les conditions de ces reconnaissances ? Voici un jeune homme qui a passé la nuit au poste. Il ressemble, cela est indiscutable, au portrait-robot fait à partir du témoignage des victimes. Il a du reste des traits méditerranéens tout à fait ordinaires à Marseille. Il n’est pas rasé, il est hagard, il est encadré par des policiers rasés de frais, impeccables. Seul, il porte des baskets blanches comme en portait le criminel. Faut-il s’étonner qu’il ait été reconnu ?

Il n’est pas facile, s’agissant de faits commis à 1 heure ou 2 du matin, d’avoir des alibis. Cependant, Luc Tangorre en a présenté de solides, pour plusieurs des viols. Pour l’un d’entre eux, par exemple, il est à l’hôpital, sous un traitement à l’atarax, médicament abrutissant, peu favorable aux exploits sexuels. Qu’importe, on s’efforce et naturellement on parvient à ne pas prendre en compte cet alibi. Les témoins à décharge sont entendus tardivement, avec une suspicion préalable. On s’enfonce peu à peu dans l’erreur : ainsi naissent les affaires Dreyfus.

La Cour de cassation, je l’ai dit, a scellé cette erreur déjà payée par Luc Tangorre de plus de trente mois de prison. Il faut y mettre un terme. Je supplie le garde des sceaux, Robert Badinter, d’user de son pouvoir, et, dès que le mémoire actuellement en cours de rédaction aura été déposé, d’ordonner l’ouverture de la procédure en révision. Dès maintenant, la peine peut être suspendue, comme elle le fut dans l’affaire Mauvillain. Robert Badinter a fait abolir la peine de mort, il ne doit par être le garde des sceaux qui aura maintenu en prison un innocent. Et si ce n’est pas assez du garde des sceaux, je fais appel au président de la République. Il a le pouvoir, en prononçant la grâce de Luc Tangorre, d’annuler, au nom de la République, les faits d’un jugement inique. La révision peut attendre, la liberté ne le peut pas. Faute de quoi, l’erreur judiciaire se transformerait inévitablement en crime judiciaire.
(*) Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.
Pierre VIDAL-NAQUET (*)

Voir encore:

POINT DE VUE

Luc Tangorre et notre erreur
Pierre Vidal-Naquet

Le Monde

15.02.92

C’est pendant l’été de 1983 que j’entendis pour la première fois prononcer le nom de Luc Tangorre qui avait été, le 24 mai précédent, condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Luc Tangorre était le camarade d’un de mes neveux, étudiant en éducation physique, et ni ce garçon ni aucun de ses camrades ne comprenaient que Luc Tangorre, gentil, serviable et menant une vie sentimentale normale, ait pu être accusé d’être l’auteur d’une série de viols. Je me fis communiquer le dossier, que me procura Gisèle Tichané, chercheur au CNRS et amie de la famille Tangorre. Je me convainquis rapidement que l’instruction avait été bâclée par un juge instruisant à charge et non à décharge, et que, contre Luc Tangorre, il n’existait aucune preuve digne de ce nom, hors les reconnaissances faites par les victimes de ces crimes très réels.

L’affaire Tangorre m’apparaissait alors comme une sorte d’affaire Dreyfus de M. Tout-le-monde. Je viens de relire le livre publié en janvier 1985 par Gisèle Tichané _ disparue, hélas ! depuis sous le choc des rebondissements successifs de l’affaire, _ livre que j’avais muni d’une postface (1). Pour l’essentiel, et même si tout n’y est pas également convaincant, l’analyse demeure valable. Luc Tangorre n’avait pas été véritablement jugé, il fallait donc refaire son procès. Il fallait aussi, à mon avis, le tirer de sa prison. M’étant convaincu de son innocence, je décidai de tout faire pour cela. Je le vis à Fresnes et lui dis que je le défendrais comme s’il était mon propre fils. C’est ce que je fis.

Je défendis sa cause partout où je pouvais la défendre, dans le Monde, comme dans d’autres journaux, à la radio et à la télévision. Je mobilisai tout ce que je pus mobiliser pour sa cause. Je lui procurai deux nouveaux avocats : Jean-Denis Bredin, qui venait de publier un livre sur l’affaire Dreyfus, et mon propre frère. Tous deux eurent le sentiment d’une innocence rayonnante. C’est aussi le sentiment que m’inspiraient les lettres déchirantes que m’adressait Luc Tangorre, en dépit du manque de maturité affective dont elles témoignaient quelquefois.

Pour tirer un innocent de prison, il y avait, en principe, deux voies normales : la révision, qui ne peut être décidée que par la Cour de cassation à la demande du garde des sceaux, et la grâce présidentielle. Je fis toutes les démarches possibles et imaginables place Vendôme, comme au palais de l’Elysée, et beaucoup d’autres m’aidèrent dans ces démarches. L’affaire Tangorre ne fut en aucune façon une affaire qui fut le monopole de la gauche, comme on l’a écrit parfois. Alain Peyrefitte, par exemple, à qui l’erreur judiciaire fait horreur, se convainquit, lui aussi, qu’il y avait au moins doute et, à son honneur, il intervint dans ce sens. Jean-Denis Bredin rédigea un mémoire en révision. Il ne reçut jamais de réponse officielle. Robert Badinter, bien qu’il ne fût nullement convaincu de l’innocence de Luc Tangorre, découvrit une troisième voie. Il déposa en février 1985 un pourvoi " dans l’intérêt de la loi et du condamné ". Il estimait avec raison qu’un nouveau procès serait le meilleur moyen de trancher la question. Le 9 octobre 1986, la chambre criminelle refusait ce pourvoi.

Il ne restait plus qu’une seule issue : la grâce. François Mitterrand accorda une remise de peine de quatre ans, ce qui permit à Luc Tangorre de sortir de prison le 15 février 1988. Je lui suggérai de déclarer à sa sortie de prison, comme l’avait fait Dreyfus en septembre 1899, que la liberté ne lui était rien sans l’honneur. Il le fit. Je le vis à Paris les 15 et 16 mai 1988. Je puis témoigner qu’il ne parlait que d’une chose : de la révision de son procès. Nous esquissâmes même ensemble un modèle des lettres qu’il envoya à chacune des victimes des viols commis à Marseille et qu’on lui avait attribués. Il voulait convaincre ces jeunes femmes qu’il n’était pas leur agresseur. Ces lettres furent effectivement envoyées, mais les destinataires déclinèrent la proposition.

C’est une semaine après qu’il a, selon les déclarations de deux jeunes Américaines, commis de nouveaux viols, mais les faits, on le sait, ne furent révélés qu’en octobre, après une longue et minutieuse enquête. " A-t-il été jugé ? "

Ces jeunes filles avaient-elles dit la vérité et était-ce bien Luc Tangorre qui les avait violées ? Après une longue et douloureuse réflexion, aussi documentée que possible, j’ai dû me rendre à l’évidence. En dehors de ce récit, il n’y avait que deux hypothèses possibles, toutes les deux romanesques : l’action d’un sosie qui aurait persécuté Luc Tangorre au moins depuis 1980, ou une machination policière, qui supposait des manipulations tellement énormes – sans parler de la complicité des jeunes filles – qu’on ne peut que se refuser à l’admettre. Jusqu’à plus ample informé, telle est, je crois, hélas, la vérité, et je ne puis qu’exprimer mes regrets tant à l’égard des victimes anciennes, même si toutes n’ont pas été violées par Luc Tangorre, – il avait pour certaines d’entre elles des alibis irréprochables, – qu’à celui des victimes nouvelles, puisque, sans mon action et celle de tant de Français qui m’ont accompagné, ces derniers viols n’auraient pas eu lieu. Cela dit, Luc Tangorre vient d’être condamné à une peine dont je ne suis pas sûr qu’il existe un seul précédent : dix-huit ans de réclusion criminelle. A-t-il été jugé ? Je dois à regret écrire que non. Chacun a pu constater l’incroyable partialité du président de la cour d’assises du Gard, qui est allé jusqu’à déchirer en public un document favorable à l’accusé sans le communiquer aux parties et jusqu’à expulser un père brisé par onze ans de souffrances et d’illusions, et qui répétait que la famille Tangorre n’était pour rien dans l’envoi de ce document qualifié par le président de " torchon ".

Mais il y a beaucoup plus grave : tous les journalistes ont décrit Luc Tangorre comme " enfermé dans son innocence ", installé " derrière son bouclier de papiers ", suffisamment dédoublé pour traiter abstraitement de sa propre affaire. Là est peut-être le noeud du mystère, et ses avocats l’ont compris. La psychologue, qui est venue témoigner à l’audience, a compris, elle aussi, que faire face à la réalité serait pour Luc Tangorre se placer " au bord de la folie ", sans doute parce que sa folie propre consiste précisément en un formidable déni de la réalité. Comment, autrement, expliquer et ses crimes et sa sincérité ? Un simulateur conscient aurait-il laissé tant de traces et presque sa signature au moment de son dernier crime ? Seul le lapsus final : " La vérité a gagné une bataille "… a peut-être brisé ce mur d’innocence.

Pendant sept ans, l’administration judiciaire a tenu Luc Tangorre en prison, et là, sans qu’aucune enquête psychiatrique digne de ce nom, digne d’un cas aussi rebelle, ait été tentée. " En France, on ne condamne pas les fous ", s’écria Me Jean-Louis Pelletier. Le vendredi 7 février à 18 h 30, le président faisait savoir que la cour rejetait la demande de nouvel examen psychiatrique déposée par la défense. Par là même, il scellait le destin de Luc Tangorre, mais renonçait aussi à rendre la justice. Condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle, Luc Tangorre doit, en principe, en faire dix-neuf, puisque, s’il faut retrancher un peu plus de trois ans de préventive, il faut aussi ajouter les quatre ans qui lui restaient à accomplir lorsque sa peine a été suspendue. Ce délai est-il assez long pour que la justice daigne faire examiner ce grand malade ?

Luc Tangorre aurait-il avoué son crime que la peine aurait été infiniment moins lourde. Il le savait parfaitement, et c’est cela précisément qu’il a refusé, comme il a refusé les étranges " circonstances atténuantes " qu’on lui a accordées et qui lui ont valu deux années de réclusion en moins par rapport aux demandes de l’avocat général. Est-ce ce refus d’avouer que la cour et les jurés ont voulu sanctionner ? Mais alors en vertu de quel étrange principe, aussi " moyenâgeux " que le principe de l’aveu lui-même ? Ou est-ce, par-delà ce coupable, l’idée même d’erreur judiciaire – car tout de même, il y en a – qu’on a voulu frapper de réclusion criminelle ?

 Voir de plus:

COURRIER

A propos du procès de Luc Tangorre La réponse de deux magistrats nîmois à Pierre Vidal-Naquet
Le Monde

06.03.1992
Le Monde du 15 février a publié un article de M. Pierre Vidal-Naquet, intitulé " Luc Tangorre et notre erreur ", dans lequel cet historien analyse le procès qui s’est déroulé à la cour d’assises du Gard du 3 au 8 février 1992 et qui s’est terminé par la condamnation de Luc Tangorre à dix-huit années de réclusion criminelle pour deux viols commis en état de récidive légale.

M. Vidal-Naquet, qui n’a pas assisté aux débats, n’hésite pas à porter un jugement définitif sur le comportement du président de cette cour d’assises, qu’il accuse d’une " incroyable partialité ".

Pour être recevable, une accusation de cette gravité devrait s’appuyer sur des faits précis particulièrement probants. Or le défaut de pertinence des éléments retenus par M. Vidal-Naquet révèle qu’il a été mal informé tant du déroulement des débats que du contenu du dossier.

Lorsqu’on écrit que le président de la cour d’assises n’a pas communiqué aux parties un document que l’on prétend favorable à l’accusé, il faut ajouter que ce sont les avocats de la défense et Luc Tangorre eux-mêmes qui se sont opposés à sa lecture.

En affirmant que, pendant ses sept années de détention, Luc Tangorre n’a fait l’objet d'" aucune enquête psychiatrique digne de ce nom ", M. Vidal-Naquet fait fi des dix experts psychiatres et psychologues qui ont tour à tour examiné l’accusé pendant cette période.

Les règles édictées par le code de procédure pénale français, qui sont trop méconnues, exigent du président de la cour d’assises qu’il dirige les débats, instruise à charge comme à décharge en s’appuyant sur le dossier dont il a la même connaissance que la défense, la partie civile et le ministère public.

C’est au vu de ce dossier et des débats d’audience que la cour d’assises, dans sa collégialité, et en toute indépendance, accorde ou refuse les ultimes mesures d’instruction sollicitées, que les demandes émanent de la défense ou de l’accusation. C’est ainsi que s’exprime l’impartialité de la cour et de son président.

M. Pierre Vidal-Naquet soupçonne enfin la cour et le jury du Gard d’avoir sanctionné Luc Tangorre de dix-huit ans de réclusion criminelle moins pour les crimes commis que pour le refus de les avouer. Il convient de rappeler que, condamné par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, le 24 mai 1983, à quinze ans de réclusion criminelle pour six viols et quatre attentats à la pudeur avec violence, Luc Tangorre a été condamné par la cour d’assises du Gard pour avoir à nouveau violé deux jeunes filles, trois mois après sa sortie de prison.

L’affaire Luc Tangorre,
par P. Vidal-Naquet

Extrait de Pierre Vidal-Naquet, Mémoires, 2, Le trouble et la lumière 1955-1998, Paris, Éditions du seuil, La Découverte

[365]

[…] Hélas, dans une seule affaire j’obtins un résultat, mais celle-ci se révéla mauvaise, puisqu’il s’agit de Luc Tangorre, arrêté pour viol à Marseille en avril 1981. J’entendis pour la première fois prononcer le nom de ce jeune homme pendant l’été 1983 par mon neveu Guy Cayol, fils de la sœur de Geneviève, Alice. Celui-ci ne pouvait pas comprendre qu’un de ses camarades d’études, Luc Tangorre, garçon fort sympathique doté d’une petite amie charmante, ait pu se livrer à toute une série de viols dans les quartiers sud de Marseille, ce pour quoi il fut condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises d’Aix-en-Provence.

Luc Tangorre avait des avocats convaincus de son innocence. Une jeune femme, Gisèle Tichané, chercheur au CNRS, avait pris cette cause en main -avec une sincérité évidente. Malade du cœur, elle risqua sa vie dans cette affaire et la perdit en 1989.

J’étudiai le dossier avec, il est vrai, un préjugé favorable pour le condamné. Il était à la fois accablant et inquiétant, accablant parce que nombre de jeunes femmes violées avaient formellement reconnu leur agresseur, inquiétant parce que le juge avait mené l’instruction à charge et jamais à décharge, que, dans plusieurs affaires, Luc avait des alibis solides, qu’il n’avait pas un seul instant cessé de proclamer son innocence, qu’il avait même hurlé cette innocence devant la cour d’assises. Un comité de soutien fort actif s’était formé à Marseille. Je me convainquis peu à peu de l’innocence complète de Luc Tangorre. Et comme j’étais convaincu, je me préoccupai de faire partager cette conviction. Le dossier, transmis par Jérôme Lindon, emporta, par exemple, l’adhésion de Jacques Derogy qui mena campagne contre le «spectre de l’erreur judiciaire» dans L’Express.

Je trouvai à Luc deux nouveaux avocats. L’un était mon frère François qui alla voir ce garçon en prison et dit à sa sortie: «Ou bien il est innocent, ou bien il faut l’engager tout de suite à la Comédie-Française!»

[366]

A l’automne 1983, Jean-Denis Bredin publia L’Affaire (Julliard), et m’en envoya un exemplaire. Je lui répondis qu’il était très bon de continuer à défendre Dreyfus, mais qu’un jeune homme, innocent des crimes pour lesquels il avait été condamné, était en prison. Il me répondit le 27 octobre que ce que je lui disais d’un innocent de vingt-deux ans condamné le bouleversait et qu’il était prêt à m’aider si j’avais la conviction de son innocence. Je l’avais, et Jean-Denis Bredin entra aussitôt dans l’affaire et rédigea un impeccable mémoire qui me parut détruire entièrement l’accusation.

Je me battis sur tous les terrains. Robert Badinter était ministre et j’allai le voir. François Mitterrand occupait l’Élysée. Le chef de son secrétariat, Paulette Decraene, était la mère d’un de mes anciens élèves, Jean-Philippe Decraene. Je la convainquis elle aussi et obtins par son intermédiaire un rendez-vous avec le président de la République. J’en parlai aussi à Danielle Mitterrand. J’écrivis des articles, fis publier un manifeste sur le thème: «Le viol est un crime, l’erreur judiciaire est un autre crime.» J’aidai Gisèle Tichané à rédiger un livre, Coupable à tout prix, que publia François Gèze à La Découverte, convaincu lui aussi, en 1984. J’avais muni ce livre d’une postface que je croyais bien argumentée.

Sur le plan judiciaire, Robert Badinter, qui n’était pas convaincu quant au fond, jugea tout de même nécessaire que l’affaire fût révisée. Il déposa un pourvoi devant la Cour de cassation après avoir fait étudier le dossier par l’ancien président de la Chambre criminelle, André Braunschweig, celui-là même qui m’avait entendu comme inculpé en 1960. Le pourvoi fut rejeté le 9 octobre 1986. Il ne restait plus qu’une issue: une grâce présidentielle. Je fis tout pour l’obtenir. J’allai, pour mieux me convaincre, voir Luc dans sa prison. Il bénéficia d’une permission de quelques jours et vint nous voir à Marseille. Ma femme, qui avait toujours été un peu réticente, s’inquiéta de son regard dont avaient parlé les victimes. Paule Dayan, conseillère juridique de François Mitterrand, freinait [367] des quatre fers. Si Tangorre était coupable, disait-elle, et si le président le graciait, son image en serait atteinte. Sur ce point, elle n’avait pas tort, même si beaucoup d’autres affaires ont obscurci l’image du président de la République. Je ne participai pas à l’hallali qui retentit pendant la fin du règne, pour cette raison et aussi parce que cette campagne me dégoûtait un peu. En fin de compte, François Mitterrand accorda une grâce partielle, contresignée par Jacques Chirac et Albin Chalandon, et Luc Tangorre sortit de la prison de Toulouse le 15 février 1988, paraissant décidé à obtenir la révision complète de son procès.

Il vint nous voir à Paris et je me promis de l’aider. Hélas, quelques mois après, on apprit que, le 29 mai 1988, un garçon dont le moins qu’on puisse dire est qu’il lui ressemblait comme un frère jumeau avait violé deux étudiantes américaines. Mon frère fit jusqu’au bout son devoir d’avocat avec l’assistance de plusieurs confrères dont Mes Jean-Louis Pelletier et Paul Lombard. Luc Tangorre fut condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. J’ai tenté quelque temps de me convaincre que là aussi il y avait maldonne. Je ne pus y parvenir. Peu après le verdict, Le Monde publia en première page, le 15 février 1992, mon article: «Luc Tangorre et notre erreur.» J’y faisais l’historique de l’affaire telle que je l’avais menée en me trompant. Du fond de ses prisons successives, Luc continua à protester de son innocence. Il a trouvé des fidèles qui ont publié d’autres livres pour le défendre. De cette innocence, je ne suis plus, pour ma part, convaincu.

Dans cette affaire, j’ai donc joué et perdu. Si j’avais le besoin de me convaincre qu’un récit historique n’a de valeur que provisoire et qu’il peut être remplacé par un autre récit, l’affaire Tangorre aurait été pour moi une terrible leçon de choses

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Islam: C’est l’Apocalypse, imbécile ! (This is the final jihad: It’s the book of Revelation, stupid !)

18 août, 2014
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. Apocalypse 20: 1-9
C’est la lutte finale Groupons-nous et demain L’Internationale Sera le genre humain … Refrain bien connu
Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. Jésus (Matthieu 16 : 2-3)
Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés. Ayatollah Khomeiny
La possibilité d’une annihilation existe. Le projet sioniste entier est apocalyptique. Il existe dans un environnement hostile et dans un certain sens son existence n’est pas raisonnable. (…) Oui, je pense à Armageddon. C’est possible. Dans les vingt prochaines années, il pourrait y avoir une guerre atomique ici. Benny Morris
Dans l’Islam, de même que dans le Judaïsme et le Christianisme, certaines croyances portent sur une bataille cosmique marquant la fin des temps – Gog et Magog, l’Antéchrist, Armageddon et, pour les Musulmans chiites, le retour tant attendu de l’Imam caché, qui doit déboucher sur la victoire finale des forces du bien sur celles du mal, quelle qu’en soit la définition. Il est évident qu’Ahmadinejad et ses adeptes croient que ce temps est venu et que la lutte finale est déjà entamée, et même bien avancée. Bernard Lewis
Vous comprendrez d’autant mieux la perplexité de Jacques Chirac qui a entendu, un jour de 2003, George W. Bush lui expliquer qu’il fallait intervenir militairement en Irak, parce que Gog et Magog y étaient à l’œuvre. Quand il livre ses convictions les plus intimes sur la politique proche-orientale, George W. Bush ne pense donc pas au pétrole ou à des bases susceptibles d’accueillir ses GI. Il ne parle ni d’économie ni de géostratégie. Il réagit comme un croyant qui attend que se réalise une prophétie biblique… (…) Comme ni Jacques Chirac ni ses services n’ont compris la référence du président américain, Paris s’est mis au travail. George W. Bush appartenant à la mouvance chrétienne évangélique, l’Élysée s’est orienté vers les protestants de France, qui ont transmis la requête à Thomas Römer. Jocelyn Rochat
Dans le vocabulaire politique, l’expression « millénarisme » peut servir à désigner, de manière métaphorique, une forme de doctrine aspirant à une révolution radicale, qui aboutirait à la mise en place définitive d’un ordre social supposé plus juste, et sans commune mesure avec ce qui a existé jusqu’à présent. Dans cette acception, le terme a pu servir à qualifier aussi bien le communisme que le nazisme. Wikipedia
It is a series of images that come out of the Book of Revelation. There is a Millenarian idea, of an impending calamity, that something unspeakable is about to occur. (…) At the end of the First World War, these currents in poetry, from the romantic to the symbolist poets at the end of the century and the beginning of the new century, finally convert themselves into a series of political movements, which are mass movements against the idea of liberalism. They are movements of rebellion against the belief in the many instead of the one, against the idea that life should be divided into a series of spheres — the public and the private, the state and society, the civil and the religious — and at some level, in different ways, they are movements of rebellion against the idea of rational analysis. Instead, they are movements in favor of the one, the solid, the granite, of authority, as opposed to rational analysis — sometimes of mysticism, but in any case of authority. These movements were founded by Lenin, Mussolini, Franco, Hitler, the leaders of the Iron Guard in Romania, various figures from the extreme right in France, and through every single country in Europe in some version or another — the Bolshevik movement on the Left, all of the other movements on the Right. The movements were utterly different one from the other, and the Left and the Right hated each other, and sometimes the Right and the Right hated each other. But (…)  In all of these cases, the similarities consisted of a belief in a deep myth, the Ur myth of the twentieth century and into our own time. The name of this myth is the Book of Revelation. It is a variation on the themes of the symbolist poets. It takes the idea of transgressive rebellion, which the earlier Romantics had already come up with, of murder and rebellion as satanic acts of rebellion against liberal society, the conversion of this idea into the mythology that you see in the Book of Revelation, and then finally these political movements convert that same notion into political doctrines in this way. The story in the Book of Revelation says: There is a people of God; the people of God are being afflicted and polluted by forces from within their own society, who worship at the synagogue of Satan. At the same time, the people of God are being afflicted by cosmic foes from abroad. The people of God who are oppressed rise up in rebellion against these polluting forces from within and against the cosmic forces from abroad. The name of this war is Armageddon, and it lasts, according to St. John, the author of Revelation, one hour. And at the end of the war, with all of those foes dispatched, the reign of Christ is established and lasts a thousand years. It is a perfect, stable society with no polluting elements. It is the millennium. (…) But the totalitarian ideal also arose in two other versions, which were distinctly not European. The radical Islamist movement — that is, the notion of Islam as a revolutionary political movement, not just as a religion — was founded in 1928 with the Muslim Brotherhood in Egypt. The Pan-Arabist movement in its most radical version, the Baath, was founded formally in 1943 in Damascus. (…)  There is a people of God. The people of God should be described as the “true Muslims” in the case of the Islamists, or as the “true Arabs” in the case of the Baath. The people of God are afflicted by internal corruptors within Muslim society. These internal corruptors are the Jews or the Masons or the Muslim hypocrites. The people of God are afflicted by sinister external foes, Western imperialists or the worldwide Zionist conspiracy. The people of God will resist these internal foes and external foes in a gigantic war of Armageddon. This war will be the liberation of Jerusalem or it will be the jihad. Afterwards the reign of purity will be established and this reign of purity is described in the case of both of those movements in the same way: it is the re-resurrection of the Caliphate of the seventh century in the years after the Prophet Mohammed. The Caliphate is described by each of these movements in a slightly different way. For the Islamists, it means the reinstating of Shar’iah or Qur’anic law. For the Baathists the emphasis is secular; it is the recreating, the resurrecting, of the Arab empire when the Arab empire was on the march. Finally, these two movements have lacked for nothing in the realm of practical achievement – killing millions. In the last twenty years, several million people have been killed in the course of the Iran-Iraq war, which pitted one of these movements against the other — the mass human wave suicide attacks on the part of the Iranian Islamists against the cult of cruelty, and of chemical weapons on the part of the Baathists. It is estimated that between one and a half million and two million people were killed in Sudan; 100,000 are thought killed in Algeria over the last several years. (…) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years. Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?” And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy. It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things. All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions. Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis. The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas. The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists. I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas. Paul Berman

Attention: une lutte finale peut en cacher une autre !

A l’heure où, entre deux parties de golf ou condamnations d’Israël, les autruches qui nous gouvernent semblent enfin prendre conscience de la menace djihadiste pour la planète entière …

Comment ne pas repenser, avec Paul Berman, au mythe qui, du communisme au nazisme et aujourd’hui à l‘islamisme, soutend l’ensemble de ces mouvements totalitaristes …

A savoir le mythe millénariste du livre de l’Apocalypse de Saint Jean ?

Terror and Liberalism
Paul Berman, Joanne J. Myers
Carnegie Council
April 15, 2003

Introduction

JOANNE MYERS: On behalf of the Carnegie Council I would like to welcome members and guests to our Author in the Afternoon program.

Today we are delighted to have Paul Berman, a writer who has been especially recognized for his penetrating philosophical perspectives on a vast array of social and cultural topics. His latest work, Terror and Liberalism, focuses on a subject that is generating a great deal of interest, as it is the first book to address the political/philosophical dimensions of the current conflict found in Islamic fundamentalism and on the War on Terror.

I have asked Jack Diggins to introduce Mr. Berman. Jack is a Distinguished Professor of American History at the City University of New York. He has also taught at Princeton, Cambridge, and the University of London. Jack has published a number of books dealing with American politics and history, including Up From Communism: The Liberal Persuasion; Arthur Schlesinger, Jr., and the Challenge of the American Past; The Promise of Pragmatism; The Rise and Fall of the American Left, and The Proud Decades, America in War and Peace, 1941-1960. Just by listening to these titles you can easily conclude that Jack has concerned himself with, among other things, American intellectual history, liberalism, pragmatism, and the American past and its influence on the present, which makes him the ideal person to introduce our guest today.

JACK DIGGINS: Thank you. I am very pleased to be here and to introduce my old friend, Paul Berman.

I came to know Paul many years ago when I was living on the West Coast and there was an essay in the Village Voice on the philosopher Sidney Hook. I thought I was the only person in the United States who admired Sidney Hook, but there was one other, Paul Berman. Hook was a leading philosopher of pragmatism and Marxism and became an ardent anti-communist, which in the 1960s was not politically correct, at least on the campuses.

And then, watching television, the Iraq war, the aftermath of the war, and seeing the scenes of fists in the air and anti-American statements and rumors of Baath police being lynched and the scenes of looting, I said to myself, “This is not going to bother Paul.”

Many years ago Paul was with me in California and said, “I’m going to take a trip to Tijuana.” At that time, if you went to Tijuana and parked your car for ten minutes, the tires were gone. But Paul came back just smiling and praising it as a land of moral solidarity and all the people with hearts of gold. I couldn’t help remember the last time I was there I was taken to the police station because I refused to pay a cop a $50 bribe for crossing the street the wrong way. But Paul is so much more optimistic than I am, and maybe he is right.

With the fall of Communism, he and I would debate every day, and I would side with Gorbachev and he would side with Yeltsin or anyone who let the whole system come down. Paul describes himself as a democratic socialist, but deep down he has an anarchist impulse and he does think that out of chaos will come freedom. I am a little bit more cautious.

But the fall of Communism was, as Daniel Patrick Moynihan said, the greatest peaceful transfer of power in modern history, and Paul was right about it, and perhaps he will be right about his position on the Iraq war.

Some people will be curious why I dedicated a book that is about the great prudent conservative President-statesman John Adams to a radical activist from the 1960s. People wonder if there is an incongruence there. But I would like to read you the last sentence of my acknowledgement: “In the 1790s John Adams reflected on events in France, in the 1980s Paul Berman on events in Nicaragua. Both faced the wrath of some of their own friends for telling us that a revolution without representation is destined to devour itself. Truth dared to speak before its time.”

Remarks

PAUL BERMAN: I’d like to thank the Carnegie Council for inviting me to speak and my dear friend, the slyly brilliant Professor Diggins, for this introduction.

I would like to offer ten propositions with which our present crisis could be observed.

1) In the nineteenth century, the belief arose that the secret of human progress had been discovered and had been proved to be correct. This secret was thought to be a belief in the many instead of the one, a belief that each aspect of life should be allowed to remain in its own sphere — the public and the private, the state and society, the religious and the civil. There was a belief that society ought to govern itself through rational analysis.

Many different philosophies and political movements expressed this idea. None of them, none of the large ones, expressed it fully consistently. Marx had some aspects of this idea. The French Revolution stood for some aspects and could not quite get the other aspects right. Thomas Jefferson stood for a very pure version of this idea and yet couldn’t quite straighten out the part regarding human slavery. Each separate movement in the nineteenth century, or in the early eighteenth century and into the nineteenth century, had some aspect of it and some contradiction which was yet to be worked out.

And yet, in spite of the contradictions, there was consensus about general principles which were seen to be working in some of the societies that we think of as the West and which were regarded by some people in all regions around the world as the secret of human progress universally, not just in the places where they were seen to be prospering at that moment.

There was among a very large number of people, a general feeling of underlying optimism, which you can see in many of the writers of the nineteenth century, in many of the doctrines that came to dominate political movements.

2) At the same time, there was reason to be suspicious of these doctrines. There was a whole series of criticisms about hypocrisies or inconsistencies or lies that were concealed within it. Marx was the great prophet of this.

But beyond these doctrines of suspicion, there were also some elements that not even Marx discussed, something that went beyond exploitation and hypocrisy. This could be seen by the late-nineteenth century in King Leopold’s war in the Congo or in German Southwest Africa at the turn of the century, where the very countries, Germany and Belgium, who were among the principal exemplars of the doctrine of human progress, were in some other aspect of their national activity somehow engaged in the most grotesque genocide. The combination of the sense of optimism and the genocidal atrocities, seemed to be beyond the capability of the liberal imagination to conceive.

In the First World War, these darkest aspects, which had already been visible in the Congo and in Southwest Africa, finally rolled back across Europe. What had been unimaginable throughout the nineteenth century finally took place in Europe itself, which was mass death on the most colossal scale, nine or ten million people killed for reasons that were ultimately unintelligible. Each country went into the war with a logical set of reasons instead of treaties and alliances. The final outcome was a catastrophe beyond that which anyone would have or did predict.

3) From the nineteenth century and onward, a series of rebellions against this prevailing liberal optimism arose. Some of these rebellions are particularly worth observing.

First, there was a rebellion within the romantic literary tradition, in romantic poetry. An important sign of this was Victor Hugo’s verse play Hernani in 1830, which already broached certain themes. The play ends with the attempted assassination of the King of Spain and a triple suicide. The theme of murder and suicide in the context of rebellion had already been broached.

Baudelaire picks up the same theme. In the second edition of The Flowers of Evil, the inscription mentions enrolling in the rhetorical school of Satan.

And, in fact, there is a religious subtext that underlies this notion of rebellion, which is the romantic cult of Satan, which, within the literary tradition, begins to mean a cult of murder and suicide as literary postures.

Later in the nineteenth century among the poets, the religious aspect of this rebellion, of this notion of transgressive rebellion against the existing order, takes a new form. You can see it in Rimbaud and in a marvelous version in the greatest of the turn-of-the-century Spanish-language poets, Ruben Dario.

This new version is not the cult of Satan. It is a series of images that come out of the Book of Revelation. There is a Millenarian idea, of an impending calamity, that something unspeakable is about to occur. You can see it in Yeats. This idea emerges as the new religious underpinning.

There is something self-ironic about the writers who were writing about Satan but there is nothing ironic or self-ironic about the writers who were drawing on images from the Book of Revelation.

At the end of the First World War, these currents in poetry, from the romantic to the symbolist poets at the end of the century and the beginning of the new century, finally convert themselves into a series of political movements, which are mass movements against the idea of liberalism. They are movements of rebellion against the belief in the many instead of the one, against the idea that life should be divided into a series of spheres — the public and the private, the state and society, the civil and the religious — and at some level, in different ways, they are movements of rebellion against the idea of rational analysis. Instead, they are movements in favor of the one, the solid, the granite, of authority, as opposed to rational analysis — sometimes of mysticism, but in any case of authority.

These movements were founded by Lenin, Mussolini, Franco, Hitler, the leaders of the Iron Guard in Romania, various figures from the extreme right in France, and through every single country in Europe in some version or another — the Bolshevik movement on the Left, all of the other movements on the Right.

The movements were utterly different one from the other, and the Left and the Right hated each other, and sometimes the Right and the Right hated each other. But what I am struck by is the similarities.

4) In all of these cases, the similarities consisted of a belief in a deep myth, the Ur myth of the twentieth century and into our own time. The name of this myth is the Book of Revelation.

It is a variation on the themes of the symbolist poets. It takes the idea of transgressive rebellion, which the earlier Romantics had already come up with, of murder and rebellion as satanic acts of rebellion against liberal society, the conversion of this idea into the mythology that you see in the Book of Revelation, and then finally these political movements convert that same notion into political doctrines in this way.

The story in the Book of Revelation says: There is a people of God; the people of God are being afflicted and polluted by forces from within their own society, who worship at the synagogue of Satan. At the same time, the people of God are being afflicted by cosmic foes from abroad.

The people of God who are oppressed rise up in rebellion against these polluting forces from within and against the cosmic forces from abroad. The name of this war is Armageddon, and it lasts, according to St. John, the author of Revelation, one hour.

And at the end of the war, with all of those foes dispatched, the reign of Christ is established and lasts a thousand years. It is a perfect, stable society with no polluting elements. It is the millennium.

Each of the movements that arose in the period after World War I found a new way to tell this story. There was always a people of God. The people of God were proletariat. The people of God were the children of the Roman wolf, the Italian people. The people of God were the Catholic warriors of Christ, according to the King in Spain. The people of God were the Aryan race.

There were always polluting elements from within society, such as the bourgeoisie, or the Trotskyite wreckers, or the Jews, or the Masons, or the Communists.

There were always external foes from abroad. These were the forces of capitalist encirclement, or Anglo-American imperialism, or what Heidegger described as the “pincer pressure” of the United States and the Soviet Union pressing on the people of Germany.

There was always going to be a war, which would be a war of extermination against these external and internal foes. This war would be the class war, or the crusade in Franco’s version, or the biological war in the Nazi version.

At the end was always the perfect society, which was pictured either as a sci-fi leap into the future or as a return to the golden age of the past, usually as some version of both.

The Communist version was a leap into the future, though if you read your Marx carefully, you understand that this is also a leap into the primitive Communism of the past. And in the Soviet version there are many references to the primitive Communist traditions of the Russian peasants.

All of the right-wing versions were variations of a slightly different sort.

Mussolini was going to recreate the Roman Empire, and when he marched on Rome in 1922, he organized his followers into legions. They were centurions marching on Rome. The Roman Empire was going to be recreated in a modern version. They weren’t going to go back to the ancient version. It was would be a modern version of the Roman Empire.

Franco was going to recreate the medieval Crusades of Spain at its greatest. He would do this in a modern version.

Hitler was also going to recreate the Roman Empire. The Third Reich meant the new Reich after the Roman Empire and the Holy Roman Empire. He would recreate the Roman Empire, but in an Aryan version instead of an Italian version.

And likewise, this cult of the ancient, the reestablishing of the ancient, was a leap into the future at the same time, a modernism.

The symbolist cult of the Book of Revelation is also a cult of ancient myth, which is a cult of modernism at the same time. If you want to see that artistically, picture some of Picasso, where he is evoking the ancient myths of the Mediterranean but in the most modern of ways.

5) All of these movements proposed impractical programs which were unachievable except in one way, which was through mass death. Mass death showed that these were movements of transgressive rebellion, not movements of reform, not conservative movements of reform or social democratic movements of reform, Left or Right, but movements that would break through the ordinary morality of behavior, thus would break through the existing world view.

The reassuring demonstration that one had really gone beyond the ordinary was a commitment to mass death. All of these movements failed completely in achieving what they stated to be their worldly aims, and in achieving mass death.

6) The liberal society which in its weaknesses and contradictions and inability to conceive of the dark in human nature, the liberal society which in some way had inspired these movements and against which these movements now arose in rebellion, also had a great deal of trouble in identifying what these movements were.

We are all too familiar with the failures of the left-wing Fellow Travelers, who could not understand Stalinism and could only understand it as an exceptionally advanced form of social democracy. But you can take examples of this kind of error across the spectrum.

I write about the French socialists of the 1930s, who were a deeply democratic and liberal, in my sense of the word, movement with an impeccable record of liberal democratic credentials going back into the nineteenth century, without any of the aspects of Bolshevism, Marxism, or Leninism. One has to remember that in the 1930s, the French socialists were the enemies of Nazism and of the Right.

And yet, the majority of the French socialists finally voted for Marshall Pétain because they could not get themselves to understand the nature of Nazism. They managed to tell themselves that Nazism was a legitimate movement, that the Germans did have grievances, that the Treaty of Versailles had been unjust, that Hitler might be raving but he was stating truths.

The French socialists in their majority faction certainly did not regard themselves as anti-Semites, and yet they asked themselves: “Every time somebody rails against the Jews, is it always an example of anti-Semitism?” The French socialists were, by definition, the enemy of financiers — “and weren’t some of the financiers Jewish?”

The French socialists finally thought that the great danger to France was represented not by Hitler and the Nazis but by the hawks in their own society. And who was the leading hawk? Unfortunately, it was their own leader, the leader of the minority faction, who had managed to get himself elected Prime Minister, Léon Blum, whose ethnic identity now became itself a source of much speculation.

With this kind of reasoning, the French socialists in the majority faction not only managed to vote for Pétain, but quite a few ended up joining his government, and in this way the impeccable liberal democrats of the French Left managed to convert themselves into fascists.

7) The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from this kind of liberal naïveté. Without the cooperation of the Fellow Travelers with Stalin, without the French anti-war socialists in the case of Hitler, without the naïveté of any number of conservatives and democratic right-wingers in the case of a variety of fascists and Nazis, without the naïveté even of the United States with regard to Hitler straight through the 1930s, it would be inconceivable to imagine that these movements would have gotten very far.

So it is a mistake to think of the totalitarian movements as isolated. They existed in a dynamic, and part of the dynamic is the liberal naïve unwillingness to recognize them as what they are.

8) Totalitarianism arose in Europe in the fifteen years after the First World War. In the first twenty-five years, similar or identical movements arose on the other side of the Mediterranean too, in the Muslim world.

One of these movements was certainly Muslim Communism, which everyone forgets about. In the interpretation of the clash of civilizations, one would imagine that a Western movement like Communism would be inconceivable in what is called a non-Western society. In fact, Communism was a large and lasting movement.

But the totalitarian ideal also arose in two other versions, which were distinctly not European. The radical Islamist movement — that is, the notion of Islam as a revolutionary political movement, not just as a religion — was founded in 1928 with the Muslim Brotherhood in Egypt. The Pan-Arabist movement in its most radical version, the Baath, was founded formally in 1943 in Damascus.

These movements are conventionally seen as opposites. If you turn on the TV, you will see any number of people automatically saying that these movements have nothing in common; one is religious, the other is secular; they despise each other. And it is true that they have despised each other and have committed mutual massacres on a gigantic scale.

It is useful to point out the ways in which these two movements resemble each other. The totalitarian movements in Europe also were different one from the other, and sometimes were at war with one another, and yet there were underlying similarities.

In the case of Baathism and Islamism, these similarities are easy to see. There is a people of God. The people of God should be described as the “true Muslims” in the case of the Islamists, or as the “true Arabs” in the case of the Baath. The people of God are afflicted by internal corruptors within Muslim society. These internal corruptors are the Jews or the Masons or the Muslim hypocrites.

The people of God are afflicted by sinister external foes, Western imperialists or the worldwide Zionist conspiracy. The people of God will resist these internal foes and external foes in a gigantic war of Armageddon. This war will be the liberation of Jerusalem or it will be the jihad.

Afterwards the reign of purity will be established and this reign of purity is described in the case of both of those movements in the same way: it is the re-resurrection of the Caliphate of the seventh century in the years after the Prophet Mohammed. The Caliphate is described by each of these movements in a slightly different way. For the Islamists, it means the reinstating of Shar’iah or Qur’anic law. For the Baathists the emphasis is secular; it is the recreating, the resurrecting, of the Arab empire when the Arab empire was on the march.

Finally, these two movements have lacked for nothing in the realm of practical achievement – killing millions. In the last twenty years, several million people have been killed in the course of the Iran-Iraq war, which pitted one of these movements against the other — the mass human wave suicide attacks on the part of the Iranian Islamists against the cult of cruelty, and of chemical weapons on the part of the Baathists. It is estimated that between one and a half million and two million people were killed in Sudan; 100,000 are thought killed in Algeria over the last several years.

It is conventionally said that in these movements today we face nothing like Hitler or Stalin, but statistically this is not true.

9) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years.

Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?”

And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy.

It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things.

10) All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions.

Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis.

The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas.

The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists.

I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas.

Thank you.

JOANNE MYERS: I would like to open the floor to questions.

Questions and Answers

QUESTION: A fascinating rendition of history. The problem underlying all of these movements that have done so much damage in the world is that they are the result of liberalism. Liberalism, therefore, because of its very nature of considering a wide spectrum of good and evil, as opposed to taking a position on one side, is very negative and probably should be considered unacceptable in the war of ideas. Liberals have fomented some of the major problems in the history of the world.

I’d like your comments.

PAUL BERMAN: I agree with you up until your final conclusion. Liberalism in the broadest sense, the notion of a liberal society, does in fact generate these movements.

I am not the first to make that observation. In The Open Society and its Enemies, Karl Popper explains at length, in a book written or completed in 1943, a very evocative date, that the notion of freedom itself, which he traces back to Greece, inspires a rebellion of fear against it.

There is a relation between liberal society and its enemies, and that liberalism does inspire these movements of rebellion, and has inherently a difficulty in coping with them. If that is what you are suggesting, I agree completely.

We must recognize, first, that liberalism itself does bear some responsibility for the rise of these movements, and then bears a responsibility for failing to recognize them and to engage with them.

At a time of war people want to wave a flag and say, “these are the totally good guys and those are the totally bad guys.” I am with you on saying “those are the totally bad guys.” But about saying “these are the totally good guys” I have a moment of reservation.

QUESTION: Have you been in touch with fellow intellectuals in Europe? How do they respond to your thesis, they who have suffered from Nazism and Franco and Communism, and yet seem so naïve when it comes to understanding what the United States is trying to do to combat the dangerous ideologies in the Islamic world?

How can we find again a common basis with the Europeans and others, and with Muslims all over the world, to transform this Armageddon-directed Islamism, militant Islamism, into a more open society?

PAUL BERMAN: I’m sorry to say that in the current issue of the New York Review of Books I’ve been hanged by Ian Buruma, who takes the occasion to observe that he is Dutch-born and expresses a lot of resentment at some implicit analyses of contemporary Europe that he finds in my book. So there are some tensions.

I was at a conference in Paris last summer where the tensions between some of the American and European intellectuals were in fact quite great.

At the same time, my book occupies a strange place in this debate because it has already been criticized for being anti-European and having a naïve American nationalism implicit in it.

The ideas that I have just expounded, come, insofar as they aren’t my own, from Popper in some degree, from Albert Camus, and especially André Glucksmann, the French philosopher, who in his hugely unappreciated book of 1991, Le Onzième Commandement, which is his answer to Francis Fukuyama, lays out some aspects of this notion of the Book of Revelation as an Ur myth underlying modern totalitarianism.

I just had this same discussion with a reporter from Le Monde, who called to ask me if I wasn’t anti-European, based on what she had read about my book in the New York Review. I said, “I don’t think so because all my ideas are actually French, except that I have given them a different twist.”

The great chasm that has opened up between the United States and Western Europe, at least, is much more conjunctural, much more a matter of chance events, than it is anything deeper or structural. I disagree with Robert Kagan on this point. Much of it is the fault of George Bush and could have been avoided.

In France, before the Iraq war, a poll showed that 33 percent of the French supported the war. Of those 33 percent, most were on the Right, some were on the Left. But apart from the 33 percent, the polls showed consistently that the single most admired politician in France is Bernard Kouchner, who was a socialist, Mitterand’s Minister of Health, NATO Administrator in Kosovo, and long ago had been the founder of Doctors Without Borders. Kushner supported the war.

So if you figure that the most popular politician in France, who is a socialist, supported the war, 33 percent of the population supported the war, most of whom were on the Right, meaning that you could have got much support on the Left, all you had to do was convince 9 percent of the French to change their opinion and you would have had a majority of France in favor of the war. The popular support for the war in France is much above that in Spain, where Aznar did support the war.

If Bush had presented the arguments for the war along the lines that a Bernard Kouchner would have proposed, if he had argued for the war as a further extension of what NATO had done in the Balkans finally in the Kosovo war, he would have been able to carry that extra 9 percent in France, and if Chirac saw that even a small majority was leaning in favor of the war, he would have found a way to interpret the international situation rather differently.

World War II was an age of giants, of Roosevelt and Churchill. Today we have Churchill but we don’t have Roosevelt and we don’t have de Gaulle. I attribute the breach between the United States and Europe above all to these errors of Bush.

QUESTION: Would you give us your views on the modalities by which an ideological struggle can be conducted? It is difficult for outsiders to argue with or conduct an ideological debate with the Muslim world. An ideological debate must occur within a community.

PAUL BERMAN: First, it’s a mistake to regard Muslims as outsiders to the West. In many respects the intellectual capital of the Arab world is Paris and London, where you have the freest press and the most open debate. The leading philosopher of the most moderate, fairly reasonable wing of modern Islamism is a Swiss professor who is the grandson of the founder of the Muslim Brotherhood in Egypt.

Second, the founders of the Muslim totalitarian movements, the most important theoreticians, like Sayyid Qutb in the case of radical Islamism, or Michel Aflaq in the case of Baathism, are Western-educated intellectuals.

A quarter of my book is devoted to the writings of Sayyid Qutb, born in 1906, hanged by Nassar in 1966. During his many years in prison he wrote a gigantic commentary of the Qur’an. It looks strictly Islamic and Qur’anic, but if you sit back and look at the ideas, it’s not hard to recognize a bit of Heidegger, of existentialism, all of the familiar doctrines of modern European philosophy.

And this guy knew what he was doing. He did not come up with totally modern ideas strictly out of the seventh-century Qur’an. He did succeed in finding a Qur’anic language to express these ideas, but this writer does not live on a different planet or come from a different universe than the intellectuals of New York or Paris or London.

If my analysis is correct, I don’t mean to deny a distinctly regional and denominational aspect of Muslim totalitarianism. I am happy to acknowledge the differences between Egypt and Italy, or for that matter Egypt and its immediate neighbors. But if the fundamentals of my analysis are correct, then all of these movements reflect the intellectual currents of the twentieth century coming out of the nineteenth century, and it is a great mistake on our part to think that the intellectuals behind these movements are coming from a different universe.

So we can argue with these people directly. And we shouldn’t assume that they are not reading us or would not be willing to read us. I came on the works of Qutb prowling the Islamic bookstores of Atlantic Avenue in Brooklyn. There is every reason to think that the other people prowling those bookstores, who might have a different ethnic origin than my own, are nonetheless reading some of the same books that I am reading, and that the gap between us and them is not so great.

QUESTION: You describe the totalitarian forces as the people of God in their minds. Do you not think that this concept is slightly different in this context, because one could say that about an aspect of what is going on in this country? After all, there is a rather large segment of people in this country who have affected policy who call themselves the Christian Right. They believe in Armageddon, Revelation.

There is this aspect in what you would characterize as the liberalism force as also the people of God. Our President has said that God is on our side. This is slightly different from the analysis that you presented of all the other contexts.

PAUL BERMAN: An excellent question. I have two responses.

First, it is not true that everyone who calls himself a fundamentalist is the same. The mainstream of American Christian fundamentalism has, even if they allow themselves flights of fancy, political goals, such as prayer in schools, the end of the right to abortion, etc.

Maybe if they were given free rein, they would lose control of themselves and the goals would multiply. I don’t rule that out.

The mainstream of these people are not dreaming of abolishing the U.S. Constitution and replacing it with a theocracy. It’s a limited movement.

However, there are groups like the David Koresh cult and certain kinds of cults that arise on the fringe of the American Christian fundamentalist movement that have this idea. If you could picture one of those cults becoming a mass movement led by David Koresh, then you would have something much more like radical Islamism, or the Taliban.

One of Bush’s worst failures is that he is so locked into a conventional American understanding of Christianity and its role in American politics that he has no idea whatsoever how this plays in the rest of the world. He hasn’t the faintest idea that to European ears when he evokes God he sounds like a fascist. He knows he is not a fascist, and most Americans know that he is not a fascist, that he doesn’t want to overthrow the Constitution.

But the language he is using is not so different from a language that you can trace among American politicians way back into the nineteenth century and is well understood both on the Right and the Left.

So when we hear Bush invoking his Christian faith and saying “God bless America,” we shrug. But to many people around the world, in Europe especially, this is language that only a follower of Franco would use.

Bush has no idea how badly he has weakened the United States internationally by using this language and how badly he has weakened the struggle ideologically. After all, the most important thing that we want to do is persuade millions of people in the Muslim world that Islam is excellent but what they want to establish is a secular society which is not theocratic, which has the qualities of a liberal society, and that there is a fine and esteemed place for religion within it. Bush sounds like a Christian Crusader, exactly the worst fantasy of the Islamists and Baathists who are against the United States.

QUESTION: Paul, I would like to make a defense of liberalism. You’re conflating the failure of nerve of liberals in the 1930s to stand up against Hitler, and then later to see the treacheries of Stalin. But just because these movements identify themselves as opposition to liberalism is no discredit to liberalism.

How do you expect this next phase of our confrontation with the Islamic world to be a struggle of ideas? When has liberalism been able to persuade others to give up their ways? The liberal society of the North couldn’t even persuade the South to give up its ways. And in every encounter that liberalism has had in the twentieth century, it was a winning philosophy. Liberalism prevailed over fascism, over Communism, and what the Islamic world now faces is that they are isolated and in a state of desperation, backwardness and poverty.

Oscar Wilde said, “How do you reason someone out of what they have not reasoned into?”

PAUL BERMAN: They have not reasoned their way into it. When you read some of the theoreticians of these movements, you see that they are quite intelligent, and that people reasoned their way into fascism, Nazism, and Communism, and then they reasoned their way out of those movements.

In the case of Communism, the liberal world engaged in an excellent war of ideas, which, in Europe at least, meant that Communism collapsed, outside of Romania, in an entirely peaceful way, which is the ideal solution to the problem. And it was done largely through a war of ideas, that liberals of the Left and Right upheld their ideas. Liberal movements eventually began to spring up within the Communist societies, and some of the Communists themselves began to question their ideas in the face of these criticisms.

Communism has always contained something of a contradictory element, going back to Marx, who was partly wrong but partly right. The intellectual aspect of the Cold War in Europe was huge.

In the case of the Islamists and Baathists, again they are not so remote from us. Ultimately, they have to be reasoned with.

The whole history of totalitarian movements up to now has been one in which liberalism has finally triumphed, and so there is reason to feel some deep confidence about this. One actually has to go out and engage in this fight, which is largely intellectual.

There are two obstacles that exist, that make it difficult for us to engage in this fight.

One is a liberal naïveté, which has always been the case in regard to totalitarian movements, where one doesn’t want to believe that these movements are as bad as they are and one finds reasons for saying that they are reasonable and, therefore, not to take them seriously.

The other obstacle is the belief in the clash of civilizations, which attributes to the Muslim world an exoticism, that might lead us to suppose that we can’t argue with them because they come from another planet.

We must avoid the naïveté of failing to recognize what some of these movements represent and the dangers they pose and the crimes that they have already committed, and we must avoid the belief that there is no way we can speak to these people because they come from such a faraway place.

JOANNE MYERS: Thank you very much.

Voir aussi:

ISIL could pose threat to US, Europe, officials say

The group is now considered “the most potent military force” of any terrorist outfit in the world
Michael Isikoff
Yahoo News
August 15, 2014

U.S. air strikes not "breaking the threat" of ISIL: Pentagon

U.S. counterterrorism officials have dramatically ramped up their warnings about the threat posed by the Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL), concluding that the well-armed group is expanding its ambitions outside the Middle East and may be planning terror attacks against western Europe — and even the U.S. homeland.
ISIL’s conquest of vast swaths of Iraqi territory this spring and summer netted it a “significant” arsenal of U.S. weapons from two Iraqi military bases, including hundreds of tanks, heavily armored Humvees, assault rifles, and rocket-propelled grenade launchers, officials say. One U.S official tells Yahoo News ISIL is now considered “the most potent military force” of any terrorist group in the world.

Led by its charismatic chief Abu Bakr al-Baghdadi, the radical Islamist group is looking beyond its short-term goal of overthrowing the Iraqi and Syrian governments and replacing them with a self-proclaimed Islamic Caliphate. “We’re seeing an expansion of its external terrorist ambitions,” one U.S. counterterrorism official said in a briefing for reporters Thursday. “As its capabilities grow, it has attracted thousands of foreign extremists — some of whom are going home to start cells. As it carves out territory [in Iraq], it wants to go beyond that and do attacks outside. ” U.S. counterterrorism agencies had put the number of ISIL fighters at about 10,000, but that figure is now being reassessed and is likely to be raised, officials say.

Just four years ago the group, then calling itself the Islamic State of Iraq, was scattered and on the run from American forces, aided by Sunni tribes horrified by the group’s often grotesque violence. Its reign has been marked by summary executions, ritual stonings, beheadings and even crucifixions.

What fueled its resurgence? Officials say the group fed off Sunni resentment over the Shia-dominated government of Iraq’s Prime Minister Nouri al-Maliki, who announced his resignation Thursday night. It took advantage of the power vacuum in northern Iraq to seize large chunks of essentially ungoverned territory. It saw an opportunity in recruiting prisoners; in July 2013, its suicide bombers blew their way into the notorious Abu Ghraib prison, freeing up to 500 inmates, including al-Qaida leaders.

These demonstrable successes gave the group new credibility among jihadis around the world, especially after it joined the civil war in Syria and changed its name to ISIL. (It has at times also been known as ISIS, or the Islamic State of Iraq and Syria.) It has since changed its name again to the Islamic State after proclaiming itself a caliphate, the latest in a succession of Muslim empires dating back to the seventh century. Its ranks were soon swelled by foreigners, including hundreds of followers of the red-bearded Chechen militant Omar al-Shishani, a former Georgian army sergeant known for his deep hatred of America.

Concerns about terrorism spilling over from Syria and Iraq hit home in June when French police arrested an "armed jihadi" who had just returned from Syria in connection with the May 24 killing of four people — including two Israeli tourists — at a Jewish Center in Brussels.

Since then, authorities in Europe have broken up terror cells linked to ISIL, including one in Kosovo where officials this week arrested 40 suspects who had returned from Iraq and Syria—including some who had fought with ISIL — and seized weapons and explosives in dozens of locations.

ISIL and its followers have also proven adept at using social media, making a steady barrage of threats against the West, including the United States.

“Probably most striking are the threats on Twitter,” said a U.S. official who monitors the postings. “We’ve seen tens of thousands of postings by ten of thousands of people supporting ISIL, making threats to blow up U.S. Embassies." One posting showed an ISIL banner apparently superimposed on an image of the White House.

It is still unclear how real those threats are, at least while ISIL is focused on its war with the Iraqi government. And the resignation of the deeply unpopular Maliki could allow for more U.S.-Iraqi cooperation in the fight against the insurgents.

But increasingly, officials say, ISIL has the perception of momentum. For the first time there are signs that some jihadis linked to al-Qaidaare expressing sympathy, if not allegiance, to ISIL — despite al-Qaida chief Ayman al-Zawahri’s disavowal of the group.

One thing ISIL does not lack is funds. The group has seized banks, accumulating vast amounts of cash and raking in more by selling oil and other commodities to smugglers. ISIL “is flush with cash. It has plenty of money. They control oil fields, they have refiners. They have hundreds of millions of dollars,” said one U.S. analyst at the Thursday briefing.

And it is exceptionally well armed. When ISIL forces assaulted two Iraqi military bases, Camp Speicher and Rasheed Air Base, in July, they got the keys to the kingdom — hundreds of millions of dollars’ worth of American tanks, armored personal carriers, howitzers and other equipment. ISIL fighters have posed for videos brandishing MANPADS, shoulder-launched surface to air missiles that can shoot down low-flying aircraft.

This undated file image posted on a militant website on Tuesday, Jan. 14, 2014, which has been verified and is …
“They’ve got enough supplies, equipment and ammunition to last them five years,” said John Maguire, a former top CIA officer in Iraq who retains close ties to the Kurdish regional government. Thanks in part to assistance from former Iraqi military officers who have defected to ISIL, “they know how to operate American equipment.”

What they also have, at least for the moment, is a de facto safe haven. Al-Baghdadi — who officials say sees himself as the true successor to Osama bin Laden — is believed to be constantly on the move. But ISIL appears to have established a headquarters in Raqqa in northern Syria, where the group’s black banners reportedly fly over administrative buildings.

Given that President Obama has placed sharp limits on U.S. airstrikes and confined them to Iraq, that effectively makes Baghdadi and his top deputies — almost all of whom were once in U.S. custody — off-limits to U.S. military action. The Raqqa safe haven “is a problem,” acknowledged one U.S. official.

The bottom line, U.S. counterterrorism officials say, is that new strategies are urgently needed to counter the surging ISIL threat. In the briefing for reporters Thursday, one senior official made the point in the most understated way possible: “We don’t assess at the moment this [the threat from ISIL] is something that will collapse on its own.”

Voir également:

TEA LEAF NATION
China Sees Islamic State Inching Closer to Home
Chinese media lights up after a Hong Kong weekly says IS aims to expand into Xinjiang.
Alexa Olesen
Foreign Policy
August 11, 2014

They’ve been grabbing headlines nearly everywhere else, but the jihadis of northern Iraq haven’t been getting much play in China. But a threat by the Islamic State (IS) of revenge against countries, including China, for seizing what IS calls "Muslim rights" appears to have changed all that. The comments were made in early July, but the news didn’t jump the language barrier from Arabic into Mandarin until August 8, when Phoenix Weekly, a Hong Kong-based newsmagazine widely distributed in China, made the IS revenge threats against China its cover story. Since then, the article has been widely syndicated on Chinese news websites and has gained traction on social media as well. Ordinary Chinese who may have felt distant from the carnage now feel it creeping closer to home.

The glossy cover of the Phoenix issue features a picture of masked gun-toting jihadis advancing through a desert landscape. The piece inside sounds the alarm over a July 4 speech in Mosul, Iraq, by IS leader Abu Bakr Al-Baghdadi in which he urged Muslims around the world to pledge their allegiance to him. It quotes Baghdadi saying that "Muslim rights are forcibly seized in China, India, Palestine" and more than a dozen other countries and regions. "Your brothers all over the world are waiting for your rescue, and are anticipating your brigades," Baghdadi told his followers. Phoenix noted that China was mentioned first on Baghdadi’s list. (The article also includes a map that some news reports have said shows the vast territory IS plans to occupy in the next five years, which appears to include a significant portion of Xinjiang. Although the authenticity of the map, which was widely shared on English-language social media sites in early July, has been questioned, the Phoenix piece reports it as fact.)

Online, Chinese are both agitated and bemused. One Chinese reader wrote on the social media site Weibo:
"This is good. It offends all five of the hooligans on the UN Security Council" — that is, China, France, Russia, the United Kingdom, and the United States — which means the IS jihadis "are going to be roadkill." Anotherresponded to a photo of Baghdadi: "Looking at this bearded pervert makes me sick. Hurry up and incinerate this kind of trash, and send him to enjoy his 72 virgins in heaven." A third wrote that ISIS seemed to have "a death wish," but that people should be grateful because the jihadist group was giving Beijing "a reasoned and evidence-based opportunity to crack down on terrorist activities."

This may constitute a welcome opening for Chinese authorities. China has been fighting a low-level separatist insurgency of its own in Xinjiang for decades and worries that foreign Islamic groups are infiltrating the region, emboldening the simmering independence movement. Uighur exile groups say China’s government overstates its terrorism problem and falsely paints protests that turn into riots as premeditated terror attacks. In any case, Beijing is likely alarmed by IS’s criticism of its treatment of the Muslim Uighurs and the group’s alleged plan to seize Xinjiang, no matter how far-fetched the idea might be. But just how actively authorities will deal with any IS threat remains to be seen.

Beijing has consistently tried to keep itself removed from the political and military crises roiling Iraq, even as China has poured billions of dollars into Iraqi oil, enough that about 10 percent of its oil imports come from the Middle Eastern country. China’s most decisive action since ISIS’s surge has been to evacuate 10,000 Chinese working in Iraq. On July 8, Chinese special envoy Wu Sike met with Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki and pledged anti-terror support, but added that Beijing would fully respect the country’s sovereignty. When Wu returned to Beijing he briefed reporters about the trip on July 29, telling them that China was a victim of terror with roots in Syria and Iraq. "Solving the conflicts in Iraq and Syria will benefit China and the entire world," he said.

But Beijing’s reaction to U.S. airstrikes in Iraq betrays its conflicted allegiances. China usually bristles at or condemns U.S. intervention in global hot spots and has opposed U.S. sanctions against Sudan, Syria, Russia, and Iran. But the interests of Washington and Beijing are unusually closely aligned when it comes to Iraq. On August 8, the official Xinhua News Agency quoted a Foreign Ministry spokesperson as saying that China was "keeping an open mind" about operations that would "help maintain security and stability" in Iraq. The statement came in response to a request for comment on U.S. President Barack Obama’sannouncement that the United States would carry out airstrikes against insurgents in northern Iraq. Wang Chong, a researcher at Charhar Institute, a public diplomacy think tank in Beijing, wrote on Weibo that he "firmly supported" the U.S. crackdown on IS. Wang added that the United States "ought to send ground troops to wipe out those brutal terrorists" and that if there was a need, "China could also send troops to help and provide training."

That’s possible — within limits. Zhu Weilie, director of the Middle East Studies Institute at Shanghai International Studies University, toldthe state-run Global Times on July 29 that China believes the United Nations should lead anti-terror operations in the Middle East. "China will be more actively involved in these efforts but will never be as involved in Middle East affairs as the United States," he said.

Voir enfin:
Hezbollah sees Islamic State insurgents as threat to Gulf, Jordan
Tom Perry
Reuters
Beirut Aug 15, 2014

(Reuters) – The Hezbollah leader described the radical Islamist movement that has seized large areas of Iraq and Syria as a growing "monster" that could threaten Jordan, Saudi Arabia, Kuwait and other Gulf states, according to an interview printed on Friday.

In a separate speech, Sayyed Hassan Nasrallah said Islamic State also posed an existential threat to his own nation, Lebanon, the target of an incursion by Islamist insurgents fromSyria this month. He said his heavily armed Shi’ite Muslim group was ready to fight the threat in Lebanon – if required.

The Iranian-backed Hezbollah has been helping Syrian President Bashar al-Assad fight a Sunni Islamist-dominated insurgency that spilled into the Lebanese border town of Arsal on Aug. 2, triggering five days of battles between the Lebanese army and militants including members of Islamic State.

"Here we live, and – if the battle is imposed on us – here we fight and here we will be martyred," said Nasrallah. Hezbollah said it stayed out of the Arsal battle, wary of inflaming sectarian tensions with Lebanese Sunnis, many of whom have supported the uprising against Assad.

Nasrallah was speaking on the eighth anniversary of the conclusion of Hezbollah’s one-month war with Israel.

Addressing the wider threat to the region from Islamic State, Nasrallah said it could easily recruit in other Arab states where its hardline ideology exists. Even Turkey, the passage for many foreign fighters into Syria, should beware.

"Wherever there are followers of the ideology there is ground for (Islamic State), and this exists in Jordan, in Saudi Arabia, in Kuwait and the Gulf states," Nasrallah said in the interview with the Lebanese newspaper Al-Akhbar.

Nasrallah, whose group is backed by Shi’ite power Iran, said Islamic State was encountering resistance in some parts of Iraq and Syria. But "it appears that the capabilities, numbers and capacities available to (Islamic State) are vast and large. This is what is worrying everyone, and everyone should be worried."

Saudi Arabia, a Sunni Muslim monarchy that has been in a state of cold war with Shi’iteIran and its allies, has shown growing signs of alarm about the spread of Islamic State. Last month, it deployed 30,000 soldiers at its border with Iraq.

Saudi Arabia has also been a major sponsor of the anti-Assad uprising.

Hezbollah’s role in Syria has helped Assad beat back the rebellion against his rule in critical areas of the country including Damascus and a corridor of territory stretching north from the capital. But large parts of Syria’s less densely populated north and east have fallen to Islamic State.

"A REAL DANGER"

"This danger does not recognise Shi’ites, Sunnis, Muslims, Christians or Druze or Yazidis or Arabs or Kurds. This monster is growing and getting bigger," said Nasrallah.

Nasrallah reiterated his defence of Hezbollah’s role in the Syrian conflict, the focus of criticism from Lebanese opponents who say the group has provoked Sunni militant attacks in Lebanon.

Most recently, insurgents including members of Islamic State seized the town of Arsal at the Syrian border, battling the Lebanese army for five days before withdrawing with 19 soldiers and 17 policemen as captives.

Nasrallah said the insurgents would have advanced as far as the Lebanese coast were it not for Hezbollah’s role fighting them in areas of Syria just east of the Lebanese border.

"Going to fight in Syria was, in the first degree, to defend Lebanon, the resistance in Lebanon, and all Lebanese," he said.

A Hezbollah commander was last month killed in Iraq near Mosul, a city seized by Islamic State in June, suggesting the group may also be helping pro-government forces there.

Hezbollah has not officially announced any role in Iraq.

Nasrallah linked the threat posed by Islamic State to the spread of Wahhabism, a puritanical school of Islam followed in Saudi Arabia that demands obedience to the ruler but which has been widely blamed for fuelling Sunni radicalism.

"(Islamic State) does not have borders. There is a real danger and a real fear among many states and authorities, because one of the advantages of this organisation is its capacity to recruit among followers of al Qaeda-Wahhabi thought," he said.

(Additional reporting by Laila Bassam; Editing by Mark Heinrich)


Islam: Les djihadistes sont au fond les seuls à crier une certaine vérité du Coran (The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from liberal naïveté)

18 août, 2014
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
Dire que l’islamisme n’est pas l’islam, qu’il n’a rien à voir avec l’islam, est faux. Pour le musulman d’hier et d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul Coran comme il n’y a qu’un seul prophète. (…) Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. Anne-Marie Delcambre
Il est ironique et décourageant que beaucoup d’intellectuels occidentaux non-musulmans – qui prétendent sans cesse qu’ils soutiennent les droits de la personne – sont devenus des obstacles à la reforme de l’islam. Le politiquement correct parmi les Occidentaux empêche la critique non ambiguë de l’inhumanité de la charia. Ils trouvent des excuses socio-économiques ou politiques pour le terrorisme islamiste tels que la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou l’existence d’Israël. Quelle incitation peut-il y avoir pour que les musulmans exigent la réforme de leur religion quand les “progressistes” occidentaux préparent le terrain pour la barbarie islamiste? Tawfik Hamid
C’est à vous, théologiens et ecclésiastiques islamiques, de produire une charia qui soit acceptée par le monde islamique et qui enseigne que les juifs ne sont pas des porcs et des singes, que la guerre pour diffuser l’islam est inacceptable et que tuer les apostats est un crime. Un tel livre montrerait que l’islam est une religion de paix. Tawfik Hamid
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. Paul Berman (Terror and liberalism, 2001)
The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from this kind of liberal naïveté. Without the cooperation of the Fellow Travelers with Stalin, without the French anti-war socialists in the case of Hitler, without the naïveté of any number of conservatives and democratic right-wingers in the case of a variety of fascists and Nazis, without the naïveté even of the United States with regard to Hitler straight through the 1930s, it would be inconceivable to imagine that these movements would have gotten very far. So it is a mistake to think of the totalitarian movements as isolated. They existed in a dynamic, and part of the dynamic is the liberal naïve unwillingness to recognize them as what they are. (…) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years. Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?” And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy. It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things. All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions. Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis. The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas. The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists. I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas. Paul Berman
Beaucoup, violents ou pas, sont abreuvés par des sites qui montrent l’ennemi « croisé » ou « sioniste » dans son horreur destructrice, « tueur d’enfants et de civils »… Mais le point crucial est le retour qu’on leur fait faire au texte fondateur, au Coran, où les « gens du Livre », juifs et chrétiens, représentés aujourd’hui par l’Amérique, Israël et un peu l’Europe, sont qualifiés de pervers, faussaires, injustes, traîtres, etc. Certains leur citent des versets plus calmes, comme « Point de contrainte en religion », ou comme « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré », mais c’est qu’ils vont voir de près dans le texte, ils vérifient et ils trouvent : « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré sauf pour une cause juste. » Quant au verset du libre choix, ils le voient encadré de violentes malédictions contre ceux qui font le mauvais choix. En somme, on manque cruellement d’une parole ouverte et libre concernant les fondamentaux de l’islam ; et pour cause, ils sont recouverts d’un tabou, et toute remarque critique les concernant passe pour islamophobe dans le discours conformiste organisé, qui revient à imposer aux musulmans le même tabou, à les enfermer dans le cadre identitaire dont on décide qu’il doit être le leur (on voit même des juges de la République se référer au Coran pour arrêter leur décision…). Il y a donc un secret de Polichinelle sur la violence fondatrice de l’islam envers les autres, violence qui, en fait, n’a rien d’extraordinaire : toute identité qui se fonde est prodigue en propos violents envers les autres. Mais, avec le tabou et le conformisme imposés, cette violence reste indiscutée et semble indépassable. Récemment, dans Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob, 2013), j’ai posé ce problème avec sérénité, en montrant que les djihadistes, les extrémistes, sont au fond les seuls à crier une certaine vérité du Coran, portés par elle plutôt qu’ils ne la portent ; ils se shootent à cette vérité de la vindicte envers les autres, et même envers des musulmans, qu’il faut rappeler au droit chemin. Le livre est lu et circule bien, mais dans les médias officiels il a fait l’objet d’une vraie censure, celle-là même qu’il analyse, qui se trouve ainsi confirmée. Raconter ses méandres, ce serait décrire l’autocensure où nous vivons, où la peur pour la place est la phobie suprême : une réalité se juge d’après les risques qu’elle vous ferait courir ou les appuis qu’elle lui apporte. (…) La difficulté, c’est qu’un texte fondateur est comme un être vivant : dès qu’il se sent un peu lâché par les siens, il suscite des êtres « héroïques », des martyrs pour faire éclater sa vérité. Quitte à éclater le corps des autres. D’autres approches de cette « vérité » exigeraient un peu de courage de la part des élites, qui sont plutôt dans le déni. Pour elles, il n’y a pas de problème de fond, il y a quelques excités qui perdent la tête. Il ne faut pas dire que leur acte serait lié au Coran, si peu que ce soit. Le problème est bien voilé derrière des citations tronquées, des traductions édulcorées, témoignant, au fond, d’un mépris pour le Coran et ses fidèles. On a donc un symptôme cliniquement intéressant : quand un problème se pose et qu’il est interdit d’en parler, un nouveau problème se pose, celui de cet interdit. Puis un troisième : comment zigzaguer entre les deux ? Cela augmente le taux de poses « faux culs » très au-delà du raisonnable. Daniel Sibony

Alors que de la Syrie à l’Irak et à Gaza en passant par l’Afrique, s’accumulent les preuves de plus en plus irréfutables  …

Pendant que nos médias et nos belles âmes continuent à s’acharner sur le seul Etat d‘Israël

Qui, en ces temps de politiquement correct, osera dire la vérité sur la violence fondatrice de l’islam et du coran ?

Pourquoi des djihadistes français ?
Daniel Sibony
Marianne
1 Juin 2014

Pour le philosophe et psychanalyste Daniel Sibony, il y aurait une "violence fondatrice de l’islam". Une "violence" qui n’échapperait pas aux jeunes djihadistes français qui, eux, regardent de près le Coran. Mais pour l’auteur de l’essai intitulé "Islam, phobie, culpabilité", il est difficile de "poser ce problème avec sérénité" : "On manque cruellement, regrette-t-il, d’une parole ouverte et libre concernant les fondamentaux de l’islam".
Pourquoi des djihadistes français ?

Daniel Sibony

Marianne

23 mai 2014
Les jeunes djihadistes français (et en fait européens) sont un symptôme. Leurs parents sont souvent sidérés, d’autant plus quand ils sont musulmans : de familles venues du Maghreb, désireuses de vivre à l’européenne, de prendre leurs distances vis-à-vis d’un discours religieux assez pesant, voire intégriste, et du mode d’être qui l’accompagne. Ils sont donc stupéfiés de voir leurs jeunes fils reprendre le flambeau de l’origine pure et dure. C’est compter sans l’écart des générations, écart qui peut tourner à la rupture quand les jeunes se mettent en tête de pourfendre les compromis et les « semblants » de leurs parents, pour brandir une exigence de plénitude qui vire au fanatisme (surtout chez les convertis, encore plus avides de plénitude identitaire). Certains d’entre eux, même s’ils ne passent pas à l’acte, réprouvent la mollesse spirituelle de leurs parents et rejoignent le giron intégriste qui leur fournit une identité sans faille.

Beaucoup, violents ou pas, sont abreuvés par des sites qui montrent l’ennemi « croisé » ou « sioniste » dans son horreur destructrice, « tueur d’enfants et de civils »… Mais le point crucial est le retour qu’on leur fait faire au texte fondateur, au Coran, où les « gens du Livre », juifs et chrétiens, représentés aujourd’hui par l’Amérique, Israël et un peu l’Europe, sont qualifiés de pervers, faussaires, injustes, traîtres, etc. Certains leur citent des versets plus calmes, comme « Point de contrainte en religion », ou comme « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré », mais c’est qu’ils vont voir de près dans le texte, ils vérifient et ils trouvent : « Ne tuez pas l’homme que Dieu a sacré sauf pour une cause juste. » Quant au verset du libre choix, ils le voient encadré de violentes malédictions contre ceux qui font le mauvais choix.

En somme, on manque cruellement d’une parole ouverte et libre concernant les fondamentaux de l’islam ; et pour cause, ils sont recouverts d’un tabou, et toute remarque critique les concernant passe pour islamophobe dans le discours conformiste organisé, qui revient à imposer aux musulmans le même tabou, à les enfermer dans le cadre identitaire dont on décide qu’il doit être le leur (on voit même des juges de la République se référer au Coran pour arrêter leur décision…). Il y a donc un secret de Polichinelle sur la violence fondatrice de l’islam envers les autres, violence qui, en fait, n’a rien d’extraordinaire : toute identité qui se fonde est prodigue en propos violents envers les autres. Mais, avec le tabou et le conformisme imposés, cette violence reste indiscutée et semble indépassable. Récemment, dans Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob, 2013), j’ai posé ce problème avec sérénité, en montrant que les djihadistes, les extrémistes, sont au fond les seuls à crier une certaine vérité du Coran, portés par elle plutôt qu’ils ne la portent ; ils se shootent à cette vérité de la vindicte envers les autres, et même envers des musulmans, qu’il faut rappeler au droit chemin. Le livre est lu et circule bien, mais dans les médias officiels il a fait l’objet d’une vraie censure, celle-là même qu’il analyse, qui se trouve ainsi confirmée. Raconter ses méandres, ce serait décrire l’autocensure où nous vivons, où la peur pour la place est la phobie suprême : une réalité se juge d’après les risques qu’elle vous ferait courir ou les appuis qu’elle lui apporte.

J’apprends que la police anglaise demande aux mères musulmanes d’empêcher leurs jeunes de partir combattre en Syrie, c’est touchant ; tout comme l’appel français à la délation de jeunes suspectés de vouloir s’enrôler. Bref, n’importe quoi plutôt que d’affronter le problème – qui comporte aussi leur éventuel retour, un vrai retour de bâton si on ne fait rien « faute de preuves » quand ils reviennent.

La difficulté, c’est qu’un texte fondateur est comme un être vivant : dès qu’il se sent un peu lâché par les siens, il suscite des êtres « héroïques », des martyrs pour faire éclater sa vérité. Quitte à éclater le corps des autres. D’autres approches de cette « vérité » exigeraient un peu de courage de la part des élites, qui sont plutôt dans le déni. Pour elles, il n’y a pas de problème de fond, il y a quelques excités qui perdent la tête. Il ne faut pas dire que leur acte serait lié au Coran, si peu que ce soit. Le problème est bien voilé derrière des citations tronquées, des traductions édulcorées, témoignant, au fond, d’un mépris pour le Coran et ses fidèles. On a donc un symptôme cliniquement intéressant : quand un problème se pose et qu’il est interdit d’en parler, un nouveau problème se pose, celui de cet interdit. Puis un troisième : comment zigzaguer entre les deux ? Cela augmente le taux de poses « faux culs » très au-delà du raisonnable.
* Daniel Sibony est philosophe et psychanalyste, auteur des Trois monothéismes. Juifs, chrétiens, musulmans entre leurs sources et leurs destins (Seuil, 1992).

Voir aussi:

Who is Israel’s Most Powerful Enemy? The West
This is what happens in the West when Israel decides that thousands of rockets are enough.

Giulio Meotti
The writer, an Italian journalist with Il Foglio, writes a twice-weekly

Israelnationalnews

August 10, 2014

According to the definition given by a kibbutznik turned billionaire, Israel is “a villa in the jungle”.

Israel is an oasis surrounded by barbarians, beheaders, suicide bombers, mothers happy to send their own children to kill Jews – Islamic Jihad, Hamas, Salafists, Hezbollah, Islamic State, Iranian revolutionary guards… The list of the jihadist scum is long.

But Israel’s most powerful enemy is the West itself.

Israel is an oasis surrounded by barbarians, beheaders, suicide bombers, mothers happy to send their own children to kill Jews …
Israel’s wars to defend itself are always the chance to see an incredible eruption of hatred in the Western democracies and their élite.

Think about what has happened in the last few days.

A London theatre, Trycicle, boycotted the Jewish Festival because the festival got 1,000 pounds from the Israeli embassy.

Spain’s government announced it will impose a weapons’ embargo on Israel.

The self-hating Jew George Soros freed his fund from its Israeli assets.

Most of Hollywood’s stars, with the noble but solitary exception of Jon Voight, tweeted anti-Semitism.

In the UK, commercial chains such as John Lewis and Tesco, boycotted Israeli goods.

The Nobel Prize-winning Amnesty International, which once bravely fought for Andrei Sakharov, Boris Pasternak’s wife and Natan Sharansky, asked the US to stop sending fuel for Israeli tanks.

Spain’s most revered writer, Antonio Gala, cited the war between Israel and Hamas as retroactive justification for the expulsion of Jews from Spain in the 15th century. He wrote it in El Mundo, Spain’s second largest newspaper and the first Spanish website in the world.

Gala’s column is titled “Los Elegidos”. It means “the chosen”. The target is the Jews as a whole.

The former director of Unesco, the UN’s cultural agency, Federico Mayor Zaragoza, joined the boycott of the Israeli Jews.

Lawrence Weschler, for twenty years a writer for The New Yorker weekly magazine, compared Gaza to Dachau and Theresienstadt.

And the list of this Western scum is long.

There was a time when even Pablo Picasso signed appeals in favour of the State of Israel. Now his “Guernica”, about the atrocities of Franco’s government, is compared to Gaza.

And the world can hardly wait to see the Israelis at the dock of the Hague tribunal. Moshe Yaalon like Hermann Göring?

Meanwhile, Jews are secure no more in today’s Europe. In the last few weeks, in Paris and Berlin, we saw images reminiscient of the Kristallnacht.

A few days ago, Luciana Castellina, one of Italy’s most famous leftist journalists and writers, penned a front page column in which she attacked the pro- Israel rally I organized in Rome. She also regretted, sadly, that there are not enough anti-Jewish manifestations in Europe.

Muslims can kill Jewish students and bomb their homes. They can inflict pain in the wonderful society in Israel. But they can’t destroy the Jewish State. At least for the moment. At least as long as  Iran is unable to produce an atomic bomb.

By undermining Israel’s raison d’etre, the Western threat to Israeli existence has become existential, not merely tactic.

The West is making the world “Judenmüde”. Tired of Jews. The West is working so that people around the world will react to Israel’s destruction with a yawn. It is making them happy to turn the page.

Voir encore:

ISIL could pose threat to US, Europe, officials say

The group is now considered “the most potent military force” of any terrorist outfit in the world

 August 15, 2014

U.S. air strikes not "breaking the threat" of ISIL: Pentagon

ISIL’s conquest of vast swaths of Iraqi territory this spring and summer netted it a “significant” arsenal of U.S. weapons from two Iraqi military bases, including hundreds of tanks, heavily armored Humvees, assault rifles, and rocket-propelled grenade launchers, officials say. One U.S official tells Yahoo News ISIL is now considered “the most potent military force” of any terrorist group in the world.

Led by its charismatic chief Abu Bakr al-Baghdadi, the radical Islamist group is looking beyond its short-term goal of overthrowing the Iraqi and Syrian governments and replacing them with a self-proclaimed Islamic Caliphate. “We’re seeing an expansion of its external terrorist ambitions,” one U.S. counterterrorism official said in a briefing for reporters Thursday. “As its capabilities grow, it has attracted thousands of foreign extremists — some of whom are going home to start cells. As it carves out territory [in Iraq], it wants to go beyond that and do attacks outside. ” U.S. counterterrorism agencies had put the number of ISIL fighters at about 10,000, but that figure is now being reassessed and is likely to be raised, officials say.

Just four years ago the group, then calling itself the Islamic State of Iraq, was scattered and on the run from American forces, aided by Sunni tribes horrified by the group’s often grotesque violence. Its reign has been marked by summary executions, ritual stonings, beheadings and even crucifixions.

What fueled its resurgence? Officials say the group fed off Sunni resentment over the Shia-dominated government of Iraq’s Prime Minister Nouri al-Maliki, who announced his resignation Thursday night. It took advantage of the power vacuum in northern Iraq to seize large chunks of essentially ungoverned territory. It saw an opportunity in recruiting prisoners; in July 2013, its suicide bombers blew their way into the notorious Abu Ghraib prison, freeing up to 500 inmates, including al-Qaida leaders.

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A man purported to be the reclusive leader of the militant Islamic State Abu Bakr al-Baghdadi from a video recording posted on the Internet on July 5, 2014, (REUTERS/Social Media Website via Reuters TV/Files)

A man purported to be the reclusive leader of the militant Islamic State Abu Bakr al-Baghdadi from a video recording …

These demonstrable successes gave the group new credibility among jihadis around the world, especially after it joined the civil war in Syria and changed its name to ISIL. (It has at times also been known as ISIS, or the Islamic State of Iraq and Syria.) It has since changed its name again to the Islamic State after proclaiming itself a caliphate, the latest in a succession of Muslim empires dating back to the seventh century. Its ranks were soon swelled by foreigners, including hundreds of followers of the red-bearded Chechen militant Omar al-Shishani, a former Georgian army sergeant known for his deep hatred of America.

Concerns about terrorism spilling over from Syria and Iraq hit home in June when French police arrested an "armed jihadi" who had just returned from Syria in connection with the May 24 killing of four people — including two Israeli tourists — at a Jewish Center in Brussels.

Since then, authorities in Europe have broken up terror cells linked to ISIL, including one in Kosovo where officials this week arrested 40 suspects who had returned from Iraq and Syria—including some who had fought with ISIL — and seized weapons and explosives in dozens of locations.

ISIL and its followers have also proven adept at using social media, making a steady barrage of threats against the West, including the United States.

“Probably most striking are the threats on Twitter,” said a U.S. official who monitors the postings. “We’ve seen tens of thousands of postings by ten of thousands of people supporting ISIL, making threats to blow up U.S. Embassies." One posting showed an ISIL banner apparently superimposed on an image of the White House.

It is still unclear how real those threats are, at least while ISIL is focused on its war with the Iraqi government. And the resignation of the deeply unpopular Maliki could allow for more U.S.-Iraqi cooperation in the fight against the insurgents.

But increasingly, officials say, ISIL has the perception of momentum. For the first time there are signs that some jihadis linked to al-Qaida are expressing sympathy, if not allegiance, to ISIL — despite al-Qaida chief Ayman al-Zawahri’s disavowal of the group.

One thing ISIL does not lack is funds. The group has seized banks, accumulating vast amounts of cash and raking in more by selling oil and other commodities to smugglers. ISIL “is flush with cash. It has plenty of money. They control oil fields, they have refiners. They have hundreds of millions of dollars,” said one U.S. analyst at the Thursday briefing.

And it is exceptionally well armed. When ISIL forces assaulted two Iraqi military bases, Camp Speicher and Rasheed Air Base, in July, they got the keys to the kingdom — hundreds of millions of dollars’ worth of American tanks, armored personal carriers, howitzers and other equipment. ISIL fighters have posed for videos brandishing MANPADS, shoulder-launched surface to air missiles that can shoot down low-flying aircraft.

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This undated file image posted on a militant website on Tuesday, Jan. 14, 2014, which has been verified and is consistent with other AP reporting, shows fighters from the al-Qaida linked Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) marching in Raqqa, Syria. Across the broad swath of territory it controls from northern Syria through northern and western Iraq, the extremist group known as the Islamic State has proven to be highly organized governors. (AP Photo/Militant Website, File)

This undated file image posted on a militant website on Tuesday, Jan. 14, 2014, which has been verified and is …

“They’ve got enough supplies, equipment and ammunition to last them five years,” said John Maguire, a former top CIA officer in Iraq who retains close ties to the Kurdish regional government. Thanks in part to assistance from former Iraqi military officers who have defected to ISIL, “they know how to operate American equipment.”

What they also have, at least for the moment, is a de facto safe haven. Al-Baghdadi — who officials say sees himself as the true successor to Osama bin Laden — is believed to be constantly on the move. But ISIL appears to have established a headquarters in Raqqa in northern Syria, where the group’s black banners reportedly fly over administrative buildings.

Given that President Obama has placed sharp limits on U.S. airstrikes and confined them to Iraq, that effectively makes Baghdadi and his top deputies — almost all of whom were once in U.S. custody — off-limits to U.S. military action. The Raqqa safe haven “is a problem,” acknowledged one U.S. official.

The bottom line, U.S. counterterrorism officials say, is that new strategies are urgently needed to counter the surging ISIL threat. In the briefing for reporters Thursday, one senior official made the point in the most understated way possible: “We don’t assess at the moment this [the threat from ISIL] is something that will collapse on its own.”


Gaza: Il faut bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ? (In a post-imperial, post-colonial world, Israel’s behaviour troubles and jars)

16 août, 2014

Les missiles qui sont aujourd’hui lancés contre Israël sont, pour chacun d’entre eux, un crime contre l’humanité, qu’il frappe ou manque [sa cible], car il vise une cible civile. Les agissements d’Israël contre des civils palestiniens constituent aussi des crimes contre l’humanité. S’agissant des crimes de guerre sous la Quatrième Convention de Genève – colonies, judaïsation, points de contrôle, arrestations et ainsi de suite, ils nous confèrent une assise très solide. Toutefois, les Palestiniens sont en mauvaise posture en ce qui concerne l’autre problème. Car viser des civils, que ce soit un ou mille, est considéré comme un crime contre l’humanité. (…) Faire appel à la CPI [Cour pénale internationale] nécessite un consensus écrit, de toutes les factions palestiniennes. Ainsi, quand un Palestinien est arrêté pour son implication dans le meurtre d’un citoyen israélien, on ne nous reprochera pas de l’extrader. Veuillez noter que parmi les nôtres, plusieurs à Gaza sont apparus à la télévision pour dire que l’armée israélienne les avait avertis d’évacuer leurs maisons avant les explosions. Dans un tel cas de figure, s’il y a des victimes, la loi considère que c’est le fait d’une erreur plutôt qu’un meurtre intentionnel, [les Israéliens] ayant suivi la procédure légale. En ce qui concerne les missiles lancés de notre côté… Nous n’avertissons jamais personne de l’endroit où ces missiles vont tomber, ou des opérations que nous effectuons. Ainsi, il faudrait s’informer avant de parler de faire appel à la CPI, sous le coup de l’émotion. Ibrahim Khreisheh (émissaire palestinien au CDHNU, télévision de l’Autorité palestinienne, 9 juillet 2014)
La Palestine n’est pas un État partie au Statut de Rome. La Cour n’a reçu de la Palestine aucun document officiel faisant état de son acceptation de sa compétence ou demandant au Procureur d’ouvrir une enquête au sujet des crimes allégués, suite à l’adoption de la résolution (67/19) de l’Assemblée générale des Nations Unies en date du 29 novembre 2012, qui accorde à la Palestine le statut d’État non membre observateur. Par conséquent, la CPI n’est pas compétente pour connaître des crimes qui auraient été commis sur le territoire palestinien. CPI
Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l’idée même de la justice. Villepin (31.07.14)
Les Juifs sont un peuple particulier : ce qui est permis à d’autres nations est interdit aux Juifs. D’autres nations expulsent des milliers, et même des millions de gens, et il n’y a pas de problème de réfugiés. La Russie l’a fait, la Pologne, la Tchécoslovaquie l’ont fait, la Turquie a expulsé un million de Grecs, et l’Algérie un million de Français. L’Indonésie a expulsé, Dieu sait combien de Chinois, et personne ne dit un mot au sujet des réfugiés. Mais dans le cas d’Israël, les Arabes déplacés sont devenus d’éternels réfugiés. Tout le monde insiste sur le fait qu’Israël doit reprendre tout Arabe. Arnold Toynbee appelle ce déplacement des Arabes une atrocité plus grande que tout ce qu’ont commis les Nazis. D’autres nations victorieuses sur les champs de bataille dictent les conditions de la paix. Mais quand Israël est vainqueur il doit supplier pour obtenir la paix. Chacun attend des Juifs qu’ils soient les seuls vrais Chrétiens sur terre. (…) J’ai une prémonition qui ne me quittera pas : ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
What has been most striking about the British response to the Gaza conflict is the extent to which all the things that were once said about Jews are now said about Israel. Everywhere, from the spittle-flecked newspaper commentary to angry street protests, the old view of Jews as infanticidal masterminds of global affairs has been cut-and-pasted onto Israel. Consider the constant branding of Israelis as "child murderers." The belief that Israel takes perverse pleasure in killing children is widespread. It was seen in the big London demonstrations where protesters waved placards featuring caricatured Israeli politicians saying "I love killing women and children." It could be heard in claims by the U.K.-based group Save the Children that Israel launched a "war on children." It was most explicitly expressed in the Independent newspaper last week when a columnist described Israel as a "child murdering community" and wondered how long it would be before Israeli politicians hold a "Child Murderer Pride" festival. It’s hard to think of a war in which, tragically, children haven’t died. In Afghanistan, for example, NATO bombs hit a school and more than one wedding, killing many children. But it is only Israel that is branded a child-murdering state. Where people seem willing to accept that the deaths of children in most war zones are horrible mistakes, in relation to Gaza it is assumed that Israel intends to murder children. What we have here is the resurrection, in pseudo-political garb, of a very old prejudice about Jews. The double-standard branding of Israel as a proud murderer of children rehabilitates in antiwar lingo an anti-Semitic trope: the ancient blood libel about Jews murdering children (Christian children, in the old telling). (…) Alone among the states of the world, Israel is treated as perversely infanticidal, awesomely powerful and terrifyingly destabilizing. Thus are ancient prejudices updated and transferred from an apparently problematic people to an apparently uniquely barbarous state, so that it is now increasingly difficult to tell where anti-Semitism ends and anti-Zionism begins. Britain hasn’t escaped the anti-Semitism sweeping Europe—the British have merely found new and subtler ways of expressing itBrendan O’Neill
In a post-imperial, post-colonial world, Israel’s behaviour troubled and jarred. The spread of television and then the internet, beamed endless pictures of Israeli infantrymen beating stone-throwers and, later, Israeli tanks and aircraft taking on Kalashnikov-wielding guerrillas. It looked like a brutal and unequal struggle. Liberal hearts went out to the underdog – and anti-Semites and opportunists of various sorts joined in the anti-Israeli chorus. Israelis might argue that the (relatively) lightly armed Hamasniks in Gaza want to drive the Jews into the sea; that the struggle isn’t really between Israel and the Palestinians but between little Israel and the vast Arab and Muslim worlds, which long for Israel’s demise ; even that Israel isn’t the issue, that Islamists seek the demise of the West itself, and that Israel is merely an outpost of the far larger civilisation that they find abhorrent and seek to topple. But television doesn’t show this bigger picture; images can’t elucidate ideas. It shows mighty Israel crushing bedraggled Gaza. Western TV screens never show Hamas – not a gunman, or a rocket launched at Tel Aviv, not a fighter shelling a nearby kibbutz. In these past few weeks, it has seemed as if Israel’s F-16s and Merkava tanks and 155mm artillery have been fighting only wailing mothers, mangled children, run-down concrete slums. Not Hamasniks. Not the 3,000 rockets reaching out for Tel Aviv, Jerusalem, Beersheba. Not mortar bombs crashing into kibbutz dining halls. Not rockets fired at Israel from Gaza hospitals and schools, designed to provoke Israeli counterfire that could then be screened as an atrocity. In the shambles of this war, a few basic facts about the contenders have been lost: Israel is a Western liberal democracy, where Arabs have the vote and, like Jews, are not detained in the middle of the night for what they think or say. While there is a violent, Right-wing fringe, Israelis remains basically tolerant, even in wartime, even under terrorist provocation. Their country is a scientific, technological and artistic powerhouse, in large measure because it is an open society. On the other side are a range of fanatical Muslim organisations that are totalitarian. Hamas holds Gaza’s population as a hostage in an iron grip and is intolerant of all “others” – Jews, homosexuals, socialists. How many Christians have remained in Gaza since the violent 2007 Hamas takeover? The Palestinians have been treated badly, there is no doubt about that. Britain, America, fellow Arabs, Zionists – all are to blame. But so are they, having rejected two-state compromises offered in 1937, 1947, 2000 and 2008. They should have a state of their own, in the West Bank, East Jerusalem and Gaza. This is fair, this would constitute a modicum of justice. But this is not what Hamas wants. Like Isis in Iraq and Syria, like al Qaeda, the Shabab in Somalia and Boko Haram in Nigeria, it seeks to destroy Western neighbours. And the Nick Cleggs of this world, who call on Britain to suspend arms sales to Israel, are their accomplices. It’s as if they really don’t understand the world they live in, like those liberals in Britain and France who called for disarmament and pro-German treaty revision in the Thirties. But the message is clear. The barbarians truly are at the gates.  Benny Morris
Ce que le kamikaze humanitaire guette, ce n’est pas les dégâts qu’il va faire, mais les dégâts qu’on va lui faire. Et ce sont ces dégâts inversés qui sont censés faire des dégâts. Le kamikaze humanitaire est un kamikaze d’un genre mutant, tout à fait neuf, parfaitement inédit : c’est un kamikaze oxymore. C’est l’idée que les dégâts seront extrêmement collatéraux, diffus, les explications très confuses, les analyses rendues très compliquées puisque le mot humanitaire, lâché comme une bombe, est brandi comme l’arme à laquelle on ne peut rien rétorquer : on ne fait pas la guerre à la paix. Le mot humanitaire est un mot qui a tout dit. Son drapeau est intouchable, son pavillon est insouillable. C’est l’idée que, déguisé en pacifiste, le terroriste aura de son côté, tout blotti contre la coque de son navire naïf rempli de gentillesse gentille et d’idéaux grands, d’ambitions fraternelles, la communauté internationale. Car c’est le monde entier qui, tout à coup, forme une communauté. Le mot humanitaire, forcément inoffensif, ne saurait être offensé, attaqué : c’est une paix qui avance sur les flots, on ne bombarde pas une paix, on ne crible pas de flèches, de balles, une colombe qui passe, même si cette colombe est pilotée par Mohammed Atta, je veux dire ses avatars paisibles, ses avatars innocents, ses avatars gentils, ses avatars qui avancent avec des sentiments plein les poches et la rage entre les dents, et la haine dans les yeux au moment même du sourire. Il y avait les kamikazes volants, voici les kamikazes flottants. Les kamikazes de la vitesse du son ? Démodées. Voici les kamikazes, déguisés en bonnes fées, de la langueur des flots, voici les kamikazes de la vitesse de croisière. Les kamikazes comme des poissons sur les flots, dont l’aide qu’ils apportent est un costume, une panoplie, un déguisement. Ils attendent qu’Israël riposte, autrement se donne tort. Kamikazes qui voudraient non seulement nous faire accroire qu’ils sont pacifistes, mais qu’ils sont passifs. Kamikazes déclencheurs de bavures officielles, au fil de l’eau. Non plus descendant des nuages, s’abattant comme autant de foudres, mais des kamikazes bien lents, bien tranquilles, bien plaisanciers. Des kamikazes bercés par la vague, et qui savent ce qu’ils viennent récolter : des coups, et par conséquent de la publicité. Des kamikazes au long cours qui viennent, innocemment, fabriquer de la culpabilité israélienne. Yann Moix
On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu’à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c’est le juif. Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ? Pierre Jourde

Alors qu’après les kilomètres de tunnels, les boucliers humains, les journalistes sous contrôle et l’ingérence comme en Syrie ou partout ailleurs de Doha et Istanbul, s’accumulent  les preuves de la perfidie du Hamas pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre …

Et que les ennemis d’Israël et leur petite armée d’idiots utiles fourbissent à présent leurs flottilles et leurs armes juridiques

Comment ne pas voir, avec deux textes de Pierre Jourde et Yann Moix d’il y a quelques années, la véritable raison de tant de haine …

A savoir ce besoin irrépressible, au nom même de l"intouchable" et "insouillable" drapeau de l’humanitaire, de "fabriquer de la culpabilité israélienne" …

Et l’insupportable scandale, "au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, d’une "poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique" et "en outre, décident de ne plus être victimes" ?

Le juif, coupable universel

Pierre Jourde
Le Monde

21.01.2009
Depuis l’entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d’origine arabo-musulmane s’en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n’ont d’ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l’agression ou l’injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.
La mort de centaines de femmes et d’enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l’horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d’aller casser la figure à un juif de France qui n’y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c’est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l’opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n’ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu’Israël reçoive éternellementses missiles sans réagir ? Savent-ils que l’intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d’une opération militaire est d’une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu’Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu’êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu’elles sont le fait des milices d’un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

PROPAGANDE PARANOÏAQUE

S’ils réagissent en tant qu’Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d’Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l’un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c’est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l’homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu’arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu’Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d’Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n’hésite pas à faireusage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n’est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s’en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l’ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s’explique tout de même pas parce que les massacreurs n’étaient pas des juifs, n’est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d’Israël pratiquent librement leur culte ? Que l’université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L’exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu’à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c’est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?

Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l’université de Grenoble-III

Voir aussi:

Les kamikazes humanitaires
Yann Moix

La Règle du jeu

Ce que le kamikaze humanitaire guette, ce n’est pas les dégâts qu’il va faire, mais les dégâts qu’on va lui faire. Et ce sont ces dégâts inversés qui sont censés faire des dégâts.

Le kamikaze humanitaire est un kamikaze d’un genre mutant, tout à fait neuf, parfaitement inédit : c’est un kamikaze oxymore. C’est l’idée que les dégâts seront extrêmement collatéraux, diffus, les explications très confuses, les analyses rendues très compliquées puisque le mot humanitaire, lâché comme une bombe, est brandi comme l’arme à laquelle on ne peut rien rétorquer : on ne fait pas la guerre à la paix.

Le mot humanitaire est un mot qui a tout dit. Son drapeau est intouchable, son pavillon est insouillable. C’est l’idée que, déguisé en pacifiste, le terroriste aura de son côté, tout blotti contre la coque de son navire naïf rempli de gentillesse gentille et d’idéaux grands, d’ambitions fraternelles, la communauté internationale. Car c’est le monde entier qui, tout à coup, forme une communauté. Le mot humanitaire, forcément inoffensif, ne saurait être offensé, attaqué : c’est une paix qui avance sur les flots, on ne bombarde pas une paix, on ne crible pas de flèches, de balles, une colombe qui passe, même si cette colombe est pilotée par Mohammed Atta, je veux dire ses avatars paisibles, ses avatars innocents, ses avatars gentils, ses avatars qui avancent avec des sentiments plein les poches et la rage entre les dents, et la haine dans les yeux au moment même du sourire.

Il y avait les kamikazes volants, voici les kamikazes flottants. Les kamikazes de la vitesse du son ? Démodées. Voici les kamikazes, déguisés en bonnes fées, de la langueur des flots, voici les kamikazes de la vitesse de croisière. Les kamikazes comme des poissons sur les flots, dont l’aide qu’ils apportent est un costume, une panoplie, un déguisement. Ils attendent qu’Israël riposte, autrement se donne tort. Kamikazes qui voudraient non seulement nous faire accroire qu’ils sont pacifistes, mais qu’ils sont passifs. Kamikazes déclencheurs de bavures officielles, au fil de l’eau. Non plus descendant des nuages, s’abattant comme autant de foudres, mais des kamikazes bien lents, bien tranquilles, bien plaisanciers. Des kamikazes bercés par la vague, et qui savent ce qu’ils viennent récolter : des coups, et par conséquent de la publicité. Des kamikazes au long cours qui viennent, innocemment, fabriquer de la culpabilité israélienne. Des kamikazes en liège qui viennent déclencher la pluie de la riposte pour clamer que l’orage est scandaleux, que les tonnerres devraient être interdits, que la météo internationale n’a plus le droit de se laisser dicter le temps qu’il fera par le ciel. Les kamikazes du ciel sont tous morts, voici les kamikazes de l’eau. Des kamikazes doublement victimes : victime de leur folie, comme les kamikazes d’hier, et victimes officielles sur le terrain mondial.

Carnaval : les coupables déguisés en victime sont considérés comme victimes, c’est la victoire du masque, c’est l’inversion, c’est le rouleau d’Esther qui une nouvelle fois se déroule, c’est le bourreau qui devient victime parce qu’il est arrivé en Arlequin de victime, en Arlequin de la paix, et c’est celui qui ôte le masque, qui sait reconnaître le cyclope derrière la sirène, c’est celui-là qui, dans notre histoire toute neuve, conviendra une fois encore dans le rôle, sur mesure décidément, du méchant. De l’inique, de l’aveugle, du déclencheur de guerre. Voici les kamikazes, déguisés en lenteur, des temps nouveaux. Voici les kamikazes, déguisés en contraires de kamikazes. Voici des ami-kazes. Voici les kamikazes sans haine et sans reproche, voici les guerriers qui, dans la lenteur et la torpeur, dans la paresse et l’allégresse, dans la sérénité et la gaité, viennent lancer des attaques à têtes de défense, des défis à têtes d’innocence, des menaces à têtes de fraternité.

Nous n’allons pas aller ce soir au bal masqué : sans loup sur les yeux, sans haine dans le regard, la tête froide et non maquillée, nous allons dire une chose inadmissible dans la cour de récréation des médias qui tour à tour s’imitent et se copient, se plagient, font chorus ; nous allons dire que nous n’allons pas tomber dans le panneau, que tout cela est une mascarade, et ces mots nous les assumons, puisque sans courage, sans vérité, sans convictions, la vie ne serait qu’une mer d’huile. Or nous aimons la mer, vraiment. Mais pas l’huile.

Voir également:

When did Britain lose faith in Israel?
We used to be partners, fighting alongside each other, part of the free world together. Then something changed. But, as Benny Morris reminds us, its enemies are still our enemies
Benny Morris

Telegraph

11 Aug 2014

Half a century ago, relations between Israel and Britain were friendly. More than friendly. They were characterised by admiration. And nowhere in Britain was sympathy and admiration stronger than on the Left and among the young. The Left admired Israel’s social democracy, energy and pioneering spirit – Israel was one of the few states that emerged after the Second World War, and the only one in the Middle East, that became a success story.
There was huge admiration, too, for the kibbutz movement, with its three hundred-odd collective settlements, in which thousands of young Britons spent months, and even years, as volunteers, enjoying the egalitarian spirit, agricultural labour and sex. British socialists admired Israel’s powerful trade union association, the Histadrut, which had its own publishing company, bank, daily newspaper, health service and industrial plants. Somewhat shamefacedly, there was also keen appreciation of Israel’s military – resourceful, daring and successful.
In retrospect, ironically, at no time was this general admiration more apparent than at the moment of Israel’s greatest military feat – in the immediate aftermath of the 1967 War, when Israeli forces in six days routed the armies of Egypt, Jordan and Syria and occupied the West Bank, Gaza Strip, East Jerusalem, the Sinai Peninsula and the Golan Heights. But half a century on, much of that admiration has fled and Israel’s military brilliance has become something to denounce and deplore. What has gone wrong?
Back in 1937, a royal commission headed by Lord Peel recommended the end of the British Mandate over Palestine and the country’s partition into two states, one Jewish, the other Arab . The commission also recommended that most of the Arab inhabitants of the Jewish state’s area-to-be should be transferred to the Arab area , by force if need be, in order to assure the stability of the settlement. The Arabs rejected partition, demanding all of Palestine for themselves. But the British government, under Neville Chamberlain, initially endorsed the Peel proposals.
This support for Jewish statehood at least in part of Palestine conformed to British policy since 1917, when Lloyd George’s cabinet issued the Balfour Declaration, supporting the establishment of a “Jewish National Home”. But, given the triple challenges to Britain from the predatory regimes of Nazi Germany, Fascist Italy and Imperial Japan, Chamberlain opted to appease the Arabs (as well as appeasing Hitler) and, in 1938-1939, reversed Britain’s course and turned anti-Zionist. When the Second World War – and the Zionists – intervened, preventing the establishment of Arab rule over all of Palestine, Britain, in helplessness and disgust, thrust the problem into the lap of the United Nations. This was due largely to the terroristic Right-wing rebellion, by the Irgun and Stern (or Lehi) Group, against Britain during 1944-1947 that left great anger in Britain against “the Jews” for a generation or more.

In 1947, the UN re-endorsed partition and the two-state solution . Again, the Arabs rejected the proposal, and went to war against the emergent Jewish state. But they lost. One of the tragic consequences of the 1948 War was the creation of some 700,000 Palestinian refugees. The Arab world proved unable to get over its humiliation at the hands of the puny Jewish community of just 650,000 souls, and the refugees, festering in squalid camps, stood as a permanent challenge to Arab manhood. The Palestinians, egged on by the Arab states, never acquiesced in the outcome. Moshe Dayan, then chief of the general staff, put it succinctly in 1956, in a eulogy at the graveside of a kibbutznik murdered by Arab infiltrators: “For eight years, they have sat in the refugee camps of Gaza, and have watched how we have turned their lands and villages, where they and their forefathers previously dwelled, into our home… Beyond the furrow of the border surges a sea of hatred and revenge… Let us not fear to look squarely at the hatred that consumes and fills the lives of hundreds [of thousands] of Arabs who live around us… This is our choice – to be ready and armed, tough and harsh – or else the sword shall fall from our hands and our lives will be cut short.”

Some 200,000 of the 1948 refugees ended up in the Gaza Strip. During the following decades, the refugee camps – actually suburban slums – supplied the fuel and manpower for bouts of terror against Israel, as well as serving as the hotbeds of the two Palestinian revolts, or intifadas, in 1987-91 and 2000-2004. Today, its population numbers 1.8 million. The slum-dwellers are the chief recruiting ground of the military wing of Hamas, which has battled the IDF during the past weeks in the alleyways and tunnels of Shaja’iya, Beit Hanun and Rafah.

Initially, like the US, Britain supported the return of the refugees to the area that became Israel. But as Israel absorbed millions of impoverished Jewish immigrants and settled them in the former Arab sites, the West tacitly accepted the Israeli argument that a mass return would undermine the Jewish state and returnees would constitute a giant fifth column. None the less, the Islamic world, including countries at peace with Israel such as Egypt and Jordan, continue to assert the refugees’ “right of return”.

Britain’s intimate relationship with Israel, founded in the Balfour Declaration, reached a new level in 1956, when Israeli troops fought alongside Britain and France at Suez. For the European powers, the resulting political defeat in effect saw them ousted from the Middle East. Soon, Britain was accepting Israel not as a subordinate recent colony, but as a partner, as part of the free world. Affection blossomed.

But it did not last: 1967 marked its high-water mark. A gradual disaffection grew in Britain. Israel’s occupation of Palestinian territories dragged on. Palestinian resistance and bouts of rebellion triggered Israeli clampdowns and repression – and in a post-imperial, post-colonial world, Israel’s behaviour troubled and jarred. The spread of television and then the internet, beamed endless pictures of Israeli infantrymen beating stone-throwers and, later, Israeli tanks and aircraft taking on Kalashnikov-wielding guerrillas. It looked like a brutal and unequal struggle. Liberal hearts went out to the underdog – and anti-Semites and opportunists of various sorts joined in the anti-Israeli chorus.

Israelis might argue that the (relatively) lightly armed Hamasniks in Gaza want to drive the Jews into the sea; that the struggle isn’t really between Israel and the Palestinians but between little Israel and the vast Arab and Muslim worlds, which long for Israel’s demise ; even that Israel isn’t the issue, that Islamists seek the demise of the West itself, and that Israel is merely an outpost of the far larger civilisation that they find abhorrent and seek to topple.

But television doesn’t show this bigger picture; images can’t elucidate ideas. It shows mighty Israel crushing bedraggled Gaza. Western TV screens never show Hamas – not a gunman, or a rocket launched at Tel Aviv, not a fighter shelling a nearby kibbutz. In these past few weeks, it has seemed as if Israel’s F-16s and Merkava tanks and 155mm artillery have been fighting only wailing mothers, mangled children, run-down concrete slums. Not Hamasniks. Not the 3,000 rockets reaching out for Tel Aviv, Jerusalem, Beersheba. Not mortar bombs crashing into kibbutz dining halls. Not rockets fired at Israel from Gaza hospitals and schools, designed to provoke Israeli counterfire that could then be screened as an atrocity.

In the shambles of this war, a few basic facts about the contenders have been lost: Israel is a Western liberal democracy, where Arabs have the vote and, like Jews, are not detained in the middle of the night for what they think or say. While there is a violent, Right-wing fringe, Israelis remains basically tolerant, even in wartime, even under terrorist provocation. Their country is a scientific, technological and artistic powerhouse, in large measure because it is an open society. On the other side are a range of fanatical Muslim organisations that are totalitarian. Hamas holds Gaza’s population as a hostage in an iron grip and is intolerant of all “others” – Jews, homosexuals, socialists. How many Christians have remained in Gaza since the violent 2007 Hamas takeover?

The Palestinians have been treated badly, there is no doubt about that. Britain, America, fellow Arabs, Zionists – all are to blame. But so are they, having rejected two-state compromises offered in 1937, 1947, 2000 and 2008. They should have a state of their own, in the West Bank, East Jerusalem and Gaza. This is fair, this would constitute a modicum of justice. But this is not what Hamas wants. Like Isis in Iraq and Syria, like al Qaeda, the Shabab in Somalia and Boko Haram in Nigeria, it seeks to destroy Western neighbours. And the Nick Cleggs of this world, who call on Britain to suspend arms sales to Israel, are their accomplices. It’s as if they really don’t understand the world they live in, like those liberals in Britain and France who called for disarmament and pro-German treaty revision in the Thirties. But the message is clear. The barbarians truly are at the gates.

Professor Morris is the author of ‘One State, Two States: Resolving the Israel/Palestine Conflict’

Voir de plus:

It’s Britain, So the Anti-Semitism Is More Refined
Cutting and pasting the old prejudice of Jews as infanticidal global masterminds onto Israel.

Brendan O’Neill

The WSJ

Aug. 15, 2014
London

Britain’s leftists are patting themselves on the back for having resisted the lure of anti-Semitism. Sure, there were some ugly incidents in the U.K. during the Gaza conflict in recent weeks, including the smashing of a Belfast synagogue’s window and the pasting of a sign saying "Child Murderers" on a synagogue in Surrey. But for the most part, Britain’s anti-Israel protesters trill, we avoided the orgies of Jew-hate that stained protests about Gaza in Paris, Berlin and other European cities.

I don’t buy that Britain is an oasis of prejudice-free anti-Zionism in a European desert of anti-Semitic sentiment. Rather, Brits have simply proven themselves more adept than their Continental counterparts at dolling up their prejudices as political stands. In Britain, the meshing of anti-Semitism and anti-Zionism, the expression of ancient prejudices in the seemingly legitimate guise of opposing Israel, is more accomplished than it is in other European countries. Britain isn’t free of anti-Semitism—we’re just better than our cousins on the Continent at expressing that poisonous outlook in a more coded, clever way.

What has been most striking about the British response to the Gaza conflict is the extent to which all the things that were once said about Jews are now said about Israel. Everywhere, from the spittle-flecked newspaper commentary to angry street protests, the old view of Jews as infanticidal masterminds of global affairs has been cut-and-pasted onto Israel.

Consider the constant branding of Israelis as "child murderers." The belief that Israel takes perverse pleasure in killing children is widespread. It was seen in the big London demonstrations where protesters waved placards featuring caricatured Israeli politicians saying "I love killing women and children." It could be heard in claims by the U.K.-based group Save the Children that Israel launched a "war on children." It was most explicitly expressed in the Independent newspaper last week when a columnist described Israel as a "child murdering community" and wondered how long it would be before Israeli politicians hold a "Child Murderer Pride" festival.

It’s hard to think of a war in which, tragically, children haven’t died. In Afghanistan, for example, NATO bombs hit a school and more than one wedding, killing many children. But it is only Israel that is branded a child-murdering state. Where people seem willing to accept that the deaths of children in most war zones are horrible mistakes, in relation to Gaza it is assumed that Israel intends to murder children.

What we have here is the resurrection, in pseudo-political garb, of a very old prejudice about Jews. The double-standard branding of Israel as a proud murderer of children rehabilitates in antiwar lingo an anti-Semitic trope: the ancient blood libel about Jews murdering children (Christian children, in the old telling).

Or consider radical Brits’ depiction of Israel as the puppet-master of global politics. You could see it when marchers waved banners showing large-nosed Israeli politicians referring to Barack Obama and David Cameron as "My Most Obedient Puppets." You could see it when the Guardian newspaper published a cartoon showing huge Israeli politicians puppeteering a tiny Tony Blair and William Hague. The puppet-master trope has even made an appearance in the über-respectable Economist magazine, which earlier this year ran a cartoon showing President Obama trying to make peace with Iran but being held back by a huge seal of Congress daubed with the Star of David. In short, Israel shackles the most powerful man in the world. The Economist pulled the cartoon following complaints from Jewish groups.

Here, too, we see polish being applied to an old prejudice: that Jews are the secret power behind the global political throne. Again, what is presented as a legitimate criticism of Israel is just an updating and political-correcting of a long-standing fear of Jewish influence.

Or consider the claim that Israel is the key source of global instability. A few years ago, a poll of Europeans found that a majority viewed Israel as the greatest threat to world peace. Britons in particular seem convinced that Israel is a bringer of chaos: A BBC poll in 2012 found that 69% of Britons think Israel has a "negative influence" on the world. At recent protests, Israel was singled out as a destabilizing force—as one news report said, the protesters "declared Israel a rogue state."

This, too, brings to mind old prejudices, in this case the view of Jews as a key source of moral and social rot. Protesters singling out Israel as a rogue that threatens the global order echo yesteryear’s belief that the presence of Jews made a society less secure and more unstable.

Alone among the states of the world, Israel is treated as perversely infanticidal, awesomely powerful and terrifyingly destabilizing. Thus are ancient prejudices updated and transferred from an apparently problematic people to an apparently uniquely barbarous state, so that it is now increasingly difficult to tell where anti-Semitism ends and anti-Zionism begins. Britain hasn’t escaped the anti-Semitism sweeping Europe—the British have merely found new and subtler ways of expressing it.

Mr. O’Neill is the editor of the online journal Spiked.

Voir de plus:

La situation particulière d’Israël
Eric Hoffer*
LA Times
26 mai 1968
Traduit par Norbert Lipszyc

*Les Juifs sont un peuple particulier : ce qui est permis à d’autres nations est interdit aux Juifs. D’autres nations expulsent des milliers, et même des millions de gens, et il n’y a pas de problème de réfugiés. La Russie l’a fait, la Pologne, la Tchécoslovaquie l’ont fait, la Turquie a expulsé un million de Grecs, et l’Algérie un million de Français. L’Indonésie a expulsé, Dieu sait combien de Chinois, et personne ne dit un mot au sujet des réfugiés. Mais dans le cas d’Israël, les Arabes déplacés sont devenus d’éternels réfugiés.

Tout le monde insiste sur le fait qu’Israël doit reprendre tout Arabe. Arnold Toynbee appelle ce déplacement des Arabes une atrocité plus grande que tout ce qu’ont commis les Nazis.

D’autres nations victorieuses sur les champs de bataille dictent les conditions de la paix. Mais quand Israël est vainqueur il doit supplier pour obtenir la paix. Chacun attend des Juifs qu’ils soient les seuls
vrais Chrétiens sur terre.

D’autres nations, quand elles sont vaincues, survivent et se rétablissent, mais si Israël était défait une seul fois il serait détruit. Si Nasser avait triomphé, en juin dernier, il aurait effacé Israël de la carte, et personne n’aurait levé le petit doigt pour sauver les Juifs. Aucun engagement pris envers les Juifs par quelque gouvernement que ce soit, dont le nôtre, ne vaut le papier sur lequel il est écrit.

Le monde entier s’indigne quand on meurt au Vietnam, ou quand deux noirs sont exécutés en Rhodésie. Mais quand Hitler massacra les Juifs, personne ne protesta auprès de lui.

Les Suédois, qui sont prêts à rompre leurs relations diplomatiques avec les Etats-Unis à cause de ce que nous faisons au Vietnam, ne bronchèrent pas quand Hitler massacrait les Juifs. Ils envoyèrent à Hitler du minerai de fer de première qualité, des roulements à bille, et assurèrent l’entretien de ses trains de troupes destinés à la Norvège. Les Juifs sont seuls au monde. Si Israël survit, ce sera uniquement grâce aux efforts des Juifs. Et aux ressources juives.

Pourtant, en ce moment même, Israël est notre seul allié inconditionnel et fiable. Nous pouvons compter sur Israël plus qu’Israël peut compter sur nous. Il suffit seulement d’imaginer ce qui se serait produit, l’été dernier, si les Arabes, avec leurs soutiens russes, avaient gagné la guerre, pour comprendre à quel point la survie d’Israël est vitale pour l’Amérique, pour l’Occident en général.

J’ai une prémonition qui ne me quittera pas : ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous.

Voir de plus:

Plainte contre Israël auprès de la CPI: des fondements à revoir

hAvocat aux Barreaux de Paris et de New-York en droit pénal, propriété intellectuelle et droit des contrats

Huffington Post

14/08/2014

Le 25 juillet 2014, une plainte a été déposée au nom du gouvernement palestinien auprès de la CPI pour crimes de guerre (ciblage des civils, blocus…).

La CPI s’est déclarée incompétente car la déclaration de compétence faite par l’Autorité Palestinienne (l’AP) en 2009 n’est plus valable depuis que l’ONU a accordé un statut d’Etat non membre observateur à la Palestine. Une nouvelle déclaration de compétence auprès de la CPI serait nécessaire pour en permettre la saisine.

Et après?

Les chefs de prévention

Le blocus maritime

Israël est en guerre contre le Hamas et, à ce titre, prend les mesures militaires qui lui semblent nécessaires à la protection de son territoire et de sa population, sous réserve du respect du droit international. Le blocus maritime n’est que l’une des modalités autorisées par le droit international lors d’un conflit armé (Manuel de San Rémo, 1994).

L’objectif de ce blocus est d’empêcher la fourniture d’armes au Hamas ainsi que les tentatives d’infiltration en Israël par la mer. Plusieurs cargos ont été arraisonnés avec plusieurs dizaines voire centaines de tonnes de munitions à bord à destination de Gaza (entre autres, le Francop en novembre 2009, le Victoria en mars 2011, le Klos C en mars 2014).

Entre 2006 et 2014, plus de 13.000 roquettes et missiles ont été tirés de Gaza sur Israël, soit près de 1630 par an. En 35 jours d’opération Bordures Protectrices, 3488 roquettes ont été tirées sur Israël soit près de 100 par jour. Les tentatives d’infiltration terroristes par la mer sont régulièrement déjouées grâce à la vigilance de la marine israélienne.

Ce blocus n’est donc ni une fantaisie du gouvernement israélien ni une punition collective des Gazaouis mais une mesure de sécurité justifiée. Il en ressort, comme cela ressort du rapport Palmer remis à l’ONU le 2 septembre 2011, que le blocus israélien de la bande de Gaza est tout à la fois légal et légitime. Pour autant, Israël transfère à Gaza 6000 tonnes par jour de denrées, matériel et médicaments ainsi que l’eau, l’électricité et le ciment qui permettent au Hamas de construire les tunnels d’où ils commettent les infiltrations terroristes en Israël. Peut-on vraiment parler de blocus?

L’Egypte, en revanche, ferme régulièrement et pour de longues périodes sa frontière (le terminal de Rafah) et ne permet aucun transfert de personnes ni de matériel, ni même de médicaments. Le gouvernement de Mohammed Morsi issu des Frères Musulmans (le Hamas est une aile des Frères Musulmans), lorsqu’il était au pouvoir, a lui-même fait inonder les tunnels qui passaient sous la frontière égypto-gazaouie pour empêcher le trafic d’armes du Hamas. Pourtant proche de Gaza, tant géographiquement qu’historiquement (l’Egypte a occupé Gaza de 1948 à 1967), l’Egypte a imposé un blocus bien plus strict que le blocus maritime israélien.

A quand une plainte contre le blocus égyptien? et contre le blocus de Cuba par les Etats-Unis, condamnés une vingtaine de fois par l’ONU depuis 1962?

Le ciblage intentionnel des civils

Un rappel: on ne peut que regretter les victimes civiles quelles qu’elles soient.

Une évidence: L’armée israélienne ne cible pas intentionnellement les civils palestiniens.

Une question: les victimes civiles sont-elles toutes des civils?

L’Institut de Recherche des Médias du Moyen-Orient a publié le 22 juillet 2014 une traduction de la nouvelle campagne du Hamas publiant des vidéos et des posts sur Facebook et Twitter apprenant aux Gazaouis à décrire les terroristes comme des civils innocents.

Extraits (www.memri.fr):

"Chaque personne tuée ou chaque martyr doit être appelé civil de Gaza ou de Palestine". "N’oubliez pas de toujours ajouter ‘civil innocent’ ou "citoyen innocent" lorsque vous décrivez ceux qui ont été tués dans des attaques israéliennes sur Gaza.

(En parlant) à un ami arabe, commencez par le nombre de martyrs. (Mais en parlant) à un ami occidental, commencez par le nombre de blessés et de morts. Veillez à humaniser la souffrance palestinienne.

D’ailleurs, la polémique sur le nombre de victimes civiles commence à apparaître dans les médias.

Les précautions de Tsahal

En tout état de cause, et c’est incontestable, l’armée israélienne prend soin d’appeler, d’envoyer des SMS sur les portables, de lâcher par avion des tracts, de procéder à des frappes de sommation à blanc prévenant des frappes à venir et de la nécessité d’évacuer tel ou tel quartier. L’objectif est de réduire au maximum le nombre de victimes civiles, au risque évident de faire fuir les membres du Hamas ou d’autres groupes terroristes, et de ne détruire que leurs infrastructures.

Aucune autre armée, dans aucun autre conflit, n’emploie de telles méthodes pour limiter les victimes civiles

Mais c’est sans compter sur le Hamas qui exige des civils de rester dans les zones concernées, de ne pas obéir aux tracts distribués par Tsahal. Sur Al Aqsa TV (chaîne officielle du Hamas), le porte parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, encourage les civils à devenir des boucliers humains et à se comporter en "martyrs".

Si le Hamas insiste tant pour que les civils restent dans des zones densément peuplées et proches d’écoles ou d’hôpitaux, c’est parce qu’il y entrepose des armes ou se sert de ces lieux pour tirer des missiles sur des civils israéliens, comme le reconnaît l’ONU elle-même. A trois reprises, des roquettes ont été trouvées dans des écoles contrôlées par l’ONU. A ce titre, le protocole additionnel 1 à la Convention de Genève dispose que les biens civils utilisés à des fins militaires perdent leur caractère civil.

Ce faisant, le Hamas se rend coupable d’un double crime de guerre. Mais qui cela intéresse-t-il?

Peut-être les Gazaouis qui ont agressé Sami Abu Zuhri le 7 août dernier pour l’enfer que le Hamas leur avait fait vivre.

Mais au fait, le Hamas s’intéresse-t-il vraiment aux Gazaouis ?

Voir enfin:

APRÈS GAZA, ISRAËL SE BAT SUR LE TERRAIN DU DROIT

Marc Henry

Le Figaro

07/08/2014

Menacé de plaintes devant la justice internationale pour « crimes de guerre », l’État hébreu fourbit ses arguments juridiques.

Israël commence à bétonner sa ligne de défense juridique face aux plaintes pour crimes de guerre qui risquent de se multiplier dans le monde. Benyamin Nétanyahou a pris les devants en se livrant à une plaidoirie devant des journalistes étrangers. Il plaide non-coupable pour les quelque 1800 morts palestiniens, notamment dans des attaques visant plusieurs écoles de l’ONU qui servaient de lieu de refuge à la population. L’armée israélienne a admis avoir ouvert le feu en direction de certains de ces établissements pour répliquer à des tirs de combattants du Hamas.

Selon Nétanyahou, même dans ces cas, Israël a exercé son droit à l’autodéfense face au Hamas qui «utilise la population civile comme bouclier humain». Aux accusations lancées sur le caractère disproportionné de la réaction israélienne, le premier ministre répond: «Ce qui est disproportionné, c’est de ne pas agir pour défendre son peuple, mais d’accorder aux terroristes un permis de tuer.»

Ces arguments visent à contrer Ban Ki-moon. Pour le secrétaire général de l’ONU, «tous ceux qui attaquent des bâtiments des Nations unies doivent être traduits en justice». Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève a déjà voté fin juillet en faveur de l’envoi d’une commission pour enquêter sur de «possibles crimes de guerre» de l’armée israélienne. Les Palestiniens ont également annoncé qu’ils comptaient porter plainte auprès du Tribunal pénal international à La Haye.

«Coupable» a priori

Face à ces menaces, Israël fourbit ses armes. Une armada d’experts en droit international a été mobilisée par les ministères de la Justice et des Affaires étrangères. Mais, comme le reconnaît Youval Shani, un juriste de l’Université hébraïque de Jérusalem, «notre situation n’est pas brillante». Les responsables israéliens admettent que les images de destructions, de victimes civiles et d’enfants tués ont eu un effet dévastateur dans le monde.

La question est désormais de savoir si Israël va accepter de participer à ces enquêtes internationales. Dans le passé, l’État hébreu avait boycotté et interdit l’entrée de son territoire aux membres de l’ONU après une précédente opération à Gaza, lancée fin 2008, qui avait fait 1400 morts palestiniens, dont une majorité de civils, et coûté la vie à 13 Israéliens. La commission avait conclu que Tsahal, mais aussi les groupes armés palestiniens, dont le Hamas, avaient commis des actes pouvant constituer des «crimes de guerre», voire «des crimes contre l’humanité». À l’époque, le gouvernement israélien, furieux d’être mis sur le même plan que le Hamas, avait rejeté catégoriquement les conclusions du rapport.

«Pour la prochaine fois, mieux vaut coopérer, cela ne peut pas être pire», estime Yaakov Turkel, un ancien juge auteur d’un rapport israélien sur l’arraisonnement en 2010 d’une flottille d’activistes propalestiniens au large de Gaza, qui avait coûté la vie à dix passagers turcs. «Pour Gaza, nous avons un dossier solide, il n’y a pas lieu de paniquer», plaide-t-il. Le ministère des Affaires étrangères estime en revanche qu’Israël accorderait une légitimité imméritée à ce genre de commission internationale, qui considère a priori Israël «comme coupable de tout».


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