Journée mondiale des toilettes: Cet étrange souci du plus faible (Why the curiously selective UN finally came to give a shit)

19 novembre, 2013
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http://www.worldtoiletday.org/upload/action/ads.jpg
http://www.bestourism.com/img/items/big/390/Museum-of-Toilets-in-New-Delhi-India_Toilets-Museum_1727.jpgIl y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux … Ecclésiaste 3: 1
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 40)
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Par cette résolution adoptée par consensus, l’Assemblée générale a décidé, dans le cadre de l’action menée en faveur de l’assainissement pour tous, de proclamer le 19 novembre Journée mondiale des toilettes. Aux termes de ce texte, elle demande instamment à tous les États Membres, aux organismes des Nations Unies et à toutes les autres parties prenantes d’encourager des changements de comportement et l’adoption de politiques visant à accroître l’accès des pauvres à l’assainissement, ainsi que d’appeler à abandonner la pratique de la défécation en plein air, qui est extrêmement nuisible à la santé publique. Nations Unies
Près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires. Romain Blachier

Plus fort qu’Hallmark!

En cette journée mondiale des toilettes, lancée en 2001 par l’ONG singapourienne World Toilet Organization ..

Où, avec toutes les maladies et morts inutiles que cela suppose comme les Nations unies viennent enfin de le reconnaitre, quelque 2.5 milliards d’individus vivant encore sans toilettes …

Comment ne pas s’émerveiller de ce étrange souci de l’autre et particulièrement du plus faible qui travaille depuis 2 000 ans notre monde désormais mondialisé ?

Mais aussi, avec the Economist, de la tout aussi étrange boulimie et sélectivité – entre par exemple deux condamnations d’Israël – de ce nouveau calendrier des saints que sont devenues pour nous les journées mondiales du Machin ?

Celebrating causes

Dies irae

Every cause has its day, whether deserved or not

The Economist

Nov 24th 2012

WORLD Toilet Day was on November 19th. World Television Day has just passed. International Civil Aviation Day is on December 7th and International Mountain Day comes four days later.

Just as Christian saints have their days, so do causes. Over 100 are in the grandest category: UN “observance” days, usually set by the General Assembly. But anyone can link a date to a campaign. In 2001 the Singapore-based WTO—that is, the World Toilet Organisation—chose a day to mark the plight of the world’s loo-less 2.5 billion (its slogan this year was “I give a shit, do you?”). At least 19 countries mark it. But not the UN, which is perhaps “scared of using the word ‘toilet’,” a WTO spokesman muses.

The UN’s choices are curiously selective. Nelson Mandela is the only individual, dead or alive, to gain its accolade. A whiff of lobbying hangs over some: Hollywood moguls may raise a glass on World Intellectual Property Day, but campaigners for internet freedom may feel otherwise. The UN marks Nowruz (Iranian new year), but not most religious and national feasts. AIDS has a day: but obesity, which kills many more, does not. Jazz is celebrated, but no other music. Migratory birds are the only animals feted, but their day shifts, appropriately enough, falling on the second weekend in May.

Strict observance of the UN’s calendar would mean more woe than jollity. The International Day of Happiness on March 20th is followed by World Poetry Day, and then International Mother Earth Day, with the International Day of Friendship in July. But most official days are about past tragedies (the Holocaust, the Rwandan genocide) or present scourges (female genital mutilation, child labour, torture, road accidents and so on).

No means exist for purging the calendar of causes when their day is done. And the whims of UN decision-making mean that, though 264 days are free of an observance, others are overloaded. March 21st, for example, requires some contortions for the conscientious: they must simultaneously celebrate Nowruz, eliminate racial discrimination, care about Down’s syndrome and exalt poetry. Any takers for World Apathy Day?

Voir aussi:

La journée mondiale des toilettes est un sujet sérieux

Romain Blachier

Huttington Post

29/07/2013

La journée mondiale des toilettes vient d’être décrétée par les Nations-Unies. Elle se déroulera le 19 novembre 2013.

Non il ne s’agit pas d’un exercice rhétorique façon Corax de Syracuse mais il me paraît important de revenir sur une initiative de l’Onu prise sur demande de Singapour et qui existe depuis 2001 dans ce pays: la journée mondiale des toilettes.

Certes le sujet pourrait faire rire et amener un nombre de blagues scatologiques des plus diverses. Pourtant le sujet est sérieux. On peut gloser aussi sur les tentatives de retour aux manières « naturelles » de satisfaire ses besoins par les bobos new-yorkais. Telles qu’évoquées rapidement par A.J. Jacobs dans son dernier ouvrage Drop Dead Healthy où il court à tout prix derrière la santé et acquiert à un moment un équipement pour aller aux toilettes comme nos ancêtres homos erectus.

Ou s’agacer que l’Onu, ce méchant machin mondial, soit encore en train de créer une journée de plus, une journée pour rien, sous la houlette d’un régime hygiéniste, Singapour donc.

Pourtant la vision méprisante de cette initiative colportée dans de nombreux sites, blogs et journaux, est un petit caprice de pays riches. Certes, il peut être de bon ton de mettre la chose dans la rubrique « insolite » des sites d’infos. De s’en gausser sur fond d’anti-internationalisme auprès de la machine à café inéquitable « tiens, tu connais la dernière connerie de l’Onu? Il veulent créer une journée des toilettes! Quand je te disais que la mondialisation c’est de la merde! ahahaha tu as vu le jeu de mots hein? »

Pourtant près de 2,5 milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des installations sanitaires correctes. Parmi elles, 1,1 milliard de personnes font leurs besoins dans la nature. Fournir des toilettes pourrait permettre de sauver la vie de plus de 200.000 enfants chaque année. Des organisations comme la World Toilet Organisation, dont le nom pourrait prêter à sourire, estime que chaque année plus d’un million et demi d’enfants et de bébés de moins de 5 ans meurent à cause de diarrhées et autres maladies venant de mauvaises conditions d’hygiène, à commencer par les sanitaires.

Des fondations importantes comme celle de Bill Gates ont pris d’ailleurs conscience du problème et soutiennent l’Onu et diverses organisations pour agir en aidant à la construction d’équipements. L’université de Hambourg essaye de nouveaux processus technologiques afin de fournir des sanitaires faciles à installer. La cause est importante.

À une vitesse de lecture normale, il y en a une trentaine de personnes qui sont décédés depuis que vous avez commencé à lire ce billet.

Encore une blague scato à la machine à café?

Le musée insolite de la semaine : le musée des toilettes à New Delhi

Préparant mon départ pour l’Inde (J-17), je n’ai pas pu passé à côté d’un célèbre musée insolite basé à New Delhi : le musée des toilettes. Certains trouveront peut-être que ce choix manque de sérieux et de « glamour » ? Ce site mérite pourtant toute notre attention… J’avais d’abord pensé vous présenter un musée du football comme celui de Sao Paulo (http://www.museudofutebol.org.br/historia/) ou du FC Barcelone (http://fc.barcelona.com/fr/le_club/musee) mais face au tapage médiatique de la coupe du monde, certains lecteurs m’en auraient peut-être voulu ! Alors place à l’humour…

Ouvert en 1970 par le docteur Pathak, connu pour sa lutte en faveur de la salubrité publique dans ce pays d’un milliard d’habitants, le musée des toilettes se veut d’abord pédagogique. On y apprend entre autres que ce sont les Indiens qui ont créé les premiers sanitaires hygiéniques il y a 4 500 ans. Les plus curieux pourront ainsi y découvrir les toilettes d’hommes célèbres, notamment une reproduction du « trône » à double fonction de Louis XIII, les évolutions des sanitaires à travers l’histoire et la société, la législation, l’importance des toilettes et bains publics dans certaines civilisations, leur évocation dans la littérature, les dernières innovations… La muséographie semble assez sommaire mais la signalétique extrêmement riche montre que le visiteur vient d’abord s’y documenter. Le « petit coin » n’aura plus de secrets…

Pour aller plus loin :

Le site du musée : http://www.sulabhtoiletmuseum.org/pg01.htm


Ecologie: La rhétorique de la dérision en défaut (Was Rachel Carson wrong?)

11 décembre, 2011
Les joncs de l’étang sont flétris et aucun oiseau ne chante. Keats
Interdire le DDT a tué plus de personnes qu’Hitler. Personnage d’un roman de  Michael Crichton (State of Fear, 2004)
La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice: il se peut que leur impair soit leur mérite. Hans Jonas
Hey, farmer, farmer put away your DDT now. Joni Mitchell
No responsible person contends that insect-borne disease should be ignored. The question that has now urgently presented itself is whether it is either wise or responsible to attack the problem by methods that are rapidly making it worse. The world has heard much of the triumphant war against disease through the control of insect vectors of infection, but it has heard little of the other side of the story – the defeats, the short-lived triumphs that now strongly support the alarming view that the insect enemy has been made actually stronger by our efforts. Even worse, we may have destroyed our very means of fighting. … What is the measure of this setback? The list of resistant species now includes practically all of the insect groups of medical importance. … Malaria programmes are threatened by resistance among mosquitoes. … Practical advice should be ‘Spray as little as you possibly can’ rather than ‘Spray to the limit of your capacity’ …, Pressure on the pest population should always be as slight as possible. Rachel Carson
Il est plus judicieux dans certains cas d’accepter de subir une faible quantité de dégâts, plutôt que de n’en subir aucun pendant un moment, mais de le payer sur le long terme en perdant son moyen de lutte [ceci est le conseil donné en Hollande par le Docteur Briejer en tant que directeur du Service de protection des plantes]. Un conseil pratique serait plus “Pulvérisez aussi peu que vous pouvez” que “Pulvérisez autant que possible”.  Rachel Carson
Printemps silencieux” [Rachel Carson, 1962) a changé l’équilibre des forces dans le monde. Personne ne peut plus présenter aussi facilement la pollution comme un effet secondaire et nécessaire du progrès sans être critiqué. H. Patricia Hynes
 Depuis l’interdiction, deux millions de personnes par an, principalement des enfants, meurent du paludisme. Cette interdiction a causé plus de cinquante millions de morts inutiles. Interdire le DDT a tué plus de personnes qu’Hitler. C’était si sûr qu’on pouvait le manger. Ted (personnage du roman de  Michael Crichton, State of Fear, 2004)
The human costs have been horrific in the poor countries where malaria returned after DDT spraying was abandoned. Malariologists have made a little headway recently in restoring this weapon against the disease, but they’ve had to fight against Ms. Carson’s disciples who still divide the world into good and bad chemicals, with DDT in their fearsome “dirty dozen.” Ms. Carson didn’t urge an outright ban on DDT, but she tried to downplay its effectiveness against malaria and refused to acknowledge what it had accomplished. As Dr. Baldwin wrote, “No estimates are made of the countless lives that have been saved because of the destruction of insect vectors of disease.” He predicted correctly that people in poor countries would suffer from hunger and disease if they were denied the pesticides that had enabled wealthy nations to increase food production and eliminate scourges. The NYT (05.06.07)
The book did point to problems that had not been adequately addressed, such as the effects of DDT on some wildlife. And given the state of the science at the time she wrote, one might even make the case that Carson’s concerns about the effects of synthetic chemicals on human health were not completely unwarranted. Along with other researchers, she was simply ignorant of the facts. But after four decades in which tens of billions of dollars have been wasted chasing imaginary risks without measurably improving American health, her intellectual descendants don’t have the same excuse. Ronald Bailey (Reason magazine,  2002)
Carson didn’t seem to take into account the vital role (DDT) played in controlling the transmission of malaria by killing the mosquitoes that carry the parasite (…) It is the single most effective agent ever developed for saving human life (…) Rachel Carson is a warning to us all of the dangers of neglecting the evidence-based approach and the need to weight potential risk against benefit: it can be argued that the anti-DDT campaign she inspired was responsible for almost as many deaths as some of the worst dictators of the last century. Dick Taverne
Millions of people around the world suffer the painful and often deadly effects of malaria because one person sounded a false alarm. That person is Rachel Carson. Rachelwaswrong.org, Competitive Enterprise Institute, 2009)
The truth is that DDT is neither superhero nor supervillain — it’s just a tool. And if entomologists have learned anything in the last half-century of dealing with the million-plus species of insects in the world, it’s that there is no such thing as an all-purpose weapon when it comes to pest management. DDT may be useful in controlling malaria in some places in Africa, but it’s essential to determine whether target populations are resistant; if they are, then no amount of DDT will be effective. We have new means of determining whether populations are genetically prone to developing resistance. DDT advocates are right to suggest that DDT may be useful as a precision instrument under some circumstances, particularly considering that environmental contamination in Africa may be less of a problem than it has been in temperate ecosystems because the chemical can degrade faster due to higher temperatures, moisture levels and microbial activity. Moreover, resistance evolves due to random mutation, so there are, by chance, malaria-carrying mosquito species in Africa that remain susceptible to DDT despite more than two decades of exposure to the chemical. But environmentalists are right to worry that the unwise use of DDT, particularly where it is likely to be ineffective, may cause environmental harm without any benefit. In 2000, I chaired a National Research Council committee that published a study titled « The Future Role of Pesticides in U.S. Agriculture. » Our principal recommendation is germane to discussions of malaria management: « There is no justification for completely abandoning chemicals per se as components in the defensive toolbox used for managing pests. The committee recommends maintaining a diversity of tools for maximizing flexibility, precision, and stability of pest management. » May Berenbaum
We must take a position based on the science and the data. One of the best tools we have against malaria is indoor residual spraying. Of the dozen or so insecticides WHO has approved as safe for house spraying, the most effective is DDT.  Arata Kochi (WHO’s malaria chief, 2006)
In 2006, after 25 years and 50 million preventable deaths, the World Health Organization reversed course and endorsed widespread use of the insecticide DDT to combat malaria. So much for that. Earlier this month, the U.N. agency quietly reverted to promoting less effective methods for attacking the disease. The result is a victory for politics over public health, and millions of the world’s poor will suffer as a result. The U.N. now plans to advocate for drastic reductions in the use of DDT, which kills or repels the mosquitoes that spread malaria. The aim « is to achieve a 30% cut in the application of DDT worldwide by 2014 and its total phase-out by the early 2020s, if not sooner, » said WHO and the U.N. Environment Program in a statement on May 6. Citing a five-year pilot program that reduced malaria cases in Mexico and South America by distributing antimalaria chloroquine pills to uninfected people, U.N. officials are ready to push for a « zero DDT world. » Sounds nice, except for the facts. It’s true that chloroquine has proven effective when used therapeutically, as in Brazil. But it’s also true that scientists have questioned the safety of the drug as an oral prophylactic because it is toxic and has been shown to cause heart problems. Most malarial deaths occur in sub-Saharan Africa, where chloroquine once worked but started failing in the 1970s as the parasite developed resistance. Even if the drugs were still effective in Africa, they’re expensive and thus impractical for one of the world’s poorest regions. That’s not an argument against chloroquine, bed nets or other interventions. But it is an argument for continuing to make DDT spraying a key part of any effort to eradicate malaria, which kills about a million people — mainly children — every year. Nearly all of this spraying is done indoors, by the way, to block mosquito nesting at night. It is not sprayed willy-nilly in jungle habitat. WHO is not saying that DDT shouldn’t be used. But by revoking its stamp of approval, it sends a clear message to donors and afflicted countries that it prefers more politically correct interventions, even if they don’t work as well. In recent years, countries like Uganda, Tanzania and Zambia have started or expanded DDT spraying, often with the help of outside aid groups. But these governments are also eager to remain in the U.N.’s good graces, and donors typically are less interested in funding interventions that WHO discourages. The  WSJ (2007)
La prohibition du DDT, sous la pression des groupes environnementaux des pays riches dans les années 1970, a provoqué une recrudescence du paludisme dans le Sud, c’est-à-dire des millions de morts, même si la controverse sur la nocivité de cet insecticide se poursuit de nos jours. Pascal Bruckner
Il n’est pas exagéré de dire que ceux qui promurent l’interdiction [du DDT> portent une part de responsabilité indirecte dans les dizaines de millions de morts du paludisme qui ont été recensés depuis quarante ans. Bruno Tertrais
L’histoire du DDT est au livre écolophobe ce que la fève est à la galette des Rois : on est sûr de l’y découvrir. Elle est pourtant complètement imaginaire. Au moins les lecteurs du Monde sont-ils désormais informés. Pour ses usages de contrôle des moustiques vecteurs de maladies comme le paludisme, le DDT n’a jamais été interdit en Afrique. Ni, du reste, nulle part ailleurs… Et, en tout état de cause, les mouvements écologistes des pays du Nord n’ont guère le pouvoir de faire interdire quoi que ce soit dans les pays du Sud. Une subtile variante de cette légende urbaine veut que l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) ait refusé de financer des programmes de lutte contre le paludisme pour cause d’utilisation du DDT. L’opprobre écologiste sur le fameux insecticide aurait poussé l’agence américaine à une manière de politiquement correct « vert » et meurtrier… Sur Internet, où un lien hypertexte a trop souvent valeur de preuve, cette affirmation est omniprésente. A tel point qu’elle s’impose désormais comme la version officielle de l’histoire. A tel point, aussi, que l’Usaid a publié en 2005, sur son site Internet, une mise au point spécifiant qu’aucun financement de projet n’avait jamais été rejeté au motif de l’utilisation du DDT. Enfin et pour finir, le seul texte international qui réglemente l’usage du fameux DDT est la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants – librement signée et ratifiée par les Etats parties -, dont l’annexe B précise explicitement que tout usage du DDT à des fins de contrôle des vecteurs de maladies est autorisé… C’est d’ailleurs toujours le cas dans certains pays.  Le Monde
 Il est très difficile de savoir qui a inventé cette histoire. Mais ce que nous pouvons dire, c’est qu’on la voit émerger il y a un peu plus d’une dizaine d’années et que l’organisation qui en a fait la plus forte promotion sur Internet est le Competitive Entreprise Institute, un think tank libertarien en lutte contre toute forme de régulation de l’activité économique… (…) Je suis très surprise et aussi attristée que des intellectuels français reprennent cette histoire où tout est faux. L’idée que ce serait une sorte d’hystérie environnementaliste qui aurait poussé à l’interdiction du DDT aux Etats-Unis ne tient simplement pas la route : c’est un comité de chercheurs, par ailleurs tous assez conservateurs, qui a travaillé pendant dix ans pour parvenir en 1972, c’est-à-dire sous la présidence de Richard Nixon – un républicain ! -, à la conclusion qu’il fallait limiter l’usage de cette molécule… Aujourd’hui, il est vrai que le DDT est beaucoup moins utilisé dans le monde, mais c’est principalement parce que des résistances sont apparues dans les populations de moustiques. (…) C’est une révision de l’histoire dont le seul but est de discréditer a priori toute forme de régulation environnementale. Naomi Oreske
Près de trente ans après l’abandon progressif de la pulvérisation à grande échelle de DDT et d’autres insecticides dans les habitations pour lutter contre le paludisme, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui que cette méthode allait de nouveau jouer un rôle important dans son combat contre la maladie. L’OMS recommande désormais la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations non seulement dans les zones d’épidémie palustre mais aussi dans celles où la transmission de la maladie est constamment élevée, notamment dans toute l’Afrique. Communiqué OMS (2006)
Les données scientifiques et programmatiques justifient sans conteste cette réévaluation (…) la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les maisons est utile pour réduire rapidement le nombre de personnes contaminées par les moustiques porteurs de la maladie. Elle s’est révélée d’un aussi bon rapport coût/efficacité que les autres mesures de prévention du paludisme et le DDT ne présente pas de risque pour la santé s’il est correctement utilisé.  (…) Nous devons fonder notre position sur la science et les données objectives. (…) L’une des meilleures armes que nous ayons contre le paludisme est la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les habitations. Sur la douzaine d’insecticides que l’OMS juge sans danger pour cet usage, le plus efficace est le DDT. Dr Anarfi Asamoa-Baah, (Sous-Directeur général de l’OMS chargé du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme, 2006)
De leur côté, les Etats-Unis ne peuvent qu’être hostiles à la poursuite du protocole de Kyoto. Ce serait un suicide politique pour Barack Obama d’y adhérer alors que la population y est très défavorable – elle se montre même sceptique sur la responsabilité humaine du réchauffement climatique ! Les industries énergétiques ont subventionné le déni pendant des années. Et elles ont très bien réussi. Si Barack Obama va à contre-courant, il sait qu’il perdra la Maison Blanche. Gwynne Dyer

A l’heure où, du fait de l’opposition tant de pays émergents comme l’Inde que d’une Amérique qui trois ans après Bush n’a toujours pas signé Kyoto, une énième conférence des Nations unies sur le climat s’achève par la décision de reporter toute décision à 2015 …

Et où Le Monde remet dûment à sa place un Pascal Bruckner accusé de propager les pires mensonges contre la doxa écolo …

Pendant qu’en Europe le soja bio tueur fait plus de victimes en quelques jours que l’accident nucléaire de Fukushima (une quarantaine de morts et 4 000 intoxiqués sur 12 pays contaminés contre 0 mort et une vingtaine de faiblement à moyennement irradiés) …

Retour sur la question qui, avec le célèbre livre de l’Américaine Rachel Carson (Printemps silencieux, 1962) lança justement l’écologie moderne.

A savoir celle du DDT, accusé alors d’être « cancérigène et d’empêcher la reproduction des oiseaux en amincissant la coquille de leurs œufs » mais dont Carson elle-même, contrairement à nombre de ses émules, n’excluait pas une utilisation raisonnée …

Pour découvrir, à l’instar d’une OMS ayant pendant 30 ans découragé son utilisation dans la lutte antipaludique (du fait, notamment, de l’apparition de résistances dans les populations de moustiques) puis prôné (non, il est vrai, sans contestation interne) en 2006 sa réutilisation avant, trois ans plus tard, d’annoncer son objectif de sa mise à l’écart définitive pour le début des années 2020 …

Une communauté scientifique apparemment bien plus divisée et une question bien plus controversée et complexe  que ne le laisseraient croire les péremptoires jugements de nos censeurs du Monde.

Pour une condition qui continue à faire, chaque année et notamment en Afrique, quelque 250 millions de nouveaux cas et 800 000 victimes  …

La rhétorique de la dérision en défaut

Nicolas Weill

Le Monde

23.11.11

Mettre les rieurs de son côté, voilà un talent que maîtrise à coup sûr Pascal Bruckner. Ce talent, il le prodigue aujourd’hui pour dénoncer un discours écologique supposé dominant. La thèse du livre au titre emprunté à l’historien Norman Cohn (Les Fanatiques de l’Apocalypse – Julliard, 1962) est simple : le souci de l’environnement aurait tourné en Occident à une manie de la contrition dont le but serait moins le salut de la planète que la satisfaction d’un masochisme postchrétien prônant le châtiment, voire l’extinction de l’homme. Après Le Nouvel Ordre écologique de Luc Ferry (Grasset, 1992), voilà Pascal Bruckner qui reprend le slogan lancé en 1990 par le philosophe Marcel Gauchet dans la revue Le Débat : « Sous l’amour de la nature, la haine de l’homme ».

En concédant la nécessité d’une « écologie d’admiration » (du monde) pour remplacer l’« écologie d’accusation » (de l’homme), Pascal Bruckner décoche ses traits sur les excès, les cocasseries, les exagérations d’un milieu où la prophétie de malheur soutenue par des observations scientifiques ne laisse que peu de place à l’humour. Mais l’absence d’humour justifie-t-elle à elle seule les simplifications bruckneriennes ? Sans parler des contre-vérités comme l’imputation aux écologistes de la recrudescence du paludisme en Afrique (Le Monde du 5 novembre). L’inquiétude pour l’avenir de la Terre est en réalité l’objet d’une discussion savante, technique même. Il est simple voire simpliste de la ravaler à un millénarisme aux ténébreuses racines théologiques.

Certes, les exemples produisent un effet comique : l’enfant incité dans une ferme biologique de Californie à plonger son bras nu dans du fumier pour « mieux sentir les entrailles de Gaïa » (la Terre) ; le conseil d’uriner dans la douche pour économiser les chasses d’eau ; les calculs maniaques de la moindre dépense susceptible d’approfondir notre « empreinte écologique » sur la planète, etc. Mais, quand on prétend par ce procédé damer le pion à certains des plus grands penseurs de l’écologie – le philosophe Hans Jonas (systématiquement qualifié d’« allemand » et d’« heideggérien », en oubliant que, juif et sioniste, il combattit le nazisme sous uniforme britannique), Günther Anders (l’un des premiers à avoir conceptualisé l’effroi nucléaire), André Gorz, etc. -, cette rhétorique de la dérision n’est guère convaincante.

Surtout quand elle se résume à un unique procédé : renverser les positions de l’adversaire en leur contraire. Le catastrophisme écologiste se réduit, pour Bruckner, à un anthropocentrisme délirant où nos moindres faits et gestes (choisir une ampoule à basse consommation, ne plus consommer de viande, limiter ses déplacements en avion) auraient des conséquences cosmiques. Pis, les écologistes seraient les complices objectifs d’un capitalisme où la crise accroît les inégalités, en cherchant par leur ascétisme branché à habituer les pauvres à leur misère…

Sans compter l’injuste et classique assimilation de l’écologie au fascisme (c’est Vichy qui encourage la bicyclette !). Le réductionnisme finit dans l’insignifiance.

 Voir aussi:

Haro sur les écolos !

Stéphane Foucart

Le Monde

05.11.11

Les ouvrages qui pourfendent l’«intégrisme vert» fleurissent depuis trois ans, l’essai de Pascal Bruckner en est le dernier exemple. La plupart de ces livres utilisent pourtant des arguments mensongers

Les écologistes sont des génocidaires. Des meurtriers de masse. Leurs lubies d’enfants gâtés tuent chaque année, indirectement, des millions d’enfants africains. A lire ce petit paragraphe de la page 175 du dernier livre de Pascal Bruckner (Grasset), c’est un peu ce qui vient à l’esprit. « La prohibition du DDT, sous la pression des groupes environnementaux des pays riches dans les années 1970, a provoqué une recrudescence du paludisme dans le Sud, c’est-à-dire des millions de morts, même si la controverse sur la nocivité de cet insecticide se poursuit de nos jours », écrit l’ancien nouveau philosophe.

La puissance de feu rhétorique de l’« argument du DDT » est formidable. Lorsqu’il survient dans les conversations, les écologistes regardent leurs pieds. Ils préfèrent tirer pudiquement le voile de l’oubli sur cette déplorable affaire. Mais pour ceux qui les affrontent, l’histoire de cet insecticide miracle répudié par le « fanatisme vert » est un cadeau du ciel. Ils le gardent précieusement par-devers eux comme l’argument définitif – un de ces traits capables de clore, pour de bon, une conversation enflammée sur la place de l’homme dans la nature.

Dans la blogosphère, l’argument du DDT est partout. Et aussi, sous une forme ou une autre, dans tous les livres dont le titre arbore le mot « apocalypse »… Dans son dernier essai, le politologue Bruno Tertrais (L’apocalypse n’est pas pour demain, Denoël) le dégaine en page 50 : « Il n’est pas exagéré de dire que ceux qui promurent l’interdiction [du DDT> portent une part de responsabilité indirecte dans les dizaines de millions de morts du paludisme qui ont été recensés depuis quarante ans ». L’économiste de la santé Jean de Kervasdoué, dans Les Prêcheurs de l’apocalypse (Plon, 2007), propose à ses lecteurs le même argument – à quelques variations cosmétiques près.

L’histoire du DDT est au livre écolophobe ce que la fève est à la galette des Rois : on est sûr de l’y découvrir. Elle est pourtant complètement imaginaire. Au moins les lecteurs du Monde sont-ils désormais informés. Pour ses usages de contrôle des moustiques vecteurs de maladies comme le paludisme, le DDT n’a jamais été interdit en Afrique. Ni, du reste, nulle part ailleurs… Et, en tout état de cause, les mouvements écologistes des pays du Nord n’ont guère le pouvoir de faire interdire quoi que ce soit dans les pays du Sud.

Une subtile variante de cette légende urbaine veut que l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) ait refusé de financer des programmes de lutte contre le paludisme pour cause d’utilisation du DDT. L’opprobre écologiste sur le fameux insecticide aurait poussé l’agence américaine à une manière de politiquement correct « vert » et meurtrier… Sur Internet, où un lien hypertexte a trop souvent valeur de preuve, cette affirmation est omniprésente. A tel point qu’elle s’impose désormais comme la version officielle de l’histoire. A tel point, aussi, que l’Usaid a publié en 2005, sur son site Internet, une mise au point spécifiant qu’aucun financement de projet n’avait jamais été rejeté au motif de l’utilisation du DDT. Enfin et pour finir, le seul texte international qui réglemente l’usage du fameux DDT est la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants – librement signée et ratifiée par les Etats parties -, dont l’annexe B précise explicitement que tout usage du DDT à des fins de contrôle des vecteurs de maladies est autorisé… C’est d’ailleurs toujours le cas dans certains pays.

Dans un livre important à paraître en France au printemps (Les Marchands de doute, Ed. Le Pommier, publié en anglais sous le titre Merchants of Doubt, Bloomsbury), les historiens des sciences américains Naomi Oreskes (université de Californie à San Diego) et Erik Conway (Jet Propulsion Laboratory) ont remonté la piste de cette fable moderne. « Il est très difficile de savoir qui a inventé cette histoire, raconte Naomi Oreskes. Mais ce que nous pouvons dire, c’est qu’on la voit émerger il y a un peu plus d’une dizaine d’années et que l’organisation qui en a fait la plus forte promotion sur Internet est le Competitive Entreprise Institute, un think tank libertarien en lutte contre toute forme de régulation de l’activité économique… »

« Je suis très surprise et aussi attristée que des intellectuels français reprennent cette histoire où tout est faux, ajoute Mme Oreskes. L’idée que ce serait une sorte d’hystérie environnementaliste qui aurait poussé à l’interdiction du DDT aux Etats-Unis ne tient simplement pas la route : c’est un comité de chercheurs, par ailleurs tous assez conservateurs, qui a travaillé pendant dix ans pour parvenir en 1972, c’est-à-dire sous la présidence de Richard Nixon – un républicain ! -, à la conclusion qu’il fallait limiter l’usage de cette molécule… Aujourd’hui, il est vrai que le DDT est beaucoup moins utilisé dans le monde, mais c’est principalement parce que des résistances sont apparues dans les populations de moustiques. »

Dans leur livre, les deux historiens exhument ainsi les rapports officiels de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui faisaient état, dans les années 1970, des résistances développées par les insectes dans certains pays tropicaux, y justifiant l’abandon de l’insecticide miracle. L’« intégrisme vert » n’y apparaît pas pour grand-chose… Le plus cocasse est que, selon les chiffres du département américain de l’agriculture, l’usage à des fins agricoles du DDT avait déjà commencé à décliner en 1959 aux Etats-Unis, précisément en raison des résistances déjà émergentes.

Du coup, les deux historiens américains s’interrogent sur les motivations des inventeurs de cette fable du DDT. Il y a là un mystère. A la fin des années 1990, quand elle apparaît sur le Net, le DDT n’est plus produit aux Etats-Unis. Il ne représente plus aucun enjeu économique… « C’est une révision de l’histoire dont le seul but est de discréditer a priori toute forme de régulation environnementale », dit Naomi Oreskes, qui note dans son livre que les organisations qui relaient l’« argument du DDT » sont aussi, invariablement, celles qui tentent avec le plus d’âpreté de discréditer les sciences de l’environnement dans leur ensemble.

Des histoires comme celle de l’« argument du DDT », il en existe des centaines. Et il faut bien constater qu’en matière d’écolophobie, les « éléments de langage » des groupes de pressions ultra-conservateurs américains mis en circulation sur le Net sont souvent repris, de bonne foi, par des intellectuels français, publiés par de prestigieuses maisons d’édition. « Internet est passé par là », s’amuse Naomi Oreskes.

Depuis quelques années, et singulièrement depuis l’échec du sommet de Copenhague sur le changement climatique, une abondante littérature est publiée chaque année pour faire pièce à l’« intégrisme vert » ; elle se place dans la lignée d’un prestigieux prédécesseur, L’Ecologiste sceptique (Le Cherche Midi, 2004), le best-seller du statisticien danois Bjorn Lomborg… dont on sait moins qu’il a fait l’objet d’un blâme officiel du Comité d’éthique des sciences du Danemark, qui a dénoncé en 2003 la « malhonnêteté scientifique » de l’ouvrage. Ses héritiers se vendent, eux aussi, très bien. Le dernier livre de Claude Allègre, L’Imposture climatique (Plon, 2010) s’est ainsi écoulé, selon son auteur, à quelque 180 000 exemplaires.

Réduire toute la littérature des pourfendeurs de l’« intégrisme vert » à une succession de contrevérités glanées sur Internet serait trompeur. Parfois, les auteurs frappent juste, démontant les outrances et l’irrationalisme de certains mouvements écologistes. Mais très souvent, les chevilles des argumentaires proposés par les écolophobes sont de grossières torsions de faits bien établis, qui font l’objet de larges consensus chez les scientifiques compétents.

Par exemple, dans L’apocalypse n’est pas pour demain, Bruno Tertrais cite, entre autres choses, une étude montrant que le réchauffement n’est pour rien dans le déclin des ours polaires de la baie de l’Hudson… Mais en fait d’étude, l’article qu’il cite est un « point de vue » aux allures de travail scientifique, rédigé par des chercheurs non spécialistes de la question (géologues et astrophysiciens) et explicitement rémunérés par le pétrolier Exxon et l’American Petroleum Institute.

L’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère réchauffe le climat de la terre et ce réchauffement est, à terme, dangereux pour la stabilité des sociétés ; les chlorofluorocarbures (CFC) détruisent la couche d’ozone stratosphérique ; les effluents agricoles sont les responsables des « marées vertes » ; l’amiante est carcinogène, même à faibles doses, etc. De telles affirmations sont étayées par des centaines d’études publiées après expertise dans des revues scientifiques à comité de lecture. Or, dans une très large mesure, l’écolophobie prospère sur la relativisation ou la réfutation de telles connaissances. Souvent ces affirmations reposent sur des « études » bardées de calculs et de graphiques, mais n’ayant pas le statut de publication scientifique. Plus subtile, une autre technique consiste à citer sur un domaine précis une étude marginale et réfutée de longue date… en omettant bien sûr de préciser qu’elle a finalement été rejetée par les spécialistes de la discipline.

Le domaine le plus maltraité par cette vulgate est celui du climat. Un nombre étourdissant d’ouvrages y est consacré. Le plus célèbre, celui de Claude Allègre, a suscité en avril 2010 une levée de boucliers inédite dans l’histoire de la recherche française. Une lettre de protestation, signée par quelque 600 chercheurs des organismes de recherche (CNRS, CEA, INRA, etc.) et des universités, a été adressée aux grandes instances de la science française.

Connu pour son sens de la provocation, l’ancien ministre socialiste n’est pas le seul à prendre, sur le sujet du climat, d’amples libertés avec la science. L’essayiste Jean-Michel Bélouve (La Servitude climatique, Liber Media, 2009), le mathématicien Benoît Rittaud (Le Mythe climatique, Seuil, 2010) ou encore le patron de l’Automobile club de France, Christian Gérondeau (CO2. Un mythe planétaire, Editions du Toucan, 2009) ne sont pas en reste.

Eux aussi puisent ad libitum dans les arguments mis en circulation sur la Toile, hors de toute validation scientifique, où ils se répliquent à haut débit. Lors d’une conférence donnée voilà quelques mois à l’Assemblée nationale, M. Bélouve l’admettait d’ailleurs sans ambages : « Si cela vous intéresse, allez sur Internet, j’indique dans mon livre beaucoup de sites très intéressants, et vous deviendrez des savants, de véritables climatologues sceptiques de haut niveau. »

Quant au Mythe climatique, « il reprend très fidèlement ce qu’on peut lire dans la blogosphère américaine », estime la climatologue Valérie Masson-Delmotte, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). De fait, la bibliographie de l’ouvrage arbore une quantité impressionnante de liens hypertextes. « De manière plus générale, les arguments ou les points de vue qu’on peut lire chez les auteurs climato-sceptiques français ne sont pas originaux, la plupart sont repris de ce qui circule sur Internet », dit la chercheuse, qui a consacré un récent ouvrage à démonter cette mythologie climatique moderne (Climat. Le vrai et le faux, Le Pommier, 2011).

Les emprunts à la blogosphère, directs ou indirects, sont parfois subtils, parfois massifs. Dans La Légende de l’effet de serre (Favre, 2011), François Meynard, chargé de l’organisation des cours du Collège des humanités de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a carrément copié-collé une vingtaine de pages du site Wikibéral – sorte d’encyclopédie collaborative écrite au prisme de la promotion du libéralisme économique. L’affaire a tout récemment fait scandale en Suisse.

L’activisme en ligne des think tanks américains ultraconservateurs ou libertariens a transformé la Toile en réservoir inépuisable d’arguments repris, traduits, enrichis et repris encore, même quand ils ont été réfutés et démontés par les chercheurs compétents. Le plus puissamment véhiculé est celui selon lequel le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) serait infiltré par les écologistes et que ses rapports sur le réchauffement, rendus tous les six ans environ, seraient biaisés par un alarmisme systématique.

Comme l’« argument du DDT », cette idée est constamment reprise dans la littérature écolophobe. Elle est désormais si ancrée dans les esprits qu’elle permet à Luc Ferry de faire cette surprenante déclaration au Figaro : « Le GIEC, c’est un groupement où sont cooptés des patrons d’associations qui sont souvent des idéologues écologistes. » L’ancien ministre de l’éducation prépare justement, avec Claude Allègre, un nouvel ouvrage sur le sujet.

Pourtant, le GIEC est structurellement conçu pour produire les rapports les plus « conservateurs » possibles. Ces derniers représentent une synthèse consensuelle de la littérature scientifique, rédigée par plusieurs centaines de chercheurs et expertisée par des milliers d’autres… En outre, les documents synthétisant ces rapports sont endossés par l’ensemble des délégués des quelque 190 Etats parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques – dont l’Arabie saoudite, la Chine, la Russie ou les Etats-Unis, dont l’intérêt d’agiter le chiffon rouge climatique n’est pas absolument évident…

Si les mêmes arguments sont repris des deux côtés de l’Atlantique, les motivations idéologiques sont très différentes. Pour Naomi Oreskes et Erik Conway, l’écolophobie américaine est surtout motivée par la défense de la liberté économique. Les questions environnementales sont vues comme des entraves à la liberté d’entreprendre – un avatar du communisme.

Mais le succès, en France, de cette littérature tient à d’autres ressorts. Le côté écrasant et culpabilisant de la glose écologiste n’y est pas étranger. « En France, le libéralisme économique n’est pas le principal ressort de la défiance vis-à-vis des sciences de l’environnement, dit Valérie Masson-Delmotte. C’est plutôt notre rapport au progrès qui en est le moteur, progrès que nous associons généralement à la technique. » Source de bien-être et de désaliénation des hommes, la technologie est aussi devenue source de nuisances et de dangers, alors que « beaucoup tiennent énormément à l’idée qu’elle permet et permettra de régler tous les problèmes », ajoute la climatologue.

A bien y regarder, la défiance vis-à-vis des sciences de l’environnement s’appuie sur de multiples ressorts idéologiques. « Nombreux sont ceux qui considèrent le diagnostic scientifique à travers la lorgnette de leurs préoccupations, rappelle Olivier Godard, chercheur au CNRS et à l’Ecole polytechnique et auteur de plusieurs contributions sur le climato-scepticisme. Par exemple, Elisabeth Badinter, dont le combat actuel est de lutter contre le retour du naturalisme dans les rapports entre les sexes, minore la question climatique, y voyant une menace naturaliste… »

En France, l’apparent consensus politique autour de ces questions n’est sans doute pas étranger au succès de la littérature écolophobe. « Aux Etats-Unis, ces questions sont politiquement beaucoup plus clivantes, note le philosophe Mathias Girel, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure. Des questions scientifiques comme celle du changement climatique ont par exemple été abordées au cours de la primaire républicaine, et elles opposent clairement démocrates et républicains. Ce qui n’est pas le cas en France, où les sciences du climat sont en général acceptées par l’ensemble du spectre politique. »

Absent de la scène politique, le « débat » fait donc florès dans l’édition. Le débat ? « J’ai personnellement le sentiment que nous n’avons pas eu le bon débat, dit Valérie Masson-Delmotte. Pour ce qui est de la question climatique, le débat qui a été mis en avant a été celui de la réalité ou des causes principales du changement climatique, ce sur quoi il n’y a pas vraiment de débats dans la communauté scientifique. En revanche, le débat sur la manière dont nous devons nous adapter et nous préparer au changement climatique qui vient, nous ne l’avons pas eu. »

Voir également:

Haro sur les écolos !

L’écologie, « j’y pense et puis j’oublie »

Eric Collier

Le Monde

 05.11.11

Une petite Danica est née aux Philippines lundi 31 octobre, et la planète a basculé dans une nouvelle dimension : nous voici sept milliards de Terriens, plus que jamais contraints de penser à préserver une planète qu’on dit en danger. Pas d’inquiétude, tout est en place. Les scientifiques balisent la carte des risques, les gouvernements promettent d’en tenir compte, industriels et agriculteurs envisagent même de réorganiser (plus tard) leurs outils de production et, à l’échelon individuel, chacun est concentré sur ses objectifs, plus modestes : tri sélectif des ordures ménagères, douche plutôt que bain, fruits et légumes venus de moins loin, covoiturage, etc.

Jusqu’ici, tout va bien dans le meilleur des mondes (occidental). M. et Mme Tout-le-Monde et leurs enfants semblent convertis à ce que l’écrivain Iegor Gran nomme « la religion du petit geste », « ce petit geste qui vous soulage, l’équivalent du signe de croix qui vous protège si vous êtes chrétien ». Pourtant, in petto, la famille Tout-le-Monde paraît gagnée par le doute : tout cela n’est-il pas légèrement dérisoire ? Ces efforts « pour la planète » dont chacun se félicite, parfois bruyamment, sont-ils bien utiles ? Indispensables ?

En publiant L’Ecologie en bas de chez moi (POL, 2010), récit grinçant dans lequel il s’amuse de voir combien « la moindre fuite de chasse d’eau est vécue comme un drame » par les habitants d’un immeuble parisien au début du XXIe siècle, Iegor Gran a été l’un des premiers à exprimer sa « révolte » contre une certaine hypocrisie ambiante. Avec, derrière l’ironie, une conviction : « Ce geste que vous vous imposez, que vous imposez à vos amis ou à vos voisins ne va pas faire reculer la pollution. » Il aimerait qu’un économiste « se pose la question de la valeur de ces gestes, en tenant compte du temps perdu par l’individu pour les réaliser et par la collectivité pour organiser ces circuits ».

Son texte, « autofiction et parodie » à la fois, Iegor Gran ne l’a pas voulu comme un pamphlet anti-écolo, mais plutôt comme « un livre sur la liberté ». « La liberté d’être con », écrit-il, concept qu’il n’est apparemment pas le seul à revendiquer. Faites le test avec des amis, des collègues de travail : les émules sont nombreux et leurs moyens assez variés.

Ici, au Monde, le premier journaliste venu (pas de nom) reconnaît qu’il prend « un malin plaisir à ne plus trier [ses] détritus ». Sans vergogne. Un autre racontait il y a peu comment il s’est empressé de constituer chez lui une belle réserve d’ampoules traditionnelles après avoir testé, et désapprouvé, la lumière blafarde des premières ampoules basse consommation. Et un directeur de la rédaction (pas de nom) a longtemps supplié les spécialistes de l’environnement du journal de cesser de culpabiliser, entre autres, les amateurs de belles voitures gourmandes en énergie non renouvelable…

La fraude à l’écologie n’est sans doute pas encore le nouveau sport national, mais une petite musique donne à entendre comme une parodie de la célèbre chanson de Jacques Dutronc, l’écologie, « j’y pense et puis j’oublie ». « C’est la vie, c’est la vie », semble même ajouter Pascal Bruckner dans Le Fanatisme de l’apocalypse (Grasset, 2011).

« Nous restons vivants tant que nous sommes capables d’être dans le désir et la convoitise, dit-il. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de les contrôler. » Or, écrit-il, « tout devient maintenant dramatique, boire un verre d’eau, une tasse de thé, croquer une pomme ». Convaincu que la « parole apocalyptique » de certains défenseurs de l’environnement relève du « vieil instrument de la peur », l’essayiste assure que « l’écologie fait fausse route quand elle fait appel à notre culpabilité plutôt qu’à notre désir ».

Pascal Bruckner ne se range pourtant pas parmi les détracteurs du mouvement écologiste : « On sait bien que le capitalisme du XXIe siècle sera vert », convient-il. Ses ennemis, il les recrute chez « les lugubres, les sinistres, les bigots ».

Lui aussi évoque « une religion », dont « le péché originel » serait « l’empreinte carbone ». Et pour avoir commis pareil « sacrilège », il a d’ailleurs vu sa thèse assimilée au « négationnisme » par un lecteur du Nouvel Observateur et par un auditeur de France Inter. Excès de langage qui confortent, à ses yeux, l’existence d’un « malaise » provoqué par un certain discours écologiste. « Si l’écologie ne peut pas se moquer d’elle-même, quel monde vont-ils nous préparer ? », s’interroge Sergio Emilson, auteur de Comment recycler les oiseaux mazoutés (Plume de carotte, 2010). Un ouvrage « de potache », commis pour pasticher une parole écologiste devenue « obligatoire, moralisatrice, péremptoire et triste », selon cet écrivain toulonnais.

Après la sortie du livre, des témoignages l’ont aidé à comprendre que, comme lui, « des tas de gens sont excédés par ce propos culpabilisant et pesant. Ils se sentent coincés à force de s’entendre dire : «Vous recyclez mal, pas assez, les Allemands font bien mieux…» » Le constat l’afflige, mais il le fait sien : il arrive que le discours écologique soit contre-productif. Ce qui soulève une interrogation : et si la guerre écologique était une affaire trop sérieuse pour être abandonnée aux militants ?

Voir encore:

 Malaria, Politics and DDT

The U.N. bows to the anti-insecticide lobby..

The WSJ

26.05.09

In 2006, after 25 years and 50 million preventable deaths, the World Health Organization reversed course and endorsed widespread use of the insecticide DDT to combat malaria. So much for that. Earlier this month, the U.N. agency quietly reverted to promoting less effective methods for attacking the disease. The result is a victory for politics over public health, and millions of the world’s poor will suffer as a result.

The U.N. now plans to advocate for drastic reductions in the use of DDT, which kills or repels the mosquitoes that spread malaria. The aim « is to achieve a 30% cut in the application of DDT worldwide by 2014 and its total phase-out by the early 2020s, if not sooner, » said WHO and the U.N. Environment Program in a statement on May 6.

Citing a five-year pilot program that reduced malaria cases in Mexico and South America by distributing antimalaria chloroquine pills to uninfected people, U.N. officials are ready to push for a « zero DDT world. » Sounds nice, except for the facts. It’s true that chloroquine has proven effective when used therapeutically, as in Brazil. But it’s also true that scientists have questioned the safety of the drug as an oral prophylactic because it is toxic and has been shown to cause heart problems.

Most malarial deaths occur in sub-Saharan Africa, where chloroquine once worked but started failing in the 1970s as the parasite developed resistance. Even if the drugs were still effective in Africa, they’re expensive and thus impractical for one of the world’s poorest regions. That’s not an argument against chloroquine, bed nets or other interventions. But it is an argument for continuing to make DDT spraying a key part of any effort to eradicate malaria, which kills about a million people — mainly children — every year. Nearly all of this spraying is done indoors, by the way, to block mosquito nesting at night. It is not sprayed willy-nilly in jungle habitat.

WHO is not saying that DDT shouldn’t be used. But by revoking its stamp of approval, it sends a clear message to donors and afflicted countries that it prefers more politically correct interventions, even if they don’t work as well. In recent years, countries like Uganda, Tanzania and Zambia have started or expanded DDT spraying, often with the help of outside aid groups. But these governments are also eager to remain in the U.N.’s good graces, and donors typically are less interested in funding interventions that WHO discourages.

« Sadly, WHO’s about-face has nothing to do with science or health and everything to do with bending to the will of well-placed environmentalists, » says Roger Bate of Africa Fighting Malaria. « Bed net manufacturers and sellers of less-effective insecticides also don’t benefit when DDT is employed and therefore oppose it, often behind the scenes. »

It’s no coincidence that WHO officials were joined by the head of the U.N. Environment Program to announce the new policy. There’s no evidence that spraying DDT in the amounts necessary to kill dangerous mosquitoes imperils crops, animals or human health. But that didn’t stop green groups like the Pesticide Action Network from urging the public to celebrate World Malaria Day last month by telling « the U.S. to protect children and families from malaria without spraying pesticides like DDT inside people’s homes. »

« We must take a position based on the science and the data, » said WHO’s malaria chief, Arata Kochi, in 2006. « One of the best tools we have against malaria is indoor residual spraying. Of the dozen or so insecticides WHO has approved as safe for house spraying, the most effective is DDT. » Mr. Kochi was right then, even if other WHO officials are now bowing to pressure to pretend otherwise.

Voir de même:

Lutte antipaludique: l’OMS estime que l’utilisation de DDT à l’intérieur des habitations est sans danger pour la santé

OMS

15 septembre 2006

L’OMS fait de la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations l’une des trois grandes interventions qu’elle préconise contre le paludisme

Près de trente ans après l’abandon progressif de la pulvérisation à grande échelle de DDT et d’autres insecticides dans les habitations pour lutter contre le paludisme, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui que cette méthode allait de nouveau jouer un rôle important dans son combat contre la maladie. L’OMS recommande désormais la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations non seulement dans les zones d’épidémie palustre mais aussi dans celles où la transmission de la maladie est constamment élevée, notamment dans toute l’Afrique.

« Les données scientifiques et programmatiques justifient sans conteste cette réévaluation », a déclaré le Dr Anarfi Asamoa-Baah, Sous-Directeur général de l’OMS chargé du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme. « La pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les maisons est utile pour réduire rapidement le nombre de personnes contaminées par les moustiques porteurs de la maladie. Elle s’est révélée d’un aussi bon rapport coût/efficacité que les autres mesures de prévention du paludisme et le DDT ne présente pas de risque pour la santé s’il est correctement utilisé. »

L’OMS a activement encouragé le recours à cette méthode prophylactique jusqu’au début des années 80 quand, ayant de plus en plus de raisons de s’inquiéter des effets du DDT sur la santé et l’environnement, elle lui a préféré d’autres moyens de prévention. Depuis, de nombreux tests et travaux de recherche ont montré que la pulvérisation de DDT à l’intérieur des habitations dans le cadre de programmes bien gérés n’est dangereuse ni pour l’homme ni pour la faune et la flore.

« Nous devons fonder notre position sur la science et les données objectives », a expliqué le Dr Arata Kochi, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique à l’OMS. « L’une des meilleures armes que nous ayons contre le paludisme est la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les habitations. Sur la douzaine d’insecticides que l’OMS juge sans danger pour cet usage, le plus efficace est le DDT. »

La pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations consiste à appliquer des insecticides à effet longue durée sur les murs et le toit des maisons et des abris pour animaux domestiques afin de tuer les moustiques porteurs du paludisme qui se posent sur ces surfaces.

« Pulvériser des insecticides dans les habitations, c’est comme tendre une énorme moustiquaire au-dessus d’une maison pour la protéger 24 heures sur 24 », a expliqué le Sénateur américain Tom Coburn, l’un des principaux avocats de la lutte antipaludique dans le monde. « Grâce à la position claire de l’OMS sur la question, nous pouvons enfin couper court aux mythes et prétendues données scientifiques qui n’ont fait qu’aider les vrais ennemis, les moustiques, qui mettent en danger la vie de plus de 300 millions d’enfants chaque année. »

Ces dernières années, l’opinion a changé au sujet de l’utilisation d’insecticides dans les maisons pour prévenir le paludisme. Le Environmental Defense Fund, qui avait lancé la campagne contre le DDT dans les années 60, approuve maintenant son usage à l’intérieur des habitations contre le paludisme, tout comme le Sierra Club et le Endangered Wildlife Trust. Par ailleurs, il a été annoncé l’année dernière que la récente initiative du Président des Etats-Unis contre le paludisme financerait la pulvérisation de DDT sur les murs intérieurs des habitations pour prévenir la maladie.

« Je pense que les 15 programmes de pays au profit desquels le Président Bush s’est engagé à verser US $1,2 milliard pour réduire de moitié les décès par paludisme feront une large place à la pulvérisation d’insecticide rémanent dans les maisons, et principalement de DDT », a présagé l’Amiral R. Timothy Ziemer, qui coordonne l’initiative du Président. « Parce que c’est une méthode relativement bon marché et très efficace, l’AID des Etats-Unis finance la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations dans le cadre d’un programme complet et équilibré de prévention et de traitement. »

Les données de programme montrent qu’effectuée correctement et en temps voulu, la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les habitations réduit la transmission du paludisme dans une proportion pouvant atteindre 90 %. L’Inde est parvenue autrefois à diminuer considérablement la morbidité et la mortalité palustres en pulvérisant du DDT dans les habitations. L’Afrique du Sud a réinstauré la pulvérisation de DDT pour maintenir la morbidité et la mortalité aux taux les plus bas jamais enregistrés et progresser vers l’élimination de la maladie. Aujourd’hui 14 pays d’Afrique subsaharienne pratiquent la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les habitations et dix d’entre eux utilisent du DDT.

A la conférence de presse tenue aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la Santé a également lancé un appel à tous les responsables de programmes de lutte antipaludique dans le monde pour qu’ils énoncent clairement leur position sur la pulvérisation d’insecticides à effet longue durée comme le DDT à l’intérieur des habitations, en indiquant où et quand seront effectuées ces pulvérisations conformément aux directives de l’OMS, et quels moyens ils mettront en oeuvre pour accélérer et bien gérer cette intervention.

« Tous les organismes de développement et tous les pays d’endémie doivent agir conformément à la position de l’OMS sur la pulvérisation de DDT à l’intérieur des habitations », a estimé le Sénateur Coburn. « Les donateurs, en particulier, doivent aider l’OMS à fournir l’appui technique et programmatique nécessaire pour que cette intervention soit correctement appliquée. »

Au même titre que l’utilisation généralisée de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations compte désormais parmi les principales interventions que préconise l’OMS pour combattre et éliminer le paludisme dans le monde. L’OMS recommande depuis longtemps l’utilisation de moustiquaires, mais les moustiquaires à imprégnation durable mises au point dernièrement sont beaucoup plus efficaces. Contrairement aux anciennes, il n’est pas nécessaire de les tremper dans des seaux d’insecticide tous les six mois et elles restent efficaces pendant au moins cinq ans sans qu’il soit besoin de les retraiter.

Enfin, pour les malades, il existe maintenant des médicaments plus efficaces, de plus en plus largement distribués. Il s’agit des associations médicamenteuses comportant de l’artémisinine (ACT), qui remplacent les antipaludiques devenus inopérants dans de nombreuses régions à cause de la pharmacorésistance. Ces médicaments salvateurs sont de plus en plus largement distribués dans le monde. En janvier de cette année, l’OMS a pris des mesures strictes pour éviter la résistance aux antipaludiques en interdisant l’utilisation des monothérapies. La pharmacorésistance a notamment pour effet de compromettre le traitement préventif intermittent pendant la grossesse, stratégie cruciale pour protéger les femmes enceintes contre les conséquences de la maladie.

Depuis quelques années, grâce à la création du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, aux projets de la Banque mondiale visant à financer beaucoup plus généreusement la lutte antipaludique et à l’initiative du Président contre le paludisme, on dispose de beaucoup plus de fonds pour appliquer plus largement ces trois interventions stratégiques.

« Vu les sommes importantes enfin débloquées pour la lutte antipaludique, il est plus indispensable que jamais que l’OMS donne des orientations techniques avisées et assiste les programmes pour que ces ressources soient utilisées en temps voulu et à bon escient », a souligné le Dr Kochi.

On recense chaque année plus de 500 millions de cas de paludisme aigu, dont plus d’un million sont mortels. Au moins 86 % de ces décès ont lieu en Afrique subsaharienne. On estime que 3 000 enfants et nourrissons meurent chaque jour du paludisme dans le monde et que, chaque année, 10 000 femmes enceintes succombent à la maladie en Afrique. Le paludisme touche de façon disproportionnée les pauvres, près de 60 % des cas se produisant parmi les 20 % les plus pauvres de la population mondiale.

Voir de même:

Countries move toward more sustainable ways to roll back malaria

4th Meeting of the Conference of the Parties to the UNEP-Linked Stockholm Convention on Persistent Organic Pollutants

Joint news release UNEP/WHO/GEF

06 MAY 2009 | Geneva/Nairobi/Washington DC -The United Nations Environment Programme and the World Health Organization, in partnership with the Global Environment Facility, today announced a rejuvenated international effort to combat malaria with an incremental reduction of reliance on the synthetic pesticide DDT.

Ten projects, all part of the global programme “Demonstrating and Scaling-up of sustainable Alternatives to DDT in Vector Management”, involving some 40 countries in Africa, the Eastern Mediterranean and Central Asia are set to test non-chemical methods ranging from eliminating potential mosquito breeding sites and securing homes with mesh screens to deploying mosquito-repellent trees and fish that eat mosquito larvae.

The new projects follow a successful demonstration of alternatives to DDT in Mexico and Central America. Here pesticide-free techniques and management regimes have helped cut cases of malaria by over 60 per cent.

The success of the five year-long pilot indicates that sustainable alternatives to Dichloro-Diphenyl-Trichloroethane (DDT) are emerging as cost effective solutions that may be applicable regionally and globally.

The Integrated Vector Management (IVM) strategy promoted by the World Health Organization (WHO) provides the framework to include these measures in combinations of interventions adapted to differing local circumstances.

Allied to measures such as improved health care, monitoring and education the findings could set the stage for meeting the twin aims of achieving the health-related and environmental Millennium Development Goals (MDGs) by 2015 while also ridding the world of the persistent organic pollutant DDT.

The initiatives come amid long-standing and growing concern over the use of DDT and evidence that in many countries there is increasing mosquito resistance to the pesticide.

However concern over DDT is matched by concern over the global malaria burden in which close to 250 million cases a year result in over 880 000 deaths. Thus any reduction in the use of DDT or other residual pesticides must ensure the level of transmission interruption is, at least, maintained.

The international community has, under the Stockholm Convention, agreed to ban a ‘dirty dozen’ of persistent organic pollutants including, ultimately, DDT on environmental and health grounds.

However, a specific and limited exemption was made for the use of DDT to control malaria, because it was recognized that in some situations adequate alternative control methods were not currently available.

Aim of new projects

The aim of the new projects, a major initiative of the Global Environment Facility (GEF) with close to $40 million funding, being spearheaded by WHO and the UN Environment Programme (UNEP), is to achieve a 30% cut in the application of DDT world-wide by 2014 and its total phase-out by the early 2020s if not sooner, while staying on track to meet the malaria targets set by WHO.

Achim Steiner, UN Under-Secretary General and UNEP Executive Director which hosts the secretariat of the Stockholm Convention, said: “The new projects underline the determination of the international community to combat malaria while realizing a low, indeed zero DDT world”.

“Today we are calling time on a chemical rooted in the scientific knowledge and simplistic options of a previous age. In doing so, innovative solutions are being catalyzed and sustainable choices brought forward that meet the genuine health and environmental aspirations of a 21st century society”.

“WHO faces a double challenge – a commitment to the goal of drastically and sustainably reducing the burden of vector-borne diseases, in particular malaria, and at the same time a commitment to the goal of reducing reliance on DDT in disease vector control”, said Dr Margaret Chan, WHO Director-General.

WHO sees these projects in the context of IVM which it promotes as the approach of choice to control transmission of malaria and other vector-borne diseases. A key element of IVM is a solid evidence base for the effectiveness of combinations of locally-adapted, cost-effective and sustainable vector-control methods. This approach will facilitate sustainable transition away from DDT.

Monique Barbut, Chief Executive Officer and Chairperson of the Global Environment Facility, the financial arm of the convention and which is funding over half of the initiative, said: “The GEF is investing in these projects to take decisive action toward ridding the world of dangerous chemicals now and forever. The dividends from these investments will mean a cleaner, safer and sustainable environment for future generations. “

Notes to editors

Mexico and Central America

The first of the demonstration projects, which began in 2003, has been coordinated by the Pan American Health Organization of the WHO in partnership with a wide range of bodies including UNEP, the Commission for Environmental Cooperation, and the eight country governments.

It has involved the Ministries of Health of Belize, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Mexico, Nicaragua and Panama where DDT has been extensively sprayed in homes and onto water bodies in the region order to combat malaria since the 1950s.

More than 89 million people in Mesoamerica live in areas suitable for malaria transmission of which over a third or 23.5 million live in highly endemic areas.

The work, involving just under $7.5 million from the GEF and co-financing of $6.4 million, has pioneered the demonstration of “integrated vector control” methods working with 202 communities of 50 municipalities in the eight countries.

The work covered close to 160 000 people directly and an estimated 6.8 million indirectly representing nearly 30 per cent of those in the highly effected areas.

Various malaria control strategies and techniques have been tried and evaluated including:

community participation as central axis of the control activities;

equity prioritizing rural areas with mostly indigenous populations in critical poverty and the persistence of malaria;

a multidisciplinary and multisector approach involving the environment and education sectors to the health sector;

combination of control methods according to the Global Strategy in the Fight Against Malaria and the Roll Back Malaria initiative;

destruction of parasites in the population through rapid diagnosis and treatment including improved counseling and supervision of oral treatments;

reduction of contact between mosquitoes and people via treated bed nets; meshes on doors and windows; the planting of repellent trees like neem and oak and the liming of households;

control of breeding sites by clearing vegetation, draining stagnant water ditches and channels and the use of biological controls such as fish and bacteria in some countries;

elimination of places near houses that attract and shelter mosquitoes through, for example the cleaning and tidying up of areas in and around homes alongside the promotion of personal hygiene.

The project achieved a 63 per cent reduction in malaria cases and a more than 86 per cent cut in ones linked with Plasmodium falciparum, the malarial parasite that causes the most severe kind of infection and the highest death rate globally.

The researchers point to other benefits including the strengthening of national and local institutions involved in combating malaria; improved scientific data on DDT contamination of communities and action on stockpiles of persistent organic pollutants.

During the project more than 136 tons of DDT and over 64 tons of chemicals such as toxapehene and chlordane were pin pointed.

These stockpiles are scheduled for export and destruction under a separated but related UNEP treaty, the Basel Convention on transboundary hazardous waste.

Rolling out projects globally

Projects are now going global with several new, five year regional demonstrations of sustainable alternatives to DDT launched, or set to be launched over the next 12 months.

These include one involving Eritrea, Ethiopia and Madagascar and a larger regional initiative with Djibouti; Egypt; Jordan, Morocco; the Islamic Republic of Iran, Sudan, Syria and Yemen.

A third project is involving Georgia, Tajikistan and Kyrgyzstan in the Southern Caucasus and Central Asia with a possibility of including relevant neighboring countries as well.

Another is focusing on Kenya, Tanzania and Uganda in order to develop a Decision Taking Tool for governments allowing them to evaluate health, social and environmental impacts and policy tradeoffs.

Voir aussi:

If Malaria’s the Problem, DDT’s Not the Only Answer

May Berenbaum

June 5, 2005

In the pantheon of poisons, DDT occupies a special place. It’s the only pesticide celebrated with a Nobel Prize: Swiss chemist Paul Mueller won in 1948 for having discovered its insecticidal properties. But it’s also the only pesticide condemned in pop song lyrics — Joni Mitchell’s famous « Hey, farmer, farmer put away your DDT now » — for damaging the environment. Banned in the United States more than 30 years ago, it remains America’s best known toxic substance. Like some sort of rap star, it’s known just by its initials; it’s the Notorious B.I.G. of pesticides.

Now DDT is making headlines again. Many African governments are calling for access to the pesticide, believing that it’s their best hope against malaria, a disease that infects more than 300 million people worldwide a year and kills at least 3 million, a large proportion of them children. And this has raised a controversy of Solomonic dimensions, pitting environmentalists against advocates of DDT use.

The dispute between them centers on whether the potential benefits of reducing malaria transmission outweigh the potential risks to the environment. But the problem isn’t that simple. This is a dispute in which science should play a significant role, but what science tells us is that DDT is neither the ultimate pesticide nor the ultimate poison, and that the lessons of the past are being ignored in today’s discussion.

The United Nations Environment Program has identified DDT as a persistent organic pollutant that can cause environmental harm and lists it as one of a « dirty dozen » whose use is scheduled for worldwide reduction or elimination. But some DDT advocates have resorted to anti-environmentalist drama to make their case for its use in Africa.

They have accused environmental activists of having « blood on their hands » and causing more than 50 million « needless deaths » by enforcing DDT bans in developing nations. In his best-selling anti-environmentalist novel « State of Fear, » Michael Crichton writes that a ban on using DDT to control malaria « has killed more people than Hitler. »

Such statements make good copy, but in reality, chemicals do not wear white hats or black hats, and scientists know that there really are no miracles.

Malaria is caused by a protozoan parasite that is transmitted by mosquitoes. For decades, there have been two major strategies for curbing the disease: killing the infectious agent or killing the carrier. Reliably killing the protozoan has proved difficult; many older drugs are no longer effective, new ones are prohibitively expensive, and delivering and administering drugs to the susceptible populace presents daunting challenges. Killing the carrier has long been an attractive alternative.

And DDT has been an astonishingly effective killer of mosquitoes. DDT (which stands for the far less catchy dichloro-diphenyl-trichloroethane) is a synthetic chemical that didn’t exist anywhere on the planet until it was cooked up for no particular purpose in a German laboratory in 1874. Decades later, in 1939, Mueller pulled it off a shelf and tested it, along with many other synthetic substances, for its ability to kill insects. DDT distinguished itself both by its amazing efficacy and its breadth of action — by interfering with nervous system function, it proved deadly to almost anything with six, or even eight, legs. And it was dirt-cheap compared to other chemicals in use — it could be quickly and easily synthesized in chemical laboratories from inexpensive ingredients.

Soon after its insecticidal properties were discovered, DDT was put to use combating wartime insect-borne diseases that have bedeviled troops mobilized around the world for centuries. It stemmed a louse-borne typhus outbreak in Italy and prevented mosquito-borne diseases in the Pacific theater, including malaria and yellow fever, to almost miraculous effect. This military success emboldened governments around the world to use DDT after World War II to try to eradicate the longtime scourge of malaria. And in many parts of the world, malaria deaths dropped precipitously. This spectacular success is why many people are calling for the use of DDT specifically for malaria control.

At the same time that malaria deaths were dropping in some places, however, the environmental persistence of DDT was creating major problems for wildlife, as famously documented in Rachel Carson’s classic 1962 book, « Silent Spring. » By 1972, the pesticide had become the « poster poison » for fat-soluble chemicals that accumulate in food chains and cause extensive collateral damage to wildlife (including charismatic predators such as songbirds and raptors), and a total ban on the use of DDT went into effect in the United States.

What people aren’t remembering about the history of DDT is that, in many places, it failed to eradicate malaria not because of environmentalist restrictions on its use but because it simply stopped working. Insects have a phenomenal capacity to adapt to new poisons; anything that kills a large proportion of a population ends up changing the insects’ genetic composition so as to favor those few individuals that manage to survive due to random mutation. In the continued presence of the insecticide, susceptible populations can be rapidly replaced by resistant ones. Though widespread use of DDT didn’t begin until WWII, there were resistant houseflies in Europe by 1947, and by 1949, DDT-resistant mosquitoes were documented on two continents.

By 1972, when the U.S. DDT ban went into effect, 19 species of mosquitoes capable of transmitting malaria, including some in Africa, were resistant to DDT. Genes for DDT resistance can persist in populations for decades. Spraying DDT on the interior walls of houses — the form of chemical use advocated as the solution to Africa’s malaria problem — led to the evolution of resistance 40 years ago and will almost certainly lead to it again in many places unless resistance monitoring and management strategies are put into place.

In fact, pockets of resistance to DDT in some mosquito species in Africa are already well documented. There are strains of mosquitoes that can metabolize DDT into harmless byproducts and mosquitoes whose nervous systems are immune to DDT. There are even mosquitoes who avoid the toxic effects of DDT by resting between meals not on the interior walls of houses, where chemicals are sprayed, but on the exterior walls, where they don’t encounter the chemical at all.

The truth is that DDT is neither superhero nor supervillain — it’s just a tool. And if entomologists have learned anything in the last half-century of dealing with the million-plus species of insects in the world, it’s that there is no such thing as an all-purpose weapon when it comes to pest management. DDT may be useful in controlling malaria in some places in Africa, but it’s essential to determine whether target populations are resistant; if they are, then no amount of DDT will be effective.

We have new means of determining whether populations are genetically prone to developing resistance. DDT advocates are right to suggest that DDT may be useful as a precision instrument under some circumstances, particularly considering that environmental contamination in Africa may be less of a problem than it has been in temperate ecosystems because the chemical can degrade faster due to higher temperatures, moisture levels and microbial activity. Moreover, resistance evolves due to random mutation, so there are, by chance, malaria-carrying mosquito species in Africa that remain susceptible to DDT despite more than two decades of exposure to the chemical.

But environmentalists are right to worry that the unwise use of DDT, particularly where it is likely to be ineffective, may cause environmental harm without any benefit. In 2000, I chaired a National Research Council committee that published a study titled « The Future Role of Pesticides in U.S. Agriculture. » Our principal recommendation is germane to discussions of malaria management: « There is no justification for completely abandoning chemicals per se as components in the defensive toolbox used for managing pests. The committee recommends maintaining a diversity of tools for maximizing flexibility, precision, and stability of pest management. »

Overselling a chemical’s capacity to solve a problem can do irretrievable harm not only by raising false hopes but by delaying the use of more effective long-term methods. So let’s drop the hyperbole and overblown rhetoric — it’s not what Africa needs. What’s needed is a recognition of the problem’s complexity and a willingness to use every available weapon to fight disease in an informed and rational way.

May Berenbaum is head of the department of entomology at the University of Illinois, Urbana-Champaign.

Voir enfin:

Findings

Fateful Voice of a Generation Still Drowns Out Real Science

John Tierney

The NYT

June 5, 2007

For Rachel Carson admirers, it has not been a silent spring. They’ve been celebrating the centennial of her birthday with paeans to her saintliness. A new generation is reading her book in school — and mostly learning the wrong lesson from it.

If students are going to read “Silent Spring” in science classes, I wish it were paired with another work from that same year, 1962, titled “Chemicals and Pests.” It was a review of “Silent Spring” in the journal Science written by I. L. Baldwin, a professor of agricultural bacteriology at the University of Wisconsin.

He didn’t have Ms. Carson’s literary flair, but his science has held up much better. He didn’t make Ms. Carson’s fundamental mistake, which is evident in the opening sentence of her book:

“There was once a town in the heart of America where all life seemed to live in harmony with its surroundings,” she wrote, extolling the peace that had reigned “since the first settlers raised their houses.” Lately, though, a “strange blight” had cast an “evil spell” that killed the flora and fauna, sickened humans and “silenced the rebirth of new life.”

This “Fable for Tomorrow,” as she called it, set the tone for the hodgepodge of science and junk science in the rest of the book. Nature was good; traditional agriculture was all right; modern pesticides were an unprecedented evil. It was a Disneyfied version of Eden.

Ms. Carson used dubious statistics and anecdotes (like the improbable story of a woman who instantly developed cancer after spraying her basement with DDT) to warn of a cancer epidemic that never came to pass. She rightly noted threats to some birds, like eagles and other raptors, but she wildly imagined a mass “biocide.” She warned that one of the most common American birds, the robin, was “on the verge of extinction” — an especially odd claim given the large numbers of robins recorded in Audubon bird counts before her book.

Ms. Carson’s many defenders, ecologists as well as other scientists, often excuse her errors by pointing to the primitive state of environmental and cancer research in her day. They argue that she got the big picture right: without her passion and pioneering work, people wouldn’t have recognized the perils of pesticides. But those arguments are hard to square with Dr. Baldwin’s review.

Dr. Baldwin led a committee at the National Academy of Sciences studying the impact of pesticides on wildlife. (Yes, scientists were worrying about pesticide dangers long before “Silent Spring.”) In his review, he praised Ms. Carsons’s literary skills and her desire to protect nature. But, he wrote, “Mankind has been engaged in the process of upsetting the balance of nature since the dawn of civilization.”

While Ms. Carson imagined life in harmony before DDT, Dr. Baldwin saw that civilization depended on farmers and doctors fighting “an unrelenting war” against insects, parasites and disease. He complained that “Silent Spring” was not a scientific balancing of costs and benefits but rather a “prosecuting attorney’s impassioned plea for action.”

Ms. Carson presented DDT as a dangerous human carcinogen, but Dr. Baldwin said the question was open and noted that most scientists “feel that the danger of damage is slight.” He acknowledged that pesticides were sometimes badly misused, but he also quoted an adage: “There are no harmless chemicals, only harmless use of chemicals.”

Ms. Carson, though, considered new chemicals to be inherently different. “For the first time in the history of the world,” she wrote, “every human being is now subjected to contact with dangerous chemicals, from the moment of conception until death.”

She briefly acknowledged that nature manufactured its own carcinogens, but she said they were “few in number and they belong to that ancient array of forces to which life has been accustomed from the beginning.” The new pesticides, by contrast, were “elixirs of death,” dangerous even in tiny quantities because humans had evolved “no protection” against them and there was “no ‘safe’ dose.”

She cited scary figures showing a recent rise in deaths from cancer, but she didn’t consider one of the chief causes: fewer people were dying at young ages from other diseases (including the malaria that persisted in the American South until DDT). When that longevity factor as well as the impact of smoking are removed, the cancer death rate was falling in the decade before “Silent Spring,” and it kept falling in the rest of the century.

Why weren’t all of the new poisons killing people? An important clue emerged in the 1980s when the biochemist Bruce Ames tested thousands of chemicals and found that natural compounds were as likely to be carcinogenic as synthetic ones. Dr. Ames found that 99.99 percent of the carcinogens in our diet were natural, which doesn’t mean that we are being poisoned by the natural pesticides in spinach and lettuce. We ingest most carcinogens, natural or synthetic, in such small quantities that they don’t hurt us. Dosage matters, not whether a chemical is natural, just as Dr. Baldwin realized.

But scientists like him were no match for Ms. Carson’s rhetoric. DDT became taboo even though there wasn’t evidence that it was carcinogenic (and subsequent studies repeatedly failed to prove harm to humans).

It’s often asserted that the severe restrictions on DDT and other pesticides were justified in rich countries like America simply to protect wildlife. But even that is debatable (see http://www.tierneylab.com), and in any case, the chemophobia inspired by Ms. Carson’s book has been harmful in various ways. The obsession with eliminating minute risks from synthetic chemicals has wasted vast sums of money: environmental experts complain that the billions spent cleaning up Superfund sites would be better spent on more serious dangers.

The human costs have been horrific in the poor countries where malaria returned after DDT spraying was abandoned. Malariologists have made a little headway recently in restoring this weapon against the disease, but they’ve had to fight against Ms. Carson’s disciples who still divide the world into good and bad chemicals, with DDT in their fearsome “dirty dozen.”

Ms. Carson didn’t urge an outright ban on DDT, but she tried to downplay its effectiveness against malaria and refused to acknowledge what it had accomplished. As Dr. Baldwin wrote, “No estimates are made of the countless lives that have been saved because of the destruction of insect vectors of disease.” He predicted correctly that people in poor countries would suffer from hunger and disease if they were denied the pesticides that had enabled wealthy nations to increase food production and eliminate scourges.

But Dr. Baldwin did make one mistake. After expressing the hope “that someone with Rachel Carson’s ability will write a companion volume dramatizing the improvements in human health and welfare derived from the use of pesticides,” he predicted that “such a story would be far more dramatic than the one told by Miss Carson in ‘Silent Spring.’ ”

That never happened, and I can’t imagine any writer turning such good news into a story more dramatic than Ms. Carson’s apocalypse in Eden. A best-seller titled “Happy Spring”? I don’t think so.


Exposition Jean-Léon Gérome: Devinez qui a vendu Thanksgiving aux Américains? (Another reason to hate Thanksgiving: The French made me do it)

17 décembre, 2010
The first Thanksgiving (JLG Ferris)The Arrival of William Penn (JLG Ferris)The Witch hunt (JLG Ferris) Color contrabandors (JLG Ferris)Angelina Jolie déteste cette fête et ne veut pas prendre part à cette réécriture de l’histoire, comme tant d’autres Américains. Célébrer ce que les colons blancs ont fait aux Amérindiens, la domination d’une culture sur l’autre, ce n’est tout simplement pas son style. Elle ne veut certainement pas apprendre à ses enfants pluriculturels qu’il faut fêter l’histoire d’une tuerie. Angelina est tellement dégoûtée par Thanksgiving qu’elle a tout fait pour que sa famille ne soit pas en Amérique ce jeudi. Si Brad veut une dinde, il faudra qu’il la fasse lui-même. Pour Angie, ce sera encore une journée où l’Amérique essaie de réécrire l’histoire. Proche de la famille Jolie-Pitt
L’axiome  [de Gérôme], c’était que je peindrais le mieux ce qui m’était le plus familier. Jean Léon Gérôme Ferris
Devenant le protégé de Jean-Léon Gerôme, de dix ans son aîné, qui l’introduit dans tous les milieux parisiens, il s’embarque avec lui sur les traces des Saint-Simoniens en Egypte. Ainsi, Bartholdi remonte le Nil jusqu’aux cataractes puis prolonge son voyage jusqu’à Aden et en Abyssinie. Au Salon de 1857, le sculpteur expose « La lyre du Berbère », la première oeuvre inspirée par le voyage en Orient… C’est alors qu’il songe, pour le percement de l’isthme de Suez par un autre disciple des Saint-Simoniens, de Lesseps, à dresser à l’entrée du futur canal « une belle femme drapée à l’antique, coiffée à la mode des sphynx égyptiens », et supportant, au bout de son bras droit, la lanterne d’un phare. La préfiguration de la statue de la Liberté éclairant le Monde. Lucien Maillard
Gaget faisait payer aux Parisiens la visite des ateliers de la rue de Chazelles au bénéfice du Comité constitué pour la construction de la statue. Plus tard, il produira des copies miniatures, passées dans le langage ordinaire comme des « gadgets ». Lucien Maillard

Après la Liberté et les gadgets,… Thanksgiving ?

A l’heure où l’on apprend que l’une des plus grandes et plus courageuses stars de Hollywood boycotte non seulement Thanksgiving mais son propre pays en cette journée annuelle de célébration sanglante …

Pendant que d’autre stars du même Hollywood font partager à leurs compatriotes au  Smithonian de Washington leur propre passion pour le plus notoire révisionniste de l’histoire américaine

Ne voilà-t-il pas que l’on découvre, à l’occasion de l’exposition Jean-Léon Gérôme au Musée d’Orsay, une autre raison de détester Thanksgiving !

En effet, non content d’avoir imposé à son propre pays la plus ringarde des peintures, il se trouve que notre peintre pompier national a de surcroit formé l’élite artistique d’une bonne partie du reste du monde.

Qu’il a même inspiré son nom au père d’un des plus notoires négationnistes de l’histoire de son pays, le tristement fameux (ça ne s’invente pas) Jean-Léon Gérome Ferris.

Et que, sans compter les moyens de diffusion de masse par photogravures et statuettes de ses amis Goupil et Bartholdi (celui qui leur avait déjà refourgué la Liberté et ses gadgets!), il a même inspiré au malheureux son incroyable campagne de réécriture de l‘histoire de son pays.

78 toiles, s’il vous plait, de Christophe Colomb et Pocahontas à la Première Guerre mondiale !

Dont justement la célébrissime et scandaleuse illustration du tristement fameux repas de Thanksgiving.

Où des colons à costume, chapeau et chaussures à boucle noirs qui n’existaient même pas  l’époque contraignent leurs pauvres victimes amérindiennes (affublées de surcroit, comme ceux de l’arrivée de William Penn, de plumes apaches et réduits à quelques uns alors qu’ils étaient deux fois plus nombreux que les colons) à s’asseoir par terre

Painter of American history

JLG. Ferris

Roy Nuhn

The Antique Shoppe Newspaper

April 2007

In the years between 1900 and 1930, painter J. L. G. Ferris created a series of 78 historical scenes portraying America’s past from the discovery of New World by Christopher Columbus in 1492 to the beginning of World War I. Today his artwork is the largest intact series of American historical paintings by a single artist.

What Ferris did was to devote the last 30 years of his life to recapturing the greatness of the American experience on canvas. Even more remarkable, his paintings were not for sale. He did not want the visual effectiveness of his paintings to be lost selling them off one at a time. They were to be viewed as a whole.

Ferris was possessed by a vision. The first half of his life – years of growing up, of art training, and years of studying worldwide and at home in Philadelphia the great, paintings of the past and present – came during the last four decades of the 19th century. This was an age when historians, artists and craftsmen of all disciplines – from architects and writers to furniture designers and educators – as well as the general public looked backward to the greatness of our nation’s past.

Rightly so have these years been called the « American Renaissance, » a time when all things American began to be considered important and our past glorious. No longer would European ideas, models and movements influence us too greatly. Beginning with the Centennial Celebration in Philadelphia in 1876, it lasted until the decade or so before World War I, when technology, invention and the marvels of the machine became dominate.

Ferris was one small part of this cultural movement. His paintings, so painstakingly researched down to the tiniest detail, added a humanistic touch to the grandeur of the American past as it found its way onto his canvases. Like many of his contemporaries, he made the great and small figures of America’s great pageant more lifelike, more human, and less the gods and mythological heroes they were once thought to be.

Jean Leon Gerome Ferris was born in Philadelphia on August 18, 1863. His father was a well-known portrait painter and etcher, his mother the sister of three popular artists. Small wonder that he received much encouragement to become an artist. His father was his first teacher.

In 1879 young Jean was enrolled in the prestigious Pennsylvania Academy of the Fine Arts, located in Philadelphia. There he received the best possible art education in America and had the finest teachers in the country. He made several trips abroad, with his father, to study the paintings of Europe’s best.

In 1883 he was sent to the Academie Julian, in Paris, to study with the world’s most respected teachers of the time. In France he was drawn into the current anti-establishment art movement of the day, which advocated the combination of the traditional academic approach with a free style – eventually to be called « impressionism. » A close study of Ferris’s paintings shows traces of this influence.

Always drawn to American history, the young man gravitated in that direction when it came time to earn his own way in the world. However, it was the financial, as well as the moral, support of his family that enabled him to keep painting.

His first major painting, « General Howe’s Levee, 1777, » was sold in 1898, when he was 35 years old. Upon reflection, he regretted selling it because his dream of putting together the American epic in a series of paintings would not work if they were sold off individually.

And so, with the arrival of the new century, J. L. G. Ferris buckled down to his life’s major work, the creation of that saga in oils. He vowed never again to sell these paintings.

To support himself he did book and magazine illustrations, miscellaneous historical paintings not part of his special series, and – of great interest to us – sold reproduction rights to the many pictures he was creating for his epic saga.

Sometime around 1908 several publishers began marketing prints of Ferris’s artwork. These came in all sizes, with some intended for framing. Schools, banks and government offices often adorned their walls with them. Many others were sold as souvenirs to be saved in scrap albums as special treasures. The prints were on sale at five-and-dimes, stationery shops and other stores coast to coast, though a few quality editions of art gallery beauty were found in upscale emporiums.

During the first half of the 20th century, a couple of publishers produced calendars with illustrations from the paintings. Brown and Bigelow’s rank among the best of these.

The Ferris collection also inspired many postcards. A few will be found on the older pre-1920 cards. The most reproduced of all his scenes is « Lincoln and the Contrabands,  » showing the president with a group of former slaves in the occupied South at war’s end.

International Art Co. used it for one of its unnumbered postcards. The company also printed many of the pictures as blank back trade cards for use by advertisers, such as H. D. Foss & Co. Quality Premier Chocolate (Boston) and Dr. D. Jayne’s Family Medicines Co. (maker of patent medicines), which added its own promotional messages.

The paintings showed up on other postcards, as well, mostly by small publishers, including linen-style printings of the. 1930s. In the post-World War II era, quite a few were published as sharp quality chromes, especially for sale during the American Bicentennial celebration of 1976.

In modern times the most effective use of the great historical paintings of Ferris on the postcard form was a group by a Michigan firm, Paw Paw Plastics Laminating Service, Inc. In 1972 they printed and sold an 18-card large size, chrome-like set. As late as 1984 these were still being sold at retail for $5 a set.

After being exhibited for many years at the Smithsonian and elsewhere, the paintings eventually returned to the Ferris family who licensed the use of their images to a number of firms. J. L. G. Ferris had died in 1930.

Today, prints in good condition, depending upon age, sell for $10 to $25. Framed large prints carry larger price tags. Old postcards are in the $8 to $10 range; the various trade cards go for a bit more. Postcards of the 1930s to 1980s usually sell for $3 to $5.

There has been a growing demand for such prints and postcards over the last couple of decades and availability is not as good as it used to be. Ferris’s interpretation of America’s past is greatly loved today, especially in these highly patriotic times.

Voir aussi:

Angelina Jolie refuse de fêter Thanksgiving

Jennifer Delattre

L’Express

25/11/2010

Pour la compagne de Brad Pitt, il s’agirait de la « célébration d’un meurtre ».

Alors que la majorité des foyers américains s’apprête à célébrer Thanksgiving autour d’un festin, Angelina Jolie aurait décidé de ne pas se conformer à la tradition. Un proche de la famille Jolie-Pitt rapporte au site PopEater que « célébrer ce que les colonisateurs blancs ont fait aux Indiens américains, la domination d’une culture sur une autre, ce n’est juste pas le style [d’Angelina]. Elle ne veut pas apprendre à ses enfants à fêter ce qu’elle considère comme un meurtre. »

Ce n’est pas le point de vue de Brad Pitt qui, lors de la première du film Megamind, avait déclaré à Extra « Je ne suis pas vraiment sûr de l’endroit où l’on fêtera Thanksgiving, mais ce sera certainement à l’étranger » -car Angelina est actuellement en Europe de l’Est pour le tournage de son dernier film- avant d’ajouter « On trouvera bien une dinde quelque part. »

Voir enfin:

The Pilgrims seen through native American eyes

Charles C. Mann

Delancey place

11/24/10

‘In today’s encore excerpt – Thanksgiving. The meeting in 1621 between « Squanto, » other Native Americans and the Pilgrims, as seen from the perspective of those Native Americans:

« On March 22, 1621, an official Native American delegation walked through what is now southern New England to negotiate with a group of foreigners who had taken over a recently deserted Indian settlement. At the head of the party was an uneasy triumvirate: Massasoit, the sachem (political-military leader) of the Wampanoag confederation, a loose coalition of several dozen villages that controlled most of southeastern Massachusetts; Samoset, sachem of an allied group to the north; and Tisquantum [‘Squanto’], a distrusted captive whom Massasoit had reluctantly brought along as an interpreter.

« Massasoit was an adroit politician but the dilemma he faced would have tested Machiavelli. About five years before, most of his subjects had fallen before a terrible calamity. Whole villages had been depopulated [from disease] – indeed the foreigners ahead now occupied one of the empty sites. It was all he could do to hold together the remnants of his people. Adding to his problems, the disaster had not touched the Wampanoag’s longtime enemies – the Narragansett alliance to the west. Soon Massasoit feared they would take advantage of the Wampanoag’s weakness and overrun them.

« Desperate threats require desperate countermeasures. In a gamble Massasoit intended to abandon, even reverse, a long-standing policy. Europeans had been visiting New England for at least a century. Shorter than the natives, oddly dressed, and often unbearably dirty, the pallid foreigners had peculiar blue eyes that peeped out of the masks of bristly animal-like hair that encased their faces. They were irritatingly garrulous, prone to fits of chicanery, and often surprisingly incompetent at what seemed to Indians like basic tasks. But they also made useful and beautiful goods – copper kettles, glittering colored glass, and steel knives and hatchets – unlike anything else in New England. Moreover they would exchange these valuable items for cheap furs of the sort used by Indians as blankets. It was like happening upon a dingy kiosk that would swap fancy electronic goods for customers’ used socks. …

« Over time the Wampanoag, like other native societies in coastal New England, had learned how to manage the European presence. They encouraged the exchange of goods, but would only allow their visitors to stay ashore for brief, carefully controlled excursions. … Now Massasoit was visiting a group of British with the intent of changing the rules. He would permit the newcomers to stay for an unlimited time – provided they formally allied with the Wampanoag against the Narragansett.

« Tisquantum the interpreter had shown up alone at Massasoit’s home a year and a half before. He spoke fluent English because he had lived for several years in Britain. But Massasoit didn’t trust him. … And he refused to use him to negotiate with the colonists until he had another independent means of communication with them. … Their meeting was a critical moment in American history. The foreigners called their colony Plymouth; they themselves were the famous Pilgrims. As schoolchildren learn, at that meeting the Pilgrims obtained the services of Tisquantum – usually known as ‘Squanto.’

« [In our high school texts the story is told that] ‘a friendly Indian named Squanto helped the colonists. He showed them how to plant corn and how to live on the edge of the wilderness. A soldier Captain Miles Standish taught the Pilgrims how to defend themselves against unfriendly Indians.’ The story isn’t wrong so far as it goes. But the impression it gives is entirely misleading. »


Flottille de Gaza: Ce chœur unanime de condamnations où pas une voix ne manque (One of the world’s oldest stories is playing out before our eyes)

25 juin, 2010
GoebbelsMessieurs, charbonnier est maître chez soi. Nous sommes un Etat souverain. Tout ce qu’a dit cet individu ne nous regarde pas. Nous faisons ce que nous voulons de nos socialistes, de nos pacifistes et de nos juifs, et nous n’avons à subir de contrôle ni de l’humanité ni de la SDN. Goebbels (Genève, 1933)
Qui pensait voilà vingt ans que Pretoria serait un jour en mesure de recevoir le gotha du foot mondial? Le pays, synonyme d’apartheid, était alors au ban des nations. Aujourd’hui, l’isolement d’Israël dans le monde grandit. Même si le pays reste une démocratie pour ses citoyens, il continue d’occuper des territoires, il contrôle les allées et venues en Cisjordanie et impose toujours un blocus à Gaza, en arraisonnant avec violence les navires qui s’en approchent. (…) Pourtant, comme le montre notre dossier, la fracture est de plus en plus évidente entre une grande partie de la diaspora juive et l’Etat hébreu. Si cette fracture s’élargit, Israël n’aura plus guère de cartes à jouer. Il lui restera à trouver son De Klerk, et à en finir avec un régime d’exception qui ne lui apporte que des déboires. Deux Etats ? Un Etat binational? Peu importe aujourd’hui. Parions seulement que les deux Etats pourront coorganiser le Mondial de 2030. Courrier international (17.06.10)
A Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007, un renversement s’est produit : ces gamins que la police s’amuse de mois en mois à shooter ont à leur tour pris leurs aises avec ceux qui les ciblent. Ces quartiers submergés par une occupation devenue militaire ont, un temps, submergé les forces d’occupation. Les roueurs ont été roués. L’espace de deux soirées, la peur a changé de camp. Collectif de soutien aux tireurs de policiers de Villiers-le-Bel
Le vent a tourné, ça valait le coup d’être endurant. Pour la première fois, les plus hauts magistrats de ce pays viennent de reconnaître qu’il n’est pas diffamatoire de dire que « les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces l’ordre sans que les assassins ne soient inquiétés ». Dominique Tricaud (avocat du rappeur incriminé)
Il est de bon ton de s’offusquer du blocus de Gaza par Israël  mais de mauvais goût de s’offusquer de l’attaque récente du Hamas d’une  école au seul prétexte qu’elle s’adressait aux  filles, ou des tirs de milliers de roquettes du Hamas aussi, prenant les villes israéliennes pour cibles. De mauvais goût aussi de critiquer l’armement et le financement de ce même Hamas par l’Iran. Le monde demande des investigations indépendantes à l’égard d’Israël, mais  ignore le Hamas. Cet état de fait s’explique par le manque d’autorité morale dont le monde souffre depuis des décennies. Aujourd’hui, en Occident, nous faisons montre d’une certaine réticence à engager toute notre force militaire dans une guerre pour ne pas être taxés d’impérialisme; nous hésitons même à garantir nos frontières pour ne pas paraitre racistes. Ne voulant non plus paraitre xénophobes, nous faisons, également, preuve d’une  réticence certaine à demander l’assimilation des nouveaux immigrés. Nous souffrons de voir l’enseignement donner la primauté à la civilisation occidentale de crainte d’apparaitre suprématistes. L’Occident, de nos jours, vit sur la défensive, et, pour assurer la légitimité de ses sociétés actuelles, doit constamment se dissocier des péchés de son passé, tels le racisme, l’exploitation économique, l’impérialisme, etc. Shelby Steele
Quel est ce chœur unanime de condamnations contre Israël ? Quel est cet ensemble vertueux qui désigne Israël comme le coupable absolu ? Quel est ce tribunal planétaire où pas une voix ne manque pour désigner à la vindicte publique le responsable de tous les maux de la planète ? (…) Il y a de la folie dans le moment présent. Il y a une haine qui ne dit rien de bon, qui n’annonce rien de bon et je crains que la tolérance planétaire à l’égard de ce président iranien ne ressemble à l’accueil tolérant qui fut fait à Goebbels à la SDN en 1938.  Combien de temps reste-t-il avant d’autres horreurs programmées? Marceline Loridan-Ivens

Epidémie d’annulations de concerts, pancartes de manifestations contre l’Etat-pirate, appel explicite de la plus ancienne journaliste accréditée à la Maison Blanche au renvoi des Juifs en Pologne, énième série de résolutions onusiennes condamnant Israël auxquelles s’associe ou  s’oppose mollement l’Administration Obama …

Retour, avec la cinéaste française Marceline Loridan-Ivens et le politologue noir-américain Shelby Steele, sur ces temps étranges et inquiétants d’inversion des valeurs où, à Gaza comme à Villiers-le-Bel, c’est les autorités légitimes qui ont toujours tort.

D’où ‘ce chœur unanime de condamnations’, ‘où pas une voix ne manque pour désigner à la vindicte publique le responsable de tous les maux de la planète’.

Et cet abandon, par un Occident désarmé par ses propres dérives, qui en rappelle étrangement un autre il y a 70 ans devant Goebbels à la SDN …

Point de vue

Mais, que vous a fait Israël?

Marceline Loridan-Ivens, cinéaste

Le Monde

10.06.10

Quel est ce chœur unanime de condamnations contre Israël ? Quel est cet ensemble vertueux qui désigne Israël comme le coupable absolu ? Quel est ce tribunal planétaire où pas une voix ne manque pour désigner à la vindicte publique le responsable de tous les maux de la planète ? Il y aura même eu un imam iranien pour affirmer que l’éruption du volcan islandais était la punition divine des crimes du « régime sioniste ».

De Dominique de Villepin à Noam Chomsky, tous se sont précipités dans les télévisions pour dénoncer « l’incroyable crime » commis par les soldats israéliens ! Trop de bonne conscience tue la conscience. Trop, c’est trop ! Qu’est-ce que nous dit cet accablement ?

Qu’il y aurait un Etat de trop sur la terre ? Non, bien sûr ! Israël possède de nombreux amis qui lui écrivent des lettres d’amour, pleines de conseils en forme d’épitaphe. Il y a même une célèbre journaliste américaine qui conseille aux Israéliens de rentrer « chez eux ». Chez eux ? En Pologne, en Russie, en Algérie ! Pourquoi pas à Auschwitz tant qu’on y est ! Tant de sollicitude touche la vieille dame juive que je suis. Je crois que tous les Israéliens doivent être contents du constant intérêt qu’on leur témoigne et tous les juifs sont heureux de cette empathie sans cesse renouvelée. J’avais fait, il y a longtemps, le choix de la pensée universelle. Bien que je fus déportée parce que j’étais juive, j’ai cru que l’humanité, l’idée d’humanité, était plus forte que la charge des origines. Près de soixante ans plus tard, dois-je faire le constat de mon erreur ? Dois-je constater qu’être juif vous désigne jusqu’à la fin des temps comme le coupable des nations ? De quoi Israël est-il coupable ?

IL Y A UNE HAINE QUI N’ANNONCE RIEN DE BON

Même si la politique de son gouvernement est critiquable, est-ce de cela dont il est question ? Est-ce vraiment parce que cette opération militaire a été conduite et s’est mal terminée qu’il faille désigner ces soldats israéliens comme d’horribles assassins face à des agneaux turcs ? Pourquoi une telle mauvaise foi planétaire ? Pourquoi cette bonne conscience européenne à vil prix ? Pourquoi est-ce de l’Europe que fusent les critiques les plus virulentes ? De quelle morale cette Europe peut-elle se prévaloir ? Quelles bonnes grâces veut-elle s’attirer ? Et puis il y a la gauche, ma famille politique ! Qu’est-ce que c’est que ces alliances, ces rencontres avec ces fanatiques qui crient « Israël partira, Palestine vaincra ! » Quels sont ces supposés trotskystes qui font cortège commun avec ceux qui font la prière en pleine rue ! La gauche a-t-elle perdu la tête ? Croit-elle vraiment que le Hamas va émanciper les classes laborieuses comme on disait jadis ? Croit-elle vraiment que l’islamisme défend la liberté de conscience ? Croit-elle vraiment que dans les banlieues la haine des juifs fait partie des contradictions admissibles au sein du peuple ?

Il y a de la folie dans le moment présent. Il y a une haine qui ne dit rien de bon, qui n’annonce rien de bon et je crains que la tolérance planétaire à l’égard de ce président iranien ne ressemble à l’accueil tolérant qui fut fait à Goebbels à la SDN en 1938.  Combien de temps reste-t-il avant d’autres horreurs programmées ? Des larmes compassionnelles, les juifs et les Israéliens n’ont que faire. C’est pour cette raison qu’ils ont créé Israël. Est-ce cela qui vous dérange tant ?

Numéro tatoué sur le bras gauche à Auschwitz-Birkenau : 78750

Voir aussi:

Israël et la capitulation de l’Occident

Une des histoires les plus vieilles du monde est en train de se répéter sous nos yeux: celle des Juifs, boucs-émissaires.

Shelby Steele

The WSJ

21.06.10

traduction Gad (merci Aschkel)

La voix la plus intéressante émergeant de toutes les retombées de  l’incident de la flottille de Gaza est bien celle de l’ « opinion publique mondiale », bien connue pour  son ingérence et son ton moralisateur. Telle une caricature de maîtresse d’école, elle se dresse a chaque tournant, offensée, condamnant Israël, l’accusant d’avoir heurté une fois de plus la fibre morale du monde. Cette voix a pris du volume et a acquis une légitimité politique internationale, si bien que même la plus inepte des condamnations d’Israël lui donne une occasion de se féliciter.

Les groupes de Rock tels Elvis Costello, les Pixies, les Gorillaz et les Klaxons,  ayant annulé leur tournée d’été en Israël sont désormais entrés au Pantheon de la moralité. Un manifestant, lors d’une manifestation anti-israélienne à New York, brandissait une pancarte représentant le symbole de la tête de mort barrant le nom d’Israël. Helen Thomas,  correspondante à la Maison Blanche, qui a clamé bien haut que les Juifs devaient retourner d’où ils venaient,  en Pologne .. etc  représente  l’incarnation la plus ignoble de cette voix de l’ opinion publique. Et bien entendu, les Nations-Unies et autres organisations internationales, toujours complaisantes, n’hésitent pas à ratifier toutes  les résolutions condamnant Israël. L’administration Obama, soit approuve, soit s’y oppose mais alors, avec un clin d’oeil accompagnateur.

Cette ségrégation d’Israël, plus ou moins totale, hors de la communauté des nations  est un fait nouveau. Les remarques  d’Helen Thomas toutes aussi abjectes et méprisables qu’elles soient ne sont-elles pas la preuve de cet effort final qui après avoir isolé Israël, veut maintenant lui retirer sa légitimité en tant que nation? Du déjà-vu a vous glacer le sang. Une des histoires les plus vieilles du monde est en train de se répéter sous nos yeux. Les Juifs redeviennent les boucs émissaires.

L' »opinion mondiale » oeuvre avec force pour identifier Israël à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid ( de la ségrégation, précisément), un pays ignorant toute loi morale. Elle projette ainsi une image d’Israël en tout point comparable à celle de l’Afrique du Sud, pays « intouchable », du temps de l’Apartheid et de la suprématie blanche.

L’opinion mondiale semble avoir devié de l’optique du 20e siècle qui voyait dans le conflit israélo-palestinien une dispute territoriale compliquée et pénible pour ces deux peuples. De nos jours, le monde fait pencher la balance en faveur des Palestiniens en diabolisant un Israël plus puissant, plus « blanc » que ses voisins, un Israël devenu essentiellement  un pouvoir colonial occupant un peuple assiègé du tiers-monde.

C’est d’après ce modèle moral que certains milieux jugent désormais Israël, que ce soit au sens figuré ou au sens propre. Aucune importance accordée au fait qu’une grande partie du monde n’est pas dupe. Ce modèle est devenu le modèle par excellence, modèle des bonnes manières et du politiquement correct. Il est de bon ton de s’offusquer du blocus de Gaza par Israël  mais de mauvais goût de s’offusquer de l’attaque récente du Hamas d’une  école au seul prétexte qu’elle s’adressait aux  filles, ou des tirs de milliers de roquettes du Hamas aussi, prenant les villes israéliennes pour cibles. De mauvais goût aussi de critiquer l’armement et le financement de ce même Hamas par l’Iran. Le monde demande des investigations indépendantes à l’égard d’Israël, mais  ignore le Hamas.

Cet état de fait s’explique par le manque d’autorité morale dont le monde souffre depuis des décennies. Aujourd’hui, en Occident, nous faisons montre d’une certaine réticence à engager toute notre force militaire dans une guerre pour ne pas être taxés d’impérialisme; nous hésitons même à garantir nos frontières pour ne pas paraitre racistes. Ne voulant non plus paraitre xenophobes, nous faisons, également, preuve d’une  réticence certaine à demander l’assimilation des nouveaux immigrés. Nous souffrons de voir l’enseignement donner la primauté à la civilisation occidentale : foin de la suprématie! L’Occident, de nos jours, vit sur la défensive, et, pour assurer la légitimité de ses sociétés actuelles, doit constamment se dissocier des péchés de son passé, tels le racisme, l’exploitation économique, l’impérialisme, etc.

Lorsque les commandos israéliens ont abordé le dernier bateau de la flotille, ils ont ete accueillis a coups de barres de fer. En tuant neuf de leurs agresseurs, ils se sont immédiatement retrouvés dans un monde privé de l’autorité morale qui leur aurait accordé le bénéfice du doute. Selon toute apparence, il s’agissait d’une unité de combat de choc envoyée par une nation du « premier monde », à majorité blanche, prête a abattre des militants pour la paix afin d’appliquer le blocus de Gaza et de ses habitants de couleur et appauvris.

Quelle ironie que de voir les israéliens comparés à la Gestapo et ce aux yeux d’un monde occidental moralement compromis!

Cette comparaison ne correspond, bien sûr, nullement à  la réalité de l’Israël moderne. Israël ne cherche ni à occuper ni à opprimer et certainement pas à annihiler les Palestiniens afin d’instaurer une quelconque  suprématie atavique juive. Evoquer le passe honteux de l’Occident suffit à lui faire geler tout soutien a Israël.

Son manque d’assurance empêche l’Ouest de voir les Palestiniens tels qu’ils sont. Il vaut mieux les voir  tels qu’ils se présentent eux-mêmes, en peuple « occupé »,  privé de sa  souverainete et de sa simple dignite humaine par un pays de colonisateurs occidentaux et blancs. L’Occident ne voulant pas être qualifié de raciste, ne s’oppose donc pas à cette caractérisation « neo-coloniale ».

Notre problème d’Occidentaux se comprend et s’explique : nous ne voulons pas perdre plus de notre autorité morale. Nous choisissons donc de fermer les yeux et d’ignorer par exemple que ce ne sont pas des doléances légitimes qui poussent  les Palestiniens ainsi qu’une grande partie du Moyen-Orient au militantisme et à la guerre, mais bien un sentiment d’infériorité intériorisé. Que les Palestiniens se trouvent comblés en devenant une nation souveraine et indépendante avec une capacité nucleaire en sus, cela ne les empêchera pas de se réveiller le lendemain toujours hantés par ce sentiment d’infériorité. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, l’homme s’évalue maintenant par sa modernité.

Et la haine est le moyen le plus rapide pour  masquer son infériorité. Le problème, « ce sont les autres et pas moi! ». Victimisé, j’atteinds une grandeur morale et humaine. Peu importe l’intelligence et la modernité de mon ennemi, à moi l’innocence qui caractérise les victimes. Même pauvre, mes mains restent propres. Mon sous- développement et ma pauvreté témoignent de ma supériorité morale, alors que la richesse de mon ennemi est la preuve de son inhumanité.

En d’autres termes, ma haine remplace mon amour-propre. Ce qui expliquerait pourquoi Yasser Arafat a rejeté l’offre de Ehud Barak à « Camp David » en l’an 2000, alors que ce dernier offrait au premier plus de 90% des exigences  des Palestiniens. Accepter cette offre aurait signifié renoncer à la haine, à sa consolation et à sa signification profonde. Les Palestiniens et par extension, la plupart des Musulmans auraient été forcés de  se confronter à leur infériorité à l’égard de la modernité. Arafat savait fort bien que, sans la haine vis a vis des Juifs, le monde musulman perdrait la cohésion qui le définit. Il a donc dit non à la paix.

Que ce soit dans les banlieues de Paris et de Londres, à Kabul ou Karachi, dans le quartier du Queens à New York ou bien à Gaza, cette réticence du monde musulman, cette attirance pour les consolations qu’offre la haine, représentent l’un des plus graves problèmes du monde actuel. Si le monde musulman ne peut se définir par sa ferveur pour la haine, celle-ci est bien devenue sa drogue, son opium qui le console de sa concurrence avec l’Occident, un Occident qui, impuissant face à ce problème difficile à résoudre, ne trouve rien de mieux que de réprimander Israël en le prenant comme bouc-émissaire. Ainsi s’exprime notre propre vulnérabilité.

Mr.Shelby Steele est un  » senior fellow » de l’Institut Hoover de l’Université de Stanford


Oslo/Décryptage d’un Nobel (Michel Gurfinkiel: The Nobel committee has always put ideology before facts)

20 octobre, 2009
Arafat Nobel disgrace (1994)C’est un terrible avantage de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. Rivarol.
Quand Alfred Nobel créa ses prix, à la fin du XIXe siècle, la Suède et la Norvège étaient confédérés sous un seul et même monarque. L’inventeur de la dynamite, Suédois, voulut confier aux Norvégiens l’une de ses distinctions. Ce fut le prix de la paix. Mais Oslo n’ayant pas d’Académie prestigieuse, analogue à l’Institut Karolinska de Stockholm, le choix des lauréats fut confié à un comité de cinq membres élu par le parlement local. A parlement de gauche, comité de gauche, et inversement : il en va ainsi depuis plus d’un siècle. Et le Nobel de la paix s’en ressent. Le comité actuel est dirigé par Thorbjorn Jagland, ancien premier ministre socialiste et ancien ministre des Affaires étrangères, dont les passages au pouvoir ont tous été entachés de scandales, de gaffes diverses et de prises de position anti-américaines ou anti-israéliennes. On sait également aujourd’hui qu’il était considéré par le KGB, tout au long des années 1970 et 1980, comme un « contact confidentiel ». Voilà qui explique beaucoup de choses, on en conviendra. Michel Gurfinkiel
Combien de Sakharov ou de Mère Térésa pour faire passer les Le Duc Tho et les Arafat?

29 sur 52 personnalités ou organisations liées au tiers-monde; 16 à des ONG de gauche ou d’extrême-gauche; 6 à l’Onu ou à des Etats ou organisations totalitaires; 4 à des pays musulmans ou à des organisations terroristes; 3 à des militants ou organisations écologistes; 17 seulement pour avoir défendu les valeurs démocratiques dont 5 (Kissinger, Sato, Begin, Peres, Rabin comme faire-valoir à des colauréats « mieux-disants » (Le Duc Tho – qui seul avec Sartre a eu la décence de le refuser! -, McBride, Sadate, Arafat – qui provoqua la seule démission à ce jour d’un membre du comité, l’honoralissime démocrate-chrétien Kaare Kristiansen); 12 lauréats occidentaux ou pro-occidentaux honorés en fait en tant que tels (Sakharov, Mère Térésa, Walesa, Wiesel, le Dalai-Lama, Hume, Trimble, Kim, Ximenes Belo, Ramos-Horta, Yunus, Ahtissari) …

Pour ceux qui s’étonneraient encore, après les Annan, Carter, Ebadi, Maathai, ElBaradei et Gore des sept dernières années, du prix attribué sur la foi de ses seuls discours au Pleurnicheur en chef …

Magistral décryptage, par Michel Gurfinkiel, de la longue tradition derrière l’apparence de rupture (au moins depuis 35 ans et sans compter le brillant duo de 1926), de choix en fait idéologiques du comité norvégien …

Oslo/Décryptage d’un Nobel
Michel Gurfinkiel
Mercredi 14 octobre 2009
Le comité Nobel norvégien a toujours fait passer l’idéologie avant les faits. Et il est dirigé par un ancien « contact » soviétique. Deux raisons de couronner Obama.

« En distinguant le président américain sur la foi de ses discours, le jury d’Oslo rompt avec sa tradition ». C’est ainsi que Le Monde, le 9 octobre, commente l’attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama. Jusqu’à présent, le prix avait toujours récompensé des actes, plutôt que de simples intentions. Désormais, les intentions priment les actes. Obama, installé à la Maison Blanche depuis neuf mois seulement, s’est hâté d’associer à ses honneurs une lauréate plus ancienne, la militante démocrate birmane Aung San Suu Kyi. Pour échapper, au moins en partie, au ridicule de la situation : « C’est un terrible avantage de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser », disait Antoine de Rivarol.

Mais le jury d’Oslo a-il réellement rompu avec une « tradition », comme l’affirme le Monde ? Voire. Il avait pris l’habitude d’attribuer le Nobel de la paix en fonction d’une idéologie plutôt que de faits. De là à couronner l’idéologie elle-même, il n’y avait qu’un pas.

La liste des lauréats sur les trente-cinq dernières années, de 1973 à 2008, est révélatrice. Au total, cinquante-deux personnalités ou organisations ont reçu le prix pendant cette période. Vingt-neuf sont liées à des pays du tiers-monde ; seize à des ONG de gauche ou d’extrême-gauche ; six à l’Onu ; six à des Etats ou organisations totalitaires ; quatre à des pays musulmans ; quatre à des organisations terroristes ; trois à des militants ou organisations écologistes. En regard, dix-sept lauréats seulement, toutes origines confondues, ont été explicitement honorés pour avoir défendu les valeurs d’une société démocratique et humaniste de type occidental. Encore faudrait-il en retrancher cinq (Henry Kissinger, Eisaku Sato, Menahem Begin, Shimon Peres, Yitzhak Rabin), qui servent de faire-valoir à des colauréats « mieux-disants » (Le Duc Tho, Sean McBride, Anouar el-Sadate, Yasser Arafat). Ce qui ramène les lauréats occidentaux ou pro-occidentaux honorés en tant que tels à douze seulement (Andréi Sakharov, Mère Thérésa, Lech Walesa, Elie Wiesel, le Dalai-Lama, John Hume, David Trimble, Kim Dae Jung, Carlos Felipe Ximenes Belo, Jose Ramos-Horta, Muhamad Yunus, Marrti Ahtissari).

Derrière de tels choix, on retrouve sans cesse l’illusion de l’ « arbitrage », que partageait assurément Alfred Nobel, selon lequel la paix est une affaire de bons sentiments, le produit d’une « conversion des cœurs », plutôt que le résultat d’un rapport de forces ; mais aussi le sophisme infiniment plus pervers des « pacifistes » qui, avant 1939, se proposaient de coexister avec le IIIe Reich, et qui plus tard, pendant la guerre froide, ne se souciaient de désarmer l’Ouest, selon le mot de François Mitterrand, que pour mieux armer l’Est ; et surtout le fantasme antinomiste – dont un Alain Badiou, en France, est le pyrotechnicien quasi-officiel – selon laquelle le Mal serait porteur de Bien, le Bien un Mal déguisé, la liberté un leurre, la tyrannie une liberté, le droit une imposture, la progression du niveau de vie une paupérisation, la civilisation une barbarie et les Barbares de vrais civilisés.

Ces rêves ou ces délires se nourrissent de leur inassouvissement. Là encore, il convient de relire la liste des lauréats. L’Américain Ralph Bunche obtint le Nobel de la paix, en 1950, pour sa médiation dans le conflit israélo-palestinien et israélo-arabe. Sadate et Begin, en 1978, Arafat, Rabin et Peres, en 1994, Obama en 2009, l’ont obtenu pour les mêmes raisons. Mais la guerre continue : ce qui signifie, au minimum, que cinq prix sur six n’ont servi à rien. Kissinger et Le Duc Tho ont été couronnés en 1973 pour leurs accords de paix en Indochine : deux ans plus tard, la guerre reprenait, et le communisme massacrait ou expulsait des millions d’êtres humains au Vietnam et au Cambodge. Kofi Annan et l’Onu ont été honorés en 2001 : au moment où les médias commençaient à évoquer le scandale « Pétrole contre nourriture ». L’Agence internationale de l’Energie atomique, dirigée par l’Egyptien Mohamed El-Baradei, a été distinguée en 2005 pour sa lutte contre la prolifération des armes nucléaires : elle n’avait pourtant rien fait pour empêcher l’accession de l’Inde et du Pakistan, en 1998, à ce type d’armements ; et ne fera rien pour freiner la Corée du Nord, puissance déclarée en 2008, ou l’Iran.

Tous les jurés d’Oslo n’ont pas perdu le sens commun. Tous ne sont pas restés passifs devant un tel bilan. Kaare Kristiansen démissionna du Comité Nobel en 1994 plutôt que de cautionner la remise du prix de la paix à Arafat. Mais ce ne sont là que des exceptions qui confirment la règle. Pourquoi ?

Quand Alfred Nobel créa ses prix, à la fin du XIXe siècle, la Suède et la Norvège étaient confédérés sous un seul et même monarque. L’inventeur de la dynamite, Suédois, voulut confier aux Norvégiens l’une de ses distinctions. Ce fut le prix de la paix. Mais Oslo n’ayant pas d’Académie prestigieuse, analogue à l’Institut Karolinska de Stockholm, le choix des lauréats fut confié à un comité de cinq membres élu par le parlement local. A parlement de gauche, comité de gauche, et inversement : il en va ainsi depuis plus d’un siècle. Et le Nobel de la paix s’en ressent.

Le comité actuel est dirigé par Thorbjorn Jagland, ancien premier ministre socialiste et ancien ministre des Affaires étrangères, dont les passages au pouvoir ont tous été entachés de scandales, de gaffes diverses et de prises de position anti-américaines ou anti-israéliennes. On sait également aujourd’hui qu’il était considéré par le KGB, tout au long des années 1970 et 1980, comme un « contact confidentiel ». Voilà qui explique beaucoup de choses, on en conviendra.


Rapport de l’ONU sur Gaza: Prime à l’agresseur! (International law gives the advantage to unlawful aggressors)

25 septembre, 2009
You'll never guess the identity of our mystery super villain!Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. (…) Article 51 (Chapitre VII, Charte de l’ONU)
Suite au récent et atterrant rapport de l’ONU sur Gaza
.
Et aux déclarations d’un conseiller du Pleurnicheur en chef menaçant d’abattre les avions israéliens qui tenteraient d’empêcher l’Iran de se doter, en flagrante violation des traités signés, de l’arme de la solution finale …
.
Retour, avec le juriste américain Paul H. Robinson dans le WSJ, sur la totale inadéquation du droit international concernant le droit à l’auto-défense …

Retirer des mines d’une voie maritime internationale (comme la Grande-Bretagne avec les mines albaniennes du Détroit de Corfou en 1946), libérer des otages victimes d’un détournement d’avion (comme Israël à Entebbe en 1976), se défendre contre une attaque en préparation (comme Israël contre ses voisins égyptiens, syriens et jordaniens à la veille de la Guerre des six jours en 1967 ou comme le Salvador contre les soutiens sandinistes de ses insurgés en 1979-81), attaquer les plate-formes pétrolières servant de bases pour des attaques contre les navires internationaux (comme les Etats-Unis contre l’Iran en 1987), expulser les talibans d’Afghanistan (après leur refus de livrer les terroristes du 11/9 2001) …

Autant d’actions de légitime défense que n’aurait jamais autorisé l’application stricte de l’article 51 de la Charte de l’ONU.

Qui, avec sa restriction de l’usage de la force aux seuls cas d’attaque armée et son légendaire immobilisme, interdit de fait tout exercice du « droit naturel à la légitime défense » qu’elle prétend justement défendre, favorisant ainsi unilatéralement l’agresseur

Israel and the Trouble With International Law
Many restrictions on the use of force against aggressors make no moral sense.
Paul H. Robinson
The Wall Street Journal
September 22, 2009

Last week the United Nations issued a report painting the Israelis as major violators of international law in the three-week Gaza war that began in December 2008. While many find the conclusion a bit unsettling or even bizarre, the report’s conclusion may be largely correct.

This says more about international law, however, than it does about the propriety of Israel’s conduct. The rules of international law governing the use of force by victims of aggression are embarrassingly unjust and would never be tolerated by any domestic criminal law system. They give the advantage to unlawful aggressors and thereby undermine international justice, security and stability.

Article 51 of the U.N. Charter forbids all use of force except that for « self-defense if an armed attack occurs. » Thus the United Kingdom’s 1946 removal of sea mines that struck ships in the Strait of Corfu was held to be an illegal use of force by the International Court of Justice, even though Albania had refused to remove its mines from this much used international waterway. Israel’s raid on Uganda’s Entebbe Airport in 1976—to rescue the victims of an airplane hijacking by Palestinian terrorists—was also illegal under Article 51.

Domestic criminal law restricts the use of defensive force in large part because the law prefers that police be called, when possible, to do the defending. Force is authorized primarily to keep defenders safe until law enforcement officers arrive. Since there are no international police to call, the rules of international law should allow broader use of force by victims of aggression. But the rules are actually narrower.

Imagine that a local drug gang plans to rob your store and kill your security guards. There are no police, so the gang openly prepares its attack in the parking lot across the street, waiting only for the cover of darkness to increase its tactical advantage. If its intentions are clear, must you wait until the time the gang picks as being most advantageous to it?

American criminal law does not require that you wait. It allows force if it is « immediately necessary » (as stated in the American Law Institute’s Model Penal Code, on which all states model their own codes), even if the attack is not yet imminent. Yet international law does require that you wait. Thus, in the 1967 Six Day War, Israel’s use of force against Egypt, Syria and Jordan—neighbors that were preparing an attack to destroy it—was illegal under the U.N. Charter’s Article 51, which forbids any use of force until the attack actually « occurs. »

Now imagine that your next-door neighbor allows his house to be used by thugs who regularly attack your family. In the absence of a police force able or willing to intervene, it would be quite odd to forbid you to use force against the thugs in their sanctuary or against the sanctuary-giving neighbor.

Yet that is what international law does. From 1979-1981 the Sandinista government of Nicaragua unlawfully supplied arms and safe haven to insurgents seeking to overthrow the government of El Salvador. Yet El Salvador had no right under international law to use any force to end Nicaragua’s violations of its sovereignty. The U.S. removal of the Taliban from Afghanistan in 2001 was similarly illegal under the U.N. Charter (although it earned broad international support).

An aggressor pressing a series of attacks is protected by international law in between attacks, and it can take comfort that the law allows force only against its raiders, not their support elements. In 1987, beginning with a missile strike on a Kuwaiti tanker, the Iranians launched attacks on shipping that were staged from their offshore oil platforms in the Persian Gulf. While it was difficult to catch the raiding parties in the act (note the current difficulty in defending shipping against the Somali pirates), the oil platforms used to stage the attacks could be and were attacked by the U.S. Yet these strikes were held illegal by the International Court of Justice.

Social science has increasingly shown that law’s ability to gain compliance is in large measure a product of its credibility and legitimacy with its public. A law seen as unjust promotes resistance, undermines compliance, and loses its power to harness the powerful forces of social influence, stigmatization and condemnation.

Because international law has no enforcement mechanism, it is almost wholly dependent upon moral authority to gain compliance. Yet the reputation international law will increasingly earn from its rules on the use of defensive force is one of moral deafness.

True, it will not always be the best course for a victim of unlawful aggression to use force to defend or deter. Sometimes the smart course is no response or a merely symbolic one. But every state ought to have the lawful choice to do what is necessary to protect itself from aggression.

Rational people must share the dream of a world at peace. Thus the U.N. Charter’s severe restrictions on use of force might be understandable—if only one could stop all use of force by creating a rule against it. Since that’s not possible, the U.N. rule is dangerously naive. By creating what amount to « aggressors’ rights, » the restrictions on self-defense undermine justice and promote unlawful aggression. This erodes the moral authority of international law and makes less likely a future in which nations will turn to it, rather than to force.

Mr. Robinson, a professor of law at the University of Pennsylvania, is the co-author of « Law Without Justice: Why Criminal Law Does Not Give People What They Deserve » (Oxford, 2006).


Unesco: Nouvelle victime du lobby juif? (Is Farouk Hosni the latest victim of the Jewish lobby?)

24 septembre, 2009
Farouk Hosni
Je suis sémite, comment serais-je antisémite? Farouk Hosni
Hosni n’arrêtera pas sa cour du lobby juif pour obtenir le siège de l’Unesco. Wael Kandil ‘critique égyptien)
.
Au lendemain de l’échec de la candidature de l ‘Egyptien Farouk Hosni à la présidence de l’UNESCO face à la candidate bulgare Irina Bokova …

Et de la dénonciation quasi-unanime du « lobby juif » par la presse et les intellectuels de son pays …

Retour sur un article de Haaretz qui révélait dès janvier dernier la redoutable et machiavélique stratégie du Premier ministre israélien Benyamin Nethanyaou.

Qui, on l’oublie trop souvent, avait levé son opposition à l’élection de l’ancien ministre de la Culture égyptien, poussant ce dernier à s’excuser profusément pour ses écarts de langage antisémites.

Et assurant, de ce fait même (pour cause d’antisémitisme trop tiède),… la non-élection de celui-ci!

Maybe Netanyahu really does understand Arabs
Zvi Bar’el

Haaretz

01/01/2009

Enough said. Netanyahu really does understand Arabs. Especially Egyptians. Look what happened to Farouk Hosni, the Egyptian culture minister who longed to head UNESCO.

The beginning of the story is well-known. All of Israel’s ambassadors and attaches wasted no effort to sabotage the Egyptian minister’s appointment to the desirable post. Every anti-Israeli remark, every word he mouthed critical of Israeli books and writers and every pronouncement against normalizing ties with Israel were meticulously gathered in a file of evidence against him. Indeed, how could an Egyptian minister, a painter and intellectual, be awarded this international post when he had announced he would burn Israeli books?

While it is difficult to find an independent Egyptian intellectual, as opposed to those in the establishment, who would put in a good word for Hosni? His declarations had made him a local hero for building a wall, with his own hands, against normalization. That is, until Netanyahu came along to fix things for him in a conversation with Egyptian President Hosni Mubarak. Haaretz political correspondent Barak Ravid uncovered the fact that Netanyahu agreed to drop Israel’s objections to the appointment in exchange for a gesture of normalization on Egypt’s part. The gestures followed immediately.
Hosni apologized for his remarks and even announced he had ordered the translation of books by David Grossman and Amos Oz into Arabic. Heaven forbid, not from the original Hebrew, but from English and French versions. Such translations have, by the way, existed for years in Egypt’s university libraries, and Egyptian scholars have written numerous research papers on Israeli authors.

But then there was an uproar. The culture minister became the object of derision. « Hosni will not stop short of courting Zionist influence to reach the UNESCO seat, » wrote the critic Wael Kandil. MP Abbas Abd al-Aziz, representing the Suez region, called for Hosni to be removed from office and his way to UNESCO blocked, because he was willing to do anything to get the position, even at the expense of the history of the city of Suez. Aziz was angry; Hosni had agreed to invite Israeli representatives to a literary festival in Suez, nicknamed « the city of opposition. »

Intellectuals and academics from Suez announced they would campaign against the invitations and even created an Internet site detailing Hosni’s crimes and submission to Zionism.

But the Egyptian opposition contains several voices, and one of them is particularly original. The translator and Hebrew scholar Mohammed Aboud wrote his doctoral dissertation at Ain Shams University on Hebrew literature. Israeli poet and writer Almog Bahar turned my attention to an article by Aboud last week in the Almasry Alyoum newspaper in which he explains why he opposes translating Hebrew works into Arabic through the Egyptian Culture Ministry:

« I personally have great appreciation for those who reject translating Hebrew literature into Arabic through the offices of the Culture Ministry, because this is the apparatus that inherited the slogan ‘know your enemy,’ under whose shadow Hebrew language departments at Egyptian universities developed. These departments participated and still take part in anti-Israeli efforts on the information, ideological and military fronts. They swallow every piece of paper translated from Hebrew so as to be armed with the knowledge to continue the confrontation with the enemy from the east.

« I understand the reason for the Culture Ministry’s haste to translate Hebrew literature at this moment in time, » Aboud writes. « Rather than taking this important step in the framework of a national undertaking – to become familiar with Israel, and methodically and intensively gather information on the ideological and cultural currents there – it aspires to attain an international office, which may or may not be reached. »

Aboud’s voice isn’t enough to change the official, ideological allegiance to opposing normalizing ties with Israel. Farouk Hosni now understands very well he will pay too high a price in public opinion for what is seen as reconciliation with Israeli literature. The national hero directly fighting the Zionists has turned into a traitor, according to the principles of those intellectuals warring against normalization.


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