Société: Les limites de l’amitié (The limits of friendship: will online social networks replace offline friendships and turn us into basement-dwelling zombies ?)

2 novembre, 2014
Delousing scene ( Farmyard, detail, Jan Siberechts, 1662)
http://www.intercollegiatereview.com/wp-content/uploads/2013/08/gran_torino_2008_3.jpg
http://www.thestar.com/content/dam/thestar/life/2014/10/31/toronto_comparable_to_new_york_when_it_comes_to_street_harassment_advocate_says/listreetharassment2.jpghttp://www.52perfectdays.com/wp-content/uploads/2009/08/topless-beach-sign.jpgJ’ai plus en commun avec ces chinetoques qu’avec ma propre famille. Walt Kowalski (Gran Torino)
You have to learn how guys talk. Now watch how me and Martin communicate. We just throw it back and forth. You ready? Oh great, a Pollack and a chink. Afternoon, Martin, you dumb Italian prick. Walt, you cheap asshole, I should have known you’d come in, I was having such a pleasant day. Why, did you jew some blind man out of a few bucks, give him the wrong change? (…) And don’t lay down to people all the time. Always look a person in the eye. When you shake a man’s hand, you can usually tell where you stand with him. Barber scene (Gran Torino)
Sous le rapport de leurs contenus, les messages que nous nous adressons les uns les autres sont, le plus souvent, des banalités sans intérêt mais sous le rapport du chaud et du froid dans nos relations, ce sont des thermomètres ultra-sensibles, beaucoup plus importants que les paroles échangées. (…) Ce qui définit le conflit humain n’est pas la perte de la réciprocité mais le glissement, imperceptible d’abord puis de plus en plus rapide, de la bonne à la mauvais réciprocité. Ce glissement, on le remarque à peine, mais la moindre négligeance, le moindre oubli peuvent troubler durablement nos rapports. Le mouvement een sens inverse, de la mauvaise à la bonne réciprocité, exige au contraire beaucoup d’attention et d’abnégation. Il n’est pas toujours possible. (…) Dans plusieurs langues, le mot qui signifie le don, le cadeau, signifie aussi poison. Dans un univers encore très, très archaïque, tous les cadeaux, je pense, sont empoisonnés: leurs possesseurs initiaux ne donnent jamais que les choses qui empoisonnent leur existence et dont ils cherchent par conséquent à se débarrasser pour recevoir en retour des choses tout aussi utiles mais moins empoisonnées, du seul fait qu’elles viennent d’ailleurs. (…) Il est plus facile de vivre avec les femmes des autres que’avec les siennes propres. C’est là, je pense, l’origine de l’échange. (…) l’échange, aussi universel chez les hommes, est contraire à l’instinct animal, qui cherche toujours à se satisfaire au plus près, au sein de l’immédiat accessible. (…) Les différences artificielles protégeaient réellement les communautés archaïques, je pense, d’une mauvaise réciprocité toujours précédée et annoncée par l’accélération inquiétante de la bonne réciprocité. Récemment encore, en milieu paysan, des coutumes subsistaient, des habitudes anciennes sans doute, destinées à ralentir le rythme des échanges même les plus banals. (…) Si l’acheteur d’un veau à la foire du village sortait trop vite son porte-feuille, le vendeur l’invitait à boire un verre d’abord, au café du coin, afin de retarder (un peu, mais pas trop, bien sûr) le règlement de compte. Le double sens de cette expression, règlement de comptes, illumine la peur qu’inspire une réciprocité trop soudaine, déjà brutale. (…) notre monde a déjà supprimé avec les différences archaïques et traditionnelles tous les sacrifices sanglants qui visent à consolider celles-ci. Mais il a conservé et même multiplié les rites de bonne réciprocité qui existaient déjà dans le monde archaïque et qui sont destinés à empêcher la tendance des rapports pacifiques à glisser dans la violence. Plus que jamais nous nous répandons en salutations, protestations d’amitié, visites, festivals, cadeaux plus ou moins fréquents et précieux, etc. (…) Comme tous les rites bien sûr, [le rite du cadeau] vise à consolider les liens sociaux tout en contribuant à la bonne marche des affaires. On dit souvent que ce rite est manipulé par le grand business pour augmenter la consommation. C’est vrai, bien entendu,mais ce n’est pas toute la vérité. La preuve que le cadeau est un rite véritable, ce sont les règles strictes qui le régissent. Elles exigent un doigté extraordinaire dans l’exécution pour la bonne raison que, en fin de compte, elles se contredisent. Elles essaient de concilier l’impératif de la réciprocité et de l’égalité avec l’impératif de la différence qui n’est pas moins essentiel.(…) La prudence exige une équivalence des cadeaux aussi rigoureuse que s’il s’agissait d’un troc. Il faut s’imiter très exactement, mais en donnant une impression de grande spontanéité. Chacun doit convaincre son partenaire qu’en choisissant le cadeau qu’il lui donne, il obéit à une impulsion irrésistible, une inspiration foudroyante, étrangères aux calculs mesquins de la commune humanité. (…) Dans notre monde, comme dans tous les autres mondes du passé d’ailleurs, on n’échappe au Charybde de la différence insuffisante que pour tomber dans le Scylla de la différence excessive. Il ne faut pas s’étonner si les crises de dépression se multiplient chaque année lorsque revient la saison des cadeaux. Le drame, c’est que loin d’être imaginaire, l’angoisse suscitée par le cadeau est justifiée. Les sacrificateurs savaient tous, jadis, que plus un rite est efficace dans la réussite, plus il est redoutable dans l’échec. Si toutes les règles, même les plus byzantines, ne sont pas respectées, cette source de paix et d’harmonie que doit être le cadeau se métamorphose diaboliquement en une cause d’irritation infinie. René Girard (Celui par qui le scandale arrive)
Chez les Kwakiutl et d’autres tribus indiennes du nord-ouest, les grands chefs démontraient leur supériorité en distribuant leurs possessions les plus précieuses à leurs concurrents, les autres grands chefs. Ils essayaient tous de surpasser les autres dans leur mépris de la richesse. Le gagnant était celui qui abandonnait le plus et recevait le moins. Ce jeu étrange était institutionnalisé et il aboutissait à la destruction des biens que les deux groupes, en principe, essayaient de donner à l’autre, tout comme la plupart des groupes humains font dans toutes sortes d’échange rituel. D’immenses quantités de richesses étaient ainsi gaspillées dans des manifestations compétitives d’indifférence à la richesse, le but réel de cela était le prestige. Il peut y avoir des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de plaisir. A un moment, les autorités canadiennes ont rendu le potlatch illégal et nous pouvons bien comprendre pourquoi. Elles réalisaient que cette recherche de prestige collectif bénéficiait finalement seulement aux grands chefs et avait un impact négatif sur la grande majorité du peuple. Il est toujours dangereux pour une communauté de placer des formes négatives de prestige devant les formes positives qui ne contredisent pas encore les besoins réels des êtres vivants. Même dans notre société, il peut y avoir un aspect compétitif au don de cadeaux qui, dans le potlatch, devient exacerbé au-delà presque de la reconnaissance. Le but normal de l’échange de cadeaux, dans toutes les sociétés, est d’empêcher les rivalités mimétiques d’échapper à tout contrôle. Cependant, l’esprit de rivalité est si puissant qu’il peut transformer de l’intérieur même des institutions qui existent seulement dans le but de le prévenir. Le potlatch témoigne du formidable entêtement de la rivalité mimétique. Il pourrait être défini comme la tranche gelée de la crise mimétique qui devient ritualisée et finalement joue un rôle, mais à un grand coût, dans le contrôle et l’atténuation de la fièvre compétitive. Dans chaque société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont le plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, aussi bien que dans notre monde, la politique du toujours moins peut se substituer à la politique du toujours plus et finalement signifier la même chose. René Girard
Eastwood est-il croyant ? Tous ces films doivent un peu à la pensée chrétienne. Dans L’homme des hautes plaines (1973), son deuxième film, il représentait les sept pêchés capitaux dans une town isolée de tout, encerclée par une ceinture désertique. Dans Gran Torino, on peut le voir comme un ange pour Tao et sa famille. Le film possède des moments violents où la pusillanimité de certaines scènes reste choquante. Mais après tout, la passion du Christ dans l’Evangile ne dépeint-elle pas des actes de barbarie ? Eastwood met à mal la religion en proposant une réflexion et non par la facilité, quoique remarquable, comme dans Religolo (2008). Nous avons une figure de curé touchante à travers ce jeune tout juste sorti du séminaire. Il apprend de Walt et réciproquement. Le curé jure dans son église (« Jesus-Christ » dit-il à deux reprises) et chez Eastwood il se laisse aller à dire son sentiment envers cette bande de jeunes nihilistes : « They pissed me off like you » (Ils m’agacent comme vous). Ce n’est pas tous les jours que l’on voit un prêtre se comportant ainsi. On dirait Karl Malden dans Sur les quais (1954) d’Elia Kazan. Avec ce tandem Walt/jeune prêtre, nous avons un voyage et quel voyage ! Le jeune curé ne débite que des leçons de vies tout droit sorties de la Bible, du « petit manuel du curé » dixit le personnage d’Eastwood. Il se fait un ennemi en la personne de Walt. Il essaiera de lui faire entendre raison et de l’amener à se confesser suite à la promesse qu’il a faite à sa femme avant de mourir. Il tente de rentrer en contact avec Walt, de pénétrer son monde par ses propos candides propres à ceux qui ne connaissent pas le côté obscur de la vie. Walt refuse la rencontre. Il est hostile. Le curé insiste. Walt lui dit le fond de sa pensée, qu’il ne s’est jamais confessé et si jamais il devait le faire ce ne serait pas avec un jeune prêtre tout juste sorti du séminaire qui récite la Bible et ce n’est surement pas un jeune puceau de vingt-sept ans qui va lui apprendre ce qui est bon dans la vie. Le curé le reconnaitra dans son fort intérieur tout d’abord puis publiquement à la fin lors de l’enterrement de ce dernier. Il comprend qu’il est vain de pénétrer l’univers opaque de Walt ainsi. Mais s’il y a bien une leçon de la Bible qu’il sait mettre en pratique, c’est celle de la persévérance du Christ. Il fait de même. S’ajoute à cela qu’il se met à parler dans le même langage que Walt – par influence de cette force de la nature en qui il voit surement une figure paternelle forte. Il réussit à amener Walt à confesse. Mais le Macguffin, le prétexte qui fit entrer en contact ces deux mondes diamétralement opposés, ne dure que très peu de temps. Le plus important étant le chemin pour y arriver. Le curé a apprit, il le dit. Walt, quant à lui, ne croit plus quand une seule chose : chasser cette bande de malfrats du quartier. Dans son discours final lors des funérailles de Walt, on voit le jeune prêtre changé, grandi. Il a beaucoup appris de Walt Kowalski. Il se rend compte que l’empirisme et le pragmatisme importent autant que les lectures saintes. Son élixir est la compréhension. Pour prêcher la bonne parole, il faut vivre la vie et non se réfugier dans des écrits didactiques. Un autre discours sous-jacent au film est celui de la colère. Comment lutter contre la colère ? Eastwood prône l’extériorisation. Walt fait passer sa colère en détruisant les armoires de sa cuisine avec ses poings suite à l’agression de Sue. Il ne fera pas de mal physique aux coupables mais se sacrifiera, se sachant condamné par la maladie, pour apporter la paix dans le quartier. Nicolas Brénéol
Le renoncement au désir d’emprise et la construction d’une empathie réciproque peuvent se faire à tout âge. C’est ce que nous montre le film de Clint Eastwood : Gran Torino.  Un Américain d’origine polonaise nommé Kowalski incarné par Clint Eastwood, habite dans un quartier jadis largement polonais, mais dont la majorité des occupants est désormais asiatique.  Le film commence au moment où le héros perd un repère essentiel de sa vie avec le décès de sa femme. Confronté à l’ insécurité psychique qui en résulte, il n’éprouve d’empathie pour personne, pas même pour lui. Il ne se fait plus à manger et renforce des habitudes qui lui tiennent lieu de cadre sécurisant : tondre son gazon, astiquer sa vieille Ford  « Gran Torino » et… râler contre les nouveaux occupants du quartier. Ceux-ci sont des Hmong, un groupe d’Asiatiques qui se sont rangés du côté des Américains pendant la guerre du Vietnam et qui ont été rapatriés après la défaite. Il n’apprécie pas plus  Kowalski que celui-ci ne les apprécie. Aux insultes et jurons marmonnés en argot américain par le vieux solitaire répondent des malédictions proférées en vietnamien par une vieille grand-mère. Son manque d’empathie à leur égard mobilise leur agressivité et leur mépris en miroir. Kowalski crache contre ses voisins qui font de même. Enfin, un troisième protagoniste de l’histoire est incarné par une bande de Hmong qui terrorise le quartier. Ses membres sont évidemment dénués d’empathie. Ainsi chacun hait-il ceux qui lui paraissent différents, que ce soit par la langue, l’origine ethnique ou les coutumes. Le changement débute par un quiproquo. Le vieil homme est réveillé en pleine nuit par une bagarre. Il décroche son ancien fusil militaire et en braque le canon sur le front de l’un des combattants Hmong qui vient de rouler sur son carré de gazon : Les cons comme toi, en Corée, on les empilait par paquets de 100 pour faire des barricades. » Nulle trace d’empathie là-dedans, et certainement pas pour la victime de l’agression. Kowalski ne fait que défendre son espace. Mais le lendemain, il a  la surprise de découvrir de nombreux cadeaux sur les marches de son perron. Son intervention a sauvé un adolescent. Pour tout le quartier, occupé exclusivement par des Asiatiques, rappelons-le, c’est un héros ! Pas facile pour un ancien combattant de Corée, traumatisé et xénophobe, de se retrouver dans cette situation. La gentillesse de la communauté Hmong aura peu à peu raison de ses réticences. Il en accepte d’abord la nourriture, puis se prend de sympathie pour l’adolescent qu’il a sauvé. Il décide même de l’aider à avoir un métier et lui achète des outils. C’est le premier stade de l’empathie relationnelle : il se met à la place du garçon pour lui venir en aide. Dans une séquence suivante, Kowalski décide de lui apprendre la façon de parler en vigueur dans sa communauté d’anciens émigrés polonais et italiens. Il accepte alors que ce garçon se mettre à sa place , c’est-à-dire, vu la différence de génération, qu’il la prenne un jour. C’est le second stade de l’empathie relationnelle : la réciprocité. Enfin au cours du repas chez ses voisins asiatiques, un vieux monde désigné comme chaman par ses pairs révèle à Kowalski qu’il existe en lui une blessure secrète et lointaine qui continue à le ronger. Kowalski accepte cette intrusion dans son intimité psychique. Il accepte que ce chaman, qui est pour lui un inconnu, accède à des parties de lui qu’il tenait jusque-là cacher. Il ne vit cette intrusion ni comme dangereuse ni comme condescendante. Et il accepte d’en être éclairé sur lui-même. La preuve en est que cet événement va permettre à Kowalski de raconter lui-même sa blessure au jeune Hmong qu’il a pris sous sa protection. Pendant la guerre de Corée, il s’est lancé à l’assaut d’un nid de mitrailleuses dont les occupants avaient été tués, à l’exception d’un adolescent. Rendu fou de colère par la mort de ses camarades de combat, il a exécuté le garçon d’une balle dans la tête. Kowalski était-il sur le chemin de l’empathie au moment de son départ en Corée ? En tout cas, cette guerre abominable l’en a détourné. Les expériences extrêmes ont le pouvoir de faire prendre d’autres directions que celles qu’on pouvait croire solidement installées. On connaît des déportés réputés calmes et capables de supporter de nombreuses frustrations de la vie, qui sont revenus des camps à jamais incapable d’attendre : ils avaient perdu confiance dans la générosité du monde à leur égard. L’image d’un monde secourable, capable de répondre à leurs désirs, avait laissé place à une assistance persécutrice prenant un plaisir sadique à les faire souffrir. Difficile d’être empathique dans ces conditions-là… Comment faire alors pour vivre ensemble malgré tout ? Dans les sociétés démocratiques, les citoyens élisent des délégués qui se portent garants de l’établissement d’un pouvoir régulateur : la justice et la police sont appelées à jouer ce rôle. Comprenant que son propre désir de faire justice contre la bande des Hmong n ’est qu’un avatar du désir d’emprise qui monte les  diverses communautés les unes contre les autres. Kowalski décide finalement de mobiliser ces instances de régulation. Il le fait d’une façon tellement inattendue que je me garderai bien de la dévoiler au lecteur. Qu’il sache seulement que la signification de ce film, et même celle de l’œuvre entière de Clint Eastwood, s’en trouve bouleversée… Serge Tisseron
L’évolution, dans l’espèce humaine, n’a pas uniquement trié les « gros bras » ou les gros QI, mais également le développement d’un mode particulier d’intelligence, « l’intelligence machiavélienne ». Roger Guillemin
Chez les animaux, l’intelligence peut prendre plusieurs formes. On parle d’intelligences multiples. Dans le cas des abeilles et des insectes sociaux en général (fourmis, guêpes, termites), on parle d’intelligence collective ou d’intelligence « en essaim ». Pour d’autres, on parle d’intelligence « machiavélienne ». C’est le cas de certains singes capables de manipuler d’autres congénères. C’est aussi vrai chez certains moutons qui dirigent volontairement le troupeau vers des endroits escarpés. Enfin, on parle d’intelligence « culturelle »: les chimpanzés de la forêt de Taï en Côte-d’Ivoire utilisent des techniques de chasse individuelles différentes de celles pratiquées habituellement pour la capture de colobes (petits singes arboricoles). Alix Paugam
In cognitive science and evolutionary psychology, Machiavellian intelligence (also known as political intelligence or social intelligence) is the capacity of an entity to be in a successful political engagement with social groups. The first introduction of this concept to primatology came from Frans de Waal’s book « Chimpanzee Politics » (1982), which described social maneuvering while explicitly quoting Machiavelli. Also known as machiavellianism, it is the art of manipulation in which others are socially manipulated in a way that benefits the user. Wikipedia
The social brain hypothesis was proposed by British anthropologist Robin Dunbar, who argues that human intelligence did not evolve primarily as a means to solve ecological problems, but rather intelligence evolved as a means of surviving and reproducing in large and complex social groups. Some of the behaviors associated with living in large groups include reciprocal altruism, deception and coalition formation. These group dynamics relate to Theory of Mind or the ability to understand the thoughts and emotions of others, though Dunbar himself admits in the same book that it is not the flocking itself that causes intelligence to evolve (as shown by ruminants). Dunbar argues that when the size of a social group increases, the number of different relationships in the group may increase by orders of magnitude. Chimpanzees live in groups of about 50 individuals whereas humans typically have a social circle of about 150 people, which is also the typical size of social communities in small societies and personal social networks;  this number is now referred to as Dunbar’s number. In addition, there is evidence to suggest that the success of groups is dependent on their size at foundation, with groupings of around 150 being particularly successful, potentially reflecting the fact that communities of this size strike a balance between the minimum size of effective functionality and the maximum size for creating a sense of commitment to the community.  According to the social brain hypothesis, when hominids started living in large groups, selection favored greater intelligence. As evidence, Dunbar cites a relationship between neocortex size and group size of various mammals. However, meerkats have far more social relationships than their small brain capacity would suggest. Another hypothesis is that it is actually intelligence that causes social relationships to become more complex, because intelligent individuals are more difficult to learn to know. There are also studies that show that Dunbar’s number is not the upper limit of the number of social relationships in humans either. Other studies suggest that social exchange between individuals is a vital adaptation to the human brain, going as far to say that the human mind could be equipped with a neurocognitive system specialized for reasoning about social change. Wikipedia
One by one, the berms we’ve built between ourselves and the beasts are being washed away. Humans are the only animals that use tools, we used to say. But what about the birds and apes that we now know do as well? Humans are the only ones who are empathic and generous, then. But what about the monkeys that practice charity and the elephants that mourn their dead? Humans are the only ones who experience joy and a knowledge of the future. But what about the U.K. study just last month showing that pigs raised in comfortable environments exhibit optimism, moving expectantly toward a new sound instead of retreating warily from it? And as for humans as the only beasts with language? Kanzi himself could tell you that’s not true. All of that is forcing us to look at animals in a new way. With his 1975 book Animal Liberation, bioethicist Peter Singer of Princeton University launched what became known as the animal-rights movement. The ability to suffer, he argued, is a great cross-species leveler, and we should not inflict pain on or cause fear in an animal that we wouldn’t want to experience ourselves. This idea has never met with universal agreement, but new studies are giving it more legitimacy than ever.(…) most scientists agree that awareness is probably controlled by a sort of cognitive rheostat, with consciousness burning brightest in humans and other high animals and fading to a flicker — and finally blackness — in very low ones. (…) Among animals aware of their existence, intellect falls on a sliding scale as well, one often seen as a function of brain size. Here humans like to think they’re kings. The human brain is a big one — about 1,400 g (3 lb.). But the dolphin brain weighs up to 1,700 g (3.75 lb.), and the killer whale carries a monster-size 5,600-g (12.3 lb.) brain. But we’re smaller than the dolphin and much smaller than the whale, so correcting for body size, we’re back in first, right? Nope. The brain of the Etruscan shrew weighs just 0.1 g (0.0035 oz.), yet relative to its tiny body, its brain is bigger than ours.While the size of the brain certainly has some relation to smarts, much more can be learned from its structure. Higher thinking takes place in the cerebral cortex, the most evolved region of the brain and one many animals lack. Mammals are members of the cerebral-cortex club, and as a rule, the bigger and more complex that brain region is, the more intelligent the animal. But it’s not the only route to creative thinking. Consider tool use. Humans are magicians with tools, apes dabble in them, and otters have mastered the task of smashing mollusks with rocks to get the meat inside — which, though primitive, counts. But if creativity lives in the cerebral cortex, why are corvids, the class of birds that includes crows and jays, better tool users than nearly all nonhuman species? (…) In the case of corvids and other animals, what may drive intelligence higher still is the structure not of their brains but of their societies. It’s easier to be a solitary animal than a social one. When you hunt and eat alone, like the polar bear, you don’t have to negotiate power struggles or collaborate in stalking prey. But it’s in that behavior — particularly the hunt — that animals behave most cleverly. Consider the king of the beasts. « Lions do very cool things, » says animal biologist Christine Drea of Duke University. « One animal positions itself for the ambush, and another pushes the prey in that direction. » More impressive still is the unglamorous hyena. « A hyena by itself can take out a wildebeest, but it takes several to bring down a zebra, » she says. « So they plan the size of their party in advance and then go out hunting particular prey. In effect, they say, Let’s go get some zebras. They’ll even bypass a wildebeest if they see one on the way. » (…) For these kinds of animals, it’s not clear what the cause-and-effect relationship is — whether living cooperatively boosts intelligence or if innate intelligence makes it easier to live cooperatively. It’s certainly significant that corvids are the most social of birds, with long lives and stable group bonds, and that they’re the ones that have proved so handy. It’s also significant that herd animals, like cows and buffalo, exhibit little intelligence. Though they live collectively, there’s little shape to their society. « In a buffalo herd, Bob doesn’t care who Betty is, » Drea says. « But among primates, social carnivores, whales and dolphins, every individual has a particular place. » It’s easy enough to study the brain and behavior of an animal, but subtler cognitive abilities are harder to map. One of the most important skills human children must learn is something called the theory of mind: the idea that not all knowledge is universal knowledge. A toddler who watches a babysitter hide a toy in a room will assume that anyone who walks in afterward knows where the toy is too. It’s not until about age 3 that kids realize that just because they know something, it doesn’t mean somebody else knows it also. The theory of mind is central to communication and self-awareness, and it’s the rare animal that exhibits it, though some do. Dogs understand innately what pointing means: that someone has information to share and that your attention is being drawn to it so that you can learn too. That seems simple, but only because we’re born with the ability and, by the way, have fingers with which to do the pointing. Great apes, despite their impressive intellect and five-fingered hands, do not seem to come factory-loaded for pointing. But they may just lack the opportunity to practice it. A baby ape rarely lets go of its mother, clinging to her abdomen as she knuckle-walks from place to place. (…) Pointing isn’t the only indicator of a smart species that grasps the theory of mind. Blue jays — another corvid — cache food for later retrieval and are very mindful of whether other animals are around to witness where they’ve hidden a stash. If the jays have indeed been watched, they’ll wait until the other animal leaves and then move the food. They not only understand that another creature has a mind; they also manipulate what’s inside it. The gold standard for demonstrating an understanding of the self-other distinction is the mirror test: whether an animal can see its reflection and recognize what it is. It may be adorable when a kitten sees itself in a full-length mirror and runs around to the other side of the door looking for what it thought was a playmate, but it’s not head-of-the-class stuff. Elephants, apes and dolphins are among the few creatures that can pass the mirror test. All three respond appropriately when they look in a mirror after a spot of paint is applied to their forehead or another part of their body. Apes and elephants will reach up to touch the mark with finger or trunk rather than reach out to touch the reflection. Dolphins will position themselves so they can see the reflection of the mark better. (…) With or without mirror smarts, some animals are also adept at grasping abstractions, particularly the ideas of sameness and difference. Small children know that a picture of two apples is different from a picture of a pear and a banana; in one case, the objects match, and in the other they don’t. It’s harder for them to take the next step — correctly matching a picture of two apples to a picture of two bananas instead of to a picture of an orange and a plum.(…) If animals can reason — even if it’s in a way we’d consider crude — the unavoidable question becomes, Can they feel? Do they experience empathy or compassion? Can they love or care or hope or grieve? And what does it say about how we treat them? For science, it would be safest simply to walk away from a question so booby-trapped with imponderables. But science can’t help itself, and at least some investigators are exploring these ideas too. It’s well established that elephants appear to mourn their dead, lingering over a herd mate’s body with what looks like sorrow. They show similar interest — even what appears to be respect — when they encounter elephant bones, gently examining them, paying special attention to the skull and tusks. Apes also remain close to a dead troop mate for days. Empathy for living members of the same species is not unheard of either. « When rats are in pain and wriggling, other rats that are watching will wriggle in parallel, » says Marc Hauser, professor of psychology and anthropological biology at Harvard. « You don’t need neurobiology to tell you that suggests awareness. » A 2008 study by primatologist Frans de Waal and others at the Yerkes National Primate Research Center in Atlanta showed that when capuchin monkeys were offered a choice between two tokens — one that would buy two slices of apple and one that would buy one slice each for them and a partner monkey — they chose the generous option, provided the partner was a relative or at least familiar. The Yerkes team believes that part of the capuchins’ behavior was due to a simple sense of pleasure they experience in giving, an idea consistent with studies of the human brain that reveal activity in the reward centers after subjects give to charity. (…) All creatures may exist on a developmental continuum, [Hauser] argues, but the gap between us and the second-place finishers is so big that it shows we truly are something special. « Animals have a myopic intelligence, » Hauser says. « But they never experience the aha moment that a 2-year-old child gets. » (…) Ultimately, the same biological knob that adjusts animal consciousness up or down ought to govern how we value the way those species experience their lives. A mere ape in our world may be a scholar in its own, and the low life of any beast may be a source of deep satisfaction for the beast itself. Kanzi’s glossary is full of words like noodles and sugar and candy and night, but scattered among them are also good and happy and be and tomorrow. If it’s true that all those words have meaning to him, then the life he lives — and by extension, those of other animals — may be rich and worthy ones indeed. Time
Les suricates vivent dans de vastes terriers aux entrées multiples qu’ils ne quittent que dans la journée. Ce sont des animaux sociaux de 20 à 30 membres au sein d’une même colonie. Hors du groupe, les suricates sont voués à une mort quasi certaine. Les animaux du même groupe se toilettent régulièrement entre eux pour tisser des liens sociaux puissants. Le couple dominant exprime son autorité sur le reste du groupe en le marquant de son odeur. Les animaux de second rang toilettent alors le couple dominant et lui lèchent la gueule. Ce comportement se rencontre habituellement lorsque les membres du groupe se trouvent réunis après une courte période de séparation. La plupart des suricates d’un même groupe sont la progéniture du couple dominant. Les suricates ont un comportement altruiste au sein de leur colonie. Un ou plusieurs d’entre eux surveillent en sentinelles les autres membres qui creusent ou jouent entre eux. Lorsqu’un prédateur est repéré, l’alerte est donnée par un aboiement particulier. La bande se précipite alors pour se cacher dans un des terriers dont ils ont parsemé leur territoire. La sentinelle est la première à réapparaître du terrier à la recherche d’éventuels prédateurs. Elle aboie en continu pour maintenir les autres suricates dans leurs terriers. Lorsqu’elle cesse d’aboyer les autres suricates peuvent émerger en toute sécurité. Lorsque les jeunes ont moins de 3 semaines, des individus du groupe restent avec eux au terrier durant toute la journée8. Ces babysitters, qui ne sont pas nécessairement parents des jeunes, ne mangent pas de toute la journée pour surveiller le terrier et les jeunes. Comme tous les babysitters ne sont pas parents des jeunes qu’ils gardent, la théorie de la sélection de parentèle ne suffit pas. Récemment, ce comportement a pu être expliqué par la théorie de l’augmentation du groupe9. Ainsi, des membres du groupe non apparentés aux jeunes ont aussi intérêt à prendre soin de ces jeunes car les groupes les plus nombreux ont plus de chances de survie10. Les femelles qui n’ont jamais mis bas sont chargées d’allaiter les petits de la femelle dominante pendant que cette dernière est partie au loin avec le reste du groupe. Elles protègent également les jeunes des attaques par des prédateurs, souvent au mépris de leur vie. En cas d’alerte, les babysitters conduisent les petits dans les terriers et s’apprêtent à les défendre si nécessaire. Si la retraite sous le sol est impossible, elle réunit les petits et s’allonge par-dessus. Les suricates partagent volontiers leur terrier avec la mangouste jaune et l’écureuil terrestre, espèces avec lesquelles ils n’entrent pas en compétition pour la nourriture. Ils hébergent parfois des serpents… s’ils n’ont pas de chance. Cependant, ils peuvent mordre leur « invité » en cas de mésentente. À l’instar de plusieurs espèces, les jeunes suricates font leur apprentissage en observant et en mimant le comportement des adultes qui s’impliquent cependant dans un enseignement actif. Par exemple, l’adulte enseigne aux petits comment attraper sans risque un scorpion venimeux et lui arracher le dard avant de le manger11 Malgré leur comportement altruiste, les suricates tuent parfois un jeune membre du groupe afin d’accroître leur propre position sociale au sein de ce groupe12 Les suricates sont également connus pour se livrer à des jeux de société comme des concours de lutte et de course (dans le sens course à pied). (…) Un groupe de suricates peut mourir après l’attaque d’un prédateur, si le couple dominant est stérile, lors d’une disette ou d’une épidémie. La taille du groupe est variable. Lorsqu’il comprend un nombre trop important d’individus, il se disperse au loin à la recherche de nouveaux territoires pour se nourrir. Ou bien, à l’occasion d’une alerte, le groupe recherche un abri dans différents terriers. Le résultat en est une scission du groupe. Wikipedia
Child grooming comprises actions deliberately undertaken with the aim of befriending and establishing an emotional connection with a child, to lower the child’s inhibitions in order to sexually abuse the child. Child grooming may be used to lure minors into trafficking of children, illicit businesses such as child prostitution, or the production of child pornography. It is a behavior that is characteristic of paedophilia.  Child grooming involves psychological manipulation in the form of positive reinforcement and foot-in-the-door tactics, using activities that are typically legal but later lead to illegal activities.[citation needed] This is done to gain the child’s trust as well as the trust of those responsible for the child’s well-being. Additionally, a trusting relationship with the family means the child’s parents are less likely to believe potential accusations. In the case of sexual grooming, child pornography images are often shown to the child as part of the grooming process. To establish a good relationship with the child and the child’s family, child groomers might do several things. For example, they might take an undue interest in someone else’s child, to be the child’s “special” friend to gain the child’s trust.[citation needed] They might give gifts or money to the child for no apparent reason (toys, dolls, etc.). They may show pornography—videos or pictures—to the child, hoping to make it easy for the child to accept such acts, thus normalizing the behavior. They may simply talk about sexual topics. These are just some of the methods a child groomer might use to gain a child’s trust and affection to allow them to do what they want. Hugging and kissing or other physical contact, even when the child does not want it, can happen. To the groomer, this is a way to get close. They might talk about problems normally discussed between adults, or at least people of the same age. Topics might include marital problems and other conflicts. They may try to gain the child’s parents’ trust by befriending them, with the goal of easy access to the child. The child groomer might look for opportunities to have time alone with the child. This can be done by offering to babysit. The groomer may invite the child for sleepovers. This gives them the opportunity to sleep in the same room or even the same bed with the child. Actions such as online communication have been defended by suspected offenders using the so-called ‘fantasy defense’, in which those accused argue that they were only expressing fantasies and not plans of future behavior. In the U.S., case law draws a distinction between those two and some people accused of ‘grooming’ have successfully used this defense. Sexual grooming of children also occurs on the Internet. Some abusers will pose as children online and make arrangements to meet with them in person. (…) Sexual grooming of children over the internet is most prevalent (99% of cases) amongst the 13–17 age group, particularly the 13–14 years old children (48%). The majority of them are girls. The majority of the victimization occurs over the mobile phone support. Children and teenagers with behavioral issues such as higher attention seekers have a much higher risk than others. Wikipedia
‘Honestly we did have a lot of white dudes in this video, but for whatever reason it worked out that they would be the ones to say something just in passing, or from a distance off camera. This made their screen time fairly short by comparison, but the numbers were relatively similar. As the video says at the end, it was upwards of 100+ harassments, so obviously not everything was shown, otherwise we’d have a video that’s too long for internet attention spans. But really it was across the board, just about everyone said/did something while we filmed.’ The 18 scenes that we show is a very small portion of street harassment that goes on, because it is a small size. We got 108 reactions but after editing down, the two longest incidents [involving a black man and a Latino man] make up half the video.’ If we filmed for a much longer time, it would show the breakdown of New York City and a much wider demographic.’ Rob Bliss
If you look at any bird or mammal, never mind things as smart as primates, never mind things as doubly smart as humans… any bird or mammal has its biological inheritance, as it were, which gives the rules of how to play the game of life. But how those rules get played out on a day-to-day basis depends on how the animal assesses the particular circumstances – it has a lot of flexibility in how it should behave, it just has some guidelines provided by evolution, and some constraints. If you don’t have wings, you can’t fly… [But there's still] lots of scope for social, environmental, demographic circumstances… and grim economics. (…) The way in which our social world is constructed is part and parcel of our biological inheritance. Together with apes and monkeys, we’re members of the primate family – and within the primates there is a general relationship between the size of the brain and the size of the social group. We fit in a pattern. There are social circles beyond it and layers within – but there is a natural grouping of 150. This is the number of people you can have a relationship with involving trust and obligation – there’s some personal history, not just names and faces. (…) This looked implausibly small, given that we all live in cities now, but it turned out that this was the size of a typical community in hunter-gatherer societies. And the average village size in the Domesday Book is 150. It’s the same when we have much better data – in the 18th century, for example, thanks to parish registers. County by county, the average size of a village is again 150. Except in Kent, where it was 100. I’ve no idea why. (…)The Dunbar number probably dates back to the appearance of anatomically modern humans 250,000 years ago. If you go back in time, by estimating brain size, you can see community size declining steadily. (…) [sociality]‘s the key evolutionary strategy of primates. Group living and explicitly communal solutions to the problem of survival out there on the plains or in the forests… that’s a primate adaptation, and they evolved that very early on. Most species of birds and animals aren’t as intensely social. Sociality for most species hovers around pair-bonds, that’s as complicated as it gets. The species with big brains are the ones who mate monogamously… The lesson is that there is something computationally very demanding about maintaining close relationships over a very long period of time – as we all know! (…) We’re caught in a bind: community sizes were designed for hunter-gatherer- type societies where people weren’t living on top of one another. Your 150 were scattered over a wide are, but everybody shared the same 150. This made for a very densely interconnected community, and this means the community polices itself. You don’t need lawyers and policemen. If you step out of line, granny will wag her finger at you. Our problem now is the sheer density of folk – our networks aren’t compact. You have clumps of friends scattered around the world who don’t know one another: now you don’t have an interwoven network. It leads to a less well integrated society. How to re-create that old sense of community in these new circumstances? That’s an engineering problem. How do we work around it? The alternative solution, of course, is that we could evolve bigger brains. But they’d have to be much bigger, and it takes a long time. (…) Can we manage to have meaningful relationships with more than just the old numbers? Yes, I can find out what you had for breakfast from your tweet, but can I really get to know you better? These digital developments help us keep in touch, when in the past a relationship might just have died; but in the end, we actually have to get together to make a relationship work. In the end, we rely heavily on touch and we still haven’t figured out how to do virtual touch. Maybe once we can do that we will have cracked a big nut. Words are slippery, a touch is worth a 1,000 words any day. Robin Dunbar
What Facebook does and why it’s been so successful in so many ways is it allows you to keep track of people who would otherwise effectively disappear  In the sandpit of life, when somebody kicks sand in your face, you can’t get out of the sandpit. You have to deal with it, learn, compromise. On the internet, you can pull the plug and walk away. There’s no forcing mechanism that makes us have to learn. It’s quite conceivable that we might end up less social in the future, which would be a disaster because we need to be more social—our world has become so large. The amount of social capital you have is pretty fixed. It involves time investment. If you garner connections with more people, you end up distributing your fixed amount of social capital more thinly so the average capital per person is lower. (…) We underestimate how important touch is in the social world. Words are easy. But the way someone touches you, even casually, tells you more about what they’re thinking of you. Robin Dunbar
Few ideas from social science have burrowed their way into the public imagination like Dunbar’s Number, the famous finding that we humans can’t cope with a social circle much larger than 150 people. It’s little surprise that it’s proven so captivating. (…) The average size of modern hunter-gatherer communities, it’s been calculated, is 148.8. The average size of army companies through history, from the Romans to the USSR, hovers around 150. And the average number of people to whom Britons send Christmas cards, according to a 2003 study, if you count every member of each household receiving a card? 153.5. No wonder so many panic-merchants worry that online social networks will destroy society. To accumulate 1,000 Facebook friends, Dunbar’s Number suggests, is to violate a law as old as humanity itself.(…) For centuries – and especially since the Industrial Revolution – we’ve been uprooting ourselves from the communities in which we were born. But until recently, on arriving in a new place, you’d inevitably lose your ties with the one you’d left; you’d be forced to invest fully in a new social circle. These days, thanks to motorways and airliners, email and Skype, you need never cut those ties. You never leave your old life behind, so your emotional investments are scattered. Ironically (…), it’s precisely your continuing bonds with the people you’ve loved for longest that risk leaving you feeling alienated where you are. One consequence is that the people in your circle of 150 are far less likely to know each other. (…) For example, Dunbar’s research shows that people are more altruistic towards each other in dense social networks. Clarence and Lucretia might be firm friends – but all else being equal, they’re less likely to help each other out if they have no other firm friends in common. Why are densely linked friends better friends? The motives involved aren’t necessarily all that virtuous. Maybe they just feel more social pressure, and worry that mutual friends will judge them if they’re not nice. Even so, the effect is that in a dense network, an act of friendship is two things at once: an expression of an individual bond, and another stitch in a bigger social fabric. At the very least, it’s an argument for getting over your hang-ups about introducing your friends to each other. True, they’ll probably gossip about you at some point, but then that strengthens the social fabric, too. Oliver Burkeman
S’ils permettent d’entrer en contact plus facilement avec des individus que l’on ne connaît pas, ou qui sont géographiquement éloignés, les services comme Twitter ou Facebook n’augmentent pas pour autant le nombre d’hommes et de femmes avec lesquels il est possible d’entretenir des relations régulières. Car les réseaux sociaux ne permettent pas de surmonter les limites du cerveau humain. C’est en tout cas la conclusion passionnante d’une étude (.pdf) menée par Bruno Gonçalves, Nicola Perra et Alessandro Vespignani. Les chercheurs se sont intéressés aux travaux de l’anthropologiste britannique Robin Dunbar, qui a découvert en 1992 que les primates ont un nombre limité d’individus dans leur groupe sociaux, et que ce nombre est proportionnel à la taille du neocortex. Extrapolant cette trouvaille à l’homme, il concluait qu’un humain peut entretenir une relation stable avec environ 150 personnes au maximum. Ce qui est devenu le « nombre de Dunbar ». « Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l’échelle d’un pays et de son gouvernement) », indique Wikipedia. Ce nombre se retrouve tout au long de l’histoire de l’Humanité dans des activités diverses comme la taille des villages de fermiers néolithiques, des unités militaires depuis l’armée romaine, ou les carnets d’adresse au 20ème siècle. C’est une constante de l’organisation sociale. Mais les réseaux sociaux sur Internet permettent-ils de dépasser ce nombre, grâce à l’assistance informatisée apportée au groupe ? Pour le savoir, Gonçalves et ses confrères ont étudié les liens noués entre 3 millions d’utilisateurs de Twitter pendant 4 ans, avec un volume total de 380 millions de tweets. (…) Lorsque les internautes commencent à « tweeter », le nombre de contacts avec lesquels ils discutent régulièrement augmente. Jusqu’à un point de saturation au delà duquel au contraire, le nombre d’échanges se resserre autour d’un nombre limité de contacts privilégiés. Or ce point de saturation se situe entre 100 et 200 « amis », c’est-à-dire précisément autour du nombre de Dunbar. (…) « Les réseaux sociaux n’ont pas changé les aptitudes sociales humaines (…) Même dans le monde en ligne les contraintes cognitives et biologiques opèrent comme l’avait prédit la théorie de Dunbar », conclut l’étude. Guillaume Champeau
Les grands singes sont surtout des as en matière de prévention des conflits, grâce à la pratique de l’épouillage ou « grooming ». Elle correspond, dans l’entreprise, à tous ces petits gestes qui consistent à dire bonjour, à parler de la pluie et du beau temps, pour avoir de l’échange social. Chez les primates, plus une espèce est évoluée, plus elle consacre du temps à ces attentions, et moins elle enregistre de conflits internes. Ce qu’il faut retenir : n’épouillez pas stricto sensu vos collaborateurs, ce serait mal vu ! Mais prenez soin de les saluer, de vous enquérir de leur travail (« Comment vas-tu ? T’en sors-tu sur le dossier Untel ? »). En privilégiant le dialogue, le fameux lien social, vous prévenez l’agressivité. (…) Années 1950, île de Koshima, Japon. Une femelle macaque nommée Imo se nourrit de patates douces que la population humaine, vénérant cette espèce, jette à son intention sur la plage. Pour débarrasser l’aliment des grains de sable, Imo a l’idée de nettoyer les patates douces dans la rivière. Plus tard, elle découvre que, en les lavant dans l’eau de mer, elle ajoute un petit goût salé fort ragoûtant. Imo vient d’innover. Mais voilà, chez les macaques, la hiérarchie est rigide, l’information circule verticalement et selon le lignage, jamais horizontalement. Imo va donc divulguer sa trouvaille à ses enfants, eux-mêmes en parleront à leur seule progéniture. Il faudra plus de cinq générations pour que l’ensemble des macaques de l’île en profitent ! Même genre d’aberration, chez les chimpanzés cette fois-ci. Pascal Picq se souvient d’un mâle ayant découvert comment ouvrir les noix de coco mais qui, devant le groupe, continuait à faire semblant de ne pas savoir, de peur que sa trouvaille ne soit accaparée par les dominants et qu’il n’en tire aucun mérite ! Ce qu’il faut retenir : plus un système est souple, plus les innovations peuvent se diffuser vite. Un patron a certes besoin d’une garde rapprochée, jamais de barons qui musellent la créativité des équipes. (…) Voici une histoire qui se déroule chez les babouins Hamadryas. Chaque matin, chez ces singes d’Ethiopie, il existe un rituel entre jeunes mâles arrogants pour décider de la direction à prendre afin de trouver un point d’eau. C’est à celui qui se dressera le plus haut devant le leader pour se faire entendre. Arrive la saison sèche. Aucun des jeunes mâles ne sait plus vers quelle orientation mettre le cap. L’heure est gravissime. L’épuisement des ressources pourrait conduire à la mort du groupe. C’est alors qu’un vieux mâle et sa femelle descendent de la falaise où ils ont élu refuge et se mettent à marcher dans une direction. Le reste du groupe les suit, dans le plus grand respect, car ils sont les seuls à pouvoir les mener vers une dernière source non asséchée. Ce qu’il faut retenir : dans l’entreprise, les seniors jouent le rôle de vieux babouins. Ils sont les dépositaires de l’histoire de la boîte. Leurs compétences peuvent se révéler extrêmement utiles en période de crise. Attribuez-leur une place de choix. Marianne Rey
A quelque espèce qu’il appartienne, un chef doit être reconnu , au sens premier du terme. Un orang-outang qui accède à cette dignité change physiquement. Certains macaques grandissent de quelques centimètres et grossissent de 3 à 5 kilos. Cependant, plus les singes sont évolués – comme les chimpanzés -, moins l’apparence physique compte pour dominer. Mais, même dans ce cas, le chef est le plus visible, il se poste sur une haute branche, il bombe le torse, il fait du bruit, il impressionne sa troupe, il s’entoure d’une bande de jeunes alliés et s’arroge des privilèges. Bref, il s’impose par son comportement, son regard, son hyperactivité. Sans hésiter, parfois, à menacer ses rivaux, à sanctionner ou intimider ses subordonnés : les gorilles frappent le sol avec leurs pieds ou leurs poings, tandis que les babouins haussent les sourcils. Les colères de chef se ressemblent toutes… (…) les singes sont polis! Ils se saluent rituellement tous les matins, le chef n’ayant pas le droit de déroger à cette règle sociale. Il doit répondre aux salutations de ses subordonnés, voire faire le premier geste : un regard droit dans les yeux, une tape amicale sur l’épaule ou une main tendue. S’il omet ce rituel, il risque d’y perdre sa popularité, et même son rang. Le salut n’est pas le seul moyen de souder la tribu : les singes passent beaucoup de temps en grooming, autrement dit en séances de toilettage ou d’épouillage mutuel. Ainsi, note Marie Muzard, ils favorisent la cohésion du groupe. Le plus groomé est, bien entendu, le chef. Tout un rituel dont l’auteur décrit la transposition dans les entreprises : poignées de main, visites impromptues, mots échangés au détour d’un couloir, pots de départ, réunions festives… (…)Plus une espèce est évoluée, plus elle consacre de temps au grooming, et moins elle enregistre de conflits internes! De fait, les macaques rhésus se livrent à cette activité pendant 7 % de leur temps, contre 30 % pour les macaques thibétanas : on constate vingt fois plus d’incidents chez les premiers que chez les seconds… (…) plus les sociétés de singes sont sophistiquées, plus le rôle du chef est limité et la créativité démultipliée. En dehors des périodes de crise – guerres intestines, menaces de prédateurs, sécheresse -, le chef chimpanzé n’est guère interventionniste. Sa sociabilité, son intelligence, sa détermination, son goût du risque l’ont conduit au pouvoir grâce à un réseau d’alliés. Mais, à l’inverse des macaques rhésus, dont la structure de pouvoir est pyramidale, le chef chimpanzé dirige une tribu décentralisée, dont les membres sont relativement autonomes. Les subordonnés peuvent partir chasser de leur côté. Avant de prendre quelque initiative que ce soit, le macaque rhésus consulte son chef. Le chimpanzé, lui, ne craint pas de se lancer dans des aventures et de quitter momentanément le groupe. La créativité d’un groupe de singes peu évolués, note Marie Muzard, est égale à celle de ses dominants. Alors que, chez les chimpanzés, elle est la somme de la créativité de tous ses membres. Il n’est pas surprenant que nos proches cousins soient plus habiles dans la fabrication d’outils que les macaques rhésus, par exemple, et que leur répertoire de parades soit nettement plus riche. Mais attention : la décentralisation comporte ses dangers. Habiles à nouer des alliances temporaires, les chimpanzés se livrent souvent des guerres fratricides pour la conquête de pouvoir. Aucun chef chimpanzé ne peut résister aux coalitions organisées par des subordonnés intelligents , écrit notre primatologue. Si vous appartenez au type patron-chimpanzé (…), surveillez votre entourage… Vincent Nouzille

Où l’on redécouvre l’importance de l’épouillage mutuel !

A l’heure des réseaux sociaux et des rencontres en ligne …

Mais aussi du cyberharcèlement, de la cyberpédophilie ou de la cybersollicitation d’enfants …

Comme du tranquille dénudement public voire de la véritable provocation

Retour, avec un récent article du New Yorker, sur les limites de l’amitié …

Qui, si l’on en croit les recherches de l’anthropologue et biologiste de l’évolution britannique Robin Dunbar et son fameux nombre de Dunbar

Se situeraient, taille de notre cortex oblige entre la musaraigne (au cerveau surdimensionné malgré sa minuscule taille) et le suricate (au petit cerveau mais au réseau social surdimensionné), autour de 150 individus avec lesquels on peut nouer des liens sociaux au même moment …

D’où la question de l’influence des réseaux sociaux …

Qui tout en multipliant nos possibilités de contacts mais aussi en nous privant de la synchronicité de l’expérience partagée comme de la dimension sensorielle du toucher …

Nous exposent, à taille de cerveau constante, au risque de saturation …

Mais d’où aussi la question, que semble oublier Dunbar en ces temps d’hypermixité sociale et ethnique, de la gestion de la violence …

Que tente de conjurer, comme l’a montré Girard avec son étude de l’échange de cadeaux, la multiplication de cette forme d’épouillage moderne que sont nos petits rituels quotidiens …

Pouvant aller, à l’image du film Grand Torino de Clint Eastwood et sans parler des habituels détournements et perversions, jusqu’à l’échange ritualisé d’insultes ou même à terme au sacrifice ultime et christique de soi …

The Limits of Friendship
Maria Konnikova
The New Yorker
October 7, 2014

Robin Dunbar came up with his eponymous number almost by accident. The University of Oxford anthropologist and psychologist (then at University College London) was trying to solve the problem of why primates devote so much time and effort to grooming. In the process of figuring out the solution, he chanced upon a potentially far more intriguing application for his research. At the time, in the nineteen-eighties, the Machiavellian Intelligence Hypothesis (now known as the Social Brain Hypothesis) had just been introduced into anthropological and primatology discourse. It held that primates have large brains because they live in socially complex societies: the larger the group, the larger the brain. Thus, from the size of an animal’s neocortex, the frontal lobe in particular, you could theoretically predict the group size for that animal.

Looking at his grooming data, Dunbar made the mental leap to humans. “We also had humans in our data set so it occurred to me to look to see what size group that relationship might predict for humans,” he told me recently. Dunbar did the math, using a ratio of neocortical volume to total brain volume and mean group size, and came up with a number. Judging from the size of an average human brain, the number of people the average person could have in her social group was a hundred and fifty. Anything beyond that would be too complicated to handle at optimal processing levels. For the last twenty-two years, Dunbar has been “unpacking and exploring” what that number actually means—and whether our ever-expanding social networks have done anything to change it.

The Dunbar number is actually a series of them. The best known, a hundred and fifty, is the number of people we call casual friends—the people, say, you’d invite to a large party. (In reality, it’s a range: a hundred at the low end and two hundred for the more social of us.) From there, through qualitative interviews coupled with analysis of experimental and survey data, Dunbar discovered that the number grows and decreases according to a precise formula, roughly a “rule of three.” The next step down, fifty, is the number of people we call close friends—perhaps the people you’d invite to a group dinner. You see them often, but not so much that you consider them to be true intimates. Then there’s the circle of fifteen: the friends that you can turn to for sympathy when you need it, the ones you can confide in about most things. The most intimate Dunbar number, five, is your close support group. These are your best friends (and often family members). On the flipside, groups can extend to five hundred, the acquaintance level, and to fifteen hundred, the absolute limit—the people for whom you can put a name to a face. While the group sizes are relatively stable, their composition can be fluid. Your five today may not be your five next week; people drift among layers and sometimes fall out of them altogether.

When Dunbar consulted the anthropological and historical record, he found remarkable consistency in support of his structure. The average group size among modern hunter-gatherer societies (where there was accurate census data) was 148.4 individuals. Company size in professional armies, Dunbar found, was also remarkably close to a hundred and fifty, from the Roman Empire to sixteenth-century Spain to the twentieth-century Soviet Union. Companies, in turn, tended to be broken down into smaller units of around fifty then further divided into sections of between ten and fifteen. At the opposite end, the companies formed battalions that ranged from five hundred and fifty to eight hundred, and even larger regiments.

Dunbar then decided to go beyond the existing evidence and into experimental methods. In one early study, the first empirical demonstration of the Dunbar number in action, he and the Durham University anthropologist Russell Hill examined the destinations of Christmas cards sent from households all over the U.K.—a socially pervasive practice, Dunbar explained to me, carried out by most typical households. Dunbar and Hill had each household list its Christmas card recipients and rate them on several scales. “When you looked at the pattern, there was a sense that there were distinct subgroups in there,” Dunbar said. If you considered the number of people in each sending household and each recipient household, each individual’s network was composed of about a hundred and fifty people. And within that network, people fell into circles of relative closeness—family, friends, neighbors, and work colleagues. Those circles conformed to Dunbar’s breakdown.

As constant use of social media has become the new normal, however, people have started challenging the continued relevance of Dunbar’s number: Isn’t it easier to have more friends when we have Facebook, Twitter, and Instagram to help us to cultivate and maintain them? Some, like the University of California, Berkeley, professor Morten Hansen, have pointed out that social media has facilitated more effective collaborations. Our real-world friends tend to know the same people that we do, but, in the online world, we can expand our networks strategically, leading to better business outcomes. Yet, when researchers tried to determine whether virtual networks increase our strong ties as well as our weak ones (the ones that Hansen had focussed on), they found that, for now, the essential Dunbar number, a hundred and fifty, has remained constant. When Bruno Gonçalves and his colleagues at Indiana University at Bloomington looked at whether Twitter had changed the number of relationships that users could maintain over a six-month period, they found that, despite the relative ease of Twitter connections as opposed to face-to-face one, the individuals that they followed could only manage between one and two hundred stable connections. When the Michigan State University researcher Nicole Ellison surveyed a random sample of undergraduates about their Facebook use, she found, while that their median number of Facebook friends was three hundred, they only counted an average of seventy-five as actual friends.

There’s no question, Dunbar agrees, that networks like Facebook are changing the nature of human interaction. “What Facebook does and why it’s been so successful in so many ways is it allows you to keep track of people who would otherwise effectively disappear,” he said. But one of the things that keeps face-to-face friendships strong is the nature of shared experience: you laugh together; you dance together; you gape at the hot-dog eaters on Coney Island together. We do have a social-media equivalent—sharing, liking, knowing that all of your friends have looked at the same cat video on YouTube as you did—but it lacks the synchronicity of shared experience. It’s like a comedy that you watch by yourself: you won’t laugh as loudly or as often, even if you’re fully aware that all your friends think it’s hysterical. We’ve seen the same movie, but we can’t bond over it in the same way.

With social media, we can easily keep up with the lives and interests of far more than a hundred and fifty people. But without investing the face-to-face time, we lack deeper connections to them, and the time we invest in superficial relationships comes at the expense of more profound ones. We may widen our network to two, three, or four hundred people that we see as friends, not just acquaintances, but keeping up an actual friendship requires resources. “The amount of social capital you have is pretty fixed,” Dunbar said. “It involves time investment. If you garner connections with more people, you end up distributing your fixed amount of social capital more thinly so the average capital per person is lower.” If we’re busy putting in the effort, however minimal, to “like” and comment and interact with an ever-widening network, we have less time and capacity left for our closer groups. Traditionally, it’s a sixty-forty split of attention: we spend sixty per cent of our time with our core groups of fifty, fifteen, and five, and forty with the larger spheres. Social networks may be growing our base, and, in the process, reversing that balance.

On an even deeper level, there may be a physiological aspect of friendship that virtual connections can never replace. This wouldn’t surprise Dunbar, who discovered his number when he was studying the social bonding that occurs among primates through grooming. Over the past few years, Dunbar and his colleagues have been looking at the importance of touch in sparking the sort of neurological and physiological responses that, in turn, lead to bonding and friendship. “We underestimate how important touch is in the social world,” he said. With a light brush on the shoulder, a pat, or a squeeze of the arm or hand, we can communicate a deeper bond than through speaking alone. “Words are easy. But the way someone touches you, even casually, tells you more about what they’re thinking of you.”

Dunbar already knew that in monkeys grooming activated the endorphin system. Was the same true in humans? In a series of studies, Dunbar and his colleagues demonstrated that very light touch triggers a cascade of endorphins that, in turn, are important for creating personal relationships. Because measuring endorphin release directly is invasive—you either need to perform a spinal tap or a PET scan, and the latter, though considered safe, involves injecting a person with a radioactive tracer—they first looked at endorphin release indirectly. In one study, they examined pain thresholds: how long a person could keep her hand in a bucket of ice water (in a lab), or how long she could maintain a sitting position with no chair present (back against the wall, legs bent at a ninety degree angle) in the field. When your body is flooded with endorphins, you’re able to withstand pain for longer than you could before, so pain tolerance is often used as a proxy for endorphin levels. The longer you can stand the pain, the more endorphins have been released into your system.They found that a shared experience of laughter—a synchronous, face-to-face experience—prior to immersion, be it in the lab (watching a neutral or funny movie with others) or in a natural setting (theatre performances at the 2008 Edinburgh Fringe Festival) enabled people to hold their hands in ice or maintain the chair position significantly longer than they’d previously been able to.

Next, in an ongoing study, Dunbar and his colleagues looked at how endorphins were activated in the brain directly, through PET scans, a procedure that lets you look at how different neural receptors uptake endorphins. The researchers saw the same thing that happened with monkeys, and that had earlier been demonstrated with humans that were viewing positive emotional stimuli: when subjects in the scanner were lightly touched, their bodies released endorphins. “We were nervous we wouldn’t find anything because the touch was so light,” Dunbar said. “Astonishingly, we saw a phenomenal response.” In fact, this makes a great deal of sense and answers a lot of long-standing questions about our sensory receptors, he explained. Our skin has a set of neurons, common to all mammals, that respond to light stroking, but not to any other kind of touch. Unlike other touch receptors, which operate on a loop—you touch a hot stove, the nerves fire a signal to the brain, the brain registers pain and fires a signal back for you to withdraw your hand—these receptors are one-way. They talk to the brain, but the brain doesn’t communicate back. “We think that’s what they exist for, to trigger endorphin responses as a consequence of grooming,” Dunbar said. Until social media can replicate that touch, it can’t fully replicate social bonding.

But, the truth is, no one really knows how relevant the Dunbar number will remain in a world increasingly dominated by virtual interactions. The brain is incredibly plastic, and, from past research on social interaction, we know that early childhood experience is crucial in developing those parts of the brain that are largely dedicated to social interaction, empathy, and other interpersonal concerns. Deprive a child of interaction and touch early on, and those areas won’t develop fully. Envelop her in a huge family or friend group, with plenty of holding and shared experience, and those areas grow bigger. So what happens if you’re raised from a young age to see virtual interactions as akin to physical ones? “This is the big imponderable,” Dunbar said. “We haven’t yet seen an entire generation that’s grown up with things like Facebook go through adulthood yet.” Dunbar himself doesn’t have a firm opinion one way or the other about whether virtual social networks will prove wonderful for friendships or ultimately diminish the number of satisfying interactions one has. “I don’t think we have enough evidence to argue either way,” he said.

One concern, though, is that some social skills may not develop as effectively when so many interactions exist online. We learn how we are and aren’t supposed to act by observing others and then having opportunities to act out our observations ourselves. We aren’t born with full social awareness, and Dunbar fears that too much virtual interaction may subvert that education. “In the sandpit of life, when somebody kicks sand in your face, you can’t get out of the sandpit. You have to deal with it, learn, compromise,” he said. “On the internet, you can pull the plug and walk away. There’s no forcing mechanism that makes us have to learn.” If you spend most of your time online, you may not get enough in-person group experience to learn how to properly interact on a large scale—a fear that, some early evidence suggests, may be materializing. “It’s quite conceivable that we might end up less social in the future, which would be a disaster because we need to be more social—our world has become so large” Dunbar said. The more our virtual friends replace our face-to-face ones, in fact, the more our Dunbar number may shrink.

Maria Konnikova is a contributor to newyorker.com, where she writes a weekly blog focussing on psychology and science.

Voir aussi:

The trouble with modern friendship
‘Panic-merchants worry that online social networks will replace offline friendships, turning users into basement-dwelling zombies, unable to converse face-to-face’
Oliver Burkeman
The Guardian
31 October 2014

Few ideas from social science have burrowed their way into the public imagination like Dunbar’s Number, the famous finding that we humans can’t cope with a social circle much larger than 150 people. It’s little surprise that it’s proven so captivating. As Maria Konnikova explained recently in a New Yorker profile of the anthropologist Robin Dunbar, the way it pops up unbidden in wildly different contexts is almost spooky. The average size of modern hunter-gatherer communities, it’s been calculated, is 148.8. The average size of army companies through history, from the Romans to the USSR, hovers around 150. And the average number of people to whom Britons send Christmas cards, according to a 2003 study, if you count every member of each household receiving a card? 153.5. No wonder so many panic-merchants worry that online social networks will destroy society. To accumulate 1,000 Facebook friends, Dunbar’s Number suggests, is to violate a law as old as humanity itself.

Judging by the research, the panic merchants are wrong: social networks don’t replace offline friendships, or turn users into basement-dwelling zombies, unable to converse face-to-face. Nonetheless, Dunbar’s work does suggest something troubling about modern friendship. For centuries – and especially since the Industrial Revolution – we’ve been uprooting ourselves from the communities in which we were born. But until recently, on arriving in a new place, you’d inevitably lose your ties with the one you’d left; you’d be forced to invest fully in a new social circle. These days, thanks to motorways and airliners, email and Skype, you need never cut those ties. You never leave your old life behind, so your emotional investments are scattered. Ironically (and as a British transplant to New York, I speak from experience), it’s precisely your continuing bonds with the people you’ve loved for longest that risk leaving you feeling alienated where you are.

One consequence is that the people in your circle of 150 are far less likely to know each other. Or, as Dunbar writes, “Our social networks are no longer as densely interconnected as they once were.” Anyone who’s ever fled small-town life might respond: thank God for that. After all, “dense interconnectedness” in villages is what explains that claustrophobic sense that everyone’s always snooping on your business. Yet it turns out that when close friends know each other, good things happen. For example, Dunbar’s research shows that people are more altruistic towards each other in dense social networks. Clarence and Lucretia might be firm friends – but all else being equal, they’re less likely to help each other out if they have no other firm friends in common.

Why are densely linked friends better friends? The motives involved aren’t necessarily all that virtuous. Maybe they just feel more social pressure, and worry that mutual friends will judge them if they’re not nice. Even so, the effect is that in a dense network, an act of friendship is two things at once: an expression of an individual bond, and another stitch in a bigger social fabric. At the very least, it’s an argument for getting over your hang-ups about introducing your friends to each other. True, they’ll probably gossip about you at some point, but then that strengthens the social fabric, too.

Voir également:

Robin Dunbar: we can only ever have 150 friends at most…
Evolutionary anthropologist Robin Dunbar tells Aleks Krotoski why even Facebook cannot expand our true social circle: our brains just aren’t big enough to cope
Aleks Krotoski
The Observer
14 March 2010

Not many people have a number named after them, but Robin Dunbar lays claim to the Dunbar Number. Confusingly, no precise value has been attached to this figure, but a commonly cited approximation is 150 – and this is the number of people with whom we can maintain a meaningful relationship, whether in a hunter-gatherer society or on Facebook.

The director of the Institute of Cognitive and Evolutionary Anthropology at Oxford University is also the author of How Many Friends Does One Person Need? (Faber). It’s no surprise he’s an engaging companion.

What is evolutionary anthroplogy?

Evolutionary anthropology is the generic study of how we came to be modern humans – how our bodies came to be the shape they are, how our minds came to be the way they are.

So how much of our social behaviour is rooted in our biology?

All of it! [But] by that you must be clear that you don’t mean genetically rooted – so that we have no choice about the way we behave, we’re programmed in the way that an an amoeba is.

If you look at any bird or mammal, never mind things as smart as primates, never mind things as doubly smart as humans… any bird or mammal has its biological inheritance, as it were, which gives the rules of how to play the game of life. But how those rules get played out on a day-to-day basis depends on how the the animal assesses the particular circumstances – it has a lot of flexibility in how it should behave, it just has some guidelines provided by evolution, and some constraints. If you don’t have wings, you can’t fly… [But there's still] lots of scope for social, environmental, demographic circumstances… and grim economics.

What does your work tell us about the way we interact socially?

The way in which our social world is constructed is part and parcel of our biological inheritance. Together with apes and monkeys, we’re members of the primate family – and within the primates there is a general relationship between the size of the brain and the size of the social group. We fit in a pattern. There are social circles beyond it and layers within – but there is a natural grouping of 150.

This is the number of people you can have a relationship with involving trust and obligation – there’s some personal history, not just names and faces.

And this is is the Dunbar number! How did you come up with this concept?

I was working on the arcane question of why primates spend so much time grooming one another, and I tested another hypothesis – which says the reason why primates have big brains is because they live in complex social worlds. Because grooming is social, all these things ought to map together, so I started plotting brain size and group size and grooming time against one another. You get a nice set of relationships.

It was about 3am, and I thought, hmm, what happens if you plug humans into this? And you get this number of 150. This looked implausibly small, given that we all live in cities now, but it turned out that this was the size of a typical community in hunter-gatherer societies. And the average village size in the Domesday Book is 150 [people].

It’s the same when we have much better data – in the 18th century, for example, thanks to parish registers. County by county, the average size of a village is again 150. Except in Kent, where it was 100. I’ve no idea why.

Has this number evolved at all?

The Dunbar number probably dates back to the appearance of anatomically modern humans 250,000 years ago. If you go back in time, by estimating brain size, you can see community size declining steadily.

Why did we evolve as a social species?

Simply, it’s the key evolutionary strategy of primates. Group living and explicitly communal solutions to the problem of survival out there on the plains or in the forests… that’s a primate adaptation, and they evolved that very early on.

Most species of birds and animals aren’t as intensely social. Sociality for most species hovers around pair-bonds, that’s as complicated as it gets. The species with big brains are the ones who mate monogamously… The lesson is that there is something computationally very demanding about maintaining close relationships over a very long period of time – as we all know!

How can we grow the Dunbar number?

We’re caught in a bind: community sizes were designed for hunter-gatherer- type societies where people weren’t living on top of one another. Your 150 were scattered over a wide are, but everybody shared the same 150. This made for a very densely interconnected community, and this means the community polices itself. You don’t need lawyers and policemen. If you step out of line, granny will wag her finger at you.

Our problem now is the sheer density of folk – our networks aren’t compact. You have clumps of friends scattered around the world who don’t know one another: now you don’t have an interwoven network. It leads to a less well integrated society. How to re-create that old sense of community in these new circumstances? That’s an engineering problem. How do we work around it?

The alternative solution, of course, is that we could evolve bigger brains. But they’d have to be much bigger, and it takes a long time.

What about the role of the web in this?

Can we manage to have meaningful relationships with more than just the old numbers? Yes, I can find out what you had for breakfast from your tweet, but can I really get to know you better? These digital developments help us keep in touch, when in the past a relationship might just have died; but in the end, we actually have to get together to make a relationship work.

In the end, we rely heavily on touch and we still haven’t figured out how to do virtual touch. Maybe once we can do that we will have cracked a big nut.

Words are slippery, a touch is worth a 1,000 words any day.

Voir encore:

La taille du cerveau détermine le nombre d’amis sur Twitter
Guillaume Champeau
Numerama
01 Juin 2011

Au début des années 1990, un anthropologue britannique avait découvert que la taille du neocortex imposait à l’homme une limite d’environ 150 individus avec lesquels il peut nouer des liens sociaux au même moment. Une étude américaine et italienne démontre que la même limite existe sur Twitter, et probablement sur tous les réseaux sociaux.

Et si au fond, les réseaux sociaux ne changeaient rien à la capacité des hommes à socialiser ? S’ils permettent d’entrer en contact plus facilement avec des individus que l’on ne connaît pas, ou qui sont géographiquement éloignés, les services comme Twitter ou Facebook n’augmentent pas pour autant le nombre d’hommes et de femmes avec lesquels il est possible d’entretenir des relations régulières. Car les réseaux sociaux ne permettent pas de surmonter les limites du cerveau humain. C’est en tout cas la conclusion passionnante d’une étude (.pdf) menée par Bruno Gonçalves, Nicola Perra et Alessandro Vespignani.

Les chercheurs se sont intéressés aux travaux de l’anthropologiste britannique Robin Dunbar, qui a découvert en 1992 que les primates ont un nombre limité d’individus dans leur groupe sociaux, et que ce nombre est proportionnel à la taille du neocortex. Extrapolant cette trouvaille à l’homme, il concluait qu’un humain peut entretenir une relation stable avec environ 150 personnes au maximum. Ce qui est devenu le « nombre de Dunbar ». « Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l’échelle d’un pays et de son gouvernement) », indique Wikipedia.

Ce nombre se retrouve tout au long de l’histoire de l’Humanité dans des activités diverses comme la taille des villages de fermiers néolithiques, des unités militaires depuis l’armée romaine, ou les carnets d’adresse au 20ème siècle. C’est une constante de l’organisation sociale.

Mais les réseaux sociaux sur Internet permettent-ils de dépasser ce nombre, grâce à l’assistance informatisée apportée au groupe ? Pour le savoir, Gonçalves et ses confrères ont étudié les liens noués entre 3 millions d’utilisateurs de Twitter pendant 4 ans, avec un volume total de 380 millions de tweets. Puisque le nombre de « followers » (personnes qui nous suivent) et de « following » (personnes que l’on suit) n’est pas déterminant, le travail s’est concentré sur l’extraction de 25 millions de conversations entre les individus.

Lorsque les internautes commencent à « tweeter », le nombre de contacts avec lesquels ils discutent régulièrement augmente. Jusqu’à un point de saturation au delà duquel au contraire, le nombre d’échanges se resserre autour d’un nombre limité de contacts privilégiés. Or ce point de saturation se situe entre 100 et 200 « amis », c’est-à-dire précisément autour du nombre de Dunbar.

Ainsi le volume de messages envoyés vers un contact augmente avec le nombre des contacts établi jusqu’au point de saturation, puis l’utilisateur commence à négliger certains des contacts au profit de certains (graphique A). Par ailleurs, le nombre de réponses à des contacts qui envoient des messages sature autour de 250 personnes (graphique B).

« Les réseaux sociaux n’ont pas changé les aptitudes sociales humaines (…) Même dans le monde en ligne les contraintes cognitives et biologiques opèrent comme l’avait prédit la théorie de Dunbar », conclut l’étude.

Voir enfin:

Management
Pour être un bon manager, observez les grands singes
Marianne Rey
L’Entreprise
27/11/2009

Du chimpanzé à l’homme, il n’y a qu’un pas. Pour cultiver l’art de diriger et motiver, retournons à nos sources : ces primates tout sauf primaires. Et plutôt doués pour le travail en équipe. Entretien avec Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France.

Les gorilles, babouins, macaques, bonobos sont nos cousins, les chimpanzés, nos frères. Et si nos meilleurs coachs en matière de vie de groupe, à commencer par le microcosme de l’entreprise, étaient ces grands singes vivant en petits clans ? C’est la vision du paléoanthropologue Pascal Picq. Chercheur au Collège de France, il conseille l’Association pour le progrès du management (APM) et fut un grand témoin de la dernière Académie des entrepreneurs, organisée par L’Entreprise et Ernst&Young. Il nous ramène aux origines du leadership… sans tomber dans le piège de l’anthropomorphisme.

1. Autorité : rappeler qui mène le jeu… par petites touches
Chez les grands singes, comme dans l’entreprise, l’autorité ne va pas de soi. Celui qui la détient doit sans cesse s’activer pour la réaffirmer. Prenons le cas de Mama, une femelle chimpanzé que Pascal Picq a longuement observée. Autour d’elle, les mâles se succèdent à la place de numéro 1. Mais aucun n’obtient cette place sans son assentiment. C’est donc Mama qui détient l’autorité dans le groupe. Comment parvient–elle à la conserver ? Tout simplement par la négociation. Un exemple : sur un tronc d’arbre, Mama rencontre Zola, laquelle bloque son passage et fait semblant de ne pas l’avoir vue. En clair, Zola défie l’autorité de Mama. Que va faire cette dernière ? Surtout pas rabrouer violemment la rebelle, ce serait prendre le risque d’une contestation bien plus forte. Elle s’arrête donc un moment, pour montrer qu’elle respecte la position de Zola, avant de lui faire comprendre qu’elle doit tout de même lui céder le passage.
Ce qu’il faut retenir : l’autorité se construit à travers des négociations subtiles, au jour le jour, qui laissent à chaque individu la place de s’exprimer. En réunion, donnez à chacun un temps de parole pour laisser cours à ses frustrations. On acceptera mieux que vous ayez le dernier mot.

2. Conflits : s’interposer vite et mettre du liant tous les jours
Passons rapidement sur le mode alternatif de règlement des conflits en vigueur chez les bonobos, la simulation de l’acte sexuel… Plus adaptable à l’entreprise : chez les chimpanzés, il revient au mâle dominant d’intervenir pour éviter que les conflits ne s’enveniment. Si une bagarre éclate, il se pose en juge de paix, se place entre les deux protagonistes et, hérissant les poils pour manifester sa prestance, effectue une démonstration de force. L’interventionnisme est une obligation découlant du pouvoir. Mais les grands singes sont surtout des as en matière de prévention des conflits, grâce à la pratique de l’épouillage ou « grooming ». Elle correspond, dans l’entreprise, à tous ces petits gestes qui consistent à dire bonjour, à parler de la pluie et du beau temps, pour avoir de l’échange social. Chez les primates, plus une espèce est évoluée, plus elle consacre du temps à ces attentions, et moins elle enregistre de conflits internes.
Ce qu’il faut retenir : n’épouillez pas stricto sensu vos collaborateurs, ce serait mal vu ! Mais prenez soin de les saluer, de vous enquérir de leur travail (« Comment vas-tu ? T’en sors-tu sur le dossier Untel ? »). En privilégiant le dialogue, le fameux lien social, vous prévenez l’agressivité.

3. Motivation : récompenser le bon chasseur pour en faire un exemple
Chez les chimpanzés, la reconnaissance des mérites s’opère autour de la chasse. Seuls ont droit à une part du « gâteau » ceux qui ont participé à la prise. Si le mâle dominant n’a pas été de la partie, on l’invitera quand même au festin, mais les plus beaux morceaux reviendront au meilleur chasseur, pas à lui. Le chasseur numéro 1 ne s’attribuera pas toute la gloire, il rendra hommage aux camarades l’ayant aidé à capturer sa proie, en partageant la viande avec eux. A la prochaine chasse, le chasseur d’élite, sachant que le mâle dominant ne s’attribuera pas tous les éloges, sera motivé pour un nouvel exploit. Quant aux autres chimpanzés du groupe, ils ne rechigneront pas à l’aider, car ils sauront que leurs mérites seront aussi reconnus.
Ce qu’il faut retenir : un salarié a besoin d’être valorisé pour le travail qu’il fournit. La rémunération n’est qu’une forme de réponse à ce besoin de reconnaissance. Pensez à un éventuel élargissement des responsabilités ou, simplement, à complimenter tous ceux qui font des efforts !

4. Motivation encore : favoriser les échanges de compétences
Nos frères, les chimpanzés, ont intégré depuis longtemps dans leur manière de fonctionner les échanges de bons procédés et la mutualisation des compétences. Comme dans l’entreprise, le partage des ressources doit être un jeu gagnant/ gagnant pour fonctionner à long terme. Que va faire un chimpanzé en possession d’une noix de coco mais bien embêté de ne pas savoir l’ouvrir ? Il va négocier un deal avec une femelle compétente : tu ouvres la noix de coco, je partage le fruit avec toi. Dès que l’intérêt du groupe est en jeu, les chimpanzés collaborent. Ils sont capables de mener une action collective extrêmement efficace et organisée, pour aller faire la guerre à un autre groupe, par exemple, ou pour la chasse. Les coopérations fonctionnent aussi pour renverser l’autorité devenue illégitime. Un mâle numéro 2 prend rarement le pouvoir seul. Il fait alliance avec le numéro 3. La récompense pour celui-ci ? Devenir numéro 2.
Ce qu’il faut retenir : briefez vos managers de proximité. Ils doivent veiller à ce que les membres de leurs équipes trouvent dans chaque mission un rôle à part entière et un intérêt à collaborer.

5. Innovation : écouter ceux qui osent travailler autrement
Années 1950, île de Koshima, Japon. Une femelle macaque nommée Imo se nourrit de patates douces que la population humaine, vénérant cette espèce, jette à son intention sur la plage. Pour débarrasser l’aliment des grains de sable, Imo a l’idée de nettoyer les patates douces dans la rivière. Plus tard, elle découvre que, en les lavant dans l’eau de mer, elle ajoute un petit goût salé fort ragoûtant. Imo vient d’innover. Mais voilà, chez les macaques, la hiérarchie est rigide, l’information circule verticalement et selon le lignage, jamais horizontalement. Imo va donc divulguer sa trouvaille à ses enfants, eux-mêmes en parleront à leur seule progéniture. Il faudra plus de cinq générations pour que l’ensemble des macaques de l’île en profitent ! Même genre d’aberration, chez les chimpanzés cette fois-ci. Pascal Picq se souvient d’un mâle ayant découvert comment ouvrir les noix de coco mais qui, devant le groupe, continuait à faire semblant de ne pas savoir, de peur que sa trouvaille ne soit accaparée par les dominants et qu’il n’en tire aucun mérite !
Ce qu’il faut retenir : plus un système est souple, plus les innovations peuvent se diffuser vite. Un patron a certes besoin d’une garde rapprochée, jamais de barons qui musellent la créativité des équipes.

Le rituel matinal
Qui doit saluer en premier ? Le chef ou le collaborateur ? Chez les macaques Rhésus, adeptes d’une hiérarchie très pyramidale, digne de l’armée, il revient toujours au subalterne de saluer en premier le dominant. Chez les chimpanzés, en revanche, le mâle leader s’attache tous les matins à répondre aux salutations, voire à faire le premier geste. Petite tape amicale sur l’épaule, regard franc… Sinon, il risque de perdre sa popularité, voire son rang ! A votre avis, quelle est l’espèce la plus évoluée ?
6. Seniors : miser sur l’expérience pour sortir plus vite des crises
Voici une histoire qui se déroule chez les babouins Hamadryas. Chaque matin, chez ces singes d’Ethiopie, il existe un rituel entre jeunes mâles arrogants pour décider de la direction à prendre afin de trouver un point d’eau. C’est à celui qui se dressera le plus haut devant le leader pour se faire entendre. Arrive la saison sèche. Aucun des jeunes mâles ne sait plus vers quelle orientation mettre le cap. L’heure est gravissime. L’épuisement des ressources pourrait conduire à la mort du groupe. C’est alors qu’un vieux mâle et sa femelle descendent de la falaise où ils ont élu refuge et se mettent à marcher dans une direction. Le reste du groupe les suit, dans le plus grand respect, car ils sont les seuls à pouvoir les mener vers une dernière source non asséchée.
Ce qu’il faut retenir : dans l’entreprise, les seniors jouent le rôle de vieux babouins. Ils sont les dépositaires de l’histoire de la boîte. Leurs compétences peuvent se révéler extrêmement utiles en période de crise. Attribuez-leur une place de choix.

Pour en savoir plus Maître de conférences au Collège de France, Pascal Picq a étudié les hominidés préhistoriques et les grands singes actuels pour mieux comprendre la vie des clans. Une leçon de management. Il a publié Les origines de l’humanité. Un ouvrage de référence codirigé par Pascal Picq et Yves Coppens : Aux origines de l’humanité – Le propre de l’homme , éd. Fayard, 52 euros.

Hominidés : un site internet d’informations sur l’évolution de l’homme de la préhistoire à nos jours.

Voir enfin:

MANAGEMENT
DES PATRONS ET DES SINGES
Vincent Nouzille
L’Expansion
15/04/1993

Après les sociologues, les psychologues, les graphologues, faut-il se tourner vers les primatologues pour mieux comprendre le mode de fonctionnement des entreprises? Sans tomber dans la caricature, le rapprochement entre le management des firmes et l’organisation des tribus de singes est assez instructif : l’exercice de l’autorité, les relations au sein d’un groupe humain vont chercher leurs archétypes très loin dans les replis des cerveaux. Et nos grands PDG, comme nos dirigeants politiques, empruntent souvent des traits aux chefs macaques ou chimpanzés. C’est à cette découverte amusée et détaillée que nous invite Marie Muzard, à la fois consultante en communication et primatologue, auteur d’un livre sur la jungle entrepreneuriale (Ces grands singes qui nous dirigent, Albin Michel).

Premier constat : à quelque espèce qu’il appartienne, un chef doit être reconnu , au sens premier du terme. Un orang-outang qui accède à cette dignité change physiquement. Certains macaques grandissent de quelques centimètres et grossissent de 3 à 5 kilos.

Cependant, plus les singes sont évolués – comme les chimpanzés -, moins l’apparence physique compte pour dominer. Mais, même dans ce cas, le chef est le plus visible, il se poste sur une haute branche, il bombe le torse, il fait du bruit, il impressionne sa troupe, il s’entoure d’une bande de jeunes alliés et s’arroge des privilèges.

Bref, il s’impose par son comportement, son regard, son hyperactivité. Sans hésiter, parfois, à menacer ses rivaux, à sanctionner ou intimider ses subordonnés : les gorilles frappent le sol avec leurs pieds ou leurs poings, tandis que les babouins haussent les sourcils. Les colères de chef se ressemblent toutes…

Deuxième observation surprenante : les singes sont polis! Ils se saluent rituellement tous les matins, le chef n’ayant pas le droit de déroger à cette règle sociale. Il doit répondre aux salutations de ses subordonnés, voire faire le premier geste : un regard droit dans les yeux, une tape amicale sur l’épaule ou une main tendue. S’il omet ce rituel, il risque d’y perdre sa popularité, et même son rang.

Le salut n’est pas le seul moyen de souder la tribu : les singes passent beaucoup de temps en grooming, autrement dit en séances de toilettage ou d’épouillage mutuel. Ainsi, note Marie Muzard, ils favorisent la cohésion du groupe . Le plus groomé est, bien entendu, le chef. Tout un rituel dont l’auteur décrit la transposition dans les entreprises : poignées de main, visites impromptues, mots échangés au détour d’un couloir, pots de départ, réunions festives…

Grooming. Michel Bon, ex-PDG de Carrefour, en tire des leçons de management : Je passais beaucoup de temps à visiter les magasins, écrit-il dans la préface. Je sais maintenant que j’y faisais ce qu’on appelle chez les singes le grooming, c’est-à-dire des attentions réciproques, et que c’est très important. Plus une espèce est évoluée, plus elle consacre de temps au grooming, et moins elle enregistre de conflits internes! De fait, les macaques rhésus se livrent à cette activité pendant 7 % de leur temps, contre 30 % pour les macaques thibétanas : on constate vingt fois plus d’incidents chez les premiers que chez les seconds…

Troisième leçon : plus les sociétés de singes sont sophistiquées, plus le rôle du chef est limité et la créativité démultipliée. En dehors des périodes de crise – guerres intestines, menaces de prédateurs, sécheresse -, le chef chimpanzé n’est guère interventionniste. Sa sociabilité, son intelligence, sa détermination, son goût du risque l’ont conduit au pouvoir grâce à un réseau d’alliés. Mais, à l’inverse des macaques rhésus, dont la structure de pouvoir est pyramidale, le chef chimpanzé dirige une tribu décentralisée, dont les membres sont relativement autonomes.

Les subordonnés peuvent partir chasser de leur côté.

Avant de prendre quelque initiative que ce soit, le macaque rhésus consulte son chef. Le chimpanzé, lui, ne craint pas de se lancer dans des aventures et de quitter momentanément le groupe. La créativité d’un groupe de singes peu évolués, note Marie Muzard, est égale à celle de ses dominants. Alors que, chez les chimpanzés, elle est la somme de la créativité de tous ses membres. Il n’est pas surprenant que nos proches cousins soient plus habiles dans la fabrication d’outils que les macaques rhésus, par exemple, et que leur répertoire de parades soit nettement plus riche.

Mais attention : la décentralisation comporte ses dangers. Habiles à nouer des alliances temporaires, les chimpanzés se livrent souvent des guerres fratricides pour la conquête de pouvoir. Aucun chef chimpanzé ne peut résister aux coalitions organisées par des subordonnés intelligents , écrit notre primatologue. Si vous appartenez au type patron-chimpanzé (voir ci-dessous), surveillez votre entourage…

LES GORILLES : DES CHEFS DE CLAN TRADITIONNELS Forte stature, voix tonnante, le chef gorille dirige sa tribu en despote démonstratif.
Le patron-gorille, lui, règne sur son entreprise – souvent familiale – en autocrate généreux, capable du meilleur comme du pire. Avant tout homme de terrain, il apprécie d’être au contact de ses troupes. Il veut être aimé, ne comptant ni ses récompenses ni ses colères quand on ne lui manifeste pas une totale dévotion. C’est le modèle archétypique et archaïque du patron français des trente dernières années, à la tête d’une PME ou d’un groupe familial. Il a aujourd’hui les tempes grisonnantes, comme le chef gorille a le dos argenté…

Exemples : Francis Bouygues, Antoine Riboud, Serge Dassault, Jean-Luc Lagardère, Robert Hersant, Jacques Calvet (ascendant rhésus).

LES MACAQUES RHESUS : DES DURS SOLITAIRES PRETS A TOUT Plutôt solitaire et froid, grand et lourd, le macaque rhésus gouverne de haut et sans partage une organisation pyramidale. Le patron de ce type se place volontairement au sommet d’une hiérarchie nombreuse, où il compte peu d’alliés. Il use des privilèges de sa fonction : bureau spacieux, voiture luxueuse, distance dans les contacts. Il se moque de sa popularité, choisissant d’être craint plutôt qu’aimé. Il préfère la réflexion à l’émotion, les rendez-vous aux discussions de couloir. Mais c’est un visionnaire conquérant qui n’a peur de rien, prêt à se battre, quitte à prendre des risques ou à faire le ménage : chez les rhésus, le chef peut mordre le rebelle… Plutôt issus des grands corps de l’Etat, ces patrons sont présents à la tête des grands groupes privés et publics, ou parmi les redresseurs sans états d’âme.

Exemples : Loïk Le Floch-Prigent, Alain Gomez, Bernard Arnault, François Pinault, No »l Goutard, Guy Dejouany (ascendant chimpanzé), Jérôme Monod (ascendant chimpanzé).

LES CHIMPANZES : DES STRATEGES MANIPULATEURS A la tête d’un ensemble décentralisé, le patron-chimpanzé n’affiche pas son statut : on a même parfois du mal à le reconnaître dans son groupe. Il s’impose – souvent temporairement – grâce à des alliés, qu’il n’hésite pas à manipuler pour étendre son influence ou préserver son pouvoir. Courtois et conciliateur, parfois même très convivial, il délègue beaucoup, y compris la gestion des conflits.

Il laisse surtout une grande liberté d’initiative et de créativité à ses subordonnés et alliés. Qui peuvent se coaliser à tout moment pour le renverser… Ce modèle de patron-chimpanzé se répand de plus en plus, notamment dans les entreprises en plein développement ou dans les multinationales comme IBM, Hewlett-Packard ou Shell.

Exemples : Jean-Louis Beffa, Lindsay Owen-Jones, Gérard Worms, Vincent Bolloré, Bernard Attali, Serge Tchuruk, Didier Pineau-Valencienne (ascendant rhésus).

Voir de même:

Une étude se penche sur les « groomers », les abuseurs sexuels qui passent par internet
La Libre Belgique
22 septembre 2011

Sciences – Santé Les « groomers », ces adultes aux intérêts sexuels déviants qui entrent en contact avec des mineurs via internet, sont généralement des hommes d’une quarantaine d’années et leurs victimes ont en moyenne treize ans, selon les résultats d’une étude européenne qui s’est penchée sur le phénomène du « grooming » dont les résultats ont été dévoilés jeudi à l’Université de Mons.

Les chercheurs de l’UMons, en collaboration avec leurs confrères britanniques, norvégiens et italiens, ont exploré, dans le cadre d’un projet financé par la Commission Européenne, les processus par lesquels des abuseurs sexuels sélectionnent et « grooment » des enfants et des adolescents via internet et ses réseaux sociaux ou d’autres technologies de communication telles que le gsm, les jeux vidéo. Les abuseurs sélectionnent par des approches diverses leurs victimes afin d’abuser d’elles sexuellement.

Le profil moyen du groomer est, selon l’étude, très souvent celui d’un homme, le plus souvent quarantenaire, au quotient intellectuel assez élevé (moy. 104). L’âge moyen des victimes est de 13 ans. On y retrouve 84 pc de filles et 16 pc de garçons, souvent en manque d’affection ou désinhibés mais sensibles à la non-dénonciation du groomer par chantage. Les jeunes «résilients» coupent, par contre, les ponts dès qu’ils comprennent qu’ils sont menacés.

L’étude universitaire a permis d’établir de véritables relations «auteur-victime» dans le grooming et de proposer des techniques de prévention, entre autres la prise de conscience des parents et éducateurs, la mise en place de programmes de sécurité, un environnement en ligne sécurisant et la mesure du risque pris par les agresseurs.

Le projet a par ailleurs montré que, contrairement à la Norvège et au Royaume-Uni, il n’existait pas en Belgique de législation spécifique pour les « groomers ». « On peut cependant intervenir légalement en Belgique dès qu’il y a incitation à l’acte sexuel », a indiqué Thierry Pham, du service de psychologie légale de la faculté de psychologie de l’UMons.

« Le phénomène est du grooming est encore peu connu, il y a peu de données disponibles. Le présent projet se veut introductif et est donc appelé à se développer », a conclu le professeur Pham.

L’étude s’est concentrée, notamment, sur les interviews d’enquêteurs belges, d’élèves d’écoles secondaires belges et de groomers des pays concernés par le projet européen.

Voir enfin:

Draguer des enfants sur le Net bientôt puni plus durement?
Pédophilie
—Des politiciens veulent rendre condamnable la sollicitation d’enfants sur internet ou carrément l’interdire. D’autres estiment que c’est difficilement faisable. Le débat est lancé avant la votation 18 mai prochain.

Pascal Schmuck, Zurich

Le Matin

08.04.2014
Les Suisses doivent se prononcer le 18 mai sur l’initiative populaire «Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants», ce qui permet de rappeler que les prédateurs utilisent souvent internet pour approcher leurs victimes, via principalement les outils et forums de discussion (chat).

Dragués après trois minutes

«Les enfants et adolescents qui utilisent un Chatroom destiné au moins de 15 ans sont dragués après trois minutes en moyenne», explique Chantal Billaud, criminologue et adjointe à la Prévention Suisse de la Criminalité (PSC).

Ces méthodes destinées à tisser un lien avec la victime sont qualifiées de cyber-sollicitation (cyber-grooming) et assez vite, ces discussions prennent un tour sexuel, voire pornographique. L’enfant est ainsi habitué à parler de sexualité. Si certains prédateurs s’en contentent, d’autres cherchent à rencontrer leurs victimes.

«La loi ne peut rester à la traîne»

Cette prise de contact sur internet constitue encore une zone grise dans le droit, alors que l’envoi de textes ou d’images pornographiques est condamnable. Une majorité de la Commission des affaires juridiques du Conseil national veut durcir les règles et a donc lancé une initiative parlementaire.

Elle travaille sur un article qui condamnerait le grooming. «Internet offre toujours plus de possibilité pour abuser des enfants. La loi ne peut rester à la traîne», explique la conseillère nationale socialiste Margret Kiener Nellen au Tages-Anzeiger. Sa collègue PDC Barbara Schmid-Federer milite pour une interdiction et elle espère plus de succès qu’il y a trois ans, lorsqu’elle avait lancé en vain une proposition en ce sens.

Une lacune dans la loi

La commission équivalente du Conseil des Etats a refusé de justesse le texte de leur collègues du National. «La majorité a des doutes sur la faisabilité d’une telle interdiction», explique le président de la commission le PDC Stefan Engler. Il sera difficile de prouver qu’une personne qui contacte un enfant sur internet veut l’abuser.

Un avis que partage le conseiller national socialiste Daniel Jositsch. «On court le risque de condamner des gens qui n’ont encore rien fait.». Ce serait comme retirer le permis à tout acheteur de Ferrari par précaution pour l’empêcher de rouler vite. En outre, la condamnation du grooming ne déboucherait que sur des peines légères. «Une amende ou un sursis n’empêcherait que peu de pédocriminels de reprendre contact avec des enfants», estime l’élu.

Parmi les spécialistes, le sujet fait débat mais le Service national de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (SCOCI) reconnaît une lacune. «Comme une rencontre précède de peu, voire accompagne l’abus d’un enfant, la pénalisation intervient trop tard», indique une porte-parole du Département fédéral de justice et police (DFJP). La mesure préventive pour la protection de l’enfant n’est pas assez mise en avant.

Un délit d’office

Le PSC se montre aussi prudent. «Il serait inimaginable dans la vraie vie de punir un homme ou une femme simplement pour avoir parlé avec un enfant sur une place de jeu», estime Chantal Billaud. On ne peut donc prévoir pour internet des lois plus dures que pour le monde réel.

Le PSC rappelle que la plupart des cas de grooming débouchent tôt ou tard sur un abus sexuel. Ce qui est condamnable pour autant que la victime porte plainte, rappelle la porte-parole. Et de proposer plutôt de faire de tout abus sexuel envers les enfants un délit automatique. Ainsi la police, sur une simple annonce, pourrait démarrer d’office une enquête.

Le parlement doit aussi se pencher sur ce sujet, une motion de Barbara Schmid-Federer ayant déjà été déposée. Le Conseil fédéral s’oppose pour le moment à une pénalisation du grooming ainsi qu’aux enquêtes d’office pour les abus sexuels envers les enfants. (Newsnet)

_______

Le «grooming», c’est quoi?
Le verbe anglais «to groom» signifie préparer. L’abus sexuel est toujours précédé par du «grooming», cette phase de préparation où le pédocriminel met en confiance le mineur afin d’agir plus librement ensuite.

Voir par ailleurs:

Inside the Minds of Animals
Science is revealing just how smart other species can be — and raising new questions about how we treat them
Jeffrey Kluger
Time
Aug. 05, 2010

Not long ago, I spent the morning having coffee with Kanzi. It wasn’t my idea; Kanzi invited me, though he did so in his customary clipped way. Kanzi is a fellow of few words — 384 of them by formal count, though he probably knows dozens more. He has a perfectly serviceable voice — very clear, very expressive and very, very loud. But it’s not especially good for forming words, which is the way of things when you’re a bonobo, the close and more peaceable cousin of the chimpanzee.

But Kanzi is talkative all the same. For much of his day, he keeps a sort of glossary close at hand — three laminated, place mat — like sheets filled with hundreds of colorful symbols that represent all the words he’s been taught by his minders or picked up on his own. He can build thoughts and sentences, even conjugate, all by pointing. The sheets include not just easy nouns and verbs like ball and Jell-O and run and tickle but also concept words like from and later and grammatical elements like the -ing and -ed endings signifying tense.

Kanzi knows the value of breaking the ice before getting down to business. So he points to the coffee icon on his glossary and then points to me. He then sweeps his arm wider, taking in primatologist Sue Savage-Rumbaugh, an investigator at the Great Ape Trust — the research center in Des Moines, Iowa, that Kanzi calls home — and lab supervisor Tyler Romine. Romine fetches four coffees — hot, but not too hot — takes one to Kanzi in his patio enclosure on the other side of a Plexiglas window and then rejoins us. Kanzi sips — gulps, actually — and since our voices are picked up by microphones, he listens as we talk.

« We told him that a visitor was coming, » Savage-Rumbaugh tells me. « He’s been excited, but he was stubborn this morning, and we couldn’t get him to come out to the yard. So we had to negotiate a piece of honeydew melon in exchange. » Honeydew is not yet on Kanzi’s word list; instead, he points to the glyphs for green, yellow and watermelon. When he tried kale, he named it « slow lettuce » because it takes longer to chew than regular lettuce.

The not-for-profit Great Ape Trust is home to seven bonobos, including Kanzi’s baby son Teco, born this year on June 1. Kanzi is by no means the first ape to have been taught language. The famous Koko, Washoe and others came before him. But the Trust takes a novel approach, raising apes from birth with spoken and symbolic language as a constant feature of their days. Just as human mothers take babies on walks and chatter to them about what they see even though the child does yet not understand, so too do the scientists at the Trust narrate the lives of their bonobos. With the help of such total immersion, the apes are learning to communicate better, faster and with greater complexity.

All the same, today Kanzi is not interested in saying much, preferring to run and leap and display his physical prowess instead. « Ball, » he taps on one of his glossary sheets when he finishes his coffee.

« Tell him you’ll get it for him, » Savage-Rumbaugh instructs me and then shows me where the necessary symbols are on a sheet I have in hand. « Yes-I-will-chase-the-ball-for-you, » I slowly peck out, chase being a word Kanzi uses interchangeably with get.

It takes me a while to find the ball in an office down the hall, and when I finally return, Savage-Rumbaugh verbally asks Kanzi, « Are you ready to play? » He looks at us balefully. « Past ready, » he pecks.

Humans have a fraught relationship with beasts. They are our companions and our chattel, our family members and our laborers, our household pets and our household pests. We love them and cage them, admire them and abuse them. And, of course, we cook and eat them.

Our dodge — a not unreasonable one — has always been that animals are ours to do with as we please simply because they don’t suffer the way we do. They don’t think, not in any meaningful way. They don’t worry. They have no sense of the future or their own mortality. They may pair-bond, but they don’t love. For all we know, they may not even be conscious. « The reason animals do not speak as we do is not that they lack the organs, » René Descartes once said, « but that they have no thoughts. » For many people, the Bible offers the most powerful argument of all. Human beings were granted « dominion over the beasts of the field, » and there the discussion can more or less stop.

But one by one, the berms we’ve built between ourselves and the beasts are being washed away. Humans are the only animals that use tools, we used to say. But what about the birds and apes that we now know do as well? Humans are the only ones who are empathic and generous, then. But what about the monkeys that practice charity and the elephants that mourn their dead? Humans are the only ones who experience joy and a knowledge of the future. But what about the U.K. study just last month showing that pigs raised in comfortable environments exhibit optimism, moving expectantly toward a new sound instead of retreating warily from it? And as for humans as the only beasts with language? Kanzi himself could tell you that’s not true.

All of that is forcing us to look at animals in a new way. With his 1975 book Animal Liberation, bioethicist Peter Singer of Princeton University launched what became known as the animal-rights movement. The ability to suffer, he argued, is a great cross-species leveler, and we should not inflict pain on or cause fear in an animal that we wouldn’t want to experience ourselves. This idea has never met with universal agreement, but new studies are giving it more legitimacy than ever. It’s not enough to study an animal’s brain, scientists now say; we need to know its mind.

Conscious Critters
There are a lot of obstacles in the way of our understanding animal intelligence — not the least being that we can’t even agree whether nonhuman species are conscious. We accept that chimps and dolphins experience awareness; we like to think dogs and cats do. But what about mice and newts? What about a fly? Is anything going on there at all? A tiny brain in a simple animal has enough to do just controlling basic bodily functions. Why waste synapses on consciousness if the system can run on autopilot?

There’s more than species chauvinism in that question. « Below a certain threshold, it’s quite possible there’s no subjective experience, » says cognitive psychologist Dedre Gentner of Northwestern University. « I don’t know that you need to ascribe anything more to the behavior of a cockroach than a set of local reflexes that make it run away from bad things and toward good things. »

Where that line should be drawn is impossible to say, since our judgment is clouded by our feelings about any given species. A cockroach likely has no less brainpower than a butterfly, but we’re quicker to deny it consciousness because it’s a species we dislike. Still, most scientists agree that awareness is probably controlled by a sort of cognitive rheostat, with consciousness burning brightest in humans and other high animals and fading to a flicker — and finally blackness — in very low ones.

« It would be perverse to deny consciousness to mammals, » says Steven Pinker, a Harvard psychologist and the author of The Stuff of Thought. « Birds and other vertebrates are almost certainly conscious too. When it gets down to oysters and spiders, we’re on shakier ground. »

Among animals aware of their existence, intellect falls on a sliding scale as well, one often seen as a function of brain size. Here humans like to think they’re kings. The human brain is a big one — about 1,400 g (3 lb.). But the dolphin brain weighs up to 1,700 g (3.75 lb.), and the killer whale carries a monster-size 5,600-g (12.3 lb.) brain. But we’re smaller than the dolphin and much smaller than the whale, so correcting for body size, we’re back in first, right? Nope. The brain of the Etruscan shrew weighs just 0.1 g (0.0035 oz.), yet relative to its tiny body, its brain is bigger than ours.

While the size of the brain certainly has some relation to smarts, much more can be learned from its structure. Higher thinking takes place in the cerebral cortex, the most evolved region of the brain and one many animals lack. Mammals are members of the cerebral-cortex club, and as a rule, the bigger and more complex that brain region is, the more intelligent the animal. But it’s not the only route to creative thinking. Consider tool use. Humans are magicians with tools, apes dabble in them, and otters have mastered the task of smashing mollusks with rocks to get the meat inside — which, though primitive, counts. But if creativity lives in the cerebral cortex, why are corvids, the class of birds that includes crows and jays, better tool users than nearly all nonhuman species?

Crows, for example, have proved themselves adept at bending wire to create a hook so they can fish a basket of food from the bottom of a plastic tube. More remarkably, last year a zoologist at the University of Cambridge — the aptly named Christopher Bird — found that the rook, a member of the crow family, could reason through how to drop stones into a pitcher partly filled with water in order to raise the level high enough to drink from it. What’s more, the rooks selected the largest stones first, apparently realizing they would raise the level faster. Aesop wrote a tale about a bird that managed just such a task more than 2,500 years ago, but it took 21st century scientists to show that the feat is no fable.

How the birds performed such a stunt without a cerebral cortex probably has something to do with a brain region they do share with mammals: the basal ganglia, more primitive structures involved in learning. Mammalian basal ganglia are made up of a number of structures, while those in birds are streamlined down to one. Earlier this year, a collaborative team at MIT and Hebrew University of Jerusalem found that while the specialized cells in each section of mammalian basal ganglia do equally specialized work, the undifferentiated ones in birds’ brains multitask, doing all those jobs at once. The result is the same — information is processed — but birds do it more efficiently.

In the case of corvids and other animals, what may drive intelligence higher still is the structure not of their brains but of their societies. It’s easier to be a solitary animal than a social one. When you hunt and eat alone, like the polar bear, you don’t have to negotiate power struggles or collaborate in stalking prey. But it’s in that behavior — particularly the hunt — that animals behave most cleverly.

Consider the king of the beasts. « Lions do very cool things, » says animal biologist Christine Drea of Duke University. « One animal positions itself for the ambush, and another pushes the prey in that direction. » More impressive still is the unglamorous hyena. « A hyena by itself can take out a wildebeest, but it takes several to bring down a zebra, » she says. « So they plan the size of their party in advance and then go out hunting particular prey. In effect, they say, Let’s go get some zebras. They’ll even bypass a wildebeest if they see one on the way. »

Last year, Drea conducted a study of hyena cooperation, releasing pairs of them into a pen in which a pair of ropes dangled from an overhead platform. If the animals pulled the ropes in unison — and only in unison — the platform would spill out food. « The first pair walked into the pen and figured it out in less than two minutes, » Drea says. « My jaw literally dropped. »

For these kinds of animals, it’s not clear what the cause-and-effect relationship is — whether living cooperatively boosts intelligence or if innate intelligence makes it easier to live cooperatively. It’s certainly significant that corvids are the most social of birds, with long lives and stable group bonds, and that they’re the ones that have proved so handy. It’s also significant that herd animals, like cows and buffalo, exhibit little intelligence. Though they live collectively, there’s little shape to their society. « In a buffalo herd, Bob doesn’t care who Betty is, » Drea says. « But among primates, social carnivores, whales and dolphins, every individual has a particular place. »

Self and Other
It’s easy enough to study the brain and behavior of an animal, but subtler cognitive abilities are harder to map. One of the most important skills human children must learn is something called the theory of mind: the idea that not all knowledge is universal knowledge. A toddler who watches a babysitter hide a toy in a room will assume that anyone who walks in afterward knows where the toy is too. It’s not until about age 3 that kids realize that just because they know something, it doesn’t mean somebody else knows it also.

The theory of mind is central to communication and self-awareness, and it’s the rare animal that exhibits it, though some do. Dogs understand innately what pointing means: that someone has information to share and that your attention is being drawn to it so that you can learn too. That seems simple, but only because we’re born with the ability and, by the way, have fingers with which to do the pointing.

Great apes, despite their impressive intellect and five-fingered hands, do not seem to come factory-loaded for pointing. But they may just lack the opportunity to practice it. A baby ape rarely lets go of its mother, clinging to her abdomen as she knuckle-walks from place to place. But Kanzi, who was raised in captivity, was often carried in human arms, and that left his hands free for communication.

« By the time Kanzi was 9 months old, he was already pointing at things, » says Savage-Rumbaugh. I witnessed him do it in Iowa, not only when he pointed at me to invite me for coffee but also when he swept his hand toward the hallway in a be-quick-about-it gesture as I went to get him his ball.

Pointing isn’t the only indicator of a smart species that grasps the theory of mind. Blue jays — another corvid — cache food for later retrieval and are very mindful of whether other animals are around to witness where they’ve hidden a stash. If the jays have indeed been watched, they’ll wait until the other animal leaves and then move the food. They not only understand that another creature has a mind; they also manipulate what’s inside it.

The gold standard for demonstrating an understanding of the self-other distinction is the mirror test: whether an animal can see its reflection and recognize what it is. It may be adorable when a kitten sees itself in a full-length mirror and runs around to the other side of the door looking for what it thought was a playmate, but it’s not head-of-the-class stuff. Elephants, apes and dolphins are among the few creatures that can pass the mirror test. All three respond appropriately when they look in a mirror after a spot of paint is applied to their forehead or another part of their body. Apes and elephants will reach up to touch the mark with finger or trunk rather than reach out to touch the reflection. Dolphins will position themselves so they can see the reflection of the mark better.

« If you put a bracelet on an orangutan and put it in front of a mirror, it doesn’t just look at the bracelet, » says Bhagavan Antle, director of the Institute of Greatly Endangered and Rare Species in Myrtle Beach, S.C. « It puts the bracelet up to its face and shakes it. It interacts with its reflection. »

With or without mirror smarts, some animals are also adept at grasping abstractions, particularly the ideas of sameness and difference. Small children know that a picture of two apples is different from a picture of a pear and a banana; in one case, the objects match, and in the other they don’t. It’s harder for them to take the next step — correctly matching a picture of two apples to a picture of two bananas instead of to a picture of an orange and a plum.

« It’s called relations between relations, and it’s a basic scaffold of intelligence, » says psychologist Ed Wasserman of the University of Iowa. Last year Wasserman conducted a study that proved some animals have begun building that scaffold. In his research, baboons and — surprisingly — pigeons got the relations-between-relations idea, correctly identifying the proper pairings with a peck or a joystick when images were flashed on a screen.

Significantly, just as humans better understand an idea when they have a term to describe it (imagine explaining, say, satisfaction if the word didn’t exist), so do animals benefit from such labels. Psychologist David Premack of the University of Pennsylvania found that when chimps were taught symbols for same and different, they later performed better on analogy tests.

Beyond Smarts
If animals can reason — even if it’s in a way we’d consider crude — the unavoidable question becomes, Can they feel? Do they experience empathy or compassion? Can they love or care or hope or grieve? And what does it say about how we treat them? For science, it would be safest simply to walk away from a question so booby-trapped with imponderables. But science can’t help itself, and at least some investigators are exploring these ideas too.

It’s well established that elephants appear to mourn their dead, lingering over a herd mate’s body with what looks like sorrow. They show similar interest — even what appears to be respect — when they encounter elephant bones, gently examining them, paying special attention to the skull and tusks. Apes also remain close to a dead troop mate for days.

Empathy for living members of the same species is not unheard of either. « When rats are in pain and wriggling, other rats that are watching will wriggle in parallel, » says Marc Hauser, professor of psychology and anthropological biology at Harvard. « You don’t need neurobiology to tell you that suggests awareness. » A 2008 study by primatologist Frans de Waal and others at the Yerkes National Primate Research Center in Atlanta showed that when capuchin monkeys were offered a choice between two tokens — one that would buy two slices of apple and one that would buy one slice each for them and a partner monkey — they chose the generous option, provided the partner was a relative or at least familiar. The Yerkes team believes that part of the capuchins’ behavior was due to a simple sense of pleasure they experience in giving, an idea consistent with studies of the human brain that reveal activity in the reward centers after subjects give to charity.

Animal-liberationist Singer believes that such evidence of noble impulses among animals is a perfectly fine argument in defense of their right to live dignified lives, but it’s not a necessary one. Indeed, one of his central premises is that to the extent that humans and animals can experience their worlds, they are equals. « Similar amounts of pain are equally bad, » he says, « whether felt by a human or a mouse. »
Hauser takes a more nuanced view, arguing that people are possessed of what he calls humaniqueness, a suite of cognitive skills including the ability to recombine information to gain new understanding, a talent animals simply don’t have. All creatures may exist on a developmental continuum, he argues, but the gap between us and the second-place finishers is so big that it shows we truly are something special. « Animals have a myopic intelligence, » Hauser says. « But they never experience the aha moment that a 2-year-old child gets. »

No matter what any one scientist thinks of animal cognition, nearly all agree that the way we treat domesticated animals is indefensible — though in certain parts of the world, improvements are being made. The European Union’s official animal-welfare policies begin with the premise that animals are sentient beings and must be treated accordingly. This includes humane conditions on farms and in vehicles during transport and proper stunning before killing in slaughterhouses.
In the U.S., food animals are overwhelmingly raised on factory farms, where cattle and pigs are jammed together by the thousands and chickens are confined in cages that barely allow them to stand. But here too, public sentiment is changing. Roughly half of vegetarians list moral concerns as the chief reason for giving up meat. Still, vegetarians as a whole make up only about 3% of the U.S. population, a figure that has barely budged since before the days of Singer’s manifesto. And there are three times as many ex-vegetarians as practicing ones.

Even Singer doesn’t believe we’re likely to wake up in a vegan world anytime soon. For that matter, he doesn’t think it’s morally necessary. Eating meat to avoid starvation is all right, he believes, and some creatures are fair game all the time, provided they’re grown sustainably. « I think there’s very little likelihood that oysters, mussels and clams have any consciousness, so it’s defensible to eat them, » he says.

What’s more, we’re not going to quit using animals in other ways that benefit humans either — testing drugs, for example. But we could surely stop using them to test cosmetics, a practice the E.U. is also moving to ban. We could surely eat less meat and treat animals better before we convert them from creature to dinner. And we could rethink zoos, marine parks and other forms of animal entertainment.

Ultimately, the same biological knob that adjusts animal consciousness up or down ought to govern how we value the way those species experience their lives. A mere ape in our world may be a scholar in its own, and the low life of any beast may be a source of deep satisfaction for the beast itself. Kanzi’s glossary is full of words like noodles and sugar and candy and night, but scattered among them are also good and happy and be and tomorrow. If it’s true that all those words have meaning to him, then the life he lives — and by extension, those of other animals — may be rich and worthy ones indeed.

Voir enfin:

Viral ‘Catcalling video’ director denies editing out white men from clip – but admits ‘it was never going to be statistically accurate’
A hidden-camera clip released this week showed actress Shoshana Roberts being harassed by men on the street
She received a barrage of comments over ten hours from ‘What’s up, beautiful?’ to ‘Smile!’ – and even one man walking silently beside her for five minutes
Director Rob Bliss forced to deny clip was racially biased after he told Reddit fan ‘a lot of white dudes’ they had filmed did not make the final cut
He clarified that he edited out a lot of men from different racial backgrounds and the short clip was ‘statistically inaccurate’
Louise Boyle

Daily Mail

30 October 2014

The director of a video which showed a young woman being catcalled more than 100 times as she walked through the streets of Manhattan for ten hours has come under fire for the seeming racial bias of his film.

Director Rob Bliss filmed actress Shoshana Roberts, 24, as she walked through busy, New York City streets, wearing jeans and a T-shirt, while enduring a barrage of comments like: ‘What’s up, Beautiful?’; ‘Smile!’ and ‘God bless you, Mami…’. At one point, a man walks in step with her, silently, for five minutes.

The majority of men featured in the two-minute clip are black and Latino, a fact which Mr Bliss addressed on Thursday during a Q&A session on Reddit after the video garnered reams of media coverage

 One Reddit user, Murphyslol, remarked that almost all of the men on the video were black and asked the director if any white or Asian men harassed Shoshana.

Mr Bliss responded: ‘Honestly we did have a lot of white dudes in this video, but for whatever reason it worked out that they would be the ones to say something just in passing, or from a distance off camera. This made their screen time fairly short by comparison, but the numbers were relatively similar.

Director Rob Bliss (pictured) has come under fire for apparent racial bias in his viral video
‘As the video says at the end, it was upwards of 100+ harassments, so obviously not everything was shown, otherwise we’d have a video that’s too long for internet attention spans. But really it was across the board, just about everyone said/did something while we filmed.’

The response to the director’s remark drew heated responses.

Dr Welsana Asrat, a psychiatrist in Harlem, tweeted: ‘Rob Bliss’ biased catcalling video serves to support his ongoing gentrification campaign.’

Adam wrote: ‘Rob Bliss intentionally edited out the white men from that video to demonize PoC. He’s a professional gentrification proponent. It’s his MO.’

Automnia tweeted: ‘So this white guy, Rob Bliss, records a woman getting street harassment from loads of men, then cuts out most of the s*** from white guys.’

He also added: ‘Basically Rob Bliss is a rich white guy with a vested interest in portraying poor black men as the sole perpetrators of street harassment.’

MailOnline spoke to Mr Bliss on Thursday who defended his video, saying that his artistic decision to cap filming at ten hours ‘showed something that was realistic but statistically inaccurate’.

He said that although a number of white men were cut during the editing process – so were men of other races.

The director said that the number of white men in the video – roughly six – is representative of New York demographics, according to figures he quoted from Wikipedia.

Mr Bliss said: ‘The 18 scenes that we show is a very small portion of street harassment that goes on, because it is a small size.

‘We got 108 reactions but after editing down, the two longest incidents [involving a black man and a Latino man] make up half the video.’

He added: ‘If we filmed for a much longer time, it would show the breakdown of New York City and a much wider demographic.’

The director also pointed to the fact that there were no Asian men in the video – not to suggest that they didn’t harass women but ‘that’s what’s going to happen in a short-time span’.

Mr Bliss said he did understand why people would be angry at the perceived racial skew but added: ‘On this ten hour pass through, this was what we got. It wasn’t accurate.’

Hollaback!, the organization which teamed with Mr Bliss to promote the video, released a statement following the director’s comments on the racial skew today.

In part, it read: ‘First, we regret the unintended racial bias in the editing of the video that over represents men of color. Although we appreciate Rob’s support, we are committed to showing the complete picture. It is our hope and intention that this video will be the start of a series to demonstrate that the type of harassment we’re concerned about is directed toward women of all races and ethnicities and conducted by an equally diverse population of men.’

Miss Roberts was subject to 108 instances of catcalling during the filming of the video. In the two-minute clip, the majority of cat-callers are black and Latino – this individual is one of the white men included

The video struck a chord this week and instantly became a viral sensation. Since it was published on Tuesday, it has been viewed more than 17million times on YouTube.

The video was covered by bloggers and major news networks alike, leading to another disturbing consequence.

Miss Roberts, who is the subject of the film, has had multiple rape threats directed towards her.

Speaking about the experience of making the video, the 24-year-old told The Post : ‘I felt like crying and I have occurrences in my past of sexual assault, so I wasn’t even aware necessarily of all the times people were saying things to me.

‘I was just going over in my head and reliving, unfortunately, these memories while I was walking. I wanted to break down in tears.’

Emily May, executive director of Hollaback!, the anti-street harassment organization that put out the video, told The Washington Post: ‘We’ve had a number of rape threats and violent threats against Shoshana and we’re pulling those down as quickly as possible, but they exist.

‘That’s scary and I think what they’re trying to do is scare her and scare us into not speaking out about this. And both of us are saying no, we need to talk about this because if we don’t talk about this, if we don’t get this story out, then none of this is going to change.’

At no point did Roberts make eye contact with any of the men she passed or talk to any of them. That didn’t stop the comments from coming.

When she didn’t respond, one man told her: ‘Somebody’s acknowledging you for being beautiful. You should say thank you more!’

Miss Roberts said the number of comments the day the video was shot was nothing out of the ordinary for her.

‘The frequency is something alarming,’ she added.

Read more: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2814745/Viral-Catcalling-video-director-denies-editing-white-men-admits-never-going-statistically-accurate.html#ixzz3Huy9E2fK
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Najat Vallaud-Belkacem: Attention, une cible idéale peut en cacher une autre ! (When all else fails, blame racism)

14 septembre, 2014
http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/4991409756362.jpg
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
La théorie du genre, qui explique «l’identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par la biologie, a pour vertu d’aborder la question des inadmissibles inégalités persistantes entre les hommes et les femmes ou encore de l’homosexualité, et de faire œuvre de pédagogie sur ces sujets. (…) Le vrai problème de société que nous devons régler aujourd’hui, c’est l’homophobie, et notamment les agressions homophobes qui se développent en milieu scolaire. L’école doit redevenir un sanctuaire, et la prévention de la délinquance homophobe doit commencer dès le plus jeune âge. Un jeune homosexuel sur cinq a déjà été victime d’une agression physique, et près d’un sur deux a déjà été insulté. Il est essentiel d’enseigner aux enfants le respect des différentes formes d’identité sexuelle, afin de bâtir une société du respect. Najat Vallaud-Belkacem (secrétaire nationale du PS aux questions de société, 31 août 2011)
La vocation de l’école, c’est d’apprendre. D’apprendre quoi aux enfants? D’apprendre à lire, à compter, à écrire. D’apprendre aussi les valeurs de la République. Que parmi ces valeurs de la République, il y a la liberté, l’égalité, la fraternité.  L’égalité, c’est notamment l’égalité entre les filles et les garçons. C’est cela qu’on apprend aujourd’hui  à l’école aux enfants. Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le contenu de ces SMS, avec une soi-disant théorie du genre qui n’existe pas, avec des cours d’éducation sexuelle. (…) On ne parle aucunement de sexualité à des enfants de primaire. On leur parle de ce que les filles et les garçons doivent pouvoir ambitionner d’être à égalité plus tard dans les rêves qu’ils font, dans les ambitions professionnelles qu’ils peuvent avoir’. Najat Vallaud-Belkacem (Europe 1, 29 janvier 2014)
La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à -dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. C’est à elle qu’il revient de briser ce cercle, de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société républicaine et laïque n’a pas d’autre choix que de «s’enseigner elle-même » (Quinet) d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen en chaque enfant, une révolution pacifique mais permanente. Vincent Peillon (« La Révolution française n’est pas terminée », 2008)
Le gouvernement s’est engagé à « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités », notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles. L’engagement de notre ministère dans l’éducation à l’égalité et au respect de la personne est essentiel et prend aujourd’hui un relief particulier. Il vous appartient en effet de veiller à ce que les débats qui traversent la société française ne se traduisent pas, dans les écoles et les établissements, par des phénomènes de rejet et de stigmatisation homophobes. (…) La lutte contre l’homophobie en milieu scolaire, public comme privé, doit compter au rang de vos priorités. J’attire à ce titre votre attention sur la mise en œuvre du programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Je souhaite ainsi que vous accompagniez et favorisiez les interventions en milieu scolaire des associations qui luttent contre les préjugés homophobes, dès lors que la qualité et la valeur ajoutée pédagogique de leur action peuvent être établies. Je vous invite également à relayer avec la plus grande énergie, au début de l’année, la campagne de communication relative à la « ligne azur », ligne d’écoute pour les jeunes en questionnement à l’égard de leur orientation ou leur identité sexuelles. Dans l’attente des conclusions du groupe de travail sur l’éducation à la sexualité, vous serez attentif à la mise en œuvre de la circulaire du 17 février 2003 qui prévoit cette éducation dans tous les milieux scolaires et ce, dès le plus jeune âge. La délégation ministérielle de prévention et de lutte contre la violence dirigée par Eric Debarbieux, permettra de mieux connaître la violence spécifique que constitue l’homophobie. Enfin, vous le savez, j’ai confié à Michel Teychenné une mission relative à la lutte contre l’homophobie, qui porte notamment sur la prévention du suicide des jeunes concernés. Je vous remercie de leur apporter tout le concours nécessaire à la réussite de leurs missions. Je souhaite que 2013 soit une année de mobilisation pour l’égalité à l’école. Vincent Peillon (minitre de l’Education nationale, Lettre aux Recteurs d’Académies, 4 janvier 2013)
2.1.1 À l’école primaire, l’éducation à la sexualité suit la progression des contenus fixée par les programmes pour l’école. Les temps qui lui sont consacrés seront identifiés comme tels dans l’organisation de la classe. Ils feront cependant l’objet, en particulier aux cycles 1 et 2, d’une intégration aussi adaptée que possible à l’ensemble des autres contenus et des opportunités apportées par la vie de classe ou d’autres événements. Aussi, à l’école, le nombre de trois séances annuelles fixé par l’article L. 312-16 du code de l’éducation doit-il être compris plutôt comme un ordre de grandeur à respecter globalement dans l’année que comme un nombre rigide de séances qui seraient exclusivement dévolues à l’éducation à la sexualité. L’ensemble des questions relatives à l’éducation à la sexualité est abordé collectivement par l’équipe des maîtres lors de conseils de cycle ou de conseils de maîtres. Les objectifs de cet enseignement intégré aux programmes ainsi que les modalités retenues pour sa mise en œuvre feront en outre l’objet d’une présentation lors du conseil d’école. Ministère de l’Education nationale (Circulaire N°2003-027 DU 17-2-2003 L’éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées)
Partout en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, la coalition historique de la gauche, centrée sur la classe ouvrière, s’efface. Même dans les pays où existe un lien institutionnel, via les syndicats, entre la classe ouvrière et la gauche politique, le vote ouvrier déserte la gauche : Grande Bretagne, Allemagne, Suède. La social-démocratie perd sa base électorale. Si la coalition historique de la gauche est en déclin, une nouvelle coalition émerge.  (…) La nouvelle gauche a le visage de la France de demain : plus jeune, plus féminin, plus divers, plus diplômé, mais aussi plus urbain et moins catholique . Elle est en phase avec la gauche politique sur l’ensemble de ses valeurs. Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes : elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive. C’est tout particulièrement vrai pour les diplômés, les jeunes, les minorités . Elle s’oppose à un électorat qui défend le présent et le passé contre le changement, qui considère que « la France est de moins en moins la France », « c’était mieux avant », un électorat inquiet de l’avenir, plus pessimiste, plus fermé, plus défensif. Le facteur socioéconomique joue aussi. Car la France de demain réunit avant tout les « outsiders » de la société, ceux qui cherchent à y rentrer, notamment sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires. Ils ont du mal car ils sont la principale variable d’ajustement face à la crise d’une société d’« insiders » qui, pour préserver les droits acquis, sacrifie les nouveaux entrants. Ces « outsiders » ont besoin de l’aide de la puissance publique pour surmonter les barrières qui se dressent devant eux : ils ont besoin d’un Etat qui les aide à s’émanciper, à briser le plafond de verre. Ils sont soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces « exclus » par conviction culturelle. La nouvelle gauche qui émerge en France est la même que celle qui se dessine partout en Europe. Elle ressemble de près à la coalition qui a porté Barack Obama au pouvoir en 2008.  Terra Nova (think tank socialiste)
Quelle stratégie la gauche doit-elle adopter pour faire le plein de son nouvel électorat naturel ? Elle doit opter pour une stratégie de valeurs. L’électorat « France de demain » les partage. Il y a des marges de manœuvre. Les élections régionales de 2010 ont montré que le vote à gauche des femmes, des jeunes, des diplômés progressent plus fortement que la moyenne de l’électorat. Pour accélérer ce glissement tendanciel, la gauche doit dès lors faire campagne sur ses valeurs, notamment culturelles : insister sur l’investissement dans l’avenir, la promotion de l’émancipation, et mener la bataille sur l’acceptation d’une France diverse, pour une identité nationale intégratrice, pour l’Europe. La gauche doit également privilégier une stratégie de mobilisation. La « France de demain » vote fortement à gauche mais vote peu. Il est toutefois possible d’améliorer son taux de participation : les jeunes ou les minorités ne sont pas des abstentionnistes systématiques, ils votent par intermittence. L’objectif est donc de les mobiliser : cela passe par une campagne de terrain (porte-à-porte, phoning, présence militante sur les réseaux sociaux et dans les quartiers…), sur le modèle Obama. Terra Nova
Aujourd’hui le clivage droite/gauche n’est plus idéologique, mais philosophique et moral. Hervé Bentégeat
Racisme, sexisme : Najat Vallaud-Belkacem, la cible idéale. Titre du Nouvel Observateur
Elle est l’un des symboles de cette gauche a-économique qui s’accommode du virage social-démocrate du Président parce qu’elle n’a pas d’autres ambitions que de réformer les mentalités, de désaliéner le peuple qui ne comprend pas. Hervé Mariton
Quand on écoute Najat Vallaud-Belkacem, on entend Terra Nova. Responsable de l’UMP
Si sa carrière doit beaucoup à Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui l’a repérée en 2003, et à Ségolène Royal, qui, en 2007, a fait de Najat Vallaud-Belkacem l’une de ses porte-parole pendant sa campagne présidentielle, elle est tout autant redevable à Olivier Ferrand, avec qui elle s’est liée d’amitié. L’ancienne secrétaire nationale du Parti socialiste chargée des questions société et des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) était même, pour le fondateur de Terra Nova, comme l’incarnation faite femme des idées progressistes qu’il portait. Deux ans et demi plus tard, NVB, comme elle aimerait que les médias la surnomment sans parvenir à imposer ses initiales, contrairement à NKM, pleure encore. La nouvelle ministre de l’Éducation nationale est submergée par l’émotion lorsque Manuel Valls lui rend hommage aux universités d’été du PS, à La Rochelle, saluant, dimanche dernier, « le travail et l’engagement » de la benjamine de son gouvernement, exprimant sa fierté de voir pour la première fois « une femme si jeune occuper cette si lourde fonction ». Lui n’a pas eu cette chance. Il a subi les sifflets des frondeurs et des militants du Mouvement des jeunes socialistes, qui ont fait la claque pour perturber son discours de clôture. Il a peiné à ramener le calme. Najat, elle, a eu droit à une ovation debout. Rien de tout celan’étonne le premier ministre. Manuel Valls sait que Najat Vallaud-Belkacem est aujourd’hui le dernier trait d’union d’un Parti socialiste fracturé, qui ne se retrouve plus que sur les grandes réformes sociétales, « le plus petit dénominateur commun d’une gauche hier plurielle, qui est aujourd’hui une gauche plus rien », selon la formule d’un fin connaisseur du PS. Raphaël Stainville
Najat Vallaud-Belkacem, c’est d’abord un sourire accompagné d’un petit rire à peine réprimé qui lui donne de prime abord un côté si sympathique, si humain. Mais il ne faut pas s’y tromper. Derrière le sourire se cache une volonté de fer. Hervé Mariton, le député UMP de la Drôme, la décrit comme une «Viêt-minh souriante»! Une manière de souligner son côté sectaire, sa propension à ne pas souffrir la contestation et à diaboliser ses adversaires. Il aurait pu dire une «Khmère rose». Même son de cloche du côté de Jean-Frédéric Poisson, le patron du Parti chrétien-démocrate (PCD), qui évoque «ce beau visage donné à l’idéologie». «Un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom», avait écrit un jour Philippe Muray au sujet de Ségolène Royal. Comme la madone du Poitou, qui fut la première à lui donner sa chance en politique, Najat Vallaud-Belkacem a fait de son sourire l’un de ses atouts, une marque de fabrique. «Un masque», disent certains. Ce sourire, les responsables de l’UMP en dissertent volontiers. Pour Christian Jacob, le patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale: «Elle parle beaucoup, affiche son sourire, mais derrière cela sonne creux». Ses traits délicats, ses yeux de chat, ses tailleurs élégants, son charme évident ne seraient qu’une manière d’habiller la vacuité de la politique du PS. «Une fausse valeur», affirme encore le chef de file des députés de l’opposition. Hervé Mariton, qui fut l’orateur de l’UMP pendant les débats sur le mariage pour tous, la considère avec davantage de sérieux et de crainte. Il a pu constater avec quelle vigueur et, parfois, avec quelle rage la benjamine du gouvernement était à la pointe du combat «progressiste». «Elle est, dit-il, l’un des symboles de cette gauche a-économique qui s’accommode du virage social-démocrate du Président parce qu’elle n’a pas d’autres ambitions que de réformer les mentalités, de désaliéner le peuple qui ne comprend pas.» Et pour cause: même si elle n’a pas toujours été en première ligne, laissant à d’autres, comme Christiane Taubira, le soin de porter des lois comme le mariage pour tous, qui ne relevaient pas de son ministère, elle est toujours en pointe ou à la relance sur ces sujets sociétaux. «Sur le mariage homosexuel, la PMA , les mères porteuses, la lutte contre les discriminations liées aux stéréotypes et à l’identité de genre, elle n’en rate pas une.» Avant de devenir, à 34 ans, la plus jeune ministre du gouvernement Ayrault, n’était-elle pas la secrétaire nationale du PS chargée des questions de société? En 2010 déjà, elle défendait l’idée de la gestation pour autrui solidaire, appelant de ses vœux à la GPA non marchande, au nom de «l’éthique du don». Pendant la campagne présidentielle, c’est elle qui représentait François Hollande au meeting LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) pour l’égalité. Pas étonnant qu’aujourd’hui on retrouve la ministre à la manœuvre sur toutes ces questions qui hérissent une grande partie de la société française. La ministre des Droits des femmes incarne, mieux que d’autres, cette gauche qui a délaissé le social et l’économie pour investir le champ sociétal. «À son programme: culpabilisation et rééducation», résume le philosophe François-Xavier Bellamy. D’ailleurs, même le gouvernement a eu droit à son stage pour lutter contre le sexisme. Et, puisqu’il semble que nombre de Français sont déjà perdus pour ses causes, elle consacre une grande partie de son énergie à s’occuper des générations futures. Dans la novlangue dont est friande la ministre, Najat Vallaud-Belkacem se contente de sensibiliser à l’égalité femme-homme (comment être contre?), à l’identité de genre pour lutter contre les stéréotypes… Cela commence dès la crèche. Elle sensibilise. On dirait une caresse. Tout se fait dans la douceur. C’est «bienvenue dans Le Meilleur des mondes!» Une école qui rééduque avant d’instruire. (…) Najat Vallaud-Belkacem a épousé le logiciel de ce laboratoire d’idées du PS qui préconisait en 2011, dans l’une de ses notes, que la gauche, pour espérer revenir au pouvoir, devait désormais viser un électorat constitué de femmes, de jeunes, de minorités et de diplômés, plutôt que d’essayer de convaincre une classe ouvrière largement ralliée aux idées du Front national. Nous y sommes. Tant et si bien qu’il est difficile de savoir ce que pense vraiment la ministre, tant elle est aujourd’hui habitée par la pensée dominante définie par ce think tank. «Quand on écoute Christiane Taubira, on découvre une personnalité. Quand on écoute Najat Vallaud-Belkacem, on entend Terra Nova», assure un responsable de l’UMP. «Elle coche toutes les cases», ajoute même un député de la Droite populaire, comme pour expliquer le succès de la ministre auprès des sympatisants du PS.(…) Bon chic mauvais genre, elle incarne très exactement le gauchisme culturel tel que le sociologue Jean-Pierre Le Goff l’a défini. Une école de pensée qui n’entend pas «changer la société par la violence et la contrainte», mais qui veut «changer les mentalités par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi». Il procède par des tentatives de déstabilisation successives. Hier le pacs, aujourd’hui le mariage homosexuel, le genre, l’ABCD de l’égalité, et demain l’euthanasie… Certaines manœuvres opèrent. D’autres échouent au gré des résistances qu’elles rencontrent et suscitent. C’est le cas de la théorie du genre. Elle est devenue si sulfureuse que Najat Vallaud-Belkacem, qui en faisait pourtant la promotion à longueur de déplacements, et jusque dans les crèches, en est venue à expliquer qu’elle n’avait jamais existé. Pas plus tard que le vendredi 7 février, elle annulait un échange à Sciences-Po Paris avec Janet Halley, une juriste américaine spécialiste de la famille et du genre. Il figurait encore à son agenda le matin même. Mais, dans le contexte, cette rencontre aurait probablement fait désordre. Elle prenait le risque d’être soumise à la question et d’être une nouvelle fois obligée de se dédire sur la théorie du genre.Pour autant, de l’aveu d’un proche, la ministre des Droits des femmes ne connaît pas le doute. On pense qu’elle recule. Najat Vallaud-Belkacem avance toujours. Il en va ainsi des «forces de progrès». Comme le dit Jean-Pierre Le Goff, «elle a beau avoir le sourire du dalaï-lama, elle n’en a pas moins la rage des sans-culottes». Raphaël Stainville
Le gauchisme culturel n’entend pas changer la société par la violence et la contrainte, mais «changer les mentalités» par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi. Il n’en véhicule pas moins l’idée de rupture avec le Vieux Monde en étant persuadé qu’il est porteur de valeurs et de comportements correspondant à la fois au nouvel état de la société et à une certaine idée du Bien. Ce point aveugle de certitude lui confère son assurance et sa détermination par-delà ses déclarations d’ouverture, de dialogue et de concertation. Les idées et les arguments opposés à ses propres conceptions peuvent être vite réduits à des préjugés issus du Vieux Monde et/ou à des idées malsaines. Le débat démocratique s’en trouve par là même perverti. (…) Ces postures ne sont pas sans rappeler celles du passé qui s’ancraient alors dans de grandes idéologies et les utopies issues du XIXe siècle, et plus précisément du communisme. Ce rapprochement, qui saisit des traits bien réels et souligne à juste titre le danger que le gauchisme culturel fait peser sur la liberté d’opinion et sur le fonctionnement de la démocratie, n’en est pas moins trompeur. Dans le cas du gauchisme culturel, l’«idéologie» – pour autant que l’on puisse utiliser ce mot – est d’une nature particulière. Elle n’est pas «une» mais plurielle, composée de bouts de doctrines anciennes en décomposition (communisme, socialisme, anarchisme), mais aussi des idées issues des «mouvements sociaux» et des nouveaux groupes de pression communautaires (écologie, féminisme, mouvement étudiant et lycéen, associations antiracistes, groupes homosexuels…), voire des références aux «peuples premiers» et aux spiritualités exotiques, comme on l’a vu à propos de l’écologie. Elle n’est pas une «idéologie de granit» – pour reprendre une expression de Claude Lefort – fondée sur une science qui prétend englober sous sa coupe l’ensemble des sphères d’activité, même si l’on peut y trouver des relents de scientisme. Ses représentants, qui se montrent parfois sourds, intransigeants et d’un sectarisme à tout crin, ne sont pas pour autant de dangereux fanatiques exerçant la terreur sur leurs adversaires et dans la société. Ils ont parfois des allures de boy-scouts et leurs opposants ont souvent l’impression de «boxer contre des édredons». Les représentants du gauchisme culturel ressembleraient plutôt à ce qu’on appelle des «faux gentils». Ils affichent le sourire obligé de la communication tant qu’ils ne sont pas mis en question; ils se réclament de l’ouverture, de la tolérance, du débat démocratique, tout en en délimitant d’emblée le contenu et les acteurs légitimes. En ce sens, la droite se trompe en parlant de nouveau «totalitarisme», même si l’on peut estimer que le gauchisme culturel en a quelques beaux restes. En réalité, ce dernier s’inscrit pleinement dans le contexte des «démocraties post-totalitaires»: il puise dans différentes idéologies du passé en décomposition qu’il recompose à sa manière et fait coexister sans souci de cohérence et d’unité, n’en gardant que des schèmes de pensée et de comportement. À ses pointes extrêmes, le gauchisme culturel combine la rage des sans-culottes et le sourire du dalaï-lama. (…) c’est surtout dans les années 1980 que le gauchisme culturel va recevoir sa consécration définitive dans le champ politique, plus précisément au tournant des années 1983-1984, au moment où la gauche change de politique économique sans le dire clairement et entame la «modernisation». Le gauchisme culturel va alors servir de substitut à la crise de sa doctrine et masquer un changement de politique économique mal assumé. À partir de ce moment, la gauche au pouvoir va intégrer l’héritage impossible de mai 68, faire du surf sur les évolutions dans tous les domaines, et apparaître clairement aux yeux de l’opinion comme étant à l’avant-garde dans le bouleversement des mœurs et de la «culture». Nous ne sommes pas sortis de cette situation. (…) nous assistons à la fin d’un cycle historique dont les origines remontent au XIXe siècle; la gauche a atteint son point avancé de décomposition, elle est passée à autre chose tout en continuant de faire semblant qu’il n’en est rien; il n’est pas sûr qu’elle puisse s’en remettre. Le gauchisme culturel, qui est devenu hégémonique à gauche et dans la société, a été un vecteur de cette décomposition et son antilibéralisme intellectuel, pour ne pas dire sa bêtise, est un des principaux freins à son renouvellement. La gauche est-elle capable de rompre clairement avec lui? Rien n’est certain étant donné la prégnance de ses postures et de ses schémas de pensée.(…) Quand les mécanismes de défense identitaires l’emportent sur la liberté de pensée et servent à se mettre à distance de l’épreuve du réel, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir d’une gauche qui ne parvient pas à rompre avec ses vieux démons et se barricade entre gens du même milieu qui ont tendance à croire que la gauche est le centre du monde. (…) Et pendant ce temps-là, la France continue de se morceler sous l’effet de multiples fractures sociales et culturelles. L’extrême droite espère bien en tirer profit en soufflant sur les braises, mais, à vrai dire, elle n’a pas grand-chose à faire, le gauchisme culturel continue de lui faciliter la tâche. Jean-Pierre Le Goff

Attention: une cible idéale peut en cacher une autre !

« Ayotollah », viêt-minh souriante », « Khmère rose », « beau visage donné à l’idéologie », « culpabilisation et rééducation », « rage des sans-culottes et sourire du dalaï-lama » …

A l’heure où, du côté de la Maison Blanche, le premier président de la diversité est, du haut de son notoire mépris pour les ouvriers et de son recours systématique à la carte raciale, bien parti pour remporter le titre de pire président du siècle

Et où entre deux scandales ou dérives sociétales devant la même désaffection de la classe ouvrière, son homologue français semble enfin lui aussi se décider à revenir au réel du moins au niveau économique et au niveau du discours

Et nous ressortent, face aux inévitables critiques dont est notamment l’objet la nouvelle ministre de l’Education et ex-secrétaire nationale du PS chargée des questions de société et parfaite incarnation de la stratégie tout-sociétal du laboratoire d’idées socialiste Terra Nova, la vieille arme de l’accusation de racisme  …

Comment, avec le sociologue Jean-Pierre Le Goff, ne pas y voir le remake de la tentative du PS de masquer la crise de sa doctrine et un changement de politique économique toujours aussi mal assumé qui avait marqué sous Mitterrand le retour de la rigueur des années 83-84 ?

Du gauchisme culturel et de ses avatars
Jean-Pierre Le Goff
Le Débat

24 juin 2014

Pour un néophyte en politique qui s’intéresse à la gauche, il peut sembler difficile de s’y retrouver : « socialisme » ou « social-démocratie » ? « Gauche sociale », « gauche libérale », « gauche de la gauche »… ? Il en va de même au sein du parti socialiste : de la Gauche populaire à la Gauche durable, en passant par Maintenant la gauche ou encore L’Espoir à gauche…, les courants se font et se défont au gré des alliances et des congrès. Certains y voient encore le signe d’un « débat démocratique » au sein d’une gauche dont l’aspect pluriel ne cesse de s’accentuer. On peut au contraire y voir le symptôme du morcellement des anciennes doctrines qui n’en finissent pas de se décomposer.

Dans son livre Droit d’inventaire (Éd. du Seuil, 2009), François Hollande affirmait que le « socialisme navigue à vue ». Depuis lors, la situation n’a pas fondamentalement changé, d’autant qu’il faut faire face à la dette publique et à l’absence de croissance, en assumant plus ou moins clairement une politique de rigueur. La gauche change dans une recherche éperdue d’une nouvelle identité qui tente tant bien que mal de faire le lien ou la « synthèse » entre l’ancien et le nouveau. En réalité, la plupart des débats sans fin sur la redéfinition de la gauche se font en occultant une mutation fondamentale qui a déplacé son centre de gravité de la question sociale vers les questions de société. Cette mutation s’est opérée sous l’influence d’un gauchisme culturel inséparable des effets sociétaux qu’a produits la révolution culturelle de mai 68 et son « héritage impossible ». Tel est précisément ce que cet article voudrait commencer à mettre en lumière.

La notion de « gauchisme culturel » désigne non pas un mouvement organisé ou un courant bien structuré, mais un ensemble d’idées, de représentations, de valeurs plus ou moins conscientes déterminant un type de comportement et de posture dans la vie publique, politique et dans les médias. Il s’est affirmé à travers cinq principaux thèmes particulièrement révélateurs du déplacement de la question sociale vers d’autres préoccupations : le corps et la sexualité ; la nature et l’environnement ; l’éducation des enfants ; la culture et l’histoire. En déplaçant la question sociale vers ces thèmes, le gauchisme culturel s’inscrit dans les évolutions des sociétés démocratiques, mais il le fait d’une façon bien particulière : il se situe dans la problématique de la gauche qu’il adapte à la nouvelle situation historique en lui faisant subir une distorsion, en recyclant et en poussant à l’extrême ses ambiguïtés et ses orientations les plus problématiques 1.

Il a fait valoir une critique radicale du passé et s’est voulu à l’avant-garde dans le domaine des moeurs et de la culture. En même temps, il s’est érigé en figure emblématique de l’antifascisme et de l’antiracisme qu’il a revisités à sa manière. Plus fondamentalement, ce sont toute une conception de la condition humaine et un sens commun qui lui était attaché qui se sont trouvés mis à mal.

Ces conceptions et ces postures du gauchisme culturel sont devenues hégémoniques au sein de la gauche, même si certains tentent de maintenir les anciens clivages comme au « bon vieux temps » de la lutte des classes et du mouvement ouvrier, en les faisant coexister tant bien que mal avec un modernisme dans le domaine des moeurs et de la culture.

Ce gauchisme culturel est présent dans l’appareil du parti socialiste, dans l’État, et il dispose d’importants relais médiatiques. Le PS et la gauche au pouvoir ont pu ainsi apparaître aux yeux de l’opinion comme étant les représentants d’une révolution culturelle qui s’est répandue dans l’ensemble de la société et a fini par influencer une partie de la droite.

Nous n’entendons pas ici analyser l’ensemble de la thématique du gauchisme culturel. Mais la façon dont la gauche s’est comportée dans le débat et le vote de la loi sur le mariage homosexuel nous a paru constituer un exemple type de la prégnance de ce gauchisme et des fractures qu’il provoque dans la société. Dans cette affaire, le gauchisme culturel a prévalu au sein du PS et dans l’État à tel point qu’il est difficile de les démêler. En partant du thème de l’homoparentalité et en le reliant à d’autres comme ceux de l’antiracisme, de l’écologie ou de la nouvelle éducation des enfants, nous avons voulu mettre au jour quelques-unes des idées clés et des représentations qui structurent les comportements dans l’espace politique et médiatique.

Le nouveau domaine de l’égalité

La gauche a fait voter la loi sur le mariage homosexuel dans une situation sociale particulièrement dégradée. Le chômage de masse conjugué avec l’éclatement des familles et l’érosion des liens traditionnels de solidarité a produit des effets puissants de déstructuration anthropologique et sociale. Exclues du travail, vivant dans des familles gentiment dénommées monoparentales ou recomposées – alors qu’elles sont décomposées et marquées dans la plupart des cas par l’absence du père –, des catégories de la population connaissent de nouvelles formes de précarité sociale et de déstructuration identitaire. Les drames familiaux combinés souvent avec le chômage alimentent presque quotidiennement la rubrique des faits divers. C’est dans ce contexte que la gauche a présenté le mariage et l’adoption par les couples homosexuels comme la marque du progrès contre la réaction.

On attendait la gauche sur la question sociale qui constitue historiquement un facteur essentiel de son identité. En fait, elle a abandonné une bonne partie des promesses électorales en lanmatière, tout en se montrant intransigeante sur une question qui a divisé profondément le pays.

Elle a ainsi reporté sur cette dernière une démarcation avec la droite qu’elle a du mal à faire valoir dans le champ économique et social. Les anciens schémas de la lutte contre l’« idéologie bourgeoise », contre le fascisme montant se sont réinvestis dans les questions sociétales avec un dogmatisme et un sectarisme d’autant plus exacerbés.

Les partisans du « Mariage pour tous » l’ont affirmé clairement : « Pour nous, les craintes et les critiques suscitées par ce projet n’ont pas de base rationnelle 2. » Dans ces conditions, le débat avec des opposants mus par des craintes irrationnelles et une phobie vis-à-vis des homosexuels ne sert à rien. Les Jeunes Socialistes de leur côté ont appelé les internautes à dénoncer les « dérapages homophobes » de leurs élus sur l’Internet et sur Twitter à l’aide d’une « carte interactive » signalant leur nom, leur mandat, leur parti, la date et la « teneur du dérapage » 3.

La gauche au pouvoir a donné quant à elle l’image d’un État partisan, d’hommes d’État transformés en militants. La façon pour le moins cavalière dont elle a consulté les représentants religieux et a réagi à la prise de position de l’Église catholique avait des relents de lutte contre la religion du temps du père Combes, à la différence près que la loi de séparation a été votée depuis cette époque et que l’Église catholique a fini par se réconcilier avec la République.

Restent les intégristes, que l’on n’a pas manqué de mettre en exergue. Lors des grands rassemblements de la Manif pour tous, des journalistes militants braquaient systématiquement leurs micros et leurs caméras sur les petits cortèges de Civitas et de l’extrême droite, guettant le moindre incident qui viendrait confirmer leurs schémas préconçus et leur permettrait de déclarer comme un soulagement : « Voyez, on vous l’avait bien dit ! » Quoi de plus simple que de considérer ce mouvement contre le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels comme un succédané du fascisme des années 1930 et du pétainisme, de le réduire à une manifestation de l’intégrisme catholique et de l’extrême droite qui n’ont pas manqué d’en profiter ?

Les partisans du mariage homosexuel se sont trouvés pris au dépourvu : ils n’imaginaient pas qu’une loi, qui pour eux allait de soi, puisse susciter des manifestations de protestation d’une telle ampleur.

Pour la gauche, il ne faisait apparemment aucun doute que les revendications des groupes homosexuels participaient d’un « grand mouvement historique d’émancipation » en même temps que leur satisfaction représentait une « grande avancée vers l’égalité ».
La Gay Pride, à laquelle la ministre de la Famille fraîchement nommée s’est empressée de participer avant même le vote de la loi, leur apparaissait comme partie intégrante d’un « mouvement social » dont elle se considère le propriétaire légitime. Ce mouvement s’est inscrit dans une filiation imaginaire avec le mouvement ouvrier passé tout en devenant de plus en plus composite, faisant coexister dans la confusion des revendications sociales, écologistes, culturelles et communautaires. Devenu de plus en plus un « mouvement sociétal » par adjonction ou substitution des revendications culturelles aux vieux mots d’ordre de la lutte des classes, son « sujet historique » s’en est trouvé changé. À la classe ouvrière qui « n’ayant rien à perdre que ses chaînes » se voyait confier la mission de libérer l’humanité tout entière, aux luttes des peuples contre le colonialisme et l’impérialisme se sont progressivement substituées des minorités faisant valoir leurs droits particuliers et agissant comme des groupes de pression.

C’est ainsi que les revendications des lesbiennes, gays, bi et trans se sont trouvées intégrées dans un sens de l’histoire nécessairement progressiste, en référence analogique lointaine et imaginaire avec le mouvement ouvrier défunt et les luttes des peuples pour leur émancipation.

En inscrivant le « Mariage pour tous » dans la lutte pour l’égalité, la gauche a par ailleurs opéré un déplacement dont elle ne perçoit pas les effets. « Égalité rien de plus, rien de moins », proclamait un slogan des manifestations pour le mariage homosexuel en janvier 2012, comme s’il s’agissait toujours du même combat. Or, appliquée à des domaines qui relèvent de l’anthropologie, cette exigence d’égalité change de registre.

Elle concerne de fait, qu’on le veuille ou non, une donnée de base fondamentale de la condition humaine : la division sexuelle et la façon dont les êtres humains conçoivent la transmission de la vie et la filiation.

Obnubilée par la lutte contre les inégalités, la gauche ne mesure pas les effets de ce changement de registre qui ouvre une boîte de Pandore :
dans cette nouvelle conception de la lutte contre les inégalités, les différences liées à la condition humaine et les aléas de la vie peuvent être considérés comme des signes insupportables d’inégalité et de discrimination.

Dans le domaine de la différence sexuelle, comment alors ne pas considérer le fait de pouvoir porter ou non et de mettre au monde un enfant comme une « inégalité » fondamentale entre gays et lesbiennes ?

Dans ce cadre, la revendication de la gestation pour autrui paraît cohérente et prolonge à sa manière cette nouvelle lutte pour l’« égalité ».
Ce changement de registre marque une nouvelle étape problématique dans la « passion de l’égalité » propre à la démocratie. Dans la conception républicaine, la revendication d’égalité se déploie dans un cadre juridique et politique lié à une conception de la citoyenneté qui implique un dépassement des intérêts et des appartenances particulières pour se penser membre de la cité ; la lutte contre les inégalités économiques s’inscrit dans le cadre d’une « justice sociale » et vise à créer les conditions favorables à cette citoyenneté.

C’est en se plaçant dans cette perspective que la lutte contre les inégalités prend son sens et ne verse pas dans l’égalitarisme, en ne s’opposant pas à la liberté mais en l’intégrant comme une condition nécessaire et préalable pour que celle-ci puisse concerner le plus grand nombre de citoyens. Dans cette optique, il s’agit d’améliorer les conditions économiques et sociales, de développer l’éducation tout particulièrement en direction des couches les plus défavorisées afin d’accroître cette liberté. En ce sens, les paroles de Carlo Rossi, socialiste, antifasciste italien, assassiné en 1937, constituent le meilleur de la tradition de la gauche et du mouvement ouvrier : « Le socialisme c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres 4. »

Cette conception de l’égalité articulée à la liberté et finalisée par elle ne se confond pas avec le « droit à la réussite pour tous » ou la revendication des « droits à » de la part des individus ou des groupes communautaires.

Ces derniers portent en réalité la marque de la « démocratie providentielle En ce sens, la mobilisation des Noirs américains des années 1960 pour les « droits civiques » en référence à la Constitution américaine est un combat pour la liberté et la citoyenneté. Ce combat n’est pas de même nature que la revendication pour le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, dans la mesure où cette dernière s’insère dans la lignée des « droits créances » qui se sont multipliés au fil des ans en sortant du registre économique et social. Les partisans du mariage homosexuel ont même fait valoir l’amour pour légitimer leur demande de droits : « Nous, citoyens hétéros ou gays, nous pensons que chacun a le droit de s’unir avec la personne qu’il aime, de protéger son conjoint, de fonder une famille 6. » Qui pourrait aller à l’encontre d’un si noble sentiment ?

La gauche s’est voulue rassurante en faisant valoir à ses adversaires qu’il ne s’agissait pas de changer ou de retirer des droits existants mais simplement d’en ouvrir de nouveaux, comme sices derniers raisonnaient dans le cadre du « socialindividualisme » (la société comme service rendu aux individus) avec son « militantisme procédurieret demandeur de droits 7 ».

Contrairement à ce que la gauche a laissé entendre, le rejet de la loi n’impliquait pas nécessairement un refus de prendre en compte juridiquement les situations des couples homosexuels et des enfants adoptés. Les opposants ont mis en avant, en tout cas, un questionnement et des conceptions différentes qui heurtaient la bonne conscience de la gauche ancrée dans ses certitudes. Dans cette affaire, les manifestations des intégristes catholiques, les provocations et les violences de l’extrême droite sont venues à point nommé pour ramener la confrontation à des schémas bien connus.

L’antifascisme revisité

La gauche s’est toujours donné le beau rôle de l’antifascisme qui constitue un des principaux marqueurs de son identité. La mort de Clément Méric dans une rixe avec des skinheads d’extrême droite a relancé une nouvelle fois la mobilisation en même temps qu’elle faisait apparaître une configuration nouvelle. Les skinheads et les « antifas » se sont rencontrés dans un appartement de The Lifestyle Company lors d’une vente privée de vêtements de marque Fred Perry qu’ils affectionnent particulièrement ; la bagarre qui s’ensuivit et la mort de Clément Méric ne ressemblent en rien aux violences et aux assassinats pratiqués par les chemises noires de Mussolini et encore moins à la terreur et à la barbarie des SA et des SS. Même l’extrême gauche de mai 68 aurait du mal à s’y retrouver, elle qui pourtant avait déjà tendance à traiter les CRS de « SS » et à voir du fascisme partout.

Autres temps, autres moeurs : à cette époque, l’attirance pour les marques n’aurait pas manqué d’être considérée par les militants comme un goût « petitbourgeois » ou le signe certain de l’« aliénation capitaliste ». Les violences entre « fascistes » et « antifas » des nouvelles générations ont des allures de révolte et de règlements de comptes entre bandes d’adolescents ou de post-adolescents mus par le besoin de décharger leur agressivité dans une société qui se veut policée, à la manière des affrontements de certains supporters de clubs de football.

Les idéologies extrémistes peuvent venir s’y greffer sans pour autant aboutir aux mêmes phénomènes que par le passé. Cela ne justifie en rien la mort de Clément Méric, la haine, les violences et les exactions commises par ces groupuscules, mais contredit les analogies historiques rapides et les amalgames. Ces derniers n’ont pas manqué à travers les propos de gens de gauche qui n’ont pas hésité à faire le rapprochement entre la mort de Clément Méric et la Manif pour tous.

L’antifascisme constitue en réalité un fonds de souvenirs passionnels et un stock d’idées toujours prêts à rejaillir à la moindre occasion, occultant la plupart du temps la façon dont le communisme l’a promu et la grille d’interprétation qu’il a fournie à la gauche à cette occasion. Dans le schéma communiste, le fascisme n’est qu’une forme de la dictature de la bourgeoisie poussée jusqu’au bout, constituée des éléments les plus réactionnaires du capitalisme. Le fascisme étant étroitement lié au capitalisme, «le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde» et le combat antifasciste est un perpétuel recommencement tant que ne sera pas mis à bas le capitalisme. Ce schéma méconnaît l’opposition entre démocratie et totalitarisme et fait toujours porter le soupçon sur une droite qui, représentant les intérêts de la bourgeoisie, est constamment tentée de s’allier avec les éléments les plus réactionnaires.

La gauche ne semble pas vraiment avoir rompu avec ce schéma. En témoignent, par exemple, les déclarations du premier secrétaire du parti socialiste demandant à l’UMP de dissoudre la « droite populaire », ou accusant la droite, lors d’affrontements provoqués par des groupuscules opposés au Mariage pour tous, de « s’abriter derrière l’extrême droite », de se comporter « comme la vitrine légale de groupes violents ».

Un « antiracisme de nouvelle génération »

La façon dont la gauche s’est comportée sur la question du mariage homosexuel n’est pas le seul exemple de ses orientations problématiques. La lutte contre le racisme en est une autre illustration. Cette cause apparaît simple, répondant à une exigence morale, mais les meilleures intentions ne sauraient passer sous silence le glissement qui s’est là aussi opéré. La façon dont l’antiracisme a été promu dans les années 1980 par SOS Racisme, étroitement lié au pouvoir socialiste mitterrandien, a entraîné la gauche vers de nouveaux horizons. Dans son livre Voyage au centre du malaise français. L’antiracisme et le roman national 10, Paul Yonnet a été l’un des premiers à mettre en lumière le paradoxe présent au cœur même de cet «antiracisme de nouvelle génération»: en promouvant de fait les identités ethniques dont le slogan «Black, blanc, beur» deviendra l’expression, il a introduit le principe racial et le communautarisme ethnique qu’il affirme combattre. Ce faisant, il a rompu à la fois avec la lutte des classes marxiste et le modèle républicain. Cette rupture intervient au moment même où se décompose le messianisme révolutionnaire et le nouvel antiracisme lui a servi d’idéologie de substitution: «Ainsi, avec SOS Racisme, passe-t-on d’une vision classiste de la société à une vision panraciale, des ouvriers aux immigrés, comme nouveaux héros sociaux, de la conscience de classe [...] à la conscience ethnique, du séparatisme ouvrier au culturalisme ethnique, de l’utopie communiste à l’utopie communautaire 11.» Ce changement s’est accompagné d’une relecture de notre propre histoire qui a renversé la perspective. Au «roman national épique 12» du gaullisme et du communisme de l’après-guerre a succédé une fixation sur les pages sombres de notre histoire, tout particulièrement celles de Vichy, de la Collaboration et du colonialisme. Cet effondrement du «roman national» s’est accompagné de la dissolution de la nation dans le monde au nom de l’universalisme des droits de l’homme. Loin de lutter efficacement contre ce qu’il combat, ce nouvel antiracisme a produit des effets inverses, en exacerbant les sentiments collectifs de crise identitaire et en suscitant en réaction une «xénophobie de défense». Ce livre de Paul Yonnet provoquera de violentes polémiques. Soupçonné d’emblée d’être proche des thèses du Front national, il sera ostracisé par la gauche et ses thèses n’ont pas donné matière à un débat de fond.

En mars 2012, lors de sa campagne électorale, François Hollande s’est engagé à demander au Parlement de supprimer le mot race de l’article premier de la Constitution qui déclare: «La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de race et de religion.» En mai 2013, les groupes de gauche à l’Assemblée nationale et une partie des centristes ont voté la loi supprimant le mot «race» de la législation française. Pour une partie de la gauche, il ne s’agit là que d’une première étape avant la suppression de ce mot dans la Constitution.

Croit-on sérieusement qu’une telle disposition puisse faire reculer le racisme? Jusqu’où ira-t-on dans cette volonté d’éradication du langage au nom de l’antiracisme?

La révolution culturelle de l’écologie

La conversion rapide de la gauche à l’écologie peut, elle aussi, donner lieu à des changements de problématique non seulement sur les problèmes sociaux, mais plus globalement sur une façon de concevoir le devenir du monde. Les problèmes bien réels de la dégradation de la nature et de l’environnement ne sont pas ici en question, mais le sont les discours qui confèrent  à l’écologie une signification et une mission salvatrice qui ne vont pas de soi. Les écologistes ne cessent d’en appeler à une «transformation radicale», à la nécessité absolue de «changer radicalement nos modes de vie», de «changer l’imaginaire de la société».

La rupture écologique paraît tout aussi radicale que celle de la rupture révolutionnaire, mais elle se présente désormais sous les traits d’une nécessité «en négatif». En ce sens, l’utopie écologique apparaît comme une utopie de substitution au saint-simonisme et aux philosophies de l’histoire, une sorte de messianisme inversé chargé d’eschatologie rédemptrice. La catastrophe annoncée de la fin possible de toute vie sur la planète doit permettre d’ouvrir enfin les yeux d’une humanité vivant jusqu’alors dans l’obscurantisme
productiviste et consumériste, sous le règne prométhéen de la science et de la technique érigées souvent en entités métaphysiques. Ce n’est plus désormais par le développement des «forces productives», de la science et de la technique que l’humanité pourra se débarrasser d’un passé tout entier marqué par l’ignorance et les préjugés. L’utopie écologique renverse la perspective en faisant du rapport régénéré à la nature le nouveau principe de la fraternité universelle et de la réconciliation entre les hommes.

Un tel schéma de pensée induit une relecture de notre propre histoire qui, s’ajoutant à celle de l’antiracisme, renforce la vision noire des sociétés modernes, en oubliant au passage le fait que le développement de la production, de la science et de la technique a permis la fin du paupérisme et le progrès social. En poussant à bout cette logique – mais pas tant que cela –, ce sont des pans entiers de notre culture qui peuvent être relus et déconsidérés comme étant la manifestation d’un désir de domination sur la nature, source de tous nos maux. Dans ce cadre, l’expression du philosophe René Descartes «maîtres et possesseurs de la nature» tient lieu de paradigme. Mais c’est aussi le projet d’émancipation des Lumières, fondé sur l’exercice de la raison et sur l’autonomie de jugement, qui lui aussi peut être interprété comme l’affirmation présomptueuse de la supériorité de l’homme sur la nature.

La révolution culturelle écologique poussée jusqu’au bout aboutit à remettre radicalement en question nombre d’acquis de la culture européenne. Celle-ci a été marquée à la fois par l’héritage des Lumières qui accorde une place centrale à la raison et à l’idée de progrès, et les religions juives et chrétiennes, pour qui la dignité de l’homme est première dans l’ordre de la création, et qui donnent une importance primordiale à la relation avec autrui. L’écologie est devenue l’un des principaux vecteurs d’une révolution
culturelle qui ne dit pas son nom.

L’éducation des enfants

Dans la mutation du monde qui s’annonce, les jeunes ont, pour les écologistes, un rôle décisif à jouer. Ils naissent dans un nouveau contexte marqué par la crise et les «désillusions du progrès» et peuvent plus facilement prendre conscience des nouveaux enjeux de l’humanité; ils sont l’«avenir du monde» et il importe de veiller à l’éducation de ces nouveaux pionniers.

À l’école, la notion confuse et élastique de «développement durable» est désormais intégrée au «socle commun de connaissances et de compétences» qui fixe les repères culturels et civiques du contenu de l’enseignement obligatoire, et elle donne lieu à d’étranges considérations sur l’homme, sur la nature et sur les animaux 13. Ces dernières sont également massivement diffusées en douceur par le biais d’émissions de télévision, de films catastrophes, de  dessins animés et toute une littérature enfantine remplie de bonnes intentions. Dans le domaine de l’écologie, les livres abondent. Le Petit Livre vert pour la Terre 14 de la fondation Nicolas Hulot, diffusé à plus de quatre millions d’exemplaires, recense une centaine de bons comportements pour sauver la planète et être un «citoyen de la terre», le tout placé sous l’égide du Mahatma Gandhi cité dès le début du livre: «Soyez vous-mêmes le changement que vous voudriez voir dans le monde.» Cette attention attachée aux gestes les plus quotidiens se retrouve dans toute la littérature écologique pour les enfants sous forme de leçons de morale: «Vous ignorez peut-être qu’en utilisant un mouchoir en papier, vous contribuez très certainement à la déforestation 15. [...] En jouant, en se lavant, en s’éclairant, en se déplaçant, en mangeant, en consommant on agit nous aussi sur le fonctionnement du monde 16.»

Quant aux nouveaux parents, ils se doivent de reconnaître leurs fautes: «En peu d’années, notre génération et celle de nos parents ont beaucoup abîmé la planète: l’air, l’eau, la mer et la terre, quatre éléments fondamentaux de la vie, pour “raison économique”, pour faire de l’argent 17.» De la même façon, depuis les années 2000, la littérature enfantine visant à éduquer les enfants aux nouveaux paradigmes de la sexualité et de la famille est en pleine expansion. Ces livres publiés par de petites maisons d’édition ne sont pas seulement destinés à des familles homoparentales, toutes ont le même but: dédramatiser et banaliser l’homoparentalité auprès des enfants. Les petites histoires avec un beau graphisme doivent les aider à mieux comprendre et à aborder des situations qui peuvent ou non les concerner directement: parents divorcés dont le père est devenu homosexuel (Marius 18); famille homoparentale (À mes amoures 19, Mes mamans se marient 20, Dis… mamans 21), les fables animalières avec leur couple de pingouins (Tango a deux papas et pourquoi pas? 22), de grenouilles (Cristelle et Crioline 23), les louves et leur louveteau (Jean a deux mamans 24) sont mis à contribution, mais aussi les histoires de princesse (Titiritesse 25) pour découvrir en douceur l’homosexualité féminine. Le petit livre J’suis vert 26 accompagné d’un CD de dix chansons aborde sans détour les questions de société qui touchent aussi les enfants, parmi lesquelles le divorce et les familles recomposées sous la forme d’une petite chanson enfantine «Je vous aime tous les deux». Celle-ci fait
approuver par l’enfant le choix de la séparation et présente sous des traits angéliques la nouvelle situation:

«Depuis pas mal de temps déjà je voyais que ça n’allait pas. [...] «Papa tu rentrais toujours tard, Maman tu faisais chambre à part. «C’est sûr ça pouvait plus durer, il valait mieux… vous séparer.
Refrain
«Mais si ça peut vous consoler, je voulais juste que vous sachiez… «Que je vous aime, je vous aime tous les deux.
[...]
«Enfin, c’est pas ma faute à moi, c’est la faute à personne je crois.
«C’est difficile d’aimer toujours, c’est c’qu’ils disent dans les films d’amour. [...] 47

«Et pour plus tard ce que j’espère, c’est des demi-sœurs et des demi-frères.
«J’suis sûr qu’on peut bien rigoler dans les familles “recomposées” 27.»

Les paroles de la chanson, qui sont supposées être celles de l’enfant, reflètent on ne peut mieux un optimisme gentillet qui a des allures de déni et semblent faites surtout pour rassurer les parents. Un livre plus volumineux répond précisément à cet objectif en combinant les histoires pour enfants avec des «fiches psycho-pratiques» à l’usage des parents. Vendu à plus de 150 000 exemplaires, 100 histoires du soir 28 a explicitement une visée à la fois thérapeutique et éducative «pour surmonter les petits et les gros soucis du quotidien». Seize histoires fort bien imaginées et écrites couvrent un vaste ensemble de situations allant du coucher de l’enfant jusqu’aux «histoires d’écologie et de grignotage», en passant par les maladies, l’école et les copains, le chômage («Comment
dire à ses enfants qu’on est au chômage?»), le divorce des parents (comment lui annoncer un divorce?). Les histoires consacrées à l’homoparentalité («Le petit bisou», «Moi j’ai deux papas!», «Deux moineaux japonais… et une cigogne», «Le Papa au blouson couleur de ciel») sont suivies de fiches composées d’une série d’explications et de recommandations auprès de parents homosexuels sur la bonne façon de dire les choses et de bien se comporter vis-à-vis de l’enfant. La Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (2013-2018) affirme tout bonnement: «Préjugés et stéréotypes sexuels, ancrés dans l’inconscient collectif, sont la source directe de discriminations et doivent être combattus dès le plus jeune âge.

Ainsi, la mixité acquise en droit et ancrée dans la pratique demeure une condition nécessaire mais non suffisante à une égalité réelle entre filles et garçons et plus tard entre femmes et hommes. Elle doit être accompagnée d’une action volontariste des pouvoirs publics, de l’ensemble des acteurs de la communauté éducative et des partenaires de l’école 29.» La notion de genre si controversée y figure en toutes lettres: «Les savoirs scientifiques issus des recherches sur le genre, les inégalités et les stéréotypes doivent nourrir les politiques publiques», «donner aux élèves, étudiants et étudiantes les outils nécessaires pour mieux appréhender le traitement du genre dans les médias», «rendre visibles les recherches sur le genre et les expert(e)s à travers la mise en place de recensements nationaux», «réaliser un travail de vulgarisation et de diffusion des recherches sur le genre». La formation est pareillement concernée: «La formation des formateurs et formatrices ainsi que la formation des personnels se destinant à travailler auprès d’enfants, d’adolescents, de jeunes adultes doivent comprendre une formation au genre et à l’égalité s’appuyant sur des données chiffrées et une vision sensible aux inégalités entre les femmes et les hommes dans l’ensemble des thématiques abordées.»

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale a déclaré qu’il n’y avait pas de débat sur la théorie du genre à l’école et qu’il s’agissait seulement de «lutter contre toutes les discriminations à la fois de race, de religion et bien entendu sur les orientations sexuelles car elle cause de la souffrance 30». Pour faire face à cette souffrance, le partenariat existant entre l’Éducation nationale et des associations lesbiennes et gays lui donne satisfaction. Pourquoi les associations homosexuelles et pas les autres? Qui peut croire qu’elles n’ont pas d’esprit partisan?

Postures identitaire et mécanismes de déni

À partir de cet examen des changements problématiques de la gauche et de la prégnance de nouveaux schémas de pensée au sein du parti socialiste, il nous paraît possible de mieux cerner les principaux traits du gauchisme culturel.

Celui-ci ne se présente pas comme un mouvement structuré et unifié autour d’une doctrine dogmatique comme les grandes idéologies du passé. Il est pluriel dans ses références comme dans sa composition; il peut faire coexister des idées et des attitudes qui, il y a peu de temps encore, apparaissaient contradictoires et incohérentes. Il n’en possède pas moins des schèmes de pensée et de comportements transversaux qui lui donnent une unité structurant en arrière-fond son identité

Le gauchisme culturel n’entend pas changer la société par la violence et la contrainte, mais «changer les mentalités» par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi. Il n’en véhicule pas moins l’idée de rupture avec le Vieux Monde en étant persuadé qu’il est porteur de valeurs et de comportements correspondant à la fois au nouvel état de la société et à une certaine idée du Bien. Ce point aveugle de certitude lui confère son assurance et sa détermination par-delà ses déclarations d’ouverture, de dialogue et de concertation.

Les idées et les arguments opposés à ses propres conceptions peuvent être vite réduits à des préjugés issus du Vieux Monde et/ou à des idées malsaines.

Le débat démocratique s’en trouve par là même perverti. Il se déroule en réalité sur une double scène ou, si l’on peut dire, avec un double fond qui truque la perspective: les idées et les arguments, pour importants qu’ils puissent paraître, ne changeront rien à la question abordée, l’essentiel se jouant à un autre niveau, celui des «préjugés, des stéréotypes ancrés dans l’inconscient collectif», comme le dit si bien la Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif. Il s’agit alors de combattre ces préjugés et ces stéréotypes, en sachant que l’important se joue dans l’éducation des générations nouvelles plutôt que dans le dialogue et dans la confrontation avec les opposants considérés comme des individus ancrés dans leurs préjugés inconscients.

Le gauchisme culturel peut même se montrer inquisiteur et justicier en traquant les mauvaises pensées et les mauvaises paroles, en n’hésitant pas à pratiquer la délation et la plainte en justice. À sa façon, sans qu’il s’en rende compte, il retrouve les catégories de faute ou de péché par pensée, par parole, voire par omission, qui faisaient les beaux jours des confessionnaux. Le gauchisme culturel est à la fois un modernisme affiché et un moralisme masqué qui répand le soupçon et la méfiance dans le champ intellectuel, dans les rapports sociaux et la vie privée.

Ce moralisme s’accompagne d’un pathos sentimental et victimaire où les mots «amour», «fraternité», «générosité» s’opposent emphatiquement à la «haine», à l’«égoïsme», à la «fermeture» dans des discours souvent d’une généralité confondante qui laissent l’interlocuteur pantois. L’expression de la subjectivité souffrante agit pareillement, elle paralyse le contradicteur délicat qui ne veut pas apparaître comme un «salaud». Il faut savoir compatir, «écouter la souffrance» avant de «mettre des mots sur les maux». Le
gauchisme culturel pratique ainsi constamment une sorte de chantage affectif et victimaire qui joue sur la mauvaise conscience et le sentiment de culpabilité. Il se veut le porte-parole des victimes de toutes les discriminations en exigeant réparation; c’est la voix des opprimés, des persécutés, des oubliés de l’histoire qui parle à travers sa voix. Que faire face à un interlocuteur qui se veut le représentant des descendants d’esclaves? De quel droit peut-il se prévaloir d’un tel statut?

De telles questions n’ont guère de chance d’être prises en considération, car le gauchisme culturel ne s’adresse pas à la raison. L’indignation lui tient souvent lieu de pensée et le pathos qui l’accompagne brouille la réflexion. L’affirmation d’idées générales et généreuses, les références emblématiques à la résistance et aux luttes héroïques du passé accompagnent son indignation et servent d’arguments d’autorité. La morale et les bons sentiments recouvrent souvent l’inculture et la bêtise, donnant lieu à de vastes synthèses éclectiques et des salmigondis. Mais à vrai dire, l’affirmation avec émotion et véhémence de ce que l’on ressent suffit dans bien des cas: il ne s’agit pas de convaincre avec des arguments mais de faire partager aux autres son émotion et ses sentiments, de les englober dans son «ressenti» comme pour mieux leur faire avaliser ses propres positions. L’«essoreuse à idées médiatique» est particulièrement friande de ce genre d’émotions. Dans les débats publics, à la radio, sur les plateaux de télévision comme dans les dîners en ville, il ne s’agit pas de convaincre mais de gagner en jouant sur tous les registres à la fois. Tout interlocuteur qui refuse d’entrer dans ce cadre peut être considéré comme suspect ou comme un adversaire en puissance. Les doutes et les interrogations ne sont pas de mise; nulle faille apparente ne vient troubler le propos. Le gauchisme culturel s’est arrogé le magistère de la morale et cela lui suffit.

L’exigence morale de combattre le racisme, les exactions de l’extrême droite, les discriminations, pour justifiée qu’elle soit, n’a pas besoin de longues explications, et c’est précisément ce qui fait sa faiblesse. Réduisant ces maux à des pulsions individuelles plus ou moins conscientes, le gauchisme culturel ne s’attarde pas à l’analyse des conditions qui les ont rendus possibles, préférant réitérer indéfiniment ses appels à combattre le mal, en dénonçant publiquement ses auteurs et ses complices. Une telle posture a pu, par réaction, renforcer l’influence de l’extrême droite auprès des couches populaires qui n’apprécient pas qu’on les traite de «beaufs», de «racistes» ou de «fachos» parce qu’ils sympathisent ou votent pour le Front national. Mais depuis des années, le scénario reste fondamentalement le même: déploration, indignation, dénonciation, appel à la mobilisation contre le racisme et le fascisme. Non seulement cela n’apas empêché l’extrême droite de progresser, 50 mais cela a contribué à la mettre un peu plus au centre de l’espace public.

De telles postures permettent également de mettre à distance les questions qui dérangent et de se réconforter dans l’entre-soi. Aborder les questions de la nation, de l’immigration, de l’islam, dont on sait qu’elles préoccupent beaucoup de nos concitoyens, suscite des réactions quasi pavloviennes qui empêchent tout examen et débat serein. Il est vrai que dans cette période de crise l’extrême droite sait jouer sur les peurs et les frustrations dans une logique de bouc émissaire. Mais ce n’est pas la façon dont l’extrême droite et une partie de la droite exploitent ces questions qui est ici en cause, mais la façon dont les questions elles-mêmes sont considérées comme taboues. Le fait même de dire qu’il s’agit de questions peut être considéré comme le signe que l’on est contaminé par des idées de l’extrême droite ou, au mieux, que l’on fait son jeu. Au nom de la lutte contre l’islamophobie, un glissement s’opère qui barre toute réflexion libre sur le rapport de l’islam à la modernité.

Idéologies émiettées et mentalité utopique

Ces postures ne sont pas sans rappeler celles du passé qui s’ancraient alors dans de grandes idéologies et les utopies issues du XIXe siècle, et plus précisément du communisme. Ce rapprochement, qui saisit des traits bien réels et souligne à juste titre le danger que le gauchisme culturel fait peser sur la liberté d’opinion et sur le fonctionnement de la démocratie, n’en est pas moins trompeur.

Dans le cas du gauchisme culturel, l’«idéologie» – pour autant que l’on puisse utiliser ce mot – est d’une nature particulière. Elle n’est pas «une» mais plurielle, composée de bouts de doctrines anciennes en décomposition (communisme, socialisme, anarchisme), mais aussi des idées issues des «mouvements sociaux» et des nouveaux groupes de pression communautaires (écologie, féminisme, mouvement étudiant et lycéen, associations antiracistes, groupes homosexuels…), voire des références aux «peuples premiers» et aux spiritualités exotiques, comme on l’a vu à propos de l’écologie. Elle n’est pas une «idéologie de granit» – pour reprendre une expression de Claude Lefort – fondée sur une science qui prétend englober sous sa coupe l’ensemble des sphères d’activité, même si l’on
peut y trouver des relents de scientisme. Ses représentants, qui se montrent parfois sourds, intransigeants et d’un sectarisme à tout crin, ne sont pas pour autant de dangereux fanatiques exerçant la terreur sur leurs adversaires et dans la société. Ils ont parfois des allures de boy-scouts et leurs opposants ont souvent l’impression de «boxer contre des édredons». Les représentants du gauchisme culturel ressembleraient plutôt à ce qu’on appelle des «faux gentils». Ils affichent le sourire obligé de la communication tant qu’ils ne sont pas mis en question; ils se réclament de l’ouverture, de la tolérance, du débat démocratique, tout en en délimitant d’emblée le contenu et les acteurs légitimes.
En ce sens, la droite se trompe en parlant de nouveau «totalitarisme», même si l’on peut estimer que le gauchisme culturel en a quelques beaux restes. En réalité, ce dernier s’inscrit pleinement dans le contexte des «démocraties post-totalitaires»: il puise dans différentes idéologies du passé en décomposition qu’il recompose à sa manière et fait coexister sans souci de cohérence et d’unité, n’en gardant que des schèmes de pensée et de comportement. À ses pointes extrêmes, le gauchisme culturel combine la rage des sans-
culottes et le sourire du dalaï-lama.
Les utopies subissent un traitement semblable. Le gauchisme culturel véhicule bien un imaginaire qui retrouve nombre de traits anciens recyclés et adaptés à la nouvelle situation historique: ceux d’une société enfin débarrassée des scories du passé, réconciliée et devenue transparente à elle-même, d’un monde délivré du tragique de l’histoire, un monde sans frontières, sans haine, sans violence et sans guerre, pacifié et fraternel, mû par le souci de la planète, du plaisir et du bien-être de chacun. À l’échelle individuelle, cet imaginaire est celui d’un être indifférencié, un être sans dilemmes et sans contradictions, débarrassé de ses pulsions agressives, bien dans sa tête et dans son corps, s’étant réconcilié avec lui-même, avec les autres et avec la nature. Et, qui plus est, autonome et «citoyen actif» de la maternelle jusqu’à son dernier souffle, «citoyen du monde» et «écocitoyen». Cet imaginaire, pour utopique qu’il soit, s’articule en réalité aux évolutions problématiques des sociétés démocratiques européennes qui sont sorties de l’histoire et c’est précisément ce qui lui donne une consistance qui l’apparente à l’état du monde présent. Cette imbrication étroite de l’utopie et des évolutions problématiques de la société change sa nature. Il ne s’agit plus d’attendre la réalisation de l’utopie dans un futur indéterminé sur le modèle du socialisme utopique du XIXe siècle, pas plus que dans une fin de l’histoire articulée au devenir historique dont on détiendrait les clés. L’utopie se conjugue désormais au présent et prétend ne pas en être une. Tel est le paradoxe qu’a
bien mis en lumière Marcel Gauchet: «En ce début du XXIe siècle, l’avenir révolutionnaire a disparu de notre horizon; l’avenir tout entier nous est devenu inimaginable; mais la conscience utopique ne s’est pas totalement évanouie pour autant; elle hante véritablement notre présent 31.» Mais peut-être vaudrait-il mieux parler de mentalité utopique dans la mesure où cette dernière expression désigne un état d’esprit qui n’est pas nécessairement conscient.

L’écologie est de ce point de vue particulièrement révélatrice du nouveau statut de l’utopie dans le monde d’aujourd’hui: si elle retrouve des accents prophétiques annonçant la fin possible du monde et son salut, elle appelle en même temps à mettre en œuvre dès à présent de multiples pratiques alternatives. Celles-ci doivent permettre à la fois de sauver la planète et d’incarner dès maintenant le nouveau monde. Il en va de même avec les «crèches expérimentales», les nouvelles pédagogies qui doivent rendre l’enfant autonome au plus tôt, voire les multiples outils qui permettent de résoudre les contradictions et les tensions. L’utopie est éclatée en de multiples «révolutions minuscules», des «utopies concrètes» (oxymore qui à sa façon traduit bien le statut nouveau de l’utopie au XXIe siècle), dont la mise en œuvre s’accompagne de «guides pratiques», de «boîtes à outils», de «kits pédagogiques» promus par des spécialistes patentés.
Aux origines du gauchisme culturel
Il est, en revanche, une utopie d’un genre par ticulier dont se réclame plus volontiers le gauchisme culturel: celle de mai 68 et des mouvements qui l’ont portée. Ce n’est pas l’événement historique «mai 68» qui est ici en question: cet événement historique comme tel n’appartient à personne, il appartient à notre histoire, comme à celle de l’Europe et à de nombreux pays dans le monde. Cet événement iconoclaste à plusieurs facettes peut être globalement analysé comme un moment de basculement vers le nouveau monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, que nous le voulions ou non. En ce sens, l’idée selon laquelle il faudrait «liquider mai 68» est absurde. En revanche, ce qui me paraît être avant tout en question, c’est ce que j’ai appelé son «héritage impossible 33» et c’est précisément dans cet héritage que le gauchisme culturel a pris naissance et s’est développé. Textes, discours, pratiques et comportements de l’époque constituent un creuset premier, chaotique et bouillonnant qui va se répandre sur de multiples fronts, se pacifier et finir par s’intégrer à la nouvelle culture des sociétés démocratiques.

En mai 68 et dans le sillage de l’événement sont apparus de nouveaux thèmes portant sur la sexualité, l’éducation des enfants, la psychiatrie, la culture, qui sont venus interpeller les schémas de la lutte des classes et les idéologies de l’extrême gauche traditionnelle. Le gauchisme culturel naît précisément dans ce cadre et c’est lui qui va le premier déplacer l’axe central de la contestation vers les questions sociétales, à la manière de l’époque, c’est-à-dire de façon radicale et délibérément provocatrice. Il est ainsi devenu le vecteur d’une révolution culturelle qui a mis à mal l’orthodoxie des groupuscules d’extrême gauche, avant de concerner l’ensemble de la gauche et de se répandre dans la société.
Quand on étudie la littérature gauchiste de l’immédiat après-Mai, on est frappé de retrouver nombre de thèmes du gauchisme culturel d’aujourd’hui, mais, en même temps, ces derniers semblent bien mièvres et presque banalisés en regard de la rage dont faisaient preuve les révolutionnaires de l’époque. Leur remise en question radicale a concerné bien des domaines dont nous ne pouvons rendre compte dans le cadre limité de cet article 34. Mais il suffit d’évoquer ce qu’il en fut en matière de mœurs et de sexualité au début des années 1970 pour mieux cerner le fossé qui nous sépare du présent.

Le désir était alors brandi comme une arme de subversion de l’ordre établi qui devait faire sauter tous les interdits, les tabous et les barrières. Il s’agissait de faire tomber tous les masques, en pourchassant les justifications et les refoulements au cœur même des discours les plus rationnels et les plus savants. Être «authentique», c’était oser, si l’on peut dire, regarder le désir en face et ne plus craindre d’exprimer en toute liberté le chaos que l’on porte en soi. C’est sans doute pour cette raison que sur le front du désir la classe
ouvrière a pu apparaître muette à beaucoup. Les religions juives et chrétiennes, la «morale bourgeoise», l’idéologie, le capitalisme réprimaient le désir, il s’agissait alors ouvertement de tout mettre à bas pour le libérer. Le mariage et la famille n’échappaient pas à un pareil traitement. Ils étaient considérés comme un dispositif central dans ce vaste système de répression, la cellule de base du système visant à castrer et à domestiquer le désir en le ramenant dans les credo de la normalité 35. Les lesbiennes et les gays revendiquaient clairement leur différence en n’épargnant pas les «hétéro-flics», la «virilité fasciste», le patriarcat. Il était alors totalement exclu de se marier et de rentrer dans le rang. On peut mesurer les différences et le chemin parcouru depuis lors. Nous sommes passés d’une dynamique de transgression à une banalisation paradoxale qui entend jouer sur tous les plans à la fois: celui de la figure du contestataire de l’ordre établi, celui de la minorité opprimée, celui de la victime ayant des droits et exigeant de l’État qu’il satisfasse au plus vite ses revendications, celui du Républicain qui défend la valeur d’égalité, celui du bon père et de la bonne mère de famille…

Mais, en même temps, force est de constater que nombre de thèmes de l’époque font écho aux postures d’aujourd’hui. Il en est ainsi du culte des sentiments développé particulièrement au sein du MLF. Renversant la perspective du militantisme traditionnel, il s’agissait déjà de partir de soi, de son «vécu quotidien», de partager ce vécu avec d’autres et de le faire connaître publiquement. On soulignait déjà l’importance d’une parole au plus près des affects et des sentiments. Alors que l’éducation voulait apprendre
à les dominer, il fallait au contraire ne plus craindre de se laisser porter par eux. Ils exprimaient une révolte à l’état brut et une vérité bien plus forte que celle qui s’exprime à travers la prédominance accordée à la raison. À l’inverse de l’idée selon laquelle il ne fallait pas mêler les sentiments personnels et la politique, il s’agissait tout au contraire de faire de la politique à partir des sentiments. Trois préceptes du MLF nous paraissent condenser le renversement qui s’opère dès cette période: «Le personnel est politique et le politique est personnel 36»; «Nous avons été dupés par l’idéologie dominante qui fait comme si “la vie publique” était gouvernée par d’autres principes que la “vie privée” 37»; «Dans nos groupes, partageons nos sentiments et rassemblons-les en un tas. Abandonnons-nous à eux et voyons où ils nous mèneront. Ils nous mèneront aux idées puis à l’action 38». Ces préceptes condensent une nouvelle façon de faire de la «politique» qui fera de nombreux adeptes.
Resterait à tracer la genèse de ce curieux destin du gauchisme culturel jusqu’à aujourd’hui, la perpétuation de certains de ses thèmes et leur transformation. L’analyse de l’ensemble du parcours reste à faire, mais cette dernière implique à notre sens la prise en compte du croisement qui s’est opéré entre ce gauchisme de première génération avec au moins trois grands courants: le christianisme de gauche, l’écologie politique et les droits de l’homme. C’est dans la rencontre avec ces courants que le gauchisme culturel s’est pacifié, pris un côté boy-scout et faussement gentillet, et qu’il s’est mis à revendiquer des droits. Mais c’est surtout dans les années 1980 que le gauchisme culturel va recevoir sa consécration définitive dans le champ politique, plus précisément au tournant des années 1983-1984, au moment où la gauche change de politique économique sans le dire clairement et entame la «modernisation». Le gauchisme culturel va alors servir de substitut à la crise de sa doctrine et masquer un changement de politique économique mal assumé. À partir de ce moment, la gauche au pouvoir va intégrer l’héritage impossible de mai 68, faire du surf sur les évolutions dans tous les domaines, et apparaître clairement aux yeux de l’opinion comme étant à l’avant-garde dans le bouleversement des mœurs et de la «culture». Nous ne sommes pas sortis de cette situation.

Au terme de ce parcours qui rend compte des glissements opérés par la gauche et de l’influence du gauchisme culturel en son sein, il 54 nous paraît possible de poser sans détour ce qui n’est plus tout à fait une hypothèse: nous assistons à la fin d’un cycle historique dont les origines remontent au XIXe siècle; la gauche a atteint son point avancé de décomposition, elle est passée à autre chose tout en continuant de faire semblant qu’il n’en est rien; il n’est pas sûr qu’elle puisse s’en remettre. Le gauchisme culturel, qui est devenu hégémonique à gauche et dans la société, a été un vecteur de cette décomposition et son antilibéralisme intellectuel, pour ne pas dire sa bêtise, est un des principaux freins à son renouvellement. La gauche est-elle capable de rompre clairement avec lui? Rien n’est certain étant donné la prégnance de ses postures et de ses schémas de pensée.

Pour nombre de militants, d’adhérents, de sympathisants, d’anciens ou de nouveaux, d’ex ou de dissidents, de tels propos ne sont guère audibles parce que pour eux, la gauche reste toujours la gauche, quoi qu’il en soit de la réalité des changements. C’est une question avant tout «identitaire», une sorte de réflexe indéracinable fondé plus ou moins consciemment sur l’idée que la gauche est, malgré tout, le dépositaire attitré d’une certaine idée du bien, se nourrissant encore, pour les plus anciens, de références au «camp du progrès» et aux luttes passées du mouvement ouvrier. Et d’en appeler de façon de plus en plus éthérée à une «vraie gauche» ou à un «vrai socialisme» qui ne saurait se confondre avec la gauche et le socialisme «réellement existants» comme pour mieux se rassurer face à des évolutions problématiques. Quand les mécanismes de défense identitaires l’emportent sur la liberté de pensée et servent à se mettre à distance de l’épreuve du réel, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir d’une gauche qui ne parvient pas à rompre avec ses vieux démons et se barricade entre gens du même milieu qui ont tendance à croire que la gauche est le centre du monde. Pour ceux qui n’en pensent pas moins, il est d’autres types d’arguments plus réalistes qui peuvent faire taire le questionnement.

Quand vos amis sont des gens qui se définissent comme «naturellement» de gauche, à quoi bon se fâcher avec eux? Il en va de même avec un petit milieu de l’édition, de journalistes et d’artistes militants qui baignent dans le gauchisme culturel depuis longtemps. On ne tient pas à se voir coller une étiquette qui combine désormais 55  le «réac» et le «ringard». L’argument rabâché selon lequel «il ne faut pas faire le jeu de la droite et de l’extrême droite» (souvent confondues) fait le reste. Malgré les références à l’anticonformisme et aux luttes glorieuses du passé, le courage n’est pas toujours au rendez-vous.

Et pendant ce temps-là, la France continue de se morceler sous l’effet de multiples fractures sociales et culturelles. L’extrême droite espère bien en tirer profit en soufflant sur les braises, mais, à vrai dire, elle n’a pas grand-chose à faire, le gauchisme culturel continue de lui faciliter la tâche.

1. Cf. Jean-Pierre Le Goff, « La difficile réconciliation du socialisme et de la démocratie », Le Débat, n° 131, septembre- octobre 2004.

2. « Manifeste : au mariage pour tous, nous disons oui », Le Nouvel Observateur, janvier 2013. 3. Cf. jeunes-socialistes.fr/alerte-elus-homophobes. RP-

3. Cf. jeunes-socialistes.fr/alerte-élus-homophobes.

4. Carlo Rossi, cité par Monique Canto-Sperber, Les Règles de la liberté, Plon, 2003, pp. 13-14.

5. Dominique Schapper, La Démocratie providentielle. Essai sur l’égalité contemporaine, Gallimard, 2002.

6. « Manifeste : au mariage pour tous, nous disons oui », art. cité. 7. Paul Thibaud, « Triomphe et impotence du socialindividualisme  », Le Débat, n° 173, janvier-février 2013. RP-LeGoff.indd 43 13/08/13 07:17

Mise en ligne CV : 11 février 2014

Jean-Pierre Le Goff est sociologue au CNRS. Derniers ouvrages parus : La Gauche à l’épreuve (Perrin, 2011) et La Fin du village. Une histoire française (Gallimard, 2012).

Voir aussi:

Société
Madame la ministre de la Rééducation nationale
Raphaël Stainville
Valeurs actuelles
04 Septembre 2014

L’ayatollah. Najat Vallaud-Balkacem ne doit pas sa nomination Rue de Grenelle à sa connaissance des dossiers, mais à ses manières d’idéologue qui plaisent tant à la gauche et insupportent la droite. Portrait d’une provocatrice qui ne recule devant rien pour imposer coûte que coûte ses délires progressistes.
Dans son petit poing serré, elle tient un Kleenex. Najat Vallaud-Belkacem n’est pas la seule, ce 4 juillet 2012, à pleurer la mort d’Olivier Ferrand. Toute la famille socialiste, rassemblée à l’église Saint-Sulpice, pleure la disparition du fondateur de Terra Nova. C’est en partie grâce à lui que François Hollande a été élu. En partie grâce à celui qui recommandait au PS d’abandonner les classes populaires au profit d’une nouvelle coalition composée notamment des minorités et des habitants des quartiers à forte population d’origine immigrée.

Dans la foule, il y a là Arnaud Montebourg, qui s’essuie les yeux. Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, accompagné de Valérie Trierweiler, qui représente le chef de l’État absent. On y croise Jack Lang, Lionel Jospin. Tout ce que la gauche compte de ministres et d’anciens ministres. Mais derrière Carole Ferrand, la veuve de l’éphémère député socialiste des Bouches-du_Rhône, tout le monde remarque la détresse de celle qui est alors depuis un mois et demi ministre des Droits des femmes. Ses larmes, contrairement à beaucoup d’autres, sont des plus sincères.

Et pour cause. Si sa carrière doit beaucoup à Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui l’a repérée en 2003, et à Ségolène Royal, qui, en 2007, a fait de Najat Vallaud-Belkacem l’une de ses porte-parole pendant sa campagne présidentielle, elle est tout autant redevable à Olivier Ferrand, avec qui elle s’est liée d’amitié. L’ancienne secrétaire nationale du Parti socialiste chargée des questions société et des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) était même, pour le fondateur de Terra Nova, comme l’incarnation faite femme des idées progressistes qu’il portait.

Deux ans et demi plus tard, NVB, comme elle aimerait que les médias la surnomment sans parvenir à imposer ses initiales, contrairement à NKM, pleure encore. La nouvelle ministre de l’Éducation nationale est submergée par l’émotion lorsque Manuel Valls lui rend hommage aux universités d’été du PS, à La Rochelle, saluant, dimanche dernier, « le travail et l’engagement » de la benjamine de son gouvernement, exprimant sa fierté de voir pour la première fois « une femme si jeune occuper cette si lourde fonction ». Lui n’a pas eu cette chance. Il a subi les sifflets des frondeurs et des militants du Mouvement des jeunes socialistes, qui ont fait la claque pour perturber son discours de clôture. Il a peiné à ramener le calme. Najat, elle, a eu droit à une ovation debout. Rien de tout cela n’étonne le premier ministre. Manuel Valls sait que Najat Vallaud-Belkacem est aujourd’hui le dernier trait d’union d’un Parti socialiste fracturé, qui ne se retrouve plus que sur les grandes réformes sociétales, « le plus petit dénominateur commun d’une gauche hier plurielle, qui est aujourd’hui une gauche plus rien », selon la formule d’un fin connaisseur du PS

Voir aussi:

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2014/02/14/10001-20140214ARTFIG00306-najat-vallaud-belkacem-la-khmere-rose.php

Najat Vallaud-Belkacem, la «Khmère rose»
Raphaël Stainville
Le Figaro magazine
14/02/2014
Derrière un sourire désarmant se cache une volonté féroce d’imposer ses idées. La ministre des Droits des femmes est le symbole de cette gauche sociétale qui a pris le pouvoir et entend rééduquer la France.
La ministre l’a ramené de Brooklyn lors de l’un de ses passages éclairs à New York. C’est un petit caniche qui présente bien des avantages. Il n’aboie pas. Ne mordille pas les chevilles des visiteurs, ni n’abîme le mobilier national de l’hôtel de Broglie qu’elle occupe. Il n’oblige pas à se baisser pour ramasser ce qui doit l’être. Mieux, il n’a pas de sexe. Indifféremment chien ou chienne, chien et chienne, selon les désirs de son maître. Son nom: Invisible Dog, une laisse rigide qui se termine par un collier vide. Outre-Atlantique, il fait fureur chez les bobos. En France, ils ne sont que quelques-uns à en posséder un. Comme souvent, Najat Vallaud-Belkacem se croit en avance sur son temps. C’est vrai en matière d’art. N’a-t-elle pas fait décrocher de son bureau une toile de maître qui faisait pourtant le bonheur de ses prédécesseurs au motif, selon ses propres mots, qu’il s’agissait d’une «vraie croûte!» , lui préférant une peinture abstraite? C’est encore plus vrai en matière de politique et de lois sociétales.

Jusqu’à ce qu’elle ne devienne récemment la ministre la plus populaire du gouvernement Ayrault, profitant de la chute dans les sondages de Manuel Valls, personne ne prenait vraiment garde à la ministre des Droits des femmes. Le grand public ne connaissait Najat Vallaud-Belkacem qu’à travers le porte-parolat du gouvernement Ayrault, son autre casquette ministérielle. Les journalistes politiques lui passaient facilement sa capacité à débiter des éléments de langage au kilomètre pour expliquer les contorsions du gouvernement et les grands écarts du Président. Ils excusaient ses silences, se contentant le plus souvent de son sourire en guise d’explication.

Car Najat Vallaud-Belkacem, c’est d’abord un sourire accompagné d’un petit rire à peine réprimé qui lui donne de prime abord un côté si sympathique, si humain. Mais il ne faut pas s’y tromper. Derrière le sourire se cache une volonté de fer. Hervé Mariton, le député UMP de la Drôme, la décrit comme une «Viêt-minh souriante»! Une manière de souligner son côté sectaire, sa propension à ne pas souffrir la contestation et à diaboliser ses adversaires. Il aurait pu dire une «Khmère rose». Même son de cloche du côté de Jean-Frédéric Poisson, le patron du Parti chrétien-démocrate (PCD), qui évoque «ce beau visage donné à l’idéologie». «Un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom», avait écrit un jour Philippe Muray au sujet de Ségolène Royal. Comme la madone du Poitou, qui fut la première à lui donner sa chance en politique, Najat Vallaud-Belkacem a fait de son sourire l’un de ses atouts, une marque de fabrique. «Un masque», disent certains. Ce sourire, les responsables de l’UMP en dissertent volontiers. Pour Christian Jacob, le patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale: «Elle parle beaucoup, affiche son sourire, mais derrière cela sonne creux». Ses traits délicats, ses yeux de chat, ses tailleurs élégants, son charme évident ne seraient qu’une manière d’habiller la vacuité de la politique du PS. «Une fausse valeur», affirme encore le chef de file des députés de l’opposition.

Hervé Mariton, qui fut l’orateur de l’UMP pendant les débats sur le mariage pour tous, la considère avec davantage de sérieux et de crainte. Il a pu constater avec quelle vigueur et, parfois, avec quelle rage la benjamine du gouvernement était à la pointe du combat «progressiste». «Elle est, dit-il, l’un des symboles de cette gauche a-économique qui s’accommode du virage social-démocrate du Président parce qu’elle n’a pas d’autres ambitions que de réformer les mentalités, de désaliéner le peuple qui ne comprend pas.»

Et pour cause: même si elle n’a pas toujours été en première ligne, laissant à d’autres, comme Christiane Taubira, le soin de porter des lois comme le mariage pour tous, qui ne relevaient pas de son ministère, elle est toujours en pointe ou à la relance sur ces sujets sociétaux. «Sur le mariage homosexuel, la PMA , les mères porteuses, la lutte contre les discriminations liées aux stéréotypes et à l’identité de genre, elle n’en rate pas une.» Avant de devenir, à 34 ans, la plus jeune ministre du gouvernement Ayrault, n’était-elle pas la secrétaire nationale du PS chargée des questions de société? En 2010 déjà, elle défendait l’idée de la gestation pour autrui solidaire, appelant de ses vœux à la GPA non marchande, au nom de «l’éthique du don». Pendant la campagne présidentielle, c’est elle qui représentait François Hollande au meeting LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) pour l’égalité. Pas étonnant qu’aujourd’hui on retrouve la ministre à la manœuvre sur toutes ces questions qui hérissent une grande partie de la société française.

La ministre des Droits des femmes incarne, mieux que d’autres, cette gauche qui a délaissé le social et l’économie pour investir le champ sociétal. «À son programme: culpabilisation et rééducation», résume le philosophe François-Xavier Bellamy. D’ailleurs, même le gouvernement a eu droit à son stage pour lutter contre le sexisme. Et, puisqu’il semble que nombre de Français sont déjà perdus pour ses causes, elle consacre une grande partie de son énergie à s’occuper des générations futures. Dans la novlangue dont est friande la ministre, Najat Vallaud-Belkacem se contente de sensibiliser à l’égalité femme-homme (comment être contre?), à l’identité de genre pour lutter contre les stéréotypes… Cela commence dès la crèche. Elle sensibilise. On dirait une caresse. Tout se fait dans la douceur. C’est «bienvenue dans Le Meilleur des mondes!» Une école qui rééduque avant d’instruire.

Dangereuse, Najat Vallaud-Belkacem? Ils sont de plus en plus nombreux à le penser dans les rangs de l’opposition. Le très médiatique abbé Grosjean, qui a eu l’occasion de débattre avec la jeune femme sur les plateaux de télévision et qui s’est invité à petit-déjeuner au 35, rue Saint-Dominique, préfère souligner «sa bienveillance et sa cordialité, qui buttent sur une difficulté à comprendre et connaître cette jeunesse qui est descendue dans la rue». Il n’est pas le seul à s’étonner de cette incapacité du gouvernement à trouver les mots pour apaiser cette France qui manifeste sans se lasser contre le mariage homosexuel et la théorie du genre.

Au mois d’août dernier, Bernard Poignant, l’un des plus proches conseillers du Président, évoquait justement, devant une centaine d’étudiants de l’association Acteurs d’avenir, les traits dominants de cette jeune génération socialiste qui s’est installée aux commandes de l’Etat, dans les cabinets ministériels et jusqu’à certains ministères. Une génération passée directement du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) ou d’associations militantes au pouvoir, sans avoir jamais eu de mandats locaux, regrettait le maire de Quimper. «Ils ne connaissent pas la société», constatait l’ami de François Hollande pour expliquer l’arrogance de certains.

La ministre des Droits des femmes en est la parfaite illustration, tout comme ceux qui l’entourent dans son cabinet. On y retrouve des militants associatifs, à l’image de ses deux conseillers chargés de «l’accès aux droits et de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la lutte contre les violences et les discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre».

En l’occurrence, Caroline de Haas, la présidente d’Osez le féminisme, à laquelle a succédé Gilles Bon-Maury, l’ancien président d’Homosexualités et Socialisme. Idem pour Romain Prudent, un autre de ses conseillers, qui était jusqu’en 2012 secrétaire général de Terra Nova. Et ce n’est pas un hasard: Najat Vallaud-Belkacem a épousé le logiciel de ce laboratoire d’idées du PS qui préconisait en 2011, dans l’une de ses notes, que la gauche, pour espérer revenir au pouvoir, devait désormais viser un électorat constitué de femmes, de jeunes, de minorités et de diplômés, plutôt que d’essayer de convaincre une classe ouvrière largement ralliée aux idées du Front national. Nous y sommes. Tant et si bien qu’il est difficile de savoir ce que pense vraiment la ministre, tant elle est aujourd’hui habitée par la pensée dominante définie par ce think tank. «Quand on écoute Christiane Taubira, on découvre une personnalité. Quand on écoute Najat Vallaud-Belkacem, on entend Terra Nova», assure un responsable de l’UMP. «Elle coche toutes les cases», ajoute même un député de la Droite populaire, comme pour expliquer le succès de la ministre auprès des sympatisants du PS.

Un changement de société par déstabilisations successives

Bon chic mauvais genre, elle incarne très exactement le gauchisme culturel tel que le sociologue Jean-Pierre Le Goff l’a défini. Une école de pensée qui n’entend pas «changer la société par la violence et la contrainte», mais qui veut «changer les mentalités par les moyens de l’éducation, de la communication moderne et par la loi». Il procède par des tentatives de déstabilisation successives. Hier le pacs, aujourd’hui le mariage homosexuel, le genre, l’ABCD de l’égalité, et demain l’euthanasie… Certaines manœuvres opèrent. D’autres échouent au gré des résistances qu’elles rencontrent et suscitent. C’est le cas de la théorie du genre. Elle est devenue si sulfureuse que Najat Vallaud-Belkacem, qui en faisait pourtant la promotion à longueur de déplacements, et jusque dans les crèches, en est venue à expliquer qu’elle n’avait jamais existé. Pas plus tard que le vendredi 7 février, elle annulait un échange à Sciences-Po Paris avec Janet Halley, une juriste américaine spécialiste de la famille et du genre. Il figurait encore à son agenda le matin même. Mais, dans le contexte, cette rencontre aurait probablement fait désordre. Elle prenait le risque d’être soumise à la question et d’être une nouvelle fois obligée de se dédire sur la théorie du genre.

Pour autant, de l’aveu d’un proche, la ministre des Droits des femmes ne connaît pas le doute. On pense qu’elle recule. Najat Vallaud-Belkacem avance toujours. Il en va ainsi des «forces de progrès». Comme le dit Jean-Pierre Le Goff, «elle a beau avoir le sourire du dalaï-lama, elle n’en a pas moins la rage des sans-culottes».

Voir encore:

Racisme, sexisme : Najat Vallaud-Belkacem, la cible idéale

Barbara Krief

Le Nouvel Observateur
01-09-2014
La ministre subit de nombreuses attaques depuis sa nomination au ministère de l’Education nationale.

Manuel Valls lui a rendu dimanche, à La Rochelle, un hommage appuyé : « La République sait reconnaître le travail et l’engagement », s’est réjoui le Premier ministre, saluant « une femme si jeune occuper cette si lourde fonction ». Dans la salle, l’intéressée, Najat Vallaud-Belkacem, a écrasé une larme. Il faut dire que depuis sa promotion il y a dix jours, sa jeunesse comme son genre féminin sont plutôt source d’insultes. Sexisme, racisme… Ses détracteurs, majoritairement de droite et d’extrême droite, s’autorisent tous les écarts pour mettre en cause la légitimité de la nouvelle ministre de l’Education. Retour sur les pires attaques.

La promotion par la jupe
« Quels atouts Najat Vallaud-Belkacem a utilisé pour convaincre Hollande de la nommer à un grand ministère », s’interrogeait hier Franck Keller, conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine. Le tweet, accompagné d’une photo de la ministre en jupe, a depuis été supprimé.

SOS Racisme a lancé une pétition pour soutenir la ministre. L’initiative a récolté plus de 4.300 signatures. L’association explique ainsi les remarques désobligeantes à l’encontre de la nouvelle ministre de l’Education :

Najat Vallaud-Belkacem est une cible idéale pour tous ceux qui veulent distiller l’idée qu’une femme d’origine immigrée ne saurait avoir légitimement sa place au sein d’un gouvernement »
« Claudine Dupont »
Une fausse carte d’identité lui attribuant le nom de Claudine Dupont, mise en circulation sur les réseaux sociaux en 2013, est réapparue sur Twitter, le 28 août, eux jour après la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l’éducation. L’ancienne porte-parole du gouvernement se voit soupçonnée d’avoir échangé son « vrai nom » pour celui de Najat Vallaud-Belkacem. Le but ? Encore une fois, faciliter une promotion.

Son illégitimité est à nouveau décriée par ses détracteurs. Selon eux, sa nomination est une « provocation ». Les opposants au mariage pour tous ont fait de la ministre de l’Education leur cible. Ils lui reprochent d’avoir soutenue ouvertement le mariage homosexuel et de prôner « l’idéologie du genre à l’école ». Le spectre de la « théorie du genre » pourrit la promotion de l’ancienne porte-parole du gouvernement, qui subit une troisième attaque en ce premier jour de septembre.

« Viêt-minh souriante »
Le 14 février, Najat Vallaud-Belkacem se faisait taxer de « khmer rose » par le « Figaro magazine », en référence au mouvement politique et militaire communiste radical. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire, le député UMP Hervé Mariton, qui soutient la Manif pour tous, invite à se méfier de celle qu’il qualifie de « Viêt-minh souriante » qui veut « désaliéner le peuple ».

Voir de plus:

Najat Vallaud-Belkacem cible de « Minute » et « Valeurs actuelles »: des provocations ignobles
Mehdi Thomas Allal
Militant anti-discriminations

Tribune cosignée par Loreleï Mirot, consultante en communication politique, et Mehdi Thomas Allal, responsable du pôle anti-discriminations de la fondation Terra Nova.

Le Nouvel Observateur

03-09-2014

LE PLUS. Après avoir été, dans la foulée de sa nomination au poste de ministre de l’Éducation nationale, la cible de la « Manif pour tous », Najat Vallaud-Belkacem est visée par « Minute » et « Valeurs actuelles ». Des choix éditoriaux qui font vivement réagir nos deux contributeurs, Loreleï Mirot, consultante en communication politique, et Mehdi Thomas Allal, responsable du pôle anti-discriminations de Terra Nova.
Édité par Hélène Decommer

Christiane Taubira, Myriam El Khomri et, plus récemment, Najat Vallaud-Belkacem… Parce qu’elles sont femmes, issues de la diversité, et qu’elles occupent des postes à fortes responsabilités, elles concentrent sur elles des discours de haine inacceptables.

Le personnel politique, mais aussi les médias de droite et d’extrême droite, à l’instar de « Valeurs actuelles » et de « Minute » n’hésitent pas à inciter à la haine vis-à-vis de ces personnalités, qui symbolisent en réalité la réussite de certaines couches des minorités visibles…

Un procès en illégitimité permanent

Les unes des hebdomadaires « Valeurs actuelles » et « Minute » rivalisent cette semaine d’ignominies pour salir l’image de la ministre de l’Education nationale ; c’est à celui qui exploitera le mieux ses origines.

« Minute » qui n’en est pas à sa première polémique – rappelons notamment sa une non dépourvue de sous-entendus racistes sur Christiane Taubira – évite de s’embarrasser de la double nationalité de Najat Vallaud-Belkacem, pour ne mettre en avant que son ascendance marocaine ! Son titre « Une marocaine musulmane à l’Education nationale – la provocation Najat Vallaud-Belkacem », souligne également, sans une hésitation, le fait qu’elle soit de confession musulmane…

Interpréter les origines et les croyances supposées de la ministre comme étant l’antithèse des qualités exigées pour occuper sa fonction conforte « Minute » dans une ligne éditoriale d’extrême droite. Et contredit l’article 1er de la Constitution selon lequel « la République (…) assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Racisme : le maux derrière les mots

Si « Valeurs actuelles » ne fait guère davantage dans la finesse, l’hebdomadaire de droite tente, quant à lui, d’échapper aux critiques sur son racisme latent en jouant sur le sens des mots.

Sur sa une, une photo de Najat Vallaud-Belkacem apparaît sur fond noir, sous le titre « L’ayatollah ». Ce terme désigne, selon le communiqué de presse du journal, qui tente de se justifier et indique qu’il va porter plainte contre ses détracteurs, une « personne aux idées rétrogrades qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose ».

Or, ce mot s’utilise aussi comme un titre honorifique donné aux principaux chefs religieux de l’islam chiite. Nul doute qu’il s’agit bien des origines et de la religion, arbitrairement attribuée à la ministre de l’Education nationale, sur lesquelles « Valeurs actuelles » a souhaité attirer l’attention.

Par son sous-titre « Enquête sur la ministre de la Rééducation nationale », le journal entend par ailleurs démontrer sa volonté de bouleverser le système éducatif et ses conventions (en imposant par exemple l’imaginaire « théorie du genre »).

Najat Vallaud-Belkacem clôt avec subtilité la polémique

« Valeurs actuelles » et « Minute » s’emploient à utiliser les origines de Najat Vallaud-Belkacem pour diffuser leurs thématiques islamophobes et rétrogrades.

La dénonciation de leurs campagnes immondes aura au moins le mérite d’unir la gauche et une partie de la droite, et de permettre aux deux camps de réaffirmer les principes et les valeurs de la République.

Dans un communiqué, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a déclaré : « La une de Minute est une incitation à la haine. Elle doit être juridiquement condamnée ». Des associations telles que la Licra et SOS Racisme montent au créneau ; cette dernière a notamment publié une pétition de soutien.

Najat Vallaud-Belkacem qui se définit comme un « pur produit de la République » et un exemple d’ »intégration heureuse » ne craint pas ces attaques sur la forme ; ses preuves, elle les a faites en occupant successivement les postes de ministre des Droits des femmes, à la Ville, et de ministre de l’Education nationale.

La déclaration de Najat Vallaud-Belkacem à la sortie du conseil des ministres ce jour clôture avec subtilité cette polémique en invoquant feu l’humoriste Pierre Desproges et sa fameuse formule sur l’hebdomadaire d’extrême droite : « Pour le prix d’un journal, vous avez la nausée et les mains sales », deux ouvrages de Jean-Paul Sartre qui méritent, eux, d’être lus.

Voir enfin:

Tribunes
Il faut condamner les attaques contre Najat Vallaud-Belkacem
Yann GALUT Député PS du Cher, fondateur et porte-parole de la Gauche forte, Mehdi Thomas ALLAL Délégué general de la Gauche forte, Colette CAPDEVIELLE Députée PS des Pyrénées-Atlantiques, Alexis BACHELAY Député PS des Hauts-de-Seine et porte-parole de la Gauche forte, Marie-Anne CHAPDELAINE Députée PS d’Ille-et-Vilaine et Loreleï MIROT Consultante en communication politique

Libération

1 septembre 2014 à 17:54

TRIBUNE Récemment nommée au ministère de l’Education nationale, elle concentre de violentes critiques sexistes et racistes entremêlées.

La ministre de l’Education nationale irrite l’extrême-droite par ses origines, de même que les militants hostiles au mariage homosexuel, pour lesquels elle symbolise le retour de la théorie du genre dont elle serait l’initiatrice, ainsi qu’une partie de la droite, qui loin d’opter pour la modération, se prête aux allusions sexistes. Najat Vallaud-Belkacem se retrouve confrontée aux deux types de discriminations les plus souvent subies par les élèves à l’école ; l’occasion pour le ministère de réaffirmer les principes et les valeurs de la République que l’école est censée promouvoir.

La promotion de l’Egalité Femme-Homme
Avant même l’annonce de sa nomination au ministère de l’Education nationale, Christine Boutin mettait en garde Najat Vallaud-Belkacem en dénonçant une «provocation non tolérable». L’aversion de la présidente d’honneur du Parti chrétien démocrate résulte de la prise de position de Najat Vallaud-Belkacem en faveur du mariage pour tous, mais aussi de sa volonté de mettre en place un plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école intitulé ABCD de l’égalité. Pour Christine Boutin, cet outil pédagogique ne représentait rien d’autre qu’une façon d’imposer insidieusement la «théorie du genre» (ou gender theory) !

Par la fabrication et la diffusion de multiples hoax sur les ABCD de l’égalité (elle viserait à supprimer l’altérité sexuelle, pervertir les élèves, imposer l’homosexualité aux enfants…), les militants anti-gender, qui se confondent avec les militants anti-mariage pour tous, sont finalement parvenus à semer le trouble parmi les esprits, notamment ceux des parents d’élèves. Un débat concernant la lutte contre une prétendue «théorie du genre» menaçante pour les enfants s’est finalement substitué à la légitime et nécessaire lutte contre les discriminations de genre.

En tant qu’ancienne ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem ne peut rester insensible à la question malheureusement négligée de l’enseignement en faveur de l’égalité femme-homme dès le plus jeune âge. Les anti-gender ont gagné la bataille de la communication en révélant une homophobie latente et des stéréotypes archaïques sur les rôles sexuels dits naturels.

D’autant que la ministre de l’Education n’est pas épargnée par ces stéréotypes ; le conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine s’interrogeait le premier septembre sur Twitter sur les «atouts» employés par Najat Vallaud-Belkacem pour «convaincre Hollande de la nommer à un grand ministère». Accompagné d’une photo de la ministre en jupe, le message a indigné la gauche sur la toile et fort heureusement, des personnalités de tous bords.

La lutte contre le racisme
Najat Vallaud-Belkacem fait également l’objet d’attaques à caractère raciste, à l’instar d’autres personnalités du gouvernement telles que la Garde des Sceaux Christiane Taubira ou encore la secrétaire d’Etat à la Ville Myriam El Khomri. Une fausse carte d’identité prétendant dévoiler la véritable identité de la ministre de l’Education nationale circule sur la toile depuis sa nomination ; elle s’appellerait en réalité Claudine Dupont et emprunterait un autre nom pour jouer la carte de la diversité et obtenir des postes politiques à forte valeur ajoutée !

Diversité, un mot qui suscite l’effroi au sein de la droite réactionnaire et de l’extrême droite. La page Facebook du ministère de l’Education nationale a déclenché une vague de commentaires insidieux et injurieux, après la publication d’une photo d’une dizaine d’enfants de maternelle, dont plusieurs de couleur de peau noire.

Dénonçant un «grand remplacement» des «Français de souche» par des immigrés (sic), les internautes ont réussi à forcer le ministère à censurer l’objet du scandale, confirmant ainsi l’absolue nécessité pour le système éducatif de cesser de se plier au jeu des extrémistes et de leurs campagnes diffamatoires. Le racisme demeure un fléau à combattre aussi bien sur les bancs de l’école que sur les réseaux sociaux, ainsi que sur ceux du personnel politique.

Pour tout ce qu’elle représente et tout ce qu’elle entreprend, démontrant sa compétence et sa légitimité, nous réaffirmons notre soutien et notre fierté de compter Najat Vallaud-Belkcacem comme la numéro trois du gouvernement. Elle incarne une France jeune, diverse et moderne, que rejettent les extrémistes de tout poil. C’est la raison pour laquelle les attaques dont elle fait l’objet doivent être condamnées et dénoncées comme autant d’actes répréhensibles par la loi.
Yann GALUT Député PS du Cher, fondateur et porte-parole de la Gauche forte, Mehdi Thomas ALLAL Délégué general de la Gauche forte, Colette CAPDEVIELLE Députée PS des Pyrénées-Atlantiques, Alexis BACHELAY Député PS des Hauts-de-Seine et porte-parole de la Gauche forte, Marie-Anne CHAPDELAINE Députée PS d’Ille-et-Vilaine et Loreleï MIROT Consultante en communication politique


Gaza: Ce drapeau du djihad qui trône place de la République et ces Français qui attendent juste que ça passe … (While Paristan burns, will the silent majority finally wake up ?)

28 juillet, 2014
http://rootsisrael.com/wp-content/uploads/2014/07/marianneOK-657x360.jpg
 
http://www.lemondejuif.info/wp-content/uploads/2014/07/DSCN1348.jpg
http://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/2014/07/op-gaza-opinion_0.jpg
Gaza: l’indifférence domine. Sondage Ifop (23 juillet 2014)
Des manifestations suivies d’émeutes fleurissent partout, et nous donnent envie de renommer la ville lumière Paristan. Des commerces juifs, des synagogues, des individus juifs, sont pointés du doigt sur les réseaux sociaux et attaqués par une horde de sauvages qui ne savent même pas mettre Gaza sur une carte. Des gauchistes en mal de combats défient le gouvernement en allant manifester là où des émeutiers brûlent des drapeaux israéliens et exhibent des messages antisémites d’un autre âge, accompagnés de drapeaux du djihad et du hezbollah. Des Français « en ont marre » de cette importation du conflit, mais ne se prononcent pas, et attendent juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif. (…) Des gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient à la place d’un militaire israélien de 20 ans face à un gazaoui de 14 ans qui lui tire dessus avec une mitraillette. Ces mêmes gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient si eux et leurs enfants subissaient des bombardements quotidiens, et cerise sur le cheese cake, l’opprobre de la communauté internationale. Ces mêmes gens ne se rendent pas compte que nous aussi, israéliens, avons mal pour les civils tués quotidiennement. Et c’est pourquoi nous sommes fiers de cette armée qui prévient, qui essaye de limiter autant que possible les pertes civiles.  (…) Alors vous savez quoi ? Je crois qu’à un moment, je vais m’en foutre de ce que vous pensez. Du fait que la levée de boucliers a eu lieu quand le gouvernement français a soutenu Israël et a interdit les manifs, mais que personne ne dit rien quand l’état débloque 11 millions pour Gaza, alors que tout le monde sait très bien où va aller cet argent. (…) Nous n’allons pas nous excuser d’être en vie parce que l’état israélien fait tout pour protéger ses civils. Alors non, je ne répondrai plus aux « oui mais à Gaza quand même y’a vachement de morts ». (…) Vous pensez avoir tout compris au conflit israélo palestinien en prenant parti pour le plus faible ? Vous oubliez une chose. Israël n’est pas en conflit contre la Palestine. Mais contre le Hamas. Qui est responsable de la mort de centaines de civils. Le hamas n’est pas plus un mouvement de résistance que Boko Aram. Le hamas ne veut pas deux états, il veut détruire Israël. (…) Alors vous, la « majorité silencieuse » qui a « hâte que cela s’arrête », réveillez-vous. Quant à vous, les manifestants du dimanche (et du samedi aussi), qui vous prenez pour Che Guevara parce que vous brûlez des drapeaux israéliens le visage masqué en criant « Hitler reviens » et parce que vous détruisez le bitume parisien, sachez une chose : personne n’est dupe. Vous n’apportez rien à la cause palestinienne si ce n’est de la désolation. Vous desservez tellement votre cause que plus personne ne vous croit.  Alors oui, peut être que je dormirai mieux si je m’en fous. Si je ne regarde plus ce drapeau du djihad qui trône place de la République un samedi après midi d’été au cours d’une manifestation interdite, et organisée quand même par des partis politiques dont le NPA … Sophie Taieb

A l’heure où, entre les djihadistes du dimanche et l’extrême gauche en mal de combats, Paristan brûle et le drapeau du djihad trône place de la République …

Et où, comme le confirme un sondage Ifop, une majorité silencieuse « attend juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif » …

Comment, avec l’excellent blog de Sophie Taieb Roots Israel, ne pas avoir envie de se réveiller et de se prononcer enfin ?

Salut à toi l’anti-sioniste, salut à toi l’antisémite, salut à toi l’anti-moi …

Sophie Taieb

Root Israel

27/07/2014

On a tout essayé.
D’expliquer, de concrétiser, d’imager, d’utiliser toutes les métaphores, paraboles, hyperboles, superbowls possibles… mais il n’y a rien à faire, on ne nous aime pas.
Depuis plus d’un mois, Israël est bombardé à l’aveugle par une organisation terroriste, qui prépare depuis des années un plan machiavélique visant à tuer le plus de civils possibles en passant par des tunnels construits avec l’aide humanitaire et les dons de l’ONU.
Gaza est à la merci de ce même groupe terroriste financé par des citoyens pensant aider les « pauvres enfants palestiniens » et par l’emir du Qatar qui aurait pu s’en tenir au PSG.
Paris est à feu est à sang à cause de barbares décidés à en découdre avec la « LDJ » dont ils ne connaissent rien à part la page wikipedia. Des politiques diffusent des photos de « gens de la LDJ » suivis d’appels au meurtre. Des manifestations suivies d’émeutes fleurissent partout, et nous donnent envie de renommer la ville lumière Paristan.
Des commerces juifs, des synagogues, des individus juifs, sont pointés du doigt sur les réseaux sociaux et attaqués par une horde de sauvages qui ne savent même pas mettre Gaza sur une carte.
Des gauchistes en mal de combats défient le gouvernement en allant manifester là où des émeutiers brûlent des drapeaux israéliens et exhibent des messages antisémites d’un autre âge, accompagnés de drapeaux du djihad et du hezbollah.

Des Français « en ont marre » de cette importation du conflit, mais ne se prononcent pas, et attendent juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif.

Des médias se saisissent du conflit et des émeutes inhérentes en laissant leurs internautes s’étriper, glorifier Hitler, et se menacer sur les réseaux sociaux sans aucune modération.

De gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient à la place d’un militaire israélien de 20 ans face à un gazaoui de 14 ans qui lui tire dessus avec une mitraillette. Ces mêmes gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient si eux et leurs enfants subissaient des bombardements quotidiens, et cerise sur le cheese cake, l’opprobre de la communauté internationale. Ces mêmes gens ne se rendent pas compte que nous aussi, israéliens, avons mal pour les civils tués quotidiennement. Et c’est pourquoi nous sommes fiers de cette armée qui prévient, qui essaye de limiter autant que possible les pertes civiles.

JE SUIS TRES ENERVEE ET J’AURAIS PU ECRIRE TOUT CELA EN MAJUSCULES mais les 12 heures de cessez le feu m’ont quelque peu calmée.

Alors vous savez quoi ?
Je crois qu’à un moment, je vais m’en foutre de ce que vous pensez. Du fait que vous n’avez pas l’empathie nécessaire pour vous rendre compte que mes compatriotes, ma famille, mes collègues, mes amis et moi même soyons visés quotidiennement par des bombardements incessants. Du fait que vous n’affirmiez pas haut et fort que ces salopards du hamas méritent d’être tous arrêtés pour ce qu’ils nous font, et pour ce qu’ils font à leurs civils. Du fait que la levée de boucliers a eu lieu quand le gouvernement français a soutenu Israël et a interdit les manifs, mais que personne ne dit rien quand l’état débloque 11 millions pour Gaza, alors que tout le monde sait très bien où va aller cet argent.
Je me rends compte que je deviens israélienne. Vous ne nous aimez pas ? Vous ne comprenez pas que sans cette intervention terrestre nous aurions été massacrés sans discernement à la rentrée ? Vous ne comprenez pas ce que même l’Egypte comprend en prêchant pour l’opération à Gaza ? Vous ne voyez pas que le hamas a le cynisme d’attaquer un hôpital construit par les Israéliens à la bordure de Gaza pour soigner les civils gazaouis ? Qu’il refuse tous les cessez le feu ? Ou alors vous ne vous sentez pas concernés par « les juifs et les arabes » qui « pourraient la mettre en veilleuse » ?
Tant pis pour nous, tant pis pour vous.
Nous n’allons pas nous excuser d’être en vie parce que l’état israélien fait tout pour protéger ses civils. Alors non, je ne répondrai plus aux « oui mais à Gaza quand même y’a vachement de morts ».
Nous n’allons pas arrêter les tirs vers Gaza tant que nous recevrons des roquettes parce que le hamas essaye de nous tuer. Et qu’heureusement, il n’y arrive pas trop (voir point précédent).
Nous n’allons pas vous harceler en vous prédisant une période difficile si les juifs quittent la France, pour Israël ou ailleurs, parce qu’ils en ont tout simplement marre d’être juifs. En France.
Vous pensez avoir tout compris au conflit israélo palestinien en prenant parti pour le plus faible ? Vous oubliez une chose. Israël n’est pas en conflit contre la Palestine. Mais contre le Hamas. Qui est responsable de la mort de centaines de civils. Le hamas n’est pas plus un mouvement de résistance que Boko Aram. Le hamas ne veut pas deux états, il veut détruire Israël. Et mes concitoyens et moi même nous battrons de toutes nos forces pour que cela n’arrive jamais et pour que vous aussi puissiez venir vous la couler douce sous le soleil de Tel Aviv. Alors vous, la « majorité silencieuse » qui a « hâte que cela s’arrête », réveillez-vous. Quant à vous, les manifestants du dimanche (et du samedi aussi), qui vous prenez pour Che Guevara parce que vous brûlez des drapeaux israéliens le visage masqué en criant « Hitler reviens » et parce que vous détruisez le bitume parisien, sachez une chose : personne n’est dupe. Vous n’apportez rien à la cause palestinienne si ce n’est de la désolation. Vous desservez tellement votre cause que plus personne ne vous croit.

Alors oui, peut être que je dormirai mieux si je m’en fous. Si je ne regarde plus ce drapeau du djihad qui trône place de la République un samedi après midi d’été au cours d’une manifestation interdite, et organisée quand même par des partis politiques dont le NPA. Peut être que je dormirai mieux si je ne passe plus de temps à répondre à des adorateurs d’Hitler sur le forum d’itélé. Peut être, ou peut être pas. Mais lundi, je m’y mets.

Voir également:

Les seize commandements de l’Etat islamique en Irak et au Levant
Jean-Pierre PERRIN envoyé spécial en Irak

Libération

23 juin 2014

La charte de l’Etat islamique en Irak et au Levant, distribuée à Mossoul le 13 juin 2014.
Deux jours après leur conquête de Mossoul, en Irak, le groupe jihadiste distribuait une «charte» instituant la terreur.

C’est une charte d’épouvante que l’Etat islamique en Irak et au Levant, Daech comme on l’appelle dans la région qui est son acronyme en arabe, a fait distribuer à Mossoul après la conquête de la ville, le 11 juin. Seize articles terrifiants qui organisent la vie du million et demi d’habitants que compte actuellement la ville.

Dans son article 5, elle promet à ceux qui «détruisent la terre», entendez ceux qui s’opposent à la volonté de Dieu, «l’exécution, la crucifixion, l’amputation des bras ou (et) des jambes, ou l’exil», avant, bien sûr, la géhenne éternelle.

Dans son article 8, elle interdit l’usage de l’alcool, du tabac et des drogues.

L’article 10 interdit désormais toute manifestation publique, sous prétexte qu’elles sont contraires à l’islam.

L’article 13 s’adresse, lui, aux statues auxquelles elle promet la destruction du fait qu’elles étaient adorées avant l’islam. Il se fonde notamment sur la destruction par Mahomet de 360 statues à La Mecque et sur la sourate Al-Maeda : «O les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.» Ce qui fait craindre que Daech s’attaque au site archéologique de Ninive, l’un des plus beaux du Moyen-Orient.

L’article 14 précise que les femmes devront sortir le visage et le corps complètement couverts par un niqab, à la condition que «le déplacement soit nécessaire», autorisé par le père, le frère ou le mari, et accompagné de l’un d’eux.

Par ailleurs, Daech vient d’imposer le statut de dhimmi (statut humiliant de sujétion et de protection des non-musulmans en terre d’islam) aux chrétiens de Mossoul, ce qui se traduit d’emblée par un impôt spécial de 250 dollars par personne et par mois.

Voir enfin:

Les extrémistes détruisent une autre mosquée historique à Mossoul

La presse

27 juillet 2014

Parmi les bâtiments religieux détruits à Mossoul la semaine dernière figurent la mosquée du prophète Seth et la mosquée du prophète Younès (en photo), considérée comme son lieu de sépulture.

Après avoir fait d’importants gains en Syrie face aux troupes d’Assad, les djihadistes de l’EIIL ont pris l’Irak d’assaut s’emparant d’importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l’Irak et la Syrie. »

Des résidants de Mossoul, dans le nord de l’Irak, ont déclaré dimanche que les extrémistes de l’État islamique avaient détruit une autre mosquée et un mausolée d’une grande valeur historique.
Selon ces résidants, la mosquée et le mausolée du prophète Jarjis ont été bombardés par des islamistes dimanche soir. Depuis une semaine, les extrémistes ont détruit plusieurs monuments religieux hautement vénérés à Mossoul.

Les résidants se sont adressés anonymement à l’Associated Press par crainte de représailles.

L’État islamique, un groupe djihadiste, a lancé une violente offensive à travers le nord et l’ouest de l’Irak à la fin de l’année dernière et a pris le contrôle de Mossoul en juin.

Parmi les bâtiments religieux détruits à Mossoul la semaine dernière figurent la mosquée du prophète Seth et la mosquée du prophète Younès (Jonas), considérée comme son lieu de sépulture.


Gaza: La lutte en cours à Gaza et dans toute la Palestine est la nôtre (In today’s upside-down world, it is remarkable when a world leader simply tells the truth and turns out not to be a hypocrite, a political coward, or an appeaser)

22 juillet, 2014
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A Palestinian paramedic touches the hand of a dead girl in the overflowing morgue of Shifa Hospital in Gaza City on Sunday (NYT)

Israeli troops fired toward the Gaza Strip from their position near the border on Saturday. Israeli strikes killed 20 people in Gaza (NYT)

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Dans Chadjaiya, quartier de la ville de Gaza frontalier d’Israël, le 20 juillet (Le Monde)

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Un manifestant, dimanche, durant les émeutes à Sarcelles (Métronews)

J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Qui se cache dans les mosquées ? Le Hamas. Qui met ses arsenaux sous des hôpitaux ? Le Hamas. Qui met des centres de commandement dans des résidences ou à proximité de jardins d’enfants ? Le Hamas. Le Hamas utilise les habitants de Gaza comme boucliers humains et provoque un désastre pour les civils de Gaza ; donc, pour toute attaque contre des civils de Gaza, ce que nous regrettons, le Hamas et ses partenaires sont seuls responsables. Benjamin Nétanyahou
Les attaques aveugles à la roquette à partir de Gaza vers Israël constituent des actes terroristes que rien ne justifie. Il est évident que le Hamas utilise délibérément des boucliers humains pour intensifier la terreur dans la région. L’absence d’une condamnation de ces actes répréhensibles par la communauté internationale encouragerait ces terroristes à poursuivre ces actions consternantes. Le Canada demande à ses alliés et partenaires de reconnaître que ces actes terroristes sont inacceptables et que la solidarité avec Israël est le meilleur moyen de mettre fin au conflit. L’appui du Canada envers Israël est sans équivoque. Nous appuyons son droit de se défendre, par lui‑même, contre ces attaques terroristes, et nous exhortons le Hamas à cesser immédiatement ses attaques aveugles à l’endroit d’innocents civils israéliens. Le Canada réitère son appel au gouvernement palestinien à désarmer le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens qui opèrent à partir de Gaza, dont le Jihad islamique palestinien, mandaté par l’Iran. Stephen Harper (premier ministre canadien, 13.07.14)
It’s the moral equivalence which is so devastating. When Egypt this week proposed its ceasefire in Gaza, a BBC presenter asked whether both sides would now conclude that there was no point carrying on with the war. From the start, restraint has been urged on both sides — as if more than 1,100 rocket attacks on Israel in three weeks had the same weight as trying to stop this onslaught once and for all. Israel has been bombing Gaza solely to stop Hamas and its associates from trying to kill Israeli citizens. But for many in the West, the driving necessity is not to stop Hamas but to stop Israel. Moral equivalence morphs instantly into moral bankruptcy. People have looked at the casualty count — around 200 Palestinians killed at the time of writing, while only a handful of Israelis have been injured or killed — and decided that this proves Israel is a monstrous aggressor. No concern at all for the Israelis who have only a few seconds to rush to a shelter when the sirens start to wail, car drivers flinging themselves to the ground at the side of the road. No concern for the elderly or disabled Israelis who can’t get to a shelter, the hospital patients left helpless while the rockets slam into the ground nearby. Just imagine if the Scots, for example, had for years been firing at England volleys of rockets that were now putting 40-50 million people within range. Unimaginable? Of course it is. No country would tolerate it. But that’s the equivalent situation in which tiny Israel has found itself. Yet it is simultaneously having to fight another war: against a West determined to demonise it with accusations of deliberate atrocities, lack of restraint or an attempt to conquer more land. To these people, whatever Israel does to defend itself is bad. Killing Gazans is bad, warning them to flee so they won’t be killed is bad, the Iron Dome missile defence system is bad because, while Palestinians are being killed, Israelis are not. Ah yes, that’s the real outrage, isn’t it? Not enough dead Jews. How dare they defend themselves so effectively! And so the West does Hamas’s dirty work for it. Hamas cannot defeat Israel militarily. Its strategy is not just to kill Israelis and demoralise the population, but also to de-legitimise Israel so that the West, too, will work for its destruction. Hamas’s rockets have failed in the first two objectives — but the third is a runaway success. In its hundreds of tunnels, Hamas has built an underground infrastructure of industrialised terror the length of Gaza. As a Fatah spokesman blurted out, it has situated its arsenal among civilians, underneath schools and hospitals and mosques, for the infernal purpose of using its population as human shields and human sacrifices. It has urged Gazans to make themselves the target of Israeli air strikes. It has ordered them to ignore the Israeli warnings to evacuate, which are delivered by leaflet, phone, text and warning shots. Doesn’t the Israel-atrocity brigade ever pause to wonder why Hamas has provided no air-raid shelters for its people, while Israel has constructed a national shelter system? Gazan civilians are dying in order to maximise their numbers killed in the war, so that Hamas can incite against Israel in both the Muslim world and the West. And it openly games the PR system. Hamas social media guidelines instruct Gazans not to post pictures of missiles launched from ‘residential areas’ and always to add the term ‘innocent citizen’ to any casualty’s name. So the figures it issues for civilian as opposed to terrorist casualties, re-circulated by the UN, are worthless. Israel is waging this war in accordance with international law, which states that when houses are used for military purposes they may become legitimate military targets. But as Ibrahim Kreisheh, the Palestinian delegate to the UN Human Rights Council, admitted in a remarkable TV interview, while Israel’s killing of civilians is considered in law merely a mistake, Hamas is committing war crimes by deliberately targeting Israeli civilians. Indeed, given its use of Gazan human shields, it is guilty of war crimes twice over. All civilian casualties, however, are deeply to be regretted and to be avoided wherever possible. And so Gaza presents Israel with a hideous dilemma. Either it inescapably kills a lot of civilians as a by-product of destroying the infrastructure of mass murder, or it leaves that infrastructure at least partly in place to spare the civilians. Until now, it has chosen the latter. It is also allowing food and fuel into Gaza; its offer of blood supplies was turned down by the Palestinian Authority. When a Hamas rocket downed a power line supplying electricity to 70,000 Gazans, workers from the Israel Electric Company braved Hamas rocket fire to restore power to Gaza — enabling it to fire more rockets at Israel. Yet it is Israel which is said to be ‘out of control’, guilty of indiscriminate slaughter and even — as ludicrous as it is obscene — ‘genocide’. Those who demonise Israel in this way should realise just what they are supporting. Palestinian society, both through Hamas and Mahmoud Abbas’s Fatah (whose military wing has also been firing rockets from Gaza), brainwashes its children that glory lies in killing Jews. It routinely pumps out Judeophobic incitement straight from the Nazi playbook.(…) Every western supporter of the Palestinian war against Israel is also tacitly supporting such anti-Jewish derangement. This psychotic bigotry is the true driver of that war, as well as the Islamist war against the West. Yet astoundingly it is never, ever mentioned. The intractable problem of Gaza has been exacerbated by the meddling incomprehension of a western world that just doesn’t grasp how Islamist fanatics play by entirely different rules. The West insists on moral equivalence between Israel and the Palestinians, as if the century-old conflict between the Arabs and the Jews were simply a squabble over the equitable division of land. It is not. It is a war to destroy the Jewish national homeland by people driven into frenzy by forces immune to reason. Melanie Philips
Conformément à la pratique de l’ONU, les incidents impliquant des munitions non explosées qui pourraient mettre en danger les bénéficiaires et le personnel sont transmises aux autorités locales. Après la découverte des missiles, nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour faire disparaître ces objets de nos écoles et préserver ainsi nos locaux. Christopher Gunness (directeur de l’UNRWA à Gaza)
A Gaza, les combats urbains tournent au carnage. Titre du Monde
Something important is missing from the New York Times’s coverage of the war in Gaza: photographs of terrorist attacks on Israel, and pictures of Hamas fighters, tunnels, weaponry, and use of human shields. It appears the Times is silently but happily complying with a Hamas demand that the only pictures from Gaza are of civilians and never of fighters. The most influential news organization in the world is thus manufacturing an utterly false portrait of the battle—precisely the portrait that Hamas finds most helpful: embattled, victimized Gaza civilians under attack by a cruel Israeli military. A review of the Times’s photography in Gaza reveals a stark contrast in how the two sides are portrayed. Nearly every picture from Israel depicts tanks, soldiers, or attack helicopters. And every picture of Gaza depicts either bloodied civilians, destroyed buildings, overflowing hospitals, or other images of civilian anguish. It is as one-sided and misleading a depiction of the Gaza battle as one can imagine. (…) Maybe all of this is an illustration of just how biased against Israel the Times has become—so biased that Times photographers and editors are simply blind to any image that doesn’t conform to their view of the war. Or maybe, in the interest of the safety and access of their journalists, the Times is complying with Hamas instructions. As reported by MEMRI, Hamas published media guidelines instructing Gazans to always refer to the dead as « innocent civilians » and to never post pictures of terrorists on social media. Hamas is currently preventing foreign journalists from leaving the Strip, in effect holding them hostage. These journalists must be terrified—and they also must know that the best way to ensure their safety is to never run afoul of the terrorists in whose hands their fates lie. It would appear that Hamas’s media instructions have been heard loud and clear at the New York Times, and the response is obedience. But the Times also isn’t bothering to inform its readers that the images they’re seeing of Gaza are only the ones Hamas wants them to see. It’s time for the Times to tell its readers exactly why they are being presented with such a distorted picture of this war. Noah Pollak (Weekly standard)
La lutte en cours à Gaza et dans toute la Palestine est la nôtre : il s’agit de mettre en échec un projet colonial qui allie une idéologie raciste à une technologie meurtrière dont le but est de nous neutraliser. Incapables d’arrêter les roquettes de la résistance palestinienne, les sionistes massacrent les familles et bombardent aveuglément maisons, dispensaires, mosquées. Cette bataille ne sera pas finie tant que le siège de Gaza est maintenu et que les sionistes emprisonnent et torturent les nôtres. Cette guerre ne sera gagnée que quand nous serons tous unis, pour notre dignité… et la libération de la Palestine. La lutte armée en Palestine se prolonge ici par notre mobilisation, dans la rue, et en intensifiant, partout, la campagne pour le boycott et les sanctions contre l’Etat sioniste. GUPS (Union général des étudiants de Palestine – France)
Samedi 19 juillet, pendant qu’Israël, face à la résistance déterminée des combattants palestiniens, décidait de réduire en poussière le quartier de Shajaiya à Gaza, faisant plus de 100 mort-e-s et 60000 déplacé-e-s en moins de 24 heures, notre premier ministre, Manuel Valls, était occupé. Il était occupé à empêcher la solidarité avec le peuple palestinien de s’exprimer. Il était occupé à attaquer les personnes et organisations solidaires de la Palestine et de sa résistance. Pour cela, la méthode a été simple: utiliser une manipulation de la Ligue de Défense Juive, une organisation sioniste violente et raciste, pour interdire la manifestation de soutien à Gaza prévue à Paris et se servir ensuite des affrontements causés par cette interdiction pour charger puis interpeler. Le résultat, ce sont plusieurs heures d’affrontements avec la police à Barbès, des nuages de gaz lacrymogènes dans tout le Nord de Paris, 44 arrestations et 19 personnes toujours en garde à vue en ce moment. Il faut dire clairement que tout ceci a été voulu et préparé par le gouvernement. L’interdiction officielle de la manifestation moins de 48 heures avant son déroulement, les forces de l’ordre lâchées dans un quartier populaire en plein samedi après-midi, les menaces voilées du gouvernement, tout a été mis en place pour nous faire réagir et pour permettre au gouvernement de justifier sa répression. Le lendemain, le gouvernement signe son forfait en accusant les manifestant-e-s d’un “antisémitisme” imaginaire censé justifier ce déploiement de force. C’est un piège politique et policier qui a été tendu aux personnes qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien à Paris ce samedi 19 juillet. Ses conséquences dramatiques ont été cyniquement utilisées dans l’agenda étatique, notamment par Manuel Valls, lors de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv le lendemain. GUPS (Union générale des étudiants de Palestine – France)
Dans toute la France, ce sont aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention. En interdisant dans plusieurs villes et notamment à Paris, les manifestations de solidarité avec la Palestine, Hollande et le gouvernement Valls ont enclenché une épreuve de force qu’ils ont finalement perdue. Depuis l’Afrique où il organise l’aventure militaire de l’impérialisme français, Hollande avait joué les gros bras « ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité ». C’est ce qu’ont fait aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention. Et pour faire respecter le droit démocratique à exprimer collectivement la solidarité. En particulier à Paris, plusieurs milliers de manifestants, malgré l’impressionnant quadrillage policier, ont défié l’interdiction du gouvernement. C’est un succès au vu des multiples menaces de la préfecture et du gouvernement. En fin de manifestation, des échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et les forces de l’ordre. Comment aurait-il pu en être autrement au vu de dispositif policier et de la volonté du gouvernement de museler toute opposition à son soutien à la guerre menée par l’Etat d’Israël. Le NPA condamne les violences policières qui se sont déroulées ce soir à Barbès et affirme que le succès de cette journée ne restera pas sans lendemain. Dès mercredi, une nouvelle manifestation aura lieu à l’appel du collectif national pour une paix juste et durable. La lutte pour les droits du peuple palestinien continue. Le NPA appelle l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien. NPA
“I cannot condemn strongly enough the actions of Hamas in so brazenly firing rockets in the face of a goodwill effort to offer a ceasefire,” Secretary of State John Kerry declared on July 15. Actually, there are a number of things that Secretary Kerry could be doing beyond issuing statements expressing dismay. The Obama Administration could take meaningful actions to show Hamas that there is a political price to be paid for its terrorism against Israel. Let’s start with the money. The United States gives $500-million each year (more than $10-billion since 1994) to the Palestinian Authority regime. Even after the PA earlier this year created a new unity government with Hamas – long designated by Washington to be a terrorist organization – the Obama Administration kept writing the checks. How does the Administration justify maintaining a half billion dollars annual subsidy to a PA-Hamas coalition? By pretending that Hamas, the coalition partner, actually has nothing to do with the coalition. The individual functionaries in the government are not Hamas members but “technocrats,” the Administration insists. That’s the favorite new word of U.S. Mideast policymakers. Their theory – as absurd as this may sound – is that if someone is appointed by Hamas, but does not actually carry a laminated Hamas membership card in his wallet, then he’s just a “technocrat,” not a Hamas appointee. Moshe Phillips and Benyamin Korn
By pressing for “restraint” and a “truce,” Obama and Kerry are, in effect, trying to save Hamas from being crippled or destroyed by Israel. Is that their idea of “having Israel’s back” ? Now contrast the Obama-Kerry line that with the words of Canadian Prime Minister Stephen Harper this week: “The indiscriminate rocket attacks from Gaza on Israel are terrorist acts, for which there is no justification.” “It is evident that Hamas is deliberately using human shields to further terror in the region.” “Failure by the international community to condemn these reprehensible actions would encourage these terrorists to continue their appalling actions.” “Canada calls on its allies and partners to recognize that these terrorist acts are unacceptable and that solidarity with Israel is the best way of stopping the conflict.” There was really nothing controversial in Harper’s words. They were simple statements of fact. But in today’s upside-down world, it is remarkable when a world leader simply tells the truth about Israel and the Palestinians. It’s almost as if we are surprised when a world leader turns out not to be a hypocrite, a political coward, or an appeaser. We’re so used to the international community’s outrageous double standards, that it becomes remarkable when a national leader acts like a mensch. Moshe Phillips and Benyamin Korn

A l’heure où, suivant à la lettre le droit international, la seule véritable démocratie du Moyen-orient se voit accusée de disproportion pour avoir réussi à protéger efficacement ses civils …

Où, à l’instar de ses voisins égyptiens, une barrière de sécurité ayant permis d’arrêter l’essentiel des attentats terroristes se voit qualifier de « mur de la honte » …

Où, en violation systématique du droit international, un mouvement terroriste armé de missiles toujours plus puissants qu’il envoie jour après jour sur les populations civiles israéliennes utilise sa population comme boucliers humains en installant son armement et ses postes de commandements dans ou sous ses hôpitaux, écoles, terrains de jeux ou habitations …

Où une agence des Nations Unies qui découvre un stock de roquettes dans l’une de ses écoles la rend gentiment à ses propriétaires pour l’usage que l’on sait …

Où une communauté internationale continue à financer une organisation terroriste qui utilise l’essentiel de ses ressources pour amasser par milliers roquettes et missiles toujours plus sophistiqués pouvant transporter des charges lourdes d’explosifs sur la totalité du territoire israélien mais aussi des drones armés et pour construire, avec les milliers de tonnes de ciment qu’elle importe non des abris pour sa population mais des tunnels pour semer la terreur chez ses voisins …

Où, à l’instar de ses homologues du monde dit civilisé et à coup de photos exclusivement de femmes et d’enfants palestiniens couplées à celles de chars, hélicoptères et soldats israéliens, le premier quotidien américain joue les attachées de presse du Hamas

Où, derrière ses appels officiels à la paix,  le chef d’une OLP dont la charte n’a toujours pas abrogé sa volonté de rejeter Israël à la mer envoie non seulement ses félicitations au Gazeur-en-chef de Damas mais multiplie les déclarations de soutien au moment où son frère jumeau de Gaza fait pleuvoir les roquettes sur la population israélienne  …

Où, après avoir abandonné à leur sort les populations iraniennes, syriennes, irakiennes et bientôt afghanes et derrière un discours de soutien officiel,  le prétendu chef du Monde libre et Exécuteur-en-chef comme ledit Monde libre lui-même ne trouvent rien de mieux à faire que d’appeler Israël à la retenue

Comment ne pas se réjouir, en ce monde sens dessus dessous et avec ces nouvelles drôles de guerres, de la remarquable franchise du premier ministre canadien appelant un chat un chat …

Dénonçant comme actes terroristes tant les attaques aveugles à la roquette à partir de Gaza vers Israël constituent des actes terroristes que l’utilisation délibérée de boucliers humains par le Hamas et rappelant que « la solidarité avec Israël est la meilleure façon d’arrêter le conflit » ?

Mais comment aussi ne pas voir, plus près de chez nous et au-delà de la naïveté voire du cynisme de nos belles âmes, tout le mérite des organisateurs des manifestations semant le pillage et la destruction dans nos rues …

Qui, comme l’Union générale des étudiants de Palestine en France, n’hésitent pas à rappeler explicitement que « la lutte en cours à Gaza et dans toute la Palestine est la nôtre » …

Et qu’à l’instar des mouvements terroristes qu’ils soutiennent,  l’objectif est rien de moins que la « libération de la Palestine » ?

Sixth Lesson of the Gaza War: Obama Should Learn From Canada
Moshe Phillips and Benyamin Korn
The Algemeiner
July 17, 2014

Israel long ago learned that you can tell who your real friends are when the chips are down. The Gaza war is proving that again.
During the 2012 election campaign, when polls showed that President Barack Obama might lose a significant portion of the Jewish vote in key electoral states, he declared that he “will always have Israel’s back.”

But this past week, as hundreds of Hamas rockets rained down upon the Jewish State, and Israel really needed an ally to have its back, President Obama called Prime Minister Netanyahu to demand that Israel show “restraint.”

That was followed the next day by a phone call from Secretary of State John Kerry to Netanyahu, warning against “escalating tensions” and pressing Israel to let him “mediate a truce.”

The last thing Israel needs is a “truce” with Hamas. The Israelis have had two of those already. A “truce” means Hamas gets several more years to build up its supply of rockets, in preparation for the next round.

And with every new round, Hamas has new rockets that can reach even further and cause even more devastation.
By pressing for “restraint” and a “truce,” Obama and Kerry are, in effect, trying to save Hamas from being crippled or destroyed by Israel. Is that their idea of “having Israel’s back” ?

Now contrast the Obama-Kerry line that with the words of Canadian Prime Minister Stephen Harper this week:

“The indiscriminate rocket attacks from Gaza on Israel are terrorist acts, for which there is no justification.”
“It is evident that Hamas is deliberately using human shields to further terror in the region.”
“Failure by the international community to condemn these reprehensible actions would encourage these terrorists to continue their appalling actions.”
“Canada calls on its allies and partners to recognize that these terrorist acts are unacceptable and that solidarity with Israel is the best way of stopping the conflict.”

There was really nothing controversial in Harper’s words. They were simple statements of fact. But in today’s upside-down world, it is remarkable when a world leader simply tells the truth about Israel and the Palestinians.

It’s almost as if we are surprised when a world leader turns out not to be a hypocrite, a political coward, or an appeaser. We’re so used to the international community’s outrageous double standards, that it becomes remarkable when a national leader acts like a mensch.
The sixth lesson from the Gaza war: Israel has a true friend in Ottawa. The White House could learn a thing or two from Stephen Harper about what it really means to have someone’s back.

Moshe Phillips and Benyamin Korn are members of the board of the Religious Zionists of America.

Voir aussi:

Fifth Lesson of the Gaza War: Trust Obama’s Actions, Not His Words
Moshe Phillips and Benyamin Korn
The Algemeiner
July 16, 2014

“I cannot condemn strongly enough the actions of Hamas in so brazenly firing rockets in the face of a goodwill effort to offer a ceasefire,” Secretary of State John Kerry declared on July 15.

Actually, there are a number of things that Secretary Kerry could be doing beyond issuing statements expressing dismay. The Obama Administration could take meaningful actions to show Hamas that there is a political price to be paid for its terrorism against Israel.

Let’s start with the money.

The United States gives $500-million each year (more than $10-billion since 1994) to the Palestinian Authority regime. Even after the PA earlier this year created a new unity government with Hamas – long designated by Washington to be a terrorist organization – the Obama Administration kept writing the checks.

How does the Administration justify maintaining a half billion dollars annual subsidy to a PA-Hamas coalition? By pretending that Hamas, the coalition partner, actually has nothing to do with the coalition. The individual functionaries in the government are not Hamas members but “technocrats,” the Administration insists. That’s the favorite new word of U.S. Mideast policymakers. Their theory – as absurd as this may sound – is that if someone is appointed by Hamas, but does not actually carry a laminated Hamas membership card in his wallet, then he’s just a “technocrat,” not a Hamas appointee.

State Department spokesperson Jen Psaki took this absurdity to a new level in her daily press briefing on July 7, by converting “technocrat” from a noun to a proper noun. She twice referred to the PA-Hamas regime as “the Technocratic Government,” as if that is its official name.

So here’s our first action item for Secretary Kerry: admit that Hamas is part of the PA-Hamas government, and stop giving it American taxpayer dollars.

What else could the Obama Administration do, aside from professing outrage at Hamas? Plenty.

1. Obama could insist that Palestinian Authority chairman Mahmoud Abbas carry out a real crackdown on the Hamas terror cells that operate in PA-controlled territories. The New York Times reported on March 23 that Israeli troops entered the Jenin refugee camp in pursuit of terrorists because although Jenin is under the “full control” of the Palestinian Authority, “the Palestinian [security forces] did not generally operate in refugee camps.” Yet those camps are the worst incubators of Hamas terrorist activity.

2. Secretary Kerry could also be calling America’s allies to demand that they make their financial aid to Gaza conditional on Hamas ceasing its terrorism.

3. The Obama Administration could stop pressuring Israel to remove security checkpoints in the Judea-Samaria (West Bank) territories – checkpoints that help capture Hamas terrorists.

4. The Administration could stop pushing Israel to ease up on its blockade of Gaza, a blockade that has prevented weapons and dual-use materials from reaching the Hamas regime.

5. The Administration could offer a reward for information leading to the Hamas terrorists who kidnapped and murdered three Israeli teenagers, one of whom was an American citizen. For some inexplicable reason, the Rewards for Justice website, http://www.rewardsforjustice.net, still makes no mention of the kidnap-murder of 16 year-old Naftali Fraenkel. Senator Ted Cruz (R-Texas) and Rep. Brad Sherman (D-California) have introduced bipartisan legislation requiring such a reward. It shouldn’t take Congress to force the Obama Administration to take such a simple and obvious step.

Strongly-worded condemnations of Hamas make for good sound bites, but unless backed by real action, they’re meaningless.

The fifth lesson from the Gaza war: It’s time for the Obama Administration’s actions against Hamas to speak louder than its words.

Moshe Phillips and Benyamin Korn are members of the board of the Religious Zionists of America

Voir encore:

Third Lesson of the Gaza War: Abbas Sides With Hamas
Moshe Phillips and Benyamin Korn
The Algemeiner
July 14, 2014

The Israeli-Palestinian peace process is anchored in the premise that the mainstream Palestinian leadership has truly given up its old terrorist ways. Yasser Arafat and his Fatah movement – the largest faction of the Palestine Liberation Organization – put down their guns and “recognized” Israel. The bad guys became the good guys, and the only bad guys are left are a small minority of Hamas extremists.

The Gaza war provides an opportunity to test that theory. Hamas kidnaps and murders Israeli teenagers, and fires hundreds of rockets into Israel. How has Arafat’s successor, Mahmoud Abbas, chairman of the Palestinian Authority and Fatah, responded?

If Abbas and his Fatah movement are truly moderate and against terrorism, then they should side with Israel against the terrorists. If Abbas and Fatah are indeed the good guys, then they should be opposed to the bad guys.

Unfortunately, it hasn’t turned out that way.

On the very first day of the war, Fatah’s official Facebook page, called “Fatah – The Main Page” posted what it called “A message to the Israeli government and the Israeli people.” Here’s what Abbas’ Fatah had to say to Israelis as hundreds of rockets were being fired at them from Gaza: “Death will reach you from the south to the north. Flee our country and you won’t die. The KN-103 rocket is on its way toward you.”

And that was just the beginning.

On July 9, a cartoon on the Fatah Facebook page, titled “Israel Fires Rockets at Gaza,” showed an Israeli bomb, adorned with a huge swastika, about to strike a Palestinian child. (It’s worth recalling that the then-Secretary of State Colin Powell, among others, has said that comparing Israel to the Nazis is anti-Semitic.)

Perhaps the most telling item of all on Fatah’s Facebook page is a dramatic full-color illustration of three heavily-armed Palestinians – one from Hamas, one from Islamic Jihad, and one from Fatah, standing together. The text reads: “Brothers in Arms: One God, one homeland, one enemy, one goal!” If anyone doubts whose side Fatah is on, this makes it crystal clear.

A video segment on Fatah’s Facebook page shows a masked Fatah member standing amidst a huge arsenal of rockets, declaring: “Praise Allah, our jihad fighters have managed to develop these rockets so they will reach the Zionist depth, Allah willing, to a distance of 45 kilometers inside the occupied Palestinian territories…With these rocket we will liberate our Jerusalem. With these rockets we will crush the Zionist enemy…”

And it’s not just words. On July 7, Fatah’s Facebook page announced that Fatah’s military unit, the Al Aqsa Martyrs Brigade, “targeted the enemy’s bases and settlements with 35 rockets.” (All translations are courtesy of Palestinian Media Watch.)

When the Oslo Accords between Israel and the Palestinians were signed in 1993, the U.S. State Department removed Fatah from its list of terrorist groups. Removing it was not just a statement of how the U.S. views Fatah; it also made it legally possible for the U.S. to start sending $500 million to the Palestinian Authority and the PLO, of which Fatah is the largest faction. Now that Fatah has openly boasted that it is carrying out rocket terrorism against Israel, it’s time to put Fatah back on the U.S. list of terrorist groups.

Fatah and Hamas both belong on that list because, in the end, they are birds of a feather. Certainly there have been moments of tension between the two movements. But those clashes reflected either internal disputes unrelated to Israel, or differences in tactics regarding Israel – not differences in their overall goals.

The third lesson from the Gaza war: The “moderate” Palestinian leadership has shown its true colors. It sides with the terrorists, not with Israel.

Moshe Phillips and Benyamin Korn are members of the board of the Religious Zionists of America.

Voir également:

All The News Hamas Sees Fit to Print

Noah Pollak

The Weekly Standard

July 20, 2014

Something important is missing from the New York Times‘s coverage of the war in Gaza: photographs of terrorist attacks on Israel, and pictures of Hamas fighters, tunnels, weaponry, and use of human shields.

It appears the Times is silently but happily complying with a Hamas demand that the only pictures from Gaza are of civilians and never of fighters. The most influential news organization in the world is thus manufacturing an utterly false portrait of the battle—precisely the portrait that Hamas finds most helpful: embattled, victimized Gaza civilians under attack by a cruel Israeli military.

A review of the Times‘s photography in Gaza reveals a stark contrast in how the two sides are portrayed. Nearly every picture from Israel depicts tanks, soldiers, or attack helicopters. And every picture of Gaza depicts either bloodied civilians, destroyed buildings, overflowing hospitals, or other images of civilian anguish. It is as one-sided and misleading a depiction of the Gaza battle as one can imagine.

Today’s Times photo essay contains seven images: three of Gaza civilians in distress; one of a smoke plume rising over Gaza; and three of the IDF, including tanks and attack helicopters. The message is simple and clear: the IDF is attacking Gaza and harming Palestinian civilians. There are no images of Israelis under rocket attack, no images of grieving Israeli families and damaged Israeli buildings, no images of Hamas fighters or rocket attacks on Israel, no images of the RPG’s and machine guns recovered from attempted Hamas tunnel infiltrations into Israel.

Another report yesterday was accompanied by a single image: that of a dead child in a Gaza hospital.

A second report yesterday, ostensibly about Hamas tunnel attacks on Israel, bizarrely contained not a single picture related to those attacks. The three pictures it contained presented the same one-sided narrative of Israelis as attackers, Palestinians as victims. One picture showed an IDF artillery gun firing into Gaza; a second showed Palestinian mourners at a funeral; a third showed Palestinians waiting in line for food rations.

Indeed, a check of the Twitter feed of the Times’s photographer in Gaza shows not a single image that portrays Hamas in a negative light. It’s nothing but civilian victims of the IDF.

Likewise, the Twitter feed of Anne Barnard, the Beirut bureau chief for the Times currently « reporting » from Gaza, is almost entirely devoted to one thing: anecdotes, pictures, and stories about civilian casualties. Perusing her feed, one would think there are simply no terrorists in Gaza who started this war, who are perpetuating it, who are intentionally attacking Israel from neighborhoods and apartment buildings and thereby guaranteeing the very civilian casualties Barnard appears so heartbroken over.

Maybe all of this is an illustration of just how biased against Israel the Times has become—so biased that Times photographers and editors are simply blind to any image that doesn’t conform to their view of the war.

Or maybe, in the interest of the safety and access of their journalists, the Times is complying with Hamas instructions. As reported by MEMRI, Hamas published media guidelines instructing Gazans to always refer to the dead as « innocent civilians » and to never post pictures of terrorists on social media. Hamas is currently preventing foreign journalists from leaving the Strip, in effect holding them hostage. These journalists must be terrified—and they also must know that the best way to ensure their safety is to never run afoul of the terrorists in whose hands their fates lie.

It would appear that Hamas’s media instructions have been heard loud and clear at the New York Times, and the response is obedience. But the Times also isn’t bothering to inform its readers that the images they’re seeing of Gaza are only the ones Hamas wants them to see. It’s time for the Times to tell its readers exactly why they are being presented with such a distorted picture of this war.

Voir encore:

Israel abandoned
The anti-Semitic West almost seems to want Israelis to suffer
Melanie Phillips
19 July 2014

It’s the moral equivalence which is so devastating. When Egypt this week proposed its ceasefire in Gaza, a BBC presenter asked whether both sides would now conclude that there was no point carrying on with the war. From the start, restraint has been urged on both sides — as if more than 1,100 rocket attacks on Israel in three weeks had the same weight as trying to stop this onslaught once and for all.

Israel has been bombing Gaza solely to stop Hamas and its associates from trying to kill Israeli citizens. But for many in the West, the driving necessity is not to stop Hamas but to stop Israel.

Moral equivalence morphs instantly into moral bankruptcy. People have looked at the casualty count — around 200 Palestinians killed at the time of writing, while only a handful of Israelis have been injured or killed — and decided that this proves Israel is a monstrous aggressor.

No concern at all for the Israelis who have only a few seconds to rush to a shelter when the sirens start to wail, car drivers flinging themselves to the ground at the side of the road. No concern for the elderly or dis-abled Israelis who can’t get to a shelter, the hospital patients left helpless while the rockets slam into the ground nearby.

Just imagine if the Scots, for example, had for years been firing at England volleys of rockets that were now putting 40-50 million people within range. Unimaginable? Of course it is. No country would tolerate it. But that’s the equivalent situation in which tiny Israel has found itself. Yet it is simultaneously having to fight another war: against a West determined to demonise it with accusations of deliberate atrocities, lack of restraint or an attempt to conquer more land.

To these people, whatever Israel does to defend itself is bad. Killing Gazans is bad, warning them to flee so they won’t be killed is bad, the Iron Dome missile defence system is bad because, while Palestinians are being killed, Israelis are not. Ah yes, that’s the real outrage, isn’t it? Not enough dead Jews. How dare they defend themselves so effectively!

And so the West does Hamas’s dirty work for it. Hamas cannot defeat Israel militarily. Its strategy is not just to kill Israelis and demoralise the population, but also to de-legitimise Israel so that the West, too, will work for its destruction. Hamas’s rockets have failed in the first two objectives — but the third is a runaway success.

In its hundreds of tunnels, Hamas has built an underground infrastructure of industrialised terror the length of Gaza. As a Fatah spokesman blurted out, it has situated its arsenal among civilians, underneath schools and hospitals and mosques, for the infernal purpose of using its population as human shields and human sacrifices.

It has urged Gazans to make themselves the target of Israeli air strikes. It has ordered them to ignore the Israeli warnings to evacuate, which are delivered by leaflet, phone, text and warning shots.

Doesn’t the Israel-atrocity brigade ever pause to wonder why Hamas has provided no air-raid shelters for its people, while Israel has constructed a national shelter system? Gazan civilians are dying in order to maximise their numbers killed in the war, so that Hamas can incite against Israel in both the Muslim world and the West.

And it openly games the PR system. Hamas social media guidelines instruct Gazans not to post pictures of missiles launched from ‘residential areas’ and always to add the term ‘innocent citizen’ to any casualty’s name. So the figures it issues for civilian as opposed to terrorist casualties, re-circulated by the UN, are worthless.

Israel is waging this war in accordance with international law, which states that when houses are used for military purposes they may become legitimate military targets. But as Ibrahim Kreisheh, the Palestinian delegate to the UN Human Rights Council, admitted in a remarkable TV interview, while Israel’s killing of civilians is considered in law merely a mistake, Hamas is committing war crimes by deliberately targeting Israeli civilians. Indeed, given its use of Gazan human shields, it is guilty of war crimes twice over.

All civilian casualties, however, are deeply to be regretted and to be avoided wherever possible. And so Gaza presents Israel with a hideous dilemma. Either it inescapably kills a lot of civilians as a by-product of destroying the infrastructure of mass murder, or it leaves that infrastructure at least partly in place to spare the civilians. Until now, it has chosen the latter.
Tensions Remain High At Israeli Gaza BorderTensions remain high at the Israeli Gaza border Photo: Getty

It is also allowing food and fuel into Gaza; its offer of blood supplies was turned down by the Palestinian Authority. When a Hamas rocket downed a power line supplying electricity to 70,000 Gazans, workers from the Israel Electric Company braved Hamas rocket fire to restore power to Gaza — en-abling it to fire more rockets at Israel.

Yet it is Israel which is said to be ‘out of control’, guilty of indiscriminate slaughter and even — as ludicrous as it is obscene — ‘genocide’.

Those who demonise Israel in this way should realise just what they are supporting. Palestinian society, both through Hamas and Mahmoud Abbas’s Fatah (whose military wing has also been firing rockets from Gaza), brainwashes its children that glory lies in killing Jews. It routinely pumps out Judeophobic incitement straight from the Nazi playbook.

A few days ago, Yahya Rabah, a member of the Fatah Leadership Committee in Gaza, recycled the medieval blood libel when he wrote in Al-Hayat al-Jadida that the Jews offer sacrifices during Passover ‘made from the blood of our children’.

Every western supporter of the Palestinian war against Israel is also tacitly supporting such anti-Jewish derangement. This psychotic bigotry is the true driver of that war, as well as the Islamist war against the West. Yet astoundingly it is never, ever mentioned. The intractable problem of Gaza has been exacerbated by the meddling incomprehension of a western world that just doesn’t grasp how Islamist fanatics play by entirely different rules.

The West insists on moral equivalence between Israel and the Palestinians, as if the century-old conflict between the Arabs and the Jews were simply a squabble over the equitable division of land. It is not. It is a war to destroy the Jewish national homeland by people driven into frenzy by forces immune to reason.

Israeli parents are now steeling themselves for the nightmare of their sons in the Israel Defence Force being deployed in a Gazan land war to stop the rockets. Some of those boys will be killed. But it will be the Palestinian casualties, the Hamas war crime, which will be used once again to blame the Jews for their own destruction.

Melanie Phillips is a columnist for the Times.

Voir de même:

Décryptage des mensonges de Michèle Sibony, l’invitée extrémiste anti-sioniste sur LCI
JSSnews
21 juillet 2014

Michele Sibony ment, Michèle Sibony ment, Michèle Sibony est… bon, elle n’est pas allemande, mais côté propagande, elle a du aller à bonne école !

Mme Sibony est vice-présidente de l’UJFP, l’Union « Juive » Française pour la Paix. En réalité, ils n’ont de juif que le nom et ne mettent en avant leur ascendance juive que pour l’utiliser comme paratonnerre et être les « bons juifs » des anti-sionistes ; une vraie bonne caution morale pour dire « ben non, vous voyez bien qu’on n’est pas antisémites! ».
On a en connu déjà dans l’histoire juive, que ce soit Nicolas Donin au moyen-âge et autres Pablo Christiani (tous deux juifs convertis au christianisme), donc rien de nouveau sous le soleil.
Comme le dit très justement Laurent Sagalovitsch, l’antisémitisme est une drogue tellement dure, que le monde n’ayant pu s’en passer, lui a trouvé un substitut, comme la méthadone avec l’héroïne: l’antisionisme.
Prétendant avoir une quelconque compétence en la matière, elle a donné un entretien à LCI.

C’est le droit de LCI de lui donner la parole.
Michèle Sibony y a raconté des éléments factuellement faux.
C’est son droit de mentir.
C’est notre obligation de les corriger.
Il faut rappeler que la grande majorité des Français ne connaissent rien au conflit. En discutant avec un certain nombre d’entre eux, beaucoup pensait que la bande de Gaza était encore remplie de colons. Sibony le sait, et elle en joue.
Mensonge 1 à 0mn50 : Elle met en rapport la situation à Gaza et la colonisation.
Faux. Il n’y a plus un seul israélien à Gaza, civil ou militaire depuis 2005.
Mensonge 2 à 1mn13: En répondant à la question de la journaliste sur les roquettes, elle répond que Gaza est l’un des territoires les plus densément peuplé du monde.
Faux. Une simple calculatrice est 3 mn sur Google suffisent à contredire ce mensonge qui est répété depuis des années.
La densité de population à Gaza est de 5046 hab./km2… on va comparer avec d’autres territoires.
Singapour? 7126 hab./km2
Hong Kong? 6544 hab./km2
Bordeaux? 4800 hab./km2
Lyon? 10 000 hab./km2
Paris? 21 000 hab./km2
Rien à rajouter.
Mensonge 3 à 1mn20: Elle affirme que le blocus est « déclaré illégal par toute la communauté internationale »
Faux. Le Rapport Palmer de l’ONU en 2010 suite à une demande sur la validité du blocus naval dans l’affaire du Mavi Marmara a déclaré que le blocus était légal.
Sibony invente de toutes pièces une illégalité du blocus.
De plus, le blocus n’est pas simplement israélien, mais israélo-egyptien, la « responsabilité » égyptienne n’est pas mentionnée par Sibony, alors même que les Gazaouis s’en plaignent.
Ainsi, en moins de 30 secondes, elle nous a déjà pondu 3 mensonges que chacun peut démonter rapidement.
Mensonge 4 à 1mn38: Elle affirme qu’un arrêté de la Cour International de Justice déclare le mur illégal.
Il n’y a eu aucun arrêté, mais en réalité une réponse à une question, c’est à dire un avis consultatif, et non pas un jugement, qui sera suivi d’un vote de l’assemblée générale de l’ONU et non pas du conseil de sécurité, ce qui signifie en droit international qu’il n’est pas contraignant.
Mensonge 5 à 2mn 30: Elle veut nous faire la chronologie des évènements, entre l’échec des négociations, et le gouvernement d’unité palestinien… sauf qu’elle ne semble pas au courant, mais le gouvernement n’était pas un gouvernement Fatah/Hamas, mais un gouvernement technique soutenu par les deux partis.
Mensonge 6 à 3mn: Elle reproche à Israël de ne pas vouloir reconnaitre l’union palestinienne, en omettant de préciser que la raison en est simple: le Hamas continue de prôner la destruction d’Israël et l’extermination de tous les Juifs (article 7 de sa charte).
Mensonge 7 à 3 mn10: Elle affirme que le Hamas n’aurait rien à voir avec l’enlèvement et que tout ça n’était qu’un prétexte du gouvernement israélien. Sauf qu’au moment de l’enlèvement, les personnes identifiées sont bel et bien rattachées au Hamas. Le seul élément que l’on ignore est de savoir si le Hamas l’a bel et bien commandité.
Sibony détourne la réalité et les faits et ne sélectionne que ceux qui l’arrange.
Mensonge 8 à 4mn: Elle affirme que ce serait Israël qui imposerait son calendrier pour la trêve, hors c’est l’Egypte qui a proposé le cessez-le-feu qu’Israël a accepté sans condition préalable. Le cessez-le-feu était la solution en urgence pour pouvoir arrêter les violences immédiatement. Sibony se cale sur les positions du Hamas, qui a préféré poursuivre la guerre et ses morts que d’avoir un cessez-le-feu, quitte à négocier par la suite son prolongement.
Mensonge 9 à 4mn40: Elle affirme que la synagogue de la Roquette accueillait un rassemblement de soutien à Israël, que des Juifs soutiennent Israël, seul état juif, n’est pas étonnant, mais surtout ce rassemblement était en fait une prière pour la paix en Israël et non pas pour la guerre. Pour la chronologie des évènements, les vidéos, et les témoignages, nous y revenons sur Rootsisrael et y répondront plus profondément.
Ce que Sibony omet également de préciser, c’est qu’en se focalisant sur la synagogue de la Roquette, ça lui permet de ne pas parler des autres synagogues visées et des propos antisémites qui ont été entendus et enregistrés.
Pour le reste, nous avons le droit à sa propagande.
On a tout à fait le droit, si on le souhaite, de soutenir les Palestiniens, ceux de Gaza, de vouloir la paix pour eux, et leur bien-être, mais quel intérêt à mentir pour appuyer sa démonstration?
L’UJFP qui prétend représenter d’autres juifs, représente 300 personnes (juives?), et ce n’est pas en mentant qu’elle en recrutera plus… Heureusement.

Par Israel Tavor – Pour RootsIsrael -
JSSNews

La presse égyptienne soutient Israël contre le Hamas
F24
July 20, 2014

Dans la presse égyptienne, le pilonnage de la bande de Gaza ne fait vibrer ni le sentiment anti-israélien, très fort en Égypte, ni la traditionnelle solidarité arabe. Ces derniers jours, c’est plutôt par leur condamnation virulente du Hamas, voire de l’ensemble des Palestiniens, que les médias égyptiens se sont illustrés.

Adel Nehaman, un éditorialiste du journal égyptien « El-Watan », affirme ainsi sans détour : « Désolé, habitants de Gaza, je ne compatirai pas avec vous tant que vous ne vous serez pas débarrassés du Hamas ». Une journaliste du quotidien gouvernemental « Al-Ahram », Azza Sami, n’hésite pas de son côté à féliciter sur Twitter le Premier ministre israélien pour l’offensive sur Gaza : « Merci Netanyahou, et que Dieu nous donne plus d’hommes comme vous pour détruire le Hamas ! » Tandis que le présentateur vedette de la chaîne El-Faraeen, Tawfik Okasha, un partisan affiché du pouvoir militaire égyptien et l’un des plus violents détracteurs des Frères musulmans, a attaqué en direct l’ensemble de la population de l’enclave palestinienne : « Les Gazaouis ne sont pas des hommes, s’ils étaient des hommes ils se révolteraient contre le Hamas ! » Une chaîne de télévision israélienne n’a pas hésité à diffuser la séquence, interprétée comme une preuve du soutien de l’Égypte à l’opération israélienne dan la bande de Gaza.

Cette hostilité envers le Hamas et les Palestiniens est une conséquence de la vie politique égyptienne où l’affrontement entre islamistes et pouvoir militaire occupe tout l’espace politique. Les journalistes, qui ont soutenu le coup de force de l’armée contre le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, ne voient dans le Hamas rien d’autre que la branche palestinienne des Frères Musulmans, aujourd’hui interdits en Égypte. Depuis, une grande partie des médias égyptiens appelle à « liquider » les Frères musulmans et applaudissent l’offensive israélienne censée désarmer le mouvement islamiste.

Le Hamas jugé responsable de la guerre larvée dans le Sinaï

Les journalistes qui encouragent Tsahal invoquent aussi les violences en cours dans le Sinaï, la péninsule frontalière de Gaza et d’Israël. Depuis un an, des groupes islamistes armés attaquent presque quotidiennement la police et l’armée égyptiennes dans cette région déshéritée, longtemps négligée par le gouvernement central.

Le pouvoir actuel affirme que les Frères musulmans et le Hamas sont derrière ces troubles, même si d’autres groupes, dont les djihadistes de Ansar Bayt al-Maqdis ou de Ajnad Masr, revendiquent régulièrement les attaques en question. Pour les médias égyptiens qui ont adopté la ligne politique du pouvoir militaire du maréchal Sissi, la neutralisation du Hamas mettrait fin, selon eux, à la guerre larvée en cours dans le Sinaï.

Cependant, cette presse va beaucoup plus loin. Au-delà du Hamas, ce sont les Palestiniens qui sont dans son collimateur. Elle multiplie les critiques vis-à-vis des « habitants de Gaza », incapables, selon eux, de se révolter contre les islamistes du Hamas comme les Égyptiens l’ont fait en manifestant contre Mohamed Morsi le 30 juin 2013. Une généralisation qui choque Tarek Saad Eddin, rédacteur en chef adjoint du magazine égyptien « El-Moussawer ». « Ces journalistes font partie de médias qui reçoivent leurs ordres du pouvoir. Ils affirment que le Hamas est responsable du meurtre des manifestants de la place Tahrir pendant le soulèvement de janvier 2011, et de la libération des leaders islamistes qui étaient en prison à cette époque… Mais en critiquant tous les Gazaouis, ils se trompent complètement de cible », commente-t-il pour le site en langue arabe de France 24.

Une méfiance généralisée à l’encontre des Palestiniens

Ce type de campagne médiatique dirigée contre une communauté n’est pas inédite en Égypte. Les Syriens ont été la cible du même genre d’attaques à l’été 2013, après le renversement de Mohamed Morsi par l’armée. Une partie des médias égyptiens, dont le présentateur Tawfik Okasha, avait accusé les réfugiés syriens en Égypte d’être des alliés des Frères musulmans. Cette campagne médiatique avait débouché sur des attaques physiques contre des Syriens dans les rues du Caire.

Tous les Égyptiens ne sont pourtant pas aussi hostiles au Hamas et aux Palestiniens. Des manifestations de soutien à Gaza ont également eu lieu ces derniers jours au Caire et à Alexandrie. Elles n’ont toutefois rassemblé que quelques milliers de personnes. Des jeunes activistes égyptiens, pour la plupart proches de mouvements de gauche, ont organisé un convoi de solidarité avec Gaza : 400 d’entre eux se sont rendus jusqu’au poste-frontière de Rafah, entre l’Égypte et Gaza, où l’armée égyptienne les a stoppés et renvoyés vers Le Caire.

Mais hormis ces militants, les Égyptiens semblent globalement peu sensibles au sort des Gazaouis. La méfiance générale envers les Palestiniens, que le régime de Moubarak a entretenue pendant des années en accusant les « terroristes du Hamas » de vouloir déstabiliser l’Égypte, est aujourd’hui réactivée par les médias qui soutiennent le nouveau pouvoir.

Adaptation d’un article de Boualem Rhoubachi

Voir par ailleurs:

Face aux crimes sionistes et à la complicité de l’Etat français : résistance !

* Face aux crimes sionistes et à la complicité de l’Etat français : résistance !

Vous aussi signez l’appel et envoyez vos dons pour soutenir la mobilisation

Nous étions 30 000 à Paris dimanche 13 juillet en soutien à la résistance palestinienne et contre la complicité du gouvernement français avec les criminels sionistes. Pour contrer notre mobilisation populaire, les lobbys sionistes ont inventé une attaque contre une synagogue et mobilisé leurs réseaux, de la LDJ au sommet de l’Etat, en passant par le CRIF et les médias dominants, afin de disqualifier notre lutte contre le colonialisme.

Ils souhaitent nous interdire d’exprimer notre soutien à la lutte héroïque du peuple palestinien. Ils souhaitent nous interdire de clamer fièrement notre opposition au sionisme. Nous répondons : résistance !

Face à un système raciste et islamophobe, une gauche et une droite françaises qui n’ont pas rompu avec les vieux réflexes coloniaux, alors que l’oppression s’abat sur les nôtres, arabes, musulmans, noirs, habitants des quartiers populaires, un droit et un devoir s’imposent à nous : nous opposer aux dirigeants corrompus et hypocrites qui soutiennent Israël.

La lutte en cours à Gaza et dans toute la Palestine est la nôtre : il s’agit de mettre en échec un projet colonial qui allie une idéologie raciste à une technologie meurtrière dont le but est de nous neutraliser. Incapables d’arrêter les roquettes de la résistance palestinienne, les sionistes massacrent les familles et bombardent aveuglément maisons, dispensaires, mosquées.

Cette bataille ne sera pas finie tant que le siège de Gaza est maintenu et que les sionistes emprisonnent et torturent les nôtres. Cette guerre ne sera gagnée que quand nous serons tous unis, pour notre dignité… et la libération de la Palestine.

La lutte armée en Palestine se prolonge ici par notre mobilisation, dans la rue, et en intensifiant, partout, la campagne pour le boycott et les sanctions contre l’Etat sioniste. Prenons nos responsabilités, organisons-nous de façon autonome, rallions tous les soutiens sincères à notre juste cause !

Halte à l’agression contre Gaza – Halte au blocus
Soutien total et inconditionnel à la résistance palestinienne sous toutes ses formes
Liberté pour tous les prisonniers palestiniens
Soutien à la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël
Halte à la complicité des dirigeants français et européens

Premiers signataires :

Union Générale des Etudiants de Palestine-GUPS Paris; Mouvement des Jeunes Palestiniens-PYM France; Associations de Palestiniens en Ile-de-France; Fatah France; Génération Palestine; PIR; Uni-T; IJAN; Ameddias; La Courneuve-Palestine; Actions Terres du Monde; Abna Philistine; Comité Action Palestine; ISM-France; Europalestine; Collectif des musulmans de France; GAB; Campagne Abrogation des Lois Islamophobes (A.L.I); Association des Marocains en France; Mouvement Echaâb (Tunisie); Ailes-femmes du Maroc; Al Massar; collectif BARAKA; AMDH-Paris/IDF; Ettakatol (FDTL); Américains contre la guerre (AAW); Respaix Conscience Musulmane; L’Action Antifasciste Aube Champagne-Ardenne; Bouge qui Bouge (77); H2B (77); L’Association la Colombe et L’Olivier; Amatullah (Bagnolet); Ziri (Bagnolet); collectif HAMEB; ARAC NOISIEL; Cuba Si France; Le front populaire de Tunisie; Federation des Associations des Marocains en France; AFAPREDESA; Etudiants Musulmans de France; Culture&Solidarité; UniEs-vers-elles;

pour signatures orgas : gupsparis@gups-france.org

Voir enfin:

Une seule réponse, la résistance

Communiqué de Génération Palestine

Samedi 19 juillet, pendant qu’Israël, face à la résistance déterminée des combattants palestiniens, décidait de réduire en poussière le quartier de Shajaiya à Gaza, faisant plus de 100 mort-e-s et 60000 déplacé-e-s en moins de 24 heures, notre premier ministre, Manuel Valls, était occupé.

Il était occupé à empêcher la solidarité avec le peuple palestinien de s’exprimer. Il était occupé à attaquer les personnes et organisations solidaires de la Palestine et de sa résistance. Pour cela, la méthode a été simple: utiliser une manipulation de la Ligue de Défense Juive, une organisation sioniste violente et raciste, pour interdire la manifestation de soutien à Gaza prévue à Paris et se servir ensuite des affrontements causés par cette interdiction pour charger puis interpeller. Le résultat, ce sont plusieurs heures d’affrontements avec la police à Barbès, des nuages de gaz lacrymogènes dans tout le Nord de Paris, 44 arrestations et 19 personnes toujours en garde à vue en ce moment.

Il faut dire clairement que tout ceci a été voulu et préparé par le gouvernement. L’interdiction officielle de la manifestation moins de 48 heures avant son déroulement, les forces de l’ordre lâchées dans un quartier populaire en plein samedi après-midi, les menaces voilées du gouvernement, tout a été mis en place pour nous faire réagir et pour permettre au gouvernement de justifier sa répression. Le lendemain, le gouvernement signe son forfait en accusant les manifestant-e-s d’un “antisémitisme” imaginaire censé justifier ce déploiement de force. C’est un piège politique et policier qui a été tendu aux personnes qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien à Paris ce samedi 19 juillet. Ses conséquences dramatiques ont été cyniquement utilisées dans l’agenda étatique, notamment par Manuel Valls, lors de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv le lendemain.

Comme par hasard, les autres villes de France où les manifestations n’ont été ni bloquées et ni attaquées, ont vu se dérouler des manifestations massives, sans aucun des fameux “troubles à l’ordre public” tant redoutés par le gouvernement.

En protégeant la LDJ et en s’en prenant à nous, le gouvernement a fait un choix clair. Un choix clair et cohérent avec son soutien au colonialisme israélien et avec son premier ministre déclarant son “amour pour Israël”. Un choix ni parisien, ni ponctuel : comme face à la campagne BDS, la réponse des gouvernements successifs a été la criminalisaiton et la répression. Dans la rue comme dans les tribunaux, c’est le soutien à la résistance palestinienne qui est attaqué dès qu’il prend de l’ampleur. Nous en prenons acte et savons à quoi nous attendre de leur part.

Il en faudra plus pour nous faire renoncer. En ce moment même, les Palestinien -ne-s résistent à l’occupation, à la colonisation et à l’apartheid dans toute la Palestine: à Gaza, à Ramallah, à Haïfa, à Naplouse, à Hébron, à Jérusalem … Ils résistent par les armes, par les pierres, par les études, par leur détermination à rester toujours et encore sur leurs terres, à refuser de céder. Malgré la complicité de notre gouvernement, et contre cette complicité, nous sommes à leur côté dans la résistance.

Les palestinien-ne-s ont le droit de résister face à un état colonial qui souhaite s’approprier toujours plus de leurs terres, de leurs ressources et de leurs vies. Nous avons le droit de manifester notre solidarité avec cette résistance dans toute la France. Nous réclamons donc la libération des personnes emprisonnées lors de la manifestation du 19 à Paris, et soutenons les revendications palestiniennes, notamment l’arrêt total de l’offensive israélienne, la fin du siège de Gaza qui dure depuis maintenant 7 ans et la libération des prisonniers capturés à nouveau par Israël après leur libération l’année dernière.

Nous appelons à une nouvelle manifestation le 23 juillet à 18h30, Denfert Rochereau (Paris) ainsi que le samedi 26 juillet, place de la République (Paris) à 15h.

Liberté pour les interpellé-e-s du 19 juillet

Soutien à la résistance palestinienne sous toutes ses formes

Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre l’Etat israélien


Incidents de la synagogue de la Roquette: Attention, un piège peut en cacher un autre (Was supposed attack of Parisian synagogue no more than a turf war between Jewish and Muslim youth groups ?)

19 juillet, 2014
http://www.marianne.net/fredericploquin/photo/art/default/984092-1166609.jpg?v=1405337750http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/dynimagecache/0/0/3500/1977/1024/578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2014-07-16T195530Z_1424722331_GM1EA7H0AO701_RTRMADP_3_FRANCE-PALESTINIANS-ISRAEL_0.JPGhttp://jssnews.com/content/assets/2014/07/Screen-Shot-2014-07-15-at-10.51.32-AM.pnghttp://www.cercledesvolontaires.fr/wp-content/uploads/2014/07/manifestation-palestine-19-juillet-2014.jpghttp://www.truthrevolt.org/sites/default/files/styles/content_full_width/public/field/image/articles/hamas_rockets.jpg?itok=qnRDYJV1Synagogue blocked up by pro-Hamas demonstrators (Rue de la roquette, Paris, Jul. 13, 2014)Pro-Hamas barricade  (Rue Popincourt, Paris, Jul. 13 2014)
La vérité est la première victime de la guerre. Eschyle
Cet ensemble d’éléments n’est pas un entassement circonstanciel de comportements et de discours. J’y trouve une rationalité qui est celle de l’idéologie qui domine aujourd’hui dans les pays démocratiques : le postmodernisme. Sa cible essentielle est, au recto, l’Etat-nation démocratique, l’identité nationale, la souveraineté du sujet collectif, avec pour verso la célébration de tout ce qui est extérieur à l’Occident et à la démocratie. C’est une utopie de la « démocratie » qui est l’ennemie du régime démocratique. Dans le monde illusoire que cette idéologie construit, la « communauté internationale », le « Tribunal international » doivent se substituer aux Etats. Et, d’ailleurs, il n’y aurait plus d’Etats mais des individus, des « citoyens du monde », de sorte qu’il n’y aurait plus de « guerres » mais des « différends », plus d’armées mais à la rigueur des « polices », plus de responsabilité mais des co-responsabilités, plus de coupable mais une culpabilité partagée, il n’y a plus de réalité mais des récits sur la réalité, etc. Les droits de l’homme, ou leur usage instrumentalisé, l’emportent alors sur les droits du citoyen, le pouvoir judiciaire s’impose au pouvoir politique, la loi n’est plus l’œuvre du peuple mais l’invention des juges, etc. C’est cette même idéologie qui, dans le monde et notamment en Europe, ouvre grandes les portes à l’islamisme. Shlomo Trigano
Les conflits au Moyen-Orient ont des répercussions de plus en plus importantes en France depuis le début des années 1980. L’attentat contre la synagogue de la rue Copernic a eu lieu en octobre 1980, il y a bientôt 34 ans… Ensuite il y a eu l’attentat contre le restaurant Goldenberg en août 1982, c’est-à-dire au moment où la guerre du Liban faisait rage. La nouveauté depuis les années 1990-2000 c’est que ce sont les Français d’origine maghrébine qui cherchent à en découdre et non plus des commandos envoyés par un acteur extérieur (OLP, Iran etc.). La raison principale est que la haine d’Israël et des Juifs est devenue un composant majeur de l’identité des Français d’origine arabe et africaine, c’est le ciment de la «beuritude». La haine d’Israël et des Juifs est devenue un composant majeur de l’identité des Français d’origine arabe et africaine, c’est le ciment de la «beuritude». Il s’agit sans doute d’une haine des Juifs et d’Israël et non pas d’une prise de position politique. C’est tout à fait légitime et parfois justifié de critiquer la politique israélienne mais la comparaison avec les autres conflits dans la région ne laisse pas de place au doute. Si il s’agissait là d’une véritable identification avec les victimes des bombardements de Gaza, alors on pourrait s’étonner que la crise syrienne avec ses 160 000 victimes n’ait pas déchainé une telle mobilisation et de telles passions! Je crois que ces manifestations trahissent un besoin profond de se définir comme adversaire d’Israël et des Juifs. (…) Le débat est ouvert et devrait le rester aussi longtemps qu’on échange des arguments rationnels. Or hurler «Israël assassin» et dénoncer un «génocide» à Gaza ne tombent pas dans cette catégorie. (…) Le communautarisme monte en France parce que trop de Français pensent que la décolonisation n’est pas terminée et que la France leur est redevable. Trop de musulmans vivent dans un sentiment d’humiliation séculaire et le rêve d’une vengeance qui restaurera leur honneur. L’Islam radical, qui n’a pas grand-chose avoir avec les enseignements et la vie de Mohamed, ainsi que la haine d’Israël, des Juifs et, plus largement de l’Occident et des «croisés» en sont les expressions. De ce point de vue, la logique qui a guidé le choix des victimes de Mohamad Merah est plein d’enseignements: des militaires français «bourreaux» des «frères» et ensuite des enfants juifs, l’incarnation du mal. Il y a une suite dans ces idées folles et la haine des Juifs n’est que la partie émergée de l’iceberg. (…) Malheureusement les forces en présence sont plus puissantes que nos élites politiques. Le monde entier est entré dans une phase «multi», portée par les échanges de plus en plus nombreux – voyage, internet -, l’homogénéité croissante de notre planète – partout les mêmes modes, les mêmes produits, les mêmes films, les mêmes magasins -, le rythme très rapide du changement et la précarisation galopante. Au milieu de ce tourbillon les valeurs républicaines traditionnelles ne font plus le poids surtout que l’Etat ne suit pas derrière avec les récompenses: croissance, emploi, sécurité, perspectives d’avenir. Notre civilisation est en crise et le modèle français n’y échappe pas. Dans ce contexte, quand l’avenir est plus une menace qu’une promesse, les appartenances jadis secondaires – religion, ethnie, communauté d’origine – remplissent le vide. Gil Mihaely
Dans toute la France, ce sont aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention. En interdisant dans plusieurs villes et notamment à Paris, les manifestations de solidarité avec la Palestine, Hollande et le gouvernement Valls ont enclenché une épreuve de force qu’ils ont finalement perdue. Depuis l’Afrique où il organise l’aventure militaire de l’impérialisme français, Hollande avait joué les gros bras « ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité ». C’est ce qu’ont fait aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention. Et pour faire respecter le droit démocratique à exprimer collectivement la solidarité. En particulier à Paris, plusieurs milliers de manifestants, malgré l’impressionnant quadrillage policier, ont défié l’interdiction du gouvernement. C’est un succès au vu des multiples menaces de la préfecture et du gouvernement. En fin de manifestation, des échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et les forces de l’ordre. Comment aurait-il pu en être autrement au vu de dispositif policier et de la volonté du gouvernement de museler toute opposition à son soutien à la guerre menée par l’Etat d’Israël. Le NPA condamne les violences policières qui se sont déroulées ce soir à Barbès et affirme que le succès de cette journée ne restera pas sans lendemain. Dès mercredi, une nouvelle manifestation aura lieu à l’appel du collectif national pour une paix juste et durable. La lutte pour les droits du peuple palestinien continue. Le NPA appelle l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien. NPA
On va vous trancher la gorge. On a provoqué la LDJ, mais ils ont pas de couilles. Ils sont planqués derrière la police, la Ligue des Danseuses Juives … On est venu jusque devant leur synagogue. Ils sont cachés derrière la police, ces bâtards ! Alors, on est venu vous chercher, la LDJ. … On est là, on vous attend, nous. Les chiens ! Chiens de sionistes ! Il sont là, les Algériens, les Tunisiens, les Marocains ! Ils sont là, bandes de bâtards ! Allez, venez ! Commentaire d’une vidéo (tournée lors de la manifestation devant la synagogue d’Asnières, 13.07.14)
C’était un peu la Kristallnacht et on a échappé de peu à un véritable pogrom. Roger Cukierman (président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Crif)
Jamais un tel événement ne s’était produit en France depuis le Moyen-Age. Arno Klarsfeld (ancien avocat des Fils et filles des déportés juifs de France)
Ces comparaisons historiques me semblent malvenues pour apprécier la situation. Les pogroms ou la Nuit de cristal, ce sont des mouvements de violence tolérés voire encouragés par les pouvoirs en place. En France, les autorités publiques réagissent, et absolument rien n’indique qu’une majorité de la population valide cela. L’émotion est très forte, mais elle n’est pas uniquement liée à ce qui s’est passé dimanche, elle est le produit de ces dernières années, avec les actes de Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche, l’affaire Dieudonné, la manifestation Jour de colère (où des +Mort aux Juifs!+ ont été lancés, ndlr)… Il y a le sentiment, dans une partie de la communauté juive, qu’une lame de fond antisémite s’est installée. Samuel Ghiles-Meilhac (sociologue)
On constate une montée des actes antisémites le plus souvent en lien avec l’aggravation du conflit israélo-palestinien. Un «antisémitisme de contact», actif là où les deux communautés (juive et musulmane) sont présentes, et s’en prenant à ce qui est visible dans l’espace public: synagogues, mezouzahs sur les portes, hommes portant la kippa… On a le sentiment que, pour les rares cas où les agresseurs sont identifiés, les actes sont non seulement imputables à l’extrême-droite mais à des jeunes issus de l’immigration et qui se font une identité de substitution en s’identifiant aux victimes palestiniennes. Nonna Mayer (politologue)
Quand bien même il ne se serait rien passé rue de la Roquette, je considère qu’à partir du moment où, dans les rues de Paris, des manifestants brandissent le drapeau noir de l’Etat islamique au Levant ou des mini-roquettes, même en carton-pâte, il y a quelque chose qui ne colle pas. Jean-Yves Camus (directeur de l’observatoire des radicalités politiques, présent sur place)
Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé. Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège. La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours. Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais. Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue. Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue. Frédéric Ploquin (Marianne)
Le président de la synagogue de la rue de la Roquette est très clair, depuis le début, son objectif a été « de remettre les choses dans leur contexte et dans leur mesure ». Et ce qui suit est éloquent. « Pas un seul projectile lancé sur la synagogue ». « A aucun moment, nous n’avons été physiquement en danger », précise-t-il. Alors d’où vient cette rumeur ? Serge Benhaïm pense à une « confusion » entre les événements survenus près d’une synagogue à Aulnay-sous-Bois, et ceux de la synagogue de la rue de la Roquette. iTELE
Pour lui [Erwan Simon], « il n’y a pas d’attaque de synagogue,  jamais ». L’affrontement entre bandes n’a jamais visé le lieu de culte et estime qu’il résulte d’une réponse « à des provocations racistes d’un groupuscule d’extrême-droite et nationaliste ». iTELE
Hier, en fin de manifestation, nous nous sommes postés sur la place de la Bastille côté rue de la Roquette en prévision d’une attaque de la Ligue de défense juive suite aux mises en garde de la police. Après l’agression ayant ciblé un rassemblement de soutien à la Palestine mercredi dernier à Saint-Michel, la milice sioniste avait promis, via ses réseaux sociaux de ‘s’en prendre à toutes les manifestations pro-palestiniennes’. Nous étions une vingtaine, tous identifiés et membres du service d’ordre. Suite à la fermeture du métro Bastille, plusieurs manifestants ont décidé de s’orienter vers le métro Voltaire. Nous leur avons conseillé de prendre plutôt la direction de Ledru-Rollin mais certains ne nous ont pas écoutés. À peine arrivés au milieu de la rue de la Roquette, ces personnes (essentiellement des familles), identifiées par leurs keffiehs et drapeaux, se sont faites accueillir par des insultes et des projectiles provenant du rassemblement sioniste derrière deux lignes de CRS. Deux personnes sont revenues nous prévenir. Nous avons donc décidé d’aller ramener ceux qui stagnaient encore à proximité de la synagogue de la Roquette afin d’éviter tout débordement. Nous y sommes allés discrètement pour éviter que les centaines de jeunes, déjà échaudés par les précédentes provocations ne nous suivent. Ce qui serait devenu incontrôlable. Arrivés à une cinquantaine de mètres du rassemblement, une femme, la quarantaine, nous traite de ‘sales pro palos’, hurle ‘Israël vaincra’, s’empare d’une chaise d’une terrasse de café et la jette sur notre ami T. Elle s’enfuit ensuite en courant vers le rassemblement de la LDJ et passe, sans difficultés, les deux lignes de CRS. Nous ne répondons pas à la provocation et continuons à avancer. Nous nous retrouvons alors sous une pluie de projectiles (tessons de bouteille, bouts de bois, casques etc.). Surexcitée, la cinquantaine de militants de la LDJ ‘mime’ de forcer le barrage de police en agitant des drapeaux israéliens. Une première altercation a lieu. La police les laisse faire. En revanche, les CRS nous matraquent et nous gazent. Un autre groupe de CRS arrive en provenance de la place. Encerclés par la police nous n’avons d’autre alternative que de prendre les rues adjacentes qui débouchent à nouveau vers le lieu des échauffourées. Les CRS continuent de tirer des gaz. Abdelkrim Branine (journaliste, Beur FM)
Sabrina précise qu’à l’approche de la place de la Bastille (« à quelques centaines de mètres »), des gérants de la manifestation commençaient à informer que « ça commençait à un petit peu dégénérer », les organisateurs « suppliant » les manifestants de « ne pas répondre aux provocations ». A l’arrivée place de la Bastille, elle décrit une bande de jeunes brandissant des drapeaux israéliens et un slogan, que l’on entend également dans cette vidéo Youtube, « Palestine, on t’encule! ». Sabrina précise à nouveau qu’à ce moment, les organisateurs redoublent d’efforts pour demander aux manifestants « de ne pas faire attention », de ne pas « calculer » ces provocations. Elle cite certaines phrases de ces organisateurs : « ils veulent nous provoquer, ils attendent que ça dégénère, on ne leur donnera pas ce plaisir, ne faites pas attention à eux ». Sabrina décrie une scène un peu chaotique, « ça courait dans tous les sens, des chaises, des tables, des bouts de bois, des femmes avec leurs enfants en train de leur couvrir la tête ». Venue pour « défendre une cause, le peuple palestinien », Sabrina Benalia regrette de s’être vue taxée de « participante à une manifestation antisémite ». C’est le sentiment qu’elle décrit avoir ressenti dans le traitement médiatique qu’elle a constaté le soir-même, en rentrant chez elle. (…) Sabrina dresse un constat amer des échauffourées du côté des manifestants pro-palestiniens. « Des jeunes qui ont cédé à la tentation de répondre à une provocation, c’est dommage, on a passé 3h30 de manifestation, et malheureusement on en vient à parler de 10 à 15 minutes où ça a dégénéré ». Elle ne cache pas s’être dit « qu’encore une fois, on va dire que c’est les Arabes, c’est les musulmans ». Elle avoue avoir « traité de cons ceux qui répondaient à la provocation », que ça allait « être une évidence », « toujours le même disque ». Sabrina, comme Erwan et le président de la synagogue de la rue de la Roquette Serge Benhaïm, dénonce la rumeur, la synagogue n’a pas été « assiégée », pour elle, « c’est un piège ». ITELE

Attention: un piège peut en cacher un autre !

A l’heure où, entre l’implantation délibérée de ses attaques comme de ses armes au milieu de sa population et le bidonnage non moins délibéré des images comme des chiffres, le bilan des victimes civiles de la nouvelle guerre des roquettes déclenchée par le Hamas ne peut que s’alourdir …

Et qu’avec la montée inexorable du décalage victimes palestiniennes-victimes israéliennes et l’incursion terrestre israélienne à Gaza même, la quasi-totalité des médias et de l’opinion mondiale n’a à nouveau pas de mots assez durs pour dénoncer le seul Etat juif …

Comment, avec le beau travail de la chaine en continu iTELE et contrairement aux outrances verbales de certains (allant jusqu’à parler, oubliant les risques inhérents aux propos précipités,  de « tentative de pogrom »), ne pas voir dans les incidents de la synagogue de la Roquette qui avaient tant ému l’opinion mondiale et notamment juive …

Autre chose qu’une contre-baston face à d’autres bastons et provocations entre groupes rivaux de jeunes musulmans et de jeunes juifs …

Dont la manifestation pro-palestinienne qui les avait précédés n’aurait alors été que le prétexte ?

Mais comment en même temps ne pas s’étonner, quelques semaines de surcroit après l’horrible forfait d’une bande de supporters du Beitar en Israël même,  de l’apparente naïveté de responsables communautaires juifs voire de forces publiques se laissant piéger par l’offre de « protection » de groupes de jeunes juifs à la réputation aussi sulfureuse que la Ligue de Défense Juive ?

Ou, le Parti anticapilatliste en tête,  de certains organisateurs, manifestants et observateurs qualifiant de bon enfant et ne voyant aucun problème à appeler à nouveau, même illégalement,  à la tenue d’une manifestation sur la voie publique …

Incluant, sans parler de l’évidente victimisation de la vérité (les roquettes et missiles partent et visent bien des zones résidentielles), mini-roquettes en carton mâché, drapeaux noirs des égorgeurs de Syrie et d’Irak, quenelles ou cris de « Allah akbar ! » voire de « Mort aux juifs ! » ?

Incidents rue de la Roquette: Serge Benhaim dément toute attaque de la synagogue

​Ceci est le second témoignage que nous avons recueilli, celui du président de la Synagogue Don Isaac Abravanel, située Rue de la Roquette, là où ont eu lieu les affrontements entre la Ligue de Défense Juive et les manifestants pro-palestiniens, en marge de la manifestation en soutien à la Palestine dimanche 13 juillet dernier, à Paris. Encore une fois, nous avons fait le choix de vous livrer cet entretien sans aucun montage et aucune coupure, vous entendrez donc les questions de notre journaliste Julien Nény ainsi que les réponses de Serge Benhaïm dans leur intégralité.

La synagogue, théâtre d’un rassemblement « pour la paix en Israël »

Serge Benhaïm confirme avoir décidé de faire une « prière pour la paix en Israël », en convoquant les fidèles par différents moyens, notamment celui de la page Facebook de la synagogue. Il indique qu’à chaque fois qu’une manifestation est organisée, les forces de polices sont prévenus, une pratique habituelle afin d’assurer la sécurité du lieu de culte et des fidèles qui s’y rendent.

« Aucun problème » pour maintenir cette manifestation, selon les forces de l’ordre

Lorsque le président de la synagogue de la rue de la Roquette a averti les forces de l’ordre (le commissariat local) de la tenue de cette « prière pour la paix », la police l’a informé en retour de la tenue du rassemblement pro-Palestine ce même jour avec pour terminus la place de la Bastille. Serge Benhaïm nous confie que les forces de l’ordre lui ont dit qu’il n’y avait « aucun problème », que c’était « hyper couvert, hyper sécurisé », la raison pour laquelle le président de la synagogue a pris la décision de ne pas annuler le rassemblement prévu à la synagogue Don Abravanel à 17h30 ce dimanche 13 juillet.

Les forces de l’ordre là pour « contrer les manifestants »

Serge Benhaïm contextualise l’intervention des forces de l’ordre, 4 policiers côté Bastille, 2 policiers postés devant la porte de la synagogue. Des policiers qui auraient ensuite demandé du renfort selon ses dires. Resté devant la synagogue, il indique avoir constaté que les grenades lacrymogènes lancées par les forces de l’ordre ont « stoppé l’élan des premiers manifestants » et que cela a « sécurisé le bas de la rue de la Roquette » (côté Bastille, ndlr).

Quel a été le rôle de la Ligue de Défense Juive dans le déroulement des échauffourées?

Le président de la synagogue de la rue de la Roquette précise que les fidèles sont toujours restés à l’intérieur du lieu de culte. En revanche, à l’extérieur, il estime à une quarantaine le nombre de jeunes présents, venue « au cas où il y aurait un problème ». Il décrit leur répartition de la façon suivante : 10 personnes de la SCPJ et une trentaine d’individus appartenant à la Ligue de Défense Juive. Selon lui, ces derniers n’ont « jamais bougé de la synagogue et n’étaient pas en contact avec les manifestants ». Il estime les mouvements de la LDJ à une « oscillation de 150 mètres sur la gauche à 150 mètres sur la droite » de la synagogue. Enfin, il assure « qu’à aucun moment », les jeunes de la LDJ « n’ont été à la recherche du contact ni vers la Bastille, ni vers Voltaire ».

La LDJ « briefée par les forces de l’ordre » sur place

Serge Benhaïm assure qu’il « n’a pas de contacts avec la LDJ », même s’il reconnait que le groupuscule a « une renommée un peu sulfureuse ». Il affirme s’être adressé aux forces de l’ordre pour leur demander de s’adresser à eux (la LDJ, ndlr). Il indique que les forces de l’ordre ont parlé avec la Ligue de Défense Juive en ces termes : « les gars, je veux pas de problèmes, vous restez ici ». Il estime d’ailleurs que ce contact entre les forces de l’ordre et la LDJ qui a permis de s’assurer que la LDJ reste « toujours derrière le cordon de police quand il y en a eu un ». Le président de la synagogue, « témoin de première ligne » selon ses termes, précise que lorsque les forces de l’ordre se sont déployées, « la Ligue de Défense Juive est passée derrière le rideau des forces de l’ordre ». Selon lui, il n’y a « pas eu de provocation » de la part de la LDJ. Il confirme néanmoins qu’il y a bien eu un « face-à-face ouvert entre les jeunes de la manifestation pro-Palestine et les gars de la LDJ » mais cet affrontement a été « une surprise ». Sur l’utilisation d’armes par la LDJ, le président de la synagogue de la rue de la Roquette confirme également que la LDJ a « cassé des chaises et des tables, pour aller livrer ce face-à-face » qu’il ne « cautionne pas ».

La LDJ a-t-elle été la première à provoquer les manifestants pro-palestiniens?

A cette question, Serge Benhaïm s’inscrit en faux. Selon lui, « pas de contact visuel entre le devant de la synagogue et la place de la Bastille ». Il estime que cette version des faits est « erronée » et qu’il n’y a pas eu d’appel aspirant de la LDJ pour faire venir les manifestants pro-palestiniens vers la rue de la Roquette.

La Ligue de Défense Juive doit-elle être dissoute?

Serge Benhaïm estime que si les gens de la Ligue de Défense Juive sont des « électrons libres et incontrôlés », comme n’importe quel mouvement, il faut « absolument » décider de sa dissolution. Selon ses termes, « ce n’est pas parce qu’ils sont juifs qu’ils ont l’autorisation d’être incontrôlables, ou incontrôlés ». Plus tard dans l’interview, il revient sur les tweets de provocation postés sur Twitter par certains utilisateurs affiliés à la Ligue de Défense Juive. Encore une fois, « il ne cautionne pas » et estime qu’il « n’autorisera personne à venir mettre en danger une communauté venue prier, même si c’est la LDJ, même si ce sont des juifs, même s’il devait prendre des positions très frontales avec eux ». Sur l’implication de la LDJ dans l’allumage de la mèche de ces affrontements, le président de la synagogue s’essaye à une métaphore qui montre la complexité de la situation : « je sais qu’une bombe peut exploser avec un détonateur qui pèse 13 grammes. Est-ce que ce sont les 13 grammes qui font exploser la bombe, ou est-ce le fait d’avoir une bombe ? ». Il déplore enfin « des tonnes de provocations entre juifs et musulmans, tous les jours, toutes les minutes sur Internet ».

La synagogue rue de la Roquette a-t-elle vraiment été « assiégée »?

Le président de la synagogue de la rue de la Roquette est très clair, depuis le début, son objectif a été « de remettre les choses dans leur contexte et dans leur mesure ». Et ce qui suit est éloquent. « Pas un seul projectile lancé sur la synagogue ». « A aucun moment, nous n’avons été physiquement en danger », précise-t-il. Alors d’où vient cette rumeur ? Serge Benhaïm pense à une « confusion » entre les événements survenus près d’une synagogue à Aulnay-sous-Bois, et ceux de la synagogue de la rue de la Roquette.

« S’appliquer à faire baisser la mousse de l’ébullition »

En conclusion de son entretien, Serge Benhaïm, en réaction aux propos de Roger Cukierman sur notre antenne, estime qu’il « faut voir le demi-verre plein ». « Grâce à Dieu, il n’y a pas eu de dégâts graves, pas de dégâts humains, à part des blessés légers ». A l’évocation d’un « pogrom », le président de la synagogue estime qu’on pourrait « faire grossir cet événement à la catastrophe », mais qu’il faudrait « surtout s’appliquer à faire baisser la mousse de l’ébullition et revenir aux relations qui étaient celles d’avant », avec la communauté musulmane.

Voir aussi:

Incidents rue de la Roquette: « ça a été un piège »

Dernier de nos témoignages, celui de Sabrina Benalia, 22 ans. Elle a participé à la manifestation du dimanche 13 juillet dernier, avec son mari et sa petite sœur. Elle revient pour nous sur le déroulé de cette manifestation et les incidents survenus rue de la Roquette dont elle a été témoin. Là encore, nous avons décidé de ne pas monter cette interview et de vous la livrer de façon brute, dans la longueur.

Une ambiance « sereine », une « cohésion » au sein de la manifestation pro-Palestine

Sabrina Benalia revient pour nous sur la raison de sa participation à cette manifestation, défendre « la cause palestinienne », manifester contre ce qu’elle « n’appelle pas forcément une guerre », mais plutôt un « génocide ». Coutumière des manifestations selon ses dires, Sabrina indique que cette fois-ci, elle a ressenti une « cohésion » et souligne la présence d’une association, l’UFJP, qui selon elle, matérialise le plus cette cohésion. Selon d’autres participants à la manifestation cités par Sabrina, la présence de l’UFJP représente « la paix », défendue dans cette manifestation.

Que s’est-il passé à l’approche de la place de la Bastille ?

Sabrina précise qu’à l’approche de la place de la Bastille (« à quelques centaines de mètres »), des gérants de la manifestation commençaient à informer que « ça commençait à un petit peu dégénérer », les organisateurs « suppliant » les manifestants de « ne pas répondre aux provocations ». A l’arrivée place de la Bastille, elle décrit une bande de jeunes brandissant des drapeaux israéliens et un slogan, que l’on entend également dans cette vidéo Youtube, « Palestine, on t’encule! ». Sabrina précise à nouveau qu’à ce moment, les organisateurs redoublent d’efforts pour demander aux manifestants « de ne pas faire attention », de ne pas « calculer » ces provocations. Elle cite certaines phrases de ces organisateurs : « ils veulent nous provoquer, ils attendent que ça dégénère, on ne leur donnera pas ce plaisir, ne faites pas attention à eux ».

Rue de la Roquette : « ça a été un piège »

Sabrina décrie une scène un peu chaotique, « ça courait dans tous les sens, des chaises, des tables, des bouts de bois, des femmes avec leurs enfants en train de leur couvrir la tête ». Venue pour « défendre une cause, le peuple palestinien », Sabrina Benalia regrette de s’être vue taxée de « participante à une manifestation antisémite ». C’est le sentiment qu’elle décrit avoir ressenti dans le traitement médiatique qu’elle a constaté le soir-même, en rentrant chez elle.

Les manifestants pro-palestiniens ont « répondu à la provocation »

Sabrina évalue à « 4 ou 5 les manifestants pro-palestiniens » présents dans les échauffourées, rejoints par plusieurs autres manifestants qui ont « répondu à la provocation » des membres de la Ligue de Défense Juive, qu’elle estime à « plusieurs dizaines ». Elle décrit avoir entendu des insultes à plusieurs reprises, « Palestine, on t’encule! ». Du côté du cortège, elle admet avoir entendu un seul slogan pouvant s’apparenter à cela, « Israël assassin ». Elle indique ne jamais avoir entendu « mort aux juifs », lors de sa présence dans cette manifestation et en tant que témoin des échauffourées en fin de soirée. Elle « ne pense pas qu’on puisse se permettre de dire « mort aux juifs », alors que même l’UFJP était présente » dans le cortège de la manifestation pro-Palestine de dimanche dernier.

« On voit clairement des policiers défendre les pro-israéliens »

A l’évocation des éléments déclencheurs des échauffourées rue de la Roquette, Sabrina raconte : « sur ma droite, un barrage de policiers et derrière la LDJ avec le drapeau israélien », aux cris de « Palestine, on t’encule! ». « A aucun moment », la police ne va leur demander de cesser ou les arrêter, selon elle.

Elle évoque également cette vidéo publiée depuis quelques jours sur différentes plateformes, où l’on voit « un jeune de la LDJ faire tomber une barre de fer et un policier de la BAC la ramasser et lui redonner ». Des « images enregistrées » qui ne mentent pas pour Sabrina, « on aurait dit des amis », « on voit clairement des policiers s’attaquer aux pro-palestiniens et défendre les pro-israéliens ».

« Encore une fois, on va dire que c’est les Arabes, les musulmans »

Sabrina dresse un constat amer des échauffourées du côté des manifestants pro-palestiniens. « Des jeunes qui ont cédé à la tentation de répondre à une provocation, c’est dommage, on a passé 3h30 de manifestation, et malheureusement on en vient à parler de 10 à 15 minutes où ça a dégénéré ».

Elle ne cache pas s’être dit « qu’encore une fois, on va dire que c’est les Arabes, c’est les musulmans ». Elle avoue avoir « traité de cons ceux qui répondaient à la provocation », que ça allait « être une évidence », « toujours le même disque ».

« Pourquoi s’en prendre encore une fois à des gens qui n’ont rien fait ? »

Sabrina, comme Erwan et le président de la synagogue de la rue de la Roquette Serge Benhaïm, dénonce la rumeur, la synagogue n’a pas été « assiégée », pour elle, « c’est un piège ». Elle défend son point de vue en ces termes : « pourquoi s’en prendre encore une fois à des gens qui n’ont rien fait ? On vient défendre justement des innocents en Palestine, on va pas venir s’attaquer à des innocents en France ».

Manifestation de samedi à Paris: « je souhaite du fond du cœur que ça ne dégénère pas »

A la question de sa présence à la manifestation de samedi à Paris, qui a été – à l’heure où nous écrivons ces lignes – interdite par la préfecture de police de Paris, Sabrina est formelle : « bien sûr, je serai présente avec ma famille, j’espère et je souhaite du fond du cœur que ça ne dégénère pas ». Elle pointe une nouvelle fois les « menaces » de la LDJ sur sa page Facebook et estime qu’il « faut arrêter d’accuser les personnes qui sont là pour demander la paix pour le peuple palestinien ».

A noter que nous avons contacté la Ligue de Défense Juive suite aux différentes mises en cause présentes dans ce témoignage, elle n’a pas souhaité nous répondre.

Voir également:

Incidents rue de la Roquette: la police est « responsable »

En relation avec notre enquête au sujet des incidents rue de la Roquette, la rédaction d’i>TELE s’est mobilisée afin d’aller à la rencontre de différents protagonistes qui ont participé à la manifestation pro-Palestine du dimanche 13 juillet dernier, ou de témoins des affrontements qui ont eu lieu rue de la Roquette, aux abords de la synagogue Don Isaac Abravanel. Premier de nos témoignages, celui d’Erwan Simon, qui fait partie du groupe de personne qui ont géré l’organisation de la manifestation qui a réuni 30.000 personnes pour soutenir la population de Gaza, de Barbès à la place de la Bastille.

« Mort aux Arabes, Israël vaincra »

Erwan, placé en tête de cortège, raconte l’arrivée au terme de la manifestation, place de la Bastille, il décrit sur la droite – comme Sabrina – un cortège de policiers derrière lequel se réfugient des individus « casqués », criant « mort aux Arabes, Israël vaincra ». Il fait appel à son expérience des manifestations pro-Palestine depuis des années pour affirmer que « ça ressemble très fortement à la Ligue de Défense Juive », sur « ce type d’action » et « ce type de racisme ».

La police est « responsable », elle a « laissé passer des gens » rue de la roquette

Erwan Simon « était au courant » de l’appel à manifester de la LDJ rue de la Roquette. Il confirme que le service d’ordre de la manifestation pro-Palestine a « demandé à ne pas aller là-bas » (rue de la Roquette, ndlr).

En tant qu’organisateur de la manifestation, il se défend: « vous dites clairement à la police, c’est fini (la manifestation, ndlr) il est 17h30, à ce moment-là, il est de la responsabilité de la police » de maintenir l’ordre. Une question lourde de sens lorsqu’on a regardé la vidéo des altercations : « pourquoi la police n’intervient pas, alors qu’il y a des centaines de policiers partout autour de Bastille ? »

Le discours de la paix de la LDJ « ne marche pas »

Erwan « n’accepte pas » cette « bagarre entre supporters, en train de se battre comme si on était là-bas ». Il estime se battre avec « la justice, le droit ». Il comprend néanmoins « que des gens soient en colère », la LDJ « depuis plus de 10 ans agresse, tape, brûle des lieux, casse des bras », il recense à ce sujet une « vingtaine d’événements » qui mettent en cause les agissements du groupuscule.

Pour lui, « le discours de paix » de la LDJ « ne marche pas », même s’il convient que la colère des manifestants pro-palestiniens qui ont été à l’affrontement ne doit pas « s’exprimer de cette façon ».

Des manifestants pro-palestiniens aux cris de « mort aux juifs » ?

Erwan est formel, il n’a « rien entendu de tel ». En revanche, il a entendu à plusieurs reprises les slogans « mort aux Arabes ». Il estime que les manifestants pro-palestiniens qui ont été à l’affrontement avec la LDJ étaient proches d’une centaine de personnes (« 80 à 100″) mais rappelle qu’il y avait « des centaines de familles dans la rue qui tentaient de rejoindre le métro ».

La synagogue a-t-elle été « assiégée » ?

Erwan pointe une nouvelle fois le rôle de la LDJ dans cette information « totalement erronée » selon lui. La synagogue est « prise par la Ligue de Défense Juive » qui « empêche les gens de sortir, qui leur fait peur ». Pour lui, « il n’y a pas d’attaque de synagogue, jamais ». L’affrontement entre bandes n’a jamais visé le lieu de culte et estime qu’il résulte d’une réponse « à des provocations racistes d’un groupuscule d’extrême-droite et nationaliste ».

« Quelles ont été les consignes du ministère de l’Intérieur ? »

Cette question résonne dans la bouche d’Erwan Simon, « derrière la LDJ, des rangs de policiers », « des gens ont eu des propos racistes et n’ont pas été arrêtés ». Pourquoi le gouvernement français « ne donne pas d’instructions claires pour empêcher tous les racismes » ?

Pour Erwan, « il n’y a pas de forces de l’ordre pro-Israël » comme l’estime Sabrina que nous avons également interrogée, les forces de l’ordre « font le travail qu’on leur demande ». Une question subsiste : « quelles ont été les consignes reçues de la part du ministère de l’Intérieur ? »

Interdiction de la manifestation de samedi à Paris : « on marche sur la tête »

Avant de parler de troubles à l’ordre public, « ce serait bien de les faire arrêter en faisant interdire la Ligue de Défense Juive », selon Erwan. Pour l’un des organisateurs de la manifestation pro-Palestine de dimanche dernier, « on marche sur la tête ». « On a le droit d’aller manifester dans la rue, les forces de l’ordre doivent assurer la protection des gens qui manifestent, c’est la question du droit, notre droit à manifester, l’un des principes de base ».

A noter que nous avons contacté la Ligue de Défense Juive suite aux différentes mises en cause présentes dans ce témoignage, elle n’a pas souhaité nous répondre.

Voir encore:

Affrontements rue de la Roquette : la vérité est toujours la première victime d’un conflit

iTELE
16-07-2014

LE PLUS. Le 13 juillet dernier, à Paris, des heurts ont éclaté entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens, en marge d’une manifestation de soutien au peuple de Palestine. Des violences que les médias se sont empressées de dramatiser, estime le journaliste et écrivain Jacques-Marie Bourget. Il s’étonne du traitement médiatique de ces événements, et appelle les médias à plus de retenue.

Édité par Sébastien Billard

Capture d’écran d’une vidéo des affrontements entre pro-israéliens et pro-palestiniens, rue de la Roquette à Paris, le 13 juillet 2014.

Quand un journal aussi sérieux que le quotidien britannique « The Independent » titre « Conflit Israël-Gaza : Des synagogues attaquées quand une manifestation pro-palestinienne à Paris tourne à la violence », c’est qu’il y a danger. Danger pour deux vertus qui n’en sont qu’une : la vérité et l’exercice des libertés.

Sur cette seule base, celle d’un texte publié dans un journal qui fait autorité, tous les confrères du monde peuvent « sourcer » sans conteste leurs papiers sur ce sujet. Et faire naître dans l’esprit de leurs lecteurs des images de barbares antisémites commettant en France les attaques les plus graves.

La machine à mensonges en marche

Comment ce fait-il que « The Independent », véritable institution du journalisme international, publie une information si capitale qu’elle laisse à penser qu’être juif en France serait vivre entre « la valise et le cercueil » ? C’est simple, comme beaucoup de médias, le quotidien anglais a été victime de la rapidité lapidaire d’internet.

Faut-il rappeler la piteuse histoire de Timisoara en Roumanie, à l’heure de la chute de Ceausescu où, en chœur, la presse a rapporté des « massacres » alors que les victimes étaient mortes d’accident ou de maladie…

Comme un boomerang, sur leurs téléphones portables, les envoyés spéciaux recevaient de leurs rédacteurs en chef le buzz internet : « La ‘toile’ est remplie d’infos sur ce massacre. Qu’est-ce que tu attends pour nous envoyer ton papier ? » La machine à mensonges était en marche.

À propos des « hordes à l’assaut de deux synagogues parisiennes », la fumée des lacrymogènes n’était pas encore au ciel que des sites larguaient leurs bombes d’oxygène sur le feu.

Presqu’au hasard, prenons Slate :

« Des centaines de types hurlant ‘Allahou Akbar’ en chargeant contre des policiers. Une synagogue assiégée. Des menaces et des insultes antisémites lancées à des passants terrorisés. »

Ou encore Des Infos.com :

« Alors que des hordes antisémites attaquent des synagogues à Paris ou en Île-de-France sous couvert d’une prétendue solidarité avec les Palestiniens… »

Dreuze Info n’est pas le plus en retrait et publie en instantané des textes aujourd’hui introuvables sur le site :

« Alerte info : attaque violente de deux synagogues à Paris – des Juifs retenus en otage. »

Alarme qui sera bientôt suivi d’un constat à propos du rôle joué par la Ligue de défense juive (LDJ) :

« La LDJ, tant critiquée par la gauche juive, en protégeant la synagogue a sauvé de nombreuses vies. »

Une dramatisation excessive des faits

À lire cela à Hong Kong ou Miami, Paris et la rue de la Roquette, où se trouve une des synagogues « attaquées », sont en guerre. Cette information immédiate, qui tourne le dos à la vérité froide et apaisée, a le pire pour objectif : une dramatisation qui finira par marquer l’histoire, peut importe la réalité.

Selon cette « information/slogan », reprise par des milliers de tweets et SMS qui rajoutent au passage leur couche de fantasmes, c’est en France que se joue la vengeance de Gaza. Pourtant, comme toujours, la vérité est la première victime de ce conflit. Elle dépasse la fiction mais par le bas, décrivant des faits qui n’ont jamais existé.

Laissons la parole à Frédéric Ploquin, inconnu pour une quelconque passion pour la cause palestinienne, il est journaliste à « Marianne », un hebdomadaire qui n’est pas « La France Juive » de Drumont. Ploquin rapporte :

« Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin.

Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue.

Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (Ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main.

Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue. »

Passons au compte rendu publié sur son site par RTL :

« Selon la préfecture de police, ces heurts étaient dus à de petits groupes de jeunes gens qui ont été ‘facilement contenus’. Il y a eu six interpellations. Un certain nombre de manifestants pro-palestiniens ont toutefois tenté de se rendre vers des synagogues voisines, rue de la Roquette et rue des Tournelles, a-t-on dit à l’AFP de source policière. Des CRS sont intervenus pour les repousser et mettre fin à un « début d’échauffourée » avec des membres de la communauté juive devant la synagogue de la Roquette, ce qui a permis d’éviter toute intrusion dans les lieux de culte, a-t-on ajouté. »

Une réalité plus complexe que celle qui a été rapportée

Cet appel à « contre » manifester lancé par la LDJ, celui évoqué par Frédéric Ploquin, ne fait aucun doute, on le trouve sur Twitter et, le 9 juillet, lors d’une manifestation pro-palestinienne à Saint Michel, la faible troupe présente a bien été attaquée par la LDJ.

Dans l’affaire de la rue de la Roquette, il faut se demander pourquoi les « forces de l’ordre » n’ont pas été plus préventives en barrant la rue de la Roquette afin d’éviter les affrontements ?

Rapporté par Abdelkrim Branine, pilier de Beur FM et journaliste connu pour sa rigueur, voici le témoignage d’un membre du service d’ordre de la manif « pro Palestine » :

« Hier, en fin de manifestation, nous nous sommes postés sur la place de la Bastille côté rue de la Roquette en prévision d’une attaque de la Ligue de défense juive suite aux mises en garde de la police. Après l’agression ayant ciblé un rassemblement de soutien à la Palestine mercredi dernier à Saint-Michel, la milice sioniste avait promis, via ses réseaux sociaux de ‘s’en prendre à toutes les manifestations pro-palestiniennes’. Nous étions une vingtaine, tous identifiés et membres du service d’ordre.

Suite à la fermeture du métro Bastille, plusieurs manifestants ont décidé de s’orienter vers le métro Voltaire. Nous leur avons conseillé de prendre plutôt la direction de Ledru-Rollin mais certains ne nous ont pas écoutés. À peine arrivés au milieu de la rue de la Roquette, ces personnes (essentiellement des familles), identifiées par leurs keffiehs et drapeaux, se sont faites accueillir par des insultes et des projectiles provenant du rassemblement sioniste derrière deux lignes de CRS.

Deux personnes sont revenues nous prévenir. Nous avons donc décidé d’aller ramener ceux qui stagnaient encore à proximité de la synagogue de la Roquette afin d’éviter tout débordement. Nous y sommes allés discrètement pour éviter que les centaines de jeunes, déjà échaudés par les précédentes provocations ne nous suivent. Ce qui serait devenu incontrôlable.

Arrivés à une cinquantaine de mètres du rassemblement, une femme, la quarantaine, nous traite de ‘sales pro palos’, hurle ‘Israël vaincra’, s’empare d’une chaise d’une terrasse de café et la jette sur notre ami T. Elle s’enfuit ensuite en courant vers le rassemblement de la LDJ et passe, sans difficultés, les deux lignes de CRS. Nous ne répondons pas à la provocation et continuons à avancer. Nous nous retrouvons alors sous une pluie de projectiles (tessons de bouteille, bouts de bois, casques etc.).

Surexcitée, la cinquantaine de militants de la LDJ ‘mime’ de forcer le barrage de police en agitant des drapeaux israéliens. Une première altercation a lieu. La police les laisse faire. En revanche, les CRS nous matraquent et nous gazent. Un autre groupe de CRS arrive en provenance de la place. Encerclés par la police nous n’avons d’autre alternative que de prendre les rues adjacentes qui débouchent à nouveau vers le lieu des échauffourées. Les CRS continuent de tirer des gaz. »

Poursuivons avec un autre point de vue, qui n’est pas forcément faussé au seul prétexte qu’il est donné par un témoin lié au site Saphirnews.com ayant appelé au soutien des palestiniens de Gaza :

« Le traquenard est bien ficelé : ceux de la LDJ  finissent par se réfugier dans la synagogue, faisant ainsi croire que ces ‘hordes de jeunes’, qui n’étaient pour la plupart pas au courant qu’ils se laissaient amener vers le lieu de culte, sont venus s’en prendre aux ‘juifs’. C’est sur les réseaux sociaux que les mensonges de la LDJ prennent forme. Sous forme de tweets alarmistes, elle déclare que ’60 juifs à mains nues’ ont fait face à ’300 casseurs armés’, dans un autre post, ‘de haches, de couteaux, de lacrymos, de battes de baseball criant ‘Mort aux juifs’. »

Pour finir, voilà ce qu’a vu et vécu Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix :

« Alors je vais vous dire ce que j’ai vu, moi, pauvre juive infidèle (mais il n’y a de Dieu que Dieu) dans cette manif : sur le boulevard Beaumarchais, à peu près à la hauteur de Chemin vert, quatre ou cinq types de la Ligue de défense juive montés sur un banc, complètement entourés et protégés par deux rangs serrés de CRS qui jetaient projectiles et insultes sur la foule, et les services d’ordre, et les responsables calmant les manifestants : ne vous énervez pas ne répondez pas aux provocations, c’est ce qu’ils attendent… et bien sûr lors de la dispersion il y a eu des courses et des bagarres à l’entrée de la rue de la Roquette… comme prévu si j’ose dire. Et surtout j’ai aussi entendu la foule des manifestants crier depuis Barbès jusqu’à la Bastille : ‘médias français montrez la vérité’, ‘le peuple français veut la vérité. Et j’étais fière aujourd’hui de ce peuple là, de mon peuple. »

Hélas, le gouvernement choisit la voie liberticide

Moralité, vieille loi de presse perdue de vue : avant que l’encre ne coule et que les titres annoncés sur les écrans et leurs « bandes passantes » provoquent leurs déchirures, il serait mieux d’écouter et de réfléchir. De s’informer.

Aujourd’hui, alors que de multiples vidéos viennent conforter la version donnée par les différentes témoins que nous venons de citer, ni Hollande ni Valls n’en tiennent compte. Veulent-ils dire que les hommes et femmes qui s’indignent du sort fait à la Palestine sont des menteurs ? Certes, parfois, il ne sont pas « français de souche », voire musulmans…

Hollande et Valls ont préféré prendre le sombre chemin, la voie liberticide désignée par Estrosi, le « motodidacte » maire de Nice. Des manifestations pro-palestiniennes pourront être interdites en cas de « risques avérés ». C’est comme une deuxième mort.

Voir enfin:

Frédéric Ploquin

Marianne

14 Juillet 2014

Plusieurs manifestations pro-palestiennes ont eu lieu dimanche 13 juillet en France. A Paris, deux synagogues ont été prises pour cible. Voici les faits.

NICOLAS MESSYASZ/SIPA
NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé.

Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège.
La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours.

Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais.

Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue.

Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue.

Durant le week-end, des manifestations similaires ont été organisées dans plusieurs grandes villes. Selon la police, ils étaient 2 300 à Lille, 1 200 à Marseille et autour de 400 à  Bordeaux. Aucun incident n’a été signalé.

Voir aussi:

Antisémitisme: la France confrontée à une hausse des actes, pas des opinions
Libération/AFP
19 juillet 2014

Les incidents près de synagogues parisiennes sont-ils le signe d’une montée de l’antisémitisme en France? Des experts répondent avec prudence, relevant que si une hausse des actes antisémites est observée, ce n’est pas le cas des opinions.

Plusieurs personnalités de la première communauté juive d’Europe ont exprimé leur émotion après un week-end agité: échauffourées rue de la Roquette à Paris, jet de cocktail Molotov contre une synagogue à Aulnay-sous-Bois, insultes devant une autre à Asnières…

«C’était un peu la Kristallnacht (la Nuit de cristal de 1938 en Allemagne, NDLR) et on a échappé de peu à un véritable pogrom», a estimé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman. «Jamais un tel événement ne s’était produit en France depuis le Moyen-Age», a écrit Arno Klarsfeld, ancien avocat des Fils et filles des déportés juifs de France, évoquant les «centaines d’individus» ayant «tenté de prendre d’assaut» la synagogue de la Roquette.

«Ces comparaisons historiques me semblent malvenues pour apprécier la situation», tempère le sociologue Samuel Ghiles-Meilhac auprès de l’AFP. «Les pogroms ou la Nuit de cristal, ce sont des mouvements de violence tolérés voire encouragés par les pouvoirs en place. En France, les autorités publiques réagissent, et absolument rien n’indique qu’une majorité de la population valide cela.»

«L’émotion est très forte, mais elle n’est pas uniquement liée à ce qui s’est passé dimanche, elle est le produit de ces dernières années, avec les actes de Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche, l’affaire Dieudonné, la manifestation Jour de colère (où des +Mort aux Juifs!+ ont été lancés, ndlr)… Il y a le sentiment, dans une partie de la communauté juive, qu’une lame de fond antisémite s’est installée», ajoute le chercheur.

Directeur de l’observatoire des radicalités politiques, Jean-Yves Camus a assisté aux heurts près de la Bastille. «Quand bien même il ne se serait rien passé rue de la Roquette, je considère qu’à partir du moment où, dans les rues de Paris, des manifestants brandissent le drapeau noir de l’Etat islamique au Levant ou des mini-roquettes, même en carton-pâte, il y a quelque chose qui ne colle pas.»

Selon le politologue, lors de l’opération de l’armée israélienne Plomb durci en 2009, «des manifestations avaient déjà dérapé», attirant «beaucoup plus de monde».

«La mobilisation régresse en ampleur. Les radicaux sont d’autant plus visibles que, dans la manifestation, le rapport numérique est en leur faveur», note le chercheur.

- «Antisémitisme de contact» -

Les actes antisémites se maintiennent à un niveau élevé depuis 2000 et la seconde Intifada: le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), qui en avait relevé 423 en 2013 selon les plaintes comptabilisées par le ministère de l’Intérieur, a noté une nouvelle hausse au premier trimestre 2014, avec 169 actions violentes et menaces recensées, soit 44% de plus que sur la même période de l’an dernier.

Selon le SCPJ, organisation communautaire qui travaille en lien avec les pouvoirs publics, les Juifs sont victimes de 40% des violences physiques racistes en France, alors qu’ils représentent moins de 1% de sa population.

«On constate une montée des actes antisémites le plus souvent en lien avec l’aggravation du conflit israélo-palestinien», commente la politologue Nonna Mayer. Un «antisémitisme de contact», actif là où les deux communautés (juive et musulmane) sont présentes, et s’en prenant à ce qui est visible dans l’espace public: synagogues, mezouzahs sur les portes, hommes portant la kippa…

Que sait-on des auteurs? «On a le sentiment que, pour les rares cas où les agresseurs sont identifiés, les actes sont non seulement imputables à l’extrême-droite mais à des jeunes issus de l’immigration et qui se font une identité de substitution en s’identifiant aux victimes palestiniennes», répond Nonna Mayer, qui invite cependant à ne pas «disserter doctement sur l’antisémitisme chez les jeunes issus de l’immigration» à partir de cas «extrêmement minoritaires».

Ne pas confondre actes et opinions: l’examen de ces dernières montre qu’«il n’y a absolument pas de progression de l’antisémitisme, plutôt la persistance de deux stéréotypes traditionnels, le pouvoir des Juifs et leur rapport à l’argent», constate la sociologue.

«Tous nos sondages montrent que c’est la minorité juive qui est de loin la mieux acceptée, qui a la meilleure image», poursuit-elle. A la différence des populations arabo-musulmanes et roms qui, selon le dernier rapport sur le racisme de la Commission nationale consultativedes droits de l’homme (CCNDH), «sont les cibles privilégiées» de l’actuelle «recrudescence de l’intolérance».

«Les Juifs ne sont victimes d’aucune discrimination sociale en France, ils sont parfaitement intégrés. Et en même temps, comme minorité, ils sont la cible d’une fixation haineuse», tente de résumer Samuel Ghiles-Meilhac, devant une «conjonction de phénomènes dont on n’a pas les cadres d’analyse».

AFP

Voir de même:

Pascal Boniface : «Critiquer la politique d’Israël, ce n’est pas être antisémite»
Alexandre Devecchio
Le Figaro
18/07/2014

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Alors que la préfecture de police de Paris a interdit une manifestation pro-palestienne prévue ce samedi, Pascal Boniface, auteur de la France malade du conflit israélo-palestinien, a accordé un grand entretien à FigaroVox.

Pascal Boniface est directeur de l’IRIS, auteur de Géopolitique du sport. Son dernier livre, La France malade du conflit israélo-palestinien, vient de paraître.

FigaroVox: Après les incidents violents qui ont émaillé les manifestations pro-israélienne dimanche 13 juillet, la préfecture de police a engagé une procédure informelle pour interdire une manifestation de soutien à Gaza prévue samedi. La société Française devient-elle la victime collatérale du conflit du Proche-Orient?

Pascal BONIFACE: La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l’est depuis longtemps. La reprise des violences entre Israéliens et Palestiniens a provoqué une poussée de fièvre en France, mais que la France soit malade du conflit israélo-palestinien, n’est hélas pas une nouveauté. Aucun conflit extérieur ne suscite de telles passions, de mises en cause si importantes des individus qui prennent des positions qui déplaisent. Des amis de longue date, qui ne partageant pas le même point de vue sur le conflit et ses conséquences en France, peuvent se brouiller. On ne voit ça pour aucun autre conflit.

Quel est votre point de vue sur l’interdiction des manifestations? Celle-ci ne risque-t-elle pas d’être contre-productive?

Si le but est de ne pas opposer les communautés, interdire les manifestations produit l’effet inverse. Ceux qui veulent manifester peuvent avoir le sentiment que le gouvernement répond aux désirs des institutions communautaires juives. Par ailleurs, il y a une atteinte au droit de manifester. Où placer les limites? Faudra-t-il par la suite interdire les nombreuses et variées manifestations de soutien à Israël? Faudra-t-il interdire les articles critiques sur l’action du gouvernement israélien parce qu’ils seraient censés contribuer à alimenter l’antisémitisme? Le risque est de radicaliser une partie de ceux qui se sentent solidaires des Palestiniens.

La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l’est depuis longtemps.

Selon vous, la confusion entre antisémitisme, antisionisme et critique du gouvernement israélien contribue à l’importation de ce conflit en France. Quelle différence faites-vous entre ces différentes notions?

Cette confusion est entretenue par les institutions communautaires et certains intellectuels juifs. L’antisémitisme c’est la haine des juifs, l’antisionisme c’est l’opposition à l’existence de l’État d’Israël. Mais cela n’a rien à voir avec la critique de l’action du gouvernement israélien ou alors des O.N.G. israéliennes, des personnalités comme Abraham Burg, des journalistes comme Gideon Lévy sont antisémites. Lorsque l’on critique la politique de Poutine on n’est pas accusé de faire du racisme anti-russes. Brandir l’accusation infamante d’antisémitisme dès que l’on émet une critique à l’égard du gouvernement israélien a pour fonction de protéger ce dernier. L’immense majorité de ceux qui se déclarent solidaires des Palestiniens combattent l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, et se prononcent pour la solution des deux États, donc en faveur de l’existence d’Israël.

Vous-même en taxant le HCI d’islamophobie pour ses prises de positions, notamment contre le port du foulard islamique à l’université, n’opérez-vous pas une confusion dangereuse entre critique légitime du communautarisme et racisme antimusulman?

Lorsque l’été dernier le HCI a proposé d’interdire le port du foulard dans les universités, j’ai en effet estimé qu’il préconisait une mesure visant exclusivement les musulmans (on ne parlait pas des signes religieux en général) qui pouvait rallumer une guerre au moment où une majorité s’accordait pour dire qu’il fallait en rester à la loi de 2004 qui ne concerne pas l’enseignement supérieur.

L’immense majorité de ceux qui se déclarent solidaires des Palestiniens combattent l’antisémitisme et le racisme, et se prononcent pour la solution des deux États donc en faveur de l’existence d’Israël

Selon vous, de nombreux Français non-juifs, en particuliers les musulmans, ont le sentiment qu’il y a un «deux poids, deux mesures» dans la lutte contre le racisme et que les actes antisémites font l’objet d’un traitement médiatique plus conséquent que les autres actes racistes. Le risque de votre démarche n’est-il pas de verser dans la concurrence victimaire et de nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue à l’égard des Juifs et de la France plus généralement?

Réclamer la fin du «deux poids, deux mesures» dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme anti-musulmans, qu’il s’agisse des médias ou des responsables politiques ne revient pas à nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue, mais au contraire à le combattre. Dénoncer une injustice ou une inégalité de traitement est justement la meilleure façon de combattre la concurrence victimaire. Si chacun est placé sur un pied d’égalité, si tous les enfants de la République sont traités de la même façon il n’y a plus de concurrence victimaire et moins d’espace politique pour le ressentiment.

Avez-vous des exemples précis de «deux poids, deux mesures» …

De nombreuses agressions ont eu lieu contre des femmes voilées, qui n’ont pas suscité la mobilisation,qui aurait eu lieu si des hommes portant la kippa avaient été agressés. Il est vrai que présenter, comme le font certains journalistes, le port du voile comme faisant partie d’un complot pour mettre à genoux la République, a contribué à créer un climat malsain…

Quelques lignes dans Libération du 22 Février 2011, on apprend que la voiture et la moto de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste de l’islam, ont été vandalisées. On pouvait lire sur l’un des véhicules «non aux minarets». Un texte était également glissé: «Pour que Colombey les deux églises ne devienne pas Colombey les deux mosquées. Viendra le moment où les islamo-collabos devront rendre des comptes.» Imaginons que la même mésaventure soit arrivée à BHL ou Finkielkraut, cela aurait fait la Une de tous les journaux et toute la classe politique aurait manifesté sa solidarité.

Selon vous, il faut évoquer tous les racismes. Quel est votre point de vue sur le racisme anti-blanc?

Il peut y avoir des arabes ou des noirs qui soient racistes à l’égard de ceux qui sont différents d’eux. Il peut donc y avoir des blancs victimes de racisme. Mais il n’y a pas un racisme anti-blanc puissant, structuré, s’appuyant sur de nombreux textes, se développant sur les réseaux sociaux, relayé par la presse, soutenu par des déclarations d’hommes politiques, etc. Les blancs en France ne font pas l’objet de discriminations.

Vous avez eu beaucoup de difficultés pour faire éditer votre livre. Certains sujets restent-ils tabous en France? Pourquoi?

Nombreux sont ceux qui ont payé un prix fort pour avoir osé critiquer le gouvernement israélien.

Le conflit israélo-palestinien déclenchant les passions, beaucoup de gens veulent se tenir à l’abri à partir du moment où la critiques politiques du gouvernement israélien est très rapidement assimilée à de l’antisémitisme. Beaucoup de gens ne veulent pas prendre le risque d’être étiquetés de façon si infamante.

La presse française est pourtant loin d’être complaisante à l’égard du gouvernement israelien …

Je ne connais pas d’autres sujets qui paraissent aussi risqués pour les responsables politiques et les médias. Je ne connais pas de cas où des responsables politiques , des journalistes, des universitaires, qui se seraient signalés par un engagement profond, voire inconditionnel, à l’égard d’Israël, en aurait subi des sanctions personnelles ou professionnelles. Nombreux sont ceux qui ont payé un prix fort pour avoir osé critiquer le gouvernement israélien. Il est d’ailleurs assez paradoxal qu’en France, il soit moins risqué pour quiconque de critiquer les autorités nationales que celle d’un pays étranger, en l’occurrence Israël. Je connais beaucoup de personnes qui disent être entièrement d’accord avec mes analyses mais ne veulent pas le déclarer publiquement de peur de représailles. Je pense qu’à terme cette stratégie est très dangereuse même si elle peut s’avérer favorable à court terme à la protection du gouvernement israélien.

Voir par ailleurs:

L’incendie du centre juif était une banale vengeance
La destruction d’un centre social juif à Paris il y a dix jours n’était pas un acte antisémite. Un suspect, ancien gardien du local, de confession juive, était toujours en garde à vue hier soir. Il aurait saccagé les lieux par dépit après son éviction

Christophe Dubois et Geoffroy Tomasovitch

le Parisien

31.08.2004
L’AFFAIRE avait soulevé l’indignation de l’ensemble de la classe politique et des instances religieuses, de Paris à Tel-Aviv. Elle avait relancé le débat sur la montée de l’antisémitisme en France… Finalement, la destruction d’un centre social juif, cible d’un incendie volontaire la nuit du 21 au 22 août derniers dans le XIe arrondissement de Paris, aurait pour origine une banale vengeance personnelle.
C’est désormais la piste privilégiée avec, au coeur de l’enquête, un ancien employé du centre dont les responsables avaient la ferme intention de se séparer.

Des indices matériels

Hier, Raphaël B., un juif séfarade de 52 ans, s’est présenté spontanément à la brigade criminelle à Paris. Natif de Casablanca au Maroc, ce gardien occasionnel du local de la rue Popincourt se savait recherché par la police judiciaire. La brigade criminelle avait resserré ses investigations « à partir de l’enquête de voisinage, des analyses des faits et des témoignages des individus qui fréquentent le centre». Depuis vendredi dernier, une fiche de recherche avait été établie à son nom. Ce sont finalement des membres du centre social qui l’ont convaincu de se présenter au quai des Orfèvres. Raphaël B., qui venait de perdre son appartement, entretenait des relations ombrageuses avec les gestionnaires du centre. Au point que ces derniers avaient décidé de se séparer de lui. Le quinquagénaire, présenté comme un « peu simplet » et « plus ou moins sans domicile fixe », n’aurait pas supporté cette idée, assouvissant sa vengeance en s’attaquant au local de la rue Popincourt souillé par des inscriptions antisémites puis dévasté par le feu.

Selon une source policière, le suspect, « pas causant du tout », n’a pas reconnu l’incendie lors de ses premières heures de garde à vue. Cependant, des indices matériels semblent le désigner. Les policiers ont retrouvé à son domicile, un logement mis à sa disposition par le centre, les clés de la porte de service. Elle avait été retrouvée ouverte par les sapeurs-pompiers à leur arrivée, contrairement à la porte principale. Seules quatre ou cinq personnes possédaient ce trousseau. Toujours chez Raphaël B., les enquêteurs ont mis la main sur deux feutres, un rouge et un noir, qui pourraient correspondre à ceux qui ont servi à maculer le mur du centre social de croix gammées dessinées à l’envers et d’inscriptions antisémites truffées de fautes d’orthographe. Des analyses scientifiques devraient permettre de confirmer formellement ce point.Un « contexte tendu »

Selon nos informations, l’homme a fini par admettre du bout des lèvres être l’auteur de ces inscriptions. Enfin, les policiers disposent d’un autre élément à charge : ils ont localisé l’endroit où le suspect aurait acheté le liquide – de l’essence automobile – utilisé pour allumer le feu.

Le tournant pris par l’enquête semble définitivement contredire la thèse d’un acte antisémite, avancée publiquement par certains, haut et fort et un peu hâtivement. « Les collègues de la Crim n’en ont que plus de mérite. Il n’est pas facile de travailler dans un contexte aussi tendu», relève un policier parisien.

Plusieurs affaires récentes se sont ainsi « dégonflées » après avoir été présentées comme des actes antisémites. Tout le monde se rappelle l’indignation générale soulevée en juillet dernier par le récit de Marie Leblanc, cette jeune femme qui se disait victime d’une sauvage agression dans le RER D. La mythomane avait rapidement avoué aux policiers avoir tout inventé. Quelques jours plus tôt, l’agression à coups de couteau d’un lycéen juif à Epinay (Seine-Saint-Denis) avait provoqué des réactions d’une pareille ampleur. Or, l’auteur, un déséquilibré, ne s’en prenait qu’à ceux ayant le malheur de croiser son chemin…

« Tout cela ne doit pas jeter de discrédit sur la lutte contre l’antisémitisme », a mis en garde hier l’Union des étudiants juifs de France. Car le phénomène est bien réel et en hausse : le ministère de la Justice a déjà recensé 298 actes antisémites depuis début 2004.

Voir encore:

Incendie du centre juif: l’employé inculpé

la Libre Belgique

03 septembre 2004

DIX JOURS APRÈS L’INCENDIE DU CENTRE SOCIAL JUIF DE LA RUE POPINCOURT dans le XIe arrondissement de Paris, Raphaël Benmoha, un homme de confession juive âgé de 52 ans, a été mis en examen mercredi soir par un juge d’instruction parisien et écroué pour avoir mis le feu à l’immeuble. Raphaël Benmoha, qui a nié les faits tout au long des 48 heures de garde à vue à la brigade criminelle, est désormais poursuivi pour «destruction de biens appartenant à autrui par l’effet d’un incendie de nature à créer un danger pour des personnes», a-t-on indiqué de sources judiciaires. Les expertises ont conforté les policiers dans leurs certitudes quant à la culpabilité du suspect. Ce dernier se serait notamment inspiré d’un épisode de la série télévisée de France 2, «PJ», tourné l’an dernier au centre de la rue Popincourt. Cet épisode, qui n’a pas été diffusé dans un contexte tendu à la demande de la communauté juive, montre un feu dans le centre social juif provoqué par un employé licencié.


Immigration: Qui sont les racistes ? (Who are the bigots ? While the Obama Administration simply chooses not to enforce existing laws and Silicon Valley and Wall Street pity the poor immigrants)

13 juillet, 2014
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Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Cela prouve le caractère de notre noble peuple, combattant du djihad, qui défend ses droits et ses demeures le torse nu, avec son sang. La politique d’un peuple qui affronte les avions israéliens la poitrine nue, pour protéger ses habitations, s’est révélée efficace contre l’occupation. Cette politique reflète la nature de notre peuple brave et courageux. Nous, au Hamas, appelons notre peuple à adopter cette politique, pour protéger les maisons palestiniennes. Sami Abu Zuhri (porte-parole du Hamas)
Depuis le début de l’opération, au moins 35 bâtiments résidentiels auraient été visés et détruits, entraînant dans la majorité des pertes civiles enregistrées jusqu’à présent, y compris une attaque le 8 Juillet à Khan Younis qui a tué sept civils, dont trois enfants, et blessé 25 autres. Dans la plupart des cas, avant les attaques, les habitants ont été avertis de quitter, que ce soit via des appels téléphoniques de l’armée d’Israël ou par des tirs de missiles d’avertissement. Rapport ONU (09.07.14)
Mais pourquoi n’appelle-t-on pas ce mur, qui sépare les Gazaouites de leurs frères égyptiens « mur de la honte » ou « de l’apartheid »? Liliane Messika (Primo-Europe)
Dieu, source de tensions, précisément au-dessus de ce mur, surplombé par la coupole du Dome, un lieu saint islamique contrôlé par la police israélienne. Cette Esplanade des mosquées interdite de fait à des milliers de musulmans exclus de la ville par cet autre mur érigé par Israël à l’est des remparts.  (…) Le dernier-né des murs de Jérusalem travesti en toile géante par des artistes de rue, rêvant de faire tomber cette muraille un jour prochain peut-être … Patrick Fandio
The idea that Palestinians use their children as human shields is racist and reprehensible. And the idea that the Israelis are somehow spewing this and we’re to believe it is also racist. … I somehow do not believe, though, that people are going to listen to somebody who says stay inside while your house is being bombed. People don’t want to die, Jake. And the fact that the Israelis continue to drop bombs on them doesn’t make them want to die any more. It’s simply a fact that what the Israelis are doing is they’re dropping bombs of a magnitude that we have never seen before on a captive civilian child population. Diana Buttu (human rights attorney and a former legal adviser to the PLO)
Washington va bientôt cesser d’expulser de jeunes immigrés sans papiers Cette annonce prochaine de Barack Obama pourrait renforcer sa popularité auprès de l’électorat Hispanique à cinq mois de la présidentielle.Les Etats-Unis vont cesser d’expulser de jeunes immigrés sans papiers sur la base de critères précis. Une décision favorable aux Hispaniques à l’approche de l’élection présidentielle de novembre. Cette annonce s’appliquera aux mineurs qui sont arrivés dans le pays avant l’âge de 16 ans, sont actuellement âgés de moins de trente ans, scolarisés ou ayant obtenu leur baccalauréat et n’ayant aucun antécédent judiciaire, ont expliqué vendredi 15 juin des responsables américains, avant une annonce en ce sens du président Barack Obama. Cette mesure, qui devrait susciter l’opposition vigoureuse des Républicains, peut permettre au président-candidat de renforcer sa popularité auprès des jeunes et des Hispaniques, dont le soutien peut s’avérer crucial dans certains Etats-clés. Le Nouvel Observateur (15.06.12)
Most Americans believe that our country has a clear and present interest in enacting immigration legislation that is both humane to immigrants living here and a contribution to the well-being of our citizens. Reaching these goals is possible. Our present policy, however, fails badly on both counts. We believe it borders on insanity to train intelligent and motivated people in our universities — often subsidizing their education — and then to deport them when they graduate. Many of these people, of course, want to return to their home country — and that’s fine. But for those who wish to stay and work in computer science or technology, fields badly in need of their services, let’s roll out the welcome mat. A “talented graduate” reform was included in a bill that the Senate approved last year by a 68-to-32 vote. It would remove the worldwide cap on the number of visas that could be awarded to legal immigrants who had earned a graduate degree in science, technology, engineering or mathematics from an accredited institution of higher education in the United States, provided they had an offer of employment. The bill also included a sensible plan that would have allowed illegal residents to obtain citizenship, though only after they had earned the right to do so. Americans are a forgiving and generous people, and who among us is not happy that their forebears — whatever their motivation or means of entry — made it to our soil? For the future, the United States should take all steps to ensure that every prospective immigrant follows all rules and that people breaking these rules, including any facilitators, are severely punished. No one wants a replay of the present mess. We also believe that America’s self-interest should be reflected in our immigration policy. For example, the EB-5 “immigrant investor program,” created by Congress in 1990, was intended to allow a limited number of foreigners with financial resources or unique abilities to move to our country, bringing with them substantial and enduring purchasing power. Reports of fraud have surfaced with this program, and we believe it should be reformed to prevent abuse but also expanded to become more effective. People willing to invest in America and create jobs deserve the opportunity to do so. Their citizenship could be provisional — dependent, for example, on their making investments of a certain size in new businesses or homes. Expanded investments of that kind would help us jolt the demand side of our economy. These immigrants would impose minimal social costs on the United States, compared with the resources they would contribute. New citizens like these would make hefty deposits in our economy, not withdrawals. Whatever the precise provisions of a law, it’s time for the House to draft and pass a bill that reflects both our country’s humanity and its self-interest. Sheldon Adelson, Warren Buffett and Bill Gates
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson

Attention: un  raciste peut en cacher un autre !

Manifestants qui empêchent l’application de la loi contre les clandestins, gouvernements qui n’appliquent pas ladite loi, parents qui abandonnent leurs enfants aux griffes des passeurs dès leur plus jeune âge, responsables politiques milliardaires prônant l’amnistie, politiciens et militants associatifs lorgnant sur de futurs électeurs, capitalistes de Silicon Valley et de Wall Street à la recherche de main d’oeuvre bon marché …

A l’heure où, après le Pape et nos médias et pendant que pleuvent les roquettes sur ses villes et que le Hamas vante l’efficacité de sa chair à canon, il est de bon ton de condamner comme raciste toute mesure de l’Etat d’Israël pour se défendre de ceux qui appellent à son annihilation …

Et où, poussés par de véritables mafias de trafiquants humains toujours plus innovants et encouragés par les paroles lénifiantes de dirigeants toujours plus irresponsables (dont notamment une annonce d’amnistie partielle pour les jeunes immigrés irréguliers par le président Obama à cinq mois comme par hasard de sa réélection) …

C’est à présent par centaines à la fois que les nouveaux damnés de la terre s’échouent sur nos côtes ou s’attaquent à nos murs de la honte (pardon: « barrières de sécurité ») …

Petite remise des pendules à l’heure avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Qui, rappelant les intérêts politiques ou économiques bien compris de ceux qui n’ont jamais de mots assez durs pour stigmatiser l’intolérance des masses, montre que les racistes ne sont pas toujours ceux que l’on croit …

The Moral Crisis on Our Southern Border
A perfect storm of special interests have hijacked U.S. immigration law
Victor Davis Hanson
National Review Online
July 10, 2014

No one knows just how many tens of thousands of Central American nationals — most of them desperate, unescorted children and teens — are streaming across America’s southern border. Yet this phenomenon offers us a proverbial teachable moment about the paradoxes and hypocrisies of Latin American immigration to the U.S.

For all the pop romance in Latin America associated with Venezuela, Nicaragua, and Cuba, few Latinos prefer to immigrate to such communist utopias or to socialist spin-offs like Argentina, Bolivia, Ecuador, or Peru.

Instead, hundreds of thousands of poor people continue to risk danger to enter democratic, free-market America, which they have often been taught back home is the source of their misery. They either believe that America’s supposedly inadequate social safety net is far better than the one back home, or that its purportedly cruel free market gives them more opportunities than anywhere in Latin America — or both.

Mexico strictly enforces some of the harshest immigration laws in the world that either summarily deport or jail most who dare to cross Mexican borders illegally, much less attempt to work inside Mexico or become politically active. If America were to emulate Mexico’s immigration policies, millions of Mexican nationals living in the U.S. immediately would be sent home.

How, then, are tens of thousands of Central American children crossing with impunity hundreds of miles of Mexican territory, often sitting atop Mexican trains? Does Mexico believe that the massive influxes will serve to render U.S. immigration law meaningless, and thereby completely shred an already porous border? Is Mexico simply ensuring that the surge of poorer Central Americans doesn’t dare stop in Mexico on its way north?

The media talks of a moral crisis on the border. It is certainly that, but not entirely in the way we are told. What sort of callous parents simply send their children as pawns northward without escort, in selfish hopes of soon winning for themselves either remittances or eventual passage to the U.S? What sort of government allows its vulnerable youth to pack up and leave, without taking any responsibility for such mass flight?

Here in the U.S., how can our government simply choose not to enforce existing laws? In reaction, could U.S. citizens emulate Washington’s ethics and decide not to pay their taxes, or to disregard traffic laws, or to build homes without permits? Who in the pen-and-phone era of Obama gets to decide which law to follow and which to ignore?

Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand?

How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state?

Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals.

Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that?

Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals.

Have immigration-reform advocates such as Mark Zuckerberg or Michael Bloomberg offered one of their mansions as a temporary shelter for needy Central American immigrants? Couldn’t Yale or Stanford welcome homeless immigrants into their now under-occupied summertime dorms? Why aren’t elite academies such as Sidwell Friends or the Menlo School offering their gymnasia as places of refuge for tens of thousands of school-age Central Americans?

What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists.

Voir aussi:

Break the Immigration Impasse
Sheldon Adelson, Warren Buffett and Bill Gates on Immigration Reform

By SHELDON G. ADELSON, WARREN E. BUFFETT and BILL GATES

The NYT

JULY 10, 2014

AMERICAN citizens are paying 535 people to take care of the legislative needs of the country. We are getting shortchanged. Here’s an example: On June 10, an incumbent congressman in Virginia lost a primary election in which his opponent garnered only 36,105 votes. Immediately, many Washington legislators threw up their hands and declared that this one event would produce paralysis in the United States Congress for at least five months. In particular, they are telling us that immigration reform — long overdue — is now hopeless.

Americans deserve better than this.

The three of us vary in our politics and would differ also in our preferences about the details of an immigration reform bill. But we could without doubt come together to draft a bill acceptable to each of us. We hope that fact holds a lesson: You don’t have to agree on everything in order to cooperate on matters about which you are reasonably close to agreement. It’s time that this brand of thinking finds its way to Washington.

Most Americans believe that our country has a clear and present interest in enacting immigration legislation that is both humane to immigrants living here and a contribution to the well-being of our citizens. Reaching these goals is possible. Our present policy, however, fails badly on both counts.

We believe it borders on insanity to train intelligent and motivated people in our universities — often subsidizing their education — and then to deport them when they graduate. Many of these people, of course, want to return to their home country — and that’s fine. But for those who wish to stay and work in computer science or technology, fields badly in need of their services, let’s roll out the welcome mat.

A “talented graduate” reform was included in a bill that the Senate approved last year by a 68-to-32 vote. It would remove the worldwide cap on the number of visas that could be awarded to legal immigrants who had earned a graduate degree in science, technology, engineering or mathematics from an accredited institution of higher education in the United States, provided they had an offer of employment. The bill also included a sensible plan that would have allowed illegal residents to obtain citizenship, though only after they had earned the right to do so.

Americans are a forgiving and generous people, and who among us is not happy that their forebears — whatever their motivation or means of entry — made it to our soil?

For the future, the United States should take all steps to ensure that every prospective immigrant follows all rules and that people breaking these rules, including any facilitators, are severely punished. No one wants a replay of the present mess.

We also believe that America’s self-interest should be reflected in our immigration policy. For example, the EB-5 “immigrant investor program,” created by Congress in 1990, was intended to allow a limited number of foreigners with financial resources or unique abilities to move to our country, bringing with them substantial and enduring purchasing power. Reports of fraud have surfaced with this program, and we believe it should be reformed to prevent abuse but also expanded to become more effective. People willing to invest in America and create jobs deserve the opportunity to do so.

Their citizenship could be provisional — dependent, for example, on their making investments of a certain size in new businesses or homes. Expanded investments of that kind would help us jolt the demand side of our economy. These immigrants would impose minimal social costs on the United States, compared with the resources they would contribute. New citizens like these would make hefty deposits in our economy, not withdrawals.

Whatever the precise provisions of a law, it’s time for the House to draft and pass a bill that reflects both our country’s humanity and its self-interest. Differences with the Senate should be hammered out by members of a conference committee, committed to a deal.

A Congress that does nothing about these problems is extending an irrational policy by default; that is, if lawmakers don’t act to change it, it stays the way it is, irrational. The current stalemate — in which greater pride is attached to thwarting the opposition than to advancing the nation’s interests — is depressing to most Americans and virtually all of its business managers. The impasse certainly depresses the three of us.

Signs of a more productive attitude in Washington — which passage of a well-designed immigration bill would provide — might well lift spirits and thereby stimulate the economy. It’s time for 535 of America’s citizens to remember what they owe to the 318 million who employ them.

How did such immoral special interests hijack U.S. immigration law and arbitrarily decide for 300 million Americans who earns entry into America, under what conditions, and from where?

Voir également:

Washington va bientôt cesser d’expulser de jeunes immigrés sans papiers
Cette annonce prochaine de Barack Obama pourrait renforcer sa popularité auprès de l’électorat Hispanique à cinq mois de la présidentielle.
Le Nouvel Observateur avec AFP
15-06-2012

Les Etats-Unis vont cesser d’expulser de jeunes immigrés sans papiers sur la base de critères précis. Une décision favorable aux Hispaniques à l’approche de l’élection présidentielle de novembre.

Cette annonce s’appliquera aux mineurs qui sont arrivés dans le pays avant l’âge de 16 ans, sont actuellement âgés de moins de trente ans, scolarisés ou ayant obtenu leur baccalauréat et n’ayant aucun antécédent judiciaire, ont expliqué vendredi 15 juin des responsables américains, avant une annonce en ce sens du président Barack Obama.

Cette mesure, qui devrait susciter l’opposition vigoureuse des Républicains, peut permettre au président-candidat de renforcer sa popularité auprès des jeunes et des Hispaniques, dont le soutien peut s’avérer crucial dans certains Etats-clés.
« Nos lois en matière d’immigration doivent être appliquées de façon ferme et judicieuse », a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, chargée des questions d’immigration

« Mais elles ne sont pas conçues pour être appliquées aveuglément, sans tenir compte des circonstances individuelles de chaque cas », a-t-elle poursuivi. « Elles ne sont pas non plus conçues pour perdre des jeunes gens productifs et les renvoyer vers des pays où ils n’ont peut-être pas vécu ou dont ils ne parlent pas la langue ».

Cette décision consacre les objectifs d’un projet de loi — baptisé DREAM Act — soutenu par la Maison Blanche et qui permettrait, s’il était voté, aux jeunes immigrés arrivés avec leurs parents de devenir des résidents permanents du pays.

Ce projet de loi, auquel le candidat républicain Mitt Romney et les conservateurs s’opposent, n’a pas obtenu l’aval du Congrès.

Voir encore:

Migration
The mobile masses
The costs and benefits of mass immigration
The Economist
Sep 28th 2013

Exodus: How Migration is Changing Our World. By Paul Collier. Oxford University Press USA; 309 pages; $27.95. Allen Lane; £20. Buy from Amazon.com, Amazon.co.uk

PAUL COLLIER is one of the world’s most thoughtful economists. His books consistently illuminate and provoke. “Exodus” is no exception. Most polemics about migration argue either that it is good or bad. They address the wrong question, says Mr Collier. The right one is: how much more migration would be beneficial, and to whom?

He examines this question from three perspectives: the migrants themselves, the countries they leave and the countries to which they move.

Migration makes migrants better off. If it did not, they would go home. Those who move from poor countries to rich ones quickly start earning rich-country wages, which may be ten times more than they could have earned back home. “Their productivity rockets upwards,” says Mr Collier, because they are “escaping from countries with dysfunctional social models”.

This is a crucial insight. Bar a few oil sheikhdoms, rich countries are rich because they are well organised, and poor countries are poor because they are not. A factory worker in Nigeria produces less than he would in New Zealand because the society around him is dysfunctional: the power keeps failing, spare parts do not arrive on time and managers are busy battling bribe-hungry bureaucrats. When a rich country lets in immigrants, it is extending to them the benefits of good governance and the rule of law.

What of the countries that receive immigrants? Mr Collier argues that they have benefited from past immigration, but will probably suffer if it continues unchecked.

So far, immigrants have typically filled niches in the labour market that complement rather than displace the native-born. For most citizens of rich countries, immigration has meant slightly higher wages, as fresh brains with new ideas make local firms more productive. It may have dragged down wages for the least-skilled, but only by a tiny amount.

However, says Mr Collier, continued mass immigration threatens the cultural cohesion of rich countries. Some diversity adds spice: think of Thai restaurants or Congolese music. But a large unabsorbed diaspora may cling to the cultural norms that made its country of origin dysfunctional, and spread them to the host country. Furthermore, when a society becomes too heterogeneous, its people may be unwilling to pay for a generous welfare state, he says. Support for redistribution dwindles if taxpayers think the beneficiaries will be people unlike themselves.

Finally, Mr Collier looks at the effect of emigration on poor countries. Up to a point, it makes them better off. Emigrants send good ideas and hard currency home. The prospect of emigration prompts locals to study hard and learn useful skills; many then stay behind and enrich the domestic talent pool instead. But if too many educated people leave, poor countries are worse off. Big emerging markets such as China, India and Brazil benefit from emigration, but the smallest and poorest nations do not: Haiti, for example, has lost 85% of its educated people.

Mr Collier’s most arresting argument is that past waves of migration have created the conditions under which migration will henceforth accelerate. Emigration is less daunting if you can move to a neighbourhood where lots of your compatriots have already settled. There, you can speak your native language, eat familiar food and ask your cousins to help you find a job. Because many Western countries allow recent immigrants to sponsor visas for their relatives, Mr Collier frets that large, unassimilated diasporas will keep growing. And as they grow, they will become harder to assimilate.

Mr Collier is plainly not a bigot and his arguments should be taken seriously. Nonetheless, he is far too gloomy. He lives in Britain, which is nearly 90% white and has seen substantial immigration only relatively recently. His worries are mostly about the harm that immigration might do, rather than any it has already done. Indeed, the evidence he marshals suggests that so far it has been hugely beneficial.

It is possible that Britain will prove unable to cope with greater diversity in the future, but one cannot help noticing that the most diverse part of the country—London, which is less than 50% white British—is also by far the richest. It is also rather livelier than the lily-white counties that surround it.

America’s population consists almost entirely of immigrants and their descendants, yet it is rich, dynamic, peaceful and united by abundant national pride. Every past wave of newcomers has assimilated; why should the next one be different? The recent history of Canada, Australia and New Zealand also suggests that large-scale immigration is compatible with prosperity and social cohesion.

Mr Collier is right that there is a tension between mass immigration and the welfare state. A rich country that invited all and sundry to live off the dole would not stay rich for long. Immigrants assimilate better in America than in most European countries in part because welfare is less generous there. In parts of Europe it is possible for able-bodied newcomers to subsist on handouts, which infuriates the native-born. In America, by and large, immigrants have to work, so they do. Through work, they swiftly integrate into society.

Mr Collier approves of the European-style welfare state, so his policy prescriptions are aimed largely at preventing immigration from undermining it. He would peg the number of immigrants to how well previous arrivals have integrated. He would welcome quite a lot of skilled migrants and students (a good idea) but curb family reunions (which sounds harsh). He would allow in asylum-seekers from war zones but send them back when peace returns to their homelands. (This, he explains, would help their homelands rebuild themselves.) As for illegal immigrants, he would offer them the chance to register as guest workers who pay taxes but receive no social benefits.

Insisting that immigrants work is sound policy, but the tone of “Exodus” is problematic. Mr Collier finds endless objections to a policy—more or less unlimited immigration—that no country has adopted. In the process, he exaggerates the possible risks of mobility and underplays its proven benefits.

Voir encore:

Obama administration to stop deporting some young illegal immigrants
Tom Cohen
CNN
June 16, 2012

In an election-year policy change, the Obama administration said Friday it will stop deporting young illegal immigrants who entered the United States as children if they meet certain requirements.

The shift on the politically volatile issue of immigration policy prompted immediate praise from Latino leaders who have criticized Congress and the White House for inaction, while Republicans reacted with outrage, saying the move amounts to amnesty — a negative buzz word among conservatives — and usurps congressional authority.

Those who might benefit from the change expressed joy and relief, with celebratory demonstrations forming outside the White House and elsewhere.

Pedro Ramirez, a student who has campaigned for such a move, said he was « definitely speechless, » then added: « It’s great news. »

In a Rose Garden address Friday afternoon, President Barack Obama said the changes caused by his executive order will make immigration policy « more fair, more efficient and more just. »

« This is not amnesty. This is not immunity. This is not a path to citizenship. It’s not a permanent fix, » Obama said to take on conservative criticism of the step. « This is a temporary stopgap measure. »

Noting children of illegal immigrants « study in our schools, play in our neighborhoods, befriend our kids, pledge allegiance to our flag, » Obama said, « it makes no sense to expel talented young people who are, for all intents and purposes, Americans. »

When a reporter interrupted Obama with a hostile question, the president admonished him and declared that the policy change is « the right thing to do. »

Under the new policy, people younger than 30 who came to the United States before the age of 16, pose no criminal or security threat, and were successful students or served in the military can get a two-year deferral from deportation, Homeland Security Secretary Janet Napolitano said.

It also will allow those meeting the requirements to apply for work permits, Napolitano said, adding that participants must be in the United States now and be able to prove they have been living in the country continuously for at least five years.

The change is part of a department effort to target resources at illegal immigrants who pose a greater threat, such as criminals and those trying to enter the country now, Napolitano said, adding it was « well within the framework of existing laws. »

The move addresses a major concern of the Hispanic community and mimics some of the provisions of a Democratic proposal called the DREAM Act that has failed to win enough Republican support to gain congressional approval.

Obama has been criticized by Hispanic-American leaders for an overall increase in deportations of illegal aliens in recent years. Last year, U.S. Immigration and Customs Enforcement removed 396,906 illegal immigrants, the largest number in the agency’s history.

Friday’s policy change is expected to potentially affect 800,000 people, an administration official told CNN on background.

Both Obama and Napolitano called for Congress to pass the DREAM Act, which would put into law similar steps for children of illegal immigrants to continue living and working in the country.

« I’ve been dealing with immigration enforcement for 20 years and the plain fact of the matter is that the law that we’re working under doesn’t match the economic needs of the country today and the law enforcement needs of the country today, » Napolitano told CNN. « But as someone who is charged with enforcing the immigration system, we’re setting good, strong, sensible priorities, and again these young people really are not the individuals that the immigration removal process was designed to focus upon. »

Republicans who have blocked Democratic efforts on immigration reform immediately condemned the move, with some calling it an improper maneuver to skirt congressional opposition.

Rep. Steve King of Iowa, a leading GOP foe of Democratic proposals for immigration reform, threatened to file a lawsuit asking the courts to stop Obama « from implementing his unconstitutional and unlawful policy. »

In a Twitter post, Republican Sen. Lindsey Graham of South Carolina called the decision « a classic Barack Obama move of choosing politics over leadership, » while House Judiciary Committee Chairman Lamar Smith, R-Texas, called the change a « decision to grant amnesty to potentially millions of illegal immigrants. »

« Many illegal immigrants will falsely claim they came here as children and the federal government has no way to check whether their claims are true, » Smith said in a statement. « And once these illegal immigrants are granted deferred action, they can then apply for a work permit, which the administration routinely grants 90% of the time. »

Others complained the move will flood an already poor job market for young Americans with illegal immigrants.

However, Democratic Sen. Dick Durbin of Illinois, who sponsored the DREAM Act, welcomed the announcement that he said « will give these young immigrants their chance to come out of the shadows and be part of the only country they’ve ever called home. »

He rejected the GOP argument that Obama’s move was all about politics, noting « there will be those who vote against him because of this decision, too. That’s what leadership is about. »

Durbin also noted that Obama repeatedly called for Congress to pass immigration reform legislation, including the DREAM Act. Now that it is clear no progress would occur this Congress, the president acted, Durbin said.

Obama has used executive orders more frequently in recent months to launch initiatives he advocates that have been stymied by the deep partisan divide in Congress. A White House campaign of such steps involving economic programs was labeled « We Can’t Wait. »

Republican Sen. Marco Rubio of Florida, who has been working on an alternative version of the DREAM Act, criticized Obama for taking a piecemeal approach Friday. He said in a statement that « by once again ignoring the Constitution and going around Congress, this short-term policy will make it harder to find a balanced and responsible long-term one. »

Rubio is considered a possible running mate for certain GOP presidential nominee Mitt Romney, who rejected the DREAM Act in the heat of the Republican primary campaign but has since expressed willingness to consider whatever Rubio proposes.

Later Friday, Romney told reporters that the issue needs more substantive action than an executive order, which can be replaced by a subsequent president.

He said he agrees with Rubio’s statement that Obama’s move makes finding a long-term solution more difficult. As president, Romney said, he would seek to provide « certainty and clarity for people who come into this country through no fault of their own by virtue of the actions of their parents. »

Hispanics make up the fastest-growing immigrant population in the country, and the Latino vote is considered a crucial bloc for the November presidential election.

A spokeswoman for a major Latino group, the National Council of La Raza, hailed the administration’s move.

« In light of the congressional inaction on immigration reform, this is the right step for the administration to take at this time, » said NCLR spokeswoman Laura Vazquez.

Immigration lawyers also called the change a major step in the right direction. However, one immigration expert warned that the new policy does not guarantee the result sought by participants.

« I worry that the announcement will be implemented more stingily than the administration would like, » said Stephen Yale-Loehr, who teaches immigration law at Cornell Law School.

Meanwhile, some evangelical Christian leaders who recently met at the White House to discuss immigration issues also endorsed Friday’s move, along with the U.S. Council of Catholic Bishops and some Jewish groups.

For Jose Luis Zelaya, who came to the United States illegally from Honduras at age 14 to find his mother, also an illegal immigrant, the new policy means that « maybe I will be able to work without being afraid that someone may deport me. »

« There is no fear anymore, » he said.

Voir par ailleurs:

A vastly changed Middle East

Caroline B. Glick

The Jerusalem Post

11/21/2013

When America returns, it will likely find a changed regional landscape; nations are disintegrating, only to reintegrate in new groupings.

A week and a half ago, Syria’s Kurds announced they are setting up an autonomous region in northeastern Syria.

The announcement came after the Kurds wrested control over a chain of towns from al-Qaida in the ever metastasizing Syrian civil war.

The Kurds’ announcement enraged their nominal Sunni allies – including the al-Qaida forces they have been combating – in the opposition to the Assad regime. It also rendered irrelevant US efforts to reach a peace deal between the Syrian regime and the rebel forces at a peace conference in Geneva.

But more important than what the Kurds’ action means for the viability of the Obama administration’s Syria policy, it shows just how radically the strategic landscape has changed and continues to change, not just in Syria but throughout the Arab world.

The revolutionary groundswell that has beset the Arab world for the past three years has brought dynamism and uncertainty to a region that has known mainly stasis and status quo for the past 500 years. For 400 years, the Middle East was ruled by the Ottoman Turks. Anticipating the breakup of the Ottoman Empire during World War I, the British and the French quickly carved up the Ottoman possessions, dividing them between themselves. What emerged from their actions were the national borders of the Arab states – and Israel – that have remained largely intact since 1922.

As Yoel Guzansky and Erez Striem from the Institute for National Security Studies wrote in a paper published this week, while the borders of Arab states remain largely unchanged, the old borders no longer reflect the reality on the ground.

“As a result of the regional upheavals, tribal, sectarian, and ethnic identities have become more pronounced than ever, which may well lead to a change in the borders drawn by the colonial powers a century ago that have since been preserved by Arab autocrats.”

Guzansky and Striem explained, “The iron-fisted Arab rulers were an artificial glue of sorts, holding together different, sometimes hostile sects in an attempt to form a single nation state.

Now, the de facto changes in the Middle East map could cause far-reaching geopolitical shifts affecting alliance formations and even the global energy market.”

The writers specifically discussed the breakdown of national governments and the consequent growing irrelevance of national borders in Syria, Iraq, Libya and Yemen.

And while it is true that the dissolution of central government authority is most acute in Syria, Iraq, Libya and Yemen, in every Arab state national authorities are under siege, stressed, or engaged in countering direct threats to their rule. Although central authorities retain control in Egypt, Saudi Arabia, Jordan, Morocco, Tunisia and Bahrain, they all contend with unprecedented challenges. As a consequence, today it is impossible to take for granted that the regime’s interests in any Arab state will necessarily direct the actions of the residents of that state, or that a regime now in power will remain in power tomorrow.

Guzansky and Striem note that the current state of flux presents Israel with both challenges and opportunities. As they put it, “The disintegration of states represents at least a temporary deterioration in Israel’s strategic situation because it is attended by instability liable to trickle over into neighboring states…. But the changes also mean dissolution of the regular armies that posed a threat in the past and present opportunities for Israel to build relations with different minorities with the potential to seize the reins of government in the future.”

Take the Kurds for example. The empowerment of the Kurds in Syria – as in Iraq – presents a strategic opportunity for Israel. Israel has cultivated and maintained an alliance with the Kurds throughout the region for the past 45 years.

Although Kurdish politics are fraught with internal clashes and power struggles, on balance, the empowerment of the Kurds at the expense of the central governments in Damascus and Baghdad is a major gain for Israel.

And the Kurds are not the only group whose altered status since the onset of the revolutionary instability in the Arab world presents Israel with new opportunities. Among the disparate factions in the disintegrating Arab lands from North Africa to the Persian Gulf are dozens of groups that will be thrilled to receive Israeli assistance and, in return, be willing to cooperate with Israel on a whole range of issues.

To be sure, these new allies are not likely to share Israeli values. And many may be no more than the foreign affairs equivalent of a one-night stand. But Israel also is not obliged to commit itself to any party for the long haul. Transactional alliances are valuable because they are based on shared interests, and they last for as long as the actors perceive those interests as shared ones.

Over the past week, we have seen a similar transformation occurring on a regional and indeed global level, as the full significance of the Obama administration’s withdrawal of US power from the region becomes better understood.

When word got out two weeks ago about the US decision to accept and attempt to push through a deal with Iran that would strip the international sanctions regime of meaning in return for cosmetic Iranian concessions that will not significantly impact Iran’s completion of its nuclear weapons program, attempts were made by some Israeli and many American policy-makers to make light of the significance of President Barack Obama’s moves.

But on Sunday night, Channel 10 reported that far from an opportunistic bid to capitalize on a newfound moderation in Tehran, the draft agreement was the result of months-long secret negotiations between Obama’s consigliere Valerie Jarrett and Iranian negotiators.

According to the report, which was denied by the White House, Jarrett, Obama’s Iranian-born consigliere, conducted secret talks with Iranian negotiators for the past several months. The draft agreement that betrayed US allies throughout the Arab world, and shattered Israeli and French confidence in the US’s willingness to prevent Iran from acquiring nuclear weapons, was presented to negotiators in Geneva as a fait accompli. Israel and Saudi Arabia, like other US regional allies were left in the dark about its contents. As we saw, it was only after the French and the British divulged the details of the deal to Israel and Saudi Arabia that the Israelis, Saudis and French formed an ad hoc alliance to scuttle the deal at the last moment.

The revelation of Jarrett’s long-standing secret talks with the Iranians showed that the Obama administration’s decision to cut a deal with the mullahs was a well-thought-out, long-term policy to use appeasement of the world’s leading sponsor of terrorism as a means to enable the US to withdraw from the Middle East. The fact that the deal in question would also pave the way for Iran to become a nuclear power, and so imperil American national security, was clearly less of a concern for Obama and his team than realizing their goal of withdrawing the US from the Middle East.

Just as ethnic, regional and religious factions wasted no time filling the vacuum created in the Arab world by the disintegration of central governments, so the states of the region and the larger global community wasted no time finding new allies to replace the United States.

Voicing this new understanding, Foreign Minister Avigdor Liberman said Wednesday that it is time for Israel to seek out new allies.

In his words, “The ties with the US are deteriorating.

They have problems in North Korea, Pakistan, Iran, Syria, Egypt, China, and their own financial and immigration troubles. Thus I ask – what is our place in the international arena? Israel must seek more allies with common interests.”

In seeking to block Iran’s nuclear weapons program, Israel has no lack of allies. America’s withdrawal has caused a regional realignment in which Israel and France are replacing the US as the protectors of the Sunni Arab states of the Persian Gulf.

France has ample reason to act. Iran has attacked French targets repeatedly over the past 34 years. France built Saddam Hussein’s nuclear reactor while Saddam was at war with Iran.

France has 10 million Muslim citizens who attend mosques financed by Saudi Arabia.

Moreover, France has strong commercial interests in the Persian Gulf. There is no doubt that France will be directly harmed if Iran becomes a nuclear power.

Although Prime Minister Binyamin Netanyahu’s meeting Wednesday with Russian President Vladimir Putin did not bring about a realignment of Russian interests with the Franco- Sunni-Israeli anti-Iran consortium, the very fact that Netanyahu went to Moscow sent a clear message to the world community that in its dealings with outside powers, Israel no longer feels itself constrained by its alliance with the US.

And that was really the main purpose of the visit. Netanyahu didn’t care that Putin rejected his position on Iran. Israel didn’t need Russia to block Jarrett’s deal. Iran is no longer interested in even feigning interest in a nuclear deal. It was able to neutralize US power in the region, and cast the US’s regional allies into strategic disarray just by convincing Obama and Jarrett that a deal was in the offing. This is why Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei again threatened to annihilate Israel this week. He doesn’t think he needs to sugar coat his intentions any longer.

It is not that the US has become a nonentity in the region overnight, and despite Obama’s ill-will toward Israel, under his leadership the US has not become a wholly negative actor. The successful Israeli-US test of the David’s Sling short-range ballistic missile interceptor on Wednesday was a clear indication of the prevailing importance of Israel’s ties with the US. So, too, the delivery this week of the first of four US fast missile boats to the Egyptian navy, which will improve Egypt’s ability to secure maritime traffic in the Suez Canal, showed that the US remains a key player in the region. Congress’s unwillingness to bow to Obama’s will and weaken sanctions on Iran similarly is a positive portent for a post-Obama American return to the region.

But when America returns, it will likely find a vastly changed regional landscape. Nations are disintegrating, only to reintegrate in new groupings.

Monolithic regimes are giving way to domestic fissures and generational changes. As for America’s allies, some will welcome its return.

Others will scowl and turn away. All will have managed to survive, and even thrive in the absence of a guiding hand from Washington, and all will consequently need America less.

This changed landscape will in turn require the US to do some long, hard thinking about where its interests lie, and to develop new strategies for advancing them.

So perhaps in the fullness of time, we may all end up better off for this break in US strategic rationality.


Crime d’honneur/Elif Shafak : A ceux qui entendent et à ceux qui voient (Turkish writer takes on honor killings)

21 juin, 2014
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Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Camus

Le passé est encore là – simplement, il est inégalement réparti. D’après  William Gibson
Aussi loin qu’il se souvienne, il s’est toujours perçu comme le prince de la maison et sa mère comme celle qui, de façon contestable, le mettait en valeur, était sa protectrice inquiète. J. M. Coetzee (Scènes de la vie d’un jeune garçon)
Quand j’avais sept ans, nous vivions dans une maison de verre. Un de nos voisins, un tailleur de talent, battait souvent sa femme. Le soir, on écoutait les pleurs, les cris, les insultes. Le matin, on vaquait à nos occupations habituelles. Tout le voisinage prétendait n’avoir rien entendu, n’avoir rien vu. Ce roman est dédié à ceux qui entendent et à ceux qui voient. Elif Shafak (Crime d’honneur, exergue)
Ma mère est morte deux fois. Je me suis promis de ne pas permettre qu’on oublie son histoire, mais je n’ai jamais trouvé le temps, la volonté ou le courage de la coucher par écrit. Jusqu’à récemment, je veux dire. (…) Il fallait pourtant que je raconte cette histoire, ne serait-ce qu’à une personne. Il fallait que je l’envoie dans un coin de l’univers où elle pourrait flotter librement, loin de nous. Je la devais à maman, cette liberté. (…) C’est ainsi que, dans le pays où naquirent Destinée-Rose et Assez-Belle, « honneur » était plus qu’un mot. C’était aussi un nom. On pouvait le donner à un enfant, à condition que ce soit un garçon. Les hommes avaient de l’honneur – les vieillards, ceux dans la force de l’âge, même les écoliers, si jeunes que, si on leur appuyait sur le nez, il en sortirait du lait. Les femmes n’avaient pas d’honneur. Elles étaient marquées par la honte. Comme tout le monde le savait, « Honte » était un bien mauvais nom à porter. (…) Son silence le déroutait. Et si elle n’était pas vierge ? Comment pourrait-il vivre avec cette interrogation le reste de sa vie ? Que penserait son frère Tariq quand il apprendrait qu’il s’était trouvé une femme souillée – la réplique exacte de leur mère ? (…) Ce serait une des nombreuses ironies de la vie de Pembe, que ce qu’elle détestait le plus dans la bouche de sa mère, elle allait le répéter à sa fille Esma, mot pour mot, des années plus tard, en Angleterre. Elif Shafak (Crime d’honneur, extrait)
Pourquoi Iskander Tobrak, seize ans, fils aîné et chef d’une famille mi-turque mi-kurde depuis le départ de son père, Adem, a-t-il, en 1978, poignardé à mort sa mère, Pembe ? C’est la question toujours aussi douloureuse que se pose, quatorze ans après les faits et alors qu’elle part chercher Iskander à sa sortie de prison, Esma, sa soeur. Pour tenter d’y répondre, elle doit remonter à leurs propres origines, dans un petit village des bords de l’Euphrate. Pembe et Jamila, son identique jumelle, y sont nées en 1945. Selon leur père, quel que soit le malheur infligé à l’une, elles étaient vouées à souffrir ensemble, et donc deux fois plus… Venu d’Istanbul, le jeune Adem Tobrak s’éprit follement de Jamila, mais celle-ci ayant été, quelques mois plus tôt, enlevée, et sa virginité étant, de ce fait, contestée, il ne put l’épouser et se rabattit sur Pembe. Cette dernière accepta et suivit son mari à Istanbul puis en Grande-Bretagne où, malgré la naissance de trois enfants, la vie du couple ne tarda pas à partir à vau-l’eau… Un roman superbe et bouleversant. L’Actualité littéraire
It’s usually the father, brother or first male cousin who is charged with the actual shooting or stabbing, (but not) the mother who lures the girl home. The religion has failed to address this as a problem and failed to seriously work to abolish it as un-Islamic. Phyllis Chesler
I think that as women we’re strong enough now to not only acknowledge our racism, our class bias and our homophobia but our sexism. The coming generation, and second-wave feminists as well, can acknowledge that women, like men, are aggressive and, like men, are as close to the apes as the angels. Our lived realities have never conformed to the feminist view that women are morally superior to men, are compassionate, nurturing, maternal and also very valiant under siege. This is a myth. (…) Women don’t have to be better than anyone else to deserve human rights. Our failure to look at our own sexism lost us a few inches in our ability to change history in our lifetime. The first thing we do is acknowledge what the truth is, and then we have to not have double standards. We have to try not to use gossip to get rid of a rival, we have to try not to slander the next woman because we’re jealous that she’s pretty or that she got a scholarship. I think we have to learn some of the rules of engagement that men are good at. Women coerce dreadful conformity from each other. I would like us to embrace diversity. Then we could have a more viable, serious feminist movement. (…) Because the stereotypes of women have been so used to justify our subordination and since it was a heady moment in history to suddenly come together with other women in quantum numbers around issues of women’s freedom and human rights, it took a while before each of us in turn started looking at how we treated each other. The unacknowledged aggression and cruelty and sexism among women in general — and that includes feminists — is what drove many an early activist out of what was a real movement. (…) I think it gets worse when it’s women only. Men are happy in a middle-distance ground toward all others. They don’t take anything too personally, and they don’t have to get right into your face, into your business, into your life. Women need to do that. Women, the minute they meet another woman, it’s: she’s going to be my fairy godmother, my best friend, the mother I never had. And when that’s not the case we say,  »well, she’s the evil stepmother. » (…) I do have a chapter that says if you have a situation that is male-dominated with a few token women, women will not like each other, they will be particularly vicious in how they compete and keep other women down and out. We can’t say how women as a group would behave if overnight they had all the positions that men now have. (…) It helps to understand that in these non-Western countries where you have mothers-in-law dousing daughters-in-law with kerosene for their dowries and we say  »how shocking, » we have a version here. You have here mothers who think their daughters have to be thin, their daughters have to be pretty and their daughters need to have plastic surgery and their daughters have to focus mainly on the outward appearance and not on inner strength or inner self. It’s not genital mutilation but it’s ultimately a concern with outward appearance for the sake of marriageability.(…) I’m thinking back to the civil rights era and the faces of white mothers who did not want little black children to integrate schools. What should we say about those women who joined the Ku Klux Klan or the Nazi party? You have a lot of women groaning under the yoke of oppression. Nevertheless, there are women who warm the beds and are the partners of men who create orphans. Women are best at collaborating with men who run the world because then we can buy pretty trinkets and have safe homes and nests for ourselves.(…) Women are silenced not because men beat up on us but because we don’t want to be shunned by our little cliques. That applies to all age groups. That’s one of the reasons that women are so conformist and so indirect: we end up sabotaging her rather than risking the loss of her intimate companionship. Women stealing each other’s lovers and spouses and jobs is pandemic. Phyllis Chesler
Les crimes d’honneur sont des actes de violence, le plus souvent des meurtres, commis par les membres masculins d’une famille à l’encontre de ses membres féminins, lorsqu’ils sont perçus comme cause de déshonneur pour la famille tout entière. Une femme peut être la cible d’individus au sein de sa propre famille pour des motifs divers, comprenant : le refus de participer à un mariage arrangé, le refus des faveurs sexuelles, la tentative de divorce — que ce soit dans le cadre de la violence conjugale exercée par son mari ou dans un contexte avéré d’adultère. La simple interprétation selon laquelle son comportement a « déshonoré » sa famille est suffisante pour enclencher une représaille. Human Rights Watch
En général, en Occident, le crime d’honneur varie en fonction de la géographie. Peu coutumier de nos jours dans les régions du Nord, il devient plus intense en descendant vers le Sud (sociétés méditerranéennes et/ou musulmanes, etc..) où les codes d’honneur propres à telle ou telle société traditionnelle ont conservé plus d’importance. C’est ainsi que la vengeance par la justice privée, plus connue sous le nom de vendetta fait partie de la culture de certains groupes ethniques qui se situent dans les Balkans (notamment les régions peuplées d’albanophones), en Turquie (Anatolie, Kurdistan, etc..), le sud de l’Italie et les îles de la Méditerranée (Corse, Sardaigne, Sicile, Crète). Avec l’immigration musulmane (notamment pakistanaise, turque/kurde et arabe), les crimes d’honneur sont réapparus en Europe. En Italie, en 2006, Hina Saleem (it), une jeune pakistanaise de 21 ans, est assassinée à Sarezzo (Lombardie) par ses parents et des membres de sa famille qui n’acceptaient pas sa relation avec un Italien et sa vie jugée « trop occidentale »10. Hina s’était également opposée à un mariage arrangé. Toujours en Italie, en 2009, Sanaa Dafani, une jeune marocaine de 18 ans résidant avec sa famille à Pordenone (N.-E.), est égorgée par son père qui lui reprochait d’être « trop occidentale » et d’avoir une relation avec un Italien11. Il sera condamné définitivement à 30 ans de prison en 201212. En 2010 à Modène (Italie), un pakistanais, aidé de son fils, « punit » à coups de barre d’acier et de pierre son épouse et sa fille qui refusaient un mariage arrangé. La mère succombera à ses blessures13. En Allemagne, en 2005, Hatun Sürücü, une jeune Allemande d’origine turque, est tuée à Berlin par son frère pour « s’être comportée comme une Allemande »14. En Belgique, en 2007, Sadia Sheikh, une pakistanaise de 20 ans, est assassinée à Charleroi (Région wallonne) par des membres de sa famille pour avoir refusé un mariage arrangé15. Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l’honneur16. En Grande-Bretagne, l’association IKWRO (Iranian and Kurdish Women’s Rights Organisation)) a recensé 2823 agressions (séquestrations, coups, brûlures, homicides) commises en 2010 contre des femmes sous prétexte de « venger l’honneur d’une famille ». Wikipedia
Les crimes d’honneur ne sont pas réservés aux provinces reculées du Pakistan, de la Turquie ou de l’Inde. En Europe occidentale aussi, des jeunes femmes sont torturées et tuées par des membres de leur famille à cause de leurs fréquentations, de leur façon de s’habiller ou de leur refus de se soumettre à un mariage forcé. En clair, parce que leur attitude laisse planer un doute sur leur virginité. C’est le constat de la fondation suisse Surgir, spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Très prudent dans sa volonté de ne « stigmatiser » aucune communauté, le rapport publié par Surgir établit un lien direct entre ces assassinats et l’immigration, tout en soulignant que, « majoritairement pratiqué au sein des communautés musulmanes, le crime d’honneur l’est aussi par les communautés sikhs, hindoues et chrétiennes ». Entre 15 000 et 20 000 femmes sont tuées chaque année dans le monde, selon les estimations des organisations non gouvernementales, par un cousin, un frère ou un père craignant l’opprobre de la communauté. « Plus qu’un permis de tuer, c’est un devoir de tuer », écrit Surgir, qui note que « le déshonneur [d'une fille] est une menace d’exclusion sociale pour toute la famille élargie ». Dans le cas de communautés immigrées, la crainte de l’assimilation peut renforcer ce besoin de protéger le groupe, alors que le mariage mixte et l’émancipation des jeunes générations sont perçus comme des menaces. Aucune statistique précise n’existe sur le sujet et la loi du silence est de mise dans les familles. Les chiffres avancés par la fondation reposent sur des estimations policières, quand celles-ci distinguent violences domestiques et violences liées à l’honneur, et sur l’étude de coupures de presse. Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l’honneur ; au Royaume-Uni, une douzaine de cas sont recensés chaque année ; en Allemagne, soixante-douze jeunes filles ont été tuées en dix ans ; en France, depuis 1993, une dizaine de cas ont été évoqués dans les médias, en grande majorité dans les communautés indiennes, pakistanaises, sri-lankaises, kurdes et turques. (…) La fondation Surgir appelle les autres Etats européens à prendre des mesures – le code pénal italien prévoit notamment une réduction de la peine pour les crimes commis sur fond de « traditions culturelles » – tout en soulignant qu’un durcissement des législations entraîne systématiquement une hausse des suicides maquillés et pousse les familles à désigner un meurtrier mineur qui sera moins sévèrement jugé. Le Monde

Attention: un crime peut en cacher un autre !

Alors qu’après la prestigieuse Oxford Union (assimilée à un vulgaire bureau des étudiants) l’an dernier

Et sous couvert de la neutralité du titre anglais et le refus de toute identification nationale de l’auteure ou de ses personnages …

(réduisant à de simples sorties-cinéma les rencontres, nécessairement clandestines dans les cinémas les plus excentrés du Londres des années 70 et d’ailleurs payées au prix fort du matricide, d »une héroïne kurde abandonnée par son mari et d’un restaurateur multiculturel d’origine grecque) …

C’est la tragique héroïne d’un roman anglo-turc que la cuvée du bac d’anglais 2014 assassine à nouveau …

Pendant qu’avec le retour des djihadistes en Irak suite au départ précipité du Munichois en chef de la Maison Blanche, les belles âmes qui avaient hurlé contre Bush et regretté Saddam nous ressortent leurs arguments les plus éculés contre la démocratisation d’une des régions les plus arriérées de la planète …

Comment ne pas voir cet étrange aveuglement, politiquement correct oblige, d’une Europe et d’un Occident d’ordinaire si prompts à dénoncer les moindres manquements aux droits de ces nouveaux damnés de la terre que sont devenus les immigrés …

Sur ces crimes dits d’honneur qui, avec l’afflux d’immigrants et comme le rappelait il y a quelques années Le Monde, ne sont plus  « réservés aux provinces reculées du Pakistan, de la Turquie ou de l’Inde » …

Et qui, devant le durcissement des législations, se voient même maquillés en suicides ou attribués à des meurtriers mineurs susceptibles d’être jugés moins sévèrement ?

Et comment ne pas saluer, par contraste, la véritable plongée que nous offre  la romancière turque fille d’un philosophe et d’une diplomate Elif Shafak dans ce passé encore « là mais inégalement réparti » …

Ce monde qui nous était devenu inconnu …

Où, via l’éducation qu’elles prodiguent à leurs fils et filles, les victimes elles-mêmes font partie de la reproduction de leur propre victimisation …

Et qui, avec l’immigration et à l’instar de certaines maladies que l’on croyait disparues, fait pourtant son retour en force chez nous ?

Q & A With Elif Shafak

Penguin Q & A with Elif Safak, author of Honour

What is your new book about?

Honour is about a family, mother-son relationship and how we, knowingly or unknowingly, hurt the people we love most. This is the story of a half-Turkish, half-Kurdish family in London in the late 1970s.

What or who inspired it?

Life.

What was the biggest challenge, writing it?

The central character, Iskender, is a young man obsessed with the notion of honour to the extent that he becomes a murderer. It was a challenge for me to put myself in his shoes, to build empathy for this extremely macho character, but it was important. Without understanding boys/men like Iskender we cannot discuss, let alone solve, honour killings.

What did you want to achieve with your book?

I wanted to tell a story, that has always been my primary aim, whatever the subject. I love giving a voice to characters who are kept in the margins, left unheard in life.

What do you hope for your book?

I hope it will connect readers from different backgrounds and lifestyles, I hope it will speak to their hearts and transcend cultural ghettoes.

Are there any parts of it that have special personal significance to you?

My novels are not autobiographical. In other words, my starting point is not myself. I find writing about myself rather boring. What I am more interested in is being other people, discovering other world and universes.

Do you have a favourite character or one you really enjoyed writing?

I don’t have a favourite character, as I feel and love each and every character along the way, even the side characters, even the ones who look troubled. However I must say Yunus, the family’s younger son has a special place in my heart. Imagining him, being him, was an inspiring journey.

What do you see as the major themes in your book?

Love and freedom. There cannot be love without freedom. And there is no honour in murder.

What made you set it in London?

My novel travels to different cities and locations, like all of my novels do. There are scenes in a Kurdish village, Istanbul, but London has been central. I love this city. I love the multicultural blending here, which is different than anywhere else. But I also wanted to say if honour-related attacks are happening even here, and they are, then that means they can happen anywhere.

Did the title come instantly to you or did you labour over it?

The title had a journey of its own. In Turkey the novel is called Iskender, which means Alexander. However I could not name it Alexander in English as people would have thought it was a novel about Alexander the Great. So instead of focusing on a character I focused on the theme and chose Honour. It is being translated into many languages and as it travels from one country to another book jackets change. In Italy they also changed the name because the word Honour in Italian recalls the mafia, and the novel has nothing to do with the mafia. So my Italian publisher Rizzoli and I chose another title: The House of Four Winds, which is the name of the Kurdish village in the novel.

To whom have you dedicated the book and why?

This book is dedicated to people who see, people who hear, people who care. And why I did that? Well the answer is in this little story I wrote at the opening page…

Who do you think will enjoy your book?

I don’t have a specific audience. Very different people read my work and I cherish that. I sincerely hope people who love stories and the art of storytelling will enjoy it, that’s what matters.

Do you have a special spot for writing at home? (If so, describe it)

I don’t have writing rituals or specific places for that. I write at home but I also write in crowded cafes, restaurants, trains stations, airports, always on the move.

Do you like silence or music playing while you’re writing?

I don’t like silence at all. I cannot write in silence. There has to be the sounds of life, music, the sounds coming from the street, rain cars and all of that. Istanbul is a very noisy city. I am used to writing in chaos and noise.

When did you start writing?

At the age of eight, but that’s not because I wanted to be a writer. I didn’t even know there was such a possibility. I fell in love with words and stories. I was a lonely kid and on my own most of the time. Books were my best friends, they were the gates unto other worlds, and they still are.

Did you always want to become an author?

The desire to become an author came to me later, when I was 17 or 18, and it was crystallised in my early twenties. So first there was the love of writing, the love of stories and only much later the desire to become an author. I have a writer inside me and an author inside me. They are different personalities. Most of the time they get along but sometimes they quarrel and disagree.

Tell us a bit about your childhood?

I was raised by a single mother, an independent minded, feminist divorcee. That was a bit unusual in 1970s Turkey. I was also raised by my Grandma for a while and she was a very different woman, she was a healer and an oral storyteller. To this day I love combining the two worlds, the two women.

If you’ve had other jobs outside of writing, what were they?

I contribute regularly to a major newspaper in Turkey, I write twice a week and I also write op-ed pieces for papers around the world. I am a political scientist by training, I teach creative writing too.

Describe yourself in three words?

Storyteller, nomad, freethinker.

What star sign are you and are you typical of it?

I am a Scorpio and like many Scorpio’s I am inward-looking and love to sabotage myself.

What three things do you dislike?

Hate speech, xenophobia, gender discrimination.

What three things do you like?

Connections, creativity, compassion.

Have you a family, partner or are you single?

I am a mother of two and a terrible wife in addition to being a writer.

Voir aussi:

Honour by Elif Shafak – review
A fierce tale of tradition in Muslim culture
Maureen Freely
The Guardian
20 April 2012

Elif Shafak begins her new novel with a dedication containing a dark and portentous anecdote: when she was seven years old, she lived next door to a tailor who was in the habit of beating his wife. « In the evenings, we listened to the shouts, the cries, the swearing. In the morning, we went on with our lives as usual. The entire neighbourhood pretended not to have heard, not to have seen. »

Honour
by Elif Shafak

Tell us what you think: Star-rate and review this book

Having dedicated her book to « those who hear, those who see », Shafak hands over to Esma Toprak, a London-bred Turkish Kurd, as she prepares to set off for Shrewsbury Prison to collect her brother, who has just served a 14-year term for murder. It is implied, but not confirmed, that his victim was their mother. Esma admits to having thought often about killing her brother in revenge. And yet she plans to welcome him back into the house she now shares with her husband and two daughters.

This is the cloud that hangs over the next 300-odd pages, as Esma offers up fragments of family history, beginning with her mother’s birth in a village near the Euphrates. She describes a world where women as well as men enforce an honour code that results in the social death of men who fail to act like men, and the actual death of several female relatives. When her family migrates to Istanbul, and then to London in the early 1970s, they take that code with them, but as they grow accustomed to life in the west it becomes less a system of social regulation than a compulsion they can neither control nor understand.

Adem, the father, falls in love with an exotic dancer. Disgraced, he drifts away. Iskender, the eldest son, is left unprotected and is brutally bullied before forming his own gang and doing much worse to others. His views on masculinity are further sharpened by the neighbourhood’s fledgling radicals and he has one rule for his English girlfriend and another for Pembe, his mother. Tradition dictates that he is now the head of the household, and even though she does not like him controlling her, she nevertheless defers to him, going out of her way to convey her approval for her « sultan ».

Running in parallel with this all-too-familiar tragedy is another story. Even in that village near the Euphrates, where mothers grieve at the birth of each new daughter, women wield considerable social powers, although they are inclined to express them through dreams, premonitions, and potions. They also impart a gentler Islamic tradition of mercy and compassion, encouraging an imaginative engagement with both tradition and the modern world. Pembe longs to travel, and she has her wish. Her twin sister Jamila stays behind to become the region’s fabled Virgin Midwife, travelling fearlessly through territories controlled by bandits, trusting her fate to God’s hands. When a dream signals that her twin is in danger, Jamila has no trouble finding the people who can get her to London without proper documentation. The two younger Toprak children show a similar independence of thought as they struggle to resolve the contradictions that have brought their family down.

Shafak is an extremely popular novelist in Turkey, particularly loved by young, educated and newly independent women who appreciate her fusion of feminism and Sufism, her disarmingly quirky characters and the artful twists and turns of her epic romances. Born in Strasbourg to a diplomat mother, educated in Europe, the United States and Turkey, she writes some books in her native Turkish and others (like this one) in English. In everything she writes, she sets out to dissolve what she regards as false narratives. In this one, it’s the story of the « honour killing » as we know it from those shock headlines. The book calls to mind The Color Purple in the fierceness of its engagement with male violence and its determination to see its characters to a better place. But Shafak is closer to Isabel Allende in spirit, confidence and charm. Her portrayal of Muslim cultures, both traditional and globalising, is as hopeful as it is politically sophisticated. This alone should gain her the world audience she has long deserved.

• Maureen Freely’s Enlightenment is published by Marion Boyars.

Voir également:

Les crimes d’honneur, une réalité européenne
Benoît Vitkine
Le Monde
15.11.2011

Les crimes d’honneur ne sont pas réservés aux provinces reculées du Pakistan, de la Turquie ou de l’Inde. En Europe occidentale aussi, des jeunes femmes sont torturées et tuées par des membres de leur famille à cause de leurs fréquentations, de leur façon de s’habiller ou de leur refus de se soumettre à un mariage forcé. En clair, parce que leur attitude laisse planer un doute sur leur virginité.

C’est le constat de la fondation suisse Surgir, spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Très prudent dans sa volonté de ne « stigmatiser » aucune communauté, le rapport publié par Surgir établit un lien direct entre ces assassinats et l’immigration, tout en soulignant que, « majoritairement pratiqué au sein des communautés musulmanes, le crime d’honneur l’est aussi par les communautés sikhs, hindoues et chrétiennes ».

Entre 15 000 et 20 000 femmes sont tuées chaque année dans le monde, selon les estimations des organisations non gouvernementales, par un cousin, un frère ou un père craignant l’opprobre de la communauté. « Plus qu’un permis de tuer, c’est un devoir de tuer », écrit Surgir, qui note que « le déshonneur [d'une fille] est une menace d’exclusion sociale pour toute la famille élargie ». Dans le cas de communautés immigrées, la crainte de l’assimilation peut renforcer ce besoin de protéger le groupe, alors que le mariage mixte et l’émancipation des jeunes générations sont perçus comme des menaces.

Aucune statistique précise n’existe sur le sujet et la loi du silence est de mise dans les familles. Les chiffres avancés par la fondation reposent sur des estimations policières, quand celles-ci distinguent violences domestiques et violences liées à l’honneur, et sur l’étude de coupures de presse. Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l’honneur ; au Royaume-Uni, une douzaine de cas sont recensés chaque année ; en Allemagne, soixante-douze jeunes filles ont été tuées en dix ans ; en France, depuis 1993, une dizaine de cas ont été évoqués dans les médias, en grande majorité dans les communautés indiennes, pakistanaises, sri-lankaises, kurdes et turques.

« PRÉTENDU » HONNEUR

Le rapport évoque plusieurs cas enregistrés chaque année en Suède, en Suisse ou en Italie. En octobre 2010, par exemple, à Modène, une Pakistanaise de 20 ans et sa mère de 46 ans se sont opposées au mariage arrangé prévu pour la jeune femme : le père et le fils ont tué la mère à coups de barre de fer et blessé grièvement la jeune fille.

Le Parlement européen et le Conseil de l’Europe ont avancé pour la première fois en 2003 des recommandations d’ordre général. Mais seuls les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont adopté un dispositif complet, alliant prévention auprès des associations d’immigrés, protection des témoins, formation des policiers et création d’unités spéciales. Dans les textes britanniques, le mot « honneur » est, à la demande explicite du gouvernement, précédé de la mention « so called » (« prétendu »).

La fondation Surgir appelle les autres Etats européens à prendre des mesures – le code pénal italien prévoit notamment une réduction de la peine pour les crimes commis sur fond de « traditions culturelles » – tout en soulignant qu’un durcissement des législations entraîne systématiquement une hausse des suicides maquillés et pousse les familles à désigner un meurtrier mineur qui sera moins sévèrement jugé.

Voir encore:

Les «crimes d’honneur» augmentent au Royaume-Uni
Chloé Woitier
Le Figaro
03/12/2011

Banaz Mahmod, 20 ans, a été violée, torturée, étranglée puis brûlée sur ordre de son père et de son oncle en 2006 car elle fréquentait un garçon. Son meurtre avait choqué le Royaume-Uni.

Une association a recensé près de 3000 victimes de «crimes d’honneur» dans le pays en 2010. Les plaintes déposées à la police ont doublé en un an dans certaines zones, dont Londres.

Battues, séquestrées, mutilées, aspergées à l’acide ou tuées pour avoir porté atteinte à l’honneur de leur famille. Cette réalité a été vécue en 2010 par près de 3000 jeunes femmes résidant en Grande-Bretagne, selon une étude parue par l’Organisation pour le droit des femmes iraniennes et kurdes (Ikwro). Dans la seule capitale de Londres, ces «crimes d’honneur» ont doublé en un an, avec près de 500 cas.

Les données, collectées pour la première fois dans le pays, ont été obtenues par l’association grâce au Freedom of Information Act, une loi promulguée en 2000 par le gouvernement de Tony Blair qui permet à tout citoyen d’avoir accès à un très grand nombre de documents administratifs. Ikwro a ainsi envoyé une demande à l’ensemble des forces de police afin de connaître le nombre de violences qui ont été perpétrées l’an passé au nom de «l’honneur».

Le total, estimé à 2823 incidents, peut selon l’association être augmenté d’au moins 500 cas, 13 unités de police sur 52 n’ayant pas répondu à la demande. Dans certaines zones, les cas recensés ont doublé en un an. Ikwro estime également que ces chiffres sont sous-estimés, de nombreuses victimes n’osant pas porter plainte par peur de représailles.
«Un problème sérieux qui touche des milliers de personnes»

Pour l’association, la très grande majorité des femmes victimes de ces violences proviennent de familles originaires du sous-continent indien, d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. «Elles résistent de plus en plus aux atteintes à leur liberté, comme un mariage forcé décidé par leur famille. De fait, elles sont plus exposées aux violences», explique au Guardian Fionnuala Ni Mhurchu, responsable de la campagne d’Ikwro. «Ces chiffres sont importants car ils prouvent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. C’est au contraire un problème sérieux qui touche des milliers de personnes chaque année, dont un certain nombre subit de très importantes violences avant de porter plainte.»

Ces femmes subissent le courroux de leur famille parce qu’elles ont un petit ami, ont refusé un mariage arrangé, ont été violées, ou parlent simplement à des hommes. D’autres sont victimes de violences car elles sont homosexuelles, se maquillent, ou s’habillent à l’occidentale. «Les coupables de ces crimes sont considérés comme des héros dans leur communauté parce qu’ils ont défendu l’honneur de leur famille et la réputation de la communauté»,a expliqué la directrice de l’Ikwro, Dina Nammi, sur la BBC.

L’association, forte de ces données, réclame que les autorités britanniques se donnent les moyens de lutter contre les «crimes d’honneur». Un porte-parole du ministère britannique de l’Intérieur a assuré que le gouvernement était «déterminé à mettre fin» à ces pratiques. Le Royaume-Uni est en effet avec les Pays-Bas le seul pays d’Europe à avoir élaboré une politique complète en la matière selon un rapport de la fondation suisse Surgir. La police britannique s’est ainsi dotée d’unités spéciales, tandis que tous les policiers du pays sont formés depuis 2009 à reconnaître les signes de violence liées à l’honneur. Des sites d’informations destinées aux jeunes filles ont également été mis en ligne pour inciter les victimes à porter plainte contre leur famille. Il n’existe pas de politique similaire en France.

Voir de même:

Meurtre de Banaz Mahmod en Grande-Bretagne : de nouvelles révélations ajoutent à l’horreur de ce « crime d’honneur »
Daily Mail
4 septembre 2007

De nouveaux détails concernant l’affaire Banaz Mahmod viennent d’être révélés sur les dernières heures de la jeune femme kurde assassinée par sa famille pour être tombée amoureuse du mauvais garçon. Ces détails ajoutent encore un peu plus dans le pathétique d’une affaire qui émeut toute l’Angleterre. Banaz Mahmod, 20 ans, a été violée et frappée à coups de pieds pendant deux heures avant d’être étranglée par une cordelette. Mohamad Hama, âgé de 30 ans avait été reconnu coupable du meurtre. Il avait été recruté par le père de Banaz (52 ans), et par Ari, le frère de celui-ci (51 ans), eux aussi reconnus coupables du meurtre. Les détails terrifiants du meurtre sont parvenus au public après que Hama ait été secrètement enregistré en train de parler à un de ses compagnons de cellule. Il a admis avoir « frappé » et « baisé » Banaz, qui a été soumise à des actes sexuels dégradant. Dans cet enregistrement, on peut entendre Hama et son ami rire de bon coeur pendant qu’il décrit comme il l’a tuée chez elle à Mitcham, dans le sud de Londres, avec Ari Mahmod pour « superviseur » des opérations. Les meurtriers, puisque deux autres suspects se sont enfuis en Irak, pensaient que Banaz serait seule chez elle. Hama déclare : « Ari (l’oncle) avait dit qu’il n’y avait personne d’autre. Mais il y avait quelqu’un d’autre : sa soeur (Biza). Le bâtard nous avait menti ». Au sujet du meurtre, il déclare « Je jure sur Allah que ça a pris plus de deux heures. Son âme et sa vie ne voulaient pas partir. Selon le meurtrier, Banaz avait été garottée pendant cinq minutes, mais il a fallu encore une demi-heure avant qu’elle ne meure. « Le cordon était fin et l’âme ne voulait pas partir comme ça. Nous ne pouvions pas l’enlever, ça a pris en tout et pour tout cinq minutes pour l’étrangler. Je l’ai frappé à coups de pieds sur le cou pour faire sortir son âme. Elle était complètement à poil, sans rien sur elle » Le corps de Banaz a été mis dans une valise et enterrée dans un jardin à Birmingham, où on l’a retrouvée trois mois plus tard.

Voir par ailleurs:

‘Honor killings’ in USA raise concerns
Oren Dorell
USA TODAY
11/30/2009

Muslim immigrant men have been accused of six « honor killings » in the United States in the past two years, prompting concerns that the Muslim community and police need to do more to stop such crimes.

« There is broad support and acceptance of this idea in Islam, and we’re going to see it more and more in the United States, » says Robert Spencer, who has trained FBI and military authorities on Islam and founded Jihad Watch, which monitors radical Islam.

Honor killings are generally defined as murders of women by relatives who claim the victim brought shame to the family. Thousands of such killings have occurred in Muslim countries such as Egypt, Jordan, Pakistan and Palestinian territories, according to the World Health Organization.

Some clerics and even lawmakers in these countries have said families have the right to commit honor killings as a way of maintaining values, according to an analysis by Yotam Feldner in the journal Middle East Quarterly.

In the USA, police allege the latest « honor killing » was that of Noor Almaleki, 20, who died Nov. 2 after she and her boyfriend’s mother were run over in a Peoria, Ariz., parking lot. Prosecutors charged Almaleki’s father, Faleh Almaleki, with murder, saying the Iraqi immigrant was upset that his daughter rejected a husband she married in Iraq and moved in with an American.

« By his own admission, this was an intentional act, and the reason was that his daughter had brought shame on him and his family, » says Maricopa County prosecutor Stephanie Low, according to The Arizona Republic.

Many Muslim leaders in the USA say that Islam does not promote honor killings and that the practice stems from sexism and tribal behavior that predates the religion.

« You’re always going to get problems with chauvinism and suppressing vulnerable populations and gender discrimination, » says Salam Al-Marayati, executive director of the Muslim Public Affairs Council.

Not all agree. Zuhdi Jasser says some Muslim communities have failed to spell out how Islam deals with issues that can lead to violence.

« How should young adult women be treated who want to assimilate more than their parents want them to assimilate? » asks Jasser, founder of the American Islamic Forum for Democracy, which advocates a separation of mosque and state. « How does an imam treat a woman who comes in and says she wants a divorce … or how to deal with your daughter that got pregnant, and she’s in high school? »

Phyllis Chesler, who wrote about honor killings in her book Woman’s Inhumanity to Woman, says police need to focus on the crimes’ co-conspirators if they wish to reverse the trend. Before 2008, there were six honor killings in the USA in the previous 18 years, according to her research.

« It’s usually the father, brother or first male cousin who is charged with the actual shooting or stabbing, (but not) the mother who lures the girl home, » Chesler says. « The religion has failed to address this as a problem and failed to seriously work to abolish it as un-Islamic. »

Jasser says his community needs to address how to treat young women who want to assimilate. « Until we have women’s liberation … we’re going to see these things increase. »

Voir encore:

Q&A; Women Are Nurturing? How About Cruel, Especially to One Another
The New York Times
August 24, 2002

Phyllis Chesler is a feminist psychotherapist, author of several books about women and the founder of the Association for Women in Psychology. In her latest book,  »Woman’s Inhumanity to Woman » (Thunder’s Mouth Press/Nation Books, 2002) she explores the often cruel relationships between women. Felicia R. Lee spoke with her.

There have been several books in the past year about how women and girls treat one another badly. Why is this topic receiving so much attention now?

I began working on this 20 years ago so I think I anticipated the curve. Had I published it sooner I would not have been able to back it up with the extraordinary research that has only begun to gather steam in the last 10 to 15 years.

The media are now willing, for whatever reason, to pay attention to the subject. I think that as women we’re strong enough now to not only acknowledge our racism, our class bias and our homophobia but our sexism. The coming generation, and second-wave feminists as well, can acknowledge that women, like men, are aggressive and, like men, are as close to the apes as the angels. Our lived realities have never conformed to the feminist view that women are morally superior to men, are compassionate, nurturing, maternal and also very valiant under siege. This is a myth.

You are known as a radical feminist who has written extensively about how the courts and the medical system mistreat women. Are you afraid that this book will be used against women?

Women don’t have to be better than anyone else to deserve human rights. Our failure to look at our own sexism lost us a few inches in our ability to change history in our lifetime. The first thing we do is acknowledge what the truth is, and then we have to not have double standards. We have to try not to use gossip to get rid of a rival, we have to try not to slander the next woman because we’re jealous that she’s pretty or that she got a scholarship. I think we have to learn some of the rules of engagement that men are good at.

Women coerce dreadful conformity from each other. I would like us to embrace diversity. Then we could have a more viable, serious feminist movement.

Why did so many feminists make the mistake of believing in what you call the myth of female superiority?

Because the stereotypes of women have been so used to justify our subordination and since it was a heady moment in history to suddenly come together with other women in quantum numbers around issues of women’s freedom and human rights, it took a while before each of us in turn started looking at how we treated each other. The unacknowledged aggression and cruelty and sexism among women in general — and that includes feminists — is what drove many an early activist out of what was a real movement.

Isn’t there conflict and psychological warfare in any social justice movement or workplace?

I think it gets worse when it’s women only. Men are happy in a middle-distance ground toward all others. They don’t take anything too personally, and they don’t have to get right into your face, into your business, into your life. Women need to do that. Women, the minute they meet another woman, it’s: she’s going to be my fairy godmother, my best friend, the mother I never had. And when that’s not the case we say,  »well, she’s the evil stepmother. »

We don’t serve ourselves so well with our depth-charged levels of capacity for intimacy because then we can only be close to a small group. We can’t command a nation-state.

Isn’t that just an extension of arguments that have created glass-ceilings in workplaces?

No. I think the conclusion is not that women should be kept barefoot and pregnant and at home because they have no executive capacity. The conclusion is that there is something about the workplace that is deadly to all living things and men adapt more.

I do have a chapter that says if you have a situation that is male-dominated with a few token women, women will not like each other, they will be particularly vicious in how they compete and keep other women down and out. We can’t say how women as a group would behave if overnight they had all the positions that men now have.

The cruelty you document ranges from mothers-in-law burning their daughters-in-law because of dowry disagreements to women stealing each other’s boyfriends. Can it all really be lumped together?

It helps to understand that in these non-Western countries where you have mothers-in-law dousing daughters-in-law with kerosene for their dowries and we say  »how shocking, » we have a version here. You have here mothers who think their daughters have to be thin, their daughters have to be pretty and their daughters need to have plastic surgery and their daughters have to focus mainly on the outward appearance and not on inner strength or inner self. It’s not genital mutilation but it’s ultimately a concern with outward appearance for the sake of marriageability.

Although you note that women don’t have as much power as men, you view them as equally culpable for many of society’s ills.

I’m thinking back to the civil rights era and the faces of white mothers who did not want little black children to integrate schools. What should we say about those women who joined the Ku Klux Klan or the Nazi party? You have a lot of women groaning under the yoke of oppression. Nevertheless, there are women who warm the beds and are the partners of men who create orphans. Women are best at collaborating with men who run the world because then we can buy pretty trinkets and have safe homes and nests for ourselves.

You say that women are the ones who police and monitor one another and silence dissent.

Women are silenced not because men beat up on us but because we don’t want to be shunned by our little cliques. That applies to all age groups. That’s one of the reasons that women are so conformist and so indirect: we end up sabotaging her rather than risking the loss of her intimate companionship. Women stealing each other’s lovers and spouses and jobs is pandemic.

Voir aussi:

Banaz: An ‘honour’ killing
November 3, 2012 « Honour » based violence (HBV), Blog 1

Artist and activist Deeyah explains the motivation behind her documentary film Banaz: A love story which features IKWRO. A shortened version of this documentary was shown on ITV on 31st October.

Deeyah writes:

I grew up in a community where honour is a form of social currency which is a source of concern from the moment we are born. ‘Honour’ can be the most sought after, protected and prized asset that defines the status and reputation of a family within their community. This burden weighs most heavily upon women’s behaviour. This collective sense of honour and shame has for centuries confined our movement, freedom of choice and restricted our autonomy. You cannot be who you are, you cannot express your needs, hopes and opinions as an individual if they are in conflict with the greater good and reputation of the family, the community, the collective. If you grow up in a community defined by these patriarchal concepts of honour and social structures these are the parameters you are expected to live by. This is true for my own life and experiences.

Autonomy, is not acceptable and can be punished by a variety of consequences from abuse, threats, intimidation, exclusion by the group, violence of which the most extreme manifestation is taking someone’s life; murdering someone in the name of ‘honour’. This is something that has interested me through much of my life especially because of my own experiences of meeting resistance and opposition for my expression and life choices which at the time strayed from the acceptable moral norms afforded to women of my background and I understand what it is like when people want to silence your voice. I have addressed these honour concepts in various forms through the years but I have always wanted to do more, especially about the most extreme form of guarding this “honour” known as honour killings. The medium I felt would allow me the room to explore this topic most in-depth is the documentary film format.

This is why I set out, almost 4 years ago, to make a documentary film about honour killings. My intent was to shed light on this topic and to learn about through reviewing an extensive list of cases across Europe that could help us to understand the extent of this issue and its existence within the European and American diaspora. The purpose of this project being to create a film that would serve primarily to educate and inform, and to help us understand the issue better and to consider what can be done to prevent or reduce these crimes. As I started researching and delving further into various cases, I came across the story of Banaz Mahmod. I realized that this case would best illustrate the constructs of honour, the lack of understanding around this topic in the Western world, and the severe need to do more across social, political and community lines. As a result, Banaz’ story has become the anchor for the topic in the film and shows the lessons needed to be learned from her tragic death.

Banaz Mahmod’s life was marked by betrayal. As a child she underwent FGM at the hands of her grandmother. At age 17 she was married off to a man she had met only once in order to strengthen family alliances. In her marriage she was abused, beaten, raped and forced to endure isolation. At age 19, she left her husband and returned to her family home hoping for safety and security, only to be betrayed again: first by the British authorities who didn’t take her pleas for help seriously when she suspected she was in danger, then by her family, who took her disobedience as an unforgivable act. At age 20 she disappeared and was never heard from again until she was discovered buried under a patio, wedged in a fetal position inside a muddy suitcase— a victim of so-called ‘Honour’ Killing.

After her death, Banaz found another family in the unlikeliest of places: the Metropolitan Police. It took Detective Chief Inspector Caroline Goode and her team five years to find and prosecute the perpetrators of this brutal crime, which included her father, uncle and a male cousin. This case spanned two continents and resulted in the only extradition from Iraq by Britain in modern history. In death, Banaz found a family willing to do whatever it took to protect her memory.

Banaz’s life and murder is just one among thousands of stories around the world where families chose to obey their community and peer pressure instead of honouring their duty to love and protect their children. Through Banaz’s story, which covers many of the classic patterns of Honour Crimes and oppression, we explore the broader topic of honour killings that is becoming particularly prevalent within diaspora communities in Europe and the US. 3000 honour crimes were reported in the UK alone in 2010. Despite these staggering figures being considered the “tip of the iceberg”, many young women, like Banaz, are let down by officials in the West because of their lack of understanding and training in identifying the signs of an honour crime as well as for fear of upsetting cultural sensitivities—and at times from a sense of a general apathy surrounding violence against minority community women. Honour Killings are an ongoing genocide where the murders of women and girls are considered ‘justified’ for the protection of a a family’s reputation. Although , for Banaz, justice did eventually prevail, she was still found dead in a suitcase.

Caroline’s extraordinary dedication shows that effective action can be taken, and that a new benchmark for detection can be set.

During the process of making this film, there were two points that stood out as particular needs that I could concretely do something about. The first, was to create a place where people interested in the subject and in need of information about honour violence could go to find out more. The second, was to create a place where the victims, whose families intended to erase them from the world, could be remembered. So I created The Honour-Based Violence Awareness Network (HBVA) and the Memini Memorial initiatives in collaboration with volunteers and experts from around the world.

During the process of making the film I found that after exhaustively searching the web for information on the subject, my need for research and data was unfulfilled. I continued interviewing experts in the field, ranging from policy makers to NGOs, activists, police officers and legal professionals and realised that they also shared my frustration at the lack of accessible and comprehensive information about Honour Based Violence. During these interviews, I quickly became aware that Honour Based Violence is little understood in the West–with alarming consequences. We know that Honour Based Violence is far more widespread than current figures indicate because it is under-reported, under-researched and under-documented; and therefore, easily misunderstood, overlooked and mis-recognised. I found this absolutely unacceptable. As a result I developed the Honour Based Violence Awareness Network (HBVA).

In collaboration with international experts, HBVA is an international digital resource centre working to advance understanding and awareness of Honour Killings and Honour Based Violence through research, training and information for professionals; teachers, health workers, social services, police, politicians, and others who may encounter individuals at risk. HBVA builds and promotes a network of experts, activists, and NGOs from around the world, establishing international partnerships to facilitate greater collaboration and education. HBVA draws on the expertise of its international partners, collaborators and experts from Pakistan, Iraq, UK, Netherlands, Sweden, Germany, India, Norway, Denmark, Bangladesh, Jordan, Palestine, France. Some of the esteemed HBVA experts are Unni Wikan, Asma Jahangir, Yakin Erturk, Rana Husseini, Serap Cileli, Ayse Onal, Yanar Mohammad, Dr. Shahrzad Mojab, Aruna Papp, Hina Jilani, Dr. Tahira S. Khan, Sara Hossain. WWW.HBV-AWARENESS.COM

Additionally, born as a result of this film project, is WWW.MEMINI.CO. Memini is an online remembrance initiative set up to ensure that the stories of victims of honour killings are told, defying the intent of those who wanted to erase them. Our personal and community silence allows these violent expressions of honour to survive and is what makes these murders possible in the first place. Memini is a small and humble step towards ending that silence.

Although the story of Banaz is filled with so much darkness, Detective Chief Inspector Caroline Goode shows us what can be achieved if we just simply care. Caroline went above and beyond the call of duty, going to the ends of the earth to find justice for Banaz–not just to fulfill her obligation as a police officer, but from feeling duty bound and seeing Banaz with a mother’s eyes and feeling with a mother’s heart.. I am grateful to have found Caroline and Banaz through this journey. For me, Caroline’s dedication and integrity, her compassion and her professionalism, represents the highest expression of truly honourable behaviour. The core lesson I have learned is that there is hope, but more has to be done – and I am committed to doing what I can, however small the action. I believe one thing we can do is to remember the victims. I believe if their own blood relatives discarded, betrayed, exterminated and forgot them, then we should adopt these girls as our own children, our own sisters, our own mothers and as fellow human beings. We will mourn, we will remember, we will honour their memory and we will not forget!

If we worry about offending communities by criticising honour killings, then we are complicit in the perpetuation of violence and abuse, in the restriction of women’s lives. Our silence provides the soil for this oppression and violence to thrive. It is not racist to protest against honour killings. We have a duty to stand up for individual human rights for all people, not for just men and not just for groups. We shall not sacrifice the lives of ethnic minority women for the sake of so-called political correctness.

I’d rather hurt feelings than see women die because of our fear, apathy and silence. We need to stand in solidarity. In order to create change we need to care. We need authorities, decision makers and politicians to provide the same protections and robust actions for women of ethnic minority communities affected by honour based violence and oppression as they would for any other crimes in any other part of society. It is not acceptable to shy away from abuses happening against women in some communities for fears of being labelled racist or insensitive– the very notion of turning a blind eye or walking on egg shells and avoiding to protect basic human rights of some women because they are of a certain ethnic background is not only fatal, but represents true racism.

We cannot continue to allow this slaughter of women in the name of culture, in the name of religion, in the name of tradition and in the name of political correctness. If we allow this to continue, we are betraying not only Banaz but thousands of other women and girls in her situation. Surely we should do all we can to protect all individuals in our societies regardless of skin colour, cultural heritage or gender, without fear?

We must challenge these paradigms in every way we can. Centuries old mindsets, entrenched gender roles and power relations will take time to change, but we can make a real and immediate difference in challenging the lack of awareness, the lack of political will, the lack of sufficient training and understanding when it comes to front line people who can help individuals at risk. This includes police, doctors, nurses, school teachers, social services and so on. At the very least the ignorance of authorities and lack of their understanding and training in European countries should not be a contributing factor in the continuing abuse of thousands of women (and men). We can not allow it to be the reason why these young people continue to suffer in silence because they fear they won’t be understood and won’t get the help they need.

Banaz is among the people who dared to ask for help; the majority of young people at risk of the various forms of honour based violence may not come forward at all.

All of the honour killings I researched are horrifying, heartbreaking and devastating, and no one case felt any less sad and tragic than any other. The reason I ended up choosing the story of Banaz was not because of the horror but because of the love. Banaz’s story was different in my eyes from most other stories because there was love in spite of the hatred she faced in her life, after death there were people who loved her and cared about her, one of whom was the most unexpected person I could have imagined, a police officer, of all people, DCI Caroline Goode. The other was Banaz’s sister Bekhal, who sacrificed her own safety and peace of mind for the sake of her love for her sister and her need to honour her memory through achieving justice. I have the greatest respect for Bekhal, her courage and determination defines true honour for me.

I was most saddened, from the very beginning of this project, to see how absent Banaz was from her own story. Normally a biographical film will feature family members, friends, and other people who knew the person sharing their love, their memories and thoughts about the person who has died, showing home videos and photographs and the other mementoes of loving relationships. In this film that was just not the case at all. The only person in the film speaking about Banaz and who had known Banaz when she was alive was her sister. Everyone else in the film came to know Banaz after she had passed away. We even put out calls in local newspapers and reached out through facebook and other social media to find anyone who would have known her and would be willing to share their memories of her, but no one came forward. This hurt my heart until I came across the footage of Banaz herself, showing us the suffocating reality of her life. Watching this tape for the first time was one of the most painful experiences of my life. I had spent three and a half years working on this documentary, learning everything I could about this young women’s life — and her death, and we were in the final editing process, and then suddenly here she was present on this tape. No one else would come forward to speak about her, but here she was herself in the final momemts of the process of making this film. It was a harrowing experience to finally be able to hear and see her tell her own story.

I found it excruciatingly sad to see her and at the same time I felt so glad and privileged to finally get a chance to see her and hear her. No one listened to her in her life, so the least we can do is listen to her now.

As a society we have let down Banaz, and as her community we have let her down, so the least we can now paying her the respect to listen to her and to learn from her experiences, and to honour Banaz we through addressing this issue with complete honesty and courage.

I deeply regret the fact that it took her death for people to start the process of learning more about this problem, although measures have been taken to improve the understanding around this, in my personal opinion, reflected in the research I have done, there is a very long way to go before we can adequately understand, protect and support women at risk. We don’t need empty slogans or lip service; we need real effective action on this issue. Living in Western societies, we need our lives as “brown” women to matter as much as any white British, Norwegian, French, German, Swedish, American, European or any other woman and fellow human being.

It feels surreal but deeply satisfying to finally stand at the point of completion. It has been a very long, hard and emotionally difficult process. It is my first film ever, and I feel proud to have had the opportunity to work on a project like this, and honoured to get to tell the story of such remarkable women such as Banaz, Bekhal and Caroline.

One of the things that has been very moving about this project is that, every single person who has been involved with the film has done so out of love for Banaz and for this project, and I have a deep feeling of gratitude for everyone who took part..Even though I did not have the budget to make a film like this, the time and commitment of my team made it possible — not only have people worked for significantly reduced rates, but often they have also worked for free. For example, the master musician Dr. Subramaniam contributed a soundtrack for the film because he believed in the project and wanted to contribute even though I was unable to pay him his usual fees. The entire process of this film has been like this and I have nothing but gratitude for the hard work, care and passion of everyone involved.

The tragic story of Banaz Mahmod: she fell in love at 19, so her family killed her
Fiona Barton
Daily Mail
12 June 2007

As one of five daughters in a strictly-traditional Kurdish family, Banaz Mahmod’s future was ordained whether she liked it or not.

She was kept away from Western influences, entered an arranged marriage at the age of 16 with a member of her clan and was expected to fulfil the role of subservient wife and mother.

But Banaz, a bright, pretty 19-year-old, fell in love with another man.

And for that, she was murdered by her father, uncle and a group of family friends. The very people who should have protected her from harm plotted her killing, garrotted her with a bootlace, stuffed her body in a suitcase and buried her under a freezer.

Banaz’s crime was to « dishonour » her father, Mahmod Mahmod, an asylum seeker from Iraqi Kurdistan, by leaving her abusive marriage and choosing her own boyfriend – a man from a different Kurdish clan.

Her punishment was discussed at a family « council of war » attended by her father, uncle Ari and other members of the clan. In the living room of a suburban semi in Mitcham, South London, it was decided that this young woman’s life was to be snuffed out so that her family would not be shamed in the eyes of the community.

Banaz was only ten when she came to Britain with her father, who had served in the Iraqi army, her mother Behya, brother Bahman and sisters Beza, Bekhal, Payman and Giaband.

The family, who came from the mountainous and rural Mirawaldy area, close to the Iranian border, were escaping Saddam Hussein’s regime and were granted asylum.

But Banaz’s move to a western country changed nothing about the life she was made to lead.

She had met her husband-tobe only three times before her wedding day, once on her father’s allotment. He was ill-educated and old-fashioned but her family described him as ‘the David Beckham of husbands’.

The teenage bride, who was taken to live in the West Midlands, was to tell local police in September 2005 that she had been raped at least six times and routinely beaten by her husband.

In one assault, she claimed, one of her teeth was almost knocked out because she called him by his first name in public.

To leave the arranged marriage would have brought dishonour on the Mahmod family and Banaz’s parents apparently preferred their child to suffer abuse rather than be shamed.

But after two years of marriage, she insisted on returning home to seek sanctuary. It was there, at a family party in the late summer of 2005, that she met Rahmat Sulemani.

For the first time in her blighted existence, Banaz fell in love. She was besotted with Rahmat, 28, calling him ‘my prince’ and sending endless loving text messages. Her father and uncle Ari were furious; the young woman was not yet formally divorced by her husband and her boyfriend was neither from their clan nor religious. More importantly, perhaps, he had not been chosen by her family.

Mahmod became enraged when his daughter refused to give up her boyfriend and talked of being in love.

The threat to family honour was immense and made worse by the fact that Banaz’s elder sister, Bekhal, had already brought « shame » on the family by moving out of the house at the age of 15, to escape her father’s violence.

Bekhal’s defiance meant that Mahmod lost status in the community because he was seen to

have failed to control his women and his younger brother Ari, a wealthy entrepreneur who ran a money transfer business, took over as head of the family.

It was he who telephoned Banaz on December 1, 2005 to tell her to end the affair with Rahmat or face the consequences.

The following day, Ari called a council of war to plan her murder and the disposal of her body. She was secretly warned by her mother that the lives of her and her boyfriend were in danger, and she went to Mitcham Police Station to report the death threat. But she was so terrified of her family’s reaction that she asked police to take no action and refused to move to a refuge.

The next day, an officer called at the family home but Banaz would not let him in.

She believed that her mother would protect her from harm but as an insurance against her disappearance, went back to the police station a week later to make a full statement, naming the men she believed would kill her.

One of the men was Mohamad Hama, who has admitted murder and two of the others named fled back to Iraq after the killing. On New Year’s Eve 2005, she was lured to her grandmother’s house in nearby Wimbledon for a meeting with her father and uncle to sort out her divorce.

When her father appeared wearing surgical gloves, ready to kill her, she ran out barefoot, broke a window to get into a neighbour’s house and then ran to a nearby cafe, covered in blood from cuts to her hands and screaming: « They’re trying to kill me ».

The officers who attended the scene and accompanied Banaz to hospital did not believe her story.

However, the distressed and injured victim was able to give her own testimony about the attack to the jury in a short video recorded on Rahmat’s mobile phone at St George’s Hospital, Tooting.

The terrified lovers pretended they had parted but they continued to meet in secret. Tragically, they were spotted together in Brixton on January 21 and the Mahmods were informed.

Mohamad Hama and three other men tried to kidnap Rahmat and, when his friends intervened, told him he would be killed later.

When he phoned to warn Banaz, she went to the police and said she would co- operate in bringing charges against her family and other members of the community.

The policewoman who saw Banaz tried to persuade her to go into a hostel or safe house but she thought she would be safe at home because her mother was there.

On January 24, Banaz was left on her own at the family house and her assassins, Hama and two associates, were alerted.

The full details of what happened to her are still not known but two of the suspects, Omar Hussein and Mohammed Ali, who fled back to Iraq after the killing, are said to have boasted that Banaz was raped before she was strangled, « to show her disrespect ».

There followed a « massively challenging » investigation into her disappearance by detectives, fearing the worst. The family’s appalling crime was finally exposed when, three months after she went missing, Banaz’s remains were found, with the bootlace still around her neck.

The discovery of her body provoked no emotion in her father and uncle. Even at her funeral, the only tears were from Banaz’s brother.

« She had a small life, » a detective on the case said. « There is no headstone on her grave, nothing there to mark her existence. »

Yesterday, her devastated boyfriend, who has been given a new identity by the Home Office under the witness protection programme, said: « Banaz was my first love. She meant the world to me. »

The dead girl’s older sister, Bekhal, urged other women in the same position as her and her sister to seek help before it is too late.

Even today she continues to fear for her life, lives at a secret address and never goes out without wearing a long black veil that covers her entire body and face apart from her eyes.

She strongly rejected the suggestion that Banaz had brought « shame » on her Kurdish family by falling in love with a man they did not approve of, saying her sister simply wanted to live her own life.

« There’s a lot of evil people out there. They might be your own blood, they might be a stranger to you, but they are evil.

« They come over here, thinking they can still carry on the same life and make people carry on how they want them to live life. »

Asked what was in her father’s mind on the day that Banaz died, Bekhal replied: « All I can say is devilishness. How can somebody think that kind of thing and actually do it to your own flesh and blood? It’s disgusting. »

Bekhal says she is scared whenever she sees somebody from the same background as her.

« I watch my back 24/7. »

Voir de plus:

‘They’re following me’: chilling words of girl who was ‘honour killing’ victim
The murder of Banaz Mahmod by her family in 2006 shocked the country. A documentary now tells her story
Tracy McVeigh
The Observer
22 September 2012

On police videotape, a 19-year-old girl named those she believed had intended to kill her. They would try again, she said. « People are following me, still they are following me. At any time, if anything happens to me, it’s them, » she told the officers calmly. « Now I have given my statement, » she asked an officer, « what can you do for me? »

The answer was very little. Banaz Mahmod went back to her family in Mitcham, south London. Three months later she disappeared. It was several months before her raped and strangled body was found and four years before all those responsible for killing her were tracked down and jailed. Her father and uncle planned her death because the teenager had first walked out of a violent and sexually abusive arranged marriage, and later had fallen in love with someone else.

Now a documentary is to be premiered at the Raindance film festival, which opens this week, that includes for the first time some of the recordings made both by Banaz herself in the runup to her murder and the videotapes of some of the five visits she made to police to report the danger she felt herself to be in and name, before the event, her murderers. She told how her husband was « very strict. Like it was 50 years ago. »

« When he raped me it was like I was his shoe that he could wear whenever he wanted to. I didn’t know if this was normal in my culture, or here. I was 17. » Her family were furious when she finally left him.

The so-called honour killing of Banaz, who was murdered on 24 January 2006, shocked not only the country but also the police team, who faced a daunting task in bringing her killers to justice. They faced an investigation within an Iraqi Kurdish community, many of whom believed Banaz had deserved her fate for bringing shame on her father – a former soldier who fled Saddam Hussein and had sought asylum in the UK with his wife and five daughters. Mahmod Mahmod and his brother, Ari, were jailed for life for their part in the murder in 2007, but two other men involved fled to Iraq and were extradited back before being jailed for life in 2010.

Detective Chief Inspector Caroline Goode, who won a Queen’s Award for her dedicated efforts in getting justice for Banaz, said she found the case harrowing. In most cases police get justice after a murder for the family. « In this case the family had no interest whatsoever in the investigation. It was an absolute outrage that this girl was missing and nobody cared. »

The film also shows the continuing effects of the killing, with both Banaz’s boyfriend and her sister, Bekhal, still living in hiding and in fear. Bekhal has put her own life at risk by her decision to give evidence against her family in court. She now « watches her back 24/7″.

Remembering her sister, she tells the film-makers: « She was a very calm and quiet person. She loved to see people happy and didn’t like arguments, she didn’t like people raising their voices, she hated it. She just wanted a happy life, she just wanted a family. »

The film, Banaz: A Love Story, was made by the former pop star and now music producer and film-maker Deeyah. Norwegian-born, but of Punjabi and Pashtun heritage, Deeyah has herself been subject to honour-related abuse and her singing career was marred by endless death threats that, in part, led to her giving up touring. The story of Banaz, who died because she just wanted to be an ordinary British teenager, she said, struck an immediate chord with her.

« Despite the horror, what emerges is a story of love, » said Deeyah. « What has upset me greatly from the very beginning of this project is how absent Banaz was from her own story. Whenever you see a film about someone who has passed you will always have family, friends, people who knew the person, sharing their love, their memories and thoughts about the person who has died; they have home videos, photos. That was just not the case here at all. The only person speaking for Banaz who had known her alive was her sister. Other than that, everyone else in the film came to know Banaz after she had died. »

A search for other witnesses to her life proved fruitless. « We tried to find anyone who would have known her, no one came forward, » said Deeyah. « Then I came across the videotape with Banaz herself, telling us what her suffocating reality was like. Watching this tape for the first time was among the most difficult things I have ever experienced. I had spent three-and-a-half years working on this film, learning everything I could about this young woman’s life and her death, we were in the final editing process and suddenly here she was, when no one else would come forward to speak about her.

« I found it excruciatingly sad to see her and at the same time I felt so glad to finally get a chance to see her and hear her. No one listened to her in her life. As a society we let down Banaz, as her community we let her down. I am sorry she had to die for people to start learning more about this problem, although measures have been taken to improve the understanding around this.

« There is a very long way to go before we can adequately understand, protect and support women at risk. We don’t need empty slogans or lip service, we need real concise action on this issue. Living in western societies, we need our lives as ‘brown’ women to matter as much as any fellow human being. »

Voir enfin:

Crime d’honneur -Elif Shafak
Patrice
Cultura
le 28/04/2013

Roman sensible et émouvant d’une auteure turque adulée dans son pays, Crime d’honneur tisse les relations complexes d’une famille écartelée entre sa culture traditionnelle et le désir d’émancipation né du passage à l’occident.
Un village près de l’Euphrate, dans un monde patriarcal où l’honneur des hommes est la valeur suprême. Là, une femme qui implore Allah pour la naissance d’un fils après avoir mis au monde six filles voit sa requête ignorée. Ce seront deux filles de plus : Pembe et Jamila, jumelles aux caractères aussi dissemblables que leurs destins. L’une se marie avec le Turc Adem et part vivre avec lui à Londres, dans un pays hostile et providentiel. L’autre se retire dans une cabane isolée et devient la sage-femme vierge. C’est Pembe, la voyageuse, qui réalisera le rêve maternel en accouchant en Angleterre d’un fils : Iskender, aîné de la fratrie, sultan, petit dieu. Mais les amours contrariés pèsent de tout leur poids dans les malheurs à venir. Car amoureux de Jamila, Adem a dû se résoudre à épouser Pembe qu’il n’aimera jamais et quittera. Le champ est libre pour mettre l’honneur à l’épreuve, car chacun sait chez les kurdes que les femmes ne peuvent apporter que la honte. Et qu’en l’absence du mari, c’est sur le fils, aussi jeune soit-il, que pèse la responsabilité de défendre, par tous les moyens, l’honneur du clan.

EXTRAIT

ESMA Londres, septembre 1992

Ma mère est morte deux fois. Je me suis promis de ne pas permettre qu’on oublie son histoire, mais je n’ai jamais trouvé le temps, la volonté ou le courage de la coucher par écrit. Jusqu’à récemment, je veux dire. Je ne crois pas être en mesure de devenir un véritable écrivain, et ça n’a plus d’importance. J’ai atteint un âge qui me met davantage en paix avec mes limites et mes échecs. Il fallait pourtant que je raconte cette histoire, ne serait-ce qu’à une personne. Il fallait que je l’envoie dans un coin de l’univers où elle pourrait flotter librement, loin de nous. Je la devais à maman, cette liberté. Et il fallait que je termine cette année. Avant qu’il soit libéré de prison.
Dans quelques heures, je retirerai du feu le halva au sésame, je le mettrai à refroidir près de l’évier et j’embrasserai mon époux, feignant de ne pas remarquer l’inquiétude dans ses yeux. Je quitterai alors la maison avec mes jumelles – sept ans, nées à quatre minutes d’intervalle – pour les conduire à une fête d’anniversaire. Elles se disputeront en chemin et, pour une fois, je ne les gronderai pas. Elles se demanderont s’il y aura un clown, à la fête, ou mieux : un magicien.
– Comme Harry Houdini, suggérerai-je.
– Harry Wou-quoi ?
– Woudini, elle a dit, idiote !
– C’est qui, maman ?
Ça me fera mal. Une douleur de piqûre d’abeille. Pas grand-chose en surface, mais une brûlure tenace à l’intérieur. Je me rendrai compte, comme à tant d’occasions, qu’elles ne connaissent rien de l’histoire de la famille, parce que je leur en ai raconté si peu. Un jour, quand elles seront prêtes. Quand je serai prête.
Après avoir déposé les petites, je bavarderai un moment avec les autres mères. Je rappellerai à l’hôtesse qu’une de mes filles est allergique aux noix et que, comme il est difficile de distinguer les jumelles, il vaut mieux les garder à l’œil toutes les deux, et s’assurer que ni l’une ni l’autre n’ingère d’aliments contenant des noix, y compris le gâteau d’anniversaire. C’est un peu injuste pour mon autre fille, mais entre jumelles ça arrive parfois – l’injustice, je veux dire.
Je retournerai alors à ma voiture, une Austin Montego que mon mari et moi conduisons à tour de rôle. La route de Londres à Shrewsbury prend trois heures et demie. Il est possible que je doive faire le plein d’essence juste avant Birmingham. J’écouterai la radio. Ça m’aidera à chasser les fantômes, la musique.
Bien des fois, j’ai envisagé de le tuer. J’ai élaboré des plans complexes mettant en action un pistolet, du poison, voire un couteau à cran d’arrêt – une justice poétique, en quelque sorte. J’ai même pensé lui pardonner, tout à fait, en toute sincérité. En fin de compte, je n’ai rien accompli.
*
En arrivant à Shrewsbury, je laisserai la voiture devant la gare et je parcourrai à pied en cinq minutes la distance me séparant du sinistre bâtiment de la prison. Je ferai les cent pas sur le trottoir ou je m’adosserai au mur, face au portail, pour attendre qu’il sorte. Je ne sais pas combien de temps ça prendra. Je ne sais pas non plus comment il réagira en me voyant. Je ne l’ai pas revu depuis plus d’un an. Au début, je lui rendais visite régulièrement mais, alors qu’approchait le jour de sa libération, j’ai cessé de venir.
À un moment, le lourd battant s’ouvrira et il sortira. Il lèvera le regard vers le ciel couvert, lui qui a perdu l’habitude d’une aussi vaste étendue au-dessus de lui, en quatorze années d’incarcération. Je l’imagine plissant les yeux pour se protéger de la lumière du jour, comme une créature de la nuit. Pendant ce temps, je ne bougerai pas, je compterai jusqu’à dix, ou cent, ou trois mille. On ne s’embrassera pas. On ne se serrera pas la main. Un hochement de tête et un salut murmuré de nos voix fluettes et étranglées. Arrivé à la gare, il sautera dans la voiture. Je serai surprise de constater qu’il est toujours musclé. C’est encore un jeune homme, après tout.
S’il veut une cigarette, je ne m’y opposerai pas, bien que j’en déteste l’odeur et que je ne laisse mon mari fumer ni dans la voiture ni à la maison. Je roulerai à travers la campagne anglaise, entre des prairies paisibles et des champs cultivés. Il m’interrogera sur mes filles. Je lui dirai qu’elles sont en bonne santé, qu’elles grandissent vite. Il sourira comme s’il avait la moindre idée de ce que c’est d’être parent. Je ne lui poserai aucune question en retour.
J’aurai apporté une cassette pour la route. « Les plus grands succès d’ABBA » – toutes les chansons que ma mère aimait fredonner en cousant, en faisant la cuisine ou le ménage : Take a Chance on Me, Mamma Mia !, Dancing Queen, The Name of the Game… Parce qu’elle nous regardera, j’en suis certaine. Les mères ne montent pas au paradis, quand elles meurent. Elles obtiennent la permission de Dieu de rester un peu plus longtemps dans les parages pour veiller sur leurs enfants, quoi qu’il se soit passé entre eux au cours de leurs brèves vies mortelles.
De retour à Londres, on gagnera Barnsbury Square et je chercherai une place de stationnement en grognant. Il se mettra à pleuvoir – des petites gouttes cristallines – et je réussirai à me garer. Je me demande s’il me dira en riant que j’ai la conduite typique des femmes au volant. Il l’aurait fait, jadis.
On se dirigera ensemble vers la maison, dans la rue silencieuse et lumineuse devant et derrière nous. Pendant un court instant, je comparerai ce qui nous entoure à notre maison de Hackney, celle de Lavender Grove, et je n’en reviendrai pas de trouver tout si différent, désormais – combien le temps a progressé, alors même que nous ne progressions pas !
Une fois à l’intérieur, on retirera nos chaussures et on enfilera des pantoufles, une paire de charentaises anthracite pour lui, empruntée à mon mari, et pour moi des mules bordeaux à pompon. Son visage se crispera en les voyant. Pour l’apaiser, je lui dirai qu’elles sont un cadeau de mes filles. Il se détendra en comprenant que ce ne sont pas les siennes à elle, que la ressemblance n’est que pure coïncidence.
Depuis la porte, il me regardera faire du thé, que je lui servirai sans lait mais avec beaucoup de sucre, à condition que la prison n’ait pas changé ses habitudes. Puis je sortirai le halva au sésame. On s’assoira tous les deux près de la fenêtre, nos tasses et nos assiettes à la main, comme des étrangers polis observant la pluie sur les jonquilles du jardin. Il me complimentera sur mes talents de cuisinière et me confiera que le halva au sésame lui a manqué, tout en refusant d’en reprendre. Je lui dirai que je respecte la recette de maman à la lettre, mais que jamais il n’est aussi bon que le sien. Ça le fera taire. On se regardera dans les yeux, dans un silence lourd. Puis il s’excusera, prétextera de la fatigue pour demander à aller se reposer, si c’est possible. Je le conduirai à sa chambre et je refermerai lentement la porte.
Je le laisserai là. Dans une pièce de ma maison. Ni loin ni trop près. Je le confinerai entre ces quatre murs, entre la haine et l’amour, sentiments que je ne peux m’empêcher d’éprouver, piégés dans une boîte au fond de mon cœur.
C’est mon frère.
Lui, un meurtrier.

EXTRAIT BAC :

Together they focused on the film.

Pembe watched The Kid with wide-open eyes, the look of surprise on her countenance deepening with each scene. When Chaplin found an abandoned baby in a rubbish bin, and raised him like his own son, she smiled with appreciation. When the child flung stones at the neighbours’ windows so that the tramp–disguised as a glazier–could fix them and earn some money, she chuckled. When social services took the boy away, her eyes welled up with tears.

And, finally, as father and son were reunited, her face lit up with contentment, and a trace of something that Elias took to be melancholy. So absorbed did she seem in the film that he felt a twinge of resentment. What a funny thing it was to be jealous of Charlie Chaplin. Elias observed her as she unpinned her hair, and then pinned it back. He caught a whiff of jasmine and rose, a heady, charming mixture. Only minutes before the film came to an end, he found the nerve to reach out for her fingers, feeling like a teenager on his first date. To his relief, she didn’t move her hand away. They sat still–two sculptures carved out of the dark, both scared of making a move that would disrupt the tenderness of the moment.

When the lights came back on, it took them a few seconds to grow accustomed to real life. Quickly, he took out a notepad and wrote down the name of another cinema in another part of the town. “Next week, same day, same time, will you come?”
“Yes”, she faltered. Before he’d found a chance to say anything else, Pembe leaped to her feet and headed towards the exit, running away from him and everything that had taken place between them, or would have taken place, had they been different people.

She held in her palm the name of the place they were to meet next time, grasping it tightly, as if it were the key to a magic world, a key she would use right now were it in her power to decide. And so it began. They started to meet every Friday at the same time, and occasionally on other afternoons. They frequented the Phoenix more than any other place, but they also met at several other cinemas, all far-away from their home, all unpopular.
[. . .]
In time he found out more things about her, pieces of a jigsaw puzzle that he would complete only long after she had gone.
[..]
Slowly he was beginning to make sense of the situation. This unfathomable, almost enigmatic attraction that he felt for her, a woman so alien to the life he had led, was like a childhood memory coming back.

Elif Shafak, Honour, 2012

Voir par ailleurs:

Bac 2013: shocking confusion à l’épreuve d’anglais
Marie Caroline Missir
L’Express
20/06/2013

Les concepteurs du sujet d’anglais LV1 se seraient risqués à comparer le prestigieux ‘ »Oxford Union » avec une vulgaire association étudiante…

Lorsque le journaliste anglais Peter Gumbel a découvert le sujet d’anglais première langue du bac 2013, son sang n’a fait qu’un tour. Les concepteurs du sujet auraient confondu « Oxford Union », prestigieux cercle de discussion et de débats bien connu Outre-manche, avec l »‘Oxford’s Student Union », l’équivalent du bureau des élèves. Shocking!

Le texte sur lequel devaient en effet plancher les lycéens est tiré d’une oeuvre de Jeffrey Archer, First Among Equal. Le récit en question met en scène un jeune homme très ambitieux, et qui pourrait, selon sa mère, aspirer à présider le prestigieux « Oxford Union ». A partir de la lecture de ce texte, les élèves sont alors invités à disserter en imaginant le discours de campagne de Simon, le héros de Archer, pour devenir président « of the University’s Student Union », soit l’association des étudiants d’Oxford…rien à voir avec l’Oxford Union, évoquée dans le texte du sujet! « Cette confusion, absolument incroyable pour un examen tel que le bac exigerait que l’épreuve soit annulée! », estime-t-il.

Pour l’Inspection générale d’anglais, il n’y a aucune erreur dans ce sujet. « Dans le texte de compréhension, il est en effet fait référence à la prestigieuse société de réflexion et de débats Oxford Union. Il est vraisemblable que relativement peu de candidats la connaissent. L’un des sujets d’expression proposés au choix du candidat envisage une autre situation: le personnage du texte décide d’être candidat à la présidence de the University’s Student Union. Pour éviter toute confusion, Oxford n’est pas mentionné. Les candidats sont invités à tenir compte de ce qu’ils connaissent du personnage pour l’imaginer dans une situation différente du texte », justifie l’inspection. Much Ado about nothing donc, comme dirait Sheakespeare.

Peter Gumbel est l’auteur de « Elite Academy, La France malade de ses grandes écoles », Denoël, 2013.

COMPLEMENT:

Honor’ Killings: A New Kind of American Tragedy
A new kind of American tragedy is taking place in a Brooklyn Federal Courthouse.
Dr. Phyllis Chesler
Breitbart
30 Jun 2014

Both the defendant, standing trial for conspiracy to commit murder abroad in Pakistan, and the main witness against him, his daughter Amina, wept when they first saw each other. Amina’s extended family stared at her with hostility. As she testified, Amina paused, hesitated, and sobbed. She and her father had been very close until he decided that she had become too “Americanized.”

This Pakistani-American father of five, a widower, worked seven days a week driving a cab in order to support his children; this included sending his daughter, Amina, to Brooklyn College.

This is a successful American immigrant story—and yet, it is also a unique and unprecedented story as well, one which demands that Western law prevail over murderously misogynistic tribal honor codes.

At some point, Mohammad Ajmal Choudry sent Amina to Pakistan so that she might re-connect with her “roots”—but he had her held hostage there for three years. During that time, Amina, an American citizen, was forced into an arranged marriage, ostensibly to her first cousin, who probably expected this marriage to lead to his American citizenship. Such arranged marriages, and arranged specifically for this purpose, are routine. They are also factors in a number of high profile honor killing cases in the United States, Canada, and Europe.

For example, the Texas born and raised Said sisters, Aminah and Sarah, refused to marry Egyptian men as their Egyptian cab-driver father Yasir wanted them to do and he killed them for it. Canadian-Indian, Jaswinder Kaur, refused to marry the man her mother had chosen for her and instead married someone she loved. Her widowed mother and maternal uncle had her killed in India. They have been fighting extradition from Canada for more than a decade.

Amina, who grew up in New York from the time she was nine years old, did not want to be held hostage to this marriage. Indeed, Amina had found a man whom she loved and wished to marry.

Plucky Americanized Amina fled the arranged marriage within a month. With the help of a relative, the U.S. State Department, and ultimately, the Department of Homeland Security, Amina left Pakistan and went into hiding in the United States.

She had to. Her father had threatened to kill her if she did not return to her husband, give up her boyfriend, or return to her father. Mohammad may have pledged Amina’s hand without her knowledge, long, long ago.

A female relative’s sexual and reproductive activities are assets that belong to her father’s family, her tribe, her religion. They are not seen as individual rights.

Acting as if one is “free” to choose whom to marry and whom not to marry means that a woman has become too Westernized, or, in Amina’s case, too “Americanized.” This is a capital crime.

From Mohammad’s point of view, his beloved daughter had betrayed and dishonored him. She had “un-manned” him before his family. The desire to marry whom you want or to leave a violent marriage are viewed as filthy and selfish desires. Many Muslims in the Arab and Muslim world; Hindus and Muslims in India; and Muslims and, to a lesser extent, Sikhs in the West share this view and accordingly, perpetrate “honor killings.”

I do not like this phrase. An honor killing is dishonorable and it is also murder, plain and simple. It is a form of human sacrifice. It is also femicide–although sometimes boys and men are also murdered. I would like to call them “horror” murders.

American federal statutes have allowed prosecutors to charge and convict American citizens and residents while they are in the United States for having committed crimes abroad. This includes conspiracy to commit murder, incite terrorism, launder money, engage in racketeering, etc.

What did Mohammad Choudry do? According to the Indictment filed in United States District Court/the Eastern District of New York on September 20, 2013, Choudry “knowingly and intentionally conspired” to commit one or more murders. He contacted and wired money to at least four conspirators in Pakistan, including some relatives. Since Amina would not come out of hiding, their job was to murder the father and sister of Amina’s boyfriend. And they did just that. An eyewitness “observed Choudry’s brother standing over the victims, holding a gun and desecrating the bodies.”

The murders were committed in Pakistan “between January 2013 and February 2013.” Mohammad Ajmal Choudry was arrested in New York on February 25, 2013. The trial began last week, in June, 2014. Amina testified that her father vowed to kill her and every member of her new lover’s family if she did not do the right thing.

The price of love or of freedom for Amina—and for other women in her position–is very high. She will have no family of origin. If she ever weakens and tries to seek them out, she risks being killed by one of her siblings, uncles, or cousins. After all, Amina entrapped her father on the phone by allowing him to death threaten her and others.

I have published three studies about honor killing and am at work on a fourth such study. I have also written countless articles about this subject and submitted affidavits in cases where girls and women have fled honor killing families and are seeking political asylum.

I am beginning to think that, like female genital mutilation, honor murder is so entrenched a custom that, in addition to prevention and prosecution,  (at least in the West), what may be required is this: People may need to be taught courage, the art of resisting tribal barbarism. Families need to learn to go against tradition, withstand ostracism and mockery, withstand being cut off by their families and villages—for the sake of their daughters.

One fear that a “dishonored” family has is that they will not be able to marry off their other daughters or sons. Perhaps educating a pool of potential marriage mates into understanding that murder is not “honorable;” that daughters’ lives are valuable, that such horror murders are not religiously sanctioned (if indeed, that is the case), and that enacting tribal honor codes are high crimes in the West.

The Choudry trial continues today in Brooklyn. Stay tuned for breaking news.


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