Identité nationale: Qu’est-ce que c’est que ce pays qui refuse de décréter sa propre disparition? (Why can’t France just declare itself out of existence?)

26 décembre, 2009
Turkish supporter (Paris, juin 2008)On ne crie pas à un somnambule qu’il est en train de marcher sur le toit, il risquerait de se briser la nuque. Radu Stoenescu

Aujourd’hui, le concept de diversité change complètement la donne. Tout se passe comme si la seule communauté qui n’avait pas sa place dans notre monde, c’était la communauté nationale: celle-ci devrait se dissoudre au profit des groupes, des minorités, des communautés qui aujourd’hui vivent en France. Alain Finkielkraut

Ma France à moi, elle parle fort, elle vit à bout de rêve. Elle vit en groupe, parle de bled. Elle déteste les règles. Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre. Le BEP ne permettant pas d’être patron, alors elle se démène et vend de la merde à des bourges. Diam’s

Si l’on remplaçait dans les discours le mot islam par celui de judaïsme, ou celui de musulman par le mot juif, l’indignation serait à juste titre générale. (…) Faudra-t-il demain qu’ils rasent les murs comme les juifs du temps de l’affaire Dreyfus ? Faut-il croire que dans la France laïque, il y aurait place pour une sorte de dhimmitude à l’encontre des musulmans ? (…) Après l’étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte? Jean-François Bouthors

Ma maxime sur cette affaire c’est: les prolétaires n’ont pas de patrie. Il n’y a de politique novatrice, apte à briser les figures inégalitaires, communautaires, qu’à échelle du monde entier. Déjà Marx pensait que le cadre national était obsolète. (…) Il faut penser, aujourd’hui plus que jamais, au-delà de l’Etat-nation. La véritable construction à venir, c’est une vision totalement internationaliste de la figure politique. Et pouvoir construire un internationalisme interne au pays est une chance, non un malheur. (…) Il n’y a pas de « problème immigré » en France, il n’y a pas de « problème musulman », pas plus qu’il n’y avait de « problème juif » dans les années 1930. (…) Les Communards se reconnaissaient dans le drapeau rouge, pas dans le drapeau tricolore, qui était celui des Versaillais, des gens qui ont laissé 20.000 morts ouvriers sur le carreau.(…)

Ma position ne remet aucunement en question l’existence de l’Etat d’Israël – bien au contraire. Deux éléments ont conduit à cette situation de Guerre de Cent Ans à laquelle on assiste. L’« exportation » de cette question par les Européens après la guerre, façon commode de s’en laver les mains, combinée à la tension que devait fatalement produire l’introduction du prédicat identitaire juif dans la constitution même de cet Etat. Comment s’en sortir désormais ? Eh bien je me demande simplement si le maintien de cette assignation identitaire n’est pas plus périlleux aujourd’hui pour les Juifs que la création de cette Palestine binationale pour laquelle je milite depuis longtemps, et qu’Hannah Arendt appelait déjà de ses vœux. Alain Badiou

A l’heure où nos pauvres émirs du pétrole ne se sentent même plus en sécurité dans la propre cité de Calvin

Et où, en pleine commémoration de l’opération militaire israélienne à Gaza nos soeurs et frères de la Révolution mondiale sont agressés dans leurs valeurs les plus chères jusque sur leur propre territoire par les incitations à la débauche occidentales …

Contre la criminelle “introduction du prédicat identitaire” français dans la constitution même de notre Etat et le scandaleux et périlleux “maintien de cette assignation identitaire” …

Contre les risques proprement totalitaires que ceux-ci représentent pour notre société (camps de concentration, persécutions policières, filtrage constant, déportation, étoile verte) …

Contre “l’unanimisme marchand et la commercialisation universelle”

Nous demandons avec les forces de gauche de notre pays et comme pour l’Etat d’Israël:

- la dissolution immédiate de l’Etat français (et ses résonances Vichystes – à remplacer éventuellement, en hommage à nos frères engagés dans la Révolution mondiale du côté de l’Hindu Kush, par… Frankistan?)

- le retrait tout aussi immédiat, comme pour l’Italie et pour arrêter d’offenser les pauvres prolétaires parmi nous, des crucifix dans les écoles dites libres comme des croix des 45 000 églises (avant leur destruction) et des cimetières

- la suppression du drapeau tricolore et son remplacement par le drapeau rouge de la Révolution avec option faucille et marteau sans oublier à la turque le croissant pour nos dominés (avant bien entendu l’interdiction des croix sur les drpeaux de nos voisins européens, britanniques, comme suisses ou scandinaves)

- la fin de toute fête à caractère chrétien et des décorations qui vont avec comme Noël, Pâques ou même les dimanches comme la disparition progressive de nos bibliothèques et librairies des bibles et autres ouvrages dits sacrés

- la hallalisation définitive des cantines de nos écoles, suppression comprise du poisson vénusien (ie. du vendredi)

- et enfin la création d’un Etat binational français-islamique où la loi des plus faibles serait enfin systématiquement appliquée

A savoir dans le cas précis, la charia avec voile ou burqa de rigueur pour les femmes …

Finkielkraut-Badiou: le face-à-face
Aude Lancelin
Le Nouvel Observateur
17/12/2009

Réunis pour la première fois dans la presse, l’auteur d’«Eloge de l’amour» [1] et celui d’«Un coeur intelligent» [2], débattent de l’identité nationale, de la politique sarkozyste et d’Israël. Un affrontement idéologique d’une rare violence, qui a été arbitré au «Nouvel Observateur» par Aude Lancelin, et dont voici le verbatim intégral

Né en 1949 à Paris, Alain Finkielkraut, philosophe et enseignant à Polytechnique, est l’auteur de «la Défaite de la pensée» (Gallimard) et d’«Un cœur intelligent» (Stock/Flammarion). Né en 1937 à Rabat, Alain Badiou, philosophe et professeur à l’ENS de la rue d’Ulm, est l’auteur de «l’Etre et l’Evénement» (Seuil) et «Eloge de l’amour» (Flammarion).

Le Nouvel Observateur. – Un débat sur «l’identité nationale» [3] a été imposé au pays pour des raisons largement électorales. Maintenant que de façon assez prévisible il dérape, comment y faire face ?

Alain Finkielkraut. – Je ne sais si le débat est opportun mais l’inquiétude est légitime. Dans sa fameuse conférence de 1882, Renan commence par écarter toute définition raciale de la nation. « L’histoire humaine diffère essentiellement de la zoologie », dit-il, et il définit la nation comme un principe spirituel, comme une âme (il ne faut pas avoir peur de ce mot), composée de deux éléments : un riche legs de souvenirs, un héritage de gloire et de regrets à partager d’une part, et de l’autre, le consentement actuel, le désir de continuer la vie commune. Or la France est aujourd’hui le théâtre d’une double crise : de l’héritage et du consentement. L’exécration de la France est à l’ordre du jour dans une fraction non négligeable des nouvelles populations françaises. Il faut vivre à l’abri du réel pour considérer que cette francophobie militante est une réponse au racisme d’Etat ou à la stigmatisation de l’étranger.

Quant à l’héritage, l’école, depuis quarante ans, travaille avec ardeur à sa dilapidation. De plus en plus de Français, élites comprises, sont aujourd’hui étrangers à leur langue, à leur littérature, à leur histoire, à leurs paysages. C’est parce que la civilisation française est peut-être en train de disparaître que cette question de l’identité nationale intéresse tant de monde alors que personne n’est dupe de la manœuvre électorale. Ce qu’on peut reprocher au gouvernement ce n’est pas de s’occuper de l’identité nationale, c’est de s’en décharger sur un débat. J’aurais préféré une vraie politique de la transmission de l’héritage.

N.O. – Les actes du gouvernement Sarkozy vont pourtant en sens inverse de son discours sur l’héritage : voyez par exemple cette volonté de supprimer l’enseignement de l’histoire dans les terminales S [4]…

A. Finkielkraut. – C’est une contradiction. Entre Richard Descoings et Marc Bloch il faut choisir. Mais une refondation de l’école dans ce sens (recentrage autour de la culture et rétablissement de l’exigence) jetterait dans la rue collégiens, lycéens, syndicats d’enseignants et fédérations de parents d’élèves. L’inculture pour tous est une conquête démocratique sur laquelle il sera très difficile de revenir.

Alain Badiou. – Une discussion organisée par le gouvernement sur « l’identité française » ne peut qu’être la recherche de critères administratifs sur « qui est un bon Français qui ne l’est pas ». Les sérieux juristes du gouvernement Pétain avaient bien travaillé dans ce sens ! Ils avaient montré, avec une science bien calme, que les Juifs et autres métèques n’étaient pas des bons Français… On peut donc, on doit, être très inquiet de l’initiative Sarkozy-Besson. Quand l’Etat commence à se soucier d’une légitimité identitaire, on est dans la réaction la plus noire, l’expérience historique le montre. Cette initiative est donc non seulement stupide et incohérente, comme on le voit tous les jours, mais elle s’inscrit aussi dans ce que j’ai appelé le « pétainisme transcendantal » du gouvernement Sarkozy.

Dès que les considérations identitaires sont injectées dans la politique, dans le pouvoir d’Etat, on est dans une logique qu’il faut bien appeler néo-fasciste. Car une définition identitaire de la population se heurte à ceci que toute population, dans le monde contemporain, étant composite, hétérogène et multiforme, la seule réalité de cette identification va être négative. On ne parviendra nullement à identifier ce qu’est la « civilisation française », entité dont j’ignore ce qu’elle signifie, on va juste clairement désigner ceux qui n’en sont pas.

Il y a dans notre pays des millions de gens qui sont ici parfois depuis des décennies, qui ont construit nos routes, nos ponts, nos maisons, qui vivent dans des conditions déplorables, qui ont fait tout ça pour des salaires de misère, et que les gouvernements successifs, depuis trente ans, accablent de lois persécutrices, expulsent, enferment dans des zones de non-droit, contrôlent, empêchent de vivre ici avec leurs familles… Or on sait d’avance que ce sont ces gens qu’on va désigner comme n’étant pas vraiment français. Cette vision politique, est absolument répugnante, et je pèse mes mots.

D’autre part je suis très frappé de voir que les catégories utilisées par Alain Finkielkraut sont celles, très traditionnelles, de la réaction. L’héritage du passé et le consentement, voilà des catégories totalement passives dont l’unique logique est l’impératif « famille, patrie ». Il s’agit d’un portrait de l’identité française réactif et conservateur. L’héritage de la France c’est un héritage que je suis prêt à assumer quand il s’agit de la Révolution française, de la Commune, de l’universalisme du 18ème siècle, de la Résistance ou de Mai 68. Mais c’est un héritage que je rejette catégoriquement quand il s’agit, de la Restauration, des Versaillais, des doctrines coloniales et racistes, de Pétain ou de Sarkozy. Il n’y a pas « un » héritage français. Il y a une division constitutive de cet héritage entre ce qui est recevable du point de vue d’un universalisme minimal, et ce qui doit être rejeté précisément parce que ça renvoie en France à l’extrême férocité des classes possédantes et à l’accaparement par une oligarchie d’affairistes, de politiciens, de militaires et de serviteurs médiatiques du motif de « l’identité nationale ».

On parle toujours, notamment Alain Finkielkraut, du sang que les autres, les « totalitaires », comme il dit, ont sur les mains. Mais « l’identité nationale » a donné en la matière les plus formidables exemples. Pour trouver une boucherie aussi dépourvue de tout sens et atroce que celle de 14-18, il faut se lever de bonne heure. Or elle était strictement articulée sur l’identité nationale, c’est ça qui a fait marcher les gens. Il est très clair que l’identité nationale, référée à une mémoire non divisée et à un consentement héréditaire et familial, n’est que le retour aux catégories fatiguées de la tradition, et ne prépare que la guerre, intérieure contre les « mauvais français », extérieure contre « les autres ». Le débat d’opinion est aujourd’hui entre deux orientations désastreuses : d’un côté l’unanimisme marchand et la commercialisation universelle et de l’autre côté, la crispation identitaire, qui constitue contre cette mondialisation un barrage réactionnaire, et qui plus est totalement inefficace.

A. Finkielkraut. – Il est vrai qu’on peut avoir une conception raciale et déterministe de cette identité, en faire un caractère fixe et biologiquement transmissible, mais c’est précisément contre cette idée que le président de la République a construit son discours de La Chapelle-en-Vercors. Il y a débat a-t-il dit, mais la race est hors débat : « On est Français parce qu’on ne se reconnaît pas dans une race parce qu’on ne va pas se laisser enfermer dans une origine et pas davantage dans une religion. » Il est légitime et même nécessaire de pointer la contradiction entre le désir affiché de transmettre l’identité et une politique de la dilapidation de l’héritage.

Mais pourquoi cette surdité ? Pourquoi dénoncer comme raciste un discours aussi ostensiblement antiracial ? Parce que, aux yeux de l’antiracisme et de l’antifascisme dominant, c’est l’identité elle-même qui, quelle qu’en soit la définition, est « nauséabonde » ou « répugnante », pour reprendre le mot d’Alain Badiou. La tâche qui s’impose donc à nous, c’est la résiliation de tout prédicat identitaire. C’est la désaffiliation. Pour être nous-mêmes, c’est-à-dire fidèles à notre vocation universelle, il faudrait effacer tous nos signes particuliers. Pour n’exclure personne, il faudrait faire le vide en soi, se dépouiller de toute consistance, n’être rien d’autre, au bout du compte, que le geste même de l’ouverture.

N. O. – Il y a les mots du président de la République, qui sont ceux d’un chef de parti en campagne, et puis il y a la réalité du débat, où clairement des suspects sont désignés et vous savez bien lesquels…

A. Finkielkraut. – C’est avoir, comme disait Koestler des communistes, « des yeux pour voir et un esprit conditionné pour éliminer ce qu’il voit » que de tenir pour nulles et non avenues, par exemple, les manifestations qui ont célébré la victoire de l’Algérie sur l’Egypte huit ans après les sifflets du match France/Algérie. Je rappelle tout de même que le regroupement familial a été instauré en 1974. Ce qui me gêne beaucoup dans cet hyperbolisme c’est qu’il ne fait plus la différence entre Marc Bloch et Pétain, entre Simone Weil et Drumont, entre Bernanos et Brasillach, entre de Gaulle, obsédé de l’identité nationale, et Hitler. La plupart des résistants se sont référés à l’héritage national indivis pour justifier leur résistance, et qu’a dit Simone Weil ? Qu’il n’y a pas de plus hideux spectacle qu’un peuple qui n’est tenu par rien, par aucune fidélité.

A. Badiou. – Fidélité à quoi ?

A. Finkielkraut. – Au sacre de Reims, à la Fête de la Fédération…

A. Badiou. – Mais oui, mais oui, mais attention… Il y a énormément de gens dans ce pays qui sont fidèles à bien d’autres choses et d’abord à la transmission de leur patrimoine par héritage et cela depuis le fin fond des temps. Ils sont fidèles aux séquences de l’Histoire où les forces populaires ont été désorganisées. Dans la Résistance elle-même, ils passent volontiers sous silence le caractère en définitive déterminant, qu’on le veuille ou non, des forces armées communistes. Pris isolément, «héritage» ou «fidélité» ne veulent rien dire. Il s’agit de dire : héritage de qui ? Fidélité à quoi ? Vous supposez en fait, et c’est pourquoi votre démarche est absolument tautologique, que le problème de l’identité a déjà été résolu. C’est à cette identité unifiée, mais inexistante que vous déclarez qu’il faut être fidèle. Moi je suis d’une fidélité aussi exemplaire que possible à la France révolutionnaire, à son universalité paradigmatique. A la constitution de 1793 qui disait que quand un homme, n’importe où dans le monde, accueillait et élevait un orphelin, eh bien par là même il acquerrait la nationalité française.

Une identité de ce genre, immédiatement transmissible de façon universelle, j’en veux bien. Mais je ne connais pas d’exemple où l’inclusion dans la conception de l’Etat d’une figure identitaire puisse être considérée comme progressiste, en aucun sens. La question de l’engagement dans la Résistance outrepassait de beaucoup, et vous le savez très bien, la question de la libération du territoire national, et n’avait nul rapport à une « identité ». Les groupes armés résistants les plus actifs en France étaient composés de communistes venus de toute l’Europe, et que Pétain, au nom de l’identité française, accusait de traîtrise, ce qui est un comble ! Lorsque Aragon écrit : « mon Parti m’a rendu les couleurs de la France », il faut insister sur les deux aspects, la France sans doute, mais le Parti, qui est pour lui le nom de la vision internationaliste et communiste.

A. Finkielkraut. – Si un inventaire doit être établi, il faut commencer par faire aussi celui du communisme… A criminaliser ou à déconstruire violemment le désir que se perpétue la civilisation française, on ne fait qu’épouser le processus actuel qui nous conduit en effet à la world music, la world cuisine, la civilisation planétaire, le village global. C’est aller un peu loin que de qualifier de « résistance » à Sarkozy cette reddition au processus qui nous emporte.

N.O. – Mais le sarkozysme ne participe-t-il pas lui-même de ce processus ?

A. Finkielkraut. – C’est bien ce que je lui reproche.

A. Badiou. – Vos catégories philosophiques et politiques vous rendent prisonnier d’une conception extraordinairement étroite de la question. Vous êtes pris entre d’un côté le consentement à la marchandisation universelle, la dilution de tout dans le village planétaire, et de l’autre une théorie de l’identité qui serait le seul et unique appui contre ça. C’est exactement comme si Marx avait dit, en 1848, que la seule alternative était : ou le capitalisme mondial ou le nationalisme français. Mais justement, Marx, il y a tout de même un siècle et demi, a défini une figure de l’internationalisme politique qui n’est réductible ni à l’un ni à l’autre. Or c’est ça notre problème aujourd’hui.

Notre problème aujourd’hui n’est pas de nous crisper sur de prétendues « identités » qu’on tire de la tradition et qu’on croit devoir restaurer pour organiser une résistance fantomatique à la puissance gigantesque de la marchandisation universelle. Le problème c’est de trouver une voie qui ne soit ni la souveraineté du capital et de sa phraséologie «démocratique», ni la construction forcenée d’ennemis intérieurs supposés saper notre «identité». Et là, nous sommes adossés à la seule tradition qui se soit constituée ainsi, qui ait refusé de se laisser embrigader au XIXème siècle par le nationalisme pur et dur, à savoir la tradition internationaliste révolutionnaire. C’est la seule. C’est du reste pourquoi elle a constitué partout, et singulièrement en France, le noyau dur de la résistance au fascisme identitaire.

N. O. – Pensez-vous en effet, comme vous le prête Alain Badiou, que l’assignation identitaire est le seul levier dont nous disposions pour résister à cette unification planétaire marchande que vous aussi dénoncez à votre façon ?

A. Finkielkraut. – Je déplore la perte des choses, mais il n’y a pas que la civilisation française qui risque d’être perdue. Je suis sensible aussi à la dévastation de la terre, au progrès de la laideur, à la destruction de la faculté d’attention, à la disparition du silence, à l’entrée dans l’âge technique de la liquéfaction de tout. Et précisément il me semble que pour faire face à ce désastre, nous ne pouvons pas nous contenter d’une politique de la libération. Nous avons besoin aussi d’une politique de la responsabilité. Ce qui me gêne dans l’idée qu’Alain Badiou se fait de la politique c’est qu’il n’y a aucune place pour la gratitude, la fidélité, et pour ce qu’Hannah Arendt appelle l’amour du monde. Voilà dans quel horizon philosophique et existentiel je me situe, et d’une manière plus générale encore, je suis frappé par la pauvreté critique de la critique de la domination.

N. O. – Vous pensez à quoi ? A quel courant, à quelle pensée au juste ?

A. Finkielkraut. – A tous. Au schéma qui divise le monde en dominants et en dominés. Et qui est si solidement ancré que personne ne proteste quand une décision de la Cour Européenne demande aux écoles italiennes de retirer leurs crucifix, alors que la décision suisse de ne plus construire de minarets est qualifiée de honteuse par une presse quasi unanime. Les crucifix aujourd’hui, même désactivés (l’école publique en Italie est laïque), sont perçus comme les insignes de la domination et les minarets voire les burqas, comme les emblèmes des dominés, des exclus, des réfractaires.Nous sommes constamment renvoyés à ce grand partage.

A. Badiou. – Ces questions sont insignifiantes, c’est ça ma conviction. Moi je suis sur ces questions un nietzschéen rigoureux. Dieu est mort, et depuis longtemps. Donc il faut partir de l’idée que quand on est face à de phénomènes dits de civilisation ou de religion, ils dissimulent autre chose que leur qualité apparente. Qu’est-ce qui se tient vraiment là-derrière ? On ne voit pas de nouvelles figures mystiques, des penseurs religieux profonds, une théologie novatrice, etc. On ne voit rien de ce genre. On voit des agitateurs organisés, des attentats anonymes, des phraséologies tout à fait stéréotypées. Alors quelle est la figure politique qui se dissimule derrière cette phraséologie de l’islamisme radical ? En tout cas, pour ce qui est d’être identitaire, elle l’est ! Et vous voudriez l’imiter, vous voudriez lui opposer une défense quasi désespérée de la « civilisation occidentale », ou de l’« identité française », investie et menacée par les barbares…

A. Finkielkraut. – Ah non, non !

A. Badiou. – Mais si, mais si… N’esquivez pas les conséquences de vos propos identitaires ! Quand vous voyez des jeunes hurler en faveur de l’Algérie, ce sont à votre avis des barbares anti-français. A mon avis ils ne le sont pas plus que ne l’étaient les supporters du club de rugby de Tyrosse dans les Landes quand, il y a cinquante ans, ils hurlaient contre les supporters du Racing de Paris. C’est l’imaginaire assez miteux du conflit identitaire, dont le sport est un exutoire bien connu. Une dernière vague d’immigration reste toujours solidaire de son passé, c’est normal. Déjà au XIXème siècle, on accusait les prolétaires de Paris, avant de vouloir les chasser en juin 48 et de les massacrer, d’être des analphabètes auvergnats, ce n’est pas nouveau tout ça. Dans mon enfance, à Toulouse, on disait en ricanant que les réfugiés de la guerre civile espagnole mettaient le charbon de chauffage dans leur baignoire. Il est consternant de vous voir faire la même chose !

La prolétarisation générale du monde s’est étendue au-delà de notre continent, c’est le seul phénomène nouveau. Après l’auvergnat, après l’italien et le polonais, nous avons le sri-lankais ou le malien. Et vous croyez que c’est là que doit être le problème de la pensée «française» ? Entre nous, alors que le monde est aujourd’hui partout aux mains d’oligarchies financières et médiatiques extrêmement étroites qui imposent un modèle rigide de développement, qui font cela au prix de crises et de guerres incessantes, considérer que dans ce monde-là, le problème c’est de savoir si les filles doivent ou non se mettre un foulard sur la tête, me paraît proprement extravagant. Et j’y vois donc un mauvais signe. C’est le début d’une stigmatisation rampante visant une minorité déterminée. Et prenez garde que cette stigmatisation, sous prétexte d’identité nationale, sous prétexte de valeurs à conserver etc., se répande ensuite dans la population sous des formes incontrôlables.Le vote de millions de Suisses abrutis contre les minarets n’est qu’un épisode de cette dérive, et vous en êtes responsable. Il est clair que les intellectuels et les « féministes » qui ont fait du foin sur le foulard il y a 20 ans sont responsables des phénomènes de minaret maintenant, et demain de bien pire encore. Vous voulez une éthique de la responsabilité ? Eh bien assumez-la !Les intellectuels sont ceux qui ont lancé cette affaire…

A. Finkielkraut. – Régis Debray, Elisabeth de Fontenay, Elisabeth Badinter, Catherine Kintzler et moi…

A. Badiou. – La liste est incomplète, mais exacte. Eh bien c’est une lourde responsabilité. J’ai aussi des amies de longue date qui se réjouissaient que les Américains bombardent Kaboul parce que c’était pour la libération des femmes. C’est choses-là, n’est-ce pas, vous pouvez vous amuser à les lancer localement, comme des coquetteries identitaires, mais elles cheminent ensuite, elles s’emparent des populations, elles deviennent un point de vue grossier et sommaire selon lequel nous sommes très bien et ces gens-là très mauvais. Et on va les décrire dans ces termes de façon de plus en plus systématique. Et des lois vont être votées, année après année, d’orientation de plus en plus ségrégatives et discriminatoires. Dans toutes ces histoires civilisationnelles est mise en route une machine d’introduction de l’identitaire dans la politique que vous ne contrôlerez certainement pas. D’autres le feront.

A. Finkielkraut. – On voudrait nous faire croire aujourd’hui que les Français sont en proie à la haine de l’autre, au rejet de l’autre… Je rappelle quand même que l’école n’exclut personne, elle exclut le foulard, ce qui est tout à fait différent. Je rappelle que si peur il y a aujourd’hui ce n’est pas la peur de l’étranger, c’est la peur de la haine dont certains immigrés ou enfants d’immigrés sont porteurs et qui n’a pas de précédent dans les vagues d’immigration antérieures. A cette haine, il ne s’agit pas de répondre par la stigmatisation, mais de dire qu’il y a, en France, des règles, des valeurs et des traditions qui ne sont pas négociables. La beauté du monde, c’est aussi sa diversité. Les ultra libéraux veulent un monde fluide, dépourvu de significations particulières et de communautés politiques, et que la France ne soit rien d’autre qu’une salle des pas perdus, un rassemblement aléatoire d’individus affairés – mais nous, le voulons-nous ? Voulons-nous que la circulation soit le dernier mot de l’être, et son dernier soupir ? Voilà. C’est tout ce que j’essaie de dire.

N.O. – On connaît le précepte augustinien : « à Rome fais comme les Romains ». Mais justement ces gens-là, les gens des « quartiers », ils ne vivent pas à Rome. Très concrètement ils vivent dans des zones de relégation complète, et leur accès à la citoyenneté française reste donc largement théorique…

A. Finkielkraut. – D’abord les choses ne sont jamais aussi simples. Les phénomènes de substitution démographique ne sont pas dus, malgré ce que certains voudraient nous faire croire, à la stigmatisation de l’étranger. Si à Bobigny vous avez besoin de prendre votre voiture pour trouver une boucherie qui ne soit pas hallal, vous déménagez. Voilà la situation. Deuxième réponse : pour vous, Alain Badiou, il n’y a de politique légitime qu’à travers l’affirmation d’égalité. Mais on doit ajouter autre chose, et là l’idée d’héritage commence à prendre forme, nous sommes les héritiers de la galanterie c’est-à-dire d’un certain régime de la coexistence des sexes fondé sur la mixité. Or le voile réduit les femmes à l’état d’objet sexuel. En arabe algérien, on dit qu’une femme dévoilée est nue. Lubrique ou cachée : telle est donc l’alternative. Elle est, pour notre civilisation en tout cas, obscène.

A. Badiou. – Salle des pas perdus pour salle des pas perdus, il faut quand même bien voir que votre affaire laisse en liberté une féroce oligarchie de prédateurs qui est la maîtresse de cette salle des pas perdus. J’aimerais que dans votre discours on s’en prenne d’abord à elle, responsable concentrée et globale de tout ce qui se passe, plutôt qu’au paysan qui vient d’arriver parce qu’il lui est impossible de faire vivre sa famille chez lui, et que donc c’est à la fois une nécessité et un devoir, pour lui, d’aller là il peut trouver les moyens d’exister, comme l’ont fait avant lui les millions de paysans français qui ont quitté leur terre pour aller en ville. Un prolétaire, en somme, j’aime ce vieux mot. Il faut quand même une hiérarchie des importances !

Il est quand même plus important de s’en prendre au noyau du pouvoir actuel que de passer son temps à s’en prendre aux prolétaires, sous le prétexte réactionnaire typique que, venus d’ailleurs, ils ont encore en eux les attributs de cette altérité. Vu la manière dont on les traite, qu’ils ne soient pas pétris d’amour pour ce pays, c’est assez compréhensible. Moi-même je veux bien aimer la France mais dans ce qu’elle a d’aimable. Les formes actuelles du pouvoir en France, celles qui règlent son devenir de nation aujourd’hui, je les hais aussi.

Quand vous dites qu’ils nous haïssent ces gens-là… Ils haïssent qui, quoi ? Ils ne haïssent pas la France, c’est tout à fait faux, croyez-moi. J’ai fait de la politique avec eux, pendant des décennies. J’aurais plutôt tendance à croire qu’ils sont les derniers patriotes véritables : il croient encore à la France démocratique et révolutionnaire, ils sont encore étonnés et meurtris qu’on les persécute. Au fond, ils sont patriotes parce que, Alain Finkielkraut, ils espèrent que l’actuel discours identitaire et hostile ne représente pas ce qu’est vraiment la France. Ils haïssent uniquement dans la France ce qu’ils perçoivent comme des protocoles de stigmatisation. C’est la France telle qu’elle apparaît dans votre discours fermé et identitaire qu’ils n’aiment pas. Il faut dire que cette France n’a pas bonne mine, ni aujourd’hui ni autrefois.

A. Finkielkraut. – Sur la question de la haine, il y a peut-être un vrai clivage entre nous. Dans une conférence de 1945, Camus parlant de l’amitié française disait : le nazisme nous a contraints à la haine, il importe maintenant de triompher de la haine, et de ne laisser jamais la critique rejoindre l’insulte. Il appelait cela : refaire notre mentalité politique. Sartre a pris la décision contraire. Il a voulu prolonger le climat exceptionnel de la résistance en faisant de la politique la continuation de la guerre absolue, et il a donc écrit : «Toute la valeur qu’un opprimé peut avoir à ses propres yeux, il la met dans la haine qu’il porte à d’autres hommes.» Camus est célébré aujourd’hui, mais c’est Sartre qui rafle la mise. La reductio ad hitlerum fonctionne à plein régime.

Quand vous comparez Sarkozy à Pétain, je vois là, Alain Badiou, un double bénéfice intellectuel et psychologique. Dans ce cadre, tout est simple. On n’a jamais affaire à des dilemmes ou à des problèmes, on ignore les conflits de devoirs, on pantoufle dans l’indignation car on ne rencontre que des scélérats. « Une oligarchie féroce » dites-vous, mais qui pratique quand même l’impôt progressif sur le revenu et qui oblige les plus riches à donner cinquante pour cent de ce qu’ils gagnent.

A. Badiou. – Rappelez un peu l’histoire de cet impôt… et les batailles populaires insensées qui l’ont imposé ! Les gens qui se sont battus pour l’imposer se sont battus contre des ennemis. Vous ne pouvez pas absenter la catégorie d’ennemi. Vous ne le pouvez pas. Et vous ne pouvez pas vous tromper d’ennemi aussi : ce sont plutôt Sarkozy et ses complices que les jeunes des banlieues.

A. Finkielkraut. -Les jeunes de banlieue ne sont pas mes ennemis. Ils ne l’ont jamais été, Alain Badiou, je vous le jure. Quand je dis qu’il faut fixer les règles, je crois au contraire que je leur tends la main, et c’est, au contraire, les abandonner à leur marasme que de leur tendre un miroir flatteur et gratifiant.

A. Badiou. – Ils sont bien avancés avec votre main tendue… Le destin positif et universel de ces jeunes, ce serait de s’organiser dans la visée de la destruction de l’ordre établi : ça, ce serait une issue sublimée et positive. Vous leur proposez juste de devenir des toutous aux ordres de la société.

A. Finkielkraut. – C’est votre poing levé qui les condamne. Et j’en viens au bénéfice psychologique de l’analogie perpétuelle avec les années noires. Si Sarkozy c’est Pétain, alors vous êtes un résistant. Je vous invite, vous et la gauche intellectuelle qui, sous votre égide, devient complètement mégalomane, à cesser de vous raconter des histoires. Sarkozy n’est pas un chef, c’est une cible. L’insulte au Président de la République est devenue l’exercice le plus courant, le plus grégaire, sur le net et dans les médias. Quand le pouvoir politique était fort, il y avait un conformisme de l’obséquiosité, aujourd’hui, ce pouvoir est faible et il y a un conformisme du sarcasme.

A. Badiou. -Vous avez un axiome fondamental qui est de type consensuel. Vivre ensemble. Vous faites comme si on était dans des conditions où il ne devrait pas y avoir d’ennemi véritable, où on devrait nécessairement avoir des rapports de respect avec le sommet de la République. Vous décrivez une scène politique virtuelle qui n’a aucun rapport avec la scène réelle. Dans la vraie scène, il y a des ennemis, des accapareurs du pouvoir, des inégalités monstrueuses, toute une couche de la population qui se voit discriminée dans la loi elle-même. Il y a des règles contrairement à ce que vous dites, mais des règles unilatérales. Et dans cette situation là, vous semblez considérer que ce qui doit requérir l’attention d’un philosophe c’est l’enthousiasme provincial, comme on le connaît dans le sport, d’une deuxième génération d’immigrés algériens pour la victoire de leur équipe d’origine. Vous ne parlez que de problèmes insignifiants et vous en parlez de manière d’autant plus dangereuse que vous investissez dans ces problèmes une sorte d’affect totalement excessif. Je souhaiterais que cet affect surnuméraire vous l’investissiez en direction des ennemis véritables.

A. Finkielkraut. – La mise en cause des programmes d’enseignement n’est pas un phénomène insignifiant. Je crois aussi que les agressions répétées dont les professeurs sont victimes, ce n’est pas un phénomène insignifiant. Pas plus que le mépris de ces professeurs parce qu’ils ne gagnent que 1.500 euros par mois. Nous ne faisons donc pas la même évaluation des choses. Mais je ne plaide absolument pas pour le consensus, je milite contre la mégalomanie résistancielle, et pour un dissensus civilisé. La question que je me pose en vous écoutant et en vous lisant, Alain Badiou, c’est : y a-t-il une place pour un adversaire légitime ? Dans le moment de la lutte, l’adversaire n’est pas légitime, c’est un scélérat il doit être combattu et anéanti. Et une fois qu’il a été anéanti ? C’est l’idylle à perpétuité. La politique communiste est cruelle et son utopie est kitsch. A l’idéal grec de l’amitié, c’est-à-dire du dialogue sur le monde, elle substitue la fraternité, c’est-à-dire la transparence des cœurs, la fusion des consciences.

A. Badiou. – Non, ça c’est une blague…

N. O. – Vous avez souvent dit, Alain Badiou, que ce pouvoir devait être abattu par la rue plutôt que par les urnes. Ces jeunes issus de l’immigration, vous semblez en faire la pointe avancée du mouvement émancipateur que vous prônez, de même que vous militez pour une réhabilitation de l’hypothèse communiste. Un autre point qui vous oppose radicalement à Alain Finkielkraut, qui lui redoute un oubli des leçons du XXème siècle, un reflux de l’antitotalitarisme…

A. Badiou. – Je considère les dirigeants actuels comme Marx les considérait en 1848 : ce sont les « fondés de pouvoir du capital ». C’est ce qu’ils sont redevenus de façon de plus en plus insistante depuis les années 80, aidés en cela par la contre-révolution idéologique à laquelle Alain Finkielkraut a activement participé avec d’autres. Et qui a consisté : 1/ à discréditer toutes les formes de l’hypothèse communiste. 2/ à relégitimer la démocratie parlementaire comme horizon indépassable de la politique.

Ma position, la voici. Je suis capable, comme tout le monde, de tirer le bilan désastreux des communismes étatiques du XXème siècle. Mieux que vous d’ailleurs, Alain Finkielkraut, car j’en connais les détails les plus terribles, et que la question du communisme est intimement ma question. Mais ce n’est aucunement une raison de tolérer le train des choses tel qu’il est. Il y a donc des ennemis, auxquels je ne confère pas de légitimité. Par conséquent il faut construire une force idéologique, politique, dont la nature est pour l’heure totalement indistincte. Cette force sera en tout cas nécessairement internationale. Comme Marx l’avait parfaitement vu d’ailleurs. La violence capitaliste et impérialiste a accouché de ceci, qu’il y a un seul monde. La provenance des individus est finalement beaucoup moins déterminante que le choix des valeurs qu’ils vont faire, le choix de leurs organisations, leurs visions. L’émancipation, son noyau fondamental, suppose l’égalité et donc la lutte contre l’emprise sociale totale de la propriété privée.

Moi aussi je propose à ces « jeunes » finalement une forme de règle : la règle de la discipline politique. La discipline politique des plus pauvres, des démunis, on en est aujourd’hui encore très loin hélas. La construction d’une nouvelle discipline c’est le problème de notre époque. Et ça ne passera pas par l’école, ni par aucune des institutions de l’Etat. L’école elle est foutue, comme du reste l’essentiel de l’héritage de la IIIème et de la IVème République. Tout doit se faire à grande échelle en dehors de ces débris, auxquels vous attache une mélancolie de plus en plus crispée.

A. Finkielkraut. – En effet moi j’ai essayé de tirer toutes les leçons de l’expérience totalitaire. Le philosophe polonais L. Kolakowski m’y a aidé. «Le trait essentiel du stalinisme consistait à imposer à la réalité humaine le schéma de l’unique alternative dans tous les domaines de la vie.» Il faut sortir de cela. Le monde de Badiou c’est deux camps, deux blocs, deux forces. Et puis «un», une fois la victoire obtenue. Jamais il n’y a place pour la pluralité dans cette vision prétendument progressiste du monde.

A.Badiou. – Moi dont l’œuvre philosophique entière consiste à élaborer une ontologie du multiple, moi dont un des énoncés essentiels est «l’Un n’est pas», il faudrait tout de même que je sois vraiment inconséquent pour penser contre la pluralité ! C’est vous qui n’en voulez pas, de la pluralité, car elle vous épouvante…

A. Finkielkraut. – Je ne suis pas ce que votre schéma voudrait me faire être à savoir un défenseur de l’état des choses. Je vois ce monde se transformer en un non-monde et je le déplore, comme Lévi-Strauss, et cette tristesse ne fait pas de moi un contre-révolutionnaire.

A. Badiou. – Je vois très bien que chez vous, la donnée subjective fondamentale est une forme de mélancolie. Elle me touche, parce que je peux d’une certaine manière la partager. Il est difficile de trouver plus profondément Français que moi. Une des premières phrases de mon livre, «Théorie du sujet», c’est « j’aime mon pays, la France ». Nous pourrions communiquer sur une certaine image du vieux charme français, et nous associer mélancoliquement dans le regret de ce charme évanoui. Seulement chez vous, la mélancolie se fait agressive, elle rêve de ségrégations, d’interdits, d’uniformité. Et cette pente vous entraîne à considérer des phénomènes irréversibles et nouveaux comme périlleux ou nuisibles, alors qu’ils ne sont que la vie historique des choses.

Acceptons une fois pour toutes, je le redis, que l’arrivée massive de gens venus d’Afrique soit la continuation du processus enclenché au XIXème, quand les auvergnats, les savoyards sont venus à Paris, puis les Polonais dans les villes du nord et les Italiens à Marseille. Faute de cette vision large, l’image qu’on se fait de la France est étriquée et dangereuse. La seule vison qui puisse donner sens au mot « France », c’est ce qui fait l’universalisme français aux yeux du monde entier, à savoir la filiation avec la Révolution française, avec la politique populaire, ça oui par contre, au moins au niveau subjectif, cela peut être salvateur.

A. Finkielkraut. – Une enseignante a été l’objet d’une lettre de ses élèves de Terminale la mettant en demeure de partir ou de changer d’attitude parce qu’elle poussait l’autoritarisme jusqu’à interdire l’usage des portables en classe ! La communication tue la transmission. On est en train de priver les nouveaux venus sur la terre d’un droit fondamental : le droit à la continuité. J’observe cette mutation, j’interviens pour la combattre mais je n’ai pas le moindre espoir de gagner la bataille.

N. O. – Votre position, Alain Badiou, se caractérise par un universalisme radical, un refus argumenté de faire jouer à toute assignation communautaire un rôle déterminant en matière politique. C’est l’un des points qui vous éloignent le plus d’Alain Finkielkraut, qui au demeurant semble faire une distinction entre la vague d’immigration actuelle et celles qui lui sont antérieures… Pouvez-vous préciser ce différend qui vous oppose tous deux?

A. Finkielkraut. – Je crois en effet, à la différence d’Alain Badiou, qu’il y a une différence profonde entre les vagues d’immigration antérieures et l’actuelle. Je n’en reste pas moins sensible au risque de stigmatisation. Il faut être attentif à ne jamais généraliser. Un militant d’AC le feu, organisation créée après les émeutes de 2005 a dit : « Je ne suis pas un Français issu de l’immigration, je suis un Français faisant partie de la diversité française.» Cela m’a renvoyé à ma propre situation, puisque je suis à ma manière un Français issu de l’immigration. Mon père est arrivé en France à la fin des années 1920, ma mère en 1948, ce sont deux survivants, mes grands-parents on été déportés de Bordeaux, après avoir été dénoncés par un passeur. Mon père a été déporté aussi. Le contentieux avec la France dans ma famille était lourd. Bien sûr. Il y avait chez mes parents une certaine distance. Et en même temps jamais je ne pourrai reprendre à mon compte une phrase pareille. Car c’est une manière de dire : la France en moi, c’est moi. Non. La France c’est quelque chose qui m’est donné en partage. Elle s’est proposée à moi, et c’est sa grandeur, comme une patrie adoptive. La France c’est une langue dans laquelle j’ai grandi. Une culture que j’ai faite mienne. L’école ne m’a rien proposé d’autre et je ne lui demandais rien d’autre.

Aujourd’hui, le concept de diversité change complètement la donne. Tout sepasse comme si la seule communauté qui n’avait pas sa place dans notre monde, c’était la communauté nationale : celle-ci devrait se dissoudre au profit des groupes, des minorités, des communautés qui aujourd’hui vivent en France. Si l’identité d’une nation c’est la diversité de ses composantes, alors il n’y a plus d’identité et la France n’est plus un sujet historique, mais un objet sociologique, et c’est une grave inconséquence, de la part du gouvernement, de jouer, comme il le fait, sur les deux tableaux. Je pense profondément que la France ne doit pas être une auberge espagnole où chacun apporte son manger. Le sentiment que j’éprouve c’est un patriotisme de compassion. La tendresse, comme disait Simone Weil, pour une chose belle, précieuse et périssable. Et j’aimerais que ce sentiment soit un peu plus partagé.

A. Badiou. – Ma maxime sur cette affaire c’est : les prolétaires n’ont pas de patrie. Il n’y a de politique novatrice, apte à briser les figures inégalitaires, communautaires, qu’à échelle du monde entier. Déjà Marx pensait que le cadre national était obsolète. La réalité historique de l’apogée du nationalisme français, c’est la guerre de 14. Des millions de morts pour rien. La France n’est digne de faire présent d’elle-même aux nouveaux venus que pour autant précisément qu’elle a été la France qui a été capable de les accueillir dans la politique qui était la sienne. La France qui ne les accueille pas, qui vote loi sur loi pour les discriminer c’est tout simplement la France de la guerre de 14 ou la France de Pétain. C’est-à-dire la France qui se ferme, qui n’a pas d’autre protocole d’existence que sa clôture.

Et vous, vous dites « pas d’auberge espagnole ». Mais il faut voir ce que ça veut dire concrètement pour les gens qui vont venir. Ca veut dire camps de rétention, persécutionspolicières, filtrage constant de gens qui ne sont nullement des islamistes, mais tout simplement des gens d’ici. Des gens dans le même itinéraire difficile, tortueux et réprimé que celui de leurs ancêtres venus de la campagne. Ces gens-là, vous avez beau dire et beau faire, vous êtes partisan de les désigner comme des suspects. Et cela, à mes propres yeux, c’est intolérable. Il faut penser, aujourd’hui plus que jamais, au-delà de l’Etat-nation. Alors la diversité ! Mais tout est divers, tout est composé depuis toujours de diversités absolument extravagantes. La France elle-même, sous Louis XIV n’était même pas unifiée linguistiquement. Donc c’est une pure foutaise que cette oppositions entre unité et diversité de la France.

La France est composée de diversités innombrables, alors pourquoi dirait-elle : « Ah non, là il faut arrêter ! Ce type de diversité, la musulmane par exemple, elle est pas bien, celle-là ». Ce sont des méthodes qui sont en définitive policières et persécutoires. Ou bien le fétichisme national ou bien la communauté : encore une fois j’observe que vous vous enfermez dans une alternative étroite. Mais il y a une autre hypothèse. La véritable construction à venir, c’est une vision totalement internationaliste de la figure politique. Et pouvoir construire un internationalisme interne au pays est une chance, non un malheur.

N. O. – On n’a pourtant rien trouvé d’autre jusqu’à présent que le cadre national pour imposer la redistribution par l’impôt, la sécurité sociale et autres acquis sociaux que vous-même, Alain Badiou, défendez par ailleurs. N’en déplaise aux altermondialistes à la Toni Negri, qui en viennent même à réclamer un improbable « salaire minimum mondial », tout cela est rendu possible uniquement par l’adossement à un cadre national….

A. Badiou. – Mais tout cela est provisoire ! Il est absolument indémontré et indémontrable, que ce cadre est indépassable.

N. O. – C’est que vous ne tenez pas compte la finitude, ou plutôt qu’en bon révolutionnariste vous décidez de ne jamais en tenir compte. Contrairement à Jean-Jacques Rousseau, un auteur qui vous est particulièrement cher, et qui considérait qu’une nation trop étendue se condamnait nécessairement à la disparition…

A. Badiou. – Peut-être, c’est assez vrai. On pourrait effectivement dire que ma position est celle d’un rousseauisme de l’infini.

A. Finkielkraut. – Le mot de persécution pour qualifier l’actuelle politique d’immigration me paraît tout à fait exorbitant… Les politiciens européens sont tiraillés par des exigences contradictoires.

A. Badiou. – Ah eh bien ça, c’est parce que vous ne connaissez pas les gens qui en sont victimes. Permettez-moi de vous le dire : vous en parlez de loin.

A. Finkielkraut. – On peut difficilement décrire notre continent comme une forteresse. L’hospitalité donc…

A. Badiou. – On n’appelle pas hospitalité le fait de faire venir des gens parce qu’on en a besoin, je regrette ! Le fait de les faire venir pour trimer dans la restauration, creuser des trous sur les trottoirs pour des salaires de misère, c’est une conception de l’hospitalité très particulière.

A. Finkielkraut. – Et la nécessité de préserver les conquêtes de l’Etat social… si nous vivions sous un régime ultralibéral la circulation des individus serait beaucoup plus facile à assurer. Accueillir c’est donner quelque chose et pour donner quelque chose il faut avoir quelque chose à donner et en face être réceptif. Et je constate la disparition progressive de cette réceptivité.

A. Badiou. – Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. L’écrasante majorité de ces gens-là sont venus trimer mais pas du fait de la grande hospitalité bénéfique de la France… Ils sont venus creuser nos trous et nettoyer notre merde. Et ça pour des salaires inférieurs au SMIC, cependant que notre fameux « Etat social » ne s’applique pas à eux, parce qu’on refuse de leur donner des papiers. Ils ne peuvent même pas se faire soigner dans les hôpitaux correctement. Et ce sont ces gens-là que vous rendez responsables de l’altération de l’identité française ?

A. Finkielkraut. – Un article du « Monde », journal soucieux s’il en est d’éviter les stigmatisations, citait récemment les propos du maire de Cavaillon, ville où règne une violence endémique. Les employés municipaux ont reçu des déchets venus d’une tour. On leur a crié : « Putains de Français, continuez à nettoyer notre merde ! ».

A. Badiou. – Mais bien sûr ! Des histoires de ce genre, les bons blancs français bien intégrés en ont à la tonne sur les Africains ou les Algériens comme autrefois ils en avaient sur les Juifs ou les « levantins ». Quelle vérité ? Quelle importance ? Les Suisses qui votent contre les minarets n’ont jamais vu un Arabe de leur vie. C’est une construction idéologique cette affaire-là. Vous êtes en train de construire idéologiquement les musulmans comme ont été construits les Juifs dans les années 1930. C’est ça que vous êtes en train de faire, avec les mêmes épithètes : des gens qui ne sont pas vraiment de chez nous, qui nous haïssent secrètement ou publiquement, qui constituent une communauté fermée, qui refusent de s’intégrer dans l’Etat français, etc. etc. Et vous croyez que vous allez faire ça innocemment ? Eh bien vous vous trompez. Il y aura des gens pour se servir de cette pseudo construction intellectuelle. Car la situation est grave. Mais elle n’est pas grave comme vous pensez.

Ce n’est pas l’identité française qui est menacée, elle en a vu d’autres l’identité française. Ce qui est menacé c’est le minimum de cohésion interne et populaire qui évitera que tout cela se termine un jour ou l’autre par la domination sans partage de forces sinistres. Je sais très bien, Alain Finkielkraut, que vous ne rallierez pas ces forces, mais vous serez en coresponsable. On ne peut pas introduire en politique des désignations identitaires de ce type sans que cela ait des conséquences gravissimes. Vous le savez parfaitement. Il n’y a pas de « problème immigré » en France, il n’y a pas de « problème musulman », pas plus qu’il n’y avait de « problème juif » dans les années 1930. Pourquoi utilisez-vous votre intelligence et votre talent à participer à la construction absolument fantasmatique de ce genre de « problème » à partir d’incidents qu’on peut toujours découvrir, si on ne les invente pas ? Les antisémites aussi trouvaient des « incidents », il y avait toujours un Juif qui avait dit ou fait ci ou çà.

On ne peut pas jouer avec ce genre de chose. Le capitalisme est un système précaire, on va être dans des contextes de crise, de guerre, et la tentation du bouc émissaire va ressurgir avec force. Et quel sera le bouc émissaire dans l’Europe d’aujourd’hui ? Quel sera-t-il ? Sinon ceux qu’on appelle les musulmans, les gens du Maghreb, les Africains ? Ce sera eux. C’est inévitable, c’est gros comme une maison. Et vous serez coresponsable de cela. Je le regrette vivement pour vous, parce que cet avenir n’est pas très loin. Quand on commence à « vérifier » l’identité française, tout devient possible.

A. Finkielkraut. – La mise en cause des programmes d’enseignement n’est pas un phénomène insignifiant. Je crois aussi que les agressions répétées dont les professeurs sont victimes, ce n’est pas un phénomène insignifiant. Pas plus que le mépris de ces professeurs parce qu’ils ne gagnent que 1.500 euros par mois. Nous ne faisons donc pas la même évaluation des choses. Mais je ne plaide absolument pas pour le consensus, je milite contre la mégalomanie résistancielle, et pour un dissensus civilisé. La question que je me pose en vous écoutant et en vous lisant, Alain Badiou, c’est : y a-t-il une place pour un adversaire légitime ? Dans le moment de la lutte, l’adversaire n’est pas légitime, c’est un scélérat il doit être combattu et anéanti. Et une fois qu’il a été anéanti ? C’est l’idylle à perpétuité. La politique communiste est cruelle et son utopie est kitsch. A l’idéal grec de l’amitié, c’est-à-dire du dialogue sur le monde, elle substitue la fraternité, c’est-à-dire la transparence des cœurs, la fusion des consciences.

A. Badiou. – Non, ça c’est une blague…

N. O. – Alain Badiou porte à votre égard une accusation pour le moins grave… Qu’avez-vous envie de lui répondre, Alain Finkielkraut ?

A. Finkielkraut. – L’accusation formulée à mon endroit est scandaleuse, mais je vais essayer de ne pas m’énerver. Je vais simplement dire que nous ne tenons pas pour réelles les mêmes choses, Alain Badiou et moi. Nous ne nous faisons pas la même idée du réel. Je me suis très récemment affronté avec l’extrême-droite et j’étais assez seul car toute une partie de la gauche a rejoint sur ce point Marine Le Pen. C’est l’affaire Polanski, bien sûr. On a vu le fascisme procéder comme à l’habitude, en désignant une cible à la vindicte populaire, en créant une victime sacrificielle, accusée de viol de petite fille. Et la gauche n’y trouvait rien à redire. Pourquoi ? Parce que cet homme faisait partie à ses yeux de la caste dominante. Et que donc il devait payer. « Ceux qui s’en prennent aux tournantes dans les banlieues ne devraient pas plaider l’indulgence pour la jet set », a-t-il été dit, et peu importe les faits. Peu importe que l’acharnement de la justice américaine contre ce petit « polak » n’ait rien à voir avec son délit et tout avec sa notoriété.

La comparaison que vous faites entre les Juifs et les Musulmans pourrait aussi me faire sortir de mes gonds. Je vous répondrai simplement ceci : il y a, à mon avis, un même aveuglement devant la montée d’une certaine francophobie et devant la montée d’une nouvelle judéophobie. Pour les mêmes raisons : ceux qui ont l’étiquette de dominés sont nécessairement innocents. Quand on s’en prend aux Juifs et qu’on n’est pas un franchouillard, c’est qu’on est victime de la misère sociale ou solidaire des Palestiniens. Nous sommes mis en demeure de ne pas appeler cet antisémitisme par son nom.

A. Badiou – Ca n’a jamais été mon cas. Dès les premières pages de « Circonstances III », j’ai dit qu’il existait un antisémitisme arabe, qu’il fallait y prêter la plus grande attention, et qu’en aucun cas je ne pactiserai ni de près ni de loin avec ça. Donc je me sens tout à fait extérieur à ce procès. Ce que je dis est d’une autre nature. L’extrême droite européenne s’est construite depuis maintenant des décennies sur l’hostilité par rapport aux musulmans, à ce qu’elle nomme l’islamisme. Vous contribuez à alimenter cette hostilité en disant que ces « musulmans », ces africains, ne sont pas, du point de vue de la « civilisation », exactement comme nous. Ils ne sont pas intégrables. Ils nous haïssent. Le fait que les Juifs faisaient partie de « l’anti-France » était un argument fondamental de l’extrême droite dans les années 1930. Je ne vois pas pour le moment de différence de principe entre les mécanismes intellectuels au nom desquels vous êtes en train de vous inquiéter de cette présence de masses populaires pauvres islamisées dans notre pays et la manière dont a été construite de toute pièce la stigmatisation des Juifs, lesquels constituaient aussi, massivement dans les pays de l’Est, mais ici même dans les ateliers de confection, des gens pauvres exposés à la stigmatisation.

A. Finkielkraut. – Le racisme anti-arabe me paraît évidemment inqualifiable, comme toutes les autres formes de racisme. Mais l’antiracisme d’aujourd’hui est comme le communisme d’autrefois : un système d’explication du monde, inoxydable et indéfiniment reconductible. Quand Diam’s [2] chante :

Diams_Dans-ma-bulle.jpg
« Ma France à moi,
elle parle fort,
Elle vit à bout de rêve.
Elle vit en groupe, parle de bled.
Elle déteste les règles.
Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre.
Le BEP ne permettant pas d’être patron, alors elle se démène et vend de la merde à des bourges »

l’idéologie antiraciste voit dans cet hymne à l’incivilité et à la bêtise une réponse à la xénophobie ambiante. Or la France profonde et prétendument raciste porte aux nues Rama Yade, Yannick Noah et Zidane ! Nous ne vivons pas dans une période raciste de l’histoire de France, ce n’est pas vrai.

A. Badiou. – Mais quand le gouvernement est une saloperie, vous devenez francophobe à la fin des fins… C’est bien normal ! Les Communards se reconnaissaient dans le drapeau rouge, pas dans le drapeau tricolore, qui était celui des Versaillais, des gens qui ont laissé 20.000 morts ouvriers sur le carreau. Vous ne voulez pas employer le vocabulaire de la guerre mais ces gens-là nous font la guerre. Ce sont eux les ennemis, et pas les ouvriers, qui sont les principales victimes de ces gens-là. Sarkozy c’est tout de même pire qu’un ouvrier malien balayeur ! Si quelqu’un est en rupture avec tout ce que ce pays peut avoir d’estimable, c’est le premier, et pas le second. Quelle pensée pauvre, faite pour les journaux réactionnaires à sensation, que de faire croire que l’islamisme est notre adversaire capital. Encore une fois vous vous laissez prendre dans la fausse contradiction : capitalisme mondialisé ou islamisme. Ce n’est pas du tout le monde réel, ça. Pour moi l’islamisme, ce sont des groupuscules fascistes, je ne vois aucun inconvénient à dire ça. Je n’ai aucune espèce de complaisance pour ces gens-là et je les tiens pour absolument nuisibles.

A. Finkielkraut. – Il faut écouter Lévi-Strauss : « En dépit de son urgente nécessité pratique et des fins morales élevées qu’elle s’assigne, la lutte contre toutes les formes de discrimination participe de ce mouvement vers une civilisation mondiale destructrice de ces vieux particularismes auxquels revient l’honneur d’avoir créé les valeurs esthétiques et spirituelles qui donnent son prix à la vie.» Je pense qu’il y a une dimension d’universalité dans la civilisation française, mais il y a aussi un particularisme qui mérite d’être préservé. Et en effet, je rejoins Alain Badiou sur ce point, l’islamisme est loin d’être la seule force dissolvante.

A. Badiou. – Ma théorie générale des vérités c’est justement ce point-là : que toute vérité se construit dans la particularité.

N. O. – Alain Badiou, vous avez affirmé avoir publié « Circonstances 3 » car vous étiez, je cite, « consterné de voir le mot ” juif ” mêlé par des intellectuels au soutien qu’une large partie de l’opinion accorde désormais à des politiques fondées sur un nationalisme étriqué , voire un racialisme… ». Alain Finkielkraut, niez-vous qu’il y ait bel et bien pu y avoir une instrumentalisation de ce type au profit de politiques réactionnaires ?

A. Badiou. – Je faisais allusion à l’enchaînement qui a conduit à dire qu’anticapitalisme et antiaméricanisme participaient nécessairement de l’antisémitisme…

A. Finkielkraut. – Il ne me semble pas que la politique française actuelle soit racialiste. C’est ce que je disais tout à l’heure au sujet de René Char et Camus. Le modèle de la résistance ne vaut pas pour la situation que nous vivons. D’ailleurs le Président tire toutes ses références de la Résistance…

N. O. – Et au même moment il a pour proche conseiller politique l’ancien rédacteur en chef de « Minute », intellectuel d’extrême-droite notoire, auquel il affirme lui-même devoir une large partie de sa victoire présidentielle en 2007…

A. Finkielkraut. – Je fais partie de ceux qui ont été heurtés par la lecture de « Circonstances III » et en même temps je ne veux pas faire de procès en antisémitisme à Alain Badiou, car je sais ce que c’est qu’être victime de l’accusation de racisme. Parlant de l’horreur nazie, vous écrivez : « On devrait plutôt tirer de ces massacres illimités la conclusion que toute introduction emphatique de prédicats communautaires dans le champ idéologique politique ou étatique qu’elle soit de criminalisation ou de sanctification expose au pire.» Et voilà ce que j’aimerais répondre. J’ai pensé à une phrase de Wladimir Rabbi écrite en 1945 : « Nous avons été réintégrés dans notre condition d’hommes libres mais nous ne pouvons pas oublier que nous avons été la balayure du monde : contre nous, chacun avait licence.» Eh bien la majorité des survivants en ont tiré la conclusion suivante : « Plus jamais ça, plus jamais nous ne serons la balayure du monde ; nous allons quelque part sur la terre retrouver toutes nos prérogatives de peuple.» Ce quelque part, c’est Israël.

Vous entendez le ça du « Plus jamais ça » d’une tout autre oreille, Alain Badiou. Pour vous, c’est la division du même et de l’autre qui expose au pire. C’est l’affirmation de l’identité qui conduit à l’exclusion et à son paroxysme exterminateur. Vous plaidez donc pour une humanité que ne romprait aucune séparation intérieure, et vous ne reconnaissez de légitimité qu’aux Etats cosmopolites « parfaitement indistincts dans leur configuration identitaire ». La conclusion implicite, c’est que les sionistes sont les mauvais élèves d’Auschwitz, voire les perpétuateurs de la politique hitlérienne. Cette insinuation est très douloureuse, et d’autant plus injuste que ceux qui en Israël militent pour l’émancipation des Palestiniens sont des patriotes sionistes attachés au maintien du caractère juif et démocratique de leur Etat.

A. Badiou. – Ma position ne remet aucunement en question l’existence de l’Etat d’Israël – bien au contraire. Deux éléments ont conduit à cette situation de Guerre de Cent Ans à laquelle on assiste. L’« exportation » de cette question par les Européens après la guerre, façon commode de s’en laver les mains, combinée à la tension que devait fatalement produire l’introduction du prédicat identitaire juif dans la constitution même de cet Etat. Comment s’en sortir désormais ? Eh bien je me demande simplement si le maintien de cette assignation identitaire n’est pas plus périlleux aujourd’hui pour les Juifs que la création de cette Palestine binationale pour laquelle je milite depuis longtemps, et qu’Hannah Arendt appelait déjà de ses vœux.

Propos recueillis par Aude Lancelin

Voir aussi:

Après l’étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte?
Jean-François Bouthors…
Le Monde
22.12.09

Ce qui se passe en France depuis l’ouverture du débat sur l’identité nationale est insupportable.

Ce qui se dessine, c’est la montée de l’ostracisme à l’encontre de toute population dont la religion, la couleur de peau, le langage ou la tenue vestimentaire, voire l’âge, sont susceptibles d’inquiéter les Français ou du moins une partie d’entre eux qui s’arrogent le monopole de l’identité nationale.

Depuis plusieurs années, même quand ils sont citoyens français, ces “étrangers”, ces “aliens” sont – à l’exception de ceux qui appartiennent aux couches économiques supérieures, mais pour combien de temps encore ? – tenus aux marges de la société. Un grand nombre d’entre eux sont assignés à des conditions de vie pénibles, sinon humiliantes. C’est une des raisons – certes pas la seule, mais elle n’est pas négligeable – qui expliquent que certains versent dans la marginalité ou la délinquance. Les statistiques témoignent d’une surreprésentation de ces populations dans les lieux de détention. Plutôt que de se contenter de chercher dans de tels chiffres des raisons de justifier nos peurs, nos lâchetés et nos démissions, nous devrions y voir une source d’interrogation sur la violence des injustices qui ravagent notre société et mettent l’identité nationale en lambeaux.

Depuis quelques mois, c’est sur les musulmans que se focalise l’attention. Cela s’est tout d’abord manifesté avec la création de la commission parlementaire sur le port de la burqa, alors même que cette pratique est ultraminoritaire. Depuis le lancement du débat sur l’identité nationale, ce phénomène s’est accéléré, et ceux qui s’en réjouissent ont vu dans le référendum suisse interdisant les minarets une sorte d’autorisation à se lâcher… Ce que l’on a entendu depuis dépasse ce que l’on aurait imaginé six mois plus tôt. Or si l’on remplaçait dans les discours le mot islam par celui de judaïsme, ou celui de musulman par le mot juif, l’indignation serait à juste titre générale.

Lentement mais inexorablement, les musulmans revêtent le costume du bouc émissaire de toutes les carences, de tous les défauts et péchés de notre société, alors que la crise économique multiplie les inquiétudes et les tensions sociales. C’est inacceptable. L’aveuglement est tel qu’on en oublie souvent que nombre de musulmans qui vivent dans notre pays sont des citoyens français, qui partagent les mêmes droits et devoirs, la même dignité que tout autre Français. On en oublie aussi pour les nouveaux venus la tradition d’hospitalité dont s’est longtemps enorgueillie la France.

De la question de l’intégration des différences dans le kaléidoscope national, on est maintenant passé, dans la bouche du ministre de l’identité nationale et de l’immigration, à l’injonction de l’assimilation à un modèle d’identité dont on se demande qui en possède tous les traits, et qui est fondé à les définir. Le président de la République lui-même n’a pas craint de recommander aux musulmans la discrétion. Ceux-ci sont priés de ne pas relever la tête, de ne pas se faire trop entendre. Faudra-t-il demain qu’ils rasent les murs comme les juifs du temps de l’affaire Dreyfus ? Faut-il croire que dans la France laïque, il y aurait place pour une sorte de dhimmitude à l’encontre des musulmans ? Puis sans doute, ensuite, à l’encontre des autres religions qui n’appartiendraient pas à l’identité républicaine française !

Il est effrayant de voir ainsi l’identité nationale rabattue sur l’appartenance religieuse ou ethnique. Il est scandaleux qu’au même moment, on renvoie dans leur pays, où ils ont fui la guerre, des Afghans sans papiers, musulmans, qui plus est en enfreignant les règles du droit international. C’est un peu comme si on avait renvoyé outre-Pyrénées, en 1936, les Espagnols qui fuyaient la guerre civile ! Il est consternant d’apprendre que sur 178 auditions devant les parlementaires de la commission sur le port de la burqa, 150 étaient contre le port du voile, comme l’a déclaré Eric Raoult. Un tel score est digne d’un débat contradictoire tel qu’on l’aurait organisé en Union soviétique. Fort heureusement, les deux tiers des personnes entendues ne sont pas favorables à une loi sur le sujet : il reste un peu de raison dans ce pays…

Nous, qui ne sommes ni des inconditionnels du Coran ni ignorants des dangers extrémistes ou communautaristes qui existent dans notre société, condamnons cette dérive du débat sur l’identité nationale. Nous considérons comme désastreux et particulièrement dangereux pour l’avenir du pays le sort fait à ceux qui sont perçus comme des étrangers, pour quelque raison que ce soit. En raison même de l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine, en raison du fait que la liberté religieuse et la liberté de conscience sont des droits humains fondamentaux, nous demandons que soit mis un terme à tout ce qui peut nourrir ou sembler justifier les dérives actuelles, à commencer par ce “diabolique” débat sur l’identité nationale qui ne sème que la division. Après l’étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte ?

Premiers signataires :

Marie-Pierre Archambeaud, Guy Aurenche, Esther Benbassa, Jacqueline Berger, Jean-François Bouthors, Frédéric Boyer, Marie-Françoise Brihaye, Anne et Hervé Chabert, Philippe Chevallier, Dominique Chivot, Jean Daviot, Bill et Florentine Deraime, Jean Delumeau, Marie-Jo Deniau, François Euvé, Olivier Favereau, Mgr Georges Gilson, Etienne Grieu, Laurent Grzybowski, Monique Hébrard, Marie Holzman, Helena Lasida, André et Geneviève Le Gall, Marc Leboucher, Pierre Lembeye, Beatrice Litzellmann, Isabelle Marin, Michela Marzano, Véronique Nahum-Grappe, Anne Nerdrum, Anne Nivat, Bernard Perret, Gérard Pirlot, Claude Plettner, Marie-Christine Ray, Alain Renaut, Jean-Pierre Rosa, Alain Salomon, Caroline Sers, Régina Sneifer, Bernard Stephan, Hubert Stoecklin, Irène Terrel, Gérard Testard, Christoph Theobald, Beatrice Toulon, François Vaillant, Catherine Van den Steen, Dominique Vidal, Alain Woodrow


Identité nationale: Je trouve cette France-là monstrueuse (With elections looming Sarkozy finally gets back to national identity debate)

11 novembre, 2009
Niqab FranceLa seule façon dont un musulman peut justifier auprès de l’islam de servir dans l’armée américaine est si ses intentions suivent celles d’hommes comme Nidal. Imam Aulaqui
D’ailleurs, à propos de l’exode rural, les Aveyronnais qui ont conquis les cafés de Paris continuaient à vivre en symbiose avec leurs terres d’origine, sur lesquelles ils ont construit des maisons pour leur retraite. Il en est de même aujourd’hui à l’aune de la globalisation. On sait aussi que les phénomènes d’appartenance ne sont pas nécessairement exclusifs les uns par rapport aux autres. On peut se sentir parfaitement Français et en symbiose avec son terroir d’origine. N’oublions pas qu’hier c’étaient les Juifs que l’on accusait d’être apatrides ou d’avoir d’autres allégeances que celle de la nation. (…) si 500 femmes menacent la République, c’est qu’elle est décidément bien malade! (…) Ce danger est d’autant plus grand qu’une nation repose souvent sur l’oubli, voire le mensonge, comme le disait Renan. En France, nous n’avons jamais vraiment voulu voir que notre République est ethno-confessionnelle. Même à l’époque de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les Français catholiques étaient un peu plus français que les autres, pourvu qu’ils ne fussent pas ultramontains. La République n’a pas eu de peine à coopter ses protestants. La République française a eu beaucoup de peine à admettre sa part juive, au point qu’elle l’a livrée à l’Holocauste lors de la seconde guerre mondiale. Et aujourd’hui nous entendons le ministre de l’intérieur parler de “prototype” de l’Arabe, pardon de l’Auvergnat! Il y a des démons d’exclusion dans l’histoire française. Jean-François Bayart (CNRS)
Il nous appartient tous ensemble de veiller à ce que cette société reste une société dont nous pouvons être fiers, c’est à dire pas une société où on expulse les sans-papiers … Stéphane Hessel (ancien ambassadeur, membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine)
Toutes nos bonnes soeurs portent le voile! Et n’oublions pas que, jusque dans les années 60, on ne mettait pas un pied dans une église sans se couvrir! Cinquantenaire catholique
Il y a tellement de façons d’être français qu’il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu’est être français. Pap Ndiaye (Ecole des hautes études en sciences sociales)
Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort”. Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy: elle a une morale que la droite française n’a plus. Marie Ndiaye (prix Goncourt 2009, soeur du chercheur Pap NDiaye)
La seule chose qui ne me convienne pas, c’est le modèle de l’école publique. C’est incompatible avec nombre de mes principes religieux. Pour ma fille, j’ai déjà commencé l’école à la maison quelques heures par jour et l’apprentissage des quelques sourates de base. Plus tard, elle ira dans une école privée musulmane. Jeune mère de famille malienne voilée intégrale
Je ne tiens à vous dire qu’une chose. Nous sommes dirigés dans ce pays par des gens qui travaillent pour Satan. Jeune français de souche converti au salafisme
Nous sommes de plus en plus nombreux et bientôt nous vous laverons le cerveau! Musulman (“sortant” d’une mosquée en plein air, Paris XVIIIe)
Depuis trois ans, tout a basculé ici. L’atmosphère devient très pesante pour les riverains et les passants. Tous les vendredis, la rue est fermée pour permettre aux fidèles de prier jusque sur le trottoir à cause du manque de place à l’intérieur. Je n’ai rien contre l’islam et les croyants, mais là, il s’agit d’autre chose, les comportements sont excessifs. Certains vont même jusqu’à empêcher les femmes de circuler dans la rue parce qu’il y a une mosquée et que l’espace doit être réservé à la seule gent masculine. Habitante du quartier parisien du XVIIIe
L’identité nationale n’est pas en définitive un état de chose biologique – qui d’entre nous a pour ançêtre un Gaulois? – mais culturel : on est français par le fait qu’on s’exprime dans une certaine langue, qu’on intériorise une certaine culture, et qu’on participe à une vie politique et économique. Dominique Schnapper
Nous sommes dans une période de transition où le visage de la France change. D’importants transferts démographiques vont se produire avec l’arrivée de nouveaux immigrés extra-européens. Le problème est de savoir si nous pourrons, avec eux, faire évoluer la nation française, en conservant un certain nombre d’éléments décisifs pour son identité. Max Gallo

10 personnes en trois semaines à l’automne 2002 à Washington par un ancien tireur d’élite musulman converti, 12 morts et 42 blessés par un psychiatre de l’armée d’origine palestinienne de la base militaire de Fort Hood aujourd’hui …

Alors que l’Amérique bien-pensante d’un président qui n’a même pas daigné se déplacer pour fêter la victoire du monde libre sur le totalitarisme se réveille avec le pire attentat islamiste sur son propre territoire depuis le 11/9

Retour, en cette fête patriotique du 11 novembre où l’on va encore entonner le “Qu’un sang impur” et où on a faillir entendre le “Deutschland über alles” (“avant tout” en fait et non “avant tous”, comme voulaient le faire croire les nazis), sur la dernière lauréate de la principale récompense littéraire de France (franco-sénégalaise actuellement “exilée” en Allemagne – aux frais quand même de la princesse! – et donc multiculturelle à souhait en cette nouvelle ère Obama) qui, du haut de ses privilèges et sous prétexte de débat sur l’identité nationale chez nous, laisse éclater sa rage contre la société qui vient de la récompenser …

Et, dans certains de nos quartiers, sur d’autres qui, entre voile intégral et imprécations salafistes mais aussi “cités de la drogue”, bus sous escorte policière et agressions de médecins, s’emmurent chaque jour un peu plus …

L’écrivain Marie Ndiaye aux prises avec le monde
Nelly Kaprielian
Les Inrockuptibles
Le 30 août 2009

Dans Trois femmes puissantes, Marie NDiaye raconte des vies déchirées entre l’Afrique et la France. Une interrogation sur la condition humaine la plus contemporaine : les migrations et les questions d’appartenance. Le livre le plus dérangeant et obsédant de cette rentrée. Decryptage et interview.

Pourquoi vous intéressez-vous autant à la cruauté ?

La cruauté est souvent source de souffrance, de difficultés… J’aime bien l’idée de faire dire à certains personnages tout ce qu’ils ont en tête, les personnages qui n’ont aucune sorte d’inhibition, qui disent leurs pensées, leurs arrière pensées, bref tout ce qui est normalement indicible car cruel et qui relèverait du trop profondément enfoui ou impoli pour qu’on puisse oser le dire. Ça déstabilise les autres autour d’eux et c’est cette déstabilisation qui est intéressante littérairement.

Pour chaque récit, c’est comme si vous posiez les bases de la complexité d’une situation. Développer ne vous intéresse plus ?

Il y a sans doute de ça, même si j’ai conscience que si on peut un peu frustrer le lecteur, on ne peut pas le frustrer indéfiniment. Il y a des limites, il y a une sorte de jeu que l’on doit jouer avec lui car il risque de laisser tomber le livre, et ce n’est pas ce que je souhaite. J’essaie davantage aujourd’hui de ne pas être radicalement et systématiquement déceptive : c’est trop cruel et facile pour un écrivain de tenir le lecteur puis de le laisser tomber sans apporter de réponse à une question. J’essaie de me tenir sur cette frange-là, c’est-à-dire de lancer toutes sortes de questions et de répondre peut-être pas à toutes mais à quelques-unes quand même, tout en ménageant un espace suffisamment narratif pour que demeure un plaisir très basique de lecture. Ce qui fait qu’on lâche un livre ou pas… L’idée, bien sûr, n’est pas de répondre à des attentes précises du lecteur, d’une part parce que je les ignore, d’autre part parce que sinon on fait du Marc Levy. Disons que j’essaie de produire un bel objet, littérairement esthétique, harmonieux, mais aussi accessible. C’est accessible, mais rien n’est donné. On doit se débrouiller avec ces trois histoires.

Vous avez cette volonté, quand vous écrivez, de ne pas trop en dire ?

En tant que lectrice, il me semble qu’on revient d’autant plus souvent vers un livre, soit réellement, soit en pensée, lorsqu’il reste après lecture une certaine incompréhension… Sinon ce serait trop simple. Et puis en écrivant j’ai moi aussi l’impression de ne pas avoir toutes les réponses. Je ne prémédite pas tout. Les personnages et même l’histoire se font un peu à mesure que je les écris, donc à la fin je suis moi-même surprise de ce qui est arrivé. Même si je n’aime pas trop les écrivains qui disent que les personnages les ont entraînés, surpris, etc. Il ne faut quand même pas exagérer, il y a un travail intellectuel dans l’écriture. Mais parfois, d’une certaine façon, c’est un peu vrai.

Dans les trois histoires, la seule que vous menez à une résolution c’est la dernière, et c’est une résolution radicale : la mort.

Je n’avais pas envie que chaque fin soit lugubre. Cela peut vous paraître curieux mais pour moi c’est un livre gai, joyeux. Si à la fin de la troisième histoire il y a la mort, cela ne jette pas un voile de tristesse sur l’histoire. Elle meurt certes, mais elle meurt dans la “gloire” – même si je me méfie de ce mot, trop empreint de catholicisme, et je ne suis pas du tout mystique. L’histoire malheureuse de cette femme n’est pas désespérée car c’est quelqu’un qui ne s’oublie jamais, qui n’oublie jamais qui elle est même si c’est un être assez simple, et même si cela ne tient qu’à un nom, son nom propre, Kadhy Demba, qu’elle se répète, mais un nom c’est beaucoup. Dans la situation que je décris – et qui est assez douce par rapport à la réalité que subissent ces gens –, le nom est ce qui la personnifie encore : ces gens sont considérés comme une grosse masse même plus humaine, même pas une masse de bétail car le bétail on en prend soin car il rapporte… Ils sont traités comme des êtres qui n’ont plus leur unicité, leur valeur, leurs sentiments, leur vie, tout ce qui fait qu’un être humain est unique. Et ici, on a le plus grand mal à voir ces gens comme nos semblables…

Pourquoi votre héroïne n’abandonne-telle jamais, ne décide-t-elle pas de rester finalement en Afrique ?

D’après ce que je sais maintenant, une fois qu’on est parti, il est quasiment impossible de revenir en arrière. On serait dans une position d’échec absolu, on rentre chez soi en ayant honte et pour beaucoup de gens mieux vaut prendre le risque de mourir que de rentrer honteux, misérable et rejeté. Le seul intérêt de revenir serait certes de rester en vie, mais pour beaucoup de ces gens ça n’est pas le plus important. Donc une fois que le grand départ a eu lieu avec ce que cela implique de frais engagés, le retour est impossible… J’ai lu beaucoup de choses, d’articles, de récits de gens enfermés dans les centres de détention en Italie ou à Malte, dont le livre du journaliste italien Fabrizio Gatti, qui a fait un périple en suivant le trajet de réfugiés du Sénégal jusqu’en Italie (Bilal sur la route des clandestins – ndlr). Ce n’était pas extrêmement important de lire tout ça, mais je l’ai fait pour ne pas risquer d’introduire des détails absurdes ou incongrus…

Qu’est-ce que la littérature apporte par rapport aux reportages de presse ?

Précisément la personnification. Si la matière littéraire est assez intéressante ou prenante, ces trajectoires restent mieux en mémoire que ce qu’on peut lire dans les articles ou voir en images. Les articles peuvent dépersonnifier, on lit vite – un article, ça passe, ça reste comme anonyme. Pas la littérature.

Vos personnages sont africains. Votre père est sénégalais. Vous revendiquez-vous d’une culture africaine ?

Je m’en revendiquerais, m’en sentirais proche, si j’avais effectivement eu une culture double. Je me sentirais différente, mais aussi différente que si j’avais eu un père allemand et une mère italienne. La seule chose qui change quand on a une origine africaine, c’est qu’on est noir, c’est visible. Mais c’est tout. J’ai été élevé uniquement par ma mère, avec mon frère, en France. Pas par mon père, avec qui je n’ai jamais vécu, et que je ne suis pas allée voir en Afrique avant l’âge de 22 ans. J’ai été élevée dans un univers 100 % français. Dans ma vie, l’origine africaine n’a pas vraiment de sens – sinon qu’on le sait à cause de mon nom et de la couleur de ma peau. Bien sûr, le fait d’avoir écrit des histoires où l’Afrique est présente peut paraître contradictoire. Je suis allée deux ou trois fois en Afrique, c’est un lieu qui m’intrigue, me fascine aussi, car je sens que j’y suis radicalement étrangère. Quand j’y suis et que les gens voient mon nom et la couleur de ma peau, ils pensent que je suis des leurs. Or, par mon histoire, c’est faux. J’ai souvent rencontré des Français qui ont été élevés en Afrique et qui sont plus africains que moi. Alors qu’eux, en Afrique, dans le regard des autres, ils restent étrangers… Ironiquement, c’est en France que je peux paraître étrangère.

Le fait de vous sentir étrangère en Afrique et française en France où vous pouvez être perçue comme étrangère, est-ce que cela a apporté quelque chose à votre écriture ?

Oui, ça apporte le sentiment d’être en décalage. C’est propice à l’écriture, cette impression d’être toujours légèrement à côté. On a l’impression alors de mieux voir les choses, de les voir sous un autre angle.

Vous souvenez-vous de votre premier voyage en Afrique ?

Je ne reconnaissais rien, vraiment rien. Il n’y a strictement aucune transmission dans les gènes qui fait que quand on se retrouve dans le pays d’où vient son père, on se dise “ah, oui, bien sûr, c’est chez moi !”. C’était au contraire profondément étrange, très autre, mais autre dans le sens attirant, pas déplaisant.

Vous êtes la soeur du chercheur Pap NDiaye. Vous sentez-vous proche de ses travaux comme La Condition noire, de 2008, et de la question de la place des Noirs dans la société française ?

Je ne m’étais jamais posée cette question avant de le lire et qu’il m’en parle. Oui, je m’y intéresse de plus en plus et en même temps je me sens un peu étrangère à cette problématique car je suis dans une situation tellement originale que je ne peux absolument pas me plaindre de quoi que ce soit. Jamais je n’ai eu à faire une demande d’emploi ou une recherche d’appartement à louer seule, donc jamais je n’ai pu ressentir la moindre méfiance. Je ne me sens pas du tout visée par les problèmes que de nombreux Noirs rencontrent, même si ces problèmes sont réels. Ce que je trouve intéressant dans cette question, c’est que c’est une communauté visible qui réclame l’invisibilité. Du coup, je me suis rendu compte que beaucoup de Noirs, antillais donc français, ou étrangers, ont l’impression d’être exclus, surtout à Paris où ils sont sans cesse contrôlés. Ils sentent que dès qu’ils vont dans un endroit où il n’y a pas forcément que des Noirs on les voit comme Noirs avec tout ce que ça peut impliquer dans l’esprit de certains comme méfiance…

Vous en parlez avec votre frère ?

Oui. Lui aussi a pris conscience de tout ça récemment. Quand il avait 20 ou 30 ans – il a deux ans de plus que moi –, c’était une question qui ne lui était pas proche, exactement comme pour moi. La couleur de la peau n’importait pas, ce qui comptait c’était l’école, les diplômes, une égalité entre tous les citoyens dès lors qu’ils sont à un même niveau d’études… En fait, ça ne marche pas tout à fait comme ça. Il a fini par s’en apercevoir. Il habite depuis quelque temps porte de la Chapelle et prend tous les jours le RER gare du Nord, et même s’il est toujours absolument correct dans sa mise, avec costume, etc., il est sans arrêt contrôlé par la police, qui le tutoie d’emblée. Ce qui n’arriverait jamais avec le même genre d’homme s’il était blanc. Lui il est agrégé, peut réfléchir à ça, prendre de la distance, mais qu’est-ce que ça doit être dans la tête d’un jeune de 20 ans ? Quelle violence cela doit être, quelle haine ça doit développer… C’est très troublant.

Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus.

Vous avez publié votre premier roman à l’âge de 18 ans. En vingt-quatre ans d’écriture, qu’avez-vous appris ?

Quand on est jeune, c’est plus facile d’écrire des histoires systématiquement horribles pour dramatiser. Maintenant je me sens suffisamment mûre pour ne pas être systématiquement décourageante. C’est ce que j’ai appris en plus de vingt ans d’écriture, qui sont indissociables de vingt ans de vie. Tout naturellement, la façon dont je ressens les choses a changé. Heureusement ! Je suis contente de ne plus être jeune. Les choses me semblent moins terribles dans la manière que j’ai de les transcrire : je peux le faire de façon plus joyeuse. Avant, il n’y avait qu’une seule facette qui m’apparaissait, la terrible. Maintenant je vois qu’il y en a d’autres, et je me sens davantage capable de les décrire. Le champ s’est ouvert. D’ailleurs, ce que je montre dans le livre n’est pas forcément la façon dont je vois les choses. Je suis d’une nature plutôt optimiste… malgré les apparences (rires).

Enfant, vous avez longtemps bégayé. Est-ce qu’il y a une connexion avec l’écriture ?

Je pense qu’il y a un lien. C’est plus facile à l’écrit. En même temps, enfant, j’étais très bavarde, pas du tout renfermée. Ce qui est curieux c’est que d’une façon il y a un lien avec l’Afrique. Ce qui m’a frappée au Sénégal, c’est que plein d’hommes sont bègues… Je ne sais pas à quoi c’est dû. Du reste, je crois que mon père est plus ou moins bègue. Et chez les filles c’est rare. Peut-être le fait d’avoir vécu un an avec mon père m’a laissé ça. Quand on parle, il faut être lent, sinon la nervosité empêche de parler. Dans le récit, on a d’ailleurs l’impression d’un ralentissement comme si vous preniez plaisir à faire durer l’écriture. Mon maître en la matière est William Faulkner. Surtout dans Lumière d’août, qui est un très gros livre qu’on peut résumer en trois phrases puisqu’il s’y passe très peu de choses. On est dans l’intériorité assez brute de gens frustres dans une région écrasée de chaleur. Ou aussi Au-dessous du volcan, de Malcom Lowry, l’histoire d’un homme qu’on suit sur moins d’une journée, et sur ce temps bref on a l’idée de son existence entière.

Dans votre livre, chaque histoire est problématique. Est-ce dû à la mixité entre Africains et Français, ou tout simplement à la famille ?

Dans la vie des gens en général, ce qui pose le plus gravement problème, ce sont les gens qui nous sont le plus proches, enfants, parents, maris ou femmes. Ce sont nécessairement des histoires de famille, mais pas seulement parce que ces familles ou ces couples seraient franco-africains. Je ne fais pas d’histoires vraiment liées à la société, je n’en ai pas la puissance. J’aime l’idée de fresques, qui donne l’idée d’une société, mais malheureusement je n’ai pas ce sens de l’histoire. J’aimerais, mais ce n’est pas ma main. Après vingt ans d’écriture, on connaît ses limites. Il y a des renoncements. Souvent, un écrivain fait ce qu’il fait parce qu’il ne peut pas faire autre chose. C’est difficile d’avoir à la fois le sens de l’intime et le sens de l’histoire. Tolstoï l’avait.

Vous venez d’écrire un scénario pour le film de Claire Denis, White Material, qui se déroule en Afrique. Comment avez-vous travaillé ?

Claire ne me l’a pas demandé du fait de mes origines africaines, elle n’a pas besoin de cela et elle est bien plus africaine que je ne le serai jamais car c’est elle qui a passé sa jeunesse en Afrique et pas moi. Elle avait une idée assez précise de l’histoire (une plantation de café, une guerre civile) et je me suis donc coulée dans cette idée. Nous avons fait un voyage de repérage ensemble au Ghana, il y a trois ans. Cette rencontre avec Claire et tout ce qu’elle m’a appris de l’Afrique ont eu une importance considérable pour moi, elle m’a apporté, entre autres, ce que je n’ai pas : peut-être une culture africaine, mais surtout un mode de penser.

On a l’impression que vous menez une vie paisible, que vous vivez une situation familiale heureuse contrairement à celles que vous décrivez dans vos textes, que certaines choses que vous auriez pu voir comme difficiles dans votre vie ont glissé sur vous. Où puisez-vous la monstruosité de vos livres ?

C’est vrai que je n’ai pas du tout une vie romanesque… J’ai lu récemment le journal de Joyce Carol Oates, et elle a la vie la plus régulière, régulière, simple, normale, bourgeoise qui soit, et elle écrit des livres de monstre. Il y a cette chose qu’on appelle l’imagination, et ce n’est pas rien. Une imagination qui se construit aussi sur le réel de faits ou de rencontres, d’histoires que j’ai lues dans la presse ou qu’on m’a racontées. Le lieu où je vis m’influence aussi. Il y aura Berlin dans mon prochain livre, car c’est mon nouveau lieu géographique, donc mon nouvel univers mental. En Angleterre ou aux Etats-Unis, beaucoup d’écrivains sont issus d’origines ethniques différentes comme Zadie Smith, Monica Ali, Hari Kunzru, etc.

En France, nous n’avons pas ce type d’écrivains. Comment l’expliquez-vous ?

Je crois que c’est une question d’éducation. En général, les écrivains sont des gens qui ont fait des études, savent manier la langue et peut-être que ça n’est pas encore le cas pour nos minorités, qui se sentent peut-être exclues d’un certain savoir. Lorsqu’on voit d’où viennent les écrivains en France, pour une grande majorité d’entre eux, ils viennent de milieux bourgeois et/ou intellectuels, alors qu’aux Etats-Unis, par exemple, c’est moins le cas, Russell Banks ou Joyce Carol Oates n’ont pas été élevés au milieu de livres. Les parents d’Oates étaient fermiers, le père de Banks était plombier. Bref, il semblerait que les écrivains français viennent tous d’une bourgeoisie éclairée, cultivée, qui est un milieu assez restreint. Ce n’est pas complètement mon milieu : ma mère était prof de sciences naturelles dans un collège, ma famille n’était pas un lieu de livres. Jusqu’à l’âge de 13 ans, j’ai vécu à Fresnes et ensuite ma mère a déménagé à Bourg-la-Reine. C’était une banlieue très modeste, je vivais dans une barre HLM et les HLM dans les années 70 c’était autre chose qu’aujourd’hui. C’était plutôt pas mal, on a eu une enfance dans la rue, d’une liberté totale, sans crainte, ce que les enfants d’aujourd’hui n’ont pas. Quant à mon père, je crois que c’est un homme qui n’a jamais lu un roman de sa vie. Il a fait des études mais il venait d’un milieu misérable au Sénégal. Ma mère lit mes livres. Mon père, je n’en ai aucune idée. J’ai arrêté mes études très jeune pour écrire. Parfois, en interviews, je sens que je n’ai pas les outils pour parler de littérature, n’ayant pas fait Normale sup ou de longues études. Alors je réponds le plus simplement possible.

Trois femmes puissantes (Gallimard), 316 pages, 19 €, parution le 20 août

Voir aussi:

Le débat sur l’identité nationale au miroir de la presse étrangère
Le Monde
03.11.09

Qu’est-ce qu’être français ? C’est la question posée par le site Internet dédié au “grand débat sur l’identité nationale” voulu par le gouvernement. Un sujet qui intéresse les médias étrangers, qui n’hésitent pas à donner leur propre définition de l’identité française. Prensa latina, agence d’information latino-américaine, ébauche ainsi un portrait des Français : “Fiers de leur nationalité, ils portent aux nues les apports de leur pays à l’humanité et se disent inégalables en matière d’art culinaire, de vins, de mode et de parfums. Mais ils sont pleins de contradictions, enclins à la grève, aiment le verbe polémique. L’intégration des immigrés a radicalement changé leurs goûts ; l’insatisfaction les caractérise.”

NOSTALGIE

Le Times ironise sur la vision passéiste proposée par le gouvernement, qui veut remettre au goût du jour la “douce France”. La référence à cette chanson de Charles Trenet vient du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre (“La défense de notre modèle culturel et de la “douce France” chantée par Charles Trenet passe par la redéfinition de notre identité nationale”). The Times constate qu’”il n’y a clairement aucune place dans cette vision du pays pour les banlieues violentes, pour les conflits raciaux et pour les manifestations virulentes devant des usines décrépies”.

Mais c’est surtout la manœuvre électoraliste du gouvernement, à quelques mois d’un scrutin régional, que retiennent les médias étrangers, notamment le Guardian et La Vanguardia. “Les élections riment, selon le sarkozisme, avec identité nationale”, souligne cette dernière. Le quotidien catalan rappelle qu’à la veille des municipales de 2008, le ministre de l’éducation avait annoncé l’introduction dans les programmes scolaires de la connaissance de l’hymne national. “Ce thème était réapparu peu avant les européennes de 2009, lorsque Nicolas Sarkozy avait envoyé sa feuille de route au ministre de l’immigration et de l’identité nationale, dans laquelle figurait clairement le lancement d’un tel débat. Cette mission se traduit dans les faits aujourd’hui, à quatre mois des régionales…”, constate le quotidien.

LES RISQUES D’UNE DÉFINITION

Plusieurs journaux dénoncent l’objectif même d’un tel questionnement sur l’identité nationale. Le Christian Science Monitor cite ainsi le chercheur Pap NDiaye, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui craint une dérive “autoritariste” du débat : “Il y a tellement de façons d’être français qu’il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu’est être français.” Coïncidence relevée par le CSM : le jour même où était lancé le débat, la sœur de l’historien, la romancière Marie NDiaye, symbole de l’identité multiple française, obtenait le prix Goncourt, principale récompense littéraire en France. Un pied de nez aux tentatives de figer l’identité nationale dans une définition.

L’Observateur paalga (Ouagadougou) se demande s’il ne vaudrait pas mieux “laisser dormir” le débat car “il va être difficile de prouver qu’il n’y a pas de soupçon d’exclusion derrière cette [tentative de définition de la] ‘francité’”. Et le quotidien burkinabé de rappeler les dérives d’un autre débat sur l’identité nationale, en Côte d’Ivoire cette fois, où le concept d’”ivoirité” avait conduit à écarter le candidat musulman du nord du pays, Alassane Ouattara, de la présidentielle de 1995. La France “a mieux à faire que d’emprunter cette voie”, conclut L’Observateur.

Le débat dépasse en tout cas les clivages droite-gauche, note Charles Bremner, le correspondant à Paris du Times, sur son blog. Il divise particulièrement le Parti socialiste, tiraillé entre la “gauche traditionnelle”, qui invoque un argument moral et dénonce un retour au “pétainisme”, et la “gauche populiste, incarnée par Ségolène Royal, qui demande que les politiques s’adressent aux peurs publiques”. Autre élément de trouble pour la gauche française, relevé par Charles Bremner : l’initiateur de ce débat n’est autre que l’ancien socialiste Eric Besson.

Mathilde Gérard

Voir enfin:

Enquête sur l’islam radical en France
Dossier coordonné par Cyril Drouhet – Reportage Nadjet Cherigui (texte) et Axelle de Russé
Le Figaro Magazine
06/11/2009

La vision de ces silhouettes fantomatiques dans les rues dérange, surprend et effraie parfois. En France, le voile intégral est objet de polémiques. Pourtant, ces femmes ne sont que la partie la plus visible et la plus frappante de l’iceberg d’une mouvance appelée salafiste. Nous avons rencontré ces «puristes» de l’islam, pour qui les règles du quotidien ne peuvent se calquer que sur celles du prophète Mahomet. Quitte à faire fi des lois de la République…

Ce reportage est un document. Un témoignage exceptionnel. Pour la première fois, en plein débat sur l’identité française, au moment même où le port du voile divise l’ensemble de la communauté musulmane, des femmes salafistes ont accepté de s’expliquer. De se livrer comme jamais et d’ouvrir leurs portes à des journalistes. Pour aller aussi loin, pour plonger ainsi au cœur de l’islam radical de France et gagner la confiance de ces femmes qui ne sortent que très rarement de chez elles, Nadjet Cherigui et Axelle de Russé ont négocié des semaines. Pas à pas. Puis, elles se sont immergées en profondeur, enquêtant comme personne n’avait réussi à le faire avant elles, en se plongeant dans un monde, semble-t-il, irrationnel, mais totalement codifié. Si certains salafistes ont accepté de jouer le jeu de la transparence, les accueillant chez eux, d’autres, notamment à proximité des mosquées les plus dures, les ont reçues avec des injures et parfois des menaces, leur interdisant même de prendre des photos dans des rues où la liberté de mouvement se restreint lentement. Pour approfondir ce voyage en terre inconnue, Le Figaro Magazine s’est aussi adressé au journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des mouvements intégristes. L’occasion de comprendre la nature réelle du salafisme, ce mouvement en plein essor qui attire à lui chaque année toujours plus de «convertis».

Tout commence simplement par un rendez- vous à quelques kilomètres de Paris, dans une petite ville de banlieue de l’Essonne. La cité, certes, est populaire, mais proprette. Aucun pitbull ni rottweiller à l’horizon. Ceux qui «tiennent» les halls sont de gentils retraités discutant pétanque bien au chaud. Fatima * nous reçoit chez elle. La jeune femme a fait le choix du minhaj (le chemin) salafi. Elle porte le jilbab (voir encadré p. 53), mais se voile intégralement lorsqu’elle est maquillée ou pour ne pas laisser apparaître son visage en photo. Derrière la porte, point de voile ni d’austérité, mais un accueil chaleureux et le sourire d’une beauté d’ébène au corps de liane. Elégante et féminine, la jeune femme a pris le soin d’accorder la couleur de ses boucles d’oreilles au bleu de son piercing au nez. Fatima, 23 ans, mère d’un bébé de six mois, nous invite gentiment à nous déchausser avant d’entrer. L’intérieur est impeccablement tenu, la décoration, ultraminimaliste. Pas de photo ni de tableau, aucune référence à l’islam si ce n’est quelques livres religieux reliés de dorures et soigneusement rangés dans un meuble du salon. Un épais rideau beige sépare la pièce principale du reste de l’appartement. « Cela nous permet de diviser l’espace lorsque je reçois mes amies. La mixité nous est interdite. Quand mes copines viennent prendre le thé ici, je baisse les rideaux et mon mari s’éclipse toujours dans une autre pièce.»

«L’école publique est incompatible avec mes principes religieux»

Fatima, d’origine malienne, est née et a grandi en France dans une famille musulmane de huit enfants. Son cheminement vers plus de religion s’est fait naturellement, explique-t-elle. «Je suis la seule de la famille à avoir fait le choix du voile. J’ai lu le Coran, étudié la vie du Prophète et de ses femmes, qui sont pour moi des modèles à suivre. C’est ainsi qu’elles se couvraient, je fais de même. J’ai trouvé en l’islam les réponses à mes questions, le din (la religion) est simple et les interdictions sont claires. Il n’y a qu’à suivre ce que disent les textes.» Pour le reste, Fatima raconte une vie de jeune femme comme les autres. Elle surfe sur le net, apprécie le shopping et les sorties au resto avec les copines. « Mes amies sont de toutes origines et confessions. On parle de tout et n’importe quoi, même de sexe ! Tant que cela se passe entre filles, il n’y a pas de tabou », précise-t-elle. Convaincue de son choix, Fatima n’émet aucun doute. Sa voie est certaine, c’est celle des salafis et de la sunna (la tradition du Prophète). Elle n’osera exprimer qu’un regret : l’exclusion du monde du travail. Mais aussi une douleur : les regards pesants, les sarcasmes cruels et les insultes blessantes. « Je ne comprends pas un tel déferlement de haine, je ne suis en aucun cas en dehors des lois de la République, se persuade-t- elle. Chaque fois que je suis sortie en sitar (voir encadré), j’ai accepté de me dévoiler pour les contrôles. La seule chose qui ne me convienne pas, c’est le modèle de l’école publique. C’est incompatible avec nombre de mes principes religieux. Pour ma fille, j’ai déjà commencé l’école à la maison quelques heures par jour et l’apprentissage des quelques sourates de base. Plus tard, elle ira dans une école privée musulmane. » Dans la République, point de salut !

La règle est claire : on baisse les yeux quand on s’adresse à son mari

Un bruit de serrure. Sur le pas de la porte, Yvon (son époux), accompagné de Bertrand, son frère jumeau, rentrent du travail. Aujourd’hui, Yvon a consenti une entorse à l’interdiction de la mixité afin d’échanger avec nous. Son épouse accepte également, mais rappelle que si la parole est libre, les règles, elles, sont claires : on doit baisser les yeux lorsque l’on s’adresse à son mari.

Rapidement, Yvon, en tenue de boulanger (c’est son métier), se retire pour réapparaître en kamis. Ce grand gaillard athlétique porte le cheveu court, la barbe longue et fournie comme il est de rigueur chez les « salafs ». Les deux frères «Français de souche, avec quelques origines juives», tiennent- ils à préciser se sont tous deux convertis à l’islam il y a huit ans. Une enfance difficile, le chômage, l’alcoolisme des parents, et puis très vite la délinquance. Vulnérables économiquement autant que socialement et psychologiquement, les jumeaux ont trouvé refuge dans les écrits salafs. Si eux s’en défendent, nombre de nouveaux convertis peuvent être la proie de ceux qui cherchent à attirer les plus égarés. «Nous étions des cas sociaux, l’islam nous a sauvés. Aujourd’hui, je ne me dégoûte plus. Si Dieu accueille le repenti et pardonne, je peux aussi me pardonner à moi-même.»

Yvon et Fatima sont mariés depuis quatre ans, après une seule et unique rencontre bien codifiée et surveillée. La moukabala, «un genre de speed dating à la musulmane », confie Fatima en souriant. Dans le milieu, pas question de se fréquenter hors mariage. Ceux qui sont désireux de convoler en justes noces le font savoir à l’entourage. Le réseau s’active et les propositions arrivent. «Il s’agit d’être précis quant aux critères physiques, d’âge, de couleur de peau, etc., explique Fatima. Ensuite on se rencontre, toujours en présence d’un tuteur pour la femme (un père, un oncle, un frère…).»

Loin d’être un rendez-vous galant romantique, la moukabala est un moment important. Pas de place au coup de foudre ! La priorité : partager les mêmes valeurs. On parle donc éducation des futurs enfants, vie de couple, pratique de la religion. Chacun prend alors «librement» nous dit-on la décision de poursuivre ou non et peut renouveler l’expérience tant que l’âme soeur n’est pas trouvée. Beaucoup plus au sud, à quelques centaines de kilomètres, dans les rues d’un quartier populaire d’Avignon, Kenza, 29 ans, s’avance entièrement couverte de noir. Son niqab ne laisse apparaître que des yeux que l’on devine rieurs. Babouches aux pieds, la jeune femme marche d’un pas énergique. Drapée de noir, elle surprend par son enthousiasme et sa spontanéité. «Je n’ai aucun problème avec mon niqab dans la rue, s’exclame- t-elle. Moi, j’ai le voile dans la peau !» Kenza presse le pas, elle est attendue chez sa meilleure amie, Marie-France, pour une leçon culinaire autour du couscous. Marie-France est une quinqua coquette, dynamique et enjouée, mais aussi une très fervente catholique. «C’est notre amour de Dieu qui nous a réunies. La seule différence, c’est que je mange du porc contrairement à Kenza. Pour le reste nous avons les mêmes valeurs et la même façon de pratiquer : ils ont le ramadan, nous avons le carême… Quarante jours, en plus ! J’ai un bon coup de fourchette et je peux vous dire que j’en souffre !» s’exclame-t-elle avec l’accent parfumé de la Provence. Dans le salon, Sainte-Thérèse, la Vierge Marie, Jésus, les flacons d’eau bénite et autres crucifix partagent très naturellement l’espace avec le poster d’une bimbo à moitié nue. «Cela ne vous choque pas tout de même… ? se moque Marie-France. Je la trouve belle tout simplement…»

La polémique autour du voile intégral, elle la refuse et défend son amie. «Toutes nos bonnes soeurs portent le voile ! Et n’oublions pas que, jusque dans les années 60, on ne mettait pas un pied dans une église sans se couvrir !» Etrange alliance de ces deux religions que bien des points opposent.

Le temps passe. Kenza doit aller chercher ses enfants à la sortie de l’école. Puis c’est la prière en famille avec Allal, le père, sur le tapis du salon. Sereinement, Allal et Kenza racontent leur choix de vie. « Je n’ai jamais forcé ma femme à porter le voile. C’est en lisant les textes qu’elle a pris seule sa décision.» La jeune femme acquiesce : «D’ailleurs, quand on s’est connus je ne portais rien… ; ah si, une culotte ! lâche-t-elle dans un éclat de rire. En tant que musulmans, nous sommes tous salafs. Notre devoir est de suivre les pratiques du Prophète à la lettre et c’est ce que je fais.» L’heure tourne et les enfants se pressent autour de leur mère pour le jeu du soir. Près d’une heure de questions-réponses autour de l’islam, du Coran et du prophète Mahomet. « Il n’y a pas pire péché que d’obéir par obligation, explique Allal. Il est essentiel pour nous d’éduquer nos enfants à la religion et cela peut être aussi ludique, la preuve !»

Quelques semaines plus tard en banlieue parisienne, à Gennevilliers. Le ton change. C’est jour de fête pour la communauté musulmane. La sublime mosquée tant attendue est enfin inaugurée. Dans la foule, Nadia, 40 ans. Cette mère de quatre enfants ne cache pas son émotion. « Cela fait près de dix ans que l’on attendait une mosquée plutôt que ces salles de prière aussi obscures que douteuses qui sont devenus des nids à salafs. Mes enfants viendront y suivre les cours de Coran donnés par l’association El Nour (La Lumière). Les éduquer, c’est le seul moyen de les protéger de toute manipulation idéologique.» Derrière l’inquiétude de cette mère de famille, il y a la colère d’une femme blessée. Mariée pendant près de quinze ans, Nadia a vu l’homme qu’elle aimait se transformer au point de ne plus le reconnaître. «Mon mari aimait la vie et sa famille jusqu’à ce qu’il commence à fréquenter des groupes de prière suspects et des forums de discussions salafistes. Très vite, il m’a reproché de travailler et d’être en contact avec d’autres hommes à l’extérieur. J’étais devenue sheitan (le diable). Il m’a quittée pour épouser le salafisme.»

Sur ses conseils, nous nous rendons dans l’une de ces mosquées qu’elle qualifie d’obscures. Au rez-de-chaussée, l’accueil des hommes est tout juste poli. L’étage réservé aux femmes est un espace exigu. L’atmosphère âpre, presque irrespirable, n’a rien à envier à l’ambiance. Au fond de la pièce, une femme voilée de noir fait les cent pas, récitant frénétiquement des versets du Coran. Trois jeunes filles, respectivement en niqab, sitar et jilbab (voir encadré) étudient à voix haute des passages du livre saint. Elles expriment des doutes quant à notre identité : «Vous pourriez être envoyées par les renseignements généraux», explique très sérieusement Salima du haut de ses 20 ans. Avec le même sérieux et un sourire glacial, elle dit ses certitudes quant à notre destinée de mécréants ou de catholiques (peu importe). L’issue sera forcément cruelle, douloureuse et inéluctable. «Vous brûlerez en enfer… à moins de vous convertir.» La jeune fille se ferme. L’échange s’arrête net. En sortant, quelques jeunes de la cité voisine nous interpellent, nous provoquent mais se ravisent très vite lorsque l’un d’entre eux lâche : «Laisse-les tranquilles, elles sortent de la mosquée !»

Un petit peu plus loin, aux abords de cette même mosquée, un très jeune couple s’avance. Lui est français et converti. Quant à son épouse, nous ne verrons d’elle que des mains délicates et soigneusement manucurées. Les échanges sont vifs, il n’est pas question «d’avoir à se justifier», «nous ne sommes pas des animaux», «laissez-nous vivre en paix». Bien plus virulente que son mari, la jeune femme n’a de cesse de répéter «excuse-moi, chéri», chaque fois qu’elle hausse le ton (les femmes n’ont pas le droit d’élever la voix). L’homme insiste sur un point : «Je ne tiens à vous dire qu’une chose. Nous sommes dirigés dans ce pays par des gens qui travaillent pour Satan.» Là encore, impossible de poursuivre, ils se sont déjà éloignés. Quand la doctrine est extrême, le dialogue devient impossible. Dans une librairie accolée à la mosquée, Thomas, derrière son comptoir, ne lève les yeux de son Coran que pour répondre à une cliente en quête d’un jilbab à sa taille. «J’ai un gros arrivage en provenance d’Arabie saoudite prévu la semaine prochaine, il y aura plus de choix.» Tenues islamiques et onguents au parfum d’Orient côtoient nombre de livres. Beaucoup de Coran de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Pour le reste, l’essentiel des ouvrages proposés sont signés par les références de la pensée salafiste. Dans les rayons, des jeunes hommes barbus s’installent, plus pour lire qu’acheter. Thomas, le gérant, 26 ans, est né et a grandi dans un presbytère. Elevé dans une famille aux valeurs très catholiques (son frère a fait le séminaire), il a lu la Bible, la Torah, puis le Coran. Aucun doute pour lui : la vérité ne se trouve que dans ce dernier. Un choix et une conversion qu’il a payés le prix fort. Sa famille n’accepte pas et a rompu tout lien avec lui. «Je ne suis pas en colère, mon coeur ne leur sera jamais fermé s’ils veulent m’accepter comme je suis. Mais jamais je ne renoncerai à ma foi.» Thomas s’arrête, fait évacuer le magasin et baisse les rideaux pour quelques minutes. C’est l’heure de la prière.

Après la banlieue, retour à Paris dans une mosquée du XVIIIe arrondissement. Le lieu est un fief ostensiblement salafiste. Notre seule présence et nos questions provoquent une réaction en chaîne. D’abord quelques protestations, des invectives, et très vite viennent les menaces. L’argument ? La rue appartient aux fidèles et la loi, c’est eux. Francine n’est pas musulmane. Habitante du quartier, elle ne cache pas son exaspération et son inquiétude. «Depuis trois ans, tout a basculé ici. L’atmosphère devient très pesante pour les riverains et les passants. Tous les vendredis, la rue est fermée pour permettre aux fidèles de prier jusque sur le trottoir à cause du manque de place à l’intérieur. Je n’ai rien contre l’islam et les croyants, mais là, il s’agit d’autre chose, les comportements sont excessifs. Certains vont même jusqu’à empêcher les femmes de circuler dans la rue parce qu’il y a une mosquée et que l’espace doit être réservé à la seule gent masculine.» Dehors, l’ambiance est électrique. Sortant de la salle de prière, un homme nous interpelle. Complètement exalté, il confirme. «Nous sommes de plus en plus nombreux et bientôt nous vous laverons le cerveau !»

Le salafisme en dix questions
Mohamed Sifaoui *
Le Figaro magazine
06/11/2009

Dans Paris et dans toute la France, de nombreuses échoppes communautaires fleurissent et offrent la possibilité de se fournir en vêtements islamiques autant qu’en produits de beauté orientaux et livres saints. Crédits photo : (Axelle de Russé/Le Figaro Magazine)
Au moment où l’on parle du voile intégral, du salafisme, des religions et de l’identité nationale, faut-il s’inquiéter de la présence en France d’un mouvement fondamentaliste musulman que beaucoup qualifient d’extrémiste ? Décryptage…

1. Qui sont les salafistes ?

Le salafisme puise sa racine dans le mot arabe salaf, qui veut littéralement dire « les prédécesseurs ». On parle d’essalaf essalah, ou des « pieux prédécesseurs », pour désigner les premiers compagnons du prophète Mahomet. Aujourd’hui, les salafistes les prennent pour exemple et appellent à un retour à « l’islam des origines », expurgé de la bidaa ou des « innovations blâmables » qui, de leur point de vue, pervertissent la religion. Ainsi, toutes les influences occidentales, toutes les idées humanistes et les principes philosophiques, comme la démocratie ou la laïcité, sont-ils rejetés. C’est l’école de pensée hanbalite, fondée par l’imam Ahmed ibn Hanbal (780-855) au IXe siècle, qui a forgé les racines de l’idéologie salafiste. Deux disciples de cette doctrine, l’imam ibn Taymiya (1263-1328) et Mohamed ibn Abdelwahab (1703-1792), en deviendront ensuite les deux principales références idéologiques. Abdelwahab, fondateur du dogme wahhabite et néanmoins cofondateur de la monarchie saoudienne, donnera naissance à ce « salafisme missionnaire » (sujet de notre enquête) véhiculé de nos jours : inégalité entre les hommes et les femmes ; droit pénal reposant sur les châtiments corporels ; rigorisme dans les rapports sociaux ; rejet des droits de l’homme. Dopé à coups de pétrodollars, ce salafisme s’est progressivement propagé à travers le monde.

Au XXe siècle, cette pensée salafiste se politise également en se « réformant » sous l’impulsion des Frères musulmans, une confrérie intégriste fondée en Egypte, en 1928, par Hasan al-Banna (1906-1949). Les Frères n’hésitent pas à créer des partis et à s’engager dans la vie politique et associative. Néanmoins, leurs divergences doctrinales avec les tenants du wahhabisme ne font pas d’eux pour autant des « progressistes » : eux aussi prônent l’application de la charia (la loi coranique) et l’instauration de républiques islamistes. Les Frères musulmans, qu’on affuble parfois du qualificatif de « salafistes en costard-cravate », sont représentés en France par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Partisans d’une réislamisation « en douceur », ils sont en apparence plus « ouverts » que les « salafistes en barbe et djellaba ».

D’autres salafistes, dits djihadistes, préfèrent la confrontation. Leur doctrine est suivie aujourd’hui par une nébuleuse comme al-Qaida. Qualifiés également de takfiris (ceux qui pratiquent l’excommunication), ces adeptes de la guerre sainte ont les mêmes références idéologiques que les autres.

2. Que veulent-ils ?

Bien que minoritaires dans le monde musulman, les salafistes occupent le devant de la scène grâce à l’activisme effréné de leurs militants et autres idéologues. La pensée salafiste contrôle aujourd’hui plusieurs mosquées et une grande partie de la littérature musulmane. S’agissant de l’Occident, ils appellent aussi au communautarisme, espérant réislamiser les membres de la communauté musulmane et convertir autant que faire se peut des personnes séduites par une idéologie politico-religieuse incompatible avec les valeurs universelles. Pour autant, contrairement à certains fantasmes entretenus par des milieux d’extrême droite, l’objectif principal des salafistes n’est pas l’islamisation de l’Europe, mais la mise en place de conditions qui leur permettraient de pratiquer leur vision de l’islam comme ils l’entendent, même si celle-ci est contradictoire avec l’esprit des Lumières. De leur côté, les Frères musulmans souhaitent ériger un groupe de pression à même de peser sur les débats nationaux et internationaux, et veulent constituer une force lobbyiste susceptible de faire naître un « vote musulman ».

3. Combien sont-ils en France ?

Il est difficile de connaître avec exactitude le nombre de salafistes présents en France (et en Europe). Il serait possible néanmoins d’avoir une estimation quand on sait que seuls 10 % des 5 millions de musulmans de France sont des pratiquants réguliers qui fréquentent les 1 900 mosquées et salles de prière avec assiduité. Ayant centré leur vie autour du lieu de culte et de la pratique, ils représentent une forte minorité de ces pratiquants. Mais ils donnent l’impression d’être majoritaires grâce à leur activisme, leur excitation militante, leur présence sur le net, leur accoutrement ostensiblement prosélyte, et à travers leur engagement dans l’action sociale au sein des quartiers. Les salafistes ont ainsi montré leur poids réel lors des manifestations contre la loi interdisant les signes religieux à l’école. A analyser également, les rencontres annuelles du Bourget qu’organise l’UOIF, cette filiale française de la pensée des Frères musulmans, qui peine à rassembler plus de 20 000 personnes, même si elle prétend le contraire.

Il existerait une cinquantaine de mosquées ou de lieux de prière tenus par les partisans du wahhabisme saoudien et de la pensée salafiste prosélyte, et beaucoup plus dirigés par l’UOIF, qui ne représente cependant qu’un tiers des musulmans pratiquants dans les instances du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Les mosquées salafistes wahhabites sont souvent implantées au cœur des cités populaires. Il en existe en région parisienne – à Sartrouville, Argenteuil ou Gennevilliers notamment -, dans la région lyonnaise, dans le Nord, ainsi qu’à Marseille ou Besançon. Mais on en trouve aussi dans Paris intra-muros, au cœur des quartiers de Belleville et de Barbès.

4. Qui finance la propagation du salafisme ?

Outre l’Etat saoudien qui, au travers de la Ligue islamique mondiale, a longtemps financé cette idéologie, de nombreux mécènes arabes du golfe Persique accordent des millions d’euros par an pour faire rayonner à travers le monde le « vrai islam », comme ils aiment qualifier le salafisme. En France, plusieurs mosquées ont été construites grâce à des fonds provenant des monarchies arabes et de la Ligue islamique mondiale : les mosquées d’Evry et de Mantes-la-Jolie, par exemple. L’Arabie saoudite propage le salafisme en formant dans ses universités de Riyad, de La Mecque et de Médine des milliers d’étudiants saoudiens ou étrangers. Ce salafisme « missionnaire » a été véhiculé aussi par les écoles coraniques pakistanaises, notamment celle de Karachi, qui enseigne la pensée dite deobandie, une version indo-pakistanaise du salafisme ayant donné naissance aux fameux talibans. Les Frères musulmans ont, quant à eux, longtemps bénéficié de l’aide des Saoudiens, qui ont permis l’ouverture en Europe du Centre islamique de Genève, fondé par Saïd Ramadan (père de Tariq Ramadan et gendre de Hasan al-Banna). Et, lorsque l’UOIF est créée, au début des années 80, par des islamistes tunisiens et par l’activiste libanais Fayçal Mawlawi, l’organisation profitera de nombreux soutiens émanant des Emirats arabes unis. Aujourd’hui, l’UOIF recevrait, selon les différentes estimations, entre 30 et 60 % de son financement de pays ou de personnalités arabes. Les associations qui sont liées à l’UOIF tirent également une partie de leur argent de la certification halal, un commerce communautaire qu’ils ne cessent de promouvoir tant il est lucratif.

5. Qui sont leurs idéologues ?

Parmi les contemporains, on peut compter des Egyptiens issus des Frères musulmans comme Sayyid Qutb (1906-1966) ou Youssouf al-Qaradawi, qui ne cesse de justifier les attentats suicides et l’instauration de la charia. Bien qu’il s’en défende, Tariq Ramadan, qui se laisse complaisamment affubler parfois du titre de théologien, est en réalité un idéologue de la pensée salafiste des Frères musulmans. Il n’hésite pas à fustiger le wahhabisme saoudien, mais cela ne fait pas de lui un progressiste ou un libéral ni un réformateur. Ses références idéologiques demeurent les fondateurs de la pensée des Frères et les théoriciens qui l’ont sophistiquée pour en faire un instrument de lutte politico-idéologique, en l’occurrence son propre grand-père Hasan al-Banna, auquel il voue une admiration sans pareille, ou encore le Pakistanais Abu al-Ala al-Mawdoudi (1903-1979). Tariq Ramadan s’est singularisé en utilisant des codes de langage et d’écriture occidentaux pour propager une pensée frériste qui a su adapter son discours aux opinions publiques européennes. Il ne propose qu’une version d’un salafisme en apparence plus « doux ».

D’autres « penseurs », des Saoudiens, ont assuré le rayonnement du salafisme wahhabite à travers le monde. C’est le cas du cheikh Ibn Baz (1909-1999), qui a toujours prêché un islam pur et dur. Salih bin Fawzan al-Fawzan, un Saoudien, est « apprécié » par les salafistes européens : il recommande à ses adeptes de ne pas «ressembler aux mécréants dans ce qui leur est spécifique». Il est de ceux qui incitent les femmes à porter le voile intégral, refusant même le voile classique qui permet de laisser le visage des femmes visible. Autre gourou très écouté par les salafistes : le cheikh Mohamed ibn Saleh al-Otheimine. Il interdit, entre autres, de «féliciter les mécréants [juifs et chrétiens notamment] durant leurs fêtes religieuses». Enfin le cheikh Nacereddine al-Albani (1914-1999), un idéologue albano-syrien, a produit une floraison de fatwas (édits religieux) tout aussi intégristes les unes que les autres et a notamment prohibé l’usage de la télévision et de la radio.

6. Quels sont leurs relais médiatiques ?

Bien que certains idéologues interdisent la télévision, d’autres appellent à ce que l’utilisation de ce média soit exclusivement réservée à la propagation de l’islam. C’est le cas par exemple de plusieurs chaînes satellitaires arabes, qui accordent une large place à ces salafiste prêchant « la bonne parole » tant en direction des sociétés musulmanes que de l’Occident. Les prêcheurs se succèdent sur des chaînes qui, du Qatar à l’Egypte en passant par les Emirats, font de la surenchère en jouant sur les notions du licite et de l’illicite très chères à Youssouf al-Qaradawi. Une fois par semaine, celui-ci anime l’émission phare « Al-Sharia oua Al-Hayat » (la charia et la vie) sur les plateaux de la chaîne al-Jezira, au cours de laquelle il traite de toutes les questions d’actualité, parfois avec une violence inouïe. Cela dit, internet est devenu le moyen principal pour véhiculer les idées salafistes, que ce soient celles des Frères musulmans ou celles des wahhabites et même celles des djihadistes. Les sites et les forums se comptent par centaines et, là aussi, tous les sujets sont abordés. Actuellement, plusieurs salafistes tentent de se mobiliser sur le net contre une éventuelle loi sur le voile intégral. Mobilisation qui voit son prolongement sur le web 2.0 et notamment sur des réseaux sociaux tels que Facebook, qui recèle des dizaines de profils se revendiquant clairement de cette idéologie. Enfin, les nombreuses librairies dites musulmanes propagent en réalité l’idéologie salafiste. C’est le cas d’al-Tawhid à Lyon, qui diffuse la littérature des frères Ramadan et celle des penseurs fréristes, ou d’autres échoppes qui proposent, quant à elles, les ouvrages des idéologues saoudiens.

7. Le salafisme est-il compatible avec la République ?

Les salafistes sont contre la mixité, ils rejettent les minorités religieuses et sexuelles, encouragent le communautarisme, ne reconnaissent pas les valeurs de fraternité en dehors de l’oumma (la nation islamique) et refusent toutes les notions de liberté qui contredisent leur vision de l’islam. Les textes salafistes montrent l’étendue qui sépare cette idéologie totalitaire des principes républicains. Ainsi, le cheikh Otheimine, par exemple, appelle-t-il les femmes musulmanes à ne quitter leur domicile qu’en cas de nécessité et qu’avec «l’autorisation du mari ou du tuteur». Il précise : «La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères.» Et d’ajouter à leur intention : «Que ces femmes craignent Allah et délaissent les propagandes occidentales corruptrices!» Un autre cheikh, Salih bin Fawzan al-Fawzan, défenseur du voile intégral, affirmait dans l’une de ses fatwas que «le visage de la femme est une awrah (partie à dissimuler) et qu’il est obligatoire de le couvrir». Pour lui, «c’est la partie la plus forte en tentation». Et il en va de même pour d’autres principes fondamentaux qui forgent l’identité républicaine et laïque de la France. Le salafisme, par exemple, n’accepte pas la liberté de conscience. S’il cherche à endoctriner et à convertir des non-musulmans, il refuse catégoriquement qu’un musulman puisse renier l’islam pour une autre religion. L’auteur d’une telle apostasie doit être, selon eux, condamné à mort. De même que la liberté d’expression et d’opinion, la critique des dogmes et des religions est prohibée.

8. Le salafisme est-il violent ?

Les multiples courants salafistes représentent différents niveaux de dangerosité. Les djihadistes ou les takfiris prônent le djihad et donc les actions terroristes. Durant ces dernières années, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et condamnés dans des affaires «d’associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Le courant objet de notre enquête se veut, lui, beaucoup plus réservé sur la question de la violence. Ces fondamentalistes missionnaires préfèrent généralement raffermir leur foi et considèrent parfois qu’étant donné les divergences qui existent entre les « théologiens » au sujet du djihad, il n’est pas permis de s’engager dans cette voie. Néanmoins, ils représentent un danger pour le vivre ensemble, et leur vision de l’islam est incompatible avec les règles d’une société laïque et démocratique. En effet, tous les salafistes, y compris ceux qui prétendent le contraire, rejettent la laïcité. Il ne peut y avoir, selon leurs idéologues, de séparation entre les Eglises et l’Etat puisque, pour eux, «l’islam est un englobant qui doit régir toute la vie du musulman». Idem pour la démocratie, qu’ils considèrent comme une mécréance dans la mesure où celle-ci consacre le principe de la souveraineté du peuple alors qu’ils estiment que «la souveraineté ne doit revenir qu’à Dieu et à Dieu seul».

Les Frères musulmans prétendent officiellement accepter ces deux valeurs. Le salafisme dit réformiste qu’ils incarnent prend part, en effet, au jeu démocratique lorsqu’il s’agit d’élections. C’est le cas des Frères musulmans égyptiens ou du Hamas palestinien. Cela étant dit, ils instrumentalisent la démocratie dans l’espoir de s’approprier le pouvoir et ne la considèrent certainement pas comme un système consacrant toutes les égalités et toutes les libertés.

9. Le voile est-il une obligation de l’islam ?

Au lendemain de la révolution iranienne en 1979, le voile est devenu, dans l’imaginaire collectif, le signe de l’oppression de la femme et notamment du militantisme politique. D’un point de vue théologique, les salafistes en font une véritable obsession, bien qu’il n’existe que deux versets coraniques qui évoquent, de manière peu explicite, le voile sans en déterminer sa forme exacte : «Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.» (sourate 33, verset 59) ; et «Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Dieu, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès.» (sourate 24, verset 31).

Pour les littéralistes, ces versets seraient « clairs » et exigeraient le port du voile voire du niqab, mais pour beaucoup de penseurs et de rationalistes musulmans, le port du voile n’est pas une obligation. Gamal al-Banna, frère du fondateur des Frères musulmans, pense, lui, que le voile n’est plus valable de nos jours étant donné que ces versets s’adressaient à des femmes qui vivaient à une période précise où, de Médine à Athènes, toutes les femmes étaient voilées. D’ailleurs, nombre de musulmanes, en Tunisie ou en Turquie, y compris de ferventes pratiquantes, ne le mettent que lors de l’accomplissement des prières ; d’autres, plus âgées, le portent par tradition ou par pudeur. Récemment, le cheikh d’al-Azhar, le grand institut de théologie du Caire, a déclaré que le port du voile intégral relevait d’une «tradition et non pas du culte». Le cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel du soufisme maghrébin, a affirmé pour sa part qu’«on a fait du voile un instrument idéologique pour avoir un stéréotype de femme modèle», dénonçant ainsi cet uniforme de l’idéologie salafiste. En tout état de cause, le retour du voile, sous ses différents aspects, coïncide avec l’avènement du salafisme contemporain.

10. Une loi contre le voile intégral est-elle applicable?

La question est actuellement en débat. La commission d’enquête parlementaire rendra son avis en janvier 2010. Pour l’heure, de nombreuses associations et des personnalités de la société civile sont auditionnées par les députés. Il aurait sans doute été préférable de créer une véritable commission d’enquête pour mieux connaître l’idéologie salafiste et son ancrage dans la société française.

Dans le cas de la mise en place d’une loi, il faudrait réfléchir dès à présent à son application. Nous sommes là devant une situation sensiblement différente de celle qui avait prévalu durant la polémique sur le voile à l’école, puisque l’interdiction de cet autre « signe » de l’islamisme fut appliquée par les responsables des établissements scolaires. Le respect d’une mesure visant à interdire le voile intégral devra cette fois être assuré par la force publique, qui devra verbaliser ou emmener au poste les éventuelles récalcitrantes. Et il y en aura ! Il faudrait en outre avoir l’assurance que cette loi, si elle venait à être promulguée, s’appliquera également l’été, lorsque les femmes et les filles ainsi que les servantes des riches princes saoudiens ou qataris déambuleront sur les Champs-Elysées.

* Journaliste, Mohamed Sifaoui est le coauteur avec Philippe Bercovici de «Ben Laden
dévoilé, la BD-attentat contre Al-Qaïda», Editions 12 Bis. Il est aussi l’auteur de «Pourquoi l’islamisme séduit-il ?», Editions Armand Colin, à paraître le 27 janvier 2010.


Iran: Pendant les travaux, la Révolution continue (Welcome to the land where the Revolution IS televised!)

2 mai, 2009
Mollah's mass hangingsLes Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. (…) Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang
Le Président suisse m’a dit que les Américains veulent compenser leurs pertes en puisant dans nos poches. Ahmadinejad

L’Iran a besoin d’un changement dans sa gestion (…). Le pays est menacé par le chômage, l’inflation, la pauvreté et la drogue, la dégradation de l’éthique politique et l’émergence d’une désunion entre le gouvernement et les différents groupes ethniques et entre les sunnites et les chiites.
Mohsen Rezai (ancien chef historique des pasdarans et notoire candidat-leurre)
Au moment où dans le monde entier, y compris la société civile iranienne, des voix s’élèvent contre la peine de mort, Téhéran s’est doté de la législation pénale la plus extrême, C’est une véritable machine de répression qui sert à museler opposition et minorités à travers les délits d’opinion ou le crime dit d’apostasie. Karim Lahidji (vice-président iranien de la FIDH et donc “opposition officielle”)

Bienvenue au pays où la Révolution est télévisée!

Pendaisons publiques y compris à la télévision, exécutions de “masse”, procès non “équitables”, décès et suicides “suspects” en prison, exécutions de mineurs adolescents au moment des faits (laissés en détention jusqu’à leurs 18 ans, continuation des lapidations (homme enterré debout jusqu’à la taille, femme jusqu’à la poitrine, dimension des pierres rigoureusement codifiée pour éviter une mort trop rapide) …

A l’heure où le premier président américain multiculturel multiplie les pénitences et les actes de contrition tout en vantant les bienfaits de l’islam pour l’humanité …

le Machin choisit un rayeur de cartes pour inaugurer ses conférences sur le racisme …

Et où nos propres vendeurs de tapis français et européens continuent leur tournée des pince-fesses et des petits fours dans une région qui vient de faire un triomphe au nettoyeur ethnique soudanais et sait si bien recevoir ses hôtes

Le régime des mollahs nous referait-il, avec ce nouveau rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme à la veille des présidentielles du mois prochain, le coup de la réforme?

Il faut dire que, sur fond de chaos économique (incapacité pour les 2e réserves de pétrole mondiales de produire sa propre essence, paupérisation généralisée, corruption, drogue, pédophilie) et politique (emprisonnement de faux opposants, candidats-leurres, rumeurs de prétendue tricherie électorale, abaissement à un mois de l’élection de l’âge de vote à 15 ans!), les pendaisons et lapidations publiques commençaient à faire désordre

Compte rendu
La FIDH dénonce la recrudescence des exécutions en Iran
LE MONDE
30.04.09

La Fédération des ligues des droits de l’homme (FIDH) publie, mercredi 29 avril, une étude très critique sur l’usage de la peine de mort en Iran et la législation répressive iranienne. On peut y lire que la République islamique détient juste derrière la Chine le record mondial des exécutions. En l’absence de statistiques officielles, Amnesty International et d’autres ONG estiment qu’entre 2000 et 2008, de 1 546 à 2 056 personnes ont été exécutées, dont environ 40 % ces dernières deux années. Tendance “à la hausse” qui se confirme pour 2009 où depuis janvier 120 condamnés ont été tués.

La FIDH qui dénonce les exécutions publiques (pendaisons) et de “masse” (38 ont eu lieu le 15 juillet et le 2 août 2007, dont 16 en public et 4 montrées à la télévision), pointe aussi le fait que les prisonniers n’ont pas toujours de procès “équitables”, que des décès et des suicides “suspects” se produisent en prison et surtout que Téhéran ne tient pas ses engagements.

Ainsi, bien que l’Iran ait ratifié la Convention sur les droits de l’enfant, des mineurs adolescents au moment des faits incriminés sont toujours exécutés. On les laisse en détention, jusqu’à ce qu’ils atteignent leurs 18 ans. Huit ont été exécutés en 2008 (l’un d’eux Behmam Zare avait 15 ans au moment des faits) ; 12 en 2007 et une quarantaine en 20 ans.

De même, bien que le responsable du système judiciaire, l’ayatollah Shahroodi, ait écrit un mémorandum interdisant les lapidations en décembre 2002 et donné en 2006 des assurances aux pays européens qui s’émouvaient de ces pratiques, les lapidations ont toujours lieu. Elles sont parfaitement codifiées : si le condamné est un homme il est enterré debout jusqu’à la taille, si c’est une femme, jusqu’à la poitrine. Les pierres ne doivent pas être trop grosses pour que le supplicié “ne soit pas tué en deux ou trois jets de pierre”, ni trop petites, car inefficaces. Au moins trois personnes ont été lapidées en un an, dont un couple.

“Au moment où dans le monde entier, y compris la société civile iranienne, des voix s’élèvent contre la peine de mort, Téhéran s’est doté de la législation pénale la plus extrême, résume le vice-président de la FIDH, Karim Lahidji. C’est une véritable machine de répression qui sert à museler opposition et minorités à travers les délits d’opinion ou le crime dit d’apostasie.”

M. Rezai, ex-chef des pasdarans, candidat à la présidence

Ancien chef historique des pasdarans (1981-1997), l’armée idéologique du régime, le conservateur Mohsen Rezai, a annoncé, mercredi 29 avril, sa candidature à l’élection présidentielle du 12 juin, selon l’agence Mehr. M. Rezai dit se sentir obligé de se présenter, car l’Iran a besoin d’”un changement dans sa gestion (…). Le pays est menacé par le chômage, l’inflation, la pauvreté et la drogue, la dégradation de l’éthique politique et l’émergence d’une désunion entre le gouvernement et les différents groupes ethniques et entre les sunnites et les chiites”. M. Rezai était candidat à l’élection de 2005 gagnée par Mahmoud Ahmadinejad.


Présidence Obama: On ne rend pas service à l’islam en ignorant ses débats internes (Speaking Truth to Muslim Power)

17 avril, 2009
Islam's flag floating on White houseDieu est éminemment dangereux, ne le laissons pas aux mains des extrémistes. Forence Taubman
D’après de récentes informations, Ben Laden a obtenu de la part d’un religieux saoudien dévoyé un édit l’autorisant à utiliser l’arme nucléaire contre l’Amérique. Avec cela, plus rien ne fera reculer ceux qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001 s’ils ont la possibilité de causer mille fois plus de morts. Imaginez l’impact qu’aurait l’explosion d’une arme atomique à New York, Londres, Paris, Sydney ou Los Angeles, ou pire, deux ou trois ! Toute la civilisation moderne est fondée sur des bases économiques et technologiques que les terroristes veulent détruire. Deux bombes ont permis la destruction de l’industrie touristique de Bali en 2002. Quel serait l’effet d’une attaque encore plus dévastatrice ? Il est temps de reconnaître le danger qui nous menace, un danger pour notre existence même qui trouve sa source dans le wahabisme et le salafisme. Abdurrahman Wahid (Ancien président de l’Indonésie, 30 décembre 2005)
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Ne pas parler de l’Islam en analysant Al Qaeda est comme parler des croisades sans mentionner le christianisme.

Bien qu’il soit maintenant devenu politiquement incorrect de le rappeler, la rhétorique démocratique de George W. Bush a réactivé le débat dans le monde sur la démocratie et les droits de la personne. Les avocats de la démocratie et les voix anti-autoritaires dans les terres arabes n’ont jamais été aussi pleins d’espoir qu’entre 2002, quand la promotion de la démocratie a commencé à germer à la Maison Blanche, et 2006, quand l’administration a renoncé au people power au Moyen-Orient (excepté en Irak). Reuel Marc Gerecht

Freedom-signing Dubai womanEt si, pour reprendre les mots de la pasteure Florence Taubman appelant il y a quelques années à un “retour d’un dialogue où la vérité est le mot clé”, “le refus de critiquer une religion marquait en fait le plus profond mépris pour elle”?

En ces nouveaux temps où, avec le premier président multiculturel américain, il est devenu de bon ton de demander pardon pour tout ce qu’a pu faire son honni prédécesseur …

Et où triomphe le discours politiquement correct et, de l’Iran à la Turquie et de Cuba à la Corée du nord, les courbettes et les risettes sont devenues la réponse exclusive à tous les problèmes du monde …

Ce petit conseil de prudence dans le WSJ il y a deux jours et par un ancien agent de la CIA, sur la nécessité de connaître ses ennemis en prenant au sérieux l’idéologie qui les anime.

Et surtout, « de l’abolition de l’esclavage aux droits des minorités religieuses et des femmes comme de la liberté d’expression ou de l’idée même de société civile», rappel de la mission historique du Monde libre envers ceux et particulièrement celles qui ont soif de cette modernité dont le monde musulman a tant besoin pour enfin sortir de son sous-développement chronique.

Ce qui n’est effectivement pas gagné d’avance, surtout quand, oubliant qu’une bonne part du Monde dit aujourd’hui et souvent abusivement musulman (Jérusalem comprise) avait été largement christianisé, succombe lui-même au révisionnisme politiquement correct avec sa comparaison facile du jihad avec les Croisades …

Speaking Truth to Muslim Power
Obama does no favors to Islam by ignoring its internal debates.

Reuel Marc Gerecht
The WSJ
April 15, 2009

The United States is not at war with Islam and will never be. In fact, our partnership with the Muslim world is critical in rolling back a fringe ideology that people of all faiths reject.”

So spoke President Barack Hussein Obama in Turkey last week. Following in the footsteps of the Bush administration, Mr. Obama wants to avoid labeling our enemy in religious terms. References to “Islamic terrorism,” “Islamic radicalism,” or “Islamic extremism” aren’t in his speeches. “Jihad,” too, has been banished from the official lexicon.

But if one visits the religious bookstores near Istanbul’s Covered Bazaar, or mosque libraries of Turkish immigrants in Rotterdam, Brussels or Frankfurt, one can still find a cornucopia of radical Islamist literature. Go into the bookstores of Arab and Pakistani immigrant communities in Europe, or into the literary markets of the Arab world and the Indian subcontinent, and you’ll find an even richer collection of militant Islamism.

Al Qaeda is certainly not a mainstream Muslim group — if it were, we would have had far more terrorist attacks since 9/11. But the ideology that produced al Qaeda isn’t a rivulet in contemporary Muslim thought. It is a wide and deep river. The Obama administration does both Muslims and non-Muslims an enormous disservice by pretending otherwise.

Theologically, Muslims are neither fragile nor frivolous. They have not become suicide bombers because non-Muslims have said something unkind; they have not refrained from becoming holy warriors because Westerners avoided the word “Islamic” in describing Osama bin Laden and his allies. Having an American president who had a Muslim father, carries the name of the Prophet Muhammad’s grandson, and wants to engage the Muslim world in a spirit of “mutual respect” isn’t a “game changer.” This hypothesis trivializes Islamic history and the continuing appeal of religious militancy.

Above all else, we need to understand clearly our enemies — to try to understand them as they see themselves, and to see them as devout nonviolent Muslims do. To not talk about Islam when analyzing al Qaeda is like talking about the Crusades without mentioning Christianity. To devise a hearts-and-minds counterterrorist policy for the Islamic world without openly talking about faith is counterproductive. We — the West — are the unrivalled agent of change in the Middle East. Modern Islamic history — including the Bush years — ought to tell us that questions non-Muslims pose can provoke healthy discussions.

The abolition of slavery, rights for religious minorities and women, free speech, or the very idea of civil society — all of these did not advance without Western pressure and the enormous seductive power that Western values have for Muslims. Although Muslims in the Middle East have been talking about political reform since they were first exposed to Western ideas (and modern military might) in the 18th century, the discussion of individual liberty and equality has been more effective when Westerners have been intimately involved. The Middle East’s brief but impressive “Liberal Age” grew from European imperialism and the unsustainable contradiction between the progressive ideals taught by the British and French — the Egyptian press has never been as free as when the British ruled over the Nile valley — and the inevitably illiberal and demeaning practices that come with foreign occupation.

Although it is now politically incorrect to say so, George W. Bush’s democratic rhetoric energized the discussion of representative government and human rights abroad. Democracy advocates and the anti-authoritarian voices in Arab lands have never been so hopeful as they were between 2002, when democracy promotion began to germinate within the White House, and 2006, when the administration gave up on people power in the Middle East (except in Iraq).

The issue of jihadism is little different. It’s not a coincidence that the Muslim debate about holy war became most vivid after 9/11, when the U.S. struck back against al Qaeda in Afghanistan and Saddam Hussein in Iraq. Many may have found Mr. Bush’s brief use of the term “Islamofascism” to be offensive — although it recalls well Abul Ala Maududi, a Pakistani founding father of modern Islamic radicalism, who openly admired European fascism as a violent, muscular ideology capable of mobilizing the masses. Yet Mr. Bush’s flirtation with the term unquestionably pushed Muslim intellectuals to debate the legitimacy of its use and the cult of martyrdom that had — and may still have — a widespread grip on many among the faithful.

When Sunni Arab Muslims viewed daily on satellite TV the horrors of the Sunni onslaught against the Iraqi Shiites, and then the vicious Shiite revenge against their former masters, the debate about jihadism, the historic Sunni-Shiite rivalry, and the American occupation intensified. Unfortunately, progress in the Middle East has usually happened when things have gotten ugly, and Muslims debate the mess.

Iran’s former president Mohammed Khatami, whom Bill Clinton unsuccessfully tried to engage, is a serious believer in the “dialogue of civilizations.” In his books, Mr. Khatami does something very rare for an Iranian cleric: He admits that Western civilization can be morally superior to its Islamic counterpart, and that Muslims must borrow culturally as well as technologically from others. On the whole, however, he finds the West — especially America — to be an amoral slippery slope of sin. How should one talk to Mr. Khatami or to Ayatollah Ali Khamenei, the less curious but morally more earnest clerical overlord of Iran; or the Saudi royal family and their influential state-supported clergy, who still preach hatred of the West; or to the faithful of Pakistan, who are in the midst of an increasingly brutal, internecine religious struggle? Messrs. Khatami and Khamenei are flawlessly polite gentlemen. They do not, however, confuse civility with agreement. Neither should we.

It’s obviously not for non-Muslims to decide what Islam means. Only the faithful can decide whether Islam is a religion of peace or war (historically it has been both). Only the faithful can banish jihad as a beloved weapon against infidels and unbelief. Only Muslims can decide how they balance legislation by men and what the community — or at least its legal guardians, the ulama — has historically seen as divine commandments.

Westerners can, however, ask probing questions and apply pressure when differing views threaten us. We may not choose to dispatch the U.S. Navy to protect women’s rights, as the British once sent men-of-war to put down the Muslim slave trade, but we can underscore clearly our disdain for men who see “child brides” as something vouchsafed by the Almighty. There is probably no issue that angers militants more than women’s rights. Advancing this cause in traditional Muslim societies caught in the merciless whirlwind of globalization isn’t easy, but no effort is likely to bear more fruit in the long term than having American officials become public champions of women’s rights in Muslim lands.

Al Qaeda’s Islamic radicalism isn’t a blip — a one-time outgrowth of the Soviet-Afghan war — or a byproduct of the Israeli-Palestinian confrontation. It’s the most recent violent expression of the modernization of the Muslim Middle East. The West’s great transformative century — the 20th — was soaked in blood. We should hope, pray, and do what we can to ensure that Islam’s continuing embrace of modernity in the 21st century — undoubtedly its pivotal era — will not be similarly horrific.

We are fooling ourselves if we think we no longer have to be concerned about how Muslims talk among themselves. This is not an issue that we want to push the “reset” button on. Here, at least, George W. Bush didn’t go nearly far enough.

Mr. Gerecht, a former Central Intelligence Agency officer, is a senior fellow at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir aussi:


Je m’excuse de vous demander pardon

Laurent Murawiec
Metula News Agency
17/04/09

L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition

J’ai passé 2008 à fatiguer les oreilles des lecteurs en prédisant qu’Obama serait pour les Etats-Unis et pour le monde un désastre complet. Bon sang ! J’étais à cent lieues de m’imaginer à quel point. N’est pas Cassandre qui veut.

Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique.

Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile.

Que Poutine, le dictateur, ait ressuscité depuis dix ans la haine et l’agressivité russes envers l’Occident, en s’attaquant par le fait à ses voisins, et par tous les autres moyens aux Etats-Unis, n’en parlons pas. C’est, ça doit être, ça ne peut être que la faute de l’Oncle Sam.

La faute de l’Amérique depuis 30 ans si les relations avec l’Islam sont dégradées, par manque de respect américain. Nasser, les dictateurs syriens, irakiens, l’influence soviétique, n’en parlons pas.

Coupable par définition. L’insanité belliqueuse et la haine de l’Occident qui marquaient, depuis les années quarante, l’Ayatollah Khomeiny ? La conversion générale de l’intelligentsia iranienne à l’extrême-gauche anti-impérialiste ? Le sauvetage de millions de musulmans par l’Amérique aux quatre coins de l’espace de barbarie qu’est l’Islam ? Les génuflexions rhétoriques de Bush devant « l’Islam, religion de paix » ?

L’Europe, apeurée par son ombre, hésitante à s’armer ne serait-ce que d’un canif (dangereuse arme d’agression), celle qui manifestait par millions contre les « euromissiles » et Ronald Reagan, et même contre Clinton ? C’est encore, c’est toujours la faute à l’Amérique. « Nous ne parlons pas russe ! C’est votre faute ».

Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ?

C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.

Pendant 20 ans, Wright fut son mentor et son Nestor, celui qui l’introduisit dans les cercles de la Black Theology de Chicago, qui l’initia aux idées de cette version noire de la « théologie de la libération».
Et que dit-elle, que dit Wright ? « Not ‘God Bless America,’ but ‘God damn America’. » Que Dieu ne bénisse pas, mais qu’il accable l’Amérique ! Que l’Amérique, c’est l’esclavage, que le SIDA a été “inventé” par le gouvernement américain pour exterminer les Noirs, etc.

Wright hait l’Amérique de tout son être, même s’il en empoche tous les dividendes imaginables… La théologie de la « libération » noire est l’équivalent américain des pires perversions castristes, guévaristes, fanonistes : l’Amérique est satanique, et tous les autres, victimes de l’Amérique, sont angéliques.

Vingt ans, et on s’imprègne des sermons. C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau.

Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président.

Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis.

Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. Submergée dans les organisations multilatérales et internationales, recouverte par les unanimités onusiennes, harmonisée avec l’Europe, abandonnant sa propre souveraineté au profit d’un « droit international », dont les juges ne s’embarrassent pas de démocratie et ne sont comptables devant personne – comme l’Union européenne, qui a abrogé la démocratie et l’a remplacée par le gouvernement des juristes et des commissaires. Jeremy Wright veut des apocalypses ; Obama veut tout changer en version soft, par l’avocasserie.
C’est bien pourquoi son administration est bourrée de ces juristes qui regardent avec condescendance et mépris la Constitution américaine, les électeurs, les élus : leurs pairs sont le jet-set international des juristes multinationaux, des ONG juridiques, des juges des cours internationales.

Ils veulent non tant l’Etat de droit et le droit international que le règne des juristes. Ils veulent placer un juriste derrière chaque soldat et mettre la guerre – qui est ultima ratio regis, l’ultime argument du roi, comme il était écrit sur les canons de Frédéric II – hors-la-loi.

Ils sont les seuls à le faire, pendant que les gangs de tueurs parcourent les rues et les allées de la mégalopole. Ils examinent vétilleusement les moindres actes des soldats, des hommes du renseignement, du gouvernement, et les soumettent non seulement à la censure, mais aussi à la sanction, auto-désarmement par moyen d’utopie, pendant que les autres côtés, qui n’en ont cure, continuent leurs déprédations.

C’est ce que l’on apprend à L’Ecole de droit de Harvard, dont Obama est diplômé. Toute action doit être réglementée par la dictature des petits paragraphes et des porteurs-interprètes d’alinéas, les avocats.

Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses.

Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre !

L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications.

Vous n’êtes pas d’accord ? Taisez-vous ! C’est vous qui êtes la menace, le trublion, le danger public. Vous entendez vous défendre ?
Qui êtes-vous donc pour défier la « communauté internationale » ? Le chœur des menteurs qui promeut la pseudo-réalité officielle flétrira votre voix et votre action.

La claque des sycophantes est assourdissante. Tenez, hier, après l’opération des commandos de marine qui ont libéré le capitaine américain, otage des pirates somaliens, le Washington Post, écœurant sycophante, titrait en première page « Première victoire militaire pour Obama » – c’était la bataille de Lépante, celle du Jutland, Midway, on était dans l’épopée.

Gonfler une minuscule opération de police pour en faire une victoire militaire, c’est évidemment s’abuser sur ce qu’est la guerre et sur ce que sont les moyens militaires. C’est que l’Obamisme s’en est fait une image si difforme, qu’il ne distingue plus le réel de la divagation. A confondre un raid de gendarmerie avec la guerre, on les mélange. Ce n’est pas grave en cas d’accident de la route, ça l’est en cas de vrai conflit.

Si ce n´est pas trois lamentables vauriens de la côte somalienne qu´il faut neutraliser, mais la Corée du Nord de cette vermine de Kim Jong- Il, trois commandos de marine ne suffisent pas.

Et le mega-voyou iranien? Et Poutine? Quand on ne distingue plus le blanc du noir, on ne voit plus rien. On s´abaisse devant le despote, on assure à l´Islam qu´on ne sera jamais en guerre avec lui (même si lui l´est avec nous). On promet un «nouveau départ» aux tyrans russes, déterminés à faire de l´Amérique un ennemi.

Bazar et confusion sont à leur comble. L´Obamaland est terre de cohue. Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme.

Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou.

Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire.

En géopolitique, le stratège chinois Sun Zi a parlé d´or: il faut éviter les points forts et se ruer sur les points faibles. Le «plein» est à éviter, le «vide» est à envahir. Obama crée du vide et évide les pleins.

Dans les années qui viennent, la ruée des méchants est prévisible, et le sacrifice des bons. Carter avait sacrifié le Chah d´Iran, qui n´était pas un ange, au profit du satanique ayatollah. C´est le modèle que suit Obama. J´ai vu dans un Western le duc anglais qui jette au visage de la brute du Far West: « Eh! bien monsieur, nous allons nous battre». Le temps qu´ilSi ce n´est pas trois lamentables vauriens de la côte somalienne qu´il faut neutraliser, mais la Corée du Nord de cette vermine de Kim Jong- Il, trois commandos de marine ne suffisent pas.

Et le mega-voyou iranien? Et Poutine? Quand on ne distingue plus le blanc du noir, on ne voit plus rien. On s´abaisse devant le despote, on assure à l´Islam qu´on ne sera jamais en guerre avec lui (même si lui l´est avec nous). On promet un «nouveau départ» aux tyrans russes, déterminés à faire de l´Amérique un ennemi.

Bazar et confusion sont à leur comble. L´Obamaland est terre de cohue. Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme.

Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou.

Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire.

En géopolitique, le stratège chinois Sun Zi a parlé d´or: il faut éviter les points forts et se ruer sur les points faibles. Le «plein» est à éviter, le «vide» est à envahir. Obama crée du vide et évide les pleins.

Dans les années qui viennent, la ruée des méchants est prévisible, et le sacrifice des bons. Carter avait sacrifié le Chah d´Iran, qui n´était pas un ange, au profit du satanique ayatollah. C´est le modèle que suit Obama. J´ai vu dans un Western le duc anglais qui jette au visage de la brute du Far West: « Eh! bien monsieur, nous allons nous battre». Le temps qu´il enlève sa veste, l´autre lui a balancé plusieurs coups de pied là où il ne faut pas.


Présidence Obama: La foi musulmane a tant fait au long des siècles pour le monde (Islam has done so much over so many centuries for the world)

12 avril, 2009
What genocide?
Après tout, qui parle encore aujourd’hui de l’annihilation des Arméniens? Hitler (le 22 août 1939)
Le génocide arménien n’est pas une allégation, une opinion personnelle, ou un point de vue, mais un fait largement documenté et appuyé par un nombre important de preuves historiques. (…) L’Amérique mérite un dirigeant qui parle avec véracité du génocide arménien et qui condamne fermement tous les génocides. J’ai l’intention d’être ce président. Barack Hussein Obama (site Internet de sa campagne présidentielle, janvier 2008)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (discours devant le parlement turc, avril 2009)
Nous affirmons notre solidarité avec le Soudan et notre rejet des décisions de la CPI concernant le président Béchir (…) et nous soutenons l’unité du Soudan. Amr Moussa (Déclaration finale du sommet de la Ligue arabe, Doha, le 30 mars 2009)
L’esclavage fait partie de l’Islam. L’esclavage fait encore partie du jihad, et le jihad durera aussi longtemps que l’Islam. Cheikh Saleh Al-Fawzan (imam saoudien, nov . 2003)
Ma conscience refuse la négation et l’insensibilité vis à vis de la Grande Catastrophe qu’ont subie les Arméniens ottomans en 1915. Je refuse cette injustice, je partage les sentiments et la douleur de mes frères et sœurs arméniens et je leur demande pardon. Cengiz Aktar, Ali Bayramoglu, Ahmet İnsel et Baskın Oran (pétition d’intellectuels turcs suivie de 30 000 signatures, décembre 2008)
J’ai donc dû prendre acte du fait que, au delà de la situation caractérisée par la domination du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal se trouve dans un islam qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel. (…) Si nous sommes incapables, ici en Italie, berceau du catholicisme, de garantir à tous la pleine liberté religieuse, comment pourrions-nous l’être quand nous dénonçons la violation de cette liberté dans d’autres pays du monde? Magdi Allam

Après les racines musulmanes de l’Europe de Chirac, voici… l’islam bienfaiteur de l’humanité d’Obama!

Asservissement de l’Iran, déchristianisation de l’Afrique du nord, pillage de Byzance, destruction de toute trace du bouddhisme afghan, massacre de dizaines de millions d’Hindous, conversions forcées et nettoyage ethnique dans les Balkans, siècles d’enlèvements et de pillages des chrétiens des côtes méditerranéennes, épuration religieuse du Levant comme de l’ensemble du “Monde musulman”, siècles de traite des Africains, régression ou stagnation culturelles et économiques de la plupart des nations du Moyen-orient …

Sans compter la peine capitale pour apostasie, les mutilations et châtiments corporels d’un autre âge, la pédophilie institutionalisée, l’enfermement des femmes, la dhimmitude, les ghetto juifs, l’étoile jaune, les légions SS, la théorisation de la dissimulation et de la perfidie comme de la guerre sainte

Alors qu’au mépris de la légalité internationale et d’Asmara (Erythrée) à Doha et au Caire, le monde musulman vient de faire un triomphe au génocidaire en chef du Darfour

Qu’au large de la Corne de l’Afrique, la piraterie a repris comme aux plus beaux jours des razzias barbaresques (111 attaques, 42 bateaux et 250 otages pour un butin de 30 millions de dollars pour 2008) …

Et que, cette fois devant le parlement d’un pays musulman qui près d’un siècle plus tard ne reconnaît toujours pas le génocide de sa population chrétienne (arménienne, assyrienne ou grecque), l’auteur du hold up du siècle et premier locataire multiculturel de la Maison blanche poursuit ses courbettes (littéralement) devant le monde musulman …

Le cofondateur du site américain Jihad watch Hugh Fitzgerald rappelle lui aussi “notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays”

Islam has “shaped the world for the better”?
Hugh Fitzgerald
Jihad watch
April 8, 2009

According to some reports, Obama said yesterday that Islam has “shaped the world for the better.”

Did the “gift of the Arabs” to Iran make Iranian civilization better? Is it not truer to say that despite Islam, Iranian poets such as Sa’adi, Hafiz, Firdowsi, Omar Khayyam, managed to sing unislamically of wine and women? (And they sang of women not as loot, not as slaves, not as inferiors, but as objects of desire and affection in a way that non-Muslim man can understand.) Did they not manage to withstand the cultural and linguistic imperialism of the Arabs, of which Islam has been, is, and always will be a vehicle?

Did Islam’s arrival in North Africa, and the disappearance of the rich Christian culture (remember both Augustine and Tertullian were from North Africa, and Monica, Augustine’s mother, was a Berber), “shape the world” of formerly Christian North Africa “for the better”?

Did the artistic riches of Byzantium, of Constantinople (for a thousand years the most important city in Christendom), so many destroyed, others vandalized beyond recognition, when the Muslims took over, end up “for the better” when Islam conquered the Byzantine Greeks?

Did the artistic achievements and inheritance, the artifacts and monuments, of Buddhism in Central Asia, did the stupas and the steles of Greco-Bactrian culture in what is now Afghanistan flourish, or disappear forever when Islam “changed for the better” this part of the world?

Did the temple complexes of the Hindus, did the temples of the Jains, did the civilization of India, improve when Muslim conquerors came? Did India change “for the better” because of the arrival of Islam? When Muslims killed 60-70 million Hindus, and forced others to convert if they wished to avoid either immediate death, or the horrors of life as, at best, dhimmis under Muslim rule, was this a change “for the better”?

Did the rich Hindu and Buddhist civilization of the East Indies — consider Borobudur, for example — replaced almost everywhere by Islam, and with the consequent esthetic and mental impoverishment that the narrow limiting of artistic expression, and the discouragement of free and skeptical inquiry, that are both such remarkably stable features of Islam, even though so contra naturam, did that Hindu and Buddhist civilization change, under Islam, “for the better”?

Did Greece, did Bulgaria, did Serbia, did the rest of the Balkans, change for the better” when the Ottoman Turks arrived, leading some to convert out of a desire to protect themselves? What are Bosnian Muslims if not the descendants of Serbs who converted, just as Pakistanis and Indian Muslims are merely the descendants of Hindus who sought to escape the crushing conditions of life for non-Muslims during the centuries of Muslim rule, so much more aurangzeb than akbar? Was the child-snatching of the “devshirme” system, where Christian (and Jewish children) were taken to serve as Janissaries, a change “for the better”?

Was the arrival of Islam in Syria-Lebanon for the pre-existing Christians — Maronites and others — a change “for the better”?

Was the arrival of Islam in Black Africa, through the Arab slave traders who began their cruel work, seizing black African boys, castrating them on the spot, in the bush, and then bringing them by slave coffle and dhow to the slave markets of Islam, a change, for those black Africans, “for the better”? Islam legitimizes, for all time, in its immutable texts, the rightness, the justness, of slavery. Slavery was only abolished among Muslims by the fiat of outside European powers (as France in Morocco and Algeria, or by the Royal Navy suppressing the Arab slave trade with Africa in the late 19th century, with intermittent booster shots of naval power displayed through much of the early 20th century) or by international pressure from the West, as when Saudi Arabia, but only in 1962, formally abolished slavery — though of course it continues, informally, right through to today. Did Islam, which allows slavery, and has never experienced a Muslim Wilberforce, change things “for the better”?

Did the arrival of Islam make artistic expression freer? Did the arrival of Islam anywhere make more likely the cultivation of free and skeptical inquiry? Did the arrival of Islam, and its view of men as “slaves of Allah” who must acquire the habit of mental submission, anywhere lead to a cultural flowering that was not present before, or that was not the product of Arabic-speaking Christians, Jews, and Zoroastrians, or those who were merely a generation away from being Christians, Jews, and Zoroastrians, and still raised up in, or greatly affected by, such a non-Muslim milieu?

Tell us where, and tell us in detail, about how the arrival and steady spread of Islam, where it did spread, and was not opposed, made the world “a better place”?

Tell us.

We’re all ears.


Médias: Pourquoi, après des siècles de pillages, guerres et esclavage, l’islam garde-t-il une si mauvaise image? (Will Hollywood apologize to Muslims?)

26 mars, 2009
Death if Sardanapolus (Delacroix)Oh I come from a land, from a faraway place / Where the caravan camels roam / Where they cut off your ear / If they don’t like your face / It’s barbaric, but, hey, it’s home! Paroles d’Aladdin (Disney)
Upon reading the Quran and Prophet Muhammad’s sayings, one can easily see that Islam is a religion of peace and love, but it seems that Hollywood neither has easy access to basic resources on Islam nor can it interpret them correctly. Ekrem Dumanli
Arabs are the most maligned group in the history of Hollywood. They are portrayed, basically, as sub-human untermenschen, a term used by Nazis to vilify Gypsies and Jews. These images have been with us for more than a century. Jack Shaheen
In every movie they make, every time an Arab utters the word Allah? Something blows up. Eyad Zahra (young filmmaker)

Après nos derniers billets sur la religion de paix et la taqiyyah

Danseuses du ventre, cheiks milliardaires, terroristes …

Pourquoi, après des siècles de pillages, guerres et esclavage, l’islam garde-t-il une si mauvaise image?

Telle est la question qui ne manque pas de se poser à la lecture des ouvrages (“TV Arab”, “Reel Bad Arabs”, repris l’an dernier dans un documentaire) que le consultant libano-américain Jack W. Shaheen a consacrés à l’étroitesse du répertoire à laquelle Hollywood ou la télévision américaine (et leurs patrons juifs!) ont réduit une civilisation qui a tant apporté et continue à tant apporter au monde.

Et d’abord pour commencer l’esclavage des Africains, l’étoile jaune, le ghetto des Juifs …

Mais aussi l’énucléation, l’ablation des mains ou des jambes, la lapidation des femmes adultères ou des apostats

Sans parler de l’enfermement des femmes, des mariages forcés des petites filles ou des scènes de liesse dans les rues le lendemain du 11 septembre…

Extraits:

Hollywood’s depiction of Arabs has eased the path for U.S. administration policy. Decades of portraying Arabs and Muslims as the enemy “made it that much easier for us to go into Iraq”, he said. “There were very few people protesting. The images help enforce policy.

images and words teach us whom we should love and whom we should hate,” he said, “and those images for decades have taught us to hate, fear, and despise all things Arab and Islam.” Then he laid out a few questions: “Did all of these images have an impact or make it that much easier for all of us in the United States to go about entering Gulf War I?…Had we been preconditioned to a point that we saw all Arabs as close to Saddam Hussein and Osama bin Laden and even Ayatollah Khomeini–even though he is Iranian, but most Americans think Iranians are Arabs…?”

“If you look at today’s image of Arabs and yesteryear’s image of Jews, you will see the images as identical,” he said. “The only difference is that the Arab wears a robe and headdress and the Jew wears a yarmulke and a black cloak, but the attributes and the anxiety and the propaganda are exactly the same. The Jew back then was portrayed as someone who was gonna corrupt Europe with his banking money and seduce women, and whose religion is different.

. “Why can’t we humanize Palestinians just as we humanize Israelis… Isn’t the life of a Palestinian child media-wise, Hollywood-wise, politics-wise,… as valuable as [that of] an Israeli child; and if the answer is yes, why can’t we see that on the silver screen?”

Exceptions like Babel or Paradise Now – movies that clearly show a very different image of Muslims – do have a positive impact. But often the independence of these productions means that, sadly, many people will never be able to see them.

You have also drawn a comparison with how the Nazis used film for anti-Semitic propaganda?

There are many similarities between the stereotypes of Arabs in film and the way Joseph Goebbels portrayed “the Jew” – for example exaggerating so-called physical characteristics, “their” control over “our” oil or “our” money, “their” seduction of “our” women. You could make a short powerful film by putting these stereotypes side by side – it would make a good tool to confront Dutch politician and anti-Islamic filmmaker Geert Wilders.

“Just as we shouldn’t link Islam when an Arab Muslim kills someone, we shouldn’t link Christianity or Judaism when those terrorists kill innocents.”

“Every group has among its members a minority of a minority committing heinous acts. Yet the overwhelming majority of all people are regular, peace-loving individuals who vigorously object to violent crimes.”

Book Review
The TV Arab
Jack G. Shaheen. Bowling Green, Ohio: Bowling Green State University Popular Press, 1984. 146 pp. $14.95 (cloth), $6.95 (paper).
Reviewed by Eric Hooglund
Washington Report
February 4, 1985

American television viewers sometimes see “Arab characters” in one of their favorite programs. Inevitably, the Arabs are depicted as “bad guys” trying to harm or trick the hero or heroine. This negative portrayal, according to Professor Jack Shaheen of the University of Southern Illinois at Edwardsville, is not balanced by the presentation of any positive Arab characters. Indeed, no other ethnic group is the subject of such uniformly unflattering stereotyping on television. The unfortunate consequence is that television-fostered myths about Arabs become the distorted perception of what Arabs are like to millions of Americans.

Between 1975-76 and 1983-84, Dr. Shaheen examined more than 100 different television shows featuring an Arab character to document the TV image of Arabs. The results of his research, summarized in The TV Arab, demonstrate how pervasive and persistent are the negative stereotypes of Arabs. He found that television’s depiction of Arabs relies upon “four basic myths:” Arabs “are all fabulously wealthy; they are barbaric and uncultured; they are sex maniacs with a penchant for white slavery; they revel in acts of terrorism.” It is also easy to recognize “TV Arabs” because they are always dressed oddly: In belly dancing costumes, headdresses “which look like tablecloths pinched from a restaurant,” veils, gowns and robes, and sunglasses. In short, Arabs are portrayed as people who neither look nor act like Americans.

Cartoons & Educational TV: Equally Offensive

Dr. Shaheen found that the TV Arab is most commonly featured in entertainment programs. Children, for example, can watch their favorite cartoon characters outwit and/or vanquish animated versions of the Arab stereotype. Thus, the Superfriends, Popeye, Bugs Bunny, Porky Pig, Scooby-Doo, and other well-known cartoon heroes all contribute to instilling negative images of Arabs in young minds—images that are reinforced by the more “realistic” adult-centered programs. Unfortunately, even educational programs for children can help perpetuate stereotypes. “The Electric Company,” for instance, has used the villainous Arab motif in the character of Spellbinder, a turbaned magician whose appearances are preceded and accompanied by Arabic music.

Episodes of the popular detective and police programs also have relied upon the TV Arabs for constructing plots. These shows have projected some of the most negative aspects of the Arab stereotype: Arabs are all billionaires, belly dancers or terrorist bombers. Less noxious, but equally stereotypical Arabs have abounded in the comedy programs. Indeed, Dr. Shaheen believes that humor at the expense of Arabs has been so pervasive on television that “The comedy of the Seventies and Eighties might well be dubbed the era of the Arab joke.” In all the comedies involving Arabs, the Arabs are depicted “as objects to be mocked.”

While the image of Arabs presented in entertainment programs has been uniformly negative, Dr. Shaheen found that recent television documentaries have attempted to present a more accurate portrayal of Arabs. It has been difficult, however, for TV producers to accept that the TV Arab is a stereotype and, thus, even serious programs which are replete with stereotypes are not recognized as being distorted. This was especially true of the British docu-drama “Death of a Princess,” which aired on PBS stations in 1980 and was represented as an authentic glimpse into Saudi culture, when in actuality it was a mixture of fact and fiction. Nevertheless, both commercial and public television have telecast a few genuine documentaries which have been notable efforts to depict Arabs as people with feelings, concerns, and problems similar to those of any other ethnic group.

Trying to Sensitize the TV Industry

While the main focus of The TV Arab is a review of the Arab image as presented on television, throughout the book Dr. Shaheen describes his efforts to meet with program producers and others in the television industry to sensitize them both to the prevalence and harmful consequences of the Arab stereotype. The author believes not only that the negative and inaccurate images should be eliminated from programs but, equally important, that there be conscientious efforts to feature positive Arab characters on television. One very easy way to do this, Dr. Shaheen says, would be to incorporate Arab American heroes and heroines into popular shows. In some cases this would mean simply encouraging stars such as Jamie Farr and Vic Tayback to acknowledge their Arab ethnic heritage during several episodes. These seemingly easy changes have not taken place, however, due to the persistence of the Arab stereotype itself and the perception of television people that there really are not many viewers who are concerned about the TV Arab. Thus, the most important lesson that readers can take from The TV Arab is to follow Dr. Shaheen’s own admirable example and inform the networks that there are thousands of Americans who are offended by the television image of Arabs and who would welcome more accurate and more humane depictions.

Eric Hooglund is Director of Research at the American-Arab Anti-Discrimination Committee (ADC).

Voir aussi:

Guilty: Hollywood’s Verdict on Arabs After 9/11 (Jack Shaheen)
Newsweek

In this meticulously researched book, Shaheen (Reel Bad Arabs) spotlights anti-Muslim and Arab stereotypes and probes the intersections of popular culture and foreign policy.

The author investigates the close ties between Hollywood studios and Washington and recounts how, historically, the strategic stereotyping of populations has been used to garner popular support for governmental policies, citing the career of Leni Riefenstahl and speeches by Lenin and Goebbels to illustrate film’s long history as a propaganda vehicle.

“Dr. Jack Shaheen does it again. The accomplished author, professor and media veteran sifts through hundreds of hours of film to give us clear cut examples, as well as keen insight, into Hollywood’s obsession with bad Arabs and murderous Muslims post 9/11.

Guilty: Hollywood’s Verdict on Arabs After 9/11 is a fascinating social study on the relationship between racism and cinema, and ultimately, how popular entertainment has the power to propagate damaging images of misunderstood cultures or destroy them. Shaheen deftly demonstrates that Hollywood’s greatest enemy is not the Muslim or Arab, but the ignorant stereotype.” — Lorraine Ali,

Voir également:

http://www.reuters.com/article/entertainmentNews/idUSL0132230620080501?sp=true

Critic accuses Hollywood of vilifying Arabs
Tom Perry
Reuters
Thu May 1, 2008

BEIRUT (Reuters) – American films and TV dramas shot since the September 11 attacks have reinforced screen images of Arabs and Muslims as fanatics and villains, ingraining harmful stereotypes, argues an author on the subject.

In his book “Guilty — Hollywood’s Verdict on Arabs after 9/11″, Jack Shaheen praises some post-September 11 films for offering a more sympathetic image of Arabs and Muslims, who he argues have been castigated for decades by Hollywood.

But he says that too many have portrayed them in ever darker shades, criticizing films including “The Kingdom” (2007) and “The Four Feathers” (2002) and condemning the creation of a new “Arab-American bogeyman” in TV dramas such as “24″.

“In the United States, you can say anything you want about Islam and Arabs and get away with it. In other words, as someone said, ‘You can hit an Arab free’,” said Shaheen — also author of “Reel Bad Arabs — How Hollywood Vilifies a People”.

Shaheen, an American of Lebanese descent, has examined the treatment of Arabs and Muslims in some 1,000 films, including more than 100 shot since September 11.

From action movies such as “True Lies” (1994) to comedies including “Father of the Bride Part II” (1995) and Disney’s animated “Aladdin” (1992), Shaheen identifies films that have perpetuated damaging stereotypes of Arabs and Muslims.

“The images have remained primarily fixed and have only been changed in the sense that they have become more vindictive and damaging,” he told Reuters in an interview in Beirut.

“What enables these images to persist and prevail? One of the primary reasons is silence,” said Shaheen, a retired professor of mass communications who worked as a consultant on “Syriana” (2005) and “Three Kings” (1999).

“There’s nobody in authority, no political leader, no Hollywood personality who has taken a stand and said that demonizing Arabs and Muslims is the same as demonizing Jews or blacks or Asians or any other racial or ethnic group.”

“SELECTIVE FRAMING OF RADICALS”

In “Guilty”, Shaheen credits films including “Babel” (2006) and “Rendition” (2007) for “more complex, even-handed Arab portraits”. But “very few people are listening”, he said.

“It’s been very difficult, it’s like being a salmon trying to swim upstream.

“What is done is selective framing of radicals: people saying ‘death to America’. You cannot deny the reality — there are people who really want to kill Americans. But those are basically the only images we see.”

He describes last year’s “The Kingdom” — an action movie about FBI agents hunting terrorists in Saudi Arabia — as one of the most damaging depictions of Arabs of recent times in which “even Arab children cannot be trusted”.

Shaheen also charts a new trend of turning American Arabs and Muslims into “the new bogey person” and criticizes the TV drama “24″ for its “vicious images of loathsome Muslim Americans as well as Americans with Arab roots”.

Hollywood’s depiction of Arabs has eased the path for U.S. administration policy, he argues. Decades of portraying Arabs and Muslims as the enemy “made it that much easier for us to go into Iraq”, he said. “There were very few people protesting.

“The images help enforce policy,” he said. “As the policy becomes more even-handed, perhaps films will reflect that.

“Plato said: ‘Those who tell the stories rule society’. Nothing has changed, and the story tellers of today have a tremendous impact on the world as we perceive it.”

(Editing by Paul Casciato)

Voir également:

Cast of Villains

‘Reel Bad Arabs’ Takes on Hollywood Stereotyping
William Booth
Washington Post
Saturday, June 23, 2007

LOS ANGELES — A full house has turned out at the Directors Guild of America for the L.A. premiere of the new documentary “Reel Bad Arabs,” which makes the case that Hollywood is obsessed with “the three Bs” — belly dancers, billionaire sheiks and bombers — in a largely unchallenged vilification of Middle Easterners here and abroad.

“In every movie they make, every time an Arab utters the word Allah? Something blows up,” says Eyad Zahra, a young filmmaker who organized the screening this week with the support of the American-Arab Anti-Discrimination Committee.

The documentary highlights the admittedly obsessive lifework of Jack Shaheen, a retired professor from Southern Illinois University, the son of Lebanese Christian immigrants and the author of “TV Arabs,” “Reel Bad Arabs” and the upcoming “Guilty? Hollywood’s Verdict on Arabs after 9/11.”

In his tireless quest for evidence — any evidence– of Arab stereotyping, Shaheen has viewed (and reviewed in his books) thousands of movies and TV shows. What he has found, the 71-year-old academic says, are the most maligned people on the silver screen. It is a diss that dates back to the earliest days of cinema and continues today with popular television shows such as “Sleeper Cell” and “24,” which Shaheen calls the worst of smears, “because it portrays American Arabs as the enemy within, like, ‘Look at the terrorist — hey, he’s my next-door neighbor!’ “

In the documentary, Shaheen shows dozens of film clips to illustrate his point. Arab women? Hip-swiveling eye candy of the oasis or “bundles in black.” If Arab men are not presented as buffoons, or smarmy carpet-dealers, or decadent sheiks (and oh, how the oily sultans are smitten with the blond Western women!), then they are basically your bug-eyed hijacker-bomber.

“And not only are the Arabs dangerous, they’re inept,” says Shaheen, pointing to the head villain, called Salim Abu Aziz, in James Cameron’s “True Lies,” whom Arnold Schwarzenegger’s character kills — by launching him to his maker on the back of a missile.

We all love Omar Sharif in “Lawrence of Arabia,” but Shaheen mostly ignores the positive. Here in Los Angeles, the audience groans and tsk-tsks when a clip from the James Bond film “Never Say Never Again” shows the blond and partially disrobed Kim Basinger being auctioned off to dirty, grasping Arabs with bad dental work. And the audience laughs when a couple of Libyan yahoos with machine guns suddenly show up (why?) in a VW van (why?) in “Back to the Future” to blast away at Christopher Lloyd’s Dr. Brown, because it is just so absurd.

“When I saw these movies as a kid, sometimes I laughed, but now you kind of cringe,” Omar Naim, a director (“The Final Cut” with Robin Williams), says after seeing the documentary. For example, Shaheen includes the scene from “Raiders of the Lost Ark” in which Indiana Jones is confronted by the sword-wielding Arab, and then just shrugs and shoots him. “That’s a funny scene,” Naim says, “and if there were more normal Arabs in the movies, we could all laugh at him and not think, wait, is Indiana Jones racist?”

Seriously, check out the hook-nosed Jamie Farr as the hand-licking sheik in “Cannonball Run II.” There is also a scene from “Father of the Bride Part II” that features Eugene Levy as the thickly accented Mr. Habib, who rips off poor Steve Martin (though if you live in L.A. you’d get that Levy was doing a Persian, not an Arab). But Shaheen suggests imagining Mr. Habib as a Jew and see if it’s still funny.

And why did Disney’s Oscar-winning “Aladdin” begin with the song lyrics: “Oh I come from a land, from a faraway place / Where the caravan camels roam / Where they cut off your ear / If they don’t like your face / It’s barbaric, but, hey, it’s home!” (The lyrics were changed but only after protests from Arab Americans.)

These are the buffoons. The more serious baddies appear in bad films such as “Black Sunday” (Middle East terrorists attack Super Bowl using the Goodyear blimp) and “Death Before Dishonor” (Middle East terrorists attack U.S. embassy). And then there is the work of Israeli film producers Menahem Golan and Yoram Globus, who brought you Chuck Norris in “The Delta Force,” in which Arab terrorists swarm (and are squashed) like insects, bringing to mind treatment of the Japanese in World War II films.

The Defense Department, Shaheen says, has assisted in the making of some particularly insulting anti-Arab fare, such as “Iron Eagle” (kid flies jet to save dad from radical Middle Eastern state), “Navy Seals” (Charlie Sheen tags and bags Middle Eastern terrorists) and Shaheen’s choice for most inflammatory work, “Rules of Engagement,” released in 2000, in which armed women and children lay siege to the U.S. Embassy in Yemen, based on the story by the former Navy secretary and now junior senator from Virginia, Jim Webb, and starring Samuel L. Jackson and Tommy Lee Jones.

And thus we have the Timeline of International Villainy. To create drama, especially in action and war movies, Hollywood needs bad guys, and in their time, the Japanese and Germans, and later the Koreans and Vietnamese, served that role. For a long while, commies were useful foils (with their taste for world domination, nukes and vodka), but with the end of the Cold War, the Soviets became the Russians, and the Russians only worked if they were gangsters, and Hollywood already had the Italians to do that job. Colombian drug traffickers were employed as handy replacements, but then coke just felt . . . dated. Transnational corporate evildoers are okay, if not that sexy. But there just has been something about those Arabs. They’ve got legs.

In an interview before the premiere, Shaheen says that the OPEC oil embargo, the Israeli-Palestinian conflict and the Iranian revolution and hostage crisis all conspired to cast the Arab as film villain beginning in the 1970s. “We pray and we kill,” Shaheen says of the depiction. Like other stereotypes on film — of blacks, Jews, gays, Latinos, Native Americans — Arabs are now in the crosshairs.

“The Arab serves as the ultimate outsider, the other, who doesn’t pray to the same God, and who can be made to be less human,” says Shaheen, who argues that movies and TV shows do matter — that they shape public opinion at home and abroad. “Do you have any idea what it must be like to be a young person watching this stuff over in the Middle East?” he says. And if you ask Shaheen who even cares about an old Chuck Norris film, he answers, “Have you ever looked through a TV Guide? These movies are on television constantly. The images last forever. They never go away.”

The 50-minute documentary, for which Shaheen is looking for a distributor, is making the rounds at film festivals, and Shaheen says he would like to see it aired on public television. A DVD can be purchased through the Media Education Foundation.

In the Q&A session after his documentary, Shaheen explains that he is not advocating a politically correct scrubbing of all portrayals of Arab Americans and Arabs — even as terrorists. The problem is balance, he says.

Meaning? Hollywood still shows black pimps and Latino gangbangers, but pop culture has also made some room for Will Smith and “Ugly Betty.” “I’ve seen the Arab hijacker, but where is the Arab father?” Shaheen says. What we need, he says, seriously, is a sitcom called “Everybody Loves Abdullah.”

Voir de même:

Internationally-acclaimed media critic warns about Arab and Muslim stereotyping
Maha Al-Azar
American University of Beirut

Internationally acclaimed Arab-American author and media critic Jack Shaheen said in an AUB lecture that Arabs have been portrayed as “sub-human” in American popular culture for at least 30 years.

Shaheen who was hosted by the Prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Alsaud Center for American Studies and Research (CASAR), presented a lecture in West Hall on April 22 entitled “Hollywood’s Reel Bad Arabs: Problems and Prospects.” He also signed his latest book, Guilty: Hollywood’s Verdict on Arabs after 9/11 at the AUB bookstore on April 23.

Professor Jack Shaheen, who is an Oxford Research Scholar and former CBS news consultant on Middle East Affairs, has regularly lectured and written on how the damaging racial and ethnic stereotyping of Asians, blacks, Native Americans and others injure innocent people. He is the recipient of two Fulbright teaching awards and holds degrees from the Carnegie Institute of Technology, Pennsylvania State University, and the University of Missouri. He has published five books on negative stereotyping of Muslims and Arabs in American popular culture and has received several awards including the University of Pennsylvania’s Janet Lee Stevens Award; the American Arab Anti-Discrimination Committee’s Lifetime Achievement, and the Pancho Be Award for “the advancement of humanity.”

“We are very fortunate to have with us today Dr Jack Shaheen,” said CASAR Director Patrick McGreevy after introducing the speaker.

Shaheen began his lecture by reminiscing about his one-year stint AUB as a Fullbright scholar in 1974, crediting the University, his students here, and colleagues with inspiring him to choose to study negative stereotyping of Arabs, a field, which according to him, still receives little attention. “It was here, at this university, that I began for the first time to look at Arab images in American popular culture,” he said, noting that up to that time he had been focusing on theory and public broadcasting for children. “What took me away from, what I call, a traditional track was this university and my students who provided me with the opportunity to see a reality that I had been denied, that I had been deprived of.”

When he went back to the United States in 1975, he “rushed to the library” to look for articles and books on the Arab image in American pop culture. “And I found nothing,” he said. So he wrote an article about the TV Arab.

“But it took three years and about 50 rejection letters before an American publication would publish an article on how TV projected Arabs,” he noted.

This only strengthened his resolve. And Shaheen ended up spending a lifetime studying the negative impacts of Arab stereotyping in TV dramas, documentaries, sitcoms and film.

“I walked away with this conclusion: Arabs are the most vilified people in the history of American cinema, and that the stereotype has been with us for more than a century,” he said. “And yes, these pervasive images function…as a poisonous virus which infiltrates the hearts and minds of audiences worldwide.”

Shaheen added that the antidote for this “virus” is known, yet people choose to ignore it. Moreover, they insist that such stereotyping is harmless, he said. “The issue of entertainment as having any political impact is met with yawns of indifference,” he said. That these images on television, in film, in comic books, in video games, in all aspects of American popular culture are considered to be “harmless entertainment stuff” rather than acting as a force [that] influences public opinion and that in turn has an impact on public policy.”

Yet, Shaheen’s research has shown him that cinema is a tool for political propaganda.” He quoted late Russian revolutionary leader Vladimir Lenin and Nazi information ministers as saying that cinema is the most important propaganda tool. Finally he quoted Chief Dan George, a native American actor who refused to play stereotypical roles. “When you talk to people you get to know them,” George had said. “When you don’t talk to them, you don’t get to know them and the thing you don’t know strikes you with fear. And you destroy the thing you fear. And you destroy the thing you fear.”

Shaheen noted that in his latest book, Guilty: Hollywood’s Verdict… which was released about two months ago, all the films he had studied had been produced and released before 9/11. “In other words, images and words teach us whom we should love and whom we should hate,” he said, “and those images for decades have taught us to hate, fear, and despise all things Arab and Islam.” Then he laid out a few questions: “Did all of these images have an impact or make it that much easier for all of us in the United States to go about entering Gulf War I?…Had we been preconditioned to a point that we saw all Arabs as close to Saddam Hussein and Osama bin Laden and even Ayatollah Khomeini–even though he is Iranian, but most Americans think Iranians are Arabs…?” Shaheen also noted that stereotyping “selectively frames a people in a certain manner and repeats those images and only these images again and again… We practice in a sense the sins of omission and commission.”

For example, he said, seldom is an Arab family featured in a movie–a family with an Arab man who gets along with his wife and has picnics with his children and has a primarliry normal healthy life. “So the exclusion of Arab families, and children, with the exception of Palestinian children throwing stones in Gaza… is also an example of selectively framing,” he said, adding: “We first kill people with our minds before we kill them with our weapons.”

Research shows that Arabs are “primarily portrayed as sub-humans, as aliens,” said Shaheen: Gulf Arabs are billionaires who do “terrible things” with their money; women are subservient and mute or buxom belly-dancers; the Arab man is alternatively a Bedouin bandit who rides camels and lives in tents or a “buzzing bargainist,” or more recently, a terrorist.

“Yet we all know that most Arabs have never ridden a camel, slept in a tent, abducted blondes, set up harems, owned oil wells or murdered anyone,” Shaheen said.

For him, the “corrupt” Arab stereotype has replaced the “dirty” Jew of yesteryears.

“If you look at today’s image of Arabs and yesteryear’s image of Jews, you will see the images as identical,” he said. “The only difference is that the Arab wears a robe and headdress and the Jew wears a yarmulke and a black cloak, but the attributes and the anxiety and the propaganda are exactly the same. The Jew back then was portrayed as someone who was gonna corrupt Europe with his banking money and seduce women, and whose religion is different.”

He then showed a clip from the movie: “Reel bad Arabs” Shaheen argued that movies recurrently depict Palestinians as terrorists, making them all seem evil. “Why can’t we humanize Palestinians just as we humanize Israelis… Isn’t the life of a Palestinian child media-wise, Hollywood-wise, politics-wise,… as valuable as [that of] an Israeli child; and if the answer is yes, why can’t we see that on the silver screen?” he asked.

Shaheen added that by dehumanizing Arabs and dissociating them from the American citizenship, it is possible to vilify them. He also acknowledged that the absence of an Arab and Muslim lobby in Hollywood makes all this stereotyping much easier for producers and writers.

Nevertheless, something can still be done, Shaheen told the audience.

“I am arguing for an Arab-American entertainment summit where image makers in the Arab world and the United States meet and discuss mutual stereotypes and misperceptions [similar to the Russian-American entertainment summit of the 1980s, which had some very good results.],” he said.

Moreover, rich Arabs who are building amusement parks featuring American heroes should consider including some Arab superheroes in those theme parks, he said. “I don’t understand. Why keep it strictly American when it’s in an Arab country?”

In closing, Shaheen hoped to see more research on this topic as well as courses that would elucidate the problem. In the words of Khalil Jibran, “Civilizations need not clash, but rather blend,” he said. “In The Prophet, [Jibran] reminds us that we are all children of the Holy Spirit: I love you when you kneel in your church, prostrate yourself in your mosque, when you pray (in a synagogue).”

Voir aussi:

Factory of stereotypes
Bart Griffioen

June 2008

Jack Shaheen’s book Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People appeared just a few months before 11 September 2001. The impact that the 9/11 attacks had on the “dream factory” in the following six years is described in his latest book, Guilty: Hollywood’s Verdict on Arabs after 9/11. The documentary version of Reel Bad Arabs was released last year. Shaheen spoke to Bart Griffioen about his work.

In Reel Bad Arabs you use a great number of examples to illustrate Hollywood’s long history of dehumanising Arabs. How would you describe the ways Arabs are portrayed?

From the first silent movies right through to blockbusters like Back to the Future and True Lies there is a constant factor when you look at the way Arabs and Muslims are portrayed. It is the image of the mean villain – the over-sexed Bedouin bandit, the sheikh with his big beard and curved sword, or the violent terrorist.

Women from the Middle East fall into one of two categories – either the submissive slave or the mysterious belly dancer out to seduce us. In recent years however, they have often been portrayed as terrorists too. They are all classic examples of “the Other”, as Edward Said has described in his book Orientalism.

What are the most striking examples of this stereotyping?

They are innumerable. Take Walt Disney’s animated film, Aladdin, a huge box office success in 1992 which was seen by millions of children around the world. In the opening song we hear, “I come from a land, from a faraway place where the caravan camels roam, where they cut off your ear if they don’t like your face. It’s barbaric, but hey, it’s home.”

Or see, for example, the racism in Rules of Engagement in which a bloodbath among demonstrating civilians in Yemen caused by US soldiers is justified, because an investigation shows that the dead women and children themselves started the shooting. The seriously injured little girl with whom we initially sympathise is hereby transformed into a terrorist too.

Of the films reviewed for Reel Bad Arabs, you assess about 900 as negative and only 12 receive a positive assessment. Has this difference changed much since the beginning of the “war on terror”?

Of the hundred new movies I describe in Guilty I would call 20 “balanced” at most. The other 80 show a continuation of the Islamophobic trend. The Kingdom – by the same makers as Rules of Engagement – is simply one of the latest examples. In it Arabic children are portrayed as terrorists again.

The roots of this stereotyping go back much further than 9/11. Hollywood’s imagery has made it a lot easier for US governments to ideologically justify wars: the absurd link between Saddam Hussein and Hitler, the racism of US soldiers towards Iraqis and Afghans, the establishment of the Patriot Act and so on.

All these things were made much easier because for years Hollywood has systematically helped to embed prejudices like these in people’s minds. Think of the famous statement by Jack Valenti, one of the most powerful bosses in the US film industry, that Hollywood and Washington are “sprung from the same DNA”.

You were an adviser on the making of Three Kings and Syriana, two movies that show a different side of the Middle East. The post-9/11 era has produced more critical films like Michael Moore’s work and the anti-racist Oscar winning Crash. Are these just exceptions or is there more going on?

These films do US reality more justice, but I wouldn’t call them more than sparks. The mainstream media would rather keep these progressive movies quiet. Overall the exceptions confirm the rule, despite the amount of attention they sometimes get. As far as that’s concerned, the real extremists continue to dominate the airwaves.

We shouldn’t forget that in dozens of US TV shows there is still ample room for prejudices about Muslims, and that’s what people see at home. Anti-Arab films like Iron Eagle and Navy Seals from the Cold War era are still rerun on TV. All this keeps feeding the paranoia about everything that just looks Arab. Exceptions like Babel or Paradise Now – movies that clearly show a very different image of Muslims – do have a positive impact. But often the independence of these productions means that, sadly, many people will never be able to see them.

You have also drawn a comparison with how the Nazis used film for anti-Semitic propaganda?

There are many similarities between the stereotypes of Arabs in film and the way Joseph Goebbels portrayed “the Jew” – for example exaggerating so-called physical characteristics, “their” control over “our” oil or “our” money, “their” seduction of “our” women. You could make a short powerful film by putting these stereotypes side by side – it would make a good tool to confront Dutch politician and anti-Islamic filmmaker Geert Wilders.

I believe we should extend our resistance against the discrimination of Jews, blacks and Latinos, to Muslims and Arabs. I am an optimist by nature, but this is a huge task when you look at the control the studio bosses have over the distribution of ruling ideas. That’s why filmmakers too have a great responsibility to counteract this ideological warfare.

Voir également:

Will Hollywood apologize to Muslims?
Ekrem Dumanli
Today’s Zaman
15 February 2009

Numerous criticisms have been voiced that the US media — especially its cinema sector and TV networks — tend to create image templates. This is true. Hollywood’s role in portraying Italians as mafia types, Asians as sneaky, blacks as bad, Indians as unmannerly, the Spanish as bribe takers, Latin Americans as drug sellers, etc., is undeniable.

Yet, no nation or community has suffered the level of injustice Hollywood has been inflicting on Muslims. In Hollywood films, Muslims — mostly Arabs — are presented as people who hijack planes, set bombs, kill people, etc. — in a word, as terrorists. This template is designed mostly for the middle class. The role tailored for women of the same class portrays women who are oppressed by men and those who are adept at belly dancing, though still suppressed and knowing no love. We may also encounter wealthy characters in these films. They tend to be lustful, fat and passionate types who do not know how to spend their millions.

Jack G. Shaheen is the main opponent of this mentality, which creates a characterization through the repeated reinforcement of biases and preconceptions. His book, titled “The TV Arab” and published in 1984, created debates in US media. Before writing his book, Shaheen surveyed the Arab image in 100 popular TV programs over a period of eight years. The image portrayed in 200 scenes was shocking. The programs, watched by 150 million people, all presented the same image. One could not find a single good characterization of Arabs. The author rightfully asked: Is it any different from the characterization of blacks as lazy, the Spanish as dirty and untidy, the Jews as ambitious or the Italians as mafia types?

Such objections, it seems, are forcing Hollywood to adopt a much more reasonable position.

Hollywood’s bias against Muslims is well known, so I am not inclined to further substantiate this thesis. It is also obvious that just complaining about this issue without doing anything is no remedy. As it has made no investment in the filmmaking sector, the Muslim world cannot possibly sound convincing when it accuses Hollywood of portraying Muslims negatively. In the final analysis, the one who invests will reap the results. It is inevitable that those who refrain from investing in cinema, theater, TV and similar sectors will pay a big price. Of course, Muslims are right in asking, “Why do you always portray us as villains?” But such protests should stay there.

Thankfully, reactions from civilians, academic criticism and conscientious circles are forcing Hollywood to rectify its stance. This change is also visible in books Shaheen has written. In “Reel Bad Arabs” (2001), he acknowledges this improvement. While he was previously concerned with the images in all TV programs and films, in his books he focused his attention on Hollywood films. Shaheen surveyed 900 films and found only 12 positive Muslim characters while 50 characters were balanced types in terms of being good or evil.

As a matter of fact, Hollywood — and perhaps the entire Western world — does not know much about Islam and Muslims. For instance, it is a common mistake to equate Arabs with Muslims and vice versa. In 1996, famous standup comedian Jay Leno was hosted by CNN’s Larry King, who asked him an interesting question: Did he ever regret ridiculing people during his shows and subsequently apologize to them? “I had said something about Iran or so. When Arab-Americans reacted, I invited them, talked with them and apologized,” he replied. The apology was praised at the time, but his equating Iranians with Arabs was found odd. Not many in the West are aware that Turks are Muslims, as are many Malays, Indonesians, Indians, Pakistanis, etc.

It is not easy for Hollywood to correctly understand Islam

Upon reading the Quran and Prophet Muhammad’s sayings, one can easily see that Islam is a religion of peace and love, but it seems that Hollywood neither has easy access to basic resources on Islam nor can it interpret them correctly. The campaign launched against Muslims, particularly post Sept. 11, has evolved into Islamophobia. The US invasion of Iraq had a negative effect on Hollywood, preventing it from producing films in an objective manner and free from bias. Considering this, we need to mention Jean-Michel Valantin’s book “Hollywood, the Pentagon, and Washington: The Movies and National Security from World War II to the Present Day.” Valantin lists a number of examples showing the close relations between Hollywood’s stereotyping and US foreign policy and how this works systematically in many genres, ranging from drama to comedy. What I mean is that the normalization of Hollywood’s ongoing creation of biases and negative images was blocked by political issues. The Sept. 11 attacks and the Iraq war led to the re-creation of the image of Arabs as terrorists, which was in turn used as justification for the illegitimate war being fought in Iraq.

Nevertheless, Hollywood cannot forever maintain this strategy of collectively portraying Muslims as terrorists. This is because it is incorrect. Determined to go after this issue, Shaheen wrote “Guilty: Hollywood’s Verdict on Arabs After 9/11″ in 2008 to keep the issue in the oven. This issue is a fertile field for many more studies.

Scenes that will reinforce the negative images are engraved in people’s minds through repetition, but eventually the other side of the story is brought to the agenda. Scenarios that may have sounded impossible in the past are now popping out of their heads one by one. In this respect, two recent films are of particular importance: “Traitor” and “Rendition.”

“Traitor” was directed and adapted by Jeffrey Nachmanoff. The plot starts with the murder of a Sudanese child’s father in a terrorist attack. The child (Samir) turns into a very devout person. After Samir’s family moves to Chicago, he joins an Islamic terrorist organization. However, he is viewed with skepticism both by the organization and by the Americans. Samir is a good Muslim and is against all forms of terror. We see this Sudanese man both as a terrorist and as an agent in the sentence “truth is complicated.” In the final scene, Samir reads a verse from the Holy Quran: ” … whosoever killeth a human being … it shall be as if he had killed all mankind, and whoso saveth the life of one, it shall be as if he had saved the life of all mankind.” (5:32) This scene reminds one of a scene from “Body of Lies.” As you might remembers, in “Body of Lies,” Leonardo DiCaprio, after being tortured, says to the sheik who recites a verse from the Quran on holy war, “You interpret the Quran incorrectly.” He then recites a verse on peace.

“Rendition” (2007) exhaustively questions Sept. 11. In the film, directed by Gavin Hood, an Egyptian boy is arrested on suspicion of terrorism and sent to the country (South Africa) where the bombed attack was carried out. Ibrahim, a chemical engineer, is questioned under heavy torture and his rights are sacrificed in the name of “national security” and “counterterrorism.” One striking scene is that between the official heading the security forces (Meryl Streep) and a young politician who has a bright career ahead of him as a senator. When the politician says, “Let me send you the US Constitution so that you can read about the rights and freedoms of people,” he gets the reply, “Let me send you the minutes of Sept. 11.” The film clearly shows that Ibrahim is held under arrest out of deep suspicions, but that in fact he is innocent.

Hollywood must apologize to Muslims

Biased attitudes toward Muslims had in the past been portrayed in a number of films, but there was a break. In “The Long Kiss Goodnight” (1996), the US intelligence service devised a plot involving Arabs. An Arab was to be killed and then be placed in a trailer truck which was to explode in Canada and “Muslim terrorists” were to be blamed. When a female agent who lost her memory asked “Why?” during torture, she gets the reply, “In the attack against the Twin Towers, a witness insistently accused the CIA, but no one listened to him even though he was telling the truth” — an interesting detail. The attacks in question were not the Sept. 11 attacks, but those conducted in 1999 at the World Trade Center. When she insistently asks “Why?,” she is told, “In order to ensure the passage of the intelligence budgets by the commission.” There are abundant examples. In “Flightplan” (2005), a mother blames Arabs for the kidnapping of her child, but toward the end of the film, she discovers the truth and apologizes to them. A number of films can be mentioned along these lines.

Hollywood must apologize to Muslims since no community can be collectively labeled as evil or portrayed so forever. But there is a catch: If Muslims can explain themselves better and work to eliminate bad apples, this process may be expedited. Today, there are good intentioned moves, but there is still a long road that a film sector which feeds on the realities of life must take.

Voir de même:

Arabs suffer in the hands of Hollywood
John Levesque
Thursday, March 21, 2002
Seattle Post-Intelligencer

It’s rare that a reunion with an old friend turns into a column.

But I’m happy to give Jack Shaheen the platform, even if all he wanted was to catch up over tea at Tully’s last Sunday.

We go back 15 or 20 years. Shaheen used to teach communications at Southern Illinois University at Edwardsville. I used to run the daily newspaper in Edwardsville, a “Leave It to Beaver” sort of Midwestern town 20 miles from St. Louis, Mo.

A distinctly soft-spoken man whose grandparents came to this country from Lebanon, Shaheen is probably America’s best-known expert on how Arabs are portrayed in the media. Were he more a rowdy provocateur, the issue that defines his essence might already have passed into posterity or, given our narrow tendencies, at least to another group yearning for fairer treatment.

But Shaheen strikes such a non-confrontational pose, it’s as if he decided long ago that ranting and raving — even speaking in a loud voice — would only nurture America’s cliched image of the hostile Arab infidel. And so his earnest mission goes, advancing on the Hush Puppies of quiet persistence, lest his message be derided by cynics as the hysterical harangue of a demagogue.

Retired from the classroom and devoting his time now to writing and lecturing, Shaheen was in Seattle last weekend to speak at the fifth Arab Film Festival. It was a timely invitation. Shaheen’s new book, “Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People,” is an exhaustive survey of more than 900 movies, most of them American made, that contain portrayals of Arabs, from the briefest cameo appearances to relatively major roles (though you’ll have a tough time finding an Arab or Arab-American character as hero or heroine). Of these, Shaheen says only a dozen portray Arabs positively, with about 50 more offering a measure of balance.

The rise of television in the latter half of the 20th century mirrors the film industry’s record, Shaheen says, and though his book “The TV Arab” is now nearly 20 years old, he sees no reason to celebrate TV as being any more evolved than film.

As he says in “Reel Bad Arabs,” the people who control the entertainment industry are slow to change when they recognize a profitable opportunity. “Seen through Hollywood’s distorted lenses,” Shaheen writes, “Arabs look different and threatening. Projected along racial and religious lines, the stereotypes are deeply ingrained in American cinema. From 1896 until today, filmmakers have collectively indicted all Arabs as Public Enemy No. 1 — brutal, heartless, uncivilized religious fanatics and money-mad cultural ‘others’ bent on terrorizing civilized Westerners, especially Christians and Jews.”

Same goes for TV, and these days Shaheen is particularly down on CBS, a network he once served as a consultant. Without much prompting, Shaheen will talk about how “The Agency,” “JAG,” “The District” and “Family Law” have treated Arabs this season. In a word: badly.

And then there’s the TV movie, “The President’s Man: A Line in the Sand,” which CBS aired in January — far enough from Sept. 11 to seem respectable, close enough to play on America’s media-fed phobias. In it, Chuck Norris played a government agent who thwarts a bombing on U.S. soil by — surprise! — Arab terrorists.

The art-imitating-life question comes easily to mind here, but Shaheen effectively dismisses it by pointing out that Arabs were the bad guys long before we all knew Osama bin Laden’s name. The tragedies of Sept. 11 obviously haven’t helped, but it’s instructive to wonder how we would describe the attackers had they not been linked to bin Laden. If they were from Ireland, for instance, would we in the media call them Euro-terrorists? Had they been on the lunatic fringe of a religion other than Islam, would we call them, say, Christian terrorists? Jewish terrorists?

My gut says we wouldn’t.

“And we shouldn’t,” Shaheen asserts. “Just as we shouldn’t link Islam when an Arab Muslim kills someone, we shouldn’t link Christianity or Judaism when those terrorists kill innocents.”

Rhetorical questions don’t end prejudice all by themselves, however. Deep thinking has to make the transition to thoughtful writing, which is hard work.

“Convenient stereotypes make everyone’s job easier,” Shaheen writes. “Rather than having to pen a good joke, the writer inserts a stumbling, bumbling sheikh. Looking for a villain? Toss in an Arab terrorist. We all know what they look like from watching movies and TV. No thought required.”

But the hardest part may be persuading audiences that, just as other groups have managed to give Hollywood a sensitivity check, Arabs and Arab Americans deserve a fair shake, too. This, Shaheen admits, would require many to abandon the notion that “if one is no longer allowed to feel superior to Asians, Jews, Latinos or blacks, at least we can feel superior to those wretched Arabs.”

The stereotyping will end, Shaheen believes, when the Arab American community marshals sufficient clout to get the entertainment industry to open its eyes to the damage it does. And he’s not suggesting Arabs should never be the villains.

“The key is balance,” he says. “Every group has among its members a minority of a minority committing heinous acts. Yet the overwhelming majority of all people are regular, peace-loving individuals who vigorously object to violent crimes.”

Not lost on Shaheen is the fact that many studio and network chieftains are Jewish. He believes some of them do have agendas, even if these strategies merely involve looking the other way when their so-called creative types perpetuate an ugly stereotype.

Fortunately, protest is a proud American tradition. Early in the past century, Jewish Americans, Irish Americans and African Americans all objected to cinematic typecasting, and slowly they got results. Shaheen, an inordinately patient man, is convinced Arab Americans eventually will find a way to persuade the film and TV industries to balance the scales, to portray one Michael DeBakey, the famous heart surgeon, for every Osama bin Laden, the lunatic terrorist. Or one “regular guy who works 10 hours a day, comes home to a loving wife and family, plays soccer with his kids” for every “crazed terrorist, airplane hijacker or camel-riding Bedouin.”

Whaddya say, film and TV people? It’s a reasonable request.

That way, the next time Jack Shaheen and I run into each other, we can talk about old times.

Voir enfin:

Aladdin, Al-Qaeda, and Arabs in U.S. film and TV
Christian Blauvelt
Jump Cut: A Review of Contemporary Media
spring 2008

* Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People by Jack G. Shaheen (New York: Olive Branch Press, 2001) 574 pages
* Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People, directed by Sut Jhally, DVD, 50 min., Media Education Foundation, 2006

“Arabs are the most maligned group in the history of Hollywood. They are portrayed, basically, as sub-human untermenschen, a term used by Nazis to vilify Gypsies and Jews. These images have been with us for more than a century.” — Jack Shaheen

Shaheen’s new documentary Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People, released in conjunction with his book of the same title, takes up the issue of Arab representation in U.S. media. His film effectively demonstrates the influence of Victorian-era Orientalist narratives on the depiction of Arabs in Hollywood cinema, which presents them as backwards, violent, mystical, lascivious, hateful, prejudiced, and misogynistic.

Hollywood cinema has played into near-mythological stereotypes about Arabs, which imply that the Middle East is a land of cultural otherness, full of people who cannot be understood in Western terms and thus should not be thought of as human. From the early 1900s when Edison in the United States and Pathé and Gaumont in France were making films, film has used as a narrative convention that Arabs occupy a mystical land of harsh deserts, tropical oases, genies, magic carpets, thieving bandits, decadent sultans, conniving sheiks, and sensual harem girls. Today, such scripting survives in popular children’s films like Disney’s Aladdin, but it has been usurped in large part by the new popular myth: that of Arabs, or Muslims in general, as terrorists who may not only be plotting the destruction of the West from the Middle East but may even be plotting the United States destruction from the suburban townhouse next door (e.g., as in Fox TV’s 24).

These media stereotypes have a malleability that allows for their manipulation by politicians and policy makers to construct a narrative justifying U.S. imperialism. In these ideological narratives, Arab culture doesn’t matter; what matters is spreading “freedom” and “democracy,” which become nothing more than useful keywords justifying Western hegemony and U.S. cultural exportation and domination. Jean-Luc Godard once replied, when asked why U.S. films are the most popular in the world,

“Because Americans tell the best stories. They can invade a country and immediately construct a narrative justifying it.”

In fact, the WMDs for which the U.S. went to war with Iraq can almost be termed a MacGuffin, one of Hitchcock’s non-existent plot catalysts, which merely serves to launch the story and has no significance in and of itself. What has more consistently served to win U.S. public acceptance of the invasion of Iraq — begun March 19, 2003 — were the continually negative images of Arabs in Hollywood film and television, which gained new acceptance in the aftermath of 9/11.

Arabs, and Muslims in general, have been culturally coded as “others,” a dislocated social position which many politicians and media producers have used to position Arabs as phantom enemies, as scapegoats for latent U.S. xenophobic tendencies. In this regard, Hollywood filmmakers have often used Arabs in narratives in very much the same way as Nazi propagandists portrayed Jews in the 1930s and 40s.

If many politicians have capitalized on negative media representations of Arabs for imperialist ambitions, then we have a causation paradox. Which came first? Is it the neoconservative desire to construct a phantom enemy against whom U.S. values become defined in a mythological battle between good vs. evil, east vs. west, and, yes, Christian vs. Muslim?[2] Or is it that the stereotypical narratives came first and policy makers used available stereotypes for political ends? We cannot answer that with certainty.

Nevertheless, we can trace shifts in patterns in media stereotyping. Now, while discerning viewers may shudder at the idea of African American actors relegated to playing main servants in Hollywood films through the 1950s, condemn Westerns for glorifying genocide of Native Americans, and loathe a frequently appearing Jewish pawnbroker stereotype — most disgusting in Alec Guinness’ Fagin in David Lean’s Oliver Twist (1948) — viewers easily accept as justifiable that Jack Bauer hang the Muslim terrorist who nuked Los Angeles in Season 6 of 24 or marvel at the lush visuals, catchy show tunes, and indeed casual racism of Disney’s Aladdin.[3] As Shaheen describes the easy cultural reduction to stereotype,

“All aspects of our culture project the Arab as villain. These are stereotypes which rob an entire people of their humanity.”[3]

My essay offers an analysis and critique of Shaheen’s documentary and the particular aspects of that prejudice on which he focuses in order to survey the history of Hollywood’s racist portrayals of Arabs and Muslims.

Myths of Arabland

Cultural identity partly derives from geography so that landscape often points to patterns of economic and social activity. Rivers, such as the Huang and the Nile, have fostered the agrarian economies as well as transportation networks. An island country like Japan often becomes a prime hub of sea-bound trade networks, with fishing playing a large role in local food production. However, topographic-ethnic associations can also lead to reductive connotations. The Inuit people traditionally have lived within the Arctic Circle in frigid, ice-filled tundra environments, but when such an association leads mainly to imagery of Inuits living in igloos and ice fishing, the complexity of a great people’s culture gets reduced to what is little more than Rankin Bass imagery. (Image 1) Worse yet, geography may be used metaphorically to take on a personified quality that translates into attitudes toward that part of the world. When Africa means the “Jungle,” that’s not just a landscape but a state of mind. Thus Conrad’s Heart of Darknes, links cultural “backwardness” to geographic “backwardness” and finds Western morality impossible in a realm of incessant Darwinian struggle.

Such pejorative association between topography and cultural identity shapes the mise-en-scene and is the initial locus of much of Hollywood’s negative portrayal of Arabs. As Shaheen puts it,

“The depiction of Arabs always begins with the desert.”

As with depictions of Africa where the jungle connotes both danger and cultural “backwardness,” the “hostility” of the desert environment often translates into attitudes about the people who live there. (Image 2) Certainly many parts of the Arab world do feature desert landscapes. However, any uniform marriage of people and place in terms of the connotations of “desert” would ignore both physical and cultural variety, including the modern urban environments of Dubai and Abu Dhabi, the Mediterranean climate of Tunisia, Libya, and Lebanon, the fertile fields of the Nile Valley, the rugged plateaus of Kurdistan, and the mountains of Morocco.

Looking at this kind of reductionism in more cultural terms, Hollywood not only gives Arabs a Muslim identity but all-too-often gives Muslims an Arab identity, when in reality Arabs make up only about 1/3 of the total worldwide Muslim population of over one billion people. Narratively linking Muslims with the desert sets in place an even more sweeping misperception of the great faith’s cultural diversity and complexity. How could tying Islam to those living in the desert relate to the experience of Muslims living in sub-Saharan Africa, the Balkans, central Asia, the Indian subcontinent, or Indonesia — regions that don’t feature deserts as prominent topographical features? For example, Indonesia, the most populous Muslim country in the world, is primarily tropical in its climate, with mountains, the rainforest, and the sea as the most prominent geographical landmarks. For Hollywood films to create a link between landscape and religion shows a profound ignorance of the world. (Image 3)

“We inherited the Arab image primarily from Europeans.”

Shaheen is referring here to 19th century Orientalism, a movement inspired in part by British and French acquisition of lands in the Middle East and North Africa. European cultural production, both artistic and popular culture, included a plethora of fantastical travel writing which emphasized the exoticism of the Middle East through mythopoetic stereotypes that revealed little about the actual local culture but attracted rich European tourists. In the visual arts, Eugene Delacroix’s Orientalist paintings portrayed Arab culture as beyond decadent, with lascivious sultans wearing vibrant colors and sensual silk while surrounded by scantily clad harem girls. (Images 4-6) Delacroix also frequently depicted Arab sexuality as paired with death as in The Death of Sardanapalus (1827). (Images 7-8) These exotic stereotypes were transmitted to United States where they found a parallel cultural foothold, especially in the early 20th century when dime novels promoted ethnocentric adventure narratives about the “superior” Western culture taming the U.S. West and its Native American inhabitants. The dimestore novelists attached a similar xenophobic sense of “otherness” to the Middle East, to Native Americans, and to Asians, especially the Chinese. And Columbia University Professor Edward Saïd demonstrated the ways that these stereotypes persist today, even in academic analysis:

“All academic knowledge about India and Egypt is somehow tinged with, impressed with, and violated by 19th century Orientalism.”[4]

Characterizing this “otherness” is the sense that Arabs are “backwards.” As a character relates about her fictional Middle East-inspired country in the Elvis Presley movie Harum Scarum (1965):

“When you cross the mountains of the moon into our country, you will be stepping back 2,000 years.”

Shaheen argues that the mythopoetic trappings of Arab culture as depicted in Hollywood films have become so rigidly codified that they have an amusement park-like uniformity:

“We have this fictional setting called Arabland, a mythical theme park. And in Arabland, you have the ominous music, you have the desert as a threatening place, we add an oasis, palm trees, a palace that has a torture chamber in the basement.”

In a common mise-en-scene, opulent, palatial interiors reveal a cruel, bloated pasha reclining on cushions and surrounded by harem maidens. The pasha possesses an unquenchable appetite for the flesh and requires sensual handmaidens and harem girls to appeal to his lascivious desires. (Images 9-10) However, as in the movie Samson Against the Sheik (1962), the Arab harem maidens don’t attract the pasha’s attention as much as the blonde European girl does, so he must abduct and ravish her against her will.

The codified trappings of Arabland which Shaheen identifies as the “Instant Ali Baba Kit” include costuming women in belly-dancing outfits and transparent pantaloons, while giving the male villains long, curved, scimitars. Since Arabland is clearly a mystical land, its inhabitants ride on magic carpets, and snake charmers hypnotize deadly cobras with eerie flute music. These trappings are not merely found in Classical Hollywood films that demonstrate an Orientalist influence like The Thief of Baghdad (1924 and 1940) or The Garden of Allah (1936), or films featuring Jamie Farr, but in even more recent fare including the 1992 Disney blockbuster Aladdin. Aladdin, in fact, continues the stale Orientalist fantasy, portraying all Arab men as either street thugs, pickpockets, emasculated palace guards, beggars, sultans, or sorcerers. (Image 11) A male character early in the film even declares to his master upon stealing a jewel,

“I had to slit a few throats, but I got it.”

The men are short and stocky with thick lips, missing teeth, heavy, menacing brows, and hooked noses, while the hero Aladdin and heroine Jasmine look like suburban, white, U.S. teenagers. (Image 12) Arabs are shown as gratuitously cruel, with characters making several references to beheading. One Arab merchant even tries to cut off Jasmine’s hand when she doesn’t have money to pay for an apple she gave to a hungry boy. (Image 13) Few U.S. film critics mentioned the visual stereotyping in the villains’ the heroes’ facial characteristics except for Roger Ebert who asked,

“Wouldn’t it be reasonable that if all the characters in this movie come from the same genetic stock, they should resemble one another?”[5]

Shaheen argues,

“The film recycled every old degrading stereotype from Hollywood’s silent, black and white past.”

In this vein, Aladdin opens with the expository song “Arabian Nights” which includes the lyrics”

“Oh, I come from a land
From a far away place where the caravan camels roam
Where they cut off your ear if they don’t like your face
It’s barbaric but, hey, it’s home.”

The stereotypes in Aladdin also draw upon anti-Semitic imagery for inspiration, most notably those from the anti-Semitic Disney animated short The Small One (1978), a children’s Biblical tale, about the donkey who would carry The Virgin Mary to Bethlehem to give birth. That film features a musical number called “Clink-Clink, Clank-Clank,” about Jewish moneylenders’ fetishistic “love of money.” Over and over, three dancing moneylenders sing the lyrics “Clink-Clink, Clank-Clank/ Put the money in the bank,” while cruelly humiliating the young boy who is trying to sell his donkey. (Image 14) Almost impossible to watch and despicable for its stereotypes, The Small One has been covered up by Disney executives. In that film, in particular, Jewish merchants are portrayed with almost exactly the same facial characteristics as the Arab villains have in Aladdin and similarly possess both a love of money and penchant for cruelty. (Image 15). (Image 16).

Of course, cartoonish anti-Arab stereotypes like those in Aladdin have long found a home in animated cartoons. The Warner Brothers’ cartoon Ali Baba Bunny (1957, Chuck Jones) begins with buffoonish “villain music” playing over a shot of a bearded, mustache-twirling Ali Baba looking through beer bottles as if they were binoculars while palm trees wave in the background and a subtitle declares him to be “The Mad Dog of the Desert.” (Image 17)

“The Arab is a one-dimensional caricature, cartoon cutouts used by filmmakers as stock villains and as comic relief…and so over and over, we see Arabs in movies portrayed as buffoons, their only purpose being to deliver cheap laughs.”

Shaheen says this while discussing feature fiction. He points to the cartoonish deployment of Arabs in Raiders of the Lost Ark (1981, Steven Spielberg), especially the scene where Indiana Jones shoots the menacing Arab wielding a scimatar, a death meant to be a joke. (Image 18) The Joey Heatherton film The Happy Hooker Goes to Washington (1977) also features a cartoonish Arab character, Sheik Ali played by Jerry Fischer, who admits that he has had sex with both dogs and sheep, taking the lascivious Arab stereotype to new depths of depravity. James Cameron’s live-action cartoon True Lies (1994) also features Arabs cast in the role of villain/buffoon, this time in their modern iteration as terrorists. Not only does True Lies subject the audience to Jamie Lee Curtis’ pole-dancing, but it features Arab terrorists who are not only dangerous, but also incompetent, bungling fools. One scene features a terrorist who is prepared to detonate a nuclear bomb in Miami with one turn of a key…but has forgotten the key.

Then there’s actor Jamie Farr: the man has turned playing Arab buffoons into a cottage industry. To name but one example, Farr plays “The Sheik” in Cannonball Run 2 (1981), where he spouts lines like, “I have a weakness for blondes and women without mustaches,” and, “Have you ever considered joining a harem?” while groping and ogling the white U.S. women around him. (Image 19) He is also depicted as being inordinately stupid and incapable of realizing the value of money, demanding to reserve,

“Twelve suites! Better yet, the whole floor!”

The lascivious Arab carries across many Hollywood films:

* In Jewel of the Nile (1985) Sheik Omar manipulates Kathleen Turner into coming to “Arabland” with him, where he promptly imprisons her and subjects her to his gross passions;
* Protocol (1984) revolves around a Sheik’s infatuation with Goldie Hawn.
* In the fake-James Bond film Never Say Never Again (1983) Kim Basinger is abducted by Arab terrorists, tied to an auction block, stripped down to her underwear, and sold-off to ravenous Bedouin.
* In Sahara (1983), Brook Shields is sold into slavery and bought by a perverse Arab sheik who sexually assaults her while she cries, “Get away from me you dirty creep!”
* Neil Simon’s Chapter 2 (1970) begins with a character asking Paul Newman, “How was London?” to which he replies, “Full of Arabs.”

In regards to the Simon film, Shaheen asks,

“What if he had said [in Chapter 2] ‘full of blacks,’ ‘full of Jews,’ or ‘full of Hispanics’? I mean that’s ridiculous, why do we say these things?”

In many films like Chapter 2, which have nothing to do with the Middle East, Hollywood includes Arab stereotypes and slurs. Shaheen points out that one of the most gratuitous examples of Arab stereotyping occurs in Disney’s Father of the Bride Part II (1995) where a domineering, sleazy-looking, broken-English-speaking, rich Arab businessman named Mr. Habib tries to buy Steve Martin’s house. Habib’s submissive wife tries to speak up at one point, and he shouts gibberish at her to make her shut up, recalling the The Garden of Allah where gibberish was meant to stand in for Arabic. (Image 20) Not only does this characterization connote Arab men treating their wives poorly, it also draws upon degrading anti-Semitic moneylender stereotypes in the scene where Habib has brought a wrecking ball to destroy Martin’s house unless Martin pays him an extra $100,000 to buy back a home which he has owned for only one day. (Image 21) This scene and this stereotypical character were wholly gratuitous in the film, since previous versions of Father of the Bride like the 1950 film starring Elizabeth Taylor and Spencer Tracy never featured such stereotypes. Likewise, the slave traders who kidnap Russell Crowe in Gladiator are Arabs. Or in Robert Zemeckis’ Back to the Future (1985), the plot is about a time-traveling mad scientist, but the film inexplicably begins with inept Libyan terrorists trying to gun down the protagonists. As Shaheen puts it,

“This movie wasn’t about the future. It was the same old stereotyping from the past.” (Image 22-23)

Arab women onscreen

In contemporary social terms, throughout the broader Arab world women are attending higher education at the same rates as men. In one exemplary endeavor, Qatar is opening up University City, a massive college campus bringing in the best professors and researchers from U.S. universities to instruct the next generation of young Arab men and women. In fact, female enrollment in University City is, so far, even greater than that of men. In the Muslim world, women are taking jobs in business, communications, social planning, engineering, and government, and while Americans constantly upbraid a Muslim country like Pakistan for its treatment of women, Pakistan has elected a female Prime Minister, when the United States has never had a female President.

Admittedly, the Muslim world confronts many unresolved issues related to women’s rights. In Saudi Arabia, the religious police enforce a law that women wear the abaya in public and that they not leave home without written permission from a man. Women there are not allowed to drive, associate with a man other than their husband or a close relative, or vote. In Afghanistan under the Taliban, religious authorities forced women in public to wear the burqa under penalty of corporal punishment or even death. In Pakistan, sexist rape laws shift blame onto the victim if she were not escorted by a man and a rape victim herself can be stoned for the crime committed against her. Few Muslim countries have many female politicians. For example, Bahrain elected its first female MP in 2006. That same year, women ran for MP slots in Kuwait, but none won. However, women hold 22.5% of the seats in the United Arab Emirates legislature, higher than the global average of 17.5%. The Tunisian parliament is 23% women. Even though in parts of the Muslim world (such as in Saudi Arabia and Iran), strict interpretations of Islamic law severely restrict women, Islamic law there still gives women certain rights they lacked in pre-Islamic societies. As Islamic history professor William Montgomery Watt suggests:

“At the time Islam began conditions for women were terrible — they had no right to own property, were supposed to be the property of the man, and if the man died everything went to his sons. Muhammad improved things quite a lot. By instituting rights of property ownership, inheritance, education, and divorce, he gave women certain basic safeguards. So, in such a historical context, the Prophet can be seen as a figure who testified on behalf of women’s rights.” [6]

Hollywood has never reflected these complexities of women’s experiences in the Muslim world preferring to instead typecast them in the roles of harem girl, belly dancer, oppressed wife, and burqa-wearer. In Hollywood films like Protocol (1984) or Indiana Jones and the Last Crusade (1989), Muslim women are always seen in the shadows, completely covered in black, marginalized from the male populace on screen, but also marginalized from the narrative action, reduced to nothing more than being receptacles for Westerners’ sympathy. Furthermore, the social assumption in the United States that Arab women have be cover themselves with headscarves and burqas in the Middle East stands in stark contrast to the way that Hollywood frequently presents Arab women in the most sexualized light. Foremost among these sexualized depictions is the belly dancer, who has turned up in films from feature film’s very beginning as a cheap erotic spectacle for the attention of the male gaze. The belly dancer scene also reinforces characterizations of Arab men as lascivious. These sensual portrayals have a long history and are, as Shaheen puts it,

“inspired by early images of the Orient, as the place of exoticism, intrigue, and passion.” (Images 24-25)

Recently the female Arab character has had more agency in Hollywood films, but as blood-thirsty terrorists. Such is the plotline, for example, in Death Before Dishonor (1987) and Never Say Never Again (1983). (Images 26-27) At least this way they are portrayed as having some power, as opposed to what Shaheen calls the “bundles in black,” women — usually extras — completely covered from head to foot in black garments or burqas. (Image 28) Both the belly dancer and the bundles in black posit Arab women as submissive and subordinated to men, casting men in the role of misogynist oppressor.

Arab threat: Mideast politics and Hollywood

“Washington and Hollywood spring from the same DNA.”

Jack Valenti, longtime President of the Motion Picture Association of America, declared this about both industry ties to politics and the kinds of representations most commercially viable in film. Indeed, Hollywood narratives are inextricably tied into politics. Often, hegemonic and counter-hegemonic forces struggle over how a script will fit into the prevailing political atmosphere, whether it will fit into mainstream expectations or whether it will stand in opposition to the establishment. Sometimes a Hollywood film can popularize a particular social issue, spurring new social awareness — as the films Philadelphia (1993) and And the Band Played On… did in raising public and governmental awareness of the AIDS crisis. Hollywood films can play an important agenda-setting role but more commonly they react to the government’s messages, tacitly reinforcing them. If the Department of Homeland Security’s raising of the terror threat level doesn’t instill enough fear, then another season of 24 is just around the corner to make Americans suspect their neighbors and look over their shoulders for terrorists. Hollywood and Washington reinforce and react to one another.

Hollywood’s image of Arabs and Arab-Americans owes a lot to U.S. foreign policy over the past sixty years, and contemporary U.S. foreign policy finds easy reinforcement in the images Hollywood creates. While the mystical “Arabland” has accompanied Hollywood filmmaking from the very beginning, images of Arabs and Muslims as terrorists are a postmodern phenomenon. In Reel Bad Arabs, Shaheen identifies three events responsible for this change in the perception of Arabs:

1. The Palestinian/Israeli conflict has proven the United States always supports Israel.
2. The Arab Oil embargo of the 1970s angered Americans due to rising gas prices.
3. The Iranian Revolution negatively affected U.S. perception of Muslims when Iranian students took U.S. diplomats hostage for over one year.

These events helped frame how Arabs and Arab-Americans would be viewed in U.S. media. Interestingly, the image of the sheik changed the most. The Arab Oil Embargo of the 1970s raised the spectre of the fantastically wealthy sheik, with millions of dollars in his bank account from oil money and diversified investments in worldwide companies including U.S. corporations. Within this ethnocentric view purveyed by U.S. media was the presumption that, despite their vast oil wealth, Arab sheiks craved the respectability derived from of U.S. capitalism and were thus would heavily buy into U.S. businesses. Thus in a film like Rollover (1981) a wealthy sheik is determined to use his money to buy up as much of the United States’ financial resources as he possibly can in a bid to take over the world. In Indiana Jones and the Last Crusade (Steven Spielberg, 1989) the fantastically rich sheik wants to translate his wealth into prestige as valued by the West. When Nazis want to buy his help, they give him what he wants most, a Rolls-Royce. (Image 29) These 1980s anti-Arab fears paralleled concurrent fears of Japan as an economic superpower with the potential to eclipse the United States, a fear seen in films like Rising Sun (1993) that assumed Japan’s surging economy went hand-in-hand with a sinister plot for global domination.

One of the serious flaws in both his book and documentary is the way Shaheen dwells on Sidney Lumet’s film Network (1976) as presumably anti-Arab. Indeed, in one scene, a corrupt network executive rants to “mad man of the airwaves,” talkshow host Howard Beale, that “the Arabs have taken billions of dollars out of this country, and now they must put it back.” As Beale sits enraptured, he agrees to talk about how Arabs are “buying up America” on his show. In his book and documentary, however, Jack Shaheen manipulates the sequence of events to make it appear that Beale’s famous, “I’m as mad as hell, and I’m not going to take it anymore,” monologue, with loyal TV watchers shouting the same from their apartment balconies, comes right after his on-air speech about Arabs. That is not the case. Beale’s “mad as hell” mania is already in full swing well before he targets the Arabs. And in no way does the script glorify Beale’s eventual rant against Arabs but uses that speech to indicate that this madman is now just a shill for the network’s corporate hierarchy, a mouthpiece spouting corporate propaganda given to him by a sinister executive. If anything, Lumet is commenting that television will perpetuate racism because fear sells, a point with perhaps even greater relevance in this age of twenty-four hour cable news where it sells to constantly “raise the threat level.”

Sometimes we can be so determined to make a point that we can consciously or unconsciously rearrange facts to give greater weight to our argument. Here Shaheen clearly implies that one of the most famous scenes in movie history is created at the expense of Arabs, when that in fact is not true. Shaheen says referring to the Nazi’s scapegoating of Jews earlier in the century:

“This kind of anger, the anger born of fear, all of it in response to a perceived conspiracy and threat by a specific group of people, well, we’ve seen and heard this before,”

Regrettably, he makes this point as a voiceover in his documentary, heard as we see images from Network of the famous scene of people on their balconies shouting in unison, “I’m mad as hell…” Since he incorrectly links up fear and hatred of Arabs with the “mad as hell” speech and Lumet’s film as a whole, it’s even more dishonest for Shaheen to make a voiceover comparison between Network and the Nazis and then dissolve from a scene from Network to a clip of Nazi propaganda.

Despite the unfortunate choice of comparing Network to Nazi propaganda, Shaheen does make a good point, however, about how xenophobic views of Arabs in the mainstream U.S. media seek to create a level of fear about a scapegoat, and that this scapgoating is not unlike the mechanisms that the Nazis used in anti-Semitic propaganda. At the core of their anti-Semitic media campaigns in films, radio broadcasts, speeches, and posters, the Nazis emphasized what they perceived to be the economic threat of Jewish people. The Nazis painted all Jews as scurrilous moneylenders and pawnbrokers who did whatever they could to rob and swindle non-Jewish people and who also secretly worked as Soviet infiltrators to bring down the West. Why the Nazis thought that Jewish people would automatically be communists since they had already stereotyped them as rapacious, swindling capitalists seems nonsensical, but such propagandistic amalgams show how fear and hatred always override logic. (Image 30-31) Today’s ideological construction of Arabs unfortunately resembles Nazi stereotyping of Jews seventy years ago. Whereas the Nazis vilified the Jewish pawnbroker, today’s Hollywood plays off the Arab trader stereotype, someone willing to sell his own mother or, in the words of a character early in Disney’s Aladdin, “to slit a few throats” to make a profit. As Edward Saïd notes,

“So far as the United States seems to be concerned, it is only a slight overstatement to say that Moslems and Arabs are essentially seen as either oil suppliers or potential terrorists. Very little of the detail, the human density, the passion of Arab-Moslem life has entered the awareness of even those people whose profession it is to report the Arab world. What we have instead is a series of crude, essentialized caricatures of the Islamic world presented in such a way as to make that world vulnerable to military aggression.”

Terror, Inc. — demonizing Palestinians and Muslims

Perhaps the most focused connection between Washington and Hollywood, between foreign policy and media representation, is the Israeli-Palestinian conflict. Since the founding of the state of Israel in 1948, the U.S. government has never wavered in its support for the fledgling nation, with each successive Presidential administration hosting Israeli leaders and donating billions of dollars in aid to the Israeli government. However, Washington has consistently ignored the plight of the Palestinian people who have lived as refugees since Israel’s founding. The Jewish state was founded as a haven for Jews wishing to leave Europe in the wake of the Holocaust and to live in a state run by Jewish people, the likes of which hadn’t existed since the Kingdom of Israel’s takeover by the Roman Empire. In concept, it’s a wonderful example of self-determination and self-rule. However, Israel’s ethnocratic intentions did exclude from the very outset a place for the Palestinian people who were the majority under British rule before Israel’s founding. In fact, most Palestinians have been living as disenfranchised refugees within special zones of Israel, a problem compounded by the fact that Israel’s Arab neighbors have admittedly done little to take in Palestinian refugees or provide economic assistance.

Part of the mutual exclusion has to do with obstacles to diplomatic solutions on both sides. After Israel’s Arab neighbors immediately declared war on the new country the day it was founded, it was very difficult, even after the armistice in 1949, for any serious diplomatic discussion. In fact, Palestinians had fared little better under Jordanian rule of the West Bank up through 1967 than they have under Israel ever since. Israel was willing for twenty years to allow Jordanian oversight of Palestinians, even letting the capital city of Jerusalem be split between themselves and Jordan, meaning that Jewish people were denied access to holy sites in the parts of the city they did not control.

Part of Israel’s current reluctance to create a Palestinian state today is due to Hamas’ influence on the Palestinian government, having won representation in a 2005 electoral landslide. Also inhibiting conciliation is what Israel considers an insurmountable problem, ongoing suicide bomb attacks — which for many disaffected Palestinians seems their only recourse in their fight for independence, to kill themselves along with others. The ideal solution might require a strong Israel combined with a strong, independent Palestinian state. Some have suggested a single secular state incorporating the Palestinian territories and Israel with equal rights for all groups; however, such a strategy would invalidate the original Zionist movement.

Washington never too the plight of the Palestinian people seriously until 2008 when George W. Bush declared he hoped to see a Palestinian state created by the end of the year. How serious he is about this is not clear, considering that his Evangelical followers strongly oppose Palestinian independence (Pat Robertson has stated that he would urge Evangelicals to withdraw from the Republican party if the Republicans ever tried to support a Palestinian state). He may be just a last-ditch effort to save the legacy of his Presidency. Needless to say, countries in the Middle East and Europe have not taken his statement as a serious policy initiative.

Washington’s unconditional support for Israel unfortunately has instilled in the U.S. people an indifference or even hostility towards Palestinians. Hollywood has reflected and reinforced governmental views, putting out depictions of Palestinians that make cinemagoers even more likely to support U.S. policy. To begin with, Hollywood films and TV productions frame Palestinians as terrorists. As Godard once suggested, U.S. foreign policy demands a sufficient narrative to justify it. If the United States only supports Israel, then the Palestinians must be narrativized as abject, dishonorable, and worthy of contempt. Anti-Palestinian propaganda reached a new height in the 1980s and 90s with at least thirty films denigrating the Palestinian people. In the 1987 film Death Before Dishonor (Terry Leonard), Palestinians are shown as crazed with bloodlust, with one female terrorist graphically committing atrocities. (Image 32-33) This sexy female terrorist-siren brutally slaughters an Israeli family in cold blood, sparing not even the children. She takes orgasmic pleasure in torturing an U.S. marine with a power drill and mechanically executes another. Visually, part of the drilling scene is shot from the marine’s point of view, maximizing our identification with him and his pain. Another Palestinian in the film becomes a suicide bomber who blows up an U.S. embassy.
A decade earlier Black Sunday (1977) had a female Palestinian as its terrorist du jour, who in a ridiculous James Bond-style plot flies a Goodyear blimp into a football stadium in Miami where she intends to detonate a bomb, killing 80,000 people at the SuperBowl.

This way of imagining Palestinians goes back to 1960 to Exodus (Otto Preminger) where they are either paired ideologically with Nazis (especially in one scene where a group of Palestinians lynched a Jewish settlement and left a Swastika behind to mark the deed) or totally marginalized. An even more pronounced example of anti-Palestinian propaganda is the Kirk Douglas vehicle Cast a Giant Shadow (Melville Shavelson, 1966) where Douglas plays an U.S. military adviser who lends his tactical assistance to the Israelis. The Palestinians in the film are demonized using many of the visual strategies Hollywood filmmakers frequently use to denigrate “native” peoples:

* the Palestinians in Cast a Giant Shadow are filmed only in group shots, with no close-ups or dialogue;
* they are merely a force of nature, determined to satisfy their cruel thirst for blood, at one point even massacring a Jewish settlement and carving a Star of David into the back of one dead Jewish woman;
* the only time the Palestinians do speak in the film is when they jeer, shout and intimidate a woman trapped in a bus while firing their guns into the air with rapacious glee.

Another business scripting Palestinian villains is the U.S. production company, Cannon Pictures, run by two Israeli producers, Menachem Golan and Yoram Globus. Over a period of 20 years, Cannon Pictures released thirty films specifically designed to bastardize Arab culture and specifically vilify Palestinians. One particular piece of exploitation trash Cannon released called Hell Squad (1985) depicts Vegas showgirls fighting bloodthirsty Arabs in the desert while wearing skimpy costumes and unleashing poorly choreographed martial arts moves. (Image 34-35) Golan and Globus’s most effective and popular film The Delta Force (1986) takes their racism to new heights depicting Palestinian terrorists hijacking an airliner and specifically targeting the Jewish passengers for horrific torture and beatings.

Certainly U.S. producers in Hollywood have contributed every bit as much to the negative image of Palestinians. Few films have had a bigger impact than James Cameron’s mega-blockbuster True Lies (1994). This film is perhaps the ur-text for depictions of Muslim terrorists; they’re bloodthirsty, willing to torture women and children, wish to destroy the United States and Israel, and are cartoonishly incompetent yet still menacing enough to be taken seriously. In fact, this film really predates much of the iconography associated with Muslim terrorists post-9/11; in True Lies, a cell known as Crimson Jihad seeks Weapons of Mass Destruction and releases threat videos to the U.S. media à la Osama bin Laden. Crimson Jihad’s video even features one cell leader, Salim Abu Aziz, giving this message:

“You have murdered our women, and our children, and bombed our cities from afar, like cowards, and you dare to call us terrorists? Unless you America pull all military forces out of the Persian Gulf area, immediately and forever, Crimson Jihad will rain fire on one major American city each week, until our demands are met. First, we will detonate one nuclear weapon on this uninhabited island as a demonstration of our power.”

Sounds familiar doesn’t it? (Image 36) Not only does it resemble al-Qaeda’s messages, but prefigures the way those messages have seeped into the post-9/11 popular imagination in TV shows like 24 and Sleeper Cell. The odd thing is that Salim Abu Aziz’s anti-imperialist message actually makes some sense and has a good bit of truth to it, but by casting him as a terrorist it implies that the evil of his methods must mean that his cause is unjust as well. In fact, this screenplay comes from James Cameron who wrote the jingoistic Rambo: First Blood Part II, an exploitation vehicle following the Vietnam War. Cameron cleverly dismisses any legitimate grievances from the Arab world by painting all Arabs as terrorists — so how could there be any merit to their claims that many in the Arab world, including Palestinians, are suffering? Instead, Cameron paints the United States as the underdog in this fight against terrorists and as the unquestioned vessel of freedom, justice and truth. The script progresses toward an unquestioned conclusion that the United States represents all that is good in the world and could never do anything to harm people around the rest of the world. Those who hate the U.S., then, must just be jealous. As if this point were not hammered home already, the film ends with Salim Abu Aziz chasing Arnold Schwarzenegger’s daughter up an industrial crane, threatening to throw her to her death if she doesn’t give him a detonation key to a nuclear bomb. In defiance, the daughter retorts,

“No way, you wacko!”

And under any circumstances, we never see images of Palestinians’ daily life under occupation, with lack of access to arable land and jobs. We never see the effects of living in walled-off cities like cages, quarantined from Israeli territory. As Shaheen protests,

“Is there an unwritten code in Hollywood saying we cannot and will not humanize Palestinians? Is not the life of a Palestinian child, media wise, Hollywood-wise, politically wise as humane, as valuable as the life of an Israeli child?”

The only good Arab…

So far I have been pointing out parallels between government policy and media portrayal, not identifying any planned collusion. Actually, many of the worst anti-Arab or anti-Islamic films produced by Hollywood have been made in conjunction with the Department of Defense. For example, Executive Decision, Death Before Dishonor, Black Hawk Down, Patriot Games, Navy Seals, Rules of Engagement, True Lies, and Iron Eagle are all films made with the assistance of the Deptarment of Defense, and all these blockbusters show U.S. soldiers gleefully killing Arabs. For example, the script of Iron Eagle has its protagonist, a teenage fighter pilot, pretty much deciding to blow up an Arab country just for the hell of it because, hey, when you’re in a cockpit and you don’t have to see who you’re slaughtering, killing becomes a lot easier. Or, in another case, in Navy Seals Charlie Sheen proudly announces after having mowed down a bunch of Arabs with a machine gun:

“Let’s go tag ‘em and bag ‘em.”

But the most appallingly racist of these films is Rules of Engagement (2000) written by former Secretary of the Navy and current conservative Democratic Senator from Virginia, James Webb. The script follow a platoon of marines led by Samuel L. Jackson who are assigned to evacuate the personnel at the U.S. embassy in Yemen, where there are massed protests outside from the civilian population. The marines end up opening fire on the protesters, slaughtering dozens, maybe hundreds, of civilians. Tommy Lee Jones plays the lawyer who investigates this atrocity and travels to Yemen to uncover the truth for himself. From all eyewitness accounts it sounds like the U.S. soldiers opened fired without any provocation on the crowd. Jones comes across a little girl on crutches who had her leg shot off during the massacre and follows her to a civilian hospital where scores of children lay dead or mutilated from the firefight. (Image 37-38) However, he also finds an audio tape there that says,

“To kill Americans and their allies both civil and military is the duty of every Muslim who is able.”

This is a turning point. From there on, the blame begins to shift from the marines to the victims. In fact, we find out that the Yemeni crowd fired first on the marines, forcing Samuel L. Jackson to give the order “Waste the motherfuckers!” to his troops, which began the carnage. (Image 39) And in one of the most horrific shots in Hollywood’s representation of the Arab world, we see that the little girl who lost her leg actually had a gun in her hand and was trying to kill U.S soldiers. (Image 40) Thus the film concludes that the marines were justified in mowing down civilians and it was even okay for them to mutilate the little girl because she’s a terrorist like the rest and got what was coming to her. It’s as if Webb and director William Friedkin are saying, never feel sympathy for the “the tired, the poor, and the huddled masses” in other countries because they could really be terrorists. So when Webb and Friedkin restage the massacre, they frame it is a victory. We see civilian women riddled with bullet holes and blood pouring out of their mouths, but for the writer and director that’s a good thing — they got what was coming to them. The narrative says that those who dare to stand up to U.S. imperialism should and will be brutally mowed down. As Shaheen describes this script’s ideological message:

“Why does this matter? Because the massacre of even women and children has been justified and applauded. It’s a slaughter, yes, but a righteous slaughter.”

Islamophobia

Through the mutually-reinforcing relationship between U.S. foreign policy and Hollywood-produced images and in conjunction with the 9/11 terrorist attacks, Americans sadly have come to fear and distrust Muslims and the Middle Eastern world. The United States’ war with Iraq began in 2003 but was surely facilitated by a century of negative images about Arabs in U.S. media. Clearly many people in the United States believe that only a small lunatic fringe of the entire worldwide Muslim population are involved in terrorism. However, after 9/11 when nineteen Arab-Muslim hijackers killed nearly 3,000 people, it has become much easier to generalize from that tiny fringe out to the whole, to fear the 1.3 billion Muslims around the world as possible terrorists. In his book, Shaheen points out dangerous it is to let the part represent the whole and that few in our culture think the Ku Klux Klan represents the feelings, beliefs, and actions of white people as a group or of Christians in general.

Thus, when Timothy McVeigh blew up the Oklahoma City Federal Building, we didn’t gather from that that all white, Christian people could be potential terrorists. So why is it so easy to label 1.3 billion Muslims as a “threat” or “terrorists,” based on the actions of the tiniest minority who really are terrorists? The likeliest answer is because Americans have been conditioned to believe that Muslims are terrorists based on the media’s repetition of fearmongering. The press did not analyze as an important factor McVeigh’s ethnic, religious, or geographical background, or even the fact that he had served in the U.S. military. And yet if it had been a Muslim responsible for the bombing, that would have been the first thing everyone would be talking about. In fact, initial news reports from the site at Oklahoma City even went so far as to posit the attack as likely the work of Middle Easterners. (Image 41) At the time, for example, Connie Chung cheerfully played into such stereotypes on CBS news:

“A US government source told CBS news that [the attack in Oklahoma City] has Middle Eastern terrorism written all over it.”

One government security expert even said,

“This attack was done with the intent to inflict as many casualties as possible. That is a Middle Eastern trait.”

Television profits from jingoistic shows like 24, The Unit, and Sleeper Cell. Particularly offensive, 24 repeatedly uses Arab villains within scripts that have a staunchly imperialistic worldview. (Image 42) The creator of the series is arch-conservative Joel Surnow who, when pressed in 2005 about the depiction of Arabs in the fourth season of 24, said:

“This is just being realistic. Muslims are the terrorists right now.”

Admittedly, the series has featured villains from many other backgrounds in the past including Serbians, Russians, Mexicans, U.S. companies, rogue U.S military officers, and even the President of the United States. However, Muslims have popped up most frequently on the series as the bad guys. Every season in which they have been featured, however, a controversy erupts; and Surnow attempts to posit a counter-narrative to defuse the situation. For instance, while Muslims are behind the plot to detonate a nuclear bomb in Los Angeles in season two of 24, we later learn that these figures are nothing more than pawns manipulated by U.S. neo-conservative politicians to make the Democratic administration of President David Palmer seem incapable of defending the country. By scripting the Muslim terrorists as pawns, Surnow seemingly lessens their villainy in comparison to Palmer’s rivals. In season six, Muslim terrorists do succeed in destroying Los Angeles with a nuclear bomb, but this time the creators of the show go to lengths to demonstrate the evils of blaming Muslims in general for the actions of a few. The storyline shows a Muslim civil rights attorney jailed just for his religion and the resulting suffering for him and his family. Also in this season’s storyline is a character named Assad, a former terrorist turned pacifist. His characterization indicates that within the Muslim world people of conscience fight against extremism from the inside (although the fact that Assad was once a terrorist is problematic). However, none of these concessions to liberal values can excuse the appalling resolution to the season’s Muslim-terrorist storyline: we see Jack Bauer (Kiefer Sutherland) hang his nemesis. Tantamount to a lynching, this season’s plot resolution establishes the racist undertones to the series’ repeated theme of “fighting terrorism” more clearly than anything its ever done before.

However, even more complex is the framing of Muslim characters in season four of the series. That season actually begins by suggesting that Arab Americans are likely terrorists, by depicting a middle-class, suburban Arab American family eating breakfast around the kitchen table while discussing plans to assassinate the President and nuke Los Angeles. This kind of plot works like Nazi propaganda fiction film did, like Jud Suss (1940) and Der Einige Jude that instilled fear that people’s Jewish neighbors might be working to establish a foothold in Germany for the Soviet Union.

Later in 24’s fourth season, a Muslim terrorist is driving to a rendezvous with his cell leader when his car is cornered by a gang of racist street thugs who want to beat him up or kill him just for being Muslim (because of their anger over the day’s terror attacks). In that moment, Surnow is setting us up to identify with the terrorist as underdog because he is one against many and he’s being discriminated against for being Muslim. The street thugs try to label him as a terrorist:

“Your name Muhammad? Ain’t that all you guys’ names?”

We can sense his fear and isolation in that moment and in fact sympathize for him as he’s standing up to these racists. But then we realize…oh…he is a terrorist. We’ve been following him for several episodes and seen him killing people and planning people’s deaths. The thugs are wrong in assuming he’s a terrorist just because he’s a Muslim, but their assumption is completely right. He is trying to nuke LA. This moment perfectly represents the push-pull struggle of contradictory ideological forces played out on 24, and why it’s been such a rich series for academics to study. In using this kind of plot development, Surnow is able to throw a bone to critics by saying on the one hand that racism is wrong and that people should never assume who’s a terrorist or not, while also completely validating the racists’ assumption, because that character is a terrorist. In the context of the morally bankrupt pragmatism of the whole series, it is clear that Surnow and the creators of 24 are siding with the racists, because even if politically incorrect thugs make life hell for many innocent people, if they catch even one real terrorist along the way, their xenophobia is justified.

Showtime’s Sleeper Cell also contributes to the fear-mongering, “raising the terror level,” look-over-your-shoulder zeitgeist. The Sleeper Cell series depicts a sinister network of Islamic companies and organizations acting as a front for terrorist activities. In this show, as in 24, not just any Arab is a threat, but the Arab Americans living behind a white picket fence next door could be plotting terror. The show goes out of its way to cast “American looking” actors in the roles of terrorists, suggesting that Muslim extremists could very well have infiltrated all aspects of our society. Therefore, your son’s Little League coach, a high school science teacher, or even the homeless man on the street corner could all be terrorists wishing our destruction. (Image 43)

Islamophobia has a special presence on religious television channels like TBN and EWTV which actually try to frame Islam as at war with Christianity. One common anti-Muslim ad on TBN utilizes the same voiceover heard in trailers for many Hollywood blockbusters. In his deepest, most menacing voice he narrates — as images of 9/11 flash by:

“Islam — a religion of over 2 billion people and growing by 50 million people per year. Almost every major terrorist network in the world is controlled by Islamic fundamentalists.”

It’s no wonder then that, as Shaheen points out,

“When innocent Arabs are killed, when they’re bombed, maimed, wounded, when they’re tortured in places like Abu Ghraib, is it really any surprise that we don’t feel any compassion? Or worse, make light of it.”

Indeed, in the wake of the Abu Ghraib scandal, Rush Limbaugh and a caller went out of their way to make light of atrocity:

Caller: “This [Abu Ghraib] is no different than what happens at the Skull & Bones initiation and we’re going to ruin people’s lives over it and we’re going to hamper our military effort. You ever heard of emotional release? You ever heard of the need to blow some steam off?”

Rush Limbaugh: “Well, it’s sort of like hazing, a fraternity prank, sort of like that kind of fun.”

Since 9/11, hate crimes against Muslims and more generally against people who appear Middle Eastern (whether they are or not) have surged dramatically. There’s no question that when somebody like Rush Limbaugh degrades the human dignity of a whole people, as he frequently does on his show, that the U.S. public will become more desensitized to suffering like that at Abu Ghraib. Furthermore, the sense of “otherness” people perceive about Arabs, based on media images and U.S. foreign policy, is in fact institutionalized by the United States government, if only through racial profiling at airports. And sadly some affected by this propaganda absorb it into their worldview and will even take it to the next level and act out violently against those seemingly “lesser” than them.

Getting real

When Americans think of Arabs, or Muslims in general, what do we imagine? We may briefly think of white robed men wearing skull caps and “bundles-in-black” women completely covered from head to toe. Part of this reductiveness might come from the U.S. media’s short attention span. Just as policy and opinion must now be reduced to sound bites, letters to the editor reduced to Internet lingo, and feature-length articles reduced to little more than a headline, so too the media today usually require images that are instantly recognizable onscreen so as to gain the viewers’ attention immediately. We see it even in Presidential campaigns: complexity is shunned, substance ignored, branded images and slogans preferred. In May 2003, for example, mainstream U.S. reportage didn’t care that the war in Iraq was far from over when President Bush strutted around an aircraft carrier wearing a flight suit and declaring, “Mission accomplished.” The visual presentation of this moment, incredibly false though it was, was more marketable to an image-crazed public than any serious analysis of the progress in Iraq. More generally put, if CNN or FoxNews present a story about Islam or the Arab world, are they going to lead off with a trenchant analysis by a professor of Islamic history? Of course not, they’re more likely to show hundreds of white-robed men prostrating themselves before the Kaaba. That is the image that sells, that the U.S. public expects to see, because we’ve been trained by the news media to expect a certain image. (Image 44) In turn, the news media must now fulfill the public’s expectations for certain kinds of images, expectations that they created themselves.

Secular life in the Arab world does not appear in any detail or with any complexity in Western media, both television and film. We almost never see images of Arab women attending universities, working outside the home, or caring for their children. No, Arab women must always be presented as victims of a religion that seeks to keep them in their place. Certainly in parts of the Islamic world women have been treated poorly, and women’s rights are virtually nonexistent today in Saudi Arabia and were terrible under the Taliban in Afghanistan. But to compare the conditions women endured under the Taliban with the role of women in modern, cosmopolitan cities and states like Dubai, Qatar, Cairo or Bahrain, to name just a few, is nonsense and an insult to those women who are forced to endure true repression. In addition, Arab men do not appear in film in roles of loving husbands and fathers who care about their family’s welfare. Rather, Hollywood loves to depict the lascivious Arab man who lusts after blonde-haired Western women while treating his Arab wives terribly. Or he’s a stern, fundamentalist father who never gives his children love, only discipline, and teaches them to hate. Is any secular life in the Arab world ever portrayed in the news media or in films?

Interestingly, there is a highly diversified range of media production in the Middle East that is largely unknown here. For example, MTV has proven so popular throughout the Middle East that Viacom recently began broadcasting a specialty channel called MTV Arabia just for the Middle Eastern market. Female pop stars like Haifa Wehbe and Elissa from Lebanon have risen to mega stardom throughout the region through glamorous images, provocative lyrics, and suggestive, Madonna-inspired dance moves. (Image 45) To listen to the U.S. media one might think that freedom of expression is lacking in the Middle East, but how does that account for the popularity of talk shows, discussion panels, and call-in shows on Al-Jazeera? (Image 46)

Film is a massive part of cultural life throughout the Islamic world. Turkey has a thriving film industry that produces a huge variety of motion pictures, including Hollywood-style action thrillers, genre parodies (G.O.R.A.), transnational awards-bait for foreign consumption (Baba ve Oglum, Gegen die Wand) and serious art films (the films of Nuri Bilge Ceylan and Zeki Demirkubuz). In fact, in Istanbul there are as many movie theaters as there are mosques. Egypt’s film industry has long been in dialogue with the west, even experiencing its own Neorealist movement in the 50s led by directors like Youssif Chahine. And in the eyes of many Western critics like Jonathan Rosenbaum and Dave Kehr, Iranian cinema is one of the freshest, most formally inventive in the world today with groundbreaking directors like Mohsen and Samira Makhmalhof, Ebrahim Golestan, and Abbas Kiarostami, whose films have lit up the festival circuit. But this rich secular life in the Islamic world remains ignored in the United States and in most Western media.

It’s a vicious, mutually-reinforcing cycle of production and reception, but not one that remains unchallenged. In fact, a number of Arab Americans have tried to diffuse these stereotypes, especially through comedy. In a way similar to that of many African Americans and Jewish comedians who re-appropriated stereotypes to debunk them, a number of Arab American comics have done the same. One of the more popular comedy specials on Comedy Central right now is the Axis of Evil Comedy Tour, featuring comedians of Arab descent talking about their lives in relation to the stereotypical roles in which they’ve been cast. Part of this stand-up routine is also featured on the DVD of Michael Moore’s Fahrenheit 9/11 (2004). On that DVD, the funniest bit comes from a young Arab American stand-up comic Dean Obeidallah, who talks about how a convenience store cashier grilled him over the origins of his name when the cashier saw it on his I.D.

“That’s an Arabic name,” Obeidallah replied.

“Oh yeah, what Arab country does your family come from?” asked the cashier.

Wondering what Arab nation could sound the most benign, Obeidallah said, “We’re from the same country as Aladdin.” (Image 47)

Another comedian, Ahmed Ahmed, is interviewed on Shaheen’s Reel Bad Arabs DVD. Ahmed found comedy one of the few options open to him in the entertainment industry because every casting agent wanted to have him play a terrorist. He says that when he did once read for the part of a “Terrorist No. 4,” he decided to play the role as campy and over the top as possible. Since that was in fact how the director imagined Arabs, Ahmed got the part.

One possible goal and remedy for these kinds of representations would be to have Arabs and Arab Americans presented in films and in the newsmedia just as everyone else, no better and no worse. In feature film, a number of U.S. filmmakers have already taken it upon themselves to depart from these stereotypes. Andrew Davis’s A Perfect Murder (1998) features an Arab detective (David Suchet) who befriends the film’s heroine and helps her solve a crime. His ethnic identity is not ignored but it is not an issue, just as the ethnic identities of co-stars Michael Douglas and Gwyneth Paltrow are not an issue. Likewise, Rick Berman’s and Michael Piller’s superb television series Star Trek: Deep Space Nine featured a prominent character of Middle Eastern descent Dr. Julian Bashir, played by Alexander Siddig. Not once was Bashir’s ethnic background questioned, discussed, or made a point of contention. Rather, he was defined by his personality, skills, education, and friendships. (Image 48) Bashir was developed no differently from the white, African American, and Asian characters on the show (a series notable for its exceptional diversity, including Star Trek’s first black captain, Avery Brooks’ Captain Sisko). In a film set in Morocco, Gillies MacKinnon’s Hideous Kinky (1998), about a single mother (Kate Winslet) and her two daughters living in Morocco, presents its Moroccan characters as on a par with its Western characters. In particular, Winslet’s love affair with a Moroccan man is deeply moving, so that when she doesn’t have enough money to return to England, her lover makes great sacrifices to help her out, even though it means she will leave him.

David O. Russell’s satiric political featire, Three Kings (1999), develop characters and plot situations that represent the complexity of the Arab world. Focusing on the first Gulf War, Russell goes to great lengths to define the various political factions in Iraq at the time, including political dissidents who were imprisoned by Saddam Hussein, freedom fighters working to bring down the Ba’ath regime, and also pro-Saddam loyalists. Significantly, Shaheen served as a consultant on this film. [See Jump Cut 46, 2003, essay on this film.]

In an historical vein, Ridley Scott’s Kingdom of Heaven (2005) takes an alternative view of the Crusades to develop as a plotline that human rights and freedom of religion were respected more under Muslim rule during the Middle Ages than under Christian rule in Western Europe. In particular, in Spain under the Moors, Muslims, Jews, and Christians lived in harmony, but once the Vatican’s Inquisition was established following the Christian reconquest of Spain…well, we know what happened. Likewise, under Saladin, the Arab general who ruled over much of the Holy Land during the 12th century, Christians, Jews, and Muslims were able to live together. In fact, Kingdom of Heaven ends as Saladin enters a church and sees a dislodged Christian icon (a cross), at which point he picks it up and replaces it on the altar, indicating his religious tolerance. In the film’s reception, audiences in Beirut watching that film actually cheered at that particular moment because it signified a reconciliation between Christians and Muslims which still has relevance, considering that Christians and Muslims have long lived together in peace in Lebanon. (Image 49)

Detailing the interrelations between current politics, international economics, and local cultural forces, Stephen Gaghan’s Syriana also tries to capture the complexities of the Arab world by showing not only terrorists but also a Western-educated Saudi prince (Alexander Siddig) who is working to bring democracy to his country. (Image 50) The film develops various aspects of the reality on the ground, exploring the pockets of extremism and terrorism across the Arab world, but it doesn’t try to act like that is the entirety of the Arab world.

Perhaps the best of these more “enlightened” films is Paradise Now by Hany Abu-Assad (2005) about two young Palestinian men who decide to become suicide bombers. The scripts shows their political involvement and decision as a symptom of bigger problems of poverty, statelessness, and religious fundamentalism. (Image 51) In the course of the film, the two men meet a Western-educated Palestinian human rights worker who adamantly opposes what they’re doing, causing the two men to question the justness of their cause. (Image 52) Such a plot doesn’t try to glorify suicide bombers or terrorism, but rather seeks to explore the desperation and displacement of logic required to consider something so horrific.

The fact that such films seek to debunk the myths of Arabland suggests that not only will some contemporary filmmakers question the validity of images inherited from the past but that audiences may be ready to challenge their own preconceptions as well. Already we are seeing many film and television productions that view the Iraq War and its aftermath critically, and the Internet makes many opposing views readily available. Regrettably, the continued U.S. imperialist presence in the Middle East will likely delay the rehabilitation of Arabs in the U.S. media, but it will not snuff out the possibility for it.

Notes

1. Dr. Jack Shaheen has written for many years about media stereotyping of ethnic groups and how these stereotypes can, and have, hurt innocents, whether they be blacks, Latinos, Jews, Native Americans, Asians, or Arabs. He considers himself to be a “committed internationalist and humanist.” Having grown up in Pittsburgh, PA, Dr. Shaheen holds degrees from the Carnegie Institute of Technology, Pennsylvania State University, and the University of Missouri. His books include Nuclear War Films; Arab and Muslim Stereotyping in American Popular Culture; The TV Arab; and Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People. He has also contributed to Newsweek, The Wall Street Journal, and The Washington Post. He has appeared on CNN, MSNBC, NPR, Nightline, Good Morning America, 48 Hours, and The Today Show. He has served as a consultant for Dreamworks, Showtime, Hanna-Barbera, and Warner Brothers and has worked on David O. Russell’s Three Kings and The Lucy Show. The DVD presentation of Reel Bad Arabs runs for 60 minutes and is directed by Sut Jhally.

3. Much of contemporary neoconservativism derives from ideas of Leo Strauss. Strauss was a formerly liberal professor of political science at The University of Chicago from 1949-1969 who rejected a progressive approach to politics after World War II, declaring that liberalism can only lead to relativism or nihilism and could facilitate the rise of the totalitarian extremes of fascism and communism. Instead, a return to traditional values wrapped around a nationalist mythology could restore a sense of national purpose that liberalism supposedly had undone. A new nationalism, however, would require an enemy against whom the national identity could be defined. This profoundly Manichean worldview would constantly pit the U.S. against a foreign (or sometimes even internal) threat. The Soviet Union was the most obvious antagonist for a good vs. evil pairing during the Cold War. This Manichean worldview would influence the Reagan administration’s hawkish attitude toward the Soviet Union since his administration would be the first to include many students of Leo Strauss including Paul Wolfowitz, Donald Rumsfeld and Dick Cheney. International terrorism (particularly Al-Qaeda) has become the antagonist for this “us versus them” bifurcation since 9-11. See the BBC documentary series The Power of Nightmares for a more complete articulation of these ideas.

4. Sidney Lumet’s film The Pawnbroker (1965) is a notable recasting of the Jewish pawnbroker in a more sensitive role.

5. Saïd, Orientalism 11[GIVE COMPLETE BIBLIOGRAPHIC INFORMATION.]

Ebert, Roger. November 25, 1992 review of Disney’s Aladdin. Appeared in The Chicago Sun-Times. http://rogerebert.suntimes.com/
apps/pbcs.dll/article?AID=/19921125/
REVIEWS/211250301/1023

Interview with William Montgomery Watt.

http://www.alastairmcintosh.

com/articles/2000_watt.htm

Edward W. Saïd, “Islam Through Western Eyes,” The Nation April 26, 1980, first posted online January 1, 1998, accessed December 5, 2005.

http://www.thenation.com/

doc/19800426/19800426said


ONU: La conjonction de tous les totalitarismes (Durban II or the conjunction of all totalitarianisms)

15 mars, 2009
islamic pedophiliaIl me semble que l’esprit de Durban règne en maître. A l’ONU, la prose de Durban 1 en pire s’écrit tous les jours. On entend des diatribes de l’Organisation de la Conférence Islamique soutenue par Cuba, le Venezuela, la Chine et la Russie. L’ONU est devenue la machine de propagande totalitaire, un véritable rouleau compresseur, une machine à broyer les droits universels. Durban 2 sera la consécration fin 2009 de ce qui s’écrit chaque jour, résolution après résolution, texte après texte, rapport après rapport dans des négociations où la plupart des démocraties ont un profil extrêmement bas. (…) De nombreux sujets sont en chantier, la définition du terrorisme, du racisme, de la démocratie, la remise en question de la déclaration universelle, l’élaboration de nouvelles normes qui commencent à inclure la diffamation de l’Islam et la limitation de la liberté d’expression. Ce n’est pas juste la question de la religion, ni même de l’Islam qui est en jeu, mais bien la conjonction à l’ONU de tous les totalitarismes. Malka Marcovich
Force est de constater qu’aujourd’hui la musique entonnée il y a trente ans par la révolution islamique d’Iran donne le « la » dans les discussions internationales et que les droits des femmes sont instrumentalisés pour enterrer l’universalité de leurs droits. Annie Sugier
Oui, le Prophète (…) est tombé amoureux d’Aïcha, la fille de son meilleur ami, quand elle avait 9 ans et a refusé d’attendre qu’elle ait atteint la puberté. Le Prophète a demandé la main de la petite fille à 6 ans et le mariage a été consommé quand elle a eu 9 ans: dans nos sociétés occidentales, c’est ce qu’on appelle un pédophile. Cela ne relève pas seulement de l’Histoire: aujourd’hui encore, des musulmans veulent épouser des petites filles en prenant exemple sur le Prophète, ce modèle de moralité. Il est légal d’épouser une petite fille de 9 ans en Iran. Au Pakistan, cela arrive tout le temps. En 2001, le gouvernement marocain a demandé aux autorités néerlandaises d’abaisser l’âge du mariage, pour les filles, de 18 à 15 ans pour être conforme au droit islamique. Ayaan Hirsi Ali
Mon père m’a battue et m’a dit que si je n’épousais pas cet homme, je serais violée et personne dans ce pays ne m’aiderait. J’ai supplié mon père, ma mère, ma tante : rien n’y a fait. (….) Chaque fois que je voulais jouer dans la cour, il me frappait et m’entraînait dans la chambre à coucher. Je n’avais aucune idée de ce qu’était le mariage. Je pleurais tout le temps. Il me faisait des choses désagréables. Je courais de pièce en pièce, mais il arrivait à me rattraper. Ensuite, il faisait ce qu’il voulait. Noyoud Ali (Yéménite, 8 ans)
Si vous prenez par exemple la question des droits des femmes, vous seriez surpris de découvrir à quel point Mahomet était loin d’être un prophète plus sexiste que certains pères de l’église. Mahomet a vécu plus tard que les deux précédents prophètes, il était entouré de femmes à fort caractère, comme sa première femme khadija ou sa très jeune femme Aïcha, et il s’est plutôt battu pour certaines avancées dans ce domaine. Caroline Fourest (conférence, Rimini, le 29 octobre 2006)
L’islam n’est pas incompatible avec les valeurs républicaines, pas plus que n’importe quelle autre religion. (…) Quand j’ai lu le Coran, pour les besoins de mes recherches, j’ai souvent été surprise de son contenu souvent plutôt progressiste. Mahomet s’est battu pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, il a refusé que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Bien sûr, il y a aussi des passages très durs, mais comme dans tous les textes sacrés. Ce sont aux hommes de faire le tri et de garder le meilleur. L’islam ne pose en soi aucun problème. Seul l’intégrisme menace les libertés et le vivre ensemble. Caroline Fourest
J’ai été mariée à neuf ans, mise dans le lit de mon mari à douze, et j’ai eu mon premier bébé à treize ans. Kardiatou Diop (Née au Sénégal en 1962, installée en France en 1977)

Institutionnalisation, au nom même de la lutte contre le racisme, de l’antisémitisme en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël …

Imposition, au nom même de la liberté religieuse et de la part de pays punissant l’apostasie de la peine de mort, de la supériorité de la seule religion musulmane avec notamment un délit de blasphème …

Enterrement, au nom même de leur préservation et sous prétexte du respect des religions et des civilisations, de l’universalité des droits des femmes au profit d’une charia (polygamie comprise) présentée comme solution ultime tant aux mutilations sexuelles et violences conjugales qu’à la prostitution et à la traite des femmes …

Peut-on imaginer détournement plus systématique et plus radical du concept de protection des droits fondamentaux de l’individu?

A l’heure où avec la présidence libyenne, la vice-présidence iranienne et le rapporteur cubain de son Comité Préparatoire de Durban II, les Nations Unies ressemblent chaque jour un peu plus, sauf pour nos belles âmes du “Pays (autoproclamé) des droits de l’homme”, à une annexe de l’Organisation de la conférence islamique …

Petite piqûre de rappel, avec quelques témoignages tirés d’un récent livre français dénonçant les mariages forcés (“Le Scandale des mariages forcés”), sur la réalité que la religion du prophète pédophile prétend, 14 siècles après et jusqu’en Occident même, imposer à une bonne partie du monde …

J’ai eu mon premier enfant à 13 ans
BibliObs.com
07/03/2009

«Le Scandale des mariages forcés»: c’est le titre du livre que publient Fatou Diouf et Charles-Arnaud Ghosn. A l’occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars, BibliObs vous propose de lire quelques-uns des témoignages qui font la force de cet ouvrage

Fatou Diouf, d’origine sénégalaise, élevée en France a été mariée de force à 18 ans. Aujourd’hui âgé de 27 ans, elle dirige l’association Femmes solidaires de l’Essonne, qui aide les femmes à dire non aux mariages forcés ou arrangés. Avec Charles-Arnaud Ghosn, journaliste, elle publie aux Editions du Rocher «Le Scandale des mariages forcés», qui entremêle témoignages et analyses. Les auteurs, qui ont interrogé des juristes et des sociologues tentent d’expliquer pourquoi ces pratiques perdurent, et se demandent, entre autres, s’il faut légiférer en la matière.

Kardiatou, 46 ans, sénégalaise:

«J’ai eu mon premier enfant à 13 ans»

«J’ai été mariée à neuf ans, mise dans le lit de mon mari à douze, et j’ai eu mon premier bébé à treize ans.» Dans sa tenue africaine, boubou et foulard jaunes, Kardiatou Diop porte beau. En elle pointe le goût de la résistance. Née au Sénégal en 1962, cette belle femme, mi-peule mi-wolof, s’est installée en France en 1977. A quinze ans, elle était déjà mère de deux enfants. On lui avait imposé le mariage. Femme traditionnelle, elle vit les premières années de son séjour en France entre les quatre murs de son appartement, en Normandie. Chez elle, pourtant, s’élève un sentiment de révolte. «Attendre le retour de mon mari, enfermée dans l’appartement, m’était devenu insupportable. Je voulais m’instruire, connaître, me former. En 1980, j’ai rencontré des militantes associatives et j’ai commencé à me mêler à elles.» Kardiatou suit des cours du soir, sort de plus en plus. Son mari ne tolère pas son émancipation. La rupture se dessine. Le couple se sépare en 1980 et Kardiatou reste seule avec cinq enfants. Aujourd’hui, elle est interprète médiatrice dans une association de sa ville. Elle accompagne et entoure les femmes issues de l’immigration pour les conduire vers davantage d’autonomie. A quarante-sept ans, elle s’avoue libérée et heureuse: «Ce mariage arrangé subi dans mon enfance, l’absence d’éducation, tout ce que j’ai dû endurer me conforte aujourd’hui dans mon combat. J’ai envie que les choses bougent.» C’est avec enthousiasme que Kardiatou Diop salue les premiers pas vers l’émancipation des femmes de la communauté africaine de France, mais aussi du Sénégal, son pays d’origine. Elle aime évoquer cette grande féministe sénégalaise, militante syndicale, Mme Saye Seck, qui se bat courageusement à Dakar contre l’excision et les mariages forcés ou arrangés. «Mais, reconnaît-elle, le chemin est encore long parce que les hommes chez nous ne veulent pas rompre avec cette tradition qui les arrange. Si je milite au GAMS (Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles), c’est pour qu’on en finisse avec les violences faites aux femmes. Je ne veux pas que mes filles endurent à leur tour ce que j’ai supporté.»

Diaminatou, 21 ans, malienne:

«Le dimanche à Bamako, c’est le jour du mariage…
Moi, je suis partie le samedi pour échapper au dimanche»

Ne croyons pas que les rebelles, à l’instar de Necla Kelek, ne figurent que parmi les élites. On en trouve aussi parmi les jeunes filles sans diplôme universitaire, n’ayant jamais vécu en Europe. Ainsi, Diaminatou, jeune Malienne de vingt et un ans, rencontrée à l’association Voix de femmes, qui a fui son pays, voilà cinq ans, pour ne pas être unie à celui que sa famille entendait lui imposer. Simple couturière, voici le texte fort et déchirant qu’elle écrivait en 2008 pour illustrer un opuscule publié par l’association qui la défend (1):

Le dimanche à Bamako, c’est le jour du mariage.
Le dimanche à Bamako, c’est le jour du…
MOI
Je suis partie le samedi pour échapper au dimanche
MOI, je ne veux pas parler d’avant
Je ne veux pas prononcer le mot.
Chez nous, ils disent que je fais honte à ma famille
Et peut-être aujourd’hui, j’ai un peu honte.
Mais NON,
On ne peut pas gaspiller sa vie comme ça.
Même si on me dit que je suis une sorcière
Alors, je suis venue ici
Je ne regarde personne
Je ne rigole pas
Avant j’avais peur qu’on vienne me chercher
Aujourd’hui je voudrais parler à ma mère
Juste un mot
Qu’elle soit un peu d’accord avec moi
Quelle me donne des conseils
Qu’elle prenne de mes nouvelles
Qu’elle dise je pense à toi
Qu’elle dise est-ce que tu vas bien
Un jour, ma mère me reparlera
Un jour, je pourrai retourner au Mali pour la voir
Un vieux monsieur qui voulait… avec moi.
Je voudrais le voir, et lui crier dessus jusqu’à ce que je n’ai plus de force.

(1) Recueil de l’association Voix de femmes [1], «Quel choix face à un mariage forcé?», éditions In Libro Veritas, 2008. Tél. : 01-30-31-55-76. Voixdefemmes@wanadoo.fr [2]

Links:
[1] http://www.association-voixdefemmes.fr
[2] mailto:voixdefemmes@wanadoo.fr
[3] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090306.OBS7561/manifestation_pour_les_droits_de_la_femme_a_paris.html
[4] http://bibliobs.nouvelobs.com/toute-l-actualite
[5] http://bibliobs.nouvelobs.com/


Antisémitisme: Pourquoi il faut déserter Durban II (Shouting ‘red lines’ to sleeping consciences)

14 mars, 2009
Durban poster
Durban a été de manière indélébile la manifestation publique la plus extrême de l’antisémitisme depuis l’Holocauste et c’est à juste titre que le Haut commissaire pour les droits de l’homme des Nations Unies, Mme Mary Robinson, a rejeté la Déclaration finale et le plan d’action du Forum des ONG. Shimon Samuels (Directeur pour les relations internationales du Centre Simon Wiesenthal)
L’acharnement à détourner le Conseil de ses objectifs est tel qu’il devient nécessaire de s’interroger sur l’avenir de cet organe. Il est en train de vider de leur substance les principes qu’il est censé promouvoir et défendre. Jean-Claude Buhrer
Il y a non assistance à continent en danger. Il faut refuser le califat libyen sur l’ensemble de l’Afrique. Le racisme vis à vis des populations noires et les émigrants noirs en Libye est sans commune mesure, insultés, tués, déportés dans des bus au milieu du désert où on les abandonne et on les laisse mourir de faim. (…) Le président noir de la plus grande démocratie du monde est arrivé à la conclusion que cette conférence ne servirait pas la cause antiraciste et qu’il fallait s’en retirer. Nous savons d’ores et déjà qu’il sera impossible comme en 2001 de parler du racisme en Afrique, de l’esclavage, des violences et discriminations contre les homosexuels, des discriminations vis à vis des femmes, de la traite transsaharienne, des Pygmés que l’on pourchasse avec des fusils comme les animaux, des conditions des émigrés noirs dans les pays arabes etc… L’Europe et la France s’honoreraient de ne pas rentrer dans le chantage à l’antiracisme et de se retirer de Durban 2 ! Fodé Sylla (ancien député européen et ancien président d’SOS racisme)

Institutionnalisation de l’antisémitisme via la focalisation exclusive sur le conflit Palestine/Israël, restriction de la liberté d’expression au nom de la prétendue liberté religieuse et via l’imposition d’un délit de blasphème, instrumentalisation de la mémoire de l’esclavage via la demande de réparations pour les descendants des victimes de la traite exclusivement occidentale, rejet de l’universalité des droits de l’homme au profit de prétendues “spécificités culturelles”, contestation du droit à l’émancipation des femmes, refus d’aborder les discriminations de castes, notamment des Dalits en Inde, les discriminations et persécutions des minorités en Chine ou du peuple tibétain, des minorités religieuses dans nombre de pays musulmans …

Alors qu’après Israël et le Canada, le champion du multiculturalisme de la Maison Blanche lui-même a dû se rendre à l’évidence …

Et que l’Europe et le Pays autoproclamé des droits de l’homme (soutenu par le CRIF et autres naïfs de service?) continuent, pour soi-disant limiter les dégâts comme en 2001, à brandir des menaces de retrait tout en refusant d’en préciser les lignes rouges …

Pendant que, pétrodollars obligent, l’ensemble de l’Afrique et les restes de la France-Afrique à la tête même de l’Etat français sont en train de se mettre sous la coupe du califat libyen

Petite piqûre de rappel, à l’heure où sous (excusez du peu !) sa présidence libyenne (ouvrant les travaux “Au nom d’Allah, le miséricordieux”!), sa vice-présidence iranienne et son rapporteur cubain le Comité Préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance dit de «Durban II » en reprend ouvertement tous les travers, sur la funeste première édition de l’été 2001 avec ses antisémites pro-islamistes ses tracts regrettant Hitler et son exposition de caricatures antisémites…

Se rafraîchir la mémoire sur Durban 1 à la veille de Durban 2
Malka Malkovich
03 mars 2009

Après l’annonce par les USA qu’ils se retiraient du processus de négociation pour la conférence d’examen de Durban dite “Durban 2″, il est nécessaire de se rafraîchir la mémoire sur ce qui a eu lieu lors des négociations à la Conférence de Durban 1.

Pour se faire, ci-après des extraits du premier chapitre de “L’Onu contre les droits de l’homme” de Claude Levenson et Jean-Claude Buhrer, éditions les milles et une nuit, 2003.

“La rencontre de Durban s’avérait mal partie. Deux semaines d’âpres tractations lors de ce qui devait être l’ultime ligne droite préparatoire n’ayant pas permis de dégager un consensus si désespérément recherché, les émissaires des 125 Etats rassemblés à Genève ont chargé un groupe de vingt et un d’entre eux, composé de quatre représentants par région et présidé par l’Afrique du Sud, de se réunir à huis clos du 5 au 15 juin afin de poursuivre l’examen du texte litigieux : il fallait à tout prix rapprocher les points de vue et soumettre des propositions à une nouvelle et peut-être ultime séance préparatoire convoquée du 30 juillet au 10 août sur les rives du Léman.

(…)

Avec son lot quotidien de violences complaisamment répercutées par petit écran interposé, la situation au Proche-Orient a fini par devenir l’arbre qui cache la forêt, tandis que des régions entières sont simplement ignorées malgré leurs lancinants problèmes – que ce soit l’Indonésie avec les autochtones d’Irian-Jaya, les Moluques où des villages chrétiens sont soumis sous la menace au choix entre la conversion immédiate à l’islam ou la mort sur-le-champ, sans parler d’Aceh où la rébellion séparatiste donne du fil à retordre avec son cortège de victimes civiles aux autorités tant locales que nationales. Oubliées également les discriminations persistantes en Chine, notamment au Tibet, ou encore les montagnards du Vietnam et même les femmes en Afghanistan, comme d’ailleurs les indigènes des Amériques. Et la liste est loin d’être exhaustive, des conflits qui ensanglantent l’Afrique à la violence en Colombie, en passant par le Kurdistan, la Tchétchénie ou encore l’Algérie. La polarisation imposée de l’attention sur le sionisme et, dans une moindre mesure, sur l’esclavage, a semblé reléguer à l’arrière-plan toutes les autres facettes de l’intolérance ou de l’exclusion, qu’elles soient liées à des aspects économiques ou religieux, quand ce n’est pas simplement de sexe.

(…)

L’inefficacité des réunions préparatoires ayant laissé les dossiers les plus brûlants en suspens, les lacunes de l’organisation pratique sur place ont fait le lit des dérapages. Le vacarme manipulé des événements parallèles s’ajoutant à la méconnaissance de l’histoire et de la signification des mots ont contribué ensuite à faire dérailler les travaux, accentuant des dérives dangereuses pour l’avenir. Comme si nul n’avait voulu prendre la mesure des périls inhérents à l’ouverture de la boîte de Pandore: combattre le racisme dans un monde où l’autoritarisme se nourrit des antagonismes sociaux et où les libertés fondamentales se révèlent souvent le cadet des soucis des gouvernements exige des garde-fous que les organisateurs de la rencontre de Durban ont dramatiquement sous-estimés.

Alors que la conférence était censée lutter contre le racisme, les excès qui l’ont précédée et accompagnée ont produit l’effet contraire, alimentant la haine et l’intolérance. Déjà les travaux préparatoires s’étaient enlisés dans la surenchère à laquelle s’étaient livrés certains pays musulmans pour clouer Israël au pilori, en tentant une nouvelle fois d’assimiler le sionisme au racisme et de minimiser l’Holocauste. En l’absence d’une ébauche de consensus, en dépit des efforts inlassablement déployés jusqu’à la veille de son ouverture, la rencontre de Durban apparaissait d’emblée compromise. D’ailleurs, nombre de personnalités invitées avaient finalement préféré s’abstenir de faire le déplacement et à peine une douzaine de chefs d’Etat, en majorité d’Afrique, ont fait acte de présence. Du continent le plus peuplé, l’Asie, aucun président n’avait fait le voyage, seul le Cubain Fidel Castro était venu des Amériques, et pour l’Europe, on ne comptait que la Bosnie-Herzégovine et la Lettonie représentées au plus haut niveau. Dans de telles conditions, il était plus qu’hasardeux pour l’ONU de s’aventurer en pareil terrain.

(…)

Un bilan peu glorieux

Dans la foulée du vacarme du sommet de la jeunesse et du forum des ONG, la conférence proprement dite a débuté sous des auspices agités. Au point que d’emblée certains se demandaient déjà si elle pouvait être sauvée d’un naufrage annoncé. Kofi Annan pressentait-il l’ampleur du désastre à venir? En tout cas, le secrétaire général des Nations unies s’est borné à une brève apparition sur place au début de la conférence, juste le temps de souhaiter bonne chance aux participants avant de s’éclipser pour une tournée dans les pays voisins. Il avait tenté de conjurer les démons en s’efforçant de donner le ton à un débat qu’il savait semé d’embûches, mais l’écho qu’il a éveillé parmi les orateurs, principalement africains, qui l’ont suivi n’était guère à l’apaisement. Il n’a pas jugé nécessaire de revenir, après un constat désabusé lapidairement formulé à Kigali la veille de la clôture des travaux relevant que la cacophonie de Durban “donnait vraiment l’image d’une organisation incapable de s’entendre et de s’attaquer aux questions essentielles.”

De son côté, Mary Robinson s’est évertuée à rappeler: « Nous ne devons pas perdre de vue que nous ne sommes pas en mesure de régler tous les problèmes du monde à Durban. Ce que je vous demande, c’est de vous entendre sur les objectifs fondamentaux. »

Mme Vaira Vike-Freiberga, présidente de la Lettonie, leur a emboîté le pas en précisant : « Le colonialisme et l’oppression ne sont pas une affaire de couleur, il s’agit des droits de l’homme. Pour cela, on a besoin de bonne volonté et de compréhension mutuelle, c’est aussi une question de volonté politique ». Didjob Divungi di Ndinge, vice-président du Gabon, a abondé dans ce sens, tout en s’interrogeant sur la signification de la faible représentation officielle – à peine une petite douzaine de chefs d’Etat pour quelque 170 pays participants – avant de résumer ce qui lui paraissait essentiel dans ces travaux : devoir de mémoire, devoir de vision et devoir de responsabilité. Mais une fois passées les civilités diplomatiques du premier jour, l’affrontement a repris de plus belle pendant que s’installait apparemment un rythme de croisière dans la grande salle, tandis que les questions les plus litigieuses étaient confiées à des sous-comités restreints chargés de réduire les écarts de langage.

Peine perdue. Le départ des observateurs américains, puis de la délégation israélienne a consacré la rupture le 3 septembre. Les représentants des organisations arabes et musulmanes ont aussitôt crié victoire et bruyamment manifesté leur satisfaction devant le centre de conférences. Tel n’était pas le sentiment des hôtes sud-africains ni des responsables de l’ONU, ainsi confrontés au scénario qu’ils redoutaient le plus. La plupart des participants africains se plaignaient de la place prise – « usurpée », n’hésitaient pas à dire certains – par le Proche-Orient au détriment de tout le reste du monde.

(…)

Dès lors, d’épineuses tractations se sont poursuivies jours et nuits dans une atmosphère de plus en plus crispée dans l’espoir de sauver sinon la conférence, du moins les apparences. La perspective d’un fiasco retentissant a expliqué le report de la clôture officielle de la rencontre d’une demi-journée, sans pour autant suffire à trancher les nœuds gordiens que toutes les réunions préparatoires s’étaient avérées incapables de contourner. Personne ne souhaitait assumer ouvertement la responsabilité d’infliger l’affront d’un échec à l’Afrique du Sud, si bien qu’un compromis conclu sur la base du plus petit dénominateur commun a fini par se dégager à l’arraché, sauvant peut-être l’honneur, mais certainement pas la crédibilité du haut commissariat aux droits de l’homme et n’ajoutant rien à la cause de la lutte contre le racisme. La conférence de Durban a tout de même réussi à faire l’économie d’une controverse en laissant soigneusement de côté la question des religions et du racisme, ou du rôle des religions dans la propagation de l’intolérance…

Que restera-t-il de cette conférence pavée de bonnes intentions? Son échec, patent à l’issue d’une semaine de débats marqués par le tumulte de contradictions bruyamment exprimées et une virulente polémique sur les mots, a été brutalement masqué par les événements du 11 septembre à New York. Le fiasco n’en demeure pas moins flagrant en dépit des grandes professions de foi et des envolées lyriques tandis que le constat s’impose, abrupt: le racisme est bien vivant et l’on serait presque enclin à dire qu’il a encore de beaux jours devant lui, tant la seule évocation de ce fléau fait rejaillir des torrents de haine, parfois même savamment distillée par ceux qui prétendent le combattre. D’ailleurs, il aura fallu attendre les premiers jours de l’an 2002 pour disposer des documents finals adoptés à la sauvette lors d’une demi-journée de prolongation. Et encore: les contestations se sont tellement amplifiées dans les coulisses que l’assemblée générale des Nations unies qui devait théoriquement en prendre connaissance et les avaliser lors de sa session annuelle de 2001 a dû en ajourner l’examen à sa réunion suivante.

Voir aussi:

Shouting ‘red lines’ to sleeping consciences

02 mars 2009
Lettre au Jerusalem Post publié dans son édition du 28 février

Sir, – In his reply to Caroline Glick’s “Obama’s Durban Gambit” (“Assessing Durban,” Letters, February 24) David Harris, executive director of the American Jewish Committee, claims to have played a central role by having “publicly praised France and the Netherlands, among other countries, for insisting on clear red lines and threatening to withdrawif they are breached.”

Unfortunately, it is quite true that the AJC has been publicly visible on numerous occasions in the context of various European structures, governmental and others, in connection with Durban II. The AJC has repeatedly supported the participation of European governments in the Durban review process.

This infiltration of the AJC in Europe has had negative effects on individuals and organizations in Europe who have attempted to condemn the capitulation of their own governments throughout the Durban process and the spectacle of European governments seeking consensus at any price, however costly for our democracies.

Well before President Obama’s election, the moral support of a large organization such as the AJC gave European governments the cover of good behavior. For example, the AJC gave President Sarkozy its “Light unto the Nations” award. France, then sure of AJC’s friendship for its president, launched the now-famous concept of deciding Durban II participation on the basis of whether the process crossed so-called “red lines.”

But these red lines were never precisely defined by France or by Europe; they purposely evolve as negotiations continue.

Today, Mr. Harris and various European governments seem to believe it sufficient to shout “red lines”and threaten to leave in order to influence negotiations. In practice, they are fully aware that throughout the Durban II negotiations this has not worked even once.

By affirming that France is still talking in the abstract about red lines – that have surely been crossed – the AJC camouflages the reality of a grave situation.

The AJC’s paternalistic attitude toward European Jewish communities has had the dangerous consequence of helping to lull European consciences to sleep, while Munich-like appeasement grows stronger with each passing day.

BERNICE DUBOIS

MALKA MARCOVICH

Paris

Dubois is co-founder of French Coordination for the European Women’s Lobby (CLEF) and of the European Council of WIZO Federations (ECWF). Marcovich, a historian and human rights consultant, is the author of ‘DisUnited Nations: How the UN Buries Human Rights.’

Voir enfin:

Il ne faut pas déserter Durban II
Caroline Fourest
Le Monde
14 mars 2009

Il y a bien des raisons de redouter la conférence contre le racisme qui s’annonce à Genève du 20 au 24 avril. Ceux qui ont assisté à la première édition, à Durban (Afrique du Sud), en septembre 2001, ont encore en mémoire la prise en otage du forum des ONG par des groupes tiers-mondistes pro-islamistes et antisémites, les tracts regrettant Hitler, l’exposition de caricatures antisémites… Près de dix ans après la fin de l’apartheid, nous étions venus parler du racisme. Et nous n’avons entendu parler que d’Israël.

Est-ce une raison pour encourager l’Union européenne à suivre les Etats-Unis, le Canada et Israël, qui souhaitent boycotter la conférence de suivi ? En théorie oui. En pratique, les choses sont plus complexes. Les intellectuels ont bien raison d’alerter. Les diplomates ne doivent pas déserter.

D’abord, parce que la conférence se déroulera à Genève… sans forum des ONG. Si des débordements ont lieu dans les couloirs, ils seront encadrés, au pire révélateurs. Enfin et surtout, il ne s’agit pas d’un vrai Durban II, mais d’une simple conférence d’examen, destinée à faire appliquer la plate-forme adoptée par les Etats en 2001.

A l’époque, grâce à la vigilance et à la bataille de certaines délégations – notamment aux efforts conjoints de l’Afrique du Sud et de la Belgique, restée dans la bataille – cette plate-forme d’action contre le racisme a limité les dégâts. Fait rare, elle a refusé le texte inacceptable venant du forum des ONG. Cela n’aurait pas été possible si les pays européens avaient suivi les Etats-Unis et quitté eux aussi la conférence au milieu du gué.

Mais soyons clairs, cette plate-forme n’est pas bonne. Ultraminoritaires, les pays simplement soucieux de lutter contre le racisme ont dû céder à la surenchère et à la politisation voulues par certains pays. Le texte insiste sur la traite transatlantique, dans l’espoir d’obtenir des réparations financières, au risque d’esquiver la responsabilité de certains négriers noirs ou arabes. Il parle d’”islamophobie”, au risque de confondre la lutte contre le racisme avec une lutte contre le blasphème. Sans dire un mot des minorités religieuses opprimées dans les pays musulmans au nom de la charia. Israël est le seul pays cité. Comme si la mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de crimes de guerre liés à un conflit territorial.

Il ne dit rien des chasses aux homosexuels au Sénégal, ni de leur pendaison en Iran. L’histoire retiendra la longue liste de ces pays qui refusent de faire cesser l’homophobie ou le sexisme au nom du respect des cultures, consacré par la plate-forme de Durban.

La plupart des ajouts proposés par le Mouvement des non-alignés, l’Union africaine et le groupe des pays musulmans visent à aggraver ce texte. Ils insistent notamment pour élargir la lutte contre le racisme à la “diffamation des religions”. Ce qui reviendrait à mettre les droits de l’homme au service de la protection des religions, au détriment de la liberté d’expression. Inacceptable.

L’Union européenne en a conscience et ne cédera rien là-dessus. Ses lignes rouges sont clairement établies : la question des réparations de l’esclavage ne doit pas être instrumentalisée, celle du Moyen-Orient ne doit pas donner lieu à surenchère, et le concept de “diffamation des religions” doit être écarté. Si l’une de ces lignes rouges est franchie, elle aura bien raison de briser le consensus et de ne pas cautionner. Mais pour l’instant, le processus est en cours. La négociation peut encore aboutir à un texte court, qui s’en tiendrait à la mauvaise déclaration de Durban, comme base de travail.

Mépriser cette négociation ne permettrait pas d’expliquer au monde la position de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de déserter la lutte contre le racisme, mais de résister à son instrumentalisation. Le risque serait surtout d’affaiblir un peu plus le multilatéralisme, dont nous avons tant besoin pour préserver l’universalisme et renégocier un jour cette plate-forme.


Dhimmis du mois: Un autre chic tout en retenue (Dubai: Abaya chic, but no Jews, please, we’re Muslims)

21 février, 2009

Dubai banned (Sahar Pe'er)Mondino's abaya chic)

Burberrey's burqa (Oslo, Norway, March 08)

Burqa policeNous ne souhaitons pas politiser le sport, mais nous devons être sensibles aux événements récents dans la région et ne pas aliéner ou mettre en danger les joueurs et les nombreux fans de tennis des différentes nationalités que nous avons ici aux EAU. Salah Tahlak (directeur du tournoi de Dubaï)
Chaque fois qu’une équipe ou un athlète d’un état voisin du Moyen-Orient refuse de rencontrer leurs homologues israéliens sur un terrain de jeu, les gens qui cautionnent l’événement… feignent d’en être choqués. Alors ils promettent que la prochaine fois ils mordront la main qui les nourrit. Pour faire finalement ce qu’ils font toujours: prendre l’argent et renvoyer les Israéliens à la niche. Jim Litke (Associated press)
Ce qui est véritablement regrettable, c’est que la WTA et les joueuses elles-mêmes n’ont pas mis leurs principe avant leur argent. Dubaï a en gros accroché un grand panneau `Interdit aux juifs sur son court central, mais personne ne s’en est apparemment assez senti gêné pour annuler le tournoi. Michael Freund (The Jerusalem Post)
La lapidation est une nécessité pour conserver la sanctification de la famille. Zahra Shojaii (responsable de la question féminine juillet 2002)
La burkha est la garde-robe favorite de beaucoup de femmes musulmanes. ABC news (mars 2008)
En dépit de l’opacité du vêtement, on sentait l’harmonie du corps et sa jeunesse. (…) Entre notre pseudo-liberté sexuelle et la nudité trop galvaudée dans nos sociétés, peut-être un autre chic tout en retenue se dessinait-il là? Jean-Baptiste Mondino (juin 2008)
Les femmes ont le droit d’être sexy si c’est pour la seule satisfaction de leur mari. Le plaisir sexuel est bien vu, il n’y a pas de pudibonderie. Avoir des enfants est loin d’être le seul but des relations sexuelles. Elles apprécient les fragrances très lourdes. et aiment s’en mettre dans les cheveux. Elles font aussi brûler des essences avec du petit charbon dans des brûle-parfum qu’elles font glisser sous leur robe pour imprégner le corps et chasser le mauvais oeil. Philippe (connaisseur de la région, cité par Libération)
Et une styliste d’origine anglo-pakistanaise installée depuis cinq ans dans la ville, Hamra Alam, rappelle, par ses collections, que le voile, avant d’être la manifestation d’une expression religieuse, est un instrument de beauté et de séduction. Cécile Daumas (Libération, juin 2008)

Bienvenue au pays du voile intégral signé Tom Ford ou Jil Sander! (Mais pas de juifs, s’il vous plait, on est musulmans)

A l’heure où la nouvelle mecque des “quartiers fantômes” , “étrangers menacés de prison pour dettes” et “voitures abandonnées sur le parking de l’aéroport” vient (avec la WTA, Sony Ericsso, Barclays et les autres joueuses) de pousser la sollicitude jusqu’à interdire, “pour sa propre sécurité”, son tournoi à une joueuse de tennis israélienne

Et où notre dhimmi en chef y passe quasiment tous ses weekends …

Pendant qu’en Amérique même le patron d’origine pakistanaise d’une chaine de télé islamique crée au lendemain des attentats du 11/9 pour “donner une autre image de l’Islam” vient de pousser la passion amoureuse jusqu’à la décapitation de sa 3e femme

Retour, après le burkha show d’Oslo du printemps dernier, sur le cri du cœur du photographe de mode Jean-Baptiste Mondino dans Libération du 9 juin dernier (un publi-reportage-photo en fait dans leur supplément mode décalée) s’extasiant sur cet “autre chic tout en retenue qui se dessine là”

Féminité (dé)voilée
Cécile Daumas
Libération
7 juin 2008

«Derrière l’opacité du vêtement, on sentait l’harmonie du corps» Quel rapport les femmes voilées, cachées en public et plus libres dans l’intimité, entretiennent-elles avec les signes extérieurs de la féminité ? Décryptage.

C’est l’histoire d’un regard éclair posé sur deux femmes dans un aéroport de la péninsule arabique. En transit à Doha au Qatar, le photographe de mode Jean-Baptiste Mondino tombe en arrêt devant deux silhouettes totalement masquées par une abaya, ce vêtement qui ne laisse entrevoir que le regard des femmes. « J’ai vu ces deux filles habillées de noir, portant sac et chaussures haute couture, et je les ai trouvées extrêmement élégantes. Pour la première fois de ma vie, je les ai regardées autrement et j’ai apprécié leur beauté. » Le trouble naît. « Comment pouvais-je considérer comme attirante cette image passablement effrayante de femmes qui ne semblent pas libres et dont le corps est enfermé ? » Malgré tout, la confusion persiste. « Accompagnées d’un jeune homme habillé de blanc, elles riaient et semblaient joyeuses. En dépit de l’opacité du vêtement, on sentait l’harmonie du corps et sa jeunesse. J’imaginais beaucoup de choses. » Dans l’aéroport bondé de touristes en short et baskets, elles sont les plus stylées. « Leur vêtement était parfaitement coupé, rappelant une élégance Saint Laurent. Entre notre pseudo-liberté sexuelle et la nudité trop galvaudée dans nos sociétés, peut-être un autre chic tout en retenue se dessinait-il là ? Mon regard se faisait moins machiavélique. »

Habit officiel.

La série photos que Jean-Baptiste Mondino a signée retranscrit ce trouble. Il ne s’agit pas d’affirmer que l’allure de demain passera par l’abaya ni de cautionner la situation des femmes dans cette région du monde. Mais simplement de constater que l’élégance s’exprime différemment, même a contrario des habituelles icônes de la femme libérée. Vue d’Europe, l’abaya, cette longue robe noire qui dissimule les corps féminins, semble dupliquée à l’identique. Sans forme ni fantaisie, elle est l’habit officiel des femmes des pays du Golfe. En fait, elle se porte de multiples façons. Les femmes les plus modestes se contentent d’une version en tissu synthétique, les coquettes adoptent l’abaya dite « française », celle qui prend légèrement la taille et souligne davantage la silhouette au grand dam des religieux les plus intransigeants. Les plus riches optent pour les modèles brodés, avec papillons et discrets dragons. Certains magasins de luxe, comme la Villa Moda à Koweit City, proposent des abayas signées Tom Ford ou Jil Sander.

Autre variante qui plaît en ce moment : les manches kimono soulignées de soie et incrustées de cristaux Swarovski. Outre la qualité de l’abaya, les riches Saoudiennes ou Koweïtiennes jouent volontiers de la chaussure ou du sac siglés pour se distinguer. Coiffeur de têtes couronnées, Philippe (1) fait régulièrement le voyage dans la péninsule arabique : « Les femmes que je coiffe aiment beaucoup la mode, les bijoux, les parfums. Elles sont très féminines, recherchent l’accessoire indispensable de la saison. Elles se tiennent au courant en regardant Fashion TV via le satellite ou bien sont conseillées par des assistantes libanaises très coquettes. Elles aiment Vuitton et Chanel, elles sont folles de Dior. Elles apprécient aussi Jean Paul Gaultier. Lors du dernier mariage auquel j’ai assisté, la mariée était habillée par le créateur français. »

En Arabie Saoudite, impossible pour une femme de sortir dans la rue sans revêtir l’abaya. Mais à la maison, elle s’habille le plus souvent à l’occidentale et sans voile. « Quand les princesses me reçoivent chez elles, explique Philippe le coiffeur, elles sont en tailleur ou en pantalon mais ont toujours les bras couverts et n’ont jamais de décolleté. A Paris, elles se font faire des jupes en deux longueurs : une aux genoux pour les voyages en Europe et une autre longue jusqu’aux pieds pour leur pays. » A l’aéroport, elles montent voilées dans l’avion et ressortent en tailleurs et talons à l’atterrissage. Elles ont appris à se changer dans les toilettes.

Lingerie.

Les jeunes générations, elles, n’hésitent pas à porter sous l’abaya, jean moulant et top à bretelles. Autre engouement que laisse peu présager l’uniforme noir : la lingerie. Les grandes marques font de belles affaires dans les centres commerciaux, un des seuls lieux de divertissement autorisés. « Les femmes ont le droit d’être sexy si c’est pour la seule satisfaction de leur mari, explique un connaisseur de la région. Le plaisir sexuel est bien vu, il n’y a pas de pudibonderie. Avoir des enfants est loin d’être le seul but des relations sexuelles. » D’où l’importance de revêtir une dentelle avenante ou de se parfumer le corps. « Elles apprécient les fragrances très lourdes, constate Philippe, et aiment s’en mettre dans les cheveux. Elles font aussi brûler des essences avec du petit charbon dans des brûle-parfum qu’elles font glisser sous leur robe pour imprégner le corps et chasser le mauvais oeil. »

Avec le doublement du cours du baril de pétrole en un an, les maisons de luxe bénéficient d’un gisement immédiat de clientèle encore plus fortunée dans les pays du Golfe. Pour la première fois cette année, Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, a organisé une fashion week. En mars, des mannequins voilés ont défilé sur les podiums. La créatrice d’origine afghane Rabia Z. a imaginé une ligne mêlant streetwear et habit traditionnel. La Saoudienne Amina Al Jassim s’est inspirée des tenues d’apparat pour livrer des abayas surbrodées et chargées de bijoux. Mais la tradition était aussi bousculée par la présentation de tuniques et de robes légères dévoilant les corps. Et la présence de marques étrangères comme Missoni ou Pucci. A Dubaï, la fashion week, existe, elle, depuis un an. Et une styliste d’origine anglo-pakistanaise installée depuis cinq ans dans la ville, Hamra Alam, rappelle, par ses collections, que le voile, avant d’être la manifestation d’une expression religieuse, est un instrument de beauté et de séduction. Chez la jeune créatrice, la sombre abaya devient un long manteau à capuche ouvrant largement sur un jean usé ou une robe ultracourte et colorée. Hors des maisons, jolies jambes et nombrils se laissent voir le temps d’un défilé. (1) Le prénom a été changé.

Voir aussi:

Dubai Double Fault
A cosmopolitan city, unless you’re Jewish.
February 18, 2009

Praise Dubai. The Arab city-state, once fabled for its real-estate extravaganzas (and now for its extravagant debts), claims to be so concerned for the personal security of an Israeli tennis player that it is refusing her a visa to play in a championship tournament. Maybe next time the emirate will generously extend this security guarantee to all Israeli citizens.

Oh, wait: Dubai already forbids Israeli passport holders from setting foot on its soil. Which gives the lie to the emirate’s excuse for excluding Israel’s Shahar Pe’er, currently ranked 45 in the world, from competing in next week’s Barclay’s Dubai Tennis Championships. In another twist, the tournament’s director added that Ms. Pe’er’s presence on the court might have “antagonized our fans.” We used to feel that way about John McEnroe, but that didn’t stop us from watching.

Happily, the Lords of Tennis seem to be having none of it. Larry Scott, chief executive of the World Tennis Association, plans to weigh sanctions against Dubai, including excluding it altogether from its tournament calendar. And Ken Solomon of the American Tennis Channel has decided not to televise the games. “Sports are about merit, absent of background, class, race, creed, color or religion,” he told the New York Times. “This is an easy decision to come by, based on what is right and wrong.”

Just so. Meantime, Dubai may wish to reconsider not only Ms. Pe’er’s visa, but its attitude generally toward Israel. A city-state that fancies itself a global mecca for commerce, sport and recreation ought to be able to handle a few Jews in its cosmopolitan midst.

Voir enfin:

Fans boycott feared if Peer had played in Dubai
Feb 17, 2009
Reuters
Barry Wood

DUBAI (Reuters) – Local tennis fans would have boycotted the Dubai women’s championships if Israeli player Shahar Peer had been allowed to compete this week, organisers said on Tuesday.

The United Arab Emirates (UAE), which has no diplomatic links with Israel, denied Peer a visa for the WTA tournament.

“Public sentiment remains high in the Middle East and it is believed that Ms Peer’s presence would have antagonised our fans who have watched live television coverage of recent attacks in Gaza,” a statement read by tournament director Salah Tahlak said.

“Ms Peer personally witnessed protests against her at another tournament in New Zealand only a few weeks ago.

“Concern was raised about her well being and her presence triggering similar protests. Given public sentiment, the entire tournament could have been boycotted by protesters.

“We do not wish to politicise sports, but we have to be sensitive to recent events in the region and not alienate or put at risk the players and the many tennis fans of different nationalities that we have here in the UAE.”

The three-week Israeli offensive against the Gaza Strip, which killed 1,300 Palestinians and 14 Israelis, caused deep anger around the Arab and Muslim worlds. It ended in January.

The refusal to issue a visa to Peer violates WTA Tour rules, which state that any player should be able to compete where she wishes if she has the required ranking.

A WTA board meeting in Indian Wells next month will discuss the tournament’s future.

Peer backed the WTA’s decision to allow the tournament to be staged this week.

DIFFICULT MOMENT

“While this is a very difficult moment for me personally and professionally, and the fact that the visa denial was issued at the last moment, I firmly believe that my fellow competitors should not be harmed the way I was,” Peer said in a statement.

“They were in or on their way to Dubai and denying them the right to play in this year’s tournament at the last moment would not make the wrong right.

“It troubles me greatly that my doubles partner Anna-Lena Groenefeld from Germany will not be able to compete as we had planned.

“Going forward, I am confident that the Tour will take appropriate actions to ensure that this injustice is not allowed to occur in the future, and that the Tour will make sure I will not be further harmed in the short and long term.

“There should be no place for politics or discrimination in professional tennis or indeed any sport.”

The episode could be replicated next week since Israel’s doubles specialist Andy Ram has applied for a visa to compete in the men’s Dubai tournament starting on Monday.

The ATP said it would review the status of the event once Ram is notified about his application.

“We are still waiting an official decision on Andy Ram’s visa application,” an ATP spokesman said.

“Clearly this is an opportunity for the UAE to make the right decision.”

Voir également:

Dubai’s kind of sport: kick Israelis down the road
Jim Litke
The Associated Press
International Herald Tribune
February 17, 2009

Every time a team or athlete from a neighboring Middle East state refuses to meet their Israeli counterparts on a playing field, the people who sanction the event °X insert the name of just about any international sporting federation here °X pretend to be shocked.

Then they promise the next time it happens, they’ll bite the hand that feeds them.

Then they do what they always do: take the money and kick the Israelis down the road. The end game, apparently, turns on whether they run out of real estate or courage first.

The latest refusal came when the United Arab Emirates declined a visa request from Israeli Shahar Peer on the eve of the Dubai Tennis Championships, a tournament for which she qualified as the 48th-ranked player in the world.

The event is effectively sponsored and run by the Dubai government, and when he was there almost exactly a year ago, WTA Tour chairman Larry Scott insisted he “made it clear to the authorities, the representatives of the government” that if Shahar qualified, she must be allowed to play.

“They had a year to work on it and solve it,” he said Monday. “We’ve spent time through the year discussing it. We were given assurances that it had gone to the highest levels of government. I was optimistic they would solve it.”

They didn’t.

A brief statement from the tournament organizer, Dubai Duty Free, confirmed the visa rejection, but offered no explanation beyond a reference to “events witnessed in the region” °X presumably last month’s war between Israel and Islamic militants in Gaza.

Scott said fellow players were unanimous in supporting Peer’s right to play, and that the decision to stage the event without her °X as well as the Tennis Channel, which canceled plans to televise the championships in protest °X was made in consultation with the 21-year-old Israeli.

He also said the WTA would consider sanctions afterward, including whether to scratch the tournament from its calendar.

“I don’t want to get ahead of our board,” Scott said, “but I’m pretty sure the conversation will start with, ‘This can’t happen again.’”

We’ll see.

Last month, an Israeli basketball team fled to the locker room before a European Cup game in Ankara, Turkey, when hundreds of fist-pumping fans, some waving Palestinian flags and chanting “God is great!” advanced on the court and scuffled with police. After two hours in hiding, a shaken Bnei Hasharon team refused assurances the arena was safe and ducked out of the country at 3 a.m. under heavy security. Days later, host Turk Telecom was awarded a 20-0 win by forfeit.

At the Beijing Olympics, Iranian swimmer Mohammad Alirezaei withdrew from a 100-meter breaststroke heat rather than race Tom Beeri of Israel. Iran wasn’t even warned by the International Olympic Committee, maybe because four years earlier, its flagbearer at the Athens Games, who happened to be the reigning world judo champion, pulled out of the games rather than face an Israeli opponent.

In May, 2003, a Saudi table tennis player forfeited his match against an Israeli at the world championships in Paris, was suspended for the season and returned home to a hero’s welcome.

A month later, a Saudi Arabian soccer team refused to play Israel at the Special Olympics in Ireland. A spokesman for the organizers told the Irish Times the next team that skipped a match “for political or whatever reasons, they will forfeit that game.” Instead of punishing the Saudis, though, the hosts simply shuffled Israel into another “ability group.”

There’s neither time nor space to argue the Israeli-Palestinian issue here. Nor even whether sports and politics should mix; they always have, and likely always will.

But protests are one thing and boycotts another.

It’s why the Israelis have been scrambling for years to find people willing to play and places that will play host to them. Their national and club soccer and basketball teams once had to travel to Australia, New Zealand and Fiji to get games. Since the early 1990s, they’ve been forced to compete in tougher European competitions to qualify for continental and international tournaments. With opponents citing security concerns in recent years, they rarely get to play at home.

Even so, anti-Israeli demonstrators are racheting up both the volume and the menace, recalling the success of a similar campaign against South Africa decades ago.

“It’s not the same thing,” said Richard Lapchick, who is director of the Institute for Diversity and Ethics and Sports at the University of Central Florida and was a leading American figure in the sporting boycott against South Africa.

“I could go into all the differences, but two stand out: There was unanimity to take action against South Africa, which isn’t the case here. And even so, we made a point not to target individual athletes. That’s terribly unfair.

“But it will probably continue unless a few federations and some players show the guts to stand alongside her (Peer). I think the Americans,” Lapchick added, “would be a good place to start.”

Venus Williams has already done just that, as well as plenty of Peer’s other peers, among them Amelie Mauresmo of France and Elena Dementieva of Russia. Scott acknowledged the WTA could have forced the issue in Dubai, but he considered the time frame °X and no doubt, the cash that would be lost °X and put off any decisive action until the next board meeting at the earliest.

Money talks and the UAE has been throwing around petrodollars in recent years to lure world-class runners, golfers, racecar drivers and thoroughbreds to the desert, hoping to transform Dubai into a business and sports destination.

But the longer it gets away with doing business as usual, with the usual partners, the more it emboldens every other nation with sports teams and a grudge.

When asked during a phone call Monday night whether he viewed the situation in Dubai as a burden or an opportunity, Scott didn’t sound like a man in the mood for a fight.

“At the moment,” he said, “it’s just a very regrettable situation. I’ve already heard from a number of our partners, sponsors and other stakeholders. They’re all outraged. Tennis is the leading global sport for women, and we saw this as a broader story about how sport helps open up a region, breaks down stigmas and misconceptions.

“Considering what’s happened, it’s a major step backward already. Worse,” he added wearily, “it’s hard to see what good, if any, can come of this in the long run.”

___

Jim Litke is a national sports columnist for The Associated Press.

Voir enfin:

‘No Jews Allowed’
Michael Freund
The Jerusalem Post
Feb. 17, 2009

The normally staid world of professional tennis became the latest battleground in the Arab-Israeli conflict this week after the United Arab Emirates decided to bar Israel’s Shahar Pe’er from taking part in the Dubai Championships.

Peer, who is ranked 45th in the world, was scheduled to go up against Russian player Anna Chakvetadze on Monday in the first round of the prestigious $2 million tournament, which regularly attracts most of the sport’s top-seeded players.

But much to the chagrin of sports fans everywhere, Peer was denied an entry visa by Dubai’s ruling sheikhs, presumably because of her country of origin.

“I don’t know exactly why, but I can assume that it is because she is Israeli and not because she has brown eyes,” her brother and manager Shlomi Pe’er wryly noted.

Unfortunately, this unsportsmanlike decision prompted an equally unseemly reaction from the Women’s Tennis Association (WTA), the governing body of women’s professional tennis.

Instead of standing up to Dubai’s apartheid-style restrictions, the WTA chose to surrender to them.

While acknowledging that association rules forbid a host country from denying a player the right to compete, WTA Chairman Larry Scott nonetheless consented to allow the games to go on.

Labeling Dubai’s decision “regrettable”, Scott issued a tepid statement to the media, whimpering that, “The Tour is reviewing appropriate remedies for Ms. Peer and also will review appropriate future actions with regard to the future of the Dubai tournament.” We all know what that means: not very much.

Indeed, what is truly “regrettable” is that both the WTA and the players themselves did not put principle before prize money. Dubai essentially hung a large “No Jews Allowed” sign over center court, but that didn’t seem to bother anyone enough to cancel the tournament.

As criticism mounted over the decision, Scott changed his tone somewhat, telling the Associated Press that the WTA will consider “what types of sanctions are going to be deemed to be appropriate in light of what has happened, including whether or not the tournament has a slot on the calendar next year.” This, he added, could mean its future cancellation. But it’s a shame he didn’t take that step this time around, in order to send a clear-cut message to Dubai that their actions are unacceptable.

Not surprisingly, the contretemps over Peer’s visa has triggered a lot of predictable public hand-wringing about the need to keep politics and sports apart. Said tennis superstar Venus Williams, “All the players support Shahar. We are all athletes, and we stand for tennis.” That is a noble sentiment, but it misses the point.

Dubai’s unsavory decision to block an Israeli tennis player is far more than just an issue of mixing politics with sports. The fact is that it is symptomatic of a larger problem, which is much of the Arab world’s lingering hatred and rejection of Israel.

It underlines the extent to which numerous Arab states seek to undermine Israel’s legitimacy and existence by negating any contact – even across a tennis net! – with the Jewish state.

WHILE MUCH has been written in recent years about the waning of the once-potent Arab economic and trade embargo against Israel, the Dubai debacle is a compelling reminder that the boycott is still very much a factor.

Just two months ago, as required by law, the US Treasury Department published its quarterly list of countries that actively enforce the Arab boycott against Israel. The inventory included eight Arab regimes: Kuwait, Lebanon, Libya, Qatar, Saudi Arabia, Syria, the United Arab Emirates and Yemen.

A ninth country, Iraq, was said to be “under review by the Department of the Treasury” with regard to its anti-Israel practices.

While the situation is clearly better than it was, say, three decades ago, when virtually the entire Arab world was off-limits to Israelis, no one should fool themselves into thinking that the boycott is entirely a thing of the past.

Sure, countries such as Egypt and Jordan ceased applying it after signing peace treaties with Israel, while others, such as Mauritania, Morocco and Tunisia do not enforce it.

But the boycott might just be making a bit of a comeback. In November of last year, Bahrain’s parliament began pressing the Gulf Arab emirate’s government to reopen the country’s Israel Boycott Office, which was closed two years ago under pressure from Washington.

And in October 2008, Damascus hosted representatives of 14 Arab states at a three-day conference aimed at reinvigorating the embargo on Israel. Speakers at the conference spoke of the boycott’s importance as a means of pressuring the Jewish state and called on their fellow members of the Arab League to intensify its enforcement.

In the keynote address to the gathering, Muhammad al-Tayyeb Busala’a, who serves as commissioner general of the Arab League’s Central Bureau for the Boycott of Israel, said the trade embargo is vital in order “to challenge the legitimacy of Israel’s existence.” These sentiments appear to have picked up steam in the wake of Israel’s counter-terror operation in Gaza, which sparked renewed calls in various Arab countries to boycott the Jewish state.

IT IS therefore essential that the Obama Administration make this issue more of a diplomatic priority, and soon, particularly as it seeks to “reach out” to the Muslim world.

At the same time that Washington is looking to foster more engagement with Arab regimes, it cannot and should not countenance their ongoing disengagement from contact with Israel.

And yet, thus far, neither President Barack Obama nor Secretary of State Hillary Clinton have uttered a word about the Arab boycott, nor has special Middle East envoy George Mitchell. It is as if it doesn’t exist on their radar screens.

In light of Shahar Pe’er’s latest scrape with Dubai’s outrageous policies, now would be a good time for them to break their silence.


Education: Des manuels bien trop noirs (French antidiscrimination agency denounces… antiracism!)

14 novembre, 2008
Masai with mobileIl faut changer les représentations en allant même un peu au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société. M. Schweitzer
Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte. Pascale Gélébart (Syndicat national de l’édition)
Après les manuels floutés et les manuels anti-américains,… les manuels antiracistes!

Surdénonciation des discriminations à l’égard des minorités visibles, oubli des femmes, handicapés, seniors (réduits à “l’image très négative” du “Mignonne, allons voir si la rose…” de Ronsard!) ou homosexuels, stéréotypes ou représentations exagérément choquantes de l’Africain pauvre et malade ou esclave (main famélique), choix systématique d’Africains ou immigrés en difficulté ou en échec scolaire, “exotisme” tout aussi systématique des représentations (mosquée située hors du territoire national, niqab illustrant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie) …

Au lendemain de l’élection du messie, noir comme il se doit, du multiculturalisme …

Dernière illustration de ces étranges temps que nous vivons: la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) obligée de monter au créneau, si l’on en croit le compte-rendu du Monde (au titre pour le moins surprenant: “Des manuels encore un peu trop blancs”?) pour dénoncer les manuels scolaires qui, après 40 ans de bien-pensance et de politiquement correct,… noircissent trop le tableau!

Et redonner enfin à tous les “bergers massaïs au milieu de leurs troupeaux, souriants et plutôt bien portants, téléphone portable à la main” la place qu’ils méritent.

Au risque de retomber du coup (chassez le naturel!), en prônant d’aller “au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société” (?)… dans d’autres (contre-)stéréotypes?

Des manuels encore un peu trop blancs
Laetitia van Eeckhout
Le Monde
06.11.08

Une femme voilée pour illustrer la Turquie, une main rachitique pour symboliser l’Afrique… Sans attendre que Barack Obama fasse son entrée dans les livres d’histoire des écoliers français, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) publie, jeudi 6 novembre, une grande enquête sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires.

Pas moins de 29 ouvrages et 3 097 illustrations ont été passés au crible par une équipe de chercheurs de l’université Paul-Verlaine de Metz. Le constat n’est pas accablant. Premier relatif satisfecit : les minorités visibles… sont visibles. 10% des illustrations représentent “un personnage principal de couleur”, dont un peu plus de la moitié un personnage “pouvant être perçu comme étant originaire d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient”. Ensuite, parce que les clichés racistes hérités de la période coloniale ont disparu. Le discours antiraciste y est présent. Les discriminations à l’égard des minorités visibles sont davantage dénoncées que celles à l’encontre d’autres groupes tels que les femmes, les handicapés, les seniors ou les homosexuels, également étudiés par l’enquête.

Toutefois, certains stéréotypes ont encore la vie dure. D’abord, note la Halde, certaines minorités sont manifestement plus mises en valeur que d’autres. Ensuite, les manuels de géographie en particulier, dans les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb, mettent l’accent sur la pauvreté sans que soient par ailleurs représentées des situations positives de modernité pourtant présentes dans les pays étudiés.

Les personnes noires sont particulièrement stigmatisées. Les illustrations où elles apparaissent, tant en géographie, en sciences de la vie et de la terre qu’en éducation civique, renforcent encore souvent le stéréotype de l’Africain non seulement pauvre, mais aussi malade. Dans les manuels d’histoire, la présence des personnes noires, fortement liée à la question de l’esclavage et à celle de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, amène certains élèves à considérer que “pour les Français, Noir égale esclave”. Autant de représentations qui, selon les auteurs, contribuent à entretenir “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile”. Bref, le “sanglot de l’homme blanc” n’est jamais bien loin.

Les auteurs ne préconisent évidemment pas de taire la vérité sur les faits, comme l’esclavage ou la famine. “Cependant, insistent-ils, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives doivent être absolument relativisés.” A quand la photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ou à Bamako ou d’un agriculteur africain consultant les cours des matières premières sur son ordinateur? “Les minorités visibles apparaissent davantage comme des personnages de débats portés par les manuels que des personnages de manuels au même titre que les autres”, résume un enseignant d’anglais.

Au-delà des illustrations, le choix des exemples, ou des prénoms dans les exercices, y compris de mathématiques, n’est pas anodin. Chez Hatier (manuel de 5e), une petite fille réussit-elle son exercice de géométrie? Normal, elle porte un prénom “bien français”. Sa camarade de classe se trompe? Pas de chance, elle s’appelle Samira. “Ce type d’exercice peut renforcer le stéréotype de l’élève maghrébin ou noir en situation d’échec scolaire ou éveiller un sentiment de discrimination”, notent les auteurs de l’étude, alertés eux-mêmes par des élèves de 5e.

Le lien qui est fait avec les appartenances religieuses, et en particulier l’islam, tend aussi à entretenir une discrimination. Pourquoi Nathan (manuel d’histoire-géographie de terminale) illustre-t-il l’islam avec une mosquée située hors du territoire national, et le catholicisme avec la cathédrale de Chartres? Forcément, un tel choix ne peut que renforcer l’idée que l’islam est une religion étrangère à la France. Surtout que le texte évoque “la crise des vocations” mais jamais “l’évolution de la pratique religieuse”.

De même, recourir à la symbolique du voile, notamment du niqab, dans une illustration évoquant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie est pour le moins périlleux. Certes, ce choix peut avoir pour but de faire réagir les élèves et d’être discuté en classe mais, relèvent les auteurs de l’étude, “il risque surtout de renforcer le stéréotype selon lequel le port du voile justifie toutes les formes de rejet et d’exclusion”.

Il y a une autre façon d’exclure. Ne pas montrer. En sciences de la vie et de la terre, les corps noirs sont particulièrement peu représentés. Dans un autre registre, l’origine étrangère d’une célébrité, comme Picasso, n’est pas systématiquement évoquée.

Dans ses recommandations, la Halde reconnaît que “les stéréotypes sont peu fréquents mais ils existent, d’autant plus que la fréquence n’enlève rien à l’effet qu’ils peuvent produire chez celui ou celle qui en est victime”. Jugeant le bilan “mitigé”, elle recommande surtout aux éditeurs de ne pas se contenter de “représenter correctement deux ou trois minorités visibles, en ignorant les autres”.

Ce premier principe établi, la Halde recommande d’éviter les stéréotypes véhiculés par des représentations exagérément choquantes, “sans pour autant dissimuler le rapport à la vérité des faits”. Comment? En procédant par contraste ou contre-stéréotype. Les auteurs délivrent un satisfecit à Magnard pour avoir illustré un de ses ouvrages d’histoire-géographie avec “un berger massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à la main”. En revanche, c’est le même éditeur qui publie (dans un autre ouvrage) la main famélique. “Un même manuel peut contenir des contre-stéréotypes pertinents, mais également des stéréotypes que nous condamnons”, déplorent les chercheurs.

Les manuels de français doivent aussi s’ouvrir davantage à la diversité culturelle. “L’identité française qu’ils véhiculent au travers de la littérature, et de l’intitulé de leur discipline, ne doit pas laisser de côté les minorités visibles qui constituent la société civile”, relève la Halde.

Parallèlement à cette réflexion, la Halde estime qu’un débat et des recherches mériteraient d’être engagés sur l’enseignement de la religion en France, notamment sur la représentation de l’islam et des musulmans dans les manuels scolaires. Mais la Halde ne se fait guère d’illusions. “La meilleure volonté des éditeurs ne suffira pas à faire réellement évoluer certains manuels, si les programmes ne les aident pas à introduire davantage les minorités visibles dans le respect de l’évitement des stéréotypes.”

Voir aussi:

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires
Emmanuel DEFOULOY
Le Point/ AFP
le 06/11/2008

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

“Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation”, a regretté lors d’un point de presse Louis Schweitzer, le président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), en rappelant que cette question n’était abordée en éducation civique qu’en classe de 5ème.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont “ni racistes, ni sexistes”, “mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir” dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère, le handicap “rarement évoqué”, des “seniors” associés à la maladie et à la dégénérescence du corps, “l’impasse” faite sur le sujet de l’orientation sexuelle: tel est le constat fait par la Halde après analyse de 29 manuels allant de la 6ème à la terminale.

Les métiers ne sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, et il n’y a qu’une femme représentée au travail pour trois hommes, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

En résumé, les manuels montrent généralement l’homme en médecin et la femme en infirmière, des “représentations” qu’il faut “casser”, a dit M. Schweitzer.

Les handicapés ne sont “jamais représentés dans une situation ordinaire” et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées “en situation de pauvreté et de difficultés”, a-t-il regretté.

En histoire et géographie, “le stéréotype du Noir pauvre et malade” entretient “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs”, selon l’étude.

Enfin, sur les 3.097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

“Il faut changer les représentations”, en allant même “un peu au-delà de la réalité à un moment donné”, afin de “donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société”, a affirmé M. Schweitzer.

Pour cela, la Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une “formation spécifique” à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes “qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives”.

“Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte”, a réagi auprès de l’AFP Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront “au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes”, a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que “par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels”.

Elle se félicite que la Halde se soit adressée “à tous les interlocuteurs de la chaîne”, y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis M. Schweitzer.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-halde-denonce-la-discrimination-dans-les-manuels-scolaires_696247.html

La Halde dénonce la discrimination dans les manuels scolaires
L’Express
le 07/11/2008

A l’occasion de la publication d’un rapport qui met en évidence l’existence de nombreux stéréotypes de discrimination dans les manuels scolaires, la HALDE appelle l’école ce jeudi à plus de lutte pour l’égalité.

Le constat est frappant: l’analyse d’une trentaine de manuels scolaires révèle la présence d’une multitude de clichés qui discriminent les femmes, les origines étrangères, les handicapés, les vieux et les homosexuels. Auteur de l’étude, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité (HALDE) souhaite que l’école relaye davantage la lutte pour l’égalité.

Les manuels scolaires, “le reflet d’hier”

“Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation”, a regretté vendredi, lors d’un point de presse, Louis Schweitzer, le président de la Halde.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont “ni racistes, ni sexistes”, “mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir” dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère. Le handicap est “rarement évoqué” et les “seniors” associés à la maladie et à la dégénérescence du corps.

Enfin est évoquée, “l’impasse” faite sur le sujet de l’orientation sexuelle.

L’analyse a porté sur 29 manuels allant de la 6e à la terminale. Les métiers n’y sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

Les handicapés ne sont “jamais représentés dans une situation ordinaire”. Et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées “en situation de pauvreté et de difficultés”, a-t-il regretté.

En histoire et géographie, “le stéréotype du Noir pauvre et malade” entretient “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs”, selon l’étude.

“Il faut changer les représentations” a affirmé M. Schweitzer.

L’Ecole, relais de la prévention des discriminations

La Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une “formation spécifique” à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes “qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives”.

“Ces recommandations vont dans le bon sens. (…) On va en tenir compte”, a réagi Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront “au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes”, a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que “par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels”.

Elle se félicite que la Halde se soit adressée “à tous les interlocuteurs de la chaîne”, y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis son président.

Les stéréotypes

Sous-valorisation des femmes:

“L’homme en médecin et la femme en infirmière”. “Une femme représentée au travail pour trois hommes.” “Les femmes “icônes ou emblèmes” (Marianne, déesses grecques ou romaines. “Filles de”, “femme de” ou “mère de” (Letizia, mère de Napoléon). Les femmes en tant qu’”objet de désir des hommes”

Discrimination ethnique:
-3 prénoms à consonance étrangère sur 71 prénoms dans les manuels de mathématiques.

Le handicap à la trappe:
-Sur 3097 illustrations, 25 évoquent le handicap.

Le tabou de l’orientation sexuelle:
-Sur les 3 097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

Extraits:

Stéréotypes dans la représentation des personnes noires

Le stéréotype à l’égard des personnes noires le plus souvent mentionné par les élèves et les enseignants est la pauvreté. Ce constat rejoint celui de Nicolas Prévost (2001, op. cit.) dans son étude sur les images et l’enseignement de l’Afrique. Deux manuels de SVT sont révélateurs de ces stéréotypes. Le premier, chez Bordas en classe de 3ème, page 163, propose une photo (la seule de la page) en appui d’une illustration d’un des trois encadrés. Il décrit “le kwashiorkor, comme une maladie fréquente dans les pays en voie de développement atteignant les enfants”. La photo présente de profil un petit enfant noir, nu et rachitique, en train de s’alimenter. Le second, est extrait du manuel d’ECJS en Terminale chez Magnard (2002). Une photo page 75 montre en plan rapproché la main d’un enfant noir dans la paume de celle d’un adulte blanc. Ce dernier tient entre le pouce et l’index une main noire minuscule laissant apparaître un avant bras de la taille du pouce de l’adulte. Utilisée pour illustrer la solidarité nécessaire avec l’Afrique, cette image a été jugée choquante à plusieurs reprises, notamment dans le cadre du “focus group” avec les professionnels de l’intégration. Elle renforce le stéréotype du Noir non seulement pauvre, mais aussi malade. Elle contribue également à entretenir le stéréotype du rapport inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile. Cette analyse critique ne signifie pas qu’il s’agit de taire la vérité sur les faits, qu’ils soient économiques ou historiques. Cependant, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives par proximité de critères de catégorisation sociale doivent être absolument relativisés. Dans son étude des manuels de géographie consacrés à l’Afrique, Prévost (2001, p.119) 174 dresse le même constat en regrettant que « ces images ne sont pas souvent contrebalancées par des réussites de développement ». Dans ses réponses au questionnaire un enseignant fait le même type de proposition « Dans les manuels de géographie, les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb montrent trop souvent la pauvreté avec des photos d’enfants de rue, ou de paysans traditionnels, mais on ne parle pas assez du dynamisme de ces pays, de la modernité que l’on trouve parfois. Exemple : en géographie, en ce qui concerne le Maghreb, on pourrait mettre dans un livre une photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ». Cette perspective commence à être envisagée par des éditeurs qui utilisent ce type de contre stéréotype à propos des personnes noires dans le contexte de la mondialisation et du développement des technologies. Les deux exemples rapportés ci-dessus ont retenus à ce propos notre attention. Ils figurent tous les deux en couverture d’un ouvrage de terminale. Le premier en histoire – géographie, chez Magnard (2007), pour les classes de Terminale STG, présente un berger Massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à l’oreille. La couverture propose un montage photos avec en bas de page une image de ville moderne inscrivant le berger d’une tribu africaine et la personne noire dans la modernité. Le second, en sciences économiques et sociales, chez Bordas (2007) met côte à côte trois visions de la modernité, dans un contexte asiatique une femme marchant dans une ville, un portait de femme noire, téléphone portable à l’oreille, sur fond de ville et un homme en costume se déplaçant à vélo. La mondialisation et le développement technologique apparaissent ici comme un vecteur d’ouverture à la diversité culturelle et de rapprochement entre les différentes catégories sociales qu’on a tendance à opposer par ailleurs. Présentées dans le cadre des “focus group”, ces images ont été évaluées très favorablement par les professionnels de l’intégration et de la lutte contre les discriminations de l’ACSE. Nous présentons ici ces exemples de bonnes pratiques au même titre que les précédents qui rendaient compte de pratiques à proscrire. Comme nous l’avons constaté dans plusieurs ouvrages, un même manuel peut contenir des contre stéréotypes pertinents mais également des stéréotypes que nous condamnons. C’est pourquoi, en termes de recommandations aux éditeurs, nous les invitons à développer des dispositifs qui les aideront à tenir une ligne éditoriale où les minorités visibles seront numériquement et qualitativement représentées de façon pertinente, de la couverture de l’ouvrage à la dernière ligne du manuel, et ceci pour toutes les classes et dans toutes les matières. En effet, les éditeurs ne doivent pas se contenter de la pertinence d’une image qui pourrait les autoriser à être moins attentif à d’autres endroits du manuel.

(…)

Recommandations faites aux éditeurs

Recommandations de principe: Les recommandations ci-dessous proposent aux éditeurs (et aux équipes d’auteurs   dont ils ont la responsabilité) de suivre deux principes de base lors de la conception  d’un manuel scolaire: 1) principe de représentativité Les éditeurs doivent lutter contre l’exclusion des catégories sociales souffrant d’un  problème de représentativité dans leurs manuels, en s’efforçant de les introduire dans  des situations où ils pourront les faire apparaître quelle que soit la discipline. Des  propositions concrètes ont été faîtes à ce sujet. Ce principe peut être expliqué, voire  rédigé très clairement, aux  équipes d’auteurs, en  leur demandant de  penser aux  femmes  ou  encore  aux  minorités  visibles dans  les illustrations  ou  le  choix  des  prénoms, comme certains le font déjà; ils doivent également aller plus loin, aussi  bien sur le nombre de critères pris en compte, que sur les contextes d’apparition, par  exemple  en  s’efforçant  de  trouver  des  personnages  célèbres  de  la  discipline  répondant à ces critères. 2) principe de diversification des représentations Les éditeurs doivent lutter contre le renforcement des stéréotypes que leurs manuels  peuvent  induire  en  évitant  les  représentations  inutilement  dévalorisantes  ou  stigmatisantes, tout en veillant à la véracité des faits rapportés. L’utilisation de contre  stéréotypes est à encourager dans des proportions qui doivent rester raisonnables. Ils  doivent aussi et surtout s’efforcer de représenter les membres de ces catégories dans  des situations diversifiées. Pour les cinq  critères étudiés, toutes les analyses ont  révélé le besoin de faire apparaître davantage les membres de ces catégories sociales  en tant qu’individu, notamment en les mettant en scène dans des situations de la vie  quotidienne.  La  diversification  des  situations  peut  aussi  s’opérer  à  partir  du  relativisme culturel ou géographique, comme l’ont révélé des exemples pertinents, qui présentaient un cas en montrant la diversité des façons dont il était abordé dans  plusieurs pays européens.