Affaire Chirac: Une certaine France qui fait peur (A scary France that has just shown its face)

31 octobre, 2009
Backstabbing Chirac
L’argent est le baromètre des vertus d’une société. (…) On maudit l’argent mal acquis; on respecte l’argent bien gagné. Ayn Rand
Il y a certains jours où on peut se poser des questions au sujet de tous ces procès d’épuration, de liquidation, vingt ans après. Jean-François Probst (ancien conseiller spécial de Jacques Chirac)

De la même manière qu’il y a une France généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine France qui fait peur, et c’est cette France là qui vient de nous présenter son visage …

Après le calvaire que vit actuellement en Suisse le maitre mondialement reconnu du 7e art pour avoir voulu booster la carrière artistique d’une jeune fille qui posait déjà nue

Après le lynchage médiatique d’un ministre pour avoir trop bien défendu les relations touristiques de son pays avec la Thaïlande …

Après la condamnation d’un ex-ministre pour avoir aidé son pays à écouler ses stocks de décorations …..

Marchés truqués, voyages et frais de bouche bidouillés, faux électeurs et emplois fictifs, valises de billets et barils de pétrole irakien …

Consternation, dans le pays même des droits de l’homme où le dernier homme à avoir tenu tête à Bush non encore nobélisé de la planète se voit, au terme d’une longue carrière au service de son pays, sauvagement trainé devant les tribunaux pour des broutilles remontant pour certaines à plus de 20 ans.

Faits pour lesquels l’un de ses lieutenants avait déjà écopé de 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, l’ayant obligé à un cruel exil dans les neiges canadiennes …

Voilà donc comment, dans la terre de Voltaire et de Zola, on remercie un homme qui avait tant confiance en la justice de son pays qu’il avait accepté une loi d’immunité sur mesure en échange de la promesse solennelle de redevenir, au terme de ses douze ans de mandat, un justiciable comme les autres!

Mais qui peut douter que la Justice d’un si grand pays restera muette devant tant d’injustice et qu’une annulation ou un non-lieu ne viendront pas, dans les jours ou mois qui suivent, mettre un terme à tant d’infâmie?

Chirac devant la justice: “abracadabrantesque” ou “légitime”?
Le Monde
30.10.09

Le renvoi de Jacques Chirac devant la justice pour “détournements de biens publics” et “abus de confiance” dans l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris a été diversement apprécié, vendredi 30 octobre, par les acteurs et observateurs de la classe politique. Si certains, à gauche comme à droite, estiment que cette décision intervient “trop tard”, d’autres rappellent que la justice doit être la même pour tous. Certains espèrent enfin que cette affaire permettra de remettre en question “l’immunité totale” accordée en France au chef de l’Etat.

Après l’avoir directement impliqué dans l’affaire de l’Angolagate ces derniers jours, Charles Pasqua a cette fois pris la défense de Jacques Chirac. “Je trouve cela non seulement triste mais aussi un peu indigne”, a-t-il déclaré. “Ce système judiciaire qui juge plus de quinze ans après les faits me choque [...] Je pense que les Français vont trouver cela incompréhensible. Ils savent bien qu’à droite comme à gauche, tout le monde a eu recours à des emplois dits aujourd’hui fictifs”, fait valoir l’ancien ministre dans un entretien au Journal du dimanche.

Même réaction du constitutionnaliste Dominique Rousseau, qui qualifie “d’abracadabrantesque” le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle pour des faits remontant à plus de vingt ans et estime que l’immunité totale accordée en France au chef de l’Etat était “une fausse bonne idée”. “La crédibilité de la justice est même atteinte dans la mesure où une sanction se doit d’être exécutée dans des délais raisonnables”, souligne cet ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, aujourd’hui professeur de droit de l’université de Montpellier.

Une analyse qu’est loin de partager le juge Eric Halphen. Selon lui, “il n’est pas du tout anormal, pour parler sous forme d’euphémisme, qu’une fois que le président n’est plus président la justice reprenne son droit”. Interrogé pour savoir s’il n’était pas “trop tard”, le juge, qui avait instruit pendant douze ans l’affaire des HLM de Paris avant d’en être dessaisi en 2001, a remarqué : “C’est trop tard, mais ce n’est peut-être pas du fait de la justice : la justice, dès les années 90, s’intéressait au comportement de Jacques Chirac lorsqu’il était maire de Paris.”

En écho aux propos du juge Halphen, le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon s’est félicité de cette décision qui “rappelle l’importance de conserver un juge d’instruction indépendant”, alors que la suppression du juge d’instruction est un des points-clés de la réforme de la procédure pénale, qui doit faire l’objet d’un projet de loi d’ici à l’été 2010. “Quand il n’y aura plus de juge d’instruction, est-ce qu’on pourra voir ces affaires jugées ?”, a-t-il demandé.

Olivier Besancenot (NPA) a salué le renvoi de Jacques Chirac devant la justice, tout en souhaitant que le “procès de Supermenteur” soit aussi celui de “l’immunité présidentielle”.

Nicolas Sarkozy a lui estimé ne pouvoir “faire aucun commentaire” sur cette affaire. “Il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Je suis le président de la République, successeur de Jacques Chirac. S’il y a bien quelqu’un qui ne peut présenter le moindre commentaire, c’est moi. Quels que soient les sentiments que j’ai pu avoir à l’endroit de Jacques Chirac, je ne peux faire aucun commentaire”, a-t-il insisté. M. Sarkozy a également rappelé avoir “regretté” le “commentaire” qu’il avait fait à propos de l’affaire Clearstream, quand il avait parlé de “coupables” alors même que l’affaire n’était pas encore jugée.

“L’affaire est ancienne, les faits ne paraissent pas qualifiés et pourquoi donner le sentiment de s’acharner sur un homme, Jacques Chirac, qui a été président de la République et qui a quitté la politique ? C’est le statut du chef de l’Etat qu’il faut revoir”, a pour sa part estimé Renaud Muselier, député UMP et ancien ministre.

Le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, s’est lui placé sur le terrain de l’affectif, disant “regretter cette issue”, une “épreuve douloureuse” pour l’ancien président. “Jacques Chirac est un personnage que les Français aiment bien. Il est dommage qu’en sa fin de carrière personnelle il soit renvoyé en correctionnelle”, a-t-il déclaré sur France Info.

Pas de sentiments pour Noël Mamère, en revanche, qui estime que la justice doit être la même pour tous. “Ce n’est que justice. Quand on est dans un pays où on pratique la justice d’abattage avec les comparutions immédiates, on ne peut pas continuer plus longtemps de protéger ceux qui ont accédé au sommet du pouvoir et se sont protégés eux-mêmes”, a souligné le député Vert de Gironde sur France Info.

Jean-François Lamour, député UMP, ancien ministre de M. Chirac, a déclaré : “A titre personnel, j’aurais préféré que le président Chirac soit à l’écart de tout cela. L’acharnement n’est jamais souhaitable. Il faut que chacun aborde ce dossier avec sérénité. Mais Jacques Chirac démontrera que, pour chacun des éléments du dossier, il a des réponses à apporter. Je remarque qu’il y a débat au sein même de la justice sur ce dossier…”

Le député UMP Henri Cuq a regretté vendredi le renvoi de Jacques Chirac devant la justice, estimant que l’ancien président “avait le droit de vivre en paix”.

“C’est l’histoire de clans au plus haut sommet du pouvoir qui sont en train de régler leurs comptes. C’est beaucoup plus facile de s’en prendre à quelqu’un qui n’est plus président de la République et qui n’est plus protégé”, estime Jean-François Probst. Pour l’ancien conseiller spécial de Jacques Chirac, “il y a certains jours où on peut se poser des questions au sujet de tous ces procès d’épuration, de liquidation, vingt ans après”.

La secrétaire nationale à la justice et aux libertés publiques du Parti socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie, a jugé “légitime” le renvoi de M. Chirac devant la justice. “On prend acte de cette décision. On note qu’elle est prise par un juge indépendant”, a précisé cette avocate qui se dit attachée au maintien du juge d’instruction.

“J’éprouve comme tout un chacun un malaise par rapport à une affaire qui est ancienne et qui resurgit aujourd’hui, et (…) parce qu’il s’agit de Jacques Chirac, un ancien président”, a réagi l’ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, sur i-Télé. “Maintenant, la justice doit passer, cela vaut pour tous les citoyens”, a-t-il poursuivi, estimant toutefois que “depuis plusieurs semaines”, le “feuilleton” des affaires, “de Villepin à Jacques Chirac”, “devient pénible à vivre” pour les Français. “J’ai du respect pour la fonction, j’ai du respect pour la personne et en même temps j’ai du respect pour la justice”, a résumé le député socialiste de Corrèze.

Pour le député PS de l’Isère, André Vallini, “il y a une satisfaction de voir que la justice travaille de manière indépendante dans notre pays, quelles que soient les personnalités mises en cause. J’ai aussi un autre sentiment, qui est de penser que ça vient bien tard”.

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a affirmé vendredi que le renvoi de Jacques Chirac devant la justice ne dévoilait qu’une “toute petite partie de l’iceberg”. “La Chiraquie, c’est un iceberg, dont on ne voit qu’une toute petite partie immergée et dont on ne voit pas l’énorme bloc, qui est toujours caché sous la mer.”

Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, avait estimé sur RTL avant même l’annonce de la décision de la juge Xavière Simeoni, qu’il n’était “pas utile de revenir en arrière” à propos de l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.

L’ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, avait quant à elle estimé sur Europe 1 vendredi matin : “Je pense que ce sont des affaires très anciennes et qu’aujourd’hui Jacques Chirac a sans doute beaucoup de choses à se reprocher, mais en même temps il a donné beaucoup au pays. Il mérite d’être tranquille mais la justice doit être la même pour tous.”

Voir aussi:

The law catches up with Jacques Chirac
Charles Bremmer
Times correspondent in Paris
October 30, 2009

When the judge comes calling, French politicians always declare themselves “serene” because they are not guilty of anything. Today it was finally the turn of Jacques Chirac. From his luxury hotel in Morocco, he had his spokesman issue the traditional serene statement as France pondered on the prospect of putting its last president on trial.

The charges that have caught up with Chirac, 76, are a trifle compared with the shenanigans that went on at the city hall during his 18-year-reign as the first Mayor of Paris since the 19th century. Against the wishes of the prosecutor — an old friend — the examining judge wants Chirac to stand trial over a couple of dozen allegedly fraudulent jobs on the city payroll when he was Mayor, from 1977-1995.

Back in his 1980s and early 90s, when Chirac used the baronial city hall as his power base and seat for his Gaullist party, the mayoral machine was celebrated for this kind of largesse. Generous to a fault, Chirac commanded a grace and favour system that benefited friends, supporters and their associates. If you had the connections, someone in the Mayor’s big private office could help your children with jobs or fix you up with a handsome Paris apartment at council-house prices. The son of Alain Juppé, Chirac’s first Prime Minister, was among beneficiaries of such cut-price accommodation — until he was exposed and forced to leave in 1996. Two of the charges facing the former President now involve the provision of chauffeurs on the mayoral payroll to a former prefect and a former trade union leader.

Money was no object for the Chirac family, according to accounts from former insiders and judicial investigators. When Bertrand Delanoe, a Socialist, followed Jean Tiberi, Chirac’s successor, as Mayor in 2001, his inspectors found that the city’s tax payers had been funding 600 euros a day in food and drink for Jacques, Bernadette and Claude, their daughter. The funds did not even cover entertainment expenses, which were separate.

Until today, the former President has escaped the legal fall-out from a period when the city hall was raking in millions of pounds a year in kickbacks from building contractors and other businesses. Several of Chirac’s former lieutenants and about four dozen businessmen and former officials have been convicted in recent years for their role in the illicit payments and use of public money for financing the Rassemblement pour la République, the Mayor’s party. The most prominent among them was Juppé, who received a suspended sentence and a brief ban on holding elected office in 2004 for corruption while he served as Mayor Chirac’s deputy in the 1980s and 1990s. The fall-out from the case forced him to resign a cabinet post from President Sarkozy’s first Government but he has bounced back as Mayor of Bordeaux.

It is acknowledged in the political world that Juppé carried the can for his boss, who as president enjoyed immunity from prosecution for 12 years until Sarkozy succeeded him in 2007. But it was not always plain sailing. The cloud of sleaze dogged Chirac for much of his presidency, as it became ever clearer that the city administration had been a money machine. Until appeal courts confirmed a judicial ruling on his immunity in 2001, Chirac skirted disaster after the publication of a posthumous video tape made by Jean-Claude Méry, one of the RPR’s clandestine financiers in the 1980s and early 90s. Méry depicted Chirac as the instigator and controller of the biggest kickback schemes. He claimed to have regularly collected suitcases of cash from donors and deposited them with the Mayor.

At the same time, investigators found that Chirac, his family and friends, including a woman journalist, had recently made expensive trips to Indian Ocean resorts and the United States, with expenses paid in cash. The President’s staff explained — with difficulty — that the money came from cash which he had legally accumulated when he had served as Prime Minister under President Mitterrand from 1986-88. Chirac shook off the brewing scandal by deploying his charm and an obscure word in a celebrated television appearance in September 2001. The sleaze allegations were “abracadabradantesque” — pure fantasy — he said. Nevertheless, the government of the time, under Lionel Jospin, put an end to the so-called “special funds”. These were bundles of cash which were traditionally distributed to cabinet ministers once a month for use at their discretion. The money was supposed to be used to top up staff pay, but no records were kept.

Chirac, who now enjoys his country’s affection as its genial elder statesman, has always succeeded in ‘passing between the raindrops’, or staying dry, as the handy French expression puts it [passer entre les gouttes]. He has escaped serious scrutiny in other matters, such as persistent reports that he had held secret bank accounts in Japan, and may have had a second family there. This month, he was an invisible presence in the court in the so-called Clearstream trial. Dominique de Villepin, his former Prime Minister, was accused of plotting to smear Sarkozy and witnesses said that President Chirac had been involved. But the former President was not asked to testify.

In yet another case, Charles Pasqua, a former Interior Minister and old Gaullist colleague, claimed this week that Chirac was implicated in bribery over arms sales to Angola in the 1990s. Pasqua was sentenced to 12 months’ prison. The sentence was very stiff by the standards of French political corruption cases. Pasqua may never serve it but it is just possible that Chirac’s alleged role will be investigated. Few people expect that case or yesterday’s corruption charges to go far. Even if he is tried and convicted on the new city hall charges, the most Chirac can expect is a fine or suspended sentence.

There is a lot of sympathy for the old man. His presidency achieved little and will probably be remembered by historians as an uneventful 12 years. His chief act in public memory was his opposition to George Bush’s Iraq invasion in 2003. But he now enjoys the rank of most popular politician in France, according to polls. Even old foes think they should just leave him in peace.


Emeutes urbaines: Répétiton générale pour le grand soir? (Looking back at the first credit crunch riots: A taste of things to come?)

27 octobre, 2009
When anarchists and muslims can't be told apart)Les économistes de pays ayant un chômage de jeunes aussi élevé, tels que l’Espagne et l’Italie, avertissent qu’ils doivent se préparer à des troubles. The Independent
In a few words they were trained in a fashion that distinct them from the usual “Athenian rioters”. They seemed to have international experience and plenty of hideouts within the city centre. (…) They were more interested in creating damage, rather than attacking a public building to present a political message but having also the risk of being arrested. The last two days the police took more action against them and they disappeared. This is a typical urban guerrilla way of fighting; avoid confrontation and strike when least expected, always in a very fast mode. There was looting involved but it was not done by the rioters but by other elements that exploited the situation. Therefore the rioters were not seeking immediate financial gains, nor did they want to make a political pronouncement. Their aim was to inspire fear. (…)I think in general terms that the recent riots was a “Prova generale” for what will come in the future. Ioannis Michaletos

Mobilisation des émeutiers en moins d’une demi-heure, journées entières d’émeutes, milliers de jeunes dont des groupes extérieurs et 30% d’immigrés, 2 milliards d’euros de dégâts, contagions à quelques 50 villes, présence de casseurs professionnels issus de l’étranger, manifestations de sympathie de Copenghague à Moscou, bombes incendiaires sur l’Institut français d’Athènes avec graffitis (‘Etincelle à Athènes, incendie à Paris, c’est l’insurrection qui vient’, ‘France, Grèce, soulèvement partout’), graffitis sur le consulat grec à Bordeaux reprenant le titre d’un ouvrage autonome français vantant faisant l’éloge des actes de sabotage (‘L’insurrection qui vient’) …

Après le contre-sommet de l’OTAN d’avril à Strasbourg et les émeutes de Paris du 21 juin …

Puis tout récemment le saccage du centre-ville de Poitiers par un groupe de 300 casseurs masqués et cagoulés se réclamant (avec communiqué de rigueur au Monde) d’un collectif anticarcéral prétextant leur opposition à un transfèrement de détenus) et profitant d’un festival de spectacles de rue pour contourner la loi anti-cagoules …

Retour, avec l’entretien d’un officier des services de renseignement grecs à un journal polonais, sur les émeutes grecques de décembre dernier (les pires, en plein renflouement des banques européennes et mondiales, depuis des décennies).

Qui, via l’instrumentalisation, par des groupe anarchistes, de la mort d’un adolescent de 15 ans tué lors d’une rixe entre une trentaine de jeunes et des policiers dont ils caillassaient le véhicule, avaient vu plusieurs jours d’émeutes par des milliers de jeunes et deux milliards d’euros de dégâts dans les quartiers chics d’Athènes.

Dans un pays certes considéré, du fait de sa position de point d’entrée au Moyen-Orient avec sa frontière turque mais aussi des Blakans et de leurs diverses mafias et réseaux terroristes, comme le maillon faible de l’Europe.

Mais dont l’expérience pourrait bien, comme le rappelait the Independent, sur fond de chômage massif des jeunes (la ‘génération sacrifiée des ‘600 euros’), immigration hors de contrôle, dévaluation des diplômes et longue tradition de violence urbaine, à nombre d’autres pays européens touchés par les mêmes maux comme la France, l’Italie ou l’Espagne …

Extraits:

The Greek national security is symmetrical and the rioters used asymmetrical warfare. The have done it elsewhere and the issue is that Greece doesn’t have the mentality of coping with this kind of opponents. It never had urban guerrillas or experienced the existence of powerful organized crime groups=mafias. Therefore it will take time until new agencies will be created or the old ones figure out ways to understand how their opponents think and most importantly what do they want to achieve…which is basically destroy the way of life as we know it. I would call them the extreme angle of the postmodernist movement.

The weakest side was I think the disinformation and psychological warfare one. The Greek police do not have the ability to use such techniques and deter any “Opponent”. It relies only in the traditional police operation methods and it is not capable of penetrating effectively the groups of the radicals. In a broader sense, Greece is gradually coming into terms with the changing global environment after 9/11 2001 which calls for agile and asymmetrical police forces to counteract against threats such as radical anarchism, Islamic terrorism and translational organized crime. Although a lot have been improved, the geopolitical placement of the country right beside the explosive Middle East-Turkey-North Africa and the Balkans will make the issue more and more pressing in the future.

I think in general terms that the recent riots was a “Prova generale” for what will come in the future. In the current riots the Muslim element was embedded with the rest of the protesters. But in the future they will definitely stage their own riots…once they learn the know-how of operations.

So in a few words, the religion element was not significant but it is increasing. The current riots are the turning point from an era of political demonstration to one associated with immigration issues.

Interview: Riots in Greece
Ioannis Michaletos
Polska Times
15 Dec 2008

The following interview was presented to the newspaper “Polska Times”, and the deputy opinion editor Tomasz Pompowski, regarding the recent riots in Greece

The Article in Polish

Could you analyze important aspects of present street battles in Athens?

1) The street battles are the worst Athens has ever experienced, although it is a city with rather frequent clashes with the police.

Important characteristics include the rapid mobilization of the rioters. For example they were out in the streets destroying property in just 20-25 minutes after the death of the young person was announced. It happened in 21.03, it was first announced in a website around 21:30 and the riots were already swinging at 22:00. I have served in the Navy but I don’t think armed forces are that quick in mobilizing their personnel!

Over the coming days, the rioters that numbered between 1,500-2,000 people (30% of those immigrants-mostly Muslim), were able to move from one part of the city to another in a quick way using a variety of methods, such as public transportation in small groups, motorcycles or even riding taxis alone and gathering in a specific “meeting place”.

Lastly, they used extensively the internet, mobile phones and instant messaging services to alert against police and gather information of what the media were transmitting. In a few words they were trained in a fashion that distinct them from the usual “Athenian rioters”. They seemed to have international experience and plenty of hideouts within the city centre.

What is your assessment of unrest in Greece?

2) I think it was a mixture of social disappointment, aftershocks of the global economic crisis coupled with foreign involvement and Greek tradition in extrovert activities such as taking out in the streets for a number of reasons! For the moment although it is a bit early to tell, I think that foreign involvement played a big part in making these riots last long and create big damages.

How would you describe those street fighting?

3) During the first two days, the street fighting was intense, although the police had orders not to use violence in order to calm things down. The rioters had plenty of molotov bombs, heavy sticks, stones and other heavy equipment and were targeting specific items in the city: Shops and cars. Public buildings were not hurt especially due to police protection and that shows that the rioters were very much concerned of not get caught and “become heroes”. They were more interested in creating damage, rather than attacking a public building to present a political message but having also the risk of being arrested. The last two days the police took more action against them and they disappeared. This is a typical urban guerrilla way of fighting; avoid confrontation and strike when least expected, always in a very fast mode. There was looting involved but it was not done by the rioters but by other elements that exploited the situation. Therefore the rioters were not seeking immediate financial gains, nor did they want to make a political pronouncement. Their aim was to inspire fear.

Do you know how they started?

4) They started immediately after the Greek Indymedia website posted the news of the death of the young boy, with phrases such as «Revenge for the dead” “Police should pay now” “Everybody out in the streets”. As I said that happened les than 30 minutes after the incident. It is interesting to note that the national TV learned of the killing only after the first rioters took out in the streets. According to unverified information, the local media were informed of the whole incident by the rioters that called them with their mobiles as soon as they were marching out in the streets.

Do we have any reason to say about foreign involvement in sustaining those street battles?

5) The rioters were trained, disciplined and in a fighting mood for 3 days; and another 2 days with less stamina though. This is not a typical Greek group and I would say not typical of any country if one takes into account that the rioters were not replenishing their numbers but were the same people more or less for the whole period.

Secondly, after the riots broke out in Athens, almost simultaneously riots begun in all major Greek cities with the same style. Next day, almost 50 Greek cities were experiencing street battles and the following incident was reported were groups of people were moving from a city to city to start a riot for a few hours and then moving to the next one. Also in one city, named Kozani, groups of people that started the riots came from Athens, rented a hotel room and took the streets the next day. So we have people that are coordinated, able to control their “anger” and expose it with ferocity when needed. I would call them “urban guerrillas-mercenaries”. There were reliable estimations by police circles over the past few months, that something is “happening” in the Greek radical scene and there are evidence that Greek NGO’s collaborate with foreign ones by bringing volunteers in Greece from abroad, which in reality turn out to be radicals-anarchists. So a web of relations has been developed between Greek radicals and foreign ones. In that sense a provocation or the involvement of foreign intelligence apparatus it is not improbable judging by the recent European history.

Why Greece became a target of that attack?

6) My point of view is that Greece is the “weakest link” of the Eurozone, and I am not talking only from an economic point of view. It is Europe’s gateway to the Middle East; its neighbour Turkey is a large country with explosive social problems and on its Northern borders it is accustomed into coexisting with the Balkan insecurity of Albania-Kosovo and so on. Therefore should Greece is destabilized it will create problem to Brussels that will loose contact with the all important East Mediterranean region and the Balkan politics will suffer a great deal of insecurity as well.

Moreover Greece is an ideal base for anyone wishing to enter EU for ill purposes. A strong Greek security system deters the flow of drugs, illegal immigration and terrorists into Europe. A destabilized Greece along with the already dysfunctional state of affairs in the Balkans will cause a number of security issues for the whole of Europe.

Who organized that fighting?

7) The culprits in first sight are the leaders of the anarchist-radical networks in Europe. Greek radicals are an important part of the European networks along with their “comrades” in Italy, France and Spain the so-called Mediterranean networks. The other elements to be found are based in Germany and UK. The former provided human resources and the latter have already organized the so-called “Antifa” groups in Athens.

So we have a Pan-European network, which is to an extent under the surveillance of the European intelligence services. So my rough estimation is that no operation and preparation could have been implemented if some international officers were not involved.

Also if one adds the question “Cui bono?” in the long-term…the answer could perfectly be: The terrorist networks based already in the Middle East trying to find ways to establish firm roots in a Eurozone country. They have already managed to do so in Bosnia, Kosovo to an extent but Greece is a gateway to Brussels in all senses.

I have to note that many analysts here in Greece believe that the USA Intel. Services were involved due to the recent business deals the government made with Russia, China, Germany and France. I think this is not feasible, but it cannot be excluded that private intelligence firms based in USA could have offered consultation or information. Of course this is another facet of globalization and doesn’t involve Washington with which Greece cooperates strongly in many important fields.

How a country can defend itself against such destabilization?

8) The Greek national security is symmetrical and the rioters used asymmetrical warfare. The have done it elsewhere and the issue is that Greece doesn’t have the mentality of coping with this kind of opponents. It never had urban guerrillas or experienced the existence of powerful organized crime groups=mafias. Therefore it will take time until new agencies will be created or the old ones figure out ways to understand how their opponents think and most importantly what do they want to achieve…which is basically destroy the way of life as we know it. I would call them the extreme angle of the postmodernist movement.

What weak sides of national security were exploited by organizers of those attacks?

9) The weakest side was I think the disinformation and psychological warfare one. The Greek police do not have the ability to use such techniques and deter any “Opponent”. It relies only in the traditional police operation methods and it is not capable of penetrating effectively the groups of the radicals. In a broader sense, Greece is gradually coming into terms with the changing global environment after 9/11 2001 which calls for agile and asymmetrical police forces to counteract against threats such as radical anarchism, Islamic terrorism and translational organized crime. Although a lot have been improved, the geopolitical placement of the country right beside the explosive Middle East-Turkey-North Africa and the Balkans will make the issue more and more pressing in the future.

You wrote about Paris attacks pattern used in Greece riots. You also mentioned proximity of Turkey.. In Paris there was an Islamic element involved.. Do you think that we can say that such situation may take place in Greece?

10) think in general terms that the recent riots was a “Prova generale” for what will come in the future. In the current riots the Muslim element was embed with the rest of the protesters. But in the fuure they will definitely stage their own riots…once they learn the know-how of operations.

So in a few words, the religion element was not significant but it is increasing. The current riots are the turning point from an era of political demonstration to one associated with immigration issues.

Voir aussi:

Are the Greek riots a taste of things to come?
Greece’s riots are a sign of the economic times. Other countries should beware, says Peter Popham in Athens
The Independent
December 13, 2008

After firing 4,600 tear-gas canisters in the past week, the Greek police have nearly exhausted their stock. As they seek emergency supplies from Israel and Germany, still the petrol bombs and stones of the protesters rain down, with clashes again outside parliament yesterday.

Bringing together youths in their early twenties struggling to survive amid mass youth unemployment and schoolchildren swotting for highly competitive university exams that may not ultimately help them in a treacherous jobs market, the events of the past week could be called the first credit-crunch riots. There have been smaller-scale sympathy attacks from Moscow to Copenhagen, and economists say countries with similarly high youth unemployment problems such as Spain and Italy should prepare for unrest.

Ostensibly, the trigger for the Greek violence was the police shooting of a 15-year-old boy, Alexis Grigoropoulos. A forensic report leaked to Greek newspapers indicated he was killed by a direct shot, not a ricochet as the policeman’s lawyer had claimed. The first protesters were on the streets of Athens within 90 minutes of Alexis’s death, the start of the most traumatic week Greece has endured for decades. The destructiveness of the daily protests, which left many stores in Athens’s smartest shopping area in ruins and caused an estimated €2bn (£1.79bn) in damage, has stunned Greece and baffled the world. And there was no let-up yesterday, as angry youths shrugged off torrential rain to pelt police with firebombs and stones, block major roads and occupy a private radio station.

Their parents grope for explanations. Tonia Katerini, whose 17-year-old son Michalis was out on the streets the day after the killing, emphasised the normality of the protesters. “It’s not just 20 or 30 people, we’re talking about 1,000 young people. These are not people who live in the dark, they are the sort you see in the cafes. The criminals and drug addicts turned up later, to loot the stores. The children were very angry that one of them had been killed; and they wanted the whole society not to sleep quietly about this, they wanted everyone to feel the same fear they felt. And they were also expressing anger towards society, towards the religion of consumerism, the polarisation of society between the few haves and the many have-nots.”

Protest has long been a rite of passage for urban Greek youth. The downfall of the military dictatorship in 1974 is popularly ascribed to a student uprising; the truth was more complicated, but that is the version that has entered student mythology, giving them an enduring sense of their potential. So no one was surprised that Alexis’s death a week ago today brought his fellow teenagers on to the streets. But why were the protests so impassioned and long-lasting? “The death of this young boy was a catalyst that brought out all the problems of society and of youth that have been piling up all these years and left to one side with no solutions,” said Nikos Mouzelis, emeritus professor of sociology at LSE. “Every day, the youth of this country experiences further marginalisation.”

Although Greece’s headline unemployment of 7.4 per cent is just below the eurozone average, the OECD estimates that unemployment among those aged 15 to 24 is 22 per cent, although some economists put the real figure at more like 30 per cent.

“Because of unemployment, a quarter of those under 25 are below the poverty line,” said Petros Linardos, an economist at the Labour Institute of the Greek trade unions. “That percentage has been increasing for the past 10 years. There is a diffused, widespread feeling that there are no prospects. This is a period when everyone is afraid of the future because of the economic crisis. There is a general feeling that things are going to get worse. And there is no real initiative from the government.”

For Greek youngsters such as Michalis Katerini, job prospects are not rosy, but without a university degree they would be far worse, so he and his mother are making serious sacrifices to get him into further education. So inadequate is the teaching in his state high school that he, like tens of thousands of others across the country, must study three hours per night, five nights a week at cramming school after regular school, to have a hope of attaining the high grades required to get the university course of his choice. His mother, whose work as an architect is down 20 per cent on last year, must pay €800 a month to the crammer for the last, crucial year of high school.

She believes the government of Prime Minister Costas Karamanlis faces more turbulence if it fails to grasp the reality of the past week, and pass it off as a spontaneous over-reaction. “The government has tried hard not to connect what is happening with the problems of young people. The government says one boy died, his friends are angry, they over-reacted then anarchists came to join in the game. But this is not the reality.”

Vicky Stamatiadou, a kindergarten teacher in the rich northern suburbs with two teenage sons, agrees. “Until now, our society was full of dirty but calm water; nothing was moving, nothing improving, all the problems of our society remained unsolved for years. People pretended that everything was going well. But now this false picture has been broken and we are facing reality.”

Greece’s official youth unemployment statistics are not far removed from the rates in other European countries with a history of mass protest, such as France, Italy and Spain. With the graffiti “The Coming Insurrection” plastered near the Greek consulate in Bordeaux this week, the warning signs to the rest of the continent’s leaders are clear.

Additional reporting by Nikolas Zirganos
Independent News and Media Limited


Affaire Polanski: Une certaine Amérique qui fait peur (A scary America that has just shown its face)

2 octobre, 2009
Free PolanskiJe refuse de considérer a priori comme terroristes actifs et dangereux des hommes qui sont venus, particulièrement d’Italie, longtemps avant que j’exerce les responsabilités qui sont miennes, et qui venaient de s’agréger ici et là, dans la banlieue parisienne, repentis… à moitié, tout à fait,… je n’en sais rien, mais hors du jeu. Doctrine Mitterrand (février 1985)
On sait les conditions dans lesquelles c’est arrivé, et de la même manière qu’il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c’est cette Amérique là qui vient de nous présenter son visage. Frédéric Mitterrand (ministre français de la Culture, septembre 2009)
Les cinéastes et auteurs français, européens, américains et du monde entier, tiennent à affirmer leur consternation. Il leur semble inadmissible qu’une manifestation culturelle internationale, rendant hommage à l’un des plus grands cinéastes contemporains, puisse être transformée en traquenard policier. Forts de leur extraterritorialité, les festivals de cinéma du monde entier ont toujours permis aux œuvres d’être montrées et de circuler et aux cinéastes de les présenter librement et en toute sécurité, même quand certains États voulaient s’y opposer. L’arrestation de Roman Polanski dans un pays neutre où il circulait et croyait pouvoir circuler librement jusqu’à ce jour, est une atteinte à cette tradition: elle ouvre la porte à des dérives dont nul aujourd’hui ne peut prévoir les effets. Pétition pour Romain Polanski (28.09.09)

Pour ceux qui avaient cru que le départ du cowboy honni avait définitivement tourné la page de l’antiaméricanisme français …

A l’heure où l’Amérique d’Obama se voit soudain traitée à nouveau comme aux pires moments de l’Amérique de Bush …

Et ce, à l’occasion de l’arrestation d’un fugitif de 30 ans et de la part d’un membre du gouvernement d’un pays qui, sans parler des terroristes fugitifs et avec la complicité de ses médias unanimes, avait pendant des années caché la famille morganatique de son président comme le trafic d’influence et les détournements de millions du successeur de celui-ci …

Ainsi que de cinéastes prétendant, pour leur corporation et leurs festivals, à rien moins que l’immunité diplomatique et l’extraterritorialité judiciaire …

Retour, avec le célèbre blog de maitre Eolas, qui, hormis une assimilation un tantinet hâtive et hasardeuse du viol d’une jeune fille de 13 ans avec l’aide d’alcool et de stupéfiants à la loi sur le téléchargement, a le mérite de remettre quelques pendules à l’heure.

D’abord, que la culpabilité de Roman Polanski ne fait plus débat puisque dès 1977, celui-ci a plaidé coupable pour abus sexuel sur mineur (unlawful sexual intercourse with a minor, code pénal californien section 261.5., délit puni de 4 ans de prison maximum).

Que si la victime a par la suite été indemnisée et a retiré sa plainte (suite à l’accord passé avec le parquet?), cela ne fait pas obstacle à la poursuite de l’action publique puisque la peine, qui doit être prononcée en présence du condamné, n’a pu l’être suite à sa fuite du territoire américain depuis 30 ans.

Que si, comme la France, la Suisse n’extrade pas ses propres citoyens, elle n’avait dans le cas précis pas le choix (le cinéaste s’étant d’ailleurs apparemment signalé de lui-même aux autorités en leur demandant une assistance de sécurité), étant liée par des accords bilatéraux avec les Etats-Unis.

Que si la loi californienne prévoit une prescription de 6 à 10 ans (d’inaction des autorités judiciaires) pour des faits de la nature de ceux reprochés à Roman Polanski (Code pénal de Californie, section 801.1), celle-ci peut être interrompue à chaque nouvelle demande de mandat d’arrêt international comme cela avait apparemment été fait en 2005.

Et enfin que l’on comprend, de la part d’une “justice qui n’épargne pas les puissants et les protégés des puissants” et prête il y a dix ans à “renverser son président en exercice parce qu’il avait menti sous serment devant un Grand Jury”, qu’un “ministre de la République française, qui a soigneusement mis son président et ses ministres à l’abri de Thémis, trouve que cette Amérique fait peur”

Extraits

je trouve choquant deux choses dans le tir de barrage du monde artistique.

Je trouve honteux d’entendre des artistes qui il y a quelques semaines vouaient aux gémonies les téléchargeurs et approuvaient toute législation répressive et faisant bon cas de droits constitutionnels pour sanctionner le téléchargement illégal de leurs œuvres crier au scandale quand c’est à un des leurs qu’on entend appliquer la loi dans toute sa rigueur. Quand on sait que pas mal de téléchargeurs ont dans les treize ans, on en tire l’impression que les mineurs ne sont bons à leurs yeux qu’à cracher leur argent de poche et leur servir d’objet sexuel. Comme si leur image avait besoin de ça. Et après ça, on traitera les magistrats de corporatistes.

Et je bondis en entendant le ministre de la culture parler de « cette Amérique qui fait peur ». Ah, comme on la connait mal, cette amérique.

Tocqueville avait déjà relevé il y a 170 ans, la passion pour l’égalité de ce pays. Elle n’a pas changé. Il est inconcevable là-bas de traiter différemment un justiciable parce qu’il appartiendrait à une aristocratie, fut-elle artistique. Il y a dix ans, l’Amérique a sérieusement envisagé de renverser le président en exercice parce qu’il avait menti sous serment devant un Grand Jury. Quitte à affaiblir durablement l’Exécutif.

Une justice qui n’épargne pas les puissants et les protégés des puissants ? On comprend qu’un ministre de la République française, qui a soigneusement mis son président et ses ministres à l’abri de Thémis, trouve que cette Amérique fait peur.

Voir aussi:

France rushes to Polanski’s defense
Angela Doland
(AP)
4 days ago

PARIS — Was Roman Polanski “thrown to the lions because of ancient history?” That’s what France’s culture minister says, and many French people agree.

France has rushed to the filmmaker’s defense since he was arrested this weekend in Switzerland on a three-decade-old U.S. charge of having sex with a 13-year-old girl. French government ministers and France’s cultural world have lauded Polanski as a great artist, a family man and a survivor of countless hardships who deserves peace at age 76.

There’s a gulf between how Polanski is seen in France and by many outside the entertainment world in the U.S.: in Paris, he’s not a fugitive wanted for a sex crime but rather a revered artist and public figure who has never had much reason to hide.

While Polanski would have risked arrest to attend the 2003 Academy Awards in Los Angeles — where he was named best director for “The Pianist” — he is free to climb the red carpet at every Cannes Film Festival. Actor Harrison Ford eventually delivered the golden Oscar statuette to Polanski at another French film festival in the Normandy beach town of Deauville.

Polanski — who has dual French and Polish nationality — has long been protected by France’s refusal to extradite its citizens. But there’s more to it than that: France’s indulgence toward artists has played into the overwhelming sympathy for him, as has the French distaste for peering into public figures’ private lives.

Polanski has lived in France since he fled the United States in 1978, after pleading guilty to one count of unlawful sexual intercourse with a minor but before being formally sentenced. By all reports he leads a quiet life with his wife, actress Emmanuelle Seigner, and their two children. His early life was marked by tragedy — his mother died at Auschwitz during the Holocaust, and his second wife, actress Sharon Tate, was murdered in 1969 by followers of Charles Manson. She was eight months pregnant.

While French Cabinet ministers are generally cautious about commenting on the legal affairs of other countries, saying they don’t want to interfere, they have been astonishingly outspoken on behalf of Polanski, who risks extradition to the United States.

Both French Culture Minister Frederic Mitterrand and Foreign Minister Bernard Kouchner stressed Polanski’s artistic gifts in their defense of him, though in theory all men — regardless of talent — are equal before the law.

Kouchner called the arrest “sinister,” adding: “A man of such talent, recognized in the entire world, recognized especially in the country that arrested him — all this just isn’t nice.”

To many here, the slap of American justice seemed particularly sharp as the arrest came as Polanski was entering Switzerland to receive a lifetime achievement award from the Zurich Film Festival.

Mitterrand said, “To see him like that, thrown to the lions because of ancient history, really doesn’t make any sense.”

Mitterrand continued with a jab against the United States: “In the same way that there is a generous America that we like, there is also a scary America that has just shown its face.”

Many find it odd that Polanski is being sought for a 32-year-old crime. His French lawyers have stressed that the statute of limitations on the case would have expired long ago in France.

Polanski’s victim, Samantha Geimer, who identified herself publicly years ago, has joined in Polanski’s bid for dismissal, saying she wants the case to be over. She sued Polanski and reached an undisclosed settlement.

Justice Minister Michele Alliot-Marie was one of the few leading figures here to mention Polanski’s victim in her appraisal of Polanski’s case. The former justice minister said it “poses a problem” that the U.S. is still seeking his extradition — since Geimer herself wants to move on.

j


Finance internationale: L’islam lave plus blanc (Keep it cleaner with Islam)

9 juillet, 2009
Money jihadLe loup sait (…) s’habiller en grand-mère. (…) En définitive, la focalisation des médias occidentaux sur la Qaïda est une importante victoire tactique des Frères puisqu’elle amène à ne pas parler d’eux alors que ce sont eux les véritables et permanents auteurs de la violence islamique. Alain Chouet
J’estime qu’il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l’islam où qu’ils se manifestent. Hussein Obama
Dans la situation de crise actuelle, il est probable que de nombreux financiers vont avoir envie de se reconvertir. (…) parmi les raisons qui ont mené à la crise actuelle, il y a eu la perte du lien entre le risque et le gain. La finance islamique, qui permet la traçabilité des risques, pourrait être une source d’inspiration comme une autre. Une affaire Madoff ne pourrait pas se produire dans ce contexte. Elyès Jouini

Et si nos financiers se convertissaient à l’islam?

Respect des principes du droit musulman, exclusion du prêt à intérêt et de la séparation du risque et du gain, interdiction des prises de risque excessives, traçabilité des risques, défense d’investir dans des activités considérées comme porteuses de vices comme l’armement ou les alcooliers …

A l’heure où, de G8 en G20, nos maitres du monde et nos économistes s’arrachent les cheveux pour savoir si la sortie de crise sera en en V, en U, en W ou en racine carrée …

Où, pendant que nos ingénieurs ou nos journalistes laissent leur peau dans les règlements de comptes entre services secrets et politiciens véreux d’ici ou d’ailleurs, nos institutions tirent la sonnette d’alarme sur la pénétration toujours plus grande des grands flux financiers ou même du football par les circuits de blanchiment de l’argent de la drogue …

Et où le Pleurnicheur en chef dont la moitié de la famille est musulmane et qui, de l’Indonésie aux Etats-Unis, a passé toute sa vie dans des grands pays musulmans, joue les attachées de presse bénévoles pour les mérites incommensurables et les bienfaits immémoriaux de l’Islam …

La solution, comme l’ont vite compris tant notre ministre de l’Economie avec une modification fiscale dans les cartons qu’outre la Société Générale à la Réunion, des établissements financiers publics tels que la Banque postale ou la Caisse d’épargne attirés par un marché “estimé à 1 000 milliards d’euros à l’horizon 2020″ ou même l’Université Dauphine avec son projet de master, est toute trouvée.

Explication, dans un tout récent publireportage de “20minutes”, avec l’économiste et chef du projet de master de Paris-Dauphine Elyès Jouini.

Qui, loin des stupides et fâcheux amalgames avec un prétendu financement du terrorisme, montre comment la légendaire traçabilité de la finance hallal nous aurait non seulement évité une affaire Madoff (juif comme chacun sait de son état) mais toutes les guerres du monde puisqu’elle interdit les activités porteuses de vices comme l’armement.

Sans parler, ce que notre distrait publiciste aura oublié mais que précise le Canard enchainé, les impérissables innovations, fournies, denier du culte aidant, par les gardiens de la foi d’Al Azzar ou d’ailleurs.

Comme le “murabaha” qui permet aux acheteurs de verser des loyers aux banques en lieu des intérêts prohibés ou le “sukuk”, sorte d’obligation où le taux d’intérêt est judicieusement rebaptisé “intéressement au profit” …

“L’islam défend d’investir dans l’armement”
Ilyes Jouini
Recueilli par Lise Martin
20 minutes
le 06.07.09

L’université Paris Dauphine s’apprête à lancer une formation en un an, de niveau master 2, intitulée « Principes et pratiques de la finance islamique ». Elyès Jouini, son responsable, explique les enjeux de ce secteur et de ce diplôme.

Sur quels principes repose la finance islamique ?

Il s’agit d’une finance qui respecte les principes du droit musulman. Elle exclut par exemple le prêt à intérêt, puisqu’elle interdit de séparer le risque et le gain. Elle bannit aussi les prises de risque excessives. Enfin, elle défend d’investir dans des activités considérées comme porteuses de vices, comme l’armement ou les alcooliers. Attention cependant aux amalgames avec « islamiste » et financement du terrorisme. Ils sont non fondés, mais j’admets que la terminologie française est malheureuse.

Pourquoi l’université Dauphine lance-t-elle dans cette formation ?

Nous avons voulu nous adresser aux étudiants qui ont déjà un master en poche mais aussi aux professionnels de la banque et des assurances, musulmans ou non. Dans la situation de crise actuelle, il est probable que de nombreux financiers vont avoir envie de se reconvertir. Et en France, il y a une clientèle potentielle d’épargnants importante pour la finance islamique.

Ne s’agit-il pas plutôt d’un phénomène de mode ?

Elle est en fait déjà très présente dans les institutions financières françaises, qui pratiquent ce type d’opérations à l’étranger et qui aimeraient profiter du potentiel français. Je pense aussi que parmi les raisons qui ont mené à la crise actuelle, il y a eu la perte du lien entre le risque et le gain. La finance islamique, qui permet la traçabilité des risques, pourrait être une source d’inspiration comme une autre. Une affaire Madoff ne pourrait pas se produire dans ce contexte.

Voir aussi:

BIG BIZNESS
Criminels, terroristes, dictateurs… et banquiers
Blanchiment
Woodward et Newton
Backchich
9 juillet 2009

En temps de crise, il s’agit de montrer patte blanche chez les banquiers. Non au blanchiment des grands truands ! Ou aux terroristes genre Ben Laden. En revanche pour les dictateurs, on fait un geste…

Alors qu’on mobilise, ces derniers jours, tous les experts reconnus en méthode Coué pour nous prédire, entre deux prévisions de déficit budgétaire, les prémisses des débuts de bruissement de sortie de crise, les grandes institutions internationales s’échinent à nous saper le moral et à nous convaincre que nous avons eu tort de venir en aide à un secteur bancaire décidément indigne de notre confiance.

C’est d’abord Antonio Maria Costa, le « Monsieur Drogue et Criminalité » de l’ONU, qui a ouvert le bal il y a quelques semaines : « les banquiers ont fait quelque chose qui s’avère à la fois stupide et diabolique » , a-t-il affirmé. « Ils ont permis à l’économie souterraine mondiale de pénétrer l’économie globale. Les banques d’investissements, les gestionnaires de fonds, les courtiers en matières premières et les promoteurs immobiliers ont permis aux syndicats du crime de blanchir leurs revenus criminels et de devenir des partenaires financiers fréquentables ». Forçant son penchant naturel pour un langage diplomatique onusien, il en a même rajouté une petite couche pour le fun : « en développant des instruments financiers complexes, les banques ont délibérément rendu les marchés financiers plus opaques et plus vulnérables. Grâce à elles, et au blanchiment, le crime organisé s’est transformé en multinationales ; une sorte de mafia borghese ou de criminalité en col blanc… ». Diantre…
Le football, nouvelle victime du blanchiment

Comme pour lui faire écho sur le thème de la vulnérabilité, c’est le Gafi (Groupe d’action financière) qui a apporté sa petite contribution défaitiste à l’édifice. Sans doute impressionnés par le montant des transferts de Ronaldo et de Kaka qui ont alimenté les fantasmes du début du mercato estival, les membres de l’organisation internationale de lutte contre le blanchiment ont ajouté une petite dose de sinistrose. Le football est devenu très vulnérable aux opérations de blanchiment ont-ils décrété dans leur livraison de juillet 2009 (Money Laundering through the Football Sector – Juillet 2009). Des propos pseudo-alarmistes et certes peu étayés, si ce n’est par quelques citations de l’excellent roman de plage de D. Robert (Le Milieu du terrain) que la « terreur de Clearstream » avait commis il y a peu pour se changer les idées.

Le rapport du Gafi aurait plutôt tendance à faire sourire les bons connaisseurs des dessous du Beau Jeu. D’un autre côté, si la bluette servie par le Gafi en guise de cahiers de vacances constitue l’état exact des connaissances de ses enquêteurs, il y a toutes les raisons d’avoir les chocottes sur la situation réelle.
Les paradis fiscaux en ligne de mire

D’autant que le Gafi est vaguement sous pression. En février 2009, sur proposition des Néerlandais, son président Antonio Gustavo Rodrigues a accepté de bonne grâce que l’organisation se penche plus spécifiquement sur la manière dont la crise financière a affecté la lutte contre le blanchiment. Sous entendus, les paradis fiscaux ont peut être bon dos et les prêts usuraires octroyés par les organisations criminelles aux petits commerçants d’Italie et d’ailleurs abandonnés par leurs banquiers ne seraient-ils pas la forme la plus récente d’un blanchiment à l’échelle mondiale ?

Le président du Gafi s’est montré très réceptif à la proposition batave. Dès décembre 2008, il avait d’ailleurs déclaré devant le Conseil de l’Europe « l’absolue et constante nécessité de protéger nos systèmes financiers contre les criminels et les terroristes », pointant, là encore, un doigt vengeur en direction des paradis fiscaux, ces trous noirs du capitalisme…

Criminalité et terrorisme d’accord ont répondu à l’unisson des banquiers dans leurs petits souliers… Mais quid des dictateurs exotiques corrompus jusqu’à la moelle et qui pillent allègrement les richesses des Etats qu’ils « gouvernent » ? Là on sent de la part des banquiers un brin penauds, que la belle unanimité de façade pour lutter contre criminalité et terrorisme se lézarde méchamment lorsqu’il s’agit de combattre les ripoux de tous calibres et la bonne vieille corruption ordinaire.
Hypocrisie au sommet

On les comprend ; le manque à gagner pourrait être considérable. Un seul exemple suffit à s’en convaincre : le 19 mai 2009, dans une déposition écrite devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants US, qui consacrait ses travaux au délicat sujet intitulé « pertes en capital, corruption et le rôle des institutions financières occidentales », Anthea Lawson, un chercheur de l’ONG Global Witness, a mis les pieds dans le plat sans ménagement. Il était fortement question de Téodore Obiang, président de Guinée-Equatoriale, 3ème producteur africain de pétrole, et de son fiston, Téodore Nguema Obiang, ministre de son père au salaire mensuel officiel de 4000 dollars, dans un pays où l’espérance de vie de la population n’excédait pas 50 ans en 2005…

On apprend en effet qu’Obiang Junior avait la chance d’être titulaire d’un compte bancaire ouvert dans les livres de la Barclays Bank ; mais attention, pas à Gibraltar ou à Nassau s’il vous plait ! Non, plus modestement, à l’agence Ternes Saint Honoré, sise 217 rue du Faubourg Saint Honoré ! Un compte alimenté par son salaire de laborieux ministre guinéen. Qui lui a tout de même permis de faire l’acquisition d’une modeste propriété de 35 millions de dollars à Malibu en Californie et d’une flotte de voitures de fonction comprenant entre autres une Ferrari, partiellement payée à partir du compte Barclays parisien, et de 3 Bugatti Veyron payées 1,2 millions de dollars chacune…

Les parlementaires ricains ont fait mine d’être surpris en apprenant que le solde du prix de la 1ère Ferrari avait été réglé à partir d’un autre compte parisien ouvert à la BNP Paribas. Et qu’une seconde Ferrari avait été intégralement payée par un chèque tiré sur un compte ouvert au CCF devenu HSBC en 2000. Interrogées par Global Witness sur la nature des vérifications effectuées quant à l’origine des fonds alimentant les comptes bancaires d’Obiang Junior, les banques parisiennes concernées se sont abstenues de répondre. C’est leur droit le plus strict. Tout comme celui de ne s’en remettre qu’à elles-mêmes quand il s’agit de faire face aux conséquences de leurs actes et de refuser l’aide de la puissance publique…


Statistiques: A quand les attaques terroristes et les violences urbaines statistiquement représentatives? (Counter-profiling to balance racial figures?)

2 juillet, 2009
Racial profilingDans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste. Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. Lord Carlile
L’étude peut apporter des enseignements. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société”. Commissaire Marie Lajus (porte-parole de la préfecture)
Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité”, dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe “une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches”. L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public. Le Monde
L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence: non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être. (…) En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux. Fabien Jobard et René Lévy (rapport du CNRS)
La mesure statistique de la “diversité” (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité. Auteurs d’un contre-commission (dont Elisabeth Badinter, Hervé Le Bras, Alain Blum et Jean-François Amadieu)

Ah, on comprend enfin pourquoi le Pleurnicheur en chef ne tient pas tellement à être vu avec notre Sarkozy national avec ses “racaille” et ses “kärcher”!

Probabilité de contrôle 7,8 et 6 fois plus élevée selon l’ethnie ou près de 5 fois plus selon le type de vêtements arborés, contrôles le plus souvent sans incident mais avec fouille ou palpation de sécurité dans la moitié des cas …

Le profilage, on le voit, a encore de beaux jours devant lui et nos encapuchonnés, barbus ou enturbanés de quoi s’inquiéter.

Du moins si l’on en croit une étude que vient juste de publier le CNRS.

Opération quasi-secrète (en un pays où nombre de chercheurs font toujours de la résistance contre toute statistique ethnique ou raciale) financée par la fondation américaine du milliardaire Georges Soros (l’Open society institute), celle-ci analyse 525 opérations de police sur une population totale de 37 000 entre deux stations de métro parisien à fort trafic (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Mais au moins nos policiers ont la chance de ne pas avoir de statistiques raciales officielles comme au Royaume-Uni où, comme le rapportait récemment un député, les policiers en sont venus, pour ne pas être accusés de discriminations et pour s’assurer de statistiques raciales équilibrées, à ne contrôler que des “non-musulmans”.

D’où la question, sur laquelle nos Ben Laden et Fofana doivent nul doute passer des nuits blanches: à quand donc les attaques terroristes et les violences urbaines racialement neutres ou équilibrées?

Et si la Halde les assignait en justice… pour pratiques d’embauche discriminatoires?

La police mise en cause pour ses contrôles au faciès
Luc Bronner
Le Monde
30.06.09

La police française pratique à grande échelle des “contrôles au faciès”. Une étude scientifique, conduite dans la plus grande confidentialité, montre que les forces de l’ordre effectuent des contrôles d’identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d’être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs; pour les seconds, elle est six fois plus importante. Ces résultats, publiés mardi 30 juin, ont été obtenus par l’observation du travail policier à Paris (gare du Nord et Châtelet-les Halles) entre octobre 2007 et mai 2008.

Financés par une fondation américaine créée par le milliardaire Georges Soros, l’Open society institute – imperméable aux débats actuels sur la pertinence des statistiques ethniques dans le modèle français – les enquêteurs ont ainsi secrètement décrypté 525 opérations de police, relevant notamment l’âge, le sexe, la tenue et le profil ethnique des individus contrôlés pour les comparer avec ceux des personnes (37 000 au total) passant à proximité. Sans tabou : contrairement aux traditions françaises, ces individus, qui restent anonymes, sont désignés par la couleur de leur peau (“Blanc”, “Noir”, “Arabe”, etc.).

L’étude confirme, en lui donnant un caractère scientifique, ce qu’expriment, depuis des années, les minorités visibles en France. Jusqu’à présent, en effet, les enquêtes réalisées s’appuyaient uniquement sur des sondages déclaratifs, sans vérification possible et avec des échantillons réduits. “L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être”, indique le rapport, rédigé par deux chercheurs du CNRS, Fabien Jobard et René Lévy.

Les chercheurs constatent que les tenues portées sont aussi des critères décisifs dans les choix policiers. “Bien que les personnes portant des vêtements aujourd’hui associés à différentes “cultures jeunes” françaises (” hip hop”, “tecktonic”, “punk” ou “gothique”, etc.) ne forment que 10 % de la population disponible, elles constituent jusqu’à 47 % de ceux qui ont effectivement été contrôlés”. Comme deux personnes sur trois arborant ce type de tenues (capuches, etc) font partie des minorités visibles, les auteurs retiennent l’hypothèse que les vêtements sont aussi, indirectement, des marqueurs ethniques.

La plupart des quelque 500 contrôles observés se sont déroulés sans incident. Dans la moitié des cas, les contrôles ont toutefois débouché sur une fouille ou une palpation de sécurité – sans que les pratiques soient significativement différentes entre Arabes, Noirs et Blancs. Ce que confirment les personnes contrôlées, interrogées ensuite, discrètement, par les scientifiques : seules 3 % ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant; 76 % ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires; 6 % ont souligné que la police s’était comportée de manière respectueuse et polie. Mais le bon déroulement des contrôles n’empêche pas les populations ciblées d’exprimer leur colère, surtout face à leur caractère répétitif.

Les auteurs parlent d’”effets délétères” pour les rapports entre la population et les policiers, citant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis 2005. “Les contrôles sont en effet fréquemment au cœur de l’antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d’être la cible de contrôles d’identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement”. Ils soulignent que le cadre juridique “permissif” laisse aux policiers “un large pouvoir discrétionnaire”.

L’Open society institute émet une série de recommandations. D’abord en suggérant l’enregistrement par les patrouilles du profil ethnique des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des opérations – une démarche interdite en l’état du droit. Ensuite en modifiant le code de procédure pénale pour limiter les risques de discriminations. Enfin, en exigeant des policiers qu’ils expliquent systématiquement les motifs du contrôle aux citoyens concernés.

Contactée, la préfecture de police de Paris a fait part de son “intérêt” pour ces résultats. “L’étude peut apporter des enseignements, explique la commissaire Marie Lajus, porte-parole de la préfecture. Mais n’oublions pas que la pratique policière se fonde sur des paramètres empiriques incontournables, notamment l’apparence, l’âge, le sexe ou l’origine géographique. Le travail policier ne peut pas s’apparenter à un sondage où on chercherait à être représentatif de la population. Notre mission, c’est de prévenir des délits et des crimes, pas de représenter la société”.

Voir aussi:

Des chercheurs s’alarment du “retour de la race”
Laetitia Van Eeckhout
Le Monde
30.06.09

La “racialisation de la société française” est-elle en marche ? Convaincus que les travaux du Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd) mis en place en mars sous l’égide du gouvernement par le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, portent en germe ce risque, 22 chercheurs et universitaires de disciplines diverses se sont réunis pendant deux mois au sein d’une contre-commission : la Commission alternative de réflexions sur les “statistiques ethniques” et les discriminations (Carsed). Le fruit de ses travaux, un ouvrage collectif titré Le Retour de la race (éd. de L’Aube), a été présenté lundi 29 juin.

C’est la composition même du Comedd, partiale selon eux, qui a poussé ces universitaires à se réunir. “Le choix des membres du Comedd semble avoir été motivé par le seul critère d’une position ouvertement favorable aux statistiques ethniques”, assurent-ils.

Une affirmation à nuancer : chargé d’”évaluer les dispositifs et outils nécessaires à l’observation et à la connaissance de la diversité et des discriminations en France”, le Comedd réunit des personnalités de sensibilités différentes sur le sujet. La CGT ou la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour ne citer qu’elles, ont des positions prudentes sur la question de la mesure de la diversité. Et c’est pour réussir à produire un rapport solide, mais aussi “le plus consensuel possible”, que François Héran, le président du Comedd, a décidé de remettre son travail mi-septembre et non fin juin comme prévu initialement.

Avant d’être un support de propositions alternatives, le “contre-rapport” cherche à dénoncer le “leurre” de la réflexion engagée au Comedd. “La mesure statistique de la “diversité” (est) un euphémisme derrière lequel se cache désormais l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité”, affirment dans leur introduction les chercheurs parmi lesquels figurent la philosophe Elisabeth Badinter, les démographes Hervé Le Bras et Alain Blum, le sociologue Jean-François Amadieu.

COMMUNAUTARISATION

Or soutiennent-ils, “en développant une vision de la société durablement fragmentée selon les critères d’origine, donc figés”, une telle classification ethnique, “aboutit à terme à la fragmentation et à la concurrence entre “communautés” avec chacune ses lobbies, ses victimes, ses exclusions, son entre-soi, sa solidarité limitée aux membres du groupe alors que l’Etat républicain a la mission de l’assurer pour tous”. Ils insistent sur un fait : si, “dans certaines discriminations, une composante raciste est présente, dans la plupart, l’influence des inégalités est déterminante”.

Selon eux, “au lieu de s’acharner ou de fantasmer sur la construction d’une mesure illusoire”, le gouvernement devrait se saisir de la question des moyens existants pour réduire les discriminations, tel le CV anonyme, dont les décrets d’application ne sont toujours pas sortis.

De même, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) devrait, selon la contre-commission, voir ses pouvoirs renforcés, “pour pouvoir par exemple mener des opérations de testing à assez grande échelle”.

En somme, ce qui manque aujourd’hui, assurent ces chercheurs, c’est avant tout “une volonté gouvernementale”.

Voir également:

Police: la réalité des « contrôles au faciès » établie
Ce que dit la loi
Le Monde
01.07.09

La règle générale. « Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité », dispose le code de procédure pénale. L’article 78-2 précise que les policiers peuvent demander à une personne de justifier son identité dès lors qu’il existe « une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction ; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements (…) ; ou qu’elle fait l’objet de recherches ». L’identité peut également être contrôlée en cas de risques d’atteinte à l’ordre public.

Les réquisitions des procureurs. L’article 78-2 prévoit que les procureurs prennent des réquisitions écrites autorisant les contrôles, dans des lieux et pour une durée limités, afin de poursuivre certains types d’infractions. Dans les faits, ils se contentent de valider les demandes de la police. Ces dispositions, qui peuvent autoriser les fouilles de véhicules, sont utilisées régulièrement dans les quartiers sensibles.

Voir de même:

Royaume-Uni: contrôles antidiscrimination?

Le Monde
01.07.09

Au Royaume-Uni, les policiers ont tendance à contrôler des « non-musulmans » pour ne pas être accusés de discriminations. C’est ce qu’a révélé Alex Carlile, membre de la chambre des Lords chargé de superviser l’application des lois antiterroristes, dans un rapport publié le 17 juin.

« Dans certains dossiers, les personnes contrôlées présentent des profils tellement éloignés des profils traditionnels des terroristes qu’il n’y a pas la moindre possibilité qu’il ou elle soit un terroriste », a expliqué Lord Carlile, ajoutant : « Ce n’est bon pour personne d’être arrêté uniquement pour obtenir des statistiques raciales équilibrées. »

Depuis 2006, les contrôles menés dans le cadre de la loi antiterroriste ont été multipliés par trois. Les Noirs et les personnes originaires d’Asie du Sud sont les plus visés.

Voir aussi:

Le contrôle au faciès démontré par A + B
C.B.
Libération
30/06/2009

A Paris, un Noir ou un Maghrébin a plus de chance de se faire contrôler par la police qu’un Blanc. Pas vraiment surprenant mais une étude vient d’en faire la démonstration.

«Contrôle au faciès», «délit de sale gueule», «profilage racial», quels que soient les termes que l’on préfère retenir, c’est une réalité en France. A grande échelle. Une étude menée par deux chercheurs du CNRS et rendue publique ce mardi vient apporter la démonstration scientifique de cet état de fait jusqu’alors ressenti mais non quantifié. Selon cette étude, un Noir a six fois plus de chances d’être contrôlé par la police qu’un Blanc, un Arabe (ou perçu comme tel) 7,8 fois plus.

Les chercheurs, Fabien Jobard et René Levy, dont l’étude a été financée par une fondation américaine, l’Open society institute (créée par le milliardaire Georges Soros) se sont concentrés sur les opérations de police menées entre octobre 2007 et mai 2008 dans deux espaces parisiens: à la gare du Nord et à Châtelet-les-halles.

«Les policiers perpétuent des stéréotypes»

L’observation s’est faite en deux temps. Première phase, des observateurs placés aux points d’accès de chacun des sites ont passé au crible les passants, en recensant plusieurs critères: âge, sexe, origine, vêtements, gros sac ou non (dans la perspective du plan vigipirate). Une fois définie cette «population de référence», les observateurs ont suivi les policiers pour scruter 525 contrôles, en relevant les mêmes critères.

Résultat: plus que sur les comportements des gens, les policiers se fondent sur l’apparence. La couleur de peau («Blanc», «Noir», «Arabe») mais aussi les vêtements, un jeune sous une capuche, habillé hip hop ou tecktonik ayant plus de chances d’être contrôlé puisque appartenenant souvent à une minorité visible. «En visant certaines personnes à cause de ce qu’elles sont (ou ont l’air d’être) et non à cause de ce qu’elles ont fait ou font, les policiers perpétuent des stéréotypes sociaux et raciaux», constatent les auteurs.

«Perte de confiance»

Les observateurs ont également interrogé plusieurs personnes controlées pour savoir si elles avaient perçu du racisme dans l’intervention. Seules 3% ont déclaré avoir perçu un traitement raciste ou insultant. 76% ont émis un jugement neutre sur l’attitude des fonctionnaires, 6% ont considéré que les policiers s’étaient comportés de manière respectueuse.

Ce qui fait dire aux chercheurs que ce n’est finalement pas tant le contrôle en lui-même que son caractère répétitif qui est mal ressenti, conduisant à des «effets délétères» sur les rapports police-population et à la «perte de confiance envers le système de la justice pénale français».

L’Open society institute, qui a conduit plusieurs études dans différents pays sur cette question, émet des recommandations. Parmi elles, l’enregistrement par les patrouilles, à l’aide d’un formulaire, du profil racial des personnes contrôlées pour vérifier, a posteriori, l’impartialité des contrôles. Idée difficilement applicable en l’état dans le droit français et alors que les partisans des statistiques raciales ont bien du mal à s’imposer.

Voir enfin:

Profiling Minorities: A Study of Stop-and-Search Practices in Paris
OSI
June 2009

Police officers in Paris consistently stop people on the basis of ethnicity and dress rather than on the basis of suspicious individual behavior, according to a report released by the Open Society Justice Initiative.

The report documents over 500 police stops over a one-year period and across five locations in and around the Gare du Nord train station and Châtelet-Les Halles commuter rail station.

The data show that Blacks were between 3.3 and 11.5 times more likely than Whites to be stopped; while Arabs were stopped between 1.8 and 14.8 more times than Whites. The study also found a strong relationship between people’s ethnicity, particular styles of clothing worn by young people, and the likelihood that they would be stopped.

The report recommends a number of reforms to identity check practices in Paris, including reform of law and policies that allow ethnic profiling; an explicit ban on discrimination by police officials; stronger criteria for the “reasonable suspicion” required to stop persons; and enhanced record keeping and review of stops to assess their impact and promote better practice.

The complete report is available for download below in English and French.


Mort de Bongo: La Françafrique est morte, vive la Françafrique! (With Bongo, every party got its fair share: Former French foreign minister confirms kickbacks)

11 juin, 2009
Bongo free for all
Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant. Omar Bongo
Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon ( …) Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis. (…) Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon. (…) Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage. Barack Obama (communiqué)
C’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain. Nicolas Sarkozy (communiqué)
Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Roland Dumas

La Françafrique est morte: vive la Françafrique!

A l’heure où, du Pleurnicheur en chef de la Maison Blanche à notre Sarkozy national, le monde entier n’a pas de mots assez doux pour louer les 41 ans du maitre-kleptomane Bongo à la tête du Gabon …

Et où l’ancien président Giscard confirme publiquement les financements occultes, par “l’ami de la France”, du délinquant multirécidiviste et ex-squatteur de l’Elysée pendant dix ans Jacques Chirac

Retour, avec un l’éditorialiste de RTL Jean-Michel Aphatie, sur le cynisme tranquille de l’ancien ministre et homme des coups tordus de François Mitterrand et accessoirement avocat du Canard enchainé Roland Dumas.

Qui, dans un entretien au Parisien et entre deux pince-fesses chez les mollahs, confirme la réalité de ces paiements comme le fait, dont se vantait lui-même celui qui continuait à faire destituer des ministres français et avait dû aller se faire opérer en Espagne pour cause de poursuites judiciaires en France où il possédait de nombreuses propriétés, qu’ils touchaient bien – et équitablement, s’il vous plait! – la totalité des partis politiques français.

Sans parler du secret de polichinelle de l’existence du même système pour les autres pays africains et de la réalité, contre toutes les promesses, de la continuation de la Françafrique.

Car en effet, “comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions?”

Roland Dumas sur Omar Bongo, jusqu’à la nausée

Jean-Michel Aphatie
RTL
le 11 juin 2009

Omar Bongo est mort, et les mots que les dirigeants français emploient à propos de cette mort ont ceci de fascinant et de formidable qu’ils en disent plus sur eux que sur lui, sur la France que sur l’Afrique.

Il a déjà été noté ici que plusieurs responsables politiques français ont qualifié Omar Bongo d’ « ami », ce qui laisse songeur quand on connaît le rapport que le président gabonais entretenait avec les libertés individuelles pour ces concitoyens, ou bien avec la notion de solidarité dans le partage des richesses de ce petit pays potentiellement riche, ou bien encore avec l’honnêteté et la moralité dont l’éducation la plus élémentaire apprend à chacun et sur tous les continents qu’elles doivent être les rails d’une vie.

Sur quelles valeurs se fondaient donc cette « amitié » aujourd’hui revendiquée? Des valeurs démocratiques, vraiment, ces valeurs qu’incarnent et représentent pourtant les dirigeants de la République française, patrie des droits de l’Homme et du reste? Ou bien plutôt, et plus prosaïquement, sur les services rendus? Sur les facilités accordées? Sur la défense d’intérêts réciproques? Chacun ici dira que poser la question est un peu stupide, un peu naïf, ou un peu facile, au choix, tant la réponse paraît évidente. Soit. Mais alors, il faut aller au bout du raisonnement et convenir que ni nous ni ceux qui nous dirigent ne croient aux beaux discours et aux proclamations de foi, que ceux-ci flattent nos esprits mais ne guident pas nos actes, qu’ils peuplent notre imaginaire mais ne déterminent pas toujours, pas forcément, voire très peu en la circonstance, nos actes. Il ne s’agit ni de s’en indigner, ni de le regretter. Il s’agit juste d’en prendre conscience, ce que nous permet de faire, justement, la mort d’Omar Bongo.

Cet événement libère les esprits davantage encore qu’on ne pouvait l’imaginer ou l’espérer. L’expression, alors, peut aller jusqu’au cynisme le plus nauséabond, comme l’illustre l’interview de Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, ce matin, dans Le Parisien.

Au rang de l’oubli de soi, des valeurs et du reste, ceci. Omar Bongo finançait-il, comme il s’en vantait parfois, les partis politiques français, lui est-il demandé? Réponse de Roland Dumas: « S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. »

Que la tirade est belle! Omar Bongo a pu connaître ou faire connaître tous les tourments de l’enfer, gérer son,pays comme un satrape, maintenir dans la pauvreté et la misère ses concitoyens, « nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. » C’est une chose, pour un responsable politique de défendre les intérêts de son pays, et Roland Dumas, ministre ou éminence grise, double ou triple tiroir, homme de main et homme servile, a prétendu servir son pays dans les différentes responsabilités publiques ou fonctions occultes qui ont été les siennes. Dans ces cas-là, on peut s’accommoder de tout et du pire, par devoir, avec abnégation. Mais c’est autre chose, tout de même, que cette « bonne intelligence » qui induit l’accord, la complicité, le goût même du contact et le plaisir des retrouvailles, l’amitié donc, revoilà le mot et ce qu’il charrie qui ici n’est pas noble.

Et puis autre chose, du lourd, c’est-à-dire de l’information. Omar Bongo finançait tous les partis, droite et gauche, tous républicains, tous vertueux, mais tous avides d’argent fût-il sale pour défendre ces intérêts là. Et avec combien de perdition au passage? Perte d’argent, certes, égaré dans diverses poches, mais perte de liberté aussi, d’indépendance. Et puis, cette autre information: « d’autres pays ont procédé à de tels financements. » Ah bon? Lesquels? Quand? Au profit de qui? Avec quelles contreparties?

Comme tous les grands hommes, Roland Dumas a écrit ses Mémoires. Rien de tout cela bien sûr n’y figure. Sans doute ne nous juge-t-il pas dignes de ce genre de confidences. Cela ne nous regarde pas, ne regarde que les puissants, ne se partage qu’entre puissants. Mais alors, pourquoi lever le coin du voile ce matin? Maîtrise imparfaite d’un égo depuis longtemps dilaté? Formidable sentiment d’impunité qui fait oublier les lois élémentaires de l’omerta?

Dans sa dernière réponse au Parisien, Roland Dumas atteint les sommets d’un détestable cynisme, au point d’en tutoyer le racisme. Question: « La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique? » Réponse: « Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions? »

De manière étonnante, on retrouve cette sentence mitterrandienne dans le papier de page 3 que Le Monde daté de ce jour consacre au défunt président gabonais. La voici, attribuée donc à François Mitterrand par Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert Diard, les deux signataires du papier: « A quoi cela sert-il de changer les hommes? Celui que l’on mettrait à la place ferait la même chose. »

La pensée ici n’est pas seulement désabusée, elle est pratiquement raciste. Mettre un Africain à la place d’un autre Africain est inutile. Ils se ressemblent tous. Le changement en France a un sens, parce que les Français sont évolués, intelligents, capables de réflexions, donc de choix. Mais un Africain, pensez donc? Il tapera dans la caisse, voilà tout. Donc, « nous » n’en changerons pas, car c’est nous, bien sûr qui « changeons » les dirigeants africains. Laissons donc en place celui et ceux que nous connaissons. Eux, au moins, ce sont des « amis ». Et voilà comment la boucle se boucle, dans le mépris, le si vulgaire mépris.

C’est une forme d’étonnement qui saisit à l’occasion de la mort d’Omar Bongo. Il était difficile d’imaginer que cet événement libérerait ainsi la parole, jusqu’à produire un effet de miroir dans lequel nous apparaissons la figure tordue par une bien vilaine grimace.

Voir aussi:

“Chaque parti était servi”
Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères
Propos recueillis par Henri Vernet
Le Parisien
11.06.2009

L’ancien ministre et avocat Roland Dumas, proche de François Mitterrand, connaissait bien Omar Bongo

Bongo a-t-il pu financer la campagne de Chirac en 1981, comme le prétend Giscard ?

Roland Dumas. Ce genre d’informations n’est pas nouveau. Le président Bongo a toujours été suspect de tels agissements. Je n’ai pas de raison de mettre en doute la parole de Valéry Giscard d’Estaing. Cela concerne un autre bord politique que le mien !

Mais Bongo a lui-même écrit dans un livre qu’il finançait tous les partis français…

S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans, c’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Il suivait la politique française de très près et s’arrangeait pour savoir quels étaient ceux qui allaient gagner les élections.

Vous avez constaté ces financements occultes ?

Cela ne passe jamais par les ministres en exercice ! Il y a toujours un trésorier de parti ou ses adjoints pour remplir ce rôle.

Beaucoup d’argent passait par Elf ?

Cela, c’est autre chose. C’est un financement privé. Je crois que ça a existé, que tout le monde recevait sa part. Mais quelques-uns étaient plus privilégiés que d’autres…

Quand Charles Pasqua jure que le RPR n’a jamais été financé par Bongo, cela vous fait sourire ?

Non… mais ça passait peut-être par d’autres que lui !

Comment François Mitterrand voyait-il cela ?

Il souhaitait maintenir avec les chefs d’Etat africains des relations qui étaient celles qu’ils avaient eues avec le général de Gaulle. Il n’a rien changé dans le dispositif, il a simplement changé des hommes. Par exemple, Foccart (NDLR : le Monsieur Afrique de De Gaulle) n’était plus là.

Qui était le Foccart de Mitterrand ?

Il y en a eu plusieurs. Il y avait son fils Jean-Christophe, qui avait des relations personnelles avec les dirigeants africains et des liens quotidiens avec son père. Cela facilitait les choses. Des dirigeants comme Bongo ou l’Ivoirien Houphouët-Boigny tenaient à avoir un contact direct avec l’Elysée, parce que là résidait le pouvoir. Je voyais régulièrement Bongo. Un jour il a tenu à me montrer sa vieille carte d’adhérent à la SFIO (NDLR : l’ancêtre du PS) qui remontait à avant la guerre !

Que pensait-il de Mitterrand ?

Il l’aimait bien. Mais il n’avait pas avec lui la même familiarité qu’avec Jacques Chirac, qu’il tutoyait et embrassait.

La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique ?

Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions ?

Voir enfin:

Obama “attristé” par la mort de Bongo
AFP
09/06/2009

Le président américain Barack Obama s’est dit “attristé” par la mort hier du président du Gabon Omar Bongo. “Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon”, écrit Barack Obama dans un communiqué.

“Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis”, ajoute-t-il.

“Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon”, indique M. Obama. “Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage”, ajoute le président américain. “Au nom du gouvernement des Etats-Unis, je présente mes condoléances à sa famille et au peuple du Gabon”, conclut M. Obama.

Voir enfin:

MORT D’OMAR BONGO
La mort du président gabonais signe-t-elle la fin de la “Françafrique”?
NOUVELOBS
11.06.2009

Même s’il ne représentait pas à lui seul la “Françafrique”, la disparition du président gabonais marque la fin d’une certaine relation franco-africaine.
Avec la mort d’Omar Bongo Omdimba, c’est un pilier de la “Françafrique” qui s’effondre. C’était l’une des figures les plus emblématiques de l’Afrique post-coloniale. Il a été l’interlocuteur privilégié des présidents français depuis plus de 40 ans, même si les relations avec Paris se sont récemment crispées. Doyen des chefs d’Etats africains, son influence tenait avant tout à son ancienneté: 41 ans de pouvoir.

Agé de 73 ans, il avait accédé au pouvoir en 1967, avec l’aval de la France. Il est le président resté le plus longtemps au pouvoir. Pour le journaliste Antoine Glaser, rédacteur en chef de la Lettre du continent il “était le gardien d’un demi-siècle de secrets de la présence française en Afrique”. “Approvisionnement énergétique, mercenariat, opérations secrètes… Des années 60 aux années 90, il a servi la diplomatie d’influence de la France en Afrique. Et la plate-forme de la France, gendarme de l’Afrique, c’était Libreville”, poursuit-il.

Une expression est née

C’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Felix Houphouët-Boigny, qui inventa l’expression France-Afrique, en 1955. Il voulait définir ainsi les bonnes relations qu’entretenait la France avec ses anciennes colonies. L’expression “Françafrique” a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave, ancien président de l’association Survie. Il a ainsi voulu désigner les réseaux occultes qui unissaient la France à l’Afrique.
Dans son livre, “La Françafrique, le plus long scandale de la République” (Stock, avril 1998), il écrit : la Françafrique est “une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies” qui “est hostile à la démocratie”. L’Angola, le Togo, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, les Comores, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Bénin, la Tunisie, le Maroc, le Niger, Djibouti, le Mali, la Centrafrique, la Mauritanie, la Guinée Equatoriale et l’Algérie feraient partie de ce cercle d’initiés.

Une sphère d’influence

Corruption, accords secrets, soutien militaire indirects en sont les caractéristiques. L’objectif français aurait été de maintenir une sphère d’influence importante en Afrique et d’exploiter la richesse des matières premières. Une “cellule Afrique” composée de plusieurs diplomates a été constituée sous l’autorité du général De Gaulle. Jacques Foccart en a été le principal dirigeant jusqu’en 1974. Cette cellule aurait, selon certains, soutenu des dirigeants, déjoué des coups d’Etat et fomentés d’autres. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a ainsi affirmé au lendemain de la mort d’Omar Bongo, que le président gabonais avait soutenu “financièrement” Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1981.

Le discours de Cotonou

Un lien, donc, fondé sur des intérêts croisés, y compris avec Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis de rompre avec la “Françafrique” et de “définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés”, lors de son discours de campagne en 2006 à Cotonou (Bénin).
Il promettait alors de ne plus soutenir les chefs d’Etat corrompus. Et pourtant.
Après son élection, il fait étape à Libreville au cours de sa première tournée africaine. Autre signe de la persistance de ces relations particulières, Omar Bongo a obtenu en 2008 le départ du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui l’avait profondément irrité en annonçant vouloir “signer l’acte de décès de la Françafrique” qu’il reconnaissait “moribonde”. Des déclarations jugées arrogantes pour le Gabon, qui, se sentant visé, a déclaré préférer “trouver des partenaires plus respectueux”.

“La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant”

Le Gabon était aussi le bastion originel d’Elf, la compagnie pétrolière française créée en 1967, dont l’ex-PDG, Loïk Le Floch-Prigent, reconnaîtra plus tard qu’elle servait de “diplomatie parallèle” et finançait les services secrets français… “Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant”. Ainsi Omar Bongo décrivait-il, dans les années 80, les relations entre Paris et son ex-colonie, riche en pétrole, manganèse et bois.

L’affaire des biens mal acquis

Les tensions sont montées d’un cran après la diffusion, par la chaîne de télévision publique France 2, d’un reportage consacré aux biens immobiliers luxueux du clan Bongo en France. Les associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la diaspora portent alors plainte pour “recel de détournement de biens publics et complicité” auprès du tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’Etats africains dont la famille d’Omar Bongo. Selon elles, ces biens ont été acquis avec de l’argent public détourné. Une enquête policière pour “infraction insuffisamment caractérisée” est ouverte par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite en novembre 2007. Au Gabon, l’opinion gabonaise se range derrière son chef d’Etat et dénonce les accusations françaises. Le 2 décembre 2008, Transparency International France, l’Association Sherpa et un citoyen gabonais Grégory Ngbwa Mintsa déposent une nouvelle plainte assortie d’une “constitution de partie civile” visant entre autres Omar Bongo, ainsi que son entourage pour “recel de détournement de fonds publics”. Dans les milieux diplomatiques, on a alors expliqué que la rupture ne devait pas passer en force, et que Nicolas Sarkozy voulait “éviter tout problème” avec l’Afrique.

Très peu de chance pour un procès

“La disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l’affaire des biens mal acquis”, a indiqué l’avocat Me William Bourdon à l’agence de presse AFP, en rappelant que “plusieurs membres de sa famille” sont également visés par une plainte devant la justice française. “Une enquête de police a montré que les détournements de fonds dénoncés par Tranparency Internationale France sont imputables à une entreprise familiale”, explique l’avocat de l’association anti-corruption. “Les opérations de succession sur les biens mal acquis ne peuvent être aujourd’hui que très compliqués et la disposition des biens d’Omar Bongo (distribution des biens à ses héritiers) ne peut, à mon sens, qu’être suspendue de fait, compte-tenu de la procédure en cours”, a-t-il ajouté. La date d’audience n’a pas encore été fixée.

Un allié encombrant ?

La disparition d’Omar Bongo, même si elle ne fera pas taire les associations, permet au gouvernement français de se débarrasser d’un allié gênant. Selon Antoine Glaser “c’est emblématique de la fin d’un certain type de relation entre l’Afrique et la France”. “C’est une page qui se tourne car c’était le dernier doyen de toute une période historique”. Et si l’opinion française est favorable à une enquête concernant les biens mal acquis, il y a peu de chance d’aboutir à un procès. Surtout si la suppression du juge d’instruction voulue par le chef de l’Etat est effective. “Je vois mal comment le Parquet pourrait initier une enquête”, s’inquiète William Bourdon.


Procès Fofana: Quand la violence des images prépare à la violence des groupes (As you sow so shall you reap)

3 mai, 2009
Daniel Pearl's butcheringJ’ai tué un juif! J’irai au paradis! Adel (novembre 2003)
On est des Arabes et des Noirs, faut qu’on se soutienne. (…) Les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat et, moi, comme je suis noir, je suis considéré comme un esclave par l’Etat. Yousouf Fofana (février 2006)
Allah et son prophète, ils aiment pas les juifs. (…) Mort à Israël! Yousouf Fofana (aux juges d’instruction l’interrogeant sur les motivations antisémites de son geste)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. Tribu Ka (novembre 2006)
Ils ont écrit ’sale juif’ et ’sale pédé’ sur son visage avec du Typex, avant de lui faire avaler des mégots de cigarette, un suppositoire, et de l’obliger à sucer un préservatif déroulé sur un bâton. Clarisse Grillon (secrétaire générale du tribunal de Nanterre, février 2008)
L’un d’entre eux s’est acharné contre Ilan en disant je n’aime pas les Feuj !!
Il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues (…) [alors qu’] un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi. Alexandre Lévy
Dans cette histoire, on retrouve tous les ingrédients du fonctionnement des ghettos : la logique du groupe qui fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, la présence d’un leader charismatique, la loi du silence, la peur, l’absence de solidarité avec des gens extérieurs au quartier et l’antisémitisme qui circule dans le groupe et d’une certaine façon le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques. (…) La focalisation sur les événements du Proche-Orient vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique qui règnent dans certaines banlieues. C’est une forme de ’socialisme des imbéciles’ . Quand on écoute les gens tenir des propos antisémites, ils font leur portrait à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc. Didier Lapeyronnie (sociologue)
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’”A mort les juifs!”, avril 2003)
Ce procès devrait aussi être celui de la négation de la montée de l’antisémitisme. Là encore, la bien-pensance a refusé, notamment après le déclenchement de la deuxième intifada, en Palestine, en septembre 2000, d’en voir les conséquences en France, avec une volonté d’exporter le conflit, de la part de groupes se réclamant du soutien à la Palestine. Riposte laïque

Enlèvement et scènes de barbarie apparemment inspirés des publireportages d’Al-Qaida généreusement relayés par nos médias, photos de la victime nue avec un sac sur la tête et une arme sur la tempe envoyées à la famille, multi-tentatives d’enlèvement comme d’extorsions de fonds sous couvert de groupes terroristes (dont le patron d’Arte et un fondateur de MSF), système sophistiqué de cloisonnement des tâches et des équipes, entrée dans le tribunal en criant ‘Allah akbar’, avocats (payés par la République !) dont l’une est épouse du terroriste Carlos et l’autre l’un des anciens défenseurs de Saddam, conversion à l’islam en prison, insultes antisémites …

A l’heure où, après le choix du rayeur de cartes pour inaugurer une conférence sur le racisme, l’on apprend que la ville choisie par l’UNESCO comme capitale mondiale du livre 2009 interdit toute œuvre ayant le moindre rapport avec les juifs ou dont les auteurs, comme Jane Fonda, ont visité Israël …

Où Dieudonné s’apprête à nous refourguer pas moins de cinq listes antisémites (pardon: “antisionistes”!) pour les toutes prochaines élections européennes …

Et où, s’appuyant sur des décennies de politiquement correct et d’impunité face au déferlement antisémite de la rue et la complaisance de nos médias, l’auteur afro-français actuellement en procès d’actes de barbarie tente de se faire passer pour “victime d’une République, forcément raciste et colonialiste” …

Retour, avec le site Ripose laïque, sur ce “discours irresponsable” et “victimaire”, “relayé par des associations complices”, qui, en désarmant les forces de l’ordre et délégitimant toute répression, a contribué à l’installation dans certaines zones d’une véritable loi du silence rendant possible pendant trois longues semaines un tel calvaire …

Fofana, où la réalité brutale de 30 ans de politiquement correct
Cyrano
Riposte laïque
1er mai 2009

Le procès du « gang des Barbares », qui a commencé ce mercredi, se déroulera, jusqu’au 10 juillet prochain, à huis clos, sous le prétexte que deux des accusés, sur les vingt-sept, étaient mineurs au moment de l’assassinat d’Ilan Halimi.

Au-delà des arguments juridiques, un exemple comme celui de Fofana et de ses complices éclate à la figure de tous ceux qui, depuis des années, cherchent à nier une réalité qui dérange, parce qu’elle est effrayante, et remet en cause un discours politiquement correct bien rodé, majoritaire dans les médias, et les grands partis.

Il est intéressant de constater qu’il débute à un moment où plusieurs événements font voler en éclats la volonté de cacher la réalité aux Français. La diffusion de « La Journée de la Jupe », malgré la volonté de censure du système, a, grâce à Arte et au talent d’Isabelle Adjani, montré la réalité d’une école publique où les futurs Fofana font la loi, contre les enseignants, contre les filles, avec la complicité des élites de l’Education nationale, et de certains enseignants gauchisants. La violence de l’agression du bus, et sa divulgation sur internet, ont montré au grand jour une réalité quotidienne des transports parisiens, la brutalité des apprenti-Fofana et le racisme anti-français de beaucoup de voyous.

L’horreur que révèlera ce procès devrait faire voler en éclats, une fois de plus, le discours victimaire de nombreux sociologues, et toute la culture compassionnelle des petits bobos de gauche et d’extrême gauche. Combien d’entre eux, pendant des années, ont expliqué les violences urbaines par la seule question sociale ? Combien ont traité de racistes les classes populaires qui en étaient les principales victimes ? Combien ont nié la gravité de la situation, et l’existence grandissante, dans les quartiers, de petits caïds sans foi ni loi, ayant adapté totalement les règles de la loi du système capitaliste, où les plus forts écrasent les plus faibles sans ménagement. Combien ont refusé de voir qu’une frange de cette génération refuse l’intégration, et veut la « thune » sans passer par la case travail ? Combien n’ont eu dans la bouche que le mot « prévention », et le refus de la moindre « répression », considérée comme sécuritaire, voire fascisante ?

Ce discours victimaire, relayé par des associations complices, a transformé des crapules psychopathes comme Fofana en victimes d’une République, forcément raciste et colonialiste. Il a empêché tous les gouvernements d’agir efficacement. Il a paralysé la police. Il a consolidé des zones de non-droits. On a même entendu des démagogues comme Besancenot et Bové réclamer que les flics quittent les quartiers, car ce serait leur seule présence qui provoqueraient les incidents. On a vu l’ensemble de la gauche et de l’extrême gauche suivre la LDH et le Syndicat de la Magistrature, dans le déni de la réalité, et mettre toutes leurs forces dans la bataille pour empêcher le gouvernement de changer des lois qui protégeaient les mineurs, refusant de voir que la violence des jeunes délinquants actuels n’avait plus rien à voir avec celle de 1945.

Ce discours irresponsable a laissé des Territoires perdus de la République aux mains de petits mafieux à la Fofana, qui imposent la loi du silence. Là encore, le calvaire d’Ilan, pendant trois semaines, n’a pu être possible que parce l’omerta règne. Chacun sait que le citoyen qui aurait, par civisme, cherché à alerter les autorités se serait mis en danger, parce qu’il aurait été considéré comme une balance par les petits caïds mafieux.

Ce procès devrait aussi être celui de la négation de la montée de l’antisémitisme. Là encore, la bien-pensance a refusé, notamment après le déclenchement de la deuxième intifada, en Palestine, en septembre 2000, d’en voir les conséquences en France, avec une volonté d’exporter le conflit, de la part de groupes se réclamant du soutien à la Palestine. L’antisémitisme, en 2009, en France est totalement différent de celui de l’extrême droite de Henry Coston ou de Charles Maurras. On voit des rapprochements, sur la base de l’antisionisme, entre le tandem Soral-Dieudonné, et des prédicateurs de l’UOIF, comme Hassan Iquioussen, au discours ouvertement antisémite.

On a vu, lors des dernières manifestations, en janvier, en France, l’inquiétant potentiel antisémite qui s’est affiché ouvertement, dans des manifestations où le Hamas n’était jamais condamné, où on amalgamait Israël à Hitler, ou à l’Afrique du Sud. On a vu les islamistes, qui rêvent de voir ce pays disparaître, imposer leurs prières dans l’espace public, montrant leur volonté d’utiliser le conflit de Gaza pour imposer la charia dans notre pays.

Pendant des années, dire que la majorités des délinquants des quartiers étaient des enfants issus de l’immigration, à l’image d’un Fofana, valait à son auteur les pires procès en sorcellerie, dont bien évidemment l’accusation de racisme et d’incitation à la haine raciale. Un journaliste, auteur du livre « La guerre des rues », Christian Jelen, osera pourtant écrire cela, dans ce livre, en 1998 (il mourra quelques semaines après la sortie de l’ouvrage) ce que tout le monde constatait au quotidien, et que la bien-pensance interdisait d’écrire. Il fournira des explications sociologiques fort éloignées de toute approche raciste. Qu’il soit remercié d’avoir eu ce courage.

Ce procès ne pose-t-il pas également des questions qu’il sera de plus en plus difficile de continuer à escamoter, parce que la réalité finit toujours par s’imposer face aux discours dogmatiques. Une immigration incontrôlée, laxiste, sans aucune exigence d’intégration, avec un chômage de masse, dans un contexte où, en France, depuis 30 ans, on crache sur notre pays, on distille un discours haineux contre ses habitants, on siffle son hymne national, on détricote son unité, on remet en cause ses valeurs, ne peut-il pas qu’engendrer des barbares comme Youssouf Fofana.

Autre question dérangeantes, que ce procès met en avant, et que les responsables politiques esquiveront : est-il normal qu’un Youssouf Fofana ait eu la nationalité française, automatiquement, sous prétexte qu’il est né dans notre pays ? Le Haut conseil de l’intégration (HCI), dans un rapport qu’il faut faire connaître, met les pieds dans le plat, sur une question taboue. Voilà ce que Malika Soral ose écrire : “Le HCI reconnaît, en filigrane, que la nationalité française ne doit être accordée à un migrant qu’en fin du processus d’intégration (p.9). La nationalité doit venir reconnaître qu’une personne est devenue pleinement française, c’est-à-dire qu’elle est désormais porteuse de l’idéal français. (…) Vous aurez déduit de vous-mêmes que l’acquisition automatique de la nationalité par le biais de la naissance sur le territoire français ou par le mariage avec un Français sont contraires aux recommandations du HCI.”

Et encore : « Ce n’est que lorsque la nationalité attribuée par la France sera redevenue réelle, et non factice, que les Français cesseront d’éprouver le besoin de parler de “Français de souche” et de “Français d’origine étrangère”. C’est la France qui, en donnant sa nationalité à un nombre considérable de personnes qui ne portaient pas son idéal, s’est rendue coupable de l’introduction de la notion de deux classes de Français. »

De quoi faire hurler la Halde, et toute la bien-pensance humanitariste.

On a appris que, pendant le calvaire d’Ilan, Fofana a fait deux voyages en Côte d’Ivoire, sans compter celui de sa fuite. Cela n’interroge-t-il pas les services de l’Etat qu’un garçon présenté comme chômeur, peut-être touchant le RMI, puisse avoir un train de vie totalement incompatible avec ses revenus déclarés ? Combien de Fofana touchent des aides sociales, et affichent un train de vie qui est une insulte pour les travailleurs de plus en plus pauvres ?

Enfin, ce procès ne devrait-il pas également interpeller nos amis laïques qui, de Henri Pena Ruiz à Marc Blondel, refusent encore aujourd’hui, en 2009, de considérer qu’il y a une spécificité islamique, et que le projet politico-religieux de l’islam est ouvertement un appel à la violence contre quiconque n’est pas musulman ?

Que Fofana entre dans le tribunal en criant « Allah akbar », qu’il ait pour avocate (payée par la République !) l’épouse du terroriste Carlos, converti à l’islam, ne pose-t-il pas des questions à ceux qui continuent à nier le lien de plus en plus évident entre la voyoucratie et l’islam, unis pour imposer des lois incompatibles avec celles de la République ? Comment se fait-il que l’islam soit la première religion des prisons, dans notre pays, et que nombre de crapules s’y convertisse ?

Ce procès ne montre-t-il pas également l’échec de Nicolas Sarkozy, élu pour faire respecter les valeurs de la République. Avec l’incompétente Alliot-Marie, il se montre aussi inefficace que la gauche, pour lutter contre tous les Fofana qui continuent de pourrir la vie des quartiers et d’inspirer la terreur. Avec ses discours à géométrie variable, il est incapable de trancher clairement : Fadela Amara ou Yazid Sabeg ? République, intégration, ou communautarisme et droit à toutes les différences ? Haut commissariat à l’Intégration (HCI), qui veut mener une réflexion sur la nationalité française, ou Halde, qui veut faire sauter la barrière de la nationalité dans la fonction publique ?

Immigration incontrôlée, territoires perdus de la République, haine de la République et de la France, communautarisme, négation de la montée de l’antisémitisme, négation de la dictature de la voyoucratie, négation de l’offensive de l’islam contre la laïcité et la République… ce procès du gang des Barbares ne devait-il pas être aussi celui du politiquement correct qui, en 30 ans, a permis que la réalité de la France ait aujourd’hui le visage de la barbarie d’un Fofana, et hélas, avec lui, de milliers d’autres bombes à retardement pour qui il est une idole ?

Cyrano

(1) http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2009/04/27/avis-du-haut-conseil-a-l-integration.html
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Voir aussi:

Gang des barbares : “Ilan Halimi était délibérément ciblé parce qu’il était juif”
Le Monde
28.04.09

ingam : L’antisémitisme du gang des barbares est-il avéré ?

Patch : Pouvez-vous revenir sur la dimension antisémite de cette affaire ?

Alexandre Lévy : La circonstance aggravante d’antisémitisme a été retenue dans ce dossier, le 20 février 2006, par les deux juges chargés de l’affaire. A l’époque, les magistrats ont motivé leur décision sur la base des dépositions de certains membres du gang qui expliquaient qu’Ilan avait fait l’objet de mauvais traitements d’un des geôliers qui “n’aimait pas les feujs”. Dans plusieurs autres dépositions transparaissent les motivations antisémites de ce gang dont le chef était persuadé que les juifs ont de l’argent, et, s’ils n’en avaient pas, qu’ils font partie d’une communauté suffisamment solidaire pour que d’autres juifs paient pour pouvoir récupérer l’un des leurs.

Cette question de l’antisémitisme est lancinante et douloureuse, surtout pour la mère d’Ilan Halimi, Ruth. Selon elle, elle est également centrale dans le destin tragique de son fils, et dans son livre elle accuse notamment les policiers de ne pas avoir tenu suffisamment compte du fait qu’Ilan était juif.

Yaël F.: On a beaucoup dit que la police avait sous-estimé le gang des barbares et sa violence haineuse. Est-ce vrai ?

Alexandre Lévy: Cette question fait partie de la longue liste des reproches que la mère d’Ilan adresse à la police. Après enquête, je peux affirmer qu’à aucun moment les policiers de la brigade criminelle n’ont sous-estimé le danger auquel était exposé l’otage. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils n’ont communiqué qu’à minima sur cette affaire, faisant le pari que moins il y avait de bruit autour de cette séquestration, plus on avait de chances de retrouver Ilan vivant. C’est pour cela que les médias ont été tenus à l’écart et que les portraits-robots, notamment d’une des filles-appâts, n’ont pas été diffusés, alors que la police les avait dès la première semaine de l’enquête. Ensuite, les policiers se sont rapidement rendu compte qu’ils avaient affaire à un gang très sophistiqué pour ce qui concerne les moyens de communication, mais “minable” pour ce qui est de récupérer la rançon.
lingam: De quel milieu sont issus les membres du groupe ? Comment était organisé le gang ? Fofana était-il leur leader ? De quelle manière s’exerçait sa domination ?

Alexandre Lévy: Au départ, le gang des barbares est une petite bande de banlieue, basée à Bagneux. Ses membres habitent deux barres HLM de la commune. Ils sont âgés de 16 à 32 ans et vivent de petits boulots, de trafics et de larcins. Les jeunes qui composent ce groupe sont de toutes origines. Les policiers diront un “melting pot” du crime. Ils sont tous français.

Sous l’autorité de Youssouf Fofana, qui reconnaît être le chef de la “bande de quartier”, ce groupe protéiforme a tenté plusieurs opérations de nature criminelle, l’extorsion de fonds, et ensuite le kidnapping. Le “caïd” met également en place un système très efficace de cloisonnement des tâches et des équipes chargées de les effectuer. Il apparaît comme le seul ayant une vue d’ensemble de l’entreprise criminelle en cours.

Au fil des différentes tentatives de kidnapping, la bande s’”améliore” constamment. Elle apprend très vite de ses erreurs et adapte constamment son dispositif en le perfectionnant jusqu’à l’affaire Ilan, qui est sa première tentative de rapt concluante.

wilfried : Fofana est-il quelqu’un de violent ?

Alexandre Lévy : Plusieurs complices de Fofana ont fait état de violences exercées par celui qu’ils appellent le “boss” à l’égard de l’otage. Il est également accusé par un autre membre du gang d’avoir porté les coups de couteau et aspergé d’essence Ilan dans la nuit de sa mort. Plus généralement, l’ultraviolence de ce gang, leur absence de morale et de repères existentiels ont beaucoup choqué l’opinion publique au moment de l’affaire.

Patch : Dans son livre, la mère d’Ilan Halimi accuse les voisins d’avoir été au courant et de n’avoir rien fait. Qu’en est-il ?

Alexandre Lévy: Je me suis rendu à plusieurs reprises à Bagneux dans la cité de la Pierre-Plate, pour essayer de voir de mes propres yeux cet endroit qui a servi de geôle à Ilan. Depuis, cet ensemble de cités a été repeint, rafraîchi, comme pour oublier le drame qui s’y est joué. A Bagneux, j’ai rencontré des gens simples et modestes, des retraités, des familles d’origine africaine comme de toutes autres origines, pour qui cette affaire reste un traumatisme. Je ne peux pas affirmer que “toute la cité savait et s’est tue”, comme cela a pu être dit.

En revanche, il y a un grand nombre de gens mis en cause dans l’affaire d’Ilan (vingt-sept en tout), à qui il faut ajouter les amis, les petits-amis et petites-amies et parfois les parents. On arrive à une quarantaine de personnes qui, elles, savaient pertinemment qu’un jeune homme était détenu, nourri à l’aide d’une paille, ficelé, baillonné, voire frappé. Et toutes ces personnes se sont tues.

Les policiers continuent de s’arracher les cheveux à l’évocation de cette réalité. Pour eux, un simple coup de fil anonyme aurait mis en quelques heures fin au calvaire d’Ilan Halimi.

lingam: A la veille de l’ouverture du procès, quelle est la ligne de défense des accusés ?

Alexandre Lévy : Il est important de savoir, que même dans une affaire de criminalité organisée, il n’y a pas de responsabilité collective, mais individuelle. Chacun des membres du gang devra répondre de ses propres actes, qui vont de la non-dénonciation de crime jusqu’à l’assassinat.

Concernant le principal accusé du procès, Youssouf Fofana, c’est un peu la grande inconnue. Pendant les trois années d’instruction du dossier, Fofana a “usé” les services d’une quarantaine d’avocats. Un temps, il a envisagé de se défendre seul. Aujourd’hui, il semble avoir changé d’avis. Lors des auditions, il a endossé les habits de l’antisioniste et du défenseur des Palestiniens, des musulmans et du “peuple noir”. Il a violemment insulté les magistrats instructeurs, verbalement ou par courrier, ce qui lui a valu une condamnation pour outrages en 2007.

Maintenant, dans les faits, il sera certainement sommé de donner des explications sur ce qui s’est passé pendant ces trois semaines, et surtout dans la nuit du 12 au 13 février, lorsqu’Ilan est mort de façon atroce. Dans des déclarations antérieures, il a tout mis sur le dos de son complice, Craps, un jeune homme qui aurait joué le rôle de gros bras dans l’enlèvement d’Ilan. Craps, qui s’est livré de lui-même à la police, nie avoir donné la mort à Ilan Halimi.

lingam : Que veulent les parties civiles ?

Alexandre Lévy : Les parties civiles veulent surtout que justice soit faite et que les débats précédant le verdict puissent être publics. La mère d’Ilan a déjà déposé une requête en ce sens. Elle estime que “le silence a déjà tué une fois son fils” et elle espère qu’un procès public permettra que de tels agissements ne se reproduisent plus. Cette question sera certainement débattue le jour de l’ouverture du procès, le 29 avril.

balneolais : Pourquois la justice a-t-elle choisi de tenir ce procès à huis clos ?

Alexandre Lévy : La loi sur la délinquance des mineurs prévoit le huis clos. Deux des personnes jugées étant mineures au moment des faits, cette mesure s’applique à l’ensemble des prévenus. En revanche, si les personnes mineures consentent à lever le huis clos – et c’est l’espoir de la mère d’Ilan et de son avocat -, le procès sera public. Et on peut s’attendre à ce que le premier jour du procès la question leur soit posée avec beaucoup d’emphase par la mère d’Ilan.

jose : Ne pensez-vous pas qu’un procès public risquerait encore plus de stigmatiser ceux que les médias et les politiques appellent “les jeunes” de banlieue ?

Alexandre Lévy : Je ne pense pas que le gang des barbares représente ces “jeunes”. Moi-même, j’habite en banlieue, mes enfants y sont nés, y vont à l’école, et honnêtement, je ne crois pas qu’il puisse y avoir une seule et unique banlieue et que celle-ci soit la même que celle de la bande de Bagneux.

Je pense en revanche qu’un procès public permettra de mieux faire la différence, justement, entre ces agissements extrêmes et une vie somme toute assez paisible. Lorsque je me suis promené à Bagneux, devant les immeubles de la Pierre-Plate, ou de l’allée Prunier-Hardi, j’ai été frappé par le côté village, voire coquet, de l’endroit.

Girafe : Y a-t-il des doutes sur l’issue du procès ?

Maroussia : Quelles sont les peines encourues ?

Alexandre Lévy : On ne peut jamais prévoir un verdict. Une chose est sûre : la majorité des personnes jugées sont accusées de faits extrêmement graves pour lesquels la législation prévoit de lourdes peines. Cela peut aller de six ou sept ans jusqu’à la perpétuité.

joben75 : Ne craignez-vous pas que cette affaire “donne des idées” à d’autres personnes ?

Alexandre Lévy : Je veux insister sur un point : le gang des barbares a lamentablement échoué dans le sens où il n’a récupéré aucune rançon tout en se rendant coupable du crime le plus odieux. Même si certains – et cela a déjà été le cas depuis trois ans – ont visiblement été inspirés par le côté “Orange mécanique” du gang, il faut rappeler que de telles pratiques n’ont aucune chance d’aboutir.

Ça a été d’ailleurs une des questions pour lesquelles la police a été critiquée : pourquoi ne pas avoir versé ne serait-ce qu’une petite somme aux ravisseurs ? Dans les affaires de prise d’otage, c’est une règle d’airain : on ne paie jamais de rançon, et si on le fait, c’est uniquement dans le but de monter un piège pour récupérer à la fois l’otage et appréhender les ravisseurs. Les policiers n’ont pas dérogé à cette règle dans cette affaire.

blabla : Pensez-vous que ce crime aurait eu une telle répercussion s’il ne comportait pas précisément une dimension antisémite ?

Alexandre Lévy : Rarement une affaire criminelle aura tant bouleversé l’opinion publique française. Et pas uniquement à cause du fait qu’Ilan était visiblement et délibérément ciblé parce qu’il était juif. Cette affaire est dramatique pour la simple raison que dans une société avancée, civilisée et démocratique, nous avons été témoins de pratiques “barbares”. Ce n’est pas pour rien que le gang a pris ce nom. Cette violence et ces pratiques crapuleuses se sont exercées entre fils et filles de la République qui ont pratiquement le même âge. L’amoralité dont ont fait preuve ces jeunes, somme toute assez banals, continuera de nous tourmenter tous.

Sur l’aspect antisémite, il faut essayer de comprendre les motivations de la mère d’Ilan, même si on ne partage pas jusqu’au bout ses convictions. Tous les symboles entourant la mise à mort de son fils n’ont pas manqué de lui rappeler, et c’est normal, les pires moments de l’histoire de France et d’Europe : Ilan a été tondu, poignardé, brûlé, et abandonné le long d’une voie ferrée. Tout est là.

Chat modéré par Elise Barthet

Voir enfin:

Du guet-apens au meurtre
Les aveux de membres du «gang des barbares» déroulent le fil des événements.
Patricia Tourancheau
Libération
29/04/2009

Le 20 janvier 2006, Ilan Halimi disparaît. Sa trace téléphonique se perd à 0 h 44 à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, après un rendez-vous avec une fille. Le lendemain, sa compagne et son père reçoivent une demande de rançon de 450 000 euros. Les négociations et recherches capoteront. Le 13 février, Ilan Halimi, 23 ans, est découvert à l’agonie près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Retour sur la prise d’otage, la détention et le meurtre d’Ilan Halimi à travers les aveux de certains membres du gang de Youssouf Fofana.

Le piège
«Il cherchait une bête de meuf»

«Yalda», Iranienne de 17 ans, charmeuse et sans repères, a été recrutée par Youssouf Fofana grâce à Tifenn, 19 ans, une «fugueuse» de Bagneux, scolarisée dans le même foyer éducatif : «Il cherchait une bête de meuf et il a pensé à moi.» Le 17 janvier 2006, Fofana, qu’elle appelle «Oussama» comme Ben Laden, l’emmène dans sa Twingo noire vers «un quartier juif» du côté de la place de la République et la laisse devant une boutique de téléphones, boulevard Voltaire. Il explique : «Je veux prendre un des juifs en otage car les juifs sont solidaires entre eux et ils paieront.» Yalda entre : «Ilan était seul.» Elle le trouve «mignon». Elle lui demande son numéro et le donne aussitôt à Fofana dehors. Il la félicite : «Avec toi, je sens que je peux faire de bonnes affaires. Vu ton physique, tous les garçons tomberont dans le panneau.»

«Oussama» persuade Yalda qu’ils sont dans la même galère et prétend que «les juifs sont les rois car ils bouffent l’argent de l’Etat, et lui est noir, considéré comme un esclave par l’Etat». Il n’est «pas possible» à ses yeux que la famille d’Ilan ne puisse verser la rançon, car «s’ils n’ont pas d’argent, la communauté s’arrangera pour payer». Il dit qu’il a «une idée infaillible» pour récupérer la rançon et lui promet «5 000 euros». Une heure après sa visite, Yalda rappelle Ilan pour lui «proposer d’aller boire un verre vendredi soir, et il m’a dit “oui” direct.» Sitôt raccroché, Fofana «enlève la batterie et la puce du téléphone, afin que la police ne puisse pas le repérer».
L’enlèvement
«Dégage !»

Vendredi 20 janvier, Yalda fixe un «rendez-vous à Ilan devant le café Paris-Orléans», porte d’Orléans, à 23 heures. Fofana lui conseille de rester «naturelle» et de «le chauffer» : «Je devais conduire Ilan dans un endroit prévu par lui, et des garçons devaient s’occuper de tout ensuite.» Il entraîne la jeune fille à Sceaux pour repérer les lieux du guet-apens, à la «coulée verte», non loin d’un gymnase. Il est 23 heures. Le chauffeur et chaperon des aguicheuses, «Moco»,dépose Yalda porte d’Orléans. Ilan l’attend. Elle arrive, toute belle, moulée dans un pantalon blanc, bottes montantes et manteau ouvert sur la poitrine. Ils vont au café, elle prend un Ice Tea, lui un Coca. Elle lui propose de «boire un dernier verre» chez elle. A Sceaux, elle lui demande de se garer sur le parking du gymnase. Ils marchent dans le parc. «Je ne sais pas où j’ai mis mes clés», dit-elle soudain. «Clés», c’est le code, le signal. Trois garçons cagoulés jaillissent des fourrés et sautent sur Ilan. «Dégage !» hurle Fofana à Yalda, «bouleversée», dit-elle, par les cris d’Ilan qui «demande de l’aide d’une voix aiguë de fille».

La détention
«Il n’a pas essayé de crier»

Les trois kidnappeurs conduisent l’otage à Bagneux (Hauts-de-Seine), dans un appartement inoccupé au 3e étage du 1 de la rue Sergueï-Prokoviev. Cet endroit a été trouvé par Samir Ait Abdelmalek dit «Smiler», 27 ans, qui a soudoyé le concierge pour avoir les clés. Quatre garçons de la cité, recrutés par Fofana pour «garder» un homme pendant trois jours en échange de 5 000 euros, réceptionnent Ilan Halimi à minuit, menotté, attaché, entouré d’adhésif gris comme une momie, les yeux scotchés, avec juste un trou pour respirer. Sur ordre de Fofana, ils portent des gants et n’ont pas le droit de se servir des portables. Le lendemain, «the brain» vient inspecter et masquer les fenêtres. Sur ses instructions, Zigo, 17 ans, «propose à manger» à l’otage : «Comme il a acquiescé, j’ai fait un trou avec une paire de ciseaux au niveau de sa bouche, et je lui ai donné des protéines [aux légumes et à la vanille] à l’aide d’une paille.»

Parti en Côte-d’Ivoire pour négocier à distance la remise de 450 000 euros de rançon via la Western Union, Fofana téléphone à Smiler car «les parents d’Ilan veulent une photo de leur fils en bonne santé». Smiler photographie Ilan entortillé d’adhésif argenté, pistolet pointé sur la tempe «pour impressionner». Ce cliché a été envoyé d’un cybercafé d’Arcueil à la famille. Jérôme, 20 ans, «parle en cachette avec l’otage», lui achète «deux cheeseburgers, des frites et une boisson chez un grec», enlève son bâillon et le nourrit : «Ilan me faisait confiance et il n’a pas essayé de crier.»

Les geôliers attendent la libération de l’otage pour le mardi. Comme convenu, ils le déshabillent et le nettoient, découpent ses vêtements car «le boss a gardé les clés des menottes». Mais Smiler annonce : «C’est mort, il ne part pas ce soir.» Fofana l’a appelé d’Abidjan, «vachement remonté car il ne devait pas avoir eu l’argent qu’il escomptait». Il lui demande alors une «photo gore avec du sang, qui marque les esprits». Ou alors «avec un manche à balai dans l’anus». Pas d’accord, Smiler et Jérôme essayent de «trouver du faux sang dans un magasin de farces et attrapes». Ils organisent une mise en scène avec le manche à balai, sans parvenir à envoyer l’image. Ils transmettent par mégarde à la famille une autre photo d’Ilan, sur fond de ballons et d’«happy birthday».

La panique
«On doit le libérer»

«Sans nouvelles de personne», les geôliers s’impatientent. Jérôme ne comprend pas que les autres soient «brutaux» avec Ilan qui se tient pourtant «tranquille». «Surtout Zigo qui lui donne parfois des coups de manche à balai» et a «voulu écraser son joint sur le front d’Ilan». Parce que c’est un «feuj» (juif) ou qu’il «réclamait une deuxième cigarette». Zigo dit qu’il «n’aime pas l’accompagner faire caca» et que si la victime insiste ou «gémit», ça «l’énerve» : «Je lui mettais un coup ou une claque au visage pour qu’il se taise.»

La détention d’Ilan dure depuis une semaine. Jérôme, qui a pitié, laisse tomber. Smiler sent que «c’est foutu» et dit à Fofana, revenu à Bagneux : «Il faut arrêter, on doit le libérer.» L’autre refuse : «Pas de panique, je vais y arriver.» La nuit même, Fofana transporte Ilan sur son dos à la cave pour libérer le logement où commencent des travaux. Le geôlier Yaya, 18 ans, analphabète, livreur de pizzas, décroche à son tour au bout de la deuxième semaine, mais trouve deux «potes» pour prendre sa suite. Reparti en Côte-d’Ivoire, Fofana exige de Smiler une photo d’Ilan «avec du sang». La victime est allongée sur une couette, dans la chaufferie. Smiler trouve Ilan «épuisé, au bout du rouleau» mais dit que «personne n’ose le libérer par crainte de Youssouf». L’aîné du gang pressent que «tout est cuit». Qu’il n’y aura pas d’argent. Il balafre quand même son otage à la joue, d’un coup de cutter, et transmet le cliché à sa famille.

Le meurtre
«C’est bon, il va partir»

Dimanche 12 février, Fofana rentre d’Afrique. Nouvel échec. Les derniers geôliers baissent les bras. Smiler répète que «tout le monde en a marre», qu’il faut relâcher l’otage. Fofana n’a plus le choix. «D’accord, c’est bon, il va partir.» Il ordonne aux geôliers de raser les cheveux d’Ilan et de le laver pour «effacer les preuves ADN», de le dénuder, le bâillonner et lui scotcher les yeux, puis le transporte enveloppé d’un drap dans le coffre d’une voiture volée. Le lendemain, «the brain» explique à Smiler qu’il l’a emmené dans un bois, mais qu’il a été obligé de lui donner des coups de couteau à la gorge, de l’asperger d’alcool à brûler et d’allumer avec un briquet, parce qu’Ilan avait «réussi à enlever son bandeau et l’avait regardé droit dans les yeux».


Société: Le syndrome de Stockholm a encore frappé (Stockholm syndrome epidemic sweeps the globe)

23 avril, 2009
Stockholm syndrome coming soon
Les voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Il y a eu un grave amalgame entre la réalité de cette scène et sa représentation. F.G. (noctilien parisien après son agression)
Personne n’utilisera ni les armes, ni les chars. Robert Pszczel (porte-parole de l’OTAN)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Matthieu 10 : 34-36
Jésus nous demande-t-il vraiment de ramper aux pieds du premier venu, de quémander les gifles que personne ne songe à nous donner, et de nous porter volontaires pour satisfaire les caprices des puissants? René Girard
Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. G. K. Chesterton
Appelons cela le syndrome du Noctilien (en référence à ce bus de nuit parisien dans lequel un jeune passager a été roué de coups, dernièrement) : il consiste à nier la gravité de certaines évidences, en détournant l’attention, si possible, sur la source du désordre. En l’espèce, pour cet étudiant qui n’a pas voulu voir une agression raciste dans ce qui lui est arrivé, les coupables sont celui qui a diffusé la vidéo de son passage à tabac et ceux qui l’ont commentée. Le politiquement correct raisonne de cette manière. Ivan Rioufol

Enième confirmation du fameux aphorisme de Chesterton que cette nouvelle variante du syndrome de Stockholm évoquée cette semaine dans Le Figaro par Ivan Rioufol sous le nom de “syndrome du Noctilien”?

A l’heure où, sous les protestations de la patrie de Lénine et après la mise à sac d’un quartier entier de Strasbourg par nos chères têtes blondes, l’OTAN s’apprête à jouer, dans une Géorgie occupée depuis un an par les forces de Poutine, à “la guerre sans armes ni matériel de guerre”

Où, entre l’Europe et l’Amérique centrale, le nouveau chef du Monde libre termine une triomphale et totalement inédite tournée mondiale d’auto-dénigration de son pays, allant jusqu’à célébrer une religion et civilisation qui a donné au monde le génocide turc et à son propre pays les attentats du 11/9

le Machin lui-même fait le choix, lui aussi totalement inouï, d’un président rayeur de carte pour le discours d’ouverture (le jour-anniversaire de la Shoah et de la naissance d’Hitler) d’une conférence sur le racisme dans le monde …

Où les représentants de la France et de la Grande-Bretagne attendent les paroles qui fâchent (le bon monsieur n’a certes plus parlé rayage de carte d’un autre Etat-membre et a même envisagé “le prétexte de la souffrance” du peuple en question) pour manifester leur désaccord …

Où le Vatican, avec 200 autres courageux, maintient vaillamment son représentant jusqu’à la fin d’un discours qui attribue tous les malheurs du monde à un seul pays et à l’Occident qui le soutient …

Où en France pendant qu’avec leur bénédiction tacite les syndicalistes séquestrent leurs patrons et mettent à sac leurs locaux, les socialistes blâment, comme le rapportait Le Figaro hier, la “dérive sécuritaire” du président (“ce qui revient à dire qu’il en fait trop”), tout en dénonçant “l’échec” de l’ancien ministre de l’Intérieur (“ce qui revient à dire qu’il n’en a pas fait assez”), laissant au seul FN le courage d’en parler ….

Retour, en ces temps donc du “soft-power et de la culture du compromis”, sur l’entretien du fameux Noctilien, ce jeune passager des bus de nuit parisiens qui, après celle de Daily motion, a fait récemment la une des journaux pour avoir courageusement refusé de voir une agression raciste dans le rouage de coups aux cris de sale français que lui avaient subir ses jeunes compagnons de voyage …

La victime agressée dans le bus témoigne
Propos recueillis par Christophe Cornevin
10/04/2009

INTERVIEW EXCLUSIVE – La victime raconte comment elle a vécu son agression et la révélation récente de celle-ci.

Très posé, âgé de 19 ans et élève en première année à Sciences Po Paris, F. G. n’a rien oublié de son agression, lors de la nuit du 6 au 7 décembre : pris à parti dans le bus Noctilien à Paris, il a été frappé par quatre voyous. La scène, filmée par une caméra de vidéo protection, a circulé sur Internet avant de déclencher la polémique. Un policier, soupçonné de l’avoir mise en ligne, a été suspendu.

F.G. revient sur les événements. Dans une brasserie de gare parisienne où il s’apprête à prendre un TGV, il se livre «en exclusivité pour Le Figaro qui m’a retrouvé le premier. Après quoi, je ne dirai plus rien. Je veux passer à autre chose…»

LE FIGARO. – Que s’est-il vraiment passé dans le Noctilien, cette nuit ?

Je passais une soirée avec des amis et je m’apprêtais à rentrer chez moi dans le XVIIe arrondissement. Je prends le Noctilien gare de l’Est, tout seul. Je tourne le dos à quatre jeunes hommes. Pendant que l’un me demande une cigarette, l’autre me fait les poches. Lorsque je me retourne, je vois l’un d’eux qui manipule mon portefeuille. À l’instinct, je tente de le récupérer. C’est alors qu’a commencé l’affrontement…

Votre agression, très violente, a dû vous sembler interminable…

D’un point vu spatial ou temporel, j’ai beaucoup de mal à évaluer ce que j’ai vécu. En voyant la vidéo, cela m’a permis d’ancrer mon agression dans le réel. Je me souviens juste qu’ils me poussent vers l’arrière du bus, que j’ai été frappé à terre. Dans une seconde phase, je suis revenu vers le conducteur avant de recevoir des coups de pied et de poing. Comme en témoigne la vidéo, d’autres voyageurs aussi ont été molestés, notamment un jeune homme tentant de me porter secours.

Et le chauffeur, qui reste assis ?

Je ne lui en veux pas. C’était très difficile pour lui de réagir. Il est intervenu à sa façon, observant les consignes : il a arrêté tout de suite le bus et a téléphoné aux policiers. Très vite sur place, ils ont arrêté deux personnes tandis que leurs complices présumés l’ont été quelques jours plus tard.

Des sites Internet affirment que des injures raciales auraient été proférées à votre encontre…

Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte. Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle…

Comment se sort-on d’une telle épreuve ?

Hormis un hématome à l’œil et des bleus, aucune séquelle n’a été décelée. Deux jours après les faits, je suis allé consulter un psychiatre de l’Hôtel-Dieu de Paris qui m’a dit que j’avais l’air de bien vivre cette histoire. Depuis, je reprends les transports en commun, et même le Noctilien…

Cette histoire vous est revenue tel un boomerang par Internet…

Oui, le 6 avril dernier, un ami me dit qu’une vidéo a été mise en ligne sur Facebook. En voyant le lien, je m’apprêtais à demander à l’internaute qui l’avait postée de la retirer. Je ne me suis pas rendu compte qu’elle allait être diffusée à une telle échelle…

Cette diffusion semble vous avoir autant perturbé que l’agression ?

Il est vrai que la situation est très difficile, très délicate. Beaucoup d’amis ont été choqués par cette diffusion qui me blesse. Diffuser ces images sur Internet est très grave car elles remettent en cause une partie de nos principes juridiques. Il y a eu un grave amalgame entre la réalité de cette scène et sa représentation. Cette vidéo a circulé sur des sites extrémistes et a été exploitée par des politiques. Or, je ne veux pas être instrumentalisé. Le sujet est propice aux idées radicales et je n’ai aucune envie de nourrir cela. Il me fallait sortir de cette réductrice caricature. Le fait d’apparaître brutalement au centre d’une polémique de cette ampleur n’est jamais très agréable. Cela me blesse beaucoup alors que j’avais réussi à dépasser le fait en lui-même. Je quitte Paris sans haine, pour me retrouver au calme avec mes proches.»

Une vidéo d’agression diffusée sur le web crée la polémique


Stratégie: L’étrange logique de nos stratèges en chambre (The Clausewitzian center of gravity has moved from the battlefield to the opeds and talking heads)

7 avril, 2009
Black bloc hooligans (Rostock)A Strasbourg, tout a été fait pour que la manif’ parte en Schweppes… Olivier Besancenot
Les autonomes ne sont pas nécessairement violents. Généralement, la violence vient plutôt de la police comme on l’a vu à Gênes avec la mort de Carlo Giuliani, ce manifestant tué par balle par la police italienne. La plupart des actions des autonomes sont aujourd’hui des actions non-violentes du type manifestation, occupation, ou piquets de grève. Sébastien Schifres (doctorant en science politique et militant du mouvement des “autonomes”)
Les forces de quatrième génération jouent le spectre entier et se rendent compte que le niveau moral est le plus puissant et le niveau physique le moins puissant. William Lind
Le centre de gravité clausewitzien s’est déplacé des champs de bataille vers les éditoriaux et les présentateurs de télévision. La perception de la guerre a autant d’importance que son déroulement concret. Daniel Pipes
Al-Jazeera nous donne une importante leçon de construction et de garantie de la libre parole. En fournissant librement ces ressources pour le monde entier, la chaîne encourage un plus large débat ainsi qu’une meilleure compréhension des faits. Lawrence Lessig (fondateur de Creative Commons et professeur de droit de Stanford)
Il ne s’agit pas de minimiser le rôle d’Israël dans la mort de nombreux civils mais (…) les témoignages que nous avons rassemblés laissent penser que le Hamas y a aussi pris une part en appliquant la stratégie du bouclier humain et en faisant régner la terreur parmi la population. David Pujadas (France 2, le 4 février 2009)
Le deuxième aspect du phénomène réside en effet dans le militantisme flagrant de nombreux journalistes dépêchés sur les théâtres d’opérations militaires, et tout spécialement en Irak. (…) La journaliste italienne Giuliana Sgrena en est un exemple. Elle s’est rendue en Irak pour “prendre le parti du peuple irakien opprimé” et en tant “qu’ennemie de l’Amérique”, selon ses propres déclarations rendues publiques par un reporter hollandais. Ludovic Monnerat

A l’heure, où après l’avoir exigé d’Israël à Gaza, c’est maintenant aux forces de l’ordre qu’on demande des comptes pour l’incroyable violence des hooligans des manifestations anti-OTAN du weekend dernier à Strasbourg ou des manifestations anti-police de Corse

Même si des erreurs peuvent naturellement avoir été commises, en ce pays autoproclamé des droits de l’homme à la longue tradition de violence politique et de stigmatisation de la police qui refuse systématiquement d’extrader des terroristes et, en ce 15e anniversaire du génocide rwandais, les génocidaires

Mais où, aussi étonnant que rare moment de lucidité de nos médias, France 2 diffusait début février un reportage un peu plus objectif et critique sur la réalité des tactiques de boucliers humains du Hamas à Gaza …

Retour sur une éclairante tribune de Daniel Pipes d’il y a trois ans suite à la Guerre du Liban de l’été 2006.

Où, faisant écho à certaines réflexions de spécialistes de stratégie militaire, il rappelait la véritable révolution que vit actuellement l’art militaire.

De petits groupes décentralisés d’acteurs non-étatiques (qualifiés de 4e génération mais en réalité des groupes terroristes) étant censés transformer à leur avantage leur infériorité face au suréquipement des grandes armées modernes en déplaçant les choses sur le terrain des perceptions et des relations publiques.

Autrement dit “des champs de bataille vers les éditoriaux et les présentateurs de télévision”, “la perception de la guerre ayant autant d’importance que son déroulement concret”

Sauf que ce que nos stratèges semblent oublier, c’est qu’une stratégie qui se réduit à maximiser les pertes subies et par là sa propre image de victimisation bafoue non seulement toutes les lois de la guerre sur la supercherie et la perfidie mais ne fait en fait que détourner perversement à son profit l’intense souci des victimes d’origine judéo-chrétienne qui est devenu la caractéristique de notre temps.

Sans compter qu’elle nécessite, pour avoir la moindre chance de réussite, la coopération sans faille d’un véritable petite armée de faussaires de l’information à la Charles Enderlin ou de journalistes-combattants à la Sara Daniel ou Florence Aubenas disposés à diffuser largement les pires mensonges.

Dont on ne voit pas en quoi, si nos journalistes faisaient réellement leur travail d’information, ils pourraient leur valoir, face à une opinion publique mondiale correctement informée, la moindre supériorité morale …

Extrait:

Une telle puissance a pour corollaire que lorsque l’Occident affronte le non-Occident, l’issue de la bataille est connu d’avance. Dès lors, les combats revêtent plutôt l’aspect d’une opération policière que d’une campagne militaire traditionnelle. De même que les interventions des forces de police, les guerres modernes sont jugées en fonction de leur légalité, de la durée des hostilités, de la proportionnalité des forces engagées, de la sévérité des pertes et de l’étendue des dommages causés à l’économie et à l’environnement. Ce sont autant de questions discutables, et qui font effectivement l’objet de débats, à tel point que le centre de gravité clausewitzien s’est déplacé des champs de bataille vers les éditoriaux et les présentateurs de télévision. La perception de la guerre a autant d’importance que son déroulement concret.

L’étrange logique de la guerre du Liban
Daniel Pipes
New York Sun
15 août 2006

Version originale anglaise: Strange Logic in the Lebanon War
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

En prenant de facto parti pour le Hezbollah dans sa guerre contre Israël, le personne de certaines organisations de presse parmi les plus prestigieuses du monde révèlent par mégarde une profonde transformation intervenant dans la logique de la guerre.

Quelques exemples de ces actions:

Reuters. Adnan Hajj, un photographe indépendant travaillant depuis plus de dix ans pour Reuters, falsifia ses prises de vue pour donner une image plus destructrice des attaques israéliennes sur le Liban et une image plus vulnérable des Libanais. Il retoucha des nuages de fumée résultant de l’explosion de manière à les rendre plus épais et plus noirs et fit poser une femme pleurant la perte de sa résidence détruite par les bombes sur trois sites différents. Reuters licencia Hajj et supprima de ses archives 920 de ses photographies. D’autres recherches effectuées par des bloggeurs révélèrent quatre types d’images frauduleuses diffusées par Reuters, toute exagérant l’agressivité israélienne. Les bloggeurs montrèrent même qu’une image de Reuters avait été mise en scène.

BBC. Les responsables de l’édition se mirent en quête de témoignages personnels diabolisant Israël avec cette demande postée sur leurs pages d’actualités: «Vivez-vous à Gaza? Avez-vous souffert des incidents qui se sont produits dans la région? Faites-nous part de vos expériences en remplissant le formulaire ci-dessous. Si vous souhaitez nous parler de vive voix, merci d’ajouter vos coordonnées.»

CNN. Une présentatrice du programme international, Rosemary Church, suggéra que les forces israéliennes pourraient abattre les roquettes du Hezbollah en vol mais renoncèrent sciemment à le faire lorsqu’elle demanda à un porte-parole israélien: «Pourquoi Israël n’abat pas ces roquettes en plein vol? Ils ont les moyens de le faire.»

Washington Post. De même, le journaliste spécialisé dans les affaires militaires Thomas Ricks annonça en diffusion télévisée nationale que des analystes militaires américains, dont il ne précisa pas l’identité, pensent que le gouvernement israélien «laisse intactes des réserves de roquettes du Hezbollah au Liban, car aussi longtemps qu’ils reçoivent des roquettes, leurs opérations au Liban conservent une sorte d’équivalence morale.» Puis d’expliquer que les souffrances de leurs compatriotes leur procurent «une justification morale».

Toutes ces activités médiatiques se fondent sur une perception selon laquelle les pertes subies et l’image de victimisation favorisent la position des protagonistes de la guerre. Les falsifications d’Adnan Hajj, par exemple, visaient à salir l’image d’Israël et ainsi à créer des dissensions internes, à saper la réputation internationale du pays et à générer des pressions sur le gouvernement l’incitant à cesser ses attaques au Liban.

Mais ce phénomène, avec les deux clans faisant étalage de leurs souffrances et de leurs pertes est opposé à l’usage historique voulant que l’on intimide son ennemi en se montrant féroce, implacable et victorieux. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, par exemple, le Ministère américain de l’information de guerre interdit la publication de films ou de photographies montrant des Américains morts durant les deux premières années des combats et n’infléchit cette politique que légèrement ensuite. Ceci alors que son Bureau cinématographique produisait des films tels que «Notre ennemi – le Japonais» montrant des dépouilles de Japonais et des scènes illustrant leurs privations.

Le fait de proclamer ses propres prouesses et de dénigrer celles de l’ennemi a été la norme au cours des millénaires, comme l’attestent les peintures murales égyptiennes, les vases grecs, la poésie arabe, le dessin chinois, les ballades anglaises et le théâtre russe. Pourquoi les combattants (et leurs alliés médiatiques) renversent-ils aujourd’hui cette pratique séculaire et universelle pour minimiser leurs propres réussites et mettre en exergue celles de l’ennemi?

À cause de la puissance sans précédent dont jouissent les États-Unis et leurs alliés. Comme l’historien Paul Kennedy l’expliquait en 2002, «en termes militaires, seul un acteur compte vraiment». En examinant l’histoire passée, il observe que «cette différence de puissance est absolument unique – rien n’a jamais existé de tel. Rien.» Et Israël, tant par lui-même, comme puissance régionale, qu’en tant que proche allié de Washington, jouit d’une prépondérance comparable vis-à-vis du Hezbollah.

Une telle puissance a pour corollaire que lorsque l’Occident affronte le non-Occident, l’issue de la bataille est connu d’avance. Dès lors, les combats revêtent plutôt l’aspect d’une opération policière que d’une campagne militaire traditionnelle. De même que les interventions des forces de police, les guerres modernes sont jugées en fonction de leur légalité, de la durée des hostilités, de la proportionnalité des forces engagées, de la sévérité des pertes et de l’étendue des dommages causés à l’économie et à l’environnement. Ce sont autant de questions discutables, et qui font effectivement l’objet de débats, à tel point que le centre de gravité clausewitzien s’est déplacé des champs de bataille vers les éditoriaux et les présentateurs de télévision. La perception de la guerre a autant d’importance que son déroulement concret.

Cette nouvelle réalité implique que dans des situations telles que celle des États-Unis en Irak ou d’Israël au Liban, les gouvernements doivent désormais considérer les relations publiques comme faisant partie intégrante de leur stratégie. Le Hezbollah s’est adapté à cette nouvelle donne, mais pas les gouvernements en question.


DOMTOM: La Guadeloupe aurait-elle trouvé son Le Pen? (France gets its tropical Le Pen)

2 mars, 2009
Domota with muscle friendsPriorité d’embauche pour les Guadeloupéens; embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aides publiques. Propositions du LKP
Les hommes du LKP procèdent toujours de la même façon. Ils viennent à plusieurs et expliquent que, si on ne le boucle pas, ce sera ouvert à tout le monde ; bref, c’est rideau baissé ou pillage organisé. Commerçant guadeloupéen

Les soutiens du LKP sont, pour la plupart, des fonctionnaires, comme 40 % de la population active guadeloupéenne. Ils ne risquent rien, mais n’hésiteront pas à sacrifier courageusement les emplois des autres.
CommerçantCette conception d’une société dans laquelle les patrons, forcément blancs, seraient les esclavagistes des temps modernes n’a plus de sens. Je connais beaucoup de petits entrepreneurs qui sont noirs ou métis, comme moi, et dont les sociétés ne survivront peut-être pas à la grève générale. Alors que les descendants de colons sont à la tête d’entreprises suffisamment solides pour n’être pas affectées. Christophe Louis (président du syndicat patronal CGPME)

On sent à présent poindre et s’installer une hostilité envers les Blancs, non seulement dans les manifestations mais aussi dans la vie courante. L’Etat se doit de réagir et de maintenir l’ordre public. Note de synthèse de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, 9 février 2009)

Imaginons un instant les réactions que n’auraient pas manqué de provoquer de tels propos et une telle illustration s’il s’était agi d’un journal d’extrême droite réagissant avec la même haine à l’encontre de la population d’origine immigrée à la suite, par exemple, des violentes émeutes de 2005. La classe politique dans son ensemble se serait immédiatement élevée contre le “racisme” de leurs auteurs. De lourdes sanctions auraient été prises. Arnaud Folch

Les DOMTOM et la Guadeloupe auraient-ils, comme la gauche, enfin trouvé leur Le Pen?

Commerçants menacés voire rossés, magasins pillés, routes barrées, policiers tirés comme des lapins, femmes reporters frappées à coups de poing, calendrier subliminalement subversif (intronisation d’Obama, anniversaires de l’abolition de l’esclavage ou de manifestations sanglantes), propositions de type préférence nationale, usage systématique et militant du créole, déclarations, chants et slogans ouvertement anti-blanc …

Après Dieudonné, la tribu Ka et Confiant

Et au lendemain d’un carnaval grand-guignolesque (qui a quand même vu mort d’homme) et d’une opération île morte qui, sans parler des mesures extorquées, auraient coûté à la Guadeloupe deux ou trois ans de croissance et, en coulant des centaines d’entreprises, aggravé son chômage de quelque 10 points (de 23,5 à 33, 5% !) …

En tous les cas, comment ne pas s’étonner, comme le rappelle un article de Valeurs actuelles et à l’heure où les propos d’un vieux béké martiniquais contre le métissage sur Canal+ pourraient lui valoir une condamnation pour incitation à la haine raciale, de l’étrange deux poids deux mesures dont bénéficient le chef du collectif LKP Elie Domota et ses gros bras?

Sans parler, même s’il n’est pas question de nier une situation insulaire effectivement bloquée depuis des décennies, des “faux pompiers et vrais pyromanes” qui ont leur manifesté leur soutien ou déferlé sur l’ile, les Royal, Besancenot, Bové, Laguiller.

Ou même le caricaturiste Siné qui, en toute impunité dans son hebdo du 18 février dernier, s’est permis un véritable appel au meurtre qui aurait valu au moindre journal d’extrême droite d’être trainé devant les tribunaux …

Petit florilège:

Si quelqu’un blesse un membre du LKP ou un manifestant guadeloupéen, il y aura des morts. Il faut qu’on se le mette dans nos têtes : nous disons aux békés que nous ne ferons pas marche arrière […]. Et que si c’est la guerre civile qu’ils veulent, ils peuvent compter sur nous ! Elie Domota (Canal 10, 10 février 2009)

La Gwadloup, sé ta nou, la Gwadloup, sé pa ta yo! Slogan chanté ou imprimé sur les tee-shirts

Autour de la table des négociations, vous avez des Guadeloupéens d’origines africaine et indienne qui revendiquent face à l’État et au patronat, qui sont à 99 % des personnes dites blanches. [...] Il faudra qu’une frange de ce patronat qui a toujours pensé que la compétence était blanche finisse par admettre que nous ne sommes plus dans l’ex-Afrique du Sud. Patricia Braflan-Trobo (France-Antilles)

Il n’y a pas seulement des Français. Il y a aussi des juifs. Jean-Luc Médouze (Journaliste, France-Antilles)

Esclavagisme, ça suffit ! Redistribution immédiate des terres ! Slogans de manifestation de soutien (Paris, 16 février 2009)

Souvenons-nous de la Révolution Française! Ségolène Royal

Le peuple de Guadeloupe nous a montré la voie à ce que pourrait être une grève générale ici pour imposer la répartition des richesses dont on a besoin. Olivier Besancenot

Une grande partie de la population se tourne vers le LKP pour régler leurs problèmes quotidiens et non plus vers les élus locaux. C’est quelque chose dont devrait s’inspirer la gauche sociale et politique en France. Olivier Besancenot (porte-parole du NPA, manifestation du 28 février 2009)

Les békés sont les mêmes là-bas et ici. Jean-Luc Mélenchon

L’incendie est en train de se propager. Arlette Laguiller

On sent à présent poindre et s’installer une hostilité envers les Blancs, non seulement dans les manifestations mais aussi dans la vie courante. L’Etat se doit de réagir et de maintenir l’ordre public. Note de synthèse de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, 9 février 2009)

La décolonisation n’a rien changé dans les Dom-Tom. Elle n’a pas perturbé les profiteurs qui continuent de s’empiffrer au détriment des pauvres descendants de leurs esclaves […]. Ces salauds ne se reconnaissent pas racistes, car ils baisent leurs employées de maison, leurs bonnes à tout faire, leurs cuisinières et même leurs doudous qui élèvent leur vilaine progéniture, tout en les sous-payant crapuleusement. (…) Une anecdote qui m’a toujours réjoui me revient en mémoire. En Afrique du Sud, au temps de l’apartheid, un esclave tente de convaincre l’un de ses potes, réticent à l’idée de couper la gorge à ses maîtres […] : “Mon patron est cool, pas raciste, ses mômes jouent avec les miens, sa femme m’a même appris à lire, je ne me sens pas la force de faire ce sale boulot ! – Je suis dans le même cas, mon frère, mais ça peut s’arranger… Tu vas aller tuer les miens et je m’occuperai des tiens !” Convaincus et rassérénés, ils conclurent leur pacte par une chaleureuse embrassade. Siné (Siné Hebdo, 18 février 2009)