Documenteurs: J’ai tourné les séquences à Rafah par téléphone (What about the other Rachels?)

21 octobre, 2009
Rachel (Simone Botton, 2008)Les Palestiniens sont en ce moment, pour autant que je sache, engagés dans une résistance non-violente gandhienne. Rachel Corrie
Un faux documentaire (ou encore le mot-valise documenteur) est un canular qui tout en ayant l’apparence d’un vrai documentaire présente une histoire fictive ou défend une thèse farfelue. En anglais, on a recours au néologisme mockumentary. À ne pas confondre avec le docu fiction qui est un documentaire relatant des événements réels mais utilisant des reconstitutions avec comédiens. pour illustrer ce genre cinématographique marginal. Wikipedia
Le correspondant de France 2 à Gaza, Talal, qui a filmé la scène (…) travaille en toute confiance pour notre chaîne depuis 1988. Charles Enderlin
J’ai tourné les séquences à Rafah, en donnant mes indications de mise en scène par téléphone. Simone Bitton
Ecrasée sciemment ou non? Le Canard enchainé
Ménageant ainsi la raison des uns et des autres, le film ne se prononce pas explicitement en faveur d’une version ou de l’autre, mais induit par leur juxtaposition l’hypothèse du mensonge israélien. Ce faisant, il privilégie un débat dont la pertinence est toute théorique, tant il est clair que ce bulldozer est la cause directe de la mort de la jeune femme, et tant il semble que la mort de civils, du moins palestiniens, n’est pas toujours un facteur discriminant dans les actions menées par Tsahal. Le Monde
Ces militaires sont serviables et efficaces, lorsque vous vous intéressez à quelque chose dont ils veulent parler, mais lorsque vous arrivez avec un sujet qui leur déplaît ils sont très forts pour vous mettre des bâtons dans les roues. Je les ai tellement harcelés que finalement, pour se débarrasser de moi, ils m’ont accordé trente minutes d’entretien avec le Major Avital Leibovitch, qui est la propagandiste en chef de l’armée israélienne pour la presse étrangère. (…) Aujourd’hui, il y a des caméras presque partout. Les manifestants et les militants dans les zones de conflit savent que l’image de leur cadavre sera médiatisée s’ils sont tués ; non seulement ils ne s’y opposent pas, mais cela fait partie de leur démarche. (…) C’est une enquête cinématographique sur la mort d’une jeune fille, écrasée par un engin militaire dans un pays malade. Cette jeune fille était américaine, l’engin était un bulldozer israélien, et le pays, c’est la Palestine et Israël. Un lieu dont je ne cesse, film après film, de documenter le malheur et parfois la beauté. Mon enquête est rigoureuse. Comme l’affaire n’a jamais été jugée, je joue un peu le rôle d’un juge d’instruction, je ” cuisine ” les témoins, je relis les dépositions, j’examine les pièces à conviction, etc. Je détricote une montagne de versions et je laisse la vérité affleurer d’elle-même, sans commentaire. Cette rigueur est essentielle, car elle me permet d’aller plus loin, de transcender le sujet. Au cinéma, le résultat de l’enquête compte moins que le fait même d’enquêter. Il s’agit de filmer et d’observer des lieux, des gens, des objets ; de recueillir des paroles, des gestes et des silences. De faire jaillir l’émotion des matières les plus froides et les plus dures, comme les images d’une caméra de surveillance ou le métal lisse d’une table d’autopsie. Simone Bitton
J’ai du mal à croire que des soldats israéliens aient tué délibérément des civils palestiniens (…) Nous savons tous comment l’armée palestinienne opère à Gaza. Nous savons bien que ce n’est pas le cas. (…) Demander à Israël un gel intégral de la colonisation, c’est certes conforme au droit international (…) mais est-ce vraiment réaliste? C’est la logique du tout ou rien (…) Si la colonisation était le principal problème, on n’aurait pas attendu 2009 pour le traiter. Christophe Bigot (ambassadeur de France en Israël, cité par Le Canard enchainé, 21.10.09)

Vous avez aimé Human Rights Watch, Goldstone, les soldats tueurs d’enfants, les soldats violeurs, les soldats dépeceurs?

Vous aimerez aussi… les soldats équarisseurs!

“Négligences de l’enquête officielle”, “mensonges de l’armée”, “déshumanisation galopante”, “soldats lobotomisés par la propagande”, “civils impuissants”, “élégante manière de retrouver sa propre jeunesse militante”, “jeune Américaine refusant qu’à l’autre bout de la terre on tue en son nom”, “inexpérience des soldats perchés sur les chars et contraints d’obéir aux ordres” …

Pour ceux qui se souviennent des fameuses images de la “mort en direct du petit Mohamed” tournées à portée de téléphone par notre Enderlin national …

Parmi les films recommandés par le Canard très enchainé cette semaine …

Qui fustige au passage le porte-voix de l’Elysée à Tel Aviv, le nouvel ambassadeur de France Christophe Bigot …

L’enquête poétique (“Rachel”), après le triomphe des scènes de Londres et de Broadway il y a quatre ans, de la documentariste franco-israélienne Simone Bitton, déjà auteure d’une dénonciation d’une barrière de sécurité israélienne qui empêche non seulement aux Palestiniens de s’éclater au soleil mais les contraint de lancer des roquettes par dessus (“Mur”, 2004) …

Adapté du journal intime de la jeune pacifiste américaine Rachel Corrie, écrasée en 2003 par un bulldozer de l’armée israélienne dans la bande de Gaza alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction d’une maison palestinienne dans le cadre de la construction d’un mur de séparation dans la zone frontalière avec l’Egypte …

Télérama revient, sans jamais (véritable tour de force partagé apparemment par l’ensemble de ses confrères!) évoquer une seconde les tunnels de contrebande de terroristes et d’armes – sans parler des autres morts de Rachel – que ladite barrière était censée arrêter), sur les difficiles conditions de cette “minutieuse reconstitution” tournée à des moments par téléphone …

A l’assaut de Tsahal

Rachel
Film français de Simone Bitton
Mathilde Blottière
Télérama
Samedi 24 octobre 2009

“Juive arabe”, comme elle aime à se présenter, Simone Bitton n’en a pas fini avec Israël. Dans Mur, son précédent documentaire, la cinéaste démontait un à un les arguments des promoteurs de la « barrière de sécurité » qui, depuis 2002, sépare Israël des territoires palestiniens. Avec la même rigueur et une sensibilité toujours à vif, elle revient, cette fois, sur la mort d’une militante pacifiste américaine. Le 16 mars 2003, Rachel Corrie, 23 ans, membre de l’ISM (International Solidarity Movement), a été écrasée par un bulldozer de l’armée israélienne, alors qu’elle tentait de protéger la maison d’un Palestinien, à Rafah, dans la bande de Gaza.

Simone Bitton enquête. Elle passe au crible les multiples témoignages, les dépositions, les documents officiels et officieux. Elle reconstitue la chronologie des faits, repère les négligences de l’enquête officielle, pointe les mensonges de l’armée. Plus le film progresse, plus la réalisatrice révèle une déshumanisation galopante : dans ce pays, des soldats, lobotomisés par la propagande, détruisent des quartiers entiers sous les yeux de civils impuissants…

Filmer les amis de Rachel (« Bien plus courageux que moi au même âge », avoue-t-elle) est pour Simone Bitton une élégante manière de retrouver sa propre jeunesse militante. En eux, elle salue une nouvelle génération d’activistes prêts à défendre leurs convictions contre les idées de leur milieu. Et l’on devine l’admiration de la documentariste pour cette jeune Américaine, refusant qu’à l’autre bout de la terre on tue en son nom.

Lus par ses proches quatre ans après le drame, les mots de Rachel résonnent longtemps en nous. Des mots simples et bouleversants, extraits de mails ou de lettres, qui dévoilent une personnalité étonnamment mûre. Convaincue de la justesse de sa cause, mais émue par l’inexpérience des soldats perchés sur les chars et contraints d’obéir aux ordres.

Simone Bitton refuse l’émotion facile autant que le discours militant. Précis, dense, complexe, son film s’impose comme une réflexion passionnante sur la jeunesse et la résistance. Au-delà du conflit israélo-palestinien.

Voir aussi:

Critique
“Rachel” : autopsie d’une disparition à Gaza
Le Monde
20.10.09

Dans la bande de Gaza, le 16 mars 2003, Rachel Corrie, une Américaine de 23 ans, trouve la mort en s’interposant devant un bulldozer israélien affecté au déblaiement de la zone frontalière avec l’Egypte. La jeune femme faisait partie d’une organisation non violente, l’International Solidarity Movement (ISM), et était venue, comme d’autres jeunes gens de tous pays, pour s’opposer aux destructions menées par l’armée israélienne dans le cadre officiel de la lutte antiterroriste. Plus précisément, l’armée opérait dans la zone de Raffah pour y créer un no man’s land destiné à faciliter la construction d’un mur de séparation.

La réalisatrice Simone Bitton, qui tourne des films dans la région et sur ce conflit depuis une quinzaine d’années, s’empare de ce drame pour tenter de lever le voile sur les circonstances qui l’ont permis, voire en comprendre les raisons. Elle a retrouvé les principaux témoins de l’accident, s’est procuré les rapports de l’armée israélienne, le journal intime de la défunte, s’est entretenue avec un nombre considérable de gens, a retrouvé un reportage d’une télévision privée qui a recueilli anonymement le point de vue des deux conducteurs du bulldozer, a même mis la main sur une vidéo de surveillance de Tsahal, expurgée du moment fatal.

Le film est construit comme une enquête indépendante, qui entend aller plus loin que le classement de l’affaire par la commission d’enquête officielle israélienne, qui a conclu à un accident. Ce point de vue, repris dans le film par la porte-parole de Tsahal, qui se fonde sur le témoignage des conducteurs de l’engin et le rapport d’autopsie, fait état de la vision très réduite à bord du bulldozer, et de l’absence de contusions graves sur le corps de la victime, qui, selon le rapport d’autopsie, aurait péri par asphyxie.

Juxtaposition

Les compagnons de la jeune femme, comme les témoins palestiniens alentour, réfutent quant à eux cette thèse et prétendent avoir vu le bulldozer venir de loin et bel et bien renverser Rachel Corrie. Ils en concluent, d’une part, que les conducteurs de l’engin avaient eu tout loisir de voir la jeune femme, d’autre part et conséquemment qu’il y a donc eu volonté de tuer. Ménageant ainsi la raison des uns et des autres, le film ne se prononce pas explicitement en faveur d’une version ou de l’autre, mais induit par leur juxtaposition l’hypothèse du mensonge israélien.

Ce faisant, il privilégie un débat dont la pertinence est toute théorique, tant il est clair que ce bulldozer est la cause directe de la mort de la jeune femme, et tant il semble que la mort de civils, du moins palestiniens, n’est pas toujours un facteur discriminant dans les actions menées par Tsahal. Cette approche affaiblit en outre la puissance documentaire du film, en instrumentalisant ses personnages au profit du débat qu’il entend illustrer.

LA BANDE-ANNONCE (avec Preview Networks)
Bande-annonce fournie par Filmtrailer.com

Documentaire français de Simone Bitton. (1 h 40.)


Rapport Goldstone: Le Hamas tout comme le Hezbollah sont passés maîtres dans l’art d’utiliser et tromper les médias (Former British commander in Afghanistan: Hamas, like Hizbullah, are expert at driving the media agenda)

19 octobre, 2009
PallywoodMalgré le discours du Caire, la décision des Etats-Unis de s’opposer à la résolution sur le rapport Goldstone (…) n’a fait que confirmer l’idée, de plus en plus répandue dans le monde arabe, que la politique de l’administration américaine actuelle n’est que la continuation des précédentes, revêtue de beaux discours. Le Temps
L’incapacité des gouvernements occidentaux à soutenir le rapport Goldstone révélerait une politique de deux poids deux mesures dans la mise en œuvre de la justice internationale. Human Rights Watch
Cette proposition de résolution m’attriste, car elle ne fait part que d’allégations à l’encontre d’Israël. Il n’y a pas une phrase pour condamner le Hamas comme nous le faisons dans le rapport. J’espère que le Conseil pourra encore modifier ce texte.Richard Goldstone
Israël a dû faire face à des ennemis qui se sont délibérément placés en zones civiles habitées, se servant de leurs propres populations comme boucliers humains. (…) le Hamas tout comme le Hezbollah sont passés maîtres dans l’art d’utiliser et tromper les médias, en demandant à leurs gens de déformer ou inventer des faits qui accuseraient ensuite Israël de commettre des crimes de guerre. (…) La vérité est que l’Armée israélienne a pris des mesures exceptionnelles pour avertir les populations civiles de l’imminence d’une attaque, soit par des millions de tracts disséminés par avion, ou des centaines de milliers d’appels téléphoniques, dans l’unique but de réduire ou éviter les pertes civiles innocentes. (…) il y a eu des erreurs qui ont coûté la vie de civils, tout comme cela est arrivé aux troupes britanniques ou américaines mais en aucun cas, une erreur involontaire ne peut être qualifiée de crime de guerre. Colonel Richard Kemp
Ces groupes islamistes n’ignorent pas le droit international concernant les conflits armés et ce serait une grave erreur de pouvoir penser ainsi. Ces groupes terroristes ont étudié ces lois d’une façon approfondie. Ils savent que les commandements, britannique ou israélien, et leurs soldats sont contraints d’appliquer le droit international et les règles d’engagement qui en découlent. Ils font donc tout leur possible pour exploiter ce qu’ils considèrent comme l’une des plus grandes faiblesses de leurs ennemis. Leur modus operandi est fondé sur le principe que les armées occidentales respectent les règles du droit. A contrario, non seulement ces partisans ne respectent pas le droit de la guerre, mais ils développent des stratégies délibérées qui sont fondées sur le non-respect du droit. Leur doctrine militaire est construite sur cette base. Richard Kemp

Au lendemain d’une énième résolution anti-israélienne destinée à finir dans les tiroirs du Machin …

Où, sous le prétexte de l’approbation d’un rapport sur les crimes de guerre à Gaza l’hiver dernier et d’une résolution (contestée par l’auteur du rapport lui-même pour son manifeste parti-pris anti-israélien) en demandant l’examen devant le Conseil de sécurité avec saisine éventuelle de la Cour internationale de justice, chacun a fait son numéro devant la rue arabe …

De l’Amérique d’Obama qui tout en y votant non et menaçant de véto toute saisine du Consil de sécurité et de la Cour internationale de justice, faisait (discours du Caire oblige) sa grande rentrée à un Conseil des droits de l’homme dirigé par les parangons de vertu démocratique que sont la Libye, l’Iran ou Cuba …

Aux Russes qui l’ont votée sachant que comme les Américains ils mettraient leur véto à son application …

Ou aux Français et Britanniques qui se sont abstenus en connaissant à l’avance l’issue …

Sans parler de ses parrains palestiniens qui en avaient d’abord contesté le principe mais qui firent vite volte-face devant la pression de la rue …

Retour sur l’intervention de l’ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan Richard Kemp dans un colloque de juin dernier à Jérusalem sur la dernière guerre de Gaza.

Qui a l’insigne mérite, en ces temps de massive désinformation et comme il l’a fait dans sa toute récente lettre au Secrétaire-général de l’ONU dénonçant les a priori du rapport Goldstone, de remettre nombre de pendules à l’heure.

Notamment sur les stratégies délibérées de mise en danger des civils des combattants sans uniforme de la guerre asymétrique (exploitant toutes les failles du droit international).

La réutilisation systématique, du Liban à la Palestine et de l’Irak à l’Afghanistan, des mêmes techniques d’un théâtre de guerre à l’autre …

L’incroyable complexité, pour les soldats occidentaux, des décisions à prendre car fondées sur des critères contradictoires (à la fois mettre l’ennemi, hors d’état de nuire, éviter les pertes civiles et gérer les effets sur l’opinion, sans parler de la sécurité de ses propres hommes) …

Et la réalité de véritable guerre de l’information que sont avant tout ce type de guerres (d’où la part, qu’ils le veuillent ou non, que nos propres journalistes sont amenés à y jouer face à des combattants rompus à toutes les formes de manipulation) …

Sans parler, pour un pays comme Israël, de la difficulté supplémentaire de devoir surmonter, de la part des médias du monde entier comme de nombreuses organisations des droits de l’homme, un parti-pris délibéré contre lui et son armée.

Mais surtout, implicitement et au-delà du cas israélien lui-même, les incalculables dommages que pourrait causer, pour l’ensemble des forces tentant de par le monde de contenir le terrorisme, le recul de l’Occident sur une affaire comme le rapport Goldstone …

Extraits:

Ces réalités sont celles du combat, et les problèmes qui se posent à un soldat sont évidents. Mais ces difficultés sont encore aggravées quand on a affaire à un ennemi déterminé, rusé et habile, capable de vous tirer dessus, ou de poser une mine pour que votre véhicule explose, et qui, une minute plus tard, sera sur le pas de sa porte en train de vous sourire, et qui porte les mêmes vêtements que le reste de la population.

J’ai parlé des efforts considérables des armées britannique et américaine pour agir dans le respect des lois de la guerre et pour réduire les pertes civiles. Qu’en est-il de l’armée israélienne ? Tsahal se trouve confronté aux problèmes que j’ai évoqués, mais il y en a d’autres. D’une part, le dispositif militaire du Hamas s’est positionné derrière le bouclier humain de la population civile et a employé toutes les tactiques propres aux insurgés, que je viens de détailler. Mais ils ont également ordonné à la population civile —hommes, femmes et enfants — de prendre position dans des endroits où allaient avoir lieu des attaques de Tsahal, et ils les y ont parfois contraints. Il s’agit donc, pour Tsahal, de combattre un ennemi qui s’efforce de sacrifier délibérément sa propre population et qui essaie de vous forcer à tuer les civils innocents.

N’oublions pas non plus que le Hamas, comme le Hezbollah, sont également des experts en manipulation journalistique. Ils ont toujours à leur disposition des gens prêts à donner des interviews condamnant Israël pour crimes de guerre. Ce sont aussi des spécialistes de la mise en scène et de la déformation d’événements. Leur population est souvent sommée par le Hamas – et parfois sous peine de mort – de jouer cette comédie devant les médias internationaux.

Il y a un autre problème que rencontre Tsahal et auquel les Britanniques n’ont pas à faire face avec la même virulence. Il s’agit du préjugé automatique, pavlovien, qu’ont en commun beaucoup de médias du monde entier ainsi que de nombreuses organisations des droits de l’homme, selon lequel Tsahal a nécessairement tort et qu’il viole les droits de l’homme.

Malgré toutes ses précautions, Tsahal n’a pas réussi à remporter la bataille de l’opinion publique, notamment en Europe. Les leçons de cette campagne doivent servir aux armées britannique et américaine et aux autres forces armées occidentales comme à Tsahal. Nous vivons dans le cadre d’une bataille médiatique quotidienne. Les tactiques utilisées par le Hamas et le Hezbollah, les Talibans et l’Armée du Medhi, réussissent parfaitement dans ce domaine.

Droit international et le combat armé contre le terrorisme – Richard Kemp

26/07/2009
Richard Kemp

Conférence du colonel britannique Richard Kemp au CAPE dans le cadre du colloque tenu à Jérusalem le 18 juin 2009 sur le thème:” le Hamas, la guerre dans la bande de Gaza et le droit international”.

Les soldats de toutes les armées occidentales et notamment l’armée britannique et israélienne, connaissent parfaitement les lois de la guerre. Le commandement exerce une formation plus avancée, de manière à pouvoir faire appliquer le droit international par les soldats et pour pouvoir prendre en compte tous les aspects de la préparation des opérations.

Dans toutes les guerres, le champ de bataille est un lieu de confusion, de chaos et d’imprévus. Pour cette raison, les degrés de complexité du droit de la guerre, appliqués à des opérations militaires en mouvement, sont mis en œuvre à tous les niveaux. Au sein des forces armées britanniques, les règles d’engagement régissent l’action militaire, de manière à respecter les directives admises dans le droit de la guerre, assurant ainsi une protection supplémentaire aux soldats face aux possibilités de poursuites pour crimes de guerre. A la base, ces règles définissent précisément les possibilités d’ouvrir le feu et les cas précis interdisant de le faire.

Lors d’opérations militaires conventionnelles entre Etats, le combat est en général simple et n’exige pas de règles d’engagement complexes et contraignantes. Chaque camp porte l’uniforme, et le feu est tiré quand vous apercevez le soldat ennemi. Bien entendu, des difficultés existent, tel que le “brouillard” de la guerre ou les contraintes du brouillard tout court. Il y aura toujours le brouillard causé par le chaos et la confusion et des erreurs sont toujours commises, comme des “tirs amis” sur nos propres soldats. Des tragédies sont produites dans la confusion et par malentendus et elles sont hélas devenues fréquentes.

Il existe d’autres complications dans le combat conventionnel et elles rendent la simplicité de fonctionnement initiale beaucoup plus complexe. Des civils en quête de refuge, ou cherchant à quitter le champ de bataille, sont parfois pris pour des combattants et parfois ils sont abattus, ou sont victimes de charges explosives. Il existe également des cas où les forces ennemies utilisent les uniformes du camp adverse. Dans le conflit qu’a opposé Tsahal au Hezbollah, lors de la deuxième guerre du Liban, dans celui de “Plomb durci” à Gaza, et dans les conflits que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont engagés en Irak et en Afghanistan, les facteurs de confusion et de complication sur le terrain ont été rendus pires par les stratégies et les techniques de combat adoptées par l’ennemi.

Nous affrontons plusieurs conflits. A part le Hezbollah et le Hamas, nous sommes confrontés à Al Qaida et l’Armée du Medhi et à divers autres groupes de militants islamistes qui opèrent en Irak ; Al Qaida et les Talibans, en Afghanistan. Ces groupes sont différents mais sont tous liés entre eux. Ils bénéficient du soutien et parfois même du commandement de l’Iran ainsi que du réseau international des cellules islamistes.

Ces différents groupes et ils ne sont pas les seuls, tirent constamment des leçons sur les réussites et les échecs. Les techniques de combat expérimentées sur les soldats de Tsahal au Liban, ont réussi à tuer des soldats britanniques dans la province d’Helmand, ou à Bassora. Ces groupes sont entraînés et équipés en vue de combattre au sein de la population civile.

Ces groupes islamistes n’ignorent pas le droit international concernant les conflits armés et ce serait une grave erreur de pouvoir penser ainsi. Ces groupes terroristes ont étudié ces lois d’une façon approfondie. Ils savent que les commandements, britannique ou israélien, et leurs soldats sont contraints d’appliquer le droit international et les règles d’engagement qui en découlent. Ils font donc tout leur possible pour exploiter ce qu’ils considèrent comme l’une des plus grandes faiblesses de leurs ennemis. Leur modus operandi est fondé sur le principe que les armées occidentales respectent les règles du droit. A contrario, non seulement ces partisans ne respectent pas le droit de la guerre, mais ils développent des stratégies délibérées qui sont fondées sur le non-respect du droit. Leur doctrine militaire est construite sur cette base.

A Gaza, comme à Bassora ou dans les villes et villages du sud de l’Afghanistan, ces groupes de combat exploitent chaque jour les possibilités offertes par les civils et leurs installations, en violation flagrante et délibérée de toutes les lois internationales, ou de toute règle de comportement civilisé, en matière de gain stratégique et tactique. Dénuée de toute considération morale, cette stratégie fonctionne simplement et avec une grande efficacité sur les deux plans.
Sur le plan tactique, les bâtiments protégés, tels que les mosquées, les écoles et les hôpitaux sont utilisés comme lieux sûrs, ce qui permet de se protéger non seulement derrière des murs de béton, mais aussi derrière le droit international.

Sur le plan stratégique, toute erreur commise par une armée occidentale et même, dans certains cas, toutes les représailles – quelles soient légales et proportionnées – se verront exploitées et manipulées de manière à scandaliser l’opinion internationale et à la forcer à protester. Et s’agissant de groupes aussi malins que le Hamas et le Hezbollah, les médias feront partie des outils exploités pour mettre en place la stratégie militaire.

C’est ainsi qu’en avril 2004, les médias ont crié sur les toits à propos du prétendu bombardement d’une mosquée par les Américains, lors d’un combat des forces de la coalition pour pouvoir reprendre la ville irakienne Falloujah, alors sous contrôle d’Al Qaïda. La réalité sur le terrain est différente:

5 Marines américains ont été blessés par des tirs provenant de la mosquée. Le commandement américain sur place a exercé toute la retenue et ses tirs ont été le plus précis possible, ne permettant de tirer que contre le mur extérieur du bâtiment. Malgré toutes ces précautions, des dégâts ont été causés et on donné l’impression que nous avions démoli une mosquée, sans état d’âme.

Selon des témoignages des habitants de la bande de Gaza, tous les combattants du Hamas, qui portaient des uniformes noirs ou kakis avant le déclenchement de l’opération “Plomb durci”, les ont ôtés dès le début de l’opération, pour pouvoir se mêler dans la foule et l’utiliser comme bouclier humain. Ce n’est pas surprenant et nous avons connu ce phénomène au Liban, en Irak et en Afghanistan.

Aujourd’hui, les soldats britanniques qui patrouillent dans la province d’Helmand peuvent se retrouver sous le feu ennemi de roquettes, d’armes automatiques ou fusils provenant d’un village ou d’un réseau complexe de fermes, où résident des hommes, des femmes et des enfants. Les Britanniques ne répliqueront au feu ennemi qu’avec avoir pris toutes les mesures de précaution. Plutôt que de larguer une bombe de 500 kilos sur l’ennemi, ils feront en sorte d’éviter des pertes civiles et procéderont à un ratissage du village en prenant des risques considérables pour leur propre vie, notamment à cause des pièges et des mines. En arrivant au village, ils ne verront sans doute aucun signe de présence ennemi. Ils réaliseront que les mêmes combattants qui, 20 minutes plus tôt, leur tiraient dessus, sont là incognito, occupés à bêcher la terre, à faire des signes et de grands sourires et à bavarder joyeusement avec les soldats.

Ces mêmes insurgés placeront des mines sur les routes utilisées par les véhicules britanniques et sur les chemins des patrouilles. De nombreux soldats ont perdu leurs jambes ou leur vie dans ces circonstances. Aucun champ de mines n’est indiqué, comme l’exige le droit international. Il serait absurde d’espérer un tel avertissement, bien qu’il s’agisse d’un des principes fondamentaux du droit de la guerre, aucun journaliste ne l’a signalé.

Tel que le Hamas à Gaza, les Talibans du sud de l’Afghanistan sont passés maîtres dans l’art de se servir de la population civile comme bouclier humain et de se fondre ensuite dans la masse.

Le Hamas a aussi eu recours aux attaques-suicide en se servant notamment de femmes et des enfants. Des femmes et des enfants sont entraînés et équipés pour le combat, pour la collecte d’informations, et pour l’acheminement des armes et des munitions entre les combats. J’en ai été le témoin en Afghanistan et en Irak. Les attentats-suicide perpétrés par des femmes sont presque devenus banals. Les écoles et les demeures particulières sont couramment piégées. Des tireurs embusqués tirent depuis des maisons où résident plusieurs femmes et enfants. Et quand un homme est capturé, ou tué, il est systématiquement décrit comme conducteur de taxi, ou paysan.

A Bassora, on a souvent entendu les prisonniers dire qu’ils exerçaient le métier de policier. Et malheureusement, c’était souvent le cas. Ils n’étaient terroristes que durant leur “temps de repos” ! Vous comprendrez aisément les difficultés qu’il y a à combattre un ennemi disposant, de manière légitime, d’uniformes, de véhicules et d’armes de forces de police que nous avons nous-mêmes mises en place, payées et entraînées…

Les armées britanniques et américaines ont dû faire face à ces problèmes, et je crois que nous sommes en train de trouver certaines solutions. Il s’agit de solutions qui nous permettent de traiter nos opposants dans le respect des lois de la guerre dans le but d’être vainqueurs sur le champ de bataille. Quand un ennemi ne respecte aucune des lois de la guerre, nous ne pouvons nous dérober face à des décisions complexes.

Je me permets de citer le manuel américain sur le combat contre-terrorisme, récemment rédigé sous la direction du général Petraeus, à la lumière des leçons tirées en Irak et en Afghanistan. Cela résume assez bien l’approche que nous avons en commun avec les Américains.

« Le principe de la proportionnalité exige que les pertes en vies humaines et les dommages matériels envisagés, liés aux attaques [en ce qui concerne les non-combattants] ne soient pas excessifs par rapport aux avantages militaires directs et concrets qui sont espérés. Les soldats et les Marines ne doivent pas se livrer à une action qui causerait des dommages délibérés à des non-combattants.

Cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent prendre aucun risque mettant la population en danger. Dans des opérations conventionnelles, cette restriction signifie que les combattants ne doivent pas avoir l’intention de causer des dommages à des non-combattants, même si la proportionnalité permet d’agir sachant que certains non-combattants peuvent être touchés. »

C’est en prenant en compte une doctrine militaire similaire à celle du général Petraeus, que les forces britanniques procèdent, quand c’est nécessaire, à l’attaque de lieux protégés, en mesurant les risques de dommages pour les non-combattants. Nous respectons le droit international et la sainteté des lieux sacrés. Cependant, quand nos troupes se retrouvent sous des coups de feu qui proviennent de tels endroits, ou de bombes placées sur le bord de la route afin de tuer des innocents, nous n’avons pas d’autre alternative que d’agir.

Désormais, les troupes britanniques et américaines procèdent fréquemment à des fouilles de mosquées, en Afghanistan et en Irak, et quand c’est nécessaire, les troupes tirent sur ces lieux. Cela ne se produit pas sans des précautions et en tâchant de respecter la proportionnalité et de réduire au minimum les dégâts. Certes, nous préférerions ne pas avoir à mener ce genre d’opération militaire, mais, face à l’ennemi que nous affrontons, il n’y a pas d’autre alternative.

Le manuel du général Petraeus va plus loin que les simples exigences du droit international :

« Notre approche de l’utilisation d’une force appropriée et proportionnée dépasse le seul respect des règles d’engagement. La proportionnalité et le discernement appliqués à des situations anti-insurrectionnelles nécessitent que les responsables s’assurent de la capacité de leurs unités à employer les moyens adéquats, avec un discernement équilibré, avec clairvoyance et une grande détermination morale. »

Cette retenue et cette violence canalisée deviennent alors des outils positifs dans la situation anti-insurrectionnelle et ne relèvent pas seulement de la modération humanitaire et légale. Il s’agit aussi de reconnaître l’importance qu’il y a, dans la victoire, à remporter et à conserver le soutien de la population locale, et parfois des insurgés eux-mêmes, au-delà de la priorité consistant à gagner un combat.
Dans le cas d’opérations anti-insurrectionnelles, en plus des pressions du champ de bataille, le commandement militaire doit prendre des décisions fondées sur des critères contradictoires : réussir une mission donnée en engageant les troupes dans un combat et en tuant l’ennemi, d’une part, et, d’autre part, éviter des pertes civiles, et enfin, gérer les effets de l’opération sur l’opinion — positive ou négative — des populations civiles.

Il y a également un quatrième aspect qui est fréquemment négligé par les journalistes et oublié par les groupes de défense des droits de l’homme, frénétiquement occupés à débusquer des manquements au sein des forces militaires qui combattent dans des conditions des plus éprouvantes. Il s’agit de la nécessité d’empêcher, ou du moins de limiter les pertes parmi ses propres soldats. Il arrive fréquemment qu’un commandant doit prendre une décision instantanée pour savoir s’il va privilégier la sécurité de ses hommes ou celle de l’adversaire.
La nature humaine veut qu’il choisisse ses propres hommes. Il serait difficile d’imaginer que cela se passe autrement. Mais il ne s’agit pas seulement des préférences du commandant, ou de sa loyauté envers ses hommes. Pour que des soldats suivent leur commandant au combat, quel qu’en soit le niveau, mais surtout quand il s’agit d’un engagement, il faut qu’ils aient confiance en lui. Combien de soldats ont vraiment envie de mourir, de se faire brûler, de se faire arracher un bras, une jambe ou la tête ? Aucun soldat n’aura confiance, ni ne suivra un commandant prompt à sacrifier la vie de ses hommes.
N’oublions pas que ces calculs, ces décisions et ces hypothèses ne sont pas élaborées dans l’enceinte d’un bureau équipé d’air conditionné, ou dans la tranquillité de quartiers généraux de l’arrière du front. Le commandant qui doit prendre en compte tous ces facteurs agit dans des circonstances bien différentes.

Un commandant a beau être entouré par ses hommes, il est totalement seul. Certes, vous disposez de l’arsenal militaire de votre pays et peut-être d’une alliance avec l’OTAN. Mais les seules armes véritablement utiles, dans le combat rapproché sont le fusil et la baïonnette.

Vous êtes dans l’obligation de tuer l’ennemi tout en sachant qu’il vous faudra ensuite serrer la main et obtenir la coopération de sa famille dans le lieu qu’il occupe. Vous n’avez pas dormi depuis deux jours, vous êtes complètement vidé, humide de transpiration et, autour de vous, règne le fracas de la bataille. Vous n’avez pas d’ordinateur et c’est avec votre crayon que vous devez calculer sur une carte la localisation de l’ennemi et ses intentions, vos renforts et la position de vos troupes. Il faut faire tout cela immédiatement, parce que le QG a besoin d’un rapport, parce que votre compagnie a besoin d’un résumé de la situation pour s’orienter, et parce que votre unité d’artillerie aérienne est sur le point d’envoyer les hélicoptères et les mortiers, et qu’ils doivent savoir si cette mission de tir rapproché ne va pas toucher vos hommes. Vous devez proposer un résumé de la situation et donner le feu vert en quelques secondes pour que tout se passe bien. Dans ce contexte, le seul point positif pour le commandant, c’est que cette urgence fait vite oublier les quarante kilos de barda que vous avez sur le dos, la flotte dans laquelle vous êtes enfoncé jusqu’à la taille, la transpiration et la crasse qui vous coulent dans les yeux. Concrètement, la bataille n’est pour vous qu’un champ de vacarme qui vous encercle. Le seul son qu’on y distingue clairement est le bruit le plus détesté de tout soldat d’infanterie : le sifflement des balles qui crépitent et s’écrasent autour de vous. Tout soldat qui a combattu sur le terrain, que ce soit à Gaza, au Liban, en Afghanistan, ou en Irak, sait ce que signifient la confusion et le chaos de la guerre. Et, selon un vieil adage militaire : « il n’existe pas de tactique qui survive au contact avec l’ennemi ».

Il est déjà assez difficile de diriger des troupes en grand nombre dans un territoire hostile et semé de pièges. Les combats se déroulent aussi de nuit, avec des tempêtes de sable ou de pluie, sous une chaleur accablante, dans des véhicules blindés offrant une faible visibilité, avec des contraintes de coordination et d’horaires impossibles à tenir, pour être en phase avec d’autres troupes, avec une attaque au sol de l’aviation, des hélicoptères, avec l’artillerie, et des ingénieurs et un soutien logistique. Les possibilités de confusion et de complexification de la situation se trouvent démultipliées quand l’ennemi s’efforce d’empêcher vos manœuvres en essayant de vous tuer et de faire exploser vos véhicules et votre matériel. Il faut, en plus, prendre en compte les limites de vos éléments d’information, les insuffisances des renseignements, parfois dues aux ruses et à la désinformation pratiquée par l’ennemi, et parfois au manque de ressources ou à l’inefficacité des systèmes de recueil d’information.
Même dans une armée moderne, pour obtenir une seule réussite des services de renseignement, il existe une centaine d’erreurs. En combat rapproché, même les armes, les systèmes de surveillance, ou les moyens de communication à la technologie la plus sophistiquée peuvent vous lâcher, et c’est ce qui se produit très souvent, surtout quand vous en avez un besoin vital. Parfois, les messages n’arrivent pas à bon port. Parfois, ils ne sont pas compréhensibles. Les munitions à téléguidage de précision ne frappent pas la cible voulue, parfois elles explosent quand elles ne le devraient pas, ou bien elles n’explosent pas quand elles le devraient. Dans le cadre du combat d’infanterie rapproché, l’idée d’une frappe chirurgicale ultra-précise relève d’une vue de l’esprit plus que d’une réalité de terrain. Que ce soit dans un milieu urbain ou rural, le combat rapproché auquel on doit faire face à Helmand, à Gaza, ou en Irak, a souvent pour effet de diminuer l’avantage technologique, ce qui met fréquemment les forces britanniques à l’équipement hautement technologique sur un pied d’égalité avec les Talibans.

Il faut savoir aussi que la distorsion de la perception est une donnée courante des situations de combat : un commandant, ou un soldat, peuvent ainsi comprendre une suite d’événements de manière contraire à la réalité. Dans un combat, le stress, la peur et la fatigue, ainsi que les réactions chimiques naturelles du corps, notamment la production d’adrénaline, peuvent provoquer divers phénomènes : absence de perception, ou, au contraire, intensification sonore, perte de vision périphérique, paralysie temporaire, mauvaise appréciation de la vitesse (accélération ou ralentissement), réduction, perte ou distorsion de la mémoire et pensées parasites. Chacun est atteint de manière différente par ces phénomènes qui peuvent s’ajouter à la confusion et au chaos du combat.

Malgré la perte des repères, la fumée, le feu, les explosions, l’intolérable bourdonnement des balles qui sifflent de toutes parts, les hurlements des blessés, le manque de renseignement et les pannes techniques, le commandant et ses soldats doivent continuer et réussir leur mission, quel que soit le caractère pénible de la situation.
Ces réalités sont celles du combat, et les problèmes qui se posent à un soldat sont évidents. Mais ces difficultés sont encore aggravées quand on a affaire à un ennemi déterminé, rusé et habile, capable de vous tirer dessus, ou de poser une mine pour que votre véhicule explose, et qui, une minute plus tard, sera sur le pas de sa porte en train de vous sourire, et qui porte les mêmes vêtements que le reste de la population.
Le général Stanley McChrystal, nouveau commandant en chef des forces armées américaines en Afghanistan, a déclaré que la réduction des pertes civiles inutiles était une de ses priorités. C’est tout à fait normal. C’est également une priorité du commandement britannique en Afghanistan.

J’ai été le témoin direct des efforts américains qui depuis des années, en Irak et en Afghanistan, cherchent à réduire au minimum les morts de civils. Ces efforts sont impressionnants, mais ils n’ont pas toujours bien fonctionné au sein de nos armées. Dans certains cas, c’était dû aux facteurs que j’ai mentionnés, comme le manque de renseignements, les pannes techniques, l’inefficacité des communications, le tumulte de la guerre. Mais il y a aussi un autre facteur que nous ne devons pas oublier. Il y aura toujours de mauvais soldats qui, délibérément ou par incompétence, n’obéissent pas aux ordres. Nous l’avons constaté dans l’armée britannique et dans l’armée américaine, dans des cas très médiatisés, en Irak, ou ailleurs.

J’ai parlé des efforts considérables des armées britannique et américaine pour agir dans le respect des lois de la guerre et pour réduire les pertes civiles. Qu’en est-il de l’armée israélienne ? Tsahal se trouve confronté aux problèmes que j’ai évoqués, mais il y en a d’autres. D’une part, le dispositif militaire du Hamas s’est positionné derrière le bouclier humain de la population civile et a employé toutes les tactiques propres aux insurgés, que je viens de détailler. Mais ils ont également ordonné à la population civile —hommes, femmes et enfants — de prendre position dans des endroits où allaient avoir lieu des attaques de Tsahal, et ils les y ont parfois contraints. Il s’agit donc, pour Tsahal, de combattre un ennemi qui s’efforce de sacrifier délibérément sa propre population et qui essaie de vous forcer à tuer les civils innocents.

N’oublions pas non plus que le Hamas, comme le Hezbollah, sont également des experts en manipulation journalistique. Ils ont toujours à leur disposition des gens prêts à donner des interviews condamnant Israël pour crimes de guerre. Ce sont aussi des spécialistes de la mise en scène et de la déformation d’événements. Leur population est souvent sommée par le Hamas – et parfois sous peine de mort – de jouer cette comédie devant les médias internationaux.

Il y a un autre problème que rencontre Tsahal et auquel les Britanniques n’ont pas à faire face avec la même virulence. Il s’agit du préjugé automatique, pavlovien, qu’ont en commun beaucoup de médias du monde entier ainsi que de nombreuses organisations des droits de l’homme, selon lequel Tsahal a nécessairement tort et qu’il viole les droits de l’homme.

Examinons un peu les efforts de Tsahal à Gaza pour respecter les lois de la guerre. A chaque fois que c’était possible, Tsahal donnait à la population un laps de temps d’au moins quatre heures pour pouvoir quitter les lieux et partir avant l’attaque de la cible présumée. Les pilotes des hélicoptères d’assaut, qui avaient pour tâche de détruire les rampes de lancement mobiles du Hamas, n’ont pas procéder à une frappe si elle présentait trop de risques de pertes civiles. De nombreuses missions qui auraient pu toucher les capacités militaires du Hamas ont été annulées à cause de cela.

Durant l’opération “Plomb durci”, Tsahal a permis l’entrée d’une énorme quantité d’aide humanitaire. Ce genre de tâche est considéré par les tacticiens militaires comme risqué et dangereux, même dans de bonnes conditions. Mettre en place des opérations qui apportent de l’aide dans les mains mêmes de l’ennemi est en principe impensable pour un tacticien militaire. Tsahal a pourtant pris ces risques.

Dans les dernières phases de l’opération “Plomb durci”, Tsahal a unilatéralement annoncé un cessez-le-feu quotidien d’une durée de trois heures. Tsahal a envoyé plus de 900 000 tracts prévenant la population des attaques envisagées, afin que les civils puissent quitter les zones concernées. Une unité entière a été mobilisée pour cette tâche. Ces tracts demandaient également à la population de téléphoner pour donner des informations sur les combattants du Hamas pour permettre d’épargner des vies innocentes.

Tsahal a averti par téléphone plus de 30 000 foyers palestiniens pour les prévenir, en arabe, de quitter les endroits où le Hamas avait pu cacher des armes, ou avait l’intention de livrer des combats. Les mêmes messages en arabe ont été diffusés à la radio israélienne pour prévenir la population des opérations en cours. Malgré ces mesures exceptionnelles initiées par Israël, des civils innocents ont été tués ou blessés. C’est, bien sûr, le fait des conditions propres au combat dont j’ai mentionné, mais surtout, ces pertes sont l’inévitable conséquence des tactiques de combat du Hamas. Par ces actions et bien d’autres mesures importantes prises durant l’opération “Plomb durci”, Tsahal, plus qu’aucune autre armée dans l’histoire de la guerre, sauvegarde les droits des civils dans une zone de combat.

Malgré toutes ses précautions, Tsahal n’a pas réussi à remporter la bataille de l’opinion publique, notamment en Europe. Les leçons de cette campagne doivent servir aux armées britannique et américaine et aux autres forces armées occidentales comme à Tsahal. Nous vivons dans le cadre d’une bataille médiatique quotidienne. Les tactiques utilisées par le Hamas et le Hezbollah, les Talibans et l’Armée du Medhi, réussissent parfaitement dans ce domaine. Selon eux, ils n’ont pas d’autre choix et donc ils poursuivront à recourir les médias.

Comment pouvons-nous contrer ces tactiques ? Il ne faut pas tomber dans le piège et de dire que parce qu’ils violent les lois de la guerre nous devons en faire autant. Tout au contraire : nous devons être plus blancs que blanc.

Tout en tenant compte des exigences de la sécurité des opérations — et il est parfois nécessaire d’aller très loin dans ce sens — il faut que nous soyons aussi ouverts et aussi transparents que possible.

Nous devons nous montrer offensifs dans trois domaines:
Tout d’abord, nous devons encourager les médias et leur permettre de communiquer, de manière juste et positive nos activités. Cela signifie que nos rapports avec les médias doivent être des rapports positifs et actifs, et non uniquement défensifs et réactifs. Il faut que les médias assistent à notre entraînement, qu’ils apprennent à connaître nos unités avant le combat, et qu’ils soient invités, quand c’est possible, à assister au combat. On peut envisager de les intégrer dans des unités de combat, comme les forces britanniques le font souvent, parfois pour des périodes longues, en Irak et en Afghanistan. Qu’ils assistent aux combats de nos soldats pour faire leur travail de la manière la plus honnête possible.

Cela ne va pas sans risques, des risques importants, qui sont bien évidents et qu’il est inutile de préciser. Mais il faut avoir le courage de prendre ces risques. Les bénéfices peuvent être importants. Les insurgés, le Hamas en particulier, ont su donner un visage humain à la guerre avec un taux de réussite spectaculaire. Nous devons faire la même chose. Nous devons laisser les soldats qui reviennent du front s’exprimer, alors qu’ils ont encore du sable dans les bottes, qu’ils ont le visage humain de soldats crasseux et couverts de sueur.

En second lieu, nous devons montrer aux médias les violations perpétrées par l’ennemi d’une manière indubitable. Nos propres unités doivent identifier clairement de telles violations, les expliquer et s’appuyer sur des preuves irréfutables. Chaque unité qui combat au front doit être entraînée et équipée de manière à recueillir des faits et des preuves, de la même manière qu’elles sont entraînées à recueillir des renseignements sur les opérations ennemies. C’est une guerre d’information.

Enfin, nous devons être actifs concernant les reportages négatifs sur nos propres unités. Je ne parle pas de détourner les faits. Nous devons regarder vers l’avant et essayer d’identifier les problèmes à venir, de préférence avant qu’ils se produisent. Il faut pouvoir disposer de ce que le parti travailliste britannique appelle des “unités de réfutation rapide”. Il faut être en mesure d’établir les faits au front, très rapidement. Il faut être certain des faits et faire en sorte qu’ils soient communiqués aux médias le plus rapidement possible. S’il y a la moindre incertitude sur les faits, il faut le dire clairement.

Quand de véritables problèmes éclatent, si nos troupes sont en tort, il faut le dire le plus vite possible et rester maître du déroulement de l’information, de manière à anticiper les hauts cris de l’ennemi ou de l’ONU. Cela demande une culture de l’ouverture et de la transparence chez les commandants et les soldats, à tous les niveaux, de manière à ce qu’ils soient prêts à admettre leurs erreurs et les soumettre à leur hiérarchie. Cela implique une formation parfaite et la plus intransigeante des disciplines, ce qui est parfois encore plus difficile à appliquer au sein des troupes de conscrits et de réservistes mobilisés.
Je ne parle pas ici des graves manquements ou violations du droit de la guerre. Je parle de petites choses, comme d’inscrire des graffitis, ou abîmer des maisons qui ont été investies, fouillées, ou évacuées. J’insiste sur la courtoisie qu’il faut montrer envers les civils. Sauvegarder le contrôle de soldats qui viennent de voir de leurs propres yeux comment l’un des leurs qui est parti en fumée, n’est pas une partie de plaisir, mais c’est vital.

S’il y a un doute sur le comportement des troupes ou sur leur action, il ne faut pas hésiter à mener une enquête et, si nécessaire, à traduire en justice les soldats concernés. Il faut, dans la mesure du possible, que ces procédures soient également transparentes.

Mais cela implique aussi une autre complication. Car il ne faut pas confondre les erreurs qui sont dues au chaos et au tumulte du combat, avec la violation délibérée des règles d’engagement et des lois de la guerre. Les erreurs ne sont pas des crimes de guerre. Elles font partie des choses qu’il faut savoir expliquer.

La plupart des armées savent déjà, plus ou moins, en rendre compte. Mais ce que nous devons faire, c’est réévaluer radicalement l’effort nécessaire à l’obtention des effets nécessaires. Nous devons mettre en place des ressources supplémentaires et de modifier les priorités. Bien évidemment tout cela compliquera considérablement les opérations militaires qui sont déjà complexes.

Tous ces éléments que j’ai mentionnés sont, à mon avis, essentiels pour contrer les stratégies et les tactiques des insurgés auxquels nous faisons face à Gaza, en Afghanistan, en Irak et ailleurs. C’est essentiel si nous voulons sauvegarder nos fonctionnements et nos objectifs militaires, et également défendre les hommes et les femmes qui risquent leur vie pour pouvoir défendre leur pays.

Voir aussi:

Les Usa mettront leur veto sur le rapport Goldstone
Jean Vercors Groupe VERITE
Le Post
le 18/10/2009
Info non vérifiée par la rédaction du Post

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies réuni à Genève le 16/10/09 vient d’approuver les crimes de guerre à Gaza mettant Israel et le Hamas dans le même sac et leur demandant de mener de sérieuses commission d’enquêtes sur les responsabilités respectives.

Seulement 6 nations ont voté contre ce rapport Biaisé Goldstone : USA, Hongrie, Italie, Hollande, Slovaquie, Ukraine.

la France et la Grande Bertagne ont préfére l’abstention, les démocraties devraient au moins savoir qu’elles ont joué le jeu des dictatures, c’est une double Honte

Elie Wiesel disait à juste titre : le silence à la face du démon est toujours du coté de l’agresseur”

Aucun pays européen n’a voté en faveur du rapport.

En revanche, l’Organisation de la conférence islamique qui ne compte que 14 membres sur les 47, qui composent le Conseil, mais qui dispose de la majorité (8 sur 13) au sein du groupe régional des Etats d’Asie et 6 membres sur les 13, qui composent le groupe africain a réussi, comme à l’accoutumée, à faire prévaloir la « quasi-majorité automatique » anti-israélienne.

Israel pourrait se retrouver à comparaitre devant le TPI de La Haye , une manœuvre qui sera certainement bloquée par le veto américain.

Le rapport de cette nouvelle résolution composée des 15 membres du Conseil de sécurité recommande à chacune des parties : Israel et Hamas de mettre en place une commission d’enquête indépendante et impartiale dans les 6 mois à venir.

Si cette exigence n’aboutit pas le rapport de cette résolution sera remis au Tribunal international de la Haye.

Pour être adoptée, une résolution du conseil de sécurité doit obtenir 9 voix sans véto d’un membre permanent.

Les USA utiliseront leur veto pour empêcher la poursuite de cette affaire devant la Cour internationale de justice.

D’après David M.Crane, Professeur à l’université de Syracuse et membre du Tribunal spécial pour la Sierra Leone : « politiquement, ce dossier mourra dans le Conseil de sécurité

D’après Grue : “En fin de compte ce qui va se passer avec ce rapport va être une décision politique et non pas légal et /ou procédural,”

Les pays arabes et africains feront le maximum pour contrer les efforts américains dans cette affaire et en feront exemple du 2 poids 2 mesures depuis que les pays occidentaux ont référé le président du Soudan Omar al-Bashir devant la Cour internationale de justice en mars 2009 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Qui votera en faveur de ce rapport doit comprendre que la prochaine fois des soldats et officiers de l’Otan en Afghanistan, Irak et également des soldats et officiers russes en Tchéchénie seront passibles d’accusations.

Cette résolution est un encouragement au terrorisme international et sape la paix mondiale.

Selon Eytan Gilboa, un expert des relations Usa/Israël à l’université de Bar Ilan : « toute action contre Israël dans ce domaine est incompatible avec toutes négociations et concessions.

Selon Douglas M Griffiths représentant les Usa à Genève : « Nous nous focalisons à faire progresser le processus de paix et nous pensons que tout cela est une distraction »

les USA, même seuls contre 191 nations, mettront leur veto à toute résolution » préconisant l’application de ce rapport : «Malhonnête, injuste, partial, subjectif, biaisé.»

Source

The Associated Press


Désinformation: Après les soldats tueurs d’enfants et violeurs, voici… les soldats dépeceurs! (Sweden’s own Charles Enderlin accuses Israeli army of organ theft)

17 octobre, 2009
World organ donations
Not with my kidney (Larry David show)
Israeli organ harvest montage
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
A Gaza et dans les territoires occupés (…) les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001, démenti par la suite)
Le fait est que nous savons qu’il y a un trafic d’organes en Israël. Et nous savons aussi qu’il y a des familles qui affirment que les organes de leurs enfants ont été prélevés. Ces deux faits mis ensemble suscitent le besoin d’une enquête plus élaborée. David Boström (journaliste suédois)
Si on ajoute à cela l’importante pénurie d’organes et de donneurs en Israël, l’affaire de Brooklyn, les témoignages des familles palestiniennes, tout ces éléments rassemblés font qu’il est tout à fait vraisemblable qu’un tel vol et trafic d’organes de Palestiniens aient pu avoir lieu. Alexandra Sandels
Israel est tout en haut de la liste. Il a des tentacules qui s’étendent dans le monde entier. Nancy Scheper-Hughes (anthropologue de Berkeley)
David Boström est à l’honneur à Alger. Le reporter suédois, par qui a éclaté le scandale du trafic d’organes auquel se livrait l’armée israélienne sur des enfants palestiniens, a entamé hier une tournée qui le conduira dans plusieurs pays arabes et musulmans. Mohand Aziri (El Watan, 17.09.09)
Les soldats écrasèrent leur cigarette allumée, écartèrent leurs canettes de Coca-Cola et ajustèrent calmement leur arme dans l’embrasure de la fenêtre dont la vitre avait été brisée. Quand Bilal [la victime] fut suffisamment proche, ils n’eurent qu’à appuyer sur la gâchette. La première balle l’atteignit à la poitrine. Selon des villageois qui ont été témoins de l’incident, il reçut ensuite une balle dans chaque jambe. Deux soldats sortirent alors en courant de l’atelier de menuiserie et lui tirèrent une balle dans le ventre. Enfin, ils prirent Bilal par les pieds et le traînèrent sur les vingt marches de pierre de l’escalier de l’atelier de menuiserie. David Boström
4 balles de M16 dans le corps et Boström voudrait faire croire à l’opinion internationale que les médecins israéliens ont pu récupérer quelque organe que ce soit dans ce corps déchiqueté. Pierre Lefebvre
Selon la loi israélienne, des autopsies sont immédiatement effectuées après chaque mort non-naturelle comme dans la plupart des autres pays. Moshe Negbi (expert juridique israélien)
On m’a privé du corps de ma femme, qui a été dépecé. Son corps a été autopsié à la morgue de Lens, mais il n’a pas été recousu. C’est un crime de civilisation. Hervé Louvrié (pompier français dont la femme s’est suicidée le 9 avril 2008)
Après les soldats tueurs d’enfants (Enderlin, France 2)…
.
Et les soldats violeurs (Sara Daniel, Nouvel observateur) …

Voici, en cette Journée mondiale du don d’organes et de la greffe (?),… les soldats dépeceurs!

Prenez un pays développé qui, pour des raisons principalement religieuses de ses citoyens ou de ses autorités religieuses, se retrouve avec un taux de dons d’organes et de porteurs de carte de donneurs parmi les plus bas (9 contre 26 par million en Espagne mais 0.1 au Japon! et un taux de consentement de 40% contre plus de 50% dans la majorité des pays occidentaux) …

Et qui, exclu de ce fait du programme européen de transplantation d’organes, dépend entièrement des dons faits en Israël et par conséquent contraint d’encourager les rares donneurs ou les greffes de ses citoyens à l’étranger, se retrouve (surprise!) “très actif dans le trafic international d’organes” …

Prenez d’autre part un journaliste vétéran du conflit israélo-palestinien déjà parti enquêter au début des années 90 pour un livre sur la lutte des Palestiniens dans les territoires occupés et en ayant rapporté sans l’ombre d’une preuve une rumeur de prélèvement d’organes de cadavres palestiniens de la part de l’Armée israélienne.

Et qui, suite à l’arrestation en juillet dernier d’un rabbin de Brooklyn impliqué dans un trafic d’organes entre Israël et les Etats-Unis, reprend des témoignages, non vérifiés, de familles palestiniennes interprétant les autopsies de routine de leurs fils décédés suite à des accrochages avec l’Armée israélienne comme des prélèvements d’organes illégaux

Et vous avez, à la Charles Enderlin, un article fracassant (sans compter un prix à Alger et une future tournée triomphale dans les capitales arabes!), repris par tous les médias du monde et notamment arabes.

Redécouvrant sans même s’en rendre compte les joies toutes simples des accusations médiévales de crimes rituels par ses insinuations que “les soldats israéliens tuaient de jeunes Palestiniens et volaient leurs organes”

Le journaliste suédois David Boström à Alger

Mohand Aziri
El Watan
17.09.09
Il a dévoilé le trafic d’organes auquel se livrait l’armée israélienne
David Boström est à l’honneur à Alger. Le reporter suédois, par qui a éclaté le scandale du trafic d’organes auquel se livrait l’armée israélienne sur des enfants palestiniens, a entamé hier une tournée qui le conduira dans plusieurs pays arabes et musulmans.

Journaliste d’investigation, écrivain, photographe, spécialiste du conflit israélo-palestinien auquel il a consacré plus de 30 ans de sa carrière, David Boström était l’invité de la toute nouvelle Fédération nationale des journalistes algériens, un syndicat affilié à l’UGTA. Le 17 août dernier, Aftonblet, un tabloïd populaire suédois proche du parti social démocrate, a publié un article signé par le journaliste qui a fait état, pour la première fois, d’un trafic d’organes humains auquel s’adonnait Tsahal, l’armée israélienne. L’article osé et au vitriol intitulé « Les organes de nos fils pillés – Des Palestiniens accusent l’armée israélienne de voler des organes à ses victimes », fait vite sensation. Il ne manque pas de déclencher une vague d’indignation à travers le monde et sonne le glas des relations diplomatiques entre la Suède et Israël. Et pour cause ! Reprenant des témoignages de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Ghaza, le journaliste suédois raconte comment l’armée israélienne, après avoir assassiné des Palestiniens, récupérait les corps, volait les organes internes puis remettait les dépouilles aux familles.

Les organes en question étaient soit transplantés sur des patients israéliens, soit destinés à la vente, à travers un réseau de trafic international, notamment aux USA. Procédant par recoupements, Boström lie les révélations des familles des victimes palestiniennes au démantèlement d’un vaste cartel dans le New Jersey. Une quarantaine d’individus, des élus et des religieux liés au parti israélien Shas, ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir participé à un blanchiment d’argent lié à une revente de reins en provenance d’Israël. Le réseau était dirigé par un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Lévy Izhak Rosenbaum. Ce trafic, a souligné hier le journaliste lors de la brève conférence de presse animée au Centre international de presse d’Alger, existe déjà depuis les années soixante mais ne prendra de l’ampleur qu’après le déclenchement de l’Intifada. « Nous n’avons pas de chiffres exacts du nombre des victimes, mais nous les estimons à plus de 1000, et pas seulement parmi les populations musulmanes », a-t-il déclaré. Des preuves ? « Bien sûr qu’elles existent », a-t-il affirmé. Les révélations du journaliste – auquel la FNJA décernera aujourd’hui un prix spécial – ont été rejetées avec véhémence par les officiels israéliens, qui invoquent « des autopsies de routine » en guise d’argument de défense. Le journaliste est accusé de tous les maux, entre autres d’antisémitisme, et surtout de recycler le mythe ancien « des juifs tueurs d’enfants » dont le sang est récupéré en vue de fabriquer le pain azyme pour la fête de Pâques. Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qualifiait l’article de raciste : « Ce papier est tellement ouvertement raciste et propice à déclencher des crimes racistes que nous pensons que les autorités doivent s’occuper de cette affaire. » Pour l’ambassade de Suède à Tel-Aviv, l’article est « choquant et exécrable ».

Voir aussi:

Vive polémique en Israël après un article de presse suédois taxé d’antisémitisme
AP |Nouvel observateur
19.08.2009

Les autorités israéliennes et suédoises ont vivement réagi mercredi à un article publié dans le principal quotidien de Suède laissant entendre que des soldats israéliens tuent des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes. A Tel Aviv, on dénonce un retour aux clichés antisémites d’un autre âge.

Intitulé “Les organes de nos fils pillés”, l’article a été publié lundi dans l’”Aftonbladet”. Il est illustré par une photographie, prise apparemment après une autopsie, d’un Palestinien mort, porteur d’une cicatrice sur toute la longueur de son torse.

Le papier est également accompagné de clichés de jeunes Palestiniens lançant des pierres et fait le lien avec Levy Izhak Rosenbaum, un juif américain de New York arrêté le mois dernier par le FBI et accusé d’avoir voulu acheter un rein à un ressortissant israélien pour le vendre 160.000 dollars (112.000 euros) à un patient américain.

L’auteur, Donald Bostrom, base son article sur des témoignages de Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, qu’il identifie seulement par leurs prénoms. Il cite également un porte-parole de l’armée israélienne rejetant ces accusations et affirmant que les autopsies de Palestiniens tués par Tsahal sont la procédure de routine.

En pleine polémique à Tel Aviv et Stockholm, Donald Bostrom a expliqué mercredi sur une radio israélienne être préoccupé par les accusations proférées par les personnes qu’il a interrogées, sans toutefois pouvoir garantir leur véracité. “Cela me préoccupe dans le sens où je voudrais qu’on enquête sur ces accusations, c’est vrai. Mais, savoir si elles sont vraies ou pas, je n’en ai aucune idée”, a-t-il déclaré.

L’article a fait grand bruit en Israël, où certains commentateurs l’ont comparé aux croyances médiévales qui voulaient que les juifs tuent les enfants chrétiens pour leur sang. Daniel Seaman, chef du service de presse du gouvernement, a ainsi jugé qu’il jouait “sur d’abominables thèmes antisémites”.

Même son de cloche au ministère des Affaires étrangères. “Ce papier est tellement ouvertement raciste et propice à déclencher des crimes racistes que nous pensons que les autorités doivent s’occuper de cette affaire”, a déclaré le porte-parole Yigal Palmor.

L’ambassade de Suède à Tel Aviv a de son côté qualifié l’article de “choquant et exécrable, autant pour nous, Suédois, que pour les citoyens israéliens”. Une déclaration qui n’a toutefois pas été reprise à son compte par le ministère suédois des Affaires étrangères, à Stockholm. “Nous ne pensons évidemment pas qu’il soit bon de commenter ce qui est écrit dans les médias”, a déclaré le porte-parole Anders Jorle à l’Associated Press.

Le rédacteur en chef de l’”Aftonbladet”, Jan Helin, a, lui, défendu sa publication. “L’article pose une question: pourquoi ce corps a-t-il été autopsié alors que la cause de la mort est évidente?”, a-t-il déclaré. “Je pense que les autorités israéliennes nous doivent une réponse sur ce point”, a-t-il ajouté, dénonçant “une campagne haineuse orchestrée par le biais de courriers électroniques adressés à moi et à la rédaction, ainsi que par les médias israéliens”.

A Stockholm, en tout cas, le quotidien rival “Sydsvenskan” s’est fendu d’un éditorial très critique, estimant que l’article reprenait “le modèle habituel d’une théorie du complot”.

Selon l’ambassadeur israélien en Suède, l’article polémique ne traduit toutefois pas un climat d’hostilité envers Israël dans le pays. “Il s’agit de certains éléments. Il ne s’agit pas de tous les Suédois, de la tendance générale en Suède, ou du Parlement suédois”, a commenté Benny Dagan sur la radio israélienne. AP

Voir également:

Anatomy of a Swedish Blood Libel
Allegations of Israeli organ theft are ugly, false, harmful—and they spread.
Andrea Levin
The Wall Street Journal
October 14, 2009

Allegations that Israel plunders and trafficks Palestinians’ organs are ugly, false, and harmful to peace efforts. No less dangerous—such libels spread.

The Aug. 17 story by Donald Bostrom in Aftonbladet, Scandanavia’s leading daily, has quickly metastasized to mainstream Muslim media, spawning cartoons of Jews stealing body parts and drinking Arab blood. These have been published in Syria, Qatar, Jordan, the United Arab Emirates, and Oman, to name a few.

In early September, Algeria’s al-Khabar newspaper echoed Mr. Bostrom in a new fantasy claiming Jewish-directed gangs of Algerians and Moroccans round up Algerian children, spirit them into Morocco and thence to Israel to have their body parts harvested and sold. On Sept. 17, Iran’s PressTV breathlessly declared “an international Jewish conspiracy to kidnap children and harvest their organs is gathering momentum.”

Hate-filled Web sites have also taken up the theme. Almost invariably, wherever such permutations on the idea of Israeli organ theft appear, Aftonbladet is cited.

Of course, Mr. Bostrom has enjoyed newfound acclaim in some quarters for his article. As the fresh rumors of child-snatching and organ theft circulated in Algeria, the National Federation of Algerian Journalists welcomed him last month to bestow an award for excellence, and promised support for his work.

Meanwhile, editors at Aftonbladet have neither acknowledged nor corrected any of the factual errors that litter the article, and instead react with indignation to charges of misconduct. In a perversion of journalistic standards, Editor-in-chief Jan Helin admitted on his own blog on Aug. 19 that Aftonbladet had no evidence for the incendiary charges against Israel. Nevertheless, according to another Aftonbladet editor cited in Israel’s Ha’aretz newspaper on Aug. 20, Mr. Helin’s publication “stands behind the demand for an international inquiry” into Israeli actions.

In his original article, Mr. Bostrom wove a tenuous web of guilt by association among unconnected events, in the classic mode of conspiracy theorists. He linked a criminal New Jersey group—that included several Jews—engaged in organ-trafficking, to sweeping charges against Israel’s supposedly unethical medical establishment. Into this he injected a lurid event from 17 years ago involving Israeli soldiers shooting Palestinian Bilal Ahmed Ghanem, whose organs Mr. Bostrom says were later removed for trafficking.

His account also contains errors concerning Israel, its physicians, laws and military. Take the overarching claim that Israel’s medical establishment is grossly “unethical.” Mr. Bostrom asserts Israel “is the only western country with a medical profession that doesn’t condemn the illegal organ trade.” Yet, as of eighteen months ago, Israel has one of the most stringent laws in the world regarding human organs. It prohibits receiving compensation for organs, bans the sale of organs from the dead as well as the living and minutely defines “compensation” to prevent evasion of the law. Unlike laws in other countries, it prohibits the use of insurance for pre- and post-operative treatment for those Israelis who go abroad and receive purchased-organ transplants. But Mr. Bostrom omits any mention of this.

In seeking to underscore Israel’s supposed pariah status in the medical realm, the reporter cites a Jerusalem Post story from 1992 which, he claims, reported Israel being ostracized by France for its “unethical ways of dealing with organs and transplants.” But the June 29, 1992 article only recounted that, like Italy, Israel was being dropped from a European organ-coordinating group because it had contributed too few organs in proportion to the number used for transplants. No hint is given of unethical activity in the Jerusalem Post story. That charge is invented by Mr. Bostrom.

Francis Delmonico, a Harvard surgeon and international transplant specialist who was quoted in the Aftonbladet article on the issue of organ theft in general, told me he found the Aftonbladet charges completely inconsistent with his extensive interaction with Israeli doctors. Dr. Delmonico said he considered their professional conduct exemplary, and described physicians in the Jewish state as “noble and caring.” He added: “[Mr.] Bostrom has a responsibility to validate his assertions or withdraw them.” Like many others, Dr. Delmonico noted that Mr. Bostrom’s scenario in which Ghanem was supposedly shot before having his organs removed for trafficking was “not feasible from a surgical vantage.”

This indifference to the facts is telling with regard to the article’s depiction of Ghanem. Contrary to the reporter’s version, Ghanem was not an innocent “stone-thrower.” Rather—according to sources that include the Jerusalem Post, Agence France-Presse, and a United Nations casualty summary—he was wanted for kidnapping and assaulting other Palestinians at a time of rampant internecine Palestinian violence.

There are also inventions out of thin air, such as Mr. Bostrom’s connection of an ordinary 1992 campaign in Israel aimed at enlisting future volunteer organ donors to alleged abductions and organ theft committed against Palestinians. The reporter declares: “While the campaign was running, young Palestinian men started to disappear from villages in the West Bank and Gaza. After five days Israeli soldiers would bring them back dead, with their bodies ripped open.” Mr. Bostrom adds, “There were rumors of a dramatic increase of young men disappearing, with ensuing nightly funerals of autopsied bodies.” But evidence for this netherworld is, again, non-existent.

In one of the most seemingly damaging charges, Mr. Bostrom claims Ghanem’s family itself accused Israel in 1992 of killing the man and removing his organs. However, according to recent in-person interviews with the family by the Jerusalem Post, Ghanem’s mother, Sadeeka Ghanem, “denied that she had told any foreign journalist that her son’s organs had been stolen.” Another relative agreed, saying the family never told Mr. Bostrom Israel stole organs from the dead man’s body.

Still, Aftonbladet’s culture editor Asa Linderborg, in whose section the article appeared, wrote in a semi-hysterical Aug. 21 defense of the piece entitled “Examine Israel!”: “In the black of night, [Mr. Bostrom] takes a unique photograph of the mangled body, cut open and stitched from the chin down to the groin, while the boy’s frantic relatives are crying and screaming that the Israelis are plundering their son’s organs.” Fevered imaginations seem to be prevalent at the paper.

While visiting Algiers to pick up his award last month, Mr. Bostrom added embellishments to his original story, announcing that fully 1,000 Palestinians had endured the “harvesting” of body parts, and that all this began as early as 1960. The reporter has evidence for not even one case of organ theft, yet he’s now charging 1,000 cases.

Rational and responsible editorial judgment would have discarded Mr. Bostrom’s surreal story at the outset. Such judgment would also have considered the real world effects of inciting yet more enmity in a volatile conflict, stoking misconceptions and raising greater hurdles to reconciliation.

But Aftonbladet’s view of the parties involved appears strikingly crude, perceiving a realm populated by evil stick-figure Israelis preying mercilessly on romanticized Palestinian “stone-throwers.” One cannot in this context forget Aftonbladet’s unsavory pro-Nazi sentiments during the Hitler regime. This past seems to have done little to inoculate the paper against related bigotries today.

In an age of diminishing communication barriers, when false images and ideas can mislead hundreds of millions of people in minutes, it is more important than ever to reinforce the tenets of honorable journalism, and to expose malfeasance for all to see.

Behold, Aftonbladet.

Ms. Levin is executive director and president of CAMERA, Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America.

Voir de même:

“Our sons are plundered of their organs”
Donald Boström

Aftonbladet
Aug. 17, 2009
Palestinians accuse the Israel Defense Forces of taking organs from their victims.
Donald Boström writes about an international organ trafficking scandal – and about the time he saw the cut-up dead body of a nineteen-year old Palestinian.You could call me a ”matchmaker”, said Levy Izhak Rosenbaum, from Brooklyn, USA, in a secret recording with an FBI-agent whom he believed to be a client. Ten days later, at the end of July this year, Rosenbaum was arrested and a vast, Sopranos-like, imbroglio of money-laundering and illegal organ-trade was revealed in New Jersey: Rabbis, politicians and trusted civil servants had for years been involved in money laundering and illegal organ-trade.Rosenbaum’s matchmaking had nothing to do with romance. It was all about buying and selling kidneys from Israel on the black market. Rosenbaum says that he buys the kidneys for 10 000 dollars, from poor people. He then proceeds to sell the organs to desperate patients in the States for 160 000 dollars.

The accusations have shaken the American transplantation business. If they are true it means that organ trafficking is documented for the first time in the US, experts tell the New Jersey Real-Time News.

On the question of how many organs he has sold Rosenbaum replies: ”Quite a lot. And I have never failed,” he boasts. The business has been running for quite some time.

Francis Delmonici, professor of transplant surgery at Harvard and member of the National Kidney Foundation’s Board of Directors, tells the same newspaper that organ-trafficking, similar to the one reported from Israel, is carried out in other places of the world as well. 5 – 6 000 operations a year, about ten per cent of the world’s kidney transplants are carried out illegally, according to Delmonici.

Countries suspected of these activities are Pakistan, the Philippines and China, where the organs are allegedly taken from executed prisoners. But Palestinians also harbor strong suspicions that young men have been siezed, and made to serve as organ reserve, just as in China and Pakistan, before being killed – a very serious accusation, with enough question marks to motivate the International Court of Justice (ICJ) to start an investigation about possible war crimes.

Israel has repeatedly been under fire for its unethical ways of dealing with organs and transplants. France was among the countries that ceased organ collaboration with Israel in the nineties. Jerusalem Post wrote that ”the rest of the European countries are expected to follow France’s example shortly.”

Half of the kidneys transplanted to Israelis since the beginning of the 2000s have been bought illegally from Turkey, Eastern Europe or Latin America. Israeli health authorities have full knowledge of this business but do nothing to stop it. At a conference in 2003 it was shown that Israel is the only western country with a medical profession that doesn’t condemn the illegal organ trade. The country takes no legal measures against doctors participating in the illegal business – on the contrary, chief medical officers of Israel’s big hospitals are involved in most of the illegal transplants, according to Dagens Nyheter (December 5, -03).

In the summer of 1992, Ehud Olmert, then minister of health, tried to address the issue of organ shortage by launching a big campaign aimed at having the Israeli public register for postmortal organ donation. Half a million pamphlets were spread in local newspapers. Ehud Olmert himself was the first person to sign up.

A couple of weeks later the Jerusalem Post reported that the campaign was a success. No fewer than 35 000 people had signed up. Prior to the campaign it would have been 500 in a normal month. In the same article, however, Judy Siegel, the reporter, wrote that the gap between supply and demand was still large. 500 people were in line for kidney transplant, but only 124 transplants could be performed. Of 45 people in need of a new liver only three could be operated on in Israel.

While the campaign was running, young Palestinian men started to disappear from villages in the West Bank and Gaza. After five days Israeli soldiers would bring them back dead, with their bodies ripped open.

Talk of the bodies terrified the population of the occupied territories. There were rumors of a dramatic increase of young men disappearing, with ensuing nightly funerals of autopsied bodies.

I was in the area at the time, working on a book. On several occasions I was approached by UN staff concerned about the developments. The persons contacting me said that organ theft definitely occurred but that they were prevented from doing anything about it. On an assignment from a broadcasting network I then travelled around interviewing a great number of Palestininan families in the West Bank and Gaza – meeting parents who told of how their sons had been deprived of organs before being killed. One example that I encountered on this eerie trip was the young stone-thrower Bilal Achmed Ghanan.

It was close to midnight when the motor roar from an Israeli military column sounded from the outskirts of Imatin, a small village in the northern parts of the West Bank. The two thousand inhabitants were awake. They were still, waiting, like silent shadows in the dark, some lying upon roofs, others hiding behind curtains, walls, or trees that provided protection during the curfew but still offered a full view toward what would become the grave for the first martyr of the village. The military had interrupted the electricity and the area was now a closed-off military zone – not even a cat could move outdoors without risking its life. The overpowering silence of the dark night was only interrupted by quiet sobbing. I don’t remember if our shivering was due to the cold or to the tension. Five days earlier, on May 13, 1992, an Israeli special force had used the village’s carpentry workshop for an ambush. The person they were assigned to put out of action was Bilal Achmed Ghanan, one of the stone-throwing Palestinian youngsters who made life difficult for the Israeli soldiers.

As one of the leading stone-throwers Bilal Ghanan had been wanted by the military for a couple of years. Together with other stone-throwing boys he hid in the Nablus mountains, with no roof over his head. Getting caught meant torture and death for these boys – they had to stay in the mountains at all costs.

On May 13 Bilal made an exception, when for some reason, he walked unprotected by the carpentry workshop. Not even Talal, his older brother, knows why he took this risk. Maybe the boys were out of food and needed to restock.

Everything went according to plan for the Israeli special force. The soldiers stubbed their cigarettes, put away their cans of Coca-Cola, and calmly aimed through the broken window. When Bilal was close enough they needed only to pull the triggers. The first shot hit him in the chest. According to villagers who witnessed the incident he was subsequently shot with one bullet in each leg. Two soldiers then ran down from the carpentry workshop and shot Bilal once in the stomach. Finally, they grabbed him by his feet and dragged him up the twenty stone steps of the workshop stair. Villagers say that people from both the UN and the Red Crescent were close by, heard the discharge and came to look for wounded people in need of care. Some arguing took place as to who should take care of the victim. Discussions ended with Israeli soldiers loading the badly wounded Bilal in a jeep and driving him to the outskirts of the village, where a military helicopter waited. The boy was flown to a destination unknown to his family. Five days later he came back, dead and wrapped in green hospital fabric.

A villager recognized Captain Yahya, the leader of the military column who had transported Bilal from the postmortem center Abu Kabir, outside of Tel Aviv, to the place for his final rest. ”Captain Yahya is the worst of them all,” the villager whispered in my ear. After Yahya had unloaded the body and changed the green fabric for a light cotton one, some male relatives of the victim were chosen by the soldiers to do the job of digging and mixing cement.

Together with the sharp noises from the shovels we could hear laughter from the soldiers who, as they waited to go home, exchanged some jokes. As Bilal was put in the grave his chest was uncovered. Suddenly it became clear to the few people present just what kind of abuse the boy had been exposed to. Bilal was not by far the first young Palestinian to be buried with a slit from his abdomen up to his chin.

The families in the West Bank and in Gaza felt that they knew exactly what had happened: ”Our sons are used as involuntary organ donors,” relatives of Khaled from Nablus told me, as did the mother of Raed from Jenin and the uncles of Machmod and Nafes from Gaza, who had all disappeared for a number of days only to return at night, dead and autopsied.

– Why are they keeping the bodies for up to five days before they let us bury them? What happened to the bodies during that time? Why are they performing autopsy, against our will, when the cause of death is obvious? Why are the bodies returned at night? Why is it done with a military escort? Why is the area closed off during the funeral? Why is the electricity interrupted? Nafe’s uncle was upset and he had a lot of questions.

The relatives of the dead Palestinians no longer harbored any doubts as to the reasons for the killings, but the spokesperson for the Israeli army claimed that the allegations of organ theft were lies. All the Palestinian victims go through autopsy on a routine basis, he said. Bilal Achmed Ghanem was one of 133 Palestinians killed in various ways that year. According to the Palestinian statistics the causes of death were: shot in the street, explosion, tear gas, deliberately run over, hanged in prison, shot in school, killed at home, etc. The 133 people killed were between four months to 88 years old. Only half of them, 69 victims, went through postmortem examination. The routine autopsy of killed Palestinians – of which the army spokesperson was talking – has no bearing on the reality in the occupied territories. The questions remain.

We know that Israel has a great need for organs, that there is a vast and illegal trade of organs which has been running for many years now, that the authorities are aware of it and that doctors in managing positions at the big hospitals participate, as well as civil servants at various levels. We also know that young Palestinian men disappeared, that they were brought back after five days, at night, under tremendous secrecy, stitched back together after having been cut from abdomen to chin.

It’s time to bring clarity to this macabre business, to shed light on what is going on and what has taken place in the territories occupied by Israel since the Intifada began.

Translation from swedish: Henrik Karlsson
Utskriftsdatum: 2009-10-17
Publicerad: 2009-08-26Voir enfin:

Trafic D’ Organes: Accord Tacite Du Gouvernement Israélien

Alexandra Sandels
Alter Info
21.08.09Les responsables politiques israéliens fonctionnent désormais en mode panique. Après les accusations justifiées de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Gaza lors de l’ Opération Plomb Durci, les 1000 plaintes déposées contre la soldatesque sioniste dans des tribunaux européens, cette affaire de vol et trafic d’organes pousse le régime sioniste à des réactions hystériques. Israël est connu comme un pays très actif dans le trafic international d’organes. Le système national de santé rembourse tout ou partie des transplantations, incluses celles majoritairement faites à l ‘étranger, légales ou non.
[1] [2] [3] [4] [5] Notez
Myriam Abraham Mardi 25 Août 2009

Israël affirme que la presse suédoise l’accuse de “crime rituel”

L’article d’ Alexandra Sandels du 21/08/09 publié dans MENASSAT http://www.menassat.com/ intitulé ” Israël affirme que la presse suédoise l’accuse de “crime rituel” dans l’affaire des accusations de vol d’organes, fournit des informations supplémentaires sur ces accusations de trafic d’organes. Ci dessous quelques extraits traduits de cet article.

“En début de semaine, le plus grand quotidien suédois, Aftonbladet, a publié un article suggérant que les soldats israéliens tuaient de jeunes Palestiniens et volaient leurs organes. L’homme qui a rédigé cet article, le photographe et journaliste suédois, Donald Bostrom, affirme qu’il a été témoin d’un tel incident lui-même au début des années 90. L’article a suscité beaucoup d’attention sur la scène internationale et provoqué un débat médiatique intense en Suède de même qu’ailleurs. Israël a répondu avec colère à cet article, accusant la Suède de publier un article accusant “les Juifs de crime rituel” et demandant que les autorités nationales condamnent officiellement l’article.

“Dans son article “Våra söner plundras på sina organ,” qui se traduit par ” on pille les organes de nos fils” Donald Bostrom raconte l’histoire du rôle d’Israël dans le “scandale international de transplantation d’organes” et comment lui-même a été témoin d’une attaque contre un jeune homme palestinien par les soldats israéliens en Cisjordanie en 1992.

“MENASSAT a une un entretien téléphonique avec Bostrom dans lequel il a expliqué les événements qui servent de base aux affirmations dans son article.

“Revenant en arrière, au début des années 90, Bostrom travaillait dans les territoires occupés palestiniens sur son livre “Inshallah” (“Avec l’Aide de Dieu”) publié en 2001, le livre présentant la lutte des Palestiniens dans les territoires occupés. Bostrom dit qu’à l’époque du personnel de l’ONU travaillant dans la région l’a contacté, lui disant qu’ils avaient des soupçons que des organes étaient collectées de cadavres palestiniens.

“Des personnes disparaissent et on les ramène après qu’ une autopsie ait été pratiquée sur eux. Nous pensons qu’ils volent leurs organes” ont -ils dit à Bostrom, d’après lui.

“En 1992, sur 133 Palestiniens qui avaient été tués, 53 avaient été autopsiés selon Bostrom. Les corps avaient été autopsiés à l’Israel’s Abu Kabir Forensic Institute, ( Institut medico legal d’Abu Kabir d’Israël) et plus tard rendu à leurs familles. Bostrom a choisi 20 des 52 cas de corps autopsiés et rencontré les familles des victimes qui ont toutes dit que des organes de leurs enfants avaient été volées. Bostrom a obtenu des familles qu’elles exhument les corps des 20 individus. Il a amené avec lui une équipe de TV et une équipe médicale, mais la nuit précédent l’exhumation des cadavres, Israël a imposé un bouclage de la Cisjordanie et de Gaza qui a duré 6 mois. Bostrom n’a jamais pu prouver si les organes avaient été prélevées ou pas.

“Mais les familles ont dit qu’elles étaient sûres que les organes de leurs enfants avaient été volées, c’est pourquoi Bostrom voulait appeler à l’ouverture d’une enquête sur le sujet. Il n’a jamais affirmé qu’il avait apporté des preuves à ses affirmations; et il réitère que c’est justement pour cela qu’on doit enquêter sur ces accusations.

“Est-ce qu’il pense que les accusations de prélèvement d’organes est une pratique systématique en Israël ?

“Jusqu’à présent, Bostrom insiste, il n’y a pas de preuve sûre, seulement un ensemble d’accusations et de circonstances suspectes. Dans les années 90, il se souvient comment certaines mères palestiniennes n’étaient pas autorisées à laver les corps de leurs fils morts qui leur avaient été rendus.

“Il y a simplement trop de questions restées en suspens”, insiste-t-il.

“Tout spécialement quand c’est bien connu qu’Israël est – selon des révélations faites dans un magazine du New York Times en 2001 – “l’une des nations les plus actives sur le marché international du trafic d’organes”. ” En Israël, et dans une autre poignée de pays, dont l’Inde, la Turquie, la Russie et l’Irak” selon les révélations faites par Michael Finkel, ” les ventes d’organes sont menées presque ouvertement. En Israël, il y a même un accord tacite du gouvernement sur cette pratique — le système national de santé – le programme d’assurance couvre une partie, et parfois tout les frais de transplantations arrangées.”

“D’autre part, en 2002, le directeur de l’Institut Medico Legal d’Abu Kabir, le Dr Yehuda Hiss, a été arrêté pour ” une longue liste d’accusations allant de conduite inappropriée comme médecin à des actes criminels tels que la vente illégale et les trafics d’organes et de parties de corps, le prélèvement des organes de personnes décédées sans consentement, et la pratique de la desinformation sur les organes des corps restitués.” En 2007, deux hommes de Haïfa ont été condamnés à la prison pour “trafic d’humains dans le but de prélever leurs organes”. Ils ont avoué avoir forcé des malades mentaux et retardés arabes de Galilée et du Centre d’Israël a avoir leurs reins prélevés, et plus tard ont refusé de payer les donneurs comme promis.

“Le fait est que nous savons qu’il y a un trafic d’organes en Israël. Et nous savons aussi qu’il y a des familles qui affirment que les organes de leurs enfants ont été prélevés. Ces deux faits mis ensemble suscitent le besoin d’une enquête plus élaborée” a dit Bostrom au MENASSAT.

“Bilal Ghanan

“Alors qu’il séjournait en Cisjordanie, Bostrom s’est lié d’amitié avec une famille du coin dont le fils avait été tué par l’armée israélienne. Le 18 Mai 1992, des forces spéciales israéliennes sont arrivées à Imatin, un petit village en Cisjordanie, cherchant Bilal Achmed Ghanan de 19 ans. Le jeune palestinien était un protestataire actif, et avait provoqué la colère de l’armée israélienne, car il avait l’habitude de lancer des pierres aux patrouilles. Ghanan, qui vivait caché dans les montagnes à l’époque avait décidé ce jour là de quitter provisoirement sa cachette et descendre au village. Alors qu’il marchait dans les ruelles étroites du village Ghanan a brusquement été frappé par un tir en pleine poitrine. Puis il a été touché aux jambes selon des passants du village. La dernière balle a touché l’estomac. Les forces israéliennes ont chargé Ghanan gravement blessé dans une jeep et sont partis avec lui en dehors du village ou un hélicoptère militaire les attendait, affirme Bostrom dans son article. On a rendu le corps de Ghanan à sa famille 5 jours plus tard – - mort et enveloppé dans des draps d’hôpital. Quand le corps de Ghanan enveloppé dans le linceul a été mis en terre, le linceul a glissé à un endroit révélant sa poitrine au petit groupe de membres de la famille qui s’étaient rassemblés pour la cérémonie. Ils étaient choqués. Le jeune homme de 19 ans avait été ouvert à partir du bas de l’abdomen jusqu’à son menton et recousu.(Voir photo ci dessus).

“Soudain les violences qu’il avait subi sont apparues évidentes pour les quelques personnes assistant aux funérailles” écrit Bostrom. Il a ensuite cité des extraits d’interviews avec d’autres familles affirmant que leurs fils ont subi le même sort que Bilal Ghamam. ” Nos fils sont utilisés comme donneurs d’organes involontaires” des proches de Khaled de Naplouse m’ont dit. La mère de Raed de Jenin a affirmé la même chose et les oncles de Mahmoud et Nafes de Gaza aussi. Les trois garçons avaient disparu pendant quelques jours et leurs corps ont été rendus de nuit, morts et autopsiés”a écrit Bostrom.

“Autrement pourquoi conserveraient-ils les corps jusqu’à 5 jours avant que nous ne soyons autorisés à les enterrer ?

Qu’est qui arrive à ces corps pendant tout ce temps ?

Et pourquoi font-ils des autopsies quand la cause de la mort est évidente, et dans tous les cas contre notre volonté ?

Et pourquoi les corps sont-ils rendus la nuit ?

Et pourquoi il y a t-il une escorte militaire ?

Et pourquoi les zones sont-elles bouclées pendant les funérailles ?

Et pourquoi l’électricité est-elle coupée ? ” Se demandent les familles des victimes…..

Israël pays tres actif dans le trafic international d’organes avec le consentement du gouvernement
En Israël, le taux de dons d’organes est tellement bas que le pays ne peut pas participer au programme de la Communauté européenne de transplantation d’organes et par conséquent ne peut recevoir d’organes de ce programme et dépend entièrement des dons faits en Israël. Environ 40% des donneurs d’organes sont des travailleur immigrés. Seulement 45% des Israéliens sont en faveur des dons d’organes, soit un pourcentage 50% plus bas que dans la majorité des pays occidentaux. Seuls 8% des juifs possèdent une carte de donneur ( carte ADI ) alors que dans les pays occidentaux cela varie entre 30 et 40%. 60% sont contre le don d’organes (en France 30% seulement). Les motifs sont principalement religieux, y compris chez des personnes juives qui se déclarent non pratiquantes mais qui s’identifient sur ce point avec la religion en lien avec les règles liées à la mort et refusent le don d’organes invoquant l’interdiction de désacralisation du corps et l’obligation d’enterrer le défunt le plus rapidement possible.

Selon la Halachic Organ Donation Society, une organisation qui comprend des rabbins et docteurs du monde entier, les Juifs ont le taux le plus bas de porteurs de carte de donneurs parmi les groupes ethniques. Selon cette Société, en Israël il y a une fausse interprétation de la Loi Juive (Halachah) affirmant que celle ci interdit le don d’organes. Certains manifestent des attitudes superstitieuses disant qu’ils vont s’attirer le mauvais ou précipiter leur propre mort. Conséquence, des patients en attente de greffe meurent chaque année en Israël et plus de la moitié de ceux qui sont transplantés le sont à l’étranger dans des conditions qui ne sont pas toujours légales.

Ainsi en 2007 un chirurgien israélien a été arrêté en Turquie, pays lui aussi actif en matière de trafic d’organes, suspecté d’être impliqué dans les activités d’un réseau mondial de transplantations illégales réalisées dans un hôpital d’Istanbul. Zaki Shapira, ancien chef du centre du service de transplantation au centre médical Rabin à Petah Tikva au Nord de Tel Aviv en Israël, a été arrêté lors d’une fusillade entre la police et des voleurs armés le 27 avril dans un l’hôpital d’Istanbul. Les médecins et infirmières turcs ont également été arrêtés. Selon des sources turques, des officiers de police qui ont fouillé l’hôpital après la fusillade ont découvert qu’il avait été fermé par décision de justice un mois plus tôt à cause de transplantations illégales.

Jusqu’à tout récemment, les autorités religieuses juives israéliennes considéraient avec réticence la décision de déclarer comme mort tout patient ne présentant plus aucun signe d’activité cérébrale (“mort cérébrale” ) comme cela se fait en Occident où on peut, une fois celle-ci déclarée, prélever des organes. Il existe pourtant en Israël une loi votée en 2008 “Organ Donation Law” qui autorise le prélèvement d’organes une fois la mort cérébrale déclarée. Cette loi encourage également les dons d’organes de personnes vivantes et en bonne santé qui peuvent bénéficier de certains avantages. Ainsi le donneur vivant reçoit le statut de malade chronique après la donation avec tous les avantages en matière de prise en charge des soins, ainsi qu’une somme de 5100 $ versés par l’ état. Le donneur dont tous les soins liés à la transplantation sont pris en charge, peut également se faire rembourser le coût de l’accompagnement psychologique et ses frais de convalescence et est également prioritaire en cas de nécessité d’une greffe pour lui-même. Le receveur israélien qui bénéficie d’une greffe à l’étranger est également remboursé tout ou partie pour la greffe et les soins post opératoires que cette transplantation soit légale ou non, que les organes soient donnés par consentement ou volés dans le cadre d’un trafic comme dénoncé. Les organismes et compagnies d’assurance israéliennes chargées du remboursement considèrent, surtout dans le cas de greffe de reins, que c’est beaucoup moins onéreux que les dialyses et autres soins lourds dans le cadre de maladies longue durée.

En effet, les organes les plus demandés sont les reins. il existe donc une sérieuse pénurie et le gros du trafic international se concentre sur ces organes. L’un des rabbins ultra orthodoxes américains arrêté par le FBI parce qu’impliqué dans un trafic d’organes, Levy Izhak Rosenbaum ( voir notre article précédent sur le sujet ), appartenant à la communauté ultra orthodoxe de Borough Park de Brooklyn c’était semble- t-il spécialisé dans le trafic de reins les achetant en Israël pour 10 000 $ puis les revendant aux US pour 160 000$. Nancy Scheper Hughes, professeur d’anthropologie à l’Université Berkeley de Californie, auteur d’un livre bientôt publié sur le trafic d’organes humains, a dit avoir traqué ce réseau de Brooklyn depuis 10 ans et que ses contacts en Israël lui ont affirmé que Rosenbaum était le “Top Man” aux Etats Unis. Lors d’une rencontre en 2008 avec un agent du FBI infiltré dans le réseau, Rosenbaum avait affirmé qu’il avait un associé travaillant pour une compagnie d’assurances à Brooklyn qui pouvait prendre des échantillons de sang du receveur, les envoyer dans de la glace sèche en Israël où ils seraient testés pour voir s’ils correspondaient au donneur potentiel. Scheper – Hugues a dit que les recherches qu’elle a faite pour écrire son livre lui ont permis de découvrir que des centaines de cas de transactions illégales portant sur des organes étaient réalisées par et pour des israéliens en Israël, Afrique du Sud, Turquie et dans d’autres pays, avec des vendeurs/donneurs recrutés notamment dans des communautés pauvres en Moldavie au Brésil et ailleurs.

Israël est le seul pays au monde à confisquer les cadavres des combattants et autres militants palestiniens et arabes morts en action ou en prison. Un cimetière spécial a été crée pour recevoir leurs dépouilles, et quand, comme cela a été le cas dans le cadre d’un échange entre le Hezbollah et Israël, les dépouilles sont restituées, les corps sont dans un tel état de décomposition qu’il est impossible de savoir si des organes ont ou non été prélevées.

Si on ajoute à cela l’importante pénurie d’organes et de donneurs en Israël, l’affaire de Brooklyn, les témoignages des familles palestiniennes, tout ces éléments rassemblés font qu’il est tout à fait vraisemblable qu’un tel vol et trafic d’organes de Palestiniens aient pu avoir lieu.

Seule une enquête indépendante internationale permettrait effectivement, comme l’a suggéré Donald Bostrom, de faire toute la lumière sur cette affaire, enquête qui pourrait être entreprise sur initiative et sous contrôle de l’ONU qui a déjà mis en place un groupe de travail sur le trafic international d’organes et qui pourrait se voir confier une telle mission. D’autre part, un projet de résolution aux Nations Unies de ce groupe de travail devrait être bientôt présenté obligeant les hôpitaux partout dans le monde à établir les origines de chaque organe transplanté, s’il a été donné gratuitement ou en versant une compensation, ceci afin de protéger de ce genre de trafic les pauvres et les plus vulnérables, comme le sont les Palestiniens enfermés dans le ghetto de Gaza et les bandoustans de Cisjordanie et soumis aux caprices parfois macabres et intéressés de la soldatesque sioniste.


Désinformation: L’Internet, ça sert aussi à faire la guerre (Have flickr will travel)

22 février, 2009
Lebanese cover girl (Filkka Israel)Palestine map (Filkka Israel)Boycott call (Filkka israel)Anti-israel cartoon (Filkka israel)
Voici les avantages d’un Compte Flickr Pro (24,95 USD par an):
- Transferts de vidéos illimités (90 secondes max)
- Espace de stockage illimité
- Bande passante illimitée
- Albums photos illimités
- Archivage des images originales en haute résolution
- Possibilité de remplacer une photo
- Publiez vos photos ou vos vidéos dans un grand nombre de pools de groupe (jusqu’à 60)
- Navigation et partage sans publicité
- Statistiques sur le décompte des affichages et les références Shamir Ramj
A midi, nous avons appris que nos sites web étaient bloqués. … La fermeture de nos sites signifie que les durs du régime ne vont pas tolérer le défi Khatami contre Ahmadinejad. Behrouz Shojaei
Nous sommes un blog pacifiste, anti-crimes israéliens contre les enfants palestiniens, comme nous sommes contre les crimes commis par des groupes terroristes comme le Hamas et le Hezbollah etc. Nous croyons que l’existence de l’Etat de l’Israël est une erreur historique, aussi bien que les appels à sa destruction. La solution que nous recherchons pour la confrontation entre les Arabes et les Juifs est basée sur ce qui suit : la conservation du droit au retour sur la base de la résolution 194 \ 1947 de l’ONU pour tous les réfugiés des deux côtés. Une solution éternelle doit être basée sur un état séculaire démocratique en Palestine pour les Palestiniens et les juifs nés en Israël avant 1990 et pour leurs parents. Le pardon entre les Arabes et les juifs basé sur une vraie croyance dans un futur pacifique de cette terre. La destruction pacifique du royaume de Jordanie et le retour de sa terre à sa situation normale comme partie de la grande Palestine. Le nouvel Etat devra préserver les mêmes droits pour tous les citoyens sans aucune discrimination religieuse ou ethnique Oui, ….c’est ce que sommes nous. Profession de foi du site Filkka israel

Chaque fois que le ministère [des Affaire étrangères] repère une tendance anti-israélienne sur un blog en langue étrangère, un site d’information ou tout autre site Internet, il envoie immédiatement un message aux volontaires pour organiser la riposte en inondant le site d’opinions pro-israéliennes.
Itamar Eichner (Yediot Aharonot)
L’intox consiste à diffuser de fausses informations censées provenir d’un camp, alors qu’en fait elles proviennent du camp opposé. De tels procédés ne sont pas nés avec les médias électroniques ; ils sont apparus pendant la Seconde Guerre mondiale, et même avant. Mais, tandis qu’autrefois la diffusion de l’intox exigeait un matériel relativement compliqué et coûteux, comme des émetteurs radio à haut voltage, aujourd’hui une telle opération est devenue très simple à mettre en œuvre. Il suffit de disposer d’un serveur, d’enregistrer un nom de domaine, d’installer un logiciel de blog et de commencer à publier de fausses informations. Très vite, les rumeurs enflent et font le tour de la Toile. Yediot Aharonot

L’internet, ça sert aussi à faire la guerre!

Après les journalistes-combattants et les idiots utiles, Pallywood et ses enderlinades et autres Photoshoperies,… voici les clones de Flickr!

Photos accrocheuses de stars américaines ou de filles d’à côté plus ou moins dénudées, cartes de Palestine ou dessins dénonçant la rapacité d’un peuple tueur d’enfants, appels et mode d’emploi de boycotts des produits juifs, pseudo et titre ronflant à consonance juive, profession de foi pacifiste appelant au droit du retour et à la création d’un Etat binational revenant à la destruction de fait de tout Etat juif …

Quelle meilleure ou plus inoffensive couverture, pour un service de renseignement avisé soucieux de diffuser son intox au moindre coût en ces temps de guerre des images et de l’info, qu’un site web de partage de photos et de vidéos gratuit?

Si l’on en croit le quotidien israélien Yediot Aharonot (sur la base de l’enquête d’un journaliste libanais) et comme l’a enfin compris le gouvernement israélien …

C’est ainsi une véritable campagne d’intox que, via le site libanais Filkka Israel (version apparemment arabisée de Flickr Israel comme le pseudonyme dûment enjuivé de son fondateur Khodr Awarkeh alias Dr Eli Bnie Symon), s’offrent ainsi pour trois fois rien sur la Toile globale (plus besoin d’émetteurs radio à haut voltage compliqués, coûteux et facilement repérables!) les services de renseignements syriens.

A l’image d’ailleurs (surprise!) de la pratique iranienne, rarement évoquée ici en Occident, de création (et, pour renforcer la crédibilité, occasionnelle fermeture!) de sites de faux opposants “afin de semer la confusion parmi l’opposition dans le pays” ou entériner la fiction de la division du régime entre factions “dures” et “réformistes” ….

MONDE ARABE – L’intox comme fonds de commerce
Nir Boms et Niv Lillian
Yediot Aharonot
Traduit par Courrier international
19 févr. 2009

Diffuser de fausses informations en les attribuant à des sources israéliennes, telle est la spécialité du site Internet Filkka. Ses articles erronés sont repris par les médias, semant le trouble dans la région.

Le chef du Mossad, Meir Dagan, a été tué”, titraient il y a quelques mois un certain nombre de journaux arabes. Selon de fausses informations, il avait été tué dans un mystérieux accident de voiture, lors d’une visite en Jordanie. Le blog à l’origine de cette rumeur, qui a fait les gros titres dans plusieurs pays arabes, s’appelle Filkka Israel et serait dirigé par le Dr Elia Bnay Simon.

Le Dr Bnay Simon, de l’Université hébraïque de Jérusalem, serait un universitaire réputé, doublé d’un analyste politique aux sources fiables, en particulier sur des questions sensibles liées à l’espionnage, sur les initiatives diplomatiques secrètes et sur les faits dissimulés par les autorités et dont les grands médias ne se font pas l’écho. Un rapide coup d’œil à son blog nous apprend, par exemple, que le nombre de soldats israéliens tués pendant l’opération militaire à Gaza s’élèverait à plusieurs centaines, contrairement aux chiffres officiels. Les commentaires de Bnay Simon sont régulièrement publiés et cités par les chaînes de télévision arabes. En juin 2008, son site a publié un scoop sur les projets de John McCain concernant la paix au Moyen-Orient. A en croire Filkka Israel, le candidat républicain à la Maison-Blanche proposait notamment de créer un Etat palestinien en Jordanie, sur le conseil du Pr Robert Magen, l’un des directeurs du Carnegie Institute of Science. Cet article n’a pas tardé à être repris dans tout le monde arabe, et le journal Al-Rai, financé par l’Etat jordanien, a même publié un éditorial virulent contre la proposition américaine.

Très vite, les rumeurs enflent et font le tour de la Toile

Comment se fait-il que vous n’ayez jamais entendu parler de ce célèbre professeur ? Sans doute parce qu’il n’existe pas comme membre de l’Institut Carnegie. De même, l’Université hébraïque de Jérusalem n’a personne de ce nom parmi ses professeurs. Robert Magen a lui aussi été étonné lorsqu’on lui a demandé de commenter son “initiative diplomatique”, qui à l’évidence n’a jamais existé, et il a nié avoir la moindre part dans les idées qu’elle était censée proposer.

Toutefois, au Liban, il y a un docteur qui est bien connu et qui porte le nom de Bnay Simon. Apparemment, c’est un pseudonyme de Khodr Awarkeh, qui contribue régulièrement aux sites d’information syriens Aksalser et Champress. Des sources libanaises l’ont déjà associé au Parti social nationaliste syrien [parti nationaliste prosyrien]. Le journaliste libanais Hussein Abdul-Hussein affirme que le blog Filkka Israel s’inscrit dans une vaste opération d’intox orchestrée par les réseaux de renseignements libano-syriens. Les idées d’Awarkeh sont aussi relayées en ligne par son ami koweïtien l’administrateur du site Aldiwan, Abdul-Hamid Abbas Dashti, un chiite koweïtien qui a des liens familiaux avec un officier des renseignements syrien.

L’intox consiste à diffuser de fausses informations censées provenir d’un camp, alors qu’en fait elles proviennent du camp opposé. De tels procédés ne sont pas nés avec les médias électroniques ; ils sont apparus pendant la Seconde Guerre mondiale, et même avant. Mais, tandis qu’autrefois la diffusion de l’intox exigeait un matériel relativement compliqué et coûteux, comme des émetteurs radio à haut voltage, aujourd’hui une telle opération est devenue très simple à mettre en œuvre. Il suffit de disposer d’un serveur, d’enregistrer un nom de domaine, d’installer un logiciel de blog et de commencer à publier de fausses informations. Très vite, les rumeurs enflent et font le tour de la Toile.

Cette technique a déjà été adoptée par des Etats et des organisations qui ont compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer des médias électroniques. L’Iran, tout en censurant des milliers de sites Internet, a réussi à créer ses propres sites, censément dirigés par des opposants, afin de semer la confusion parmi l’opposition dans le pays.


Voir aussi:

Filkka Israel

Vous voulez vous documenter et trouver des infos ou bien sur la Turquie, l’Egypte et l’Irak, et vous tournez en rond sans réussir à trouver ce que vous recherchez ? ?

Filkka Israel

Cet état violent et terroriste recourt inconditionnelement à l’usage d’armes interdites et s’en sert contre des populations civiles générant ainsi des critiques très fortes et un ras-le-bol grandissant de la part d’ONG telles qu’Amnesty International..

Les pro-israéliens hystériques ne peuvent pas supporter les observations objectives en direction de la politique impérialiste et coloniale de l’état d’Israël accusant ainsi le reste du monde, et tous ceux qui osent s’exprimer de dangereux antisémites pro-Hamas..

La recherche et développement en Israël et l’implantation massive d’entreprises dans ce pays sont des options tâchées de sang car l’économie israélienne est basée sur l’expulsion des palestiniens ainsi que le vol de leur maison, c’est pourquoi les avions en direction d’Israel commencent à se vider. Le Boycott de l’économie israélienne commence a porter ses fruits..

Vous aussi vous voulez faire quelque chose, pourtant vous avez cherché et vous ne savez pas comment agir ni quel type d’opérations il vaut mieux mener ? ?
Filkka Israel

Participez vous aussi au boycott mondial d’Israel et cessez immédiatement toute consommation de biens, produits ou fruits en provenance d’Israel, car le boycott est l’action qui va avoir le plus de conséquences au niveau de l’opinion et au niveau économique. Pour savoir quels sont les produits concernés, il suffit de regarder le code barre (qui commence par 729)..
Filkka Israel

La croissance israélienne est fondamentalement dépendante de ses exportations de produits agricoles et des investissements des firmes étrangères, ainsi que de la manne touristique (hotels, boites de nuits, clubs de vacances)..

Informez aussi un maximum de personnes, transférez-leur l’adresse de ce site et de cette page et si vous avez un site ou un blog, faîtes un lien vers cette page (ou dans votre signature sur les forums)..

L’ironie du sort, c’est qu’avec cette logique sécuritaire d’enfermement Israël est en train de creuser sa propre tombe sans aucun doute sur le long terme, l’histoire des colonisations nous l’a appris..

Renseignez-vous à propos de Filkka Israel.


Gaza: Utiliser le droit humanitaire pour faire la guerre est un crime de guerre (Is there any war crime that the Hamas hasn’t committed?)

28 janvier, 2009
Hamas human shieldsMal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Camus
Les tactiques de combat et l’idéologie du Hamas sont, “par excellence, un cas d’école” de violations systématiques du droit international humanitaire. Il n’y a “presqu’aucun exemple comparable” où que ce soit dans le monde d’aujourd’hui d’un groupe qui viole aussi systématiquement les accords internationaux liés aux conflits armés. Irwin Cotler (ancien Ministre de la Justice du Canada, membre du parlement de ce pays et professeur de droit à l’Université McGill de Montreal)
La mission d’Amnesty International dans la bande de Gaza a notamment trouvé des preuves indiscutables du recours intensif d’armes à phosphore blanc dans des zones d’habitation très peuplées”, selon AIF, qui réaffirme l’accusation de “crime de guerre” portée par l’organisation contre Israël. Le Figaro
A l’heure où de toutes parts montent des appels à faire condamner Israël pour de prétendus crimes de guerre …
.
Viser délibérément des civils, attaquer depuis des zones et des infrastructures civiles, usage impropre et détournement des symboles humanitaires aux fins de lancer des attaques, incitation directe et publique au génocide, ampleur des attaques contre les civils (attaques systématiques et à grande échelle), recrutement des enfants dans un conflit armé…

Y a-t-il, comme le rappelle un juriste canadien, un crime de guerre que le Hamas (après le Fatah ou le Hezbollah ainsi que leurs mandants de Téhéran) ne pratique ou n’a pas pratiqué ?

Ou, dans leur rage anti-américaine ou anti-israélienne, une mauvaise cause que nos médias et nos belles âmes n’auront pas, comme leurs prédécesseurs avant eux, épousée?

Hamas, cas d’école des ’crimes de guerre’
Haviv Rettig Gur
The Jerusalem Post
vendredi 16 janvier 2009

Les tactiques de combat et l’idéologie du Hamas sont, “par excellence, un cas d’école” de violations systématiques du droit international humanitaire, selon un expert de premier plan du droit international qui a pu se rendre dans la région de la périphérie de Gaza ce mardi. Il n’y a “presqu’aucun exemple comparable” où que ce soit dans le monde d’aujourd’hui d’un groupe qui viole aussi systématiquement les accords internationaux liés aux conflits armés, a déclaré Irwin Cotler – ancien Ministre de la Justice du Canada, membre du parlement de ce pays et professeur de droit à l’Université McGill de Montreal – au Jerusalem Post ce mardi.

Le Hamas commet au moins 6 violations du droit international, souligne Cotler.

“Premièrement, le fait de viser délibérément des civils est en soi et par soi un crime de guerre,” note-il, en référence aux roquettes que le Hamas tire sur les villes méridionales d’Israel depuis huit ans.

“Un deuxième crime [est commis] quand le Hamas attaque [depuis] des zones civiles et des infrastructures civiles, que ce soit un building à appartement, une mosquée ou un hôpital, dans le but de se rendre immun aux réponses d’Israel,” continue-t-il. “Les civils sont des personnes protégées, et les zones civiles sont des zones protégées. Tout usage d’infrastructure civile aux fins de lancer des bombes est en soi un crime de guerre.”

Que le Hamas porte la responsabilité légale des dommages causés aux civils dans les zones à partir desquelles il tire [des roquettes ou des obus de mortier] est inscrit en lettres d’or dans toute la littérature du droit international, affirme-t-il : “Dans les principes généraux du droit coutumier qui s’impose aux Nations, dans le droit international spécifique aux conflits armés [aussi appellé] droit humanitaire international, dans la quatrième convention de Genève, dans les décisions de la Court Internationale de Justice et le Tribunal Pénal International pour l’ancienne république de Yougoslavie et le Rwanda – Tout y est mentionné.”

Troisiémement, explique-t-il, “l’usage impropre et le détournement des symboles humanitaires aux fins de lancer des attaques tombent sous le coup de la qualification de “perfidie”. Par exemple, utiliser une ambulance pour transporter des combattants ou des armes ou un combattant qui se déguise en docteur dans un hôpital, ou qui utilise un logo ou un drapeau de l’ONU, tout cela ce sont des crimes de guerre.” [**]

La quatrième violation, “dont il a été fait peu de cas, est la prohibition dans la quatrième convention de Genève et la jurisprudence internationale de l’incitation directe et publique au Génocide. La Charte du Hamas elle-même est une incitation permanente au génocide. [De la même manière,] juste avant que ces affrontements ne commencent, j’ai vu des leaders du Hamas à la télévision parlant d’Israel et des Juifs comme étant des fils de singes et de porcs.”

Le cinquième crime est lié à l’ampleur des attaques contre les civils, qui hisse cette [première] violation au statut de crime contre l’humanité. Selon Cotler, “quand vous bombardez délibéremment des civils non pas occasionnellement mais dans des attaques systématiques et à grande échelle, cela est défini comme crime contre l’humanité dans les traités du Tribunal Pénal International et du droit international humanitaire.”

Le dernier crime dont le Hamas est responsable est le recrutement des enfants dans un conflit armé.

“Le Hamas est un cas d’école dans chacun de ces 6 catégories de crime de guerre,” affirme Cotler. Malheureusement, la communauté internationale “continue de minimiser la manière par laquelle le Hamas s’est engagé dans une politique de violation massive du droit international humanitaire.”

Cotler affirme qu’il est particulièrement important de mettre en évidence les violations du Hamas en ceci que cela ferait porter tout le poids des responsabilités de la tragédie civile à Gaza sur le vrai responsable.

“Les conséquences [du combat] sont tragiques en termes humains,” affirme-t-il. “Clairement ce qui arrive à Gaza est une tragédie. Mais il faut qu’il y ait une clarté morale et légale en ce qui concerne les responsabilités. Quand Israel réplique et que des civils sont tués parce que Israel vise une zone depuis laquelle des roquettes sont lancées, alors c’est le Hamas qui porte la responsabilité des morts, et pas Israel, selon le droit international.”

[**] Notes

Le droit des conflits armés n’interdit pas la ruse mais interdit la perfidie.

Il est licite de chercher à induire l’ennemi en erreur, par exemple en utilisant des leurres qu’il attaquera inutilement ou en cherchant à lui faire croire à une offensive ailleurs et à un autre moment que celui auquel elle aura vraiment lieu.

Le fait que des membres de l’armée allemande aient revêtu des uniformes alliés pour donner aux convois de fausses indications (afin de permettre la fuite du reste de leur détachement) – manoeuvre qui n’avait pas entraîné mort d’homme et n’avait pas non plus pour but de le faire – n’a été considéré que comme ruse de guerre, au même titre que les leurres placés par les Alliés autour de Douvres (plusieurs milliers de chars) pour persuader Hitler de l’imminence d’un débarquement dans le Pas-de-Calais ou que le bombardement d’Abbeville effectué pour faire croire à ce scénario.

La ruse de guerre n’est pas toujours crime de guerre.

Dans quel cas une ruse de guerre est-elle un crime de guerre ?

Par exemple tirer sur un parachutiste autre que d’une troupe aéroportée, ou attaquer l’ennemi alors qu’on est venu se présenter à lui avec un drapeau blanc – ou qu’il se présente lui-même avec un drapeau blanc – est un crime de guerre.

Utiliser le droit humanitaire pour faire la guerre est un crime de guerre.

S’abriter faussement derrière des emblèmes de neutralité comme l’ONU constitue un crime de guerre.

S’abriter faussement derrière le droit des conflits armés est qualifié de “perfidie” et constitue un crime de guerre.

Par exemple faire croire à une reddition pour attaquer ensuite ou abriter des combattants derrière l’emblème de la croix-rouge sont des perfidies.

[extrait article "crime de guerre" sur Wikipedia

Voir enfin:

Letter to the UN SG Hamas Leaders to International Trial

To:  UN Secretary General

Mr Ban Ki-Moon
United Nations

Office of the Spokesperson for the Secretary-General
United Nations, S-378
New York, NY 10017
Tel. 212-963-7162, Fax. 212-963-7055 Thursday, January 8, 2009 /EMYM

The Honorable Secretary-General, Mr Ban Ki-moon!

Subject: Hamas leadership to be brought to trial for War Crimes

Your Excellency! We, the Take-A-Pen international public advocacy organization, request decisive action regarding a severe case of war crimes.

In the recent years and in the present ongoing military conflict the Hamas terrorist organization ruling in Gaza has committed a large number of diverse war crimes, as defined by International Law.

The form of warfare the Hamas movement inflicted both on the Gaza population and on Israel has caused much suffering and heavy losses and damage both to Israel’s civilian population and to the entire Gaza Strip. The Hamas regime has fired 6,300 rockets targeting Israeli civilians. In Gaza the Hamas stored rockets and other weaponry and ammunition primarily in residential areas; in houses, mosques, and schools. Thousands of rocket and mortar grenade attacks were launched from within these areas, obliging Israeli military response which inevitably led to great suffering of the population and damage to property.

According to International Law any source of fire on civilian targets is a legitimate target itself. If that source of fire was located among civilians it still remains a legitimate target; and if that vicinity invites fire in return, causing casualties among the local population, these casualties are the full and sole responsibility of the party placing them deliberately in harm’s way. In this case Hamas is fully responsible both for the deliberately targeted Israeli civilian casualties and for the civilian casualties of its own population used by Hamas as a human shield.

Your Excellency, Mister Secretary General! We demand that the Hamas leadership be brought to international justice without delay, and tried for the following war crimes:

- Shooting rockets and grenades purposely on civilian targets in Israel.
- Shooting these rockets from within Palestinian civilian compounds such as schools or in close proximity of hospitals or residential buildings.
- Storing weapons and ammunition in schools, mosques, public offices and buildings and the sort.
- Regularly using their own civilians as human shield; particularly children, often forced to be in the most dangerous spots.
- During fighting with the Israeli forces the Hamas fighters, who wore uniforms at the beginning, changed to civilian clothing or IDF uniforms and continued to fight.
- Hamas fighters have routinely hid among civilians in hospitals
- To the kidnapped Israeli soldier, Gilad Schalit, Hamas did not provide the most elementary rights of war prisoners, such as information given to the other side and Red Cross visits, rights Israel grants even to convicted Hamas terrorists.
- Children and minors were routinely used by Hamas for military tasks, both battle and auxiliary. The Hamas regime has also educated, indoctrinated and trained children and minors to murderous hatred, to will and techniques to kill.
- The Hamas leadership embezzled aid money received for the peaceful needs of Gaza’s population and used these extensive funds for war efforts; weaponry, military equipment and constructions, and an enormous military build-up.

A failure to prosecute the Hamas leadership in International Court would, no doubt, lead to their war crimes growingly become normative behavior, and to more of the same humanitarian catastrophes, to millions of victims of oppression and killings undefended by the UN.

Mr Secretary General, we would appreciate your considered reply, which, with your permission, we would publish, along with this letter. We shall follow your relevant activities with great honor, high expectations, and deep moral support.

Sincerely,

The Undersigned


Gaza: Ils ciblent jusqu’à… leurs propres soldats? (IDF targets UN workers and… its own soldiers!)

24 janvier, 2009
IDF's target practiceJe suis choqué et profondément bouleversé par [le bombardement] des forces israéliennes visant apparemment délibérément une position d’observateurs de l’ONU dans le Liban sud, [dans une attaque] qui a tué deux observateurs militaires de l’Onu, et sans doute deux autres. Kofi Annan
Je suis sûr qu’il y a des membres du Hamas sur la masse salariale de l’UNRWA et je ne vois pas cela comme un crime … nous ne faisons pas de politique d’assainissement et d’exclusion des personnes d’une persuasion par rapport à une autre. Peter Hansen (commissaire général de l’agence de l’ONU dans la bande de Gaza et la Cisjordanie, le 04/10/04)
Ambulance : camionnette revêtue des insignes du Croissant rouge. Elle a pour fonctions principales : (1) le transport de terroristes vers les lieux d’un attentat, (2) le transport d’armes, (3) l’exhibition télévisée (voir : CNN, BBC, France 2, etc.) au cas où elle a été atteinte par un projectile, et (4), le cas échéant, le transport des blessés (s’en procurer de faux si on n’en a pas de vrais sous la main et arriver à l’hôpital dans un vrai show son et lumière, après avoir prévenu les media susnommées). A ne jamais oublier, plus généralement, dans les mises en scène de douleur palestinienne.
ONU: “machin”. Embryon de Droit international qui justifie à lui seul toutes les campagnes pour l’avortement. Jack l’éventreur y mène l’enquête, Pierrot le Fou y rend la justice, le prêtre y est un assassin récidiviste. Le pot-de-vin n’y est pas accepté à moins d’un hectolitre. Laurent Murawiec
Que penser d’une armée qui cible non seulement l’ONU mais jusqu’à… ses propres soldats?
.
Violeurs (Sara Daniel), tueurs d’enfants (Charles Enderlin), assassins de fonctionnaires de l’ONU …

La réputation de l’Armée israélienne, on le voit, n’est plus à faire.

Sauf qu’à chaque fois on découvre (naturellement bien longtemps après les faits quand tout le monde a oublié) que lesdites accusations étaient soient parfaitement fantaisistes soient les récits systématiquement biaisés d’accidents réels comme il en arrive hélas régulièrement dans les actions de guerre (eh oui, Tsahal cible aussi à l’occasion ses propres soldats – la moitié de ses pertes pour la seule opération de Gaza!)

Voire, pour les fonctionnaires de l’ONU (et en plus de l’emprunt connu d’uniformes et de véhicules ou ambulances pour le transport de combattants, armes, munitions ou terroristes), des cas manifestes de l’utilisation systématique et désormais classique desdits personnels onusiens comme boucliers humains.

Et ce aussi bien à Jénine en novembre 2002 qu’a Beyrouth en août 2006 ou, comme on ne devrait pas tarder à le découvrir, à Gaza janvier 2009.

Ainsi Iain J. Hook, ancien para britannique (qui refusait les gilets pare-balles?) responsable de la reconstruction de Jenine prétendument abattu froidement dans le dos le 22 novembre 2002…

Venait juste (selon les enregistrements de sa conversation rendus publics par l’Armée israélienne) de téléphoner à un officier israélien pour les avertir que des Palestiniens étaient en train d’entrer de force dans l’enceinte de l’ONU, confirmant ainsi les dires des soldats qui affirmaient répliquer à des tirs provenant de ladite enceinte.

Ou, en juillet 2006 au Sud-Liban, l’un des quatre observateurs de l’ONU tués dans un raid israélien (l’officier canadien Paeta Hess-von Kruedener) qui avait vu un Secrétaire général de l’ONU se déclarer “choqué et profondément bouleversé” que le bombardement israélien “visait apparemment délibérément” une position de l’ONU …

Venait lui aussi juste un échange d’avertir par mel un de ses anciens supérieurs qu’ils étaient, dans un schéma désormais classique d’utilisation de boucliers humains, complètement entourés de combattants du Hezbollah auxquels répondaient les Israéliens …

Proche-Orient
Le personnel de l’ONU cible de Tsahal
L’Humanité
le 6 décembre 2002

Soixante-quatre des collègues d’Iain John Hook, tué par l’armée israélienne, adressent une sévère lettre ouverte au gouvernement de Tel-Aviv.

Au lendemain de la destruction délibérée par l’armée israélienne d’un dépôt du Programme alimentaire mondial contenant plus de 500 tonnes de vivres destinées à la population palestinienne de la bande de Gaza, et dix jours après la mort de leur collègue Iain John Hook, responsable de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, tué par des balles israéliennes devant le local de l’ONU à Jenine, 64 membres du personnel des Nations unies dans les territoires palestiniens ont publié mercredi une lettre ouverte dont voici l’essentiel :

” Nous, signataires, sommes membres du personnel des Nations unies, mais nous écrivons en notre nom personnel. Nous travaillons tous en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour apporter l’aide humanitaire nécessaire à une population en détresse. En accomplissant les tâches qui sont les nôtres nous avons été témoins de nombreuses tragédies des deux côtés. Nous venons du monde entier pour travailler, sans favoritisme, à alléger la peine et les souffrances qui affligent depuis trop longtemps cette terre.

Aujourd’hui, une fois encore la tragédie nous a atteints.

Pour nous, l’expression de la tristesse et les excuses ne suffisent plus. Le langage diplomatique des bureaucrates ne suffit plus. Nous écrivons pour exprimer notre condamnation absolue du meurtre insensé de Iain Hook à Jenine le 22 novembre. Sur la base d’informations notoirement crédibles, nous condamnons l’armée israélienne dans les termes les plus forts pour son action délibérée contre un homme désarmé, un homme visé dans le dos par un sniper militaire pendant qu’il négociait avec l’armée israélienne l’évacuation de femmes et d’enfants ainsi que de l’équipe de l’ONU qui se trouvait à ce moment-là dans le local.

Notre condamnation est renforcée par le fait que les soldats ont refusé de permettre à l’ambulance appelée pour évacuer Iain de parcourir les derniers mètres qui lui auraient permis d’arriver jusqu’à lui. Au lieu de cela, ils ont obligé l’équipe de l’ONU à chercher un autre chemin pour venir à son secours. Cela a causé un tel retard qu’il était certain que le travail accompli par la balle serait achevé par le refus de l’armée israélienne de respecter les règles les plus élémentaires d’humanité.

Le choc provoqué par cet événement n’est pas isolé. Depuis deux ans, le personnel des Nations unies est soumis à un harcèlement et à une violence croissants de la part de l’armée israélienne, au point que la protection que suppose le fait d’arborer les lettres bleues de l’ONU n’existe plus.

Le personnel de l’ONU – aussi bien internationaux que Palestiniens – a été agressé verbalement, battu, visé et tué par les soldats israéliens. Il y a eu des interventions armées contre des employés et des véhicules de l’ONU, y compris les ambulances et le personnel médical. Les écoles de l’UNRWA, les cliniques, les bureaux ont été frappés par des bombes, des roquettes, des obus et des fusils même en plein jour, mettant en danger la vie du personnel, et dans le cas des écoles, celle des enfants. Les immeubles occupés par l’ONU ont été régulièrement endommagés par les bombardements de l’aviation israélienne.

Tragiquement, Iain Hook n’est pas la première personne travaillant pour l’ONU à mourir entre les mains de l’armée israélienne cette année. En mars, Kamel Hamdan a été tué alors qu’il circulait en Cisjordanie dans une ambulance clairement marquée UNRWA. En avril, Husni Amer est mort pendant une garde à vue militaire à Jenine après avoir, selon les témoins, été brutalement frappé par les soldats. Étant donné leur silence, nous supposons que les autorités israéliennes ont ignoré les demandes d’enquête de l’ONU sur ces deux incidents et n’ont pris aucune mesure disciplinaire contre les soldats impliqués. Pour nous, cela semble confirmer l’hypothèse d’un total manque de respect de la part de l’armée israélienne pour la vie de ces hommes, la sécurité du personnel de l’ONU ou les règles minimum qu’impose la loi internationale qui protège le personnel de l’ONU et les autres travailleurs humanitaires. (…)

Nous demandons avec force que le gouvernement israélien traduise en justice les responsables du meurtre d’Iain. Seules les sociétés les plus barbares permettent à des hommes armés en uniforme de tuer les travailleurs humanitaires sans crainte d’être punis. Nous pensons qu’Israël ne souhaite pas voir ses troupes revêtues des mêmes couleurs que les miliciens qui ont entaché certains autres conflits dans le monde.

Comme personnel de l’ONU, nous comptons sur la protection du gouvernement israélien pour nous permettre d’assumer nos responsabilités humanitaires partout où l’on a besoin de nous. Il ne s’agit ni de politesse ni de faveur, mais du respect par Israël de ses obligations à l’égard de la législation internationale et de son engagement de faciliter le travail de l’UNRWA dans les territoires occupés.

Texte traduit par Françoise Germain Robin

A comparer avec:

Dernière conversation du fonctionnaire de l’UNRWA abattu, AP

Titre complet : « Tsahal a un enregistrement d’une conversation du fonctionnaire de l’UNRWA juste avant sa mort », par Associated Press.

Haaretz, 1er décembre 2002

Traduction française de Danielle Elinor Guez pour www.reinfo-israel.com

D’après un enregistrement dévoilé hier par l’armée israélienne, l’employé des Nations Unies, Iain Hook, tué dans le camp de Jénine, au cours d’un échange de tirs, a téléphoné à un officier israélien, quelques minutes avant sa mort, et lui a dit que des Palestiniens étaient en train d’entrer de force dans l’enceinte de l’ONU.

Hook, cadre supérieur de l’UNRWA a été tué par un tir israélien vendredi.

L’armée israélienne a admis que le tir était une erreur, mais a dit que les soldats répliquaient à des tirs provenant de l’enceinte de l’ONU, et qu’ils ont atteint Hook, parce qu’ils avaient pris, par erreur, son téléphone portable pour une arme.

Les Palestiniens ont démenti avoir tiré du camp. Les fonctionnaires de l’ONU ont également démenti l’accusation.

Mais dans un message vocal reçu par le Capitaine Peter Lerner, officier de liaison pour les groupes internationaux, une personne s’identifiant comme Iain dit que des jeunes Palestiniens : “Ils ont fait une brèche dans le mur… J’essaye de les refouler.”

Lerner n’a pas dit pourquoi il a fallu 5 jours aux militaires pour dévoiler l’enregistrement. “Cela ne prouve pas notre innocence”, admet Lerner, mais cela rend crédible l’affirmation des Israéliens selon laquelle des hommes armés avaient forcé l’enceinte.

Le terme utilisé par la personne qui appelait, pour décrire les jeunes, est “Shahab”, un terme arabe utilisé pour parler de bandes armées.

L’appel a été enregistré à 12 h 53 vendredi, moins d’une heure avant que Hook ne soit tué. La personne appelant disait : ” Hi, Peter, c’est Iain. Je fais juste un rapport sur le vif, réellement. Nous sommes coincés dans l’enceinte. Les Shahab ont fait une brèche dans le mur, ce qui ne me réjouit pas du tout. J’essaie de les refouler et je garderai mes employés repliés dans un coin jusqu’à ce que j’entende de tes nouvelles. OK ? Terminé.”


Gaza: Pendant les travaux, la criminalisation d’Israël continue

22 janvier, 2009
Paris Match's Palestinian liesC’est dur de haïr tout seul; mais à plusieurs, c’est un vrai plaisir. Bernard-Marie Koltes
Il y a un profit politique à cracher sur Israel: l’action vaut trente derniers sur les bourses du monde arabo-musulman. Laurent Murawie
A l’heure où, avec la reconstruction des tunnels de contrebande du Hamas suite au retrait des troupes israéliennes hors de Gaza, nos médias complaisants et leurs images sanguinolentes continuent à faire le service après-vente des abominations des tueurs d’enfants …
.
Retour, avec deux tribunes de sites amis, sur l’effroyable campagne de désinformation par laquelle les jihadistes tentent de monter de toutes pièces un prétendu massacre organisé de populations locales par l’armée israélienne ou de la famille d’un chirurgien palestinien au moment même où il était en ligne avec une chaine de Tel Aviv.

Le tout à nouveau via nos médias complices qui de l’autre côté traitent avec la plus grande suspicion les images de l’armée de la seule démocratie de la région …

L’ignoble contre-vérité propagée par le Hamas
Lucien.SA Oulahbib
Jeudi 22 janvier 2009

Maintenant que les combats se sont calmés les partisans transis de l’antisionisme doivent trouver d’autres moyens pour asperger l’opinion d’images sanguilonantes, il s’agira de continuer la criminalisation d’Israël en tentant de prouver que ses soldats ont assassiné de sang froid des centaines de civils (comme le soutient une députée verte interviewée sur Europe 1 le 22 janvier 08 au matin) afin que la similitude avec le nazisme soit enfin légitimée, le cas le plus probant selon eux étant le quartier de Zeitoun où « Selon plusieurs témoignages, le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens vers une seule maison à Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur”, a affirmé un communiqué de l’Office de l’ONU pour la coordination humanitaire (OCHA).”Vingt-quatre heures plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30″ personnes, ajoute le communiqué. »

Or, comment peut-on croire, un seul instant, hormis cas isolé néanmoins, que les soldats de l’armée israélienne aient pu effectuer de telles choses ? Comment est-ce possible ? Comment ne pas envisager que le Hamas organise plutôt une telle mise en scène jusqu’à fomenter seconde par seconde les conditions des erreurs de frappe ?

Ainsi, il est loisible de penser que des zombis du Hamas aient pu attendre le moment propice pour s’accoler avec un mortier près des écoles gérées par l’ONU et qu’ensuite la balistique israélienne aura fait feu en intégrant automatiquement les coordonnées de l’origine du lancement. Pis encore, que l’on choisisse le moment où un médecin palestinien soit interviewé par une télévision israélienne pour se placer sur son toit et tirer afin que la balistique israélienne réponde automatiquement comme cela s’est produit.

Il faudrait dorénavant qu’il n’y ait plus d’une part de réponse automatique mais une prévisualisation par satellite de l’origine du tir. D’autre part il serait propice que le gouvernement israélien fasse une conférence de presse solennelle en expliquant que les allégations des totalitaires du Hamas sont nulles et non avenues, la guerre médiatique ne fait que commencer en réalité.

Voir aussi:

Jusqu’au bout
Guy Millière
Metula News Agency
21/01/09

Jusqu’au bout, les grands media européens ont repris les images en provenance du Hamas et n’ont utilisé qu’avec une extrême circonspection celles venues de l’armée israélienne. Jusqu’au bout, ils ont tenu un discours d’une partialité inique, et n’ont, comme tant d’hommes politiques, parlé, pour l’essentiel, que de « disproportion », de destructions et de morts inutiles, voire de massacres attribuables à Israël. Jusqu’au bout, ils ont montré des écoles, des hôpitaux, des mosquées victimes d’attaques israéliennes. Jusqu’au bout, ils ont édulcoré ce qu’on a vu et entendu dans les cortèges de « soutien aux Palestiniens » partout sur la planète.

Peut-on dire qu’il est extrêmement grave que les media de sociétés libres relaient, sans la moindre distance ou regard critique, des images dont chacun sait qu’elles sont tronquées et falsifiées ? Des images qui visent à servir la propagande d’un groupe totalitaire aux intentions génocidaires explicitement avouées. Cela revient, pour ces media, à se faire les relais volontaires de la propagande de ce groupe totalitaire.

Peut-on dire que mettre sur le même plan ce qui provient d’un groupe totalitaire et ce qui provient de l’armée d’un pays démocratique équivaut à poser qu’il n’y a strictement aucune différence fondamentale entre ce groupe totalitaire et cette armée d’un pays démocratique, donc, au fond, aucune différence entre totalitarisme et démocratie ?

On doit, en tous cas, rajouter quelques points :

- Si « disproportion » il y a, elle a consisté à agresser de manière incessante et aveugle la population de tout le Sud d’Israël pendant huit années, comme l’a fait le Hamas, sans que cela ne semble intéresser quiconque en dehors d’Israël.

- Si disproportion il y a, elle a consisté, comme l’a fait, encore, le Hamas, à lancer des appels incessants au meurtre et au génocide, à inculquer la haine de manière incessante à toute une population, aux fins de lui faire accepter le suicide au service du djihad et d’autres formes de sacrifice humain, telle que l’utilisation d’enfants pour servir de boucliers humains.

- Si disproportion il y a, elle a consisté, enfin, à utiliser des écoles, des hôpitaux et des mosquées comme bases arrières d’attaques terroristes aux fins d’attirer vers ces lieux des tirs de riposte.

- La responsabilité de toutes les destructions et tous les morts, strictement toutes les destructions et tous les morts, doit, en ces conditions et selon la législation internationale et la morale fondamentale, être attribuée au Hamas. Pas une destruction n’aurait eu lieu à Gaza sans les pratiques du Hamas.

- Pas une seule femme, un seul enfant, un seul « civil » n’aurait été tué sans les actions du Hamas, et, en particulier, sans le recours aux boucliers humains. Pas une seule école, hôpital, mosquée n’aurait été touché s’il n’avait servi de base arrière d’attaques terroristes et utilisé comme lieu de stockage ou de fabrication d’armes et d’explosifs.

Les manifestations organisées dans le monde ont été, de fait, des manifestations de soutien au Hamas, donc des manifestations de soutien au totalitarisme, aux appels au meurtre et au génocide, et au sacrifice humain d’enfants.

Des manifestants souhaitant la liberté des Arabes de Gaza auraient exigé qu’ils soient, au contraire, délivrés du Hamas. Que des manifestations de soutien au totalitarisme aient été striées de slogans racistes, antisémites, voire d’appels à l’extermination des Juifs n’a rien d’étonnant dans ces conditions.

Les combats sont aujourd’hui achevés. Une forme de trêve aux contours flous va prendre place, mais ce ne sera qu’une trêve: la continuation de la guerre, pas la fin de celle-ci.

Il est à craindre que nombre de media européens vont continuer leur travail pervers, en montrant les destructions causées par Israël, les morts, les blessés. Il est probable qu’on va entendre des lamentations orchestrées par le Hamas. L’incitation à la haine à l’encontre d’Israël va donc se poursuivre.

On peut supposer qu’hommes politiques européens et américains vont tout faire pour relancer le « processus de paix » et que les pressions sur Israël vont redoubler d’intensité et, aussi, de perversité. Car il y a une dimension perverse dans le fait d’inciter une démocratie à céder à des totalitaires, en faisant comme si on ne savait pas qu’on ne peut pas passer de contrat crédible et fiable avec des totalitaires.

Plus que jamais, il faudra faire preuve de vigilance. Israël a besoin de dirigeants lucides, fermes, déterminés. Israël a besoin des amis que l’on a lorsque le temps se couvre et qu’il devient urgent de distinguer les vrais amis des faux amis, ceux qui trahissent et se défaussent, et ceux qui vous embrassent pour mieux vous étouffer.

Nombre de journalistes occidentaux auraient besoin de retrouver le sens de la déontologie et de comprendre que se faire les suppôts d’un totalitarisme proche-oriental, dont les relais sont déjà partout en Occident, peut conduire très vite à exercer une profession très différente de celle de journaliste.

Nombre d’hommes politiques occidentaux auraient un besoin impératif de se souvenir de ce que sont les valeurs les plus fécondes de la civilisation occidentale, et que, dans le passé, lorsque leurs prédécesseurs ont oublié ces valeurs, le message a été reçu immédiatement par la lie de l’humanité.

Voir enfin:

La petite Sarah tuée par son père
Nissim Altar
Indymedia.ch
le 26-9-2003

Une photo publiée dans l’édition de “Paris-Match” du 12 octobre dernier présente le corps de la petite Sarah Abdel Atheam Haq, enveloppée dans un drapeau palestinien, la tête bandée, dans les bras de son père: elle aurait été tuée, nous dit-on, par un ”colon israélien”. . . Mais après une enquête très sérieuse menée en Israël, elle a en fait été abattue accidentellement par son propre père qui manipulait chez lui son arme personnelle !

Les titres accompagnant la photo de couverture du magazine – représentant cette fois la mère de Sarah tenant elle aussi son enfant mort dans les bras – nous annoncent déjà la “couleur” du reportage en question: ” “Israël-Palestine” – La guerre qui tue les enfants “… Puis, en sous-titre de “une”: ” Elle s’appelait Sarah. Elle avait deux ans ” (référence inique à une célèbre chanson de Jean-Jacques Goldman, ”Comme Toi”, qui traite de la Shoa. Ainsi, Paris Match voudrait renvoyer dos-à-dos la gestion israélienne de la vague de violence provoquée par les palestiniens et la politique Nazie d’extermination du peuple Juif !).

Mais c’est à l’intérieur même du journal, sur la double-page 50 et 51 et sous le grand titre ravageur ” On a tiré sur la paix! “, que “Paris-Match” accompagne une deuxième photo (celle, précitée, du père et de sa fille) de la légende suivante: ” Accompagné par un militant de Fatah en armes, entouré par la foule qui brandit des affiches où il apparaît avec sa fille, Abdel Atheam Haq porte en terre le corps de Sarah – 2 ans – enveloppé dans le drapeau palestinien. Elle a été abattue la veille, prés de Naplouse en Cisjordanie. Ses parents la ramenaient de l’hôpital. Ils pensent qu’ils ont été pris en cible par un colon Juif “.

Or cette photo, dont le copyright est signé “Heidi Levine/SIP” – a déjà une histoire: elle a été présentée, voilà près de deux semaines, par la délégation palestinienne à la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright lors du sommet raté de Paris pour apporter la “preuve” des “horreurs” commises par Tsahal… Sur le moment, Madeleine Albright est d’ailleurs bel et bien tombée dans le piège en s’offusquant de son contenu!
Informés de l’impact de ce cliché par l’ambassade israélienne à Paris, Tsahal, la police et le ministère des Affaires étrangères ont donc mené une enquête approfondie sur les faits eux-mêmes… d’où il ressort que la petite Sarah a bel et bien été “abattue près de Naplouse”, mais non pas par un ”colon Juif” – I’expression même du “mal incarné” dans les médias occidentaux – mais tout simplement… chez elle, par son propre père, qui a manipulé par erreur le chargeur de son arme automatique !

En fait, Abdel Atheam Haq est vraiment un excellent militant du Fatah: au lieu d’aller enterrer son enfant dans la peine et la douleur qu’on imaginerait dans le cas d’un accident aussi atroce et après avoir vainement essayé de sauver sa vie en l’emmenant à l’hôpital (comme il le suggère dans la légende précitée), il a préféré se servir du corps de sa fille comme d’un vulgaire objet de propagande anti-israélienne. Et, comme cela arrive souvent aux journalistes occidentaux dépêchés sur les foyers d’incendie du Proche-Orient et à la recherche d’un “sensationnel” de plus en plus anti-israélien, les envoyés spéciaux de “Paris-Match” ont fait ”remonter” cette photo et sa légende à leur rédaction de Paris sans vérifier une seconde les ”faits” rapportés par les activistes palestiniens ! “Le poids des mots – Le choc des photos” répète depuis si longtemps la devise bien connue du magazine.


Gaza: Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose … (Collective punishment of Israel: Trademark of world media)

13 janvier, 2009
Collective demonization of Israel
Je suis convaincu qu’il s’agissait d’un obus israélien. Marc Garlasco
Une des filles de la famille, Ilham Ghalia, qui a été hospitalisée à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv a raconté une histoire bien différente de ce que la propagande palestinienne voudrait nous faire croire: son père avait causé l’explosion mortelle en manipulant une pièce d’artillerie non explosée abandonnée lors d’un incident précédent. Haaretz
M. Garlasco dit maintenant qu’il n’avait pas lu le rapport à l’époque et qualifie sa citation du Washington Post de ‘vraiment regrettable’. Il dit qu’il a dit au journaliste ”Je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu. Je n’y connais rien alors je ne devrais pas le commenter. Mais comme tout bon journaliste, il a réussi à me le faire commenter. Lila Guterman (sur l’étude sur la mortalité en Irak publiée par the Lancet en octobre 2006)
En Irak, le CRED (…) estime que l’étude très controversée publiée par The Lancet souffre de deux handicaps: l’engagement contre la guerre de certains de ses auteurs et l’absence de contrôle de la qualité des données recueillies sur place par des équipes irakiennes. (…) Comment savoir qu’un échantillon est représentatif ? Ou qu’un “sondé” n’exagère pas le nombre de morts dans sa famille, pour discréditer l’occupant ou recevoir plus d’aide? Le Monde (11.04.08)
L’utilisation de phosphore blanc dans des zones densément peuplées comme un camp de réfugiés montre que les Israéliens ne prennent pas toutes les précautions possibles. Marc Garlasco
Le phosphore blanc n’est pas considéré comme une arme chimique et les militaires peuvent l’utiliser, selon le droit international, dans les obus, bombes et roquettes pour créer des écrans de fumée destinés à masquer des mouvements de troupes, ou bien des explosions brillantes dans les airs pour illuminer un champ de bataille la nuit. Dépêche AP
Si le gouvernement des États-Unis a un droit légitime de bombarder et de tuer des civils en Irak, les opprimés ont de même un droit moral d’attaquer les États-Unis avec leurs armes à eux. Les morts civils sont les mêmes qu’ils soient américains, palestiniens ou irakiens.” Dr. Mads Gilbert (sur les attentats du 11/9, le 30 septembre 2001)
Ils ont bombardé le marché central de la ville de Gaza il y a deux heures. 80 blessés, 20 tués. Ils sont venus ici à Shifa. Hades! Nous pataugeons dans la mort, le sang et les amputés. Beaucoup d’enfants. Femme enceinte. Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi horrible. Maintenant nous entendons les chars. Dites-le, faites le circuler, criez le. Dr. Mads Gilbert (SMS, Gaza, le 03.01.09)
Nous savons que parmi les centaines [de victimes] que nous avons jusqu’à présent il y avait deux combattants. Les statistiques sont claires, parmi les 2400 – 2500 blessés, 45% sont des femmes et des enfants, et ce sont aussi des hommes qui sont des civils. Les grande majorité des victimes sont des hommes, des femmes, des enfants qui sont des civils. Dr. Mads Gilbert (Hôpital de Gaza, janvier 2009)

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose …

A l’heure où, sur fond d’attaques antisémites sur notre propre territoire (une cinquantaine depuis le début de la guerre il y a bientôt trois semaines), un certain Dr. Mads Gilbert, membre du parti d’extrême-gauche norvégien “Rouge” joue à son tour les pompom girls pour les stratèges des boucliers humains du Hamas …

Ou qu’un certain Marc Garlasco, analyste militaire auto-déclaré de Human Rights Watch nous refait, après ceux de la plage de Gaza (fausse attribution, à un prétendu obus israélien, d’un accident du Hamas contre une famille palestinienne) et du Liban (fausse accusation d’utilisation d’uranium enrichi) il y a deux ans, le coup de Falloujah (2004) ou du Lancet (2005), pour la prétendue utilisation, par les troupes israéliennes de phosphore blanc, pourtant toléré par les Conventions de Genève en tant qu’éclairant ou fumigène …

Retour, avec le politologue Pierre-André Taguieff, sur le nouvel axe islamo-gauchiste et tant sa diabolisation obsessionnelle d’Israël que sa remarquable complaisance, depuis les années 90 et derrière ses nouveaux maîtres à penser (“des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové”), “à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la ‘juste révolte des humiliés’” …

Extraits :

Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. L’appel au Jihad contre les Juifs est au centre de l’islamisme radical. C’est la diabolisation des Juifs qui structure la vision islamiste du monde. P-A.T. Celui de mobiliser le monde musulman contre Israël et d’en justifier l’anéantissement, ce qui constitue le programme commun de la dictature islamiste iranienne, du Hamas, du Hezbollah et d’Al-Qaida. Seule une prise de conscience de la menace islamiste, comme menace mondiale, peut conduire à une « dédiabolisation » d’Israël. Car les Israéliens sont aux avants-postes du combat contre le vrai fascisme de notre temps : l’islamisme radical, ou jihadiste. Les nouveaux ennemis des Juifs sont aussi les ennemis de la liberté et du régime qui l’incarne, la démocratie libérale/pluraliste, cette précieuse invention de l’Occident. Contre les talibans et Al-Qaida en Afghanistan, contre la dictature islamiste à l’iranienne et le Hezbollah libanais, ou contre le Hamas et le Jihad islamique dans la bande de Gaza, le combat est le même.

Le sens de la bataille de Gaza
Antisionisme radical et nouvelle judéophobie
Pierre-André Taguieff
Primo-Europe

Entretien d’Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff à paraître dans l’édition du 17-18 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita (“La République”), Varsovie.

La guerre entre Israël et le Hamas a encore donné lieu à des manifestations de sympathie pour la Palestine à travers le monde. « Nous sommes tous des palestiniens » semble être le motto de beaucoup d’intellectuels en Occident. D’où provient cette sympathie presque aveugle ?

Pierre-André Taguieff : Ces manifestations, souvent violentes, sont d’abord le fait de barbus et de femmes voilées, donc d’islamistes, accompagnés de divers milieux de la nouvelle extrême gauche, anti-impérialiste et néo-tiersmondiste, dont les deux ennemis absolus sont les États-Unis et Israël. La tendance dominante chez les intellectuels occidentaux est toujours la préférence pour l’extrémisme : la radicalité, qu’elle soit communiste ou islamiste, continue de les séduire. Où sont passées les voix de la raison ? Pourquoi l’État d’Israël, malgré des efforts de propagande, ne parvient-il pas à trouver un large soutien international, et particulièrement dans les médias étrangers ? On a l’impression que même les intellectuels juifs, dans le New York Times, préfèrent ne pas trop pencher en faveur de l’État juif…

P-A.T. Israël a longtemps joui d’un capital de sympathie. Or, celui-ci a commencé à se dissiper après les massacres de Sabra et Chatila (été 1982), commis par des milices chrétiennes percevant les Palestiniens comme des envahisseurs et des pillards. Mais, par une opération de propagande fort bien orchestrée, ces massacres ont été mis au compte du général Sharon, diabolisé par tous les moyens. Jusqu’en 2005, Israël ne s’est guère soucié de son image dans le monde, dont pourtant toutes les enquêtes d’opinion montraient la dégradation. Dans l’après-Sharon, les tentatives israéliennes pour contrer la propagande propalestinienne se sont heurtées à un mur : le pli avait été pris, les médias s’étaient alignés sur les positions « antisionistes », alimentées par l’idéologie victimaire centrée sur la figure du Palestinien innocent, donc de l’enfant palestinien, érigé en victime maximale. Cette idéologie a été habilement diffusée par les réseaux palestiniens dans le monde entier. Nombre d’intellectuels juifs étatsuniens et européens, souffrant de la judéophobie ambiante, pensent se faire accepter par un milieu hostile en prenant des positions radicalement anti-israéliennes, « antisionistes », etc. Ils deviennent ainsi des « Juifs non-juifs », puis des « alterjuifs », pour finir comme des « Juifs antijuifs ». Le cas le plus évidemment pathologique est celui de l’intellectuel américain antisioniste et pro-négationniste Noam Chomsky, applaudi par Oussama Ben Laden et Hugo Chávez. Parfois il semble même qu’Israël est l’État le plus détesté au monde ? P-A.T. Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal.

Ce traitement absolument diabolisateur est réservé en effet à Israël. On peut observer une haine particulièrement virulente envers l’État d’Israël chez les intellectuels de gauche, en partant de la gauche-caviar jusqu’aux mouvements antimondialistes. En France et ailleurs. La vieille propagande antisioniste de l’URSS fonctionne toujours?

P-A.T. Le berceau de l’antisionisme radical, qui représente la principale forme contemporaine de la judéophobie (ou, pour employer un mot impropre, de l’« antisémitisme »), est en effet le communisme soviétique qui, de 1948/49 au début des années 1970, a diffusé mondialement la plupart des thèmes d’accusation visant Israël (« fascisme », « impérialisme », « racisme », « colonialisme », etc.). L’antisionisme d’origine stalinienne a fusionné avec l’antisionisme arabe mis au point dans les années 1950 et 1960 par les réfugiés nazis au Caire (Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels, notamment). Les milieux occidentaux tiers-mondistes ont suivi, et bien entendu toutes les variétés de l’extrême gauche, trotskistes compris. Nous en sommes toujours là : rien de nouveau n’est apparu dans le discours antisioniste radical.

Pendant longtemps, la gauche a quand même soutenu Israël. C’était lié en partie à l’Holocauste. Ensuite on a pu observer une certaine schizophrénie : la gauche condamnait les attentats terroristes perpétués par les Palestiniens et, en même temps, soutenait la cause palestinienne. Ça a changé. Peut-on dire que la gauche a trahi les Juifs?

P-A.T. La gauche avait déjà abandonné les Juifs après 1945, lorsqu’elle était sous influence stalinienne. Après la disparition de l’empire soviétique, la gauche s’est trouvée de nouveaux maîtres à penser, des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové. Les mouvements anti-mondialisation dits « altermondialistes » ont pris la relève du « génial camarade Staline » et du « Grand Leader » Mao. Diverses combinaisons de positions anticapitalistes radicales, d’antiaméricanisme et d’antisionisme sont apparues dans les années 1990 et 2000. Une partie de la gauche française, par exemple, la plus engagée dans l’anti-mondialisation, est revenue à ses positions anticapitalistes et antijuives d’avant l’affaire Dreyfus.

Quel intérêt réel a la gauche aujourd’hui à soutenir la cause arabe?

P-A.T. En Europe, la gauche et surtout l’extrême gauche se sont engagées dans une stratégie de conquête de l’électorat musulman. Ce qui implique beaucoup de complaisance à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la « juste révolte des humiliés ». Les leaders de gauche, comme ceux de droite, croient pouvoir ainsi éviter que l’Europe soit visée par le terrorisme. Illusion très répandue. En outre, la gauche, comme la droite, est saisie par la hantise d’être privée de pétrole. C’est la composante « réaliste » de son parti pris pro-arabe.

Pourquoi l’Occident accuse-t-il Israël de racisme, d’impérialisme et pas la Chine, la Russie – en tout cas pas dans la même mesure?

P-A.T. Les pays occidentaux postulent qu’ils peuvent se passer d’Israël, et ils savent qu’ils peuvent impunément condamner Israël à tout propos : les capacités de rétorsion de l’État juif sont limitées. Alors qu’ils ont besoin de commercer avec la Chine ou la Russie, grandes puissances avec lesquelles ils doivent par ailleurs compter sur le plan géopolitique, dans l’espace des relations internationales.

Peut-on dire que nous sommes ici face à une nouvelle forme d’antisémitisme mal dissimulée derrière une aversion affichée contre Israël ? Et si oui, quelles sont les raisons de cet antisémitisme?

P-A.T. Le mot « antisémitisme » est impropre pour désigner la haine des Juifs idéologiquement organisée. J’ai proposé, depuis la fin des années 1980, de lui substituer le mot « judéophobie », plus approprié. Par le mot « judéophobie », employé comme terme générique, je désigne l’ensemble des formes historiques prises par la haine des Juifs, et plus largement par toutes les passions, croyances et conduites antijuives dont les manifestations furent (et sont) les violences, physiques ou symboliques, subies par le peuple juif. On oublie trop souvent que le mot « antisémitisme » est de création relativement récente et qu’il est dû à un auteur à la fois antijuif et raciste. En forgeant en 1879 le terme Antisemitismus, l’idéologue raciste de langue allemande Wilhelm Marr voulait clairement distinguer son combat contre les Juifs du vieil antijudaïsme chrétien. Or, ce terme est doublement mal formé. D’abord parce qu’il semble renvoyer autant aux Juifs qu’aux Arabes alors qu’il ne s’applique, dans ses usages idéologico-politiques, qu’aux Juifs. Ensuite en raison de son usage raciologique du terme « Sémite(s) », en tant que dénomination de l’ennemi collectif à combattre (« anti-sémite », « anti-Sémite »), en référence aux doctrines raciales fondées sur l’opposition « Aryens/Sémites ». La judéophobie contemporaine ne se réclame pas d’une doctrine raciste, elle ne vise pas « les Sémites », elle appelle à la haine contre les Juifs au nom de la « lutte contre le racisme », donc contre le « sionisme » assimilé à « une forme de racisme ».

Il faut donc à la fois réviser nos concepts et redéfinir les termes employés ! Marek Halter m’a dit qu’il était moins honteux de détester les Israéliens que de haïr les Juifs, ça faisait moins penser aux camps de concentration. On les hait tout de même. Pour lui c’est le résultat d’un aveuglement idéologique du côté des bien-pensants occidentaux. Êtes-vous d’accord avec ce constat?

P-A.T. Je dirais plutôt qu’il n’est pas du tout honteux, mais bien plutôt glorieux, aujourd’hui, de haïr les « sionistes », terme polémique par lequel on renvoie à la fois, d’une façon indistincte, aux Israéliens, aux défenseurs d’Israël (juifs ou non) et aux Juifs (sauf s’ils s’affirment eux-mêmes « antisionistes »). La haine « antisioniste » est une haine non seulement idéologiquement acceptable, elle est hautement respectable, et chaudement recommandée. C’est là un des mécanismes psychologiques qu’on rencontre dans le « politiquement correct » mondialisé.

Pour beaucoup d’intellectuels soutenir les Palestiniens contre Israël résulte de l’obligation chrétienne de tenir la main aux plus faibles. En tout cas c’est ce qu’ils disent. Les premiers seront les derniers et vice-versa. Mensonge auquel on croit ou réel poids de la tradition chrétienne?

P-A.T. Rien n’est pire, dans le monde moderne soumis à la sécularisation, que la corruption idéologique d’éléments hérités du christianisme. La propagande palestinienne, par exemple, tend à « christifier » le peuple palestinien, en mettant en avant des enfants, « victimes innocentes » par définition, qu’elle érige en « martyrs ». Il s’agit d’un christianisme perverti, politisé… Une contrefaçon médiatique du commandement d’amour/charité.

Est-ce que la mauvaise conscience des anciens colonisateurs envers les pays arabes joue aussi un rôle?

P-A.T. Bien sûr. Dans un premier temps, c’était le ressentiment des ex-colonisateurs qui primait, d’où les explosions de xénophobie anti-immigrés dans les nations qui furent des empires. La mauvaise conscience est venue dans un second temps, portée par le consensus hypermoral qui s’est constitué à la faveur de la mondialisation de ce que j’appellerai la politique ou – mieux – l’impolitique des Droits de l’Homme. L’idéologie dominante au plan mondial se fonde sur la culpabilité de l’homme blanc, d’origine européenne et de culture chrétienne, accusé de tous les maux de la modernité (industrielle, capitaliste, impérialiste, etc.) dont il fut en effet l’inventeur.

De quelle façon ce nouvel antisémitisme converge-t-il avec l’islamisme?

P-A.T. L’appel au Jihad contre les Juifs est au centre de l’islamisme radical. C’est la diabolisation des Juifs qui structure la vision islamiste du monde. Il suffit de lire l’opuscule de Sayyid Qutb, Notre combat contre les Juifs (début des années 1950) ou la charte du Hamas (18 août 1988), notamment son article sept. Prenons un exemple, celui du sermon prononcé par le cheikh Ibrahim Mudeiris, le 13 mai 2005, à la Grande Mosquée de Gaza (retransmis en direct sur la télévision de l’Autorité palestinienne), dans lequel, après avoir rappelé à ses ouailles qu’Israël est un « cancer » et que les Juifs sont un « virus » ressemblant à celui du SIDA, Mudeiris finissait par lancer cette prophétie d’extermination s’inspirant du célèbre hâdith du rocher et de l’arbre : « Le jour viendra où tout sera repris aux Juifs, même les arbres et les pierres qui ont été leurs victimes. Chaque arbre et chaque pierre voudront que les musulmans viennent à bout de tous les Juifs. »

Quel danger comporte cette convergence?

P-A.T. Celui de mobiliser le monde musulman contre Israël et d’en justifier l’anéantissement, ce qui constitue le programme commun de la dictature islamiste iranienne, du Hamas, du Hezbollah et d’Al-Qaida. La France est un des pays où on est le plus critique envers Israël.

Pourquoi?

P-A.T. Il faut tenir compte de trois facteurs. Tout d’abord, une grande partie des élites occidentales s’est convertie depuis les années 1980 à la vision d’un nouvel avenir radieux : celui de la société post-nationale, ou de la « démocratie cosmopolite », impliquant la disparition progressive des États-nations, considérés comme de déplorables survivances. Or, Israël est un État-nation démocratique, caractérisé même par sa démocratie forte. Il incarne l’exception gênante. Son existence même est perçue comme un scandale. Ensuite, Israël, grande puissance régionale, est jumelé avec les États-Unis, l’hyper-puissance mondiale, pour faire l’objet d’une même dénonciation diabolisante, sur l’air de l’anti-impérialisme. Et l’on sait combien l’anti-américanisme est enraciné en France. Le populisme misérabiliste ambiant pousse à la haine de la puissance, sur la base d’un amalgame polémique : « puissance = injustice » (comme si les « faibles » étaient nécessairement « justes » !). Enfin, les élites françaises ont intériorisé la position prise par le général de Gaulle en novembre 1967, après la guerre des Six Jours : un anti-israélisme virulent lié à un parti pris pro-arabe. C’est la doctrine du Quai d’Orsay.

David Warszawski a constaté qu’on observait en France la formation d’une nouvelle coalition entre progressistes et islamistes. Le conflit israélo-palestinien a cessé d’être perçu comme la lutte entre deux points de vue entre lesquels il faut trouver un compromis, mais comme la lutte entre le bien (la cause palestinienne) et le mal (la politique impérialiste d’Israël). Est-ce vrai ?

P-A.T. Cette vision manichéenne va de pair avec la satanisation d’Israël. Un axe islamo-gauchiste est en voie de formation depuis la fin des années 1990. Il est illustré d’une manière frappante par les manifestations propalestiniennes/antisionistes qui ont lieu en France (mais aussi en Italie et en Grande-Bretagne) depuis le début de la deuxième Intifada (octobre 2000).

D’ou vient cette idée qu’Israël est le mal personnifié?

P-A.T. Elle provient de toute la longue histoire des formes de judéophobie, mais surtout des deux religions-filles que sont le christianisme et l’islam, face à la religion-mère du monothéisme, le judaïsme. Il y a là un héritage contemporain de la construction théologico-religieuse du Juif comme « fils de Satan », rejeton ou incarnation du diable dans l’Histoire. La diabolisation et la criminalisation du peuple juif sont entrées dans une nouvelle phase avec l’antisionisme radical. Dans ce nouveau régime de judéophobie, les Juifs continuent d’être dénoncés comme des « enfants du diable », mais leurs principaux accusateurs ne se recrutent plus dans le monde chrétien, ils se réclament de l’Islam ou de la Révolution mondiale, ou encore des deux. Le nouveau foyer de la judéophobie exterminatrice est l’islam révolutionnaire ou l’islamisme radical, secondé par les néo-révolutionnaires qui, ennemis déclarés de l’Occident judéo-chrétien ou « américano-sioniste », se sont ralliés au camp islamiste ou se sont alliés avec lui. L’antisémitisme monte en France en général. On observe de plus en plus d’attaques contre les Juifs dans les grandes villes, perpétrés par des jeunes de banlieue.

Est-ce lié à la question palestinienne ou à d’autres origines ?

P-A.T. Le parti-pris propalestinien est certainement l’élément moteur des passages à l’acte : les judéophobes violents jouent à l’Intifada contre les Juifs qu’ils rencontrent dans leurs quartiers. Mais il faut aussi tenir compte de motivations liées à la mauvaise intégration sociale et économique des jeunes issus de l’immigration maghrébine ou africaine, qui manifestent leur ressentiment ou leur jalousie sociale en attaquant des Juifs ou des lieux symboliques juifs. « Ils ont tout, et nous rien », « Ils sont le pouvoir et l’argent », etc. : dans les entretiens semi-directifs avec des jeunes des banlieues réalisés par des sociologues, des phrases de ce type reviennent souvent, pour justifier la haine qu’ils éprouvent à l’égard des Juifs, fantasmés à la fois comme « riches », « puissants », « racistes » et « méchants » (en ce qu’ils « tuent nos frères palestiniens »).

En quoi l’antisémitisme de gauche et de droite est-il convergent ?

P-A.T. Les convergences proviennent d’un seul principe : on s’incline prudemment devant le nombre. Et la propagande islamiste exploite le fait qu’il y a environ un milliard trois cent millions de musulmans dans le monde.

Même si Israël gagne la guerre contre le Hamas, il sera donc perdant, car il sera percu d’autant plus comme un État impérialiste, qui a écrasé son petit voisin, qui luttait pour son indépendance?

P-A.T. C’est en effet le paradoxe tragique que cette intervention militaire, pourtant justifiée, risque d’illustrer. Israël ne pouvait pas laisser plus longtemps bombarder sa population civile, mais, en ripostant militairement, elle prenait le risque de nourrir les passions antijuives dans le monde entier. Car les médias, privilégiant l’émotion au détriment de l’analyse froide, montrent plus volontiers des images d’enfants palestiniens morts qui provoquent l’indignation ou la compassion, et incitent à la vengeance aveugle. Ils tendent à oublier la véritable nature du Hamas : une organisation de fanatiques et de criminels.

Comment voyez-vous l’avenir d’Israël, de la question juive? Existe-t-il une chance pour la paix au Proche-Orient ?

P-A.T. C’est au Proche-Orient aujourd’hui que la voie de la paix est la voie la plus étroite. Elle est non seulement improbable, elle est difficilement concevable à partir de projections des virtualités de la situation présente. L’islamisation de la cause palestinienne ne peut que s’étendre et de radicaliser. Et le refus arabe de reconnaître le droit à l’existence d’Israël demeure (à quelques exceptions près, risquant d’ailleurs d’être provisoires, comme l’Égypte de Moubarak). Mais il y a des miracles dans l’Histoire : des événements d’une très faible probabilité peuvent se produire.

L’attitude envers Israël et les Juifs peut-elle changer et si oui, comment ?

P-A.T. Seule une prise de conscience de la menace islamiste, comme menace mondiale, peut conduire à une « dédiabolisation » d’Israël. Car les Israéliens sont aux avants-postes du combat contre le vrai fascisme de notre temps : l’islamisme radical, ou jihadiste. Les nouveaux ennemis des Juifs sont aussi les ennemis de la liberté et du régime qui l’incarne, la démocratie libérale/pluraliste, cette précieuse invention de l’Occident. Ceux que Norman Podhoretz appelle les « islamofascistes » n’en veulent pas. Responsables de la Quatrième Guerre mondiale, ils ont lancé le Jihad mondial contre les partisans de la liberté en même temps que contre les « judéo-croisés ». Défendre la liberté, c’est aujourd’hui combattre par tous les moyens le camp islamo-révolutionnaire, au Proche-Orient comme en Europe, en Asie comme en Afrique. Contre les talibans et Al-Qaida en Afghanistan, contre la dictature islamiste à l’iranienne et le Hezbollah libanais, ou contre le Hamas et le Jihad islamique dans la bande de Gaza, le combat est le même.

Pierre-André Taguieff, Directeur de recherche au CNRS, Paris ; Centre de recherches politiques de Sciences Po. Dernier ouvrage paru : La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Éditions Odile Jacob, 2008.


Gaza: Il n’est pas disproportionné de vouloir survivre (International media gearing up for another Jenin myth)

9 janvier, 2009
Palestinian pieta
Ruines. Varsovie 1943-Jénine aujourd’hui: L’histoire a une curieuse façon de se répéter. Légende d’un dessin du caricaturiste kényan Gado pour Le Monde (2002)
L’horreur “dépasse l’entendement” dans le camp de Djénine, selon l’ONU. Dépêche AP (le 18/04/2002)
Désormais, le camp de réfugiés palestiniens de Jénine appartiendra à la longue liste de crimes qui jalonnent le conflit israélo-palestinien, du massacre de Qibya (1953) à celui de Sabra et Chatila (1982). Avec, pour dénominateur commun, le général Ariel Sharon. Amnon Kapeliouk (Le Monde diplomatique, mai 2002)
Il y a des mots qui sont criminels. René Cassin.
En 1967 encore, René Cassin s’était écrié « La France est dans le camp de l’injustice ». Avec sa diplomatie pervertie, avec ses médias complaisants, spécialement ses médias d’État et son Agence France Presse, la France de M. Sarkozy s’enfonce dans la voie de l’injustice et des erreurs mortifères pour toute la civilisation. Général Michel DarmonLa grande majorité des Palestiniens veulent juste une meilleure vie. C’est une population instruite. Je veux dire, ils ont un genre de culture d’éducation et une culture de la société civile. Je ne crois tout simplement pas que les mères veulent que leurs enfants grandissent pour être des terroristes-suicide. Je pense que les mères veulent que leurs enfants grandissent et aillent à l’université. Et si on arrive à créer les bonnes conditions, c’est ce que les gens feront. Condoleeza Rice

Jénine sert de base pour l’infrastructure terroriste. Nous en avons la preuve car la plupart des terroristes kamikazes ont été éduqués à Jenine, ou y ont travaillé, y ont été entraînés ou sont passés par Jenine pour recevoir la bénédiction avant de partir exécuter un attentat. Nous avons arrêté la plupart des leaders du Jihad islamique et du Hamas. (…) Les rapports de notre service de renseignements que notre commandant avait reçus de Jenine établissaient qu’on n’y trouvait que peu de civils, mais que la plupart d’entre eux étaient des terroristes. Dans le seul camp de réfugiés de Jenine, on a trouvé 3,5 tonnes d’armement de type terroriste qui attendait notre armée. Beaucoup de bombes ont explosé sur nos hommes. J’ai servi de guide à des journalistes et je leur ai montré des bombes dans des sacs poubelles, des frigos apparemment innocents abandonnés en pleine rue qui étaient remplis d’explosifs. Les Palestiniens avaient creusé des trous dans les rues et y avaient enterré des mines. Toutes les bombes étaient déclenchées par des systèmes électroniques ou par des téléphones portables. Il y avait aussi des abris installés pour les snipers dans le camp de réfugiés de Jenine. Pour vous situer ce camp de réfugiés de Jenine, il faut que vous sachiez que nous parlons d’un périmètre de 500 mètres par 600. C’est relativement petit, pour un camp de réfugiés. Pratiquement chaque mètre carré en était piégé.
Major Rafi LEDERMAN
Maintenant, on a un Mohammed Al-Dura chaque heure. Médecin palestinien (Gaza)
Personne ne se demandera comment le Hamas a été capable de faire entrer à Gaza « sous blocus absolu » des dizaines de milliers de roquettes et de missiles, ou les composants servant à les fabriquer, des armes, des munitions, des mines, des RPG et des bazookas, des canons anti-aériens, mais… pas de nourriture ni de médicaments pour la population. Claude Moniquet
La pathologie collective qui touche Gaza ne peut être déconnectée de la maladie qui imprègne le monde musulman. Elle ne peut être déconnectée non plus de l’intense dépravation qui imprègne tant de gens, prêts à descendre dans les rues pour tenir des propos que n’aurait pas désavoué Goebbels et que ne désavouent pas les disciples islamistes de Goebbels aujourd’hui. Guy Millière
Quelle serait la juste proportion qu’il lui faudrait respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions ? L’armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c’est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ? Ou, mieux, conviendrait-il qu’Israël patiente sagement jusqu’à ce que le Hamas, par la grâce de l’Iran et de la Syrie, “équilibre” sa puissance de feu ? A moins qu’il ne faille mettre à niveau non seulement les moyens militaires, mais les fins poursuivies. Puisque le Hamas – à l’encontre de l’Autorité palestinienne – s’obstine à ne pas reconnaître le droit d’exister de l’Etat hébreu et rêve de l’annihilation de ses citoyens, voudrait-on qu’Israël imite tant de radicalité et procède à une gigantesque purification ethnique ? Désire-t-on vraiment qu’Israël en miroir se “proportionne” aux désirs exterminateurs du Hamas ? André Glucksmann

Et si, à l’heure où le Vatican comme Le Pen parlent déjà de “camp de concentration” et de “ghetto”et comme pour Jénine il y a six ans, c’était la réaction de nos prétendues autorités morales qui était “disproportionnée”?

Pour ceux qui risquent d’attendre encore longtemps un éditorial un peu courageux dans l’océan de bonne conscience qu’est devenue l’opinion publique en France …

Pendant qu’aux Etats-Unis et dans le NYT, l’ami des terroristes et du futur président Barack Hussein Obama, le professeur de Columbia Rashid Khalidi, nous ressort un petit joyau de désinformation (oubliant entre autres de préciser que les six agents du Hamas abattus en novembre par Israël préparaient un attentat majeur, prétendant contre toute évidence que “la majorité des pertes actuelles du Hamas sont des civils” ou que la “négociation” avec un mouvement qui non seulement vous refuse l’existence mais prône votre destruction est “beaucoup plus efficace face à des roquettes – dont la portée a entre-temps été multipliée par quatre! – et d’autres formes de violence”) …

Mais qu’un journal aussi influent que le WSJ n’hésite pas à rappeler que, comme pour l’Egypte et ses deux terribles défaites, il ne peut y avoir de paix réelle sans la défaite militaire de mouvements tels que le Hamas

Retour sur quelques rares tribunes françaises qui, contre la désinformation bien-pensante médiatique et les réflexes quasi pavloviens (qui nous avaient donné, il y a six ans et avant le Cana libanais d’il y a deux ans, un “génocide de Jénine” avec moins de 60 morts quasiment tous combattants!), tentent de remettre quelques pendules à l’heure …

Gaza, une riposte excessive?
André Glucksmann
Le Monde
06.01.09

Devant un conflit, l’opinion se divise entre les inconditionnels qui ont décidé une fois pour toutes qui a tort et qui a raison, et les circonspects qui jugent en fonction des circonstances telle ou telle action comme opportune ou inopportune, quitte à retenir, s’il y a lieu, leur jugement jusqu’à plus ample informé. L’affrontement à Gaza, aussi sanglant et terrible soit-il, laisse poindre pourtant une lueur d’espoir que les images chocs recouvrent trop souvent. Pour la première fois dans le conflit du Proche-orient, le fanatisme des inconditionnels paraît minoritaire. La discussion chez les Israéliens (est-ce le moment ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?) roule comme à l’habitude dans une démocratie. La surprise est qu’un semblable débat partage à micros ouverts les Palestiniens et leurs soutiens, à tel point que, même après le déclenchement des opérations punitives israéliennes, Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, trouva le courage d’imputer au Hamas, en rupture de trêve, la responsabilité initiale du malheur des civils à Gaza.

Les réactions de l’opinion publique mondiale – médias, diplomates, autorités morales et politiques – semblent malheureusement en retard sur l’évolution des esprits directement concernés. Force est de relever le mot qui fait florès et bétonne une inconditionnalité du troisième type, laquelle condamne urbi et orbi l’action de Jérusalem comme “disproportionnée”. Un consensus universel et immédiat sous-titre les images de Gaza sous les bombes : Israël disproportionne. A l’occasion, reportages et commentaires en rajoutent : “massacres”, “guerre totale”. Par bonheur, on évite à ce jour le vocable “génocide”. Le souvenir du “génocide de Jénine” (60 morts), partout rabâché à la va-vite et depuis déconsidéré, paralyserait-il encore l’excès de l’excès ? Néanmoins la condamnation, a priori, inconditionnelle, de l’outrance juive régule le flot des réflexions.

Consultez le premier dictionnaire venu : “est disproportionné ce qui est hors de proportion” soit parce que la proportion n’existe pas, soit parce qu’elle se trouve rompue, transgressée. C’est la deuxième acception qui est retenue pour fustiger les représailles israéliennes jugées excessives, incongrues, disconvenantes, dépassant les bornes et les normes. Sous-entendu : il existerait un état normal du conflit Israël-Hamas que le bellicisme de Tsahal déséquilibre, comme si le conflit n’était pas, comme tout conflit sérieux, disproportionné dès l’origine.

Quelle serait la juste proportion qu’il lui faudrait respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions ? L’armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c’est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ? Ou, mieux, conviendrait-il qu’Israël patiente sagement jusqu’à ce que le Hamas, par la grâce de l’Iran et de la Syrie, “équilibre” sa puissance de feu ? A moins qu’il ne faille mettre à niveau non seulement les moyens militaires, mais les fins poursuivies. Puisque le Hamas – à l’encontre de l’Autorité palestinienne – s’obstine à ne pas reconnaître le droit d’exister de l’Etat hébreu et rêve de l’annihilation de ses citoyens, voudrait-on qu’Israël imite tant de radicalité et procède à une gigantesque purification ethnique ? Désire-t-on vraiment qu’Israël en miroir se “proportionne” aux désirs exterminateurs du Hamas ? Dès qu’on creuse les sous-entendus du bien-pensant reproche de “réaction disproportionnée”, on découvre combien Pascal a raison et “qui veut faire l’ange, fait la bête”. Chaque conflit, en sommeil ou en ébullition, est par nature “disproportionné”. Si les adversaires s’entendaient sur l’usage de leurs moyens et sur les buts revendiqués, ils ne seraient plus adversaires. Qui dit conflit, dit mésentente, donc effort de chaque camp pour jouer de ses avantages et exploiter les faiblesses de l’autre. Tsahal ne s’en prive pas qui “profite” de sa supériorité technique pour cibler ses objectifs. Et le Hamas non plus qui utilise la population de Gaza en bouclier humain sans souscrire aux scrupules moraux et aux impératifs diplomatiques de son adversaire.

On ne peut travailler pour la paix au Proche-Orient qu’à la condition d’échapper aux tentations de l’inconditionnalité, lesquelles hantent non seulement les fanatiques jusqu’au-boutistes, mais aussi les âmes angéliques qui fantasment une sacro-sainte “proportion” propre à équilibrer providentiellement les conflits meurtriers. Au Proche-Orient, on ne se bat pas seulement pour faire respecter une règle du jeu, mais pour l’établir. On peut à juste titre discuter librement de l’opportunité de telle ou telle initiative militaire ou diplomatique, sans toutefois supposer le problème résolu d’avance par la main invisible de la bonne conscience mondiale. Il n’est pas disproportionné de vouloir survivre.

André Glucksmann est philosophe

Voir aussi:

Ne nous posons pas de question : Israël a toujours tort!
Claude Moniquet
Président de l’ESISC
06/01/2009

Si l’on excepte les Etats-Unis, la Présidence tchèque de l’Union européenne – qui estimait, samedi 3 janvier, que l’opération israélienne était « défensive » et non offensive – [1], et quelques voix politiques et médiatiques discordantes et isolées, Israël subit, une fois de plus, depuis une dizaine de jours, un feu roulant de critiques plus virulentes les unes que les autres.

« Agression », « riposte disproportionnée », entraînant (évidemment) une crise humanitaire, « massacre », tels sont les mots et les idées qui reviennent le plus souvent sous la plume et dans la bouche des commentateurs. Certains vont même plus loin et qualifient de « cynisme », ou de « cruauté mentale » les avertissements adressés (par tracts, radio, et même téléphone) aux habitants des bâtiments visés par les bombardements, pour les inviter à les évacuer.

Personne, bien entendu, ne prendra la peine de faire remarquer que l’armée israélienne est, sans doute, la seule au monde à pratiquer de la sorte. Comme personne n’insistera trop longtemps sur le fait que des dizaines de Palestiniens de Gaza – y compris des femmes et des enfants victimes des bombardements – sont actuellement soignés à l’hôpital d’Ashkelon, en… Israël.

Non, il est plus aisé de condamner Israël. De toute façon, c’est une bonne habitude, un réflexe quasi pavlovien.

* Israël construit un mur pour se défendre de la vague d’attentats qui fit des centaines de morts au début des années 2000 ? C’est un crime.
* Israël pratique « l’élimination ciblée » de terroristes ? C’est de l’assassinat.
* Israël se lance dans une offensive massive pour ramener à la raison une organisation qui le voue à la destruction et a lancé, sur son territoire, des milliers de roquettes et de missiles depuis l’évacuation de la Bande de Gaza, en 2005 ? C’est encore pire !

Ce sentimentalisme de supermarché qui veut qu’Israël, Etat fort, ait toujours tort et que les Palestiniens, petit peuple opprimé, aient raison en tout, est fort pratique puisqu’il évite de se poser bien des questions et d’affronter de bien désagréables réalités.

Les belles âmes qui défilent en Europe, depuis quelques jours, sous les drapeaux du Hamas, ne prendront pas la peine, par exemple, de lire une charte dans laquelle l’organisation écrit noir sur blanc que

« le djihad [est] son chemin et la mort sur le chemin de Dieu, la plus éminente de ses espérances » (Article 8).

Les diplomates européens qui se pressent au chevet de la même organisation terroriste ne liront pas non plus ce document passionnant, dans lequel il est pourtant stipulé :

« Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l’encontre de la profession de foi du Mouvement de la Résistance Islamique. » (Article 13).

Personne ne se demandera comment le Hamas a été capable de faire entrer à Gaza « sous blocus absolu » des dizaines de milliers de roquettes et de missiles, ou les composants servant à les fabriquer, des armes, des munitions, des mines, des RPG et des bazookas, des canons anti-aériens, mais… pas de nourriture ni de médicaments pour la population.

Personne ne se demandera quel autre Etat aurait attendu 2 ans et demi et des milliers de roquettes avant de riposter: la France ? la Grande-Bretagne ? l’Algérie ? la Russie ?

Personne ne se demandera ce que deviennent les 2000 à 3000 chrétiens palestiniens de la bande de Gaza. Ils ne sont pas intéressants puisqu’ils tentent de fuir, depuis des mois, la terreur – pas celle d’Israël, hélas, mais celle des fascistes verts. Ces derniers ont même dynamité la seule librairie chrétienne de la ville avant d’assassiner son propriétaire. (Tiens, curieux ! aucune manifestation à cette occasion…).

Personne ne se demandera pourquoi l’entourage de Mahmoud Abbas a rejeté la faute du conflit sur le Hamas et non sur « l’entité sioniste ». Il serait gênant, en effet, de devoir rappeler, par exemple, que les terroristes du Hamas ont assassiné plus d’une centaine de partisans du Président élu et de membres du Fatah lorsqu’ils ont pris le pouvoir à Gaza. (Tiens, il n’y a pas eu de pétition. Quand des dizaines de Palestiniens sont « exécutés » par leurs « frères », cela n’intéresse plus personne. Vous avez dit bizarre ?…).

Personne ne se demandera comment un mouvement qui diffuse des reportages sur des femmes prêtes à « se faire exploser parmi les porcs et les singes » (sur al-Aqsa, le 30 décembre dernier) et qui encourage ses enfants à devenir martyrs, peut avoir le culot de s’indigner de leur mort. Et qu’on ne nous fasse pas dire ce que nous ne disons pas : la mort d’un enfant palestinien sous les bombes israéliennes est une souffrance, mais le vrai coupable, c’est le Hamas, pas Israël.

Mais toutes ces questions (et bien d’autres) sont vaines, inintéressantes et, pour tout dire, stupides. Elles risqueraient, en effet, de nous amener à penser que le Hamas est une organisation totalitaire et terroriste qui doit être combattue. Ce que nous ne souhaitons absolument pas, n’est-ce pas ?

L’essentiel n’est pas là. L’essentiel, on vous l’a dit, c’est qu’Israël a tort. Quand le comprendrez-vous enfin ?

Dormez bien, braves gens. Le monde est simple et les médias fabriquent vos rêves pour vous.

———————-

Note de Menahem Macina

[1] Elle s’est platement rétractée depuis !

Voir de même:

Ad nauseam
Guy Millière

Metula News Agency
Mardi 06 janvier

En regardant les images des manifestations « pro-palestiniennes » qui se déroulent dans diverses grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord, en écoutant les slogans vociférés, en lisant les inscriptions sur banderoles et pancartes, on ne peut manquer d’être saisi par la nausée, le dégoût, mais aussi par une vive inquiétude.

Que le monde musulman en son ensemble, ou presque, soit aujourd’hui malade, qu’on y raisonne de manière aveugle et tribale, qu’on y soutienne les dictateurs et les assassins pourvu qu’ils soient de confession islamique, et qu’on y déteste viscéralement tout ce qui peut incarner la liberté individuelle et les sociétés ouvertes constitue en soi, déjà, une donnée consternante à même de conduire à se demander de quoi sera fait l’avenir de la planète. Mais que cette maladie trouve à se disséminer à ce point dans les sociétés occidentales fait bien davantage que laisser songeur.

Ces gens qui manifestent sont-ils à ce point incapables de voir que les souffrances des Arabes de Gaza aujourd’hui viennent du fait qu’ils sont gouvernés par une entité terroriste, vouée toute entière à un projet génocidaire ?

Ne peuvent-ils pas discerner que si l’argent utilisé pour fanatiser la population, acheter des armes et des explosifs, construire des bunkers, était utilisé pour créer de la prospérité, il n’y aurait aucun problème d’alimentation, de chômage ou de commerce à Gaza ?

Ne peuvent-ils pas comprendre que si le Hamas ne tirait pas, depuis des mois, des obus et des roquettes en direction d’Israël, aux fins de détruire et de tuer, il n’y aurait aujourd’hui aucune intervention militaire ? Et il n’y aurait eu, au cours des mois précédents, aucune restriction de circulation des hommes et des biens aux frontières de Gaza.

Sont-ils à ce point incapables de s’informer, qu’ils ne savent pas que les convois humanitaires n’ont cessé de passer malgré les agressions incessantes à l’encontre d’Israël, fournissant nourriture et médicaments en suffisance ?

Se crèvent-ils eux-mêmes les yeux au point de ne pas percevoir que les terroristes du Hamas utilisent la population de Gaza comme un ensemble de boucliers humains ?

Des gens imprégnés d’une éthique minimale seraient indignés par le Hamas et manifesteraient contre lui, contre le terrorisme, contre la condition infligée par le Hamas aux populations de Gaza. Contre la transformation de Gaza en cloaque et en entité destructrice et autodestructrice par le Hamas.

Des gens qui auraient gardé en eux un sens élémentaire de décence humaine auraient exigé, depuis longtemps, que Gaza soit délivrée des malades mentaux qui prétendent gouverner le territoire. Des gens attachés à la liberté, au pluralisme et à la tolérance poseraient des questions à l’ensemble du monde musulman sur une situation absolument intolérable.

Et ils soutiendraient Israël. Ils comprendraient qu’un Etat agressé a le devoir de se défendre. Ils feraient preuve de compassion vis-à-vis de la population israélienne du Sud du pays, dont la vie est depuis si longtemps invivable. Ils demanderaient que Gaza soit délivrée de ses bourreaux, qui ne sont pas les Israéliens.

Ou est-ce que la population de Gaza affirme-t-elle faire corps avec ses bourreaux ? Faut-il alors la considérer comme victime d’une pathologie collective, aussi délétère que celle qui touchait la population allemande, au temps où le nazisme n’avait pas encore apporté avec lui la mort et les décombres ?

Il est clair, hélas, que ni éthique minimale, ni sens élémentaire de la décence humaine ne sont à l’œuvre. Il est clair que l’attachement à la liberté, au pluralisme et à la tolérance sont singulièrement absents.

Le soutien à Israël est clairsemé, faible, presque asthénique. Il reste le gouvernement américain, mais pour combien de temps ?

Les gouvernements européens, à l’exception notable du gouvernement tchèque, foulent aux pieds les valeurs morales qu’ils prétendent si souvent défendre, et se placent du côté des tortionnaires et des assassins.

Le Hamas bénéficie d’un soutien massif et d’autant plus obscène qu’il ne dit pas son nom. A l’époque de la nuit de Cristal en Allemagne, les autres Européens, les Occidentaux en général, ont été indifférents. Je ne peux m’empêcher de songer que c’est la même indifférence qui est à l’œuvre aujourd’hui.

On sait à quoi a conduit cette indifférence à l’époque. On sait aussi vers quoi la pathologie qui touchait le peuple allemand d’alors a conduit.

La pathologie collective qui touche Gaza ne peut être déconnectée de la maladie qui imprègne le monde musulman. Elle ne peut être déconnectée non plus de l’intense dépravation qui imprègne tant de gens, prêts à descendre dans les rues pour tenir des propos que n’aurait pas désavoué Goebbels et que ne désavouent pas les disciples islamistes de Goebbels aujourd’hui.

Voir également:

LES SIRÈNES MORTELLES DE LA POLITIQUE FRANÇAISE SUR GAZA

Général Michel DARMON (cr)
Président d honneur de France-Israël
5 janvier 2009

En novembre 1967, après la guerre des Six Jours, le général de Gaulle avait épinglé le peuple juif en ces termes : « peuple d’élite, sûr de lui même et dominateur,… ». Comme René Cassin, l’un de ses tout premiers compagnons en 1940 et prix Nobel de la Paix en 1968, venait le lui reprocher, le général de Gaulle lui a répondu : « Ce ne sont que des mots ». « Il y a des mots qui sont criminels », répliqua René Cassin.

Faute de pouvoir condamner Israël pour sa réaction aérienne à Gaza, tant elle était justifiée, le Président Sarkozy l’a qualifiée de disproportionnée. C’est un mot aussi criminel que ceux de de Gaulle dès lors qu’il est chargé d’accusations envers Israël et qu’il apporte un soutien aux fantasmes et aux délires de ses ennemis arabo-musulmans. Ceux qui, en plein Paris et ailleurs, ont manifesté en faveur du Hamas et appelé à la mort d’Israël, ont obligatoirement vu dans la disproportion dénoncée une légitimation de leur agitation. Cette importation en France du conflit proche-oriental annonce des troubles encore plus graves dans la société française.

Politique française faussement équilibrée, quand, lors du vote d’une condamnation d’Israël au Conseil de Sécurité de l’Onu, la France s’abstient tandis que la Grande-Bretagne et l’Italie votent contre et que les États-Unis mettent leur veto. L’abstention est ici un constat de parti pris contre le bon droit d’Israël.

Faux équilibre encore quand, dimanche 4 janvier, le président déclare que la France condamne « avec la même fermeté [que l’opération terrestre israélienne] la poursuite des tirs de roquettes qui sont une provocation inadmissible », ajoutant que le Hamas « porte une responsabilité lourde dans la souffrance des Palestiniens de Gaza ». C’est dire qu’Israël porte sa part de responsabilité dans le crime contre l’Humanité que constituent les tirs palestiniens visant délibérément sa population civile. « Le Hamas a agi de façon irresponsable et impardonnable » a nuancé M. Sarkozy lundi à Jérusalem. Que ne l’a-t-il dit du temps où des milliers de missiles tombaient sur Sderot avant qu’Israël ne soit contraint à intervenir !

À la politique faussement équilibrée, s’ajoute la fausse compassion. « On manque de tout à Gaza », a déclaré M. Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, ce que démentent radicalement tous les convois de ravitaillement qu’Israël en guerre laisse entrer. Ces invocations faussement humanitaires confortent la propagande compassionnelle du Hamas que nombre de médias relayent avec une délectation à fond d’antijudaïsme.

Quand Israël entreprend enfin à grand prix des opérations militaires contre le terrorisme et pour sa sécurité, il est parfaitement abusif de venir lui dire qu’il ne doit pas les mener à leur terme. Les appels à une trêve ne profitent qu’au Hamas, c’est-à-dire au camp des tueurs. Hommage soit rendu au diplomate tchèque qui a dit que l’opération terrestre d’Israël tenait de la défensive et non de l’offensive. Honte soit sur l’Europe qui a obligé la République tchèque à désavouer son diplomate pour tendre à Israël le piège mortel d’une prétendue paix.

En 1967 encore, René Cassin s’était écrié « La France est dans le camp de l’injustice ». Avec sa diplomatie pervertie, avec ses médias complaisants, spécialement ses médias d’État et son Agence France Presse, la France de M. Sarkozy s’enfonce dans la voie de l’injustice et des erreurs mortifères pour toute la civilisation.

Pendant ce temps, des jeunes Israéliens se battent pour la liberté. Ils sont seuls, ou presque. Ils incarnent l’honneur, la droiture.

Cela devait être dit. C’est dit. J’entendais le dire. Et j’entendais dire que je suis de leur côté. Résolument. Sans périphrases ni circonlocutions. Sans formules de politesse tièdes et sans concession à l’hypocrisie ambiante.

Voir enfin:

Israel’s Gaza Surge
Obama’s Iran diplomacy needs a Hamas defeat.
The WSJ
January 4, 2009

Israel’s ground incursion into Gaza raises the strategic stakes for the Jewish state, for its moderate Arab neighbors, and also for Barack Obama’s looming Presidency. Having committed to disarming Hamas, Israel can’t now afford to lose its second war in two years.

Though the analogy isn’t perfect, in some sense this Hamas exercise can be understood as Israel’s version of the U.S.-Iraqi “surge” in Iraq. The year 2006 was the worst in more than a generation for Western interests in the Middle East, with al Qaeda and Iran’s proxies advancing in Iraq, Hezbollah fighting Israel to a draw in Lebanon, and Hamas rising in Palestine. The 2007-2008 surge reclaimed the advantage in Iraq, and now Israel is attempting to do the same against Hamas.

The strategic question is larger than merely stopping Hamas missiles from landing in Israeli cities, though that is justification enough for Israel’s bombing and the ground operation. A nation like Israel, with enemies on all sides, must maintain an aura of invincibility if it is to have any chance at peaceful co-existence. It was that aura after two wars that induced Egypt to agree to peace with Israel in the 1970s. By contrast, the 2006 Lebanon campaign convinced radical Arabs and Persians that Israel had grown soft and could be beaten. Israel can’t let Hamas maintain a similar mythology at the end of this operation, or the costs will be far higher down the road.

Israeli leaders are talking as if they realize this strategic reality, though it’s hard to know for sure because their war aims remain publicly ill-defined. Haim Ramon, the Israeli vice premier, says the goal is nothing short of the elimination of Hamas rule in Gaza, though that hasn’t been repeated by Prime Minister Ehud Olmert or other senior war leaders. Defense Minister Ehud Barak has said the operation “won’t be easy or short,” though understandably without much elaboration given the need to keep Hamas in the dark.

We don’t agree with those who claim that Israel faces only two bad options: either a limited campaign that scores a tactical victory while allowing Hamas to survive as a military force; or a return to the full-scale occupation that Israel abandoned in 2005. Israel could re-occupy some parts of Gaza, this time without Israeli settlements to defend. More realistically, given Israel’s domestic reluctance for such a presence, it could fight long enough to eliminate Hamas as a military threat, then announce a policy that every rocket fired at Israel in the future would be met by a “proportionate” airstrike or other reprisal. This would allow Israel to claim military victory in the short term, while creating a deterrent going forward.

The costs of either operation will be high. But the costs of inaction since Israel abandoned Gaza in 2005 have also been high, especially in allowing Hamas to build an army of some 15,000 men. Hamas now has missiles that can hit targets 20 miles inside Israel, leaving the entire south of the country vulnerable, and on present course longer-range missiles will eventually hit Tel Aviv. Whether or not Palestinian President Mahmoud Abbas is willing to reassert control of Gaza, Hamas has to be destroyed as a military force.

For the broader Middle East, the issue is the expansion of Iranian influence and terror. Like Hezbollah in Lebanon and the Sadrist “special groups” in Iraq, Hamas has become part of Tehran’s bid for regional hegemony. The Bush Administration’s regional setbacks in 2006 went far to encourage that Iranian ambition, though the surge has contained it in Iraq. Hezbollah remains stronger than ever in Lebanon, however, and Hamas has been pressing to humble Israel with an eye to deposing Mr. Abbas’s Palestinian Authority on the West Bank as it has in Gaza.

This is where Mr. Obama comes in. The Bush Administration has rightly given Israel the diplomatic cover it needs to pursue its war aims, amid the usual Arab, European and U.N. denunciations. Similar denunciations were of course never aimed at Hamas missiles fired at Israeli civilians. As Israel’s operation continues, the clamor will build for the U.S. to force Israel to stop short of defeating Hamas. Such an intervention by Secretary of State Condoleezza Rice allowed Hezbollah to claim victory in 2006, and Mr. Obama should not repeat the same mistake.

Much as Mr. Obama takes office in a stronger position thanks to the Iraq surge, his foreign policy would also benefit from Israeli success in Gaza. The President-elect says he intends to pursue a grand bargain with Iran, and the mullahs are going to be more interested in diplomacy if their military proxies have been defeated. A Hamas humiliation would also show Tehran that Mahmoud Ahmadinejad’s regional militarism has more costs than benefits.

The Israelis have done Mr. Obama a favor by striking back at Hamas before he takes office so President Bush can endure the usual global denunciations for U.S. support for Israel. But Mr. Obama will soon need to return the favor by showing Israel — and Iran — that the new President understands the U.S. stake in the success of Israel’s Gaza surge.

Voir de plus:

Gaza has its version of rocket scientists
Westerners seem to expect more civilized behavior from Israel than from its adversaries.
Mark Steyn
January 2, 2009

So how was your holiday season? Over in Gaza, whether or not they’re putting the Christ back in Christmas, they’re certainly putting the crucifixion back in Easter. According to the London-based Arabic newspaper al Hayat, on Dec. 23 Hamas legislators voted to introduce Sharia – Islamic law – to the Palestinian territories, including crucifixion. So next time you’re visiting what my childhood books still quaintly called “the Holy Land” the re-enactments might be especially lifelike.

The following day, Christmas Eve, Samuel Huntington died at his home at Martha’s Vineyard. A decade and a half ago, in his most famous book “The Clash Of Civilizations,” professor Huntington argued that Western elites’ view of man as homo economicuswas reductive and misleading – that cultural identity is a more profound behavioral indicator than lazy assumptions about the universal appeal of Western-style economic liberty and the benefits it brings.

Very few of us want to believe this thesis.

“The great majority of Palestinian people,” Condi Rice, the secretary of state, said to commentator Cal Thomas a couple of years back, “they just want a better life. This is an educated population. I mean, they have a kind of culture of education and a culture of civil society. I just don’t believe mothers want their children to grow up to be suicide bombers. I think the mothers want their children to grow up to go to university. And if you can create the right conditions, that’s what people are going to do.”

Thomas asked a sharp follow-up: “Do you think this or do you know this?”

“Well, I think I know it,” said Secretary Rice.

“You think you know it?”

“I think I know it.”

I think she knows she doesn’t know it. But in the modern world there is no diplomatic vocabulary for the kind of cultural fault line represented by the Israeli/Palestinian dispute, so even a smart thinker like Dr. Rice can only frame it as an issue of economic and educational opportunity. Of course, there are plenty of Palestinians like the ones the secretary of state described: You meet them living as doctors and lawyers in Los Angeles and Montreal and Geneva … but not, on the whole, in Gaza.

In Gaza, they don’t vote for Hamas because they want access to university education. Or, if they do, it’s to get Junior into the Saudi-funded, Hamas-run Islamic University of Gaza, where majoring in rocket science involves making one and firing it at the Zionist Entity. In 2007, as part of their attempt to recover Gaza from Hamas, Fatah seized 1,000 Qassam rockets at the university, as well as seven Iranian military trainers.

At a certain unspoken level, we understand that the Huntington thesis is right, and the Rice view is wishful thinking. After all, when French President Sarkozy and other European critics bemoan Israel’s “disproportionate” response, what really are they saying? That they expect better from the despised Jews than from Hamas. That they regard Israel as a Western society bound by civilized norms, whereas any old barbarism issuing forth from Gaza is to be excused on grounds of “desperation.”

Hence, this slightly surreal headline from The New York Times: “Israel Rejects Cease-Fire, But Offers Gaza Aid.” For whatever that’s worth. Wafa Samir Ibrahim al-Biss, a young Palestinian woman who received considerate and exemplary treatment at an Israeli hospital in Beersheba, returned to that same hospital packed with explosives in order to blow herself up and kill the doctors and nurses who restored her to health. Well, what do you expect? It’s “desperation” born of “poverty” and “occupation.”

If it was, it would be easy to fix. But what if it’s not? What if it’s about something more primal than land borders and economic aid?

A couple of days after Hamas voted to restore crucifixion to the Holy Land, their patron in Tehran (and their primary source of “aid”) put in an appearance on British TV. As multicultural “balance” to Her Majesty The Queen’s traditional Christmas message, the TV network Channel 4 invited President Ahmadinejad to give an alternative Yuletide address on the grounds that it was a valuable public service to let viewers hear him “speak for himself, which people in the West don’t often get the chance to see.”

In fact, as Caroline Glick pointed out in The Jerusalem Post, the great man “speaks for himself” all the time – when he’s at the United Nations, calling on all countries to submit to Islam; when he’s presiding over his international conference of Holocaust deniers; when he’s calling for Israel to be “wiped off the map” – or (in his more “moderate” moments) relocated to a couple of provinces of Germany and Austria. Caroline Glick forbore to mention that, according to President Ahmadinejad’s chief adviser, Hassan Abbassi, his geopolitical strategy is based on the premise that “Britain is the mother of all evils” – the evils being America, Australia, Israel, the Gulf states, Canada and New Zealand, all the malign progeny of the British Empire. “We have established a department that will take care of England,” Mr. Abbassi said in 2005. “England’s demise is on our agenda.”

So when Britain’s Channel 4 says that we don’t get the chance to see these fellows speak for themselves, it would be more accurate to say that they speak for themselves incessantly but the louder they speak the more we put our hands over our ears and go “Nya nya, can’t hear you.” We do this in part because, if you’re as invested as most Western elites are in the idea that all anyone wants is to go to university, get a steady job and settle down in a nice house in the suburbs, a statement such as “England’s demise is on our agenda” becomes almost literally untranslatable. When President Ahmadinejad threatens to wipe Israel off the face of the map, we deplore him as a genocidal fantasist. But maybe he’s a genocidal realist, and we’re the fantasists.

The civilizational clashes of professor Huntington’s book are not inevitable. Culture is not immutable. But changing culture is tough and thankless and something the West no longer has the stomach for. Unfortunately, the Saudis do, and so do the Iranians. And not just in Gaza but elsewhere the trend is away from “moderation” and toward something fiercer and ever more implacable.

To be fair to President Ahmadinejad’s hosts at Channel 4, the “department that will take care of England” probably doesn’t get the lion’s share of the funding in Tehran. On the other hand, when Hashemi Rafsanjani describes the Zionist Entity as “the most hideous occurrence in history,” which the Muslim world “will vomit out from its midst” with “a single atomic bomb,” that sounds rather more specific, if not teetering alarmingly on the “disproportionate.” Unlike its international critics in North America and Europe, Israel has no margin for error.


Médias: La différence entre l’Union Soviétique et la France, c’est que les Soviétiques savaient qu’on leur mentait (You can’t offend the conscience of France)

29 décembre, 2008
Bamako's Al Dura's squareLa différence (…) entre l’Union Soviétique et la France, c’est que les Soviétiques savaient qu’on leur mentait. (…) Dans les médias privés, tout le monde dépend de l’État d’une façon ou d’une autre (…) Dès qu’il s’agit de politique étrangère, il n’y a plus aucune indépendance, ni dans les médias publics ni dans les médias privés. (…) L’ironie est que les médias français se plaignent de ce que les journalistes américains soient très liés à l’armée américaine en Irak, mais ils ne reconnaissent pas qu’ils sont eux-mêmes très liés au gouvernement français, à Paris. Philippe Karsenty
Voilà sept ans qu’une campagne obstinée et haineuse s’efforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une “supercherie” et une “série de scènes jouées” , son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. Appel du Nouvel observateur (27 mai 2008)
Karsenty, c’est le croisement de Faurisson et de Meyssan. Me Francis Szpiner (avocat d’Enderlin)
Vengeance pour le sang de Mohammed Al-Dura! (Cris de la foule qui a lynché deux réservistes de l’armée israélienne en civil, le 12 octobre 2000)
Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes. (…) J’ai coupé les images de l’agonie de l’enfant. C’était trop insupportable. L’histoire était racontée, l’information donnée, ça n’aurait rien ajouté. Quant au moment où le gamin reçoit des balles, il n’a même pas été filmé. Charles Enderlin
Charles Enderlin peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux de France 2 diffusés aux heures de grande audience, et, qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères. (…) L’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Tala Abu Rahma communiquées par France 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure…” (…) “Les attestations produites par les soins du cameraman ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles. Arrêt de la Cour d’appel de Paris (mai 2008)
Charles Enderlin est la conscience de la France dès qu’il s’agit du Proche-Orient, et vous avez offensé leur conscience? Brooke Goldstein (The Middle East Quarterly)

Après les deux premières intifadas et Beyrouth 2006, voici… Gaza 2008 et la 3e intifada?

Alors que deux ans après le Hezbollah au nord, les autres supplétifs des mollahs dans la région vont enfin pouvoir tester en grandeur nature les nouvelles armes et les formations accumulées pendant la trêve …

Avec surtout la parade quotidienne de panaches de fumée, destructions et victimes exhibées des populations-otages dont ils se sont faits une spécialité …

Retour sur l’autre partie du dispositif de ce qui est devenu une véritable guerre de l’information pour dénoncer la fameuse et prétendue “riposte disproportionnée” d’Israël sans laquelle rien de tout cela ne serait possible, à savoir les s

Et notamment dans la France d’Aragon et de Sartre, l’auteur de l’image-choc qui avait il y a huit ans lancé la 2e intifada (celle du prétendu assassinat par l’Armée israélienne du petit Mohamed Al Doura), l’inamovible correspondant de la télévision d’Etat France 2, Charles Enderlin.

Qui, comme le montre son principal détracteur Philippe Karsenty dans un récent entretien du Middle East Quarterly traduit en français par Marcoroz, y jouit toujours, même après la démonstration lors du procès qu’il vient de perdre des incroyables incohérences du reportage en question, d’une fonction de quasi-conscience morale …

Morceaux choisis:

La différence (…) entre l’Union Soviétique et la France, c’est que les Soviétiques savaient qu’on leur mentait. (…) Dans les médias privés, tout le monde dépend de l’État d’une façon ou d’une autre, ce qui explique que les médias aient refusé de rendre compte de mon procès, même après que des médias étrangers aient commencé à en parler. Dès qu’il s’agit de politique étrangère, il n’y a plus aucune indépendance, ni dans les médias publics ni dans les médias privés. (…) Mais pour eux, admettre qu’ils travaillent avec des gens qui sont des magouilleurs et des menteurs, ce serait une vraie révolution. C’est la même chose en Irak et dans la plupart des pays du Moyen-Orient. (…) L’ironie est que les médias français se plaignent de ce que les journalistes américains soient très liés à l’armée américaine en Irak, mais ils ne reconnaissent pas qu’ils sont eux-mêmes très liés au gouvernement français, à Paris. Une chose est sûre, il existe à Paris, entre les médias et les personnalités politiques, une relation incestueuse. (…) Les Français s’en moquent. Ils croient qu’ils ont la liberté d’expression parce qu’ils vivent dans un pays où ils ont le droit de dire que Chirac est un crétin. Ils ne se rendent pas compte à quel point, sur les questions internationales, le discours acceptable est uniforme.

On n’a pas besoin d’acheter des gens qui sont déjà complètement manipulés. Charles Enderlin est comme un capo di tutti capi, une sorte de parrain : une autorité morale. J’ai dû affronter dans cette affaire la plus grosse huile de la corporation journalistique au Proche-Orient. Enderlin avait même l’habitude de donner des conseils aux diplomates. Laissez-moi vous donner un exemple. Un journaliste français m’a rapporté que le jour où Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires Étrangères, s’était rendu à Jérusalem, il avait rassemblé tous les correspondants français à l’ambassade, et avant de prononcer son discours, il avait demandé : « Qu’en pense Charles ? » C’est incroyable.

A la fin du film de France 2, le garçon n’est pas mort. Il relève le coude et il regarde le cameraman. Ces images sont accessibles sur le site Web de Richard Landes et sur Youtube12. Si vous regardez ces images, vous verrez qu’il est évident que le garçon n’est pas mort. Il n’y a pas trace de blessures par balles ni de sang. Ces images n’ont jamais été diffusées en France, mais elles ont été montrées en Angleterre, sur la BBC, ainsi que dans des pays arabes. Ce que je trouve inouï, c’est qu’il n’y ait eu personne pour dire : « Attendez une minute, là, il y a un problème. » Cela n’a pas de sens. Dans un reportage réalisé un an après la prétendue mort de son fils, le père Al Dura dit que la première balle avait atteint son fils au genou droit13, or les images ne montrent pas la moindre trace de sang à cet endroit-là : c’est ridicule. Rien ne tient debout dans sa version, mais personne n’a voulu regarder les images.

CNN a refusé l’offre initiale du cameraman Talal Abou Rahma, qui leur proposait de leur revendre les images, parce qu’il ne pouvait pas en garantir la véracité. Les vingt-sept minutes de rushes donnaient l’impression d’être des scènes jouées et répétées. Un cameraman de Reuters a filmé Rahma en train de filmer d’autres scènes jouées.

Au moment où le gouvernement avait à affronter une campagne si difficile sur le terrain, il a tout simplement voulu enterrer l’affaire Al Dura. Mais les mensonges ont la vie dure. Si la réputation d’Israël est salie dans cette affaire, cela hantera le pays pendant des générations. Il faut noter que des millions de gens continuent à croire au faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion. Il existe déjà des timbres-poste à l’effigie de Mohammed Al Dura en Tunisie, en Égypte, en Iran et en Jordanie. Le nom d’Al Dura a été donné à des places au Maroc et au Mali et à des rues dans un certain nombre de grandes villes dans le monde. Daniel Pearl a été décapité devant une photo de Mohammed Al Dura. Il faut révéler l’imposture Al Dura maintenant, pour éviter que nos enfants aient à souffrir des conséquences de ce mensonge.

Nous avons eu entièrement gain de cause : la décision de la Cour d’appel est claire. Toutefois, le tribunal ne pouvait pas décider que les images étaient des scènes jouées, mais plutôt, il a déclaré que je pouvais publier ce que je voulais parce que j’avais des preuves que c’était des scènes jouées. Les termes du texte de l’arrêt établissent que j’ai raison, mais tout ce qui a été dit par le tribunal allait intrinsèquement dans le sens de mon allégation, selon laquelle il s’agissait d’une mise en scène.

Les gens qui se soucient réellement des Arabes me voient en pro-arabe. Dans cette guerre avec Israël, qui souffre le plus ? Les Arabes. L’incitation engendre la haine. Chirac n’était pas un ami des peuples arabes : il était plutôt leur pire ennemi. Il était le meilleur ami des dictateurs arabes, pour des raisons économiques et politiques. Dire aux Arabes d’arrêter d’être prêts à mourir pour des mensonges, c’est les aider à vivre une vie meilleure, et c’est aussi ce que j’ai essayé de faire. Le reportage sur Mohammed Al Dura était une supercherie qui a engendré beaucoup de haine et de violence, ce qui était contraire aux intérêts des populations arabes.

L’ambassadeur et les autres diplomates israéliens ne veulent pas de cette victoire. Le porte-parole du ministère israélien des Affaires Étrangères a déclaré que je n’étais qu’un particulier, que le gouvernement israélien ne m’avait pas demandé de mener cette bataille, et que je n’avais donc pas le droit de demander qu’Israël me vienne en aide.

Philippe Karsenty : Il faut révéler l’imposture Mohammed Al Dura
Interview de Philippe Karsenty réalisée par Brooke Goldstein et publiée dans le numéro d’automne 2008 de la revue The Middle East Quarterly (version française Marcoroz)

Introduction

Philippe Karsenty est le fondateur et le président de Media-Ratings (www.M-R.fr), une agence française de notation des médias en ligne. En novembre 2004, M. Karsenty avait publié un article intitulé « Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement1 », dans lequel il affirmait que France 2, chaîne de télévision pour laquelle travaillaient Arlette Chabot et Charles Enderlin, avait enfreint les règles du journalisme en diffusant une séquence qui présentait comme un fait réel la prétendue mort de Mohammed Al Dura, un garçon palestinien âgé de douze ans, sous les balles des forces de défense israéliennes (Tsahal). Les images montraient un garçon de douze ans accroupi derrière son père, alors qu’une seule balle sifflait et éclatait à l’arrière-plan. Il est maintenant évident que tout au long des 55 secondes d’images diffusées, personne n’a tiré sur ce garçon et qu’à la fin de la séquence, il était toujours en vie. D’après M. Karsenty, ces images étaient une mise en scène réalisée par le cameraman palestinien Talal Abou Rahma, lequel avait filmé des scènes jouées similaires dans les dix-huit minutes de vidéo que M. Karsenty a visionnées.

Après que France 2 ait diffusé cette séquence en la présentant comme un fait réel et l’ait ensuite distribuée à titre gratuit, d’autres chaînes l’ont diffusée à leur tour. La mort d’Al Dura sous les balles de Tsahal est devenue dans l’ensemble du monde musulman une cause célèbre inspirant la violence et l’antisémitisme2.

Dans son article, Philippe Karsenty avait aussi annoncé qu’il était prêt à défendre sa cause devant un tribunal3. Par la suite, Arlette Chabot et Charles Enderlin lui ont intenté un procès en diffamation devant une juridiction française4.

En première instance, le tribunal, contre l’avis du ministère public qui s’était prononcé en faveur de M. Karsenty en invoquant sa liberté d’expression, a rendu un jugement en faveur d’Arlette Chabot et de Charles Enderlin et a condamné Philippe Karsenty à verser un euro symbolique de dommages et intérêts à chacun des plaignants, une amende de 1 000 euros et 3 000 euros de frais de procédure5.

En septembre 2007, la onzième chambre de la Cour d’appel de Paris a entendu l’affaire Karsenty en appel. Le juge a ordonné à France 2 de produire les vingt-sept minutes de rushes. M. Enderlin a alors affirmé qu’il n’était pas en possession du reste de l’enregistrement vidéo. Trois journalistes français qui avaient été invités par France 2 à visionner ces images ont attesté avoir visionné vingt-quatre minutes de film précédant la séquence Al Dura, pendant lesquelles de jeunes Palestiniens jouaient des scènes devant les caméras de télévision, tombant et se relevant quand ils croyaient que personne ne les observait6. Finalement, sur l’ensemble de la vidéo, dix-huit minutes d’images seulement ont été présentées au tribunal, et aucune de ces images ne montrait Al Dura tué. À la fin de la séquence montrée au tribunal, il est même clairement visible que le garçon est toujours en vie7.
Le 21 mai 2008, Philippe Karsenty a gagné en appel8.

1 “France 2: Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement”, Media-Ratings, 22 novembre 2004.

2 The Jerusalem Post, 21 mai 2008.

3 “Arlette Chabot et Charles Enderlin”, Media-Ratings, 22 novembre 2004.

4 “France 2 Counters Accusations with Lawsuits”, Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA), Boston, 18 janvier 2007.

5 Ibid.

6 Denis Jeambar et Daniel Leconte, interview sur RCJ, 1er février 2005, in “Backgrounder: Mohammed Al Dura, Anatomy of a French Media Scandal”, CAMERA, 21 mai 2008.

7 JTA News Service, 15 novembre 2007; Israel News Agency, 21 novembre 2007; “Backgrounder: Mohammed Al Dura.”

8 Associated Press, 21 mai 2008; The Jerusalem Post, 21 mai 2008.

Philippe Karsenty : Il faut révéler l’imposture Mohammed Al Dura

Cette interview a été réalisée par Brooke Goldstein en deux temps : la première partie à New York le 4 octobre 2007, et la seconde par téléphone le 27 mai 2008, après la victoire de Philippe Karsenty.

Le procès

Middle East Quarterly : Pour quelles raisons précises la chaîne France 2 vous a-t-elle poursuivi en diffamation ?

Philippe Karsenty : Il était considéré comme diffamatoire de dire que la vidéo de Mohammed Al Dura était un faux, une imposture, que Charles Enderlin s’était trompé, qu’il trompait le public, et qu’il devait être démis de ses fonctions.

MEQ : En quoi consiste la diffamation dans le droit français ?

P.K. : Dans le droit français, il y a diffamation en cas d’incapacité de prouver la vérité d’une allégation au moment où cette allégation a été faite. Cela signifie que même si France 2 présentait maintenant des excuses et reconnaissait sa faute, je pourrais encore ne pas avoir gain de cause, car le tribunal pourrait décider qu’au moment où j’ai publié mes allégations, je n’avais pas assez de preuves pour pouvoir établir que ce que je disais était vrai. C’est un système légal absurde.

MEQ : La vérité n’est donc pas une défense en matière de diffamation ?

P.K. : Si, la vérité est une défense en matière de diffamation, mais il faut que ce soit une vérité connue et prouvée au moment où l’allégation a été faite. La charge de la preuve incombe au défendeur. Si le gouvernement israélien avait poursuivi France 2 en diffamation, par exemple, la situation aurait été inversée : France 2 aurait été obligée de défendre sa calomnie au lieu de m’accuser de diffamation.

MEQ : Pourquoi ne poursuivez-vous pas France 2 pour diffamation ou pour tromperie ? Pourquoi êtes-vous sur la défensive ?

P.K. : Ce procès aurait dû être engagé par l’État israélien, qui n’a pas saisi cette opportunité. Shurat Hadin, un cabinet juridique israélien d’intérêt public, a tenté de faire retirer les accréditations de presse de France 2, mais le gouvernement israélien a refusé, et la Cour Suprême israélienne n’a pas encore rendu son verdict dans cette affaire.

MEQ : Comment cela se fait-il?

P.K. : Apparemment, le gouvernement israélien préfère apaiser ses ennemis plutôt que de contre-attaquer.

MEQ : Ne pourriez-vous pas faire un procès à France 2 pour diffamation à votre encontre et à l’encontre de l’État d’Israël ?

P.K. : Selon le droit français, je n’aurais pas qualité à agir, puisque ce n’est pas moi qui ai été diffamé.

MEQ : En première instance, le juge avait estimé qu’il n’y avait pas lieu d’examiner les images du reportage sur Mohammed Al Dura. Que peut-on en conclure sur le droit de regard dans les tribunaux français et sur les règles de procédure ? Comment le juge est-il censé déterminer quoi que ce soit concernant des prises de vue, s’il ne se préoccupe pas de les voir ?

P.K. : Le juge a dit que dans la mesure où je n’avais pas vu les images à cette époque, le tribunal n’avait pas à en tenir compte. C’est vrai, je n’avais pas vu ces images, mais je connaissais des gens qui les avaient vues et qui m’avaient parlé de leur contenu, et c’est la raison pour laquelle je m’étais senti suffisamment sûr de moi pour en arriver à la conclusion à laquelle j’étais arrivé.

MEQ : Cependant, votre conclusion reposait sur un ouï-dire.

P.K. : Ma première conclusion reposait sur ce que j’avais pu voir du bulletin d’information de France 2 sur Mohammed Al Dura, sur les allégations de Nahum Shahaf9 [physicien israélien et réserviste au département d’intelligence optique de Tsahal – NDLR], et sur les recherches que j’avais menées par la suite. Ce qui avait été montré au public était ridicule. Pendant ces quelques minutes, Mohammed Al Dura ne montrait aucun signe d’agonie, et aucun des acteurs n’était touché par la moindre balle.

MEQ : Vous avez dit que les vingt-sept minutes de rushes qui, initialement, n’avaient pas été montrées au public, étaient pour la plus grande partie des scènes jouées. La juge de la Cour d’appel, Laurence Trébucq, a ordonné la diffusion de ces images, mais seulement dans l’enceinte du tribunal. Pourquoi ne fait-elle pas diffuser ces images au grand public ?

P.K. : Nous ne le savons pas encore.

MEQ : Dans le jugement en votre défaveur en première instance, le juge n’avait pas suivi l’avis du ministère public, selon lequel rien ne prouvait que vous auriez agi par animosité personnelle, mais le juge avait aussi semblé gêné quand il avait délivré ce jugement contre vous, et il avait finalement accordé très peu aux plaignants. Qu’est-ce que cela vous suggère ?

P.K. : Que le juge n’était peut-être pas à l’aise, qu’il avait peut-être reçu des instructions, et qu’il n’était pas fier de ce qu’il faisait.

MEQ : Reçu des instructions de qui?

P.K. : Peut-être des instructions ou un conseil du ministre de la Justice ou de son entourage. Au passage, les juges ne sont pas compétents en matière de médecine légale ni de balistique, et cependant ils ne se sont pas fondés sur la moindre expertise dans ce domaine.

MEQ : Vous voulez dire que le système judiciaire français n’est pas indépendant ?

P.K. : Je ne dis pas qu’aucun juge n’a cette indépendance. Tout ce que je dis, c’est que si on lit le verdict qui a été publié il y a deux ans, il semble que ce ne soit pas vraiment un jugement prononcé en toute indépendance.

MEQ : Y aurait-il eu corruption, dans votre affaire?

P.K. : Pas du tout. On n’a pas besoin d’acheter des gens qui sont déjà complètement manipulés. Charles Enderlin est comme un capo di tutti capi, une sorte de parrain : une autorité morale. J’ai dû affronter dans cette affaire la plus grosse huile de la corporation journalistique au Proche-Orient. Enderlin avait même l’habitude de donner des conseils aux diplomates. Laissez-moi vous donner un exemple. Un journaliste français m’a rapporté que le jour où Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires Étrangères, s’était rendu à Jérusalem, il avait rassemblé tous les correspondants français à l’ambassade, et avant de prononcer son discours, il avait demandé : « Qu’en pense Charles ? » C’est incroyable.

MEQ : Donc, Charles Enderlin est la conscience de la France dès qu’il s’agit du Proche-Orient, et vous avez offensé leur conscience ?

P.K. : Je ne vous le fais pas dire.

MEQ : Qui finance votre procès?

P.K. : Je l’ai financé moi-même. J’ai été agent de change, et j’ai ensuite commencé à travailler comme consultant financier dans des entreprises. J’ai aussi perçu des honoraires pour des conférences données aux États-Unis.

MEQ : D’autres aussi ont dit que les images de Mohammed Al Dura étaient truquées. Pourquoi France 2 vous a-t-elle pris pour cible, vous et vous seul ?

P.K. : Oui, Gérard Huber l’a dit10, James Fallows a dit que le garçon n’avait pas été tué par Tsahal, mais il n’a pas dit que c’était une mise en scène11. S’ils m’ont pris pour cible, c’est parce qu’au moment où j’ai publié cela, j’avais une certaine crédibilité avec Media-Ratings [l’agence de surveillance des médias fondée par Philippe Karsenty en 2004 – NDLR], et j’avais déjà été invité à discuter de toutes sortes de sujets et d’inexactitudes relevées dans les médias.

MEQ : Il existe plusieurs théories différentes au sujet de ce que serait devenu Mohammed Al Dura. Selon certains, il aurait été tué par les Palestiniens, et selon d’autres, il est toujours en vie à la fin de la séquence vidéo mais sans qu’on puisse dire s’il vit encore aujourd’hui. Quelle est votre version des faits ?

P.K. : Nous ne devons pas parler de théories, mais de faits et de preuves. A la fin du film de France 2, le garçon n’est pas mort. Il relève le coude et il regarde le cameraman. Ces images sont accessibles sur le site Web de Richard Landes et sur Youtube12. Si vous regardez ces images, vous verrez qu’il est évident que le garçon n’est pas mort. Il n’y a pas trace de blessures par balles ni de sang. Ces images n’ont jamais été diffusées en France, mais elles ont été montrées en Angleterre, sur la BBC, ainsi que dans des pays arabes. Ce que je trouve inouï, c’est qu’il n’y ait eu personne pour dire : « Attendez une minute, là, il y a un problème. » Cela n’a pas de sens. Dans un reportage réalisé un an après la prétendue mort de son fils, le père Al Dura dit que la première balle avait atteint son fils au genou droit13, or les images ne montrent pas la moindre trace de sang à cet endroit-là : c’est ridicule. Rien ne tient debout dans sa version, mais personne n’a voulu regarder les images.

MEQ : Des preuves circonstancielles vont dans le sens de votre thèse, selon laquelle l’affaire Al Dura serait une accusation de meurtre rituel montée de toutes pièces. Ainsi, par exemple, CNN a refusé l’offre initiale du cameraman Talal Abou Rahma, qui leur proposait de leur revendre les images, parce qu’il ne pouvait pas en garantir la véracité. Les vingt-sept minutes de rushes donnaient l’impression d’être des scènes jouées et répétées. Un cameraman de Reuters a filmé Rahma en train de filmer d’autres scènes jouées. Sur quoi s’était fondé le Tribunal de Grande Instance pour rendre une décision en votre défaveur ?

P.K. : Le refus du gouvernement israélien de remettre en question ce reportage a été un élément important. Le tribunal avait reçu une lettre de M. Jacques Chirac [alors Président de la République – NDLR], dans laquelle celui-ci vantait l’intégrité journalistique de Charles Enderlin. Nous avions l’un et l’autre produit des témoignages, mais les plaignants avaient fait venir des Palestiniens qui avaient attesté que les Israéliens avaient tiré sur le père et le fils en utilisant des avions, des hélicoptères et des missiles anti-tank, alors même que rien de tout cela n’apparaissait sur les images. Bien que les témoignages des plaignants aient paru ridicules, le juge a déclaré : « Ils ont témoigné, et nous ne pouvons pas écarter cela au motif qu’ils sont palestiniens. Ils y étaient, pas vous. »

MEQ : Comment se fait-il que Chirac ait adressé une lettre au tribunal pour le compte de Charles Enderlin ?

P.K. : Chirac a écrit une lettre pour recommander Charles Enderlin et pour louer son attachement à l’exactitude des faits dans son dernier livre14. L’équipe de Chirac savait que cette lettre serait utilisée au cours du procès, mais cette lettre ne concernait pas directement le reportage sur Mohammed Al Dura. Chirac a fait cela pour promouvoir son idée de la politique arabe de la France.

MEQ : Après que le Tribunal de Grande Instance ait rendu un jugement contre vous – en partie parce que le gouvernement israélien n’était pas venu vous défendre – l’armée israélienne a écrit à Charles Enderlin pour lui demander de lui remettre les prises de vue et pour affirmer que la décision du tribunal ne reflétait pas de façon correcte la position de Tsahal, et qu’ils voulaient voir ces images15. Est-ce que c’était une réaction à la décision du tribunal, ou bien un virage à 180 degrés dans la position des officiels israéliens ?

P.K. : Nous avons désespérément tenté d’obtenir cette lettre de Tsahal.

MEQ : Qu’est-ce qui a contribué à ce changement dans l’attitude du gouvernement israélien à votre égard ?

P.K. : Au moment où le gouvernement avait à affronter une campagne si difficile sur le terrain, il a tout simplement voulu enterrer l’affaire Al Dura. Mais les mensonges ont la vie dure. Si la réputation d’Israël est salie dans cette affaire, cela hantera le pays pendant des générations. Il faut noter que des millions de gens continuent à croire au faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion. Il existe déjà des timbres-poste à l’effigie de Mohammed Al Dura en Tunisie, en Égypte, en Iran et en Jordanie. Le nom d’Al Dura a été donné à des places au Maroc et au Mali et à des rues dans un certain nombre de grandes villes dans le monde. Daniel Pearl a été décapité devant une photo de Mohammed Al Dura. Il faut révéler l’imposture Al Dura maintenant, pour éviter que nos enfants aient à souffrir des conséquences de ce mensonge.

MEQ : Il est évident que Jérusalem devrait réagir. Pourquoi le gouvernement israélien ne fait-il rien maintenant ?

P.K. : Certaines personnes qui ne faisaient pas partie du gouvernement israélien à l’époque où l’erreur a été commise se sont servies de cette absence comme d’une excuse : « Puisque ce n’est pas nous qui l’avons faite, ce n’est pas à nous qu’il incombe de la réparer. » Pour d’autres, c’est une question d’ego. Ils ne veulent pas admettre qu’ils ont fait une erreur au début.

MEQ : Pourquoi Daniel Seaman, le directeur du bureau de presse du gouvernement israélien, n’écoute-t-il pas le cabinet juridique Shurat Hadin et ne retire-t-il pas à France 2 ses accréditations ?

P.K. : Seaman est un homme remarquable : posez-lui la question. Vous pouvez imaginer à quel point l’establishment israélien fait pression sur lui.

MEQ : Pensez-vous qu’Israël et les États-Unis soient en train de perdre la guerre de l’information ?

P.K. : Quelle guerre ? Ils ont déjà perdu, car ils ne se sont même pas souciés de se battre.

MEQ : En France, les médias n’ont-ils pas des comptes à rendre ? Existe-t-il une instance de contrôle indépendante ?

P.K. : Il y a un médiateur, chargé de l’interface entre France Télévisions et le public. Quand je m’étais adressé à lui, il avait couvert le mensonge, mais il a été remplacé quatre ans plus tard. J’ai appelé son successeur, qui s’est d’abord montré enthousiaste à l’idée de me rencontrer mais qui m’a rappelé plus tard pour me dire que son patron avait interdit cette entrevue. Mais j’ai dû rencontrer peut-être une vingtaine de personnes chez France 2, à tous les échelons de la hiérarchie, avant que l’affaire soit portée au tribunal.

MEQ : Qu’est-ce qui empêche que quelqu’un, chez France 2, détruise la vidéo ?

P.K. : J’ignore si quelqu’un possède une copie en dehors de France 2. Chez Fox News, quelqu’un a comparé cette affaire à celle des bandes magnétiques de Nixon. Pour la petite histoire, il y avait aussi un trou de dix-huit minutes dans les bandes magnétiques de Nixon. Quand nous apporterons la preuve qu’un média international a utilisé des images truquées et fausses, cela fera du bruit. Quand la vérité sortira, cela fera l’effet d’une bombe – je veux dire, si la vérité finit vraiment par se savoir. Plutôt que de reconnaître sa responsabilité, France 2 dira sans doute que j’ai émis mes déclarations de bonne foi mais que je n’ai pas prouvé que les images étaient truquées. C’est peut-être de cette manière qu’ils comptent balayer l’affaire sous le tapis.

MEQ : Pensez-vous que les médias français cherchent à apaiser la population musulmane du pays ?

P.K. : Ce que font les médias va bien au-delà de l’apaisement, c’est carrément de provocation qu’il s’agit.

MEQ : Vous voulez dire que France 2 a réellement cherché à inciter à la violence contre la population juive en diffusant les images de Mohammed Al Dura ?

P.K. : Oui, elle s’en est servie comme d’une forme de pression sur Israël. Chirac a pris les Juifs français en otages. C’est comme s’il avait dit à l’État d’Israël : « J’ai 600 000 Juifs en France, et si vous ne vous conduisez pas comme il faut avec les Palestiniens, nous montrerons ces images et les Juifs de France se feront attaquer. »

MEQ : Les Français pensent-ils que c’est simplement votre problème ou que le problème ne concerne que les Juifs ? Ou bien, voient-ils les implications à plus grande échelle ? Ne se sentent-ils pas insultés, de voir leurs médias leur mentir ?

P.K. : Pour les Français, si c’est dans les journaux ou à la télévision, alors c’est vrai. Mais grâce à cette histoire, les choses sont en train d’évoluer.

MEQ : Les médias français persistent à ignorer votre affaire. Pourquoi ?

P.K. : J’appelle la France une « petite U.R.S.S. » La différence, cependant, entre l’Union Soviétique et la France, c’est que les Soviétiques savaient qu’on leur mentait, alors que les Français croient qu’ils savent la vérité.

MEQ : La situation va-t-elle changer sous la présidence de Nicolas Sarkozy ?

P.K. : Maintenant, c’est lui le responsable. France 2 est une télévision d’État, Sarkozy en est donc le patron. Il devrait obliger France 2 à présenter des excuses au monde entier. En 2005, je lui avais apporté tous les documents. En avril 2008, j’ai rencontré deux de ses conseillers, qui ont reconnu que toutes ces images étaient des scènes jouées. Mais jusqu’à présent, Sarkozy n’a pas bougé.

MEQ : Qu’en est-il de l’indépendance des médias français ?

P.K. : Dans les médias privés, tout le monde dépend de l’État d’une façon ou d’une autre, ce qui explique que les médias aient refusé de rendre compte de mon procès, même après que des médias étrangers aient commencé à en parler. Dès qu’il s’agit de politique étrangère, il n’y a plus aucune indépendance, ni dans les médias publics ni dans les médias privés.

MEQ : Pensez-vous que les gens de la presse, dans son ensemble, sachent qu’ils sont coupables de confiance abusive envers les magouilleurs palestiniens ?

P.K. : Oui. Mais pour eux, admettre qu’ils travaillent avec des gens qui sont des magouilleurs et des menteurs, ce serait une vraie révolution. C’est la même chose en Irak et dans la plupart des pays du Moyen-Orient.

MEQ : Dans la façon dont la presse française a couvert cette affaire, du moins, dans le peu qu’elle a couvert, y a-t-il eu des différences ?

P.K. : La plupart des médias ont été contre moi. Le plus grand hebdomadaire de France, le Nouvel Observateur, a lancé une pétition de soutien aux mensonges d’Enderlin. Et vous savez quoi ? Des centaines de journalistes, de personnalités et de simples particuliers l’ont signée16.

MEQ : Comment se fait-il que les médias français aient une orientation non seulement anti-israélienne et anti-américaine, mais aussi pro-arabe ?

P.K. : Les Français n’aiment pas du tout les Arabes. La preuve ? Ils les maltraitent en France. Mais ils se sentent coupables de la façon dont ils les ont traités dans les colonies.

MEQ : Percevez-vous une hostilité envers les Juifs ?

P.K. : Oui, les Français ne pardonneront jamais aux Juifs d’avoir révélé la collaboration française dans la Shoah. C’est une des motivations à dépeindre Israël comme un État nazi. C’est pour les Français une façon de dire : « Nous ne nous sommes pas comportés plus mal que ce que les Juifs font maintenant. » Cela leur permet de se sentir moins responsables de leur collaboration avec les nazis.

MEQ : Que pensez-vous que sera l’avenir du journalisme d’actualité en France, maintenant que la France lance un service d’information vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans le genre de CNN ? Un tel réseau apportera-t-il un progrès dans le journalisme en France ?

P.K. : Non. Il faudrait pour cela un changement majeur au plan culturel. L’ironie est que les médias français se plaignent de ce que les journalistes américains soient très liés à l’armée américaine en Irak, mais ils ne reconnaissent pas qu’ils sont eux-mêmes très liés au gouvernement français, à Paris. Une chose est sûre, il existe à Paris, entre les médias et les personnalités politiques, une relation incestueuse.

MEQ : Récemment, vous avez gagné en appel ?

P.K. : Oui, nous avons eu entièrement gain de cause : la décision de la Cour d’appel est claire. Toutefois, le tribunal ne pouvait pas décider que les images étaient des scènes jouées, mais plutôt, il a déclaré que je pouvais publier ce que je voulais parce que j’avais des preuves que c’était des scènes jouées. Les termes du texte de l’arrêt établissent que j’ai raison, mais tout ce qui a été dit par le tribunal allait intrinsèquement dans le sens de mon allégation, selon laquelle il s’agissait d’une mise en scène.

MEQ : Avez-vous été indemnisé pour le préjudice, les coûts et les frais d’avocats ?

P.K. : Non. L’ensemble de la procédure m’a coûté de l’argent.

MEQ : Comment cela se fait-il ?

P.K. : En vertu du système français, j’ai dû verser aux avocats une commission de succès, et je trouve que c’est une bonne chose. Cependant, compte tenu de la réaction et de l’attitude épouvantable du gouvernement israélien, j’ai décidé que ce serait la dernière fois que je me bats pour Israël. France 2 a même déposé un pourvoi en cassation.

MEQ : Quelles ont été les réactions ?

P.K. : L’ambassadeur et les autres diplomates israéliens ne veulent pas de cette victoire. Le porte-parole du ministère israélien des Affaires Étrangères a déclaré que je n’étais qu’un particulier, que le gouvernement israélien ne m’avait pas demandé de mener cette bataille, et que je n’avais donc pas le droit de demander qu’Israël me vienne en aide17.

MEQ : Des médias français ont-ils fait état de votre victoire ?

P.K. : Au début, non, bien sûr que non, mais le Wall Street Journal en a rendu compte abondamment18. Il y a eu aussi un court article dans Le Monde19. Le Monde a dit que France 2 avait perdu, mais pas que j’avais gagné. Cela fait une différence. Et maintenant, Le Figaro a publié un éditorial et une note confidentielle20. Et nous nous attendons à ce qu’il y en ait davantage bientôt.

MEQ : Selon vous, quel sera l’impact de cette décision sur France 2 et sur le journalisme français au Proche-Orient ?

P.K. : Il sera très faible, parce que les médias français continuent à couvrir ce mensonge et parce que le gouvernement israélien ne veut pas se servir de cette victoire pour s’élever contre les mensonges des médias occidentaux. Les choses pourraient changer si les diplomates israéliens faisaient leur travail et si Sarkozy faisait le sien. Il devrait obliger France 2 à reconnaître l’escroquerie et à présenter des excuses au monde entier.

MEQ : Quelles sont les implications de votre procès pour les juifs et les musulmans de France ?

P.K. : Les gens qui se soucient réellement des Arabes me voient en pro-arabe. Dans cette guerre avec Israël, qui souffre le plus ? Les Arabes. L’incitation engendre la haine. Chirac n’était pas un ami des peuples arabes : il était plutôt leur pire ennemi. Il était le meilleur ami des dictateurs arabes, pour des raisons économiques et politiques. Dire aux Arabes d’arrêter d’être prêts à mourir pour des mensonges, c’est les aider à vivre une vie meilleure, et c’est aussi ce que j’ai essayé de faire. Le reportage sur Mohammed Al Dura était une supercherie qui a engendré beaucoup de haine et de violence, ce qui était contraire aux intérêts des populations arabes.

MEQ : Considérez-vous que votre procès contribuera à garantir la liberté d’expression en France ?

P.K. : Non. Les Français s’en moquent. Ils croient qu’ils ont la liberté d’expression parce qu’ils vivent dans un pays où ils ont le droit de dire que Chirac est un crétin. Ils ne se rendent pas compte à quel point, sur les questions internationales, le discours acceptable est uniforme.

MEQ : Avez-vous envisagé de poursuivre Charles Enderlin en diffamation ?

P.K. : Un certain nombre de personnes et de médias m’ont diffamé pour tenter d’influencer le cours de la justice. J’ai bien pensé à les poursuivre, mais à quoi bon ? Au final, quand j’ai gagné ce procès, au lieu d’être indemnisé, mes avocats m’ont couvert de notes d’honoraires et autres frais de justice. Pendant ces six dernières années, j’ai pris des risques physiques, et cela a été épuisant. Si je les poursuis, cela ne me prendra que plus de temps encore. Je veux me consacrer à nouveau à mes activités professionnelles. Et je respecte aussi la liberté d’expression de mes adversaires, même lorsqu’elle consiste à me diffamer. On ne devrait pas lutter contre la diffamation avec des procès en justice mais avec la vérité.

MEQ : Et ensuite ?

P.K. : Au bout du compte, cette affaire ne se réglera pas dans un tribunal : elle se réglera politiquement.

MEQ : Au tribunal de l’opinion publique ?

P.K. : Non, avec Sarkozy. Il faut qu’il fasse quelque chose. Autrement, il faudra peut-être que je lance une campagne pour montrer que Sarkozy ne veut pas inverser le mouvement d’antisémitisme d’État lancé par Chirac.

(avec l’aimable autorisation de The Middle East Quarterly et de Philippe Karsenty)

9 “Backgrounder: Mohammed Al Dura”.

10 Gérard Huber, “Misère de journalistes, misère de républicains”, 14 juin 2008, accédé le 24 juin, 2008.

11 James Fallows, “Who Shot Mohammed Al Dura?”, Atlantic Monthly, juin 2003.

12 Richard Landes, Al Durah: The Birth of an Icon. What Happened? Accédé le 24 juin 2008; “Al Dura Affair: The 10 Seconds Never Shown by France 2″, Youtube, accédé le 24 juin 2008.

13 “Personal Testimonies, Jamal Al Durra”, transcription d’une discussion en ligne sur Arabia.com, 30 octobre 2000, Addameer.org.

14 Chirac to Enderlin, Media-Ratings, 25 février 2004, accédé le 11 juin 2008.

15 The Jerusalem Post, 17 septembre 2007.

16 “Appel: Pour Charles Enderlin”, Le Nouvel Observateur (Paris), 23 juin 2008.

17 The Media Line (New York), 29 mai 2008.

18 Nidra Poller, “A Hoax?” The Wall Street Journal, Europe, 27 mai 2008; “Al-Durra Case Revisited”, The Wall Street Journal, Europe, 27 mai 2008.

19 Le Monde (Paris), 24 mai 2008.

20 Ivan Rioufol, “Les médias, pouvoir intouchable ?” Le Figaro (Paris), 13 juin 2008.

Voir aussi Daniel Leconte:

“The only ones who could hit the child were the Palestinians from their position. If they had been Israeli bullets, they would be very strange bullets because they would have needed to go around the corner. (…) It could happen once, but that there should be eight or nine of them, which go around a corner? They’re just saying anything,”

“four years later, no one can say for certain who killed him (al-Durra), Palestinians or Israelis.”

“I think that if there is a part of this event that was staged, they have to say it, that there was a part that was staged, that it can happen often in that region for a thousand reasons “At the moment of the shooting, it’s no longer acting, there’s really shooting, there’s no doubt about that,” Leconte told Cybercast News Service.

“the image corresponded to the reality of the situation, not only in Gaza but also in the West Bank.” “I find this, from a journalistic point of view, hallucinating,” “That a journalist like him (Enderlin) can be driven to say such things is very revealing of the state of the press in France today,”

“Who will say it, I don’t know, but it is important that Enderlin or France 2 should say, that on these pictures, they were wrong – they said things that were not reality

“Enderlin would be better off recognizing it. That would resolve at least one part of the debate”

A bad use of communications can cause an unspeakable evil, giving rise to misunderstandings, prejudices and even conflicts. Pope John Paul II

French TV Sticks By Story That Fueled Palestinian Intifada
Eva Cahen
Cybercast News Service
February 15, 2005

A French journalist and an independent film producer who saw raw, unedited video of the shooting of a Palestinian boy in 2000 said it’s not possible for the boy to have been shot by Israeli soldiers, as a French TVreport claimed. French state television is standing by its claim that the broadcast is authentic. The broadcast purportedly showed 12-year-old Mohammed al-Durra being shot by Israeli soldiers, an event that led to the current Palestinian intifada. But Denis Jeambar, editor-in-chief of the French news weekly l’Express, and filmmaker Daniel Leconte, a producer and owner of the film company Doc en Stock, say the videocassette is full of staged scenes of faked injuries. Jeambar and Leconte were allowed by the France 2 network to view an unedited master video cassette of the incident, which took place in September 2000 at Netzarim Junction in the Gaza Strip. Leconte said he is satisfied that the shooting really happened, but he does not believe the bullets that struck the child could have been fired by Israeli troops. “The only ones who could hit the child were the Palestinians from their position,” Leconte told Cybercast News Service. “If they had been Israeli bullets, they would be very strange bullets because they would have needed to go around the corner.” France 2 earlier tried to explain the situation by claiming that the gunshots that struck al-Durra were bullets that ricocheted off the ground, but Leconte dismissed the argument. “It could happen once, but that there should be eight or nine of them, which go around a corner? They’re just saying anything,” Leconte said. Anewspaper article in the International Herald Tr i b u n e recently quoted the station’s news director as saying that “four years later, no one can say for certain who killed him (al-Durra), Palestinians or Israelis.” Questions surrounding the death of al-Durra generated global publicity, which in turn helped trigger the Palestinian intifada (uprising). Thousands of people – Palestinians and Israelis have lost their lives in the four years since the violence began. France 2 made small, edited portions of its exclusive video clip freely available around the world, saying it did not want to make money out of the tragedy. The broadcast prompted Palestinians to use it as proof of Israeli brutality. When Islamist kidnappers in Pakistan murdered Wall Street Journalreporter Daniel Pearl in 2002, visible in a videoclip of the killing was a poster depicting al-Durra. Lingering questions of authenticity Controversy over the event has simmered for years. It re-emerged late last month when Jeambar and Leconte wrote that the cassette contained scenes of Palestinians playacting at being wounded before the shooting incident, that nothing in the footage proved that the child was really dead, or if killed, that he had been shot by Israeli soldiers. On the contrary, they said, the footage incriminated Palestinian shooters. Their testimony added a major element to the debate because Jeambar and Leconte were two of a handful of independent people who were allowed to view the unedited raw footage. Jeambar and Leconte had gained access to the video after asking France 2to provide proof that its report about al-Durra’s death was genuine. The Sept. 30, 2000 video clip showed a boy identified as al-Durra, cowering behind a man. France 2TVreporter Charles Enderlin said in a voiceover the boy was killed by Israeli gunfire after he and his father were caught in the midst of a gun battle between Israeli security forces and Palestinian gunmen. Enderlin was not present during the actual shooting but claimed in interviews that the cassette, recorded by his Palestinian cameraman Talal Abu Rahma, also contained the death “agony” of the child, images so unbearable he had cut them out to spare his viewers. In a January 2005 article in Le Figaro, Jeambar and Leconte said that when France 2 news director Arlette Chabot showed them the cassette, they were surprised that it did not contain any footage of the child’s “agony.” They also found that the first 20 minutes or so of the cassette showed scenes of young Palestinians “playing at war” in front of the camera, falling as if wounded and then getting up and walking away. Jeambar and Leconte told radio station RCJ that aFrance 2official also present at the meeting had said in reference to the playacting, “You know it’s always like that.” In an interview with Cybercast News Service, Leconte said he was not surprised that Palestinians were using television cameras for propaganda purposes, but added that he found France 2’s statement disturbing at a time when the incident was creating so much controversy and was under investigation. “I think that if there is a part of this event that was staged, they have to say it, that there was a part that was staged, that it can happen often in that region for a thousand reasons,” he said. France 2 communications director Christine Delavennat told Cybercast News Service in an interview that none of the scenes on the cassette was staged and the cameraman and the station stood by that claim. Delavennat has invited the “accusers to bring the proof,” calling the debate “indecent” and warning that the station has already filed eight lawsuits against its accusers, most of them for defamation. Who shot Mohammed? The theory that the footage was staged was advanced by the Israel-based Metula News A g e n c y, whose editor-in-chief Stephane Juff a , concluded following an investigation that the boy’s shooting was faked by actors and that the child subsequently identified as Mohammed al-Durra had been dead and in the morgue hours before the gun battle. Leconte said that after seeing further evidence presented by France 2, he believes the shooting scene itself was real. “At the moment of the shooting, it’s no longer acting, there’s really shooting, there’s no doubt about that,” Leconte told Cybercast News Service. Unless there was an “incredible manipulation” by France 2, Leconte said he believes that both father and son were shot. He cited recent footage in which the father, Jamal al-Durra, showed his scars from bullet wounds. Leconte said that if Juffa believes the whole incident was staged, he would have to provide concrete proof. Ever since the footage was first aired, the Israeli army has been unable to confirm or deny that it was responsible for the child’s death. But in 2002, a German television documentary concluded that Palestinian and not Israeli gunfire killed the boy. When they viewed the footage, Leconte and Jeambar came to the same conclusion. According to Leconte, the man and child were taking shelter behind a concrete barrel that separated them from the Israeli position to their side. Two Palestinian positions were directly in front of them, leading Leconte and Jeambar to conclude that the fatal wounds were fired not by Israelis, but by Palestinians. The credibility of Talal Abu Rahma, the Palestinian cameraman, may be the weakest of all individuals involved in the controversy. He issued a deposition immediately after the incident, swearing that the Israeli army had killed the boy. But according to Juffa as well as Leconte, he later retracted it. Delavennat said the cameraman never retracted his claim. Rahma merely denied making a statement – falsely attributed to him by a human rights group – to the effect that the Israeli army fired at the boy in cold blood, Delavennat explained. France 2reporter Enderlin, in a response in Le Figaro to the question posed by Leconte and Jeambar about why he accused the Israelis of the shooting, said “the image corresponded to the reality of the situation, not only in Gaza but also in the West Bank.” “I find this, from a journalistic point of view, hallucinating,” said Leconte, himself a former journalist. “That a journalist like him (Enderlin) can be driven to say such things is very revealing of the state of the press in France today,” he added. Leconte said the French media display a strong anti-Israel and anti-American bias. The public is also unlikely to question the report’s claim that the Israeli army shot the child, he said. France 2 reluctant to retract Independent investigators have said that the French press is reluctant to criticize the public television channel because, as the prime employer of journalists in the country, it can exert a great deal of pressure. Leconte said that because the pictures had such “devastating” consequences – including the public lynching of two Israeli soldiers and subsequent anti-Semitic statements by French Muslims France 2 or Enderlin need to admit that they gave out wrong information in the report. “Who will say it, I don’t know, but it is important that Enderlin or France 2 should say, that on these pictures, they were wrong – they said things that were not reality,” Leconte said. In his reply, Enderlin did not provide an explanation to Leconte and Jeambar’s revelations in Le Figaro, which in itself was a message, according to Leconte, indicative that his and J e a m b a r’s points were indisputable. “Enderlin would be better off recognizing it. That would resolve at least one part of the debate,” Leconte said. As for the “agony” that Enderlin said he edited out of the report, Leconte and Jeambar said it did not exist on the master cassette. Enderlin told Teleramamagazine late last year that there had been a “misunderstanding,” that he had meant to use the word “agony” to describe the scene of the shooting of Mohammed al-Durra. Nouvel Observateur news magazine on Feb. 10, Enderlin was asked how he would describe the same video images today. He replied that he would say the same things, but that in the editing process he would include footage of the “child’s agony,” raising a question once again about his previous claims. During the first edit, Enderlin said, the video in question was “cut considerably at the time because it made the report too hard.” Despite the fact that Enderlin and France 2have not admitted any errors, the Conseil superieur de l’audiovisuel (CSA) – the French government’s media regulatory council – issued a statement in December asking French television to identify sources and exercise more caution when reporting on international conflicts. Pope John Paul II issued a similar call in J a n u a r y, warning that “a bad use of communications can cause an unspeakable evil, giving rise to misunderstandings, prejudices and even conflicts.” The accusations against the state television station have also gained attention because the French government is developing plans to create an international French-language news channel.