Turquie: Ca fait des années que M. Erdoğan est arrivé à son arrêt (First crack in the Ankara Consensus ? : The West has refused to believe what Turks have known for years)

4 juin, 2013
http://cdncms.todayszaman.com/todayszaman/2006/09/15/erdogan_b.jpgLa démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendez. Erdogan
 C’est avant tout une question de vision des choses (…) Nous sommes prêts à jouer un rôle de médiateur dans divers conflits, grâce à nos solides relations avec les différents groupes ethniques et religieux, notamment turcophones [présents dans les Balkans, au Caucase, en Russie, à Chypre et au Proche-Orient].  (…) Nous avons une conception de la sécurité pour tous, et une conception de la paix qui nécessite à la fois un dialogue de haut niveau sur le plan politique, une interdépendance sur le plan économique et la prise en compte de la diversité culturelle. Ahmet Davutoglu (ministre des affaires étrangères turc, 2009)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le Mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tocqueville
Le Consensus de Pékin (ou Consensus de Beijing) est un terme décrivant la diplomatie et le modèle de développement proposé par la République populaire de Chine, en particulier auprès des pays en voie de développement, notamment en Afrique. L’Occident et la Chine ont ici des positions très différentes sur les besoins et méthodes pour soutenir le développement de ces pays. La position occidentale est contenue dans le Consensus de Washington, avec pour axes principaux le libre-échange, la lutte contre la corruption, la transparence, les droits civiques et la démocratisation, ainsi que la défense des droits de l’homme. De son côté, l’approche diplomatique chinoise prête une grande estime à la non ingérence (indépendance pour les affaires internes) de tout pays, ainsi qu’un développement « à la chinoise » : structurel (chemins de fer, ports, barrages, etc) et économique d’abord (industrie, mines, pétrole), puis éventuellement civique. Wikipedia
Dans certains cas, il s’agit d’une omerta, dans d’autres, d’une ignorance crasse, et parfois cela relève de la pure naïveté. Lorsqu’on parle de la Chine, en Occident, c’est essentiellement en termes économiques, alors qu’il s’agit d’économie politique. Nombre de nos économistes ne l’ont pas compris. Ils savent manier les chiffres, mais ils ne sont pas formés pour penser politiquement. Or il faut penser l’économie chinoise en termes politiques, sinon il est impossible de comprendre ce qui s’y passe. Certains ont aussi intérêt à ne pas trop comprendre. Les règles du jeu que les Chinois voudraient imposer aux experts étrangers sont très claires : en aucun cas ils ne doivent exposer le vrai rôle du parti. Ceux qui acceptent de se plier à ces règles ne cherchent évidemment pas la transparence. Il est significatif qu’en Occident on présente Hu Jintao comme le "président chinois" alors que son titre le plus important est celui de secrétaire général du PC. Richard McGregor
Il va sans dire que nombre de pays en développement envient le succès de la Chine. Quel pays pauvre refuserait trois décennies de croissance à 10%? Et quel despote ne voudrait pas d’une croissance à 10%, tout en ayant l’assurance de rester au pouvoir pour longtemps? (…) Par ailleurs, la Chine est parvenue à ce résultat en ignorant délibérément les conseils de l’Occident; elle a su tirer parti des avantages du marché, sans pour autant succomber à l’ensemble de ses charmes. Pendant des années, les banquiers du monde entier se sont rendus à Pékin pour prêcher la bonne parole de la libéralisation financière, conseillant aux dirigeants chinois de laisser flotter leur monnaie et d’ouvrir leur compte de capital. Comment reprocher aux Chinois d’avoir compris que cette recommandation était évidemment motivée par des intérêts personnels? Une théorie à la mode veut que le succès de la Chine ait donné naissance à un nouveau «consensus de Pékin», qui remettrait en cause l’importance de l’économie de marché et de la démocratie —les deux marques de fabrique du «consensus de Washington». Le consensus de Pékin proposerait ainsi un système économique pragmatique et une politique autoritariste prête à l’emploi. Mais observez le modèle chinois de plus près, et vous verrez qu’il n’est pas si simple de le l’imiter. La plupart des pays en développement n’ont pas la tradition et la complexité bureaucratique de la Chine; la structure du parti lui donne une capacité à mobiliser des ressources et à diriger ses fonctionnaires qu’ils ne peuvent égaler. La République démocratique du Congo pourrait-elle établir et administrer un département de l’organisation? En Chine, l’autoritarisme ne pourrait fonctionner sans les ressources du parti. Richard McGregor
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé – en particulier les pays arabes et musulmans. Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte (L’exception européenne, 2009)
L’identité de la démocratie libérale a été révélée au monde par sa protection du régime le plus criminel de l’histoire de l’Humanité, le régime sioniste, en utilisant la grosse tromperie qu’est l’holocauste". Ahmadinejad (commémorations du 20e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, le 3 juin 2009)
On ne peut pas être musulman et laïque en même temps (…). Le milliard et demi de musulmans attend que le peuple turc se soulève. Nous allons nous soulever. Avec la permission d’Allah, la rébellion va commencer". Erdogan  (1992)
Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. Erdogan (1997)
L’expression ‘islam modéré’ est laide et offensante,  il n’y a pas d’islam modéré. L’Islam est l’Islam. Erdogan (2007)
La mondialisation en constituants de grands ensembles régionaux entraîne partout la diminution de l’Etat-Nation. Plus la mondialisation s’accroit, plus l’Islam se propage. Ömer Dinçer (proche conseiller politique d’Erdogan)
Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité. Erdogan (Paris, avril 2010)
La Turquie a besoin d’un nouvel esprit de conquête. Grâce à ce parc, nos enfants regarderont vers le futur à travers notre glorieuse histoire. Erdogan (inauguration du musée Panorama 1453)
Ni la mosquée d’Al Aksa, ni le tombeau du prophète Ibrahim ni la tombe de Rachel n’ont été et ne seront jamais des sites juifs, mais uniquement musulmans. Erdogan (mars 2010)
Avec 72 professionnels des médias actuellement emprisonnés, dont au moins 42 journalistes et 4 collaborateurs le sont en lien avec leur activité professionnelle, la Turquie est la plus grande prison du monde pour les journalistes. Un triste paradoxe pour un pays qui se présente comme un modèle régional de démocratie. Cet état de fait, inédit depuis la fin du régime militaire, n’a pourtant rien d’étonnant, au regard des problèmes structurels de la justice turque : un cadre législatif encore largement répressif, aux dispositions si larges et floues qu’elles autorisent tous les excès ; une culture judiciaire volontiers paranoïaque, arc-boutée sur des objectifs sécuritaires au mépris des droits de la défense et de la liberté de l’information. La grande majorité des journalistes emprisonnés sont des représentants de médias pro-kurdes, ce qui souligne une nouvelle fois le caractère indissociable de la liberté de l’information et de la recherche d’une solution pacifique à la question kurde. Reporters sans frontières
Depuis longtemps, un bon nombre de nos pseudo-experts, à la naïveté confondante, nous affirment, contre toute évidence, que l’Islam peut parfaitement faire bon ménage avec la démocratie, qu’il ne s’agit que d’une religion « comme les autres » qui ne déborde pas de la vie privée, que rien dans le Coran ne s’oppose aux valeurs de liberté et d’égalité qui sont les nôtres et qu’il ne faut surtout pas confondre quelques poignées d’extrémistes islamistes fanatiques avec les « braves » musulmans qui se contentent de faire leurs cinq prières quotidiennes, de respecter le Ramadan et, éventuellement, d’aller à La Mecque, tout en vivant sereinement au sein de nos sociétés occidentales. C’est d’ailleurs là le discours officiel que tous nos dirigeants, incapables de faire face aux innombrables problèmes de l’immigration, nous ressassent inlassablement avec la plus totale des mauvaises fois. Devant les inquiétudes de certains qui connaissent un peu le sujet, inquiétudes encore ravivées par le fiasco du fameux « printemps arabe » qui a amené à Tunis, à Tripoli et au Caire, non pas la démocratie annoncée mais des régimes islamistes, ces « bons esprits » nous sortaient immanquablement « le modèle turc ». A les entendre, le parti islamique-conservateur du Premier ministre Erdogan, au pouvoir à Ankara depuis 2002, avait su réaliser la synthèse entre Islam et démocratie et démontrer qu’on pouvait tout à fait être un adepte du Coran tout en respectant la liberté de chacun, l’égalité entre hommes et femmes et tous les droits qui nous semblent aujourd’hui fondamentaux dans une société si ce n’est civilisée du moins du XXIème siècle. Les progrès économiques incontestables de la Turquie, sa volonté d’entrer dans l’Europe et le souvenir d’Ataturk laissaient croire à ces « gogos » qu’Erdogan avait réussi l’impossible en mélangeant le Coran et la Déclaration des Droits de l’homme, les paroles du Prophète et le modernisme. Et ils nous racontaient alors qu’il ne fallait surtout pas s’inquiéter des « petites dérives » des nouveaux régimes issus du « printemps arabe » qui voulaient imposer la Charia à leurs peuples et n’hésitaient pas évoquer le Djihad contre l’Occident judéo-chrétien. Tout cela, nous disaient-ils, n’était que de pure forme, tout allait rapidement rentrer dans l’ordre et tout le monde, de Tunis au Caire, allait bien vite suivre « le modèle turc » et adopter un Islam modéré, raisonnable, « gentil » avec tout le monde. Les manifestations qui se déroulent actuellement à Istanbul et qui se propagent dans d’autres villes turques apportent un cinglant démenti à tous ces discours rassurants. (…) il serait temps que nos « experts » (et nos dirigeants) ouvrent les yeux et s’aperçoivent que, dès qu’il est au pouvoir, l’Islam, même s’il se dit « modéré », ne pense qu’à imposer sa loi dans tous les domaines. Les manifestants de la place Taksim, de gauche comme de droite, des communistes aux kémalistes, nous lancent un appel au secours et, plus encore, un signal d’alarme qu’il faut écouter. Non, « le modèle turc » ne prouve pas que l’Islam peut s’accommoder avec la démocratie. Au contraire même. Il démontre que dès qu’ils sont au pouvoir les Islamiques se transforment en Islamistes. Thierry Desjardins
Nous sommes (…) dans un mouvement citoyen du type Indignés qui risque de perdurer. Il s’inscrit dans une série de conflits sociaux, par exemple la grève des ouvriers de l’entreprise d’État Tekel en 2009 ou bien les mouvements de contestation dans les universités en 2010 puis 2012… La nouveauté, c’est que le mouvement de protestation a gagné de nombreuses villes et que nous ne sommes plus dans des revendications sectorielles. Il reflète l’inquiétude qu’inspire l’évolution de l’AKP à une partie de l’opinion publique. Après trois législatures successives, l’AKP a de plus en plus de pouvoir et le fait sentir. Il s’appuie sur la légitimité des urnes pour imposer son projet de société: réforme du système éducatif au profit des établissements religieux, tentative de réduction du délai légal pour avorter, restriction des ventes d’alcool. Plus grave, l’élaboration de la nouvelle Constitution s’enlise et l’AKP est soupçonné de vouloir faire passer son propre texte par le biais d’un référendum. Or cette nouvelle Constitution, qui visait au début à renforcer l’État de droit, ambitionne maintenant d’instaurer un régime présidentiel qui permettrait à Recep Tayyip Erdogan de rester au pouvoir jusqu’en 2023. C’est d’autant plus inquiétant que l’opposition, faible et divisée, n’apparaît pas comme une alternative crédible. Enfin, le conflit syrien et la crainte qu’il ne déstabilise la Turquie ont remis en cause les choix diplomatiques proclamés ces dernières années par l’AKP, notamment sa politique de réconciliation avec le régime de Bachar el-Assad. (…)  En ce qui concerne Erdogan, sa réaction est assez déconcertante. On a l’impression qu’il n’a pas pris la mesure de l’événement. Il a fallu l’intervention du président Abdullah Gül pour qu’il se décide à retirer les forces de police qui cernaient la place Taksim. Et puis il y a ces déclarations un peu provocatrices: il s’est vanté par exemple de pouvoir rassembler 200.000 personnes quand «ils rassemblent vingt personnes». Enfin, il vient d’entamer une tournée au Maghreb qui pourrait être perçue comme une forme de mépris à l’égard des manifestants et qui pourrait radicaliser le mouvement de contestation. Cette intransigeance inquiète jusqu’à ses partisans et compromet sa candidature à la prochaine présidentielle. (…) Il existe une spécificité de la Turquie, qui vit depuis environ un siècle sous un régime de droit séculier. En Turquie, il n’y a jamais eu de débat sur l’application de la charia comme en Tunisie, en Égypte ou en Libye. Ce qui est sûr, c’est que ce modèle devait beaucoup à Erdogan et que l’image du premier ministre turc sort ternie de cette affaire. Jean Marcou
Dans un pays démocratique, lorsque le pouvoir politique confond la majorité parlementaire et le pouvoir absolu, applique une censure générale par l’intimidation sur la grande majorité des médias, emprisonne des dizaines de journalistes, des centaines d’étudiants et de responsables politiques, méprise systématiquement toute forme d’opposition politique et sociale, n’hésite pas à attaquer avec une brutalité choquante des manifestants pacifiques, affirme avec fierté que rien ne pourra les arrêter, va ouvertement à l’encontre des décisions de justice, il laisse comme seule forme d’expression la manifestation populaire. (…) il est capital et urgent que les soutiens provenant des pays étrangers, en l’occurrence de la France, se multiplient pour (…) casser cette image illusoire entretenue par le Parti de la justice et du développement (AKP) et qui trouvait étrangement un fort écho dans les pays occidentaux, notamment en France, d’une Turquie qui serait désormais plus démocratique, plus tolérante, plus ouverte. Alors que de nombreux chercheurs et journalistes évoquaient encore il y a quelques mois un éventuel modèle démocratique que la Turquie pourrait proposer aux pays issus du Printemps arabe, la réalité est cruellement éloignée de cette image. Le Premier ministre Erdogan invitait, il y a quelques mois, le président syrien Bachar al-Assad à «quitter le pouvoir au lieu de continuer à tyranniser son peuple». Comment pourra-t-il justifier le comportement de ses propres forces de l’ordre à l’égard de ses propres citoyens alors que les images de ces derniers jours sont en train de faire le tour du monde? L’ironie du sort est qu’aujourd’hui c’est le même Bachar al-Assad qui invite Erdogan, en reprenant exactement la même formultaion, à "cesser de tyranniser son propre peuple". Alican Tayla
Lorsqu’il était maire d’Istanbul, M. Erdoğan a dit un jour: "la démocratie est comme un tramway. Lorsque vous arrivez à votre arrêt, vous descendez." Peut-être désespéré de trouver en Turquie une preuve que l’islamisme est compatible avec la démocratie, l’Occident a refusé de croire ce que les Turcs savent eux: cela fait des années que M. Erdoğan est arrivé à son arrêt. Michael Rubin

Et si, contrairement à ce que nous serine depuis cinq ans le plus antiaméricain des présidents américains, le prétendu Consensus d’Ankara allait lui aussi succomber à la fameuse Loi de Tocqueville ?

Multiplication des minarets dans tout Istanbul, choix pour le troisième pont du Bosphore du nom du sultan qui a massacré plus de 40 000 Alévis (minorité musulmane chiite), port du voile dans les universités, voire du hidjab dans les lycées religieux, interdiction du rouge à lèvres des hôtesses de l’air et de s’embrasser dans les métros, contrôle de la vente de l’alcool, cours religieux obligatoire à l’école primaire et secondaire, refux de la reconnaissance des autres lieux de culte, ‘injonction répétée aux femmes de faire "au moins trois enfants", suppression de la pilule du lendemain, accès à l’avortement plus difficile, contrôle des journaux, des étudiants en prison, des militaires et des tribunaux, projet de nouvelle constitution avant les élections présidentielles de 2014 pour entériner la majorité pro-islamiste …

En ce 24e anniversaire d’un massacre où, par son indifférence, l’identité de la démocratie libérale a une fois de plus été révélée au monde par sa protection du régime le plus criminel de l’histoire de l’Humanité …

Et où, livrant peut-être leur dernier combat derrière une petite poignée d’écologistes dans "la plus grande prison du monde pour journalistes", les Turcs savent eux depuis longtemps que le tramway de leur prétendu démocrate de premier ministre est arrivé à son arrêt à lui …

Comment ne pas voir, avec l’enseignant-chercheur turc Alican Tayla et le politologue américain Michael Rubin, le même aveuglement occidental devant la vraie nature d’un régime jusqu’ici présenté, forte croissance et gros contrats obligent, comme l’équivalent musulman du fameux et prétendu indépassable modèle chinois ?

Turquie: la répression de Taksim montre à la France le vrai visage d’Erdogan

Alican Tayla

Slate

02/06/2013

En tant que citoyen turc inquiet depuis longtemps des carences démocratiques, j’apporte mon soutien au mouvement de contestation pacifique qui consiste à demander au gouvernement Erdogan de ne plus ignorer les revendications pour les libertés fondamentales.

Dans un pays démocratique, lorsque le pouvoir politique confond la majorité parlementaire et le pouvoir absolu, applique une censure générale par l’intimidation sur la grande majorité des médias, emprisonne des dizaines de journalistes, des centaines d’étudiants et de responsables politiques, méprise systématiquement toute forme d’opposition politique et sociale, n’hésite pas à attaquer avec une brutalité choquante des manifestants pacifiques, affirme avec fierté que rien ne pourra les arrêter, va ouvertement à l’encontre des décisions de justice, il laisse comme seule forme d’expression la manifestation populaire.

C’est pourquoi, les manifestations pacifiques qui ont éclaté au parc de Gezi à Taksim, qui se sont propagées à une vitesse incroyable d’abord dans presque tous les quartiers d’Istanbul, ensuite dans de nombreuses villes de la Turquie et qui se sont maintenues malgré une violence extrêmement démesurée des forces de l’ordre ne sont ni étonnantes, ni illégitimes.

L’histoire récente de la Turquie, particulièrement depuis le coup d’Etat militaire du 12 septembre 1980, est marquée par une centralisation du pouvoir exécutif et de nombreuses répressions musclées des manifestations de tout type d’opposition. C’est donc la première fois que des citoyens de bords totalement différents, de l’extrême gauche jusqu’aux groupuscules l’extrême droite, de façon très hétérogène, manifestent massivement, ensemble contre l’autoritarisme gouvernemental.

C’est aussi la première fois qu’une partie de la jeunesse turque, issue de la génération post-années 1980, se politise de façon très rapide et spontanée et, frustrée de ne trouver aucun parti politique les représentant, s’organise activement via les réseaux sociaux pour se faire entendre.

Par conséquent, en tant que citoyen de la Turquie, inquiet depuis longtemps des carences démocratiques, je ne peux qu’apporter mon soutien au mouvement de contestation pacifique qui consiste essentiellement à demander au gouvernement du Premier ministre Erdogan de ne plus ignorer les revendications pour les libertés fondamentales, pour le respect des opinions différentes, pour la tolérance des mouvements d’opposition et notamment pour que les forces de l’ordre cessent leur intervention brutale contre les citoyens sans armes et qui ne constituent aucune véritable menace à l’ordre public.

Par ailleurs, il est capital et urgent que les soutiens provenant des pays étrangers, en l’occurrence de la France, se multiplient pour trois raisons principales. Premièrement, le fait que les médias locaux continuent de ne proposer qu’une couverture extrêmement timide, biaisée et insuffisante de ces évenements a donné naissance à une grande frustration parmi les manifestants en Turquie. Sans oublier que la place relativement faible accordée à la violence policière par les médias français montre aussi l’importance de ce soutien.

Deuxièmement, de nombreux Turcs ont l’espoir qu’une pression venant des pays étrangers qui demanderaient au gouvernement de ne pas franchir les lignes fondamentales en matière de répression, pourrait avoir plus d’effet que les demandes formulées par les partis politiques d’opposition et les citoyens turcs auxquelles le gouvernement continue de n’accorder aucune attention.

La troisième raison consiste à casser cette image illusoire entretenue par le Parti de la justice et du développement (AKP) et qui trouvait étrangement un fort écho dans les pays occidentaux, notamment en France, d’une Turquie qui serait désormais plus démocratique, plus tolérante, plus ouverte. Alors que de nombreux chercheurs et journalistes évoquaient encore il y a quelques mois un éventuel modèle démocratique que la Turquie pourrait proposer aux pays issus du Printemps arabe, la réalité est cruellement éloignée de cette image.

Le Premier ministre Erdogan invitait, il y a quelques mois, le président syrien Bachar al-Assad à «quitter le pouvoir au lieu de continuer à tyranniser son peuple». Comment pourra-t-il justifier le comportement de ses propres forces de l’ordre à l’égard de ses propres citoyens alors que les images de ces derniers jours sont en train de faire le tour du monde? L’ironie du sort est qu’aujourd’hui c’est le même Bachar al-Assad qui invite Erdogan, en reprenant exactement la même formultaion, à «cesser de tyranniser son propre peuple».

Note : au moment où ces lignes sont en train d’être écrites la violence de la police continue à s’exercer brutalement sur les manifestants assemblés à Ankara.

Voir aussi:

The Roots of the Turkish Uprising

While the U.S. has celebrated Turkey as a model of Muslim democracy, Turks have found freedom increasingly elusive.

Michael Rubin

WSJ

June 3, 2013

Two months ago, Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan feted the International Olympic Committee in Istanbul, courting the committee’s vote for Turkey’s cosmopolitan cultural capital to host the 2020 Summer Olympics. Over the past few days, in that same city, tear gas has wafted over centuries-old mosques as police clashed with growing crowds of angry Turks, sending more than a thousand to the hospital and, according to some reports, a few to the morgue.

When a small group of environmentalists banded together on May 28 to save an Istanbul park from being turned into a shopping mall, their sit-in hardly seemed likely to spark what is already being called the Turkish Spring. The government’s harsh response—eventually water cannon and tear gas would be used—spurred popular outrage that quickly spread to Ankara, Izmir and more than a dozen other cities and towns across the country. The Turks’ reaction seems to have caught Prime Minister Erdoğan, not to mention many Western observers, entirely by surprise. It shouldn’t have. The unrest has been long brewing.

For the casual tourist or visiting congressman in Turkey in recent months, Mr. Erdoğan likely appeared to be on a roll. His Justice and Development Party, known by its Turkish abbreviation AKP, had won three straight general elections since 2002, increasing its popular vote to 50% in 2011 from 34% in the first election. Mr. Erdoğan’s able economic stewardship—coupled with falling fertility and a large working-age population—fostered unprecedented economic growth. In 2010 and 2011, growth exceeded 8%, putting Turkey behind only China in terms of modern, non-oil-based economies. Istanbul was booming.

Mr. Erdoğan appeared to relish suggesting to Turks that he was unstoppable. Upon winning his latest term, he compared himself to the 16th-century Ottoman architect Sinan, who built Istanbul’s most glorious monuments. The prime minister has certainly aspired to remake the country: In recent years, Mr. Erdoğan began work on a third Istanbul airport and a new bridge to span the Bosporus. He has promised to dig a 30-mile "second Bosporus" to connect the Black Sea and Sea of Marmara. The prime minister has also proposed to build a giant mosque, capable of accommodating 30,000 worshipers, on a hilltop above the city.

Riding high and dominating all branches of government, the charismatic Mr. Erdoğan dispensed with political compromise and doubled down on Islamism and old vendettas. He antagonized Turkey’s minority Alevi population—one-quarter of Turkey’s 75 million citizens—by naming the new Istanbul bridge now under construction after Selim I, a 16th-century sultan who massacred 40,000 Alevis. The proposed skyline-dominating mosque antagonized secularists, and new laws that would dramatically restrict the purchase and drinking of alcohol in Istanbul’s Western-leaning districts provoked liberals. So on May 31, when Mr. Erdoğan dismissed the environmentalist protesters as "marginal elements" after the first police assault, for many it was the last straw.

Washington over the past decade has made a habit of celebrating Turkey as a model of Muslim democracy. But from Turks’ perspective, economic and political freedom have become increasingly elusive.

While Turkey’s balance sheet looks good at first glance—its debt-to-GDP ratio was 36% in 2012, compared with the U.S.’s 105%—Mr. Erdoğan has accumulated more foreign debt in his rule than all of Turkey’s previous prime ministers combined. Last year’s drop in growth to 2.2% from 8.8% in 2011 was a wake-up call that Turkey might not always be able to make its payments. Turks are also saddled by household debt, which has increased 3,600% since the AKP took office.

Against this backdrop, many Turks are enraged by signs that Mr. Erdoğan and his aides have enriched themselves while in power. Few believe the prime minister’s explanation that his newfound wealth—millions of dollars in property and a reputed eight Swiss bank accounts, according to U.S. diplomatic cables released by WikiLeaks—is the result of wedding gifts received by his son.

Turks remember that 13 corruption cases pending from his Istanbul mayoral tenure remain suspended only because he enjoys parliamentary immunity. Many Turks suspect that Mr. Erdoğan’s personal investment in the redevelopment of Taksim Square—where the protesters now face off against police—is quite literal.

The past week’s protests have highlighted the lack of press freedom in Turkey. Exhibit A: As police attacked the protesters, CNN Türk broadcast a cooking show. Tens of thousands of Turks have signed petitions calling on CNN in the U.S. to cut ties with its pro-Erdoğan affiliate. For reporters who do cover the government critically, such pursuits can be dangerous: Turkey imprisons more journalists than any other country in the world, according to Reporters Without Borders.

Alas, signs of the Obama administration’s benign indifference to matters in Turkey may have convinced the prime minister that he has a free pass. When President Obama wanted to laud U.S.-Turkish ties last month to mark Mr. Erdoğan’s Washington visit, the White House placed the president’s article in Sabah, formerly an opposition newspaper before it was seized by the Turkish government in 2007 and transferred to Mr. Erdoğan’s son-in-law. The same day that the two leaders met, the Turkish government confiscated yet another opposition media company. President Obama was silent.

With the protests continuing, many Turks fear that Mr. Erdogan may soon target social media—an important form of communication for the protesters. "There is now a scourge that is called Twitter. The best examples of lies can be found there," the prime minister declared on June 3. "To me, social media is the worst menace to society."

As he consolidates power and contends with protesters, Mr. Erdoğan appears to have little to fear from the military, which in past decades might have imposed its wishes on the government. Beginning in 2007, Mr. Erdoğan imprisoned dozens of Turkish generals—a power play that won cheers in many diplomatic circles because he had excised the military’s role in politics. But the prime minister also refused to allow any new body to serve as constitutional guarantors. Bülent Arınç, now Mr. Erdoğan’s chief deputy, famously threatened to dissolve the constitutional court if it found AKP legislation unconstitutional. Mr. Erdoğan’s efforts to write a new constitution—one that would cement his power into the next decade—have convinced many Turks that the street protests now rocking the country are secularism’s last stand.

As Istanbul’s mayor, Mr. Erdoğan once said: "Democracy is like a streetcar. When you come to your stop, you get off." Perhaps desperate to find in Turkey proof that Islamism is compatible with democracy, the West has refused to believe what Turks know: Mr. Erdoğan arrived at his stop years ago.

Mr. Rubin is a resident scholar at the American Enterprise Institute.

Voir également:

Le "modèle turc" ?

Thierry Desjardins

03/06/13

Depuis longtemps, un bon nombre de nos pseudo-experts, à la naïveté confondante, nous affirment, contre toute évidence, que l’Islam peut parfaitement faire bon ménage avec la démocratie, qu’il ne s’agit que d’une religion « comme les autres » qui ne déborde pas de la vie privée, que rien dans le Coran ne s’oppose aux valeurs de liberté et d’égalité qui sont les nôtres et qu’il ne faut surtout pas confondre quelques poignées d’extrémistes islamistes fanatiques avec les « braves » musulmans qui se contentent de faire leurs cinq prières quotidiennes, de respecter le Ramadan et, éventuellement, d’aller à La Mecque, tout en vivant sereinement au sein de nos sociétés occidentales. C’est d’ailleurs là le discours officiel que tous nos dirigeants, incapables de faire face aux innombrables problèmes de l’immigration, nous ressassent inlassablement avec la plus totale des mauvaises fois. Devant les inquiétudes de certains qui connaissent un peu le sujet, inquiétudes encore ravivées par le fiasco du fameux « printemps arabe » qui a amené à Tunis, à Tripoli et au Caire, non pas la démocratie annoncée mais des régimes islamistes, ces « bons esprits » nous sortaient immanquablement « le modèle turc ».

A les entendre, le parti islamique-conservateur du Premier ministre Erdogan, au pouvoir à Ankara depuis 2002, avait su réaliser la synthèse entre Islam et démocratie et démontrer qu’on pouvait tout à fait être un adepte du Coran tout en respectant la liberté de chacun, l’égalité entre hommes et femmes et tous les droits qui nous semblent aujourd’hui fondamentaux dans une société si ce n’est civilisée du moins du XXIème siècle. Les progrès économiques incontestables de la Turquie, sa volonté d’entrer dans l’Europe et le souvenir d’Ataturk laissaient croire à ces « gogos » qu’Erdogan avait réussi l’impossible en mélangeant le Coran et la Déclaration des Droits de l’homme, les paroles du Prophète et le modernisme. Et ils nous racontaient alors qu’il ne fallait surtout pas s’inquiéter des « petites dérives » des nouveaux régimes issus du « printemps arabe » qui voulaient imposer la Charia à leurs peuples et n’hésitaient pas évoquer le Djihad contre l’Occident judéo-chrétien. Tout cela, nous disaient-ils, n’était que de pure forme, tout allait rapidement rentrer dans l’ordre et tout le monde, de Tunis au Caire, allait bien vite suivre « le modèle turc » et adopter un Islam modéré, raisonnable, « gentil » avec tout le monde.

Les manifestations qui se déroulent actuellement à Istanbul et qui se propagent dans d’autres villes turques apportent un cinglant démenti à tous ces discours rassurants. Non, la Turquie d’Erdogan et de son parti l’AKP n’est pas un modèle de cohabitation pacifique entre l’Islam et la démocratie. Même si Erdogan a été élu et réélu le plus légalement du monde, il a instauré une véritable dictature (rampante) de l’Islam sans que l’Occident ait voulu s’en apercevoir. L’étude du Coran est désormais obligatoire dans les écoles, le port du voile est vivement conseillé (la propre épouse d’Erdogan ne le quitte pas), les minorités religieuses sont malmenées, la liberté d’expression est sévèrement contrôlée (des dizaines de journalistes sont en prison), le droit à l’avortement réduit, comme la consommation d’alcool, etc., etc.

Ce qui ressemble à un début d’insurrection en Turquie a commencé parce qu’une poignée d’écologistes voulait sauver un petit parc du centre d’Istanbul qui devait être détruit pour laisser la place à un grand centre commercial. Mais rapidement tout a dégénéré. Et la place Taksim d’Istanbul s’est mise à ressembler à la place Tahrir du Caire, des milliers de Stambouliotes réclamant la démission d’Erdogan, l’abrogation de toutes les lois islamistes imposées les unes après les autres tout au cours des dernières années et la fin de ce « modèle turc ». La répression a été sans ménagement et ce « printemps turc » ne va sans doute pas renverser Erdogan qui est encore soutenu par une majorité de la population, notamment les classes les plus pauvres qui lui savent gré des progrès économiques qu’il a pu réaliser. Mais il serait temps que nos « experts » (et nos dirigeants) ouvrent les yeux et s’aperçoivent que, dès qu’il est au pouvoir, l’Islam, même s’il se dit « modéré », ne pense qu’à imposer sa loi dans tous les domaines. Les manifestants de la place Taksim, de gauche comme de droite, des communistes aux kémalistes, nous lancent un appel au secours et, plus encore, un signal d’alarme qu’il faut écouter. Non, « le modèle turc » ne prouve pas que l’Islam peut s’accommoder avec la démocratie. Au contraire même. Il démontre que dès qu’ils sont au pouvoir les Islamiques se transforment en Islamistes.

Voir aussi:

Un nouvel Empire ottoman pour M. Erdogan

Le Monde

03.06.2013

Ali Karababa (Responsable des relations publiques à la FUAF (Fédération Union des Alévis de France))

La crise de la place de Taksim a soulevé le questionnement de tout un peuple et de l’opinion politique internationale. L’avenir de la Turquie reste sombre. L’objectif de Recep Tayyip Erdogan est d’installer un régime autoritaire islamique personnalisé avant le centenaire de la république turque en 2023.

Une démarche progressive et stratégique : pour rappel, avant son élection en tant que premier ministre en 2002, Recep Tayyip Erdogan avait promis de construire des minarets dans tout Istanbul. L’ancien maire de la métropole turque avait même été condamné à une peine de prison en 1998 pour incitation à la haine avec les propos suivants d’un théoricien du nationalisme turc Zia Gokalp (1876-1924) : "Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats".

Ayant compris le pouvoir des militaires et juges, il établit une nouvelle réforme pour le droit de juger les forces armées et les autres piliers de l’Etat turc. L’affaire Ergenekon et Bayloz lui permet de faire taire l’armée et les journaux. Le 19 décembre 2012, d’après reporters sans frontière, avec 72 professionnels des médias actuellement emprisonnés, la Turquie est la plus grande prison du monde pour les journalistes. Lors des événements du parc Gezi, les grandes chaines nationales n’ont pas retransmises de façon objective la dureté des interventions policières. Par le contrôle des journaux, des étudiants en prison, des militaires et des tribunaux Recep Tayyip Erdogan limite le risque de répression et de critique.

Sur le plan national, le premier Ministre entreprend des projets hors norme à l’exemple de son ego. Sur le plan de la laïcité, il durcit le ton envers les Alévis. Il maintient les cours religieux obligatoires dans l’école primaire et secondaire, refuse la reconnaissance envers leurs lieux de culte. Il va même nommer le troisième pont du Bosphore "Yavuz Selim Sultan", nom du sultan qui a massacré plus de 40 000 Alévis. Les coupables de l’incendie du 2 Juillet 1993 avec la mort de 33 alévis ont été libérés pour cause de délai de prescription. L’autorisation du port du voile dans les universités, voir même de porter le hidjab dans les lycées religieux transforme le mode de vie de tous les citoyens. L’interdiction du rouge à lèvres des hôtesses de Turkish Airlines, de s’embrasser dans les métros et le contrôle de la vente de l’alcool montrent l’islamisation via l’assimilation de toute la population.

Sur le plan international, la Turquie voulait d’abord rebondir dans la scène internationale avec la crise syrienne pour jouer son rôle de médiateur. Mais devant l’échec, elle essaye depuis plusieurs mois de prendre part à l’opposition en aidant les armées rebelles et en abritant plus de 400 000 réfugiés. Le but réel est clair : faire tomber le régime de Bachar Al-Assad pour ramener leurs frères sunnites au pouvoir. Les 51 personnes victimes de l’attentat de Reyhanli sont en réalité les victimes de la politique internationale de Recep Tayyip Erdogan. Cette région où Turcs, Kurdes, Syriens, Sunnites, Alévis, Alaouites se mélangent est maintenant devenue un microcosme de la guerre civile syrienne.

Nouvelle constitution et pacte de paix turco-kurde : Une révision totale à la place de nouveaux amendements devrait être réalisée courant 2013 pour obtenir une nouvelle législation avant les élections présidentielles de 2014 dans l’objectif précis d’entériner la majorité pro-islamiste. La deuxième évidence de ce nouvel acte est bien entendu la radicalisation islamiste avec l’appui législatif. Enfin, le modèle étatique tend à évoluer vers un système présidentiel semi-français et semi-américain, mais avec des touches personnelles. Le président sera élu au suffrage universel tous les quatre ans. Le poste de premier ministre serait supprimé. Le président aura alors le plein pouvoir autant pour dissoudre l’Assemblée nationale que pour déterminer son budget. En parallèle, le chef de l’Etat restera aussi le chef de son parti politique. Voici la troisième évidence, Recep Tayyip Erdogan se prépare un costume de président omnipotent sur mesure.

Après trente années de guerre et près de quarante mille morts, le gouvernement de l’AKP consent enfin à initier un processus de paix avec comme pierre angulaire la lettre rédigée par Abdullah Öcalan. Öcalan demande à son peuple la réunification à travers la fraternité de l’islam. Grâce à cet acte de paix, Recep Tayyip Erdogan augmentera son influence dans l’est de la Turquie, confortant ainsi sa majorité. Ce pacte de paix n’est qu’une simple pièce du puzzle de la synthèse islamique pan sunnite à venir.

Erdal Kilickaya, président de la FUAF (Fédération Union des Alévis de France), avait déjà alerté les médias dans son article paru sur le monde le 30 Juillet 2012 "les Alévis tirent la sonnette d’alarme" et à travers le meeting de Strasbourg où plus de 10 000 Alévis ont dit non à cette politique d’assimilation. Nous nous devons tous t’empêcher la construction de cet édifice inhumain où la seule loi de la majorité religieuse sera la réalité.

Ali Karababa (Responsable des relations publiques à la FUAF (Fédération Union des Alévis de France)

Voir de même:

"Erdogan ne semble pas avoir pris la mesure de l’événement"

Arielle Thedrel

Le Figaro

04/06/2013

INTERVIEW – Pour Jean Marcou, professeur à l’Institut d’études politiques de Grenoble et spécialiste de la Turquie, la réaction «déconcertante» du premier ministre turc «ternit son image».

LE FIGARO. – Peut-on déjà parler de «Printemps turc»?

Jean MARCOU. – Nous sommes plutôt dans un mouvement citoyen du type Indignés qui risque de perdurer. Il s’inscrit dans une série de conflits sociaux, par exemple la grève des ouvriers de l’entreprise d’État Tekel en 2009 ou bien les mouvements de contestation dans les universités en 2010 puis 2012… La nouveauté, c’est que le mouvement de protestation a gagné de nombreuses villes et que nous ne sommes plus dans des revendications sectorielles. Il reflète l’inquiétude qu’inspire l’évolution de l’AKP à une partie de l’opinion publique. Après trois législatures successives, l’AKP a de plus en plus de pouvoir et le fait sentir. Il s’appuie sur la légitimité des urnes pour imposer son projet de société: réforme du système éducatif au profit des établissements religieux, tentative de réduction du délai légal pour avorter, restriction des ventes d’alcool.

Plus grave, l’élaboration de la nouvelle Constitution s’enlise et l’AKP est soupçonné de vouloir faire passer son propre texte par le biais d’un référendum. Or cette nouvelle Constitution, qui visait au début à renforcer l’État de droit, ambitionne maintenant d’instaurer un régime présidentiel qui permettrait à Recep Tayyip Erdogan de rester au pouvoir jusqu’en 2023. C’est d’autant plus inquiétant que l’opposition, faible et divisée, n’apparaît pas comme une alternative crédible. Enfin, le conflit syrien et la crainte qu’il ne déstabilise la Turquie ont remis en cause les choix diplomatiques proclamés ces dernières années par l’AKP, notamment sa politique de réconciliation avec le régime de Bachar el-Assad. La Syrie se révèle aujourd’hui un piège pour la Turquie.

Erdogan est-il sérieusement menacé, y compris par une intervention de l’armée?

Je ne crois pas pour le moment que la situation soit assez grave pour légitimer une intervention de l’armée. En ce qui concerne Erdogan, sa réaction est assez déconcertante. On a l’impression qu’il n’a pas pris la mesure de l’événement. Il a fallu l’intervention du président Abdullah Gül pour qu’il se décide à retirer les forces de police qui cernaient la place Taksim. Et puis il y a ces déclarations un peu provocatrices: il s’est vanté par exemple de pouvoir rassembler 200.000 personnes quand «ils rassemblent vingt personnes». Enfin, il vient d’entamer une tournée au Maghreb qui pourrait être perçue comme une forme de mépris à l’égard des manifestants et qui pourrait radicaliser le mouvement de contestation. Cette intransigeance inquiète jusqu’à ses partisans et compromet sa candidature à la prochaine présidentielle.

Le modèle turc est-il remis en cause?

Il existe une spécificité de la Turquie, qui vit depuis environ un siècle sous un régime de droit séculier. En Turquie, il n’y a jamais eu de débat sur l’application de la charia comme en Tunisie, en Égypte ou en Libye. Ce qui est sûr, c’est que ce modèle devait beaucoup à Erdogan et que l’image du premier ministre turc sort ternie de cette affaire.

Voir aussi:

Turquie : les raisons de la colère de la jeunesse laïque

Laure Marchand

Le Figaro

Publié le 04/06/2013

Le ressentiment des jeunes Turcs envers le premier ministre a éclaté au grand jour lorsque les autorités ont tenté de démolir un parc, non loin de la place Taksim.

• Quel a été le détonateur de la révolte?

La défense d’un petit parc attenant à la place Taksim, sur la rive européenne d’Istanbul, menacé de destruction par un projet de réaménagement urbain est à l’origine de la contestation qui a gagné l’Anatolie et Ankara, la capitale. La police a tenté de déloger par la force les quelques centaines de militants qui s’étaient installés dès mardi dernier entre les arbres. C’est la brutalité de la réponse des forces de l’ordre, l’usage disproportionné de gaz lacrymogènes et de canons à eau qui a servi de révélateur à cette immense colère populaire. Samedi, par dizaines de milliers, des Turcs ont convergé vers Taksim, centre névralgique de la métropole sur sa rive européenne, forçant les autorités à lâcher du lest et à ordonner le retrait des forces de l’ordre. «La répression extrêmement brutale des manifestations pacifiques de la place Taksim est proprement scandaleuse, s’est alarmé John Dalhusien, directeur d’Amnesty International pour l’Europe. Elle a largement envenimé la situation dans les rues d’Istanbul, où des dizaines de personnes ont été blessées.» Des centaines de blessés ont été recensés à travers la Turquie ces derniers jours et deux personnes ont été tuées.

• Qui sont les protestataires?

«Les gens qui participent au mouvement le font à titre individuel, explique Élise Massicard, responsable de l’Observatoire de la vie politique turque à l’Institut français d’études anatoliennes. Même s’il y a beaucoup de sympathisants du CHP (le Parti républicain du peuple, fondé par Atatürk, NDLR), ils ne viennent pas à ce titre. Un spectre très large de la gauche turque est représenté.» Les kémalistes, qui défendent l’héritage laïque et nationaliste de Mustafa Kemal, constituent le gros des troupes. À leurs côtés, on trouve aussi des membres d’organisations d’extrême gauche et des libéraux, déçus par le tournant conservateur de la politique d’Erdogan. Des nationalistes de droite et des profils plus conservateurs ont également répondu à l’appel, en nombre plus restreint. Les artistes et les alévis, qui appartiennent à une branche minoritaire de l’islam discriminée par les autorités, sont particulièrement mobilisés. «La dimension générationnelle est également essentielle, le mouvement est porté par les jeunes et les lycéens sont très nombreux», précise la chercheuse associée au Ceri, le Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po. Enfin, cette révolte est aussi celle des femmes. L’injonction répétée du premier ministre de faire «au moins trois enfants», la suppression de la pilule du lendemain et un accès à l’avortement plus difficile font partie des griefs énoncés.

• Que reprochent-ils à Erdogan?

« Erdogan, démission!» La revendication a été reprise par les manifestants, d’Edirne, près de la frontière bulgare, à Antakya (Hatay), ville à la lisière de la Syrie. Les protestataires ressentent un profond mépris de la part du premier ministre et se sentent totalement exclus des orientations sociétales. Le terme de «bande de vandales» qu’il emploie pour qualifier ceux qui marchent «main dans la main avec les terroristes» ne fait que renforcer leur sentiment. Pour eux, ce ton cassant et goguenard est révélateur de ses dérives autoritaires. Au pouvoir depuis 2002, le premier ministre a tourné le dos aux réformes libérales qu’il promouvait au début de son règne. Les premières années, les négociations d’adhésion à l’Union européenne renforçaient la démocratie turque. Le processus s’est totalement grippé. Des centaines de journalistes, avocats, étudiants, militants d’extrême gauche ou Kurdes sont en prison, accusés de «terrorisme». Toutes les institutions ont été mises au pas. L’absence de contre-pouvoir et une opposition incapable de proposer une alternative crédible ont laissé le champ libre à un mode de gouvernement hégémonique.

S’agit-il d’un conflit entre laïques et islamistes?

Une partie importante des manifestants accuse le premier ministre de vouloir islamiser la société et de trahir le concept de laïcité défini par le kémalisme. Les atteintes systématiques contre l’alcool cristallisent les critiques. Exemple de l’absence de débat au Parlement, une loi sur l’alcool a ainsi été inscrite à l’agenda et votée en 48 heures au mois de mai. Elle prévoit l’interdiction de la vente au détail après 22 heures, ainsi que dans un périmètre de 100 mètres autour des mosquées et des établissements éducatifs. En plus du cours de religion hebdomadaire obligatoire, le nouveau programme prévoit un enseignement optionnel de la vie de Mahomet et du Coran. Un choix éducatif qui passe d’autant plus mal qu’Erdogan a ouvertement déclaré vouloir former «une jeunesse religieuse».

Voir encore:

La Turquie, première prison au monde pour les journalistes

Reporters sans frontières

19 décembre 2012

A l’occasion de la publication de son bilan annuel, Reporters sans frontières rend publiques les conclusions d’une enquête de plusieurs mois sur les journalistes emprisonnés en Turquie.

« Avec 72 professionnels des médias actuellement emprisonnés, dont au moins 42 journalistes et 4 collaborateurs le sont en lien avec leur activité professionnelle, la Turquie est la plus grande prison du monde pour les journalistes. Un triste paradoxe pour un pays qui se présente comme un modèle régional de démocratie. Cet état de fait, inédit depuis la fin du régime militaire, n’a pourtant rien d’étonnant, au regard des problèmes structurels de la justice turque : un cadre législatif encore largement répressif, aux dispositions si larges et floues qu’elles autorisent tous les excès ; une culture judiciaire volontiers paranoïaque, arc-boutée sur des objectifs sécuritaires au mépris des droits de la défense et de la liberté de l’information. La grande majorité des journalistes emprisonnés sont des représentants de médias pro-kurdes, ce qui souligne une nouvelle fois le caractère indissociable de la liberté de l’information et de la recherche d’une solution pacifique à la question kurde », a rappelé l’organisation.

« Les autorités turques ont, semble-t-il, commencé à prendre la mesure du problème. Le ‘troisième paquet de réformes judiciaires’ (loi 6352 du 5 juillet 2012) a abouti ces derniers mois à la remise en liberté conditionnelle d’une quinzaine de journalistes, dont certains étaient en prison depuis des années. Mais ils restent en sursis, et surtout, un nombre encore plus important de prisonniers attend toujours de revoir le jour. Pire, le rythme des interpellations, emprisonnements et procès n’a guère ralenti, comme l’a encore montré la semaine dernière l’arrestation de la journaliste Sadiye Eser, du quotidien de gauche Evrensel. A ce jour, Reporters sans frontières a dénombré au moins soixante-et-une interpellations au cours de l’année 2012. »

« Malgré un paysage médiatique vaste et diversifié, le journalisme critique ou d’investigation reste trop souvent criminalisé en Turquie ; une tendance que le regain de tension sur la question kurde n’a fait que renforcer. Seule une réforme en profondeur de la loi antiterroriste et l’abolition d’une vingtaine d’articles liberticides du code pénal seront en mesure d’y remédier. A condition que ces évolutions législatives s’accompagnent d’une mutation de la pratique judiciaire, en conformité avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) : un recours beaucoup moins systématique à la détention provisoire, le respect du droit à l’information sur les sujets d’intérêt général, la protection des sources journalistiques, une justice plus indépendante et plus transparente », a conclu Reporters sans frontières.

Note méthodologique

La liste de journalistes emprisonnés présentée ci-dessous correspondant au « baromètre de la liberté de la presse » publié sur le site de Reporters sans frontières. L’établissement de cet outil répond à une méthodologie précise, uniforme pour tous les pays, qui nécessite une étude approfondie de chaque cas. N’y figurent que les noms de journalistes, collaborateurs ou net-citoyens dont Reporters sans frontières a pu établir qu’ils étaient emprisonnés en lien avec leur activité journalistique. Pour en juger, l’organisation prend en compte des éléments issus de la procédure judiciaire (dossier d’accusation, défense, questions posées au cours de l’interrogatoire) et des éléments d’analyse contextuelle (sujets traités par le journaliste, existence d’un contentieux préalable, contexte politique).

La faiblesse des charges, l’absence d’éléments de preuve convaincants, l’assimilation hâtive de tâches professionnelles (conversations avec des personnalités faisant l’objet de poursuites judiciaires, possession de documents émanent d’organisations illégales, couverture de manifestations pacifiques…) à des actes illégaux, le prolongement injustifié de la détention provisoire, constituent des facteurs déterminants dans la plupart des cas listés ci-dessous.

Le « baromètre de la liberté de la presse » ne constitue pas une liste exclusive des journalistes défendus par l’organisation. L’absence du nom d’un journaliste emprisonné ne constitue pas une présomption de culpabilité, pas plus que sa présence ne signale automatiquement la reconnaissance d’une innocence totale : Reporters sans frontières ne se substitue pas à la justice, mais se prononce sur la pertinence d’une mesure de détention. A la lumière des éléments dont elle dispose, l’organisation demande dans certains cas l’abandon des charges pesant sur le journaliste ; dans d’autres, elle demande une remise en liberté conditionnelle et la tenue d’un procès équitable.

Plusieurs facteurs rendent les recherches concernant les journalistes emprisonnés en Turquie particulièrement difficiles. Le premier est l’opacité et la lenteur de la justice : la plupart d’entre eux passent de longs mois, parfois des années en détention, avant même de connaître la nature des accusations portées contre eux. Les prévenus, leurs proches et leurs avocats n’ont pas toujours accès à l’ensemble de leur dossier.

Un autre obstacle important est la forte politisation des médias, et la perception largement répandue que la presse est dépourvue de toute autonomie. Cet héritage de l’histoire récente affecte non seulement le travail des journalistes, mais aussi celui de la justice : procureurs et juges sont prompts à assimiler journalisme engagé et militantisme politique, voire terrorisme. On ne compte plus les déclarations en ce sens de personnalités publiques : en 2011, la déclaration du premier ministre Recep Tayyip Erdogan assimilant un livre non publié d’Ahmet Sik à « une bombe » avait fait sensation. C’était pourtant peu en comparaison avec le discours du ministre de l’Intérieur Idris Naim Sahin, qui considérait fin décembre 2011 que « la peinture (…), la poésie, ou divers écrits » pouvaient constituer des actes de terrorisme.

Aussi la justice turque substitue-t-elle souvent une analyse politique à l’analyse légale et judiciaire qu’elle devrait effectuer : si un journaliste couvre la question kurde sous un jour critique à l’égard des autorités, par exemple, c’est qu’il partage l’agenda politique du PKK, et donc qu’il y appartient. Reporters sans frontières incite la justice turque à respecter les conventions internationales ratifiées par la Turquie, prévoyant que l’exercice de la liberté d’expression ne peut être limité dans ces circonstances que par l’incitation explicite à la haine ou à la violence. L’organisation rappelle en outre que les standards du Conseil de l’Europe et de l’OSCE recommandent de ne pas punir d’emprisonnement les abus de la liberté d’expression, du fait de l’effet d’intimidation que cela induit.

Reporters sans frontières appelle la justice à libérer immédiatement l’ensemble des journalistes et collaborateurs emprisonnés en lien avec leur activité professionnelle. L’organisation se tient à la disposition des autorités pour discuter des mesures à prendre pour remédier aux racines de ce problème. Reporters sans frontières en appelle également à la collaboration des avocats, des proches et des collègues des journalistes dont les cas sont toujours en investigation, pour rassembler un complément d’information.

Lire le rapport d’enquête de RSF "Médias et justice en Turquie : entre méfiance et réflexes sécuritaires" (juin 2011)

Journalistes emprisonnés en lien avec leur activité professionnelle :

• Bayram Namaz • Füsun Erdogan • Hikmet Ciçek • Tuncay Özkan • Mustafa Balbay • Soner Yalçin • Yalçin Küçük • Turan Özlü • Hasan Özgünes • Tayip Temel • Cengiz Kapmaz • Abdullah Cetin • Ayse Oyman • Cagdas Kaplan • Dilek Demirel • Ertus Bozkurt • Fatma Koçak • Hüseyin Deniz • Ismail Yildiz • Kenan Kirkaya • Mazlum Özdemir • Deniz Yildirim • Nahide Ermis • Nevin Erdemir • Nilgün Yildiz • Nurettin Firat • Ömer Celik • Ömer Ciftçi • Ramazan Pekgöz • Sadik Topaloglu • Selahattin Aslan • Semiha Alankus • Sibel Güler • Yüksek Genç • Zeynep Kuray • Ziya Ciçekçi • Zuhal Tekiner • Mehmet Emin Yildirim • Turabi Kisin • Özlem Agus • Zeynep Kuris • Sadiye Eser

Collaborateurs des médias emprisonnés en lien avec leur activité professionnelle :

• Pervin Yerlikaya • Saffet Orman • Cigdem Aslan • Irfan Bilgiç

Journalistes et collaborateurs de médias emprisonnés, dont les cas restent pour l’heure en investigation :

• Ali Konar • Faysal Tunç • Ferhat Ciftçi • Hamit Dilbahar • Kenan Karavil • Murat Ilhan • Nuri Yesil • Ömer Faruk Caliskan • Sevcan Atak • Seyithan Akyüz • Sahabettin Demir • Ahmet Birsin • Sebahattin Sürmeli • Ferhat Arslan • Sultan Saman • Bahar Kurt • Musa Kurt • Mustafa Gök • Erdal Süsem • Hatice Duman • Hakan Soytemiz • Erol Zavar • Miktat Algül • Sükrü Sak • Mehmet Haberal

Voir par ailleurs:

Turquie: à Ankara, "fanfare des casseroles" contre le gouvernement

Voilà

02/06/2013

Il est 21h00 pile à Ankara et un concert inédit de casseroles secoue les quartiers résidentiels d’Ankara. Armés d’ustensiles de cuisine, les protestataires dénoncent bruyamment le régime du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qu’ils accusent d’autoritarisme.

"L’heure est venue de renvoyer Erdogan dans les limbes de l’Histoire", crie une femme, accompagnée de ses deux enfants sur le balcon de son appartement du quartier chic de Cankaya, fiefs des tenants de la laïcité.

Munis de sifflets, des voisins allument et éteignent les lumières de leurs appartements en guise de protestation. "Tayyip démission, Tayyip démission. Regarde combien nous sommes", crient-ils.

Özcan, un jeune étudiant en économie est descendu au rez-de-chaussée avec un drapeau turc, sous les applaudissements des voisins et de ses parents. "On ne peut pas être plus pacifique, est-ce que la police va aussi nous gazer ?", interroge l’étudiant.

"Il ne s’agit plus du projet de Gezi Park (le parc dont la suppression est à l’origine du mouvement à Istanbul), c’est devenu un mouvement (de contestation) contre le gouvernement qui s’immisce de plus en plus dans notre vie privée", explique Hamdi, qui ne veut pas donner son nom de famille.

A ses côtés, sa femme qui tape frénétiquement avec une grosse cuillère sur une casserole en acier. Le bruit est assourdissant.

Mobilisation

"Ce n’est pas parce qu’un gouvernement est démocratiquement élu avec 50% des suffrages qu’il a le droit de faire ce qu’il lui plaît", commente Hamdi, qui dénonce la loi restreignant la vente et la consommation d’alcool votée la semaine dernière par le Parlement.

Dans un entretien accordé dimanche à la chaîne privée Show TV, M. Erdogan, musulman pratiquant, a justifié ce texte par des motifs de santé publique. "Celui qui boit est un alcoolique", a-t-il sèchement dit, avant de nuancer: "je ne veux pas dire tout le monde, mais ceux qui boivent régulièrement".

Et plus tôt dans la journée, devant un parterre constitué dans l’ensemble de ses supporters, il a refusé toute concession, qualifiant les protestataires de "bande de vandales".

Et il a ensuite lancé: "Si l’on veut organiser des rassemblements, si c’est un mouvement social, alors quand ils rassemblent 20 personnes, j’en rassemblerai 200.000. Quand ils réuniront 100.000 personnes, je mobiliserai un million de partisans de mon parti".

"Ce sont des fascistes", juge un jeune homme au volant de sa voiture en klaxonnant. Sa petite amie agite à ses côtés le drapeau turc et entonne une marche militaire qui loue les réformes du fondateur de la Turquie moderne et laïque, Mustafa Kemal Atatürk.

Dans les rues d’Ankara, la mobilisation touche tous les âges. "J’ai 63 ans et tout ce que je veux, c’est la tranquillité dans ce beau pays", dit Cengiz, un ingénieur à la retraite. "Mais lorsque vous sentez que votre mode de vie est menacé, vous n’avez pas d’autre choix que d’aller manifester, c’est tout", ajoute-t-il.

Le concert de casseroles "à la turque" n’est pas une spécialité d’Ankara. A la tombée de la nuit, il résonne aussi dans de nombreux quartiers d’Istanbul sur le thème "gouvernement, démission!"

Voir encore:

Le monde vu de Turquie

Ni Orient ni Occident, les choix audacieux d’Ankara

Wendy Kristianasen

 Les blogs du Diplo

3 juin 2010

La Cour constitutionnelle a annoncé le 21 janvier l’annulation d’une loi restreignant les prérogatives des tribunaux militaires. Cette décision, comme celle de l’interdiction du plus important parti prokurde, confirme les tensions liées aux tentatives de démocratisation interne. En revanche, un consensus se dessine à Ankara sur la nouvelle politique étrangère de la Turquie.

« C’est avant tout une question de vision des choses », assure M. Ahmet Davutoglu, ministre des affaires étrangères turc. Et sa propre vision n’est pas étriquée : voulant la paix et la sécurité pour la région, il estime que son pays — membre à la fois du G20 et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) — se trouve bien placé pour y contribuer. M. Davutoglu est l’architecte de la nouvelle politique d’Ankara, qui repose sur un principe, « zéro problème avec les voisins », et sur le soft power, un pouvoir fondé sur la persuasion et la négociation. Principal conseiller du premier ministre en matière de politique étrangère après l’éclatante victoire du Parti de la justice et du développement (AKP) lors des législatives du 3 novembre 2002, il est le chef de la diplomatie depuis mai 2009.

« Nous sommes prêts à jouer un rôle de médiateur dans divers conflits, grâce à nos solides relations avec les différents groupes ethniques et religieux, notamment turcophones [présents dans les Balkans, au Caucase, en Russie, à Chypre et au Proche-Orient] », affirme M. Davutoglu. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là : « Nous avons une conception de la sécurité pour tous, et une conception de la paix qui nécessite à la fois un dialogue de haut niveau sur le plan politique, une interdépendance sur le plan économique et la prise en compte de la diversité culturelle. »

M. Davutoglu n’est pas un politicien, c’est un universitaire qui n’a aucun mandat électif ; et il n’a pas seulement réfléchi à une politique étrangère novatrice pour la Turquie, il l’a mise en œuvre lui-même. Il dresse la liste de ses réalisations : « Soixante et un accords signés avec la Syrie ; quarante-huit avec l’Irak ; l’obligation de visa levée pour huit pays voisins ; la résolution du problème de la présidence du Liban avec la Syrie ; deux protocoles signés avec l’Arménie. » Et, sans même parler de ses tentatives de médiation entre Israël et les Palestiniens, cette liste pourrait être allongée, car il a aussi supervisé les pourparlers indirects entre la Syrie et Israël en 2007-2008. « Nous avons frôlé, non pas la paix, mais un accord permettant des négociations directes, estime-t-il. L’attaque d’Israël contre Gaza, en décembre 2008, a mis un terme à tout ce travail. Gaza ne faisait pas partie des sujets abordés, mais cette guerre a eu un effet négatif. Pour qu’une médiation soit efficace, il faut qu’il y ait une volonté de paix. Quand Israël aura une telle volonté, nous serons prêts à l’écouter. »

Les Turcs de toutes obédiences s’accordent pour reconnaître à cette stratégie une cohérence motivée par des ambitions économiques et sécuritaires, ainsi qu’une idée bien précise de la place de la Turquie dans le monde. Cette politique intervient à un moment crucial où le pouvoir renvoie son armée dans les casernes, tandis que resurgissent les sombres secrets de son « Etat profond [1] ». Elle ouvre la voie à la démocratisation de ses structures, accompagne l’émergence de nouvelles élites et la présence croissante d’une classe moyenne très active.

Incident entre le premier ministre turc et M. Shimon Pérès

« Il existe une nouvelle dynamique, et elle est alimentée par le peuple, mais l’Occident ne la comprend pas, souligne Ihsan Bal, professeur à l’Académie de police. Cela a débuté en 2003, lorsque les Etats-Unis ont voulu utiliser la Turquie comme porte d’entrée pour envahir l’Irak ; c’est le peuple — les députés et leurs électeurs — qui a dit “non”. »

On pourrait s’attendre à ce que la population s’inquiète en priorité des conséquences de la crise financière mondiale et du chômage — qui s’élève à 15 %, et sans doute à 30 % chez les jeunes. On découvre, en réalité, qu’elle se préoccupe plutôt de Gaza. Il y a un an, cinq mille personnes brandissant des drapeaux sont allées accueillir le premier ministre Recep Tayyip Erdogan à son retour du Forum économique mondial de Davos. Il venait de « claquer la porte » d’un débat télévisé organisé, le 29 janvier 2009, avec le président israélien Shimon Pérès. M. Erdogan lui avait lancé : « Vous êtes en train de tuer des gens », et l’animateur ne lui avait pas permis de réfuter la justification apportée par M. Pérès à la guerre contre Gaza lancée un mois plus tôt [2]. Les Turcs s’intéressent beaucoup à la Palestine. Ils apprécient également la sincérité des sentiments de M. Erdogan, son charisme et ses origines modestes.

Des observateurs ont noté que les Etats-Unis n’étaient pas mécontents de l’incident entre M. Pérès et le premier ministre turc — qui a transformé ce dernier en héros pour le monde arabe et musulman —, même s’ils auraient souhaité voir la Turquie témoigner de la sympathie au Fatah, et pas seulement au Hamas, afin d’aider à relancer le « processus de paix ». D’autres pensent que son appui au gouvernement du Hamas (visible notamment à travers l’invitation de son chef, M. Khaled Mechaal, à Ankara) devrait rapporter certains dividendes ; par exemple, la libération du soldat israélien Gilad Shalit, capturé le 25 juin 2006 et détenu depuis dans la bande de Gaza.

L’arrivée au pouvoir de l’AKP, en 2002, n’a pas empêché le maintien de liens étroits avec Israël, comme l’ont montré ses efforts de médiation avec la Syrie. Mais le climat a changé à partir de l’intervention israélienne de 2008 à Gaza. L’annulation d’exercices militaires conjoints, en octobre 2009, l’a confirmé. En janvier 2010, la Turquie a bruyamment réagi contre le traitement « humiliant » qu’avait fait subir le vice-ministre israélien des affaires étrangères Danny Ayalon à son ambassadeur en Israël [3]. Elle a menacé de rappeler son diplomate, et demandé des excuses qu’elle a obtenues.

Cela signifie-t-il un changement radical dans les rapports entre les deux pays ? Mme Meliha Altunısık, professeure à la Middle East Technical University d’Ankara, explique que, après la guerre de Gaza, « n’importe quel gouvernement aurait eu à infléchir sa politique et à critiquer Israël — qui, d’ailleurs, avec ses dirigeants actuels, est de plus en plus isolé. Avec M. [Barack] Obama au pouvoir, sa position stratégique est en déclin ». De nombreux Turcs soulignent aussi que leur pays est devenu plus important pour Israël, même sur le plan économique, qu’Israël pour la Turquie. Ils envisagent un possible amenuisement des relations mais rien de plus, car ils ne tiennent pas davantage que les Arabes à ce qu’Ankara coupe les ponts avec Israël.

« Les responsables de la région, note Mme Altunısık, se tournent vers la Turquie et l’incitent à jouer un rôle constructif. L’économie est la clé, mais la personnalité de M. Erdogan joue également : j’ai rencontré des femmes, au centre de Damas, qui apprennent le turc à cause de lui ! Tout a commencé en 2003, lorsque Ankara a tenu tête aux Etats-Unis et refusé de laisser utiliser le pays comme une base de la guerre en Irak. Dominait le sentiment que, contrairement aux autres dirigeants, il avait réussi à faire quelque chose. »

« En revanche, poursuit-elle, on voit nettement la concurrence que se livrent Ankara et Téhéran : par son soutien ouvert à Gaza, son engagement dans les négociations entre la Syrie et Israël, sa contribution à la résolution de la crise présidentielle libanaise, la Turquie a essayé de voler la vedette à l’Iran. Ankara tire de multiples avantages de sa volonté de résoudre les problèmes par la coopération : le développement de ses relations avec les Etats arabes et l’Iran, des gains économiques, ainsi que la stabilité dans cette partie du monde. Pour la Turquie, c’est, à long terme, une stratégie “gagnant-gagnant”. »

L’Iran est pratiquement le seul sujet de politique étrangère qui divise les Turcs. Pour M. Yavuz Baydar, correspondant politique de Today’s Zaman, un quotidien anglophone proche du gouvernement, il ne faut pas s’inquiéter de ce qui se passe entre M. Erdogan et le président Mahmoud Ahmadinejad : « Tous deux sont issus du peuple et se conduisent comme des gens ordinaires, même s’ils se méfient l’un de l’autre. » Pour certains, en revanche, les tentatives de médiation sur la question du nucléaire iranien sont au mieux naïves, au pis dangereuses. Ces divergences reflètent les difficultés à saisir les ambitions de Téhéran, mais aussi la crainte d’une situation explosive aux portes de la Turquie.

Parmi les pays arabes, c’est la Syrie qui fait rêver les Turcs. Sur les campus, des professeurs évoquent leur voyage à Damas. Si l’on considère les anciennes et mauvaises relations entre les deux pays — avec le soutien syrien au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les années 1980, les revendications de Damas sur le Hatay (autrefois le sandjak d’Alexandrette) [4] ou encore la question du partage de l’eau —, l’évolution actuelle tient un peu du miracle.

Un ajustement naturel aux réalités de l’après-guerre froide

Concernant Bagdad, l’intérêt des relations économiques et sociales comme les efforts de la Turquie pour obtenir que les groupes sunnites s’assoient à la table des négociations font qu’un calme relatif règne à la frontière turco-irakienne — et un trait a bien été tiré sur l’offensive turque menée en 2007 contre les rebelles du PKK dans le nord de l’Irak. En Afrique également, les relations prospèrent, notamment avec la Libye et le Soudan. Néanmoins, le premier ministre a récemment commis une « gaffe » vis-à-vis de ce dernier pays : il y a en effet déclaré, le 9 novembre 2009, que les crimes de guerre israéliens étaient pires que ceux pour lesquels le président Omar Al-Bachir avait été inculpé par la Cour pénale internationale [5]. Enfin, la présence « non combattante » de mille sept cent cinquante soldats turcs en Afghanistan contribue à la bonne image d’Ankara dans la région.

Mais la Turquie ne regarde pas seulement vers le monde musulman : elle se projette aussi vers la Russie, la Serbie, la Géorgie et même l’Arménie. Deux protocoles ont été signés avec cette dernière, le 10 octobre 2009, pour établir des relations diplomatiques et ouvrir les frontières. Sur le dossier épineux de Chypre, enfin, l’espoir se fait jour que, avec le nouveau premier ministre grec Georges Papandréou, quelques progrès puissent être obtenus.

La nouvelle ligne diplomatique turque, ses ambitions à l’Est comme au Sud, reflètent-elles, ainsi que le suggère ici ou là la presse occidentale, la renaissance d’une « mission ottomane » [6] ? Ce concept ne figure ni dans le vocabulaire, ni dans la réflexion des dirigeants et du peuple turcs. Pour M. Temel Iskit, ancien diplomate qui fut, dans les années 1980, le premier directeur général du ministère chargé des affaires européennes au sein du gouvernement turc, les accusations de « néo-ottomanisme » visent à faire croire « que la Turquie s’islamise et ne tient plus à rejoindre l’Europe ». Selon lui, elles sont injustifiées, et « proviennent de capitales qui rejettent l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne, ainsi que de la presse américaine pro-israélienne ».

M. Iskit a autrefois été un sympathisant du Parti républicain du peuple (CHP), mouvement d’opposition laïque de centre gauche dont l’origine remonte au parti unique créé par le père de l’indépendance, Mustapha Kemal, dit Atatürk. Comme beaucoup d’autres, il a perdu confiance dans la ligne de son organisation et dans son dirigeant, M. Deniz Baykal. « Après une vie passée à défendre tout ce qui était tabou — l’Arménie, Chypre, les Kurdes —, j’ai révisé mes opinions et décidé de m’exprimer. » Il tient une chronique dans Taraf, le quotidien indépendant d’Istanbul [7].

Cette attitude nouvelle de la Turquie sur la scène internationale représente-t-elle un changement d’orientation stratégique ? « La Turquie a toujours occupé une place géopolitique centrale, considère M. Iskit. Mais, à cause de sa jeunesse et de sa lutte pour l’indépendance, au lendemain de la première guerre mondiale, puis de la guerre froide, notre pays a constamment été sur la défensive. Ce qui a changé, c’est qu’il a commencé à se démocratiser grâce aux critères de Copenhague [8], adoptés avant que l’AKP n’arrive au pouvoir, puis avec le consentement de l’armée à cesser toute ingérence sur le terrain politique. Cette démocratisation a débouché sur un nouvel esprit de coopération et de négociation. »

Kadri Gürsel, éditorialiste du quotidien laïque Milliyet et commentateur populaire à la télévision, affirme que « l’actuelle orientation de la politique étrangère turque aurait été adoptée par n’importe quel gouvernement ». Et il ajoute : « Nos atouts en politique étrangère ont été multipliés par le boom économique en 2002-2003, par l’ouverture des négociations pour l’adhésion à l’Union européenne, et par le règlement d’un problème de sécurité majeur avec la capture d’[Abdullah] Öcalan [9]. Nous assistons à un ajustement naturel de la Turquie aux réalités de l’après-guerre froide et de la mondialisation, qui ont créé une nouvelle dynamique. Mais un parti laïque n’aurait pas aussi bien tiré profit de la situation : l’AKP se sent à l’aise au Proche-Orient, en particulier avec les sunnites. » Cependant, même si, par exemple, nombre de ministres et de conseillers parlent arabe, il n’existe pas selon lui d’« axe oriental », ni de changement dans les alliances.

Etre à la fois occidental, démocratique, moderne et musulman

A ses yeux, la situation économique de la Turquie explique beaucoup de choses : « Elle est condamnée à une croissance fondée sur les exportations, parce qu’il n’existe pas de structure d’épargne intérieure. Elle doit donc trouver de nouveaux marchés, en premier lieu au Proche-Orient. Globalement, cela a fonctionné : les membres du gouvernement gèrent correctement l’économie, et ils ont le sens du commerce, même s’ils ont tendance à monopoliser les profits pour les leurs. Ils aident ainsi la base sociale de l’AKP, en Anatolie, à former une nouvelle classe moyenne, ce qui représente une police d’assurance pour une démocratie stable. »

M. Soli Özel, professeur de relations internationales à l’université Bilgi d’Istanbul, estime, lui, que beaucoup en Occident ont du mal à accepter une Turquie décidant elle-même de ses priorités. L’AKP, qui a de très bonnes relations avec les Etats-Unis, souhaite la stabilité, une zone de prospérité et de sécurité aspirant à la paix, contrairement à Israël et à l’Iran. Soulignant lui aussi une continuité dans la politique étrangère turque, M. Özel remarque : « L’AKP a conceptualisé cela mieux que d’autres. »

« La question du caractère “occidental” de la Turquie concerne moins son orientation stratégique que le fait de savoir si elle deviendra un vrai pays occidental, explique-t-il encore. Si l’Union européenne se met elle-même hors de l’équation parce qu’elle ne comprend pas bien les agissements de la Turquie — qui sont pourtant dans l’intérêt de l’Occident —, la plupart de nos relations avec l’étranger seront conduites à travers les Etats-Unis. Au cas où on en arriverait là, Washington insistera-t-il pour que la Turquie devienne un véritable pays occidental et démocratique ? Si les Etats-Unis poussent l’Union à aller de l’avant dans l’adhésion de la Turquie, ce sera la preuve que nous avons atteint ce stade. »

Ankara espère que M. Obama réussira mieux que M. George W. Bush. « Sa conception des choses est différente, explique Yasemin Congar, rédacteur en chef de Taraf et spécialiste des Etats-Unis. Il a des atouts : ses origines, sa formation multiculturelle et sa connaissance du monde musulman. Les Turcs n’oublient pas qu’il se prénomme aussi Hussein. » Son discours du Caire en faveur d’un dialogue avec l’islam et du respect des droits de la personne, en juin 2009, fait écho aux préoccupations d’Ankara. Mais son incapacité à obtenir d’Israël l’arrêt total de la colonisation en Palestine et sa décision d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan ont déçu ; aussi faudra-t-il des signaux forts de la Maison Blanche sur le dossier palestinien pour dissiper la méfiance de l’opinion turque.

L’amertume à l’égard de l’Europe est réelle, et ressort dans tous les discours sur la politique étrangère. Les reproches adressés au gouvernement, accusé de ne pas avoir recherché avec suffisamment d’enthousiasme l’adhésion à l’Union, n’ont plus guère de poids depuis que M. Nicolas Sarkozy et Mme Angela Merkel se sont prononcés pour le « non ». L’idée que, par son prestige renforcé, notamment au Proche-Orient, le pays sera en mesure d’apporter davantage à l’Union semble mieux reçue. Et, s’il n’est pas invité à y entrer, il n’en restera pas moins que son rôle sur la scène internationale aura augmenté.

Secrétaire général de l’Association des industriels et des entrepreneurs de Turquie (Tüsiad), traditionnellement aux mains des vieilles familles laïques d’Istanbul, M. Zafar Yavan se plaint : « Le gouvernement n’a pas bougé assez vite sur l’Union européenne, particulièrement en ce qui concerne les marchés publics et d’autres questions économiques, ce qui a suscité des doutes sur son engagement. » Il nuance toutefois son propos en soulignant que « le ralentissement du processus de convergence a plus à voir avec M. Sarkozy qu’avec la Turquie. Celle-ci progressera avec ou sans ce gouvernement, car la démocratisation engagée par l’AKP restera : c’est un processus à sens unique. Le rythme de ses réformes et sa persévérance sont sans comparaison avec les actions des gouvernements précédents. »

Amertume à l’égard de l’Europe, ouverture vers l’Est et le Sud

Ex-ministre CHP de la justice, Mme Ayse Celikel a toutes les raisons de s’opposer au gouvernement de l’AKP, notamment parce qu’elle dirige une association (Cagdas Yasam Dernegi) qui dispense un enseignement laïque pour les filles et se trouve actuellement soumise « aux pressions du pouvoir, avec quatorze employés interpellés sans que les chefs d’accusation aient été portés à leur connaissance ». Se qualifiant de « kémaliste, mais avec un esprit ouvert », elle reconnaît que, « avec l’adhésion à l’Union européenne passée au second plan, le gouvernement est engagé dans un exercice d’équilibre dans ses ouvertures vers l’Est et le Sud ». Mais elle précise : « Tant qu’il ne s’éloigne pas davantage de l’Europe, ou ne se rapproche pas plus de l’Iran, je suis d’accord. »

Et que pense M. Armagan Kuloglu, général à la retraite et l’un des principaux membres du nouveau Centre d’études stratégiques sur le Moyen-Orient ? Il se proclame ataturkcu (« disciple d’Atatürk »), mais pas kémaliste — ce qui implique « la défense de la nation turque sur une base ethnique ». Il a sûrement quelques critiques à formuler ? Bien sûr, il défend les vieux dogmes : « Le nord de Chypre doit être reconnu comme un Etat ; les Kurdes ne sont pas un problème ; l’Arménie doit cesser d’affirmer qu’il y a eu génocide… » Pourtant, lui aussi estime qu’« il n’y a eu aucun changement d’orientation ni renversement d’alliances : le gouvernement cherche tout simplement de bonnes relations avec les pays voisins, et c’est la première fois que cela arrive » grâce à l’évolution de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran. Il ne critique même pas la politique gouvernementale face à l’Union européenne, « sauf quand elle fait des concessions ». Il « serait heureux que la Turquie n’entre pas dans l’Union, parce que cela signifierait le partage de notre souveraineté, précise-t-il aussi, et que, n’étant ni les Pays-Bas ni l’Italie, ce partage affecterait notre sécurité ». S’il défend le rôle traditionnel de l’armée dans la politique, M. Kuloglu concède qu’elle perd de l’influence, et qu’il y a eu en son sein « certains comportements ambitieux confirmés par l’affaire Ergenekon » (cf. note 1).

De nombreux Turcs craignent que le gouvernement AKP, à force de jongler avec trop de balles, ne finisse par en laisser tomber quelques-unes. Certains n’adhèrent pas à l’idée du « zéro problème avec les voisins et pas de bâton », autrement dit : au règlement des conflits par la persuasion et les avantages économiques. Et si la carotte ne fonctionnait pas sans le bâton ? Si la Turquie allait se trouver en danger pour avoir surestimé son potentiel de soft power ?

A sa manière, Mme Altunısık répond à ces craintes : « Pour l’instant, la question est prématurée. Et puis, elle ne prend pas en compte l’essentiel : la manière dont se mène la politique étrangère est aussi importante que les résultats finaux. La Turquie passait auprès de tous ses voisins pour une puissance périphérique ; maintenant, vous ne pouvez discuter de l’avenir de nombreuses régions du monde sans parler d’elle. »

Notes

[1] L’affaire Ergenekon a mis au jour un complot impliquant des militaires et visant à déstabiliser le gouvernement de l’AKP. Les dernières révélations incluent un projet d’assassinat du vice-premier ministre Bülent Arinç. L’enquête en cours a permis de faire la lumière sur les opérations de contre-guérilla menées dans le Kurdistan turc, et menace de dévoiler les activités de ce que les Turcs appellent l’« Etat profond » : une alliance militaro-mafieuse accusée de tirer les ficelles dans l’ombre. Lire, par exemple, « State’s dirty laundry might come out with “cosmic room” search », Sunday’s Zaman, Istanbul, 3 janvier 2010.

[2] On peut voir des vidéos de la polémique sur http://www.YouTube.com

[3] L’ambassadeur avait dû attendre longuement dans un couloir ; après quoi, devant les journalistes, M. Ayalon avait refusé de lui serrer la main et l’avait fait asseoir sur un siège plus bas que le sien. Seul le drapeau israélien était visible dans son bureau. Le vice-ministre reprochait à la Turquie la diffusion sur une chaîne privée d’un téléfilm jugé antisémite, ainsi que les nouvelles critiques du premier ministre Erdogan après un raid israélien sur la bande de Gaza.

[4] Cette province occupée par la France en 1916 faisait partie de la Syrie sous mandat français. Elle a été cédée par Paris à la Turquie en 1939.

[5] Today’s Zaman, Istanbul, 10 novembre 2009.

[6] Cf. Delphine Strauss, « Turkey’s Ottoman mission », Financial Times, Londres, 23 novembre 2009.

[7] Depuis le mois de janvier 2010, Taraf publie une édition en turc du Monde diplomatique.

[8] Les critères d’accession à l’Union européenne tels que définis à Copenhague en 1993 sont de trois ordres : politique, économique et acceptation des acquis communautaires.

[9] Dirigeant du PKK arrêté en février 1999.

Voir enfin:

The Muslim Civil War

Standing by while the Sunnis and Shiites fight it out invites disaster.

Bret Stephens

Yusuf al-Qaradawi, the prominent Sunni cleric, said Friday that Hezbollah and Iran are "more infidel than Jews and Christians." Coming from the guy who once lauded Hitler for exacting "divine punishment" on the Jews, that really is saying something.

That the war in Syria is sectarian was obvious almost from the start, despite the credulous belief that Bashar Assad ran a nonsectarian regime. That a sectarian ruling minority fighting for its life would not fold easily was obvious within months, despite happy guarantees that the regime’s downfall would come within weeks. That a sectarian war in Syria would stir similar religious furies in Iraq and Lebanon was obvious more than a year ago, despite wishful administration thinking that staying out of Syria would contain the war to Syria alone.

What should be obvious today is that we are at the dawn of a much wider Shiite-Sunni war, the one that nearly materialized in Iraq in 2006 but didn’t because the U.S. was there, militarily and diplomatically, to stop it. But now the U.S. isn’t there. What’s left to figure out is whether this megawar isn’t, from a Western point of view, a very good thing.

The theory is simple and superficially compelling: If al Qaeda fighters want to murder Hezbollah fighters and Hezbollah fighters want to return the favor, who in their right mind would want to stand in the way? Of course it isn’t just Islamist radicals of one stripe or another who are dying in Syria, but also little children and aging grandparents and every other innocent and helpless bystander to the butchery.

But here comes the whispered suggestion: If one branch of Islam wants to be at war with another branch for a few years—or decades—so much the better for the non-Islamic world. Mass civilian casualties in Aleppo or Homs is their tragedy, not ours. It does not implicate us morally. And it probably benefits us strategically, not least by redirecting jihadist energies away from the West.

Wrong on every count.

Similar thinking was popular in the 1980s during the Iran-Iraq War. The war left as many as 1.4 million corpses on the battlefield, including thousands of child soldiers, and caused both countries billions in economic damage. And how did the West benefit from that? It’s true that the price of crude declined sharply almost every year of the war, but that only goes to show how weak the correlation is between Persian Gulf tensions and oil prices.

Otherwise, the 1980s were the years of the tanker wars in the Gulf, including Iraq’s attack on the USS Stark; the hostage-taking in Lebanon; and the birth of Hezbollah, with its suicide bombings of the U.S. Marine barracks and embassy in Beirut. Iraq invaded Kuwait less than two years after the war’s end. Iran emerged with its revolutionary fervors intact—along with a rekindled interest in developing nuclear weapons.

In short, a long intra-Islamic war left nobody safer, wealthier or wiser. Nor did it leave the West morally untainted. The U.S. embraced Saddam Hussein as a counterweight to Iran, and later tried to ply Iran with secret arms in exchange for the release of hostages. Patrolling the Strait of Hormuz, the USS Vincennes mistakenly shot down an Iranian jetliner over the Gulf, killing 290 civilians. Inaction only provides moral safe harbor when there’s no possibility of action.

Maybe that’s what President Obama is secretly aiming for. Had he armed Syria’s rebels early in the conflict, he could have empowered a moderate opposition, toppled the regime, sidelined Sunni jihadists, prevented the bloodbath we now have, stemmed the refugee crisis and dealt a sharp strategic setback to Iran—all without any U.S. military involvement.

Had he moved against Assad after the latter’s use of chemical weapons, the president could have demonstrated the seriousness of U.S. red lines—this time with limited and surgical use of U.S. military assets. (By the way, whatever happened to that U.N. fact-finding mission on Syrian chemical weapons that Mr. Obama promised back in April?)

Yet if Mr. Obama were to move against Assad today, the odds of success would be far longer. He would be going against an emboldened and winning despot, brazenly backed by Russia. And he would be abetting a fractured insurgency, increasingly dominated by radicals answering the call of jihad. The administration has gone from choosing not to take action to having no choice but to remain passive. Thus does global order give way to global disorder.

It’s tempting to rejoin that Syria is small and faraway, and that if Vladimir Putin or Iran’s Ayatollah Khamenei want to play in the Syrian dung heap they’re welcome to it. But these guys aren’t dupes getting fleeced at a Damascene carpet shop. They are geopolitical entrepreneurs who sense an opportunity in the wake of America’s retreat.

Maybe Americans will feel better after ceding the field to these characters. But we won’t be safer. And as a former Chicago friend of Mr. Obama used to say, the chickens sometimes do come home to roost.


Religion de paix et d’amour: La diffamation continue ! (Land of smiles no more: will islamist violence finally turn the dream to nightmare?)

20 mai, 2013
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/05/b66e8-aonterror.jpghttp://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/05/901bb-thai-smiles.jpg?w=320&h=192Oh I come from a land, from a faraway place where the caravan camels roam where they cut off your ear. If they don’t like your face, it’s barbaric, but, hey, it’s home! Paroles d’Aladdin (Disney)
These great tragedies and collective punishments that are wiping out villages, towns, cities and even entire countries, are Allah’s punishments of the people of these countries, even if they are Muslims. We know that at these resorts, which unfortunately exist in Islamic and other countries in South Asia, and especially at Christmas, fornication and sexual perversion of all kinds are rampant. The fact that it happened at this particular time is a sign from Allah. It happened at Christmas, when fornicators and corrupt people from all over the world come to commit fornication and sexual perversion. That’s when this tragedy took place, striking them all and destroyed everything. It turned the land into wasteland, where only the cries of the ravens are heard. I say this is a great sign and punishment on which Muslims should reflect. All that’s left for us to do is to ask for forgiveness We must atone for our sins, and for the acts of the stupid people among us and improve our condition. We must fight fornication, homosexuality, usury, fight the corruption on the face of the earth, and the disregard of the lives of protected people. Sheik Fawzan Al-Fawzan (member of the Senior Council of Clerics, Saudi Arabia’s highest religious body and professor at the Al-Imam University)
En lisant le Coran et les paroles du Prophète Mahomet, on peut facilement voir que l’Islam est une religion de paix et d’amour, mais il semble qu’Hollywood n’a ni accès facile aux ressources de base sur l’Islam ni n’est capable de les interpréter correctement. Ekrem Dumanli
Les Arabes sont le groupe le plus dénigré de l’histoire d’Hollywood. Ils sont dépeints, fondamentalement, comme des untermenschen moins qu’humains, un terme employé par les Nazis pour discréditer les bohémiens et les juifs. Ces images sont avec nous depuis plus d’un siècle. Jack Shaheen
Dans tous les films qu’ils font, chaque fois qu’un Arabe prononce le mot Allah? Quelque chose explose. Eyad Zahra (jeune réalisateur)
Selon la firme britannique « Aon » spécialisée dans la gestion des risques et de l’assurance contre le terrorisme, le top 10 des pays à risque de terrorisme (comprenez islamiste) sont, dans l’ordre, l’Afghanistan, l’Inde, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, la Russie, la Somalie, la Syrie, la Thaïlande et Yémen. Tous ces pays sont musulmans ou ont une forte population islamique (donc potentiellement islamiste) à l’exception de la Thaïlande. Diable, mais que vient faire dans cette liste lugubre le pays de Siam, réputé pour être le pays du sourire? La Thaïlande est même classée avant le Yémen, l’un des pays les plus instables et, islamiquement parlant, l’un des plus agités au monde. Riposte laïque

Après Hollywood, la diffamation continue avec l’industrie du tourisme !

Pourquoi, après des siècles de pillages, guerres et esclavage (et sans compter plus récemment trafic de petites filles, crimes d’honneur et attaques à l’acide), l’islam garde-t-il une si mauvaise image? nous demandions-nous dans un précédent billet

A l’heure où, remplissage de nappes phréatiques oblige, nombres d’Occidentaux comencent à rêver de rivages plus souriants …

Voilà qu’en remet une couche la firme britannique Aon spécialisée dans la gestion des risques et de l’assurance contre le terrorisme …

Accusant à présent sans parler des heures de queue et de contrôle nécessitées par ses dévots les plus zélés …

La religion de paix et d’amour de nous rendre bientôt inacessible la moitié des pays du monde …

Y compris, après semble-t-il le Déluge d’Allah de Noël 2005 contre la nouvelle Sodome, le Pays du sourire lui-même …

Classé dorénavant, pour le risque terroriste grâce aux correligionnaires de feus Mahomet et Ben Laden, juste entre la Syrie et le Yemen …

Thaïlande : les barbus à l’assaut du pays du sourire

Messin Issa

Riposte laïque

19 mai 2013

Selon la firme britannique « Aon » spécialisée dans la gestion des risques et de l’assurance contre le terrorisme, le top 10 des pays à risque de terrorisme (comprenez islamiste) sont, dans l’ordre, l’Afghanistan, l’Inde, l’Irak, le Nigeria, le Pakistan, la Russie, la Somalie, la Syrie, la Thaïlande et Yémen.

Tous ces pays sont musulmans ou ont une forte population islamique (donc potentiellement islamiste) à l’exception de la Thaïlande. Diable, mais que vient faire dans cette liste lugubre le pays de Siam, réputé pour être le pays du sourire? La Thaïlande est même classée avant le Yémen, l’un des pays les plus instables et, islamiquement parlant, l’un des plus agités au monde.

La Thaïlande, qui a une communauté musulmane d’à peine 5% de la population totale, soit quelques 3,5 millions d’âmes, se retrouve ainsi dans un groupe de pays où les musulmans sont de 3 à 60 fois plus nombreux (10 millions de musulmans en Somalie et près de 180 millions en Inde et au Pakistan).

En fait, le problème n’est pas dans le nombre. Un proverbe marocain dit : « Un poisson pourri suffit à empester tout un panier ».

Aucun pays au monde ne peut se prévaloir d’être à l’abri du terrorisme islamique. La menace vient de l’existence même de l’islam. Au lieu de le mettre en quarantaine, beaucoup de pays lui ont ouvert les portes.

La Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Angleterre et bien d’autres pays qui ont voulu se montrer hospitaliers et généreux en accueillant de malheureux musulmans accablés par la misère et la guerre, s’en mordent aujourd’hui les doigts. Ces musulmans sont devenus, en de nombreux endroits, dans les cités et les villes, les maîtres des lieux et dictent leurs lois aux autorités et aux populations autochtones. Les attentats islamistes sont devenus tellement récurrents de par le monde qu’on ne dit même plus attentat islamiste, on dit juste « attentat ». L’épithète « islamiste », qui s’impose de lui-même, est éludé pour des raisons d’accommodement électoral…

Dans ce classement mondial du risque terroriste 2013, la firme britannique, qui ne cite pourtant pas les USA où les attentats et les tentatives d’attentat sont fort courants, attribue à la Thaïlande un risque de 4 sur une échelle de 5, ce qui correspond à un niveau « élevé ».

La Thaïlande fait face à des attaques quotidiennes menées par des islamistes dans le Sud du pays. Cantonnés tout particulièrement dans 3 provinces (Pattani, Narathiwat et Yala qui faisaient partie d’un sultanat malais jusqu’au début du XXe siècle, avant d’être rattachées à la Thaïlande dans le cadre d’un traité avec les Anglais en 1909), les musulmans, sunnites dans leur grande majorité, se sont lancés début 2004 dans une violente confrontation avec le pouvoir en place en s’en prenant à tout ce qui en est représentatif, y compris les enseignants et les moines bouddhistes.

Ce qu’il est convenu d’appeler « l’insurrection islamique » avait débuté le 4 janvier par des attaques contre 19 écoles et un dépôt militaire où plusieurs soldats avaient été tués. Depuis, on recense plus de 5.500 morts, dont 500 l’an dernier.

Comme partout ailleurs, les musulmans opèrent par bombes, voitures piégées et embuscades. Comme en Algérie dans les années 90, comme en France avec Merah tout récemment, ils n’épargnent ni les femmes, ni les enfants.

Ainsi, le 1er mai dernier, quatre hommes en uniforme des forces de sécurité thaïlandaises ont ouvert le feu sur un groupe de villageois devant une épicerie dans la province de Pattani faisant six morts. Deux des assaillants se sont ensuite dirigés vers les victimes et ont tiré sur chacun d’eux à bout portant dans la tête. L’une des victimes à être exécutée de cette façon était un enfant de deux ans. Plus de 100 douilles de fusils M16, HK33 et AK-47 ont été trouvées sur les lieux.

L’association Human Right Watch a d’ailleurs fermement dénoncé « la brutalité monstrueuse des insurgés quand ils ont tiré sur un jeune enfant de deux ans à bout portant avec des fusils d’assaut ».

Le lendemain de cette tuerie, des tracts islamistes, distribués dans les mosquées, les marchés et les salons de thé locaux, revendiquaient fièrement ce massacre. « Les six cadavres dans Pattani sont une leçon pour les Siamois [Thaïs] pour leur rappeler que nous allons tous les tuer, clame le texte. Les enfants et les femmes ne seront pas épargnés. Nous allons tout faire pour que les Siamois acceptent nos revendications. »

Mais la Thaïlande n’est pas menacée par ses seuls musulmans locaux. Elle semble être aussi dans le collimateur d’Al Qaeda.

En février dernier, les services de sécurité thaïlandais avaient fait avorter une opération terroriste contre le consulat américain à Chiang Mai, dans le nord du pays. La police avait alors fait circuler une liste de 15 personnes suspectées de séjourner à Chiang Mai pour mener cette opération. Parmi les 15, trois étaient des Algériens. Il y avait également deux Afghans, deux Syriens et deux Yéménites. Les six autres provenaient de l’Erythrée, de l’Ethiopie, de la Jordanie de la Palestine, de la Somalie et du Soudan.

Pauvre Thaïlande ! Les islamistes lui en veulent. Parce que c’est le pays du sourire et que le rire et le sourire ne sont très appréciés dans l’islam…

Le pays du sourire, du sexe et du soleil pourrait n’être bientôt que le pays d’un seul « S » : la Sunna !

Et que vive le tourisme dans le royaume de Siam !

Messin Issa

Ancien journaliste marocain

Voir aussi:

New terrorism, risk assessment released

UPI

May 15, 2013

LONDON, May 15 (UPI) — Forty-four percent of 200 countries and territories evaluated in a new assessment face the risk of terrorism and political violence this year, a study said.

The study conducted by Britain’s Aon Risk Solutions, the risk management business of Aon Plc., and The Risk Advisory Group Plc. The findings of the assessment are highlighted on its 10th annual Terrorism and Political Violence Map, with an online and interactive version providing a global and country level view on the ratings.

"The global economic crisis, shifting geopolitical balances and two years of unusually high levels of civil upheaval present challenges and opportunities for businesses looking to expand," said Henry Wilkinson, head of the Intelligence and Analysis practice at Risk Advisory.

"North and West Africa and the Middle East stand out as regions of increasing risk. Civil wars in Libya and Syria in particular have contributed to violent risks in nearby countries. Egypt returns to the highest risk rating this year due to persistent civil tumult, political instability and terrorism.

"While Northern Europe has seen some improvements, evident in the U.K.’s improved rating, fiscal and economic pressures mean businesses in Southern European countries still face a higher level of risk associated with civil disruption," he said.

A total of 11 countries — including Argentina, Egypt and Jordan — have increased risk ratings this year, while 19 countries were downgraded in risk, including Germany, Italy and Britain.

Countries with the highest risk of terrorism and political violence are Afghanistan, India, Iraq, Nigeria, Pakistan, Russia, Somalia, Syria, Thailand and Yemen, the study said.

The Middle East is the most unstable region, with 64 percent of its countries attaining high or severe risk ratings.

Voir enfin:

Thailand: Land Of Smiles Or Total Tourist Trap?

Reuters

07/22/2012

BANGKOK, July 22 (Reuters) – Two Canadian sisters die mysteriously in their rented bungalow on an idyllic Thai island, believed poisoned. Less than a week later, a 60-year-old Australian woman is stabbed to death in a botched robbery outside a luxury resort in Phuket.

Their deaths are the latest in a tumult of violence and intrigue to shake tourism in postcard-perfect Thailand, raising questions over whether it is squandering a prized asset by failing to protect travellers arriving in record numbers.

Other headlines are less dramatic but equally troubling: taxi driver mafias, transvestite thieves, pollution, tourist brawls, traffic accidents, and at airports, radar glitches, flight delays and long immigration queues.

"The Tourism Authority of Thailand (TAT) think numbers are going up so people must like it here, but the problem is the quality of their visit has gone down," said Larry Cunningham, Australia’s Honorary Consul to Phuket, an island described by travel guide Lonely Planet as "one of the world’s most famous dream destinations".

The government has vowed to tackle "mafias" in tourist areas, while in February, Cunningham appealed to Phuket’s government to stop jet-ski operators who hire thugs and demand compensation for equipment damage renters did not cause.

Last year, a German television show broadcast footage of sewage pumped into the sea at popular Kata and Karon beaches.

The problems have so far failed to dull Thailand’s centuries-old exotic allure. Its palm-fringed islands, gilded temples, spicy cuisine and racy nightlife helped draw 19 million visitors in 2011, generating 776 billion baht ($24.5 billion) in revenue, up 31 percent from 2010, ministry data shows.

Even so, tourism’s contribution to GDP has barely increased since 2003 and now hovers at 6 percent. And with unspoiled destinations in neighbouring Myanmar opening up, Thailand is under pressure to decide what type of tourism it wants.

Phuket, for example, is at risk of sharing the same fate as another beach destination: Pattaya.

"SIN CITY"

A two-hour drive from Bangkok, Pattaya struggles to shake off a seedy reputation as Thailand’s "Sin City" and with red-light entertainment, crime and unchecked development, it is synonymous with sleaze and spoiled beaches.

"We still think of tourism too much in a opportunistic, money-making way," said opposition lawmaker and former finance minister Korn Chatikavanij. "We are putting the future of the industry at risk."

Tourist safety is another pressing issue.

The Fédération Internationale de l’Automobile (FIA)- a motor sport governing body – shows Thailand has the highest U.S. tourist road fatality rate in the developing world, after Honduras. Britain’s foreign office warns of robberies and "vicious unprovoked attacks by gangs" on the party island, Koh Phangan.

Some tourists say standards fell short of expectations.

"In general Thailand feels safe but tour guides and drivers are more aggressive," says Mattias Ljungqvist, 31, a Swede who first visited the country a decade ago.

The TAT says it does not have regulations to tackle crime head on and safety and environmental preservation issues are encumbered by local bureaucracy.

But with plans to promote Thailand to new markets in South America and Central Asia, there is little evidence of its tourism ambitions slowing down.

Thai Prime Minister Yingluck Shinawatra last month said the government’s tourism policy would focus on generating 2 trillion baht in revenue within five years. The Ministry of Tourism and Sports plans to spend 2.6 billion baht on developing and promoting tourist attractions in 2013.

It hopes to attract 21 million visitors this year, among them big spenders.

"People who enjoy eco-tourism tend to spend a lot of money and we are definitely targeting that type of tourist," said Chattan Khunjara Na Ayudhya, a public relations director at TAT. (Editing by Jason Szep, Andrew R.C. Marshall and Ed Lane)

Voir enfin:

Réseau musulman d’Oxford responsable de viol, esclavage, prostitution et traffic de petites filles

Albert Bertold

17 mai 2013

Réseau de trafic sexuel de jeunes filles blanches

The Independant a demandé à une journaliste musulmane, Binah Shah, d’exposer le réseau de musulmans pakistanais pédophiles spécialisé dans un commerce sexuel de jeunes filles à Oxford qui dura 8 ans.

Akhtar Dogar, 32 ans, Anjum Dogar, 31 ans, Mohammed Karrar, 38 ans, Bassam Karrar, 33 ans, Kamar Jamil, 27 ans, Assad Hussain, 32 ans, et Zeeshan Ahmed, 27 ans ont été condamnés pour crimes sexuels dans une affaire qui a impliqué des jeunes filles à partir de 11 ans, qui ont été droguées et violées par le plus grand réseau de prostitution d’enfants jamais découvert en Grande Bretagne.

Les circonstances sont les mêmes qu’à Rochdale : un groupe d’individus pakistanais et musulmans avait été arrêté alors qu’ils avaient organisé la prostitution de jeunes filles blanches vulnerables, confiées à des orphelinats, et les traitaient comme des esclaves sexuelles pendant que les autorités faisaient mine de regarder ailleurs.

Une journaliste, Allison Pearson, avait écrit un article violent dans The Telegraph où elle condamnait la police, les services sociaux, et la justice, qui craignaient d’être vus comme racistes, ce qui eu pour conséquence que des centaines de jeunes filles furent trahies par le système qui était supposé les protéger. Elle dénonça la culture des musulmans pakistanais où les hommes apprennent que les femmes n’ont aucune valeur, et qu’elles peuvent être utilisées comme objets pour le sexe, particulièrement les femmes blanches, parce qu’elles sont plus libres que les musulmanes pakistanaises.

En tant que musulmane pakistanaise, conclut Binah Shah, je suis très heureuse que ces hommes soient sous les verrous, et je suis désolée que cela ne soit pas arrivé plus tôt. J’applaudis le système judiciaire anglais qui ne leur a fait aucun cadeau. Ils le méritaient. Au Pakistan, nous devrions appliquer nos lois contre les crimes sexuels, et nous devons changer les attitudes sociales sur le statut de la femme. Nous avons maintenant des lois contre le harcèlement sexuel et contre les crimes « d’honneur », les attaques à l’acide et la violence domestique, et ces distorsions médiévales de la loi islamique qui terrorisent les femmes pakistanaises ont été interdites.


Attentats de Boston: La surveillance pour tous ! (Why should Muslims and leftists be less deserving of surveillance than right-wing extremist groups ?)

21 avril, 2013
http://tundratabloids.com/wp-content/uploads/2013/04/fbi-interviewed-dead-olderbrother-tsarnaev-could-have-deported-him-20.4.2013.pngL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
The Tsarnaev brothers pulled off their terrorist attack with great skill but made a fatal mistake in letting their faces and bodies be seen at a heavily photographed international sporting event. This meant that multiple images of them were available for a massive law enforcement squad to comb over and, after three days, identify them by name and appearance. This rapid identification was not unprecedented – the London police had done likewise in the July 2005 suicide bombings but because none of the four perpetrators survived that attack, that was more a theoretical achievement than a practical one. To the best of my knowledge, the Tsarnaevs were the first terrorists to be tracked down via still and video pictures. (…) But how to avoid doing so? Hoodies leave the face exposed. Ski masks arouse suspicion in temperate weather, as do Halloween masks all but one night a year, and stocking masks at any time. Obviously, they should have put on Islamic full body covers that show only the eyes (niqabs) or nothing at all (burqas). These garments have multiple and unique virtues, totally hiding the wearers identity; being legitimate attire in any weather and in any place; permitting the discreet transport of weapons; giving off the helpfully false impression of being worn by women, which both reduces suspicion and misleads witnesses; usefully creating a social barrier; maximizing personal prerogatives; and being ideologically appropriate, sending an unmistakable Islamist signal. (…) One must expect future non-suicide bombers to turn to niqabs or burqas. (As many terrorists and criminals repeatedly have done so.). But why wait for them to engage in more murders? Why close the barn door only after the horse has run away? Far smarter would be to ban the niqab and burqa in public places now, before tragedy occurs. Daniel Pipes
L’attaque de Bourgas était une attaque sur le sol européen contre un Etat membre de l’Union européenne. Nous espérons que les Européens vont tirer les conclusions qui s’imposent. Les conclusions annoncées par la Bulgarie aujourd’hui sont claires: le Hezbollah était directement responsable de cette atrocité. Il n’y a qu’un seul Hezbollah, c’est une organisation unique avec un commandement unique. C’est une nouvelle confirmation de ce que nous savions déjà: que le Hezbollah et son parrain l’Iran orchestrent une campagne terroriste à travers les pays et les continents. Benjamin Netanyahou
Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat. (Ces personnes) possédaient des passeports de l’Australie et du Canada" et "vivaient sur le territoire libanais depuis 2006 et 2010. Tsvetan Tsvetanov (ministre bulgare de l’Intérieur)
Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence. 20 minutes
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté d’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
Aux Etats-Unis, les musulmans sont plus résistants, mais pas à l’abri du message radical. Malgré les perspectives économiques, la puissante force d’attraction des racines religieuses des individus et de l’identité peut parfois prendre le dessus sur la nature assimilatrice de la société américaine, faite de réussite professionnelle, stabilité financière et confort matériel. Mitchell Silber et Arvin Bhatt
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal

Attention: un scandale peut en cacher un autre !

Responsable de l’attentat des Jeux d’Atlanta accusé d’attaque indiscriminée de civils alors qu’en alertant la police 45 minutes auparavant il avait tout fait pour l’éviter, groupe suprémaciste texan faussement soupçonné d’avoir tué un juge et son épouse, organisation terroriste libanaise et ses commanditaires iraniens contraints de déployer leurs actions jusqu’en Bulgarie devant le refus indu de l’Europe de toute reconnaissance digne de ce nom …

Alors qu’au lendemain de la mort et de la capture des Mérah américains responsables de la dernière tuerie islamiste en date …

Une opinion et des médias obsédés par les groupes extrémistes de droite continuent comme si de rien n’était leur refus de voir l’évidence …

Pendant qu’après la Maison Blanche, Hollywood se décide enfin à reconnaitre leur dû aux Weathermen et les parlementaires français comme néo-zélandais l’avancée incommensurable du mariage pour tous

Comment ne pas voir avec le WSJ…

Sous prétexte de correction politique et face aux efforts toujours plus méritants des musulmans et de leurs soutiens d’extrême-gauche se tuant littéralement à prouver leur bonne volonté meurtrière

La scandaleuse injustice d’une surveillance policière réservée aux seuls groupes extémistes de droite ?

The Brothers Tsarnaev

Mohsin Hamid

The WSJ

April 20, 2013

The terrorist suspects next door.

Events in Boston were moving so quickly on Friday that it’s impossible to draw too many conclusions. But the emergence of Dzhokhar and Tamerlan Tsarnaev as the chief terror suspects who paralyzed a great American city deserves at least some reflection.

One consoling thought is the admirable behavior of the citizens of greater Boston and its law enforcers. The point may seem banal, but it’s no small matter that the public largely heeded the government’s orders to stay off the streets and take the day off so police could track down the younger brother, 19-year-old Dzhokhar, who was captured Friday night after a day-long manhunt.

Bostonians have endured enormous disruption this week, but the city has shown a remarkable civility and calm throughout it all. Many lives were saved because of the rapid triage work by volunteers at the bomb scene. Bloomberg News reports that one of the marathon bombing’s victims also helped the FBI identify a suspect after he awoke from surgery at the hospital. The suspect had dropped a bag at Jeff Bauman’s feet and looked him in the eye minutes before it exploded. Mr. Bauman lost both legs below the knee but got his man.

As for the brothers, we will learn more about their motives, their training and whether they acted alone or as part of a network. What we have already learned is that they are immigrants from Chechnya, of the Muslim faith, and that 26-year old Tamerlan was uncomfortable in American society despite having lived here for about a decade.

The Associated Press reported that he was quoted in a Boston University student magazine in 2010 as saying, "I don’t have a single American friend. I don’t understand them." Mother Jones reported that a video attributed to a Tamerlan Tsarnaev extolled an extremist religious prophecy associated with al Qaeda. None of this is definitive but it might be illustrative.

If such alienation turned to jihad, it would not be the first time. The radicalization of young Muslims in the West, in particular children of the well-off, is by now a familiar story. The London bombers of 2005 were middle-class Pakistani immigrants from Birmingham. Faisal Shahzad, the failed Times Square bomber, was a naturalized citizen from Pakistan.

After the London bombings, many Americans took comfort in the belief that immigrants to the U.S. are better assimilated than they are in Europe. But that may be more conceit than fact, at least in regard to some young men. "My Son the Fanatic" is a novella by Hanif Kureishi that speaks to the difficulties of acculturation of second-generation Muslims. The recent Pulitzer Prize- winning play, "Disgraced," covers related ground.

Mitchell Silber and Arvin Bhatt explained how this can evolve into a threat in an instructive paper for the New York Police Department in 2007,

"Radicalization in the West: The Homegrown Threat." The intelligence analysts looked at several cases here and abroad and described the process by which otherwise "unremarkable" men leading regular lives become jihadists.

"Muslims in the U.S. are more resistant, but not immune to the radical message," they wrote. "Despite the economic opportunities in the United States, the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts." The Tsarnaev brothers may be an example.

Some will use this threat as an argument against immigration, but that would punish everyone for the sins of a few. The "homegrown" radical threat is really an argument for vigilance, especially within communities prone to producing terrorists.

This means surveilling foreign student groups in the U.S., certain immigrant communities that have produced jihadists, and, yes, even mosques and other Muslim venues. The key is to be familiar enough with these communities, to know and be trusted enough by their leaders, so those man and women will alert law enforcers when someone appears to have become radicalized.

This offends some civil libertarians, and the Associated Press excoriated the NYPD for the practice in a series of stories in 2011. In the wake of Boston, this looks notably misguided. New York’s police say they’ve kept at it, under appropriate legal safeguards, and we hope they will continue.

The U.S. government watches right-wing extremist groups because we know they are dangerous. The police shouldn’t refrain from doing the same to Muslim or immigrant groups merely because that is deemed less politically correct. As the week’s events in Boston show, the costs of doing otherwise are too high.

Voir aussi:

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par le FBI

20 minutes

20/04/2013

ETATS-UNIS – Le FBI l’a confirmé. Il pourrait ainsi être placé dans l’embarras…

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence.

«Un coup monté», selon la mère des deux suspects

Interrogée par le service en langue anglaise de la chaîne de télévision Russia Today, la mère des deux suspects a pour sa part affirmé que son fils aîné était surveillé par le FBI depuis au moins trois ans et que la police fédérale américaine était parfaitement au courant de ses activités. «Il était contrôlé par le FBI depuis quelque chose comme trois à cinq ans», a dit Zoubeidat Tsarnaeva, employant en anglais le faux-ami du mot russe signifiant «surveiller». «Ils savaient ce que mon fils était en train de faire, ils savaient quels sites il consultait sur internet» a-t-elle ajouté.

D’après Russia Today, qui l’a interrogée au téléphone, Zoubeidat Tsarnaeva se trouvait à Makhachkala, la ville du Daguestan où elle réside. Comme Anzor, leur père interrogé vendredi par les médias, Zoubeidat Tsarnaeva pense que ses enfants ont été manipulés. «C’est vraiment, vraiment difficile à entendre. Et en tant que mère, tout ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment convaincue, je suis sûre à 100% qu’il s’agit d’un coup monté» a-t-elle dit. On ignore donc d’où provenait l’avertissement mentionné par le FBI mais Tamerlan Tsarnaev aurait effectué un voyage en Russie l’année dernière.

«Très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI»

Les deux suspects, originaires de Tchétchénie, sont nés au Kirghizistan et vivaient depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, où rien ne pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’extrémistes. Le cadet a la nationalité américaine Rien n’indiquait jusqu’ici que les frères Tsarnaev étaient connus des services de police.

«C’est une information nouvelle pour moi et c’est très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI» a réagi Michael McCaul, député républicain du Texas et président de la commission Sécurité de la Chambre des représentants. Les services de sécurité américains avaient auparavant indiqué ne disposer d’aucune information permettant d’établir un lien entre les frères Tsarnaev et un mouvement islamiste tel qu’Al Qaïda.

Voir également:

Procureurs assassinés au Texas : un ex-juge et sa femme incriminés

France info

18 Avril 2013

Deux procureurs ont été tués dans l’Etat du Texas, en janvier puis fin mars dernier. Après avoir soupçonné un groupe de défense de la suprémacie de la race blanche, l’enquête a connu un rebondissement ces derniers jours. Un ancien juge de paix et sa femme ont été mis en accusation.

L’affaire avait suscité beaucoup d’émoi au Texas le mois dernier. Non seulement le procureur du comté de Kaufman, près de Dallas et sa femme avaient été retrouvés morts chez eux. Mais en plus, il ne s’agissait pas du premier crime. Un autre procureur travaillant dans le même bureau avait été assassiné deux mois plus tôt.

De quoi envisager aussitôt un lien entre les deux affaires. Les enquêteurs avaient même poussé le raisonnement jusqu’à relier ces deux meurtres, à un troisième, celui du directeur d’une prison dans le Colorado le 19 mars. Dans leur ligne de mire : un groupe de "suprémacistes", la Fraternité aryenne.

De la fausse piste aux arrestations

Mais la piste s’est avérée fausse. Car les recherches ont éloigné les enquêteurs de cette piste d’extrême droite, pour les conduire à un email anonyme annonçant d’autres attaques, et à un ancien juge de paix, renvoyé pour avoir été confondu dans une affaire de vol. Tout est alors allé très vite.

L’ancien magistrat a été arrêté samedi, et accusé de "menace à caractère terroriste", pour avoir rédigé cet email. Quand à sa femme, elle a "avoué son implication dans la planification et la mise à exécution des meurtres par balle", indique son mandat d’arrestation. Mise en accusation mercredi, elle a néanmoins affirmé que c’est son mari qui avait appuyé sur la gâchette.

Voir encore:

Deux procureurs assassinés au Texas, les "suprémacistes" suspectés

France info

1 Avril 2013

Un procureur a été retrouvé mort samedi dans le comté de Kaufman, près de Dallas au Texas. Deux mois après le meurtre de son adjoint et deux semaines après celui d’un directeur de prison. Coïncidences ? Les autorités locales en doutent et soupçonnent un groupe de défenseurs de la race blanche.

Le FBI, les Texas Rangers et d’autres services judiciaires participent à l’enquête sur le meurtre du procureur et sa femme © Reuters – Shannon Stapleton

Il y a deux mois, le procureur de Kaufman Mike McLelland, ancien GI’s de l’opération Tempête du désert en Irak jouait les fier-à-bras, promettant une traque sans fin à la "racaille" qui venait d’assassiner son adjoint, Franck Hasse. Il ne quittait jamais son arme, "même pour promener son chien", disait-il, se décrivant comme "un soldat". Pourtant, il a été retrouvé mort samedi, chez lui, à quelques kilomètres de Dallas, avec son épouse, le corps criblé de balles. Selon les témoignages, le couple aurait été abattu par un ou deux hommes, visages masqués.

"Une attaque ciblée", affirme la police qui refuse de tirer des conclusions trop hâtives, mais estime tout de même que deux meurtres de procureurs à deux mois d’intervalle, dans une ville de 106.000 habitants, c’est un peu trop pour n’être qu’une coïncidence.

Sur les traces de la Fraternité aryenne

Dans le viseur des autorités, la Fraternité aryenne, prônant la défense de la suprématie blanche. Un premier lien avait été établi après le meurtre de Franck Hasse, meurtre perpétré le 19 janvier, jour où le département de la Justice avait annoncé par communiqué l’ouverture d’une enquête par le bureau du procureur de Kaufman contre ce groupe d’extrême droite pour une affaire de racket.

Mais l’affaire ne s’arrêterait pas là. Car le FBI s’est déjà intéressé aux liens entre le meurtre de Franck Hasse et celui du directeur d’une prison du Colorado le 19 mars. Le suspect principal de ce dernier assassinat, mort dans une course-poursuite avec la police deux jours plus tard, faisait précisément partie de la Fraternité aryenne et portait des tatouages de croix gammées.

>>> Si vous avez du mal à suivre, le New York Times a tenté de remonter le temps pour illustrer les possibles connections entre ces différentes affaires.

La branche texane de la Fraternité aryenne est présentée comme un gang responsable de meurtres, d’incendies criminels, d’agressions et autres crimes. Il est décrit comme "enclin à la violence et aux menaces violentes pour maintenir une discipline interne ainsi qu’à des représailles contre les personnes soupçonnées de collaborer avec les forces de l’ordre". La Fraternité aryenne ("Aryan brotherhood") fait partie de la mouvance suprémaciste, qui comme son nom l’indique, revendique la suprématie de la race blanche. Des groupuscules surveillés de près par la SLPC aux États-Unis.

Voir encore:

Hezbollah : les révélations des enquêteurs bulgares

Alexandre Lévy

Le Figaro

07/02/2013

Le Figaro a recueilli des confidences sur le rapport top secret de la Commission nationale de sécurité bulgare qui a conclu à la responsabilité du Hezbollah dans l’attentat de Burgas contre un bus israélien en 2012.

Jacque Filipe Martin, Ralph William Rico et Brian Jameson. Deux jeunes Canadiens et un Australien sur les bords de la mer Noire à l’été 2012. Des touristes en goguette? Non, pour les autorités bulgares, ces trois hommes sont les responsables de l’attentat anti-israélien du 18 juillet 2012 qui a fait six morts et une trentaine de blessés à l’aéroport de Burgas, à l’est du pays.

Le premier y a laissé sa peau, déchiqueté par la charge explosive de plus de 3 kg qu’il transportait dans son sac à dos; ses deux complices sont repartis, via un autre pays européen, vers le Liban dont ils sont tous originaires. Des binationaux, le «cauchemar» des services de sécurité.

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth»

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth», résume un responsable policier au lendemain de la session extraordinaire du Conseil de sécurité, le 5 février, à l’issue duquel Sofia a officiellement mis en cause le Hezbollah dans cet acte sans précédent sur le sol bulgare. «Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes», a affirmé le ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov, après six heures de débats à huis clos pendant lesquels les membres du Conseil ont pris connaissance du rapport préliminaire établi par les services de sécurité bulgares et leurs partenaires occidentaux sur cette affaire – un texte classé «secret-défense».

Grâce aux confidences de certains des membres du Conseil, on peut néanmoins établir les éléments qui ont permis cette mise en cause tant attendue par Washington et Tel-Aviv qui se sont empressés de remettre la pression sur l’Union européenne pour qu’elle reconnaisse le Hezbollah comme «organisation terroriste».

Les terroristes voulaient faire un maximum de victimes

Les transferts d’argent en provenance du Liban tout d’abord. Ils avaient pour destinataire le porteur du passeport australien du trio, que les enquêteurs considèrent comme l’artificier du groupe. Les faux permis de conduire américains retrouvés en Bulgarie étaient tous fabriqués dans le même atelier libanais – un lieu «connu» des services de renseignement occidentaux.

Les enquêteurs bulgares disposeraient également d’une photo sur laquelle figureraient des proches parents de l’un des présumés terroristes aux côtés de membres du Hezbollah. Enfin, les policiers ont également établi avec exactitude le timing des déplacements du trio. Ils sont arrivés par avion en Bulgarie munis de leurs véritables passeports, après avoir transité par trois autres pays européens. Mais leur point de départ était Beyrouth, où, selon, le patron de l’antigang de Sofia, Stanimir Florov, les deux survivants se trouvent aujourd’hui.

Autre conclusion importante: l’explosion sur le parking de l’aéroport de Burgas, présentée comme un attentat suicide au début, est aujourd’hui considérée comme «accidentelle». «Les terroristes voulaient faire exploser la bombe à distance dans le bus en mouvement, faisant ainsi le maximum de victimes tout en effaçant leurs traces. Mais soit le porteur de la bombe a fait une mauvaise manipulation, soit il s’est fait avoir par ses coéquipiers», affirme une source policière.

Ayant reconstitué le parcours des trois hommes en Bulgarie, les enquêteurs sont également persuadés qu’ils n’avaient pas un comportement de fanatiques islamiques mais plutôt de «James Bond en herbe». Et ils n’ont boudé les plaisirs de la vie. «Ils ont fréquenté des hôtels de charme et des restaurants fins, souvent joliment accompagnés», disent-ils.

Ottawa a confirmé que l’un de ses ressortissants est bien impliqué dans cet attentat, précisant qu’il a quitté le sol canadien à l’âge de 12 ans. Les autorités australiennes sont également à la recherche de «Brian», alors que le gouvernement libanais s’est engagé à «coopérer» avec les enquêteurs bulgares. La véritable identité du troisième terroriste, mort dans l’attentat, reste en revanche un mystère. «Force est de constater que les organisateurs de cet attentat ont trouvé un homme que personne ne pleure, ni ne regrette», conclut un policier occidental spécialisé dans la lutte antiterroriste.

Voir enfin:

The Homegrown Terrorist Threat to the US Homeland (ARI)

Lorenzo Vidino

ARI 171/2009

18/12/2009

Theme: Radicalisation into violence affects some small segments of the American Muslim population and recent events show that a threat from homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US.

Summary: The wave of arrests and thwarted plots recently seen in the US has severely undermined the long-held assumption that American Muslims, unlike their European counterparts, are virtually immune to radicalisation. In reality, as argued in this ARI, evidence also existed before the autumn of 2009, highlighting how radicalisation affected some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. After putting forth this argument, this paper analyses the five concurring reasons traditionally used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US: better economic conditions, lack of urban ghettoes, lower presence of recruiting networks, different demographics and a more inclusive sense of citizenship. While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee, as other factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation. Finally, the paper looks at the post-9/11 evolution of the homegrown terrorist threat to the US homeland and examines possible future scenarios.[1]

Analysis: The American authorities and public have been shocked by the tragic events of 5 November 2009, when Army Major Nidal Malik Hasan allegedly opened fire against fellow soldiers inside the Fort Hood military base, killing 13 people and wounding 30 others. The shooting triggered a heated debate over Major Hasan’s motives. Earlier analyses focused on personal and psychological factors, such as his alleged distress towards his forthcoming deployment to Iraq and the abuses he had reportedly suffered from other soldiers. As the days went by, more and more evidence surfaced pointing to Major Hasan’s radical Islamist sympathies. Colleagues and acquaintances described many instances in which the Virginia-born Army psychiatrist had expressed extremely negative feelings towards the US and praised acts of violence against it. Reports also indicated that the FBI had investigated Major Hasan’s e-mail conversations with Anwar al Awlaqi, a US-born Yemeni-based cleric known for his fiery rhetoric and links to two of the 9/11 hijackers.

Authorities have so far been reluctant to officially label the Fort Hood shooting an act of terrorism and, at the time of writing, various investigations are exploring all angles of this tragic event. While it might be premature, if ever possible, to identify the full spectrum of motives behind Major Hasan’s actions, it is fair to say that radical Islamist ideology had an influence on his worldview. In any case, the Fort Hood shooting comes at the tail end of two months that have challenged many of the assumptions on terrorism and radicalisation in the US that have shaped the debate for more than a decade. Since September 2009, in fact, a staggering series of arrests has taken place on US soil:

On 20 September, FBI agents arrested two Afghan immigrants in Colorado and one in New York.[2] According to the authorities, one of the men, Najibullah Zazi, had trained in an al-Qaeda training camp in Pakistan and, once back in the US, had purchased large quantities of chemical substances in various beauty supply stores. Zazi allegedly intended to mix the substances and detonate them against targets throughout the New York metropolitan area. The authorities described Zazi’s plot as the most serious threat against the US homeland uncovered since 9/11.[3]

On 24 September, a 19-year-old Jordanian immigrant was arrested for having parked what he believed to be a car bomb in the car park of a 60-story skyscraper in downtown Dallas, Texas.4 Before driving the car to the site, Hosam Hamer Husein Smadi had made a video which he believed would have been sent to Osama bin Laden.[5]

On the same day but in an unrelated plot, Michael C. Finton, a 29-year-old American-born convert to Islam, parked a car that he also believed laden with explosives outside a federal courthouse in Springfield, Illinois.[6] In both the Finton and the Smadi cases, federal agents had approached the two men after unearthing information about their desire to commit acts of violence, led them to believe they were affiliated to al-Qaeda and supplied them with explosives that the men wrongly believed to be active.

On 21 October, the authorities indicted two Boston-area natives, Tarek Mehanna and Ahmad Abousamra, with various conspiracy charges.[7] According to the indictment, the men, who had been extremely active in online jihadist forums, had been trying to join various al-Qaeda affiliates since 2001 and had also planned attacks inside the US (reportedly targeting a local shopping mall and various US government officials).

On 27 October, the authorities arrested two long-time Chicago residents of Pakistani descent and charged them with conspiracy to provide material support and/or to commit terrorist acts against overseas targets.[8] According to the charges the two men had been in close contact with senior leaders of Pakistani jihadist groups Lashkar e Taiba and Harakat ul Jihad Islami and one of them, Daood Gilani, had travelled to Denmark to conduct surveillance of the facilities of the Danish newspaper Jyllands Posten for a possible attack against it. On 7 December the authorities charged Gilani also with conducting surveillance of various targets in Mumbai in the two years preceding the deadly November 2008 attack on the Indian city. According to the indictment, upon accepting the task Gilani changed his name to David Headley and travelled at least five times to Mumbai, confident that his new name and American passport would not attract the attention of the Indian authorities. After each trip he travelled to Pakistan, where he shared the pictures, videotapes and notes he had taken with senior Lashkar e Taiba operatives.[9]

On 28 October, the federal authorities in Detroit proceeded to arrest 11 members of Ummah, a group of mostly African-American converts to Islam, on charges that ranged from mail fraud to illegal possession and sale of firearms. Most suspects were arrested without opposing resistance, but Luqman Ameen Abdullah (alias Christopher Thomas), the group’s leader, fired at agents and was subsequently killed. While the case cannot be considered a full-fledged terrorism investigation, it nevertheless involves a US-based radical Islamist network. Ummah, in fact, is a group that, according to authorities, ‘seeks to establish a separate Sharia-law governed state within the United States’ and whose members have been involved in violent acts in the past.[10]

Finally, in early December, the Pakistani authorities arrested five American Muslims in the city of Sargodha. The five, all US citizens in their late teens and early 20s who had gone missing from their northern Virginia homes a few days earlier, had reportedly been in touch via the Internet with senior militants of various al-Qaeda-affiliated organisations and allegedly intended to train with local outfits to fight against US forces.[11]

All these plots are very diverse in their origin, degree of sophistication and characteristics of the individuals involved. Yet they all contribute to paint the picture of the complex and rapidly changing reality of terrorism of Islamist inspiration in the US. Moreover, they smash or, at least, severely undermine an assumption that has been widely held by policymakers and analysts over the last 15 years. The common wisdom, in fact, has traditionally been that American Muslims, unlike their European counterparts, were virtually immune to radicalisation. Europeans, argued this narrative, have been unable to integrate their immigrant Muslim population and radicalisation is the inevitable by-product of the discrimination and socio-economic disparity suffered by European Muslims. America, on the other hand, is more open to its immigrants and has been able to integrate its Muslims, making them impervious to radicalisation.

The wave of arrests of the last months of 2009 has contributed to shedding light on a reality that is significantly more nuanced, showing that radicalisation affects some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. Evidence supporting this view has been available for a long time, as the cases of American Muslims joining radical Islamist groups date back to the 1970s.[12] According to data collected by the NYU Center on Law and Security, for example, more than 500 individuals have been convicted by the American authorities for terrorism-related charges since 9/11.[13] Most of them are US citizens or long-time US residents who underwent radicalisation inside the US. While making a numerically accurate comparison is not easy, it is fair to say that the number of American Muslims involved in violent activities is either equal or only slightly lower than that of any European country with a comparable Muslim population.

Yet, despite this evidence, for a long time the American authorities and commentators seemed unable to acknowledge the existence of radicalisation among small segments of the American Muslim population. In the FBI’s parlance, for example, until 2005, the term ‘homegrown terrorism’ was still reserved for domestic organisations such as anti-government militias, white supremacists and eco-terrorist groups such as the Earth Liberation Front. Such groups were termed ‘homegrown’ to distinguish them from jihadist terrorist networks, even though some of the latter possessed some of the very same characteristics (membership born and raised in the US and a focus on US targets). Since the cause of the jihadists was perceived to be foreign, the US government did not label them as ‘homegrown’, despite the typically homegrown characteristics of many of them.

The July 2005 attacks in London led the US authorities to look at the homegrown issue with renewed attention. As an increasing number of cells that clearly possessed homegrown characteristics were uncovered throughout the country, the authorities began to re-assess the definition of homegrown. By 2006 top FBI and DHS officials began to openly speak of homegrown terrorism of jihadist inspiration inside the US, even describing it as a threat ‘as dangerous as groups like al-Qaeda, if not more so’.[14] As a consequence of this reassessment, the US authorities began to ask themselves if the emergence of relatively large numbers of radicalised second-generation Muslims that had been observed in Europe could also take place in the US. This fear led to an increased attention on the dynamics and causes of radicalisation among Muslims in both Europe and North America.

Comparing Radicalisation in Europe and America

Five concurring reasons have traditionally been used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US. The first one is related to the significantly better economic conditions of American Muslims. While European Muslims generally languish at the bottom of most rankings that measure economic integration, American Muslims fare significantly better, and the average American Muslim household’s income is equal to, if not higher, than the average American’s.[15] As the many cases of militants who came from privileged backgrounds have proved, economic integration is not always an antidote to radicalisation, but it is undeniable that radical ideas find a fertile environment among unemployed and disenfranchised youth. A direct consequence of economic integration is the lack of Muslim ghettoes in the US. Areas of large European cities with a high concentration of poor Muslim immigrants have been ideological sanctuaries where radicals could freely spread their message and where radical Islam has become a sort of counterculture. The American Muslim community’s economic conditions have prevented the formation of such enclaves in the US.

Geographic dispersion, immigration patterns and tougher immigration policies have also prevented the formation of extensive recruiting and propaganda networks as those that have sprung up in Europe. While places such as Brooklyn’s al-Farooq mosque or Tucson’s Islamic Center saw extensive jihadist activities in the 1990s, they pale in comparison to recruiting headquarters such as London’s Finsbury Park, Hamburg’s al-Quds mosque or Milan’s Islamic Cultural Institute. Moreover, the fact that large segments of the American Muslim population belong to ethnicities that have traditionally espoused moderate interpretations of Islam has been cited as another reason for America’s lower levels of radicalism. In fact, Muslims from the Iranian and Indian American communities, which account for vast segments of America’s Muslim population, have traditionally embraced moderate forms of Islam and have been, to varying degrees, almost impervious to radicalisation.

Finally, commentators have often pointed out that America is a country built on immigration, traditionally accepting immigrants of all races and religions as citizens. European countries, on the other hand, have been unable to develop a sense of citizenship not linked to century-long identifying factors such as ethnicity and religious affiliation. In a nutshell, it is easy to become American, while it is very difficult for immigrants, particularly if they are not white and Christian, to be accepted as full-fledged Germans, Frenchmen or Spaniards. This sense of exclusion is traditionally cited as one of the factors driving some European Muslims to radicalisation, while the more inclusive nature of American society would prevent American Muslims from undergoing the same process.

While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee. Factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation, irrespective of favourable economic conditions. Experts and community leaders have repeatedly warned about the growing alienation of American Muslims, particularly among those of the second generation. These frustrations could produce what Steven Simon refers to as ‘a rejectionist generation’, which could embrace radical interpretations of Islam.[16] The same conclusion has been reached by a widely publicised report released by the New York Police Department Intelligence Division in 2007. ‘Despite the economic opportunities in the United States’, reads the report, ‘the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts’.[17]

Future Scenarios

The terrorist threat to the US homeland has evolved significantly over the last eight years. Until mid-2003 virtually all of the terrorist conspiracies intended to strike against American soil had been planned, albeit with varying degrees of involvement, by Khalid Sheikh Mohammed (KSM) and al-Qaeda’s central leadership. The arrest of KSM and many of his top lieutenants, al-Qaeda’s loss of the Afghan sanctuary and the significant improvement in homeland security measures triggered a shift that began to materialise in late 2003. With the exception of the 2006 Transatlantic Plot, a plot hatched by UK-based militants apparently directed by al-Qaeda members in Pakistan to detonate liquid explosives on board several US-bound flights, every single attack against the American homeland thwarted by US authorities since then appears to have been conceived by individuals acting independently from al-Qaeda’s leadership.[19]

The individuals involved in these plots have been an odd mix of low-ranking al-Qaeda affiliates and jihad enthusiasts who had never had any contact with al-Qaeda or other established organisations. And most of them have been characterised by the absolute operational independence of the planners. The result of this shift from leader-led to homegrown has been a remarkable decrease in the sophistication of the operations planned, as most of the plotters were amateurish if not embarrassingly clumsy, lacking the basic tradecraft and capabilities to operate undetected or mount any sort of sophisticated attack.

While this was true until a few months ago, there are indications that things are changing. Recent investigations have shown that a small yet increasing number of American Muslims have been travelling to Pakistan to acquire operational skills and establish contacts with various jihadist outfits. One well known case is that of Bryant Neal Vinas, a 26 year-old Long Island native who was captured in Pakistan and brought back to the US in November 2008.[20] Vinas, who had allegedly participated in a rocket attack against a US military base in Afghanistan, decided to cooperate with American interrogators and has since provided ‘an intelligence gold mine’.[21] Thanks to Vinas’ information the authorities have been able to identify and arrest several American and European militants who had also trained with al-Qaeda and affiliated groups in the Afghanistan/Pakistan region.

While this ‘Pakistan connection’ is not new to the European authorities, it is a disturbing new development for their American counterparts. To be sure, Americans had trained with various Afghanistan/Pakistan-based jihadist outfits before and after 9/11. In 2003, for example, the US authorities dismantled the so-called ‘paintball jihad’ network in northern Virginia.[22] The network was formed by a dozen young men from the Washington suburbs who had travelled to Pakistan immediately after 9/11, where they trained with Lashkar-e-Taiba. But what seemed to be isolated cases are increasingly becoming the norm. Moreover, in the case of Vinas and at least two of the cases from the fall of 2009 (the Najibullah Zazi/New York plot and the Chicago/Denmark plot) authorities have noticed with apprehension that American militants returning from Pakistan were significantly better trained and organised than the homegrown jihadists who had been operating in the US over the last few years. The ‘Pakistan connection’, that operational link to organised outfits in the Afghanistan/Pakistan area that makes amateurish homegrown networks graduate into more professional terrorist clusters, has been crucial in the development of jihadist networks in Europe over the last five years and it now appears to have become a significant factor also in the US.

Given these dynamics, one of the scenarios that the US authorities take into particular consideration is the case of a homegrown cluster that, thanks to the directions and skills obtained from al-Qaeda or various al-Qaeda-affiliated networks in Afghanistan/Pakistan, manages to reach sufficient operational sophistication to carry out a significant attack against the American homeland.[23] And if traditionally authorities estimated that al-Qaeda’s leadership intended to strike inside the US only with a mass-casualty attack that would at least rival the actions of 9/11, lately this assessment has been revised.[24] Recent cases have shown that not only independent clusters but also American networks operating in cooperation with Afghanistan/Pakistan-based groups are focusing on less grandiose plans, considering that even a less ambitious attack –on the scale of the 2004 Madrid or 2005 London bombings– would be a success.

If Afghanistan/Pakistan is a major source of concerns, the authorities have also been monitoring the possible impact of the Somali conflict on American domestic security. Over the last few years, in fact, a few dozen young American Muslims have travelled to Somalia to fight and train alongside al-Shabaab, the local Islamist militia battling the Somali government and African Union troops. Most of them have been ethnic Somalis, sons of the large Somali diaspora community present in Minneapolis, Seattle and other American cities. One of them, 27-year-old Minneapolis college student Shirwa Ahmed, reportedly blew himself up in a suicide bombing in northern Somalia in October 2008.[25] Another four Minneapolis residents have been reported killed in the African country since then. A few non-ethnic Somali Americans have also reportedly joined al-Shabaab. While the New Jersey native of Egyptian descent Amir Mohamed Meshal and Massachusetts-born convert Daniel Maldonado have been arrested after leaving Somalia, Alabama native Omar Hammami is still very much active inside the country, starring in several English language al-Shabaab propaganda videos under the nom de guerre Abu Mansour al Amriki.

While there are no indications that al-Shabaab is planning an attack within the US, its increased focus on global issues and public support for al-Qaeda make the hypothesis not that far-fetched. Moreover, while many of the foreign fighters joining al-Shabaab, whether from the US, Europe or other regions, are Somalis driven by some sort of nationalist sentiment, others are aspiring jihadists whose interest in the African country is mostly tactical and temporary. It is safe to assume that many of them, given the opportunity, would use the skills acquired in Somalia against other targets. Questioned by American interrogators after his arrest, in fact, Daniel Maldonado described his experience in the African country with these words: ‘I would be fighting the Somali militia, and that turned into fighting the Ethiopians, and if Americans came, I would fight them too’.[26] The fact that Maldonado was in close contact with the individuals arrested in Boston in October 2009 provides additional evidence as to why the ‘Somalia connection’ is considered a serious threat.

Conclusion: Since 9/11 the American counterterrorism posture has been extraordinarily aggressive, both domestically and globally. Extensive overseas military and intelligence gathering actions, the introduction of enhanced investigative powers, a significantly improved inter-agency coordination and, in general, a constant high level of vigilance have allowed the authorities to keep the country safe from terrorist attacks. While some civil libertarians might have a point in questioning some of the tools used to do so, the achievement is nevertheless remarkable. At the same time, though, the US seems to be lacking a long-term strategy to confront the threat of radicalisation on the domestic front. The authorities have in fact been unable to conceive a policy that would pre-emptively tackle the issue of radicalisation, preventing young American Muslims from embracing extremist ideas in the first place.

Various intelligence and law enforcement agencies have reached out to the academic community to better understand the social, political and psychological causes of radicalisation. But the limited understanding of the issue, coupled with the overlap of jurisdiction between often competing federal, state and local authorities, has prevented the implementation of a systematic, nationwide programme to combat radicalisation. Solutions are, to be sure, hard to find. Europeans, who experienced the problem of radicalisation of segments of their own Muslim communities well before the US, are still struggling with the same issue and are only now attempting to put in place coherent anti-radicalisation programmes, the success of which must still be verified. Equally challenging have been the efforts, on both sides of the Atlantic, to find reliable and representative organisations within various Muslim communities to be employed as partners in anti-radicalisation activities. Clearly, more attention and analysis should be devoted to the issue. But the awareness that homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US is a necessary starting point. The events of the fall of 2009 provided, if needed, additional evidence to suggest so.

Lorenzo Vidino

Fellow at the Initiative on Religion in International Affairs, Belfer Center for Science and International Affairs, Kennedy School of Government, Harvard University and a Peace Scholar at the US Institute of Peace

[1] It goes without saying that various forms of homegrown terrorism have long threatened the US, some of them well before those of jihadist inspiration. Right-wing militias, radical environmentalist groups and, to a lesser degree, some fringe left-wing and anarchist groups are very much active inside the country and have occasionally carried out violent acts over the last few years. Yet it is undeniable that, in terms of magnitude, frequency and sophistication, homegrown terrorism of jihadist inspiration currently represents the most immediate threat against the US and is therefore the subject of this analysis.

[2]http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel09/zazi_092009.htm.

[3] Kevin Johnson, ‘Alleged terror threat seen as “most serious” since 9/11 attacks’, USA Today, 25/IX/2009.

[4]http://dallas.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/dl092409.htm.

[5] Jon Nielsen, ‘FBI says Dallas terror plot suspect made video to send to Osama bin Laden’, Dallas Morning News, 5/X/ 2009.

[6] http://www.usdoj.gov/usao/ilc/press/2009/09September/24Finton.html.

[7] http://boston.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/bs102109a.htm.

[8] http://www.justice.gov/usao/iln/pr/chicago/2009/pr1027_01.pdf.

[9] http://www.justice.gov/opa/pr/2009/December/09-nsd-1304.html.

[10] http://detroit.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/de102809.htm.

[11] Waqar Gilani & Jane Perlez, ‘5 US Men Arrested Said to Plan Jihad Training’, New York Times, 11/XII/2009.

[12] For an overview, see Lorenzo Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States: A New and Occasional Phenomenon?’, Studies in Conflict and Terrorism, vol. 32, 1/I/2009, p. 1-17.

[13] http://www.lawandsecurity.org/publications/TTRCHighlightsSept25th.pdf.

[14] Remarks of FBI Director Robert Muller, City Club of Cleveland, 23/VI/2006.

[15] Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream, Pew Research Center, 22/V/2007, p. 24-5.

[16] Steven Simon, Statement before the Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, 12/IX/2006.

[17] Report by Mitchell D. Silber and Arvin Bhatt, New York Police Department Intelligence Division, Radicalization in the West: The Homegrown Threat, August 2007, p. 8.

[18] Bruce Hoffman, ‘The Use of the Internet by Islamic Extremists’, Testimony before the House Permanent Select Committee on Intelligence, 4/V/2006.

[19] Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States’.

[20] US v. Bryant Neal Vinas, Superseding Indictment, US District Court, Eastern District of New York, 08-823 (NGG) (S-1), 28/I/2009.

[21] ‘Man Was “Gold Mine” of Terror Intel’, Associated Press, 31/VII/2009.

[22] Terrorism in the United States, 2002-2005, unclassified report by the Federal Bureau of Investigation,http://www.fbi.gov/publications/terror/terrorism2002_2005.htm.

[23] Interview with various FBI officials, September/October 2009, Boston and Washington DC.

[24] David Johnston & Eric Schmitt, ‘Smaller-Scale Terrorism Plots Pose New and Worrisome Threats, Officials Say’, New York Times, 31/X/2009.

[25] http://minneapolis.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/mp112309.htm.

[26] Affidavit of FBI Special Agent Jeremiah A. George in US v. Daniel Joseph Maldonado, US District Court, Southern District of Texas, H-07-125M, 13/II/2007.


Attentats de Boston: Des Maghrébins infiltrés du Canada ? (French judge surprised that a US far right anti-government movement would suddenly target civilians)

19 avril, 2013
Suspects wanted for questioning in relation to the Boston Marathon bombing April 15 are revealed during an FBI news conference in BostonEspérons que le terroriste du marathon de Boston est un Américain blanc. Salon
White privilege is knowing that even if the Boston Marathon bomber turns out to be white, his or her identity will not result in white folks generally being singled out for suspicion by law enforcement, or the TSA, or the FBI. White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for whites to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening, or threatened with deportation. White privilege is knowing that if the bomber turns out to be white, he or she will be viewed as an exception to an otherwise non-white rule, an aberration, an anomaly, and that he or she will be able to join the ranks of Tim McVeigh and Terry Nichols and Ted Kaczynski and Eric Rudolph and Joe Stack and George Metesky and Byron De La Beckwith and Bobby Frank Cherry and Thomas Blanton and Herman Frank Cash and Robert Chambliss and James von Brunn and Robert Mathews and David Lane and Michael F. Griffin and Paul Hill and John Salvi and James Kopp and Luke Helder and James David Adkisson and Scott Roeder and Shelley Shannon and Dennis Mahon and Wade Michael Page and Byron Williams and Kevin Harpham and William Krar and Judith Bruey and Edward Feltus and Raymond Kirk Dillard and Adam Lynn Cunningham and Bonnell Hughes and Randall Garrett Cole and James Ray McElroy and Michael Gorbey and Daniel Cowart and Paul Schlesselman and Frederick Thomas and Paul Ross Evans and Matt Goldsby and Jimmy Simmons and Kathy Simmons and Kaye Wiggins and Patricia Hughes and Jeremy Dunahoe and David McMenemy and Bobby Joe Rogers and Francis Grady and Demetrius Van Crocker and Floyd Raymond Looker and Derek Mathew Shrout, among the pantheon of white people who engage in (or have plotted) politically motivated violence meant to terrorize and kill, but whose actions result in the assumption of absolutely nothing about white people generally, or white Christians in particular. And white privilege is being able to know nothing about the crimes committed by most of the terrorists listed above — indeed, never to have so much as heard most of their names — let alone to make assumptions about the role that their racial or ethnic identity may have played in their crimes. White privilege is knowing that if the Boston bomber turns out to be white, we will not be asked to denounce him or her, so as to prove our own loyalties to the common national good. It is knowing that the next time a cop sees one of us standing on the sidewalk cheering on runners in a marathon, that cop will say exactly nothing to us as a result. White privilege is knowing that if you are a white student from Nebraska — as opposed to, say, a student from Saudi Arabia — that no one, and I mean no one would think it important to detain and question you in the wake of a bombing such as the one at the Boston Marathon. And white privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Belfast. And if he’s an Italian American Catholic we won’t bomb the Vatican. In short, white privilege is the thing that allows you (if you’re white) — and me — to view tragic events like this as merely horrific, and from the perspective of pure and innocent victims, rather than having to wonder, and to look over one’s shoulder, and to ask even if only in hushed tones, whether those we pass on the street might think that somehow we were involved. Tim Wise
Despite widespread speculation that “white supremacists” were behind the killings of two prosecutors in Texas (and the wife of one of the prosecutors), it turned out that a disgruntled Texas Justice of the Peace was behind the murders. As in the Newtown and Boston Marathon cases, initial media speculation and reporting was almost entirely wrong. National media attention on the case mostly dropped once the “white supremacist” angle was gone. LI
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. "Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté pd’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc. Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un "Américain blanc, sans accent particulier", avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion. Radio France
Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait "étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle". (…) Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.» (…) «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable». Le Figaro

Alors que le FBI publie des photos de deux suspects ayant apparemment déposé les sacs à dos contenant les bombes des attentats du marathon de Boston d’il y a quatre jours …

Et que, certains s’en réjouissant déjà explicitement à l’avance, l’hypothèse, y compris sur les réseaux sociaux, du terrorisme interne d’extrême-droite est jusque là la plus souvent évoquée …

Qui à part le juge antiterroriste Bruguière jugeant sérieuse la piste islamiste éventuellement infiltrée du Canada ….

S’étonne qu’une mouvance jusque là caractérisée par sa focalisation sur l’Etat fédéral et ses représentants s’attaque soudain à des civils d’une manière aveugle?

Et qui prend la peine de rappeler par exemple que contrairement à l’attaque délibérément anti-civils de Boston   ….

Le militant anti-avortement Eric Rudolph et auteur de l’attentat des Jeux d’Atlanta de 1996 avait, en appelant à l’avance la police qui n’avait hélas pas répercuté à temps l’avertissement, tout fait pour éviter les victimes civiles ?

Boston : Bruguière juge la piste islamiste sérieuse

Jean-Marc Leclerc

Le Figaro

18/04/2013

Alors que le FBI aurait identifié sur des photos deux suspects, possibles ressortissants du Maghreb ou du Moyen-Orient, l’ancien vice-président du tribunal de Paris chargé de la coordination antiterroriste en France, Jean-Louis Bruguière, explique pourquoi il faut prendre au sérieux la piste islamiste dans les attentats de Boston. Resté très proche des autorités américaines, l’ex-juge l’assurait au Figaro dès le 16 avril, au lendemain des attaques sur le sol américain: «Ce n’est pas parce qu’al-Qaida au Pakistan prétend ne pas être l’auteur d’une agression que celle-ci n’a rien à voir avec le djihad». Lui a évoqué d’emblée l’hypothèse d’un acte d’al-Qaida en Afrique, type Aqmi (al-Qaida pour le Maghreb islamique ). Un acte peut-être en lien avec les soubresauts au Mali et plus généralement dans la région subsaharienne, «où le djihad s’internationalise», rappelle-t-il.

Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait «étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle».

Nitrate de fioul ou poudre noir

L’explosion filmée et largement diffusée par les médias a fait dire à cet observateur avisé, qui a visionné des dizaines de films d’attentats et assisté à de nombreuses reconstitutions techniques, que «l’explosif employé à Boston n’était pas un explosif brisant, de type semtex ou penthrite».

Selon lui, «les images font plutôt penser à une explosion de nitrate de fioul ou de poudre noire, très usités par les islamistes radicaux». Le morceau, retrouvé sur place, de la cocotte-minute contenant l’explosif accrédite, il est vrai, une telle hypothèse. Par ailleurs, «le mélange avec des billes d’acier et de clous, pour faire un maximum de victimes, ainsi que les explosions coordonnées, sont typiques de la signature des commandos type Aqmi ou Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)». Il cite comme exemple les attentats de Madrid en 2004.

À quelle logique répondrait une telle agression? «Le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), issu d’une scission d’Aqmi en 2011, a annoncé récemment qu’il comptait internationaliser son combat et il s’appuie sur les islamistes libyens, spécule le juge Bruguière. Par ailleurs, dans la région, le groupuscule islamiste du Nigeria Boko Haram, responsable notamment de l’enlèvement d’une famille française au Cameroun, a revendiqué son allégeance à al-Qaida.»

Le précédent Hamed Ressam

Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.»

Jean-Louis Bruguière rappelle que «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable».

Et l’ex-juge de conclure: «Si c’est bien cette piste africaine qui émerge, ce serait un bouleversement géopolitique majeur, car ces actions placeraient l’Afrique au centre des préoccupations de la population américaine. Et les États-Unis restent rarement sans réagir…» Les enquêteurs du FBI disent ne vouloir pour l’heure privilégier aucune thèse.

Voir aussi:

Attentat de Boston: Le FBI lance un appel à témoin pour identifier deux suspects

Philippe Berry

20 minutes

19/04/2013

ETATS-UNIS – Des photos et une vidéo ont été publiées. Selon les autorités, le suspect numéro 2 est vu en train de déposer un sac à dos près de la ligne d’arrivée…

De notre correspondant aux Etats-Unis

Ce sont les deux hommes les plus recherchés des Etats-Unis. Jeudi, trois jours après le double attentat de Boston, le FBI a dévoilé des photos et une vidéo de deux «suspects». Les autorités demandent l’aide du public pour identifier les deux hommes, décrits comme «extrêmement dangereux».

La vidéo, filmée par plusieurs caméras de surveillance

Deux hommes relativement jeunes

La mauvaise qualité des images ne permet pas de déterminer avec exactitude leur âge ou leur race. Ils marchent sans se presser. L’un porte une casquette de golf sombre et des lunettes de soleil (suspect #1). L’autre a une casquette blanche portée à l’envers, qui laisse davantage voir son visage (suspect #2). Ils ont tous les deux un sac à dos.

Pourquoi sont-ils considérés comme suspects?

Le FBI aurait pu les qualifier de «personnes d’intérêt» mais le terme «suspect» est plus fort.Sur une autre vidéo non dévoilée, le suspect #2 est vu en train de déposer son sac à dos au niveau du site de la seconde explosion, quelques minutes avant la détonation, selon le FBI. Le sac à dos du premier ressemble aux restes de celui retrouvé au niveau de la ligne d’arrivée. Les deux hommes marchent ensemble, à quelques mètres de distance.

Les internautes au travail

Sur Reddit, un fil de discussion a rassemblé plus de 2.000 commentaires en moins d’une heure. Le modèle des casquettes a vite été identifié (Bridgestone et Ralph Lauren). Un internaute appelle tous ceux présents sur la ligne d’arrivée, lundi, à se replonger dans leurs photos pour essayer d’en dénicher une de meilleure définitions que celles des caméras de vidéosurveillance. Un autre demande aux redditeurs de ne publier ni noms ni adresses, pour éviter les erreurs et un lynchage accidentel. «Innocent until proven guilty», rappelle un dernier, alors que le New York Post a publié, la veille, une photo de deux prétendus «suspects». Ils ont depuis été innocentés par les autorités.

L’analyste de Tom Fuentes, ex-directeur adjoint du FBI

«Ce qui frappe, c’est le confort, la nonchalance, avec laquelle ils marchent, surtout pour des hommes, si ce sont les coupables, qui portent une bombe dans leur sac à dos. C’est le signe d’une confiance et d’une expérience avec les explosifs qu’on peut trouver chez des ex-soldats ou des militants terroristes», analyse Fuentes, interrogé sur CNN, jeudi soir.

Combien de temps avant une identification?

Une source au FBI dit à Reuters que les autorités espèrent les identifier «en quelques heures». Selon CBS, le FBI dispose déjà de plusieurs pistes.

Voir de même:

Attentats à Boston : les internautes mènent leur propre enquête

Blandine Le Cain

8/04/2013

Une chasse à l’homme a été lancée sur les réseaux sociaux pour identifier des suspects potentiels, après l’appel du FBI à fournir toutes les photos et vidéos disponibles.

Les forces de police américaines redoublent d’effort pour mettre la main sur le ou les responsables des explosions du marathon de Boston. Les spectateurs présents ont été invités par le FBI à fournir tous les éléments – photos, vidéos, témoignages – qui pourraient les y aider. Un appel massivement suivi, qui a engendré une enquête parallèle et communautaire sur les réseaux sociaux.

Une page Findbostonbombers (Trouver les terroristes de Boston) a été lancée sur le site Reddit, réseau social de partage de liens qui sont soumis au vote des internautes. En 24 heures d’existence, elle affiche plus de 200 discussions. Le principe? Les internautes postent photos et vidéos du marathon, puis observent, zooment, recoupent et partagent leur moindre soupçon, cercles colorés et flèches à l’appui, pour débusquer le moindre suspect.

Une marque de sac, un vêtement, un simple «air suspect» ou «inquiétant», et les théories s’échaffaudent au fil des centaines de commentaires: «L’homme au manteau noir et au sweat gris (à gauche). Sa réaction est bizarre (…) Il ne se retourne pas vers le son de l’explosion (comme les autres), il continue d’avancer…», pointe un internaute. Ou encore: «Comment le sac de cette femme s’est retrouvé de l’autre côté de la barrière? Peut-il contenir la bombe?» Apparaissent alors «suspect potentiel», hyptohèse «plausible», «théorie»… La traque numérique s’organise: des albums photos ont été créés, ainsi qu’un document Google, que chacun peut alimenter. Il récapitule les indices: explosifs utilisés, caractéristiques de la Cocotte-Minute, listings des possibles suspects.

Des risques de dérive

Les concordances repérées par des internautes peuvent orienter les enquêteurs du FBI, auprès de qui certains contributeurs disent avoir témoigné. Les enquêteurs ont d’ailleurs reconnu avoir eu écho d’une photo montrant une silhouette sur un toit, postée sur Twitter, et qui avait agité de nombreux membres, même s’ils refusent de commenter toute photo émanant du grand public. Le site Reddit permet par ailleurs de valoriser les indices bien argumentés. Mais les risques de dérive existent.

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Des médias ont ainsi relaté l’histoire du «Blue Robe Guy», «l’homme en robe de chambre bleue», surnommé ainsi à cause de la veste bleue qu’il porte. Son sac à dos ressemble à celui retrouvé par les enquêteurs, il a été aperçu près du lieu des explosions. Certains ajoutent qu’il «correspond au profil du type de personnes ayant fait cela». Des éléments faibles, mais qui ont poussé des internautes à poster des photos de lui sur Facebook afin de l’identifier, sans précaution.

À mesure que cette enquête communautaire prend de l’ampleur, les critiques émergent. Y compris parmi les contributeurs: «Nous n’avons pas plus de dix sources», tempère un internaute, pour qui ce travail de recherche ne se fait pas «parce qu’on a une chance de trouver le terroriste», mais parce que «c’est rassurant». «Il y a plus de chance de “trouver le terroriste” en faisant ça qu’en ne le faisant pas», lui rétorque un autre utilisateur. Des phénomènes similaires avaient été observés lors de la tuerie de Newtown. Résultat: une mauvaise information sur le nom – Ryan Lanza au lieu d’Adam Lanza – avait mis à l’index toute une série d’innocents.

Voir également:

Explosions au marathon de Boston: le souvenir des attentats d’Atlanta 96

Yannick Cochennec

Slate

15/04/2013

On a encore que très peu de détails sur les explosions qui ont eu lieu ce 15 avril 2013 à la fin du marathon de Boston. Néanmoins, ce n’est pas la première fois qu’un événement sportif est endeuillé aux Etats-Unis. Au premier rang, bien sûr, les Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

A la veille des JO, les autorités américaines avaient affiché leur sérénité dans le sillage de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City, survenu le 19 avril 1995 et qui avait fait 168 morts et des centaines de blessés, carnage réalisé sous l’autorité de Timothy McVeigh. «Je pense pouvoir affirmer que nos plans de sécurité ont été conçus dès le début avec le potentiel d’une telle tragédie à l’esprit», avait déclaré A.D. Frazier, l’officier responsable de la sécurité au comité d’organisation des Jeux d’Atlanta.

L’explosion d’un Boeing de la TWA reliant New York à Paris à quelques heures du début des Jeux olympiques avait toutefois entraîné une vigilance encore plus accrue. Mais en dépit de la mise en place d’un dispositif très onéreux et contraignant, une bombe avait explosé en pleins Jeux, au parc du Centenaire, le 27 juillet à 1h09 du matin. Bilan: 2 morts et quelque 150 blessés.

L’affaire tourna d’abord à la confusion lorsqu’un procès médiatique fut intenté à Richard Jewells après l’attentat. Cet agent de sécurité avait trouvé un paquet suspect avant que les bombes n’explosent. Désigné «suspect numéro un» par le FBI, il était devenu la cible des médias américains qui avaient vite fait le raccourci entre suspect et coupable.

Le vrai coupable, Eric Rudolph, un militant anti-avortement, fut arrêté seulement le 31 mai 2003 après des années de traque. Lors de sa comparution, il lut cette déclaration au sujet de ses motivations au-delà d’autres crimes commis dans le sud des Etats-Unis contre des cliniques pratiquant l’avortement:

«A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies.»

Eric Rudoph fut condamné à la prison à vie en 2005.

Wednesday, Apr 17, 2013 01:24 AM CEST

Voir aussi:

Let’s hope the Boston Marathon bomber is a white American

There is a double standard: White terrorists are dealt with as lone wolves, Islamists are existential threats

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Let's hope the Boston Marathon bomber is a white AmericanTimothy McVeigh, Osama Bin Laden(Credit: AP/David Longstreath)
Updated: Sirota responds to critics of this piece over here.

As we now move into the official Political Aftermath period of the Boston bombing — the period that will determine the long-term legislative fallout of the atrocity — the dynamics of privilege will undoubtedly influence the nation’s collective reaction to the attacks. That’s because privilege tends to determine: 1) which groups are — and are not — collectively denigrated or targeted for the unlawful actions of individuals; and 2) how big and politically game-changing the overall reaction ends up being.

This has been most obvious in the context of recent mass shootings. In those awful episodes, a religious or ethnic minority group lacking such privilege would likely be collectively slandered and/or targeted with surveillance or profiling (or worse) if some of its individuals comprised most of the mass shooters. However, white male privilege means white men are not collectively denigrated/targeted for those shootings — even though most come at the hands of white dudes.

Likewise, in the context of terrorist attacks, such privilege means white non-Islamic terrorists are typically portrayed not as representative of whole groups or ideologies, but as “lone wolf” threats to be dealt with as isolated law enforcement matters. Meanwhile, non-white or developing-world terrorism suspects are often reflexively portrayed as representative of larger conspiracies, ideologies and religions that must be dealt with as systemic threats — the kind potentially requiring everything from law enforcement action to military operations to civil liberties legislation to foreign policy shifts.

“White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for your group to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening or threatened with deportation,” writes author Tim Wise. “White privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Dublin. And if he’s an Italian-American Catholic we won’t bomb the Vatican.”

Because of these undeniable and pervasive double standards, the specific identity of the Boston Marathon bomber (or bombers) is not some minor detail — it will almost certainly dictate what kind of governmental, political and societal response we see in the coming weeks. That means regardless of your particular party affiliation, if you care about everything from stopping war to reducing the defense budget to protecting civil liberties to passing immigration reform, you should hope the bomber was a white domestic terrorist. Why? Because only in that case will privilege work to prevent the Boston attack from potentially undermining progress on those other issues.

To know that’s true is to simply consider how America reacts to different kinds of terrorism.

Though FBI data show fewer terrorist plots involving Muslims than terrorist plots involving non-Muslims, America has mobilized a full-on war effort exclusively against the prospect of Islamic terrorism. Indeed, the moniker “War on Terrorism” has come to specifically mean “War on Islamic Terrorism,” involving everything from new laws like the Patriot Act, to a new torture regime, to new federal agencies like the Transportation Security Administration and Department of Homeland Security, to wars in Iraq and Afghanistan to mass surveillance of Muslim communities.

By contrast, even though America has seen a consistent barrage of attacks from domestic non-Islamic terrorists, the privilege and double standards baked into our national security ideologies means those attacks have resulted in no systemic action of the scope marshaled against foreign terrorists. In fact, it has been quite the opposite — according to Darryl Johnson, the senior domestic terrorism analyst at the Department of Homeland Security, the conservative movement backlash to merely reporting the rising threat of such domestic terrorism resulted in DHS seriously curtailing its initiatives against that particular threat. (Irony alert: When it comes specifically to fighting white non-Muslim domestic terrorists, the right seems to now support the very doctrine it criticized Democratic presidential candidate John Kerry for articulating — the doctrine that sees fighting terrorism as primarily “an intelligence-gathering, law-enforcement, public-diplomacy effort” and not something more systemic.)

Enter the Boston bombing. Coming at the very moment the U.S. government is planning to withdraw from Afghanistan, considering cuts to the Pentagon budget, discussing civil liberties principles and debating landmark immigration legislation, the attack could easily become the fulcrum of all of those contentious policy debates — that is, depending on the demographic profile of the assailant.

If recent history is any guide, if the bomber ends up being a white anti-government extremist, white privilege will likely mean the attack is portrayed as just an isolated incident — one that has no bearing on any larger policy debates. Put another way, white privilege will work to not only insulate whites from collective blame, but also to insulate the political debate from any fallout from the attack.

It will probably be much different if the bomber ends up being a Muslim and/or a foreigner from the developing world. As we know from our own history, when those kind of individuals break laws in such a high-profile way, America often cites them as both proof that entire demographic groups must be targeted, and that therefore a more systemic response is warranted. At that point, it’s easy to imagine conservatives citing Boston as a reason to block immigration reform defense spending cuts and the Afghan War withdrawal and to further expand surveillance and other encroachments on civil liberties.

If that sounds hard to believe, just look at yesterday’s comments by right-wing radio host Laura Ingraham, whose talking points often become Republican Party doctrine. Though authorities haven’t even identified a suspect in the Boston attack, she (like other conservatives) seems to already assume the assailant is foreign, and is consequently citing the attack as rationale to slam the immigration reform bill.

The same Laura Ingraham, of course, was one of the leading voices criticizing the Department of Homeland Security for daring to even report on right-wing domestic terrorism. In that sense, she perfectly embodies the double standard that, more than anything, will determine the long-term political impact of the Boston bombing.

At 1:30 p.m. ET Wednesday, David Sirota will be debating Breitbart.com’s Ben Shapiro on guns here.

David Sirota David Sirota is a nationally syndicated newspaper columnist, magazine journalist and the best-selling author of the books "Hostile Takeover," "The Uprising" and "Back to Our Future." E-mail him at ds@davidsirota.com, follow him on Twitter @davidsirota or visit his website

Voir également:

Le fait – Atlanta 1996

Un attentat qui a fait craindre le pire.

Près d’un quart de siècle après le premier attentat terroriste de l’histoire olympique (Munich, 1972), les Jeux ont encore tremblé sur leur socle centenaire à Atlanta avec l’explosion d’une bombe artisanale dans un parc du centre-ville.

Samedi 27 juillet 1996. Neuvième jour des Jeux. Il est 01H20 locale (05H20 GMT) dans le parc du Centenaire, situé en plein coeur d’Atlanta. Un lieu très fréquenté où les touristes et les jeunes se retrouvent pour faire la fête depuis le début des Jeux. L’ambiance est joyeuse et animée lorsqu’une violente explosion se produit. La panique s’empare de tout le monde. L’attentat fera un mort et plus de 110 blessés. Un caméraman turc décèdera d’une crise cardiaque en courant pour se rendre sur les lieux du drame.

La vigilance des forces de sécurité –plus de 35.000 personnes– a été prise en défaut dans un endroit et à un moment où on s’y attendait le moins. Le fameux FBI et les plus hautes autorités américaines avaient pourtant assuré qu’Atlanta serait "la ville la plus sûre du monde".

La police prévenue.

C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc.

Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un "Américain blanc, sans accent particulier", avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion.

Richard Jewell (34 ans) est alors présenté comme le principal suspect dans la presse nationale et locale. Il sera lavé de tout soupçon par le FBI en octobre 1996 et obtiendra d’importants dédommagements.

Ce nouvel acte de violence est condamné par les autorités du monde entier, à commencer par le président Bill Clinton qui dénonce "un acte de terreur maléfique et lâche". Le chef de l’état américain précise aussi que "toutes les mesures nécessaires" seront prises pour protéger les athlètes.

Les Jeux continuent.

Très vite, environ trois heures après, le CIO réagit par la voix de son vice-président, le prince Alexandre de Mérode, qui déclare que les Jeux d’Atlanta continueront. "Je viens d’avoir au téléphone le président Samaranch et je peux vous confirmer que les Jeux continueront", déclare-t-il à l’AFP.

Et, de fait, les compétitions reprennent. Une minute de silence est observée sur tous les sites et les drapeaux olympiques sont mis en berne en ce samedi 27 juillet, l’une des journées phares des JO avec notamment l’épreuve-reine: la finale du 100 mètres en athlétisme.

Lors de la cérémonie de clôture, Juan Antonio Samaranch reviendra sur cet attentat en faisant observer une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats des JO de Munich et d’Atlanta. "Aucun acte de terrorisme n’a jamais détruit ni ne détruira jamais le Mouvement olympique, affirmera-t-il dans son allocution aux quelque 83.000 personnes du stade olympique. J’aimerais à présent vous demander de vous lever et d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes de ces actes terribles".

Plus de deux ans après l’attentat, la justice américaine identifiera son auteur présumé. Il s’agit d’Eric Rudolph (32 ans), proche des milices et mouvements religieux extrémistes hostiles au gouvernement fédéral, également soupçonné de deux autres attentats commis dans la région d’Atlanta dans les mois suivants. Un mandat d’arrêt a été rendu public le 14 octobre 1998 contre Rudolph qui demeure toujours introuvable en dépit de recherches menées par des centaines d’agents des forces de l’ordre.

Voir encore:

L’auteur présumé de l’attentat des Jeux olympiques d’Atlanta a été arrêté

Eric Leser

Le Monde

03.06.03

Après cinq ans de recherches, la police américaine a capturé, samedi 31 mai, Eric Robert Rudolph. Ce « survivaliste », héros de l’extrême droite américaine, est accusé d’avoir fait exploser trois autres bombes

Après cinq années de cavale dans les forêts des Appalaches, le « survivaliste » Eric Robert Rudolph, 36 ans, a été arrêté par hasard, samedi 31 mai, dans la petite ville de Murphy, en Caroline du Nord. Un policier débutant, Jeffrey Postell, 21 ans, l’a interpellé à 3 heures du matin pour une simple tentative de vol dans un supermarché.

Il a été identifié un peu plus tard au commissariat. Avant les attaques du 11 septembre 2001, Eric Rudolph était l’un des hommes les plus recherchés par le FBI. Il est considéré comme étant l’auteur de quatre attentats à la bombe, dont celui en juillet 1996 à Atlanta pendant les Jeux olympiques. Il aurait au total tué deux personnes et blessé plus d’une centaine d’autres. La police fédérale s’était lancée à sa poursuite en 1998 avec des moyens considérables, mais avait été incapable de le retrouver. Il a disparu dans les montagnes, devenant aux yeux des organisations d’extrême droite américaines un héros, vivant dans la nature et narguant l’Etat fédéral. Au plus fort de la chasse à l’homme, les T-shirts et autres autocollants avec l’inscription « Run, Rudolph, run » (Cours, Rudolph, cours) et « Eric Rudolph the Hide and Seek Champion of the World » (Eric Rudolph champion du monde de cache-cache) se vendaient par milliers en Caroline du Nord. Deux chansons country ont même été écrites à sa gloire. Le FBI enquête sur les complicités dont il aurait bénéficié. Il pense avoir retrouvé son campement, à quelques centaines de mètres de la ville. Quand il a été interpellé, il était certes amaigri mais en parfaite santé, cheveux courts, et vêtements impeccables.

Selon les enquêteurs, Eric Rudolph aurait posé le 27 juillet 1996 la bombe remplie de clous et de morceaux de métal qui a tué Alice Hawthorne, 44 ans, et blessé plus d’une centaine de personnes au Parc olympique du centenaire à Atlanta. L’explosion s’était produite pendant un concert et avait provoqué une incroyable panique. A l’époque, l’arrêt des Jeux avait même été évoqué. Les autorités avaient rapidement arrêté Richard Jewell, un garde de sécurité, avant de le libérer et de le disculper après une controverse sur la façon dont l’enquête était menée. Six mois plus tard, le 16 janvier 1997, deux bombes explosaient à l’extérieur d’un centre de planning familial à Atlanta, blessant sept passants. Le 21 février, un autre attentat à l’explosif, toujours à Atlanta, était commis devant une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, blessant cinq personnes. Un deuxième engin, qui devait sauter à l’arrivée des équipes de secours, était rendu inoffensif au dernier moment par la police. Enfin, le 29 janvier 1998, une bombe sautait près d’un centre médical pratiquant l’avortement à Birmingham dans l’Alabama, tuant l’officier de police Robert Sanderson et rendant presque aveugle l’infirmière Emily Lyons.

Eric Rudolph, qui a abandonné le collège pour s’engager dans l’armée entre 1987 et 1989 avant d’être renvoyé pour avoir fumé de la drogue, était alors repéré alors qu’il s’enfuyait des abords de la clinique. Un témoin avait retenu le numéro de la plaque de son pick-up immatriculé en Caroline du Nord.

Les différents attentats avaient été revendiqués par une mystérieuse organisation baptisée l’« Armée de Dieu ». Les lettres envoyées aux médias utilisaient les mêmes termes et expressions qu’un groupe de suprématistes blancs opposé à l’avortement, à l’homosexualité et antisémite, Christian Identity, dont le quartier général se trouve près de la ville de Murphy. Le FBI faisait alors le rapprochement avec Eric Rudolph. Au printemps 1998, des centaines d’agents étaient envoyés à sa recherche dans la forêt nationale de Nantahala. Mais il échappait aux chiens, aux hélicoptères, aux détecteurs électroniques et aux patrouilles de volontaires. Une récompense de 1 million de dollars pour sa capture ne donnait pas non plus le moindre résultat. Après des mois d’échec, un agent du FBI évoquait même la possibilité qu’il soit mort dans les bois.

Eric Rudolph comparaît lundi 2 juin devant la Cour fédérale d’Asheville en Caroline du Nord et sera transféré ensuite à Birmingham ou à Atlanta. S’il est jugé coupable, il est passible de la peine de mort. « C’est un message à tous les terroristes, nationaux ou étrangers. Nous ne cesserons pas de les poursuivre », a déclaré, le 31 mai, John Ashcroft, le ministre américain de la justice.

Voir enfin:

Excerpts from Eric Rudolph’s statement

The Associated Press

USA today

4/13/2005

Excerpts from Eric Rudolph’s written statement, handed out by his attorneys Wednesday after his guilty pleas to four bombings across the South, including the deadly blast at the 1996 Atlanta Olympics. The statement marked the first time Rudolph has offered a motive for the attacks. He entered the pleas in exchange for prosecutors not seeking the death penalty:

"I have deprived the government of its goal of sentencing me to death."

"The fact that I have entered an agreement with the government is purely a tactical choice on my part and in no way legitimates the moral authority of the government to judge this matter or impute my guilt."

"Abortion is murder. And when the regime in Washington legalized, sanctioned and legitimized this practice, they forfeited their legitimacy and moral authority to govern."

"I am not an anarchist. I have nothing against government or law enforcement in general. It is solely for the reason that this government has legalized the murder of children that I have no allegiance to nor do I recognize the legitimacy of this particular government in Washington."

"There are those who would say to me that the system in Washington works. They say that the pro-life forces are making progress, that eventually Roe v. Wade will be overturned, that the culture of life will ultimately win over the majority of Americans and the horror of abortion will be outlawed. Yet, in the meantime thousands die everyday. … I ask these peaceful Christian law-abiding Pro-Life citizens, is there any point at which all of the legal remedies will not suffice and you would fight to end the massacre of children? How many decades have to pass, how many millions have to die? … I think that your inaction after three decades of slaughter is a sufficient answer to all of these questions."

"No politician in Washington will ever seriously threaten abortion on demand. And the fools who listen to them, in their hearts, know this but do not care. You so-called ‘Pro-Life,’ ‘good Christian people’ who point your plastic fingers at me saying that I am a ‘murderer,’ that ‘two wrongs don’t make a right,’ that even though ‘abortion is murder, those who would use force to stop the murder are morally the same,’ I say to you that your lies are transparent."

"Answer me, is the causus belli of promoting democracy in the Middle East more weighty for waging war than the systematic murder of your own citizens?"

"Along with abortion, another assault upon the integrity of American society is the concerted effort to legitimize the practice of homosexuality. Homosexuality is an aberrant sexual behavior, and as such I have complete sympathy and understanding for those who are suffering from this condition. Practiced by consenting adults within the confines of their own private lives, homosexuality is not a threat to society. Those consenting adults practicing this behavior in privacy should not be hassled by a society which respects the sanctity of private sexual life. But when the attempt is made to drag this practice out of the closet and into the public square in an "in your face" attempt to force society to accept and recognize this behavior as being just as legitimate and normal as the natural man/woman relationship, every effort should be made, including force if necessary, to halt this effort."

"Any conscientious individual afflicted with homosexuality should acknowledge that a healthy society requires a model of sexual behavior to be held up and maintained without assault. Like other humans suffering from various disabilities homosexuals should not attempt to infect the rest of society with their particular illness."

On the Olympic Park bombing, which killed one person and wounded 111:

"For many years I thought long and hard on these issues and then in 1996 I decided to act. In the summer of 1996, the world converged upon Atlanta for the Olympic Games. Under the protection and auspices of the regime in Washington millions of people came to celebrate the ideals of global socialism. Multinational corporations spent billions of dollars, and Washington organized an army of security to protect these best of all games. Even thought (sic) the conception and purpose of the so-called Olympic movement is to promote the values of global socialism, as perfectly expressed in the song "Imagine" by John Lennon, which was the theme of the 1996 Games — even though the purpose of the Olympics is to promote these despicable ideals, the purpose of the attack on July 27th was to confound, anger and embarrass the Washington government in the eyes of the world for its abominable sanctioning of abortion on demand."

"The plan was to force the cancellation of the Games, or at least create a state of insecurity to empty the streets around the venues and thereby eat into the vast amounts of money invested. The plan was conceived in haste and carried out with limited resources, planning and preparation — it was a monster that kept getting out of control the more I got into it. Because I could not acquire the necessary high explosives, I had to dismiss the unrealistic notion of knocking down the power grid surrounding Atlanta and consequently pulling the plug on the Olympics for their duration."

"The plan that I finally settled upon was to use five low-tech timed explosives to be placed one at a time on successive days throughout the Olympic schedule, each preceded by a forty to fifty minute warning given to 911. The location and time of detonation was to be given, and the intent was to thereby clear each of the areas, leaving only uniformed arms-carrying government personnel exposed to potential injury.

"The attacks were to have commenced with the start of the Olympics, but due to a lack of planning this was postponed a week. I had sincerely hoped to achieve these objections without harming innocent civilians."

"After the disaster at Centennial Park, I resolved to improve my devices and focus the blasts upon a very narrow target. Towards this end I acquired a quantity of high explosives (dynamite)."

On the 1997 bombing at a women’s health clinic in Sandy Springs, Ga., which involved two explosive devices and wounded six people:

"The abortion mill was closed that day but occasionally there was staff on hand to clean their blood-stained equipment, and these minions and the facility itself were the targets of the first device. The second device placed at the scene was designed to target agents of the Washington government."

On the 1997 bombing on the gay nightclub in Atlanta, which wounded five patrons:

"The first device was designed not necessarily to target the patrons of this homosexual bar, but rather to set the stage for the next device, which was again targeted at Washington agents. The attack itself was meant to send a powerful message in protest of Washington’s continued tolerance and support for the homosexual political agenda."

On the 1998 bombing at a women’s health clinic in Birmingham, Ala., which killed an off-duty police officer and maimed a nurse:

"The object was to target the doctor-killer, but because the device was prematurely discovered by the security guard, it had to be detonated with only the assistant-killers in the target area. … I had nothing against Lyons and Sanderson. They were targeted for what they did, not who they were as individuals."

On his five years on the lam:

"Washington was lucky that day in Birmingham, they had a witness who happened into a fortuitous position, and my truck was identified. I knew something was amiss based upon the early reports coming out of Birmingham so I prepared to make a move as I debated within myself whether or not to run or fight them in court. I chose the woods."

"The next year was a starving time. Hunted and haggard, I struggled to survive. But I am a quick study, and so I learned to adapt to my situation. I adapted so well, I decided to take my fight to my enemies.


"Bus de l’aparheid": Pour d’obscures raisons, les Arabes se font exploser dans les bus et les Israéliens trouvent ça très gênant (How are you supposed to cohabit with people theologically, politically and culturally committed to your destruction ?)

11 mars, 2013
Toutes choses égales par ailleurs, Chavez, c’est de Gaulle plus Léon Blum. De Gaulle parce qu’il a changé fondamentalement les institutions et puis Léon Blum, c’est-à-dire le Front populaire, parce qu’il lutte contre les injustices. Moi je dis, et ça pourra m’être reproché, (…) que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu’on prétend que c’est un dictateur. Il a pendant ces quatorze ans respecté les droits de l’homme. Victorin Lunel (ministre de l’Outre-Mer, envoyé de la France à l’enterrement de Chavez)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six, 1988)
If, and as long as between the Jordan and the sea, there is only one political entity, named Israel, it will end up being either non-Jewish or non-democratic…If the Palestinians vote in elections, it is a binational state, and if they don’t, it is an apartheid state. Ehud Barak (security conference, 2010)
"Separate but equal?" Yediot Ahranot
On the bus to Israeli apartheid. Haaretz
The separate bus lines for Palestinians that went into operation on Monday recall racial segregation in the United States and are bringing Israel closer to apartheid. Aeyal Gross (Haaretz)
Many people don’t class the Israeli situation as apartheid because for a long time, Israel refrained from the characteristics of petty apartheid, like separate roads, cafés and buses. This bus situation is a step in the direction of petty apartheid because people are being segregated in their daily activities. Ofra Yeshua-Lyth
For some strange reason, Arabs blow themselves up in buses and Israelis find that very unnerving. Yisrael Maida
The mayor told the government that people are afraid on the buses because of security problems and fights with Palestinians and he needs separate lines.  If you take a bus at five in the afternoon the bus is full of Arabs and there is no place to sit. And people are afraid someone will blow it up. Chen Keddem (spokeswoman for Eli Shaviro, the mayor of the West Bank settlement of Ariel)
Obviously, everyone will start screaming ‘apartheid’ and ‘racism’ now. This really doesn’t feel right, and maybe [the ministry] should find a different solution, but the situation right now is impossible. One driver (Ynet news service)
Driving a bus full of only Palestinians might turn out to be tricky. It could be unnerving and it might also create other problems. It could be a scary thing. Driver
There are two reasons for the move. First, there’s the obvious security issue: there is a dreadful history of Palestinian suicide bombing on Israeli buses. Israelis are understandably afraid, especially in the context of mass incitement by the Palestinian Authority, and would rather Palestinians took their trips to Israel on their own buses. (Are you absolutely sure you wouldn’t feel the same way?) The second reason, which explains why Israel has made its move now, is that due to more generous arrangements for the Palestinians, Israel is now granting more work permits. More workers, more buses. More Palestinian workers, more buses for Palestinians.  The Commentator
The situation in the past few months in which Israeli citizens have been compelled to ride on bullet-proof buses under IDF instruction and find buses full of people from the Arab population, is absurd, not to mention the security risk involved. On the other hand, the Arab population is compelled to pay a fortune for unlicensed drivers to pick them up straight from the crossing. The current solution is good for all. It allows Arabs to ride cheaper and regulated buses. Herzl Ben-Ari (Karnei Shomron Regional Council Chairman)
Maintaining tight security in one of the top terror targets in the world will inevitably bump up repeatedly – and unpleasantly – against issues of human rights.  Jake Wallis Simons
Critics note that the impetus behind the new lines wasn’t to ease the burden of Palestinian commuters, but rather a response to appeals by Jewish settler leaders who didn’t want to share buses with Palestinians. That point is accepted by the spokeswoman for Eli Shaviro, the mayor of the West Bank settlement of Ariel, who pushed for the lines, Ben Hur, the chairman of the Afakim Bus Co., which runs the lines, and the Transportation Ministry. Many settler leaders have long pushed for such a move, and the decision comes as their sway within Likud is on the rise. (…) A Palestinian placed a bomb on a Tel Aviv municipal bus last year that wounded 21. Between the late 1990s through the mid 2000s, Palestinian suicide bombers waged scores of attacks against Israeli targets, many of them public buses. Those attacks have since subsided. Palestinians and Israelis living side-by-side in the West Bank are governed by a dual system riven with inequalities that rarely make headlines in Israel. Parallel legal systems govern the lives of both peoples. Israelis charged with a crime in the West Bank are channeled into Israel’s criminal justice system, where the rights and legal protections are on par with any Western democracy. Palestinians are subjected to military courts, established after Israel won the West Bank from Jordan during the Arab-Israeli war in 1967. Many of the protections enshrined in Israel’s legal code don’t exist in the military courts, where military appellate court judges draw on Jordanian law, British-era laws and Israeli military decrees dating back to 1967. Israel says the dual systems are necessary to battle Palestinian terror networks. The WSJ
The term "apartheid state," as applied to Israel, gained traction largely as a result of former US President Jimmy Carter’s 2006 book "Israel: Peace Not Apartheid." The term "apartheid" refers to the conditions that formerly existed in South Africa where a 20% white minority controlled the 80% black majority through a brutally oppressive regime, which included segregationist laws and police who routinely brutalized and killed them with impunity. Blacks could not vote own property or businesses under apartheid. Those who have used the same term to describe Israel have fundamentally misapplied its meaning, failing to take into account circumstances so incongruent to comparative realities on the ground it renders the user of said term illiterate, seriously prejudiced, or both. Indeed, how come virtually every group of people have at least one country they call home, but if the Jews want one they are deemed "racist?" Another under publicized fact is that the Arabs who live in Israel are quite content living under Israeli law. They vote, own property and businesses, and face no segregation. In fact, life in Israel is so appealing that on a couple of occasions when the Palestinian Authority publically threatened to annex east Jerusalem, the Israeli office of immigration was flooded by Arabs applying for citizenship in Israel, because they did not want to live under Arab rule. (…) In South Africa, the apartheid system was an outgrowth from the British Commonwealth. Its intent was to ensure whites remained in control. In Israel’s case its birth was approved by a 72% majority vote of the United Nations. The Arabs had already received almost 90% of the land originally set aside by the British as a national homeland for the Jewish people. Yet in spite of being overwhelming beneficiaries of what was to be Jewish land, the Arabs refused to accept a tiny partition for a Jewish state. They attacked Israel 24 hours after it declared statehood. Since then, the Arabs have made Israel’s destruction a cornerstone of their existence. Groups such as the PLO, Hamas, Fatah and Hezbollah have been birthed, each with charters requiring the destruction of Israel and the eradication of Zionism. Terror attacks have been perpetrated against Israeli civilians since it became a state. Between 1948 and 1999, some 2,000 Israelis had been killed by terrorists, which amounts to an average of 43 killings annually. In 2000, construction of Israel’s security barrier began. This is also when the second "Intifada" started. The year 2000 also saw a spike in the average of civilians killed from 43 to 288 per year, until 2003, when the first phase of the barrier was completed. That’s an increase of over 600% annually. Apparently Israel’s critics conveniently ignored this when making “apartheid wall” accusations. Today, with approximately 70% of the security barrier complete, the number of terror attacks has been dramatically reduced. In spite of the reduction in killings, Arab leaders continue to laud murderers as heroes, naming streets and public squares after them. When officials like Palestinian leader Mahmoud Abbas are publically honoring murderers, is it any wonder Israel has to take proactive measures to protect its civilians by constructing a security barrier? By attempting to ensure its survival as the only home of the Jewish people against Arabs who are theologically, politically and culturally committed to its destruction, Israel is labeled an "apartheid state." Dan Calic

Comment est-on censé cohabiter avec des gens "théologiquement, politiquement et culturellement engagés à la destruction" de son Etat ?

Après les freedom rides de Meat Shearim …

Et le passage catastrophique d’une comédienne suppléante d’un candidat à un poste de représentant des Français de l’étranger de toute évidence non préparée dans une émission de divertissement de France 2 …

Pendant que nos ministres socialistes se pâment sur les mérites du premier dictateur venu …

Et qu’en Israël même sans parler des retraités du FBI israélien qui se sentent obligés de jouer aux "juifs utiles", les dirigeants palestiniens peaufinent leur "nouvelle stratégie de "résistance populaire" qui évite de recourir aux attentats et aux armes à feu pour se concentrer sur des manifestations coordonnées contre la présence israélienne dans les Territoires" ….

Retour sur le dernier épisode de la campagne de diffamation contre Israël …

Suite aux accusations d’apartheid de journaux et groupes de défense des droits civiques israéliens contre, suite à la hausse des travailleurs de Cisjordanie autorisés à travailler en Israël et la pression des implantations israéliennes, l’instauration par le Ministère israélien de nouveaux bus pour les travailleurs palestiniens …

Où, comme précédemment pour la barrière de sécurité qui a presque totalement réduit les attentats dont le nombre de victimes au moment de sa construction en 2000 étaient montés à 288 par an, nombre de nos belles âmes oublient les conditions très particulières de cohabitation avec une population dont les dirigeants sont, comme le rappelle l’éditorialiste israélien Dan Calic, "théologiquement, politiquement et culturellement engagés à la destruction" de votre Etat …

Apartheid? Think again

Op-ed: Why is Israel considered racist for seeking to protect itself against hostile, murderous Arabs?

Dan Calic

04.03.13

The term "apartheid state," as applied to Israel, gained traction largely as a result of former US President Jimmy Carter’s 2006 book "Israel: Peace Not Apartheid." The term "apartheid" refers to the conditions that formerly existed in South Africa where a 20% white minority controlled the 80% black majority through a brutally oppressive regime, which included segregationist laws and police who routinely brutalized and killed them with impunity. Blacks could not vote own property or businesses under apartheid.

Those who have used the same term to describe Israel have fundamentally misapplied its meaning, failing to take into account circumstances so incongruent to comparative realities on the ground it renders the user of said term illiterate, seriously prejudiced, or both.

Indeed, how come virtually every group of people have at least one country they call home, but if the Jews want one they are deemed "racist?"

Another under publicized fact is that the Arabs who live in Israel are quite content living under Israeli law. They vote, own property and businesses, and face no segregation. In fact, life in Israel is so appealing that on a couple of occasions when the Palestinian Authority publically threatened to annex east Jerusalem, the Israeli office of immigration was flooded by Arabs applying for citizenship in Israel, because they did not want to live under Arab rule.

By contrast, South Africa’s blacks certainly weren’t lining up at government offices desperate to remain subjugated under apartheid.

In South Africa, the apartheid system was an outgrowth from the British Commonwealth. Its intent was to ensure whites remained in control. In Israel’s case its birth was approved by a 72% majority vote of the United Nations. The Arabs had already received almost 90% of the land originally set aside by the British as a national homeland for the Jewish people.

Yet in spite of being overwhelming beneficiaries of what was to be Jewish land, the Arabs refused to accept a tiny partition for a Jewish state. They attacked Israel 24 hours after it declared statehood.

Killers honored

Since then, the Arabs have made Israel’s destruction a cornerstone of their existence. Groups such as the PLO, Hamas, Fatah and Hezbollah have been birthed, each with charters requiring the destruction of Israel and the eradication of Zionism.

Terror attacks have been perpetrated against Israeli civilians since it became a state. Between 1948 and 1999, some 2,000 Israelis had been killed by terrorists, which amounts to an average of 43 killings annually. In 2000, construction of Israel’s security barrier began. This is also when the second "Intifada" started.

The year 2000 also saw a spike in the average of civilians killed from 43 to 288 per year, until 2003, when the first phase of the barrier was completed. That’s an increase of over 600% annually. Apparently Israel’s critics conveniently ignored this when making “apartheid wall” accusations.

Today, with approximately 70% of the security barrier complete, the number of terror attacks has been dramatically reduced.

In spite of the reduction in killings, Arab leaders continue to laud murderers as heroes, naming streets and public squares after them. When officials like Palestinian leader Mahmoud Abbas are publically honoring murderers, is it any wonder Israel has to take proactive measures to protect its civilians by constructing a security barrier?

By attempting to ensure its survival as the only home of the Jewish people against Arabs who are theologically, politically and culturally committed to its destruction, Israel is labeled an "apartheid state." Yet it seems those who invoke such labels deserve a label of their own: Anti-Semites.

Voir aussi:

Slandering the Jewish state

Op-ed: Instead of criticizing ‘Israeli apartheid,’ rights group should focus on Syria, Saudi Arabia

Gerald M. Steinberg

Ynetnews

03.12.12

Over the past few weeks "Israeli apartheid week" events have occurred at a number of campuses throughout North America and Europe. This year’s timing is especially unfortunate: while this political warfare, accompanied by BDS (boycott, divestment and sanctions) campaign is happening, the Syrian regime is massacring its own people.

In light of this, it is especially sad that people who call themselves human rights activists waste their time and energy attacking Israel. It is clear that the campaign explicitly targets the existence of Israel as the nation-state of the Jewish people. In the words of Professor Irwin Cotler, former Canadian attorney general, "Let there be no mistake about it: to indict Israel as an Apartheid State is prologue and justification for the dismantling of the Jewish State, for the criminalization of its supporters, and for the consequential silencing of their speech."

BDS Campaign

This campaign immorally exploits the suffering of the real victims of apartheid and racism, and transforms a complex political dispute between the Palestinians and Israel into a racial conflict. The comparison was categorically rejected and denounced by Judge Richard Goldstone in The New York Times. Goldstone, who is a former justice of the South African Constitutional Court, wrote that, "In Israel, there is no apartheid. Nothing there comes close to the definition of apartheid under the 1998 Rome Statute…"

Goldstone added that "while ‘apartheid’ can have broader meaning, its use is meant to evoke the situation in pre-1994 South Africa. It is an unfair and inaccurate slander against Israel, calculated to retard rather than advance peace negotiations."

Many others who had experienced the real apartheid expressed similar views. Benjamin Pogrund, who was a journalist in South Africa, wrote, "Use of the apartheid label is at best ignorant and naive and at worst cynical and manipulative."

Infinite hypocrisy

This cynicism is especially prominent now that Assad’s regime is mercilessly massacring its own people. During the past month, hundreds of people were murdered just in the city of Homs. But in Syria, where an Alawite minority has been oppressing the Sunni majority for decades, the regime – like other dictatorships – was immune to criticism until the outbreak of brutal violence in the recent months, especially from groups claiming to promote human rights.

Does a state in which a small minority violently oppresses the majority not deserve a week (in Israel’s case, actually a month) of attention focused on its crimes? And what about Saudi Arabia, which bans members of other religions from entering parts of the country, and where women are not allowed to drive or leave their house without a family member accompanying them? Where is “Saudi discrimination week”? And we haven’t even mentioned the situation of Christians in Israel’s neighbors, in Gaza and in the West bank. The examples are infinite, as is the hypocrisy.

In the face of these blatant double standards, the power of the "apartheid" campaign is derived from resources that are available in both political and financial forms. Politically, as noted, this divisive agenda is supported by the Arab and Islamic blocs in the United Nations and associated institutions, with active support from Russia and China. They firmly reject any attempt to condemn real human rights violations, and use anti-Israel campaigns to divert criticism.

Financially, the availability of significant European government funding allows ostensible human rights organizations to actively promote the "apartheid" libel. At the same time, these organizations are embarrassingly silent when faced with human rights violations in the Muslim-Arab world in general and in Syria specifically. At most, they issue belated and half-hearted condemnations.

Finally, the crude exploitation of the "apartheid" libel and the accompanying BDS campaigns are the antithesis of the mutual acceptance required for peace, and serve the purposes of murderous dictatorships. As Judge Goldstone wrote, "The mutual recognition and protection of the human dignity of all people is indispensable to bringing an end to hatred and anger. The charge that Israel is an apartheid state is a false and malicious one that precludes, rather than promotes, peace and harmony."

Gerald M. Steinberg is the founder and president of NGO Monitor and professor of political science at Bar Ilan University

Voir également:

Palestinian-only buses: Israeli apartheid?

 Jake Wallis Simons

March 4th, 2013

Israel has been accused of encouraging racial segregation after a new Palestinian-only bus service was launched

The balance between security and civil liberties is a delicate one in Israel. A few years ago I was travelling there with a few friends from Britain. One of us happened to be of African Islamic heritage. The security personnel at Ben Gurion airport gave him an especially hard time, questioning him at length in private and searching his luggage forensically. It was unsettling for him, and awkward – to say the least – for the rest of us. Was this racism? Or the necessary evil of prudent security measures? I take no pleasure in suggesting that it was the latter. Actually, the friend in question feels the same way.

This is the episode that springs to mind when I learn that Israel has launched Palestinian-only buses on Highway Five between the West Bank and Tel Aviv. The Transport Ministry explained that the new bus service was intended to "improve public transport services for Palestinian workers entering Israel", replacing unofficial buses that were demanding "exorbitant prices". They also said that Palestinian workers would not be prevented from travelling on regular public transport, either in Israel or on the West Bank.

Palestinian rights groups, however, were concerned that this was a fig-leaf for what would become wholesale discrimination at checkpoints, with Israeli police taking matters into their own hands and forcing Palestinians to use the new buses exclusively.

Defenders of the plan offer a rationale that is largely security-based. As Yisrael Maidad, a prominent figure on the Israeli Right, sardonically put it, "since we ride buses with Arabs every day in Israel, it’s not a racist thing but for some strange reason, Arabs blow themselves up in buses and Israelis find that very unnerving."

The language is inflammatory, but the statement is not without its kernel of truth. Maintaining tight security in one of the top terror targets in the world will inevitably bump up repeatedly – and unpleasantly – against issues of human rights. The question, as with my experience at Ben Gurion airport, is where one draws the line. In Israel, this matter is debated frequently and officially by moral philosophers and religious figures, particularly when it comes to military operations. They get it wrong sometimes, and spectacularly so. But often, on a day-to-day basis, they get it right.

Nevertheless, it has to be noted that the timing is strange. Apart from the blast on the bus in Tel Aviv during the last Gaza offensive, there hadn’t been a suicide attack on Israel’s bus network for six and a half years, which is a striking figure given that 29,000 Palestinians commute to Israel daily. This suggests that although the new bus service is being used by some groups to highlight security concerns, its real purpose is far more practical. Having said that, the current plans are merely one step away from enforced segregation; this may very well cause more problems than it solves, and may set a troubling precedent.

But as the fur flies in the media and the blogosphere, it seems to me that one point has not been made clearly enough. It has become a cliché to criticise Israel for being an apartheid state. Given the fact that the introduction of a segregated bus route provokes such a domestic and international furore, does this epithet withstand scrutiny? Many, such as Aeyal Gross in Ha’aretz, are arguing vociferously that the current issue demonstrates that we are "on the bus to Israeli apartheid". Which suggests that we aren’t there yet.

Voir encore:

Split Israel Bus Lines Spur Segregation Debate

New Transport for Palestinian Workers From West Bank Brings Touchy Issue of Inequality Between Two Peoples to Forefront

Charles Levinson

Wall Street journal

March 4, 2013

TEL AVIV—New bus lines for Palestinians, created at the urging of Jewish settler leaders in the West Bank, have sparked a debate over segregation in Israel and refocused attention on the inequalities that govern Palestinians and Israelis in the territory.

The two new lines began operating on Monday, ferrying Palestinian day laborers commuting between the West Bank and blue-collar jobs in Tel Aviv. Previously, those Palestinians commuted via a series of private minibuses—whose fares are far higher than on the new public bus lines—or on public bus lines serving primarily Jewish settlers in the northern West Bank.

The new bus lines have created a controversy in Israel, rare in a country whose conflict-hardened citizens appear to have grown weary of headlines dealing with the daily grind of Israel’s management of the West Bank amid a low-intensity conflict with the Palestinians.

"Separate but equal?" asked Israel’s centrist daily Yediot Ahranot newspaper on Monday. "On the bus to Israeli apartheid," read an editorial headline in the left-of-center Haaretz paper.

Both Jewish Israelis and Palestinians can still ride on both the new and the old lines, said Israel’s Minister of Transportation Yisrael Katz, a conservative stalwart within Prime Minister Benjamin Netanyahu’s Likud Party. That means they are not legally segregated, he says.

"Adding new bus lines servicing Palestinian areas is not segregation," a Katz spokesman said. "Anyone can ride on any bus. There are now just more buses."

Indeed, several Palestinian laborers returning on the new bus line from Tel Aviv to the West Bank on Monday said the new lines appeared to be an improvement that will ease their arduous daily commute, at least a little.

But critics note that the impetus behind the new lines wasn’t to ease the burden of Palestinian commuters, but rather a response to appeals by Jewish settler leaders who didn’t want to share buses with Palestinians. That point is accepted by the spokeswoman for Eli Shaviro, the mayor of the West Bank settlement of Ariel, who pushed for the lines, Ben Hur, the chairman of the Afakim Bus Co., which runs the lines, and the Transportation Ministry.

Many settler leaders have long pushed for such a move, and the decision comes as their sway within Likud is on the rise.

"The mayor told the government that people are afraid on the buses because of security problems and fights with Palestinians and he needs separate lines," said Shaviro spokeswoman Chen Keddem.

The roughly 50,000 Palestinians who have permits to work in Israel have been carefully screened and vetted by Israeli security services.

Ms. Keddem said that verbal squabbles—but not physical ones—do take place on mixed Palestinian-Israeli buses, but mostly over competition for seats. Ms. Keddem said she wasn’t aware of any more serious security incidents.

"If you take a bus at five in the afternoon the bus is full of Arabs and there is no place to sit," she said. "And people are afraid someone will blow it up."

A Palestinian placed a bomb on a Tel Aviv municipal bus last year that wounded 21. Between the late 1990s through the mid 2000s, Palestinian suicide bombers waged scores of attacks against Israeli targets, many of them public buses. Those attacks have since subsided.

Palestinians and Israelis living side-by-side in the West Bank are governed by a dual system riven with inequalities that rarely make headlines in Israel.

Parallel legal systems govern the lives of both peoples. Israelis charged with a crime in the West Bank are channeled into Israel’s criminal justice system, where the rights and legal protections are on par with any Western democracy. Palestinians are subjected to military courts, established after Israel won the West Bank from Jordan during the Arab-Israeli war in 1967.

Many of the protections enshrined in Israel’s legal code don’t exist in the military courts, where military appellate court judges draw on Jordanian law, British-era laws and Israeli military decrees dating back to 1967. Israel says the dual systems are necessary to battle Palestinian terror networks.

"Buses are a symbol of segregation," said Hagit Ofran, of Peace Now, an Israeli pro-peace group. "That may be the reason we get so much interest about it. Segregation is all over the occupation, but when it comes to buses it looks very bad."

Anything that hints at segregation, with its historical connection to South African apartheid and the American civil-rights movement, is a particularly explosive issue in a country that takes pride in being a Western-style democracy.

But the issue has increasingly sneaked into the public debate. The country’s Minister of Defense, Ehud Barak, was perhaps the first senior Israeli leader to publicly warn that Israel’s policies in the West Bank risked leading Israel toward being "an apartheid state."

"If, and as long as between the Jordan and the sea, there is only one political entity, named Israel, it will end up being either non-Jewish or non-democratic…If the Palestinians vote in elections, it is a binational state, and if they don’t, it is an apartheid state," Mr. Barak said at a security conference in 2010.

All six living ex-directors of Israel’s internal Shin Bet security service, the lead agency in fighting Palestinian terror, recently participated in the Oscar-nominated documentary The Gatekeepers, to warn against Israel’s continued presence in the West Bank.

Voir de plus:

Separate but equal bus lines?

Ynetnews

03.04.13

Palestinian workers travelling between West Bank, Israel to use separate public transportation after settlers complain of potential security risks. Leftists call these ‘apartheid lines’, Transportation Minister Katz says ‘Palestinians entering Israel will be able to ride on all public transportation lines’

Reuters, Itamar Fleishman

Tension, delays and chaos ensue on the first day segregated, Palestinian-Israeli bus lines are operated in the West Bank.

On Monday morning, a riot broke out at the exit point of the Eyal crossing, adjacent to Qalqilya after numerous Palestinian laborers could not get to work within the Green Line. They protested the fact that as of now, they must arrive at the crossing from far-off places in the West Bank since the new bus lines are their only means of entering central Israel.

In response, Transportation Minister Yisrael Katz said that "Palestinians entering Israel will be able to ride on all public transportation lines, including all those already existing in the West Bank."

In addition, according to a Transport Ministry announcement, Katz instructed that all new Afikim bus company lines will be reinforced immediately according to demand. "In light of the great overflow on the few lines operated this morning, the ministry will asses the possibility that lines will leave from additional West Bank points, making it easier for the travelers."

Israel launched two Palestinians-only bus lines in the West Bank on Monday, a step an Israeli rights group described as racist and which the Transport Ministry called an improvement in service.

The ministry opened the lines, to be used by Palestinian laborers travelling between the West Bank and Israel, after settlers complained that Palestinians on mixed buses were a security risk.

The separate Palestinian bus line initiative aroused a wave of reactions from both sides of the Israeli political spectrum. Leftists called upon the Transport Ministry to cancel what they call "Apartheid lines."

Meretz Chairwoman Zahava Gal-On turned to Katz and demanded that he "immediately cancel the segregated lines in the West Bank. Separate bus lines for Palestinians prove that occupation and democracy cannot coexist," she said.

According to Gal On, the decision to separate between Jews and Arabs stems from settler pressure and not from the desire to improve upon services for the Palestinians. "Separation on buses based on ethnicity was customary in the past in racist regimes around the world and is unacceptable in a democratic country."

Peace Now activists also protested the operation of these lines and said, "the decision to (operate) separate bus lines in the territories is shocking and turns racism into the norm. A Palestinian Rosa Parks is needed to insist upon sitting on Jewish bus lines, (someone) who won’t surrender to discrimination."

Conversely, Karnei Shomron Regional Council Chairman Herzl Ben-Ari, one of the leading pressure-putters on the Transport Ministry for finding a solution to the overload and the tension on the regular West Bank bus lines commented as well.

Ben-Ari said that "the situation in the past few months in which Israeli citizens have been compelled to ride on bullet-proof buses under IDF instruction and find buses full of people from the Arab population, is absurd, not to mention the security risk involved. On the other hand, the Arab population is compelled to pay a fortune for unlicensed drivers to pick them up straight from the crossing. The current solution is good for all. It allows Arabs to ride cheaper and regulated buses."

"Creating separate bus lines for Israeli Jews and Palestinians is a revolting plan," Jessica Montell, director of the B’Tselem rights group, said on Army Radio. "This is simply racism. Such a plan cannot be justified with claims of security needs or overcrowding."

עומס בעלייה לאוטובוס. הבוקר במעבר אייל (צילום: גור דותן)

Overload on Palestinians-only buses (Photo: Gur Dotan)

Ibrahim, from the West Bank village of Bidya said, "it is impossible for to make it all the way here. I need to leave an hour and a half earlier because I live far from the Eyal crossing, and if I miss the bus – my whole workday is gone."

Fauzi, who lives in the village of Zaita, adjacent to the West Bank city of Ariel, requested to arrive to work in Israel and was also delayed at the Eyal crossing. He expressed his frustration regarding the situation and said "this chaos is unclear to me. I need to drive an hour and a half just to get to the bus, and now it is not clear if there are even enough buses."

Additional laborers who arrived at the crossing, verbally confronted Transport Ministry and Afikim bus company representatives, who were guarded by police officers who arrived at the scene to maintain order.

"The Ministry of Transport has not issued any instruction or prohibition that prevents Palestinian workers from travelling on public transport in Israel nor in Judea and Samaria," it said, referring to the West Bank.

"Furthermore, the Ministry of Transport is not authorized to prevent any passenger from using public transport services."

Rights groups, however, voiced concern that Israeli police at checkpoints in the West Bank would remove Palestinian passengers from regular bus lines and order them to use the new ones.

Police spokesman Micky Rosenfeld said all Palestinians returning to the West Bank would be searched for stolen property, describing this as a routine Israeli precaution.

He said he did not know whether and how this might affect Palestinian travel on regular buses.

Voir de plus:

Penser qu’il s’agit de ségrégation est d’une incongruité absolue

Gilles-William Goldnadel

Avocat franco-israélien, essayiste et militant associatif

Newsring

07 mars 2013

D’après ce que je sais, il ne s’agit pas du tout de ségrégation, c’est un service de transport qui a été mis en place, à des prix particuliers, pour les Arabes de Cisjordanie. Pour autant, si un Arabe de Cisjordanie veut prendre un bus israélien ou avec des Juifs, il ne va pas être rejeté. Donc, de ce point de vue-là, le parallèle avec l’apartheid sud-africain de la grande époque ou bien avec la ségrégation dans le Sud des Etats-Unis est particulièrement injuste et injustifié. C’est une facilité qui a été faite pour améliorer le sort des Palestiniens et on est en train de transformer ça, de manière totalement abusive, en un outil de ségrégation, ce qui est faux.

Qu’il y ait un climat de peur parce que des Palestiniens se sont fait sauter dans des bus, je peux parfaitement le comprendre. De la même manière qu’il est très compréhensible qu’un Palestinien qui n’a rien à se reprocher n’aime pas se voir regarder de travers. C’est la situation qui veut cela mais nous sommes ici à des années lumières du principe juridique d’une ségrégation entre telle ou telle ethnie. Justement, les choses étant ce qu’elles sont dans ce bas monde, on a sans doute en raison de cela voulu faciliter la vie des Arabes, et de manière assez perverse, ça se retourne contre l’autorité qui veut améliorer la situation. Je pressens qu’en raison de cette polémique on finisse par revenir sur cette décision et les premiers perdants seront, une fois de plus, les Arabes de Palestine.

Concernant les deux bus incendiés, il y a des gens qui ont envie de jeter de l’huile sur le feu et, comme la polémique a l’air de prendre, ils appuient là où ça fait mal. Mais ça ne valide en rien l’hypothèse de la ségrégation. Pour bien connaître Israël et les israéliens, je sais qu’il ne leur serait jamais venu à l’idée de faire un bus qui serait strictement autorisé pour telle ethnie et strictement prohibé pour une autre. C’est une incongruité absolue quand on connaît le système israélien et, d’ailleurs, ce serait contraire à la loi.

On a voulu mettre en place un service qui était objectivement pour faciliter la vie des Arabes donc des esprits chagrins ont considéré que, puisqu’il s’agissait de bus pour des Arabes, cela voulait dire que l’on séparait les Juifs des Arabes Dès lors, la polémique s’est enflammée.

Nous ne sommes pas dans une situation actuelle où les Arabes viennent se faire sauter dans les bus. Heureusement, cela fait des années que ce n’est pas arrivé. Donc le fantasme en question ou la peur, même compréhensible, ne sont pas prégnants. A l’époque où les bus explosaient sans cesse, je comprends très bien qu’un israélien qui voyait un Arabe rentrer dans un bus avec un grand anorak se demandait ce qu’il y avait dessous. Mais quel rapport avec la ségrégation? C’est simplement la crainte et le soupçon qui prévalent évidemment dans ce type de situation. Les choses étaient-elles bien différentes après l’explosion du métro de Saint Michel en 1995?

Voir aussi:

Israël: deux bus destinés aux travailleurs palestiniens incendiés

L’Express

05/03/2013

Deux bus destinés aux travailleurs palestiniens se rendant en Israël ont été incendiés dans le nord du pays. La mise en place de ces lignes lundi avait provoqué la colère des Palestiniens et des défenseurs des droits de l’homme.

ISRAEL – Le lancement des lignes reliant le passage d’Eyal, près de Qalqiliya, à Tel-Aviv fait suite à des protestations de colons mécontents de devoir partager les transports avec les Palestiniens.

Les véhicules n’auront roulé que quelques heures. Deux bus, utilisés sur les nouvelles lignes destinées aux travailleurs palestiniens se rendant en Israël, ont "apparemment été incendiés" dans le nord du pays, dans la nuit de lundi à mardi.

"Nous explorons toutes les pistes", a indiqué la porte-parole de la police, Louba Samri. Celle-ci précise qu’une enquête sur le sinistre, dans le village arabe israélien de Kfar Qassem, a été ouverte et qu’aucun suspect n’a été arrêté.

Des sources policières citées par la radio militaire estiment que les véhicules ont été incendiés en signe de protestation: Israël a lancé lundi un service de bus destiné aux travailleurs palestiniens, s’attirant des accusations de "ségrégation" dans les transports, de la part d’organisations de défense des droits de l’homme.

"Une mesure raciste"

"C’est une politique de ségrégation raciste qu’appliquent tous les gouvernements israéliens consécutifs", a déclaré mardi le vice-ministre palestinien du Travail Assef Saïd. Le secrétaire général du Syndicat des travailleurs palestiniens a de son côté dénoncé "une mesure raciste" dans une déclaration à la radio officielle Voix de la Palestine, soulignant que "les bus utilisés par les travailleurs sont souvent visés par les colons et les extrémistes israéliens".

Le lancement des lignes reliant le passage d’Eyal, près de Qalqiliya, dans le nord de la Cisjordanie, à l’agglomération de Tel-Aviv fait suite à des protestations de colons mécontents de devoir partager les transports avec les Palestiniens, invoquant des risques d’attentat. Jusqu’à présent, les travailleurs palestiniens empruntant ce passage se rendaient jusqu’à un arrêt de bus proche d’une colonie juive, où ils embarquaient avec les passagers israéliens, ou utilisaient des transporteurs clandestins.

"Les nouvelles lignes de bus ne sont pas deux lignes séparées pour les Palestiniens mais plutôt deux lignes dédiées, destinées à améliorer les services de transports offerts aux travailleurs palestiniens qui entrent en Israël par le passage d’Eyal", s’est défendu Israël Katz, le ministre israélien des Transports.

Le maire d’une colonie a demandé l’aide de l’armée

Celui-ci a affirmé que ces nouvelles lignes visaient à "remplacer les opérateurs pirates qui transportent les travailleurs à des prix exorbitants", et a indiqué s’assurer que "les Palestiniens entrant en Israël puissent circuler à bord de tous les transports publics, y compris les lignes opérant en Judée-Samarie [Cisjordanie]".

Le maire de la colonie d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, Ron Nachman, décédé depuis, avait indiqué en novembre sur sa page Facebook avoir demandé à l’armée, à la police et au ministère des Transports, d’"empêcher les Palestiniens de monter dans des bus desservant Ariel". Il avait assuré que ses interlocuteurs "travaillaient à une solution".

En 2011, des activistes palestiniens ont été arrêtés pour être montés dans des bus israéliens en Cisjordanie, en signe de protestation contre la ségrégation.

Avec AFP

Voir enfin:

Israël craint le début d’une nouvelle intifada

Adrien Jaulmes

Le Figaro

24/02/2013

La mort d’un jeune Palestinien dans une prison israélienne intervient dans un climat déjà très détérioré.

De notre correspondant à Jérusalem

La mort d’un détenu palestinien dans une prison israélienne a fait encore monter la tension en Cisjordanie ce week-end, où les incidents entre Palestiniens et soldats israéliens se sont récemment multipliés au point de faire craindre à Israël le début d’une nouvelle intifada.

Arafat Jaradat, un Palestinien âgé de 30 ans, est mort samedi après-midi dans la prison israélienne de Meggido, officiellement d’un arrêt cardiaque.

Résidant d’un village proche de Hébron, Jaradat avait été arrêté lundi près de la colonie de Kiryat Arba pour avoir jeté des pierres contre des soldats et des civils israéliens. Ayant reconnu les faits, il avait été incarcéré à la prison de Meggido en attendant d’être jugé. Selon les autorités israéliennes, il souffrait de traumatismes dus à des blessures anciennes et, après son examen par un médecin, son interrogatoire avait été suspendu. Cette version des faits n’a pas convaincu la famille de Jaradat, qui a affirmé qu’il était en parfaite santé. Les autorités palestiniennes ont demandé l’ouverture d’une enquête. Le ministre palestinien des Prisonniers, Issa, Qaraqaë, a affirmé dimanche soir lors d’une conférence de presse que l’autopsie du détenu avait révélé «des fractures sur tout le corps et sur le crâne» de la victime, ce qui, selon lui «prouve qu’Israël l’a assassiné».

Des milliers de détenus en grève de la faim

Plusieurs milliers de détenus Palestiniens ont annoncé qu’ils suivraient une journée de grève de la faim en solidarité avec Jaradat. Cette mort survient dans un climat déjà particulièrement tendu. Depuis plusieurs jours, les manifestations se multiplient en Cisjordanie pour réclamer la libération de quatre détenus palestiniens en grève de la faim intermittente depuis plusieurs mois.

Deux de ces détenus, Samir Issaoui et Iman Sharouna, font partie du millier de prisonniers palestiniens libérés en échange du soldat Gilad Shalit. Ils ont été de nouveau arrêtés pour avoir repris leurs activités clandestines. Les deux autres, Jafar Ezzedine et Tariq Kaadan, membre du Djihad islamique, ont été arrêtés ces derniers mois pour avoir fomenté des attentats en Cisjordanie.

Les manifestations de soutien à ces quatre détenus se sont multipliées. Vendredi, la police israélienne est intervenue devant la prison d’Ofer, à côté de Ramallah, et dans la Vieille Ville de Jérusalem pour disperser des manifestants palestiniens. La mort de Jaradat a donné le signal d’autres manifestations en Cisjordanie.

Pour ajouter à la détérioration du climat, trois Palestiniens ont été blessés par balles près de la colonie de Shilo, dans le nord de la Cisjordanie. Les colons sont soupçonnés d’avoir ouvert le feu.

Les incidents se sont multipliés en Cisjordanie depuis la fin de l’opération «Pilier de défense» lancée par Israël en novembre 2012 contre le Hamas à Gaza. À plusieurs reprises, ces derniers mois, l’armée israélienne a mis en garde contre la possibilité d’une troisième intifada. Les Israéliens accusent l’Autorité palestinienne de fomenter ces troubles, selon la nouvelle stratégie de «résistance populaire», qui évite de recourir aux attentats et aux armes à feu pour se concentrer sur des manifestations coordonnées contre la présence israélienne dans les Territoires.


"Printemps arabe": Pourquoi l’hiver est probablement inévitable (It’s the youth bulge, stupid!)

7 décembre, 2012
Le facteur clé est le facteur démographique. En règle générale, les gens qui vont tuer des gens sont les hommes de 16 à 30 ans. Samuel Huntington
As South Africa gears up to celebrate Youth Day this week, it might be worthwhile to consider the effect, and impact, a young population can have on a country. Today, our global village can be neatly divided between countries with growing (young) populations, and those with declining (ageing) populations. Countries with more than 40% of the population aged between 15 and 29 ­(Generation Y) are labelled as having a “youth bulge”. Youth bulges are usually associated with unrest, urban disturbance and, at the extreme end, revolts and revolution. They can set the stage for mass social change as we have witnessed in the Arab world: ­another global hotspot where youth bulges occur. The political revolts in Egypt, Tunisia and Libya were fuelled by relatively young citizens fed up with high rates of unemployment and the lack of democratic governments. (…) South Africa has an extreme youth bulge, with 65.8% of our population under the age of 30. This in itself should be a large red flag. But youth bulges do not always negatively affect a country. In fact, a youth bulge can be a country’s main asset, if – and only if – that country has two things in place: a brilliant education system and ample employment opportunities. South Africa, unfortunately, has neither. (…) Our internal youth bulges are growing in all the wrong places. Dion Chang
In a country with a youth bulge, as the young adults enter the working age, the country’s dependency ratio– that is, the ratio of the non-working age population to the working age population—will decline. If the increase in the number of working age individuals can be fully employed in productive activities, other things being equal, the level of average income per capita should increase as a result. The youth bulge will become a demographic dividend. However, if a large cohort of young people cannot find employment and earn satisfactory income, the youth bulge will become a demographic bomb, because a large mass of frustrated youth is likely to become a potential source of social and political instability. Therefore, one basic measure of a country’s success in turning the youth bulge into a demographic dividend is the youth (un)employment rate.  Unfortunately, the recent record has not been favorable. While unemployment rates are naturally higher for young people, given their limited work experience, the double digit unemployment rates presented in Figure 2 are worrisome. Typically, the prevailing youth unemployment rates are about twice the rate of the general workforce.  The situation in the Middle East and North Africa (MENA) and in the countries of Europe and Central Asia is particularly troubling: youth unemployment is on the order of 20 percent or even higher. In addition, informality is more prevalent among youth in MENA, so even for those who are employed, there may be problems with job quality. East Asian economies have been able to turn to the youth bulge into a demographic dividend. Take the Republic of Korea as an example. Over the past forty years, the dependency ratio declined substantially in Korea. In addition to dramatic GDP growth and rapid increases in average wages, youth unemployment has been below 12 percent and often in the single digits in recent years. The same is true for China. Its dependency ratio followed a similar pattern to Korea’s. Since initiating economic reforms since the late 1970, China has been able to generate millions of new jobs while also relocating young workers from lower productivity agricultural activities to higher productivity manufacturing—all without experiencing high unemployment among the youthful labor force. In recent decades, countries in North Africa have also experienced dramatic declines in the dependency ratio; however, as we saw above, youth unemployment has been a severe problem.(…) The youth unemployment issue has been in the news with respect to the “Arab Spring.”  Many youth protesting in the streets have relatively high education levels. A recent World Bank report finds that for oil importing countries in the Middle East and North Africa, government sector employment is oversized relative to other middle-income countries, while oil exporters have a high growth sector – oil production—that is not labor intensive. The report concludes “…the number of jobs created in the last decade was considerably less than the number needed to address key challenges, such as high youth unemployment, low labor force participation rates, especially among women, and fast –growing labor forces.” (…) First, for an economy to be competitive in both the domestic and international market, it should follow its comparative advantage, as determined by its endowment structure.  In the early stage of development, sectors that the economy has comparative advantage will be labor or resource intensive. Examples include light manufacturing, smallholder agriculture, fishing and mining. Only a few activities like mining are likely to be capital intensive in this early stage. In the later stages of development, the competitive sector will become increasingly capital intensive, as capital accumulates thus changing the country’s endowment structure. Justin Yufu Lin
L’erreur était que personne n’a fait attention à l’explosion de la population palestinienne. La population palestinienne a été multipliée par presque 6 dans les 50 dernières années. (…) au Liban, en Tunisie et en Algérie une femme a moins de deux enfants en moyenne. même si le Hamas devrait décider de tout signer tout, leurs jeunes hommes vont déchirer ces accords en morceaux. (…) La Palestine est un cas particulier. Ils n’ont jamais eu aucune chance de développement parce qu’ils ont toujours été sous soutien international. Gunnar Heinsohn
Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir. (…) Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront. (…) Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Les chrétiens sont très largement surestimés dans les estimations, jusqu’à 12% —la CIA leur accorde 10%, plus de deux fois plus que notre estimation (4,6%). Il y a là comme une extrapolation à la démographie de la surreprésentation des chrétiens syriens dans le monde prestigieux des affaires et de la culture. Pourtant, ils sont parmi les premières victimes de leur succès en termes de transition démographique avancée, le payant par un recul de leur nombre en valeur relative, sinon absolue. Pour ces raisons démographiques, ils ne constituent qu’une force d’appoint qui pèse peu dans la balance: faible fécondité, tombée à quelque 1,8 enfant par femme, et forte émigration hors du pays. La ville d’Alep, la plus «chrétienne» de Syrie, illustre remarquablement ce déclin, des 30% (sans doute exagérés) de chrétiens dans les années 40 à 3,5% aujourd’hui. (…) Cette transition à deux vitesses signifie que la population majoritaire, déjà très nombreuse, est alimentée en sus par un flux de naissances très abondantes et en augmentation, là où la minorité ou les minorités (à l’exception notoire des Kurdes) voient leurs naissances s’atrophier et diminuer. Dans un contexte de conflit, la transposition des chiffres démographiques en chiffres militaires est automatique: tous les ans, à 18 ans ou un peu plus, des jeunes issus de la majorité vont se présenter de plus en plus nombreux sous les drapeaux, alors même qu’en face les jeunes issus des minorités sont de moins en nombreux. Le youth bulge syrien, l’explosion démographique des jeunes à l’âge d’entrée dans l’armée, est uniquement l’affaire de la majorité. Entre 1963 et 2012, leurs effectifs ont été multipliés par 5,3 dans la majorité sunnite, mais seulement par 2,4 dans la minorité chiite. (…) Dans l’ensemble de ce pays de 21,6 millions d’habitants, la transition démographique piétine. Malgré la baisse rapide de la mortalité infantile (18/1000), la fécondité reste élevée et constante, avec 3,5 enfants lors de l’enquête sur la santé de la famille de 2009, ce qui situe la Syrie au rang des pays arabes les plus féconds (70% de plus que la Tunisie, 60% de plus que le Maroc, deux fois plus que le Liban). Avec des différences régionales phénoménales: les gouvernorats de minorités, Lattaquié et Tartous, ou celui de Soueida, où la fécondité est désormais très basse, ne croissent qu’au rythme de 1,6%, l’an contre 2,5% pour le reste du pays. Youssef Courbage

Pourquoi l’hiver est probablement inévitable …

Populations éduquées (souvent christianisées- les Juifs ont été expulsés depuis longtemps) victimes, entre un meilleur contrôle des naissances et l’attrait de l’émigration, de leurs succès et en perte de vitesse démographique, populations arriérées encore en plein boom démographique …

A l’heure où une classe moyenne éduquée et plutôt urbaine ayant largement réussi sa transition démographique voit, de la Tunisie à l’Egypte, sa demande de liberté confisquée par des partis islamistes appuyés principalement sur des masses issus plutôt des classes populaires et des petites villes ou campagnardes et surtout, "youth bulge" intérieur ou régional oblige, nettement plus jeunes et plus nombreuses …

Pendant que, contraints par les menaces de massacres qui s’annoncent (à l’aide peut-être même d’ADM chimiques), l’Occident se retouve, tout en continuant à financer via l’ONU les véritables usines à bébés et terroristes palestinennes, à armer des masses d’islamistes fanatisées suceptibles, comme  avant eux en Tunisie ou en Libye, de métastaser le cancer jihadiste dans le reste de la région …

Tout en risquant de développer sur son propre sol, entre le chômage massif et un Etat-providence pris en otage par la démagogie et le politiquement correct, des masses de jeunes toujours plus déracinés et susceptibles d’être tentés par les certitudes des barbus …

Comment ne pas voir, avec la lumineuse analyse de la situation syrienne par Youssef Courbage sur Slate, que le dit "printemps arabe est très probablement, au moins à court et à moyen terme, voué à une inéluctable hiverisation?

Ce que la démographie nous dit du conflit syrien

Sunnites, alaouites, Kurdes, chrétiens, druzes… La guerre en cours depuis dix-huit mois se joue aussi dans le poids et la vitesse de croissance des différents groupes qui se partagent le territoire ou s’entredéchirent.

Youssef Courbage

Slate

15.10.12

Des enfants jouent dans des ruines, au nord de la Syrie, le 8 octobre 2012. REUTERS/Stringer.- Des enfants jouent dans des ruines, au nord de la Syrie, le 8 octobre 2012. REUTERS/Stringer. -

Avec 33.000 morts et 340.000 réfugiés hors des frontières, la démographie est évidemment présente dans le conflit qui ravage la Syrie depuis mars 2011, ce délicat bras de fer où l’on se contente souvent d’une vérité qui, pour n’être pas reconnue, est pourtant connue de tous: un groupe confessionnel minoritaire démographiquement, les alaouites (originaire du chiisme musulman), monopoliserait le pouvoir et ses multiples instruments. Ou, de manière plus nuancée: l’ensemble des minoritaires, peu ou prou unifiés, se seraient ralliés à ce pouvoir, s’opposant par là même à la majorité de la population.

La dimension démographique du conflit se joue aussi dans le poids et la vitesse de croissance des différents groupes qui se partagent le territoire ou s’entredéchirent, facteur décisif vis-à-vis du pouvoir central. En effet, la transition démographique —vecteur essentiel de la modernisation des sociétés— n’y avance pas au même rythme: si le conflit est inscrit dans l’état démographique des forces en présence, il se joue donc aussi dans le mouvement (natalité, mortalité, migrations…) qui différencie ou oppose ces populations, par leur natalité surtout [1].

D’abord, la question la plus simple: que pèsent démographiquement les différents groupes aujourd’hui? Malgré le mutisme officiel (recensement, état-civil, enquêtes…), les estimations abondent: plus de 40% de minoritaires selon certaines estimations très généreuses; beaucoup moins selon la nôtre, qui les amène à 27%.

Cette «bataille de chiffres» en serait restée à ce stade si elle n’avait dégénéré en conflit ouvert entre diverses factions de la population. Occultée par l’idéologie dominante de l’Etat-Nation syrien, la démographie communautaire [2] a repris des couleurs, comme sous le mandat français (1920-1944), qui avait divisé un temps la Syrie en Etats confessionnels, communautaires ou régionaux: alaouite, druze, sandjak d’Alexandrette, et même un Etat de Damas et un Etat d’Alep.

Les sunnites, dominants démographiquement, dominés politiquement

Démographie et pouvoir sont en porte-à-faux, les sunnites arabes (73% de la population) vivant depuis 1963 une situation d’éclipse politique. Mais s’agit-il vraiment d’un groupe? Plutôt d’un agrégat composite, urbain, rural, bédouin, très hétérogène, régionaliste, sans ossature réelle après la destruction du parti des Frères Musulmans en 1982, qui s’était fait fort —sans réussir— de rallier les sunnites de Syrie.

Les années 2011-2012 amorcent peut-être un semblant de regroupement, dans la mouvance d’une guerre qui pour la première fois n’épargne aucune des villes moyennes à dominante sunnite et rapproche symboliquement les deux capitales, Damas et Alep, longtemps rivales.

Pour autant, le pouvoir syrien ne manque pas d’y entretenir des groupes d’intérêt, des milieux d’affaires à la pègre, en passant par le souk de Damas, plus récemment celui d’Alep, qui lui sont obligés. Les allégeances ne sont jamais évidentes, il n’y a pas congruence parfaite entre le sunnisme syrien et l’opposition au régime.

Les Kurdes, minorité démographique politiquement dominée

Qu’en est-il des minorités? A défaut d’une unité nationale réelle, le pouvoir tente de les agréger au noyau dur alaouite. Il s’agit là d’un impératif démographique aux fortes connotations politiques et militaires.

Les Kurdes, qui représentent 8% de la population (certaines estimations vont jusqu’à 10%, ce qui en ferait la première minorité du pays devant les alaouites), principalement sunnites (95%), ne jouent pas la carte sunnite, mais ne penchent pas pour autant du côté d’un pouvoir qui les a privés de la majeure partie de ce qu’ils jugent être leurs droits nationaux, de la reconnaissance de leur langue, voire, pour de larges pans de la population, de la nationalité syrienne.

En 1962, un «recensement» de la région principalement kurdophone de la Jézira, a abouti à priver de la nationalité syrienne 120.000 Kurdes désormais considérés comme étrangers. Plus de 300.000 Kurdes apatrides vivaient en Syrie à la promulgation du décret d’avril 2011 de restitution de la nationalité syrienne aux Kurdes. Un geste destiné à les rallier à la cause du pouvoir après plusieurs décennies d’ostracisme, mais dont seulement 6.000 personnes auraient bénéficié.

Leur forte concentration géographique aux frontières de la Turquie et de l’Irak, jointe à leur croissance démographique —la plus élevée du pays—, favorise les penchants sécessionnistes, à l’écoute des Kurdes de Turquie ou d’Irak, un peu moins d’Iran. C’est pourquoi l’opposition syrienne, qui se méfiait des pulsions sécessionnistes kurdes, a tardé à enrôler des opposants de ce côté. Mais récemment, le Conseil national syrien a élu un Kurde, Abdelbasset Sida, à sa tête.

Pour ajouter à l’ambivalence de la situation de cette minorité à l’égard du pouvoir central, il faut souligner les liens entre une partie des Kurdes de Syrie et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), anti-turc, occasionnellement pro-syrien et se retrouvant donc loyaliste par la force des choses.

Les yazidis, cette archi-minorité kurdophone non-musulmane, se distinguent eux par leur religion des Kurdes musulmans. Démographiquement et politiquement, ils pèsent d’un poids négligeable.

Les chrétiens, minoritaires proches du pouvoir?

Les chrétiens sont très largement surestimés dans les estimations, jusqu’à 12% —la CIA leur accorde 10%, plus de deux fois plus que notre estimation (4,6%). Il y a là comme une extrapolation à la démographie de la surreprésentation des chrétiens syriens dans le monde prestigieux des affaires et de la culture. Pourtant, ils sont parmi les premières victimes de leur succès en termes de transition démographique avancée, le payant par un recul de leur nombre en valeur relative, sinon absolue.

Pour ces raisons démographiques, ils ne constituent qu’une force d’appoint qui pèse peu dans la balance: faible fécondité, tombée à quelque 1,8 enfant par femme, et forte émigration hors du pays. La ville d’Alep, la plus «chrétienne» de Syrie, illustre remarquablement ce déclin, des 30% (sans doute exagérés) de chrétiens dans les années 40 à 3,5% aujourd’hui.

Les chrétiens se sont souvent retrouvés comme minoritaires mais proches du pouvoir —parfois à leur corps défendant—, un pouvoir qui tente, surtout depuis le conflit en cours, de les agréger encore plus au noyau dur. Mais ils ne sont unis ni sur le plan confessionnel ni sur le plan politique.

Leur présence au sein du parti au pouvoir, le Baath, ne date pas d’aujourd’hui et, faut-il le rappeler, l’un de ses fondateurs, Michel Aflak, était un Syrien chrétien. Une certaine continuité puisque le ministre de la Défense Daoud Rajha, tué dans l’attentat de Damas en juillet dernier, était chrétien. Et l’armement de miliciens chrétiens en soutien du régime a été tenté, mais certains groupes chrétiens —des Assyriens— ont pris les armes contre le pouvoir, tout en restant en marge de l’opposition.

Les dignitaires ecclésiastiques chrétiens ont, pour la plupart, mais avec des exceptions notables, prêté allégeance au pouvoir. Mais leurs voix sont largement compensées par celles des opposants chrétiens, qui siègent aux plus hautes instances du Conseil national syrien ou des autres groupes de l’opposition.

Les moins politisés des chrétiens vivent eux mal les visées du pouvoir sur le Liban, qui remontent surtout à 1975, alors qu’ils ont tissé depuis des temps immémoriaux des relations poussées, familiales notamment, avec le pays —ce qui n’est d’ailleurs pas un phénomène chrétien seulement, mais celui de Syriens de toutes confessions, pour qui le Liban reste une option comme pays-refuge.

Parmi les chrétiens, les Arméniens, pour la plupart originaires de Cilicie, se découvrent eux des affinités avec la république d’Arménie, qui pourrait bien devenir une autre patrie-refuge.

Attitude contrastée des autres minorités

Comme ceux des chrétiens, les effectifs des druzes, concentrés dans le Djébel Druze (gouvernorat de Soueida), sont largement surévalués: 500.000, voire 700.000, contre moins de 400.000 effectivement. Cela tient en partie à l’imprécision du décompte des Druzes expulsés du Golan à la suite de la guerre israélo-arabe de 1967.

L’ambivalence rencontrée chez les Kurdes ou les chrétiens se retrouve chez eux. Le réflexe minoritaire les pousserait à faire front avec les autres minorités, mais un long contentieux avec les pouvoirs successifs qui se sont succédés depuis l’Indépendance jusqu’au coup d’état de 1963 et l’éviction des officiers druzes de l’armée les inciterait à la méfiance vis-à-vis des autorités.

Ces druzes de Syrie —originaires pour la plupart du Mont-Liban après leur migration forcée au XVIIIe siècle— manquent d’un leadership national, qu’ils trouvent en partie au Liban en la personne de Walid Joumblatt, le leader du PSP libanais, un druze qui se fait fort d’encourager ses coreligionnaires de l’autre côté de la frontière à refuser de servir dans l’armée et dans les services de sécurité.

Pour les archi-minorités, qui comptent peu du point de vue démographique, les préférences politiques sont également contrastées. Cela va des Turkmènes, les plus opposants, car sunnites, turcophones et en symbiose avec la Turquie, aux chiites duodécimains, plus en phase avec l’Iran et son allié syrien.

Les Ismaéliens, des chiites non-duodécimains, seraient –modérément— proches du pouvoir. Les Tcherkesses, des sunnites non-arabes originaires du Caucase, semblent plutôt neutres dans le conflit en cours. Mais leur malaise se traduit par le fait que certains envisageraient le «retour» en «Russie».

En définitive, ces minoritaires dominés, si on agrégeait leurs effectifs, se retrouveraient à mi-chemin du pouvoir et de l’opposition, mais en aucun cas une force décisive ni pour les uns ni pour les autres.

Les alaouites: une minorité démographique politiquement dominante

Que les alaouites, de leur côté, soient la minorité au pouvoir ou celle du pouvoir importe peu. Comme mentionné plus haut, les cercles confessionnels et politiques ne se recoupent jamais intégralement. Et de la même façon que le pouvoir a réussi à fidéliser nombre de sunnites, l’opposition compte également de prestigieuses personnalités alaouites.

Les alaouites font corps avec la Syrie, mais leur présence déborde le cadre syrien: plus de 400.000 alaouites arabes (à ne pas confondre avec les 15 millions d’Alévis des turcophones chiites) vivent en Turquie. Près de 100.000 au Liban, paradoxalement le seul pays qui leur accorde une reconnaissance officielle, un état-civil et une représentation parlementaire comme alaouites. En revanche, en Turquie et en Syrie, ils sont officiellement musulmans, mais ne peuvent se réclamer de leur confession précise.

L’actualité brûlante a ravivé l’intérêt accordé à leur religion. Issue de l’islam chiite duodécimain, elle s’en est éloignée par son caractère trinitaire, initiatique, syncrétique. Que les alaouites croient à la transmigration des âmes (métempsycose) —ce qui n’est pas sans effet sur leur faible fécondité comme chez les druzes—, se passent de mosquées, tolèrent l’alcool, ne voilent pas leurs femmes, etc., les a mis au ban de l’islam officiel.

Toutefois, depuis 1936 et surtout depuis 1973, les alaouites tentent de s’insérer dans le giron de l’islam officiel chiite, voire sunnite. Mais plus que par leur religion, c’est par leur asabiyya, ce concept forgé au XIVème siècle par Ibn Khaldoun, une valorisation du réseau social où les liens sont surdéterminés par l’appartenance familiale, clanique ou communautaire, qu’ils se distinguent des autres Syriens. Cette asabiyya a été aiguisée par leur histoire conflictuelle avec le pouvoir central, de Saladin jusqu’aux Ottomans en passant par les Mamelouks, les plus féroces de leurs adversaires.

Une histoire faite aussi d’oppression socioéconomique, qui allait vivifier leur solidarité. Seul le mandat français, et pour une brève période (1922-1936), a tenté de les rallier au pouvoir central —avec des succès très mitigés— en leur concédant l’«Etat des Alaouites». Piètre consolation, puisque cette entité, selon le géographe Etienne de Vaumas, était «coupée du reste du monde… conservatoire d’une société condamnée à un dépérissement qui pour être lent n’en était pas moins certain».

De cette préhistoire antérieure au coup d’Etat de 1963, il est resté beaucoup de rancœurs. Les alaouites ont conservé la mémoire de leurs pères, métayers chez les seigneurs féodaux de la plaine et surtout de la ville-symbole sunnite de Hama. Celle aussi des petites filles que l’on «vendait» comme bonnes à tout faire, aux bourgeois et petits-bourgeois des villes de Lattaquié, Damas, Alep et jusqu’à Beyrouth.

Seul vecteur de l’ascenseur social, le parti Baath et la profession militaire. Ce fut d’abord le fait du mandat français, qui recruta, hors de toute relation de proportionnalité avec leur population, des alaouites dans ses bataillons du Levant, présence qui se perpétua après l’indépendance. La démographie militaire montre qu’en 1955, 65% des sous-officiers étaient alaouites et le Comité militaire, chargé du recrutement dans les académies militaires, entre leurs mains. Mais la majorité des officiers restaient sunnites.

De 1963 à 1970, le pouvoir confortera leurs positions au sein de l’appareil et de l’armée, allant crescendo jusqu’au coup d’état de 1970, avant la vigoureuse correction survenue entre 1970 et 1997, année où 61% des principales personnalités militaires et des forces de sécurité étaient alaouites et 35% sunnites.

Un mouvement correctif socioéconomique

Du «mouvement correctif» engagé en 1970, idéologique (abandon de la référence au socialisme), politique et militaire, naîtra un autre mouvement correctif socioéconomique de longue haleine, dont les effets laissent une empreinte forte sur les statistiques, celles du recensement de 2004 notamment.

Rurales avant l’indépendance à plus de 97%, les populations alaouites dominaient, dès 1990, les villes du littoral: 55% à Lattaquié, 70% à Tartous, 65% à Banias, villes, qui sous le mandat français, étaient encore des bastions sunnites (78% environ). L’ascension des alaouites dans l’armée, les services de sécurité, la fonction publique, les entreprises d’Etat et, plus récemment, dans le secteur privé, leur a également assuré une présence marquée à Damas, à Homs, à Hama, mais non à Alep. L’accès à la ville, à l’administration, à l’enseignement, notamment universitaire (avec un système de discrimination positive pour les bourses à l’étranger), a donné un coup de fouet à leur mobilité dans l’échelle sociale.

La rente de situation ainsi générée au profit des alaouites ressort parfaitement des données de 2003-2004. Leur niveau de vie est franchement plus élevé qu’ailleurs (sauf dans la capitale): la dépense mensuelle par personne atteignait 3.310 livres syriennes (un peu moins de 40 euros d’aujourd’hui) dans la région côtière, pour 2.170 seulement dans le gouvernorat d’Alep.

Tous les indicateurs vont d’ailleurs dans le même sens: faible proportion d’actifs dans l’agriculture, un secteur à basse productivité; faible taux d’analphabétisme des adultes, notamment féminin; faible proportion de filles de 5-24 ans non-scolarisées; enfin, une plus forte féminisation de la main-d’œuvre non-agricole, un autre et important critère de la modernité.

L’Etat a également fourni avec plus de générosité aux gouvernorats côtiers l’électricité, l’eau potable, les réseaux d’égouts. Ces statistiques ne signifient pas que les alaouites sont tous devenus aisés ou se sont tous métamorphosés de paysans sans terre en petits ou grands bourgeois: il existe naturellement plus d’un village ou un quartier de ville alaouites pauvres. Mais en moyenne, leur région a connu une progression sans pareil.

Les risques des transitions à deux vitesses

Les alaouites ne sont pas les seuls à connaître au fil des années cette érosion de leurs taux de natalité, solidaires par cette transition démographique des druzes (bien représentés par les gouvernorats de Soueida et de Quneitra) et des chrétiens (disséminés dans tout le pays). En 2004, le nombre moyen d’enfants par femme de la région côtière était tombé à 2,1, soit le seuil de renouvellement des générations (1,8 chez les druzes et autant chez les chrétiens).

La même année, et pour ne retenir que les lieux qui ont fait la une des journaux par l’intensité des combats, la fécondité était de 3,8 enfants par femme à Alep (presque deux fois plus), 3,1 dans le pourtour rural de Damas, 3,5 à Hama, 3,1 à Homs, 5,1 à Idleb, 6,2 à Deir el Zor. A Dera’a, qui a inauguré la série sanglante, elle était de 4,6.

Cette transition à deux vitesses signifie que la population majoritaire, déjà très nombreuse, est alimentée en sus par un flux de naissances très abondantes et en augmentation, là où la minorité ou les minorités (à l’exception notoire des Kurdes) voient leurs naissances s’atrophier et diminuer.

Dans un contexte de conflit, la transposition des chiffres démographiques en chiffres militaires est automatique: tous les ans, à 18 ans ou un peu plus, des jeunes issus de la majorité vont se présenter de plus en plus nombreux sous les drapeaux, alors même qu’en face les jeunes issus des minorités sont de moins en nombreux. Le youth bulge syrien, l’explosion démographique des jeunes à l’âge d’entrée dans l’armée, est uniquement l’affaire de la majorité. Entre 1963 et 2012, leurs effectifs ont été multipliés par 5,3 dans la majorité sunnite, mais seulement par 2,4 dans la minorité chiite.

L’impossible partition

Devant ce conflit qui s’éternise, d’aucuns en viennent à penser que l’ultime recours serait la partition du pays et la création d’un mini-état alaouite, d’un réduit ou d’une zone de repli dans la zone côtière —une nouveauté dans la région, où le Liban a connu seize ans de guerre civile et a réussi à échapper à la partition, de même que l’Irak malgré la région autonome kurde.

Mais ce sont surtout des raisons démographiques qui rendent ces projets chimériques. En 2012, le «réduit» alaouite compte 1,8 million d’habitants. Sa population se décompose en 1,2 millions d’alaouites et 665.000 non alaouites, dont 340.000 sunnites, les plus exposés aux transferts de population en cas d’aggravation du conflit. Les autres communautés des deux gouvernorats de Lattaquié et Tartous, chrétiens et ismaéliens, seraient moins exposés.

Mais en dehors de ces deux gouvernorats, la Syrie compte un million d’alaouites, presque autant qu’à Lattaquié et Tartous. Pour la plupart, ils sont désormais très enracinés dans leurs lieux de vie et n’entretiennent plus que des liens ténus avec leurs villages ou leurs villes d’origine. Ces chiffres imposants montrent bien toute la démesure d’un découpage de la Syrie, inimaginable du fait du brassage de ses populations.

Youssef Courbage


A lire sur le sujet, de Youssef Courbage: Christian and Jews under Islam (avec Philippe Fargues, Tauris, 1998); «La population de la Syrie: des réticences à la transition (démographique)», in Baudoin Dupret, Youssef Courbage et al., La Syrie au présent, reflet d’une société (Paris, Actes-Sud, 2007).

D’autres auteurs: Jacques Weulersse, Le pays des Alaouites (Tours, 1940); Etienne de Vaumas, «Le Djebel Ansarieh. Eude de géographie humaine», Revue de géographie alpine (1960); Hana Batatu, Syria’s peasantry, the descendants of its lesser notables, and their politics, (Princeton U.P., 1999); Fabrice Balanche, La région alaouite et le pouvoir syrien(Karthala, 2006).

[1] Dans l’ensemble de ce pays de 21,6 millions d’habitants, la transition démographique piétine. Malgré la baisse rapide de la mortalité infantile (18/1000), la fécondité reste élevée et constante, avec 3,5 enfants lors de l’enquête sur la santé de la famille de 2009, ce qui situe la Syrie au rang des pays arabes les plus féconds (70% de plus que la Tunisie, 60% de plus que le Maroc, deux fois plus que le Liban). Avec des différences régionales phénoménales: les gouvernorats de minorités, Lattaquié et Tartous, ou celui de Soueida, où la fécondité est désormais très basse, ne croissent qu’au rythme de 1,6%, l’an contre 2,5% pour le reste du pays. Revenir à l’article

[2] A l’époque ottomane, la population de la Syrie était recensée selon la religion: musulmane (sans distinction des confessions détaillées), chrétienne (confessions détaillées) et juive. Sous le mandat français, les recensements mentionnaient la confession précise. Les recensements ultérieurs de 1947 et de 1960 donnaient la religion, mais non la confession précise, habitude qui fut abandonnée avec le recensement de 1970. L’état civil, en revanche, a longtemps continué à mentionner la religion pour les musulmans et les chrétiens, précisant pour ces derniers leur confession détaillée.

Les estimations actuelles sont fondées sur des projections démographiques réalisées à partir de données anciennes, des évaluations effectuées par des spécialistes du milieu syrien (Balanche, de Vaumas, Weulersse) et sur des imputations de certains paramètres démographiques à partir de données régionales (par exemple les gouvernorats de Lattaquié et Tartous pour les alaouites, celui de Soueida pour les druzes). On a donc en main des ordres de grandeurs raisonnables, mais en aucun cas des chiffres irréfutables à 100% comme auraient pu l’être ceux de recensements qui mentionneraient la confession détaillée ou la langue maternelle.

Voir aussi:

Youth Bulge: A Demographic Dividend or a Demographic Bomb in Developing Countries?

Justin Yifu Lin World Bank, 2012-01-05
The youth bulge is a common phenomenon in many developing countries, and in particular, in the least developed countries.   It is often due to a stage of development where a country achieves success in reducing infant mortality but mothers still have a high fertility rate. The result is that a large share of the population is comprised of children and young adults, and today’s children are tomorrow’s young adults.
Figures 1 (a)-(b) provide some illustrative examples. Dividing the world into more and less developed groupings (by UN definitions) reveals a large difference in the age distribution of the population. The share of the population in the 15 to 29 age bracket is about 7 percentage points higher for the less developed world than the more developed regions. In Africa (both Sub-Saharan and North Africa), we see that about 40 percent of the population is under 15, and nearly 70 percent is under 30 (Figure 1(a)). In a decade, Africa’s share of the population between 15 and 29 years of age may reach 28 percent of its population.  In some countries in “fragile situations” (by World Bank definitions), almost three-quarters of the population is under 30 (examples in Figure 1(b)), and a large share of 15-29 year olds will persist for decades to come (Figures 1(c) and (d)).

Source: Author’s calculations based on data from United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Population Division (2011). World Population Prospects: The 2010 Revision. Medium fertility scenario is used for the 2050 projections.
In a country with a youth bulge, as the young adults enter the working age, the country’s dependency ratio– that is, the ratio of the non-working age population to the working age population—will decline. If the increase in the number of working age individuals can be fully employed in productive activities, other things being equal, the level of average income per capita should increase as a result. The youth bulge will become a demographic dividend. However, if a large cohort of young people cannot find employment and earn satisfactory income, the youth bulge will become a demographic bomb, because a large mass of frustrated youth is likely to become a potential source of social and political instability1.Therefore, one basic measure of a country’s success in turning the youth bulge into a demographic dividend is the youth (un)employment rate.  Unfortunately, the recent record has not been favorable. While unemployment rates are naturally higher for young people, given their limited work experience, the double digit unemployment rates presented in Figure 2 are worrisome. Typically, the prevailing youth unemployment rates are about twice the rate of the general workforce.   The situation in the Middle East and North Africa (MENA) and in the countries of Europe and Central Asia is particularly troubling: youth unemployment is on the order of 20 percent or even higher. In addition, informality is more prevalent among youth in MENA, so even for those who are employed, there may be problems with job quality2.

Source: World Development Indicators and ILO Global Employment Trends for Youth. Two lines for MENA in recent years are for the separate sub-regions of the Middle East and North Africa by ILO definitions.
East Asian economies have been able to turn to the youth bulge into a demographic dividend. Take the Republic of Korea as an example. Over the past forty years, the dependency ratio declined substantially in Korea (Figure 4(a)). In addition to dramatic GDP growth and rapid increases in average wages, youth unemployment has been below 12 percent and often in the single digits in recent years (ILO data cited above). The same is true for China. Its dependency ratio followed a similar pattern to Korea’s (Figure 1(a)). Since initiating economic reforms since the late 1970, China has been able to generate millions of new jobs while also relocating young workers from lower productivity agricultural activities to higher productivity manufacturing—all without experiencing high unemployment among the youthful labor force. In recent decades, countries in North Africa have also experienced dramatic declines in the dependency ratio (Figure 3(b)); however, as we saw above (Figure 2), youth unemployment has been a severe problem.

Source: United Nations, World Population Prospects: the 2010 Revision.
 The Traditional Policy Response: Prepare the Youthful Supply of Labor
The conventional approach for dealing with youth bulge is to make young people job ready. The idea is that young people’s skills – or more broadly, human capital—needs to be increased to enhance their productivity in the labor market. The 2007 World Development Report, Development and the Next Generation, lays out the policy agenda by focusing on five key life transitions: learning, work, health, family, and citizenship. Three “lenses” are used to focus the policy discussion: opportunities, capabilities and second chances.   Basic skills and access to secondary and tertiary education, for example, are needed to create opportunities, while capabilities to make the right decisions for seizing opportunities can be enhanced through better information, access to credit and other factors. On the other hand, when outcomes are negative—for example, poor decisions lead to low levels of education or exposure to communicable diseases—young adults may need access to services that can help them re-start their economic and personal lives. The 2007 WDR emphasized both the skills upgrading and the institutional setting for improving economic outcomes for young people.
The above discussion provides a useful framework for mitigating youth unemployment issue from the supply side; however, demand for labor services is essential for absorbing new entrants to the workforce. Such a shift in demand can be achieved only by a dynamic change in economic structure. Countries that have been successful in this regard move from a high share of employment in agriculture towards an increasing share of employment in manufacturing first and then gradually to the service sector in the post industrialization stage. Generally, this structural change is accompanied by rural-urban migration, and it usually starts in labor intensive manufacturing.  On an aggregate level, one can look at the sectoral shift out of agriculture and into industry and services – both in terms of value-added and employment. For example, Egypt in 1980 had a GDP per capita (in constant 2005 PPP dollars) of $2,400, while China was only at $524 and Korea was already ten times higher at $5500 (WDI data).   Egypt had only a slightly higer share of agriculture and employment in GDP, compared to Korea; however, this structure largely stagnated in the case of Egypt in the ensuing decades (Figures 4(a) and (b)). Meanwhile, China now with a GDP per capita of $6800 (2005 constant PPP) has a lower share of agriculture in total value added and the employment share has declined continuously.  On a more micro level, countries like Korea have then moved up the industrial ladder to more sophisticated and more capital intensive goods, as capital has accumulated with high investment rates over time3. Throughout this process, shifting labor demand creates opportunities for working age population to be employed in jobs moving from lower productivity sectors to higher productivity sectors.

Source: World Development Indicators
The youth unemployment issue has been in the news with respect to the “Arab Spring.”   Many youth protesting in the streets have relatively high education levels. A recent World Bank report4 finds that for oil importing countries in the Middle East and North Africa, government sector employment is oversized relative to other middle-income countries, while oil exporters have a high growth sector – oil production—that is not labor intensive. The report concludes “…the number jobs created in the last decade was considerably less than the number needed to address key challenges, such as high youth unemployment, low labor force participation rates, especially among women, and fast –growing labor forces.”5 The emerging new leaders in the Middle East and North Africa are acutely aware of the urgent need to tackle youth unemployment.  Indeed, the WDR 2013 on jobs, which is being drafted now and is being shared in outline form with diverse stakeholders, will grapple with this issue, among others.
How the New Structural Economics (NSE) and the Growth Identification and Facilitation Framework (GIFF) can help put young people to work
A successful development strategy that will facilitate the structural change and create job opportunities for youth can be based upon the principles outlined in the New Structural Economics (NSE) and its policy implementation via the Growth Identification and Facilitation Framework6.  The NSE highlights that a country’s economic structure is endogenous to its endowment structure; however, the government needs to play a facilitating role in the process of structural change and this role needs to be structured according to clearly defined principles.
First, for an economy to be competitive in both the domestic and international market, it should follow its comparative advantage, as determined by its endowment structure.  In the early stage of development, sectors that the economy has comparative advantage will be labor or resource intensive. Examples include light manufacturing, smallholder agriculture, fishing and mining. Only a few activities like mining are likely to be capital intensive in this early stage. In the later stages of development, the competitive sector will become increasingly capital intensive, as capital accumulates thus changing the country’s endowment structure. In the industrial upgrading towards more capital intensive production, infrastructure needs to be improved simultaneously to reduce the firms’ transaction costs, and there is a clear role for government to play in this regard.
Secondly, if a country follows the above principle, its factor endowment upgrading will be fast (due to large profits and a high return to investment), and its industrial structure should be upgraded accordingly. The upgrading entails information (for example, which new industries to invest), coordination (improvement in “hard” (e.g., transport) and “soft” (institutional) infrastructure), and externalities (useful information generated by  “first movers”). All of these aspects involve externalities or public (semi-public) goods that the market will not automatically resolve on its own. The government needs to play facilitating role in help the private sector overcome these issues in order to achieve dynamic growth.
A practical approach for the government to operationalize the NSE is laid out in the six steps of the Growth Identification and Facilitation Framework.   Without getting into all the details, the six steps are: (i) identify the list of tradable goods and services that have been produced for about 20 years in dynamically growing countries with similar endowment structures and a per capita income that is about 100 percent higher than their own; (ii) among the industries in that list, the government may give priority to those in which some domestic private firms have already entered spontaneously, and try to identify the obstacles that are preventing these firms from upgrading the quality of their products or the barriers that limit entry to those industries by other private firms; (iii) some of those industries in the list may be completely new to domestic firms, and the government could adopt specific measures to encourage firms in the higher-income countries identified in the first step to invest in these industries; (iv) governments should pay close attention to successful self discoveries by private enterprises and provide support to scale up those industries; (v) in developing countries with poor infrastructure and an unfriendly business environment, the government can invest in industrial parks or export processing zones and make the necessary improvements to attract domestic private firms and/or foreign firms that may be willing to invest in the targeted industries; and (vi) the government may also provide limited incentives to domestic pioneer firms or foreign investors that work within the list of industries identified in step 1 in order to compensate for the non-rival, public knowledge created by their investments.
As above data reveal, the youth bulge will be an important demographic phenomenon in developing countries, and especially in Sub-Saharan African countries, in the coming decades. While it is important to increase the employability of young people themselves, it is also essential to facilitate dynamic structural change to create jobs for youth. By doing so, the youth bulge can be transformed into a demographic dividend, and the demographic bomb can be defused.

[3] There are numerous studies on the productivity of Korean firms. One recent paper studies the pattern of productivity catch-up between Korean and Japanese firms: Moosup Jung, Keun Lee, and Kyoji Fukao, “Total Factor Producitivity of the Korean Firms and Catching Up with the Japanese Firms,” Seoul Journal of Economics, 2008, Vol. 21 (1).
[4] World Bank, 2011, “Striving for Better Jobs: The Challenge of Informality in the Middle East and North Africa.”
[5] Ibid, page 48.
[6] See Justin Yifu Lin, “New Structural Economics: A Framework for Rethinking Development,” World Bank Research Observer, no. 2,   Vol. 26 (September 2011), pp. 193-221; Justin Yifu Lin and Celestin Monga, “Growth Identification and Facilitation: the Role of State in the Process of Dynamic Growth”, Development Policy Review, Vol. 29, No. 3 (May 2011), pp. 264-290; and Justin Yifu Lin, 2012, New Structural Economics: A Framework for Rethinking Development and Policy, Washington, DC: World Bank.

Antisémitisme/France: "Les juifs, ils ont tout, même Coca-Cola" (Will massive Muslim immigration definitely mark the end of "happy like a Jew in France"?)

23 août, 2012
Heureux comme Dieu en France. Traduction de l’expression allemande, à l’origine yiddish, wie Gott in Frankreich leben qui implique que dans un pays tôt déchristianisé, Dieu n’aurait d’autre souci que de profiter de la vie sans avoir à se soucier de ses ouailles. Wiktionnaire
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. "Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : "Non à Allah, non au prophète". C’est pour cela que les arabes ont inventé le "Mecca-cola". Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs. La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : "On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs." Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication "complotiste" : "Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait." Pour une minorité, c’était "bien fait pour les Américains et pour les juifs". Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. (…) En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué. (…) On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois. Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : "C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ?" Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait "pas autant pour les enfants palestiniens" ? Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. (…) Ces enfants sont les premiers à dire "le racisme c’est pas bien", mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les "Français", c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit "les racistes du PSG c’est que des juifs !", il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros. Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie, Saint-Denis)
The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. (…) The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions. Michel Gurfinkiel

L’immigration massive de musulmans finira-t-elle par définitivement refermer la page du "heureux comme un juif en France"?

Alors que cinq mois après l’infâme tuerie de Toulouse, la déclassification partielle du dossier Mohamed Mérah semble contredire de plus en plus la thèse de l’ancien patron de la DCRI, Bernard Squarcini, d’un loup solitaire autoradicalisé en prison au profit de celle du membre d"une véritable  "mouvance salafiste radicale toulousaine" et "d’une fratrie d’islamo-délinquants" aux contacts multinationaux, autrement dit  l’arrivée d’une "nouvelle génération d’islamistes toulousains" …

Et qu’entre multiplication des incidents et agressions comme des graffitis ou tags à sa gloire, les mois qui ont suivi son équipée sanglante (sept victimes dont trois dans une école confessionnelle juive) continuent de démontrer la complaisance que semble encore susciter le djihadiste toulousain dans au moins une partie de la communauté et notamment de la jeunesse musulmane …

Retour, avec un dossier du mois dernier du Nouvel Observateur, sur ce nouvel antisémitisme dans lequel semble s’installer durablement la France (ou plus largement l’Europe) comme la violence qui en résulte et que doivent subir au quotidien de plus en plus de nos concitoyens d’origine juive …

Mais aussi plus inquiétant, alimenté par le flot continu d’antisionisme diffusé quotidiennement par nos médias et l’internet (mais nos intellectuels ne sont pas en reste) et sous-tendant tout cela …

L’incroyable degré de confusion mentale, comme le rappellent un professeur d’histoire de Saint-Denis ainsi que l’éditorialiste Michel Gurfinkiel, dans lequel semblent vivre, sans hélas exclure le reste de la population en général, nombre des membres de ces nouvelles générations d’immigrés d’origine musulmane …

"Les juifs, ils ont tout, même Coca-Cola"

04-07-2012

Sarah Diffalah

REPORTAGE – A écouter parler Karim, Djamal et Ali, l’hégémonie de la communauté juive sur le monde serait incontestable…

Nouvel Observateur

Devant le centre Petit Bois de Borny, un quartier à trois kilomètres de Metz, il y a Karim, 23 ans, Ali, 29 ans, et Djamal, 21 ans. Ils sont une dizaine à s’activer autour de leurs voitures pour installer un drapeau espagnol sur un capot : ce sont des supporters de la Roja, l’équipe de foot espagnole. Interrogés sur la communauté juive, ils n’éludent aucune question. Au contraire. Le flot de préjugés est incessant, le débit rapide, le ton emporté, parfois railleur. Des juifs, ils n’en côtoient pourtant pas, mais les certitudes sont enracinées, à chaque fois appuyées par des exemples aussi imaginaires que précis.

Lobby juif, théories du complot, conflit israélo-palestinien… Tout se mêle, en boucle, maladroitement, confusément. Pour eux l’hégémonie de la communauté juive sur le monde est incontestable. Extraits de la conversation.

- Karim : Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit.

- Ali : Oui, c’est vrai. Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. "Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : "Non à Allah, non au prophète". C’est pour cela que les arabes ont inventé le "Mecca-cola". Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne.

- Karim : On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif…

- Ali : Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés.

- Djamal : En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien.

- Ali : Ici, il y a des salafistes, des "chameaux", ce sont des musulmans mais ils ont le cœur noir.

- Djamal : Les juifs devraient dire pardon à Dieu l’unique. Quel dieu ? Je ne sais même pas ce que c’est le judaïsme. Il faudrait leur demander.

- Karim : Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France.

- Ali : Mais s’il y a des gens qui veulent engager le dialogue entre musulmans et juifs, c’est pour calmer les tensions. Dans les autres grandes villes, c’est pire. C’est vrai que certains Arabes foutent la merde, ils nous salissent. Nous, on n’ira jamais agresser des juifs. J’ai rien contre eux en fait, c’est contre les sionistes. J’ai déménagé il y a sept ans, mon voisin est un juif, mais je ne parle pas de cela avec lui. Ils nous boycottent. Dans le centre-ville, il y a une boîte tenue par une personne de la communauté juive, et bien elle ne veut pas d’Arabes dans son club. C’est comme ça.

- Karim : A Borny, il n’y a pas de juifs. C’est très bien comme ça, il n’y a pas de problème.

Voir aussi:

Le jour où une élève m’a dit : "Moi, j’aime pas les juifs"

05-07-2012

Iannis Roder

prof d’histoire-géo

Iannis Roder est professeur d’histoire-géographie à Saint-Denis. Les réflexions antisémites, il en entend régulièrement dans les salles de classe et s’interroge : comment expliquer un tel phénomène ? Le Nouvel Observateur publie cette semaine un dossier spécial "Antisémitisme : ce qu’on ne veut pas dire" (édition du 5 juillet), où vous pouvez retrouver ce témoignage.

Édité par Maxime Bellec Auteur parrainé par Isabelle Monnin

Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs.

"Il n’y avait pas un juif hier dans les tours"

La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : "On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs."

Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication "complotiste" : "Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait." Pour une minorité, c’était "bien fait pour les Américains et pour les juifs".

Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. En 2002, un garçon m’a expliqué que "Hitler aurait fait un bon musulman". Cela fait dix ans que je sais que c’est là, latent chez certains. Dès qu’on évoque la Shoah ou qu’ils comprennent qu’un des personnages est juif, ça sort.

Par exemple, cette année, Ousmane, 15 ans, alors que je parlais de Léon Blum : "Il est juif, qu’il crève !" Comme ça, direct. Je l’ai envoyé chez le proviseur qui a convoqué sa mère. Elle a pleuré et décidé de le changer d’établissement. Plus tard, des copains d’Ousmane m’ont rapporté ses propos : "Roder, il s’est énervé pour rien, un truc de fou." Il ne voyait pas le mal.

Pourquoi nie-t-on cette réalité dramatique ?

En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué.

Avant, dans les années 80, au moindre soupçon d’antisémitisme, l’indignation était immédiate. Je me souviens de la manifestation après la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1990, tout le monde était dans la rue. Là, personne, rien.

On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois.

Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : "C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ?"

Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait "pas autant pour les enfants palestiniens" ?

Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. Désormais, j’ai le sentiment que la communauté scolaire sait, et peut commencer à se demander comment lutter contre ces préjugés.

Que faire contre ce fléau ?

Ces enfants sont les premiers à dire "le racisme c’est pas bien", mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les "Français", c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit "les racistes du PSG c’est que des juifs !", il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros.

Voir encore:

Voyage au bout du nouvel antisémitisme

Isabelle Monnin

le Nouvel observateur

03-07-2012

Un jeune juif a été roué de coups dans un train entre Toulouse et Lyon. Dans la France de 2012, ils sont de plus en plus nombreux à subir cette violence au quotidien. L’enquête du "Nouvel Observateur".

C’est une goutte. Le 11 juin à Paris, Elie M., 12 ans, a dit à ses parents qu’il faudrait changer de nom : au collège on l’avait traité de "sale juif". Le 30 avril à Marseille, deux jeunes garçons ont été interpellés dans la rue : "Nous, on est pour la Palestine, on n’aime pas les juifs, on va tous vous tuer, on va tous vous exterminer, sales juifs que vous êtes." Puis ils se sont fait casser la gueule. Le 8 juin à Sarcelles, un adolescent a été insulté par trois jeunes : "Ferme ta gueule, sale juif." Il s’est défendu ; l’un d’eux l’a tenu au cou pendant que les deux autres le frappaient. Ça ne fait pas de bruit, une goutte, on ne l’entend que si on tend l’oreille.

Le 26 mars à Paris, un enfant de 11 ans portant tsitsits, ces franges traditionnelles, a pris des coups de poing au visage à quelques mètres de son école. "Sale juif", a dit son agresseur. Le même jour à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, en rentrant de la synagogue, un rabbin a été insulté par une bande de gamins de 12 ans environ. Ils lui ont jeté des pierres.

"J’aime pas les juifs, c’est comme ça"

Quatre jours plus tôt, Mohamed Merah avait été abattu par la police à l’issue d’une équipée sanglante dans laquelle il avait tué sept personnes dont trois enfants juifs et un rabbin dans une école confessionnelle. Chaque fois c’est pareil : on pense que l’horreur d’un crime éteindra les mauvais instincts. Mais l’émotion, pour être générale, n’est jamais unanime. Au contraire. Le djihadiste toulousain est devenu un genre de héros pour une petite minorité. Des tags à sa gloire, un peu partout, ont fleuri. Lors de la minute de silence imposée dans toutes les écoles en hommage aux victimes de l’école Ozar Hatorah, de nombreux incidents ont été répertoriés.

A Caussade, dans le Tarn-et-Garonne, une collégienne a dit : "Pour les juifs, je m’en fiche, mais s’il y a des Arabes, on peut le faire. J’aime pas les juifs, c’est comme ça." Convoqués, ses parents l’ont soutenue : "Vous ne faites rien pour les Palestiniens." A Marseille, une famille a été prise à partie par un doctorant en physique de 24 ans. Fils d’une universitaire et d’un ingénieur, il voulait "parler de la Palestine" avec le père de famille et lui a cassé la mâchoire. "J’ai vu à sa tête qu’il était sioniste", a expliqué à ses juges celui pour qui Mohamed Merah était un "résistant". Il a été condamné à un an ferme.

"Un climat"

Une goutte dans un océan d’actualité. Une de plus. On aimerait l’oublier, la laisser tomber puis sécher dans son coin, la dédaigner. Mais elle revient toujours, avec une régularité de métronome. La France n’en a pas fini avec l’antisémitisme.

Bien sûr, les juifs n’ont pas le monopole de la crainte. Ils ne sont pas la seule communauté à souffrir d’agressions de toute sorte. Ils ont moins de soucis que d’autres pour trouver un logement ou un travail. Mais s’ils portent une kippa, ils ne peuvent plus se promener sans peur dans certains quartiers. Des rabbins se font chahuter, on leur pique leur chapeau en passant, quand on ne les insulte pas. Les jours de shabbat, où les plus pratiquants des juifs sont les plus visibles et aussi les plus vulnérables (se déplaçant à pied et sans téléphone portable, pour respecter le dogme), les incidents se multiplient.

Dans certains quartiers populaires des régions parisienne, marseillaise ou lyonnaise, il y a, comme on dit, "un climat". Pas forcément une tension. Mais "un climat", malsain. Une vieille femme, vivant depuis toujours dans son immeuble à Marseille, trouve un matin la mention "sale juive" sur sa boîte aux lettres. Romy H., à Cannes, se demande si sa voisine, qui râle sans cesse contre ses "odeurs de cuisine" et trouve que la mezouzah qu’elle a mise au seuil de sa porte conformément à sa tradition religieuse dégrade les parties communes, n’a pas "un problème avec les juifs".

La plupart des incidents ne vont pas jusqu’à la violence et ne se terminent pas dans le sang comme début juin à Villeurbanne lorsque trois juifs ont été attaqués par une bande. Ce jour-là, l’un d’eux a été frappé à la tête avec un marteau. En général, il n’y a même pas de quoi porter plainte : à quoi bon prendre le risque de représailles pour si peu ?

Grand défouloir

C’est obsédant, une goutte. Ca peut rendre fou. Le récit de ce nouvel antisémitisme, diffusé à la vitesse du clic, va plus vite que le cheval au galop du shtetl d’antan. Les médias sont accusés d’être les amis des Arabes et donc, par paresseuse et injuste translation, forcément antisémites. Dans les boîtes mail, les listes de diffusion, mayonnaise anxiogène, font tourner en boucle les incidents, les amplifient.

De l’autre côté, le Net charrie son torrent de haine loin de tous ces médias (les mêmes) accusés immanquablement d’être dans la main du "lobby juif". Les modérateurs des sites internet le savent bien, qui doivent bloquer l’accès aux commentaires dès qu’il se passe quelque chose au Proche-Orient : la Toile est le grand défouloir des haines. Cette hypersensibilité se double parfois d’une maladresse, voire d’une tendance paranoïaque à faire de tout acte contre un juif une preuve indiscutable de l’antisémitisme rampant.

Le nombre d’acte antisémites flambe

Pour désamorcer les critiques en exagération, le Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif ) s’est doté en 2003 d’un outil de comptabilisation des actes antisémites validés par le ministère de l’intérieur. Le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), enregistre et centralise toutes les plaintes.

Dans l’obs : Antisémitisme, ce qu’on ne veut pas dire, par Laurent Joffrin

En 2011, 389 actes ou menaces ont été recensés, contre 466 en 2010. Ce qui fait dire à Ariel Goldmann, vice-président du Crif et porte-parole du SPCJ, que "depuis dix ans on est systématiquement à plus de 300 actes par an". Depuis le début de l’année 2012, et surtout depuis l’affaire Merah en mars, les chiffres flambent : fin mai, déjà 268 actes répertoriés, dont 78 actions violentes (dégradations, violences sur personne) et 190 menaces et actes d’intimidation (tracts, tags, injures).

La majorité des signalements se situent à Paris, en Ile-de-France, en banlieue lyonnaise et à Marseille. "L’antisémitisme d’extrême droite est plus organisé, selon le service juridique de la Ligue internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra). Celui des banlieues semble plus spontané, non prémédité : ils se promènent, ils voient une kippa, ils se lâchent…" Comme si les uns disaient tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

Un antisémitisme souvent le fait de jeunes se disant musulmans

Ca revient toujours sur le lieu de son crime, une goutte. Eternellement par le même chemin. Si l’antisémitisme aujourd’hui est souvent le fait de jeunes issus du Maghreb ou d’Afrique noire et se disant musulmans, il n’est pas éloigné de l’antisémitisme occidental, si banal et florissant dans les années 1930. S’y ajoute la mélasse politico-religieuse transposée du confit israélo-palestinien et de l’antiaméricanisme. Mis à l’envers, le logo de Coca-Cola voudrait dire : "Pas d’Allah, pas de Mecque" en arabe. "On m’a même expliqué très sérieusement que lorsqu’on débouche une bouteille de Coca, on entend le mot "juif" !" sourit un professeur.

Ainsi, comme un démon increvable, l’antisémitisme renaît toujours, crachant les mêmes clichés (le-juif-est-riche-puissant-solidaire), grimaçant la même haine (éradiquons-le-juif), mélangeant sa mauvaise bouillie (le-juif-tue-les-Palestiniens). Pour Nicole Yardeni, du Crif de Midi-Pyrénées, ces jeunes perpétuent un antisémitisme très virulent dans le monde arabe, que les juifs issus d’Afrique du Nord ont connu autrefois et que les jeunes Arabes de France ont dans leurs mémoires. Le cliché du juif et de l’argent est plutôt fort dans le monde chrétien. Dans le monde arabe, on assimilerait plutôt le juif à la femme, c’est-à-dire à l’inférieur."

Le 14 mai, dans le métro parisien, Roger O. a été agressé par un homme noir qui lui a dit : "Salope, tapette, tu es juif : tu as vu comment tu es habillé ?"

Qui est juif ? Qui est musulman ?

Des clichés, Isabelle Wekstein, avocate de confession juive, en a entendu depuis qu’elle fréquente les établissements scolaires avec Mohamed Ulad, un réalisateur d’origine marocaine. L’idée de départ est simple : demander aux élèves lequel des deux est juif, lequel est musulman. Un garçon, s’adressant à Mohamed Ulad :

- "Vous, monsieur, à 100%, vous êtes juif . A cause de votre coupe de cheveux."

Combien y a-t-il de juifs en France, d’après vous ? demandent-ils ensuite aux adolescents.

- "Au moins 30 millions, répond une fille, mais ils se cachent, on ne le sait pas."

Se souviennent-ils d’Ilan Halimi, ce jeune juif supplicié par le "gang des barbares" de Youssouf Fofana ?

- "Oui, c’était un Israélien qui a été tué parce qu’il avait de l’argent, les juifs sont riches. S’il aurait [sic] été juif, Fofana serait pas parti en prison à vie, les juifs s’en sortent mieux que les Noirs et les Arabes."

"Il y a quelques années, l’antisémitisme de ces jeunes se référait a u confit israélo-palestinien, dit Isabelle Wekstein. Aujourd’hui, il ressemble de plus en plus à celui des années 1930." Pour le président de la Licra, Alain Jakubowicz, "la ‘dieudonnisation’ des esprits qui gagne dans les banlieues n’est pas moins dangereuse que la lepénisation dont elle est le complément d’objet direct".

La tentation du repli

C’est destructeur, une goutte. "Le grand trauma de la communauté juive reste la vague d’antisémitisme des années 2000-2002 dans les banlieues, analyse l’historien Tal Bruttmann. Une partie de la communauté s’est sentie abandonnée par le gouvernement Jospin et a basculé à droite. Elle reproche à la gauche de ne pas se détacher de cette idée bien-pensante selon laquelle une minorité ne pourrait pas elle-même se montrer raciste. Or c’est bien le cas, et c’est vrai dans les deux sens : la hausse de cet antisémitisme-là conforte le racisme et l’islamophobie d’un certain nombre de juifs."

Depuis dix ans, le nombre d’enfants quittant l’école publique pour des écoles juives ne cesse d’augmenter. Ils sont 30.000 aujourd’hui (sur une communauté globale estimée à 600.000 juifs), repliés derrière les murs protégés de ces établissements. "Les gens se demandent s’ils doivent rester", assure Sammy Ghozlan, responsable du Bureau national de Vigilance contre l’Antisémitisme. Des jeunes s’inventent un avenir ailleurs, aux Etats-Unis, les plus anciens se disent qu’ils pourraient aller vivre en Israël. D’autres s’alarment d’une montée des tensions : "On ne sait plus comment tenir nos jeunes qui chaque samedi se font insulter en boîte de nuit, dit Michèle Teboul, responsable du Crif Marseille Provence. Notre équipe de foot ne peut plus participer aux compétitions, ça tournait chaque fois au pugilat. Mais nous ne pouvons pas les priver de tout."

A Toulouse, les jeunes ont un numéro de téléphone où appeler pour obtenir de l’aide : des amis arrivent alors en scooter, "pour faire nombre". Ariel Goldmann veut nuancer :

On vit très bien son judaïsme en France, mais il y a des endroits où c’est plus difficile. Ces endroits sont difficiles pour tout le monde, nous ne prétendons pas en être les seules victimes."

Toujours la crainte d’en faire trop et d’alimenter cette idée ancrée qu’il n’y en a que pour les juifs. Alors beaucoup se taisent, effacent le graffiti sur la devanture du magasin casher, réparent la mezouzah dix fois dégradée, ne veulent pas faire de vagues.

"L’un d’eux l’a poignardé à plusieurs reprises"

David, lui, est corse. Il y a deux ans, il était avec un de ses amis sur un banc, dans un square du 13e arrondissement de Paris, quand une dizaine de jeunes gens les ont pris à partie. "Soudain l’un d’eux a crié : ‘Sale juif’. Je pense qu’il avait vu l’étoile de David autour du cou de mon ami. Ca a été comme un top départ. Ils l’ont roué de coups de pied et de poing et l’un d’eux l’a poignardé à plusieurs reprises dans le bras. Ils disaient : ‘On va te saigner, sale juif’. Avant cela, comme beaucoup de gens, je pouvais penser que les juifs sont dans la victimisation, qu’ils exagèrent. Depuis cela, je sais que l’antisémitisme existe. Ils l’auraient tué si je ne les avais pas finalement fait fuir. Juste parce qu’il est juif. Ils ont été arrêtés, ils avaient entre 15 et 17 ans."

A Marseille, on raconte l’histoire de cette vieille dame de 83 ans. Cambriolée, elle a vu son voleur revenir après son forfait. "Il a dû voir sa mezouzah en sortant", souffle Michèle Teboul. Alors, il l’a violée. "Ne me fais pas ça, je suis tunisienne comme toi", suppliait la dame. "Tu n’es pas tunisienne, tu es juive", lui aurait dit le violeur. Confondu par son ADN, il a été arrêté. Il a 15 ans. C’est monstrueux, une goutte.

Voir enfin:

French Jews/ No Future

 The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased.

 Michel Gurfinkiel

 August 12, 2012

“Any time young people approach me in order to get married, I ask them various questions about their future. Eighty percent of them say they do not envision any future in France.” This is what one rabbi in Paris told me last week. I heard similar statements from other French rabbis and lay Jewish leaders: “We have a feeling the words are on the wall now,” one leader in the Lyons area confided to me. “It is not just our situation in this country deteriorating; it is also that the process is much quicker than expected.”

Even the chief rabbi of France, Gilles Bernheim, may be sharing that view now. A philosopher (holding a prestigious French agrégation degree in philosophy), a graduate of the French Rabbinical School in Paris, and a former student at some of the most orthodox yeshivoth (Talmudic academies) in Jerusalem, Bernheim was until recently very eager to reconcile traditional Judaism with Europe’s “open society.” He has just devoted a book to France as a nation and how Jews can contribute to France’s public debates (N’oublions Pas De Penser La France), and in 2008, the year he was elected chief rabbi, he coauthored a book on Judeo-Christian dialogue (Le Rabbin et le Cardinal) with Cardinal Philippe Barbarin.

Despite all that, Bernheim suddenly warned Jewish leaders a few weeks ago about a growing “rejection” of Jews and Judaism in France, something he linked to the global passing of “Judeo-Christian values” in French society as a whole.

The immediate reason for Jewish pessimism in France and for Bernheim’s change of heart may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population.

There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year.

President François Hollande and Minister of the the Interior Manuel Valls must be credited for taking the present anti-Semitic crisis seriously, a noted departure from the ambivalent attitude of the last socialist administration of Prime Minister Lionel Jospin ten years ago. On July 22 — on the seventieth anniversary of the “grande raffle” (“great round-up”) of Jews by the Vichy government police in 1942 — Hollande drew a parallel between the Toulouse massacre and the deportation and mass murder of Jewish children during the Holocaust. As for Valls, he not only repeatedly acknowledged that “there was an upsurge of anti-Semitism in France,” but on July 8 went so far as to stigmatize the “most stupid, most dangerous new anti-Semitism” brooding among “young and not-so-young people” in the “neighborhoods” (a code word for Muslim enclaves). Quite a bold statement, since the Socialist party and the Left at large primarily derive their present electoral edge in France from the Muslim vote. Valls and his staff may also have inspired several no-nonsense reports on anti-Semitism that were recently published in the liberal, pro-socialist press.

The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same.

Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first.

Clearly, there are outward similarities between Judaism and Islam. Both religions originated in the Near East, and are — as of 2012 — related to Near or Middle East countries. Both use Semitic languages. Both insist on rituals, particularly in terms of gender roles, family life, or food, that do not fit with the current mainstream European way of life

However, differences between Judaism and Islam may outweigh similarities. As far as Near Eastern or Middle Eastern countries are concerned, Muslims turn to Saudi Arabia and Pakistan, the strongholds of anti-Western hatred, while Jews turn to Israel, the super-Western “start-up nation.” In terms of ritual, kosher slaughtering — a quasi-surgical operation — is as remote from halal slaughtering as from secular slaughtering. Jewish circumcision is performed on newborn babies and is much closer to secular prophylactic circumcision (as it is largely practiced in the United States) than to Islamic circumcision, which is performed on boys in their preteens or early teens. And when it comes to relations between politics and religion, there is simply a chasm between the two religions. Judaism (including Orthodox Judaism) is not interested in mass conversion; does not seek to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system.

But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). Jules Renard, an early 20th century French writer, wrote about his cat: “I keep telling him to hunt mice and let the canaries alone. Very subtle guidelines, I must admit. Even intelligent cats can get wrong on this issue.” And decide that eating canaries is easier and more satisfying than hunting mice. Regarding Judaism and Islam, most Europeans are like Renard’s cat. And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business.

Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. The reason why French conservatives were so fond of tagging is that a 2009 poll shows a 72% rejection of “ritual slaughtering” writ large. And Marine Le Pen, the far-right presidential candidate, dwelled on that issue for a while.

In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children.

Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it.

In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam.

The charge was made in Le Point, an important right-of-center newsmagazine, by Michel Onfray, a commercially successful dabbling philosopher and a long-time supporter of the radical Left, who himself reviewed and approvingly quoted Who Is God? (Qui est Dieu), an essay by another controversial author, the former diplomat Jean Soler.

In the 1970s Soler, who holds an agrégation degree in Greek and Latin classical studies but was never academically trained in anthropology, Semitics, or Near Eastern history, applied a structuralist approach to the study of Jewish rituals and won some polite applause from French, Israeli, and American scholars. Later on, when structuralism fell out of fashion, he sort of remixed his early work with neo-Marcionite currents in 19th century and early 20th century German and French Biblical criticism which claimed there was no spirituality at all, and indeed no real monotheism, in the Old Testament, a narrowly “tribalist” book. Or that everything spiritual in the Old Testament was a transplant from other cultures, either Pharaonic Egypt or Indo-European Iran.

Very few people in France realize what Soler’s later writing is really about, and that his approach or sources do not fit present academic standards. Even fewer people are aware that the neo-Marcionite hypothesis to which Soler has switched and which Onfray supports exerted a major influence on Nazi anti-Semitism (including the so-called “German Christian” movement) and remained after 1945 a major polemical tool in neo-Nazi or post-Nazi circles. So much so that the media had no qualms engaging for weeks in multifaceted debates and discussions about the Soler/Onfray contentions and thus, for all practical matters, promoted them.

The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions.

Michel Gurfinkiel is the Founder and President of the Jean-Jacques Rousseau Institute, a conservative think-thank in France, and a Shillman/Ginsburg Fellow at Middle East Forum.

© Michel Gurfinkiel & PJMedia, 2012


Printemps arabe: Nous les croyions jihadistes et voilà qu’ils sont néolibéraux! (Meet the GOP Brotherhood of Egypt)

4 avril, 2012
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev)
La Russie est notre ennemi géopolitique numéro un, dans la mesure où elle soutient les pires acteurs dans le monde, comme l’Iran ou la Syrie. C’est très troublant, très inquiétant de voir ce président chercher davantage de flexibilité, et qu’il n’ait pas à rendre des comptes aux Américains pour ses relations avec la Russie. Romney
Ours is a different world. Barack Obama isn’t to be held to the Eisenhower standard. Indeed, as a fortunate “off-mic” moment recently revealed, this president bargains with Russian errand boy Dmitry Medvedev over something as trivial as protecting Europe with a missile defense system. I will have more “flexibility,” the leader of the Free World says, with my last election behind me. Thankfully, we don’t live in the shadow of a nuclear showdown. But from its very beginning, this presidency has been about the man himself and his personal ambition, and less so his duty to democracy. (…) Mr. Obama has never owned up to the fact that the cruel regimes in Tehran and Damascus were the ones he had been eager to court at the dawn of his presidency. Read the Wikileaks from Damascus in early 2009—they are full of false hope that the olive branch extended to the Damascus dictatorship had altered its ways. (…) It is a sad truth that the president has become the embodiment, and the instrument, of our retreat from distant shores—and concerns. He trades away strategic American assets in the hope that the American people will not care or notice. On the face of it, he exudes a sublime confidence that the world could be held at bay—at least until November, past that last election. Fouad Ajami
En tant que nation musulmane, nous avons adopté la ‘charia’ islamique comme source du droit, donc n’importe quelle loi contredisant les principes de l’islam est légalement nulle. Moustapha Abdeljalil (président du Conseil national de transition libyen, 20.10.11)
La révolution et le processus démocratique sont réellement menacés. Mahmoud Hussein (secrétaire général des Frères musulmans égyptiens, 31.03.12)
The only way to deal with the Jewish state is jihad. Khairat Al-Shater
Restoring Islam in its all-encompassing conception; subjugating people to God; instituting the religion of God; the Islamization of life. (…) Every individual in the Society should be . . . a walking Quran. (…) The Revolution needs to become perpetual, w[ith a core group of "one or two million" to safeguard the revolution from its enemies. Khairat Al-Shater
While Western alarmistsoften depict Egypt’s Muslim Brotherhood as a shadowy organization with terrorist ties, the Brotherhood’s ideology actually has more in common with America’s Republican Party than with al-Qaida. Few Americans know it but the Brotherhood is a free-market party led by wealthy businessmen whose economic agenda embraces privatization and foreign investment while spurning labor unions and the redistribution of wealth. Like the Republicans in the U.S., the financial interests of the party’s leadership of businessmen and professionals diverge sharply from those of its poor, socially conservative followers. Salon

On n'arrête décidément pas le progrès!

Ancien militant islamiste, membre des Frères musulmans depuis 30 ans,  multiples séjours dans les geoles de Moubarak,  ancien professeur d'ingéniérie de 61 ans ayant fait fortune dans les affaires, membre du conseil exécutif de la confrérie depuis 1995, trésorier et financier de son parti ..

Alors que pour se débarrasser de son actuel président et profiter des innombrables promesses de rasage gratis du prochain, la France semble prête, si l'on en croit ce que disent les futurs électeurs aux sondeurs (faudra-t-il bientôt envisager, comme jadis pour Le Pen et sous peine de se réserver de petites surprises au second tour, un coefficient de redressement pour ceux qui n'osent plus avouer en public qu'ils vont voter pour le nouveau pestiféré?), à élire son premier président socialiste depuis 22 ans ...

Et que se méfiant de celui qui aurait pu être leur premier président mormon, les Américains s'apprêtent à réélire, toujours selon nos sondeurs, leur premier président choisi pour sa couleur de peau, lui-même tellement sûr de son coup, qu'il en est déjà à brader notre défense anti-missile contre le régime qui, de la Syrie à l'Iran,  soutient les pires régimes de la planète ...

Pendant qu'avec la version libyenne du printemps arabe alimentée par nos armes ou celles récupérées des stocks de Khadafi (supplétifs de l'ancien régime libyen compris), nos dirigeants sont tranquillement en train de se construire, de l'Atlantique à la corne de l'Afrique, un véritable petit "Afghanistan de proximité" ...

Retour, avec la correspondante en Egypte du site américain Salon, sur le candidat que, revenant sur leurs promesses initiales, viennent de se choisir les Frères musulmans à deux mois de la première présidentielle égyptienne depuis la chute du régime Moubarak l'an dernier ...

Pour découvrir ...

Contre tous les alarmistes et derrière les promesses de chariarisation et de retour au jihad contre Israël et les ennemis de l'islam...

Un véritable Républicain défendant la privatisation de l'économie, les investissements étrangers et la réduction du rôle des syndicats!

Et ce face à la menace tant des anciens pontes du régime précédent comme l'ex-chef de la Ligue arabe et ex-ministre des affaires étrangères Amr Moussa, le dernier premier ministre du raïs Ahmad Chafic ou leur ennemi juré l'ex-chef des services Omar Souleima ...

Que des salafistes comme Hazem Abou Ismaïl, le partisan d'un islam rigoriste avec lesquels les Frères viennent d'ailleurs de rédiger la nouvelle constitution du pays ...

Ou d''ex-leaders historiques de la confrérie comme Abdel Moneim Aboul Foutouh, justement exclu en juillet dernier pour s'être déclaré candidat à la présidentielle  ...

The GOP Brotherhood of Egypt

Demonized in the U.S. as radical terrorists, Egypt's Islamists are actually led by free-market businessmen

Avi Asher-Schapiro

Salon

Jan 26, 2012

While Western alarmists often depict Egypt’s Muslim Brotherhood as a shadowy organization with terrorist ties, the Brotherhood’s ideology actually has more in common with America’s Republican Party than with al-Qaida. Few Americans know it but the Brotherhood is a free-market party led by wealthy businessmen whose economic agenda embraces privatization and foreign investment while spurning labor unions and the redistribution of wealth. Like the Republicans in the U.S., the financial interests of the party’s leadership of businessmen and professionals diverge sharply from those of its poor, socially conservative followers.

The Brotherhood, which did not initially support the revolution that began a year ago, reaped its benefits, capturing nearly half the seats in the new parliament, which was seated this week, and vaulting its top leaders into positions of power.

Arguably the most powerful man in the Muslim Brotherhood is Khairat Al-Shater, a multimillionaire tycoon whose financial interests extend into electronics, manufacturing and retail. A strong advocate of privatization, Al-Shater is one of a cadre of Muslim Brotherhood businessmen who helped finance the Brotherhood’s Freedom and Justice Party’s impressive electoral victory this winter and is now crafting the FJP’s economic agenda.

At Al-Shater’s luxury furniture outlet Istakbal, a new couch costs about 6,000 Egyptian pounds, about $1,000 in U.S. currency. In a country where 40 percent of the population lives on less than $2 a day, Istakbal’s clientele is largely limited to Egypt’s upper classes.

Although the Brothers do draw significant support from Egypt’s poor and working class, “the Brotherhood is a firmly upper-middle-class organization in its leadership,” says Shadi Hamid, a leading Muslim Brotherhood expert at the Brookings Institution in Washington.

Not surprisingly, these well-to-do Egyptians are eager to safeguard their economic position in the post-Mubarak Egypt. Despite rising economic inequality and poverty, the Brotherhood does not back radical changes in Egypt’s economy.

The FJP’s economic platform is a tame document, rife with promises to root out corruption and tweak Egypt’s tax and subsidies systems, with occasional allusions to an unspecific commitment to “social justice.” The platform praises the mechanisms of the free market and promises that the party will work for “balanced, sustainable and comprehensive economic development.” It is a program that any European conservative party could get behind.

Over the last few months the Brothers have been publicizing their economic conservatism to international investors and financial institutions.

“The Brothers see this as a major source of its appeal among Western audiences,” Hamid explains. “Most people think the Brothers would be aligned with a leftist interventionist approach to the economy. But after taking a second look, most investors find themselves pleasantly surprised when they find out otherwise.”

Speaking to Reuters in November, Hassan Malek, a textile mogul and Brotherhood financier, emphasized that the Brothers “want to attract as much foreign investment as possible … and this needs a big role for the private sector.” Just last week, Malek was tapped by the Brotherhood to head up the newly formed “Egyptian Business and Investment Association,” a coalition of leading Brotherhood businessmen working to promote private investment.

For his part, Al-Shater has been personally courting select investors and reassuring them in private that the Brothers have no radical plans for the economy.

Over the last few months the Egyptian investment bank EFG-Hermes organized sit-downs between Al-Shater and 14 major investment managers from Europe, the United States and Africa. Al-Shater used the opportunity to reassure investors that the new government shares their goals.

“I believe the meeting dismissed some investors’ concerns about an extreme economic policy,” said Wael Ziada, an official with EFG.

The Brotherhood wants continuity. Al-Shater’s relationship with EFG-Hermes has raised some eyebrows, since the investment bank was partially owned by deposed President Hosni Mubarak’s son Gamal. But the businessmen in the Brotherhood do not seem concerned by this connection, and they are not at all hasty to jettison the Mubaraks’ economic legacy.

Malek has even gone so far as to praise the economic policies of the Mubarak regime. “We can benefit from previous economic decisions. There have been correct ones in the past … Rachid Mohamed Rachid [Mubarak’s minister of trade] understood very well how to attract foreign investment.”

What Malek failed to mention is that Rachid fled to Dubai after the ouster of Mubarak and has since been convicted in absentia of squandering public funds and embezzlement.

Rachid worked to privatize Egyptian industries, reduce taxes and subsidies, and defang unions. This economic model, adopted at the urging of the IMF and international financial institutions, delivered strong economic growth — nearly 6 percent a year from 2004 to 2009 — but also generated inequality. The gains were concentrated in the hands of Egypt’s economic elite, while millions of working-class Egyptians saw their wages stagnate, as rising food prices pushed many to the brink.

This pressure inaugurated a wave of strikes, which were a key component in the uprising that toppled the Mubarak regime last spring. Since Mubarak’s ouster, however, the Brotherhood has taken a hostile line against trade unions. When a wave of strikes rocked Egypt last September, the Brothers sided with business interests and the ruling military junta against the unions.

“The Brothers have been against wildcat strikes and all significant labor actions,” says Zeinab Abdul-Magd, an Egyptian academic and leftists activist. “The Brothers just don’t relate to workers.”

The Brothers do run a number of impressive charity organizations for Egypt’s poor, and during holidays the Brotherhood offers subsidized meat to the poor. The Brotherhood’s candidates won big in last month’s parliamentary elections preaching social justice and promising relief to Egypt’s increasingly impoverished population.

But when it comes to specific policy proposals that could help Egypt’s millions of families who struggle to afford food, the Brothers employ what Shadi Hamid at Brookings calls “strategic ambiguity.”

“Their approach is to be everything to everyone all at once,” but in reality, Hamid says the leaders of the Brotherhood are “not in touch with the shockingly high levels of poverty on the grass-roots level.”

With Egypt facing a looming financial crisis — with rising unemployment and diminishing currency reserves — the real priorities of the Brotherhood will be tested. Despite Islam’s prohibition on interest, the leaders of the FJP have already met with representatives of the IMF who are offering over $3 billion in loans to ease Egypt’s financial burden.

It will be weeks before the new parliament takes any concrete steps to reform Egypt’s economy. But George Ishak, the co-founder of the Free Egyptian Party, a moderate liberal party that only managed to win one seat in the parliament, expressed skepticism that the Muslim Brotherhood would break with the past. “There’s a danger they will continue with the Mubarak policies.”

When asked what he would do differently Ishak responded, “I think we need to focus not just on growth, but instead think about the quality of growth … we need to think about redistribution.”

But that’s not what the Muslim Brotherhood is thinking about.

Avi Asher-Schapiro is a writer living in Cairo.

Voir aussi:

En Egypte, les Frères musulmans visent désormais la présidence

Le Monde

avec AFP, AP et Reuters

01.04.2012

Les Frères musulmans, qui avaient annoncé qu’ils ne brigueraient pas la présidence égyptienne, sont revenus sur leur décision en désignant Khairat Al-Chater comme candidat au premier tour de l’élection présidentielle, les 23 et 24 mai. Al-Chater, un informaticien devenu influent homme d’affaires, est considéré comme le numéro deux de la confrérie et comme son principal financier. Pendant des mois, les Frères ont assuré vouloir soutenir un candidat d’union, compatible avec leurs idées, mais pas affilié à leur formation, afin de ne pas donner le sentiment de vouloir accaparer le pouvoir. Leur revirement a été précédé de plusieurs jours de débats internes houleux.

La confrérie a expliqué qu’elle avait changé d’avis en constatant que ni les autres candidats, ni le Parlement n’étaient en mesure de répondre aux "demandes de la révolution", une critique implicite envers la gestion de la transition par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir. "Nous avons donc décidé de participer à la présidentielle, pas parce que nous sommes avides de pouvoir mais parce que la majorité parlementaire ne peut pas jouer son rôle", a justifié Mohamed Morsy, président du parti Liberté et Justice (PLJ) des Frères musulmans.

GRAND FAVORI PAR DÉFAUT

Le secrétaire général de la confrérie, Mahmoud Hussein, a estimé que "la révolution et le processus démocratique sont réellement menacés" par la présence à la présidentielle de candidats issus de l’ancien pouvoir. Sont visés l’ex-chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, ministre des affaires étrangères sous Hosni Moubarak, le dernier premier ministre du raïs déchu, Ahmad Chafic, ou l’ex-chef des services et longtemps ennemi juré des islamistes, Omar Souleimane.

Les relations entre le PLJ et le CSFA, qui a jugé dès la fin des élections que la nouvelle Assemblée n’était "pas représentative" de la société égyptienne, se sont encore tendues ces dernières semaines autour du processus de rédaction de la future Constitution. Les partis laïques ont boycotté la commission de rédaction, accusant les Frères de monopoliser cette instance en s’alliant pour la circonstance aux fondamentalistes salafistes.

L’annonce bouleverse la donne politique à moins de deux mois du premier scrutin présidentiel depuis la chute de Moubarak en février 2011. Au vu du résultat des élections législatives – le PLJ a remporté plus de 40 % des sièges – le candidat soutenu par les Frères musulmans fera figure de grand favori, mais certains analystes font remarquer que la crainte d’un monopole du pouvoir par les islamistes pourrait aussi servir les intérêts d’autres candidats.

Voir également:

L’ambition présidentielle des Frères musulmans change la donne

02-04-2012

Edmund Blair et Marwa Awad

LE CAIRE (Reuters) – La décision des Frères musulmans de présenter la candidature de Khaïrat al Chater a totalement changé de la donne de l’élection présidentielle en Egypte et met en évidence les divisions entre islamistes, l’inquiétude des libéraux et la nervosité croissante de l’armée.

Hommes d’affaires avisé et stratège politique habile, y compris du fond des geôles d’Hosni Moubarak où il a plusieurs fois séjourné, Khaïrat al Chater n’est pas encore entré en campagne qu’il figure déjà au rang des favoris du scrutin dont le premier tour est programmé les 23 et 24 mai.

A 61 ans, ce père de dix enfants incarne l’impatience nouvelle d’une confrérie islamiste qui a attendu son heure pendant 84 ans et n’entend désormais pas laisser passer sa chance, au point d’être revenue sur sa promesse de ne pas briguer la présidence.

Les Frères musulmans ont justifié ce revirement par le fait que le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui a promis de rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la présidentielle, a cherché, selon eux, à limiter les pouvoirs du Parlement depuis la nette victoire de leur parti Liberté et Justice (PLJ) aux législatives.

Le score du PLJ, qui a remporté plus de 40% des sièges à l’Assemblée du Peuple, loin devant tous les autres partis, semble placer Khaïrat al Chater dans un fauteuil en vue de la présidentielle.

Pour autant, sa candidature va renforcer les divisions entre islamistes, qui présenteront au moins trois candidats – les deux autres étant le dissident réformateur des Frères musulmans Abdel Moneim Aboul Fotouh, exclu de la confrérie l’an dernier, et le salafiste Hazem Salah Abou Ismaïl, proche, bien qu’indépendant, du parti Al Nour, deuxième des législatives avec environ 25% des voix.

PERTE DE CRÉDIBILITÉ

Ces deux candidats bénéficient d’une bonne assise populaire et certains, y compris au sein du PLJ, s’inquiètent de l’impact de cette cacophonie sur l’image de la confrérie – 52 des 108 membres de son conseil consultatif se seraient d’ailleurs prononcés contre la candidature de Khaïrat Al Chater, selon un responsable islamiste.

"La confrérie a le droit de présenter son propre candidat mais elle doit être consciente qu’elle perd beaucoup de sa crédibilité et qu’elle accroît les divisions avec les autres mouvements nationaux", lui a fait écho sur Twitter Mohamed Habib, un ancien adjoint du guide suprême.

Signe, peut-être, qu’il est conscient de la délicatesse de la situation, Khaïrat al Chater a fait profil bas depuis l’officialisation de sa candidature samedi, se contentant d’annoncer dans un communiqué sa démission de son poste de vice-président du PLJ. Selon son avocat, son casier judiciaire a été effacé pour lui permettre de se présenter.

Homme de l’ombre jusqu’à la révolution, il est pourtant un personnage clé depuis la chute d’Hosni Moubarak, les émissaires, notamment occidentaux, se pressant pour rencontrer celui qui passe pour être le grand argentier de la confrérie, comme lors de la négociation d’un prêt de 3,2 milliards de dollars du Fonds monétaire international.

"L’Egypte ne reviendra pas au système du parti unique. La confrérie aidera les autres partis à se renforcer. Même si un parti est majoritaire, il ne doit pas monopoliser le pouvoir", avait-il dit à Reuters en mars 2011, dix jours après sa libération.

TENSIONS AVEC L’ARMÉE

Le monopole du pouvoir est pourtant le chemin sur lequel certains, en particulier les libéraux et les laïques, estiment que les Frères musulmans viennent de s’engager.

"Ils montrent chaque jour qu’ils n’ont qu’un seul objectif: le pouvoir", accuse Ahmed Saïd, un dirigeant du parti des Egyptiens libres, un mouvement libéral fondé après la révolution.

Le changement de stratégie de la confrérie traduit aussi la dégradation de ses relations avec l’armée, avec laquelle le reste de l’opposition l’a pourtant accusée de connivence, voire d’alliance, au moment des élections législatives.

Le refus du CSFA de limoger le gouvernement transitoire, dirigé par un ancien Premier ministre d’Hosni Moubarak, après les élections législatives est d’ailleurs un des arguments avancés par le secrétaire-général de la confrérie pour justifier la candidature de Khaïrat al Chater.

Il existe, selon Mahmoud Hussein, "une réelle menace sur la révolution et la transition démocratique vers un gouvernement civil élu".

En attendant la rédaction de la nouvelle constitution par un comité composé pour moitié de parlementaires, c’est à l’armée ou au nouveau président élu que revient le droit de désigner le chef du gouvernement.

Les généraux ont assuré qu’ils ne présenteraient pas de candidat à la présidentielle, mais face aux divisions des islamistes, ils pourraient essayer d’en tirer profit en soutenant un candidat comme l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ou le dernier Premier ministre d’Hosni Moubarak, l’ex-général Ahmed Chafik.

Si cela devait aboutir à l’élection d’un de ces deux hommes de l’ancien régime, souligne le politologue Hassan Nafaa, "les Frères musulmans porteraient la responsabilité de ce résultat".

Tangi Salaün pour le service français

Voir encore:

Les Frères musulmans visent la présidence égyptienne

Marion Guénard

Le Figaro

02/04/2012

Lancés dans une course pour le pouvoir avec l’armée, les islamistes bousculent leur agenda politique.

Ironie du sort, c’était une promesse de Khairat el-Shater lui-même, formulée en avril 2011, quelques semaines après la révolution de janvier, pour rassurer les Égyptiens et au-delà les puissances occidentales: les Frères musulmans, respectueux de l’équilibre des pouvoirs démocratiques, ne présenteront pas de candidat à la présidentielle.

Pourtant, un an plus tard, la position officielle des Frères change du tout au tout. Samedi soir, la confrérie a annoncé qu’elle se rangeait derrière son numéro deux, le puissant homme d’affaires Khairat el-Shater, pour briguer la fonction suprême, dont l’élection aura lieu le 23 mai prochain. Élu par le Conseil consultatif, par 56 voix contre 52, cet homme à la silhouette de géant, connu pour être le gestionnaire, voire l’une des sources de financements de la confrérie, a démissionné dans la foulée de son poste d’adjoint au guide suprême. Quels motifs peuvent justifier un tel revirement? Dans le communiqué du parti Liberté et Justice, le bras politique de la confrérie, les Frères évoquent «des menaces sérieuses (qui) pèsent sur la révolution et la démocratie en Égypte, dont le refus par le Conseil suprême des forces armées de former un gouvernement de coalition nationale à la place du cabinet Ganzouri.»

La candidature de Khairat el-Shater à la présidentielle égyptienne est une nouvelle étape dans le bras de fer que se livrent militaires et Frères pour le partage du pouvoir. Depuis plusieurs semaines, les députés de Liberté et Justice, qui représentent près de la moitié du Parlement, exigent la démission du gouvernement de Kamal el-Ganzouri, nommé et protégé par les militaires. Le ton est monté d’un cran la semaine dernière, quand les Frères ont accusé l’armée de vouloir faire échouer la révolution.

Cependant, il n’est pas certain que la candidature de Khairat el-Shater soit légalement possible. Prisonnier politique sous le régime de Moubarak, condamné à cinq ans de réclusion en 2008, ce cadre des Frères musulmans a été libéré au printemps dernier pour des raisons de santé, sans avoir purgé toute sa peine, ce qui le rend inéligible aux yeux de la loi égyptienne.

Les militants sceptiques

«Si les militaires ne veulent pas de lui, ce sera facile de l’écarter. C’est pourquoi cette décision est si difficile à comprendre», avance, prudent, Nour, jeune homme issu d’une famille «Frère», aujourd’hui militant au sein du Tayyar el-Masri, un parti de jeunes dissidents, déçus par le manque d’ouverture de la confrérie. Au sein même des Frères, beaucoup regardent cette prise de position d’un œil dubitatif. À commencer par les plus jeunes. Personne n’a oublié l’exclusion en juillet dernier d’un des leaders historiques de la confrérie, Abdel Moneim Aboul Fotouh, pour s’être déclaré candidat à la présidentielle. Depuis, le bureau exécutif des Frères menace quiconque le soutiendra de mise au ban.

Cette réaction autoritaire a fait fuir nombre de jeunes, qui, comme Nour, ne se reconnaissaient plus dans la confrérie et qui, depuis, ont rejoint la campagne du Frère déchu. Certains cadres ne cachent pas leur scepticisme. Vétéran des Frères musulmans, Kamal el-Helbawy a démissionné, suivi par une poignée de plus jeunes.

Voir par ailleurs:

The Very Model of a Modern Muslim Brother

Meet Khairat Al Shater, poster boy of ‘moderate’ Islamist politics.

Bret Stephens

In Egypt’s upcoming presidential election, there are three main contenders.

One is a septuagenarian dinosaur who served a decade as foreign minister in Hosni Mubarak’s dictatorship.

Another was quoted in 2004 by Ikhwanonline—the website of the Muslim Brotherhood—calling for "Arab and Muslim peoples to prepare for Jihad, and boycott all forms of dealing with the Zionist-American enemy and the states that support it."

And then there’s the third guy, who’s the real hardliner.

Welcome to Arab democracy, post-Arab Spring. That third guy is Hazem Salah Abu Ismail, a telegenic Salafist who admires Iran, wants to abolish the peace treaty with Israel, end trade with the West, and have women work at home. The Weekly Standard carried an instructive piece about him in September, warning that he had a good shot at winning the presidency. On Sunday, the New York Times got around to taking note of him, too, apparently since the State Department has also come around to thinking he could win.

Which brings us back around to candidate No. 2.

He’s Khairat Al Shater, a multimillionaire businessman who was the Muslim Brotherhood’s deputy head and de facto CFO until last week, when he resigned the Brotherhood (with its blessings) to run for president. Though the Brotherhood had pledged not to field a candidate, it’s doing so anyway out of frustration with the reluctance of Egypt’s military rulers to cede effective power more quickly. And that’s OK with the Obama administration, partly as a hedge against a possible Abu Ismail victory, partly because they’re OK with him.

Mr. Shater, the Times reports, "is in regular contact with the American ambassador, Anne Patterson, as well as the executives of many American companies here, and United States officials have praised his moderation as well as his intelligence and effectiveness."

About Mr. Shater’s intelligence and effectiveness, there’s little debate. But as the quote from Ikhwanonline suggests, "moderation"—except perhaps in the broader company he keeps—is another matter.

So, on the subject of Israel, Mr. Shater noted that the killing of Hamas’s Ahmed Yassin was "a heinous crime corresponding to the perfidious nature of the Zionist enemy." As for negotiating with Israel, he called it "mindless": "The only way" to deal with the Jewish state, he insisted, "is jihad." He faulted "the enemies of Islam" for trying to "distort and remove [jihad] from the hearts and minds and souls of Muslims." He blasted the U.S. for preventing "the Islamic nation in its entirety" from eliminating "the usurper Zionist enemy."

Of course that’s just Israel, and what else is a leading Muslim Brother supposed to say? Still, given that the Egyptian-Israeli peace treaty is a cornerstone to U.S. policy in the Mideast, it might at least call into question the wisdom of the U.S. becoming comfortable with a Shater presidency.

Then there’s Mr. Shater’s ideas about governance in general, spelled out in a lengthy talk he gave last year in Alexandria about the history, philosophy, methods and ambitions of the Brotherhood. (An English translation will be available later this month at the Hudson Institute’s currenttrends.org.)

A few sentences in Mr. Shater’s talk will come as music to Western ears: He calls for an independent judiciary, rule of law, economic development and the peaceful rotation of power.

But that has to be understood in the context of Mr. Shater’s broader aims: "Restoring Islam in its all-encompassing conception; subjugating people to God; instituting the religion of God; the Islamization of life." His notion of an ideal citizen is a cadre: "Every individual in the Society should be . . . a walking Quran." Similarly, his notion of religious piety is organizational commitment: "With individual piety the issues connected to organizational developing must also be present."

More important, while Mr. Shater believes that different historical circumstances require different organizational tactics, he is adamant that the Brotherhood’s goals must remain fixed and unyielding.

"No one can come and say, ‘let’s change the overall mission’. . . . No one can say, ‘forget about obedience, discipline and structures. . . . No. All of these are constants that represent the fundamental framework for our method; the method of the Muslim Brotherhood. It is not open for developing or change."

What Mr. Shater is advocating, in other words, is the creation of flexible democratic political structures within the rigid framework of a quasi-totalitarian society. And like all totalitarian visions, it even comes with its own Guardians of Virtue: "The Revolution," he says, "needs to become perpetual," with a core group of "one or two million" to safeguard the revolution from its enemies. In the old Soviet Union, that job was done by the KGB. In Iran today, it’s the IRGC.

Is this vision of a regime really compatible with American values and interests? People in the Obama administration seem to think so. Hang on, wasn’t there a third candidate? Amr Moussa, dinosaur, is looking better all the time.

Voir enfin:

Obama and the Eisenhower Standard

When crafting foreign policy, the late president didn’t ‘give a damn how the election goes.’

Fouad Ajami

The WSJ

April 1, 2012

On Nov. 6, 1956, Election Day, to be precise, President Dwight D. Eisenhower sent a brief message to British Prime Minister Anthony Eden: "We have given our whole thought to Hungary and the Middle East. I don’t give a damn how the election goes."

Eisenhower could afford that kind of attitude—he was a genuine American hero in World War II, and there was no chance of his losing his bid for a second term to the inconsequential Adlai Stevenson. But the election came, as the historian David Nichols put it, during a "perfect storm." Britain and France had invaded Egypt under the guise of bringing to a halt fighting in the Suez Canal between Egypt and Israel, and the Soviet Union had deemed this the right time to crush a Hungarian bid for freedom.

Ours is a different world. Barack Obama isn’t to be held to the Eisenhower standard. Indeed, as a fortunate "off-mic" moment recently revealed, this president bargains with Russian errand boy Dmitry Medvedev over something as trivial as protecting Europe with a missile defense system. I will have more "flexibility," the leader of the Free World says, with my last election behind me.

Thankfully, we don’t live in the shadow of a nuclear showdown. But from its very beginning, this presidency has been about the man himself and his personal ambition, and less so his duty to democracy.

So what’s to be said of Mr. Obama’s foreign-policy accomplishments? Has he, like Eisenhower, given his whole thought to the troubles of the Middle East? As a candidate, he declared Afghanistan the "war of necessity." But the war does not detain or torment him, nothing here of the anguish of LBJ over Vietnam. He ordered his own surge in Afghanistan but took away so much of its power by announcing a date for American withdrawal in 2014—two good, safe years after his second presidential bid. This way peace could be had with the Taliban who could wait us out—and with the "progressives" at home who have no use for this war but are willing to grant the president prosecuting it time and indulgence.

In the same vein, the primacy of electoral politics over the necessities of strategy had driven the decision to quit Iraq and give up our gains in that vital country. Mr. Obama gave the Iraqis an offer they were meant to refuse. The small residual force he said he would accept, a contingent of somewhere between 3,000 and 5,000 soldiers, could hardly defend itself, let alone be of any use to the Iraqis.

No one was fooled. The American president had given every indication that he had no interest in Iraq and its affairs. A decade of sacrifices lay behind us in Iraq, the new order was too fragile to stand alone. We could have had an appreciable presence in Iraq—the Kurds, the Shiites, the Sunnis would have all been glad for the American protection. This presence would have served us well as a hedge against the hegemonic ambitions of Iranian theocracy, and an Iraq in the orbit of U.S. power would have been less likely to cast its fate with the embattled House of Assad in Syria.

For a year now, the people of Syria have been in the midst of a heroic struggle against a tyrannical regime, but no American help has come their way. Moral considerations aside, Syria is now a strategic battleground, a place where Iranian power challenges, by proxy, the moderate order of nations in the region. For three decades, the Iranian radical theocracy has waged campaigns of terror away from its soil.

In Syria, the mullahs are determined to prevail in the face of the moderate Arabs and Western democracies. Much of the order of the region hangs in the balance. Were the Iranian bid for regional hegemony to be broken in Syria, the Middle East would change for the better.

As the noted scholar of strategy Charles Hill put it, Syria is the ideal place to rattle the turbans. Were the Assad regime to bite the dust, the stranglehold of Hezbollah over Lebanon would come to an end. In "the East" there is that age-old instinct for reading the wind and riding with the victor.

It had taken some five months for President Obama to call on Bashar al-Assad to relinquish power, but once that call was made we were reduced to mere spectators of the Syrian calamity. We exaggerated the might of the Assad killing machine, belittled the opposition, and doubting their purpose and cohesiveness, refrained from arming the defectors.

American intelligence and policy statements could never get it right: Assad was, alternately, a dead man walking or firmly in the saddle. When a measure of ambiguity about American intentions could have aided the Syrian rebellion, the Pentagon and State Department went out of their way to reassure the despot in Damascus that there was nothing to worry about in Washington. No wonder the suspicion has grown that the Obama administration is content to see Assad ride out the storm.

From this great contest, the administration wishes to be spared. Were Assad to fall, the claim could be made that the Obama wisdom had been vindicated, that an "organic" Arab rebellion had prevailed. In the meantime, the agony of Homs and Hama, the popular upheaval against a monstrous tyranny, is left untended.

Mr. Obama has never owned up to the fact that the cruel regimes in Tehran and Damascus were the ones he had been eager to court at the dawn of his presidency. Read the Wikileaks from Damascus in early 2009—they are full of false hope that the olive branch extended to the Damascus dictatorship had altered its ways.

History is perhaps forgiving nowadays, the Syrian rebellion could be crushed without Mr. Obama paying an appreciable political price. It is a sad truth that the president has become the embodiment, and the instrument, of our retreat from distant shores—and concerns. He trades away strategic American assets in the hope that the American people will not care or notice. On the face of it, he exudes a sublime confidence that the world could be held at bay—at least until November, past that last election.

Mr. Ajami is a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution and co-chair of Hoover’s Working Group on Islamism and the International Order.


Tuerie de Toulouse: Attention, un climat peut en cacher un autre (From selective outrage to selective killing)

26 mars, 2012
J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin. (…) Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle. Stéphane Hessel (2008)
En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. (..)  Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité. Stéphane Hessel (à propos de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, 5 janvier 2009)
Au cours des trois dernières années, à l’invitation de mes amis israéliens, qui font partie d’une minorité courageuse, nous y sommes allés, ma femme et moi, par trois fois. Nous avons constaté que la Cisjordanie est complètement ingérable parce qu’elle est occupée, colonisée. Les routes ne sont pas autorisées pour les Palestiniens. Ces derniers sont traités avec un mépris épouvantable par Israël. Quant à la bande de Gaza, elle a été enfermée dans ce que l’on peut appeler une « prison à ciel ouvert ». L’opération « Plomb durci », de décembre 2008 à janvier 2009, a été une succession de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. La manière dont l’armée israélienne s’est comportée est absolument scandaleuse. Nous étions à Gaza en même temps que l’équipe dirigée par le juge Goldstone, et je peux témoigner que tout ce que relève le rapport Goldstone est exact. (…) Le gouvernement d’Israël bénéficie en effet d’une impunité scandaleuse, alors que depuis des années il bafoue le droit international et rejette les résolutions de l’ONU, ne respecte pas la Convention de Genève.  (…) Dès la fin de la guerre, je me suis retrouvé à New York comme fonctionnaire à l’ONU. J’ai assisté simultanément à deux événements importants : la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la création de l’État d’Israël. Pour quelqu’un comme moi, né de père juif et qui sortait des camps de concentration, cette création était de l’ordre du merveilleux. Je n’étais pas conscient du fait que cet État ne pouvait exister qu’en chassant un nombre considérable de Palestiniens de leurs terres. (…) Pendant vingt ans, j’ai continué à considérer favorablement le développement d’Israël : j’étais admiratif des kibboutz et des moshav. Tout a changé en 1967 avec la guerre des Six Jours. Cette guerre, gagnée par Israël pratiquement en une matinée, a donné aux gouvernants de l’époque ce que j’appelle une hubris, un sentiment de supériorité extraordinaire, qui les a amenés à ne plus tenir compte du droit international. C’est à partir de 1967 que je me suis engagé dans le camp de ceux qui voulaient un retrait des forces israéliennes et la création d’un État palestinien. Stéphane Hessel (Jeune Afrique, 17.05.10)
Coauteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce grand témoin du XXe siècle, ardent militant de la paix et de la non-violence, a mis tout le poids de son autorité morale au service d’une cause : le droit des Palestiniens à disposer d’un État viable. Jeune Afrique
Fort heureusement, la réplique de Szlamowicz à Hessel est là pour nous rappeler un certain nombre de vérités attestées par des documents : la responsabilité de Hadj Amine El Husseini, grand admirateur d’Hitler dans l’exode de certains Arabes de Palestine lors de la Guerre d’Indépendance d’Israël, le chiffre extravagant du nombre des « réfugiés » palestiniens, l’occultation de la question des réfugiés juifs des pays arabes spoliés et chassés de leurs terroirs ancestraux, les attendus effrayants pour Israël et pour les Juifs contenus dans la charte de l’OLP jamais amendée comme dans celle du Hamas, l’éducation donnée aux enfants dans les écoles palestiniennes, le principe islamique de la tromperie, la taqqiya, Sans oublier l’utilisation abusive du terme « colon », le passé négationniste de Mahmoud Abbas auteur d’une « thèse » d’histoire soutenue à Moscou en 1982 et intitulée « La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945 », ou encore l’expression de « Mur de l’apartheid » pour fustiger une barrière de sécurité appelée en hébreu geder hahafrada, « grillage de séparation », ce que le « Mur » est effectivement sur 96% de son parcours. Fort opportunément l’auteur nous rappelle les grands textes fondateurs de l’Israël moderne, notamment le traité de San Remo de la Société des Nations qui date de 1920 relatif aux territoires de Judée-Samarie. Ce traité, nous explique-t-il, n’a jamais été abrogé. Il aurait pu l’être par le plan de partage de 1948 mais les Arabes, on le sait, l’ont refusé. En somme, nous explique Szlamowicz, « non seulement les prétentions d’Israël sur ces territoires sont légitimes par rapport à cette histoire récente, mais les territoires aujourd’hui sous contrôle israélien ont été acquis-dans le cadre d’une nouvelle guerre d’extermination menée par les pays arabes et perdue par ces derniers-lors de la Guerre des 6 Jours de 1967 aux dépens de la Jordanie (et de l’Égypte pour Gaza) qui ne les réclame plus depuis 1988. Il s’agit donc de territoires qui n’ont jamais appartenu à une entité palestinienne qui n’existait pas à l’époque-et qui ne les a d’ailleurs jamais réclamés ni aux Jordaniens ni aux Égyptiens. Considérer que ces territoires seraient légitimement et automatiquement « palestiniens » est donc largement abusif ». Présentation de l’Editeur
[Stéphane Hessel] se présente et se laisse présenter comme le rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme, alors que, poussé dans ses derniers retranchements, il a fini par concéder un jour – mais un peu tard – qu’il ne l’avait jamais été. Autre imposture de taille : ses choix dans le registre de sa prétendue indignation. Je vous mets au défi de trouver dans ce livre la moindre indignation en politique étrangère à l’exclusion notable de la Palestine. Il ne s’indigne pas de la Syrie, du Rwanda, du Tibet, ni du sort des chrétiens d’Orient, les nouveaux esclaves des émirats. Le génocide au Darfour ne lui arrache pas un soupir : la seule chose qui l’intéresse, c’est de fustiger Israël. Gilles-William Goldnadel (auteur de Le vieil homme m’indigne, 2912)
J’étouffe en France… On ressasse éternellement les mêmes petites idées toutes faites, les mêmes préjugés recuits qui servent à refouler toutes les questions neuves. (…) je ne participerais tout simplement pas à un « débat » entre deux personnalités qui pensent et disent exactement la même chose. Car c’est un grand classique de la désinformation à la française : vous prenez un homme politique de gauche et un intellectuel d’extrême-gauche, qui va l’engueuler, en lui disant que son parti n’en fait vraiment pas assez ; vous laissez mener un débat entre un politique de droite et un politique de gauche par une journaliste bien engagée à gauche sans prévenir le public ; vous prenez un « alterjuif » (comme dit Shmuel Trigano), adversaire irréductible d’Israël et vous feignez de l’opposer à un représentant patenté de l’OLP… Ce sont des débats truqués. (…) Mes interviews ne sont pas agressives. Mais je refuse de laisser prêcher, pérorer parfois, des personnages qui sont parvenus, en France, au statut « d’intouchables ». Personne n’ose ni les interrompre, ni les contredire. Même lorsqu’ils disent des bêtises. (…) Ma thèse, c’est que la pseudo « centralité » du conflit israélo-palestinien est un leurre, offert par les despotes arabes à leurs opinions publiques, pour masquer la réalité de leurs échecs – économiques, sociaux, culturels. On a fait croire à ces gens que la source de tous leurs maux, que l’arriération de leur société, avaient une cause unique : la présence d’un Etat juif sur la « terre sacrée de l’Islam ». Mais avec les Printemps arabes, la chute des despotes, le conflit avec Israël a donc perdu sa pseudo « centralité ». Les intellectuels français ne l’ont pas compris. Ils ont juste un temps de retard… (…) Je passe déjà pour « libéral », ce qui est, dans cet étrange pays, une grave accusation (il vaut mieux avoir été un partisan des Khmers rouges !), mais « sioniste » en plus, c’est prendre le risque de se voir boycotter !  (…) Il n’y a pas qu’en France. Dans toute l’Europe de l’Ouest, condamner Israël est devenu la norme. Il y a beaucoup de raisons. Mauvaises. L’une d’entre elles, c’est de chercher à s’attirer les bonnes grâces des immigrés d’origine musulmane. On les traite assez mal chez nous. Ils sont discriminés sur le marché de l’emploi. Au lieu de les laisser s’installer et travailler, pour s’enrichir – c’est pour ça, après tout, qu’ils sont venus chez nous -, on leur offre des compensations symboliques. La condamnation d’Israël en premier lieu. (…) La paresse intellectuelle, l’ignorance des réalités locales, la passion de répéter tous ensemble des slogans en bénéficiant, en outre, des bénéfices de la bonne conscience morale. (…) Soutenir l’OLP ou le Fatah, c’est à la mode, comme, dans ma jeunesse, soutenir le Vietcong… D’ailleurs, l’antisionisme a pris le relai de l’antiaméricanisme traditionnel des Français : depuis que le président est un Noir, c’est devenu beaucoup plus mal porté. Alors, on se reporte sur Israël, paria des nations…(..) Donner moins systématiquement la parole aux ennemis déclarés de l’Etat juif, à toutes ces bonnes consciences de gauche, qui feignent le courage en cherchant, en fait, à s’attirer les bonnes grâces de ceux qui leur font peur (les islamistes radicaux), qui feignent l’anticonformisme, alors qu’ils répètent en chœur les mensonges du moment, qui rejouent la lutte contre le vrai apartheid (en Afrique du Sud) en se trompant de lieu et d’époque. (…) Je pense que les révolutions arabes sont en train de changer la donne. Evidemment, je suis inquiet de l’arrivée au pouvoir des islamistes à l’issue des élections démocratiques, en Tunisie et en Egypte. Mais je veux croire que ce n’est qu’une étape sur la voie d’une démocratisation en profondeur de ces sociétés. Je pense que plus le monde arabe sera acquis à la démocratie, plus il aura tendance à supporter l’existence du minuscule Etat juif en son sein. A cesser de considérer les Juifs et les chrétiens d’Orient comme des dhimmis… De toute façon, la situation, au Moyen Orient, c’est une guerre de plus en plus ouverte entre sunnites (appuyés par l’Arabie saoudite) et chiites (dirigés par l’Iran). Qu’on arrête de raconter que la paix règnerait si Israël laissait s’installer un Etat palestinien dans les territoires conquis après la guerre des 6 Jours ! Ce n’est pas Tsahal qui massacre la population syrienne… Brice Couturier (France Culture)
Il y a, depuis trop longtemps, un climat qui se dégrade en France et la vie politique n’est pas étrangère à ce climat. (…) Le fait de montrer du doigt les uns ou les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c’est d’une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment [...] On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots et ces mots-là, après, ils roulent comme une avalanche et quelquefois ils tombent sur des fous.  François Bayrou
Il y a un degré de violence et de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, c’est inacceptable (…). Les hommes publics ont le devoir de veiller à ce que les tensions, les passions, les haines ne soient pas à chaque instant entretenues. Le fait de montrer du doigt les uns et les autres en fonction de leur origine, c’est faire flamber les passions et on le fait parce que dans ce feu-là il y a des voix à prendre (…). On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots qui roulent comme une avalanche et parfois tombent sur des fous. Nous ne savons rien sur celui qui a perpétré cette tuerie mais nous sentons bien que cela n’est pas sans lien avec une certaine évolution de la France. François Bayrou
Il y a des mots qui peuvent effectivement avoir des conséquences. Il y a des mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent. Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire. François Hollande
La similitude avec les lâches assassinats de sang froid des 3 militaires de Montauban d’origine antillaise et maghrébine laisse penser dans les deux cas à des motivations racistes et antisémites. Ils témoignent d’une montée préoccupante et générale de la haine et de l’intolérance religieuse dans notre pays, à l’égard de toutes les religions, quelles qu’elles soient. Arnaud Montebourg (député PS, communiqué, via l’AFP)
Tuerie de Toulouse. Des enfants et une école juive.abjection totale.un fou?peut être mais le climat délétère et la haine sont des excitants. Corinne Lepage
Avis aux pyromanes de la défense d’une « identité nationale » perçue comme une entité fermée, frileuse, nourrie au ressentiment et à la haine … Bernard-Henri Lévy
La poudre raciste, antisémite et xénophobe répandue depuis trop longtemps dans les esprits de notre peuple fait planer sur notre République de graves dangers à la moindre mèche allumée. La tolérance et le respect d’autrui doivent prévaloir, la haine et les divisions être bannies. Marie-George Buffet
Ça a l’air d’être un fou mais ce n’est peut-être pas un hasard si ça arrive en pleine campagne. Il y a peut-être un calcul politique derrière pour faire diversion par rapport à la crise. Philippe Poutou (candidat du NPA)
Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe en Syrie, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie. Catherine Ashton (en marge d’une réunion sur la jeunesse palestinienne à Bruxelles)
Il faut toujours se méfier des mots, mais [Gaza] c’est d’une certaine manière une prison à ciel ouvert, puisque ces gens ne peuvent pas rentrer, ne peuvent pas sortir, ne peuvent pas se baigner dans la mer. (…) J’ai vu la vie à Gaza. Ce n’est pas une situation qui peut perdurer (…) C’est la position de la France et de la grande majorité des pays qui sont par ailleurs amis d’Israël. Henri Guaino (plume du président Sarkozy, Radio J, 25.03.12)
Il se revendique être un moudjahidine (un combattant de Dieu), appartenir à Al-Qaïda et avoir voulu venger les enfants palestiniens autant qu’avoir voulu s’en prendre à l’armée française compte tenu de ses interventions à l’extérieur. Claude Guéant
Des peines de trois ans de prison avec sursis à six ans ferme ont été requises aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris contre quatre hommes et une femme soupçonnés d’avoir soutenu une filière jihadiste franco-belge. Le Figaro (16.03.12)
Qui "formate" qui lorsque systématiquement, parlant d’Israël, on inverse les causalités faisant passer la réplique à des attentats ou à des bombardements comme une nouvelle agression de l’État hébreu ? Qui nourrit l’imaginaire haineux de celui que Le Monde présente comme "un gamin des cités", "un petit délinquant, fanatisé par l’islam et la violence"? Marc Nacht
Il conviendrait donc de ne pas se demander pourquoi le fondamentalisme musulman assassine plus particulièrement des Juifs. Il faudrait — par « pudeur » et « dignité », ces mots-cachettes de la lâcheté électoraliste — ne tirer aucune conclusion politique face au terrorisme islamique et à la présence en France de militants prêts à passer à l’action armée. Il faudrait au contraire dénoncer ceux qui dénoncent les progrès d’un islam revendicatif en France — les fauteurs de troubles seraient donc ceux qui luttent contre l’islamisme. Il faudrait ne pas faire de parallèle entre cette tuerie et les slogans que l’on entend depuis des mois et des années criant « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne. Il faudrait détourner pudiquement le regard des rues et des mosquées où se développent les discours de guerre anti-Français et anti-Juifs. Il faudrait également ne pas se demander pourquoi les représentants de l’islam, qu’on ne cesse de présenter comme « modérés », ne font pas de la lutte contre l’islamisme une priorité si cette assimilation leur est intolérable. (…) Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre. (…) Cet environnement de désinformation permanente s’est illustré récemment, avec un tweet accusant Israël d’avoir tué une fillette le 11 mars : la photo qui l’illustrait concernait en fait un accident de voiture datant de 2006. La personne qui a propagé cette fausse information — reprise et diffusée par les agences de presse sans contrôle — était employée par l’ONU comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés », ce qui laisse sans voix. Le 14 mars, Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, propage une information (obligeamment diffusée par l’Associated Press) accusant un tir israélien d’avoir tué un enfant de 8 ans, Barka al-Mugrahbi. Or, il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région : l’enfant est en réalité décédé suite à des tirs palestiniens lors de funérailles. Ce flot incessant de fausses informations, dont le démenti ne reçoit jamais le même écho — ce qui en soit est la preuve d’une stratégie de diffusion de mensonges et ne paraît pas rendre les journalistes plus prudents tant ils semblent pressés de porter crédit aux fausses nouvelles — conditionne à la haine d’Israël et, par assimilation, à la haine des Juifs. (…) A vrai dire, le choc n’a saisi les médias que dans la mesure où les meurtres ont eu lieu en France. Ces assassinats, quand ils ont lieu en Israël ou dans les « territoires », sont toujours excusés par ces mêmes journalistes larmoyants et accusant les enfants de 3 mois d’être des colons. La saturation de termes péjoratifs (« colonisation », « apartheid »…) qui sont sans rapport avec la situation politique réelle, la présentation systématiquement négatives des actes de défense d’Israël, les appels au boycott et le martellement médiatique ont abouti dans les consciences a une équivalence entre Israël et le Mal. Parallèlement s’est développé une intense activité de légitimation du terrorisme islamique. Choisissant de ne pas voir que les civils tués à Gaza l’étaient parce qu’ils servaient de boucliers humains aux combattants du jihad occupés à lancer des roquettes sur les villes israéliennes, certains politiciens d’extrême-gauche et certains militants européens portant fièrement le keffieh des terroristes ont tenté d’imposer des réflexes intellectuels anti-israéliens. J’ai déjà décrit comment excuser le terrorisme pour de pseudo-raisons politiques revenait à délivrer un permis de tuer des Juifs. Mohamed Merah a démontré par ses actes ce mécanisme et cette équivalence profonde dans certaines consciences entre Juifs et Israéliens, entre civils et militaires. Jean Szlamowicz

Attention: un climat peut en cacher un autre!

Culture de l’excuse, dénégation et occultation de toute analyse factuelle, retournement de la causalité, comparaisons d’un œcuménisme douteux, lâcheté électoraliste, « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne,  discours de guerre anti-Français et anti-Juifs dans les mosquées, refus des représentants de l’islam« modérés » de prendre ouvertement et fermement  position contre l’islamisme, discours institutionnel du monde arabo-musulman diffusé internationalement fondamentalement antisémite et anti-occidental, déclaration hypocrite d’une ’Autorité Palestinienne qui par ailleurs ne cesse d’encourager au terrorisme, stigmatisation systématique d’Israël, amalgame Juif/Israélien, indignation sélective d’un Stéphane Hessel, parallèle pervers d’une Catherine Ashton, reportages télévisés biaisés,  appels au boycott anti-Israël, environnement de désinformation permanente,  flot incessant de fausses informations dont le démenti ne reçoit jamais le même écho, accusations frénétiquement unilatérales envers Israël ….

Alors qu’avec la tuerie de Toulouse nos belles âmes n’ont pas manqué de dénoncer un prétendu "climat de haine" issu selon eux de ceux qui osent braver le politiquement correct …

Remise des pendules à l’heure avec Jean Szlamowicz, décrypteur du maitre de l’indignation sélective et prétendu "co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme"  Stephane Hessel.

Qui rappelle, derrière les années et décennies d’appels à la« mort aux Juifs » des manifestations anti-israéliennes  et l’aveuglement propalestinien de nos journalistes, politiciens et intellectuels,  l’une des véritables sources de "la haine anti-juive" qui vient de "se concrétiser par le meurtre"…

Mohamed Merah : fruit vénéneux des terroristes du verbe

Dès que la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah perpétrée à Toulouse le 19 mars 2012 a fait sensation, l’émotion médiatique s’est déployée selon les normes de l’événement : pudeur choquée, compassion larmoyante, protestations de retenue… Chaque personnalité politique s’est précipitée à la télévision pour dire qu’elle n’exploiterait pas le drame à des fins électorales. Beaucoup se sont empressés de procéder au remplacement du signe juif par son universalisation : « c’est la République qui est visée », « il faut lutter contre le racisme », « ce sont nos enfants qu’on assassine »…

Linguiste, traducteur et maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne, Jean Szlamowicz est l’auteur de Détrompez-vous ! Les étranges indignations de Stéphane Hessel décryptées (Editions Intervalles).

Jean Szlamowicz,

Aschkel

mars 26th, 2012

Dès que la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah perpétrée à Toulouse le 19 mars 2012 a fait sensation, l’émotion médiatique s’est déployée selon les normes de l’événement : pudeur choquée, compassion larmoyante, protestations de retenue… Chaque personnalité politique s’est précipitée à la télévision pour dire qu’elle n’exploiterait pas le drame à des fins électorales. Beaucoup se sont empressés de procéder au remplacement du signe juif par son universalisation : « c’est la République qui est visée », « il faut lutter contre le racisme », « ce sont nos enfants qu’on assassine »…

Discours de l’occultation

Le corollaire de cette dépolitisation instantanée a été une rhétorique d’obscurcissement : les appels à « lutter contre les amalgames », à éviter « la stigmatisation de l’islam », à se méfier des « récupérations politiques » ou à ne pas céder à « des discours de haine » ont fait dériver le discours vers la prescription politique pour empêcher toute analyse factuelle. Les deux cibles de Mohamed Merah ont pourtant valeur de discours et sont d’une redoutable clarté : des militaires parce que la France est, officiellement, en lutte contre l’islamisme et des Juifs parce que l’islam s’érige depuis son origine contre les Juifs.

Très rapidement, un discours d’excuse s’est mis en place. On a dit que la France était coupable de ne pas intégrer « ses » immigrés. L’excuse sociologique est une véritable insulte envers tous ceux qui, partageant les mêmes origines sociales et culturelles, ne deviennent ni islamistes, ni terroristes. Cette excuse retourne également la causalité, faisant de la France la responsable du jihad et des Talibans… Aller chercher ailleurs que dans le jihad les causes du jihad ressemble fort à une technique de diversion rhétorique consistant d’emblée à exonérer l’islam du moindre rapport avec l’islamisme.

C’est pourtant l’occasion de porter dans le débat public la place du religieux dans notre société, censément laïque mais où l’islam impose de manière grandissante ses propres problématiques. De fait, les débats sur le voile ou la nourriture halal n’ont pas leurs sources dans le catholicisme ou le judaïsme, qui se trouvent pourtant toujours enrôlés dans des comparaisons d’un œcuménisme douteux.

De tels encouragements à ne pas incriminer l’islam obscurcissent délibérément l’analyse. Il conviendrait donc de ne pas se demander pourquoi le fondamentalisme musulman assassine plus particulièrement des Juifs. Il faudrait — par « pudeur » et « dignité », ces mots-cachettes de la lâcheté électoraliste — ne tirer aucune conclusion politique face au terrorisme islamique et à la présence en France de militants prêts à passer à l’action armée.

Il faudrait au contraire dénoncer ceux qui dénoncent les progrès d’un islam revendicatif en France — les fauteurs de troubles seraient donc ceux qui luttent contre l’islamisme. Il faudrait ne pas faire de parallèle entre cette tuerie et les slogans que l’on entend depuis des mois et des années criant « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne. Il faudrait détourner pudiquement le regard des rues et des mosquées où se développent les discours de guerre anti-Français et anti-Juifs. Il faudrait également ne pas se demander pourquoi les représentants de l’islam, qu’on ne cesse de présenter comme « modérés », ne font pas de la lutte contre l’islamisme une priorité si cette assimilation leur est intolérable.

Il reste étonnant que l’UOIF invite des personnalités comme le Cheikh Yussuf Al-Qaradawi, qui est favorable au meurtre des homosexuels, à la violence contre les femmes et aux attentats contre les civils et qui admire la punition infligée par Hitler aux Juifs…[1] Il est également troublant de constater que personne ne rappelle à quel point le discours institutionnel du monde arabo-musulman, diffusé internationalement, est fondamentalement antisémite et anti-occidental. Au lieu de cela, on passe en boucle une déclaration hypocrite du ministre de l’Autorité Palestinienne Salam Fayyad condamnant les assassinats de Montauban et Toulouse alors que l’AP ne cesse d’encourager au terrorisme…

La confusion Juif / Israélien

Je n’ai eu de cesse dans divers articles et dans un livre de décrire l’accumulation écœurante des représentations anti-israéliennes, la stigmatisation exagérée, illégitime et irrationnelle d’Israël. L’amalgame Juif / Israélien est une donnée permanente de ces discours. A cet égard, l’antisionisme est un antisémitisme et n’a rien à voir avec une juste critique politique parce que, précisément, il se focalise sur le seul état juif de la planète avec une mauvaise foi perverse. Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre.

La désinformation anti-israélienne épouse depuis des années la phraséologie jihadiste qui ne fait aucune différence entre Juifs et Israéliens et considère l’ensemble d’Israël comme un objectif de conquête. C’est ce qu’a résumé Mohamed Merah dans son appel téléphonique à France 24 : « Les juifs ont tué nos frères et nos sœurs en Palestine ». Cette revendication est l’exact pendant de l’indignation de Stéphane Hessel et son élégiaque incantation s’attendrissant devant les « enfants innombrables et rieurs » de Gaza, le pendant des attaques disproportionnées de Catherine Ashton qui a immédiatement fait un parallèle victimaire entre Toulouse et Gaza…

La désinformation et le retournement causal

Mohamed Merah n’est pas un déséquilibré, c’est un terroriste, quelqu’un capable de tuer des enfants pour des raisons idéologiques. Or, ses justifications idéologiques sont celles que l’on retrouve dans de nombreux reportages télévisés (comme l’emblématique « Un état palestinien est-il encore possible ? », dans Un oeil sur la Planète[2]), dans les prises de positions politiques (le rapport totalement biaisé remis par M. Glavany sur un prétendu apartheid de l’eau qui serait pratiqué par Israël[3]), dans les appels au boycott de Stéphane Hessel…

Cet environnement de désinformation permanente s’est illustré récemment, avec un tweet accusant Israël d’avoir tué une fillette le 11 mars : la photo qui l’illustrait concernait en fait un accident de voiture datant de 2006. La personne qui a propagé cette fausse information — reprise et diffusée par les agences de presse sans contrôle — était employée par l’ONU comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés », ce qui laisse sans voix. Le 14 mars, Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, propage une information (obligeamment diffusée par l’Associated Press) accusant un tir israélien d’avoir tué un enfant de 8 ans, Barka al-Mugrahbi.

Or, il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région : l’enfant est en réalité décédé suite à des tirs palestiniens lors de funérailles. Ce flot incessant de fausses informations, dont le démenti ne reçoit jamais le même écho — ce qui en soit est la preuve d’une stratégie de diffusion de mensonges et ne paraît pas rendre les journalistes plus prudents tant ils semblent pressés de porter crédit aux fausses nouvelles — conditionne à la haine d’Israël et, par assimilation, à la haine des Juifs.

Les accusations frénétiquement unilatérales envers Israël — qui créent de toutes pièces des massacres de Palestiniens imaginaires (Gaza, Jénine…), qui recyclent mécaniquement leurs formules fallacieuses (« Gaza, prison à ciel ouvert »…), qui pointent la moindre construction de maison juive comme une violence assassinant tout un peuple — ont construit un monumental retournement de la causalité pour faire d’Israël l’origine du Mal.

On ne manque pas d’entendre, sous diverses formes plus ou moins diplomatiques, que c’est la politique d’Israël qui est la cause de tout. Par quel raccourci idéologique peut-on tenir Israël pour responsable de l’existence du jihad ? Le jihad, inscrit dans les textes fondateurs de l’islam, est justement la haine de l’Infidèle. Trouver une justification politique à cette haine est simplement monstrueux. Les militaires français luttant contre les Talibans en Afghanistan ont été les premiers visés : sera-ce encore la faute d’Israël ?

Hypocrisie et manichéisme

A vrai dire, le choc n’a saisi les médias que dans la mesure où les meurtres ont eu lieu en France. Ces assassinats, quand ils ont lieu en Israël ou dans les « territoires », sont toujours excusés par ces mêmes journalistes larmoyants et accusant les enfants de 3 mois d’être des colons. La saturation de termes péjoratifs (« colonisation », « apartheid »…) qui sont sans rapport avec la situation politique réelle, la présentation systématiquement négatives des actes de défense d’Israël, les appels au boycott et le martellement médiatique ont abouti dans les consciences a une équivalence entre Israël et le Mal. Parallèlement s’est développé une intense activité de légitimation du terrorisme islamique.

Choisissant de ne pas voir que les civils tués à Gaza l’étaient parce qu’ils servaient de boucliers humains aux combattants du jihad occupés à lancer des roquettes sur les villes israéliennes, certains politiciens d’extrême-gauche et certains militants européens portant fièrement le keffieh des terroristes ont tenté d’imposer des réflexes intellectuels anti-israéliens. J’ai déjà décrit comment excuser le terrorisme pour de pseudo-raisons politiques revenait à délivrer un permis de tuer des Juifs. Mohamed Merah a démontré par ses actes ce mécanisme et cette équivalence profonde dans certaines consciences entre Juifs et Israéliens, entre civils et militaires.

Pourquoi s’étonner et se scandaliser aujourd’hui que l’on tue des enfants ? Personne n’a eu la moindre compassion pour les enfants de la famille Fogel égorgés à Itamar l’an passé. Au contraire, les médias et les intellectuels d’extrême-gauche passent leur temps à trouver des excuses idéologiques à tous ces assassins. Certains vont même jusqu’à diffuser de faux reportages montrant des enfants palestiniens assassinés, incitant ainsi à pratiquer une loi du Talion dépravée et sanguinaire. Pourquoi les médias ne montrent-ils pas les enfants soldats enrôlés par la cause palestinienne et qui brandissent des armes en promettant avec obéissance de tuer du Juif ? Pourquoi diffuse-t-on plutôt des reportages, plus ou moins bidonnés, sur la souffrance palestinienne, sans voir que ces territoires sont gangrenés par l’antisémitisme le plus sauvage, le jihad, la corruption ?

Les politiciens qui représentent ces opinions et soutiennent volontiers les mouvements terroristes sur le sol d’Israël, ne voient aucune contradiction entre leurs larmes médiatiques et l’agressivité anti-juive qu’ils propagent sans cesse.

Certains auraient même préféré — et ils l’ont dit ! — que le coupable fût un néo-nazi. Outre que le terrorisme néo-nazi est quasiment inexistant, contrairement au terrorisme jihadiste omniprésent sur la planète, ce réflexe trahit la volonté d’adhésion à une vision du monde simpliste et polarisée, au manichéisme figé, où le Mal est toujours le même et reste identifiable à un pôle idéologique honni. Cela signifie que certains sont prêts à nier l’importance du jihadisme pour que la réalité corresponde à leurs désirs politiques. Par convenance idéologique, ils auront donc l’hypocrisie systématique de minorer l’antisémitisme d’origine musulmane.

Ceux qui tiennent des discours de mauvaise foi — masquant bien mal leurs intérêts idéologiques — réécriront l’histoire comme ils ont l’habitude de le faire. De fait, ce sont les beaux discours qui rendent possible l’embrigadement des naïfs. Mohamed Merah avait sans doute été recruté par de beaux parleurs. Car en matière d’horreur guerrière et religieuse, tout commence toujours par la séduction des mots.

Notes

[1] Le ministre Claude Guéant a finalement décidé contre l’attribution d’un visa à Yussuf al Qadarawi et Mahmoud al Mesri qui devaient se rendre au congrès de l’UOIF.

[2] Sur France 2, le 3 octobre 2011. On pense aussi au célèbre reportage accusant Israël du prétendu meurtre de Mohamed Al-Dura, devenu l’emblème du blood libel et dont les images ont servi d’appel à la violence anti-israélienne dans l’ensemble du monde arabe.

[3] Certains membres de cette mission d’information parlementaire sur la géopolitique de l’eau se sont désolidarisés du contenu de ce rapport. On pourra lire le communiqué de Jean-Pierre Bensimon pour Alliance France-Israël (« 6ème forum mondial de l’eau le 12 mars 2012 relever le défi de l’eau au Proche-Orient développement durable et coopération, oui ; victimisation et réquisitoires, non ! »). Lire aussi : « Gestion israélienne de l’eau : une réponse aux falsificateurs » (Un autre regard sur le Proche-Orient N° 5 Janvier 2012, Alliance France-Israël), adapté de l’intervention de l’hydrologue Haim Gvirtzman (The Israeli-Palestinian Water Conflict: An Israeli Perspective, Janvier 2012). On lira aussi la réponse de Tsahal sur son blog (« “La Géopolitique de l’Eau” : L’armée israélienne dénonce le rapport diffamatoire de l’Assemblée Nationale »).

 Voir aussi:

Hessel: «Je n’ai pas rédigé la Déclaration universelle des droits de l’homme»

M. Knobel

 08-11-2010

Depuis quelques jours, certains attribuent MENSONGEREMENT à Taguieff des propos extraits d’un message qu’Arié Avidor, ambassadeur israélien, avait posté sur son "mur" de discussion sur Facebook. Cette attribution mensongère est destinée à l’évidence à le nuire. Et, malgré les très nombreuses dénégations de Taguieff, cette chasse aux sorcières d’un autre âge se poursuit. Les militants du pro-palestinisme se liguent même et conspirent pour que Taguieff soit licencié du CNRS et du CEVIPOF! D’ou cette question : ne se croirait-on pas à Moscou, en 1952 ? Il règne comme un vent mauvais pour protéger et défendre Stéphane Hessel. Que n’ai-je d’ailleurs pas lu à son sujet ?Il faut à cet égard décerner la médaille de la malveillance au MRAP qui, dans un communiqué en date du 18 octobre 2010, a été le premier à déclencher cette offensive [Site du Crif]

http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=22334&returnto=accueil/main&artyd=10

Je lis en effet dans ce communiqué que le MRAP « est indigné par ces propos ainsi tenus sur Facebook à l’encontre de Stéphane Hessel, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et connu pour son engagement au service de la paix au Moyen-Orient. »

Revenons sur ces deux affirmations :

1) Engagement d’Hessel au service de la paix ? Lorsqu’ils étaient à Gaza, dans la semaine du 22 au 27 octobre 2010, Stéphane Hessel et Régis Debray n’ont pas hésité une seule seconde à rencontrer un criminel, le Chef du gouvernement du Hamas, Ismaël Haniyeh. De quelle paix parle donc le MRAP ?

2) Stéphane Hessel, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’Homme ? Nous retrouvons en effet cette affirmation -totalement gratuite- un peu partout, sur Internet. Mais, la réalité est toute autre. Je citerai donc un extrait important d’un texte qui a été publié par le très officiel Centre d’actualités de l’ONU (1).

« Né à Berlin en 1917, fils de l’écrivain Franz Hessel et d’Helen Grund, il (Stéphane Hessel) est entré au ministère français des affaires étrangères à la fin de la Seconde guerre mondiale. « J’étais un diplomate français frais émoulu du dernier concours. J’avais été reçu le 15 octobre 1945 et je suis arrivé à New York en février 1946. J’ai fait la connaissance d’Henri Laugier, qui était alors Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Il m’a pris comme directeur de cabinet. Avec lui, il y avait John Peters Humphrey, directeur de la Division des droits de l’homme au Secrétariat des Nations Unies. J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin », se souvient-il. « Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle », ajoute-t-il. »

Bref, dans ce déluge particulièrement malveillant, haineux et mensonger, il est temps de rétablir la vérité et de démythifier Stéphane Hessel, ainsi que le soi-disant engagement du "grand humaniste" en faveur de la paix: un engagement qui, en réalité est très sélectif et obsessionellement anti-israëlien.

Note :

1) http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=17952&Cr=droits&Cr1=anniversaire

Voir enfin:

Hessel : La Déclaration des droits de l’homme, témoin de l’audace de l’époque

10 décembre 2008 –

Le Français Stéphane Hessel, aujourd’hui âgé de 91 ans, a été le témoin de la rédaction et de l’adoption il y a 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, une « période exceptionnelle », raconte-t-il dans un entretien au Centre d’actualités de l’ONU.

Né à Berlin en 1917, fils de l’écrivain Franz Hessel et d’Helen Grund, il est entré au ministère français des affaires étrangères à la fin de la Seconde guerre mondiale. « J’étais un diplomate français frais émoulu du dernier concours. J’avais été reçu le 15 octobre 1945 et je suis arrivé à New York en février 1946. J’ai fait la connaissance d’Henri Laugier, qui était alors Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Il m’a pris comme directeur de cabinet. Avec lui, il y avait John Peters Humphrey, directeur de la Division des droits de l’homme au Secrétariat des Nations Unies. J’étais en contact permanent avec l’équipe qui a rédigé la Déclaration, dont l’Américaine Eleanor Roosevelt et le Français René Cassin », se souvient-il. « Au cours des trois années, 1946, 1947, 1948, il y a eu une série de réunions, certaines faciles et d’autres plus difficiles. J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle », ajoute-t-il.

Selon lui, « la Déclaration témoigne de l’audace de cette époque. René Cassin a eu le culot de l’appeler universelle alors qu’on l’a fait à 18 et qu’elle a été adoptée par 48 pays. Toutefois, elle a le droit d’être qualifiée d’universelle car elle a été rédigée avec grand soin. » Il rappelle que la composition de la commission chargée de la rédaction était très ouverte, avec des représentants de près de vingt pays, dont la Chine, l’Union soviétique, le Royaume Uni, l’Egypte, l’Inde, l’Iran, le Liban, le Panama, le Chili, etc… « On ne peut pas dire que cela soit un texte occidental. Les 30 articles sont bien rédigés. Certes on retrouve des termes utilisés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et le Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Mais il est injuste de dire que ce texte a été imposé par les Occidentaux. Quand il a été contesté, il l’a été par des gouvernements autoritaires et non pas par les peuples eux-mêmes », souligne-t-il.

La Déclaration universelle des droits de l’homme, qui énonce les droits fondamentaux de l’individu, a été adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par 48 votes pour, zéro contre et 8 abstentions.

Aujourd’hui, Stéphane Hessel pense que le texte a un peu vieilli : « C’est un monument d’une certaine époque. Il n’a pas abordé un certain nombre de problèmes, comme la relation de l’homme avec la Terre et le terrorisme ». Toutefois, il juge que la Déclaration « reste parfaitement valable car les droits qu’elle proclame restent valables ».

Selon lui, il reste beaucoup à faire sur le plan des droits économiques et sociaux qui font partie de la Déclaration. « Il n’y a pas de pays où en matière de droit à l’emploi, de droit à la santé, de droit au logement, il ne reste beaucoup à faire », dit-il. « La réalité n’est pas ce dont rêvaient les rédacteurs de la Déclaration mais ils le savaient. La Déclaration était un programme proposé aux Etats », conclut-il.

Stéphane Hessel devait recevoir mercredi à Paris le Prix UNESCO/Bilbao par le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, pour sa contribution exceptionnelle « à la promotion d’une culture des droits de l’homme, de justice et de dignité » ainsi que « son implication personnelle dans l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine. On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre.


Tuerie de Toulouse: Attention, une barbarie peut en cacher une autre! (More armchair barbarism from Europe)

21 mars, 2012
J’étouffe en France… On ressasse éternellement les mêmes petites idées toutes faites, les mêmes préjugés recuits qui servent à refouler toutes les questions neuves. (…) je ne participerais tout simplement pas à un « débat » entre deux personnalités qui pensent et disent exactement la même chose. Car c’est un grand classique de la désinformation à la française : vous prenez un homme politique de gauche et un intellectuel d’extrême-gauche, qui va l’engueuler, en lui disant que son parti n’en fait vraiment pas assez ; vous laissez mener un débat entre un politique de droite et un politique de gauche par une journaliste bien engagée à gauche sans prévenir le public ; vous prenez un « alterjuif » (comme dit Shmuel Trigano), adversaire irréductible d’Israël et vous feignez de l’opposer à un représentant patenté de l’OLP… Ce sont des débats truqués. (…) Mes interviews ne sont pas agressives. Mais je refuse de laisser prêcher, pérorer parfois, des personnages qui sont parvenus, en France, au statut « d’intouchables ». Personne n’ose ni les interrompre, ni les contredire. Même lorsqu’ils disent des bêtises. (…) Ma thèse, c’est que la pseudo « centralité » du conflit israélo-palestinien est un leurre, offert par les despotes arabes à leurs opinions publiques, pour masquer la réalité de leurs échecs – économiques, sociaux, culturels. On a fait croire à ces gens que la source de tous leurs maux, que l’arriération de leur société, avaient une cause unique : la présence d’un Etat juif sur la « terre sacrée de l’Islam ». Mais avec les Printemps arabes, la chute des despotes, le conflit avec Israël a donc perdu sa pseudo « centralité ». Les intellectuels français ne l’ont pas compris. Ils ont juste un temps de retard… (…) Je passe déjà pour « libéral », ce qui est, dans cet étrange pays, une grave accusation (il vaut mieux avoir été un partisan des Khmers rouges !), mais « sioniste » en plus, c’est prendre le risque de se voir boycotter !  (…) Il n’y a pas qu’en France. Dans toute l’Europe de l’Ouest, condamner Israël est devenu la norme. Il y a beaucoup de raisons. Mauvaises. L’une d’entre elles, c’est de chercher à s’attirer les bonnes grâces des immigrés d’origine musulmane. On les traite assez mal chez nous. Ils sont discriminés sur le marché de l’emploi. Au lieu de les laisser s’installer et travailler, pour s’enrichir – c’est pour ça, après tout, qu’ils sont venus chez nous -, on leur offre des compensations symboliques. La condamnation d’Israël en premier lieu. (…) La paresse intellectuelle, l’ignorance des réalités locales, la passion de répéter tous ensemble des slogans en bénéficiant, en outre, des bénéfices de la bonne conscience morale. (…) Soutenir l’OLP ou le Fatah, c’est à la mode, comme, dans ma jeunesse, soutenir le Vietcong… D’ailleurs, l’antisionisme a pris le relai de l’antiaméricanisme traditionnel des Français : depuis que le président est un Noir, c’est devenu beaucoup plus mal porté. Alors, on se reporte sur Israël, paria des nations…(..) Donner moins systématiquement la parole aux ennemis déclarés de l’Etat juif, à toutes ces bonnes consciences de gauche, qui feignent le courage en cherchant, en fait, à s’attirer les bonnes grâces de ceux qui leur font peur (les islamistes radicaux), qui feignent l’anticonformisme, alors qu’ils répètent en chœur les mensonges du moment, qui rejouent la lutte contre le vrai apartheid (en Afrique du Sud) en se trompant de lieu et d’époque. (…) Je pense que les révolutions arabes sont en train de changer la donne. Evidemment, je suis inquiet de l’arrivée au pouvoir des islamistes à l’issue des élections démocratiques, en Tunisie et en Egypte. Mais je veux croire que ce n’est qu’une étape sur la voie d’une démocratisation en profondeur de ces sociétés. Je pense que plus le monde arabe sera acquis à la démocratie, plus il aura tendance à supporter l’existence du minuscule Etat juif en son sein. A cesser de considérer les Juifs et les chrétiens d’Orient comme des dhimmis… De toute façon, la situation, au Moyen Orient, c’est une guerre de plus en plus ouverte entre sunnites (appuyés par l’Arabie saoudite) et chiites (dirigés par l’Iran). Qu’on arrête de raconter que la paix règnerait si Israël laissait s’installer un Etat palestinien dans les territoires conquis après la guerre des 6 Jours ! Ce n’est pas Tsahal qui massacre la population syrienne… Brice Couturier (France Culture)
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons. Jean-Dominique Merchet (Libération)
Pour la première fois en janvier, l’armée française a reconnu que certains militaires refusaient de partir en Afghanistan pour ‘raisons confessionnelles’. En clair, il s’agissait d’engagés musulmans qui refusaient de combattre ‘leurs frères’.(…) La France n’est plus qu’une expression géographique où cohabitent (mal) des communautés qui travaillent à leur défense et à leur expansion, mais refusent de travailler à un avenir commun. (…) Et, le moment venu, est-on assuré que les ‘minorités visibles’ au sein des forces de l’ordre choisiront d’assurer la sécurité ? Ne feront-elles pas plutôt cause commune avec leurs ‘frères’ ? Jean Rouxel
On a réussi à éliminer la plus grande partie des réseaux djihadistes organisés en France et en Europe. Ils ne sont plus capables d’organiser des actions d’envergure comme les attentats du début des années 2000. On est donc beaucoup plus en sécurité qu’il y a une dizaine d’années. Le nombre d’attentats terroristes a nettement diminué. Mais paradoxalement, on a affaire à un phénomène nouveau, promis d’ailleurs par certains idéologues d’Al-Qaïda il y a quelques années: des formes d’action décentralisées. (…) mais il est beaucoup plus facile de surveiller les réseaux organisés, structurés. Ceux-là sont identifiés et souvent démantelés. Mais il peut toujours y avoir parmi eux le type d’individu que les Américains appellent des "loups solitaires" que l’on retrouve aussi dans la mouvance néo-nazie, comme dans le cas d’Anders Breivik en Norvège. Il est impossible de parer de façon absolue à ce genre de d’acte. On ne peut pas mettre un policier jour et nuit derrière chacun des individus suspects. Et le nombre d’armes en circulation en Europe depuis l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est facilite le passage à l’acte de ces individus. (…) On parlait il y a deux ou trois ans de plusieurs milliers de djihadistes dans toute l’Europe, mais beaucoup de filières ont été démantelées. Nombre de militants ont été arrêtés et incarcérés. En revanche, certains individus, plus jeunes, seraient passés plus récemment par la Libye où de larges zones du pays sont très mal contrôlées par les autorités.(…) Le Printemps arabe a en effet délégitimé l’idéologie djihadiste, mais il a pu renforcer chez certains individus, parmi les plus marginalisés, leur capacité à agir afin justement de "prouver qu’ils existent". C’est un phénomène malheureusement souvent observé par les sociologues.  Farhad Khosrokhavar (sociologue)
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (1980)
Sur la question des chambres à gaz, il est vraisemblable que la totalité de celles projetées par les nazis n’ont pas été construites. Abbé Pierre
Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur? Edgar Morin (1997)
Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes. Charles Enderlin (2000)
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Villepin (2001)
Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là? Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de « petit pays de merde », Londres, décembre 2001)
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard (2006)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’”A mort les juifs!”, avril 2003)
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, 2001, démenti par la suite)
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Les Palestiniens sont en ce moment, pour  moi, engagés dans une résistance non-violente gandhienne. Rachel Corrie
Mais il n’y a pas de doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens on a affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
J’ai été profondément bouleversé lors de ma visite en Terre Sainte ; cela m’a tant rappelé ce que qui nous est arrivé à nous les noirs d’Afrique du Sud. J’ai vu l’humiliation des palestiniens aux check-points et aux barrages routiers, je les ai vus souffrir comme nous quand de jeunes officiers de police blancs nous empêchaient de nous déplacer. (…) Les gens ici [aux USA] sont paniqués à l’idée de dire que ce qui est mal est mal, parce que le lobby juif est puissant – très puissant. Desmond Tutu (2002)
Ce qui se passe à Gaza est plus qu’un holocauste. Mahmoud Abbas (lui-même une autorité sur la question puisque sa thèse portait sur sa contestation)
S’ils peinent à étayer leurs convictions par des faits, plusieurs chercheurs, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent un contexte de “délire sécuritaire”, accentué par le sentiment “antimusulman” du fonctionnaire de défense en poste au CNRS. Il se murmure par exemple que la jeune musulmane chercheuse en microbiologie sanctionnée à Toulouse l’a été “parce que, dans le cadre de ses recherches, elle avait accès à des virus”. Le Monde
Si les faits sont avérés, comment un ingénieur d’un si haut niveau a-t-il pu être conduit à soutenir une telle organisation terroriste? Mathieu Guidère (professeur de veille stratégique multilingue à l’Université de Genève)
Oubliez le truc sur les juifs. Julian Assange
A Gaza et dans les territoires occupés (…) les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001, démenti par la suite)
Le fait est que nous savons qu’il y a un trafic d’organes en Israël. Et nous savons aussi qu’il y a des familles qui affirment que les organes de leurs enfants ont été prélevés. Ces deux faits mis ensemble suscitent le besoin d’une enquête plus élaborée. David Boström (journaliste suédois)
Tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui est la faute des sionistes. Les Juifs américains sont derrière la crise économique mondiale qui a aussi frappé la Grèce. Mikis Theodorakis (2011)
Ce que je crois profondément, c’est que ce type de folie s’enracine dans l’état d’une société et ce qui me frappe depuis longtemps, c’est que dans la société française ce type d’atteintes, d’attentats, d’actes se multiplient.(…) Il y a, depuis trop longtemps, un climat qui se dégrade en France et la vie politique n’est pas étrangère à ce climat. (…) Le fait de montrer du doigt les uns ou les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c’est d’une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment [...] On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots et ces mots-là, après, ils roulent comme une avalanche et quelquefois ils tombent sur des fous.  François Bayrou
Il y a un degré de violence et de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, c’est inacceptable (…). Les hommes publics ont le devoir de veiller à ce que les tensions, les passions, les haines ne soient pas à chaque instant entretenues. Le fait de montrer du doigt les uns et les autres en fonction de leur origine, c’est faire flamber les passions et on le fait parce que dans ce feu-là il y a des voix à prendre (…). On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots qui roulent comme une avalanche et parfois tombent sur des fous. Nous ne savons rien sur celui qui a perpétré cette tuerie mais nous sentons bien que cela n’est pas sans lien avec une certaine évolution de la France. François Bayrou
Il y a des mots qui peuvent effectivement avoir des conséquences. Il y a des mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent. Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire. François Hollande
S’il est à ce stade bien tôt pour tirer des conclusions hâtives, il est évident que l’assassinat qui a été perpétré ce jour peut trouver sa source dans un antisémitisme qui serait, chez l’assassin, arrivé à sa forme la plus barbare et en même temps la plus lâche. (…) Au-delà, comment ne pas penser aux similitudes qui existent entre cette tuerie et les assassinats de plusieurs militaires la semaine dernière dans le Sud-Ouest ? Abattus selon un modus operandi similaire, ils avaient pour point commun d’être d’origine maghrébine et antillaise (…) il se pourrait qu’en 2012, dans notre pays, une personne commette des crimes racistes de sang-froid. (…) Si tel était le cas, il faudrait, alors que le 21 mars qui approche et qui est celui de la Journée internationale contre le racisme, s’interroger sur l’affaissement dans notre pays de la parole politique, intellectuelle et médiatique envers les discours racistes et en faveur des discours de vivre ensemble. Dominique Sopo (président de SOS racisme)
La similitude avec les lâches assassinats de sang froid des 3 militaires de Montauban d’origine antillaise et maghrébine laisse penser dans les deux cas à des motivations racistes et antisémites. Ils témoignent d’une montée préoccupante et générale de la haine et de l’intolérance religieuse dans notre pays, à l’égard de toutes les religions, quelles qu’elles soient. Arnaud Montebourg (député PS, communiqué, via l’AFP)
Tuerie de Toulouse. Des enfants et une école juive.abjection totale.un fou?peut être mais le climat délétère et la haine sont des excitants. Corinne Lepage
L’utilisation de la haine en particulier contre les juifs qu’elle vienne d’extrême droite ou gauche doit être combattue. Corinne Lepage
Avis aux pyromanes de la défense d’une « identité nationale » perçue comme une entité fermée, frileuse, nourrie au ressentiment et à la haine … Bernard-Henri Lévy
L’heure n’est pas à déverser des torrents de haine ni à attiser les peurs ou les extrémismes. La poudre raciste, antisémite et xénophobe répandue depuis trop longtemps dans les esprits de notre peuple fait planer sur notre République de graves dangers à la moindre mèche allumée. La tolérance et le respect d’autrui doivent prévaloir, la haine et les divisions être bannies. Marie-George Buffet
Ça a l’air d’être un fou mais ce n’est peut-être pas un hasard si ça arrive en pleine campagne. Il y a peut-être un calcul politique derrière pour faire diversion par rapport à la crise. Philippe Poutou (candidat du NPA)
Ce n’est pas seulement l’affaire des juifs, c’est aussi une peur générale “de l’autre”, une peur qui est évidemment exploitée par les politiciens français en ce moment. Orlando Radice (Jewish Chronicle, Londres)
La perspective d’un tueur en série visant des groupes religieux ou minoritaires répand la peur à travers le pays, et va sans doute poser des questions sur les remarques controversées à propos de la religion ou de l’immigration qui ont été formulées pendant la campagne présidentielle. (…) Le président Nicolas Sarkozy a fait l’objet de critiques de la part des leaders religieux et de son propre parti, accusé de virer vers la droite. The Telegraph
Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe en Syrie, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie. Catherine Ashton (en marge d’une réunion sur la jeunesse palestinienne à Bruxelles)
Cette personne a effectué des séjours en Afghanistan et Pakistan dans le passé, c’est quelqu’un qui a des attaches avec des personnes qui se réclament du salafisme et du jihadisme. (…) Il se revendique être un moudjahidine (un combattant de Dieu), appartenir à Al-Qaïda et avoir voulu venger les enfants palestiniens autant qu’avoir voulu s’en prendre à l’armée française compte tenu de ses interventions à l’extérieur. Claude Guéant
Il y a une lourde tradition historique dans l’histoire des attentats anti-juifs sanglants de ces trente dernière années en France à incriminer à priori l’extrême-droite. Or -c’est aussi une lourde tradition historique, mais cette fois au plan factuel- ces pistes se sont révélées chaque fois fausses. Je pense à Copernic comme à la rue des Rosiers : les auteurs des attentats se sont en effet révélés, après enquête, des radicaux arabo-islamiques. Ce que je dis là -et qui vaut pour le passé- ne vaut évidemment pas forcément pour aujourd’hui ou pour demain. Car moi, je refuse de conjecturer. Mais je n’accepte pas qu’on fasse l’impasse sur ces leçons de l’histoire. (…) Lorsque je vois, par exemple, SOS-Racisme incriminer d’ores et déjà l’extrême-droite et elle seulement, cette association tombe clairement dans la travers que je dénonce, et cela pour des raisons idéologiques transparentes. De même, je n’apprécie pas les déclarations de Mélenchon ou de Bayrou qui ont mis en cause le ton de la campagne présidentielle. Soyons sérieux: je ne sache pas que cette campagne ait été violemment antisémite. Ce sont pourtant des enfants juifs que le tueur ou le fanatique a poursuivis pour les assassiner. Encore une fois, je suis parfaitement clair: je ne privilégie aucune thèse. Ainsi je ne sais pas si le tueur- qui serait le même dans le cas de l’école juive de Toulouse et dans l’assassinat des militaires à Montauban – a assassiné ces deniers à cause de leur origine ou, au contraire, parce que leur régiment revenait d’Afghanistan. Gilles-William Goldnadel
Il y a une énorme  différence entre les parents qui emmène leurs  enfants à l’école et ceux qui les mettent intentionnellement en s’en  servant de boucliers humains. Avigdor Lieberman (ministre des Affaires  étrangères d’Israël)
Cinq islamistes présumés, des Français d’origine bosniaque, ont été interpellés dans la région de Besançon (Doubs) mardi, a-t-on appris vendredi auprès de la direction de la police judiciaire. (…) Selon les enquêteurs, les suspects envisageaient de "faire le djihad" mais n’avaient pas encore finalisé leur projet.Une dizaine d’armes de poing, des armes d’épaule, dont une kalachnikov, ainsi que du matériel de chasse et de camouflage ont été saisis lors de perquisitions à Besançon et dans sa région. Le groupe, qui fréquentait une mosquée de Besançon, était surveillé depuis plusieurs années par les Renseignements généraux, qui auraient constaté au fil des années "sa radicalisation", a-t-on précisé. Les membres du groupe étaient soupçonnés de s’entraîner régulièrement en forêt et ont été vus achetant du matériel, notamment des treillis. Parmi eux, figurent un étudiant et un enseignant du secondaire. "Ils souhaitaient passer à l’action lorsque l’occasion s’en présenterait", a -t-on souligné de source proche de l’enquête. Le Point (16/11/2007)
Cinq islamistes présumés interpellés dans plusieurs départements français L’Express (27/04/2010)
S’ils peinent à étayer leurs convictions par des faits, plusieurs chercheurs, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent un contexte de “délire sécuritaire”, accentué par le sentiment “antimusulman” du fonctionnaire de défense en poste au CNRS. Il se murmure par exemple que la jeune musulmane chercheuse en microbiologie sanctionnée à Toulouse l’a été “parce que, dans le cadre de ses recherches, elle avait accès à des virus”. Le Monde (13.06.09)
Si les faits sont avérés, comment un ingénieur d’un si haut niveau a-t-il pu être conduit à soutenir une telle organisation terroriste? Mathieu Guidère (professeur de veille stratégique multilingue à l’Université de Genève, 10.10.09)

Attention: une barbarie peut en cacher une autre!

A l’heure où l’auteur apparemment identifié des toutes récentes tueries de Toulouse et de Montauban a commencé à balancer l’habituelle logorrhée jihadiste antisioniste et de soutien à la prétendue cause palestinienne …

Où, avec les actuelles sanctions bancaires contre les apologues persans de la Solution finale, la piste d’une éventuelle commande de Téhéran n’est peut-être pas à écarter …

Comme après l’arrestation, depuis longtemps oubliée, d’un physicien franco-algérien du Cern il y a moins de trois ans en Isère qui projetait une attaque contre une caserne de chasseurs alpins d’Annecy pour “punir la France de son implication en Afghanistan” ou, avant le sauve qui peut général, du refus de soldats français d’origine musulmane d’intervenir en Afghanistan …

Et alors que tant la démesure que l’assaut d’unanimisme de la réaction de la classe politique française (même l’Autorité palestinienne y a été de son petit couplet hypocrite) à une telle barbarie en arriverait presque à faire douter de leur sincérité …

Comment ne pas voir la singulière convergence de vue avec la chef de la politique étrangère européenne Catherine Ashton qui comme à son habitude n’a pas manqué de comparer  "les parents qui emmènent leurs enfants à  l’école" en France et "ceux qui les mettent intentionnellement en danger à Gaza en s’en servant de  boucliers humains"?

Mais aussi l’incroyable deux poids deux mesures et la peut-être plus sournoise encore barbarie en chambre de notre classe médiatico-politique face aux actes de vraie barbarie que subit depuis des décennies la population israélienne?

Catherine Ashton compare Gaza et la tuerie de Toulouse

Aschkel

20 mars 2012

Stupeur en Israël et choc au sein des communautés juives à travers le monde. Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a comparé le sort des enfants de Gaza avec ceux de Toulouse, et annonce qu’elle versera des millions d’euros supplémentaires

Pas de constructions en Israël dans les localités juives ou à Jérusalem, pas de dossier sur son bureau – les vacances en somme, la mère Ashton était silencieuse depuis quelque temps, mais voilà c’est fait, et elle l’a fait !

Nous avons décidé à la rédaction de rester polis !

UE : des millions d’euros pour l’AP

Les pleurnicheries de l’AP ont fonctionné une fois de plus. Le chef de cabinet terroriste Salam Fayyad a annoncé que l’Union Européenne – qui croule déjà sous les dettes – s’était engagée à verser 35 millions d’euros à l’Autorité Palestinienne « pour des travaux d’infrastructures en Judée-Samarie et dans la Bande de Gaza ». C’est Catherine Ashton, fervente pro-palestinienne, qui l’a personnellement annoncé à Fayyad à Bruxelles. Sous l’appellation « travaux d’infrastructures » se cachent notamment les tentatives euro-palestiniennes de créer des réalités sur le terrain dans l’édification de facto d’un Etat terroriste et dans la lutte en coulisse que se livre l’UE contre la présence juive en Judée-Samarie et dans la partie orientale de Jérusalem.

Shraga Blum

Elle dit :

« Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe en Syrie, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie », a dit Catherine Ashton en marge d’une réunion sur la jeunesse palestinienne à Bruxelles.

Catherine Ashton a ensuite poursuivi son hommage aux jeunes Palestiniens qui « contre toute attente, continuent à apprendre, à travailler, à rêver et aspirent à un meilleur avenir ».

Un tel parallèle est choquant à bien des égards. Comment celle qui est censée incarner la politique étrangère de l’Union européenne a-t-elle pu mettre sur un pied d’égalité des enfants de Gaza qui ont perdu la vie dans des dommages collatéraux d’opérations anti-terroristes visant justement à protéger les enfants du sud d’Israël contre les tirs de roquettes avec ceux de Toulouse ?

Faut-il également rappeler que le Hamas utilise cyniquement les enfants comme boucliers humains en tirant des roquettes depuis des zones d’habitations ?

Chaque mort d’enfants est une tragédie unique. Etait-il donc bien nécessaire de comparer deux tragédies quand, de toute évidence, rien ne les rapproche ?

Voir aussi:

Des enfants juifs pris pour cible devant une école d’Ozar Hatorah de Toulouse. Peut-on faire un rapprochement avec une désinformation diffusée par une employée arabe israélienne de l’ONU ou l’AP ?

Hélène Keller-Lind

lundi 19 mars 2012

Tirs sur des enfants et des adultes devant une école d’Ozar Hatorah. Un bilan de quatre morts dont trois enfants. Le tueur aurait-il été inspiré par la mort de deux enfants de Gaza faussement attribuée à Israël ? Même si l’on ne sait rien sur l’assassin pour l’heure, il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre les images postées sur Internet et un tueur qui vide le chargeur de deux armes sur des enfants juifs et ceux qui les accompagnent.

Selon les témoignages recueillis et diffusés par les médias dans la foulée de l’attaque terroriste perpétrée devant, voire même à l’intérieur de l’école juive d’Ozar Hatorah de Toulouse, l’assassin aurait tiré délibérément et à bout portant avec deux armes sur les enfants qui arrivaient à l’école et ceux qui les accompagnaient. Un adulte et trois enfants sont morts. Il y a des blessés, dont un très grave.

Difficile de ne pas penser aussitôt aux photos et dépêches insoutenables qui ont circulé récemment sur Internet, l’une montrant une fillette couverte de sang dans les bras d’un homme, l’autre un petit garçon. Enfants qui, nous affirmait-on, auraient perdu la vie dans des tirs aériens israéliens, tirs ciblés en réponse à des tires de missiles et roquettes sur les populations civiles du sud d’Israël.Or, même si les organisations terroristes gazaouies sont délibérément implantées dans des zones d’habitation et qu’il y a parfois des morts civils lors de frappes israéliennes, dans ces deux cas il s’agissait de désinformation.

Ces fausses informations auraient-elles été déterminantes dans la décision du tueur de Toulouse de prendre pour cibles des enfants juifs ?

Une photo mise en ligne par une Arabe israélienne pétrie de haine, employée de l’ONU

L’information semblait digne de foi. La photo de la fillette, tuée le 11 mars, selon la légende l’accompagnant, avait été mise en ligne par une employée de l’ONU décrite par ses amis comme féministe et militante des Droits de l’Homme. Cette Arabe israélienne de Nazareth, présentée comme palestinienne, mettait en ligne en 2011 une vidéo dans laquelle elle expliquait lutter activement contre « l’occupation ». Disant faire « partie de la société israélienne », elle accusait pourtant Israël en ces termes « ce pays a fait de moi une réfugiée palestinienne dans mon propre pays, il est responsable de ma Nakba… et de l’occupation de mon peuple qui vit dans les frontières de 1967…il est responsable de millions de réfugiés dans le monde arabe ».

On la voit filmée complaisamment en meneuse dans des rallies accusant Israël d’occuper toute la Palestine – lire Israël -. Dans cette vidéo elle se targue d’avoir été active au sein du parti politique arabe israélien Hadash lorsqu’elle était étudiante à Haïfa – en Israël-. Khoolod Badaw se plaint que ses activités multiples, notamment au sein des syndicats d’étudiants arabes l’aient fait exclure de l’université quelque temps.

Comparant le quartier où elle a grandi à « un grand camp de réfugiés », elle est filmée dans la maison confortable de ses parents à Nazareth et décrit la colère qui a baigné son éducation et son rejet de tout ce qui est israélien – sauf ses études, semble-t-il…- . Elle se plaint du « régime raciste »en place, selon, elle en Israël. Une haine d’Israël la pousse à aller faire ses courses à Amman en Jordanie car, dit-elle « la question ne se pose pas, ce que l’on achète n’est pas fabriqué en Israël ». Selon elle les terres dont ont été expulsés les Palestiniens de Safuri, dont sa famille est originaire, ont été volées et sont occupées par un kibbutz. Dans sa diatribe elle accuse les Israéliens d’être différents car occidentaux, de tenir un double langage et d’avoir construit sur les « ruines d’une nation ».

C’est cette femme dont la haine viscérale d’Israël est connue que l’OCHA – Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires pour l’ONU– emploie à Jérusalem comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés ». Ce qui donne une idée de l’objectivité du travail de cette organisation. C’est cette femme haineuse qui a posté sur Internet une photo en tête des tweets sur Gaza…

Une photo datant de 2006 d’une fillette morte dans un accident

Israël démentait, montrant que cette photo était en réalité celle d’une fillette morte en 2006 lors d’un accident. Prise en flagrant délit de mensonge, Khoolod Badaw déclarait laconiquement sur Twitter « Correction:j’ai tweeté la photo en pensant qu’elle était du dernier round de violence et il s’avère qu’elle est de 2006. Ceci est mon compte personnel ». Depuis elle ne se manifeste plus sur les réseaux sociaux. Mais, compte tenu de la haine d’Israël qu’elle ne se privait pas d’exposer, compte tenu du poste qu’elle occupe il semble exclu qu’il ait pu s’agir d’une simple erreur…

L’Ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Ron Prosor, a demandé son départ et a demandé que l’OCHA prenne officiellement ses distances par rapport à son employée.

Des associations comme Honest Reporting dénoncent cette imposture et demandent que les Nations unies ouvrent une enquête sur cette employée. Une pétition pour demander son renvoi a été ouverte.

Les amis politiques de celle-ci crient à l’erreur et à la chasse au sorcière…

Repris par une agence de presse, un porte-parole palestinien ment sur les conditions de la mort d’un autre enfant.

Le 14 mars, une déclaration mensongère palestinienne par Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, faite à l’agence de presse Associated Press, accusait un tir israélien d’avoir tué Barka al-Mugrahbi, un enfant de 8 ans. Dépêche très largement reprise. Or il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région. Vérification faite, l’enfant a été touché par des tirs palestiniens lors de funérailles. L’AP a publié une seconde dépêche démentant la première….

Voir également:

EU Shows its Hand on Anti-Israel Bias

Jonathan Neumann

Commentary

20.03.12

Reacting to the murder of Jews in Toulouse yesterday, it didn’t take long for the Eurocracy to put its foot in it. But the statement by Baroness Ashton, the High Representative of the [European] Union for Foreign Affairs and Security Policy (not to be confused with any of the other myriad, inane foreign affairs positions), is perhaps more revealing than intended:

When we think about what happened today in Toulouse, we remember what happened in Norway last year, we know what is happening in Syria, and we see what is happening in Gaza and other places.

Having never been elected to any of the various British and European roles she has filled in her inexplicable career, she is perfectly placed to speak for the EU. And, making the statement on the sidelines of a meeting in Brussels with Palestinian Arab youths, she went on to contend that they, ‘‘against all odds, continue to learn, work, dream and aspire to a better future.’’

Jonathan noted earlier the offensive comparison of the discriminate murder of Jews with the usually exaggerated (on the Palestinian Arabs’ part), usually welcomed (on the Palestinian Arabs’ part) and always inadvertent (on Israel’s part) collateral damage in Gaza. But there is more: the subtle equation of this killer – whom the Baroness, following one of the working theories, assumes to be a neo-Nazi (rather than, say, an Islamist) – and the far-Right Anders Breivik, who murdered children in Norway, as well as the autocratic slaughterer of Syria, Bashar al-Assad, with Israel, betrayed the EU’s perception of Israel as a fascistic state.

Having been condemned by Israel’s Foreign Minister, Defense Minister, Interior Minister, and the Leader of the Opposition, Ashton’s office today released a quiet retraction, protesting the alleged distortion of her original statement. But in fact, Israel’s leaders were right to condemn this addition of insult to injury, these indefensible comparisons, and the EU’s pretension

Corinne Lepage

@corinnelepage

Tuerie de Toulouse. Des enfants et une école juive.abjection totale.un fou?peut être mais le climat délétère et la haine sont des excitants


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