Antisémitisme/Europe: Qui sème le vent … (Reaping the whirlwind: 40% of Europeans hold demonic views of Israel)

21 juillet, 2013
demonizingisraelandthejewsPhoto : WHAT'S WRONG WITH THIS PICTURE ? (Burn, baby, burn : More ambulance chasing from Post racial in chief)To me belongeth vengeance and recompence; their foot shall slide in due time: for the day of their calamity is at hand, and the things that shall come upon them make haste.Deuteronomy 32: 35Dearly beloved, avenge not yourselves, but rather give place unto wrath: for it is written, Vengeance is mine; I will repay, saith the Lord.Paul (Romans 12: 19)http://www.breitbart.com/Big-Government/2013/07/20/Rally-for%20Trayvon-Vegas-StyleBefore the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steelehttp://jcdurbant.wordpress.com/2012/04/12/antiracisme-une-generation-de-chasseurs-dambulances-black-teenagers-are-afraid-of-black-teenagers-stupid/http://blogcritics.org/watts-riots-burn-baby-burn/http://sadhillnews.com/wp-content/uploads/2012/03/120324-if-i-had.jpgPuisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête. Osée 8: 7
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Paul (Romains 12: 19)
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[...] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer
Vous savez, quand Trayvon Martin a été tué, j’avais dit qu’il aurait pu être mon fils. Une autre manière de formuler les choses, c’est de dire que Trayvon Martin, ç’aurait pu être moi, il y a 35 ans. (…) Dans ce pays, il y a très peu d’hommes Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience d’être suivis quand ils faisaient des courses dans un grand magasin. Je l’ai été moi aussi. Il y a très peu d’Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience de prendre l’ascenseur et de voir une femme serrer son porte-monnaie nerveusement et retenir sa respiration jusqu’à ce qu’elle puisse sortir. Cela arrive souvent. Obama
My publisher, Rene van Praag of RVP Publishers says that just as many stories are too small for leading newspapers, a few are ‘too big’. Once it becomes widely known that out of 400 million adult E.U citizens, 150 million have demonic anti-Semitic views, the possible consequences for the EU’s image, its politics and its need to act, cannot be ignored. The EU presents itself as a “model of democracy and promoter of human rights.” From the 150 million number of citizens with demonic views of Israel and the book’s interviews, it also emerges as a conglomeration of anti-Israel hate-mongering and a widespread criminal worldview. In the 1930’s European countries had huge number of citizens with a criminal worldview of the Jews. In view of the Holocaust thereafter and other atrocities this similarity pulls the bottom out of the image of a humanitarian Europe. It may for instance become difficult for the EU to avoid investigating who has contributed to creating this criminal worldview? That should lead to explosive results. One will for instance, have to point at leading EU and national politicians in various countries. This would not only be a further assault on the EU’s contrived humanitarian image, but also on some countries and political parties. These European hate-mongers do not necessarily believe themselves that Israel exterminates the Palestinians, or behaves like the Nazis. Their biased statements however, all contribute to this image. This is the method of “the thousands cuts.” On an individual basis, none of these attacks has caused the dramatic results the studies show. However, together they have created them. Another element is the trivialization and partly hiding of major horrific events in the European countries’ own past. In this way, a far too rosy picture of Europe’s own history is painted. This is then compared to the greatly falsified picture of Israel. Very important is also the far too little attention given to the widespread criminality and hate-mongering in large parts of Palestinian society and many Arabic and Muslim states. If mass murders, terror attacks and other major crimes there were highlighted proportionally to the size of the population and misconduct in those countries, news about Israel would be comparatively negligible. Looking away from major crimes in the Muslim world is an example of what we might call humanitarian racism. Many people ignore the crimes of colored people because they are perceived as weak. Such racists often falsely claim that they belong in the anti-racist camp. Another major one is that the widespread European criminal worldview of the 1930’s was the precursor to major crimes committed in Europe in the 1940’s. It raises the question – what could the current criminal worldview lead to? Will it again lead to major European crimes, this time against Israel? Or will Europeans be criminal bystanders when many in Muslim countries will want to commit extreme crimes against Israel? Dr. Manfred Gerstenfeld
Au moins 150 millions d’Européens perçoivent Israël comme animé d’intentions maléfiques. Ce sont les résultats d’une étude de l’Université de Bielefeld, publiée en 2011, à la demande de la Fondation allemande, sociale et démocratique Freidrich Ebert. En dépit de ces découvertes scandaleuses, ce rapport n’a guère capté la moindre attention, où que ce soit. Cette enquête s’est déroulée dans sept pays européens. Les chercheurs ont sondé les gens pour savoir s’ils pensaient qu’Israël se livre à une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les pourcentages les plus faibles de ceux en accord avec cette proposition se trouvent en Italie et aux Pays-Bas, avec un taux légèrement au-dessus de 40%. L’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie se situaient tous entre 40 et 50%. En Pologne, la configuration atteignait 63%. Une étude du Centre sur la Shoah de Norvège posait la question d’une façon quelque peu différente : « Les Israéliens se comportent-ils comme les Nazis ? ». Trente-huit pour cent de ceux interrogés ont répondu : « Oui ». (…) Les découvertes de ces deux études apportent un éclairage saisissant sur l’image qu’un grand nombre d’Européens entretiennent de l’Etat Juif comme étant, nécessairement, malveillant et extrémiste. Elles évoquent l’antisémitisme le plus grave des deux derniers millénaires passés. (…) Avec une vision aussi diabolisée de l’Etat Juif, un vaste nombre d’Européens a, ainsi, ranimé un état d’esprit antisémite qui semble surgi du Moyen-Âge. Il y a, probablement, autant d’Européens contaminés par ces opinions profondément erronées qu’il existait d’antisémites en Europe avant qu’Hitler ne parvienne au pouvoir. Cette vision radicale d’Israël reste encore latente. Pourtant, elle s’exprime aussi à travers les incidents antisémites et anti-israéliens. Cela dit, ce qui demeure souterrain pourrait exploser à l’avenir, tout comme cela s’est produit auparavant. La question cruciale subsiste : d’où provient ce point de vue diabolisant ? Trois facteurs, au moins, ont, graduellement, contribué à son apparition. Le premier correspond à la méthode de délégitimation à « petit feu ». Elle consiste à publier, aussi fréquemment que possible des nouvelles négatives au sujet d’Israël. Elle est instaurée par des mensonges répétitifs, de fausses accusations, la fabrication de « meurtres rituels », d’articles bourrés de distorsions et de préjugés, de condamnations officielles et ainsi de suite. La télévision, d’autres medias, des hommes politiques et d’anciens politiciens, certains dirigeants d’Eglise, de nombreuses ONG humanitaires politisées, des universitaires, autant que des Juifs et Israéliens animés par la haine de soi, ont tous, à un degré ou un autre, contribué à cet état de fait. Cela s’ajoute au façonnement de cette opinion extrêmement malveillante envers Israël. Les nouvelles positives en provenance d’Israël sont souvent occultées par les médias. En noircissant l’image d’Israël, les sentiments de culpabilité relatifs à la collaboration avec les Nazis et à l’échec de beaucoup de représentants des autorités et de destins individuels, durant la Shoah, peuvent, ainsi, être réprimés, refoulés. Le second point réside dans l’attention réduite accordée à l’énorme taux de criminalité et au très haut degré d’incitation à la haine qui se propagent dans de vastes secteurs de la société palestinienne et de nombreux Etats arabo-musulmans. Si les massacres de masse, les attaques terroristes et d’autres crimes fondamentaux bénéficiaient d’un éclairage proportionnel à la taille de la population et à la hauteur des fautes commises dans ces pays, les nouvelles concernant Israël resteraient comparativement négligeables. En même temps, les Etats Européens n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, dans le cadre de la Convention de l’ONU sur le Génocide, d’envoyer devant un Tribunal International des planificateurs musulmans de génocide, tels que l’Iran et le Hamas. Le troisième facteur qui a contribué à la délégitimation d’Israël c’est la minimisation de sinistres évènements s’étant déroulés, dans le propre passé des pays européens. De cette façon, on dépeint une image bien plus rose de l’histoire de cette société, qui est ensuite comparée au portrait excessivement malmené et déprécié d’Israël. Dr. Manfred Gerstenfeld

Qui sème le vent …

A l’heure où, sondages calamiteux obligent en ces temps de basses eaux médiatiques estivales, le Chasseur d’ambulances en chef de la Maison blanche se sent à nouveau obligé d’attiser les flammes suite à l’acquittement du vigile bénévole George Zimmerman …

Et où, pour mieux faire passer son apologie de l’islam, le candidat mandchou Reza Aslan nous sort la diffamation du siècle sur un Jésus non seulement chef de guerre mais chef de guerre raté …

Faut-il s’étonner, comme le rappelle le nouveau livre du Dr. Manfred Gerstenfeld, de cette série d’enquêtes soigneusement conservées depuis des années dans les tiroirs de l’Union européenne …

Pointant toutes les quelque 40 % d’Européens déclarant des opinions anti-israéliennes ?

Car ne font-elles après tout autre chose …

Sans compter la pression nouvelle de millions d’immigrés et d’électeurs d’origine musulmane …

Que réfléter les décennies de délégitimation à petit feu de l’Etat juif par nos élites et leurs relais médiatiques ?

The Untold Truth: 150 Million Europeans Hate Israel

Simon Plosker

July 1, 2013

In a thought-provoking new book, Demonizing Israel and the Jews, Dr. Manfred Gerstenfeld, a board member of the Jerusalem Center for Public Affairs, posits that today, well over 150 million Europeans believe that Israel is exterminating the Palestinians. This current widespread demonic view of Israel is a new mutation of the diabolical beliefs about Jews which many held in the Middle Ages, and those promoted more recently by the Nazis and their allies.

This collection of 57 interviews with scholars, politicians, and the like, including HonestReporting’s Managing Editor Simon Plosker, depicts how extensive and intense the hate-mongering is.

In an exclusive two-part interview to coincide with the publication of his book (available for purchase on Amazon), we asked Manfred Gerstenfeld about the important issues raised and why its conclusions appear to have been swept under the carpet by the mainstream media.

HR: In your new book Demonizing Israel and the Jews, you state that more than 150 million adult citizens of the European Union hold a demonic view of Israel and that this resembles the diabolical view many people in the Middle Ages had of Jews. What do you mean by that?

MG: The core element of anti-Semitism for almost two millennia has been that Jews represent “absolute evil.” The notion what absolute evil is, has changed over the centuries. Many Christians falsely claimed that the Jews had killed God’s alleged son – the worst thing imaginable in their minds. For the Nazis, absolute evil was if people were sub-human, vermin, bacteria and so on in their eyes. After the Holocaust, the worst thing possible now is to commit genocide, or to behave like the Nazis did.

HR: What is your book’s statement that more than 150 million EU citizens have a demonic view of Israel based upon?

MG: Various studies asked respondents whether they agree with statements such as, “Israel is conducting a war of extermination against the Palestinians,” or “Israel behaves toward the Palestinians like the Nazis did toward the Jews.” Studies in seven E.U. countries confirm that about 40% or more people there hold such demonic views. Similar studies confirm this for the non-E.U. countries Norway and Switzerland. Several other studies also show strongly negative views of E.U. citizens about Israel.

HR: Most of these studies are not new. Why weren’t they given prominence much earlier?

MG: One can only guess. Results of these studies should make European leaders and opinion-makers extremely uncomfortable. For instance, the Norwegian Government paid for a 2012 study by the Oslo Holocaust Center. The authors of the study avoided writing that the 38% of Norwegians who believe that Israel behaves like Nazis toward the Palestinians, are extreme anti-Semites. Yet they must have known that having such attitudes is an anti-Semitic act as defined by the European working definition of anti-Semitism.

HR: If these studies are already known, what is new about your book on this issue?

MG: For the first time, these studies which point to the same conclusions are listed together. They back up my estimate that at least 150 million adult citizens of the EU have such a demonic view of Israel. This a clear strong message to convey widely.

HR: Have journalists been in contact with you about this?

MG: I have been interviewed at length by several European journalists about my book. Some work for newspapers with huge circulations. They have shown great interest in this story and told me that the figures were convincing I have not seen anything in their papers yet, however.

HR: Why do you think that is?

MG: My publisher, Rene van Praag of RVP Publishers says that just as many stories are too small for leading newspapers, a few are ‘too big’.

HR: What does a ‘too big story mean” in this case?

MG: Once it becomes widely known that out of 400 million adult E.U citizens, 150 million have demonic anti-Semitic views, the possible consequences for the EU’s image, its politics and its need to act, cannot be ignored. The EU presents itself as a “model of democracy and promoter of human rights.” From the 150 million number of citizens with demonic views of Israel and the book’s interviews, it also emerges as a conglomeration of anti-Israel hate-mongering and a widespread criminal worldview. In the 1930’s European countries had huge number of citizens with a criminal worldview of the Jews. In view of the Holocaust thereafter and other atrocities this similarity pulls the bottom out of the image of a humanitarian Europe.

HR: Are there other possible consequences?

MG: It may for instance become difficult for the EU to avoid investigating who has contributed to creating this criminal worldview? That should lead to explosive results. One will for instance, have to point at leading EU and national politicians in various countries. This would not only be a further assault on the EU’s contrived humanitarian image, but also on some countries and political parties. These European hate-mongers do not necessarily believe themselves that Israel exterminates the Palestinians, or behaves like the Nazis. Their biased statements however, all contribute to this image. This is the method of “the thousands cuts.” On an individual basis, none of these attacks has caused the dramatic results the studies show. However, together they have created them.

HR: What else has contributed to Europe’s criminal worldview of Israel?

MG: Another element is the trivialization and partly hiding of major horrific events in the European countries’ own past. In this way, a far too rosy picture of Europe’s own history is painted. This is then compared to the greatly falsified picture of Israel.

Very important is also the far too little attention given to the widespread criminality and hate-mongering in large parts of Palestinian society and many Arabic and Muslim states. If mass murders, terror attacks and other major crimes there were highlighted proportionally to the size of the population and misconduct in those countries, news about Israel would be comparatively negligible. Looking away from major crimes in the Muslim world is an example of what we might call humanitarian racism. Many people ignore the crimes of colored people because they are perceived as weak. Such racists often falsely claim that they belong in the anti-racist camp.

HR: Any other possible considerations concerning the findings of your book?

MG: Another major one is that the widespread European criminal worldview of the 1930’s was the precursor to major crimes committed in Europe in the 1940’s. It raises the question – what could the current criminal worldview lead to? Will it again lead to major European crimes, this time against Israel? Or will Europeans be criminal bystanders when many in Muslim countries will want to commit extreme crimes against Israel? My book thus exposes a potentially huge story.

Voir aussi:

La Vision Criminelle portée par l’Europe sur Israël

Manfred Gerstenfeld

Lessakale

18 avril 2013

Au moins 150 millions d’Européens perçoivent Israël comme animé d’intentions maléfiques. Ce sont les résultats d’une étude de l’Université de Bielefeld, publiée en 2011, à la demande de la Fondation allemande, sociale et démocratique Freidrich Ebert-1-[1]. En dépit de ces découvertes scandaleuses, ce rapport n’a guère capté la moindre attention, où que ce soit.

Cette enquête s’est déroulée dans sept pays européens. Les chercheurs ont sondé les gens pour savoir s’ils pensaient qu’Israël se livre à une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les pourcentages les plus faibles de ceux en accord avec cette proposition se trouvent en Italie et aux Pays-Bas, avec un taux légèrement au-dessus de 40%. L’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie se situaient tous entre 40 et 50%. En Pologne, la configuration atteignait 63%. Une étude du Centre sur la Shoah de Norvège posait la question d’une façon quelque peu différente : « Les Israéliens se comportent-ils comme les Nazis ? ». Trente-huit pour cent de ceux interrogés ont répondu : « Oui » -2-[2].

L’accusation selon laquelle Israël est en train d’exterminer les Palestiniens relève d’une calomnie criminelle. Au cours des deux années allant de la fin 1941 à la fin 1943, seulement dans les camps d’extermination de Treblinka, Belzec et Sobibor, 2 millions de Juifs ont été assassinés par les Allemands. Les moyens technologiques ont grandement « évolué » depuis lors. Si l’accusation génocidaire avait la moindre once de vérité, on aurait fini d’exécuter les derniers enfants et adultes palestiniens, il y a belle lurette ! Pourtant le nombre de Palestiniens a continué d’augmenter considérablement, tout au long de ces dernières décennies. Des enfants palestiniens voient le jour dans des hôpitaux israéliens et ceux qui sont malades sont soignés par des médecins israéliens.

Les découvertes de ces deux études apportent un éclairage saisissant sur l’image qu’un grand nombre d’Européens entretiennent de l’Etat Juif comme étant, nécessairement, malveillant et extrémiste. Elles évoquent l’antisémitisme le plus grave des deux derniers millénaires passés. Aux premiers siècles de la Chrétienté, fut lancée la fasse accusation, disant que les Juifs avaient commis un déicide, en tuant le prétendu fils de D.ieu. A cette époque, on n’aurait pas pu imaginer un crime plus grand. Des Juifs, identifiables comme tels, vivant dans certains pays européens m’ont raconté que, même de nos jours, des gens les abordent parfois pour leur dire : « Vous avez tué Jésus ».

La sécularisation n’a cessé de se poursuivre, après le siècle des Lumières. De ce fait, les symboles du Mal Absolu ont aussi subi une mutation. Au sein d’Etats fortement nationalistes, on a commencé à considérer d’autres groupes ethniques comme inférieurs. Dans l’Allemagne nazie, cette vision a été portée à son paroxysme : les Juifs ont été totalement déshumanisés et définis comme « sous-hommes » « vermine », ou « bactéries ». A nouveau, ils incarnaient le « Mal Absolu », de la façon dont ils étaient perçus à cette époque et cela a mené à la Shoah et au génocide des Juifs.

La représentation du Mal Absolu a encore changé dans le monde occidental, après la Seconde Guerre Mondiale. Il s’est transformé en soupçon de commettre un génocide et de se comporter comme les Nazis. Les deux études mentionnées précédemment montrent qu’une minorité très consistante d’Européens porte ce type de regard sur Israël. L’étude ne couvre pas tous les pays européens, cela dit, on peut considérer qu’elle reste représentative.

Avec une vision aussi diabolisée de l’Etat Juif, un vaste nombre d’Européens a, ainsi, ranimé un état d’esprit antisémite qui semble surgi du Moyen-Âge. Il y a, probablement, autant d’Européens contaminés par ces opinions profondément erronées qu’il existait d’antisémites en Europe avant qu’Hitler ne parvienne au pouvoir. Cette vision radicale d’Israël reste encore latente. Pourtant, elle s’exprime aussi à travers les incidents antisémites et anti-israéliens. Cela dit, ce qui demeure souterrain pourrait exploser à l’avenir, tout comme cela s’est produit auparavant.

La question cruciale subsiste : d’où provient ce point de vue diabolisant ? Trois facteurs, au moins, ont, graduellement, contribué à son apparition. Le premier correspond à la méthode de délégitimation à « petit feu ». Elle consiste à publier, aussi fréquemment que possible des nouvelles négatives au sujet d’Israël. Elle est instaurée par des mensonges répétitifs, de fausses accusations, la fabrication de « meurtres rituels », d’articles bourrés de distorsions et de préjugés, de condamnations officielles et ainsi de suite.

La télévision, d’autres medias, des hommes politiques et d’anciens politiciens, certains dirigeants d’Eglise, de nombreuses ONG humanitaires politisées, des universitaires, autant que des Juifs et Israéliens animés par la haine de soi, ont tous, à un degré ou un autre, contribué à cet état de fait. Cela s’ajoute au façonnement de cette opinion extrêmement malveillante envers Israël. Les nouvelles positives en provenance d’Israël sont souvent occultées par les médias. En noircissant l’image d’Israël, les sentiments de culpabilité relatifs à la collaboration avec les Nazis et à l’échec de beaucoup de représentants des autorités et de destins individuels, durant la Shoah, peuvent, ainsi, être réprimés, refoulés.

Le second point réside dans l’attention réduite accordée à l’énorme taux de criminalité et au très haut degré d’incitation à la haine qui se propagent dans de vastes secteurs de la société palestinienne et de nombreux Etats arabo-musulmans. Si les massacres de masse, les attaques terroristes et d’autres crimes fondamentaux bénéficiaient d’un éclairage proportionnel à la taille de la population et à la hauteur des fautes commises dans ces pays, les nouvelles concernant Israël resteraient comparativement négligeables. En même temps, les Etats Européens n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, dans le cadre de la Convention de l’ONU sur le Génocide, d’envoyer devant un Tribunal International des planificateurs musulmans de génocide, tels que l’Iran et le Hamas.

Le troisième facteur qui a contribué à la délégitimation d’Israël c’est la minimisation de sinistres évènements s’étant déroulés, dans le propre passé des pays européens. De cette façon, on dépeint une image bien plus rose de l’histoire de cette société, qui est ensuite comparée au portrait excessivement malmené et déprécié d’Israël. La question subsiste, par conséquent, de savoir s’il n’y a uniquement que le fait que des désastres s’abattent sur Israël qui puissent encore ouvrir les yeux des peuples ou s’il y a quoi que ce soit d’autre qu’on puisse faire pour combattre cette tendance ?

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.


Syndrome de Stockholm/40e: Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français (France discovers anti-white racism)

22 juin, 2013
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/The_Intervention_of_the_Sabine_Women.jpghttp://images1.wikia.nocookie.net/__cb20071104124311/psychology/images/4/47/Stockholm_syndrome.jpgLes voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle.  F. G. (étudiant de Sciences Po, après son agression dans un bus de nuit parisien, 2009)
Appelons cela le syndrome du Noctilien (en référence à ce bus de nuit parisien dans lequel un jeune passager a été roué de coups, dernièrement) : il consiste à nier la gravité de certaines évidences, en détournant l’attention, si possible, sur la source du désordre. En l’espèce, pour cet étudiant qui n’a pas voulu voir une agression raciste dans ce qui lui est arrivé, les coupables sont celui qui a diffusé la vidéo de son passage à tabac et ceux qui l’ont commentée. Le politiquement correct raisonne de cette manière. Ivan Rioufol
Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses.  Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! (…) J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille. Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris … Arnaud
Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre. Guillaume
Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. Céline
Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. Caroline (enseignante)
Il suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible. Tarik Yildiz
Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier  Tarik Yildiz
Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ? Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera. Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle. Antoine Menusier
Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves. Benoît Rayski

Vous avez dit syndrome de Stockholm ?

Renvoi de huit mois en l’absence de plaignants, accusé absent parce que non retrouvé, co-accusé jugé mais blanc, refus d’une association anti-raciste (MRAP) de se porter partie civile (Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement), refus des parties civiles comme de la défense d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle

Au lendemain, suite à la bastonnade accompagnée d’injures racistes sur un quai de métro parisien en septembre 2010 d’un jeune homme blanc, du premier pour « racisme anti-blanc » …

Et une semaine après les simples sursis et avertissements des adolescents impliqués dans l’attaque du RER à la gare de Grigny …

Mais aussi trois ans après une vidéo qui avait révélé (outre la suspension et la garde à vue du policier l’ayant mise en ligne et la défense de ses agresseurs par l’agressé: « habillé de façon bourgeoise ») le genre de phénomène d’attaques en meute que peuvent subir certains usagers des bus de nuit parisiens …

Comment ne pas voir, évoquée à demi-mot  si l’on en croit les extraits de presse dans le livre d’un jeune sociologue, l’étrange forme de syndrome de Stockholm (qui fête ses 40 ans cette année) …

Qui de la presse à nos belles âmes des beaux quartiers mais aussi apparemment à ses premières victimes que sont les derniers mohicans de certains quartiers des villes d’Ile-de-France les plus touchées par l’immigration (jusqu’à, pression de l’environnement oblige, mentir sur ses propres origines) …

Semble à présent s’être étendu l’ensemble de nos sociétés ?

Comment parler du racisme anti-blanc?

Julie Saulnier

L’Express

14/03/2011

Le racisme anti-blanc est une réalité embarrassante. Dans un essai, le sociologue Tarik Yildiz l’aborde de front, pour éviter notamment de laisser le sujet aux extrêmes.

« Sale Français(e) de merde! » Cette expression les renvoyant à leurs origines françaises, Guillaume, Bastien, Anne, Hasan et les autres l’ont entendue souvent. C’est ce que décrit Tarik Yildiz au travers de neuf entretiens avec un collégien, un lycéen, une étudiante, des professeurs et des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis.

Dans son essai, Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité*, ce doctorant en sociologie de seulement 25 ans dresse une cartographie du phénomène dans certains quartiers de certaines villes d’Ile-de-France.

Insultes, crachats, coups, les protagonistes de l’étude se disent victimes d' »une intolérance qui touche les blancs parce qu’ils sont – ou sont considérés – comme des ‘Français de souche’, en opposition aux Français issus de l’immigration », explique l’auteur, par ailleurs collaborateur du Bondy Blog.

Ne pas laisser la voie libre aux extrêmes

« Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre », raconte Guillaume, collégien. Céline confie que, pendant ses années de collège, elle maquillait la vérité pour qu’on la laisse en paix: « Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. » « Chaque jour, la seule chose que j’espérais, c’était de rentrer sans avoir pris de coups ou sans me faire insulter », ajoute de son côté Bastien, lycéen. Anne, sa mère, est abasourdie. « Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un tel racisme pouvait exister chez des enfants », déplore-t-elle.

Le phénomène est réel, mais circonscrit. Alain, qui a soutenu un appel « contre les ratonnades anti-blanc » en 2008, précise « que ceux qui profèrent ces insultes (…) représentent une minorité dans les classes. Et comme souvent, la minorité violente est la plus visible. » « Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente, analyse Caroline. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. » Tarik Yildiz reconnaît qu’il « suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible ».

Il faut aussi ne pas oublier, comme Caroline, enseignante, qu' »on a plus de chance de trouver un emploi ou un appartement quand on s’appelle François que quand on s’appelle Kader ». Ou qu’il « est plus facile d’entrer en boîte de nuit, qu’on se fait beaucoup moins contrôler par la police quand on a la peau claire. » Et d’attirer l’attention sur la dimension sociale: « Les jeunes qui posent des problèmes dans les établissements scolaires sont les plus défavorisés socialement (…) Ce n’est pas vraiment du racisme, mais une manière de vouloir prendre leur place dans une société où ils se sentent mal à l’aise. »

Pour sa part, Fatima, étudiante française issue de l’immigration, estime qu' »il ne faut pas faire de distinction entre les racismes ». Ce qu’admet bien volontiers Caroline, selon qui faire des différences, « c’est établir une hiérarchie ». D’où l’importance de reconnaître l’existence de ces discriminations. « Lorsqu’on ne parle pas d’un problème, les victimes se sentent incomprises, déconsidérées. Cela peut les pousser elles-mêmes vers du racisme », observe Alain. « Ne pas entendre ceux qui souffrent, c’est prendre le risque de l’engrenage et les jeter dans les bras des partis extrêmistes, renchérit Tarik Yildiz. Il ne faut pas laisser le champs de ce qui préoccupe les Français aux extrêmes. Les partis traditionnels ne doivent pas avoir peur d’aborder le racisme ‘anti-blanc’. Ce sont les solutions apportées à cette forme de racisme qui doivent être différentes. »

Le racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité, Tarik Yildiz, Les Editions du Puits du Roulle, 58 p., 8 euros.

Avertissement de modération: comme vous l’aurez noté, l’un des objectifs de Tarik Yildiz est de ne pas laisser aux extrêmes le sujet du racisme anti-blanc. Nous serons extrêmement attentifs à ce que ces mêmes extrêmes ne puissent exprimer des idées extrémistes dans les commentaires. LEXPRESS.fr

Voir aussi:

« Le racisme anti-blanc est réversible »

Julie Saulnier

L’Express

26/09/2012

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc. Une récupération politique qui risque de « jeter de l’huile sur le feu », selon le sociologue Tarik Yildiz, auteur de Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, dénonce le racisme anti-blanc. Que pensez-vous de ses propos?

Je ne suis pas dupe des intentions électoralistes de Jean-François Copé. Il veut envoyer un message fort à la base de l’UMP et lui dire qu’il est proche d’elle et de ses idées. Car beaucoup de gens pensent et disent que le racisme anti-blanc existe. Jean-François Copé ne fait que relayer cette idée.

Il est bon d’évoquer le racisme anti-blanc, comme il est bon de parler toute sorte de racisme. Mais la récupération partisane d’un sujet aussi délicat que celui-ci risque de jeter de l’huile sur le feu.

Comment éviter de tomber dans cet écueil?

Il faut parler du racisme anti-blanc mais éviter à tout prix la récupération politique. Pour cela, la dénonciation de cette forme de racisme doit venir, en premier lieu, des associations antiracisme. Elles seules peuvent aborder le sujet sans être taxées de xénophobie.

Si ces associations, donc, dénoncent clairement et sans gêne cette réalité, on gagnera en crédibilité. Et les tabous tomberont. Dès lors, les responsables politiques, y compris de gauche, pourront en parler sereinement.

Jean-François Copé limite ce phénomène aux « quartiers sensibles »…

Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier. Ce constat dressé, ce n’est pas autant qu’il faut y voir un lien de causalité – mais plutôt un lien de corrélation.

Peut-on endiguer cette forme de racisme?

Oui, car le racisme anti-blanc est quelque chose de très concret et qu’il est perpétré par des jeunes immatures. En cela, ce phénomène me semble réversible. Une bonne politique éducative et une punition adaptée permettraient d’en venir à bout. La solution consisterait à instaurer plus de discipline à l’école, et ce dès le collège, et à fixer des limites à ne pas dépasser pour éviter l’effet de surenchère.

Le sociologue Tarik Yildiz est l’auteur de l’essai Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Avertissement de modération: compte tenu du caractère sensible de ce thème, nous serons particulièrement sensibles à la bonne tenue des débats. Merci donc de ne pas tenir de propos xénophobes, racistes ou discriminatoires.

Voir également:

Justice : un Blanc jugé pour racisme… anti-Blanc

Marc Leplongeon

Le Point

26/04/2013

« Sale Blanc », « blanc-bec »… Un cuisinier était jugé vendredi à Paris pour avoir entaillé le visage d’un homme sur le quai du RER et proféré des injures racistes.

« Racisme anti-Blanc », l’expression est devenue presque banale. Pour SOS Racisme, elle appartient historiquement au vocabulaire de l’extrême droite. Mais elle est devenue ensuite un argument de campagne. Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP contre François Fillon, avait raconté fin 2012 l’histoire d’un jeune qui s’était fait « arracher son pain au chocolat par des voyous », au motif qu' »on ne mange pas au ramadan ». D’après un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH), ces propos pourraient avoir eu une incidence sur la diffusion de l’idée d’un hypothétique racisme « anti-Français » dans la société. « 4 % des personnes interrogées considèrent que les Blancs sont les principales victimes de racisme dans l’Hexagone », explique le rapport. Et « le sentiment que les Français sont les principales victimes de racisme en France est en hausse, avec 12 %, dont 18 % parmi les sympathisants de droite et 5 % parmi ceux de gauche », poursuit l’étude.

Vendredi après-midi, au palais de justice de Paris, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’est portée pour la première fois partie civile dans une affaire de « racisme anti-Blanc ». Situation ubuesque : le prévenu est lui-même blanc. « Je n’aime pas ce terme [de racisme anti-Blanc, NDLR]« , explique Mario Pierre Stasi, président de la commission juridique de la Licra. « Mais je n’en vois pas d’autres », lâche-t-il. À l’audience, un homme de 37 ans, crâne rasé, est appelé à la barre. La démarche lourde, les mains dans les poches de son jean recouvertes par une veste grise, Arnaud écoute, sans broncher, le président du tribunal. Son casier judiciaire est déjà bien rempli : plusieurs condamnations pour port d’armes (des couteaux), outrages contre policiers et infractions à la législation sur les stupéfiants (cannabis).

Pour Mario Pierre Stasi, avocat de la Licra, une infraction à connotation raciste peut être constituée, « qu’importe la pigmentation de la peau ».

Balafre de 15 centimètres

Le 12 septembre 2010, au petit matin, la victime, un jeune homme de 28 ans, attend son métro à la station Strasbourg-Saint-Denis. Il est apostrophé par un homme qui accompagnait Arnaud, mais qui n’a jamais pu être identifié. « Sale Français ! » lui aurait-il lancé. La victime descend du métro à Gare du Nord, avant de se rendre sur les quais du RER D. La vidéosurveillance laisse supposer qu’Arnaud et son acolyte l’y ont suivie. Vers 6 heures du matin, quoi qu’il en soit, l’agresseur non identifié se rue vers sa victime et lui porte un premier coup. La bagarre commence. L’agresseur tombe à terre, la victime prend le dessus. « Quand il était à terre, j’ai voulu le défendre. Il l’étranglait avec ses genoux, donc je lui ai mis des coups avec la droite, et un dernier avec un tesson de bouteille », lâche benoîtement Arnaud. Lorsque la bagarre se termine, la victime a une balafre de 15 centimètres de long sur la joue gauche. Le sang coule sur son torse.

Lors de ses premières auditions, Arnaud nie tout, malgré les images des caméras. Jusqu’à ce que le juge d’instruction lui parle d’une éventuelle circonstance aggravante : les injures racistes. Là, Arnaud se décide enfin à parler. « Je suis vraiment dégoûté. Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses », lâche-t-il. Problème : la victime est « blanche », comme lui. À l’audience, il s’énerve : « Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! » Son acolyte ? Il l’aurait rencontré lors d’une soirée. Mais il n’en dira pas plus. « Je sais juste ce qu’il aimait comme filles, c’est tout », résume-t-il. Pas de provocation dans sa voix, juste le ton un peu benêt qu’il adoptera tout au long de l’audience.

« Sale blanc-bec »

Les témoins de la scène, des usagers et des agents de la société Effia, n’ont pas bougé. Certains n’étaient pourtant qu’à cinq mètres de la bagarre. Seule une dame a eu le cran de s’interposer, note la procureur. Trois d’entre eux ont cependant entendu les insultes « sale Français », « sale Blanc » (en français et en arabe), « sale blanc-bec », « va niquer ta mère », de la bouche de l’agresseur anonyme. Deux témoins sont formels : Arnaud a lui aussi prononcé ces mots avant, pendant et après l’agression. Lui assure que ces mots n’ont pas franchi ses lèvres. Arnaud semble accorder la même importance à une affaire de violences (qui ont causé 39 jours d’interruption temporaire de travail) qu’à quelques insultes racistes. « Pour moi, c’est pareil », lâche-t-il à l’audience.

« Vous vous considérez comme violent ? » lui demande le président du tribunal. « Nan », répond-il. Puis il raconte quelques bribes de sa vie. « J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille », argue-t-il. « Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris », lâche le prévenu. Pour l’avocat de la victime, Arnaud n’a rien d’un « sauveur ». Il ne croit pas à la thèse de l’agression avec un tesson de flasque d’alcool, qui se serait brisée dans sa poche. Pour l’avocat, Arnaud a utilisé un couteau ou un cutter. Et il enfonce le clou sur les injures racistes. « La victime m’a dit : C’est tombé sur moi parce que j’étais blanc », explique-t-il.

Le procureur réclame quatre ans de prison, dont un avec sursis assorti d’un contrôle judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin. Pour l’avocat de la défense, Me Grégoire Etrillard : « On est en train de faire un exemple de racisme anti-Blanc. Il y a une frustration de ne pas avoir attrapé le vrai coupable. »

Voir encore:

Le premier procès pour racisme anti-Blancs n’a pas eu lieu

Quand la partie civile n’assume pas son audace de principe

Antoine Menusier

Causeur

29 avril 2013

Le premier procès pour « racisme anti-Blancs », tenu en l’absence de la victime, vendredi 26 avril, devant la 13e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est arrêté au plus mauvais moment : quand il aurait pu vraiment commencer. Tant qu’à juger des motivations racistes du prévenu, un jeune homme de 28 ans qui comparaissait libre, cuisinier de métier, condamné à sept reprises pour des délits, la cour et les avocats de la partie civile et de la défense auraient pu aller « au fond », comme disent les juristes. Au fond du sujet. Un procès d’assises l’aurait sans doute permis, des psychologues auraient été cités à charge et à décharge pour éclairer le jury sur la personnalité de l’accusé. Ce dernier a d’ailleurs échappé de peu aux assises, a indiqué la procureur, agitant cette menace a posteriori, le chef d’accusation de tentative de meurtre n’ayant pas été retenu. La magistrate a requis quatre ans ferme, dont un avec sursis et mise à l’épreuve.

Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ?

Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera.

Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle.

Les faits : le 12 septembre 2010, vers 6 heures du matin, Arnaud D. se trouve sur un quai de la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, en compagnie d’un autre homme. Ils rentrent d’une soirée arrosée, se sont connus à cette occasion, raconte le prévenu, qui dit ignorer l’identité du second. Tout aurait commencé par une vague histoire de cigarette entre l’ami d’un soir d’Arnaud D. et Térence C., une vingtaine d’années, vendeur dans le prêt-à-porter, également présent sur le quai. L’ami aurait traité Térence C. de « sale Français », a rapporté la victime aux enquêteurs.

L’altercation reprend à trois stations de là, sur un quai de RER, gare du Nord. Arnaud D. et son acolyte y croisent à nouveau Térence C. – ils étaient à sa recherche, soupçonnent les parties civiles. L’acolyte attaque Térence C., lui donne des coups de poing. Celui-ci parvient à immobiliser son agresseur. C’est à ce moment-là qu’intervient Arnaud D., dans le dos de la victime. Il la frappe de ses poings, lui entaille la joue gauche au moyen d’un tesson de bouteille ou d’un couteau – d’« un tesson d’un flash de Cognac que j’avais dans la poche », explique le prévenu sans convaincre –, « sur quinze centimètres de long », selon le rapport d’enquête.

Une femme tente de s’interposer, en vain. Deux témoins passifs de la scène, agents de la RATP, absents à l’audience – la défense met en doute le sérieux de leurs témoignages –, ont affirmé que ces violences étaient accompagnées d’insultes : « Sale Français », « sale blanc-bec », « sale Blanc, « sale gaouri » (terme dépréciatif en argot maghrébin, désignant un Français ou plus généralement un étranger). Arnaud D. dit n’en avoir proféré aucune : « J’ai jamais entendu “gaouri”, je ne sais pas ce que ça veut dire. » Le président de la cour : « Ça veut dire “sale Français”. »

L’agression a été filmée, sans le son, par des caméras de vidéo-surveillance. Le complice d’Arnaud D. apparaît sur ces images muettes comme étant un Noir ou un métis. N’ayant pas été identifié, il a échappé à la justice. Un début de bande est diffusé au tribunal, mais le président met fin à son déroulé, la touche « avance rapide » ne fonctionnant pas. Ce 12 septembre 2010, Arnaud D. est vêtu d’un pantalon noir, d’un sweat rouge et porte une chaînette au cou. Il a le crâne ras. Ras, comme vendredi à l’audience, à laquelle il s’est présenté en blazer gris, chemise noire et cravate lilas pâle. Grand, sec, il dit le minimum, affirme qu’il ne peut pas être raciste, « toutes mes copines sont noires ou métisses ». Lors de l’instruction, niant dans un premier temps être la personne que les images désignent, il l’a d’abord dépeinte comme de « type arabe », avant d’admettre sa participation à l’agression.

Les insultes qu’il aurait proférées durant l’agression lui valent la circonstance aggravante de racisme, conformément à l’article 132-76 du Code pénal qui établit cette circonstance dès lors que l’infraction est commise « à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Me Grégoire Etrillard, l’avocat d’Arnaud D., a demandé à la cour de transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité au Conseil constitutionnel, afin qu’il se prononce sur cette disposition pénale, qu’il trouve floue. En effet, s’étonne-t-il, comment un individu mêlé à une agression au cours de laquelle des propos racistes sont prononcées, pourrait-il en être tenu responsable alors qu’il ne les a pas tenus ?

Sur leur banc, Me Pierre Combles de Nayves, le conseil de la victime, et son confrère Me Mario-Pierre Stasi, plaidant au nom de la Licra, soupirent et s’étranglent en silence. Pas pour longtemps. Me Stasi rappelle que, selon la loi, « le complice (d’une agression) encourt toutes les circonstances aggravantes ». S’ensuit un échange sur un cas, pas que d’école : des violences racistes commises en réunion par des skinheads. Me Etrillard admet qu’en cette circonstance, aucun des agresseurs ne peut se désolidariser pénalement de l’infraction.

Le 26 octobre 2012, Térence C. ne s’était pas présenté à une première audience parce qu’il suivait une formation professionnelle de « trois mois dans la région lilloise ». La tenue du procès avait été reportée. « Je regrette l’absence de Monsieur C. Il n’est pas un héros, c’est un homme comme vous et moi. C’est toujours difficile d’avoir été agressé. Il a été licencié ce matin », a argumenté Me Combles de Nayves pour expliquer la nouvelle défection de son client.

L’accusé a énuméré ses états de service dans la restauration, CAP de cuisine, commis, demi-chef de partie, chef de partie, second de cuisine, un passage « chez Dalloyau », une succession de « CDI ». Il lui arrive de porter sur lui des couteaux de travail, des armes aux yeux de la loi. Une personnalité complexe, dit-on banalement pour caractériser pareil individu. En refusant, par crainte de récupération politique, de fouiller la personnalité de l’accusé, la partie civile s’est peut-être privé de la preuve sinon matérielle du moins morale qui lui aurait permis de le confondre. Verdict le 21 juin.

Voir de même:

Diffusion d’une agression filmée: un policier en garde à vue

La mise en ligne sur Internet des images d’une violente agression survenue en décembre dans un bus parisien a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le Parisien

09.04.2009

Hier, un policier a été placé en garde à vue par l’inspection générale des services (IGS). La police des polices soupçonne ce jeune gardien de la paix d’être impliqué dans la diffusion sur le Net de la vidéo d’une agression extrêmement violente d’un passager, tabassé par une bande dans un bus de nuit, le 7 décembre dernier à Paris. Ces images proviennent de la caméra du bus de la RATP.

L’IGS cherche à savoir comment le policier relâché dès hier soir a pu se procurer ce document. La mise en ligne de cette vidéo, relayée et exploitée politiquement par des sites et des blogs d’extrême droite, a créé un buzz sur le Net, qui a explosé cette semaine. « C’est plus qu’une fuite, c’est une manipulation d’un document à usage policier et judiciaire à des fins de communication externe », dénonce Pierre Mongin, le patron de la RATP.

L’agression. Le 7 décembre 2008, vers 3 h 45, plusieurs jeunes gens s’en prennent au passager d’un Noctilien qui circule dans le XVIII e arrondissement de Paris. Assis non loin du chauffeur, l’usager se fait voler son portefeuille puis est violemment frappé par au moins quatre adolescents qui s’acharnent à coups de pieds et de poings, aux cris de « sale Français » et de « fils de pute ». D’autres passagers, dont une personne âgée et une femme, tentent de s’interposer et sont à leur tour molestés. Le chauffeur n’intervient pas mais déclenche une alarme silencieuse reliée au PC de sécurité. « Son attitude a été irréprochable », souligne-t-on à la RATP.

La vidéo. Quelques jours plus tard, les images de l’agression apparaissent en toute illégalité sur une page de Facebook. Le patron de la RATP, qui a porté plainte, rappelle que la « diffusion sur Internet de cette vidéo est constitutive d’un délit ». L’internaute qui l’a mise en ligne serait le policier entendu hier par l’IGS. Ce dernier est affecté au service régional de la police des transports (SRPT), service justement chargé de l’enquête sur l’agression filmée. « Ce fonctionnaire travaille en tenue à la sécurisation dans les trains, il n’a rien à voir avec les investigations sur les faits du 7 décembre, ni de près ni de loin », soutient un policier du SRPT. Reste à connaître les motivations du gardien de la paix. « Si c’est lui, il a dû vouloir montrer certaines réalités à des copains, sans aucune arrière-pensée politique, croit savoir un de ses collègues. Une connerie de jeunesse. » Ce comportement n’est pas anodin.

Le buzz. D’abord passée inaperçue, la vidéo est petit à petit sortie de la confidentialité. Le blogueur d’extrême droite François Desouche est l’un des premiers à l’avoir décelée sur la Toile. La vidéo a fini par faire son apparition sur les grandes plates-formes telles Dailymotion et YouTube. Depuis, ces sites la censurent sans relâche. Mais certains contournent l’obstacle en diffusant le document sur des plates-formes étrangères.

L’enquête. Alertés par le chauffeur du Noctilien, les policiers du SRPT ont interpellé dès la nuit des faits deux des agresseurs présumés, puis un troisième le 11 décembre. Au total, trois majeurs et un mineur ont été mis en examen, deux étant placés en détention provisoire. La vidéo enregistrée par la caméra du bus est une pièce à conviction capitale dans cette affaire, dont l’instruction est terminée.

La sécurité. L’agression du passager est-elle un fait isolé ? « Elle fait partie du top 20 des cas les plus graves que l’on traite. C’est évidemment choquant », indique un policier spécialisé. Selon ce dernier, ce type d’agression est loin d’être rare dans les transports en commun. Il évoque des jeunes, souvent mineurs, qui agissent en « meute » et de façon ultraviolente. « Quant au Noctilien, c’est souvent chaud, à l’image des trains de nuit, ajoute le policier. Si vous n’avez pas d’argent pour un taxi le samedi soir, mieux vaut rester en boîte et attendre le matin. »

Voir encore:

Vidéo de l’agression : la victime nie tout caractère raciste

Le Parisien

10.04.2009

Le jeune homme agressé dans un bus Noctilien, à Paris, dans la nuit du 6 au 7 décembre dernier s’est confié au journal Le Figaro après que la vidéo de son agression a été diffusée à grande échelle sur internet, provoquant une vive polémique.

Agé de 19 ans et élève en première année à Sciences Po Paris, le jeune homme n’a rien oublié de son agression qui a été filmée par une caméra de vidéosurveillance.

Interrogée sur les injures raciales proférées sur la video, la victime identifiée comme F. G., un élève de 19 ans en première année de Science Po, à Paris, affirme: «Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte».

Sur la vidéo montrant l’agression d’un jeune homme par quatre adolescents cherchant à lui dérober son porte-monnaie, la victime était rouée de coups de pied et de poing aux cris de «fils de pute» et de «sale Français».

«Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres», déclare la victime, qui n’a pas souhaité être identifiée, selon le journal.

«Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle», ajoute F. G.

Aujourd’hui, en pleine forme, le jeune homme estime être totalement sorti de cette affaire.

Voir de même:

Procès pour racisme anti-blanc : lettre ouverte d’un « sale blanc » au Mrap

Alors que s’ouvre le premier procès pour « racisme anti-blanc », le représentant du Mrap a expliqué à Europe 1 pourquoi l’association, exceptionnellement, ne se porte pas partie civile. Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement.

Mea Culpa

Benoît Rayski

Atlantico

27 avril 2013

Je suis un sale Blanc et j’espère que de l’avoir confessé me vaudra l’indulgence du tribunal où siègent peut-être les membres du Syndicat de la magistrature.

Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves.

Je suis un sale Blanc car j’ai usé de toute mon influence, qui est grande, pour que des dizaines de milliers d’Africains et d’Antillais soient enfermés dans des prisons appelées HLM.

Je suis un sale Blanc parce qu’un jour où mon fils s’était fait qualifier de « face de craie », frapper et dépouiller à la Foire du Trône je suis allé avec lui porter plainte et je ne l’ai pas dissuadé de dire que ses agresseurs étaient des Noirs.

Je suis un sale Blanc car j’habite un immeuble où aucune seringue ne jonche les escaliers et où aucun guetteur ne signale l’arrivée de mes visiteurs.

Je suis un sale Blanc car un jour, dans un regrettable mouvement de colère, j’ai dit à un grand gaillard notoirement plus foncé que moi et qui m’avait bousculé parce que je tardais à lui donner un clope : « Appelle-moi bwana! » (« Patron », comme disaient les Africains aux administrateurs coloniaux à une certaine époque).

Je suis un sale Blanc car, écrivant dans les journaux, je n’ai pas pris ma plume pour dénoncer l’affreux Eric Zemmour qui s’était permis de dire que les Noirs et les Arabes étaient largement majoritaires dans nos prisons.

Je suis un sale Blanc car, toute honte bue, je n’ai pas jeté à la poubelle mon exemplaire de « Tintin au Congo » que les forces progressistes, anti-racistes et anti-colonialistes tentent, à juste titre, de faire interdire.

Je suis un sale Blanc car je ne milite pas au MRAP et que j’ai refusé -alors que j’ai de la thune- d’envoyer un chèque de soutien au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires).

Je suis un sale Blanc car j’ai infiniment de respect pour Félix Eboué (nommé gouverneur de l’Afrique Occidentale Française par De Gaulle), pour Léopold Sédar Senghor et pour Rama Yade que je trouve très jolie. Or, ces gens-là sont, comme on dit dans les cités, des « Bounty », noirs à l’extérieur et blanc à l’intérieur, des « suceurs de Blancs », des traîtres.

Et, enfin, je suis un sale Blanc car je suis blanc.

Pour tous ces motifs-là, j’admets que je mérite d’être poursuivi. Je demande pardon pour l’esclavage et pour toutes les horreurs que je viens de citer. Faute avouée étant à moitié pardonnée, j’espère que le MRAP aura la bonté de ne pas exiger un verdict trop sévère. Peut-être même que les juges, compréhensifs et touchés par mon remord sincère, se contenteront de m’épingler sur le « Mur des Cons ».

Voir enfin:

The six day war in Stockholm

Dr Nils Bejerot, professor of social medicine, Karolinska Institute, Stockholm

New Scientist (volume 61, number 886, page 486-487)

1974

The use of gas in the Swedish bank drama last August was widely criticised. Here a consultant psychiatrist to the police, who was in the bank throughout the affair, gives his explanation of the strategy adopted. The bank robbery in Stockholm in August 1973 held all Swedes, from the government and police to the mass media and the public, in horrified suspense for six days. I spent the whole of that week at the bank as psychiatric consultant to the police. I consider it instructive to answer the criticism of our strategy expressed during and after the operation.

During the drama I was rung up by some uninitiated psychiatrists and psychologists who declared that all signs pointed to a bloody outcome. In their opinion, the bank robber, when cornered and desperate, would probably shoot the hostages and perhaps himself, too. I was told that it was my duty to persuade the police to stop the action and also to induce the government to change its instructions forbidding the robbers to leave the bank with the hostages. In several newspapers journalists supported this theory, on television a similar opinion was expressed by a well-known child psychiatrist, and nine lecturers in criminology at the University of Stockholm broadcast an appeal along the same lines.

In spite of all this pressure we followed the opposite line. Here I can only give a short account of some of the most important considerations on which our strategy was based.

1. Right at the beginning the robber very nearly killed a policeman with shots from his submachine gun. Conclusion: The man would be a serious danger to the police in a confrontation in the bank, or in a later chase. A few days afterwards another policeman was shot, and here again it was only by chance that this did not end in the murder of a policeman. Or, the other hand in the early stages two policemen, after agreement with the bank robber, were able to go into the bank unharmed and negotiate without being shot at. As a physician I was able to move freely in the bank and speak to the robber at close quarters. It was clear that the man was not under the influence of alcohol or drugs, nor was he psychotic (“insane”). He was a resolute man of normal intelligence, and he functioned in a rational way from the standpoint of his criminal ambitions. Had he been psychotic, it would have been very difficult to predict his behaviour.

2. The robber demanded three million crowns and insisted that Clark Olofsson, a prisoner who had a further six years to serve, and who, two weeks previously, had made an unsuccessful attempt to escape by blowing up a prison door, should be brought to the bank. He also demanded two pistols and safe conduct for himself and Olofsson together with the hostages. Conclusion: ‘We were faced with a shrewd, daring and ambitious professional criminal. He would not be expected to do anything unless he would gain something by it, directly or indirectly. It must be remembered that among professional criminals shooting at the police in a threatening situation gives high status. It is, however, beneath the dignity of these criminals to injure hostages. With political terrorists the whole situation is different, but this subject will not be discussed here.

3. The Swedish government quickly took two decisions: (a) It agreed to the police using Olofsson, with his own consent, in negotiations with the bank robber; (b) the bank robber was not to be permitted to leave the bank with the hostages. Otherwise the police had a free hand. The decision not to let the bank robber take the hostages with him established a vitally important principle. If the government had accepted that the robbers had disappeared with three million crowns and the hostages, we would probably have been faced with a series of similar crimes in many countries, just as with hijacking. We would have been at a great psychological disadvantage in relation to professional criminals and gangsterism.

4. My conversations with Olofsson confirmed the opinion of the police. that he would not commit any desperate act or do anything which would hazard his own life. He was therefore allowed to join the bank robber, although at that stage we were unable to release the hostages in exchange for Olofsson as the government had intended. Conclusion: Apart from the fact that the bank robber seemed to act logically in relation to his aims, we now had in the bank also an intelligent man with a strong will to live and a rational way of thinking.

5. In this situation the outcome of the drama was given, and only a tactical blunder from one side or the other could have caused bloodshed. At an early stage the police had asked for a psychological assessment of the risk to the hostages. I judged this to be about 2 to 3 per cent in unfavourable circumstances, for instance, if we forced the operations too quickly and did not give the robber enough time to realise that the fight was lost. With a drawn-out course and the right amount of pressure, I considered that the action was practically free from risk for the hostages. It was clear to all initiated persons that the hazards would be far greater if the hostages had been allowed to accompany the robber, regardless of where the journey might lead or how long it might take.

6. Throughout the drama the bank robber acted in a way we had predicted at an early stage. He shot at the police when he had a chance, and in order to emphasise his demands he demonstratively detonated explosive paste in the bank hall and in the ventilation system. He kept his promise not to shoot people who came with food and drink, realising that otherwise he would not have received any necessities. As expected, also, he put up a long and determined resistance. Only two unexpected events occurred: (a) In connection with the first attempt to use gas, the robber made the hostages stand up with a noose round their necks. The police and hostages were given to understand that if gas was let in the hostages would be strangled when they were no longer able to stand up. This scheme took us completely by surprise. We heard through the microphones in the vault that the hostages experienced this as a direct threat to their lives, and the action was therefore immediately discontinued for a time. Nobody outside or inside the bank vault had slept properly for three days, and there was a certain risk that one side or the other might make a tactical mistake unless everyone had an opportunity of resting. As with the robber’s previous behaviour, the hanging arrangement was a serious threat, but in my interpretation, not really intended to injure the hostages. The bank robber here proved a little more cunning than we were. A much-needed 12- hour truce followed. (b) The other psychological misjudgement was that we expected the robber, during the final break through into the bank vault, to shoot off all his ammunition through the inner door to the vault before he capitulated. Obviously the tear gas and the determination of the final assault had such an effect on him that he considered it best to give up a few seconds earlier than we predicted.

Criminals are rational

It is astonishing that those critics who consider they have a great understarding of criminals and their reaction patterns, and who declared throughout that we should let the robbers escape with the hostages and the money, is fact did not believe that criminals think in a rational manner. Afterwards the critics argued that it was mere luck that everything went well. We who have worked with criminals for decades and are now accused of regarding them as madmen and monsters, know that they function rationally in the situation in which they have placed themselves. They are like players or gamblers, and they are very good at their game, otherwise they would never have become professional criminals. As a piquant political addendum I would like to point out that the government would have been in an almost hopeless situation if I had collected some of these so-called “progressive” critics, almost all of whom were strong government supporters, and consulted them on the situation. The Prime Minister would then have been confronted with a demand for the release of the robbers with the hostages. Even if I had put in a reservation, the government could hardly have stood out against this massive “expert opinion’”. The release .of the bank robbers on these premises, two weeks before a general election, would have been political suicide.


Chine: Bienvenue au pays où la religion est interdite aux moins de 18 ans (No religion, please, we’re Chinese!)

8 juin, 2013
http://feralhouse.com/wp/wp-content/uploads/2005/05/X-Rated-Bible.jpegImagine (…) no religion  (…) all the people living life in peace… You may say I’m a dreamer But I’m not the only one I hope someday you’ll join us And the world will be as one … John Lenin
Le parti est comme Dieu,  il est partout, mais vous ne pouvez pas le voir. Universitaire chinois
Oui, on entend cela [que la Chine n'est pas faite pour la démocratie], et pas seulement en Chine, de la part d’occidentaux aussi. Que l’on arrête avec ces stupidités dégradantes pour notre peuple, pour moi, la démocratie, c’est tout simplement la justice et le parti unique conduit forcément aux injustices. Et quoi, la justice ne serait pas faite pour la Chine ? L’air, l’eau, le ciel ne conviennent pas à la Chine ? L’ordinateur ou le téléphone portable ne sont pas faits pour la Chine? Bao Tong (Ancien bras droit de Zhao Ziyang, le patron du PC au moment de Tiananmen)
Le mariage pour tous, au Festival de Cannes, est célébré en grande pompe sur les écrans de la compétition. Après « Ma vie avec Liberace », de Steven Soderbergh où Matt Damon et Michael Douglas campent un couple gay sous les paillettes kitsch du Las Vegas des années 70, c’est au tour des filles entre elles d’aimanter le regard dans « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 », le nouveau Abdellatif Kechiche (sortie prévue le 9 octobre 2013). (…) Fidèle à sa manière réaliste qui excelle comme aucune autre dans le cinéma français contemporain à enregistrer les soubresauts de l’existence et l’agitation intérieure, le cinéaste de « L’Esquive » interroge la question du genre et de la « conformité », de l’identité sexuelle et de ses ambiguïtés, du déterminisme social et des frontières qu’il impose. (…) Du coup, si l’on ose dire, le cinéaste, en toute cohérence avec son projet, filme avec une intensité fiévreuse les deux filles qui font l’amour, au lit et ailleurs, et n’en peuvent plus d’avoir toujours envie de recommencer et de jouir, dans toutes les positions. Ces scènes, capitales et indispensables au récit, ne manqueront pas de beaucoup faire parler d’elles, puisqu’il est rarissime que le « cinéma traditionnel » montre « pour de vrai » le sexe, sans faux semblants ni pudeur hypocrite. Espérons qu’elles feront parler d’elles en bien, car « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 » – en rien pour l’anecdote – fait accomplir un pas de géant au cinéma hors X sur la question capitale de la représentation du sexe à l’écran. Une raison supplémentaire pour le jury cannois, que l’on n’espère non contaminé par le puritanisme émanant des œuvres complètes de son président Steven Spielberg, de célébrer ce film comme il se doit. A défaut de palme d’or, Abdellatif Kechiche a de toute façon déjà gagné la palme du cœur. Rue 89
Elle est belle, s’appelle Isabelle et elle fête ses 17 ans avec ses parents un bel été ensoleillé au cours duquel elle rencontre également un beau garçon avec lequel elle perd sa virginité. La rentrée venue, de retour à Paris, l’héroïne retrouve ses condisciples au lycée Henri IV. A priori, elle a toutes les raisons de poursuivre sagement ses études dans les beaux quartiers bourgeois, les seuls qu’elle connaisse. Sauf que… sans raison apparente, Isabelle (la quasi-néophyte Marine Vacht) mène désormais une double vie et, sous un autre prénom, Léa, se livre à la prostitution dans les hôtels de luxe où elle retrouve des clients fortunés qu’elle a aguichés sur le net au préalable. Voir la bande-annonce. Dans « Jeune et jolie », présenté aujourd’hui en compétition, le prolifique François Ozon, invisible à Cannes depuis 2003 et « Swimming Pool », suit à la trace son héroïne, une ravissante fille de « bonne famille » qui s’adonne à la prostitution sans en « avoir besoin », ni financièrement (l’argent, chez elle, coule à flot) ni érotiquement (le plaisir sexuel n’est pas de mise et la jeune fille ne fantasme pas sur les aventures tarifées). Rue 89
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman. (…) Même s’il est géographiquement limité, l’hindouisme constitue un deuxième facteur de persécution antichrétienne. Si cette idéologie politico-religieuse est rejetée par le gouvernement central de New Delhi, elle inspire des forces actives dans plusieurs États de la fédération indienne, provoquant des violences qui ont culminé en 2009, mais qui n’ont pas cessé depuis. Troisième vecteur antichrétien: le marxisme. En Corée du Nord, toute activité religieuse est qualifiée de révolte contre les principes socialistes, et des milliers de chrétiens sont emprisonnés. En Chine, le Parti communiste fait paradoxalement bon ménage avec le capitalisme, mais les vieux réflexes sont loin d’avoir disparu: l’État tient à contrôler les religions. (…) Le 10 décembre dernier a été publié, à Vienne, un rapport de l’Observatoire sur l’intolérance et les discriminations contre les chrétiens en Europe, concernant les années 2005-2010. Ce document recense les actes de vandalisme contre les églises et les symboles religieux, les manifestations de haine et les brimades contre les chrétiens observées sur le continent européen au cours des dernières années. La liste est impressionnante, mais les faits incriminés ont suscité une émotion bien discrète ici. Aux facteurs aggravants de la situation des chrétiens dans le monde, peut-être faudrait-il ajouter l’indifférentisme religieux en Occident: si les Européens ne respectent pas le christianisme chez eux, comment aideraient-ils les chrétiens persécutés aux quatre points de l’horizon? Le Figaro
Sous Mao Zedong (de 1949 à sa mort, en 1976), la Chine était, de fait, un Etat totalitaire. En ces temps obscurs, les employés ordinaires ne pouvaient se marier (et emménager avec leur conjoint) sans l’autorisation de leur supérieur hiérarchique. Il leur fallait également attendre l’aval de l’administration pour commencer à fonder une famille. Depuis, le Parti communiste a compris qu’une telle ingérence dans la vie des Chinois pouvait desservir son principal projet: la création d’une économie moderne. Durant la période des grandes réformes initiées par Den Xiaoping (à la fin des années 1970), le Parti a peu à peu relâché son emprise sur la vie privée des citoyens, à l’exception des dissidents les plus récalcitrants. Dans les années 1980 et 1990, la disparition progressive de l’ancien système de prise en charge complète des citoyens (entreprises d’Etat, services médicaux et autres aides sociales) a également mis fin à un dispositif de contrôle particulièrement complexe, construit autour des comités de quartier, et dont l’un des objectifs étaient d’espionner la population. Cette réforme a grandement profité au Parti. Certes, de nombreux jeunes ne savent plus vraiment à quoi sert ce dernier, estimant qu’il ne joue plus aujourd’hui de rôle notable dans leurs vies. Mais les dirigeants s’en réjouissent: les citoyens ordinaires ne sont pas sensés s’intéresser aux rouages internes du parti. Ses organes les plus puissants (comme les départements de la propagande et de l’organisation) ne veulent pas se faire remarquer; on ne trouve aucune plaque à leurs noms devant leurs bureaux, et leurs numéros de téléphone ne figurent pas dans les annuaires. La stratégie de la discrétion s’est avérée payante: elle leur permet de cacher leurs opérations à la population tout en permettant au parti de récolter tous les lauriers d’une croissance économique éclair. C’est ainsi que fonctionne aujourd’hui le contrat social de la Chine: le parti permet au citoyens d’améliorer leur niveau de vie comme bon leur semble, à condition que ces derniers ne se mêlent pas de politique. Richard McGregor
After a country’s new leader proclaims the overriding authority of the constitution – a document that guarantees freedom of speech and press – it’s worth noting afterward when the same government heavily censors all discussion about that constitution. That’s what’s happening in an ongoing debate in China over “constitutionalism,” a term the government’s propaganda officials have spent recent weeks trying to reign in. Given the near constant international criticism of China on human rights, rule of law and authoritarian governance, it might surprise some even to learn China has a constitution. President Xi Jinping, in one of his first speeches after assuming leadership of China and its ruling Communist Party, vowed, “No organization or individual has the privilege to overstep the Constitution and law.” When Xi first took power in November, some Chinese eager for change were encouraged by his looser and friendlier style, seeing his words as a sign that political reforms may be coming. But the first skirmish came in January, when censors pulled an article titled “Dream of China, Dream of Constitutionalism” from the front page of an outspoken Chinese newspaper called Southern Weekend. In following months, however, the discussion stayed alive on Weibo, China’s equivalent of Twitter. On Friday, more than 7 million posts contained the word “constitutionalism,” but by Monday morning, only 1.9 million were left, the rest apparently deleted by censors. Washington Post
Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de leurs croyances religieuses. Constitution de 1954 (article 88)
Les citoyens jouissent de la liberté de parole, d’écriture, de presse, de réunion, d’association, de défilés, de manifestations et du droit de grève et ils jouissent également de la liberté de croire ou de ne pas croire et de propager l’athéisme. Constitution de 1975 (article 28)
Les citoyens jouissent de la liberté de croire à une religion ou de ne pas y croire et de propager l’athéisme.  Constitution de 1978 (article 46)
Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de croire à une religion. Aucun organe de l’Etat, aucun organisme public ou privé ne peut contraindre les citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion. L’Etat protège les activités religieuses normales. Personne ne peut, au nom d’une religion, organiser des actions qui troublent l’ordre public, qui nuisent à la santé des citoyens ou qui entravent le système éducatif de l’Etat. Les corps religieux et les affaires religieuses ne doivent pas être l’objet d’une domination étrangère. Constitution de 1982 (article 36)
Le pouvoir politique dans un Etat socialiste ne peut en aucune façon être exercé pour promouvoir toute religion, ni être exercé pour interdire toute religion, à condition que ce soit une question de croyances et de pratiques religieuses normales. Parallèlement, la religion n’a pas le droit de s’immiscer dans les affaires juridiques ou administratives de l’Etat, ni d’intervenir dans les écoles ou dans l’enseignement public. Il est absolument interdit de contraindre quiconque, particulièrement les jeunes de moins de 18 ans, à devenir membre d’une Eglise, à devenir moine ou moniale bouddhiste, ou à aller dans les temples ou les monastères pour y étudier l’Ecriture sainte bouddhiste. Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat, 1982)
Les citoyens jouissent de la liberté de croyance religieuse. Aucun organisme ou individu ne peut contraindre des citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion quelle qu’elle soit. Il ne peut pas non plus y avoir de discrimination envers des citoyens qui ont une croyance religieuse (ci-après désignés comme citoyens religieux) ou envers des citoyens qui n’en ont pas (ci-après désignés comme des citoyens non croyants). Les citoyens religieux et les citoyens non croyants doivent se respecter mutuellement et vivre en bonne entente, de même que les citoyens qui croient à différentes religions. Dispositions relatives aux affaires religieuses (article 2, Conseil des affaires d’Etat, 2005)
L’Etat, en conformité avec la loi, protège les activités religieuses normales et garantit les droits légaux ainsi que les intérêts légitimes des corps religieux, des lieux pour les activités religieuses et des citoyens religieux. Les corps religieux, les lieux pour les activités religieuses et les citoyens religieux doivent se conformer aux termes de la Constitution, aux lois, aux dispositions et aux règlements pour préserver l’unité du pays, la solidarité nationale et la stabilité de la société. Aucune organisation ou individu ne peut tirer profit de la religion pour déclencher des mouvements qui troublent l’ordre public, nuisent à la santé, ou s’immiscent dans le système éducatif de l’Etat ou dans tout autre activité qui causerait du tort à l’Etat, aux intérêts publics ou à l’exercice des droits légitimes des citoyens. Dispositions relatives aux affaires religieuses (article 3, Conseil des affaires d’Etat, 2005)
La Constitution chinoise est très claire. Elle commence par quatre principes cardinaux auxquels la Chine ne peut pas se soustraire. La République populaire et démocratique de Chine ne peut, premièrement, qu’accepter la dictature du prolétariat, deuxièmement, suivre la voie socialiste, troisièmement, être dirigée par le Parti communiste, et quatrièmement, adopter les principes du marxisme-léninisme. (…) contrôle idéologique sévère, musèlement de la liberté d’expression, des libertés syndicales, restrictions nombreuses de l’usage d’Internet, encadrement sourcilleux des médias, quasi-interdiction pour des étrangers de participer à l’information ou même de s’exprimer publiquement, répression au quotidien des religions et des minorités ethniques, volonté ferme des plus hauts dirigeants chinois de maintenir à tout prix le monopole du pouvoir au Parti communiste. Celui-ci est toujours et partout présent, d’une présence étouffante et accaparante. Tout doit passer par ses fourches caudines et rien ne peut se faire sans lui. Il est l’incarnation de l’unique légitimité possible. Sa domination sans partage depuis plus de soixante ans engendre corruption, abus de pouvoir et d’innombrables violations des droits de la personne. Il a commencé par être l’expression des classes sociales les plus pauvres de Chine mais, au fil des ans, s’est transformé pour devenir, aujourd’hui, l’instrument de la classe dominante. Eglises d’Asie
Après avoir énoncé les libertés reconnues aux citoyens, il est écrit en réalité que l’Etat peut fixer des limites à la religion (réglementation des activités religieuses « normales »). L’Etat est en position de déterminer quelles sont les activités religieuses qui peuvent être considérées comme « normales ». L’Etat doit fixer quelles activités sont considérées perturbatrices de l’ordre social, nuisent à la santé de la société et interfèrent dans le système éducatif. Selon certains universitaires et juristes reconnus de Chine populaire, la première partie de l’article protège effectivement la liberté religieuse alors que la seconde moitié la restreint. (…) Cependant, en fin de compte, peu importe vraiment ce que la Constitution énonce ou non car, dans le système juridique en Chine, les tribunaux n’ont pas le pouvoir d’examiner la loi quant au fond. En d’autres termes, ils ne peuvent s’appuyer sur la Constitution quand ils ont à juger de telle ou telle affaire. Cela leur est tout simplement impossible et doit donc être tenu pour non pertinent.
Cela fait des années que nous entendons ou lisons que la Constitution chinoise interdit l’enseignement de la religion aux jeunes de moins de 18 ans. La bonne nouvelle, comme nous pouvons le constater, est que ce n’est pas vrai. La Constitution chinoise ne dit rien de tel. La mauvaise nouvelle, en revanche, est que cette interdiction figure bien dans le « Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat (le gouvernement) en 1982. (…) En d’autres termes, les Chinois peuvent croire ce qu’ils veulent, mais l’Etat se réserve le droit de mettre des limites à la pratique de leur religion. Joann Pitttmann

La Chine invente le carré blanc religieux!

En ces temps étranges où après avoir été élu contre la politique son prédécesseur, le plus rapide Prix Nobel de la paix de l’histoire en a non seulement repris mais, des assassinats ciblés aux écoutes, largement aggravé toutes les dimensions …

Et où, au Pays autoproclamé des droits de l’homme, un président vivant ostensiblement dans le péché depuis toujours impose à tous le mariage qu’il refuse pour lui-même

Pendant qu’à Cannes Hollywood lui-même célèbre en grande pompe les amours saphiques de toutes jeunes filles filmées par un musulman ou au choix les amours tarifées via internet d’une lycéenne dans les hôtels de luxe parisiens …

Retour au lendemain d’un 24e anniversaire d’un massacre passé aussi inaperçu que cette fameuse constitution chinoise  …

Qui, à l’image de ses dispositions sur la religion (John Lenin l’avait rêvée: ils l’ont fait ! – nous, il y a longtemps qu’on a plus la religion, mais on a le sexe pour tous), promet tout… à condition de ne jamais en parler !

Chine: Que dit la Constitution chinoise au sujet de la religion ?

Vietcatholic news

Eglises d’Asie

4/18/2013

La Constitution chinoise est très claire. Elle commence par quatre principes cardinaux auxquels la Chine ne peut pas se soustraire. La République populaire et démocratique de Chine ne peut, premièrement, qu’accepter la dictature du prolétariat, deuxièmement, suivre la voie socialiste, troisièmement, être dirigée par le Parti communiste, et quatrièmement, adopter les principes du marxisme-léninisme.

De ces quatre grands piliers inamovibles du régime, les partisans du Parti communiste chinois se félicitent, car ils attribuent à ce dernier bien des mérites : il a mené la Chine sur la route de l’indépendance nationale, de la reconnaissance internationale et du progrès économique. Grâce à la stabilité interne et à la très stricte discipline à laquelle sont soumis les membres du Parti, celui-ci donne au pays une armature solide et l’empêche de sombrer dans le désordre et la guerre civile. Le Parti communiste permet aux différentes provinces de cet immense pays qu’est la Chine de rester unies et solidaires dans les difficultés, malgré une population composée de tant d’ethnies différentes. Finalement, et ce n’est pas rien, il a rendu sa fierté au peuple chinois.

Les accusateurs du Parti, quant à eux, ne mâchent pas leurs mots : contrôle idéologique sévère, musèlement de la liberté d’expression, des libertés syndicales, restrictions nombreuses de l’usage d’Internet, encadrement sourcilleux des médias, quasi-interdiction pour des étrangers de participer à l’information ou même de s’exprimer publiquement, répression au quotidien des religions et des minorités ethniques, volonté ferme des plus hauts dirigeants chinois de maintenir à tout prix le monopole du pouvoir au Parti communiste. Celui-ci est toujours et partout présent, d’une présence étouffante et accaparante. Tout doit passer par ses fourches caudines et rien ne peut se faire sans lui. Il est l’incarnation de l’unique légitimité possible. Sa domination sans partage depuis plus de soixante ans engendre corruption, abus de pouvoir et d’innombrables violations des droits de la personne. Il a commencé par être l’expression des classes sociales les plus pauvres de Chine mais, au fil des ans, s’est transformé pour devenir, aujourd’hui, l’instrument de la classe dominante.

Dans ce contexte, chacun, au sein du Parti comme en dehors de lui, parle ouvertement de la nécessité d’une réforme du système. Dans un pays qui n’a pas connu d’Etat de droit et au sein d’une République populaire qui, un temps au cours de son histoire, a pu se passer de Constitution ou l’ignorer complètement, la réforme passe certes par une refonte de la Constitution mais aussi par une mise à plat de la place et du rôle du droit dans la société. Dans cette perspective, Pékin observe sans doute de près ce qui se passe aujourd’hui au Vietnam, où le pouvoir a initié une consultation publique au sujet de la refonte de la Constitution du pays et voit cette consultation lui échapper, la société civile – et notamment l’Eglise catholique – mettant en cause du rôle dirigeant du Parti communiste sur la politique et la société.

L’article ci-dessous, traduit par la rédaction d’Eglises d’Asie, présente succinctement ce que dit la Constitution de la République populaire de Chine de la religion, et notamment le fait, souvent repris à l’étranger, que la loi chinoise interdit l’instruction religieuse aux jeunes âgés de moins de 18 ans. L’auteur, Joann Pittman, a longuement vécu à Pékin et collabore aujourd’hui à China Source. Basé aux Etats-Unis, fondé en 1997, China Source vise à réunir et rassembler informations et analyses concernant les communautés chrétiennes de Chine. Son article « What Does the Chinese Constitution Say About Religion? » est daté du 20 mars 2013.

Que dit la Constitution chinoise au sujet de la religion ?

Joann Pittmann

Les idées fausses abondent au sujet des dispositions concernant la religion qui sont inscrites dans la Constitution de la République populaire de Chine. Le gouvernement affirme que « la liberté de croyance religieuse » est inscrite au cœur dans la Constitution. Et pourtant souvent, nous entendons que la Constitution interdit l’enseignement de la religion aux personnes âgées de moins de 18 ans. Il n’est donc pas inintéressant de jeter un œil sur ce que la Constitution énonce réellement au sujet de la religion et de la liberté religieuse.

Depuis sa fondation en 1949, la République populaire de Chine a connu quatre textes constitutionnels différents. La première Constitution a été ratifiée en 1954 et a énoncé les principes directeurs, ainsi que l’établissement des structures de l’Etat et les droits et devoirs des citoyens. Une deuxième Constitution de la République populaire de Chine a été ratifiée en 1975, puis une troisième version amendée a été ratifiée en 1978. La Constitution actuelle de la République populaire de Chine date de 1982 (et a fait l’objet de révisions en 1988, 1993, 1999 et 2004). Chacune de ces Constitutions reflète les conditions politiques et sociales particulières qui avaient cours en Chine au moment de leur ratification.

Chacune de ces Constitutions comporte un article qui traite des « croyances religieuses ».

L’article 88 de la Constitution de 1954 dispose : « Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de leurs croyances religieuses. »

Pendant la Révolution culturelle, la Constitution a été mise de côté et Mao a gouverné par ordonnances. A la fin de la Révolution culturelle, la Constitution a été reprise et révisée.

L’article 28 de la Constitution de 1975 dispose : « Les citoyens jouissent de la liberté de parole, d’écriture, de presse, de réunion, d’association, de défilés, de manifestations et du droit de grève et ils jouissent également de la liberté de croire ou de ne pas croire et de propager l’athéisme. »

L’article 46 de la Constitution de 1978 dispose : « Les citoyens jouissent de la liberté de croire à une religion ou de ne pas y croire et de propager l’athéisme. »

L’article 36 de la Constitution (actuelle) de 1982 dispose : « Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de croire à une religion. Aucun organe de l’Etat, aucun organisme public ou privé ne peut contraindre les citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion. L’Etat protège les activités religieuses normales. Personne ne peut, au nom d’une religion, organiser des actions qui troublent l’ordre public, qui nuisent à la santé des citoyens ou qui entravent le système éducatif de l’Etat. Les corps religieux et les affaires religieuses ne doivent pas être l’objet d’une domination étrangère. »

Le point commun à tous ces articles est de conférer le droit à croire ou à ne pas croire à une religion. On constate aussi que l’article 36 est le plus précis de tous les articles au sujet des protections que la Constitution semble offrir aux citoyens. Ceux-ci ne peuvent pas être contraints de croire à une religion. Ceux qui croient à une religion ne doivent pas être l’objet de mesures discriminatoires.

Cependant, les dispositions de la seconde moitié de cet article 36 semblent infirmer ou du moins définir des limites à la liberté promise dans la première partie. Après avoir énoncé les libertés reconnues aux citoyens, il est écrit en réalité que l’Etat peut fixer des limites à la religion (réglementation des activités religieuses « normales »). L’Etat est en position de déterminer quelles sont les activités religieuses qui peuvent être considérées comme « normales ». L’Etat doit fixer quelles activités sont considérées perturbatrices de l’ordre social, nuisent à la santé de la société et interfèrent dans le système éducatif. Selon certains universitaires et juristes reconnus de Chine populaire, la première partie de l’article protège effectivement la liberté religieuse alors que la seconde moitié la restreint. (Et, s’il m’est permis d’ajouter un commentaire : « rien n’est tel qu’il paraît être »sur ce point).

Cependant, en fin de compte, peu importe vraiment ce que la Constitution énonce ou non car, dans le système juridique en Chine, les tribunaux n’ont pas le pouvoir d’examiner la loi quant au fond. En d’autres termes, ils ne peuvent s’appuyer sur la Constitution quand ils ont à juger de telle ou telle affaire. Cela leur est tout simplement impossible et doit donc être tenu pour non pertinent.

Comme je l’ai précisé précédemment, cela fait des années que nous entendons ou lisons que la Constitution chinoise interdit l’enseignement de la religion aux jeunes de moins de 18 ans. La bonne nouvelle, comme nous pouvons le constater, est que ce n’est pas vrai. La Constitution chinoise ne dit rien de tel. La mauvaise nouvelle, en revanche, est que cette interdiction figure bien dans le « Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat (le gouvernement) en 1982.

Ce texte est un document détaillé, faisant ressortir comment la religion peut être pratiquée ou non dans la société. Il précise : « Le pouvoir politique dans un Etat socialiste ne peut en aucune façon être exercé pour promouvoir toute religion, ni être exercé pour interdire toute religion, à condition que ce soit une question de croyances et de pratiques religieuses normales. Parallèlement, la religion n’a pas le droit de s’immiscer dans les affaires juridiques ou administratives de l’Etat, ni d’intervenir dans les écoles ou dans l’enseignement public. Il est absolument interdit de contraindre quiconque, particulièrement les jeunes de moins de 18 ans, à devenir membre d’une Eglise, à devenir moine ou moniale bouddhiste, ou à aller dans les temples ou les monastères pour y étudier l’Ecriture sainte bouddhiste. »

En 2005, le Conseil des affaires d’Etat a promulgué un texte intitulé « Dispositions relatives aux affaires religieuses » dans lequel il indique plus précisément de quelle manière les affaires religieuses doivent être gérées en Chine. Il est intéressant de noter que, dans ce dernier texte, il n’est pas fait mention d’interdictions concernant les moins de 18 ans.

L’article 2 énonce : « Les citoyens jouissent de la liberté de croyance religieuse. Aucun organisme ou individu ne peut contraindre des citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion quelle qu’elle soit. Il ne peut pas non plus y avoir de discrimination envers des citoyens qui ont une croyance religieuse (ci-après désignés comme citoyens religieux) ou envers des citoyens qui n’en ont pas (ci-après désignés comme des citoyens non croyants). Les citoyens religieux et les citoyens non croyants doivent se respecter mutuellement et vivre en bonne entente, de même que les citoyens qui croient à différentes religions. »

L’article 3 énonce : « L’Etat, en conformité avec la loi, protège les activités religieuses normales et garantit les droits légaux ainsi que les intérêts légitimes des corps religieux, des lieux pour les activités religieuses et des citoyens religieux. Les corps religieux, les lieux pour les activités religieuses et les citoyens religieux doivent se conformer aux termes de la Constitution, aux lois, aux dispositions et aux règlements pour préserver l’unité du pays, la solidarité nationale et la stabilité de la société. Aucune organisation ou individu ne peut tirer profit de la religion pour déclencher des mouvements qui troublent l’ordre public, nuisent à la santé, ou s’immiscent dans le système éducatif de l’Etat ou dans tout autre activité qui causerait du tort à l’Etat, aux intérêts publics ou à l’exercice des droits légitimes des citoyens. »

En d’autres termes, les Chinois peuvent croire ce qu’ils veulent, mais l’Etat se réserve le droit de mettre des limites à la pratique de leur religion.

Pour aller plus loin :

- Pour une analyse détaillée de ces dispositions, je recommande l’article « Analyse sémantique des mots-clés relatifs aux dispositions pour les affaires religieuses » de Zhang Shoudong, universitaire de Chine continentale.

- Le Centre sur la religion et la société chinoise de l’Université Purdue (université publique de l’Indiana, Etats-Unis) dispose d’une collection de traductions en langue anglaise des documents du gouvernement chinois sur la religion.

- On pourra aussi lire sur Eglises d’Asie l’article suivant : « Retour vers le futur : mise en œuvre d’une politique religieuse pré-moderne dans une Chine post-sécularisée » ainsi que « La politique religieuse de la Chine : 1981-1999 »

(Source: Eglises d’Asie, 18 avril 2013)

Voir aussi:

China’s constitution debate hits a sensitive nerve

Li Qi and William Wan

Washington post

June 3, 2013

BEIJING – After a country’s new leader proclaims the overriding authority of the constitution – a document that guarantees freedom of speech and press – it’s worth noting afterward when the same government heavily censors all discussion about that constitution.

That’s what’s happening in an ongoing debate in China over “constitutionalism,” a term the government’s propaganda officials have spent recent weeks trying to reign in.

Given the near constant international criticism of China on human rights, rule of law and authoritarian governance, it might surprise some even to learn China has a constitution.

President Xi Jinping, in one of his first speeches after assuming leadership of China and its ruling Communist Party, vowed, “No organization or individual has the privilege to overstep the Constitution and law.”

When Xi first took power in November, some Chinese eager for change were encouraged by his looser and friendlier style, seeing his words as a sign that political reforms may be coming. But the first skirmish came in January, when censors pulled an article titled “Dream of China, Dream of Constitutionalism” from the front page of an outspoken Chinese newspaper called Southern Weekend.

In following months, however, the discussion stayed alive on Weibo, China’s equivalent of Twitter. On Friday, more than 7 million posts contained the word “constitutionalism,” but by Monday morning, only 1.9 million were left, the rest apparently deleted by censors.

At the heart of the fight are different interpretations of what “constitutionalism” means in China. Some, like Tong Zhiwei, a professor at East China University of Political Science and Law, have used it to talk about a fuller implementation of China’s constitution and a way to “prescribe a limit to the party’s power.” Further on the spectrum are radical liberals who want to altogether change China’s one-party political system, in which the Communist Party rules all, and advocate a western-style constitutional government.

Concerned about keeping their grip on power, party leaders have pushed back against such interpretations in recent days, arguing through party journals and newspapers that the secret mission of constitutionalism talk is “to abrogate the leadership of the Communist Party and to overthrow the socialism regime,” as Party Construction journal put it on May 29.

According to the party journal Red Flag Manuscript, constitutionalist systems “only belong to capitalism and bourgeoisie dictatorship and not to socialist people’s democracy.”

Professors and intellectuals say the party has been circulating a list of “seven taboos” – topics they are banned from discussing in class. Many of those topics, they say, touch on the very same rights guaranteed by the constitution: freedom of speech, judicial independence, universal values, civil society, civil rights and past mistakes of the party.

The order was first described by Zhang Xuezhong, a professor at East China University of Political Science and Law, on his microblog, which was quickly deleted. But it has since been described by other professors. The document is difficult to confirm, intellectuals say, because, as with many sensitive party documents, the order is read out loud at meetings to prevent widespread circulation.

For younger teachers, the party has issued another document – made public last week by China’s Ministry of Education – that demands for intensified “ideological and political” training for college lecturers, including monitoring their online conversations.

“A small number of young teachers have confused political belief and fuzzy ideal and faith,” the document reads. “Teachers should be self-disciplined when lecturing in class and stop words and deeds that harm the national interest.”

Some observers have joked about the new rules on social media.

“I suggest we only lecture about how to dream a dream”, wrote Feng Wei, a Fudan University professor, on his microblog account.

Shanghai-based professor Yang Shiqun wrote, “You should be well-disciplined even when you are dreaming a dream, for you cannot dream about the seven topics.”

Voir encore:

Scandale Verizon : Washington défend la saisie de millions de données téléphoniques

Le Monde avec AFP

06.06.2013

Après le scandale provoqué par les révélations du Guardian sur la saisie automatique des centaines de millions de données téléphoniques de citoyens américains, c’est l’argument de la « lutte contre le terrorisme » que l’administration Obama a brandi pour se défendre.

Le quotidien britannique a révélé que, dans le cadre d’un programme hérité de l’ère Bush et de la lutte antiterroriste, une ordonnance de justice secrète obligeait l’opérateur américain Verizon à livrer quotidiennement à l’agence nationale de sécurité (NSA) la totalité des données téléphoniques de ses abonnés.

La seule réaction de l’administration Obama est venue jeudi 6 juin au matin d’un haut responsable américain qui, sous couvert d’anonymat, a expliqué que cette collecte d’information est un « outil crucial » pour lutter contre le terrorisme.

Sans confirmer explicitement les faits, mais sans non plus les nier, ce dernier a insisté sur le fait que l’ordonnance « ne permettait pas au gouvernement d’écouter les conversations téléphoniques de quelqu’un » et ne portait pas sur « le contenu des communications ou le nom des abonnés ». Il s’agit de « métadonnées, tels qu’un numéro de téléphone ou la durée d’un appel », a souligné ce responsable

De son côté, la sénatrice de Californie, la démocrate Dianne Feinstein, a déclaré à la presse que l’ordonnance secrète révélée par The Guardian n’était que le renouvellement – d’une durée de trois mois, du 25 avril au 19 juillet – d’une pratique courante. D’autres parlementaires ont également insisté sur le fait que cette pratique était parfaitement légale, en raison du Patriot Act en vigueur depuis 2001.

« AU-DELÀ D’ORWELL »

Ce scandale éclaire d’une nouvelle lumière le Patriot Act, loi antiterroriste votée dans la foulée des attentats du 11-Septembre, et qui suscite beaucoup de critiques depuis des années parmi les défenseurs des libertés individuelles.

« Cela va au-delà d’Orwell », a dénoncé Jameel Jaffer, de la grande ONG American Civil Liberty Union (ACLU), en référence au livre d’anticipation de George Orwell, 1984. ACLU est allée en justice pour forcer le gouvernement à s’expliquer sur l’utilisation du Patriot Act.

« C’est une nouvelle preuve de l’étendue avec laquelle les droits démocratiques de base sont remisés au second plan, en secret, au profit des agences de renseignement qui n’ont de comptes à rendre à personne ».

LE PATRIOT ACT EN QUESTION

En 2006, déjà, les Américains avaient été choqués d’apprendre que la NSA avait collecté secrètement des données de communications passées entre un interlocuteur situé aux Etats-Unis et un autre à l’étranger. L’administration de George W. Bush avait ensuite modifié le programme pour que les demandes de saisies passent par un juge d’une cour secrète, dédiée aux écoutes.

En 2011, le Congrès a prolongé le Patriot Act et l’exécutif semble avoir tenu au courant certaines commissions parlementaires de son utilisation de la loi pour réclamer des données en vrac, et non ciblées sur des suspects de terrorisme.

Deux sénateurs membres de la commission du renseignement avaient toutefois écrit au ministre de la justice, Eric Holder, pour conjurer l’administration de rendre publics les documents juridiques légitimant le programme de surveillance, sans pouvoir eux-mêmes en révéler les détails, classés secrets.

Verizon livre les relevés de ses abonnés aux renseignements américains

Le Monde avec Reuters

06.06.2013

Les données transmises par Verizon à la NSA comprennent le lieu, la date et la durée des appels, ainsi que les numéros de téléphone qui y ont participé. La NSA n’a en revanche pas connaissance du contenu des conversations.

Un nouveau scandale menace la Maison Blanche. Le quotidien britannique The Guardian révèle dans son édition du 6 juin que l’opérateur téléphonique américain Verizon remet quotidiennement à la National Security Agency (NSA), l’une des principales agences de renseignements des Etats-Unis, les relevés de dizaines de millions d’abonnés.

Le journal a eu accès à l’ordonnance secrète, datant du 25 avril, du tribunal fédéral relatif au renseignement étranger (Foreign Intelligence Surveillance Court, FISC, un organisme créé par le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) de 1978) des Etats-Unis, qui donne à la NSA un accès illimité aux données concernées, pour une période comprise entre le 25 avril et le le 19 juillet. Les données comprennent le lieu, la date et la durée des appels nationaux et internationaux, ainsi que les numéros de téléphone qui y ont participé. L’agence n’a, en revanche, pas connaissance du contenu des conversations.

PRATIQUES INCHANGÉES

La surveillance massive des citoyens américains qui avait marqué l’ère Bush après le 11-Septembre semble ainsi avoir perduré à grande échelle sous l’administration Obama, observe le Guardian. Barack Obama avait promis de renforcer le contrôle sur les écoutes téléphoniques sans mandat. Dans la pratique, il a conservé le programme mis en place par l’administration Bush, avec la coopération des compagnies de téléphone. Mais il a renforcé le contrôle du Congrès sur la loi qui régit la collecte de renseignements (Foreign Intelligence Surveillance Act).

Quant au Patriot Act (la loi antiterroriste, votée en octobre 2001 dans la foulée des attentats du 11-Septembre, elle a été reconduite en mai 2011 sans modification et Barack Obama l’a promulguée sans sourciller. Le ministère de la justice a néanmoins tenté d’en atténuer les dispositions les plus contestées dans ses décrets d’application.

Un nouveau scandale menace de faire dérailler pour de bon le second mandat de Barack Obama.

Le dossier risque de faire d’autant plus de remous, que tous les utilisateurs sont visés, sans distinction. D’ordinaire, relève le journal, les décisions du FISC ciblent des sujets soupçonnés d’être liés à des groupes terroristes, des agents de pays étrangers, ou des groupes d’individus identifiés.

Interrogés à ce sujet, la NSA et Verizon impliqué se sont abstenus de tout commentaire. « On ignore si Verizon est le seul fournisseur visé par ce type d’ordonnance, mais de précédents comptes rendus laissaient entendre que la NSA avait recueilli les relevés téléphoniques de tous les principaux réseaux mobiles », souligne le journal. Difficile également de savoir si l’ordonnance, qui court sur 3 mois, relève d’une décision ponctuelle ou s’avère la dernière d’une longue série.

Un expert, mentionné par le Washington Post, assure que ce type de requête, renouvelée tous les 90 jours, existe depuis 2006 sans pour autant être lié à une quelconque enquête du FBI ou de toute autre agence de renseignement.

FISC et FISA : la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC) est un organisme créé par le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) de 1978, qui décrit les procédures des surveillances physiques et électronique, ainsi que la collecte d’information sur des puissances étrangères soit directement, soit par l’échange d’informations avec d’autres puissances étrangères. Elle a été amendée par le USA Patriot Act, une loi antiterroriste qui a été votée par le Congrès des Etats-Unis et signée par George W. Bush le 26 octobre 2001.

Voir enfin:

Palme du cœur

L’amour et le sexe entre filles filmés par Kechiche : bouleversant

Rue 89

Olivier De Bruyn | Journaliste

23/05/2013

Le mariage pour tous, au Festival de Cannes, est célébré en grande pompe sur les écrans de la compétition. Après « Ma vie avec Liberace », de Steven Soderbergh où Matt Damon et Michael Douglas campent un couple gay sous les paillettes kitsch du Las Vegas des années 70, c’est au tour des filles entre elles d’aimanter le regard dans « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 », le nouveau Abdellatif Kechiche (sortie prévue le 9 octobre 2013).

Chamboulement des corps et des âmes, le cinéaste de « La Graine et le mulet » prend tous les risques et sidère. C’est un film important, bouleversant, subtil, gonflé et beaucoup d’autres choses encore.

Portrait de femme

« Le Bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh

Libre adaptation du « Bleu est une couleur chaude », la bande dessinée de Julie Maroh, le film suit au plus près, en trois heures de temps balisées par de brutales ellipses, quelques années dans la vie d’Adèle, une jeune femme de Lille, d’abord lycéenne, puis institutrice.

Chapitre un et deux, comme ceux d’une fin d’adolescence et d’une entrée dans la discutable et normative vie adulte.

Premier temps : Adèle, dans sa classe littéraire, se passionne pour les livres et pour les garçons. Elle éprouve son âge des possibles sous les yeux de ses parents, de ses profs, de ses copines et se débat sans même s’en apercevoir contre les usages et les conformismes venus de partout.

Amour caché

Elle rencontre un jeune type qui l’aime, couche avec lui, mais quelque chose cloche. Quelque chose cloche, parce qu’Adèle, un jour, a croisé une fille dans la rue, les cheveux teints en bleus, enlacée à une autre jeune femme, et qu’elle ne s’est pas remise de cette apparition et d’un regard furtivement échangé.

Adèle ne se lasse pas de cette image et de ce souvenir entêtant. Le jour, il habite ses pensées confuses et, la nuit, hante ses songes érotiques ardents. Bientôt, Adèle parcourt les bars gays et lesbiens de la ville et retrouve celle qu’elle cherche. Elle, c’est Emma, étudiante aux Beaux-Arts, tempérament irréductible et identité sexuelle assumée.

Les deux jeunes femmes entament leur histoire, douce et tumultueuse, sensuelle et nécessaire, unique et violente. Passé le prologue de ce long film qui passe si vite, premier et second temps de la fiction raconteront (entre autres) leur amour, dont il ne faut rien dire.

Soubresauts et agitation

Dans son nouveau film, Abdellatif Kechiche, non content de signer l’un des plus beaux portraits de femme vus ces dernières années au cinéma, aborde et creuse une quantité invraisemblable de thèmes, sans jamais s’abîmer dans la démonstration et la leçon de choses.

Fidèle à sa manière réaliste qui excelle comme aucune autre dans le cinéma français contemporain à enregistrer les soubresauts de l’existence et l’agitation intérieure, le cinéaste de « L’Esquive » interroge la question du genre et de la « conformité », de l’identité sexuelle et de ses ambiguïtés, du déterminisme social et des frontières qu’il impose.

Sus au discours

La puissance du film, comme celle de toute œuvre majeure, repose sur sa mise en scène, son art si subtil de donner à voir et à éprouver plutôt que d’expliquer et de souligner les intentions.

Dans ce film d’une richesse et d’une sensibilités inouïes, Kechiche ne perd jamais le fil essentiel de son récit : l’histoire d’amour entre ses deux héroïnes, incarnées (le mot est vraiment approprié) par une débutante surdouée (Adèle Exarchopoulos) et une moins débutante admirable (Léa Seydoux).

L’amour, bien sûr, est aussi et surtout une affaire de corps et d’attraction physique. Ce que le cinéma ne sait et ne veut que trop rarement regarder en face… Abdellatif Kechiche, lui, sans jamais céder au bluff, au voyeurisme ou à la performance, sait et veut.

Du coup, si l’on ose dire, le cinéaste, en toute cohérence avec son projet, filme avec une intensité fiévreuse les deux filles qui font l’amour, au lit et ailleurs, et n’en peuvent plus d’avoir toujours envie de recommencer et de jouir, dans toutes les positions.

Ces scènes, capitales et indispensables au récit, ne manqueront pas de beaucoup faire parler d’elles, puisqu’il est rarissime que le « cinéma traditionnel » montre « pour de vrai » le sexe, sans faux semblants ni pudeur hypocrite. Espérons qu’elles feront parler d’elles en bien, car « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 » – en rien pour l’anecdote – fait accomplir un pas de géant au cinéma hors X sur la question capitale de la représentation du sexe à l’écran.

Une raison supplémentaire pour le jury cannois, que l’on n’espère non contaminé par le puritanisme émanant des œuvres complètes de son président Steven Spielberg, de célébrer ce film comme il se doit. A défaut de palme d’or, Abdellatif Kechiche a de toute façon déjà gagné la palme du cœur.


Etoile jaune/71e: Les étoiles ne sont pas toujours belles (From Muslim dhimmi hoods and belts to medieval wheels and Nazi yellow badges)

7 juin, 2013
Les étoiles ne sont pas toujours belles, elles ne portent pas toujours bonheur, les étoiles ne sont pas toujours belles quand on les accroche sur le cœur. Hugues Aufray (1968)
Qui a vu le crapaud traverser une rue ? C’est un tout petit homme, une poupée n’est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait…? Non ! Il est rhumatisant. Une jambe reste en arrière, il la ramène ! Où va-t-il ainsi ? Il sort de l’égout, pauvre clown. Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud, tu n’as pas l’étoile jaune. Max Jacob (Amour du prochain, au curé de Saint-Benoit, Drancy, 1944)
On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. Il est vrai que les Allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l’égard des Juifs. Ce n’était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu’on n’est pas n’importe qui, qu’on est le peuple élu … Pierre desproges (On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle ?, 1968)
Chez les Chrétiens, le jaune signifiait aussi trahison : Judas est représenté avec une robe jaune ainsi que les Juifs. Vers la fin du Moyen Age, le jaune est lié au désordre, à la folie : les bouffons et les fous sont habillés en jaune (le nain jaune). Le jaune est associé à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Paradoxalement il correspond aux maris trompés alors qu’originellement il indiquait le trompeur. Mémoire juive et éducation
Des pressions païennes formidables vont s’exercer sur nous-mêmes et sur nos familles pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire. Si l’on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps. Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit. Pasteur André Trocmé (1940)
Suivant une légende populaire, le roi Christian X portait une étoile jaune afin de montrer son soutien envers les Juifs danois durant l’occupation nazie du Danemark. Dans une autre version, c’est la population du Danemark qui décida de porter une étoile jaune pour la même raison. Ces deux légendes sont pure fiction. Cependant, cette légende est basée sur une vérité historique importante : le roi et la population danoise apportèrent leur soutien à leurs concitoyens juifs et jouèrent un rôle crucial dans les opérations de sauvetage qui permirent à la grande majorité d’entre eux d’échapper à la persécution nazie et à la mort. USHMM (courtesy of Leo Goldberger)
A côté des Justes, de nombreux Français se montrèrent solidaires envers les Juifs en portant l’étoile jaune par choix citoyen, avec la mention Zazou, Auvergnat, Bouddhiste, Papou, etc. Arrêtés et mis dans les camps en France, ils ne furent pas déportés. C. Gruat et C. Leblanc reviennent sur les parcours de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. (Résumé de « Amis des Juifs: les résistants aux étoiles« , Cédric Gruat et Cécile Leblanc)
C’est exceptionnel dans l’Ouest de la France, et grâce à un réseau de femmes et d’hommes, Juifs et Français, entre Paris et la Vendée. Il a fallu que s’écoulât un demi-siècle pour que la conspiration du silence qui a permis d’héberger dans des familles d’accueil ces enfants à Chavagnes soit brisée. Il faut aussi sans doute rapprocher cette solidarité d’une culture de la résistance héritée de la contre-révolution vendéenne, et de l’influence des pères Louis-Marie Baudouin et Jacques Jaunet. Jean Rousseau
Ils furent souvent aidés dans cette tâche par les protestants, qui avaient gardé la mémoire des persécutions passées. Ce n’est pas un hasard si une organisation comme la Cimade fut en pointe dans les opérations de sauvetage, si beaucoup d’enclaves de protection se situaient en pays huguenot.
Dans le sillage de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse auteur d’une admirable lettre pastorale lue en chaire, cinq évêques élevèrent une protestation publique au moment des grandes rafles.
Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que l’assemblée des évêques fit pression en privé sur Pétain et Laval, avec une relative efficacité. Serge Klarsfeld voit dans ces démarches la cause du ralentissement des déportations à l’automne 1942: «Confronté aux réactions de l’opinion publique en zone libre et aux interventions déterminantes du haut clergé, Vichy s’est vu contraint de freiner sa coopération massive et de refuser de remplir le programme d’octobre 1942 de livraison des juifs», écrit l’auteur de Vichy-Auschwitz. Pourtant proche de Pétain, le cardinal Gerlier mit la «logistique» de l’Eglise à la disposition des réseaux de sauveurs d’enfants: le primat des Gaules sera d’ailleurs fait «Juste parmi les nations» à titre posthume en 1980. «Juste» aussi, l’évêque de Nice, Paul Rémond (oncle de l’historien René Rémond), qui, quoique n’ayant guère protesté au moment des rafles, couvrit, dans les Alpes-Maritimes, les activités clandestines du réseau Abadi, grâce auquel on parvint à sauver 500 enfants. L’Express

Retour, en ce triste 71e anniversaire de l’application (un an après l’Allemagne) du décret de port de l’étoile jaune en France et avec le site « mémoire juive et éducation »….

Sur cette hélas longue tradition, apparemment rapportée des Croisades (des pratiques issues du statut de dhimmi musulman, chrétiens compris) à partir du XIIe siècle d’Innocent III et de Saint Louis et jusqu’au XVIe (XVIIe pour Venise qui nous donnera le mot ghetto), des signes distinctifs juifs (de la rouelle aux couvre-chefs, jaunes pour la trahison) pour éviter officiellement les mariages avec les chrétiens  …

Qui, redépoussiérée par les nazis au milieu du XXe siècle en Europe et malgré les quelques protestations en France d’une petite minorité (des clergés catholique et protestants, aux descendants des huguenots des Cévennes ou de quelques zazous) ou, derrière leurs élites encore solides (au contraire de la Pologne ou des Pays-Bas qui avaient vu les leurs décimées ou exilées ou plus tard la Bulgarie suite à l’intervention du Grand Moufti de Jérusalem lui-même) comme le roi Christian X du Danemark, de quelques rares pays comme le Danemark justement non affecté, contrairement à la légende, par ladite législation …

Ou les quelques exemptions dument prévues par la loi ou obtenues par relations …

Avait fait regretter au poète juif converti Max Jacob le statut de crapaud  auquel les juifs avaient droit jusque là …

Dernière modification de cette page : 01/22/2012 21:47:24

Le début du port de l’étoile jaune

Clarisse Bouzat, collégienne à Toulouse (31), me demande: «A partir de quand les Juifs ont porté l’étoile?»
Tu ne me demandes pas si c’est en France ou dans le reste de l’Europe. Alors je vais répondre le plus largement possible.
Une autre question : « Bonjour je m’appelle Romain. Je voudrais savoir ce que symbolisait l’étoile jaune que portaient les juifs. »

Au Moyen-Age, il y avait déjà eu des signes distinctifs

En France, en Espagne et en Italie, la loi obligeait les Juifs à porter la «rouelle», un rond jaune, sur la poitrine.
C’est l’Eglise catholique et plus précisément le Pape qui voulait qu’on puisse repérer les Juifs et éviter des unions entre Juifs et Chrétiens.
Le pape Innocent III publie un décret en 1215, lors du quatrième Concile de Latran, ordonnant que les Juifs portent des vêtements différents de ceux des Chrétiens. Il s’agit d’empêcher des mariages entre Juifs et Chrétiens.
Le Concile de Vienne en 1267 qui ordonne le port d’un chapeau particulier, le Judenhut.
En France, c’est Louis IX dit « Saint Louis » qui ordonne en 1269 le port de deux signes jaune l’un dans le dos, l’autre sur le poitrine, à partir de 14 ans.

Pourquoi le jaune ?

Chez les Chrétiens, le jaune signifiait aussi trahison : Judas est représenté avec une robe jaune ainsi que les Juifs. Vers la fin du Moyen Age, le jaune est lié au désordre, à la folie : les bouffons et les fous sont habillés en jaune (le nain jaune). Le jaune est associé à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Paradoxalement il correspond aux maris trompés alors qu’originellement il indiquait le trompeur.


Enluminure sur un manuscrit du Moyen-Age :
vers 1460, un juif allemand porte la rouelle.
Manuscrit Add. 14762, British Library, Londres

Dessin représentant des Juifs allemands,
portant le chapeau juif
Manuscrit Add 662, Universitary Library, Cambridge

En Allemagne, c’est un chapeau que doivent porter les Juifs : le «Judenhut» est imposé par un décret du Concile de Vienne en 1267. C’est un chapeau plat surmonté d’une tige avec une boule comme on le voit très bien sur les armoiries suivantes où trois chapeaux juifs sont représentés.

Vers 1300, en Allemagne,
écu portant trois « chapeaux juifs »
Manuscrit SP II 252, Biblioteca Ambrosiana, Milan


    Mais tout ce marquage des Juifs est abandonné progressivement. Au XVIème siècle, ces vêtements, couvre-chefs et marques de reconnaissance ont disparu partout, sauf à Venise où l’obligation du port du chapeau dura jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Il faudra le XXème siècle et sa barbarie pour que réapparaissent ces « marques d’infamie » :


En Pologne, dès 1939, pas d’étoile mais un brassard

C’est dès 1939 que les nazis qui ont occupé la Pologne, obligent les habitants à porter, non une étoile, mais un brassard sur lequel il y avait une étoile. L’étoile est un vieux symbole juif : le « Maguen David » ou bouclier de David, probablement l’ancien bouclier des soldats de l’armée d’Israël du temps du roi David :

I. Tous les Juifs et Juives seront obligés de porter un brassard blanc d’une largeur de 10 cm au moins sur la manche droite de leur vêtement ou pardessus, à partir du 1er décembre 1939.II. Les Juifs et les Juives se procureront eux-mêmes les brassards et les revêtiront d’inscriptions correspondantes.

III. 1) Les contrevenants seront punis de prison.
2) Les tribunaux spéciaux sont compétents à cet effet.

IV. Les dispositions d’application seront publiées par le directeur de la section d’administration intérieure.

Cracovie, le 23 novembre 1939.

Signé: FRANK,
Gouverneur Général pour les territoires polonais occupés.

Voici un exemple de cette obligation :

A Cracovie, en janvier 1941 : le dernier wagon du tramway est seul autorisé aux Juifs (pancarte FUR JUDEN).
Ceux qui montent portent le brassard au bras droit.

En Allemagne, dès 1941

Le décret du 19 septembre 1941, obligeait les Juifs à porter sur le côté gauche de la poitrine une large étoile jaune avec le mot « Jude ».

Etoile jaune Voici l’explication de cette mesure par les nazis. On remarque qu’ils inversent tout : ce sont les Juifs qui tenteraient de les « anéantir »… Il est clair qu’il s’agit de séparer les Juifs des autres Allemands et de leur faire payer ensuite leur «responsabilité collective»

« Cette mesure a pour but d’empêcher les Juifs de se camoufler pour tenter d’entrer en contact avec les Allemands. Les batailles de l’Est ont pleinement montré l’infamie des procédés juifs, ainsi que le danger universel que représente pour les peuples libres la politique juive d’anéantissement. Dans ces conditions, on ne peut plus tolérer que des Allemands risquent d’entrer en contact avec des Juifs qui dissimulent leur véritable race. La séparation entre Allemands et Juifs sera réalisée de façon aussi complète que possible dans les circonstances actuelles. Ainsi sera proclamée à la face du monde la responsabilité collective de tous les Juifs pour les abominations commises contre les aryens dans l’Est. Les Juifs du monde entier portent cette responsabilité accablante.»

En France, en Belgique et aux Pays-Bas, en 1942

Celui qui organise la mise en place de l’étoile jaune en France s’appelle Hellmuth Knochen. Cest l’adjoint d’Oberg à partir du printemps 1942. Il dirige la mise en place de l’extermination des juifs de France. Son activité, comme le montre la lettre ci-desous s’étend à la Belgique et à la Hollande :

Lettre du SS Knochen annonçant la mise en place de l’étoile jaune :

IV J SA 221 b                      Paris, le 10 mars 1942
Dan / Bir
.Au service de Bruxelles
Sturmbannfuhrer Ullers.

Objet : Insigne distinctif des Juifs.
Référence: Réunion des spécialistes des questions juives à Berlin, le 4 mars 1942.

Ainsi que cela a été convenu à Berlin, il apparaît opportun d’introduire l’insigne distinctif des Juifs, simultanément dans les territoires occupés hollandais, belges et français.

J’ai choisi le 14 mars pour date de la conférence, à laquelle assistera également le spécialiste des questions juives du service d’Amsterdam.

Je vous prie de bien vouloir me donner votre accord, et de m’aviser de la date de votre arrivée.

Signé : Dr KNOCHEN.

La décision est publiée en France le 1er juin 1942. Voici le texte de l’ordonnance :

HUITIÈME ORDONNANCE
du 29 mai 1942 concernant les mesures contre les Juifs

En vertu des pleins pouvoirs qui m’ont été conférés par le Fûhrer und Oberster Befehischaber der Wehrmacht, j’ordonne ce qui suit:§1
Signe distinctif pour les Juifs

I. Il est interdit aux Juifs, dès l’âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter l’étoile juive.

II. L’étoile juive est une étoile à six pointes ayant les dimensions de la paume d’une main et les contours noirs. Elle est en tissu jaune et porte, en caractères noirs, l’inscription «Juif». Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement.

§2
Dispositions pénales

Les infractions à la présente ordonnance seront punies d’emprisonnement et d’amende ou d’une ces peines. Des mesures de police, telles que l’internement dans un camp de Juifs, pourront s’ajouter ou être substituées à ces peines.

§3
Entrée en vigueur

La présente ordonnance entrera en vigueur le 7 juin 1942.

DER MlLITÀRBEFEHLSHABER IN FRANKREICH.

Voici les étoiles portées dans ces trois pays :

Etoile portée en Belgique :
Le « J » signifie « JOOD » pour les Flamands
et « JUIF » pour les Wallons
Etoile jaune portée en France.
Etoile portée aux Pays-Bas Etoile portée aux Pays-Bas

Et dans d’autres régions d’Europe :

Etoile portée en Allemagne Etoile portée en Allemagne
Brassard à l'étoile jaune, porté en Croatie. Brassard à étoile, porté en Croatie.

La presse parisienne annonce le port de l’étoile jaune

Le Petit Parisien - Lundi 8 juin 1942
Le Petit Parisien, Lundi 8 juin 1942
Article et caricature L’article, en première page, est accompagné d’une caricature :

« – Je vous parle la main sur le coeur…
– Hum ! Qu’est-ce que ça cache encore ? … »

(Cette caricature veut dire que les Juifs sont dissimulateurs, se cachent pour monter de sales coups. Grâce à l’obligation du port de l’étoile jaune, ils ne pourront plus se cacher)

Tous les juifs
quelle que soit leur nationalité
portent depuis hier
l’étoile de David
     C’est à partir d’hier dimanche que le port de l’insigne jaune devenait obligatoire pour les juifs.
On en avait déjà aperçu quelques-uns vers la fin de la semaine précédente. Mais la plupart des israélites avait attendu l’échéance exacte pour se conformer à cette prescription.
Cette première journée fournit à la plupart des Français un sujet d’étonnement et, espérons-le,  de méditation : à savoir le nombre considérable – et qu’ils ne soupçonnaient pas jusqu’alors – des juifs dans certains quartiers. Sans parler des quartiers Saint-Paul, Saint-Antoine, Mouffetard, Lancry, Porte-Saint-Denis ou Clignancourt, déjà connus comme comptant une forte densité israélite, on put constater une éclosion inatendue d’étoiles de David dans des arrondissements chics tels que les Ternes, Passy et Auteuil. On en vit aussi pas mal à Longchamps.
Précisons que cette décision est d’ordre général et qu’elle concerne tous les juifs, quelle que soit la nationalité dont ils croiraient pouvoir se réclamer. L’étoile de David, qui n’est nulelment un signe de dérision, mais un symbole racial, doit être portée découpée et cousue solidement, de façon apparente, sous peine de sanctions graves.
Le journal collaborateur Le Petit Parisien, du Lundi 8 juin 1942, annonce, en première page, l’obligation du port de l’étoile jaune.
Le journaliste collaborateur, qui ne signe pas son article, se réjouit de cette obligation qui permet, selon lui, de repérer les Juifs qui se cachaient dans des quartiers populaires de Paris, mais aussi dans des quartiers chics. Il insiste sur l’obligation faite à tous les Juifs, même ceux qui ont la nationalité française. Pour lui, un Juif ne peut pas être vraiment un Français ; on voit cela dans l’expression qu’il emploie : « quelle que soit la nationalité dont ils croiraient pouvoir se réclamer ». Pour lui, les Juifs « croient » être français et se « réclament », toujours à tort, de cette nationalité.

Sur les réactions à ce port obligatoire, voir la page La déportation dans le département de l’Aisne : repérer et humilier, avant d’arrêter

Bibliographie :

  • Léon Poliakov, L’étoile jaune, Editions Grancher, 1999
  • Thérèse et Mendel Metzger, La vie juive au Moyen-Age, Editions Vilo, Paris, 1982
Sommaire Autres documents Rechercher dans le site Page pour les élèves

StatCounter - Free Web Tracker and Counter

La Resistance Danoise

US Holocaust memorial museum

Peu après le début de l’occupation allemande du Danemark le 9 avril 1940, le gouvernement danois signa un accord dans le cadre duquel le gouvernement et l’armée du pays restaient sous contrôle danois. Seul le ministère des affaires étrangères fut transféré aux Allemands. Pendant plusieurs années, les Juifs danois continuèrent à vivre dans une relative tranquillité. Chaque fois que le spectre d’une législation anti-juive et de la persécution des Juifs était soulevé par les Nazis, le public exprimait fortement son opposition. La position forte adoptée par le peuple danois et par son gouvernement sur cette question, associée au nombre relativement faible de Juifs danois, persuada les Allemands de reporter la « question juive » au Danemark jusqu’après la victoire.

Le status quo changea notablement en août 1943. Les opérations de la résistance danoise et juive avaient pris de l’ampleur et les Alliés gagnaient du terrain sur les Allemands. Lorsque le gouvernement danois démissionna plutôt que d’accepter les exigences des Nazis, le commandant militaire allemand déclara un état d’urgence et lança rapidement une opération pour déporter les Juifs danois vers des camps d’extermination. En réponse, le peuple danois lança un effort national de sauvetage, faisant passer les Juifs en contrebande vers des cachettes ou les transportant dans des bateaux de pêche vers la Suède, où ils seraient en sécurité. Tout d’abord spontanée et désorganisée, la résistance danoise mit rapidement au point ses opérations de sauvetage.

Pendant ce temps, le roi Christian X continuait d’exprimer de fortes objections aux plans de déportation allemands ; il joua un rôle crucial en apportant un support moral visible et son encouragement à ses compatriotes. Les universités fermèrent leurs portes pour permettre aux étudiants de participer aux efforts de sauvetage. Depuis leurs chaires, les membres du clergé danois encourageaient leurs congrégations à aider les Juifs. La police danoise refusa de coopérer avec les Nazis pour ce qui était des arrestations et des déportations. En fin de compte, les Allemands parvirent à arrêter environ 500 Juifs qu’ils déportèrent vers Theresienstadt, un ghetto et camp de concentration de Tchécoslovaquie. Même alors, le peuple danois réussit à envoyer de la nourriture et des provisions à ses compatriotes juifs. Il est fort probable que c’est cet intense intérêt public qui sauva les Juifs danois de Theresienstadt d’un transfert vers Auschwitz et une mort imminente.

L’histoire de l’unification du peuple danois dans un effort de résistance pacifique aux Nazis représente un chapitre unique dans l’histoire de l’Holocauste. Aujourd’hui, les expositions permanentes à Yad Vashem en Israël et au Musée mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis comprennent toutes deux un bateau de pêche danois original ayant servi à amener des Juifs en lieu sûr.

Bateau de sauvetage danois

Bateau de sauvetage danois

USHMM Photo Archives

(#89222-1)

Ce bateau, nommé « Sunshine » (et précédemment nommé « Lurifax »), fut utilisé durant la seconde guerre mondiale pour transporter des réfugiés danois du Danemark, occupé par les Allemands, vers la Suède, un pays neutre. Il fait actuellement partie de l’Exposition permanente du Musée mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis.

Voir encore:

La face cachée de l’étoile jaune

11 décembre 2011

Au service de la police anti-juive

PQJ (Police aux questions juives), SEC (Section d’enquêtes et de contrôle du Commissariat général aux questions juives), troisième section des renseignements généraux, service spécial des Affaires juives à la direction de la police judiciaire de la Préfecture de police…

Les policiers français seront très actifs aux côtés du service IV-B de la Sipo SD (Sicherheitspolizei/Sicherheitsdienst). (1)

Un service constitué de  » volontaires avides de chasse au Juif, grisés par leur énorme pouvoir et irrésistiblement séduits par les multiples possibilités d’enrichissement crapuleux », écrira Georges Wellers, dans  » Un Juif sous Vichy « . (2)

Parmi eux, André Haffner, directeur de la SEC, qui employait de nombreux indicateurs.

 » Des israélites que l’on arrêtait, puis que l’on relâchait à condition qu’ils « donnent » des affaires. Quand ils avaient ainsi permis l’arrestation de tous leurs coréligionnaires de leur quartier, on les envoyait à Drancy à leur tour  » : la méthode est donnée dans ce témoignage accablant qui figure dans le rapport de l’officier de police Jacques Delarue, en juillet 1957, devant le Tribunal des Forces Armées de Paris. (3)

Dans sa déposition, en octobre 1946, Kurt Schendel, ancien secrétaire du service de liaison de l’UGIF, fait également allusion aux pratiques de Robert Jodkun, de la Sipo-SD, qui  » avait à sa solde des indicateurs, hommes et femmes « . (4)

Une liste de 32 personnes sera fournie lors de l’interrogatoire de l’inspecteur Henri Jalby, recueilli dans le cadre de la même commission rogatoire. Plusieurs indicateurs sont Juifs. (5)

Ainsi, Serge Epstein, qui aurait  » fait arrêter des centaines de ses coréligionnaires « , affirme Jalby en précisant que cet indicateur du sous-officier Schmit, de la rue des Saussaies,  » était autorisé par lui

à sortir sans étoile « .

Le 30 novembre 1942, Epstein s’était d’ailleurs vu accorder une exemption d’étoile jaune par Röthke.

Serge Epstein se prénommait en réalité Samuel. (6)

Une fiche du camp de Drancy du 22 janvier 1944 signale son internement, pour  » services rendus à la Gestapo » mais on ne trouve nulle trace de sa déportation. Trafiquant d’or, il aurait réalisé une fortune  » de plus d’un million de francs  » affirmait Jalby dans son interrogatoire.

Autre personnage très impliqué, exempté d’étoile : Maurice Lopatka. (7)

Né à Varsovie le 7 juin 1883, Moszek Lopatka est considéré par Léon Poliakov comme le  » plus terrible des informateurs juifs, employé par les services anti-juifs tant allemands que français. Responsable de l’arrestation de centaines de juifs qu’il faisait chanter avant de les dénoncer pour toucher des deux côtés « . (8)

Une accusation que l’on retrouve dans l’interrogatoire par la commission d’épuration, d’Alfred Jurgens, ce traducteur alsacien, détaché aux Affaires juives de la Gestapo :

 » Vous connaissez Lopadka ? « 

Réponse :  » C’est un sale juif, dénonciateur de centaines de ses coréligionnaires « . (9)

Arrêté par les FFI à la Libération de Paris, détenu dans la prison clandestine de la villa Saïd

(ancienne résidence de Pierre Laval, transformée en centre de détention), il sera transféré à Fresnes et fusillé. (10)

Six autres exemptions

Six autres exemptions d’étoile seront demandées par Röthke pour des juifs travaillant avec la police anti-juive. Elles concernent :

Roger Nowina, 47 ans, les frères Robert et Claude Lambert, 43 et 42 ans, Gaston Naxara, 35 ans, et deux femmes, Hildegard Bergmann, 20 ans, et Camille Wilenski, 44 ans. (11)

Les frères Lambert, épiciers, seront déportés avec leurs familles, par le convoi n°62, du 20 novembre 1943.

Marianne-Sarah Lambert, née Maus, épouse de Claude, avec ses enfants Gérard, Francine et Jean-Pierre, mais aussi Suzanne Lambert, née Bloch, épouse de Robert, avec ses enfants, Michel et Jacques.

Daniel Lambert, le père de Claude et Robert, fut arrêté le 4 décembre 1943, et déporté par le convoi n° 63, du 17 décembre. Aucun ne revinrent.

Quant à Hildegard Bergmann, secrétaire allemande (née à Fürth en Bavière), domiciliée 78, rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement, elle sera déportée à Auschwitz par le convoi n° 55, du 23 juin 1943, mais sera libérée du camp de Ravensbruck, en mai 1945, par l’armée américaine. Elle sera de retour à Paris le 11 juin 1945. (12)

Signalons aussi l’exemption accordée à l’indicateur Eduard Laemle, né à Bône (Algérie). En février 1944, Röthke demandera son arrestation mais en mars, il présente des papiers prouvant son appartenance à  » la race aryenne « . (13)

(1) Des liens mis en évidence par Jean-Marc Berlière, dans  » Les policiers français sous l’Occupation  » (Perrin, 2001) et par Maurice Rajsfus, dans  » La police de Vichy  » (Le Cherche Midi, 1995).

(2) Georges Wellers :  » Un Juif sous Vichy  » (Tiresias, 1991), p. 59.

(3) CDJC-DXL VI-73 Rapport de 25 pages de l’officier de police Jacques Delarue, du 11 juillet 1957.

André Haffner (1909-1987), ancien avocat à Tunis, sa ville natale, sera administrateur de Tunis Journal, directeur éditorialiste de Radio-Tunis où il invite chaque jour la population à collaborer. Evacué par avion par les Allemands le 13 mai 1943, il se réfugie en Italie et arrive à Paris. Le 1er juin, il entre à la SEC où il sera directeur du 1er novembre 1943 au 30 mai 1944. Condamné à mort par contumace par la Cour de justice de la Seine le 3 novembre 1949. Se rend en février 1955 après 10 ans de cavale. Sera acquitté en 1956 par le Tribunal des Forces Armées de Paris.

(4) CDJC-XCVI-56 bis Déposition du 7 octobre 1946 de Kurt Schendel, ancien secrétaire du service de liaison de l’Union générale des israélites de France (UGIF), impliquant Joseph Antignac, Robert Jodkun, Franz Schmid, Henri Jalby, Lucien Knabel, MM. Goepfert et Juergens pour leur collaboration durant l’occupation allemande, établie auprès de René Seyvoz, commissaire de police à la direction des Renseignements généraux.

(5) CDJC-XCVI-61 Déposition du 15 octobre 1946 d’Henri Jalby, ancien inspecteur à la Police des questions juives, impliquant plusieurs personnes ayant dénoncé et fait arrêter des personnes juives, établie auprès de René Seyvoz, commissaire de police à la direction des Renseignements généraux.

(6) CDJC-XXVa-179 Exemption accordée jusqu’au 15 septembre 1942, prolongée jusqu’au 31 décembre. Samuel Epstein est né en Russie le 20 mai 1888.

Epstein recevra également une  » autorisation de voyager pour se procurer les documents nécessaires concernant son ascendance « , ce qui facilitait ses activités.

(7) CDJC-XXVa-189 Certificat du 24 juillet 1942, signé par Röthke. Exemption jusqu’au 31 août 1942, prolongée par trois fois jusqu’au 3 avril 1943.

(8) Léon Poliakov :  » L’Etoile jaune – La Situation des Juifs en France sous l’Occupation – Les Législations nazie et vichyssoise  » (Editions Grancher, 1999), p. 70.

(9) Archives de la Préfecture de police de Paris. Dossier d’épuration n° KB 59.

(10) Jean Bocagnano :  » Quartier des Fauves, prison de Fresnes  » (Editions du Fuseau, 1953) p. 83-84.

(11) CDJC-XXVa-165 et 166.

CDJC-XXVa-206 : l’exemption de Camille Wilenski sera renouvelée quatre fois jusqu’au 31 août 1943.

(12) Documentation de l’ITS (International Tracing Service, Croix-Rouge, Arolsen)

(13) CDJC-XXVa-183 Trois documents du 15 mai 1943 au 14 mars 1944.

CDJC-VI-140 Laemle fait partie d’une liste de personnes, anciens combattants, qui font l’objet d’une demande de remise en liberté, en avril 1942, suite à leur internement à Drancy et Compiègne.

Voir enfin:

BADGE:

JewishEncyclopedia.com

Mark placed on the dress of Jews to distinguish them from others. This was made a general order of Christendom at the fourth Lateran Council of 1215. At the instigation of Innocent III., the decision of the Council ordered the Jews, in the following terms, to bear a Badge:

« Contingit interdum quod per errorem christiani Judæorum seu Saracenorum et Judæi seu Saraceni christianorum mulieribus commisceantur. Ne igitur tam damnatæ commixtionis excessus per velamentum erroris hujusmodi, excusationis ulterius possint habere diffugium, statuimus ut tales utriusque sexus in omni christianorum provincia, et omni tempore qualitate habitus publice ab aliis populis distinguantur. »

From this it would appear that the motive of the order was to prevent illicit intercourse between Jews and Christian women; but it is scarcely doubtful that this was little more than a pretext, the evidence of such intercourse being only of the slightest (see Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » pp. 93-95). It was no doubt the general policy of the Church to make a sharp line of demarcation between the true believer and the heretic; and the Badge came as the last stage in a series of enactments in the twelfth century, intended to prevent social relations between Jews and Christians, the chief of these being the prohibition of Christians becoming servants of the Jews. The Badge had a most deleterious effect upon their social relations; and the increasing degradation of the position of Jews in Christendom was due in a large measure to this outward sign of separation, which gave the official stamp of both Church and state to the discrimination of social status against the Jew. The idea of such a discrimination seems to have been derived from Islam, in which the dress of the Jews was distinguished by a different color from that of the true believer as early as the Pact of Omar (640), by which Jews were ordered to wear a yellow seam on their upper garments (D’Ohsson, « Histoire des Mogols, » 1854, iii. 274). This was a distinct anticipation of the Badge. In 1005 the Jews of Egypt were ordered to wear bells on their garments and a wooden calf to remind them of the golden one (S. Lane-Poole, « History of Egypt, » 1901, vi. 126). Later on, in 1301, they were obliged to wear yellow turbans (ib. pp. 300, 301). It may have been some sort of retaliation for a similar restriction placed upon the Christians in Islam, since the order of the Council applied to Saracens as well as to Jews.

Badges on Garments of Jewish Priests: According to the « Bible Historiale de Pierre Comestor, » 14th Century.(From « Revue des Etudes Juives. »)Badges and Hats Worn by Jews. From the « Bible Historiale de Pierre Comestor, » 14th Century.(From « Revue des Etudes Juives. »)In France.

The most usual form in which the Badge appeared was that of a ring sewn on the upper garment and of a different color to it. This was called « the wheel » (Latin, « rota »; French, « roue, rouelle »), and was the distinguishing mark used in the Romance countries, France, Italy, and Spain. This form seems to have existed in the diocese of Paris even before the Lateran Council; for it is mentioned among the synodal statutes of Bishop Eudes de Sully, who died July 13, 1208. After the Lateran Council it was ordered in the whole of ecclesiastical France at the Council of Narbonne in 1227 (« deferant signum rotæ, » Mansi, « Concilia, » xiii., 1186). This was repeated by local councils at Arles 1234 and 1260, Béziers 1246, Albi 1254, Nîmes 1284 and 1365, Avignon 1326 and 1337, Rodez 1336, and Vanves 1368.

The state followed the Church in imposing the Badge upon the Jews in France. Saint Louis published an ordinance to that effect (June 19, 1269); and his example was followed by the kings of Francedown to Charles VI. It was generally made imperative on both sexes; but at times Jewesses had to wear a veil called « orales » or « cornalia. » The age at which it was worn varied from seven years at Marseilles to thirteen at Arles and fourteen at Avignon. It was mainly worn upon the breast.; but during the reign of Philippe le Hardi a second Badge was worn on the back. The color at first ordered was saffron yellow, but under King John it was particolored red and white. The size varied; it was generally about three or four fingerbreadths from one side to the other, the circle of the Badge one finger-breadth in thickness. Under King John it was of the size of the great seal, about 35 mm. in diameter, and in the time of Charles V. as large as 50 mm.

English Jew wearing Tablet-shaped Badge.(From a Cottonian MS. in the British Museum.)

When a Jew was found without the Badge he was fined various sums, ranging from five sous at Marseilles to ten Tours livres under Saint Louis. Charles V. reduced this to twenty Parisian sous. For special reasons and doubtless for payment the Jew was allowed to go without the Badge; but the instances of this permission in France are rare, and generally only for travel. Adding injury to insult, the authorities forced the Jews to pay an annual sum for the use of the badges, and, curiously enough, one finds them left as pledges (« Revue Etudes Juives, » v. 307, 308). When the Jews left the rest of France the wearing of the Badge was still kept up at Avignon, which was under the rule of the popes; and evidence of the Badge is found there as late as 1592.

Spain, Italy, and England.

In Spain the use of the Badge varied in the different kingdoms. Pope Honorius III. gave a dispensation (1219) to the Jews of Castile; whereas James I. in 1228 ordered those of Aragon to wear it. His example was followed by the king of Navarre, and even by the emir of Granada, Ismael Abu-I-Walid (1315-26). The practise of wearing the Badge does not appear to have continued long in Spain. The Council of Zamora, 1313, complains of its not having been put into force; and many instances are given of permission to Jews to discontinue it. In 1371 the ordinances were revived, and a bull of Benedict XIII. (May 11, 1415) insisted upon the Jews carrying a yellow and red Badge, the men on their breast, the women on their forehead.

Italy appears to have been troubled less with injunctions about the Badge than the other parts of Christendom. Throughout the thirteenth century the Badge is only known in Sicily (Zunz, « Z. G. » p. 488); but in the fourteenth and fifteenth centuries local injunctions are found in Venice, Verona, Parma, Rome, Asola, and Genoa. It was known as the « O. » from its shape, and appears to have resembled the form used in France rather than that customary in Spain. In several instances it was accompanied by the pointed hat (see Judenhut); while in Venice the hat entirely replaced the Badge. The age at which it was worn, and the place upon which it was fixed, varied as much as in France; but, as a rule, the former was thirteen years.

In England the form of the Badge varied from that worn in the rest of Europe, at least in later years. It was first imposed upon the Jews in England by Stephen Langton, archbishop of Canterbury, in 1222, and was in the form of a band, two fingers broad and four long. It was at first white, and afterward changed to yellow. In 1274, under Edward I., its shape became that of the Tables of the Law. In Germany the earliest mention of the Badge is in a dispensation accorded to the Jews of Erfurt, Oct. 16, 1294; but it would appear that throughout the fourteenth century the hat was the chief mark of identification used, though the Badge was reintroduced by Emperor Sigismund in 1434 at Augsburg. Similar restrictions are given at Nuremberg, Bamberg, and Frankfort in the middle of the fifteenth century. Here, in almost every case, the Badge was a yellow sign (compare G. Wolf, « Geschichte der Israelitischen Cultusgemeinde in Wien, » p. 68, Vienna, 1861). Schudt, in his « Jüdische Merkwürdigkeiten, » gives facsimiles of those used at Frankfort in the years 1613-16, which vary from 92 to 48 mm.

Other Countries. FORMS of the BADGE worn by MEDIEVAL JEWS1. From the « Green Book » of Barcelona (1335)2. From an illuminated « Revelations » (1500)IN THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY.3. From a MS. in the Public Library Hamburg (15th Cent.)4. From a MS. in the Bibliothèque Nationale, Paris (14th Cent.)5. From Kretschmer, « Trachten der Völker » (1500)6. From the « Liber Judæorum » at Manresa (1347)

In Austria it would appear that the hat was the only sign of distinction according to the Council of Vienna, 1267, whereas in Hungary, 1279, the Badge was placed on the left breast. In Poland there is no trace of the Badge, but only of the hat, while in Crete up to the present day some of the houses of Jews were marked with the « O. »

Bibliography:

Ulysse Robert, Les Signes d’lnfamie, Paris, 1891, in which he reproduces the substance of his article in Revue des Etudes Juives, vi. 81-95, vii. 94-102, with insignificant additions. Robert gives full and elaborate references for all the above statements, which summarize his main conclusions.


Hannah Arendt: Attention, une banalité peut en cacher une autre ! (Was Arendt fooled by her desire for uinversalist approval ?)

6 mai, 2013
http://www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/culture/cinema/au-coeur-du-film-hannah-arendt-le-proces-eichmann-2013-04-24-952230/33403936-1-fre-FR/Au-coeur-du-film-Hannah-Arendt-le-proces-Eichmann_article_popin.jpghttp://www.librairie-sciencespo.fr/ecommerce/media/catalog/product/6/a/6a49a6b39041ba4a2b7e1e2bb04a23b6.jpghttp://www.filmsfix.com/images/affiches/hannah-arendt-2.jpgThe trial has shown that under the stress of a national crisis, ordinary men, even able and extraordinary me, can delude themselves into the commission of crimes and atrocities so vast and so heinous as to stagger the imagination. How easily that can happen! There are those in our country today, too, who speak of the protection of the country. Of  survival. The answer to that is: survival as what? A country isn’t a rock. And it isn’t an extension of one’s self.  It’s what it stands for, when standing for something is the most difficult! Before the people of the world – let it now be noted in our decision here that this is what  we stand for:  justice, truth… and the value of a single human being! Judgment at Nuremberg
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[...] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
Dans sa dernière signification, l’émancipation juive consiste à émanciper l’humanité du judaïsme. Marx
Déposséder un peuple de l’homme qu’il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu’on n’accomplit pas d’un cœur léger, surtout quand on appartient soi-même à ce peuple.  Freud
Dans ce dernier ouvrage, le fondateur de la psychanalyse examine les origines du monothéisme en Égypte au moment de la révolution religieuse et esthétique du pharaon Akhenaton et expose une théorie nouvelle sur les origines de Moïse et de la religion juive. Note de l’Editeur (Gallimard, 1948)
Beate Zschäpe n’a jamais été présente, ni lors des crimes (contre huit commerçants turcs, un Grec et une policière), ni lors des braquages de banque, ni lors des deux attentats commis à Cologne. Pourtant, les chefs d’inculpation à son encontre sont sans ambiguïté : participation à dix meurtres, à des tentatives de meurtre (les victimes des attentats de Cologne), appartenance à une organisation terroriste, participation à quinze vols à main armée, attentats à l’explosif, incendie criminel. Pour les enquêteurs, son rôle était déterminant. C’est elle qui donnait une apparence de normalité, faisant les courses, gérant le budget, discutant avec les voisines, allant prendre un café au restaurant grec du coin… Selon le groupe de recherche Femmes et extrême droite, sur les cent vingt-neuf personnes avec qui la NSU aurait eu des contacts durant sa clandestinité, 20 % sont des femmes. On croit souvent que celles-ci jouent un rôle mineur dans la mouvance, mais c’est l’inverse, estiment ces chercheurs : « Sans l’engagement de jeunes filles et de femmes, les droites extrêmes ne fonctionneraient ni sur le plan pratique ni sur le plan idéologique. » Pour les enquêteurs, Beate Zschäpe était « le centre émotionnel » du groupe, sur lequel elle exerçait une « influence déterminante ». Le Monde
L’attitude d’Eichmann lui-même était différente. Tout d’abord, l’inculpation pour meurtre était fausse : « je n’avais rien à voir avec l’assassinat des Juifs. Je n’ai jamais tué un Juif ni d’ailleurs un non-Juif – je n’ai même jamais tué aucun être humain. Je n’ai jamais ordonné qu’on tue un Juif ou un non-Juif [...]« . La défense ne prêta pas la moindre attention à la théorie personnelle d’Eichmann, mais l’accusation perdit, en vain, beaucoup de temps à vouloir prouver qu’Eichmann avait, au moins une fois, tué de ses propres mains. [...] Il se souvenait parfaitement qu’il n’aurait eu mauvaise conscience que s’il n’avait pas exécuté les ordres – ordres d’expédier à la mort des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, avec un grand zèle et le soin le plus méticuleux. [...] Une demi-douzaine de psychiatres avaient certifié qu’il était « normal » [...]. Eichmann n’était pas fou au sens psychologique du terme et encore moins au sens juridique. Malgré tous les efforts de l’accusation, tout le monde pouvait voir que cet homme n’était pas « un monstre » ; mais il était vraiment difficile de ne pas présumer que c’était un clown. [...] Eichmann n’est qu’un figurant sans envergure [...], un tâcheron besogneux de la solution finale. Lui « personnellement » n’avait jamais rien eu contre les Juifs, au contraire, il avait de « nombreuses raisons personnelles » de ne pas les haïr. [...] Hélas, personne ne le crut. Et les juges ne le crurent pas parce qu’ils étaient trop bons [...] pour admettre qu’une personne moyenne, « normale » ni faible d’esprit, ni endoctrinée, ni cynique puisse être absolument incapable de distinguer le bien du mal. [...] Il ne fait aucun doute que, sans la coopération des victimes, il eût été difficile que quelques milliers de personnes, dont la plupart travaillaient, de plus, dans des bureaux, puissent liquider des centaines de milliers d’autres personnes. [...] Pour un Juif, le rôle que jouèrent les dirigeants juifs dans la destruction de leur propre peuple est, sans aucun doute, le plus sombre chapitre de leur histoire. [...] Si le peuple juif avait vraiment été non organisé et dépourvu de direction, le chaos aurait régné [...] mais le nombre total de victimes n’aurait pas atteint quatre et demi à six millions. Hannah Arendt (Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal, 1966)
Il est dans la nature même du totalitarisme, et peut-être de la bureaucratie, de transformer les hommes en fonctionnaires, en « rouages » administratifs, et ainsi de les déshumaniser. (…) Eichmann n’est ni un Iago, ni un Macbeth ; et il ne lui serait jamais venu à l’esprit, comme à Richard III de faire le mal par principe. (Pour autant) Eichmann n’est pas stupide. C’est la pure absence de pensée-ce qui n’est pas du tout la même chose- qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son époque …Que l’on puisse être à ce point éloigné de la réalité, à ce point privé de pensée ; que cela puisse faire plus de mal que tous les instincts destructeurs réunis qui sont peut-être inhérents à l’homme. Voilà une des leçons que l’on pouvait tirer du procès de Jérusalem. Hannah Arendt (Post-scriptum à Eichmann à Jérusalem)
Encore un peu et les Juifs se sont persécutés et exterminés eux-mêmes en la présence fortuite de quelques nazis. Golo Mann (historien et philosophe allemand, Die Zeit, 24 janvier 1964)
Je n’éprouve guère de sympathie pour ce ton qu’exprime bien le mot anglais flippancy (désinvolture) que vous employez si souvent tout au long de votre livre. Il est inconvénient au-delà de toute mesure pour traiter d’un tel sujet. Gershom Scholem (historien et philosophe juif), MB, Tel Aviv, 16 août 1963.
Mme Arendt ne dit pas expressis verbis que les Juifs furent plus coupables qu’Eichmann mais, comme elle tient à diminuer la responsabilité de ce dernier et à mettre en lumière celle des Juifs, elle donne parfois cette impression. La grande érudition qu’elle manifeste et l’objectivité supérieure à laquelle elle prétend rendent difficile d’éviter cette impression, dont il est plus difficile encore de prendre son parti. Hugh Trevor-Roper (historien anglais, Sunday Times, 13 octobre 1963)
À en juger par le nombre de malentendus qu’elle a provoqués, l’expression ["Banalité du Mal"] n’était pas très heureuse ; mais l’idée d’Arendt est importante. Tzvetan Todorov (philosophe et historien français, Face à l’extrême, Paris, 1991)
[Les thèses d’Hannah Arendt] comportent des généralisations illégitimes, des contre- vérités, des contradictions internes [...].Hannah Arendt décrit minutieusement et dans son contexte historique et administratif la vie d’Eichmann — ce qui permet au lecteur d’entrer avec lui dans l’engrenage de la loi nazie » et donc de « comprendre » cet engrenage. Mais ce n’est qu’en termes généraux et synthétiques qu’elle parle de la « collaboration juive a sans jamais restituer les événements historiques, le climat de confusion, de panique et de terreur où elle se situe. Il aurait donc été souhaitable que Hannah Arendt ne réservât pas au seul Eichmann ses dons de pénétration psychologique, mais qu’elle en fit également bénéficier les responsables, juifs, dont elle juge les actes de l’extérieur seulement L’idée que la loi nazie était sentie par tous comme une justification morale suffisante en elle-même est démentie par ce fait que Hannah Arendt rapporte : au-delà d’un certain palier d’exécution, les ordres criminels devaient être codés ou signifiés au moyen de métaphores. C’est donc qu’il fallait ménager, non pas la « sensibilité » des subordonnés, comme Hannah Arendt voudrait le faire croire, mais bel et bien leur conscience morale. Il est donc faux qu’on ne puisse établir la responsabilité mo- rale d’Eichmann, puisqu’il participait aux réunions – où les décisions étaient prises en clair, pour être ensuite transmises en code. La vérité, c’est qu’Eichmann a préféré sa carrière ou son confort à toute autre considération. Il en allait de même des gardiens des camps d’extermination : ils avaient la possibilité d’être mutés dans des unités régulières. Les collaborateurs » juifs n’avaient pas cette possibilité. Ils ne pouvaient choisir- qu’entre l’obéissance, leur assassinat ou le suicide. Certains se sont suicidés. L’existence de polices juives, la mise en place de « Judenräte » par les nazis sont des faits. L’allégation selon laquelle sans l’action de leurs dirigeants un plus grand nombre de Juifs aurait pu avoir la vie sauve est dépourvue de tout fondement sérieux. Elle fait partie de ces hypothèses invérifiables et malveillantes qui, dans les pages de Hannah Arendt, sont présentées comme des faits historiques. Est-ce sur l’ordre de leurs dirigeants qu’en France, par exemple, les Juifs allaient faire la queue dans les commissariats pour se « déclarer » et fournir ainsi leur adresse à ceux qui les déporteraient ? Il est proprement scandaleux d’enfermer dans la même réprobation morale ceux qui, par tradition ou par principe, ne veulent pas se défendre — même si leur attitude est catastrophique pour leur entourage — et ceux qui ont fait du meurtre un principe. L’éducation reçue par un grand nombre de juifs et de dirigeants des communautés avait fait d’eux des êtres désarmés devant la violence et, en cela, comparables à des enfants. [...] On dira peut-être que dissimuler le fait que des Juifs ont été contraints d’exécuter les ordres des nazis ou que certains ont collaboré, est une attitude puérile. Mais qui dit le contraire ? Ce qui est aberrant, c’est de mettre l’accent sur cette collaboration. A-t-on fait autant de tumulte autour des harkis ? Parle-t-on des soldats du général Ky ? Ou de l’immense majorité des Français qui — par le simple fait de vivre sous l’occupation sans se révolter de façon très notable — ont pendant quatre ans contribué à l’effort de guerre nazi ? Cela dit, il était évident que notre monde égaré pendant quelques années chercherait un peu partout des coupables. Il était non moins évident qu’il en trouverait enfin a que ce serait, bien entendu, les Juifs. Cest, sans aucun doute, le plus sombre chapitre de leur histoire. [...] Si le peuple juif avait vraiment été non organisé et dépourvu de direction, le chaos aurait régné [...] mais le nombre total de victimes n’aurait pas atteint quatre et demi à six millions. CATHERINE BAKES, assistante à la Faculté des Lettres ; MICHEL BORWICZ ; ALDC DERCZANSKY, chargé de conférences à l’École nationale des langues orientales ; PIERRE HESPEL (ancien déporté); GERARD ISRAEL, directeur des « Nouveaux Cahiers ; VLADIMIR JANKELEVITCH, professeur à la Sorbonne ; JACQUES MA- DAULE ; MADELEINE BARTHELEMY MADAULE ; ROBERT MISRAHI, assistant à la Faculté des Lettres ; RICHARD MARIENSTRAS, maître-assistant « à la Faculté des Lettres; OLIVIER REVAULT- D’ALLONNES, maître-assistant à la Faculté des Lettres (« Hannah Arendt est-elle nazie ? », Le Nouvel Observateur, 26 octobre 1966)
[...] Le procès Eichmann marque un véritable tournant dans l’émergence de la mémoire du Génocide, en France, en Allemagne, aux États-Unis comme en Israël [...]. Pour la première fois, un procès se fixe comme objectif explicite de donner une leçon d’his- toire. Pour la première fois apparaît le thème de la pédagogie et de la transmission [...]. Le procès Eichmann marque aussi l’avènement du témoin. En effet, à la différence du procès de Nuremberg où l’accusation s’était fondée principalement sur des docu- ments, le procureur israélien, Gideon Hausner, décide de construire la scénographie du procès sur la déposition des témoins. Le procès Eichmann a libéré la parole des témoins. Il a créé une demande sociale en témoignages, comme le feront en France d’autres procès ultérieurs, ceux de Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon. Avec le procès Eichmann, le survivant des camps et ghettos acquiert son identité de survivant parce que la société la lui reconnaît. Annette Wieviorka, « La mémoire de la Shoah », La Mémoire, entre histoire et politique, Les Cahiers français, La Documentation française, juillet-août 2001)
L’implication du procès : « [...] le procès créait des ondes de choc. Israël s’était imposé, avec la loi créant Yad Vashem1 et le procès Eichmann, comme le centre de la mémoire du génocide. [...] Les choses changent lentement à la fin des années 1970. Le centre de la mémoire se déplace insensiblement d’Israël vers les États-Unis, en s’américanisant et en s’universalisant. Les États-Unis sont désormais un pays où les chaires d’ « Holocaust studies » et les mémoriaux se comptent par centaines, qui centralisent toutes les sortes d’archives, un pays qui produit avec l’Allemagne les recherches historiques les plus importantes, un pays aussi dans lequel l’Holocauste a été intégré à la culture et à l’Ethos national. Annette Wieviorka (« Le procès qui fait entrer la Shoah dans l’histoire », L’Histoire, n°362, mars 2011)
Le procès Eichmann est également un évènement exceptionnel par l’attitude de l’accusé lui-même. D’abord, Eichmann a été bien plus qu’un simple fonctionnaire zélé. Il a mené une carrière rapide et exercé des responsabilités importantes au sein du dispositif génocidaire. Il a été un homme de terrain et non un simple bureaucrate. Quant à son engagement dans le nazisme, il a été total. Ensuite, Eichmann présente la particularité d’être l’un des nazis de haut rang qui s’est le plus exprimé après- guerre, laissant des milliers de pages de mémoire d’entretiens, de notes avant le procès, et presque autant durant sa captivité. Enfin – et c’est un exemple atypique parmi les nazis déférés devant un tribunal – Eichmann, a activement, presque frénétiquement participé à son propre procès, répondant volontairement aux questions de la cour, discutant les documents présentés à charge, prenant des notes lors des dépositions de témoins. Henry Rousso (Juger Eichmann, Jérusalem 1961, Catalogue de l’exposition « Mémorial de la Shoah », avril-septembre 2011)
Le film est construit autour de la polémique créée par l’enquête d’Hannah Arendt sur le procès Eichmann. Dès la parution de ses premiers articles dans le New Yorker, le scandale éclate. La thèse nouvelle de la philosophe sur la banalité du mal apparaît sous un jour grandement contrariant pour l’opinion commune, et pour la cour de justice de Jérusalem qui voulait juger en Eichmann plus qu’un homme, le symbole de la responsabilité nazie dans le génocide juif. Or, Hannah Arendt ramène la question à des proportions à la fois moindres et plus inquiétantes : en effet, sans cacher l’horreur absolue de l’organisation administrative du génocide, Arendt montre que le régime totalitaire est parvenu à anesthésier les consciences, à altérer la faculté de jugement de chacun, et que ses idées se sont infiltrées un peu partout : cela concerne au premier chef Adolf Eichmann, présenté comme un fonctionnaire zélé incapable de penser par lui-même, et non comme le monstre décrit par l’accusation. Cela concerne dans une moindre mesure les Conseils juifs (Judenräte) qui ont eu l’aveuglement de « coopérer » avec le régime nazi en établissant des recensements et en organisant la vie des futurs déportés. Hannah Arendt s’appuyait alors sur le texte de Raul Hillberg, La Destruction des Juifs d’Europe, pour soutenir ce propos, qui a été depuis relativisé par les historiens (la résistance juive a été soulignée, et il a été montré que l’absence d’organisation juive, comme par exemple en Russie, s’accompagnait de pertes humaines aussi lourdes qu’ailleurs). Céline Deleurme-Poulmane (dossier Zéro de conduite)
A lawyer of my publisher at the time asked me to draw up a list of items she had lifted. I found about eighty, but he also said that I would have to prove that she could not have obtained the information anywhere else. That proof I could not supply, except in such instances as an error of spelling that she had copied. Raul Hilberg
Certainly Arendt’s ideas about Eichmann and his « banality » were kindling for a fire. But it was the material she drew from 
Hilberg on the Jewish councils–less than twenty of the nearly 300 pages of her book–that ignited the furor. The implication of her account was that whereas Nazis like Eichmann were merely banal bureaucrats, Jews had experienced a moral collapse during the war by failing to resist totalitarianism. (…) Michael Marrus, who has written critically about Arendt’s and Hilberg’s accounts of the Judenräte, says that while many Jewish historians have erred « too much on the side of heroism and resistance, » Hilberg « was way off on the other side of the spectrum. His views about the Jews are sometimes almost caricatural. » (…)  Hilberg and Arendt may have clung to these heretical positions because their exodus from Europe left them with similarly tortured perspectives on the Jews they had left behind. Both writers were steeped in German-Jewish culture, which had long disdained the less cultured Jews in Eastern Europe. Complicating matters was that it was Eastern Jews who had been overwhelmingly slaughtered. Arendt’s criticism of the Israeli prosecution in Eichmann’s trial was spiced by her distaste for what she saw as the Israeli muddle of Middle Eastern and Eastern European Jews. Her most famous relationship was with Heidegger, the philosopher and Nazi Party member, and her husband, Blücher, was a German gentile. In a similar pattern, Hilberg endlessly criticized Jewish scholars while heaping praise on German scholars who were studying the same material. More personally and concretely, though, the works of Hilberg and Arendt were colored by their experiences as young secular Jews influenced by Zionism. Arendt’s Zionist work–before and immediately after the war–is well-known. Hilberg’s Zionist background, on the other hand, has generally gone unrecognized. In his autobiography, he says little about his engagement with the Jewish community in Vienna. But his best friend from his youth, Eric Marder, recalls that both boys had gone to a Zionist school in Vienna, which taught them the need for Jews to build a home of their own and to defend themselves. The lessons stuck, says Marder, who left Vienna shortly after Hilberg’s family. Marder also ended up in Brooklyn, and he recalls that when he and Hilberg were in high school, they would walk home and talk about what was happening in Europe. « We both felt that politically the Jewish community in Europe had behaved badly. Instead of fighting the Nazis, they had surrendered to them. » At the time that Hilberg and Marder were having those conversations, Arendt was expressing similar disappointment about the apparent unwillingness of the Jews to stand up for themselves. During the war, Arendt wrote a series of articles for Jewish newspapers in the United States calling for Jews to form an army to fight back. In time, though, her writing reflected a growing, almost shamefaced recognition that the Jews would go down meekly. In 1944, in the article « From Army to Brigade, » she spoke of the « unbearable humiliation of the Jewish people, who felt that the whole world had damned them to the degrading role of victimhood. » Later on, both thinkers wanted to be seen as clear-eyed observers, unsullied by any attachment to the material they were studyingNathaniel Popper
Adolf Eichmann was, of course, in no way a banal bureaucrat: He just portrayed himself as one while on trial for his life. Eichmann was a vicious and loathsome Jew-hater and -hunter who, among other things, personally intervened after the war was effectively lost, to insist on and ensure the mass murder of the last intact Jewish group in Europe, those of Hungary. So the phrase was wrong in its origin, as applied to Eichmann, and wrong in almost all subsequent cases when applied generally. Wrong and self-contradictory, linguistically, philosophically, and metaphorically. Either one knows what one is doing is evil or one does not. If one knows and does it anyway, one is evil, not some special subcategory of evil. If one doesn’t know, one is ignorant, and not evil. But genuine ignorance is rare when evil is going on. Arendt should have stuck with her original formulation for the Nazi crimes, « radical evil. » Not an easy concept to define, but, you might say, you know it when you see it. Certainly one with more validity than banality. (Wasserstein dryly notes that « her epigones have tried valiantly to reconcile the two positions, she herself recognized the inconsistency »—between radical and banal evil— »but never satisfactorily resolved the fundamental self-contradiction. »). Ron Rosenbaum
If Eichmann was simply following orders, and his conduct was certifiably normal within the context of Nazi Germany, her own defense of Heidegger can reflect the way a social thinker such as herself might be conditioned by circumstances and advantage to curry favor in the midst of the most vile forms of evil. Having as a Jew escaped from Germany in 1933, Arendt remained for the rest of her life loyal to the whole philosophic tradition that had helped lead to Hitlerism. Paul Roazen
The debate about Heidegger reminded me of a conversation I had with philosopher Berel Lang on « the evolution of evil, » an exchange I wrote about in Explaining Hitler. We discussed whether Hitler represented a new depth of evil and what the next step down into the abyss might be. Were there degrees of evil—that led to Hitler? And would Hitler lead to degrees of evil beyond his own? I had suggested Holocaust denial was such a next step, in the sense that it added insult to injury, but Lang disagreed, arguing that Heidegger’s postwar silence on Nazism exemplified the next step in the evolution of evil. After the war, this purportedly great and comprehensive philosopher never published anything that addressed the fact of the Holocaust that his party perpetrated. It just didn’t impinge on his worldview. He had time to write polemics against mechanized agriculture but not industrialized murder. Lang thought Heidegger’s indifference was a whole new kind of evil. (He even wrote a book called Heidegger’s Silence.) Which brings us back to Arendt again. As the extent of Heidegger’s enthusiastic embrace of Nazism becomes more apparent, and as it becomes ever clearer that the allegiance was not merely opportunistic and careerist but derived from a philosophical affinity with his Fuhrer’s effusions, it becomes impossible not to reexamine certain questions. Such as: How much did Arendt know about the depth of Heidegger’s allegiance? Did Heidegger lie to her? Did she believe him the way she believed Eichmann? Did she assume his complicity with the genocidaires was something careerist and banal? Or worse, did she know? And did she disingenuously (or self-deceptively) construct her false banal Eichmann from her false banal Heidegger? (…) Wasserstein believes she internalized anti-Semitic literature; I would perhaps modify this to say she internalized the purported universalism of Germanic high culture with its disdain for parochialism. A parochialism she identified with, in her own case, her Jewishness, something she felt ashamed of on intellectual grounds, so primitive, this tribal allegiance in the presence of intellects who supposedly transcended tribalism (or at least all tribes except the Teutonic). One can still hear this Arendtian shame about ethnicity these days. So parochial! One can hear the echo of Arendt’s fear of being judged as « merely Jewish » in some, not all, of those Jews so eager to dissociate themselves from the parochial concerns of other Jews for Israel. The desire for universalist approval makes them so disdainful of any « ethnic » fellow feeling. After all, to such unfettered spirits, it’s so banal. Ron Rosenbaum
J’ai filmé le témoignage de Benjamin Murmelstein à Rome en 1975, pendant toute une semaine. Adjoint du grand rabbin d’Autriche, c’est lui qui fut contraint de négocier avec Eichmann après l’annexion de l’Autriche. Il le vit pratiquement chaque jour pendant trois ans et eut de lui la connaissance la plus profonde qu’on puisse imaginer. Plus tard, il devint le troisième président du Conseil juif de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, que Eichmann appelait un « ghetto modèle », c’est-à-dire destiné à être montré. Pour mille raisons, je n’ai pas inclus son témoignage dans «Shoah ». C’était un film en soi et l’intégrer à « Shoah » aurait rallongé le film de deux ou trois heures. Le témoignage de Murmelstein, capital, est aveuglant d’intelligence et de clarté: Eichmann n’était pas du tout le falot bureaucrate dont Arendt a brossé le portrait en même temps qu’elle inventait le concept de banalité du mal, qui n’était au fond que la banalité de ses propres conclusions. Dès la fin 39, c’est Eichmann qui organise la première déportation de Juifs. Tout au long de ses rencontres avec Murmelstein, Eichmann apparaît comme un antijuif fanatique aboyant des ordres inexécutables qu’il multipliait à dessein. Les anecdotes à ce sujet sont nombreuses, odieuses, et irrécusables. Tout cela sera montré dans le film, et définitivement établi. (…) Le procès d’Eichmann a été un procès bâclé. Les historiens avaient encore très peu travaillé. On confondait les lieux, on bousculait les témoins, qui avaient vécu des expériences limite et étaient incapables de parler. Le procureur Gideon Hausner partageait l’ignorance générale. A la demande de Ben Gourion qui souhaitait en faire un acte fondateur pour Israël, Hausner a ouvert le procès par un immense discours moralisateur, insupportable. Cette ouverture a déplu à Arendt. A juste titre. Mais elle-même ne savait rien. C’était une juive allemande exilée qui ignorait tout de la réalité de ces choses et de ces gens. (…) Hilberg a beaucoup évolué sur cette question, vous savez. Nous avons eu de longues discussions à ce sujet. Je l’ai rencontré en 1975 à New York, pendant un colloque d’historiens sur l’Holocauste. Contrairement aux autres, il n’était pas gai, exubérant, le travail sur ces questions le concernait intimement. Il avait la voix métallique, ironique, il m’a tout de suite plu, nous sommes devenus amis. C’est à lui que j’ai demandé de faire revivre dans « Shoah » la mémoire de Tcherniakov, le président du conseil juif de Varsovie qui, lui, a choisi de se suicider, le 23 juillet 1942, quand il a vu que les déportations vers Treblinka commençaient et qu’il ne pouvait rien y faire. Hilberg, dans « Shoah » incarne littéralement Tcherniakov. Beaucoup d’autres se sont également suicidés. Vingt-quatre membres du même Conseil juif se sont parfois donné la mort la même nuit. Pourquoi Arendt n’insiste pas plutôt là-dessus? La première chose face à une catastrophe pareille, c’est l’humilité. Moi je suis resté des mois sans comprendre, quand j’ai commencé « Shoah », sans même être capable de dire quel allait être mon sujet. Jusqu’au moment où j’ai su ce que je devais faire. Claude Lanzmann

Attention: une banalité peut en cacher une autre !

A l’heure où s’ouvre à Münich le procès d’une « nazie ordinaire »

Et où, avec la sortie en France de son film (« Hannah Arendt« ), la réalisatrice Margarethe von Trotta comme Claude Lanzmann avant la sortie du sien à Cannes, nous font revivre un autre procès d’un « nazi ordinaire » …

A savoir, il y a 52 ans, celui du directeur du bureau des affaires juives de l’office central de sécurité du Reich et organisateur des déportations vers Auschwitz Adolf Eichmann …

Comment ne pas voir derrière la thèse, soutenue sur la base des travaux d’un Raul Hilberg revenu largement plus tard sur ses positions par la philosophe allemande Hannah Arendt, de « la banalité du mal » et de la participation des  conseils juifs mis en place par les nazis qui coopérèrent avec leurs bourreaux …

La possibilité, comme le rappelle Ron Rosenbaum, que dans sa quête de reconnaissance par la haute culture allemande incarnée par son amour de jeunesse Heidegger, Arendt elle-même ait pu à son tour, à l’instar ajouterions-nous d’un autre juif célèbre ayant lui aussi avant elle renié en partie ses racines (notamment en égyptisant son Moïse), être contaminée par la pensée même qui avait conduit au génocide de son propre peuple ?

Lanzmann critique l’idée de banalité du mal d’Hannah Arendt

Aude Lancelin

Directrice adjointe de la rédaction de Marianne, responsable du service culture et idées

Marianne

13 Novembre 2011

Aussi controversée qu’adulée, la philosophe Hannah Arendt revient au centre des polémiques avec « Ecrits juifs », recueil contenant cinq cents pages d’inédits. Cet événement, ajouté à l’entretien exclusif que nous a accordé ici Claude Lanzmann, permet de jeter un regard neuf sur l’auteur d’Eichmann à Jérusalem.

Son ami le philosophe Karl Jaspers lui avait un jour écrit : « Arrivera le moment que tu ne connaîtras pas : celui où les Juifs t’érigeront en Israël, comme à Spinoza, un monument, et te revendiqueront fièrement comme une des leurs ».

Ce moment-là n’est toujours pas arrivé pour Hannah Arendt, trente-six ans après sa mort. Arrivera-t-il un jour ? Les éditions Fayard permettent en tout cas d’ouvrir aujourd’hui à nouveaux frais cet épineux dossier. Ces « Ecrits juifs » ne contiennent pas l’intégralité des textes d’Arendt sur le judaïsme, l’antisémitisme et le sionisme écrits trente années durant. Un rayonnage entier n’y suffirait pas, tant celle qui put se voir accuser de désinvolture à l’égard de son peuple, passa en réalité une immense partie de sa vie de penseur à travailler sur ces thèmes.

Parmi les textes inédits aujourd’hui publiés : un essai majeur inachevé, « l’Antisémitisme », aussi fondamental sur le sujet que la première partie des « Origines du totalitarisme », ou encore les extraits d’un ouvrage de 1944, « The Jew as Pariah » (« Le Juif comme paria »), qui n’avait jusqu’ici été édité qu’aux Etats-Unis. Bien d’autres textes aussi, comme celui de 1941 où Arendt appelle à la constitution d’une armée juive, formée de volontaires de tous les pays, ou celui qui célèbre avec émotion la résistance du ghetto de Varsovie, et aussi des pièces importantes sur la controverse mondiale qui suivit la parution d’ « Eichmann à Jerusalem ».

« Hannah Arendt est-elle nazie ? »

Au total, ce ne sont pas moins de 500 pages d’inédits auxquels ce volume permet d’accéder. Ils aideront à corriger, peut-être même à adoucir, le regard porté sur une intellectuelle encore souvent vouée aux gémonies dans la communauté juive. Il faudra d’ailleurs attendre l’an 2000 pour que le premier livre d’Arendt soit traduit en Israël : « Eichmann à Jérusalem » justement, celui-là qui avait mis le feu aux poudres en 1964.

Avant cette date, l’idée d’accuser Arendt de « haine de soi » eut simplement semblé burlesque. Toute sa vie Arendt affirmera en effet avoir parlé politiquement au nom des juifs. Et à l’exception du journaliste dreyfusard Bernard Lazare, personne avant elle n’avait fait preuve d’une compréhension aussi profonde de l’antisémitisme spécifique aux temps modernes, personne n’avait fourni de thèses aussi convaincantes sur cette arme politique de destruction massive.

Après la parution d’ « Eichmann » toutefois, l’ère du soupçon commence. Une excommunication d’un genre nouveau la frappe. Deux ans plus tard, lorsque le livre paraît en France, une pétition d’intellectuels, notamment signée par Vladimir Jankélévitch et Robert Misrahi, feint de s’interroger dans les colonnes du Nouvel Observateur : « Hannah Arendt est-elle nazie ? ».

Eichmann plus jusqu’auboutiste d’Himmler ?

A l’origine d’une des plus violentes polémiques de la fin du siècle : un concept tout d’abord. Celui de « banalité du mal », sur lequel elle aura toute sa vie à s’expliquer. Banalité n’a pourtant jamais voulu dire innocence. En maniant ce concept au sujet du criminel SS Adolf Eichmann, concept emprunté à son premier mari Heinrich Blücher ou à l’écrivain Joseph Conrad selon les versions, c’est une vision finalement confortable du sadisme nazi qu’Arendt entend en fait réfuter.

Le désir d’y voir une espèce d’hyperbole démoniaque qui le tient au fond radicalement à distance. Plus dérangeante, la vision d’Arendt fait de la monstruosité une option humaine à chaque instant du temps actualisable. Aucune complaisance à l’égard d’Eichmann dans cette affaire, constamment présenté dans le livre d’Arendt comme une créature certes subordonnée, mais aussi comme un salaud intégral, encore plus jusqu’auboutiste qu’Himmler, et qui fit « de son mieux, jusqu’au bout, pour rendre réellement définitive la Solution finale ».

Restent que les révélations aujourd’hui faites par Claude Lanzmann au sujet du vrai Eichmann, de l’Eichmann historique (voir ci-dessous) mettent sérieusement à mal la thèse d’Arendt, aussi subtile soit-elle. Reste un autre aspect encore de la polémique, sur lequel il faut bien sûr revenir. Il concerne l’insistance d’Hannah Arendt sur le rôle joué par les « Conseils juifs », les Judenräte, dans la machine d’extermination nazie.

Un « ton sans cœur, souvent presque ricaneur et malveillant »

Pour Arendt, jamais cette dernière n’aurait pu déporter et tuer à une telle échelle si certains responsables des différentes communautés juives n’avaient aussi étroitement collaboré avec les assassins. On sait que la philosophe reporter se réclamait sur ce point de « La Destruction des juifs d’Europe » de Raul Hilberg, paru en 1961 dans l’indifférence générale et entretemps devenu l’une des études de référence sur le génocide opéré par le IIIème Reich.

On n’en reste pas moins troublé par le forçage indéniable qu’Arendt fait subir à certains faits, comme le cas du grand rabbin de Berlin Leo Baeck, présenté outrancièrement comme un véritable « Fürher juif ». On n’en reste pas moins étonné par sa vision finalement si peu compatissante des possibilités de rébellion qui s’offraient à ces gens. Rompant avec elle à cette occasion, Gershom Scholem, l’auteur des « Grands courants de la mystique juive », lui reprochera à ce sujet d’avoir inexplicablement usé d’un « ton sans cœur, souvent presque ricaneur et malveillant (sneering and malicious) ».

Un ton que l’on a depuis lors pris l’habitude d’associer à l’auteur des « Origines du totalitarisme », avec une injustice que ces « Ecrits juifs » permettent cette fois nettement de réparer. Orgueilleuse autant qu’on voudra, inutilement rigide dans sa façon de vouloir fixer sans faiblesse le soleil noir nazi, il est tout à fait faux en revanche de prétendre qu’Hannah refusait toute communauté de destin avec ses frères.

« Acosmique »

Ayant perdu la foi très tôt comme elle le confia un jour au rabbin de Königsberg, Arendt ne saurait certes avoir le même vécu juif que Scholem. Certains textes ici publiés, « Le Juif comme paria. Une tradition cachée » ou « Stefan Zweig : les juifs dans le monde d’hier » (1943), montrent bien dans quel univers moral et intellectuel celle-ci évolue.

Arendt ne prend conscience de sa judéité dans son enfance que par les insultes antisémites de ses camarades – l’expérience même décrite par Sartre dans son fameux essai de 1946. Ayant perdu l’héritage hébraïque de ses ancêtres sans avoir pour autant gagné une citoyenneté ferme, le sol de la politique européenne étant partout en train de s’effondrer, son destin est à l’unisson de celui de toute une intelligentsia juive à la veille de la catastrophe.

« Acosmique » écrit-elle, privée de monde autre que celui, idéal, de la haute culture, incertaine sur son identité alors même que celle-ci est devenue un chef d’inculpation, Arendt n’en demeure pas moins convaincue que « lorsqu’on est attaquée en qualité de Juif, c’est en tant que Juif que l’on doit se défendre ».

On finirait presque par l’oublier, mais l’idéal sioniste mobilisera en effet la jeune femme au plus haut point. Hostile à « l’assimilation », qui à ses yeux est incapable de résoudre le problème de l’altérité et de supprimer l’équation « l’étranger intérieur c’est l’ennemi », logique qui mène au camp, Arendt est même convaincue que le sionisme est « la seule réponse que les Juifs aient jamais trouvé à l’antisémitisme et la seule idéologie qui ait tenu strictement compte d’une hostilité qui allait les placer au cœur des événements mondiaux. »

C’est du reste la mission que lui confia Kurt Blumenfeld, le président de « L’Union sioniste d’Allemagne », qui provoquera l’arrestation d’Arendt en 1933, entraînant son départ précipité pour la France, qu’elle réussira à quitter en 1941 pour gagner « l’heureuse Amérique ». On sait moins quel fut l’enthousiasme d’Arendt durant les années de guerre à l’idée de voir naître un « foyer national », seul à même de protéger à l’avenir les Juifs car pour elle, quiconque n’appartient pas de plein droit à un corps politique se voit exposé à l’atomisation, à la biologisation et finalement à la mort.

Du Juif paria à l’Etat paria

Reste que son enthousiasme sera de courte durée, et cela non plus ne lui est pas toujours pardonné. Ainsi que de nombreux textes en témoignent ici, rapidement la philosophe se montre en effet très critique à l’égard de la tournure prise par cette expérience territoriale sur laquelle elle avait fondé tant d’espoirs.

Avec sa rectitude habituelle, Arendt exprime sa crainte de voir l’Etat-nation juif faire le choix de la coopération avec les puissances impérialistes plutôt qu’avec ses voisins, et se voir ainsi réduit à une Sparte moderne, à une tribu de guerriers « environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts. »

L’idée que l’antisémitisme des années 30 puisse muter en antisionisme une fois l’Etat d’Israël fondé, effleure Arendt avant même la fin de la guerre. L’idée qu’au « Juif paria » au sein de son propre Etat puisse dramatiquement succéder un « Etat Paria » à l’échelle du monde entier la hante littéralement. Faute de pouvoir infléchir le cours de l’Histoire, faute de croire qu’un sionisme « antinationaliste » et « antichauvin » puisse réellement voir le jour, Arendt fait le choix de se désinvestir totalement.

Dès octobre 1944, sa rupture avec l’Etat intensément rêvé est bel et bien consommée. Dans une lettre à son amie la journaliste Mary McCarthy, postérieure à la controverse sur Eichmann, Arendt écrit : « Je sais bien que toute catastrophe en Israël m’affecterait plus profondément que toute autre chose. » Si l’on a parfois pu reprocher à Arendt son apparente insensibilité, nul ne l’a jamais suspectée de dissimuler ses vrais sentiments.

« Ecrits juifs » par Hannah Arendt, Fayard, 752 p., 28 euros. A signaler aussi la réédition d’« Hannah Arendt », biographie de référence par Elisabeth Young-Bruehl, Pluriel.

Bio express

Née en 1906 à Hanovre, Hannah Arendt, philosophe et théoricienne de la politique, est notamment l’auteur de : « les Origines du totalitarisme » (1951), « La condition de l’homme moderne » (1958) et « La crise de la culture » (1961). Juive allemande naturalisée américaine, elle meurt en 1975, dix ans après la polémique mondiale déclenchée par « Eichmann à Jérusalem ».

La faute d’Arendt

Le prochain film de Claude Lanzmann, qui sera tourné en 2012, portera précisément sur Benjamin Murmelstein, un de ces présidents des «Conseils juifs » sur le rôle desquels Hannah Arendt insistait dans Eichmann à Jérusalem, n’hésitant pas à les accabler et à leur imputer une part du crime. En exclusivité pour « Marianne », l’auteur de « Shoah » livre un témoignage totalement inédit, de nature à ébranler décisivement le regard porté sur l’Obersturmbannführer Adolf Eichmann, responsable sous le IIIème Reich des « affaires juives et de l’évacuation », jugé et condamné à la pendaison en mai 1962 à Jérusalem.

Marianne : A vos yeux, Hannah Arendt se trompe totalement quant à la personnalité et aux responsabilités écrasantes d’Eichmann…

Claude Lanzmann: Absolument et c’est une des raisons pour lesquelles j’entreprends de réaliser ce film. J’ai filmé le témoignage de Benjamin Murmelstein à Rome en 1975, pendant toute une semaine. Adjoint du grand rabbin d’Autriche, c’est lui qui fut contraint de négocier avec Eichmann après l’annexion de l’Autriche. Il le vit pratiquement chaque jour pendant trois ans et eut de lui la connaissance la plus profonde qu’on puisse imaginer. Plus tard, il devint le troisième président du Conseil juif de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, que Eichmann appelait un « ghetto modèle », c’est-à-dire destiné à être montré. Pour mille raisons, je n’ai pas inclus son témoignage dans «Shoah ». C’était un film en soi et l’intégrer à « Shoah » aurait rallongé le film de deux ou trois heures. Le témoignage de Murmelstein, capital, est aveuglant d’intelligence et de clarté: Eichmann n’était pas du tout le falot bureaucrate dont Arendt a brossé le portrait en même temps qu’elle inventait le concept de banalité du mal, qui n’était au fond que la banalité de ses propres conclusions. Dès la fin 39, c’est Eichmann qui organise la première déportation de Juifs. Tout au long de ses rencontres avec Murmelstein, Eichmann apparaît comme un antijuif fanatique aboyant des ordres inexécutables qu’il multipliait à dessein. Les anecdotes à ce sujet sont nombreuses, odieuses, et irrécusables. Tout cela sera montré dans le film, et définitivement établi.

Qu’est-ce qui a pu à ce point induire Arendt en erreur ?

Le procès d’Eichmann a été un procès bâclé. Les historiens avaient encore très peu travaillé. On confondait les lieux, on bousculait les témoins, qui avaient vécu des expériences limite et étaient incapables de parler. Le procureur Gideon Hausner partageait l’ignorance générale. A la demande de Ben Gourion qui souhaitait en faire un acte fondateur pour Israël, Hausner a ouvert le procès par un immense discours moralisateur, insupportable. Cette ouverture a déplu à Arendt. A juste titre. Mais elle-même ne savait rien. C’était une juive allemande exilée qui ignorait tout de la réalité de ces choses et de ces gens.

Iriez-vous jusqu’à dire que l’insistance d’Arendt sur le rôle des « Conseils juifs» est suspecte ? Elle s’est toujours défendue sur ce point en invoquant les travaux de Raul Hilberg …

Hilberg a beaucoup évolué sur cette question, vous savez. Nous avons eu de longues discussions à ce sujet. Je l’ai rencontré en 1975 à New York, pendant un colloque d’historiens sur l’Holocauste. Contrairement aux autres, il n’était pas gai, exubérant, le travail sur ces questions le concernait intimement. Il avait la voix métallique, ironique, il m’a tout de suite plu, nous sommes devenus amis. C’est à lui que j’ai demandé de faire revivre dans « Shoah » la mémoire de Tcherniakov, le président du conseil juif de Varsovie qui, lui, a choisi de se suicider, le 23 juillet 1942, quand il a vu que les déportations vers Treblinka commençaient et qu’il ne pouvait rien y faire. Hilberg, dans « Shoah » incarne littéralement Tcherniakov. Beaucoup d’autres se sont également suicidés. Vingt-quatre membres du même Conseil juif se sont parfois donné la mort la même nuit. Pourquoi Arendt n’insiste pas plutôt là-dessus? La première chose face à une catastrophe pareille, c’est l’humilité. Moi je suis resté des mois sans comprendre, quand j’ai commencé « Shoah », sans même être capable de dire quel allait être mon sujet. Jusqu’au moment où j’ai su ce que je devais faire.

Propos recueillis par Aude Lancelin

Voir aussi:

The Evil of Banality

Troubling new revelations about Arendt and Heidegger.

Ron Rosenbaum

Slate

Oct. 30, 2009

Will we ever be able to think of Hannah Arendt in the same way again? Two new and damning critiques, one of Arendt and one of her longtime Nazi-sycophant lover, the philosopher Martin Heidegger, were published within 10 days of each other last month. The pieces cast further doubt on the overinflated, underexamined reputations of both figures and shed new light on their intellectually toxic relationship.

My hope is that these revelations will encourage a further discrediting of the most overused, misused, abused pseudo-intellectual phrase in our language: the banality of evil. The banality of the banality of evil, the fatuousness of it, has long been fathomless, but perhaps now it will be consigned to the realm of the deceitful and disingenuous as well.

The first of the two new reports—and the one most overlooked here in America, perhaps because it’s not online—appeared in the sober pages of London’s Times Literary Supplement on Oct. 9. It was titled « Blame the Victim—Hannah Arendt Among the Nazis: the Historian and Her Sources. » Arendt—the German-born refugee intellectual, author of the influential The Origins of Totalitarianism and the controversial Eichmann in Jerusalem: A Report on the Banality of Evil—has come under fire before for « blaming the victim » in her Eichmann trial book, but the author of the TLS piece, the distinguished British scholar Bernard Wasserstein, breaks new ground here with material I found shocking.

In a long, carefully documented essay, Wasserstein (who’s now at the University of Chicago), cites Arendt’s scandalous use of quotes from anti-Semitic and Nazi « authorities » on Jews in her Totalitarianism book.

Wasserstein concludes that her use of these sources was « more than a methodological error: it was symptomatic of a perverse world-view contaminated by over-exposure to the discourse of collective contempt and stigmatization that formed the object of her study »—that object being anti-Semitism. In other words, he contends, Arendt internalized the values of the anti-Semitic literature she read in her study of anti-Semitism, at least to a certain extent. Wasserstein’s conjecture will reignite the debate over Arendt’s contemptuous remarks on certain Jews who were victims of Hitler in her Eichmann book and in her letters.

Could these revelations help banish the robotic reiteration of the phrase the banality of evil as an explanation for everything bad that human beings do? Arendt may not have intended that the phrase be used this way, but one of its pernicious effects has been to make it seem as though the search for an explanation of the mystery of evil done by « ordinary men » is over. As though by naming it somehow explains it and even solves the problem. It’s a phrase that sounds meaningful and lets us off the hook, allows us to avoid facing the difficult question.

It was the banality phrase—and the purported profundity of it in the popular mind—that elevated Arendt above the ranks of her fellow exile intellectuals in America and made her a proto-Sontag figure, a cerebral star of sorts and a revered icon in cultural-studies departments throughout America. It was the phrase that launched a thousand theses.

To my mind, the use of the phrase banality of evil is an almost infallible sign of shallow thinkers attempting to seem intellectually sophisticated. Come on, people: It’s a bankrupt phrase, a subprime phrase, a Dr. Phil-level phrase masquerading as a profound contrarianism. Oooh, so daring! Evil comes not only in the form of mustache-twirling Snidely Whiplash types, but in the form of paper pushers who followed evil orders. And when applied—as she originally did to Adolf Eichmann, Hitler’s eager executioner, responsible for the logistics of the Final Solution—the phrase was utterly fraudulent.

Adolf Eichmann was, of course, in no way a banal bureaucrat: He just portrayed himself as one while on trial for his life. Eichmann was a vicious and loathsome Jew-hater and -hunter who, among other things, personally intervened after the war was effectively lost, to insist on and ensure the mass murder of the last intact Jewish group in Europe, those of Hungary. So the phrase was wrong in its origin, as applied to Eichmann, and wrong in almost all subsequent cases when applied generally. Wrong and self-contradictory, linguistically, philosophically, and metaphorically. Either one knows what one is doing is evil or one does not. If one knows and does it anyway, one is evil, not some special subcategory of evil. If one doesn’t know, one is ignorant, and not evil. But genuine ignorance is rare when evil is going on.

Arendt should have stuck with her original formulation for the Nazi crimes, « radical evil. » Not an easy concept to define, but, you might say, you know it when you see it. Certainly one with more validity than banality. (Wasserstein dryly notes that « her epigones have tried valiantly to reconcile the two positions, she herself recognized the inconsistency »—between radical and banal evil— »but never satisfactorily resolved the fundamental self-contradiction. ») But Arendt fled from radical evil into banality in more ways than one.

Where the Wasserstein article breaks new ground is in his citation of some of the anti-Semitic sources Arendt used for what is considered her major work, The Origins of Totalitarianism. Of course, Arendt has been called hostile to Jews, particularly those who lack the Germanic acculturation she was so proud of.

But The Origins of Totalitarianism has not, until now, come under fire on these grounds. And I must say that even though it’s a book massively bloated by irrelevant show-your-work history, it serves as ballast for an important theoretical insight: that the similarities among police-state surveillance regimes are more important than the differences, that the similarities can be summed up by a single word—totalitarianism—that applies to dictatorships of the left and right, of any ideology and by extension any theocratic regime or movement.

It’s a concept that has great relevance right now because there are still those who don’t understand how theocratic police states can be called « fascist. » Duh! It’s because they’re totalitarian. Whatever religion they profess, what they share with past fascist regimes is greater—in terms of denial of human rights—than what separates them. Just as political regimes adopt religious-type totalist worship of the state or the leader to enforce their oppression, religious or theocratic regimes adopt political oppression to enforce their orthodoxies.

But Wasserstein (who ironically delivered his conclusions originally at « the Hannah Arendt Lecture » at Holland’s Radboud Universiteit, Nijmegen in December 2008—probably not what they expected) has found some problems in her historical analysis of anti-Semitism.

He introduces his findings with a curt nod to the Arendt defenders: « In The New York Review of Books in 2007 Jeremy Waldron reproved the historian Walter Laqueur for having speculated that Arendt ‘had read too much anti-Semitic literature for her own good.’  » Waldron, Wasserstein observed, « considered the conjecture ‘offensive.’ « 

« Actually, » Wasserstein continues, « it merits serious consideration, as emerges if we examine the use of sources in her work. Consider, for example, Arendt’s discussion, in the second section of Origins, of the role of Jews in the gold and diamond rushes in South Africa at the turn of the twentieth century. She relies here on the account by the British economist J.A. Hobson in which he referred to Jewish financiers ‘leaving their economic fangs in the carcasses of their prey. They fastened on the Rand … as they are prepared to fasten upon any other spot on the globe’—part of a passage that Arendt quotes with explicit and unironic approval, commending it as ‘very reliable in observation and very honest in analysis.’ « 

« Fangs »? You say this sounds like pure Hitlerite rhetoric that could have been lifted from Mein Kampf? Well, yes, it does, doesn’t it?

And then there’s this: « One of her authorities on South African Jews, » Wasserstein reports, is an article by Ernst Schultze, « a longstanding Nazi propagandist, that appeared in … a German publication founded and directed by the prominent Nazi ideologist Alfred Rosenberg. »

And then « in a new preface [to The Origins of Totalitarianism] written in 1967, Arendt commends the work of the leading Nazi historian Walter Frank … whose ‘contributions,’  » Wasserstein quotes Arendt,  » ‘can still be consulted with profit.’ « 

Wasserstein wonders about her motives here: « Was she bending over backwards not to be totally dismissive of ideological opponents who despised her on categorical (i.e. racial) grounds? » he asks.

« But there must have been more to it than that, » he answers, « because modern Jewish history was the only subject where she repeatedly relied on Nazi historians as external authorities, that is, other than as evidence of what the Nazis themselves thought or did. Moreover she internalized much of what the Nazi historians had to say about Jews, from the ‘parasitism’ of Jewish high finance to the ‘internationalism’ of [Walther] Rathenau [the Weimar German minister assassinated by anti-Semites.]« 

Of course, there have always been Jewish critiques of Jews. But Arendt’s « aversion clearly ran much deeper » than has been supposed, Wasserstein asserts. He concludes his piece by wondering, « Why? »

I believe the new Heidegger revelations may shed some light on that question. It’s always been controversial to discuss Arendt’s lifelong romantic infatuation with the Nazi-sympathizing professor and how it might have shaped her intellectual positions. Arendt’s defenders dismiss these as « tabloid » concerns, irrelevant to the purported transcendental purity of her thought.

But leaving Heidegger out of the equation is becoming ever more difficult. Not only did Arendt have an affair with him when she was an 18-year-old student about half his age, before Hitler took over, but despite his public exaltation of the Fuhrer, despite his firing Jews once he became rector of Freiburg University. We now know that she later resumed some kind of warm relationship with the brownshirt philosopher (yes, it turns out he often wore one to his lectures). Arendt helped usher Heidegger back into the intellectual version of polite society, indeed assisted in preventing his ostracism as a Hitlerite, at least by those who considered his notoriously opaque use of philosophical language to offer something of value beneath it—apart from further opacity.

The new Heidegger material offers further evidence of his slavish devotion to the Fuhrer, not merely in his public speeches but also in his desire to find a philosophical grounding for Hitlerism in the elevated realms of his thought.

Consider this quotation from a delightfully acerbic review essay by Carlin Romano in the Oct. 18 Chronicle of Higher Education,which discusses new revelations about Heidegger’s shameless adoption of Nazism.

Next month Yale University Press will issue an English-language translation of Heidegger: The Introduction of Nazism Into Philosophy, by Emmanuel Faye, an associate professor at the University of Paris at Nanterre. It’s the latest, most comprehensive archival assault on the ostensibly magisterial thinker who informed Freiburg students in his infamous 1933 rectoral address of Nazism’s « inner truth and greatness, » declaring that « the Führer, and he alone, is the present and future of German reality, and its law. »

Faye, whose book stirred France’s red and blue Heidegger départements into direct battle a few years back, follows in the investigative footsteps of Chilean-Jewish philosopher Victor Farias (Heidegger et le Nazisme, 1987), historian Hugo Ott (Martin Heidegger: Unterwegs zu Zeiner Biographie, 1988) and others. Aim? To expose the oafish metaphysician’s vulgar, often vicious 1930s attempt to become Hitler’s chief academic tribune, and his post-World War II contortions to escape proper judgment for his sins. « We now know, » reports Faye, « that [Heidegger's] attempt at self-justification of 1945 is nothing but a string of falsehoods. »

Romano’s Chronicle piece generated an often-furious comments thread, a spectacle of postmodernists in temper tantrum mode.

I can understand the splenetic attacks on Romano for not taking Heidegger seriously, although the angry Heideggerian academics never explained exactly why we should.

In general, I’m in favor of separating the man (or woman) from the work, but it was Heidegger himself, his defenders don’t seem to recognize, who claimed Nazism for his own. He didn’t make the separation between man and philosophy that they conveniently claim to excuse his personal racism.

The debate about Heidegger reminded me of a conversation I had with philosopher Berel Lang on « the evolution of evil, » an exchange I wrote about in Explaining Hitler. We discussed whether Hitler represented a new depth of evil and what the next step down into the abyss might be. Were there degrees of evil—that led to Hitler? And would Hitler lead to degrees of evil beyond his own? I had suggested Holocaust denial was such a next step, in the sense that it added insult to injury, but Lang disagreed, arguing that Heidegger’s postwar silence on Nazism exemplified the next step in the evolution of evil. After the war, this purportedly great and comprehensive philosopher never published anything that addressed the fact of the Holocaust that his party perpetrated. It just didn’t impinge on his worldview. He had time to write polemics against mechanized agriculture but not industrialized murder. Lang thought Heidegger’s indifference was a whole new kind of evil. (He even wrote a book called Heidegger’s Silence.)

Which brings us back to Arendt again. As the extent of Heidegger’s enthusiastic embrace of Nazism becomes more apparent, and as it becomes ever clearer that the allegiance was not merely opportunistic and careerist but derived from a philosophical affinity with his Fuhrer’s effusions, it becomes impossible not to reexamine certain questions. Such as: How much did Arendt know about the depth of Heidegger’s allegiance? Did Heidegger lie to her? Did she believe him the way she believed Eichmann? Did she assume his complicity with the genocidaires was something careerist and banal? Or worse, did she know? And did she disingenuously (or self-deceptively) construct her false banal Eichmann from her false banal Heidegger?

Writer Paul Roazen once speculated on this question:

If Eichmann was simply following orders, and his conduct was certifiably normal within the context of Nazi Germany, her own defense of Heidegger can reflect the way a social thinker such as herself might be conditioned by circumstances and advantage to curry favor in the midst of the most vile forms of evil. Having as a Jew escaped from Germany in 1933, Arendt remained for the rest of her life loyal to the whole philosophic tradition that had helped lead to Hitlerism. …

It may forever remain a mystery, even more so now. Wasserstein believes she internalized anti-Semitic literature; I would perhaps modify this to say she internalized the purported universalism of Germanic high culture with its disdain for parochialism. A parochialism she identified with, in her own case, her Jewishness, something she felt ashamed of on intellectual grounds, so primitive, this tribal allegiance in the presence of intellects who supposedly transcended tribalism (or at least all tribes except the Teutonic).

One can still hear this Arendtian shame about ethnicity these days. So parochial! One can hear the echo of Arendt’s fear of being judged as « merely Jewish » in some, not all, of those Jews so eager to dissociate themselves from the parochial concerns of other Jews for Israel. The desire for universalist approval makes them so disdainful of any « ethnic » fellow feeling. After all, to such unfettered spirits, it’s so banal.

Voir également:

A Conscious Pariah

Raul Hilberg, the first historian to document the banality of Nazi evil, nursed a lifelong grudge against the woman who borrowed from and popularized his work, Hannah Arendt.

Nathaniel Popper

The Nation

April 19, 2010

Raul Hilberg was known for cultivating enemies. During faculty meetings at the University of Vermont, where he was a professor of political science from 1956 to 1991, the renowned historian of the Holocaust would unfailingly denounce the consensus position, whether it concerned faculty appointments or vacation policy. « He was an intensely stubborn and contrary person, » one of his old colleagues told me. In The Politics of Memory, an autobiography published in 1996, Hilberg dedicated a chapter to attacking fellow historians whose work he considered derivative or misguided. Among those admonished was Lucy Dawidowicz, a popular Holocaust scholar and author of the emotional bestseller The War Against the Jews (1975); Dawidowicz provided « vaguely consoling words » that « could easily be clutched by all those who did not wish to look deeper, » Hilberg complained.

But no one who wrote about the Holocaust nettled Hilberg more than Hannah Arendt. Hilberg’s anger toward the German refugee and New York intellectual erupted with the publication of Eichmann in Jerusalem, in which Arendt told the tale of Adolf Eichmann, the man responsible for implementing the Final Solution, against the backdrop of his trial for war crimes and crimes against humanity. (Eichmann was captured by Mossad agents in Argentina in May 1960. His trial in Jerusalem began in April 1961, and he was executed in May 1962.) Arendt’s study was serialized in five installments in The New Yorker in the spring of 1963 and then quickly published in book form in May of that year by Viking Press with its now infamous subtitle, « A Report on the Banality of Evil. » The work has attained a mythic status. Penguin publishes it in two inexpensive paperback editions–one a « Penguin Classics » and the other a « Great Ideas » version that, with its matte blue-and-white cover, is attractively designed for display next to cash registers as an impulse buy.

Hilberg died in 2007, and among the private papers he left to the University of Vermont library is a box stuffed with materials about his scholarly antagonists. Folders filled with Arendt clippings occupy half of the tightly jammed container. There is also a brown accordion folder holding two crisp copies of each of the five issues of The New Yorker in which Arendt’s study of Eichmann was serialized. Hilberg was obsessed with Arendt’s dispatches because two years before their appearance, with the Eichmann trial under way, he had published his own magnum opus, The Destruction of the European Jews, a multivolume work that is still widely considered in scholarly circles to be the first great history of the Holocaust and the cornerstone of Holocaust studies. « No other book will ever be, by my hand, annotated to such a degree, » Claude Lanzmann remarked in 1993, eight years after the release of his epic film Shoah. « A beacon of a book, a breakwater of a book, a ship of history anchored in time and in a sense beyond time, undying, unforgettable, to which nothing in the course of ordinary historical production can be compared. » (Hilberg is the only historian to appear in Shoah, which documents victims’ and perpetrators’ direct experiences of the Holocaust.)

As Hilberg read Arendt’s articles about Eichmann, he noticed a number of striking similarities to his own research. He tallied them on an accounting spreadsheet stored in the accordion folder with the New Yorker issues. At the bottom of the spreadsheet he divided the instances into « cert. » and « prob. » and penciled hash marks next to each category. Among the flagged passages is Arendt’s account of the plight of Bernard Lichtenberg, a Catholic priest in Berlin who was condemned to a concentration camp after speaking out against the deportation of the Jews. Hilberg noted the page on which Arendt’s version appeared and next to it wrote, in red ink, « verbatim. »

Hilberg had discovered Lichtenberg’s story in Nazi foreign office files, and he recounted it in his book in what were, for him, unusually emotional terms: « Dompropst Bernard Lichtenberg of St. Hedwig’s Cathedral in Berlin, dared to pray openly for the Jews, including those who were baptized and those who were unbaptized. » Arendt told Lichtenberg’s tale in the third New Yorker installment as a parenthetical aside in the story of a deported minister: « A similar fate befell the Catholic Dompropst Bernard Lichtenberg, of St. Hedwig’s Cathedral, in Berlin. » Lichtenberg, Arendt wrote, « had dared to pray publicly for all Jews, baptized or not. » In his book Hilberg footnoted the document from which he drew the anecdote; in The New Yorker Arendt gave no indication of her source–one of many similar instances.

In Eichmann in Jerusalem Arendt was a little more forthcoming about her debt to Hilberg. The book includes a note on sources in which she describes The Destruction of the European Jews as « the most exhaustive and the most soundly documented account of the Third Reich’s Jewish policies. » There are five quotes in the book followed by a discreet « (Hilberg), » including a few she had not sourced to him in the New Yorker series. Still, many facts reported by Hilberg that appeared without attribution in Arendt’s magazine pieces remained uncredited to him in Eichmann.

Hilberg stopped documenting Arendt’s borrowings on his spreadsheet after he read the third installment, but « verbatim » was not his last word about the series. Years later, in a letter also found among his papers, he explained to one of Arendt’s biographers, Elzbieta Ettinger, that he had « noticed what she had done as soon as I read the installments in the New Yorker. » He continued, « A lawyer of my publisher at the time asked me to draw up a list of items she had lifted. I found about eighty, but he also said that I would have to prove that she could not have obtained the information anywhere else. That proof I could not supply, except in such instances as an error of spelling that she had copied. » In The Politics of Memory, Hilberg dedicated a few pages to Arendt and obliquely mentioned that others had commented on her mostly invisible reliance on his research; he also averred that her work « consisted only of unoriginal essays on anti-Semitism, imperialism, and general topics associated with totalitarianism. » Despite his derision, Hilberg declined to publicly air his grievances. As a result, the scale of Arendt’s debt to him has remained largely unknown.

Hilberg’s indignation, as well as his decision to hold his fire, testify to the complex psychology of a Jewish man whose life had been threatened by the rise of Nazi terror but who managed to escape Europe and the Holocaust and lived thereafter with the resulting burden of guilt and luck. Arendt took a similar path out of Europe and carried much of the same emotional shrapnel. Hilberg and Arendt never met, in part because of his lingering bitterness toward her, but the strands of his research that she wove into her writing are only the most telling instances of the profound ways in which the two thinkers’ lives and ideas were intertwined. Both studied the problem of political evil in the twentieth century–Hilberg its social machinery in Nazi Germany, Arendt its origins in political systems like totalitarianism–and wrestled with the dilemma of the Jew in the twentieth century. Perhaps most important, at the core of their books about the Holocaust is a deep disappointment over the lack of Jewish resistance to the Nazis. After the war, both Hilberg and Arendt fashioned themselves as defiantly strong Jews, in contrast with their vision of the weak Jews they had left behind, and yet both remained fascinated by the story of those who were killed.

Raul Hilberg was born in Vienna in 1926, the only child of a cold, stolid mother and a quiet, proud father, whom Hilberg pitied and revered. In his youth Raul was a loner who took up solitary pursuits like geography, music and train spotting. His parents occasionally attended synagogue, but Hilberg was repelled by the irrationality of religion: « Already I was contrary-minded, turning away from religion, which at first became irrelevant to me and then an allergy, » he recalled in his autobiography.

After Hitler marched into Vienna during the Anschluss, the Hilbergs were forced out of their apartment at gunpoint. Hilberg’s father’s spirit was broken after he was jailed; he told his son, « Hitler will put us to the wall. » The family set off on a mad dash out of Europe, which ended a year later when they settled in Brooklyn after stopovers in France and Cuba. In 1944 Hilberg enlisted in the Army and ended up serving in a unit that swept through Germany as it was liberated; at one point Hilberg was in the Nazi headquarters in Munich and stumbled across portions of Hitler’s private library. Even before he was stationed in Europe, Hilberg had followed the scattered reports telling of the incipient genocide; in 1942 he made contact with an organization that asked him to call Stephen Wise, a leading rabbi in New York City. « What are you going to do about the complete annihilation of European Jewry? » Hilberg asked. Wise, Hilberg later remembered, hung up.

After the war, as a student first at Brooklyn College and then at Columbia, Hilberg was quickly drawn to the academic study of the fate he had escaped in Europe but that many of his relatives had not. « Briefly I weighed the possibility of writing a dissertation about an aspect of war crimes, and then I woke up, » he explained in his autobiography. « It was the evidence that I wanted. My subject would be the destruction of the European Jews. » He was soon spending long hours in a torpedo factory in Virginia that had been transformed into a repository for countless boxes of captured Nazi archives. Hilberg’s decision to study this material was not considered a professionally prudent one at the time, which may seem odd in the current era of Holocaust movies and proliferating Holocaust studies departments. But in the late 1940s and ’50s, the genocide of the Jews was a subject ignored in academic circles. History books of the era focused on the cult of Hitler and the Nazi terror but generally did not identify the slaughter of the Jews as a central part of the story of World War II. In the United States, the first college-level course dedicated to the subject of the Holocaust was taught in 1974–by Raul Hilberg. More than twenty years earlier, when Franz Neumann, Hilberg’s adviser at Columbia, learned of his dissertation topic, he quipped, « It’s your funeral. »

Hilberg’s study opens with a bold statement: « Lest one be misled by the word ‘Jews’ in the title, let it be pointed out that this is not a book about the Jews. It is a book about the people who destroyed the Jews. » Hilberg toiled for nearly a decade in the archives of the Nuremberg trials and other collections of recovered German documents. During his last lecture, which he delivered in Vermont just a few months before his death, he recalled the void that engulfed him at the outset of his research. « I was transported into a world for which I was totally unprepared, » he explained in his dry, austere manner. « I would read a document, but I would not understand what it meant. The context had to be built record by record. »

In Hilberg’s telling, the murder of the Jews was not a product simply of Hitler’s anti-Semitic rage (as Dawidowicz would later argue), nor was it preordained the moment the Nazi Party coalesced or even by the terror of Kristallnacht. « The destruction of the Jews was an administrative process, and the annihilation of Jewry required the implementation of systematic administrative measures in successive steps. » Hilberg presented a staggering picture of the bureaucratic machinery of extermination, which developed slowly over time and inundated every sector of German society–not just the Einsatzgruppen and the SS but also the finance ministry, foreign office and railways; everyone knew what was happening, and everyone cooperated.

Hilberg defended his dissertation in 1955 and submitted it to prominent publishing houses. It was roundly rejected until 1961, when a young press in Chicago, Quadrangle Books, decided to publish the work, printing it in double columns on cheap paper. From there, the massive tome began quietly and slowly to win over admirers. In a glowing review in Commentary, the British historian Hugh Trevor-Roper wrote that Hilberg’s book was « not yet another chronicle of horrors. It is a careful, analytic, three-dimensional study of a social and political experience unique in history: an experience which no one could believe possible till it happened and whose real significance still bewilders us. » Michael Marrus, the foremost historiographer of the Holocaust, says that it is now generally agreed that before Hilberg « there was not a subject. No panoramic, European-wide sense of what had happened. That’s what Hilberg provided. »

In Vermont, Hilberg embraced the role of the lordly European intellectual: he was a distant and often haughty scholar who favored somber, elegant suits and gave few indications of his personal entanglement with his research. On campus, he was revered for his courses and books (altogether he wrote and edited seven volumes concerning the Holocaust). I was told by Richard Sugarman, a philosophy professor at the University of Vermont who grew close to Hilberg, that « The phrase ‘spellbinding lecturer’ doesn’t do justice to him. Was it a little intimidating talking to him? Sure. He was not a recycled soul–he was an original. »

Beyond the mountains of Vermont, however, Hilberg’s achievements were generally unknown outside the scholarly community. The Destruction of the European Jews is scarcely mentioned in Peter Novick’s acclaimed The Holocaust in American Life (1999), which chronicles the rise of Holocaust consciousness. For Novick it was not Hilberg but the Eichmann trial and Arendt’s reporting on it that « effectively broke fifteen years of near silence. » After the trial, Novick writes, « there emerged in American culture a distinct thing called ‘the Holocaust’–an event in its own right, not simply a subdivision of general Nazi barbarism. »

Hannah Arendt was born twenty years before Raul Hilberg, in 1906, the only child of a middle-class European Jewish family. She grew up mostly in Königsberg, and Judaism was not an integral part of her daily life; religious observance was minimal, and anti-Semitic incidents were only an occasional irritant. According to Elisabeth Young-Bruehl’s sensitive biography, Hannah Arendt: For the Love of the World, Arendt was a moody young woman, particularly after her father died in 1913. She was drawn to books early on, and Goethe was the touchstone of her education. This led her eventually to the universities in Marburg and Heidelberg, where she studied philosophy with Karl Jaspers and Martin Heidegger.

Arendt is now popularly thought of as a nondenominational political theorist. But during the Nazi rise to power, she dedicated herself to Zionist relief organizations trying to help Jews flee Europe. Like Hilberg, an arrest awakened her to the severity of the Nazi regime: in 1933 she was apprehended for collecting documents for a Zionist organization. Also like Hilberg, Arendt directed her fear and anger at the quiescence of those around her. In 1936, when she attended the founding conference of the World Jewish Congress in Geneva, she wrote to her future husband, Heinrich Blücher, that « the Polish Jews will stop our mouths just as the German Jews did three years ago. And in the end we’ll all go to hell. » She worked with relief groups while planning her own escape from Germany; she reached New York City in 1941 and was soon writing for a number of Jewish publications. In an essay published in the New York German-Jewish newspaper Aufbau, she urged, « We can do battle against antisemitism only if we battle Hitler with weapons in our hands. »

After the war, Arendt’s activism waned as she grew intellectually fascinated with how the Nazis had managed to carry out the Final Solution. An early indication of her interest was a review she wrote for Commentary in 1952 of Léon Poliakov’s Bréviaire de la Haine: Le IIIe Reich et les Juifs (Breviary of Hate: The Third Reich and the Jews), which is generally recognized as one of two minor volumes on the Holocaust published before Hilberg’s landmark work. Arendt concluded the piece by underscoring the paucity of writing on the subject: « Research into Nazism, therefore, so frequently minimized today as ‘mere’ history, is indispensable for our understanding of the problems of the present and the immediate future. » For Arendt, covering the Eichmann trial was the perfect opportunity to explore those problems by delving into the psyche of the perpetrators, who intrigued her much more than the victims. As Arendt later told Samuel Grafton, a journalist commissioned by Look in the fall of 1963 to write an article about her account of Eichmann’s trial and the controversy it sparked, « I wanted to see one of the chief culprits with my own eyes as he appeared in the flesh. When, many years ago, I described the totalitarian system and analyzed the totalitarian mentality [in her study of Nazism and Stalinism, The Origins of Totalitarianism], it was always a ‘type,’ rather than individuals. »

Arendt spent weeks in Jerusalem observing the trial, and she left convinced that Eichmann was not a figure of great evil but rather an oddly cheerful, pathetic man whose desire for personal advancement meshed tightly with the gears of the totalitarian machine. In The New Yorker, she was critical of the Israeli prosecution and faulted the lead prosecutor for wanting « to try the most abnormal monster the world had ever seen. » Unlike the prosecutor, Arendt saw Eichmann not as a monster but a bureaucrat. « The trouble with Eichmann, » she said, « was precisely that so many were like him, and that the many were neither perverted nor sadistic, that they were, and still are, terribly and terrifyingly normal. »

It is often forgotten that Arendt folded Eichmann’s story into a more general account of the Holocaust–the table of contents of Eichmann in Jerusalem resembles a timeline of the event–and that this broader context introduced innumerable readers to the idea of the Holocaust. Arendt does not appear to have done research in archives with German documents, and given how little had been written on the subject she had few options when she looked for published sources of background material. There was, of course, one source that contained it all: The Destruction of the European Jews.

Arendt’s papers show that she had a complicated relationship with Hilberg’s work even before she began writing about Eichmann. When she returned to New York from Jerusalem, in August 1961, there was a letter from Quadrangle Books offering a special discount on The Destruction of the European Jews. In the copy of the letter in Arendt’s files, Quadrangle’s president, Melvin Brisk, promised that Hilberg’s book would provide a very different picture of Eichmann than the Israeli prosecution had in Jerusalem. « Hilberg shows that Eichmann was a bureaucrat worrying about a thousand details rather than a master planner. » Brisk explained, « We make this offer (good only until September 30th) because the Eichmann trial–which is still under way as I write this letter–makes the book doubly important in explaining what happened and why. » Arendt replied on August 7, enclosing a check for $14.95.

Brisk’s sales pitch was not Arendt’s first exposure to Hilberg’s book. Two years earlier, Arendt had been asked by Princeton University Press to review the manuscript of The Destruction of the European Jews; she advised Princeton not to publish it. In a letter in her archives dated April 1959, which Hilberg himself discovered, Princeton editor Gordon Hubel thanked Arendt for her « invaluable assistance » and tried to assuage any guilt she might have felt about her decision: « after we had rejected this manuscript, » Hubel confided, « we learned from Hilberg that he has $10,000 in financial backing toward the publication of this study, so I do not feel that our declining was in any way fatal to its eventual publication. » (In the end, a $15,000 donation financed the book’s publication by Quadrangle.)

Arendt’s evaluation of Hilberg’s manuscript is not among her papers. A plausible explanation of why she advised against its publication appears in a 1963 letter she wrote to the German publisher of Eichmann in Jerusalem. In it, she says that Hilberg « worked for 15 years only with the sources and if he had not written a very terrible first chapter, in which he did not understand much about German history, the book would be, so to speak, perfect. No one will be able to write about the topic without using it. » Arendt reiterated the point the following year in a letter to Karl Jaspers, offering that Hilberg’s book « is really excellent, but only because it is a simple report. » In his first chapter, Hilberg provides a brief timeline of anti-Semitism in Europe that begins with the Roman Empire under Constantine and ends with the Holocaust. Hilberg’s long view of history clashed with Arendt’s strong belief that the Holocaust was something entirely new–a product of modern society and the totalitarian system.

But while Arendt belittled some of its conclusions, she clearly recognized what a gold mine the book contained. Her reliance on Hilberg was apparent to Hugh Trevor-Roper, who reviewed Eichmann in Jerusalem in the Sunday Times two years after reviewing The Destruction of the European Jews in Commentary. Trevor-Roper postulated that, except for the trial, Hilberg’s « masterly study » was Arendt’s main source. « She acknowledges her debt, » Trevor-Roper wrote, « but the full extent of that debt can be appreciated only by those who have read both. Again and again the arguments, the very phrases, are unconsciously repeated. » Trevor-Roper’s review was largely forgotten, as was his conclusion that « indeed, behind the whole of Miss Arendt’s book stands the overshadowing bulk of Mr. Hilberg’s. »

Despite her opinion that Hilberg’s study was a « simple report, » Arendt does acknowledge its quotidian perfection at one point in her book–though, tellingly, in a parenthetical–when describing the arduous task faced by Eichmann’s Israeli prosecutors. « The prosecution, it must be admitted, was in a most difficult position in finding its way through this labyrinth of parallel institutions, which it had to do each time it wanted to pin some specific responsibility on Eichmann, » she explained, before discreetly adding: « (If the trial were to take place today, this task would be much easier, since Raul Hilberg in his The Destruction of the European Jews has succeeded in presenting the first clear description of this incredibly complicated machinery of destruction.) »

Like The Destruction of the European Jews, Eichmann in Jerusalem is mostly about the perpetrators. When Arendt does focus on the Jews, her concern is not isolated episodes of heroic resistance or the immense scale of human suffering but rather the Judenräte, the Jewish councils in Nazi-controlled Europe. It was an important matter to investigate. The councils were Jewish municipal administrations that provided basic services to ghettoized Jews and enforced Nazi orders and regulations, including compiling names of Jews for deportation. For Arendt the councils were a big moral question mark. She describes them as frequently willing and self-serving collaborators in helping the Nazis execute the Final Solution. In lines that have been repeated countless times since, she writes, « To a Jew this role of the Jewish leaders in the destruction of their own people is undoubtedly the darkest chapter of the whole dark story. » The cooperation of Jewish leaders, she continues, « had been known about before, but it has now been exposed for the first time in all its pathetic and sordid detail by Raul Hilberg. »

After this broad acknowledgment, Arendt peppers her account of the Judenräte with mostly unattributed quotations from German documents quoted in Hilberg’s book. Her most infamous act of blind borrowing is her provocative, offhand reference to « Dr. Leo Baeck, Chief Rabbi of Berlin, who in the eyes of both Jews and Gentiles was the ‘Jewish Führer.' » Jacob Robinson, who was an assistant to the chief prosecutor at the Nuremberg trials, wrote a book attacking Arendt’s portrayal of Eichmann in which he zeroed in on the Baeck statement and identified its likely source. Robinson hypothesized that the source « is probably Hilberg, who was careful to note that the expression ‘Jewish Führer’ applied to Baeck was a casual remark by Eichmann’s assistant, Dieter Wisliceny; it was left to Miss Arendt to ascribe the use of the epithet to ‘Jews and Gentiles’ in general. »

Certainly Arendt’s ideas about Eichmann and his « banality » were kindling for a fire. But it was the material she drew from 
Hilberg on the Jewish councils–less than twenty of the nearly 300 pages of her book–that ignited the furor. The implication of her account was that whereas Nazis like Eichmann were merely banal bureaucrats, Jews had experienced a moral collapse during the war by failing to resist totalitarianism. The Anti-Defamation League distributed a letter urging local offices to denounce her, the World Jewish Congress released a pamphlet about the book and multiple Jewish organizations hired researchers to find errors in it. Nearly every Jewish publication in America ran articles attacking her views. Arendt’s old friend Gershom Scholem broke with her and wrote a public letter in which he questioned her portrayal of the Jews: « In your treatment of the problem of how the Jews reacted to these extreme circumstances–to which neither of us was exposed–I detect, often enough, in place of balanced judgment, a kind of demagogic will-to-overstatement. » Scholem could have been describing Hilberg’s account of the Jewish councils–which is not surprising, given that Hilberg was Arendt’s source. In fact, Hilberg’s fastidiousness regarding the Baeck incident was an exception: he was generally indifferent, sometimes archly so, to the dilemmas faced by Jews in the ghettos. At one point he concludes that « Jews tried to avert disaster: by judicious compliance with orders, and sometimes by anticipatory compliance with orders not yet issued, » such as the forced labor program that the Jewish council in the Warsaw ghetto had set up. Where Arendt surpassed Hilberg was in the words of moral opprobrium she flung at several Jewish leaders.

As the negative reviews of Eichmann in Jerusalem poured in, Arendt wrote to Mary McCarthy: « One can say that the mob–intellectual or otherwise–has been successfully mobilized. » Arendt alleged in another letter, to a reader, that she was an innocent bystander who had been made a scapegoat. But she also recognized that the cause of the furor was her use of Hilberg’s Judenräte material. « That I am now in the center of this campaign is almost an accident. Ever since the publication of Hilberg’s book, those organizations have been worrying about what to do, » she wrote in response to a particularly vicious review of her work by Lionel Abel in the Summer 1963 issue of Partisan Review.

Arendt was not happy. She felt her ideas were being trampled by the uproar over Eichmann in Jerusalem. She was not without justification. Samuel Grafton noted in the draft of his Look article that « according to Viking Press, the book has sold only about 10,000 copies, an extremely small number for a work about which so much has been said. Many who are discussing it have not read it; in a sense the controversy has floated loose from the book, and become a phenomenon in its own right. » As Grafton’s son, the historian Anthony Grafton, explains in his essay « Arendt and Eichmann at the Dinner Table, » Look ended up killing his father’s article because as the contretemps heated up, Arendt grew irritable and stopped cooperating.

Hilberg was not happy either. After toiling for thirteen years on his book, he was being eclipsed by someone who had worked for little more than two years on hers. « Who was I, after all? » Hilberg asked bitterly in his autobiography. « She, the thinker, and I, the laborer who wrote only a simple report, albeit one which was indispensable once she had exploited it. » The situation was made clear in a letter that Siegfried Moses, the head of the Council of Jews from Germany, wrote to Arendt that spring. « I came to New York with the draft of a statement which was to be published by the Council of Jews from Germany. It was to attack the presentation given in Hilberg’s book. » But, Moses added, « Now, the defense of the council must oppose primarily your articles. » In his autobiography, Hilberg was emphatic in pointing out the differences between his and Arendt’s arguments. He noted that whereas Arendt’s analysis of Jewish leadership was restricted to the Judenräte, in The Destruction of the European Jews he had written that the Jews had a centuries-old tradition of saving themselves by complying with violent, anti-Semitic rulers–a precedent that collided with the unprecedented brutality of the Nazis.

But just as Arendt did not give Hilberg the full credit he was due, Hilberg did not properly acknowledge her insights. In writing about Eichmann, she had proposed a bold new way of describing how ordinary Germans had been drawn into the machinery of destruction–a discussion that Hilberg had avoided. On a more immediate level, Arendt, despite having taken liberties with some of Hilberg’s facts, had nevertheless acted as a popular interpreter of his research–providing visibility for a book that could easily have fallen down an academic mine shaft. In the process, this kick-started the rise of the study of the Holocaust.

There is no better testament to the cross-pollination of their ideas than the career of Christopher Browning, author of Ordinary Men: Reserve Police Battalion 101 and the Final Solution in Poland and one of the world’s most respected Holocaust scholars. Browning became interested in the Holocaust in the late ’60s when he was an activist against the Vietnam War. Like so many students at the time, he turned to Eichmann in Jerusalem in the hopes of understanding how governments are drawn into planning death and destruction. After noticing Arendt’s few references to Hilberg, Browning bought a copy of The Destruction of the European Jews. He read it during a long convalescence from mononucleosis, and it changed his life. « Some people have religious conversion experiences, » Browning said at a memorial service for Hilberg; « upon reading Hilberg I had a life-changing academic conversion experience. » Browning had been working toward a master’s in French history but then decided to write a dissertation on an aspect of Hilberg’s research. « Hilberg became visible to me by virtue of Arendt, » Browning told me. « For most people it was an entirely negative connection–but for me, it turned out to be entirely positive. »

Another kink in the story is that the claim on which Hilberg and Arendt had staked so much–Jewish compliance during the war–is considered, even by their admirers, to be the blind spot of their oeuvres. Young-Bruehl writes in her biography that Arendt’s knowledge of the Holocaust-era ghettos « was not always extensive enough to support her generalizations. » Amos Elon, in the introduction to the Penguin Classics edition of Eichmann in Jerusalem, says Arendt « was inexcusably flippant. » Hilberg, of course, was a meticulous researcher, yet the passages about the Jewish councils in The Destruction of the European Jews have a very different feel from the rest of the book. Whereas the book is generally heavily footnoted, these pages have long runs of clean or lightly footnoted discursive prose. Had Hilberg strayed from the facts? Michael Marrus, who has written critically about Arendt’s and Hilberg’s accounts of the Judenräte, says that while many Jewish historians have erred « too much on the side of heroism and resistance, » Hilberg « was way off on the other side of the spectrum. His views about the Jews are sometimes almost caricatural. » Browning agrees, and adds that Hilberg had an ornery attachment to these passages: « That’s the one chapter he would never change. He had a stubborn streak. »

Hilberg and Arendt may have clung to these heretical positions because their exodus from Europe left them with similarly tortured perspectives on the Jews they had left behind. Both writers were steeped in German-Jewish culture, which had long disdained the less cultured Jews in Eastern Europe. Complicating matters was that it was Eastern Jews who had been overwhelmingly slaughtered. Arendt’s criticism of the Israeli prosecution in Eichmann’s trial was spiced by her distaste for what she saw as the Israeli muddle of Middle Eastern and Eastern European Jews. Her most famous relationship was with Heidegger, the philosopher and Nazi Party member, and her husband, Blücher, was a German gentile. In a similar pattern, Hilberg endlessly criticized Jewish scholars while heaping praise on German scholars who were studying the same material.

More personally and concretely, though, the works of Hilberg and Arendt were colored by their experiences as young secular Jews influenced by Zionism. Arendt’s Zionist work–before and immediately after the war–is well-known. Hilberg’s Zionist background, on the other hand, has generally gone unrecognized. In his autobiography, he says little about his engagement with the Jewish community in Vienna. But his best friend from his youth, Eric Marder, recalls that both boys had gone to a Zionist school in Vienna, which taught them the need for Jews to build a home of their own and to defend themselves. The lessons stuck, says Marder, who left Vienna shortly after Hilberg’s family. Marder also ended up in Brooklyn, and he recalls that when he and Hilberg were in high school, they would walk home and talk about what was happening in Europe. « We both felt that politically the Jewish community in Europe had behaved badly. Instead of fighting the Nazis, they had surrendered to them. »

At the time that Hilberg and Marder were having those conversations, Arendt was expressing similar disappointment about the apparent unwillingness of the Jews to stand up for themselves. During the war, Arendt wrote a series of articles for Jewish newspapers in the United States calling for Jews to form an army to fight back. In time, though, her writing reflected a growing, almost shamefaced recognition that the Jews would go down meekly. In 1944, in the article « From Army to Brigade, » she spoke of the « unbearable humiliation of the Jewish people, who felt that the whole world had damned them to the degrading role of victimhood. »

Later on, both thinkers wanted to be seen as clear-eyed observers, unsullied by any attachment to the material they were studying–hence Hilberg’s stance as a disinterested scholar. « He wasn’t going to let somebody else define him–as a victim or a persecuted Jew, » Browning told me. « He just didn’t want to go there. » After the publication of Eichmann in Jerusalem, Gershom Scholem wrote to Arendt that she showed « little trace » of « Ahabath Israel: ‘Love of the Jewish people.' » She eagerly accepted his assessment: « I do not ‘love’ the Jews, nor do I ‘believe’ in them; I merely belong to them as a matter of course, beyond dispute or argument. » She had criticized Hilberg’s work by labeling it a « simple report, » but when she was attacked for being a self-hating Jew she used the label as a shield. « My position is that I wrote a report and that I am not in politics, either Jewish or otherwise, » she explained to Mary McCarthy in September 1963. « In other words my point would be that what the whole furor is about are facts and neither theories nor ideas. » She argued that she did not view the Jews any differently from any of the other people of Europe.

But it is hard not to see the youthful anger of both Hilberg and Arendt–the expression of an inchoate Zionist zeal–occasionally ruffling their more sober later writing. Scholem perceptively pointed to something very personal in Arendt’s work. In his letter, he told her, « Your book speaks only of the weakness of the Jewish stance in the world. I am ready enough to admit that weakness; but you put such emphasis upon it that, in my view, your account ceases to be objective and acquires overtones of malice. » With Hilberg, such overtones are evident when he describes innocent Jewish families going to their death: « During ghetto-clearing operations many Jewish families were unable to fight, unable to petition, unable to flee, and also unable to move to the concentration point to get it over with. They waited for the raiding parties in their homes, frozen and helpless. » The writing in the works of both thinkers rings with an almost visceral desire to distance themselves from the weak Jews that they imagined they had left behind, and from whom they had hoped for so much more during the war. Young-Bruehl says that in her life as well as her thinking, Arendt « took the position that I am not a victim here–I am a resistant. » But the outwardly sober and unemotional Hilberg was occasionally agitated by a resistant nerve. Yehuda Bauer, the eminent Israeli Holocaust scholar, recalls a moment when he was giving a lecture with Hilberg before a college class in Boston during the ’70s. Bauer spoke about Jewish resistance to the Nazis; Hilberg began his rejoinder on a characteristically dry note before suddenly losing his temper. « He yelled at those students and he said, ‘How many of you have guns in your home?' » Bauer remembers. « I said to him, ‘You think there will be Nazis in Boston?’ But he wasn’t talking to the students–he was talking to the Jews in Europe. For a moment he forgot himself. »

Discouraged by the response to Eichmann in Jerusalem, Arendt mostly stopped writing about Jewish issues. But she did not refrain from criticizing the Jewish world, particularly when it came to the justice of the State of Israel, which she had lost faith in, and American Jews’ stalwart defense of it. This political quarrel, though, obscured Arendt’s complicated understanding of her Jewish identity. It’s worth remembering that her first book was not a political treatise but a sympathetic biography of Rahel Varnhagen, the secular German-Jewish salon hostess who died believing that the great shame of her life, being born a Jew, was also her greatest gift. Similarly, Arendt never stopped feeling connected to her own Jewish heritage, but always on her own terms. Young-Bruehl tells of Arendt’s later years, when « everyone was very interested to observe that she put a great deal of energy into attending Seder with her friends–and the marking of Jewish holidays–in a way that she hadn’t really before. »

Professionally, Hilberg followed a different path after writing his great work. He maintained a single-minded commitment to The Destruction of the European Jews, advising translators on new editions right up to his death. He also worked more broadly on spreading a historical understanding of the Holocaust. He was an integral member of the council that oversaw the creation of the US Holocaust Memorial and Museum in Washington, and in letters to fellow council members he regularly warned against allowing the museum to become a community memorial for Jews, one dedicated to the image of the Jewish victim, instead of being a museum that would shed light on the entirety of the Holocaust.

Hilberg, like Arendt, remained largely estranged from collective Jewish life. He continued to live in Vermont, far from Jewish havens like New York City, and was twice married to non-Jews. He avoided synagogue and relished taking positions that antagonized many Jews. For instance, he rallied to the defense of Norman Finkelstein, who was lambasted for his book The Holocaust Industry, which argued that American Jewish institutions have exploited the memory of the Holocaust, turning it into shmaltz for financial and political gain. Peter Novick called Finkelstein’s work « a charge into darkness that sheds no light. » Hilberg not only praised Finkelstein’s « analytical abilities » but also noted his strength in defying the establishment. In letters and interviews, Hilberg attacked both the community of Holocaust scholars in the United States and the Jewish organizations that had sprung up to memorialize the Holocaust. What he had warned the Holocaust Memorial council against had come to pass. After drawing such a stark picture of the Jewish collapse in The Destruction of the European Jews, Hilberg was horrified that many American Jews would willingly and eagerly link themselves with the history of victimhood. « Where is our dignity? » he asked an editor at Knopf in 1988.

At the lecture he delivered a few months before he died, a question was put to Hilberg: « Why do you not feel part of your community? » Without missing a beat, he responded, in an even voice, « I don’t feel part of anything. I don’t feel part of the university I’ve been a part of for decades. I don’t feel part of Burlington, where I’ve spent all my years since 1956. I think some of us are just destined to be alone. » But Hilberg’s sense of being a man apart concealed the intense tug of war he had with his past. In his later years Hilberg returned to the subject of the Judenräte when he decided to edit the meticulous diaries of Adam Czerniakow, the head of the Jewish council in the Warsaw ghetto. Hilberg’s work on the volume is distinguished by a nuanced sympathy for the impossible situation in which the Jews had found themselves, but most of all for Czerniakow’s strong, silent decision to kill himself in the end rather than betray his principles.

Hilberg’s second wife, Gwendolyn Montgomery, who was born an Episcopalian, converted to Judaism in 1992, twelve years into their marriage. She did so for reasons of her own, without Hilberg’s prodding. She admits to having been surprised when Hilberg began quietly attending synagogue with her soon after her conversion. Hilberg’s friends, too, were surprised to learn that his postmortem arrangements included a request for a memorial service at the Burlington synagogue.

Hilberg had not become religious in any traditional sense. Like Arendt, his relationship with Judaism was very much on his terms. The legacy of Jewish victimhood galled him as much as it did Arendt, but it didn’t stifle his respect for the Jewish conscience. Here it was his turn to borrow from Arendt. Shortly before the end of the war, Arendt wrote an intriguing set of essays about the notion of « the Jew as pariah, » in which she identified Sholom Aleichem, Franz Kafka and Henrich Heine as heirs to the greatest Jewish tradition. « It is the tradition of a minority of Jews who have not wanted to become upstarts, who preferred the status of ‘conscious pariah,' » she claimed. « All vaunted Jewish qualities–the ‘Jewish heart,’ humanity, humor, disinterested intelligence–are pariah qualities. » In 1965, two years after the appearance of Eichmann in Jerusalem, Hilberg published a little-noticed essay in Midstream magazine in which he described the conditions that had motivated Germans to perpetrate the Holocaust. He then expressed his admiration for the pariahs of his people. « Jews are iconoclasts. They will not worship idols, » he wrote. « The Jews are the conscience of the world. They are the father figures, stern, critical, and forbidding. » He returned to the subject in his last lecture, in which he explained that despite his expressions of derision, his commitment had been « to my people, whether they want it or not, or like it. You know, I could have written my dissertation on multipartite treaties. I could have been a big shot. No, I wrote the dissertation that everyone without exception who was an adult told me not to write. »

This was not a description of the many Jews Hilberg was constantly criticizing but rather an idealized description of the community of Jews he imagined being part of, and people close to him understood as much. In his final months, as he was dying of lung cancer, one of the few people Hilberg wanted to see was Richard Sugarman. Many years earlier, Sugarman, who is an Orthodox Jew, had been walking around campus with a rabbi distributing Passover matzo. Sugarman remembers how the rabbi respectfully left Hilberg alone. « It seems to me that Professor Hilberg has his own avodah, » Sugarman recalls the rabbi saying, « his own way of service. »

Hannah Arendt » de Margarethe von Trotta

Bernard Marx

Regards

5 mai 2013

« Hannah Arendt » de Margarethe von Trotta

Le dernier film de Margarethe von Trotta, qui est sorti en France le 24 avril, sous le titre « Hannah Arendt » devait s’appeler « La controverse ». C’était un titre réducteur mais significatif. L’ambition de la cinéaste allemande est de montrer tout ensemble la vie et la pensée d’Hannah Arendt. Initialement, elle envisageait de la suivre depuis ses 18 ans, lorsqu’elle commence à suivre les cours des philosophes Husserl, Jaspers et Heidegger et lorsque celui-ci devient son amant, jusqu’à sa mort en 1975. Mais, à trop embrasser, la cinéaste disait ne rien saisir. Le scénario s’est focalisé sur quatre années, de 1960 à 1963, autour du procès d’Adolf Eichmann, du texte qu’Hannah Arendt en tire (« Eichmann à Jérusalem ») et de la violente polémique qu’elle suscite.

On connait l’histoire : Adolf Eichmann qui avait dirigé le bureau des affaires juives de l’office central de sécurité du Reich et organisé les déportations vers Auschwitz avait réussi à fuir en Argentine avec l’aide de la Croix Rouge et de dignitaires du Vatican. En mai 1960 il est capturé par des agents du Mossad et transporté à Jérusalem. Accusé de crimes contre le peuple juif et de crimes contre l’humanité, Il est jugé par un tribunal israélien. Le procès dure 8 mois d’avril à décembre 2011. Condamné à mort Eichmann est pendu le 28 mars 1962.

Femme, juive, allemande, apatride 18 années durant à partir de 1933, de nationalité américaine depuis 1951, penseuse inclassable, Hannah Arendt est en 1960 une professeure de théorie politique réputée. Son travail sur le totalitarisme entrepris de 1945 à 1949 et publié en 1951 aux Etats Unis a une importance considérable, bien que méconnu en France à l’époque, notamment à gauche, car elle compare l’Allemagne d’Hitler et l’URSS de Staline et affirme le caractère totalitaire des deux systèmes.

Elle propose au New Yorker de suivre le procès. « Une obligation qu’elle doit à son passé », « une cure a posteriori ». Son compte rendu parait en 5 articles en 1963 puis dans le livre « Eichmann in Jerusalem » publié peu après. La représentation qu’Hannah Arendt donne d’Eichmann (non pas un monstre, mais un homme au contraire très médiocre, rouage de la machine totalitaire), la thèse de « la banalité du mal » et l’affirmation d’une participation de responsables des communautés juives d’Europe à l’accomplissement du génocide provoquent des réactions d’une rare violence, y compris parmi certains de ses amis.

Filmer la pensée en action

Filmer l’intelligence en action, la pensée en train de produire est une gageure. Margarethe Von Trotta la relève. Son film d’un style très classique est passionnant. Tout n’est pas réussi. Des scènes dans les rues de Jérusalem manquent de vie. Les retours en arrière qui mettent en scène la relation d’Hannah Arendt avec Martin Heidegger n’ont pas de consistance. Mais Barbara Sukowa est remarquable. Margarethe von Trotta et elle font vivre devant nous Hannah Arendt, une femme indépendante, « addicte » à la cigarette, qui pense sans garde-fou et à contre-courant, qui aime son mari Heinrich Blücher et ses ami(e)s et se nourrit de ses échanges avec eux ; une femme qui élabore sa pensée allongée sur un sofa, en voyant Eichmann à Jérusalem, en travaillant d’arrache-pied sur les minutes du procès, qui a le goût de la contradiction et le courage de défendre son travail envers et contre tout ; une femme dont « le stradivarius est l’allemand » et « l’anglais est seulement un second violon », comme le montre tout au long du film un respect remarquable des langues utilisées par les uns avec les autres. La cinéaste choisit de recourir à des images d’archives pour tout ce qui concerne le déroulement du procès. Ni Eichmann ni les témoins ne sont joués. Elle ne recrée la salle d’audience que pour un seul plan. Pour la suite du procès, Hannah restera en salle de presse, assistant aux audiences via un téléviseur. Ces images d’archives sont d’une force terrible. Ainsi pouvons-nous ressentir à bonne distance le choc vécu par Hannah Arendt de voir Eichmann tel qu’il était dans sa cage de verre, plutôt « clown » que « monstre ».

A la fin du film Hannah Arendt s’explique devant un amphithéâtre comble. Cela dure plusieurs minutes. Cela ressemble au plaidoyer final d’un film de procès. La facture est parfois lourde entre les plans qui opposent la masse des étudiants ouverts et reconnaissants à ce que dit Hannah Arendt et les membres du conseil de l’université de Chicago figés dans leur rejet. Mais le texte du discours et l’interprétation de Barbara Sukowa rendent la scène limpide et mémorable.

Comprendre

Aujourd’hui 50 ans après la parution de « Eichmann à Jérusalem, essai sur la banalité du mal », la polémique n’est pas éteinte. Claude Lanzmann achève un film sur Benjamin Murmelstein, le dernier Président du Conseil Juif du ghetto de Theresienstadt, seul « doyen des Juifs » à n’avoir pas été tué durant la guerre. Il sera présenté dans quelques semaines à Cannes en 2013. Il y a un an et demi, en novembre 2011, dans une interview à Marianne, il expliquait le sens de ce projet, et s’en prenait à Hannah Arendt : « Eichmann n’était pas du tout le falot bureaucrate dont Arendt a brossé le portrait en même temps qu’elle inventait le concept de banalité du mal, qui n’était au fond que la banalité de ses propres conclusions… A la demande de Ben Gourion qui souhaitait en faire un acte fondateur pour Israël, Hausner a ouvert le procès par un immense discours moralisateur, insupportable. Cette ouverture a déplu à Arendt. A juste titre. Mais elle-même ne savait rien. C’était une juive allemande exilée qui ignorait tout de la réalité de ces choses et de ces gens… Le président du conseil juif de Varsovie a choisi de se suicider, le 23 juillet 1942, quand il a vu que les déportations vers Treblinka commençaient et qu’il ne pouvait rien y faire… Beaucoup d’autres se sont également suicidés. Vingt-quatre membres du même Conseil juif se sont parfois donné la mort la même nuit. Pourquoi Arendt n’insiste pas plutôt là-dessus ? La première chose face à une catastrophe pareille, c’est l’humilité ». A l’occasion de la sortie du film de Margarethe von Trotta, ces critiques sont reprises quoique formulées de façon moins virulentes, notamment par l’historienne Annette Wieviorka interviewée par la revue « L’Histoire ». Elle conteste également la teneur du film de Margarethe von Trotta : « Hannah Arendt n’est restée à Jérusalem que trois semaines, alors que le procès a duré plusieurs mois…Rien n’atteste qu’elle prit des notes lors du procès… Elle n’a que très peu vu parler l’homme dans la cage de verre… Elle n’est plus à Jérusalem, lorsqu’est évoqué l’épisode de la déportation des juifs hongrois. Le premier témoin est, le 24 mai, Pinhas Freudiger, qui était à la tête de la communauté juive orthodoxe de Budapest. Alors qu’il décrit le passage dans la ville d’un convoi de déportés, un homme se dresse dans la salle et hurle : « Vous nous avez administré des calmants. Vous avez aidé les Allemands. Ma famille a été anéantie. Pas la vôtre ! » Les caméras de Leo Hurwitz saisissent l’expulsion du perturbateur. Margarethe von Trotta intègre cet incident dans son film. Hannah Arendt ne l’a pas vu… »

Bref le travail d’Hannah Arendt, si non la personne qu’elle a été, continue d’être un objet de scandale. Et il porte, en effet, un débat crucial : comprendre ce qui s’est passé. On le doit aux millions de victimes de l’holocauste, comme on le doit aux survivants et aux vivants d’aujourd’hui et de demain. Le récit de l’Holocauste comme celui d’un crime perpétré par des tueurs fous et mauvais et comme un évènement de la seule histoire juive ne le permet pas. Comme l’a écrit le sociologue Zygmunt Bauman, avec un tel récit, « le message de l’holocauste sur la façon dont nous vivons, sur la qualité des institutions auxquelles nous faisons confiance, sur la validité des critères dont nous nous servons pour mesurer la décence de notre conduite et celle des schémas d’interaction que nous acceptons et considérons comme normaux- ce message est réduit au silence, il n’est jamais écouté et transmis » (Modernité et Holocauste. 1989. La fabrique éditions). Hannah Arendt n’a pas à elle seule dit tout ce qui permet de comprendre. Mais elle a dit quelque chose d’essentiel : « Eichmann n’est ni un Iago, ni un Macbeth ; et il ne lui serait jamais venu à l’esprit, comme à Richard III de faire le mal par principe ». Pour autant, « Eichmann n’est pas stupide. C’est la pure absence de pensée-ce qui n’est pas du tout la même chose- qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son époque …Que l’on puisse être à ce point éloigné de la réalité, à ce point privé de pensée ; que cela puisse faire plus de mal que tous les instincts destructeurs réunis qui sont peut-être inhérents à l’homme. Voilà une des leçons que l’on pouvait tirer du procès de Jérusalem » (Post-scriptum à Eichmann à Jérusalem).

Voir également:

Cinéma – Hannah Arendt, de Margarethe von Trotta

Jérôme SEGAL

Nonfiction

23 avril 2013

Le film biographique – ou « biopic » selon l’anglicisme qui semble s’imposer aujourd’hui – est un genre cinématographique en vogue. Après le Lincoln étonnement peu controversé de Steven Spielberg et le Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont (sorti le 13 mars), il y eut encore, dans un tout autre genre, 11.6. de Philippe Godeau, sur une convoyeur braqueur (le 3 avril), et la cuvée 2013 se poursuit avec le film Hannah Arendt, de Margarethe von Trotta. Le biopic est une fiction dont l’enjeu est de coller au plus près de la vie d’un personnage historique. Or, dès lors que ce personnage est une philosophe dont seuls les écrits permettent de saisir l’importance, la réalisation d’un film sur ce personnage pose une véritable question de méthode : il s’agit, ni plus ni moins, de traduire des idées en sons et en images tout en captivant le spectateur pendant près de deux heures.

La réalisatrice septuagénaire, qui avait fait forte impression dès ses débuts en adaptant avec Volker Schlöndorff le roman d’Heinrich Böll, L’Honneur perdu de Katharina Blum, a a effectué un choix déterminant : se concentrer sur la période du début des années 1960, lorsque la philosophe est exilée à New York et se retrouve confrontée au procès Eichmann. Le film débute avec l’arrestation d’Eichmann en mai 1960 et se termine quatre ans plus tard, après la sortie d’un des ouvrages essentiels d’Arendt (et de la philosophie politique du XXe siècle), Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal (1963). Dans un entretien au quotidien Der Standard, la réalisatrice a expliqué qu’elle comptait au départ relater toute la vie d’Hannah Arendt mais qu’elle s’est rapidement rendu compte que « cela aurait empêché de montrer sa pensée et ses pensées, ce qu’il y a en fait de fascinant chez Arendt ». Cette idée se retrouve dans le titre original du film (en allemand), Hannah Arendt – sa pensée changea le monde.

Si ses travaux sur les Origines du totalitarisme (1951) lui avaient déjà servi de viatique dans le monde intellectuel, c’est bien en couvrant le procès Eichmann qu’Hannah Arendt se fait connaître du grand public. Elle propose alors de considérer le criminel nazi Eichmann, non comme un « monstre » déséquilibré et sadique, motivé par la haine, mais plutôt comme un simple bureaucrate carriériste, scrupuleux et soumis à l’autorité – dont la participation à l’extermination des Juifs d’Europe s’expliquerait essentiellement par le fait qu’il était dénué du degré minimal de conscience autonome qui lui aurait permis de s’y soustraire. La réalisatrice a fait le choix d’utiliser les célèbres séquences d’archives du procès et s’en explique : « Je voulais qu’en tant que spectateur on parvienne au même résultat qu’Arendt. Cela ne marche que si l’on considère la vraie personne d’Eichmann, on voit alors la médiocrité de cet homme mais aussi que ce n’était pas un démon ». Dans ses articles, la philosophe évoque la « banalité du mal » et s’interroge ouvertement sur le rôle des Judenräte, ces organisations juives, créées à la demande des nazis, destinées à faciliter la « gestion » puis l’extermination des populations juives. On comprend aisément combien les articles d’Arendt ont pu choquer… et demeurent aujourd’hui encore controversés. Elle fut accusée à l’époque d’être « une juive se haïssant elle-même » (self-hating Jew) et cette accusation résonne encore dans d’autres débats (Stéphane Hessel en fut par exemple victime, même si en l’occurrence c’est son père qui était juif).

La plupart des spectateurs découvriront dans le film une Hannah Arendt très vive, douée pour les réparties, et qui, en raison de sa dépendance à la cigarette, suit les débats sur les écrans de la salle de presse afin de pouvoir fumer et taper en même temps à la machine. Cette mise en scène, avec la philosophe à l’extérieur de la salle d’audience, permet à la réalisatrice d’utiliser à loisir les films d’archives sur l’écran de la salle de presse. Admirablement campé par Barbara Sukowa qui avait déjà interprété le rôle-titre du film Rosa Luxemburg (1986), de la même réalisatrice, le personnage d’Hannah Arendt nous donne aussi un aperçu de ses pensées intimes. Allongée sur un sofa en cherchant les formulations qui conviendront le mieux pour décrire le « spécialiste » ou « le criminel moderne » (pour reprendre les termes du titre du film documentaire réalisé par Eyal Sivan et Rony Brauman en 1999), on revit avec elle des scènes du passé, notamment – les connaisseurs les attendront – celles concernant sa relation ambiguë, avant-guerre, avec son mentor, le philosophe Martin Heidegger (qui se compromettra ensuite avec le nazisme).

Contrairement à d’autres films biographiques (comme Le cas Wilhelm Reich, d’Antonin Svoboda, avec Klaus Maria Brandauer, sorti en début d’année dans les pays germanophones), le film de von Trotta respecte scrupuleusement les langues parlées par les figures historiques qu’il met en scène : Hannah parle allemand avec son mari Heinrich Blücher (un autodidacte qu’elle avait épousé lors de son exil en France, en 1940), ou encore avec le philosophe Hans Jonas (qui fait partie des intellectuels allemands installés à New York) ou encore avec Kurt Blumenfeld, son ami et contact essentiel, sur place à Jérusalem, pendant le procès Eichmann. Par contre, lorsqu’elle donne cours à la New School ou lorsqu’elle s’entretient avec la rédaction du New Yorker qui lui confie le reportage, on l’entend parler anglais avec un accent allemand parfait.

Il s’agit donc bien d’un film à ne pas rater, pour lequel la version originale s’impose, mais aussi d’un véritable manifeste pour l’apport des intellectuels d’envergure dans la couverture de procès dont les enjeux éthiques et philosophiques s’avèrent décisifs pour la civilisation contemporaine.

Voir également:

Hannah Arendt

Antoine de Baecque

L’Histoire

25/04/2013

Le nouveau film de Margarethe von Trotta est dans les salles depuis le 24 avril. Rencontre avec cette cinéaste allemande, qui dresse avec finesse le portrait de l’intellectuelle Hannah Arendt.

L’Histoire : Pourquoi avoir choisi ce moment de la vie d’Hannah Arendt, l’écriture d’Eichmann à Jérusalem et l’affaire qui a entouré la publication du texte dans le New Yorker ?

Margarethe von Trotta : Avec ma coauteur, Pam Katz, nous avons commencé à travailler sur ce projet en 2002, et, pendant longtemps, le scénario a évolué. Au début, le film commençait quand Hannah Arendt avait 18 ans et suivait le séminaire de Martin Heidegger ; il finissait avec sa mort en 1975. Mais nous avons compris que le film n’allait cesser de faire des sauts de puce d’un événement à l’autre, d’un pays à l’autre. Or je voulais raconter tout ensemble la vie et la pensée de la philosophe : comment montrer ce qu’Hannah Arendt a dans la tête ? Nous avons décidé, après deux ans de travail, de nous focaliser sur ces quatre années, de 1960 à 1963, autour du procès d’Adolf Eichmann et du texte qu’elle en tire, Eichmann à Jérusalem.

L’H. : Avez-vous travaillé sur archives ?

M. v T. : Il était important pour moi de montrer les vraies images du procès, filmées par Leo Hurwitz. Quand j’ai vu ensuite le film d’Eyal Sivan et Rony Brauman Un spécialiste (1999), cela m’a confirmée dans mon intention : ces images sont d’une force inouïe. Nous avons travaillé à Yad Vashem, à Jérusalem, et nous avons eu accès à tout. Nous avons également rencontré les proches d’Arendt : Lotte Köhler, sa secrétaire dans le film (en réalité son exécutrice littéraire), disparue en 2010 ; Elisabeth Young-Bruehl, qui a été son étudiante et a écrit la biographie de référence, également disparue ; enfin son dernier assistant, Jerome Kohn, qui s’occupe aujourd’hui de la publication de ses textes. Ils ont tous été extrêmement coopératifs. On pouvait tout leur demander : des éléments très quotidiens, qui sont importants dans un film où l’intimité du personnage prime, la couleur d’un rouge à lèvres, la matière de ses robes, la teinte de ses habits, mais également des archives rares ou des références précises.

L’H. : Jamais un acteur ne joue Eichmann…

M. v T. : Tout passe par les images qu’Hannah Arendt visionne en salle de presse, par son visage devant ces images. Dans mes recherches, j’ai vu des photos de cette salle, située juste en dessous du tribunal, et j’ai décidé d’y tourner cette partie du film. J’ai simplement reproduit les conditions de l’époque, des images en noir et blanc du procès diffusées en direct sur écran pour les journalistes. Si un acteur avait joué Eichmann, on n’aurait vu qu’une performance, ceci aurait constitué un contresens. Sa langue est essentielle, de même que son visage sur les archives : pas un mot, pas une phrase qui ne soit à lui, c’est une langue et un visage purement administratifs…

L’H. : Quel rapport entreteniez-vous avant de travailler sur ce film avec Hannah Arendt, son oeuvre et sa personnalité ?

M. v T. : Pour ma génération, qui a grandi dans l’engagement d’extrême gauche des années 1960-1970 en Allemagne, Arendt n’était pas la référence première. Nous préférions les spartakistes ou Rosa Luxemburg, à laquelle j’ai consacré un film en 1986. Arendt pouvait même être un peu gênante par sa pensée sur le totalitarisme et sa manière d’y mêler fascisme et communisme. Ce n’est qu’après la chute du Mur, en 1989, que j’ai commencé à la lire vraiment.

Cependant je me sentais en solidarité d’une autre façon avec Arendt, une solidarité d’apatride. Mes grands-parents ont fui la Russie en 1917, pour s’installer à Riga. Quand ils sont arrivés à Berlin, ils n’étaient plus russes, mais pas allemands non plus. Ma mère avait un passeport pour apatride, le Fremdenpass. De plus, j’ai vécu de nombreuses années de ma vie à l’étranger : je sais comment on se sent quand on ne parle pas sa langue. Comme le dit Hannah Arendt : « Je suis la jeune femme de l’étranger »…

Mais, au fond, je n’ai vraiment compris Arendt qu’en me jetant dans la lecture de ses textes. Au début, elle me paraissait arrogante. Puis j’ai compris un trait essentiel chez elle, qui m’a bouleversée, son génie de l’amitié. Je reconstitue cela avec beaucoup de soin dans le film, à travers ce groupe d’ami(e)s qui, à New York, pouvait l’entourer.

L’H. : La violence de la polémique, au moment de la publication d’Eichmann à Jérusalem, étonne encore.

M. v T. : Cette polémique a laissé des traces. Claude Lanzmann, par exemple, exècre toujours Arendt pour ce qu’elle a écrit dans ce texte. Dans le film, j’ai voulu laisser parler tout le monde, les plus haineux, les amis juifs qui ne comprennent pas, ceux qui essayent de comprendre, et ceux qui restent du côté d’Arendt. Il était surtout important de restituer l’émotion et les débats qui ont entouré la publication du texte. Le premier titre du film était d’ailleurs The Controversy.

L’H. : Comment Barbara Sukowa est-elle entrée dans ce rôle ?

M. v T. : Barbara a plongé, comme nous, dans les archives. Elle a beaucoup écouté les conférences d’Hannah Arendt. De plus, elle vit à New York depuis vingt ans, et, trois mois avant le tournage, elle s’est mise à parler à sa famille et à ses proches avec l’accent allemand si caractéristique d’Hannah Arendt. Enfin, et surtout, c’est une actrice extrêmement curieuse, méticuleuse, intelligente : elle était capable d’incarner aussi bien une femme qu’une pensée.

(Propos recueillis par Antoine de Baecque).

Pour en savoir plus :

Hannah Arendt : la controverse à l’écran, par Annette Wieviorka, ibid., p. 8.

Voir enfin:

Hannah Arendt: entretien avec la réalisatrice Margarethe von Trotta

HANNAH ARENDT – Le nouveau film de Margarethe von Trotta est dans les salles depuis le 24 avril. Rencontre avec cette cinéaste allemande, qui dresse avec finesse le portrait de l’intellectuelle Hannah Arendt.

Pourquoi avoir choisi ce moment de la vie d’Hannah Arendt, l’écriture d’Eichmann à Jérusalem et l’affaire qui a entouré la publication du texte dans le New Yorker?

Avec ma coauteur, Pam Katz, nous avons commencé à travailler sur ce projet en 2002, et, pendant longtemps, le scénario a évolué. Au début, le film commençait quand Hannah Arendt avait 18 ans et suivait le séminaire de Martin Heidegger ; il finissait avec sa mort en 1975. Mais nous avons compris que le film n’allait cesser de faire des sauts de puce d’un événement à l’autre, d’un pays à l’autre. Or je voulais raconter tout ensemble la vie et la pensée de la philosophe : comment montrer ce qu’Hannah Arendt a dans la tête ? Nous avons décidé, après deux ans de travail, de nous focaliser sur ces quatre années, de 1960 à 1963, autour du procès d’Adolf Eichmann et du texte qu’elle en tire, Eichmann à Jérusalem.

Avez-vous travaillé sur archives?

Il était important pour moi de montrer les vraies images du procès, filmées par Leo Hurwitz. Quand j’ai vu ensuite le film d’Eyal Sivan et Rony Brauman Un spécialiste (1999), cela m’a confirmée dans mon intention : ces images sont d’une force inouïe. Nous avons travaillé à Yad Vashem, à Jérusalem, et nous avons eu accès à tout. Nous avons également rencontré les proches d’Arendt: Lotte Köhler, sa secrétaire dans le film (en réalité son exécutrice littéraire), disparue en 2010 ; Elisabeth Young-Bruehl, qui a été son étudiante et a écrit la biographie de référence, également disparue ; enfin son dernier assistant, Jerome Kohn, qui s’occupe aujourd’hui de la publication de ses textes. Ils ont tous été extrêmement coopératifs. On pouvait tout leur demander : des éléments très quotidiens, qui sont importants dans un film où l’intimité du personnage prime, la couleur d’un rouge à lèvres, la matière de ses robes, la teinte de ses habits, mais également des archives rares ou des références précises.

Jamais un acteur ne joue Eichmann…

Tout passe par les images qu’Hannah Arendt visionne en salle de presse, par son visage devant ces images. Dans mes recherches, j’ai vu des photos de cette salle, située juste en dessous du tribunal, et j’ai décidé d’y tourner cette partie du film. J’ai simplement reproduit les conditions de l’époque, des images en noir et blanc du procès diffusées en direct sur écran pour les journalistes. Si un acteur avait joué Eichmann, on n’aurait vu qu’une performance, ceci aurait constitué un contresens. Sa langue est essentielle, de même que son visage sur les archives : pas un mot, pas une phrase qui ne soit à lui, c’est une langue et un visage purement administratifs…

Voir par ailleurs:

An Ethical Question: Does a Nazi Deserve a Place Among Philosophers?

Patricia Cohen

The New York Times

November 9, 2009

For decades the German philosopher Martin Heidegger has been the subject of passionate debate. His critique of Western thought and technology has penetrated deeply into architecture, psychology and literary theory and inspired some of the most influential intellectual movements of the 20th century. Yet he was also a fervent Nazi.

Now a soon-to-be published book in English has revived the long-running debate about whether the man can be separated from his philosophy. Drawing on new evidence, the author, Emmanuel Faye, argues fascist and racist ideas are so woven into the fabric of Heidegger’s theories that they no longer deserve to be called philosophy. As a result Mr. Faye declares, Heidegger’s works and the many fields built on them need to be re-examined lest they spread sinister ideas as dangerous to modern thought as “the Nazi movement was to the physical existence of the exterminated peoples.”

First published in France in 2005, the book, “Heidegger: The Introduction of Nazism Into Philosophy,” calls on philosophy professors to treat Heidegger’s writings like hate speech. Libraries, too, should stop classifying Heidegger’s collected works (which have been sanitized and abridged by his family) as philosophy and instead include them under the history of Nazism. These measures would function as a warning label, like a skull-and-crossbones on a bottle of poison, to prevent the careless spread of his most odious ideas, which Mr. Faye lists as the exaltation of the state over the individual, the impossibility of morality, anti-humanism and racial purity.

The book is the most radical attack yet on Heidegger (1889-1976) and would upend the philosophical field’s treatment of his work in the United States, and even more so in France, where Heidegger has frequently been required reading for an advanced degree. Mr. Faye, an associate professor at the University of Paris, Nanterre, not only wants to drum Heidegger from the ranks of philosophers, he wants to challenge his colleagues to rethink the very purpose of philosophy and its relationship to ethics.

At the same time scholars in disciplines as far flung as poetry and psychoanalysis would be obliged to reconsider their use of Heidegger’s ideas. Although Mr. Faye talks about the close connection between Heidegger and current right-wing extremist politics, left-wing intellectuals have more frequently been inspired by his ideas. Existentialism and postmodernism as well as attendant attacks on colonialism, atomic weapons, ecological ruin and universal notions of morality are all based on his critique of the Western cultural tradition and reason.

Richard Wolin, the author of several books on Heidegger and a close reader of the Faye book, said he is not convinced Heidegger’s thought is as thoroughly tainted by Nazism as Mr. Faye argues. Nonetheless he recognizes how far Heidegger’s ideas have spilled into the larger culture.

“I’m not by any means dismissing any of these fields because of Heidegger’s influence,” he wrote in an e-mail message referring to postmodernism’s influence across the academy. “I’m merely saying that we should know more about the ideological residues and connotations of a thinker like Heidegger before we accept his discourse ready-made or naïvely.”

Although the English text published by Yale University Press won’t be out in the United States for a few weeks, it is already making waves, as signaled by an essay in The Chronicle Review, the opinion and ideas journal of The Chronicle of Higher Education. In an essay titled “Heil Heidegger!” Carlin Romano, a critic for The Review, called Heidegger a “Black Forest babbler” and fraud who was “overrated in his prime” and “bizarrely venerated by acolytes even now.”

Few people have read the book, but the article has generated more than 150 online comments from vehement advocates and detractors, more than any other piece The Review has printed this year, said Liz McMillen, the editor. Others joined the fray.

Ron Rosenbaum, the author of “Explaining Hitler,” even extended the argument to the German Jewish philosopher Hannah Arendt, a former student and lover of Heidegger’s. Citing a recent essay by the historian Bernard Wasserstein, Mr. Rosenbaum wrote in Slate.com that Arendt’s thinking about the Holocaust and her famous formulation, “the banality of evil,” were contaminated by Heidegger and other anti-Semitic writings.

Commentators heatedly rejected the notion that significant ideas could not be distilled from vile ones. Writing for The New Republic’s Web site, tnr.com, Damon Linker declared it was “absurd” to “implicate Heidegger’s entire philosophical corpus.”

He and others echoed the views of the influential American philosopher Richard Rorty, who once wrote in The New York Times, “You cannot read most of the important philosophers of recent times without taking Heidegger’s thought into account.” Mr. Rorty added, however, that “the smell of smoke from the crematories” will “linger on their pages.”

In Mr. Faye’s eyes Heidegger’s philosophy cannot be separated from his politics in the way, say, T.S. Eliot’s poetic skills or D. W. Griffith’s cinematic technique might be appraised independently of his own beliefs. While he doesn’t dispute Heidegger’s place in the intellectual pantheon, Mr. Faye reviews his unpublished lectures and concludes his philosophy was based on the same ideas as National Socialism.

Without understanding the soil in which Heidegger’s philosophy is rooted, Mr. Faye argues, people may not realize that his ideas can grow in troubling directions. Heidegger’s dictum to be authentic and free oneself from conventional restraints, for example, can lead to a rejection of morality. The denunciation of reason and soulless modernism can devolve into crude anti-intellectualism and the glorification of “blood and soil.”

Passions about Heidegger have simmered for years. He joined the Nazi party in 1933 when he became rector of Freiburg University and oversaw the dismissal of all Jewish professors. After the war Heidegger was banned by a de-Nazification tribunal from teaching. In the 1950s Arendt re-established ties with him and labored to revive his reputation.

Heidegger was a critic of modern technological society and of the Western philosophical tradition that gave rise to it. He argued that we must overcome this tradition and rethink the very nature of human existence or being.

His prose is so dense that some scholars have said it could be interpreted to mean anything, while others have dismissed it altogether as gibberish. He is nonetheless widely considered to be one of the century’s greatest and most influential thinkers.

Theologians have used his critique of reason to explain the leap of faith; architects have been inspired by his rejection of conventional rules to introduce a buffet of new styles, materials and shapes to building design. His criticism of mechanistic technology has attracted environmentalists and planners.

A verbal brawl over Heidegger’s theories should not be surprising, though. After all, the classic American position on how liberal societies should treat dangerous ideas is worth more discussion.

That is precisely what Mr. Faye says he wants. In his view teaching Heidegger’s ideas without disclosing his deep Nazi sympathies is like showing a child a brilliant fireworks display without warning that an ignited rocket can also blow up in someone’s face.

Voir encore:


Attentats de Boston: La surveillance pour tous ! (Why should Muslims and leftists be less deserving of surveillance than right-wing extremist groups ?)

21 avril, 2013
http://tundratabloids.com/wp-content/uploads/2013/04/fbi-interviewed-dead-olderbrother-tsarnaev-could-have-deported-him-20.4.2013.pngL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
The Tsarnaev brothers pulled off their terrorist attack with great skill but made a fatal mistake in letting their faces and bodies be seen at a heavily photographed international sporting event. This meant that multiple images of them were available for a massive law enforcement squad to comb over and, after three days, identify them by name and appearance. This rapid identification was not unprecedented – the London police had done likewise in the July 2005 suicide bombings but because none of the four perpetrators survived that attack, that was more a theoretical achievement than a practical one. To the best of my knowledge, the Tsarnaevs were the first terrorists to be tracked down via still and video pictures. (…) But how to avoid doing so? Hoodies leave the face exposed. Ski masks arouse suspicion in temperate weather, as do Halloween masks all but one night a year, and stocking masks at any time. Obviously, they should have put on Islamic full body covers that show only the eyes (niqabs) or nothing at all (burqas). These garments have multiple and unique virtues, totally hiding the wearers identity; being legitimate attire in any weather and in any place; permitting the discreet transport of weapons; giving off the helpfully false impression of being worn by women, which both reduces suspicion and misleads witnesses; usefully creating a social barrier; maximizing personal prerogatives; and being ideologically appropriate, sending an unmistakable Islamist signal. (…) One must expect future non-suicide bombers to turn to niqabs or burqas. (As many terrorists and criminals repeatedly have done so.). But why wait for them to engage in more murders? Why close the barn door only after the horse has run away? Far smarter would be to ban the niqab and burqa in public places now, before tragedy occurs. Daniel Pipes
L’attaque de Bourgas était une attaque sur le sol européen contre un Etat membre de l’Union européenne. Nous espérons que les Européens vont tirer les conclusions qui s’imposent. Les conclusions annoncées par la Bulgarie aujourd’hui sont claires: le Hezbollah était directement responsable de cette atrocité. Il n’y a qu’un seul Hezbollah, c’est une organisation unique avec un commandement unique. C’est une nouvelle confirmation de ce que nous savions déjà: que le Hezbollah et son parrain l’Iran orchestrent une campagne terroriste à travers les pays et les continents. Benjamin Netanyahou
Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat. (Ces personnes) possédaient des passeports de l’Australie et du Canada » et « vivaient sur le territoire libanais depuis 2006 et 2010. Tsvetan Tsvetanov (ministre bulgare de l’Intérieur)
Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence. 20 minutes
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté d’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
Aux Etats-Unis, les musulmans sont plus résistants, mais pas à l’abri du message radical. Malgré les perspectives économiques, la puissante force d’attraction des racines religieuses des individus et de l’identité peut parfois prendre le dessus sur la nature assimilatrice de la société américaine, faite de réussite professionnelle, stabilité financière et confort matériel. Mitchell Silber et Arvin Bhatt
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal

Attention: un scandale peut en cacher un autre !

Responsable de l’attentat des Jeux d’Atlanta accusé d’attaque indiscriminée de civils alors qu’en alertant la police 45 minutes auparavant il avait tout fait pour l’éviter, groupe suprémaciste texan faussement soupçonné d’avoir tué un juge et son épouse, organisation terroriste libanaise et ses commanditaires iraniens contraints de déployer leurs actions jusqu’en Bulgarie devant le refus indu de l’Europe de toute reconnaissance digne de ce nom …

Alors qu’au lendemain de la mort et de la capture des Mérah américains responsables de la dernière tuerie islamiste en date …

Une opinion et des médias obsédés par les groupes extrémistes de droite continuent comme si de rien n’était leur refus de voir l’évidence …

Pendant qu’après la Maison Blanche, Hollywood se décide enfin à reconnaitre leur dû aux Weathermen et les parlementaires français comme néo-zélandais l’avancée incommensurable du mariage pour tous

Comment ne pas voir avec le WSJ…

Sous prétexte de correction politique et face aux efforts toujours plus méritants des musulmans et de leurs soutiens d’extrême-gauche se tuant littéralement à prouver leur bonne volonté meurtrière

La scandaleuse injustice d’une surveillance policière réservée aux seuls groupes extémistes de droite ?

The Brothers Tsarnaev

Mohsin Hamid

The WSJ

April 20, 2013

The terrorist suspects next door.

Events in Boston were moving so quickly on Friday that it’s impossible to draw too many conclusions. But the emergence of Dzhokhar and Tamerlan Tsarnaev as the chief terror suspects who paralyzed a great American city deserves at least some reflection.

One consoling thought is the admirable behavior of the citizens of greater Boston and its law enforcers. The point may seem banal, but it’s no small matter that the public largely heeded the government’s orders to stay off the streets and take the day off so police could track down the younger brother, 19-year-old Dzhokhar, who was captured Friday night after a day-long manhunt.

Bostonians have endured enormous disruption this week, but the city has shown a remarkable civility and calm throughout it all. Many lives were saved because of the rapid triage work by volunteers at the bomb scene. Bloomberg News reports that one of the marathon bombing’s victims also helped the FBI identify a suspect after he awoke from surgery at the hospital. The suspect had dropped a bag at Jeff Bauman’s feet and looked him in the eye minutes before it exploded. Mr. Bauman lost both legs below the knee but got his man.

As for the brothers, we will learn more about their motives, their training and whether they acted alone or as part of a network. What we have already learned is that they are immigrants from Chechnya, of the Muslim faith, and that 26-year old Tamerlan was uncomfortable in American society despite having lived here for about a decade.

The Associated Press reported that he was quoted in a Boston University student magazine in 2010 as saying, « I don’t have a single American friend. I don’t understand them. » Mother Jones reported that a video attributed to a Tamerlan Tsarnaev extolled an extremist religious prophecy associated with al Qaeda. None of this is definitive but it might be illustrative.

If such alienation turned to jihad, it would not be the first time. The radicalization of young Muslims in the West, in particular children of the well-off, is by now a familiar story. The London bombers of 2005 were middle-class Pakistani immigrants from Birmingham. Faisal Shahzad, the failed Times Square bomber, was a naturalized citizen from Pakistan.

After the London bombings, many Americans took comfort in the belief that immigrants to the U.S. are better assimilated than they are in Europe. But that may be more conceit than fact, at least in regard to some young men. « My Son the Fanatic » is a novella by Hanif Kureishi that speaks to the difficulties of acculturation of second-generation Muslims. The recent Pulitzer Prize- winning play, « Disgraced, » covers related ground.

Mitchell Silber and Arvin Bhatt explained how this can evolve into a threat in an instructive paper for the New York Police Department in 2007,

« Radicalization in the West: The Homegrown Threat. » The intelligence analysts looked at several cases here and abroad and described the process by which otherwise « unremarkable » men leading regular lives become jihadists.

« Muslims in the U.S. are more resistant, but not immune to the radical message, » they wrote. « Despite the economic opportunities in the United States, the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts. » The Tsarnaev brothers may be an example.

Some will use this threat as an argument against immigration, but that would punish everyone for the sins of a few. The « homegrown » radical threat is really an argument for vigilance, especially within communities prone to producing terrorists.

This means surveilling foreign student groups in the U.S., certain immigrant communities that have produced jihadists, and, yes, even mosques and other Muslim venues. The key is to be familiar enough with these communities, to know and be trusted enough by their leaders, so those man and women will alert law enforcers when someone appears to have become radicalized.

This offends some civil libertarians, and the Associated Press excoriated the NYPD for the practice in a series of stories in 2011. In the wake of Boston, this looks notably misguided. New York’s police say they’ve kept at it, under appropriate legal safeguards, and we hope they will continue.

The U.S. government watches right-wing extremist groups because we know they are dangerous. The police shouldn’t refrain from doing the same to Muslim or immigrant groups merely because that is deemed less politically correct. As the week’s events in Boston show, the costs of doing otherwise are too high.

Voir aussi:

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par le FBI

20 minutes

20/04/2013

ETATS-UNIS – Le FBI l’a confirmé. Il pourrait ainsi être placé dans l’embarras…

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence.

«Un coup monté», selon la mère des deux suspects

Interrogée par le service en langue anglaise de la chaîne de télévision Russia Today, la mère des deux suspects a pour sa part affirmé que son fils aîné était surveillé par le FBI depuis au moins trois ans et que la police fédérale américaine était parfaitement au courant de ses activités. «Il était contrôlé par le FBI depuis quelque chose comme trois à cinq ans», a dit Zoubeidat Tsarnaeva, employant en anglais le faux-ami du mot russe signifiant «surveiller». «Ils savaient ce que mon fils était en train de faire, ils savaient quels sites il consultait sur internet» a-t-elle ajouté.

D’après Russia Today, qui l’a interrogée au téléphone, Zoubeidat Tsarnaeva se trouvait à Makhachkala, la ville du Daguestan où elle réside. Comme Anzor, leur père interrogé vendredi par les médias, Zoubeidat Tsarnaeva pense que ses enfants ont été manipulés. «C’est vraiment, vraiment difficile à entendre. Et en tant que mère, tout ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment convaincue, je suis sûre à 100% qu’il s’agit d’un coup monté» a-t-elle dit. On ignore donc d’où provenait l’avertissement mentionné par le FBI mais Tamerlan Tsarnaev aurait effectué un voyage en Russie l’année dernière.

«Très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI»

Les deux suspects, originaires de Tchétchénie, sont nés au Kirghizistan et vivaient depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, où rien ne pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’extrémistes. Le cadet a la nationalité américaine Rien n’indiquait jusqu’ici que les frères Tsarnaev étaient connus des services de police.

«C’est une information nouvelle pour moi et c’est très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI» a réagi Michael McCaul, député républicain du Texas et président de la commission Sécurité de la Chambre des représentants. Les services de sécurité américains avaient auparavant indiqué ne disposer d’aucune information permettant d’établir un lien entre les frères Tsarnaev et un mouvement islamiste tel qu’Al Qaïda.

Voir également:

Procureurs assassinés au Texas : un ex-juge et sa femme incriminés

France info

18 Avril 2013

Deux procureurs ont été tués dans l’Etat du Texas, en janvier puis fin mars dernier. Après avoir soupçonné un groupe de défense de la suprémacie de la race blanche, l’enquête a connu un rebondissement ces derniers jours. Un ancien juge de paix et sa femme ont été mis en accusation.

L’affaire avait suscité beaucoup d’émoi au Texas le mois dernier. Non seulement le procureur du comté de Kaufman, près de Dallas et sa femme avaient été retrouvés morts chez eux. Mais en plus, il ne s’agissait pas du premier crime. Un autre procureur travaillant dans le même bureau avait été assassiné deux mois plus tôt.

De quoi envisager aussitôt un lien entre les deux affaires. Les enquêteurs avaient même poussé le raisonnement jusqu’à relier ces deux meurtres, à un troisième, celui du directeur d’une prison dans le Colorado le 19 mars. Dans leur ligne de mire : un groupe de « suprémacistes », la Fraternité aryenne.

De la fausse piste aux arrestations

Mais la piste s’est avérée fausse. Car les recherches ont éloigné les enquêteurs de cette piste d’extrême droite, pour les conduire à un email anonyme annonçant d’autres attaques, et à un ancien juge de paix, renvoyé pour avoir été confondu dans une affaire de vol. Tout est alors allé très vite.

L’ancien magistrat a été arrêté samedi, et accusé de « menace à caractère terroriste », pour avoir rédigé cet email. Quand à sa femme, elle a « avoué son implication dans la planification et la mise à exécution des meurtres par balle », indique son mandat d’arrestation. Mise en accusation mercredi, elle a néanmoins affirmé que c’est son mari qui avait appuyé sur la gâchette.

Voir encore:

Deux procureurs assassinés au Texas, les « suprémacistes » suspectés

France info

1 Avril 2013

Un procureur a été retrouvé mort samedi dans le comté de Kaufman, près de Dallas au Texas. Deux mois après le meurtre de son adjoint et deux semaines après celui d’un directeur de prison. Coïncidences ? Les autorités locales en doutent et soupçonnent un groupe de défenseurs de la race blanche.

Le FBI, les Texas Rangers et d’autres services judiciaires participent à l’enquête sur le meurtre du procureur et sa femme © Reuters – Shannon Stapleton

Il y a deux mois, le procureur de Kaufman Mike McLelland, ancien GI’s de l’opération Tempête du désert en Irak jouait les fier-à-bras, promettant une traque sans fin à la « racaille » qui venait d’assassiner son adjoint, Franck Hasse. Il ne quittait jamais son arme, « même pour promener son chien », disait-il, se décrivant comme « un soldat ». Pourtant, il a été retrouvé mort samedi, chez lui, à quelques kilomètres de Dallas, avec son épouse, le corps criblé de balles. Selon les témoignages, le couple aurait été abattu par un ou deux hommes, visages masqués.

« Une attaque ciblée », affirme la police qui refuse de tirer des conclusions trop hâtives, mais estime tout de même que deux meurtres de procureurs à deux mois d’intervalle, dans une ville de 106.000 habitants, c’est un peu trop pour n’être qu’une coïncidence.

Sur les traces de la Fraternité aryenne

Dans le viseur des autorités, la Fraternité aryenne, prônant la défense de la suprématie blanche. Un premier lien avait été établi après le meurtre de Franck Hasse, meurtre perpétré le 19 janvier, jour où le département de la Justice avait annoncé par communiqué l’ouverture d’une enquête par le bureau du procureur de Kaufman contre ce groupe d’extrême droite pour une affaire de racket.

Mais l’affaire ne s’arrêterait pas là. Car le FBI s’est déjà intéressé aux liens entre le meurtre de Franck Hasse et celui du directeur d’une prison du Colorado le 19 mars. Le suspect principal de ce dernier assassinat, mort dans une course-poursuite avec la police deux jours plus tard, faisait précisément partie de la Fraternité aryenne et portait des tatouages de croix gammées.

>>> Si vous avez du mal à suivre, le New York Times a tenté de remonter le temps pour illustrer les possibles connections entre ces différentes affaires.

La branche texane de la Fraternité aryenne est présentée comme un gang responsable de meurtres, d’incendies criminels, d’agressions et autres crimes. Il est décrit comme « enclin à la violence et aux menaces violentes pour maintenir une discipline interne ainsi qu’à des représailles contre les personnes soupçonnées de collaborer avec les forces de l’ordre ». La Fraternité aryenne (« Aryan brotherhood ») fait partie de la mouvance suprémaciste, qui comme son nom l’indique, revendique la suprématie de la race blanche. Des groupuscules surveillés de près par la SLPC aux États-Unis.

Voir encore:

Hezbollah : les révélations des enquêteurs bulgares

Alexandre Lévy

Le Figaro

07/02/2013

Le Figaro a recueilli des confidences sur le rapport top secret de la Commission nationale de sécurité bulgare qui a conclu à la responsabilité du Hezbollah dans l’attentat de Burgas contre un bus israélien en 2012.

Jacque Filipe Martin, Ralph William Rico et Brian Jameson. Deux jeunes Canadiens et un Australien sur les bords de la mer Noire à l’été 2012. Des touristes en goguette? Non, pour les autorités bulgares, ces trois hommes sont les responsables de l’attentat anti-israélien du 18 juillet 2012 qui a fait six morts et une trentaine de blessés à l’aéroport de Burgas, à l’est du pays.

Le premier y a laissé sa peau, déchiqueté par la charge explosive de plus de 3 kg qu’il transportait dans son sac à dos; ses deux complices sont repartis, via un autre pays européen, vers le Liban dont ils sont tous originaires. Des binationaux, le «cauchemar» des services de sécurité.

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth»

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth», résume un responsable policier au lendemain de la session extraordinaire du Conseil de sécurité, le 5 février, à l’issue duquel Sofia a officiellement mis en cause le Hezbollah dans cet acte sans précédent sur le sol bulgare. «Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes», a affirmé le ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov, après six heures de débats à huis clos pendant lesquels les membres du Conseil ont pris connaissance du rapport préliminaire établi par les services de sécurité bulgares et leurs partenaires occidentaux sur cette affaire – un texte classé «secret-défense».

Grâce aux confidences de certains des membres du Conseil, on peut néanmoins établir les éléments qui ont permis cette mise en cause tant attendue par Washington et Tel-Aviv qui se sont empressés de remettre la pression sur l’Union européenne pour qu’elle reconnaisse le Hezbollah comme «organisation terroriste».

Les terroristes voulaient faire un maximum de victimes

Les transferts d’argent en provenance du Liban tout d’abord. Ils avaient pour destinataire le porteur du passeport australien du trio, que les enquêteurs considèrent comme l’artificier du groupe. Les faux permis de conduire américains retrouvés en Bulgarie étaient tous fabriqués dans le même atelier libanais – un lieu «connu» des services de renseignement occidentaux.

Les enquêteurs bulgares disposeraient également d’une photo sur laquelle figureraient des proches parents de l’un des présumés terroristes aux côtés de membres du Hezbollah. Enfin, les policiers ont également établi avec exactitude le timing des déplacements du trio. Ils sont arrivés par avion en Bulgarie munis de leurs véritables passeports, après avoir transité par trois autres pays européens. Mais leur point de départ était Beyrouth, où, selon, le patron de l’antigang de Sofia, Stanimir Florov, les deux survivants se trouvent aujourd’hui.

Autre conclusion importante: l’explosion sur le parking de l’aéroport de Burgas, présentée comme un attentat suicide au début, est aujourd’hui considérée comme «accidentelle». «Les terroristes voulaient faire exploser la bombe à distance dans le bus en mouvement, faisant ainsi le maximum de victimes tout en effaçant leurs traces. Mais soit le porteur de la bombe a fait une mauvaise manipulation, soit il s’est fait avoir par ses coéquipiers», affirme une source policière.

Ayant reconstitué le parcours des trois hommes en Bulgarie, les enquêteurs sont également persuadés qu’ils n’avaient pas un comportement de fanatiques islamiques mais plutôt de «James Bond en herbe». Et ils n’ont boudé les plaisirs de la vie. «Ils ont fréquenté des hôtels de charme et des restaurants fins, souvent joliment accompagnés», disent-ils.

Ottawa a confirmé que l’un de ses ressortissants est bien impliqué dans cet attentat, précisant qu’il a quitté le sol canadien à l’âge de 12 ans. Les autorités australiennes sont également à la recherche de «Brian», alors que le gouvernement libanais s’est engagé à «coopérer» avec les enquêteurs bulgares. La véritable identité du troisième terroriste, mort dans l’attentat, reste en revanche un mystère. «Force est de constater que les organisateurs de cet attentat ont trouvé un homme que personne ne pleure, ni ne regrette», conclut un policier occidental spécialisé dans la lutte antiterroriste.

Voir enfin:

The Homegrown Terrorist Threat to the US Homeland (ARI)

Lorenzo Vidino

ARI 171/2009

18/12/2009

Theme: Radicalisation into violence affects some small segments of the American Muslim population and recent events show that a threat from homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US.

Summary: The wave of arrests and thwarted plots recently seen in the US has severely undermined the long-held assumption that American Muslims, unlike their European counterparts, are virtually immune to radicalisation. In reality, as argued in this ARI, evidence also existed before the autumn of 2009, highlighting how radicalisation affected some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. After putting forth this argument, this paper analyses the five concurring reasons traditionally used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US: better economic conditions, lack of urban ghettoes, lower presence of recruiting networks, different demographics and a more inclusive sense of citizenship. While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee, as other factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation. Finally, the paper looks at the post-9/11 evolution of the homegrown terrorist threat to the US homeland and examines possible future scenarios.[1]

Analysis: The American authorities and public have been shocked by the tragic events of 5 November 2009, when Army Major Nidal Malik Hasan allegedly opened fire against fellow soldiers inside the Fort Hood military base, killing 13 people and wounding 30 others. The shooting triggered a heated debate over Major Hasan’s motives. Earlier analyses focused on personal and psychological factors, such as his alleged distress towards his forthcoming deployment to Iraq and the abuses he had reportedly suffered from other soldiers. As the days went by, more and more evidence surfaced pointing to Major Hasan’s radical Islamist sympathies. Colleagues and acquaintances described many instances in which the Virginia-born Army psychiatrist had expressed extremely negative feelings towards the US and praised acts of violence against it. Reports also indicated that the FBI had investigated Major Hasan’s e-mail conversations with Anwar al Awlaqi, a US-born Yemeni-based cleric known for his fiery rhetoric and links to two of the 9/11 hijackers.

Authorities have so far been reluctant to officially label the Fort Hood shooting an act of terrorism and, at the time of writing, various investigations are exploring all angles of this tragic event. While it might be premature, if ever possible, to identify the full spectrum of motives behind Major Hasan’s actions, it is fair to say that radical Islamist ideology had an influence on his worldview. In any case, the Fort Hood shooting comes at the tail end of two months that have challenged many of the assumptions on terrorism and radicalisation in the US that have shaped the debate for more than a decade. Since September 2009, in fact, a staggering series of arrests has taken place on US soil:

On 20 September, FBI agents arrested two Afghan immigrants in Colorado and one in New York.[2] According to the authorities, one of the men, Najibullah Zazi, had trained in an al-Qaeda training camp in Pakistan and, once back in the US, had purchased large quantities of chemical substances in various beauty supply stores. Zazi allegedly intended to mix the substances and detonate them against targets throughout the New York metropolitan area. The authorities described Zazi’s plot as the most serious threat against the US homeland uncovered since 9/11.[3]

On 24 September, a 19-year-old Jordanian immigrant was arrested for having parked what he believed to be a car bomb in the car park of a 60-story skyscraper in downtown Dallas, Texas.4 Before driving the car to the site, Hosam Hamer Husein Smadi had made a video which he believed would have been sent to Osama bin Laden.[5]

On the same day but in an unrelated plot, Michael C. Finton, a 29-year-old American-born convert to Islam, parked a car that he also believed laden with explosives outside a federal courthouse in Springfield, Illinois.[6] In both the Finton and the Smadi cases, federal agents had approached the two men after unearthing information about their desire to commit acts of violence, led them to believe they were affiliated to al-Qaeda and supplied them with explosives that the men wrongly believed to be active.

On 21 October, the authorities indicted two Boston-area natives, Tarek Mehanna and Ahmad Abousamra, with various conspiracy charges.[7] According to the indictment, the men, who had been extremely active in online jihadist forums, had been trying to join various al-Qaeda affiliates since 2001 and had also planned attacks inside the US (reportedly targeting a local shopping mall and various US government officials).

On 27 October, the authorities arrested two long-time Chicago residents of Pakistani descent and charged them with conspiracy to provide material support and/or to commit terrorist acts against overseas targets.[8] According to the charges the two men had been in close contact with senior leaders of Pakistani jihadist groups Lashkar e Taiba and Harakat ul Jihad Islami and one of them, Daood Gilani, had travelled to Denmark to conduct surveillance of the facilities of the Danish newspaper Jyllands Posten for a possible attack against it. On 7 December the authorities charged Gilani also with conducting surveillance of various targets in Mumbai in the two years preceding the deadly November 2008 attack on the Indian city. According to the indictment, upon accepting the task Gilani changed his name to David Headley and travelled at least five times to Mumbai, confident that his new name and American passport would not attract the attention of the Indian authorities. After each trip he travelled to Pakistan, where he shared the pictures, videotapes and notes he had taken with senior Lashkar e Taiba operatives.[9]

On 28 October, the federal authorities in Detroit proceeded to arrest 11 members of Ummah, a group of mostly African-American converts to Islam, on charges that ranged from mail fraud to illegal possession and sale of firearms. Most suspects were arrested without opposing resistance, but Luqman Ameen Abdullah (alias Christopher Thomas), the group’s leader, fired at agents and was subsequently killed. While the case cannot be considered a full-fledged terrorism investigation, it nevertheless involves a US-based radical Islamist network. Ummah, in fact, is a group that, according to authorities, ‘seeks to establish a separate Sharia-law governed state within the United States’ and whose members have been involved in violent acts in the past.[10]

Finally, in early December, the Pakistani authorities arrested five American Muslims in the city of Sargodha. The five, all US citizens in their late teens and early 20s who had gone missing from their northern Virginia homes a few days earlier, had reportedly been in touch via the Internet with senior militants of various al-Qaeda-affiliated organisations and allegedly intended to train with local outfits to fight against US forces.[11]

All these plots are very diverse in their origin, degree of sophistication and characteristics of the individuals involved. Yet they all contribute to paint the picture of the complex and rapidly changing reality of terrorism of Islamist inspiration in the US. Moreover, they smash or, at least, severely undermine an assumption that has been widely held by policymakers and analysts over the last 15 years. The common wisdom, in fact, has traditionally been that American Muslims, unlike their European counterparts, were virtually immune to radicalisation. Europeans, argued this narrative, have been unable to integrate their immigrant Muslim population and radicalisation is the inevitable by-product of the discrimination and socio-economic disparity suffered by European Muslims. America, on the other hand, is more open to its immigrants and has been able to integrate its Muslims, making them impervious to radicalisation.

The wave of arrests of the last months of 2009 has contributed to shedding light on a reality that is significantly more nuanced, showing that radicalisation affects some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. Evidence supporting this view has been available for a long time, as the cases of American Muslims joining radical Islamist groups date back to the 1970s.[12] According to data collected by the NYU Center on Law and Security, for example, more than 500 individuals have been convicted by the American authorities for terrorism-related charges since 9/11.[13] Most of them are US citizens or long-time US residents who underwent radicalisation inside the US. While making a numerically accurate comparison is not easy, it is fair to say that the number of American Muslims involved in violent activities is either equal or only slightly lower than that of any European country with a comparable Muslim population.

Yet, despite this evidence, for a long time the American authorities and commentators seemed unable to acknowledge the existence of radicalisation among small segments of the American Muslim population. In the FBI’s parlance, for example, until 2005, the term ‘homegrown terrorism’ was still reserved for domestic organisations such as anti-government militias, white supremacists and eco-terrorist groups such as the Earth Liberation Front. Such groups were termed ‘homegrown’ to distinguish them from jihadist terrorist networks, even though some of the latter possessed some of the very same characteristics (membership born and raised in the US and a focus on US targets). Since the cause of the jihadists was perceived to be foreign, the US government did not label them as ‘homegrown’, despite the typically homegrown characteristics of many of them.

The July 2005 attacks in London led the US authorities to look at the homegrown issue with renewed attention. As an increasing number of cells that clearly possessed homegrown characteristics were uncovered throughout the country, the authorities began to re-assess the definition of homegrown. By 2006 top FBI and DHS officials began to openly speak of homegrown terrorism of jihadist inspiration inside the US, even describing it as a threat ‘as dangerous as groups like al-Qaeda, if not more so’.[14] As a consequence of this reassessment, the US authorities began to ask themselves if the emergence of relatively large numbers of radicalised second-generation Muslims that had been observed in Europe could also take place in the US. This fear led to an increased attention on the dynamics and causes of radicalisation among Muslims in both Europe and North America.

Comparing Radicalisation in Europe and America

Five concurring reasons have traditionally been used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US. The first one is related to the significantly better economic conditions of American Muslims. While European Muslims generally languish at the bottom of most rankings that measure economic integration, American Muslims fare significantly better, and the average American Muslim household’s income is equal to, if not higher, than the average American’s.[15] As the many cases of militants who came from privileged backgrounds have proved, economic integration is not always an antidote to radicalisation, but it is undeniable that radical ideas find a fertile environment among unemployed and disenfranchised youth. A direct consequence of economic integration is the lack of Muslim ghettoes in the US. Areas of large European cities with a high concentration of poor Muslim immigrants have been ideological sanctuaries where radicals could freely spread their message and where radical Islam has become a sort of counterculture. The American Muslim community’s economic conditions have prevented the formation of such enclaves in the US.

Geographic dispersion, immigration patterns and tougher immigration policies have also prevented the formation of extensive recruiting and propaganda networks as those that have sprung up in Europe. While places such as Brooklyn’s al-Farooq mosque or Tucson’s Islamic Center saw extensive jihadist activities in the 1990s, they pale in comparison to recruiting headquarters such as London’s Finsbury Park, Hamburg’s al-Quds mosque or Milan’s Islamic Cultural Institute. Moreover, the fact that large segments of the American Muslim population belong to ethnicities that have traditionally espoused moderate interpretations of Islam has been cited as another reason for America’s lower levels of radicalism. In fact, Muslims from the Iranian and Indian American communities, which account for vast segments of America’s Muslim population, have traditionally embraced moderate forms of Islam and have been, to varying degrees, almost impervious to radicalisation.

Finally, commentators have often pointed out that America is a country built on immigration, traditionally accepting immigrants of all races and religions as citizens. European countries, on the other hand, have been unable to develop a sense of citizenship not linked to century-long identifying factors such as ethnicity and religious affiliation. In a nutshell, it is easy to become American, while it is very difficult for immigrants, particularly if they are not white and Christian, to be accepted as full-fledged Germans, Frenchmen or Spaniards. This sense of exclusion is traditionally cited as one of the factors driving some European Muslims to radicalisation, while the more inclusive nature of American society would prevent American Muslims from undergoing the same process.

While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee. Factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation, irrespective of favourable economic conditions. Experts and community leaders have repeatedly warned about the growing alienation of American Muslims, particularly among those of the second generation. These frustrations could produce what Steven Simon refers to as ‘a rejectionist generation’, which could embrace radical interpretations of Islam.[16] The same conclusion has been reached by a widely publicised report released by the New York Police Department Intelligence Division in 2007. ‘Despite the economic opportunities in the United States’, reads the report, ‘the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts’.[17]

Future Scenarios

The terrorist threat to the US homeland has evolved significantly over the last eight years. Until mid-2003 virtually all of the terrorist conspiracies intended to strike against American soil had been planned, albeit with varying degrees of involvement, by Khalid Sheikh Mohammed (KSM) and al-Qaeda’s central leadership. The arrest of KSM and many of his top lieutenants, al-Qaeda’s loss of the Afghan sanctuary and the significant improvement in homeland security measures triggered a shift that began to materialise in late 2003. With the exception of the 2006 Transatlantic Plot, a plot hatched by UK-based militants apparently directed by al-Qaeda members in Pakistan to detonate liquid explosives on board several US-bound flights, every single attack against the American homeland thwarted by US authorities since then appears to have been conceived by individuals acting independently from al-Qaeda’s leadership.[19]

The individuals involved in these plots have been an odd mix of low-ranking al-Qaeda affiliates and jihad enthusiasts who had never had any contact with al-Qaeda or other established organisations. And most of them have been characterised by the absolute operational independence of the planners. The result of this shift from leader-led to homegrown has been a remarkable decrease in the sophistication of the operations planned, as most of the plotters were amateurish if not embarrassingly clumsy, lacking the basic tradecraft and capabilities to operate undetected or mount any sort of sophisticated attack.

While this was true until a few months ago, there are indications that things are changing. Recent investigations have shown that a small yet increasing number of American Muslims have been travelling to Pakistan to acquire operational skills and establish contacts with various jihadist outfits. One well known case is that of Bryant Neal Vinas, a 26 year-old Long Island native who was captured in Pakistan and brought back to the US in November 2008.[20] Vinas, who had allegedly participated in a rocket attack against a US military base in Afghanistan, decided to cooperate with American interrogators and has since provided ‘an intelligence gold mine’.[21] Thanks to Vinas’ information the authorities have been able to identify and arrest several American and European militants who had also trained with al-Qaeda and affiliated groups in the Afghanistan/Pakistan region.

While this ‘Pakistan connection’ is not new to the European authorities, it is a disturbing new development for their American counterparts. To be sure, Americans had trained with various Afghanistan/Pakistan-based jihadist outfits before and after 9/11. In 2003, for example, the US authorities dismantled the so-called ‘paintball jihad’ network in northern Virginia.[22] The network was formed by a dozen young men from the Washington suburbs who had travelled to Pakistan immediately after 9/11, where they trained with Lashkar-e-Taiba. But what seemed to be isolated cases are increasingly becoming the norm. Moreover, in the case of Vinas and at least two of the cases from the fall of 2009 (the Najibullah Zazi/New York plot and the Chicago/Denmark plot) authorities have noticed with apprehension that American militants returning from Pakistan were significantly better trained and organised than the homegrown jihadists who had been operating in the US over the last few years. The ‘Pakistan connection’, that operational link to organised outfits in the Afghanistan/Pakistan area that makes amateurish homegrown networks graduate into more professional terrorist clusters, has been crucial in the development of jihadist networks in Europe over the last five years and it now appears to have become a significant factor also in the US.

Given these dynamics, one of the scenarios that the US authorities take into particular consideration is the case of a homegrown cluster that, thanks to the directions and skills obtained from al-Qaeda or various al-Qaeda-affiliated networks in Afghanistan/Pakistan, manages to reach sufficient operational sophistication to carry out a significant attack against the American homeland.[23] And if traditionally authorities estimated that al-Qaeda’s leadership intended to strike inside the US only with a mass-casualty attack that would at least rival the actions of 9/11, lately this assessment has been revised.[24] Recent cases have shown that not only independent clusters but also American networks operating in cooperation with Afghanistan/Pakistan-based groups are focusing on less grandiose plans, considering that even a less ambitious attack –on the scale of the 2004 Madrid or 2005 London bombings– would be a success.

If Afghanistan/Pakistan is a major source of concerns, the authorities have also been monitoring the possible impact of the Somali conflict on American domestic security. Over the last few years, in fact, a few dozen young American Muslims have travelled to Somalia to fight and train alongside al-Shabaab, the local Islamist militia battling the Somali government and African Union troops. Most of them have been ethnic Somalis, sons of the large Somali diaspora community present in Minneapolis, Seattle and other American cities. One of them, 27-year-old Minneapolis college student Shirwa Ahmed, reportedly blew himself up in a suicide bombing in northern Somalia in October 2008.[25] Another four Minneapolis residents have been reported killed in the African country since then. A few non-ethnic Somali Americans have also reportedly joined al-Shabaab. While the New Jersey native of Egyptian descent Amir Mohamed Meshal and Massachusetts-born convert Daniel Maldonado have been arrested after leaving Somalia, Alabama native Omar Hammami is still very much active inside the country, starring in several English language al-Shabaab propaganda videos under the nom de guerre Abu Mansour al Amriki.

While there are no indications that al-Shabaab is planning an attack within the US, its increased focus on global issues and public support for al-Qaeda make the hypothesis not that far-fetched. Moreover, while many of the foreign fighters joining al-Shabaab, whether from the US, Europe or other regions, are Somalis driven by some sort of nationalist sentiment, others are aspiring jihadists whose interest in the African country is mostly tactical and temporary. It is safe to assume that many of them, given the opportunity, would use the skills acquired in Somalia against other targets. Questioned by American interrogators after his arrest, in fact, Daniel Maldonado described his experience in the African country with these words: ‘I would be fighting the Somali militia, and that turned into fighting the Ethiopians, and if Americans came, I would fight them too’.[26] The fact that Maldonado was in close contact with the individuals arrested in Boston in October 2009 provides additional evidence as to why the ‘Somalia connection’ is considered a serious threat.

Conclusion: Since 9/11 the American counterterrorism posture has been extraordinarily aggressive, both domestically and globally. Extensive overseas military and intelligence gathering actions, the introduction of enhanced investigative powers, a significantly improved inter-agency coordination and, in general, a constant high level of vigilance have allowed the authorities to keep the country safe from terrorist attacks. While some civil libertarians might have a point in questioning some of the tools used to do so, the achievement is nevertheless remarkable. At the same time, though, the US seems to be lacking a long-term strategy to confront the threat of radicalisation on the domestic front. The authorities have in fact been unable to conceive a policy that would pre-emptively tackle the issue of radicalisation, preventing young American Muslims from embracing extremist ideas in the first place.

Various intelligence and law enforcement agencies have reached out to the academic community to better understand the social, political and psychological causes of radicalisation. But the limited understanding of the issue, coupled with the overlap of jurisdiction between often competing federal, state and local authorities, has prevented the implementation of a systematic, nationwide programme to combat radicalisation. Solutions are, to be sure, hard to find. Europeans, who experienced the problem of radicalisation of segments of their own Muslim communities well before the US, are still struggling with the same issue and are only now attempting to put in place coherent anti-radicalisation programmes, the success of which must still be verified. Equally challenging have been the efforts, on both sides of the Atlantic, to find reliable and representative organisations within various Muslim communities to be employed as partners in anti-radicalisation activities. Clearly, more attention and analysis should be devoted to the issue. But the awareness that homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US is a necessary starting point. The events of the fall of 2009 provided, if needed, additional evidence to suggest so.

Lorenzo Vidino

Fellow at the Initiative on Religion in International Affairs, Belfer Center for Science and International Affairs, Kennedy School of Government, Harvard University and a Peace Scholar at the US Institute of Peace

[1] It goes without saying that various forms of homegrown terrorism have long threatened the US, some of them well before those of jihadist inspiration. Right-wing militias, radical environmentalist groups and, to a lesser degree, some fringe left-wing and anarchist groups are very much active inside the country and have occasionally carried out violent acts over the last few years. Yet it is undeniable that, in terms of magnitude, frequency and sophistication, homegrown terrorism of jihadist inspiration currently represents the most immediate threat against the US and is therefore the subject of this analysis.

[2]http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel09/zazi_092009.htm.

[3] Kevin Johnson, ‘Alleged terror threat seen as “most serious” since 9/11 attacks’, USA Today, 25/IX/2009.

[4]http://dallas.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/dl092409.htm.

[5] Jon Nielsen, ‘FBI says Dallas terror plot suspect made video to send to Osama bin Laden’, Dallas Morning News, 5/X/ 2009.

[6] http://www.usdoj.gov/usao/ilc/press/2009/09September/24Finton.html.

[7] http://boston.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/bs102109a.htm.

[8] http://www.justice.gov/usao/iln/pr/chicago/2009/pr1027_01.pdf.

[9] http://www.justice.gov/opa/pr/2009/December/09-nsd-1304.html.

[10] http://detroit.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/de102809.htm.

[11] Waqar Gilani & Jane Perlez, ‘5 US Men Arrested Said to Plan Jihad Training’, New York Times, 11/XII/2009.

[12] For an overview, see Lorenzo Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States: A New and Occasional Phenomenon?’, Studies in Conflict and Terrorism, vol. 32, 1/I/2009, p. 1-17.

[13] http://www.lawandsecurity.org/publications/TTRCHighlightsSept25th.pdf.

[14] Remarks of FBI Director Robert Muller, City Club of Cleveland, 23/VI/2006.

[15] Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream, Pew Research Center, 22/V/2007, p. 24-5.

[16] Steven Simon, Statement before the Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, 12/IX/2006.

[17] Report by Mitchell D. Silber and Arvin Bhatt, New York Police Department Intelligence Division, Radicalization in the West: The Homegrown Threat, August 2007, p. 8.

[18] Bruce Hoffman, ‘The Use of the Internet by Islamic Extremists’, Testimony before the House Permanent Select Committee on Intelligence, 4/V/2006.

[19] Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States’.

[20] US v. Bryant Neal Vinas, Superseding Indictment, US District Court, Eastern District of New York, 08-823 (NGG) (S-1), 28/I/2009.

[21] ‘Man Was “Gold Mine” of Terror Intel’, Associated Press, 31/VII/2009.

[22] Terrorism in the United States, 2002-2005, unclassified report by the Federal Bureau of Investigation,http://www.fbi.gov/publications/terror/terrorism2002_2005.htm.

[23] Interview with various FBI officials, September/October 2009, Boston and Washington DC.

[24] David Johnston & Eric Schmitt, ‘Smaller-Scale Terrorism Plots Pose New and Worrisome Threats, Officials Say’, New York Times, 31/X/2009.

[25] http://minneapolis.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/mp112309.htm.

[26] Affidavit of FBI Special Agent Jeremiah A. George in US v. Daniel Joseph Maldonado, US District Court, Southern District of Texas, H-07-125M, 13/II/2007.


Désinformation: L’autre négationnisme caché des massacres musulmans en Inde (Was There an Islamic « genocide » of Hindus?)

12 mars, 2013
The Mohammedan Conquest of India is probably the bloodiest story in history. It is a discouraging tale, for its evident moral is that civilization is a precarious thing, whose delicate complex of order and liberty, culture and peace may at any time be overthrown by barbarians invading from without or multiplying within. The Hindus had allowed their strength to be wasted in internal division and war; they had adopted religions like Buddhism and Jainism, which unnerved them for the tasks of life; they had failed to organize their forces for the protection of their frontiers and their capitals, their wealth and their freedom, from the hordes of Scythians, Huns, Afghans and Turks hovering about India’s boundaries and waiting for national weakness to let them in. For four hundred years (600-1000 A.D.) India invited conquest; and at last it came. Will Durant (The Story of Civilization: Our Oriental Heritage, 1935)
La conquête musulmane en Inde fut probablement la plus sanglante que l’humanité ait jamais vue. C’est une histoire décourageante, car sa morale évidente c’est que la civilisation est une chose bien précieuse, dont l’ordre complexe et la liberté peuvent être à tout moment piétinés par des barbares qui envahissent du dehors et se multiplient au dedans. Will Durant
Pendant près de CINQ mois, les musulmans s’employèrent à tout détruire, les temples, les palais, les magnifiques résidences. Les scènes de massacre et d’horreur dépassèrent, disent les témoins, tout ce que l’esprit peut imaginer. Et il ne resta de la plus belle et la plus prospère cité de l’Inde que quelques ruines fumantes. Will Durant (description du sac par Husain Nizam Shah de la ville de Vijaynagar en 1565, capitale du dernier grand empire Hindou)
The levies it had to pay were so crushing that one catastrophic harvest was enough to unleash famines and epidemics capable of killing a million people at a time. Appalling poverty was the constant counterpart of the conquerors’ opulence. Braudel
Growth of Muslim Population in Medieval India (1000-1800) is a book by K. S. Lal published in 1973. The book assesses the demographics of India between 1000 CE and 1500 CE. On the basis of the available historical evidence, K.S. Lal concluded that the population of India in 1000 was about 200 million and in 1500 was about 170 million. He says, however, that « any study of the population of the pre-census times can be based only on estimates, and estimates by their very nature tend to be tentative. » Lal estimates that about 60 to 80 million people died in India between 1000 and 1525 as a result of the Islamic invasion of India. He concluded that about 2 million people died during Mahmud of Ghazni’s invasions of India alone. Wikipedia
The author is known for his detailed studies of the Khalji dynasty and of the fifteenth-century Delhi Sultanate. He is well versed in the sources of medieval North Indian history. In the present study he has assembled almost all the conceivably relevant data and for this reason it will remain of value as a compendium of references. Yet the unknown variables are so great and the quality of the data yielded by our sources so poor that almost any detailed general estimates of population based upon them must appear wilful, if not fantastic. Simon Digby
The number of victims of this persecution surpasses that of the Nazi crimes. … The Islamic reports on the massacres of Hindus, destruction of Hindu temples, the abduction of Hindu women and forced conversions, invariably express great glee and pride. … In my study of the Ayodhya controversy, I noticed that the frequent attempts to conceal or deny inconvenient evidence were an integral part of a larger effort to rewrite India’s history and to whitewash Islam. It struck me that this effort to deny the unpleasant facts of Islam’s destructive role in Indian history is similar to the attempts by some European writers to deny the Nazi holocaust. European negationists applaud Hitler’s reign and deny its horrors. Indian negationists eulogize Islamic rule and deny its millionfold murders and the catastrophe it wrought in Indian cultural, political and religious life. Koenraad Elst
A partir du moment où les musulmans arrivèrent dans l’Inde, l’histoire de l’Inde n’a plus grand intérêt car elle devient une longue et monotone série de meurtres, de massacres, de spoliations, de destructions, toujours au nom de la foi, du dieu unique, dont ils se croient les agents. Alain Daniélou
Un autre de ces féroces conquérants s’appelait Babour, illustre pour ses massacres inutiles. Babour ne cachait pas que son but final était la destruction, ou bien l’esclavage total de la race hindoue. C’est justement Babour qui détruisit le temple d’Ayodhya au 16è siècle et fit construire une mosquée à sa place. 400 ans plus tard, une poignée de militants hindous rasèrent la mosquée d’Ayodhya; la communauté musulmane en fut tellement outrée qu’il s’ensuivit des terribles émeutes inter-religieuses, particulièrement à Bombay, qui firent près de 2000 morts. Aujourd’hui, Ayodhya est devenu un symbole en Inde: les musulmans exigent sa reconstruction, oubliant qu’ils ont détruit en Inde des millions de temples et qu’aujourd’hui encore les Pakistanais et les Bangladeshis s’attaquent encore lors de pogroms (tel celui que Taslima Nasreen décrit dans son livre « la honte ») aux derniers temples hindous. Quant aux nationalistes hindous, ils insistent pour y reconstruire le temple dédié à Rama, un de leurs dieux les plus chéris. Autre empereur sanglant, Shah Jahan, célèbre pour avoir fait construire une des sept merveilles du monde, le fabuleux Taj Mahal; mais l’homme en lui-même était un monstre: il fit crever les yeux de son frère Shahryar, dépêcha dans l’autre monde tous ses rivaux potentiels, fit mettre à mort deux de ses fils et fit couper en petits morceaux le prince afghan Lodi. C’est cependant un autre de ses fils, Aurangzeb, qui fut le plus cruel des empereurs moghols. Lorsque les célèbres Mahrattes de Shivaji, le dernier nationaliste hindou, s’élevèrent contre lui, Aurangzeb réussit à faire prisonnier Shambuji, le fils de Shivaji, ainsi que son ministre Kavi-Kalash. Il les fit torturer scientifiquement pendant trois semaines; puis on les coupa en petits morceaux, jusqu’à ce qu’ils meurent le 11 mars 1689; toute l’Inde en pleura. François Gautier

Après le tabou sur la traite arabe,… l’omerta sur les massacres musulmans en Inde !

Suite à la récente mise en pièces médiatique d’une Véronique Genest singulièrement peu préparée face à des contradicteurs bardés eux de leurs certitudes et de leurs fiches …

Et à sa tentative notamment d’évoquer, au-delà de l’évident biais anti-israélien de la plupart de nos médias, les massacres massifs qui ont marqué la conquête musulmane de l’Inde …

Retour, au-delà de l’apparente difficulté à fixer des chiffres (les dizaines de millions évoquées sont de l’aveu lui-même de l’historien indien Lai une estimation par définition difficilement vérifiable et les termes de génocide et holocauste employés par Elst et Gautier probablement excessifs) et avec les quelques passionnés ou courageux qui restent …

Sur l’étrange omerta générale qui semble affecter la question …

Y compris et d’ailleurs d’abord en Inde même où, comme nous avons pu nous-même brièvement le vérifier lors d’une récente visite des certes magnifiques restes laissés entre la capitale et le Rajahstan par cette sanglante conquête, prospère pourtant le plus tranquille des anti-britannicismes ..

L’Islam en Inde

François Gautier

« L’impact de l’islam en Inde » fut cataclysmique écrit l’indianiste français Louis Frederick dans son ouvrage ‘L’Islam de l’Inde’. La destruction de toutes les statues, dont les Bouddhas géants de Bamiyan, ordonnée par les Taliban, vient nous rappeler que treize siècles après la naissance du Prophète, ses injonctions sont encore prises au pied de la lettre.

En l’an 570 naissait le prophète Mahomet et à partir de 632, les invasions arabes commencèrent à pénétrer en Inde. Il ne s’agit pas ici de faire une critique de l’islam, qui a laissé un merveilleux héritage dans le sous-continent indien. Car l’Islam ne tue pas l’âme d’un pays, il assimile sa culture, comme il l’a fait ici. L’architecture moghole, par exemple, préserva en Inde la parfaite symétrie linéaire du dessin musulman, en lui donnant une plus grande humanité; la musique vocale quawali, qui a charmé des générations d’Indiens et qui commence à se faire connaître dans le monde occidental grâce à feu Nusrat Fateh Ali Khan, emprunta à la tradition hindoustanie; le concept du zéro fut inventé par les Indiens, mais les Arabes s’en emparèrent pour en faire un système mathématique. Enfin et surtout, le soufisme est né de la fusion de l’Islam avec l’Advaita, une des branches de l’hindouisme, et représente encore aujourd’hui l’aspect le plus mystique, le plus tolérant du monde islamique.

Pourtant, l’islam écrasa l’hindouisme impitoyablement, car les hindous se prosternent devant des images et des dieux de pierre et cela en fait les pires ennemis de l’Islam. Et le Prophète n’a-t-il pas dit:  » tu n’adoreras pas des idoles de pierre « ? C’est pourquoi, les Arabes, lorsqu’ils envahirent l’Inde, ne se sentirent jamais coupables de tuer tant d’Hindous. Au contraire, c’était une obligation, un devoir sacré: Jihad fi Sabilillah,  » la guerre sainte pour la plus grande gloire d’Allah « . Disons le tout de suite: les massacres perpétrés par les Arabes en Inde sont sans parallèle dans l’histoire mondiale. Plus encore que l’holocauste des Juifs par les Nazis, ou le massacre des Arméniens par les Turcs, plus considérables même que la tuerie des Incas et des Aztèques aux mains des Espagnols. On ne dira jamais assez l’incroyable mal qui fut fait à la culture indienne, à sa population, à sa civilisation et à son environnement pendant dix siècles d’invasions successives.  » A partir du moment où les musulmans arrivèrent dans l’Inde, l’histoire de l’Inde n’a plus grand intérêt, écrit l’historien français Alain Daniélou, car elle devient une longue et monotone série de meurtres, de massacres, de spoliations, de destructions, toujours au nom de la foi, du dieu unique, dont ils se croient les agents ». Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes Hindous. Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIERE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs  » Hindu Kush « , le massacre des Hindous. Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé un quota de 100.000 Hindous par an et semblent s’y être tenus. Mais en 1399, le célèbre Teimur fit mieux, il tua 100.000 hindous en UNE SEULE JOURNEE, un record. L’historien américain Will Durant estime quant à lui  » que la conquête musulmane en Inde fut probablement la plus sanglante que l’humanité ait jamais vue. C’est une histoire décourageante, car sa morale évidente c’est que la civilisation est une chose bien précieuse, dont l’ordre complexe et la liberté peuvent être à tout moment piétinés par des barbares qui envahissent du dehors et se multiplient au dedans « . (Notre héritage oriental. New York 1972, p.459). Mais les massacres musulmans les plus sanglants furent perpétrés après le 14ème siècle, aux mains des Moghols. Durant cite le sac par Husain Nizam Shah de la magnifique ville de Vijaynagar en 1565, capitale du dernier grand empire Hindou  » qui était comme une île de raffinement, de chevalerie et de beauté au milieu d’une Inde brisée et sanglante « . Ce fut une horreur apocalyptique:  » Pendant près de CINQ mois, les musulmans s’employèrent à tout détruire, les temples, les palais, les magnifiques résidences. Les scènes de massacre et d’horreur dépassèrent, disent les témoins, tout ce que l’esprit peut imaginer. Et il ne resta de la plus belle et la plus prospère cité de l’Inde que quelques ruines fumantes « .

Un autre de ces féroces conquérants s’appelait Babour, illustre pour ses massacres inutiles. Babour ne cachait pas que son but final était la destruction, ou bien l’esclavage total de la race hindoue. C’est justement Babour qui détruisit le temple d’Ayodhya au 16è siècle et fit construire une mosquée à sa place. 400 ans plus tard, une poignée de militants hindous rasèrent la mosquée d’Ayodhya; la communauté musulmane en fut tellement outrée qu’il s’ensuivit des terribles émeutes inter-religieuses, particulièrement à Bombay, qui firent près de 2000 morts. Aujourd’hui, Ayodhya est devenu un symbole en Inde: les musulmans exigent sa reconstruction, oubliant qu’ils ont détruit en Inde des millions de temples et qu’aujourd’hui encore les Pakistanais et les Bangladeshis s’attaquent encore lors de pogroms (tel celui que Taslima Nasreen décrit dans son livre « la honte ») aux derniers temples hindous. Quant aux nationalistes hindous, ils insistent pour y reconstruire le temple dédié à Rama, un de leurs dieux les plus chéris.

Autre empereur sanglant, Shah Jahan, célèbre pour avoir fait construire une des sept merveilles du monde, le fabuleux Taj Mahal; mais l’homme en lui-même était un monstre: il fit crever les yeux de son frère Shahryar, dépêcha dans l’autre monde tous ses rivaux potentiels, fit mettre à mort deux de ses fils et fit couper en petits morceaux le prince afghan Lodi. C’est cependant un autre de ses fils, Aurangzeb, qui fut le plus cruel des empereurs moghols. Lorsque les célèbres Mahrattes de Shivaji, le dernier nationaliste hindou, s’élevèrent contre lui, Aurangzeb réussit à faire prisonnier Shambuji, le fils de Shivaji, ainsi que son ministre Kavi-Kalash. Il les fit torturer scientifiquement pendant trois semaines; puis on les coupa en petits morceaux, jusqu’à ce qu’ils meurent le 11 mars 1689; toute l’Inde en pleura.

A la fin de son règne, les coffres de l’état étaient vides, la merveilleuse culture indienne, ses arts, sa musique, avaient été bannis et les Hindous, une fois de plus étaient hantés par une terrible persécution. Mais les malheurs des Hindous n’étaient pas terminés. L’Iranien Nadir Shah attaqua Delhi en 1739 et pendant une semaine entière, ses soldats massacrèrent tous les habitants, hommes, femmes et enfants, saccagèrent tout et rasèrent totalement la campagne environnante, afin que les éventuels survivants n’aient rien à manger. Nadir Shah repartit en Iran avec 10.000 chevaux, des trésors d’art inestimables, dont le fameux diamant Kohinoor et le trône du Paon utilisé plus tard par le Shah d’Iran, ainsi que 150 millions de roupies en or, une fortune pour l’époque. Du coup, la dynastie moghole en devint si affaiblie, que l’Inde fut mûre pour les colonisateurs européens.

Chapitre 7

La négation des atrocités musulmanes en Inde

Il y eut naturellement des intermèdes, sous de « bons » Califes mais le fanatisme destructeur reprit toujours finalement le dessus.

(A. Daniélou)

Grâce à l’abbé Pierre, à Roger Garaudy et à bien d’autres encore, nous savons aujourd’hui que le révisionnisme, quand il s’applique à l’Histoire, c’est la négation des grands génocides commis par l’homme contre l’homme. Le plus connu des cas, c’est bien sûr l’extermination des 6 millions de juifs par les nazis, au nom d’une monstrueuse idéologie aryenne, telle que la concevait Hitler. Mais on pourrait également citer le massacre des 1,5 millions d’Arméniens par les Turcs, du million de Tibétains aux mains des Chinois, ou des 3 millions de Russes par Staline. Tous ces massacres sont des faits historiques qui ont été niés par ceux qui les ont perpétrés. Mais nier n’est pas un mot suffisamment fort. Ils ont fait l’objet d’une campagne de désinformation systématique, qui employa mille et un trucs – habiles ou grossiers, demi-vérités ou moitié de mensonge – et introduisant une telle confusion, que personne ne sait plus où est la vérité. Quelquefois ce sont les chiffres qui sont niés ou passés aux oubliettes de l’histoire. Ainsi, même si nos livres d’histoire gardent un silence discret sur ses conséquences humaines, la conquête espagnole du continent sud-américain fut sans aucun doute l’une des plus sanglantes de l’Histoire. Certains historiens ont estimé que sur les 90 millions d’âmes que comptait le continent sud-américain en 1492, 30 millions seulement survécurent aux Espagnols, terribles chiffres en vérité.

Mais saviez-vous que la conquête des musulmans en Inde fut plus terrifiante encore ? Car si dans le reste du monde, que ce soit en Asie, en Afrique ou même en Yougoslavie, des populations entières choisirent de se convertir à l’islam plutôt que de subir la mort, les hindous, excepté une minorité appartenant aux castes les plus défavorisées, refusèrent d’embrasser l’islam – et les massacres furent horrifiants. Des villes entières furent brûlées et leurs populations passées au fil de l’épée. Chaque campagne successive fit des dizaines de milliers de victimes et des millions de femmes et d’enfants furent emmenés en esclavage. Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes hindous. Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIÈRE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs « Hindu Kush », le massacre des hindous. Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé un quota de 100 000 hindous par an et semblent s’y être tenus. Mais en 1399, le célèbre Timur fit mieux, il tua 100 000 hindous en UNE SEULE JOURNÉE, un record. Le Professeur K.S. Lal dans son livre La Croissance de la Population musulmane en Inde estime qu’entre les seules années 1000 à 1525, 80 millions d’hindous furent tués, (sans parler des famines et autres calamités naturelles engendrées par la guerre), « sans doute le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité », affirme-t-il.

Mais aujourd’hui ce terrible épisode de l’histoire de l’Inde a été occulté : c’est à peine si les nombreuses Histoires de l’Inde, que nous utilisons comme référence, telle celle de Jacques Dupuis, y font allusion. Par exemple, après avoir pourtant réitéré, sans doute parce que cela fait partie de l’histoire officielle, que « Timur, lorsqu’il s’empara de Delhi, fit mettre à mort de sang-froid 100 000 prisonniers – la population de Delhi fut massacrée pendant plusieurs jours et les têtes des victimes s’entassaient en énormes pyramides », Dupuis postule trois lignes plus bas : « Il y eut bien des conversions forcées, surtout au début : un certain nombre d’hindous embrassèrent l’islam pour échapper à la mort. Mais lorsque le pouvoir des sultans musulmans fut établi en Inde, l’attrait des avantages sociaux fut plus efficace que la contrainte. En effet l’égalitarisme musulman efface toute distinction officielle entre les conquérants et les hindous convertis : celui qui s’est converti à l’islam devient en principe, l’égal des vainqueurs. » [1] Nous reviendrons sur ce mot égalitarisme, qui a été si souvent utilisé par les révisionnistes marxistes pour nier le massacre des hindous.

Cependant quelques historiens se sont élevés contre ce négationnisme flagrant. Parmi eux, l’historien et sociologue belge Koenraad Elst, qui dans un livre remarquable, Negationism in India, traite de la négation des atrocités musulmanes en Inde. Cette négation des atrocités musulmanes, argue Elst, a gommé tout un chapitre capital de l’histoire indienne, le faisant disparaître non seulement des manuels d’histoire, mais aussi de la mémoire des Indiens. Car contrairement aux juifs, par exemple, qui ont constamment essayé depuis l’holocauste de garder vivante la mémoire de leurs six millions de martyrs, l’intelligentsia marxiste indienne a sciemment choisi de passer sous silence le génocide des hindous par les musulmans. Il n’est pas question de vengeance : « Les juifs d’aujourd’hui veulent-ils se venger de l’Allemagne contemporaine ? écrit-il. Non, le souvenir d’un holocauste sert uniquement à apprendre aux générations suivantes à ne pas répéter les erreurs d’hier ; c’est sa seule raison d’être. Voilà pourquoi les commémorations sont toujours importantes, que ce soit celles de l’holocauste juif ou l’anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui vit tant d’horreurs. » [2] Mais malheureusement, la persécution des hindous continue aujourd’hui dans le sous-continent : les 250 000 hindous qui vivaient encore dans la vallée du Cachemire jusqu’à il y a quelques années (ils étaient 1 million au début du siècle et 3 millions en 1825), ont fui la terre de leurs ancêtres, après une campagne de terrorisme organisée par les séparatistes musulmans. Et en Afghanistan, les moudjahidins, lorsqu’ils prirent le pouvoir après le départ des Soviétiques, chassèrent les 50 000 hindous qui étaient là depuis plusieurs générations. On ne vous parle pas des minorités hindoues oppressées dans les pays musulmans d’Asie du Sud, que ce soit au Bangladesh ou au Pakistan, où pogroms et destructions de temples, sont encore monnaie courante, comme Taslima Nasreen le raconte dans son livre Lajja (La Honte). Une mémoire collective ne devrait jamais être occultée, même si c’est dans le but de ne pas froisser une minorité ethnique ou religieuse.

Mais c’est justement ce qui s’est passé en Inde, où ce sont les hindous eux-mêmes qui ont constamment nié le génocide musulman. L’écrivain communiste M.N. Roy n’a-t-il pas écrit : « L’islam a rempli en Inde une mission d’égalitarisme et qu’en cela il fut bien accueilli par les castes défavorisées. » Et il continue : « C’était une question de lutte des classes tout à fait justifiée entre des forces progressives (les musulmans) et les forces féodales (les hindous de haute caste). »

Jawharlal Nehru, le père de l’Inde moderne, semble lui aussi d’accord avec son compatriote : « L’architecture fascinait Mahmud Ghazni [célèbre pour avoir rasé des milliers de temples, en particulier ceux de la ville de Mathura, chère aux hindous parce qu'ils considèrent que c'est le lieu de naissance de Krishna] et il était très impressionné par la ville de Mathura, où il y avait des milliers d’édifices à la gloire de dieu. Mahmud n’était pas un homme religieux ; il était musulman, mais c’était secondaire, car avant tout c’était un soldat et un brillant guerrier.» Quel étonnant éloge d’un homme qui s’était fait un devoir de terroriser et d’humilier l’entière population hindoue ! Nehru et Mr. Roy sont les porte-paroles de cette négation par des hindous du génocide perpétré par les musulmans – négation qui est en fait d’inspiration marxiste. Car, à partir des années 20, toute une génération d’intellectuels indiens se tourne vers l’Union Soviétique. Nehru, grand admirateur de l’idéologie socialiste, à partir de laquelle il façonnera l’Inde indépendante, suit aveuglement la politique soviétique, y compris celle qui fait des juifs des méchants et des arabes les opprimés (l’Inde n’aura pas de relations avec Israël pendant 47 ans, mais par contre, elle s’entendra cordialement avec Saddam Hussain). C’est ainsi que bien avant l’indépendance, trois générations d’historiens, de sociologues et d’intellectuels indiens marxistes s’appliqueront à persuader leurs compatriotes (et le reste du monde) qu’il n’y a jamais eu de génocide des hindous par les musulmans. Ils leur apprendront également à haïr le système des castes et à ridiculiser tout ce qui est hindou, même si l’hindouisme avait fait la grandeur de l’Inde. Et c’est le parti du Congrès de Nehru qui devint le porte-parole officiel de cette cause-là. Écoutez ce qu’en dit Daniélou : « Le Congrès attaquait partout les hindous en cherchant à les ridiculiser, en exagérant énormément les histoires d’intouchabilité, de culte des vaches, etc.» La Mecque intellectuelle du marxisme nehruvien en Inde se situe à New Delhi, au sein de la prestigieuse Jawaharlal Nehru University. C’est là que les intellectuels indiens façonnèrent le mythe musulman, celui des méchants brahmanes et des bons intouchables, en s’attardant sur le génie bienveillant des Moghols. Ainsi, dans le célèbre livre Communalism and the writing of Indian history, Romila Thapar, Harbans Mukhia et Bipan Chandra, professeurs à la JNU, nient le génocide, en le remplaçant par un conflit de classes : « Les musulmans libérèrent les castes défavorisées en leur donnant accès à l’islam ». La redoutable Romila Thapar, une sommité intellectuelle en Inde, a publié par ailleurs chez Penguin, en collaboration avec l’historien britannique Percival Spear, une Histoire de l’Inde où elle écrit : « La supposée intolérance d’Aurangzeb n’est rien d’autre qu’une légende hostile basée sur quelques actes épars, comme l’érection d’une mosquée sur un temple à Bénarès. »

Quels sont les faits ? Aurangzeb (1658-1707), ne construisit pas seulement une énorme mosquée sur le Kashi Vishvanath, le plus vénérable temple de Bénarès, la ville sainte hindoue, temple qu’il avait auparavant fait raser, il ordonna la destruction de TOUS les temples en Inde, dont celui de Krishna à Mathura, un des plus sacrés du pays, le temple de Somnath au Gujarat qui fut rebâti après avoir été déjà détruit par d’autres arabes, celui de Vishnu qui fut remplacé par la mosquée d’Alamgir qui surplombe Bénares, ou le temple Treka-ka-Thakur à Ayodhya, et fit construire des mosquées à leur place. Le nombre de temples détruits par Aurangzeb se compte non pas en centaines mais en milliers. D’ailleurs, Aurangzeb était fier de ses actes. Aussi les faisait-il noter dans les chroniques officielles de sa cour : « Aurangzeb ordonna à tous les gouverneurs de province de détruire tous les temples et toutes les écoles des païens et de mettre radicalement fin à tous les enseignements et les pratiques païennes. » Ou encore : « Hasan Ali Khan, gouverneur de Jodhpur (au Rajasthan), fit savoir à Aurangzeb que 172 temples furent détruits dans son district… Sa Majesté se rendit le lendemain à Chittor et 63 temples furent rasés… Abu Darab sommé de détruire le temples à idoles d’Amber, informa l’empereur qu’il avait déjà rasé 66 d’entre eux dans son district…»

Aurangzeb ne se contenta pas de détruire des temples, il fit aussi éliminer les païens : « Ahmed Khan fit savoir à Sa Majesté que 2 000 hindous furent exécutés parce qu’ils continuaient leurs abominations religieuses. » Le gourou sikh Tegh Bahadur fut décapité parce qu’il protestait contre les conversions forcées d’Aurangzeb. Et même le propre frère de l’empereur, Dara Shikoh, fut exécuté pour s’être intéressé à la religion hindoue. Comme on peut le constater, l’image d’un Aurangzeb bienveillant propagée par Romila Thapar et Percival Spear, est totalement fausse. Malheureusement, même la respectable Encyclopedia Britannica ne mentionne aucune persécution des hindous dans son chapitre sur la période moghole, excepté : « Firuz Shah Tuglak [qui] essaya sans grand succès de convertir ses sujets et les persécuta quelquefois » ! ! !

Mais les païens étaient trop nombreux pour qu’on puisse les exterminer tous et la religion hindoue était si bien ancrée dans le cœur des Indiens qu’elle ne fut jamais conquise. Elle se retira tout simplement dans le secret des maisons, dans le cœur de ses fidèles et fut préservée par l’admirable volonté des brahmanes. Réalisant ainsi qu’ils ne seraient jamais capables de conquérir cette religion extraordinaire, les empereurs musulmans décidèrent de permettre aux impies de devenir zimmis, citoyens de deuxième classe, soumis à 20 conditions, chacune plus humiliante l’une que l’autre, dont le lourd impôt, dit de tolérance : jizya. « C’est à cause de cette loi hanifite, écrit Elst, que la plupart des chefs musulmans en Inde se considérèrent désormais exempts du devoir de génocide envers les hindous. » La dernière djihad contre les hindous fut menée à la fin du 18ème siècle par Tippu Sultan, canonisé plus tard par l’histoire pour avoir combattu les Anglais au côté des Français, mais qui en réalité était fanatiquement anti-hindou. Dès le début du 19ème siècle, à la suite de la mutinerie de 1857 contre les Anglais, à laquelle les musulmans prirent part afin de reprendre le pouvoir en Inde, les musulmans indiens sombrèrent généralement dans l’apathie et l’analphabétisme, de par le refus de leurs mollahs à les encourager à l’éducation britannique (alors qu’une minorité intellectuelle hindoue s’y attela) et leur nostalgie du passé « glorieux ». Mais le négationnisme avait déjà pris racine en Inde.

Ainsi, Aligarh, une des universités les plus importantes en Inde, réservée en majorité aux musulmans (qui exigèrent des Anglais la ségrégation de l’éducation, afin de préserver la pureté de leur religion), vit la naissance de plusieurs mouvements islamiques militants. De surcroît, c’est là que fermenta au début des années 30 l’idée d’un état séparé pour les musulmans après le départ des Britanniques, idée qui engendra la création du Pakistan. C’est également là que fut élaborée la tentative de certains historiens musulmans, tel Mohamed Habib, de réécrire l’histoire de l’Inde, en particulier la période qui traite des invasions musulmanes. En 1920, Habib commença à rédiger son magnum opus, dont la structure repose sur quatre grandes théories : 1) Les chroniques et biographies écrites par les musulmans eux-mêmes relatant les massacres des hindous ou la mise en esclavage de leurs femmes et enfants et la destruction de leurs temples, « étaient le plus souvent des exagérations de poètes de cour ». 2) Il y eut bien « quelques » atrocités, mais qu’elles furent commises par des Turcs, « ces sauvages venus des steppes ». 3) La destruction des temples hindous eut lieu « parce qu’ils regorgeaient d’or et d’argent et que tout naturellement les armées musulmanes les pillèrent ». 4) Il n’y eut pas de conversions forcées d’hindous à l’islam, « mais la population, d’elle-même, décida de choisir la charia contre la loi hindoue (Smriti), car ils étaient tous opprimés par les brahmanes… »

Malheureusement pour Habib et son école, les envahisseurs musulmans ont minutieusement documenté le massacre des hindous, car ils étaient constamment persuadés qu’ils faisaient leur devoir. Mahmud Ghazni (997-1030) par exemple, n’était pas un barbare des steppes, bien qu’il fut Turc ; c’était un patron des arts et de la littérature, qui récitait des vers du Coran tous les soirs après avoir tué sa quote-part d’infidèles et rasé les temples des païens. Firuz Shah Tughlak (1351-1388) mentionné plus haut, était également connu pour sa grande piété : « Le jour du grand festival hindou, je me suis rendu là-bas moi-même et j’ai ordonné l’exécution non seulement des prêtres, mais aussi de tous les pratiquants de cette abomination… J’ai détruit leurs temples et construit des mosquées à leur place ». Finalement, comme le remarque Elst : « Les fanatiques musulmans n’étaient que les exécutants fidèles des commandements coraniques. »

Autre exemple de négationnisme flagrant plus près de chez nous : L’Histoire de l’Inde Moderne, que nous avons déjà mentionnée. Après avoir souscrit à l’habituelle théorie des « mythiques Aryens », accusé Shiva, deuxième divinité de la trinité hindoue, « d’incarner des forces obscures », et bien sûr, usé du mot « fanatiques » pour décrire les hindous qui rasèrent la mosquée d’Ayodhya, les auteurs s’empressent de faire l’éloge des Moghols et de passer sous silence tous leurs crimes.

Dans le chapitre consacré par exemple à Vijayanagar, qui fut le dernier grand empire hindou des Indes, un des plus beaux, celui qui symbolisait une renaissance hindoue après 9 siècles de conquête musulmane, on ne peut s’empêcher de percevoir l’inimitié de l’auteur (7 historiens ont co-écrit cette histoire) pour l’hindouisme. On accuse d’abord les deux jeunes princes fondateurs de Vijayanagar, qui furent convertis de force à l’islam, d’avoir « renié l’islam » aussitôt remis en liberté ; puis on souligne « l’ambition des brahmanes » qui se servirent de ces princes renégats pour reconquérir leur pouvoir perdu aux mains des Arabes. [3] On mentionne ensuite « l’insatiable exigence du pouvoir central (hindou, bien sûr), à l’égard de ceux qui lui étaient soumis », [4] en oubliant de mentionner qu’à Vijayanagar les hindous connaissaient enfin la liberté du culte, qu’on ne les tuait pas, qu’on ne rasait pas leurs temples, qu’on ne violait pas leurs femmes, qu’on n’envoyait pas leurs enfants en esclavage. On qualifie par ailleurs Vijayanagar de « royaume guerrier », [5] comme si les hindous avaient le privilège du militantisme et qu’il leur fallait baisser les bras devant l’ennemi musulman, le belliciste sans pitié par excellence… Et tout cela finalement pour passer en exactement sept mots sur l’horrible sac de Vijayanagar : « Pillages et massacres durèrent trois jours entiers », ajoutant, pour bien montrer la magnanimité des Moghols : « Les sultans laissèrent à chacun ses prises, joyaux, esclaves, tissus précieux, ne gardant que les éléphants chargés de trésor. » [6] Que de pages et de pages qui sous-entendent l’esprit fanatique des hindous, la cupidité des brahmanes et le pouvoir absolu des maharajas (en l’occurrence le merveilleux Krishna Deva Raya), et si peu sur un des massacres les plus terribles, les plus inutiles, les plus monstrueux de l’histoire de l’Inde. Voilà bien du du négationnisme !

Mais les auteurs de L’Histoire de l’Inde Moderne ne se contentent pas de dénigrer les hindous, ils glorifient aussi les musulmans, en particulier les Moghols (ce livre aurait dû d’ailleurs prendre le titre de l’un de ses chapitres : « La Splendeur moghole »). Babur par exemple, ce monstre qui tua des centaines de milliers d’hindous et rasa des milliers de temples, devient un doux héros aux mains de l’auteur : « Babur avoue franchement dans ses mémoires ne pas aimer l’Inde… Il préfère s’isoler dans les jardins qu’il y construit, avec leur dessin géométrique et leurs canaux en croix, qui évoquent les fleuves du paradis. » (Mon dieu, cet homme est un immense poète qui a la sensibilité à fleur de peau !). D’ailleurs : « Il traduisit en vers un manuel de droit musulman et un traité de morale soufi. » [7] (Voilà un saint qu’il faut canoniser tout de suite pour avoir failli débarrasser le monde de la menace fanatique hindoue !)

Plus loin, l’auteur de ce chapitre, plus que pernicieux, parce qu’il s’adresse à des gens qui sont en général totalement ignorants de l’Inde, se dévoile encore un peu plus lorsqu’il en arrive à Aurangzeb, lequel a la réputation – même aux yeux des musulmans indiens – d’avoir été le plus sanguinaire et le plus pervers des Moghols. « Aurangzeb a concentré sur sa personne la haine des hindous militants qui lui attribuent des destructions systématiques de temples et des conversions forcées massives… cette image manichéenne doit être sérieusement corrigée.» [8] Malheureusement, comme nous l’avons vu, Aurangzeb était si fier de ses actes qu’il les avait fait dûment archiver et qu’ils sont parvenus jusqu’à nous. D’ailleurs, l’auteur est bien forcé de reconnaître quelques lignes plus bas qu’il « fit détruire des temples récents. » Qu’entend-il par « récents » : 1000 ou 2000 ans ? Mais il s’empresse d’ajouter : « L’intransigeance d’Aurangzeb n’était qu’apparente, car il appréciait la littérature mystique persane et fréquentait de nombreux soufis…» [9] Par contre Shivaji, ce prince de la bravoure, héros des hindous, lui qui seul dans un océan de terreur osa s’élever contre les Moghols, ne trouve pas grâce à ses yeux ; « Il s’illustre par son sens de la provocation. »[10] (Ce n’est pas bien de provoquer les pauvres Moghols, ô Shivaji !) « Il put mettre en déroute par traîtrise l’armée de Bijapur. » (Ce qui prouve qu’il ne faut jamais faire confiance à un hindou). D’ailleurs, « Il fait aussi une fausse soumission à Aurangzeb. » (Oh, le traître !) En plus bien sûr, c’est un païen, un idolâtre : « Il ressuscite la vieille cérémonie hindoue du sacre et se pose comme le protecteur des vaches, des brahmanes et des dieux. »[11] (Notez la triple association pernicieuse : vaches, brahmanes et dieux)… On pourrait multiplier les exemples, mais ces quelques passages suffiront à donner un exemple de ce négationnisme flagrant.

Redisons-le une énième fois : les atrocités musulmanes en Inde ne doivent pas être niées, ceci afin que les erreurs d’hier ne soient pas répétées aujourd’hui. Car pensez-vous que l’islam contemporain accepte plus qu’il ne le faisait naguère de coexister avec l’hindouisme ? « Vous pouvez vivre en bonne entente avec une religion dont le principe est la tolérance. Mais comment est-il possible de vivre en paix avec une religion dont le principe est : « je ne vous tolérerai pas ? » [12] se demande Sri Aurobindo. Et c’est vrai : l’hindou a toujours été prêt à tolérer ; il est ouvert aux nouvelles idées, qu’elles soient religieuses, sociales, ou économiques ; et il a une merveilleuse aptitude à l’assimilation – mais toujours à condition que la vérité centrale de l’hindouisme, du dharma, soit respectée.

En septembre 1909, Sri Aurobindo écrivait également : « Toute action qui pourrait soulever une objection chez un certain nombre de musulmans est maintenant passible d’interdiction… sous prétexte qu’elle risque de perturber l’ordre public, et on commence à se demander si l’on n’en viendra pas un jour à interdire le culte dans les temples hindous en invocant ce motif si valable. » [13] Citation ô combien prophétique, car Sri Aurobindo ne pouvait pas savoir que l’Inde serait par exemple la première à interdire le livre de Rushdie (le gouvernement du Congrès ne s’était même pas donné la peine de le lire, mais l’a fait bannir sous le conseil de quelques intellectuels musulmans), éveillant par là même l’attention de l’Iran et provoquant la fatwa de Khomeiny. Sri Aurobindo ne pouvait pas non plus deviner qu’il arrive souvent aujourd’hui en Inde qu’on interdise les processions hindoues, « pour ne pas blesser la sensibilité de la communauté musulmane » ! Étrange coutume pour un pays à majorité hindoue ! C’est comme si le gouvernement français bannissait les processions de la Fête-Dieu, afin de ne pas froisser sa communauté maghrébine.

Sri Aurobindo n’est pas le seul à s’élever contre l’intolérance musulmane, David Frawley postule lui aussi : « La cruelle histoire de l’invasion musulmane de l’Inde, qui fut suivie d’un énorme génocide et de la prise en esclavage de millions d’hindous n’est pas très connue dans le monde, particulièrement en Occident, où l’histoire de l’Inde n’est pas jugée très importante. Certains préféreraient qu’elle n’existât pas du tout ou que l’échelle des atrocités fût insignifiante, ou même que les intentions des musulmans ne fussent pas de convertir, mais uniquement de conquête militaire. D’autres arguent que cet épisode appartenant au passé, nous devrions l’oublier afin de préserver l’harmonie laïcisante de l’Inde. » [14]

La djihad appartient-elle au passé ?

La djihad est-elle terminée aujourd’hui ? « Pas du tout, affirme l’écrivain indien Suhas Majumdar dans son livre : Djihad, la doctrine islamique de la guerre permanente. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’aujourd’hui encore le commun des musulmans prend toujours littéralement le message du Coran, bien qu’il ait été composé il y a 1 400 ans selon les termes et les coutumes de son époque et n’a pas été adapté aux exigences du monde moderne. » Et il est vrai que grâce aux pétrodollars des pays du Golfe, l’islam a étendu ses tentacules aux quatre coins du monde, même si aujourd’hui il camoufle ses intentions de domination. Le concept islamique de dar-ul-islam, c’est-à-dire « la maison de l’islam » sur toute la terre et de daar-ul-hard « la guerre de l’islam », justifie tous les moyens. Au Pakistan par exemple, les madrasis (écoles islamiques) sponsorisées par l’Arabie Saoudite ont engendré le mouvement du Taliban qui revendique l’application de la charia sous sa forme la plus stricte : interdiction de travail aux femmes, amputations, décapitations et surtout djihad contre l’Infidèle. Et ce fondamentalisme islamique dur tel que l’incarne le Taliban commence aussi à se répandre en Asie : en Ouzbekistan et au Tadjikistan par exemple, qui ont du mal à contrôler leurs fondamentalistes. La Russie pourrait devenir cernée par le fondamentalisme musulman hostile de la Tchéchénie, du Tadjikistan et du Sin-kiang chinois, qui commence à s’agiter. On aurait alors une ceinture panislamique qui irait de la Turquie à la Chine – et l’Inde totalement isolée, deviendrait le seul rempart en Asie – avec la Russie – contre une prise de pouvoir totale du fondamentalisme musulman. Une autre forme de djihad moderne, dans laquelle les musulmans sont passés maîtres, ce sont les émeutes. Le verset « Partez légèrement armé, préparez des embuscades et tentez avec votre vie de préserver le chemin d’Allah. » (Coran 9/41), est justement très ambigu, car il semble se référer non seulement à la guerre, mais aussi à la guérilla et aux émeutes. Généralement ce sont les Imams lors des prières du vendredi soir qui en appellent à la djihad civile, que ce soit à Srinagar, à Sarajevo ou à Jérusalem. Ainsi tous les historiens s’accordent à reconnaître que ce sont des mollahs indiens qui déclenchèrent les émeutes des Moplah en 1921, dont la plupart des victimes furent hindoues, même si le mouvement était censé être anti-britannique. C’est sans doute la première fois que les musulmans se posèrent en victimes, à tel point que le Mahatma Gandhi, pourtant hindou, s’en apitoya : « Les musulmans se battent pour ce qu’ils considèrent leur religion. » Quelquefois ce sont les civils eux-mêmes qui en appellent à la guerre sainte : la grande tuerie de Calcutta en 1946, qui précéda la partition, fit suite à la déclaration publique de Mohammed Usman, le maire de Calcutta : « C’est durant ce mois sacré du Ramadan que la guerre ouverte entre les musulmans et les kafirs (infidèles) prit son essor. C’est durant ce mois que nous pénétrâmes victorieux à la Mecque et avons annihilé l’idolâtrie. Par la volonté d’Allah, la Ligue musulmane (indienne) a choisi ce même mois pour commencer la djihad qui doit mener à la création du Pakistan. » Il est également vrai qu’après l’indépendance, toutes les grandes émeutes inter-religieuses et les pogroms anti-hindous dont ceux d’Aligarh, ou bien les fameuses émeutes de Bombay en 1992 qui suivirent la destruction de la mosquée d’Ayodhya, ont été déclenchés par les musulmans. La police le sait, la presse indienne le sait, la classe politique le sait. Mais personne n’ose prononcer tout haut le mot musulman ; les journaux se contentent d’écrire : « Une communauté en a agressé une autre. » L’Inde est déjà aux prises avec une nouvelle djihad contemporaine qui prend plusieurs formes : à l’intérieur la guerre de « libération » du Cachemire d’abord, l’anti-nationalisme des musulmans indiens, les émeutes ; et à l’extérieur, l’hostilité des voisins islamistes, le Pakistan, le Bangladesh, l’Afghanistan et un peu plus loin, les pays du Golfe fondamentalement hostiles à l’hindouisme et qui rêvent tous secrètement de perpétuer le dessein des grands Moghols : dar-ul-islam.

Et l’Occident alors ? Nos intellectuels divisent l’islam en deux clans : l’un libéral, l’autre fondamentaliste, ce qui pourrait se révéler une grossière erreur : « Le refus de l’Occident à reconnaître la vraie nature de la renaissance islamique actuelle constitue un échec intellectuel colossal, écrit Majumdar, car l’islam continue de jurer par les injonctions du Coran. » L’intellitgensia européenne en général, et française en particulier – n’est-ce pas, Mr. Bernard-Henri Lévy ? – qui a soutenu la Bosnie, a-t-elle compris qu’elle laissait peut-être un cancer ravager l’Europe ? Que demain, ceux qui ont été défendus – souvent à raison – vont néanmoins réaffirmer le militantisme de leur foi islamique. Et Bernard-Henry Lévy et ses pairs se sont-ils donnés la peine de creuser un peu plus dans l’affrontement entre Serbes et Bosniaques ? De remonter dans le temps, de prendre en considération le pro-occidentalisme de la race serbe et le fascisme inquiétant des Bosniaques ? Et que savent-ils du karma de ces deux ethnies, les poussant à agir ainsi ? La photo publiée par les journaux du monde entier d’un musulman qui frappe devant la mosquée de Sarajevo, au moment des prières du samedi soir, un jeune disciple du mouvement Hare Krishna, est significative et devrait faire réfléchir toute l’Europe. Car même ses habitants ont reconnu que durant tout le siège de Sarajevo, les membres de la secte avaient fait merveille pour leur remonter le moral. Mais voilà, la paix revenue, les concessions obtenues, l’islam montre à nouveau son vrai visage : djihad fi Sabillaj, la guerre sainte contre les idolâtres, en l’occurence des ferengis (blancs) influencés (plus ou moins bien) par un mouvement hindou.

Et il en va de même du soutien occidental aux indépendantistes de Tchéchénie, ou du Cachemire. On isole la Russie et l’Inde, qui seules peuvent encore s’élever en Asie contre une tentative d’hégémonie islamiste. (La presse occidentale joue là un rôle néfaste, car elle crée de toutes pièces le mythe sympathique de ces moujahedins tchéchènes ou cachemiris – c’est du sensationnalisme bon marché). Le plus dangereux, c’est la tiédeur du soutien occidental envers Israël qui depuis un demi-siècle livre une bataille de vie ou de mort contre les Arabes. Et telles l’Inde et la Russie, Israël est le rempart du monde civilisé contre le pan-islamisme au Moyen Orient.

Ce n’est pas parce que le christianisme et l’islam sont les deux religions monothéistes par excellence de notre planète, qu’il faut conclure une alliance douteuse entre les deux credo, comme celle que nous percevons en Bosnie. Car c’est un jeu dangereux que l’Occident ne peut que perdre : n’oublions donc pas ce qui s’est passé en Turquie, où la chrétienté, qui y connut un tel essor, a pratiquement disparu aujourd’hui dans l’indifférence générale. La sanctification de l’islam par les missionnaires et les chrétiens, tel l’Anglais Muir, dont la traduction du Coran fait référence, est également pernicieuse, car elle fait oublier que la djihad n’est en fait qu’une forme déguisée de meurtres, de rapines et de viols sanctionnés par le Coran. Et finalement, il faut oser le dire tout haut : les musulmans de par le monde sont passés maîtres dans l’art de la propagande et d’utiliser l’éternel complexe de culpabilité de l’Occident, les relents marxistes pro-arabes de l’intelligentsia européenne et la voracité sans fin des journalistes, pour qui une poignée de Palestiniens dans un no man’s land, est plus médiatique que les 300 000 hindous chassés du Cachemire par la djihad contemporaine. Mais c’est ainsi que la perversion humaine donne à la politique l’art des apparences.

Et finalement, pourra-t-on jamais connaître un islam qui s’épanouisse sans djihad ? « Malheureusement, allègue Majumdar, l’islam, tel qu’il est exprimé dans le Coran est impraticable aujourd’hui, comme par exemple l’obligation d’avoir des concubines ou des esclaves, prérogative de tout musulman. La vérité c’est que le Coran est souvent périmé, car les ulémas ne permettent pas aujourd’hui la modification d’un seul verset du Coran – et ceci est le plus grand obstacle au renouveau de l’islam. » [15] Mais tout de même : le Coran ne mentionne-t-il pas les réticences de certains des premiers disciples de l’islam, qui préféraient être des pèlerins plutôt que des guerriers, contre les excès de la djihad ? Et dans le soufisme, le vrai, qui a pratiquement disparu aujourd’hui car il a été pourchassé par les sunnites partout dans le monde, le sens de la vraie djihad, c’est la guerre contre soi-même, son ego, ses faiblesses, sa petitesse. Un tel islam sans djihad exigerait donc une réécriture totale du Coran – et qui en aurait le courage ? Car malheureusement, le tort fait par Mahmud, Babur, ou Aurangzeb, se perpétue aujourd’hui. Les graines qu’ils ont plantées, lorsqu’ils ont converti de force la petite centaine de milliers d’hindous, ont mûri. Et les cent millions de musulmans indiens d’aujourd’hui, se sont souvent aliénés de leurs frères hindous et ont quelquefois adopté le cri militant des musulmans : dar-ul-islam, la maison de l’islam en Inde. Ces graines ont également donné naissance à un arbre empoisonné appelé Pakistan, dont le spectre nucléaire après trois guerres conventionnelles hante le sous-continent. Et en Inde, le Cachemire et les attentats à la bombe qui se multiplient, de Bombay à New Delhi, nous rappellent que le grand rêve moghol d’une Inde assujettie à la grandeur d’Allah trouve encore un écho aujourd’hui.

Notes :

[1] Dupuis Jacques, Histoire de l’Inde (Éditions Kailash, Civilisations et sociétés, 1996), page 202.

[2] Elst Koenraad, Negationnisme in India (Voice Of India, Delhi, 1993).

[3] Histoire de l’Inde moderne, sous la direction de Claude Markovits (Fayard 1989), page 54

[4] Ibid., page 56

[5] Ibid., page 57

[6] Ibid., page 60

[7] Ibid., page 87

[8] Ibid., page 126

[9] Ibid., page 132

[10] Ibid., page 127

[11] Ibid., page 128

[12] Sri Aurobindo, L’Inde et la Renaissance de la Terre (Institut de Recherches Évolutives, Paris, 1998), page 184

[13] Ibid., page 63

[14] Frawley David, Arise Arjuna (Voice of India, Delhi, 1994), page 26

[15] Majumdar Suhas, Djihad (Voice of India, Delhi, 1994)

Voir aussi:

L’irruption de l’islam et le « Moyen Âge » indien

Clio

Comme l’indique Jacques Dupuis dans son Histoire de l’Inde publiée en 1963, « la notion d’un Moyen Âge indien succédant à l’Antiquité n’est qu’un décalque superficiel de la chronologie de l’histoire occidentale ; sous cette synchronisation, il ne faut point chercher à voir des analogies profondes entre l’évolution de l’Occident et celle de l’Inde. On distinguera cependant, au cours des siècles suivant la mort de Harsha, les caractères d’une époque assez différente de l’Antiquité, à la fois par les transformations de la civilisation indienne et par la coexistence de celle-ci avec un élément musulman importé. »

712 : La conquête du Sindh est marquée par de nombreux pillages et massacres mais les musulmans, peu nombreux, laissent aux hindous vaincus la liberté de pratiquer leur religion contre le paiement du traditionnel jizya imposé partout aux infidèles. Au IXe siècle, le Sindh se détachera du califat abbasside de Bagdad et poursuivra, sous l’autorité de dynasties locales une existence politique indépendante.

725-753 : Le roi Lalitaditya règne sur le Cachemire, qui s’étend alors des plaines du Pendjab aux montagnes du Ladakh et comprend tous les pays de l’Indus. La région de Srinagar est alors le centre de gravité de cet ensemble.

756 : Les Pratihara, d’origine radjpoute – une population installée au nord-ouest et affirmant une forte tradition guerrière – font renaître Kanauj comme centre politique s’imposant à la majeure partie du bassin gangétique.

VIIIe -XIIe siècle : La dynastie pala s’impose au Bengale. Elle protège le bouddhisme, dont l’université de Nalanda demeure l’un des foyers les plus actifs, mais ce royaume sera balayé par les musulmans à la fin du XIIe siècle. C’est cette dynastie qui a gagné l’Assam à l’hindouisme.

IXe-XIIe siècles : En Inde du Sud, le royaume tamoul de Chola apparaît comme une puissance maritime dynamique, qui prend temporairement le contrôle de Ceylan au XIe siècle. L’ascension du royaume chola, qui commence avec la prise de Tanjore (dans le bassin de la Kaviri) vers 850 le conduit à son apogée sous les règnes de Rajahrajah (985-1014) et de Rajendra Ier (1014-1044) puisqu’en 1022 les armées du Chola poussent jusqu’au Gange. Dès 897, le roi de Chola Aditya Ier avait envahi le pays de Kanchipuram et détruit la puissance des Pallava qui dominaient l’Inde du Sud depuis le Ve siècle. Rajendra fut le fondateur de la thalassocratie tamoule. Déjà installés à Ceylan ceux-ci s’attaquent au puissant royaume de Sri Vijaya qui regroupait la péninsule malaise, Sumatra, Java et les îles voisines. À l’issue de cette campagne navale, les Tamouls dominent l’océan Indien des Maldives jusqu’à Sumatra et envoient des ambassades en Chine. Durant cette période, c’est dans le Dekkan que se développe la culture hindoue la plus vivante dans la mesure où les régions méridionales du pays demeurent longtemps hors de portée des conquérants musulmans.

XIe siècle : Reprise de la poussée musulmane, trois siècles après la conquête du Sindh demeuré une marche lointaine du califat de Bagdad. La conquête de l’Inde par les musulmans, qui s’étend sur une longue période et se caractérise surtout, initialement, par des raids de pillage dévastateurs ne sera pas le fait des Arabes ou des Persans mais celui des Turcs et des Afghans, populations barbares issues des steppes de Haute Asie ou des montagnes de la périphérie occidentale de l’Himalaya ; ce fait lui donnera un caractère de brutalité particulièrement catastrophique, pour le plus grand malheur des pays de vieille civilisation qui s’étaient constitués au fil du temps dans le nord du subcontinent indien. L’extrême division politique de l’Inde septentrionale à cette époque a favorisé les entreprises des envahisseurs qui tiraient de leur extrême mobilité une supériorité militaire incontestable sur les lourdes armées de fantassins, même appuyées par des éléphants, des royaumes hindous. L’éloignement des zones d’invasion et de razzia constituait en fait la meilleure garantie de sécurité et ce furent tout naturellement les royaumes les plus méridionaux du Dekkan qui souffrirent le moins des campagnes de conquête et des raids de pillage musulmans.

997 : Premier raid contre l’Inde de Mahmoud de Ghazni qui va multiplier les expéditions de pillage tout au long de son règne qui dure jusqu’en 1030. Il détruit Kanauj, pille et rase les sanctuaires hindous et accomplit de grands massacres. Son empire, dont la capitale se trouvait dans l’actuel Afghanistan, s’étendait des rives orientales de la Caspienne au Pendjab mais l’Inde était davantage pour lui une terre de razzia capable de fournir de riches butins qu’une véritable conquête régulièrement administrée.

1175 : C’est un Afghan, Mohammed de Ghur, qui renoue avec la politique de razzias inaugurée par Mahmoud de Ghazni au siècle précédent. Il se heurte cependant à une forte résistance du Gudjerat et de l’aristocratie radjpoute conduite par Prithi Raj, qui demeure comme une figure emblématique de la résistance « nationale » face aux envahisseurs.

1192 : Mohammed remporte la victoire de Tarain. La cavalerie afghane s’impose et Prithi Raj est tué.

1194 : Les musulmans envahissent la plaine gangétique, pillent Kanauj et Bénarès et s’avancent jusqu’au Bengale. Les destructions sont alors immenses et toute une partie de l’héritage de la grande culture de l’Inde antique est anéantie. Les vainqueurs s’en prennent spécialement au clergé bouddhiste dont les moines sont systématiquement mis à mort.

1206 : À sa mort, Mohammed de Ghur a constitué un « empire » s’étendant de l’Afghanistan au Bengale mais cet ensemble né d’une conquête brutale et destructrice n’aura qu’une existence éphémère et se disloquera rapidement, la dynastie ne conservant finalement qu’une petite principauté afghane.

1210-1235 : Règne d’Iltutmish, un Turc Ilbari, qui va établir le sultanat de Delhi, le premier véritable État musulman de l’Inde. Énergique, ce chef musulman – qui était un ancien esclave – rassemble les territoires allant du Sindh et du Pendjab jusqu’au Bengale et fait reconnaître son autorité par le calife de Bagdad. Il fait de Delhi sa capitale et fait construire le Qutb Minâr, le fameux minaret haut de 72 m qui apparaît comme le premier grand monument réalisé en Inde par l’architecture musulmane.

1221 : Les hordes mongoles de Gengis Khan atteignent le cours de l’Indus mais ne poussent pas au-delà.

1206-1290 : Règnes des descendants d’Iltutmish qui maintiennent difficilement cet empire né de la conquête et imposé par la force à l’Inde du Nord.

1290-1320 : Les Khalji, d’origine afghane, se substituent aux Turcs Ilbari. Jala ud Din Firuz, le premier souverain de la dynastie (1290-1296), est traîtreusement assassiné par son neveu Ala ud Din qui règne de 1296 à 1316. Criminel sans scrupule, celui-ci impose son autorité avec une cruauté sans limites et finance par pillage les conquêtes qu’il réalise. Il entame son règne en faisant massacrer tous les membres de la famille de son oncle et tous ceux qui les ont servis, femmes et enfants compris.

1297 : Ala ud Din parvient à arrêter une imposante armée mongole qui menaçait de nouveau Delhi.

1301 : Après un an de résistance, la forteresse radjpoute de Ranthambhor est prise par les musulmans, qui s’emparent également de Chitor deux ans plus tard. C’est là que les défenseurs hindous, avant de chercher la mort dans un combat sans espoir, font brûler vives leurs femmes et leurs sœurs pour leur épargner la souillure et l’esclavage.

1305 : Ala ud Din conquiert le Malwa, ce qui place toute l’Inde du Nord sous son autorité.

1307 : Les musulmans entreprennent à partir de cette date une série d’expéditions contre le Dekkan où aucun royaume ne paraît encore en mesure de leur résister durablement. Ils soumettent ainsi le pays mahratte et le pays telugu et poussent jusqu’au royaume pandya, le principal État tamoul de l’extrémité méridionale du pays. C’est à cette occasion que Madurai est mise à sac en 1311.

1320 : Le fils qui avait hérité du pouvoir d’Ala ud Din est assassiné et cette disparition marque la fin de l’éphémère dynastie des Khalji. Elle a été marquée par une expansion conduite de manière impitoyable mais ne pouvait établir aucune œuvre durable car, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire musulmane de l’Inde – avec une notable exception pour ce qui concerne le cas de l’Empire moghol – ces épisodes de conquête correspondirent toujours presque automatiquement à des moments de ruine et de dévastation pour la majeure partie du pays, mis en coupe réglée par ses vainqueurs.

1320 : Un chef d’origine turque, Ghazi Malik Tughluk, est porté au pouvoir par l’armée et ouvre une dynastie qui durera jusqu’en 1412. Il restaure l’État et concentre ses efforts sur le sultanat de Delhi et non sur des conquêtes toujours plus lointaines et plus aléatoires mais ne règne que cinq ans.

1324 : Un prince hindou, Harisimha, conquiert le Népal et, à partir de ce moment, la civilisation de ce royaume apparaît comme une synthèse de l’héritage bouddhiste et de la tradition hindouiste.

1325-1351 : Règne de Mohammed bin Tughluk. C’est sous le règne de ce nouveau conquérant que le sultanat de Delhi atteint sa plus grande extension, depuis l’Himalaya du Garhwal jusqu’aux rives de la Kaviri, au cœur du pays tamoul. Cette expansion n’est pas proportionnée au niveau de l’organisation administrative. Le poids de l’impôt est vite insupportable. Le transfert temporaire de la capitale de Delhi à Daulatabad – au cœur du Dekkan, mille kilomètres plus au sud – est un échec complet, tout comme une réforme monétaire trop précipitée. L’ambition d’aller conquérir le Khrorassan, voire l’Irak, ne peut être réalisée mais engloutit des sommes astronomiques. Trop étendu, « l’empire » est rapidement affaibli par la multiplication des révoltes alors que, à partir de 1336, l’empire du Vijayanagar s’organise au sud comme môle inébranlable de la résistance hindoue à l’islam.

1336 : Fondation, en pays telugu et en réaction contre l’expansionnisme du sultanat de Delhi, de Vijayanagar, la « Cité de la Victoire », sur la rive méridionale de la Tungabhadra. Les maîtres de Delhi sont rapidement contraints d’abandonner le Dekkan mais c’est au royaume musulman de Bahmani que celui de Vijayanagar va surtout s’opposer pendant près de trois siècles.

1347 : Le royaume musulman de Bahmani s’affirme au nord-ouest du Dekkan face au sultanat de Delhi mais il sera morcelé finalement entre cinq principautés rivales entre 1484 et 1518. Ultérieurement, les royaumes de Bijapur et de Golconde témoigneront, au cœur du Dekkan, de la persistance de la présence musulmane dans ces régions méridionales.

1336-1485 : La dynastie fondatrice des Sangama règne sur le Vijayanagar. Le souverain le plus brillant est Deva Raya II (1422-1446). Sous son règne, l’empire s’étend depuis l’Orissa jusqu’à la côte de Malabar, d’une rive à l’autre du Dekkan. Au-delà de la péninsule, Ceylan et les régions littorales de la Birmanie (royaume de Pégou) lui paient un tribut.

1398-1399 : Tamerlan vient attaquer le sultanat de Delhi, prend la ville, la met à sac et fait un grand massacre de sa population. Laissant derrière lui de sinistres pyramides de têtes, il repart vers l’Asie centrale en emmenant avec lui des milliers d’esclaves. Le sultanat de Delhi ne se remettra jamais de cette catastrophe et ne sera plus que l’ombre de lui-même sous les dynasties des Sayyides et des Lodi, jusqu’en 1526, date de sa disparition finale.

1420-1470 : Règne au Cachemire du sultan Zain ul Abidin. Il fait figure d’exception car ce souverain musulman manifeste une grande tolérance vis-à-vis des hindous, recrute les brahmanes dans son administration et dispense les infidèles du paiement du jizya. Surnommé « l’Akbar du Cachemire » par référence au futur grand souverain moghol, il établit là un brillant foyer de civilisation.

1486 : Nasarimha accède au pouvoir dans le Vijayanagar à un moment où cet empire connaît un relatif déclin en raison de la qualité insuffisante de ses princes, alors que la lutte contre les musulmans est un défi permanent et impose de maintenir sans faiblesse l’unité du Dekkan hindou.

1491-1503 : Règne de Narasa Nayaka, un usurpateur qui fonde une nouvelle dynastie mais assure la continuité de l’État de Vijayanagar. Son fils, Krishnadeva Raya, règne de 1509 à 1529. Contre les musulmans, il s’allie aux Portugais qui arrachent alors Goa au sultan de Bijapur. Administrateur et guerrier, protecteur des lettres et des arts, il apparaît comme l’un des grands souverains de l’histoire indienne. Le morcellement du royaume musulman de Bahmani à partir de 1518 et le déclin irréversible du sultanat de Delhi font du Vijayanagar la grande puissance indienne du moment.

1543-1565 : Le règne de Rama Raya poursuit dans le même sens mais le désastre de Talikota qui, face aux Moghols, coûte la vie au souverain scelle le sort du grand empire hindou du Dekkan après qu’il a, pendant plus de deux siècles, fait barrage à la poussée musulmane vers le sud. Centré sur le plateau de Mysore, contraint de concentrer l’essentiel de ses forces dans la défense de la frontière du nord établie sur le cours de la Tungabhadra, le royaume de Vijayanagar ne peut être en même temps, à l’inverse du Chola qui l’avait précédé dans le sud du Dekkan, un empire de la mer. Située sur la frontière, sa capitale, forte d’un demi-million d’habitants au début du XVIe siècle, bénéficiait d’équipements considérables pour l’époque, qui ont fait l’admiration des voyageurs italiens ou portugais. L’armée rassemblée alors est sans doute la plus nombreuse du monde et, pour la première fois depuis plusieurs siècles, l’Inde oppose une résistance longtemps victorieuse à l’envahisseur musulman. À l’inverse, le Vijayanagar abandonne la mer aux Arabes, même si les Chinois font une apparition prolongée dans l’océan Indien pendant le premier quart du XVe siècle. Il faudra attendre les Portugais, leur technique nautique supérieure et la puissance de feu de leur artillerie, pour que l’océan soit repris aux musulmans pour le plus grand profit du royaume hindou, allié naturel des conquérants lusitaniens. Le principal mérite du Vijayanagar demeure surtout d’avoir offert un refuge à la civilisation hindoue traditionnelle, qui a pu survivre intacte dans l’Inde du Sud alors que, sauf exception, elle était constamment menacée – quand ses monuments et ses œuvres n’étaient pas purement et simplement anéantis – en Inde du Nord sous domination musulmane.

Voir également:

Was There an Islamic « Genocide » of Hindus?

Dr. Koenraad Elst

« The Partition Holocaust »: the term is frequently used in Hindu pamphlets concerning Islam and the birth of its modern political embodiment in the Subcontinent, the state of Pakistan. Is such language warranted, or is it a ridicule-inviting exaggeration?

To give an idea of the context of this question, we must note that the term « genocide » is used very loosely these days. One of the charges by a Spanish judge against Chilean ex-dictator Pinochet, so as to get him extradited from Great Britain in autumn 1998, was « genocide ». This was his way of making Pinochet internationally accountable for having killed a few Spanish citizens: alleging a crime serious enough to overrule normal constraints based on diplomatic immunity and national sovereignty. Yet, whatever Pinochet’s crimes, it is simply ridiculous to charge that he ever intended to exterminate the Spanish nation. In the current competition for victim status, all kinds of interest groups are blatantly overbidding in order to get their piece of the entitlement to attention and solidarity.

The Nazi Holocaust killed the majority of European Jewry (an estimated 5.1 million according to Raul Hilberg, 5.27 million according to the Munich-based Institut für Zeitgeschichte) and about 30% of the Jewish people worldwide. How many victim groups can say as much? The Partition pogroms killed hardly 0.3% of the Hindus, and though it annihilated the Hindu presence in all the provinces of Pakistan except for parts of Sindh and East Bengal, it did so mostly by putting the Hindus to flight (at least seven million) rather than by killing them (probably half a million). Likewise, the ethnic cleansing of a quarter million Hindus from Kashmir in 1990 followed the strategy of « killing one to expel a hundred », which is not the same thing as killing them all; in practice, about 1,500 were killed. Partition featured some local massacres of genocidal type, with the Sikhs as the most wanted victims, but in relative as well as absolute figures, this does not match the Holocaust.

Among genocides, the Holocaust was a very special case (e.g. the attempt to carry it out in secrecy is unique), and it serves no good purpose to blur that specificity by extending the term to all genocides in general. The term « Holocaust », though first used in a genocidal sense to describe the Armenian genocide of 1915, is now in effect synonymous with the specifically Jewish experience at the hands of the Nazis in 1941-45. But does even the more general term « genocide » apply to what Hinduism suffered at the hands of Islam?

Complete genocide

« Genocide » means the intentional attempt to destroy an ethnic community, or by extension any community constituted by bonds of kinship, of common religion or ideology, of common socio-economic position, or of common race. The pure form is the complete extermination of every man, woman and child of the group. Examples include the complete extermination of the native Tasmanians and many Amerindian nations from Patagonia to Canada by European settlers in the 16th-19th century. The most notorious attempt was the Nazi « final solution of the Jewish question » in 1941-45. In April-May 1994, Hutu militias in Rwanda went about slaughtering the Tutsi minority, killing ca. 800,000, in anticipation of the conquest of their country by a Uganda-based Tutsi army. Though improvised and executed with primitive weapons, the Rwandan genocide made more victims per day than the Holocaust.

Hindus suffered such attempted extermination in East Bengal in 1971, when the Pakistani Army killed 1 to 3 million people, with Hindus as their most wanted target. This fact is strictly ignored in most writing about Hindu-Muslim relations, in spite (or rather because) of its serious implication that even the lowest estimate of the Hindu death toll in 1971 makes Hindus by far the most numerous victims of Hindu-Muslim violence in the post-colonial period. It is significant that no serious count or religion-wise breakdown of the death toll has been attempted: the Indian, Pakistani and Bangladeshi ruling classes all agree that this would feed Hindu grievances against Muslims.

Nandan Vyas (« Hindu Genocide in East Pakistan », Young India, January 1995) has argued convincingly that the number of Hindu victims in the 1971 genocide was approximately 2.4 million, or about 80%. In comparing the population figures for 1961 and 1971, and taking the observed natural growth rhythm into account, Vyas finds that the Hindu population has remained stable at 9.5 million when it should have increased to nearly 13 million (13.23 million if the same growth rhythm were assumed for Hindus as for Muslims). Of the missing 3.5 million people (if not more), 1.1 million can be explained: it is the number of Hindu refugees settled in India prior to the genocide. The Hindu refugees at the time of the genocide, about 8 million, all went back after the ordeal, partly because the Indian government forced them to it, partly because the new state of Bangladesh was conceived as a secular state; the trickle of Hindu refugees into India only resumed in 1974, when the first steps towards islamization of the polity were taken. This leaves 2.4 million missing Hindus to be explained. Taking into account a number of Hindu children born to refugees in India rather than in Bangladesh, and a possible settlement of 1971 refugees in India, it is fair to estimate the disappeared Hindus at about 2 million.

While India-watchers wax indignant about communal riots in India killing up to 20,000 people since 1948, allegedly in a proportion of three Muslims to one Hindu, the best-kept secret of the post-Independence Hindu-Muslim conflict is that in the subcontinent as a whole, the overwhelming majority of the victims have been Hindus. Even apart from the 1971 genocide, « ordinary » pogroms in East Pakistan in 1950 alone killed more Hindus than the total number of riot victims in India since 1948.

Selective genocide

A second, less extreme type of genocide consists in killing a sufficient number who form the backbone of the group’s collective identity, and assimilating the leaderless masses into the dominant community. This has been the Chinese policy in Tibet, killing over a million Tibetans while assimilating the survivors into Chinese culture by flooding their country with Chinese settlers. It was also Stalin’s policy in eastern Poland and the Baltic states after they fell into his hands under the 1939 Hitler-Stalin Pact, exemplified by the massacre of thousands of Polish army officers in Katyn. Stalin’s policies combining murder of the elites, deportation of entire ethnic groups and ruthless oppression of the survivors was prefigured in antiquity by the Assyrians, whose deportation of the ten northern (now « lost ») tribes of Israel is attested in the Bible.

During the Islamic conquests in India, it was a typical policy to single out the Brahmins for slaughter, after the Hindu warrior class had been bled on the battlefield. Even the Portuguese in Malabar and Goa followed this policy in the 16th century, as can be deduced from Hindu-Portuguese treaty clauses prohibiting the Portuguese from killing Brahmins.

In antiquity, such partial genocide typically targeted the men for slaughter and the women and children for slavery or concubinage. Thus, in 416 BCE, the Athenians were angered at the Melians’ reluctance to join the war against Sparta, and to set an example for other client states, Athens had Melos repopulated with Athenian colonists after killing its men and enslaving its women. Another example would be the slaughter of the Jews of Medina by Mohammed in 626 CE: after expelling two Jewish tribes, the third one, the Banu Quraiza, were exterminated: all the ca. 700 men were beheaded, while the women and children were sold into slavery, with the Prophet keeping the most beautiful woman as his concubine (she refused to marry him).

Hindus too experienced this treatment at the hands of Islamic conquerors, e.g. when Mohammed bin Qasim conquered the lower Indus basin in 712 CE. Thus, in Multan, according to the Chach-Nama, « six thousand warriors were put to death, and all their relations and dependents were taken as slaves ». This is why Rajput women committed mass suicide to save their honour in the face of the imminent entry of victorious Muslim armies, e.g. 8,000 women immolated themselves during Akbar’s capture of Chittorgarh in 1568 (where this most enlightened ruler also killed 30,000 non-combatants). During the Partition pogroms and the East Bengali genocide, mass rape of Hindu women after the slaughter of their fathers and husbands was a frequent event.

At this point, however, we should not overlook a puzzling episode in Hindu legend which describes a similar behaviour by a Hindu conqueror: Parashurama, deified as the 6th incarnation of Vishnu, killed all the adult male Kshatriyas for several generations, until only women were left, and then had Brahmins father a new generation upon them. Just a story, or reference to a historic genocide?

Genocide in the Bible

For full-blooded genocide, however, the book to consult is the Bible, which describes cases of both partial and complete genocide. The first modest attempt was the killing by Jacob’s sons of all the males in the Canaanite tribe of Shekhem, the fianc� of their own sister Dina. The motive was pride of pedigree: having immigrated from the civilizational centre of Ur in Mesopotamia, Abraham’s tribe refused all intermarriage with the native people of Canaan (thus, Rebecca favoured Jacob over Esau because Jacob married his nieces while Esau married local women).

Full-scale genocide was ordered by God, and executed by his faithful, during the conquest of Canaan by Moses and Joshua. In the defeated cities outside the Promised Land, they had to kill all the men but keep the women as slaves or concubines. Inside the Promised Land, by contrast, the conquerors were ordered to kill every single man, woman and child. All the Canaanites and Amalekites were killed. Here, the stated reason was that God wanted to prevent the coexistence of His people with Pagans, which would result in religious syncretism and the restoration of polytheism.

As we only have a literary record of this genocide, liberal theologians uncomfortable with a genocidal God have argued that this Canaanite genocide was only fiction. To be sure, genocide fiction exists, e.g. the Biblical story that the Egyptians had all newborn male Israelites killed is inconsistent with all other data in the Biblical narrative itself (as well as unattested in the numerous and detailed Egyptian inscriptions), and apparently only served to underpin the story of Moses’ arrival in the Pharaoh’s court in a basket on the river, a story modelled on the then-popular life story of Sargon of Akkad. Yet, the narrative of the conquest of Canaan is full of military detail uncommon in fiction; unlike other parts of the Bible, it is almost without any miracles, factual through and through.

And even if we suppose that the story is fictional, what would it say about the editors that they attributed genocidal intentions and injunctions to their God? If He was non-genocidal and good in reality, why turn him into a genocidal and prima facie evil Being? On balance, it is slightly more comforting to accept that the Bible editors described a genocide because they wanted to be truthful and relate real events. After all, the great and outstanding thing about the Bible narrative is its realism, its refusal to idealize its heroes. We get to see Jacob deceiving Isaac and Esau, then Laban deceiving Jacob; David’s heroism and ingenuity in battle, but also his treachery in making Bathseba his own, and later his descent into senility; Salomon’s palace intrigues in the war of succession along with his pearls of wisdom. Against that background, it would be inconsistent to censor the Canaanite genocide as merely a fictional interpolation.

Indirect genocide

A third type of genocide consists in preventing procreation among a targeted population. Till recently, it was US policy to promote sterilization among Native American women, even applying it secretly during postnatal care or other operations. The Tibetans too have been subjected to this treatment. In the Muslim world, male slaves were often castrated, which partly explains why Iraq has no Black population even though it once had hundreds of thousands of Black slaves. The practice also existed in India on a smaller scale, though the much-maligned Moghul emperor Aurangzeb tried to put an end to it, mainly because eunuchs brought endless corruption in the court. The hijra community is a left-over of this Islamic institution (in ancient India, harems were tended by old men or naturally napunsak/impotent men, tested by having to spend the night with a prostitute without showing signs of virile excitement).

A fourth type of genocide is when mass killing takes place unintentionally, as collateral damage of foolish policies, e.g. Chairman Mao’s Great Leap Forward inducing the greatest man-made mass starvation killing 20 million or more, or the British war requisitions causing the Bengal famine of 1943 killing some 3 million; or as collateral damage of other forms of oppression. Unlike the deliberate genocide of Native Americans in parts of the USA or Argentina, the death of millions of Natives in Central America after the first Spanish conquests was at least partly the unintended side-effect of the hardships of forced labour and the contact with new diseases brought by the Europeans. In contrast with Nazi and Soviet work camps, where forced labour had the dual purpose of economic profit and a slow but sure death of the inmates, there is no evidence that the Spanish wanted their Native labourers to die. After all, their replacement with African slaves required a large extra investment.

The Atlantic slave trade itself caused mass death among the transported slaves, just as in the already long-standing Arab slave trade, but it is obvious that purely for the sake of profit, the slave-traders preferred as many slaves as possible to arrive at the slave markets alive. Likewise, the Christian c.q. Islamic contempt for Pagans made them rather careless with the lives of Native Americans, Africans or Hindus, so that millions of them were killed, and yet this was not deliberate genocide. Of course they wanted to annihilate Pagan religions like Hinduism, but in principle, the missionary religions wished to convert the unbelievers, and preferred not to kill them unless this was necessary for establishing the power of the True Faith.

That is why the mass killing of Hindus by Muslims rarely took place in peacetime, but typically in the fervour immediately following military victories, e.g. the fall of the metropolis of Vijayanagar in 1565 was « celebrated » with a general massacre and arson. Once Muslim power was established, Muslim rulers sought to exploit and humiliate rather than kill the Hindus, and discourage rebellion by making some sort of compromise. Not that peacetime was all that peaceful, for as Fernand Braudel wrote in A History of Civilizations (Penguin 1988/1963, p.232-236), Islamic rule in India as a « colonial experiment » was « extremely violent », and « the Muslims could not rule the country except by systematic terror. Cruelty was the norm — burnings, summary executions, crucifixions or impalements, inventive tortures. Hindu temples were destroyed to make way for mosques. On occasion there were forced conversions. If ever there were an uprising, it was instantly and savagely repressed: houses were burned, the countryside was laid waste, men were slaughtered and women were taken as slaves. »

Though all these small acts of terror added up to a death toll of genocidal proportions, no organized genocide of the Holocaust type took place. One constraint on Muslim zeal for Holy War was the endemic inter-Muslim warfare and intrigue (no history of a royal house was bloodier than that of the Delhi Sultanate 1206-1525), another the prevalence of the Hanifite school of Islamic law in India. This is the only one among the four law schools in Sunni Islam which allows Pagans to subsist as zimmis, dis-empowered third-class citizens paying a special tax for the favour of being tolerated; the other three schools of jurisprudence ruled that Pagans, as opposed to Christians and Jews, had to be given a choice between Islam and death.

Staggering numbers also died as collateral damage of the deliberate impoverishment by Sultans like Alauddin Khilji and Jahangir. As Braudel put it: « The levies it had to pay were so crushing that one catastrophic harvest was enough to unleash famines and epidemics capable of killing a million people at a time. Appalling poverty was the constant counterpart of the conquerors’ opulence. »

Genocide by any other name

In some cases, terminological purists object to mass murder being described as « genocide », viz. when it targets groups defined by other criteria than ethnicity. Stalin’s « genocide » through organized famine in Ukraine killed some 7 million people (lowest estimate is 4 million) in 1931-33, the largest-ever deliberate mass murder in peacetime, but its victims were targeted because of their economic and political positions, not because of their nationhood. Though it makes no difference to the victims, this was not strictly genocide or « nation murder », but « class murder ». Likewise, the killing of perhaps two million Cambodians by the Khmer Rouge was not an attempt to destroy the Cambodian nation; it was rather an attempt to « purify » the nation of its bourgeois class.

The killing of large groups of ideological dissenters is a constant in the history of the monotheistic faiths, of which Marxism has been termed a modern offshoot, starting with the killing of some polytheistic priests by Pharaoh Akhenaton and, shortly after, the treacherous killing of 3,000 worshippers of the Golden Calf by Moses (they had been encouraged to come out in the open by Moses’ brother Aaron, not unlike Chairman Mao’s « hundred flowers » campaign which encouraged dissenters to speak freely, all the better to eliminate them later). Mass killing accompanied the christianization of Saxony by Charlemagne (ca. 800 CE) and of East Prussia by the Teutonic Knights (13th century). In 1209-29, French Catholics massacred the heretical Cathars. Wars between Muslims and Christians, and between Catholics and Protestants, killed millions both in deliberate massacres and as collateral damage, e.g. seven million Germans in 1618-48. Though the Turkish government which ordered the killing of a million Armenians in 1915 was motivated by a mixture of purely military, secular-nationalistic and Islamic considerations, the fervour with which the local Turks and Kurds participated in the slaughter was clearly due to their Islamic conditioning of hatred against non-Muslims.

This ideological killing could be distinguished from genocide in the strict sense, because ethnicity was not the reason for the slaughter. While this caution may complicate matters for the Ukrainians or Cambodians, it does not apply to the case of Hinduism: like the Jews, the Hindus have historically been both a religion and a nation (or at least, casteists might argue, a conglomerate of nations). Attempts to kill all Hindus of a given region may legitimately be termed genocide.

For its sheer magnitude in scope and death toll, coupled with its occasional (though not continuous) intention to exterminate entire Hindu communities, the Islamic campaign against Hinduism, which was never fully called off since the first naval invasion in 636 CE, can without exaggeration be termed genocide. To quote Will Durant’s famous line: « The Islamic conquest of India is probably the bloodiest story in history. It is a discouraging tale, for its evident moral is that civilization is a precious good, whose delicate complex of order and freedom, culture and peace, can at any moment be overthrown by barbarians invading from without or multiplying within. » (Story of Civilization, vol.1, Our Oriental Heritage, New York 1972, p.459)

Hinduism’s losses

There is no official estimate of the total death toll of Hindus at the hands of Islam. A first glance at important testimonies by Muslim chroniclers suggests that, over 13 centuries and a territory as vast as the Subcontinent, Muslim Holy Warriors easily killed more Hindus than the 6 million of the Holocaust. Ferishtha lists several occasions when the Bahmani sultans in central India (1347-1528) killed a hundred thousand Hindus, which they set as a minimum goal whenever they felt like « punishing » the Hindus; and they were only a third-rank provincial dynasty. The biggest slaughters took place during the raids of Mahmud Ghaznavi (ca. 1000 CE); during the actual conquest of North India by Mohammed Ghori and his lieutenants (1192 ff.); and under the Delhi Sultanate (1206-1526). The Moghuls (1526-1857), even Babar and Aurangzeb, were fairly restrained tyrants by comparison. Prof. K.S. Lal once estimated that the Indian population declined by 50 million under the Sultanate, but that would be hard to substantiate; research into the magnitude of the damage Islam did to India is yet to start in right earnest.

Note that attempts are made to deny this history. In Indian schoolbooks and the media, an idyllic picture of Hindu-Muslim harmony in the pre-British period is propagated in outright contradiction with the testimony of the primary sources. Like Holocaust denial, this propaganda can be called negationism. The really daring negationists don’t just deny the crimes against Hindus, they invert the picture and blame the Hindus themselves. Thus, it is routinely alleged that Hindus persecuted and destroyed Buddhism; in reality, Buddhist monasteries and universities flourished under Hindu rule, but their thousands of monks were killed by Ghori and his lieutenants.

Apart from actual killing, millions of Hindus disappeared by way of enslavement. After every conquest by a Muslim invader, slave markets in Bagdad and Samarkand were flooded with Hindus. Slaves were likely to die of hardship, e.g. the mountain range Hindu Koh, « Indian mountain », was renamed Hindu Kush, « Hindu-killer », when one cold night in the reign of Timur Lenk (1398-99), a hundred thousand Hindu slaves died there while on transport to Central Asia. Though Timur conquered Delhi from another Muslim ruler, he recorded in his journal that he made sure his pillaging soldiers spared the Muslim quarter, while in the Hindu areas, they took « twenty slaves each ». Hindu slaves were converted to Islam, and when their descendants gained their freedom, they swelled the numbers of the Muslim community. It is a cruel twist of history that the Muslims who forced Partition on India were partly the progeny of Hindus enslaved by Islam.

Karma

The Hindu notion of Karma has come under fire from Christian and secularist polemicists as part of the current backlash against New Age thinking. Allegedly, the doctrine of Karma implies that the victims of the Holocaust and other massacres had deserved their fate. A naive understanding of Karma, divorced from its Hindu context, could indeed lead to such ideas. Worse, it could be said that the Jews as a nation had incurred genocidal karma by the genocide which their ancestors committed on the Canaanites. Likewise, it could be argued that the Native Americans had it coming: recent research (by Walter Neves from Brazil as well as by US scientists) has shown that in ca. 8000 BC, the Mongoloid Native American populations replaced an earlier American population closely resembling the Australian Aborigines — the first American genocide?

More generally, if Karma explains suffering and « apparent » injustice as a profound form of justice, a way of reaping the karmic rewards of one’s own actions, are we not perversely justifying every injustice? These questions should not be taken lightly. However, the Hindu understanding of reincarnation militates against the doctrine of genocidal « group karma » outlined above. An individual can incarnate in any community, even in other species, and need not be reborn among his own progeny. If Canaanites killed by the Israelites have indeed reincarnated, some may have been Nazi camp guards and others Jewish Holocaust victims. There is no reason to assume that the members of today’s victim group are the reincarnated souls of the bullies of yesteryear, returning to suffer their due punishment. That is the difference between karma and genetics: karma is taken along by the individual soul, not passed on in the family line.

More fundamentally, we should outgrow this childish (and in this case, downright embarrassing) view of karma as a matter of reward and punishment. Does the killer of a million people return a million times as a murder victim to suffer the full measure of his deserved punishment? Rather, karma is a law of conservation: you are reborn with the basic pattern of desires and conditionings which characterized you when you died last time around. The concrete experiences and actions which shaped that pattern, however, are history: they only survive insofar as they have shaped your psychic karma pattern, not as a precise account of merits and demerits to be paid off by corresponding amounts of suffering and pleasure.

One lesson to be learned from genocide history pertains to Karma, the law of cause and effect, in a more down-to-earth sense: suffering genocide is the karmic reward of weakness. That is one conclusion which the Jews have drawn from their genocide experience: they created a modern and militarily strong state. Even more importantly, they helped foster an awareness of the history of their persecution among their former persecutors, the Christians, which makes it unlikely that Christians will target them again. In this respect, the Hindus have so far failed completely. With numerous Holocaust memorials already functioning, one more memorial is being built in Berlin by the heirs of the perpetrators of the Holocaust; but there is not even one memorial to the Hindu genocide, because even the victim community doesn’t bother, let alone the perpetrators.

This different treatment of the past has implications for the future. Thus, Israel’s nuclear programme is accepted as a matter of course, justified by the country’s genuine security concerns; but when India, which has equally legitimate security concerns, conducted nuclear tests, it provoked American sanctions. If the world ignores Hindu security concerns, one of the reasons is that Hindus have never bothered to tell the world how many Hindus have been killed already.

Healing

What should Hindus say to Muslims when they consider the record of Islam in Hindu lands? It is first of all very important not to allot guilt wrongly. Notions of collective or hereditary guilt should be avoided. Today’s Muslims cannot help it that other Muslims did certain things in 712 or 1565 or 1971. One thing they can do, however, is to critically reread their scripture to discern the doctrinal factors of Muslim violence against Hindus and Hinduism. Of course, even without scriptural injunction, people get violent and wage wars; if Mahmud Ghaznavi hadn’t come, some of the people he killed would have died in other, non-religious conflicts. But the basic Quranic doctrine of hatred against the unbelievers has also encouraged many good-natured and pious people to take up the sword against Hindus and other Pagans, not because they couldn’t control their aggressive instincts, but because they had been told that killing unbelievers was a meritorious act. Good people have perpetrated evil because religious authorities had depicted it as good.

This is material for a no-nonsense dialogue between Hindus and Muslims. But before Hindus address Muslims about this, it is imperative that they inform themselves about this painful history. Apart from unreflected grievances, Hindus have so far not developed a serious critique of Islam’s doctrine and historical record. Often practising very sentimental, un-philosophical varieties of their own religion, most Hindus have very sketchy and distorted images of rival religions. Thus, they say that Mohammed was an Avatar of Vishnu, and then think that they have cleverly solved the Hindu-Muslim conflict by flattering the Prophet (in fact, it is an insult to basic Muslim beliefs, which reject divine incarnation, apart from indirectly associating the Prophet with Vishnu’s incarnation as a pig). Instead of the silly sop stories which pass as conducive to secularism, Hindus should acquaint themselves with real history and real religious doctrines.

Another thing which we should not forget is that Islam is ultimately rooted in human nature. We need not believe the Muslim claim that the Quran is of divine origin; but then it is not of diabolical origin either, it is a human document. The Quran is in all respects the product of a 7th-century Arab businessman vaguely acquainted with Judeo-Christian notions of monotheism and prophetism, and the good and evil elements in it are very human. Even its negative elements appealed to human instincts, e.g. when Mohammed promised a share in the booty of the caravans he robbed, numerous Arab Pagans took the bait and joined him. The undesirable elements in Islamic doctrine stem from human nature, and can in essence be found elsewhere as well. Keeping that in mind, it should be possible to make a fair evaluation of Islam’s career in India on the basis of factual history.

Voir encore:

Negationism and the Muslim Conquests

François Gautier

It is important to stop a moment and have a look at what the Belgian scholar Koenraad Elst, has called « negationism in India ». In his foreword to the book of the same title, Koenraad explains that negationism, which means in this context « the denial of historical crimes against humanity », is not a new phenomenon. In modern history, the massacre by the Turks of 1,5 millions Armenians, or that of the 6 million Jews by the Nazis, the several millions of Russians by Stalin, or again the 1 million Tibetans by the Chinese communists, are historical facts which have all been denied by their perpetrators… But deny is not the exact word. They have been NEGATED in a thousand ways: gross, clever, outrageous, subtle, so that in the end, the minds of people are so confused and muddled, that nobody knows anymore where the truth is. Sometimes, it is the numbers that are negated or passed under silence: the Spanish conquest of South America has been one of the bloodiest and most ruthless episodes in history. Elst estimates that out of the population of native Continental South America of 1492, which stood at 90 million, only 32 million survived; terrible figures indeed but who talks about them today ? « But what of the conquest of India by Muslims », asks Elst? In other parts of Asia and Europe, the conquered nations quickly opted for conversion to Islam rather than death. But in India, because of the staunch resistance of the 4000 year old Hindu faith, the Muslim conquests were for the Hindus a pure struggle between life and death. Entire cities were burnt down and their populations massacred. Each successive campaign brought hundreds of thousands of victims and similar numbers were deported as slaves. Every new invader made often literally his hill of Hindu skulls. Thus the conquest of Afghanistan in the year 1000, was followed by the annihilation of the entire Hindu population there; indeed, the region is still called Hindu Kush, ‘Hindu slaughter’. The Bahmani sultans in central India, made it a rule to kill 100.000 Hindus a year. In 1399, Teimur killed 100.000 Hindus IN A SINGLE DAY, and many more on other occasions. Koenraad Elst quotes Professor K.S. Lal’s « Growth of Muslim population in India », who writes that according to his calculations, the Hindu population decreased by 8O MILLION between the year 1000 and 1525. INDEED PROBABLY THE BIGGEST HOLOCAUST IN THE WHOLE WORLD HISTORY. (Negat.34)

But the « pagans » were far too numerous to kill them all; and Hinduism too well entrenched in her people’s soul, never really gave up, but quietly retreated in the hearts of the pious and was preserved by the Brahmins’ amazing oral powers. Thus, realising that they would never be able to annihilate the entire Indian population and that they could not convert all the people, the Muslims rulers, particularly under the Hanifite law, allowed the pagans to become « zimmis » (protected ones) under 20 humiliating conditions, with the heavy « jizya », the toleration tax, collected from them. « It is because of Hanifite law, writes Mr Elst, that many Muslim rulers in India considered themselves exempted from the duty to continue the genocide of Hindus ». The last « jihad » against the Hindus was waged by the much glorified Tipu Sultan, at the end of the 18th century. Thereafter, particularly following the crushing of the 1857 rebellion by the British, Indian Muslims fell into a state of depression and increasing backwardness, due to their mollah’s refusal of British education (whereas the elite Hindus gradually went for it) and their nostalgia for the « glorious past »‘. It is only much later, when the British started drawing them into the political mainstream, so as to divide India, that they started regaining some predominance.

Negationism means that this whole aspect of Indian history has been totally erased, not only from history books, but also from the memory, from the consciousness of Indian people. Whereas the Jews have constantly tried, since the Nazi genocide, to keep alive the remembrance of their six million martyrs, the Indian leadership, political and intellectual, has made a wilful and conscious attempt to deny the genocide perpetrated by the Muslims. No one is crying for vengeance. Do the Jews of today want to retaliate upon contemporary Germany? NO. It is only a matter of making sure that history does not repeat its mistakes, as alas it is able to do today: witness the persecution of Hindus in Kashmir, whose 250.000 Pandits have fled their 5000 year old homeland; or the 50.000 Hindus chased from Afghanistan; or the oppression of Hindus in Bangladesh and Pakistan. And most of all, to remember, is to BE ABLE TO LOOK AT TODAY WITH THE WISDOM OF YESTERDAY. No collective memory should be erased for appeasing a particular community.

Yet, what has happened in India, at the hand of Hindus themselves, is a constant denial and even a perversion of the genocide committed by Muslims in India. Hasn’t the « radical humanist » M.N. Roy, written « that Islam has fulfilled a historic mission of equality and abolition of discrimination in India, and that for this, Islam has been welcomed in India by the lower castes ». « If AT ALL any violence occurred, he goes on to say, it was a matter of justified class struggle by the progressive forces against the reactionary forces, meaning the feudal Hindu upper classes.. » Want to listen to another such quote? This one deals with Mahmud Ghaznavi, the destroyer of thousands of Hindu temples, who according to his chronicler Utbi, sang the praise of the Mathura temple complex, sacred above all to all Hindus… and promptly proceeded to raze it to the ground: « Building interested Mahmud and he was much impressed by the city of Mathura, where there are today a thousand edifices as firm as the faith of the faithful. Mahmud was not a religious man. He was a Mahomedan, but that was just by the way. He was in the first place a soldier and a brilliant soldier »… Amazing eulogy indeed of the man who was proud of desecrating hundreds of temples and made it a duty to terrorise and humiliate pagans. And guess from whom is that quote? From Jawaharlal Nehru himself, the first Prime Minister of India and one of the architects of independence!

M.N. Roy, and Nehru in a lesser degree, represent the foremost current of negationism in India, which is Marxist inspired. For strangely, it was the Russian communists who decided to cultivate the Arabs after the First World War, in the hope that they constituted a fertile ground for future indoctrination. One should also never forget that Communism has affected whole generations of ardent youth, who saw in Marxism a new ideology in a world corrupted by capitalism and class exploitation. Nothing wrong in that; but as far as indoctrination goes, the youth of the West, particularly of the early sixties and seventies, were all groomed in sympathising with the good Arabs and the bad Jews. And similarly in India, two or three young generations since the early twenties, were tutored on negating Muslim genocide on the Hindus. In « Communalism and the writing of Indian history », Romila Thapar, Harbans Mukhia and Bipan Chandra, professors at the JNU in New Delhi, the Mecca of secularism and negationism in India, denied the Muslim genocide by replacing it instead with a conflict of classes. The redoubtable Romila Thapar in her « Penguin History of India », co-authored with Percival Spear, writes: « Aurangzeb’s supposed intolerance, is little more than a hostile legend based on isolated acts such as the erection of a mosque on a temple site in Benares ». How can one be so dishonest, or so blind? But it shows how negationism is perpetuated in India.

What are the facts? Aurangzeb (1658-1707) did not just build an isolated mosque on a destroyed temple, he ordered ALL temples destroyed, among them the Kashi Vishvanath, one of the most sacred places of Hinduism and had mosques built on a number of cleared temples sites. All other Hindu sacred places within his reach equally suffered destruction, with mosques built on them. A few examples: Krishna’s birth temple in Mathura, the rebuilt Somnath temple on the coast of Gujurat, the Vishnu temple replaced with the Alamgir mosque now overlooking Benares and the Treta-ka-Thakur temple in Ayodhya. (Neg 60). The number of temples destroyed by Aurangzeb is counted in 4, if not 5 figures; according to his own official court chronicles: « Aurangzeb ordered all provincial governors to destroy all schools and temples of the Pagans and to make a complete end to all pagan teachings and practices ». The chronicle sums up the destructions like this: « Hasan Ali Khan came and said that 172 temples in the area had been destroyed… His majesty went to Chittor and 63 temples were destroyed..Abu Tarab, appointed to destroy the idol-temples of Amber, reported that 66 temples had been razed to the ground ».. Aurangzeb did not stop at destroying temples, their users were also wiped-out; even his own brother, Dara Shikoh, was executed for taking an interest in Hindu religion and the Sikh Guru Tegh Bahadur was beheaded because he objected to Aurangzeb’s forced conversions. As we can see Romila Thapar and Percival Spear’s statement of a benevolent Aurangzeb is a flagrant attempt at negationism. Even the respectable Encyclopedia Brittannica in its entry on India, does not mention in its chapter on the Sultanate period any persecutions of Hindus by Muslims, except « that Firuz Shah Tughlaq made largely unsuccessful attempts at converting his Hindu subjects and sometime persecuted them ». The British, for their own selfish purpose, were of course greatly responsible for whitewashing the Muslims, whom they needed to counterbalance the influence of the Hindus and the Congress. It is sad that Jawarlhal Nehru and the Congress perpetuated that brand of negationism. But that is another story.

The happiest in this matter must be the Muslims themselves. What fools these Hindus are, they must be telling themselves: We killed them by the millions, we wrested a whole nation out of them, we engineer riots against them, and they still defend us!… But don’t the Hindus know that many orthodox Indian Muslims still cling to the Deoband school, which says that India was once « Dar-ul-Islam », the house of Islam, and should return to that status. Maulana Abul Kala Azad, several times Congress President, and Education Minister in free India, was a spokesman for this school. The Aligarh school on the contrary, led by Mohammed Iqbal, propounded the creation of Pakistan. What particularly interests us in the Aligarh school is the attempt by Muslim historians, such as Mohamed Habiib, to rewrite the Chapter of Muslim invasions in India. In 1920, Habib started writing his magnum opus, which he based on four theories: 1) that the records (written by the Muslims themselves) of slaughters of Hindus, the enslaving of their women and children and razing of temples were « mere exaggerations by court poets and zealous chroniclers to please their rulers ». 2) That they were indeed atrocities, but mainly committed by Turks, the savage riders from the Steppe. 3) That the destruction of the temples took place because Hindus stored their gold and jewels inside them and therefore Muslim armies plundered these. 4) That the conversion of millions of Hindus to Islam was not forced, « but what happened was there was a shift of opinion in the population, who on its own free will chose the Shariat against the Hindu law (smriti), as they were all oppressed by the bad Brahmins »…!!! (Negationism p.42)

Unfortunately for Habib and his school, the Muslims invaders did record with glee their genocide on Hindus, because they felt all along that they were doing their duty; that killing, plundering, enslaving and razing temples was the work of God, Mohammed. Indeed, whether it was Mahmud of Ghazni (997-1030), who was no barbarian, although a Turk, and patronised art and literature, would recite a verse of the Koran every night after having razed temples and killed his quota of unbelievers; or Firuz Shah Tughlak (1351-1388) who personally confirms that the destruction of Pagan temples was done out of piety and writes: « on the day of a Hindu festival, I went there myself, ordered the executions of all the leaders AND PRACTITIONERS of his abomination; I destroyed their idols temples and built mosques in their places ». Finally, as Elst points out, « Muslim fanatics were merely faithful executors of Quranic injunctions. It is not the Muslims who are guilty but Islam ». (Negationism in India, p. 44)

But ultimately, it is a miracle that Hinduism survived the onslaught of Muslim savagery; it shows how deep was her faith, how profound her karma, how deeply ingrained her soul in the hearts of her faithfuls. We do not want to point a finger at Muslim atrocities, yet they should not be denied and their mistakes should not be repeated today. But the real question is: Can Islam ever accept Hinduism? We shall turn towards the Sage, the yogi, who fought for India’s independence, accepting the Gita’s message of karma of violence when necessary, yet had a broad vision that softened his words: « You can live with a religion whose principle is toleration. But how is it possible to live peacefully with a religion whose principle is « I will not tolerate you? How are you going to have unity with these people?…The Hindu is ready to tolerate; he is open to new ideas and his culture and has got a wonderful capacity for assimilation, but always provided India’s central truth is recognised.. (Sri Aurobindo India’s Rebirth 161,173) Or behold this, written on September 1909: « Every action for instance which may be objectionable to a number of Mahomedans, is now liable to be forbidden because it is likely to lead to a breach of peace. And one is dimly beginning to wonder whether worship in Hindu temples may be forbidden on that valid ground (India’s Rebirth p. 55). How prophetic! Sri Aurobindo could not have foreseen that so many Muslim countries would ban Rushdie’s book and that Hindu processions would often be forbidden in cities, for fear of offending the Muslims. Sri Aurobindo felt that sooner or later Hindus would have to assert again the greatness of Hinduism.

And here we must say a word about monotheism, for it is the key to the understanding of Islam. Christians and Muslims have always harped on the fact that their religions sprang-up as a reaction against the pagan polytheist creeds, which adored many Gods.  » There is only one real God they said (ours), all the rest are just worthless idols « . This  » monotheism versus polytheism business  » has fuelled since then the deep, fanatic, violent and murderous zeal of Islam against polytheist religions, particularly against Hinduism, which is the most comprehensive, most widely practiced of all them. It even cemented an alliance of sorts between the two great monotheist religions of the world, Christianity and Islam, witness the Britishers’ attitude in India, who favoured Indian Muslims and Sikhs against the Hindus; or the King of Morocco who, even though he is one of the most moderate Muslim leaders in the world, recently said in an interview:  » we have no fight with Christianity, our battle is against the Infidel who adores many gods « . But the truth is that Hinduism is without any doubt the most monotheist religion in the World, for it recognises divine unity in multiplicity. It does not say:  » there is only one God, which is Mohammed. If you do not believe in Him I will kill you « . It says instead:  » Yes Mohammed is a manifestation of God, but so is Christ, or Buddha, or Krishna, or Confucius « . This philosophy, this way of seeing, which the Christians and Muslims call  » impious « , is actually the foundation for a true monotheist understanding of the world. It is because of this  » If you do not recognize Allah (or Christ), I will kill you « , that tens of millions of Hindus were slaughtered by Arabs and other millions of South Americans annihilated by the Christians. And ultimately the question is: Are the Muslims of today ready to accept Hinduism ? Unfortunately no. For Muslims all over the world, Hinduism is still the Infidel religion  » par excellence « . This what their religion tell them, at every moment, at every verse, at the beginning of each prayer :  » Only Allah is great « . And their mollahs still enjoin them to go on fight  » jihad  » to deliver the world of the infidels. And if the armies of Babar are not there any longer; and if it is not done any more to kill a 100.000 Hindus in a day, there is still the possibility of planting a few bombs in Bombay, of fuelling separatisms in the hated land and eventually to drop a nuclear device, which will settle the problem once and for all. As to the Indian Muslim, he might relate to his Hindu brother, for whatever he says, he remains an Indian, nay a Indu; but his religion will make sure that he does not forget that his duty is to hate the Infidel. This is the crux of the problem today and the riddle if Islam has to solved, if it wants to survive in the long run.

We will never be able to assess the immense physical harm done to India by the Muslim invasions. Even more difficult is to estimate the moral and the spiritual damage done to Hindu India. But once again, the question is not of vengeance, or of reawakening old ghosts, but of not repeating the same mistakes. Unfortunately, the harm done by the Muslims conquest is not over. The seeds planted by the Moghols, by Babar, Mahmud, or Aurangzeb, have matured: the 125 million Indian Muslims of today have forgotten that they were once peaceful, loving Hindus, forcibly converted to a religion they hated. And they sometimes take-up as theirs a cry of fanaticism which is totally alien to their culture. Indeed, as Sri Aurobindo once said: « More than 90% of the Indian Muslims are descendants of converted Hindus and belong as much to the Indian nation as the Hindu themselves »…(Rebirth of India, p.237) The embryo of secession planted by the Mahomedans, has also matured into a poisonous tree which has been called Pakistan and comes back to haunt India through three wars and the shadow of a nuclear conflict embracing South Asia. And in India, Kashmir and Ayodhya are reminders that the Moghol cry for the house of Islam in India is not yet over.

Voir encore:

Where’s India’s holocaust museum?

Francois Gautier

Rediff India abroad

October 21, 2003

The massacre of 6 million Jews by Hitler and the persecution Jews suffered all over the world in the last 15 centuries has been meticulously recorded by the Jews after 1945 and has been enshrined not only in history books, but also in Holocaust museums, the most famous one being in Washington, DC.

It has not been done with a spirit of revenge — look at Israel and Germany today — they are on the best of terms; yet, facts are facts and contemporary Germany had to come to terms with its terrible actions during World War II.

Hindus, Sikhs and Buddhists have also suffered a terrible holocaust, probably without parallel in human history. Take the Hindu Kush for instance, probably one of the biggest genocides of Hindus. There is practically no serious research ever done about it and no mention in history books. Yet the name Hindu Kush appears many times in the writings of Muslim chroniclers in 1333 AD

Ibn Battutah, the medieval Berber traveller, said the name meant ‘Hindu Killer,’ a meaning still given by Afghan mountain dwellers. Unlike the Jewish holocaust, the exact toll of the Hindu genocide suggested by the name Hindu Kush is not available. ‘However,’ writes Hindu Kush specialist Srinandan Vyas, ‘the number is easily likely to be in millions.’

A few known historical figures can be used to justify this estimate. The Encyclopaedia Britannica recalls that in December 1398 AD, Taimurlane ordered the execution of at least 50,000 captives before the battle for Delhi; likewise, the number of captives butchered by Taimurlane’s army was about 100,000.

The Britannica again mentions that Mughal emperor Akbar ordered the massacre of about 30,000 captured Rajput Hindus on February 24, 1568 AD, after the battle for Chitod, a number confirmed by Abul Fazl, Akbar’s court historian. Afghan historian Khondamir notes that during one of the many repeated invasions on the city of Herat in western Afghanistan, which used to be part of the Hindu Shahiya kingdoms ‘1,500,000 residents perished.’ ‘Thus,’ writes Vyas, ‘it is evident that the mountain range was named as Hindu Kush as a reminder to the future Hindu generations of the slaughter and slavery of Hindus during the Moslem conquests.’

Or take the recent plight of the Kashmiri Pandits. Over 400,000 Kashmiri Pandits have been forced to flee their homeland. Many Pandit men, women and children have been brutally murdered. About 70,000 still languish in makeshift refugee camps in Jammu and Delhi. Scores of temples in Kashmir have been desecrated, destroyed, looted, more than 900 educational institutions have been attacked by terrorists. Properties of Pandits have been vandalised, businesses destroyed or taken over, even hospitals have not been spared.

Did you know that this huge human tragedy is taking place in Free India?

Burning books, looting culture is a very important part of the plan as we have seen during early Muslim invasions, where Buddhist centres of learning were ruthlessly burnt and razed to the ground.

Kashmir was also the crucible of knowledge, spirituality, a hallowed centre of learning and the cradle of Shivaism. It was known as Sharda Peeth, the abode of learning. Kashmiri Pandits excelled in philosophy, aesthetics, poetics, sculpture, architecture, mathematics, astronomy and astrology. Sanskrit was studied, propagated and spoken by women and men. Scholars like Kalhan, Jonraj, Srivar, Abhinavgupta, Somanand, Utpaldev, Somdev and Kshemendra created an intellectual centre of unrivalled repute.

Fundamentalism and terrorism have been ruthless in their assault on Sharda Peeth, zealous in ravaging its heritage, and consistent only in bloodthirsty intolerance. The destruction of Hindu places of worship, forced conversions of Pandits and death and ignominy to those who resisted, were accompanied by a savage assault on literary activity. This process has been going on since centuries.

As a correspondent covering India for more than 20 years, I have witnessed the terrible damage terrorism in Kashmir has inflicted upon people’s lives, their families, their culture, the very fabric of society, not only of the Kashmiri Pandits, but also Muslims in the valley, who after all, are victims too of Pakistan’s bloody designs. Hence, with two journalist friends, we started a Foundation: FACT — Foundation Against Continuing Terrorism.

The first task of FACT has been to mount an exhibition on terrorism, focussing on the plight of the Kashmiri Pandits, so that the people of India, who do not suffer directly from terrorism understand, what it does to others. This exhibition, which opened at the Habitat Centre, New Delhi, on July 18, was a great success. More than 25,000 people visited the exhibition till its closing day, on July 23. Among them were Deputy Prime Minister L K Advani, Chairman of the National Human Rights Commission Justice A S Anand, Rajya Sabha MP Dr Karan Singh, Union Minister Murli Manohar Joshi… It was covered by most English and Hindi national newspapers and reported on the television channels.

Our aim is manifold: we would like to take the present exhibition all around India and all over the world, particularly the United States, where most symposiums on Kashmir, including some organized by the US State Department, are peopled mostly by Pakistanis, Muslims and US-based Indians who are anti-Hindu.

We would also like to start another exhibition on forced Christian conversions in the Northeast. Ultimately, we would like to build a Hindu/ Sikh/Buddhist Indian Holocaust Museum based in New Delhi, or in Bangalore. It will record not only the genocide of Hindus Sikhs and Buddhists at the hands of Muslim invaders, but also the terrible persecution of the Portuguese (hardly mentioned in Indian history books) and British — nobody knows for instance that 20 million Indians died of famine between 1815 and 1920, because the English broke the agricultural backbone of India to get raw materials like cotton, jute etc.

We need your support for this Indian Holocaust Museum.

Voir de plus:

L’INDE, UNE AUTRE VICTIME DE L’ISLAM

Serge Trifkovic

Adapté de : « Le Sabre du Prophète : Un guide de l’Islam politiquement incorrect »,

Serge Trifkovic*.

Traduction de l’article « Islam’s Other Victims : India »

paru dans « Front Page Magazine.com » du 18 novembre 2002

[...] Avant les invasions musulmanes, l’Inde jouissait d’une des civilisations les plus élaborées dans le monde. L’Hindustan du 10ème siècle égalait ses contemporains de l’Est et de l’Ouest dans les domaines de la philosophie, des mathématiques et des sciences naturelles. Les mathématiciens indiens avaient découvert le zéro, sans oublier l’algèbre et d’autres théories, qui furent transmises plus tard au monde musulman auquel on en attribua faussement le mérite. L’Inde médiévale, avant l’invasion musulmane, était une culture richement imaginative, une des cinq ou six civilisations les plus avancées de tous les temps. Ses sculptures étaient vigoureuses et sensuelles, son architecture richement ornée et envoûtante. Et tout ceci était une réalisation purement autochtone et non, comme c’est le cas de nombre des plus fameux hauts-lieux de la culture musulmane, des reliquats de civilisations pré-islamistes dont les musulmans s’étaient rendus maîtres.

Les envahisseurs musulmans commencèrent leurs incursions au début du 8ème siècle, sous le règne de Hajjaj, le gouverneur de l’actuel Irak. [...] En 712, sous le commandement de Mohammed Kasim, les auteurs des raids démolirent les temples, brisèrent les sculptures, pillèrent les palais, tuèrent un nombre incalculable d’hommes – le massacre des habitants de Debal se prolongea pendant trois jours – et emmenèrent les femmes et les enfants en esclavage, certains réservés aux pratiques sexuelles. Après la vague de violence initiale, Kasim tenta toutefois de rétablir la loi et l’ordre sur ces terres nouvellement conquises, et à cette fin, il autorisa même un certain degré de tolérance religieuse. Mais quand Hajjaj, son maître, entendit parler de ces usages pleins d’humanité, il objecta : « Il apparaît dans votre lettre que l’ensemble des règles que vous avez promulguées pour le confort et le bien-être de vos hommes est en parfait accord avec la loi religieuse. Mais la manière d’accorder le pardon prescrite par la loi est différente de celle que vous avez adoptée, puisque vous accordez votre pardon à chacun, riche ou pauvre, sans faire aucune distinction entre ami et ennemi. Le Grand Dieu dit dans le Coran [47.4] : “O Vrais Croyants, quand vous rencontrez des incroyants, coupez-leur la tête.” Ce commandement du Grand Dieu est un commandement supérieur et doit être respecté et suivi. Vous ne devez pas être trop indulgent et montrer de la pitié, ceci pourrait anéantir la portée de l’acte. Désormais, n’accordez de pardon à aucun ennemi et n’en épargnez aucun, car si vous le faites, tous vous considéreront comme un homme à l’âme faible. »

Dans une communication ultérieure, Hajjaj répéta que tout homme valide devait être tué, et que les fils et filles en bas âge devaient être emprisonnés et retenus en otages. Kasim obéit, et en arrivant à la ville de Brahminabad, il massacra entre 6 000 et 16 000 hommes.

La portée de ces événements ne se limite pas seulement à l’horreur qu’inspire le nombre de personnes massacrées, mais étend sa signification au fait que les auteurs de ces massacres n’étaient pas les soudards d’une armée désobéissant aux enseignements éthiques de leur religion, comme l’étaient les croisés européens en Terre Sainte, mais bien qu’ils faisaient exactement ce que leur religion enseignait. (On peut noter que le Christianisme a évolué et ne prêche plus les croisades, ce qui n’est pas le cas de l’Islam. Il est abondamment prouvé que la jihad a été prêché depuis les centres officiels de l’Islam et non pas seulement par des groupes marginaux d’extrémistes fanatiques.)

Les exploits de Kasim le précurseur se poursuivirent au début du 11ème siècle, quand Mahmoud de Ghazni « traversa l’Inde comme une tornade, détruisant, pillant et massacrant », appliquant avec zèle l’injonction coranique qui demande la mort des idolâtres qu’il avait juré de châtier chaque jour de sa vie.

Au cours des dix-sept vagues successives de cette invasion, du propre aveu de l’érudit Alberuni que Mahmoud avait emmené en Inde, « Mahmoud ruina complètement la prospérité du pays, et accomplit de merveilleux exploits, dignes de figurer dans la mémoire du peuple, telle une ancienne légende, réduisant les hindous en atomes de poussière éparpillés dans toutes les directions. Les restes dispersés [de cette population] nourrirent de ce fait, une aversion invétérée à l’encontre des musulmans. »

Doit-on s’en étonner ? À ce jour, les citoyens de Bombay, New Delhi, Calcutta et Bangalore vivent dans la crainte du Pakistan, pays politiquement instable et détenteur de l’arme nucléaire, qui contrairement à l’Inde (mais comme tout pays musulman), n’a pas réussi à maintenir la démocratie depuis l’indépendance.

Mathura, la ville sainte du dieu Krishna, fut la victime suivante :

« Au milieu de la ville se trouvait un temple plus grand et plus finement ouvragé que tout le reste, impossible à décrire par un texte ou une peinture. » Le sultan Mahmoud pensait qu’il avait fallu plus de 200 ans pour le construire. Les idoles, parmi lesquelles « cinq statues d’or rouge de cinq mètres de haut » avaient les yeux sertis de pierres précieuses inestimables. « Le sultan donna l’ordre de brûler tous les temples par le naphte et le feu, et de les raser jusqu’au niveau du sol. »

Conséquences de cette invasion, dans les antiques cités de Vanarasi (Bénarès), Mathura, Ujjain, Maheswar, Jwalamukhi et Dwaraka, pas un seul temple intact ou complet ne subsistait. C’est comme une armée qui marcherait sur Paris, Rome, Florence et Oxford et qui annihilerait tous ces trésors architecturaux. Il s’agit d’un acte qui dépasse le nihilisme ; un négativisme absolu, une haine de la culture et de la civilisation.

Dans son livre « Histoire de la Civilisation », le célèbre historien Will Durant s’affligeait des conséquences de ce qu’il nommait « probablement l’épisode le plus sanglant de l’Histoire ». Il considérait cette invasion comme « une histoire décourageante, puisque l’évidente morale qui s’en dégage nous assène que la civilisation est un bien précieux, dont la liberté et l’ordonnancement délicat et complexe peuvent à tout moment être balayés par des barbares déferlant de l’extérieur et se multipliant de l’intérieur ».

Les envahisseurs musulmans « détruisirent et brûlèrent tout ce qu’ils rencontrèrent de beau dans l’Hindustan », affichant le ressentiment de guerriers sous-développés, intimidés par la confrontation avec « une culture plus raffinée », comme le souligne un commentateur indien. « Les sultans musulmans construisirent des mosquées sur l’emplacement des temples détruits, et de nombreux hindous furent vendus comme esclaves. Ils étaient des kafirs, des païens par excellence. À la différence des chrétiens et des juifs, ils n’étaient pas des peuples « du Livre », et ils furent les victimes toutes désignées – les pacifiques bouddhistes également mais dans une moindre mesure – de l’injonction de Mahomet contre les païens : « Tuez ceux qui rejoignent d’autres dieux que Dieu, où que vous puissiez les découvrir. » (Non pas que le fait d’être « du Livre » ait beaucoup aidé les juifs et les chrétiens contre d’autres agressions musulmanes, mais ceci est une autre histoire.)

Depuis cette époque, les abords montagneux du Nord-Ouest de l’Inde se nomment Hindu Kush, « le massacre des hindous » en souvenir du temps où les esclaves hindous du sous-continent mouraient dans les rudes montagnes d’Afghanistan sur le chemin de la déportation vers les cours musulmanes d’Asie centrale. La boucherie de Somnath, sur le site d’un temple hindou célèbre, où 50 000 hindous furent tués sur l’ordre de Mahmoud, a donné le ton pour des siècles.

Les paisibles bouddhistes furent les victimes suivantes à être désignées pour les massacres de masse en 1193, quand Mohammed Khilji incendia également leur célèbre bibliothèque. À la fin du 12ème siècle, après la conquête musulmane de leur bastion du Bihar, ils perdirent toute présence significative en Inde. Les survivants se retirèrent au Népal ou au Tibet ou s’échappèrent vers le Sud du sous-continent. Les restes de leur culture s’éparpillèrent dans des contrées aussi lointaines que le Turkestan. À la merci des conquérants musulmans et de leurs héritiers, ces témoignages furent systématiquement anéantis, comme le furent, de nos jours encore, les quatre statues géantes des Bouddhas d’Afghanistan en mars 2001.

Le fait qu’une disposition à la culture et une sensibilité développée puissent aller de pair avec la bigoterie et la cruauté trouva son illustration avec Firuz Shah, qui gouverna le Nord de l’Inde à partir de 1351. Ce chef musulman tyrannique, bien qu’éduqué, surprit un jour une célébration hindoue dans un village, et ordonna que toutes les personnes présentes soient exécutées. Il raconta fièrement qu’après avoir perpétré le massacre, il détruisit les temples et fit ériger des mosquées à leur place.

L’empereur Moghol Akbar a laissé le souvenir d’un monarque tolérant, du moins selon les standards musulmans en Inde : au cours de son long règne (1542-1605), on ne peut porter à son actif qu’un seul massacre, quand, le 24 février 1568, il ordonna la mise à mort de près de 30 000 prisonniers rajpoutes après la bataille de Chitod. Mais si Akbar accepta les autres religions et toléra la célébration publique de leurs cultes, s’il abolit l’impôt sur les non-musulmans, son intérêt pour les croyances différentes ne reflétait pas un quelconque esprit de tolérance musulman. Bien au contraire, cette attitude indiquait une propension à la libre-pensée dans le domaine religieux qui l’amena finalement à une apostasie complète. Ses plus hautes actions consistèrent en une déclaration formelle de son infaillibilité en matière religieuse, sa promulgation d’un nouveau credo et son adoption des fêtes et pratiques hindoues et zoroastriennes. C’est un modèle dans l’histoire musulmane que l’on ressasse encore et toujours, y compris à l’heure actuelle : pour peu que l’on découvre un musulman raisonnable, éclairé et tolérant, un examen plus minutieux laisse apparaître qu’il s’agit de quelqu’un qui a commencé par être musulman, et qui progressivement s’est éloigné de l’orthodoxie de cette foi. En d’autres termes : les meilleurs musulmans sont souvent les moins musulmans (un théorème qui ne semble pas s’appliquer aux autres religions.)

Les choses reprirent un cours normal avec Shah Jahan (1593-1666), un petit-fils d’Akbar le Grand et le cinquième empereur Moghol. La plupart des occidentaux se souviennent de lui comme le commanditaire du Taj Mahal, mais n’ont aucune idée de la cruauté de ce roi qui engagea quarante-huit campagnes militaires contre les non-musulmans en moins de trente ans. Sur le modèle de ses coreligionnaires ottomans, à l’occasion de son couronnement, il tua tous les membres mâles de sa famille sauf un qui réussit à s’enfuir en Perse. Shah Jahan avait 5 000 concubines dans son harem, ce qui ne l’empêchait pas d’entretenir des rapports incestueux avec deux de ses filles, Chamani et Jahanara. Au cours de son règne, rien qu’à Bénarès, 76 temples hindous furent détruits, ainsi que des églises chrétiennes à Agra et Lahore. À la fin du siège de Hugh (une enclave portugaise près de Calcutta) qui dura trois mois, dix mille habitants furent « déchiquetés par la poudre, étouffés par noyade ou brûlés. » Quatre mille captifs furent emmenés à Agra où on leur offrit de choisir entre l’Islam ou la mort. La plupart refusèrent de se convertir et furent tués, à l’exception des jeunes femmes qui rejoignirent des harems.

Ces massacres perpétrés par les musulmans en Inde n’ont pas de parallèle dans l’histoire. En valeur absolue, ils sont plus importants que l’holocauste des juifs, la Terreur soviétique, les massacres japonais sur les Chinois pendant la seconde guerre mondiale, les dévastations de Mao contre la paysannerie chinoise, le génocide des Arméniens par les Turcs, ou que tout autre de ces fameux crimes contre l’humanité du 20ème siècle. Hélas, ils restent pratiquement ignorés à l’extérieur de l’Inde.

Plusieurs raisons expliquent ce fait. À l’époque où ils dirigeaient l’Inde, les Britanniques, fidèles à leur politique du « diviser pour régner », blanchirent les archives musulmanes pour que les membres de cette communauté puissent contrebalancer politiquement le poids de leurs administrés hindous plus nombreux. Dans la période de la lutte pour l’indépendance, Gandhi et Nehru minimisèrent l’étendue historique des atrocités afin de présenter la façade d’une unité hindou-musulmane contre les Britanniques. (Bien entendu, cette façade s’évanouit immédiatement après l’indépendance, et plusieurs millions de personnes furent tuées dans les violences religieuses qui accompagnèrent la partition de l’Inde britannique et la création du Pakistan.) Après l’indépendance, les écrivains indiens marxistes, aveuglés par leur idéologie, supprimèrent la vérité des registres musulmans, parce qu’elle ne correspondait pas à la théorie marxiste de l’histoire. Aujourd’hui, l’équivalent indien de la mode du « politiquement correct » passe sous silence les crimes des musulmans qui sont devenus une « minorité opprimée » dans une Inde majoritairement hindoue. Enfin, les intellectuels de gauche du pays ne cessent de blâmer l’Inde et haïssent leur propre civilisation hindoue, de la même manière que leurs congénères de Berkeley condamnent sans relâche les États-Unis et l’Occident.

À la différence de l’Allemagne qui a présenté des excuses à ses victimes juives et de l’Europe de l’Est, contrairement au Japon qui a au moins su se tenir depuis la seconde guerre mondiale, et même comparé aux États-Unis qui sont allés jusqu’au paroxysme de la culpabilisation pour les actes commis à l’encontre d’un nombre bien plus réduit d’Amérindiens, les agresseurs musulmans de l’Inde et leurs successeurs n’ont même jamais cessé leurs tentatives pour finir le travail qu’ils avaient commencé. À ce jour, les militants islamistes considèrent encore l’Inde comme « une affaire non réglée », et le problème est inscrit tout en haut de l’agenda de certains pays musulmans enrichis par leur pétrole, comme l’Arabie Saoudite, qui dépensent des millions chaque année pour tenter de convertir les hindous à l’Islam.

Une petite satisfaction nous est laissée : ils trouvent que cela avance plutôt lentement.

Robert Locke

(* Serge Trifkovic a obtenu son Doctorat de Philosophie à l’Université de Southampton en Angleterre, et a poursuivi ses recherches à l’Institut Hoover de Stanford. Ses antécédents journalistiques comprennent : « BBC World Service », « Voice of America », « CNN International », « MSNBC », « U.S. News and World Report », « The Washington Times », « The Philadelphia Inquirer », « The Times of London », et le « Cleveland Plain Dealer ». Il est rédacteur en chef du service étranger et chroniqueur à : « A Magazine of American Culture ». Cet article a été adapté par Robert Locke pour« Front Page Magazine ».)

Voir enfin:

Hindi Kouch: le génocide de 80 millions d’indiens par l’islam n’est pas un mythe

Jean-Patrick Grumberg

Dreuz

12 mars 2013

Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé de massacrer 100 000 hindous par an et semblent s’y être tenus, explique François Gautier, ancien correspondant en Inde du Figaro et de Marianne, dans « Un autre regard sur l’Inde », édition du Tricorne – Genève 2000 (1).

100 000 hindous massacrés en une seule journée

Mais en 1399, le célèbre Timur fit mieux, il tua 100 000 hindous en UNE SEULE JOURNÉE !

80 millions d’hindous tués entre 1000 et 1525

Le Professeur Kishori Saran Lal dans son livre « La Croissance de la Population musulmane en Inde » estime qu’entre les seules années 1000 à 1525, 80 millions d’hindous furent tués, (sans parler des famines et autres calamités naturelles engendrées par la guerre), « sans doute le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité », affirme-t-il.

Et les propos du professeur Lal, dont la position de Directeur des recherches historiques du Conseil de l’Inde (ICHR) et membre du Comité du Conseil national de l’éducation et de la recherche de l’Inde (NCERT) attestent de sa respectabilité, sont confirmés par de nombreux historiens, tels Alain Daniélou, Will Durant, Sitaram Goel, ou Konraad Elst.

Des villes entières furent brûlées et leurs populations passées au fil de l’épée. Chaque campagne successive fit des dizaines de milliers de victimes et des millions de femmes et d’enfants furent emmenés en esclavage. Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes hindous.

Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIÈRE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs « Hindu Kush », le massacre des hindous.

Mais aujourd’hui ce terrible épisode de l’histoire de l’Inde a été occulté : c’est à peine si les nombreuses Histoires de l’Inde, que nous utilisons comme référence, telle celle de Jacques Dupuis (agrégé d’histoire et diplômé de hindi de l’Ecole des langues orientales – 1912-1997), y font allusion.

L’historien et sociologue belge Koenraad Elst (Negationism in India), traite de la négation des atrocités musulmanes en Inde. « Cette négation des atrocités musulmanes, argue Elst, a gommé tout un chapitre capital de l’histoire indienne, le faisant disparaître non seulement des manuels d’histoire, mais aussi de la mémoire des Indiens. »

Qui étaient les révisionnistes ?

Des indiens marxistes, des communistes … à commencer par Nehru lui-même, qui, « pour dénigrer l’identité hindoue de la nation indienne, s’est appliqué à gommer l’horreur des invasions musulmanes en Inde », explique Konraad Elst.

« Ce sont les hindous eux-mêmes qui ont constamment nié le génocide musulman, » confirme Gautier.

Il ajoute : « sous l’impulsion de Nehru, trois générations d’historiens et d’intellectuels indiens marxistes s’efforceront de persuader leurs compatriotes (et le reste du monde) qu’il n’y a jamais eu de génocide musulman sur la personne des Hindous ».

Nehru, rappelle Elst, « premier leader de l’Inde indépendante, était un grand admirateur de l’URSS. C’est lui d’ailleurs qui initia l’étatisation de l’Inde sur le modèle soviétique ». Admirateur de la Russie aux 100 millions de morts, presque un aveu…

Ainsi le négationnisme en Inde, qui est d’inspiration marxiste, s’est appliqué à gommer des livres d’histoire écrits après l’indépendance indienne de 1947, toute l’horreur des invasions musulmanes et à dénigrer l’identité hindoue de l’Inde, en s’attaquant aux partis politiques, tel le Jana Sangh, (l’ancêtre du Bharata Janata Party), qui au début des années 20 s’efforcèrent de contrebalancer l’influence grandissante de la Ligue Musulmane qui commençait déjà à réclamer la création d’un état séparé pour les musulmans indiens.

Ainsi l’écrivain révolutionnaire et activiste communiste Manabendra Nath Roy dit M.N. Roy : « L’islam a rempli en Inde une mission d’égalitarisme et qu’en cela il fut bien accueilli par les castes défavorisées. » Et il continue : « C’était une question de lutte des classes tout à fait justifiée entre des forces progressives (les musulmans) et les forces féodales (les hindous de haute caste). »

Du négationnisme au biais islamisant de l’indianisme français

L’historien français Alain Daniélou, qui avait vécu l’Inde du dedans, résidant pendant vingt ans à Bénarès, où il apprit le sanskrit et la musique indienne, se plaignait souvent du « biais islamisant de l’indianisme français ».

L’historien belge Konraad Elst renchérit :

« L’indianisme français du XXème siècle semble s’être fortement inspiré de ce négationnisme-là, témoin « L’’Histoire de l’Inde Moderne », paru en 1994 chez Fayard et qui fait référence aujourd’hui chez nous. Dans le chapitre « La splendeur moghole », Marc Gaborieau, Directeur du Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud, parle en termes élogieux de l’empereur Aurangzeb, lequel avait la réputation – même aux yeux des musulmans indiens – d’avoir été le plus sanguinaire et le plus pervers des Moghols : « Aurangzeb a concentré sur sa personne la haine des Hindous militants qui lui attribuent des destructions systématiques de temples et des conversions forcées massives… cette image manichéenne doit être sérieusement corrigée ».

« Malheureusement, continue Konraad Elst, Aurangzeb était si fier de ses actes, qu’il les avait fait dûment archiver et qu’ils sont parvenus jusqu’à nous ». M. Elst rappelle donc qu’Aurangzeb (1658-1707), ne construisit pas seulement une énorme mosquée sur le plus vénérable temple de Bénares, la ville sainte hindoue, temple qu’il avait auparavant fait raser, il ordonna les destruction de TOUS les temples en Inde, dont le Kashi Vishvanath, un des plus sacrés du pays, celui de Krishna à Mathura, le temple de Somanath au Gujurat, ou le temple Treka-ka-Thakur à Ayodhya, et fit construire des mosquées à leur place. Le nombre de temples détruits par Aurangzeb se compte non pas en centaines mais en milliers. Aurangzeb ne se contenta pas de détruire des temples, il fit aussi éliminer les païens : « Ahmed Khan fit savoir à sa Majesté que 2 000 Hindous furent exécutés parce qu’ils continuaient leurs abominations religieuses », rapporte une chronique de l’époque. Le gourou sikh Tegh Bahadur fut décapité parce qu’il protestait contre les conversions forcées d’Aurangzeb. Et même le propre frère de l’empereur, Dara Shikoh, fut exécuté pour s’être intéressé à la religion hindoue. »

l’Hindouisme a fait montre d’une remarquable tolérance

La réalité, c’est que « tout au long de son histoire, l’Hindouisme a fait montre d’une remarquable tolérance, permettant aux Chrétiens de Syrie, aux marchands arabes, aux Parsis de Zoroastre, aux Juifs de Jérusalem, persécutés chez eux, de s’établir en Inde et d’y pratiquer leur religion en toute liberté » écrit Daniélou.

Peut-on en dire autant des musulmans ?

« On ne dira jamais assez l’horreur que furent les invasions arabes en Inde. Les ignorer parce qu’elles appartiennent au “passé” est ridicule, car elles se répercutent encore dans les événements politiques d’aujourd’hui », appuie Konraad Elst dans son livre « Le négationnisme en Inde » (Voice of India, New Delhi) (3).

Ici encore la réécriture de l’histoire accomplit un travail soigneux au bénéfice d’une idéologie criminelle et totalitaire. Des similitudes ne seront pas difficiles à trouver, les complices non plus – ce sont toujours les mêmes.

L’indianisme français continue à défendre un faux théorème

Et de nombreux observateurs estiment aujourd’hui « que l’Indianisme français doit se remettre en question, car ses bases reposent sur des données archéologiques et linguistiques qui datent du XIXème siècle » soutient Gautier. Le magazine indien « India Today », que l’on ne peut accuser de « nationalisme », vient par exemple de publier un grand dossier racontant comment des récentes découvertes archéologiques et linguistiques prouvent – entre autre – qu’il n’y a jamais eu d’invasion aryenne en Inde. Or, l’indianisme français continue à défendre ce théorème, comme c’est le cas à Pondichéry, par exemple.

Le journaliste français ajoute : « malheureusement, se plaint un chercheur indien qui a été associé à l’EFEO, les Français semblent mépriser l’hindouisme en tant que religion ».

Ce sera ma conclusion, François Gautier cite un autre chercheur : « Voilà une arrogance bien française que de tenter d’appliquer à l’Inde des paramètres qui ne sont valables qu’en France, en l’occurrence la séparation de l’Église et l’État », s’offusque un chercheur indien. Il faudrait donc que l’indianisme français de Pondichéry remette aussi de l’ordre dans sa maison : l’École Française d’Extrême Orient et l’Institut français collaborent rarement ensemble ; et l’EFEO s’est scindée en deux pour cause d’incompatibilité de ses chercheurs.

(1) http://books.google.com/books

(2) Jacques Dupuis, Histoire de l’Inde (Éditions Kailash, Civilisations et sociétés, 1996), page 202

(3) http://www.observatoiredesreligions.fr


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 314 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :