Tuerie d’Istres: Attention, une balade sauvage peut en cacher une autre (Badlands goes Allahu Akbar: Should the legless Bostonians have agitated more forcefully for federally mandated after-school assimilationist basketball programs ?)

1 mai, 2013
http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/la_balade_sauvage,2.jpghttp://24.media.tumblr.com/tumblr_m30as9EuiT1r37q3oo1_500.jpghttp://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/05/07ead-b15.jpg?w=450&h=253http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/1/19/Starkweather.jpgL’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Nouvelle réédition pour La Balade sauvage et nouvelle visibilité grâce à la palme remportée à Cannes par le dernier film de Terrence Malick (The Tree of Life). Le premier long-métrage du cinéaste, qui conte la balade meurtrière du couple formé par Holly (Sissy Spacek) et Kit (Martin Sheen) à travers les États-Unis, s’assure d’emblée une certaine carrière en salles. Depuis son âge d’or dans les années 1970, le road-movie a subi de nombreuses mutations. Revenir sur La Balade sauvage, c’est donc revenir au classicisme d’un genre, ce qui n’est pas sans constituer un certain paradoxe étant donné le souffle nouveau que ce film a représenté en son temps. Mais trente-cinq ans plus tard, on est en droit de se demander si La Balade sauvage a conservé toute sa modernité ou s’il ne pâtit pas du passage du temps. Quel écho de la révolte de la jeunesse américaine des années 1970 contre l’autorité (gouvernementale, parentale, etc.) aujourd’hui ? Si l’escapade insouciante de Holly et Kit comme réponse au carcan social paraît aujourd’hui un peu naïve et présente une idée de la liberté un peu vieillotte, mieux vaut y voir le premier maillon d’une œuvre à venir. Le premier long-métrage de Malick pose déjà la question qui hantera toute sa filmographie : comment créer un lieu de vie idéal au sein d’une terre hostile (déclinée dans The Tree of Life en situation hostile : la mort d’un enfant). Le titre original de l’œuvre vaut ainsi qu’on le rappelle : Badlands, ces mauvaises terres que l’on brûle au son d’un chœur religieux (faut-il passer par l’Enfer pour parvenir au Paradis ?) et qu’on brûlera à nouveau dans la plus belle séquence des Moissons du ciel, lors d’une apocalyptique attaque de sauterelles. Si le film de Malick constitue le modèle d’une tendance cinématographique qui émergera dans les années 1990 – les road-movies meurtriers –, ce film-source a ceci de spécifique qu’il se construit toujours dans la distance (particularité dont ses petits rejetons – de Sailor et Lula à Tueurs-nés en passant par True Romance, qui reprend presque littéralement la musique de La Balade sauvage – s’émanciperont pour proclamer un style kitch-hémoglobine). Le recul qu’il prend vis-à-vis de la violence passe essentiellement par le personnage incarné par Sissy Spacek (qui se trouve alors à l’orée d’une période de grands rôles : Carrie, Three Women, etc.), dont l’impassibilité désamorce toujours immédiatement l’agitation de Martin Sheen. On se trouve avec La Balade sauvage devant le portrait d’une jeunesse qui, malgré les cadavres qu’elle laisse sur son chemin, se démarque par sa grande innocence. La mort n’intervient jamais comme un drame mais comme une étape, un relais sur la route de Holly et Kit. Pas de drame, pas de coupable. La singularité de la démarche malickienne est de faire de ce fait-divers une ode à l’innocence plutôt qu’un trip sulfureux (comme s’attacheront à le faire David Lynch, Oliver Stone et Tony Scott), de dépasser l’anecdote, la chronique de départ pour dépeindre un état de fait plus global : la jeunesse, la liberté. Critikat (juin 2011)
Terrence Malick (…) sort d’un long cursus de philo à Harvard, suivi de reportages pour le New Yorker, et soudain le voilà « possédé » par le cinéma. La Balade sauvage, qui suit la piste d’un couple d’amoureux criminels façon Bonnie and Clyde, est un film où les idées fusent, tranchantes, lyriques, baroques. L’univers d’un cinéaste de génie – Palme d’or 2011 pour The Tree of life – s’y déploie avec une précision, une assurance et une liberté stupéfiantes. Tout de l’oeuvre à venir est déjà là : la voix off, pure et mélancolique, flotte depuis un au-delà étrange, surplombant les passions. Filmée avec grâce, la nature vibre, plane et palpite autour de jeunes héros dont les rêves s’abîment à toute vitesse. Télérama
Badlands was inspired by the short, bloody saga of Charles Starkweather who, at age nineteen, in January, 1958, with the apparent cooperation of his fourteen-year-old girlfriend, Caril Fugate, went off on a murder spree that resulted in ten victims. Starkweather was later executed in the electric chair and Miss Fugate given life imprisonment. Badlands inevitably invites comparisons with three other important American films, Arthur Penn’s Bonnie and Clyde and Fritz Lang’s Fury and You Only Live Once, but it has a very different vision of violence and death. Malick spends no great amount of time invoking Freud to explain the behavior of Kit and Holly, nor is there any Depression to be held ultimately responsible. Society is, if anything, benign. This is the haunting truth of Badlands, something that places it very much in the seventies in spite of its carefully re-created period detail. Kit and Holly are directionless creatures, technically literate but uneducated in any real sense, so desensitized that Kit (in Malick’s words at a news conference) can regard the gun with which he shoots people as a kind of magic wand that eliminates small nuisances. Kit and Holly are members of the television generation run amok. They are not ill-housed, ill-clothed, or ill-fed. If they are at all aware of their anger (and I’m not sure they are, since they see only boredom), it’s because of the difference between the way life is and the way it is presented on the small screen, with commercial breaks instead of lasting consequences. Badlands is narrated by Holly in the flat, nasal accents of the Middle West and in the syntax of a story in True Romances. « Little did I realize, » she tells us at the beginning of the film, « that what began in the alleys and by-ways of this small town would end in the badlands of Montana. » At the end, after half a dozen murders, she resolves never again to « tag around with the hell-bent type. » Kit and Holly share with Clyde and Bonnie a fascination with their own press coverage, with their overnight fame (« The whole world was looking for us, » says Holly, « for who knew where Kit would strike next? »), but a lack of passion differentiates them from the gaudy desperados of the thirties. Toward the end of their joyride, the bored Holly tells us she passed the time, as she sat in the front seat beside Kit, spelling out complete sentences with her tongue on the roof of her mouth. Malick tries not to romanticize his killers, and he is successful except for one sequence in which Kit and Holly hide out in a tree house as elaborate as anything the M-G-M art department ever designed for Tarzan and Jane. Sheen and Miss Spacek are splendid as the self-absorbed, cruel, possibly psychotic children of our time, as are the members of the supporting cast, including Warren Oates as Holly’s father. One may legitimately debate the validity of Malick’s vision, but not, I think, his immense talent. Badlands is a most important and exciting film. The NYT
Le scénario est inspiré d’une histoire vraie : en 1957, deux amants du Middle West effectuèrent une « balade sauvage » qui coûta la vie à onze personnes. Le jeune homme, Charles Starkweather, finit sur la chaise électrique, et sa compagne, Caril Ann Fugate, fut condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité. Wikipedia
Charles Raymond Starkweather (24 novembre 1938 – 25 juin 1959) était un tueur à la chaîne américain qui a assassiné 11 personnes dans le Nebraska et dans le Wyoming lors d’un road trip avec sa copine adolescente, Caril Ann Fugate. Il devint une fascination nationale aux États-Unis, inspirant notamment les films « The Sadist », « La Balade sauvage » , « Starkweather », « Murder in the Heartland », « Fantômes contre Fantômes » et « Tueurs nés ». Il a également inspiré la chanson « Nebraska » de Bruce Springsteen, que Springsteen pensait initialement intituler « Starkweather ». Liza Ward, la petite-fille des victimes C. Lauer et Clara Ward, a écrit un roman, « Outside Valentine », basé sur les événements de la tuerie de Starkweather. (…) Stephen King fut fortement inspiré par les meurtres de Starkweather lorsqu’il était plus jeune, gardant un scrapbook d’eux1 et incorporant plusieurs avatars de Starkweather dans ses œuvres. Par exemple, il est dit que Starkweather était un collègue de classe de Randall Flagg dans « Le Fléau ». King a également affirmé lors d’une interview que son personnage The Kid, qui apparaît dans la version complète de « Le Fléau » se veut être une réincarnation de Charles Starkweather. Le cas Starkweather-Fugate a inspiré, entre autres, les films « La Balade sauvage » (1973, avec Martin Sheen et Sissy Spacek) et « Tueurs nés » (1994, avec Woody Harrelson et Juliette Lewis). Le téléfilm « Murder in the Heartland » (1993) est une description biographique de Starkweather avec Tim Roth dans le rôle principal, alors qu’en 1983, « Stark Raving Mad », un film avec Russell Fast et Marcie Severson, fournit une version fictionnelle des meurtres de Starkweather et Fugate. Le film « Fantômes contre Fantômes », de Peter Jackson, met en scène un couple meurtrier inspiré par Starkweather et Fugate. Après avoir commis leur 12ème meurtre, Bartlett (l’homme) annonce triomphalement : « Un de plus que Starkweather ! » (One more than Starkweather!). Wikipedia
Est-ce que l’industrie pense que les armes vont aider à vendre des tickets’ Je ne sais pas… Je crois que la question mérite d’être posée. Robert Redford
Le maire de New York, Michael Bloomberg, affirme que les frères Tsarnaev, suspects dans les attentats du marathon de Boston, prévoyaient déposer des bombes à Times Square. Ils voulaient se rendre à New York dans la soirée de jeudi (18 avril), mais la prise d’otage d’un automobiliste a mal tourné et leur plan a échoué. Dzhokhar, hospitalisé depuis son arrestation, aurait fait cette déclaration. Radio-Canada
Selon ses dires, il a déterré une kalachnikov achetée sur Internet avant de faire feu et de tuer deux voisins, âgés de 35 et 45 ans, dans leurs jardins. Il a ensuite arrêté une voiture et demandé à la conductrice de l’emmener à Paris. Devant son refus, il a fait feu sur le pare-brise du véhicule, blessant légèrement la femme à la main et à l’oreille. Puis il a arrêté une deuxième voiture conduite par un sexagénaire, qu’il a abattu d’une rafale d’arme automatique. Selon les enquêteurs, l’adolescent assure « n’être militant de rien », n’avoir aucune conviction politique ou religieuse et ne se revendique d’aucune idéologie ni d’aucun courant de pensée. Le Monde
La forte concentration d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche explique le surnom de Boston, l’ « Athènes de l’Amérique ». L’agglomération compte une centaine d’institutions publiques ou privées qui concourent à sa réputation d’excellence depuis la période coloniale. Parmi elles, les 65 colleges et universités27 font de Boston une ville étudiante. Cependant, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard ne se trouvent pas dans les limites de la ville, mais sont installés à Cambridge, sur l’autre rive de la Charles River. Le Boston College fut créé en 1827 dans le South End avant de déménager à Chestnut Hill. L’université de Boston, fondée en 1869, est aujourd’hui la quatrième plus grande université du pays avec environ 30 000 étudiants et le second employeur de la ville28. L’université du Massachusetts est un établissement d’enseignement supérieur public situé dans le quartier de Dorchester. Le collège Emerson (3 700 étudiants) est situé non loin du Boston Common et propose des formations dans les arts et la communication. La Northeastern University dispose d’un grand campus sur l’avenue Huntington dans le quartier de Fenway. Le Wentworth Institute of Technology propose plusieurs formations de haut niveau en architecture ou en informatique par exemple. L’université Suffolk (4 600 étudiants) est une école de droit qui garde un campus sur Beacon Hill. Il existe bien d’autres établissements d’enseignement supérieur : le Simmons College (1899), l’Emmanuel College (1919), etc. Boston compte également de nombreux lieux de formation aux arts du spectacle, à la musique (New England Conservatory of Music, Boston Conservatory, Berklee College of Music). Wikipedia
The alleged involvement of two ethnic Chechen brothers in the deadly attack at the Boston Marathon last week should prompt Americans to reflect on whether we do an adequate job assimilating immigrants who arrive in the United States as children or teenagers ». Marcello Suarez-Orozco and Carola Suarez-Orozco (UCLA)
It was a blow the immigrant boxer could not withstand: after capturing his second consecutive title as the Golden Gloves heavyweight champion of New England in 2010, Tamerlan Anzorovich Tsarnaev, 23, was barred from the national Tournament of Champions because he was not a United States citizen. The cocksure fighter, a flamboyant dresser partial to white fur and snakeskin, had been looking forward to redeeming the loss he suffered the previous year in the first round, when the judges awarded his opponent the decision, drawing boos from spectators who considered Mr. Tsarnaev dominant. From one year to the next, though, the tournament rules had changed, disqualifying legal permanent residents — not only Mr. Tsarnaev, who was Soviet-born of Chechen and Dagestani heritage, but several other New England contenders, too. His aspirations frustrated, he dropped out of boxing competition entirely, and his life veered in a completely different direction. Mr. Tsarnaev portrayed his quitting as a reflection of the sport’s incompatibility with his growing devotion to Islam. But as dozens of interviews with friends, acquaintances and relatives from Cambridge, Mass., to Dagestan showed, that devotion, and the suspected radicalization that accompanied it, was a path he followed most avidly only after his more secular dreams were dashed in 2010 and he was left adrift. His trajectory eventually led the frustrated athlete and his loyal younger brother, Dzhokhar, to bomb one of the most famous athletic events in this country, killing three and wounding more than 200 at the Boston Marathon, the authorities say. They say it led Mr. Tsarnaev, his application for citizenship stalled, and his brother, a new citizen and a seemingly well-adjusted college student, to attack their American hometown on Patriots’ Day, April 15. The NYT
(…) that personal grievances of some sort must always somehow be responsible (…) is true by definition for individuals who carry out acts of violence for idiosyncratic personal motives, but it misses the point entirely when one is dealing with ideological extremists. It is the adoption of extremist political and religious ideologies that is the primary causal factor in precipitating acts of non-state terrorism. And it should be self-evident that those who formulate or adopt extremist ideologies must necessarily be disgruntled and alienated from the current social or political status quo, whether justifiably or not. Why? Because people who are happy or essentially satisfied with the status quo are neither going to create nor embrace radical worldviews that advocate attacking the existing system in order to establish what they believe will be a better, more just world. Thus there is no mystery at all about why the alleged Boston bombers committed their terrorist atrocity: like the perpetrators of the 9/11 attacks and thousands of other jihadist terrorist attacks throughout the world, they had embraced a radical Islamist ideology that enjoined them to wage armed jihad against the “infidel” enemies of Islam. It hardly matters why the Tsarnaev brothers became disgruntled or angry—people can become disgruntled and angry for a vast array of both legitimate and delusional reasons. What matters is that this underlying emotional attitude made them receptive to and ultimately caused them to embrace Islamist doctrines, which offered them an explicit, coherent, and theologically sanctioned justification for perpetrating violence. Yet that undeniable fact is consistently denied in cases of jihadist terrorism, both in the media and even by government officials. Perhaps the most egregious illustrative example is the case of Army Maj. Nidal Malik Hasan, whose jihadist terrorism at Fort Hood was foolishly ascribed to personal grievances in the U.S. military’s own investigative report. However, the evidence clearly indicates that Hasan had increasingly embraced radical Islamist doctrines, and that in the months before his attack he had extensive email contact with Anwar al-Awlaqi, the al Qaeda  operative who was linked to numerous jihadist plots, became a key figure in al Qaeda’s affiliate in the Arabian peninsula after leaving the United States, helped prepare the group’s English-language magazine Inspire, and was killed in a drone strike in 2011. Here one can observe a blatant double standard at work, since Islamist ideology, uniquely amongst extremist ideologies, is rarely if ever identified—much less highlighted—as the primary motivational factor behind terrorism committed by certain Muslims, even those who proudly proclaim their adherence to that ideology. In contrast, the media have no qualms about rightly emphasizing the role of white supremacist ideologies in precipitating acts of violence or terrorism by neo-Nazis, Klansmen, and certain right-wing militiamen; the impact of extremist interpretations of Christianity in fomenting anti-abortion violence; or the degree to which apocalyptic millennarian doctrines have generated violence by groups like Aum Shinrikyo. Nor do the media customarily refrain from noting the communist ideological agendas of left-wing terrorists, or the underlying beliefs fueling the violent actions of certain eco-radicals. Why, then, is the role of Islamist ideology so often downplayed or denied in connection with acts of jihadist terrorism? Those who are now claiming that the Boston bombers’ actions had nothing to do with their adoption of particular interpretations of Islam are seriously mistaken. And those who are foolishly endeavoring to portray the two Chechen Muslims as the innocent victims of covert manipulation or anti-Muslim prejudice—rather than as brutal victimizers—are either being disingenuous or living in a state of psychological denial, if not in a parallel mental universe. Jeffery M. Bale
But, if I follow correctly, these UCLA profs are arguing that, when some guys go all Allahu Akbar on you and blow up your marathon, that just shows that you lazy complacent Americans need to work even harder at « assimilating immigrants ». After all, Dzhokhar and Tamerlan were raised in Cambridge, Mass., a notorious swamp of redneck bigotry where the two young Chechens no doubt felt « alienated » and « excluded » at being surrounded by NPR-listening liberals cooing, « Oh, your family’s from Chechnya? That’s the one next to Slovakia, right? Would you like to come round for a play date and help Jeremiah finish his diversity quilt? » Assimilation is hell. (…) We’re collapsing our own skulls here” the parameters in which we allow ourselves to think about abortion, welfare, immigration, terrorism, Islam shrink remorselessly, not least at the congressional level. Maybe if we didn’t collapse the skulls of so many black babies in Philadelphia, we wouldn’t need to import so many excitable young Chechens. But that’s thinking outside the box, and the box is getting ever smaller, like a nice, cozy cocoon in which we’re always warm and safe. Mark Steyn

Attention: une balade sauvage peut en cacher une autre !

« Balade sauvage », « balade meurtrière », « souffle nouveau », « réponse au carcan social », « modernité », « révolte de la jeunesse contre l’autorité (gouvernementale, parentale, etc.) »,  « escapade insouciante », « naïve » « réponse au carcan social », « modèle » de « road-movies meurtriers », « film-source de Sailor et Lula à Tueurs-nés en passant par True Romance », « portrait d’une jeunesse qui, malgré les cadavres qu’elle laisse sur son chemin, se démarque par sa grande innocence », « mort jamais comme un drame mais comme une étape », « pas de drame, pas de coupable », « ode à l’innocence », « jeunesse », « liberté » …

Alors que la France s’interroge sur le début heureusement avorté de balade sauvage, qui (l’amour en plus, « ode à l’innocence »oblige) avait en son temps tant ému nos cinéphiles, du passionné d’armes et de jeux de guerre en ligne et admirateur de Mérah d’Istres …

Et qu’après l’autre balade sauvage avortée des apprentis et fils de jiahdistes de Boston, l’Amérique bien-pensante a repris son auto-flagellation sur le véritable enfer anti-immigrant qu’est devenu, sous la présidence du premier président non-blanc de l’histoire américaine, l’une des plus grandes concentrations mondiales de matière grise (centaine d’universités, 250 000 étudiants pour 620 000 habitants) …

Pendant que le même Robert Redford qui dit s’interroger sur les tomberaux de violence fournis quotidiennement par son industrie est en ville pour nous vendre sa dernière ode en date sur le bon vieux terrorisme Weathermen des amis de la Maison blanche

Comment ne pas voir, avec l’éditorialiste canadien Mark Steyn, le véritable décervellement qu’est en train de s’auto-administrer l’Occident pour tout ce qui touche, entre avortement, aide sociale, immmigration, terrorisme et islam, les dernières vaches sacrées en date de ses belles âmes ?

No Mystery About the ‘Why’ in Boston
Jeffery M. Bale
USNI News
April 26, 2013

Ever since the two alleged perpetrators of the Boston Marathon bombings were identified as Chechens living in America, the constant refrain in the media—as is almost always the case after terrorist attacks—has been to ask “why?” Apparently, many media pundits simply cannot comprehend how seemingly normal and relatively successful individuals could be motivated to carry out such actions.

Clearly, they have been misled into believing that one must be poor and disenfranchised or mentally disturbed to carry out acts of terrorism, despite a wealth of empirical evidence indicating that terrorists tend to be relatively well-educated, from higher socio-economic strata, and do not exhibit disproportionate levels of psychopathology. Still, the default assumption — at least in cases of jihadist terrorism — is that personal grievances of some sort must always somehow be responsible. That is true by definition for individuals who carry out acts of violence for idiosyncratic personal motives, but it misses the point entirely when one is dealing with ideological extremists.

It is the adoption of extremist political and religious ideologies that is the primary causal factor in precipitating acts of non-state terrorism. And it should be self-evident that those who formulate or adopt extremist ideologies must necessarily be disgruntled and alienated from the current social or political status quo, whether justifiably or not. Why? Because people who are happy or essentially satisfied with the status quo are neither going to create nor embrace radical worldviews that advocate attacking the existing system in order to establish what they believe will be a better, more just world.

Thus there is no mystery at all about why the alleged Boston bombers committed their terrorist atrocity: like the perpetrators of the 9/11 attacks and thousands of other jihadist terrorist attacks throughout the world, they had embraced a radical Islamist ideology that enjoined them to wage armed jihad against the “infidel” enemies of Islam. It hardly matters why the Tsarnaev brothers became disgruntled or angry—people can become disgruntled and angry for a vast array of both legitimate and delusional reasons. What matters is that this underlying emotional attitude made them receptive to and ultimately caused them to embrace Islamist doctrines, which offered them an explicit, coherent, and theologically sanctioned justification for perpetrating violence.

Yet that undeniable fact is consistently denied in cases of jihadist terrorism, both in the media and even by government officials. Perhaps the most egregious illustrative example is the case of Army Maj. Nidal Malik Hasan, whose jihadist terrorism at Fort Hood was foolishly ascribed to personal grievances in the U.S. military’s own investigative report. However, the evidence clearly indicates that Hasan had increasingly embraced radical Islamist doctrines, and that in the months before his attack he had extensive email contact with Anwar al-Awlaqi, the al Qaeda  operative who was linked to numerous jihadist plots, became a key figure in al Qaeda’s affiliate in the Arabian peninsula after leaving the United States, helped prepare the group’s English-language magazine Inspire, and was killed in a drone strike in 2011.

Here one can observe a blatant double standard at work, since Islamist ideology, uniquely amongst extremist ideologies, is rarely if ever identified—much less highlighted—as the primary motivational factor behind terrorism committed by certain Muslims, even those who proudly proclaim their adherence to that ideology. In contrast, the media have no qualms about rightly emphasizing the role of white supremacist ideologies in precipitating acts of violence or terrorism by neo-Nazis, Klansmen, and certain right-wing militiamen; the impact of extremist interpretations of Christianity in fomenting anti-abortion violence; or the degree to which apocalyptic millennarian doctrines have generated violence by groups like Aum Shinrikyo. Nor do the media customarily refrain from noting the communist ideological agendas of left-wing terrorists, or the underlying beliefs fueling the violent actions of certain eco-radicals. Why, then, is the role of Islamist ideology so often downplayed or denied in connection with acts of jihadist terrorism?

Those who are now claiming that the Boston bombers’ actions had nothing to do with their adoption of particular interpretations of Islam are seriously mistaken. And those who are foolishly endeavoring to portray the two Chechen Muslims as the innocent victims of covert manipulation or anti-Muslim prejudice—rather than as brutal victimizers—are either being disingenuous or living in a state of psychological denial, if not in a parallel mental universe.

The main substantive questions still to be answered in the Boston Marathon bombing case are whether the two bombers were part of a larger local cell or had received any tangible logistical or operational assistance from an organized jihadist group or network abroad. But it is all too obvious why they committed the reprehensible acts of terrorism.

Voir aussi:

The Collapsing of the American Skull

The parameters in which we allow ourselves to think about vital issues shrink remorselessly.

Mark Steyn

National  Review online

April 26, 2013

One of the most ingenious and effective strategies of the Left on any number of topics is to frame the debate and co-opt the language so effectively that it becomes all but impossible even to discuss the subject honestly. Take the brothers Tsarnaev, the incendiary end of a Chechen family that in very short time has settled aunts, uncles, sisters, and more across the map of North America from Massachusetts to New Jersey to my own home town of Toronto. Maybe your town has a Tsarnaev, too: There seems to be no shortage of them, except, oddly, back in Chechnya. The Tsarnaevs mom, now relocated from Cambridge to Makhachkala in delightful Dagestan, told a press conference the other day that she regrets ever having gotten mixed up with those crazy Yanks: « I would prefer not to have lived in America », she said.

Not, I’m sure, as much as the Richard family would have preferred it. Eight-year-old Martin was killed; his sister lost a leg; and his mother suffered serious brain injuries. What did the Richards and some 200 other families do to deserve having a great big hole blown in their lives? Well, according to the New York Times, they and you bear collective responsibility. Writing on the op-ed page, Marcello Suarez-Orozco, dean of the UCLA Graduate School of Education and Information Studies, and Carola Suarez-Orozco, a professor at the same institution, began their ruminations thus:

« The alleged involvement of two ethnic Chechen brothers in the deadly attack at the Boston Marathon last week should prompt Americans to reflect on whether we do an adequate job assimilating immigrants who arrive in the United States as children or teenagers ».

Maybe. Alternatively, the above opening sentence should « prompt Americans to reflect » on whether whoever’s editing America’s newspaper of record these days ‘does an adequate job’ in choosing which pseudo-credentialed experts it farms out its principal analysis on terrorist atrocities to. But, if I follow correctly, these UCLA profs are arguing that, when some guys go all Allahu Akbar on you and blow up your marathon, that just shows that you lazy complacent Americans need to work even harder at « assimilating immigrants ». After all, Dzhokhar and Tamerlan were raised in Cambridge, Mass., a notorious swamp of redneck bigotry where the two young Chechens no doubt felt « alienated » and « excluded » at being surrounded by NPR-listening liberals cooing, « Oh, your family’s from Chechnya? That’s the one next to Slovakia, right? Would you like to come round for a play date and help Jeremiah finish his diversity quilt? » Assimilation is hell.

How hard would it be for Americans to be less inadequate when it comes to assimilating otherwise well-adjusted immigrant children? Let us turn once again to Mrs. Tsarnaev:

« They are going to kill him. I don’t care », she told reporters. « My oldest son is killed, so I don’t care. …  I don’t care if my youngest son is going to be killed today. … I don’t care if I am going to get killed, too and I will say Allahu Akbar! »

You can say it all you want, madam, but everyone knows that « Allahu Akbar » is Arabic for « Nothing to see here ». So, once you’ve cleared the streets of body parts, you inadequate Americans need to redouble your efforts.

There is a stupidity to this, but also a kind of decadence. Until the 1960s, it was assumed by all sovereign states that they had the right to choose which non-nationals were admitted within their borders. Now, to suggest such a thing risks the charge of « nativism » and to propose that, say, Swedes are easier to assimilate than Chechens is to invite cries of « Racist! » So, when the morgues and emergency rooms are piled high, the only discussion acceptable in polite society is to wonder whether those legless Bostonians should have agitated more forcefully for federally mandated after-school assimilationist basketball programs.

As Ma Tsarnaev’s effusions suggest, at the sharp end of Islamic imperialism, there’s a certain glorying in sacrifice. We’re more fatalistic about it: After Major Hasan gunned down 13 of his comrades and an unborn baby, General Casey, the Army’s chief of staff, assured us that it could have been a whole lot worse:

‘What happened at Fort Hood was a tragedy, but I believe it would be an even greater tragedy if our diversity becomes a casualty here ».

What happened at Boston was a « tragedy », but it would be an even greater tragedy if there were to be any honest discussion of immigration policy, or Islam, or anything else that matters.

Speaking of glorying in blood, in Philadelphia the Kermit Gosnell defense rested, without calling either the defendant or any witness to the stand. As I wrote last week, « Doctor » Gosnell is accused of cutting the spinal columns and suctioning out the brains of fully delivered babies. The blogger Pundette listed some questions she would have liked the « doctor » to be asked:

« Why did you chop off and preserve baby hands and feet and display them in jars? »

There seems to be no compelling medical reason for Gosnell’s extensive collection, but bottled baby feet certainly make a novelty paperweight or doorstop. « I think we already know the answer », wrote the Pundette. « He enjoyed it ».

Unlike the Boston bombings, even the New York Times op-ed team can’t figure out a line on this. Better to look away, and ignore the story. America is the abortion mill of the developed world. In Western Europe, the state is yet squeamish enough to insist that the act be confined to twelve weeks (France) or 13 (Italy), with mandatory counseling (Germany), or up to 18 if approved by a government « commission » (Norway). Granted, many of these « safeguards » are pro forma and honored in the breach, but that’s preferable to America where they’re honored in the breech and the distinction between abortion and infanticide depends on whether the ‘doctor’ gets to the baby’s skull before it’s cleared the cervix. The Washington Examiner’s Timothy Carney sat in on a conference call with Dr. Tracy Weitz of the University of California, San Francisco:

« When a procedure that usually involves the collapsing of the skull is done, it’s usually done when the fetus is still in the uterus, not when the fetus has been delivered. » So, in terms of thinking about the difference between the way abortion providers who do later abortions in the United States practice, and this particular practice, they are completely worlds apart ».

Technically, they’re only inches apart. So what’s the big deal? The skull is collapsed in order to make it easier to clear the cervix. Once a healthy baby is out on the table and you cut his spinal column, there’s no need to suck out his brains and cave in his skull. But Dr. Gosnell seems to have got a kick out of it, so why not?

You can understand why American progressivism would rather avert its gaze. Out there among the abortion absolutists, they’re happy to chit-chat about the acceptable parameters of the « collapsing of the skull », but the informed general-interest reader would rather it all stayed at the woozy, blurry « woman’s right to choose’ level.

We’re collapsing our own skulls here” the parameters in which we allow ourselves to think about abortion, welfare, immigration, terrorism, Islam shrink remorselessly, not least at the congressional level. Maybe if we didn’t collapse the skulls of so many black babies in Philadelphia, we wouldn’t need to import so many excitable young Chechens. But that’s thinking outside the box, and the box is getting ever smaller, like a nice, cozy cocoon in which we’re always warm and safe. Like ” what’s the word?” a womb.

Mark Steyn, a National Review columnist, is the author of After America: Get Ready for Armageddon.

Voir encore:

A Battered Dream, Then a Violent Path

Deborah Sontag, David M. Herszenhorn and Serge F. Kovaleski

The New York Times

April 27, 2013

BOSTON — It was a blow the immigrant boxer could not withstand: after capturing his second consecutive title as the Golden Gloves heavyweight champion of New England in 2010, Tamerlan Anzorovich Tsarnaev, 23, was barred from the national Tournament of Champions because he was not a United States citizen.

The cocksure fighter, a flamboyant dresser partial to white fur and snakeskin, had been looking forward to redeeming the loss he suffered the previous year in the first round, when the judges awarded his opponent the decision, drawing boos from spectators who considered Mr. Tsarnaev dominant.

From one year to the next, though, the tournament rules had changed, disqualifying legal permanent residents — not only Mr. Tsarnaev, who was Soviet-born of Chechen and Dagestani heritage, but several other New England contenders, too. His aspirations frustrated, he dropped out of boxing competition entirely, and his life veered in a completely different direction.

Mr. Tsarnaev portrayed his quitting as a reflection of the sport’s incompatibility with his growing devotion to Islam. But as dozens of interviews with friends, acquaintances and relatives from Cambridge, Mass., to Dagestan showed, that devotion, and the suspected radicalization that accompanied it, was a path he followed most avidly only after his more secular dreams were dashed in 2010 and he was left adrift.

His trajectory eventually led the frustrated athlete and his loyal younger brother, Dzhokhar, to bomb one of the most famous athletic events in this country, killing three and wounding more than 200 at the Boston Marathon, the authorities say. They say it led Mr. Tsarnaev, his application for citizenship stalled, and his brother, a new citizen and a seemingly well-adjusted college student, to attack their American hometown on Patriots’ Day, April 15.

Mr. Tsarnaev now lies in the state medical examiner’s office, his body riddled with bullets after a confrontation with the police four days after the bombings. He left behind an American-born wife who had converted to Islam, a 3-year-old daughter with curly hair, a 19-year-old brother charged with using a weapon of mass destruction, and a puzzle: Why did these two young men seemingly turn on the country that had granted them asylum?

Examining their lives for clues, the authorities have focused on Mr. Tsarnaev’s six-month trip to the Russian republics of Chechnya and Dagestan last year. But in Cambridge, sitting on the front steps of the ramshackle, brown-shingled house where the Tsarnaev family lived for a decade, their 79-year-old landlady urged a longer lens.

“He certainly wasn’t radicalized in Dagestan,” the landlady, Joanna Herlihy, said.

Ms. Herlihy, who speaks Russian and was friends with the Tsarnaevs, said she told law enforcement officials that his trip clearly merited scrutiny. But she said that Mr. Tsarnaev’s embrace of Islam had grown more intense before that.

As his religious identification grew fiercer, Mr. Tsarnaev seemed to abandon his once avid pursuit of the American dream. He dropped out of community college and lost interest not just in boxing but also in music; he used to play piano and violin, classical music and rap, and his e-mail address was a clue to how he once saw himself: The_Professor@real-hiphop.com. He worked only sporadically, sometimes as a pizza deliverer, and he grew first a close-cropped beard and then a flowing one.

He seemed isolated, too. Since his return from Dagestan, he, his wife and his child were the only Tsarnaevs living full time in the three-bedroom apartment on Ms. Herlihy’s third floor.

Mr. Tsarnaev’s two younger sisters had long since married and moved out; his parents, now separated, had returned to Dagestan, his mother soon after a felony arrest on shoplifting charges; and his brother had left for the University of Massachusetts at Dartmouth, returning home only on the occasional weekend, as he did recently after damaging his 1999 green Honda Civic by texting while driving.

“When Dzhokhar used to come home on Friday night from the dormitory, Tamerlan used to hug him and kiss him — hold him, like, because he was a big, big boy, Tamerlan,” their mother, Zubeidat, 45, said last week, adding that her older son had been “handsome like Hercules.”

Not long after he gave up his boxing career, Mr. Tsarnaev married Katherine Russell of Rhode Island in a brief Islamic ceremony at a Dorchester mosque in June 2010. She has declined to speak publicly since the attacks.

His wife primarily supported the family through her job as a home health aide, scraping together about $1,200 a month to pay the rent. While she worked, Mr. Tsarnaev looked after their daughter, Zahira, who was learning to ride the tricycle still parked beside the house, neighbors said. The family’s income was supplemented by public assistance and food stamps from September 2011 to November 2012, state officials said.

It was probably not the life that Anzor Tsarnaev had imagined for his oldest child, who, even as a boy, before he developed the broad-shouldered physique that his mother described as “a masterpiece,” dreamed of becoming a famous boxer.

But then the father’s life had not gone as planned, either. Once an official in the prosecutor’s office in Kyrgyzstan, he had been reduced to working as an unlicensed mechanic in the back lot of a rug store in Cambridge.

“He was out there in the snow and cold, freezing his hands to do this work on people’s cars,” said Chris Walter, owner of the store, Yayla Tribal Rug. “I did not charge him for the space because he was a poor, struggling guy with a good heart.”

Tamerlan Tsarnaev was born on Oct. 21, 1986, five years before the dissolution of the Soviet Union, in Kalmykia, a barren stretch of Russian territory by the Caspian Sea. A photograph of him as a baby shows a cherubic child wearing a knit cap with a pompom, perched on the lap of his unsmiling mother, who has spiky black bangs and an artful pile of hair. Strikingly, she did not cover her head then, as she does now; she began wearing a hijab only a few years ago, in the United States, prodded by her son just as she was prodding him, too, to deepen his faith.

When he was still little, his parents moved from Kalmykia to Kyrgyzstan, a former Soviet republic, where their other three children were born. They left there during the economic crisis of the late 1990s and spent a few brief months in Chechnya, then fled before the full-scale Russian military invasion in 1999. They sought shelter next in his mother’s native Dagestan.

In an interview there, Patimat Suleimanova, her sister-in-law, said the family had repeatedly been on the run from war and hardship in those days. “In search of peace, they kept moving,” she said.

Finally, Anzor Tsarnaev sought political asylum in the United States. He arrived first, with his younger son, in the spring of 2002. His older son, a young man of 16, followed with the rest of the family in July 2003.

Their neighborhood in Cambridge was run-down, with car repair lots where condominiums have since arisen. But the city has long been especially welcoming to immigrants and refugees; its high school has students from 75 countries.

The schools superintendent, Jeffrey Young, described Cambridge as “beyond tolerant.”

“How is it that someone could grow up in a place like this and end up in a place like that?” he said of the Tsarnaevs.

Unlike his little brother, who was well integrated into the community by the time he started high school, Mr. Tsarnaev was a genuine newcomer when he entered the Cambridge Rindge and Latin School, from which he graduated in 2006. Enrolled in the large English as a Second Language program, he made friends mostly with other international students, and his demeanor was reserved, one former classmate, Luis Vasquez, said.

“The view on him was that he was a boxer and you would not want to mess with him,” Mr. Vasquez, now 25 and a candidate for the Cambridge City Council, said. “He told me that he wanted to represent the U.S. in boxing. He wanted to do the Olympics and then turn pro.”

Jumping right into boxing after his arrival in the United States, he called attention to himself immediately in more ways than one. During registration for a tournament in Lowell, he sat down at a piano and lost himself for 20 minutes in a piece of classical music. The impromptu performance, so out of place in that world, finished to a burst of applause from surprised onlookers.

“He just walked over from the line and started playing like he was in the Boston Pops,” his trainer at the time, Gene McCarthy, 77, recalled.

Having trained in Dagestan, where sport fighting has an impassioned following, Mr. Tsarnaev boxed straight-legged like a European and not crouched, American-style. He also incorporated showy gymnastics into his training and fighting, walking on his hands, falling into splits, tumbling into corners. So as he started working out in Boston-area clubs — and winning novice tournament fights — he made an impression, although not an entirely positive one.

“For a big man, he was very agile,” said Tom Lee, president of the South Boston Boxing Club. “He moved like a gazelle and was strong like a horse. He was a big puncher. But he was an underachiever because he did not dedicate himself to the proper training regimen.”

In 2009, Mr. Tsarnaev won the New England Golden Gloves championship in the 201-pound division, which qualified him for the national tournament in Salt Lake City in May. Introducing what would become his signature style, he showed up overdressed, wearing a white silk scarf, black leather pants and mirrored sunglasses.

Stepping into the ring, as The Lowell Sun described it, Mr. Tsarnaev floored Lamar Fenner of Chicago with an explosive punch that required an eight-count from the referee, and then he seemed to control the rest of the fight.

Bob Russo, then the coach of the New England team, said: “We thought he won. The crowd thought he won. But he didn’t.”

Mr. Fenner’s mother, Marsha, said her son had called her the night of his “bout with the bomber,” thrilled to have defeated an opponent he described as unnervingly strong. Her son, who died of heart problems last year at 29, ended up coming in second in the tournament and turning professional, she said.

If Mr. Tsarnaev was chastened by the defeat, it did not temper his behavior. During a preliminary round of the New England Golden Gloves in 2010, in a breach of boxing etiquette, he entered the locker room to taunt not only the fighter he was about to face but also the fighter’s trainer. Wearing a cowboy hat and alligator-skin cowboy boots, he gave the two men a disdainful once-over and said: “You’re nothing. I’m taking you down.”

The trainer, Hector Torres, was furious and subsequently lodged a complaint, arguing that Mr. Tsarnaev should not be allowed to participate in the competition because he was not a citizen.

As it happened, Golden Gloves of America was just then changing its policy. It used to permit legal immigrants to compete in its national tournament three out of every four years, barring them only during Olympic qualifying years, James Beasley, the executive director, said. But it decided in 2010 that the policy was confusing and moved to end all participation by noncitizens in the Tournament of Champions.

So Mr. Tsarnaev, New England heavyweight champion for the second year in a row, was stymied. The immigrant champions in three other weight classes in New England were blocked from advancing, too, Mr. Russo said.

Mr. Tsarnaev was devastated. He was not getting any younger. And he was more than a year away from being even eligible to apply for American citizenship, and there appeared to be a potential obstacle in his path.

The previous summer, Mr. Tsarnaev had been arrested after a report of domestic violence.

His girlfriend at the time had called 911, “hysterically crying,” to say he had beaten her up, according to the Cambridge police report. Mr. Tsarnaev told the officers that he had slapped her face because she had been yelling at him about “another girl.”

Eventually, charges against him would be dismissed, the records show, so the episode would not have endangered his eventual citizenship application.

But his life was changing. He married. He had a child. And he largely withdrew from Cambridge social life, and from many of the friendships he had enjoyed. “He had liked to party,” said Elmirza Khozhugov, 26, his former brother-in-law, who lost touch with him in 2010. “But there was always the sense that he felt a little guilty that he was having too much fun, maybe.”

In 2011, the Russian security service cautioned the F.B.I., and later the C.I.A., that “since 2010” Mr. Tsarnaev had “changed drastically,” becoming “a follower of radical Islam.” The Russians said he was planning a trip to his homeland to connect with underground militant groups. An F.B.I. investigation turned up no ties to extremists, the bureau has said.

In early 2012, Mr. Tsarnaev left his wife and child for a six-month visit to Russia. His parents, speaking in Dagestan, portrayed it as an innocuous visit to reconnect with family and to replace his nearly expired passport from the Republic of Kyrgyzstan with a Russian one. His father said he had kept his son close by his side as they visited relatives, including in Chechnya, and renovated a storefront into a perfume shop.

But American officials say Mr. Tsarnaev arrived in Russia months before his father returned to Dagestan and so did not have the continuous tight supervision described by his father.

Also, Mr. Tsarnaev, with no apparent sense of urgency about his travel documents, waited months to apply for a Russian passport, and returned to the United States before the passport was ready for him.

After his return, Mr. Tsarnaev applied for American citizenship, a year after he was eligible to do so. But the F.B.I. investigation, though closed, had caused his application to be stalled. Underscoring how detached he had become, he no longer had any valid passport, or international travel document, and Cambridge, to which he had a hard time readapting, was now his de facto home more than ever.

He grew a five-inch beard, which he shaved off before the bombings, and interrupted prayers at his mosque on two occasions with outbursts denouncing the idea that Muslims should observe American secular holidays. He engaged neighbors in affable conversations about skiing one week and heated ones about American imperialism the next.

At a neighborhood pizzeria, wearing a head covering that matched his jacket, he explained to Albrecht Ammon, 18, that “the Koran is great and flawless, and the Bible is ripped off from the Koran, and the U.S. used the Bible as an excuse to invade different countries.”

“I asked him about radical Muslims that blow themselves up and say, ‘It’s for Allah,’ ” Mr. Ammon said. “And he said he wasn’t one of those Muslims.”

Deborah Sontag and Serge F. Kovaleski reported from Boston, and David M. Herszenhorn from Makhachkala, Russia. Reporting was contributed by Michael Schwirtz, John Eligon, Ian Lovett and Dina Kraft from Boston; Andrew Roth from Makhachkala; Richard A. Oppel Jr. and Julia Preston from New York; and Andrew E. Kramer from Moscow. Kitty Bennett and Sheelagh McNeill contributed research.

Voir également:

Coup d’essai d’un palmé

La Balade sauvage

réalisé par Terrence Malick

Julia Allouache

Critikat.com

14 juin 2011

critique du film La Balade sauvage, réalisé par Terrence Malick

Nouvelle réédition pour La Balade sauvage et nouvelle visibilité grâce à la palme remportée à Cannes par le dernier film de Terrence Malick (The Tree of Life). Le premier long-métrage du cinéaste, qui conte la balade meurtrière du couple formé par Holly (Sissy Spacek) et Kit (Martin Sheen) à travers les États-Unis, s’assure d’emblée une certaine carrière en salles.

Depuis son âge d’or dans les années 1970, le road-movie a subi de nombreuses mutations. Revenir sur La Balade sauvage, c’est donc revenir au classicisme d’un genre, ce qui n’est pas sans constituer un certain paradoxe étant donné le souffle nouveau que ce film a représenté en son temps. Mais trente-cinq ans plus tard, on est en droit de se demander si La Balade sauvage a conservé toute sa modernité ou s’il ne pâtit pas du passage du temps. Quel écho de la révolte de la jeunesse américaine des années 1970 contre l’autorité (gouvernementale, parentale, etc.) aujourd’hui ? Si l’escapade insouciante de Holly et Kit comme réponse au carcan social paraît aujourd’hui un peu naïve et présente une idée de la liberté un peu vieillotte, mieux vaut y voir le premier maillon d’une œuvre à venir. Le premier long-métrage de Malick pose déjà la question qui hantera toute sa filmographie : comment créer un lieu de vie idéal au sein d’une terre hostile (déclinée dans The Tree of Life en situation hostile : la mort d’un enfant). Le titre original de l’œuvre vaut ainsi qu’on le rappelle : Badlands, ces mauvaises terres que l’on brûle au son d’un chœur religieux (faut-il passer par l’Enfer pour parvenir au Paradis ?) et qu’on brûlera à nouveau dans la plus belle séquence des Moissons du ciel, lors d’une apocalyptique attaque de sauterelles.

Si le film de Malick constitue le modèle d’une tendance cinématographique qui émergera dans les années 1990 – les road-movies meurtriers –, ce film-source a ceci de spécifique qu’il se construit toujours dans la distance (particularité dont ses petits rejetons – de Sailor et Lula à Tueurs-nés en passant par True Romance, qui reprend presque littéralement la musique de La Balade sauvage – s’émanciperont pour proclamer un style kitch-hémoglobine). Le recul qu’il prend vis-à-vis de la violence passe essentiellement par le personnage incarné par Sissy Spacek (qui se trouve alors à l’orée d’une période de grands rôles : Carrie, Three Women, etc.), dont l’impassibilité désamorce toujours immédiatement l’agitation de Martin Sheen. On se trouve avec La Balade sauvage devant le portrait d’une jeunesse qui, malgré les cadavres qu’elle laisse sur son chemin, se démarque par sa grande innocence. La mort n’intervient jamais comme un drame mais comme une étape, un relais sur la route de Holly et Kit. Pas de drame, pas de coupable. La singularité de la démarche malickienne est de faire de ce fait-divers une ode à l’innocence plutôt qu’un trip sulfureux (comme s’attacheront à le faire David Lynch, Oliver Stone et Tony Scott), de dépasser l’anecdote, la chronique de départ pour dépeindre un état de fait plus global : la jeunesse, la liberté.

En résulte un film mat et flegmatique, auquel on peut toutefois reprocher de faire tendre la sobriété de son style vers une certaine banalité. Cet équilibre incertain entre la fine mise à distance du propos et le peu d’innovation du style rejoint le débat qui s’est construit autour de l’œuvre de Malick, entre génie et imposteur, et ce jusqu’à son dernier né The Tree of Life, qui alterne moments intimes prodigieux et envolées cosmiques grotesques. On touche là ce qui constitue peut-être la signature d’un réalisateur qui, même à travers cette inégalité qui lui est propre, prouve qu’il est un auteur.

Voir de plus:

5 raisons de (re)voir La balade sauvage de Terrence Malick

Thomas Baurez (Studio Ciné Live)

L’Express

08/06/2011

Alors que tout le monde parle de Terrence Malick et de son The Tree of Life, récemment palmé à Cannes, son premier long-métrage ressort judicieusement en salles. 38 ans déjà, et pas une ride!

5 raisons de (re)voir La balade sauvage de Terrence Malick

1 – Une leçon de road-movie

Ce n’est plus un secret pour personne. A partir de la fin des sixties, Hollywood opère sa mue et l’espace d’une grosse décennie va déborder d’indépendance. C’est dans ce contexte qu’explose réellement le road-movie sur grand écran, un genre synonyme d’espace, de liberté et de tragédie. Easy Rider de Dennis Hopper en 1969, Macadam à deux voies de Monte Hellman en 1971, L’épouvantail de Jerry Schatzberg en 1973 et donc cette Balade sauvageen 1974, premier long d’un étudiant de l’American Film Institute passé par Harvard et Oxford, Terrence Malick.

2 – Société, je vous hais !

Alors que le républicain Nixon s’apprête bientôt à faire ses valises à cause du Watergate et que le Vietnam brûle de ses derniers feux au napalm, la société nord-américaine est en crise. La jeunesse a besoin d’air. La balade sauvage, traduit cet état d’esprit. Nous suivons ici la fuite en avant du psychopathe Kit (Martin Sheen) et de la pure Holly (Sissy Spacek), jeunes et pas franchement innocents, pourchassés par une foule vengeresse.

3 -L’éternel combat entre l’Homme et la Nature

Dans les films de Terrence Malick, les hommes finissent toujours par saccager la nature qui les entoure. Les soldats de la Ligne rouge après avoir nagé dans le jardin d’Eden tombent sauvagement sur le champ de bataille, les amoureux des Moissons du ciel envoient en fumée des champs à perte de vue, le beau colon du Nouveau Monde, lui, souille malgré lui la belle indigène en l’arrachant à sa terre natale. Dans La balade sauvage, si la forêt sert de refuge pour le couple en fuite, elle sera finalement le lieu de leur perte.

4- Sheen-Spacek, un duo de rêve

Si le Nouvel Hollywood a vu l’émergence de jeunes cinéastes (Scorsese, de Palma, Spielberg…), de nouveaux visages se sont également imposés devant l’objectif. Faye Dunaway, Mia Farrow, Jack Nicholson, Al Pacino, de Niro… Sissy Spacek et Martin Sheen, le duo de cette Balade sauvage, s’imposent immédiatement. Elle, 25 ans, tout en tâche de rousseur, incarne pureté et innocence. Sissy sera bientôt Carrie pour de Palma et l’une des trois femmes de Robert Altman. Lui, 34 ans déjà, réincarnation de James Dean, porte beau le jean et le t-shirt blanc. Bientôt il connaîtra l’Apocalypse pour Coppola.

5 – Pénultième film avant la disparition

Aussitôt apparu, aussitôt disparu ! A l’instar, des protagonistes de La balade sauvage, Terrence Malick était condamné à disparaitre. Ainsi après Les moissons du ciel, tourné 4 ans plus tard, l’homme ne va plus donner de nouvelles pendant 20 longues années. Tel Martin Sheen levant les bras en l’air devant l’objectif, Malick sait qu’il faut parfois se rendre pour mieux frapper un grand coup. 38 ans séparent aujourd’hui La balade sauvage de The Tree of Life. Il est intéressant de voir le chemin parcouru.

Voir encore:

BADLANDS

Vincent Canby

The New York Times

October 15, 1973

The time is late summer at the end of the 1950’s and the place a small, placid town in South Dakota. The streets are lined with oak and maple trees in full leaf. The lawns are so neat, so close-cropped, they look crew-cut. Kit Carruthers (Martin Sheen) is twenty-five, a garbage collector who fancies his cowboy boots and his faint resemblance to James Dean. Holly Sargis (Sissy Spacek) is fifteen. Until she meets Kit, she hasn’t much interest in anything except her dog and her baton, which she practices twirling in her front yard.

In Terrence Malick’s cool, sometimes brilliant, always ferociously American film, Badlands, which marks Malick’s debut as a director, Kit and Holly take an all-American joyride across the upper Middle West, at the end of which more than half a dozen people have been shot to death by Kit, usually at point-blank range.

Badlands was presented twice at Alice Tully Hall Saturday night, the closing feature of the 11th New York Film Festival that began so auspiciously with François Truffaut’s Day for Night. In between there were a lot of other films, good and bad, but none as provocative as this first feature by Malick, a twenty-nine-year-old former Rhodes Scholar and philosophy student whose only other film credit is as the author of the screenplay for last year’s nicely idiosyncratic Pocket Money.

Badlands was inspired by the short, bloody saga of Charles Starkweather who, at age nineteen, in January, 1958, with the apparent cooperation of his fourteen-year-old girlfriend, Caril Fugate, went off on a murder spree that resulted in ten victims. Starkweather was later executed in the electric chair and Miss Fugate given life imprisonment.

Badlands inevitably invites comparisons with three other important American films, Arthur Penn’s Bonnie and Clyde and Fritz Lang’s Fury and You Only Live Once, but it has a very different vision of violence and death. Malick spends no great amount of time invoking Freud to explain the behavior of Kit and Holly, nor is there any Depression to be held ultimately responsible. Society is, if anything, benign.

This is the haunting truth of Badlands, something that places it very much in the seventies in spite of its carefully re-created period detail. Kit and Holly are directionless creatures, technically literate but uneducated in any real sense, so desensitized that Kit (in Malick’s words at a news conference) can regard the gun with which he shoots people as a kind of magic wand that eliminates small nuisances. Kit and Holly are members of the television generation run amok.

They are not ill-housed, ill-clothed, or ill-fed. If they are at all aware of their anger (and I’m not sure they are, since they see only boredom), it’s because of the difference between the way life is and the way it is presented on the small screen, with commercial breaks instead of lasting consequences.

Badlands is narrated by Holly in the flat, nasal accents of the Middle West and in the syntax of a story in True Romances. « Little did I realize, » she tells us at the beginning of the film, « that what began in the alleys and by-ways of this small town would end in the badlands of Montana. » At the end, after half a dozen murders, she resolves never again to « tag around with the hell-bent type. »

Kit and Holly share with Clyde and Bonnie a fascination with their own press coverage, with their overnight fame (« The whole world was looking for us, » says Holly, « for who knew where Kit would strike next? »), but a lack of passion differentiates them from the gaudy desperados of the thirties. Toward the end of their joyride, the bored Holly tells us she passed the time, as she sat in the front seat beside Kit, spelling out complete sentences with her tongue on the roof of her mouth.

Malick tries not to romanticize his killers, and he is successful except for one sequence in which Kit and Holly hide out in a tree house as elaborate as anything the M-G-M art department ever designed for Tarzan and Jane. Sheen and Miss Spacek are splendid as the self-absorbed, cruel, possibly psychotic children of our time, as are the members of the supporting cast, including Warren Oates as Holly’s father.

One may legitimately debate the validity of Malick’s vision, but not, I think, his immense talent. Badlands is a most important and exciting film.

BADLANDS (MOVIE)

Produced, written, and directed by Terrence Malick; cinematographers, Brian Probyn, Tak Fujimoto, and Stevan Larner; edited by Robert Estrin; music by George Tipton; art designer, Jack Fisk; released by Warner Brothers. Running time: 95 minutes.

With: Martin Sheen (Kit), Sissy Spacek (Holly), Warren Oates (Holly’s Father), Ramon Bieri (Cato), and Alan Vint (Deputy).

Voir enfin:

Riots Create Irrational Behavior

Apr. 30, 2013 — Participants of group riots have since the end of the 1960s been viewed as rational individuals driven by a sense of injustice. But in today’s world this is misleading, concludes sociologist and PhD Christian Borch in a newly published doctoral thesis, and he encourages the police to take the destructive behaviour of some participants into account when dealing with groups of rioters.

During the so-called ‘UK Riots’ in the summer of 2011, discontented young people set the streets of London alight and looted shopping centres. The initial strategy of the police which was to communicate with rioters soon failed. Instead they resorted to using batons and containment. Within a Danish context, the violent reactions to the clearance of ‘Ungdomshuset’ in 2007 show that a revolt can develop into serious criminal actions.

According to Christian Borch, these examples illustrate that group rioting are not solely based on righteous indignation and considered planning:

« The notion of the 1960s that social movements happened as a legitimate response to social injustice created the impression of riots as being rational. Crowds however do not have to be rational entities, » says Christian Borch.

In a new doctoral thesis « The Politics of Crowds: An Alternative History of Sociology » from University of Copenhagen, Christian Borch analyses the historical development of the concept of crowds in a sociological context.

« The riots in London demonstrate the existence of a lack of rational thought processes as the events had an entirely spontaneous and irrational character. People looted for the sake of looting, for many this was not necessarily born out of a sense of injustice, » says Christian Borch who has analysed the strategies of the Metropolitan police in connection with the London riots.

Danish riots attracted violent supporters

The riots surrounding the clerance of « Ungdomshuset » at Jagtvej 69 in Denmark illustrate that demonstrations are capable of creating a self-perpetuating sense of dynamics which accenture the irrational elements. Thus, setting cars alight and breaking windows became part of the rioting.

« During the Danish riots there existed on the one hand a sense of rationality within the young people’s protests, in so far as they were drive by a political motivated interest. However, other people who were normally not affiliated with ‘Ungdomshuset’ became a part of the conflict and participated in the riots without any shared purpose. They were having fun and the adrenalin kicked in, » says Christian Borch.

It is inner group dynamics which fuel pointless bahaviour.

« Riots can assume self-perpetuating dynamics which is not driven by rational motives. When individuals form a crowd they can become irrational and driven by emotion which occur as part of the rioting, » says Christian Borch.

Inspiration to police tactics

Thinking of crowds as rational entities has since 2000 affected the way in which the British police have handled riots. The UK Riots serve as an example of this. The police worked on the promise that they were dealing with rational individuals with sensible objectives which is why their plan of action was based on communication rather than containment. This however, did not work in practice.

« The interesting aspect of the London riots was to ascertain that it was pointless to address the crowds through a communication strategy. The rational way of regarding the crowds came to nothing whereas the traditional form of containment did. This shows that at certain times a successful solution is not to handle crowds based on dialogue-orientated efforts, » says Christian Borch.

In addition to the police, Christian Borch encourages town planners, sociologists and economists to apply a more critical approach when dealing with the concept of crowds.


Attentats de Boston: C’est l’islam, imbécile ! (Have Koran, will kill: Muslims of the world, unite!)

24 avril, 2013
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/04/3df0c-death252520to252520america.jpg?w=450&h=237http://www.weeklystandard.com/sites/all/files/images/bh-2013-04-24-E-A001.preview.jpgL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
While it is critical that we don’t jump to conclusions by associating religious affiliation with militancy, there is no doubt that embracing an ideology of Islam that promotes extremism and violence has been a motivator for terrorism, from assassinated al-Qaeda leader Osama bin Laden to Army Major Nidal Hasan. Did such an ideology influence the Tsarnaev brothers? Who or what compelled them to violence? What role does Muslim culture play in this type of radicalization? Rather than worrying about being politically correct, we have to be comfortable asking these difficult questions. And the collectivist-minded Muslim community needs to learn an important lesson from Tsarni: It’s time to acknowledge the dishonor of terrorism within our communities, not to deny it because of shame. As we negotiate critical issues of ethnicity, religious ideology and identity as potential motivators for conflict, we have to establish basic facts. (…) The bombing suspects, « put a shame on the entire Chechnyan ethnicity,” he said. (…) To me, the answer lies inside a culture shift where we honestly acknowledge the radicalization problems within our communities … Asra Q. Nomani
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Notre lutte est une lutte à mort. Ernesto Guevara (décembre 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène: chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. Ernesto Guevara (avril 1967)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse. (…) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (Minimanuel de guerilla urbaine, 1969)
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos, 2004)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Paul Berman
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! (…) Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence. Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même. Robert Redeker
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
Le problème de fond, c’est qu’aujourd’hui, en sus de cette crise d’identité des minorités hybrides, il existe une crise d’identité plus générale de l’Europe et des États-Unis. Une forme d’anxiété profonde face à l’afflux d’immigrants. En Amérique, un pays qui s’est bâti sur l’immigration, le sentiment général à l’égard des immigrés est en train de changer, se rapprochant de ce qu’il est en Europe. Depuis le 11 Septembre, les musulmans américains deviennent une minorité qui fait peur. Cette peur est le résultat de notre ère globalisée. Dans les pays musulmans, la peur de l’hybride croît également. De la même manière que l’Europe et l’Amérique se sentent physiquement menacées par une invasion musulmane, les populations conservatrices du Pakistan se sentent, elles, menacées par l’invasion du mode de pensée et de vie américain et européen. C’est la raison pour laquelle, l’an dernier, 3 000 personnes ont été tuées par les terroristes en terre pakistanaise. N’oublions jamais que la vraie bataille entre l’islam radical et le reste du monde se déroule là-bas. Mohsin Hamid
Humanity makes the gravest of errors and risks losing its account of morals, if it makes America its example. Sayyid Qutb
This is the very spirit in which the crowds visit the art museums, passing rapidly through the halls and the exhibits in a way that does not suggest any enjoyment or love of these works [of art]. In just the same way they go (individually and in groups) to get a rapid view of natural spectacles. Passing by places and spectacles at the cars’ top speed, they collect conversational material and also comply with the natural American inclination toward collection and enumeration. At the beginning of my stay in America, I would hear that one of them had visited X cities and countries and sights and spectacles and had gone X miles in his tourist journeys and knew X friends, so that I was astonished at this capacity for producing such things and wished that I were capable of any of it! Then I discovered afterward how all these marvels took place… One of them drives his car on a journey, alone or with his family or friends. He races it at top speed, taking it through cities and over distances, passing by sights and spectacles, while recording in his notebook the names and the mileage… Then he returns, and see! he has seen all of it, and he has the right to converse about it! As for friends, it is enough that one be invited to get-acquainted parties. There he encounters their faces for the first time, and the host acquaints him with the attendees one by one (men as well as women), and he asks whoever of them wish to do so to write down their names and addresses, and so they in turn do with him. After some time, his notebook is full of names and addresses. And see! he has a great number of friends (men and women), and perhaps he is even victorious in the competition undertaken in pursuit of this goal. How great, how strange are the competitions here! Thus your knowledge and your culture are often measured by how much you have read and watched and heard. It is the same as the way that your material riches are calculated by the quantity and amount of the cash and real property that you own: without any distinctions!
The only art in which the Americans are proficient—although there are other [peoples] who still surpass them in it as far as artistry goes—is the art of the cinema. This is natural and logical given the phenomenon that makes the American unique: the height of industrial proficiency combined with primitiveness of artistic feelings. In the cinema this phenomenon is very much manifest. By its nature, the cinematic art does not rise to the loftiest regions of the arts—music, drawing, sculpture, and poetry—nor for that matter to the [level of the] art of the theater, although in the cinema the possibilities for artistic craft and the possibilities of production are much greater. And in terms of originality, the art of production in the cinema has gotten only as far as the farthest point reached by the art of photography. Moreover, some distance remains between it and (for example) the art of the theater, just as some distance remains too between depiction by photography and depiction by a [painter’s] brush. In the latter is expressed genius of feelings; in the former, expertise of craft. The cinema is the popular art of the multitudes, so it is the art in which one finds expertise, proficiency, magnification, and approximation. By its nature it relies more on expertise than on the artistic spirit… in it the American genius can exercise creativity… yet despite this, English, French, Russian, and German film all remain superior to American film, although they are inferior to it in craft and expertise. In the great majority of American films, one sees manifestly primitive subjects and primitive excitement; this is true of police/crime films and cowboy films. As for high, skillful films, such as “Gone with the Wind,” “Wuthering Heights,” “The Song of Bernadette,” and such, they are few in comparison with what America produces. Such American film as does reach Egypt or the Arab countries does not resemble this family, since the majority of it comes from among the superior, rare American films. And those people who visit the regions of the land in America are those who reach that tiny family of valuable films. Sayyid Qutb
The core problem with the United States, for Qutb, was not something Americans did, but simply what America was—“the New World…is spellbinding.” It was more than a land of pleasures without limit. In America, unlike in Egypt, dreams could come true. Qutb understood the danger this posed: America’s dazzle had the power to blind people to the real zenith of civilization, which for Qutb began with Muhammad in the seventh century and reached its apex in the Middle Ages, carried triumphantly by Muslim armies. David Von Drehle
Qutb (…)  judges Americans on a range of social and moral characteristics—including their sexual mores, their political history, and their attitudes towards religion, sports, art, and death—and generally finds them wanting. Most striking about the article is Qutb’s adherence to a standard of “human values” rather than specifically “Islamic values.” Qutb never elaborates this standard explicitly, but in general his theme seems to be that human beings should strive to attain high-minded, civilized, and spiritual values rather than bestial, primitive, and sensual ones. American society, in Qutb’s view, tends toward the latter. Daniel Burns
Ils ont tué des gens parce que l’Islam leur donne l’autorisation théologique d’utiliser la violence contre les infidèles dont l’existence menace l’hégémonie islamique légitimée par Allah. (…) Le manque d’éducation et d’opportunité économique existe dans le monde entier, mais les chrétiens africains et les animistes ou les hindous indiens, et les Bouddhistes ne commettent pas d’actes terroristes n’importe où et à la même fréquence que les musulmans. Beaucoup de personnes dans le monde vivent sous des dictateurs oppressifs qui violent régulièrement les droits de l’homme, et ils ne se tournent pas pour autant vers le terrorisme contre les étrangers, en réponse. Les Tibétains n’enfilent pas des gilets pour kamikazes et ne bombardent pas des marathoniens. Il y a des millions et des millions de pauvres partout dans le monde, ils ne tuent pas aveuglément des gens innocents dans les pays éloignés de leur domicile. Bruce Thornton

Alors qu’au lendemain de l’attentat aveugle et purement anti-civils de Boston suivi ou précédé, de la France à l’Espagne et au Canada, par plusieurs autres tentatives déjouées (dont une, signe encourageant, avec l’aide d’un imam) …

Comment ne pas voir, avec le chroniqueur américain Bruce Thornton, l’incroyable aveuglement de nos belles âmes devant l’évidence …

De ce nouveau ciment de toutes les violences (plus de 20.000 depuis le 11 Septembre) qu’est devenu, remplaçant le marxisme d’hier, l’islam ?

Et, depuis le voyage en Amérique d’un de leurs premièrs théoriciens, l’Egyptien  Sayyid Qutb dans les années 50, de cette haine pure et simple, tout en profitant de ses largesses, de la civilisation occidentale incarnée par l’Amérique ?

llusions sur la raison pour laquelle des frères musulmans tuent

Bruce Thornton

Middle East and Terrorism

Adapté en français par Hanna Lévy

israel-chronique-en-ligne.over-blog.com

21 Avril 2013

Malgré les vœux fervents des médias progressistes et du fantaisiste David Sirota, qui espérait que le coupable soit un « homme blanc », il s’avère que les terroristes qui ont bombardé le Marathon de Boston, n’étaient pas blancs, ni le Tea Party, ni des frondeurs amers haïssant les impôts, mais des Musulmans tchéchènes. Quelle surprise ! Comme disent les Français. Nous allons maintenant, commencer à entendre toutes les interprétations de justification pour leur acte, dont peu exposeront l’évidence : Ils ont tué des gens parce que l’Islam leur donne l’autorisation théologique d’utiliser la violence contre les infidèles dont l’existence menace l’hégémonie islamique légitimée par Allah.

Bien sûr, pour les matérialistes laïques et les experts de gauche, dont les esprits sont pourvus d’idées, de clichés banals, tels que le fait de dire, que c’est un discours de haine islamophobe. Que seul le christianisme et le judaïsme mènent à la violence, aux croisades et au sionisme. Que l’Islam est « la religion de paix et de tolérance », qui a créé la Renaissance et a traité les Juifs et les Chrétiens avec bonté. Que si les Musulmans agissent avec violence – plus de 20.000 attaques violentes depuis le 11 Septembre – c’est parce qu’ils doivent avoir été provoqué par le mauvais comportement de l’Occident : le colonialisme, l’impérialisme, l’avidité pour le pétrole, le soutien à Israël, le non-respect de l’Islam et de Mohammed, la guerre contre le terrorisme qui a diabolisé les Musulmans. Ou, parce que les terroristes sont créés par les inégalités et les coûts du capitalisme mondial, qui ne donnent que peu de possibilités éducatives ou économiques aux jeunes gens musulmans, créant chez eux frustration et désespoir, ce qui les poussent à se tourner vers un schisme déformé de l’Islam en soulagement. Ou, parce qu’ils sont les produits de régimes politiques oppressifs qui limitent leur liberté, violent leurs droits de l’homme et étouffent leurs aspirations.

Nous avons entendu toutes ces explications venant de gauche comme de droite depuis plus d’une décennie. Ce que nous n’avons pas vu, c’est la preuve que cela soit réellement le cas. L’histoire ne fournit aucune preuve que les prétendus péchés de la politique étrangère américaine prédominent sur les avantages tangibles démontrables de nos actions aux Musulmans. L’Amérique n’a jamais eu de colonie dans les terres musulmanes, et en effet,  après la Seconde Guerre mondiale, a résisté aux tentatives françaises et britanniques de réaffirmer leur autorité sur leurs anciennes colonies, plus manifestement dans la crise de Suez de 1956. Depuis lors, les États-Unis ont armé les Afghans et les ont aidé à chasser les Soviétiques, ils ont sauvé le Koweït et l’Arabie Saoudite des griffes du sadique psychopathe Saddam Hussein, ils ont bombardé les Serbes chrétiens pour sauver les Kosovars et les Bosniaques musulmans, ils ont libéré les Chiites irakiens des mains de Saddam Hussein, ils ont libéré les Afghans de la brutalité des Talibans, ils ont versé des milliards de dollars d’aide à des régimes terroristes palestiniens, ils ont utilisé leurs avions pour aidé les Musulmans en Libye afin de les libérer du psychotique Kadhafi, et ils ont soutenu la parole et les inventions des djihadistes, des Frères musulmans d’Égypte, antisémites et haïssant l’Amérique, afin que les Musulmans puissent jouir de la « liberté et la démocratie ».

Et ce n’est pas tout ! Nous avons sans cesse manifesté notre respect pour la merveilleuse foi islamique, nous avons censuré nos communications officielles et nos programmes de formation pour supprimer toute référence au djihadisme ou à la théologie islamique qui justifie la guerre sainte, nous avons parlé avec pudeur des attaques djihadistes comme pour les meurtres de Fort Hood « violence en milieu du travail », nous avons invité de modestes Imams à prier à la Maison Blanche, nous avons rempli nos écoles avec des programmes faisant l’éloge de l’Islam et de ses contributions à la civilisation, nous avons sermonné et poursuivi des auteurs ou dessinateurs qui exerçaient leur droit au premier amendement, critiquer l’Islam, nous avons abandonné le « profilage » en tant que technique permettant d’identifier d’éventuels terroristes tentant de monter dans un avion ou entrer dans le pays, nous avons employé comme conseillers auprès du FBI, du Pentagone et de la CIA, des Musulmans apologistes, qui recyclent des mensonges éhontés et déforment les faits – nous avons fait tout ceci pour cette libération musulmane, pour eux, pour leur foi, et ils ne nous aiment toujours pas, ils veulent toujours nous tuer !

Cette déconnexion entre notre prétendu mauvais comportement et les motivations des djihadistes est particulièrement évidente dans le cas des terroristes de Boston. Si les Musulmans tchéchènes ont quelque chose à reprocher à quelqu’un, c’est aux Russes. Quand le terrorisme djihadiste est devenu un problème en Tchéchènie, il n’y a eu ni « cœurs, ni esprits » pour des campagnes de sensibilisation, aucune sollicitude, aucune aide de l’étranger, aucune excuse pour ses péchés passés, aucun respect scrupuleux des lois de la guerre, des conventions de Genève ou des droits de l’homme, aucun tribunal d’Imam pour donner un aperçu de la magnificence de l’Islam. Les Russes ont employé la torture, l’assassinat, les représailles collectives, et pour finir ont encerclé Grozny avec l’artillerie et l’ont laissé en ruines. Au cours des deux guerres de Tchétchénie, les Russes ont tué environ 150.000 personnes. En fait, la Russie a tué des Musulmans depuis le 18ème siècle et ont occupé des terres musulmanes en Asie centrale pendant 80 ans sous l’Union soviétique. Alors, dites-moi, M. le Sénateur Rand Paul ou M. le Secrétaire à la Défense Chuck Hagel, si notre mauvaise conduite de politique étrangère explique la haine djihadiste, comment se fait-il que deux siècles de violence russe contre les Musulmans soient ignorés, que tout notre sang et notre argent dépensé pour libérer et aider les Musulmans n’aient aucune importance ?

Les autres justifications de la violence musulmane ne sont pas plus convaincantes. Le manque d’éducation et d’opportunité économique existe dans le monde entier, mais les chrétiens africains et les animistes ou les Hindous indiens, et les Bouddhistes ne commettent pas d’actes terroristes n’importe où et à la même fréquence que les Musulmans. Beaucoup de personnes dans le monde vivent sous des dictateurs oppressifs qui violent régulièrement les droits de l’homme, et ils ne se tournent pas pour autant vers le terrorisme contre les étrangers, en réponse. Les Tibétains n’enfilent pas des gilets pour kamikazes et ne bombardent pas des marathoniens. Il y a des millions et des millions de pauvres partout dans le monde, ils ne tuent pas aveuglément des gens innocents dans les pays éloignés de leur domicile. Chaque excuse à la violence musulmane s’effondre sous le poids de ces faits. Pendant ce temps, la cause commune à tous ces tueurs – riches ou pauvres, instruits ou pas, politiquement opprimés ou non – est l’Islam, et préventivement le rejet de l’explication de la violence.

Cet « aveuglement volontaire », comme l’appelle Andy McCarthy, est devenu dangereux. Il reflète l’arrogance du matérialisme laïc, qui a écarté la religion comme un simple choix de style de vie, d’habitude bénin – à moins que vous ne parliez d’un criminel armé, d’un raciste, d’un misogyne, d’un chrétien évangélique homophobe ou raciste, de l’accaparement de terres par des Juifs sionistes. Non, il s’agit d’un traumatisme psychologique causé par la mondialisation ou l’islamophobie ou des insultes insensibles à Mohammed ou l’oppression des Palestiniens par Israël ou quoique ce soit d’autre que les passages dans le Coran, les hadiths et 14 siècles de jurisprudence islamique et de théologie, qui clairement et systématiquement définissent la doctrine du djihad violent contre les infidèles.

Attendez-vous donc, dans les prochaines semaines au même retour de flamme du vieux commentaire sur la politique étrangère ou à un soupçon d’analyses psychologiques personnelles ou des commentaires sur les péchés d’Israël et les guerres de Bush ou des commentaires sur l’intolérance et la xénophobie américaine ou sur notre besoin de « tendre la main » et  de « s’engager » et de « respecter » et de « comprendre » les fanatiques qui ne veulent pas de notre aide, de notre tolérance ou de notre respect, mais nos morts. En bref, il faut s’attendre à ce que les djihadistes pensent que nous sommes faibles et corrompus et que nous méritons donc de mourir.

Voir aussi:

Muslims have a problem. Uncle Ruslan may have the answer.

Asra Nomani

Washington post

April 23

In Reef flip flops, blue jeans and a Calvin Klein polo shirt, Ruslan Tsarni, an uncle of the alleged Boston Marathon bombers, strode down the driveway of his Federalist-style home last week in Montgomery Village, Md., an upper middle-class Washington, D.C. suburb, past a ground cover of purple wisteria blooming in his front yard and pink tulips across the street.

In the next few minutes, the uncle to Dzhokhar Tsarnaev, 19, and Tamerlan Tsarnaev, 26, the alleged Boston Marathon bombers, accomplished something that 11 years of post-9/11 press releases, news conferences and soundbites by too many American Muslim leaders has failed to do on the issue of radicalization and terrorism: with raw, unfettered emotion, he owned up to the problem within.

Instead of being silenced by what they did, he openly said that his nephews had brought “shame” on the family with their actions. This is the same kind of “shame off,” as one admirer later called it, that protesters to the gang rape in India have to win: Are we shamed into silence? Or do we confront the serious issues that shame us?

Hands clasped tightly in front of him, Uncle Ruslan faced off against a pack of about 30 journalists, cameras pointing at him, microphones stuck in front of him, questions about his nephews thrown at him:

“When was the last time you saw them?” He answered: December 2005. Another journalist asked: “What do you think provoked this?” “Umm, being losers! Hatred to those who were able to settle themselves!” he shouted. “These are the only reasons I can imagine. Anything else to do with religion, to do with Islam, is a fraud, is a fake.”

As an American Muslim who has watched the radicalization of Muslims from Louisville, Ky., to Chatanooga, Tenn., to Chechnya, the ancestral ethnicity of the alleged bombers, over the last three decades, I had one question on my mind.

I asked softly: “Is your family Muslim?”

The uncle didn’t hear me well: “Huh?”

I repeated my question: “Is your family Muslim?”

The question was one other journalists later admitted to me that they wondered but didn’t dare ask, the proverbial elephant in the room, only at that moment, on a cul-de-sac with manicured lawns, playground sets and helicopters and Canadian geese overhead. In Washington, D.C., leaders of national American Muslim organizations filled a room at the National Press Club and issued their flat, blanket rebuttals: Islam doesn’t sanction violence, and it doesn’t allow terrorism. When the New York Post made the mistake of writing that a Saudi witness was actually a suspect, bloggers and others took advantage of the opportunity to chortle over the mistake as just one more horrible example of stereotyping.

While it is critical that we don’t jump to conclusions by associating religious affiliation with militancy, there is no doubt that embracing an ideology of Islam that promotes extremism and violence has been a motivator for terrorism, from assassinated al-Qaeda leader Osama bin Laden to Army Major Nidal Hasan.

Did such an ideology influence the Tsarnaev brothers? Who or what compelled them to violence? What role does Muslim culture play in this type of radicalization?

Rather than worrying about being politically correct, we have to be comfortable asking these difficult questions. And the collectivist-minded Muslim community needs to learn an important lesson from Tsarni: It’s time to acknowledge the dishonor of terrorism within our communities, not to deny it because of shame. As we negotiate critical issues of ethnicity, religious ideology and identity as potential motivators for conflict, we have to establish basic facts.

So when I asked about his faith, Tsarni heard me. And he did something remarkable. He didn’t flinch.

“We are Muslims,” he answered clearly and steely-eyed. “We are Chechnyans. We are ethnic Chechnyans.”

Had the boys gotten radicalized, I wondered. The stories of so many—from Richard Reid, the “shoebomber,” to Faisal Shahzad, the alleged Time Square bomber–have included radicalization. The Boston area mosques haven’t been immune. “Do you think that they got radicalized in the mosques in that area?” I asked.

What I heard I couldn’t believe, I’ve become so used to the tactics of deflection. He looked me straight in the eye, and he said, “…most likely somebody radicalized them. But it’s not my brother, who just moved back to Russia, who spent his life bringing bread to their table, fixing cars, fixing cars.”

What happened when this Muslim American looked us in the eye and admitted the problem?

Tsarni became “Uncle Ruslan” to millions of Americans watching him on TV and later online, winning their respect, first, with apologies and then, with his hands clenched, fierce indignation, outrage and anger over the suspected role of his nephews as the Boston Marathon bombers. And there was his color too: Still using AOL when most don’t even know it still exits, scolding Dzhokhar to turn himself in.

The uncle stunned seasoned reporters, some of them veterans of the trials in Guantanamo Bay and the wars in Iraq and Afghanistan, with his straight talk. First, he expressed his condolences to the victims of the Boston Marathon bombings and, then, declared loud and clear that his nephews brought “shame” on his family and the people of Chechnya, the family’s ethnicity: “Yes, of course, we’re ashamed. We’re ashamed. They’re children of my brother, who had little influence of them!” Later on Dzhokhar: “He put a shame on the entire Chechnyan ethnicity!” According to public records, Uncle Ruslan shared the same last name as his nephews but shortened it .

With close-cropped hair, a strong jawline and fit physique, the attorney became an accidental spokesman, instilling confidence as a truth-teller.

Admirers have created memes, or images, of his face, contorted in rage, revealing just how effective he has been in instilling confidence.

One meme headline: “Uncle Ruslan. Mosque Board Chairman 2013.”

His effectiveness reveals that the best crisis management doesn’t require intellectual gymnastic but just plain, honest talk: We have a problem. We know it. And we want to do right. Another “Uncle Ruslan” meme reads, “If you can believe it I have had no media training.” Yet another, “First time public speaking. Nailed it.”

“Uncle Ruslan” proved that folks can handle nuance. “It was wild, dramatic, angry, over-the-top,” wrote Washington Post blogger Alexandra Petri. She added: “People like Uncle Ruslan remind us that it’s the apples, not the barrel.”

She concluded: “Thank you. This was a moment we all needed.”

In this family lies the dichotomy of cross-cultural communication patterns confronting Muslim communities, just like other traditional societies. Many parts of Muslim society hold to traditional cultures which are shame-based; people “save face” to hide “shameful” acts. That’s what we heard from the brothers’ parents and aunt, Patemat Sulemanova.

While her brother said the nephews had shamed their family, Sulemanova, in Canada, told reporters she didn’t believe her nephews were involved in the bombings: “Convince me,” she said.

In Russia, Zubeidat Tsarnaev said her older son got involved in “religious politics” five years ago, but she refused to believe her sons were involved in the bombings, saying the FBI had visited her years earlier, troubled about Tamerlan’s activities, but that the FBI was in “the control” her older son’s activities. “He never told me he would be on the side of jihad,” she said. Typical of the failure of this posture of denial and conspiracy theories, a CNN reporter called it “a rant.”

Also in Russia, the alleged bombers’ father, Anzor Tsarnaev, called his brother “a great attorney,” but said he couldn’t believe his sons were involved. “I’m always telling them study, study, study,” he said. “Someone framed them.”

But back in America, Uncle Ruslan was winning in the court of public opinion.

And it was stunning to see how he acknowledged the shame openly but didn’t allow it to silence his criticism.

The bombing suspects, « put a shame on the entire Chechnyan ethnicity,” he said.

Earlier, Tsarni had told the Associated Press: “When I was speaking to the older one, he started all this religious talk, ‘Insh’allah’ and all that, and I asked him, ‘Where is all that coming from?’” Insh’allah is the Arabic phrase that means “God willing.”

What Tsarni is admitting is something true but politically incorrect to talk about: the increasing use of these phrases of religiosity are code inside the community for someone who is becoming hardcore. It doesn’t mean that they’re becoming violent or criminal, but it’s a red flag. In 2004, when I spoke about women’s rights at mosques at the Islamic Society of North America conference in Chicago, a young Muslim man stood at the microphone during the Q&A and scolded me for not saying an honorific, “Peace be upon him,” whenever I mentioned the name of the prophet Muhammad. He later sent me an electronic death threat I turned over to the FBI. It’s a game of trying to out-Muslim a Muslim.

Instead of playing that game, Uncle Ruslan did something remarkable. He put his hands together as if in prayer, and he showed humility, not defensive arrogance, saying he’d prostrate himself before the victims of the Boston bombings.

Ameen, as “amen” is said in Arabic and Muslim culture, to Uncle Ruslan. I believe it’s time for us American Muslims to take collective responsibility, rather than issue collective denial. That’s the attitude that cultivates confidence and fosters safety—for all.

With his passions expressed, Uncle Ruslan begged his goodbyes. Journalists remained in formation on the street outside the house, one eating a quick Subway sandwich on the lawn outside, another dragging a wicker chair from a neighbor’s garbage, before a cop reprimanded him. Suddenly, Tsarni emerged. Coming down the stairs onto the driveway he turned to walk toward the end of the cul-de-sac. Reporters and camera crews hustled to catch up. He pleaded with them: “What are you expecting from me? I’m just going to my neighbors to apologize to them for the discomfort my family has caused them.”

Rather than waiting for an invitation to RSVP to a superfluous “interfaith” dinner, Uncle Ruslan did something simple but crucial: He extended an invitation, was a good neighbor and took responsibility for the trouble that emerged in his front yard. In short, he owned up.

Surely, the Tsaernev family story is complicated, and there is nobody without flaw.

But Uncle Ruslan showed us where to begin.

With reporters still camped out , he emerged from his neighbor’s porch, his arm around the older music teacher who lived there, leading her warmly into his house. Hundreds of miles away, Boston Police drew close to bringing his nephew into custody, leaving Uncle Ruslan, the rest of Tsaernev family and our Muslim communities to do some real soul-searching about how we lost these boys to the ideology of terrorism.

To me, the answer lies inside a culture shift where we honestly acknowledge the radicalization problems within our communities—so that no Uncle Ruslan has to step outside his home, confessing to something gone very, very wrong.

Asra Q. Nomani, a former Wall Street Journal reporter, is a mother and the author of “Standing Alone: A Muslim Woman’s Struggle for the Soul of Islam.”

Voir également:

A Lesson In Hate

How an Egyptian student came to study 1950s America and left determined to wage holy war

David Von Drehle

Smithsonian magazine

February 2006,

Before Sayyid Qutb became a leading theorist of violent jihad, he was a little-known Egyptian writer sojourning in the United States, where he attended a small teachers college on the Great Plains. Greeley, Colorado, circa 1950 was the last place one might think to look for signs of American decadence. Its wide streets were dotted with churches, and there wasn’t a bar in the whole temperate town. But the courtly Qutb (COO-tub) saw things that others did not. He seethed at the brutishness of the people around him: the way they salted their watermelon and drank their tea unsweetened and watered their lawns. He found the muscular football players appalling and despaired of finding a barber who could give a proper haircut. As for the music: “The American’s enjoyment of jazz does not fully begin until he couples it with singing like crude screaming,” Qutb wrote when he returned to Egypt. “It is this music that the savage bushmen created to satisfy their primitive desires.”

Such grumbling by an unhappy crank would be almost comical but for one fact: a direct line of influence runs from Sayyid Qutb to Osama bin Laden, and to bin Laden’s Egyptian partner in terror, Ayman al-Zawahiri. From them, the line continues to another quietly seething Egyptian sojourning in the United States—the 9/11 hijacker Mohammed Atta. Qutb’s gripes about America require serious attention because they cast light on a question that has been nagging since the fall of the World Trade Center: Why do they hate us?

Born in 1906 in the northern Egyptian village of Musha and raised in a devout Muslim home, Qutb memorized the Koran as a boy. Later he moved to Cairo and found work as a teacher and writer. His novels made no great impression, but he earned a reputation as an astute literary critic. Qutb was among the first champions of Naguib Mahfouz, a young, modern novelist who, in 1988, would win the Nobel Prize in Literature. As Qutb matured, his mind took on a more political cast. Even by the standards of Egypt, those were chaotic, corrupt times: World War I had completed the destruction of the Ottoman Empire, and the Western powers were creating, with absolute colonial confidence, new maps and governments for the Middle East. For a proud man like Sayyid Qutb, the humiliation of his country at the hands of secular leaders and Western puppets was galling. His writing drew unfavorable attention from the Egyptian government, and by 1948, Mahfouz has said, Qutb’s friends in the Ministry of Education were sufficiently worried about his situation that they contrived to send him abroad to the safety of the United States.

Some biographical sketches suggest that Qutb arrived with a benign view of America, but if that’s true it didn’t last long. During a short stay in Washington, D.C., he witnessed the commotion surrounding an elevator accident and was stunned to hear other onlookers making a joke of the victim’s appearance. From this and a few offhand remarks in other settings, Qutb concluded that Americans suffered from “a drought of sentimental sympathy” and that “Americans intentionally deride what people in the Old World hold sacred.”

This became the lens through which Qutb read nearly every American encounter—a clash of New World versus Old. Qutb easily satisfied the requirements at the graduate school of the Colorado State College of Education (now known as the University of Northern Colorado) and devoted the rest of his time to his true interest—the American soul, if such a thing existed. “This great America: What is its worth in the scale of human values?” Qutb wondered. “And what does it add to the moral account of humanity?” His answer: nothing.

Still, Qutb’s contempt for America was not as simple as some people might now imagine. He did not recoil from political freedom and democracy, as, say, President Bush might expect from a jihadi theorist, nor did he complain about shades of imperial ambition in American foreign policy, as writers on the left might suppose. Regarding the excesses of American culture—vulgarity, materialism and promiscuity—Qutb expressed shock, but it rang a bit hollow. “The American girl is well acquainted with her body’s seductive capacity,” he wrote. “She knows seductiveness lies in the round breasts, the full buttocks, and in the shapely thighs, sleek legs and she shows all this and does not hide it.” These curvy jezebels pursued boys with “wide, strapping chest[s]” and “ox muscles,” Qutb added with disgust. Yet no matter how lascivious his adjectives, the fastidious, unmarried Egyptian could not convincingly portray the church dances and Look magazines he encountered in sleepy Greeley as constituting a genuine sexual “jungle.”

The core problem with the United States, for Qutb, was not something Americans did, but simply what America was—“the New World…is spellbinding.” It was more than a land of pleasures without limit. In America, unlike in Egypt, dreams could come true. Qutb understood the danger this posed: America’s dazzle had the power to blind people to the real zenith of civilization, which for Qutb began with Muhammad in the seventh century and reached its apex in the Middle Ages, carried triumphantly by Muslim armies.

Qutb rejected the idea that “new” was also “improved.” The Enlightenment, the Industrial Age—modernity itself—were not progress. “The true value of every civilization…lies not in the tools man has invented or in how much power he wields,” Qutb wrote. “The value of civilizations lay in what universal truths and worldviews they have attained.” The modern obsession with science and invention was a moral regression to the primitive condition of the first toolmakers. Qutb’s America was bursting with raw energy and appetite, but utterly without higher virtues. In his eyes, its “interminable, incalculable expanses of virgin land” were settled by “groups of adventurers and groups of criminals” who lacked the time and reflection required for a civilized life. Qutb’s Americans “faced the uncharted forests, the tortuous mountain mazes, the fields of ice, the thundering hurricanes, and the beasts, serpents and vermin of the forest” in a struggle that left them numb to “faith in religion, faith in art and faith in spiritual values altogether.”

This portrait likely would have surprised the people of mid-century Greeley, had they somehow become aware of the unspoken opinions of their somewhat frosty neighbor. Theirs was a friendly town best known for the unpretentious college and for the cattle feedlots sprawling pungently on its outskirts. The founding of Greeley in the 1870s involved no ice fields, hurricanes or serpents. Instead, it began with a simple newspaper column written by Nathan Meeker, agricultural editor of the New York Tribune. On December 14, 1869, Meeker appealed to literate readers of high moral character to join him in building a utopian community by the South Platte River near the foot of the Rocky Mountains. More than 3,000 readers applied; from this list Meeker selected the 700 best qualified to realize his vision of a sober, godly, cooperative community. The town was dubbed Greeley in honor of Meeker’s boss at the Tribune, the quixotic publisher Horace Greeley, who died within weeks of his failed run for president in 1872, just as the project was gathering steam.

Poet and journalist Sara Lippincott was an early visitor to the frontier outpost, and later wrote about it under her pen name, Grace Greenwood. “You’ll die of dullness in less than five hours,” another traveler had warned her about Greeley. “There is nothing there but irrigation. Your host will invite you out to see him irrigate his potato-patch…there is not a billiard-saloon in the whole camp, nor a drink of whiskey to be had for love or money.” None of that made any difference to Qutb, who saw only what he already believed, and wrote not facts, but his own truth, in his 1951 essay, “The America I Have Seen.”

Sayyid Qutb cut short his stay in America and returned to Egypt in 1951 after the assassination of Hassan al-Banna, founder of the nationalist, religious and militant movement known as the Muslim Brotherhood. Over the next decade and a half, often writing from prison, Qutb refined a violent political theology from the raw anti-modernism of his American interlude. Virtually the entire modern world, Qutb theorized, is jahiliyya, that barbarous state that existed before Muhammad. Only the strict, unchanging law of the prophet can redeem this uncivilized condition. Nearly a millennium of history became, to the radicalized Qutb, an offense wrought by the violence of jahili “Crusaders” and the supposed perfidy of the Jews. And Muslim leaders allied with the West were no better than the Crusaders themselves. Therefore, Qutb called all true Muslims to jihad, or Holy War, against jahiliyya—which is to say, against modernity, which America so powerfully represents.

This philosophy led to Qutb’s execution in 1966. Proud to the end, he refused to accept the secular Egyptian leader Gamal Abdel Nasser’s offer of mercy in exchange for Qutb’s repudiation of his jihad. Nasser may have silenced a critic, but the martyrdom of Sayyid Qutb accelerated his movement. The same year the philosopher was hanged, according to journalist Lawrence Wright, the teenage al-Zawahiri formed his first violent cell, dedicated to the overthrow of the Egyptian government and the creation of an Islamist state. Meanwhile, Qutb’s brother Muhammad went into exile in Saudi Arabia, where he taught at King Abdul Aziz University. One of his students, an heir to the country’s largest construction fortune, was Osama bin Laden.

Others have taken Qutb’s ideas in less apocalyptic directions, so that M.A. Muqtedar Khan of the Brookings Institution can rank him alongside the Ayatollah Khomeini of Iran as “one of the major architects and ‘strategists’ of contemporary Islamic revival.” But the last paragraphs of Qutb’s American memoir suggest just how far outside normal discourse his mind was wont to stray. After noting the stupidity of his Greeley neighbors, who failed to understand his dry and cutting jokes, Qutb writes: “In summary, anything that requires a touch of elegance is not for the American, even haircuts! For there was not one instance in which I had a haircut there when I did not return home to even with my own hands what the barber had wrought.” This culminating example of inescapable barbarism led directly to his conclusion. “Humanity makes the gravest of errors and risks losing its account of morals, if it makes America its example.”

Turning a haircut into a matter of grave moral significance is the work of a fanatic. That’s the light ultimately cast by Qutb’s American experience on the question of why his disciples might hate us. Hating America for its haircuts cannot be distinguished from hating for no sane reason at all.

Voir encore:

Said Qutb on the Arts in America

Daniel Burns, Translator

November 18, 2009

Current Trends in Islamist Ideology vol. 9

Translator’s note[1]

The Egyptian Said Qutb was one of the leading intellectual lights of 20th Century Islamic radicalism when he was executed in 1966 for his involvement with the illegal Muslim Brotherhood. He is best known for his lengthy Quranic commentary In the Shade of the Qur’an and his book Milestones, in which he makes the case that allegedly Muslim regimes like that of Egypt should be understood as jahiliy (pagan) and therefore the proper target of military jihad.

Years before writing these radical works, Qutb spent two years studying in America (1948-1950). Upon his return to Egypt, he published the three-part article “The America That I Have Seen: In the Scale of Human Values” in the Egyptian journal Al-Risala (Vol. 19 [1951]; no. 957, 959, 961; pp. 1245-7, 1301-6, 1357-1360). A translation of this article appears in the anthology America in an Arab Mirror (New York: St. Martin’s Press, 2000), but that translation is missing a considerable block of text for no reason that I can see. Here I have translated the section of the article’s third part that contains that missing block. All but the first three and the last three paragraphs below are therefore appearing in English for the first time.

The article as a whole contains Qutb’s observations on American life and chiefly on how American citizens rank “in the scale of human values.” He judges Americans on a range of social and moral characteristics—including their sexual mores, their political history, and their attitudes towards religion, sports, art, and death—and generally finds them wanting. Most striking about the article is Qutb’s adherence to a standard of “human values” rather than specifically “Islamic values.” Qutb never elaborates this standard explicitly, but in general his theme seems to be that human beings should strive to attain high-minded, civilized, and spiritual values rather than bestial, primitive, and sensual ones. American society, in Qutb’s view, tends toward the latter.

Wherever possible, I have translated a single Arabic word with a single English word. Words in [square brackets] are my additions or clarifications. I have used Qutb’s punctuation as a guideline but have not been able to reproduce it fully in English; in particular, I have used parentheses, long dashes, sentence breaks, and other means to translate the versatile Arabic particle wa. I have however retained the author’s strange use of quotation marks and ellipses.

Said Qutb: On the Arts in America

The American is primitive in his artistic taste, both in what he enjoys as art and in his own artistic works.

“Jazz” music is his music of choice. This is that music that the Negroes invented to satisfy their primitive inclinations, as well as their desire to be noisy on the one hand and to excite bestial tendencies on the other. The American’s intoxication in “jazz” music does not reach its full completion until the music is accompanied by singing that is just as coarse and obnoxious as the music itself. Meanwhile, the noise of the instruments and the voices mounts, and it rings in the ears to an unbearable degree… The agitation of the multitude[2] increases, and the voices of approval mount, and their palms ring out in vehement, continuous applause that all but deafens the ears.

But despite this, the American multitude attends the opera, listens to symphonies, crowds together for the “ballet,” and watches “classic” plays—so much so that you will hardly find an empty seat. It will happen sometimes that you do not find a place unless you reserve your seat days beforehand, and that at the high price of the fares for these performances.

This phenomenon misled me at first; I even rejoiced at it, down to the depths of my soul. For I had been feeling constantly “begrudging” at the fact that this people, which produces marvels in the world of industry and of science and of research, should have no store of the other human values. I had also been terribly afraid on behalf of humanity that its leadership will pass into the hands of this people that is altogether poor in those values.

Therefore I rejoiced when I saw this phenomenon. For the public that takes an interest in refined art is not to be despaired of no matter what its faults may be, and when this window on its feelings has been opened, there is great hope that many other rays may diffuse from it.

The importance of this phenomenon pushed me to investigate everything about it, in different surroundings and in numerous cities. But when I tracked the expressions on faces, and conversed with a great many of the men and women[3] who visit these places (those I knew and those I did not know), all this revealed to me—with regret—how wide a chasm still separates the spirit of such humane art from the spirit of the Americans. Indeed, their feelings about it[4] are even concealed in all but rare cases; they only look at the matter from a purely social angle. For the cultured American must of necessity see these sorts [of shows] and go to these places in case there should be a conversation about them in any group of people taking part in conversation together. For it is a matter of the greatest shame in America that anyone should fail to take part in the conversation—especially in the case of young women, since what is demanded of them is that they should always find subjects for conversation. So if young women visit these places, they add new subjects to the perpetual American subjects [of conversation], i.e., ball games, names of films and of actors and actresses, cases of divorce and marriage, markings and prices of cars…

This is the very spirit in which the crowds visit the art museums, passing rapidly through the halls and the exhibits in a way that does not suggest any enjoyment or love of these works [of art]. In just the same way they go (individually and in groups) to get a rapid view of natural spectacles. Passing by places and spectacles at the cars’ top speed, they collect conversational material and also comply with the natural American inclination toward collection and enumeration.

At the beginning of my stay in America, I would hear that one of them had visited X cities and countries and sights and spectacles and had gone X miles in his tourist journeys and knew X friends, so that I was astonished at this capacity for producing such things and wished that I were capable of any of it! Then I discovered afterward how all these marvels took place… One of them drives his car on a journey, alone or with his family or friends. He races it at top speed, taking it through cities and over distances, passing by sights and spectacles, while recording in his notebook the names and the mileage… Then he returns, and see! he has seen all of it, and he has the right to converse about it! As for friends, it is enough that one be invited to get-acquainted parties. There he encounters their faces for the first time, and the host acquaints him with the attendees one by one (men as well as women)[5], and he asks whoever of them wish to do so to write down their names and addresses, and so they in turn do with him. After some time, his notebook is full of names and addresses. And see! he has a great number of friends (men and women)[6], and perhaps he is even victorious in the competition undertaken in pursuit of this goal. How great, how strange are the competitions here!

Thus your knowledge and your culture[7] are often measured by how much you have read and watched and heard. It is the same as the way that your material riches are calculated by the quantity and amount of the cash and real property that you own: without any distinctions!

And this is not the mentality of the multitudes only, but it is also very much the mentality of the thinkers and the researchers. For it had occurred to the thinkers in America that it was not right that their country should be the richest country in the world, and their people the greatest people on earth in terms of industrial civilization and scientific civilization, while they should have no artistic wealth like that of poorer peoples such as the Italians and the Germans.

They have money—and money works wonders—so it was only a matter of years before they had museums of drawing and sculpture more magnificent and larger than those other peoples’. These museums have accumulated for themselves works of art from everywhere and have filled up with the rare and the costly among these works, which they[8] have not been stingy about buying with money. These are all foreign works save a few, since American works are primitive and plain to the point of being laughable next to those splendid worldly treasures.

Likewise, [it was only a matter of years before] they had some performing orchestras and some dance troupes of the “ballet,” most of which [demonstrate] expertise and proficiency. And most of the conductors of these orchestras and the directors of these troupes [demonstrate] genius and originality…and all of them[9] save a few are foreigners.

Thus there emerged[10] precise enumerations that indicate what America possesses in the way of great artistic riches, purchased by money. But there remained one little matter: Does the American soul have any share in these riches? Does she even have mere artistic enjoyment of this costly human inheritance!

It occurred to me to examine these points in the art museums just as I examined them at the opera houses and such.

I went for the tenth time to the museum of art in San Francisco and made one of the picture halls of French art the subject of my examination. I distributed my attention over all the pictures inside it, but I concentrated on one outstanding picture named “Fox in the Chicken House.”[11] There are no words that could relate to the reader the beauty of this ingenious picture, in which the artist depicted several profound, complex feelings in a painting where there is no human face to make it easy for the artist to depict those feelings… A fox is in the chicken house, the sky is suffocatingly dark, and the fox has just attacked a chicken, a nesting mother, who appears in distress and exhausted in the claws of the wild beast baring his teeth; her little ones are terrified and the eggs remaining beneath her are scattered; her fellow hens meanwhile are scattered throughout the space of the painting, and the rooster—the man of the house—stands helpless, at a loss to find any salvation for his spouse in distress, although he is her guardian! As for the other hens, one is anxious and taken by surprise, another is despairing and disgusted that there should be all this atrocity in life, while a third is at a loss, asking: “How did this happen?” And the entire sky and the colors in this ingenious painting depict that which words cannot grasp.

I took a rest on one of the seats that the halls do provide with singular[12] courtesy for those visitors who are tired of looking and of walking around to rest on, and I rested, inspecting the features and expressions [of faces] and listening to the remarks and comments.

Four full hours passed over me in my seat, during which 109 persons passed by me, singles and couples and groups, of whom the majority were among the [many] young women and young men[13] who make appointments to spend some time in the museum’s garden and then in the museum itself, since it is proper for the social young woman to share in conversation and to find subjects for conversation.

On [the faces of] how many of these 109 did it appear that they were feeling anything of what they were seeing? Only one lingered for about two minutes in front of the picture I had selected, and he lingered in the whole hall for about five minutes…then he flew off.

I repeated the experiment in the other halls of the museum, and then repeated it in other museums in several cities. Again I arrived at the point where [I could say that], out of the great mass of visitors comprised in my enumerations, only a rare minority comprehended anything of these tremendous artistic riches that the dollar has gathered from all the places on earth; all that remained for the dollar to do was to create artistic sensation, but apparently that does not respond to the dollar’s charms!

The only art in which the Americans are proficient—although there are other [peoples] who still surpass them in it as far as artistry goes—is the art of the cinema. This is natural and logical given the phenomenon that makes the American unique: the height of industrial proficiency combined with primitiveness of artistic feelings. In the cinema this phenomenon is very much manifest.

By its nature, the cinematic art does not rise to the loftiest regions of the arts—music, drawing, sculpture, and poetry—nor for that matter to the [level of the] art of the theater, although in the cinema the possibilities for artistic craft[14] and the possibilities of production are much greater. And in terms of originality, the art of production in the cinema has gotten only as far as the farthest point reached by the art of photography. Moreover, some distance remains between it and (for example) the art of the theater, just as some distance remains too between depiction by photography and depiction by a [painter’s] brush. In the latter is expressed genius of feelings; in the former, expertise of craft.

The cinema is the popular art of the multitudes, so it is the art in which one finds expertise, proficiency, magnification, and approximation. By its nature it relies more on expertise than on the artistic spirit… in it the American genius[15] can exercise creativity… yet despite this, English, French, Russian, and German film all remain superior to American film, although they are inferior to it in craft and expertise.

In the great majority of American films, one sees manifestly primitive subjects and primitive excitement; this is true of police/crime films and cowboy films. As for high, skillful films, such as “Gone with the Wind,” “Wuthering Heights,” “The Song of Bernadette,” and such, they are few in comparison with what America produces. Such American film as does reach Egypt or the Arab countries does not resemble this family, since the majority of it comes from among the superior, rare American films.[16] And those people who visit the regions of the land in America are those who reach that tiny family of valuable films.

There is another art in which the Americans are skillful, because in it there is more of expertise in craft and production than there is of high, genuine art… It is the art of depicting natural spectacles in color as if [the depictions] were photographic, true and exact[17]. This can be seen in the museums of land and water animals, since these animals or their embalmed bodies are displayed [there] in the likeness of their natural habitats, just as if they were real. The artist’s brush is skillful in depicting these habitats in cooperation with the spectacle’s artistic design; it reaches the point of creativity.

This translation of Qutb’s article appeared in Volume 9 of Current Trends in Islamist Ideology published by Hudson Institute.

Keywords: Qutb, Muslim Brotherhood, American Arts, jahiliy

Notes

[1] I am grateful to the Ernest Fortin Memorial Foundation for a summer grant that allowed me to work on this translation, to Michael Montalbano for his relentless editing, and to Prof. Martha Bayles, Prof. Nasser Behnegar, Dr. Hillel Fradkin, Prof. Dennis Hale, Prof. James Nolan, and Zander Baron for reading drafts.

[2] The word consistently translated “multitude” (jamhour) appears a few times in this passage and has political connotations: it is the root of the Arabic word for “republic.” It means something like hoi polloi.

[3] Here and elsewhere Qutb uses two forms, a masculine and a feminine, where Arabic grammar only requires one (since the masculine is taken to include both sexes). Literally this passage says “a great many [m.] and a great many [f.] of those who visit these places.” Qutb seems to want to emphasize that both sexes are included, perhaps because he finds this immodest or perhaps because his audience would not otherwise know whether the social events being described were single-sex.

[4] The nearest possible antecedent is “spirit,” but the earlier “this phenomenon” seems likelier. The gender of the pronoun makes it impossible that it could be “art”.

[5] Literally “one by one and one (f.) by one (f.).” See note 3.

[6] Literally “male-friends and female-friends,” or “friends and female friends.” See note 3.

[7] In the sense of “the state of being cultured,” not “cultural identity.”

[8] The gender of the pronoun means that it most likely refers to, not “museums,” but the antecedent from earlier in the paragraph: “Americans,” or possibly “the thinkers in America.”

[9] Since the entire paragraph is one sentence in Arabic, it is not clear whether this word refers only to the conductors and directors or to the performing groups’ members as a whole.

[10] This is a bit obscure, but Qutb seems to mean that these enumerations became easily available in the course of his own investigations.

[11] Jean-Baptiste Huet’s Fox in the Chicken Yard (1766) meets most of Qutb’s description. I can only see two “other hens,” though.

[12] The ambiguity is present in Arabic as in English: this may be a backhanded compliment.

[13] Literally “female-youths and male-youths,” or “female-youths and youths.” See note 3.

[14] The word is a recurrent theme in the entire article and has been translated “industry” or (as an adjective) “industrial.” From here on it will be translated “craft.”

[15] This phrase does not refer to particular American people that we would call “geniuses,” but to something more abstract, like the previous “artistic spirit.”

[16] The antecedents are hard to follow in this sentence, but the sense seems to me to require: “Such American film as does reach us in Egypt or the Arab countries does not resemble the (generally low-quality) family of American films as a whole, since the majority of what does reach us consists in those high-quality films that make up only a tiny minority of the whole family.”

[17] Qutb seems to mean this as something of a compliment, but on the other hand, that meaning would seem to be at odds with his disparagement of photography three paragraphs earlier.

Voir enfin:

Column One: Moral relativism and jihad

Caroline B. Glick

The Jerusalem Post

11/04/2013

It is the dominance of moral relativism in liberal institutions like the New York Times that make even the most apologetic expose of the Muslim Brotherhood a major event.

Two events happened on Wednesday which should send a shiver down the spine of everyone concerned about the future of the American Jewish community. But to understand their importance it is important to consider the context in which they occurred.

On January 13, The New York Times reported on a series of virulently anti-Jewish comments Egyptian President Mohamed Morsi made in speeches given in 2010. Among other things, Morsi said, “We must never forget, brothers, to nurse our children and our grandchildren on hatred for them: for Zionists, for Jews.” He said that Egyptian children “must feed on hatred; hatred must continue. The hatred must go on for God and as a form of worshiping him.”

In another speech, he called Jews “bloodsuckers,” and “the descendants of apes and pigs.”

Two weeks after the Times ran the story, the Obama administration sent four F-16 fighter jets to Egypt as part of a military aid package announced in December 2012 entailing the provision of 20 F-16s and 200 M1-A1 Abrams tanks.

The Anti-Defamation League, AIPAC, the Jewish Council for Public Affairs and other prominent American Jewish groups did not oppose the weapons transfer.

With the American Jewish leadership silent on the issue, Israel found its national security championed by Sen. Rand Paul. He attached an amendment to a budget bill that would bar the US from transferring the advanced weapons platforms to Egypt.

Paul explained, “Egypt is currently governed by a religious zealot… who said recently that Jews were bloodsuckers and descendants of apes and pigs. This doesn’t sound like the kind of stable personality we [sh]ould be sending our most sophisticated weapons to.”

Paul’s amendment was overwhelmingly defeated, due in large part to the silence of the American Jewish leadership.

The Times noted that Morsi’s castigation of Jews as “apes and pigs” was “a slur for Jews that is familiar across the Muslim world.”

Significantly the Times failed to note that the reason it is familiar is because it comes from both the Koran and the hadith. The scripturally based denigration of Jews as apes and pigs is legion among leading clerics of both Sunni and Shi’ite Islam.

It was not a coincidence that the Times failed to mention why Morsi’s castigation of Jews as apes and pigs was so familiar to Muslim audiences.

The Islamic sources of Muslim Brotherhood Jew hatred, and indeed, hatred of Jews by Islamic leaders from both the Sunni and Shi’ite worlds, is largely overlooked by the liberal ideological camp. And the overwhelming majority of the American Jewish leadership is associated with the liberal ideological camp.

If the Times acknowledged that the Jew hatred espoused by Morsi and his colleagues in the Muslim Brotherhood, as well as by their Shi’ite colleagues in the Iranian regime and Hezbollah is based on the Koran, they would have to acknowledge that Islamic Jew hatred and other bigotry is not necessarily antithetical to mainstream Islamic teaching. And that is something that the Times, like its fellow liberal institutions, is not capable of acknowledging.

They are incapable of acknowledging this possibility because considering it would implicitly require a critical study of jihadist doctrine. And a critical study of jihadist doctrine would show that the doctrine of jihad, or Islamic holy war, subscribed to by the Muslim Brotherhood and its affiliates, as well as by the Iranian regime and Hezbollah and their affiliates, is widely supported, violent, bigoted, evil and dangerous to the free world.

And that isn’t even the biggest problem with studying the doctrine of jihad. The biggest problem is that a critical study of the doctrine of jihad would force liberal institutions like the New York Times and the institutional leadership of the American Jewish community alike to abandon the reigning dogma of the liberal ideological camp – moral relativism.

Moral relativism is based on a refusal to call evil evil and a concomitant willingness to denigrate truth if truth requires you to notice evil.

Since pointing out the reality of the danger the jihadist doctrines propagated by the likes of the Muslim Brotherhood involves the implicit demand that people make distinctions between good and evil and side with good against evil, moral relativists – that is most liberals – cannot contend with jihad.

This is why the American Jewish leadership refused to join Rand Paul and his conservative Republican colleagues in the Senate and demand an immediate cessation of US military aid to the Muslim Brotherhood-controlled Egyptian military even after the evidence of the Brotherhood’s genocidal Jew hatred was splashed across the front page of the Times.

It is the dominance of moral relativism in liberal institutions like the New York Times that make even the most apologetic expose of the Muslim Brotherhood a major event. And it is the dominance of liberal orthodoxies in the mainstream Jewish community that makes it all but impossible for Jewish leaders to speak up against the Muslim Brotherhood, despite the manifest danger its genocidal hatred of Jews poses not only for Israel, but for Jews everywhere.

It is bad enough that liberal Jewish leaders won’t speak out against the Koranic-inspired evil that characterizes the ideology of the Muslim Brotherhood. What is worse is what their own morally relative blindness causes them to do.

On Wednesday, we saw two distressing examples of the consequences of this self-imposed embrace of ideological fantasies.

First, on Wednesday, Yeshiva University’s Cardozo Law School’s Journal of Conflict Resolution gave its annual International Advocate of Peace Award to former president Jimmy Carter.

Carter’s long record of anti-Israel, and indeed anti-Semitic, actions and behavior made the decision to bestow him with the honor an affront not only to the cause of peace, but to the cause of Jewish legal rights. As an advocate of Hamas and a man who castigates Israel as an illegal “apartheid” state, Carter has a long record of outspoken opposition to both Jewish human rights and to viable peace between Israel and its neighbors.

For outsiders, the Orthodox Jewish university’s law school’s law journal’s decision to honor Carter was shocking, but as it works out, the Cardozo Journal of Conflict Resolution confers its prize almost exclusively on people active in pressuring Israel to make concessions to Palestinian terrorists who reject Israel’s right to exist. Past winners include Dennis Ross, Bill Clinton, Richard Holbrooke, George Mitchell, John Wallach and Seeds of Peace and, perhaps most astoundingly, the outspoken Jew hater Archbishop Desmond Tutu.

In other words, Carter wasn’t chosen for the honor despite his anti-Israel record. He was selected because of his anti-Israel record.

In a similar fashion, New York’s 92nd Street Y invited virulent Israel hater Roger Waters to perform a concert on April 30. Given Waters’s outspoken opposition to Israel, his call for total economic and cultural warfare against the Jewish state and his leading role in the BDS movement, it is not possible that the 92nd Street Y was unaware of his radical, anti-Semitic sentiments.

And so, the only reasonable explanation for his invitation to perform at the Jewish institution is that the Y wanted to invite this openly anti- Semitic musician to perform. A public outcry by pro-Israel activists forced the Y to cancel his performance.

The day that Carter was embraced by the Orthodox Jewish establishment, Jewish author and activist Pamela Geller was silenced. Geller is the nightmare of the liberal Jewish establishment.

She is a beautiful and articulate speaker and writer who has risen to prominence in the US for her steadfast commitment to exposing the deadly pathologies of Jew hatred, misogyny and other prejudices inherent to jihadist ideology.

Geller’s website, Atlas Shrugs, is a clearinghouse for information on Islamic persecution of women, Christians and apostates and hatred of Jews. She also showcases the documented ties between mainstream American Islamic groups and the Muslim Brotherhood.

An indefatigable defender of Israel, Geller recently ran a highly controversial, and successful ad campaign in the New York and San Francisco public transportation systems in response to an anti-Israel ad campaign. Her billboards read, “In any war between the civilized man and the savage, support the civilized man. Support Israel, Defeat Jihad.”

Geller was scheduled to speak on April 13 at the Great Neck Synagogue in Great Neck, New York. The topic of her talk was “The Imposition of Shari’a in America.”

Last month, after learning of her talk, a consortium of Islamic and leftist activists in Nassau County led by Habeed Ahmed from the Islamic Center of Long Island launched a pressure campaign to coerce the synagogue into cancelling her speech. Members of the group telephoned the synagogue and castigated Geller as a bigot, and likened her to the Nazis in the 1930s.

In short order liberal rabbis Michael White and Jerome Davidson took over the opposition to Geller and launched a media campaign attacking her as a bigot and demanding that the Great Neck Synagogue cancel her speech.

Rejecting the distinction Geller makes between jihadists and their victims – Muslim and non- Muslim alike, White and Davidson claimed that she opposes all Muslims and so her speech must be canceled. By hosting her, they intoned, the Great Neck Synagogue would be guilty of propagating hate speech. Liberal Christian and Jewish activists and their Muslim associates threatened to protest the speech.

On Wednesday the synagogue caved in to their massive pressure. Citing “security concerns” the synagogue board released a statement saying that while “these important issues must be discussed, the synagogue is unable to bear the burden” of the pressure campaign surrounding Geller’s planned speech. Her event was canceled.

Surveys of the American Jewish community taken in recent years by the American Jewish Committee demonstrate that the vast majority of American Jews are deeply supportive of Israel, and their views tend toward the Right side of the political spectrum in issues related to Israel, the Palestinians and the wider Islamic conflict with the Jewish state.

On the other hand, the AJC’s surveys show that for the vast majority of American Jews, Israel is not a voting issue. This state of affairs was reflected by a comment that Yeshiva University student Ben Winter made to the media regarding the absence of student protest against Carter on Wednesday. In Winter’s words, “While many students at YU feel strongly about their Zionism, few have the courage to publicly express their opinions.”

The danger exposed by the cancellation of Geller’s speech and the conferral of honors on the likes of Carter and Waters by mainstream Jewish institutions is daunting. If moral relativism remains the dominant dogma of the American Jewish establishment, the already weakly defended, but still strongly rooted, support for Israel among the rank and file of the American Jewish community will dissipate.


Attentats de Boston: La surveillance pour tous ! (Why should Muslims and leftists be less deserving of surveillance than right-wing extremist groups ?)

21 avril, 2013
http://tundratabloids.com/wp-content/uploads/2013/04/fbi-interviewed-dead-olderbrother-tsarnaev-could-have-deported-him-20.4.2013.pngL’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
The Tsarnaev brothers pulled off their terrorist attack with great skill but made a fatal mistake in letting their faces and bodies be seen at a heavily photographed international sporting event. This meant that multiple images of them were available for a massive law enforcement squad to comb over and, after three days, identify them by name and appearance. This rapid identification was not unprecedented – the London police had done likewise in the July 2005 suicide bombings but because none of the four perpetrators survived that attack, that was more a theoretical achievement than a practical one. To the best of my knowledge, the Tsarnaevs were the first terrorists to be tracked down via still and video pictures. (…) But how to avoid doing so? Hoodies leave the face exposed. Ski masks arouse suspicion in temperate weather, as do Halloween masks all but one night a year, and stocking masks at any time. Obviously, they should have put on Islamic full body covers that show only the eyes (niqabs) or nothing at all (burqas). These garments have multiple and unique virtues, totally hiding the wearers identity; being legitimate attire in any weather and in any place; permitting the discreet transport of weapons; giving off the helpfully false impression of being worn by women, which both reduces suspicion and misleads witnesses; usefully creating a social barrier; maximizing personal prerogatives; and being ideologically appropriate, sending an unmistakable Islamist signal. (…) One must expect future non-suicide bombers to turn to niqabs or burqas. (As many terrorists and criminals repeatedly have done so.). But why wait for them to engage in more murders? Why close the barn door only after the horse has run away? Far smarter would be to ban the niqab and burqa in public places now, before tragedy occurs. Daniel Pipes
L’attaque de Bourgas était une attaque sur le sol européen contre un Etat membre de l’Union européenne. Nous espérons que les Européens vont tirer les conclusions qui s’imposent. Les conclusions annoncées par la Bulgarie aujourd’hui sont claires: le Hezbollah était directement responsable de cette atrocité. Il n’y a qu’un seul Hezbollah, c’est une organisation unique avec un commandement unique. C’est une nouvelle confirmation de ce que nous savions déjà: que le Hezbollah et son parrain l’Iran orchestrent une campagne terroriste à travers les pays et les continents. Benjamin Netanyahou
Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l’auteur de l’attentat. (Ces personnes) possédaient des passeports de l’Australie et du Canada » et « vivaient sur le territoire libanais depuis 2006 et 2010. Tsvetan Tsvetanov (ministre bulgare de l’Intérieur)
Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence. 20 minutes
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté d’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
Aux Etats-Unis, les musulmans sont plus résistants, mais pas à l’abri du message radical. Malgré les perspectives économiques, la puissante force d’attraction des racines religieuses des individus et de l’identité peut parfois prendre le dessus sur la nature assimilatrice de la société américaine, faite de réussite professionnelle, stabilité financière et confort matériel. Mitchell Silber et Arvin Bhatt
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal

Attention: un scandale peut en cacher un autre !

Responsable de l’attentat des Jeux d’Atlanta accusé d’attaque indiscriminée de civils alors qu’en alertant la police 45 minutes auparavant il avait tout fait pour l’éviter, groupe suprémaciste texan faussement soupçonné d’avoir tué un juge et son épouse, organisation terroriste libanaise et ses commanditaires iraniens contraints de déployer leurs actions jusqu’en Bulgarie devant le refus indu de l’Europe de toute reconnaissance digne de ce nom …

Alors qu’au lendemain de la mort et de la capture des Mérah américains responsables de la dernière tuerie islamiste en date …

Une opinion et des médias obsédés par les groupes extrémistes de droite continuent comme si de rien n’était leur refus de voir l’évidence …

Pendant qu’après la Maison Blanche, Hollywood se décide enfin à reconnaitre leur dû aux Weathermen et les parlementaires français comme néo-zélandais l’avancée incommensurable du mariage pour tous

Comment ne pas voir avec le WSJ…

Sous prétexte de correction politique et face aux efforts toujours plus méritants des musulmans et de leurs soutiens d’extrême-gauche se tuant littéralement à prouver leur bonne volonté meurtrière

La scandaleuse injustice d’une surveillance policière réservée aux seuls groupes extémistes de droite ?

The Brothers Tsarnaev

Mohsin Hamid

The WSJ

April 20, 2013

The terrorist suspects next door.

Events in Boston were moving so quickly on Friday that it’s impossible to draw too many conclusions. But the emergence of Dzhokhar and Tamerlan Tsarnaev as the chief terror suspects who paralyzed a great American city deserves at least some reflection.

One consoling thought is the admirable behavior of the citizens of greater Boston and its law enforcers. The point may seem banal, but it’s no small matter that the public largely heeded the government’s orders to stay off the streets and take the day off so police could track down the younger brother, 19-year-old Dzhokhar, who was captured Friday night after a day-long manhunt.

Bostonians have endured enormous disruption this week, but the city has shown a remarkable civility and calm throughout it all. Many lives were saved because of the rapid triage work by volunteers at the bomb scene. Bloomberg News reports that one of the marathon bombing’s victims also helped the FBI identify a suspect after he awoke from surgery at the hospital. The suspect had dropped a bag at Jeff Bauman’s feet and looked him in the eye minutes before it exploded. Mr. Bauman lost both legs below the knee but got his man.

As for the brothers, we will learn more about their motives, their training and whether they acted alone or as part of a network. What we have already learned is that they are immigrants from Chechnya, of the Muslim faith, and that 26-year old Tamerlan was uncomfortable in American society despite having lived here for about a decade.

The Associated Press reported that he was quoted in a Boston University student magazine in 2010 as saying, « I don’t have a single American friend. I don’t understand them. » Mother Jones reported that a video attributed to a Tamerlan Tsarnaev extolled an extremist religious prophecy associated with al Qaeda. None of this is definitive but it might be illustrative.

If such alienation turned to jihad, it would not be the first time. The radicalization of young Muslims in the West, in particular children of the well-off, is by now a familiar story. The London bombers of 2005 were middle-class Pakistani immigrants from Birmingham. Faisal Shahzad, the failed Times Square bomber, was a naturalized citizen from Pakistan.

After the London bombings, many Americans took comfort in the belief that immigrants to the U.S. are better assimilated than they are in Europe. But that may be more conceit than fact, at least in regard to some young men. « My Son the Fanatic » is a novella by Hanif Kureishi that speaks to the difficulties of acculturation of second-generation Muslims. The recent Pulitzer Prize- winning play, « Disgraced, » covers related ground.

Mitchell Silber and Arvin Bhatt explained how this can evolve into a threat in an instructive paper for the New York Police Department in 2007,

« Radicalization in the West: The Homegrown Threat. » The intelligence analysts looked at several cases here and abroad and described the process by which otherwise « unremarkable » men leading regular lives become jihadists.

« Muslims in the U.S. are more resistant, but not immune to the radical message, » they wrote. « Despite the economic opportunities in the United States, the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts. » The Tsarnaev brothers may be an example.

Some will use this threat as an argument against immigration, but that would punish everyone for the sins of a few. The « homegrown » radical threat is really an argument for vigilance, especially within communities prone to producing terrorists.

This means surveilling foreign student groups in the U.S., certain immigrant communities that have produced jihadists, and, yes, even mosques and other Muslim venues. The key is to be familiar enough with these communities, to know and be trusted enough by their leaders, so those man and women will alert law enforcers when someone appears to have become radicalized.

This offends some civil libertarians, and the Associated Press excoriated the NYPD for the practice in a series of stories in 2011. In the wake of Boston, this looks notably misguided. New York’s police say they’ve kept at it, under appropriate legal safeguards, and we hope they will continue.

The U.S. government watches right-wing extremist groups because we know they are dangerous. The police shouldn’t refrain from doing the same to Muslim or immigrant groups merely because that is deemed less politically correct. As the week’s events in Boston show, the costs of doing otherwise are too high.

Voir aussi:

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par le FBI

20 minutes

20/04/2013

ETATS-UNIS – Le FBI l’a confirmé. Il pourrait ainsi être placé dans l’embarras…

Tamerlan Tsarnaev a été entendu en 2011 par la police américaine après l’avertissement d’un pays étranger, a confirmé vendredi le FBI, qui pourrait ainsi être placé dans l’embarras. Les autorités du pays en question, qui n’a pas été précisé, le soupçonnaient d’être «un adepte de l’islam radical» sur le point de quitter les Etats-Unis pour rejoindre un mouvement armé, a précisé le FBI vendredi soir. L’audition de Tamerlan Tsarnaev et de sa famille n’a pas permis «de découvrir une quelconque activité terroriste», pas plus que les recherches concernant leurs déplacements, leurs activités sur internet ou leur entourage, ajoute l’agence.

«Un coup monté», selon la mère des deux suspects

Interrogée par le service en langue anglaise de la chaîne de télévision Russia Today, la mère des deux suspects a pour sa part affirmé que son fils aîné était surveillé par le FBI depuis au moins trois ans et que la police fédérale américaine était parfaitement au courant de ses activités. «Il était contrôlé par le FBI depuis quelque chose comme trois à cinq ans», a dit Zoubeidat Tsarnaeva, employant en anglais le faux-ami du mot russe signifiant «surveiller». «Ils savaient ce que mon fils était en train de faire, ils savaient quels sites il consultait sur internet» a-t-elle ajouté.

D’après Russia Today, qui l’a interrogée au téléphone, Zoubeidat Tsarnaeva se trouvait à Makhachkala, la ville du Daguestan où elle réside. Comme Anzor, leur père interrogé vendredi par les médias, Zoubeidat Tsarnaeva pense que ses enfants ont été manipulés. «C’est vraiment, vraiment difficile à entendre. Et en tant que mère, tout ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment convaincue, je suis sûre à 100% qu’il s’agit d’un coup monté» a-t-elle dit. On ignore donc d’où provenait l’avertissement mentionné par le FBI mais Tamerlan Tsarnaev aurait effectué un voyage en Russie l’année dernière.

«Très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI»

Les deux suspects, originaires de Tchétchénie, sont nés au Kirghizistan et vivaient depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, où rien ne pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’extrémistes. Le cadet a la nationalité américaine Rien n’indiquait jusqu’ici que les frères Tsarnaev étaient connus des services de police.

«C’est une information nouvelle pour moi et c’est très perturbant de savoir qu’il était sur les écrans radar du FBI» a réagi Michael McCaul, député républicain du Texas et président de la commission Sécurité de la Chambre des représentants. Les services de sécurité américains avaient auparavant indiqué ne disposer d’aucune information permettant d’établir un lien entre les frères Tsarnaev et un mouvement islamiste tel qu’Al Qaïda.

Voir également:

Procureurs assassinés au Texas : un ex-juge et sa femme incriminés

France info

18 Avril 2013

Deux procureurs ont été tués dans l’Etat du Texas, en janvier puis fin mars dernier. Après avoir soupçonné un groupe de défense de la suprémacie de la race blanche, l’enquête a connu un rebondissement ces derniers jours. Un ancien juge de paix et sa femme ont été mis en accusation.

L’affaire avait suscité beaucoup d’émoi au Texas le mois dernier. Non seulement le procureur du comté de Kaufman, près de Dallas et sa femme avaient été retrouvés morts chez eux. Mais en plus, il ne s’agissait pas du premier crime. Un autre procureur travaillant dans le même bureau avait été assassiné deux mois plus tôt.

De quoi envisager aussitôt un lien entre les deux affaires. Les enquêteurs avaient même poussé le raisonnement jusqu’à relier ces deux meurtres, à un troisième, celui du directeur d’une prison dans le Colorado le 19 mars. Dans leur ligne de mire : un groupe de « suprémacistes », la Fraternité aryenne.

De la fausse piste aux arrestations

Mais la piste s’est avérée fausse. Car les recherches ont éloigné les enquêteurs de cette piste d’extrême droite, pour les conduire à un email anonyme annonçant d’autres attaques, et à un ancien juge de paix, renvoyé pour avoir été confondu dans une affaire de vol. Tout est alors allé très vite.

L’ancien magistrat a été arrêté samedi, et accusé de « menace à caractère terroriste », pour avoir rédigé cet email. Quand à sa femme, elle a « avoué son implication dans la planification et la mise à exécution des meurtres par balle », indique son mandat d’arrestation. Mise en accusation mercredi, elle a néanmoins affirmé que c’est son mari qui avait appuyé sur la gâchette.

Voir encore:

Deux procureurs assassinés au Texas, les « suprémacistes » suspectés

France info

1 Avril 2013

Un procureur a été retrouvé mort samedi dans le comté de Kaufman, près de Dallas au Texas. Deux mois après le meurtre de son adjoint et deux semaines après celui d’un directeur de prison. Coïncidences ? Les autorités locales en doutent et soupçonnent un groupe de défenseurs de la race blanche.

Le FBI, les Texas Rangers et d’autres services judiciaires participent à l’enquête sur le meurtre du procureur et sa femme © Reuters – Shannon Stapleton

Il y a deux mois, le procureur de Kaufman Mike McLelland, ancien GI’s de l’opération Tempête du désert en Irak jouait les fier-à-bras, promettant une traque sans fin à la « racaille » qui venait d’assassiner son adjoint, Franck Hasse. Il ne quittait jamais son arme, « même pour promener son chien », disait-il, se décrivant comme « un soldat ». Pourtant, il a été retrouvé mort samedi, chez lui, à quelques kilomètres de Dallas, avec son épouse, le corps criblé de balles. Selon les témoignages, le couple aurait été abattu par un ou deux hommes, visages masqués.

« Une attaque ciblée », affirme la police qui refuse de tirer des conclusions trop hâtives, mais estime tout de même que deux meurtres de procureurs à deux mois d’intervalle, dans une ville de 106.000 habitants, c’est un peu trop pour n’être qu’une coïncidence.

Sur les traces de la Fraternité aryenne

Dans le viseur des autorités, la Fraternité aryenne, prônant la défense de la suprématie blanche. Un premier lien avait été établi après le meurtre de Franck Hasse, meurtre perpétré le 19 janvier, jour où le département de la Justice avait annoncé par communiqué l’ouverture d’une enquête par le bureau du procureur de Kaufman contre ce groupe d’extrême droite pour une affaire de racket.

Mais l’affaire ne s’arrêterait pas là. Car le FBI s’est déjà intéressé aux liens entre le meurtre de Franck Hasse et celui du directeur d’une prison du Colorado le 19 mars. Le suspect principal de ce dernier assassinat, mort dans une course-poursuite avec la police deux jours plus tard, faisait précisément partie de la Fraternité aryenne et portait des tatouages de croix gammées.

>>> Si vous avez du mal à suivre, le New York Times a tenté de remonter le temps pour illustrer les possibles connections entre ces différentes affaires.

La branche texane de la Fraternité aryenne est présentée comme un gang responsable de meurtres, d’incendies criminels, d’agressions et autres crimes. Il est décrit comme « enclin à la violence et aux menaces violentes pour maintenir une discipline interne ainsi qu’à des représailles contre les personnes soupçonnées de collaborer avec les forces de l’ordre ». La Fraternité aryenne (« Aryan brotherhood ») fait partie de la mouvance suprémaciste, qui comme son nom l’indique, revendique la suprématie de la race blanche. Des groupuscules surveillés de près par la SLPC aux États-Unis.

Voir encore:

Hezbollah : les révélations des enquêteurs bulgares

Alexandre Lévy

Le Figaro

07/02/2013

Le Figaro a recueilli des confidences sur le rapport top secret de la Commission nationale de sécurité bulgare qui a conclu à la responsabilité du Hezbollah dans l’attentat de Burgas contre un bus israélien en 2012.

Jacque Filipe Martin, Ralph William Rico et Brian Jameson. Deux jeunes Canadiens et un Australien sur les bords de la mer Noire à l’été 2012. Des touristes en goguette? Non, pour les autorités bulgares, ces trois hommes sont les responsables de l’attentat anti-israélien du 18 juillet 2012 qui a fait six morts et une trentaine de blessés à l’aéroport de Burgas, à l’est du pays.

Le premier y a laissé sa peau, déchiqueté par la charge explosive de plus de 3 kg qu’il transportait dans son sac à dos; ses deux complices sont repartis, via un autre pays européen, vers le Liban dont ils sont tous originaires. Des binationaux, le «cauchemar» des services de sécurité.

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth»

«Toutes les pistes mènent à Beyrouth», résume un responsable policier au lendemain de la session extraordinaire du Conseil de sécurité, le 5 février, à l’issue duquel Sofia a officiellement mis en cause le Hezbollah dans cet acte sans précédent sur le sol bulgare. «Il y a des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes», a affirmé le ministre de l’Intérieur Tsvetan Tsvetanov, après six heures de débats à huis clos pendant lesquels les membres du Conseil ont pris connaissance du rapport préliminaire établi par les services de sécurité bulgares et leurs partenaires occidentaux sur cette affaire – un texte classé «secret-défense».

Grâce aux confidences de certains des membres du Conseil, on peut néanmoins établir les éléments qui ont permis cette mise en cause tant attendue par Washington et Tel-Aviv qui se sont empressés de remettre la pression sur l’Union européenne pour qu’elle reconnaisse le Hezbollah comme «organisation terroriste».

Les terroristes voulaient faire un maximum de victimes

Les transferts d’argent en provenance du Liban tout d’abord. Ils avaient pour destinataire le porteur du passeport australien du trio, que les enquêteurs considèrent comme l’artificier du groupe. Les faux permis de conduire américains retrouvés en Bulgarie étaient tous fabriqués dans le même atelier libanais – un lieu «connu» des services de renseignement occidentaux.

Les enquêteurs bulgares disposeraient également d’une photo sur laquelle figureraient des proches parents de l’un des présumés terroristes aux côtés de membres du Hezbollah. Enfin, les policiers ont également établi avec exactitude le timing des déplacements du trio. Ils sont arrivés par avion en Bulgarie munis de leurs véritables passeports, après avoir transité par trois autres pays européens. Mais leur point de départ était Beyrouth, où, selon, le patron de l’antigang de Sofia, Stanimir Florov, les deux survivants se trouvent aujourd’hui.

Autre conclusion importante: l’explosion sur le parking de l’aéroport de Burgas, présentée comme un attentat suicide au début, est aujourd’hui considérée comme «accidentelle». «Les terroristes voulaient faire exploser la bombe à distance dans le bus en mouvement, faisant ainsi le maximum de victimes tout en effaçant leurs traces. Mais soit le porteur de la bombe a fait une mauvaise manipulation, soit il s’est fait avoir par ses coéquipiers», affirme une source policière.

Ayant reconstitué le parcours des trois hommes en Bulgarie, les enquêteurs sont également persuadés qu’ils n’avaient pas un comportement de fanatiques islamiques mais plutôt de «James Bond en herbe». Et ils n’ont boudé les plaisirs de la vie. «Ils ont fréquenté des hôtels de charme et des restaurants fins, souvent joliment accompagnés», disent-ils.

Ottawa a confirmé que l’un de ses ressortissants est bien impliqué dans cet attentat, précisant qu’il a quitté le sol canadien à l’âge de 12 ans. Les autorités australiennes sont également à la recherche de «Brian», alors que le gouvernement libanais s’est engagé à «coopérer» avec les enquêteurs bulgares. La véritable identité du troisième terroriste, mort dans l’attentat, reste en revanche un mystère. «Force est de constater que les organisateurs de cet attentat ont trouvé un homme que personne ne pleure, ni ne regrette», conclut un policier occidental spécialisé dans la lutte antiterroriste.

Voir enfin:

The Homegrown Terrorist Threat to the US Homeland (ARI)

Lorenzo Vidino

ARI 171/2009

18/12/2009

Theme: Radicalisation into violence affects some small segments of the American Muslim population and recent events show that a threat from homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US.

Summary: The wave of arrests and thwarted plots recently seen in the US has severely undermined the long-held assumption that American Muslims, unlike their European counterparts, are virtually immune to radicalisation. In reality, as argued in this ARI, evidence also existed before the autumn of 2009, highlighting how radicalisation affected some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. After putting forth this argument, this paper analyses the five concurring reasons traditionally used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US: better economic conditions, lack of urban ghettoes, lower presence of recruiting networks, different demographics and a more inclusive sense of citizenship. While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee, as other factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation. Finally, the paper looks at the post-9/11 evolution of the homegrown terrorist threat to the US homeland and examines possible future scenarios.[1]

Analysis: The American authorities and public have been shocked by the tragic events of 5 November 2009, when Army Major Nidal Malik Hasan allegedly opened fire against fellow soldiers inside the Fort Hood military base, killing 13 people and wounding 30 others. The shooting triggered a heated debate over Major Hasan’s motives. Earlier analyses focused on personal and psychological factors, such as his alleged distress towards his forthcoming deployment to Iraq and the abuses he had reportedly suffered from other soldiers. As the days went by, more and more evidence surfaced pointing to Major Hasan’s radical Islamist sympathies. Colleagues and acquaintances described many instances in which the Virginia-born Army psychiatrist had expressed extremely negative feelings towards the US and praised acts of violence against it. Reports also indicated that the FBI had investigated Major Hasan’s e-mail conversations with Anwar al Awlaqi, a US-born Yemeni-based cleric known for his fiery rhetoric and links to two of the 9/11 hijackers.

Authorities have so far been reluctant to officially label the Fort Hood shooting an act of terrorism and, at the time of writing, various investigations are exploring all angles of this tragic event. While it might be premature, if ever possible, to identify the full spectrum of motives behind Major Hasan’s actions, it is fair to say that radical Islamist ideology had an influence on his worldview. In any case, the Fort Hood shooting comes at the tail end of two months that have challenged many of the assumptions on terrorism and radicalisation in the US that have shaped the debate for more than a decade. Since September 2009, in fact, a staggering series of arrests has taken place on US soil:

On 20 September, FBI agents arrested two Afghan immigrants in Colorado and one in New York.[2] According to the authorities, one of the men, Najibullah Zazi, had trained in an al-Qaeda training camp in Pakistan and, once back in the US, had purchased large quantities of chemical substances in various beauty supply stores. Zazi allegedly intended to mix the substances and detonate them against targets throughout the New York metropolitan area. The authorities described Zazi’s plot as the most serious threat against the US homeland uncovered since 9/11.[3]

On 24 September, a 19-year-old Jordanian immigrant was arrested for having parked what he believed to be a car bomb in the car park of a 60-story skyscraper in downtown Dallas, Texas.4 Before driving the car to the site, Hosam Hamer Husein Smadi had made a video which he believed would have been sent to Osama bin Laden.[5]

On the same day but in an unrelated plot, Michael C. Finton, a 29-year-old American-born convert to Islam, parked a car that he also believed laden with explosives outside a federal courthouse in Springfield, Illinois.[6] In both the Finton and the Smadi cases, federal agents had approached the two men after unearthing information about their desire to commit acts of violence, led them to believe they were affiliated to al-Qaeda and supplied them with explosives that the men wrongly believed to be active.

On 21 October, the authorities indicted two Boston-area natives, Tarek Mehanna and Ahmad Abousamra, with various conspiracy charges.[7] According to the indictment, the men, who had been extremely active in online jihadist forums, had been trying to join various al-Qaeda affiliates since 2001 and had also planned attacks inside the US (reportedly targeting a local shopping mall and various US government officials).

On 27 October, the authorities arrested two long-time Chicago residents of Pakistani descent and charged them with conspiracy to provide material support and/or to commit terrorist acts against overseas targets.[8] According to the charges the two men had been in close contact with senior leaders of Pakistani jihadist groups Lashkar e Taiba and Harakat ul Jihad Islami and one of them, Daood Gilani, had travelled to Denmark to conduct surveillance of the facilities of the Danish newspaper Jyllands Posten for a possible attack against it. On 7 December the authorities charged Gilani also with conducting surveillance of various targets in Mumbai in the two years preceding the deadly November 2008 attack on the Indian city. According to the indictment, upon accepting the task Gilani changed his name to David Headley and travelled at least five times to Mumbai, confident that his new name and American passport would not attract the attention of the Indian authorities. After each trip he travelled to Pakistan, where he shared the pictures, videotapes and notes he had taken with senior Lashkar e Taiba operatives.[9]

On 28 October, the federal authorities in Detroit proceeded to arrest 11 members of Ummah, a group of mostly African-American converts to Islam, on charges that ranged from mail fraud to illegal possession and sale of firearms. Most suspects were arrested without opposing resistance, but Luqman Ameen Abdullah (alias Christopher Thomas), the group’s leader, fired at agents and was subsequently killed. While the case cannot be considered a full-fledged terrorism investigation, it nevertheless involves a US-based radical Islamist network. Ummah, in fact, is a group that, according to authorities, ‘seeks to establish a separate Sharia-law governed state within the United States’ and whose members have been involved in violent acts in the past.[10]

Finally, in early December, the Pakistani authorities arrested five American Muslims in the city of Sargodha. The five, all US citizens in their late teens and early 20s who had gone missing from their northern Virginia homes a few days earlier, had reportedly been in touch via the Internet with senior militants of various al-Qaeda-affiliated organisations and allegedly intended to train with local outfits to fight against US forces.[11]

All these plots are very diverse in their origin, degree of sophistication and characteristics of the individuals involved. Yet they all contribute to paint the picture of the complex and rapidly changing reality of terrorism of Islamist inspiration in the US. Moreover, they smash or, at least, severely undermine an assumption that has been widely held by policymakers and analysts over the last 15 years. The common wisdom, in fact, has traditionally been that American Muslims, unlike their European counterparts, were virtually immune to radicalisation. Europeans, argued this narrative, have been unable to integrate their immigrant Muslim population and radicalisation is the inevitable by-product of the discrimination and socio-economic disparity suffered by European Muslims. America, on the other hand, is more open to its immigrants and has been able to integrate its Muslims, making them impervious to radicalisation.

The wave of arrests of the last months of 2009 has contributed to shedding light on a reality that is significantly more nuanced, showing that radicalisation affects some small segments of the American Muslim population exactly like it affects some fringe pockets of the Muslim population of each European country. Evidence supporting this view has been available for a long time, as the cases of American Muslims joining radical Islamist groups date back to the 1970s.[12] According to data collected by the NYU Center on Law and Security, for example, more than 500 individuals have been convicted by the American authorities for terrorism-related charges since 9/11.[13] Most of them are US citizens or long-time US residents who underwent radicalisation inside the US. While making a numerically accurate comparison is not easy, it is fair to say that the number of American Muslims involved in violent activities is either equal or only slightly lower than that of any European country with a comparable Muslim population.

Yet, despite this evidence, for a long time the American authorities and commentators seemed unable to acknowledge the existence of radicalisation among small segments of the American Muslim population. In the FBI’s parlance, for example, until 2005, the term ‘homegrown terrorism’ was still reserved for domestic organisations such as anti-government militias, white supremacists and eco-terrorist groups such as the Earth Liberation Front. Such groups were termed ‘homegrown’ to distinguish them from jihadist terrorist networks, even though some of the latter possessed some of the very same characteristics (membership born and raised in the US and a focus on US targets). Since the cause of the jihadists was perceived to be foreign, the US government did not label them as ‘homegrown’, despite the typically homegrown characteristics of many of them.

The July 2005 attacks in London led the US authorities to look at the homegrown issue with renewed attention. As an increasing number of cells that clearly possessed homegrown characteristics were uncovered throughout the country, the authorities began to re-assess the definition of homegrown. By 2006 top FBI and DHS officials began to openly speak of homegrown terrorism of jihadist inspiration inside the US, even describing it as a threat ‘as dangerous as groups like al-Qaeda, if not more so’.[14] As a consequence of this reassessment, the US authorities began to ask themselves if the emergence of relatively large numbers of radicalised second-generation Muslims that had been observed in Europe could also take place in the US. This fear led to an increased attention on the dynamics and causes of radicalisation among Muslims in both Europe and North America.

Comparing Radicalisation in Europe and America

Five concurring reasons have traditionally been used to explain the divergence between the levels of radicalisation in Europe and the US. The first one is related to the significantly better economic conditions of American Muslims. While European Muslims generally languish at the bottom of most rankings that measure economic integration, American Muslims fare significantly better, and the average American Muslim household’s income is equal to, if not higher, than the average American’s.[15] As the many cases of militants who came from privileged backgrounds have proved, economic integration is not always an antidote to radicalisation, but it is undeniable that radical ideas find a fertile environment among unemployed and disenfranchised youth. A direct consequence of economic integration is the lack of Muslim ghettoes in the US. Areas of large European cities with a high concentration of poor Muslim immigrants have been ideological sanctuaries where radicals could freely spread their message and where radical Islam has become a sort of counterculture. The American Muslim community’s economic conditions have prevented the formation of such enclaves in the US.

Geographic dispersion, immigration patterns and tougher immigration policies have also prevented the formation of extensive recruiting and propaganda networks as those that have sprung up in Europe. While places such as Brooklyn’s al-Farooq mosque or Tucson’s Islamic Center saw extensive jihadist activities in the 1990s, they pale in comparison to recruiting headquarters such as London’s Finsbury Park, Hamburg’s al-Quds mosque or Milan’s Islamic Cultural Institute. Moreover, the fact that large segments of the American Muslim population belong to ethnicities that have traditionally espoused moderate interpretations of Islam has been cited as another reason for America’s lower levels of radicalism. In fact, Muslims from the Iranian and Indian American communities, which account for vast segments of America’s Muslim population, have traditionally embraced moderate forms of Islam and have been, to varying degrees, almost impervious to radicalisation.

Finally, commentators have often pointed out that America is a country built on immigration, traditionally accepting immigrants of all races and religions as citizens. European countries, on the other hand, have been unable to develop a sense of citizenship not linked to century-long identifying factors such as ethnicity and religious affiliation. In a nutshell, it is easy to become American, while it is very difficult for immigrants, particularly if they are not white and Christian, to be accepted as full-fledged Germans, Frenchmen or Spaniards. This sense of exclusion is traditionally cited as one of the factors driving some European Muslims to radicalisation, while the more inclusive nature of American society would prevent American Muslims from undergoing the same process.

While all these characteristics still hold true, they no longer represent a guarantee. Factors such as perception of discrimination and frustration at US foreign policies could lead to radicalisation, irrespective of favourable economic conditions. Experts and community leaders have repeatedly warned about the growing alienation of American Muslims, particularly among those of the second generation. These frustrations could produce what Steven Simon refers to as ‘a rejectionist generation’, which could embrace radical interpretations of Islam.[16] The same conclusion has been reached by a widely publicised report released by the New York Police Department Intelligence Division in 2007. ‘Despite the economic opportunities in the United States’, reads the report, ‘the powerful gravitational pull of individuals’ religious roots and identity sometimes supersedes the assimilating nature of American society which includes pursuit of a professional career, financial stability and material comforts’.[17]

Future Scenarios

The terrorist threat to the US homeland has evolved significantly over the last eight years. Until mid-2003 virtually all of the terrorist conspiracies intended to strike against American soil had been planned, albeit with varying degrees of involvement, by Khalid Sheikh Mohammed (KSM) and al-Qaeda’s central leadership. The arrest of KSM and many of his top lieutenants, al-Qaeda’s loss of the Afghan sanctuary and the significant improvement in homeland security measures triggered a shift that began to materialise in late 2003. With the exception of the 2006 Transatlantic Plot, a plot hatched by UK-based militants apparently directed by al-Qaeda members in Pakistan to detonate liquid explosives on board several US-bound flights, every single attack against the American homeland thwarted by US authorities since then appears to have been conceived by individuals acting independently from al-Qaeda’s leadership.[19]

The individuals involved in these plots have been an odd mix of low-ranking al-Qaeda affiliates and jihad enthusiasts who had never had any contact with al-Qaeda or other established organisations. And most of them have been characterised by the absolute operational independence of the planners. The result of this shift from leader-led to homegrown has been a remarkable decrease in the sophistication of the operations planned, as most of the plotters were amateurish if not embarrassingly clumsy, lacking the basic tradecraft and capabilities to operate undetected or mount any sort of sophisticated attack.

While this was true until a few months ago, there are indications that things are changing. Recent investigations have shown that a small yet increasing number of American Muslims have been travelling to Pakistan to acquire operational skills and establish contacts with various jihadist outfits. One well known case is that of Bryant Neal Vinas, a 26 year-old Long Island native who was captured in Pakistan and brought back to the US in November 2008.[20] Vinas, who had allegedly participated in a rocket attack against a US military base in Afghanistan, decided to cooperate with American interrogators and has since provided ‘an intelligence gold mine’.[21] Thanks to Vinas’ information the authorities have been able to identify and arrest several American and European militants who had also trained with al-Qaeda and affiliated groups in the Afghanistan/Pakistan region.

While this ‘Pakistan connection’ is not new to the European authorities, it is a disturbing new development for their American counterparts. To be sure, Americans had trained with various Afghanistan/Pakistan-based jihadist outfits before and after 9/11. In 2003, for example, the US authorities dismantled the so-called ‘paintball jihad’ network in northern Virginia.[22] The network was formed by a dozen young men from the Washington suburbs who had travelled to Pakistan immediately after 9/11, where they trained with Lashkar-e-Taiba. But what seemed to be isolated cases are increasingly becoming the norm. Moreover, in the case of Vinas and at least two of the cases from the fall of 2009 (the Najibullah Zazi/New York plot and the Chicago/Denmark plot) authorities have noticed with apprehension that American militants returning from Pakistan were significantly better trained and organised than the homegrown jihadists who had been operating in the US over the last few years. The ‘Pakistan connection’, that operational link to organised outfits in the Afghanistan/Pakistan area that makes amateurish homegrown networks graduate into more professional terrorist clusters, has been crucial in the development of jihadist networks in Europe over the last five years and it now appears to have become a significant factor also in the US.

Given these dynamics, one of the scenarios that the US authorities take into particular consideration is the case of a homegrown cluster that, thanks to the directions and skills obtained from al-Qaeda or various al-Qaeda-affiliated networks in Afghanistan/Pakistan, manages to reach sufficient operational sophistication to carry out a significant attack against the American homeland.[23] And if traditionally authorities estimated that al-Qaeda’s leadership intended to strike inside the US only with a mass-casualty attack that would at least rival the actions of 9/11, lately this assessment has been revised.[24] Recent cases have shown that not only independent clusters but also American networks operating in cooperation with Afghanistan/Pakistan-based groups are focusing on less grandiose plans, considering that even a less ambitious attack –on the scale of the 2004 Madrid or 2005 London bombings– would be a success.

If Afghanistan/Pakistan is a major source of concerns, the authorities have also been monitoring the possible impact of the Somali conflict on American domestic security. Over the last few years, in fact, a few dozen young American Muslims have travelled to Somalia to fight and train alongside al-Shabaab, the local Islamist militia battling the Somali government and African Union troops. Most of them have been ethnic Somalis, sons of the large Somali diaspora community present in Minneapolis, Seattle and other American cities. One of them, 27-year-old Minneapolis college student Shirwa Ahmed, reportedly blew himself up in a suicide bombing in northern Somalia in October 2008.[25] Another four Minneapolis residents have been reported killed in the African country since then. A few non-ethnic Somali Americans have also reportedly joined al-Shabaab. While the New Jersey native of Egyptian descent Amir Mohamed Meshal and Massachusetts-born convert Daniel Maldonado have been arrested after leaving Somalia, Alabama native Omar Hammami is still very much active inside the country, starring in several English language al-Shabaab propaganda videos under the nom de guerre Abu Mansour al Amriki.

While there are no indications that al-Shabaab is planning an attack within the US, its increased focus on global issues and public support for al-Qaeda make the hypothesis not that far-fetched. Moreover, while many of the foreign fighters joining al-Shabaab, whether from the US, Europe or other regions, are Somalis driven by some sort of nationalist sentiment, others are aspiring jihadists whose interest in the African country is mostly tactical and temporary. It is safe to assume that many of them, given the opportunity, would use the skills acquired in Somalia against other targets. Questioned by American interrogators after his arrest, in fact, Daniel Maldonado described his experience in the African country with these words: ‘I would be fighting the Somali militia, and that turned into fighting the Ethiopians, and if Americans came, I would fight them too’.[26] The fact that Maldonado was in close contact with the individuals arrested in Boston in October 2009 provides additional evidence as to why the ‘Somalia connection’ is considered a serious threat.

Conclusion: Since 9/11 the American counterterrorism posture has been extraordinarily aggressive, both domestically and globally. Extensive overseas military and intelligence gathering actions, the introduction of enhanced investigative powers, a significantly improved inter-agency coordination and, in general, a constant high level of vigilance have allowed the authorities to keep the country safe from terrorist attacks. While some civil libertarians might have a point in questioning some of the tools used to do so, the achievement is nevertheless remarkable. At the same time, though, the US seems to be lacking a long-term strategy to confront the threat of radicalisation on the domestic front. The authorities have in fact been unable to conceive a policy that would pre-emptively tackle the issue of radicalisation, preventing young American Muslims from embracing extremist ideas in the first place.

Various intelligence and law enforcement agencies have reached out to the academic community to better understand the social, political and psychological causes of radicalisation. But the limited understanding of the issue, coupled with the overlap of jurisdiction between often competing federal, state and local authorities, has prevented the implementation of a systematic, nationwide programme to combat radicalisation. Solutions are, to be sure, hard to find. Europeans, who experienced the problem of radicalisation of segments of their own Muslim communities well before the US, are still struggling with the same issue and are only now attempting to put in place coherent anti-radicalisation programmes, the success of which must still be verified. Equally challenging have been the efforts, on both sides of the Atlantic, to find reliable and representative organisations within various Muslim communities to be employed as partners in anti-radicalisation activities. Clearly, more attention and analysis should be devoted to the issue. But the awareness that homegrown terrorism of jihadist inspiration does exist in the US is a necessary starting point. The events of the fall of 2009 provided, if needed, additional evidence to suggest so.

Lorenzo Vidino

Fellow at the Initiative on Religion in International Affairs, Belfer Center for Science and International Affairs, Kennedy School of Government, Harvard University and a Peace Scholar at the US Institute of Peace

[1] It goes without saying that various forms of homegrown terrorism have long threatened the US, some of them well before those of jihadist inspiration. Right-wing militias, radical environmentalist groups and, to a lesser degree, some fringe left-wing and anarchist groups are very much active inside the country and have occasionally carried out violent acts over the last few years. Yet it is undeniable that, in terms of magnitude, frequency and sophistication, homegrown terrorism of jihadist inspiration currently represents the most immediate threat against the US and is therefore the subject of this analysis.

[2]http://www.fbi.gov/pressrel/pressrel09/zazi_092009.htm.

[3] Kevin Johnson, ‘Alleged terror threat seen as “most serious” since 9/11 attacks’, USA Today, 25/IX/2009.

[4]http://dallas.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/dl092409.htm.

[5] Jon Nielsen, ‘FBI says Dallas terror plot suspect made video to send to Osama bin Laden’, Dallas Morning News, 5/X/ 2009.

[6] http://www.usdoj.gov/usao/ilc/press/2009/09September/24Finton.html.

[7] http://boston.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/bs102109a.htm.

[8] http://www.justice.gov/usao/iln/pr/chicago/2009/pr1027_01.pdf.

[9] http://www.justice.gov/opa/pr/2009/December/09-nsd-1304.html.

[10] http://detroit.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/de102809.htm.

[11] Waqar Gilani & Jane Perlez, ‘5 US Men Arrested Said to Plan Jihad Training’, New York Times, 11/XII/2009.

[12] For an overview, see Lorenzo Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States: A New and Occasional Phenomenon?’, Studies in Conflict and Terrorism, vol. 32, 1/I/2009, p. 1-17.

[13] http://www.lawandsecurity.org/publications/TTRCHighlightsSept25th.pdf.

[14] Remarks of FBI Director Robert Muller, City Club of Cleveland, 23/VI/2006.

[15] Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream, Pew Research Center, 22/V/2007, p. 24-5.

[16] Steven Simon, Statement before the Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs, 12/IX/2006.

[17] Report by Mitchell D. Silber and Arvin Bhatt, New York Police Department Intelligence Division, Radicalization in the West: The Homegrown Threat, August 2007, p. 8.

[18] Bruce Hoffman, ‘The Use of the Internet by Islamic Extremists’, Testimony before the House Permanent Select Committee on Intelligence, 4/V/2006.

[19] Vidino, ‘Homegrown Jihadist Terrorism in the United States’.

[20] US v. Bryant Neal Vinas, Superseding Indictment, US District Court, Eastern District of New York, 08-823 (NGG) (S-1), 28/I/2009.

[21] ‘Man Was “Gold Mine” of Terror Intel’, Associated Press, 31/VII/2009.

[22] Terrorism in the United States, 2002-2005, unclassified report by the Federal Bureau of Investigation,http://www.fbi.gov/publications/terror/terrorism2002_2005.htm.

[23] Interview with various FBI officials, September/October 2009, Boston and Washington DC.

[24] David Johnston & Eric Schmitt, ‘Smaller-Scale Terrorism Plots Pose New and Worrisome Threats, Officials Say’, New York Times, 31/X/2009.

[25] http://minneapolis.fbi.gov/dojpressrel/pressrel09/mp112309.htm.

[26] Affidavit of FBI Special Agent Jeremiah A. George in US v. Daniel Joseph Maldonado, US District Court, Southern District of Texas, H-07-125M, 13/II/2007.


Attentats de Boston: Des Maghrébins infiltrés du Canada ? (French judge surprised that a US far right anti-government movement would suddenly target civilians)

19 avril, 2013
Suspects wanted for questioning in relation to the Boston Marathon bombing April 15 are revealed during an FBI news conference in BostonEspérons que le terroriste du marathon de Boston est un Américain blanc. Salon
White privilege is knowing that even if the Boston Marathon bomber turns out to be white, his or her identity will not result in white folks generally being singled out for suspicion by law enforcement, or the TSA, or the FBI. White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for whites to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening, or threatened with deportation. White privilege is knowing that if the bomber turns out to be white, he or she will be viewed as an exception to an otherwise non-white rule, an aberration, an anomaly, and that he or she will be able to join the ranks of Tim McVeigh and Terry Nichols and Ted Kaczynski and Eric Rudolph and Joe Stack and George Metesky and Byron De La Beckwith and Bobby Frank Cherry and Thomas Blanton and Herman Frank Cash and Robert Chambliss and James von Brunn and Robert Mathews and David Lane and Michael F. Griffin and Paul Hill and John Salvi and James Kopp and Luke Helder and James David Adkisson and Scott Roeder and Shelley Shannon and Dennis Mahon and Wade Michael Page and Byron Williams and Kevin Harpham and William Krar and Judith Bruey and Edward Feltus and Raymond Kirk Dillard and Adam Lynn Cunningham and Bonnell Hughes and Randall Garrett Cole and James Ray McElroy and Michael Gorbey and Daniel Cowart and Paul Schlesselman and Frederick Thomas and Paul Ross Evans and Matt Goldsby and Jimmy Simmons and Kathy Simmons and Kaye Wiggins and Patricia Hughes and Jeremy Dunahoe and David McMenemy and Bobby Joe Rogers and Francis Grady and Demetrius Van Crocker and Floyd Raymond Looker and Derek Mathew Shrout, among the pantheon of white people who engage in (or have plotted) politically motivated violence meant to terrorize and kill, but whose actions result in the assumption of absolutely nothing about white people generally, or white Christians in particular. And white privilege is being able to know nothing about the crimes committed by most of the terrorists listed above — indeed, never to have so much as heard most of their names — let alone to make assumptions about the role that their racial or ethnic identity may have played in their crimes. White privilege is knowing that if the Boston bomber turns out to be white, we will not be asked to denounce him or her, so as to prove our own loyalties to the common national good. It is knowing that the next time a cop sees one of us standing on the sidewalk cheering on runners in a marathon, that cop will say exactly nothing to us as a result. White privilege is knowing that if you are a white student from Nebraska — as opposed to, say, a student from Saudi Arabia — that no one, and I mean no one would think it important to detain and question you in the wake of a bombing such as the one at the Boston Marathon. And white privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Belfast. And if he’s an Italian American Catholic we won’t bomb the Vatican. In short, white privilege is the thing that allows you (if you’re white) — and me — to view tragic events like this as merely horrific, and from the perspective of pure and innocent victims, rather than having to wonder, and to look over one’s shoulder, and to ask even if only in hushed tones, whether those we pass on the street might think that somehow we were involved. Tim Wise
Despite widespread speculation that “white supremacists” were behind the killings of two prosecutors in Texas (and the wife of one of the prosecutors), it turned out that a disgruntled Texas Justice of the Peace was behind the murders. As in the Newtown and Boston Marathon cases, initial media speculation and reporting was almost entirely wrong. National media attention on the case mostly dropped once the “white supremacist” angle was gone. LI
A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies. Le plan sur lequel je me suis finalement rabattu était d’utiliser cinq explosifs chronométrés low-tech à placer un à la fois et en des jours successifs tout au long du calendrier olympique, chacun précédé d’un avertissement de quarante à cinquante minutes sur le 911. Les lieu et heure de la détonation devaient être donnés, et l’intention était de ce fait de faire évacuer chacune des zones visées, laissant seuls exposés au risque potentiel de blessure les forces de l’ordre en uniforme et armées. « Les attaques devaient commencer dès le début des Jeux olympiques, mais en raison d’un manque de planification, cela a été reporté pd’une semaine. J’avais espéré sincèrement atteindre ces objectifs sans nuire à des civils innocents. Eric Randolph
C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc. Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un « Américain blanc, sans accent particulier », avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion. Radio France
Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait « étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle ». (…) Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.» (…) «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable». Le Figaro

Alors que le FBI publie des photos de deux suspects ayant apparemment déposé les sacs à dos contenant les bombes des attentats du marathon de Boston d’il y a quatre jours …

Et que, certains s’en réjouissant déjà explicitement à l’avance, l’hypothèse, y compris sur les réseaux sociaux, du terrorisme interne d’extrême-droite est jusque là la plus souvent évoquée …

Qui à part le juge antiterroriste Bruguière jugeant sérieuse la piste islamiste éventuellement infiltrée du Canada ….

S’étonne qu’une mouvance jusque là caractérisée par sa focalisation sur l’Etat fédéral et ses représentants s’attaque soudain à des civils d’une manière aveugle?

Et qui prend la peine de rappeler par exemple que contrairement à l’attaque délibérément anti-civils de Boston   ….

Le militant anti-avortement Eric Rudolph et auteur de l’attentat des Jeux d’Atlanta de 1996 avait, en appelant à l’avance la police qui n’avait hélas pas répercuté à temps l’avertissement, tout fait pour éviter les victimes civiles ?

Boston : Bruguière juge la piste islamiste sérieuse

Jean-Marc Leclerc

Le Figaro

18/04/2013

Alors que le FBI aurait identifié sur des photos deux suspects, possibles ressortissants du Maghreb ou du Moyen-Orient, l’ancien vice-président du tribunal de Paris chargé de la coordination antiterroriste en France, Jean-Louis Bruguière, explique pourquoi il faut prendre au sérieux la piste islamiste dans les attentats de Boston. Resté très proche des autorités américaines, l’ex-juge l’assurait au Figaro dès le 16 avril, au lendemain des attaques sur le sol américain: «Ce n’est pas parce qu’al-Qaida au Pakistan prétend ne pas être l’auteur d’une agression que celle-ci n’a rien à voir avec le djihad». Lui a évoqué d’emblée l’hypothèse d’un acte d’al-Qaida en Afrique, type Aqmi (al-Qaida pour le Maghreb islamique ). Un acte peut-être en lien avec les soubresauts au Mali et plus généralement dans la région subsaharienne, «où le djihad s’internationalise», rappelle-t-il.

Depuis la double explosion de lundi aux États-Unis, la piste du terrorisme interne était surtout évoquée, notamment celle de l’extrême droite. Mais le juge Bruguière trouvait «étrange que cette mouvance américaine, focalisée dans un combat contre les institutions fédérales ou leurs représentants, s’en prennent subitement à des civils et même à des enfants, dans un attentat aveugle».

Nitrate de fioul ou poudre noir

L’explosion filmée et largement diffusée par les médias a fait dire à cet observateur avisé, qui a visionné des dizaines de films d’attentats et assisté à de nombreuses reconstitutions techniques, que «l’explosif employé à Boston n’était pas un explosif brisant, de type semtex ou penthrite».

Selon lui, «les images font plutôt penser à une explosion de nitrate de fioul ou de poudre noire, très usités par les islamistes radicaux». Le morceau, retrouvé sur place, de la cocotte-minute contenant l’explosif accrédite, il est vrai, une telle hypothèse. Par ailleurs, «le mélange avec des billes d’acier et de clous, pour faire un maximum de victimes, ainsi que les explosions coordonnées, sont typiques de la signature des commandos type Aqmi ou Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)». Il cite comme exemple les attentats de Madrid en 2004.

À quelle logique répondrait une telle agression? «Le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), issu d’une scission d’Aqmi en 2011, a annoncé récemment qu’il comptait internationaliser son combat et il s’appuie sur les islamistes libyens, spécule le juge Bruguière. Par ailleurs, dans la région, le groupuscule islamiste du Nigeria Boko Haram, responsable notamment de l’enlèvement d’une famille française au Cameroun, a revendiqué son allégeance à al-Qaida.»

Le précédent Hamed Ressam

Si la piste islamiste devait se vérifier, l’ancien magistrat invite à s’intéresser à ce qui se passe dans la communauté islamiste au Canada. «L’opération contre la base pétrolière de BP en Algérie, en janvier dernier, agrégeait deux islamistes venus du Canada.» Et l’ancien juge d’ajouter: «L’opération terroriste de Mogadiscio, le 14 avril dernier, qui fit 34 morts, avait été pilotée également par un Canadien et en incluait un autre dans le commando.»

Jean-Louis Bruguière rappelle que «c’est aussi par le Canada que Hamed Ressam avait tenté de passer pour réaliser un attentat contre l’aéroport de Los Angeles en 1999, en prélude aux actions du 11 septembre 2001». Selon lui, le nord des États-Unis, avec sa frontière terrestre, est «perméable».

Et l’ex-juge de conclure: «Si c’est bien cette piste africaine qui émerge, ce serait un bouleversement géopolitique majeur, car ces actions placeraient l’Afrique au centre des préoccupations de la population américaine. Et les États-Unis restent rarement sans réagir…» Les enquêteurs du FBI disent ne vouloir pour l’heure privilégier aucune thèse.

Voir aussi:

Attentat de Boston: Le FBI lance un appel à témoin pour identifier deux suspects

Philippe Berry

20 minutes

19/04/2013

ETATS-UNIS – Des photos et une vidéo ont été publiées. Selon les autorités, le suspect numéro 2 est vu en train de déposer un sac à dos près de la ligne d’arrivée…

De notre correspondant aux Etats-Unis

Ce sont les deux hommes les plus recherchés des Etats-Unis. Jeudi, trois jours après le double attentat de Boston, le FBI a dévoilé des photos et une vidéo de deux «suspects». Les autorités demandent l’aide du public pour identifier les deux hommes, décrits comme «extrêmement dangereux».

La vidéo, filmée par plusieurs caméras de surveillance

Deux hommes relativement jeunes

La mauvaise qualité des images ne permet pas de déterminer avec exactitude leur âge ou leur race. Ils marchent sans se presser. L’un porte une casquette de golf sombre et des lunettes de soleil (suspect #1). L’autre a une casquette blanche portée à l’envers, qui laisse davantage voir son visage (suspect #2). Ils ont tous les deux un sac à dos.

Pourquoi sont-ils considérés comme suspects?

Le FBI aurait pu les qualifier de «personnes d’intérêt» mais le terme «suspect» est plus fort.Sur une autre vidéo non dévoilée, le suspect #2 est vu en train de déposer son sac à dos au niveau du site de la seconde explosion, quelques minutes avant la détonation, selon le FBI. Le sac à dos du premier ressemble aux restes de celui retrouvé au niveau de la ligne d’arrivée. Les deux hommes marchent ensemble, à quelques mètres de distance.

Les internautes au travail

Sur Reddit, un fil de discussion a rassemblé plus de 2.000 commentaires en moins d’une heure. Le modèle des casquettes a vite été identifié (Bridgestone et Ralph Lauren). Un internaute appelle tous ceux présents sur la ligne d’arrivée, lundi, à se replonger dans leurs photos pour essayer d’en dénicher une de meilleure définitions que celles des caméras de vidéosurveillance. Un autre demande aux redditeurs de ne publier ni noms ni adresses, pour éviter les erreurs et un lynchage accidentel. «Innocent until proven guilty», rappelle un dernier, alors que le New York Post a publié, la veille, une photo de deux prétendus «suspects». Ils ont depuis été innocentés par les autorités.

L’analyste de Tom Fuentes, ex-directeur adjoint du FBI

«Ce qui frappe, c’est le confort, la nonchalance, avec laquelle ils marchent, surtout pour des hommes, si ce sont les coupables, qui portent une bombe dans leur sac à dos. C’est le signe d’une confiance et d’une expérience avec les explosifs qu’on peut trouver chez des ex-soldats ou des militants terroristes», analyse Fuentes, interrogé sur CNN, jeudi soir.

Combien de temps avant une identification?

Une source au FBI dit à Reuters que les autorités espèrent les identifier «en quelques heures». Selon CBS, le FBI dispose déjà de plusieurs pistes.

Voir de même:

Attentats à Boston : les internautes mènent leur propre enquête

Blandine Le Cain

8/04/2013

Une chasse à l’homme a été lancée sur les réseaux sociaux pour identifier des suspects potentiels, après l’appel du FBI à fournir toutes les photos et vidéos disponibles.

Les forces de police américaines redoublent d’effort pour mettre la main sur le ou les responsables des explosions du marathon de Boston. Les spectateurs présents ont été invités par le FBI à fournir tous les éléments – photos, vidéos, témoignages – qui pourraient les y aider. Un appel massivement suivi, qui a engendré une enquête parallèle et communautaire sur les réseaux sociaux.

Une page Findbostonbombers (Trouver les terroristes de Boston) a été lancée sur le site Reddit, réseau social de partage de liens qui sont soumis au vote des internautes. En 24 heures d’existence, elle affiche plus de 200 discussions. Le principe? Les internautes postent photos et vidéos du marathon, puis observent, zooment, recoupent et partagent leur moindre soupçon, cercles colorés et flèches à l’appui, pour débusquer le moindre suspect.

Une marque de sac, un vêtement, un simple «air suspect» ou «inquiétant», et les théories s’échaffaudent au fil des centaines de commentaires: «L’homme au manteau noir et au sweat gris (à gauche). Sa réaction est bizarre (…) Il ne se retourne pas vers le son de l’explosion (comme les autres), il continue d’avancer…», pointe un internaute. Ou encore: «Comment le sac de cette femme s’est retrouvé de l’autre côté de la barrière? Peut-il contenir la bombe?» Apparaissent alors «suspect potentiel», hyptohèse «plausible», «théorie»… La traque numérique s’organise: des albums photos ont été créés, ainsi qu’un document Google, que chacun peut alimenter. Il récapitule les indices: explosifs utilisés, caractéristiques de la Cocotte-Minute, listings des possibles suspects.

Des risques de dérive

Les concordances repérées par des internautes peuvent orienter les enquêteurs du FBI, auprès de qui certains contributeurs disent avoir témoigné. Les enquêteurs ont d’ailleurs reconnu avoir eu écho d’une photo montrant une silhouette sur un toit, postée sur Twitter, et qui avait agité de nombreux membres, même s’ils refusent de commenter toute photo émanant du grand public. Le site Reddit permet par ailleurs de valoriser les indices bien argumentés. Mais les risques de dérive existent.

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Montage visant à identifier le Blue Robe Guy (nous avons floutté son visage).

Des médias ont ainsi relaté l’histoire du «Blue Robe Guy», «l’homme en robe de chambre bleue», surnommé ainsi à cause de la veste bleue qu’il porte. Son sac à dos ressemble à celui retrouvé par les enquêteurs, il a été aperçu près du lieu des explosions. Certains ajoutent qu’il «correspond au profil du type de personnes ayant fait cela». Des éléments faibles, mais qui ont poussé des internautes à poster des photos de lui sur Facebook afin de l’identifier, sans précaution.

À mesure que cette enquête communautaire prend de l’ampleur, les critiques émergent. Y compris parmi les contributeurs: «Nous n’avons pas plus de dix sources», tempère un internaute, pour qui ce travail de recherche ne se fait pas «parce qu’on a une chance de trouver le terroriste», mais parce que «c’est rassurant». «Il y a plus de chance de “trouver le terroriste” en faisant ça qu’en ne le faisant pas», lui rétorque un autre utilisateur. Des phénomènes similaires avaient été observés lors de la tuerie de Newtown. Résultat: une mauvaise information sur le nom – Ryan Lanza au lieu d’Adam Lanza – avait mis à l’index toute une série d’innocents.

Voir également:

Explosions au marathon de Boston: le souvenir des attentats d’Atlanta 96

Yannick Cochennec

Slate

15/04/2013

On a encore que très peu de détails sur les explosions qui ont eu lieu ce 15 avril 2013 à la fin du marathon de Boston. Néanmoins, ce n’est pas la première fois qu’un événement sportif est endeuillé aux Etats-Unis. Au premier rang, bien sûr, les Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

A la veille des JO, les autorités américaines avaient affiché leur sérénité dans le sillage de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City, survenu le 19 avril 1995 et qui avait fait 168 morts et des centaines de blessés, carnage réalisé sous l’autorité de Timothy McVeigh. «Je pense pouvoir affirmer que nos plans de sécurité ont été conçus dès le début avec le potentiel d’une telle tragédie à l’esprit», avait déclaré A.D. Frazier, l’officier responsable de la sécurité au comité d’organisation des Jeux d’Atlanta.

L’explosion d’un Boeing de la TWA reliant New York à Paris à quelques heures du début des Jeux olympiques avait toutefois entraîné une vigilance encore plus accrue. Mais en dépit de la mise en place d’un dispositif très onéreux et contraignant, une bombe avait explosé en pleins Jeux, au parc du Centenaire, le 27 juillet à 1h09 du matin. Bilan: 2 morts et quelque 150 blessés.

L’affaire tourna d’abord à la confusion lorsqu’un procès médiatique fut intenté à Richard Jewells après l’attentat. Cet agent de sécurité avait trouvé un paquet suspect avant que les bombes n’explosent. Désigné «suspect numéro un» par le FBI, il était devenu la cible des médias américains qui avaient vite fait le raccourci entre suspect et coupable.

Le vrai coupable, Eric Rudolph, un militant anti-avortement, fut arrêté seulement le 31 mai 2003 après des années de traque. Lors de sa comparution, il lut cette déclaration au sujet de ses motivations au-delà d’autres crimes commis dans le sud des Etats-Unis contre des cliniques pratiquant l’avortement:

«A l’été 1996, le monde avait les yeux rivés sur Atlanta pour les Jeux olympiques. Sous la protection et les auspices du régime de Washington, des millions de personnes étaient venues pour célébrer les idéaux du monde socialiste. Les multinationales ont dépensé des milliards de dollars et Washington avait mis en place une armée de sécurité pour protéger le meilleur de ces jeux. (…) L’objectif de l’attaque du 27 juillet était de confondre, de mettre en colère et dans l’embarras le gouvernement de Washington aux yeux du monde pour son abominable autorisation de l’avortement à la demande. Le plan était de forcer l’annulation des Jeux, ou au moins de créer un état d’insécurité, pour vider les rues autour des lieux et ainsi rendre inutiles les vastes sommes d’argent investies.»

Eric Rudoph fut condamné à la prison à vie en 2005.

Wednesday, Apr 17, 2013 01:24 AM CEST

Voir aussi:

Let’s hope the Boston Marathon bomber is a white American

There is a double standard: White terrorists are dealt with as lone wolves, Islamists are existential threats

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Let's hope the Boston Marathon bomber is a white AmericanTimothy McVeigh, Osama Bin Laden(Credit: AP/David Longstreath)
Updated: Sirota responds to critics of this piece over here.

As we now move into the official Political Aftermath period of the Boston bombing — the period that will determine the long-term legislative fallout of the atrocity — the dynamics of privilege will undoubtedly influence the nation’s collective reaction to the attacks. That’s because privilege tends to determine: 1) which groups are — and are not — collectively denigrated or targeted for the unlawful actions of individuals; and 2) how big and politically game-changing the overall reaction ends up being.

This has been most obvious in the context of recent mass shootings. In those awful episodes, a religious or ethnic minority group lacking such privilege would likely be collectively slandered and/or targeted with surveillance or profiling (or worse) if some of its individuals comprised most of the mass shooters. However, white male privilege means white men are not collectively denigrated/targeted for those shootings — even though most come at the hands of white dudes.

Likewise, in the context of terrorist attacks, such privilege means white non-Islamic terrorists are typically portrayed not as representative of whole groups or ideologies, but as “lone wolf” threats to be dealt with as isolated law enforcement matters. Meanwhile, non-white or developing-world terrorism suspects are often reflexively portrayed as representative of larger conspiracies, ideologies and religions that must be dealt with as systemic threats — the kind potentially requiring everything from law enforcement action to military operations to civil liberties legislation to foreign policy shifts.

“White privilege is knowing that even if the bomber turns out to be white, no one will call for your group to be profiled as terrorists as a result, subjected to special screening or threatened with deportation,” writes author Tim Wise. “White privilege is knowing that if this bomber turns out to be white, the United States government will not bomb whatever corn field or mountain town or stale suburb from which said bomber came, just to ensure that others like him or her don’t get any ideas. And if he turns out to be a member of the Irish Republican Army we won’t bomb Dublin. And if he’s an Italian-American Catholic we won’t bomb the Vatican.”

Because of these undeniable and pervasive double standards, the specific identity of the Boston Marathon bomber (or bombers) is not some minor detail — it will almost certainly dictate what kind of governmental, political and societal response we see in the coming weeks. That means regardless of your particular party affiliation, if you care about everything from stopping war to reducing the defense budget to protecting civil liberties to passing immigration reform, you should hope the bomber was a white domestic terrorist. Why? Because only in that case will privilege work to prevent the Boston attack from potentially undermining progress on those other issues.

To know that’s true is to simply consider how America reacts to different kinds of terrorism.

Though FBI data show fewer terrorist plots involving Muslims than terrorist plots involving non-Muslims, America has mobilized a full-on war effort exclusively against the prospect of Islamic terrorism. Indeed, the moniker “War on Terrorism” has come to specifically mean “War on Islamic Terrorism,” involving everything from new laws like the Patriot Act, to a new torture regime, to new federal agencies like the Transportation Security Administration and Department of Homeland Security, to wars in Iraq and Afghanistan to mass surveillance of Muslim communities.

By contrast, even though America has seen a consistent barrage of attacks from domestic non-Islamic terrorists, the privilege and double standards baked into our national security ideologies means those attacks have resulted in no systemic action of the scope marshaled against foreign terrorists. In fact, it has been quite the opposite — according to Darryl Johnson, the senior domestic terrorism analyst at the Department of Homeland Security, the conservative movement backlash to merely reporting the rising threat of such domestic terrorism resulted in DHS seriously curtailing its initiatives against that particular threat. (Irony alert: When it comes specifically to fighting white non-Muslim domestic terrorists, the right seems to now support the very doctrine it criticized Democratic presidential candidate John Kerry for articulating — the doctrine that sees fighting terrorism as primarily “an intelligence-gathering, law-enforcement, public-diplomacy effort” and not something more systemic.)

Enter the Boston bombing. Coming at the very moment the U.S. government is planning to withdraw from Afghanistan, considering cuts to the Pentagon budget, discussing civil liberties principles and debating landmark immigration legislation, the attack could easily become the fulcrum of all of those contentious policy debates — that is, depending on the demographic profile of the assailant.

If recent history is any guide, if the bomber ends up being a white anti-government extremist, white privilege will likely mean the attack is portrayed as just an isolated incident — one that has no bearing on any larger policy debates. Put another way, white privilege will work to not only insulate whites from collective blame, but also to insulate the political debate from any fallout from the attack.

It will probably be much different if the bomber ends up being a Muslim and/or a foreigner from the developing world. As we know from our own history, when those kind of individuals break laws in such a high-profile way, America often cites them as both proof that entire demographic groups must be targeted, and that therefore a more systemic response is warranted. At that point, it’s easy to imagine conservatives citing Boston as a reason to block immigration reform defense spending cuts and the Afghan War withdrawal and to further expand surveillance and other encroachments on civil liberties.

If that sounds hard to believe, just look at yesterday’s comments by right-wing radio host Laura Ingraham, whose talking points often become Republican Party doctrine. Though authorities haven’t even identified a suspect in the Boston attack, she (like other conservatives) seems to already assume the assailant is foreign, and is consequently citing the attack as rationale to slam the immigration reform bill.

The same Laura Ingraham, of course, was one of the leading voices criticizing the Department of Homeland Security for daring to even report on right-wing domestic terrorism. In that sense, she perfectly embodies the double standard that, more than anything, will determine the long-term political impact of the Boston bombing.

At 1:30 p.m. ET Wednesday, David Sirota will be debating Breitbart.com’s Ben Shapiro on guns here.

David Sirota David Sirota is a nationally syndicated newspaper columnist, magazine journalist and the best-selling author of the books « Hostile Takeover, » « The Uprising » and « Back to Our Future. » E-mail him at ds@davidsirota.com, follow him on Twitter @davidsirota or visit his website

Voir également:

Le fait – Atlanta 1996

Un attentat qui a fait craindre le pire.

Près d’un quart de siècle après le premier attentat terroriste de l’histoire olympique (Munich, 1972), les Jeux ont encore tremblé sur leur socle centenaire à Atlanta avec l’explosion d’une bombe artisanale dans un parc du centre-ville.

Samedi 27 juillet 1996. Neuvième jour des Jeux. Il est 01H20 locale (05H20 GMT) dans le parc du Centenaire, situé en plein coeur d’Atlanta. Un lieu très fréquenté où les touristes et les jeunes se retrouvent pour faire la fête depuis le début des Jeux. L’ambiance est joyeuse et animée lorsqu’une violente explosion se produit. La panique s’empare de tout le monde. L’attentat fera un mort et plus de 110 blessés. Un caméraman turc décèdera d’une crise cardiaque en courant pour se rendre sur les lieux du drame.

La vigilance des forces de sécurité –plus de 35.000 personnes– a été prise en défaut dans un endroit et à un moment où on s’y attendait le moins. Le fameux FBI et les plus hautes autorités américaines avaient pourtant assuré qu’Atlanta serait « la ville la plus sûre du monde ».

La police prévenue.

C’est à proximité d’une scène où se déroulait chaque soir un spectacle que s’est produite l’explosion, au pied d’une tour de quatre étages utilisée pour les éclairages et le son. Le quartier est immédiatement bouclé. Les mesures d’évacuation ne seront prises qu’après l’alerte donnée par le garde Richard Jewell. Ce dernier deviendra rapidement le suspect numéro un lorsqu’il déclare avoir aperçu un sac et affirme avoir alerté les forces de sécurité. Peu avant l’explosion, la police reconnaîtra avoir reçu une alerte téléphonique mais l’appel n’a jamais été répercuté auprès de la police et des gardes du parc.

Selon le FBI, l’engin explosif, une bombe artisanale composée d’un tube en métal contenant des clous et des vis, était caché dans un sac à dos abandonné. Une personne, présentée comme un « Américain blanc, sans accent particulier », avait prévenu la police par téléphone de l’imminence de l’explosion.

Richard Jewell (34 ans) est alors présenté comme le principal suspect dans la presse nationale et locale. Il sera lavé de tout soupçon par le FBI en octobre 1996 et obtiendra d’importants dédommagements.

Ce nouvel acte de violence est condamné par les autorités du monde entier, à commencer par le président Bill Clinton qui dénonce « un acte de terreur maléfique et lâche ». Le chef de l’état américain précise aussi que « toutes les mesures nécessaires » seront prises pour protéger les athlètes.

Les Jeux continuent.

Très vite, environ trois heures après, le CIO réagit par la voix de son vice-président, le prince Alexandre de Mérode, qui déclare que les Jeux d’Atlanta continueront. « Je viens d’avoir au téléphone le président Samaranch et je peux vous confirmer que les Jeux continueront », déclare-t-il à l’AFP.

Et, de fait, les compétitions reprennent. Une minute de silence est observée sur tous les sites et les drapeaux olympiques sont mis en berne en ce samedi 27 juillet, l’une des journées phares des JO avec notamment l’épreuve-reine: la finale du 100 mètres en athlétisme.

Lors de la cérémonie de clôture, Juan Antonio Samaranch reviendra sur cet attentat en faisant observer une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats des JO de Munich et d’Atlanta. « Aucun acte de terrorisme n’a jamais détruit ni ne détruira jamais le Mouvement olympique, affirmera-t-il dans son allocution aux quelque 83.000 personnes du stade olympique. J’aimerais à présent vous demander de vous lever et d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes de ces actes terribles ».

Plus de deux ans après l’attentat, la justice américaine identifiera son auteur présumé. Il s’agit d’Eric Rudolph (32 ans), proche des milices et mouvements religieux extrémistes hostiles au gouvernement fédéral, également soupçonné de deux autres attentats commis dans la région d’Atlanta dans les mois suivants. Un mandat d’arrêt a été rendu public le 14 octobre 1998 contre Rudolph qui demeure toujours introuvable en dépit de recherches menées par des centaines d’agents des forces de l’ordre.

Voir encore:

L’auteur présumé de l’attentat des Jeux olympiques d’Atlanta a été arrêté

Eric Leser

Le Monde

03.06.03

Après cinq ans de recherches, la police américaine a capturé, samedi 31 mai, Eric Robert Rudolph. Ce « survivaliste », héros de l’extrême droite américaine, est accusé d’avoir fait exploser trois autres bombes

Après cinq années de cavale dans les forêts des Appalaches, le « survivaliste » Eric Robert Rudolph, 36 ans, a été arrêté par hasard, samedi 31 mai, dans la petite ville de Murphy, en Caroline du Nord. Un policier débutant, Jeffrey Postell, 21 ans, l’a interpellé à 3 heures du matin pour une simple tentative de vol dans un supermarché.

Il a été identifié un peu plus tard au commissariat. Avant les attaques du 11 septembre 2001, Eric Rudolph était l’un des hommes les plus recherchés par le FBI. Il est considéré comme étant l’auteur de quatre attentats à la bombe, dont celui en juillet 1996 à Atlanta pendant les Jeux olympiques. Il aurait au total tué deux personnes et blessé plus d’une centaine d’autres. La police fédérale s’était lancée à sa poursuite en 1998 avec des moyens considérables, mais avait été incapable de le retrouver. Il a disparu dans les montagnes, devenant aux yeux des organisations d’extrême droite américaines un héros, vivant dans la nature et narguant l’Etat fédéral. Au plus fort de la chasse à l’homme, les T-shirts et autres autocollants avec l’inscription « Run, Rudolph, run » (Cours, Rudolph, cours) et « Eric Rudolph the Hide and Seek Champion of the World » (Eric Rudolph champion du monde de cache-cache) se vendaient par milliers en Caroline du Nord. Deux chansons country ont même été écrites à sa gloire. Le FBI enquête sur les complicités dont il aurait bénéficié. Il pense avoir retrouvé son campement, à quelques centaines de mètres de la ville. Quand il a été interpellé, il était certes amaigri mais en parfaite santé, cheveux courts, et vêtements impeccables.

Selon les enquêteurs, Eric Rudolph aurait posé le 27 juillet 1996 la bombe remplie de clous et de morceaux de métal qui a tué Alice Hawthorne, 44 ans, et blessé plus d’une centaine de personnes au Parc olympique du centenaire à Atlanta. L’explosion s’était produite pendant un concert et avait provoqué une incroyable panique. A l’époque, l’arrêt des Jeux avait même été évoqué. Les autorités avaient rapidement arrêté Richard Jewell, un garde de sécurité, avant de le libérer et de le disculper après une controverse sur la façon dont l’enquête était menée. Six mois plus tard, le 16 janvier 1997, deux bombes explosaient à l’extérieur d’un centre de planning familial à Atlanta, blessant sept passants. Le 21 février, un autre attentat à l’explosif, toujours à Atlanta, était commis devant une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, blessant cinq personnes. Un deuxième engin, qui devait sauter à l’arrivée des équipes de secours, était rendu inoffensif au dernier moment par la police. Enfin, le 29 janvier 1998, une bombe sautait près d’un centre médical pratiquant l’avortement à Birmingham dans l’Alabama, tuant l’officier de police Robert Sanderson et rendant presque aveugle l’infirmière Emily Lyons.

Eric Rudolph, qui a abandonné le collège pour s’engager dans l’armée entre 1987 et 1989 avant d’être renvoyé pour avoir fumé de la drogue, était alors repéré alors qu’il s’enfuyait des abords de la clinique. Un témoin avait retenu le numéro de la plaque de son pick-up immatriculé en Caroline du Nord.

Les différents attentats avaient été revendiqués par une mystérieuse organisation baptisée l’« Armée de Dieu ». Les lettres envoyées aux médias utilisaient les mêmes termes et expressions qu’un groupe de suprématistes blancs opposé à l’avortement, à l’homosexualité et antisémite, Christian Identity, dont le quartier général se trouve près de la ville de Murphy. Le FBI faisait alors le rapprochement avec Eric Rudolph. Au printemps 1998, des centaines d’agents étaient envoyés à sa recherche dans la forêt nationale de Nantahala. Mais il échappait aux chiens, aux hélicoptères, aux détecteurs électroniques et aux patrouilles de volontaires. Une récompense de 1 million de dollars pour sa capture ne donnait pas non plus le moindre résultat. Après des mois d’échec, un agent du FBI évoquait même la possibilité qu’il soit mort dans les bois.

Eric Rudolph comparaît lundi 2 juin devant la Cour fédérale d’Asheville en Caroline du Nord et sera transféré ensuite à Birmingham ou à Atlanta. S’il est jugé coupable, il est passible de la peine de mort. « C’est un message à tous les terroristes, nationaux ou étrangers. Nous ne cesserons pas de les poursuivre », a déclaré, le 31 mai, John Ashcroft, le ministre américain de la justice.

Voir enfin:

Excerpts from Eric Rudolph’s statement

The Associated Press

USA today

4/13/2005

Excerpts from Eric Rudolph’s written statement, handed out by his attorneys Wednesday after his guilty pleas to four bombings across the South, including the deadly blast at the 1996 Atlanta Olympics. The statement marked the first time Rudolph has offered a motive for the attacks. He entered the pleas in exchange for prosecutors not seeking the death penalty:

« I have deprived the government of its goal of sentencing me to death. »

« The fact that I have entered an agreement with the government is purely a tactical choice on my part and in no way legitimates the moral authority of the government to judge this matter or impute my guilt. »

« Abortion is murder. And when the regime in Washington legalized, sanctioned and legitimized this practice, they forfeited their legitimacy and moral authority to govern. »

« I am not an anarchist. I have nothing against government or law enforcement in general. It is solely for the reason that this government has legalized the murder of children that I have no allegiance to nor do I recognize the legitimacy of this particular government in Washington. »

« There are those who would say to me that the system in Washington works. They say that the pro-life forces are making progress, that eventually Roe v. Wade will be overturned, that the culture of life will ultimately win over the majority of Americans and the horror of abortion will be outlawed. Yet, in the meantime thousands die everyday. … I ask these peaceful Christian law-abiding Pro-Life citizens, is there any point at which all of the legal remedies will not suffice and you would fight to end the massacre of children? How many decades have to pass, how many millions have to die? … I think that your inaction after three decades of slaughter is a sufficient answer to all of these questions. »

« No politician in Washington will ever seriously threaten abortion on demand. And the fools who listen to them, in their hearts, know this but do not care. You so-called ‘Pro-Life,’ ‘good Christian people’ who point your plastic fingers at me saying that I am a ‘murderer,’ that ‘two wrongs don’t make a right,’ that even though ‘abortion is murder, those who would use force to stop the murder are morally the same,’ I say to you that your lies are transparent. »

« Answer me, is the causus belli of promoting democracy in the Middle East more weighty for waging war than the systematic murder of your own citizens? »

« Along with abortion, another assault upon the integrity of American society is the concerted effort to legitimize the practice of homosexuality. Homosexuality is an aberrant sexual behavior, and as such I have complete sympathy and understanding for those who are suffering from this condition. Practiced by consenting adults within the confines of their own private lives, homosexuality is not a threat to society. Those consenting adults practicing this behavior in privacy should not be hassled by a society which respects the sanctity of private sexual life. But when the attempt is made to drag this practice out of the closet and into the public square in an « in your face » attempt to force society to accept and recognize this behavior as being just as legitimate and normal as the natural man/woman relationship, every effort should be made, including force if necessary, to halt this effort. »

« Any conscientious individual afflicted with homosexuality should acknowledge that a healthy society requires a model of sexual behavior to be held up and maintained without assault. Like other humans suffering from various disabilities homosexuals should not attempt to infect the rest of society with their particular illness. »

On the Olympic Park bombing, which killed one person and wounded 111:

« For many years I thought long and hard on these issues and then in 1996 I decided to act. In the summer of 1996, the world converged upon Atlanta for the Olympic Games. Under the protection and auspices of the regime in Washington millions of people came to celebrate the ideals of global socialism. Multinational corporations spent billions of dollars, and Washington organized an army of security to protect these best of all games. Even thought (sic) the conception and purpose of the so-called Olympic movement is to promote the values of global socialism, as perfectly expressed in the song « Imagine » by John Lennon, which was the theme of the 1996 Games — even though the purpose of the Olympics is to promote these despicable ideals, the purpose of the attack on July 27th was to confound, anger and embarrass the Washington government in the eyes of the world for its abominable sanctioning of abortion on demand. »

« The plan was to force the cancellation of the Games, or at least create a state of insecurity to empty the streets around the venues and thereby eat into the vast amounts of money invested. The plan was conceived in haste and carried out with limited resources, planning and preparation — it was a monster that kept getting out of control the more I got into it. Because I could not acquire the necessary high explosives, I had to dismiss the unrealistic notion of knocking down the power grid surrounding Atlanta and consequently pulling the plug on the Olympics for their duration. »

« The plan that I finally settled upon was to use five low-tech timed explosives to be placed one at a time on successive days throughout the Olympic schedule, each preceded by a forty to fifty minute warning given to 911. The location and time of detonation was to be given, and the intent was to thereby clear each of the areas, leaving only uniformed arms-carrying government personnel exposed to potential injury.

« The attacks were to have commenced with the start of the Olympics, but due to a lack of planning this was postponed a week. I had sincerely hoped to achieve these objections without harming innocent civilians. »

« After the disaster at Centennial Park, I resolved to improve my devices and focus the blasts upon a very narrow target. Towards this end I acquired a quantity of high explosives (dynamite). »

On the 1997 bombing at a women’s health clinic in Sandy Springs, Ga., which involved two explosive devices and wounded six people:

« The abortion mill was closed that day but occasionally there was staff on hand to clean their blood-stained equipment, and these minions and the facility itself were the targets of the first device. The second device placed at the scene was designed to target agents of the Washington government. »

On the 1997 bombing on the gay nightclub in Atlanta, which wounded five patrons:

« The first device was designed not necessarily to target the patrons of this homosexual bar, but rather to set the stage for the next device, which was again targeted at Washington agents. The attack itself was meant to send a powerful message in protest of Washington’s continued tolerance and support for the homosexual political agenda. »

On the 1998 bombing at a women’s health clinic in Birmingham, Ala., which killed an off-duty police officer and maimed a nurse:

« The object was to target the doctor-killer, but because the device was prematurely discovered by the security guard, it had to be detonated with only the assistant-killers in the target area. … I had nothing against Lyons and Sanderson. They were targeted for what they did, not who they were as individuals. »

On his five years on the lam:

« Washington was lucky that day in Birmingham, they had a witness who happened into a fortuitous position, and my truck was identified. I knew something was amiss based upon the early reports coming out of Birmingham so I prepared to make a move as I debated within myself whether or not to run or fight them in court. I chose the woods. »

« The next year was a starving time. Hunted and haggard, I struggled to survive. But I am a quick study, and so I learned to adapt to my situation. I adapted so well, I decided to take my fight to my enemies.


Iran: Derrière les pitreries nord-coréennes, la vraie menace d’un Iran nucléaire (If North Korea has been a danger, then a bigger, richer, and undeterred nuclear Iran would be a nightmare)

12 avril, 2013
J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés. Ayatollah Khomeiny
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre.(…) Les kamikazés étaient certes fous, mais la faute en incombait à leurs ennemis, pas à leurs dirigeants ni à leurs propres doctrines. (…) le nihilisme palestinien ne pouvait signifier qu’une chose: que leur souffrance était encore pire … Paul Berman
Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent se résoudre au fait qu’il n’y a pas d’alternative au marché libre et à la démocratie bourgeoise (…) Parfois il faut tout simplement que David triomphe du Goliath américain. Christopher Hitchens
La possibilité d’une annihilation existe. Le projet sioniste entier est apocalyptique. Il existe dans un environnement hostile et dans un certain sens son existence n’est pas raisonnable. (…) Oui, je pense à Armageddon. C’est possible. Dans les vingt prochaines années, il pourrait y avoir une guerre atomique ici. Benny Morris
Quand les Palestiniens ont rejeté la proposition (celle du Premier Ministre Ehud Barak) en juillet 2000 et la proposition de Clinton en décembre 2000, j’ai compris qu’ils étaient peu disposés à accepter la solution de deux Etats. Ils veulent tout. Lod et Acre et Jaffa. (…) Les explosions des bus et des restaurants m’ont vraiment secoué. Elles m’ont fait comprendre la profondeur de la haine envers nous. Elles m’ont fait comprendre que l’hostilité palestinienne, arabe et musulmane envers l’existence juive ici nous amène au bord de la destruction. (…) Il y a un profond problème dans l’Islam. C’est un monde dont les valeurs sont différentes, un monde dans lequel la vie humaine n’a pas la même valeur qu’elle a en Occident. La liberté, la démocratie, l’ouverture et la créativité lui sont étrangers. C’est un monde qui prend pour cible de ceux qui ne font pas partie du camp de l’Islam. La vengeance est aussi importante ici. La vengeance joue un rôle central dans la culture tribale arabe. Ainsi, les peuples se battent et la société qui les envoie n’a pas d’inhibitions morales. S’ils obtiennent des armes chimiques, biologiques ou atomiques, ils les utiliseront. S’ils le peuvent, ils commettront aussi un génocide. Benny Morris
Un peu comme les hooligans de la tribune K du Parc des Princes, les hooligans au pouvoir en Iran veulent prendre le contrôle d’une tribune, le Liban Sud, et puis faire régner leurs lois dans le stade du Moyen-Orient et ses alentours. A la différence près que dans ce coin perdu du 16e arrondissement de Paris ne se trouvent pas la plupart des réserves pétrolières ou gazières de la planète. Iran-Resist
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’équilibre de la terreur était en fait d’une grande fragilité, comme de nombreux incidents, mais surtout une crise majeure, la crise des missiles de Cuba, l’a révélé en 1962. Le problème a moins concerné la relation entre les Etats-Unis et l’Union soviétique que la présence d’un troisième acteur, Fidel Castro, qui a failli faire basculer le « système bipolaire » dans la guerre nucléaire. Cette crise mérite qu’on y revienne, non seulement parce que, si elle se reproduit, nous n’aurons probablement pas la même chance, mais aussi parce que le monde contemporain a désormais plusieurs acteurs nucléaires de type Fidel Castro, qui, à la différence de Kennedy ou de Khrouchtchev, partisans de la dissuasion, n’hésiteront pas à recourir à l’arme nucléaire comme à un moyen de coercition. Thérèse Delpech
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre.
L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie.
Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson

Attention: une menace peut en cacher une autre !

Images de propagande d’un autre temps, guignolades avec les bouffons utiles à la Dennis Rodman, troupes jouant aux pompoms girls, grossiers photomontages à l’iranienne, essais nucléaires plus ou moins bidonnés mais vrais cannonages et attaques informatiques …

Alors qu’avec l’indispensable et cynique soutien chinois, la Corée du nord a repris, tout en continuant à affamer sa population, son habituel poker menteur contre ses voisins et les Etats-Unis …

Comment ne pas voir, derrière cette guerre des nerfs incessante que font subir les bouffons nord-coréens aux quelque 23 millions de résidents de l’agglomération séoulite à à peine 50 km de la frontière …

Que si les ennemis d’Israël comme l’Iran ne sont probablement pas assez fous (du moins la plupart des dirigeants et la plupart du temps) pour risquer la vitrification qui suivrait imanquablement une attaque nucléaire d’Israël, ils n’ont justement pas besoin d’annihiler réellement Israël pour arriver à leurs fins …

Qu’il leur suffit de leur rendre la vie tellement intenable par les menaces constantes qu’une partie des Israéliens les plus dynamiques (notamment derrière le « miracle » de haute technologie qui place actuellement Israël à des années lumières de ses attardés de voisins: 77 brevets aux EU pour les Saudis de 1980 à 2000 contre 7,652 pour les Israéliens !) décident finalement, comme je le disais dans un autre billet, « repartir si on leur fait assez peur pour les silicon valleys américaines où ils ont souvent gardé non seulement des contacts mais des résidences secondaires » …

D’où, comme l’explique bien l’analyste miltaire américain Victor Hanson, la menace autrement plus dangereuse, une fois doté de l’arme nucléaire et surtout les possibilités de chantage et d’intimidation qu’elle permettrait, …

D’un Iran assis sur des réserves energétiques parmi les plus importantes du monde, l’absence outre Israël de véritable contrepoids régional et une idéologie à forte dimension fanatico-messianique appuyée sur l’ensemble du monde chiite ?

Iran’s North Korean Future

Victor Davis Hanson

National review

April 11, 2013

The idea of a nuclear Iran — and of preventing a nuclear Iran — terrifies security analysts.

Those who argue for a preemptive strike against Iran cannot explain exactly how American planes and missiles would take out all the subterranean nuclear facilities without missing a stashed nuke or two — or whether they might as well expand their target lists to Iranian military assets in general. None can predict the fallout on world oil prices, global terrorism, and the politically fragile Persian Gulf, other than that it would be uniformly bad.

In contrast, those who favor containment of a nuclear Iran do not quite know how the theocracy could be deterred — or how either Israel or the regional Sunni Arab regimes will react to such a powerful and unpredictable neighbor.

The present crisis with North Korea offers us a glimpse of what, and what not, to expect should Iran get the bomb. Mahmoud Ahmadinejad would gain the attention currently being paid to Kim Jong Un — attention not otherwise earned by his nation’s economy or cultural influence.

We should assume that the Iranian theocracy, like the seven-decade-long Kim dynasty in North Korea, would periodically sound lunatic: threatening its neighbors and promising a firestorm in the region — if not eventually in the United States and Europe as well.

An oil-rich, conventionally armed Iran has already used that playbook. When it becomes nuclear, those previously stale warnings of ending Israel or attacking U.S. facilities in the Persian Gulf will not be entirely laughed off, just as Kim Jong Un’s insane diatribes are now not so easily dismissed.

North Korea has taught the world that feigned madness in nuclear poker earns either foreign aid or worldwide attention — given that even a 99 percent surety of a bluff can still scare Western publics. North Korea is the proverbial nutty failed neighbor who constantly picks on the successful suburbanites next door, on the premise that the neighbors will heed his wild, nonsensical threats because he has nothing and they have everything to lose.

Iran could copy Kim’s model endlessly — one week threatening to wipe Israel off the map, the next backing down and complaining that problems in translation distorted the actual, less bellicose communiqué. The point would not necessarily be to actually nuke Israel (which would translate into the end of Persian culture for a century), but to create such an atmosphere of worry and gloom over the Jewish state as to weaken its economy, encourage emigration, and erode its geostrategic reputation.

North Korea is a past master of such nuclear-shakedown tactics. At times Pyongyang has reduced two Asian powerhouses — Japan and South Korea — to near paralysis. Can the nations that gave the world Toyota and Samsung really count on the American defense umbrella? Should they go nuclear themselves? Can North Korean leadership be continually bought off with foreign aid, or is it really as crazy serious as it sounds?

Iran would also be different from other nuclear rogue states. The West often fears a nuclear Pakistan, given that a large part of its tribal lands is ungovernable and overrun with Islamic radicals. Its government is friendly to the West only to the degree that American aid continues.

Yet far larger and more powerful India deters nuclear Pakistan. For all the wild talk from both the Pakistani government and tribal terrorists, there is general fear in Pakistan that India has superior conventional and nuclear forces. India is also unpredictable and not the sort of nation that can be periodically threatened and shaken down for concessions.

Iran has no comparable existential enemy of a billion people — only a tiny Israel of some seven million. The result is that there is no commensurate regional deterrent.

Nor does Iran have a tough master like nuclear China. Even Beijing finally pulls on the leash when its unpredictable North Korean client has threatened to bully neighbors and create too unprofitable a fuss.

Of course, China enjoys the angst that its subordinate causes its rivals. It also sees North Korea as a valuable impediment to a huge, unified, and Westernized Korea on its borders. But that said, China does not want a nuclear war in its backyard. That fact ultimately means North Korea is muzzled once its barking becomes too obnoxious.

A nuclear Iran would worry about neither a billion-person nuclear existential enemy nearby such as India, nor a billion-person patron such as China that would establish redlines to its periodic madness. Instead, Tehran would be free to do and say what it pleased. And its nuclear status would become a force multiplier to its enormous oil wealth and self-acclaimed world leadership of Shiite Muslims.

If North Korea has been a danger, then a bigger, richer, and undeterred nuclear Iran would be a nightmare.

— NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution. His The Savior Generals will appear in the spring from Bloomsbury Books. © 2013 Tribune Media Services, Inc.

Voir aussi:

Comment la Corée du Nord organise sa propagande à l’aide de photomontages

Slate

09/04/2013

Nous avons passé les photos fournies par l’agence officielle nord-coréenne à l’AFP ou à Reuters au crible d’un logiciel d’analyse approfondie exclusif et réservé d’ordinaire aux ministères français de la Défense et de l’Intérieur.

Menaces de débarquement chez son voisin du sud, promesses de frappes nucléaires, d’attaques ciblées sur des points stratégiques de la région, rejet d’armistices et attaques annoncées sur le sol américain… La logorrhée de la Corée du Nord, pourtant coutumière des annonces agressives à l’égard de ses ennemis historiques, a atteint ces dernières semaines un niveau de violence jamais vu.

Pyongyang «est prête à mener une guerre totale», a promis le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, elle est désormais «en état de guerre», a-t-il dit après l’annonce d’un renforcement des sanctions internationales contre le pays et le survol du territoire sud-coréen par des avions furtifs B-2 de l’armée américaine. Accompagnant comme à son habitude ses paroles de vidéos de propagandes, cette fois montrant le congrès américain en flamme et photographies officielles produites dans le seul but de prouver que son armée est prête à faire face à tout type d’agression extérieure, Kim Jong-un s’est montré ces derniers jours en chef de guerre déterminé et incontrôlable.

La communauté internationale est habituée à la rhétorique belliqueuse et paranoïaque de la Corée du Nord, toujours été accompagnée de tentatives de manipulation par l’image (sans doute davantage diffusées pour asseoir auprès du peuple l’autorité interne de son leader).

Nul ne peut croire que la Corée du Nord dispose de la force militaire nécessaire pour attaquer un pays aussi puissant que les Etats-Unis ou l’un de ses alliés, ni même pour tenter une provocation physique. Pyongyang sait d’ailleurs ce qui lui en coûterait.

Ce qui frappe cette fois, c’est la capacité exceptionnelle des autorités nord-coréennes à user d’outils de communication assez performants pour faire douter les experts, tromper des agences de presse pourtant aguerries à ses techniques de propagande et finalement obtenir l’effet recherché: laisser planer une incertitude sur la survenance d’événements corroborant les déclarations de Pyongyang sur ses capacités réelles à lancer avec succès une attaque militaire d’ampleur.

Alors que les médias propagent massivement les photographies de Kim Jong-un censé étudier des documents présentés comme liés à la stratégie d’invasion élaborée par la Corée du Nord, aucun ne se doute qu’il participe en réalité à la diffusion d’images fictives créées à dessein propagandistes.

Nous avons passé plusieurs photos diffusées par l’agence officielle nord-coréenne KCNA au logiciel d’analyse approfondie exclusif Tungstène –réservé d’ordinaire aux ministères français de la Défense et de l’Intérieur. Une façon de voir comment la Corée du Nord modifie les images qu’elle veut donner d’elle-même (cliquez sur les images pour les voir en plus grand).

1. L’exemple de la flotille d’aéroglisseurs

2. Les photos officielles

La flotille

Mardi 26 mars, alors que Kim Jong-un fait monter la tension avec la Corée du Sud et menace les Etats-Unis d’une guerre thermonucléaire, l’Agence France Presse reçoit de l’agence officielle nord-coréenne KCNA une série de clichés censés montrer un exercice de débarquement nord-coréen sur la côte est du pays.

On y voit d’abord une flottille d’aéroglisseurs en mouvement puis, débarquant sur une plage légèrement enneigée, plusieurs unités d’infanterie. Ici un exercice de tirs de missiles, le sol est légèrement plus terreux. Là le dirigeant nord-coréen, jumelles en main, regardant tout sourire l’entraînement supposé de son armée depuis un point d’observation.

Aux côtés de Kim Jong-un, une poignée de généraux, carnet en mains, semblent prendre note de la progression des fantassins, au loin. Derrière eux patientent une poignée de jeunes soldates chaudement vêtues, tenues de camouflage de rigueur, qu’on aperçoit plus tard au sommet d’une dune, déplacer à la force de leurs bras un lanceur de missiles embourbé dans la boue.

A première vue, on pourrait croire que les images proviennent d’une même source, et que les clichés ont été pris dans des lieux identiques, et à des instants rapprochés. Le paysage des différentes photographies, sol neigeux, mer calme, grand soleil, pourraient même permettre de les lier entre eux.

Cependant aucune information crédible permettant de confirmer cette thèse n’a été communiquée par les services nord-coréens. Les aéroglisseurs au sol n’ont pas la même position d’une photographie à l’autre. Pour l’une d’entre elles, rien ne prouve qu’ils sont en état de fonctionnement, et pour l’autre ni même qu’ils… existent.

Ce que révèleront finalement les analyses réalisées ce jour-là par l’Agence France Presse, qui a eu raison d’être suspicieuse.

D’abord parce que la plupart des informations de la partie supérieure (mer et ciel) de l’image ont été méticuleusement détruites, au point qu’il est possible d’émettre des doutes sur le fait que qu’il s’agisse de deux éléments appartenant au même cliché, ce que prouve de façon évidente l’analyse 3D de la signature numérique de l’image.

Le graphique a été tourné afin de mettre en évidence les différences entre les deux zones. En jaune, la partie basse de la photo correspondant à la plage, à droite la partie haute, correspondant à la mer.

«On remarque une différence de signaux très marquée entre les deux zones. L’information a été détruite sur toute la partie haute de l’image, dont la signature numérique ne correspond pas à celle d’une photographie normale, à la différence de la partie basse du cliché», explique Roger Cozien, dirigeant de la société eXo maKina, qui développe et commercialise le logiciel Tungstène, un logiciel d’analyse approfondie réservé d’ordinaire aux ministères français de la Défense et de l’Intérieur.

Ensuite, parce qu’une partie des informations présentes dans la partie inférieure du cliché a été renforcée, notamment les personnages au sol, un à un.

Enfin parce que certaines informations de la partie supérieure de l’image ont été truquées, voire dupliquées.

«Les signatures d’anormalité des motifs des deux aéroglisseurs situés en bas à droite de la partie haute de l’image sont quasiment identiques, ce qui trop rare pour ne pas faire naître de très fortes certitudes sur la possibilité d’une duplication de l’un des engins amphibiens à partir du deuxième», analyse Roger Cozien.

Il faudra plusieurs heures à l’AFP, qui dispose de la technologie Tungstène, pour arriver à la conclusion que l’image du groupe d’aéroglisseurs menaçant les côtes avait été structurellement modifiée. Celle-ci avait déjà été retirée de la banque d’images de l’agence française, et ses clients avertis.

Elle n’était toutefois que le point de départ d’une tentative de propagande massive orchestrée par Pyongyang dans un but simple: montrer aux Coréens et au reste du monde que la Corée du Nord est prête à entrer en guerre.

A tous les niveaux, on trouve des altérations plus ou moins sérieuses parmi les clichés censés illustrer la suite logique d’événements présentée comme telle par les services de communication nord-coréens.

L’AFP a d’ailleurs également émis des doutes sur la photographie des missiles, qu’elle a supprimé de sa banque d’image. A raison, car la quasi-totalité des informations de la zone correspondant au lancement des fusées ainsi que la fumée s’y échappant, avait été détruite méthodiquement…

…comme d’ailleurs la zone supérieure, ainsi qu’une zone importante de la partie basse de l’image censée représenter des aéroglisseurs débarquant au sol une unité d’infanterie, que certains médias présentent pourtant encore aujourd’hui comme authentique.

S’agissant de cette image, une de ses caractéristiques, que l’on retrouve d’ailleurs dans les signatures de la plupart des photographies diffusées le 26 mars par la Korean Central News Agency, l’agence officielle du régime, est que celle-ci est subdivisée en plusieurs carrés, invisibles à l’œil nu.

«L’hypothèse qui prévaut à ce stade de nos investigations, c’est que ces images aient pu être extraites de vidéos, plus ou moins anciennes, ou qu’il puisse s’agir de scans d’images argentiques anciennes et que ces différentes opérations aient été réalisées avec des matériels anciens et, dans tous les cas, très différents de ce que nous observons habituellement», explique Roger Cozien.

Le flux des images distribuées par l’agence KCNA peut en effet être divisé en deux types de fichiers distincts: celles qui pourraient avoir été extraites de vidéos de propagande, et celles qui ont toutes les caractéristiques d’une photographie numérique classique, truquées ou non. Car il arrive qu’elles n’aient pas fait l’objet d’une modification. Reste encore à savoir quand elles ont été prises, et où.

Les symboles du pouvoir

Les plans d’attaque

Vendredi 29 mars, la Korean Central News Agency (KCNA), l’agence officielle du régime, publiait dans le journal du Parti des travailleurs, le Rodong Sinmun, des clichés montrant le dirigeant nord-coréen «ratifiant le plan de frappes stratégique des forces armées révolutionnaires lors d’une réunion d’urgence» en présence de militaires haut-gradés.

Tout a été réfléchi pour appuyer visuellement les récentes déclarations de Kim Jong-un sur la préparation de tirs de roquettes stratégiques sur le continent américain et des bases militaires de la péninsule coréenne, afin d’«ouvrir une nouvelle phase de l’histoire en mettant un terme définitif à l’épreuve de force avec les Etats-Unis». Et notamment en laissant sciemment derrière des documents militaires montrant des plans d’attaque «stratégiques» élaborés par Pyongyang contre «les forces impérialistes américaines» dans l’océan pacifique, ainsi que des détails sur la puissance militaire supposée de la Corée du Nord.

La carte montrant le «plan de frappes» nord-coréen sur le territoire américain a-t-elle été laissée intentionnellement? En réalité tout l’arrière plan de la photographie a fait l’objet d’un traitement logiciel, invisible à l’œil nu.

Soumise au logiciel d’analyse approfondie exclusif Tungstène, la photographie révèle que des zones ont fait l’objet d’une post-production importante.

On remarque alors qu’un certain nombre d’éléments, notamment les symboles liés au pouvoir du régime, insignes, attaches, étoiles, sur les personnages comme dans leurs reflets, ont fait l’objet d’un renforcement (zones blanches), mais aussi que certaines zones ont fait l’objet d’un traitement inverse, c’est-à-dire que des informations ont été sciemment détruites (zones noires).

Ces zones concernent les documents posés sur le bureau devant lequel est assis Kim Jong-un, ainsi que le verso de la feuille que le leader coréen tient en main et s’apprête à signer, mais pas seulement.

«La photographie numérique ne renvoie aucune information de texture ni de propagation de lumière au niveau de deux zones précises, qui correspondent toutes deux aux zones basses des cartes situées en arrière-plan des personnages», explique l’expert Roger Cozien, dirigeant de la société eXo maKina, qui développe et commercialise le logiciel Tungstène.

Le renforcement classique de certains éléments du décor et des personnages réalisé par les autorités nord-coréennes cache en réalité un travail plus important de destruction d’informations sur ce qui est présenté par Pyongyang comme les plans de frappes stratégiques contre les Etats-Unis. En particulier au niveau des zones maritimes se situant au sud-ouest de la Californie, reproduite à l’identique sur les deux cartes. «On a vraisemblablement voulu cacher des éléments», note Roger Cozien.

Le service photo de l’AFP, destinataire parmi d’autres de l’agence de presse officielle KCNA, reçoit régulièrement ce type d’images de l’organisme de propagande du régime de Pyongyang, par ailleurs source quasi unique d’informations en provenance de Corée du Nord.

La communication officielle

La plupart du temps, pour ne pas dire toujours, ces images ont fait l’objet d’une post-production, c’est-à-dire que leur qualité a été altérée, parfois simplement pour appuyer un élément visuel, ce qui n’est pas rare non plus chez des services de communication occidentaux, parfois pour modifier en profondeur d’autres éléments à des fins de manipulation.

Sur cette image montrant la place Kim Il-sung noire de monde, censée illustrer le soutien du peuple nord-coréen à la décision du «commandant suprême» d’entrer en guerre contre les Etats-Unis, l’ensemble des drapeaux, banderoles, bannières, panneaux et slogans, ont été renforcés à l’aide d’un outil de traitement d’image, afin de les rendre plus prégnants.

En jaune, les zones ayant fait l’objet du renforcement particulièrement important. On observe que celles-ci correspondent aux éléments visuels relatifs au pouvoir nord-coréen, mais aussi aux affiches et panneaux brandis par les personnages présents.

Les photographies officielles nord-coréennes ont presque systématiquement une qualité notoirement insuffisante pour permettre l’identification visuelle des détails, ce qui permet, mais il ne s’agit pas du but premier, d’occulter d’éventuels trucages. Tout au plus souhaite-t-on que l’on retienne une impression d’ensemble, ici l’ordre, la discipline, la foule compacte. «Dans le cas présent, cela peut permettre de cacher les coulisses du rassemblement et l’omniprésence du service d’ordre en nombre très important», explique Roger Cozien.

Les zones blanches représentent les éléments ayant fait l’objet d’une post-production plus classique (lissage, floutage, pixelisation). Elles correspondent à la foule et à certains bâtiments entourant la place Kim Il-sung.

Comme il est souvent impossible d’évaluer la date de l’événement qu’elles sont censées illustrer, ni son existence, les agences de presse destinataires traitent toujours les images de Corée du Nord avec la plus grande précaution. Et lorsqu’elles décident de les mettre à disposition de leurs clients, elles le font en les avertissant de leur provenance et en les conseillant de les considérer avec attention.

Lorsque le photomontage est trop grossier, ce qui pouvait arriver régulièrement par le passé, les agences ne le diffusent pas. Mais de plus en plus souvent, il arrive que les montages en provenance de Pyongyang soient d’une telle qualité que même un œil avisé est incapable de les détecter sans une aide logicielle. Ce qu’il était possible d’interpréter à l’œil nu comme une tromperie, devient aujourd’hui presque impossible sans une analyse méthodique et des outils exceptionnellement performants.

Sur cette image non datée, et a priori anodine, on remarque que certains visages ont été appuyés par une lumière artificielle (flèches bleues). La présence de personnages tournés vers la foule, comme pour la surveiller, de même que l’orientation des visages des personnes leur faisant face, peuvent laisser penser que le rassemblement spontané que le cliché est censé illustrer ne l’est pas (flèches vertes). Le spectre visible à l’œil nu au troisième rang (cadre rouge) permet d’envisager l’hypothèse qu’un élément, peut-être un visage, ou un personnage, a été supprimé de la photographie.

De là à accréditer la thèse selon laquelle la Corée du Nord serait capable d’accompagner ses paroles d’actes, il n’y a qu’un pas. Car si la modification des images accompagnant la propagande de Pyongyang ne permet à aucun moment d’affirmer que les événements qu’elles sont censées illustrer ont jamais réellement eu lieu, rien n’indique non plus que ceux-ci ne pourraient pas un jour survenir.

Lundi, Séoul indiquait surveiller avec la plus grande attention les activités sur le site atomique nord-coréen de Punggye-ri, évoquant la possible survenance prochaine d’un quatrième essai nucléaire organisé par Pyongyang et qui, cette fois, risquerait de transformer définitivement l’escalade verbale en escalade militaire.

Emile Van Bever

Images eXo maKina


Plagiat: L’université aussi ! (Who will watch the watchmen ?)

10 avril, 2013
A qui se fier ? Qui gardera les gardiens ? Philippe Bilger
Non, malheureusement pour moi. Mon éditeur ne me refuse rien. Il me faut deviner si le livre est mauvais ou non, parce qu’il ne me le dira pas. Frédéric Beigbeder
Il nous semble qu’il occulte en l’occurrence la dimension cosmique desdits phénomènes ; une dimension qui, selon le paradigme astrologique – et notre conviction – vient coiffer le social. En effet, le social est loin d’expliquer toutes les “crises… qui se produisent dans la société”. À preuve les actions totalement illogiques, non linéaires, non-logiques et inexplicables autrement que par le paramètre astral qui joue alors le rôle de paramètre éclairant et englobant coiffant le non-logique apparent. Dr. Elizabeth Tessier
C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. […] L’autre erreur est de m’accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Stéphane Hessel
Démissionner sur une initiative personnelle (…) serait un acte d’orgueil alors je me dois d’agir aujourd’hui dans la plus grande humilité. Gilles Bernheim

Je n’ai rien à cacher aussi bien sur des choses anciennes que sur des choses à venir. Lorsqu’une faute a été commise, je le dis, et là-dessus c’est parfaitement acté. Et j’ajoute par ailleurs que lorsqu’un livre est imprimé, il y a parfois des étapes intermédiaires. Cela n’enlève rien à ma responsabilité. (…) Ce qui montre bien que ma démarche était soit suicidaire, soit parsemée d’un certain nombre d’erreur liées à la confiance mal donnée ou accordée à tel ou tel qui se servent de textes et qui ne donne ni la référence ni les guillemets. En toute situation j’assume et je suis pleinement responsable. (…) Mais ceci étant dans l’activité rabbinique qui est la mienne depuis prés de quatre ans et demi, je n’ai pas commis de fautes et l’histoire de l’agrégation, l’histoire des emprunts ou des plagiats. Ceux sont des faits importants, moralement graves. Mais je n’ai pas commis de fautes dans l’exercice de ma fonction dans l’attachement aux causes qui sont les miennes. Gilles Bernheim

Je me permettrais d’ajouter que lorsque je me suis présenté en 2008 à l’élection pour le Grand Rabbinat de France, l’information avait déjà circulé à l’époque. Je n’ai strictement rien dit et d’ailleurs vous observerez qu’au dos de tous mes écrits, jamais n’apparait l’expression : agrégé de philosophie. Que sur des notices, cela ait pu apparaître parce que les notices, elles, elles ne sont pas faites par l’auteur, par le sujet que je suis. Elles peuvent être faites par d’autres personnes qui s’appuient les uns sur certains réseaux d’informations, d’autres sur le net ou d’autres choses. Il y a des erreurs qui se véhiculent et qui finissent par devenir pour beaucoup des vérités. Pour ma part, je le regrette profondément. Gilles Bernheim
Cette affaire confirme que la pratique du plagiat est rarement ponctuelle – le fait malheureux d’un auteur qui a failli accidentellement -, mais bien une méthode d’écriture par procuration, parfaitement au point chez certains publiants – inutile de parler d’auteurs, et encore moins d’écrivains. Encore que ces types de livres soient quelquefois les plus lus, puisqu’ils sont plus des produits de promotion d’une personnalité ou d’une institution qu’un véritable travail intellectuel s’inscrivant dans une réflexion personnelle. Hélène Maurel-Indart
Même les trois pages de remerciements, très originaux, avaient été plagiées. Seul les noms des personnes remerciées avaient été changés! Jean-Noël Darde
Au mois de décembre, on a démasqué un cadre qui se prétendait diplômé de Polytechnique alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds. Quand je l’ai rappelé, il m’a dit que nous étions les premiers à nous en rendre compte en vingt ans de carrière. Emmanuel Chomarat (président du directoire de Verifdiploma)
Comme le nuage de TcherNobel, le phénomène des faux diplômes s’arrêterait juste du bon côté de la frontière ? Ouf, nous voilà rassurés ! Mais, en insistant un peu, la plupart des recruteurs lâchent une petite anecdote sur un candidat affabulateur, voire faussaire. Ainsi, Florian Mantione, directeur du cabinet du même nom, n’oubliera pas ce cadre qui prétendait avoir fait Sup de Co Toulouse en 1972 : « Malheureusement pour lui, c’était justement mon école, ma promotion, et je ne l’avais jamais vu. » Pas de chance ! Pour l’instant, les menteurs sont plus nombreux que les faussaires. Mais, récemment, le patron de Verifdiploma a découvert que le diplôme de BTS d’un jeune candidat était un faux. Courrier cadres

Attention un « funeste secret de famille » peut en cacher un autre !

Plagiats de thèses massifs (jusqu’aux remerciments !), logiciels d’analyse automatique des textes dépassés par les traductions ou les reformulations, mode de financement des laboratoires de recherche  fondé sur le nombre de publications réalisées par les chercheurs,  universités et institutions de recherche en lutte de plus en plus féroce pour les financements et pour progresser dans les classements internationaux, absence d’instances internes aux établissements d’enseignement supérieur adaptées, chasseur de plagiats voyant ses cours et ses primes de recherche suspendues, plagiés qui ne prennent même pas la peine de déposer plainte  …

A l’heure où, affaire Cahuzac oblige et après le mensonge légal du mariage pour tous, nos dirigeants et députés rivalisent de candeur soudaine …

Et qu’après nombre de nos journalistes et gens de lettres et sans compter l’évident abus de faiblesse dont a été tout récemment victime notre grand Hessel national, c’est au tour d’un étrangement cryptomnésiaque et (déformation professionnelle?) casuistissime grand rabbin de France lui-même de se faire prendre (jusqu’au plagiat systématique, « trahi » selon la formule consacrée « par son assistant d’écriture« ,  et à l’usurpation de titre !) par le miroir aux alouettes médiatiques…

Pendant qu’en ces temps – internet oblige – d’industrialisation de la triche, les têtes tombent en Allemagne ou en Corée  …

Comment ne pas voir avec ce président d’université cité dans un article du Figaro évoquant déjà l’an dernier une institution et des chercheurs français paupérisés et sommés de « publier ou mourir » pour retrouver des financements et remonter des profondeurs des classements internationaux

Que le plagiat, pourtant devenu massif et sans parler des faux CV et diplômes (voire, au pays des madames Soleil docteurs en sociologie, des thèses fantaisistes), n’est pas près de « faire partie des objectifs de recherche » ?

Thèses, doctorats : le plagiat reste tabou à l’université

Quentin Blanc

Le Figaro

18/10/2012

La ministre allemande de l’Éducation vient d’être mise en cause dans une affaire de plagiat qui pourrait la pousser à démissionner. En France, la plupart des établissements préfèrent fermer les yeux dans de tels cas. Une situation jugée honteuse par certains universitaires.

Annette Schavan, ministre de l’Éducation allemande pourrait bien être obligée de démissionner dans les jours qui viennent. Elle aurait plagié de larges passages de sa thèse de doctorat. L’année dernière, déjà, le ministre de la défense et étoile montante du parti de Mme Merkel avait du quitter son poste suite à une révélation similaire.

En France, nos dirigeants passent avant tout par l’ENA ou les grandes écoles. Ils sont peu nombreux à avoir soutenu une thèse. Laissant le phénomène dans l’ombre des amphis. Pourtant «Le plagiat a pris de l’ampleur à l’université, s’offusque Michelle Bergadaà, spécialiste du sujet, mais il n’est pas pris au sérieux». Pour que ces fraudes ne restent pas impunies, des universitaires français ont décidé de dénoncer les cas, de sensibiliser leurs collègues, d’exposer sur des blogs les textes incriminés.

Des thèses plagiées à 99 %

Les «emprunts» sont souvent spectaculaires. «Les cas dont je parle et que je présente sur mon site sont des thèses qui sont entre 75 et 99 % plagiées» précise M. Jean-Noël Darde, maître de conférence à Paris 8 et auteur d’un blog consacré au sujet. Il cite «un cas où même les trois pages de remerciements, très originaux, avaient été plagiées. Seul les noms des personnes remerciées avaient été changés!»

Les moyens nouveaux de traquer ces abus se développent. Des logiciels comme Compilatio, par exemple, analysent automatiquement les textes à la recherche d’emprunts. Ils sont malheureusement faciles à tromper. Les traductions ou les reformulations lui échappent le plus souvent. Le cas de l’ex-ministre allemand de la Défense est un bon exemple. Des milliers d’internautes avaient du s’allier pour traquer tous les emprunts non sourcés dans sa thèse.

En France, les chasseurs de plagiaires sont encore peu nombreux. Il revient aux professeurs de se montrer vigilants. «Il n’y a rien de déshonorant à être abusé par un plagiaire. Ce qui l’est, c’est de ne pas réagir lorsque l’on s’en aperçoit» explique M. Darde. Et d’accuser: «Trop souvent, les autorités académiques ignorent les cas signalés». Elisabeth Sledziewski, philosophe à l’université de Rennes, parle même de «funestes secrets de famille».

«Les établissements se décrédibilisent aux yeux du public»

Le plus souvent, «il n’existe pas d’instances internes aux établissements d’enseignement supérieur adaptées à ces nouveaux enjeux» selon Mme Bergadaà. En conséquent, «les cas de plagiat doivent être traités par la justice civile. Ce qui implique qu’il y ait un dépôt de plainte réalisé par l’auteur plagié. C’est rarement le cas.» Elle estime que cette politique de l’autruche dessert les établissements d’enseignement supérieur: «Ils se décrédibilisent aux yeux du public et des étudiants car ils sèment le doute sur leur intégrité.» Dénoncer publiquement les cas avérés reste généralement la seule solution possible.

Mme Bergadaà, comme d’autres, pointe «le mode de financement des laboratoires de recherche qui est fondé sur le nombre de publications réalisées par les chercheurs. S’il faut publier beaucoup, et vite, eh bien, on hésitera moins à aller se servir discrètement dans les œuvres des autres.»

Or, aujourd’hui plus que jamais, nos universités se battent pour leurs financements et pour progresser dans les classements. Dans ce contexte, sont-elles vraiment prêtes à lutter contre ce problème? La question mérite d’être posée. Car en attendant, M. Darde a vu ses cours supprimés et sa prime de recherche suspendue par Paris 8. Bien qu’il se défende de tout laxisme, le président de l’établissement lui a adressé une lettre lui expliquant que le plagiat ne faisait pas partie des objectifs de recherche de l’université.

Voir aussi:

Un scandale « typisch deutsch »

Frédéric Lemaitre

07 février 2013

Annette Schavan et la chancelière Angela Merkel, le 13 décembre au Bundestag, à Berlin. Photo : Rainer Jensen/AP

Annette Schavan, ministre de l’éducation et de la recherche, est sans doute sur le départ. Lundi 4 février, l’université de Düsseldorf où elle a fait ses études de philosophie, lui a retiré son titre de docteur. Sa thèse, soutenue il y a plus de trente ans, contient trop de passages « empruntés à d’autres » sans qu’il y soit fait référence. Dans ce pays où le titre de docteur est un précieux sésame – que l’on ajoute à son état civil –, on ne plaisante pas avec le plagiat.

En 2011, le baron Karl-Theodor zu Guttenberg, alors ministre de la défense, que certains voyaient déjà chancelier, avait dû démissionner pour les mêmes raisons.

Pourtant, les deux cas ne sont pas tout à fait identiques. « K-T » comme l’appelaient les Allemands, avait carrément plagié 60% de sa thèse, rédigée à la va-vite quand il était déjà responsable politique dans le seul but d’être non seulement baron mais aussi docteur.

Le cas Schavan est plus compliqué. Cette célibataire de 57 ans, catholique pratiquante un brin austère, est une bosseuse reconnue et discrète. Le contraire du flamboyant « Baron de Googleberg », comme on a surnommé son ex-collègue. De plus, le plagiat est moins flagrant. D’ailleurs, le conseil de l’université n’a pas rendu son avis à l’unanimité. La communauté scientifique est divisée. Si l’opposition réclame la démission d’Annette Schavan, ce n’est pas l’hallali.

Reste qu’Annette Schavan est ministre de la recherche et qu’on la voit mal rester crédible à un tel poste.

Alors que la ministre est – opportunément – en voyage en Afrique du Sud et ne rentre que ce vendredi à Berlin, Angela Merkel, dont elle est une amie proche, lui a renouvelé sa « pleine confiance ». Les deux femmes devraient se rencontrer dès vendredi soir. Et Angela Merkel tranchera. A quelques mois de l’élection, la plupart des commentateurs parient sur la démission de la ministre. Malgré tout, celle-ci se défend. « Non pas pour mon titre mais pour mon intégrité », dit-elle. Elle a d’ores et déjà intenté un recours devant le tribunal administratif. Mais outre qu’il n’est pas très glorieux pour un ministre de la recherche de demander à des juges de contredire des scientifiques, aucun magistrat n’aurait, depuis les années 1960, donné raison à un plaignant dans ce cas de figure.

Voir également:

Comme Annette Shavan, peut-on perdre son doctorat en France ?

Michel Alberganti

Globule et téléscope

6/02/2013

Un doyen de faculté qui s’avance vers les caméras pour annoncer que le doctorat de philosophie de la ministre de l’éducation et de la recherche, Annette Schavan, est invalidé 33 ans après lui avoir été décerné… La scène s’est déroulée en Allemagne, le 5 février 2013, à l’université de Düsseldorf. Quelque chose me dit qu’elle est difficilement imaginable en France. Mais pourquoi, au fond ?

1°/ Le titre de “Doktor” jouit d’une grande notoriété outre-Rhin

Alors qu’en France, seuls les docteurs en médecine peuvent espérer voir leur titre accolé à leur nom, en Allemagne, Herr Doktor jouit d’une aura considérable quelle que soit la discipline. Le paradoxe de l’université française conduit ainsi son diplôme le plus prestigieux a n’être jamais mis en avant par ceux qui l’ont obtenu après, au moins, une dizaine d’années de laborieuses études. Ainsi, alors que je reçois chaque année environ 200 scientifiques dans Science Publique, l’émission que j’anime sur France Culture, très rares sont ceux qui se présentent comme docteurs alors que bon nombre le sont. Pourquoi ? Il semble que la filière du doctorat reste refermée sur l’université. La vocation d’un docteur est de devenir professeur et/ou directeur de recherche. Même s’ils entrent au CNRS, les docteurs ne sortent guère des murs de ces institutions.

En Allemagne, après leur thèse, la plupart des Doktor font leur carrière dans l’industrie. Leur visibilité n’a alors pas de commune mesure. Surtout dans un pays où l’industrie est également fortement valorisée.

En France, conscient de ce problème qui leur barre souvent la route vers des emplois dans les entreprises alors que l’université est saturée, les docteurs se sont réunis dans une association nationale des docteurs, l’ANDès dont l’objectif affiché est de “promouvoir les docteurs”. Étonnant paradoxe… Le titre le plus élevé a donc besoin de “promotion”. C’est pourtant justifié. Le docteur reste loin d’avoir la même cote, dans l’industrie, d’un polytechnicien ou d’un centralien. Résultat, le faible nombre de docteurs dans les entreprises est l’une des principales causes du retard français en matière de pourcentage du PIB consacré à la recherche.

2°/ Pas besoin d’être docteur pour être ministre de la recherche en France

En Allemagne, donc, on ne badine pas avec le doctorat. Et même, ou surtout, un ministre de la recherche ne saurait avoir usurpé son titre. En France, ce cas de figure a d’autant moins de chances de se produire que… les ministres de la recherche sont rarement docteurs. A partir d’Hubert Curien, docteur es sciences, ministre de la recherche jusqu’en 1993, on ne trouve guère que 3 docteurs sur ses 19 successeurs: Claude Allègre, docteur es sciences physiques, ministre de 1997 à 2000, Luc Ferry, docteur en science politique, ministre de 2002 à 2004 et Claudie Haigneré, docteur ès sciences, option neurosciences, ministre déléguée de 2002 à 2004.

Force est de constater que ces trois ministres n’ont pas laissé un souvenir impérissable. Lorsque Luc Ferry et Claudie Haigneré étaient aux commandes, l’un des plus forts mouvements de révolte des chercheurs s’est produit avec “Sauvons la recherche“, en 2003. Il a fallu un autre couple, beaucoup plus politique, François Fillon et François d’Aubert, pour rétablir l’ordre et redonner un peu d’espoir dans les laboratoires.

3°/ Pas besoin d’une thèse de valeur pour être docteur en France

C’est peut-être ce qui fait le plus mal à l’image de l’université française. Et c’est peut-être lié à la sous-valorisation du doctorat. Même s’ils peuvent paraître anecdotiques, trois exemples publics ont suffi pour jeter un discrédit tenace sur l’institution qui délivre les doctorats. Il s’agit du diplôme décerné à Elizabeth Teissier, docteur en sociologie en 2001 avec sa thèse intitulé “Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence fascination-rejet dans les sociétés postmodernes”. Ex mannequin et comédienne, Elizabeth Teissier est surtout astrologue depuis 1968. Elle avait, certes, obtenu un DEA en Lettres modernes… en 1963.

Les autres exemples de doctorats ayant défrayé la chronique sont, bien entendu, ceux des frères Bogdanoff en mathématiques appliquées et en physique théorique. Ces cas sont-ils des exceptions ou la partie émergée de l’iceberg ? C’est toute la question.

Mais la France aurait sans doute besoin d’une “affaire Schavan”. Pas forcément, d’ailleurs, concernant le doctorat, rare, d’un ministre de la recherche. Mais juste une reconnaissance d’erreur. Histoire de montrer que l’institution universitaire est capable de revenir sur la décision de l’un de ses directeurs de thèse et d’un jury. L’erreur étant humaine, son absence est d’autant plus suspecte. Lorsqu’un peu moins de 10 000 thèses sont soutenues chaque année en France (contre environ 15 000 en Allemagne), une faute devrait être pardonnée. Encore faudrait-il qu’elle soit avouée ou déclarée…

Voir encore:

Texte intégral de l’interview de Gilles Bernheim sur radio Shalom

Israel Infos

10.04.2013 – 30 Nisan 5773

Nous reproduisons ci dessous le texte intégral de l’entretien réalisé par Pierre Gandus sur radio Shalom, le 9 Avril 2013. Transcription : Franck Sebbah

[Gilles Bernheim] PIERRE GANDUS :

Le Grand Rabbin de France s’exprime ce soir et en direct sur Radio Shalom. Dans une tourmente médiatique concernant plusieurs faits qui vous sont reprochés et qui pour certains d’entre eux vous avez reconnu.

Ces révélations, Gilles Berheim, ont provoqué étonnement, stupeur voire même un sentiment de trahison quant on sait le temps et les difficultés qui ont été les vôtres et celle de votre équipe pour imprimer une nouvelle image au judaïsme français plus moderne, plus dynamique, plus en phase avec la société française.

Nous allons parler de cela en toute franchise car ce soir la communauté juive attend vos réponses qui comme mes confrères de la presse et toux ceux qui nous écoutent et qui ne sont ni juifs, ni journalistes.

Alors on va dans un premier temps être assez factuel.

Première affaire, suite à de nombreuses attaques de plagiat sur Internet concernant « Les 40 méditations juives » parus en 2011, vous déclarez le 20 mars que l’emprunt aurait été le fait du philosophe Jean-François Liottard et de son interlocutrice qui aurait eu entre les mains la photocopie manuscrite d’un cours tenu par vous alors que vous étiez aumônier des étudiants.

Devant l’afflux des révélations alors que vous vous trouviez en Israël pour la clôture de la fête juive de Pessah, vous avez changé de discours en reconnaissant le plagiat et l’utilisation d’un nègre et en demandant à votre éditeur de retirer l’ouvrage de la vente ainsi que de votre bibliographie. Vous précisez aussi que c’est la seule et unique fois où vous vous êtes livré à un tel arrangement. Pourquoi cette réponse en deux temps et pourquoi vous êtes- vous enferré dans ce mensonge ?

GILLES BERNHEIM :

Vous savez lorsqu’un fait comme celui-là, quand des faits comme ceux-là sont révélés brutalement sur la place publique, que vous ne vous y attendiez pas, que vous n’êtes pas du tout préparé à la réaction, vous mentez bêtement.

Quand je dis, vous mentez bêtement, vous vous défendez immédiatement sans réfléchir.

Et pour ma part, je regrette profondément aujourd’hui.

PIERRE GANDUS :

La Deuxième affaire concerne « Le souci des autres, fondements de la loi juive » paru en 2002 où ce sont plusieurs pages qui ont été empruntés à Jean-Loup Charvet dans son livre « L’éloquence des larmes » dont la révélation a pris corps aujourd’hui même.

Sur cette affaire que répondez-vous ?

GILLES BERNHEIM :

Très simplement.

Le livre « Le souci des autres » est un livre de cours que j’ai donnés en tant qu’aumônier des étudiants pendant de très nombreuses années au Centre Edmond Fleg devant des dizaines et des dizaines d’étudiants.

Ce qui veut dire quoi ?

Ce qui veut dire que beaucoup plus tard, il m’a été demandé d’en faire un livre.

Et que pour illustrer – pas illustrer au sens d’illustration – mais parfois pour rendre plus clairs, plus pédagogiques, plus compréhensibles des enseignements de Torah que j’avais retranscrits de mes cours, soit j’ai demandé à des personnes de me faire ce travail plus pédagogique avec donc des références littéraires ou autres (et même si d’autres ont commis des fautes, j’en suis le seul responsable puisque c’est moi qui l’ai demandé, que ceci soit parfaitement clair), soit, et cela a pu arriver à plusieurs reprises, lorsque je préparais les cours durant toutes ces années, c’est-à-dire depuis le début des années quatre-vingts où j’ai enseigné au Centre Edmond Fleg – et c’est ma faute mais c’est une réalité – à savoir que pour rendre plus fluides et plus accessibles des enseignements de Torah qui sont parfois d’une certaine exigence, d’une certaine rigueur, d’une certaine difficulté du langage, je me suis servi, je prenais des notes à la main, j’écrivais au crayon pour reprendre dans tel ou tel livre quelque chose qui me semblait très proche du raisonnement de tel ou tel maître de la tradition rabbinique.

Et la faute qui est la mienne et je le dis très clairement, c’est que je ne mettais pas de références au point que ces notes devenaient miennes.

Jusqu’au jour où j’en ai fait un livre avec, très certainement, des emprunts – ce que d’autres appelleront des plagiats – de textes qui convergent avec l’essentiel de l’enseignement des maîtres rabbiniques mais qui restent des emprunts et, cela, non seulement je le regrette profondément mais je sais que c’est une faute morale.

PIERRE GANDUS :

D’autant que vous auriez pu signaler la référence.

GILLES BERNHEIM :

Tout à fait.

PIERRE GANDUS :

Troisième affaire, le 21 décembre dernier dans son discours annuel à la Curie romaine, lors d’un discours très attendu, le Pape Benoit XVI avait cité votre plaquette contre « le mariage pour tous », publiée le 18 octobre dernier sous le titre : « Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption, ce que l’on oublie souvent de dire. »

Un événement salué par la communauté juive et la presse dans le monde entier.

Là encore, on vous reproche d’avoir emprunté plusieurs pages de son livre à Joseph Marie Verlinde : « L’idéologie du Gender – Identité reçue ou choisie ? » publié en mars 2012.

Vous confirmez ou vous infirmez aussi cet emprunt ?

GILLES BERNHEIM :

Je confirme.

Je n’ai rien à cacher aussi bien sur des choses anciennes que sur des choses à venir.

Lorsqu’une faute a été commise, je le dis, et là-dessus c’est parfaitement acté. Et j’ajoute par ailleurs que lorsqu’un livre est imprimé, il y a parfois des étapes intermédiaires. Cela n’enlève rien à ma responsabilité.

Ce que j’entends par une étape, c’est que d’aucuns peuvent reprendre du texte et reprendre à leur compte et ensuite vous l’utilisez.

Il m’est arrivé, enseignant au Centre Edmond Fleg, de laisser des gens enregistrer et de retrouver des lignes ou des pages dans d’autres livres.

Parfois, en général légèrement remaniées et puis, je vais vous dire une chose, si vous imprimez une page telle quelle, c’est complètement imbécile.

Quelqu’un qui est complètement pervers et qui veut se servir du travail des autres, il n’imprime pas les choses telles quelles.

Il les réécrit à sa façon pour s’en inspirer. Ce qui montre bien que ma démarche était, soit suicidaire, soit parsemée d’un certain nombre d’erreurs liées à la confiance mal donnée ou accordée à tel ou tel qui se servent de textes et qui ne donnent ni la référence ni les guillemets.

En toute situation j’assume et je suis pleinement responsable.

PIERRE GANDUS :

Et entre les deux, entre l’attitude suicidaire et la confiance mal donnée. Vous choisissez quoi ?

GILLES BERNHEIM :

Je choisis d’abord la deuxième solution non pas parce qu’elle m’arrange mais parce qu’elle est réelle. Et aussi des textes en d’autres circonstances qu’il m’est arrivé de reprendre dans les conditions que j’ai évoquées tout à l’heure.

À savoir que pour construire quelque chose, je me suis servi de textes anciens sans mettre moi-même la référence sur mes notes. Jusqu’à faire comme si elles m’appartenaient.

PIERRE GANDUS :

Dernier point il concerne votre agrégation de philosophie.

La société des agrégés n’a pas de trace de votre agrégation.

« Soit il n’est pas agrégé, soit il s’agit d’une erreur de transcription », c’est ce qu’avance la présidente de cette société.

On a entendu plein de choses au sujet de cette agrégation sauf votre version.

GILLES BERNHEIM :

Ma version est très simple, non pas parce que l’affaire fut simple à ce moment-là.

Nous sommes près de 40 ans plus tard, disons 37 ans plus tard. Il s’est simplement passé une chose. Lorsque vous arrivez à un concours, cela peut arriver.

Et c’est ce qui m’est arrivé, alors que les choses étaient très largement bien engagées avec une réussite sinon certaine, en tout les cas probable ou très possible, de craquer.

Craquer non pas sur une note mais parce qu’un événement tragique arrive à un moment où l’on ne peut pas se permettre de subir dans sa vie intime des événements extérieurs au travail intellectuel. Cela s’est passé ainsi.

L’événement tragique et puis ensuite on entre dans le déni.

C’est-à-dire, le fait, non pas de proclamer partout, mais de laisser dire que l’on est agrégé, permet de mettre un pansement sur une blessure qui est très forte et de vivre longtemps avec.

Je me permettrais d’ajouter que lorsque je me suis présenté en 2008 à l’élection pour le Grand Rabbinat de France, l’information avait déjà circulé à l’époque.

Je n’ai strictement rien dit et d’ailleurs vous observerez qu’au dos de tous mes écrits, jamais n’apparait l’expression : agrégé de philosophie.

Que sur des notices, cela ait pu apparaître parce que les notices, elles, elles ne sont pas faites par l’auteur, par le sujet que je suis.

Elles peuvent être faites par d’autres personnes qui s’appuient les uns sur certains réseaux d’informations, d’autres sur le net ou d’autres choses.

Il y a des erreurs qui se véhiculent et qui finissent par devenir pour beaucoup des vérités.

Pour ma part, je le regrette profondément.

PIERRE GANDUS :

Donc vous nous dites ce soir que vous n’êtes pas agrégé de philosophie.

GILLES BERNHEIM :

Non

PIERRE GANDUS :

Jean-Noël Darde, spécialiste des plagiats, est à l’origine de toutes ces révélations.

Est-ce que vous le connaissez ?

Est-ce qu’il y a un contentieux entre vous et pourquoi ces révélations sortent maintenant alors que les livres cités ont été publiés plusieurs années auparavant ?

GILLES BERNHEIM :

Je ne connais pas cet homme du tout.

Et jusqu’à cette affaire, j’en ignorais l’existence.

Je n’ai strictement rien à dire sur une personne que je ne connais pas.

Quant à la deuxième question – à savoir pourquoi cette affaire sort maintenant – permettez-moi de ne pas y répondre.

Parce que l’heure n’est pas à l’explication de l’histoire, de l’interprétation.

L’heure est à une prise de conscience personnelle des erreurs que j’ai commises.

De manière à en tirer des leçons.

Parce que vous le savez, lorsque l’on a des responsabilités très lourdes, beaucoup de gens – si vous réussissez un temps soit peu dans ce que vous faites- vous perçoivent comme une espèce de héros. Comme quelqu’un qui aurait de très grandes capacités ou des grandes compétences et donc vous n’avez pas envie de les décevoir et de vous enfermer dans l’image que les autres peuvent avoir de vous et finalement que vous vous donnez à vous-même.

Et je pense qu’à l’instant présent, c’est non seulement l’humilité mais la remise en question qui s’impose à moi.

De manière à vérifier chaque jour, à ne pas commettre de fautes, d’erreurs.

De ne pas viser plus haut que ce que je suis capable de faire en terme d’efforts, de réussite. Autrement dit d’être pleinement homme et ne pas se vouloir plus qu’un homme au-dessus des autres. Et je me permettrais de rajouter ce qu’enseigne le Baal Chem Tov, à savoir que « l’homme est le bégaiement de D-ieu ». Il faut savoir parfois accepter de ne pouvoir bégayer et pas toujours parler parfaitement pour rien.

PIERRE GANDUS :

Vous parliez à l’instant de cette prise de conscience personnelle.

Je suppose que vous-même, vous vous posez des questions sur ce qui vous a poussé à agir ainsi.

Est-ce que vous avez un début de réponse ?

GILLES BERNHEIM :

Qu’est-ce qui pousse à agir ainsi ?

Vous savez ce que m’a rapporté l’histoire de l’agrégation ?

Je n’en ai jamais profité.

Je n‘ai jamais demandé un bénéfice, un profit, un poste, un avantage quelconque.

Que ce soit en termes de situation, que ce soit en termes d’argent, de représentation.

Là où j’ai été pour parler, pour enseigner, pour partager la Torah à l‘épreuve du monde, c’est-à-dire la pensée de la Torah à l’épreuve de la pensée occidentale, je l’ai fait oralement, sans notes, rarement avec des notes.

Ce qui nécessite une certaine compétence, un vrai travail de préparation, de réflexion, de clarté, de pédagogie.

Lorsque vous débattez avec de grands philosophes contemporains, avec ou sans titre d’agrégation, que vous débattez sans notes, vous n’existez que si vous êtes à la hauteur, si vous maitrisez votre savoir et ensuite c’est aux autres d’en juger.

De juger de la qualité de vos prestations.

Et vous savez depuis tant d’années, c’est-à-dire depuis 1978 où je suis rabbin, à Paris, en France, en Europe, en Israël et ailleurs, les débats publics ont été très nombreux. L’enseignement de la Torah, j’en parlais tout à l’heure, je l’ai pratiqué dans le cadre de l’aumônerie des étudiants puis de la Synagogue de la Victoire. Ces enseignements ont été multiples. Enseignement sans notes, dont des générations et des générations d’étudiants ont fait leur vie, se souviennent et ce sont eux qui peuvent en témoigner. Le livre en hébreu devant l’orateur et c’est tout.

Que vous dire d’autre ?

PIERRE GANDUS :

Internet où tout se dit sans limites s’est très vite emparé de cette affaire avec aussi bien des comités de soutien à votre encontre que des collectifs appelant à votre démission. Ce soir, que dites-vous à ceux qui nous écoutent ?

Allez-vous démissionner ou rester à votre poste ?

J’ajoute d’ailleurs que certains de ceux qui veulent votre démission vous ont menacé de nouvelles révélations si vous vous maintenez à votre poste.

GILLES BERNHEIM :

Permettez-moi de dire une chose très simple.

C’est que démissionner sur une initiative personnelle relèverait d’une désertion.

Que, par ailleurs, ce ne serait pas conforme à ce que j’ai toujours été dans la vie privée et dans la vie publique. À savoir un homme qui sait prendre ses responsabilités.

J’ajouterais également que ce serait un acte d’orgueil alors que je dois agir aujourd’hui dans la plus grande humilité.

Et puis permettez-moi de dire pour terminer que ce serait contraire à la collégialité qui préside à une telle décision.

Je crois que mon propos est très clair, je travaille, j’assume ma fonction pleinement. Les menaces sont évidemment toujours très brutales et ont pour finalité d’exercer une forme de violence, de casser la personne.

Je suis solide et, dans cette esprit de collégialité dont je viens de parler, j’assume chaque jour pleinement ma fonction de Grand Rabbin de France.

PIERRE GANDUS :

Donc vous ne démissionnez pas.

Est-ce que le Consistoire central vous soutient ?

GILLES BERNHEIM :

Le Consistoire central est un ensemble de personnes.

Il y a des gens qui me soutiennent, il y a des gens qui me soutiennent moyennement, il y a des gens qui s’opposent à moi, d’autres qui ne me soutiennent pas du tout.

Il y a un peu de tout si vous me permettez cette expression.

Vous savez, des gens qui vous soutiennent, des gens qui s’opposent à vous, cela a toujours existé. J’en ai vécu des situations d’opposition, voire de confrontations violentes.

Rappelez-vous en 2008, l’élection au poste de Grand Rabbin de France, rappelez-vous d’autres situations antérieures…

J’assume. Il n’y a que les gens qui ne s’engagent pas qui n’ont aucun ennemi, aucun adversaire et qui, quelque part, survivent à toutes les situations parce qu’ils sont passés entre les gouttes d’eau.

PIERRE GANDUS :

Je voudrais à présent aborder votre travail comme GRF, vous en en parliez à l’instant.

Avec votre équipe, je le disais au début de cette émission, vous avez imprimé une nouvelle image au judaïsme français.

Plus moderne, plus dynamique, plus en phase avec la situation française.

Vous avez été de tous les combats comme pour redonner un nouveau souffle au rabbinat français, réformer le séminaire israélite : rendre plus saine la filière de la cacherout en France ; se battre contre ceux qui voulaient interdire l’abattage rituel avec le Grand Rabbin Bruno Fison ; le dossier des circoncisions avec le Grand rabbin Moshe Lewine qui est aussi votre porte-parole ; celui des derniers devoirs dus aux morts avec le Grand Rabbin Claude Mamane.

Vous avez alerté les pouvoirs publics sur la résurgence de l’antisémitisme en France. Vous avez rendu visite à de très nombreuses communautés juives à travers toute la France.

Un travail de tous les jours avec une équipe qui est à vos côtés depuis quatre ans et, pour certains, depuis bien plus longtemps.

Qu’avez-vous envie de leur dire ce soir et que dites-vous aux juifs de France qui vous ont soutenus, qui ont cru en vous pour tout ce que je viens d’énoncer.

GILLES BERNHEIM :

Ce que je voudrais leur dire c’est qu’une épreuve, traverser une épreuve comme celle que je traverse, comme celle que ma famille, mes proches, mes collaborateurs et collaboratrices traversent doit rendre plus fort.

Être plus fort, tirer des leçons, ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs, afin d’aller de l’avant…

La Techouva n’existe qu’à condition que l’on sache ne pas répéter les mêmes fautes.

Et donc être plus exigeant, beaucoup plus vigilant après que ce que l’on n’était avant. C’est la première chose que je veux leur dire.

La deuxième chose, c’est au sujet de l’image que j’ai de la communauté, l’idée que je me fais du judaïsme en France – et je voudrais associer le Grand Rabin Haim Korsia qui n’a pas été mentionné tout à l’heure parmi mes collaborateurs et il y en a encore d’autres, qu’ils ne se vexent pas de ne pas être tous rappelés ce soir –, pour imprimer au judaïsme en France un souffle important.

Et quand je dis un souffle, une plus grande proximité entre les Juifs et les non Juifs. Une plus grande proximité entre toutes sortes de Juifs.

Ceux qui pratiquent et ceux qui ne pratiquent pas et ceux qui sont « tièdes ».

C’est à dire non pas un judaïsme de clans où il y aurait différents types de Juifs… mais sans lien entre eux.

C’est très difficile parce que cela exige du respect, parfois de la tolérance.

Beaucoup de patience, là où des gens veulent réussir très vite et valoriser leurs réseaux parce qu’ils ont leurs intérêts.

Et c’est vrai que ce travail doit être poursuivi.

C’est ce que je souhaiterais accomplir si la communauté m’accorde sa confiance et si l’histoire me permet de continuer comme je le souhaite, d’aller de l’avant.

Vous avez parlé de l’école rabbinique.

Il y a là un gros chantier qui a été confié au Grand rabbin Kauffman et je l’épaulerai autant que faire se peut avec la commission administrative de l’École rabbinique.

Avec l’amitié, le soutien et la confiance du président du Consistoire central.

Et puis le travail social, le travail interreligieux.

Vous avez parlé de la cacherout, vous avez parlé de la formation continue des rabbins.

Cette formation continue que nous donnons aux rabbins, c’est pour leur permettre de mieux affronter les problèmes des familles, les problèmes sociaux, les problèmes économiques.

Pour pouvoir apporter des réponses, orienter les gens.

Pour pouvoir être de vrais relais lorsque les problèmes se posent à eux dans la communauté. C’est là le travail qui a été accompli déjà depuis quelques années maintenant.

Dans les hôpitaux, avec l’aumônerie des hôpitaux, c’est extrêmement important parce que nous savons que c’est dans les moments de souffrance que les gens réfléchissent, ont besoin des autres, veulent aller de l’avant.

Parfois ils ont des choix cruciaux à faire.

Et l’aumônier des hôpitaux est là pour aider ceux qui sont en grande souffrance ainsi que leurs familles. Je n’ai fait que recenser quelques tâches importantes, il y en beaucoup d’autres.

Le travail dans les petites communautés, les voyages, les visites, les encouragements, les enseignements et surtout, surtout, surtout, dispenser un enseignement de Torah qui parle à toutes sortes de juifs.

Qui leur donne à penser.

Que ce soit dans un langage simple ou que ce soit dans un langage intellectuel mais une Torah qui élève, qui donne l’amour de l’autre. Une Torah qui n’exclut pas, une Torah qui relie.

Et c’est cette Torah que je continuerai à enseigner chaque jour, chaque semaine et, sans doute après l’épreuve que je traverse, une Torah que je veux enseigner encore beaucoup plus et plus encore l’étudier moi-même chaque jour.

PIERRE GANDUS :

Dernier question : comment avez-vous l’intention de renouer les fils de la confiance qui se sont établis entre vous et la communauté juive ?

Entre vous et les gens qui travaillent avec vous au quotidien ?

GILLES BERNHEIM :

Ce sont en fait deux questions.

D’une part avec la communauté, d’autre part avec ceux qui travaillent avec moi au quotidien, et cela c’est important de le dire.

Pour commencer, ceux qui travaillent avec moi au quotidien peuvent être déçus, peuvent avoir l’impression d’avoir été trompés ou d’avoir été trahis.

Il m’appartient de demander pardon à ceux que j’ai pu décevoir, de leur dire et qu’ils puissent l’entendre. C’est comme demander pardon à ses proches.

Parce que les proches souffrent dans cette épreuve. Les proches, ce sont les amis, la famille, et la famille représente, pardonnez-moi l’expression, la partie la plus intime.

Et puis vis à vis de la communauté, c’est un problème d’images.

Elle est à restaurer, à reconstruire.

Ceci étant, dans l’activité rabbinique qui est la mienne depuis près de quatre ans et demi, je n’ai pas commis de fautes et l’histoire de l’agrégation, l’histoire des emprunts ou des plagiats, ce sont des faits importants, moralement graves, mais je n’ai pas commis de fautes dans l’exercice de ma fonction, dans l’attachement aux causes qui sont les miennes.

Dans l’accomplissement des nombreuses obligations qui me sont conférées et cela m’aidera à retisser, à reconstruire une image de confiance, je l’espère, si D-ieu le veut, avec l’aide du Tout Puissant.

PIERRE GANDUS :

Gilles Bernheim, merci pour ce moment de franchise et de vérité sur Radio Shalom. C’est la fin de cette émission.

Bonne soirée.

Interview réalisée par Pierre Gandus

German Fascination With Degrees Claims Latest Victim: Education Minister

Nicholas Kulish and Chris Cottrel

The New York Times

February 9, 2013

BERLIN — For 32 years, the German education minister’s 351-page dissertation sat on a shelf at Heinrich Heine University in Düsseldorf gathering dust while its author pursued a successful political career that carried her to the highest circles of the German government.

The academic work was a time bomb, however, and it exploded last year when an anonymous blogger published a catalog of passages suspected of having been lifted from other publications without proper attribution.

The university revoked the doctorate of the minister, Prof. Dr. Annette Schavan, on Tuesday (she retains the title pending appeal), and on Saturday she was forced to resign her cabinet post. It was the second time a minister had resigned from the government of Chancellor Angela Merkel over plagiarism in less than two years.

In an emotional news conference, Dr. Schavan said that she would sue to win back the doctorate, but in the meantime she would resign for the greater good. “First the country, then the party and then yourself,” she said.

Standing beside her, Dr. Merkel, who herself has a doctorate from the University of Leipzig, said that she accepted Dr. Schavan’s resignation “only with a very heavy heart,” but that politically there was no alternative.

Coming after Karl-Theodor zu Guttenberg was forced to step down as defense minister over plagiarism charges in 2011, Dr. Schavan’s déjà-vu scandal can only hurt Dr. Merkel ahead of September’s parliamentary election. But the two ministers are far from the only German officials to have recently had their postgraduate degrees revoked amid accusations of academic dishonesty, prompting national soul-searching about what the cases reveal about the German character.

Germans place a greater premium on doctorates than Americans do as marks of distinction and erudition. According to the Web site Research in Germany, about 25,000 Germans earn doctorates each year, the most in Europe and about twice the per capita rate of the United States.

Many Germans believe the scandals are rooted in their abiding respect, and even lust, for academic accolades, including the use of Prof. before Dr. and occasionally Dr. Dr. for those with two doctoral degrees. Prof. Dr. Volker Rieble, a law professor at Ludwig Maximilian University of Munich, calls this obsession “title arousal.”

“In other countries people aren’t as vain about their titles,” he said. “With this obsession for titles, of course, comes title envy.”

A surprising number of doctors of nonmedical subjects like literature and sociology put “Dr.” on their mailboxes and telephone-directory listings. The Web site of the German Parliament, the Bundestag, shows that 125 of 622 people elected to the current Parliament (including Dr. Schavan and Mr. Guttenberg) had doctorates when sworn in.

Dr. Merkel appointed Prof. Dr. Johanna Wanka, the state minister of science and culture in Lower Saxony, to take over Dr. Schavan’s position. Prof. Dr. Wanka got her doctorate in 1980, the same year as Dr. Schavan.

The finance minister, Wolfgang Schäuble, is a doctor of law. The vice chancellor, Philipp Rösler, is an ophthalmologist and thus the only one most Americans would call “doctor.”

For the plagiarism scalp hunters, the abundance of titles provides what in military circles is known as a target-rich environment, and digging up academic deception by politicians has become an unlikely political blood sport.

There is even a collaborative, wiki-style platform where people can anonymously inspect academic texts, known as VroniPlag.

Here in the homeland of schadenfreude, the zeal for unmasking academic frauds also reflects certain Teutonic traits, including a rigid adherence to principle and a know-it-all streak. “I just think that many Germans have a police gene in their genetic makeup,” Dr. Rieble said.

The University of Heidelberg revoked the doctorate of Silvana Koch-Mehrin, former vice president of the European Parliament and a leading member of Germany’s Free Democratic Party, in 2011, and she is still fighting the charges in court.

Another German member of the European Parliament, Jorgo Chatzimarkakis, saw his doctorate of philosophy revoked by the University of Bonn in 2011 after the VroniPlag Web site uncovered a number of dubious passages. Florian Graf, head of the Christian Democrats’ delegation in the Berlin city legislature, lost his Ph.D. last year after admitting to copying from other scholars’ works without properly crediting them.

In many countries, busy professionals with little interest in tenure-track positions at universities do not tend to bother writing dissertations. In Germany, academic titles provide an ego boost that lures even businesspeople to pursue them.

Prof. Dr. Debora Weber-Wulff, a plagiarism expert at the University of Applied Sciences in Berlin and an active participant in VroniPlag, suggested getting rid of superfluous doctoral titles outside of academia. “A doctor only has meaning at a university or in academia,” she told German television. “It has no business on political placards.”

But she is originally from Pennsylvania. Here the attitudes are deeply ingrained, and few think habits will change anytime soon. “It is a proof that you can handle academic stuff and that you can keep on task for quite a while,” Dr. Peter Richter, a correspondent in New York for the newspaper Süddeutsche Zeitung, said in an e-mail.

It can be a shock to Americans unfamiliar with the practice, as Dr. Richter has experienced in New York. “Here people instantly think that I’m a medicine man when they read my name,” he said.

Even within Germany the practice differs by region, he said, with those in the conservative south insisting on titles more than those in northern cities like Hamburg. There are other divides, with many members of the counterculture generation of 1968 rejecting titles, though many have come to enjoy them as they have grown older.

Dr. Schavan, 57, whose parliamentary district is in the southwestern state of Baden-Württemberg, was granted her doctorate in 1980; her dissertation was titled “Person and Conscience.” Despite that title, she was not shy about chastising Mr. Guttenberg, once an up-and-coming star from neighboring Bavaria, when his plagiarism scandal struck in 2011. One of her fellow cabinet member’s most prominent and outspoken critics, she told Süddeutsche Zeitung that she was “ashamed, and not just secretly,” about the charges against him.

The accusations against Dr. Schavan surfaced the following year on a bare-bones, anonymous Web site. The accusations were particularly significant for Dr. Schavan because she led the federal Ministry of Education and Research.

When Dr. Schavan’s doctorate was revoked, Dr. Merkel said through a spokesman that she had “complete trust” in her. While that may have sounded like a show of support, it was also exactly the same phrase she used for Mr. Guttenberg, right before he had to resign for plagiarizing passages of his dissertation.

Unlike Mr. Guttenberg, Dr. Schavan was widely known to be a friend and a confidante of Dr. Merkel’s, but few here expected that to save her job. The two women met privately on Friday evening to discuss the matter, announced at the chancellery building on a snowy Saturday afternoon. Dr. Merkel was unstinting in her praise for the departing minister but ultimately chose politics over personal ties.

“A health minister doesn’t need to be a medical doctor, but if he is one, then he can’t have committed malpractice,” Dr. Rieble said. “An education minister doesn’t need to have a Ph.D., but if he does, then his dissertation cannot be plagiarized.”

Victor Homola contributed reporting.

Voir par ailleurs:

The cheating epidemic at Britain’s universities

A cheating epidemic is sweeping universities with thousands of students caught plagiarising, trying to bribe lecturers and buying essays from the internet.

David Barrett

The Daily Telegraph

05 Mar 2011

A survey of more than 80 universities has revealed that academic misconduct is soaring at institutions across the country.

See the full list of cheating incidents at British universities

More than 17,000 incidents of cheating were recorded by universities in the 2009-10 academic year – up at least 50 per cent in four years.

But the true figure will be far higher because many were only able to provide details of the most serious cases and let lecturers deal with less serious offences.

Only a handful of students were expelled for their misdemeanours among those universities which disclosed how cheats were punished.

Most of the incidents were plagiarism in essays and other coursework, but others examples include:

* Three cases categorised as « impersonation » by Derby University and three at Coventry, along with 10 « uses of unauthorised technology »

* Kent University reported at least one case where a student attempted to « influence a teacher or examiner improperly ».

* At the University of East Anglia students submitted pieces of work which contained identical errors, while others completed reports which were « almost identical to that of another student », a spokesman said, while one was caught copying sections from the Wikipedia website.

* A student sitting an exam at the University of the West of Scotland was caught with notes stored in an MP3 player.

* A Bradford University undergraduate completed work at home, smuggled it into an examination then claimed it had been written during the test.

* The University of Central Lancashire, at Preston, reported students had been caught using a « listening and/or communications device » during examinations.

* Keele undergraduates sitting exams were found to have concealed notes in the lavatory, stored on a mobile telephone and written on tissues while two students were found guilty of « falsifying a mentor’s signature on practice assessment documents to gain academic benefit ».

Many institutions reported students buying coursework from internet-based essay-writing companies.

Dozens of websites offering the services are available on the web, providing bespoke essays for fees of £150 and upwards. Some offer « guaranteed first class honours » essays at extra cost and many « guarantee confidentiality and privacy » – hinting that the essays can be used to cheat.

In one website offering « creative, unique, original, credible » essays, a testimonial from a previous customer says: « I am very satisfied with my order because I got the expected result. »

There are even sites which offer express services, while many claim the work is written by people with postgraduate qualifications.

Nottingham Trent discovered examples of bespoke essays, and Newcastle reported three cases of essays being purchased from a third party.

Two students bought work at Salford and cases were also reported at East London University, Greenwich and London South Bank, which uncovered three incidents.

Professor Geoffrey Alderman, from the University of Buckingham, who is a long-standing critic of falling standards in higher education, said: « I think it is a pretty depressing picture.

« It is worrying that students now resort to cheating on such a widespread scale and that the punishments on the whole are not robust enough.

« In my book it should be ‘two strikes and you’re out’.

« Although universities are perhaps better than they were at detecting certain types of cheating, such as plagiarism, when I talk to colleagues across the sector there is a view that cheating has increased. »

Professor Alderman said the style of teaching and assessment now used at some institutions was partly to blame for the rise in academic dishonesty.

« There has been a move away from unseen written examinations and most university degree courses are now assessed through term papers, which makes it more tempting to commit plagiarism, » he said.

« I advocate a return to the situation where it is impossible to pass a degree unit without achieving a minimum score in an unseen written test. »

The survey exposed for the first time a huge leap in the number of incidents compared with just four years earlier, with a 53 per cent jump from 9,100 to 14,200 among the 70 institutions able to provide comparable data.

Cheating was reported widely among undergraduates but there were also significant numbers reported among postgraduates. For example, Loughborough reported 151 incidents last year of which 43 were committed by postgraduates.

Greenwich University had the largest number of incidents overall, with 916, compared with 540 in 2005-06, but this may indicate the south-east London institution is more successful at detecting cheating than other universities.

Sheffield Hallam had the second largest number with 801 last year, more than 500 of which were for plagiarism.

The institution had 35,400 students which means 2.3 per cent were caught cheating.

East London University said that among its 733 cases of cheating last year there were 612 of plagiarism, 50 of collusion, 49 of « importation » and three where students had bought work.

One student at Kingston falsified paperwork supporting their application for « mitigating circumstances », in a bid to win higher marks, and at the same institution 14 students were caught out when their mobile rang in the examination hall.

At Leicester, an undergraduate forged a medical certificate before taking an exam.

In 2005-06, Liverpool recorded two cases where a student was impersonating another examination candidate, and one candidate at London South Bank took an « annotated calculator » into the examination hall.

Few cheating students saw their academic careers brought to an end. Durham expelled four students last year for smuggling unauthorised material into exams or plagiarism, and one was expelled in 2005-06.

Goldsmith’s dismissed four students last year – undergraduates in history, politics, psychology and sociology.

Oxford reported 12 cases of academic misconduct, including plagiarism, last year and in two cases students were expelled, while others were marked down.

The university fined one student £100 for taking revision notes into an examination and imposed other fines for talking in an exam and taking mobile telephones into the examination hall.

Bournemouth University proved 53 cases of cheating last year but none of the students was expelled. Instead, most were marked down to nil marks for that piece of coursework or exam.

From Cardiff’s 301 cases of cheating last year, none was expelled but in one case a recommendation was made that the vice-chancellor should disqualify the student from further exams. The remainder of the offenders were reprimanded, marked down or sent on a « study skills » course.

Queen Mary reported one expulsion – for an exam offence and ghostwriting – last year out of 74 cases of cheating.

Voir enfin:

Comment devenir docteur en sociologie sans posséder le métier de sociologue ?1

Bernard Lahire

Revue européenne des sciences sociales

2002

Abstract

Peut-on devenir docteur en sociologie sans avoir acquis les compétences constitutives du métier de sociologue ? Une telle interrogation peut paraître provocatrice. Or, l’examen rigoureux et détaillé d’une thèse soutenue le 7 avril 2001 à l’université de Paris V, sous la direction de Michel Maffesoli (G. Elizabeth Hanselmann-Teissier, Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence fascination/rejet dans les sociétés postmoderne), conduit malheureusement à émettre une réponse positive à une question apparemment saugrenue. L’objectif premier de cet article est d’apporter les multiples preuves de l’absence de sociologie (de point de vue sociologique, de problématique, de rigueur conceptuelle, de dispositif de recherche débouchant sur la production de données empiriques…) dans la thèse en question. Mais le jugement sur ce cas précis fait apparaître, en conclusion, l’urgence qu’il y a à engager une réflexion collective sur les conditions d’entrée dans le métier de sociologue.

1Le samedi 7 avril 2001, Madame G. Elizabeth Hanselmann-Teissier (connue publiquement sous le nom d’Elizabeth Teissier) soutenait une thèse de sociologie (intitulée Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence ­fascination/rejet dans les sociétés postmodernes) à l’Université Paris V, sous la direction de Michel Maffesoli2. Les membres présents de son jury – il s’agissait, outre son directeur de thèse, de Serge Moscovici3, Françoise Bonardel4 et Patrick Tacussel5 (Gilbert Durand6 s’étant excusé de ne pouvoir être présent et Patrick Watier7 n’ayant pu se rendre à la soutenance en raison de grèves de train) – lui ont accordé la mention « Très honorable ». Cette mention est la plus haute qu’un candidat puisse recevoir et le fait qu’elle ne soit pas assortie des félicitations du jury n’ôte rien à l’appréciation très positive qu’elle manifeste (de nombreux universitaires rigoureux ne délivrant la mention « très honorable avec les félicitations » que dans les cas de thèses particulièrement remarquables). Deux professeurs avaient préalablement donné un avis favorable à la soutenance de cette thèse sur la base d’une lecture du document : Patrick Tacussel et Patrick Watier. Formellement, Madame Elizabeth Teissier est donc aujourd’hui docteur en sociologie de l’université de Paris V et peut – entre autres choses – prétendre, à ce titre, enseigner comme chargée de cours dans les universités, solliciter sa qualification afin de se présenter à des postes de maître de conférences ou déposer un dossier de candidature à un poste de chargée de recherche au CNRS.

8 Un tel travail de lecture demande beaucoup de temps et porte plus que l’ombre du doute sur les lec (…)

2Une lecture rigoureuse et précise de la thèse dans son entier (qui fait environ 900 pages8 si l’on inclut l’annexe intitulée « Quelques preuves irréfutables en faveur de l’influence planétaire », p. XII-XL) conduit à un jugement assez simple : la thèse d’E. Teissier n’est, à aucun moment ni en aucune manière, une thèse de sociologie. Il n’est pas même question d’un degré moindre de qualité (une « mauvaise » thèse de sociologie ou une thèse « moyenne »), mais d’une totale absence de point de vue sociologique, ainsi que d’hypothèses, de méthodes et de « données empiriques » de nature sociologique.

3Ce sont les différents éléments qui nous conduisent à ce jugement que nous voudrions expliciter au cours de cet article en faisant apparaître que la thèse 1) ne fait que développer un point de vue d’astrologue et 2) est dépourvue de tout ce qui caractérise un travail scientifique de nature sociologique (problématique, rigueur conceptuelle, dispositif de recherche débouchant sur la production de données empiriques…). Enfin, nous conclurons sur le fait que, s’il vaut la peine de faire l’analyse critique de cette thèse, c’est parce que celle-ci n’a rien d’anodin ou d’anecdotique et qu’elle remet gravement en cause la crédibilité scientifique de la sociologie et de tous les sociologues qui font leur métier et forment les étudiants avec toute la rigueur requise : si c’est bien la personnalité d’une astrologue connue des médias qui a été à l’origine de l’intérêt public porté à la soutenance, un tel événement pose au fond la question plus générale du fonctionnement collectif de notre discipline.

Un point de vue d’astrologue

9 C’est pour cela que nous ne pouvons pas suivre Jean Copans (« La sociologie, astrologie des scienc (…)

4Que l’astrologie (l’existence bien réelle d’astrologues), les modes d’usage et les usagers (à faible ou forte croyance) de l’astrologie constituent des faits sociaux sociologiquement étudiables, que l’on puisse rationnellement (et notamment sociologiquement ou ethnologiquement, mais aussi du point de vue d’une histoire des savoirs) étudier des faits scientifiquement perçus comme irrationnels, qu’aucun sociologue n’ait à décider du degré de dignité des objets sociologiquement étudiables (en ce sens l’astrologie comme fait social est tout aussi légitimement étudiable que les pratiques sportives, le système scolaire ou l’usage du portable), qu’un étudiant ou une étudiante en sociologie puisse prendre pour objet d’étude une réalité par rapport à laquelle il a été ou demeure impliqué (travailleur social menant une recherche sur le travail social, instituteur faisant une thèse de sociologie de l’éducation, sportif ou ancien sportif pratiquant la sociologie du sport…), ne fait à nos yeux aucun doute et si les critiques adressées à Michel Maffesoli et aux membres du jury étaient de cette nature, nul doute que nous nous rangerions sans difficulté aux côtés de ceux-ci. Tout est étudiable sociologiquement, aucun objet n’est a priori plus digne d’intérêt qu’un autre, aucun moralisme ni aucune hiérarchie ne doit s’imposer en matière de choix des objets9, seule la manière de les traiter doit compter.

10 Tout ce que nous mettons entre guillemets dans ce texte sont des extraits de la thèse. Les italiqu (…)

5Mais de quelle manière E. Teissier nous parle-t-elle d’astrologie tout au long de ses 900 pages ? Qu’est-ce qui oriente et structure son propos ? La réponse est assez simple, car il n’y a aucune ambiguïté possible sur ce point : le texte d’E. Teissier manifeste un point de vue d’astrologue qui défend sa « science des astres » du début jusqu’à la fin de son texte, sans repos. Et pour ne pas donner au lecteur le sentiment d’un parti-pris déformant, nous multiplierons les extraits tirés du texte de la thèse en indiquant entre parenthèses la référence des pages (afin de donner la possibilité de retourner aisément au texte)10.

Des commentaires astrologiques

6La première caractéristique notable de cette thèse est l’absence de distance vis-à-vis de l’astrologie. On y découvre de nombreux commentaires astrologiques sur des personnes, des événements, des époques. Par exemple, sous le titre « Application de la méthode astrologique : l’analyse du ciel natal d’André ­Malraux », les pages 120 à 131 de la thèse relèvent clairement d’une « analyse astrologique » de la destinée de l’écrivain et ancien ministre (« plutonien grand teint »). M. Weber est qualifié de « taureau pragmatique » (p. 38) et l’on « apprend » diversement que G. Simmel est « Poisson », que W. Dilthey est « Scorpion », que le psychologue C. G. Jung est « Lion » (p. 250), que l’ancien PDG d’Antenne 2, Marcel Jullian, est « Verseau », etc. À chaque fois l’auteur, nous gratifie d’une analyse mettant en correspondance le « ciel natal » de la personnalité et sa pensée :

« Par ailleurs, nous découvrîmes que, par exemple, les systèmes philosophiques et religieux étaient en correspondance avec leurs auteurs via leurs personnalités. […] Autrement dit, qu’ils étaient hautement relatifs et ne pouvaient être qu’à l’image de leurs concepteurs, résultante d’un regard unique, celui de leur ciel natal. » (p. XI)

« L’astrologue n’est pas étonné de constater une amusante convergence entre ce côté ‘flottant’, mouvant, quelque peu imprécis ou fantasque et les Poissons, signe astrologique de Simmel; le signe par excellence, avec le cancer (autre signe d’eau) […] de la mobilité adaptable, de la rêverie, du sens de l’illimité et du cosmique, d’une intuition fine et sensorielle. Signe double de surcroît, reflétant la dualité fondamentale de la philosophie simmelienne […]. C’est à ses planètes en Verseau que Simmel doit son goût pour l’altérité, la communication, mais aussi son originalité, son amour du paradoxe et sa nature imprévisible. » (note 47, p. 34)

« Petit clin d’œil de l’astrologue : Dilthey, créateur d’une nouvelle théorie de la connaissance fondée sur la compréhension, né le 19 novembre 1833, était Scorpion et théologien de formation… » (note 91, p. 61)

« après avoir démontré par un exemple concret (l’analyse du ciel natal d’André Malraux) l’application pratique, venons-en à son histoire » (p. 132)

« Puisqu’il s’agit ici de rendre également compte d’une expérience personnelle… en effet, c’est à l’âge de 14 ans et demi (à la mi-temps du cycle de Saturne, planète de la réalisation de soi, surtout pour le Saturnien qu’est le Capricorne) qu’est né notre éveil pour l’astrologie. » (p. 288)

« Elle [l’astrologie] participe de cette mutation culturelle, scientifique, philosophique et morale de notre époque […] au même titre que l’idée de solidarité et de fraternité libertaire incluses dans le symbolisme du Verseau. » (p. 509)

7E. Teissier est d’ailleurs très claire quant à la primauté de l’explication astrologique sur tout autre point de vue (dont le point de vue sociologique qu’elle est censée mettre en œuvre dans le cadre d’une thèse de sociologie) pour comprendre les faits sociaux. Critiquant une citation de Serge Moscovici qui évoque les causes sociales des crises, elle écrit : « il nous semble qu’il occulte en l’occurrence la dimension cosmique desdits phénomènes; une dimension qui, selon le paradigme astrologique – et notre conviction – vient coiffer le social. En effet, le social est loin d’expliquer toutes les ‘crises… qui se produisent dans la société’. À preuve les actions totalement illogiques, non linéaires, non-logiques et inexplicables autrement que par le paramètre astral qui joue alors le rôle de paramètre éclairant et englobant coiffant le non-logique apparent. » (p. 525). C’est l’astrologie qui explique les faits psychologiques, sociaux et historiques :

[Dans le cadre d’une partie intitulée « La cyclicité planétaire », p. 265-271] « Mais il va de soi que ce sont les mêmes astres avec leurs harmonies et leurs dissonances qui jouent sur les destins individuels. » (p. 268); « Jusqu’au jour où nous réalisons que le 2 décembre correspond à une position de Soleil de 9-10° en Sagittaire, qui se trouvait très impliquée dans le thème de Napoléon Bonaparte » (p. 269); « Le mystère s’éclaircit dès lors que l’on a recours au sésame astrologique : hasard exclu ! »; « Quant aux songes répétitifs, ils s’expliquent par l’angle que fait Neptune (rêves) avec ce même point en Scorpion (10 novembre). CQFD » (p. 270)

« Cette lettre et notre réponse, reproduites in extenso […] sont aussi un exemple significatif du désarroi psychologique dans lequel peuvent nous plonger certaines dissonances planétaires » (p. 321)

« C’est ainsi que nous avons été en mesure de prévoir, entre autres, le krach boursier du 19 octobre 1987, ainsi que de nombreuses turbulences boursières exceptionnelles, souvent assimilées à des mini-krachs… » (p. 432)

« Signalons que, pour l’astrologue, cette période de convulsions sociologiques et philosophiques ne s’inscrit pas dans le hasard, mais se trouve reflétée par les grands cycles cosmiques. » (p. 830)

8Et c’est E. Teissier qui conclut elle-même son premier tome par un lapsus (sociologiquement compréhensible) ou un aveu, comme on voudra, consistant à parler de sa réflexion comme relevant d’un travail d’astrologue et non de sociologue : « Le travail de l’astrologue sera maintenant d’interpréter ces données, de tenter aussi de les expliquer. Et ce, ainsi que nous sommes convenus depuis notre étude, à travers l’outil de la compréhension. Rappelons-nous en quels termes Weber définit la sociologie dans Wirtschaft und Gesellschaft… » (p. 463)

9L’astrologie est à ce point structurante du propos que, bien souvent, la manière dont E. Teissier conçoit son rapport à la sociologie consiste à puiser dans les textes de sociologues des éléments qui lui « font penser » à ce que dit ou fait l’astrologie. Dans la sociologie, une astrologie sommeille :

[À propos de la notion astrologique d’interdépendance universelle] « Une notion qui, en sociologie, peut être rapprochée du Zusammenhang des Lebens (liaison du vécu au quotidien) de Dilthey, d’une cohérence de la vie où chaque élément est pris en compte et complète le donné social » (p. XIV)

« À noter que la typologie zodiacale rappelle la théorie wébérienne de l’idéal-type, dans la mesure où chaque signe correspond au prototype purement théorique d’une personnalité, en liaison avec le symbolisme du signe. » (p. 248)

« Plus concrètement, cette empathie, pierre angulaire de la consultation, oblige l’astrologue à se mettre à la place de son consultant, d’entrer en quelque sorte dans sa peau afin de comprendre son fonctionnement psychologique. On peut en l’occurrence transposer ici la parole de Weber, afférente à la démarche cognitive de l’observateur en sociologie. […] En réalité, cette sympathie, cette empathie par rapport à l’expérience d’autrui, une des clefs de la sociologie compréhensive, est aussi le sésame de tout praticien, dont l’objet est la psyché humaine. L’idéal-type de l’astrologue devra, même si c’est difficile, satisfaire à ces conditions opérationnelles de la consultation en engageant la totalité de son être. » (p. 390)

Point de vue normatif et envolées prophétiques

11 M. Maffesoli, « Éloge de la connaissance ordinaire », Le Monde daté du 24 avril 2001.

10Le point de vue sociologique n’est pas un point de vue normatif porté sur le monde. Le sociologue n’a pas, dans son étude des faits sociaux, à dire le bien et le mal, à prendre partie ou à rejeter, à aimer ou à ne pas aimer, à faire l’éloge11 ou à condamner. En l’occurrence, une sociologie de tel ou tel aspect du « fait astrologique » ne doit en aucun cas se prononcer en faveur ou en défaveur de l’astrologie, dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Or, Elizabeth Teissier demeure en permanence dans l’évaluation normative des situations, des personnes et des points de vue, prouvant qu’elle écrit en tant qu’astrologue et non en tant que sociologue des pratiques astrologiques. Ce jugement normatif se manifeste, comme nous le verrons tout au long de ce rapport de lecture, à différents niveaux :

12 Nous ne vérifierons pas ici la véracité des sentiments positifs à l’égard de l’astrologie que l’au (…)

1) Dans l’évaluation positive (défense) de l’astrologie. De ce point de vue, tous les moyens sont bons pour prouver l’intérêt de l’astrologie. E. Teissier se sert de façon générale de la légitimité des « grands » qui auraient accordé de l’intérêt pour l’astrologie12, quelle que soit la nature de leur « grandeur » (elle peut ainsi tout aussi bien citer Balzac, Goethe, Fellini, Thomas d’Aquin, Bacon, Newton, Kepler, Einstein, Jung, Laborit, le roi Juan Carlos d’Espagne ou l’ancien Président François Mitterrand) : politique, cinématographique, philosophique, littéraire et, bien sûr, scientifique.

2) Dans l’évaluation négative de la partie des astrologues jugés peu sérieux, mais aussi de la voyance et autres pratiques magiques. Si E. Teissier ne se prive pas d’être dans le jugement positif à l’égard de l’astrologie qu’elle qualifie de « sérieuse », elle n’hésite pas à porter un regard négatif sur les autres pratiques. En portant de telles appréciations, elle se comporte alors en astrologue en lutte pour le monopole de la définition de l’astrologie légitime, et nullement en sociologue :

« Qu’il s’agisse de la presse écrite, de la télévision, du minitel ou d’internet, les horoscopes foisonnent, noyés dans un contexte qui, la plupart du temps, n’est qu’une grossière caricature d’ésotérisme – voyance, cartomancie, tarots, numérologie et autres retours d’affection appartenant à l’univers magico-mystificateur de pratiques paranormales » (p. 4)

[Fustigeant ses confrères sur minitel] « rares sont les programmes vraiment sérieux – on peut les estimer à un nombre situé entre 50 et 100 – qui pratiquent une astrologie digne de ce nom. Les autres ? Des avatars plus ou moins ludiques, des cocktails habiles et mystificateurs qui usurpent le nom astrologie, leurs concepteurs nourrissant l’espoir que cela leur donnera une coloration peu ou prou scientifique » (p. 74)

« séparer le bon grain (les astrologues compétents) de l’ivraie (les exploiteurs opportunistes d’une crédulité générale latente) » (p. 294).

Critique de la « fast-astrology » d’une « pauvreté parfois consternante » (p. 305).

[Les rédacteurs en chef de magazines ou journaux acceptent de publier] « des prévisions bateau minimalistes et d’un niveau intellectuel souvent consternant » (p. 556)

3) Dans l’évaluation négative des scientifiques (astronomes notamment, mais pas seulement) qui ne veulent pas reconnaître la légitimité de la « science des astres » (cf. infra « L’astrologie victime d’un consensus socioculturel et de la domination de la ‘science officielle’ »).

4) Dans l’évaluation négative de nombres de journalistes ou de médias qui se moquent des astrologues et de l’astrologie (cf. infra « Les ‘données’ : anecdotes de la vie personnelle, médiatique et mondaine d’E. Teissier »).

13 Elle peut soutenir à d’autres moments que la vérité sort de la bouche du peuple, parce que – mythe (…)

5) Dans l’évaluation négative d’une partie du public usager des prédictions astrologiques. E. Teissier manifeste un souverain mépris, parfois teinté d’ironie ou d’une extrême condescendance, vis-à-vis d’une partie de son propre public13 :

[Dans les « appels à l’aide » du courrier, des lecteurs lancent de] « véritables cris d’alarme ou de désarroi jetés par des déprimés las de vivre et de se battre contre l’adversité » et certains « se lancent alors dans un historique englobant toute leur misérable existence et nous gratifient d’une épître interminable couvrant parfois une vingtaine de pages d’une petite écriture serrée et frileuse. » (p. 312)

[À propos d’une lectrice qui lui demande si elle croit aux envoûtements car elle pense que ses voisins marocains l’ont envoûtée et qui lui demande si elle connaît des « sorciers sérieux » qui pourraient l’aider] « Manifestement cette lectrice était affligée d’une confusion intellectuelle – sinon mentale – évidente. Car […] elle assimilait la pratique astrologique à la magie et à la sorcellerie, auxquelles l’astrologie est totalement étrangère […] » (p. 372)

[À propos d’un allemand qui lui envoie du courrier depuis 1981, « deux à trois lettres par semaine, parfois des petits paquets contenant des bibelots kitsch »] « Il a ainsi dépensé une véritable fortune en timbres depuis presque vingt ans qu’il s’adonne à cette déviance unilatérale, à ce monologue pervers. » (p. 377)

« Les couches les moins cultivées de la société, ouvriers et agriculteurs, sont peut-être les plus vulnérables à cette fascination globale et non discriminatoire. […] pour peu qu’une idée soit séduisante et si possible étrange, les gens gobent sans discrimination ce qu’on leur sert, tant est profond le goût du merveilleux et mystérieux le besoin de renouer le dialogue avec l’ordre primordial, avec le cosmos. » (p. 470-471)

À propos de T. W. Adorno qui, dans un ouvrage critique sur l’astrologie, dit que celle-ci participe de l’acceptation par les dominés de l’ordre établi, E. Teissier écrit : « En l’occurrence, à quoi servirait de faire sentir à ces petites gens leur dépendance, de les appeler à la révolte ? Peut-être à les rendre plus malheureux encore qu’ils ne sont ? » (p. 582); et elle rajoute une page plus loin, sans s’apercevoir qu’elle semble parler d’elle-même : « Bref, le mépris et l’arrogance percent sans arrêt à travers ces textes, de même qu’un esprit dénué totalement de sérénité et d’objectivité. » (p. 583)

11Mais de même qu’il ne doit être ni dans l’éloge ni dans la détestation, le sociologue n’étudie que ce qui est et non ce qui sera. Or, E. Teissier annonce l’avenir à de nombreuses reprises, prophétisant ce qu’elle désire ou, comme on dit plus ordinairement, prenant ses désirs pour des réalités (à venir). Si l’astrologue critique la lecture de l’avenir dans le marc de café, elle n’hésite cependant pas elle-même à prédire l’avenir sur la base de ses simples intuitions personnelles :

« Mais notre regard se portera plus loin et tentera de se projeter sur une vision prospective, essayant de pressentir et de supputer, étant donné le contexte sociétal d’aujourd’hui, la probable évolution du phénomène bifide qui nous occupe : y aura-t-il fusion, intégration harmonieuse de cette conjonctionis oppositurum, dans une sorte de synthèse féconde, et alors quelle forme pourrait prendre cette dernière ? […] En d’autres termes, dans quel sens ira, selon toute vraisemblance, cette mouvance sociale ? » (p. 9)

« Nous oserons même tenter une incursion imaginaire dans l’avenir, à la recherche, en quelque sorte, du temps futur et de l’évolution probable du phénomène socio-astrologique » (p. 69)

« Car la raison sèche, la raison ratiocinante a fait son temps. Voici venir l’âge d’une raison ouverte, d’une ‘raison plurielle’, réconciliée avec la passion et le vital en l’homme, sa libido – ou pulsion vitale – véhiculant à la fois sa sensibilité et son feu intérieur. » (p. 834)

« Mais les nouvelles énergies sont en marche, comme l’annonce Abellio, ‘l’incendie de la nouvelle science fera irruption dans le monde’ » (p. 850)

L’astrologie est une science, voire la plus grande des sciences

14 « […] je n’ai lu nulle part dans sa thèse que l’astrologie était scientifique », A. Touraine, « (…)

15 Elle écrit par ailleurs : « D’autre part, la télépathie ne s’est elle pas imposée comme discipline (…)

12Contrairement à certains lecteurs pressés, et empressés de communiquer à la presse le résultat de leur précipitation, qui soutiennent que E. Teissier n’a jamais défendu l’idée que l’astrologie était une science14, une lecture exhaustive de la thèse fait apparaître très exactement le contraire. L’auteur parle diversement de la « science des astres » (à de très nombreuses reprises tout au long de la thèse) ou de « la science empirique des astres » (p. 258), de « la science par excellence de la caractérologie » (p. XI), de « la science par excellence de la personnalité » (p. 92 ou 815), de la « science de la qualité du temps » (p. 112), d’une « science empirique par définition » (p. 769) ou de « la reine des sciences » (p. 72)15. Parfois l’astrologie est considérée comme une science sociale parmi d’autres, parfois comme une « science de l’esprit » opposée aux « sciences de la nature » ou une « science humaine » (p. 98) opposée à l’astronomie comme « science de l’observation ».

« à défaut de pouvoir être classé dans les sciences exactes, s’agit-il d’un savoir à connotation scientifique – fût-ce par le biais des sciences humaines ? […] Pour une large part, celle-ci, en tant que science empirique, est de l’ordre du vérifiable et échappe ipso facto à la notion de ‘croyance’. Car l’astrologie, en tant que système culturel cohérent, a pour ambition de déchiffrer le réel à l’aide d’un référentiel universel et permanent – l’alphabet céleste du système solaire – référentiel invariable et donc prévisible dans sa rigueur mathématico-astronomique » (p. 24-25)

« En effet, l’astrologie étant, au même titre que la psychologie, la sociologie ou la religion, une science de l’esprit […] par opposition à une science de la nature (bien qu’elle englobe celle-ci dans son objet), il n’est pas question ici de faire appel à un positivisme rationaliste expérimental qui ne relèverait que du quantitatif » (p. 27)

« la problématique épistémologique soulevée par la nature des sciences sociales en général et par l’astrologie en particulier » (p. 48)

« Selon nous, on l’aura compris, l’astrologie est un système cohérent, mathématiquement rationnel (supra-rationnel, selon Fischler) et vérifiable d’un astrologue à l’autre, ayant pour soubassement les données astronomiques fournies par les observatoires, à l’encontre de pratiques occultes et plus ou moins gratuites. » (p. 579)

13Mais on trouve aussi, toujours dans l’ordre de la référence scientifique, des revendications de plus grande dignité et de supériorité. Non seulement l’astrologie est une science, mais c’est la plus haute des sciences :

« On peut dire en somme que sans être classable dans l’une ou l’autre de ces catégories de la connaissance, l’astrologie est une émanation partielle de chacune de ces disciplines qu’elle englobe en un système ambitieux. » (p. 22)

« Elle apparaît de ce fait comme peut-être la seule science objective de la subjectivité, avec ce qu’elle peut contenir d’hénaurme, au sens ubuesque du mot, et de dérangeant. » (p. 250)

« L’astrologie est la mathématique du tout(dans la Rome antique, les astrologues étaient d’ailleurs appelés les mathematici). Elle est holistiquement logique, au contraire d’une logique fragmentaire, linéairement rationnelle. » (p. 501)

« Que connaissaient-ils tous de cette science ? Car à nos yeux, c’en était une, une science humaine bien plus charpentée que beaucoup d’autres, qui étaient respectées, elles. D’où venait que la plus vérifiable était justement la plus tabou, la plus salie, la plus rejetée ? À croire que la vérité était maudite quelque part. » (p. 597-598)

14Il ne faut cependant pas attendre de l’auteur trop de cohérence au sujet de la scientificité de l’astrologie, car elle peut tout aussi bien soutenir à d’autres moments que ce savoir se situe entre le mythe et la science ou qu’il est finalement en lien avec la plupart des sciences humaines et sociales, la philosophie, la poésie, la religion et la mythologie. Cette variété des définitions hétérogènes participe de la volonté de mettre en évidence l’extraordinaire richesse et l’irréductible complexité de l’astrologie :

« S’appuyant sur un langage symbolique en congruence avec tous les niveaux de réalité de L’Etant, et ce aussi bien sur un plan collectif qu’individuel, elle participe avant tout des sciences qui étudient l’homme, comme la philosophie (en particulier la métaphysique, à travers la cosmogonie qu’elle implique), la psychologie, la médecine, la biologie; elle flirte avec la poésie; mais elle est partie prenante également des sciences qui étudient la société humaine et ses produits, comme l’histoire et les sciences politiques (à travers la théorie des cycles), les sciences sociales (à travers les modes, les mouvements collectifs et les mentalités), la prospective (via la prévision qu’elle permet). Et n’oublions pas la religion (en liaison avec son caractère originellement sacré, l’éthique et l’esthétique qu’elle sous-tend), ni, bien entendu la mythologie. » (p. 21).

« Nous verrons que l’astrologie se situe effectivement quelque part entre ces deux univers du mythe immémorial et de la pure scientificité… » (p. 210)

« L’astrologie qui se situe au carrefour de la philosophie métaphysique, de la religion et de la science, qui participe à la fois de l’image et du concept, se place également quelque part entre le sacré et le profane. » (p. 478)

15Ailleurs encore, l’astrologie est présentée comme étant presque à l’avant-garde du « Nouvel esprit scientifique » et participant d’une « épistémologie de la complexité ». Non seulement elle est une science, et l’une des plus grandes d’entre elles, mais en plus elle s’avère plus avancée que toutes les autres :

Le « système astrologique » est « orienté sur la loi hermétique des correspondances, sur l’idée de sympathie universelle, autrement dit sur la notion, essentielle pour le Nouvel Esprit scientifique, d’interdépendance universelle » (p. XIV)

« l’astrologie […] non seulement ne serait pas en contradiction avec le paradigme du Nouvel esprit scientifique, mais serait au contraire depuis toujours en congruence totale avec ce dernier » (p. 752)

« On peut donc imaginer que la science n’admettra la validité de l’astrologie que lorsqu’elle aura elle-même changé de paradigme en se rangeant du côté du nouvel esprit scientifique et en acceptant de reconnaître la réalité de l’esprit. Car en dernier ressort, la science finira par atteindre ses propres limites en touchant les limites de la matière… » (p. 765)

« cette ‘crise de la science’ aboutit à une nouvelle Weltansschauung qui ne demande qu’à renaître, celle de la complexité (Morin). Tournant paradigmatique, donc, équivalent à un glissement d’une épistémologie vers une ontologie, cette épistémologie étant celle de la complexité (Morin) » (p. 843).

16Mais si l’astrologue est si en avance, c’est – nous explique l’auteur sans rire – qu’à la différence de l’astronome « qui a en général une approche purement physique et mécaniste de sa science » et qui « est hypnotisé par la petitesse des astres, leur éloignement, leur faible masse par rapport au soleil », lui, « en écoute la musique » (p. 98). La tristesse du savoir de celui qui « évalue le poids et la matière du disque, ses dimensions et sa température, suppute sa densité » (p. 98) est grande face à la joie de celui qui sait écouter « la musique des sphères, chère déjà à Plotin, avant qu’elle ne fasse rêver Kepler » (p. 98).

L’astrologie victime d’un consensus socioculturel

et de la domination de la « science officielle »

17Pourquoi, se demande E. Teissier, l’astrologie ne bénéficie-t-elle pas de la légitimité académique (universitaire) et scientifique (au CNRS) ? Sa réponse – formulée à maintes reprises dans le texte – est la suivante : l’astrologie (« la science des astres ») est victime d’un rapport de domination qui est parvenu à instaurer un véritable consensus socioculturel en sa défaveur. La science, souvent rebaptisée « science officielle », « pensée unique » ou « conformiste », opprime l’astrologie et fait croire au plus grand nombre qu’il s’agit d’une « fausse science » en cachant la réalité des choses (« conjuration du silence », p. 816). La « science officielle » est donc considérée comme une idéologie dominante, un « lieu totalitaire », un « impérialisme » ou un « terrorisme » face à cette « contre-culture » astrologique qui est maintenue dans un véritable « ghetto ». Pire encore, la science n’est qu’affaire de « mode » et de « convention » et ne parvient à maintenir sa domination que par un enseignement officiel qui dicte à tous ce qu’il est bon de penser :

« Plus ou moins consciemment, nous étions convaincue, à l’instar de toute personne fermée à l’astrologie a priori et par convention, que l’absence de tout enseignement officiel reléguait la science des astres dans les fausses sciences. » (p. IX)

« Presque aussi ahurissante était l’occultation de ce paramètre philosophique dans notre culture occidentale, le fait qu’à travers toutes nos études – jusqu’à vingt-quatre ans – jamais nous n’avions entendu parler d’astrologie. Mieux : on nous avait soigneusement caché – comme on continue de le faire – que les plus grands esprits – R. Bacon, St Thomas d’Aquin, Newton, Kepler, Balzac, Goethe, Einstein, Jung… avaient soit pratiqué, soit vénéré la science des astres. Pourquoi ce parti pris de mise au ban de la plus pérenne des connaissances humaines ? Nous prîmes alors conscience de la relativité du consensus intellectuel d’une époque, vouée aux modes, muselée par ses courants de pensée; nous nous apercevions que l’enseignement officiel était un colosse aux pieds d’argile » (p. X)

« un pays, une culture sont le reflet de leur enseignement académique qui dicte ce qu’il convient de penser, le bien penser. La doxa (l’opinion), véhiculée en particulier par les médias, tout en ayant la coloration du sens commun, reste néanmoins sous l’influence de la pensée conformiste qui lui sert de référence » (p. XII-XIII)

« cette allergie aux astres qui débouche sur l’ostracisme culturel face à une contre-culture provocatrice » (p. XIII)

« Les résultats de telles recherches pourraient changer l’actuel consensus socioculturel, entraînant un changement dans les mentalités, et ce notamment au sein d’une certaine intelligentsia que J.-M. Domenach appelle les gens du demi-savoir. » (p. XVI)

« croyance illicite, donc persécutée, ses partisans faisant éventuellement office de bouc émissaire. » (p. 24)

« un certain terrorisme desséché de la pensée scientifique officielle » (p. 25)

« du fait de sa ghettoïsation, le milieu astrologique peut s’inscrire parmi les minorités culturelles » (p. 32)

« lobby scientifique face à l’astrologie » (p. 52)

« rationalisme dominant, lequel se trouve également à la source de la suppression de l’enseignement officiel de l’astrologie » (p. 88)

« C’est seulement au XVIIème siècle que ces deux sciences bifurquent. La mode est désormais à l’astronomie, sœur matérialiste de l’astrologie. » (p. 94-95)

« Et, forte du consensus socio-culturel qui la soutient tel un socle confortable, elle [la science] se permet d’opérer des évaluations […] et des appréciations […] » (p. 736)

« La science apparaît comme un lieu totalitaire qu’il ne faut pas remettre en question, où la compétition et le mandarinat jouent un rôle essentiel pour nombre de scientifiques. » (p. 737)

18Les « préjugés » et les « clichés » sont ainsi du côté de la « science officielle ». Les rationalistes sont « agressifs », « dogmatiques », « attardés » et sont accusés de manque de curiosité pour ne pas vouloir s’intéresser à l’astrologie et, surtout, pour ne pas lui trouver de l’intérêt : « Aujourd’hui, l’obscurantisme, l’opposition aux Lumières n’est plus du côté que l’on croit. » (p. 816).

« la raison en tant que telle n’a-t-elle pas outrepassé ses prérogatives et trahi sa vocation de sereine souveraineté pour se scléroser, tel un vieillard tyrannique ? » (p. 7)

« dogme implicite et respecté de la pensée dominante d’une société, en l’occurrence de la nôtre » (p. 11)

« rationalistes agressifs et allergiques aux astres » (p. 42)

« C’est un truisme d’affirmer que les décideurs, les hommes d’affaires sont de grands pragmatistes : ils retiennent ce qui marche, et s’encombrent peu, si les faits le commandent, des préjugés inhibants des rationalistes purs et durs. » (p. 430)

« C’est bien là la problématique de l’astrologie face à la condamnation des rationalistes purs et durs : l’inadéquation du système rationaliste. Sous cet aspect, on peut sans doute se ranger du côté d’Abellio qui traitait ces derniers d’attardés. Lorsque les représentants de cette tendance se retrouvent dans les médias, ils se muent en robots de la pensée, en mercenaires du système rationaliste. » (p. 638)

« Comme on l’a vu dans Duel sur la cinq, le scientifique se retranche derrière ses phrases clés, des phrases à consonance magique, aussi paradoxal que cela puisse paraître pour un savant : ‘L’astrologie n’est pas scientifique’… Lorsque cet argument est ainsi récurrent, il fait figure à la fois de défense, d’attaque, de bouclier, à l’instar de l’encre projetée par la seiche. Visiblement on ne veut – on ne peut – accepter l’échange, la discussion, l’argumentation. On fait appel à ce qui ressemble à un véritable credo, celui de la science officielle. Derrière cette attitude on trouve bien évidemment de l’arrogance, du mépris, une condescendance de bon aloi, mais aussi beaucoup de peur; la peur d’être déstabilisé, la peur d’être confronté à un inconnu qu’on ne pourra ni intégrer ni gérer. D’où l’attitude iconoclaste du scientifique positiviste, qui se réfugie dans la déliance (à l’opposé de la reliance), dans un splendide isolement. » (p. 729)

« refus d’expérimenter que l’on constate presque universellement dans le domaine de la science officielle » (p. 756)

L’argument relativiste

19On voit bien qu’invoquant le consensus socio-culturel et la domination, E. Teissier avance les éléments clefs de la position la plus naïvement relativiste. Remplacez les enseignants de physique par des enseignants d’astrologie, appelez l’astrologie la « science des astres » et imposez la à tous ceux qui passent par l’institution scolaire et vous verrez que la théorie de la relativité ne vaut guère mieux que l’analyse astrologique du ciel natal. Tout est affaire de mode et d’imposition purement arbitraire. Tout est relatif.

« Nous ne pouvions accepter – ni même envisager – l’idée qu’une société entière, surtout en notre époque postmoderne – donc, pensions-nous, évoluée – pouvait avoir tort, qu’elle était, elle aussi, comme toutes celles qui ont précédé, essentiellement relative. » (p. IX)

« La valeur d’une discipline n’est-elle pas relative à ceux qui la jugent; or, ceux-ci peuvent-ils juger ex nihilo, dégagés de tout a priori, de toute influence, de toute détermination socioculturelle ? » (p. XVI)

20Il suffirait donc de changer les « critères scientifiques » et de conception de ce que l’on appelle une « preuve » pour faire passer l’astrologie de l’état de connaissance opprimée à l’état de véritable science :

« chaque fois, on voulut faire rentrer l’astrologie dans le moule des critères classiques de scientificité, et celui de Procuste était chaque fois trop petit, on s’en doute. » (p. 743)

« Tout le problème […] réside dans l’acception qu’on peut donner du mot preuve, car ce que les astrologues allégueront sous ce nom sera dénié par les scientifiques hostiles à l’astrologie. » (p. XIV)

21Par ailleurs, si E. Teissier insiste à de nombreuses reprises sur l’absence d’enseignement de l’astrologie à l’université et sur l’absence de département de recherche astrologique au CNRS, c’est bien pour défendre la thèse de la valeur relative de la science actuelle et de l’enseignement tel qu’il est pratiqué. À partir d’un tel argument, fondé sur l’idée de vérité comme pur effet d’un rapport de force, on pourrait tout aussi bien dire qu’en enseignant officiellement l’« art de lire dans les lignes de la main » et en rebaptisant la chiromancie « science de la prédiction des destins individuels » on pourrait imposer un nouvel état de la pensée scientifique, ni plus ni moins valable que le précédent ou que le suivant :

« Un fait sociologique surtout nous interpellait : le vide pédagogique de l’astrologie dans les institutions officielles en notre époque. L’intelligentsia semble ignorer en général que cette discipline fut en réalité enseignée à la Sorbonne jusqu’en 1666 et en Allemagne jusqu’en 1821. » (p. XII)

« [Nous nous demanderons] quelles pourraient être les chances de réhabilitation officielle de l’astrologie liée à une situation épistémologique évolutive » (p. 69)

« L’absence de recherches officielles – pour lesquelles il faudrait des subventions de l’Etat –, le refus de prendre en considération le paradigme astrologique, ne serait-ce que pour le réfuter, par exemple au moyen d’un département d’études au CNRS, sont là des symptômes évidents de l’attitude volontairement partiale, omniprésente dans la science officielle. » (p. 762)

22E. Teissier émet donc des commentaires astrologiques, se livre à une défense de l’astrologie qui est, pour elle, la « reine des sciences » et adopte sans discontinuité le point de vue normatif de l’astrologue plutôt que le point de vue cognitif du sociologue étudiant l’astrologie. Est-ce que, malgré tout, ce point de vue d’astrologue et ce plaidoyer pour l’astrologie s’accompagnent d’une réflexion et d’un travail de recherche sociologiques ? L’objet de notre deuxième partie est de montrer qu’il n’en est rien.

Le mauvais traitement de la sociologie

23Il n’y a, dans le texte d’E. Teissier, aucune trace de problématique sociologique un tant soit peu élaborée, de données empiriques (scientifiquement construites) ou de méthodes de recherche dignes de ce nom. L’« hypothèse » floue annoncée (« à savoir cette ambivalence sociétale où prime cependant la fascination, ambivalence qui frise parfois le paradoxe et qui fait figure de schyzophrénie (sic) collective », p. 7) n’est d’ailleurs qu’une affirmation parmi d’autres qui ne débouche sur aucun dispositif de recherche en vue d’essayer de la valider (mais telle qu’elle est formulée, on a en effet du mal à savoir ce qui pourrait être validé ou invalidé).

24En revanche, on a affaire, comme nous allons le voir, à de nombreux usages douteux des références sociologiques, à des propos clairement a-sociologiques et anti-rationalistes exprimés dans un style d’écriture pompeux et creux, ainsi qu’à des « données » anecdotiques et narcissiques (E. Teissier à la télévision, E. Teissier et la presse écrite, E. Teissier et ses démêlés avec les scientifiques, E. Teissier et les hommes de pouvoir, Le courrier des lecteurs d’E. Teissier…) suivis de commentaires le plus souvent polémiques (règlements de compte ou récits des règlements de compte avec telle ou telle personnalité de la télévision, tel ou tel scientifique, etc.) ou d’une série de citations d’auteurs rarement en rapport avec les propos qui les précèdent et avec ceux qui les suivent.

Contresens et mauvais usages

25La thèse est truffée de références sociologiques souvent affligeantes pour leurs auteurs (Durkheim, Weber, Berger et Luckmann…) et se lance parfois dans des critiques qui montrent que les auteurs critiqués n’ont pas été compris. Il faudrait évidemment des dizaines de pages pour relever chaque erreur de lecture, chaque absurdité, chaque transformation des mots et des idées des auteurs cités et expliquer pourquoi ce qui est dit ne veut rien dire étant donné ce que les auteurs commentés voulaient asserter.

26Par exemple, le sociologue allemand Max Weber est particulièrement mal traité, systématiquement détourné dans le sens où l’auteur de la thèse a choisi de le faire témoigner. Weber, présenté comme le défenseur d’un « subjectivisme compréhensif » (p. 37) est ainsi inadéquatement invoqué à propos de l’« interactionnisme » :

[À propos des gens qui sont nés le même jour et qui se rendent compte qu’ils ont des points communs] : « On a ainsi des questions du genre : ‘Au fait, que vous est-il arrivé en 1978 ? N’avez-vous pas comme moi divorcé ?’ Et l’autre de rétorquer : ‘Tiens donc, c’est intéressant. C’est bien fin 1978 que mon couple a connu la crise la plus forte et il est vrai qu’avec ma femme nous avons songé à nous séparer…’ À n’en pas douter, ce genre de similitude crée des liens, dans la mesure où l’on se retrouve peu ou prou dans l’Autre et/ou que l’on s’y projette. À travers le dialogue qui s’instaure, on a affaire à un véritable interactionnisme qui, selon Weber, est ‘une activité […] qui se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement’ » (p. 405-406)

27La « sociologie compréhensive » est invoquée à tort et à travers. L’auteur écrit qu’elle va mettre en œuvre « la méthode de la compréhension » (p. VII) en interprétant vaguement la « sociologie compréhensive » comme une sociologie qui donnerait raison aux acteurs (et, en l’occurrence, aux astrologues). Ne pas rompre avec l’astrologie, lui (se) donner d’emblée raison et voir en quoi tout ce qu’on peut lui reprocher est de mauvaise foi : voilà ce qu’E. Teissier comprend du projet scientifique de la sociologie compréhensive appliquée à l’astrologie. Et l’on pourrait faire les mêmes remarques à propos des références à l’« interactionnisme symbolique » dont l’auteur semble à peu près ne connaître que le nom :

« À travers ce que l’on pourrait appeler une herméneutique de l’expérience, c’est la recherche de ce sens, aussi complexe qu’il se révèle, qui sera l’objet du second volet, où nous pratiquerons une sorte d’interactionnisme symbolique (selon l’École de Chicago). Recherche du sens sous-tendu par cette Lebenswelt de l’astrologie, par le donné social, à l’aube de ces temps nouveaux. » (p. 463)

28L’on voit aussi se développer les « talents » d’argumentation critique de l’auteur dans ce commentaire de Durkheim, où l’on saisit que l’idée de traiter les faits sociaux comme des choses est « abusive, et donc difficile à admettre parce qu’inadéquate » :

« Dans Les règles de la méthode sociologique, Durkheim affirme que ‘les faits sociaux sont des choses’. Encore qu’à coup sûr il faille compter la mouvance astrologique dans les faits sociaux, cette identification, qui consiste à chosifier ainsi un phénomène qui est de l’ordre de l’esprit et du vivant, nous paraît abusive, et donc difficile à admettre parce qu’inadéquate. » (p. 278)

29Et que faire, sinon rire, face au drolatique contre-sens sur la pensée de Michel Foucault concernant l’« intellectuel spécifique ». L’auteur de la thèse n’ayant de toute évidence pas lu Michel Foucault invoque la soi-disant critique des « intellos spécifiques » (sic) par un Michel Foucault qui justement défendait (en grande ­partie contre Sartre) la figure de l’« intellectuel spécifique » contre celle d’un « intellectuel universel » : « quoique puissent en dire les ‘intellos spécifiques’, hostiles au savoir transdisciplinaire, stigmatisés par Michel Foucault » (p. 860).

Des propos a-sociologiques et parfois anti-rationalistes

30On a déjà fait remarquer que l’auteur de la thèse privilégiait le point de vue astrologique sur l’explication sociologique. Mais souvent les explications apportées sont clairement a-sociologiques et trop floues ou trop générales pour être considérées comme de véritables explications. Qu’elle évoque l’« atavisme » ou les « dispositions humaines ataviques » (p. 62), « la part d’ombre » (p. 8) de chacun d’entre nous, la « reliance astrologique intemporelle inscrite au cœur de l’humanité » (p. 62), le « réflexe de l’homme, archaïque et intemporel, universel et omniprésent, qui le porte depuis la nuit des temps à voir une admirable homothétie entre la structure de l’univers et la sienne propre d’une part, la nature qui l’entoure d’autre part » (p. 200), l’« héritage génétique » et le « ciel de naissance » (p. 243), l’« Urgrund commun à toute l’humanité » (p. 253), « la permanence et la similitude de la nature humaine, à la fois sur le plan diachronique et synchronique » (p. 483), E. Teissier explique la fascination des uns et le rejet des autres par la nature humaine, les planètes ou une vague « intuition miraculeuse ». Ainsi, commentant les résultats d’un sondage effectué par le journal Le Monde, outre sa polémique avec le journal, E. Teissier se demande face à l’information selon laquelle les femmes seraient plus intéressées que les hommes par l’astrologie : « Faut-il y voir la conséquence d’un syncrétisme ontologique qui la porte à davantage de perméabilité spontanée à tout ce qui est de l’ordre de la Nature, sans la mettre en porte-à-faux avec une intuition qu’elle ne renie pas… » (p. 280). Les exemples de la sorte sont très nombreux :

« faut-il y voir [dans la fascination pour l’astrologie] un souvenir béni de la mémoire collective, une intuition miraculeuse du fil ténu qui le rattache au cosmos et à mère Nature, comme sa sauvegarde, en somme, en ce monde où une science mécaniste et une société déshumanisée voudraient le maintenir cloué au sol ? Plus concrètement, ce clivage sociétal est-il à rapprocher de catégories socioprofessionnelles particulières, de certaines classes d’âge, de la différence de sexe, ou faut-il le chercher dans l’individu lui-même, dans sa part d’ombre, quelle que soit sa place dans la société ? » (p. 8)

« une recherche des dispositions humaines ataviques et récurrentes pour cette reliance astrologique intemporelle inscrite, semble-t-il, au cœur de l’humanité. » (p. 62)

« on pourrait parler de données immédiates de la conscience collective pour qualifier ce réflexe de l’homme, archaïque et intemporel, universel et omniprésent, qui le porte depuis la nuit des temps à voir une admirable homothétie entre la structure de l’univers et la sienne propre d’une part, la nature qui l’entoure d’autre part » (p. 200)

« En somme, on pourrait comparer l’influence astrale à un vent (cosmique) qui soufflerait dans une certaine direction, induisant des climats et des événements probables, sans préjuger de la réaction de l’homme. Celle-ci étant fonction de sa personnalité propre, elle-même héritée à la fois génétiquement et par le ciel qui l’a vu naître » (p. 243)

« On est ici au cœur d’un anthropomorphisme intemporel, immémorial, atavique, qui participe de cet Urgrund commun à tout l’humanité. » (p. 253)

31Mais c’est plus généralement toute explication un tant soit peu rationnelle qui est explicitement rejetée par l’auteur. Devant la trop grande complexité des choses, il faudrait abandonner tout espoir de parvenir à en rendre véritablement raison et laisser parler l’intuition sensible et le langage des symboles. Il est vrai que l’auteur est bien aidée dans cette voie par les auteurs qu’elle ne cesse de citer et qui s’affirment assez nettement anti-rationalistes :

« une question primordiale apparaît être la suivante : faut-il voir dans l’approche astrologique une émanation de l’Absolu qui, bien qu’éloignée des religions révélées, serait une tentative humaine pour appréhender, à travers l’ordre cosmique conçu par un Dieu créateur, la manifestation d’une transcendance ? Ou bien doit-elle être considérée comme le code explicatif et immanent d’une influence astrale purement physique, phénomène à rapprocher des sciences de la nature ? Et dans ce cas, quelle serait la source ontogénétique de cette miraculeuse adéquation universelle, le primum mobile ? La réponse à cette question ontologique ne peut qu’être individuelle, car elle se place hors du domaine de la Raison pure, dans celui de l’indémontrable. » (p. 263)

[Citation de Michel Maffesoli] « il convient de dépasser, sans nostalgie aucune, toutes les idéologies se réclamant des prémisses rationalistes (Éloge de la raison sensible, p. 44) » (p. 643)

[Citation en exergue de Michel Maffesoli] « Le rationalisme classique (en sociologie) a fait son temps… » (p. 813)

Refus de toute objectivation

32On aura compris que tout ce qui pourrait permettre d’objectiver et de saisir même partiellement la réalité censée être étudiée est rejeté par l’auteur fascinée, séduite (« Simmel étant par ailleurs – et avant tout – un philosophe de la vie, au même titre que Schopenhauer, Bergson ou Nietzsche, cela également était fait pour nous séduire […] », p. 50) par « la vie » dans toute sa complexité; complexité que les rationalistes, les sociologues positivistes, etc., s’acharnent à vouloir réduire et abîmer. La « méthode » qui convient à un objet aussi complexe et subtil est celle qui est « sensible à l’univers mystérieux, voire insondable, de l’âme humaine ». Cette « méthode » est indistinctement désignée par les termes de « méthode phénoménologique », d’« empathie » ou de « sociologie compréhensive » :

« Du fait que l’objectivité parfaite rêvée par la sociologie positiviste se cantonne dans un idéal par définition inaccessible, du fait surtout de la nature de notre sujet, essentiellement complexe, parfois contradictoire dans ses manifestations, un sujet ayant de surcroît pour objet et pour centre un univers subtil où convergent croyance, philosophie, tradition, sacré, affect fait de peur et de fascination, une méthode quantifiante et axée sur des analyses purement rationnelles passerait à côté de la vraie nature du problème. Une autre méthode s’avère donc nécessaire, sensible au monde vécu quotidien d’une part, à l’univers mystérieux, voire insondable, de l’âme humaine d’autre part. S’impose dès lors une méthode phénoménologique qui privilégie l’empathie et ayant pour atout le mérite d’une proximité de l’objet : la méthode dictée par la sociologie wébérienne, bâtie sur la compréhension, prend alors toute sa valeur. » (p. 34-35)

33La pensée de l’auteur fonctionne à la façon de la pensée mythique, sans crainte de la contradiction. Pour elle, le « quantitatif » s’oppose au « qualitatif » comme le « carré » s’oppose au « courbe », le « simple » au « complexe » (ou au « subtil »), l’« artificiel » au « naturel », etc. Si elle n’aime pas les méthodes quantitatives, c’est à cause de leur « caractère plaqué et artificiel » (p. 57); si elle n’apprécie pas les statistiques, c’est parce qu’elle sont trop « carrées et linéaires » (p. 295), etc.

« Utilisant des matériaux aussi variés que parfois difficiles à appréhender parce qu’appartenant davantage à l’univers subtil du qualitatif qu’à celui, mesurable mais tellement moins riche, du quantitatif… » (p. 10)

« Il est néanmoins possible que certains esprits plutôt attachés aux chiffres, aux statistiques et aux faits bruts et simples (encore que l’existence de tels faits soit douteuse et carrément niée par Schutz) puissent trouver cette méthode trop libre, trop fluctuante (ondoyante, dirait Simmel… ou Montaigne !) et subjective, donc manquant de rigueur. » (p. 56)

34Mais si les statistiques sont trop grossières pour l’esprit subtil d’E. Teissier, elles peuvent aussi à l’occasion être utiles si on peut leur faire dire des choses positives sur l’astrologie. Par exemple, commentant un sondage sur l’astrologie publié dans Science et vie junior (p. 287-290), elle réagit au fait que les jeunes soient apparemment les plus intéressés par l’astrologie de la manière suivante : « on peut d’ailleurs se demander si cela ne traduit pas un lien avec le cosmos resté plus vivant – et pourquoi pas diraient les adeptes de la réincarnation, un résidu des vies antérieures ? » (p. 288). D’un seul coup d’un seul, les pauvres statistiques se transforment, tel le crapaud devenant prince charmant, en preuves irréfutables du sérieux et de la véridicité des analyses astrologiques :

« Car nonobstant nos réserves déjà annoncées plus haut, quant à la valeur des analyses quantitatives en général, il reste que des indications chiffrées sur les secteurs de populations adhérant à cette discipline – ou simplement intéressées par cette dernière à divers degrés – ne peuvent que s’avérer des plus précieuses. » (p. 81)

« il y a les statistiques qui sont favorables à l’astrologie d’une façon à la fois péremptoire et éclatante » (p. XV)

35Et l’auteur se lance parfois elle-même hardiment dans l’évaluation chiffrée, mais totalement intuitive, des faits sociaux : « je pense que ceux qui aujourd’hui en France, font profession d’astrologue et chez qui la spécialité ‘astrologie’ proprement dite constitue effectivement 90 % et plus de la pratique professionnelle, doivent être moins d’un millier. C’est plus une impression qu’un décompte minutieux, mais ce chiffre me paraît plausible. » (p. 302).

Un étrange discours de la méthode

36Le discours de la méthode chez E. Teissier est aussi précis que ses hypothèses et sa « problématique ». Tout d’abord, l’« objectivité » est selon elle un idéal parfaitement inatteignable (un paragraphe entier est consacré au thème de « L’utopie de l’objectivité », p. 28-31). Mais, comme à son habitude, peu hantée par le principe de non-contradiction, E. Teissier peut critiquer la prétention « positiviste » à l’« objectivité » et dire que les scientifiques manquent d’objectivité, ou encore affirmer qu’elle est elle-même animée par un « souci d’objectivité ». La question de la possibilité ou l’impossibilité d’une objectivité est donc beaucoup plus complexe que ce qu’un lecteur rationaliste peut modestement imaginer : son sort dépend de la phrase dans laquelle le mot « objectivité » s’insère. Et l’on comprendra que l’auteur revendique l’« objectivité » lorsqu’il s’agit pour elle de défendre l’astrologie :

« Du fait que l’objectivité parfaite rêvée par la sociologie positiviste se cantonne dans un idéal par définition inaccessible […] » (p. 34)

« Si l’on veut faire œuvre de sociologue visant à une certaine objectivité, on ne peut donc reprocher à l’art royal des astres, d’être lui aussi, à l’instar de toute croyance, de toute idéologie ou de toute religion, peu ou prou tigrée – pour reprendre le joli titre durandien – de superstition, dans la mesure où cette dernière est omniprésente (et tellement relative au point de vue et à la culture de référence) dans la psyché humaine. » (p. 471)

« Les points que nous avons cru devoir mettre en relief sont relatifs à la fois à notre ­expérience et à notre sensibilité, donc à ce qui nous est proposé et que nous essayons de communiquer avec un souci d’objectivité. Mais qui peut prétendre à l’objectivité ? » (p. 534)

« Il est vrai que ce déchiffrage ne fut pas toujours aisé, dans la mesure où, étant impliquée nous-même, il nous fallait cependant faire preuve d’un maximum d’objectivité. » (p. 825)

37Pour E. Teissier tout est « méthode ». Par exemple, lorsqu’elle écrit : « D’où l’importance essentielle de la démarche méthodologique choisie, qui consistera à cerner les motivations et sources secrètes des attitudes et comportements sociaux. » (p. 20), on constate qu’une vague volonté de « cerner des motivations » équivaut pour elle à une « démarche méthodologique ». Lorsqu’elle écrit aussi que, dans sa thèse, « la méthode empirique paraît s’imposer » et qu’« elle sera (son) outil de référence » (p. 10), on voit que le mot « méthode », équivalent d’« outil de référence », est utilisé avec l’imprécision la plus grande : « la méthode empirique » semble s’opposer à d’autres « méthodes » (qui ne le sont pas), mais on ne sait pas de quelle méthode précisément il s’agit.

38Les termes « méthodes », « paramètres », « facteurs », « outils », etc., sont, en fait, utilisés de manière sémantiquement aléatoire, tant la fonction essentielle de ces usages lexicaux réside dans l’effet savant que l’auteur entend produire sur elle-même et sur le lecteur. Le fait que dans la première citation, E. Teissier dise que les « paramètres » dont elle parle (équivalent ici de « notions ») apparaîtront « ici où là, au hasard de cette étude », fait bien apparaître le caractère extrêmement rigoureux de la « démarche méthodologique » mise en œuvre…

« Et si les dieux me sont favorables, peut-être pourrons-nous apporter quelques modestes lumières sur l’univers astrologique d’aujourd’hui par rapport à cinq paramètres élémentaires qui, selon NISBET, caractérisent plus que tout autre la sociologie : communauté, autorité, statut, sacré, aliénation, toutes notions qui, ici où là, au hasard de cette étude, la marqueront d’une empreinte en filigrane » (p. 44)

Un grand paragraphe s’intitule « Les outils ou paramètres d’étude » (p. 60-86); « Si l’on vise l’efficacité d’une méthode, celle-ci doit impérativement s’instrumentaliser à travers des outils, ces auxiliaires de la connaissance. Ils nous permettront de prendre en compte les différentes couches de la population concernées par le phénomène astrologique » (p. 60); « Un dernier facteur sera effleuré (car trop important pour être traité en profondeur) avec les rapports de l’astrologie et du pouvoir » (p. 66); « Dans la liste des outils/miroirs de cette investigation… » (p. 83)

39En sachant tout cela, tout lecteur peut mesurer l’effet comique de la prétention toute verbaliste à la rigueur qu’affiche l’auteur de la thèse : « nous avons eu l’occasion de développer l’esprit de rigueurdont l’exigence nous habite depuis toujours. À cela s’ajoutait un souci de rationalité, de cohérence, mais cela à travers une forte curiosité intellectuelle au service d’une recherche de la vérité » (p. VIII). Visiblement, l’esprit ne parvient pas à guider les gestes.

Les « données » : anecdotes de la vie personnelle, médiatique et mondaine d’Élizabeth Teissier

40Si l’on entend par « données empiriques » des matériaux qui sont sélectionnés, recueillis et/ou produits en vue de l’interprétation la plus fondée possible de tel ou tel aspect du monde social, c’est-à-dire à des corpus de données dont les principes de constitution et de délimitation sont explicitement énoncés, on peut dire sans risque que la thèse d’E. Teissier ne contient strictement aucune donnée empirique. Si l’auteur avait une conception un tant soit peu empirique de la pratique de recherche en sociologie (rappelons qu’elle dit mettre en œuvre « la méthode empirique »), elle n’oserait par exemple pas écrire avec autant de légèreté et d’inconscience empirique qu’elle va suivre l’évolution de l’astrologie « à travers le temps et l’espace dans les sociétés les plus diverses, de la nuit des temps à nos jours » en annonçant explicitement qu’elle se livrera « à un rapide survol, aussi bien chronologique que géographique, diachronique que synchronique… » (p. 93). Mais pourquoi se donner la peine de mettre en place un véritable dispositif de recherche lorsque l’on pense que « la vitalité de l’astrologie aujourd’hui ne fait aucun doute » et que « pour preuve, il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles » (p. 792) ?

41De même, comment apporter une preuve de « l’intérêt de plus en plus marqué des médias pour l’astrologie » ? E. Teissier répond : « il n’y a pas une semaine où nous ne soyons pas sollicitée à participer, ici ou là, en France ou à l’étranger, à une émission de ce genre » (p. 274). En fait, E. Teissier enchaîne de manière aléatoire les anecdotes personnelles au gré de l’association de ses souvenirs : « Dans le contexte de l’être-ensemble, une autre histoire nous revient à l’esprit, où nous étions à la fois témoin et partie » (p. 412); « Une autre histoire exemplaire nous revient à l’esprit. » (p. 383), etc. Elle raconte ce qu’on lui a dit ou écrit et ce qu’elle a répondu. Ses commentaires, quand il y en a, se contentent de prolonger la polémique lorsqu’il y avait polémique (avec les journalistes, les animateurs de télévision, les scientifiques, etc.) et de souligner l’intérêt pour l’astrologie – malgré le consensus culturel en défaveur de l’astrologie et la ghéttoïsation de cette dernière – qu’illustrent certaines anecdotes. L’anecdote tirée « au hasard » (signe sans doute d’objectivité à ses yeux) fait toujours preuve :

« Nous pourrions allonger indéfiniment la liste de ces lettres qui sont autant de témoignages du puissant impact sociétal de l’astrologie aujourd’hui » (p. 345)

« Pour montrer que l’impact de l’astrologie n’a pas de frontières et s’exerce en priorité sur les jeunes intellectuels, mentionnons encore cette lettre qui nous parvint… » (p. 354)

« nous avons tenté de dresser un panel évocateur des diverses activités sociétales reflétant l’attraction des diverses couches de la société contemporaine pour l’astrologie… » (p. 462)

« Parmi les éléments qui tendraient à refléter la notion de fascination, on peut estimer que le simple fait que le président des Français ait fait appel à nous est en soi signifiant. » (p. 440)

« À travers ces quelques expériences exemplaires, choisies au hasard dans notre parcours, nous retrouverons des Leitmotive qui se répondent en contrepoint, manifestations quasi permanentes, voire endémiques du rejet socioculturel, du tabou de l’astrologie aujourd’hui. » (p. 544)

42Si elle fait également le compte rendu d’échanges de courriers avec certains lecteurs, pour « preuve » de l’ambivalence fascination/rejet vis-à-vis de l’astrologie (« C- Le courrier des lecteurs et téléspectateurs, baromètres de notre société », p. 311-386), il n’est aucunement question de constituer un corpus, ni même de faire une analyse sociologique, mais de donner à lire le courrier reçu, ainsi que les réponses envoyées (« Voici ce que nous avons répondu à ce lecteur :… », p. 319; « Voici la réponse que nous adressâmes à cette lectrice désorientée », p. 327). On n’a pas même d’évaluation précise des différents types de courriers qu’elle reçoit. Ainsi, à propos des lettres qu’elle range dans la rubrique « Les appels à l’aide », elle écrit de manière approximative : « Il s’agit certainement, quantitativement parlant, de la masse la plus importante de lettres reçues » (p. 312) ou encore que « Parmi les appels à l’aide, les lettres émanant de prisonniers ne sont pas rares » (p. 321).

43Et l’on va ainsi d’une anecdote à l’autre : E. Teissier en « face-à-face avec un astronome monolithique dans son agressivité » (p. 543), E. Teissier et Marcel ­Jullian, PDG d’Antenne 2 (p. 588-629) à propos de l’émission Astralement vôtre, E. Teissier et l’émission allemande Astrow-show entre 1981 et 1983 (p. 645 et suivantes), E. Teissier et l’émission Comme un lundi de Christophe Dechavanne du 8 janvier 1996 (p. 671-685), E. Teissier et l’émission Duel sur la cinq du 10 juin 1988 (p. 709-725), etc. Et à chaque fois, l’auteur émet des jugements péremptoires, polémique, formule des réponses agressives. Elle n’étudie donc pas les réactions à l’astrologie, elle la défend. Elle ne fait pas l’analyse des polémiques autour de l’astrologie, mais est dans la polémique, continuant dans cette thèse – comme sur les plateaux de télévision, sur les ondes radiophoniques ou dans la presse écrite – à batailler contre ceux qui considèrent que ce n’est pas une science.

16 Le lecteur aura noté au passage qu’une formation d’une durée de six mois permet d’acquérir « les f (…)

44Dans tous les cas, le narcissisme naïf est grand, bien que totalement dénié : « Bien que nous refusions dans ce travail de nous mettre en avant pour des raisons à la fois d’objectivité et d’une décence de bon aloi, on aura remarqué que nous fûmes à travers toute l’émission la seule astrologue à être prise à parti… » (p. 686). Non seulement les exemples pris par E. Teissier ne concernent qu’E. Teissier (alors même qu’elle aurait pu s’intéresser à d’autres collègues astrologues), mais les récits mettent toujours en avant la vie héroïque ou passionnante d’E. Teissier. C’est ainsi qu’elle raconte par exemple comment la rencontre de l’astrologie fut « le grand tournant de sa vie » : « Nous eûmes droit à notre nuit de Pascal – nuit boréale en réalité, car l’‘illumination’ dura quelque six mois, le temps d’apprendre les fondements cosmographiques et symboliques de l’art royal des astres16, suffisamment pour être éblouie des ‘convergences’ d’une part psychologiques, d’autre part événementielles avec notre caractère et notre vécu, ou ceux de notre entourage » (p. X). Ou encore, faisant le récit du contexte dans lequel elle a été contactée pour présenter l’émission allemande Astro-Show : « Lorsque, au tout début de 1981, à notre retour d’un voyage en Inde, nous trouvâmes trois messages consécutifs et quelque peu impatients de l’ARD (première chaîne télévisuelle allemande), nous fûmes plutôt surprise. Jusque-là en effet notre rayon d’action n’avait pas passé les limites du Rhin. » (p. 646).

45Le narcissisme rejoint l’indécence lorsque, après avoir donné à lire le courrier d’un lecteur, jeune maghrébin incarcéré aux Baumettes, elle écrit avec misérabilisme et condescendance et sans prendre conscience du ridicule : « Nous étions consciente à quel point le fait de dialoguer pouvait être important pour ce jeune homme visiblement égaré, tel un zombie, en ce bas monde. […] Voici la teneur de notre réponse audit prisonnier : ‘Cher Eric, je ne trouve hélas le temps de répondre à votre lettre qu’au retour d’un séjour à l’étranger. Je vous envoie une analyse à titre tout à fait exceptionnel, et pour la somme purement symbolique d’un franc (vu votre situation actuelle). Votre thème me montre que votre futur florissant vous permettra de m’envoyer ce que bon vous semblera en temps venu. Sachez que vous devez ce cadeau d’une part à vos bonnes étoiles […], d’autre part au fait que votre lettre m’a touchée, également du fait que j’ai deux filles, l’une Poisson, l’autre née en 1973, comme vous !… Je vous demande en revanche de bien vouloir en garder le secret, puisque l’ébruiter pourrait faire des jaloux […]’ » (p. 323).

Une écriture boursouflée et creuse

46Le problème essentiel avec le style d’écriture que l’on trouve dans une thèse comme celle d’E. Teissier, réside dans le fait que l’on aura beau multiplier les « échantillons », répéter les citations en vue de prouver que l’on a affaire à une écriture jargonnante, peu rigoureuse, souvent incompréhensible, parfois proche de l’absurde, d’autres verront au contraire dans les mêmes extraits toutes les marques de la profondeur ou de l’intelligence du propos. Question d’habitude pourrait-on dire. S’il est habitué à un usage déréglé de la langue, le lecteur appréciera les acrobaties verbales ou les associations aléatoires d’idées un peu comme s’il était devant un grand poème pseudo-savant. Mais là réside exactement le problème : le sociologue n’est pas un poète. On peut apprécier les poèmes de René Char ou de Stéphane Mallarmé et ne pas accepter, en matière de sciences sociales, ceux qui s’acharnent à faire dans le creux et le vague en faisant passer le creux pour du profond et le vague pour du riche et du complexe. Devant un grand nombre de passages de cette thèse, nous pourrions émettre le jugement suivant : dans la mesure où nous croyons savoir ce que parler en sociologue veut dire, nous pouvons témoigner du fait que nous n’avons rien compris à ce qui a été dit. Mais qu’y aurait-il à comprendre lorsque rien n’a été vraiment dit ?

17 Sur les habitudes discursives et mentales voir B. Lahire, L’Invention de l’« illettrisme ». Rhétor (…)

47Que des sociologues en France aient contracté de mauvaises habitudes de parler et d’écrire, qu’ils tentent de les transmettre régulièrement à des centaines, voire à des milliers d’étudiants, cela constitue un fait social majeur. Cependant, on peut avoir acquis auprès de maîtres, prestigieux ou moins prestigieux, de telles mauvaises habitudes17, et vouloir néanmoins s’en débarrasser une fois qu’on en a pris conscience. Mais encore une fois ce que l’on peut appeler « mauvaise habitude de parler et d’écrire », à partir d’une conception un tant soit peu rationaliste de l’argumentation, est malheureusement perçue par beaucoup de ceux qui les mettent en œuvre comme un signe d’intelligence et de pensée originale et profonde. L’écriture et la parole déréglées peuvent ainsi se transmettre de génération en génération, sans que ceux qui transmettent ni ceux qui se les approprient ne sachent exactement de quoi ils parlent, dans l’obscurité de la relation enchantée de maîtres à élèves (ou disciples) où se constituent ordinairement de telles habitudes. Il suffit d’être fasciné, de trouver cela beau, profond, sensible, original, pour avoir envie de faire de même et paraître à son tour intelligent, original, sensible et profond. Le sens de tout cela peut très bien être totalement absent des mots qui s’écrivent et s’échangent et se situer exclusivement dans la relation fascinée au maître. Peu de signification discursive, beaucoup de signification sociale.

48Délire sémantique ou esbroufe verbale, plaisir des mots savants qui sonnent bien accolés les uns aux autres pour asserter des banalités sur un ton sérieux, enchaînements des citations d’auteurs aussi ésotériques les unes que les autres, la panoplie de l’écriture pseudo-savante et réellement floue est assez complète. Donnons-en quelques exemples en garantissant au lecteur que l’effet d’étrangeté n’est pas le produit d’une injuste décontextualisation :

« […] à la recherche de cet infracassable noyau de nuit qui hante le cœur de l’homme depuis des temps immémoriaux ? » (p. 7)

[M. Maffesoli parle du « sentiment cosmique » qui « incline vers le vrai organique, le vivant, c’est-à-dire vers le naturalisme »] « Ce sentiment cosmique se trouvant de plus en plus impliqué comme trame de fond dans notre recherche, dont il constitue en quelque sorte le tissu, il allait de soi qu’il serve aussi de reliance et de sésame heuristique dans notre démarche, c’est-à-dire, dit concrètement,de fil rouge instrumental au service de notre projet de décrypter le donné social de ce que Dilthey appellerait la structure psychique que constitue l’astrologie. » (p. 49)

« Ainsi, comme lanterne magique pour nous guider à travers ces méandres heuristiques, nous utiliserons, comme accessoire à la raison objective et raisonnante la raison sensible maffésolienne ou l’intuition intellectuelle d’un R. Guenon, telle qu’elle est évoquée par F. Bonardel. » (p. 53)

« Au-delà de cette complexité qui ne doit pas être un mot refuge, nous cultivons l’espoir – l’utopie ? – qu’en fin d’analyse, ayant, même imparfaitement, décrypté les arcanes de notre problématique, nous pourrons adhérer pleinement à l’affirmation du sociologue lorsqu’il déclare que la complexité est ‘le défi à affronter, ce qui aide à le relever, et parfois même à le surmonter’ (E. Morin, Introduction à la pensée complexe) » (p. 68)

« En tout état de cause, on assiste ici à un triple trajet – ou trajectorialité, au sens durandien –, dans un va-et-vient simmélien qui s’inscrit en premier lieu entre le consultant et le système astrologique » (p. 76)

« Mais on trouve également un autre vecteur de cette trajectivité, à savoir celui entre ce même acteur social et la réelle présence (pour reprendre un expression chère à G. ­Steiner) du consulté, de l’astrologue en l’occurrence. En effet, il s’agit bien de la manifestation symbolique d’un présentéisme dépouillé de tout jugement moral, où seul intervient le laisser-être, à l’exclusion d’un aspect quelconque de contrainte, d’un devoir-être ». (p. 77)

« Ne doutons pas que c’est dans cette effervescence que se trouve la vérité sociétale. Et cette effervescence se focalise de plus en plus sur le monde des astres, nous l’avons, pensons-nous largement montré au cours de notre survol. On assiste en effet de plus en plus et dans tous les domaines du quotidien à une infiltration diffuse et effervescente de l’astral en nos sociétés postmodernes, en résonance, quelque part, à la coupure épistémologique, déjà évoquée, d’une postmodernité dont Maffesoli donne la définition suivante : ‘Sorte d’agglutination, à la fois disparate et tout à fait unie, d’éléments les plus divers’, impliquant un ‘style organique’, ce dernier se révélant ‘une bonne manière d’appréhender la raison interne d’une connaissance’ (Préface à Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, p. 90) » (p. 851)

« Tout au long de notre thèse, nous avons à l’instar de ce qui est la vocation et l’objectif du chercheur, tenté de déceler les prémices sous-jacents, les frémissements de ce qui est ‘en train de naître’ et qui se font sentir dans la réalité sociétale aujourd’hui. Cela en pratiquant ce que G. Durand appelle une ‘pensée concentrique’, c’est-à-dire une ‘pensée formant un système ouvert qui refuse de rester au centre mais qui va glaner ce qui se passe et se propage en périphérie à la recherche de l’humus sous-jacent’. Autrement dit, il s’agissait de suivre un processus de va-et-vient, en vases communiquants, tout en refusant de rester prisonnier d’une idée, d’aller à la rencontre de l’inconnu, de ce qui se vit dans le donné social, de ce qui émerge dans le champ expérimental du chercheur. De tout ce vécu, de cet observé, nous avons tenté de dégager la dynamique à travers une synergie de la pensée, en délaissant son contraire : la pensée unique, sous forme d’une doxa synonyme d’apparence. Nous avons ainsi pu faire état de ce maillage multiple, de ces innombrables passerelles qui s’effectuent entre échanges de savoirs, dans un désir commun de s’ouvrir à d’autres connaissances et de partager son intérêt, mais aussi à travers ces nouvelles technologies, longuement évoquées, où tout un chacun fait un pied-de-nez à cette pensée conformiste représentée par ceux qui détiennent un pseudo-savoir – un ‘demi-savoir’ selon J.-C. (sic) Domenach. Au fil de notre travail, nous avons pu mettre le doigt sur la confusion qui émerge par rapport à ces données, où sont mis à mal ceux qui croyaient détenir le savoir, cette pensée bien gardée, convenable, intellectuellement correcte, tout en montrant que son impérialisme peu à peu se désagrège – et ce en dépit d’un combat d’arrière-garde qui se voit voué à un échec à long terme. Comme nous avons montré, pensons-nous, l’inanité d’un intellectualisme desséché. ‘Le règne absolu de l’idée ne peut s’établir ni surtout se maintenir : car c’est la mort’ (in Le suicide de Durkheim cité par Maffesoli dans sa préface aux Formes élémentaires de la vie religieuse, p. 11). En paraphrasant K. Jaspers, on pourrait dire que ‘c’est dans la communication qu’on atteint le but de l’astrologie (la philosophie)’ (Introduction à la philosophie, p. 25), dans cet échange chaleureux (dionysiaque ?) entre esprits branchés sur des intérêts semblables, orientés en l’occurrence sur les arcanes célestes. » (p. 861)

Ce qui nuit réellement à la discipline 9« À Londres, s’il n’y a pas non plus de chaire d’astrologie à l’université, du moins peut-on obtenir un P.H.D. (doctorat) en astrologie si cette discipline est officiellement dépendante de la branche Psychologie; même biais possibles en France à condition de choisir un sujet de thèse limitrophe de la Sociologie, de la Philosophie ou de l’Histoire des religions et de se placer officiellement sous l’égide ces disciplines : on est obligé de camoufler, de tricher, de contourner les institutions qui sont manifestement en retard sur la réalité d’un consensus de plus en plus évident. » (p. 815-816). La vérité de la thèse d’E. Teissier est très clairement énoncée dans ces pages. Pour défendre la cause de l’astrologie, il faut avancer masqué : philosophie, histoire de religion ou sociologie peuvent être des entrées possibles pour l’astrologue. Mais si de telles stratégies de légitimation peuvent être imaginées, c’est que notre communauté scientifique les rend possibles. Et c’est cela qui pose fondamentalement problème au-delà du cas particulier de cette thèse. Que les choses soient claires : E. Teissier ne peut être tenue pour responsable de ce qui s’est passé à la Sorbonne et elle n’aurait pas même eu l’idée de frapper à la porte de notre discipline pour trouver un lieu de légitimation de ses propres intérêts d’astrologue, si celle-ci n’était pas le refuge d’enseignants-chercheurs dépourvus de rigueur et parfois très explicitement anti-rationalistes.

50Revenons à notre point de départ : des « collègues » (abondamment cités dans cette thèse) ont délivré un droit de soutenance à l’auteur de cette thèse, puis, avec d’autres, ont décidé de lui attribuer la mention « Très honorable ». Après lecture du compte rendu précédent, on comprend à quel point le sentiment de scandale du lecteur de la thèse est grand.

18 Lorsque l’on compte le nombre de thèses de doctorat soutenues par directeur de thèse, en France en (…)

19 M. Maffesoli, courriel daté du 23. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

20 Et ce d’autant plus qu’on a contribué à banaliser sa présence au sein de la discipline dans des ma (…)

21 Lettre de M. Maffesoli adressée par courrier électronique le 23. 04. 01. Une autre variante se ret (…)

22 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

23 On a pu lire ainsi dans la presse qu’« Elizabeth Teissier pourrait devenir le pion qu’on avance en (…)

51Évidemment, le directeur de la thèse, Michel Maffesoli, est Professeur de sociologie à l’université de Paris V et a même été promu à la première classe par le CNU, il publie régulièrement des ouvrages, préface des classiques de la sociologie, dirige une revue et fait soutenir des thèses à un rythme particulièrement élevé18, etc. Il soutient, avec l’aplomb cynique de celui qui sait pertinemment que la thèse ne sera pas lue intégralement par les étudiants ni même par les sociologues professionnels qui ont généralement d’autres tâches plus urgentes à faire, que la thèse d’E. Teissier est une thèse « sur l’astrologie » (à quelques « dérapages » près avoue-t-il19, en rajoutant de manière insultante pour tous les sociologues qui font leur travail d’évaluation des thèses sérieusement : « En toute honnêteté, lequel d’entre nous, directeur de thèse n’a pas laissé passer de tels ‘dérapages’ ? ») et non une « thèse d’astrologie ». Il peut donc utiliser l’argument du meurtre d’une école de pensée20 (« Il ne faudrait pas que cette thèse serve de prétexte à un nouveau règlement de compte contre une des diverses manières d’envisager la sociologie. »21) et dénoncer la « chasse à l’homme » qui est lancée contre lui : « Est ce que cette thèse n’est pas un simple prétexte pour marginaliser un courant sociologique, et disons le crûment, pour faire une chasse à l’homme, en la matière contre moi-même ? »22 Et c’est bien comme cela que certains collègues ont interprété les réactions négatives à cette soutenance de thèse et à l’attribution d’un titre de docteur en sociologie23. Or, il n’est bien sûr pas question de querelles d’écoles dans cette affaire, mais de rigueur scientifique (et même, plus largement, de rigueur intellectuelle) et de définition du métier de sociologue.

52Les véritables questions au fond que pose une telle « affaire » nous semblent être les suivantes : Comment parvenir à transformer collectivement les produits d’une histoire (académique et scientifique) mal faite (attributions abusives du titre de docteur en sociologie, recrutements universitaires peu rigoureux, revues scientifiques à faible contrôle scientifique…) ? Comment justifier, sans apparaître injuste et terroriste, l’affirmation selon laquelle Michel Maffesoli (entre autres) n’est pas sociologue et n’est pas en mesure de former les étudiants dont il dirige les travaux de recherche au métier de sociologue ? Ce sont ces questions que les sociologues doivent affronter. Sans prise de conscience collective de notre communauté scientifique, il n’y a aucune raison que ce genre de faits ne se renouvelle pas à l’avenir, avec moins de fracas, car tous les candidats n’auront pas l’honneur de la grande presse.

24 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01, op. cit. Voir aussi sa réponse à l’article de Jean Bric (…)

25 M. Maffesoli a qualifié, de manière tout à fait insultante, l’« ennuyeux jargon » des sociologues (…)

26 J. Bouveresse, Le Philosophe chez les autophages, Paris, Minuit, « Critique », 1984, p. 114.

53« Mais se servir de cette thèse, pour régler des comptes, pour sonner l’hallali, ne me paraît pas sain et, en tout cas, risque de nuire à notre discipline, en général », écrit Michel Maffesoli24. Nous espérons avoir contribué ici à montrer que ce qui « nuit à notre discipline » et ce qui n’est « pas sain », c’est très précisément le genre de spectacle dont la Sorbonne a été le théâtre sous la responsabilité d’un jury en grande partie composé de sociologues. Personnage cynique25, fin stratège, maniant habilement l’art du renversement des situations, Michel Maffesoli voudrait nous faire croire que « les fautifs ne sont pas ceux qui commettent les fautes […], mais ceux qui ont l’impudence de les dénoncer »26. Gageons que les diverses réactions saines à cette affaire malsaine puissent donner l’occasion d’une réflexion collective sur le métier de sociologue et sur les conditions d’entrée dans ce métier.

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Notes

1 Je tiens à remercier Stéphane Beaud et Christine Détrez pour la lecture des premières versions de ce texte, ainsi que Charles Soulié pour les données sur les thèses soutenues en sociologie entre 1989 et 1995 qu’il m’a communiqué.

2 Ce n’était pas la première fois que M. Maffesoli faisait soutenir une thèse en rapport avec l’astrologie. Ainsi, en 1989, S. Joubert a soutenu une thèse de doctorat intitulée Polythéisme des valeurs et sociologie : le cas de l’astrologie à l’Université de Paris V, sous sa direction. Le résumé de cette thèse manifeste un style d’écriture d’une aussi douteuse clarté que celui que l’on découvre dans la thèse d’Élizabeth Teissier : « Les figures polythéistes loin d’être les images obsolètes d’un passé primitif ou révolu, sont l’expression d’un agencement métaphorique dans lequel le face-à-face des dieux témoigne d’un éclatement des valeurs dont il s’agit de reconnaître toute la puissance heuristique. Le polythéisme des valeurs pousse la connaissance vers une épistémologie psycho-mythique qui semble aujourd’hui sensibiliser, tant les sciences exactes que les sciences humaines; en congruence avec cette mutation épistémologique émergent des indicateurs sociaux qui confirment la transformation paradigmatique à l’œuvre dans la post-modernité, telle l’astrologie dont le succès que l’on connaît tend à exacerber certaines valeurs comme la synthèse, le holisme, l’interdisciplinarité, la complexité, l’analogie, la synchronicité, etc… En toile de fond de cet engouement populaire se dessine plus ou moins nettement un certain nombre d’enjeux essentiels un peu comme si l’anodin servait à l’occasion de miroir reflétant à contre-jour les orientations que la post-modernitése donne à elle-même. » (Source : Docthese 1998/1). La thèse vient de paraître (L’homme d’aujourd’hui et les autres : fascination et rejet, Paris, Plon, 2001).

3 Directeur d’études à l’EHESS (psychologie sociale).

4 Professeur de philosophie à l’Université de Paris I.

5 Professeur de sociologie à l’Université de Montpellier III.

6 Professeur émérite à l’Université de Grenoble II, Fondateur du Centre de Recherche sur l’Imaginaire.

7 Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg II.

8 Un tel travail de lecture demande beaucoup de temps et porte plus que l’ombre du doute sur les lectures d’« un jour », comme celle d’Alain Touraine, qui affirme ainsi : « Je me suis présenté le premier et j’ai consacré la journée du 15 mai à sa lecture » (« De quoi Élizabeth Teissier est-elle coupable ? », Le Monde daté du 22 mai 2001).

9 C’est pour cela que nous ne pouvons pas suivre Jean Copans (« La sociologie, astrologie des sciences sociales ? », Le Monde daté du 30. 04. 01) lorsqu’il fait porter la critique sur les objets jugés trop futiles (« Les incivilités dans le 93 », « Mon portable, mon ordinateur et ma belle-fille », « L’interculturel entre la rue des Rosiers et le quartier de la Rose »).

10 Tout ce que nous mettons entre guillemets dans ce texte sont des extraits de la thèse. Les italiques sont des choix de soulignement de l’auteur de la thèse et les gras sont nos propres soulignements de lecteur.

11 M. Maffesoli, « Éloge de la connaissance ordinaire », Le Monde daté du 24 avril 2001.

12 Nous ne vérifierons pas ici la véracité des sentiments positifs à l’égard de l’astrologie que l’auteur prête à diverses personnalités.

13 Elle peut soutenir à d’autres moments que la vérité sort de la bouche du peuple, parce que – mythe du « bon peuple » oblige – celui-ci serait moins perverti par les institutions académiques, culturelles et médiatiques officielles : « Les gens simples, moins victimes d’a priori (il s’agit d’un terrain intellectuel en quelque sorte vierge) sont plus réceptifs, donc plus vrais par rapport à ce genre de constat, de reconnaissance. » (p. 483). Ou encore : « Il est certain que l’instinct populaire, très sûr parce que nourri de toute l’expérience humaine, cet ‘inconscient collectif’ cher au psychologue C. G. Jung, a depuis toujours l’intuition d’une action du ciel sur ce qui vit sur terre. » (p. XV).

14 « […] je n’ai lu nulle part dans sa thèse que l’astrologie était scientifique », A. Touraine, « De quoi Élizabeth Teissier est-elle coupable ? », op. cit.

15 Elle écrit par ailleurs : « D’autre part, la télépathie ne s’est elle pas imposée comme discipline scientifique depuis les expériences de Rhine ? » (p. 281).

16 Le lecteur aura noté au passage qu’une formation d’une durée de six mois permet d’acquérir « les fondements cosmographiques et symboliques de l’art royal des astres ». L’effort n’est finalement pas si considérable que cela pour pouvoir « écouter la musique » des planètes.

17 Sur les habitudes discursives et mentales voir B. Lahire, L’Invention de l’« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates, Paris, Éditions la Découverte, Coll. « Textes à l’appui », 1999.

18 Lorsque l’on compte le nombre de thèses de doctorat soutenues par directeur de thèse, en France entre 1989 et 1995, on s’aperçoit que Michel Maffesoli arrive très largement en tête des directeurs de thèse avec 49 thèses (en 7 ans, soit en moyenne 7 thèses par an) soutenues, loin devant Louis-Vincent Thomas (33). Puis viennent Pierre Ansart (22), Jean Duvignaud (22), Pierre Fougeyrollas (19), Raymond Bourdon (17), Annie Kriegel (14), Alain Touraine (14), Jacques Lautmann (12), Robert Castel (11), Jean-Michel Berthelot (10) et Roger Establet (10).

19 M. Maffesoli, courriel daté du 23. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

20 Et ce d’autant plus qu’on a contribué à banaliser sa présence au sein de la discipline dans des manuels universitaires « respectueux de la pluralité des écoles et des sensibilités », comme le mentionne la quatrième de couverture de l’ouvrage La Sociologie française contemporaine (sous la direction de J.-M. Berthelot, Paris, PUF, 2000); ouvrage qui comprend un chapitre, signé par Patrick Tacussel, intitulé « La sociologie interprétative. Un tournant postempiriste dans les sciences humaines en France », p. 117-125.

21 Lettre de M. Maffesoli adressée par courrier électronique le 23. 04. 01. Une autre variante se retrouve dans le texte accompagnant le courrier : « Une question de bon sens se pose, est-ce que, finalement, cette thèse non lue, n’est pas prétexte à règlement de compte contre un type de sociologie que je représente ? »

22 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

23 On a pu lire ainsi dans la presse qu’« Elizabeth Teissier pourrait devenir le pion qu’on avance en surface pour régler des affaires plus souterraines, relevant des querelles de chapelle ou des jeux de pouvoir entre ‘grands’ de la sociologie » (O. Piriou, « Banalité d’Elizabeth Teissier », Le Monde daté du 30. 04. 01).

24 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01, op. cit. Voir aussi sa réponse à l’article de Jean Bricmont et Diana Johnston (« Le monde diplomatique », août 2001) : « L’astrologie, la gauche et la science », in « Le monde diplomatique », 2 octobre 2001, p. 2.

25 M. Maffesoli a qualifié, de manière tout à fait insultante, l’« ennuyeux jargon » des sociologues d’« argot de proxénètes » dans la préface au livre de Alfred Schutz, Le Chercheur et le quotidien, Paris, Méridiens Klincksieck, 1987, p. I.

26 J. Bouveresse, Le Philosophe chez les autophages, Paris, Minuit, « Critique », 1984, p. 114.


Obama/Israël: Qu’ils mangent de la rhétorique ! (When all else fails, play tourist !)

23 mars, 2013
http://www.gannett-cdn.com/media/USATODAY/USATODAY/2013/03/20/ap_mideast_palestinians_obama_54847039-16_9_r722_c720x400.jpg?0274d63eec9e89a4f151267bbcae9ff8b01f9b5dhttp://extremecentre.org/wp-content/uploads/2013/03/Obama-spring-break-Israel-Dave-Granlund.jpg
Hamas leader Dr. Salah Bardawil called on Palestinian political leaders in the Authority and the factions to review the Palestinian political program to face the repercussions of the remarks made by Obama on Thursday during his visit to Jerusalem and West Bank. Bardawil described in a press statement to Quds Press the U.S. President statements calling for recognizing Israel as a Jewish state as « the most dangerous statement by an American president regarding the Palestinian issue. » He added that the recognition of the State of Israel means practically abolishing the right of refugees to return and tampering with the fate of the Palestinians from the 1948-occupied territories. « This shows that Obama has turned his back to all Arabs … This is serious and requires that the Palestinian leadership reformulates its political program to address this deception. » Al Qassam
Tranquillement, sans que personne ne l’annonce, le conflit israélo-palestinien est passé d’une nécessité à un passe-temps pour les diplomates américains. Comme n’importe quel passe-temps — construction de modèles réduits d’avions ou de chandails au tricot — certains jours vous travaillez dessus, certains jours, vous ne travaillez pas. Cela dépend de votre humeur, mais qu’importe finalement si le chandail est terminé ou non. Obama a travaillé sur ce passe-temps au début de son premier mandat. Il a vite été coincé lorsqu’il a été repoussé par les deux parties, et, par conséquent, il a adopté, tout à fait rationnellement, à mon avis, une attitude de négligence bénigne. Tout cela dans l’indifférence générale. (…) Le conflit le plus déstabilisateur de la région est la guerre civile entre chiites et sunnites qui chauffe, le Liban, la Syrie, l’Irak, le Koweït, le Bahreïn et le Yémen. Alors qu’il serait une bonne chose d’ériger un Etat palestinien en paix avec Israël, la question est aujourd’hui restera-t-il un État syrien, un Etat libyen et l’État égyptien. Enfin, alors que la nécessité pour l’Amérique de forger la paix israélo-palestinienne n’a jamais été plus faible, les obstacles n’ont jamais été plus élevés : Israël a maintenant installé 300 000 imlantations en Cisjordanie et les attaques à la roquette du Hamas sur Israël depuis Gaza ont sérieusement érodé l’appétit de la majorité silencieuse israélienne de se retirer de la Cisjordanie, puisqu’une seule petit roquette fusée tirée de là-bas pourrait fermer l’aéroport international israélien de Lod. Pour toutes ces raisons, Obama pourrait bien être le premier président américain à visiter Israël en touriste. Thomas Friedman
Keeping Iran from sprinting to a single bomb now so that it can amble toward 50 bombs once Mr. Obama is out of office is not a policy worthy of any American presidency. I’d also like to hear the president tell Palestinians during his visit to Bethlehem that what really stands between them and a state isn’t Israel or its settlements. Israel dismantled its settlements in Sinai for the sake of peace with Egypt, and dismantled them again in Gaza in the interests of disengaging from the restive coastal strip. Most Israelis would gladly do so again for the sake of a real peace with the Palestinians. But Israelis can have no confidence in such a peace so long as Palestinians elect Hamas to power, cheer the rocketing of Israeli cities, insist on a « right of return » to Tel Aviv and Haifa, play charades at the U.N., refuse to negotiate directly with Israel, and raise their children on a diet of anti-Semitic slurs. Bret Stephens
Pourquoi donc ce grand écart entre le verbe et les actes? En premier lieu à cause du Congrès. Sénateurs et représentants, démocrates comme républicains, sont extrêmement défavorables à des pressions sur Israël au moment où son voisinage s’islamise (Égypte), implose en guerre civile (Syrie) ou se nucléarise (Iran). En second lieu, Obama a d’autres dossiers brûlants à traiter – outre sa lutte interne avec les républicains sur les questions socio-économiques -, à commencer par la bombe iranienne, cauchemar non seulement d’Israël, mais aussi des alliés arabes sunnites pétrolifères de Washington (Arabie saoudite). Il doit aussi gérer les tensions montantes avec la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou encore le Pakistan ; devant ces titans asiatiques surarmés et les risques de conflits entre eux (Inde/Pakistan, Chine/Japon, etc.), le dossier palestinien apparaît franchement marginal, surtout par ces temps de calme relatif. Le locataire de la Maison-Blanche tapera-t-il du poing sur la table durant son second mandat? Non, d’autant moins que la nouvelle coalition de «Bibi» est plus présentable que la précédente, ­dépourvue de ministres ultraorthodoxes mais riche de la très appréciée Tzipi Livni, en charge du… processus de paix. Mais, en définitive, la vraie question n’est-elle pas de savoir si Obama croit encore possible le règlement du conflit israélo-palestinien? Si tel n’est pas le cas, on lui souhaite un agréable séjour touristique au Proche-Orient. Frédéric Encel
Bien qu’il puisse y avoir certains dans les mondes arabes et musulmans, qui prendront à cœur de sermon du président sur la coexistence et les objectifs communs, le chant des manifestants qui l’a accueilli à Ramallah aujourd’hui, dans lequel la foule réclamait des fusils lance-grenades et non plus de coopération avec les États-Unis, était peut-être une lecture plus précise de l’opinion publique. (…) Le président a peut-êrtre estimé qu’il devait faire précéder tout discours de paix par un émouvant hymne au sionisme et le droit d’Israël à se défendre contre ses ennemis, afin qu’ils se sentent suffisamment en sécurité pour accepter le compromis. Mais à une culture politique palestinienne qui cherche toujours la délégitimisation d’Israël, ceci est une invitation à la confrontation, pas l’accomodement. Tant que le nationalisme palestinien restera lié au rejet du sionisme, il sera difficile, voire impossible, pour même un leader palestinien plus fort qu’Abbas de faire la paix. Et c’est pourquoi que sans aucun doute à la frande frustration du président Obama, il continuerat à éviter comme la peste les pourparlers. Le discours de Jérusalem d’Obama sur les vertus d’une solution à deux États n’est pas plus susceptibles de produire un que celui de Bush donné en 2002 en devenant le premier président américain à approuver officiellement la création d’un Etat palestinien. A ce moment là aussi, Bush favait ormulé son appui au concept dans un contexte de sécurité israéliennes et des droits des Palestiniens (bien que Bush ait également approuvé la démocratie palestinienne, un point qu’Obama judicieusement évité puisque Abbas en est actuellement à sa neuvième année d’un mandat de quatre ans). Mais même si l’appui sincère de Bush a contribué à encourager ensuite le premier ministre Ariel Sharon à se retirer de la bande de Gaza (une erreur colossale qui s’a aggravé  la sécurité du pays et qui ne sera répète ni par Netanyahu ni par aucun autre dirigeant israélien en Cisjordanie), il n’a en rien fait bouger  les Palestiniens. malgré tout son brio rhétorique, les chances d’Obama de réussir là où Bush a échoué sont minimes. (…) L’ironie ici, c’est que la droite juve qui attaquera Obama pour son discours aura probablement aussi tort quant à son impact que la gauche qui l’encense. Tant que les Palestiniens resteront réticents à faire la paix, peu importe ce que pourront dire les israéliens ou Obama sur le sujet. Jonathan S. Tobin

Vous avez dit « vacances de Monsieur Hulot » ?

Batterie du système antimissile « Dôme de fer », Musée national, Yad Vashem, le mémorial de l’Holocauste, tombes de Rabin et de Theodor Herzl, basilique de la Nativité à Bethléem, Pétra …

Au lendemain de la dernière balade en Palestine du Touriste en chef et maitre es téléprompteries de la Maison Blanche …

Qui, entre les incessants gages aux panislamistes et l’abandon de ses anciens alliés aux allahakbaristes du prétendu « printemps arabe », avait passé l’essentiel de son premier mandat à multiplier les gestes d’hostilité à l’égard du gouvernement israélien …

Mais qui, détérioration de la situation syrienne et survol de territoire en cas de bombardement du programme nucléaire iranien obligent et mis à part le rappel du statut d’Etat juif d’Israël, semble néanmoins avoir obtenu des excuses israéliennes pour une évidente provocation turque …

L’éditorialiste américain Jonathan S. Tobin rappelle, après le spécialiste français du Proche-Orient Frédéric Encel il y a quelques jours, la futilité de l’entreprise …

Tant que les dirigeants palestiniens continueront à refuser la paix …

Contentions

Both Right and Left May Be Wrong About Obama’s Speech

Jonathan S. Tobin

Jewish World Review

03.21.2013

Jewish left-wingers are cheering President Obama’s Jerusalem speech in which he once again made the case for a two-state solution. Some are hoping that this will mean a renewed campaign of U.S. pressure on the Netanyahu government. With a new secretary of state in John Kerry who may well be foolish enough to believe he can succeed where so many other American peace processers have failed, perhaps they are right. But it is also possible that although Obama was eager to reiterate his ideas about the necessity of peace, the only real insights about the impact of the presidential visit may be coming from Palestinians and some of their cheerleaders.

While they will also welcome the president’s reassertion of the right of the Palestinians to a state of their own and his criticisms of Jewish settlements, it is far more probable that the part of his address today that will resonate with them is the section in which he laid out at length not only a defense of Zionism but a case for Israel’s right to self-defense and America’s ironclad guarantee of its security. Though there may be some in the Muslim and Arab worlds who will take to heart the president’s sermon on coexistence and shared goals, the chant of demonstrators that greeted him in Ramallah today, in which the crowd chanted for rocket propelled grenades, not more cooperation with the U.S., was perhaps a more accurate reading of public opinion.

Were Palestinian Authority head Mahmoud Abbas, whom the president inaccurately praised as a “partner for peace,” really interested in pursuing a two-state solution, he would take up the president’s challenge and agree, as Obama insisted during their joint press conference, to a new round of peace talks without insisting on preconditions. But the odds that the embattled Abbas, who is far more worried about Hamas than he is about Israel or the U.S., will do that are slim, making any new U.S. initiative a fool’s errand.

Those who would dismiss the president’s speeches as meaningless rhetoric shouldn’t underestimate the power of words, especially from an American president, to set the tone in the region. But those who think Obama’s appeal to Israelis to force their leaders to once again take risks for peace (something that runs contrary to the verdict of the recent Israeli election) may not only be misreading the mood of the Israeli public; they are also ignoring the Palestinians.

It should first be understood that merely stating America’s desire for a renewal of the peace process without demanding anything from the parties other than that they return to the peace table does not in any way constitute pressure on Israel. To the contrary, while Israel’s new government is under no illusion about the president wanting them to change course on settlements, they heard no concrete proposals from him that they must either refuse or accede to. In Ramallah, Obama echoed Netanyahu when he pointed out that the Palestinian demand that Israel concede every main point on borders and settlements prior to the negotiations was a formula for inaction, not peace. Israel’s position remains that it is ready to talk about everything without preconditions and that is exactly what Obama endorsed. Though it is possible Obama may follow this up with pressure on Netanyahu in the coming months and years, his speech actually made it very plain that pressure for peace would have to come from the Israel public and not from an American president who has learned his lesson about the futility of trying to impose his will on the Jewish state or on a Palestinian Authority that has consistently disappointed him.

While some on the Jewish right may only be listening to the latter part of the president’s speech in which he criticized settlements, what they need to understand is that Israel’s enemies probably stopped listening after the part where he endorsed Zionism and said those who wish to erase Israel are wasting their time. It will be those words and not his call for mutual understanding that will have the most impact.

The president may have felt that he had to precede any talk about peace with a stirring paean to Zionism and the right of Israel to defend itself against its enemies in order to make them feel safe enough to compromise. But to a Palestinian political culture that still seeks Israel’s delegitimization, that is an invitation to confrontation, not accommodation. So long as Palestinian nationalism is bound up with rejection of Zionism, it will be difficult, if not impossible, for even a stronger Palestinian leader than Abbas to make peace. And that is why he will, no doubt to President Obama’s frustration, continue to avoid talks like the plague.

Obama’s Jerusalem speech about the virtues of a two-state solution is no more likely to produce one than the one George W. Bush gave in 2002 when he became the first U.S. president to officially endorse the creation of a Palestinian state. Then, too, Bush couched his support for the concept in a context of Israeli security and Palestinian rights (though Bush also endorsed Palestinian democracy, a point that Obama wisely avoided since Abbas is now serving in the ninth year of a four-year term). But while Bush’s heartfelt support helped encourage then Prime Minister Ariel Sharon to withdraw from Gaza (a colossal blunder that has worsened the country’s security and that neither Netanyahu nor any other Israeli leader will repeat in the West Bank), it did nothing to move the Palestinians. For all of his rhetorical brilliance, Obama’s chances of succeeding where Bush failed are minimal.

In the absence of any peace proposal that will hinge on American pressure on Israel to make concessions, nothing will come of Obama’s peace advocacy. Obama’s critics on the right, both here and in Israel, may say that his Zionist rhetoric is insincere and that the only aspects of his speeches that can be believed are those that call for Israeli concessions. But while he may not, as Aaron David Miller said, be “in love with the idea of Israel,” he gave a plausible impression of someone who is an ardent supporter of that idea this week. After this trip, it is simply not possible to claim he is Israel’s enemy, even if some of his advice to it is unwise.

The irony here is that the Jewish right that will attack Obama for his speech is probably as wrong about its impact as the left that cheers it. As long as the Palestinians remain unwilling to make peace, it doesn’t matter what the Israelis do or what Obama says about the subject.

Voir aussi:

20 Mars 2013

Obama, le faux détracteur d’Israël

Frédéric Encel, géopolitologue et professeur à l’ESG Management School, souligne que le président américain n’a jamais menacé de sanctions Benyamin Netanyahu pour sa conduite du ­dossier palestinien.

Frédéric Encel

Le Figaro

À en croire la plupart des observateurs, les relations israélo-américaines, à l’instar de celles qui prévalent entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu depuis (et pour encore!) quatre années, seraient exécrables. Or rien n’est moins vrai.

Certes, le président américain reproche à son vis-à-vis israélien depuis leur investiture concomitante, début 2009, de ne pas faire assez d’efforts pour reprendre les pourparlers avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le lui exprime ouvertement: poignées de main glaciales à chacune de leurs entrevues, critiques publiques, absence de visite en Israël jusqu’à présent, etc. Les quatre mandats successifs de Bill Clinton et George Bush junior avaient habitué les Israéliens à plus de chaleur! Mais ces pressions ne sont pas sérieuses. Car un président américain exerçant de véritables pressions les ­assortit de menaces de sanctions.

En décembre 1948, Harry Truman (pourtant pro-israélien) exhorte David Ben Gourion à replier ses troupes victorieuses du Sinaï égyptien en pleine première guerre israélo-arabe, sous peine de blocus économique. Israël ne pourrait survivre à une telle mesure, et le fondateur de l’État juif s’incline. En octobre 1956, Dwight Eisenhower menace le même premier ministre de la même sanction s’il ne se retire pas du même terri­toire, conquis lors de la campagne de Suez. Tout comme leurs alliés français et britanniques, les Israéliens sont contraints de se retirer du sol égyptien. En octobre 1991, George Bush senior menace Yitzhak Shamir de lui refuser 10 milliards de garanties bancaires nécessaires à intégrer le million d’immigrants juifs d’URSS fraîchement arrivés s’il rejette la conférence internationale de Madrid. Bien que faucon, Shamir s’y rendra finalement… Barack Obama, lui, n’a jamais menacé le nationaliste Netanyahu de sanctions, sur aucun plan.

Économiquement d’abord, même si Israël dépend nettement moins de son allié qu’autrefois, Obama aurait pu menacer de diminuer l’aide américaine annuelle de 3 milliards de dollars. Il n’en fit rien. Diplomatiquement ensuite, il aurait pu, à l’Assemblée générale comme au Conseil de sécurité des Nations unies, s’abstenir ou même condamner Jérusalem à l’instar de la majorité des autres capitales lors des votes concernant plusieurs affaires – la flottille turque (juin 2009), le rapport Goldstone (novembre 2009), ou encore la reconnaissance de l’État de Palestine (novembre 2012). Or les États-Unis (ainsi que leurs alliés micro-insulaires du Pacifique!) soutinrent indéfectiblement Israël durant tout le mandat d’Obama. Militairement, enfin, ce dernier aurait pu refuser la livraison à Tsahal des puissantes bombes perforantes BLU et GBU ou ralentir la coopération balistique du programme «Dôme de fer», fragilisant Israël tant face à l’Iran que vis-à-vis du Hamas et du Hezbollah. Il s’en abstint. Comme l’indiquait le président hébreu Shimon Pérès lors de sa récente visite à Paris, jamais la coopération technologique et militaire israélo-américaine n’aura au contraire atteint une telle intensité.

Pourquoi donc ce grand écart entre le verbe et les actes? En premier lieu à cause du Congrès. Sénateurs et représentants, démocrates comme républicains, sont extrêmement défavorables à des pressions sur Israël au moment où son voisinage s’islamise (Égypte), implose en guerre civile (Syrie) ou se nucléarise (Iran). En second lieu, Obama a d’autres dossiers brûlants à traiter – outre sa lutte interne avec les républicains sur les questions socio-économiques -, à commencer par la bombe iranienne, cauchemar non seulement d’Israël, mais aussi des alliés arabes sunnites pétrolifères de Washington (Arabie saoudite). Il doit aussi gérer les tensions montantes avec la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou encore le Pakistan ; devant ces titans asiatiques surarmés et les risques de conflits entre eux (Inde/Pakistan, Chine/Japon, etc.), le dossier palestinien apparaît franchement marginal, surtout par ces temps de calme relatif.

Le locataire de la Maison-Blanche tapera-t-il du poing sur la table durant son second mandat? Non, d’autant moins que la nouvelle coalition de «Bibi» est plus présentable que la précédente, ­dépourvue de ministres ultraorthodoxes mais riche de la très appréciée Tzipi Livni, en charge du… processus de paix. Mais, en définitive, la vraie question n’est-elle pas de savoir si Obama croit encore possible le règlement du conflit israélo-palestinien? Si tel n’est pas le cas, on lui souhaite un agréable séjour touristique au Proche-Orient.

Frédéric Encel est l’auteur de l’«Atlas géopolitique d’Israël» (Autrement, 2012)

Voir également:

En Israël, Obama voyage en quête d’agrément

Libération

19 mars 2013

Le président américain entame aujourd’hui une visite de quatre jours, sans plan de paix, mais avec l’espoir de redorer son image dans la région.

Lorraine Millot Correspondante à Washington

Avant même son arrivée en Israël aujourd’hui, Barack Obama ne jure plus que par «Bibi». Dans une interview à la télévision israélienne, au grand amusement des diplomates, le président américain n’a cessé d’employer le surnom du Premier ministre de l’Etat hébreu pour assurer que sa relation avec «Bibi» est «professionnelle et formidable». Fini donc le temps des insultes, quand le président américain se voulait trop occupé pour recevoir le même Benyamin Nétanyahou de passage à l’ONU, ou lorsqu’un journaliste bien introduit à la Maison Blanche, Jeffrey Goldberg, pouvait rapporter, en janvier encore, qu’Obama considérait le dirigeant israélien comme un «lâche».

Le voyage de quatre jours que Barack Obama entame aujourd’hui en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie, vise à remettre la relation israélo-américaine sur de meilleurs rails après toute une série de malentendus, épreuves de force et crises de nerfs.

«Touriste». Le Président n’arrive pas porteur d’une «nouvelle initiative» de paix, a prévenu d’entrée la Maison Blanche, qui s’est efforcée de réduire les attentes autant que possible à l’approche de cette visite. Le principal objectif d’Obama sera de «parler directement aux Israéliens», a souligné son conseiller Ben Rhodes. L’apogée du voyage sera un discours aux jeunes Israéliens demain, au Centre des conventions de Jérusalem, explique-t-on à Washington, dans l’espoir de faire un peu mieux apprécier Obama en Israël (il y est encore très impopulaire) et de pouvoir par la suite s’appuyer sur l’opinion publique locale pour peser sur Nétanyahou. «Le conflit israélo-palestinien n’est plus une nécessité, mais seulement un hobby pour les diplomates américains», en a déduit l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman. «Obama pourrait bien être le premier président américain à visiter Israël en touriste», poursuivait-il dans un récent éditorial bien senti.

A défaut de présenter ses propositions de paix lors de ce voyage, Obama a prévu de multiplier les étapes symboliques : en Israël, il visitera une batterie du système antimissile «Dôme de fer», il ira au Musée national admirer les manuscrits de la mer Morte, se recueillera à Yad Vashem, le mémorial de l’Holocauste, et aussi sur les tombes d’Yitzhak Rabin et de Theodor Herzl, le fondateur du mouvement sioniste. L’idée est d’honorer les racines historiques d’Israël pour corriger une impression malheureuse donnée par Obama qui, dans son fameux discours du Caire au monde musulman, avait semblé fonder toute la légitimité d’Israël sur l’Holocauste. La visite sur la tombe de Herzl sera pour le moins inhabituelle, comme le soulignait Martin Indyk lors d’un récent briefing au think tank Brookings. «J’espère qu’ils réussiront à la trouver», ironisait cet ancien ambassadeur américain à Tel-Aviv, avouant n’y être lui-même encore jamais allé.

Côté palestinien, Barack Obama a prévu de se rendre à la basilique de la Nativité à Bethléem – adressant ainsi un geste aux chrétiens pris dans la tourmente des printemps arabes -, et de rencontrer quelques jeunes à Ramallah, de façon plus informelle, en marge de ses entretiens avec Mahmoud Abbas et le Premier ministre, Salam Fayyad. En Jordanie enfin, Obama compte visiter le site de Pétra plutôt qu’un des camps où des centaines de milliers de réfugiés syriens affluent. S’il s’en tient à ce programme, le président américain risque effectivement de donner une allure «touristique» à ce voyage.

«Nuance». Les sujets sérieux de discussion avec les dirigeants israéliens et palestiniens ne manqueront tout de même pas, le plus pressant restant le programme nucléaire iranien. Washington et l’Etat hébreu ont des «différences de nuance» sur l’Iran, rappelle Natan Sachs, un autre expert de l’institut Brookings : «Les Israéliens mettent l’accent sur la capacité nucléaire iranienne, tandis que les Américains se focalisent sur l’arme nucléaire elle-même, ce qui fait une différence importante de calendrier.»

Au cours de son interview à la télévision israélienne enregistrée la semaine dernière, Obama a estimé que Téhéran «aurait encore besoin d’à peu près un an pour développer une arme nucléaire». Lors de son fameux discours aux Nations unies de septembre, Benyamin Nétanyahou avait annoncé que l’Iran pourrait construire sa première bombe dès le printemps ou l’été 2013. Puisque l’heure est au «redémarrage» de la relation, en public du moins, Obama et «Bibi» devraient pourtant afficher lors de cette visite une même approche : donner encore quelques mois de négociation à l’Iran, tout en le menaçant de frappes militaires s’il ne saisit pas cette dernière chance.

Voir enfin:

Mr. Obama Goes to Israel

Thomas Friedman

The New York Times

March 12, 2013

In case you haven’t heard, President Obama leaves for Israel next week. It is possible, though, that you haven’t heard because it is hard for me to recall a less-anticipated trip to Israel by an American president. But there is a message in that empty bottle: Little is expected from this trip — not only because little is possible, but because, from a narrow U.S. point of view, little is necessary. Quietly, with nobody announcing it, the Israeli-Palestinian conflict has shifted from a necessity to a hobby for American diplomats. Like any hobby — building model airplanes or knitting sweaters — some days you work on it, some days you don’t. It depends on your mood, but it doesn’t usually matter when that sweater gets finished. Obama worked on this hobby early in his first term. He got stuck as both parties rebuffed him, and, therefore, he adopted, quite rationally in my view, an attitude of benign neglect. It was barely noticed.

The shift in the Israeli-Palestinian conflict from necessity to hobby for the U.S. is driven by a number of structural changes, beginning with the end of the cold war. There was a time when it was truly feared that an Arab-Israeli war could trigger a wider superpower conflict. During the October 1973 war, President Nixon raised America’s military readiness to Defcon 3 to signal the Soviets to stay away. That is not likely to happen today, given the muted superpower conflict over the Middle East. Moreover, the discovery of massive amounts of oil and gas in the U.S., Canada and Mexico is making North America the new Saudi Arabia. So who needs the old one?

Of course, oil and gas are global commodities, and any disruption of flows from the Middle East would drive up prices. But though America still imports some oil from the Middle East, we will never again be threatened with gas lines by another Arab oil embargo sparked by anger over Palestine. For China and India, that is another matter. For them, the Middle East has gone from a hobby to a necessity. They are both hugely dependent on Middle East oil and gas. If anyone should be advancing Arab-Israeli (and Sunni-Shiite) peace diplomacy today it is the foreign ministers of India and China.

Writing in Foreign Policy magazine last week, Robin M. Mills, the head of consulting at Manaar Energy, noted that “according to preliminary figures reported this week, China has overtaken the United States as the world’s largest net oil importer.” Mills described this as a “shift as momentous as the U.S. eclipse of Britain’s Royal Navy or the American economy’s surpassing of the British economy in the late 19th century. … The United States is set to become the world’s biggest oil producer by 2017.”

At the same time, while the unresolved Israeli-Palestinian conflict emotionally resonates across the Arab-Muslim world, and solving it is necessary for regional stability, it is clearly not sufficient. The most destabilizing conflict in the region is the civil war between Shiites and Sunnis that is rocking Lebanon, Syria, Iraq, Kuwait, Bahrain and Yemen. While it would be a good thing to erect a Palestinian state at peace with Israel, the issue today is will there be anymore a Syrian state, a Libyan state and an Egyptian state.

Finally, while America’s need to forge Israeli-Palestinian peace has never been lower, the obstacles have never been higher: Israel has now implanted 300,000 settlers in the West Bank, and the Hamas rocket attacks on Israel from Gaza have seriously eroded the appetite of the Israeli silent majority to withdraw from the West Bank, since one puny rocket alone from there could close Israel’s international airport in Lod.

For all these reasons, Obama could be the first sitting American president to visit Israel as a tourist.

Good news for Israel, right? Wrong. While there may be fewer reasons for the U.S. to take risks to resolve the Israeli-Palestinian conflict, there is still a powerful reason for Israel to do so. The status quo today may be tolerable for Israel, but it is not healthy. And more status quo means continued Israeli settlements in, and tacit annexation of, the West Bank. That’s why I think the most important thing Obama could do on his trip is to publicly and privately ask every Israeli official he meets these questions:

“Please tell me how your relentless settlement drive in the West Bank does not end up with Israel embedded there — forever ruling over 2.5 million Palestinians with a colonial-like administration that can only undermine Israel as a Jewish democracy and delegitimize Israel in the world community? I understand why Palestinian dysfunction and the Arab awakening make you wary, but still. Shouldn’t you be constantly testing and testing whether there is a Palestinian partner for a secure peace? After all, you have a huge interest in trying to midwife a decent West Bank Palestinian state that is modern, multireligious and pro-Western — a totally different model from the Muslim Brotherhood variants around you. Everyone is focused on me and what will I do. But, as a friend, I just want to know one thing: What is your long-term strategy? Do you even have one?”

Voir enfin:

Obama’s mysterious visit

Caroline B. Glick

The Jerusalem Post

19/03/2013

In contrast to the high expectations the White House cultivated in pre-Cairo visit statements, Obama has downplayed his visit to Israel.

Why is US President Barack Obama coming to Israel today? In 2008, then president George W. Bush came to celebrate Israel’s 60th Independence Day, and to reject Israeli requests for assistance in destroying Iran’s nuclear installations.

In 1996, then-president Bill Clinton came to Israel to help then-prime minister Shimon Peres’s electoral campaign against Likud leader Binyamin Netanyahu.

It is possible that Obama is coming here in order to build up pro-Israel bonafides. But why would he bother? Obama won his reelection bid with the support of the overwhelming majority of American Jews. Their support vindicated his hostility toward Israel in his first term. He has nothing to prove.

It is worth comparing Obama’s visit to Israel at the start of his second term of office, with his visit to Cairo at the outset of his first term in office.

Ahead of that trip, the new administration promised that the visit, and particularly Obama’s “Address to the Muslim World,” would serve as a starting point for a new US policy in the Middle East. And Obama lived up to expectations.

In speaking to the “Muslim World,” Obama signaled that the US now supported pan-Islamists at the expense of US allies and Arab nationalist leaders, first and foremost then Egyptian president Hosni Mubarak. Moreover, in castigating Israel for its so-called “settlements”; channeling Iranian President Mahmoud Ahmadinejad by intimating that Israel exists because of the Holocaust; and failing to travel from Cairo to Jerusalem, preferring instead to visit a Nazi death camp in Germany, Obama signaled that he was downgrading US ties with the Jewish state.

In sharp contrast to the high expectations the Obama White House cultivated in pre-Cairo visit statements and leaks, Obama and his advisers have downplayed the importance of his visit to Israel, signaling there will be no significant changes in Obama’s policies toward Israel or the wider Middle East.

For instance, in his interview with Israel television’s Channel 2 last week, on issue after issue, Obama made clear that there will be no departure from his first term’s policies. He will continue to speak firmly and do nothing to prevent Iran from developing the means to produce nuclear weapons.

He will not release convicted Israeli agent Jonathan Pollard from federal prison despite the fact that Pollard’s life sentence, and the 28 years he has already served in prison are grossly disproportionate to all sentences passed on and served by offenders who committed similar crimes.

As for the Palestinians, Obama repeated his fierce opposition to Jewish communities beyond the 1949 armistice lines, and his insistence that Israel must get over its justified fears regarding Palestinian intentions and withdraw from Judea and Samaria, for its own good.

Given that all of these are positions he has held throughout his presidency, the mystery surrounding his decision to come to Israel only grows. He didn’t need to come to Israel to rehash policies we already know.

Much of the coverage of Obama’s trip has focused on symbolism. For instance, the administration decided to boycott Ariel University by not inviting its students to attend Obama’s speech to students from all other universities that is set to take place on Thursday in Jerusalem. In boycotting Ariel, Obama’s behavior is substantively the same as that of Britain’s Association of University Teachers. In 2005 that body voted to boycott University of Haifa and Ben-Gurion University in the Negev. But while the AUT’s action was universally condemned, Obama’s decision to bar Israelis whose university is located in a city with 20,000 residents just because their school is located beyond the 1949 armistice lines has generated litte attention.

Then again, seeing as Obama’s snub of Ariel University is in keeping with the White House’s general war with anyone who disputes its view that Judea and Samaria are Arab lands, the lack of outrage at his outrageous behavior makes sense. It doesn’t represent a departure from his positions in his first term.

The only revealing aspect of Obama’s itinerary is his decision to on the one hand bypass Israel’s elected representatives by spurning the invitation to speak before the Knesset; and on the other hand to address a handpicked audience of university students – an audience grossly overpopulated by unelectable, radical leftists.

In the past, US presidents have spoken before audiences of Israeli leftists in order to elevate and empower the political Left against the Right. But this is the first time that a US president has spurned not only the elected Right, but elected leftist politicians as well, by failing to speak to the Knesset, while actively courting the unelectable radical Left through his talk to a university audience.

Clinton constantly embraced the Israeli Left while spurning the Right – famously refusing to meet with then prime minister Binyamin Netanyahu in 1997 while both leaders’ jets were parked on the same tarmac at Los Angeles International Airport.

Clinton’s assiduous courtship of Israel’s Left enabled him to portray himself as a true friend of Israel, even as he openly sought to undermine and overthrow the elected government of the country.

But Clinton always favored leftist politicians – Shimon Peres and Ehud Barak – over rightist politicians. He did not spurn leftist politicians in favor of even more radical unelectable leftists.

So what does Obama seek to achieve with this novel practice? Clearly he is not attempting to use the opportunity of addressing this audience to express contrition for his first term’s policies. In his interview with Channel 2, Obama spoke of the instability on Israel’s borders – but never mentioned the key role he played in overthrowing Mubarak and empowering the Muslim Brotherhood, thus emptying of meaning Israel’s peace treaty with the most populous Arab state.

He never mentioned that his feckless handling of Syria’s civil war ensured that the moderate opposition forces would be eclipsed by radical Islamists affiliated with al-Qaida, as has happened, or expressed concern that al-Qaida forces are now deployed along Syria’s border with Israel, and that there is a real and rising danger that Syria’s arsenals of chemical and biological weapons, as well as its ballistic missiles, will fall into their hands. Indeed, Tuesday it was reported that the al-Qaida infiltrated opposition attacked regime forces with chemical weapons.

Obama will not use his speech before Prime Minister Binyamin Netanyahu’s most outspoken critics to express remorse over the hostility with which he treated Israel’s leader for the past four years. He will not admit that his decision to coerce Israel into suspending Jewish property rights in Judea and Samaria in his first term gave the PLO justification for refusing to meet with or negotiate with the Israeli government.

So since he doesn’t think he’s done anything wrong, and he intends to continue the same policies in his second term, why did he decide to come to Israel? And why is he addressing, and so seeking to empower the radical, unelectable Left? Obama’s speech in Cairo to the Muslim world was held at the Islamist Al-Azhar Univerity. By speaking at Al-Azhar, Obama weakened Mubarak in three different ways. First, Al-Azhar’s faculty members regularly issue religious rulings calling for the murder of non-Muslims, prohibiting the practice of Judaism, and facilitating the victimization of women. In stating these views, Al-Azhar’s leadership has demonstrated that their world view and values are far less amenable to American strategic interests and moral values than Mubarak’s world view was. By speaking at Al-Azhar, Obama signaled that he would reward the anti-American Islamists at the expense of the pro-American Arab nationalists.

Second, in contempt of Mubarak’s explicit wishes, Obama insisted on inviting members of the Muslim Brotherhood to attend his speech. In acting as he did, Obama signaled that under his leadership, the US was abandoning its support for Mubarak and transferring its sympathies to the Muslim Brotherhood.

Finally, by addressing his remarks to the Muslim nation, Obama was perceived as openly rejecting Egyptian nationalism, and indeed the concept of unique national identities among the various Arab states. In so doing, Obama undercut the legitimacy of the Egyptian regime while legitimizing the pan- Islamic Muslim Brotherhood which rejects nationalism in favor of a call for the establishment of a global caliphate.

As subsequent events showed, the conditions for the Egyptian revolution that brought the Muslim Brotherhood to power were prepared during Obama’s speech at al-Azhar.

It is possible that in addressing the unelected radical Left in Jerusalem, Obama seeks to undermine the legitimacy of the Israeli government. But if that is the plan, then it would bespeak an extraordinary contempt and underestimation of Israeli democracy. Such a plan would not play out the same way his Egyptian speech did.

There are two possible policies Obama would want to empower Israel’s radical, unelectable Left in order to advance. First, he could be strengthening these forces to help them pressure the government to make concessions to the Palestinians in order to convince the Palestinian Authority to renew negotiations and accept an Israeli peace offer.

While Obama indicated in his interview with Channel 2 that this is his goal, it is absurd to believe it. Obama knows there is no chance that the Palestinians will accept a deal from Israel. PA chief Mahmoud Abbas and his predecessor Yasser Arafat both rejected Israeli peace offers made by far more radical Israeli governments than the new Netanyahu government. Moreover, the Palestinians refused to meet with Israeli negotiators while Mubarak was still in power. With the Muslim Brotherhood now in charge in Cairo, there is absolutely no way they will agree to negotiate – let alone accept a deal.

This leaves another glaring possibility. Through the radical Left, Obama may intend to foment a pressure campaign to force the government to withdraw unilaterally from all or parts of Judea and Samaria, as Israel withdrew from the Gaza Strip in 2005. If this is Obama’s actual policy goal, it would represent a complete Europeanization of US policy toward Israel. It was the EU that funded radical leftist groups that pushed for Israel’s unilateral withdrawals from Lebanon in 2000 and Gaza in 2005.

And in the past week, a number of commentators have spoken and written in favor of such a plan.

The truth we don’t know why Obama is coming to Israel. The Obama administration has not indicated where its Israel policy is going. And Obama’s Republican opposition is in complete disarray on foreign policy and not in any position to push him to reveal his plans.

What we can say with certainty is that the administration that supports the “democratically elected” Muslim Brotherhood in Egypt, and did so much to clear all obstacles to its election, is snubbing the democratically elected Israeli government, and indeed, Israel’s elected officials in general. Obama’s transmission of this message in the lead-up to this visit, through symbols and action alike does not bode well for Israel’s relations with the US in the coming four years.


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