Chute du mur/20e: Attention, un mur peut en cacher d’autres (What about Vietnam?)

9 novembre, 2009
Vietnamese dissidents arrestedRappelons que tous les murs ne sont pas abattus! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique: le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Guy Sorman
De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent. Winston Churchill (Westminster College, Fulton, Missouri, le 5 mars 1946)
Faites tomber ce mur, M. Gorbatchev! Ronald Reagan (Berlin, juin 1987)
Un président américain ratera les événements qui souligneront la fin d’un combat auquel nous avons, en tant que nation et sous des présidents des deux partis – consacré sang et argent pendant 50 années. Pour Barack Obama, 1989 est juste une autre année lointaine – et le Parti démocrate d’hommes comme Harry Truman et JFK n’a jamais été aussi lointain. Rich Lowry
La torture est maintenant une pratique répandue dans les prisons palestiniennes. Les techniques ont évolué. Les différents services de sécurité de l’Autorité palestinienne utilisent à présent des méthodes qui laissent moins de traces. Ils s’inspirent souvent des Israéliens, mais aussi des Américains, qui les entraînent en Jordanie. Shawan Jabarin (directeur de l’organisation de défense des droits de l’homme al-Haq)
Les membres du Fatah ont beaucoup appris dans les prisons israéliennes. Abou Ali (ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne)
D’ailleurs, l’immense majorité des dissidents de l’Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Slavoj Zizek
Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer. Duy Hoang (membre du parti réformiste interdit Viet tan)
Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des “lois” arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée. Do Hoang Diem (Viet Tan)

Attention: un mur peu en cacher d’autres!

En ce 20e anniversaire de la Chute du mur de Berlin (qui est aussi le 71e de la Nuit de cristal) et Journée mondiale de la liberté institué en novembre 2001 par George Bush (à quand, à défaut d’un nouveau Nuremberg, une Journée commémorative pour les quelque 70millions de victimes?) …

Snobés par un nouveau chef de file du Monde libre trop occupé à dénigrer son propre pays (y compris pour ses… victoires!) et courtiser les tyrans de la planète, comme en témoigne l’annonce de sa rencontre avec les dictateurs birmans en fin de semaine …

Pendant que, dans les Etats policiers du Moyen-Orient et sous couvert d’une véritable orgie de critiques contre le seul “mur israélien”, continuent plus que jamais tortures et exécutions extra-judiciaires comme purification religieuse contre les non-musulmans ou censure de toute référence au bouc émissaire sioniste jusqu’au Journal d’Anne Frank

Corruption généralisée, arrestations et détentions arbitraires (3 journalistes et 17 blogueurs), non-respect de la liberté de parole et d’expression, intimidation des militants pour la démocratie, restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques, confiscations des biens de l’Eglise catholique, surveillance policière et harcèlement de l’église mennonite dans les zones des minorités ethniques, interdiction de créer un syndicat des travailleurs indépendant, mauvaises conditions de travail, bas salaires et traitements dégradants …

Retour sur ces autres murs qui, comme le rappelait tout récemment Guy Sorman, n’ont “plus besoin, avec les alternatives plus sophistiquées du contrôle des frontières et de la censure d’internet, d’être en béton” mais restent appuyés sur la force militaire et policière.

Et notamment, derrière les cas notoires des Chine, Corée du nord et Cuba, celui, “glissé sous le radar” après un début de libéralisation pendant que d’autres conflits occupaient les unes des médias, du Vietnam.

Que, malgré les efforts du Parti réformiste Viet Tan et après avoir payé pourtant de la vie de près de 60 000 de ses soldats, le Monde libre semble apparemment avoir décidé d’abandonner à son triste sort …

M. Obama, rendez le Vietnam libre!
Duy Hoang
Wall Street Journal
30 janvier 2009

La “douce” puissance Américaine peut inciter au changement démocratique.

Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. »

Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer.

D’un point de vue purement stratégique, le Vietnam se trouve en plein milieu de l’Asie du Sud-Est, à côté de la Chine et de la Thaïlande, et en parallèle avec les importantes lignes maritimes de la mer de Chine méridionale. L’Amérique ne pourrait que se réjouir de voir s’instaurer là-bas un régime pacifique et démocratique. Dans une perspective plus large, l’un des plus importants faux pas de la politique étrangère de l’Amérique au 20e siècle a été l’abandon du Vietnam au Parti communiste. Les temps ont changé, mais pas le Vietnam qui dispose pourtant d’un potentiel d’ancrage économique dynamique et libéral en Asie du Sud-Est. En utilisant la puissance douce, les États-Unis disposent des moyens diplomatiques permettant d’aider le peuple vietnamien, et les intérêts américains.

Le Vietnam est prêt pour le changement. Le Vietnam n’est pas la Malaisie ou l’Indonésie, en proie à des conflits sectaires. Il n’est pas non plus comme la Chine, malgré les ressemblances superficielles des gouvernements communistes dans des pays de culture confucéenne, gouvernements qui ont essayé d’offrir à leur peuple la croissance économique en échange d’une allégeance politique.

Alors que les dirigeants chinois aspirent au statut de grande puissance, les communistes du Vietnam maintiennent une position de subordonné avec la Chine, en s’appuyant sur le soutien politique de Pékin. En conséquence, alors que le Parti communiste chinois peut manipuler les sentiments nationalistes pour asseoir son contrôle, le Parti communiste vietnamien doit tempérer le nationalisme de peur de voir son pouvoir menacé. Hanoi est déjà confronté à une facture élevée pour ses mauvaises politiques et ses échecs de la réforme. Les compagnies multinationales ne peuvent pas ignorer l’énorme marché chinois, mais elles peuvent se permettre de faire l’impasse sur le Vietnam si l’environnement devient trop difficile ou le système politique trop répressif.

Un autre facteur décisif est la relative homogénéité des attitudes et de la diaspora vietnamienne. Estimée à 1,5 millions de personnes aux États-Unis et à trois millions dans le monde, les Vietnamiens de l’étranger sont pour la plupart des boat people qui ont fui en tant que réfugiés politiques à partir de 1975. Avec un passé commun, nombreux sont ceux qui partagent l’espoir d’un Vietnam libre et démocratique pour l’avenir. Pendant ce temps, le Vietnam possède l’une des populations les plus pro-américaines dans le monde. Au Vietnam, le régime n’apprécie pas les États-Unis, mais « la rue » aime l’Amérique. Tant que la politique américaine reste concentrée sur la mobilisation de la population vietnamienne, elle peut s’appuyer sur un énorme réservoir de bonne volonté.

Ce qui ne veut pas dire que Washington doive enfreindre la loi pour renverser le régime de Hanoi. Les changements politiques, lorsqu’ils arrivent, devront être l’œuvre du peuple vietnamien. Mais si M. Obama veut encourager l’évolution politique au Vietnam, il a des outils à sa disposition qui pourraient avoir un impact important. L’outil le plus important est tout simplement le ton que Washington donne à ses relations avec Hanoi. Les responsables américains doivent clairement faire savoir que les États-Unis travailleront avec le régime dans la mesure où c’est le gouvernement actuel, mais que l’Amérique est d’abord et avant tout un partenaire du peuple vietnamien.

Les États-Unis pourraient commencer en se prononçant contre les arrestations arbitraires, l’intimidation des militants pour la démocratie et les restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques. Pour que les États-Unis parlent d’une seule voix, toutes les administrations impliquées au Vietnam, comme le Département d’État, du Commerce et de la Défense doivent avoir des priorités cohérentes. Une politique plus forte des droits de l’homme exige aussi que l’administration se conforme à la lettre et à l’esprit de la Loi sur la Liberté Religieuse Internationale. L’administration Bush a fait une erreur lorsqu’elle a retiré le Vietnam de la liste des pays particulièrement préoccupants pour les violations de la liberté religieuse afin de faire avancer d’autres objectifs diplomatiques.

Les États-Unis devraient s’impliquer dans toutes les facettes de la société vietnamienne. L’éducation est un domaine clé. Les programmes pour que les jeunes vietnamiens puissent étudier dans les universités américaines devraient recevoir un financement accru. Dans le même temps, les opportunités doivent être créés pour des universitaires et des experts basés aux USA d’échanger des idées avec le public, au Vietnam, par exemple par le biais de forums organisés par l’ambassade américaine à Hanoi. Les discussions politico-militaires des USA avec le gouvernement vietnamien et le Programme International d’Entrainement et de Formation Militaire du Pentagone encourageront l’Armée populaire du Vietnam, non seulement à moderniser ses capacités opérationnelles, mais aussi à modifier sa manière de penser en termes d’équilibre des relations civiles et militaires pour se concentrer sur la mission fondamentale de l’armée – qui est de défendre le pays contre des menaces extérieures.

Les États-Unis peuvent également aider pour que le peuple vietnamien ait son mot à dire sur son propre avenir en soutenant la société civile. Les programmes dirigés par le gouvernement vietnamien et d’autres canaux officiels sur la santé, l’éducation, la micro finance ne constituent pas une solution à long terme. Les États-Unis peuvent soutenir des capacités locales en explorant toutes les possibilités de coopérer directement avec le secteur privé vietnamien, avec des individus et des organisations communautaires. Les États-Unis doivent établir le dialogue avec les organisations vietnamiennes pro-démocratie ainsi qu’avec des éléments favorables aux réformes au sein du régime. Le message des États-Unis devrait être : « Il appartient au peuple vietnamien de choisir son propre gouvernement. En tant qu’ami du Vietnam, nous sommes prêts à écouter tous ceux qui ont des vues constructives. »

En effet, la politique américaine doit répondre à l’enthousiasme pour le changement sur le terrain. S’appuyant sur l’expérience de l’Europe de l’Est et d’ailleurs, les États-Unis peuvent également contribuer à rassurer ceux qui sont au pouvoir que le changement ne doit pas être destructeur ni mener au chaos.

Les principales décisions de la politique des États-Unis envers le Vietnam depuis la normalisation des relations en 1995 – comme l’accord de commerce bilatéral et les relations commerciales normales permanentes – ont souvent été justifiées par leur effet à long terme favorisant une plus grande ouverture. Mais le long terme peut se situer très loin. Le choix de la politique de l’administration Obama n’est pas de savoir si le Vietnam libre est simplement un résultat souhaitable à long terme, mais s’il devrait être un objectif réel à plus court terme. En se tenant du côté du peuple vietnamien, les États-Unis ont la possibilité de transformer le Vietnam et, en définitive, une large région de l’Asie.

M. Hoang est un des dirigeants de Viet Tan aux États-Unis, un parti politique pro-démocratie et non autorisé au Vietnam.

Voir aussi:

Témoignage de Viet Tan sur la situation des droits de l’homme devant le Parlement australien
Do Hoang Diem
Viet Tan
19/03/2009

Exposé de M. Do Hoang Diem
Président de Viet Tan

Témoignage devant la Sous-Commmission des Droits de l’Homme,
la Commission permanente mixte des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce,

le Parlement d’Australie

Enquête sur les Mécanismes des Droits de l’Homme en Asie-Pacifique
19 mars 2009

***

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie d’avoir invité Viet Tan (Parti pour la Réforme du Vietnam) à témoigner lors de cette audience publique d’aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur les mécanismes des droits de l’homme en Asie-Pacifique. Viet Tan est un parti défenseur de la démocratie, actif au Vietnam bien qu’il y soit officiellement interdit. Notre objectif est d’améliorer la situation actuelle des droits de l’homme et de susciter un changement politique pacifique à travers le pouvoir du peuple vietnamien. Nous croyons qu’une société libre, non seulement est le meilleur moyen d’exploiter le vaste potentiel du pays et de son peuple, mais aussi constitue les fondations des mécanismes des droits de l’homme. En outre, un Vietnam démocratique peut être un pilier de prospérité et de stabilité dans la zone Asie-Pacifique.

Situation actuelle au Vietnam

Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des « lois » arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée.

Je voudrais illustrer plusieurs sujets de préoccupation

1. Arrestation et détention arbitraires

Le gouvernement utilise des décrets ambiguës et des dispositions juridiques visant à criminaliser l’expression politique et à considérer une opposition légitime et pacifique comme attentant à la sécurité nationale. Usant de lois aussi puissantes, le gouvernement vietnamien a lancé une série de répressions que Human Rights Watch a qualifié de pire en 20 ans. Plus récemment, en septembre 2008, de nombreux militants pour la démocratie (dont Nguyen Xuan Nghia, Pham Thanh Nghien, Ngo Quynh, Vu Hung, Tran Duc Thach, Nguyen Van Tuc et Pham Van Troi) ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts en faveur de la démocratie et pour avoir diffusé des slogans critiquant le gouvernement. Ils sont toujours détenus sans aucune accusation formelle. Dans le cas de Pham Thanh Nghien, bien qu’elle soit détenue depuis déjà six mois, sa famille n’a pas encore été autorisée à lui rendre visite. Sa santé serait en train de se détériorer.

2. Liberté de parole et d’expression

La constitution du Vietnam garantit la liberté d’expression et de la presse ; pourtant le gouvernement continue d’étouffer les journalistes indépendants d’esprit et Internet. Les autorités persécutent notamment ceux qui discutent de pluralisme politique ou qui s’interrogent sur les politiques concernant des questions sensibles comme la corruption impliquant des fonctionnaires du gouvernement ou des différends frontaliers avec la Chine. Par exemple deux journalistes, Nguyen Viet Chien et Nguyen Van Hai, respectivement des quotidiens Thanh Nien et Tuoi Tre, ont été arrêtés pour avoir exposé le scandale de corruption politique portant sur plusieurs millions de dollars et impliquant le détournement de fonds, les jeux de hasard et la prostitution au ministère des Transports (PMU-18) [1]. Ces hommes ont ensuite été jugés, condamnés et accusés d’avoir « abusé des libertés démocratiques ».

De même, ces derniers mois, les autorités ont lancé une campagne pour faire taire les militants sur Internet. Un blogueur bien connu, Dieu Cay, a été arrêté après avoir critiqué la politique du gouvernement sur les litiges territoriaux avec la Chine. Il a été condamné à 30 mois de prison pour « fraude fiscale » dans un procès qui a été condamné par la communauté internationale. Sa famille et ses collègues blogueurs ont été constamment harcelés et menacés.

Le gouvernement est même allé jusqu’à promulguer un nouveau décret en décembre 2008 interdisant aux blogueurs de publier des articles susceptibles d’être considérés comme « attentant à la sécurité nationale ». Ce nouveau décret impose aux fournisseurs internationaux de services Internet de fournir aux autorités des informations sur les utilisateurs privés.

3. Liberté religieuse

Toutes les organisations et pratiques religieuses au Vietnam doivent être officiellement enregistrées et reconnues par le gouvernement. L’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV) est toujours hors-la-loi et son plus haut dirigeant, le Vénérable Thich Quang Do, a été soumis arbitrairement à la détention à domicile et au harcèlement depuis plus de trente ans.

L’Église catholique souffre encore de grandes restrictions. Toute nomination ou affectation de son clergé exige l’approbation du gouvernement. En septembre 2008, plusieurs grandes veillées de masse ont été effectuées par l’archevêque de Hanoï et la paroisse de Thaï Ha, avec parfois la présence de plus de 15 000 fidèles, veillées demandant la restitution des propriétés confisquées de l’Église. Huit de ces paroissiens ont été arrêtés puis condamnés.

Mais plus opprimée encore est l’Église mennonite, là où ses adeptes appartiennent principalement à des minorités ethniques vivant dans les Hauts Plateaux du centre du Vietnam. Un des dirigeants de l’Église, le pasteur Nguyen Hong Quang a été maintes fois arrêté et emprisonné pour avoir exercé sans autorisation officielle. Lui et ses collègues font actuellement l’objet d’une surveillance policière et de harcèlement.

4. Droits des travailleurs

Il n’y a pas de syndicat des travailleurs indépendant reconnu au Vietnam. Il est interdit aux travailleurs de former un tel syndicat ou d’y adhérer.

Le seul syndicat qui existe est un organe de l’État appelé Confédération Générale du Travail du Vietnam, qui répond directement au Parti communiste vietnamien. En raison de cette antinomie, les droits des travailleurs sont souvent violés et négligés. Ces dernières années, des grèves à grande échelle ont eu lieu dans tout le pays en raison de mauvaises conditions de travail, de bas salaires et de traitements dégradants. Des milliers de travailleurs ont participé à ces grèves et de nombreux chefs de file de ces grèves ont été arrêtés et emprisonnés. Selon la loi vietnamienne, les grèves sans autorisation du gouvernement sont considérées comme illicites ; par conséquent, les travailleurs eux-mêmes prennent souvent un risque important d’être persécutés par les autorités et licenciés par leur employeur. L’agitation dans le monde du travail reflète les difficultés économiques et le mécontentement social. Le contrôle étroit des travailleurs exercé par le gouvernement et les restrictions au droit de grève enfreignent gravement le Code du travail.

Recommandations

1. Dialogue sur les droits de l’homme

Le dialogue Australie-Vietnam sur les droits de l’homme peut être un mécanisme efficace pour encourager une plus grande liberté politique au Vietnam. Pour accroître son efficacité, nous suggérons un renforcement des programmes concrets. Les programmes devraient en particulier se concentrer sur la promotion de la liberté des médias, de la libre utilisation d’Internet et de la liberté d’association. Toute aide financière pour ces projets doit avoir des repères clairs ; Il faut que soient documentés clairement des objectifs précis ainsi que les progrès effectués. Les résultats doivent être communiqués à la Commission permanente mixte et être transparents de telle sorte que le public puisse les étudier.

2. Soutien parlementaire pour le changement démocratique

Alors qu’est nécessaire l’institution de mécanismes de prévention et de réparation des violations des droits de l’homme, il importe également de promouvoir la démocratie car elle contribue à garantir ces mécanismes dans le long terme. Un système autoritaire à parti unique est un terrain fertile pour les violations des droits de l’homme. Nous pensons que la solution aux droits de l’homme est une société démocratique où les citoyens ont le droit de faire des choix politiques et de tenir le gouvernement pour responsable de ses actions. Le parlement australien peut soutenir le peuple du Vietnam et d’autres peuples réprimés en critiquant les persécutions, en discutant avec la société civile et les groupes démocratiques, en continuant à pousser au changement le régime actuel.

3. Commission des droits de l’homme de l’ ASEAN [2]

Nous appuyons fermement l’initiative du Groupe de Travail pour un Mécanisme des Droits de l’Homme de l’ASEAN de former une commission intergouvernementale des droits de l’homme. Nous recommandons que tous les États membres de l’ ASEAN soient automatiquement membres de cette commission et soient ainsi tenus de respecter les normes internationales des droits de l’homme. La Commission agira comme un organe de contrôle veillant à ce que les plaintes puissent être entendues et que ses recommandations soient mises en œuvre. Nous préconisons aussi que la Commission des droits de l’ASEAN puisse recommander une Cour qui, dans certaines circonstances pourrait prendre une décision collective à valeur contraignante. Bien que l’Australie ne soit pas membre de l’ASEAN, avec sa longue histoire d’une étroite relation de travail et d’un engagement dans la région, nous pensons que l’Australie peut engager un dialogue avec l’ASEAN et le Forum Asie-Pacifique afin de faire progresser la protection des droits de l’homme dans la région.

Voir également:

Appel pour faire cesser les pratiques arbitraires au Vietnam
Appel à l’Organisation des Nations Unies et aux pays concernés pour mettre fin aux pratiques arbitraires du gouvernement du Vietnam
Viet Tan
16/10/2009

À l’attention de :

* Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon
* Les dirigeants des nations démocratiques
* Les organisations internationales de défense des droits de l’homme

Nous, soussignés, familles des patriotes vietnamiens suivants :

* L’écrivain Nguyen Xuan Nghia
* L’enseignant Vu Hung
* L’ingénieur Pham Van Troi
* L’étudiant Ngo Quynh
* M. Nguyen Van Tinh
* M. Nguyen Van Tuc
* M. Nguyen Kim Nhan

Nos proches ont été arrêtés en septembre 2008 simplement pour avoir parlé de la souveraineté territoriale du Vietnam, de la lutte contre la corruption, de la démocratie et des droits de l’homme. Pendant quatre jours, du 6 au 10 octobre 2009, ils ont été jugés et condamnés pour « propagande contre l’État socialiste » au sens de l’article 88 du code pénal vietnamien et condamnés à de sévères peines d’emprisonnement.

Par cette lettre, nous tenons à remercier sincèrement les pays et les organisations qui ont manifesté leurs préoccupations pour nos proches, cherché des informations sur leur situation, et envoyé des représentants pour assister et de comprendre de visu comment les tribunaux fonctionnent actuellement au Vietnam. Par cette lettre, nous dénonçons également l’arbitraire dans les mécanismes juridiques et les conditions de détention inhumaines au Vietnam.

1. La nature inhumaine de la détention et les procédures juridiques au Vietnam.

Tout au long de la période de détention provisoire de nos proches, les autorités ont créé toutes sortes de difficultés pour qu’ils ne puissent pas bénéficier de visites ni de soins. Dans le cas de l’enseignant Vu Hung, sa famille n’a été autorisée à lui rendre visite durant une année entière. Concernant M. Nguyen Van Tinh, les autorités ont interdit à sa famille de lui rendre visite, même en sachant qu’il était gravement malade.

Les autorités ont déclaré que les procès seraient ouverts au public. Cependant, aux procès de Vu Hung et Pham Van Troi à Hanoi, seuls deux membres de leurs familles respectives ont été autorisés à être présents. Lors du procès des six autres personnes à Hai Phong, chaque prévenu n’avait le droit d’avoir un seul membre de la famille dans la salle d’audience. Pourtant, les salles d’audience étaient pleines de gens dont nous croyons fermement qu’ils étaient des policiers en civil se faisant passer pour des citoyens lambda. Entre-temps, à l’extérieur du tribunal, une centaine de sympathisants et amis n’est pas seulement privée du procès, mais a également été intimidée et dispersée par les forces de la Sécurité Publique.

2. Les raisons arbitraires données par le tribunal pour condamner nos proches sont écrites nulle part dans la loi vietnamienne.

Lors des procès, le parquet a fourni les pièces à convictions suivantes :

* Des banderoles disant que Hoang Sa (Paracel) et Truong Sa (Spratly) sont des îles vietnamiennes, appelant à tous les citoyens de combattre la corruption, demandant la démocratie et des droits de l’homme pour le Vietnam.
* Les articles diffusés sur Internet critiquant la corruption et réclamant la justice pour les victimes d’agressions physiques dont la Sécurité Publique a non seulement échoué à prévenir, mais qui ont sciemment dissimulé.

Sur la base des éléments ci-dessus, nous demandons sincèrement votre soutien et vous demandons de prendre contact avec le gouvernement et les tribunaux du Vietnam afin de clarifier les questions suivantes :

* Est-ce que le patriotisme et l’affirmation de la souveraineté territoriale sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce que protester contre la corruption et parler au nom des personnes défavorisées sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce qu’utiliser Internet pour diffuser et recevoir des informations est un crime et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?

En devenant volontairement membre de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Vietnam doit respecter les lois relatives aux droits de l’homme. En particulier, l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme déclare que les citoyens de tous les pays ont le « droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières » et l’article 9 de la Déclaration stipule que : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé ».

Nous condamnons les sentences injustes rendues par les tribunaux vietnamiens sur nos proches. Nous prions instamment le Secrétaire général de l’ONU et les chefs d’Etat d’intervenir directement auprès de Nguyen Minh Triet, Président de la République Socialiste du Vietnam, et demandons au gouvernement vietnamien de respecter les droits de l’homme, mettre fin aux pratiques judiciaires arbitraires, et de libérer immédiatement notre proches.

Nous vous remercions pour votre attention.

Signés conjointement,

1. Nguyen Thi Nga, épouse de Nguyen Xuan Nghia, Hai Phong, Viet Nam
2. Ly Thi Tuyet Mai, épouse de Vu Hung, Ha Tay, Viet Nam
3. Nguyen Thi Huyen Trang, épouse de Pham Van Troi, Ha Tay, Viet Nam
4. Ngo Quyen, frère de Ngo Quynh, Bac Giang, Viet Nam
5. Duong Thi Hai, épouse de Nguyen Van Tinh, Hai Phong, Viet Nam
6. Bui Thi Re, épouse de Nguyen Van Tuc, Thai Binh, Viet Nam
7. Ngo Thi Loc, épouse de Nguyen Kim Nhan, Bac Giang, Viet Nam

Voir par ailleurs:

Viêt-nam
RSF
le 7 février 2008

Les élections législatives de mai 2007 ont été l’occasion pour le parti unique de rappeler que l’opposition n’avait pas le droit d’exister. Dans certains quartiers d’Hô Chi Minh-Ville, le taux de participation s’est élevé à 100%, et aucun candidat indépendant n’a été élu. La presse a été contrainte de s’enthousiasmer pour ces élections jouées d’avance.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.” Quelques semaines auparavant, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, et quatre de ses collaborateurs, avaient été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue d’un procès expéditif. Ils avaient été reconnus coupables de “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

Des procès staliniens contre les dissidents

Le procès du père Nguyen Van Ly et ses quatre coaccusés n’a duré qu’un peu plus de trois heures. Affaibli par une grève de la faim, le prêtre a refusé de se lever pour énoncer son nom devant le juge du tribunal populaire de Hué (Centre). Après avoir entendu sa condamnation à huit ans de prison, il a crié : “A bas le Parti communiste du Viêt-nam !” Condamné à six ans de prison, son collègue Nguyen Phong a déclaré face au juge : “Pour la nation vietnamienne, je continuerai à me battre pour les valeurs de liberté et de démocratie.” Nguyen Binh Thanh, condamné à cinq ans de prison, s’est défendu en affirmant qu’il n’avait fait qu’agir dans le respect des “lois internationales”. Hoang Thi Anh Dao et Le Thi Le Hang ont été condamnées à un an et demi de prison avec sursis.

Arrêté en février, le père Nguyen Van Ly est l’un des responsables du magazine clandestin Tu do Ngôn luan (Liberté d’expression), publié à Hué. En 2007, deux autres animateurs de la revue, le père Chan Tin et le père Phan Van Loi, ont été placés en résidence surveillée. Le magazine a continué à être diffusé à l’étranger et, sous le manteau, au Viêt-nam.

Le retour des “tribunaux populaires”

Les autorités ont de nouveau mobilisé les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. En août, Nguyen Khac Toan, rédacteur en chef adjoint de la publication dissidente en ligne Tu Do Dân Chu (Liberté et démocratie), a été jugé devant l’un de ces tribunaux à Hanoi. Une dizaine de cadres du Parti et des policiers l’ont accusé d’avoir incité des paysans à manifester dans la capitale, avant de recommander de l’envoyer dans un camp de rééducation pour l’”écarter de la société”. Ce procès s’est fait en parallèle d’une campagne de presse contre lui, l’accusant d’être un “opportuniste politique démasqué”.

En février déjà, l’avocat de plusieurs dissidents emprisonnés, Nguyen Van Dai, avait dû affronter une “tribunal populaire” du district de Bach Khoa, accusé d’avoir “trahi son pays”. Les “juges” avaient exigé que son droit d’exercer son métier d’avocat lui soit retiré et que son cabinet soit fermé.

Les autorités sont allées bien au-delà des recommandations du peuple, puisqu’en mars, Nguyen Van Dai, également animateur du blog nguyenvandai.rsfblog.org, et une autre avocate, Le Thi Cong Nhan, ont été arrêtés à Hanoi. Leur détention ayant été critiquée à l’étranger, les forces de sécurité ont ordonné à leurs familles de ne plus s’exprimer publiquement par l’intermédiaire des médias étrangers. En mai, les deux avocats ont été condamnés respectivement à cinq et quatre ans de prison en vertu de l’article 88 du code pénal.

Les dissidents Le Nguyen Sang, médecin, Huynh Nguyen Dao, journaliste, et Nguyen Bac Truyen, tous membres du Parti populaire démocratique (interdit) ont également été condamnés à des peines de prison par un tribunal de Hô Chi Minh-ville. Ils étaient accusés d’avoir publié des documents hostiles au régime par le biais d’Internet. Tran Quoc Hien, porte-parole de l’Union des ouvriers et des paysans (United Workers-Farmers Organization, illégale), a quant à lui été arrêté en janvier pour “propagande contre le régime”. Il avait diffusé sur Internet de nombreuses informations sur la situation des travailleurs vietnamiens.

Une journaliste française détenue pour “terrorisme”

“Entre quatre murs, j’étais angoissée car je n’arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n’y a jamais eu de violence contre moi, mais j’étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C’était une forme de terreur morale”, a raconté la journaliste d’opposition Nguyen Thi Thanh Van, détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville. Munie de son passeport français, elle était entrée au Viêt-nam afin de faire la promotion de la radio Chan Troi Moi (Nouvel Horizon), proche du parti d’opposition Viet Tan, et réaliser des interviews de dissidents.

Cette affaire a illustré l’hostilité affichée des autorités vis-à-vis des radios internationales qui émettent en vietnamien. En décembre, quatre syndicalistes ont été jetés en prison pour avoir communiqué des informations à Radio Free Asia. Tandis que l’ambassade du Viêt-nam a menacé à plusieurs reprises des journalistes de Radio France Internationale, privant certains de visas.

Les journaux libéraux, notamment Tuoi Tre (La Jeunesse), ont tenté de repousser les limites de la censure officielle. Mais le gouvernement s’est appuyé sur une législation répressive pour rappeler à l’ordre les plus téméraires. Une loi adoptée en 2006 prévoit des amendes et des suspensions de licence pour les médias et les journalistes qui diffament et mettent en cause le “prestige de l’Etat”.

La presse officielle, qui compte plus d’une centaine de radios et de télévisions, autant de sites Internet et près de 600 publications, n’a pas profité en 2007 des espaces de débat ouverts en 2006 pendant la préparation du Congrès du Parti communiste. Au contraire, les médias, notamment les journaux du Parti, Nhân Dân (Le Peuple), et de la police, An Ninh Thu Do (La sécurité de la capitale), ont été mobilisés pour dénoncer les “agitateurs et les terroristes” de l’intérieur et de l’extérieur. Certains gouvernements étrangers et des organisations internationales, comme Reporters sans frontières, ont été accusés de soutenir les ennemis du régime.

Internet a fêté ses dix ans d’existence au Viêt-nam

En 2007, le pays a connu sa vague de répression la plus forte depuis 2002. En une semaine, six cyberdissidents ont été condamnés à des peines de prison allant de trois à cinq ans. Depuis qu’il est devenu le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce, le Viêt-nam a adopté un comportement contraire à celui qu’il avait montré à la communauté internationale avant son intégration. Il est l’un des pays les plus autoritaires de la planète et suit scrupuleusement le modèle chinois en matière d’atteinte à la liberté d’expression sur Internet. Au 1er janvier 2008, huit cyberdissidents étaient derrière les barreaux pour avoir usé de leur droit d’expression sur le Web.

En septembre, la police et le ministère de la Culture ont ordonné au site Intellasia.com de “fermer”. Animée par un Australien et spécialisée dans l’information économique, Intellasia.com diffusait des articles politiques sur le Viêt-nam.

Voir enfin:

Viêt-nam
166 sur 175 dans le dernier classement mondial

A l’exception des publications dissidentes qui circulent sous le manteau et sur le Web, il n’existe pas de médias indépendants dans le pays. La presse écrite, la télévision et les radios sont toutes contrôlées par les autorités de Hanoi. Pour autant, la presse poursuit sa modernisation et tente de repousser les limites de la censure. Une dizaine de journalistes et cyberdissidents sont actuellement emprisonnés.

En 2008, le gouvernement a donné un coup d’arrêt à l’émancipation progressive de la presse réformiste. Deux journalistes d’investigation des journaux Thanh Niên et Tuoi Tré ont été jugés pour avoir révélé une affaire de corruption retentissante. L’un d’eux a été condamné à deux ans de prison pour “abus des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l’Etat”. Il n’a été libéré début 2009 qu’en raison de fortes protestations internationales.

Ce procès s’est accompagné d’une purge au sein des médias les plus ouverts. Résultat : “Ces médias ont perdu leur ton mordant. Nous sommes revenus dix ans en arrière”, estime un journaliste vietnamien.

La concurrence s’accentue entre les principales rédactions, bien que les médias restent placés sous l’autorité de leur institution de tutelle : le Parti communiste, l’armée, l’agence de presse officielle ou les municipalités, selon le cas. Mais les journalistes, notamment ceux issus de la jeune génération, de mieux en mieux formée, s’écartent de temps en temps des directives éditoriales du parti unique. Le média le plus libre est sans conteste le site VietnamNet qui ose encore soulever des questions embarrassantes.

Les radios nationales, contrôlées par le cabinet du Premier ministre et par le comité central du Parti communiste, sont très écoutées, tout comme les programmes en vietnamien des radios internationales (BBC, RFI). Ces dernières ne peuvent malheureusement être captées qu’en ondes moyennes ou courtes, car le gouvernement refuse de leur accorder des licences en modulation de fréquence, sans aucun doute afin de limiter leur audience.

Par ailleurs, la police politique mène une lutte implacable contre les mouvements d’opposition et les publications dissidentes. Début 2009, deux journalistes et sept cyberdissidents étaient emprisonnés. Ainsi, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, a été condamné à huit ans de prison pour “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

La police utilise également les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. Une justice d’un autre âge, qui fait fi du droit à la défense, sans parler d’équité.

Les autorités surveillent le Web, très populaire dans le pays. L’accès aux sites jugés « réactionnaires », particulièrement ceux des dissidents réfugiés à l’étranger, est bloqué. Depuis 2002, une trentaine de cyberdissidents ont été arrêtés. L’un d’entre eux a été condamné à 12 ans de prison. En janvier 2009, le gouvernement a adopté la “Circulaire n°7” qui interdit les contenus politiques sur les blogs. Et la cyberpolice est chargée de renforcer la surveillance. Le défenseur des droits de l’homme Nguyen Hoaong Hai, surnommé Dieu Cay, en fait les frais. Il a été condamné à deux ans et demi de prison, après avoir notamment créé le Free Vietnamese Journalists Club, regroupant des blogueurs indépendants.

En plus des “organes d’Etat”, notamment Le Peuple, quotidien du Parti communiste, on compte plus de 600 titres. Mais ils sont tous susceptibles d’être sanctionnés pour “violation grave de la loi sur la presse”. C’est le cas du magazine Du Lich, un organe de la direction du tourisme, suspendu pendant trois mois pour avoir publié des articles traitant des îles Paracels et Spratleys, objet d’un important contentieux territorial avec la Chine.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai 2008 : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.”


Phénomènes mimétiques: Invasion des voleurs de pénis (When the locker room syndrome runs amok)

4 octobre, 2009
Mine is bigger than yoursJ’ai travaillé avec Freud à Vienne. On s’est brouillé sur le concept d’envie du pénis. Il voulait le limiter aux femmes. Woody Allen (“Zelig”, 1983)
Cet homme qui, rapporte-t-on, est originaire d’Afrique occidentale, est un agent sioniste impérialiste envoyé pour empêcher la population de procréer et de se multiplier. Jafar Abbas (chroniqueur soudanais résidant à l’étranger, Al-Watan, Arabie Saoudite, septembre 2003)
Le plus drôle est que le préjugé est colporté depuis des siècles par des Blancs racistes, tant et si bien qu’aujourd’hui nombre de Noirs, eux-mêmes persuadés de leur supériorité sexuelle, ne supportent pas qu’on veuille la démystifier. L’auteur rapporte notamment les résultats édifiants d’une enquête d’opinion Ipsos effectuée en avril dernier en Martinique. “Au fond, démolir cette légende comme Serge Bilé le fait (et il va jusqu’à évoquer la triste condition des Noirs dotés d’un petit sexe, terriblement inhibés à l’idée de provoquer une double déception), c’est risquer de mettre à mal un cas historique de discrimination positive. A cette aune, on mesurera l’enjeu politique d’un essai consacré au sexe des Noirs. Pierre Assouline (sur “Le Sexe surdimensionné des noirs” de Serge Bilié)
C’est le sexe de l’homme qui est visé car dans nos sociétés natalistes c’est le symbole de la richesse et du pouvoir. Lui voler son sexe c’est prendre son pouvoir. Felix Koné (sociologue africain)
Sur les marchés on vend d’énormes quantités d’aphrodisiaques, non pour améliorer les performances sexuelles, mais pour pallier les disfonctionnements… Comme disait Napoléon, l’homme place sa fierté là où il est le plus fragile ! (…) Ce n’est pas pour rien que le Haoussa a été pris pour cible, il est le spécialiste incontesté de la fabrication des aphrodisiaques. Or, dans la société haoussa, la puissante caste des bouchers mêle la préparation de la viande à son corollaire, l’hyper-sexualité. “Les maîtres des sauces” sont en effet les génies de l’étrange gastronomie à fin sexuelle… Yannick Jaffré (anthropologue français)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie

A l’heure où Newsweek s’inquiète de “l’envie d’Obama” dont souffrirait notre Sarko national face au Pleurnicheur en chef

Et après les fureurs sacrées, les chasses aux sorcières, les bâtiments hypocondriaques ou la course au toujours moins

Retour, dans notre série phénomènes mimétiques de masse, sur les extraordinaires formes que peuvent prendre, en notre monde toujours plus mondialisé, cette fameuse “envie du pénis” que Freud voulait réserver aux seules femmes.

Ou comment, à partir de la variabilité interindividuelle mais aussi tout simplement naturelle de l’organe

(de 1 à 3 pour cause, on le sait, de régulation thermique via la contraction ou rétraction réflexe des bourses par le muscle crémaster rapprochant ou éloignant ainsi les testicules du corps pour, selon la température ambiante – mais aussi l’état psychologique et le stress -, les réchauffer ou les refroidir, permettant ainsi aux bourses d’assurer leur fonction de frigo du sperme en maintenant les testicules à la température constante la plus favorable à la production de spermatozoïdes, soit environ 3 degrés de moins que le reste du corps)

Peuvent se greffer toutes sortes de complications allant, en nos sociétés occidentales, du simple “syndrome des vestiaires (fonds de commerce apparemment sans fond, si l’on en croit nos pourriels, des vendeurs d’accessoires ou de techniques chirurgicales d’agrandissement – chacun ses injections de silicone!).

A de véritables épidémies, en d’autres parties du monde comme en Asie (Chine, Indonésie, Singapour, Inde, sous le terme générique de “Koro”) ou en Afrique (Bénin, Nigeria, Ghana, Congo, Soudan, souvent liées à des accusations de sorcellerie) voire ailleurs (Jordanie),… de panique collective de rétraction ou de vol de pénis!

Ainsi, cette phobie des “rétrécisseurs de sexe” et son tribut de lynchages divers, remarquablement bien analysés par le journaliste indépendant Jean-Jacques Mandel (pour “Géo magazine” et les “Cahiers d’études africaines” en 2008) qui, il y a une dizaine d’années, a “traversé l’Afrique de l’Ouest à la vitesse d’un cyclone et fait les mêmes ravages: près de trois cents morts, plus de trois mille blessés, victimes expiatoires de la vindicte populaire”.

Le tout apparemment à partir d’une simple rumeur lancée en août 1996 dans la ville du Cameroun anglophone de Limbé (et amplifiée de plus par la presse locale) de colporteurs nigérians prétendument dotés de pouvoirs maléfiques (toujours aussi bénéfiques puisque ce sont les mêmes qui vendent les aphrodisiaques), censés faire ‘disparaître’ les organes génitaux par simple effleurement ou poignée de main.

Sur fond naturellement de profondes mutations sociales et économiques (dévaluation du CFA, ‘démocratisation’ de façade, faillite des États, exaspération des inégalités, prévarication, délinquance, exode rural, déracinement, replis communautaires, islamisme, antisémitisme), vite attribuées souvent à l’Occident rapace …

Extraits:

(…)

A la mi-août, le Cameroon Post, hebdomadaire de langue anglaise, fait pour la première fois état d’émeutes suivies de lynchages dans les bourgades de Limbé, Tiko, Muea et Batoké, toutes situées au pied des monts Cameroun, à un vol de busard de la frontière. Devant l’ampleur du phénomène, les forces de sécurité sont mises en alerte et opèrent rapidement de nombreuses arrestations dans la communauté nigériane de la bourgade pétrolière de Limbé, changée en cocotte-minute par la rumeur qui, selon l’hebdo Le Messager, couvait depuis le Noël précédent. Toute personne suspectée de sortilège sera désormais mise en garde à vue ; une façon comme une autre de protéger les suspects du lynchage en passe de devenir le sport local quotidien.

Ce qui n’empêche pas les émeutes de se multiplier. Trois morts et une dizaine de blessés en l’espace d’une seule semaine. Dès lors, chacun connaissant au moins quelqu’un qui a vu ou connaît quelqu’un qui a vu quelqu’un dont le sexe a été rétréci par un Nigérian, la psychose gagne à une vitesse fulgurante. Elle emprunte les transports en commun, gagne les villes voisines jusqu’aux environs de Douala et remonte vers le centre du pays. « Tous les hommes se promènent les mains bien enfoncées dans les poches et refusent d’échanger des poignées de mains », s’inquiète l’AFP dans une dépêche du 20 août 1996 émise de la capitale, Yaoundé, où la rumeur qui est annoncée fait craindre l’embrasement de la ville. Le risque est réel car la cité ne s’est jamais vraiment remise de cette terrible année 1978 où pareille rumeur, imputée à une vieille sorcière irascible, avait obligé les habitants à protéger de palmes le seuil de leurs maisons, seul remède magique capable de détourner le courroux démoniaque. Cette même année, les Camerounais s’en souviennent encore avec effroi, dans le Sud, non loin de Limbé comme par hasard, « les jours de marchés des malfrats faisaient disparaître le sexe des hommes et déplaçaient sur le front celui des femmes ! ».

La trame de cette rumeur naissante n’est pas le fruit d’un délire collectif mais la projection imaginaire des conséquences d’un fait avéré : une escroquerie montée par de faux colporteurs de médicaments mais vrais charlatans ambulants. Le scénario de l’arnaque, pratiquée par un duo de compères haoussas gonflés, sera invariable dans les pays que la rumeur va traverser. Toujours le même film. Sur un marché, une gare routière, à un carrefour, un étranger demande des renseignements à l’autochtone, il lui serre la main ou lui tape sur l’épaule. Puis il poursuit son chemin. Alors tout va très vite : la personne touchée par l’inconnu éprouve un frisson glacial ou bien une chaleur intense, des picotements ou encore de vives démangeaisons. Autant de signes qui annoncent la disparition imminente du sexe qui aussitôt se recroqueville, pire qui disparaît au plus profond du corps. Comme par miracle, un complice s’approche de la victime désemparée : il assure posséder les médicaments permettant au sexe de recouvrer sa taille initiale. Il peut même les lui vendre contre une coquette somme. Une sorte de rançon qui varie, selon les lieux et la qualité des victimes, de cinq mille francs CFA (environ 7,50 €) à sept ou huit cent mille francs CFA !

Une telle crédulité sur fond de magie pourrait a priori faire sourire si elle n’entraînait mort d’homme. Mais c’est ainsi que sont les superstitions ancestrales dont l’origine mythique se situe, dit-on, au cœur des ténèbres de l’Afrique centrale. C’est la remise à jour d’un châtiment millénaire inventé par les dieux pour punir les hommes adultères ou, plus prosaïque, les fainéants qui culbutaient les paysannes dans les champs au lieu de récolter les moissons. Dans le lit de la croyance populaire rurale, une simple affaire d’escroquerie va devenir en quelques mois la première rumeur panafricaine de l’histoire du continent.

Traversant successivement, à la vitesse d’une traînée de poudre, le Bénin, le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et la Mauritanie ; relayée par les médias, enrichie par des centaines de témoignages, elle se nourrit de l’angoisse engendrée par la crise politico-économique pour s’infiltrer dans tous les foyers, et réveille les peurs villageoises enfouies au plus profond des ruelles des cités indigènes.

Mi-octobre, la rumeur repasse la frontière du Nigeria, puis celle du Bénin qu’elle parcourt comme un missile téléguidé avant d’arriver à Lomé, Togo. Elle se répand sur tout le pays. Dans son sillage, la vindicte populaire. Le carnage continue jusqu’à la fin de l’année. Seul changement notable, les nouveaux boucs émissaires sont désormais des Ghanéens, traditionnels bras de la main-d’œuvre immigrée. Bien entendu, ceux-là sont plus nombreux que les Haoussas.

Le Togo n’est séparé du Ghana que par quelques kilomètres de plages qui commencent au centre de Lomé. À pied, en pirogue, en bus, en taxi, en car rapide comme en camion, le bruit des exactions commises contre les Ghanéens brûlés vifs ou lapidés précède la rumeur et arrive à la douane. Le 17 janvier 1997 « Satan s’empare d’Accra ! » annonce, en Une, le Ghanaian Times. « Des hommes aux pouvoirs maléfiques frappent dans la rue », surenchérit la manchette du Daily Grafic. Sept personnes sont lynchées à mort. On assiste alors à un étrange ballet dans les rues : la plupart des hommes se déplacent une main dans leur poche, l’autre devant l’entrejambe. On ne compte plus les blessés. Treize personnes dont deux Nigérians sont arrêtés et placés en détention pour être préservés de la colère de la foule. Le 20 janvier, la presse comptabilise onze cadavres ! Un fantastique dispositif policier est mis en place autour des principales villes, il s’agit de protéger les victimes putatives, des Nigérians essentiellement : Yorubas, Haoussas ou Ibos, promis au lynchage, aux bastonnades mortelles ou tout simplement à être brûlés vifs par le supplice du collier.

Elle court, elle court la rumeur, et n’en finit pas de gonfler. Elle court le long de la route côtière. Pénètre en Côte-d’Ivoire par l’est. Le journal abidjanais Soir Info annonce l’arrivée des « envoûteurs de sexe ». Aussitôt, les premiers cas de disparitions d’organes génitaux sont signalés près de la frontière ghanéenne. La rumeur fond sur Abidjan début février. Elle va s’installer pour de longs mois, dans les quartiers chics ou les cités populaires, à Cocody comme à Treichville, en Zone 4 et à Abobo gare ou Adjamé… On l’entend même près des pistes de l’aéroport essayant de s’envoler pour essaimer bien plus loin. Dans les quartiers périphériques des meutes déchaînées, armées de gourdins, de barres de fer et de machettes, terrorisent les « étrangers ». Un matin, on craint même un pogrom dans le quartier Koumassi, place Inch’Allah, quand les sanguinaires émeutiers entonnent leur nouveau cri de guerre : « Il faut braiser les Haoussas ! » Appel au meurtre qui va résonner dans toute la ville. Résultat ? Dès la première semaine, une dizaine d’innocents seront brûlés vifs ou lynchés. Parfois les deux. Les journaux font leur Une des photographies de cadavres de suspects calcinés, on publie les témoignages hallucinés des victimes. Plus personne n’ose sortir, on ne se salue plus. L’Autre est devenu le Diable. Seuls la confrérie des « trado-thérapeutes » et autres marabouts charlatans se frottent les mains. C’est bon pour le business : sur les marchés aux fétiches, la vente des grigris, poudres magiques et autres amulettes de protection connaît un véritable boom.

Les commissariats de police sont assiégés par les plaignants. Par peur de se faire eux-mêmes lapider, les flics hésitent désormais à intervenir pour protéger les victimes des foules hystériques. Pendant qu’Abidjan est à feu et à sang, la rumeur court toujours, mais ne peut aller plus loin à l’ouest sur la côte car elle est incapable de rivaliser avec les atrocités bien réelles de la guerre civile qui n’en finit pas de déchirer le Liberia frontalier. Deuxième quinzaine de mars, elle bifurque donc et poursuit son chemin vers le nord, par le chemin de fer cette fois. Direction le Burkina Faso, qu’elle traverse pour atteindre, au nord-ouest, le Mali.

Le 28 mars, on apprend que « deux escrocs nigérians auraient fait disparaître le pénis d’un innocent de passage » en plein Sikasso, non loin de la frontière. Les deux ont été tabassés par la foule puis, en piteux état, ils ont été interpellés par la police malienne ; le 3 avril, un prétendu Haoussa est bastonné à mort dans la ronde des taxis de la gare routière. Pendant que la fièvre gagne Bamako, la rumeur flambe à l’est du Burkina et pénètre dans Ouagadougou le 9 avril, vieille cité calme et douce. Il ne lui faudra qu’un mois à peine avant d’atteindre la paranoïa.

Le 13 mai, la goutte d’eau qui fait déborder le canari : une foule en délire est prête à lapider des Ibos dans un quartier populaire de la capitale burkinabè. La police intervient. On ramasse les corps martyrisés de nombreuses victimes. Des cas de disparition de sexe seront signalés chaque jour aux quatre coins de la ville en proie à la psychose. Les autorités organisent une réunion au sommet et publient un appel au calme. Le 20 mai, un communiqué du ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité lance un deuxième appel au calme et rappelle que la loi sera appliquée dans le cas d’actes de violence. « Les fauteurs de troubles seront sanctionnés sans faiblesse » titre le quotidien Sidawaya, daté du 22 mai. En pages intérieures, on lit qu’il est urgent de « procéder à une campagne de sensibilisation au niveau des églises, temples, mosquées et organisations de la jeunesse. Il faut organiser des patrouilles, sécuriser les étrangers, et utiliser la répression contre les fauteurs de troubles ». Riposte visiblement efficace car la rumeur abandonne le Burkina du jour au lendemain !

Peut-on encore parler de rumeur ? Une énorme pieuvre étend désormais ses tentacules sur les pays avoisinants. Elle tente le passage en Guinée, la remontée vers le Niger. Elle est à nouveau secouée de soubresauts au sud du Cameroun et arrive, un rien essoufflée, au Gabon. Le 13 juin, un lycéen aura le sexe réduit au beau milieu de la cour du bahut, au cœur de Libreville. Puis la fièvre retombe dans la forêt gabonaise, les exploits des rétrécisseurs n’intéressent plus personne. Tout se passe comme si la malédiction ne pouvait survivre loin des contrées islamiques propices à sa naissance et à sa propagation. Elle stoppe net aux lisières de cette même forêt qui, jadis, arrêta l’expansion hégémonique de l’islam. Tous les djihad, même les plus guerriers tels que ceux menés par les fantastiques armées peules au XIXe siècle, ont capitulé devant la puissance des génies des bois sacrés de la sylve primaire équatoriale. Peu importe, le monstre a du boulot ailleurs. Le Mali n’en finit pas de se contorsionner. Une demi-douzaine de morts et plusieurs dizaines de blessés. Puis, le céphalopode meurtrier prend le train en gare de Bamako, emprunte la voie ferrée, pénètre dans Kita, met le feu à Kayes, et plonge sur le Sénégal. Lançant ses ventouses vers les faubourgs de Dakar, Ziguinchor et Saint-Louis où il est signalé le 17 juillet. Le lendemain c’est la Casamance.

« À mort les étrangers, tuons tous les “niaks”, ce sont tous des sorciers ! » hurlent les justiciers populaires. Le Sénégal vit un cauchemar : on veut poignarder, lyncher, lapider, brûler vif tout ce qui porte un faciès d’étranger, tous les Haoussas en puissance : Guinéens, Ivoiriens, Za ïrois ou même Sénégalais au look un peu trop broussard, les colporteurs de médecines contre les maux de reins et les asthénies sexuelles. Bilan d’une semaine d’émeutes : sept morts dont un homme dévoré par le feu et un wagon de victimes de la « tragique méprise ». Et ce, rien que dans l’agglomération dakaroise ! Flics, psychologues et juges interviennent dans les colonnes des quotidiens, Le Matin ou Le Soleil. Ils dénoncent ce « fantasme collectif à thème de castration » qui reçoit un fantastique écho dans un pays ou les marabouts-sorciers ont le pouvoir d’éteindre la virilité des hommes. Au Sénégal on appelle cela faire un xala. À la fin des années 1970, le cinéaste Sembene Ousmane s’en est inspiré pour un film éponyme qui fit longtemps un tabac dans les cinés en plein air des quartiers populaires.

« Aujourd’hui avec le règne de la stigmatisation, de la vindicte populaire, de la dénonciation dans un climat de suspicion, d’anonymat, de sentiment de danger, les individus sont fragilisés », enfonce un éditorialiste. « Et, puisque l’opinion publique n’a pas besoin de preuves, parce qu’elle est déjà préparée et ne demande qu’à être conviée au lynchage, la boucle est bouclée. » Un constat. Lucide et sans appel. Qui renvoie à la folie sanguinaire qui a traversé le Sénégal en avril 1989. Quand la chasse au « Nar », au Maure en wolof, a été ouverte dans le pays. Quand les placides Sénégalais coupèrent, pour de vrai, les couilles des Mauritaniens, après les avoir massacrés à coup de machettes, au terme d’horribles chasses à l’homme. Comme par hasard, c’est vers la Mauritanie que se dirige la rumeur maintenant. Le 31 juillet, elle passe le bac sur le fleuve Sénégal à Rosso, et fait sa première victime en terre mauritanienne. Le « coupable », présumé sorcier haoussa, s’avère être malien…

Durant le mois d’août, on n’entend plus parler de rien ; radio-trottoir s’est même murée dans le silence. La nouvelle des condamnations des justiciers coupables de coups et blessures, dénonciation calomnieuse, incitation à la violence, assorties de peines de prison ferme, au Sénégal et au Mali a eu son effet au-delà les frontières. Tout le monde l’espère. Jusqu’au début septembre. Le 2 c’est un coup de tonnerre relayé par l’hebdo Mauritanie-Nouvelles : « La grande frayeur » n’est pas terminée. La rumeur, que tout le monde avait un peu trop rapidement enterrée, vient de sortir de sa tombe. Deux Sénégalais sont à nouveau impliqués dans des affaires de disparition d’organes génitaux à Nouakchott… Puis la capitale maure s’est rendormie dans la torpeur des premiers vents de sable.

Début octobre, l’Afrique de l’Ouest qui a retenu longtemps son souffle, panse les plaies de ses milliers de blessés. Et inhume pieusement ses trois cents morts. Martyrs de la rumeur sorcière…

(…)

Voir aussi:

Panique à Khartoum: Des étrangers serrent la main aux hommes et font disparaître leur pénis
THE MIDDLE EAST MEDIA RESEARCH INSTITUTE
Octobre 23, 2003

En septembre 2003, une hystérie collective a balayé Khartoum, capitale du Soudan, hystérie qui dû être réprimée par une intervention policière et des déclarations du ministre de la Santé. La panique a été provoquée par une rumeur selon laquelle des étrangers parcourant la ville et serrant la main aux hommes, faisaient disparaître les pénis de ces derniers. La rumeur s’est rapidement propagée par des messages écrits téléphoniques, détournant l’attention du public de la percée dans les négociations en cours au Kenya entre le vice-président soudanais Ali Othman et le chef de l’Armée de libération des peuples du Soudan,M. John Garang. [1]

Il existe plusieurs versions de l’histoire, et toutes n’impliquent pas des étrangers: il a d’abord été dit que les malfrats appartenaient à une tribu soudanaise; selon une autre version, un Ouest-Africain serait à l’origine des faits; cet homme unique a bientôt fait place à un groupe d’Ouest-Africains.

Kamal Hassan Bakhit, correspondant d’Al-Qods Al-Arabi, a été le premier à porter le phénomène à l’attention du public au-delà des frontières du Soudan; il affirme que «la source de cette horreur est un citoyen étranger d’un pays ouest-africain parcourant la place du marché de la ville et drainant la virilité des hommes par une poignée de main.» M. Bakhit rapporte que la Police a reçu de nombreuses plaintes concernant une personne appelée «L’Ami de Satan», qu’elle a ouvert une enquête et arrêté un étranger ayant en sa possession des foulards, des ouvrages de sorcellerie et deux millions de livres soudanaises (équivalant à près de 1500 dollars) [2] Voici quelques extraits d’articles abordant le sujet:

Les victimes racontent

Deux des «victimes» ont accepté de raconter leur histoire au quotidien Al-Qods Al-Arabi, édité en arabe à Londres. L’un des deux hommes, le marchand de textiles S. K. A., relate qu’un homme d’une tribu ouest-africaine est entré dans son magasin pour acheter du tissu, et qu’une querelle n’a pas tardé à éclater entre eux deux. Après quoi le client a fortement serré la main du vendeur, jusqu’à ce que ce dernier sente son pénis fondre. Le vendeur est devenu hystérique, et a été transporté à l’hôpital. [3]

Si la majorité des témoignages évoquent des poignées de main, un autre homme, qui a requis l’anonymat, raconte qu’alors qu’il était au marché, un inconnu s’est approché de lui, lui a tendu un peigne et lui a demandé de se peigner. S’exécutant, le premier homme a senti, après quelques secondes, une étrange sensation, et a découvert qu’il avait perdu son pénis. Certains affirment en outre qu’une fois que «l’Ami de Satan vide un homme de sa virilité,»il réclame à sa victime plus de quatre millions de livres soudanaises (environ 3000 dollars) contre sa restitution. [4]

Enquête policière et intervention gouvernementale

Les Soudanais, ne sachant trop comment traiter le problème, ont procédé à l’arrestation de quarante personnes ayant porté plainte ainsi qu’à celle de cinquante autres personnes soupçonnées de sorcellerie et de fraude. Plusieurs Ouest-Africains ont été conduits au poste de Police pour interrogatoire, au milieu de groupes de gens essayant de les attaquer. La Police a déployé un important effort pour disperser les émeutiers.

Des responsables politiques ainsi que du personnel sanitaire sont intervenus pour tenter de calmer la situation. Le procureur général Salah Abou Zayed a déclaré que toutes les plaintes avaient été portées à l’attention d’un comité d’enquête spécial, et que le premier plaignant serait poursuivi pour atteinte à l’ordre public, les docteurs ayant établi qu’il était en parfaite santé. [5] Un autre rapport précise toutefois que les plaignants souffraient de «névrose» et étaient victimes de «suggestion». [6]

Mme Nour Al-Houda, personnage haut placé de la Police, relate: «Nous avons rencontré les suspects et nous sommes aperçus que c’était eux les victimes. Ils sont accusés de faits dont ils ignorent tout (…) L’un des accusés avait appris par sa femme que sa fille, qui souffrait de violentes douleurs, allait subir une opération. Il s’est rué vers l’hôpital, mais s’est arrêté en cours de route pour demander à un homme le chemin de la salle d’opération; il a eu la surprise de découvrir que cet homme l’accusait de faire partie des personnes provoquant l’impuissance par poignées de main. Il a été victime de soupçons de ce type alors qu’il s’empressait de rejoindre sa fille en salle d’opération (…)

A notre avis, il ne s’agit là ni de sorcellerie, ni de magie. Les nombreux jeunes gens à avoir porté plainte étaient victimes de suggestion. Etant [psychologiquement] préparés à un tel événement, ils se sont véritablement cru malades.»

Taha Baasher, éminent psychiatre soudanais, a souligné que ce phénomène était apparenté à celui des femmes qui se croient, à tort, enceintes. [7]

Faire taire les rumeurs

Le procureur-général chargé des affaires criminelles, M. Yasser Ahmed Mohammed, a assuré au quotidien soudanais Al-Rai Al-Aam que «la rumeur a éclaté quand un marchand est allé chez un autre marchand lui acheter du karkady [boisson soudanaise]. Brusquement, le vendeur, victime de sorcellerie, a senti son pénis se ratatiner. Ce fut la première plainte de ce type. L’histoire est ensuite arrivée jusqu’aux médias, ce qui a provoqué une sensibilité particulière chez beaucoup d’autres.» Il ajoute que tous les plaignants ont été envoyés à l’hôpital. Dans tous les cas, le rapport médical établit que les pénis sont en parfait état, et que nul n’a souffert d’atrophie ou de douleurs.

«20% sont venus au tribunal le lendemain retirer leurs plaintes, expliquant qu’ils s’étaient rétablis. Mais certains ont maintenu l’accusation.»

Le ministre soudanais de la Santé, Ahmed Bilal Othman, a annoncé que selon les directeurs d’hôpitaux réunis le 23 septembre en session d’urgence, aucun cas d’impuissance imputé au contexte mentionné plus haut n’avait été constaté. Il a souligné que ce phénomène était dénué de tout fondement «scientifique», et que les coupables étaient la sorcellerie, la magie ou des problèmes d’ordre émotionnel. [8]

L’affaire a attiré l’attention des dessinateurs: Al-Rai Al-Aam a publié des caricatures sur le sujet; l’une d’entre elles représente un homme tendant une fausse main à un autre homme en commentant: «Il vaut mieux prévenir que guérir» [9] ; un autre dessin représente un homme amputé des deux mains confiant à son ami: «Dieu merci, je ne serre la main de personne, et personne ne me serre la main!» [10]

La presse

Dr Abd El-Latif Al-Buni estime, dans le journal soudanais Al-Sahafa, que les politiciens aussi devraient tirer les leçons de l’histoire : «C’en est arrivé au point où une femme accompagnant son mari jusqu’à la porte d’entrée de chez elle lui dit au revoir en précisant: ‘Fais bien attention à ne serrer la main d’aucun homme, mais tu peux serrer la main des filles autant que tu veux’ (…) Craignant de perdre son mari, elle est prête à partager [son mari avec d'autres femmes], même s’il s’agit là d’un partenariat forcé. Il en va de même [des négociations] de paix au Kenya: les concessions sont nécessaires si nous ne voulons pas perdre le Soudan dans son ensemble. Si la femme permet à son mari d’approcher d’autres personnes de son sexe, les politiciens peuvent bien renoncer au gain politique.» [11]

Jafar Abbas, chroniqueur soudanais résidant à l’étranger, élabore sur le sujet dans deux articles, l’un paru dans Al-Watan, et l’autre dans Al-Rai Al-Aam. Dans son article d’Al-Watan, Abbas écrit: «Même si ce que j’écris aujourd’hui doit nuire au tourisme au Soudan, je considère qu’il est de mon devoir d’enjoindre toutes les personnes désireuses de se rendre au Soudan à ne pas serrer la main d’hommes au teint sombre. Et vu que la plupart des Soudanais ont le teint sombre, il vaut mieux éviter de serrer la main des inconnus (…)»

Faisant référence au rapport du Soudanais ayant perdu son pénis après avoir utilisé un peigne, Abbas écrit: «Il ne fait aucun doute que ce peigne était un robot chirurgical contrôlé par laser, qui pénètre le crâne, [descend] jusqu’à la partie inférieure du corps et castre les hommes!

Je voudrais dire à la victime de ce peigne électronique: ‘Espèce de crétin, comment pouvez-vous porter à la tête le peigne d’un inconnu, quand même les gens de la même famille évitent d’utiliser le même peigne?’»

C’est un complot sioniste

En conclusion, Abbas écrit: «Cet homme qui, rapporte-t-on, est originaire d’Afrique occidentale, est un agent sioniste impérialiste envoyé pour empêcher la population de procréer et de se multiplier. (…)» [12]

Dans son article d’Al-Rai Al-Aam, Abbas écrit: «J’avais prévu de visiter le Soudan pendant le congé de l’Aïd Al-Fitr, et j’ai économisé autant de dollars que j’ai pu dans ce but (…) mais j’ai entendu parler de l”Ami de Satan’, à qui vous serrez la main avant de découvrir que vous n’êtes plus un homme. Est-il concevable qu’un homme sensé choisisse de visiter une ville saisie par l’horreur de la castration?! (…)

Je paie [mes impôts] au gouvernement, j’amène de l’argent à ma famille [de l'étranger], et il faudrait en plus que je paie un homme qui me dérobe de ce que j’ai de plus cher et exige ensuite que je lui rachète les biens volés?! (…)

Nos femmes dominent dans les services publics et les cours à l’université. Les hommes au Soudan sont aujourd’hui en droit de fonder une Association des droits de l’homme soudanais ; tout ce qui reste de notre masculinité réside dans nos caractéristiques biologiques essentielles, et voilà que quelqu’un veut nous en priver!»

Abbas évoque de nouveau «l’incident du peigne»: «Ce qui me conduira malgré tout à exécuter mon plan téméraire de visite au Soudan est que l’un des hommes dont ‘l’équipement’ a été confisqué déclare que la confiscation est intervenue après que l’un d’eux lui eut tendu un peigne et demandé de se peigner (…) Personne ne l’a forcé à le faire. La victime aurait pu refuser de se peigner les cheveux.

Si jamais je rencontre ce monstre, je lui demanderai comment il a pu porter le peigne d’un autre à sa tête! Il est vrai que nous sommes un peuple de dingues, et que 10 d’entre nous utilisent la même serviette. Chaque foyer possède plusieurs peignes, mais hélas, ces derniers disparaissent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un peigne dégoulinant de graisse que tous utilisent. Mais cette situation se limite en général au cadre familial. Nous n’utilisons généralement pas les peignes de personnes que nous ne connaissons pas, sauf chez le coiffeur!

Que nul parmi vous ne croie qu’il peut se protéger de la castration en évitant de serrer la main d’hommes ressemblant à des Ouest-Africains – vu que ceux qui perpètrent ces merveilles et miracles viennent d’Afrique occidentale. A quoi ressemble un homme d’Afrique occidentale? Il est noir? Existe-t-il seulement un Soudanais blanc?» [13]

[1] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 24 septembre 2003.

[2] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[3] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[4] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[5] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 23 septembre 2003.

[6] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 24 septembre, 2003.

[7] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 9 octobre 2003.

[8] Al-Rai Al-A’am ( Soudan), le 24 septembre 2003.

[9] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 26 septembre 2003.

[10] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 1er octobre 2003.

[11] Al-Sahafa (Soudan), le 23 septembre 2003.

[12] Al-Watan (Arabie Saoudite), le 24 septembre 2003.

[13] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 29 septembre 2003.

Voir également:

Sarkozy complexé devant Obama selon Newsweek
Julie Cloris
Le Parisien
02.10.2009

L’hebdomadaire américain Newsweek du 5 octobre fait sa Une européenne sur Nicolas Sarkozy, titrant sur le «complexe d’Obama» dont souffrirait le président français et consacrant un long article aux points communs entre les deux hommes malgré des relations sans confiance ni complicité.

Comme son homologue américain, Nicolas Sarkozy éprouve un besoin viscéral «d’être à l’avant de la scène», estime l’auteur de l’article, le journaliste Christopher Dickey, qui dirige le bureau parisien du grand hebdomadaire américain. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon lui, le président de la République semblait légèrement en retrait à Pittsburgh, lors du G20, où le Premier ministre birtannique Gordon Brown et Obama semblaient, eux, jouer jeu égal. Sarkozy apparaissait «comme s’il était le témoin de mariage d’un homme qu’il ne connaît pas», écrit Dickey, se fiant au langage du corps.

L’article s’interroge sur les relations entre les deux hommes, «Obama (semblant) parfois à peine remarquer son homologue français bourré de tics». Mais il dresse un portrait plutôt flatteur du président français. Pour Dickey, Nicolas Sarkozy, arrivé au pouvoir un an et demi avant Obama, lui a montré la voie dans bien des domaines, «des pirates somaliens à l’Iran en passant par le G20, la prime à la casse, la taxe carbone, l’+afghanisation+ de la guerre en Afghanistan, la manière d’aborder la belligérance russe et les ouvertures de paix envers la Syrie». Et Newsweek de noter qu’Obama et son administration feraient mieux de choyer un peu l’Elysée s’ils veulent obtenir son soutien sur les grands thèmes internationaux. Sans compter que l’hyperactif «Sarkozy n’est pas quelqu’un qu’on veut voir travailler contre soi», conclut l’article.

L’hebdomadaire américain, publié à 3 millions d’exemplaires aux Etats-Unis mais diffusé à 4 millions outre les frontières américaines, a déjà consacré plusieurs articles élogieux au président de la République française, l’inscrivant parmi les 50 personnalités les plus puissantes du monde, et estimant que «le palais de l’Elysée est redevenu l’adresse n°1 en Europe».

Voir enfin:

Sarkozy’s Obama Envy
Christopher Dickey

NEWSWEEK
Published Sep 26, 2009
From the magazine issue dated Oct 5, 2009

* From the Editors (2)
* Sarkozy vs. Villepin: a Scandalous French Lawsuit
* Denis MacShane: Obama and Europe

See All

* Recommended (6)
* More Etiquette Woes for Aloha President
* A Bloody Battle
* Sarkozy Looking To Play Crucial Role In Gaza
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* Letters: ‘The Taliban in their own words’
* Obama, Dems Vary Widely on Afghan Policy

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Facing down Iran, French president Nicolas Sarkozy stood shoulder to shoulder with President Barack Obama and British Prime Minister Gordon Brown in Pittsburgh last week. Or so it might be said. The statements of all three were consistent as they denounced the Islamic Republic’s construction of a secret nuclear facility. But in this stage show of solidarity, body language sent a different message. Obama and Brown really did stand side by side. Sarkozy stood apart, looking a little like he’d been asked to stand as best man at a stranger’s wedding.

Perhaps in his gut he thought this should have been his show—or at least his and Obama’s. The G20 that all were attending is a forum that Sarkozy pushed to create last year. And Sarkozy’s government has taken the lead in confronting Iran over its nuclear intentions.

Sarkozy wants to lead: he made it clear last year he didn’t want to step down from the European presidency when his six-month term was over. Sarkozy wants to act: he’s shown that in such faraway venues as the Gulf of Aden, where French troops were the first to stop payments to, and start shooting at, Somali pirates. And Sarkozy can claim, with some justification, that where he has led, Obama has followed.

Since Sarkozy became president in the summer of 2007, a year and a half before Obama took the oath of office, he has been out in front of the United States on issues ranging from Somali pirates, Iran, and the G20, to Cash for Clunkers, a carbon tax, the “Afghanization” of the Afghan war, coping with Russian belligerence, and opening the door to peace with Syria. His style is to be everywhere at once and all the time—the hyperprésident, as the French press calls him—and in that, too, Obama sometimes seems to be following his lead.

But he’s not. In fact, relations between the two leaders have been far from ideal or always effective. It’s sometimes unclear if Obama even notices his hyperkinetic counterpart. And that explains the ambitious Parisian’s Obama obsession. Few people outside France expect the leader of the world’s fifth-largest economy to set the global pace on major issues. But Sarkozy, sometimes known as l’Américain at home, has often tried to do just that. Under him the Paris-Washington partnership has become in many ways the most dynamic bilateral relationship in the Atlantic alliance, and one that helps set the global agenda. As their speeches at the United Nations and the G20 last week made clear, both he and Obama are committed internationalists with a similar vision of the new, more just and regulated world economic order. But—and this is part of the problem—both also expect to be at the forefront of any initiative: Obama because he is president of the United States, and Sarkozy because he’s so ambitious, and the French are so ambitious for their president.

The question that haunts Sarkozy is whether anyone sees him as part of a globe-beating tandem—and whether this team will ever achieve its potential. The two presidents’ very different personalities can collide: Obama, smiling but aloof, treats Sarkozy as one of many not-quite-equals in Europe, while Sarkozy, the backslapper, likes to call the U.S. president his “buddy,” but hasn’t had the favor returned. Watching the two of them onstage together, as when they appeared at D-Day anniversary commemorations in Normandy in June, is like watching the diminutive tough-guy actor Joe Pesci—all twitches and attitude—playing against Denzel Washington, all dignity and reserve. When Obama decided not to hang around for a family photo op with Sarkozy, the Élysée’s fury at the perceived slight was a sensation in the Paris press.

Sarkozy’s Obama complex is now a subject of persistent media speculation in France—and could become a real problem if the Obama administration doesn’t make more of an effort to understand it. This isn’t just a matter of policies and personalities, but of politics. In France’s troubled banlieues, many young people of African and Arab origin who once sported Che T shirts now wear Obama’s image instead. A recent Transatlantic Trends poll shows that Obama has a phenomenal 88 percent approval rating in France, while Sarkozy generally scores under 50. As some French journalists cautioned the new U.S. ambassador to France recently in a private meeting, if Sarkozy ever fears that the American president might try to bypass him and appeal directly to the French people on important issues, then Sarkozy’s testy friendship could turn to bitter enmity.

Last week, TV interviewer David Pujadas dared to ask Sarkozy directly whether there was a “competition for leadership” between him and Obama. “There’s no competition,” insisted Sarkozy, hardly concealing his chagrin. “I know my place. I preside over a big country. He is president of the No. 1 economic force in the world.” Citing the oft-forgotten history of “friendly ties” between the two nations, Sarkozy declared that “we have an interest in having Mr. Obama succeed.” But he took pains to say that he wouldn’t hesitate to cross swords with Obama on some issues, like commerce—citing his efforts to close a lucrative deal to sell advanced fighter aircraft to Brazil. While Obama had reportedly lobbied Brazilian President Luiz Inácio Lula da Silva over the phone on behalf of the Boeing F-18, Sarkozy had gone to Brasília himself to seal (some might say steal) the deal for the French-European Rafale.

Clearly this is not the kind of sympathique partnership that British Prime Minister Margaret Thatcher enjoyed with President Ronald Reagan. But Sarkozy clearly wishes it were. And no wonder. The problem isn’t ideological. Both Sarkozy and Obama are realists headed toward the same pragmatic center on many global issues. They may differ on specific questions, like whether to put a ceiling on bonuses for financial executives, but they agree on basic matters, like the need to create a better global financial regulatory system.

Both men campaigned with slogans about a fundamental break with the past (which was quite a feat for Sarkozy, who had served in the previous government). And once elected, both seemed to try to change everything at once. Sarkozy pushed for a radical rethinking of environmental policies; so, too, Obama. Sarkozy instituted a highly successful program to buy up old cars and subsidize the purchase of new, more ecofriendly ones. So, too, Obama. Sarkozy put the Middle East at the center of his foreign-policy initiatives, opening up to Syria and focusing on Iran’s nuclear threat. So did Obama. Only Sarkozy did all that before Obama had even taken his oath of office.

Sarkozy, always a showoff, was also much more blunt about a strategy that can come across as manic. In January 2008, when he had spent eight months in office (as Obama has now) and was facing criticism for taking on too many projects and delivering on too few, he told reporters, “You can’t hope to get results unless you change everything at the same time.” To do otherwise is to let the forces opposed to change gang up on you, he said, and then everything grinds to a halt. “The French ought to know this: I have a passion for action and I want to act,” he announced. Obama, by contrast, has never invoked the I word—it’s always about what’s practical.

Such differences in style risk having a further impact on substance. Take Afghanistan. Under Sarkozy, France rejoined the integrated command structure of NATO this year, and responded to the Bush administration’s pleas for more allied troops in Afghanistan by raising France’s contingent to almost 3,000. But the way Sarkozy calls attention to these changes again and again in public suggests he feels he hasn’t gotten enough credit for them. Now Obama wants still more from his allies. But an embittered, underappreciated Sarkozy might be tempted not to cooperate.

Such differences would be easier to smooth over if the two leaders shared the kind of full trust that the French call complicité. They don’t. The U.S. president is a tough politician from the Chicago school, but not quite tough enough for the Frenchman. Sarkozy has managed to co-opt or crush virtually all opposition. (He’s even had his most bitter Gaullist rival, former prime minister Dominique de Villepin, put on trial for an alleged smear campaign against him.) Obama’s inability to do something similar and bulldoze his opponents in order to push through his own agenda appears to have frustrated Sarkozy. Obama is “courageous” and “understands what is at stake,” Sarkozy told an interviewer last week, “but he is out in front of his country.” This past spring, Sarkozy reportedly told a group of parliamentarians having lunch at the Élysée that Obama “has never run a ministry in his life,” and “he’s not always up to the decision making and effectiveness.”

All the more pity, then, that the two men aren’t closer. For when the partnership works, it brings some striking results, as Sarkozy marshals not only France’s resources, but Europe’s. A good example is Somalia. Last winter, multiple multinational flotillas tried to cope with the rising threat to international shipping posed by pirates off the Horn of Africa. NATO proved ineffective, as did an ad hoc force the United States cobbled together out of Bahrain. The warships’ commanders proved reluctant to shoot at the pirates, and seemed unsure what to do with them if they captured them. And the Kalashnikov-toting corsairs just kept upping the ante. So Sarkozy worked with the European Union to create a much more aggressive force and also forged an agreement with Kenya allowing captured pirates to be offloaded there for trial. When Somalis seized the American-crewed Maersk Alabama and took its captain hostage in April, the U.S. Navy followed the by-then well-established precedents set by the French. It kept the pirates far out at sea, and when snipers got clear shots at the hostage takers, they pulled the trigger, killing the Somalis and freeing the captain.

“Now everything is operating very smoothly,” says a U.S. official who works closely with France on NATO and related issues but isn’t authorized to talk about them. “Sarkozy is an activist we can work with.” More than that, the implication goes, he’s not somebody you want working against you.

With Tracy McNicoll in Par


Antisémitisme: Ne pas désespérer Montfermeil (I’m a semite, how could I be an antisemite?)

3 septembre, 2009
Judios go home! (Venezuelan graffiti, Feb. 2009)
What freedom looks like at night (Mideast)
J’ai dit: “Je brûlerai tous les livres israéliens moi-même, si jamais j’en trouvais un seul” ; c’était une hyperbole, une manière un peu populaire de dire qu’il n’y en a pas. Je suis sémite, comment serais-je antisémite? Farouk Hosni (ministre de la Culture égyptien)
Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil. Pierre Jourde
Comment peut-on être “immigré, victime, et antisémite”?

A l’heure où, après la direction de la Commission des droits humains et de la Conférence sur le racisme attribuée aux parangons de vertu démocratique libyen, iranien et cubain, l’ONU s’apprête à offrir la présidence de l’UNESCO à un ministre de la Culture égyptien conspué dans son propre pays pour cause d’antisémitisme trop tiède …

Retour sur un texte de décembre 2008 de l’universitaire et écrivain Pierre Jourde qui circule actuellement sur le net sous le titre “Les Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable”.

Et qui a le mérite, avec la cinglante ironie qu’on lui connait, de remettre un certain nombre de pendules à l’heure.

Notamment sur la magie de l’antiracisme moderne qui, “grâce à la bonne fée Israël, évite à nos chères têtes blondes des banlieues et à leurs divers portes-voix de “s’interroger sur leurs propres insuffisances”, “transformant ainsi une vieille crapulerie raciste en militantisme de damnés de la terre”.

Et surtout sur “le scandale d’une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption”!

Morceaux choisis:

Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse. Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie.

Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France. La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de guinéens par les Antillais.

Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort.

Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil.

Il ne faut pas désespérer Montfermeil
Nos anti-feujs de banlieue seraient-ils de banals antisémites ?
Pierre Jourde
Causeur
12 décembre 2008

Pierre Jourde est romancier (“Paradis noir” sortira chez Gallimard en février), essayiste (“Littérature monstre” vient de paraître) critique littéraire (“La littérature sans estomac”) et professeur à l’université de Grenoble III, du moins tant que quelque chose comme l’université existe encore, ça ne devrait pas durer.

L’antisémitisme nouveau est arrivé. Il remporte un certain succès parmi ce que les journalistes appellent, à leur manière pateline, les jeunes des quartiers, c’est-à-dire, en gros, parmi des adolescents issus de l’immigration africaine. Evidemment, le phénomène gêne un peu. Pour le prêt-à-penser de gauche, il était plus facile d’envisager le bon vieil antisémitisme à la Drumont, que l’on pouvait tranquillement imputer au seul Français de souche. Comment ? immigré, victime, et antisémite ? Ça n’existe pas, ce n’est pas possible. Ou alors, il y a des excuses. Cette excuse est toute trouvée : elle s’appelle Israël. Tout va bien : l’antisémitisme n’est plus de l’antisémitisme, c’est de l’antisionisme. Et comme le sionisme, depuis 1975, est assimilé au racisme, être antisioniste, c’est être antiraciste.

Les jeunes d’origine maghrébine ne font après tout qu’exprimer leur solidarité avec les frères palestiniens opprimés. Entre victimes de l’injustice et du néocolonialisme, il faut bien s’entraider. De même, les jeunes gens originaires d’Afrique noire ne s’attaquent aux Juifs que parce que ceux-ci incarnent à leurs yeux l’esclavagisme, selon la pertinente analyse historique de la tribu Ka et de Dieudonné. Merci, bonne fée Israël. Grâce à ta baguette magique, tu transformes une vieille crapulerie raciste en militantisme de damnés de la terre. Que ferions-nous sans toi ?

Les Palestiniens sont victimes d’une injustice inacceptable. Soit. Depuis soixante ans, sans relâche, les médias du monde entier se focalisent sur ce conflit. On se dit tout de même que la rentabilité injustice/information est très faible, si l’on ne considère que le rapport entre le nombre de morts et la quantité de papiers et d’images déversés sur le monde en général, et les masses arabes en particulier. Même rentabilité faible si l’on prend en compte la quantité de personnes concernées, importante certes, mais moins qu’en d’autres lieux de la planète. Quant aux atrocités commises, n’en parlons pas, une plaisanterie.

Au nombre de morts, de réfugiés, d’horreurs, il y a beaucoup mieux, un peu partout. Remarquons, à titre d’apéritif, qu’avec la meilleure volonté du monde, Tsahal aura du mal à exterminer autant de Palestiniens que l’ont fait, sans états d’âmes, les régimes arabes de la région, notamment la Syrie, le Liban et la Jordanie, qui n’en veulent pas, eux non plus, des Palestiniens, et qui ont peu de scrupules humanitaires lorsqu’il s’agit de s’en débarrasser. Mais Israël est un coupable idéal, non seulement dans nos banlieues, mais en Europe en général. Nous le chargeons de toute notre mauvaise conscience d’anciens colonisateurs. Une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, voilà un scandale. Il faut donc bien que cela soit intrinsèquement coupable, sinon où serait la justice ? L’injustice est avant tout israélienne. Ce n’est même pas un fait, c’est une métaphysique.

Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse. Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie. Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens. Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France. La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de guinéens par les Antillais. Pourquoi seulement Israël ? A moins que la haine d’Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n’est pas possible, bien entendu.

Israël, 20.000 km2, 7 millions d’habitants, dont 5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu’ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l’Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l’injustice. C’est bon, de se sentir animé par une juste colère. C’est bon, d’éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux “jeunes des cités” que les deux millions d’Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement. Ne leur dites pas qu’Israël soutient financièrement la Palestine. Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. Ne leur dites pas que l’université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanes voilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d’Alexandrie. Il en reste trente aujourd’hui. Ne leur demandez ce qu’il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s’ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s’il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro-israéliens dans les pays arabes. Ne leur dites pas que le négationnisme ou l’admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu’il s’est agi d’illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d’Alexandrie a choisi d’exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce faux antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort.

Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ? Il ne faut pas désespérer Montfermeil.

Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l’informateur de menteur, d’agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste. Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s’interroger sur ses propres insuffisances.

http://www.lesechos.fr/depeches/culture-art-de-vivre/afp_00178959-unesco-le-candidat-egyptien-a-la-direction-generale-dans-les-feux-de-la-controverse.htm

Unesco: le candidat égyptien à la direction générale dans les feux de la controverse
Les Echos/AFP
Christophe de ROQUEFEUIL
01/09/09

Le ministre de la Culture égyptien, Farouk Hosni, défend sa candidature controversée à la tête de l’Unesco en bataillant contre les accusations d’antisémitisme qui pèsent sur sa campagne à l’étranger, et les attaques, à domicile, le jugeant trop conciliant envers Israël.

Cette candidature “repose sur une philosophie de base: la réconciliation entre les peuples”, assure le ministre dans un entretien à l’AFP.

Pas favorable en tant que ministre à une normalisation complète entre son pays et l’Etat hébreu sans paix signée avec les Palestiniens, il affirme toutefois que s’il dirige l’Unesco il fera de cette instance “un lieu de rapprochement pour toute la région, sans exception”.

M. Hosni doit se rendre à partir de jeudi à Paris pour soutenir sa candidature devant les 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour la Culture, qui se réunissent du 7 au 23 septembre pour choisir le futur directeur général parmi une dizaine de candidats.

Des prises de position anti-israéliennes de M. Hosni ont provoqué un malaise dans de nombreuses chancelleries, surtout après qu’il eut affirmé en 2008 qu’il “brûlerait lui-même” les livres israéliens qu’il trouverait dans les bibliothèques égyptiennes.

Des personnalités juives, comme le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel ou l’écrivain Bernard-Henri Levy, se sont indignées de sa possible accession à la tête de l’Unesco, en soulignant qu’il n’en était pas à sa première déclaration “nauséabonde”.

Un récent article dans la prestigieuse revue américaine Foreign Policy jugeait cette candidature “scandaleuse”, et accusait M. Hosni de faire écho à une “judéophobie rampante” dans les milieux intellectuels de son pays.

M. Hosni, qui a déjà affirmé dans le journal Le Monde “regretter” ses propos sur les livres israéliens, s’efforce toujours de calmer le jeu.

“C’était dans le cadre d’une dispute avec un fondamentaliste islamiste dans les couloirs du Parlement. J’ai dit ça comme on aurait dit +Go to hell, va au diable+. Dans le monde entier on dit des choses comme ça. C’est une phrase sortie de son contexte”, assure-t-il.

“Si j’étais antisémite, pourquoi aurais-je engagé la restauration des synagogues du pays depuis 1998?”, plaide-t-il. Et de promettre que s’il dirige l’Unesco, aller en Israël ne lui posera “aucun problème”.

Mais les propos apaisants de M. Hosni, à la tête du ministère de la Culture depuis 22 ans, lui valent en retour du fil à retordre en Egypte, où certains l’accusent de ménager Israël –qui a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à sa candidature– afin de conserver ses chances pour l’Unesco.

“Je suis très fâché contre lui. Le fait qu’il s’excuse de cette manière me blesse”, affirme le poète égyptien Abderrahmane al-Abnoudi dans la revue pro-gouvernementale Al-Moussawwer.

Déjà l’an dernier 26 intellectuels égyptiens avaient dénoncé “une soumission humiliante aux exactions israéliennes pour un profit personnel”, après qu’il eut accordé un entretien à un quotidien israélien.

M. Hosni répond qu’en tant que ministre, il reste opposé à ce stade à la normalisation totale avec Israël malgré la paix conclue avec l’Egypte en 1979. “La normalisation viendra en son temps, mais pas maintenant. Quand la paix sera établie (avec les Palestiniens), je serai le premier à normaliser”, affirme-t-il.

Malgré ce climat polémique, M. Hosni estime à ce jour avoir l’appui de 32 pays sur les 58 membres du Conseil exécutif, la plupart des autres étant encore indécis. Prudent, il souligne toutefois que “dans toute élection, il faut rester méfiant jusqu’au bout”.


Statistiques: A quand les attaques terroristes et les violences urbaines statistiquement représentatives? (Counter-profiling to balance racial figures?)

2 juillet, 2009
Racial profilingDans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste. Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. Lord Carlile
L’étude peut apporter des enseignements. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société”. Commissaire Marie Lajus (porte-parole de la préfecture)
Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité”, dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe “une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches”. L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public. Le Monde
L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence: non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être. (…) En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux. Fabien Jobard et René Lévy (rapport du CNRS)
La mesure statistique de la “diversité” (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité. Auteurs d’un contre-commission (dont Elisabeth Badinter, Hervé Le Bras, Alain Blum et Jean-François Amadieu)

Ah, on comprend enfin pourquoi le Pleurnicheur en chef ne tient pas tellement à être vu avec notre Sarkozy national avec ses “racaille” et ses “kärcher”!

Probabilité de contrôle 7,8 et 6 fois plus élevée selon l’ethnie ou près de 5 fois plus selon le type de vêtements arborés, contrôles le plus souvent sans incident mais avec fouille ou palpation de sécurité dans la moitié des cas …

Le profilage, on le voit, a encore de beaux jours devant lui et nos encapuchonnés, barbus ou enturbanés de quoi s’inquiéter.

Du moins si l’on en croit une étude que vient juste de publier le CNRS.

Opération quasi-secrète (en un pays où nombre de chercheurs font toujours de la résistance contre toute statistique ethnique ou raciale) financée par la fondation américaine du milliardaire Georges Soros (l’Open society institute), celle-ci analyse 525 opérations de police sur une population totale de 37 000 entre deux stations de métro parisien à fort trafic (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Mais au moins nos policiers ont la chance de ne pas avoir de statistiques raciales officielles comme au Royaume-Uni où, comme le rapportait récemment un député, les policiers en sont venus, pour ne pas être accusés de discriminations et pour s’assurer de statistiques raciales équilibrées, à ne contrôler que des “non-musulmans”.

D’où la question, sur laquelle nos Ben Laden et Fofana doivent nul doute passer des nuits blanches: à quand donc les attaques terroristes et les violences urbaines racialement neutres ou équilibrées?

Et si la Halde les assignait en justice… pour pratiques d’embauche discriminatoires?

La police mise en cause pour ses contrôles au faciès
Luc Bronner
Le Monde
30.06.09

La police française pratique à grande échelle des “contrôles au faciès”. Une étude scientifique, conduite dans la plus grande confidentialité, montre que les forces de l’ordre effectuent des contrôles d’identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d’être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs; pour les seconds, elle est six fois plus importante. Ces résultats, publiés mardi 30 juin, ont été obtenus par l’observation du travail policier à Paris (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Financés par une fondation américaine créée par le milliardaire Georges Soros, l’Open society institute – imperméable aux débats actuels sur la pertinence des statistiques ethniques dans le modèle français – les enquêteurs ont ainsi secrètement décrypté 525 opérations de police, relevant notamment l’âge, le sexe, la tenue et le profil ethnique des individus contrôlés pour les comparer avec ceux des personnes (37 000 au total) passant à proximité. Sans tabou : contrairement aux traditions françaises, ces individus, qui restent anonymes, sont désignés par la couleur de leur peau (“Blanc”, “Noir”, “Arabe”, etc.).

L’étude confirme, en lui donnant un caractère scientifique, ce qu’expriment, depuis des années, les minorités visibles en France. Jusqu’à présent, en effet, les enquêtes réalisées s’appuyaient uniquement sur des sondages déclaratifs, sans vérification possible et avec des échantillons réduits. “L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être”, indique le rapport, rédigé par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy.

Les chercheurs constatent que les tenues portées sont aussi des critères décisifs dans les choix policiers. “Bien que les personnes portant des vêtements aujourd’hui associés à différentes “cultures jeunes” françaises (” hip hop”, “tecktonic”, “punk” ou “gothique”, etc.) ne forment que 10 % de la population disponible, elles constituent jusqu’à 47 % de ceux qui ont effectivement été contrôlés”. Comme deux personnes sur trois arborant ce type de tenues (capuches, etc) font partie des minorités visibles, les auteurs retiennent l’hypothèse que les vêtements sont aussi, indirectement, des marqueurs ethniques.

La plupart des quelque 500 contrôles observés se sont déroulés sans incident. Dans la moitié des cas, les contrôles ont toutefois débouché sur une fouille ou une palpation de sécurité – sans que les pratiques soient significativement différentes entre Arabes, Noirs et Blancs. Ce que confirment les personnes contrôlées, interrogées ensuite, discrètement, par les scientifiques : seules 3 % ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant; 76 % ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires; 6 % ont souligné que la police s’était comportée de manière respectueuse et polie. Mais le bon déroulement des contrôles n’empêche pas les populations ciblées d’exprimer leur colère, surtout face à leur caractère répétitif.

Les auteurs parlent d’”effets délétères” pour les rapports entre la population et les policiers, citant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis 2005. “Les contrôles sont en effet fréquemment au cœur de l’antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d’être la cible de contrôles d’identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement”. Ils soulignent que le cadre juridique “permissif” laisse aux policiers “un large pouvoir discrétionnaire”.

L’Open society institute émet une série de recommandations. D’abord en suggérant l’enregistrement par les patrouilles du profil ethnique des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des opérations – une démarche interdite en l’état du droit. Ensuite en modifiant le code de procédure pénale pour limiter les risques de discriminations. Enfin, en exigeant des policiers qu’ils expliquent systématiquement les motifs du contrôle aux citoyens concernés.

Contactée, la préfecture de police de Paris a fait part de son “intérêt” pour ces résultats. “L’étude peut apporter des enseignements, explique la commissaire Marie Lajus, porte-parole de la préfecture. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société”.

Voir aussi:

Des chercheurs s’alarment du “retour de la race”
Laetitia Van Eeckhout
Le Monde
30.06.09

La “racialisation de la société française” est-elle en marche ? Convaincus que les travaux du Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd) mis en place en mars sous l’égide du gouvernement par le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, portent en germe ce risque, 22 chercheurs et universitaires de disciplines diverses se sont réunis pendant deux mois au sein d’une contre-commission : la Commission alternative de réflexions sur les “statistiques ethniques” et les discriminations (Carsed). Le fruit de ses travaux, un ouvrage collectif titré Le Retour de la race (éd. de L’Aube), a été présenté lundi 29 juin.

C’est la composition même du Comedd, partiale selon eux, qui a poussé ces universitaires à se réunir. “Le choix des membres du Comedd semble avoir été motivé par le seul critère d’une position ouvertement favorable aux statistiques ethniques”, assurent-ils.

Une affirmation à nuancer : chargé d’”évaluer les dispositifs et outils nécessaires à l’observation et à la connaissance de la diversité et des discriminations en France”, le Comedd réunit des personnalités de sensibilités différentes sur le sujet. La CGT ou la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour ne citer qu’elles, ont des positions prudentes sur la question de la mesure de la diversité. Et c’est pour réussir à produire un rapport solide, mais aussi “le plus consensuel possible”, que François Héran, le président du Comedd, a décidé de remettre son travail mi-septembre et non fin juin comme prévu initialement.

Avant d’être un support de propositions alternatives, le “contre-rapport” cherche à dénoncer le “leurre” de la réflexion engagée au Comedd. “La mesure statistique de la “diversité” (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité”, affirment dans leur introduction les chercheurs parmi lesquels figurent la philosophe Elisabeth Badinter, les démographes Hervé Le Bras et Alain Blum, le sociologue Jean-François Amadieu.

COMMUNAUTARISATION

Or soutiennent-ils, “en développant une vision de la société durablement fragmentée selon les critères d’origine, donc figés”, une telle classification ethnique, “aboutit à terme à la fragmentation et à la concurrence entre “communautés” avec chacune ses lobbies, ses victimes, ses exclusions, son entre-soi, sa solidarité limitée aux membres du groupe alors que l’Etat républicain a la mission de l’assurer pour tous”. Ils insistent sur un fait : si, “dans certaines discriminations, une composante raciste est présente, dans la plupart, l’influence des inégalités est déterminante”.

Selon eux, “au lieu de s’acharner ou de fantasmer sur la construction d’une mesure illusoire”, le gouvernement devrait se saisir de la question des moyens existants pour réduire les discriminations, tel le CV anonyme, dont les décrets d’application ne sont toujours pas sortis.

De même, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) devrait, selon la contre-commission, voir ses pouvoirs renforcés, “pour pouvoir par exemple mener des opérations de testing à assez grande échelle”.

En somme, ce qui manque aujourd’hui, assurent ces chercheurs, c’est avant tout “une volonté gouvernementale”.

Voir également:

Police: la réalité des « contrôles au faciès » établie
Ce que dit la loi
Le Monde
01.07.09

La règle générale. « Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité », dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe « une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction ; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches ». L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public.

Les réquisitions des procureurs. L’article 78-2 prévoit que les procureurs prennent des réquisitions écrites autorisant les contrôles, dans des lieux et pour une durée limités, afin de poursuivre certains types d’infractions. Dans les faits, ils se contentent de valider les demandes de la police. Ces dispositions, qui peuvent autoriser les fouilles de véhicules, sont utilisées régulièrement dans les quartiers sensibles.

Voir de même:

Royaume-Uni: contrôles antidiscrimination?

Le Monde
01.07.09

Au Royaume-Uni, les policiers ont tendance à contrôler des « non-musulmans » pour ne pas être accusés de discriminations. C’est ce qu’a révélé Alex Carlile, membre de la chambre des Lords chargé de superviser l’application des lois antiterroristes, dans un rapport publié le 17 juin.

« Dans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste », a expliqué Lord Carlile, ajoutant : « Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. »

Depuis 2006, les contrôles menés dans le cadre de la loi antiterroriste ont été multipliés par trois. Les Noirs et les personnes originaires d’Asie du Sud sont les plus visés.

Voir aussi:

Le contrôle au faciès démontré par A + B
C.B.
Libération
30/06/2009

A Paris, un Noir ou un Maghrébin a plus de chance de se faire contrôler par la police qu’un Blanc. Pas vraiment surprenant mais une étude vient d’en faire la démonstration.

«Contrôle au faciès», «délit de sale gueule», «profilage racial», quels que soient les termes que l’on préfère retenir, c’est une réalité en France. A grande échelle. Une étude menée par deux chercheurs du CNRS et rendue publique ce mardi vient apporter la démonstration scientifique de cet état de fait jusqu’alors ressenti mais non quantifié. Selon cette étude, un Noir a six fois plus de chances d’être contrôlé par la police qu’un Blanc, un Arabe (ou perçu comme tel) 7,8 fois plus.

Les chercheurs, Fabien Jobard et René Levy, dont l’étude a été financée par une fondation américaine, l’Open society institute (créée par le milliardaire Georges Soros) se sont concentrés sur les opérations de police menées entre octobre 2007 et mai 2008 dans deux espaces parisiens: à la gare du Nord et à Châtelet-les-halles.

«Les policiers perpétuent des stéréotypes»

L’observation s’est faite en deux temps. Première phase, des observateurs placés aux points d’accès de chacun des sites ont passé au crible les passants, en recensant plusieurs critères: âge, sexe, origine, vêtements, gros sac ou non (dans la perspective du plan vigipirate). Une fois définie cette «population de référence», les observateurs ont suivi les policiers pour scruter 525 contrôles, en relevant les mêmes critères.

Résultat: plus que sur les comportements des gens, les policiers se fondent sur l’apparence. La couleur de peau («Blanc», «Noir», «Arabe») mais aussi les vêtements, un jeune sous une capuche, habillé hip hop ou tecktonik ayant plus de chances d’être contrôlé puisque appartenenant souvent à une minorité visible. «En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux», constatent les auteurs.

«Perte de confiance»

Les observateurs ont également interrogé plusieurs personnes controlées pour savoir si elles avaient perçu du racisme dans l’intervention. Seules 3% ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant. 76% ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires, 6% ont considéré que les policiers s’étaient comportés de manière respectueuse.

Ce qui fait dire aux chercheurs que ce n’est finalement pas tant le contrôle en lui-même que son caractère répétitif qui est mal ressenti, conduisant à des «effets délétères» sur les rapports police-population et à la «perte de confiance envers le système de la justice pénale français».

L’Open society institute, qui a conduit plusieurs études dans différents pays sur cette question, émet des recommandations. Parmi elles, l’enregistrement par les patrouilles, à l’aide d’un formulaire, du profil racial des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des contrôles. Idée difficilement applicable en l’état dans le droit français et alors que les partisans des statistiques raciales ont bien du mal à s’imposer.

Voir enfin:

Profiling Minorities: A Study of Stop-and-Search Practices in Paris
OSI
June 2009

Police officers in Paris consistently stop people on the basis of ethnicity and dress rather than on the basis of suspicious individual behavior, according to a report released by the Open Society Justice Initiative.

The report documents over 500 police stops over a one-year period and across five locations in and around the Gare du Nord train station and Châtelet-Les Halles commuter rail station.

The data show that Blacks were between 3.3 and 11.5 times more likely than Whites to be stopped; while Arabs were stopped between 1.8 and 14.8 more times than Whites. The study also found a strong relationship between people’s ethnicity, particular styles of clothing worn by young people, and the likelihood that they would be stopped.

The report recommends a number of reforms to identity check practices in Paris, including reform of law and policies that allow ethnic profiling; an explicit ban on discrimination by police officials; stronger criteria for the “reasonable suspicion” required to stop persons; and enhanced record keeping and review of stops to assess their impact and promote better practice.

The complete report is available for download below in English and French.


Tintin/80e: Tous les travers de l’Amérique y sont représentés (Tintin in Amerikkka)

31 mai, 2009
Tintin in AmerikaTintin in Amerika (original black nanny)
Tintin in Amerika (whitened nanny)
African slaves on route to Mecca (Red Sea sharks)
Nous, Occidentaux, devons dénoncer fermement tout ce qui est américain dans sa maison, ses vêtements, son âme. George Duhamel (“Scènes de la vie future”, 1930)
Il y a du grabuge en perspective parce que le capitalisme et les capitalistes français sont en train de craquer. Ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne vieille révolution. Olivier Besancenot (2009)

Le seul endroit acceptable pour ce livre est dans un musée, avec un grand panneau indiquant ‘âneries racistes à l’ancienne’. Commission for Racial Equality
Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : “Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !”, etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. George Rémy (dit Hergé, 1971)
Dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l’esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!… (…) Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un “raciste”, je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! Hergé (1971)
Moi, Monsieur, je ne veux pas aller à La Mecque. (…) Dans mon village, trois jeunes hommes sont partis pour La Mecque … Deux ans déjà déjà … Et jamais revenus … Ils sont sûrement esclaves maintenant… Je ne veux plus aller à la Mecque, moi, Monsieur. Personnage africain de “Coke en stock” (1958)
On a souvent dit d’Hergé qu’il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l’abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c’était son voeu initial d’envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l’Amérique y sont représentés: L’alcoolisme, le début de la « malbouffe », la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l’exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s’engagera encore et y dénoncera cette fois l’impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l’assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic d’esclaves. Fontaine Peter
Et si, contre toute attente, le reporter du Petit Vingtième avait finalement plus en commun avec le petit facteur de Neuilly qu’avec le national-poujadiste, octogénaire lui aussi, de Trinité-sur-mer?

Au lendemain, en cette année du 80e anniversaire de Tintin, de l’inauguration (polémique à souhait avec l’interdiction des photos par ses héritiers) et à la veille de l’ouverture du Musée Tintin de Louvain-la-Neuve dans la banlieue de Bruxelles ….

Avant, suite à sa première incursion en 1931, son grand retour en Amérique dans deux ans et sur grand écran avec la très attendue adaptation du “Secret de la Licorne” par Steven Spielberg, une trilogie étant même prévue …

Machinisme, “malbouffe”, alcoolisme, dérives de la prohibition, guerre des gangs, kidnappings, corruption policière, carences de la Justice, exécutions sans procès, exploitation et spoliation des Indiens, lynchage des Noirs …

Retour sur l’un des secrets apparemment les mieux gardés de l’auteur de “Tintin au Congo”.

A savoir, derrière les sempiternelles accusations d’anti-bolchévisme primaire (“Tintin aux pays des soviets”) et de racisme anti-noir (“Tintin au Congo”), le fait que Georges Rémy était en fait un anti-impérialiste et tiers-mondiste pur et dur digne de nos Georges Duhamel d’alors (“Scènes de la vie future” sont , avec le journal satirique Le Crapouillot, l’une de ses sources d’inspiration) ou de nos Besancenot actuels dont le Pleurnichard en chef de Chicago lui-même pourrait être fier.

Car, comme le montre un texte trouvé sur le net (d’un certain Fontaine Peter), après ses publications sous la Belgique occupée dans un journal aux mains des nazis qui lui valurent une interdiction de publier pendant deux ans après-guerre et l’album de commande contre la Russie stalinienne, y a-t-il un travers de l’Amérique qu’il n’ait dénoncé dans son “Tintin en Amérique” de 1931?

Sans parler, outre les centaines de corrections auxquelles il s’est dûment soumis tout au long de sa carrière (“Tintin au Congo” compris, mais aussi la blanchisation en 1973 des portier d’hôtel et porteuse du bébé de “Tintin en Amérique”!), sa dénonciation des trafiquants de diamants (organisé par Al-Capone ! – “Tintin au Congo”), de drogue (“Les Cigares du Pharaon”, “Le Lotus bleu” et “Le Crabe aux pinces d’or”) et d’esclaves (“Coke en Stock”), l’invasion de la Chine par le Japon dans les années 1930 et la lâcheté des Européens retranchés dans leurs concessions de Shanghaï (“Le Lotus bleu”).

L’identité des cerveaux desdits trafics ne pouvant d’ailleurs prêter à confusion.

Outre le banquier Blumenstein financier new-yorkais de l’expédition concurrente de “l’Etoile mystérieuse “…

Et le marchand qui lui dispute le fétiche sacré de “L’Oreille cassée” (“nez crochu, cheveux huilés et crépus, petites bésicles et frottage de mains en signe manifeste d’avarice”) …

Ou le tristement célèbre Al Capone de “Tintin en Amérique” …

Le sinistre Rastatopoulos et faux producteur de cinéma des “Cigares du Pharaon” derrière l’odieuse filière esclavagiste de “Coke en stoke” comme de l’ignoble trafic d’opium du Lotus bleu, n’est autre, derrière le milliardaire américain d’origine grecque qui l’incarne, que le capitalisme américain le plus sauvage

Tintin en Amérique, une Bande Dessinée engagée?

Fontaine Peter
I) Critique du mode de vie des Américains
a) économie et Industrie
Hergé critique le mode de vie Américain dans Tintin en Amérique, notamment les usines alimentaires qui sortent de terre un peu partout à cette époque et le début de la nourriture industrielle de mauvaise qualité fabriquée à la chaine qu’on appelle aujourd’hui la « malbouffe »: Le patron de l’entreprise est prêt à jeter Tintin dans la broyeuse comme les animaux rentrent d’un coté sur un tapis roulant et ressortent de l’autre coté sans aucune intervention humaine “Vous voyez …Les bœufs arrivent par ici, sur un tapis roulant à la queue-leu-leu….. et ils sortent à l’autre bout, sous forme de corned beef, de saucisses, de saindoux, etc.”)

Il critique aussi l’apparition des”villes champignon” proches des lieux où l’ont trouve en abondance des ressources naturelles tels que le pétrole par exemple :

b) Gang, Police et Corruption
Hergé dénonce aussi la guerre des gangs qui fait rage depuis toujours dans ce pays. (“Je vous offre une prime de 20000 dollars si vous me tuez Al Capone”). La corruption policière est aussi représenté de plusieurs façon, dans un premier cas ce sera un policier qui salue un gangster. Dans d’autres cas on voit que les associations de malfaiteur ont pignon sur rue sans intervention de la police.

Dans les vignettes suivantes, on apprend que les kidnappings sont fréquents en Amérique. Les gangs les pratiquent afin de récolter des fonds (“votre chien ne vous sera rendu que contre une rançon de 100 000 dollars”).

c) Les dérives de la prohibition

L’alcoolisme des américains durant la prohibition est aussi critiqué dans cet album, ici Hergé nous montre avec humour le shérif tomber complètement ivre au pied d’un panneau qu’il a lui même planter afin de prévenir les citoyen des peines encourues en cas d’alcoolisme.

II) L’exploitation des Indiens

Hergé nous montre aussi dans cette case pathétique, la place des Indiens aux États-Unis, certains de ces Indiens ne sont là que pour être pris en photo tels des sites touristiques. Mais aussi, la facilité des Américains à spolier les Indiens de leurs terres lorsqu’il y a un intérêt financier derrière. Là on peut voir que l’américain achète pour vingt cinq dollars les terres (“Voici vingt-cinq dollars, vieil hibou”) avec le soutien de l’armée qui, une heure après l’achat, expulse les Indiens

III) Dénonciation des carences de la Justice américaine

Pour finir, Hergé dénonce aussi la justice Américaine, le lynchage et la pendaison arbitraire de Noirs (« J’ai donné l’alarme, on a immédiatement pendu sept nègres, mais le coupable s’est enfui… »,
« 44 nègres ont été lynchés »). Mais aussi l’auto-défense et la justice aveugle par les citoyens sans procès. Dans la vignette suivante Tintin se retrouve au bout d’une corde sans comprendre pourquoi. Le bourreau est encouragé par les spectateurs qui crient « A mort! »

Conclusion

On a souvent dit d’Hergé qu’il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l’abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c’était son voeu initial d’envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l’Amérique y sont représentés: L’alcoolisme, le début de la “malbouffe”, la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l’exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s’engagera encore et y dénoncera cette fois l’impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l’assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic
d’esclaves.

Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l’hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock. Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi.

Voir aussi:

Vu & commenté
Le petit Abdallah campe à Moulinsart
Dominique Dhombres
Le Monde
12.12.07

Question spectacle, le colonel Kadhafi n’a pas raté son entrée. Une heure de retard à Orly, qui a obligé Michèle Alliot-Marie, l’air renfrogné, à grelotter pour l’attendre dans le froid et sous la pluie.

Une limousine blanche interminable, un cortège d’une centaine de voitures, et bien sûr les athlétiques jeunes femmes en treillis qui lui servent de gardes du corps. Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l’hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock.

Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi. On pouvait suivre toutes ces facéties dans les journaux télévisés et sur les chaînes d’info, car le colonel était incontestablement, lundi 10 décembre, le héros du jour. On le voyait avancer lentement, et même très lentement, en gandoura brune et toque noire, dans la cour de l’Elysée. Il n’avait pas foulé ce gravier depuis 1973. Il savourait son plaisir. Question polémique, le colonel était également servi. Cela avait commencé tôt lundi matin avec l’entretien donné au Parisien par Rama Yade dans lequel celle-ci expliquait que la République n’était pas « un paillasson ». Plus tard dans la journée, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, après avoir affirmé qu’elle ne démissionnerait pas, restait obstinément muette.

Bernard Kouchner ajoutait un gag à cet ensemble déjà fourni en déclarant, l’air mutin, qu’il ne pourrait se rendre au dîner donné lundi soir à l’Elysée en l’honneur du colonel car, « heureux hasard », il était retenu à Bruxelles pour des réunions importantes. Cela faisait un peu désordre, et Nicolas Sarkozy jugeait utile d’intervenir à son tour. « La France reçoit un chef d’Etat qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme », disait-il. L’argument selon lequel « la France parle à tout le monde » était classique. Les contrats industriels et d’armement aussi, d’ailleurs. Plus originale était la dénonciation des donneurs de leçons du Café de Flore. Nicolas Sarkozy visait probablement Bernard-Henri Lévy. Dans le flot de déclarations des uns et des autres, un propos se détachait. Il émanait d’un expert sur tout ce qui concerne le colonel Kadhafi. Sur LCI, Roland Dumas interprétait la phrase récemment prononcée par ce dernier à Lisbonne : « Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme. » L’ancien ministre des affaires étrangères y voyait « davantage une tentative d’explication scientifique ou historique qu’une justification du terrorisme ». Le colonel a acquis de nouveaux fans, mais il en conserve quelques anciens.

Voir enfin:

Toutes les opinions sont libres, y compris celle de prétendre que je suis raciste… Mais enfin, soit! Il y a eu Tintin au Congo, je le reconnais. C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque: «Les nègres sont de grands enfants… Heureusement pour eux que nous sommes là! etc…» Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le plus pur esprit qui était celui de l’époque, en Belgique. Plus tard, au contraire, dans Coke en Stock – et même si l’on parle «petit nègre» -, il me semble que Tintin fait assez la preuve de son anti-racisme, non?… C’est comme avec les romanichels des Bijoux. L’attitude de Tintin et celle du capitaine Haddock sont identiques: ils prennent leur défense, à l’encontre de tous les préjugés. Seulement dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l’esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!… Pour le Congo, tout comme pour Tintin au Pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. En fait, Les Soviets et le Congo ont été des péchés de jeunesse. Ce n’est pas que je les renie. Mais enfin, si j’avais à les refaire, je les referais tout autrement, c’est sûr. Et puis quoi qu’il en soit, à tout péché miséricorde!… Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un «raciste», je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! Et mes Chinois du Lotus Bleu? Souvenez-vous des avanies que les Blancs leur faisaient subir… Je ne cherche pas à m’excuser: j’avoue que mes livres de jeunesse étaient typiques de la mentalité bourgeoise belge d’alors: c’étaient des livres «belgicains»!…

Blumenstein/Bohlwinckelc J’ai effectivement représenté un financier antipathique sous les apparences sémites, avec un nom juif: le Blumenstein de L’étoile mystérieuse. Mais cela signifie-t-il antisémitisme?… Il me semble que, dans ma panoplie d’affreux bonshommes, il y a de tout: j’ai montré pas mal de “mauvais” de diverses origines, sans faire un sort particulier à telle ou telle race. On a toujours raconté des histoires juives, des histoires marseillaises, des histoires écossaises. Ce qui, en soi, n’a rien de bien méchant. Mais qui aurait prévu que les histoires juives, elles, allaient se terminer, de la façon que l’on sait, dans les camps de la mort de Treblinka et d’Auschwitz?… A un moment donné, j’ai d’ailleirs supprimé le nom Blumenstein et je l’ai remplacé par un autre nom qui signifie, en bruxellois, une petite boutique de confiserie: bollewinkel. Pour faire plus “exotique” je l’ai ortographié Bohlwinckel. Et puis, plus tard, j’ai appris que ce nom était, lui aussi, un véritable patronyme israélite!

Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé , 1971, pp, 74- 75.


ONU: Quand j’entends le mot culture, je sors mon Farouk! (UN: When I hear the word culture, I reach for my Farouk!)

24 mai, 2009
(The Office of War Information, 1943)Quand j’entends le mot culture, j’arme mon Browning! Thiemann (personnage de la pièce de 1933 du poète lauréat d’Hitler Hanns Johst sur le “martyr nazi” Albert Leo Schlageter exécuté pour sabotage dans la Ruhr par les Français en 1923)
S’ils disent la même chose que le Coran, ils sont inutiles; s’ils le contredisent, ils sont nuisibles; dans les deux cas, il faut les détruire. Calife Omar Al-Farouk (bâtisseur de la Mosquée du Rocher et brûleur de la Bibliothèque d’Alexandrie en 642)
J’ai dit: “Je brûlerai tous les livres israéliens moi-même, si jamais j’en trouvais un seul” ; c’était une hyperbole, une manière un peu populaire de dire qu’il n’y en a pas. Je suis sémite, comment serais-je antisémite? Farouk Hosni (ministre de la Culture égyptien)
Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres. Farouk Hosni (avril 2001)
La culture israélienne est une culture inhumaine; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier. Farouk Hosni (juin 2001)
Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l’université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd’hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd’hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l’avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à “trois millimes”. Farouk Hosni (novembre 2006)
Chaque année se tiennent en France des célébrations pour les “homosexuels” et il s’y rend pour célébrer avec eux. Ragab Helal Hemeida (député égyptien)
Je tends personnellement à croire que les porcs en vie aujourd’hui descendent de ces Juifs, et c’est pourquoi Allah nous en a interdit la consommation en ces termes: ‘Seront pour vous interdits [à la consommation] les charognes, le sang et la chair du porc [Coran 5:3].’ En outre, l’une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c’est là la preuve qu’ils descendent des Juifs. Tous les porcs de la Terre seront détruits par Jésus au Jour du Jugement. Cheikh Ahmad Ali Othman (inspecteur des affaires relatives à la Dawa au ministère égyptien des cultes, extrait d’une fatwa demandant l’abattage des porcs, 9 mai 2009)
L’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture –ISESCO- a appelé tous les Etats membres à boycotter le Salon international du Livre à Paris dont l’invité d’honneur est Israël à l’occasion du 60e anniversaire de sa création. ISESCO (le 26 février 2008)
Plasticien ayant longtemps vécu à Rome et à Paris, cet homme, qui ne fait pas vraiment mystère d’une discrète homosexualité, cultive une image de progressiste ouvert à la modernité occidentale et luttant avec ténacité contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux. Yves Gonzalez-Quijano
Il faut, sans délai, en appeler à la conscience de chacun pour éviter que l’Unesco ne tombe aux mains d’un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, répond par l’autodafé. Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel

A l’heure où le pays qui avait jadis recueilli la Sainte famille détruit aujourd’hui les églises, vitriole les jeunes chrétiennes et, profitant de la menace de l’épidémie de grippe porcine, appelle à détruire le seul moyen de subsistance d’une partie de sa population chrétienne

Appel à l’autodafé de livres israéliens, invitation de négationnistes à venir mettre en doute la Shoah à la télé, bloquage de l’ouverture d’un musée juif, interdiction de la présentation d’un film israélien au festival de cinéma du Caire, opposition à toute normalisation culturelle avec Israël 30 ans après les accords de Camp David …

Après la résolution “sionisme= racisme”, le pogrom symbolique de Durban, la Libye à la présidence de la commission des droits de l’homme (depuis 2003) et tout récemment une conférence sur le racisme présidée par la Lybie, l’Iran et Cuba et ouverte par le rayeur de cartes en personne …

Devinez qui l’ONU nous propose, avec le soutien des pays arabes et de l ‘Europe (dont l’Italie, l’Espagne et la France – date de clôture des candidatures le 30 mai prochain!), à l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète?

Comme nous le rappelions il y a un an et quelques rares personnalités françaises dans Le Monde il y a quelques jours, il ne s’agit rien de moins que l’inamovible ministre de la culture égyptien Farouk Hosni.

Qui depuis plus de 15 ans (entre – cherchez l’erreur ! – une courageuse condamnation du voile et une visite à nos fêtes sodomites?) multiplie les déclarations les plus littéralement incendiaires contre l’Etat avec lequel son propre pays a signé un traité de paix il y a maintenant 30 ans …

Unesco: la honte d’un naufrage annoncé

Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel
Le Monde
21.05.09

Qui a déclaré en avril 2001 : “Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres” – et a réitéré deux mois plus tard : “La culture israélienne est une culture inhumaine ; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier” ?

Qui a expliqué en 1997, et l’a répété ensuite sur tous les tons, qu’il était “l’ennemi acharné” de toute tentative de normalisation des rapports de son pays avec Israël ? Ou encore, en 2008, qui a répondu à un député du Parlement égyptien qui s’alarmait que des livres israéliens puissent être introduits à la bibliothèque d’Alexandrie : “Brûlons ces livres ; s’il s’en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous” ?

Qui, en 2001, dans le journal Ruz Al-Yusuf, a dit qu’Israël était “aidé”, dans ses sombres menées, par “l’infiltration des juifs dans les médias internationaux” et par leur habileté diabolique à “répandre des mensonges” ? A qui devons-nous ces déclarations insensées, ce florilège de la haine, de la bêtise et du conspirationnisme le plus échevelé ?

INCENDIAIRE DES COEURS

A Farouk Hosni, ministre de la culture égyptien depuis plus de quinze ans et, à coup sûr, le prochain directeur général de l’Unesco si rien n’est fait avant le 30 mai, date de clôture des candidatures, pour arrêter sa marche irrésistible vers l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète.

Pire : les phrases que nous venons de citer ne sont que quelques-unes – et pas les plus nauséabondes – des innombrables déclarations de même teneur qui jalonnent la carrière de Farouk Hosni depuis une quinzaine d’années, et qui, par conséquent, le précèdent lorsqu’il prétend à un rôle culturel fédérateur à l’échelle du monde contemporain.

L’évidence est donc là : Farouk Hosni n’est pas digne de ce rôle ; Farouk Hosni est le contraire d’un homme de paix, de dialogue et de culture ; Farouk Hosni est un homme dangereux, un incendiaire des coeurs et des esprits ; il ne reste que très peu de temps pour éviter de commettre la faute majeure que serait l’élévation de Farouk Hosni à ce poste éminent entre tous.

Nous appelons donc la communauté internationale à s’épargner la honte que serait la désignation, déjà donnée pour quasiment acquise par l’intéressé lui-même, de Farouk Hosni au poste de directeur général de l’Unesco. Nous invitons tous les pays épris de liberté et de culture à prendre les initiatives qui s’imposent afin de conjurer cette menace et d’éviter à l’Unesco le naufrage que constituerait cette nomination.

Nous invitons le président égyptien lui-même, en souvenir de son compatriote Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, qui doit, à l’heure qu’il est, se retourner dans sa tombe, nous l’invitons, pour l’honneur de son pays et de la haute civilisation dont il est l’héritier, à prendre conscience de la situation, à désavouer de toute urgence son ministre et à retirer, en tout cas, sa candidature.

L’Unesco a, certes, commis d’autres fautes dans le passé – mais cette forfaiture-ci serait si énorme, si odieuse, si incompréhensible, ce serait une provocation si manifeste et si manifestement contraire aux idéaux proclamés de l’Organisation qu’elle ne s’en relèverait pas. Il n’y a pas une minute à perdre pour empêcher que soit commis l’irréparable.

Il faut, sans délai, en appeler à la conscience de chacun pour éviter que l’Unesco ne tombe aux mains d’un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, répond par l’autodafé.

Bernard-Henri Lévy, philosophe ;

Claude Lanzmann, cinéaste et directeur de la revue Les Temps modernes ;

Elie Wiesel, écrivain et Prix Nobel de la paix en 1986.


Discriminations: Nous ne sommes pas des sorciers (Albinos under threat as Africa struggles with its long witchcraft heritage)

15 mai, 2009
Brazilian albino pride
Nous ne sommes pas des sorciers. (…) C’est prouvé par la science… Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Kisangani, RD Congo)
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières.
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujoud’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressourcs religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Le massacre de sorcières dans la région remonte à des siècles, depuis au moins la colonisation néerlandaise des îles qui sont par la suite devenues l’Indonésie. Bien que légalement injustifiable, le massacre de sorcières a longtemps servi de mécanisme aux villages ruraux pour expulser les comportements antisociaux. TU Bagus Ronny Nitibaskara (anthropologue, université d’Indonésie)
C’est un phénomène très profond, qui ne pourra être résolu que par une lutte plus efficace contre les discriminations et les hiérarchies sociales et “mélaniques”, héritées de la colonisation. Pap Ndiaye
Tout ce qui est beau dans nos vies nous vient de la civilisation occidentale. (…) Le retard horrible dans lequel vivent certaines nations est le résultat inévitable de leur refus de [l'apport occidental] et de leur attitude consistant à se réfugier dans le déni et l’arrogance.(…) La civilisation occidentale a accordé la priorité à l’individu et subordonné ses institutions, lois et procédures à ce principe, tandis que dans la civilisation ancienne, l’individu [n'] était [qu'] une dent dans l’engrenage. (…) La seule civilisation qui reconnaît et respecte l’homme en tant qu’individu est la société occidentale (…) La civilisation occidentale est son propre produit et ne doit rien à aucune autre civilisation, hormis la civilisation grecque. Ibrahim Al-Buleihi (membre du Conseil saoudien de la Shura)

Salif KeitaYellowman (Jamaica)Johnny Winter (Texas)Connie Chiu (Chinese top model)Shauna Ross (African male model)The Albino codePowderSpidermanVictimes d’une affection qui sous des dizaines de formes plus ou moins visibles touche la planète entière animaux compris (1 cas pour 20.000 naissances, 0,005 % mais jusqu’à 1/1000 sous le cruel soleil africain) …

Soupçonnés de contaminer les gens à distance et cibles des crachats et de toutes les insultes (“sorcier blanc”, “enfants de djins” ou “de petit Blanc café au lait”, “fantômes” – sans compter les stéréotypes des films nigérians ou occidentaux à la “Matrix” ou “Da Vinci code”!) …

Privés d’accès à l’éducation à l’emploi et au mariage (et donc condamnés à une consanguinité ne pouvant que perpétuer leur handicap) …

Exclus du berceau à la tombe comprise de la compagnie des autres (infanticide, tombes cachées et scellées hors village) …

Accusés de sorcellerie et de pratiques magiques (jusqu’au soupçon d’immortalité) …

Mais aussi – ambivalence typique envers les groupes exclus – en même temps recherchés (selon le principe de la pensée magique qui veut que celui qui fait du mal est aussi le mieux placé pour guérir) pour leur pouvoirs bénéfiques

Au point de devenir la proie, jusqu’à l’assassinat et notamment à la veille de compétitions électorales ou sportives, d’un trafic lucratif d’organes destiné à des sorciers …

A l’heure où, de Durban au Vatican ou à la Maison Blanche, notre Occident n’a de cesse de battre sa coulpe …

Et que, poussant la lucidité jusqu’à reconnaître les limites de l’islam et les apports de la civilisation occidentale, quelques rares musulmans se sentent obligés de la réduire à sa seule dimension grecque, faisant ainsi l’impasse sur ses fondements judéo-chrétiens …

Pendant que certains trop pâles s’efforcent de se brunir et d’autres trop foncés tentent de se blanchir …

Retour sur le dernier chantier en date inspiré par ce singulier “souci des autres et des victimes” d’un Occident pourtant si vilipendé

A savoir cette longue lutte contre les superstitions et les pratiques magiques dans laquelle est à son tour engagée le Tiers-Monde et dont ces sortes de nouveaux (ou derniers) cagots que sont aujourd’hui les albinos pour l’Afrique sont les plus récentes victimes …

Extraits:

“Ces parties du corps sont vendues en Tanzanie. Ces gens disent qu’ils vont gagner 600 millions de shillings (380.000 euros) pour chaque corps d’albinos.

Procureur burundais

“Un groupe de bandits armés de fusils a attaqué hier à 21h00 la maison d’une albinos de six ans du nom de Cizanye à Bugongo. Ces malfaiteurs l’ont décapitée avant de couper ses jambes et ses bras, qu’ils ont emportés avec eux.”

Rémi Sengiyumva (administrateur de la commune de Kinyinya)

“Personne n’achète l’albinisme au marché. C’est un fait de Dieu et toutes les femmes peuvent mettre au monde des albinos.”

Mme Bouaré (mère d’un enfant albinos, Mali)

“C’est la première fois que je vois la dépouille d’un albinos car on m’a toujours appris que les albinos ne meurent pas.”

Jean-Pierre Obambi (ingénieur des travaux publics)

“Nos ancêtres nous ont toujours appris à tirer un cheveu après être entré en contact avec un albinos. Même si on le voit de loin, il faut toujours le faire. Cette couleur est contagieuse et peut généralement se transmettre par la simple vue et quand on ne le fait pas, on peut être frappé d’un mauvais sort”.

Jean-Pierre Obambi

“Les albinos sont des personnes comme vous. Nous ne sommes pas des sorciers. Nous ne manquons que de la mélanine qui rend la peau noire. C’est prouvé par la science…”

Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Kisangani, RD Congo)

“Ils auraient des forces surnaturelles, ils pourraient prédire l’avenir, jeter des mauvais sorts et apporter la richesse. (…) Au moment des compétitions électorales, les albinos sont convoités par les candidats. Pendant cette période nous devons rester chez nous. Les albinos ne sont plus perçus comme des êtres humains mais comme des objets sacrificiels convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes. (…) Les superstitutions tendent à diminuer en Afrique car les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie. (…) Les associations ont très peu de moyens pourtant le continent est l’un des plus touchés par cette infection.”

Fédéré Sanon (président de l’association pour les personnes albinos ANIPA basée au Burkina Faso)

“Les personnes me suivaient pour me donner des cadeaux pour que je leur porte chance, j’ai toujours refusé. (…) Je ne suis presque jamais sortie de chez moi, par peur que l’on me fasse du mal. (…) Les Africains me regardent bizarrement, ils me toisent. Ils ont peur de moi. Je suis partie du Burkina Faso pour échapper aux croyances mais elles me poursuivent jusqu’en France.”

Korotomi Traoré (jeune femme burkinabé membre de l’association française pour les albinos Genespoir)

“Quand je suis né, mon père ne voulait pas de moi, heureusement le reste de ma famille l’a convaincu de me garder pensant que j’étais une bénédiction.”

Anguy Bajikila Mudimba (président d’Albinos sans frontières (ASF) en République démocratique du Congo)

Les albinos, victimes de sacrifices humains
Les croyances autour de l’albinisme persistent en Afrique
Stéphanie Plasse
Afrik
3 mai 2008

Génie des eaux, devin, mi-homme mi-dieu, tels sont les attributs que l’ont prête, dans certains pays d’Afrique, aux albinos. Recherchés pour leurs soi-disant pouvoirs bénéfiques ou maléfiques, ils sont souvent victimes de sacrifices humains. Pour mettre un terme aux croyances et aux pratiques occultes qui en découlent, des associations se battent au quotidien pour que les albinos ne soient plus marginalisés. Reportage.

Ils sont nombreux en Afrique à être atteints de cette maladie, l’albinisme, qui se caractérise par une absence de pigmentation. Outre les problèmes de vue et les risques de cancers de la peau directement liés à cette infection, les albinos font l’objet de croyances persistantes en Afrique. Malgré des campagnes de sensibilisation, les sacrifices humains ont toujours cours sur le continent [1]. Ainsi, il n’est pas rare de voir dans les journaux africains, à la rubrique des faits divers, le meurtre d’un albinos.

La persistance des sacrifices humains

L’ambivalence et l’ambiguïté que représente un être blanc né de deux parents noirs alimentent les croyances et les pratiques occultes autour des albinos. Dans la plupart des cas, c’est la femme qui est tenue responsable de cette maladie. « On l’accuse d’avoir dormi enceinte à la belle étoile dans un endroit interdit ou d’avoir été infidèle à son mari pendant la grossesse » explique à Afrik.com Fabéré Sanon, le président de l’association pour les personnes albinos (ANIPA) basée au Burkina Faso. On attribue souvent des pouvoirs maléfiques ou bénéfiques aux albinos. « Ils auraient des forces surnaturelles, ils pourraient prédire l’avenir, jeter des mauvais sorts et apporter la richesse », poursuit M. Sanon. Dans le meilleur des cas, les albinos se font offrir des présents. « Les personnes me suivaient pour me donner des cadeaux pour que je leur porte chance, j’ai toujours refusé » confie Korotomi Traoré, une jeune femme burkinabé arrivée depuis quatre ans en France et membre de l’association française pour les albinos baptisée Genespoir.

Malheureusement, les albinos sont recherchés pour les sacrifices humains, prometteurs en termes d’enrichissement ou d’élévation sociale. « Au moment des compétitions électorales, les albinos sont convoités par les candidats. Pendant cette période nous devons rester chez nous », indique Fédéré Sanon. « Les albinos ne sont plus perçus comme des êtres humains mais comme des objets sacrificiels convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes », ajoute-t-il.

C’est au niveau du corps social que les répercussions sont les plus influentes et les plus fréquentes. Même si cette pratique a tendance à devenir de moins en moins courante, les albinos peuvent être rejetés à leur naissance. « Quand je suis né, mon père ne voulait pas de moi, heureusement le reste de ma famille l’a convaincu de me garder pensant que j’étais une bénédiction », explique Anguy Bajikila Mudimba, le président d’Albinos sans frontières (ASF) en République démocratique du Congo. Souvent, perçus comme un mauvais présage, ils vivent reclus. « Je ne suis presque jamais sortie de chez moi, par peur que l’on me fasse du mal », affirme la burkinabé Korotimi Traoré. Les croyances mènent la vie dure aux albinos. Même en France, ils sont encore victimes de rejet. « Les Africains me regardent bizarrement, ils me toisent. Ils ont peur de moi », confie Mme Traoré. Je suis partie du Burkina Faso pour échapper aux croyances mais elles me poursuivent jusqu’en France », confie-t-elle.

Le rôle des associations en Afrique

« Les superstitutions tendent à diminuer en Afrique car les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie », explique Fabéré Sabon, le responsable d’ANIPA. « Les associations ont très peu de moyens pourtant le continent est l’un des plus touchés par cette infection », ajoute-t-il. Grâce à des campagnes de sensibilisation dans les villages, les albinos sont de moins en moins perçus comme des êtres à part. Un bon espoir pour les malades qui souhaitent à présent que les gouvernements soient plus attentifs aux problèmes de santé liés à l’albinisme.

[1] les pays les plus touchés en Afrique sont le Mali et le Cameroun

Voir aussi:

Kisangani: le dur combat des albinos pour se faire accepter
Pépé Mikwa
Syfia Grands Lacs /RD Congo
21-02-2008

Depuis que les albinos se sont regroupés en association pour lutter contre les préjugés trop répandus sur la couleur de leur peau, et défendre leurs droits, le regard que posent sur eux les habitants de Kisangani change. Même s’il reste encore du chemin à parcourir.

“As-tu déjà vu le cadavre d’un albinos ?”, interroge-t-on souvent dans les rues de Kisangani, quand on parle des personnes albinos. Selon une croyance très répandue dans le chef-lieu de la Province Orientale et dans presque toute la République démocratique du Congo, le corps d’un albinos disparaîtrait en effet après la mort. De nombreux autres préjugés circulent à leur sujet : ils sont sorciers, porte-malheur, inaptes au travail, ils disparaissent la nuit… La naissance dans une famille d’un bébé albinos est dès lors souvent source de conflit. “C’était à chaque fois un choc, une honte et une humiliation pour moi”, raconte Nafi Kifuku, une mère qui a deux enfants de cette couleur de peau.
Pourtant, l’un de rares préjugés “positifs” répandus dans cette région raconte qu’une mèche de cheveu d’un albinos accrochée à un filet de pêche apporte plus de poissons, ou plus d’intelligence à l’élève qui le noue à son stylo…

Pour combattre toutes ces croyances bien ancrées dans la société, les albinos de Kisangani se sont regroupés en Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Aprodepa). A 162 membres, ils font désormais cause commune pour, disent-ils, “changer la perception négative que les gens ont de nous…” Dans les médias, les églises, lors des conférences-débats ou en faisant le porte-à-porte dans des familles, ils font passer des messages forts : “Les albinos sont des personnes comme vous. Nous ne sommes pas des sorciers. Nous ne manquons que de la mélanine qui rend la peau noire. C’est prouvé par la science…”

Briser l’isolement et les préjugés

Partout où ils peuvent se faire entendre, ils expliquent qu’ils ont les mêmes aptitudes physiques et intellectuelles que tout le monde, plaident pour leur accès à l’éducation, à l’emploi et au mariage. Leur président, Jean Janvier Ndumba, est parmi eux un exemple de courage, un homme débarrassé de tout complexe. “Quand j’avais 5 ans, ma mère me mettait du cirage sur mes cheveux pour les noircir”, rappelle-t-il avec humour. Agé aujourd’hui de 40 ans, directeur d’une école de personnes vivant avec un handicap, il a posé sa candidature aux législatives de 2006. “J’ai échoué mais j’ai beaucoup appris de cette expérience”, dit-il.

Pour espérer changer la perception du reste de la société à leur égard, les albinos ont d’abord commencé par briser les barrières qui existaient entre eux. Ils se réunissent, marchent ensemble dans la rue, ce qu’ils ne faisaient pas avant pour ne pas s’attirer le regard des gens. Lors des réunions, ils apprennent des leçons d’hygiène et de “réarmement moral” : toujours porter le chapeau et une chemise manche longue pour se protéger conte le soleil, se laver chaque jour, fréquenter l’école, ne pas se sous-estimer…Ils reçoivent en plus des crèmes solaires, des lunettes et apprennent à coudre ou à tricoter, ce qui leur permet de mieux se valoriser.

Beaucoup reste à faire

Nafi, la mère de deux albinos, reconnaît que la perception des membres de sa famille à l’égard de ses enfants a changé, depuis qu’ils suivent les conseils d’hygiène corporelle à l’Aprodepa. Dans les écoles, le regard n’est pas non plus aussi méfiant envers les élèves albinos. “Mes amis m’acceptent, je joue avec eux”, affirme John Motohato, 6 ans, qui partage son banc d’école avec d’autres petits.

Chargé des relations publiques à l’association, le frère de Jean Janvier, Servain Ndumba ne crie pas encore victoire. “Les gens nous approchent de plus en plus, car ils apprennent des choses qu’ils ignoraient sur l’albinisme, dit-il. Mais il y a encore beaucoup à faire surtout dans les milieux et familles peu lettrés”, où les préjugés ont encore la dent dure.

ENCADRE

L’albinisme, l’absence de pigmentation de la peau, ne frappe pas que les humains. La proportion chez l’homme, qu’il soit noir, blanc ou jaune, est d’un cas sur 20 000 mais les risques sont accrus en cas de mariage consanguin. La coloration de la peau est due à la présence dans l’épiderme de cellules capables de synthétiser un pigment brun : la mélanine. Mais la rencontre, lors de la fécondation, de deux gènes dits mutés entraîne un blocage de cette production. La peau et les cheveux de l’enfant seront blancs comme le lait, ses yeux très pâles avec parfois un reflet rouge au fond.

Voir également:

Les albinos s’insurgent contre leur marginalisation
Lyne Mikangou
Genespoir

Face aux brimades et à la marginalisation dont sont victimes les albinos au Congo, s’est créée la Fédération pour la Défense des Albinos du Congo. Témoignages.

Joséphine Ibouna, 48 ans, considérée comme la première albinos intellectuelle et qui a contribué à la création de la Fédération pour la Défense des Albinos du Congo, témoigne : “Nous albinos, pourtant Congolais au même titre que les autres, sommes marginalisés par la société entière qui nous rend responsables de tous les maux. Nous sommes accusés de sorcellerie, de pratiques magiques”. Une légende mystico-religieuse indique les albinos ne meurent jamais, mais disparaissent plutôt, qu’ils ne voient pas la nuit, ont les yeux rouges, une intelligence médiocre et un développement anormal.
L’histoire de J. Ibouna épouse depuis son enfance tous ces contours faits de malédictions et de superstitions. Elle est mère de 5 enfants, parfaitement noirs et donc “normaux”, selon les critères d’appréciation des Congolais. Elle est licenciée en santé publique et est responsable des questions liées à l’Information, l’Education et la Communication et est ainsi en contact régulier avec de nombreux interlocuteurs. Elle explique que lorsqu’elle animait des émissions radiophoniques en français et en langues locales, l’amplitude et le timbre de sa voix avaient charmé un inconditionnel à Libreville au Gabon”. Ce correspondant a insisté pour obtenir une photo dédicacée. Et ce qui devait ressembler à une relation suivie a laissé place à de l’amertume car recevant la photo, le correspondant a définitivement rompu les amarres.
En dépit du regard des autres, de sa différence, des humiliations, des moqueries, de l’étonnement, du désintéressement, J. Ibouna a pu se faire une place dans la société congolaise. Elle délivre un message fort et fait preuve d’une véritable introspection lorsqu’elle expose les difficultés rencontrées avec sa fille de 6 ans. “En me promenant un jour avec ma fille cadette, celle-ci a refusé que le lui prenne la main, certainement gênée devant ses petits camarades par mes cheveux et la couleur de ma peau”.
Religieuse de confession catholique, J. Ibouna, fervente croyante a puisé dans la religion et dans la foi en Dieu, le ressort nécessaire pour aller de l’avant dans son parcours scolaire et professionnel, ainsi que le réconfort dans ses moments de détresse, de doute et de chagrin dus à son handicap biologique.
“Pour que cessent les affronts subis au quotidien, il n’y a pas d’autres remèdes que de retrousser les manches. Tant qu’on ne fait rien, tout le reste ne sera que coup d’épée dans l’eau”, suggère-t-elle, toute confiante. Si J. Ibouna a pu dominer les affront de la vie, pour beaucoup d’albinos la situation est difficile. La plupart sont victimes de discrimination dans le système scolaire et la vie active. Au plan scolaire, par exemple, mal adaptés à leur environnement, les albinos souffrent des tares physiques et sont très peu scolarisés. Leur effectif est donc moins considérable du fait du complexe d’infériorité qui les hante. En revanche, ceux qui résistent n’arrivent souvent pas au terme de leurs études. Il suffit de considérer la représentativité de cette catégorie sur le marché du travail. “Les fréquentes tortures psychologiques et morales ne permettent pas aux albinos d’avoir accès à l’école. Ceux qui y vont ne terminent pas leurs études à cause de ces tortures. Alors, ils se renferment sur eux-mêmes”, déclare Symphorien Yara, président de la fédération pour la défense des albinos du Congo, faisant remarquer que le nombre très insignifiant des albinos sur le marché du travail s’explique par l’arrêt des études. Des propos que ne partagent Victorine Oniongo, étudiante en histoire à l’université Marien Ngouabi. Apparemment épanouie, cette étudiante née de parents normaux, a un albinisme partiel, localisé à l’œil et aux cheveux à mèches blanches. Elle ne veut pas se contenter de raler dans un coin, où très souvent, face aux curiosités humaines, les albinos opposent un silence mouillé de larmes. “Nous traînons derrière nous une longue tradition de maltraitance”, raconte-t-elle. “S’acharner à vouloir changer les autres est peine perdue. Se plaindre, geindre, gémir, accuser les autres de nos malheurs est pure perte de temps. Et croire que les choses s’arrangent d’elles-mêmes est veine illusion. Aussi, V. Oniongo propose-t-elle comme remède d’adopter un comportement conséquent qui éviterait bien des désagréments. Sur une centaine d’albinos établis à Brazzaville, deux seulement travaillent. Il s’agit de J. Ibouna et d’un homme enseignant dans un lycée. Ce dernier étant, hélas, décédé. Même la mort de cet enseignant a fait ressurgir le mythe de l’immortalité des albinos. C’est pourquoi à Ouenze, quartier nord de Brazzaville où étaient organisées les obsèques, des centaines de personnes s’empressaient de voir, même de toucher la dépouille, car pour nombre d’entre elles, les albinos ne meurent jamais, mais disparaissent sans laisser de traces. “C’est la première fois que je vois la dépouille d’un albinos car on m’a toujours appris que les albinos ne meurent pas”, s’étonne Jean-Pierre Obambi, ingénieur des travaux publics. “Cela témoigne des préjugés dont nous sommes victimes”, tente d’expliquer M. Yara. “Et cela se passe ainsi dans tous les domaines”, souligne-t-il. Claire Sita, restauratrice, témoigne : “il y a des hommes vicieux qui continuent de penser que la femme n’est qu’une objet dont on peut se servir comme on veut, juste pour voir si la femme albinos a les mêmes vibrations que les autres qu’ils considèrent normales. Mais on ne les laisse pas faire”. Il est fréquent de voir les parents s’opposer au mariage de leur fille avec un albinos, fait qu’ils jugent inimaginable. “Moi, j’ai du mal à faire comprendre aux parents de ma fiancée que je sui un homme comme tous les autres, mais ils s’opposent à notre union, parce qu’il est inimaginable que leur fille épouse un albinos”, se lamente Yara qui estime que seule l’instruction permettra aux albinos de s’imposer dans la société.
Leur “couleur”, particulière fait d’eux des êtres vulnérables. De même, on surprend un homme en train de tirer un cheveu de sa tête après avoir salué un albinos, parce que craignant d’être contaminé par la couleur de ce dernier. Jean-Pierre Obambi explique : “nos ancêtres nous ont toujours appris à tirer un cheveu après être entré en contact avec un albinos. Même si on le voit de loin, il faut toujours le faire. Cette couleur est contagieuse et peut généralement se transmettre par la simple vue et quand on ne le fait pas, on peut être frappé d’un mauvais sort”. Ces injustices ont conduit à créer la fédération pour la défense des albinos du Congo. Et ce dans le but de promouvoir leurs intérêts, de lutter pour leur insertion, leur acceptation et leur intégration. “Nous voulons promouvoir nos droits et convaincre nos semblables que les albinos sont des personnes à part entière et qu’il n’y a pas de raison de profiter de notre couleur pour nous brimer”, a déclaré M. Yara qui a lancé un appel à la communauté internationale et aux organisations sœurs dans le monde, afin d’aider les albinos du Congo à se faire accepter dans la société. Au plan officiel, les pouvoirs publics traînent les pieds à aider cette association à réaliser ses objectifs. Pour donner de l’espoir aux nombreux albinos du monde, M. Yara, qui est également auteur, a écrit quelques poèmes sur la situation des albinos. Parmi ces poèmes, figure “ne vous en faites pas”, qui dit entre autre “qu’être albinos n’est pas vœu”, et que “personne au monde ne choisit sa couleur, son sexe ni sa race”. Il termine par une phrase d’espoir “ne vous en faites pas”, comme pour dire “l’union des albinos du monde” aura raison des préjugés et l’albinos retrouvera sa place dans la société.

Voir enfin:

Enquête sur l’albinisme
Les Echos
Propos recueillis par Idrissa Sacko
22 juillet 2005

THIERNO DIALLO, UN ALBINOS DIRECTEUR GENERAL

« Tout couple peut avoir un albinos si l’anomalie génétique existe en eux »

Thierno Diallo, le directeur général de la Pyramide du souvenir, est un albinos. Dans l’entretien ci-dessous, il nous parle de l’albinisme, des préjugés à l’égard des albinos et de leurs conditions de vie.

Les Echos : Pouvez-vous nous dire ce que c’est que l’albinisme et comment le devient-on ?

T. D. : Je dois d’abord remercier « Les Echos » pour cette initiative, qui va certainement contribuer à éclairer la lanterne de plus d’un sur un sujet aussi vieux que le monde. Cela étant, l’albinisme est tout simplement l’absence de mélanine dans la peau. C’est une anomalie génétique héréditaire. Donc, tout couple peut avoir un albinos si cette anomalie génétique existe en eux.

Les Echos : Les causes étant connues, est-ce qu’il y a des mesures correctives pour qu’un enfant ne naisse pas albinos ?

T. D. : C’est vrai que la science a évolué, mais actuellement elle peut seulement détecter un albinos chez une femme enceinte de 3 mois. Peut-être bien que dans l’avenir ce sera possible d’éviter que l’enfant albinos très vite détecté naisse avec l’anomalie.

Les Echos : Comment, selon vous, l’albinos est accueilli dans sa famille d’abord, dans la société en général ?

T. D. : Ça dépend des concepts que les sociétés ont de ce phénomène.

L’albinos est bien accueilli par les spirituels parce que pour eux les écrits bibliques et autres disent que le prophète Noé était albinos. Certains musulmans trouvent que c’est la manifestation du prophète Mohamed dans les rêves. Par contre, il est mal accueilli par ceux-là qui pensent qu’il est le fruit des esprits, de la souillure (enfant conçu lors des périodes des règles de la femme), ce qui est scientifiquement faux tout comme des affirmations qui soutiennent qu’il y a albinos lorsque la femme fait l’amour à la belle étoile ou en plein jour. C’est pourquoi, certains l’appellent « enfant de la lune ».

Les Echos : Cela veut dire qu’il y a beaucoup de préjugés sur l’albinos ?

T. D. : Ah oui ! Quels que soient les concepts, l’albinos est victime de préjugés. Il servira de sacrifice parce que, pour certains, il porte en lui des pouvoirs magiques. Ou souvent, il est victime d’infanticide…

Les Echos : Comment se sent un albinos dans la communauté, un homme extraordinaire ou normal comme les autres ?

T. D. : C’est une question très difficile. Mais, personnellement, je ne sens pas de différence entre les autres et moi parce que éduqué dans un amour total de parents intellectuels. Souvent, il m’arrive de me demander est-ce que si je n’étais pas albinos, je serai ce que je suis. Cependant, certains albinos souffrent d’exclusion, de marginalisation compte tenu des préjugés évoqués tantôt.

Les Echos : Autres difficultés ?

T. D. : Il y a la fragilité pigmentaire et la faiblesse de la vue d’où le terme « yé-fégué », qui n’a rien de péjoratif. Ça signifie simplement quelqu’un qui n’a pas une bonne vue.

Les Echos : Existe-t-il au Mali, une association des albinos ?

T. D. : Il y a effectivement l’Association pour la promotion et l’insertion sociale des enfants albinos (SOS-Albinos) créée en 1992 par d’autres pour les albinos.

Les Echos : Comment doit-on se comporter à l’égard d’un albinos ?

T. D : On doit le traiter comme un homme tout court. Pour moi, il n’y a pas de demi-homme. On doit le traiter en homme normal sans tenir compter des préjugés. Certains des jeunes diplômés albinos n’arrivent pas à accéder à l’emploi du fait des préjugés. C’est dommage. Je saisis cette opportunité que vous m’offrez pour dire que l’albinisme n’est qu’une anomalie qui peut être uniquement oculaire, qu’il existe partout dans le monde, c’est-à-dire dans toutes les sociétés humaines et même animales. Ayons cela à l’esprit ! Toute personne bien portante est un handicapé potentiel.

LES ALBINOS Des victimes potentielles de cancers de la peau

L’albinisme est une anomalie génétique touchant la synthèse d’un pigment responsable de la coloration de la peau et des poils et donnant une coloration rouge aux yeux.

L’albinisme vient du latin « albus », qui signifie blanc. Il désigne la diminution ou l’absence totale de la matière colorante des téguments (la peau et les poils), suite à une anomalie génétique. Lorsque l’absence est double, la peau et les poils sont de couleur blanche, tandis que les yeux sont rougeâtres.

Parfois, la coloration des téguments est normale et seuls les yeux sont touchés. Cette matière colorante qui fait défaut s’appelle la mélanine, explique Dr. Minaba Traoré.

Un individu portant un albinis est appelé albinos. Aux dires de Dr. Traoré, contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, l’albinisme n’est pas une maladie dans le sens « altération de la santé », mais une « tare », une défectuosité dans la synthèse de mélanine.

Selon lui, il existe plus d’une dizaine de formes d’albinisme, dont certaines sont de transmissions récessives, d’autres dominantes et liées au sexe.

La forme la plus connue est l’albinisme oculo-cutané de type 1 ou plus simplement AOC type 1. Elle correspond aux dires de Dr. Minaba Traoré à une anomalie génétique touchant le gène codant pour une enzyme, la tyrosinase.

Ce qui explique la couleur rougeâtre de l’albinos, selon le spécialiste, c’est que l’iris et les autres structures de l’œil ne sont pas colorés du fait de l’absence de mélanine.

Consultations gratuites

On voit alors, par transparence, la rétine. Celle-ci est riche en vaisseau sanguin. L’albinisme peut exposer l’individu à certains problèmes, notamment au niveau de la peau et des yeux.

Les albinos à en croire, M. Traoré ont essentiellement des problèmes : sensibilité voire douleur des yeux à la luminosité, mouvements anormaux du globe oculaire, strabisme, problèmes relatifs et une mauvaise acuité visuelle de loin.

L’autre problème des albinos est leur sensibilité forte à la lumière du soleil, mais aussi un risque plus important de cancer de peau (défaut de protection contre les UV).

Il semble que les albinos soient plus nombreux dans le cercle de San que partout ailleurs au Mali.

Les dermatologues proposent à ceux qui sont en état précancéreux de se faire consulter le plus tôt possible pour éviter le cancer de peau qui, à un certain moment, s’avère irréversible.

Selon Dr. Pierre Traoré de l’Institut Marchoux, deux modes de protection s’imposent à ces patients.

Ils doivent, conseille-t-il, se protéger des rayons ultra violets (UV) en portant des chapeaux et en utilisant des substances chimiques anti-solaire (crèmes).

De façon systématique, ajoute-t-il, les albinos doivent se faire régulièrement consulter pour détecter à temps les lésions. Pour leur prise en charge, l’Institut Marchoux, affirme-t-il, procède depuis un certain temps à des consultations trimestrielles gratuites.

Il existe plusieurs types d’albinismes. Mais pour faire la différence entre eux, il faut au préalable faire des tests.

-Amadou Sidibé
Mohamed Daou

MOHAMED BOUARE DE FALADIE

La dure vie d’un enfant albinos

Le témoignage poignant de Mme Bouaré, mère d’un garçon de 9 ans, prouve à suffisance les difficultés que les enfants albinos rencontrent dans la vie quotidienne.

Les albinos sont des êtres comme tout le monde. Mais, au regard de la couleur de leur peau, ils suscitent souvent certaines interrogations et font objet de divers préjugés. Le petit Mohamed, albinos de 9 ans et élève en 3e année fondamentale à l’école de Faladié n’échappe pas à la règle.

Selon sa mère, Mohamed vit un calvaire dans son établissement à cause de ses camarades qui le rejettent. « Chaque jour que Dieu fait, si Mohamed ne vient pas les larmes aux yeux, il retourne avant l’heure tellement qu’il est embêté par ses petits camarades. C’est toujours le même langage. S’ils ne l’accusent pas d’être un sorcier blanc, ils le traitent d’enfant de djins ou de petit Blanc café au lait ».

Les rares camarades qui l’approchent sont vite dissuadés par d’autres qui prétextent que Mohamed va les contaminer avec sa peau tachetée.

Pis, dira Mohamed lui-même, ses voisins de classe refusent de partager ses goûters et l’excluent de tous les jeux dans la cour de récréation. Ne supportant pas ce traitement injuste, il préfère plier ses bagages et retourner à la maison alors qu’il est l’un des meilleurs élèves de la classe.

Face au mauvais comportement de ces élèves, la mère de Mohamed dit avoir interpellé le directeur de l’établissement.

« Malgré les menaces de ce dernier à l’endroit des élèves, mon fils reste ». C’est pourquoi, elle envisage de l’inscrire dans une école où il pourra étudier en toute quiétude.

Dans le quartier aussi, le petit albinos est souvent confronté au même problème. « Personne n’achète l’albinisme au marché. C’est un fait de Dieu et toutes les femmes peuvent mettre au monde des albinos.

Donc, soyons ouverts avec ces enfants qui sont des personnes comme nous tous », conseille Mme Bouaré. Elle appelle la société malienne à plus de tolérance envers les enfants albinos qui méritent, selon elle, respect et considération.

Sidiki Y. Dembélé

NIAMA KONE, CONTROLEUR DES POSTES

Albinos et fière de l’être

Agée d’une trentaine d’années, Melle Niama Koné est contrôleur des postes en service à la direction générale de la poste. Elle dit n’avoir aucun complexe quant à sa situation d’albinos et ne souffre pas plus de discrimination dans sa carrière qui a débuté en 1991.

Joviale et courtoise, Niama Koné est née d’un père médecin et d’une mère ménagère. Elle est le troisième enfant d’une famille qui en compte 10. Son frère cadet, infirmier de santé à Sikasso, est albinos comme elle.

C’est en 1991 qu’elle a été recrutée à la poste en qualité de contrôleur. Elle a effectué ses premiers pas dans le métier de postier à Sikasso. Après une mutation à Koulikoro, elle regagne Bamako.

« Je n’ai rencontré aucune difficulté jusqu’à ce jour, aucune frustration liée à la couleur de ma peau dans mes différents postes. Dans ma vie de tous les jours, c’est la même chose », indique Melle Koné.

Seul constat, qui ne la gêne d’ailleurs outre mesure, ce sont les quelques hostilités des enfants qui crachent au passage des albinos.

En toute humilité, Niama Koné, dont le cœur n’a pas encore rencontré l’âme sœur pense, que « tout part de Dieu et tout revient à Lui ».

Elle n’a pas honte de sa situation de célibataire même si elle souhaite, comme toute femme normale, mener une existence d’épouse et de mère.

Parlant de son frère albinos, elle juge ses relations satisfaisantes avec ses collègues, qui apprécient bien ses prestations. Le seul problème vécu par son jeune frère, Niama Koné le met au compte de l’Etat.

A ses dires, son frère, recruté dans la fonction publique en 1999, a été affecté à Diré au nord du pays où le mercure atteint souvent les 45°C.

Un climat défavorable à la santé des albinos. Toujours, selon elle, la famille a remué ciel et terre pour le ramener dans une région plus clémente pour lui éviter des maladies cutanées dues à l’effet du soleil.

« Malgré mes propres efforts, il a été retenu à Diré sous peine d’être radié de la fonction publique. La conséquence : il a souffert de problèmes dermatologiques. « Son ministère a été injuste », explique-t-elle.

C’est grâce à l’implication d’un cadre du Centre national des immunisations, qui a été sensible à son état de santé dégradant lors d’une mission à Diré, il fut alors muté à Sikasso.

Mlle Koné se réjouit d’avoir échappé à la formation militaire pour intégrer la fonction publique. Elle a pratiqué plutôt la forme civique.

Abdrahamane Dicko

TIBOU TELLY, SG ADJOINT DE L’UNTM

« Pas de discrimination contre les albinos »

Tibou Telly est l’un des monuments du syndicalisme malien. Enseignant de profession et secrétaire général du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), il occupe le poste de secrétaire général adjoint de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). M. Telly a près de 30 ans de vie syndicale bien remplie.

Fort de sa riche expérience, il affirme que son syndicat mère, l’UNTM, n’a été saisi d’aucune plainte émanant d’un albinos travailleur faisant état de discrimination ou brimade dans son service.

« De mémoire de syndicaliste, nous n’avons aucune information de ce genre », tranche-t-il.

Pour M. Telly, les albinos ne sont pas généralement rejetés dans notre société. Il fait allusion à un jeune releveur de l’EDM, qui a l’habitude de venir à la Bourse du travail et qui est choyé par le personnel syndical.

Cependant, ajoute-il, certains à cause des saignements de peau donnant des odeurs nauséabondes ou des taches noirâtres, peuvent penser qu’ils sont marginalisés ou répugnants.

A. D.

Le syndrome de l’albinisme

Dans notre société, on ne connaît pas d’anomalie biologique plus redoutée que l’hydrocéphalie et l’albinisme et le plus grand malheur qu’on puisse souhaiter à un homme ou à une femme est d’être le père ou la mère soit d’un albinos, soit d’un hydrocéphale. L’un ressemble au jinè, l’autre au bilisi, ce qui revient à la même chose, ces deux créatures étant de la même famille.

Quoique de compréhension scientifique facile, l’albinisme, surtout, est pris pour une calamité pour toutes les femmes en âge de procréer. Pour le citoyen ordinaire chez lequel dominent plus la superstition et l’animisme que le rationalisme cartésien, il n’est pas normal que deux individus de teint noir avéré puissent avoir comme rejeton une créature blanche avec les cheveux blond paille et des yeux étrangement immobiles de chatte enceinte.

Même pour l’élite dont beaucoup d’éléments croient plus aux puissances surnaturelles qu’au « Manifeste du Parti communiste » ou du « Discours de la méthode », l’accident biologique à l’origine de l’albinisme n’est pas tout à fait naturel. C’est pourquoi, quel que soit le milieu choisi, toute une littérature des plus mauvais goûts entoure cette malformation. La femme, de façon générale, en est tenue pour la principale responsable.

Lorsqu’elle se produit, elle est accusée soit d’avoir dormi enceinte à la belle étoile à un endroit où il ne le fallait pas, soit de s’être lavée au crépuscule à un lieu de passage des djins, permettant ainsi à l’un de ceux-ci de lui voler son bébé et de lui substituer un autre à mi-chemin entre le jinè et l’être humain.

Pourtant, des albinos, cela existe partout : même en Europe, même en Amérique et en Asie. Dans les pays scandinaves d’Europe du Nord, ils sont plus nombreux que dans le reste de l’Europe, mais, simplement appelés rouquins sous ces cieux, ils sont noyés dans la grande masse laiteuse de la multitude en mouvement et passe sans attirer l’attention.

Par contre, chez nous, l’albinos ne passe jamais inaperçu, tellement son image est négative. Sa peau excessivement blanche fait qu’on lui attribue des pouvoirs qu’il est loin de posséder. Sa nature particulière fait qu’il est tout à fait indiqué pour les sacrifices humains difficiles mais prometteurs en termes d’enrichissement ou d’élévation sociale.

Au moment des compétitions électorales, il est particulièrement recherché par les candidats comme d’autres recherchent les poulets et les moutons pour leurs sacrifices conformément aux sentences des oracles, des devins et autres marabouts.

Ils sont légion les albinos qui ont mystérieusement disparu dans la foulée des campagnes électorales et qu’on n’a pas retrouvés mais cela n’émeut personne, même pas leurs propres parents.

Dans les villes comme dans les campagnes, la condition d’albinos est un lourd fardeau. Dans certains coins de brousse, le garçon albinos n’est pas circoncis avec ses semblables, on se débrouille pour lui faire subir cette opération à part et presque en cachette.

Pour un père ou une mère, le mariage d’un albinos représente la chose la plus ardue au monde. S’il n’est pas de parents aisés, ayant quelque situation dans son milieu, à moins de tomber sur une fille de mêmes conditions et de même pigmentation que lui, le garçon albinos risque le célibat à vie.

Quant à la fille, sa situation est encore plus dure, surtout si elle sort d’un milieu pauvre. Les garçons la fuient comme la peste et invoquent des raisons tout à fait ridicules comme ses yeux qui font peur, son odeur suffocante, sa peau qui colle, etc, pour ne pas la fréquenter. En un mot, tout est prétexte pour lui trouver des poux sur la tête.

Dans les temps anciens, l’albinos n’était pas enterré au village. Son corps était conduit nuitamment en brousse et déposé dans une grotte qu’on refermait sommairement avec des branchages. Dans certaines zones, il était transporté loin du village et jeté en pâture aux hyènes, aux vautours et aux charognards.

L’introduction de l’islam a un peu modifié le comportement des gens avec les cadavres d’albinos qui ne sont plus jetés mais enterrés, même si cet enterrement est encore entouré du plus grand secret et du plus grand mystère.

Rares sont d’ailleurs les gens qui en ville pensent se targuer d’avoir assister à un enterrement d’albinos et dans le plus grand cimetière de Bamako on chercherait en vain le tombeau d’un albinos.

Et en réalité, hormis les parents biologiques, personne ne sait ce qui peut advenir des corps d’un albinos, même aujourd’hui.


Procès Fofana: Quand la violence des images prépare à la violence des groupes (As you sow so shall you reap)

3 mai, 2009
Daniel Pearl's butcheringJ’ai tué un juif! J’irai au paradis! Adel (novembre 2003)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Allah et son prophète, ils aiment pas les juifs. (…) Mort à Israël! Yousouf Fofana (aux juges d’instruction l’interrogeant sur les motivations antisémites de son geste)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Ils ont écrit ’sale juif’ et ’sale pédé’ sur son visage avec du Typex, avant de lui faire avaler des mégots de cigarette, un suppositoire, et de l’obliger à sucer un préservatif déroulé sur un bâton. Clarisse Grillon (secrétaire générale du tribunal de Nanterre, février 2008)
L’un d’entre eux s’est acharné contre Ilan en disant je n’aime pas les Feuj !!
Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ’socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’”A mort les juifs!”, avril 2003)
Ce procès devrait aussi être celui de la négation de la montée de l’antisémitisme. Là encore, la bien-pensance a refusé, notamment après le déclenchement de la deuxième intifada, en Palestine, en septembre 2000, d’en voir les conséquences en France, avec une volonté d’exporter le conflit, de la part de groupes se réclamant du soutien à la Palestine. Riposte laïque

Enlèvement et scènes de barbarie apparemment inspirés des publireportages d’Al-Qaida généreusement relayés par nos médias, photos de la victime nue avec un sac sur la tête et une arme sur la tempe envoyées à la famille, multi-tentatives d’enlèvement comme d’extorsions de fonds sous couvert de groupes terroristes (dont le patron d’Arte et un fondateur de MSF), système sophistiqué de cloisonnement des tâches et des équipes, entrée dans le tribunal en criant ‘Allah akbar’, avocats (payés par la République !) dont l’une est épouse du terroriste Carlos et l’autre l’un des anciens défenseurs de Saddam, conversion à l’islam en prison, insultes antisémites …

A l’heure où, après le choix du rayeur de cartes pour inaugurer une conférence sur le racisme, l’on apprend que la ville choisie par l’UNESCO comme capitale mondiale du livre 2009 interdit toute œuvre ayant le moindre rapport avec les juifs ou dont les auteurs, comme Jane Fonda, ont visité Israël …

Où Dieudonné s’apprête à nous refourguer pas moins de cinq listes antisémites (pardon: “antisionistes”!) pour les toutes prochaines élections européennes …

Et où, s’appuyant sur des décennies de politiquement correct et d’impunité face au déferlement antisémite de la rue et la complaisance de nos médias, l’auteur afro-français actuellement en procès d’actes de barbarie tente de se faire passer pour “victime d’une République, forcément raciste et colonialiste” …

Retour, avec le site Ripose laïque, sur ce “discours irresponsable” et “victimaire”, “relayé par des associations complices”, qui, en désarmant les forces de l’ordre et délégitimant toute répression, a contribué à l’installation dans certaines zones d’une véritable loi du silence rendant possible pendant trois longues semaines un tel calvaire …

Fofana, où la réalité brutale de 30 ans de politiquement correct
Cyrano
Riposte laïque
1er mai 2009

Le procès du « gang des Barbares », qui a commencé ce mercredi, se déroulera, jusqu’au 10 juillet prochain, à huis clos, sous le prétexte que deux des accusés, sur les vingt-sept, étaient mineurs au moment de l’assassinat d’Ilan Halimi.

Au-delà des arguments juridiques, un exemple comme celui de Fofana et de ses complices éclate à la figure de tous ceux qui, depuis des années, cherchent à nier une réalité qui dérange, parce qu’elle est effrayante, et remet en cause un discours politiquement correct bien rodé, majoritaire dans les médias, et les grands partis.

Il est intéressant de constater qu’il débute à un moment où plusieurs événements font voler en éclats la volonté de cacher la réalité aux Français. La diffusion de « La Journée de la Jupe », malgré la volonté de censure du système, a, grâce à Arte et au talent d’Isabelle Adjani, montré la réalité d’une école publique où les futurs Fofana font la loi, contre les enseignants, contre les filles, avec la complicité des élites de l’Education nationale, et de certains enseignants gauchisants. La violence de l’agression du bus, et sa divulgation sur internet, ont montré au grand jour une réalité quotidienne des transports parisiens, la brutalité des apprenti-Fofana et le racisme anti-français de beaucoup de voyous.

L’horreur que révèlera ce procès devrait faire voler en éclats, une fois de plus, le discours victimaire de nombreux sociologues, et toute la culture compassionnelle des petits bobos de gauche et d’extrême gauche. Combien d’entre eux, pendant des années, ont expliqué les violences urbaines par la seule question sociale ? Combien ont traité de racistes les classes populaires qui en étaient les principales victimes ? Combien ont nié la gravité de la situation, et l’existence grandissante, dans les quartiers, de petits caïds sans foi ni loi, ayant adapté totalement les règles de la loi du système capitaliste, où les plus forts écrasent les plus faibles sans ménagement. Combien ont refusé de voir qu’une frange de cette génération refuse l’intégration, et veut la « thune » sans passer par la case travail ? Combien n’ont eu dans la bouche que le mot « prévention », et le refus de la moindre « répression », considérée comme sécuritaire, voire fascisante ?

Ce discours victimaire, relayé par des associations complices, a transformé des crapules psychopathes comme Fofana en victimes d’une République, forcément raciste et colonialiste. Il a empêché tous les gouvernements d’agir efficacement. Il a paralysé la police. Il a consolidé des zones de non-droits. On a même entendu des démagogues comme Besancenot et Bové réclamer que les flics quittent les quartiers, car ce serait leur seule présence qui provoqueraient les incidents. On a vu l’ensemble de la gauche et de l’extrême gauche suivre la LDH et le Syndicat de la Magistrature, dans le déni de la réalité, et mettre toutes leurs forces dans la bataille pour empêcher le gouvernement de changer des lois qui protégeaient les mineurs, refusant de voir que la violence des jeunes délinquants actuels n’avait plus rien à voir avec celle de 1945.

Ce discours irresponsable a laissé des Territoires perdus de la République aux mains de petits mafieux à la Fofana, qui imposent la loi du silence. Là encore, le calvaire d’Ilan, pendant trois semaines, n’a pu être possible que parce l’omerta règne. Chacun sait que le citoyen qui aurait, par civisme, cherché à alerter les autorités se serait mis en danger, parce qu’il aurait été considéré comme une balance par les petits caïds mafieux.

Ce procès devrait aussi être celui de la négation de la montée de l’antisémitisme. Là encore, la bien-pensance a refusé, notamment après le déclenchement de la deuxième intifada, en Palestine, en septembre 2000, d’en voir les conséquences en France, avec une volonté d’exporter le conflit, de la part de groupes se réclamant du soutien à la Palestine. L’antisémitisme, en 2009, en France est totalement différent de celui de l’extrême droite de Henry Coston ou de Charles Maurras. On voit des rapprochements, sur la base de l’antisionisme, entre le tandem Soral-Dieudonné, et des prédicateurs de l’UOIF, comme Hassan Iquioussen, au discours ouvertement antisémite.

On a vu, lors des dernières manifestations, en janvier, en France, l’inquiétant potentiel antisémite qui s’est affiché ouvertement, dans des manifestations où le Hamas n’était jamais condamné, où on amalgamait Israël à Hitler, ou à l’Afrique du Sud. On a vu les islamistes, qui rêvent de voir ce pays disparaître, imposer leurs prières dans l’espace public, montrant leur volonté d’utiliser le conflit de Gaza pour imposer la charia dans notre pays.

Pendant des années, dire que la majorités des délinquants des quartiers étaient des enfants issus de l’immigration, à l’image d’un Fofana, valait à son auteur les pires procès en sorcellerie, dont bien évidemment l’accusation de racisme et d’incitation à la haine raciale. Un journaliste, auteur du livre « La guerre des rues », Christian Jelen, osera pourtant écrire cela, dans ce livre, en 1998 (il mourra quelques semaines après la sortie de l’ouvrage) ce que tout le monde constatait au quotidien, et que la bien-pensance interdisait d’écrire. Il fournira des explications sociologiques fort éloignées de toute approche raciste. Qu’il soit remercié d’avoir eu ce courage.

Ce procès ne pose-t-il pas également des questions qu’il sera de plus en plus difficile de continuer à escamoter, parce que la réalité finit toujours par s’imposer face aux discours dogmatiques. Une immigration incontrôlée, laxiste, sans aucune exigence d’intégration, avec un chômage de masse, dans un contexte où, en France, depuis 30 ans, on crache sur notre pays, on distille un discours haineux contre ses habitants, on siffle son hymne national, on détricote son unité, on remet en cause ses valeurs, ne peut-il pas qu’engendrer des barbares comme Youssouf Fofana.

Autre question dérangeantes, que ce procès met en avant, et que les responsables politiques esquiveront : est-il normal qu’un Youssouf Fofana ait eu la nationalité française, automatiquement, sous prétexte qu’il est né dans notre pays ? Le Haut conseil de l’intégration (HCI), dans un rapport qu’il faut faire connaître, met les pieds dans le plat, sur une question taboue. Voilà ce que Malika Soral ose écrire : “Le HCI reconnaît, en filigrane, que la nationalité française ne doit être accordée à un migrant qu’en fin du processus d’intégration (p.9). La nationalité doit venir reconnaître qu’une personne est devenue pleinement française, c’est-à-dire qu’elle est désormais porteuse de l’idéal français. (…) Vous aurez déduit de vous-mêmes que l’acquisition automatique de la nationalité par le biais de la naissance sur le territoire français ou par le mariage avec un Français sont contraires aux recommandations du HCI.”

Et encore : « Ce n’est que lorsque la nationalité attribuée par la France sera redevenue réelle, et non factice, que les Français cesseront d’éprouver le besoin de parler de “Français de souche” et de “Français d’origine étrangère”. C’est la France qui, en donnant sa nationalité à un nombre considérable de personnes qui ne portaient pas son idéal, s’est rendue coupable de l’introduction de la notion de deux classes de Français. »

De quoi faire hurler la Halde, et toute la bien-pensance humanitariste.

On a appris que, pendant le calvaire d’Ilan, Fofana a fait deux voyages en Côte d’Ivoire, sans compter celui de sa fuite. Cela n’interroge-t-il pas les services de l’Etat qu’un garçon présenté comme chômeur, peut-être touchant le RMI, puisse avoir un train de vie totalement incompatible avec ses revenus déclarés ? Combien de Fofana touchent des aides sociales, et affichent un train de vie qui est une insulte pour les travailleurs de plus en plus pauvres ?

Enfin, ce procès ne devrait-il pas également interpeller nos amis laïques qui, de Henri Pena Ruiz à Marc Blondel, refusent encore aujourd’hui, en 2009, de considérer qu’il y a une spécificité islamique, et que le projet politico-religieux de l’islam est ouvertement un appel à la violence contre quiconque n’est pas musulman ?

Que Fofana entre dans le tribunal en criant « Allah akbar », qu’il ait pour avocate (payée par la République !) l’épouse du terroriste Carlos, converti à l’islam, ne pose-t-il pas des questions à ceux qui continuent à nier le lien de plus en plus évident entre la voyoucratie et l’islam, unis pour imposer des lois incompatibles avec celles de la République ? Comment se fait-il que l’islam soit la première religion des prisons, dans notre pays, et que nombre de crapules s’y convertisse ?

Ce procès ne montre-t-il pas également l’échec de Nicolas Sarkozy, élu pour faire respecter les valeurs de la République. Avec l’incompétente Alliot-Marie, il se montre aussi inefficace que la gauche, pour lutter contre tous les Fofana qui continuent de pourrir la vie des quartiers et d’inspirer la terreur. Avec ses discours à géométrie variable, il est incapable de trancher clairement : Fadela Amara ou Yazid Sabeg ? République, intégration, ou communautarisme et droit à toutes les différences ? Haut commissariat à l’Intégration (HCI), qui veut mener une réflexion sur la nationalité française, ou Halde, qui veut faire sauter la barrière de la nationalité dans la fonction publique ?

Immigration incontrôlée, territoires perdus de la République, haine de la République et de la France, communautarisme, négation de la montée de l’antisémitisme, négation de la dictature de la voyoucratie, négation de l’offensive de l’islam contre la laïcité et la République… ce procès du gang des Barbares ne devait-il pas être aussi celui du politiquement correct qui, en 30 ans, a permis que la réalité de la France ait aujourd’hui le visage de la barbarie d’un Fofana, et hélas, avec lui, de milliers d’autres bombes à retardement pour qui il est une idole ?

Cyrano

(1) http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2009/04/27/avis-du-haut-conseil-a-l-integration.html
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Voir aussi:

Gang des barbares : “Ilan Halimi était délibérément ciblé parce qu’il était juif”
Le Monde
28.04.09

ingam : L’antisémitisme du gang des barbares est-il avéré ?

Patch : Pouvez-vous revenir sur la dimension antisémite de cette affaire ?

Alexandre Lévy : La circonstance aggravante d’antisémitisme a été retenue dans ce dossier, le 20 février 2006, par les deux juges chargés de l’affaire. A l’époque, les magistrats ont motivé leur décision sur la base des dépositions de certains membres du gang qui expliquaient qu’Ilan avait fait l’objet de mauvais traitements d’un des geôliers qui “n’aimait pas les feujs”. Dans plusieurs autres dépositions transparaissent les motivations antisémites de ce gang dont le chef était persuadé que les juifs ont de l’argent, et, s’ils n’en avaient pas, qu’ils font partie d’une communauté suffisamment solidaire pour que d’autres juifs paient pour pouvoir récupérer l’un des leurs.

Cette question de l’antisémitisme est lancinante et douloureuse, surtout pour la mère d’Ilan Halimi, Ruth. Selon elle, elle est également centrale dans le destin tragique de son fils, et dans son livre elle accuse notamment les policiers de ne pas avoir tenu suffisamment compte du fait qu’Ilan était juif.

Yaël F.: On a beaucoup dit que la police avait sous-estimé le gang des barbares et sa violence haineuse. Est-ce vrai ?

Alexandre Lévy: Cette question fait partie de la longue liste des reproches que la mère d’Ilan adresse à la police. Après enquête, je peux affirmer qu’à aucun moment les policiers de la brigade criminelle n’ont sous-estimé le danger auquel était exposé l’otage. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils n’ont communiqué qu’à minima sur cette affaire, faisant le pari que moins il y avait de bruit autour de cette séquestration, plus on avait de chances de retrouver Ilan vivant. C’est pour cela que les médias ont été tenus à l’écart et que les portraits-robots, notamment d’une des filles-appâts, n’ont pas été diffusés, alors que la police les avait dès la première semaine de l’enquête. Ensuite, les policiers se sont rapidement rendu compte qu’ils avaient affaire à un gang très sophistiqué pour ce qui concerne les moyens de communication, mais “minable” pour ce qui est de récupérer la rançon.
lingam: De quel milieu sont issus les membres du groupe ? Comment était organisé le gang ? Fofana était-il leur leader ? De quelle manière s’exerçait sa domination ?

Alexandre Lévy: Au départ, le gang des barbares est une petite bande de banlieue, basée à Bagneux. Ses membres habitent deux barres HLM de la commune. Ils sont âgés de 16 à 32 ans et vivent de petits boulots, de trafics et de larcins. Les jeunes qui composent ce groupe sont de toutes origines. Les policiers diront un “melting pot” du crime. Ils sont tous français.

Sous l’autorité de Youssouf Fofana, qui reconnaît être le chef de la “bande de quartier”, ce groupe protéiforme a tenté plusieurs opérations de nature criminelle, l’extorsion de fonds, et ensuite le kidnapping. Le “caïd” met également en place un système très efficace de cloisonnement des tâches et des équipes chargées de les effectuer. Il apparaît comme le seul ayant une vue d’ensemble de l’entreprise criminelle en cours.

Au fil des différentes tentatives de kidnapping, la bande s’”améliore” constamment. Elle apprend très vite de ses erreurs et adapte constamment son dispositif en le perfectionnant jusqu’à l’affaire Ilan, qui est sa première tentative de rapt concluante.

wilfried : Fofana est-il quelqu’un de violent ?

Alexandre Lévy : Plusieurs complices de Fofana ont fait état de violences exercées par celui qu’ils appellent le “boss” à l’égard de l’otage. Il est également accusé par un autre membre du gang d’avoir porté les coups de couteau et aspergé d’essence Ilan dans la nuit de sa mort. Plus généralement, l’ultraviolence de ce gang, leur absence de morale et de repères existentiels ont beaucoup choqué l’opinion publique au moment de l’affaire.

Patch : Dans son livre, la mère d’Ilan Halimi accuse les voisins d’avoir été au courant et de n’avoir rien fait. Qu’en est-il ?

Alexandre Lévy: Je me suis rendu à plusieurs reprises à Bagneux dans la cité de la Pierre-Plate, pour essayer de voir de mes propres yeux cet endroit qui a servi de geôle à Ilan. Depuis, cet ensemble de cités a été repeint, rafraîchi, comme pour oublier le drame qui s’y est joué. A Bagneux, j’ai rencontré des gens simples et modestes, des retraités, des familles d’origine africaine comme de toutes autres origines, pour qui cette affaire reste un traumatisme. Je ne peux pas affirmer que “toute la cité savait et s’est tue”, comme cela a pu être dit.

En revanche, il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues.

Les policiers continuent de s’arracher les cheveux à l’évocation de cette réalité. Pour eux, un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi.

lingam: A la veille de l’ouverture du procès, quelle est la ligne de défense des accusés ?

Alexandre Lévy : Il est important de savoir, que même dans une affaire de criminalité organisée, il n’y a pas de responsabilité collective, mais individuelle. Chacun des membres du gang devra répondre de ses propres actes, qui vont de la non-dénonciation de crime jusqu’à l’assassinat.

Concernant le principal accusé du procès, Youssouf Fofana, c’est un peu la grande inconnue. Pendant les trois années d’instruction du dossier, Fofana a “usé” les services d’une quarantaine d’avocats. Un temps, il a envisagé de se défendre seul. Aujourd’hui, il semble avoir changé d’avis. Lors des auditions, il a endossé les habits de l’antisioniste et du défenseur des Palestiniens, des musulmans et du “peuple noir”. Il a violemment insulté les magistrats instructeurs, verbalement ou par courrier, ce qui lui a valu une condamnation pour outrages en 2007.

Maintenant, dans les faits, il sera certainement sommé de donner des explications sur ce qui s’est passé pendant ces trois semaines, et surtout dans la nuit du 12 au 13 février, lorsqu’Ilan est mort de façon atroce. Dans des déclarations antérieures, il a tout mis sur le dos de son complice, Craps, un jeune homme qui aurait joué le rôle de gros bras dans l’enlèvement d’Ilan. Craps, qui s’est livré de lui-même à la police, nie avoir donné la mort à Ilan Halimi.

lingam : Que veulent les parties civiles ?

Alexandre Lévy : Les parties civiles veulent surtout que justice soit faite et que les débats précédant le verdict puissent être publics. La mère d’Ilan a déjà déposé une requête en ce sens. Elle estime que “le silence a déjà tué une fois son fils” et elle espère qu’un procès public permettra que de tels agissements ne se reproduisent plus. Cette question sera certainement débattue le jour de l’ouverture du procès, le 29 avril.

balneolais : Pourquois la justice a-t-elle choisi de tenir ce procès à huis clos ?

Alexandre Lévy : La loi sur la délinquance des mineurs prévoit le huis clos. Deux des personnes jugées étant mineures au moment des faits, cette mesure s’applique à l’ensemble des prévenus. En revanche, si les personnes mineures consentent à lever le huis clos – et c’est l’espoir de la mère d’Ilan et de son avocat -, le procès sera public. Et on peut s’attendre à ce que le premier jour du procès la question leur soit posée avec beaucoup d’emphase par la mère d’Ilan.

jose : Ne pensez-vous pas qu’un procès public risquerait encore plus de stigmatiser ceux que les médias et les politiques appellent “les jeunes” de banlieue ?

Alexandre Lévy : Je ne pense pas que le gang des barbares représente ces “jeunes”. Moi-même, j’habite en banlieue, mes enfants y sont nés, y vont à l’école, et honnêtement, je ne crois pas qu’il puisse y avoir une seule et unique banlieue et que celle-ci soit la même que celle de la bande de Bagneux.

Je pense en revanche qu’un procès public permettra de mieux faire la différence, justement, entre ces agissements extrêmes et une vie somme toute assez paisible. Lorsque je me suis promené à Bagneux, devant les immeubles de la Pierre-Plate, ou de l’allée Prunier-Hardi, j’ai été frappé par le côté village, voire coquet, de l’endroit.

Girafe : Y a-t-il des doutes sur l’issue du procès ?

Maroussia : Quelles sont les peines encourues ?

Alexandre Lévy : On ne peut jamais prévoir un verdict. Une chose est sûre : la majorité des personnes jugées sont accusées de faits extrêmement graves pour lesquels la législation prévoit de lourdes peines. Cela peut aller de six ou sept ans jusqu’à la perpétuité.

joben75 : Ne craignez-vous pas que cette affaire “donne des idées” à d’autres personnes ?

Alexandre Lévy : Je veux insister sur un point : le gang des barbares a lamentablement échoué dans le sens où il n’a récupéré aucune rançon tout en se rendant coupable du crime le plus odieux. Même si certains – et cela a déjà été le cas depuis trois ans – ont visiblement été inspirés par le côté “Orange mécanique” du gang, il faut rappeler que de telles pratiques n’ont aucune chance d’aboutir.

Ça a été d’ailleurs une des questions pour lesquelles la police a été critiquée : pourquoi ne pas avoir versé ne serait-ce qu’une petite somme aux ravisseurs ? Dans les affaires de prise d’otage, c’est une règle d’airain : on ne paie jamais de rançon, et si on le fait, c’est uniquement dans le but de monter un piège pour récupérer à la fois l’otage et appréhender les ravisseurs. Les policiers n’ont pas dérogé à cette règle dans cette affaire.

blabla : Pensez-vous que ce crime aurait eu une telle répercussion s’il ne comportait pas précisément une dimension antisémite ?

Alexandre Lévy : Rarement une affaire criminelle aura tant bouleversé l’opinion publique française. Et pas uniquement à cause du fait qu’Ilan était visiblement et délibérément ciblé parce qu’il était juif. Cette affaire est dramatique pour la simple raison que dans une société avancée, civilisée et démocratique, nous avons été témoins de pratiques “barbares”. Ce n’est pas pour rien que le gang a pris ce nom. Cette violence et ces pratiques crapuleuses se sont exercées entre fils et filles de la République qui ont pratiquement le même âge. L’amoralité dont ont fait preuve ces jeunes, somme toute assez banals, continuera de nous tourmenter tous.

Sur l’aspect antisémite, il faut essayer de comprendre les motivations de la mère d’Ilan, même si on ne partage pas jusqu’au bout ses convictions. Tous les symboles entourant la mise à mort de son fils n’ont pas manqué de lui rappeler, et c’est normal, les pires moments de l’histoire de France et d’Europe : Ilan a été tondu, poignardé, brûlé, et abandonné le long d’une voie ferrée. Tout est là.

Chat modéré par Elise Barthet

Voir enfin:

Du guet-apens au meurtre
Les aveux de membres du «gang des barbares» déroulent le fil des événements.
Patricia Tourancheau
Libération
29/04/2009

Le 20 janvier 2006, Ilan Halimi disparaît. Sa trace téléphonique se perd à 0 h 44 à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, après un rendez-vous avec une fille. Le lendemain, sa compagne et son père reçoivent une demande de rançon de 450 000 euros. Les négociations et recherches capoteront. Le 13 février, Ilan Halimi, 23 ans, est découvert à l’agonie près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Retour sur la prise d’otage, la détention et le meurtre d’Ilan Halimi à travers les aveux de certains membres du gang de Youssouf Fofana.

Le piège
«Il cherchait une bête de meuf»

«Yalda», Iranienne de 17 ans, charmeuse et sans repères, a été recrutée par Youssouf Fofana grâce à Tifenn, 19 ans, une «fugueuse» de Bagneux, scolarisée dans le même foyer éducatif : «Il cherchait une bête de meuf et il a pensé à moi.» Le 17 janvier 2006, Fofana, qu’elle appelle «Oussama» comme Ben Laden, l’emmène dans sa Twingo noire vers «un quartier juif» du côté de la place de la République et la laisse devant une boutique de téléphones, boulevard Voltaire. Il explique : «Je veux prendre un des juifs en otage car les juifs sont solidaires entre eux et ils paieront.» Yalda entre : «Ilan était seul.» Elle le trouve «mignon». Elle lui demande son numéro et le donne aussitôt à Fofana dehors. Il la félicite : «Avec toi, je sens que je peux faire de bonnes affaires. Vu ton physique, tous les garçons tomberont dans le panneau.»

«Oussama» persuade Yalda qu’ils sont dans la même galère et prétend que «les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat, et lui est noir, considéré comme un esclave par l’Etat». Il n’est «pas possible» à ses yeux que la famille d’Ilan ne puisse verser la rançon, car «s’ils n’ont pas d’argent, la communauté s’arrangera pour payer». Il dit qu’il a «une idée infaillible» pour récupérer la rançon et lui promet «5 000 euros». Une heure après sa visite, Yalda rappelle Ilan pour lui «proposer d’aller boire un verre vendredi soir, et il m’a dit “oui” direct.» Sitôt raccroché, Fofana «enlève la batterie et la puce du téléphone, afin que la police ne puisse pas le repérer».
L’enlèvement
«Dégage !»

Vendredi 20 janvier, Yalda fixe un «rendez-vous à Ilan devant le café Paris-Orléans», porte d’Orléans, à 23 heures. Fofana lui conseille de rester «naturelle» et de «le chauffer» : «Je devais conduire Ilan dans un endroit prévu par lui, et des garçons devaient s’occuper de tout ensuite.» Il entraîne la jeune fille à Sceaux pour repérer les lieux du guet-apens, à la «coulée verte», non loin d’un gymnase. Il est 23 heures. Le chauffeur et chaperon des aguicheuses, «Moco»,dépose Yalda porte d’Orléans. Ilan l’attend. Elle arrive, toute belle, moulée dans un pantalon blanc, bottes montantes et manteau ouvert sur la poitrine. Ils vont au café, elle prend un Ice Tea, lui un Coca. Elle lui propose de «boire un dernier verre» chez elle. A Sceaux, elle lui demande de se garer sur le parking du gymnase. Ils marchent dans le parc. «Je ne sais pas où j’ai mis mes clés», dit-elle soudain. «Clés», c’est le code, le signal. Trois garçons cagoulés jaillissent des fourrés et sautent sur Ilan. «Dégage !» hurle Fofana à Yalda, «bouleversée», dit-elle, par les cris d’Ilan qui «demande de l’aide d’une voix aiguë de fille».

La détention
«Il n’a pas essayé de crier»

Les trois kidnappeurs conduisent l’otage à Bagneux (Hauts-de-Seine), dans un appartement inoccupé au 3e étage du 1 de la rue Sergueï-Prokoviev. Cet endroit a été trouvé par Samir Ait Abdelmalek dit «Smiler», 27 ans, qui a soudoyé le concierge pour avoir les clés. Quatre garçons de la cité, recrutés par Fofana pour «garder» un homme pendant trois jours en échange de 5 000 euros, réceptionnent Ilan Halimi à minuit, menotté, attaché, entouré d’adhésif gris comme une momie, les yeux scotchés, avec juste un trou pour respirer. Sur ordre de Fofana, ils portent des gants et n’ont pas le droit de se servir des portables. Le lendemain, «the brain» vient inspecter et masquer les fenêtres. Sur ses instructions, Zigo, 17 ans, «propose à manger» à l’otage : «Comme il a acquiescé, j’ai fait un trou avec une paire de ciseaux au niveau de sa bouche, et je lui ai donné des protéines [aux légumes et à la vanille] à l’aide d’une paille.»

Parti en Côte-d’Ivoire pour négocier à distance la remise de 450 000 euros de rançon via la Western Union, Fofana téléphone à Smiler car «les parents d’Ilan veulent une photo de leur fils en bonne santé». Smiler photographie Ilan entortillé d’adhésif argenté, pistolet pointé sur la tempe «pour impressionner». Ce cliché a été envoyé d’un cybercafé d’Arcueil à la famille. Jérôme, 20 ans, «parle en cachette avec l’otage», lui achète «deux cheeseburgers, des frites et une boisson chez un grec», enlève son bâillon et le nourrit : «Ilan me faisait confiance et il n’a pas essayé de crier.»

Les geôliers attendent la libération de l’otage pour le mardi. Comme convenu, ils le déshabillent et le nettoient, découpent ses vêtements car «le boss a gardé les clés des menottes». Mais Smiler annonce : «C’est mort, il ne part pas ce soir.» Fofana l’a appelé d’Abidjan, «vachement remonté car il ne devait pas avoir eu l’argent qu’il escomptait». Il lui demande alors une «photo gore avec du sang, qui marque les esprits». Ou alors «avec un manche à balai dans l’anus». Pas d’accord, Smiler et Jérôme essayent de «trouver du faux sang dans un magasin de farces et attrapes». Ils organisent une mise en scène avec le manche à balai, sans parvenir à envoyer l’image. Ils transmettent par mégarde à la famille une autre photo d’Ilan, sur fond de ballons et d’«happy birthday».

La panique
«On doit le libérer»

«Sans nouvelles de personne», les geôliers s’impatientent. Jérôme ne comprend pas que les autres soient «brutaux» avec Ilan qui se tient pourtant «tranquille». «Surtout Zigo qui lui donne parfois des coups de manche à balai» et a «voulu écraser son joint sur le front d’Ilan». Parce que c’est un «feuj» (juif) ou qu’il «réclamait une deuxième cigarette». Zigo dit qu’il «n’aime pas l’accompagner faire caca» et que si la victime insiste ou «gémit», ça «l’énerve» : «Je lui mettais un coup ou une claque au visage pour qu’il se taise.»

La détention d’Ilan dure depuis une semaine. Jérôme, qui a pitié, laisse tomber. Smiler sent que «c’est foutu» et dit à Fofana, revenu à Bagneux : «Il faut arrêter, on doit le libérer.» L’autre refuse : «Pas de panique, je vais y arriver.» La nuit même, Fofana transporte Ilan sur son dos à la cave pour libérer le logement où commencent des travaux. Le geôlier Yaya, 18 ans, analphabète, livreur de pizzas, décroche à son tour au bout de la deuxième semaine, mais trouve deux «potes» pour prendre sa suite. Reparti en Côte-d’Ivoire, Fofana exige de Smiler une photo d’Ilan «avec du sang». La victime est allongée sur une couette, dans la chaufferie. Smiler trouve Ilan «épuisé, au bout du rouleau» mais dit que «personne n’ose le libérer par crainte de Youssouf». L’aîné du gang pressent que «tout est cuit». Qu’il n’y aura pas d’argent. Il balafre quand même son otage à la joue, d’un coup de cutter, et transmet le cliché à sa famille.

Le meurtre
«C’est bon, il va partir»

Dimanche 12 février, Fofana rentre d’Afrique. Nouvel échec. Les derniers geôliers baissent les bras. Smiler répète que «tout le monde en a marre», qu’il faut relâcher l’otage. Fofana n’a plus le choix. «D’accord, c’est bon, il va partir.» Il ordonne aux geôliers de raser les cheveux d’Ilan et de le laver pour «effacer les preuves ADN», de le dénuder, le bâillonner et lui scotcher les yeux, puis le transporte enveloppé d’un drap dans le coffre d’une voiture volée. Le lendemain, «the brain» explique à Smiler qu’il l’a emmené dans un bois, mais qu’il a été obligé de lui donner des coups de couteau à la gorge, de l’asperger d’alcool à brûler et d’allumer avec un briquet, parce qu’Ilan avait «réussi à enlever son bandeau et l’avait regardé droit dans les yeux».


Iran: Pendant les travaux, la Révolution continue (Welcome to the land where the Revolution IS televised!)

2 mai, 2009
Mollah's mass hangingsLes Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. (…) Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang
Le Président suisse m’a dit que les Américains veulent compenser leurs pertes en puisant dans nos poches. Ahmadinejad

L’Iran a besoin d’un changement dans sa gestion (…). Le pays est menacé par le chômage, l’inflation, la pauvreté et la drogue, la dégradation de l’éthique politique et l’émergence d’une désunion entre le gouvernement et les différents groupes ethniques et entre les sunnites et les chiites.
Mohsen Rezai (ancien chef historique des pasdarans et notoire candidat-leurre)
Au moment où dans le monde entier, y compris la société civile iranienne, des voix s’élèvent contre la peine de mort, Téhéran s’est doté de la législation pénale la plus extrême, C’est une véritable machine de répression qui sert à museler opposition et minorités à travers les délits d’opinion ou le crime dit d’apostasie. Karim Lahidji (vice-président iranien de la FIDH et donc “opposition officielle”)

Bienvenue au pays où la Révolution est télévisée!

Pendaisons publiques y compris à la télévision, exécutions de “masse”, procès non “équitables”, décès et suicides “suspects” en prison, exécutions de mineurs adolescents au moment des faits (laissés en détention jusqu’à leurs 18 ans, continuation des lapidations (homme enterré debout jusqu’à la taille, femme jusqu’à la poitrine, dimension des pierres rigoureusement codifiée pour éviter une mort trop rapide) …

A l’heure où le premier président américain multiculturel multiplie les pénitences et les actes de contrition tout en vantant les bienfaits de l’islam pour l’humanité …

le Machin choisit un rayeur de cartes pour inaugurer ses conférences sur le racisme …

Et où nos propres vendeurs de tapis français et européens continuent leur tournée des pince-fesses et des petits fours dans une région qui vient de faire un triomphe au nettoyeur ethnique soudanais et sait si bien recevoir ses hôtes

Le régime des mollahs nous referait-il, avec ce nouveau rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme à la veille des présidentielles du mois prochain, le coup de la réforme?

Il faut dire que, sur fond de chaos économique (incapacité pour les 2e réserves de pétrole mondiales de produire sa propre essence, paupérisation généralisée, corruption, drogue, pédophilie) et politique (emprisonnement de faux opposants, candidats-leurres, rumeurs de prétendue tricherie électorale, abaissement à un mois de l’élection de l’âge de vote à 15 ans!), les pendaisons et lapidations publiques commençaient à faire désordre

Compte rendu
La FIDH dénonce la recrudescence des exécutions en Iran
LE MONDE
30.04.09

La Fédération des ligues des droits de l’homme (FIDH) publie, mercredi 29 avril, une étude très critique sur l’usage de la peine de mort en Iran et la législation répressive iranienne. On peut y lire que la République islamique détient juste derrière la Chine le record mondial des exécutions. En l’absence de statistiques officielles, Amnesty International et d’autres ONG estiment qu’entre 2000 et 2008, de 1 546 à 2 056 personnes ont été exécutées, dont environ 40 % ces dernières deux années. Tendance “à la hausse” qui se confirme pour 2009 où depuis janvier 120 condamnés ont été tués.

La FIDH qui dénonce les exécutions publiques (pendaisons) et de “masse” (38 ont eu lieu le 15 juillet et le 2 août 2007, dont 16 en public et 4 montrées à la télévision), pointe aussi le fait que les prisonniers n’ont pas toujours de procès “équitables”, que des décès et des suicides “suspects” se produisent en prison et surtout que Téhéran ne tient pas ses engagements.

Ainsi, bien que l’Iran ait ratifié la Convention sur les droits de l’enfant, des mineurs adolescents au moment des faits incriminés sont toujours exécutés. On les laisse en détention, jusqu’à ce qu’ils atteignent leurs 18 ans. Huit ont été exécutés en 2008 (l’un d’eux Behmam Zare avait 15 ans au moment des faits) ; 12 en 2007 et une quarantaine en 20 ans.

De même, bien que le responsable du système judiciaire, l’ayatollah Shahroodi, ait écrit un mémorandum interdisant les lapidations en décembre 2002 et donné en 2006 des assurances aux pays européens qui s’émouvaient de ces pratiques, les lapidations ont toujours lieu. Elles sont parfaitement codifiées : si le condamné est un homme il est enterré debout jusqu’à la taille, si c’est une femme, jusqu’à la poitrine. Les pierres ne doivent pas être trop grosses pour que le supplicié “ne soit pas tué en deux ou trois jets de pierre”, ni trop petites, car inefficaces. Au moins trois personnes ont été lapidées en un an, dont un couple.

“Au moment où dans le monde entier, y compris la société civile iranienne, des voix s’élèvent contre la peine de mort, Téhéran s’est doté de la législation pénale la plus extrême, résume le vice-président de la FIDH, Karim Lahidji. C’est une véritable machine de répression qui sert à museler opposition et minorités à travers les délits d’opinion ou le crime dit d’apostasie.”

M. Rezai, ex-chef des pasdarans, candidat à la présidence

Ancien chef historique des pasdarans (1981-1997), l’armée idéologique du régime, le conservateur Mohsen Rezai, a annoncé, mercredi 29 avril, sa candidature à l’élection présidentielle du 12 juin, selon l’agence Mehr. M. Rezai dit se sentir obligé de se présenter, car l’Iran a besoin d’”un changement dans sa gestion (…). Le pays est menacé par le chômage, l’inflation, la pauvreté et la drogue, la dégradation de l’éthique politique et l’émergence d’une désunion entre le gouvernement et les différents groupes ethniques et entre les sunnites et les chiites”. M. Rezai était candidat à l’élection de 2005 gagnée par Mahmoud Ahmadinejad.


Après Durban II: Pendant les travaux, la vente continue (What Holocaust? Let’s get back to business!)

25 avril, 2009
Lang with Tehran's terrorist friend
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. Des négociations réussies entre Européens et Iraniens renforceraient la position de l’Europe et de l’Iran sur la scène internationale… C’est inimaginable que l’on soit dans une telle nasse, dans une telle impasse. Il est de l’intérêt de tous de sortir de cette crise. Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang (sep. 2006)
Je pense qu’il faut retarder un petit peu, mais nous ne coupons pas les liens, nous ne brisons pas le dialogue: Nous n’avons rien contre les Iraniens. Bernard Kouchner (à l’ancien responsable iranien d’enlèvements des opposants en Turquie)
Nous n’avons rien contre l’esclavage des femmes, les lapidations, la pédophilie dépénalisée, les pendaisons publiques, les pendaisons de mineurs, l’exécution des homos, l’exécution ou l’amputation des opposants politiques et aussi rien contre les bons contrats pétroliers dont le dernier d’un montant de 32 millions d’euros a été signé par TOTAL ce mardi, le jour de cette déclaration, à Téhéran, pendant l’Iran Oil Show! Traduction d’Iran-Resist
Ceux qui ont quitté la salle ne constituent qu’une petite minorité et une petite minorité peut-elle imposer sa loi aux peuples du monde? Ahmadinejad
L’islam n’est pas incompatible avec les valeurs républicaines, pas plus que n’importe quelle autre religion. (…) Quand j’ai lu le Coran, pour les besoins de mes recherches, j’ai souvent été surprise de son contenu souvent plutôt progressiste. Mahomet s’est battu pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, il a refusé que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Bien sûr, il y a aussi des passages très durs, mais comme dans tous les textes sacrés. Ce sont aux hommes de faire le tri et de garder le meilleur. L’islam ne pose en soi aucun problème. Seul l’intégrisme menace les libertés et le vivre ensemble. Caroline Fourest
Le conseil des droits de l’homme est le reflet de l’état du monde. On ne supprime pas un mal en supprimant son reflet. Caroline Fourest
On ne brandit plus la croix gammée, on la colle sur la poitrine de ceux qu’on veut abattre.(…) Dit autrement: la rhétorique antiraciste couvre désormais les pratiques les plus autoritaires, les plus cruelles, les plus régressives, les plus abominables, partout dans le monde et notamment dans le Tiers-Monde et plus précisément en Afrique et dans les pays de l’Organisation de la conférence des pays islamiques. Alain Finkielkraut

Manouchehr Mottaki, né en 1953, a été ambassadeur en Turquie, pays par lequel transitent les Iraniens qui fuient l’Iran. La Turquie est un des terrains de chasse du régime (enlèvements, torture et rapatriements forcés des opposants). Les Turques laissent faire. Mottaki a fait carrière dans les Renseignements comme programmeur directeur des opérations internationales. Il a par la suite était vice-président de l’Organisation des Relations Islamiques. Cet organisme a pour mission la promotion internationale du fondamentalisme islamique et la coordination de l’exportation de la Révolution Islamique. À ce poste, Mottaki a eu pour mission le recrutement et la formation des terroristes étrangers. Il a également été sous-directeur du service juridique et international du ministère des affaires étrangères. A ce poste, il encadrait les agents de la Division Qods en mission sur des opérations terroristes à l’étranger. Mottaki avait pour tâches de fournir des passeports diplomatiques et Prévoir et fournir tous les besoins logistiques pour la mission. Iran-Resist

Après les indignations à géométrie variable qui, après sa visite officielle en Suisse, ont suivi le discours du rayeur de cartes à Genève la semaine dernière …

Retour, avec le site Riposte laïque, sur les oublis et oubliés du documentaire de Caroline Fourest de la semaine dernière sur Arte, où, et entre deux imprécations anti-Bush, elle défend son soutien de la participation française à une conférence des droits de l’homme présidée par la Lybie, l’Iran et Cuba et ouverte par qui-vous-savez …

Comme les Dafouris ou les Papous du Timor occidental (victimes les uns comme les autres de deux Etats musulmans) …

Ou, derrière les manœuvres des conférences de Durban et les massacres sauvages des Bahaï en Iran, le fait que c’est en Israël que les membres de cette religion syncrétiste issue du chiisme iranien ont trouvé la seule terre d’accueil proche de leur patrie d’origine (avec notamment leur centre mondial à Haïfa) …

Ou, contre la tentative iranienne de déligitimation du Conseil de sécurité (et surtout de ses sanctions!) via la mise en question de l’Etat d’Israël, l’existence bien avant 1945, du Yichouv, un quasi état national des Juifs, datant des années quatre vingt du dix neuvième siècle, sans compter, bien avant l’émergence de l’islam au VIIe siècle, l’interdiction romaine faite aux Juifs après la révolte de Bar Kochba de l’an 135, de se réinstaller à Jérusalem…

Mais aussi, avec le site de vrais opposants au régime, sur ces belles âmes et habitués des petits fours des mollahs

Nos Villepin, Le Pen, Dumas, Julia, Kepel, Renaud Girard, Annan, Jospin, Prodi, Mary Robinson, Jorge Sampaio, Oskar Lafontaine, Joshka Fisher, Felipe Gonzalez, Jack Lang …

IRAN : Holocauste et pétrole !
Iran-Resist
25.04.2009

Le boycott de la conférence Durban 2 par des ténors européens comme l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas et par la suite le départ en guise de protestation de 23 délégations européennes pendant le discours d’Ahmadinejad à Genève a laissé entendre que l’Europe allait se montrer très ferme avec le régime des mollahs. Cette fermeté affichée a été de très courte durée.

Beaucoup d’Iraniens se sont réjouis du départ des 23 délégations européennes pendant le discours d’Ahmadinejad à Genève : ils y ont vu le signal du déclenchement des hostilités contre les mollahs. Il s’agissait en fait d’une mauvaise lecture des événements de leur part et surtout d’un manque de lecture tout court.

En lisant la presse iranienne, ils auraient été surpris d’apprendre qu’au moment même où les ténors de l’Europe se donnaient en spectacle de fermeté anti-Ahmadinejad et anti-mollahs, arrivaient à Téhéran, quelques 505 compagnies pétrolières de ces mêmes pays pour Iran Oil Show, le rendez-vous annuel entre les mollahs et le monde du pétrole.

D’ailleurs, après avoir fait son discours, Ahmadinejad et son ministre du pétrole qui l’accompagnait à Genève ont vite pris l’avion pour retourner en Iran afin d’inaugurer la 14ième édition d’Iran Oil Show. Un vrai succès selon Téhéran : 30 pays dont une majorité européenne ont envoyé des exposants. L’Allemagne, le champion du boycott Anti-Ahmadinejad arrive en tête de ce concours d’hypocrisie avec au moins 114 exposants dont des géants comme BASF et Siemens !

La Grande-Bretagne arrive en seconde position avec 30 exposants, la France est troisième avec 26 exposants (mieux que la Russie), l’Espagne est quatrième avec 12 exposants, l’Italie, un des autres boycotteurs, est le cinquième européen avec 12 exposants !

On retrouve sur cette liste des sponsors du régime des mollahs aussi bien la Pologne qui avait boycotté Genève que la Tchéquie qui se targuait de ne pas avoir regagné la salle après son départ pendant le discours d’Ahmadinejad.

Ce rendez-vous a été un succès car 17 compagnies américaines se sont également déplacées et le régime a aussi signé un contrat de 32 millions d’euros avec Total pour le gisement Doroud 3 !

Nous avons réussi à identifier quelques 400 des 505 exposants étrangers. Voici donc la liste des sponsors du régime des mollahs :

3H (Shanghai) Petroleum | Chine
Afton Chemical ltd. | Grande-Bretagne
AGC (Ausclad Group of Companies Limited) | Australie
Alderley | Grande-Bretagne
Alexander Wiegand GmbH & Co KG | Allemagne
Allweiler AG | Allemagne
Anko Industry Service GmbH | Allemagne
Anton Paar GmbH | Allemagne
APLICACIONES TECNOLÓGICAS, S.A. | Espagne
Apollo Fire Detectors Ltd | Grande-Bretagne
Aram (Shell Iran) | Grande-Bretagne
Aran Kimia Afzar
ARFLU, S.A. . | Espagne
Armacell International | USA
Armaturenfabrik | Allemagne
Arrow Pipes and fittings FZCO | Emirats & Inde
Aryan Beris Co Ltd Iran – intermédiaire pour Applikon and Avantes (Holland) -Acculab (U.S.) Trilogica, Sartorins, and Haberle (Germany) Technologica Meccanica (Italy) Edibon (Spain), and others
ASHCOM SYSTEMS LTD | Grande-Bretagne
Asia Caspian | Emirats & Iran
Asia Instruments | Singapour
AT
ATBIN | Emirats
Atlas Copco Energas GmbH | Allemagne
Autronika | Italie
Aurora Oil & Gas Corporation | USA
Autexier | France
AVEVA | France
BABCOCK POWER ESPAÑA, S.A. . | Espagne
Bakarie Steel Pipe Company
Barco | Belgique
BARTEC GMBH | Allemagne
BASF AG | Allemagne
Bekaert Advanced Filtration | Belgique
Beijing Comfort Technology & Development Co. Ltd
Belgian Oil & Gas Group | Belgique
BELORUSNEFT Production Association | Russie
Beratungs und Vertriebs GmbH | Allemagne
Blohm + Voss Repair GmbH | Allemagne
Bergrohr GmbH Siegen | Allemagne
Bluewater Energy services B.V. | Pays Bas
Bocad orbit GmbH & Co KG | Allemagne
Boehler Schweisstechnik | Autriche
BOMBAS ERCOLE MARELLI, SRL. | Espagne
Bopp & Reuther Messtechnik Engineering GmbH | Allemagne
Bopp & Reuther SR GmbH | Allemagne
Bornemann GmbH | Allemagne
Braunschweiger Flammenfilter GmbH | Allemagne
Bronto Skylift Oy Ab | Finlande
Bühler Technologies GmbH | Suisse
BW Technology | USA
BYSY
Canadian Civil Enginering | Canada
Carbone Lorraine San Ürünlerí. A.S. | France
CHAUDHRY HAMMER WORKS | Inde
Chelyabinsk Tube Rolling Plant JSC | Russie
Chemieanlagenbau Chemnitz GmbH | Allemagne
China Jingjia Valve Group | Chine
China National Precision Machinery I/E Corp
ChTPZ Group, Pervouralsky Novotrubny Works, Trade House “Uraltrubostal” | Russie
Clampon | USA (Texas)
Comer S.r.l. | Italie
Confind S.r.l. | Italie
Control Center of Iran Corp
Control Farayand Abzar Daghigh
COPA-DATA GmbH | Autriche
CRYOSTAR SAS | France
CTP Chemish
Delta (Doha) Corp | Emirats
Dena International GmbH | Allemagne
DENSO GmbH | Allemagne
Desautel | France
DIAMOCO Group | France
Dickow Pumpen KG | Allemagne
DME Cables | Emirats
Dräeger Safety AG & Co. KGaA | Allemagne
DRILLSTAR VAREL | France
DRESSER RAND S.A. | France
DURAG GmbH | Allemagne
EBROTANK, S.L. . | Espagne
E-CONTROL | Autiche
EDRA S.r.l. (European Drilling Rig Alliance) | Italie
EFCO Maschinenbau GmbH & Co. KG | Allemagne
Electronstandart-Pribor | Russie
Ellimetal N.V. | Belgique
Eltherm Electrowärmetechnik GmbH | Allemagne
EMERSON PROCESS MANAGEMENT | France
Endress + Hauser GmbH+Co. KG | Allemagne
ENIMEX | Grèce
ENOTEC GmbH | Allemagne
Epcon CFU Technology | USA
Equipment Co. Ltd.
Ericsson System and Services Iran
ERNDTEBRUKER EISENWERK GMBH & CO . KG | Allemagne
EUCARO Buntmetall GmbH | Allemagne
EUPEC PipeCoating GmbH | France
Europower Generators | Belgique
Eurosib-Logistics | Russie
Eurotherm HLG | Allemagne
Fang Zheng Valve Co (FZV) | Chine
FAPCO – Kuwait | USA
Faranovin Co.Ltd
FASAM S.r.l. – Filtration & separation | Italie
Fazar Tajhiz Ltd.
Feige GmbH, Abfülltechnik (Haver & Boecker group) | Allemagne
Fiberstruct | Pays Bas
Flanders Investment & Trade | Belgique
Flowtech | Grande-Bretagne
FLUIDEX. | Espagne
FMC Technologies / SGC | USA
Foxboro-Eckardt GmbH | Allemagne
Franz Schneider GmbH & Co. KG | Allemagne
Frenzelit-Werke GmbH & Co KG | Allemagne
Friulana Flande Srl | Italie
FZV | Chine
G&G International | Belgique
GAZ DE FRANCE | France
GEA Jet Pumps GmbH | Allemagne
Geofizyka Torun | Pologne
Geosat Technology | France
GEP : Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières | France
Gerab National Enterprises | USA
GFA | Allemagne
Global Mechnumatic Trading Company L.L.C.
Goldschmidt TIB GmbH | Allemagne
GostareshPlastic
Grabner | Autriche
Grimley Smith Associates Ltd. | Grande-Bretagne
GSR Ventiltechnik GmbH & Co. KG | Allemagne
Hammelmann | Allemagne
Hamon Thermal Europe S.A./N.V. | France
Hamrah Poushesh Oil and Gas Engineering Services Co.
Hamworthy Combustion Engineering Ltd | Grande-Bretagne
Hamworthy Technologies | Grande-Bretagne
HANITEK GMBH + FOXBORO-ECKARDT GMBH | Allemagne
Haver & Boecker | Allemagne
Heat Waermetechnische Anlagen GmbH | Allemagne
Hebei Shenjian Pipe Fitting Co. Ltd | Chine
HeBei YuanDa Valve Co. Ltd | Chine
LiaoNing Jixie Equipment Co. Ltd | Chine
Heinzmann GMBH & KG | Allemagne
Hi-Force FZCO | Grande-Bretagne
Hirgan Energy Eng. Co.
HOERBIGER KOMPRESSORTECHNIK | Autriche
HRH Geological Services | Grande-Bretagne
Humble Europe (Exxon) | USA
Huntsman Belgium BVBA | Belgique
Hydralift-BLM | France
Hydraulic Machines and Systems Group | Russie
Hydromashservice” JSC | Russie
IC Control | Suède
ICEX . | Espagne
ICG Group | Grande-Bretagne
i-Fischer | Allemagne
IMP
Ingenieurtechnik GmbH | Allemagne
IN HOUSE GAS | Grande-Bretagne
INCDIE ICPE-CA | Roumanie
INDUSTRIALS SGC LTD | Grande-Bretagne
INPEX Holdings Inc. | Japon
Interface GmbH & Co KG | Allemagne
Internormen Technology GmbH | Allemagne
INTERSPIRO | Allemagne
Intertech-Hess GmbH | Allemagne
INTRA Industrial Services – INTRA Maschinen handelsgesellschaft GmbH | Allemagne
IODS Ltd – Pipe Clad Division | Grande-Bretagne
IOID-SPIE (OFOGH Group, Edgo Group (GB) and RAZIN Group holding S.A.L)
IPI (Iran-Pakistan-India pipeline)
Iranian Standard and Quality Inspection Co.
ITC Asia | Corée du sud
Japan Oil, Gas and Metals National Corporation (JOGMEC) | Japon
JC Fábrica De Válvulas, S.A. | Espagne
Sumy Frunze Machine-Building Science-and-Production Association | Ukraine
JPM INGENIEURTECHNIK GMBH | Allemagne
JNK Heaters Co. Ltd. | Corée du Sud
JULABO Labortechnik GMBH | Allemagne
Karbord Chemie Kara Co
KERPEN GMBH & CO . KG | Allemagne
Kimia Ara Ltd.
KISWELL
Knick Elektronische Messgerate GmbH & Co KG | Allemagne
KOBOLD Messring GmbH | Allemagne
KOBOLD MESSRING GMBH | Allemagne
Korrosionsschutz GmbH | Allemagne
Kroll & Ziller GmbH & Co. KG | Allemagne
KSB AKTIENGESELLSCHAFT
LABOMED | USA
Langfang Dynamic Technologies | USA
Lanzhou Lanshi Group Company Ltd. | Chine
Larzenegary Jarfkav (Exclusive Representative)
Lawyers Universal House
Leistritz Pumpen GMBH | Allemagne
Leobersdorfer Maschinenfabrik GmbH & Co.KG (LMF) | Autriche
Leoni-Kerpen | Allemagne
LESER GmbH & Co. KG | Allemagne
LHE Co. Ltd | Corée du Sud
Liaoning Complete Mechanical & Electrical Equipment Co. Ltd | Chine
Linde AG | Allemagne
Linde Engineering Division | Allemagne
Logstor A/S | Danemark
Loher GmbH | Allemagne
LOWATER | Grande-Bretagne
Luigi Resta | Italie
LUKOIL OIL COMPANY | Russie
MACRON | Italie
Mampaey Offshore Industries B.V. | Pays-Bas
MAN Turbomaschinen AG | Allemagne
Marelli Pumps | Espagne
MARTECNIC | Espagne
Maschinenfabrik GmbH | Allemagne
MAXFORD | Chine
MECÁNICA EGARENSE, S.A. – MECESA | Espagne
Mecesa – Mecanica Egarense S.A. | Espagne
MEHR Engineering Co.
Mess- + Regeltechnik GmbH | Allemagne
Messtechnik Engineering GmbH | Allemagne
METRA Energie-Messtechnik GmbH | Allemagne
Metso Automation | France
MIGS
Mineraloil Systems GmbH | Allemagne
Minimax GmbH & Co. KG | Allemagne
MKS International Co Ltd | Japon
MOMPAY
MORALY IES
Motor Sich Joint Stock Company | Ukraine
MTL
Nano Pars Espadana
Nar Foam Kar
Naue GmbH & Co. KG | Allemagne
Nefteprom Mash | Russie
Negus Expo International | Russie
Neico/ Zhejiang Supcon Technology Co. ,Ltd | Chine
NETZSCH Mohnopumpen GmbH | Allemagne
Neumann Elektronik GmbH | Allemagne
NEUMAN & ESSER GROUP | Allemagne
NIK Instruments Co.
Noor Neda System Co.
Nova Analitic | USA
Novatec Controls | Australie
Novin Tadbir
NSN (Nokia Siemens Networks) | Finlande
Oil Review Middle East | Grande-Bretagne
Ok Kwang Metal Co. LTD. | Corée du Sud
OMV (IRAN) ONSHORE EXPLORATION GMBH | Autriche
Opra Turbines | Norvège
Özka Makina Ìthalat Ìhracat Sanayi Tic. Ltd | Turquie
Pars Nikoo (PJSC)
Parto Tadbir Pars
Patent Co.
Paul Bungartz GmbH & Co. KG | Allemagne
PBG Geophysical Exploration Company Ltd | Pologne
Peinemann Equipment B.V. | Pays-Bas
Penztyazhpromarmatura JSC | Russie
Pepperl+Fuchs GmbH | Allemagne
Petrochemical Industries Design and Engineering Company (PIDEC)
Petrolink International | USA
Petro Power | Grande-Bretagne
PETROSTEEL FZE | USA
Petrotest Instruments GmbH & Co. KG | Allemagne
PG – INSTRUMENTS | Grande-Bretagne
Phönix Messtechnik GmbH | Allemagne
PIAK SCIENTIFIC | Grande-Bretagne
POLOTON | Tchéquie
Pooyeh Electronic Industry Co.
Production Association “BELORUSNEFT” | Russie
PROSIM | France
Qingdao Jieneng Rig Manufacturing Co.Ltd. | Chine
Quality Wine Products Co. W.L.L
Radan Farjam
Regeltechnik Kornwestheim GmbH | Allemagne
RAHA Ltd. Industrial Equipment
Rasta Group
Regel + Messtechnik GmbH | Allemagne
REMBE GmbH | Allemagne
RENER COMPRESOREN | Allemagne
Repsol YPF | Espagne
Rexroth AG (Boesch) | Allemagne
RINGO VÁLVULAS, S.L.L | Espagne
Rits International Technical Services L.L.C. | Emirats
RMG
Rockwool Technical Insulation B.V. | Pays-Bas
Rosenbauer International AG | Autriche
Rostransmash Trade, LLC | Russie
Rotating Equipment Solution | Norvège
Rotork Controls Ltd | Grande-Bretagne
Roxtec Middle East FZE | Suède
Royal Breeze / SIMA Engineering and TECTUBI Middle East | Emirats
Royal Breeze General Trading L.L.C | Emirats
Royan Joosh Saba
RTM
S2m |France
SAAB ROSEMOUNT TANK GAUGING | Suède
Safety & Control | Allemagne
Salzgitter Mannesmann International GmbH | Allemagne
Sama micro
Sameh Afzare Tajak Co (SATCO)
SAMSON AG MESS UND REGELTECHNIK | Allemagne
Sandvik Process Systems – Divison of Sandvik GmbH | Allemagne
SAPTEC | Grande-Bretagne
Saria Technologies | France
Sarvazma
Satco | France
SCAND POWER | Norvège
Scandora | USA
SE IVCHENKO PROGRESS | Ukraine
Sea Side Supplies Co.. L.L.C.
SEAWAY HEAVY LIFTING | Pays-Bas
SEKO S.p.A | Italie
SENTRONIC | Allemagne
Servomex | Grande-Bretagne
Sewerin | Allemagne
SGC
Shandong Fufeng Fermentation Co. Ltd | Chine
Shandong Kerui Petroleum Equipment Co, Ltd. | Chine
Shanghai SK Petroleum & Chemical Equipment Corporation Ltd | Chine
Shell Development Iran B.V. | Grande-Bretagne & Pays-Bas
Shenyang Blower Works | Chine
Shilla Fire | Corée du Sud
Shimi Tajzieh Sina Co Ltd
SHIVASP CO.
Shin Woo Metal Co. Ltd. | Corée du Sud
Sicherheits- und Regelarmaturen | Allemagne
Sichuan Huagong Petroleum Steel Pipe Co. Ltd | Chine
SICK MAIHAK GmbH | Allemagne
Siemens AG Energy Sector | Allemagne
SIERRAS SABI S.A. | Espagne
Silos & Systems GmbH | Allemagne
SIMA
SISICO (Imen Sahan Ariya)
SNR | France
Spirax Sarco Ltd. | France
SPP – Pump | Grande-Bretagne
SPT Group | Norvège
SPX Cooling Technologies Inc. | USA
StatoilHydro Iran | Norvège
Steuler Industrieller Korrosionsschutz GmbH | Allemagne
STÌ
Stork Turbo service B.V. | Pays-Bas
Stork Power Services/Energy Danan Ideh
Strack GmbH | Allemagne
Sulzer Chemtech Ltd | Suisse
Super Technical FZCO | Emirats
Syscom 18 S.r.l. | Roumanie
Tech Control Industrial Consultants Co
Technodata GmbH | Allemagne
Tejarat Sanati Fonoon Shargh
TEKTOBI
TELSONIC | Suisse
Thermo Engineering S.r.l. | Italie
Thunder Electronic Eng Co
THYSSEN KRUPP MANNEX CO | Allemagne
TIAL -Termoshrinkable Insulating Materials
TIB Chemicals AG | Allemagne
TK
TMK | Russie
TMS Turbomaschinenservice GmbH | Allemagne
TORN
Tosaca S.A. | Espagne
TOTAL E & P IRAN | France
TOTALWALTER | France
Tractebel Gas Engineering GmbH | Allemagne
Trametal S.p.A. | Italie
Turbo-Service GmbH | Allemagne
Tubos Reunidos S.A. | Espagne
Tyco | USA
United Metallurgical Company | Russie
URACA Pumpenfabrik | Allemagne
UTP | France
Vacono Aluminium Covers GmbH | Allemagne
VALVOSPAIN | Espagne
Vector & Wellheads Engineering | Espagne
VEGA GRIESHABER KG | Allemagne
VELAN GmbH | Canada
Vemm Tec Messtechnik GmbH | Allemagne
Ventil Test Equipment B.V. | Pays-Bas
Verhoef Access Technology | Pays-Bas
Veritas DGC | France
Viar Valvole S.r.l. | Italie
Voith Turbo BHS Getriebe GmbH | Allemagne
Voith Turbo GmbH & Co. KG | Allemagne
WEICON GmbH & CO. KG | Allemagne
Weidmüller Interface GMBH & KG | Allemagne
Weir Valves & Controls | Grande-Bretagne
Weir Pumps | Grande-Bretagne
Welding Alloys Group – Aliaj Joosh Iran
Wenzhou Changmi Airtight Manufacturing Co Ltd | Chine
Wenzhou Xiangjian Ball Valve Co. Ltd | Chine
Wepuko Hydraulik GmbH & Co. KG | Allemagne
Westfalia Separator Mineral Oil Systems GmbH | Allemagne
Wicksteed Engineering Ltd. | Grande-Bretagne
WIKA GMBH | Allemagne
WIKA Instrumentation Pars Kish KFZ Ltd | Allemagne
Wood Group | Grande-Bretagne
Yangzhou Xinyang Technology Development Co. Ltd | Chine
Yi Neng Group | Chine
Zavod Nefteprommash | Russie
Zeochem AG | Suisse
Zeppelin Silos & Systems GmbH | Allemagne
Zeta-PDM Ltd | Grande-Bretagne
Zhejiang Byho Valve Co. Ltd | Chine
Zhejiang SUPCON Technology Co., Ltd. | Chine
Zhejiang Teji Valve Co. Ltd | Chine
Zhejiang Zhedong High and Middle Pressure Valve Making Co.Ltd | Chine
Zhongcheng Machinery Manufacturing Co Ltd of Dagang Oilfield Group | Chine
ZORYA-MASHPROEKT | Russie
ZYT Petroleum Equipment Co. Ltd. | Chine

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Bon document de Caroline Fourest, mais de curieux oublis
Alain Rubin
Riposte laïque
24 avril 2009

Je viens de regarder ce soir sur ARTE le film réalisé par Caroline Fourest. On peut dire que c’est un bon document, mais…

Je veux y relever deux choses. Caroline Fourest montre bien comment la préparation de Durban2 a d’abord cherché à interdire. Elle a, par exemple, interdit de parole les Bahaï. Le Président du conseil des droits de l’homme des nations unies, sur demande de l’Iran qui indique que la question « n’est pas à l’ordre du jour », rappelle à la discipline onusienne la représentante de l’ONG, « l’on ne doit pas parler d’un pays en particulier ». Le courage de la représentante des Bahaï a été illustré. C’est bien.

Mais ce qui devait ici être relevé, pour vraiment informer, c’est qu’après avoir montré les massacres sauvages des Bahaï en Iran, qui y sont toujours persécutés et assassinés, ce que le film oublie (mais est-ce un oubli ?) c’est qu’en Israël la liberté religieuse des Bahaï (1) est assurée, sans restriction aucune. C’est en Israël, à Haïfa, que se trouve le centre mondial Bahaï. Il y occupe une vaste partie du flanc de la montagne où s’étage la troisième grande ville d’Israël. Pourquoi le film ne le montre pas ?

Ignorance, oubli de la réalisatrice, une journaliste si méthodique et si documentée ? On voudrait le croire.

Mais un film si bien réalisé, bien documenté, bien préparé, produit de plusieurs mois de travail, peut-il ne pas savoir que les Bahaï ont trouvé à l’époque et jusqu’à ce jour et les suivants, en Israël, la seule terre d’accueil proche de leur patrie d’origine ?

Le film est singulièrement silencieux sur les Darfouri, qui sont une des grandes questions tabou de Durban2. Il est vrai que la question soudanaise est un cinglant démenti, au quotidien, à Ahmadinejad et à ses comparses à différents degrés quand ils accusent les « sionistes d’être pires racistes » que les auteurs de la shoah. Pourquoi ?

Le soit disant pays qui, a déclaré Ahmadinejad hier, aurait été formé après la seconde guerre mondiale (2) par « des racistes encore plus durs » que ceux dont les Juifs avaient été victimes pendant la shoah, ce pays est devenu, sans l’avoir décidé, depuis trois ans le refuge de dizaines de milliers de Soudanais non juifs.

Ces hommes et ces femmes, ces noirs de l’Afrique profonde, ont traversé à pied des vastes territoires désertiques, pour fuir les guerres à répétition menées contre les populations du Soudan depuis 1974, par les gouvernements putschistes islamistes successifs.

Ces noirs africains non juifs ont trouvé en Israël une terre promise réelle. Dans ce pays que l’islamo fascisme et ses comparses de droite et de gauche ou du « centre » appellent, d’une voix unique : une entité colonialiste et raciste, un apartheid d’un genre nouveau qui mériterait d’être traité comme l’Afrique du sud, ils sont des dizaines de milliers à y avoir cherché et trouvé refuge depuis le printemps 2006. Israël pays raciste « pire que les racistes nazis » ? Cette argutie du bourreau du peuple iranien est soutenue par les ONG qui veulent sortir de Durban2 avec des résolutions de boycott total destiné à abattre Israël.

Ahmadinejad et beaucoup d’autres qui préconisent le boycott total d’Israël, ignorent ou veulent effacer qu’avant 1945 en Palestine mandataire, il y avait le Ichouv. Le Ichouv était un quasi état national des Juifs, un état national restauré par en bas depuis les années quatre vingt du dix neuvième siècle. Ils oublient ou ignorent, qu’en 1840, cette Jérusalem de l’est, où les Juifs ne seraient que des intrus, des « colons » comme on écrit dans les médias, était une ville à majorité juive.

En 1948, cette Jérusalem- Est était toujours un quartier d’une ville juive aux trois quarts. Au 16ème siècle, les relations de voyage en témoignaient : les rares habitants de la « terre sainte » étaient principalement des Juifs regroupés essentiellement à Gaza, Hébron, Jérusalem, Safed, Tibériade et dans quatre ou cinq autres localités galiléennes reconstruites sur une terre qui leur avait été vendue, un siècle plus tôt, à un prix prohibitif, par Suleyman le Magnifique. N’en déplaise au tyran démagogue iranien, jamais la terre d’Israël n’a cessé d’être elle-même. Les nations unies, en 1945, n’ont fait que révoquer la décision romaine qui, après la révolte de Bar Kochba de l’an 135, avait cru pouvoir effacer la nation juive en débaptisant son pays, en déportant massivement ses hommes aptes au travail au moyen de l’esclavage et en complétant ces mesures par des interdits résidentiels. L’empire romain édictera l’interdiction aux Juifs survivants de se réinstaller à Jérusalem.

Les nations unies n’ont fait que confirmer, dans un cadre plus restreint, ce que la SDN avait reconnu en 1920-21.

La division en deux états n’était pas l’expulsion de ceux qui ne savaient pas encore qu’ils étaient des Palestiniens. Le vote de 1947 n’était pas la « nakba », il signifiait simplement qu’il y aurait deux petits états côte à côte : l’un à majorité arabe avec une petite minorité juive, l’autre avec une petite majorité juive et une grosse minorité arabe. La guerre déchaînée par la ligue arabe en décidera autrement, en se fixant pour but affirmé dans ses déclarations de rejeter à la mer les quelques Juifs survivants au massacre général. Ce ne furent ni le vote des nations unies de fin 1947, ni la proclamation d’indépendance politique des Juifs du 15 mai 1948 qui provoqueront l’exode/naqba, mais la décision de guerre à outrance prise et mise en œuvre par la ligue arabe. C’est ce que le discours du dictateur iranien a voulu grossièrement cacher. C’est aussi ce que cherchent à effacer des mémoires les organisations politiques « anti impérialistes » qui veulent jouer les locomotives d’une campagne internationale de boycott destiné à faire disparaître Israël.

Le film a montré ce que signifie, en une phrase, le signe égal que l’organisation des états islamiques veut mettre entre le « racisme » et la liberté de parole, quand la liberté d’expression « offense » l’islam et son prophète. Ce n’est pas la liberté de penser qui est en cause, nous dit le représentant du Pakistan : « c’est seulement l’abus de la liberté d’opinion ». L’abus de la liberté d’opinion…

Soyons justes, Caroline Fourest a réalisé un bon document. Mais, comme je l’indiquais plus haut, ce sont encore et toujours les détails qui révèlent la vérité des prix.

Elle se révèle dans les oublis et les oubliés. Parmi ces derniers, les Papous du Timor occidental, victimes d’une pure entreprise de colonisation, plus brutale que celle qui détruisit les tribus indiennes d’Amérique du nord. Les colonisateurs exterminateurs des Papous, ce ne sont pas des nord-américains, ni des européens. Ce sont des hommes armés envoyés par le gouvernement indonésien pour proposer le marché suivant aux clans de Papous : ou vous vous déclarez musulmans et vous changez totalement de mode de vie, de culture, croyance, tenue, alimentation, ou on vous tue… Ce djihad colonisateur est mené, encore en 2009, par l’Indonésie, un grand pays, vaste par la taille, imposant par le nombre des habitants et par ses ambitions, petit par son peu de respect de la vie et de la dignité humaine. Néanmoins, les Papous figurent parmi les oubliés de Durban2 et du reportage d’ARTE. Oubliés des « lignes rouges » de la diplomatie française, oubliés des lignes rouge du film reportage d’ARTE les Papous du Timor oriental. Cette vérité politique à laquelle on nous a préparés tout au long du reportage se résume à la conclusion de Caroline Fourest faisant écho à l’ambassadeur Mattei qui oppose à la constitution « d’un club des démocraties : « qu’il faut garder un cadre universel », quoi qu’il en coûte. On devrait donc se résoudre à la farce sinistre d’un conseil des droits de l’homme des nations unies devenu un instrument docile entre les mains d’une bande de geôliers étrangleurs des droits humains.

Ecoutons notre réalisatrice. Elle donne le mot de la fin : le conseil des droits de l’homme des nations unies, désormais dominé par des destructeurs des droits de l’homme « est le reflet de l’état du monde. On ne supprime pas un mal en supprimant son reflet ». En d’autres termes, la belle Caroline nous explique qu’il faut continuer de supporter l’insupportable. C’est ce qu’en 1938 préconisaient déjà nos realpolitik. On a vu à l’époque le résultat de ces « victoires » comme celle que vient de nous annoncer ce soir le ministre Kouchner.

Pour le ministre français Mattei, pour Caroline Fourest, les contribuables des pays de démocratie devraient continuer de financer 90% d’une machinerie impuissante, qui sert de tribune, de terrain d’entraînement et de pompe à finance à tous ceux qui veulent aligner les droits des citoyens sur les non droits des soumis à la charia (2).

PS. J’ai écrit ces commentaires à chaud, après avoir regardé le film de Fourest et le débat qui l’a suivi. Depuis, les « lignes rouges » bougent. Il y a comme un sentiment d’inquiétude généralisé. La presse même, commence à poser la question : l’ONU n’avait-elle pas mieux à faire avec les deniers des contribuables européens et nord-américain qui financent à 90% l’Onu, qu’à laisser se mettre en place un piège prévisible contre les droits humains basés sur la démocratie, sous prétexte « d’antiracisme » ? Quant à Kouchner, il espère contre tout espoir, et il se contente d’illusions qu’il veut à tout prix nous faire partager.

Alain RUBIN

(1) Les Bahaï forment une religion syncrétiste issue du chiisme iranien. Ces gens sont essentiellement pacifistes.

(2) La charia est le système juridique produit par la tradition musulmane s’appuyant sur l’interprétation des paroles et faits et gestes de MHMD. Après le film de Caroline Fourest, nous avons assisté à un indigeste débat. Disons, pour être objectif, que le journaliste a, quant à lui, cherché à poser réellement les problèmes. François Zimeray faisant penser à un jockey courant le grand prix de Paris assis sur un cheval de bois. Daniel Cohn Bendit, lui, se répandra en pantalonnades, cherchant des excuses aux tyrans domestiques afghans. S’ils écrasent leur femme sous des vêtements- prison et n’hésitent pas, de temps à autres, à l’enterrer vive-, ils ont certainement des excuses ; ils seraient, à peu de choses près ce qu’était l’homme occidental il n’y a pas si longtemps. Alors, où est le problème ? Le soi-disant leader de mai 68 donnera le mot de la fin, voulant rappeler que : c’est seulement en 1945 que l’on a donné le droit de vote aux femmes françaises. Si je comprends bien cette conclusion du leader des verts, allié électoral des verts nuance Hamas, on doit dire : mesdames les afghanes qu’on enterre vives, mesdames les palestiniennes victimes des crimes d’honneur que l’on égorge, mesdames les musulmanes victimes de la montée intégriste dans des banlieues françaises, patience. Patience, patience, patience !! Encore quelques décennies, et cela ira mieux. C’est dans l’ordre des choses, Paris ne s’est pas construit en un jour. Et si il y a un retour de la réaction sous la forme du djihadisme, c’est de la faute des démocraties. Elles n’ont pas su se battre en lançant des pétales de fleurs aux djihadistes, après qu’ils leur aient déclaré la guerre le 11 septembre 2001. En attendant, prenez votre mal en patience, supportez la charia. Ne soyez pas trop tristes, comme nous sommes de vrais et gentils antiracistes, nous les braves « écolos », nous invitons nos concitoyens à partager votre fardeau et à vivre un peu comme vous, en nous infligeant la charia, ou au moins des bouts. Comme cela, nous souffrirons ensemble, ce sera le pied, vous verrez. Les milices islamistes en Irak viennent de nous montrer quel avenir partagé ils nous préparent, ou plutôt, quelle barbarie inédite ils mettent en place. La dernière trouvaille contre les homosexuels, qui selon Ahmadinejad n’existent pas en terre d’islam : leur obturer l’anus avec une gomme qui ne peut être enlevée que par voie chirurgicale. Les coupables sont ensuite obligés de boire un breuvage provoquant une courante qui, ne pouvant s’évacuer, provoque d’affreuses douleurs et la mort par éclatement intestinal. Dialogue des civilisations quand tu nous tiens… Mettant fin aux procédures judiciaires de l’ancien régime et aux horreurs de sa justice, en matière de condamnation à mort, la révolution française avait adopté la guillotine, pour que les condamnés ne souffrent pas. A l’inverse, en Irak ou en Iran, et ailleurs dans la même aire « culturelle », nous sommes en présence d’un souci des autorités visant à obtenir un maximum de souffrance pour que l’être humain condamné à mort sente la mort et vive l’enfer. La faute, sûrement, à la manière dont les démocraties ont répondu à la déclaration de guerre de septembre 2001, va encore nous susurrer ce brave Cohn Bendit.