Iran: Les mollahs iront-ils jusqu’au sacrifice du roi? (Will Iran’s mullahs go for the ultimate Kings’ gambit?)

11 juillet, 2009
Dangerous movesLe gambit du roi ou gambit roi est une très ancienne ouverture du jeu d’échecs. (…) c’est une ouverture tranchante mais risquée pour les Blancs, et on tend à considérer aujourd’hui que les Noirs conservent de bonnes contre-chances. Wikipedia
C’est la grande loterie pour le régime: il refait sa révolution (en interne) pour donner un nouveau souffle de légitimité à la révolution islamique et à ses dirigeants… il relance le mythe de la réformabilité du régime et de la démocratie de ses élections, il espère ainsi écarter définitivement le danger d’une contre-révolution… Au passage il régénère ses structures de base, en particulier la fonction clef du Guide qui devient démocratique! Iran-Resist
Ultime preuve de la profondeur de la contestation du régime iranien ou de la folle passion du jeu qui anime ses dirigeants?
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A l’heure où tant nos courageux dirigeants que nos médias pressés ont déjà, malgré les dernières manifestations d’avant-hier et mort de Michael Jackson aidant, enterré la pire contestation de la République islamique depuis sa fondation il y a 30 ans

La formidable partie d’échecs qui se joue depuis un mois en Iran est, si l’on en croit ses plus perspicaces observateurs, loin d’être terminée.

Les mollahs se préparant bien au contraire, pris par leur folle surenchère à démontrer au monde la légitimité de leur Révolution ou affolés par le spectre d’une inéluctable contre-révolution, à l’un des plus audacieux – et risqués (le précédent Saddam à côté avec son  bluff fatal aux ADM à côté n’est, de leur point de vue, guère encourageant!) – coups du répertoire.

A savoir celui du gambit du roi, le véritable patron du régime Rafsandjani se préparant, si l’on en croit nos amis d’Iran-Resist, à jouer son va-tout avec le sacrifice ultime de sa pièce maitresse du “Guide suprême” lui-même

Iran: Le régime doit sacrifier Khamenei
Iran-Resist
11.07.2009

Actuellement, on parle beaucoup de Khamenei, le guide suprême, comme étant le protecteur qui aurait aidé Ahmadinejad à prendre le pouvoir illégalement, comme si le régime des mollahs était une véritable démocratie. On entend aussi des faux opposants basés en Occident qui organisent des manifestations pro-Moussavi pour la soi-disant révolution verte et crient « à bas Khamenei » ! Mais personne ne crie « à bas la république islamique » ou « à bas la fonction du guide » : rien de plus normal, nous assistons et parfois participons à notre insu à un projet qui entend métamorphoser le régime pour lui permettre de survivre aux turbulences à venir.

Slogans suspects | Si l’on assiste aux manifestations de la révolution verte organisée ces jours-ci à Paris par le cinéaste Mohsen Makhmalbaf, auteur d’un assassinat islamiste sous le régime du chah et révolutionnaire islamiste des premières heures, on entend cirer « Mort à Khamenei », le n°1 officiel du régime, le garant officiel du caractère religieux du régime et aussi on entend « Mort à Ahmadinejad », le président de la république islamique. On pourrait donc très naïvement penser qu’en visant les deux n°1, les auteurs des slogans et les organisateurs visent le régime tout entier.

CDR | Rien n’est moins vrai car Ahmadinejad n’est pas l’équivalent du président de la république en France ou aux Etats-Unis et Khamenei est loin d’être le n°1 du régime. Celui qui détient tous les pouvoirs est le président à vie du Conseil du Discernement du Régime (de la tutelle du Guide Suprême) , Rafsandjani qui aux commandes de cet organisme créé pour lui par Khomeiny (son demi-frère) décide de l’ensemble des grandes orientations de la république islamique dans tous les domaines.

Le CDR comprend tous les membres fondateurs du régime comme le soi-disant modéré Moussavi ou encore Jannati, le mollah chargé de valider les candidats aux diverses élections de cette soi-disant république. Tout se décide là au CDR : qui peut être candidat et qui sera déclaré vainqueur.

Le reste est un décor politiquement correct où un président, des ministres et des parlementaires jouent à la république et donnent une enveloppe populaire et démocratique à des décisions prises de manière collégiale par Rafsandjani et ceux qui en 1988 ont été jugés dignes de faire partie de son club de décideurs discrets et inamovibles.

Khamenei et le CDR | Une précision de taille est nécessaire : Khamenei, le n°1 officiel du régime, celui que l’on insulte dans les rues ne fait pas partie du CDR ! Il n’était pas au départ et n’a jamais été intégré alors que d’autres (mollahs, Pasdaran et bassidjis) l’ont été au fil des ans. Le dernier arrivé est le milicien Firouzabadi, un des hauts commandants du bassidj. Au point que pour avoir un pied dans ce club, Khamenei a eu recours à un mariage entre son fils cadet le mollah Mojtaba et la fille de Gh.-A. Haddad-Adel, l’idéologue islamiste qui est un des membres permanents du CDR. Le mariage est d’ailleurs un outil politique très prisé du régime.

Parmi les autres grands absents, on peut citer Khatami, le gentil officiel du régime et l’actuel président, Ahmadinejad, qui peut néanmoins assister à certaines réunions si elles concernent le président ! C’est-à-dire quand on doit lui transmettre les directives du CDR.

En criant à bas l’un ou l’autre, on ne remet donc pas en cause le centre des décisions du régime, mais deux employés sans pouvoir qui sont érigés au rang de méchants boucs émissaires par 4 rivaux politiques (Rafsandjani, Moussavi, Rezaï et Karroubi) qui sont -par le plus grand des hasards- tous membres à vie du CDR.

En fait en criant à bas Khamenei, loin d’abattre le régime, on va lui donner les moyens de se renforcer car en septembre 2007, Rafsandjani a été élu président de l’Assemblée des Experts, organe chargé de superviser l’activité du Guide Suprême, et aussi de nommer son successeur en cas de décès ou d’incapacité. Le régime est en fait en train de donner une légitimité populaire voire démocratique à la nomination d’un autre guide.

Motif de cette focalisation sur Khamenei | Il ne s’agit pas d’une guerre interne au régime car sans la personne de Khamenei, jamais Rafsandjani n’aurait pu devenir le patron tentaculaire du régime via le CDR. En 1989, alors un petit mollah sans poids dans le clergé, Rafsandjani aurait pu disparaître de la hiérarchie du régime après la mort de Khomeiny (son demi-frère et protecteur), poussé vers l’extérieur par les successeurs désignés de ce dernier, des ayatollahs très hauts placés dans le clergé chiite iranien. Il doit son pouvoir actuel au fait qu’il a éliminé ses rivaux pourtant sélectionnés par Khomeiny pour lui succéder au sein d’un « Haut Conseil de tutelle » en imposant son ami Khamenei, homme sans réseau, sans clan et sans danger, via un faux testament écrit avec la complicité d’Ahmad, le fils, secrétaire et scribe de Khomeiny. C’est ainsi que Rafsandjani a pu prospérer et devenir via le CDR, le vrai successeur de Khomeiny. Il a préservé ce pouvoir tout au long de ces années en maintenant Khamenei au poste du guide suprême.

Le motif de cette opération qui se dessine contre Khamenei n’est donc pas le résultat d’une guerre interne mais d’une agression extérieure. Depuis des années, pour contester la légitimité du régime, les dirigeants ou experts américains insistent dans leur discours sur l’illégitimité populaire et démocratique du Guide, qualifié d’entité non élue.

Révolution verte | C’est ce que le régime veut corriger en destituant l’actuel guide Khamenei, suite à des soi-disant contestations populaires que l’on appelle la révolution verte : le régime affirmera ainsi que le Guide est une émanation du peuple musulman, soumis à sa volonté. Cette révolution verte renferme en lui la solution à tous les problèmes. C’est la grande loterie pour le régime : il refait sa révolution (en interne) pour donner un nouveau souffle de légitimité à la révolution islamique et à ses dirigeants… il relance le mythe de la réformabilité du régime et de la démocratie de ses élections, il espère ainsi écarter définitivement le danger d’une contre-révolution… Au passage il régénère ses structures de base, en particulier la fonction clef du Guide qui devient démocratique !

Avenir du régime | Vraisemblablement, cette opération cosmétique devra aussi faire évoluer la fonction du Guide vers le « Haut Conseil de 3 ayatollahs », dont ne voulait pas Rafsandjani à ses débuts. Aujourd’hui ayatollah, il peut y siéger entouré d’au moins un allié, ce qui lui permettra de préserver l’avantage qu’il avait sur la hiérarchie du clergé avec Khamenei dans son jeu. La forme collégiale qui se veut plus démocratique car pluraliste aura un antre avantage : elle installera une forme d’indécision (une autre soi-disant guerre des clans) au sommet visible de l’Etat, permettant au régime d’ajouter une nouvelle couche d’opacité à la chaîne de commandement pour satisfaire pleinement ce régime fondé sur le chantage et non sur le dialogue.

Il est donc recommandé d’être prudent à l’écoute du discours d’apparence antifasciste des nouveaux lobbyistes du régime qui militent pour la révolution verte avec des slogans uniquement hostiles à Ahmadinejad ou à Khamenei.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG
Dans l’immédiat | Cette opération permet néanmoins de repérer tous les agents du réseau de Rafsandjani qui ont un libre accès aux médias pour taper sur Khamenei. On trouve dans le lot, le fondateur des Pasdaran Sazgara ou encore l’agent des renseignements du bassidj Amir-Farshad Ebrahimi, qui font tous les deux semblants d’être des exilés.

Ces deux moussavistes affichés ont été interrogés par Delphine Minoui, dans un article consacré au fils cadet du Guide Suprême, Mojtaba Khamenei à qui l’on impute la direction du Bassidj et les récentes répressions pour sauver la mise à son papa. Or, il y a encore une semaine, personne n’avait jamais entendu parler de ce Mojtaba, mollah de surcroit, comme un chef du bassidj ! Vraisemblablement, son entrée en scène est une opération du régime pour réduire les charges contre son père : pour adoucir le sacrifice utile d’un allié serviable, opération toujours mal vu dans les cercles maffieux, on se focalise sur son turbulent garçon, Mojtaba (dont il n’existe aucune photo homologuée).

Khamenei senior sera destitué pour faute professionnelle grave et Khamenei junior sera le bouc émissaire pour les répressions, la soi-disant fraude et tout le reste. La révolution verte fera donc tomber un guide fantoche et un chef de bassidj qui n’existe pas ! N’importe qui pourrait jouer le rôle de ce coupable sans visage et le commandement du bassidj est épargné !

C’est ce que veut le régime, mais ce n’est pas sûr qu’il l’obtienne car tous ceux qui crient « Mort à Khamenei » dans les rues de Téhéran ne sont pas dans le secret des mollahs et espèrent vraiment la fin de ce régime. C’est le seul aspect positif de cette opération : pour assurer sa survie, le régime joue borderline.


Iran: La timidité du réalisme (Obama’s audacious message to the people of Iran: Best of luck!)

1 juillet, 2009
Obama's Iranian non-policyAprès “l’audace d’espérer”, la timidité du réalisme!

Accélération de son programme nucléaire, essais de missiles balistiques de gamme et de sophistication croissantes, soutien inchangé de groupes terroristes tels que le Hamas et le Hezbollah, vol d’une élection en plein jour, bénédiction du résultat par le Guide suprême en personne, personnel de l’ambassade britannique en état de siège, campagne massive d’arrestations et d’intimidation en cours, assassinat en direct d’une jeune manifestante, accusations d’ingérence contre les États-Unis …

Eloquents résumé et bilan par le chroniqueur du WSJ Bret Stephens de la non-politique iranienne du Pleurnicheur en chef.

A l’heure où, contre ses propres alliés européens, les Etats-Unis s’apprêtent à ne pas demander de nouvelles sanctions pour l’actuelle sanglante répression mais où, en un bel ensemble, la totalité du Monde libre s’acharne sur un petit pays ayant eu l’indécence proprement inouïe de s’opposer à un “coup d’Etat légal” …

Obama’s Obsolete Iran Policy
The audacity of hope gives way to the timidity of realism.
Bret Stephens
The Wall Street Journal
June 30, 2009

President Obama’s Iran policy is incoherent and obsolete. Maybe David Axelrod should take note.

On Sunday, Mr. Obama’s consigliere was asked about Iran by ABC’s George Stephanopoulos and NBC’s David Gregory. Mr. Gregory asked whether there “should be consequences” for the regime’s violent suppression of peaceful demonstrations. “The consequences, I think, will unfold over time in Iran,” answered Mr. Axelrod.

Mr. Stephanopoulos quoted Iranian President Mahmoud Ahmadinejad as saying that “this time, the Iranian nation’s reply will be harsh and more decisive to make the West regret its meddlesome stance.” Said Mr. Axelrod, “I’m not going to entertain his bloviations that are politically motivated.” As for whether the administration wasn’t selling short the demonstrators, Mr. Axelrod could only say that “the president’s sense of solicitude with those young people has been very, very clear.”

Bottom line from Mr. Axelrod, and presumably Mr. Obama, too: “We are going to continue to work through . . . the multilateral group of nations that are engaging Iran, and they have to make a decision, George, whether they want to further isolate themselves in every way from the community of nations, or whether they are going to embrace that.”

Translation: People of Iran — best of luck!

For a president who came into office literally selling the Audacity of Hope — not just for Americans but for all mankind — his Iran policy can so far be summed up as the timidity of “realism.” That’s realism as a theory of international relations that prescribes a foreign policy based on ostensibly rational calculations of the national interest and assumes that other nations act in similarly rational fashion.

On this reasoning, it remains the American interest to reach a negotiated settlement with Tehran over its nuclear program, whether or not Ahmadinejad was fairly elected. Likewise, it is in Tehran’s best interests to settle, assuming the benefits for doing so are sufficiently large.

If this view ever had its moment, it was in the months immediately after Mr. Obama’s inauguration. The administration came to town thinking that America’s problems with Iran were largely self-inflicted — a combination of “Axis of Evil” and “regime change” rhetoric, an invasion that gave Iran a reasonable motive for wanting to arm itself with nuclear weapons, and an unwillingness to try to settle differences in face-to-face talks.

In other words, Mr. Obama seems to have thought that a considerable part of America’s Iran problem was simply an America problem, to be addressed by various forms of conciliation: Mr. Obama’s New Year’s greetings to “the Islamic Republic of Iran”; the disavowal of regime change as a U.S. objective; the offer of direct talks without preconditions; withdrawal from Iraq; the insistence, following the election, that the U.S. would neither presume to judge the outcome nor otherwise “meddle” in an internal Iranian affair.

What did all this achieve? Iran’s nuclear programs are accelerating. It is testing ballistic missiles of increasing range and sophistication. Its support for terrorist groups such as Hamas and Hezbollah is unabated. Ahmadinejad stole an election in broad daylight. Supreme Leader Ali Khamenei blessed the result. British Embassy staff are under siege. A campaign of mass arrests and intimidation is underway and a young woman named Neda Soltan was shot in the heart simply for choosing none of the above.

Oh, and Iran still accuses the U.S. of “meddling.”

Now Mr. Obama is promising more of the same, plus the equivalent of a group hug for the demonstrators. Is this supposed to be “realism”?

A more common sense form of realism would reach different conclusions. One is that the “bloviations” of Ahmadinejad are not just politically motivated, but are also expressions of contempt for Mr. Obama. That contempt springs from a keen nose for weakness, honed by the habits of dictatorship and based on an estimate — so far unrefuted — of Mr. Obama’s mettle.

Second, as long as Tehran can murder its own people, scoff at a U.S. president and flout U.N. resolutions without consequence, it will continue to do so.

Third is that the Achilles Heel of the Iranian regime isn’t its “isolation.” (What kind of isolation is it when Ahmadinejad’s “election” was instantly ratified by Russian President Dimitry Medvedev?) Nor is it its vulnerability to a gasoline embargo, vulnerable though it is. Its real weakness is its own domestic unpopularity, which has at last found expression in a massive opposition movement.

The fourth is that Iran’s nuclear programs have now reached the stage where they can only be stopped through military strikes — probably Israeli — or an internal political decision to abandon them. The prospect of another Mideast war can’t exactly please the administration. So how about trying to achieve the same result by leveraging point No. 3?

Maybe ordinary Iranians welcome Mr. Obama’s solicitude. What they need is Mr. Obama’s spine. If that means “democracy promotion” and tough talk about “regime change,” well, it wouldn’t be the first time this president has made his predecessor’s policy his own.


Iran: La seule faute pour laquelle Obama aurait dû s’excuser auprès du peuple iranien (In the middle of the Cold War, the US played a role in the installation of the current Islamic dictatorship)

28 juin, 2009
How Carter replaced the Shah Islamo-nazi KhomeiniVoilà plus de 60 ans que les gouvernements américains successifs s’opposent à la nation iranienne. En 1332 [1953] avec un coup d’Etat ils ont renversé le gouvernement national de l’Iran et l’ont remplacé par un régime dur, impopulaire et despotique. (…) Le 15 Khordad 1342 [5 juin 1963] ils ont humilié notre nation et ont tué 15 000 personnes de cette nation et ont exilé le chef de notre nation [Ajatollah Khomeini]. En 57 [1978] ils ont tué plus de 1 500 personnes sur la place des martyrs et les tueurs ont reçu le soutien du président américain. Ils ont soutenu la dictature jusqu’au dernier jour. Ils se sont opposés à la révolution de la nation iranienne en quête de liberté, indépendance et justice. Mahmoud Ahmadinejad (discours de Kermanshah, le 28 javier 2009)
En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Barack Hussein
C’est (…) les Iraniens dans la rue, (…) les manifestations du dernier jour qui ont en quelque sorte dépassé tout ce que la CIA pouvait contrôler qui ont entrainé au bout du compte le renversement de Mossadegh. James Risen (journaliste du NYT)
Pourquoi l’administration américaine de l’époque avait-elle condamné et exécuté son meilleur et plus puissant allié dans cette région hautement volatile et stratégiquement essentielle ? La réponse se trouve sans doute dans un mélange de myopie, de mauvais renseignement et de naïveté historique: nos amis d’outre-atlantique croient que le système démocratique et l’American Way of Life peuvent s’appliquer partout. Alexandre De Marenches (1986)

A l’heure où avec les prétendues démocraties occidentales le Pleurnicheur en chef se dit à nouveau “préoccupé” par le sort d’un président arrêté et expulsé par décision de la Cour suprême de son pays alors qu’il s’apprêtait, à la Chavez ou à la Poutine, à un “coup d’Etat légal”

Et après les multiples mensonges et contre-vérités comme les excuses à tort et à travers et l’extrême passivité du pire président américain depuis Carter

Ainsi que les fausses informations sur les prétendus détournements du Shah …

Retour, au moment où les bouchers de Téhéran qui viennent d’autoriser leurs victimes à crier Allah Akbar sur les toits tous les soirs de 22 à 22h30 se voient pour leur peine privés de petits fours, sur le plus gros mensonge de tous et la seule véritable faute pour laquelle Obama aurait dû s’excuser auprès du peuple iranien actuellement en lutte contre la plus sanglante des répressions.

D’abord, comme le reconnaissent eux-mêmes les journalistes proches du dossier, le rôle supposé des Etats-Unis dans le renversement de Mossadeh pour lequel le Pleurnicheur en chef vient de s’excuser, était largement marginal puisque qu’il a été le fait de la population elle-même, effrayée par les amis tant communistes que soviétiques du Premier ministre du Shah.

Mais, aussi, comme l’avait confirmé le chef des services secrets français de l’époque le colonel de Maranches, “l’administration américaine de Jimmy Carter a volontairement provoqué la chute du régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi d’Iran car celui-ci n’était pas assez démocratique à ses yeux, et qu’il développait un programme nucléaire”.

Et, avec l’aide de la France qui lui avait donné asile et fourni un avion pour retourner en Iran, directement contribué à l’installation, jusqu’à aujourd’hui même, de la pire des dictatures .…

Extraits:

Les fonctionnaires de la CIA impliqués se sont rendus compte eux-mêmes qu’en fin de compte c’était les Iraniens qui avaient fait ceci, pas la CIA. La CIA n’a vraiment pas réussi l’opération qu’elle avait montée et, en fait, le principal responsable de la CIA sur place était très proche de tout annuler la veille même de l’opération qui a finalement réussi.

Et le QG de la CIA avait même câblé à Téhéran à la station de la CIA là-bas, suggérant en gros qu’ils se retirent, que l’opération avait échoué. Et ainsi, ce qui apparait, c’est que les Iraniens dans la rue, vraiment, vous savez, avec une certaine aide de la CIA – clairement un certain encouragement de la CIA ainsi que l’implication de quelques agents payés par la CIA, vraiment – mais c’était vraiment les manifestations du dernier jour qui ont en quelque sorte dépassé tout ce que la CIA pouvait contrôler qui ont entrainé au bout du compte le renversement de Mossadegh.

Et donc, je pense que ce qu’on voit, c’est que la CIA avait essayé de préparer le terrain pour ceci, mais que les choses n’auraient jamais abouti sans une certaine masse critique au sein de la population iranienne et une sorte de soudain mouvement de masse, un très étonnant mouvement dans les rues de Téhéran le dernier jour. James Risen

U.S. Comes Clean About The Coup In Iran
CNN
April 19, 2000

THIS IS A RUSH TRANSCRIPT. THIS COPY MAY NOT BE IN ITS FINAL FORM AND MAY BE UPDATED.

JONATHAN MANN, INSIGHT (voice-over): Reconsidering a coup. Washington has been warming up to Iran, apologizing, too. Now a long- secret account of U.S. espionage there emerges. Maybe honesty is the new policy?

(on camera): Hello, and welcome.

There are two stories to tell on our program today – intertwined tales of diplomacy and intrigue and the United States and Iran. The first story is an old one. The second story is what makes the first story new.

Back in 1953, Washington and London organized a coup to oust Iran’s government and establish a military regime under the shah, Reza Pahlavi. The New York Times has published a lengthy report based on a long-secret CIA account of the operation. The context, though, is as interesting as the content.

The front-page story in the USA’s most important newspaper came just a month after U.S. secretary of state Madeleine Albright made an apology to the people of Iran. On our program today – coming clean about the coup.

(BEGIN VIDEOTAPE)

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UNIDENTIFIED MALE: Iranian oil may again flow westward.

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MANN (voice-over): Iran in the `50s was as important for its oil as it is now, and it was the oil that set off the chain of events. Iran’s petroleum was, for years, under British, not Iranian, control.

When Iran nationalized the industry, the British government, under Prime Minister Winston Churchill, was furious. London set out to topple the man it blamed – the democratically elected prime minister, Mohammed Mossadegh.

The British government enlisted the help of the Eisenhower administration in the United States, which was drawn in by a very different concern – the spread of Soviet influence.

MARK GASIOROWSKY, AUTHOR: They felt that in Iran, while Mossadegh was certainly not a Communist, that the things that he was doing might give the Communist Party of Iran an opportunity to strengthen itself and perhaps eventually take over.

MANN: So Britain and the United States stepped in to prevent it. They chose a general to lead the coup and worked hard to convince the reluctant and vacillating shah to take part. The U.S. even paid for violence and demonstrations to sow confusion.

GASIOROWSKY: The CIA drew up a plan to overthrow Mossadegh. It involved, first of all, using covert propaganda methods to destabilize the Mossadegh government and create unrest in Iran. And then secondly, organizing elements of the Iranian armed forces and large crowds which the CIA hired to create a big commotion, and then these armed forces units would seize the radio station and various government buildings and take over.

So the CIA organized this, put this plan, you know, down on paper and got it approved and everything.

MANN: The plan immediately ran into trouble, but eventually it did succeed. It succeeded in giving Iran a weak and indecisive man as an authoritarian ruler and it change the course of the country’s history. It took the Islamic Revolution of 1979 to finally undo the West’s work, and it took nearly half a century for the United States to offer even last month’s tepid apology.

MADELEINE ALBRIGHT, U.S. SECRETARY OF STATE: The coup was clearly a setback for Iran’s political development, and it is easy to see now why many Iranians continue to resent this intervention by America in their internal affairs.

(END VIDEOTAPE)

MANN (on camera): The new account of the coup, published by the New York Times, suggest even those most closely involved felt they were close to failure. And one central figure ultimately regretted that they succeeded.

Joining us now to talk about that is New York Times reporter James Risen, author of the paper’s page-one article on the coup. Thanks so much for being with us.

Let me ask you, first of all, about the remarkable document that you had access to. What was it, and who put it together?

JAMES RISEN, NEW YORK TIMES: It was essentially an inside secret history written by the CIA’s chief planner for the coup, a man named Donald Wilber, who had been brought into the operation early on and was sent out to the region to begin the planning process for the coup, which was code named “TP-Ajax” within the CIA.

And then six months after the coup, he was asked to write a history, a narrative history for use within the CIA of what had happened in this operation. You’ve got to remember this is the first time the CIA ever overthrew a foreign government. And so, it was kind of an important point for them, I think, to begin to think about how they did this and what lessons they might learn for future operations.

And so, Wilber really looked at writing this history with that in mind. He has a whole section attached to the history called “Lessons Learned For Future Operations.” And so, it was really – in many ways, he wrote it for use as a blueprint for future coup d’etats to be orchestrated by the CIA.

MANN: Now, you make it sound like they did it. They wrote about it. They learned about it later. What about the Iranians themselves? What did the shah do? What did the general that they chose do?

RISEN: Well, this history is really a look at the operation from the CIA’s perspective, and so it’s a very – it doesn’t give you as much of a sense of the Iranians’ involvement as you might like. But what it does show is that from the CIA’s perspective that the CIA themselves – CIA officials involved themselves realized that in the end it was the Iranians who had done this, not the CIA. The CIA was really not successful in the operation that they had put together and, in fact, the chief CIA officer on the ground was very close to calling it quits the night before the coup finally succeeded.

And CIA headquarters was cabling to Tehran to the CIA station there, basically suggesting that they pull out, that the operation had failed. And so, what it shows is that the Iranian people in the street, really, you know, with some CIA – clearly some CIA encouragement and with some CIA paid agents involved, really – but it was really the street demonstrations on the final day that kind of grew far beyond anything the CIA could have managed that in the end led to Mossadegh’s overthrow.

And so, I think what it shows is that the CIA had tried to set the stage for this, but that they would never have succeeded without some critical mass within the Iranian people and kind of a mass sudden, very surprising movement in the streets of Tehran on the final day.

MANN: Let me jump in again only because the portions of this that I have read seem very contemptuous of the shah himself. So you’ve mentioned what the CIA did and what the people of Iran, the people in the streets did. How about the shah himself?

RISEN: The CIA – I think that’s one of the most surprising aspects that I found in this history is the contempt that the CIA held for the shah, and the degree to which they saw him as a vacillating coward who had to be constantly bucked up to do what the CIA wanted him to do.

The CIA really didn’t ask him to do very much. All they wanted him to do was to sign a couple of royal decrees, one dismissing Mr. Mossadegh and the second appointing General Zahedi, who was a retired Iranian general who the CIA and British intelligence had handpicked to be Mr. Mossadegh’s successor as prime minister. And they couldn’t get the shah to even do that for weeks.

And General Norman Schwarzkopf, the father of the Persian Gulf commander, who is an old friend of the shah, was sent by the CIA to Tehran to try and persuade him to sign these documents. They also – the CIA and British also arranged for the shah’s sister to return from France to persuade him to do this. And yet, even with all that, he continued to delay and try and find ways out of the situation.

Ultimately, it was really only until the last minute, when he signed the documents, the CIA for a long time wasn’t sure he would do it and wasn’t sure they could go ahead with the coup.

MANN: I don’t want to characterize what you’re saying, but to put it briefly, it sounds like the CIA did not do a terrifically competent job of this coup, and they didn’t choose a terrifically competent man as the country’s new leader. When it was all done and it had succeeded, was the CIA glad of this, or were they embarrassed by it?

RISEN: Well, I think they got out of this by the skin of their teeth from their point of view. I think – you’ve got to remember the context was this is only six years after the CIA had been founded in 1947. And really, it wasn’t until World War II that the United States had any kind of a spy agency at all, which was the Office of Strategic Services.

And so, the United States was not – didn’t really have much experience at this kind of thing, and this was the first time they’d ever tried a peace-time coup d’etat. And so, there were a lot of amateurish mistakes they made. It was kind of – there was an element of Keystone Kops involved, and there was a lot of trial by error.

And I think they did regret – in fact, there’s some evidence in the history that they thought about trying to find somebody else besides the shah to be in charge in Iran. They weren’t happy with the fact that he was the guy that they were backing up, and yet they didn’t see an alternative.

And as you pointed out earlier, they really were – there did seem to be a genuine concern by the Eisenhower administration about the Soviet threat in Iran. And while the British seemed overly concerned about oil and their access to Iranian oil, the Eisenhower administration really did seem to be worried that the Soviet influence would increase as the instability – political instability in Iran increased under Mossadegh.

And that seemed to be their – the motivating factor behind the decision to overthrow Mossadegh.

MANN: James Risen, I’m going to ask you to stay with us. We have to take a break. But when we come back – a history lesson’s link to today. Stay with us for that.

(COMMERCIAL BREAK)

MANN (voice-over): A landslide win for the reformers of Iran. The country elects a new parliament in February, lawmakers more closely aligned than ever before with President Mohammad Khatami. Washington cited the victory as a symbol of Iran’s new priorities, a country eager for closer integration with the outside world.

(on camera): Welcome back.

Over the years, the United States-Iran policy has evolved glacially until a series of more dramatic moves in recent months. Washington has lifted sanctions on select Iranian products like carpets and pistachios. And last month, Madeleine Albright made her guarded apology to the Iranian people.

We spoke to CNN’s Kasra Naji about the reaction her statement is having in Iran.

(BEGIN VIDEOTAPE)

KASRA NAJI, CNN CORRESPONDENT: Reform movement here, which is backing the president – President Khatami – here, they’ve been more sort of warm toward that statement by Madeleine Albright and – but they say that they want more action from the United States rather than words. On the hard-liners’ side, they were angry. They saw the statement as a sign of continued American interference in Iranian affairs.

MANN: So people took notice of the secretary of state’s statement. They took different positions on what it really means. What about the new details that have also emerged about the U.S. role in the 1953 coup?

NAJI: The reaction to that has been very low key indeed. The newspapers have carried news agency reports of the New York Times article in their inside pages. No comment at all, just the straight news agency report. There has been no editorial in any of the newspapers that I’ve seen here on the issue. And there has been no official statement or reaction to the whole thing, to the New York Times expose, if you like.

The reason for that is probably because there’s not a lot that is new in what the New York Times has printed because the Iranians knew much of it over the last 40, 50 years.

MANN: So broadly speaking, what is it to Iranian eyes that Washington is up to? Do you get a sense there that Iranians believe these are signals of some kind?

NAJI: Absolutely. There is no doubt about that. The New York Times expose basically, in my view, reminds Iranians of what Madeleine Albright said a month ago about the fact that Americans did lift some sanctions against Iran, and also Mrs. Albright basically came very close to apologizing, at least acknowledging the U.S. role in 1952 coup d’etat.

By doing so, she has removed one of the irritants in the relations between Iran and the U.S.

MANN: Kasra Naji in Tehran, thanks so much for that.

(END VIDEOTAPE)

Joining us now once again, James Risen of the New York Times. Thanks for being with us once again. Let me ask you how you got the document that was the basis for your report.

RISEN: It’s a classified document, and so I’d rather not discuss how I got it, if that’s all right?

MANN: Does it occur to you that it may have been sent by the administration, the same way the apology was, as a signal to Tehran?

RISEN: Well, I can say I don’t believe that’s the case. But the Iranians, I’m sure, are going to believe that, and I recognized before I wrote the story that they would probably believe that.

MANN: Is there any evidence that you can tell us about that suggests it is the case or it isn’t the case? Do you know, for example, whether the State Department welcomed the publication of your story or opposed it?

RISEN: I really don’t know what their response has been, actually, in the last day or two. But I can just say that I really can’t discuss how I got it.

MANN: I don’t want to make you uncomfortable, but the clear impression, as we’ve heard from Kasra Naji and I think as you can assume most of us are wondering, is whether the New York Times has been used to send a message to Tehran and whether you were the conduit. You have no thoughts that you really could share? No suspicions either way?

RISEN: I can say, as I said before, I don’t believe that’s the case. But I also know that the Iranians are probably going to believe that, whatever I say about it. So.

MANN: Let me ask you then one last question, which is, to your mind, what’s the most important thing that emerges from that document? Some of the details are startling and very human aspects of a distant historical event. But when you look at the papers that you’ve seen, what most strikes you?

RISEN: Well, I think, as I said earlier, it’s the – this is really, as your colleague in Tehran said, a lot of this has been known over the years. What I think this document provides is some interesting detail, fleshes out what was – what we didn’t know about the actual steps that the CIA took and kind of the sequence of events that led the CIA to move in certain ways.

And I think what you really get from this reading the history is really kind of a more – much fuller picture of how the CIA was operating early in its life as a spy agency and really kind of how almost amateurish it was in many ways in trying to operate in the Third World at a time when they were really very concerned about Soviet expansionism, and they had a very – I mean, from our point of view, 50 years later, it looks like a very quaint fear of the Soviet menace, now that the Soviet Union has collapsed.

But you have to try and get back into their mindset. And what I think this document really does is it help you get back into their mindset of the fear of Soviet expansionism right on the – right after the Korean War, and it’s right about the time that the McCarthy era is beginning. And so, you have a very different culture, or different mindset, and that’s really what comes through in these documents, I think.

MANN: James Risen of the New York Times. Thanks so much for talking with us.

RISEN: Sure.

MANN: Once again, we take a break. And then, an Iranian scholar offers his read of The Times and the timing. Stay with us.

MANN: Welcome back.

In the years since the Islamic Revolution, the United States has tried working against Iran and with it in a variety of ways. As we’ve heard from Kasra Naji, Iranians are wondering what Washington is up to now.

Joining us now to talk about that is Amir Taheri, an author and scholar of Iranian affairs, a familiar face on our air. Thanks so much for being with us once again. What do you make of this? Kasra Naji says he suspects it’s all very calculated. It’s a leak to try and win influence in Iran.

The author of the story says he doesn’t think that’s the case. We don’t know. What are your thoughts?

AMIR TAHERI, JOURNALIST: Well, first of all, the story doesn’t have much that is new. You know, it has been covered in many books, including one that I, myself, wrote after interviewing Mr. Wilber, who is the author of the report that New York Times has just published. But the timing is, of course, strange. I don’t know if there is a conspiracy behind it or not. But look at Iran now.

We have three men who have dominated the Iranian history in the past 50 years – the shah, Mossadegh and Khomeini (ph). The shah is gone. Khomeini is discredited, and there is an attempt now to create a reform movement. And that reform movement could use the image of Mossadegh, the prime minister who was overthrown in the so-called CIA coup d’etat, to turn him into an icon of this reform movement.

The reformers in Iran have stopped talking about Khomeini. They have stopped talking about his revolution in the 22nd of the months of Baatman (ph), and they are looking for other historic figures, other historic icons, and there Mossadegh could play that role.

And the United States will find it easier to support a movement that traces its roots back to Mossadegh and Iranian nationalism. So this could be one possibility by Iranians at the moment.

MANN: Would it help the administration, would it help reformers in Iran if, for some reason, the State Department decided to give Iran this kind of gift, if indeed it was an intentional policy to leak this out?

TAHERI: Well, it would help in the sense that the reformist movement is searching for some historical figurehead and some context. I think the whole movement.

MANN: Let me jump in just to make my point clear. Do they want those kinds of presents from the United States?

TAHERI: Well, I think all the signaling is that they do. Don’t forget that one of the first moves made by President Khatami after his election was to appear on CNN and offer also a near apology about the seizure of the American embassy in Tehran. So you know Mrs. Albright has replied to that three years later.

So right from the start of the Khatami presidency, rapprochement with the United States has been an important objective of his administration. He hasn’t had the means to do it because he didn’t control the parliament. Now that his supporters have won, of course, the subject will be raised in the new parliament meeting in a few weeks’ time, and this is a very important issue that no one can ignore.

MANN: So far, the steps, though, have been small. There were some sanctions lifted. There is, if it is that, the release of this document. There has been, in a more official way, the semi-apology from Madeleine Albright. Are these the appropriate steps, do you think, for the administration to take? Are these the things that Iran is waiting for, or are there more important things?

TAHERI: Well, I think there are more important things. First of all, lifting the sanctions as far as investment in Iranian energy resources are concerned. Iran is desperately short of money. It needs foreign investment. It hasn’t had this normal access to international capital. It can’t borrow on the world market because of the U.S. opposition, and this has meant a terrible economic situation in Iran with very high unemployment, inflation and nobody knows where this economy is going.

So if the U.S. means business in normalizing relations with Iran, should look at the possibility of lifting some of those sanctions.

MANN: On that note, Amir Taheri, thank you so much for being with us.

(END VIDEOTAPE)

MANN: That is INSIGHT for this day. I’m Jonathan Mann. Stay with us. The news continues.

END

Voir aussi:


Arrêter le délire de Barack Hussein Obama

Guy Millière
Metula News Agency
Lundi 22 juin 2009

Vous déplorez la nucléarisation de l’Iran ? Voyez le responsable, qui est Israël

Je crains que les émeutes qui ont soulevé l’Iran ces derniers jours, et qui se poursuivront peut-être, ne s’achèvent sans le moindre changement de régime et dans la couleur gris béton du totalitarisme ordinaire.

Plus que jamais, les Iraniens qui aspirent à la liberté, en tous cas, sont seuls. Ils n’ont aucun soutien de l’Europe, qui, même si des encouragements se font entendre ici ou là, est impuissante, s’étant couchée depuis longtemps devant le régime des mollahs.

Les Iraniens n’ont pas non plus à attendre quoi que ce soit de l’administration Obama, qui a, depuis des semaines, comme l’ont souligné divers analystes, dont Robert Kagan, choisi son camp, et qui a, par le biais du discours de Barack Hussein au Caire, le 4 juin dernier, affirmé plus explicitement que jamais ses positions.

Barack Hussein veut négocier avec les mollahs et Ahmadinejad. Si Mousavi avait accédé au pouvoir, il l’aurait accepté comme interlocuteur, mais Ahmadinejad lui convient très bien. Il sait, de toute façon, qu’Ahmadinejad et Mousavi ne sont que deux visages d’une même dictature. Il sait que des millions d’Iraniens aspirent à un changement de régime, et il sait aussi que lui, Barack Hussein, est en faveur de la « stabilité », du « calme », même si ce calme doit se révéler être celui des cimetières.

Ce dont rêve Barack Hussein, c’est d’un Proche-Orient apaisé, parsemé de dictateurs et d’islamistes peut-être, mais de dictateurs et d’islamistes prêts à s’entendre avec les Etats-Unis. Si le prix de l’entente est le sang de milliers d’Iraniens, Barack Hussein est prêt à le payer ; si le prix est l’humiliation des Etats-Unis, Barack Hussein est prêt à le payer aussi ; si le prix est une nucléarisation de l’Iran, Barack Hussein a déjà déclaré, je l’ai dit, qu’il acceptait celle-ci. Si le prix doit être un anéantissement d’Israël, Barack Hussein n’hésiterait guère, je le crains, à condition que l’anéantissement se fasse par étapes, graduellement, par étouffement et amputations successives, sans effusion de sang susceptible d’effaroucher l’électorat juif américain.

Je pense, d’ailleurs, que c’est parce qu’Ahmadinejad et les mollahs savent à qui ils ont affaire qu’ils se permettent la radicalisation et la violence actuelles. Obama ne l’ignore pas, mais pense déjà à l’étape suivante. Or l’étape suivante est, sur son agenda, la discussion avec un Iran nucléaire et avec des régimes arabes inquiets de voir l’Iran doté du nucléaire.

Les composants de cette étape sont déjà en place. Et c’est parce que les composants de cette étape sont déjà en place, que la radicalisation se lit aussi dans le discours des dirigeants palestiniens, qui, ces derniers jours, ne s’embarrassent guère de circonlocutions, pas plus d’ailleurs que des dirigeants arabes « modérés » tel Hosni Moubarak.

Cette étape consistera à tenter d’installer Israël en position de bouc émissaire, puis de victime expiatoire. Le premier mouvement vers cette étape a consisté à incriminer Israël pour les « implantations » en Judée-Samarie, et à comparer celles-ci à des colonies, et Israël à un Etat colonial, voire à un Etat pratiquant l’esclavagisme ou l’apartheid.

Le message en filigrane est : ou bien Israël se retire de tous les territoires « colonisés », ou bien Israël mérite d’être mis au ban de l’humanité. Le second mouvement a consisté à expliquer que la colonisation israélienne, si elle ne s’interrompait pas, serait responsable de la nucléarisation de l’Iran.

Le message, là, est destiné au monde arabe et européen : nous, Américains, avons fait ce que nous avons pu, vous déplorez la nucléarisation de l’Iran ? Voyez le responsable, qui est Israël.

Le mouvement suivant, présent entre les lignes dans le discours du 4 juin, est : nous, Américains, sommes en faveur d’une dénucléarisation généralisée ; l’Iran s’est doté du nucléaire, mais il y a déjà une puissance nucléaire dans la région, Israël.

Le message ? Si Israël se dénucléarise, diront de charmants diplomates made in Obama nous obtiendrons un arrêt de la course au nucléaire dans la région et une possibilité de voir l’Iran renoncer au nucléaire militaire.

Le dernier mouvement consistera à placer les dirigeants israéliens face à une offre que, comme on dit dans la mafia et autour d’Obama, ils ne pourront pas refuser. Soit, dira Barack Hussein, Israël accepte le plan de paix saoudien dans son intégralité, et y ajoute l’adhésion au traité de non prolifération nucléaire, soit Israël perdra le soutien des Etats-Unis, qui se rangeront sur la position unanime des Européens, du monde arabe, et, au delà, du monde musulman tout entier.

Barack Hussein ne désespère pas d’avoir l’assentiment de la communauté juive américaine pour parvenir à ses fins. Avoir parlé de la naissance d’Israël comme d’un effet secondaire de la Shoah n’est, en ce contexte, pas une « erreur de compréhension » de l’histoire de la part d’Obama, comme on l’a dit ici ou là. Dans le monde arabe et musulman, et de plus en plus en Europe, c’est ainsi qu’on présente Israël, et cela permet d’identifier ceux qui parlent des racines du peuple juif sur sa terre au Proche-Orient comme des « extrémistes », voire des « fondamentalistes », donc des êtres détestables.

Binyamin Netanyahu a parfaitement conscience de ce qu’est la stratégie d’Obama, et son discours du 14 juin a constitué une tentative d’arrêter la machine infernale qui est en marche. Aux fins de faire un geste d’apparence en direction d’Obama, il a admis la nécessité de deux Etats, donc celle d’un Etat palestinien, avec son drapeau et son hymne.

Aux fins de désamorcer le geste et de montrer aussitôt qui ne veut pas de la paix et d’un Etat paisible à côté d’Israël, Netanyahu a ajouté que cet Etat devait être démilitarisé. Quel besoin d’une armée, si les Palestiniens veulent vivre en paix avec des voisins prêts à accueillir favorablement l’Etat palestinien nouveau né ? Autre condition posée par Netanyahu au futur Etat de Palestine : ne pas passer d’accords avec des entités hostiles à Israël ; mais quel besoin de passer des accords avec des Etats hostiles à Israël, si l’Etat palestinien entend vivre en paix avec l’Etat hébreu ?

Bien entendu, et comme c’était prévisible, les dirigeants palestiniens ont refusé la création d’un Etat ainsi défini, tout comme ils ont refusé de reconnaître Israël en tant qu’Etat du peuple juif.

Netanyahu en a profité pour rétablir certaines vérités historiques et pour rappeler le danger d’une nucléarisation de l’Iran.

En parlant, Netanyahu savait qu’il ne s’adressait pas uniquement à sa nation, mais aussi au reste du monde, et, tout particulièrement, au peuple américain. Obama l’a discerné. Consultant les sondages qui n’approuvent pas un lâchage trop évident d’Israël, il a dû concéder que Netanyahu avait fait un « pas dans la bonne direction ».

La partie n’est pas finie pour autant. Et Obama n’a pas l’intention de la perdre et n’a, selon toute vraisemblance, pas renoncé à ses objectifs. Si, comme je le crains, le régime des mollahs et Ahmadinejad survivent, on peut s’attendre à ce que Barack Hussein reparte à l’assaut et reprenne le cours de sa stratégie.

Pour l’heure, si les Iraniens qui aspirent à la liberté sont seuls, Israël est seul aussi.

Les ministres des Affaires Etrangères et émissaires européens n’ayant, à la différence d’Obama, pas à se préoccuper de leurs opinions publiques, ont parlé de manière unanime. Sans reprendre les termes des dirigeants palestiniens, ils ont clairement montré que l’Europe se rapprochait du dar el islam, et qu’elle se plaçait, plus que jamais, dans une perspective anti-israélienne. Le soutien des Etats-Unis à Israël se trouve sur une corde raide qu’Obama aimerait voir se rompre.

Barack Hussein ne s’arrêtera que si quelqu’un ou quelque chose l’arrête. Cela pourra être un changement de majorité aux élections de mi-mandat de l’automne 2010. Et c’est un fait que nombre d’électeurs américains, tout en trouvant Obama et son téléprompteur charismatiques, se montrent de plus en plus sceptiques vis-à-vis des politiques proposées.

C’est un fait aussi que, d’ores et déjà, des membres éminents de la communauté juive, qui avaient appelé à voter Obama, manifestent ce que l’on appelle aux Etats-Unis, the buyer’s remorse, le remords de l’acheteur qui découvre que la marchandise qu’il a acquise est frelatée.

Marty Peretz de “The New Republic” est de ceux-là. Il s’inquiète et il est en colère. Le rabbin Morton Pomerantz, a même accusé récemment Obama d’inciter à une remontée de l’antisémitisme dans le monde et aux Etats-Unis, et de mettre Israël en péril. Des organisations chrétiennes, telle Christians United for Israel se mobilisent. Tout ce qui peut être fait pour que davantage d’yeux s’ouvrent aux Etats-Unis est en train de se mettre en place.

En Europe, la question majeure que les amis d’Israël doivent se poser dans les mois à venir n’est pas celle du risque de nucléarisation de l’Iran, quand bien même c’est une question importante. Elle n’est pas celle de la lutte contre la remontée de l’antisémitisme et contre la diabolisation d’Israël en Europe, quand bien même c’est, là aussi, une question importante.

Elle est celle de savoir comment il est possible de faire prendre conscience à un nombre plus important de gens du danger pour le monde incarné par la politique suivie par Obama. Plus Obama sera délégitimé aux yeux des opinions européennes, plus la lucidité à son sujet gagnera du terrain, plus le scepticisme concernant l’administration la plus dangereuse de l’histoire des Etats-Unis pourra prendre de l’ampleur. Il faut arrêter Obama, par tous les moyens légitimes, le mettre hors d’état de nuire, ou tout faire pour qu’il nuise le moins possible jusqu’au moment où il quittera un lieu où il n’aurait jamais dû entrer.


Iran: Informations mal acquises (Who profits from the crime?)

26 juin, 2009
Alavi terror inc.Parler des 39 propriétés que possède la famille Bongo dans l’Hexagone, dont un hôtel particulier dans le 8e arrondissement de la capitale, est en effet bien plus parlant qu’évoquer les 35 milliards de dollars détournés par le Shah d’Iran. Marianne Enault (JDD)
Après la révolution, la très riche Fondation Pahlavi (que l’on a souvent aimé confondre avec la fortune du Chah pour l’accabler) passa sous la tutelle du régime des mollahs. Elle devint une de ces fondations opaques qui gèrent les caisses noires du régime. Elle changea de nom pour devenir la Fondation Alavi (ce qui veut dire la Fondation d’Ali – le fondateur spirituel du chiisme). Les deux noms, Pahlavi et Alavi, n’ont aucun lien de parenté, mais il y a une certaine proximité de consonance pour une oreille occidentale. Ce n’est pas un hasard : c’est une pratique courante du régime des mollahs en ce qui concerne la gestion des affaires et trafics à l’étranger. Iran-Resist

Attention: un détournement peut en cacher un autre!

A l’heure où, après avoir assuré pendant une semaine la promotion d’une prétendue “révolution verte“, nos médias et les pompom girls du régime iranien redoublent à présent d’effort pour nier toute existence à un soulèvement populaire qu’ils avaient jusqu’ici consciencieusement ignoré …

Retour sur un autre effort particulièrement méritant de désinformation, avec la sortie hier du 2e rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (“Biens mal acquis, à qui profite le crime?”, juin 2009).

Qui commence par pointer avec raison les milliards de dollars détournés par les divers dictateurs de la planète (”entre 105 et 180 milliards de dollars détournés par une trentaine de chefs d’Etat”).

Puis, montre, encore plus justement, “l’absence de volonté politique” de la part des démocraties occidentales (notamment la France de Sarkozy qui comme l’Amérique d’Obama célébrait il y a quelques jours la fin des 41 années de dictature de son ami Omar Bongo et qui continue à refuser de restituer au premier gouvernement irakien démocratiquement élu quelque 23 millions d’euros détournés par Saddam).

Pour enfin, cerise sur le gâteau, nous mettre en tête du palmarès, aux côtés dudit Saddam Hussein (”entre 10 et 40 milliards”) et au moment même où dans la large indifférence de nos médias son fils avait justement appelé au soulèvement du peuple iranien, le chah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi avec 35 milliards de dollars.

Sauf que si on lit de près (ce que nos surmenés copieurs-colleurs de dépêches AFP n’ont manifestement pas le temps de faire) les deux demi-pages que consacre le rapport de 221 pages au prétendu détournement attribué au Shah, on découvre une tout autre histoire.

D’abord, que “sous la pression de la République islamique, les Etats-Unis puis la Suisse ont gelé les biens et avoirs détenus par le Shah” et leur en aurait restitué un peu plus d’un tiers.

Puis que le reste qui était apparemment placé dans la fondation Pahlavi, est passé (sous le nouveau mais phonétiquement proche nom de “Fondation Alavi”) sous la tutelle du régime des mollahs.

Mais surtout qu’il a fini par rejoindre “ces innombrables fondations opaques qui gèrent les caisses noires du régime” pour ses activités terroristes et nucléaires.

En clair: les fameux 35 milliards de dollars prétendument détournés par le Shah ont en fait non seulement été récupérés mais utilisés pour mettre à feu et à sang le Moyen-orient et une bonne partie du monde par le régime qui depuis 30 ans martyrise sa population.

Et une association nul doute bien intentionnée (rien de moins quand même que la première ONG de développement française!) rejoint cette véritable petite armée d’idiots utiles qui, au moment même où sa population tente de s’en libérer, assure les relations publiques d’un des régimes les plus corrompus et brutaux de la planète

Iran

Mohammed Reza Pahlavi (Le Shah)

Mohammed Reza Pahlavi, le shah d’Iran de 1941 à 1979, aurait détourné selon l’UNODC plus de 35 milliards $. Au moment de sa chute, la lutte contre la corruption n’était pas un enjeu majeur des relations internationales. Les pays occidentaux n’ont ainsi pas fait grand chose pour récupérer et restituer la fortune à l’Iran. Cependant, sous la pression de l’Iran qui menaça de retirer tous les actifs placés dans le monde occidental, les Etats-Unis puis la Suisse ont gelé les biens et avoirs détenus par le Shah. 12 milliards $ auraient été gelés aux Etats-Unis, à la suite d’un Executive order entre 1979 et 1981. Seuls 23,3 millions le seraient encore. En Suisse, les autorités iraniennes ont saisi la justice suisse pour saisir les biens immobiliers que possédait le Shah. Un séquestre judiciaire fut prononcé en 1981 contre son chalet de Saint Moritz, loué à cette époque à Silvio Berlusconi … A ce jour, nous ne savons pas si ces biens ont été restitués.

Selon une enquête américaine, une partie de l’argent de la famille Pahlavi fut placée dans la fondation Pahlavi, dont la gestion passa sous la tutelle du régime des mollahs à la chute du Shah. Elle devint une de ces fondations opaques qui gèrent les caisses noires du régime. Elle changea de nom pour devenir la Fondation Alavi (ce qui veut dire la fondation d’Ali – le fondateur sprituel du chiisme). Enquêtant sur les organismes finançant les activités terroristes et nucléaires de Téhéran, la justice américaine a découvert que la fondation possédait un immeuble sur la prestigieuse 5e Avenue pour une valeur de 2 milliards de dollars. Les autorités judiciaires ont aussi arrêté le responsable de la fondation.

Rapport de juin 2009 de CCFD-Terre solidaire (pp. 77-78)

FONDS DETOURNES : PALMARES DES CHEFS D’ETAT

M. PAHLAVI (Iran)
HUSSEIN (Irak)
SUHARTO (Indonésie)
H. BOIGNY (Côte d’ivoire)
MARCOS (Philippines)
MOBUTU (RdC)
DOS SANTOS (Angola)
ABACHA (Nigeria)
NIAZOV (Turkménistan)
MOI (Kenya)
TAYLOR (Liberia)
BHUTTO (Pakistan)
SALINS (Mexique)
TRAORE (Mali)
EYADEMA (Togo)
DUVALIER (Haïti)
FUJIMORI (Pérou)
NAZARBAEV (Kazakhstan)
MILOSEVIC (Serbie)
LAZARENKO (Ukraine)
OBIANG (guinée équatoriale)
SASSOU NGUESSO (Congo-brazza)
PORTILLO (guatemala)
CHILUBA (Zambie)
BONGO (gabon)
ALEMAN (Nicaragua)
BIYA (Cameroun)
PINOCHET (Chili)
BÉDIÉ (Côte d’ivoire)
MENEM (argentine)
SOMOZA (Nicaragua)
MUGABE (Zimbabwe)

Rapport juin 2009 (p. 24)

Voir également:

Biens mal acquis: Etat des lieux
Marianne ENAULT
Le JDD
24 Juin 2009

Biens mal acquis, chapitre II. Après un premier rapport publié en 2007, le CCFD-Terre solidaire*, première ONG française, publie mercredi “Biens mal acquis, A qui profite le crime?”. Dans ce rapport de 215 pages, l’association cible le patrimoine d’une trentaine de chefs d’Etat, acquis en détournant de l’argent public. Et fait le point sur les processus en cours de restitution des sommes détournées.

“Le Trésor public doit être le trésor du public et non celui de quelques-uns.” Les mots de Jean Merckaert, chargé du financement du développement au CCFD-Terre solidaire, en ouverture d’une conférence de presse mercredi résument le travail de la première ONG française de développement dans le dossier dit des “biens mal acquis”. Sous cette expression se cachent en fait les milliards de dollars détournés par des chefs d’Etat, entre autres pour s’acheter de belles propriétés. Le Comité catholique contre la faim et pour le développement publie son deuxième rapport sur la question, intitulé “Biens mal acquis, à qui profite le crime?”.

A cette occasion, l’ONG a tenté d’établir un état des lieux des “biens mal acquis”, dépassant ainsi les affaires déjà connues en France. Depuis le dépôt d’une plainte fin 2008 par l’association Transparency International France, l’affaire est en effet incarnée, bien malgré eux, par trois dirigeants: les présidents gabonais Omar Bongo, congolais Denis Sassou-Nguesso, et guinéen Teodoro Obiang. Tous trois sont visés par cette plainte, jugée recevable le 5 mai dernier par la doyenne des magistrats du pôle financier de Paris, la juge d’instruction Françoise Desset. La mort d’Omar Bongo, le 8 juin dernier à Barcelone, n’a pas éteint la procédure, plusieurs membres de sa famille étant également visés par cette plainte. S’il se félicite de cette action – qualifiant de “véritable tremblement de terre juridique” la décision de la magistrate, deux plaintes du même type ayant par le passé été classées sans suite -, le CCFD entend désormais aller plus loin. Et entraîner dans son sillage les citoyens des pays concernés ; et l’opinion publique française. Car les sommes ont de quoi affoler. Selon les coauteurs du rapport, Antoine Dulin et Jean Merckaert, “entre 105 et 180 milliards de dollars” ont été détournés par une trentaine de chefs d’Etat. Aucun continent n’est épargné.

Saddam Hussein et le Chah d’Iran en tête

En tête du palmarès figurent des dirigeants aujourd’hui décédés. Premier d’entre eux, Saddam Hussein: le raïs aurait détourné entre 10 et 40 milliards de dollars. Viennent ensuite le chah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi (35 milliards de dollars), l’Indonésien Suharto (entre 15 et 35 milliards de dollars) et l’Ivoirien Felix Houphoüet-Boigny (7 à 10 milliards de dollars). L’ampleur des sommes les rendent difficiles à apprécier. “Les cinq à six milliards de dollars détournés par Mobutu au Zaïre [actuelle République démocratique du Congo, ndlr] représentent 154 fois le budget de la Santé en 2009″, précise Jean Merckaert. Parmi les dirigeants encore en exercice, on trouve le président du Togo, Grégoire Eyadema (1 à 2 milliards de dollars) ou celui du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaev (1 milliard de dollars).

Mais le CCFD le reconnaît, les “biens mal acquis” ne sont que “la partie émergée de l’iceberg”. Puisque selon les experts, ce sont environ 1 000 milliards de dollars qui disparaissent chaque année des pays en développement. Mais cette partie est peut être le plus visible. Parler des 39 propriétés que possède la famille Bongo dans l’Hexagone, dont un hôtel particulier dans le 8e arrondissement de la capitale, est en effet bien plus parlant qu’évoquer les 35 milliards de dollars détournés par le Shah d’Iran. Reste désormais à mobiliser. D’abord les opinions publiques, mais aussi les responsables des institutions bancaires et financières, qui accueillent cet argent, “le camouflent et le font travailler”, relève ainsi le président du CCFD-Terre solidaire, Guy Aurenche.

Absence de volonté politique

Et bien sûr les responsables politiques, qui, estime l’ONG, “connaissent l’existence de ces mécanismes de détournement”. Car la restitution des sommes détournées nécessite une volonté politique. 109 pays ont ratifiés la Convention de Merida, signée en 2002 et applicable depuis 2005, qui fixe dans le droit international l’idée de restitution des avoirs détournés. Mais dans les faits, les choses avancent doucement. “En 2007, 4 milliards avaient été restitués. En 2009, on en est à 4,4 milliards de dollars”, relève ainsi Jean Merckaert. Et d’ajouter: “On est très loin du compte.” Il faut en général des années après la mort d’un dirigeant pour que les sommes détournées fassent le chemin inverse. Ainsi, 60 millions de dollars ont été restitués par le Royaume-Uni à la Zambie, 74 millions de dollars par la Suisse au Mexique, 75 millions par la Suisse encore à l’Irak.

Bien souvent, les processus se heurtent à l’absence de volonté politique. Ainsi, la France a beau avoir ratifié la Convention de Merida et mis en place un important dispositif en matière de lutte contre la corruption, elle n’a, pour le moment, fait qu’accepter de saisir le yacht de Saddam Hussein amarré à Nice. Près de 23 millions d’euros, détournés par le régime irakien, dormiraient toujours à la Banque de France. Autre exemple: le parquet a déposé un recours en irrecevabilité de la plainte déposée par Transparency International France. Le verdict est attendu dans les mois qui viennent. Pour accélérer le processus, le CCFD demande aujourd’hui que soit inversée la charge de la preuve: aux dirigeants de prouver la légalité de leurs fonds.

*Le CCFD-Terre solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) est la première ONG française de développement.

Voir enfin:

Iran: Petit bêtisier des médias franco-canadiens

Iran-Resist
26.06.2009

Tous les jours, les Iraniens descendent dans la rue pour crier leur hostilité au régime et tous les jours les médias occidentaux font de la résistance pour dissimuler cette mobilisation ou cherchent encore à l’attribuer à Moussavi. Petit bêtisier d’un véhément effort qui ne changera pas l’issue de l’affrontement.

Le régime des mollahs a visiblement de nombreux amis en Occident qui suivent avec assiduité sa consigne de ne pas parler des manifestations et de la répression en Iran. Le cas le plus désolant est celui des médias français qui ne diffusent aucune vidéo corroborant l’existence d’une insurrection et parallèlement multiplient les interventions de soi-disant iranologues pour affirmer le contraire.

La grosse Berta

Ainsi deux jours après sa prestation médiocre dans C dans l’Air, Thierry Coville était sur France Culture en compagnie de deux autres lobbyistes du régime Yann Richard et Sonia Kronlund pour affirmer l’attachement des Iraniens à la révolution islamique. Sciences-Po consacrera mardi prochain une conférence avec Bernard Hourcade et Gilles Kepel sur l’Iran après les élections, comme si les organisateurs étaient sourds et aveugles à ce qui se passe en Iran ! Nous espérons que les étudiants se montreront plus réactifs que la direction de cette maison ! Le Figaro n’est pas de reste : il produit tous les jours des articles sur la stabilité du régime !

Manon Loizeau

Le pompon a été décroché par Manon Loizeau, la Delphinette du Service Public, visiblement toujours très amusée d’enfiler le foulard !

Manon Loizeau a débarqué dans Envoyé Spécial avec les images tournées pendant les deux premiers jours après l’élection quand Téhéran simulait une contestation, avec figurants, motos en feu et des portraits de Moussavi à foison. L’AFP et les autres agences avaient déjà diffusé les photos de ces mises en scènes. Manon des sources louches a délivré la vidéo de cette mise en scène. Si vous l’avez enregistrée, mettez le sur Youtube car elle vaut son pesant de pistaches et mérite un décodage plan par plan car on y voit un monde parallèle où les escadrons mobiles se déplacent à 10 par heure derrière des figurants courant mollement et où l’on peut dissiper les effets des grenades lacrymogènes en toussant une ou deux fois.

Manon a aussi assisté à la grande manif du 15 juin où elle a pris soin de supprimer les vues générales (sauf deux – ci-dessous) car on y voyait peu de vert, couleur de Moussavi (cliquez puis zoomez sur l’image pour l’agrandir).

Précisons, ce jour-là, le régime a ouvert le feu sur les manifestants, mais Manon n’a pas creusé le sujet ou encore eu l’idée d’incruster dans son super reportage des images Youtube pourtant libres de droit.

Derniers instants de l’un des blessés du lundi 15 juin à Téhéran

Manon Loiezau a évité toute image qui aurait montré une insurrection urbaine violente avec des slogans implicitement anti-régime. Notre consciencieuse journaliste a remplacé les images vraies par un reportage bidon sur une soi-disant attaque des dortoirs de l’université, attaque qui a eu lieu à l’heure où tous les portables de tous les étudiants étaient comme par hasard éteints !

En fait, Téhéran veut relancer le second épisode de la révolte estudiantine bidon de l’été 1999 pour faire un peu de Moussavisme (qui remplace le Khatamisme). Il a sonné l’appel et Manon a répondu présente.

JDD

L’effort pour étouffer la voix des Iraniens ne se résume pas à une censure éhontée des images ou la fabrication d’une affaire parallèle, certains y ajoutent une attaque en règle des opposants aux mollahs. Ainsi Marianne Enault du JDD déjà auteur d’un article calomnieux sur l’authenticité de la répression [1] de ces derniers jours a cette fois décidé de s’attaquer à Reza Pahlavi qui est le seul leader de l’opposition a avoir soutenu ce mouvement populaire et autonome. N’ayant rien trouvé sur lui, elle a décidé de titiller son père, le Shah dans un article très général qui traite de dictateurs milliardaires où elle place le Shah d’Iran à la première place avec 35 milliards de $ d’argent détourné !

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas ressorti ces 35 milliards qui sont en fait les avoirs de la Fondation Pahlavi, investissements iraniens qui furent par la suite confisqués et totalement dilapidés par les mollahs. Les Français sont sans doute les seuls à en parler encore, même les mollahs ne le font plus…

Est-ce un hasard, cette publication a coïncidé avec la citation du nom de Reza Pahlavi par Ali Akbar Velayati, le conseiller du guide suprême, dans l’émission politique la plus regardée en Iran, le 20-30 qui est diffusé à 22h30 sur la seconde chaîne. Velayati a encouragé les Iraniens à ne fonder aucun espoir sur Reza Pahlavi et une journaliste qui remet en cause l’authenticité des répressions policières cherche à démolir son image en France.

Ailleurs

Parallèlement à cette attaque en règle des médias contre le soulèvement du peuple iranien et de ses partisans, on n’entend guère les politiciens de ce pays, ni ceux de la majorité, ni ceux de l’opposition. Cette attitude est unique en son genre, les Britanniques, les Suédois, les Italiens et bien d’autres sont présents tant au niveau de la presse qu’au niveau politique pour dénoncer la répression en Iran.

De l’autre côté de l’Atlantique, la presse américaine et les politiciens de tout bord dénoncent aussi les répressions pour pousser Obama à en faire autant. En revanche, les Canadiens francophones sont entre deux eaux, bousculés par l’activisme des médias américains et attirés par l’attentisme des Français, il en résulte des articles comiques comme celui-ci pondu par une certaine Agnès Gruda de Cyberpresse. La légende de la photo que l’on regarde en premier dit qu’aucune manifestation de masse n’a eu lieu dans la capitale depuis lundi alors dans l’article, elle parle d’une nouvelle manifestation brutalement réprimée mercredi.


Iran: Obama va-t-il aussi rater son TD de relations internationales? (Will John McCain finally stop North Korean arms shipment?)

25 juin, 2009
F for fail
Il est trois heures du matin et vos enfants sont endormis. Mais le téléphone sonne à la Maison-Blanche. Il se passe quelque chose dans le monde. Votre vote décidera de qui répondra à cet appel. Quelqu’un qui connaît déjà les leaders mondiaux, les forces militaires du pays, quelqu’un de rompu, prêt à gouverner dans un monde dangereux. Qui voudriez-vous voir répondre à cet appel? Spot de campagne d’Hillary Clinton (mars 2008)
Plus personne ne peut désormais prétendre que la théocratie et la démocratie sont compatibles. Amir Taheri
La rébellion iranienne, bien qu’il soit trop tôt pour la qualifier de révolution, s’avère être cet appel téléphonique de trois heures du matin pour M. Obama. Alors qu’un président français fait honte à son homologue américain pour sa clarté morale, l’argument d’Hillary Clinton sur son inexpérience et ses instincts dans une crise se révèlent prophétiques. The Wall Street Journal
Obama va-t-il aussi rater son TD de relations internationales ou sera-t-il repêché par… John McCain?

Après ses zéros pointés en histoire de la Turquie puis en histoire de l’islam

Un essai de missile nord-coréen promis sur Hawaii pour sa fête nationale et, en pleine crise de succession, un navire transportant des armes prohibées approchant la Birmanie …

Un énième rappel de sa “préoccupation” quand, bousculant tous ses plans , le sang coule depuis plus de dix jours à Téhéran et dans les villes iraniennes …

Remise des pendules à l’heure par le spécialiste du Moyen-Orient libano-américain Fouad Ajami.

Qui rappelle que, contrairement à ce que voudraient nous faire croire tant le Pleurnicheur en chef lui-même que ses thuriféraires médiatiques, la politique de la main tendue a maintes et maintes fois été utilisée avec la “République islamique”.

Et, ainsi que pourraient lui confirmer tant Carter que Bush père ou même Clinton, pour leur plus grand malheur.

Comme, s’il n’y prend garde, peut-être le sien aussi …

Obama’s Persian Tutorial
The president has to choose between the regime and the people in the streets.
Fouad Ajami
The Wall Street Journal
JUNE 23, 2009

President Barack Obama did not “lose” Iran. This is not a Jimmy Carter moment. But the foreign-policy education of America’s 44th president has just begun. Hitherto, he had been cavalier about other lands, he had trusted in his own biography as a bridge to distant peoples, he had believed he could talk rogues and ideologues out of deeply held beliefs. His predecessor had drawn lines in the sand. He would look past them.

Thus a man who had been uneasy with his middle name (Hussein) during the presidential campaign would descend on Ankara and Cairo, inserting himself in a raging civil war over Islam itself. An Iranian theocratic regime had launched a bid for dominion in its region; Mr. Obama offered it an olive branch and waited for it to “unclench” its fist.

It was an odd, deeply conflicted message from Mr. Obama. He was at once a herald of change yet a practitioner of realpolitik. He would entice the crowds, yet assure the autocrats that the “diplomacy of freedom” that unsettled them during the presidency of George W. Bush is dead and buried. Grant the rulers in Tehran and Damascus their due: They were quick to take the measure of the new steward of American power. He had come to “engage” them. Gone was the hope of transforming these regimes or making them pay for their transgressions. The theocracy was said to be waiting on an American opening, and this new president would put an end to three decades of estrangement between the United States and Iran.

But in truth Iran had never wanted an opening to the U.S. For the length of three decades, the custodians of the theocracy have had precisely the level of enmity toward the U.S. they have wanted — just enough to be an ideological glue for the regime but not enough to be a threat to their power. Iran’s rulers have made their way in the world with relative ease. No White Army gathered to restore the dominion of the Pahlavis. The Cold War and oil bailed them out. So did the false hope that the revolution would mellow and make its peace with the world.

Mr. Obama may believe that his offer to Iran is a break with a hard-line American policy. But nothing could be further from the truth. In 1989, in his inaugural, George H.W. Bush extended an offer to Iran: “Good will begets good will,” he said. A decade later, in a typically Clintonian spirit of penance and contrition, Secretary of State Madeleine Albright came forth with a full apology for America’s role in the 1953 coup that ousted nationalist Prime Minister Mohammed Mossadegh.

Iran’s rulers scoffed. They had inherited a world, and they were in no need of opening it to outsiders. They were able to fly under the radar. Selective, targeted deeds of terror, and oil income, enabled them to hold their regime intact. There is a Persian pride and a Persian solitude, and the impact of three decades of zeal and indoctrination. The drama of Barack Obama’s election was not an affair of Iran. They had an election of their own to stage. Mahmoud Ahmadinejad — a son of the Ayatollah Khomeini’s revolutionary order, a man from the brigades of the regime, austere and indifferent to outsiders, an Iranian Everyman with badly fitting clothes and white socks — was up for re-election.

The upper orders of his country loathed him and bristled under the system of controls that the mullahs and the military and the revolutionary brigades had put in place, but he had the power and the money and the organs of the state arrayed on his side. There was a discernible fault line in Iran. There were Iranians yearning for liberty, but we should not underestimate the power and the determination of those moved by the yearning for piety. Ahmadinejad’s message of populism at home and defiance abroad, his assertion that the country’s nuclear quest is a “closed file,” settled and beyond discussion, have a resonance on Iranian soil. His challenger, Mir Hossein Mousavi, a generation older, could not compete with him on that terrain.

On the ruins of the ancien régime, the Iranian revolutionaries, it has to be conceded, have built a formidable state. The men who emerged out of a cruel and bloody struggle over their country’s identity and spoils are a tenacious, merciless breed. Their capacity for repression is fearsome. We must rein in the modernist conceit that the bloggers, and the force of Twitter and Facebook, could win in the streets against the squads of the regime. That fight would be an Iranian drama, all outsiders mere spectators.

That ambivalence at the heart of the Obama diplomacy about freedom has not served American policy well in this crisis. We had tried to “cheat” — an opening to the regime with an obligatory wink to those who took to the streets appalled by their rulers’ cynicism and utter disregard for their people’s intelligence and common sense — and we were caught at it. Mr. Obama’s statement that “the difference between Ahmadinejad and Mousavi in terms of their actual policies may not be as great as had been advertised” put on cruel display the administration’s incoherence. For once, there was an acknowledgment by this young president of history’s burden: “Either way, we were going to be dealing with an Iranian regime that has historically been hostile to the United States, that has caused some problems in the neighborhood and is pursuing nuclear weapons.” No Wilsonianism on offer here.

Mr. Obama will have to acknowledge the “foreignness” of foreign lands. His breezy self-assurance has been put on notice. The Obama administration believed its own rhetoric that the pro-Western March 14 coalition in Lebanon had ridden Mr. Obama’s coattails to an electoral victory. (It had given every indication that it expected similar vindication in Iran.)

But the claim about Lebanon was hollow and reflected little understanding of the forces at play in Lebanon’s politics. That contest was settled by Lebanese rules, and by the push and pull of Saudi and Syrian and Iranian interests in Lebanon.

Mr. Obama’s June 4 speech in Cairo did not reshape the Islamic landscape. I was in Saudi Arabia when Mr. Obama traveled to Riyadh and Cairo. The earth did not move, life went on as usual. There were countless people puzzled by the presumption of the entire exercise, an outsider walking into sacred matters of their faith. In Saudi Arabia, and in the Arabic commentaries of other lands, there was unease that so complicated an ideological and cultural terrain could be approached with such ease and haste.

Days into his presidency, it should be recalled, Mr. Obama had spoken of his desire to restore to America’s relation with the Muslim world the respect and mutual interest that had existed 30 or 20 years earlier. It so happened that he was speaking, almost to the day, on the 30th anniversary of the Iranian Revolution — and that the time span he was referring to, his golden age, covered the Soviet invasion of Afghanistan, the American standoff with Libya, the fall of Beirut to the forces of terror, and the downing of Pan Am Flight 103 over Lockerbie, Scotland. Liberal opinion would have howled had this history been offered by George W. Bush, but Barack Obama was granted a waiver.

Little more than three decades ago, Jimmy Carter, another American president convinced that what had come before him could be annulled and wished away, called on the nation to shed its “inordinate fear of communism,” and to put aside its concern with “traditional issues of war and peace” in favor of “new global issues of justice, equity and human rights.” We had betrayed our principles in the course of the Cold War, he said, “fought fire with fire, never thinking that fire is quenched with water.” The Soviet answer to that brave, new world was the invasion of Afghanistan in December of 1979.

Mr. Carter would try an atonement in the last year of his presidency. He would pose as a born-again hawk. It was too late in the hour for such redemption. It would take another standard-bearer, Ronald Reagan, to see that great struggle to victory.

Iran’s ordeal and its ways shattered the Carter presidency. President Obama’s Persian tutorial has just begun.

Mr. Ajami, a professor at the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University and a fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is the author of “The Foreigner’s Gift: The Americans, the Arabs, and the Iraqis in Iraq (Free Press, 2007).

Voir aussi:

Obama’s Iran Abdication
Democracy interferes with his nuclear diplomacy script.
WSJ
JUNE 18, 2009

The President yesterday denounced the “extent of the fraud” and the “shocking” and “brutal” response of the Iranian regime to public demonstrations in Tehran these past four days.

“These elections are an atrocity,” he said. “If [Mahmoud] Ahmadinejad had made such progress since the last elections, if he won two-thirds of the vote, why such violence?” The statement named the regime as the cause of the outrage in Iran and, without meddling or picking favorites, stood up for Iranian democracy.

The President who spoke those words was France’s Nicolas Sarkozy.

The French are hardly known for their idealistic foreign policy and moral fortitude. Then again many global roles are reversing in the era of Obama. The American President didn’t have anything to say the first two days after polls closed in Iran on Friday and an improbable landslide victory for Mr. Ahmadinejad sparked the protests. “I have deep concerns about the election,” he said yesterday at the White House, when he finally did find his voice. “When I see violence directed at peaceful protestors, when I see peaceful dissent being suppressed, wherever that takes place, it is of concern to me and it’s of concern to the American people.”

Spoken like a good lawyer. Mr. Obama didn’t call the vote fraudulent, though he did allow that Ayatollah Ali Khamenei “understands the Iranian people have deep concerns about the election.” This is a generous interpretation of the Supreme Leader’s effort to defuse public rage by mooting a possible recount of select precincts. “How that plays out,” Mr. Obama said, “is ultimately for the Iranian people to decide.” Sort of like the 2000 Florida recount, no doubt.

From the start of this Iranian election, Administration officials said the U.S. should avoid becoming an issue in the campaign that the regime might exploit. Before votes were cast, this hands-off strategy made sense in that the election didn’t present a real choice for Iranians. Whether President Ahmadinejad or his chief challenger, Mir Hossein Mousavi, won wouldn’t change the mullahs’ ultimate political control. Mr. Mousavi had been Ayatollah Khomeini’s Prime Minister, hardly the resume of a revolutionary.

But Friday’s vote and aftermath have changed those facts on the ground. Like other authoritarians — Ferdinand Marcos in 1986 or Slobodan Milosevic in 2000 — Tehran misjudged its own people. Having put a democratic veneer around their theocracy, they attempted to steal an election in such a blatant way that it has become a new and profound challenge to their legitimacy. Especially in the cities, Iranians are fed up with the corruption and incompetence rampant in the Islamic Republic. This dissatisfaction was galvanized by the regime’s contempt for their votes and found an accidental leader in Mr. Mousavi. The movement has now taken on a life of its own, with consequences no one can predict.

The Obama Administration came into office with a realpolitik script to goad the mullahs into a “grand bargain” on its nuclear program. But Team Obama isn’t proving to be good at the improv. His foreign policy gurus drew up an agenda defined mainly in opposition to the perceived Bush legacy: The U.S. will sit down with the likes of Iran, North Korea or Russia and hash out deals. In a Journal story on Monday, a senior U.S. official bordered on enthusiastic about confirming an Ahmadinejad victory as soon as possible. “Had there been a transition to a new government, a new president wouldn’t have emerged until August. In some respects, this might allow Iran to engage the international community quicker.” The popular uprising in Iran is so inconvenient to this agenda.

President Obama elaborates on this point with his now-frequent moral equivalance. Yesterday he invoked the CIA’s role in the 1953 coup against Iranian leader Mohammad Mossadeq to explain his reticence. “Now, it’s not productive, given the history of the U.S.-Iranian relations, to be seen as meddling — the U.S. President meddling in Iranian elections,” Mr. Obama said.

As far as we can tell, the CIA or other government agencies aren’t directing the protests or bankrolling Mr. Mousavi. Beyond token Congressional support for civil society groups and the brave reporting of the Persian-language and U.S.-funded Radio Farda, America’s role here is limited. Less than a fortnight ago, in Cairo, Mr. Obama touted his commitment to “governments that reflect the will of the people.” Now the President who likes to say that “words matter” refuses to utter a word of support to Iran’s people. By that measure, the U.S. should never have supported Soviet dissidents because it would have interfered with nuclear arms control.

The Iranian rebellion, though too soon to call a revolution, is turning out to be that 3 a.m. phone call for Mr. Obama. As a French President shows up the American on moral clarity, Hillary Clinton’s point about his inexperience and instincts in a crisis is turning out to be prescient.

Voir également:

Obama and the Rogues
North Korea and Iran intrude on his diplomatic hopes.
The WSJ
June 23, 2009

President Obama took office loudly promising to be the anti-George W. Bush of foreign policy, vowing to “extend a hand” to adversaries “willing to unclench” their fists. What he has received instead is an education in the reality of global rogues, and how he responds has become a major test of his Presidency.

The immediate challenges are North Korea and Iran, governments that the American left claimed were “evil” only because Mr. Bush had declared them so. Perhaps Mr. Obama believed this too, though five months later he has learned otherwise. North Korea has rejected his every overture and is now defying the U.N. to press its nuclear and proliferation ambitions. As for Iran, the mullahs are attempting to crush a popular uprising after a stolen election while also showing disdain for Mr. Obama’s diplomatic entreaties.

The question is whether Mr. Obama will now adapt his policies to meet challenges he clearly didn’t expect. Jimmy Carter took office with similar illusions about the Soviet Union, promising to cure our “inordinate fear of Communism.” Our enemies pushed back at what they perceived to be U.S. weakness, and Mr. Carter and his NSC adviser Zbigniew Brzezinski never recovered. We’ll soon learn if Mr. Obama is made of sterner stuff.

On North Korea, for example, the President has vowed that “words matter” and that renegade missile and A-bomb tests must have “consequences.” The U.S. has rallied the U.N. to pass sanctions against Pyongyang, albeit no tougher than those the U.N. issued in 2006. Those sanctions include a Security Council “call” to intercept North Korean attempts to sell or spread weapons and delivery systems of mass destruction. The issue is whether those sanctions will be enforced.

As it happens, a U.S. Navy destroyer is currently tailing a North Korean ship suspected of carrying illicit weapons toward Burma via Singapore. The cargo ship Kang Nam left a North Korea port last Wednesday, and a South Korean intelligence report said it is believed to carry missiles and other parts. This would violate U.N. sanctions, and the U.S. has every legal right to board the ship. Alternatively, the USS John S. McCain (named for the Senator’s father and grandfather) could steer the Kang Nam to Singapore and inspect her there.

Either action carries risks because North Korea has said it will consider such an inspection to be an act of war. No one knows how the North would respond, though its leaders must know that any attack on South Korea would guarantee the end of their rule. It’s also possible the entire North Korean crew could defect if promised asylum.

The risks of doing nothing are even more serious because it would show the North — and the world — that the U.N. sanctions once again mean nothing. The threat of a North Korean attack on the South is small, but the danger of nuclear proliferation to the U.S. and its allies is clear and present. We know Pyongyang has proliferated to Iran and Syria in the recent past. Senator John McCain said yesterday the U.S. should board the Kang Nam, a sign that Mr. Obama could count on domestic political support. Will the President let Kim Jong Il make a mockery of U.N. condemnations?

Regarding Iran, Mr. Obama will also have to rethink his hopes for a grand nuclear bargain with Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei. This diplomatic desire explains the President’s cautious refusal last week to take sides in the post-election standoff — or, as a Washington Post headline put it, quoting Administration sources, “Obama Seeks Way to Acknowledge Protesters Without Alienating Ayatollah.” It’s impossible to imagine the Reagan Administration whispering something similar about Soviet dissidents and the Politburo.

The Supreme Leader gave his reply by endorsing the election results, arresting opponents and unleashing security forces to beat the demonstrators. Like the Shah in 1979, the government is now firing on its own people chanting “death to the dictator.” Even if the mullahs succeed in stopping the immediate unrest, their legitimacy will never be the same. As Iranian journalist and Journal contributor Amir Taheri notes, the “republic” half of the Islamic Republic of Iran has been exposed as a fraud.

Mr. Obama finally stiffened his rhetoric on Saturday, calling “on the Iranian government to stop all violent and unjust actions against its own people. The universal rights to assembly and free speech must be respected, and the United States stands with all who seek to exercise those rights.” This is an improvement, though he said this only after both houses of Congress condemned Iran’s crackdown on Friday.

Going forward, Mr. Obama will have to consider that any negotiations with the current government will lend it legitimacy at the expense of the Iranian people. That would be precisely the kind of “meddling” in Iran’s politics that Mr. Obama says he wants to avoid. Opposition leader Mir Hussein Mousavi might not take any less a hard line on Iran’s nuclear program than the current government, but he does now represent the aspirations of millions of Iranians. And there is even less chance that Mahmoud Ahmadinejad and Ayatollah Khamenei will bend on nukes now that nationalism and thuggish power are their main claims to legitimacy.

Focused as he is on domestic matters, Mr. Obama no doubt wishes he could return to his campaign illusions about the powers of diplomacy. But the world’s rogues have other priorities, and stopping them will take more than an extended handshake.

Voir enfin:

Iran’s Clarifying Election
No longer can anyone pretend theocracy and democracy are compatible.
Amir Taheri
The Wall Street Journal
June 16, 2009

Having won re-election amid allegations of fraud, Iranian President Mahmoud Ahmadinejad yesterday tried to show that he also controlled the streets where the Khomeinist regime first seized power in the 1979 revolution.

The show was less than impressive. Despite efforts by the Ansar Hezbollah (Militants of the Party of God) and security services to manufacture a large crowd, the massive Maydan Vali-Asr (Hidden Imam Square) was unfilled. The official news agency put the number at “several hundred thousands” while eyewitnesses reported tens of thousands.

Even then, scuffles broke out on the fringes of the crowd as groups of dissidents tried to force their way in with cries of “Marg bar diktator!” (death to the dictator). That slogan may be on its way to replacing the normal greeting of salaam (peace) in parts of urban Iran.

No one knows exactly how much electoral fraud took place. The entire process was tightly controlled by the Ministry of Interior under Sadeq Mahsouli, a general of the Islamic Revolutionary Guards and a senior aide to Mr. Ahmadinejad. There was no independent election commission, no secret balloting, no observers to supervise the counting of the votes, and no mechanism for verification. It is impossible to know how many people voted and for whom.

Mr. Ahmadinejad was credited with more votes than anyone in Iran’s history. If the results are to be believed, he won in all 30 provinces, and among all social and age categories. His three rivals, all dignitaries of the regime, were humiliated by losing even in their own hometowns. This was an unprecedented result even for the Islamic Republic, where elections have always been carefully scripted charades.

Many in Tehran, including leading clerics, see the exercise as a putsch by the military-security organs that back Mr. Ahmadinejad. Several events make these allegations appear credible. The state-owned Fars News Agency declared Mr. Ahmadinejad to have won with a two-thirds majority even before the first official results had been tabulated by the Interior Ministry. Mr. Ahmadinejad’s main rival, former Prime Minister Mir Hossein Mousavi, retaliated by declaring himself the winner. That triggered a number of street demonstrations, followed with statements by prominent political and religious figures endorsing Mr. Mousavi’s claim.

Then something unprecedented happened. Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, who has the last word on all issues of national life, published a long statement hailing Mr. Ahmadinejad’s “historic victory” as “a great celebration.” This was the first time since 1989, when he became supreme leader, that Mr. Khamenei commented on the results of a presidential election without waiting for the publication of official results. Some analysts in Tehran tell me that the military-security elite, now controlling the machinery of the Iranian state, persuaded Mr. Khamenei to make the unprecedented move.

A detailed study of Mr. Khamenei’s text reveals a number of anomalies. It is longer than his usual statements and full of expressions that he has never used before. The praise he showers on Mr. Ahmadinejad is simply too much. The question arises: Did someone use the supreme leader as a rubber stamp for a text written by Mr. Ahmadinejad himself? With Mr. Khamenei’s intervention, Mr. Ahmadinejad’s three defeated rivals are unlikely to contest the results of the election beyond lodging formal protests to the Council of the Guardians, a 12-mullah body that has the legal duty of endorsing the final results.

Buoyed by his victory, Mr. Ahmadinejad has already served notice that he intends to pursue his radical policies with even greater vigor. At yesterday’s rally, he promised to pass a law enabling him to bring “the godfathers of corruption” to justice. His entourage insists that former Presidents Hashemi Rafsanjani and Mohammed Khatami, and former parliament Speaker Nateq Nouri, all midranking mullahs, may be among the first to fall in a massive purge of the ruling elite.

It is too early to guess whether these dignitaries would march to the metaphorical gallows without a fight. Even if they fight, they are unlikely to win. Nevertheless, Messrs. Rafsanjani, Khatami and other targeted mullahs could influence others who wish to prevent a complete seizure of power by Mr. Ahmadinejad’s military-security clique, which is determined to replace the Shiite clergy as the nation’s ruling elite. Nor is it at all certain that Supreme Leader Khamenei would stand by and watch his power eroded by a rising elite of radicals.

Mr. Ahmadinejad also plans to seize the assets of hundreds of mullahs and their business associates for redistribution among the poor. In his speech at his victory rally yesterday he promised to “dismantle the network of corruption,” and vowed never to negotiate about Iran’s nuclear program with any foreign power: “That file is shut, forever,” he said.

Mr. Ahmadinejad’s victory has several immediate consequences. First, it should kill the illusion that the Khomeinist regime is capable of internal evolution towards moderation. Mr. Ahmadinejad sees Iran as a vehicle for a messianic global revolution.

Second, the election eliminates the elements within the regime — men such as Mr. Mousavi and Mahdi Karrubi (another of the three unsuccessful candidates who ran against Mr. Ahmadinejad) — who have pursued the idea of keeping the theocracy intact while giving it a veneer of democratic practice. According to a statement published yesterday by Mostafa Tajzadeh, a former deputy interior minister who was among 132 anti-Ahmadinejad activists arrested over the weekend, the regime’s “loyal opposition” would now have to reconsider its loyalty. With Iranian Gorbachev wannabes like Messrs. Khatami and Mousavi discredited, advocates of regime change such as former Interior Minister Abdullah Nouri and former Tehran University Chancellor Muhammad Sheybani look set to attract a good segment of the opposition within the establishment.

Mr. Ahmadinejad’s victory has the merit of clarifying the situation within the Islamic Republic. The choice is now between a repressive regime based on a bizarre and obscurantist ideology and the prospect of real change and democratization. There is no halfway house.

The same clarity may apply to Tehran’s foreign policy. Believing that he has already defeated the United States, Mr. Ahmadinejad will be in no mood for compromise. Moments after his victory he described the U.S. as a “crippled creature” and invited President Obama to a debate at the United Nations General Assembly, ostensibly to examine “the injustice done by world arrogance to Muslim nations.”

Iran’s neighbors are unlikely to welcome Mr. Ahmadinejad’s re-election. He has reactivated pro-Iranian groups in a number of Arab countries, notably Saudi Arabia, Kuwait and Bahrain. He is determined to expand Tehran’s influence in Afghanistan and Iraq, especially as the U.S. retreats. He has also made it clear that he intends to help the Lebanese Hezbollah strengthen its position as a state within the state and a vanguard in the struggle against Israel.

Even Latin America is likely to receive Mr. Ahmadinejad’s attention. The first foreign leader to phone to congratulate the re-elected Iranian leader was Venezuela’s President Hugo Chávez, whose “brotherly message” received headline treatment from the state-controlled media in Tehran. Later this year, Mr. Ahmadinejad plans to attend the summit of the nonaligned movements in Cairo to claim its leadership, according to Iran’s official news agency, with a message of “unity against the American Great Satan” and its allies in the region.

Buoyed by his dubious victory, Mr. Ahmadinejad appears itching for a fight on two fronts. He thinks he can have his way at home and abroad. As usual in history, hubris may turn out to be his undoing.

Mr. Taheri’s new book, “The Persian Night: Iran Under the Khomeinist Revolution,” is published by Encounter Books.


Iran: Quand on a vu ces trois millions de personnes dans les rues, on a été surpris (How many people would like to be held up by our group?)

25 juin, 2009
Corrupted hands (iranian Take the money and run, 2001)Okay, on va voter. Combien de personnes ici voudraient être braquées par ce groupe? Et maintenant combien de personnes voudraient être braquées par notre groupe? Virgil Starkwell (”Prends l’oseille et tais-toi”, Woody Allen, 1969)
Quand on a vu ces trois millions de personnes dans les rues, on a été surpris. Bernard Hourcade
La Stampa a d’ailleurs révélé que les services secrets italiens avaient détecté depuis 48 heures des transferts massifs de capitaux des fondations iraniennes liées aux différents dirigeants du régime en particulier Rafsandjani. L’article cite également Moussavi et son frère aîné, Khamenei. Selon La Stampa, les sommes expédiées sont limitées à 10 millions de dollars pour ne pas attirer l’attention des inspecteurs chargés de surveiller l’activité bancaire iranienne et transitent via des petites banques privées turques, malaisiennes, indonésiennes, pakistanaise et émiraties vers leurs destinations finales. Iran-Resist
Les manifestations sans précédent qu’ont connu dimanche dernier les rues des grandes villes françaises seraient-elles en train de faire plier les mollahs?

Expulsions de journalistes et diplomates étrangers, transferts aussi précipités que massifs de dizaines de millions de dollars, pays occidentaux demandant à leurs ressortissants de quitter le pays, refus d’obéir de forces de sécurité …

Alors que, malgré la répression sanglante toujours en cours, nos médias et les pompom girls du régime ont commencé à claironner l’essouflement et la mise au pas tant attendues de la rue iranienne …

Pendant que, démontrant l’efficacité que pourrait avoir une véritable politique d’assistance aux peuples en danger, l’une de nos démocraties (non, rassurez-vous: ce n’est pas le Pleurnicheur en chef!) se décide enfin à joindre l’acte à la parole …

C’est-à-dire, après les niveaux médiatique et diplomatique, là où ça fait vraiment mal, au portefeuille du Guide lui-même qui, au moment où il pourrait en avoir vraiment besoin, voit les milliards d’économie de ses vieux jours gelés …

Retour, toujours avec nos amis du site Iran-Resist, sur cette folle semaine …

Où, comme dans le premier et génial film de Woody Allen qui fête ses 40 ans cette année …

Nos décidément malheureux mollahs cinéphiles ont faire voter les clients de la banque pour savoir par qui ils voulaient être braqués et… c’est l’autre bande qui a gagné!

Iran: Les mollahs plient bagages!
Iran-Resist
25.06.2009

Il y a 13 jours le régime des mollahs a annoncé la victoire d’Ahmadinejad suivie d’une saine contestation des résultats pour inciter un soutien international en faveur de Moussavi afin de procurer à ce dernier une reconnaissance qui lui permettrait de refuser la main tendue par Obama. Ce plan ambitieux a échoué car le peuple a profité de la brèche pour descendre massivement dans la rue pour scander des slogans hostiles au régime. Désormais, le régime cherche un moyen pour se tirer d’affaire à moindres frais.

Quand le patron occulte du régime, Rafsandjani, qui est à l’origine du projet d’apaisement via la création des réformateurs et des dissidents, a mis sur le pavé les figurants pro-Moussavi, il n’imaginait jamais les conséquences de ce choix. La brèche ouverte a sorti le régime de ses mises en scène pour le plonger dans un domaine qu’il maîtrise mal comme tout régime fasciste : le monde réel. Jusque-là, Téhéran avait l’habitude d’agiter par intermittence des soi-disant dissidents qui simulaient des querelles pour donner l’illusion d’une démocratie pluraliste mais se taisaient rapidement avant que cela ne dégénère.

La descente massive du peuple dans les rues a surpris les mollahs. Le mot a été lâché par erreur par Bernard Hourcade sur le plateau de C dans l’Air : quand on a vu ces trois millions de personnes dans les rues, on a été surpris. On veut bien le croire. On sait qu’à la fin de la journée, le régime a ouvert le feu et tué 23 manifestants. Cette réaction résultait de plusieurs constatations : non seulement la foule n’arborait pas la couleur verte de Moussavi, ne scandait pas des slogans en sa faveur, mais elle avait aussi appelé à une grève générale et illimitée contre le régime. Pire encore, comme en témoigne cette vidéo, un homme qui se veut un Seyed (lien transmissible de descendance avec le prophète) propose au mollah Abtahi, proche collaborateur de Khatami, d’avoir certaines relations sexuelles avec sa mère « pour l’honneur du titre de Seyed ». Personne n’a défendu le mollah qui semble très apeuré ! Depuis cet incident, la foule descend toujours plus nombreuse et l’on ne voit plus aucun mollah dans les manifestations. Les barbus aussi se font rares.

Cette descente massive du peuple dans la rue a eu lieu au troisième jour de la fausse contestation imaginée par Téhéran pour mettre en selle Moussavi avec une reconnaissance internationale. Cette manifestation inattendue, surprenante selon le gaffeur Hourcade, a en fait mis les mollahs dans un double pétrin : ils devaient continuer leur mise en scène pour obtenir la reconnaissance américaine pour Moussavi sans se laisser déborder encore plus par la rue désormais incontrôlable.

La première mesure défensive du régime n’a pas été un déploiement de ses troupes de la milice anti-émeute, mais l’interdiction aux journalistes étrangers de couvrir ces manifestations non programmées par ses soins. D’emblée, Téhéran a situé le front sur le plan médiatique car c’est là que se passait sa bataille, celle qui devait montrer Moussavi comme une victime pour susciter un soutien en sa faveur.

Cette bataille, Téhéran l’a perdue quand une chaîne insoupçonnable s’est spontanément créée entre les démunis qui descendaient dans la rue et ceux plus aisés qui filmaient les scènes pour les transmettre au monde libre via leur connexion Internet (trop coûteuse pour les moins aisés). Le monde a ainsi découvert une insurrection en direct, une contre-révolution. Incapable de retenir ce flot d’images, Téhéran a cherché à dévoyer le contenu en affirmant via ses troupes de lobbyistes étrangers que les gens continuaient à descendre dans la rue uniquement pour contester les résultats et pour soutenir Moussavi !

Pour donner une certaine crédibilité à cette affirmation, Moussavi a été prié de faire des apparitions remarquées dans ces manifestations incontrôlées. La tâche était difficile car la foule ne répondait pas aux propositions de rassemblement lancées par Moussavi, ce dernier a eu du mal à suivre. Lors de sa dernière apparition, la foule s’est mise à chanter un hymne nationaliste de l’époque du Shah interdit par Khomeiny ! Il est apparu que l’entreprise était risquée car le candidat du régime pouvait à tout instant être hué par la foule devant les objectifs miniaturisés des téléphones portables anonymes qui pallient à l’absence de la presse étrangère sur le terrain. Dès lors, le régime est entré dans une phase de cache-cache avec la foule : d’une part, il attend les appels aux rassemblements et les fait reformuler par les siens, Moussavi Montazéri, Khatami ou encore Karroubi en informant la presse internationale et en lui demandant de relayer l’info, mais il n’envoie jamais aux rendez-vous le mollah inviteur. Nous assistons ainsi depuis 10 jours à des invitations surmédiatisées et des démentis plutôt discrets uniquement destinés aux médias persanophones.

Cette méthode est efficace, puisque que de nombreux médias étrangers continuent à citer le nom de Moussavi, mais cela n’est pas une réussite pour le régime car Moussavi est désormais et sans le vouloir qualifié du candidat de la rue contre le régime. Les mollahs doivent désormais trouver une porte de sortie afin qu’ils ne se retrouvent pas avec un soutien mondial au peuple iranien, qui leur imposerait la tenue d’une nouvelle élection sous l’égide d’observateurs étrangers, un processus qui se transformera en un referendum signant leur destitution !

C’est pourquoi nous assistons à un changement de programme: Moussavi ne demande plus de nouvelles élections, mais la « création d’une commission de vérité » pour un simple arbitrage du Conseil de Discernement géré par Rafsandjani, le concepteur de ce projet raté. Le régime s’en remet au concepteur de ce projet. Ses choix sont limités : si le Conseil de Discernement décidait de donner raison à Moussavi, il donnerait raison à la rue et devrait donc envisager des élections libres c’est-à-dire un referendum ; s’il ne le faisait pas, il irait à la confrontation avec le peuple et le régime exploserait, les Pasdaran refusant de tirer. En évoquant un recours à ce Conseil, le régime pris à son propre piège cherche en fait à retarder les échéances sans doute pour couvrir la fuite des dirigeants.

La Stampa a d’ailleurs révélé que les services secrets italiens avaient détecté depuis 48 heures des transferts massifs de capitaux les fondations iraniennes liées aux différents dirigeants du régime en particulier Rafsandjani. L’article cite également Moussavi et son frère aîné, Khamenei. Selon La Stampa, les sommes expédiées sont limitées à 10 millions de dollars pour ne pas attirer l’attention des inspecteurs chargés de surveiller l’activité bancaire iranienne et transitent via des petites banques privées Turques, Malaisiennes, Indonésiennes, Pakistanaise et Emiraties vers leurs destinations finales. Les mollahs plient bagages. En attendant d’avoir fini de déplacer leurs capitaux, ils font patienter leurs interlocuteurs avec la création d’une commission de vérité et des tergiversations sur l’opportunité de demander ou pas un arbitrage du Conseil de Discernement. Cette fuite qui laisserait les Bassidjis seuls face à la colère populaire pourrait tourner au désavantage des fuyards. Leurs sympathiques gardes du corps pourraient les retenir à Téhéran. Chacun l’espère.

On peut parler d’Annus Horribilis pour Rafsandjani : il avait sélectionné Larijani pour succéder à Ahmadinejad, mais le rouquin a cherché à le virer via la prise de contrôle du ministère de l’intérieur par son plus proche collaborateur Ali Kordan. Il a alors déchu Kordan et écarté Larijani et opté pour le maintien d’Ahmadinejad, avant d’imaginer à la hâte ce plan B autour de Moussavi qui s’avère être son dernier choix politique, ses choix étant désormais d’ordre de survie et ce n’est qu’un début.

La chute n’est désormais qu’une question de temps. Ceci explique peut-être la nervosité des bassidjis et la répression très sanglante du dernier rassemblement à Téhéran qualifiée de massacre par plusieurs témoins. Les images font état d’une ville en guerre, l’Allemagne a demandé à ses ressortissants de quitter le pays.

un témoin : les bassidjis nous ont massacrés…

Conscient que les mollahs pourraient l’entraîner dans leur chute, Bachar El Assad vient de revoir sa position sur la main tendue par Obama. Nous verrons aussi des changements chez les protégés des mollahs : le Hamas et le Hezbollah. La chute des mollahs changera la face du Moyen-Orient et du monde.

Voir aussi:

Iran: Le Guide, dévasté par la « politique perverse » de Londres
Iran-Resist
25.06.2009

Il y a quelques jours, le ton est monté entre Téhéran et Londres. La version officielle parle d’une querelle autour de l’expulsion de Jon Leyne le correspondant de la BBC à Téhéran, mais la vérité est différente car les relations ne cessent de se détériorer.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a déclaré que Téhéran souhaitait réduire le niveau de ses relations avec la Grande-Bretagne. Les deux pays ont d’ailleurs expulsé chacun des diplomates de l’autre pays, Téhéran accusant la Grande-Bretagne d’interférer dans ses affaires internes.

En fait, Londres s’est immiscé non pas dans les affaires internes du régime mais dans celles de son Guide Suprême quand il a fait geler ses avoirs placés en Angleterre sur le compte de son fils Agha Mojtaba : 1 milliard 600 millions de dollars qui sont désormais officiellement bloqués pour être restitués au peuple iranien après la libération du pays. Un petit cadeau pour faire oublier la collaboration britannique avec les mollahs qui fut l’un des principaux obstacles à un changement de régime.

Dans cette opération, le Guide a perdu une bonne partie de ses économies pour ses vieux jours, juste au moment où il pourrait en avoir besoin pour s’acheter un exil tranquille. On comprend donc son dépit. Il lui reste néanmoins près de 8 milliards de $ disséminés dans plusieurs autres comptes avec des noms d’emprunts. Parmi ceux-là on peut citer 800 millions de dollars déposés sur un compte allemand au nom de Mojtaba Tehrani.

Le vent tourne. D’autres mollahs tremblent déjà à l’idée de perdre leurs avoirs d’où cette colère collective qui est celle du régime et non d’un seul homme.

Voir enfin:

Iran: Hier à Téhéran, on a crié Mort à la République Islamique
Iran-Resist
24.06.2009

Les Iraniens ne se démobilisent pas : le régime est donc passé à des méthodes de désinformation indignes : il a mis en place plusieurs adresses email de délation et évoque déjà des centaines de courriels de délation afin de semer le doute dans l’esprit de solidarité qui a régné cette semaine en Iran, faisant toujours reculer la milice armée face à des foules désarmées.

Puisqu’il a été incapable de mater l’insurrection qui se veut clairement une contre-révolution islamique, le régime a commencé à prétendre le contraire pour démoraliser les troupes. Non seulement, il a annoncé la création d’adresses virtuelles pour la délation et des centaines de cas en quelques heures, mais il a aussi mis on-line une vidéo soi-disant amateur qui montre des miliciens armés et casquées en train d’arrêter deux suspects à l’intérieur de leur propre cour d’immeuble avec beaucoup de facilité et sans trop de violence.

Cette vidéo est un peu ridicule car on voit le panier à salade de nos CRS locaux qui est également garé dans l’espace privé de l’immeuble ! C’est illogique. C’est ce qui arrive quand on fait les choses à la hâte. Les deux personnes qui sont censées filmer la scène chuchotent pour expliquer cette scène bizarre ! Mais alors que les miliciens se parlent, nos deux super cinéastes n’ont pas eu idée de noter les noms ou encore le numéro de la plaque d’immatriculation du véhicule de la milice qu’ils filment en parlant de leur tristesse que les miliciens pénètrent ainsi dans les logements, insinuant que les opposants ne sont nulle part à l’abri.

Il y a quelques jours nous avons diffusé une vidéo essentiellement sonore où une fille très sensible parle de sa tristesse devant l’absence de réaction des pays étrangers face à ce qui se passe en Iran. Dans cette vidéo, les cris d’Allah Akbar qui narguent le régime sont assez flous car lointains. Le régime a fait sa propre version de cette vidéo, mais dans celle-ci le propos n’est pas de se plaindre mais faire peur : ici pas de commentaires sur le régime mais une voix très lointaine, mais extrêmement cristalline laisse insinuer une descente de la milice chez une fille. L’info est passée sur une chaîne américaine où chacun a été remué par ces méthodes policières, mais on a négligé le fait qu’il s’agissait d’un document pour insinuer que personne n’était nulle part à l’abri de la sagacité de la milice.

Une descente aux domiciles des gens expose toute la famille à des punitions que l’on imagine. Téhéran cherche à terroriser les plus jeunes en prétendant qu’il va s’en prendre à leurs aînés. Le régime ne s’attaque pas uniquement aux manifestants, il cherche aussi à intimider ceux qui restent à l’arrière. Cette opération d’intimidation est une seconde vague : la semaine dernière le régime faisait casser des façades et des voitures par ses agents pour incriminer les manifestants, afin de casser la chaîne de solidarité citoyenne qui a fait le succès des opposants la semaine dernière. La triche avait été révélée par des personnes qui ont par hasard photographié et filmé les miliciens dans leurs basses œuvres.

Démasqué, le régime a abandonné la casse des biens publics ou privés pour s’orienter vers une méthode plus pernicieuse qui cherche à semer le doute et rompre les relations de confiance entre les manifestants. Parallèlement à la diffusion de ces rumeurs de délation et d’arrestations annoncées ou filmées, le régime a aussi commencé à envoyer via Youtube des vidéos montrant des villes apaisées pour évoquer la fin du mouvement. On lit aussi ça et là des confidences d’ex-manifestants qui évoquent leur déception de la fin de ce mouvement qui fut si beau.

Ces rumeurs ne trompent que ceux qui veulent y croire car hier au moment où certaines confidences lues ou entendues ça et là évoquaient un Téhéran étouffé, avait lieu sur la Place Haft é Tir une grosse manifestation de 60,000 personnes qui a donné lieu à 200 arrestations. Au moins, 6 personnes ont été tuées et il y a également eu deux blessés graves dont nous avons publié les images hier.

Aujourd’hui aussi les soi-disant ex-manifestants ont été de corvée de rumeurs, mais la foule s’est encore réunie à Téhéran cette fois sur la Place Bahârestân devant l’entrée du Parlement historique de l’Iran et notre source sur place a fait état d’une nouvelle journée sanglante, mais sans donner de détails.

Aujourd’hui, on a aussi eu la bonne surprise d’entendre pour la première fois à Téhéran le slogan « MARG BAR JOMHURI ESLAMI » (mort à la république islamique) à proximité de la Place de la Révolution !

Le mouvement ne se démobilise donc pas. Parallèlement à cette présence désormais quotidienne sur le pavé, la grève générale et illimitée a débuté partiellement. Au Kurdistan, nos compatriotes ont débrayé à plus de 60% dans les ateliers et les commerces. Mais dans plusieurs villes dont Saghez qui est la seconde ville de cette région plus de 90% des commerçants ont baissé leurs rideaux métalliques.

On signale aussi une grève partielle de l’industrie pétrolière ainsi qu’une nouvelle brèche dans le corps des Pasdaran, 17 des chefs historiques et très croyants de cette milice ont fait part de leur désapprobation du limogeage (et de la « disparition ») d’Ali Fazli, le haut commandant des Pasdaran à Téhéran qui a refusé d’ouvrir le feu sur le peuple de Téhéran. Ces chefs historiques des Pasdaran que l’on ne peut dissocier de la révolution islamique ont publiquement fait savoir que la répression de la foule était « en contradiction avec l’esprit de la révolution islamique de 1979 ».

Il y a donc d’une part les images de la mobilisation et de l’autre des nouvelles très réjouissantes pour l’opposition et entre les deux, un régime aux abois réduit à se défendre par des rumeurs et des menaces comme s’il manquait de troupes prêtes à le défendre.


Iran: Les pompom girls ont encore frappé (New acrobatic maneuvers have turned cheerleaders into daredevils)

24 juin, 2009
Complete cherrleadingEtre pompom girl n’est plus ce que c’était. Ce n’est plus sois belle et tais-toi sur la ligne de touche. Erin Brooks
Bien sûr, le voile est un instrument de pression mais en même temps pour certaines femmes, pour certaines catégorie d’Iraniennes, le voile a été en même temps un outil de liberté. Sara Yelda (écrivaine iranienne vivant en France)
Déjà, il faut prévenir le téléspectateur que si on veut perdurer dans le métier d’iranologue, on évite de faire des prévisions. (…) Je voulais simplement rappeler pour les téléspectateurs qu’il y a quelque chose de très fort dans la mémoire collective iranienne, c’est le coup d’Etat de 1953 où on le sait maintenant la CIA et l’Intelligence service ont fait sortir du jeu politique Mossadegh et l’ont remplacé par le Shah. Thierry Coleville
Les pompom girls du régime ont encore frappé!

Exemplaire illustration, hier soir sur France 5, de la manière dont les lobbyistes du régime, français comme iraniens, contribuent sur nos plateaux au black-out médiatique sur la répression sanglante de sa propre population par la prétendue “République” des mollahs …

Hourcade et Coville du côté français, Adlekhah et Sara Yalda (enregistrée) du côté iranien, sans compter le naïf de service avec un journaliste encore tout ébloui venant de faire son plein de poids des mots-choc des photos en couvrant pour Radio Quai d’Orsay une véritable “campagne à l’américaine” …

Il faut dire, même s’il lui manquait son fidèle dhimmi de service Antoine Sfeir, qu’Yves Calvi leur avait, comme à son habitude, largement facilité la tâche avec un plateau parfaitement bétonné.

A côté de ça, on imagine aisément l’impact qu’ont pu avoir les quelques (90) secondes enregistrées du journaliste d’Iran-Resist tentant de rappeler, le goujat, les si prosaïques réalités d’un régime qui institutionalise les mariages forcés de petits filles de 9 ans (des “héritages anthropologiques” d’un autre âge, on vous dit !).

Alors que nos thuriféraires stipendés (la fine fleur en fait du CNRS et des IRIS et autres CERI que le monde nous envie) n’en avaient que pour l’incroyable modernisation (la meilleure couverture médicale comme à Cuba, ça, on a pas eu le tmps de le dire, mais bon on peut pas tout dire!) d’une société qui a réussi, gràce au tchador et en à peine 30 ans, à envoyer 60% de ses jeunes filles à l’université (certes pour rester à la maison après, mais bon, on peut pas tout avoir!).

Avec processus électoral à l’américaine (femmes des candidats sur les podiums, on vous dit!) et taux de participation idoine (bon, 85%, ça fait plus soviétique et les candidats avaient dûment été pré-sélectionnés par le régime, mais on va pas chipoter!).

Obama y a été dûment et sobrement qualifié de “génial” (Hourcade) et on a même appris que ses méchants prédécesseurs (il était même pas né !) avaient déposé manu militari un premier ministre démocratiquement élu pour le remplacer par le shah honni (oui, on sait, ledit premier ministre avait été nommé par ledit shah qui pouvait donc le remercier, mais entre personnes de bonne compagnie, on se comprend!).

Bref, conclusion écrite d’avance dans la composition du plateau malgré le titre faussement accrocheur de l’émission (notre ami et confrère d’Iran-Resist est peut-être un peu charitable avec notre Yves Calvi national), la République islamique est tout simplement en train, puisqu’on vous le dit, de faire la preuve de sa remarquable modernisation …

Iran: C dans l’air, 2 heures de résistance!
Iran-Resist
24.06.2009

L’Iran est au centre des débats. Le peuple est dans la rue, cela suscite des interrogations, de l’espoir. C’est ce à quoi pensait Yves Calvi en intitulant sa dernière émission : Iran, la révolution ? Malheureusement, on a peu parlé de cette révolution visible, car il y avait de la résistance dans l’air !

« Iran, la révolution ? » restera sans doute gravé dans la mémoire d’Yves Calvi. Pendant, une heure, il aura tout essayé pour engager le débat sur la république islamique, sa répression, ses lois, son idéologie, sans y parvenir car il n’avait pas en face de lui des experts mais des lobbyistes ! Ces questions n’étaient pas vues comme des interrogations curieuses mais des critiques qui suscitaient des réactions défensives.

En fait, pendant une heure, Fariba Adlekhah, Bernard Hourcade et Thierry Coville ont sans cesse défendu le régime des mollahs ! Adlekhah défendait le processus électoral et le taux de la participation, Coville défendait la modernisation de la société grâce à la révolution islamique et Hourcade s’était mué en porte-parole des institutions du régime. A chaque question sur ce qui se passe en Iran, les trois disaient n’en rien savoir et embrayaient chacun sur leur sujet : le processus électoral et le taux de la participation, la modernisation de la société grâce à la révolution islamique et le rôle des institutions.

Ce système de verrouillage de l’info a dérapé quand Yves Calvi a parlé de Neda, la jeune iranienne assassinée ce week-end, par les bassidjis, ces nervis du régime qu’Adlekhah et Hourcade avaient un peu plutôt qualifié de « sortes de scouts » !

Incroyable mais vrai : il n’y eut pas la moindre expression de tristesse et de compassion chez ces voyous médiatiques. Rien. Adelkhah a embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation, Coville a glosé sur la modernité des moyens de communication et Hourcade, en gardien des institutions et défenseur de leur modernité, a nié les faits. Il ne savait rien de Neda et ça le gênait que l’on en parle.

Second choc, Yves Calvi a évoqué l’âge du mariage qui évoque la pédophilie dépénalisée et sans surprise, Adelkhah a embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation, Coville a glosé sur la modernité de notre gardien des institutions et défenseur de leur modernité, Hourcade a encore nié les faits… poussant Calvi a parlé à juste titre de négationnisme ! Une réaction chez les invités ? rien !

Pour faire dévier le débat qui était en train de s’engager sur les mécontentements qui expliqueraient le soulèvement des Iraniens, Adelkhah a immédiatement embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation et le camarade Coville a glosé sur la modernité de la condition féminine en Iran ! Grégory Philipps, le Journaliste français présent sur le plateau, que nous avions déjà remarqué pour ses couvertures faisant état d’une belle démocratie en Iran apporta sa caution morale aux trois autres qui étaient aussi toujours du même avis. A aucun moment, aucun n’a contredit les autres !

Les quatre ont ainsi reconstitué une mini république islamique sur le plateau où Calvi faisait de la résistance ! En agissant ainsi, Calvi a pourtant bousculé le processus propagandiste, fait bafouiller nos soi-disant experts. Belle leçon de journalisme ! Par sa pugnacité souriante, il a poussé les 4 lascars dans leurs derniers retranchements ! Agacés, bafouillant, occupés à se justifier, ils ont oublié l’essentiel : se dire solidaire du peuple iranien.


Iran: Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence? (20 years on: What Tehran Tiananmen?)

21 juin, 2009
Free the 18 ! Down with the Shah! (Feb. 15, 1977)Vendredi 19 juin 2009. Ce soir, on entend encore plus fort les cris d’Allah Akbar. Quel est cet endroit où toutes les portes sont fermées ? Quel est cet endroit où le peuple interpelle uniquement Dieu ? Quel est cet endroit où ce cri devient chaque nuit plus fort ? Tous les jours j’attends la nuit pour voir si les cris vont s’élever davantage ou pas. J’en frissonne. Je ne sais si Dieu en tremble aussi ou pas. Quel est cet endroit où nous sommes si opprimés, pris au piège. Quel est cet endroit où personne ne nous aide ? Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence ? (elle est très émue) Quel est cet endroit où le sang des jeunes coule dans les rues, mais d’autres font leurs prières au même endroit ? Ils se mettent sur ces tâches de sang pour prier ! Quel est cet endroit où ses habitants sont qualifiés de voyous ? Tu veux savoir : cet endroit est l’Iran, ta patrie et la mienne. Cet endroit est l’Iran. Enregistrement d’une Iranienne anonyme (19 juin 2009)
Le président américain Barack Obama appelle le gouvernement iranien à “mettre fin à la violence et aux injustices” dans le pays. Dépêche AFP

Avez-vous remarqué combien de fois il a invoqué le mot “justice” dans son intervention? C’est le mot qui aura les plus profondes résonances pour la résistance iranienne. Quel soulagement d’avoir quelqu’un d’un tel degré de retenue, de prudence et d’empathie – refusant de se laisser piéger par Khamenei ou les neoconset pourtant prenant position avec toute son éloquence, comme nous tous, pour la défense de la liberté et de la non violence. L’invocation de MLK était appropriée aussi. Andrew Sullivan (sur la réponse d’Obama)
Avec la prolifération des technologies de l’information et le phénomène du journalisme citoyen, il es devenu beaucoup plus difficile d’éteindre les lumières sur un pays. Dan Rather
L’Iran se rappellera-t-il ce moment dans deux décennies? L’Iran aura-t-il changé? En dépit de tous les changement qu’a connu la Chine, la répression demeure. Tiananmen n’a été commémoré ce mois-ci qu’en dehors des frontières chinoises. David Paul Kuhn

Au lendemain, 20 ans après un autre massacre censé ne plus jamais se reproduire et avec comme il y a 30 ans l’aide des terroristes stagiaires du régime (?), d’une nouvelle journée de sang dans les rues iraniennes …

Et, entre les bondieuseries du Pleurnicheur en chef et les platitudes des menteurs professionnels qui nous tiennent lieu de médias (”Aucune comparaison avec Tiananmen”, nous assure Dan Rather), d’une rare lâcheté dans nos démocraties …

Où, après le triste spectacle d’un président américain jouant les durs contre la seule démocratie du Moyen-Orient et s’aplatissant devant la pire dictature …

On le voit à présent, dans son obsession à se démarquer de l’idéalisme de Bush fils, rejoindre la passivité de la realpolitik du père face à la répression chinoise il y a 20 ans …

Nos très chers amis d’Iran-Resist reviennent, photos à l’appui et contre la machine à mentir du régime et ses relais chez nous, sur la semaine où est finalement tombé après 30 ans de mensonge, le masque de l’effroyable oxymore de la République islamique …

Iran: La semaine en images n°70
Iran-Resist
21.06.2009

Quelle semaine ! Quelle semaine ! Le régime voulait simuler la démocratie totale en organisant une contestation contre la réélection d’Ahmadinejad, mais le peuple a profité de l’espace de permissivité pour prendre la rue. La semaine en images qui explore depuis plus d’un an la vision des photographes des médias officiels du régime sera à la hauteur de vos attentes. On voit la nette coupure entre la contestation autorisée et ce qui ne l’était pas. On voit aussi la déconfiture du régime en images et en vidéos.

Samedi 13 juin : la victoire d’Ahmadinejad | Tout a commencé dimanche dernier avec l’annonce de la victoire d’Ahmadinejad avec 62% de 85% de suffrages exprimés ce qui dans la comptabilité des mollahs donne (62×85) 53,2% de la totalité de la masse électorale iranienne. Dans la foulée, Téhéran a organisé une contestation démocratique des résultats et un show surmédiatisé du refus de cette contestation par le Guide suprême. Il s’agissait de pousser Obama à prendre le parti de Moussavi, ce qui aurait conféré à ce dernier une légitimité démocratique mondialement admise fort utile pour refuser par la suite tout dialogue et compromis avec Obama !

13 & 14 juin : la contestation officielle | Pendant deux jours, nous avons donc eu droit à plein de soi-disant images vidéos volées et postées sur Youtube, mais on y voyait des gens jouer la comédie. Ils restaient debout après des coups de matraques, se relevaient après avoir fait semblant de s’évanouir ou encore ils courraient mollement devant des miliciens se déplaçant à la même allure. France 24 a été ainsi dupée par l’un de ces observateurs en Iran, visiblement membre du service de la désinformation de la milice.

Lundi 15 juin : ça bascule | Mais après deux jours de comédie, le régime a voulu passer à la vitesse supérieure avec l’entrée en scène triomphale de Moussavi. Ce dernier a appelé à une grande manifestation qui devait être couverte par l’agence de presse MEHR qui est rattachée à l’institut pour la publicité de la république islamique. Ces photos n’ont pas été publiées car c’est à ce moment là que l’histoire a basculé : 1,5 à 2 millions d’Iraniens hostiles au régime sont descendus dans la rue sans porter la couleur verte de Moussavi et choisissant une marche silencieuse pour se démarquer clairement des 30,000 figurants (dont le régime dispose à Téhéran) qui vêtus de vert criaient « Moussavi, Moussavi ».

Si Moussavi était l’idole des 1,5 à 2 millions descendus dans la rue, il se serait précipité à leur rencontre pour un bain de foule géant, mais il a vite quitté les lieux et le régime a chargé la foule quand cette dernière à commencé à appeler à une grève générale et à un rassemblement sur la Place Haft-é tir (Place du 28 juin), qui fait référence à un attentat qui le 28 juin 1980 a failli mettre fin à la république islamique. Le régime a compris le message : il a donné la charge, tuant 23 personnes et faisant une cinquantaine de blessés. Ci-dessous un homme mortellement blessé et une vidéo de la foule qui demande vengeance et scande : « Bassidji sans honneur, tu es l’ennemi du peuple ! »

Moussavi n’a pas dénoncé ces crimes, sans s’excuser, il a même agi dans le sens contraire en appelant à la démobilisation, transformant ainsi le rassemblement sur la Place très symbolique de Haft-é tir en un rassemblement interdit par la loi et donc susceptible d’être réprimé le plus durement possible. Deux jours plus tard, il a même publiquement fait état de son approbation pour faire feu sur les manifestants sans autorisation.

Mardi 16 juin : la journée perdue | Cependant, la manifestation de la Place Haft-é tir a eu lieu, mais il n’en existe pas d’images car en ce second jour du dérapage, le régime a interdit aux journalistes étrangers de sortir. Il a alors organisé un contre rassemblement uniquement en faveur de Moussavi, une manif où les figurants ont oublié qu’il fallait être triste en mémoire des morts de la veille !

Téhéran transmis ces images à la presse étrangère et fait des photos comme l’exemplaire ci-dessous par l’agence MEHR pour la presse écrite. C’est ce que l’on voit chez des journalistes français proche du régime comme Delphine Minoui. Ci-dessous, la vidéo officielle du régime, 2 photos officielles et un aperçu de la journée !

Cependant ces photos heureuses de rassemblement joyeux en faveur de Moussavi sont les dernières réalisées par l’agence MEHR ou toutes autres des multiples agences de presse du régime. Dès le mercredi ; quand Téhéran a basculé dans les premiers affrontements très violents avec le régime, ses médias ont zappé la contestation pour fournir à la presse nationale et internationale des images d’un pays uni et serein.

C’est là que nous avons eu droit aux images très colorées du rassemblement pro-Ahmadinejad qui en raison du manque d’effectif a dû être maquillé à l’aide de Photoshop. Cette fois, l’honneur ne nous revient pas, c’est un site américain qui a découvert ce travail artistique.

Dans le tourment soulevé par les rassemblements et affrontements quotidiens à Téhéran et les autres villes du pays, le régime a focalisé ses efforts sur la grande prière de vendredi avec la participation du Guide lui-même. Les images sont colorées, joyeuses, épiques, mais la foule est maigre pour écouter le discours triomphal du n°1 officiel du régime, Ali Khamenei.

Les médias du monde entier ont évoqué ses propos et sa promesse de briser la contestation et ont un peu vite enterré le mouvement autonome de la contestation anti-régime. Il suffit de regarder les visages des premiers rangs composés des gros bonnets du régime pour comprendre que ça va mal.

Ces gens-là risquent le lynchage d’où ces mines déconfites et ces regards sans le vide.

La veille (jeudi), plus de 100,000 personnes avaient désobéi à Moussavi qui leur donnait rendez-vous dans les mosquées pour pleurer habillés en noir les 7 morts admis par le régime et non les 250 à travers tout le pays et les 320 blessés détenus en majeure partie prisonniers des Pasdaran. Au Lieu d’aller dans les mosquées pour pleurnicher, ils s’étaient réunis sur la place de l’Arsenal pour chanter l’hymne national interdit Khomeiny et pour brandir des écriteaux où ils se disaient « prêts à verser leur sang ».

Ce jour-là pour ne pas perdre la face, Moussavi s’était approché de la foule avant de la quitter sans aucun appel à poursuivre le mouvement comme l’avait fait à sa place le vrai chef de l’opposition, Reza Pahlavi. A la fin de ce rassemblent hautement symbolique évoquant le refus des larmes et l’acceptation du sacrifice pour la liberté, la foule s’était dispersée sans évoquer les consignes pour les jours avenirs. Les meneurs l’ont fait vers 6 heures du matin le lendemain en évoquant un rassemblement le vendredi encore sur la Place de l’Arsenal et samedi (hier) sur la place de la révolution !

Dépassé, Moussavi n’a pas pu s’incruster encore une fois et il s’est mis au vert ! Pour ne pas perdre le pied, le régime a fait avancer les autres modérés, Karroubi et Khatami, tous deux membres de l’Association du Clergé Combattant, qui se sont cyniquement appropriés le second rassemblement de ce samedi à 16 heures sur la place de la révolution. Mais nos deux combattants modérés, chouchous de l’Occident, ne sont pas venus au rendez-vous fixé en expliquant leur geste par le fait que le ministère de l’intérieur ne leur avait pas donné l’autorisation légale. Ils ont donc appelé leurs partisans « à rester chez eux sans se laisser abuser par des faux appels à manifester ».

Samedi 20 juin : Intifada sous les bravos (« Afarin ou Mashallah ») | Si l’on avait encore des doutes cela n’est plus permis : ces gens ne représentent personne car environ 3,000,000 de personnes ont désobéi au Guide, à Karroubi, Moussavi et Khatami pour descendre dans la rue malgré le fait que la veille le régime avait placé à chaque carrefour des troupes de bassidjis (ci-dessous) normalement basées en province par peur de manquer d’effectifs. Selon nos infos, les gendarmes et une partie des Pasdaran auraient refusé de tirer.

On parle aussi de 5000 Libanais du Hezbollah appelés en renforts. Malgré ces dispositifs lourds, les manifestants ont pu investir la place de la Révolution qui peut contenir plusieurs millions de personnes ainsi que les avenues avoisinantes. Tout le monde a pu voir les images de ce rassemblement sur la chaîne américaine VOA où néanmoins la direction coupait toutes paroles ou slogans hostiles à Moussavi ou un autre mollah. Une personne a su tromper la vigilance du très désagréable présentateur pour dire que « Karroubi et Moussavi n’étaient plus les bienvenus parmi eux, que s’ils venaient ils seraient exécutés sur place par les manifestants ».

Durant tout l’après-midi et la soirée, ces millions lâchés par les différents groupes du régime, les modérés, les fausses féministes, le BCU, sont entrés en collision frontale avec les troupes du régime. La situation étant très tendue le régime a d’abord donné l’ordre de faire usage de gaz lacrymogènes, de canons à eau bouillante, des matraques et des Tasers, mais très tôt des coups de feux ont été entendus. Pour aller au-devant de cette milice créée pour défendre l’Islam, depuis quelques jours, les manifestants crient « Allah Akbar » pour montrer que leur objectif n’est pas de détruire l’Islam, mais le régime.

C’est pourquoi on voit des scènes très confuses pour les Occidentaux où l’on entend ce slogan intercalé avec des « mort au dictateur », « mort à Khamenei » ou encore « mort à la république Islamique ». De la même manière tous les soirs, les gens montent sur les toits pour crier Allah Akbar afin de repérer des foyers de contestation dans le voisinage sans pour autant être hors la loi, Allah Akbar étant légal sous le régime des mollahs.

Au même moment que l’on criait ce slogan, une rumeur qui s’est avérée être une info à forte connotation symbolique s’est répandue partout : on avait explosé le mausolée de Khomeiny ! Même si la destruction n’est que partielle, symboliquement le régime est atteint ! C’est un réconfort pour ceux qui ont pris d’assaut ce géant aux pieds d’argile et qui ont déjà perdu dans la bataille de samedi au moins 5 amis.

Les images de ces morts arrivent au compte-gouttes. Mais l’ennemi ne désarme pas : dépassé par les événements, il a chargé ses lobbyistes de minimiser les faits ou relier la manif à Moussavi. Ainsi Pierre Celerier de l’AFP a fait comme le régime en évoquant « quelques milliers de manifestants » au lieu d’au moins 3,000,000 vus sur les images de VOA, et Delphine Minoui a publié un énième article à la gloire de la victoire de Moussavi avec une photo où l’on voit des bassidjis faire la prière dans ces rues où ils ont fait couler le sang des innocents. Delphine, il va falloir que tu achètes un par un tous les exemplaires du livre « Les Pintades de Téhéran » que tu as écrit où tu parles des bassidjis branchés, cools et mignons.

La seule réponse à cette indécence est cet enregistrement sur un fond de tirs de mitraillette fait vendredi soir par une Iranienne. “Vendredi 19 juin 2009. Ce soir, on entend encore plus fort les cris d’Allah Akbar. Quel est cet endroit où toutes les portes sont fermées ? Quel est cet endroit où le peuple interpelle uniquement Dieu ? Quel est cet endroit où ce cri devient chaque nuit plus fort ? Tous les jours j’attends la nuit pour voir si les cris vont s’élever davantage ou pas. J’en frissonne. Je ne sais si Dieu en tremble aussi ou pas. Quel est cet endroit où nous sommes si opprimés, pris au piège. Quel est cet endroit où personne ne nous aide ? Quel est cet endroit où on doit nous faire entendre du monde entier avec notre silence ? (elle est très émue) Quel est cet endroit où le sang des jeunes coule dans les rues, mais d’autres font leurs prières au même endroit ? Ils se mettent sur ces tâches de sang pour prier ! Quel est cet endroit où ses habitants sont qualifiés de voyous ? Tu veux savoir : cet endroit est l’Iran, ta patrie et la mienne. Cet endroit est l’Iran.”

Voir aussi:
Tehran, Tiananmen and Obama’s Bush I Realism
David Paul Kuhn
Real Clear Politics
June 16, 2009

Tehran is beginning to feel like Tiananmen.

The inspiring images of this Iranian green revolution, of the young striving for freedom, carries an eerie symmetry with Tiananmen Square. A brave student in a burka standing against armed police feels like that boy who stood against those tanks.

We are left to wonder, will Iran recall this moment in two decades? Will Iran have changed? For all the change in China, the repression remains. Tiananmen was recalled this month only beyond China’s borders.

Barack Obama came to Cairo on the 20th anniversary of the Tiananmen Square massacre. It was a speech to engage the Muslim world and implicit with compromise. Vital actors toward peace included some of the most repressive regimes in the world, from Saudi Arabia to Egypt. Obama spoke professorially of liberty but, as expected, did not risk relations with Cairo by evoking the struggle of prominent Egyptian dissident Ayman Nour.

As Tiananmen unfolded, like today, the political left and right came together. Both political bases stood with the students. Top foreign affairs men in Congress, from liberal Representative Stephen Solarz to conservative Senator Jesse Helms called for the White House to stop arms sales and high-technology transfers.

George H.W. Bush and Secretary of State James Baker urged caution. Bush said that he “deeply deplore[d] the decision to use force against peaceful demonstrators and the consequent loss of life.” But Baker added that the Chinese Government displayed ”a significant amount of restraint” over the last few weeks in dealing with protesters.

Bush feared hurting relations with China more than standing up for the right thing. Just as Obama now fears, the repressor is the same party Bush had to engage when the worst repression was over.

And so Obama holds back. He does not want to respond harshly to the same Iranian regime that he hopes to work with on its nuclear program and the Muslim-Israeli peace process. And also like Bush, Obama realizes how sensitive foreign capitals are to American interference.

“It’s not productive, given the history of U.S.-Iranian relations, to be seen as meddling–the U.S. president meddling in Iranian elections,” Obama told reporters today. “What I will repeat and what I said yesterday is that when I see violence directed at peaceful protesters, when I see peaceful dissent being suppressed, wherever that takes place, it is of concern to me and it is of concern to the American people.”

His Monday statement came after allies from Germany to France had already offered far stronger condemnation. Meanwhile, a state department spokesman on Monday sounded most like Baker in his restraint. He said Washington is “deeply troubled” but “I haven’t used that word, ‘condemn,’” because the United States had to “see how things unfold.”

Obama is a president who turned away from the son to seek the father. He has left the hawkish idealism of George W. Bush, often termed neo-conservatism, and turned toward the realism of H.W. Bush. On the campaign trail, Obama spoke admirably of the father often as he criticized the son.

So perhaps no one should be surprised that now, as I wrote on the day of Cairo, marriages of convenience again reign over U.S. foreign policy. The man elected to personify our better angels, would have to work with some bad men to get his job done.

Now Democrats have the power to decide what to do about Iran. But realism is a cold dish to come from the party that claims the warmer heart. It places a state’s interest first and last.

In recent years, the American political left gravitated toward realism. Obama, like many on the left, drummed that Iraq did not attack the United States on September 11, 2001. It was a war of choice, not necessity. And so the inference was, foreign policy must be guided by necessity and not ideals.

Now Obama is acting the realist. W’s “freedom agenda” is far away in that corridor of misapplied policy and misspent power. Liberals now have to deal with the contradictions of power. Is their ideal president more realist than idealist? Is Wilsonism dead? If the answer is yes, what should Americans do about oppression abroad? After all, freedom is the unifying value of liberalism. You can’t talk down most tyrants. And confronting Iran will only undercut talks. And its talks the left has long sought.

Yet Obama may have to risk talks to take some stand. H.W. Bush felt compelled, only days after hesitating, to impose sanctions targeted at the Chinese military and take humanitarian measures. But he would only go so far. “I don’t want to see a total break in this relationship, and I will not encourage a total break in the relationship,” Bush then said.

A week later, Bush was forced to go further. The president publicly criticized China’s senior leader. But at the same time, Baker was participating in backroom diplomacy with Beijing to avoid confrontation.

It may be that in Bush’s approach to Tiananmen is Obama’s roadmap on Tehran.

David Paul Kuhn is the Chief Political Correspondent for RealClearPolitics and the author of The Neglected Voter. He can be reached at david@realclearpolitics.com


Iran: Rarement dans l’histoire américaine… (A foreign policy course so thoroughly repudiated by events)

20 juin, 2009
Obama's double standards
Bizarrement, je pense qu’Obama joue la montre et espère que les manifestants seront écrasés avant que la honte d’avoir fermé les yeux – parfois par son silence et parfois par ses banalités d’équivalence morale – sur la brutale théocratie iranienne ne devienne trop lourde, même pour lui, à supporter. (…) Personne ne demande qu’on envoie la cavalerie ou l’aviation mais juste un certain encouragement moral pour ne pas inciter des gens à descendre dans la rue et puis les abandonner à leur sort au moment où ils ont le plus besoin de notre soutien (comme en Hongrie ou pour les Chiites à Bagdad en 1991), mais à la place accorder notre reconnaissance à ceux qui d’eux-mêmes ont déjà pris cette décision dangereuse et méritent notre admiration en termes bien plus forts que ce que nous avons jusqu’ici vu de la Maison Blanche. (…) Cette crainte d’offenser des théocrates sanguinaires qui soutiennent le terrorisme est évidemment tout à fait ahurissante: un président de l’espoir et du changement se révèle faible et cynique à un moment critique où les pires racailles de la Corée du Nord au Venezuela nous observent attentivement et tentent d’évaluer nos capacités de réaction. Victor Davis Hanson
En une sorte d’ironie perverse, la menace la plus sérieuse que la République islamique ait jamais connue depuis sa création arrive au moment même où le premier président américain à accepter explicitement la légitimité du régime se trouve à la Maison Blanche.
Quelque crédibilité que les mollahs aient perdue dans la rue, ils l’ont récupérée à Washington, où le président semble bizarrement moins enthousiaste pour un changement de régime en Iran que nombre d’Iraniens eux-mêmes.
La timidité d’Obama témoigne d’une mauvaise conscience. À un certain niveau, il prend pour argent comptant la critique post-coloniale de l’Occident comme source des problèmes du monde en voie de développement et pense que nous n’avons pas l’autorité morale pour juger les gouvernements non-occidentaux qui nous en veulent et nous envient. Obama est parfaitement capable de lancer des attaques cinglantes et moralisantes uniquement contre son propre pays, particulièrement sous les mandats de son prédécesseur. Qui sommes-nous pour condamner ds exactions contre des manifestants pacifiques quand nous avons nous-mêmes torturé trois terroristes ?
S’il n’y a aucun coût à payer pour la violation des normes internationales consistant à écraser des manifestants de chair et de sang, pourquoi y en aurait-t-il pour le non-respect flagrant des contraintes de papier de l’Agence internationale de l’énergie atomique? Rich Lowry
Rarement dans l’histoire américaine une politique étrangère a-t-elle été aussi radicalement contredite par les évènements. Bret Stephens

A l’heure où, dans l’indifférence de nos démocraties …

Un peuple à mains nues a encore risqué sa vie contre les nervis du pire oxymore de l’histoire, la “République islamique”

Et Télé Moussavi tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes …

Pendant que le parti du Pleurnicheur en chef vote en urgence, 144 ans après son abolition, des excuses pour l’esclavage!

Oubliant au passage de s’excuser pour, comme le rappelle James Taranto du WSJ, la création du premier parti abolitionniste (années 1850, Républicain, dont Martin Luther King sera plus tard membre!) de Lincoln, la guerre civile contre le sud esclavagiste (4 ans, 600 000 morts), la déclaration d’Emancipation du même Lincoln (1863), les 13e (abolissant l’esclavage), 14e (égalité et protection) et 15e Amendements (droit de vote), la loi sur les droits civiques (1964) – mais surtout pas pour les Démocrates racistes et leur KKK!

Retour, avec une tribune du WSJ qui, si elle n’évite pas le contresens sur le faux modéré Moussavi, a le mérite de pointer le triste spectacle d’un président américain …

Jouant les durs contre la seule démocratie du Moyen-Orient et…

s’aplatissant devant la pire dictature!

Wanted: ‘Hope’ for Iran
Rarely in U.S. history has a foreign policy course been as thoroughly repudiated by events
Bret Stephens
The Wall Street Journal
June 17, 2009

On the one hand we have democratically elected Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, reputed hardliner, who on Sunday abandoned his own long-held position and, to the immense disappointment of much of his political base, spoke of his willingness to accept a Palestinian state — provided only that the Palestinians forswear military pursuits, resettle Palestinian refugees in their own territory, and recognize Israel as a Jewish state, just as the U.N. did at the country’s founding.

On the other hand there’s Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, Holocaust-denier and nuclear aspirant, who on Friday was declared the winner of an election so transparently rigged that the only serious question is whether the regime even bothered to stuff the ballot boxes. Since then, scores of reformist politicians have been arrested or intimidated, rallies have been banned, and the possibility of an Iranian Tiananmen hangs in the air.

Question: Toward which of these two leaders does President Obama intend to play the heavy?

Not, apparently, with the Iranian. On Saturday, spokesman Robert Gibbs said the White House “was impressed by the vigorous debate and enthusiasm that this election generated, particularly among young Iranians.” On Sunday, Joe Biden allowed that there “was some real doubt” about the election, but said the U.S. would continue its outreach to Iran anyway. It was only after 48 hours that the president finally echoed his spokesmen.

This is a strange turn of events. In Cairo two weeks ago, Mr. Obama trumpeted “my commitment . . . to governments that reflect the will of the people.” He also lamented that “the United States played a role in the overthrow of a democratically elected Iranian government.” Yet here is his administration disavowing the first of these commitments while acquiescing in the overthrow — before it can even be installed — of another democratically elected Iranian government.

Now a presidency that’s supposed to be all about hope is suddenly in cynical realpolitik mode — the only “hope” it means to keep alive being a “grand bargain” over Iran’s nuclear program. This never had much chance of success, but at least until Friday’s sham poll it wasn’t flatly at odds with the interests of ordinary Iranians. Not anymore.

Here’s a recent comment from one Iranian demonstrator posted on the Web site of the National Iranian American Council. “WE NEED HELP, WE NEED SUPPORT,” this demonstrator wrote. “Time is not on our side. . . . The most essential need of young Iranians is to be recognized by US government. They need them not to accept the results and do not talk to government as an official, approved one.”

Someday a future president may have to apologize to Iranians for Mr. Obama’s nonfeasance, just as Mr. Obama apologized for the Eisenhower administration’s meddling. But the better Eisenhower parallel is with Hungary in 1956. Then as now a popular uprising coalesced around a figure (Imre Nagy in Hungary; Mir Hossein Mousavi in Iran), who had once been a creature of the system. Then as now it was buoyed by inspiring American rhetoric about freedom and democracy coming over Voice of America airwaves.

And then as now the administration effectively turned its back on the uprising when U.S. support could have made a difference. Hungary would spend the next 33 years in the Soviet embrace. One senses a similar fate for Iran, where Mr. Ahmadinejad’s “victory” signals the ultimate ascendancy of the ultra-militants in the Revolutionary Guards Corps and the paramilitary Basij, intent on getting what they want and doing as they please even in defiance of their old clerical masters. Which means: Get ready for a second installment of the Iranian cultural revolution. Mr. Ahmadinejad signaled as much when he promised to go after the corrupt elements of the old regime, particularly the circle around former president Akbar Hashemi Rafsanjani, who openly opposed the incumbent prior to Friday’s poll.

As for the hope — expressed over the weekend by one unnamed senior U.S. administration official to the New York Times — that Mr. Ahmadinejad would moderate his course in foreign policy to allay concerns about his legitimacy, the president made his views plain on Sunday. “It’s not true,” he said. “I’m going to be more and more solid.”

Those are words for Mr. Obama to ponder. Rarely in U.S. history has a foreign policy course been as thoroughly repudiated by events as his approach to Iran in his first months in office. Even Jimmy Carter drew roughly appropriate conclusions about the Iranian regime after the hostages were taken in 1979.

Maybe this president will now draw roughly appropriate conclusions, too. Or maybe he’ll just turn his gaze from his nonstarting overture to Tehran to the Holy Land, whose pastures look ever-so slightly greener thanks to Mr. Netanyahu’s attempt at reasonableness and conciliation. Israelis shouldn’t count on Mr. Obama responding in kind.

Voir aussi:

We’re All Neocons Now
Obama’s timidity on Iran leaves him increasingly isolated.
James Taranto
June 18, 2009
The Wall Street Journal

Each day President Obama’s blasé business-as-usual attitude toward Iran seems more out of touch with reality. Today’s New York Times reports that the president “is coming under increased pressure from Republicans and other conservatives who say he should take a more visible stance in support of the protesters.” But if you read on, it turns out “Republicans and other conservatives” are far from the only ones bothered by Obama’s what-me-worry policy:

Even while supporting the president’s approach, senior members of the administration, including Vice President Joseph R. Biden Jr. and Secretary of State Hillary Rodham Clinton, would like to strike a stronger tone in support of the protesters, administration officials said.

It sounds as though Biden and Mrs. Clinton are “supporting the president’s approach” in only the most pro forma way. It is extraordinary that the two most senior administration officials apart from the president himself are airing their objection to his policies in this way.

True, the Times claims “other White House officials”–no names–”have counseled a more cautious approach.” The argument these nameless and faceless officials make is that “harsh criticism of the government or endorsement of the protests could have the paradoxical effect of discrediting the protesters and making them seem as if they were led by Americans.”

But who said the criticism had to be “harsh”? The trouble with Obama’s comments is not that they are insufficiently belligerent in tone but that they are craven in substance. If the president spoke with clarity and firmness, his doing so calmly would be a plus.

Obama’s insouciance does not seem to have appeased the Tehran regime:

So far, Mr. Obama has largely followed that script, criticizing violence against the protesters, but saying that he does not want to be seen as meddling in Iranian domestic politics.

Even so, the Iranian government on Wednesday accused American officials of “interventionist” statements.

Meanwhile, Obama has some of his liberal-left supporters sounding like frustrated neoconservatives:

Many Iran experts lauded Mr. Obama’s measured stance just after the election. But some of that support evaporated on Tuesday when he said there was not much difference between Mr. Ahmadinejad and Mr. Moussavi.

“For Barack Obama, this was a serious misstep,” said Steven Clemons, director of the American strategy program at the New America Foundation. “It’s right for the administration to be cautious, but it’s extremely bad for him to narrow the peephole into an area in which we’re looking at what’s happening just through the lens of the nuclear program.”

Mr. Obama’s comments deflated Mr. Moussavi, who is rapidly becoming a political icon in Iran, even supporters of Mr. Obama’s Iran policy say.

“Up until now, the president had very thoughtfully calibrated his remarks on Iran, but this was an uncharacteristic and egregious error,” said Karim Sadjadpour, an Iran expert with the Carnegie Endowment for International Peace. “People are risking their lives and being slaughtered in the streets because they want fundamental change in the way Iran is governed. Our message to them shouldn’t be that it doesn’t make much difference to the United States.”

The Times’s own Roger Cohen has written a column almost every day this week in an apparent effort to atone for his months of shilling for the regime. He has a ways to go but is definitely making progress:

The Islamic Republic has lost legitimacy. It is fissured. It will not be the same again. It has always played on the ambiguity of its nature, a theocracy where people vote. For a whole new generation, there’s no longer room for ambiguity.

President Obama has said not a single word in acknowledgment of this new reality–paralyzed, perhaps, by the fear that in speaking the truth, he would antagonize the regime with which he dreams of negotiating. He would do well to consider the advice of blogress Ann Althouse: “When you think of what you might lose if you do something, remember to take account of what you might lose if you don’t do it.”

What could Obama say? How about something along these lines:

We are all inspired by Iran’s peaceful demonstrations, the likes of which have not been seen there in three decades. Our sympathies are with those Iranians who seek a more respectful, cooperative relationship with the world.

The author of these words: John Kerry *. It’s not as good as it sounds, though. Kerry, in a New York Times op-ed, says these things as a prelude to saying that no one should say such things. Which just goes to show that even John Kerry realizes no one cares what John Kerry says.

But Barack Obama is president of the United States. People do care what he says, and it is past time that he did his duty and spoke the truth.

* The haughty Massachusetts Democrat who by the way served in Vietnam. We omit “French-looking” out of respect for the French. As The Wall Street Journal noted in an editorial yesterday, France’s Nicolas Sarkozy has taken a firm stand where his American counterpart has fallen limp.

Voir également:

Obama’s Fantastical Realism
The president is putting human rights behind stability.
Rich Lowry
June 19, 2009

If only the Obama administration considered motorcycle-riding thugs beating demonstrators in Iran an offense on par with Israel’s West Bank settlements.

Then it could speak with moral passion. It could unmistakably denounce the killings, and relieve its State Department spokesman of the trouble of dancing around the word “condemn.” It could say that our relationship with the Iranian government depends on the unconditional end of its thuggery. It could explain that only if Iran stops the crackdown can we “move forward” in the Middle East.

But Iran is not an ally of the United States. Supreme Leader Ali Khamenei gets a rhetorical pass that Prime Minister Benjamin Netanyahu doesn’t. As hundreds of thousands of Iranian protesters march for democracy, in defiance of a government that is our committed enemy, Pres. Barack Obama resorts to lawyerly equivocations. He labors to avoid saying anything denoting untoward disapproval of the baton-wielding shock troops of Iran’s theocracy.

In a perverse irony, we are witnessing the most serious threat to the Islamic Republic since its establishment, at the same time the first American president explicitly to accept the regime’s legitimacy happens to be in office. Whatever credibility the mullahs have lost in the street, they have picked up in the Oval Office, where the president bizarrely seems less enthusiastic about a change in dispensation in Iran than much of Tehran’s population.

Obama says he wants to avoid stoking a nationalist backlash. A legitimate, but overblown, concern. Iranians surely can understand the difference between the U.S. sending CIA operatives into the country to help stage an anti-democratic coup — as Obama constantly reminds the world we did in the 1950s — and speaking up against repression. Without undue “meddling,” Obama could note that governments in Lebanon, Iraq, and Afghanistan honor election results, and exhort Iran to lead the democratic wave rather than resist it.

Obama’s timidity speaks to a guilty conscience. At some level, he buys the post-colonial critique of the West as the root of the developing world’s troubles, and thinks we lack the moral standing to judge non-Western governments that resent and envy us. Obama is perfectly capable of launching moralistic broadsides — just at his own country, especially under his predecessor. Who are we to condemn the abuse of peaceful demonstrators when we waterboarded three terrorists?

And Obama is so dead-set on negotiating with the current regime, he doesn’t want to invest much in the hope of changing it. Obama is often compared to Jimmy Carter, but his approach in Iran is the opposite of Carter’s. Carter was deeply moved by human rights and put the possibility of promoting them above other priorities, such as stability and maintaining an ally in Tehran. Obama is putting human rights behind stability, in the ultimate cause of a prospective bargain with the mullahs.

This isn’t really “realism,” but a stubborn commitment to an illusory belief in the power of talks with an ill-intentioned, reform-resistant dictatorship. Beneath the veneer of its hardheaded distancing from the protesters, Obama’s policy has a goopy, naïve heart.

Whatever wan hope there was that we could talk the Iranian regime out of its nuclear-weapons program is diminishing. The regime doesn’t appear to be in a compromising mood, and Obama’s free pass for the crackdown is likely only to broadcast our weakness and pliability. If there is no cost to violating international norms in crushing flesh-and-blood protesters, why will there be a cost to defying the parchment strictures of the International Atomic Energy Agency?

Obama has gotten a preview of what extending his hand to a clenched fist looks like in North Korea. Six months into the era of Obama’s irenic, world-calming diplomacy, Pyongyang has tested a long-range missile and a nuclear device, and announced it’s going to weaponize its plutonium stock and proceed with a uranium-enrichment program. Kim Jong Il’s family dynasty shows no sign of realizing that the advent of Obama was supposed to change its nature, interests, and behavior.

Why will the mullahs?

— Rich Lowry is the editor of National Review

Voir enfin:

Our Hope-and-Change Policy Toward Iran
Victor Davis Hanson
NRO
Friday, June 19, 2009

In an odd way, I think Obama is playing out the clock and hopes the marchers are crushed, before the embarrassment of condoning — sometimes by his silence and sometimes by his morally equivalent banalities — the thuggish Iranian theocracy becomes too much even for him to bear. As it is, it becomes a little more rephrensible each day. Consider:

1. Speaking out is really a no-brainer: In moral terms, the protestors wish free and fair elections, and have shown both great courage and restraint in expressing their displeasure with a regime that has been as terrible to them as it has to the world at large;
2. The liberal wing of the Democratic party, eons ago it now seems, used to stand for a morality in foreign policy that put it at odds with the present mere calculation of realpolitik;
3. Obama’s realist calculations are in fact sorely mistaken (e.g., if he doesn’t show moral vertebrae soon and the protestors are crushed, we will regret a lost opportunity to show a shared humanity for a long time to come [and does anyone think Ahmadinejad will one day call Obama up and say, "Thanks, Barack for that silence, now let's talk about those nukes"?]); if the protestors prevail, they will have a long memory of how we forsook them in their hour of need; meanwhile, a theocratic elite will negotiate or not with us only on the basis of their selfish interests (do they shun Russian aid because Putin slaughtered Muslims in Grozny, or do they abhor the Chinese because of their oppression of Muslims?); the government, far more so than the dissidents, is fearful of U.S. public support for human rights.
4. There are ample examples from the Reagan, Clinton, and Bush administrations that speaking out against tyranny abroad enhances U.S. prestige, while keeping silent does not. Our present course suggests that even we have lost confidence in our moral voice and have ceded it to the theocracy — as if our verbal support for democracy is wrong, but Iranian guns to destroy it in Iraq are understandable.
5. 1953, Iraq, George Bush — all these red flags are not applicable. No one is calling for the 101st or Raptors from the sky, simply some moral encouragement not to urge people to go out on the streets and then to leave them hanging in their hour of need (as in Hungary or the Shiites in Baghdad in 1991), but instead to praise those who on their own have already made that dangerous decision and deserve our admiration in terms far more forceful than we have yet seen from the White House.

This fear of offending terrorist-supporting and quite murderous theocrats is all very bewildering at first glance: A hope-and-change president is proving himself both weak and cynical at a critical juncture when the world’s unsavory types from North Korea to Venezuela are looking keenly at, and learning from, the U.S. reaction. I think we are getting the foreign-policy version of a government without lobbyists, a publicly financed campaign, renditions/tribunals/wiretaps, intercepts, etc. posted on the barn wall as bad, then amended again as only sometimes bad, etc.


Iran: Ni Ahmadi, ni Moussavi, seulement la liberté…(Not Ahmadi nor Mousavi, only Liberty!)

20 juin, 2009
Liberty for Iraq
Saluez bien la liberté pour moi. (…) Où est Obama? Manifestant iranien
On tue et on bat les gens dans les rues de Téhéran et dans tout l’Iran et nous devrions les défendre. Comme nous l’avions fait pour les ouvriers polonais à Dantzig ou pour le peuple tchèque lors du printemps de Prague et comme nous avons défendu la liberté dans chaque partie du monde. Ce n’est pas ça que nous faisons en ce moment. John McCain
Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Barack Hussein Obama
Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population. Thierry Meyssan
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. (…) Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang
Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié “mort à la république Islamique” est la preuve de l’illégitimité du régime. Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice. Iran-Resist

Na Ahmadi, Na Moussavi, Faghat Azadi!

Après l’aveu de la similitude des deux candidats à l’élection-piège à cons de trop de nos mollahs par le Pleurnicheur en chef …

Et le lapsus (?) de notre néo-libanais Meyssan national qui, confondant “défiance” (c’est-à-dire “méfiance” en français) et “defiance” (”contestation” en français), révèle involontairement les stratégies de désinformaion de ses amis …

Comme les manifestations anti-Ahmadi de nos BHL et Finkie avec (cherchez l’erreur!) l’habitué des pince-fesses des mollahs Lang

Le monde va-t-il enfin ouvrir les yeux, demandent nos amis d’Iran-Resist, sur le véritable message des foules qui squattent actuellement les pavés des villes iraniennes?

Iran-Contestation: Un mouvement autonome attaché aux symboles
Iran-Resist
20.06.2009

Amnesty international a publié le chiffre des morts des manifestations de ces 5 derniers jours en Iran. 15 morts. On est loin du chiffre émis par les sources iraniennes. Tout se passe sans nous. Les Occidentaux parlent de ce qui les intéresse : le discours du Guide Suprême, Moussavi, et mots d’ordre de quelques vieux ayatollahs : pourtant le mouvement n’est pas mort. Il serait une erreur de l’enterrer. Hier, Téhéran et d’autres grandes villes ont connu une nouvelle journée de manifestations géantes autonomes et il en sera de même aujourd’hui.

La foule massive présente dans les rues de l’Iran fait peur à l’Occident. Ses médias n’en parlent pas ou s’ils en parlent, c’est pour la relier à Moussavi. Pourtant, ce qui est arrivé au cours de ces 5 derniers jours parle d’une réelle rupture.

Lundi 15 juin

La foule a été dans la rue : 60 fois plus nombreuse que la capacité de mobilisation du régime. Elle a lancé le mort d’ordre d’une grève générale pour mardi, le régime a eu peur et a fait intervenir les groupes de frappes et les mitraillettes. Plusieurs manifestants sont touchés dont une femme enceinte, la photo a fait le tour du net iranien : les médecins ont sorti un nouveau-né perforé.

Les gens fous de rage attaquent la base des miliciens toute proche et arrivent à la prendre au bout de deux jours.

Mardi 16 juin

Moussavi est aux abonnés absents. Selon le quotidien République Islamique, il est reçu par le Guide Suprême car la foule s’était donné rendez-vous sur la Place Haft-e Tir (28 juin), dont le nom fait référence à une bombe qui a détruit le siège du Parti République Islamique le 28 juin 1980.

Le régime panique et interdit aux journalistes de couvrir l’événement. A Téhéran, la nuit est chaude, idem dans d’autres villes…

Moussavi appelle à la démobilisation !

Mercredi 17 juin

L’appel n’a pas eu de prise sur le mouvement autonome. La foule revient plus nombreuse dans une nouvelle marche silencieuse où désormais on ne voit plus beaucoup de rubans verts des partisans de Moussavi. Puis on reçoit les chiffres des morts de la part d’un groupe d’anciens militaires qui ont gardé le contact avec des collègues après la révolution. C’est accablant : 249 morts. Pour le compte du régime, Moussavi tente de calmer le jeu : il appelle les Iraniens à se vêtir de noir et s’équiper de bougies pour se réunir dans des mosquées en signe de deuil en mémoire des 7 morts admis par le régime. Il espérait casser la descente quotidienne du mouvement autonome de la protestation. La foule désobéit.

Ville ou région (R) morts blessés arrêtés
Ahwaz 6 11 -
Andimeshk 3 8 -
Arak 2 3 11
Baabol 3 7 -
Baaneh 3 – -
Bandar Pahlavi 7 7 14
Bushehr 1 – -
Esfehan 7 – -
Hamedan 6 – -
Karaj 7 – -
Kazeroun 1 8 -
Kermanshah 7 – -
Khoramshahr 4 14 -
Lorestan (R) 25 – -
Mahabad 12 – -
Maragheh 2 – -
Mash’had 9 – -
Orumiyeh 13 11 -
Qom 4 9 -
Rasht 4 – -
Saari 5 – -
Saghez 11 – -
Sanandaj 26 128 -
Saraavan 8 – -
Shiraz 11 26 16
Shoush et Haft Tapeh 12 – -
Sistan et Baluchestan (R) 29 19 69
Tabriz 11 – -
Tehéran 23 79 -
Total 251 322 129 702

Jeudi 18 juin

Au lieu d’aller dans les mosquées, la foule investit la Place des armes (Toupkhaneh) où 100 ans plutôt les habitants de Téhéran avaient pendu un mollah intégriste qui fut l’inspirateur de Khomeiny. Il a aussi oublié de se vêtir en noir et d’allumer des bougies pour pleurnicher. Ils portent des écriteaux sur lesquels on peut lire : « on est prêt à mourir » et 100,000 personnes entonnent ensemble l’hymne national interdit par Khomeiny sur une place qui porte désormais son nom.

Pour ne pas perdre la face, Moussavi rejoint la foule et fait un discours sur le toit de sa voiture, mais il s’en va sans lancer de nouvel appel à la démobilisation ou une autre manifestation, étant donné qu’il suit désormais les marcheurs autonomes. A l’heure où il quitte la place, comme beaucoup d’autres il ne sait pas les plans des meneurs invisibles de ces manifestations. Leur appel pour la marche du lendemain est diffusé sur le web vers 6 heures du matin le lendemain : Rendez-vous le vendredi 19 juin au même endroit qu’hier et samedi 16 h sur la Place de la Révolution.

Vendredi 19 juin

Moussavi est battu : la foule réinvestit cette place près du bazar sans que le chef fantoche du mouvement ne puisse réagir à temps pour s’approprier le rassemblement. Vu le nombre désormais très réduit de rubans verts, le régime met Moussavi à la retraite et c’est l’autre soi-disant modéré, Karroubi qui prend la suite pour appeler les Téhéranais à manifester en sa faveur le samedi 16 h sur la Place de la Révolution.

Parallèlement, le régime évoque le ralliement de plusieurs vieux ayatollahs à la contestation et les journalistes Occidentaux ont repris en cœur cette soi-disant info ! Après avoir attribué la paternité de cette contestation autonome à Moussavi, nous devons à présent lutter contre cette nouvelle rumeur qui entend relier cette foule au régime.

Quelle est la logique de cette désinformation ? Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié « mort à la république Islamique » est la preuve de l’illégitimité du régime.

Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice.

Le régime est beaucoup moins optimiste, c’est pourquoi il a appelé en renfort tous les vieux mollahs qualifiés de dissidents pour faire écran. Il a aussi modifié la composition des invités de la prière de vendredi habituellement composés d’écoliers, de militaires et de bazaris.

Hier pour faire son discours, Khamenei avait fait appel à 3,000 mollahs qui sont arrivés depuis Qom à pied ! Le régime n’a plus confiance dans les transports en commun qui viennent de se rallier au mouvement autonome, ni dans les jeunes recrues de l’armée et encore moins dans les bazaris.

Amnesty a beau tempérer le nombre des morts, et la presse d’éviter de montrer les images des affrontements qui continuent, le mouvement autonome des Iraniens n’est pas prêt de s’essouffler et vu l’incroyable imagination des meneurs, on attend avec impatience les slogans qu’ils réserveront au vieux mollah ripou Karroubi.

Voir aussi:

De Mossadegh à Ahmadinejad
La CIA et le laboratoire iranien
Thierry Meyssan*
Réseau Voltaire
17 juin 2009

La nouvelle d’une possible fraude électorale s’est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l’ayatollah Rafsanjani contre ceux de l’ayatollah Khamenei. Ce chaos est provoqué en sous-main par la CIA qui sème la confusion en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires. Thierry Meyssan relate cette expérience de guerre psychologique.

Depuis
Beyrouth (Liban)

En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a admis que l’administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l’hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].

À l’époque, l’Iran est contrôlée par une monarchie d’opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l’officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l’aide de l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu’il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l’Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l’aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l’époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.

L’opération Ajax fut dirigée par l’archéologue Donald Wilber, l’historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l’opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l’impression d’un soulèvement populaire alors qu’il s’agit d’une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l’Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].

L’Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l’Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l’administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l’action secrète. À l’issue de l’élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d’un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l’autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.

Une nouvelle fois, l’Iran est un champ d’expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s’appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.

Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’interception des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].

Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».

C’est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].

À l’inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l’opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s’agit là d’un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c’est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l’opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l’intérêt des Israéliens.

Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].

Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].

Cette méthode vient d’être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.

En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n’a paru possible, même s’il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.

Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s’abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l’évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d’État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].

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Messages describing death threats, police bursting into homes, etc. sent by authors who cannot be indentified or located.

Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :
- régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
- centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
- Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic).
Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.

Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l’évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n’est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu’ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu’ils n’ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.
Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

Les articles de cet auteur
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[1] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.

[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.

[3] Sur le coup de 1953, l’ouvrage de référence est All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l’or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.

[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.

[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.

[6] « NSA offering ’billions’ for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.

[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.

[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.

[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.

[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.

[11] L’auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.

[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.

[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.

[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.