Polémique Zemmour: La preuve par les chiffres

30 mars, 2010
French race riotsLes Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. Eric Zemmour
Je connais trop la souffrance réelle de mes compatriotes «Arabes et noirs», honnêtes travailleurs, parents intègres, qui se sentent «salis» par les exactions des bandes de jeunes gens qui ont la même origine qu’eux. Je le sais d’autant mieux qu’avec mon patronyme, je me souviens du temps pas si lointain – les années 70- où une bande de truands célèbres – les frères Zemour – défrayaient la chronique criminelle, la honte dans les yeux de mon grand-père; et accessoirement, l’attente interminable dans les aéroports pour la vérification vétilleuse – et sans ordinateur- de mon identité. Mon grand-père souffrait en silence pour «son nom traîné dans la boue», mais il n’a jamais prétendu que nos homonymes n’étaient pas des brigands de grand chemin! Eric Zemmour
Je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce “fait”, la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les Noirs et tous les Arabes ne sont pas des trafiquants, mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Philippe Bliger (Avocat général près la cour d’appel de Paris)
Je confirme que pour les audiences de “service général”, vols, violences et petit trafic de stupéfiant, les prévenus ont des noms qui évoquent les sommets de l’Atlas, l’immensité du Sahara ou les grands fleuves serpentant dans d’impénétrables forêts. Curieusement, c’est nettement moins le cas aux audiences économiques et financières ; il n’y avait qu’un arabe dans l’affaire Clearstream, et ce n’était même pas un maghrébin, mais ce doit être une décimale flottante qui fausse les statistiques. (…) Regardez donc les grands criminels, ceux qui peuplent les assises, ceux qui violent ou tuent. Marc Dutroux est-il arabe ? Michel Fourniret et Monique Olivier sont-ils noirs ? Francis Heaulme ? Didier Gentil ? Marcel Petiot ? Patrick henry ? Yvan Colonna ? Les tueurs de l’ETA ? Ou sans aller chercher les grands criminels, Céline Lesage, Véronique Courjault, Marc Cécillon puisqu’il faut bien que je parle encore un peu de rugby ? On me rétorquera Youssouf Fofana et Omar Radad ; mais je n’affirme nullement que les noirs et les arabes sont à l’abri du crime. Mais ôtez le moteur de la pauvreté et du désespoir social (et le crime de Fofana, avant d’être raciste, est avant tout crapuleux), et miracle, la part de la population pauvre diminue instantanément. Il n’y a pas de gène de la criminalité. En est-on à devoir rappeler de telles évidences ? (…) Les box des tribunaux correctionnels ne sont pas remplis de noirs ou d’arabes. Ils sont remplis de pauvres désespérés. C’était déjà le cas il y a un siècle, quand le blanc était la couleur dominante. Maitre Eolas
Beaucoup de raisons expliquent pourquoi il y a plus de « bronzés » que de blancs dans les centres de jeunes détenus, mais ce ne sont pas des éléments culturels ; ce ne sont pas des sourates du Coran ni leurs parents qui les poussent. Il faut même faire très attention dans les discours lorsqu’on insiste sur la responsabilité des parents. Que se passe-t-il lorsqu’on a des parents très sévères dans le quartier ? En dernier ressort, quand ils n’en peuvent plus, ils mettent le gosse à la porte, donc à la rue. (…) Par ailleurs, dans les familles d’immigrés, les enfants prennent très vite le pouvoir. Déjà, d’une manière générale en France, le rapport au savoir a tendance à s’inverser en raison des modifications technologiques, des nouveaux rapports urbains, et les jeunes générations ont parfois une meilleure connaissance que leurs parents de la société. Alors, chez les immigrés, imaginez !… Malek Boutih (ex-président de SOS racisme)
Certes, 80% des jeunes délinquants d’origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés. Mais, à niveau socio-économique équivalent, les enfants d’immigrés sont plus délinquants que les autres. Sébastian Roché
La surreprésentation des jeunes d’origine étrangère dans la délinquance n’est un mystère pour personne, mais cette donnée est peu renseignée, et elle n’est jamais débattue dans l’espace public. (…) Nous sommes face à une justice qui concentre son énergie à condamner des jeunes d’origine étrangère. (…) Comment expliquer à ces jeunes que la loi est essentiellement tournée vers eux ? Comment éviter qu’ils croient à une lecture communautaire de la justice ? Sébastian Roché
Les mineurs délinquants cumulent les handicaps, expliquent Monique Dagnaud et Sebastian Roché. L’immigration de fraîche date, associée aux difficultés à trouver un emploi ou à la ghettoïsation de l’habitat, en fait partie, sans qu’il soit possible de mesurer l’importance respective des différents facteurs qui peuvent éclairer les parcours délictueux. D’une façon générale, la pauvreté économique concerne 60 % des familles. Les pères sont, à 26 %, inactifs. Ceux qui ont un travail sont en majorité des ouvriers (59 %), les mères des employées (46 %). Le contexte familial, difficile, éclaire aussi les parcours des mineurs. Les deux tiers sont issus de fratries de quatre frères et soeurs ou plus. Près de 40 % des dossiers judiciaires font état de violence familiale ; 20 % évoquent un père alcoolique. Seuls 54,5 % de ces mineurs vivent avec leurs deux parents ; 11 % sont hébergés en foyer. Dans 9,3 % des cas, ces adolescents ont un de leurs parents décédé. Enfin, leur situation scolaire est sinistrée : 79 % ont redoublé, 55 % plusieurs fois et près de 60 % ont fait l’objet d’une ou de plusieurs exclusions. Les mineurs d’origine étrangère « cumulent encore plus que les autres les traits de désavantage socio-économique », notent les chercheurs. Le Monde
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Le fait qu’une merde de chien soit ramassée par une motocrotte légitime à leurs yeux le préjudice. Puisqu’il y a des employés payés pour nettoyer, pourquoi se gêner ? J’ai même entendu des passants qui applaudissaient à l’initiative, en disant : « Au moins, ça donne du travail aux jeunes » ! La réponse technique est indolore – sauf pour les contribuables – mais elle esquive l’aspect civique et moral, alors qu’il s’agit tout de même d’apprendre la propreté. » On retrouve d’ailleurs le même syndrome de « délégation passive aux pouvoirs publics » dans la gestion des immeubles. (…) Preuve qu’en matière de comportement il n’y a pas de fatalité. C’est sans rechigner qu’au McDo 95 % des clients vident leurs plateaux. Par le jeu des effets d’entraînement. Et aussi parce que le personnel veille à ce que les sacs-poubelle ne soient jamais pleins. André Midol (patron d’une agence de conseil en maîtrise des comportements)
Hier, la concierge qui entretenait les escaliers était redoutée des locataires, qui s’efforçaient de ne pas trop lui alourdir la tâche. Aujourd’hui, le personnel de nettoyage est anonyme, personne ne se sent responsable des dégradations. Nous avons trop souvent affaire à des consommateurs de propreté et de sécurité qui nous appellent et nous demandent de régler les problèmes à leur place. Le soir, on appelle le commissariat parce qu’on n’ose pas dire à ses voisins de mettre des chaussons ! Pour être sûr que nous allons venir dans un immeuble où des gamins sont assis par terre à écouter de la musique, on nous dit qu’il y a un trafic de drogue ! Nous sommes d’accord pour lutter contre les incivilités, mais que les gens aient le courage de porter plainte. Après tout, les graffitis sont passibles d’une amende de 25 000 francs, l’injure raciste de 5 000 francs, les jets de détritus de 1 000 francs. Bertrand Michelin (policier)
Je passe moi-même beaucoup de temps dehors. J’encourage les gens à se prendre en charge. Beaucoup de marginaux se sont par exemple procuré des clés PTT pour entrer dans les halls, et les propriétaires laissent faire. La société dérape, car elle n’est pas capable de signifier suffisamment tôt des règles d’autorité aux plus jeunes. Les parents ne le font plus. Et les policiers le font trop tard. Commissaire Roland Maucourant (Paris, 18e)

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Petite histoire vécue: il y a 3 jours notre nouveau voisin de palier, style gentil petit étudiant français de souche, voit un Africain d’une trentaine d’années couper l’antivol du vélo pliable hypersophistiqué que ma femme vient d’acheter et d’entreposer, même pas encore essayé, dans le hall d’entrée de notre petit immeuble de 4 étages et 8 copropriétaires de la partie petit-bobo du XIe arrondissement de Paris.

Et que croyez-vous qu’il fait?

Non, il ne lui propose pas de lui donner un coup de main!

Il se contente juste de passer tranquillement son chemin, se disant qu’il n’a jamais vu ledit monsieur dans l’immeuble mais que le pauvre doit être bien malheureux de devoir couper son antivol tout neuf pour récupérer son vélo suite à la perte de sa clé …

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Plus de la moitié, voire 60 ou 70%, des suspects répertoriés dans les synthèses quotidiennes des Directions de la police, pic dans la rubrique des « violences volontaires » et des « vols à main armée », près de la moitié des mis en cause pour vol à la tire, surreprésentation en matière d’homicide et de tentative d’homicide », 12 241 sur une population carcérale de 55 355 personnes au 1er janvier 2004, 85 % des auteurs de violences urbaines, 42,4 % des adolescents à deux parents d’origine maghrébine contre 30,2 % auraient commis au moins trois petits délits dans leur vie, 9,7 % contre 3,9 % d’origine française pour les agressions, vols de voiture, cambriolages, vols avec violence, 46,9% contre 39,5 % pour les jeunes jugés par le tribunal des mineurs en quinze ans dans l’Isère, 87 % des parents ouvriers ou employés contre seulement 42 % des parents « français », jeunes des HLM plus délinquants quelle que soit leur origine, mais différence infime pour seulement les jeunes d’origine étrangère 66,5 % des mineurs jugés ont un père né à l’étranger (pour 49,8 % dans un pays du Maghreb), 60 % ont une mère également née hors de France., 40 % des détenus français avaient un père né à l’étranger, dont 25 % au Maghreb (Insee, 2000) …

Suite à la polémique Zemmour, à présent assigné en justice, malgré ses explications, par SOS Racisme

Pendant que l’avocat général de la cour de Paris est convoqué par sa hiérarchie pour propos malpensants …

Et que nos belles âmes bottent en touche en évoquant la criminalité en col blanc …

Retour, avec un article du Point de 2007 et notamment un entretien du criminologue grenoblois Sébastian Roché, sur le secret de polichinelle de la surréprésentation des étrangers et des Français d’origine étrangère récente dans les statistiques de la délinquance et de la criminalité

Et confirmation, preuves statistiques à l’appui, de ladite surreprésentation, principalement masculine et surtout pour les délits les plus graves, pour laquelle Roché pointe, outre les facteurs habituels (plus faible supervision parentale, résidence plus fréquente dans le parc HLM hors centre-ville, niveau de revenu et de scolarisation faible des parents, absentéisme scolaire plus élevé),  la différence de perception de l’autorité (police, père) …

Délinquance
Les statistiques qui dérangent
Le Point
17/01/2007

Le sujet est l’un des tabous les plus forts de la République : 60 à 70 % des délinquants sont issus de l’immigration. C’est ce que révèlent les synthèses de la police national

La scène se déroule à la cour d’appel de Douai. Le président de chambre demande son identité à un prévenu : « Abdelkrim ». Le juge de rétorquer : « Vous avez un nom prédestiné ! » Le président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), Mohamed Bechari, a raconté cette anecdote à un cénacle de députés en soulignant le caractère scandaleux du propos. La boutade du magistrat a beau être très douteuse, elle révèle la triste impression donnée par le défilé dans les prétoires.

Autre décor. Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur rentre à son domicile avec une liasse de rapports sous le bras. Son épouse, qui ne connaît rien à la police, a la curiosité de jeter un oeil sur les documents. Réaction offusquée de madame : « Mais vous n’arrêtez que les étrangers ! » Lui est obligé de se justifier, de répondre : « Mais non, ma chérie, nous ne faisons pas de tri en fonction des origines.»

Le sujet est des plus sensibles. C’est même l’un des tabous les plus ancrés de la République. La part des enfants de l’immigration dans la criminalité et la délinquance ressortit au secret d’Etat. La lecture des synthèses quotidiennes de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) et de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), où sont recensés une partie des faits perpétrés en France, laisse sidérés les très rares initiés qui y ont accès.

Le Point a pu consulter ces notes, dans lesquelles il apparaît que plus de la moitié, voire 60 ou 70%, des suspects répertoriés ont des noms à consonance étrangère. Cet élément est délicat à manipuler. En aucun cas l’on ne saurait déduire avec certitude une origine d’un patronyme. Il ne s’agit pas non plus de tirer des conclusions absurdes sur un caractère « culturel » de la criminalité. Mais écarter ces constatations d’un revers de manche est une grave erreur qui occulte l’échec de l’intégration.

« La vérité est révolutionnaire », disait Lénine. L’on ne saurait résorber que les problèmes que l’on connaît. Une analyse de la « surreprésentation » des Français d’origine étrangère dans la commission d’infractions est d’autant plus éclairante que l’explication avancée en règle générale est erronée. On a coutume de considérer que la corrélation se fait seulement entre la pauvreté et la délinquance. Le propos ne suffit pas à rendre compte de la réalité (voir interview de Sebastian Roché).

En aucun cas, il ne s’agit d’apposer des tampons « immigré » sur des Français. Cela serait plus que tendancieux. En revanche, analyser un fait social n’est pas dépourvu d’intérêt. Les synthèses quotidiennes de la DCSP et de la DCPJ attestent que le pourcentage d’auteurs issus de l’immigration est surtout élevé à la rubrique des « violences volontaires » et des « vols à main armée ». Quand il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a parfois fulminé sur le sujet. En réunions restreintes.

Au 1er janvier 2004, les étrangers représentaient 12 241 détenus dans les prisons françaises, sur une population carcérale de 55 355 personnes. Comme l’observe Laurent Mucchielli, directeur du Cesdip, dans un article publié par la revue Criminologie, « près de la moitié des mis en cause pour vol à la tire sont des étrangers » et « les étrangers sont nettement surreprésentés en matière d’homicide et de tentative d’homicide ». Selon l’auteur, il y a là « une version moderne de la sur- délinquance traditionnelle des milieux sociaux les plus précarisés dans une société industrielle ».

Mais les questions du jour ne concernent pas tant les étrangers que les Français issus de l’immigration. La situation est infiniment plus complexe. D’abord, les fichiers mentionnant les origines des Français sont interdits et empêchent des travaux statistiques fouillés. Ensuite, la délinquance dépend de facteurs psychologiques très ténus. Le criminologue Alain Bauer, par ailleurs président de l’Observatoire de la délinquance, explique qu’on ne sait rien des facteurs qui font un délinquant, sinon une chose : « Un auteur d’agression est souvent quelqu’un qui a été battu et dont le cas n’a pas été traité.»

Cela vaut-il pour les violences abstraites ? Laurent Mucchielli invoque une « victimisation collective » des populations d’origine immigrée, la « perspective d’un destin social misérable » qui induit « d’intenses sentiments de frustration et d’exclusion ». A tort ou à raison, le syndrome du colonisé est toujours vivace. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la Direction centrale des RG, relevait que 85 % de leurs auteurs sont d’origine maghrébine et qu’ils agissent en raison d’une sorte de « paranoïa » vis-à-vis de la société française. « J’ai vu une liste de 3 000 auteurs de violences urbaines établie par les RG parisiens, et il n’y avait que 59 noms "gaulois" », relate le criminologue Xavier Raufer. Qui ajoute : « Etant donné qu’il ne s’agit que de garçons, c’est bien la preuve que ce n’est pas un problème racial.»

Le 2 juin, lors d’un comité interministériel à l’intégration présidé par Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin se lance dans un discours sur l’intégration avec le lyrisme dont il a le secret. L’actuel ministre de l’Intérieur, soucieux de la « cohésion nationale », s’alarme de la propagation d’idéologies néfastes dans les banlieues ; il note la défiance vis-à-vis des autorités et considère qu’il ne faut pas dissocier les schémas mentaux et les actes.

Déracinement

Comment faire pour savoir ce qu’il se passe dans les cours d’immeuble ? Faut-il tenir compte des origines des Français pour mieux cerner certains problèmes ? Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, pense qu’il serait judicieux d’approfondir la connaissance de la réalité, pour étudier les difficultés propres aux populations d’origine immigrée, surtout en matière de discrimination à l’emploi. Le 3 décembre 2003, à l’occasion du 20e anniversaire de la Marche des beurs, Raffarin expliquait que « nous avons besoin d’une grande enquête statistique et sociologique sur la question de l’intégration et des inégalités, parce qu’il n’y a rien de complet aujourd’hui ».

Le 2 juillet, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, installera un observatoire des statistiques, mis en place par le Haut Conseil à l’intégration (HCI). L’instance, qui sera dirigée par Jacqueline Costa-Lascoux, est censée coordonner tous les chiffres disponibles. Peut-être permettra-t-elle de mieux cerner les effets du « déracinement », géographique ou culturel, de certains Français. « Il n’est ni prévu ni exclu de travailler sur la question de la délinquance » , assure-t-on prudemment au HCI. L’état des lieux ne sera pas facile à établir. Un chercheur, Laurent Lagrange, a observé une surdélinquance des enfants de l’immigration dans un quartier de Mantes-la-Jolie, mais pas dans un quartier comparable d’Amiens. Ce n’est pas avec des idées fixes, bien ou mal-pensantes, que l’on épuise la réalité

"Mon grand-père était face à l’uniforme en Algérie, moi, je suis face aux policiers."

Le Point: Les jeunes d’origine étrangère sont-ils surreprésentés dans la délinquance?

Sebastian Roché : J’ai mené une étude à Grenoble et à Saint-Etienne sur un échantillon de près de 2 300 jeunes de 13 à 19 ans qui prouve que les jeunes d’origine étrangère commettent plus de délits que les autres, et surtout des délits plus graves. Parmi les adolescents dont les deux parents sont français, 30,2 % ont commis au moins trois petits délits dans leur vie, alors que le chiffre s’élève à 42,4 % pour les adolescents d’origine maghrébine.

Et pour les actes graves ?

La différence est plus importante. S’agissant des agressions, des vols de voiture, cambriolages, vols avec violence, 3,9 % des jeunes d’origine française en ont commis au moins trois, contre 9,7 % des jeunes Maghrébins. J’ai, par ailleurs, fait dépouiller tous les dossiers des jeunes jugés par le tribunal des mineurs en quinze ans dans l’Isère. J’ai trouvé que 39,5 % des auteurs sont issus de parents français, et 46,9% d’origine étrangère.

L’explication est-elle relative au niveau social ?

En fait, 87 % des parents des jeunes d’origine étrangère sont ouvriers ou employés, alors que seulement 42 % des parents « français » le sont. Mais la prise en compte du statut socio-économique n’explique pas tout. Comparons, par exemple, les chiffres de la délinquance des jeunes qui habitent en HLM et de ceux qui n’y habitent pas. Quelle que soit leur origine, les jeunes des HLM sont plus délinquants que les autres. Mais la différence est infime si l’on s’intéresse seulement aux jeunes d’origine étrangère. Il y a donc un facteur spécifique.

Quel est-il ?

Il est difficile de déterminer les variables pertinentes. La perception des autorités semble importante. Ceux qui ont une image positive de la police et de leur père acceptent plus facilement les normes de la société. Les voyous raisonnent ainsi : « Mon grand-père était face à l’uniforme en Algérie, mon père s’est retrouvé bêtement à l’usine, je suis, moi, face aux policiers. » Plus les jeunes ressentent l’indifférence des pouvoirs publics, plus ils sont impliqués dans la délinquance. A tort ou à raison, il y a une mémoire collective d’un exercice de l’oppression française.

Voir aussi:

Selon une étude menée en Isère, deux tiers des mineurs délinquants sont d’origine étrangère
Nathalie Guibert
Le Monde
16.04.04
Deux sociologues ont étudié l’environnement des jeunes jugés pour des faits graves à Grenoble. Ils cumulent les handicaps : pauvreté, alcoolisme d’un parent, échec scolaire, immigration récente

PAUVRETÉ, échec scolaire, violence familiale, immigration récente : les mineurs délinquants ont un profil de « damnés de la Terre ». Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus Sebastian Roché et Monique Dagnaud. Ces deux sociologues du CNRS ont réalisé une étude originale sur les dossiers des mineurs jugés par le tribunal de Grenoble (Isère) entre 1985 et 2000. Financée par France 5, cette recherche menée fin 2002, dont les résultats n’avaient pas encore été publiés, apporte des résultats inédits sur l’environnement social des jeunes auteurs de crimes ou de délits graves.

La nouveauté tient dans la mise au jour de ce que les auteurs nomment « la dimension ethnique » de la délinquance : 66,5 % des mineurs jugés ont un père né à l’étranger (pour 49,8 % dans un pays du Maghreb), et 60 % ont une mère également née hors de France. Contrairement aux études habituellement menées, qui s’attachent au seul critère de la nationalité des individus, les deux chercheurs ont choisi, sur la base des informations figurant dans les dossiers judiciaires, d’éclairer ainsi plus complètement l’environnement de ces adolescents. « La surreprésentation des jeunes d’origine étrangère dans la délinquance n’est un mystère pour personne, mais cette donnée est peu renseignée, et elle n’est jamais débattue dans l’espace public », justifie M. Roché, pour qui la réflexion sur l’intégration ne devrait pas être séparée de celle sur la violence.

« ÉCHEC DE L’INTÉGRATION »

De précédentes enquêtes fondées sur les déclarations des adolescents avaient déjà fait apparaître une « suractivité » délictuelle des jeunes issus de l’immigration. La recherche menée dans l’Isère le confirme, avec une ampleur qui a surpris les chercheurs. Car, dans la région Rhône-Alpes, selon l’Insee, l’Isère n’est pas un département particulièrement marqué par l’immigration : celle-ci représente 6,1 % de la population (7,5 % dans le Rhône par exemple). « Nous sommes face à une justice qui concentre son énergie à condamner des jeunes d’origine étrangère », conclut Sebastian Roché. Pour le sociologue, cette constatation, « résultante du système que personne n’a voulue », remet en cause un des fondements de la légitimité républicaine. « Comment expliquer à ces jeunes que la loi est essentiellement tournée vers eux ? », souligne-t-il. Comment éviter qu’ils croient à une lecture communautaire de la justice ? « Ces résultats signent l’échec d’une politique d’intégration », analyse pour sa part Monique Dagnaud.

Cette origine étrangère n’est « pas spécifique aux délinquants de l’Isère », remarquent les auteurs. En 2000, l’Insee a en effet montré que 40 % des détenus français avaient un père né à l’étranger, dont 25 % au Maghreb. De ce point de vue, la situation française semble se rapprocher de celle des Etats-Unis, où les minorités sont surreprésentées. En revanche, si auteurs et victimes ont souvent la même appartenance communautaire outre-Atlantique, ce n’est pas le cas en France.

Les mineurs délinquants cumulent les handicaps, expliquent Monique Dagnaud et Sebastian Roché. L’immigration de fraîche date, associée aux difficultés à trouver un emploi ou à la ghettoïsation de l’habitat, en fait partie, sans qu’il soit possible de mesurer l’importance respective des différents facteurs qui peuvent éclairer les parcours délictueux.

D’une façon générale, la pauvreté économique concerne 60 % des familles. Les pères sont, à 26 %, inactifs. Ceux qui ont un travail sont en majorité des ouvriers (59 %), les mères des employées (46 %). Le contexte familial, difficile, éclaire aussi les parcours des mineurs. Les deux tiers sont issus de fratries de quatre frères et soeurs ou plus. Près de 40 % des dossiers judiciaires font état de violence familiale ; 20 % évoquent un père alcoolique. Seuls 54,5 % de ces mineurs vivent avec leurs deux parents ; 11 % sont hébergés en foyer. Dans 9,3 % des cas, ces adolescents ont un de leurs parents décédé. Enfin, leur situation scolaire est sinistrée : 79 % ont redoublé, 55 % plusieurs fois et près de 60 % ont fait l’objet d’une ou de plusieurs exclusions. Les mineurs d’origine étrangère « cumulent encore plus que les autres les traits de désavantage socio-économique », notent les chercheurs.

Le tableau n’est cependant pas uniforme. Paradoxalement, l’environnement familial est décrit, dans la grande majorité des dossiers judiciaires, comme « affectueux » et « soucieux de l’éducation du mineur ». Ecartelés, les adolescents délinquants de l’Isère « ont la particularité d’être à la fois dans la culture de la modernité et dans les difficultés de l’intégration sociale », ajoute Monique Dagnaud. Près de la moitié pratiquent un sport, dont un tiers de façon intensive. Une majorité fait état d’activités de loisirs, principalement tournées vers l’audiovisuel. « Repli de l’exclusion et culture de masse : leur personnalité se construit à partir de ces univers opposés, dont le mélange peut se révéler détonant », conclut l’étude.

Voir également:
Délinquance des mineurs: la République en quête de respect (rapport de la commission d’enquête sur la délinquance des mineurs)UNE SURDÉLINQUANCE DES JEUNES ISSUS DE L’IMMIGRATIONJusqu’il y a peu, il était difficile d’évoquer la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration sans qu’une telle attitude passe pour une stigmatisation. Il y a quelques mois, M. Christian Delorme, le « curé des Minguettes » évoquait ainsi cette situation : « En France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses, parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration, qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas comment en parler »27(*).

L’enquête de délinquance autorapportée conduite en 2000 par M. Sébastian Roché a apporté des précisions sur cette question. Elle montre que la majorité des délits peu graves sont commis par des adolescents dont un parent ou les deux parents sont nés en France (68 %). Une forte minorité des actes peu graves sont commis par des personnes dont les deux parents sont nés hors de France (32 %).

Pour les actes graves, la situation est un peu différente. Les adolescents dont les deux parents sont nés hors de France commettent 46 % des actes graves.

Lorsque la question est posée aux adolescents qui vivent dans les HLM, les jeunes d’origine maghrébine représentent 39 % des actes peu graves et 47 % des actes graves.

Ces chiffres mettent en relief le fait que les actes de délinquance des adolescents maghrébins sont fréquents. Toutefois, ils ne permettent pas de statuer sur la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration car ils ne tiennent pas compte du poids relatif des différentes populations en fonction de leurs origines.

Cette analyse complémentaire a cependant été faite par Sébastian Roché et confirme une surdélinquance des jeunes d’origine maghrébine par rapport à ceux d’origine française, comme en témoignent les graphiques suivants.

Actes peu graves commis suivant les origines ethniques

Actes graves commis suivant les origines ethniques

Pour expliquer ce phénomène, le sociologue constate que ces jeunes cumulent certains facteurs associés à la délinquance : une plus faible supervision parentale, une résidence plus fréquente dans le parc HLM hors centre-ville, un niveau de revenu et de scolarisation faible des parents, un absentéisme scolaire plus élevé.

Lors de son audition par la commission, M.Thierry Baranger, Président de l’association française des magistrats de la jeunesse et de la famille, a évoqué le handicap culturel dont souffriraient les jeunes d’origine maghrébine : « Ce n’est pas un hasard si une partie très importante des jeunes que nous avons à traiter et qui se retrouvent en prison sont issus de l’immigration. Il s’agit bien souvent, me semble t-il, de familles fragiles, de parents qui ne peuvent pas dialoguer avec l’école et ne trouvent pas leur place au sein des institutions ».

M. Malek Boutih, président de SOS racisme, a évoqué ainsi la question devant la commission d’enquête :

« Beaucoup de raisons expliquent pourquoi il y a plus de « bronzés » que de blancs dans les centres de jeunes détenus, mais ce ne sont pas des éléments culturels ; ce ne sont pas des sourates du Coran ni leurs parents qui les poussent. Il faut même faire très attention dans les discours lorsqu’on insiste sur la responsabilité des parents. Que se passe-t-il lorsqu’on a des parents très sévères dans le quartier ? En dernier ressort, quand ils n’en peuvent plus, ils mettent le gosse à la porte, donc à la rue. (…)

« Par ailleurs, dans les familles d’immigrés, les enfants prennent très vite le pouvoir. Déjà, d’une manière générale en France, le rapport au savoir a tendance à s’inverser en raison des modifications technologiques, des nouveaux rapports urbains, et les jeunes générations ont parfois une meilleure connaissance que leurs parents de la société. Alors, chez les immigrés, imaginez !…

« Je n’ai pas envie que les enfants d’immigrés, qui constituent ce que j’appelle la nouvelle génération de Français, deviennent les noirs américains de notre société, qui ne soient bons qu’à faire du sport ou des films et, pour le reste, passage par la case « prison ». Je sais que la vie est dure, que la société est dure, qu’il y a beaucoup d’injustice. Mais je ne crois pas que les comportements de violence aident à s’en sortir. A l’inverse, ces comportements structurent, organisent la violence et l’implantent définitivement dans la société ».

Certains interlocuteurs de la commission d’enquête ont mis en avant, parmi les causes de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration, un sentiment d’hostilité à l’égard des institutions, notamment de la police, ainsi qu’un sentiment d’injustice lié au marché du travail. Les responsables de l’association « Agir ensemble » visitée par la commission lors de son déplacement au Havre ont ainsi noté que les jeunes qui réussissaient leurs études se voyaient souvent écartés des entretiens d’embauche lorsqu’ils annonçaient leur nom ou celui de leur quartier.

A cet égard, le président de SOS racisme s’est opposé à toute idée de quotas pour favoriser l’intégration des jeunes issus de l’immigration en observant que la tradition française se fondait sur la notion d’égalité et que celle-ci n’avait jamais empêché la République d’avoir des pratiques inégalitaires ou promotionnelles quand elle souhaitait remédier à certains déséquilibres sociaux.

* 27 Le Monde, 4 décembre 2001.

Voir par ailleurs:

Eric Zemmour ou le trublion officiel
Philippe Bilger
Avocat général
Justice au singulier
17 mars 2010

Si Eric Zemmour n’existait pas, il faudrait l’inventer, il manquerait chaque jour à notre univers médiatique.

Il a encore frappé et, comme il l’espérait sans doute, des foudres judiciaires sont annoncées et on a même saisi, couronnement suprême, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de son cas.

Dans deux émissions : Salut les terriens sur Canal + et L’Hebdo sur France O, Eric Zemmour a soutenu que "les français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C’est un fait" (nouvelobs.com).

Levée de boucliers. Indignation. Morale brandie. Quelle honte ! Consensus de la dénonciation. En réalité, du vent.

En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce "fait", la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des "trafiquants" ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n’est point besoin d’aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder.

Je regrette qu’Alain Jakubowicz, président de la Licra et personnalité de valeur, ait décidé de poursuivre pour ces propos Eric Zemmour et qu’il ait ajouté que ce dernier avait franchi "un cran". Je regrette que Rachid Arhab, du CSA, se soit égaré en répliquant à Eric Zemmour qu’il était "arabe, pas trafiquant mais au CSA", comme si ce dernier avait été assez stupide pour généraliser absurdement sa perception. Nous sommes tous très heureux que Rachid Arhab soit au CSA mais précisément parce qu’il n’est jamais tombé dans les travers dénoncés par Zemmour.

La Licra, le MRAP et, avec retard, le CRAN ont invité le CSA à réfléchir sur les "dérapages" d’Eric Zemmour, comme si d’une part ceux-ci méritaient d’être qualifiés ainsi et que d’autre part un éventuel avertissement à Eric Zemmour pouvait avoir un autre effet que d’amplifier le caractère infiniment "porteur" du soufre relatif distillé à intervalles réguliers par ce polémiste.

En réalité – et ce n’est pas la première fois -, personne n’a pris la peine d’examiner le fond du propos. L’indignation quasi unanime n’a donc pas été suscitée par la teneur de l’appréciation ni son éventuelle vérité ou fausseté mais par le simple fait qu’Eric Zemmour avait OSE DIRE cela. Comment quelqu’un avait-il pu aborder de front une telle matière sans prendre les précautions d’usage et en n’ayant pour obsession que de rendre acceptable par et pour tous ce que la nudité cruelle de l’exactitude précisément n’aurait pas permis ! Eric Zemmour n’est pas en tort pour avoir exprimé ce qu’il a déclaré mais pour s’être affranchi de la censure qui interdisait d’aborder clairement un tel sujet. Il doit être puni pour cause d’audace et non pour mensonge. Il n’a pas franchi "un cran" mais dépassé une ligne que la bienséance et l’hypocrisie considèrent comme absolue.

Qu’Eric Zemmour ne se rassure pas trop vite : d’autres dangers le guettent, dont Renaud Dély, dans Marianne, a pointé le principal dans un lucide portrait. Celui d’être aujourd’hui "ingurgité", absorbé par le système qu’il prétend subvertir grâce à une parole libre et apparemment inconoclaste. En effet, Eric Zemmour est devenu "un trublion officiel", "un fou des médias" comme il y a eu des "fous du roi", avec cette conséquence subtile mais perceptible qu’un léger contentement de soi semble l’habiter (Voici). De plus en plus, il y a dans sa démarche une alliance contradictoire entre une aspiration affichée au dialogue et un ton péremptoire. La liberté de pensée qu’heureusement il s’octroie ne va plus tout à fait jusqu’à supporter celle des autres. Dorénavant il s’écoute plus qu’il n’écoute, trop facilement ravi par sa propre mécanique. J’avais perçu des indices de cette solitude satisfaite, dans sa volonté à plusieurs reprises de "judiciariser" les réactions d’autrui quand il les estimait intolérables. Il se serait honoré, à mon sens, en les prenant pour l’inévitable rançon d’une expression qui ne s’assignait pas de limites. Attention, danger !

D’autant plus que ce n’est pas lui qui a gagné. Eric Naulleau, moins omniprésent, est plus épargné mais tout de même affecté par cette défaite. Comme il était prévisible à la longue, l’hilarité promotionnelle de Laurent Ruquier, sur France 2, a étouffé le miracle de ces deux intelligences caustiques et souvent pertinentes qui croyaient pouvoir réaliser ce rêve d’une télévision digne et vraie au milieu d’un océan de rires et de saillies programmés, d’hyperboles ridicules. Le bas, à force, s’approprie le haut et le dénature.

A mon sens, Eric Zemmour est à la croisée des chemins. Aujourd’hui, son discours et ses écrits – c’est le risque fondamental de la liberté : si elle se répète, elle meurt – sont marqués du sceau du prévisible. On peut les imaginer par avance parce que "le style Zemmour" est devenu une sorte de marque déposée. Mais rien ne vaut la modestie d’une parole qui se cherche, s’invente et parfois même s’étonne. Rien ne vaut les jaillissements de l’imprévisible, les surgissements d’une pensée capable, quand il le faut, de se battre autant contre elle-même que contre les opinions majoritaires, les surprises qu’une personnalité veut bien offrir à ceux qui ont besoin d’elle dans un monde planifié.

A l’évidence, pour et par toutes les bonnes consciences avides de stéréotypes. Qu’au moins les esprits libres tentent d’échapper à cette malédiction !

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Tout a été dit, grâce à la multitude de réponses, sur ce billet consacré à Eric Zemmour. Aussi vous me pardonnerez d’estimer que le débat est clos et donc de fermer l’accès aux commentaires sur ce post précis. Pas de censure, juste un afflux impossible à gérer sauf à y passer jour et nuit.

Voir également:

On ne voit que ce qu’on regarde
Eolas
25 mars 2010

Les sciences exactes ne servent pas qu’à empêcher les adolescents d’être heureux au collège. Elles apprennent la rigueur. Et l’économie, si elle n’est pas une science exacte, utilise ces sciences pour étudier le comportement humain avec cette rigueur.

Et s’il est une leçon que l’économie donne à tous, c’est précisément de se méfier des fausses évidences, des erreurs de corrélation (croire que si A et b augmentent simultanément c’est que A et B sont liés), et de rechercher les vraies causes d’un phénomène.

Deux ouvrages vous en feront la démonstration : “Freakonomics”, de Steven D. Levitt et Stephen J. Dubner, traduction Anatole Muchnik (qui notamment vous démontrera que la plus spectaculaire baisse de la criminalité aux États-Unis n’a rien à voir avec la politique de “tolérance zéro” de M. Giuliani, mais doit tout à une jeune fille de 21 ans qui ne voulait pas être enceinte), et “Sexe, drogue… et économie : Pas de sujet tabou pour les économistes !”, par mes amis Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia, auteurs du blog “Econoclaste”.

Cette sagesse des économistes est fort utile au juriste, plus intéressé aux conséquences du comportement des hommes qu’à ses causes. Et même les plus estimables d’entre eux peuvent parfois s’égarer.

Et c’est à mon sens ce que fait l’avocat général Philippe Bilger, dont mes lecteurs savent le respect teinté d’admiration que j’ai pour lui, respect et admiration que ce désaccord laisse intacts, tout comme je sais qu’il goûte trop au plaisir de la contradiction pour me tenir rigueur de la lui porter ici.

Tout commence avec les déclarations à l’emporte-pièce, pardonnez le pléonasme, d’Éric Zemmour à l’émission produite et présentée par Thierry Ardisson sur canal+, “Salut les Terriens”. Le polémiste déclarait qu’il était normal que la police controlât plus volontiers l’identité d’individus typés noirs ou maghrébins, car “la majorité des trafiquants de drogue sont eux-même noirs ou maghrébins, c’est un fait”. J’attire votre attention sur ces quatre derniers mots, qui constituent l’intégralité de la démonstration de M. Zemmour, et probablement une des argumentations les plus développées qu’il ait jamais produite.

Les propos ont fait scandale, c’était d’ailleurs leur but. Le CSA a réagi, mal, comme d’habitude, la LICRA a menacé d’un procès, comme d’habitude, avant d’y renoncer après avoir reçu une lettre d’excuse, comme d’habitude.

Mais c’est avec un certain regret que j’ai vu un esprit d’une autre envergure voler à son secours, en la personne de monsieur Philippe Bilger, avocat général à la cour d’appel de Paris.

Un petit mot ici pour rappeler qu’un avocat général n’est pas plus avocat qu’il n’est général. C’est un magistrat du parquet d’une cour d’appel, dont les fonctions consistent plus particulièrement à requérir aux audiences et spécialement devant la cour d’assises. On ne l’appelle donc pas “maître”, mais monsieur, comme tous les magistrats, sauf les dames, bien évidemment.

Dans un billet sur son blog, l’avocat général vole au secours du polémiste qui en a bien besoin, en tenant, sur l’affirmation litigieuse, les propos suivants :

En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce “fait”, la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des “trafiquants” ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n’est point besoin d’aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder.

On voit d’entrée l’habileté du rhéteur, qui d’emblée laisse entendre que toute personne qui contesterait cette affirmation serait de mauvaise foi. Ça tombe bien, je suis avocat, la mauvaise foi, ça me connaît, et les audiences correctionnelles, j’y assiste, sans doute plus souvent qu’un avocat général, et je suis même pas trop mal placé.

Et je confirme que pour les audiences de “service général”, vols, violences et petit trafic de stupéfiant, les prévenus ont des noms qui évoquent les sommets de l’Atlas, l’immensité du Sahara ou les grands fleuves serpentant dans d’impénétrables forêts. Curieusement, c’est nettement moins le cas aux audiences économiques et financières ; il n’y avait qu’un arabe dans l’affaire Clearstream, et ce n’était même pas un maghrébin, mais ce doit être une décimale flottante qui fausse les statistiques.

Car le vice du raisonnement saute d’emblée aux yeux. S’il semble acquis, puisque ni le grand magistrat ni le petit polémiste ne contestent que la police contrôle plus volontiers noirs et arabes -et je confirme que sur ces trente dernières années, je n’ai fait l’objet que de deux contrôles d’identité sur la voie publique ou dans l’enceinte du métro, tandis qu’un estimable confrère d’origine martiniquaise a remarqué qu’il devait exhiber sa carte d’identité une fois par mois-, il ne faut pas s’étonner qu’ils soient plus nombreux dans le box. C’est confondre cause et conséquence.

En outre, il faut rappeler une autre évidence : n’est prévenu que celui que le parquet décide de poursuivre. Il n’y a pas tirage au sort dans une population homogène : chaque dossier est étudié, au pas de charge, par un parquetier débordé qui en quelques minutes va décider en cochant une case s’il y a lieu à classement après rappel à la loi, alternative aux poursuites, CRPC ou citation devant le tribunal (je mentionne pour mémoire l’ouverture d’une instruction tant qu’elle existe). Il y a donc un filtre totalement subjectif : cette décision repose sur des critères qui n’ont jamais à être motivés, certains objectifs (existence d’antécédents judiciaires au casier, gravité exceptionnelle des faits), d’autres moins (instructions générales du chef du parquet : mettre la pression sur tel type de délits plutôt que tels autres), et les derniers enfin beaucoup moins : le pifomètre qui va diriger le stylo ver telle ou telle case après un bref moment d’hésitation les sourcils froncés.

Je ne dis pas que les parquetiers soient mus par des réflexes xénophobes : simplement ils prennent rapidement une décision non motivée. Tirer des conclusions de données statistiques passés par un tel filtre ne peut que mener à des erreurs.

Donc tout citoyen de bonne foi se rendant à une audience correctionnelle, exercice que je lui conseille ardemment, saura qu’il ne doit rien déduire de la couleur dominante dans le box.

Car c’est triste mais c’est ainsi, il y a des détails qui sautent aux yeux, et la couleur de la peau en fait hélas partie, mais d’autres auxquels on ne fait pas attention. Je pense en effet que les deux tiers des prévenus à une audience ordinaire sont typés noirs ou maghrébins (ce qui ne les empêche pas d’être le plus souvent français). Une prédominance de 66%, nonobstant les biais qui faussent la population statistique que je viens de détailler, peut sembler néanmoins pertinente et représentative, du moins dans les juridictions des grandes villes où se trouvent les population d’origine immigrée depuis les Trente Glorieuses (je pense que le tribunal correctionnel de Guéret voit moins de prévenus noirs que celui de Bobigny, tandis que celui de Fort-de-France en verra sans doute plus).

Soit, mais il y a une autre prédominance, que je pense supérieure à 95%, qui a fortiori apparaît encore plus pertinente et dont personne, et spécialement M. Zemmour, ne semble vouloir tirer de conclusion.

95% des prévenus, et c’est un minimum, sont des hommes. Le sexe semble être un critère beaucoup plus pertinent pour repérer les délinquants potentiels, mais M. Zemmour ayant pour les hommes les yeux de Chimène, il semble balayer ce critère d’un revers de main. La sociologie juridique a des limites.

Mais il demeure ce fait : en région parisienne et dans les grandes villes, la population noire et maghrébine se taille la part du lion dans le box des prévenus, avec les gitans pour les juridictions du sud de la France. Aucune statistique fiable n’existe, puisque tout traitement de données sur des bases ethniques est interdit comme contraire à la Constitution (CC, décision n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007), ce qui laisse, effet pervers, la part belle aux préjugés et à l’argumentation selon laquelle les bien-pensants préfèrent se voiler la face.

Admettons le principe de cette sur-représentation et demandons-nous pourquoi elle existe.

C’est là que mes modestes connaissances peuvent servir. Ces prévenus, je les défends. J’ai accès au dossier, je m’entretiens avec eux, je fouille un peu dans leur vie pour chercher des moyens d’éviter la détention. Et pour le passage à l’acte, je constate que les mêmes critères réapparaissent avec une constance inébranlable.

Et d’emblée, le cliché du parasite cynique, qui hait la France et se croit tous les droits de s’emparer de ce que bon lui chante parce que nous sommes trop gentils avec lui, est tout simplement inexistant.

Le délinquant type gibier de correctionnelle (en excluant la délinquance routière qui est un cas à part, une délinquance d’honnêtes gens, bien intégrés et ayant un métier, et qui d’ailleurs est traitée différemment) est un homme, je l’ai déjà dit, plutôt jeune, pauvre, issu d’une famille pauvre, sans formation, ayant souvent abandonné l’école dès 16 ans, au chômage ou connaissant la précarité du travail, trimballé de “plate-forme de mobilisation” (oui, c’est un terme tout à fait authentique de la novlangue de Pôle Emploi) en formations inadaptées. Quand il a le droit de travailler, ce qui n’est pas le cas d’un étranger en situation irrégulière (soit dit en passant, dépouiller un homme de son droit de travailler est une des plus grandes atteintes à sa dignité qui se puisse commettre, et c’est l’État qui le commet en notre nom). L’alcool ou la drogue (le cannabis, le plus souvent) sont souvent présents, pour l’aider à tenir dans cette vie sans espoir de s’en sortir, et sont parfois la cause de la délinquance (énormément de petits dealers font ça uniquement pour financer leur consommation, et ce sont ces amateurs qui sont des proies faciles pour la police).

Allez à une audience de comparutions immédiates, vous entendrez la litanie des enquêtes de personnalité, vous verrez si je dis vrai (à Paris, du lundi au vendredi à 13h30, 23e chambre, escalier B, rez de chaussée, le samedi à 13h30 dans les locaux de la 25e chambre, escalier Y, rez de chaussée, entrée libre, c’est gratuit).

Mettez un homme, quelle que soit son origine, sa race, ou sa religion, dans cette situation, et vous en ferez probablement un délinquant. Or ce portrait robot correspond majoritairement à des personnes issues de familles noires et arabes, venues travailler en France dans la seconde moitié du XXe siècle où la France manquait de main d’œuvre et touchées de plein fouet par la crise.

Et tout ce que retiennent Eric Zemmour et Philippe Bilger, c’est l’origine ethnique des délinquants, comme si elle était pertinente. C’est s’arrêter à la surface. Et pointer du doigt toute une population qui partage ce trait physique majoritaire chez les délinquants. Comme si elle avait besoin de ça.

Regardez donc les grands criminels, ceux qui peuplent les assises, ceux qui violent ou tuent. Marc Dutroux est-il arabe ? Michel Fourniret et Monique Olivier sont-ils noirs ? Francis Heaulme ? Didier Gentil ? Marcel Petiot ? Patrick henry ? Yvan Colonna ? Les tueurs de l’ETA ? Ou sans aller chercher les grands criminels, Céline Lesage, Véronique Courjault, Marc Cécillon puisqu’il faut bien que je parle encore un peu de rugby ? On me rétorquera Youssouf Fofana et Omar Radad ; mais je n’affirme nullement que les noirs et les arabes sont à l’abri du crime. Mais ôtez le moteur de la pauvreté et du désespoir social (et le crime de Fofana, avant d’être raciste, est avant tout crapuleux), et miracle, la part de la population pauvre diminue instantanément. Il n’y a pas de gène de la criminalité. En est-on à devoir rappeler de telles évidences ?

C’est aussi à mon sens des facteurs sociaux qui expliquent la si faible part des femmes dans la délinquance. La société repose encore sur l’image qu’un homme doit gagner sa vie voire celle de sa famille. Une femme qui gagne sa vie a du mérite, un homme, non, c’est ce qu’on attend de lui, depuis la préhistoire où il partait chasser le mammouth. Pour un homme, ne pas avoir cette perspective est humiliant : cela pousse au mépris de soi, et quand on se méprise on ne peut respecter les autres, et à trouver des expédients pour avoir de l’argent. Les femmes d’une part n’ont pas cette pression sociale, et d’autre part ont immédiatement à l’esprit que pour avoir un travail, elle devront étudier. D’où leurs meilleurs résultats à l’école dès le primaire et leur part de plus en plus importantes dans les études supérieures (les écoles d’ingénieurs étant le dernier bastion des mâles, mais les murs s’effritent chaque année, courage mesdames !). La faculté de droit est tombée depuis longtemps, pour mon plus grand bonheur (Ah, les amphis au printemps, quand les beaux jours reviennent : comment s’intéresser aux servitudes et à l’exception de litispendance dans ces conditions…?)

Les box des tribunaux correctionnels ne sont pas remplis de noirs ou d’arabes. Ils sont remplis de pauvres désespérés. C’était déjà le cas il y a un siècle, quand le blanc était la couleur dominante.

La France n’a pas échoué à intégrer les populations qu’elle a fait venir d’Afrique ces cinquante dernières années. Elle n’a même pas essayé. C’est cela que la couleur des prévenus nous rappelle à chaque audience. C’est que pas un seul d’entre eux, bien que né en France, n’a pensé une seule seconde qu’il avait une chance de devenir lui aussi médecin, avocat, juge, journaliste au Figaro ou avocat général.

La honte est sur nous et pas sur eux.

Voir enfin:

L’esprit de Voltaire
Gascogne
mars 2010

Je n’aime pas ce qu’écrit Philippe BILGER. J’ai commenté dés les premiers jours de son blog son premier article, en faisant déjà montre d’un certain pessimisme, trop vite conforté, pour avoir lu quelques unes de ses œuvres. J’ai rapidement arrêté de le lire, voyant que le mal était trop profond. Trop d’égocentrisme. Trop de certitudes. Trop de plaisir à cracher dans la soupe. Ou comme disait ma grand mère, trop de bonheur à pisser contre le sens du vent. Je ne suis même pas d’accord avec le Maître des lieux lorsqu’il ne le critique qu’avec un respect teinté d’admiration, mais vous savez comment j’ai pu rater mon UV diplomatie, à la faculté. Je ne respecte que peu les gens qui vous regardent de haut, enrobés de leurs certitudes. En bref, ceux qui se pensent supérieurs, mais qui enrobent leurs analyses cruelles d’une fort belle plume.

Je ne suis pas pour autant persuadé que cela me donne un quelconque crédit pour le défendre, et pourtant, c’est bien ce que je souhaite aujourd’hui faire. Car une fois de plus, j’ai survolé son article (je les lis rarement en entier, mais lorsque je vois sur mes fils RSS un article sur la justice, j’ai du mal à résister). Et une fois de plus, j’étais en désaccord quasi complet avec lui. Son propos souffre à mon sens, et sans aller aussi loin dans les analyses qu’Eolas ou SLL, de deux défauts majeurs : il applique, comme à son habitude, une analyse parisiano-parisienne à l’ensemble de la justice française, et il nous ressort l’habituel argument du Front National : le chroniqueur radio est puni car il ose dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Alors pourquoi faire un billet sur mon nouvel ami P. BILGER ? Parce que je viens d’apprendre qu’il était convoqué par son supérieur hiérarchique pour son billet sur Eric ZEMMOUR.

Et là, je dois reconnaître que je ne comprends plus. Depuis le temps qu’il écrit sur internet (5 ans, si je ne m’abuse), il a marqué de tous les défauts que je lui reconnais l’empreinte de son blog. N’avait-il pas affirmé que l’ancienne Garde des Sceaux n’avait pas été engagée pour ses compétences ? N’avait-il pas tenu des propos plus qu’indignes sur les compétences des magistrats, qui hormis lui, étaient tout sauf aptes à s’exprimer, voire à exercer ? Et je ne vous parle même pas du scandaleux corporatisme des magistrats et de leurs syndicats représentatifs (c’est vrai, de quel droit un syndicat intervient-il dans l’intérêt professionnel de ses membres ?).

Et y avait-il eu la moindre réaction de la Chancellerie ? Non, arrei, queutchi, nada, nenni, rien… Certes, il prenait bien souvent la défense du Président de la République, mais tout de même…

Et aujourd’hui, il tient, dans des termes comme d’habitude fort bien écrits, et surtout très aménagés à la susceptibilité de ses lecteurs, des propos qui déplaisent au pouvoir, ou à tout le moins à sa hiérarchie, et d’un coup, celle-ci redécouvre tous les bienfaits du devoir de réserve ? L’association des jeunes magistrats avait d’ailleurs en son temps édité un très bon article sur le devoir de réserve des magistrats, mais on ne le trouve malheureusement plus sur le site (si un des membres de l’association me lit…). Et il se déduisait assez naturellement de leur analyse que le devoir de réserve ne devait pas se confondre avec un droit de censure absolu.

Dans une période où je reste persuadé que l’on tente de museler au maximum les magistrats, qu’ils soient judiciaires, administratifs ou financiers, où les réformes, sur la suppression du juge d’instruction, sur la prescription, sur la nouvelle procédure pénale, n’ont pour but que de tenir un peu plus encore un corps d’État qui n’est pourtant pas réputé pour son esprit révolutionnaire, faire taire un magistrat qui s’exprime haut et fort me semble un bien mauvais signe. Un de plus.

Car après mon ami Justicier Ordinaire, il me semble que la Chancellerie, sans l’accord de laquelle j’ai du mal à imaginer l’intervention du procureur Général de Paris, poursuit son grand nettoyage. Et j’ai beau ne pas apprécier la voix si particulière de Philippe BILGER, j’apprécie encore moins qu’on la fasse taire.

Alors oui, M. BILGER, je suis sans doute à l’opposé de vos conceptions de la justice, de ses membres, de vos conceptions politiques, de votre amour pour ceux qui ne vivent que de la provocation. Mais pour plagier nos lointains aïeux, je ne pense pas comme vous, mais je ferai tout pour que vous puissiez continuer à exprimer vos idées (encore que la citation soit, paraît-il, apocryphe).


Libertés: Zemmour répond à ses détracteurs (Let’s get real on immigration)

25 mars, 2010
zemmour.jpgEn France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons, impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas encore en parler. Christian Delorme (dit "le curé des Minguettes")
Osons donc ce que Sopo interdit ; réintroduisons le réel dans le débat récent autour de l’immigration. Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d’état civil sont frauduleux en Afrique. Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état civil ; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l’étranger en 2005 ; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %. En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français. En 2005, ils sont 12 457. Onze fois plus. L’amour, bien sûr Sopo!
En vérité, c’est l’échec de l’intégration qui nourrit l’immigration d’aujourd’hui. Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s’ignorent ou se détestent : « Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les caifrans ». Et l’insulte suprême est : « Sale Français ! » Les enfants juifs sont interdits d’école publique dans nombre de banlieues et sont contraints de se replier sur les écoles confessionnelles. Les bandes ethniques s’affrontent à la gare du Nord. Lors de la présidentielle, on a vu à l’oeuvre un terrifiant vote ethnique, comme l’a justement noté Jérôme Jaffré (Le Monde du 8 juin) : 94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy. Eric Zemmour (2007)
Il y a quelques années, une enquête commandée par le ministère de la justice, pour évaluer le nombre d’imans nécessaires, évaluait le pourcentage de «musulmans dans les prisons» entre 70 et 80%. En 2004, l’islamologue Farhad Khosrokhavar, dans un livre «L’islam dans les prisons ( Balland) confirmait ce chiffre. En 2007, dans un article du Point, qui avait eu accès aux synthèses de la Direction Centrale de la Sécurité Publique ( DCSP) et de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) on évaluait entre 60 et 70% des suspects répertoriés issus de l’immigration. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la direction centrale des RG relevait que 85% de leurs auteurs sont d’origine maghrébine. Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes, établissaient que 87% étaient de nationalité française; 67% d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. La «plupart» est donc, au regard de ces chiffres, le mot qui convient. Eric Zemmour

Suite aux rumeurs, depuis démenties, de mise à pied du journaliste et chroniqueur Eric Zemmour pour avoir osé mentionner le secret de polichinelle de la surreprésentation des Français d’origine étrangère dans les statistiques de criminalité …

A lire, sa lettre à la LICRA qui avait porté plainte contrer lui, où il rappelle les chiffres existants confirmant son affirmation …

La réponse d’Eric Zemmour à la LICRA: pas d’excuses mais des chiffres!

Rebelles.info
23 mars 2010

Contrairement à un mensonge colporté par le site du Nouvel Observateur et du Parisien Eric Zemmour ne présente aucunement ses excuses à la Licra. Mieux, il répond par des chiffres à la polémique sur l’origine éthnique des délinquants.

Monsieur le Président,

Je fais suite à notre rencontre à l’instigation de mon avocat, Olivier PARDO. Cette rencontre nous a permis de nous rendre compte qu’il y avait bien eu un malentendu et une confusion non seulement dans la reprise de mes propos par les médias, mais également dans l’analyse qui a pu ensuite en être faite et qui a conduit à ce déchainement médiatique à mon encontre.

En effet, je n’ai jamais dit contrairement à ce qui a pu être colporté dans les médias que «tous les délinquants sont Arabes et noirs», mais que «la plupart des délinquants sont Arabes et noirs.»

Ma volonté n’a jamais été de stigmatiser « les noirs ou les arabes » comme des délinquants, mais si cette phrase, sortie de tout contexte, a pu heurter, je le regrette.

La mise en scène tout de gouaille cynique d’un Ardisson sur Canal +, qui prévient d’avance par un panneau comme dans les dessins animés de Tex Avery : «Attention, Zemmour dérape», et qui mime un effarement scandalisé d’autant plus surjoué qu’il est enregistré et inséré a posteriori, tandis que pendant l’émission, il avait pris un air patelin, pour me glisser à l’oreille : «tu as un rôle très important dans la société de dire les vérités qui dérangent…Ne t’inquiète pas, je te protégerai au montage…» Car si mes propos étaient si infâmes à ses yeux, que ne les a-t-il coupés au montage ?

D’autres sont allés plus loin. J’aurais déclaré : «tous les Arabes et noirs sont délinquants.» C’est ainsi que l’a pris – ou a voulu le comprendre- un membre éminent du CSA, Rachid Arhab, qui a rétorqué à la cantonade : «on peut être Arabe et membre du CSA». Mais était-ce le sujet ? Des journalistes m’ont même demandé si j’avais voulu dire qu’ils «étaient délinquants parce qu’arabes et noirs». Et ils se sont étonnés que je refuse de leur répondre.

Je n’ai bien entendu pas voulu dire tout cela. Je connais trop la souffrance réelle de mes compatriotes «Arabes et noirs», honnêtes travailleurs, parents intègres, qui se sentent «salis» par les exactions des bandes de jeunes gens qui ont la même origine qu’eux. Je le sais d’autant mieux qu’avec mon patronyme, je me souviens du temps pas si lointain – les années 70- où une bande de truands célèbres – les frères Zemour – défrayaient la chronique criminelle, la honte dans les yeux de mon grand-père; et accessoirement, l’attente interminable dans les aéroports pour la vérification vétilleuse – et sans ordinateur- de mon identité. Mon grand-père souffrait en silence pour «son nom traîné dans la boue», mais il n’a jamais prétendu que nos homonymes n’étaient pas des brigands de grand chemin !

On a volontairement oublié que ma désormais fameuse phrase n’était qu’une réponse aux arguments développés par les autres intervenants selon laquelle «la police n’arrête que les Arabes et noirs». Cette double «stigmatisation» – et de la police républicaine – et des «Arabes et noirs» ne choque personne. Les «Arabes et noirs» peuvent être distingués du reste «de la communauté nationale» s’ils sont héros ( le livre de Thuram exaltant les héros noirs) ou victimes. Dans tous les autres cas, il est infâme de les distinguer. Cette injonction universaliste conviendrait assez bien à mon tempérament assimilationniste. J’ai tendance à ne voir dans tous les Français que des enfants de la patrie, sans distinction de race ni de religion, comme dit le préambule de notre Constitution.

Mais voilà que l’on me reproche aussi cette position, que l’on juge désuète, très IIIème République, exhalant un fumet néo-colonialiste. Au nom du droit à la différence, de la modernité, on doit pouvoir exalter ses racines et l’enrichissement d’une société multiculturelle. Mais quand vous avez l’outrecuidance de montrer l’envers de ce décor riant, on redevient furieusement universaliste !

J’ai eu le malheur d’ajouter : c’est un fait ! J’aurais sans doute dû ajouter «malheureusement». Je ne me réjouis ni pour eux ni pour la société française; mais l’autruche n’est pas mon modèle. On me rétorque un peu facilement qu’il n’y a pas de statistiques ethniques pour prouver mes dires. Pourtant, devant une commission parlementaire du Sénat, Christian Delorme, surnommé «le curé des Minguettes», ne déclarait il pas : « en France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons, impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas encore en parler.»

Il y a quelques années, une enquête commandée par le ministère de la justice, pour évaluer le nombre d’imans nécessaires, évaluait le pourcentage de «musulmans dans les prisons» entre 70 et 80%. En 2004, l’islamologue Farhad Khosrokhavar, dans un livre «L’islam dans les prisons ( Balland) confirmait ce chiffre. En 2007, dans un article du Point, qui avait eu accès aux synthèses de la Direction Centrale de la Sécurité Publique ( DCSP) et de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) on évaluait entre 60 et 70% des suspects répertoriés issus de l’immigration. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la direction centrale des RG relevait que 85% de leurs auteurs sont d’origine maghrébine. Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes, établissaient que 87% étaient de nationalité française; 67% d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. La «plupart» est donc, au regard de ces chiffres, le mot qui convient.

Mes contempteurs pourraient d’ailleurs me rétorquer que ces chiffres prouvent bien que les personnes issues de l’immigration sont défavorisées, puisque depuis Victor Hugo, on sait bien que c’est la misère qui crée la délinquance. On pourrait aussi rappeler que dans tous les pays d’immigration, les derniers arrivés donnent souvent les gros effectifs à la délinquance – Irlandais dans l’Amérique du XIXème siècle, Marocains dans l’Israël des années 50, Russes aujourd’hui. Ces arguments ne sont d’ailleurs pas sans fondement, mais on ne me les présente nullement. On exige seulement que je me taise.

On me reproche aussi de contester le principe de «discrimination». Mais je continue de penser que le concept même de «discrimination» est dangereux, qu’il pousse à la délation et l’irresponsabilité. Depuis quand n’a-t-on plus le droit en France de contester le bien fondé d’une loi ? Cette question des discriminations est potentiellement explosive dans un pays égalitaire comme la France. Quand certains grands patrons déclarent qu’ils n’embaucheront plus désormais que «des gens issus de l’immigration, et en tout cas pas des mâles blancs», c’est aussi une discrimination, mais personne ne s’en soucie. C’est pour éviter ces querelles sans fin que j’explique que <la discrimination, c’est la vie>, c’est à dire la liberté de choix. Il faut traiter les problèmes réels autrement. En tout cas, on peut en débattre dans un pays libre.

Il existe aujourd’hui une ambiance délétère dans le débat démocratique français. Le pays de Voltaire :« je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puisiez le dire » devient le pays de Torquemada qui tue l’hérétique pour sauver son âme. Pourquoi les journalistes qui prétendent faire un portrait de moi, s’empressent ils de demander à mes employeurs s’ils me garderont leur confiance ? Il y a aujourd’hui en France une ambiance Mac Carthyste qui réclame «l’interdiction professionnelle» comme exutoire des dérapages. C’est ma mort sociale qui est réclamée.

Notre rencontre a eu le mérite d’ouvrir un dialogue qui je l’espère pourra se prolonger, hors de l’enceinte d’un tribunal.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments distingués.

Eric ZEMMOUR

Voir aussi:

Immigration: le réel interdit
Eric Zemmour
Le Monde
12.10.07

Réplique d’un « réactionnaire » au président de SOS-Racisme

Il a posé sur son petit bureau ses petites armes de petit flic de la pensée. Il a tiré, dans Le Monde du 29 septembre. Mollement. « Réactionnaire », dit-il ; et puis, « il parle comme Le Pen » ; et puis encore « il a peur, Zemmour ». La routine. Dominique Sopo n’est pas très inventif. Pauvre Sopo, présidence de SOS-Racisme, ça eût payé. Jadis entre Coluche et Simone Signoret ; désormais médiocre collecteur de subventions, et gendarme sifflant les « dérapages sur l’immigration ». Gendarme de Saint-Tropez.

Même pas peur ! Les temps changent. Il s’en plaint. Comme un vulgaire réactionnaire. Mais un réactionnaire préfère les chansons d’Aznavour et Brel à celles de Joey Starr ou Cali. Les rentrées littéraires avec Aragon, Mauriac, ou Jacques Laurent, plutôt qu’avec Christine Angot ou Amélie Nothomb. Déteste l’architecture de l’après-guerre. Donnerait trente années de FIAC pour un seul tableau de Vermeer. Ne croit pas que « le niveau monte à l’école ». N’associe pas spontanément le « langage caillera » à Rimbaud. Ne s’extasie pas devant les familles recomposées. A la nostalgie du temps où la France était « la grande nation ». Bref, un réactionnaire est un homme sans goût ni raison qui mérite les camps de rééducation. Un criminel.

On peut le rassurer, Sopo en est loin. Sa pensée est simple, voire tautologique : ce sera mieux demain. Pourquoi ? Parce que ce sera demain. Sopo est un progressiste. On allait dire à l’ancienne. Mais on ne voudrait pas le vexer. Sopo ne s’est pas aperçu que la religion du progrès était morte dans les tranchées de 1914. Il n’a qu’un siècle de retard. Sopo ne sait pas qu’on a lu Pierre-André Taguieff ; on a bien compris que le progressisme antiraciste n’était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Komintern dans les années 1930. « Tout anticommuniste est un chien », disait Sartre. Tout adversaire de l’antiracisme est pire qu’un chien. En tout cas, dit Sopo, ne devrait pas être invité à la télé. La télé, c’est important pour Sopo. C’est vrai, on ne l’y voit pas assez. Amis producteurs, faites quelque chose !

Pendant vingt ans, l’antiracisme, Sopo le reconnaît lui-même, a régné en maître sur nos esprits. Alors, faisons son bilan. Le multiculturalisme qui remplace l’assimilation ; l’ethnicisation des questions sociales plutôt que la lutte des classes ; la déconstruction du roman national remplacé par la concurrence victimaire ; la haine institutionnalisée de la France autour de la figure totémique de Dupont Lajoie.

IDIOTS UTILES DU CAPITALISME

L’antiracisme fut le rideau de fumée qui occulta la soumission socialiste aux forces libérales. Les antiracistes ont avec la finance internationale un point commun essentiel : le refus des frontières. Avec les progressistes de tout poil, ils ont détruit les derniers obstacles à la toute-puissance du marché : famille traditionnelle, nation, Etat. Les premiers servent les intérêts de la seconde. Idiots utiles du capitalisme.

Osons donc ce que Sopo interdit ; réintroduisons le réel dans le débat récent autour de l’immigration. Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d’état civil sont frauduleux en Afrique. Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état civil ; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l’étranger en 2005 ; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %. En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français. En 2005, ils sont 12 457. Onze fois plus. L’amour, bien sûr Sopo !

En vérité, c’est l’échec de l’intégration qui nourrit l’immigration d’aujourd’hui. Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s’ignorent ou se détestent : « Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les caifrans ». Et l’insulte suprême est : « Sale Français ! » Les enfants juifs sont interdits d’école publique dans nombre de banlieues et sont contraints de se replier sur les écoles confessionnelles. Les bandes ethniques s’affrontent à la gare du Nord. Lors de la présidentielle, on a vu à l’oeuvre un terrifiant vote ethnique, comme l’a justement noté Jérôme Jaffré (Le Monde du 8 juin) : 94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy.

Mais tout cela n’existe pas. Vous avez rêvé, braves gens. Tout va très bien, Madame la Marquise. C’est Dominique Sopo qui vous le chante. En lisant Sopo, j’ai compris que je n’étais qu’un prétexte. Sopo en veut au peuple français d’avoir voté pour des « députés extrémistes » (il parle d’élus UMP, pas de chemises brunes). Et aussi sans doute, un président extrémiste. Il reproche surtout aux « compagnons de route antiracistes » de rester silencieux. C’est triste de se retrouver seul. Mais peut-être les compagnons de route sont-ils sidérés par cette réalité que je décrivais à gros traits. Naïveté stupide de réactionnaire borné.


Identité nationale: Cachez ces chiffres que je ne saurai voir (No numbers, please, we’re French!)

29 décembre, 2009
Profiling folliesNobody's illegal (mural, France, 2005)
Foreign-born youths (France: 1968-2005)Dans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste. Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. Lord Carlile
Ce qu’ils ont fait avant avec les Juifs, ils le font maintenant avec nous. Jeune berlinois d’origine libanaise (primé par le SPD en 2006)
En 1979, il y avait tous les jours des manifestations. Tous les jours, les islamistes mettaient des cadavres de moutons ensanglantés dans des linceuls (simple drap blanc qui couvre le corps d’un défunt) en criant au « martyr » ou encore : « je tuerais, celui qui a tué mon frère ». Trompés par ces draps ensanglantés, de nombreux Iraniens ont rejoint la révolution avant d’apprendre plus tard qu’ils avaient pleuré des moutons qui ont fini en Kebab dans le ventre des mollahs. Iran-Resist
Les scanners "permettent de voir jusqu’aux parties génitales, si une femme a de gros ou de petits seins", s’est insurgé le social-démocrate bavarois Wolfgang Kreissl-Dörfler, qui voit là l’illustration de la "paranoïa des ministres de l’intérieur" des Vingt-Sept en matière de terrorisme. Le Monde (23.10.08)
Selon le rapport confidentiel que s’est procuré le Figaro, quelque 300 000 Africains pénètreraient chaque année clandestinement dans l’Union européenne. 80% d’entre eux utiliseraient les services d’organisations de trafiquants, dont les revenus pour ce type d’activité sont estimés à 300 millions de dollars, soit 237 millions d’euros, par an. (…) «Les groupes criminels d’Afrique de l’Ouest, en majorité nigérians, sont souvent décrits comme des réseaux, précise le rapport, les experts de chaque zone pouvant être associés rapidement à d’autres de manière transversale. [Une telle] flexibilité rend ces groupes extrêmement résistants à l’action des forces de l’ordre : il est virtuellement impossible de décapiter une organisation criminelle en Afrique, parce que sa structure est essentiellement horizontale. Le système du «havalah» est très fréquemment employé : ce mode traditionnel de transfert de fonds dans le monde arabe, qui se pratique par le biais d’intermédiaires et sans aucune trace écrite, permet notamment aux groupes criminels de racketter facilement les familles d’immigrants, en exigeant d’elles des sommes supplémentaires ou des recouvrements d’avances de paiement. Rapport ONUDC (2006)
Un chiffre étonnamment stable: contrairement à ce que l’on croit souvent, la proportion d’immigrés ne varie guère depuis le début des années 1980. Le Monde
Cet article du 4 décembre montre que les bons sentiments et la volonté pédagogique de redresser l’opinion publique qui pense mal conduisent à des catastrophes. Ils conduisent à piétiner la déontologie minimale de tout journaliste qui se respecte dont le devoir est d’informer et non de consoler ou de rassurer. Le Monde vient de faire la démonstration que les chiffres peuvent être manipulés et, à l’opposé de ses intentions sans doute, conforte ainsi ceux qui pensent que les médias ne disent pas la vérité sur la question de l’immigration. Michèle Tribalat
On a voulu rester sobre pour ne pas choquer les sensibilités de l’Insee, pour que ce soit publiable par eux mais ils ont pas envie de le traiter. Toute nouvelle avec des infos de type forte concentration au delà de ce qu’on aurait pu imaginer, l’Insee préfère ne pas informer plutôt que de risquer de publier une nouvelle sensible. Par peur de réveiller le racisme en France. Michèle Tribalat

A l’heure où, pour continuer à se cacher la vérité du terrorisme, nos aéroports vont devoir, comme nos policiers pour la délinquance, dépenser toujours plus de millions et de temps à fouiller toutes les petites grand-mère juives de la planète qui appellent au massacre des "croisés"

Et où, pendant qu’à la veille d’un nouvel ultimatum les mollahs nous refont "le coup des moutons" de 1979, l’omerta continue sur les quelque 300 000 Africains qui, via de véritables filières mafieuses avec complices dans les consulats européens, réseaux de soutien en Europe et toutes sortes d’activités parallèles (drogue, fraude, falsification, corruption de fonctionnaires, prostitution), pénètrent chaque année illégalement l’espace européen pour un trafic qui approchait les 240 millions d’euros en 2006 et des passages de 300 à 3000 euros …

Retour, avec la critique d’un article du Monde par Michèle Tribalat, sur l’une de nos exceptions si françaises, à savoir le tabou des chiffres ethniques.

Qui, quand il ne condamne pas les débats à des généralités aussi oiseuses que bien-pensantes, contraint nos rares médias qui tentent de les faire sortir à n’en retenir que ceux qui confortent la pensée unique et à soigneusement éviter ceux qui fâchent.

Ainsi, si l’on s’en tient à l’immigration officielle pour la seule France métropolitaine en n’explicitant jamais la disctinction "immigrés"/"étrangers"(sans compter les sous-estimations comme en 1999), il est effectivement tout à fait justifié de rappeler une énième fois que la "proportion d’immigrés ne varie guère depuis le début des années 1980" (de 7,4% en 1982 à 8% en 2006).

Pourtant, une réelle prise en compte de la réalité vécue par nombre de lecteurs, n’aurait-elle pas exigé de développer un peu plus la question de la perception commune qui y voit au contraire une augmentation du fait que les nouvellement naturalisés ne vont tout simplement pas changer du jour au lendemain d’apparence et surtout de comportement?

De même, s’il est effectivement vrai que "les nouveaux immigrés viennent de terres de plus en plus lointaines, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est", fallait-il, pour illustrer les origines en baisse, citer l’Algérie et la Tunisie et omettre le Maroc où la tendance est précisément inverse?

Enfin, connaissant la nature sensible du sujet, comment expliquer qu’une journaliste digne de ce nom ne prenne pas la peine non seulement de consulter mais de citer les avis divergents y compris parmi les chercheurs, ce qui lui aurait de plus évité l’actuelle polémique?

Michèle Tribalat au Monde: «Vérifiez vos chiffres sur l’immigration»
Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’Institut national des études démographiques, et spécialiste de l’immigration, a été choquée du traitement sinon manipulateur du moins maladroit des chiffres par Anne Chemin, journaliste du Monde. Elle réagit dans cette tribune, également envoyée au Monde, pour remettre un peu les faits sur leurs pieds. Marianne2.fr a proposé à Anne Chemin, journaliste auteur de l’article, de répondre ici même à Michelle Tribalat.

J’aimerais revenir sur le dossier du Monde du 4 décembre intitulé Le nouveau visage de la France, terre d’immigration.

Il y est écrit : « Sous l’effet de ces restrictions, les flux migratoires se stabilisent : la France compte 4 millions d’étrangers en 1982, 4,1 millions en 1990, 4,3 millions en 1999, 5 millions en 2006, soit entre 7,4 % et 8 % de la population française ».

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’étrangers mais d’immigrés. Autre précision, les chiffres cités sont ceux de la France métropolitaine. Mais passons.

Entre 1982 et 2006, l’augmentation, qui se produit presque entièrement sur la dernière période, est de 25%. Décrire cette évolution comme une stabilisation est proprement mensonger. L’indicateur de fécondité, qui est passé de 1,66 en 1993 à 2,0 aujourd’hui, d’après les chiffres publiés par l’Insee, s’est accru de 20 %. Qui oserait parler d’une stabilisation?

Voilà un graphique qui permet de connaître l’évolution de la proportion d’immigrés en France de manière un peu plus objective et qui couvre près de 100 ans, puisque l’article du 4 décembre n’hésite pas à remonter très loin en arrière.

Le commentaire honnête de cette évolution est, qu’après une phase de stabilisation qui dure, si l’on prend les chiffres des recensements au pied de la lettre, de 1975 à 1999, la France a renoué avec l’immigration étrangère, ce qui a porté la proportion d’immigrés à 8,2 % en 2006 (et non pas 8 %). On pourrait même ajouter qu’en 2006 la France connaît la proportion d’immigrés la plus forte de son histoire. Par ailleurs, il faut avoir une pratique cohérente des arrondis. Il faut choisir. C’est soit 7 % à 8 %, soit 7,4 % à 8,2 %, mais pas 7,4 % à 8 %.

(…)

Si l’on veut soutenir que la période 1982-2006 est une période de stabilisation, alors il faut déclarer qu’il ne s’est rien passé depuis la dernière guerre.

La vérité est que l’on a renoué, depuis le milieu des années 1990, avec un régime migratoire qui, en termes quantitatifs, a plus à voir avec le pic 1968-75 qu’avec les années précédentes. On se demande bien d’ailleurs comment la France aurait pu rester cette « terre de brassage » dont il est question dans l’article s’il ne s’était rien passé depuis la guerre. Il est vrai que, comme il est écrit, près d’un habitant sur quatre a, non pas un grand-parent, mais au moins un parent ou un grand-parent immigré. Je suis l’auteur de l’estimation (Tribalat M., « Une estimation des populations d’origine étrangère en 1999 », Population, 59 (1), 2004).

Le plus grave reste à venir.

L’infographie qui illustre l’article du Monde fait le départ entre les régions d’origine qui montent et celles qui baissent. Il y aurait donc trois régions qui monteraient (l’Afrique noire, la Turquie et l’Asie du Sud-Est) et trois régions qui baisseraient (l’Algérie, le Portugal et la Tunisie). L’emploi de l’article « les » ne laisse aucun doute sur l’exclusivité ou l’exemplarité de ces évolutions. L’emploi du temps présent en souligne l’actualité. On ne parle pas des régions qui ont monté ou qui ont baissé, mais des régions qui montent ou qui baissent.

Première critique: On ne peut parler de la période récente (ce que laisse entendre l’emploi du présent) en arrêtant la série à 1999, c’est-à-dire il y a dix ans.

Il n’est pas difficile d’avoir des données plus récentes, que l’on trouve en ligne sur le site de l’Insee pour le premier janvier 2005. Ce n’est pas 2009 mais enfin c’est moins vieux que 1999.

(…)

Pourquoi avoir oublié le Maroc ?
Pourquoi avoir tronqué la série, au prix de contresens absolus ?
Entre 1999 et 2005, le nombre d’immigrés d’Algérie au augmenté de 105 000 personnes, soit un accroissement de 18 %. Bon, c’est vrai que, pour Le Monde, au-dessous de 25 % c’est une stabilisation. Dans ce cas, pourquoi mettre en exergue des évolutions aussi plates que celle qui a affecté la population immigrée originaire de Tunisie ? D’après Le Monde, le nombre d’immigrés de Tunisie, qui passe de 202,5 milliers en 1982 à 201,5 milliers en 1999, a baissé (-0,5 %), alors que la population immigrée se stabilise en augmentant de 25 % !
Voilà un véritable exercice pédagogique de la part du Monde.

Quant à l’utilisation du solde migratoire, j’ai écrit de nombreuses fois ce que j’en pensais. Je n’y reviendrai pas. Que Le Monde, habituellement présenté comme le journal de référence en France, se soit livré à pareil montage est désespérant.
Cet article du 4 décembre montre que les bons sentiments et la volonté pédagogique de redresser l’opinion publique qui pense mal conduisent à des catastrophes. Ils conduisent à piétiner la déontologie minimale de tout journaliste qui se respecte dont le devoir est d’informer et non de consoler ou de rassurer.
Le Monde vient de faire la démonstration que les chiffres peuvent être manipulés et, à l’opposé de ses intentions sans doute, conforte ainsi ceux qui pensent que les médias ne disent pas la vérité sur la question de l’immigration. Cet article est manifestement l’illustration de ces mensonges qui entretiennent la méfiance dans l’opinion publique.

Mercredi 9 Décembre 2009
Michèle Tribalat – Démographe (INED)

Voir aussi:

Enquête
Le nouveau visage de la France, terre d’immigration
Le Monde
03.12.09

A l’heure de la controverse sur l’identité nationale, beaucoup feignent d’oublier que la France, depuis près de 150 ans, est une terre d’immigration. Au XIXe siècle, alors que ses voisins envoyaient des millions d’émigrants vers l’Amérique, la France accueillait déjà des travailleurs venus de toute l’Europe et cette politique s’est poursuivie tout au long du XXe siècle. Ce brassage qui a transformé en profondeur le visage de la France a fait de l’Hexagone l’un des pays les plus multiculturels du monde. La France, résume l’historien Gérard Noiriel, est ainsi devenue "l’Amérique de l’Europe".

Cette longue histoire a diversifié en profondeur l’origine des Français : selon les démographes Catherine Borrel et Patrick Simon, un quart des enfants de moins de 18 ans qui vivent sur le territoire français ont au moins un grand-parent maternel né à l’étranger. "La France, à la différence de ses voisins, est un vieux pays d’immigration, explique le démographe François Héran dans Le Temps des immigrés (Seuil, 2007). A de rares interruptions près, comme la crise des années 1930 ou le choc de 1974, elle accueille des migrants depuis le milieu du XIXe siècle."

En 1891, la France comptait ainsi plus d’un million d’étrangers venus de Belgique, d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne ou de Suisse. "Ils seront rejoints dans l’entre-deux-guerres par les Polonais, les Russes et les Arméniens, écrivent Catherine Borrel et Patrick Simon dans Histoires de familles, histoires familiales (INED, 2005). La reconstruction et le décollage économique des années 1950 et 1960 verront les flux d’émigration s’intensifier." La France des "trente glorieuses" accueille alors des Algériens, des Portugais, des Marocains et des Tunisiens.

Au début des années 1970, alors que la crise pétrolière se profile, l’immigration de travail qui avait nourri les flux migratoires de l’après-guerre est rigoureusement encadrée : suspension de l’immigration des salariés, instauration d’une politique de retours volontaires (le "million Stoleru"), expulsion de ceux que l’on n’appelle pas encore les sans-papiers.

Sous l’effet de ces restrictions, les flux migratoires se stabilisent : la France compte 4 millions d’étrangers en 1982, 4,1 millions en 1990, 4,3 millions en 1999, 5 millions en 2006, soit entre 7,4 % et 8 % de la population française. Un chiffre étonnamment stable : contrairement à ce que l’on croit souvent, la proportion d’immigrés ne varie guère depuis le début des années 1980. Associée à un taux de fécondité record – le plus élevé de l’Europe des Vingt-Sept -, cette stabilisation des flux migratoires fait aujourd’hui de la France une exception par rapport à ses voisins. Selon Eurostat, l’immigration contribue à hauteur de 20 % à la croissance de la population française, contre 60 % en Irlande, 70 % au Danemark, 75 % en Belgique et… 86 % en Espagne ! "Dans l’Europe des Vingt-Sept, la croissance démographique est principalement due à l’immigration, sauf en France, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne", constate Giampaolo Lanzieri dans une note d’Eurostat.

Si l’immigration s’est stabilisée, son visage, en revanche, s’est transformé. Aux jeunes célibataires venus du Maghreb pour travailler en usine dans les années 1970 se sont substitués peu à peu des femmes et des enfants accueillis dans le cadre du regroupement familial. "Au fil du temps, les raisons de migration ont changé et, depuis 1974, elles ont essentiellement trait à des motifs familiaux", soulignent Olivier Monso et François Gleizes, dans une étude publiée en novembre par l’Insee. Les pays d’origine, eux aussi, se modifient : les immigrés viennent de terres de plus en plus lointaines, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est.

Cette longue histoire de l’immigration française a donné naissance à un phénomène que la plupart de ses voisins ignorent : l’émergence de deuxièmes, voire de troisièmes générations d’immigrés. "Le reste de l’Europe, à l’exception de la Suisse et, dans une moindre mesure, de l’Allemagne fédérale, ne connaît pas au même degré ce phénomène, écrit François Héran dans Le Temps des immigrés. L’Angleterre a longtemps pratiqué des échanges intenses avec les pays du Commonwealth peu propres à stabiliser les secondes générations. Au sud de l’Europe, l’immigration est trop récente pour que le problème se pose."

Au fil des décennies, ces deuxièmes, voire troisièmes générations ont façonné en profondeur le visage de l’Hexagone, laissant croire à beaucoup de Français que l’immigration ne cessait de croître. Selon les travaux de Catherine Borrel et Patrick Simon, la France comptait ainsi, en 1999, 4,5 millions de descendants d’immigrés : la deuxième génération représentait alors 7,7 % de la population totale, soit presque autant que la première génération (7,4 %). Au total, sur les 58 millions d’habitants que comptait la France en 1999, près de 9 millions étaient soit des immigrés, soit des descendants d’immigrés.

L’origine de cette deuxième génération reflète l’histoire des vagues migratoires françaises : la deuxième génération italienne est de loin la plus nombreuse (22,6 %), devant l’algérienne (14,1 %), l’espagnole (12,9 %), la portugaise (10,4 %) et la marocaine (9,1 %). "On voit tout juste apparaître les deuxièmes générations d’Afrique subsaharienne et turque, qui, dans les années à venir, occuperont une place plus importante", soulignent Catherine Borrel et Patrick Simon. En 1999, elles ne représentaient respectivement que 5,6 % et 3,4 % des deuxièmes générations.

La singularité de la France réside dans cette longue histoire, qui a fait du brassage l’une des constantes de notre politique démographique : au fil des décennies, elle a créé des deuxièmes, des troisièmes, voire des quatrièmes générations qui ont diversifié l’origine des Français. "Près d’un Français sur quatre a au moins un grand-parent immigré et l’on arriverait sans peine à un Français sur trois avec une génération de plus", estime ainsi François Héran. Selon l’ancien directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED), l’immigration, sans être jamais massive comme elle l’est en Espagne depuis quelques années, a constitué une "infusion durable".

Anne Chemin
Article paru dans l’édition du 04.12.09

Voir également:

Droit de réponse du Monde sur la tribune de Michelle Tribalat
Nous publions ci-dessous un droit de réponse du Monde concernant la tribune de Michelle Tribalat éditée hier soir.

Droit de réponse du Monde sur la tribune de Michelle Tribalat

Dans un article intitulé « Michèle Tribalat au Monde : vérifiez vos chiffres sur l’immigration », Michèle Tribalat accuse Le Monde d’avoir, au nom des « bons sentiments », « manipulé » les chiffres afin de « redresser l’opinion publique ». Elle invoque, à l’appui de cette thèse, un certain nombre d’arguments d’une grande fragilité.

1/ Michèle Tribalat affirme que nous avons arrondi le chiffre concernant la part des immigrés dans la population, en 2006, en le situant à 8% alors qu’il atteint, selon elle, 8,2%. Il suffit de se référer à la page 294 de « France, Portrait social », un document rendu public le 13 novembre 2009, pour constater que ce chiffre est tout simplement celui de l’Insee. « Au 1er janvier 2006, écrit l’Institut, 5 millions d’immigrés vivent en France métropolitaine, soit 8% de la population. »

2/ Michèle Tribalat ajoute que le nombre d’immigrés a augmenté de 25% de 1982 à 2006 puisqu’il est passé de 4 à 5 millions. Il n’aura cependant pas échappé à Michèle Tribalat, puisqu’elle est démographe, que pendant la même période, la population de la France métropolitaine a, elle aussi, progressé, passant de 54,2 à 61,4 millions. Pour analyser la place des immigrés dans la société française, il était donc plus judicieux de suivre l’évolution de sa part en pourcentage dans la population que le nombre total d’immigrés. C’est ce que nous avons fait.

3/ Michèle Tribalat estime que nous travestissons la réalité en affirmant que la « proportion d’immigrés ne varie guère depuis le début des années 1980 ». Cette affirmation est pourtant extrêmement simple à justifier : comme le montraient les graphiques publiés dans la double page, la France comptait 7,4% d’immigrés en 1982, 7,4% en 1990, 7,4% en 1999 et 8% en 2006. La part des immigrés est donc passée, en vingt ans, de 7,4% à 8%. Libre à Michèle Tribalat de considérer qu’il s’agit d’une très forte augmentation. Dans cet article qui retraçait l’histoire de l’immigration depuis le XIXe siècle et non les tendances de ces dernières années, nous avons préféré écrire que la proportion n’a « guère varié ».

4/ Michèle Tribalat affirme que près d’un habitant sur quatre a, non pas un grand-parent, mais au moins un parent ou un grand-parent immigré. « Je suis l’auteur de l’estimation », poursuit-elle. En réalité, les chiffres que nous avons donnés sur l’origine des Français – un quart des Français de moins de 18 ans ont au moins un grand-parent maternel né à l’étranger – ne sont pas extraits d’une étude de Michèle Tribalat. Comme l’indiquait clairement l’article, ils sont issus d’un travail mené par le responsable de l’unité de recherche sur l’immigration de l’Ined, Patrick Simon, et la responsable de la cellule « Statistiques et études sur l’immigration » de l’Insee, Catherine Borrel. L’article indiquait même les références de ce travail (Histoires de familles, histoires familiales, Ined, 2005). Je comprends que Michèle Tribalat ait été un peu froissée que son étude ne soit pas citée mais j’imagine qu’elle comprendra aisément que pour cet article sur la diversification des origines des Français, nous nous soyons adressés à Patrick Simon et Catherine Borrel, auteurs en 2005 d’une étude intitulée « Les origines des Français ».

5/ Michèle Tribalat conteste les choix infographiques que nous avons fait en retenant, parmi les régions ou les pays d’origine qui montent, l’Afrique noire, la Turquie et l’Asie du sud-est, et parmi ceux qui baissent, l’Algérie, le Portugal et la Tunisie. Peut-être aurait-il fallu retenir le Maroc parmi ceux qui montent ou le Portugal parmi ceux qui baissent, mais nous ne pouvions, faute de place, les citer tous. Nous avons donc fait des choix qui, comme tous les choix, peuvent être discutés. Nul ne peut cependant nier que tous les pays placés dans la rubrique en baisse affichent des chiffres en recul et que tous ceux qui ont été placés dans la rubrique en hausse progressent.

6/ Michèle Tribalat n’a envoyé son texte ni à l’auteur de l’article, ni à la rédaction en chef du Monde, ni à la direction de la rédaction du journal. Elle s’est contentée d’envoyer un mail à la médiatrice du journal, mardi 8 décembre, à 14 heures, puis une version corrigée, mercredi 9 décembre, à 9 heures. Sans même attendre une réponse, sans nous donner l’occasion de discuter avec elle, sans écouter nos arguments, elle a transmis son texte à Marianne : Philippe Cohen, le rédacteur en chef de Marianne 2, nous a contactés, mercredi 9 décembre, à 11 heures. A ce moment-là, la médiatrice du journal, Véronique Maurus, qui reçoit jusqu’à 500 mails par jour, n’avait évidemment pas fini de lire les courriers de la veille. Que dire d’une méthode qui consiste à formuler les accusations les plus graves qui soient contre un journaliste – mensonge, montage, manipulation- le mardi à 14 heures pour transmettre ces accusations à Marianne, le lendemain matin, avant même que nous ayons pu lire son mail, la contacter, discuter avec elle et répondre à ses accusations ? Avait-elle vraiment envie d’ouvrir le débat ?

7/ Un mot, enfin, sur les pratiques de Marianne2. Si le Monde recevait des courriers formulant de graves accusations contre des journalistes de Marianne, imagine-t-on un instant qu’il les publie sur le site du Monde.fr et ce, avant même que la rédaction en chef de Marianne et les auteurs des articles incriminés aient eu le temps d’en prendre connaissance et d’y répondre ? Nous n’avons jamais adopté de telles pratiques.

Précision de Marianne2

Le point 7 de cette lettre concerne Marianne2. Nous comprenons l’émotion de l’auteur. Nous avons proposé à Anne Chemin de réagir immédiatement à l’article de Michelle Tribalat avant même de le publier. Si Anne Chemin avait répondu de façon positive, nous aurions reculé la publication de la tribune de Michelle Tribalat de façon à publier simultanément les deux points de vue. Nous ne souhaitions dans cette affaire que faire rebondir un débat souvent « interdit » sur la place de l’immigration dans la société française.

Jeudi 10 Décembre 2009
Anne Chemin – Le Monde

Voir de plus:

Les gros profits du trafic de clandestins africains
Le Figaro
Le 22 août 2006

LE TRAFIC d’immigrés clandestins vers l’Europe est un commerce florissant. C’est le constat dressé par l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), qui affirme que le phénomène est en plein essor et tente de prévenir l’action de mouvements criminels très organisés.

Début juillet au Maroc, le directeur-général de l’ONUDC, l’Italien Antonio Maria Costa, dévoilait à un parterre de responsables africains les résultats d’une longue enquête, conclue par une mission de terrain au Sénégal, au Mali, en Mauritanie, Gambie et au Sierra Leone, du 19 juin au 1er juillet.

Selon le rapport confidentiel que s’est procuré le Figaro, quelque 300 000 Africains pénètreraient chaque année clandestinement dans l’Union européenne. 80% d’entre eux utiliseraient les services d’organisations de trafiquants, dont les revenus pour ce type d’activité sont estimés à 300 millions de dollars, soit 237 millions d’euros, par an.

Derrière ces chiffres, une grande tragédie, insiste l’ONUDC. Chaque année, des dizaines de milliers d’Africains tentent l’aventure vers un improbable Eldorado. Un nombre indéterminé d’entre eux disparaît corps et bien dans le désert ou en mer, victimes de trafiquants peu préoccupés du devenir de leur «cargaison».

Les causes de ce flux, écrit encore l’ONUDC, sont faciles à tracer : quinze des vingt pays les plus développés du monde se trouvent en Europe, tandis que les vingt pays les moins développés se situent en Afrique, aux portes méridionales de la forteresse Europe. Et pendant que le reste de la planète gagnait en prospérité ces vingt dernières années, l’Afrique, elle, s’est appauvrie. Rebuté par la violence, la misère et le chômage, un nombre croissant de jeunes Africains échoue dans les bras de trafiquants peu scrupuleux, qui leur proposent diverses «solutions» pour atteindre l’Europe. Toutes sont très chères : les «forfaits» vont en moyenne de 300 à 3 000 euros, selon le point de départ, le point d’arrivée et la sophistication des moyens employés.

La première solution consiste à fournir aux candidats au voyage un visa en règle pour l’Union européenne et les aider à y demeurer après son expiration légale. Elle suppose la participation active de complices dans les consulats européens et des réseaux de soutien en Europe. La deuxième leur procure de faux papiers pour franchir sans encombre tous les postes-frontières africains. La troisième, enfin, organise la logistique nécessaire pour voyager clandestinement, en évitant les points de passage officiels.

Des «paquets» complets

Telles des agences de tourisme spécialisées, les groupes de trafiquants vont jusqu’à proposer des «paquets» complets, incluant à la fois transport, faux papiers et passage clandestin des frontières rencontrées. Ils se livrent en général à d’autres activités parallèles : trafic de drogue, fraude et falsification, corruption de fonctionnaires et trafic d’êtres humains.

«Les groupes criminels d’Afrique de l’Ouest, en majorité nigérians, sont souvent décrits comme des réseaux, précise le rapport, les experts de chaque zone pouvant être associés rapidement à d’autres de manière transversale. [Une telle] flexibilité rend ces groupes extrêmement résistants à l’action des forces de l’ordre : il est virtuellement impossible de décapiter une organisation criminelle en Afrique, parce que sa structure est essentiellement horizontale.»

Le système du «havalah» est très fréquemment employé : ce mode traditionnel de transfert de fonds dans le monde arabe, qui se pratique par le biais d’intermédiaires et sans aucune trace écrite, permet notamment aux groupes criminels de racketter facilement les familles d’immigrants, en exigeant d’elles des sommes supplémentaires ou des recouvrements d’avances de paiement.

Voir par ailleurs:

Immigration: l’INSEE aurait-t-elle peur des chiffres?
Jessica Thomas
Marianne
22 Juillet 2009

Dès qu’il s’agit d’immigration, l’Insee fait le gros dos: Non, crie-t-elle, cachez ces chiffres que je ne saurais voir! Mais des chiffres sortent malgré tout. Et ils sont assez inattendus. Attention, données sensibles…

Un couloir sombre, une porte anodine, une pièce mal éclairée, un placard insoupçonné, et là : des chiffres. Soigneusement planqués par l’Insee. Parce qu’ils lui font peur : 37% de jeunes d’origine étrangère en Ile-de-France, plus de 60% dans une vingtaine de villes, explosion du nombre de jeunes originaires d’Afrique sub-saharienne, proportion de jeunes d’origine étrangère en très forte hausse dans l’ouest de la France…

Attention ! Cela ressemble étrangement à des statistiques ethniques ! Et ça, on n’y touche pas. Le 14 juillet dans Le Monde, Hervé le Bras, démographe, affirme l’inefficacité et l’inutilité des statistiques ethniques. En tous cas, à court terme. Il craint surtout un effet pervers à long terme : habituer les Français à penser en terme de races. Ou plutôt, légitimer cette tendance, « d’autant plus facilement qu’elle existe déjà à l’état latent. » Le débat n’est donc pas clos, il est béant. Plaie ouverte, terrain glissant. On détourne les yeux.
Peu importe. Ténus, imperceptibles, ces chiffres sont là. Et s’ils sont là, c’est grâce à l’Insee. Même si ça l’emmerde.

Et ça, Michèle Tribalat et Bernard Aubry, les auteurs de l’étude, en savent quelque chose. « On a voulu rester sobre pour ne pas choquer les sensibilités de l’Insee, pour que ce soit publiable par eux mais ils ont pas envie de le traiter. Toute nouvelle avec des infos de type forte concentration au delà de ce qu’on aurait pu imaginer, l’Insee préfère ne pas informer plutôt que de risquer de publier une nouvelle sensible. Par peur de réveiller le racisme en France », déplore Michèle Tribalat. Qu’importe, l’étude paraît ailleurs, dans le numéro de juin de la revue Commentaire.

Un petit exemple des chiffres que l’étude met en lumière.

Immigration: l’INSEE aurait-t-elle peur des chiffres?

L’Insee, tentaculaire, ne peut pas contrôler absolument tous ses fichiers. Et dans un petit bout de bureau à Strasbourg, Bernard Aubry a confectionné le fichier Saphir. Un fichier historique des recensements qui permettait d’harmoniser les données, « sans rupture, sur une longue période, sans se préoccuper de l’espace géographique et des CSP… Une mine », se souvient Michèle Tribalat. « C’était un fichier hierarchisé, avec un niveau familial et individuel. On pouvait faire des liens entre le niveau enfant et le niveau famille. Et donc, s’intéresser aux jeunes de moins de 18 ans avec au moins un des parents immigré. » Ce sont eux que Michèle Tribalat et Bernard Aubry ont nommé les jeunes d’origine étrangère. « Ce qui m’a étonné le plus, c’est ce mouvement vers l’ouest. Il était pas perceptible. Pour l’Ile de France, on savait qu’on allait trouver des concentrations très fortes. Mais ça, on n’avait aucun élément pour le voir. Alors, on avait d’autres projets, pour creuser… Mais on est tombé en rade. »

Ce fichier a été mis à jour jusqu’en août 2008. Et puis… Et puis Bernard Aubry a pris sa retraite. Et l’Insee a reconquis l’Alsace, laissant Saphir se perdre dans les limbes kafkaïennes de l’Institut. « Ce fichier doit exister quelque part à l’Insee Strasbourg mais hors d’usage. Aujourd’hui, on peut savoir si les personnes sont nées en France ou à l’étranger mais on ne sait pas où. Ce qu’on a fait nous ne peut plus être fait. C’est foutu. »

C’est que l’Insee a peur des chiffres… (le comble, pour l’institut de la statistique !) Alors, il tente de cacher tout ça sous un tapis… Mais, comme le soupire Michèle Tribalat, « ce ne sont pas des bâtons de dynamite », ce sont des chiffres. Et d’une façon ou d’une autre, ils se faufilent et sortent du tiroir. Car les chiffres ne se rangent pas, ils se publient. Même s’ils risquent de faire débat.

Voir enfin:

Immigration
Le compte n’est pas bon
Julie Joly
L’Express
le mardi 18 juillet 2006

Quel est le solde migratoire du territoire français? Le chiffre calculé par l’Insee est «purement fictif», estiment certains experts. Et la polémique rebondit

Combien d’étrangers s’installent en France chaque année? Combien y restent? Combien en repartent? Mieux: combien de Français quittent le territoire pour aller vivre ailleurs? Alors que l’immigration agite le débat politique, ces questions demeurent sans réponse. Elles sont pourtant cruciales. Au début de juillet, l’Insee révisait ses projections démographiques pour la France: d’ici à 2050, notre solde migratoire (différence entre le nombre de personnes entrées et le nombre de personnes sorties du territoire) serait chaque année de 100 000 personnes, deux fois plus élevé que dans les années 1990. Ces chiffres sont «purement fictifs», dénoncent les experts. La démographe Michèle Tribalat confirme: privé de données fiables, «l’Insee improvise». Quitte à jouer avec le feu.

Les acrobaties de l’Insee

1968
Le recensement de la population comptabilise 360 000 habitants de moins que prévu. L’Insee crée une «variable d’ajustement» et 200 000 recensés sortent des statistiques. Il diminue ensuite le solde migratoire des années 1963-1967 de 160 000 personnes.

1975
Nouveau recensement et 43 000 habitants de moins que prévu. Le solde migratoire des années 1968 à 1974 est diminué rétroactivement, mais à la marge.

1982
Officiellement, l’immigration étrangère s’est arrêtée avec la fin des visas de travail, en 1974. Les enquêtes disent le contraire. Pas l’Insee, qui annonce un solde migratoire virtuel «nul».

1990
Surprise: le recensement dénombre 274 000 habitants de plus que prévu. L’Insee révise ses projections antérieures, et notamment le solde migratoire.

1999
Il manque 480 000 personnes à l’appel. Le recensement paraît inexact. Pourtant, l’Insee entérine ce résultat. Il diminue rétroactivement l’accroissement de la population entre 1990 et 1998, sans toucher, cette fois, au solde migratoire.

2004
On dénombre 420 000 habitants de plus que prévu. L’Insee augmente le solde migratoire des années 1999-2003.

«Les statistiques, c’est comme le Bikini: ça donne des idées, mais ça cache l’essentiel», aimait à répéter Coluche. En l’espèce, les idées sont trompeuses. En février 2004, notre Institut national de la statistique et des études économiques (Insee, établissement public à la réputation internationale) annonçait une diminution historique, la première depuis longtemps, de notre solde migratoire. Le scoop fait alors la Une des journaux, et pour cause: le retournement s’expliquerait notamment par une forte baisse des entrées de familles de réfugiés et de travailleurs étrangers sur le territoire, explique l’Insee.

Petit hic: dans les faits, c’est tout le contraire. «Le nombre d’immigrants venus s’installer en France progresse de manière quasi continue depuis 1997», constatent à l’Institut national d’études démographiques (Ined) les chercheurs Michèle Tribalat et Xavier Thierry. Les chiffres du ministère de l’Intérieur enfoncent le clou: la barre symbolique des 200 000 entrées annuelles a même été franchie en 2002. Et, entre 1999 et 2003, le flux a augmenté de 50%. Une baisse du solde migratoire en 2003 paraît donc peu crédible.

Acculé, l’Insee rectifie discrètement le tir: le solde migratoire pour l’année 2003 est augmenté de plusieurs milliers, mais corrigé officiellement – en positif, cette fois – au printemps 2004 seulement. «Nous avons fait une petite erreur, reconnaît aujourd’hui Guy Desplanques, chef du département de la démographie au siège de l’Insee. Le solde migratoire a été sous-estimé de quelques milliers, mais l’erreur nous a paru mineure comparée à l’effectif total de la population.»

Mineure? Les arrangements comptables de l’Insee choquent la communauté des experts. Pour la spécialiste de l’immigration Michèle Tribalat, ces acrobaties révèlent une lacune grave: «Nous sommes sans boussole pour déterminer en France le solde migratoire, dit-elle. Le chiffre annoncé par l’Insee ne représente que l’idée qu’il s’en fait.» Or l’idée est parfois très éloignée de la réalité.

Car comment l’Insee s’y prend-il? Officiellement, en deux temps. Chaque année, en attendant que la population soit précisément recensée, une estimation est calculée en fonction des tendances générales de notre démographie. Puis, une fois les résultats du recensement obtenus, l’Insee corrige ses estimations. Sur le papier, rien à redire. A un détail près: tous les recensements ne se valent pas.

Recensement, nouvelle formule

Depuis janvier 2004, tous les résidents français ne sont plus recensés la même année. L’Insee a substitué au recensement national, organisé tous les huit ou neuf ans, une nouvelle méthode de collecte qui permet de fournir des résultats chaque année. Les communes de moins de 10 000 habitants produisent une étude exhaustive tous les cinq ans. Les communes de plus de 10 000 habitants réalisent, quant à elles, une enquête par sondage tous les ans, auprès d’un échantillon de leur population. Le coût final des deux méthodes est équivalent: entre 25 et 30 millions d’euros par an.

Et c’est là que la mécanique coince. Chaque année, la population française fluctue: une forte natalité ou une baisse de la mortalité peuvent augmenter notre solde naturel; moins d’entrées sur le territoire et plus de sorties, diminuer notre solde migratoire. Chaque année donc, l’Insee, comme tous ses pairs étrangers, compile les données officielles et les courbes de tendance pour tenter d’estimer notre évolution démographique. Mais que faire quand la population recensée n’est pas celle attendue?
Personne ne peut contester le solde naturel – les chiffres sont indiscutables. En revanche, avec le solde migratoire… tout est possible. En théorie, ce chiffre dépend de quatre paramètres: le nombre de Français et le nombre d’étrangers entrés sur le territoire; le nombre de Français et le nombre d’étrangers qui en sont sortis. Mais, en pratique, c’est le flou total. Sur les mouvements de Français, «on ne sait rien ou presque, il n’existe aucune donnée exhaustive», affirment Guy Desplanques et Michèle Tribalat. Quant aux étrangers, ce n’est pas beaucoup mieux. Seules les sorties déclarées du territoire sont connues. Les intra-Européens, les enfants d’immigrés, les étudiants étrangers ou encore les clandestins – par définition – ne sont pas tous, loin s’en faut, enregistrés par l’administration.

Des statistiques fiables dans trois ou quatre ans
La nouvelle méthode de recensement inaugurée par l’Insee en 2004 était censée améliorer notre connaissance du sujet. Las! Dès les premiers résultats, la forte augmentation de la population (420 000 résidents de plus que prévu) a pris toutes les prévisions statistiques à revers. Pour les démographes, l’écart est dû aux défaillances du précédent recensement, celui de 1999. L’Insee réfute. Pour rester en ligne avec ses estimations, l’institut trouve même cette fois une parade inédite: une variable d’ajustement «positive». En clair, 564 000 personnes recensées en 2004 sont attribuées à un nouveau solde, ni naturel ni migratoire. D’où viennent-elles alors? L’Insee ne le dit pas.

En Grande-Bretagne aussi

En 2001, le résultat du recensement national britannique a pris à revers toutes les estimations officielles: le service statistique a dénombré 1 million d’habitants… de moins que prévu! L’ampleur de l’immi- gration étrangère aurait été largement surestimée. Et l’émigration des Britanniques, notamment en France, sensiblement sous- estimée.

«Nous sommes en rodage, il nous faudra encore trois ou quatre ans de recul avant de disposer de données fiables», plaide Guy Desplanques, à l’Insee. Certes. La direction de l’institut national cherche d’ailleurs la solution. Car, si les recensements ne suffisent pas, comment mesurer précisément l’ampleur des migrations sur notre territoire? Jusqu’à présent, l’Insee utilisait les données recueillies par l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (Anaem, ancien Office des migrations internationales) pour recouper ses sources. Mais ces fichiers sont parcellaires. Désormais, les fichiers du ministère de l’Intérieur pourraient être davantage mis à contribution. De même que les travaux des démographes de l’Ined.

«Il va nous falloir un peu de courage pour envisager toutes les hypothèses, estime Michèle Tribalat. Y compris celle, politiquement incorrecte, d’une sortie importante de Français du territoire.» Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, mais une chose est sûre: le sujet des migrations est trop sensible pour supporter les approximations.


Classements internationaux: La France brille par ses absences (France’s conspicuous absences in world rankings)

1 novembre, 2009
Where's France?Nos sociétés ont essayé de réagir, avec le communisme, contre la misère et l’inégalité. (…) Mais le libéralisme est lui aussi dangereux et conduira aux mêmes excès. C’est pourquoi on cherche une solution intermédiaire, qui se situe entre le communisme et le libéralisme. (…) Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme, et qu’il conduira aux mêmes excès. L’un comme l’autre sont des perversions de la pensée humaine. (…) Je ne crois pas au libéralisme qui est, à mon avis, une forme de déviance. Jacques Chirac ("L’inconnu de l’Elysée", Pierre Péan, 2007)
Je n’en peux plus de vivre aux Etats-Unis mais je refuse d’en partir. Michael Moore
Le droit des nations à l’ "autodetermination" ne s’applique qu’aux sociétés libres ou aux sociétés cherchant à établir la liberté;il ne s’applique pas aux dictatures.(…) que la nation soit asservie par la force, comme en Russie soviétique, ou par vote, comme l’ Allemagne nazie. (…) Les dictatures sont des nations hors-la-loi. Toute nation libre avait le droit d’envahir l’Allemagne nazie et, aujourd’hui, a le droit d’envahir la Russie soviétique, Cuba ou n’importe quel autre enclos d’esclaves. Ayn Rand (née Alissa Rosenbaum, philosophe russo-américaine ayant connu de près le bolchévisme, 1964)
Les 10 critères pris en compte sont l’originalité des idées, leur potentiel de mise en œuvre pratique, la qualité de leur présentation orale et écrite, la loyauté et l’implication des partisans à ces idées, la prise en compte de la réalité du monde des affaires, le rayonnement international, le sérieux des recherches, l’impact sur les méthodes de management, les impacts décisionnels. The Thinkers 50
Quand la France brille… par ses absences!
.
Aucun français au classement des intellectuels les plus influents du monde des affaires (41 anglo-saxons sur 50), aucune université française dans les 75 premières universités mondiales en économie (55 sur 100 pour les seuls Etats-Unis), aucune en informatique …

Alors que, contre les potions socialisantes du Prince de Sang-Mêlé et au moment où Michael Moore envisage de demander l’asile politique en France, la pensée anti-collectiviste d’Ayn Rand semble retrouver une seconde jeunesse …

Confirmation, avec les classements de Shanghaï et des Thinkers 50, de la terre natale de Sartre et Chirac comme patrie incontournable des déshérités et des damnés de la terre …

Aucun français au classement des intellectuels les plus influents du monde des affaires
Yacine Kellib
Novapresse
25.10.2009

Selon le palmarès "The Thinkers" le professeur de stratégie d’entreprises Coimbatore Krishnarao Prahalad serait l’intellectuel le plus influent du monde des affaires.

Le palmarès des gourous de l’économie, The Thinkers 50, est dominé une nouvelle fois par le professeur de stratégie d’entreprises d’origine indienne Coimbatore Krishnarao Prahalad. En 2007, il avait déjà remporté la tête de ce classement, qui paraît tous les 2 ans depuis 2001.

Diplômé d’Harvard et professeur à la Ross School of Business dans le Michigan (Etats-Unis), Coimbatore Krishnarao Prahalad est mondialement reconnu pour plusieurs ouvrages d’économie. Il a notamment rédigé un essai sur le business et la pauvreté, et coécrit avec Gary Hamel le bestseller « La conquête du futur », sur la stratégie et la concurrence. CK – Prahalad est né dans la ville de Coimbatore dans le Tamil Nadu. Il a étudié la physique à l’Université de Madras (Chennai).

Le numéro deux est un journaliste du Washington Post et du New Yorker: Malcolm Gladwell. Quant à la troisième place, elle est attribuée à Paul Krugman, professeur à l’université de Princeton et prix Nobel d’économie.

D’autres personnalités figurent dans le classement, comme Bill Gates (7e), le chef d’entreprise indien Ratan Tata (12e), le patron d’Apple Steve Jobs (4e), et le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz (22e).

Certains, en revanche, ont disparu du palmarès, comme l’ex patron de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan, Al Gore ou encore Donald Trump.

Yacine Kellib

Voir aussi:

Les 50 penseurs les plus influents sur le monde des affaires

1. C.K. Prahalad (déjà 1er en 2007)

2. Malcolm Gladwell (18)

3. Paul Krugman (-)

4. Steve Jobs (29)

5. Chan Kim et Renée Mauborgne (6)

6. Muhammad Yunus (-)

7. Bill Gates (2)

8. Richard Branson (9)

9. Philip Kotler (11)

10. Gary Hamel (5)

11. Michael Porter (4)

12. Ratan Tata (-)

13. Ram Charan (22)

14. Marshall Goldsmith (34)

15. S (Kris) Gopalakhrishnan (-)

16. Howard Gardner (39)

17. Jim Collins (10)

18. Lynda Gratton (19)

19. Tom Peters (7)

20. Jack Welch (8)

21. Eric Schmidt (-)

22. Joseph Stiglitz (-)

23. Kjell Nordsröm & Jonas Ridderstrale (13)

24. Vijay Govindarajan (23)

25. Marcus Buckingham (38)

26. Richard d’Aveni (46)

27. Rosabeth Moss Kanter (28)

28. Clayton Christensen (25)

29. Stephen Covey (15)

30. Thomas Friedman (26)

31. David Ulrich (42)

32. Roger Martin (-)

33. Henry Mintzberg (16)

34. Daniel Goleman (37)

35. Chris Anderson (-)

36. Warren Bennis (24)

37. Robert Kaplan et David Norton (12)

38. Jeff Immelt (31)

39. Don Tapscott (-)

40. Nasim Nicholas Taleb (-)

41. John Kotter (30)

42. Niall Ferguson (-)

43. Charles Handy (14)

44. Rakesh Khurana (45)

45. Manfred Kets De Vries (-)

46. Tammy Erickson (-)

47. Costas Markides (44)

48. Barbara Kellerman (-)

49. Rob Goffee et Gareth Jones (32)

50. Jimmy Wales (-)

Source : The Thinkers 2009. Ce palmarès est établi tous les 2 ans (entre parenthèses, le classement précédent).

Voir également:

Classement de Shanghai : suprématie des universités américaines, les françaises à la traîne
Julien Pompey
Les Echos
30/10/09

Les Etats-Unis dominent une nouvelle fois le classement des 100 premières universités dans le monde, avec 55 établissements présents. Contre seulement 3 pour la France.

Les classements des grandes écoles et universités se suivent, se multiplient… mais se ressemblent. Après les palmarès du "Financial Times" et de "The Economist", la septième édition du classement de Shanghai, réalisée par l’Université des Communications de Shanghai et censée constituer la référence internationale en la matière, démontre une nouvelle fois l’hyperdomination américaine. Les Etats-Unis trustant 55 places sur 100.

L’indétrônable Harvard arrive une nouvelle fois en tête, une position que l’université américaine occupe depuis 2003. Suivent Stanford et Berkeley, soit le même trio de tête que l’année dernière. Cambridge et le Massachusetts Institue of Technology (MIT) complètent le top 5.

Dix-sept universités américaines sont dans les 19 premières de ce classement. Seules les universités britanniques de Cambridge (4e) et d’Oxford (10e) parviennent à se glisser parmi les dix meilleurs établissements mondiaux, aux côtés de facultés toutes américaines. Le premier établissement d’Europe continental, le Swiss Institute of Technology, n’arrive qu’au 24e rang, en progression d’une place.
Léger mieux des universités françaises

De leur côté, les universités françaises font toujours pâle figure. La première est l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), qui n’atteint que le 40e rang, malgré un gain de deux places cette année et après en avoir perdu trois en 2008. Les deux autres universités françaises du classement des 100 meilleurs établissements sont l’Université de Paris Sud (Paris XI) au 43e rang (+6 places), ex æquo avec l’Université de Copenhague, et l’Ecole normale supérieure (ENS), à la 70e place (+3 places).

Avec ces trois institutions figurant dans le célèbre top 100, la France retrouve sa sixième place au niveau des nations, une place qu’elle avait perdue en 2008. Mais elle est à égalité avec l’Australie, la Suisse et la Suède.

Paris Sud, 6e en mathématiques

L’édition 2009 du classement de Shanghaï innove en proposant également des classements spécifiques pour les mathématiques, l’informatique, la chimie, la physique et la gestion. Des matières dans lesquelles les universités françaises s’en tirent plus qu’honorablement. C’est notamment le cas en mathématiques, où Paris-Sud se hisse à la sixième place d’un classement dominé par Princeton, Berkeley et Harvard. Paris VI (7e), Paris Dauphine (35e), l’ENS (47e) s’installent dans le top 50 devant Polytechnique, Rennes-I et Strasbourg.

En physique, Paris-Sud pointe à la 19e place, loin derrière Harvard. L’ENS (34e), Grenoble et Paris VI complètent le palmarès. En chimie, Strasbourg, première université française, s’installe à la 15e place d’un classement lui aussi écrasé par Harvard. En gestion, apparaissent à la 40e place l’Insead, une école de commerce internationale installée à Fontainebleau, et Toulouse I entre les 76e et 100e places. Enfin, en informatique, aucune université hexagonale ne se classe dans les 100 meilleures universités, Stanford et le MIT dominant ce classement.
Une méthodologie contestée

Publié depuis 2003 par l’université Jiao Tong, ce classement est très contesté en raison de sa méthodologie. A tel point qu’il est ignoré dans certains pays. Ce palmarès s’appuie sur les performances académiques ou de recherche, les articles parus dans certaines publications scientifiques comme "Nature" ou "Science", le nombre de prix Nobel, de médailles Fields, de citations de chercheurs et autres récompenses prestigieuses de plus de 2.000 universités dans le monde. Des critères centrés sur la recherche et non la formation, que contestent fortement certains pays, la France en tête, qui estiment qu’ils favorisent de facto les universités américaines.

Le physicien français Albert Fert, prix Nobel 2007, déplore ainsi que la méthode de Shanghaï "désavantage les universités françaises" en partageant les points obtenus entre l’université et les organismes associés.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, préconise la création d’un classement propre aux universités européennes pour "montrer la qualité de la formation" des établissements européens. Un classement qu’elle veut opposer en "référence" aux palmarès existants, et qui sera en fait une "cartographie" par disciplines, conçue notamment comme une aide aux étudiants pour leur choix d’inscription.

Voir enfin:

Ayn Rand’s Revenge
Adam Kirsch
NYT
October 29, 2009

A specter is haunting the Republican Party — the specter of John Galt. In Ayn Rand’s libertarian epic “Atlas Shrugged,” Galt, an inventor disgusted by creeping American collectivism, leads the country’s capitalists on a retributive strike. “We have granted you everything you demanded of us, we who had always been the givers, but have only now understood it,” Galt lectures the “looters” and “moochers” who make up the populace. “We have no demands to present you, no terms to bargain about, no compromise to reach. You have nothing to offer us. We do not need you.”

“Atlas Shrugged” was published 52 years ago, but in the Obama era, Rand’s angry message is more resonant than ever before. Sales of the book have reportedly spiked. At “tea parties” and other conservative protests, alongside the Obama-as-Joker signs, you will find placards reading “Atlas Shrugs” and “Ayn Rand Was Right.” Not long after the inauguration, as right-wing pundits like Glenn Beck were invoking Rand and issuing warnings of incipient socialism, Representative John Campbell, Republican of California, told a reporter that the prospect of rising taxes and government regulation meant “people are starting to feel like we’re living through the scenario that happened in ‘Atlas Shrugged.’ ”

Rand’s style of vehement individualism has never been universally popular among conservatives — back in 1957, Whittaker Chambers denounced the “wickedness” of “Atlas Shrugged” in National Review — and Rand still has her critics on the right today. But it can often seem, as Jonathan Chait, a senior editor at The New Republic recently observed, that “Rand is everywhere in this right-wing mood.” And while it’s not hard to understand Rand’s revenge-fantasy appeal to those on the right, would-be Galts ought to hear the story Anne C. Heller has to tell in her dramatic and very timely biography, “Ayn Rand and the World She Made.”

For one thing, it is far more interesting than anything in Rand’s novels. That is because Heller is dealing with a human being, and one with more than her share of human failings and contradictions — “gallant, driven, brilliant, brash, cruel . . . and ultimately self-destructive,” as Heller puts it. The characters Rand created, on the other hand — like Galt or Howard Roark, the architect hero of “The Fountainhead” — are abstract principles set to moving and talking.

This is at once the failure and the making of Rand’s fiction. The plotting and characterization in her books may be vulgar and unbelievable, just as one would expect from the middling Hollywood writer she once was ; but her message, while not necessarily more sophisticated, is magnified by the power of its absolute sincerity. It is the message that turned her, from the publication of “Atlas Shrugged” in 1957 until her death in 1982, into the leader of a kind of sect. (This season, another Rand book, by the academic historian Jennifer Burns, is aptly titled “Goddess of the Market: Ayn Rand and the American Right.”) Even today, Rand’s books sell hundreds of thousands of copies a year. Heller reports that in a poll in the early ’90s, sponsored by the Library of Congress and the Book of the Month Club, “Americans named ‘Atlas Shrugged’ the book that had most influenced their lives,” second only to the Bible.

Rand’s particular intellectual contribution, the thing that makes her so popular and so American, is the way she managed to mass market elitism — to convince so many people, especially young people, that they could be geniuses without being in any concrete way distinguished. Or, rather, that they could distinguish themselves by the ardor of their commitment to Rand’s teaching. The very form of her novels makes the same point: they are as cartoonish and sexed-up as any best seller, yet they are constantly suggesting that the reader who appreciates them is one of the elect.

Heller maintains an appropriately critical perspective on her subject — she writes that she is “a strong admirer, albeit one with many questions and reservations” — while allowing the reader to understand the power of Rand’s conviction and her odd charisma. Rand labored for more than two years on Galt’s radio address near the end of “Atlas Shrugged” — a long paean to capitalism, individualism and selfishness that makes Gordon Gekko’s “Greed is good” sound like the Sermon on the Mount. “At one point, she stayed inside the apartment, working for 33 days in a row,” Heller writes. She kept going on amphetamines and willpower; the writing, she said, was a “drops-of-water-in-a-desert kind of torture.” Nor would Rand, sooner than any other desert prophet, allow her message to be trifled with. When Bennett Cerf, a head of Random House, begged her to cut Galt’s speech, Rand replied with what Heller calls “a comment that became publishing legend”: “Would you cut the Bible?” One can imagine what Cerf thought — he had already told Rand plainly, “I find your political philosophy abhorrent” — but the strange thing is that Rand’s grandiosity turned out to be perfectly justified.

In fact, any editor certainly would cut the Bible, if an agent submitted it as a new work of fiction. But Cerf offered Rand an alternative: if she gave up 7 cents per copy in royalties, she could have the extra paper needed to print Galt’s oration. That she agreed is a sign of the great contradiction that haunts her writing and especially her life. Politically, Rand was committed to the idea that capitalism is the best form of social organization invented or conceivable. This was, perhaps, an understandable reaction against her childhood experience of Communism. Born in 1905 as Alissa Rosenbaum to a Jewish family in St. Petersburg, she was 12 when the Bolsheviks seized power, and she endured the ensuing years of civil war, hunger and oppression. By 1926, when she came to live with relatives in the United States and changed her name, she had become a relentless enemy of every variety of what she denounced as “collectivism,” from Soviet Communism to the New Deal. Even Republicans weren’t immune: after Wendell Willkie’s defeat in 1940, Rand helped to found an organization called Associated Ex-Willkie Workers Against Willkie, berating the candidate as “the guiltiest man of any for destroying America, more guilty than Roosevelt.”

Yet while Rand took to wearing a dollar-sign pin to advertise her love of capitalism, Heller makes clear that the author had no real affection for dollars themselves. Giving up her royalties to preserve her vision is something that no genuine capitalist, and few popular novelists, would have done. It is the act of an intellectual, of someone who believes that ideas matter more than lucre. In fact, as Heller shows, Rand had no more reverence for the actual businessmen she met than most intellectuals do. The problem was that, according to her own theories, the executives were supposed to be as creative and admirable as any artist or thinker. They were part of the fraternity of the gifted, whose strike, in “Atlas Shrugged,” brings the world to its knees.

Rand’s inclusion of businessmen in the ranks of the Übermenschen helps to explain her appeal to free-marketeers — including Alan Greenspan — but it is not convincing. At bottom, her individualism owed much more to Nietsche than to Adam Smith, though Rand, typically, denied any influence, saying only that Nietzsche beat me to all my ideas. But “Thus Spoke Zarathustra” never sold a quarter of a million copies a year.

Rand’s potent message could lead to intoxication and even to madness, as the second half of her life showed. In 1949, Rand was living with her husband, a mild-mannered former actor named Frank O’Connor, in Southern California, in a Richard Neutra house. Then she got a fan letter from a 19-year-old college freshman named Nathan Blumenthal and invited him to visit. Rand, whose books are full of masterful, sexually dominating heroes, quickly fell in love with this confused boy, whom she decided was the “intellectual heir” she had been waiting for.

The decades of psychodrama that followed read, in Heller’s excellent account, like “Phèdre” rewritten by Edward Albee. When Blumenthal, who changed his name to Nathaniel Branden, moved to New York, Rand followed him; she inserted herself into her protégé’s love life, urging him to marry his girlfriend; then Rand began to sleep with Branden, insisting that both their spouses be kept fully apprised of what was going on. Heller shows how the Brandens formed the nucleus of a growing group of young Rand followers, a herd of individualists who nicknamed themselves “the Collective” — ironically, but not ironically enough, for they began to display the frightening group-think of a true cult. One journalist Heller refers to wondered how Rand “charmed so many young people into quoting John Galt as religiously as ‘clergymen quote Matthew, Mark, Luke and John.’

Inevitably, it all ended up in tears when branden fell in love with a young actress and was expelled from Rand’s circle forever. That he went on to write several best-selling books of popular psychology “and earned the appellation ‘father of the self-esteem movement’ ” is the kind of finishing touch that makes truth stranger than fiction. For if there is one thing Rand’s life shows, it is the power, and peril, of unjustified self-esteem.

Adam Kirsch is a senior editor at The New Republic and a columnist for Tablet Magazine. He is the author, most recently, of “Benjamin Disraeli.”


Statistiques: On se suicide plutôt moins à France Télécom (What suicide wave at France Telecom?)

20 octobre, 2009
World suicidesQuand on se met à observer quelque chose, on le voit apparaître. René Padieu
France Telecom indique que le taux de suicides n’est statistiquement pas inhabituel pour une compagnie de 100.000 employés. Selon l’OMS , la France a eu un taux annuel de suicides de 26.4 pour 100.000 hommes en 2008, le taux pour les femmes étant de 9.2 suicides par 100.000. BBC (12.09.09)
La France offre à ses citoyens des conforts peu communs, avec des soins de santé de premier ordre, de longues vacances et de vrais déjeuners, des emplois protégés et une protection sociale généreuse. Mais le vernis de la sécurité masque beaucoup d’incertitude. La protection du travail décourage la création d’emplois permanents, ainsi les jeunes dérivent-ils d’un contrat provisoire à un autre. Incapable de licencier leur personnel, les entreprises leur donnent à la place des tâches futiles pour essayer de les pousser dehors. Et les grandes sociétés françaises, souvent d’anciens fleurons du secteur public, ont été ouvertes à la concurrence du marché, apportant de nouvelles pressions à la performance au bureau ou à l’usine. D’après une enquête de l’institut de sondage de la TNS Sofres le mois dernier, les Français ont moins confiance en leurs employeurs (32%) que les Allemands (47%) ou les Américains (54%). The Economist
Dans un milieu comme l’école ou le travail, le suicide d’un proche peut avoir un effet d’entraînement sur les proches. Les émotions que l’on subit, l’état de choc, de consternation… doivent être évacués. (…) France Télécom, c’est 190 000 employés dans le monde, 106 000 en France. 23 suicides sur 18 mois, c’est une moyenne de 15 par année. 15 suicides pour 190 000 employés, cela donne un taux de suicide 7,9 suicides par 100 000 de population pour l’ensemble des employés de France Télécom. 14,1 suicides par 100 000 de population pour les seuls employés de la France (en supposant que les 23 suicides sont tous des employés français!). Pour la France, le taux de suicide, selon les différentes littératures et selon les années, varient entre 15 et 30 suicides par 100 000 de population. Dans tous les cas, des taux supérieurs à ceux de France Télécom! Au Québec, en 2001, le taux était de 19,1 suicides par 100 000 de population. Les taux de suicide chez France Télécom sont donc moindres que ceux de la France et du Québec. Raymond Viger
Il faut bien comprendre que le suicide est une maladie épidémique. Très souvent un suicide appelle un autre suicide. Il y a eu un certain nombre de précédents dans le passé. (…) j’ai souvent vu dans ma carrière, notamment dans les lycées, que quand un enfant fait une grosse bêtise, il y en a deux ou trois qui suivent derrière. D’où la nécessité pour les médias de ne pas valoriser à l’excès, de ne pas trop monter en épingle, du fait de ce risque épidémique. (…) Une tentative de suicide, c’est la roulette russe. Soit je réussis mon suicide, auquel cas les « méchants » seront bien punis, en l’occurrence la direction. Soit je loupe mon suicide, et à ce moment là, ils seront bien obligés de changer. Donc, c’est presque toujours une hypothèse gagnante. Parce qu’une tentative de suicide qui atteint son but est une tentative de suicide qui fait que la famille, le milieu professionnel, les amis vont changer, vont enfin écouter la personne. (…) Il serait déjà nécessaire que l’on arrête de faire cette comptabilité médiatique à outrance qui fait qu’on a parfois l’impression qu’on cherche à atteindre un record, ce qui est absolument tragique. (…) Quand je parle d’épidémie suicidaire, l’exemple un peu "bateau" est celui des pilotes japonais à la fin de la guerre, tous devenus kamikazes, cette espèce d’effort de masse, avec l’idée de mourir pour une bonne cause. C’est ici très différent, mais on a le sentiment qu’on a trouvé ensemble un bouc émissaire, une raison à toute cette souffrance qui est professionnelle mais probablement pas uniquement, avec une compétition tragique dans cette douleur où l’on va presque faire de la surenchère pour punir les chefs, pour punir la vie, pour punir les injustices. Patrick Lemoine (psychiatre, Lyon)

Après la fameuse "épidémie de suicides des vétérans américains des guerres d’Afghanistan et d’Irak” de nos amis du Monde …

Un peu moins de 20 suicides pour 100 000 pour la population d’âge actif (20 à 60 ans – soit globalement plus de deux fois plus qu’en Grande-Bretagne et 40% de plus qu’aux Etats-Unis), 15 par an pour France Telecom (la majorité des victimes étant d’ailleurs des hommes de plus de 50 ans) …

Implacable raisonnement et leçon de journalisme, dans La Croix d’aujourd’hui, du statisticien honoraire René Padieu (naturellement aussitôt désavoué par ses anciens collègues de l’INSEE).

Sur la prétendue vague de suicides à France Télécom dont nos médias nous rabattent les oreilles depuis des mois.

Et surtout sur l’étrange incapacité de nos mêmes médias à répercuter l’information des statisticiens et de l’entreprise elle-même (voir par exemple ci-dessous les articles de la BBC ou de l"Economist du mois dernier) montrant que le taux de suicides dans l’entreprise de 100 000 employés est en fait inférieur non seulement à la moyenne nationale mais apparemment en baisse par rapport à l’entreprise elle-même.

D’où la question de savoir à qui profite la supercherie et l’instrumentalisation dans l’affrontement entre une direction et ses salariés, qui consiste à non seulement taire ces chiffres mais à imputer systématiquement à la seule entreprise le problème réel mais complexe que posent ces suicides.

Sans compter que ladite instrumentalisation pourrait finir par jouer à force sur des personnes déjà fragilisées avec la campagne médiatique des syndicats et finir par produire, par effet de contagion et à la manière des prophéties auto-réalisantes (le côté "effort de masse", "mort pour la bonne cause", "punition du méchant capitaliste source de tous nos maux"), l’épidémie annoncée …

Sur une vague de suicides
René Padieu
La Croix
20/10/2009

"On se suicide plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs. Et, semble-il, moins qu’il y a quelques années. Il n’y a pas de ‘vague de suicides’", estime René Padieu, inspecteur général honoraire de l’Insee, président de la commission de déontologie de la Société française de statistique

Depuis quelques semaines, les médias parlent d’une vague de suicides à France Télécom : 24 en dix-neuf mois. Télévision, journaux gratuits ou grands quotidiens nationaux, en passant par d’innombrables forums Internet. On dénombre chaque nouveau cas : le nombre est donc important ! Pourtant, personne ne semble penser à vérifier en quoi il est élevé. Un journaliste consciencieux recoupe son information. Tout citoyen trouve presque tout sur Internet.

En 2007 (cela varie peu d’une année à l’autre), on avait pour la population d’âge actif (20 à 60 ans) un taux de 19,6 suicides pour 100 000 (1). Vingt-quatre suicides en dix-neuf mois, cela fait 15 sur une année. L’entreprise compte à peu près 100 000 employés. Conclusion : on se suicide plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs. Et, semble-il, moins qu’il y a quelques années. Il n’y a pas de « vague de suicides »…

Le métier des télécommunications est particulièrement pénible ? La direction de France Télécom est particulièrement inhumaine ? Le stress au travail pousse au suicide ? Possible : mais comme, au final, les gens de France Télécom ne se suicident pas plus que les autres, de ces trois suppositions l’une au moins n’est pas exacte.

"On regrettera que les suicides soient instrumentalisés"
Pareillement, en 1996, les suicides dans la police défrayaient la chronique. On expliquait : les policiers font un métier éprouvant et ils ont leur arme de service sous la main. L’association Pénombre avait révélé qu’ils se suicidaient autant, pas plus, pas moins, que leurs compatriotes (2).

Donc : circulez, il n’y a rien à voir ? Eh bien, si ! Et ceci devient intéressant. Notons d’abord qu’un chiffre, qui n’a rien d’extraordinaire, est brandi pour argumenter un problème : quelle objectivité est-il censé apporter ? Ce qui fait sens ici n’est pas le chiffre lui-même, mais le fait de l’invoquer. Relevons que la révélation des suicides en cause suit la création, par un syndicat, d’un « observatoire du stress » : quand on se met à observer quelque chose, on le voit apparaître. Notons aussi que tous les cas sont imputés à l’entreprise.

Or, le suicide est une rupture (un « passage à l’acte ») dans une tension d’origines multiples. Le stress est un état – pour une cellule, un organisme entier, voire un groupe – où les ressources qui permettent de surmonter un besoin ou une agression séparément viennent à manquer pour en affronter trop à la fois : l’une n’est pas plus la cause qu’une autre. Seule émerge la dernière venue, celle qui, dans la conscience du sujet, a rendu la situation intenable. (Le climat social a même pu contribuer à l’en convaincre : à France Télécom, il est visiblement détestable.)

En fait, lui ont manqué, en lui ou par ailleurs, les soutiens qui ont permis aux autres d’affronter la même situation. On regrettera que les drames humains que sont ces suicides – peu nombreux, certes, mais bien réels – soient instrumentalisés dans l’affrontement entre une direction et ses salariés : c’est indigne.

"C’est le corps social qui délire"

On s’étonnera enfin de voir les jugements sommaires, les explications péremptoires, les propos haineux qui fleurissent sur les plateaux télé et forums Internet. Les responsables industriels ou politiques n’osent pas, ne peuvent pas dire les choses comme elles sont : car la clameur rend sourd et recouvre ce qu’on ne sait examiner sereinement.

Croire en l’existence de quelque chose qui n’est pas constitue ce qu’en psychiatrie on appelle un délire. Ici, ce n’est personne en particulier, mais le corps social qui délire : salariés, direction, ministre, syndicat, journalistes, commentateurs, vous et moi tous ensemble. Ce qui est dit dans ce délire n’est pas réel : c’est quand même un symptôme. Il signe quelque chose, un mal-être social.

Séparément, ergonomes, sociologues et psychiatres dissertent gravement des trois thèmes cités plus haut : mutation des métiers, management, effets du stress. Mais aucune discipline n’analyse – ni donc n’aide à contrôler – cette dynamique politique folle, ce maniement médiatique d’affirmations controuvées et de jugements abrupts à propos d’un problème réel.

René Padieu

(1) Statistique sur les causes médicales de décès, Inserm, CépiDc.
(2) Nicolas Bourgoin, « Le Suicide dans la police », Pénombre Lettre grise n° 3, printemps 1997. Consultable sur http://www.penombre.org

Voir aussi:

French unease at telecom suicides
BBC NEWS
2009/09/12

French Labour Minister Xavier Darcos is to meet the head of the country’s main telecommunications company to discuss a number of suicides among its staff.

Twenty-three employees of France Telecom have killed themselves since the beginning of 2008.

Unions blame tough management methods at the multinational, which was privatised in 1998.

But France Telecom says the rate of suicides is statistically not unusual for a company with a 100,000 workforce.

According to the World Health Organization, France had an annual suicide rate of 26.4 for 100,000 men in 2008. The rate for women was 9.2 suicides per 100,000.

The latest suicide occurred on Friday, when a 32-year-old woman leapt to her death at a France Telecom office in Paris.

On Wednesday, a 49-year-old man in Troyes, east of Paris, plunged a knife into his own stomach during a meeting in which he had been told he was being transferred.

He is being treated in hospital.

Counselling

Mr Darcos is to meet France Telecom chief executive Didier Lombard early next week, a spokesman for the labour ministry announced on Saturday.

The unions say a never-ending drive for efficiency is causing emotional havoc in the workforce – especially among older employees recruited when France Telecom was part of the public sector.

Since privatisation in 1998 some 40,000 jobs have gone, and unions say there is pressure on many employees either to leave or to accept new working conditions.

The management of France Telecom denies that there has been a sudden increase in the suicide rate.

It points out that in the year 2000 there were 28 suicides in the company – a figure which it says is statistically not unusual.

France Telecom says most suicides are prompted by personal, not professional, causes.

However, a BBC correspondent in Paris says the firm concedes that the cultural and organisational changes required by the move from French public monopoly to a competitive multinational were bound to cause stress.

After the latest cases it has promised to hire more counselling staff and to suspend internal job transfers pending new talks with the unions.

Voir également:

Suicide in France
Bonjour tristesse
The Economist
Oct 8th 2009
PARISWhy are the French so prone to suicide?

IT IS the country that invented the 35-hour working week, prides itself on its joie de vivre and whose president extols the merits of measuring happiness, not just national income. That makes the string of 24 suicides at France Telecom all the more chilling (see article). Yet what is perhaps most striking is that the suicide rate at the company is about average for France.

The French suicide rate is 14.6 per 100,000 people, according to the OECD. Men are particularly prone: 22.8, against 7.5 for women. This puts the suicides over 20 months at France Telecom, which employs just over 100,000 people, in line with the national average. More people take their lives as a share of the population than anywhere in western Europe bar Finland and Belgium. The French suicide rate is over twice that in Britain and 40% higher than in Germany and America.

A recent mental-health survey suggested that two-fifths of French people suffer from serious depression at some point in their lives. The French swallow more anti-depressants per head than the Germans or British. One in ten French people claims anti-depressant medication on their public health-insurance.

How to explain this existential angst? France offers its citizens unusual comforts, with first-rate health care, long holidays and sit-down lunches, protected jobs and generous welfare. But the veneer of security masks much uncertainty. Job-protection rules discourage permanent job creation, so the young drift on temporary contracts. Unable to shed staff, firms give employees meaningless jobs instead, to try to nudge them out. And big French firms, many one-time branches of the civil service, have been opened up to market competition, bringing new pressures to perform in the office or factory floor. According to a survey last month by TNS Sofres, a polling agency, the French have less confidence in their employers (32%) than do either Germans (47%) or Americans (54%).

In a country that idealises the good life, the reality of drudgery and waiting for the monthly pay check, or of solitude in retirement, may be harder to accept. Such stresses may also explain why pent-up frustrations periodically erupt in France. In many ways, mass street protests are a useful way of letting off collective steam. This week, France Telecom employees took to the streets to denounce stress at work—too late, tragically, for those who had taken their lives

Voir enfin:

Des statisticiens s’écharpent sur le taux de suicides à France Télécom
Libération
20/10/2009

Un statisticien affirme dans «La Croix» qu’«on se suicide plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs». Une déclaration vivement contestée par d’autres experts.

Quatre syndicats de l’Insee se sont indignés mardi des propos d’un statisticien affirmant, dans une chronique parue dans La Croix, qu’il n’y avait «pas de +vague de suicides+» à France Télécom, tandis que la CFE-CGC de France Télécom a dénoncé une «comptabilité macabre».

En se basant sur le taux de suicides dans la population d’âge actif en 2007, René Padieu, inspecteur général honoraire de l’Insee et président de la commission de déontologie de la société française de statistique, a expliqué mardi dans une chronique qu’«on se suicide plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs» tout en jugeant que dans cette entreprise, «le climat social est visiblement détestable».

«En 2007, on avait pour la population d’âge d’actif (20 et 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100.000», a-t-il expliqué. «24 suicides en 19 mois, cela fait 15 sur une année. L’entreprise compte à peu près 100.000 employés. Conclusion: on se suicide plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs», a-t-il écrit.

Pour quatre syndicats de l’Insee (CGT, CFDT, FO et Sud), «les études statistiques et épidémiologiques qui visent à analyser le taux de suicide au sein du personnel d’une entreprise n’ont rien à voir avec une règle de trois aussi primaire et peu fondée», ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

Selon eux, «tout statisticien connaît la complexité des comparaisons statistiques d’une population donnée à celle d’une population plus générale», et «chacun sait que les taux de suicide sont très dépendants de l’âge, du sexe, de l’activité professionnelle».

«Aucune comparaison n’a de pertinence sans que l’on étudie la situation +toutes choses égales par ailleurs+», affirment-ils, jugeant la polémique lancée par M. Padieu «indigne».

Même constat pour Pierre Morville (CFE-CGC-Unsa): il rappelle, citant le DRH de France Télécom Olivier Barberot interrogé le 12 septembre, que «pour la grande majorité des 23 suicides enregistrés sur 20 mois à cette époque, le profil-type des personnes qui avaient attenté à leur vie était constitué de +fonctionnaires hommes, de plus de 50 ans, techniciens+».

Mais les 100.000 salariés du groupe ne correspondent pas tous à ce profil type. «Il y a également beaucoup de femmes, de cadres, de commerciaux, de salariés de droit privé», insiste-t-il.

Pour expliquer «une telle concentration de suicides sur cette catégorie précise» il avoue avoir «l’impudence de créer un lien entre ces suicides et le départ forcé, dans ces quatre dernières années, de 30.000 de nos collègues qui pour l’essentiel étaient justement des fonctionnaires âgés».

(Source AFP)


Statistiques: A quand les attaques terroristes et les violences urbaines statistiquement représentatives? (Counter-profiling to balance racial figures?)

2 juillet, 2009
Racial profilingDans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste. Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. Lord Carlile
L’étude peut apporter des enseignements. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société. Commissaire Marie Lajus (porte-parole de la préfecture)
"Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité", dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe "une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches". L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public. Le Monde
L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence: non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être. (…) En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux. Fabien Jobard et René Lévy (rapport du CNRS)
La mesure statistique de la "diversité" (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité. Auteurs d’un contre-commission (dont Elisabeth Badinter, Hervé Le Bras, Alain Blum et Jean-François Amadieu)

Ah, on comprend enfin pourquoi le Pleurnicheur en chef ne tient pas tellement à être vu avec notre Sarkozy national avec ses "racaille" et ses "kärcher"!

Probabilité de contrôle 7,8 et 6 fois plus élevée selon l’ethnie ou près de 5 fois plus selon le type de vêtements arborés, contrôles le plus souvent sans incident mais avec fouille ou palpation de sécurité dans la moitié des cas …

Le profilage, on le voit, a encore de beaux jours devant lui et nos encapuchonnés, barbus ou enturbanés de quoi s’inquiéter.

Du moins si l’on en croit une étude que vient juste de publier le CNRS.

Opération quasi-secrète (en un pays où nombre de chercheurs font toujours de la résistance contre toute statistique ethnique ou raciale) financée par la fondation américaine du milliardaire Georges Soros (l’Open society institute), celle-ci analyse 525 opérations de police sur une population totale de 37 000 entre deux stations de métro parisien à fort trafic (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Mais au moins nos policiers ont la chance de ne pas avoir de statistiques raciales officielles comme au Royaume-Uni où, comme le rapportait récemment un député, les policiers en sont venus, pour ne pas être accusés de discriminations et pour s’assurer de statistiques raciales équilibrées, à ne contrôler que des "non-musulmans".

D’où la question, sur laquelle nos Ben Laden et Fofana doivent nul doute passer des nuits blanches: à quand donc les attaques terroristes et les violences urbaines racialement neutres ou équilibrées?

Et si la Halde les assignait en justice… pour pratiques d’embauche discriminatoires?

La police mise en cause pour ses contrôles au faciès
Luc Bronner
Le Monde
30.06.09

La police française pratique à grande échelle des "contrôles au faciès". Une étude scientifique, conduite dans la plus grande confidentialité, montre que les forces de l’ordre effectuent des contrôles d’identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d’être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs; pour les seconds, elle est six fois plus importante. Ces résultats, publiés mardi 30 juin, ont été obtenus par l’observation du travail policier à Paris (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Financés par une fondation américaine créée par le milliardaire Georges Soros, l’Open society institute – imperméable aux débats actuels sur la pertinence des statistiques ethniques dans le modèle français – les enquêteurs ont ainsi secrètement décrypté 525 opérations de police, relevant notamment l’âge, le sexe, la tenue et le profil ethnique des individus contrôlés pour les comparer avec ceux des personnes (37 000 au total) passant à proximité. Sans tabou : contrairement aux traditions françaises, ces individus, qui restent anonymes, sont désignés par la couleur de leur peau ("Blanc", "Noir", "Arabe", etc.).

L’étude confirme, en lui donnant un caractère scientifique, ce qu’expriment, depuis des années, les minorités visibles en France. Jusqu’à présent, en effet, les enquêtes réalisées s’appuyaient uniquement sur des sondages déclaratifs, sans vérification possible et avec des échantillons réduits. "L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être", indique le rapport, rédigé par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy.

Les chercheurs constatent que les tenues portées sont aussi des critères décisifs dans les choix policiers. "Bien que les personnes portant des vêtements aujourd’hui associés à différentes "cultures jeunes" françaises (" hip hop", "tecktonic", "punk" ou "gothique", etc.) ne forment que 10 % de la population disponible, elles constituent jusqu’à 47 % de ceux qui ont effectivement été contrôlés". Comme deux personnes sur trois arborant ce type de tenues (capuches, etc) font partie des minorités visibles, les auteurs retiennent l’hypothèse que les vêtements sont aussi, indirectement, des marqueurs ethniques.

La plupart des quelque 500 contrôles observés se sont déroulés sans incident. Dans la moitié des cas, les contrôles ont toutefois débouché sur une fouille ou une palpation de sécurité – sans que les pratiques soient significativement différentes entre Arabes, Noirs et Blancs. Ce que confirment les personnes contrôlées, interrogées ensuite, discrètement, par les scientifiques : seules 3 % ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant; 76 % ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires; 6 % ont souligné que la police s’était comportée de manière respectueuse et polie. Mais le bon déroulement des contrôles n’empêche pas les populations ciblées d’exprimer leur colère, surtout face à leur caractère répétitif.

Les auteurs parlent d’"effets délétères" pour les rapports entre la population et les policiers, citant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis 2005. "Les contrôles sont en effet fréquemment au cœur de l’antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d’être la cible de contrôles d’identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement". Ils soulignent que le cadre juridique "permissif" laisse aux policiers "un large pouvoir discrétionnaire".

L’Open society institute émet une série de recommandations. D’abord en suggérant l’enregistrement par les patrouilles du profil ethnique des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des opérations – une démarche interdite en l’état du droit. Ensuite en modifiant le code de procédure pénale pour limiter les risques de discriminations. Enfin, en exigeant des policiers qu’ils expliquent systématiquement les motifs du contrôle aux citoyens concernés.

Contactée, la préfecture de police de Paris a fait part de son "intérêt" pour ces résultats. "L’étude peut apporter des enseignements, explique la commissaire Marie Lajus, porte-parole de la préfecture. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société".

Voir aussi:

Des chercheurs s’alarment du "retour de la race"
Laetitia Van Eeckhout
Le Monde
30.06.09

La "racialisation de la société française" est-elle en marche ? Convaincus que les travaux du Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd) mis en place en mars sous l’égide du gouvernement par le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, portent en germe ce risque, 22 chercheurs et universitaires de disciplines diverses se sont réunis pendant deux mois au sein d’une contre-commission : la Commission alternative de réflexions sur les "statistiques ethniques" et les discriminations (Carsed). Le fruit de ses travaux, un ouvrage collectif titré Le Retour de la race (éd. de L’Aube), a été présenté lundi 29 juin.

C’est la composition même du Comedd, partiale selon eux, qui a poussé ces universitaires à se réunir. "Le choix des membres du Comedd semble avoir été motivé par le seul critère d’une position ouvertement favorable aux statistiques ethniques", assurent-ils.

Une affirmation à nuancer : chargé d’"évaluer les dispositifs et outils nécessaires à l’observation et à la connaissance de la diversité et des discriminations en France", le Comedd réunit des personnalités de sensibilités différentes sur le sujet. La CGT ou la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour ne citer qu’elles, ont des positions prudentes sur la question de la mesure de la diversité. Et c’est pour réussir à produire un rapport solide, mais aussi "le plus consensuel possible", que François Héran, le président du Comedd, a décidé de remettre son travail mi-septembre et non fin juin comme prévu initialement.

Avant d’être un support de propositions alternatives, le "contre-rapport" cherche à dénoncer le "leurre" de la réflexion engagée au Comedd. "La mesure statistique de la "diversité" (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité", affirment dans leur introduction les chercheurs parmi lesquels figurent la philosophe Elisabeth Badinter, les démographes Hervé Le Bras et Alain Blum, le sociologue Jean-François Amadieu.

COMMUNAUTARISATION

Or soutiennent-ils, "en développant une vision de la société durablement fragmentée selon les critères d’origine, donc figés", une telle classification ethnique, "aboutit à terme à la fragmentation et à la concurrence entre "communautés" avec chacune ses lobbies, ses victimes, ses exclusions, son entre-soi, sa solidarité limitée aux membres du groupe alors que l’Etat républicain a la mission de l’assurer pour tous". Ils insistent sur un fait : si, "dans certaines discriminations, une composante raciste est présente, dans la plupart, l’influence des inégalités est déterminante".

Selon eux, "au lieu de s’acharner ou de fantasmer sur la construction d’une mesure illusoire", le gouvernement devrait se saisir de la question des moyens existants pour réduire les discriminations, tel le CV anonyme, dont les décrets d’application ne sont toujours pas sortis.

De même, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) devrait, selon la contre-commission, voir ses pouvoirs renforcés, "pour pouvoir par exemple mener des opérations de testing à assez grande échelle".

En somme, ce qui manque aujourd’hui, assurent ces chercheurs, c’est avant tout "une volonté gouvernementale".

Voir également:

Police: la réalité des « contrôles au faciès » établie
Ce que dit la loi
Le Monde
01.07.09

La règle générale. « Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité », dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe « une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction ; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches ». L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public.

Les réquisitions des procureurs. L’article 78-2 prévoit que les procureurs prennent des réquisitions écrites autorisant les contrôles, dans des lieux et pour une durée limités, afin de poursuivre certains types d’infractions. Dans les faits, ils se contentent de valider les demandes de la police. Ces dispositions, qui peuvent autoriser les fouilles de véhicules, sont utilisées régulièrement dans les quartiers sensibles.

Voir de même:

Royaume-Uni: contrôles antidiscrimination?

Le Monde
01.07.09

Au Royaume-Uni, les policiers ont tendance à contrôler des « non-musulmans » pour ne pas être accusés de discriminations. C’est ce qu’a révélé Alex Carlile, membre de la chambre des Lords chargé de superviser l’application des lois antiterroristes, dans un rapport publié le 17 juin.

« Dans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste », a expliqué Lord Carlile, ajoutant : « Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. »

Depuis 2006, les contrôles menés dans le cadre de la loi antiterroriste ont été multipliés par trois. Les Noirs et les personnes originaires d’Asie du Sud sont les plus visés.

Voir aussi:

Le contrôle au faciès démontré par A + B
C.B.
Libération
30/06/2009

A Paris, un Noir ou un Maghrébin a plus de chance de se faire contrôler par la police qu’un Blanc. Pas vraiment surprenant mais une étude vient d’en faire la démonstration.

«Contrôle au faciès», «délit de sale gueule», «profilage racial», quels que soient les termes que l’on préfère retenir, c’est une réalité en France. A grande échelle. Une étude menée par deux chercheurs du CNRS et rendue publique ce mardi vient apporter la démonstration scientifique de cet état de fait jusqu’alors ressenti mais non quantifié. Selon cette étude, un Noir a six fois plus de chances d’être contrôlé par la police qu’un Blanc, un Arabe (ou perçu comme tel) 7,8 fois plus.

Les chercheurs, Fabien Jobard et René Levy, dont l’étude a été financée par une fondation américaine, l’Open society institute (créée par le milliardaire Georges Soros) se sont concentrés sur les opérations de police menées entre octobre 2007 et mai 2008 dans deux espaces parisiens: à la gare du Nord et à Châtelet-les-halles.

«Les policiers perpétuent des stéréotypes»

L’observation s’est faite en deux temps. Première phase, des observateurs placés aux points d’accès de chacun des sites ont passé au crible les passants, en recensant plusieurs critères: âge, sexe, origine, vêtements, gros sac ou non (dans la perspective du plan vigipirate). Une fois définie cette «population de référence», les observateurs ont suivi les policiers pour scruter 525 contrôles, en relevant les mêmes critères.

Résultat: plus que sur les comportements des gens, les policiers se fondent sur l’apparence. La couleur de peau («Blanc», «Noir», «Arabe») mais aussi les vêtements, un jeune sous une capuche, habillé hip hop ou tecktonik ayant plus de chances d’être contrôlé puisque appartenenant souvent à une minorité visible. «En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux», constatent les auteurs.

«Perte de confiance»

Les observateurs ont également interrogé plusieurs personnes controlées pour savoir si elles avaient perçu du racisme dans l’intervention. Seules 3% ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant. 76% ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires, 6% ont considéré que les policiers s’étaient comportés de manière respectueuse.

Ce qui fait dire aux chercheurs que ce n’est finalement pas tant le contrôle en lui-même que son caractère répétitif qui est mal ressenti, conduisant à des «effets délétères» sur les rapports police-population et à la «perte de confiance envers le système de la justice pénale français».

L’Open society institute, qui a conduit plusieurs études dans différents pays sur cette question, émet des recommandations. Parmi elles, l’enregistrement par les patrouilles, à l’aide d’un formulaire, du profil racial des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des contrôles. Idée difficilement applicable en l’état dans le droit français et alors que les partisans des statistiques raciales ont bien du mal à s’imposer.

Voir enfin:

Profiling Minorities: A Study of Stop-and-Search Practices in Paris
OSI
June 2009

Police officers in Paris consistently stop people on the basis of ethnicity and dress rather than on the basis of suspicious individual behavior, according to a report released by the Open Society Justice Initiative.

The report documents over 500 police stops over a one-year period and across five locations in and around the Gare du Nord train station and Châtelet-Les Halles commuter rail station.

The data show that Blacks were between 3.3 and 11.5 times more likely than Whites to be stopped; while Arabs were stopped between 1.8 and 14.8 more times than Whites. The study also found a strong relationship between people’s ethnicity, particular styles of clothing worn by young people, and the likelihood that they would be stopped.

The report recommends a number of reforms to identity check practices in Paris, including reform of law and policies that allow ethnic profiling; an explicit ban on discrimination by police officials; stronger criteria for the "reasonable suspicion" required to stop persons; and enhanced record keeping and review of stops to assess their impact and promote better practice.

The complete report is available for download below in English and French.


Election américaine: Attention un mensonge peut en cacher un autre! (More white lies about Obama’s election)

22 novembre, 2008

Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule un personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. (…) Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky

Les Américains ont choisi le candidat le plus talentueux et le plus crédible en dépit, et non à cause, de la couleur de sa peau. Le Monde

Attention: un (pieux) mensonge peut en cacher un autre!

Intéressant papier dans le Monde d’il y a deux jours sur le déluge de louanges qui a salué le hold up du siècle (pardon: "l’apothéose électorale"!) de celui qui n’aurait effectivement pu être élu ni au Kénya ni en France …

D’abord, puisqu’y sont bien pointés le goût particulièrement prononcé, au Pays autoproclamé des droits de l’homme, pour "les vaines proclamations et les débats théologiques" comme pour la "récupération politique".

Ou l’absurde controverse sur les "statistiques ethniques", y compris dans sa version allégée de la mention du lieu de naissance des parents ou de la limite à des études ciblées et anonymes, qui condamne effectivement, faute de mesure objective, toute vélléité de traitement du problème racial (pardon: ethnique !).

Et nous promet encore en effet de longues années de discrimination à l’embauche, au logement ou à l’accession aux postes dirigeants de la politique.

Sauf que si la reprise d’un terme aussi funeste (d’ailleurs très vite abandonné aux Etats-Unis mêmes) que celui de "discrimination positive" ne peut en effet qu plomber les débats, les solutions envisagées par notre bon dirigiste français de commentateur semblent se réduire pour une bonne part aux habituelles condamnations bien-pensantes des timides débuts de libéralisation susceptibles de mettre fin au véritable assignement à résidence auquel se résume jusqu’ici la politique de rénovation urbaine à la française (exigences légales en matière de mixité sociale dans l’habitat ou carte scolaire).

Ou aux dénonciations angélistes du début de prise en compte, après des décennies de déni, du véritable problème que constitue, y compris pour les migrants en règle dont on déplore par ailleurs les difficultés, les évidents détournements de procédures d’immigration comme celle des mariages blancs.

Et si "lourds contresens" il y a effectivement sur "l’accession du "premier Noir à la Maison Blanche", il ne sont peut-être pas du côté que l’on croit.

Du moins pas tant du côté du "mensonge de certains responsables politiques français qui feignent de croire que M. Obama a été élu parce qu’il est Noir" que de celui de certains commentateurs.

Comme ceux qui tentent de nous faire avaler que l’élection, après la déroute financière provoquée par "la recherche démagogique de la ‘justice sociale’ " commencée sous Clinton, du candidat du Très Grand Capital et de la rue noire (à, excusez du peu,…96% !) comme du politiquement correct universitaire ou médiatique (le bon vieux chantage au racisme)…

Etait celle du "plus talentueux et plus crédible en dépit, et non à cause, de la couleur de sa peau"!

Les pièges de l’obamania à la française
Philippe Bernard
Le Monde
19.11.08

Barack Obama aurait-il pu être élu en France ? Depuis que l’ascension du sénateur de l’Illinois s’est terminée en apothéose électorale, la question agite la France monocolore. Pour de bonnes raisons d’abord, puisque l’irrésistible ascension, outre-Atlantique, d’un métis, fils d’immigré, souligne par contraste l’homogénéité stérilisante des milieux politiques français et l’urgence à leur donner les couleurs de la société. Mais la vague d’obamania qui a déferlé sur l’exécutif français masque d’abord l’extrême confusion du débat dans la République. Comme si le vacarme était orchestré pour faire oublier les turpitudes hexagonales, au prix de lourds contresens sur l’accession du "premier Noir à la Maison Blanche".

Lorsque Christine Lagarde assure que l’élection de M. Obama, "quelque part, ça s’est un peu produit" en France avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy, en présentant ce dernier comme "le représentant d’une minorité", la ministre de l’économie ne participe pas seulement à une grossière opération de récupération politique. Elle reflète le double mensonge auquel feignent de croire certains responsables politiques français : M. Obama a été élu parce qu’il est Noir ; la France est sur le bon chemin de la "diversité" dont M. Sarkozy est l’emblème. Ce qui a dû faire rire jaune les enfants d’ouvriers maliens notamment.

Carla Bruni-Sarkozy, dans sa fougue à soutenir – sans le signer – l’"appel pour l’égalité réelle des chances" du chef d’entreprise Yazid Sabeg, a renchéri en affirmant que "les Français ont voté pour un fils d’immigré hongrois, dont le père a un accent, dont la maman est d’origine juive (…)", revendiquant sa propre qualité d’"artiste, née italienne". Ces assertions, outre qu’elles recourent à la manipulation très peu républicaine de la notion de "minorité" et à l’étalage soudain d’une "origine", se réfèrent à une réalité américaine dépassée. Les Américains ont choisi le candidat le plus talentueux et le plus crédible en dépit, et non à cause, de la couleur de sa peau.

Le parallèle avec la France est fragile. La "question noire" aux Etats-Unis, pays où chaque citoyen a des origines étrangères, sauf les Indiens, prend racine dans une tragédie consubstantielle à la nation, l’esclavage. La France, elle, nation unitaire séculaire, peine à intégrer les fils et filles de ceux qu’elle a longtemps considérés dans ses colonies comme des indigènes. Sans compter que l’histoire familiale de M. Obama ne se réfère ni à la traite des Noirs ni au colonialisme, mais à l’immigration africaine moderne. Il apparaît d’ailleurs pour le moins paradoxal que la France rouvre le débat sur l’accès aux responsabilités des personnes issues de l’immigration au moment même où le nouveau président américain privilégie les facteurs sociaux sur les variables raciales dans son analyse des fractures de la société américaine.

Tout se passe en réalité comme si notre pays s’emparait rituellement de cette question sur des bases erronées, pour mieux conforter le statu quo. Car question il y a : qu’à qualification égale, un descendant de Maghrébin coure 2,5 fois plus de risques d’être chômeur qu’un enfant de Français ; que la couleur de la peau rende improbable la possibilité de trouver un logement ; et qu’un seul député de France métropolitaine ne soit pas Blanc, montrent à quel point la République a failli à tenir sa promesse d’"égalité".

DES RÉFORMES CONTRE LA "DIVERSITÉ"

Les émeutes récurrentes qui agitent les quartiers populaires, perpétuellement analysées, de la gauche à la droite, comme symboles de l’"échec de l’intégration" (sous-entendue raciale) alors qu’elles expriment d’abord la rage d’être socialement exclu, n’ont jamais débouché sur un plan cohérent et de longue haleine de promotion scolaire et professionnelle. Des ambitions plus coûteuses que l’invitation de quelques "bronzés" sur des plateaux de télévision ou la nomination au gouvernement de quelques "Arabes qui cachent la forêt", selon l’expression de l’écrivain Azouz Begag qui a siégé au gouvernement de Villepin. Sept ans après son lancement, la main tendue par Sciences Po Paris aux élèves des banlieues (54 diplômés) demeure la suprême référence.

A l’inverse, plusieurs réformes engagées pèsent contre la "diversité" prétendument célébrée : la diminution des exigences légales en matière de mixité sociale dans l’habitat, la suppression de la carte scolaire, le refus de généraliser par la loi à toutes les formations supérieures sélectives le quota de 10 % d’étudiants venant de tous les lycées du pays, outremer compris, et l’asphyxie de la rénovation urbaine. Au surplus, le climat de suspicion à l’égard des étrangers et en particulier des "couples mixtes" qui prévaut en France rendrait aléatoire le mariage des parents d’un futur Obama français.

Pour promouvoir autrement que symboliquement les descendants d’immigrés, M. Sarkozy a pourtant les mains libres. La gauche au pouvoir s’est caractérisée par une troublante pusillanimité, là où la droite a commencé à passer à l’acte. Mais le candidat Sarkozy, après avoir agité la perspective de "statistiques ethniques", a fait le silence depuis que ces projets ont été censurés par le Conseil constitutionnel. Quant au comité présidé par Simone Veil chargé de réfléchir à l’introduction de la " diversité" dans le préambule de la Constitution, il vient d’être opportunément réactivé. Plutôt que de s’engager dans l’action concrète, la France continue de privilégier les vaines proclamations et les débats théologiques. A l’idée de "discrimination positive" plombée par sa formulation paradoxale elle-même pourrait pourtant se substituer des mesures volontaristes de portée générale dans des quartiers socialement ciblés.

Quant à la controverse sur les "statistiques ethniques", sans issue dans une France traumatisée par son histoire, elle pourrait être dépassée en lançant immédiatement les réformes et les enquêtes nécessaires à la connaissance et à la lutte contre les discriminations que permet la Constitution : introduction dans le recensement de la question du lieu de naissance des parents, et autorisation de questionnaires sur la couleur de la peau ou les origines, limitée à des études ciblées et anonymes.

L’obamania aurait alors secoué utilement la France. L’on s’apercevrait probablement qu’à l’heure où un métis accède au bureau Ovale et où les Verts allemands choisissent un fils de Turc pour leader, la "diversité" en France irrigue et enrichit déjà les ateliers, les commerces, les salles de professeurs et les prétoires. A peu près tous les milieux, à l’exception notable de la haute hiérarchie des partis politiques.


Statistiques ethniques: Bienvenue au pays où on sait sans avoir besoin de compter! (Where ignorance is bliss, it’s folly to be wise)

18 novembre, 2008
What racism in France?En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Michèle Tribalat
Au lendemain du hold up du siècle du messie noir et rouge du Très Grand Capital

Et après le déni, par les pleureuses de service, de la surdélinquance des jeunes d’origine immigrée …

Retour, avec la démographe Michèle Tribalat, sur le contresens français qui y voit "une simple affaire de couleur".

Et surtout sur ces associations comme le Cran qui, pour pousser leurs pions, en profitent pour avancer les chiffres les plus fantaisistes sur le nombre de noirs en France (5 millions contre, selon les estimations des spécialistes, un maximum de 3,5 millions, soit quelque 6% de la population totale).

Ou, après la Halde, un CSA qui nous sort de sa manche une prétendue sous-représentation des noirs à la télévision (8% pour les noirs, 11 % pour les non-blancs) …

Alors qu’on sait que le Conseil constitutionnel vient de confirmer, au pays autoproclamé des droits de l’homme,… l’interdiction de toutes statistiques ethniques!

Statistiques: la question des minorités en France
Michèle Tribalat
Le Figaro
18/11/2008

Alors que le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) revendique une plus grande place des candidats issus des minorités aux prochaines élections, l’auteur, démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), prend part au débat.

En France, l’élection de Barack Obama a conduit à des réactions préoccupantes. Alors qu’elle dénote un dépassement de la question noire aux États-Unis, comme y avait invité le candidat, elle est trop souvent interprétée en France comme une simple affaire de couleur. Le Cran a profité de l’aubaine pour mettre en avant ses revendications. Il avance un nombre de personnes dites noires hautement improbable, sans soulever l’once d’un désaccord. On a déjà connu cela du temps de Calixthe Beyala, qui chiffrait le peuple noir à 7 millions en 2000 ! La seule référence disponible est une enquête réalisée pour le Cran en 2007, qui évalue leur pourcentage dans l’Hexagone à 2,5 %. Aujourd’hui, le président du Cran, Patrick Lozès, nous assure qu’il y aurait 5 millions de Noirs en France, y compris ceux des DOM, et que ce nombre égale celui des personnes d’origine maghrébine. D’après mes estimations, le nombre de ces derniers vivant en métropole, sur trois générations, serait de 3,5 millions en 2005, soit près de 6 % de la population, ce qui rend le chiffre du Cran tout à fait irréaliste.

L’incapacité à mettre en cause un chiffre avancé par un Noir sur le nombre de Noirs en France en dit long sur notre société et constitue un traitement discriminatoire à part entière. Mais elle tient aussi au parisianisme de la presse nationale. Cette dernière extrapole la situation française d’après ce qu’elle a sous les yeux. 60 % de l’immigration subsaharienne arrive en Ile-de-France. La migration des DOM a été elle aussi très francilienne.

Le CSA vient de réaliser une enquête sur les émissions télévisées et la présence, sur nos écrans, des Noirs et des non-Blancs, mais oui des non-Blancs ! Un Arabe est ainsi classé parmi les non-Blancs par le CSA et parmi les Blancs aux États-Unis ! Les non-Blancs en général, et les Noirs en particulier, seraient sous-représentés à la télévision : 8 % de Noirs dans l’ensemble des programmes, ce n’est pas assez. Il faut revenir au b.a.-ba statistique : on ne peut établir une sous-représentation d’une catégorie particulière sans disposer d’une référence nationale. Pour savoir s’ils sont sous-représentés, il faut donc connaître le nombre de Noirs en France, ce qui n’est pas le cas, enquête du Cran en 2007 mise à part. Tout le reste n’est que divagations.

Le plus drôle c’est que, même d’après les hypothèses les plus fantaisistes du Cran, les Noirs ne seraient pas sous-représentés à la télévision. Le CSA nous dit que les non-Blancs ne constituent que 11 % des personnages recensés dans la fiction française contre 19 % dans la fiction américaine. Faut-il préciser que le cinéma américain n’est pas destiné en priorité au public français ? En 2007, aux États-Unis, où l’on élabore des statistiques raciales, 14 % des Américains sont noirs.

En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Or le Conseil constitutionnel a interdit les statistiques fondées sur une appréciation subjective. Mais c’est pour la bonne cause. Non ?

La question étant sur la table, il vaudrait mieux avoir des statistiques bien faites plutôt que des évaluations approximatives élaborées par des groupes de pression, fort légitimes, mais directement intéressés par les résultats. L’abstention de la statistique publique n’a pas empêché le ressassement des questions ethnoraciales.


Présidentielle américaine: Quelle personne respectable veut risquer d’être considérée comme raciste ou ennemi du changement? (What respectable person wants to risk being considered a racist or an enemy of change?)

17 octobre, 2008
Obama lawn sign
Souvenez-vous de ces deux mots: New Hampshire ! J’ai déjà été dans cette position, où nous étions les favoris et la presse a commencé à perdre la tête et nous avons pris une raclée. Obama
C’est une décision personnelle. Seuls moi même et le bouton que je vais pousser connaîtront la réponse. Joe Wurzelbacher
Pour la plupart des Américains, il n’y a rien de plus terrifiant que la perspective d’être qualifié de raciste. Cela est plus effrayant que l’inondation ou la famine, les attaques terroristes ou les bactéries mangeuses de chair. Pour certains, c’est encore plus effrayant que l’incertitude alimentaire. Le politiquement correct a appris aux gens à mentir aux sondeurs pour ne pas avoir à expliquer pourquoi ils ne voteront pas pour l’Afro-Américain. Ann Coulter
Quelle personne respectable veut risquer d’être considérée comme raciste, belliciste, fan du Président Bush ou ennemi du changement ? Beaucoup de gens biens aimeraient bie voir un noir président, ou même un Démocrate président, mais ne veulent pas Barack Obama. Père Jonathan Morris

Et si le chantage au racisme de nos belles âmes des médias se retournait contre ses instigateurs?

Leaders républicains locaux qui hésitent à s’afficher pro-McCain, crainte diffuse des sympathisants du sénateur arizonien de se déclarer pro-républicain, obscure peur de mettre des panneaux McCain sur sa pelouse …

A l’heure où, niant l’évidence d’un magistral ultime débat du candidat républicain, nos médias et à peu près tout le monde se gargarisent de l’avance apparemment irrattrapable de leur poulain démocrate …

Autant de signes que, derrière tant de sondages démocrates prétendument au zénith et malgré les fraudes qui s’accumulent, quelque chose est peut-être en train de se jouer dans cette élection à nulle autre pareille.

Et peut-être nouvelle (et inquiétante, du point de vue démocrate) confirmation, par un père catholique du site de Fox news, de la pression invisible mais réelle qui semble retenir nombre d’électeurs américains de dire ouvertement que dans le secret de l’isoloir le 4 novembre ils ne voteront pas Obama …

Extraits :

De Seattle à San Diego, de Burlington, Vermont à New York City, de la Nouvelle-Orléans auTexas et aux villes du Midwest comme Cleveland, j’entends des confessions à voix basse d’un péché terrible: "Père, je ne vais pas voter pour Obama."

Il y a huit ans en 2000 et il y a quatre ans en 2004 les pelouses des voisins de mes parents dans l’Ohio était plein de panneaux politiques. Pour tous les deux panneaux de « Gore » ou de « Kerry » il y avait au moins deux panneaux pour « Bush ». Et il y avait beaucoup, beaucoup de panneaux, je vous assure. Plus aujourd’hui. Quand j’ai demandé la raison aux militants locaux de McCain de Summit County, ils ont répondu rapidement : nous allons de porte en porte, les gens nous font un clin d’œil d’approbation, et puis refusent de nous permettre de placer un panneau sur leur pelouse. Un nombre significatif d’électeurs préfèrent apparemment McCain, mais ne veulent pas montrer leur désapprobation d’Obama.

Why This Election Will Be Close: Hushed Confessions
Father Jonathan Morris
Fox news
October 16th, 2008

In recent weeks I have spent a good amount of time crisscrossing the country.

Something very unusual is taking place.

From Seattle to San Diego, from Burlington, Vermont to New York City, from New Orleans to Texas and Midwest towns like Cleveland, I am hearing hushed admissions of a terrible sin: “Father, I’m not going to vote for Obama.”

Then I look at the polls. Nationally and in battleground States, Senator Obama is thrashing Senator McCain.

So what gives?

Pollsters would tell me it’s all very simple. Anecdotal evidence, like my experience on the road, isn’t really evidence at all. It is not trustworthy because it is not scientific. The divergence between what people are telling me and the polling data must be that I run in closed circles. People of like minds talk to me; the others don’t.

Very logical…unless…unless people don’t want their neighbors (or pollsters) to know they aren’t voting for Obama.

So, are we talking here about the “Bradley Effect”, that well-documented racist phenomenon of people telling pollsters one thing and then doing the opposite in the voting booth simply because the candidate is black?

No. I am referring to something else — the fear of talking to pollsters, or to your neighbor, or to anyone else about not wanting to vote for Barack Obama because of what he stands for.

Do you have doubts? How would you like to get up in front of a crowded theater in a mixed neighborhood and say you are going to vote for McCain? What respectable person wants to risk being considered a racist or a war monger or a fan of President Bush or an enemy of change? Many good people would like to see a black man as our president, or even a Democrat to be our president, but don’t want Barack Obama.

Yes, this race is different in a way that defies the scientific nature of polls. Do you remember the hushed admissions? Why do people feel obliged to speak quietly? Will these people agree to talk to a pollster? I don’t think so. I wouldn’t.

Eight years ago in 2000 and four years ago in 2004 my parents’ Ohio neighborhood was filled with political yard signs. For every two “Gore” or “Kerry” signs there were at least two “Bush” signs. And there were many, many signs, I assure you. Not so today. When I asked local McCain workers in Summit County the reason, they answered quickly: we go to the doors, people wink at us in approval, and then refuse to allow us to place a sign in their yard. A significant number of voters may prefer McCain, but don’t want to show their disapproval of Obama.

What will this mean on November 4th? I don’t know for sure. I do think the election will be closer than the polls suggest.

And I think it all has much more to do with Obama, the candidate, and his plans to “spread the wealth,” nominate very liberal federal judges and bow to Planned Parenthood, than with his ethnicity.

What say you?

God bless,

Father Jonathan

Father Jonathan Morris is author of the new book, “The Promise: God’s Purpose and Plan for when Life Hurts.” For more information click here.


Pékin 2008: Les femmes, ça sert aussi à faire la guerre (Cherchez la femme)

26 août, 2008
US beach volley girlsBahrain hijab runnerhttp://l2.yimg.com/bt/api/res/1.2/t0_tm4F0edJ48OoSiUb6.g--/YXBwaWQ9eW5ld3M7Zmk9ZmlsbDtoPTMxODtxPTc1O3c9MzAw/http://media.zenfs.com/en_us/News/ap_webfeeds/0033906cc3f721080b0f6a706700219e.jpghttp://pds.joins.com/jmnet/koreajoongangdaily/_data/photo/2012/08/15220501.jpgLes femmes peuvent soutenir la moitié du ciel. Mao
Ces zones d’ombre sont le trop petit nombre de médailles féminines, notre trop faible participation dans les sports collectifs, la situation de l’athlétisme et puis la défaillance d’un certain nombre de nos stars.(…) Si l’on veut promouvoir le sport féminin, il faut revoir la place du sport dans les études. La France est très bonne dans les compétitions juniors mais ensuite, de très nombreux athlètes se découragent car ils n’arrivent pas à concilier sport et études. C’est particulièrement vrai pour les filles. Roselyne Bachelot (ministre de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative)
En banlieue, à l’adolescence, la pression sociale peut parfois être très forte de la part des frères, des cousins…, pour obliger les filles à arrêter. Une solution est qu’elles changent de ville pour pratiquer leur sport, pour échapper aux regards désapprobateurs. Brigitte Deydier (présidente d’un rapport collectif les Femmes et le Sport publié en 2004)
Nous avons autant de filles que de garçons licenciés, nous sommes même au-dessus de la moyenne nationale. Le problème se pose plutôt pour la pratique adulte plus tard, où là, il y a des demandes d’aménagement de la part de certaines communautés, juives ou musulmanes notamment. Mais on ne devient pas sportive de haut niveau en commençant à 19 ans. Eugène-Henri Moré (adjoint au sport de la Courneuve, apparenté PCF)
Les femmes, ça sert aussi à faire la guerre (sportive)!
Au lendemain de la formidable razzia annoncée de médailles des bouchers toujours impunis de Tienanmen(2e place derrière les Etats-Unis pour le total avec 100 contre 110 mais 1ère pour l’or, 51 contre 36) …

Confirmation, comme l’ont rapporté nombre de nos médias, de la formidable arme secrète pour récolter les médailles qu’a été, pour la Chine, la fameuse "moitié du ciel" de Mao (57 contre 42, soit, contre la parfaite parité américaine et certains esprits chagrins chinois, près de 60%!) …

Développement somme toute logique si, comme nous le rappelions dans un récent billet, le sport est la continuation de la guerre par d’autres moyens, l’engagement du sexe dit faible apparaissant alors comme l’aboutissement ultime de la levée de masse et de la guerre totale initiées par la révolution française puis plus récemment par les régimes communistes.

Mais développement qui, depuis le rétablissement en 1896 des Jeux Olympiques par le baron Coubertin (foncièrement hostile à la mixité par fidélité aux jeux antiques qui excluaient eux aussi on le sait – avant de leur fournir leur propres jeux séparés – toute participation féminine sinon comme spectatrices, pour les femmes non mariées – d’athlètes, il est vrai, nus -, ou comme… récompenses!) mais à l’instar logique de la place des femmes dans la société en général et notamment dans le monde du travail (suite d’ailleurs à la pénurie en hommes des temps de guerre!), a mis du temps à s’imposer (seulement 22 sur 997 à l’olympiade suivante de 1900 et… 6 à celle de 1904!).

Et encore, sans parler des républiques dites populaires qui à coup d’injections de testostérone les transformaient en hommes ou les prenaient, comme cette année la Chine, au berceau!), pas dans tous les pays qui ont longtemps refusé toute participation féminine (encore 35 à Barcelone en 1992, 26 à Atlanta en 96, 10 à Sidney en 200, 5 à Athènes et au moins l’Arabie saoudite et Brunei cette année).

Sans compter les sports qui leur ont longtemps été interdits (encore jusqu’en 1992 !) et des pays qui les cantonnent à certaines disciplines non sensibles (comme le tir au pistolet pour l’Iran) ou les affublent de tenues hallal (couvrant, comme au Bahrain, tout leur corps sauf leur visage et mains, et ce jusqu’aux… escrimeuses égyptiennes !?).

D’où, comme le révèlent plus ou moins directement – politiquement correct oblige – certains médias français, le dilemme, pour un pays à forte immigration musulmane et à caisses vides comme la France, qui, malgré son maintien au 7e rang en nombre total de médailles, se voit, suite à l’effondrement des résultats féminins (supposés plus accessibles) sur lesquels il avait longtemps misé (7 sur 32, 1 sur 7 pour l’or, soit 22%), reculer de 3 places pour les médailles d’or.

Condamné, à défaut de la stratégie britannique (certes payante : 4e place et meilleur résultat depuis près de 90 ans !) de concentration sur quelques disciplines (cyclisme, voile et aviron, plus le fort recours à la haute technologie et… la loterie !), à l’impossible choix entre la "caporalisation" à la soviétique ou… la hallalisation vestimentaire à la bahrainienne?

Médailles françaises: mais où sont les femmes?
Quentin Girard
Rue 89

08/23/2008Les larmes de Laure Manaudou ou des handballeuses françaises en sont le symbole. Alors que les Jeux se terminent dimanche, les Françaises sont au tapis. Sur les 40 médailles glanées, elles n’en ont obtenu que 7, dont une seule en or. Un bilan gonflé d’un coup grâce aux deux médailles en BMX, nouvelle discipline olympique, obtenues vendredi.En 2004, à Athènes, elles avaient glané 16 médailles sur 33. A Sydney en 2000, 11 médailles sur 38. Et à Atlanta en 1996, 15 médailles sur 37. En moyenne, elles avaient 40% environ des médailles sur les trois précédentes olympiades. Incident de parcours ou tendance lourde ? Difficile à dire à chaud, mais on peut avancer quelques explications :Un niveau international très relevé

Les JO de Pékin ont sans doute été les Jeux olympiques d’été les plus relevés de l’histoire pour les femmes. La Chine a énormément investi dans tous les sports, surtout dans les catégories féminines, jugées plus abordables. Un effort qui a payé [1] : les Chinoises ont pour l’instant presque rapporté 60% des médailles de leur délégation.

Mais aucun autre pays du top 10 n’a vu autant fondre son ratio de médailles hommes/femmes que la France. En moyenne, ils se maintiennent entre 40% et 50%. Les Bleues sont sans doute trop dépendantes de certains sports, comme les sports de combat ou la natation.

En judo ou en escrime, la Chine a énormément progressé et des nations comme la Corée du Nord ou le Kazakhstan, qui ne participent pas aux autres compétitions internationales, ont surpris. Comme l’explique Brigitte Deydier, directeur technique nationale (DTN) de la Fédération française de judo :

« Les Chinois ont fourni énormément d’effort, tout le monde a subi. Structurellement, le sport, surtout féminin, n’est pas très porté en France. 45% des athlètes à Pékin sont des femmes, mais il n’y a qu’entre 20 et 25% de licenciées. »

Le sport français est-il misogyne ?

Pour réussir, les sportives françaises doivent évoluer dans un environnement ultra-masculin. Seulement 30% des conseillers techniques sportifs, 10% des entraîneurs nationaux et 4% des DTN sont des femmes. Dans le judo par exemple, seuls 10% des cadres techniques sont des femmes. Le problème est le même au niveau des fonctions dirigeantes.

Et pour briller dans une compétition internationale, la relation entre un athlète et un entraîneur est essentielle. Des entraîneuses seraient parfois plus aptes à comprendre les besoins et demandes des jeunes filles. Si Philippe Lucas avait été une femme, Laure Manaudou ne l’aurait peut-être pas quitté… Mais la situation de la star de la natation française ne reflète pas celles de la plupart des jeunes filles.

Caroline Carpentier, coach d’entraîneur et ancienne chef du département du sport de haut niveau à l’Insep souligne également que les femmes bénéficient rarement des meilleurs entraîneurs. S’occuper des filles, c’est souvent « une étape obligatoire ou un purgatoire avant d’avoir une fonction jugée plus prestigieuse ».

Un usage qui peut démotiver les sportives comme leurs entraîneurs. Il y a bien sûr des exceptions, comme Jérôme Roussat, champion olympique en escrime en épée avec les hommes qui va coacher les dames. De quoi entretenir un peu d’optimisme.

« A l’adolescence, la jeune fille ne rêve pas que de compétitions »

Seulement 34% des athlètes licenciés au haut niveau sont aujourd’hui des femmes. Même dans des sports ultra-féminins comme l’équitation, plus l’âge avance, moins elles sont nombreuses. Dans ce dernier sport, 80% des licenciés sont des femmes. En licence compétition 17-21 ans, elles représentent 84% des inscrits. Mais dans la catégorie adulte, elles ne sont plus que 65%. Et aux Jeux olympiques, les porte-étendard de la délégation olympique étaient des hommes…

Brigitte Deydier, triple championne du monde de judo dans les années 80, ajoute :

« A l’adolescence, au contraire des garçons, la jeune fille ne rêve pas que de compétitions. C’est à cet âge-là que beaucoup d’entre elles arrêtent. Les rémunérations moindres pour les sports féminins n’incitent pas non plus à continuer. Et à part à l’Insep, il est très difficile de continuer ses études et d’aller vraiment jusqu’au haut niveau. »

Les fédérations sportives ne sauraient donc pas prendre en compte les aspirations des jeunes filles. Caroline Carpentier avance une solution :

« Peut-être faudrait-il donc des politiques de haut niveau différenciées entre les hommes et les femmes. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. »

« Les familles donnent la priorité aux garçons pour les activités sportives »

Il y a aussi des raisons culturelles. En France, les femmes ne sont pas non plus forcément encouragées à faire du sport. C’est ce qu’explique Brigitte Deydier, présidente d’un rapport collectif les Femmes et le Sport publié en 2004 :

« Le choix des familles est souvent vite fait. Surtout quand il n’y a pas beaucoup d’argent dans le foyer, on donnera toujours la priorité au garçon pour pratiquer une activité sportive. »

Un choix d’autant plus flagrant dans les banlieues où l’accessibilité au sport est parfois difficile pour les jeunes filles :

« En banlieue, à l’adolescence, la pression sociale peut parfois être très forte de la part des frères, des cousins…, pour obliger les filles à arrêter. Une solution est qu’elles changent de ville pour pratiquer leur sport, pour échapper aux regards désapprobateurs. »

Eugène-Henri Moré, adjoint au sport de la Courneuve, apparenté PCF, va à l’encontre de cette idée :

« Nous avons autant de filles que de garçons licenciés, nous sommes même au-dessus de la moyenne nationale. Le problème se pose plutôt pour la pratique adulte plus tard, où là, il y a des demandes d’aménagement de la part de certaines communautés, juives ou musulmanes notamment. Mais on ne devient pas sportive de haut niveau en commençant à 19 ans. »

Avant Londres 2012, les Britanniques investissent massivement

Au service de presse de l’association Ni putes ni soumises, on explique qu’il est très difficile d’évaluer le phénomène :

Bien sûr, le sujet nous intéresse mais les filles ne nous en parlent pas. Cela les intéresse plus de parler du rapport avec les garçons, de la possibilité de sortir… des questions plus classiques.

Dans des sports où la concurrence n’est pas très relevée il est plus facile pour une nation développée de former des athlètes féminins d’un niveau correct, même si l’environnement n’est pas forcément favorable. Mais dès qu’une nation investit d’importants moyens, les autres sont à la traîne.

Après la Chine cette année, ce sera peut-être le tour du Royaume-Uni en 2012. Gordon Brown, le premier ministre britannique, s’était engagé en 2006 à débloquer 400 millions d’euros supplémentaire pour le sport olympique, 130 millions d’euros par an. L’argent a été concentrée sur quelques sports comme le cyclisme et l’aviron. Cela a déjà payé, les sujets d’Elizabeth II sont actuellement quatrième du classement des médailles.

Mis à jour le 24/8 à 14h49, après les nouvelles médailles françaises, notamment le bronze de Marie Delattre et Anne-Laure Viard en canoë-kayak (K2, 500 m). Bravo les filles !

Les athlètes françaises n’ont obtenu que 7 des 40 breloques tricolores. Un fiasco qui montre les lacunes de l’encadrement sportif.

La Chine a énormément investi dans tous les sports, surtout dans les catégories féminines, jugées plus abordables. Un effort qui a payé : les Chinoises ont pour l’instant presque rapporté 60% des médailles de leur délégation.

45% des athlètes à Pékin sont des femmes, mais il n’y a qu’entre 20 et 25% de licenciées. »

Pour réussir, les sportives françaises doivent évoluer dans un environnement ultra-masculin. Seulement 30% des conseillers techniques sportifs, 10% des entraîneurs nationaux et 4% des DTN sont des femmes. Dans le judo par exemple, seuls 10% des cadres techniques sont des femmes. Le problème est le même au niveau des fonctions dirigeantes.

les femmes bénéficient rarement des meilleurs entraîneurs. S’occuper des filles, c’est souvent « une étape obligatoire ou un purgatoire avant d’avoir une fonction jugée plus prestigieuse ».

Seulement 34% des athlètes licenciés au haut niveau sont aujourd’hui des femmes. Même dans des sports ultra-féminins comme l’équitation, plus l’âge avance, moins elles sont nombreuses. Dans ce dernier sport, 80% des licenciés sont des femmes. En licence compétition 17-21 ans, elles représentent 84% des inscrits. Mais dans la catégorie adulte, elles ne sont plus que 65%. Et aux Jeux olympiques, les porte-étendard de la délégation olympique étaient des hommes…

Brigitte Deydier, triple championne du monde de judo dans les années 80, ajoute :

« A l’adolescence, au contraire des garçons, la jeune fille ne rêve pas que de compétitions. C’est à cet âge-là que beaucoup d’entre elles arrêtent. Les rémunérations moindres pour les sports féminins

Il y a aussi des raisons culturelles. En France, les femmes ne sont pas non plus forcément encouragées à faire du sport. C’est ce qu’explique Brigitte Deydier, présidente d’un rapport collectif les Femmes et le Sport publié en 2004 :

« Le choix des familles est souvent vite fait. Surtout quand il n’y a pas beaucoup d’argent dans le foyer, on donnera toujours la priorité au garçon pour pratiquer une activité sportive. »

Un choix d’autant plus flagrant dans les banlieues où l’accessibilité au sport est parfois difficile pour les jeunes filles :

Voir aussi :

Women"s participation in the Olympics … an ambitious dream comes true
Mutaz Alshabrawi
KUNA
6 August 2008

A law passed in 404 BC stipulated that sportsmen and their coaches had to participate naked in the Olympic Games, to force women to stay away after Kalipatera disguised herself as a man to enter the stadium and watch her son compete.

Women found violating this order were thrown off the mountain, and as this sixth part of the KUNA report will show, women were not only banned from participating in the games, but also from entering the city of Olympics — all except the priestess of the temple and her virgins.

Kalipatera was the only women to escape the harsh punishment of being thrown off the mountain, after pleading with the judges that she was the wife of a deceased Olympic champion who died while training her only son, prompting her to take over.

With the revival of the Olympics in the late 19th century, the founder of the modern games Pierre Fredy, Baron de Coubertin, was not for the participation of women in the competitions, perhaps under influence of traditions of the Ancient Games that he studied so closely.

Women did not take part in the first Olympic Games held in Athens in 1896, but against the objections of de Coubertin, they were allowed by the International Olympics Committee to compete four years later in Paris.

Charlotte Reinagle Cooper of Middlesex, England, became the first female Olympic champion after winning two gold medals for the tennis singles and mixed doubles with her partner Reginald Doherty.

Princess Kyniska, daughter of Archidamos, King of the Spartans may be the first female Olympic champion in ancient history, figuratively speaking, as awards for the carriage race were bestowed on the carriage owner and not the driver — she won in 396 BC.

Female participation in the modern games remained small and symbolic, and restricted to "light" sports. When swimming and diving competitions were held in the 1912 Games, one official resigned in protest of the "indecency" of the female participants.

With the outbreak of the First World War, women began to take up jobs that were previously limited to men, and called for more civil and employment rights. They insisted in greater participation in athletics, and this was made possible in the 1928 Amsterdam Olympics.

However, women’s participation in the 1928 Games was a burden. Many fainted in the 800-meter race, and this was used as an excuse to cancel this event for the next 32 years.

Soon enough, women proved their excellence in the games. America’s Babe Didrikson won gold medals for the 80-meter hurdles and javelin, and the silver medal for the triple jump at the 1932 Olympic Games in Los Angeles, while her countrywoman Dorothy Poynton Hill won two gold medals and two silver ones in the 1932 and 1936 Games for diving.

All of this was before Dutch sprinter Fanny Blanker-Koen brought female sports under the spotlight by winning the 100, 200 and 400-meter sprints, the 80-meter hurdles in the 1948 London Olympic Games. The 30-year-old mother of two defied calls for women to stay at home by becoming the first woman in history to win four medals, and she received a historic welcoming by her people upon arriving home.

With the progress of the female sports movement after the Second World War, political and social developments also took place. The Soviet Union sent its first female team of athletes to the 1952 Games, and its members won gold medals that marked the beginning of a sports "Cold War." Soviet women dominated competitions in track and field and gymnastics for decades.

In the Tokyo Olympics of 1964, 80 percent of the population had their eyes on the Japanese female volleyball team as it played its game, making this the highest audience percentage for any event in that country.

It was only in 1984 that women ended their long struggle and were allowed to participate in the marathon, and it was in this same year in the Los Angeles Games that Moroccan sprinter Nawal El Moutawakel won the 400-meter race and became the first Muslim Arab woman to win a medal.

In the 1992 Barcelona Olympics, women participated in all games, including judo.

There is also an event that is exclusively for women — synchronized swimming.

With all of these achievements by female athletes, the latest Athens Olympics saw 4329 women competing compared to 6296, and this is expected to increase in the Beijing Games.

Women’s fight for their right to prove their sports excellence has not been an easy one, and their achievements are among the most outstanding in modern Olympics.

COMPLEMENT:

Olympics cover up: Women beach volleyball players told they can wear MORE clothes
Simon Head

The Mirror

Mar 27, 2012

It’s one of the newer Olympic sports, but beach volleyball has developed a cult following since its Games debut in 1996.

The women’s game in particular proved particularly popular, due in no small part to the lack of clothing worn by the participants.

Getty Portrait of a female beach volleyball player
Beach volleyball in bikinis: Because it’s too warm for sleeves, surely?

But that could all be about to change, with the introduction of some more relaxed rules regarding the uniforms worn on the sand during the London 2012 beach volleyball tournament.

Female players will now have the option of wearing less revealing uniforms as the sport’s governing body looks to respect the varied cultural beliefs of its competing nations.

The International Volleyball Federation (FIVB) stated that shorts can be worn instead of bikini bottoms, while bikini tops can be replaced with sleeved tops.

Getty Denise Johns, Lucy Bolton, Shauna Mullin and Zara Dampney of Great Britain pose during a photo call
Backing the Brits: Denise Johns, Lucy Bolton, Shauna Mullin and Zara Dampney show off their uniform at a photo call

The modified rule permits "shorts of a maximum length of (1.18 inches) above the knee, and sleeved or sleeveless tops."

The choice will remain with the teams and players themselves, and the relaxed rules are already in place having been introduced to the 142-nation Continental Cup qualification tournament for the Olympic Games.

An FIVB spokesman explained, "Many of these countries have religious and cultural requirements, so the uniform needed to be more flexible."

Beach Volleyball: The Facts

The sport was first played in the 1920s in Santa Monica, California and moved across to Europe a decade later

Early matches were played with teams of at least six a side, but eventually progressed to the 2 v 2 format we have today

The first competitive tournament was held in Los Angeles in 1940. The prize was a case of Pepsi

The first World Championship took place in 1976, with Greg Lee and Jim Menges taking the title and splitting the £2,500 first prize

The London 2012 beach volleyball tournament will be held at the Horse Guards Parade, near Trafalgar Square

Volleyball and beach volleyball are similar sports, but have different rules, as the video below explains

Voir aussi:

It’s a cover up: Olympic beach volleyball players to be allowed to wear more clothes
Simon Rice

The Independent

27 March 2012

Beach volleyball, a sport with minimal following in Britain, was one of the most sought after events when tickets went on sale for this summer’s Olympics.

Since its induction as an Olympic medal event in 1996, the bikinis worn by female competitors have helped define and raise the profile of the sport.

Cynics might suggest that the demand for tickets has been driven as much by the appeal of watching bikini clad competitors as it has been a desire to see world class volleyball in London.

But those heading to Horse Guards Parade this summer hoping to see semi-naked players competing in the sand near Buckingham Palace may find themselves disappointed after the sport’s governing body ruled that female players will have the option to wear less revealing outfits.

The International Volleyball Federation (FIVB) has said it will allow shorts and sleeved tops at the 2012 Games, along with the traditional bikinis and body suits already permitted.

"Many of these countries have religious and cultural requirements so the uniform needed to be more flexible." FIVB spokesman Richard Baker told The Associated Press.

The less revealing outfits were already permitted for the the five Continental Cups, through which 142 nations are competing to qualify for the London Games.

"Winners of the Continental Cups will qualify for the Olympics, so it has to be applied," said Baker.

The modified rule permits "shorts of a maximum length of three centimeters (1.18 inches) above the knee, and sleeved or sleeveless tops."

The FIVB insists competitors have always had a choice what to wear. "They weren’t forced to wear a bikini," Baker said.

Voir également:

Olympic beach volleyballers women told they can cover up because of the cool summer

Female volleyball players can wear shorts and sleeved tops in cold weather
With cool weather predicted, players can disregard the usual bikini

Alex Ward

The Daily Mail

16 July 2012

Beach volleyball fans hoping to see female competitors going for Olympic gold in bikinis will be disappointed when athletes turn up in shorts.

With dismal weather forecast during the Games, female athletes might choose shorts and sleeved tops if temperatures drop below 16 degrees Celsius it has been revealed.

British beach volleyball hopefuls Zara Dampney, 26, and Shauna Mullin, 27, said the cooler weather will dictate what they wear on the court.

Miss Mullin said: ‘Once the temperature drops below 16 degrees Celsius we are allowed to wear long leggings and long-sleeved tops.’

Miss Dampney added: ‘I’m sure there are a few people who only watch for one reason.

Home advantage: The women of the British beach volleyball team could have an advantage because they’re used to playing in the rain

‘But I think people should come anyway and see what it’s all about. Maybe bad weather will give us a home advantage against the Brazilians — we’re used to playing in the rain.’

Women beach volleyball players have been given the option of playing in shorts rather than skimpy bikinis during the London 2012 Olympics after the International Volleyball Federation (FIVB) brought in new dress code rules to cater for different countries’ cultural or religious beliefs.

Richard Baker, the press department director for FIVB said uniforms just needed to be consistent.

He said: ‘For events staged in cold weather conditions, the clothes worn by both players must be consistent in type, style, manufacturer, colour, sponsors, etc.

‘Players will however be allowed to wear long pants and/or tops on the court during play if the temperature is to drop below 15 degrees Celsius.’

The new rule permits shorts of a maximum length of 1.18 inches above the knee, and sleeved or sleeveless tops.


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