France: Le pays où le mensonge est roi (Lie, lie, something is sure to stick)

8 avril, 2014
zhttp://static.lexpress.fr/medias_7831/w_2000,h_870,c_crop,x_0,y_263/w_605,h_270,c_fill,g_north/ayrault-marseille-valls-taubira_4009805.jpgCeux qui peuvent vous faire croire à des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités. Voltaire (?)
Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose. Francis Bacon
Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Beaumarchais
Le mensonge n’est un vice que quand il fait mal. C’est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai un jour. Voltaire (reprenant Beaumarchais qui reprenait Bacon, lettre à Thiriot du 21 octobre 1736)
Une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, surtout si elle est officiellement enregistrée, confirmée, une seule injure à l’humanité, une seule injure à la justice, et au droit surtout si elle est universellement, légalement, nationalement, commodément acceptée, un seul crime rompt et suffit à rompre tout le pacte social, tout le contrat social, une seule forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre, d’honneur, à déshonorer tout un peuple. Charles Péguy
La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. François Hollande (France inter, 1983)
Je n’ai pas, messieurs les députés, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant ni avant. Jérome Cahuzac
J’ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays: le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français. (…) J’affirme ici que Jérôme Cahuzac n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d’innocence et il a quitté le gouvernement à ma demande dès l’ouverture d’une information judiciaire. François Hollande (3 avril 2013)
Il s’agit d’une information judiciaire traitée par des magistrats du siège (…) Il s’agit de juges du siège indépendants sans relation avec la Chancellerie et par conséquent la réponse est très claire, je n’avais pas l’information avant. Christiane Taubira
[J'ai été informé] A l’occasion des révélations du Monde. Manuel Vals
Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé le 15 (…) Le 18, Edwy Plenel informe l’Elysée qu’ils ont toutes les preuves. Et Edwy Plenel est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble. (…)  je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves – selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse – existent.  Charles de Courson (président UDI de la commission Cahuzac)
Titulaire d’un diplôme de 3e cycle en sciences économiques, d’une licence en sociologie et d’un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris, elle a également suivi un 3e cycle en agroalimentaire du Centre Français de la Coopération Agricole. Pendant de nombreuses années, les portraits médiatiques de la garde des Sceaux lui attribuent un, voire deux doctorat(s), en économie, en ethnologie ou en agroalimentaire, selon les sources (…) Dans son ouvrage Contre la justice laxiste (…), Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d’assises de Paris, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son curriculum vitae : « Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...]. ». Sollicité, le cabinet de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, affirme que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes et explique que ces mentions sont dues aux journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia » (..). « À première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès » — (Le Monde). Selon certaines enquêtes journalistiques, la ministre n’aurait pas menti (Christiane Taubira et l’intox des doctorats – Maxime Vaudano, Le Monde, 28 mars 2014 [archive] et « On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme » – Europe 1).Wikipedia
Christiane Taubira : la ministre de la Justice est titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’une licence en sociologie et d’un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris. Elle est également titulaire d’un doctorat d’agro-alimentaire du Centre Français de la Coopération Agricole. Orientations
La ministre n’a jamais dit qu’elle avait un doctorat, et aucun document validé par la ministre n’en fait état. La ligne de défense est donc simple : pas de doctorat certes, mais surtout pas d’affirmation de doctorat de la part de Christiane Taubira. Reste ce CV "paru sur le web" auquel le magistrat fait référence et qui se vanterait dudit doctorat en sciences économiques. Contacté par le Lab qui n’en trouvait pas trace, Philippe Bilger reconnaît qu’il n’existe pas, mais assure "avoir des informations fiables à ce sujet" : Moi, je ne l’ai pas vu ce CV. Au Lab, Philippe Bilger insiste particulièrement sur le "laisser dire" de la ministre. Selon lui, elle est surtout coupable de n’avoir jamais démenti être titulaire de ces diplômes. Il insiste particulièrement sur son passage dans Des paroles et des actes le 5 septembre 2013, révélateur selon lui de cette hypocrisie. La scène est facile à repérer puisqu’elle se déroule moins d’une minute avant le début de l’émission. David Pujadas égraine en effet les diplômes : "Vous avez un doctorat d’Economie, un doctorat d’Ethnologie, un diplôme supérieur d’Agroalimentaire." Pourtant loin "d’opiner du chef" comme l’affirme le magistrat, Christiane Taubira reste statique et fronce même les sourcils. Elle commence son intervention en disant vouloir "revenir sur le portrait", puis s’oublie dans sa réponse et n’y revient jamais. Voyez plutôt : Plus tard, alors que le journaliste lui rappelle à nouveau qu’elle a un doctorat d’économie, Christiane Taubira rétorque : Arrêtez de m’additionner des diplômes. Bref, pas de fracassant démenti mais pas de validation non plus, contrairement à ce qu’écrit le magistrat et les sites reprenant l’information. >> Quels sont les réels diplômes avancés par Christiane Taubira ? Interrogé sur les réels diplômes de la ministre, son cabinet énumère ceux présents sur son site de députée, celui inactif depuis au moins deux ans. A savoir : – un troisième cycle en économie validé, "qui serait l’équivalent d’un Master 2 aujourd’hui". (depuis la réforme LMD de 2003, le 3e cycle correspond soit à un doctorat, soit à un Master 2) ; – un troisième cycle en agro-alimentaire. Quant à la référence à la "sociologie" et à "l’ethnologie", elle correspond à des cours suivis durant ses études mais non validés, explique son cabinet. De fait, son CV ne les présente pas comme des diplômes. Notons qu’à date, Le Lab n’a pas été en mesure de vérifier si Christiane Taubira avait bien validé ses 3e cycle. Delphine Legouté
Au cabinet de la ministre, on explique que tout cela est dû aux erreurs de journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia ». L’entourage de la garde des Sceaux jure que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes. D’ailleurs, la notice biographique publiée sur le site du gouvernement ne comporte pas de section cursus. Ce qui est tout de même intriguant étant donné que c’est le cas de presque tous les autres ministres. A défaut de mentir, la ministre a-t-elle laissé dire ? Le cabinet fait savoir qu’il a toujours transmis au trombinoscope (sorte de Who’s Who du monde politico-médiatique français) des informations correctes (…) Le cabinet affirme que la ministre n’a pas de « press books » et ne consulte jamais sa page Wikipédia. Elle n’aurait donc jamais ressenti le besoin de corriger l’intox qui traîne donc depuis plus d’une décennie… (…) Dans son livre, Philippe Bilger note pourtant que la ministre ne reprend pas David Pujadas qui mentionne « deux doctorats » lors de son passage sur France 2, dans l’émission "Des paroles et des actes". Rémy Noyon
Christiane Taubira n’a jamais soutenu de thèse. « Elle n’a jamais communiqué là-dessus ! », s’exaspère son cabinet, navré de devoir démentir une « non-information ». En effet, aucun document officiel émanant de la ministre ne mentionne un tel cursus. Sa notice biographique sur le site du gouvernement, la ministre est présentée comme « professeur de sciences économiques ». Même chose dans le « trombinoscope du gouvernement », un document transmis chaque année à la presse, où il est simplement précisé « 3e cycle de sciences économiques ». Le fait est que ces diplômes sont mentionnés depuis plus de dix ans dans les articles que la presse lui consacre. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 lui attribuait-il « un doctorat en sciences économiques et en agroalimentaire » dans un portrait réalisé à l’occasion de sa candidature à l’élection présidentielle. Depuis son retour sur le devant de la scène, avec son arrivée au ministère de la justice en 2012, on ne compte plus les titres de presse qui ont repris cette information, de France-Soir à Europe 1 (qui lui ajoute un doctorat de « sociologie et d’ethnologie afro-américaine »), en passant par Le Figaro ou encore France-Guyane. La faute, selon son cabinet, « aux fausses informations de Wikipédia », dont elle dit ne pas être responsable. A première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès. L’abondance de la reprise de cette information permet toutefois de se poser la question : Christiane Taubira a-t-elle profité d’un malentendu et laissé courir la fausse rumeur ? C’est la thèse soutenue par ses détracteurs, qui pointent du doigt un extrait de l’émission « Des paroles et des actes », diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. La ministre n’aurait pas « sourcillé » quand David Pujadas l’a présentée comme titulaire d’« un doctorat d’économie » et d’un « doctorat d’ethnologie », se rendant par là même coupable d’un mensonge par omission : Si la caméra n’est pas pointée sur son visage au moment précis où l’animateur parle de ses doctorats, Mme Taubira ne corrigera jamais clairement l’erreur au cours de l’émission. En revanche, son cabinet insiste sur deux phrases qu’elle lâche pendant sa prestation. Après la présentation erronée de David Pujadas : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. » Quand le journaliste Jeff Wittenberg flatte ses « notions » d’économie « parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… », elle commence sa réponse par : « Arrêtez de m’additionner des diplômes ». Maxime Vaudano (Le Monde)

pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale. Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire: le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3% du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée. Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2% en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière: les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien « stabilisée ». L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial. Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays.La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas.Il l’a dit en français mais il l’a pensé en anglais. Quand Jérôme Cahuzac a demandé pardon, on a cru entendre Bill Clinton ou Lance Amstrong …
Eric Zemmour
S’il est avéré, sans l’ombre d’un doute, qu’un ministre a menti, il doit démissionner ou il est démissionné.  Sinon, il est obligé de s’expliquer devant des commissions au Congrès qui le soumettent à la question jusqu’à ce qu’il ne reste plus une zone d’ombre. Chaque audition remet du charbon dans la machine médiatique. La Maison-Blanche ne peut pas se le permettre. Ezra Suleiman (professeur de sciences politiques à l’université de Princeton)
Après son entretien à l’Élysée avec François Hollande, Christiane Taubira a admis s’être "trompée de date". On pourrait persifler à bon droit qu’entre passer pour une incompétente ou une menteuse, la ministre a choisi la première option. Elle n’est pas la première à s’arranger avec la réalité. François Mitterrand avait, pendant le débat de la présidentielle 1988, piétiné la vérité en regardant Jacques Chirac "les yeux dans les yeux". Sophie Coignard

Mensonges effrontés et répétés (Jérome Cahuzac), usurpation de fausse identité, contre-vérités et mensonges par omission (François Hollande), contre-vérités et mensonges par omission (Christiane Taubira), contre-vérités et mensonges par omission (Manuel Valls) , mensonges par omission (Jean-Marc Ayrault) …

Après les 20 ans de mensonges du génocide rwandais …

Et les écoutes "hollandaises" dignes de la Stasi …

Retour, avec Le Point et Causeur, sur  le pays où le mensonge est roi …

Le pays où le mensonge est roi

En France, un ministre peut mentir, puis "se tromper de date". Aux États-Unis, on ne plaisante pas avec le mensonge, ni même avec les "imprécisions".
Sophie Coignard
Le Point
14.03.14

"Barack Obama a reçu hier le ministre de la Justice, Eric Holder, pour le conforter dans ses fonctions, après cinq jours de grandes turbulences. C’est la révélation par le New York Times d’une enquête sur George Bush Jr qui a tout déclenché. Les conversations téléphoniques entre l’ancien président des États-Unis et son avocat avaient fait l’objet d’écoutes judiciaires. Le ministre de la Justice a prétendu dans un premier temps l’avoir appris par la presse, puis a dû reconnaître qu’il avait été informé par son administration. Cet épisode provoque un climat de chaos à Washington, au sein de l’exécutif. Fort du soutien présidentiel, Eric Holder a réaffirmé qu’il ne démissionnerait pas."

Stop… C’est une plaisanterie. Une blague aussi grosse que les récriminations indignées de Christiane Taubira. Car à Washington, un ministre pris en flagrant délit de mensonge est écarté dans la minute. "S’il est avéré, sans l’ombre d’un doute, qu’un ministre a menti, il doit démissionner ou il est démissionné, explique Ezra Suleiman, professeur de sciences politiques à l’université de Princeton et grand connaisseur des institutions françaises et américaines. Sinon, il est obligé de s’expliquer devant des commissions au Congrès qui le soumettent à la question jusqu’à ce qu’il ne reste plus une zone d’ombre. Chaque audition remet du charbon dans la machine médiatique. La Maison-Blanche ne peut pas se le permettre."

Le Congrès américain est infiniment plus puissant que le Parlement français, et dispose de moyens sans commune mesure. Hillary Clinton en a fait l’expérience quand elle a dû répondre de l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. Susan Rice, ambassadrice aux Nations unies, a même perdu dans cette affaire le poste de secrétaire d’État que lui réservait Barack Obama pour son second mandat. Et il ne s’agissait pas de mensonge avéré, simplement de mauvaise appréciation de la situation sur le terrain.

Trompée de date !

Après son entretien à l’Élysée avec François Hollande, Christiane Taubira a admis s’être "trompée de date". On pourrait persifler à bon droit qu’entre passer pour une incompétente ou une menteuse, la ministre a choisi la première option. Elle n’est pas la première à s’arranger avec la réalité. François Mitterrand avait, pendant le débat de la présidentielle 1988, piétiné la vérité en regardant Jacques Chirac "les yeux dans les yeux".

Ce qui sauve, paradoxalement, la ministre de la Justice au pays du mentir vrai, ce sont ses adversaires. Michèle Alliot-Marie, qui souhaite aujourd’hui avec Jean-François Copé la démission de Christiane Taubira, est assez mal placée. Ou trop bien, au contraire. Elle parle d’expérience en effet, puisque l’ancienne ministre de l’Intérieur a été poussée hors du gouvernement après avoir nié ses liaisons dangereuses avec la Tunisie de Ben Ali.

Au ministère de la Justice, où elle est passée, certains anciens occupants ont déjà rencontré des problèmes dans leurs rapports avec le réel. Rachida Dati a été accusée d’avoir bidonné son CV. Son lointain prédécesseur Pierre Arpaillange s’était, lui, illustré à l’Assemblée nationale en expliquant : "En 1989, sur 52 évadés, on en a repris 53" !

Voir aussi:

Eloge de Christiane Taubira, concise et flamboyante
Comment ose-t-on accuser la Garde des Sceaux de mensonge ?
Causeur
04 avril 2014

Le 12 mars dernier, à l’issue d’un conseil des ministres, Christiane Taubira évoquant devant des journalistes les écoutes téléphoniques dont l’ancien président de la République avait fait l’objet, déclarait fortement : « Je redis ici que je n’ai pas d’information concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires » et, pour appuyer la véracité de ses dires, brandissait deux lettres, l’une de l’avocat général près la cour d’appel de Paris, l’autre du procureur financier, lettres dont des journalistes investigateurs, au nombre desquels Edwy Plenel ne figurait pas, montrèrent par un simple « zoom » qu’elles prouvaient exactement le contraire : le ministre avait été informé à la fois des dates (du 28 janvier au 11 février 2014) et de l’essentiel de leur contenu. Accusée de mensonge par des personnes malintentionnées et vraisemblablement racistes, elle s’en défendit en concédant toutefois qu’elle avait pu être un peu « imprécise ».

Quinze jours plus tard on apprend grâce à un autre investigateur, qui n’était toujours pas Edwy Plenel, on se demande pourquoi, que Mme Taubira, contrairement à ce qu’on peut lire depuis quinze ans dans les notices biographiques qui lui sont consacrées, y compris à la date du 4 décembre 2001 dans le « journal de référence », n’est ni docteur en économie, ni docteur en ethnologie, ni docteur en agroalimentaire. Certes, comme le précisera son cabinet, ses notices officielles font seulement état d’un cursus de « troisième cycle » et si elle n’a jamais pris la peine de démentir les fausses informations qui la concernent c’est qu’elle n’a pas de press book, qu’elle ne consulte jamais sa page Wikipédia – et ses conseillers en communication non plus, on l’imagine. Comme si la lourde charge de l’intérêt public laissait aux hommes et aux femmes politiques le loisir de se préoccuper de leur image ! C’est donc à juste titre que le « journal de référence » dénonce « l’intox des doctorats », attribuant manifestement cette « intox » non à la ministre, mais à ses détracteurs. Quant aux défenseurs de la ministre il ne fait aucun doute qu’ils sont prêts à se regarder mutuellement dans les yeux, à se tenir par la barbichette de la main gauche, à lever la main droite en disant « je le jure » et à répéter sans rire : « Oui, s’il s’était agi de Copé, de Guéant, d’Hortefeux ou de Christine Boutin, nous aurions dit exactement la même chose ».

Non seulement Christiane Taubira ne s’est pas rendue coupable d’un mensonge par omission, mais elle n’a même pas ici à confesser le péché véniel d’imprécision, comme auront pu le constater les spectateurs de l’émission Des paroles et des actes diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. Celle-ci commençait par un portrait de la ministre tracé par David Pujadas : « Vous avez un doctorat d’économie, un doctorat d’ethnologie, un diplôme supérieur d’agroalimentaire ». Invitée à réagir à ce portrait, le ministre déclare : « Je pense que je peux revenir sur ce portrait, mais oui, c’est vrai ». C’est pourtant clair ! Tous les spectateurs de bonne foi auront compris que « c’est vrai » se rapportait à l’ensemble du portrait à l’exclusion de la mention des diplômes tandis que « je pense que je peux revenir sur ce portrait » signifiait sans ambages : « Non, je ne suis titulaire d’aucun doctorat ». D’autant plus qu’un peu plus loin la ministre enfonçait le clou. Un autre journaliste, Jeff Wittenberg, lui ayant rappelé dans son intervention : « vous avez un doctorat d’économie », elle lui répond : « Il y a une situation – cessez de m’additionner des diplômes – il y a surtout une situation… ». Quel locuteur de langue française n’aura pas compris que « cessez de m’additionner des diplômes » signifie « Comme je l’ai dit à M. Pujadas tout à l’heure, je ne suis ni docteur en économie, ni docteur en ethnologie ». La formulation de Mme Taubira n’était pas imprécise, elle était concise, ce qui est une qualité.

Cependant la concision n’est pas la seule qualité de Christiane Taubira. Celle-ci a récemment publié aux éditions Flammarion un livre intitulé Paroles de liberté. Dans Libération, à la date du 1er avril, M. Fabrice Tassel nous donne à connaître un extrait de cet ouvrage rédigé dans un style qu’il qualifie de « flamboyant ». Jugez-en plutôt. Dénonçant la libération de la parole raciste sur Internet l’auteur écrit ceci : « Là où la bêtise peut circuler même quand le mazout de la haine et de la vulgarité lui englue les ailes, des doigts bouffis par la lâcheté flasque de l’anonymat tapaient, dans la rage de leur insignifiance, des mots qui se voulaient méchants, blessants et meurtriers ». On se demande par quel miracle ce n’est pas un « doctorat total » de littérature qui a été attribué à la ministre sur Wikipédia ou dans Le Monde. Christiane Taubira est à la fois concise et flamboyante, classique et romantique, ou, si l’on préfère, elle réunit les valeurs de l’apollinien et celles du dionysiaque. C’est une bonne nouvelle non seulement pour la justice qui doit concilier la vigueur dionysiaque du glaive et l’équilibre apollinien de la balance, mais encore pour la littérature, pour l’art et pour la philosophie.

Voir encore:

Sarkozy écouté : le cabinet de Taubira savait. Pas la ministre
Denis Demonpion
Le Nouvel Observateur
17-03-2014

"Je ne savais pas", a juré la ministre. Le pis, c’est que c’est vrai ! Sa directrice de cabinet était au courant mais n’a fait suivre l’information qu’à Matignon. Histoire d’un amateurisme coupable.

Eh bien non, Christiane Taubira n’a pas menti. N’en déplaise à Jean-François Copé, le président de l’UMP, qui hurle "à la démission". Soupçonnée par l’opposition d’avoir été informée du contenu de la procédure judiciaire ouverte le 26 février contre Nicolas Sarkozy pour un présumé trafic d’influence, la ministre de la Justice a bel et bien été tenue dans l’ignorance – par son propre cabinet ! – de l’existence du placement sur écoutes de l’ancien président. Un de ses proches assure qu’il y a eu "un bug". Le mot est juste même s’il est un peu faible pour traduire ce mélange d’amateurisme et d’improvisation dont a fait preuve la Chancellerie à cette occasion. Selon nos informations, ce n’est en effet que le mardi 11 mars au soir, après la livraison du "Canard enchaîné" daté du lendemain, que la ministre, sous le feu roulant des mises en cause, convoque une réunion de crise à la Chancellerie. Il est alors tout juste 20 heures.

Réunion d’urgence

Sous le titre "Taubira et Valls vraiment à l’écoute", l’hebdomadaire satirique affirme que la Garde des Sceaux a reçu "régulièrement un résumé du déroulé de l’enquête, comprenant une synthèse des écoutes téléphoniques". A la lecture de ces lignes, son sang ne fait qu’un tour. De fait, à cette heure, la ministre ignore encore le détail de cette affaire. Afin d’y voir plus clair et surtout de se doter d’arguments pour répliquer au procès en instrumentalisation de la justice qui lui est intenté, elle convoque six personnes. Toutes sont sommées de s’expliquer. Au premier chef, sa directrice de cabinet, Christine Maugüé. Egalement présents, ce soir-là, le directeur adjoint de cabinet François Pion, le conseiller pénal Philippe Astruc, le porte-parole Pierre Rancé, la conseillère en communication Virginie Sainte-Rose, et bien sûr le fidèle et très énigmatique conseiller spécial, Jean-François Boutet. "Celui-ci n’est pas un relais de la pensée de la Garde, observe le député radical de gauche Alain Tourret. Peut-être l’est-il dans la réflexion, mais pas dans l’action". Avocat au Conseil d’Etat, fils de Jacques Boutet, l’ancien président de TF1 et du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, l’homme de l’ombre de la maison Taubira a surtout été longtemps été un des rouages du Parti radical de gauche dont Christiane Taubira fut la candidate lors de l’élection présidentielle de 2002.

"Un problème interne"

Interrogée par "le Nouvel Observateur", Christine Maugüé ne nie pas l’existence de cette réunion de crise tenue dans son bureau. C’est là, et là seulement, que le rapport qui fait polémique, transmis dès le 26 février au cabinet du Premier ministre, est remis en personne à la garde des Sceaux. Jusque-là, sa directrice de cabinet n’en avait rien fait. D’où le cafouillage des interventions médiatiques de Christiane Taubira, la veille en particulier dans le JT de 20 heures de TF1. Une fois le document en mains, la Garde choisira d’ailleurs de le brandir publiquement, dès le lendemain, lors d’une conférence de presse improvisée, à l’Elysée, à l’issue du conseil des ministres. "C’est un problème interne au cabinet", avoue Christine Maugüé, la voix blanche. "Je n’ai pas à répondre et je ne répondrai pas là-dessus", s’agace-t-elle avant même qu’on la relance : "Je ne répondrai plus sur les affaires", martèle-t-elle. Epiloguer sur celles-ci serait, selon elle, "gravement erroné. Point barre".

Voir encore:

Christiane Taubira et l’intox des doctorats

Maxime Vaudano

Le Monde

28.03.2014

Le magistrat Philippe Bilger accuse la garde des sceaux de s’être attribué à tort deux doctorats. Ce que réfute la ministre.

Ainsi donc, la garde des sceaux, Christiane Taubira, aurait menti sur son CV. Dans son dernier ouvrage, à paraître le 2 avril, Contre la justice laxiste (éditions de l’Archipel), le magistrat Philippe Bilger assure que Mme Taubira « a laissé dire » à tort « qu’elle avait deux doctorats », sans jamais le contester dans « l’espace médiatique ».

L’accusation, relayée dans un « confidentiel » du Nouvel Observateur du jeudi 27 mars, s’est répandue comme une traînée de poudre sur Internet, notamment sur plusieurs sites d’extrême droite.

Pourquoi c’est plutôt faux

De ces deux doctorats, en économie et en ethnologie, Philippe Bilger n’a trouvé aucune trace. Et pour cause : Christiane Taubira n’a jamais soutenu de thèse. « Elle n’a jamais communiqué là-dessus ! », s’exaspère son cabinet, navré de devoir démentir une « non-information ». En effet, aucun document officiel émanant de la ministre ne mentionne un tel cursus.

Sa notice biographique sur le site du gouvernement, la ministre est présentée comme « professeur de sciences économiques ».
Même chose dans le « trombinoscope du gouvernement », un document transmis chaque année à la presse, où il est simplement précisé « 3e cycle de sciences économiques ».

Un mensonge par omission ?

Le fait est que ces diplômes sont mentionnés depuis plus de dix ans dans les articles que la presse lui consacre. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 lui attribuait-il « un doctorat en sciences économiques et en agroalimentaire » dans un portrait réalisé à l’occasion de sa candidature à l’élection présidentielle.

"Le Monde" du 4 décembre 2001, page 12.

Depuis son retour sur le devant de la scène, avec son arrivée au ministère de la justice en 2012, on ne compte plus les titres de presse qui ont repris cette information, de France-Soir à Europe 1 (qui lui ajoute un doctorat de « sociologie et d’ethnologie afro-américaine »), en passant par Le Figaro ou encore France-Guyane.

La faute, selon son cabinet, « aux fausses informations de Wikipédia », dont elle dit ne pas être responsable. A première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès.

L’abondance de la reprise de cette information permet toutefois de se poser la question : Christiane Taubira a-t-elle profité d’un malentendu et laissé courir la fausse rumeur ?

C’est la thèse soutenue par ses détracteurs, qui pointent du doigt un extrait de l’émission « Des paroles et des actes », diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. La ministre n’aurait pas « sourcillé » quand David Pujadas l’a présentée comme titulaire d’« un doctorat d’économie » et d’un « doctorat d’ethnologie », se rendant par là même coupable d’un mensonge par omission :

Si la caméra n’est pas pointée sur son visage au moment précis où l’animateur parle de ses doctorats, Mme Taubira ne corrigera jamais clairement l’erreur au cours de l’émission. En revanche, son cabinet insiste sur deux phrases qu’elle lâche pendant sa prestation.

Après la présentation erronée de David Pujadas : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. »
Quand le journaliste Jeff Wittenberg flatte ses « notions » d’économie « parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… », elle commence sa réponse par : « Arrêtez de m’additionner des diplômes ».

Voir enfin:

"Trop de Wikipédia"
Taubira et ses prétendus doctorats : « C’est la faute aux journalistes »
Rémi Noyon
Rue89
28/03/2014

Nouveau cafouillage en vue pour Christiane Taubira. Dans son dernier livre – « Contre la justice laxiste » –, Philippe Bilger, magistrat cabot et prolifique, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son CV :

« Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...].

Pourtant, de ceux-ci, pas le moindre indice, pas le plus petit début de commencement de preuve ! »

L’ancien magistrat souligne qu’il n’existe aucune trace d’une thèse soutenue par Christiane Taubira sur la base de données Theses.fr. Lorsqu’on appelle les universités concernées, on ne trouve aucune mention des supposés diplômes.

La raison en est simple : Christiane Taubira a fait un troisième cycle en économie, des études en sociologie et ethnologie et un cursus au Centre français de la coopération agricole (CFCA). Mais de thèse, point.
« Trop de Wikipédia »

Pourtant, depuis plus de dix ans, les portraits de la garde des Sceaux mentionnent ces deux diplômes. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 parle d’« un doctorat de sciences économiques et en agroalimentaire [et non en ethnologie, ndlr] » et Libération, l’année suivante, raconte comment l’étudiante de Cayenne préparait « son doctorat de sciences éco » à Assas.
Voir le document

(Fichier PDF)

Au cabinet de la ministre, on explique que tout cela est dû aux erreurs de journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia ». L’entourage de la garde des Sceaux jure que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes.

D’ailleurs, la notice biographique publiée sur le site du gouvernement ne comporte pas de section cursus. Ce qui est tout de même intriguant étant donné que c’est le cas de presque tous les autres ministres. A défaut de mentir, la ministre a-t-elle laissé dire ? Le cabinet fait savoir qu’il a toujours transmis au trombinoscope (sorte de Who’s Who du monde politico-médiatique français) des informations correctes (voir PDF).
« Je peux revenir sur le portrait »

Le cabinet affirme que la ministre n’a pas de « press books » et ne consulte jamais sa page Wikipédia. Elle n’aurait donc jamais ressenti le besoin de corriger l’intox qui traîne donc depuis plus d’une décennie… Cette « polémique » aurait pour but de faire croire que « Dati et Taubira, c’est la même chose ».

Dans son livre, Philippe Bilger note pourtant que la ministre ne reprend pas David Pujadas qui mentionne « deux doctorats » lors de son passage sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes » :

« Au cours de l’émission “Des paroles et des actes” du jeudi 5 septembre 2013, alors que David Pujadas la présente en rappelant qu’elle est titulaire de deux doctorats, elle opine du chef sans apporter aucune précision. »

Indignation du côté de la ministre : regardez les images ! « Elle n’opine pas du tout du chef. » Effectivement, la caméra reste braquée sur Pujadas.

David Pujadas : « Soyez la bienvenue. [...] Vous avez un doctorat d’économie, un doctorat d’ethnologie, un diplôme supérieur d’agroalimentaire, vous avez été professeur d’économie [...] C’est vrai que vous vouliez abandonner la politique en 2012, juste avant d’être appelée au gouvernement ? »

Christiane Taubira : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. »

« Je pense que je peux revenir sur le portrait. » C’est cette petite phrase, qui selon le cabinet, devait mener à un correctif, mais la ministre s’est laissé embarquer dans d’autres explications…
« Arrêtez de m’additionner des diplômes »

Quelques minutes plus tard, la question du doctorat revient sur la table :

Jeff Wittenberg : « Mais vous avez quand même des notions et plus que des notions parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… »

Christiane Taubira : « Il y a surtout – arrêtez de m’additionner des diplômes – il y a surtout une situation. Sous l’ancien quinquennat, la dégradation des finances publiques a augmenté de 600 [sic] milliards d’euros, 600 milliards d’euros. Sur les dix dernières années, sur les dix dernières années … »

Là aussi, il fallait comprendre qu’elle rectifiait son CV. Après la confusion autour des écoutes de Nicolas Sarkozy, cette (petite) histoire fait tout de même cafouillis. Surtout à quelques jours d’un probable remaniement.

Voir enfin:

On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme

Delphine Legouté

Le Lab politique

Europe 1

28 mars 2014

L’information se diffuse ce 28 mars sur les sites réactionnaires de droite, nés sous la mouvance anti-mariage homo, comme Le Salon beige ou Boulevard Voltaire : Christiane Taubira aurait menti sur ses diplômes car elle ne possède pas de doctorat.

Ces deux sites se basent sur une information délivrée dans l’ouvrage de Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d’assises de Paris, auteur d’un livre à paraitre le 2 avril, Contre la justice laxiste. Une information elle-même mise en avant par le Nouvel Observateur du 27 mars dans ses "téléphones rouges".

A la page 110 de cet ouvrage qui cible la politique ainsi que la personnalité de la garde des Sceaux, on comprend en effet que Christiane Taubira ment sur ses diplômes. Voici le passage :

Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie. (…) Pourtant de ceux-ci pas le moindre indice ! Mieux elle fait tout pour que la confusion soit entretenue. Au cours de l’émission Des paroles et des Actes du jeudi 5 septembre 2013, alors que David Pujadas la présente en rappelant qu’elle est titulaire de deux doctorats, elle opine du chef, sans apporter aucune précision. Autre indice troublant : sur le site du gouvernement, une rubrique décrit le cursus, le parcours de chaque ministre. Elle est la seule pour laquelle l’article fait défaut.Dans son curriculum vitae paru sur le web n’est mentionné qu’un doctorat en sciences économiques soutenu à Paris-II Assas. Les recherches à ce sujet sur le site des thèses et au bureau des doctorats n’en confirment pas l’existence.

En reprenant un à un les seuls indices présentés par Philppe Bilger, il est cependant impossible de dire que la ministre ment sur ses diplômes.

>> Quid du CV mentionnant un doctorat ?

En réalité, il est très difficile de trouver la formation universitaire de la ministre sur le web. Si de nombreux sites d’informations la présentent comme titulaire de deux doctorats, aucun document officiel n’en fait mention. Comme le souligne Philippe Bilger, son cursus n’apparait pas sur le site du gouvernement. Mais elle n’est pas un cas à part puisque c’est vrai pour d’autres ministres, comme François Lamy.

Le seul site faisant état d’un CV détaillé est celui qu’elle possédait lorsqu’elle était députée de Guyane, qui n’existe plus aujourd’hui. Grâce au site "archive.org" on peut cependant retrouver son contenu. Christiane Taubira fait mention d’un 3e cycle en économie, d’un 3e cycle en agro-alimentaire et d’études en sociologie et ethnologie afro-américaine. Pas d’un doctorat.

Enfin, dans le trombinoscope politique, vers lequel renvoie son cabinet lorsqu’on lui demande un document officiel, il n’est fait mention que "d’un troisième cycle de sciences économiques". Toujours pas de doctorat.

Le cabinet de la ministre va dans ce sens en confirmant qu’elle n’a "jamais fait de thèse ni de doctorat", qu’il est donc normal que Philippe Bilger n’en ait pas trouvé trace :

La ministre n’a jamais dit qu’elle avait un doctorat, et aucun document validé par la ministre n’en fait état.

La ligne de défense est donc simple : pas de doctorat certes, mais surtout pas d’affirmation de doctorat de la part de Christiane Taubira.

Reste ce CV "paru sur le web" auquel le magistrat fait référence et qui se vanterait dudit doctorat en sciences économiques. Contacté par le Lab qui n’en trouvait pas trace, Philippe Bilger reconnaît qu’il n’existe pas, mais assure "avoir des informations fiables à ce sujet" :

Moi, je ne l’ai pas vu ce CV.

>> Le passage dans Des paroles et des Actes

Au Lab, Philippe Bilger insiste particulièrement sur le "laisser dire" de la ministre. Selon lui, elle est surtout coupable de n’avoir jamais démenti être titulaire de ces diplômes. Il insiste particulièrement sur son passage dans Des paroles et des actes le 5 septembre 2013, révélateur selon lui de cette hypocrisie.

La scène est facile à repérer puisqu’elle se déroule moins d’une minute avant le début de l’émission. David Pujadas égraine en effet les diplômes : "Vous avez un doctorat d’Economie, un doctorat d’Ethnologie, un diplôme supérieur d’Agroalimentaire." Pourtant loin "d’opiner du chef" comme l’affirme le magistrat, Christiane Taubira reste statique et fronce même les sourcils. Elle commence son intervention en disant vouloir "revenir sur le portrait", puis s’oublie dans sa réponse et n’y revient jamais.

Voyez plutôt :

Plus tard, alors que le journaliste lui rappelle à nouveau qu’elle a un doctorat d’économie, Christiane Taubira rétorque :

Arrêtez de m’additionner des diplômes.

Bref, pas de fracassant démenti mais pas de validation non plus, contrairement à ce qu’écrit le magistrat et les sites reprenant l’information.

>> Quels sont les réels diplômes avancés par Christiane Taubira ?

Interrogé sur les réels diplômes de la ministre, son cabinet énumère ceux présents sur son site de députée, celui inactif depuis au moins deux ans. A savoir :

- un troisième cycle en économie validé, "qui serait l’équivalent d’un Master 2 aujourd’hui". (depuis la réforme LMD de 2003, le 3e cycle correspond soit à un doctorat, soit à un Master 2) ;

- un troisième cycle en agro-alimentaire.

Quant à la référence à la "sociologie" et à "l’ethnologie", elle correspond à des cours suivis durant ses études mais non validés, explique son cabinet. De fait, son CV ne les présente pas comme des diplômes.

Notons qu’à date, Le Lab n’a pas été en mesure de vérifier si Christiane Taubira avait bien validé ses 3e cycle.


Délinquance numérique: Ne cliquez pas si vous aimez Jésus (There shall arise false Christs: How your love for Jesus can help scammers)

2 avril, 2014
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/29/Luca_signorelli%2C_cappella_di_san_brizio%2C_predica_e_punizione_dell%27anticristo_01.jpg/800px-Luca_signorelli%2C_cappella_di_san_brizio%2C_predica_e_punizione_dell%27anticristo_01.jpgIl s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Voici, je vous l’ai annoncé d’avance. Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. Jésus (Matthew 24: 24)
Que dirait-on si, dans un pays qui n’est pas la France, le principal adversaire du pouvoir en place, sur la base de soupçons que rien n’est venu étayer, était durant des mois surveillé, géolocalisé, espionné jusque dans les conversations qu’il entretient avec son propre avocat? On fustigerait fermement la dérive policière de ce triste régime, et l’on aurait raison. Que dirait-on si, dans une République moins «exemplaire» que celle dont Mme Taubira se veut la virulente égérie, le gouvernement, pris en flagrant délit de tentative d’élimination d’un rival politique, ne trouvait à opposer à l’évidence de ses turpitudes qu’un lamentable brouet de contradictions et de contrevérités? On dénoncerait hautement un scandale d’État, et l’on aurait raison. Mais nous sommes en France, et Mme Taubira peut «les yeux dans les yeux» mentir éhontément en direct à ses concitoyens et plaider deux jours plus tard le simple «malentendu». Nous sommes en France, et M. Valls peut prétendre, sans déclencher un ouragan de rires, qu’il a appris dans le journal - lui, l’homme censément le mieux informé de France - ce que ses subordonnés mobilisés par dizaines pour les écoutes et les perquisitions savaient pour certains depuis des mois! Nous sommes en France, et M. Hollande jurera ses grands dieux, comme dans l’affaire Cahuzac, qu’évidemment il ne savait rien, mais rien de rien, de ce que savaient ses ministres et le premier d’entre eux… sans doute parce que, comme le dit Mme Taubira, on n’aura pas voulu «l’importuner» avec une affaire d’aussi piètre importance. Alexis Brezet
If it sounds too good to be true, don’t click on it. If it’s something that’s obviously geared toward tugging on the heartstrings, check it out first. Tim Senft
Facebook will NOT donate money to any cause based on the number of likes or shares that a photo receives. Several photos of injured or sick children and animals are circulating on Facebook claiming that Facebook will donate a certain amount of money for each like or share the photo receives. Please do not share these photos with your friends. So many people have the mentality of, “What if it’s real.” Although they have good intentions, they probably don’t realize that spreading these photos can be painful to the parents and families of the children exploited by these hoaxes. Many of the children have passed, and imagine how devastating it would be for the parent to see the likeness of their child being misused in this way. Facecrooks
Often, Facebook pages are created with the sole purpose of spreading viral content that will get lots of likes and shares. Once the page creators have piled up hundreds of thousands of likes and shares, they’ll strip the page and promote something else, like products that they get a commission for selling. Or, they may turn around and sell the page through black-market websites to someone who does the same. It’s a way to trick Facebook’s algorithm, which is designed to give more value to popular pages than the ones, like scams and spam, that pop up overnight. "The more likes and shares and comments and that sort of thing you have, the more likely it is to be seen by other people," Senft said. "If they’re looking to sell the page in a black-hat forum somewhere, that’s what the value of the page is." Sometimes, the threat is more direct. The "new" page may be used to spread malware — software that attacks the user’s computer — or for phishing, the act of trying to gather credit card numbers, passwords or other personal information through links to phony giveaways or contests. Simply liking a post, or the page itself, can’t spread a virus or phish a user. But malicious Facebook apps can, as can external links that page owners may choose to share to their followers. If the page owner has access to Facebook’s developer tools, they can collect data on the people who like the page. Personal information like gender, location and age can be used to target more personalized attacks. The kind of posts used run a gamut from cute to tasteless, from manipulative to misleading. (…) "It’s anything that’s going to kind of tug at the heartstrings: the sick kids, the animal abuse, acting like it’s some kind of pet shelter," Senft said. "That’s the bad part with the scammers. They hit people where they’re vulnerable, play on their emotions." CNN
Célébrité à la réputation sulfureuse, sexe, scènes insolites… Les ingrédients pour fabriquer un article "prêt à partager" ne sont pas particulièrement originaux. Avec son titre aguicheur et sa photo suggestive, "Mon ex a posté; 21 photos de moi nue sur Facebook" a été particulièrement partagé sur le réseau social lors du week-end du 30 mars 2014. La pratique n’est pas récente. Au printemps 2011, le site PCInpact faisait état de la circulation ultra-rapide d’une vidéo frauduleuse appelée "Une femme complètement bourrée lors d’un jeu TV", hébergée par le bien nommé cdrole.fr (qui a fermé depuis). Aux Etats-Unis, des vidéos comme "Oh mon Dieu, je déteste Rihanna maintenant que j’ai vu cela" ou "EXCLU : la preuve que Lady Gaga est un homme" ont connu un relatif succès en mars 2012, rapporte ZDNet.com (en anglais). Que se passe-t-il si je clique dessus ? Dans tous les cas, vous n’aurez pas accès immédiatement à la vidéo croustillante que vous mourez d’envie de voir. Pour "Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook", un avertissement ressemblant à un message de Facebook vous demandera de fermer deux fenêtres avant d’arriver enfin sur l’article. Pour, semble-t-il, prouver que vous êtes âgé de plus de 13 ans. Le problème, c’est que le bouton "Fermer" – le seul sur lequel il est possible de cliquer – ne ferme pas vraiment la fenêtre. En inspectant le code HTML de zzub.fr (ci-dessous), qui héberge l’article, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un bouton "J’aime" déguisé. Il vous fera "liker" à votre insu des pages Facebook comme "Les pires montages", "Humour adulte +18" ou encore "Les photos prises au bon moment". Les pages en question raflent ainsi des centaines de milliers de fans sans que vous ne le remarquiez. Créée vendredi 28 mars, la page intitulée "Humour adulte +18" a ainsi accumulé en un peu plus d’un week-end près de 220 000 "J’aime", soit autant que celle de francetv info en deux ans et demi d’existence. Le tout sans avoir publié le moindre contenu D’autres sites frauduleux utilisent cette méthode, appelée "clickjacking", pour placer un bouton "J’aime" invisible sur le bouton "Play" d’une vidéo racoleuse, comme le notait en mars 2011 le blog MyCommunityManager.fr. Mais quel est l’intérêt de me faire "aimer" ces pages ? Gagner de l’argent. "Une fois que les créateurs de la page auront amassé des centaines de milliers de ‘J’aime’ et de partages, ils pourront la renommer et l’utiliser pour faire de la publicité, par exemple pour des produits sur lesquels ils toucheront une commission", explique CNN.com (en anglais). "Ils pourront aussi se débarrasser de la page en question en la revendant à quelqu’un d’autre", bien que cette méthode soit strictement interdite par Facebook, poursuit le site américain. D’autres arnaqueurs peuvent avoir des intentions encore plus malveillantes, ajoute CNN. Ils peuvent utiliser la page pour faire la promotion d’un site de "phishing". Les victimes sont alors redirigées vers une contrefaçon d’un site connu, comme celui d’une banque. Les internautes sont ensuite invités à remplir un formulaire, qui permettra aux escrocs de mettre la main sur les coordonnées bancaires de leurs victimes. Vincent Matalon

Au lendemain d’un 1er avril qui a eu comme d’habitude son lot de canulars et fausses nouvelles …

Et à l’heure où avec le dernier jeu de chaises musicales de son gouvernement, la France de Valls et Taubira repart comme si de rien n’était pour un nouveau tour de mensonges

Retour, avec le site spécialisé des fraudes numériques Facecrooks et Vincent Matalon, sur certaines des techniques des arnaqueurs numériques telles que le likefarming (pêche au j’aime) ou click jacking (détournement de clic) …

A qui votre amour immodéré de la chose ou de Jésus (comme vos instincts de bon samaritain ou de saint-bernard) peuvent rapporter gros …

"Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook", ou comment repérer un article sur lequel il ne faut pas cliquer
Des articles aux titres aguicheurs circulent régulièrement sur le réseau social. Ces contenus viraux visent à faire "aimer" des pages à l’insu des utilisateurs.

Vincent Matalon

FranceTV info

01/04/2014

"Nabilla : son incroyable transformation physique !", "PHOTO. Rihanna choque tout le web en se mettant entièrement nue sur un rappeur, regardez !" Il y a de fortes chances que l’un de vos amis Facebook ait partagé un de ces articles durant le week-end du dimanche 30 mars.

Vous avez peut-être vous-même essayé de cliquer dessus. Qui pourrait vous le reprocher ? Le titre était mystérieux, l’image accrocheuse… Pourtant, derrière ces articles qui circulent à vitesse grand V sur Facebook se cachent souvent des arnaques qui peuvent rapporter gros à leurs auteurs. Francetv info vous explique comment.

A quoi ressemblent les articles frauduleux ?

Tous ces contenus ont pour point commun d’être hébergés par des sites dont personne n’a entendu parler, et d’avoir un titre et une photo racoleurs au possible, afin d’inciter le petit démon qui sommeille en vous à cliquer dessus, "juste pour voir". Célébrité à la réputation sulfureuse, sexe, scènes insolites… Les ingrédients pour fabriquer un article "prêt à partager" ne sont pas particulièrement originaux.

L’article suivant, hébergé par un site appelé zzub.fr, a ainsi été particulièrement partagé samedi et dimanche.

Avec son titre aguicheur et sa photo suggestive, "Mon ex a posté; 21 photos de moi nue sur Facebook" a été particulièrement partagé sur le réseau social lors du week-end du 30 mars 2014.
La pratique n’est pas récente. Au printemps 2011, le site PCInpact faisait état de la circulation ultra-rapide d’une vidéo frauduleuse appelée "Une femme complètement bourrée lors d’un jeu TV", hébergée par le bien nommé cdrole.fr (qui a fermé depuis).

Aux Etats-Unis, des vidéos comme "Oh mon Dieu, je déteste Rihanna maintenant que j’ai vu cela" ou "EXCLU : la preuve que Lady Gaga est un homme" ont connu un relatif succès en mars 2012, rapporte ZDNet.com (en anglais).
Que se passe-t-il si je clique dessus ?

Dans tous les cas, vous n’aurez pas accès immédiatement à la vidéo croustillante que vous mourez d’envie de voir. Pour "Mon ex a posté 21 photos de moi nue sur Facebook", un avertissement ressemblant à un message de Facebook vous demandera de fermer deux fenêtres avant d’arriver enfin sur l’article. Pour, semble-t-il, prouver que vous êtes âgé de plus de 13 ans.

Le problème, c’est que le bouton "Fermer" – le seul sur lequel il est possible de cliquer – ne ferme pas vraiment la fenêtre. En inspectant le code HTML de zzub.fr (ci-dessous), qui héberge l’article, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un bouton "J’aime" déguisé. Il vous fera "liker" à votre insu des pages Facebook comme "Les pires montages", "Humour adulte +18" ou encore "Les photos prises au bon moment".

Les pages en question raflent ainsi des centaines de milliers de fans sans que vous ne le remarquiez. Créée vendredi 28 mars, la page intitulée "Humour adulte +18" a ainsi accumulé en un peu plus d’un week-end près de 220 000 "J’aime", soit autant que celle de francetv info en deux ans et demi d’existence. Le tout sans avoir publié le moindre contenu

D’autres sites frauduleux utilisent cette méthode, appelée "clickjacking", pour placer un bouton "J’aime" invisible sur le bouton "Play" d’une vidéo racoleuse, comme le notait en mars 2011 le blog MyCommunityManager.fr.

Mais quel est l’intérêt de me faire "aimer" ces pages ?

Gagner de l’argent. "Une fois que les créateurs de la page auront amassé des centaines de milliers de ‘J’aime’ et de partages, ils pourront la renommer et l’utiliser pour faire de la publicité, par exemple pour des produits sur lesquels ils toucheront une commission", explique CNN.com (en anglais). "Ils pourront aussi se débarrasser de la page en question en la revendant à quelqu’un d’autre", bien que cette méthode soit strictement interdite par Facebook, poursuit le site américain.

D’autres arnaqueurs peuvent avoir des intentions encore plus malveillantes, ajoute CNN. Ils peuvent utiliser la page pour faire la promotion d’un site de "phishing". Les victimes sont alors redirigées vers une contrefaçon d’un site connu, comme celui d’une banque. Les internautes sont ensuite invités à remplir un formulaire, qui permettra aux escrocs de mettre la main sur les coordonnées bancaires de leurs victimes.

Que puis-je faire si j’ai cliqué sur un de ces articles ?

Pas de panique. Rendez-vous vite sur Facebook pour inspecter les pages que vous avez récemment "aimées". Pour cela, allez sur votre profil, puis cliquez sur "historique personnel". C’est ici :

Dans la colonne de gauche, cliquez ensuite sur "Mentions J’aime", puis sur "Pages et intérêts". Vous pourrez ainsi passer en revue les différentes pages que vous avez aimées au fil de votre activité sur Facebook.

Une fois que vous avez identifié une page à laquelle vous êtes abonné à votre insu, ne cliquez pas immédiatement sur le petit crayon et "Je n’aime plus". Passez d’abord votre souris dessus, et signalez-la à Facebook. L’équipe de modération du réseau social pourra ainsi la supprimer si de nombreuses alertes lui parviennent.
En signalant une page frauduleuse Facebook, le réseau social pourra la supprimer. En signalant une page frauduleuse à Facebook, le réseau social pourra la supprimer.


Voir aussi:

On Facebook, clicking ‘like’ can help scammers
Doug Gross
CNN
January 22, 2014

(CNN) — It’s an image that tugs at the heartstrings. A smiling 7-year-old girl poses in her cheerleading uniform, circled by a ring of pompons, her bald head a telltale sign of her chemotherapy treatments.

The photo hit Facebook last year and popped up all over with messages of support. "Like" to show this little girl you care. "Share" to tell her she’s beautiful. Pray for her to beat cancer.

But here’s the truth. The photo was nearly six years old. And neither the girl, nor her parents — who never posted it to Facebook — had any idea it was being used that way.

Welcome to the world of Facebook "like farming."

Those waves of saccharin-sweet posts that sometimes fill your news feed may seem harmless. But all too often, they’re being used for nefarious purposes. At best, a complete stranger may be using the photos to stroke their own ego. At worst, experts say, scammers and spammers are using Facebook, often against the site’s rules, to make some easy cash.

And they’re wiling to play on the good intentions of Facebook users to do it.

"The average user doesn’t know any better," said Tim Senft, founder of Facecrooks.com, a website that monitors scams and other illegal or unethical behavior on Facebook. "I think their common sense tells them it’s not true, but in the back of their minds, they think ‘What if it is true? What does it hurt if I press like?’ or whatever."

What does it hurt?

"I was first shocked," said Amanda Rieth of Northampton, Pennsylvania, whose daughter was the subject of that photo. "And then infuriated."
Facebook royalty talks surveillance
Facebook to start video ads
Mother learns of son’s death on Facebook
How Facebook makes money

After being notified by a friend who recognized the girl in a Facebook post, Rieth tracked the image back to a link she’d posted to her Photobucket account in a community forum in 2009, two years after it was taken.

Her daughter, who was diagnosed with Stage IV neuroblastoma in early 2007, has been featured in local news segments for her fundraising efforts to fight cancer through Alex’s Lemonade Stand. But her mom said she was always part of the decision and was happy to help publicize the fight.

"This? This was entirely different and entirely out of our control," Rieth said. "That’s the most gut-wrenching part: the total lack of control."

Hurting the people featured in the posts, and their families, isn’t the only risk of sharing such content. Sometimes, a single click can help people who are up to no good.

Often, Senft said, Facebook pages are created with the sole purpose of spreading viral content that will get lots of likes and shares.

Once the page creators have piled up hundreds of thousands of likes and shares, they’ll strip the page and promote something else, like products that they get a commission for selling. Or, they may turn around and sell the page through black-market websites to someone who does the same.

It’s a way to trick Facebook’s algorithm, which is designed to give more value to popular pages than the ones, like scams and spam, that pop up overnight.

"The more likes and shares and comments and that sort of thing you have, the more likely it is to be seen by other people," Senft said. "If they’re looking to sell the page in a black-hat forum somewhere, that’s what the value of the page is."

It gets worse

Sometimes, the threat is more direct.

The "new" page may be used to spread malware — software that attacks the user’s computer — or for phishing, the act of trying to gather credit card numbers, passwords or other personal information through links to phony giveaways or contests.

Simply liking a post, or the page itself, can’t spread a virus or phish a user. But malicious Facebook apps can, as can external links that page owners may choose to share to their followers.

If the page owner has access to Facebook’s developer tools, they can collect data on the people who like the page. Personal information like gender, location and age can be used to target more personalized attacks.

The kind of posts used run a gamut from cute to tasteless, from manipulative to misleading.

Rieth said she still finds her daughter’s photo on Facebook from time to time, even though Facebook eventually deleted the original after she and others reported it.

On the most recent page she found, the picture appears in a feed alongside posts such as "Who loves French fries? Like & share if you do" and multiple images encouraging people to like and share if they love Jesus.

There’s an image of a premature baby, pictures of military troops cuddling puppies and an image of a young boy pouring water on a man’s cigarette with the text "Sorry papa … I need you."

"It’s anything that’s going to kind of tug at the heartstrings: the sick kids, the animal abuse, acting like it’s some kind of pet shelter," Senft said. "That’s the bad part with the scammers. They hit people where they’re vulnerable, play on their emotions."

What to do

Because of Facebook’s sheer size, he said it sometimes takes lots of reports for the site to delete an offensive or misleading image, or shut down the page it came from. The best approach, Senft said, is to think before sharing.

"If it sounds too good to be true, don’t click on it," he said. "If it’s something that’s obviously geared toward tugging on the heartstrings, check it out first."

Facebook said it continues to work to make sure high-quality content surfaces for users and low-quality posts don’t. That includes trying to diminish the reach of posts that appear to be "like farming" attempts.

"People have told us they associate requests to like or share a post with lower quality content, and receiving that type of feedback helps us adjust our systems to get better at showing more high quality posts," a Facebook spokesperson said via e-mail.

"If you see a post that’s low quality and seems to be focused only on gaining traffic, hover over the top-right corner of the post and click the arrow to report it."

Facebook uses "automated and manual methods to swiftly remove links and pages that violate our policies," the spokesperson said. "We’re always making improvements to our detection and blocking systems to stay ahead of threats."

‘Truly angry’

Today, Rieth’s daughter is 13 — an eighth-grader who has shown no signs of her cancer since September 2007.

But her mom compares that cheerleading photo to the mythical hydra, a monster with many heads that sprouts two more each time one is cut off. Based just on the images she’s found and reported, the photo has been liked and shared on Facebook hundreds of thousands of times.

A search Monday also found it popping up on Pinterest, as well as one site where it was wrongly used alongside a 2010 article about actor Jackie Chan helping a girl with leukemia find a bone-marrow donor.

"What makes me truly angry, though, is knowing that they’re using it as an insidious way to make money," Rieth said. "That’s not what her survival is about to us."

For this article, CNN sent a Facebook message to the owner of the last page where Rieth found the photo.

When asked whether he planned to sell his page, the owner replied with two words:

"How much?"

Voir également:

Facebook Like-Farming Scams

Hoaxslayer

Overview
An increasing number of bogus Pages appearing on Facebook are designed to do nothing more than artificially increase their popularity by tricking users into "liking" them. This tactic has come to be known as "like-farming". The goal of these unscrupulous like-farmers is to increase the value of Facebook Pages so that they can be sold on the black market to other scammers and/or used to market dubious products and services and distribute further scams. The more likes a Page has, the more resale and marketing value it commands.

How like-farming works
Here’s how a typical like-farming scam operates. The scammers first create a new Facebook Page geared to a certain product or service such as smartphones, gaming consoles, beauty products, or theme parks. The Page may state or imply that it is an official Page endorsed by a company such as Samsung, Apple, Sony or Disneyland and include stolen graphics that depict the targeted company’s products.
Like Farming Page

The Page then begins posting messages claiming that it will be giving away free products to selected users:
Like Farming Bogus Giveaway

But, nobody actually wins anything. Ever. The prizes do not even exist. The promised prizes are just the bait used to entice users into liking the page and sharing the promotional posts. By getting people to click the like button as well as spam out the bogus promotions by sharing them with their friends, these fake Pages can accumulate many thousands of likes, often within just a few hours.

Generally, a few days after the initial posting, when the first liking frenzy has died down, the scammers operating the Page will post a second – equally bogus – promotion thereby initiating a whole new round of like-harvesting. The scammers will continue posting new promotions every few days until they have gained enough likes to suit their needs.

What scammers gain out of creating like-farming Pages
When they have accumulated a large number of likes – perhaps 100,000 or more – the scammers can then sell the Page to unscrupulous marketers. These marketers can then re-purpose the Page to suit their needs and use its large "like" base to blast out spam messages promoting their products or services. Selling Facebook Pages is clearly against Facebook’s Terms of Service. Nevertheless, there is a thriving underground market for established Facebook Pages and the more likes the Page has the more that it can potentially be sold for. There are even marketplace websites and forums set up specifically to buy and sell Facebook Pages. The marketplace for Pages is quite volatile and there are significant variations in listed prices. But, a Page with 100,000 Likes can sell for $1000 or more. Often, prices are calculated on a "$ per K" basis, i.e., the seller might set a base price of – for example – $2 per thousand likes.

Like-farmers might have dozens of scam promotion Pages operating at the same time. Thus, they can make significant amounts of money out of their farming activities.

In some cases, like-farmers might rebrand the pages themselves and use them to promote products or launch further scam campaigns.

How to tell a like-farming scam from a genuine promotion or giveaway
Companies and organizations may operate legitimate Facebook driven promotions in which users receive a chance to win a prize in exchange for liking, sharing or otherwise participating. So, how can you tell if a promotion you come across on Facebook is genuine? Here’s a rundown:

Do the math!

Bogus promotions typically offer hundreds or even thousands of expensive prizes. If real, such promotions would cost very significant sums of money for the promoting company. In reality, it is vastly unlikely that any organization would give away many thousands of dollars worth of products for nothing more than a few Facebook Page "Likes". Do some quick calculations. For example, suppose that the Page is claiming that it will give iPad’s to 2500 randomly chosen participants. That would work out to be several hundred thousand dollars in value for nothing more tangible than a few thousand Page likes. Such promotions are simply not economically viable.

Genuine promotions will typically offer participants a CHANCE to win a prize. They do NOT claim that several thousand participants will each receive an expensive prize. In genuine promotions, the number of prizes is likely to be limited to just a few.

Absurdity
The fake pages often make ridiculous assertions such as the claim that they are giving away the products because they are "unsealed". It is of course nonsensical to suggest that any company would simply give away hundreds of thousands of dollars worth of products just because their packaging had been opened. The Pages often make other illogical claims that can be red flags for more astute observers. For example, the Page discussed above bills itself as a Samsung Galaxy promotion, but claims to be giving away products created by arch-rival Apple. The chances of that happening in real life are virtually nil. Some use very poor grammar and spelling in their posts, which is unlikely to occur on a genuine company Facebook Page. One recent like-farming Page supposedly offering free Disneyland tickets even misspelled "Disney" in its page address.

Terms and Conditions?

These bogus promotions are generally very vague about what company or organization is actually offering the prizes, what the promotion is hoping to achieve, how long the promotion will run, how winners will be chosen and how they will be notified. No conditions of entry are specified. Contact details for the entity running the supposed promotion are not made available. No legal terms are outlined.

On the other hand, genuine promotions are likely to include easily accessible terms and conditions of entry, set clear limits for the duration and giveaway values of the prizes, and make it clear what entity is responsible for the promotion.

Newly Created Pages

Scrolling down to the bottom of many like-farming Pages reveals that they were only created a few days or weeks earlier. Big brands offering promotions are likely to have older and very well established Facebook Pages that work hand in glove with the company’s official websites. Often, promotions aired on a company’s Facebook Page will also be mentioned on its main website as well as its other social media streams.

Do not give the unethical people who create these pages any satisfaction. Do not like their bogus Pages. Do not share their lies. And make sure that your Facebook friends are aware of how these scams operate so that they won’t get caught out either.

Sermon and Deeds of the Antichrist (Luca Signorelli, Fresco Chapel of San Brizio, Duomo, Orvieto, 1499-1502)

Voir enfin:
Le premier avril : rigolade certifiée depuis 1564 (?)
Jean-Christophe Piot

FranceTVinfo

1 avril 2014

Vérifiez bien votre dos aujourd’hui : il y a des chances que tôt ou tard vienne y pendouiller un poisson de papier plus ou moins convaincant, attaché là par un collègue ou un de vos proches particulièrement fier de son coup. Et ça fait quelques siècles que ça dure, sans que personne ne soit franchement fichu de savoir d’où est partie l’habitude de se payer la fiole de ses contemporains. Retour arrière sur différentes pistes, toutes authentiques. Ou non.

Passion, poissons et tribunaux

La première explication de l’origine du poisson d’avril est religieuse, comme souvent : il s’agirait d’une référence à la Passion du Christ et au sort de Jésus de Nazareth, baladé d’un tribunal à l’autre en Palestine, de Caïphe à Ponce Pilate et réciproquement, au début du mois d’avril. La scène, mainte fois reprise et racontée, faisait partie des grands archétypes des spectacles mis en scène par l’Eglise pour raconter la vie du Christ au peuple, en particulier dans le cadre des Mystères, ces représentations théâtrales des moments de la vie du Christ. Quelques farceurs impies se seraient au fil des décennies amusés à transposer l’histoire dans leur quotidien et à promener les naïfs d’un lieu à l’autre pour un motif quelconque. Le temps aidant, le mot Passion aurait glissé vers celui de poisson. Moui. L’explication, classique au 19e siècle, me semble à titre personnel légèrement tirée par les cheveux.

Permis de pêche

La deuxième explication renvoie à la pêche : en avril, celle-ci était généralement interdite par les autorités, soucieuses de laisser truites, carpes et brochets se reproduire tranquillement au début du printemps. Autrement dit, les amateurs de poisson pouvaient s’attendre à patienter un bon bout de temps avant d’y goûter à nouveau. Parvenir à offrir ou à vendre un (faux) poisson aux plus crédules, en plein mois d’avril, serait alors devenu un grand classique de la farce. L’expression « manger du poisson d’avril », synonyme de croire naïvement à n’importe quoi, a bel et bien existé.
Perdus dans le calendrier

La piste la plus crédible, cela dit, touche à une question de calendrier : j’avais déjà raconté ici-même la manière dont le 1er janvier finit par s’imposer partout en France comme date du Nouvel An, après quelques siècles de flottements variés. Un peu partout dans le pays, cette dernière commençait plutôt autour du 1er avril (le nom même du mois pourrait venir du latin aperire, ouvrir) date donc des étrennes, ces petits cadeaux en famille et entre amis. En août 1564, Charles IX finit par trancher et annonça que le Nouvel An serait fixé une bonne fois pour toutes au premier janvier. Sauf qu’il y a loin d’un décret royal aux coutumes populaires et que longtemps encore, bien des gens gardèrent l’habitude de s’offrir des cadeaux le 1er avril. Petit à petit pourtant, leur nombre diminua et leur habitude fut progressivement tournée en ridicule par quelques farceurs qui se firent un plaisir de leur offrir de faux présents ou des messages trompeurs.
Cartes postales et mystérieux prétendants

Avec le temps, les poissons d’avril se répandirent : canulars, fausses nouvelles, courriers mystérieux… Le début du 20e siècle en fit même une industrie, le poisson d’avril devenant un grand classique des cartes postales échangées entre amoureux ou prétendants, chacun envoyant à sa chacune une carte postale "anonyme", agrémentée d’un petit poème parfaitement cucul en général. La preuve.

carte-poisson-avril-amour

"Me reconnaissez-vous ?

Je n’oserais le croire

Si votre coeur jaloux

N’avait tant de mémoire."

Bonus vidéo et arbres à spaghettis

Finissons sur un beau cadeau : ce très joli reportage du 1er avril 1957, dû à la vénérable BBC qu’on n’imaginait pas aussi potache.

C’est en anglais, mais disons que ce beau documentaire de 3 minutes raconte qu’en raison d’un hiver clément, les fermiers suisses profitent joyeusement d’une récolte abondante de spaghettis, cueillis directement sur l’arbre. Aux téléspectateurs (nombreux) qui appelèrent ensuite, avides d’apprendre comment faire pousser leurs propres arbres à nouilles, la BBC répondit par la voix de ses standardistes dûment formées qu’il « suffisait de mettre un brin de spaghetti dans une boite de sauce tomate et d’espérer que ça prenne. »

Manifestement, ça a pris.


Criminalité: Cachez cette religion que je ne saurai voir ! (Crime mystery of the century: Why don’t people turn to crime when times are tough ?)

11 décembre, 2013
http://mjcdn.motherjones.com/preset_51/381in_lead_a_630.jpghttp://prawfsblawg.blogs.com/.a/6a00d8341c6a7953ef0192ab9019c0970d-800wihttp://www.motherjones.com/files/blog_crime_baseline_lead_1.jpg
http://www.gasworks.org.uk/photos/large/471px-Hausbuch_Wolfegg_12r_Jupiter_LR.jpghttp://www.strangenotions.com/wp-content/uploads/Americas-Blessings.jpghttp://www.independent.org/images/books-hires/victory_of_reason_hirez.jpgNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.  Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Quand les hommes se diront: Paix et sécurité! c’est alors que tout d’un coup fondra sur eux la perdition. Paul (lettre aux Thessaloniciens 5: 3)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la «victime inconnue», comme on dirait aujourd’hui le «soldat inconnu». (….) le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. (…) il faut distinguer deux choses. Il y a d’abord le texte chrétien qui pénètre lentement dans la conscience des hommes. Et puis il y a la façon dont les hommes l’interprètent. De ce point de vue, il est évident que le Moyen Age n’interprétait pas le christianisme comme nous. Mais nous ne pouvons pas leur en faire le reproche. Pas plus que nous pouvons faire le reproche aux Polynésiens d’avoir été cannibales. Parce que cela fait partie d’un développement historique.(…)  Mais, s’il est très bien de compatir au sort des malheureux, il faut aussi reconnaître que nous vivons dans la meilleure société que le monde ait jamais connue. Nous connaissons une amélioration du social qui dure depuis le haut Moyen Age. Et notre souci des victimes, pris dans son ensemble comme réalité, n’a pas d’équivalent dans l’histoire des sociétés humaines. (…) On ne peut donc pas supprimer les possibilités positives de cet univers : nous sommes toujours plus libres, du bien et du mal. C’est ce qui fait que notre époque est loin d’être terne, ennuyeuse ou désenchantée. Elle est à mon avis extraordinairement mouvementée, tragique, émouvante et intéressante à vivre. C’est-à-dire toujours ouverte sur les extrêmes du bien et du mal. René Girard
Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Religious Americans are more law abiding, have superior mental and physical health, are far more generous vis-à-vis charities, have much better family life, are more successful, and religious couples even have more satisfactory sex lives! The biggest by far has to do with the criminal justice system. If all Americans committed crimes at the same level as those who do not attend religious services, the costs of the criminal justice system would about double to, perhaps, $2 trillion annually. Rodney Stark
Les efforts des policiers dans les quartiers chauds de New York et de Los Angeles sont louables et ont contribué à améliorer la qualité de vie des résidants. Mais ces changements n’expliquent pas tout. Ceux qui y voient une réponse définitive font fausse route. Si la baisse s’expliquait par des changements dans le fonctionnement de la police dans les grandes villes, alors pourquoi observe-t-on une diminution du crime de façon uniforme, partout aux États-Unis? (…)  l’Occident au complet – et notamment le Canada – a connu une baisse du taux de criminalité au cours des 20 dernières années. L’internet, les cellulaires et les jeux vidéo ne peuvent expliquer la baisse, car les crimes ont commencé à chuter de façon uniforme dans les années 90, avant que ces inventions ne prennent leur envol. Et, pour la première fois depuis les années 70, le taux d’incarcération a commencé à baisser aux États-Unis, en 2007. Jumelé avec une hausse spectaculaire du chômage, cela aurait dû créer un mélange explosif. La réalité, c’est que nous n’avons pas de théorie qui puisse expliquer le phénomène. Pour l’instant, c’est un mystère. Frank E. Zimring (Berkeley)
If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. (…) Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects. But then … there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve. And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else. The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it. Kevin Drum (Mother Jones)
The key factor is the demographic factor. Generally speaking, the people who go out and kill other people are males between the ages of 16 and 30. Samuel Huntington
Surprisingly, some sociologists think civilization is simply getting less violent and more civilized, Greenberg said. That theory was first proposed by German sociologist Norbert Elias in his book The Civilizing Process. Elias wrote that interpersonal violence had been in decline since the Middle Ages, a statement historians now accept. Elias said that for divine monarchs, like Louis XIV of France, their worth was more measured by their ability at witty badinage and manners than swordsmanship. This more civilized tendency spread to the European middle class and finally, in the nineteenth century, to the working classes. Joel N. Shurkin
At the deepest level, many of these shifts, taken together, suggest that crime in the United States is falling—even through the greatest economic downturn since the Great Depression—because of a big improvement in the culture. The cultural argument may strike some as vague, but writers have relied on it in the past to explain both the Great Depression’s fall in crime and the explosion of crime during the sixties. In the first period, on this view, people took self-control seriously; in the second, self-expression—at society’s cost—became more prevalent. It is a plausible case. Culture creates a problem for social scientists like me, however. We do not know how to study it in a way that produces hard numbers and testable theories. Culture is the realm of novelists and biographers, not of data-driven social scientists. But we can take some comfort, perhaps, in reflecting that identifying the likely causes of the crime decline is even more important than precisely measuring it. James Q. Wilson
Personal violent crime began declining in Western nations as early as the sixteenth century. While this research has emphasized violent crimes, similar processes may hold for crime more generally. Perhaps the rising crime rate from World War II through the early 1990s was simply a small spike that temporarily obscured a much longer downward trend. This long historical sweep may offer little solace to those confronted by crime today, but the encouraging long-term trend suggests explanations with deep roots. Eisner points to subtle shifts in parenting occurring over a long time span; Pinker suggests greater interdependence and broadened circles of people with whom we can empathize. Both draw on classic sociological work by Emile Durkheim and Norbert Elias, who attributed historical changes in crime and social disorder to changes in the relation between individuals and society. The centuries-long crime story is perhaps best explained by the gradual development of formal and informal social controls on our behavior. (…) U.S. homicide rates are more than double those of Canada, Japan, and much of Europe. Nevertheless, the U.S. crime picture has improved markedly, with significant across-the-board drops in violent and property offenses. Moreover, as Baumer points out, even behaviors like drinking, drug use, and risky sex are declining, especially among young people. We cannot explain such a sharp decline without reference to the social institutions, conditions, and practices shaping crime and its control. In particular, social scientists point to punishment, policing, opportunities, economics, demography, and history, though there is little consensus about the relative contribution of each. Further disentangling each factor’s unique contribution is a worthy endeavor, but it should not obscure a fundamental point: it is their entanglement in our social world that reduces crime.  (…) More than 90% of the “Part I” crimes reported to the police involve some kind of financial gain. The relationship between crime and the economy is more complicated than the simple idea that people “turn to crime” when times are tough, though. Contrary to popular expectations, for example, both victimizations and official crime showed especially steep declines from 2007 to 2009, when unemployment rates soared. Robbery, burglary, and household theft victimizations had been falling by a rate of about 4% per year from 1993-2006, but fell by an average of 6 to 7% per year during the Great Recession. This is not because crime is unrelated to economic conditions, but because crime is related to so many other things. For example, when people have less disposable income, they may spend more time in the relative safety of their home and less time in riskier places like bars. As noted above regarding opportunities, another reason crime rates are likely to drop when cash-strapped residents stay home at night in front of a television or computer screen is that their mere presence can help prevent burglary and theft. Chris Uggen and Suzy McElrath
[Dans] le cas de l’Estonie (…)  depuis 1995, les homicides ont chuté de 70 %, les vols de voitures de presque autant. Mais ce petit État postsoviétique n’est pas une exception. Dans les pays développés, la même tendance s’observe. Aux États-Unis, la chute a commencé en 1991 ; en Grande-Bretagne, autour de 1995. En France, la baisse date de 2001. Au Canada également ainsi que dans plusieurs pays d’Europe. (…) sur le cas américain, le plus impressionnant. La criminalité urbaine avait atteint des sommets au début des années 1990. Certains voyaient New York ou Los Angeles comme des jungles urbaines aux mains d’une faune de dealers, mafieux, proxénètes et squatters.
 Puis, contrairement aux prévisions, un véritable miracle s’est produit. La criminalité s’est mise à chuter à partir des années 1990. Globalement, elle a baissé d’un tiers dans les grandes villes, mais dans certains cas, elle a chuté de plus de 50 % ! À New York, le cas le plus spectaculaire, la criminalité a été divisée par quatre (- 78 %) entre le milieu des années 1990 et les années 2000. Sciences Humaines
Que vous soyez spécialiste de la question ou pas, vous avez sans doute déjà entendu cette théorie: quand les temps sont durs, la criminalité augmente. Pourtant, malgré une croissance économique stagnante et un chômage élevé, la criminalité a baissé dans la plupart des pays riches au cours de la dernière décennie. (…) Comment expliquer cette tendance générale qu’un rapide coup d’œil aux statistiques des Nations unies suffit à vérifier? Si la démographie est sans doute un facteur (la population vieillit, alors que ce sont les hommes de 16 ans à 24 ans qui commettent la plupart des crimes), The Economist souligne qu’elle ne peut pas expliquer à elle seule la baisse spectaculaire d’un certain type de criminalité dans des villes comme New York, Los Angeles ou Londres. D’autres hypothèses, comme l’augmentation du nombre de prisonniers, sont difficiles à prouver: si la population carcérale a doublé en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis, elle a diminué au Canada et aux Pays-Bas, pays qui ont aussi connu une baisse de la criminalité. (…) Le Guardian expliquait quand à lui en avril dernier que certains autres éléments concrets, comme de meilleurs antivols sur les voitures ou des portes et serrures plus résistantes rendaient les atteintes aux biens plus difficiles aujourd’hui. La technologie, qu’il s’agisse des tests d’ADN, de la localisation par téléphone portable ou des caméras de surveillance, a augmenté le risque de se faire prendre. Selon The Economist, l’explication la plus convaincante est plus simple encore. La police fait mieux son travail: "Une combinaison du fait que les policiers parlent aux habitants des quartiers où ils travaillent et du ciblage intensif des endroits mal famés a transformé la manière dont les rues sont protégées." Si le poids de chaque facteur reste impossible à déterminer, la majorité des experts semblent aujourd’hui s’accorder sur un point: l’augmentation de la criminalité qui a eu lieu un peu partout entre les années 1950 et les années 1980 ressemble de plus en plus à une anomalie de l’histoire. Slate

Attention: une explication peut en cacher une autre !

A l’heure où, avec la France d’une gauche qui s’était une spécialité de le critiquer et une Amérique émasculée par son Carter noir, l’Europe semble enfin se décider à reprendre en Afrique le rôle plus que nécessaire de gendarme du monde

Et où, profitant d’une grève de la police et à l’instar des nouveaux barbares du sud et de l’est qui déferlent sur nos côtes et nos villes, les pillards mettent l’Argentine en coupe réglée …

Pendant que pour défendre leurs damnés de la terre, nos belles âmes de la culture de l’excuse continuent inlassablement à nous seriner avec l’accroissement des inégalités et la violence et le racisme de la répression policière …

Et que pour expliquer l’incroyable baisse de la criminalité (vols de voitures, cambriolages et atteintes aux personnes: homicides, coups et blessures) que connaissent actuellement les Etats-Unis (divisée par deux en une seule génération !) et tout particulièrement leur première ville (de  2 245 homicides en 1990 à  414 l’an dernier et… zéro le 26 novembre 2012 !),  la bible de la bonne conscience de gauche Mother Jones nous ressort l’argument de la baisse du plomb dans l’essence et les peintures …

Comment, derrière l’ensemble des hypothèses qui, du vieillissement de la population à l’amélioration des mesures de protection (alarmes et surveillance, puces électroniques antivol) et de l’action policière (doublement du taux d’incarcération; meilleure utilisation des forces de police: quadrillages ciblés, concentration sur "points chauds", contrôles systématiques) ont toutes à peu près été examinées et ont probablement plus ou moins contribué au résultat général …

Ne pas se réjouir de voir nos sociologues s’intéresser enfin à un phénomène originellement mis à jour par le sociologue allemand Norbert Elias

A savoir le "processus de civilisation", c’est-à-dire une sorte de domestication des pulsions qui vit dans les sociétés occidentales et à partir du XVIe siècle, sur fond de la centralisation des sociétés avec l’institution d’un monopole étatique central de la violence, l’intériorisation par les individus de normes sociétales progressivement plus civilisées ?

Mais, devant l’indéniable origine occidentale d’un phénomène désormais en voie de mondialisation accélérée, comment non plus ne pas s’étonner de l’aveuglement continué des mêmes sociologues …

Face à  l’origine, comme le rappelle inlassablement notre René Girard national, tout aussi indéniablement judéo-chrétienne du phénomène ?

Mais ce non seulement, comme l’a bien montré le sociologue Rodney Stark, au niveau de la pacification de la société par les idées et les adeptes du judéo-christianisme …

Mais aussi, en même temps de par la libération/dislocation des anciens cadres sociétaux qu’il permet/provoque, au niveau même du déclenchement de la crise généralisée que connaissent actuellement nos sociétés occidentales et par contagion désormais la planète entière ?

D’où aussi, comme semblent l’oublier tant les apologistes du christianisme que nos pour le coup bien trop optimistes sociologues et en attestent les récents épisodes d’extrême brutalisation de deux guerres mondiales et plusieurs génocides comme les pages (plus besoin pour cela des textes apocalyptiques de nos bibles) de nos journaux quotidiennement …

Son hélas inévitable pendant, à savoir tant l’extrême fragilité de ladite pacification que la possibilité proprement apocalyptique de son issue finale …

Mystery Of New York’s Falling Crime Rate Remains Unsolved

Are we just becoming more civilized?

Joel N. Shurkin

Inside Science News Service

Feb 13 2013

(ISNS) — In the last 15 years, something dramatic has happened in New York City: the crime rate has dropped precipitously, making the city — where crime once was of epic proportions — the safest major city in America.

How that happened is a matter of considerable controversy, with popular theories ranging from fiercer policing, to abortion, lead paint, and computer-assisted crime prevention programs.

David Greenberg, a sociologist at New York University, believes none of the theories stand up on their own. It could be all or none of the above, he said.

It could also be that Western civilization is just becoming more civilized and less violent, and it is finally showing up in the statistics, even with recent mass shootings in the United States.

Crime rates have fallen in most of the Western world as well as most American cities, but what has happened in New York City, with a population of 8 million, is extraordinary. The rate of violent crime began to decrease in the 1980s, before jumping in the 1990s when crack cocaine made it to the streets in many cities. Then it sank and has continued to do so.

In 1990, there were 2,245 murders in the city. Last year the number was 414, the lowest since police began keeping reliable records.

In one remarkable day, Nov. 26, 2012, there was not a single murder, stabbing or shooting reported in the nation’s largest city, possibly the only time that happened since New York was a small Dutch colony.

"The analysis for homicide showed that rates dropped in every precinct although more in some than in others," Greenberg wrote in an article published in Justice Quarterly about the current trend. The same is true for other violent crimes, including robberies and assaults.

Greenberg said experts typically offer two common explanations. One is that in 1994 the New York Police Department installed CompStat, a computer program that tracks crime and allows police departments to manage personnel better. Another is the "broken windows" theory: police rigidly enforce misdemeanor crimes in an attempt to change the culture. Essentially, the police department believed that cracking down on offenses from prostitution to begging and excessive noise could help suppress felony crime. Either way, the NYPD takes credit.

For CompStat, the crime rate had already begun dropping when the software was installed. Greenberg also failed to find a causal relationship between an increase in misdemeanor charges and the overall crime rate.

Other theories also have been proposed. Steven Levitt and Steven Dubner, in the book "Freakonomics," proposed the increase in legal abortions was a factor. There were fewer young males, the demographic sector most responsible for crime. Malcolm Gladwell, in the book "The Tipping Point," said the increased police activity was just the last factor that ended an epidemic already ebbing. Both theories are highly controversial.

Another theory credits removal of lead from gasoline and paint. Lead causes brain damage and could account for some criminal activity so when lead was removed from gasoline and paint, fewer children were affected.

Greenberg said the evidence to support all those theories is weak.

So what is the answer?

Surprisingly, some sociologists think civilization is simply getting less violent and more civilized, Greenberg said.

That theory was first proposed by German sociologist Norbert Elias in his book The Civilizing Process. Elias wrote that interpersonal violence had been in decline since the Middle Ages, a statement historians now accept.

Elias said that for divine monarchs, like Louis XIV of France, their worth was more measured by their ability at witty badinage and manners than swordsmanship. This more civilized tendency spread to the European middle class and finally, in the nineteenth century, to the working classes.

The decrease also could be partly due to immigration to the city, an influx of people who may be particularly motivated to avoid legal trouble, especially if they are undocumented or because they are determined to make good lives for themselves, Greenberg said.

Then what caused the decline?

"I don’t know," Greenberg said.

Andrew Karmen, a sociologist at John Jay College of Criminal Justice in New York agreed.

"People and organizations claimed credit and think they know the reason for the crime drop, but the evidence is insufficient," Karmen said.

Crime also went down across America and in Europe where no one followed the NYPD tactics, said Karmen, who wrote a book on the subject, " New York Murder Mystery: The True Story Behind the Crime Crash of the 1990s."

Karmen agrees that the flow of immigration could be one reason, with the city’s population "refreshing" regularly. Another possibility, frequently ignored, is that New York is a college town. The City University of New York system alone enrolls 250,000 undergraduates and they are a substantial—and generally peaceful—portion of the young population.

Karmen said solving the mystery is important.

"If we don’t know why the crime rate went down, we won’t know what to do when it goes back up," Karmen said.

Joel Shurkin is a freelance writer based in Baltimore. He is the author of nine books on science and the history of science, and has taught science journalism at Stanford University, UC Santa Cruz and the University of Alaska Fairbanks.

Voir aussi:

Hard Times, Fewer Crimes

The economic downturn has not led to more crime—contrary to the experts’ predictions. So what explains the disconnect? Big changes in American culture, says James Q. Wilson.

James Q. Wilson

The Wall Street Journal

May 28, 2011

When the FBI announced last week that violent crime in the U.S. had reached a 40-year low in 2010, many criminologists were perplexed. It had been a dismal year economically, and the standard view in the field, echoed for decades by the media, is that unemployment and poverty are strongly linked to crime. The argument is straightforward: When less legal work is available, more illegal "work" takes place.

The economist Gary Becker of the University of Chicago, a Nobel laureate, gave the standard view its classic formulation in the 1960s. He argued that crime is a rational act, committed when the criminal’s "expected utility" exceeds that of using his time and other resources in pursuit of alternative activities, such as leisure or legitimate work. Observation may appear to bear this theory out. After all, neighborhoods with elevated crime rates tend to be those where poverty and unemployment are high as well.

But there have long been difficulties with the notion that unemployment causes crime. For one thing, the 1960s, a period of rising crime, had essentially the same unemployment rate as the late 1990s and early 2000s, a period when crime fell. And during the Great Depression, when unemployment hit 25%, the crime rate in many cities went down. Among the explanations offered for this puzzle is that unemployment and poverty were so common during the Great Depression that families became closer, devoted themselves to mutual support, and kept young people, who might be more inclined to criminal behavior, under constant adult supervision. These days, because many families are weaker and children are more independent, we would not see the same effect, so certain criminologists continue to suggest that a 1% increase in the unemployment rate should produce as much as a 2% increase in property-crime rates.

Yet when the recent recession struck, that didn’t happen. As the national unemployment rate doubled from around 5% to nearly 10%, the property-crime rate, far from spiking, fell significantly. For 2009, the Federal Bureau of Investigation reported an 8% drop in the nationwide robbery rate and a 17% reduction in the auto-theft rate from the previous year. Big-city reports show the same thing. Between 2008 and 2010, New York City experienced a 4% decline in the robbery rate and a 10% fall in the burglary rate. Boston, Chicago and Los Angeles witnessed similar declines.

Some scholars argue that the unemployment rate is too crude a measure of economic frustration to prove the connection between unemployment and crime, since it estimates only the percentage of the labor force that is looking for work and hasn’t found it. But other economic indicators tell much the same story. The labor-force participation rate lets us determine the percentage of the labor force that is neither working nor looking for work—individuals who are, in effect, detached from the labor force. These people should be especially vulnerable to criminal inclinations, if the bad-economy-leads-to-crime theory holds. In 2008, though, even as crime was falling, only about half of men aged 16 to 24 (who are disproportionately likely to commit crimes) were in the labor force, down from over two-thirds in 1988, and a comparable decline took place among African-American men (who are also disproportionately likely to commit crimes).

The University of Michigan’s Consumer Sentiment Index offers another way to assess the link between the economy and crime. This measure rests on thousands of interviews asking people how their financial situations have changed over the last year, how they think the economy will do during the next year, and about their plans for buying durable goods. The index measures the way people feel, rather than the objective conditions they face. It has proved to be a very good predictor of stock-market behavior and, for a while, of the crime rate, which tended to climb when people lost confidence. When the index collapsed in 2009 and 2010, the stock market predictably went down with it—but this time, the crime rate went down, too.

So we have little reason to ascribe the recent crime decline to jobs, the labor market or consumer sentiment. The question remains: Why is the crime rate falling?

One obvious answer is that many more people are in prison than in the past. Experts differ on the size of the effect, but I think that William Spelman and Steven Levitt have it about right in believing that greater incarceration can explain about one-quarter or more of the crime decline. Yes, many thoughtful observers think that we put too many offenders in prison for too long. For some criminals, such as low-level drug dealers and former inmates returned to prison for parole violations, that may be so. But it’s true nevertheless that when prisoners are kept off the street, they can attack only one another, not you or your family.

Imprisonment’s crime-reduction effect helps to explain why the burglary, car-theft and robbery rates are lower in the U.S. than in England. The difference results not from the willingness to send convicted offenders to prison, which is about the same in both countries, but in how long America keeps them behind bars. For the same offense, you will spend more time in prison here than in England. Still, prison can’t be the sole reason for the recent crime drop in this country: Canada has seen roughly the same decline in crime, but its imprisonment rate has been relatively flat for at least two decades.

Another possible reason for reduced crime is that potential victims may have become better at protecting themselves by equipping their homes with burglar alarms, putting extra locks on their cars and moving into safer buildings or even safer neighborhoods. We have only the faintest idea, however, about how common these trends are or what effects on crime they may have.

Policing has become more disciplined over the last two decades; these days, it tends to be driven by the desire to reduce crime, rather than simply to maximize arrests, and that shift has reduced crime rates. One of the most important innovations is what has been called hot-spot policing. The great majority of crimes tend to occur in the same places. Put active police resources in those areas instead of telling officers to drive around waiting for 911 calls, and you can bring down crime. The hot-spot idea helped to increase the effectiveness of the New York Police Department’s Compstat program, which uses computerized maps to pinpoint where crime is taking place and enables police chiefs to hold precinct captains responsible for targeting those areas.

Researchers continue to test and refine hot-spot policing. After analyzing data from over 7,000 police arrivals at various locations in Minneapolis, the criminologists Lawrence Sherman and David Weisburd showed that for every minute an officer spent at a spot, the length of time without a crime there after the officer departed went up—until the officer had been gone for more than 15 minutes. After that, the crime rate went up. The police can make the best use of their time by staying at a hot spot for a while, moving on, and returning after 15 minutes.

Some cities now use a computer-based system for mapping traffic accidents and crime rates. They have noticed that the two measures tend to coincide: Where there are more accidents, there is more crime. In Shawnee, Kan., the police spent a lot more time in the 4% of the city where one-third of the crime occurred: Burglaries fell there by 60% (even though in the city as a whole they fell by only 8%), and traffic accidents went down by 17%.

There may also be a medical reason for the decline in crime. For decades, doctors have known that children with lots of lead in their blood are much more likely to be aggressive, violent and delinquent. In 1974, the Environmental Protection Agency required oil companies to stop putting lead in gasoline. At the same time, lead in paint was banned for any new home (though old buildings still have lead paint, which children can absorb).

Tests have shown that the amount of lead in Americans’ blood fell by four-fifths between 1975 and 1991. A 2007 study by the economist Jessica Wolpaw Reyes contended that the reduction in gasoline lead produced more than half of the decline in violent crime during the 1990s in the U.S. and might bring about greater declines in the future. Another economist, Rick Nevin, has made the same argument for other nations.

Another shift that has probably helped to bring down crime is the decrease in heavy cocaine use in many states. Measuring cocaine use is no easy matter; one has to infer it from interviews or from hospital-admission rates. Between 1992 and 2009, the number of admissions for cocaine or crack use fell by nearly two-thirds. In 1999, 9.8% of 12th-grade students said that they had tried cocaine; by 2010, that figure had fallen to 5.5%.

What we really need to know, though, is not how many people tried coke but how many are heavy users. Casual users who regard coke as a party drug are probably less likely to commit serious crimes than heavy users who may resort to theft and violence to feed their craving. But a study by Jonathan Caulkins at Carnegie Mellon University found that the total demand for cocaine dropped between 1988 and 2010, with a sharp decline among both light and heavy users.

Blacks still constitute the core of America’s crime problem. But the African-American crime rate, too, has been falling, probably because of the same non-economic factors behind falling crime in general: imprisonment, policing, environmental changes and less cocaine abuse.

Knowing the exact crime rate of any ethnic or racial group isn’t easy, since most crimes don’t result in arrest or conviction, and those that do may be an unrepresentative fraction of all crimes. Nevertheless, we do know the racial characteristics of those who have been arrested for crimes, and they show that the number of blacks arrested has been falling. Barry Latzer of the John Jay College of Criminal Justice has demonstrated that between 1980 and 2005, arrests of blacks for homicide and other violent crimes fell by about half nationwide.

It’s also suggestive that in the five New York City precincts where the population is at least 80% black, the murder rate fell by 78% between 1990 and 2000. In the black neighborhoods of Chicago, burglary fell by 52%, robbery by 62%, and homicide by 33% between 1991 and 2003. A skeptic might retort that all these seeming gains were merely the result of police officers’ giving up and no longer recording crimes in black neighborhoods. But opinion surveys in Chicago show that, among blacks, fear of crime was cut in half during the same period.

One can cite further evidence of a turnaround in black crime. Researchers at the federal Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention found that in 1980, arrests of young blacks outnumbered arrests of whites more than six to one. By 2002, the gap had been closed to just under four to one.

Drug use among blacks has changed even more dramatically than it has among the population as a whole. As Mr. Latzer points out—and his argument is confirmed by a study by Bruce D. Johnson, Andrew Golub and Eloise Dunlap—among 13,000 people arrested in Manhattan between 1987 and 1997, a disproportionate number of whom were black, those born between 1948 and 1969 were heavily involved with crack cocaine, but those born after 1969 used very little crack and instead smoked marijuana.

The reason was simple: The younger African-Americans had known many people who used crack and other hard drugs and wound up in prisons, hospitals and morgues. The risks of using marijuana were far less serious. This shift in drug use, if the New York City experience is borne out in other locations, can help to explain the fall in black inner-city crime rates after the early 1990s.

John Donohue and Steven Levitt have advanced an additional explanation for the reduction in black crime: the legalization of abortion, which resulted in black children’s never being born into circumstances that would have made them likelier to become criminals. I have ignored that explanation because it remains a strongly contested finding, challenged by two economists at the Federal Reserve Bank of Boston and by various academics.

At the deepest level, many of these shifts, taken together, suggest that crime in the United States is falling—even through the greatest economic downturn since the Great Depression—because of a big improvement in the culture. The cultural argument may strike some as vague, but writers have relied on it in the past to explain both the Great Depression’s fall in crime and the explosion of crime during the sixties. In the first period, on this view, people took self-control seriously; in the second, self-expression—at society’s cost—became more prevalent. It is a plausible case.

Culture creates a problem for social scientists like me, however. We do not know how to study it in a way that produces hard numbers and testable theories. Culture is the realm of novelists and biographers, not of data-driven social scientists. But we can take some comfort, perhaps, in reflecting that identifying the likely causes of the crime decline is even more important than precisely measuring it.

—Mr. Wilson is a senior fellow at the Clough Center at Boston College and taught previously at Harvard, UCLA and Pepperdine. His many books include "The Moral Sense," "Bureaucracy," and "Thinking About Crime." This essay is adapted from the forthcoming issue of City Journal, published by the Manhattan Institute.

Voir également:

Six Social Sources of the U.S. Crime Drop

Chris Uggen and Suzy McElrath

The Society pages

Feb 4, 2013

Chris Uggen

Chris Uggen is a sociologist and criminologist at the University of Minnesota. He believes that good science can light the way to a more just and safer world. He is co-editor of The Society Pages.

Suzy

Suzy McElrath is in the sociology program at the University of Minnesota. She studies the sociology of law and criminology, with a focus on mass atrocity, transitional justice, collective memory, and gender violence.

Each year, when the federal government releases new crime statistics, reporters seek out crime experts to help interpret the numbers. But following three decades of climbing crime rates, the downward trend of the past two decades has left even the experts searching for answers. Crime dropped under Democrats like Bill Clinton and Barack Obama and when Republicans like George W. Bush were in charge. Crime dropped during times of peace and times of war, in the boom times of the late 1990s and in the Great Recession era from 2007 to 2009. In recent years, both criminologists and the public have been baffled by the improving crime situation—especially when many other social indicators looked so bleak.

But social scientists are starting to make sense of the big U.S. crime drop. At least among many of the “street” crimes reported by police and victims, today’s crime rate is roughly half what it was just two decades ago. This isn’t because people are twice as nice. Rather, the reasons behind the crime drop involve everything from an aging population to better policing to the rising ubiquity of cell phones. There’s no single “smoking gun” that can account for the drop: both formal social controls, such as police and prisons, and broader shifts in the population and economy play a part. That is, the main drivers are all social. Crime is less likely these days because of incremental changes in our social lives and interaction with others, including shifts in our institutions, technologies, and cultural practices. Before unpacking these social sources of the crime drop, we need to look a little more closely at its timing and variation across offenses, from auto theft to murder.

Dropping Like a Stone

It might not feel as though the United States is appreciably safer, but both violent and property crimes have dropped steadily and substantially for nearly twenty years. Whether looking to “official” crime (reported to the police) or victimization surveys, the story is the same—both violent and property crimes have dropped like a stone. While crime rose throughout much of the 1960s and ‘70s, most of today’s college freshmen have not experienced a significant rise in the crime rate over the course of their lives.

For all the talk about crime rates (technically, the number of offenses divided by the number of people or households in a given place and time to adjust for population changes), we only have good information about trends for a limited set of offenses—street crimes like murder, rape, robbery, aggravated assault, burglary, theft, auto theft, and arson. Criminologists generally look to two sources of data to measure these crimes, the “official statistics” reported to the police and compiled as “Part I” offenses in the FBI’s Uniform Crime Reports (UCR) and reports from crime victims in the large-scale annual National Crime Victimization Survey (NCVS). The official statistics are invaluable for understanding changes over time, because the reports have been consistently collected from almost every U.S. jurisdiction over several decades. The victimization data are also invaluable, because they help account for the “dark figure” of crime—offenses that go unreported to the police and are thus missing from the official statistics. Although both speak to the wellbeing of citizens and their sense of public safety, they do not necessarily show us the whole crime picture (they omit, for example, most white-collar crime and corporate malfeasance). Nevertheless, when victimization data tell the same story as police statistics, criminologists are generally confident that the trend is real rather than a “blip” or a mirage.

First, let’s look at the “Part I” crime rate according to the official FBI statistics. Property crimes like burglary and theft are much more common than violent crimes such as rape and robbery (as shown by the larger numbers on the left axis relative to the right axis). Both were clearly rising from the 1960s to about 1980. After some fluctuation in the 1970s and ‘80s, both rates of reported violence and property crime fell precipitously in 1991. Since then, official statistics show drops of about 49% and 43%, respectively. The sustained drop-off looks even more remarkable when compared to the earlier climb. Official 2011 statistics show offense rates on par with levels last seen in the 1960s for property crimes and in the early ‘70s for violent crime.

The federal government began taking victimization surveys from a nationally representative sample of households in the 1970s. The victimization picture is clouded by recall errors and other survey methodology challenges, but it’s less distorted by unreported crime than the official statistics. Because the survey was re-designed in 1992, we show only the trend in property and violent victimizations from 1993 onward.

Like the official statistics, the victimization data also show a broad-based and long-term crime decline, though there is some evidence of a slight uptick by 2011. There is a drop in violent victimizations through 2009 and a drop in property victimizations through 2010 (apart from a slight rise in 2006 that followed a change in survey methodology). Over this time, violent victimizations fell by 55% (from approximately 50 per 1,000 persons age 12 or older in 1993 to 23 per 1,000 in 2011). Property crimes fell by 57% (from 319 per 1,000 households in 1993 to 139 per 1,000 households in 2011). In both cases, the victim data suggest that the crime drop may be even larger than that suggested by the official statistics.

It isn’t just one type of crime that fell. All seven of the “Part I” offenses reported in the police statistics and the closest corresponding victimization offenses declined by at least 35% from 1993 to 2011. Although the specific offense categories are not directly comparable, similar types of crimes dropped in both the official statistics and the victimization data. For example, the steepest drops occurred for motor vehicle theft, which fell by 62% in official statistics and 74% in the victimization data. Taken together, this provides firm evidence that the crime drop is real, long-lasting, and broad in scope.

Six Social Sources

The big crime drop implies that either fewer people are participating in crime or that those who do participate are committing crime less frequently. But a society’s rate of crime is not a simple aggregation of the number of “crime-prone” individuals with particular psychological or biological characteristics. Under the right or, more precisely, the wrong social conditions, we are all prone to commit criminal acts. Communities therefore attempt to organize social life in ways that make crime less likely. While we often associate crime with institutions such as the police or courts, anything that alters patterns of human interaction can drive the crime rate up or down. This includes the technology in our cars, the places we go for entertainment, and the medical advances affecting reproduction and aging.

The idea that crime is social rather than individual is a prominent theme in much of the best new research. The crime drop partly reflects the work of institutions that are explicitly designed to increase social control, but it also reflects changes in other institutions designed to perform different societal functions.

Scholars have yet to neatly partition the unique contribution of the six social sources of the crime drop, but we can summarize current thinking about their likely impact.

Formal Social Control and Criminal Opportunities

Punishment

Punishment. No discussion of recent U.S. crime trends would be complete without considering our nation’s prison population, which increased from 241,000 in 1975 to 773,000 in 1990 to over 1.6 million in 2010. Because incarceration rose so rapidly, it is tempting to attribute the lion’s share of the crime drop to the incapacitating effects of prison. But if this were the case, as law professor Franklin Zimring points out, we should have seen an earlier crime drop (when incarceration first boomed in the 1970s). Instead, since crime is closely tied to the demography of the life course, new cohorts of potential offenders are always replacing those removed via incarceration. Moreover, many criminologists believe that prisons are actually criminogenic in the long-run, strengthening criminal ties and disrupting non-criminal opportunities when inmates are released.

In one of the most sophisticated studies of the effect of imprisonment on crime, sociologist Bruce Western estimates that roughly nine-tenths of the crime drop during the 1990s would have occurred without any changes in imprisonment. Economist Steven Levitt attributes up to one-third of the total decline to incarceration. Rising rates of imprisonment thus account for at least some of the crime drop in the 1990s and 2000s, with scholars attributing anywhere from 10 to 30% of the decline to America’s incarceration boom.

Policing

Policing. Both public and private policing strategies have changed considerably over the past several decades, as have the technologies available to law enforcement. Zimring and others conclude that “cops matter,” especially in explaining New York City’s crime decline. More specifically, criminologists David Weisburd and Cody Telep identify targeted policing of high-crime “hot spots,” gun crimes, and high-rate offenders, as well as proactive problem-oriented policing and the use of DNA evidence as police practices that reduce crime. In contrast, they find little evidence for the effectiveness of policing tactics like random preventive patrol, follow-up visits in domestic violence cases, and Drug Abuse Resistance Education (the DARE program).

While Levitt is skeptical about the role of new policing strategies, he attributes a portion of the 1990s crime drop to increases in the number of officers on the street. Because of the criminogenic effects of prison, scholars such as economist Steven Durlauf and criminologist Daniel Nagin propose shifting a greater share of criminal justice funding in policing. Effective law enforcement is part of the picture, says criminologist John MacDonald, but he also argues that public-private security partnerships such as targeted “business improvement districts” have helped to sustain the decline. The unique contribution of policing to the current crime drop is likely significant, but limited—accounting for perhaps 10 to 20% of the overall decline. Moreover, the effectiveness of the formal social controls provided by police depends, in large part, on support from informal social controls provided by families and communities.

Opportunities

Opportunities. Apart from changes in prisons and policing, the opportunities for crime have changed rapidly and dramatically since the 1990s. Technology isn’t an obvious social source of the crime drop, but people have been connecting in fundamentally different ways in the past two decades, altering the risks and rewards of criminal behavior. When it comes to “target hardening” (crime prevention through environmental design), simple changes can make an enormous difference. Recall that the biggest drop among all crime categories was in auto theft—in the United States and around the world, new technologies like car immobilizers, alarms, and central locking and tracking devices have effectively reduced this crime.

More generally, surveillance provides guardianship over ourselves and our property. It may even deter others from acting against us. With regard to a now-common technology, economists Jonathan Klick and Thomas Stratmann and criminologist John MacDonald point to the amazing proliferation of cell phones. They argue that cells increase surveillance and a would-be offender’s risk of apprehension, which affects the perceived costs of crime. Many potential victims now have easy access to a camera and are within a few finger-swipes of a call to 9-1-1. In a follow-up interview with the authors about his research, MacDonald said that the crime drop is “driven in part by target hardening, in part by consumer technological shifts, and in part by the movement of people’s nighttime activities back to the house.” In sum, where we spend our time and who is watching us likely plays a big role in the recent crime decline.

Of course, efforts to constrain criminal opportunities can also constrain non-criminal activities—and while most of us welcome the declining crime rates that accompany greater surveillance, we are far more ambivalent about being watched ourselves. As criminologist Eric Baumer explained to the authors, “not only are we spending more time off the streets and on a computer, but we are being watched or otherwise connected to some form of ‘social control’ pretty constantly when we are out and about.” It is difficult to quantify how myriad small changes in criminal opportunities affected the crime drop, but their combined contribution may be on a par with that of formal policing or prisons.

Social Trends and Institutional Change

Economics

Economics. More than 90% of the “Part I” crimes reported to the police involve some kind of financial gain. The relationship between crime and the economy is more complicated than the simple idea that people “turn to crime” when times are tough, though. Contrary to popular expectations, for example, both victimizations and official crime showed especially steep declines from 2007 to 2009, when unemployment rates soared. Robbery, burglary, and household theft victimizations had been falling by a rate of about 4% per year from 1993-2006, but fell by an average of 6 to 7% per year during the Great Recession.

This is not because crime is unrelated to economic conditions, but because crime is related to so many other things. For example, when people have less disposable income, they may spend more time in the relative safety of their home and less time in riskier places like bars. As noted above regarding opportunities, another reason crime rates are likely to drop when cash-strapped residents stay home at night in front of a television or computer screen is that their mere presence can help prevent burglary and theft.

Criminologists Richard Rosenfeld and Robert Fornango suggest that consumer confidence and the perception of economic hardship may account for as much as one-third of the recent reduction in robbery and property crime. Nevertheless, while economic recessions and consumer sentiment are likely to play some role, they cannot account for the long and steady declines shown in the charts above—boom or bust, crime rates have been dropping for twenty years. For this reason, most criminologists attribute only a small share of the crime drop to economic conditions.

Demography

Demography. Crime, it seems, is largely a young man’s game. For most offenses, crime and arrests peak in the late teen years and early twenties, declining quickly thereafter. During the 1960s and 1970s, the large number of teens and young adults in the Baby Boom cohort drove crime rates higher. In societies that are growing older, such as the contemporary United States, there are simply fewer of the young men who make up the majority of criminal offenders and victims. Due to these life course processes, the age and gender composition of a society is an underlying factor that structures its rate of crime.

An influx of new immigrants might also be contributing to lower crime rates. According to research by sociologist Robert Sampson and his colleagues, immigration can be “protective” against crime, with first-generation immigrants being significantly less likely to commit violence than third-generation Americans, after adjusting for personal and neighborhood characteristics.

While criminologists estimate that demographic changes can account for perhaps 10% of the recent crime drop, these factors are changing too slowly to explain why crime was essentially halved within the course of a single generation.

Social Dynamics

Longer-term Social Dynamics. Drawing back the historical curtain on U.S. crime rates puts the recent drop in perspective. So argued historian Eric Monkkonen, who showed that the urban homicide rates of the nineteenth and early twentieth centuries were on a par with the “peak” rates observed in the early 1990s. In fact, historical evidence amassed by scholars including psychologist Steven Pinker and historical criminologist Manuel Eisner convincingly shows that personal violent crime began declining in Western nations as early as the sixteenth century. While this research has emphasized violent crimes, similar processes may hold for crime more generally. Perhaps the rising crime rate from World War II through the early 1990s was simply a small spike that temporarily obscured a much longer downward trend.

This long historical sweep may offer little solace to those confronted by crime today, but the encouraging long-term trend suggests explanations with deep roots. Eisner points to subtle shifts in parenting occurring over a long time span; Pinker suggests greater interdependence and broadened circles of people with whom we can empathize. Both draw on classic sociological work by Emile Durkheim and Norbert Elias, who attributed historical changes in crime and social disorder to changes in the relation between individuals and society. The centuries-long crime story is perhaps best explained by the gradual development of formal and informal social controls on our behavior. In this light, Baumer argues that we should at least think more expansively about the contemporary crime drop. We cannot say for certain where the crime rate will be in five years, but if we had to bet where the crime rate would be in one hundred years, we could be reasonably confident it’d be measurably lower than it is today.

Room for Improvement

Criminologists almost universally acknowledge a sizeable crime drop over the last twenty years. This does not mean that everyone’s neighborhood became safer or that crime in the United States is low relative to other industrialized nations. In fact, U.S. homicide rates are more than double those of Canada, Japan, and much of Europe. Nevertheless, the U.S. crime picture has improved markedly, with significant across-the-board drops in violent and property offenses. Moreover, as Baumer points out, even behaviors like drinking, drug use, and risky sex are declining, especially among young people.

We cannot explain such a sharp decline without reference to the social institutions, conditions, and practices shaping crime and its control. In particular, social scientists point to punishment, policing, opportunities, economics, demography, and history, though there is little consensus about the relative contribution of each. Further disentangling each factor’s unique contribution is a worthy endeavor, but it should not obscure a fundamental point: it is their entanglement in our social world that reduces crime.

Recommended Reading

Eric P. Baumer and Kevin Wolff. Forthcoming. “Evaluating the Contemporary Crime Drop(s) in America, New York City, and Many Other Places,” Justice Quarterly. An up-to-the-minute appraisal of explanations for local, national, and global crime trends.

Manuel Eisner. 2003. “Long-Term Historical Trends in Violent Crime,” Crime and Justice. A rich treatment of the decline in European homicide rates from the 16th to 20th centuries.

Steven D. Levitt. 2004. “Understanding Why Crime Fell in the 1990s: Four Factors that Explain the Decline and Six that Do Not,” Journal of Economic Perspectives. A systematic appraisal of explanations for the crime decline by the renowned economist and Freakonomics author.

Eric H. Monkkonen. 2002. “Homicide in New York, Los Angeles, and Chicago,” The Journal of Criminal Law and Criminology. A careful historical examination of homicide in the 19th and 20th centuries.

Franklin E. Zimring. 2007. The Great American Crime Decline. A well-written and thoroughgoing account of the U.S. crime drop.

- See more at: http://thesocietypages.org/papers/crime-drop/#sthash.craHnp8m.dpuf

Voir encore:

America’s falling crime rate

Good news is no news

Americans are committing fewer crimes, though nobody seems to know quite why

Jun 2nd 2011

INTUITIVE theories are often easier to believe in than to prove. For instance: conventional wisdom says that the crime rate should rise during a recession. When people are out of work and out of money, the thinking goes, they turn to crime. But the evidence backing this theory is at best equivocal. There seem to be some links between crime and economic conditions, but they are neither as direct nor clear as one might assume. Crime rose during the Roaring Twenties then fell in the Depression. America’s economy expanded and crime rates rose in the 1960s. Rates fell throughout the 1990s, when America’s economy was healthy, but they kept falling during the recession in the early 2000s (see chart).

And during the current downturn, the unemployment rate rose as the crime rate fell. Between 2008 and 2009 violent crime fell by 5.3% and property crime by 4.6%; between 2009 and 2010, according to the preliminary Uniform Crime Report released by the FBI on May 23rd, violent crime fell by another 5.5% and property crime by 2.8%. Robberies—precisely the crime one might expect to rise during tough economic times—fell by 9.5% between 2009 to 2010. The decline in violent crimes was sharpest in small towns, where the rate dropped by more than 25%, and among regions sharpest in the South, which saw a 7.5% decline. Only two cities with more than 1m people—San Antonio and New York—saw their crime rates rise. And some perspective is warranted there: in 1991 around 2,200 people were murdered in New York. Last year just 536 were. Overall, America’s violent-crime rate is at its lowest level in around 40 years, and its murder rate at its lowest in almost 50.

According to the social scientists, this was not supposed to happen. In 1995 James Wilson, who came up with the “broken windows” theory of crime prevention widely credited with making New York safer, warned that by 2000 there would be “30,000 more young muggers, killers and thieves than we have now. Get ready.” One year later John DiLulio, another political scientist who studies crime, warned of a wave of “juvenile super-predators” wreaking havoc by 2010. Yet even as they wrote, the violent-crime rate had already begun to fall. Except for a bit of a rise from 2004 to 2006, it has fallen every year since 1991.

Although nobody predicted the striking decline in crime during the 1990s, in hindsight theories explaining it abound. Some give credit to smarter police tactics: particularly quantitative methods and “broken windows” policing. Others point to the increased availability of legal abortion in the 1970s, resulting in fewer children born to teenage, unwed and poor mothers: precisely the sorts of children who commit crimes at high rates during adolescence. There is also the waning of violence associated with the crack market, and the increased incarceration rate, which keeps more criminals off the street for longer (though at tremendous cost).

Although these factors explain the drop since the late 1980s, they do not explain the sharp drop in the past two years. For that Al Blumstein, a criminologist who heads the National Consortium on Violence Research, posits an “Obama effect”, in which the election of America’s first black president inspires a significant number of young black men away from violence. And indeed between 2008 and 2009, the numbers of blacks arrested for murder and robbery each declined by over 2%, though this theory has more narrative than evidentiary appeal.

Another theory concerns lead. Exposure to lead in childhood has been linked to aggression and criminal behaviour in adults. Jessica Wolpaw Reyes, an economist at Amherst College, argues that the decline in American children’s exposure to lead since it was phased out of gasoline in the 1970s and removed almost entirely by 1985, accounts for much of the decline in violent crime in the 1990s. It may account for even more, as more of America’s unleaded children enter adolescence and their early 20s. And then there are those perennial bogeymen, video games and the internet, affordable forms of entertainment that keep people inside, and away from real crime and drugs.

Voir de même:

America’s Real Criminal Element: Lead

New research finds Pb is the hidden villain behind violent crime, lower IQs, and even the ADHD epidemic. And fixing the problem is a lot cheaper than doing nothing.

Kevin Drum

Mother Jones

Jan. 3, 2013

When Rudy Giuliani ran for mayor of New York City in 1993, he campaigned on a platform of bringing down crime and making the city safe again. It was a comfortable position for a former federal prosecutor with a tough-guy image, but it was more than mere posturing. Since 1960, rape rates had nearly quadrupled, murder had quintupled, and robbery had grown fourteenfold. New Yorkers felt like they lived in a city under siege.

Throughout the campaign, Giuliani embraced a theory of crime fighting called "broken windows," popularized a decade earlier by James Q. Wilson and George L. Kelling in an influential article in The Atlantic. [8] "If a window in a building is broken and is left unrepaired," they observed, "all the rest of the windows will soon be broken." So too, tolerance of small crimes would create a vicious cycle ending with entire neighborhoods turning into war zones. But if you cracked down on small crimes, bigger crimes would drop as well.

Giuliani won the election, and he made good on his crime-fighting promises by selecting Boston police chief Bill Bratton as the NYPD’s new commissioner. Bratton had made his reputation as head of the New York City Transit Police, where he aggressively applied broken-windows policing to turnstile jumpers and vagrants in subway stations. With Giuliani’s eager support, he began applying the same lessons to the entire city, going after panhandlers, drunks, drug pushers, and the city’s hated squeegee men. And more: He decentralized police operations and gave precinct commanders more control, keeping them accountable with a pioneering system called CompStat that tracked crime hot spots in real time.

The results were dramatic. In 1996, the New York Times reported [9] that crime had plunged for the third straight year, the sharpest drop since the end of Prohibition. Since 1993, rape rates had dropped 17 percent, assault 27 percent, robbery 42 percent, and murder an astonishing 49 percent. Giuliani was on his way to becoming America’s Mayor and Bratton was on the cover of Time. It was a remarkable public policy victory.

But even more remarkable is what happened next. Shortly after Bratton’s star turn, political scientist John DiIulio warned that the echo of the baby boom would soon produce a demographic bulge of millions of young males that he famously dubbed "juvenile super-predators [10]." Other criminologists nodded along. But even though the demographic bulge came right on schedule, crime continued to drop. And drop. And drop. By 2010, violent crime rates in New York City had plunged 75 percent from their peak in the early ’90s.

All in all, it seemed to be a story with a happy ending, a triumph for Wilson and Kelling’s theory and Giuliani and Bratton’s practice. And yet, doubts remained. For one thing, violent crime actually peaked in New York City in 1990, four years before the Giuliani-Bratton era. By the time they took office, it had already dropped 12 percent.

The PB Effect

What happens when you expose a generation of kids to high lead levels? Crime and teen pregnancy data two decades later tell a startling story.

Second, and far more puzzling, it’s not just New York that has seen a big drop in crime. In city after city, violent crime peaked in the early ’90s and then began a steady and spectacular decline. Washington, DC, didn’t have either Giuliani or Bratton, but its violent crime rate has dropped 58 percent since its peak. Dallas’ has fallen 70 percent. Newark: 74 percent. Los Angeles: 78 percent.

There must be more going on here than just a change in policing tactics in one city. But what?

There are, it turns out, plenty of theories. When I started research for this story, I worked my way through a pair of thick [11] criminology tomes [12]. One chapter regaled me with the "exciting possibility" that it’s mostly a matter of economics: Crime goes down when the economy is booming and goes up when it’s in a slump. Unfortunately, the theory doesn’t seem to hold water—for example, crime rates have continued to drop recently despite our prolonged downturn.

Another chapter suggested that crime drops in big cities were mostly a reflection of the crack epidemic of the ’80s finally burning itself out. A trio of authors identified three major "drug eras" in New York City, the first dominated by heroin, which produced limited violence, and the second by crack, which generated spectacular levels of it. In the early ’90s, these researchers proposed, the children of CrackGen switched to marijuana, choosing a less violent and more law-abiding lifestyle. As they did, crime rates in New York and other cities went down.

Another chapter told a story of demographics: As the number of young men increases, so does crime. Unfortunately for this theory, the number of young men increased during the ’90s, but crime dropped anyway.

There were chapters in my tomes on the effect of prison expansion. On guns and gun control. On family. On race. On parole and probation. On the raw number of police officers. It seemed as if everyone had a pet theory. In 1999, economist Steven Levitt, later famous as the coauthor of Freakonomics, teamed up with John Donohue to suggest that crime dropped because of Roe v. Wade [13]; legalized abortion, they argued, led to fewer unwanted babies, which meant fewer maladjusted and violent young men two decades later.

But there’s a problem common to all of these theories: It’s hard to tease out actual proof. Maybe the end of the crack epidemic contributed to a decline in inner-city crime, but then again, maybe it was really the effect of increased incarceration, more cops on the beat, broken-windows policing, and a rise in abortion rates 20 years earlier. After all, they all happened at the same time.

To address this problem, the field of econometrics gives researchers an enormous toolbox of sophisticated statistical techniques. But, notes statistician and conservative commentator Jim Manzi in his recent book Uncontrolled [14], econometrics consistently fails to explain most of the variation in crime rates. After reviewing 122 known field tests, Manzi found that only 20 percent demonstrated positive results for specific crime-fighting strategies, and none of those positive results were replicated in follow-up studies.

Did Lead Make You Dumber?

Even low levels have a significant effect.

So we’re back to square one. More prisons might help control crime, more cops might help, and better policing might help. But the evidence is thin for any of these as the main cause. What are we missing?

Experts often suggest that crime resembles an epidemic. But what kind? Karl Smith, a professor of public economics and government at the University of North Carolina-Chapel Hill, has a good rule of thumb for categorizing epidemics [15]: If it spreads along lines of communication, he says, the cause is information. Think Bieber Fever. If it travels along major transportation routes, the cause is microbial. Think influenza. If it spreads out like a fan, the cause is an insect. Think malaria. But if it’s everywhere, all at once—as both the rise of crime in the ’60s and ’70s and the fall of crime in the ’90s seemed to be—the cause is a molecule.

A molecule? That sounds crazy. What molecule could be responsible for a steep and sudden decline in violent crime?

Well, here’s one possibility: Pb(CH2CH3)4.

In 1994, Rick Nevin was a consultant working for the US Department of Housing and Urban Development on the costs and benefits of removing lead paint from old houses. This has been a topic of intense study because of the growing body of research linking lead exposure in small children with a whole raft of complications later in life, including lower IQ, hyperactivity, behavioral problems, and learning disabilities.

But as Nevin was working on that assignment, his client suggested they might be missing something. A recent study had suggested a link between childhood lead exposure and juvenile delinquency later on. Maybe reducing lead exposure had an effect on violent crime too?

That tip took Nevin in a different direction. The biggest source of lead in the postwar era, it turns out, wasn’t paint. It was leaded gasoline. And if you chart the rise and fall of atmospheric lead caused by the rise and fall of leaded gasoline consumption, you get a pretty simple upside-down U: Lead emissions from tailpipes rose steadily from the early ’40s through the early ’70s, nearly quadrupling over that period. Then, as unleaded gasoline began to replace leaded gasoline, emissions plummeted.

Gasoline lead may explain as much as 90 percent of the rise and fall of violent crime over the past half century.

Intriguingly, violent crime rates followed the same upside-down U pattern. The only thing different was the time period: Crime rates rose dramatically in the ’60s through the ’80s, and then began dropping steadily starting in the early ’90s. The two curves looked eerily identical, but were offset by about 20 years.

So Nevin dove in further, digging up detailed data on lead emissions and crime rates to see if the similarity of the curves was as good as it seemed. It turned out to be even better: In a 2000 paper [16] (PDF) he concluded that if you add a lag time of 23 years, lead emissions from automobiles explain 90 percent of the variation in violent crime in America. Toddlers who ingested high levels of lead in the ’40s and ’50s really were more likely to become violent criminals in the ’60s, ’70s, and ’80s.

And with that we have our molecule: tetraethyl lead, the gasoline additive invented by General Motors in the 1920s to prevent knocking and pinging in high-performance engines. As auto sales boomed after World War II, and drivers in powerful new cars increasingly asked service station attendants to "fill ‘er up with ethyl," they were unwittingly creating a crime wave two decades later.

It was an exciting conjecture, and it prompted an immediate wave of…nothing. Nevin’s paper was almost completely ignored, and in one sense it’s easy to see why—Nevin is an economist, not a criminologist, and his paper was published in Environmental Research, not a journal with a big readership in the criminology community. What’s more, a single correlation between two curves isn’t all that impressive, econometrically speaking. Sales of vinyl LPs rose in the postwar period too, and then declined in the ’80s and ’90s. Lots of things follow a pattern like that. So no matter how good the fit, if you only have a single correlation it might just be a coincidence. You need to do something more to establish causality.

As it turns out, however, a few hundred miles north someone was doing just that. In the late ’90s, Jessica Wolpaw Reyes was a graduate student at Harvard casting around for a dissertation topic that eventually became a study she published in 2007 as a public health policy professor at Amherst. "I learned about lead because I was pregnant and living in old housing in Harvard Square," she told me, and after attending a talk where future Freakonomics star Levitt outlined his abortion/crime theory, she started thinking about lead and crime. Although the association seemed plausible, she wanted to find out whether increased lead exposure caused increases in crime. But how?

In states where consumption of leaded gasoline declined slowly, crime declined slowly. Where it declined quickly, crime declined quickly.

The answer, it turned out, involved "several months of cold calling" to find lead emissions data at the state level. During the ’70s and ’80s, the introduction of the catalytic converter, combined with increasingly stringent Environmental Protection Agency rules, steadily reduced the amount of leaded gasoline used in America, but Reyes discovered that this reduction wasn’t uniform. In fact, use of leaded gasoline varied widely among states, and this gave Reyes the opening she needed. If childhood lead exposure really did produce criminal behavior in adults, you’d expect that in states where consumption of leaded gasoline declined slowly, crime would decline slowly too. Conversely, in states where it declined quickly, crime would decline quickly. And that’s exactly what she found [17].

Meanwhile, Nevin had kept busy as well, and in 2007 he published a new paper looking at crime trends around the world [18] (PDF). This way, he could make sure the close match he’d found between the lead curve and the crime curve wasn’t just a coincidence. Sure, maybe the real culprit in the United States was something else happening at the exact same time, but what are the odds of that same something happening at several different times in several different countries?

Nevin collected lead data and crime data for Australia and found a close match. Ditto for Canada. And Great Britain and Finland and France and Italy and New Zealand and West Germany. Every time, the two curves fit each other astonishingly well. When I spoke to Nevin about this, I asked him if he had ever found a country that didn’t fit the theory. "No," he replied. "Not one."

Just this year, Tulane University researcher Howard Mielke published a paper [19] with demographer Sammy Zahran on the correlation of lead and crime at the city level. They studied six US cities that had both good crime data and good lead data going back to the ’50s, and they found a good fit in every single one. In fact, Mielke has even studied lead concentrations at the neighborhood level in New Orleans and shared his maps with the local police. "When they overlay them with crime maps," he told me, "they realize they match up."

Location, Location, Location

In New Orleans, lead levels can vary dramatically from one neighborhood to the next—and the poorest neighborhoods tend to be the worst hit.

Maps by Karen Minot

Put all this together and you have an astonishing body of evidence. We now have studies at the international level, the national level, the state level, the city level, and even the individual level. Groups of children have been followed from the womb to adulthood, and higher childhood blood lead levels are consistently associated with higher adult arrest rates for violent crimes [20]. All of these studies tell the same story: Gasoline lead is responsible for a good share of the rise and fall of violent crime over the past half century.

When differences of atmospheric lead density between big and small cities largely went away, so did the difference in murder rates.

Like many good theories, the gasoline lead hypothesis helps explain some things we might not have realized even needed explaining. For example, murder rates have always been higher in big cities than in towns and small cities. We’re so used to this that it seems unsurprising, but Nevin points out that it might actually have a surprising explanation—because big cities have lots of cars in a small area, they also had high densities of atmospheric lead during the postwar era. But as lead levels in gasoline decreased, the differences between big and small cities largely went away. And guess what? The difference in murder rates went away too. Today, homicide rates are similar in cities of all sizes [21]. It may be that violent crime isn’t an inevitable consequence of being a big city after all.

The gasoline lead story has another virtue too: It’s the only hypothesis that persuasively explains both the rise of crime in the ’60s and ’70s and its fall beginning in the ’90s. Two other theories—the baby boom demographic bulge and the drug explosion of the ’60s—at least have the potential to explain both, but neither one fully fits the known data. Only gasoline lead, with its dramatic rise and fall following World War II, can explain the equally dramatic rise and fall in violent crime.

If econometric studies were all there were to the story of lead, you’d be justified in remaining skeptical no matter how good the statistics look. Even when researchers do their best—controlling for economic growth, welfare payments, race, income, education level, and everything else they can think of—it’s always possible that something they haven’t thought of is still lurking in the background. But there’s another reason to take the lead hypothesis seriously, and it might be the most compelling one of all: Neurological research is demonstrating that lead’s effects are even more appalling, more permanent, and appear at far lower levels than we ever thought. For starters, it turns out that childhood lead exposure at nearly any level can seriously and permanently reduce IQ. Blood lead levels are measured in micrograms per deciliter, and levels once believed safe—65 μg/dL, then 25, then 15, then 10—are now known to cause serious damage. The EPA now says [22] flatly that there is "no demonstrated safe concentration of lead in blood," and it turns out that even levels under 10 μg/dL can reduce IQ by as much as seven points. An estimated 2.5 percent of children nationwide have lead levels above 5 μg/dL.

Is there lead in your house? [2]

Is There Lead in Your House? [2]

But we now know that lead’s effects go far beyond just IQ. Not only does lead promote apoptosis, or cell death, in the brain, but the element is also chemically similar to calcium. When it settles in cerebral tissue, it prevents calcium ions from doing their job, something that causes physical damage to the developing brain that persists into adulthood.

Only in the last few years have we begun to understand exactly what effects this has. A team of researchers at the University of Cincinnati has been following a group of 300 children for more than 30 years and recently performed a series of MRI scans that highlighted the neurological differences between subjects who had high and low exposure to lead during early childhood.

High childhood exposure damages a part of the brain linked to aggression control and "executive functions." And the impact turns out to be greater among boys.

One set of scans [23] found that lead exposure is linked to production of the brain’s white matter—primarily a substance called myelin, which forms an insulating sheath around the connections between neurons. Lead exposure degrades both the formation and structure of myelin, and when this happens, says Kim Dietrich, one of the leaders of the imaging studies, "neurons are not communicating effectively." Put simply, the network connections within the brain become both slower and less coordinated.

A second study [24] found that high exposure to lead during childhood was linked to a permanent loss of gray matter in the prefrontal cortex—a part of the brain associated with aggression control as well as what psychologists call "executive functions": emotional regulation, impulse control, attention, verbal reasoning, and mental flexibility. One way to understand this, says Kim Cecil, another member of the Cincinnati team, is that lead affects precisely the areas of the brain "that make us most human."

So lead is a double whammy: It impairs specific parts of the brain responsible for executive functions and it impairs the communication channels between these parts of the brain. For children like the ones in the Cincinnati study, who were mostly inner-city kids with plenty of strikes against them already, lead exposure was, in Cecil’s words, an "additional kick in the gut." And one more thing: Although both sexes are affected by lead, the neurological impact turns out to be greater among boys than girls.

Other recent [25] studies link [26] even minuscule blood lead levels with attention deficit/hyperactivity disorder. Even at concentrations well below those usually considered safe—levels still common today—lead increases the odds of kids developing ADHD.

In other words, as Reyes summarized the evidence in her paper, even moderately high levels of lead exposure are associated with aggressivity, impulsivity, ADHD, and lower IQ. And right there, you’ve practically defined the profile of a violent young offender.

Needless to say, not every child exposed to lead is destined for a life of crime. Everyone over the age of 40 was probably exposed to too much lead during childhood, and most of us suffered nothing more than a few points of IQ loss. But there were plenty of kids already on the margin, and millions of those kids were pushed over the edge from being merely slow or disruptive to becoming part of a nationwide epidemic of violent crime. Once you understand that, it all becomes blindingly obvious. Of course massive lead exposure among children of the postwar era led to larger numbers of violent criminals in the ’60s and beyond. And of course when that lead was removed in the ’70s and ’80s, the children of that generation lost those artificially heightened violent tendencies.

Police chiefs "want to think what they do on a daily basis matters," says a public health expert. "And it does." But maybe not as much as they think.

But if all of this solves one mystery, it shines a high-powered klieg light on another: Why has the lead/crime connection been almost completely ignored in the criminology community? In the two big books I mentioned earlier, one has no mention of lead at all and the other has a grand total of two passing references. Nevin calls it "exasperating" that crime researchers haven’t seriously engaged with lead, and Reyes told me that although the public health community was interested in her paper, criminologists have largely been AWOL. When I asked Sammy Zahran about the reaction to his paper with Howard Mielke on correlations between lead and crime at the city level, he just sighed. "I don’t think criminologists have even read it," he said. All of this jibes with my own reporting. Before he died last year, James Q. Wilson—father of the broken-windows theory, and the dean of the criminology community—had begun to accept that lead probably played a meaningful role in the crime drop of the ’90s. But he was apparently an outlier. None of the criminology experts I contacted showed any interest in the lead hypothesis at all.

Why not? Mark Kleiman [27], a public policy professor at the University of California-Los Angeles who has studied promising methods of controlling crime, suggests that because criminologists are basically sociologists, they look for sociological explanations, not medical ones. My own sense is that interest groups probably play a crucial role: Political conservatives want to blame the social upheaval of the ’60s for the rise in crime that followed. Police unions have reasons for crediting its decline to an increase in the number of cops. Prison guards like the idea that increased incarceration is the answer. Drug warriors want the story to be about drug policy. If the actual answer turns out to be lead poisoning, they all lose a big pillar of support for their pet issue. And while lead abatement could be big business for contractors and builders, for some reason their trade groups have never taken it seriously.

More generally, we all have a deep stake in affirming the power of deliberate human action. When Reyes once presented her results to a conference of police chiefs, it was, unsurprisingly, a tough sell. "They want to think that what they do on a daily basis matters," she says. "And it does." But it may not matter as much as they think.

So is this all just an interesting history lesson? After all, leaded gasoline has been banned since 1996, so even if it had a major impact on violent crime during the 20th century, there’s nothing more to be done on that front. Right?

Wrong. As it turns out, tetraethyl lead is like a zombie that refuses to die. Our cars may be lead-free today, but they spent more than 50 years spewing lead from their tailpipes, and all that lead had to go somewhere. And it did: It settled permanently into the soil that we walk on, grow our food in, and let our kids play around.

That’s especially true in the inner cores of big cities, which had the highest density of automobile traffic. Mielke has been studying lead in soil for years, focusing most of his attention on his hometown of New Orleans, and he’s measured 10 separate census tracts there with lead levels over 1,000 parts per million.

To get a sense of what this means, you have to look at how soil levels of lead typically correlate with blood levels, which are what really matter. Mielke has studied this in New Orleans [28], and it turns out that the numbers go up very fast even at low levels. Children who live in neighborhoods with a soil level of 100 ppm have average blood lead concentrations of 3.8 μg/dL—a level that’s only barely tolerable. At 500 ppm, blood levels go up to 5.9 μg/dL, and at 1,000 ppm they go up to 7.5 μg/dL. These levels are high enough to do serious damage.

"I know people who have moved into gentrified neighborhoods and immediately renovate everything. They create huge hazards for their kids."

Mielke’s partner, Sammy Zahran, walked me through a lengthy—and hair-raising—presentation about the effect that all that old gasoline lead continues to have in New Orleans. The very first slide describes the basic problem: Lead in soil doesn’t stay in the soil. Every summer, like clockwork, as the weather dries up, all that lead gets kicked back into the atmosphere in a process called resuspension. The zombie lead is back to haunt us.

Mark Laidlaw, a doctoral student who has worked with Mielke, explains how this works [29]: People and pets track lead dust from soil into houses, where it’s ingested by small children via hand-to-mouth contact. Ditto for lead dust generated by old paint inside houses. This dust cocktail is where most lead exposure today comes from.

Paint hasn’t played a big role in our story so far, but that’s only because it didn’t play a big role in the rise of crime in the postwar era and its subsequent fall. Unlike gasoline lead, lead paint was a fairly uniform problem during this period, producing higher overall lead levels, especially in inner cities, but not changing radically over time. (It’s a different story with the first part of the 20th century, when use of lead paint did rise and then fall somewhat dramatically. Sure enough, murder rates rose and fell in tandem.)

And just like gasoline lead, a lot of that lead in old housing is still around. Lead paint chips flaking off of walls are one obvious source of lead exposure, but an even bigger one, says Rick Nevin, are old windows. Their friction surfaces generate lots of dust as they’re opened and closed. (Other sources—lead pipes and solder, leaded fuel used in private aviation, and lead smelters—account for far less.)

We know that the cost of all this lead is staggering, not just in lower IQs, delayed development, and other health problems, but in increased rates of violent crime as well. So why has it been so hard to get it taken seriously?

There are several reasons. One of them was put bluntly by Herbert Needleman, one of the pioneers of research into the effect of lead on behavior. A few years ago, a reporter from the Baltimore City Paper asked him why so little progress had been made recently on combating the lead-poisoning problem. "Number one," he said without hesitation [30], "it’s a black problem." But it turns out that this is an outdated idea. Although it’s true that lead poisoning affects low-income neighborhoods disproportionately, it affects plenty of middle-class and rich neighborhoods as well. "It’s not just a poor-inner-city-kid problem anymore," Nevin says. "I know people who have moved into gentrified neighborhoods and immediately renovate everything. And they create huge hazards for their kids."

Tamara Rubin, who lives in a middle-class neighborhood in Portland, Oregon, learned this the hard way when two of her children developed lead poisoning after some routine home improvement in 2005. A few years later, Rubin started the Lead Safe America Foundation [31], which advocates for lead abatement and lead testing. Her message: If you live in an old neighborhood or an old house, get tested. And if you renovate, do it safely.

Another reason that lead doesn’t get the attention it deserves is that too many people think the problem was solved years ago. They don’t realize how much lead is still hanging around, and they don’t understand just how much it costs us.

It’s difficult to put firm numbers to the costs and benefits of lead abatement. But for a rough idea, let’s start with the two biggest costs. Nevin estimates that there are perhaps 16 million pre-1960 houses with lead-painted windows, and replacing them all would cost something like $10 billion per year over 20 years. Soil cleanup in the hardest-hit urban neighborhoods is tougher to get a handle on, with estimates ranging from $2 to $36 per square foot. A rough extrapolation from Mielke’s estimate to clean up New Orleans suggests that a nationwide program might cost another $10 billion per year.

We can either get rid of the remaining lead, or we can wait 20 years and then lock up all the kids who’ve turned into criminals.

So in round numbers that’s about $20 billion per year for two decades. But the benefits would be huge. Let’s just take a look at the two biggest ones. By Mielke and Zahran’s estimates, [32] if we adopted the soil standard of a country like Norway (roughly 100 ppm or less), it would bring about $30 billion in annual returns from the cognitive benefits alone (higher IQs, and the resulting higher lifetime earnings). Cleaning up old windows might double this. And violent crime reduction would be an even bigger benefit. Estimates here are even more difficult, but Mark Kleiman suggests that a 10 percent drop in crime—a goal that seems reasonable if we get serious about cleaning up the last of our lead problem—could produce benefits as high as $150 billion per year.

Put this all together and the benefits of lead cleanup could be in the neighborhood of $200 billion per year. In other words, an annual investment of $20 billion for 20 years could produce returns of 10-to-1 every single year for decades to come. Those are returns that Wall Street hedge funds can only dream of.

Memo to Deficit Hawks: Get the Lead Out

Lead abatement isn’t cheap, but the return on investment is mind-blowing.

There’s a flip side to this too. At the same time that we should reassess the low level of attention we pay to the remaining hazards from lead, we should probably also reassess the high level of attention we’re giving to other policies. Chief among these is the prison-building boom that started in the mid-’70s. As crime scholar William Spelman wrote a few years ago, states have "doubled their prison populations, then doubled them again, increasing their costs by more than $20 billion per year"—money that could have been usefully spent on a lot of other things. And while some scholars conclude that the prison boom had an effect on crime, recent research suggests that rising incarceration rates suffer from diminishing returns: Putting more criminals behind bars is useful up to a point, but beyond that we’re just locking up more people without having any real impact on crime. What’s more, if it’s true that lead exposure accounts for a big part of the crime decline that we formerly credited to prison expansion and other policies, those diminishing returns might be even more dramatic than we believe. We probably overshot on prison construction years ago; one doubling might have been enough. Not only should we stop adding prison capacity, but we might be better off returning to the incarceration rates we reached in the mid-’80s.

So this is the choice before us: We can either attack crime at its root by getting rid of the remaining lead in our environment, or we can continue our current policy of waiting 20 years and then locking up all the lead-poisoned kids who have turned into criminals. There’s always an excuse not to spend more money on a policy as tedious-sounding as lead abatement—budgets are tight, and research on a problem as complex as crime will never be definitive—but the association between lead and crime has, in recent years, become pretty overwhelming. If you gave me the choice, right now, of spending $20 billion less on prisons and cops and spending $20 billion more on getting rid of lead, I’d take the deal in a heartbeat. Not only would solving our lead problem do more than any prison to reduce our crime problem, it would produce smarter, better-adjusted kids in the bargain. There’s nothing partisan about this, nothing that should appeal more to one group than another. It’s just common sense. Cleaning up the rest of the lead that remains in our environment could turn out to be the cheapest, most effective crime prevention tool we have. And we could start doing it tomorrow.

Support for this story was provided by a grant from the Puffin Foundation Investigative Journalism Project.

Source URL: http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

[2] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-poisoning-house-pipes-soil-paint

[3] http://www.motherjones.com/environment/2012/12/soil-lead-researcher-howard-mielke

[4] http://www.motherjones.com/blue-marble/2013/01/lead-shooting-ranges-osha

[5] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/does-lead-paint-produce-more-crime-too

[6] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2012/08/lead-in-tap-water

[7] http://www.motherjones.com/topics/lead-and-crime

[8] http://www.theatlantic.com/magazine/archive/1982/03/broken-windows/304465/

[9] http://www.nytimes.com/1996/12/20/nyregion/new-york-crime-rate-plummets-to-levels-not-seen-in-30-years.html?pagewanted=all&src=pm

[10] http://www.city-journal.org/html/6_2_my_black.html

[11] http://www.powells.com/biblio/61-9780521681483-1

[12] http://www.powells.com/biblio?isbn=0195399358

[13] http://www.slate.com/articles/news_and_politics/dialogues/features/1999/does_abortion_prevent_crime/_2.html

[14] http://www.powells.com/biblio/64-9780465023240-0

[15] http://modeledbehavior.com/2012/01/08/on-lead/

[16] http://www.ricknevin.com/uploads/Nevin_2000_Env_Res_Author_Manuscript.pdf

[17] http://www.nber.org/papers/w13097

[18] http://pic.plover.com/Nevin/Nevin2007.pdf

[19] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412012000566

[20] http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.0050101

[21] http://bjs.ojp.usdoj.gov/content/homicide/city.cfm

[22] https://www.motherjones.com/documents/531159-americas-children-and-the-environment-epa#document/p42/a84512

[23] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2789851/

[24] http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.0050112

[25] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2810427/

[26] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17185283

[27] http://publicaffairs.ucla.edu/mark-ar-kleiman

[28] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896970700842X

[29] http://urbanleadpoisoning.com

[30] http://www2.citypaper.com/news/story.asp?id=9738

[31] http://www.leadsafeamerica.org/leadsafeamerica.org/Home.html

[32] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969710012672

Voir aussi:

Lead and Crime: Baselines vs. Crime Waves

Kevin Drum

Mother Jones

Jan. 10, 2013

Whenever you write about a complicated subject, you struggle with how best to explain things. In the end, you always hope you got your point across in a way that sinks in, but you’re never quite sure. And one of the things I’m not sure I explained well in my piece about the link between lead and violent crime [1] is precisely how important the effect of lead on crime is. After all, the causes of crime are varied and complex. Surely lead isn’t the whole answer?

It’s not, and I don’t want anyone to come away from my article thinking that. If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. The chart below illustrates this. (The numbers themselves aren’t precise, so don’t take them too seriously. I’m just trying to illustrate a point.)

The baseline crime rate is the light red portion at the bottom. It goes up and down a bit over time, but also—and I’m guessing here—shows a steady, modest rise since the 60s. Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects.

But then, in dark red, there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve.

And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else.

The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it.

Source URL: http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/lead-and-crime-baselines-vs-crime-waves

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Voir enfin:

From the Archives: Is Lead Really the Main Cause of Violent Crime?

No. But it is the main cause of the great crime wave of 1965-2010.

Kevin Drum

Mother Jones

Aug. 13, 2013

Maybe it’s just coincidence, but over the past week I’ve suddenly gotten a flurry of new responses to my January piece about lead and crime. [1] Roughly speaking, they’re mostly complaints that crime has lots of causes, and it’s a mistake to claim that lead is preeminently important. I understand where this criticism comes from, but here’s the thing: I agree with it. That’s why it’s important to understand exactly what the lead hypothesis claims to explain: not all crime, but only the specific crime wave of 1965-2010. (In America, anyway. The dates vary in other regions of the world.) So because this has cropped up again, I’m going to reproduce a post [2] I wrote shortly after the article came out. Of all the things I didn’t explain well enough in the original piece, this is the one I most wish I had illustrated more clearly.

Whenever you write about a complicated subject, you struggle with how best to explain things. In the end, you always hope you got your point across in a way that sinks in, but you’re never quite sure. And one of the things I’m not sure I explained well in my piece about the link between lead and violent crime [3] is precisely how important the effect of lead on crime is. After all, the causes of crime are varied and complex. Surely lead isn’t the whole answer?

It’s not, and I don’t want anyone to come away from my article thinking that. If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. The chart below illustrates this. (The numbers themselves aren’t precise, so don’t take them too seriously. I’m just trying to illustrate a point.)

The baseline crime rate is the light red portion at the bottom. It goes up and down a bit over time, but also—and I’m guessing here—shows a steady, modest rise since the 60s. Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects.

But then, in dark red, there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve.

And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else.

The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it.

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2012/11/criminal-element

[2] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/lead-and-crime-baselines-vs-crime-waves

[3] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Voir par ailleurs:

http://www.scienceshumaines.com/pourquoi-la-criminalite-chute_fr_31470.html

Pourquoi la criminalité chute

Achille Weinberg

Sciences humaines

03/10/2013

Mensuel N° 253 – novembre 2013

Comment expliquer le déclin de la criminalité constaté depuis quinze ans dans beaucoup de grands pays occidentaux ? Les spécialistes émettent plusieurs hypothèses.

Pour celui qui écoute régulièrement l’actualité, entendre dire que la criminalité chute est pour le moins surprenant. Que dites-vous ? La criminalité chute ? Et la série de meurtres à Marseille ? Et les bijouteries ou bureaux de tabac dévalisés ? Et les vols de portables ou de sacs dans le métro ? Précisons donc de quoi l’on parle.

La chute de la criminalité dont il est question ici est un constat massif qui concerne les principaux pays occidentaux sur une période de plus quinze ans. Le constat est assez unanime chez les spécialistes, mais les causes restent très disputées. The Economist a consacré sa couverture à cette énigme en juillet 2013.

Une tendance de fond

L’article commence par livrer quelques chiffres impressionnants. Pour frapper les esprits, le cas de l’Estonie est mis en avant : depuis 1995, les homicides ont chuté de 70 %, les vols de voitures de presque autant. Mais ce petit État postsoviétique n’est pas une exception. Dans les pays développés, la même tendance s’observe. Aux États-Unis, la chute a commencé en 1991 ; en Grande-Bretagne, autour de 1995. En France, la baisse date de 2001. Au Canada également ainsi que dans plusieurs pays d’Europe. Mais de quels crimes parle-t-on ? Un tableau l’illustre : principalement des vols (vols de voitures, cambriolages) et des atteintes aux personnes (homicides, coups et blessures).

Arrêtons-nous sur le cas américain, le plus impressionnant. La criminalité urbaine avait atteint des sommets au début des années 1990. Certains voyaient New York ou Los Angeles comme des jungles urbaines aux mains d’une faune de dealers, mafieux, proxénètes et squatters.

Puis, contrairement aux prévisions, un véritable miracle s’est produit. La criminalité s’est mise à chuter à partir des années 1990. Globalement, elle a baissé d’un tiers dans les grandes villes, mais dans certains cas, elle a chuté de plus de 50 % ! À New York, le cas le plus spectaculaire, la criminalité a été divisée par quatre (- 78 %) entre le milieu des années 1990 et les années 2000 (encadré ci-dessous) ! Que s’est-il donc passé ?

Où sont passés les délinquants ?

Les explications des experts ne manquent pas.

• Le travail de la police. La première explication qui vient à l’esprit est celle de l’action policière. Dans les grandes villes, des politiques offensives de reprise en main de la situation ont été menées. L’intervention policière a été déterminante. Pour certains criminologues, la criminalité a baissé parce qu’une partie des délinquants est désormais sous les verrous ! Aux États-Unis, le nombre de prisonniers a doublé dans les vingt dernières années. En Grande-Bretagne et en Australie aussi. Le message serait donc clair : la répression paye. Sauf que cette théorie répressive ne marche pas partout. Aux Pays-Bas et au Canada, la criminalité a également chuté alors que le nombre de prisonniers n’a pas augmenté et qu’il n’y a pas eu de mobilisation générale de la police. À New York, le taux d’incarcération est beaucoup moins important qu’à Los Angeles ou Chicago et les résultats se révèlent bien meilleurs ! Il faut donc trouver d’autres explications que la seule action policière.

• Une baisse démographique ? Certains experts ont avancé un argument démographique : le vieillissement de la population. Il y a moins de jeunes donc moins de délinquants. Steven Levitt a même soutenu dans son best-seller Freakonomics que l’avortement, dans les années 1970, avait été un facteur déterminant : dans les milieux les plus défavorisés où se recrutent le plus de délinquants, on fait désormais moins d’enfants.

Cependant, ce facteur démographique a lui aussi été contesté. À Londres et dans nombre de villes américaines, le taux de jeunes n’a pas diminué de façon significative alors que la criminalité s’est effondrée. C’est peut-être alors que les jeunes sont désormais scolarisés plus longtemps, donc mieux éduqués ? L’économiste Jessica Wolpaw Reyes a inventé une théorie pour le moins étonnante : la rénovation du plomb dans l’essence serait l’explication du déclin de la violence. En somme, moins de plomb entraîne moins de débiles (par saturnisme) donc moins de délinquants !

• La fin de l’« épidémie de crack ». Un autre phénomène semble avoir compté : la chute de la consommation du crack (un dérivé de la cocaïne). Cette drogue avait fait des ravages durant les années 1980 : elle exacerbait non seulement la guerre des gangs, mais poussait les drogués à commettre de nombreux délits pour se payer leur dose. L’épidémie de crack a commencé à baisser aux États-Unis au début des années 1990, et cette chute épouse celle de la criminalité. Cela ne veut pas dire que la consommation de drogue diminue globalement, mais elle est moins criminogène. Les « junkies » des années 1980 sont moins nombreux et la drogue a changé de nature.

• Les alarmes et la surveillance. Si les atteintes aux biens baissent, c’est, selon le criminologue néerlandais Jan Van Dijk, parce qu’il est moins facile de voler : magasins, entreprises, habitations, automobiles sont équipés de dispositifs de surveillance de plus en plus nombreux et sophistiqués. La chute spectaculaire des vols de voitures est incontestablement liée aux alarmes et aux puces électroniques antivol dont elles sont équipées. En revanche, les « vols à la tire » de portefeuilles et de téléphones portables ont explosé, même s’ils font l’objet de beaucoup moins de plaintes.

• Retour de la croissance. La dynamique de croissance qui a marqué les États-Unis et la Grande-Bretagne dans les années 1990-2000 a également été évoquée. Mais dans ce cas, la crise depuis 2008 aurait dû s’accompagner d’une flambée de la criminalité dans les pays les plus touchés par la crise. Cela n’a pas été le cas. The Economist plaide pour une convergence de facteurs tout en reconnaissant qu’au final, la chute de la criminalité reste à la fois une sorte de petit miracle et une énigme non résolue.

Partager :

Le cas new-yorkais

À fin des années 1980, le taux de criminalité a atteint des pics à New York. C’est alors que fut élu le républicain Rudolf Giuliani (1994-2001). Il décida de chasser de la ville criminels,
 prostituées, SDF…
La présence policière fut renforcée, des actions commandos mises en place, une politique de contrôle systématique imposée à la population. Entre 1993 et 1998, le nombre annuel de 
meurtres a été divisé
par trois, la délinquance ordinaire a chuté. 
Certains ont parlé d’un véritable miracle et proposé que le « peace maker » R. Giuliani soit lauréat du prix Nobel de la paix : grâce à lui, des milliers de vies et de victimes potentielles ont été épargnées.

Les experts criminologues sont plus dubitatifs. Dans son livre The City That Became Safe (2012), Franklin M. Zimring, criminologue à Chicago, avance deux idées clés. Le rôle de la police a été décisif. F.M. Zimring n’hésite pas à le dire et à se démarquer des positions habituelles des criminologues prompts à considérer que seules les politiques sociales peuvent durablement venir à bout de la criminalité. Selon l’auteur, la chute de la criminalité
à New York s’est effectuée à niveau socio-économique équivalent. C’est donc bien l’action de la police qui a été déterminante.

Pour autant, ce n’est pas la politique de « tolérance zéro » qui a payé. À New York, le nombre de criminels mis sous les verrous a moins augmenté qu’ailleurs (20 % dans les années 1990-2000). L’action principale de la police a consisté à déminer le terrain par des quadrillages ciblés, concentrés sur des points chauds, accompagnés de contrôles systématiques (procédures de « stop and frisk ») : arrestations, fouilles, harcèlement des criminels ont abouti à nettoyer une à une les zones de trafics et d’agressions.

Achille Weinberg

Voir aussi:

États-Unis: le crime à son plus bas niveau

À New York, le changement a été radical. Au début des années 90, 700 000 crimes étaient rapportés chaque année. L’an dernier, moins de 105 000 crimes ont été signalés aux autorités.

Nicolas Bérubé

La Presse

15 juillet 2012

(Los Angeles) Durant des années, un gardien armé était posté jour et nuit devant les ateliers remplis d’outils spécialisés du Los Angeles Department of Water and Power, rue Hoover. Puis, un matin, le gardien n’était plus là.

«Ça fait deux ou trois ans de cela, se souvient Carlos Mendes, propriétaire d’une petite boutique d’antiquités, en face. La protection intensive, ça fait partie d’une autre époque. Aujourd’hui, le quartier est beaucoup plus sûr.»

La nuit, M. Mendes avait l’habitude de s’endormir au son des rotors d’hélicoptères de la police de Los Angeles (LAPD), qui patrouillaient dans le secteur. «Maintenant, les jeunes familles achètent des maisons par ici et font des rénovations. Les gens se promènent le soir. C’est un changement radical.»

Ce qui se passe rue Hoover n’est pas un cas isolé. Les actes de violence et les crimes sont à leur plus bas niveau en 40 ans aux États-Unis, selon les données du gouvernement fédéral.

À Los Angeles, le nombre de crimes chute chaque année depuis 10 ans. L’an dernier, 298 homicides ont été commis sur le territoire du LAPD. Au milieu des années 90, plus de 1200 meurtres étaient enregistrés annuellement. Tout ça, dans une ville dont la population croit constamment.

Même les quartiers durs ont vu la violence diminuer. Compton, par exemple, a connu 17 meurtres en 2011, une baisse de 60 % par rapport à 2007.

À New York, le changement a aussi été radical. Au début des années 90, 700 000 crimes étaient rapportés chaque année. L’an dernier, moins de 105 000 crimes ont été signalés aux autorités.

Qu’est-ce qui a changé? George Tita, professeur au département de criminologie de l’Université de la Californie à Irvine, dit être surpris de voir la violence et la criminalité baisser, et ce, malgré la hausse du taux de chômage.

«Le nombre d’Américains qui vivent dans la pauvreté a augmenté depuis la crise financière de 2008, dit-il en entrevue avec La Presse. Le stress, la frustration, le manque de revenus: tout ça semble laisser présager une hausse de la criminalité. Or, le contraire s’est produit.»

Les experts ont cité plusieurs causes possibles, allant de la fin de l’épidémie de crack des années 90 à la hausse du niveau d’incarcération, ce qui garde les criminels loin de la rue.

Pour M. Tita, ces facteurs jouent un rôle, tout comme l’émergence de l’internet et des téléphones cellulaires.

«Avant, les vendeurs de drogue occupaient les coins de rue, ce qui créait un climat d’intimidation. Aujourd’hui, ils correspondent avec leurs clients par messages texte.»

Les jeunes hommes – groupe traditionnellement responsable d’une partie importante des crimes – passent aussi plus de temps à l’intérieur.

«La violence survient quand il y a des jeunes qui n’ont rien à faire, dit M. Tita. Depuis quelques années, les jeunes sont sur Facebook ou devant des jeux vidéo. Ils trainent moins dans la rue.»

La passion du moment

Dans un récent entretien au réseau NPR, l’ancien chef de la police de New York et de Los Angeles, William Bratton, a dit qu’il faut d’abord remercier la police pour la baisse de la criminalité.

Sous sa supervision, la police de New York et de Los Angeles a commencé à travailler sur les crimes dits «liés à la qualité de vie». Les gens qui sautaient les tourniquets dans le métro, par exemple, ou les petits revendeurs de drogue qui opéraient impunément au coin des rues.

«En contrôlant les comportements, la police a, dans les faits, lancé le message que la loi est là pour être respectée, a-t-il dit. Une personne est prise dans la passion du moment et décide de commettre un crime. C’est ici que la police entre en jeu. La police est là pour contrôler les comportements.»

Frank E. Zimring n’y croit pas. Professeur de droit à l’Université Berkeley et auteur de plusieurs livres sur la violence dans la société américaine, M. Zimring est l’un des experts les plus souvent cités en matière de prévention de la criminalité aux États-Unis.

Les efforts des policiers dans les quartiers chauds de New York et de Los Angeles sont louables et ont contribué à améliorer la qualité de vie des résidants, note-t-il. «Mais ces changements n’expliquent pas tout. Ceux qui y voient une réponse définitive font fausse route», explique-t-il en entrevue téléphonique.

Si la baisse s’expliquait par des changements dans le fonctionnement de la police dans les grandes villes, alors pourquoi observe-t-on une diminution du crime de façon uniforme, partout aux États-Unis? demande-t-il.

M. Zimring fait remarquer que l’Occident au complet – et notamment le Canada – a connu une baisse du taux de criminalité au cours des 20 dernières années.

«L’internet, les cellulaires et les jeux vidéo ne peuvent expliquer la baisse, car les crimes ont commencé à chuter de façon uniforme dans les années 90, avant que ces inventions ne prennent leur envol», dit-il.

Et, pour la première fois depuis les années 70, le taux d’incarcération a commencé à baisser aux États-Unis, en 2007. Jumelé avec une hausse spectaculaire du chômage, cela aurait dû créer un mélange explosif, note M. Zimring.

Voir également:

ÉTATS-UNIS

Mais pourquoi la criminalité baisse ?

Malgré la récession, les crimes et délits sont en net recul. Les spécialistes se creusent les méninges pour expliquer le phénomène.

The Economist

traduction Courrier international

23 juin 2011

Voilà qui semble une évidence : en période de récession, le taux de criminalité augmente. Pourtant, depuis le début de la crise financière, la hausse du taux de chômage s’est accompagnée d’une baisse du taux de criminalité. Entre 2008 et 2009, les crimes avec violence ont reculé de 5,3 % et les infractions contre les biens de 4,6 %. La baisse s’est poursuivie de 2009 à 2010, avec une diminution de 5,5 % et 2,8 % respectivement. Le vol qualifié (une infraction que l’on pourrait s’attendre à voir se multiplier en temps de crise) a même reculé de 9,5 % entre 2009 et 2010. D’une manière générale, les crimes avec violence sont à leur niveau le plus bas depuis quarante ans et les homicides à leur niveau le plus bas depuis cinquante ans.

A en croire les spécialistes, cela n’aurait pas dû se produire. James Wilson, l’auteur de la fameuse théorie du “carreau cassé” en matière de prévention de la délinquance [selon laquelle il faut réparer immédiatement toute dégradation sous peine de les voir se multiplier] avait annoncé en 1995 que le pays compterait en l’an 2000 “30 000 jeunes agresseurs, meurtriers et voleurs de plus qu’aujourd’hui”. Un an plus tard, le politologue John DiLulio mettait en garde contre un raz-de-marée d’“adolescents superprédateurs” qui, à l’horizon 2010, allaient semer le chaos. Pourtant, au moment même où ils formalisaient leurs prédictions, la criminalité avait déjà commencé à baisser et, hormis une légère hausse entre 2004 et 2006, elle n’a cessé de reculer depuis 1991.

Si personne n’avait prévu la baisse spectaculaire de la délinquance des années 1990, les théories pour l’expliquer rétrospectivement abondent. Certains l’attribuent à l’amélioration des stratégies policières. D’autres mettent en avant l’accès de plus en plus large à l’avortement, qui a permis de diminuer les naissances d’enfants de mères adolescentes, célibataires et pauvres – ceux, en d’autres termes, qui ont le plus de risques de sombrer dans la délinquance à l’adolescence. Parmi les autres facteurs avancés figurent le déclin des violences liées au trafic de crack et l’augmentation du taux d’incarcération.

Mais si ces facteurs peuvent expliquer la baisse de la criminalité depuis la fin des années 1980, ils ne disent rien de sa chute spectaculaire au cours des deux dernières années. Pour cela, le criminologue Al Blumstein, qui dirige le National Consortium on Violence Research (NCOVR), avance un “effet Obama” : l’élection du premier président noir de l’histoire des Etats-Unis aurait éloigné de la violence un nombre important de jeunes Noirs. De fait, entre 2008 et 2009, le nombre de Noirs arrêtés pour homicide ou vol a reculé de 2 %. Une autre hypothèse pointe du doigt le plomb. En effet, des liens ont été mis en évidence entre exposition au plomb dans l’enfance et comportement délinquant à l’âge adulte. Jessica Wolpaw Reyes, économiste au Amherst College, estime que la moindre exposition des petits Américains au plomb explique pour une bonne part la diminution des crimes violents dans les années 1990. D’autres enfin mettent en cause ces éternels épouvantails que sont les jeux vidéo et Internet, arguant qu’ils permettent de maintenir les individus à l’intérieur de leur foyer et donc de les tenir éloignés du crime et des drogues.

Voir enfin:

La criminalité continue de baisser dans les pays riches malgré la crise

Grégoire Fleurot

Slate

22 juillet 2013

Que vous soyez spécialiste de la question ou pas, vous avez sans doute déjà entendu cette théorie: quand les temps sont durs, la criminalité augmente. Pourtant, malgré une croissance économique stagnante et un chômage élevé, la criminalité a baissé dans la plupart des pays riches au cours de la dernière décennie.

L’hebdomadaire britannique The Economist s’est intéressé dans un long article à cette tendance plutôt contre-intuitive qui a commencé en 1991 aux Etats-Unis, autour de 1995 en Grande-Bretagne et en 2001 en France pour les atteintes aux biens.

Comment expliquer cette tendance générale qu’un rapide coup d’œil aux statistiques des Nations unies suffit à vérifier? Si la démographie est sans doute un facteur (la population vieillit, alors que ce sont les hommes de 16 ans à 24 ans qui commettent la plupart des crimes), The Economiste souligne qu’elle ne peut pas expliquer à elle seule la baisse spectaculaire d’un certain type de criminalité dans des villes comme New York, Los Angeles ou Londres.

D’autres hypothèses, comme l’augmentation du nombre de prisonniers, sont difficiles à prouver: si la population carcérale a doublé en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis, elle a diminués au Canada et aux Pays-Bas, pays qui ont aussi connu une baisse de la criminalité.

Le blog de «factchecking» de la chaîne britannique Channel 4 s’est également posé la question, alors que les autorités viennent d’annoncer une nouvelle baisse de la criminalité malgré des réductions budgétaires significatives, et rappelle que «la plupart des experts concluent que les causes du crime sont si complexes que les changements économiques seuls ne l’emportent pas forcément sur d’autres facteurs».

Le Guardian expliquait quand à lui en avril dernier que certains autres éléments concrets, comme de meilleurs antivols sur les voitures ou des portes et serrures plus résistantes rendaient les atteintes aux biens plus difficiles aujourd’hui. La technologie, qu’il s’agisse des tests d’ADN, de la localisation par téléphone portable ou des caméras de surveillance, a augmenté le risque de se faire prendre.

Selon The Economist, l’explication la plus convaincante est plus simple encore. La police fait mieux son travail:

«Une combinaison du fait que les policiers parlent aux habitants des quartiers où ils travaillent et du ciblage intensif des endroits mal famés a transformé la manière dont les rues sont protégées.»

Si le poids de chaque facteur reste impossible à déterminer, la majorité des experts semblent aujourd’hui s’accorder sur un point: l’augmentation de la criminalité qui a eu lieu un peu partout entre les années 1950 et les années 1980 ressemble de plus en plus à une anomalie de l’histoire.


Journées du Patrimoine/29e: A Pantin, une cathédrale du vandalisme qui va disparaître (European Heritage Open Days: France mourns vandals’ spawning ground)

19 septembre, 2013
http://erreur14.com/wp-content/uploads/2012/09/dimanche_street.jpgIMG_1715La société du spectacle, [selon] Roger Caillois qui analyse la dimension ludique dans la culture (…), c’est la dimension inoffensive de la cérémonie primitive. Autrement dit lorsqu’on est privé du mythe, les paroles sacrées qui donnent aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglés d’actes désormais inefficaces qui aboutissent finalement à un pur jeu, loedos. Il donne un exemple qui est extraordinaire, il dit qu’au fond les gens qui jouent au football aujourd’hui, qui lancent un ballon en l’air ne font que répéter sur un mode ludique, jocus, ou loedos, société du spectacle, les grands mythes anciens de la naissance du soleil dans les sociétés où le sacré avait encore une valeur. (…) Nous vivons sur l’idée de Malraux – l’art, c’est ce qui reste quand la religion a disparu. Jean Clair
When you think back, and saw what eventually happened to the trains, you feel bad about it, said Taki, who asked that his last name not be used. « I never thought it would be such a big thing. » (…) Now, in an irony that would please city officials, Taki has his own graffiti problem, on his shopfront. « I am a victim, » he said, smiling. « I painted it over and two weeks later it was all written up again. But I guess what goes around, comes around. It’s justice. Joel Siegel (Daily News, April 9, 1989)
Pourquoi pas un musée du street art, au lieu d’une vulgaire agence de pub? Anonyme
A Pantin, une cathédrale du graff qui va disparaître. Rue 89

En ces temps étranges où la transgression a été littéralement élevée  au rang d’art …

Et où à l’occasion des Journées européennes du patrimoine l’une des principales frayères du vandalisme mural du pays se visite comme un musée …

Comment encore s’étonner, de la part de nos médias et gouvernants, de cette énième célébration d’une activité …

Qui, ayant désormais contaminé la planète entière, coûte probablement chaque année des centaines de millions à la communauté à nettoyer ?

Visite privée

Street-art : à Pantin, une cathédrale du graff qui va disparaître

Elodie Cabrera

Rue89

14/09/2013

Audrey Cerdan | Photographe Rue89

Ils n’allaient pas le laisser filer comme ça. En Seine-Saint-Denis, amarré au canal de l’Ourcq, les anciens magasins généraux de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (aussi dit « bâtiment des douanes ») va changer de vie. Ce paquebot de béton, 41 000 mètres carrés de surface, accueillera d’ici 2015 les locaux d’une agence de publicité.

Les magasins généraux à Pantin, au milieu du XXe siècle (© AM Pantin) et en 2013 (Audrey Cerdan/Rue89)

Pour la première et la dernière fois, la mairie de Pantin se montre fière de cet édifice et l’ouvre pour les Journées du patrimoine. Ce week-end avaient lieu des concerts, projections et visite de monument historique. Des visites « strictement » encadrées.

Abandonnés à la fin des années 90

1929-1931. La ville de Paris décide d’élargir le canal de l’Ourcq pour faciliter la navigation des bateaux. Après d’importants travaux de remblai et de stabilisation des rives, les magasins généraux sont édifiés sur l’ancien lit du canal.

1931-fin des années 90. Les entrepôts stockent des marchandises (grains, papier de presse, fuel, bois, automobiles) surtout en provenance de l’étranger. L’activité diminue, jusqu’à l’arrêt complet à la fin des années 90.

2004. La vile de Pantin rachète à la ville de Paris les terrains de la CCIP pour 7 millions d’euros.

2006. De jour comme de nuit, les graffeurs s’approprient les lieux.

2013. Début des travaux pour créer le nouveau siège de l’agence de pub BETC.

Mais Rue89 s’est introduit là où vous n’aurez pas forcément le droit d’aller, dans ces deux énormes cubes en béton armé qui se dressent : 60 mètres de largeur sur 30 mètres de hauteur, reliés entre eux par des passerelles jetées dans le vide.

Le sol crépite. Un mélange de pierre éboulée et d’éclats de verre pilé, vestiges du temps qui passe et de soirées bien arrosées.

De larges portes métalliques protègent l’édifice de (presque) toute intrusion. Ces mêmes portes qui rythmaient le ballet des marchandises et des dockers. La singularité du bâtiment des douanes est sa résistance au sol : de 1 800 à 400 kilos au mètres carrés, les charges les plus lourdes étaient stockées au premier niveau.

Aux magasins généraux à Pantin (Audrey Cerdan/Rue89)

Depuis une coursive (Audrey Cerdan/Rue89)

D’’un niveau à l’autre, on retrouve de vastes plateaux éclairés par d’immenses baies vitrées en structure métallique, brisées pour la plupart. Partout, des vitraux, de la pierre, des gravats, des cloisons. Puis des pierres, du verre, oh… des cadavres de bombes de peinture (encore), des gravats…

Les techniciens qui préparent les éclairages pour les concerts de ce week-end ont fléché le sol, utilisant la même méthode que les artistes-squatteurs qui tatouaient le lieu de part en part.

Les grands noms du graff sur les façades, les locaux à l’intérieur

Presque chaque centimètre de son épiderme porte la trace des artistes qui s’y sont succédé depuis 2006. A l’intérieur, ce sont plutôt les « crews » (« équipes ») du coin. Les grands noms du graff, eux, se réservent les façades. Plus visibles et donc plus convoitées, mais aussi plus dangereuses.

Perchés sur des escabeaux, les graffeurs s’installaient sur les coursives qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux allées d’un bateau. Encerclant chaque étage, elles sont si étroites qu’il est impossible de prendre du recul sur son œuvre.

Artof Popof, Dacruz et Marko93, trois serial painters, ont même été mandatés par le comité départemental du tourisme de la Seine-Saint-Denis, l’année dernière pour « redonner des couleurs au bâtiment ». Et si un petit dernier se prend d’envie de recouvrir leurs créations, un message le met en garde : « Si tu touches, on te couche. »

Les anciens magasins généraux, à Pantin (Audrey Cerdan/Rue89)

D’autres graffeurs ont également apposé leur blase sur les façades, comme Bezyr, Kevlar ou encore Lilyluciole. Elle se souvient :

« J’ai toujours vu ce bâtiment de très loin. Il était là, incroyable, fantastique, sorti de nulle part. J’ai rencontré Artof Popof qui m’a invité à venir peindre l’extérieur. Et j’ai pu visité cet édifice insolite, de la tête au pied. [...]

Personne ne s’est battu pour avoir les meilleurs morceaux. Il restait encore beaucoup place. Ce n’est pas un gâchis mais presque. »

« Un monstre du graff, comme le 5PointZ »

Pour Lilyluciole, le bâtiment des douanes lui rappelle un emblème du graff de l’autre côté de l’Atlantique, le 5Pointz, dans le quartier du Queens à New-York.

« C’est aussi un monstre du graff. Là-bas les artistes se battent pour préserver ce monument. Peut-être que le bâtiment des douanes aurait pu devenir un lieu de rencontre pour les artistes internationaux. »

Paris/Pantin : stop-motion & street art !

Au cinquième étage, les terrasses. Plus de dessins, mais la vue. Presque l’intégralité de la surface des deux bâtiments s’étend jusqu’au précipice. Ni rambardes, ni filet de sécurité. Et au centre, deux alcôves entourées de baies vitrées métalliques s’étirent.

Dans une pièce de plus de dix mètres sous plafond, s’élèvent des escaliers en métal qui grimpent. La dernière terrasse, la plus haute et la plus petite, offre une vue panoramique sur toute la Seine-Saint-Denis jusqu’à Paris.

Voir aussi:

Les anciens entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris à Pantin

Le bâtiment « des douanes » situé à Pantin sur les berges du canal est devenu un formidable « terrain de jeu » pour de nombreux artistes graffeurs par ailleurs très actifs sur toute cette portion du canal. Dans le cadre de l’édition 2012 de l’Eté du canal, des artistes s’emparent des murs extérieurs du bâtiment pour célébrer, au travers d’un œuvre collective, la fin joyeuse de sa vie transitoire de spot artistique et sa nouvelle vie, L’œuvre collective sera ancrée sur la façade ouest, la plus visible depuis Pantin. Puis chacun des trois artistes, Artof Popof, Da Cruz et Marko, laissera sa propre esthétique envahir tel un flux horizontal un niveau de la façade nord, qui longe le canal. Les performances graff auront lieu chaque week-end du 23 juin au 26 août 2012, au Bâtiment des Douanes (métro église de Pantin).

Les entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) s’installent sur les rives du canal de l’Ourcq en 1929 après l’élargissement du canal pour la création du port de Pantin. La plate-forme portuaire, gérée par la CCIP, est constituée du remblai de l’ancien lit du canal. Le site se composait, à l’origine, de deux entrepôts monumentaux situés de part et d’autre du canal. Ceux de la rive gauche ont été détruits par un violent incendie en juin 1995.

Le bassin de Pantin devient le plus grand port du canal de l’Ourcq

Le canal de l’Ourcq, long d’une centaine de kilomètres entre Mareuil-sur-Ourcq et le bassin de La Villette, est ouvert en 1822. Sa traversée de Pantin coupe le village en deux, mais la communication est rétablie grâce à la construction de deux ponts. Dans un premier temps, seules les galiotes, longs bateaux couverts, circulent sur le canal, transportant à la fois des marchandises et des passagers. Puis, le trafic de plus en plus florissant donne naissance à une flottille spéciale, les flûtes de l’Ourcq. Utilisées que sur ce canal, elles profitent de la descente pour se laisser porter par la vitesse du courant, évitant la traction humaine ou animale. D’une longueur de 28 mètres sur 3 mètres de large, ces bateaux peuvent transporter 40 à 50 tonnes de bois ou de matériaux de construction.

Dans son ouvrage sur Pantin, Roger Pourteau raconte qu’en 1837, deux organisateurs de voyages ont l’astucieuse idée de mettre en service un cargo en fer, long d’une vingtaine de mètres, qui assure un service régulier entre Paris et Meaux à raison de deux départs quotidiens dans chaque sens. Tracté par quatre chevaux, ce cargo file à la vitesse de quatre lieues à l’heure. Les affiches publicitaires précisent que « Les salons sont chauffés en hiver ». Le canal devient trop étroit et ne correspond plus au trafic. Dès 1892, il a fallu agrandir le canal entre la Villette et la mairie de Pantin, puis, en 1895, prolonger quelque peu vers l’amont cette mis à grande section. Pour ces travaux d’élargissement et d’approfondissement, la municipalité est mise à contribution à hauteur de 600 000 francs de l’époque. Somme considérable que la commune s’empresse d’amortir en établissant une « taxe de tonnage » sur les marchandises embarquées et débarquées dans la zone portuaire. À cette époque, le trafic atteint 95 800 tonnes par an.

En 1899 la Chambre de commerce de Paris, consciente du rôle majeur du canal de l’Ourcq, exprime le souhait d’établir à Pantin « des magasins appropriés à chaque nature de marchandises. La situation permettrait de faire arriver bateaux et wagons sans remplir aucune formalité d’octroi et d’effectuer de même les réexpéditions pour le dehors sans que la Ville de Paris puisse craindre aucune fraude. Ce serait, si l’on admet cette expression, un grand bassin de triage. ». Mais il faudra attendre 30 ans, le 10 mai 1929, pour que la mise en eau du bassin ait lieu. A ce moment le bassin de Pantin est devenu le port le plus important du canal de l’Ourcq, recevant les plus gros bateaux de la navigation intérieure en provenance de Rouen, via la Seine et la canal Saint-Denis.

Ces aménagements sont réalisés dans le cadre d’un ambitieux projet de prolongation de d’élargissement du canal qui le transforme en voie navigable pour les grands chalands. Au début de 1931 les deux magasins entrent en activité et stockent des produits variés.

Deux grands entrepôts à l’aspect d’un paquebot en bordure de berge

Ancienne CCIP – Crédit photo Gil Gueu – Ville de PantinLes magasins de la CCIP avaient pour fonction essentielle de recevoir des grains et des farines. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris est, à cette époque, raccordée aux gares de Pantin et de Noisy-le-Sec dont les voies ferrées desservaient les deux rives du canal. Les deux grands entrepôts qui dominent encore la rive droite sont particulièrement intéressants du point de vue de l’architecture. Construits sur six niveaux communiquant entre eux par des passerelles métalliques, leur structure est en béton et la façade composée d’un remplissage en briques gris claire dont la bichromie forme des motifs réguliers. De grandes verrières en façade éclairent les six étages tandis que les balcons soulignent l’horizontalité du bâtiment à l’aspect de paquebot.

Le grain y était à l’origine acheminé par bateaux. Un outillage pneumatique permettait de l’aspirer directement dans une tour de distribution, située dans la partie supérieure de l’édifice, tandis que des grues permettaient l’approvisionnement des bâtiments à partir des balcons. Avant d’être désaffectée, la Chambre de Commerce et d’Industrie devient un lieu de stockage pour le fret venant des villes du nord. Celui-ci arrivant par route, une gare routière est ouverte à la demande de l’administration des douanes en 1950. Avec les Grands Moulins de Pantin, les entrepôts de la CCIP demeurent les témoins visibles du rôle majeur qu’ont tenu la Seine-Saint-Denis en général et Pantin en particulier dans l’approvisionnement de Paris.

Sur le plan architectural, la volumétrie des bâtiments, qui totalisent une surface utile de 41 000 m2, est des plus simples. Pour chacun, il s’agit d’un empilement de 6 plateaux identiques, desservis par des coursives extérieures, en porte-à-faux sur les quatre façades. Toute l’ossature des deux bâtiments est en béton armé. Dans un souci d’économie ou d’esthétique, le constructeur a pris le soin d’augmenter la taille des poteaux au fur et à mesure qu’on s’approche du soubassement comme s’il s’agissait d’exprimer la transmission des efforts et des surcharges dans le squelette de l’édifice. En façade, l’effet produit est singulier puisqu’à chaque niveau la section des poteaux change. Au rez-de-chaussée, de puissantes piles supportent tout le poids de l’édifice et son contenu, tandis qu’au dernier niveau les piles se sont amincies et laissent davantage de place aux éléments de remplissage en briques polychromes et aux surfaces vitrées.

Une reconversion en activités culturelle, résidentielle et de loisirs

Ancienne Chambre de Commerce de Paris à PantinL’ère industrielle étant révolue, la reconquête des berges du canal est à l’ordre du jour. L’emprise des bâtiments de la CCIP fait actuellement l’objet d’une requalification. Celle-ci s’inscrit dans la réalisation d’un nouveau quartier, identifié sur le plan local d’urbanisme comme la ZAC Sud Canal, qui s’articulera autour de deux axes principaux occupant pas moins de quatre hectares entre la voie d’eau et l’avenue Jean-Lolive. Les bâtiments jumeaux de l’ancienne Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris seront réhabilités afin d’y accueillir des activités économiques. Sur la partie sud du site, un espace résidentiel (de 400 logements), de loisirs et de promenade devrait être aménagé. Si l’on y intègre l’ancienne cité administrative devenue le Centre national de la Danse et les Grands Moulins de Pantin, la reconversion du site de la CCIP constituera une continuité cohérente de la problématique patrimoniale de l’architecture industrielle depuis le parc de la Villette.

Crédit photo 1 : Gil Gueu – Ville de Pantin

Crédit photo 2 : Hélène Sallet-Lavorel – Comité départemental du tourisme

Télécharger le fac-similé la transformation du canal de l’Ourcq en voie navigable à grande section et la création d’un port à Pantin, le génie civil, samedi 11 octobre 1930 (format pdf, 4,4 Mo). Ce document est conservé au pôle Mémoire et Patrimoine de la ville de Pantin.


Salinger: Attention, lire peut tuer (Looking back at the violent subtext of The Catcher in the Rye)

18 septembre, 2013

http://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/09/84433-mugshot.jpg?w=240&h=293http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/John_Hinckley,_Jr._Mugshot.pnghttp://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/09/d94f3-police_photo.jpeg?w=240&h=312

C’est une casquette de chasse à l’homme. Moi je la mets pour chasser l’homme. Holden Caulfield (Catcher in the rye, chap. 3)
Quelqu’un avait écrit "je t’encule" sur le mur … J’aurais bien tué celui qui avait écrit ça … je me voyais le prendre sur le fait et lui écraser la tête contre les marches de pierre jusqu’à ce qu’il soit mort et en sang. Holden Caulfield
Most young male characters in the movies are based on the character of Holden Caulfield. It’s been a very steady influence in the last 30 years. Every young man goes through the experiences of Holden Caulfield. Toby Maguire has made a career of being an updated Holden Caulfield. ‘The Ice Storm’ is almost a direct takeoff on ‘Catcher in the Rye.’ Since ‘Dead Poets Society,’ Ethan Hawke has played on that type of theme. Even Edward Burns, although not as young as the others, seems to fit that category. Raymond Haberski
Salinger touched on what’s at the heart of American repression: familial neglect. Parents are not paying attention or are aware of the movement of their children. That’s one of the worst things you can do. My ‘Good Girl’ character is disturbed, and I place the blame on the parents. Jake Gyllenhaal
I’ve been comparing ‘Igby’ to ‘Catcher in the Rye, Like Holden, Igby is very bright and very ironic, while the adults are lost and miserable and also affluent. When I first read ‘Catcher in the Rye,’ I didn’t identify with that kind of rebel. At the time, I thought he should get his act together. Boys are just much slower to mature in ways critical to society. They’re a couple of years behind the gals. It’s a developmental kind of glitch. Susan Sarandon
I wasn’t consciously influenced by ‘Catcher in the Rye’. I got kicked out of a prep school in Connecticut and a military school in Indiana. I liken it to being a musician and being influenced by the music ingrained in you, like the Beatles. It’s that journey of finding out. It’s a mythic story — just like ‘The Graduate’ or ‘The 400 Blows’ or ‘Hamlet.’ You feel like an anachronism in the world you’ve been born into. Everyone around you seems insane, and they see you as insane. A lot of movies have been influenced by this myth: ‘Flirting,’ ‘Rushmore,’ ‘The Graduate,’ ‘Y Tu Mama Tambien.’ I don’t think this situation will ever be played out. It’s mythic. It didn’t start with ‘Catcher in the Rye.’ It started with Christ, who rebelled against everything around him. It’s always been about iconoclasts rebelling against what came before them, challenging the rules and customs. Burr Steers
To me, ‘Catcher in the Rye’ is part of a literary trend that goes back to Goethe’s ‘The Sorrows of Werther’ (1774). I don’t think Salinger discovered it. He just did the quintessential American version. Mike White
"American Beauty," for example, is at odds with "the tone and general warmth of Salinger. Salinger’s influence takes a comedic form, a life-affirming form. ‘American Beauty’ showed the dark underside of American culture, going further than I think Salinger would ever dream of. As for "Finding Forrester, you might find some kind of resonance with Salinger himself in Sean Connery’s character, although the boy (Rob Brown) is a little bland rather than plucky. And there is a kinship with ‘Wonder Boys.’ Toby Maguire’s character is plucky to a certain extent, and he takes chances. Anthony Caputi (Cornell University)
Ever since the book came out, it’s been a touchstone of that demographic — the 17-year-old kid who sees himself not fitting in. Movies like ‘American Pie’ and ‘Beavis & Butthead’ — guys looking for a good time — that genre is playing out. ‘Y Tu Mama Tambien’ is the perfect example of a movie that bridges the two kinds of movies. It starts out like ‘Dude, Where’s My Car?’ but becomes a thoughtful movie about the kids’ relationship to society. ‘Orange County’ (the teen movie White wrote last year starring Colin Hanks) had a Salinger element. It featured a book that changed a young man’s life, and he goes and seeks out the professor who wrote it. For me, it was about a kid’s quest for the meaning of life. Maybe a more thoughtful teenage coming-of-age movie is coming back into vogue. Mike White
it’s likely that Hinton’s echo of the testimonial frame Salinger used in “The Catcher in the Rye” (“If you really want to hear about it”) wasn’t consciously intended, nor was Hinton’s literalization of Holden’s “If a body catch a body coming through the rye” into the rescue of a group of children from a burning church. In fact, what struck me most as an adult reader (and sometime Y.A. novelist) is the degree to which “The Outsiders” is derivative of the popular literature of its time, sometimes obliquely, as in the Salinger parallels, sometimes more directly. Dale Peck
A substitute teacher out on Long Island was dropped from his job for fighting with a student. A few weeks later, the teacher returned to the classroom, shot the student unsuccessfully, held the class hostage and then shot himself. Successfully. This fact caught my eye: last sentence. Times. A neighbor described him as a nice boy. Always reading Catcher in the Rye. John Guare ("Six degrees of separation")
You talkin’ to me? You talkin’ to me? You talkin’ to me? Then who the hell else are you talkin’ to? You talkin’ to me? Well I’m the only one here. Who the fuck do you think you’re talking to? Travis Bickle ("Taxi driver")
God is a concept by which we measure our pain I don’t believe in Bible I don’t believe in Jesus (…) I don’t believe in Beatles (…) I just believe in me Yoko and me and that’s reality … John Lennon
Imagine there is no heaven It’s easy if you try No hell below us Above us only sky It isn’t hard to do (…) Nothing to kill or die for And no religion, too. (…) Imagine no possessionsJohn Lennon
When I left England I still couldn’t go on the street. It was still Carnaby Street and all that stuff was going on. We couldn’t walk around the block and go to a restaurant unless you wanted to go with the business of ‘the star going to the restaurant’ garbage. Now, here, I’ve been walking the streets for the last seven years. When we first moved to New York we actually lived in the village, Greenwich Village, the arty farty section of town where all the students and the would-be’s live, and a few old poets. Yoko told me, "Yes, you can walk on the street!" but I would be walking all tense-like, waiting for someone to say something or jump on me. It took me two years to unwind. I can go out of this door now and go to a restaurant. Do you want to know how great that is? Or go to the movies? People come up and ask for autographs or say "Hi!" but they won’t bug you. They say "How ya doing? Like your record" or "How ya doing? How’s the baby?… John Lennon
Who does he think he is saying these things about God and heaven and the Beatles? Mark David Chapman
I wasn’t killing a real person. I was killing an image. I was killing an album cover. Mark David Chapman
The notorious murderer Haig who killed and drank blood said he was inspired by the sacrament of the Eucharist. Does that mean we should ban the Bible? Anthony Burgess
I begin to accept that as a novelist, I belong to the ranks of the menacing. Anthony Burgess
I discussed the matter of the novelist’s moral responsibility with George Dwyer in his Leeds Bishopric. I was invited to a Yorkshire Post literary luncheon at which he said grace. George had written his master thesis on Baudelaire and knew all about flowers of evil. Literature, even the kind celebrated at a literary luncheon, was an aspect of the fallen world and one of its tasks was to clarify the nature of the fall. Thoughtful readers of novels with criminal, or merely sinful protagonists achieved catharsis through horror, setting themselves at a distance from their own sinful inheritance. As for thoughtless readers, there was no doing anything with them. With the demented literature could prime acts of evil, but that was not the fault of literature. the Bible had inspired a New York killer to sacrifice children to a satanic Jehovah; the murderer Haigh, who drank the blood of the women he slaughtered, was obsessed with the Eucharist. Anthony Burgess
The city’s schisms reflect a cultural schizophrenia as well. As Paul explains in a soliloquy inspired by "The Catcher in the Rye," we live in a time when imagination has become "something outside ourselves" – not an integral part of our identities, a tool for the essential act of self-examination, but an anesthetizing escape from the inner life we should be embracing and exploring. So topsy-turvy is our definition of culture, in Paul’s view, that J. D. Salinger’s "touching, beautiful, sensitive story" has been turned into "a manifesto of hate" by assassins like Mark David Chapman and John Hinckley who use Holden Caulfield’s social estrangement as an excuse to commit murder. Frank Rich
The nitwit — Chapman — who shot John Lennon said he did it because he wanted to draw the attention of the world to The Catcher in the Rye and the reading of the book would be his defense. And young Hinckley, the whiz kid who shot Reagan and his press secretary, said if you want my defense all you have to do is read Catcher in the Rye. It seemed to be time to read it again. (…) I borrowed a copy from a young friend of mine because I wanted to see what she had underlined and I read this book to find out why this touching, beautiful, sensitive story published in July 1951 had turned into this manifesto of hate. I started reading. It’s exactly as I remembered. Everybody’s a phony. Page two: "My brother’s in Hollywood being a prostitute." Page three: "What a phony his father was." Page nine: "People never notice anything." Then on page 22 my hair stood up. Remember Holden Caulfield — the definitive sensitive youth — wearing his red hunter’s cap. "A deer hunter hat? Like hell it is. I sort of closed one eye like I was taking aim at it. This is a people-shooting hat. I shoot people in this hat." Hmmm, I said. This book is preparing people for bigger moments in their lives than I ever dreamed of. Then on page 89: "I’d rather push a guy out the window or chop his head off with an ax than sock him in the jaw…I hate fist fights…what scares me most is the other guy’s face…" I finished the book. It’s a touching story, comic because the boy wants to do so much and can’t do anything. Hates all phoniness and only lies to others. Wants everyone to like him, is only hateful, and he is completely self-involved. In other words, a pretty accurate picture of a male adolescent. And what alarms me about the book — not the book so much as the aura about it … John Guare
If one person uses something I have written as the justification for killing somebody, I’d say: “God, people are crazy!” But if three people use something I’d written as justification, I would be very very troubled by it. John Guare
In the months and years after Lennon’s murder, it was as if the secret life of The Catcher in the Rye came above ground for the first time since the book’s publication in 1951. It was found in Hinckley’s hotel room after he was arrested, and in 1989 Robert John Bardo had a copy of it on him when he murdered the actress Rebecca Schaeffer. The next year, in John Guare’s play Six Degrees of Separation, the con man protagonist holds forth on the book’s attraction to the violently disturbed, quoting Holden’s remark that his ever-present red hat is a “people-shooting hat.” In Richard Donner’s 1997 thriller Conspiracy Theory, the mere purchase of the book at a Barnes & Noble is enough to trip a signal to the computers of an unnamed government agency. Whoever reads Catcher, it seems, is up to no good. You could say that those events are signposts on the novel’s journey from shared totem to shared joke, or that the journey is part of the postmodern irony we’re all drowning in, when we’ve become too cool to be affected by Holden’s open wound of a psyche. But Catcher has become something even less harmless than a joke or postmodernism: a classic. The generations that once had to read it on the sly, or who saw their teachers face the ire of school boards and parents for assigning it, are now senior citizens or entering late middle age. While the book has retained its status as one of the most-censored books in American schools, that distinction now seems almost quaint. But God help The Catcher in the Rye should it ever stop being persecuted. What better confirmation for Holden’s disciples of the threat still posed by the phonies? It’s axiomatic that Holden Caulfield is the patron saint of adolescent sensitivity, that Catcher shows the cruelty with which the world treats such sensitivity and that the novel ends with a saddened, bruised Holden poised to re-enter that world and thus aware that, to make his way in it, he has to leave his sensitivity behind. What makes it hard to sustain that image of the book is reading it. “The cruellest thing you can do to Kerouac is to reread him at thirty-eight,” says a character in Hanif Kureishi’s The Buddha of Suburbia. The cruelest thing you can do to Salinger, who died a year ago, on January 27, is to reread his fiction when an adolescent’s sneer and perpetual outrage over perceived injustice no longer seem an adequate way to view the world. If Holden Caulfield, that relentless hunter of phonies, hadn’t been there for Mark David Chapman to discover, Chapman could have invented him. Chapman’s claim that the book was his statement is disarmingly honest. Chapman, like many of us, heard the hypocrisy in John Lennon’s singing “Imagine no possessions.” But Chapman couldn’t chalk that silly line up to rock-star folly or, as Neil Young did many years later in a telethon performance to raise money for 9/11 families, rewrite the line to point it back at the person singing it: “Imagine no possessions/I wonder if I can.” Chapman, a 25-year-old with the zero-sum ethics of the most self-dramatizing adolescent, saw it as the inevitable betrayal. How dare Lennon sing about imagining no possessions while living in the Dakota? (…) As a public figure, Salinger was due the kind of freedom and anonymity Lennon enjoyed in Manhattan. But in the small town in New Hampshire to which Salinger retreated in 1953, you really can withdraw from the world. Yet for Salinger, retreat was immersion in a familiar point of view. Withdrawal—physical, emotional, spiritual—is the overriding preoccupation of his fiction. There are few authors who argue so strenuously, so consistently for exclusivity and insularity, who are so repulsed by human imperfection, especially the physical kind, as Salinger. In his fictional world compassion is extended only to those who have made the cut or whose need of compassion—like the mythical Fat Lady at the end of Franny and Zooey—can provide a vessel into which the characters can pour their higher sensibility. (…) Just as the stories constrict physically, they retreat emotionally into realms of Eastern mysticism that, for all the words Salinger lavishes on them, remain vague astral paths to some presumed higher state of consciousness. It all starts with Way of the Pilgrim, the book that unhinges Franny; and though it’s a Christian tract, Zooey likens its aim of automatic incessant prayer to the Eastern concept of the seven chakras, the opening of the third eye and such. It’s a short hop from there to Buddy (in “Seymour; an Introduction”) saying that the true poet or painter is “the only seer we have on earth” and that Seymour’s aim, the “hallmark, then, of the advanced religious,” was to find Christ in the most unimaginable places, Seymour’s preferred spot for Savior-sighting being loaded ashtrays. Some people take those spiritual preoccupations very seriously. In his new Salinger bio, Kenneth Slawenski suggests that the reason Mary McCarthy couldn’t abide Franny and Zooey is that her memoir Memories of a Catholic Girlhood, revealed “her disgust with religion, her descent into atheism, and the transfer of her faith into her own intellect.” The crude reduction of McCarthy’s book aside, it’s clear that acolytes, not apostates, are the ones qualified to enter Salinger’s higher realms. (…) The Catcher in the Rye, written before Salinger started larding his work with quotations from The Way of a Pilgrim and koans from the Mu Mon Kwan, can’t fall back on higher aspirations to disguise its misanthropy. The book squirms with a physical revulsion that is far too consistent and far too strong to belong merely to Holden—and besides, it remained a staple of Salinger’s writing. Salinger couldn’t get through the first paragraph of “A Perfect Day for Bananafish” without having Muriel tweezing hairs from a mole. Franny imagines the Fat Lady as not just having veiny legs but cancer. Catcher has a puerile, disgusted fascination with nose-picking, toenail clippings, grotty teeth, razors clogged with hair and lather. The essentials of a prep-school wardrobe can’t disguise the unkempt bodies they adorn. At times, the novel is all pimples and tweed. (…) Because so many of the people who repulse Holden are Ivy Leaguers or preps or the sort who might get fawned over by a snobbish bartender, it has been easy to talk of Catcher as a book about being an outsider when really it’s the exact opposite. There are so few people who make the cut—not just in Catcher but in all of Salinger’s work—that the reader who surrenders is reduced to hoping he or she is cool enough to be admitted to this club. This is what Mary McCarthy meant when she said that the book reads us. Don’t ever tell anybody anything,” the book ends. “If you do, you start missing everybody,” affirming silence over an admission of need. Only disconnect. It’s an attitude that puts Catcher in opposition to the great American coming-of-age novels—The Adventures of Huckleberry Finn, The Member of the Wedding, True Grit—all books in which the protagonist is brought into close contact with people very unlike the protagonist, people whose humanity he or she can’t deny. Charles Taylor

John Lennon (pour attirer l’attention de la jeune actrice du "Taxi driver" de Scorsese), Reagan (via le même "Taxi driver" inspiré du journal de l’assassin de George Wallace et son "se regarder devenir un gros dur dans la glace des lavabos"), Rebecca Schaeffer

A l’heure où l’un des jeux vidéo les plus violents de l’histoire qui apprend à nos jeunes à abattre de simples passants se voit qualifier par nos sociologues de "fresque digne des œuvres de Steinbeck ou de Welles" …

Et suite à nos deux derniers billets sur la sortie d’une nouvelle biographie et d’un documentaire sur l’auteur culte de L’Attrape-coeurs" …

Comment ne pas repenser à tous ces livres ou films qu’il a plus ou moins directement ou consciemment influencés …

Mais aussi à tous ces livres qui, comme son "Catcher in the rye" avec son bilan de pas moins de trois assassinats ou tentatives d’assassinat, ont pu inspirer la pire violence ?

When books kill

Movies and video games get blamed for acts of senseless violence all the time. But some famous murderers got their ideas from literature.

Aidan Doyle

Salon

Dec 15, 2003

We’ve all heard about how computer games and films have supposedly influenced people to commit violence. In October a $246 million lawsuit was lodged against the makers of the game Grand Theft Auto III by the families of two people shot by teenagers allegedly inspired by the game. Such movies as “Natural Born Killers,” “A Clockwork Orange” and “Money Train” have routinely been accused of inspiring copycat crimes. But what about novels? Is literature incapable of inspiring moronic acts of mayhem?

Many of the controversial novels of the last century were publicly condemned because it was believed they would lead to a decay in public morals. These criticisms were often patronizing (“Won’t somebody please think of the children?”), expressing the belief that less educated members of society were likely to imitate anything and everything they read. The prosecutor in the 1960 British obscenity trial of “Lady Chatterley’s Lover” asked jurors if it was the kind of book they wanted their wife or servants to read.

As ludicrous as that may sound today, obviously people are influenced by what they see and read, and authors have little control over how people will react to the ideas in their books. Although Isaac Asimov was a fierce critic of religion and New Age thinking, the Japanese doomsday cult Aum Shinrikyo was heavily influenced by his “Foundation” series of novels. The novels depict a universe where a galactic empire has become decadent and ripe for collapse. The empire’s ruling planet is a vast hive of people and the only natural environment is the garden surrounding the emperor’s palace. Only the foresight of Hari Seldon and his secret society of scientists can preserve civilization’s knowledge before it is lost in the dark ages. Seldon’s followers convert their society into a religion, believing “it is the most potent device known with which to control men and worlds.”

Although Asimov based his empire on ancient Rome, members of Aum Shinrikyo saw similarities between Asimov’s empire and modern Japanese society. The cult’s founder, Shoko Asahara, preached that civilization was coming to an end and only the faithful would survive. He gathered around him a team of scientists from diverse disciplines. David Kaplan and Andrew Marshall’s “The Cult at the End of the World” outlines how the cult’s chief scientist, Hideo Murai, saw Aum’s mission to save humanity from the coming apocalypse as mirroring the Foundation’s struggle:

“In an interview, Murai would state matter-of-factly that Aum was using the Foundation series as the blueprint for the cult’s long term plans. He gave the impression of ‘a graduate student who had read too many science fiction novels,’ remembered one reporter. But it was real enough to the cult. Shoko Asahara, the blind and bearded guru from Japan, had become Hari Seldon; and Aum Shinrikyo was the Foundation.”

Asahara directed his scientists to create a variety of chemical and biological weapons to fight their enemies. When the predicted apocalypse wasn’t forthcoming, Asahara decided to take matters into his own hands. On March 20, 1995, some of his followers released sarin gas in the Tokyo subway, killing 12 people and injuring more than 5,000.

An article in the Guardian, the British newspaper, speculated that “Foundation” may have also influenced Osama bin Laden and al-Qaida. It related claims that “Foundation” had been translated into Arabic under the title “al-Qaeda” — which means the base or foundation — and that bin Laden might have identified with the idea of a small group of rebels fighting against a decadent evil empire. This speculation has not, however, been widely accepted. It isn’t even clear that an Arabic version of the novel was ever published.

“Foundation” is not the only novel to have influenced terrorists. A copy of “The Turner Diaries” was found in Timothy McVeigh’s car when he was arrested. The novel was written by a leader of the National Alliance and tells the story of a white supremacist group that overthrows the government and subsequently eradicates nonwhites as well as “race traitors.” The narrator destroys FBI headquarters by detonating a truck loaded with ammonium nitrate and fuel oil. McVeigh used a similar mechanism to destroy the federal building in Oklahoma City, killing 168 people.

Several of McVeigh’s friends testified he had given them copies of the book, encouraging them to read it. McVeigh had highlighted phrases in his copy of the book including: “the real value of all of our attacks today lies in the psychological impact, not in the immediate casualties,” as well as one promising that politicians will not escape: “We can still find them and kill them.” The novel ends with the narrator flying a bomb-laden plane into the Pentagon.

Another bomber with a fondness for reading was Ted Kaczynski. The Unabomber was a big fan of Joseph Conrad’s “The Secret Agent,” an ironic novel in which a university professor turned anarchist is recruited to blow up a scientific icon, London’s Greenwich Observatory. A Washington Post article revealed that prior to Kaczynski’s arrest, the FBI had suspected the novel’s influence and contacted Conrad scholars to help them in constructing their profile.

Author Joe Haldeman has spoken about the unintended influence of a short story he published in the Magazine of Science Fiction & Fantasy in 1974. In “To Howard Hughes: A Modest Proposal,” a blackmailer forces world disarmament by developing his own nuclear bomb. Haldeman says the story contained “pretty detailed instructions for acquiring plutonium and constructing a subcritical nuclear device (information not that easy to find, pre-Internet, but nothing classified) … [Someone] used the story as a template and wrote a blackmail letter to the mayor of Los Angeles, saying he had a van parked somewhere downtown with a nuclear bomb in it, and he’d blow it up in 24 hours if he didn’t get a million dollars, delivered to such-and-such a park at noon. Evidently the details were accurate enough for them to respond with a suitcase full of money, and of course a park full of agents disguised as normal people. The miscreant turned out to be a 15-year-old science fiction fan.”

Science fiction operates on a grander scale than other genres, often portraying world-changing events that can be attractive to people who want to change the world. Such was the case with Robert Heinlein’s highly influential novel “Stranger in a Strange Land.” Time magazine reported that Charles Manson used the novel as a blueprint for his infamous family and that it led to the murder of Sharon Tate and others. It was later revealed, however, that Manson had never read the novel.

Some of Manson’s followers had indeed adopted ideas and terminology from the book into their rituals. “Stranger in a Strange Land” features a Martian with superpowers who comes to earth and starts a free love movement. The novel also influenced others to form their own polygamous societies, including a “neo-pagan” group known as the Church of All Worlds. The church’s Web site explains how its founders were inspired by Heinlein’s novel: “This book suggested a spiritual and social way of life and was a metaphor expressing the awakening social consciousness of the times.” (The Church of All Worlds has not been linked to any murders.)

Films reach a much wider audience than novels and often the real public outcry about a book isn’t raised until the film version is released. “A Clockwork Orange” was blamed for inspiring so many copycat crimes — from homeless people beaten to death to a gang rape where the attackers sang “Singin’ in the Rain” — that director Stanley Kubrick had it withdrawn from cinemas in England. The book’s author, Anthony Burgess, insisted that there was no definitive proof “that a work of art can stimulate antisocial behavior … the notorious murderer Haig who killed and drank [his victims'] blood said he was inspired by the sacrament of the Eucharist. Does that mean we should ban the Bible?”

Burgess was later to change his mind after the 1993 murder near Liverpool, England, in which 2-year-old James Bulger was abducted and tortured to death by two 10-year-old boys. The horror film “Child’s Play 3″ was linked to the case, and Burgess wrote that he now accepted the arts could exert a negative influence, adding, “I begin to accept that as a novelist, I belong to the ranks of the menacing.”

Criminals will sometimes blame a work of fiction for their crimes, hoping to shift responsibility. These claims are inevitably treated with considerable skepticism. But one book that has been linked to a number of serial killers is John Fowles’ “The Collector.” The 1963 novel tells the story of a butterfly collector who becomes so obsessed with a woman called Miranda that he kidnaps and imprisons her in his cellar. California serial killers Charles Ng and Leonard Lake named one of their schemes “Operation Miranda.” Lake later committed suicide, but Ng was found guilty of the imprisonment, torture and murder of 11 people during the 1980s. Ng blamed Lake for the murders and said he had been inspired to capture the women after reading “The Collector.”

In Fowles’ novel, Miranda encourages her kidnapper to read “The Catcher in the Rye,” hoping he might identify with Holden Caulfield’s feelings of alienation. Her captor complains that he doesn’t like the book and is annoyed that Holden doesn’t try harder to fit into society. There are enough rumors about murders linked to J.D. Salinger’s classic that the unwitting assassins in the Mel Gibson film “Conspiracy Theory” are portrayed as being brainwashed with the urge to buy the novel.

John Lennon’s murderer, Mark David Chapman, was famously obsessed with “The Catcher in the Rye.” Chapman wanted to change his name to Holden Caulfield and once wrote in a copy of the book “This is my statement,” and signed the protagonist’s name. He had a copy of the book in his possession when the police arrested him.

French author Max Valentin (a pseudonym) got more than he bargained for when he wrote “On the Path of the Golden Owl,” a 1993 novel featuring clues to the location of a real-life buried treasure. France was gripped with treasure-hunting fever as readers tried to find a replica of the golden owl (which could be exchanged for the real one) that Valentin had buried somewhere in rural France. In an interview with the Times of London, the author said he had received death threats and bribes amid the torrent of mail from people wanting to know where the owl was hidden.

He does not customarily respond to questions about the owl’s location, but once had to intervene to stop someone from digging up a cemetery. Others have gone even further. “There was one who tried to dig up a train track,” he said, “and another who walked into a bank with a pickaxe and started to dig up the floor of the lobby. I’ve told everyone it is buried in a public place but some people are crazy … a man had firebombed a church and left behind a book containing the message: ‘The golden owl is underneath the chapel.’” After more than 10 years, no one has yet managed to find the golden owl.

Voir aussi:

The Ballad of John and J.D.: On John Lennon and J.D. Salinger

Mark David Chapman was carrying a copy of The Catcher in the Rye when he shot John Lennon. The murder was a collision of cultures.

Charles Taylor

The Nation

January 26, 2011 (February 14, 2011 edition)

“A local crackpot.” That’s how a New York City cop, quoted by a TV reporter, described the man who had just been arrested for shooting John Lennon at the entrance to the Dakota. The cop turned out to be only half right: Mark David Chapman had come from Hawaii.

I can’t find the remark in any of the accounts of December 8, 1980, but it has stuck with me for thirty years. The cop didn’t appear on camera, but the way the reporter quoted him still makes me think that I’d heard the remark straight from his mouth. Cutting through all the breaking-news urgency, through the anchors and reporters who, having failed to rise to an unthinkable occasion, fumbled for shopworn lines about the man whose music united a generation, the policeman’s words conveyed disgust, dismissiveness, a determination to keep this killer, whoever he was, in his place. Who, the cop was asking, was this nobody to have murdered John Lennon?

Chapman’s identity, as it was pieced together through the following day, was slotted into a narrative predicated on his being a nobody. He was a fat loser who couldn’t hold a job, the newscasters said, who drifted from place to place, who wrestled with mental problems. Killing John Lennon was Chapman’s shortcut to fame—just as shooting Ronald Reagan would be John Hinckley’s a few months later.

But to Chapman, the nobody was Lennon. Chapman later reportedly said that in the week before the assassination he’d been listening to John Lennon/Plastic Ono Band, the raw and abrasive 1970 record on which Lennon purged his music of the gorgeous harmonies and studio lushness of the Beatles. And yet for everything that was stripped down about the record, it is, like the music it turned its back on, magisterial. The penultimate track, “God,” builds to a close with Lennon’s rising list of denunciations: “I don’t believe in Bible … I don’t believe in Jesus … I don’t believe in Beatles.” “Who does he think he is,” Chapman remembered thinking, “saying these things about God and heaven and the Beatles?”

“I kept wanting to kill whoever’d written it…. I kept picturing myself catching him at it, and how I’d smash his head on the stone steps till he was good and goddam dead and bloody.” That’s not Chapman talking, though he had wished that it was. The voice belongs to Holden Caulfield, the name that Chapman signed in the paperback copy of The Catcher in the Rye that he was carrying with him when he shot Lennon. The signature appeared under the words “This is my statement.” After murdering Lennon, Chapman began reading from J.D. Salinger’s novel, which is what he was doing when the cops found him. A few months later at his sentencing hearing, asked if he wished to give a statement, Chapman offered these lines from Catcher:

Anyway, I keep picturing all these little kids playing some game in this big field of rye and all. Thousands of little kids, and nobody’s around—nobody big, I mean—except me. And I’m standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff—I mean if they’re running and they don’t look where they’re going I have to come out from somewhere and catch them. That’s all I’d do all day. I’d just be the catcher in the rye and all.

Using Caulfield’s words to explain himself was taken as more proof that Chapman, who instructed his lawyer not to mount an insanity defense, was crazy. In any event, at the time it was easier to think Chapman was nuts than to think about the collision of two totems, easier than asking how many members of the American generation that had embraced John Lennon could also feel their adolescent angst was given voice by a book so opposed to everything Lennon and the Beatles had stood for. No one dwelt on that side of the story.

* * *

In the months and years after Lennon’s murder, it was as if the secret life of The Catcher in the Rye came aboveground for the first time since the book’s publication in 1951. It was found in Hinckley’s hotel room after he was arrested, and in 1989 Robert John Bardo had a copy of it on him when he murdered the actress Rebecca Schaeffer. The next year, in John Guare’s play Six Degrees of Separation, the con man protagonist holds forth on the book’s attraction to the violently disturbed, quoting Holden’s remark that his ever-present red hat is a “people-shooting hat.” In Richard Donner’s 1997 thriller Conspiracy Theory, the mere purchase of the book at a Barnes & Noble is enough to trip a signal to the computers of an unnamed government agency. Whoever reads Catcher, it seems, is up to no good.

You could say that those events are signposts on the novel’s journey from shared totem to shared joke, or that the journey is part of the postmodern irony we’re all drowning in, when we’ve become too cool to be affected by Holden’s open wound of a psyche. But Catcher has become something even less harmless than a joke or postmodernism: a classic. The generations that once had to read it on the sly, or who saw their teachers face the ire of school boards and parents for assigning it, are now senior citizens or entering late middle age. While the book has retained its status as one of the most-censored books in American schools, that distinction now seems almost quaint. But God help The Catcher in the Rye should it ever stop being persecuted. What better confirmation for Holden’s disciples of the threat still posed by the phonies?

It’s axiomatic that Holden Caulfield is the patron saint of adolescent sensitivity, that Catcher shows the cruelty with which the world treats such sensitivity and that the novel ends with a saddened, bruised Holden poised to re-enter that world and thus aware that, to make his way in it, he has to leave his sensitivity behind. What makes it hard to sustain that image of the book is reading it. “The cruellest thing you can do to Kerouac is to reread him at thirty-eight,” says a character in Hanif Kureishi’s The Buddha of Suburbia. The cruelest thing you can do to Salinger, who died a year ago, on January 27, is to reread his fiction when an adolescent’s sneer and perpetual outrage over perceived injustice no longer seem an adequate way to view the world.

If Holden Caulfield, that relentless hunter of phonies, hadn’t been there for Mark David Chapman to discover, Chapman could have invented him. Chapman’s claim that the book was his statement is disarmingly honest. Chapman, like many of us, heard the hypocrisy in John Lennon’s singing “Imagine no possessions.” But Chapman couldn’t chalk that silly line up to rock-star folly or, as Neil Young did many years later in a telethon performance to raise money for 9/11 families, rewrite the line to point it back at the person singing it: “Imagine no possessions/I wonder if I can.” Chapman, a 25-year-old with the zero-sum ethics of the most self-dramatizing adolescent, saw it as the inevitable betrayal. How dare Lennon sing about imagining no possessions while living in the Dakota?

* * *

Salinger and Lennon may each have been a touchstone for youth culture, but Lennon’s sensibility could not help irritating the preciousness of Salinger’s. Lennon was hungry, ambitious (“I came out of the fuckin’ sticks to take over the world”). His vision, even with his slashing, acerbic wit, was exclusive, expansive. (“Love you every day, girl … Eight days a week,” as if time itself could expand to encompass the parameters of his love.) He argued for living in the world openly, even foolishly. You could send two acorns to world leaders and ask each to plant a tree for peace; or spend your honeymoon in bed with your bride, invite reporters over to talk about peace and even record a new single at your bedside. Or you could do something as petty and self-serving as returning your MBE to the queen, conflating Britain’s presence in Nigeria with your new single, “Cold Turkey,” slipping down the charts.

Lennon dropped out of the public eye for five years or so after the birth of his and Yoko Ono’s son, Sean, and his victory over the witch hunt begun by President Nixon to deport him. But if you want to cut yourself off from humanity, you don’t decide to retreat to New York City. “I can go out this door now and go into a restaurant,” Lennon was quoted as saying in Jay Cocks’s Time magazine cover story on his murder. “Do you want to know how great that is?” What Lennon was saying is that, after unimaginable, isolating fame, New York offered him what might be called companionable anonymity.

As a public figure, Salinger was due the kind of freedom and anonymity Lennon enjoyed in Manhattan. But in the small town in New Hampshire to which Salinger retreated in 1953, you really can withdraw from the world. Yet for Salinger, retreat was immersion in a familiar point of view. Withdrawal—physical, emotional, spiritual—is the overriding preoccupation of his fiction. There are few authors who argue so strenuously, so consistently for exclusivity and insularity, who are so repulsed by human imperfection, especially the physical kind, as Salinger. In his fictional world compassion is extended only to those who have made the cut or whose need of compassion—like the mythical Fat Lady at the end of Franny and Zooey—can provide a vessel into which the characters can pour their higher sensibility. Empathy, a new fragrance by Chanel.

Nothing Salinger wrote takes place on as large a physical scale as Catcher, in which Holden roams over New York City. The first half of Franny and Zooey occurs in a crowded restaurant, the second half in the Glass family’s overstuffed New York apartment—and most of that in the bathroom. Raise High the Roof Beam, Carpenters is set in an uncomfortably crowded and sweltering hired car (there never seems to be enough air in any of Salinger’s locales), and then that crowd transfers to Buddy and Seymour Glass’s small, sweltering Manhattan apartment. “Seymour; an Introduction,” from 1959, never leaves the confines of Buddy’s head. Even if it did, where would we be? In his cabin in the woods, a place to squawk over the inanity of the papers his job as a college professor obliges him to grade, and a meaner version of the home his creator had retreated to six years earlier.

Just as the stories constrict physically, they retreat emotionally into realms of Eastern mysticism that, for all the words Salinger lavishes on them, remain vague astral paths to some presumed higher state of consciousness. It all starts with Way of the Pilgrim, the book that unhinges Franny; and though it’s a Christian tract, Zooey likens its aim of automatic incessant prayer to the Eastern concept of the seven chakras, the opening of the third eye and such. It’s a short hop from there to Buddy (in “Seymour; an Introduction”) saying that the true poet or painter is “the only seer we have on earth” and that Seymour’s aim, the “hallmark, then, of the advanced religious,” was to find Christ in the most unimaginable places, Seymour’s preferred spot for Savior-sighting being loaded ashtrays. Some people take those spiritual preoccupations very seriously. In his new Salinger bio, Kenneth Slawenski suggests that the reason Mary McCarthy couldn’t abide Franny and Zooey is that her memoir Memories of a Catholic Girlhood, revealed “her disgust with religion, her descent into atheism, and the transfer of her faith into her own intellect.” The crude reduction of McCarthy’s book aside, it’s clear that acolytes, not apostates, are the ones qualified to enter Salinger’s higher realms.

The attempt to move beyond the corporeal is always, in the most fundamental sense, inhuman. In Salinger, though, it’s a pretense for a tone that’s overwhelmingly judgmental, sneering and cruel. Consider the kind of people who don’t merit sympathy in Salinger. The cracked guru Seymour Glass permanently scars a little girl’s face by throwing a stone at it because “she looked so beautiful sitting there in the middle of the driveway” with his sister’s cat. There are also fleeting hints that Seymour held up an impossible standard for his younger siblings to follow. “Is he never wrong?” Buddy asks on the last page of “Seymour; an Introduction.” (“Seymour; an Intervention” might have accomplished more.) But the people whose life Seymour makes hell are afforded no sympathy. Certainly not Muriel, the bride he leaves at the altar in Raise High the Roof Beam, Carpenters, because he’s “indisposed by happiness.” Muriel’s bridesmaid, worried for her friend and angered at how she’s being treated, is presented throughout the story as a meddling bitch. Salinger ends “A Perfect Day for Bananafish” before we have to register Muriel’s shock and horror at waking from her nap to find Seymour has blown his brains out. Earlier in the story we learn that Seymour calls his wife “Miss Spiritual Tramp of 1948,” and by that point Salinger has already spent pages characterizing Muriel as a vapid bimbo—washing, primping and reading a crummy women’s magazine.

Salinger’s characters don’t want higher knowledge; they just want to be left alone. Franny and Zooey—which ends with Zooey’s plea to his sister, Franny, to recognize the holy in the everyday, “a cup of consecrated chicken soup”—isn’t an argument for experiencing life on a higher plane but for being superior to it. Zooey tells his sister about how Seymour chastised him for disdaining the audience of the radio show the Glass brood were all on as children by telling him to remember the Fat Lady, listening at home. “This terribly clear, clear picture of the Fat Lady formed in my mind,” says Zooey. “I had her sitting on this porch all day, swatting flies, with her radio going full-blast from morning till night.” Seymour told Franny, too, it turns out, and she pictured the Fat Lady with “very thick legs, very veiny. I had her in an awful wicker chair. She had cancer, too, though, and she had the radio going full-blast all day!” Neither Franny nor Zooey is expected to engage with the Fat Lady, to talk to her, to get beyond her tacky furnishings or veiny legs or cancer, to see her as a person. They are performers, she is the audience, and they are expected merely to lavish their presence on her. For someone whose characters loved to talk about the phoniness of Hollywood, Salinger was outdone by the movies. In 1950, seven years before “Zooey” appeared in The New Yorker, Billy Wilder ended Sunset Boulevard with Gloria Swanson’s crazy Norma Desmond lauding “those wonderful people out there in the dark.” The noblesse oblige Wilder satirized is what Salinger holds up as salvation.

The Catcher in the Rye, written before Salinger started larding his work with quotations from The Way of a Pilgrim and koans from the Mu Mon Kwan, can’t fall back on higher aspirations to disguise its misanthropy. The book squirms with a physical revulsion that is far too consistent and far too strong to belong merely to Holden—and besides, it remained a staple of Salinger’s writing. Salinger couldn’t get through the first paragraph of “A Perfect Day for Bananafish” without having Muriel tweezing hairs from a mole. Franny imagines the Fat Lady as not just having veiny legs but cancer. Catcher has a puerile, disgusted fascination with nose-picking, toenail clippings, grotty teeth, razors clogged with hair and lather. The essentials of a prep-school wardrobe can’t disguise the unkempt bodies they adorn. At times, the novel is all pimples and tweed.

* * *

John Lennon was not above that kind of physical disgust. In the “Lennon Remembers” interviews he did for Rolling Stone in 1971, he told Jann Wenner about the nightmare of having crippled children foisted on the Beatles, as if they were capable of healing them. He said of the group’s first American tour, “When we got here you were all walking around in fucking Bermuda shorts with Boston crew cuts and stuff on your teeth…. The chicks looked like fuckin’ 1940s horses. There was no conception of dress or any of that jazz. I mean we just thought, ‘What an ugly race.’”

But Lennon was also one of the most frankly sexual rock ‘n’ roll singers, the man who was capable of bringing an erotic urgency to the Beatles’ cover of Smokey Robinson’s “You Really Got a Hold on Me” that wasn’t present in the original, and to the wry reverie of “Norwegian Wood,” his tale of a one-night stand that should have been. He was a man who, in one of the gestures of foolish bravery that caused Norman Mailer to mourn, “We have lost a genius of the spirit,” put the imperfect bodies of himself and his new lover bollocks-naked on an album cover.

It’s that kind of openness that both Holden Caulfield and his creator are incapable of imagining. In Salinger’s work, when people are not physically ugly, they are spiritually ugly: old Sally Hayes, who says “grand” and “marvelous,” and her Ivy League friend whose verdict on the Lunts is that they’re “angels.” There are the cabdrivers who can’t be asked a question without taking it as an invitation to a fight, hotel elevator operators who are pimps, bartenders who won’t talk to you unless you’re a celebrity, tourists dumb enough to think Gary Cooper has just sauntered into a shabby nightclub, and the “flits” (Salinger has a special distaste for homosexuals).

Because so many of the people who repulse Holden are Ivy Leaguers or preps or the sort who might get fawned over by a snobbish bartender, it has been easy to talk of Catcher as a book about being an outsider when really it’s the exact opposite. There are so few people who make the cut—not just in Catcher but in all of Salinger’s work—that the reader who surrenders is reduced to hoping he or she is cool enough to be admitted to this club. This is what Mary McCarthy meant when she said that the book reads us.

John Lennon read us a little, too. He couldn’t possess sarcastic wit without some sense of superiority. And yet he chose to work in the most populist art form, rock ‘n’ roll, always touting it above all the avant-gardisms and political trends he fell for. As part of the Beatles, he delineated a utopian vision that nonetheless admitted contingency, ambiguity and heartbreak, a vision in which camaraderie and love colored every aspect of life, made the work of living worthwhile: “It’s been a hard day’s night, and I’d been working like a dog … But when I get home to you I find the things that you do/Will make me feel alright”; “Life is very short, and there’s no time/For fussing and fighting, my friend”—those last two words asserting the bonds always present in Lennon’s work, whether the friend was Paul McCartney or, later, Yoko (“My best friend’s me wife,” he said in a radio interview on the day he was killed).

These human bonds are denied by Holden throughout Catcher and are what Salinger had no use for in any subsequent work. “Don’t ever tell anybody anything,” the book ends. “If you do, you start missing everybody,” affirming silence over an admission of need. Only disconnect. It’s an attitude that puts Catcher in opposition to the great American coming-of-age novels—The Adventures of Huckleberry Finn, The Member of the Wedding, True Grit—all books in which the protagonist is brought into close contact with people very unlike the protagonist, people whose humanity he or she can’t deny.

* * *

For all the books that have been called descendants of The Catcher in the Rye, to me the closest relative to Holden Caulfield is Patrick Bateman, the serial-killer protagonist of American Psycho (1991). The sadistic torture killings Patrick inflicts on the trendy girls he picks up feel like the logical extreme of the contempt Holden shows the girls he meets in the nightclub, a demented echo of the way he recoils from the vulgarity of the prep crowd. The pages near the beginning detailing the products Patrick uses to clean and groom himself could have been inspired by the pages devoted to Zooey’s near-ritualistic ablutions.

There is, too, a connection between the era Bret Easton Ellis attempts to satirize in the book, the greed-is-good ’80s, and the time of Lennon’s murder, one month after the election of Ronald Reagan, the man who would make that era possible. In Lennon’s Rolling Stone obituary, Greil Marcus was the first person to note that “nothing like Lennon’s killing has happened before.” While Marcus was careful to say that Reagan’s election did not inspire Mark David Chapman—any more than Salinger did—he did note the confluence of Chapman’s actions with the “secret message” of Reagan’s election: “some people belong in this country, and some people don’t; that some people are worthy, and some are worthless; that certain opinions are sanctified, and some are evil.” He went on, “Such a message, which tells people they are innocent and others are to blame, can attach a private madness to its public justification.”

In 1980 John Lennon was far from the canonized figure he has become. The people who grew up with the Beatles had not yet moved into controlling positions in the media. In his Time cover story, Jay Cocks was talking about himself and his contemporaries when he wrote that some people “wondered what all the fuss was about and could not quite understand why some of the junior staff at the office would suddenly break into tears in the middle of the day.” It’s easy to dismiss Cocks’s piece for its openness of feeling. For all the things that Cocks had to do, and did exquisitely, in that piece—it was a news story, an obituary, a career retrospective—what still comes through strongest is shellshock, his disbelief that he is writing the story. Which is why it was a risk, and essential, for him to insist that the shooting was an assassination. Putting Lennon’s killing in the company of the killings that had preceded it in the previous decades is not, though, a contradiction of Marcus’s claim that this had never happened before. It had—but not to a popular artist. What both Cocks and Marcus understood was that Lennon’s murder was a symbolic murder of what he represented. Chapman was disturbed by the denunciations that ended “God,” Lennon’s brutal elaboration of Dylan’s line “don’t follow leaders.” But the Beatles, for all the adoration they inspired, stood for a vision in which people, as Marcus wrote, did not lose their identity but found it.

A vision that tells you it’s possible to live a good life and to live it your own way holds out possibilities that other visions—Reagan’s or Salinger’s—deny. Those visions judge who belongs and who doesn’t, who shuns contact with the wrong kind of people, chooses to withdraw from or tries to control the world rather than embrace it. Reagan’s America gave us the dimwit Forrest Gump as a fount of wisdom. Salinger gives us Phoebe Caulfield, and all the other little girls who turn up in his work, children who have not yet been contaminated by knowledge or experience.

Mary McCarthy called Salinger’s work a closed circuit. It can just as easily be an exclusive club, a nation drawing psychic borders around a false vision of itself, a monastery whose holy relics are those spare, monkish volumes designed by the high priest, Salinger himself. Because really, what is there to read after you’ve prostrated yourself before Salinger? What wouldn’t seem like a regression back to the dirty world? Better to immerse yourself further in the book, as Salinger’s perfect reader, Mark David Chapman, did, to open the book and turn from the still-warm body lying a few feet away.

Voir encore:

‘Rye’ misfit’s rugged spirit inspires works

"The Catcher in the Rye" has influenced the work of many writers, filmmakers and musicians. Here’s a look at some of the more notable entries.

Rachel Leibrock

The Sacramento Bee

June 7 2001

"The Blackboard Jungle" (1954): Evan Hunter’s novel about New York City’s public-school system may seem a million miles away from Holden’s tony prep-school environment – but the adults vs. kids theme is similar.

"Rebel Without a Cause" (1955): Nicholas Ray’s classic film stars James Dean as Jim Stark – the title rebel – a character that shares the same overwhelming sense of angst and alienation as Holden Caulfield.

"The Outsiders" (1967): S.E. Hinton’s story about the greasers and the socs (socials) is the quintessential tale of adolescent distress generated by social classes. The 1983 film version starred Matt Dillon and C. Thomas Howell.

"The Graduate" (1969): Benjamin Braddock, portrayed by Dustin Hoffman, is basically Holden Caulfield as he faces a lifetime of plastics.

"Heathers" (1989): A tour de force of teen isolation. Stars an anguished, ostracized Winona Ryder fighting for nonconformity and authenticity.

"Six Degrees of Separation" (1990): John Guare’s play (the 1993 silver-screen adaptation starred Will Smith and Stockard Channing) chronicles the exploits of Paul, an impostor who tries to ingratiate himself with a high-society New York family. Pretending to be a Harvard undergraduate, Paul claims that his thesis is devoted to "The Catcher in the Rye" and its connection to criminal loners.

"Smells Like Teen Spirit" (1992): The classic Nirvana song (from the album "Nevermind") sums up an entire generation of Holden Caulfield-esque angst with just one line: "Well, whatever nevermind …"

"Who Wrote Holden Caulfield?" (1992): From Green Day’s album "Kerplunk," this song muses about a boy "who fogs his world and now he’s getting lazy / there’s no motivation and frustration makes him crazy."

"Buffy the Vampire Slayer" (1997): The 1992 movie spawned this popular TV series about a young vampire slayer’s quest to save the world. The theme evokes Holden’s timeless wish to be the "catcher in the rye."

"The Perks of Being a Wallflower" (1999): Stephen Chbosky’s novel gives us the shy and intelligent Charlie. We learn his story through a series of letters he writes to an unknown person (that person’s name, age or gender is never revealed) and in the process rediscover truths about adolescence.

Voir de même:

Holden Caulfield’s many pretenders / Protagonist of ‘The Catcher in the Rye’ is a continuing influence on Hollywood

Nancy Mills

The Chronicle

August 25, 2002

Hollywood — When J.D. Salinger’s "The Catcher in the Rye" was published in 1951, millions of teenage boys found a model for their confusion and rebellion in protagonist Holden Caulfield. Naturally, Hollywood wanted a piece of the character.

But Salinger would never allow his novel to be filmed. In fact, Holden consistently puts Hollywood down with such choice comments as: "Now he’s out in Hollywood, D.B. (his older brother), being a prostitute. If there’s one thing I hate, it’s the movies."

But Salinger’s refusal hasn’t stopped the studios from borrowing the Holden model for such movies as "The Graduate," "Diner," "Dead Poets Society," "Rushmore," "American Beauty" and "The Royal Tenenbaums."

"Most young male characters in the movies are based on the character of Holden Caulfield," says Raymond Haberski, 33, author of "It’s Only a Movie! Films and Critics in American Culture." "It’s been a very steady influence in the last 30 years. Every young man goes through the experiences of Holden Caulfield.

"Toby Maguire has made a career of being an updated Holden Caulfield. ‘The Ice Storm’ is almost a direct takeoff on ‘Catcher in the Rye.’ Since ‘Dead Poets Society,’ Ethan Hawke has played on that type of theme. Even Edward Burns, although not as young as the others, seems to fit that category."

Add Jake Gyllenhaal to the list. In the current "The Good Girl," Jennifer Aniston starts an affair with Gyllenhaal, a disturbed young man who has renamed himself Holden and is fascinated with "The Catcher in the Rye."

Gyllenhaal, 21, has epitomized qualities of Holden in all his most recent films: "Donnie Darko," "Lovely & Amazing," "The Good Girl" and the forthcoming "Moonlight Mile." "I’ve read all of J.D. Salinger’s books, and my production company is called Nine Stories Productions (named after a Salinger book of short stories)," Gyllenhaal says.

"Salinger touched on what’s at the heart of American repression: familial neglect. Parents are not paying attention or are aware of the movement of their children. That’s one of the worst things you can do. My ‘Good Girl’ character is disturbed, and I place the blame on the parents."

The parents are also the bad guys in "Igby Goes Down," opening Sept. 13. "Igby" depicts yet another young man, played by Kieran Culkin, floundering through adolescence. "I’ve been comparing ‘Igby’ to ‘Catcher in the Rye,’ " says Susan Sarandon, who plays Igby’s mother. "Like Holden, Igby is very bright and very ironic, while the adults are lost and miserable and also affluent."

Young women may not identify with Holden in quite the same way as young men,

but they are equally responsive to films about such characters, Sarandon adds.

"When I first read ‘Catcher in the Rye,’ I didn’t identify with that kind of rebel. At the time, I thought he should get his act together. Boys are just much slower to mature in ways critical to society. They’re a couple of years behind the gals. It’s a developmental kind of glitch."

"Igby" writer and director Burr Steers, 36, contends his script is more of an autobiography than a nod to Salinger.

"I wasn’t consciously influenced by ‘Catcher in the Rye,’ " he insists. "I got kicked out of a prep school in Connecticut and a military school in Indiana."

Yet he recognizes the influence of the book: "I liken it to being a musician and being influenced by the music ingrained in you, like the Beatles. It’s that journey of finding out."

Steers, whose uncle is Gore Vidal, sees "Catcher in the Rye" as "a mythic story — just like ‘The Graduate’ or ‘The 400 Blows’ or ‘Hamlet.’ You feel like an anachronism in the world you’ve been born into. Everyone around you seems insane, and they see you as insane. A lot of movies have been influenced by this myth: ‘Flirting,’ ‘Rushmore,’ ‘The Graduate,’ ‘Y Tu Mama Tambien.’

"I don’t think this situation will ever be played out. It’s mythic. It didn’t start with ‘Catcher in the Rye.’ It started with Christ, who rebelled against everything around him. It’s always been about iconoclasts rebelling against what came before them, challenging the rules and customs."

Mike White, 32, who wrote "The Good Girl," agrees.

"To me, ‘Catcher in the Rye’ is part of a literary trend that goes back to Goethe’s ‘The Sorrows of Werther’ (1774)," he says. "I don’t think Salinger discovered it. He just did the quintessential American version."

According to Anthony Caputi, a Cornell University dramatic literature specialist and avid moviegoer, "The Catcher in the Rye" inspires variations as well as imitations. "American Beauty," for example, is at odds with "the tone and general warmth of Salinger," Caputi believes.

"Salinger’s influence takes a comedic form, a life-affirming form. ‘American Beauty’ showed the dark underside of American culture, going further than I think Salinger would ever dream of."

As for "Finding Forrester," Caputi says, "You might find some kind of resonance with Salinger himself in Sean Connery’s character, although the boy (Rob Brown) is a little bland rather than

plucky. And there is a kinship with ‘Wonder Boys.’ Toby Maguire’s character is plucky to a certain extent, and he takes chances."

"The Good Girl’s" writer and co-star White, who has also written for such teen series as "Freaks & Geeks" and "Dawson’s Creek," thinks "The Catcher in the Rye" may become even more influential in Hollywood.

"Ever since the book came out, it’s been a touchstone of that demographic –

the 17-year-old kid who sees himself not fitting in," he says.

"Movies like ‘American Pie’ and ‘Beavis & Butthead’ — guys looking for a good time — that genre is playing out. ‘Y Tu Mama Tambien’ is the perfect example of a movie that bridges the two kinds of movies. It starts out like ‘Dude, Where’s My Car?’ but becomes a thoughtful movie about the kids’ relationship to society.

" ‘Orange County’ (the teen movie White wrote last year starring Colin Hanks) had a Salinger element. It featured a book that changed a young man’s life, and he goes and seeks out the professor who wrote it. For me, it was about a kid’s quest for the meaning of life.

"Maybe a more thoughtful teenage coming-of-age movie is coming back into vogue."

 Voir enfin:

Six Degrees of Separation

from the play "Six Degrees of Separation" written by John Guare

(Paul, a black man in his early twenties, has conned his way into the posh New York apartment of an art dealer and his wife, Louisa and Flan. They are examples of the politically correct and the socially concerned; he is an example of a con man par excellence, who has convinced them he is the son of Sidney Poitier, knows their children, and graduated from Harvard. They inquire about his thesis and how he became intrigued with its subject.)

Paul: Well…a substitute teacher out on Long Island was dropped from his job for fighting with a student. A few weeks later, the teacher returned to the classroom, shot the student unsuccessfully, held the class hostage and then shot himself. Successfully. This fact caught my eye: last sentence. Times. A neighbor described him as a nice boy. Always reading Catcher in the Rye.

The nitwit — Chapman — who shot John Lennon said he did it because he wanted to draw the attention of the world to The Catcher in the Rye and the reading of the book would be his defense.

And young Hinckley, the whiz kid who shot Reagan and his press secretary, said if you want my defense all you have to do is read Catcher in the Rye. It seemed to be time to read it again.

Flan: I haven’t read it in years. (Louisa shushes him.)

Paul: I borrowed a copy from a young friend of mine because I wanted to see what she had underlined and I read this book to find out why this touching, beautiful, sensitive story published in July 1951 had turned into this manifesto of hate.

I started reading. It’s exactly as I remembered. Everybody’s a phony. Page two: "My brother’s in Hollywood being a prostitute." Page three: "What a phony his father was." Page nine: "People never notice anything."

Then on page 22 my hair stood up. Remember Holden Caulfield — the definitive sensitive youth — wearing his red hunter’s cap. "A deer hunter hat? Like hell it is. I sort of closed one eye like I was taking aim at it. This is a people-shooting hat. I shoot people in this hat."

Hmmm, I said. This book is preparing people for bigger moments in their lives than I ever dreamed of. Then on page 89: "I’d rather push a guy out the window or chop his head off with an ax than sock him in the jaw…I hate fist fights…what scares me most is the other guy’s face…"

I finished the book. It’s a touching story, comic because the boy wants to do so much and can’t do anything. Hates all phoniness and only lies to others. Wants everyone to like him, is only hateful, and he is completely self-involved. In other words, a pretty accurate picture of a male adolescent. And what alarms me about the book — not the book so much as the aura about it — is this: the book is primarily about paralysis. The boy can’t function. And at the end, before he can run away and start a new life, it starts to rain and he folds.

Now there’s nothing wrong in writing about emotional and intellectual paralysis. It may indeed, thanks to Chekhov and Samuel Beckett, be the great modern theme.

The extraordinary last lines of Waiting For Godot — "Let’s go." "Yes, let’s go." Stage directions: they do not move.

But the aura around this book of Salinger’s — which perhaps should be read by everyone but young men — is this: it mirrors like a fun house mirror and amplifies like a distorted speaker one of the great tragedies of our times — the death of the imagination.

Because what else is paralysis?

The imagination has been so debased that imagination — being imaginative — rather than being the lynchpin of our existence now stands as a synonym for something outside ourselves like science fiction or some new use for tangerine slices on raw pork chops — what an imaginative summer recipe — and Star Wars! So imaginative! And Star Trek — so imaginative! And Lord of the Rings — all those dwarves — so imaginative –

The imagination has moved out out the realm of being our link, our most personal link, with our inner lives and the world outside that world — this world we share. What is schizophrenia but a horrifying state where what’s in here doesn’t match up with what’s out there?

Why has imagination become a synonym for style?

I believe that the imagination is the passport we create to take us into the real world.

I believe the imagination is another phrase for what is most uniquely us.

Jung says the greatest sin is to be unconscious.

Our boy Holden says "What scares me most is the other guy’s face — it wouldn’t be so bad if you could both be blindfolded — most of the time the faces we face are not the other guys’ but our own faces. And it’s the worst kind of yellowness to be so scared of yourself you put blindfolds on rather than deal with yourself…"

To face ourselves.

That’s the hard thing.

The imagination.


Antiracisme: Dur dur d’être un King ou un Mandela aujourd’hui ! (Pity our poor civil right leaders: How do you keep blaming a system you’ve long been part of ?)

23 juillet, 2013
http://www.drybonesproject.com/blog/D13728_1.gifDry Bones cartoon: Prisoner Release, Convicts, Negotiations, Palestinians, Abbas, Kerry, Pollard, Jonathan Pollard, Peace, Peace Agreement, terrorists, Terrorism, PLO, IsraelPhotoDo you know that Negroes are 10 percent of the population of St. Louis and are responsible for 58% of its crimes? We’ve got to face that. And we’ve got to do something about our moral standards. We know that there are many things wrong in the white world, but there are many things wrong in the black world, too. We can’t keep on blaming the white man. There are things we must do for ourselves. Dr. Martin Luther King Jr.
The world will tell us he was killed by accident. Yes, it was a social accident. … It’s an accident to allow an apartheid ambulance service in the middle of Crown Heights. … Talk about how Oppenheimer in South Africa sends diamonds straight to Tel Aviv and deals with the diamond merchants right here in Crown Heights. The issue is not anti-Semitism; the issue is apartheid. … All we want to say is what Jesus said: If you offend one of these little ones, you got to pay for it. No compromise, no meetings, no kaffe klatsch, no skinnin’ and grinnin’. Pay for your deeds. Al Sharpton (Crown Heights, 1991)
Vous savez, quand Trayvon Martin a été tué, j’avais dit qu’il aurait pu être mon fils. Une autre manière de formuler les choses, c’est de dire que Trayvon Martin, ç’aurait pu être moi, il y a 35 ans. (…) Dans ce pays, il y a très peu d’hommes Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience d’être suivis quand ils faisaient des courses dans un grand magasin. Je l’ai été moi aussi. Il y a très peu d’Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience de prendre l’ascenseur et de voir une femme serrer son porte-monnaie nerveusement et retenir sa respiration jusqu’à ce qu’elle puisse sortir. Cela arrive souvent. Obama (2013)
High rates of black violence in the late twentieth century are a matter of historical fact, not bigoted imagination. The trends reached their peak not in the land of Jim Crow but in the more civilized North, and not in the age of segregation but in the decades that saw the rise of civil rights for African Americans—and of African American control of city governments. William Stuntz (Harvard Law professor)
Today’s black leadership pretty much lives off the fumes of moral authority that linger from its glory days in the 1950s and ’60s. The Zimmerman verdict lets us see this and feel a little embarrassed for them. Consider the pathos of a leadership that once transformed the nation now lusting for the conviction of the contrite and mortified George Zimmerman, as if a stint in prison for him would somehow assure more peace and security for black teenagers everywhere. This, despite the fact that nearly one black teenager a day is shot dead on the South Side of Chicago—to name only one city—by another black teenager. This would not be the first time that a movement begun in profound moral clarity, and that achieved greatness, waned away into a parody of itself—not because it was wrong but because it was successful. Today’s civil-rights leaders have missed the obvious: The success of their forbearers in achieving social transformation denied to them the heroism that was inescapable for a Martin Luther King Jr. or a James Farmer or a Nelson Mandela. Jesse Jackson and Al Sharpton cannot write a timeless letter to us from a Birmingham jail or walk, as John Lewis did in 1965, across the Edmund Pettus Bridge in Selma, Ala., into a maelstrom of police dogs and billy clubs. That America is no longer here (which is not to say that every trace of it is gone). The Revs. Jackson and Sharpton have been consigned to a hard fate: They can never be more than redundancies, echoes of the great men they emulate because America has changed. Hard to be a King or Mandela today when your monstrous enemy is no more than the cherubic George Zimmerman. The purpose of today’s civil-rights establishment is not to seek justice, but to seek power for blacks in American life based on the presumption that they are still, in a thousand subtle ways, victimized by white racism. This idea of victimization is an example of what I call a "poetic truth." Like poetic license, it bends the actual truth in order to put forward a larger and more essential truth—one that, of course, serves one’s cause. Poetic truths succeed by casting themselves as perfectly obvious: "America is a racist nation"; "the immigration debate is driven by racism"; "Zimmerman racially stereotyped Trayvon." And we say, "Yes, of course," lest we seem to be racist. Poetic truths work by moral intimidation, not reason. In the Zimmerman/Martin case the civil-rights establishment is fighting for the poetic truth that white animus toward blacks is still such that a black teenager—Skittles and ice tea in hand—can be shot dead simply for walking home. But actually this establishment is fighting to maintain its authority to wield poetic truth—the authority to tell the larger society how it must think about blacks, how it must respond to them, what it owes them and, then, to brook no argument. One wants to scream at all those outraged at the Zimmerman verdict: Where is your outrage over the collapse of the black family? Today’s civil-rights leaders swat at mosquitoes like Zimmerman when they have gorillas on their back. Seventy-three percent of all black children are born without fathers married to their mothers. And you want to bring the nation to a standstill over George Zimmerman? Shelby Steele
Any candid debate on race and criminality in this country would have to start with the fact that blacks commit an astoundingly disproportionate number of crimes. African-Americans constitute about 13% of the population, yet between 1976 and 2005 blacks committed more than half of all murders in the U.S. The black arrest rate for most offenses—including robbery, aggravated assault and property crimes—is typically two to three times their representation in the population. The U.S. criminal-justice system, which currently is headed by one black man (Attorney General Eric Holder) who reports to another (President Obama), is a reflection of this reality, not its cause. (…) The left wants to blame these outcomes on racial animus and "the system," but blacks have long been part of running that system. Black crime and incarceration rates spiked in the 1970s and ’80s in cities such as Cleveland, Detroit, Chicago and Philadelphia, under black mayors and black police chiefs. Some of the most violent cities in the U.S. today are run by blacks. (…) Did the perception of black criminality play a role in Martin’s death? We may never know for certain, but we do know that those negative perceptions of young black men are rooted in hard data on who commits crimes. We also know that young black men will not change how they are perceived until they change how they behave. The homicide rate claiming black victims today is seven times that of whites, and the George Zimmermans of the world are not the reason. Some 90% of black murder victims are killed by other blacks. Jason L. Riley

Comment continuer à dénoncer un système dont on fait partie depuis des décennies ?

A l’heure où l’Europe nous refait le coup de la la différence entre son "aile militaire" et le parti de Dieu aux 18 000 fusées (ou 40 000 ?) …

Et où le dernier lauréat du concours de chaises musicales de Téhéran nous rejoue la repentance

Pendant que le secrétaire d’Etat américain nous refait le numéro des négociations avec des Palestiniens qui ne se sont toujours pas résolus à reconnaitre l’existence du pays avec lequel ils sont censés négocier …

Comment ne pas compâtir aux efforts presque attendrissants tant du premier président noir-américain que de ses amis chasseurs d’ambulances pour tenter de ranimer des flammes interraciales tellement désespérément vacillantes …

Que pour une communauté qui ne représente que 13% de la population et est impliquée dans plus de la moitié des meurtres,  à peine 10% de ceux-ci sont inter-raciaux ?

Et ce, à un moment historique où ladite communauté contrôle non seulement la présidence et le ministère de la justice …

Mais,  depuis des décennies, la mairie et la police de nombre des plus grandes et des plus violentes villes américaines ?

Sans compter qu’avec 73% des enfants nés de mères célibataires, ladite situation ressemble encore étrangement …

A celle qu’avait décrite, en pleine lutte pour les droits civiques il y a plus de 50 ans, un certain Martin Luther King ?

Race, Politics and the Zimmerman Trial

The left wants to blame black criminality on racial animus and ‘the system,’ but blacks have long been part of running that system.

Jason L. Riley

WSJ

July 15, 2013

George Zimmerman’s acquittal of murder charges in a Florida court has been followed by predictable calls for America to have a "national conversation" about this or that aspect of the case. President Obama wants to talk about gun control. Civil-rights leaders want to talk about racial profiling. Others want to discuss how the American criminal justice system supposedly targets black men.

All of which is fine. Just don’t expect these conversations to be especially illuminating or honest. Liberals in general, and the black left in particular, like the idea of talking about racial problems, but in practice they typically ignore the most relevant aspects of any such discussion.

Any candid debate on race and criminality in this country would have to start with the fact that blacks commit an astoundingly disproportionate number of crimes. African-Americans constitute about 13% of the population, yet between 1976 and 2005 blacks committed more than half of all murders in the U.S. The black arrest rate for most offenses—including robbery, aggravated assault and property crimes—is typically two to three times their representation in the population. The U.S. criminal-justice system, which currently is headed by one black man (Attorney General Eric Holder) who reports to another (President Obama), is a reflection of this reality, not its cause.

"High rates of black violence in the late twentieth century are a matter of historical fact, not bigoted imagination," wrote the late Harvard Law professor William Stuntz in "The Collapse of American Criminal Justice." "The trends reached their peak not in the land of Jim Crow but in the more civilized North, and not in the age of segregation but in the decades that saw the rise of civil rights for African Americans—and of African American control of city governments."

The left wants to blame these outcomes on racial animus and "the system," but blacks have long been part of running that system. Black crime and incarceration rates spiked in the 1970s and ’80s in cities such as Cleveland, Detroit, Chicago and Philadelphia, under black mayors and black police chiefs. Some of the most violent cities in the U.S. today are run by blacks.

The jury’s only job in the Zimmerman trial was to determine whether the defendant broke the law when he shot and killed 17-year-old Trayvon Martin last year in a gated community near Orlando, Fla. In cases of self-defense, it doesn’t matter who initiated the confrontation; whether Mr. Zimmerman singled out Martin because he was a black youngster in a neighborhood where there had been a series of burglaries by black youngsters; or whether Mr. Zimmerman disregarded what the police dispatcher told him before he got out of his car. Nor does it matter that Martin was unarmed and minding his own business when Mr. Zimmerman approached.

All that really mattered in that courtroom is whether Mr. Zimmerman reasonably believed that his life was in danger when he pulled the trigger. Critics of the verdict might not like the statutes that allowed for this outcome, but the proper response would not have been for the jury to ignore them and convict.

Did the perception of black criminality play a role in Martin’s death? We may never know for certain, but we do know that those negative perceptions of young black men are rooted in hard data on who commits crimes. We also know that young black men will not change how they are perceived until they change how they behave.

The homicide rate claiming black victims today is seven times that of whites, and the George Zimmermans of the world are not the reason. Some 90% of black murder victims are killed by other blacks.

So let’s have our discussions, even if the only one that really needs to occur is within the black community. Civil-rights leaders today choose to keep the focus on white racism instead of personal responsibility, but their predecessors knew better.

"Do you know that Negroes are 10 percent of the population of St. Louis and are responsible for 58% of its crimes? We’ve got to face that. And we’ve got to do something about our moral standards," Dr. Martin Luther King Jr. told a congregation in 1961. "We know that there are many things wrong in the white world, but there are many things wrong in the black world, too. We can’t keep on blaming the white man. There are things we must do for ourselves."

Mr. Riley is a member of the Journal’s editorial board.

Voir aussi:

The Decline of the Civil-Rights Establishment

Black leaders weren’t so much outraged at injustice as they were by the disregard of their own authority

Shelby Steele

WSJ

July 21, 2013

The verdict that declared George Zimmerman not guilty of murdering Trayvon Martin was a traumatic event for America’s civil-rights establishment, and for many black elites across the media, government and academia. When you have grown used to American institutions being so intimidated by the prospect of black wrath that they invent mushy ideas like "diversity" and "inclusiveness" simply to escape that wrath, then the crisp reading of the law that the Zimmerman jury displayed comes as a shock.

On television in recent weeks you could see black leaders from every background congealing into a chorus of umbrage and complaint. But they weren’t so much outraged at a horrible injustice as they were affronted by the disregard of their own authority. The jury effectively said to them, "You won’t call the tune here. We will work within the law.

Today’s black leadership pretty much lives off the fumes of moral authority that linger from its glory days in the 1950s and ’60s. The Zimmerman verdict lets us see this and feel a little embarrassed for them. Consider the pathos of a leadership that once transformed the nation now lusting for the conviction of the contrite and mortified George Zimmerman, as if a stint in prison for him would somehow assure more peace and security for black teenagers everywhere. This, despite the fact that nearly one black teenager a day is shot dead on the South Side of Chicago—to name only one city—by another black teenager.

This would not be the first time that a movement begun in profound moral clarity, and that achieved greatness, waned away into a parody of itself—not because it was wrong but because it was successful. Today’s civil-rights leaders have missed the obvious: The success of their forbearers in achieving social transformation denied to them the heroism that was inescapable for a Martin Luther King Jr. or a James Farmer or a Nelson Mandela. Jesse Jackson and Al Sharpton cannot write a timeless letter to us from a Birmingham jail or walk, as John Lewis did in 1965, across the Edmund Pettus Bridge in Selma, Ala., into a maelstrom of police dogs and billy clubs. That America is no longer here (which is not to say that every trace of it is gone).

The Revs. Jackson and Sharpton have been consigned to a hard fate: They can never be more than redundancies, echoes of the great men they emulate because America has changed. Hard to be a King or Mandela today when your monstrous enemy is no more than the cherubic George Zimmerman.

Why did the civil-rights leadership use its greatly depleted moral authority to support Trayvon Martin? This young man was, after all, no Rosa Parks—a figure of indisputable human dignity set upon by the rank evil of white supremacy. Trayvon threw the first punch and then continued pummeling the much smaller Zimmerman. Yes, Trayvon was a kid, but he was also something of a menace. The larger tragedy is that his death will come to very little. There was no important principle or coherent protest implied in that first nose-breaking punch. It was just dumb bravado, a tough-guy punch.

The civil-rights leadership rallied to Trayvon’s cause (and not to the cause of those hundreds of black kids slain in America’s inner cities this very year) to keep alive a certain cultural "truth" that is the sole source of the leadership’s dwindling power. Put bluntly, this leadership rather easily tolerates black kids killing other black kids. But it cannot abide a white person (and Mr. Zimmerman, with his Hispanic background, was pushed into a white identity by the media over his objections) getting away with killing a black person without undermining the leadership’s very reason for being.

The purpose of today’s civil-rights establishment is not to seek justice, but to seek power for blacks in American life based on the presumption that they are still, in a thousand subtle ways, victimized by white racism. This idea of victimization is an example of what I call a "poetic truth." Like poetic license, it bends the actual truth in order to put forward a larger and more essential truth—one that, of course, serves one’s cause. Poetic truths succeed by casting themselves as perfectly obvious: "America is a racist nation"; "the immigration debate is driven by racism"; "Zimmerman racially stereotyped Trayvon." And we say, "Yes, of course," lest we seem to be racist. Poetic truths work by moral intimidation, not reason.

In the Zimmerman/Martin case the civil-rights establishment is fighting for the poetic truth that white animus toward blacks is still such that a black teenager—Skittles and ice tea in hand—can be shot dead simply for walking home. But actually this establishment is fighting to maintain its authority to wield poetic truth—the authority to tell the larger society how it must think about blacks, how it must respond to them, what it owes them and, then, to brook no argument.

The Zimmerman/Martin tragedy has been explosive because it triggered a fight over authority. Who gets to say what things mean—the supporters of George Zimmerman, who say he acted in self- defense, or the civil-rights establishment that says he profiled and murdered a black child? Here we are. And where is the authority to resolve this? The six-person Florida jury, looking carefully at the evidence, decided that Mr. Zimmerman pulled the trigger in self-defense and not in a fury of racial hatred.

And here, precisely at the point of this verdict, is where all of America begins to see this hollowed- out civil-rights establishment slip into pathos. Almost everyone saw this verdict coming. It is impossible to see how this jury could have applied the actual law to this body of evidence and come up with a different conclusion. The civil-rights establishment’s mistake was to get ahead of itself, to be seduced by its own poetic truth even when there was no evidence to support it. And even now its leaders call for a Justice Department investigation, and they long for civil lawsuits to be filed—hoping against hope that some leaf of actual racial victimization will be turned over for all to see. This is how a once-great social movement looks when it becomes infested with obsolescence.

One wants to scream at all those outraged at the Zimmerman verdict: Where is your outrage over the collapse of the black family? Today’s civil-rights leaders swat at mosquitoes like Zimmerman when they have gorillas on their back. Seventy-three percent of all black children are born without fathers married to their mothers. And you want to bring the nation to a standstill over George Zimmerman?

There are vast career opportunities, money and political power to be gleaned from the specter of Mr. Zimmerman as a racial profiler/murderer; but there is only hard and selfless work to be done in tackling an illegitimacy rate that threatens to consign blacks to something like permanent inferiority. If there is anything good to be drawn from the Zimmerman/Martin tragedy, it is only the further revelation of the corruption and irrelevance of today’s civil-rights leadership.

Mr. Steele is a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution. Among his books is "White Guilt" (HarperCollins, 2007).

Voir également:

The Zimmerman Verdict

WSJ

July 15, 2013

New federal civil-rights charges would smack of double jeopardy.

An American criminal defendant is presumed to be innocent until proven guilty beyond a reasonable doubt, and that’s the standard to keep in mind when considering the jury’s not guilty verdict Saturday for George Zimmerman in the murder of 17-year-old Trayvon Martin.

The case has been fraught with racial politics from the start, but inside the Sanford, Florida courtroom, the jurors had to wrestle with the standard that is a hallmark of American justice. No one but Mr. Zimmerman knows what happened that early evening in 2012 when he followed Martin, an unfamiliar young, African-American male visiting the neighborhood. A scuffle ensued, Zimmerman shot Martin in what he says was self-defense, and prosecutors never produced an eyewitness or even much evidence to disprove Mr. Zimmerman.

The verdict compounds the tragedy for the Martin family, but no one can claim that their son was not represented in court. The state threw everything it had at Mr. Zimmerman. Gov. Rick Scott replaced local prosecutors with a special team from Jacksonville, the judge often ruled favorably for the prosecution, including the addition of the lesser manslaughter charge (in addition to second-degree murder) at the end of the trial.

Still the state could not prove its case to the satisfaction of the six jurors, all women, for whom the easiest decision in terms of public approval would have been to convict. No less than President Obama had commented on the local case after Mr. Zimmerman was not originally charged by local authorities.

"If I had a son, he’d look like Trayvon," Mr. Obama said. He was echoed by hundreds of politicians and commentators who wanted to put racial profiling on trial as much as they did Mr. Zimmerman. But a criminal trial is not a legislature, or a venue to debate social policy.

Benjamin Jealous of the NAACP is already lobbying Attorney General Eric Holder to indict Mr. Zimmerman on federal civil-rights charges. To do so and win a conviction would require proof that Mr. Zimmerman was motivated by racial animus when the record shows little more than a reference by Mr. Zimmerman to "punks" in a comment to a police dispatcher.

Millions of Americans would see such federal charges as an example of double jeopardy, and a politicized prosecution to boot. In this context, it was good to see Mr. Obama’s statement Sunday that "we are a nation of laws, and a jury has spoken."

The larger issue of how American society, and especially the police, treat young black males deserves attention and often receives it. There is no doubt that many law-abiding black men are eyed suspiciously in some quarters because they are black. The motivation may sometimes be racial. But such a discussion also cannot exclude that the main victims of crimes committed by young black men are other blacks. A policy like New York City’s "stop and frisk" rule prevents more crime in minority neighborhoods against minorities than it does in white areas of Manhattan.

Mr. Zimmerman made many mistakes that February evening, not least failing to heed police advice not to pursue Martin. Despite his acquittal, he will pay for those mistakes for years as he defends against a possible civil suit and must wear a bullet-proof vest to protect himself from threats of violent revenge that he has to take seriously.

If there is any satisfaction in his acquittal, it is that the jurors followed the law’s requirements that every defendant deserves a fair trial, even one who becomes a symbol of our polarized racial politics.

 Voir encore:

The Zimmerman Verdict and the Broader Perspective

Letters to the Editor

WSJ

LETTERS July 21, 2013

The Zimmerman Verdict and the Broader

Perspective

Zimmerman verdict shows our system working as designed.

Regarding your editorial "The Zimmerman Verdict" (July 15): The outcry over the Zimmerman not-guilty verdict reveals the general public’s ignorance of the U.S. criminal justice system. A guilty verdict means the government presented evidence against the defendant proving guilt beyond a reasonable doubt. A not-guilty verdict means the evidence could have been 70% to 85% against the defendant, but still subject to a reasonable doubt. To win a civil damages case the party bringing the suit need only present a weight or preponderance of evidence, meaning 51% or greater, to prevail.

Trayvon Martin’s family could very well sue Mr. Zimmerman in civil court and win a damages award under the lower "weight of evidence" standard of proof. O.J. Simpson’s victims did just that and won big. Whether they actually collected anything is another matter. Despite having sat through civics classes in high school and perhaps American government in college, Americans still naively view the criminal justice system as a "High Noon" good versus evil shootout, which it is not and never was, but still is the best in the world.

David P. Carter

Seminole, Fla.

After weeks of Mr. Zimmerman’s trial, we are now inundated with negative reactions, including demonstrations, against his not-guilty verdict. More amazing is the possibility that the federal government might try him a second time. Meanwhile, completely unnoticed, the Chicago Tribune reported 74 shooting victims and 12 deaths during the same Fourth of July period in President Obama’s hometown.

Dick Ettington

Palos Verdes, Calif.

What a refreshingly honest and courageous article by Jason Riley ("Race, Politics and the Zimmerman Trial," op-ed, July 16). I hope that any "national conversation" about these issues would, similarly, use facts and data to make arguments, rather than the emotional distortions that more typically drown out rational discussion. By accepting the real risk of being labeled a bigot, he has provided a factual guide to help focus the broader discussion. The disproportionate rate of crime in and against black communities cannot be effectively addressed without honest and frank assessments based on the available data.

Richard Zahren

Pittsburgh

Mr. Riley’s piece is proper but misses the injustice done to the defendant by the prosecution.

Though Mr. Zimmerman won the trial, he lost everything of value to him and his parents. They cannot live in their own home. They must be in hiding from the fear of death threats against them.

Mr. Zimmerman cannot get a job easily. He will have to pay legal fees for his defense. If this were a civil case, the plaintiff would have to pay his attorney fees for losing the unwarranted trial without weighing the facts of the case.

If the Justice Department continues on the same journey by bringing charges, it would further ruin Mr. Zimmerman.

Shantu Shah

Portland, Ore.

Mr. Riley writes that "young black men will not change how they are perceived until they change how they behave." All citizens deserve equal rights, including the right to freedom of movement. By appearing to hold law-abiding individuals responsible for wrongdoers in their (perceived) group, statements like this amount to an apology for interference with these rights.

Jonathan Levine

Ann Arbor, Mich.

Voir par ailleurs:

EU’s Moral Confusion on Terrorism

Emanuele Ottolenghi

Commentary

07.22.2013

Today, the European Union decided to put the armed wing of Hezbollah on its terror list. This is a welcome, if belated, step, given that it took the EU a whole year after Hezbollah conducted a murderous operation on European soil to take action.

It is also a sign of the moral confusion reigning over EU Middle East foreign policy.

You will be shocked to know that a Google search for “red brigades” and “armed wing” will not yield much. Same for “IRA” and “armed wing.” Or Baader-Mainhof group and the same. Can you imagine, for example, a 1979 headline from an Italian daily announcing that the European Economic Community (the precursor to the European Union) had finally deliberated, a year after the Italian Red Brigades had kidnapped and murdered a former prime minister, that only their armed wing deserved to be called a terrorist group?

Granted, the EEC powers were more limited back then. But Europeans never found it as difficult to look at terror organizations and call them by their name. They did not waste time in intellectual contortionism and rhetorical hair splitting about what these organizations were–or what their members engaged in. The IRA, ETA, the Red Brigades, and the entire array of murderous groups from the extreme left and the extreme right of the European political spectrum became terrorists the minute they impugned a weapon and sought to achieve their political goals by murdering their adversaries and occasionally killing civilians indiscriminately. That those who gave the orders may have sat in an elected body, worked as members of a respectable profession, or served as the heads of a charitable foundation mattered little.

It took no great wisdom to see that the hand that held the gun and the mind that guided it were one and the same thing–that there was an inseparable, organic link between the ideologues who provided moral, intellectual, and political justification for violence, which in turn guided the violent executioners’ actions.

Similarly, there is no trace in newspaper clips or court proceedings for an “armed wing” of the mob or an “armed wing” of the drug cartels, which are somehow distinct, in terms of “command responsibility” from the rest of the organization. Mob hit man Giovanni Brusca, one of the Corleone clan’s most ruthless killers, did not somehow belong to the “armed wing” of the mafia, where he killed people unbeknownst to the otherwise charitable dons. The Mexican Zetas certainly have a military wing–more like an army of gruesome murderers–and it is certainly integral to the entire organization and its aims. Whether the Zetas or the mob provide a pension to their family members or send them to good doctors is immaterial to the way we understand these groups, their aims, and their methods. Nor are their business interests somehow classified into “legitimate” and “illegitimate.” Whether it’s drug trafficking or money laundering through art and real estate, we call it criminal, because … well, it is criminal.

But the EU sticks to its own imagined distinction when it comes to radical Islamic groups engaged in terrorist activities. Though you will be hard pressed to find reference to an armed wing of Hezbollah within Hezbollah, such references abound in the Western press. It is a convenient way to avoid having to tackle the problem of Hezbollah–a proxy of the Iranian regime whose ideology justifies the use of violence for political ends and whose entire structure thus serves the purpose of carrying out such violence.

All this, of course, is not to make the perfect the enemy of the good–better sanctions against a legal fiction than no sanctions at all, if the former have more real consequences than the latter.

But longer term, the EU will prove itself yet again ineffectual in the Middle East unless it is prepared to exercise moral clarity and recognize that the “armed wing” of Hezbollah is not a case of the right hand not knowing what the left hand does–more like a case of a division of labor within an organization where the military wing executes the vision of its political leadership.

Voir de même:

The High Price of Kerry’s Pyrrhic Victory

Jonathan S. Tobin

Commentary

07.19.2013

After weeks of looking silly chasing his tail in what appeared to be a futile attempt to revive Middle East peace talks, Secretary of State John Kerry is looking like a winner this afternoon as he was able to announce that he had been able to “establish a basis” for a new round of negotiations of between Israel and the Palestinian Authority. Assuming the Palestinians actually show up next week in Washington as Kerry thinks they will, this will be something of a victory for a secretary who has gone from humiliation to humiliation during his brief term in office. Even if all it amounts to is a photo op, Kerry can claim it is evidence of the diplomatic prowess he thinks he possesses. But before he starts writing his Nobel Peace Prize acceptance speech (if it isn’t already composed at least in his head), we need to understand that it is highly unlikely that anything good may come of this initiative. Even worse, the price the United States has paid for getting even this far may be far higher than any possible good that could come from this event.

It should be understood that the tentative and highly conditioned agreement to return to negotiations was only won by an American agreement to accept Palestinian preconditions that President Obama had already rejected and that would, in no small part, tilt the diplomatic playing field against Israel:

Ahmed Majdalani, a PLO executive committee member, told the Associated Press that Kerry has proposed holding talks for six to nine months focusing on the key issues of borders and security arrangements. He said Kerry would endorse the 1967 lines as the starting point of negotiations and assured the Palestinians that Israel would free some 350 prisoners gradually in the coming months.

This came after President Obama phoned Prime Minister Netanyahu yesterday to pressure him to cooperate with Kerry. Israel had already agreed to talk without preconditions, but apparently the president wanted Netanyahu’s assurance that he would not protest the way the secretary had buckled to PA leader Mahmoud Abbas’s conditions. But having arrived at negotiations in this manner, neither Kerry nor Obama seems to have considered what comes next. The Palestinians have already made it abundantly clear that they won’t actually negotiate in good faith but will only show up expecting the U.S. to deliver Israeli concessions to them on a silver platter. Even if he wanted to sign an accord, Abbas hasn’t the power to speak for all Palestinians. Since that is a certain formula for failure, it is incumbent on Washington to understand that another breakdown in talks could serve as a new excuse for Palestinian violence.

The reason why rational observers have been so wary of Kerry’s initiative is not just the fact that the Palestinians had no interest in returning to negotiations they’ve been boycotting for four and a half years. Both Israel and the Palestinians didn’t wish to obstruct Kerry’s desire for talks. He might have left off once the Palestinians demonstrated their lack of interest, but since he persisted in this manner, they felt they had no choice but to show up.

But Abbas and the PA are too weak to agree to any deal that would conclusively end a conflict that neither Hamas nor much of Fatah actually wants to end. Recognizing the legitimacy of a Jewish state, no matter where its borders might be drawn, is something that no Palestinian leader can afford to do at this point in history. The culture of Palestinian politics that has revolved around the delegitimization of Israel and Jewish history makes it impossible. That’s why they’ve already rejected three Israelis offers of a Palestinian state including almost all of the West Bank and a share of Jerusalem. So even if Netanyahu were foolish enough to agree to withdrawals that would, in effect, recreate the independent Palestinian terror state that already exists in Gaza in the West Bank, Abbas still can’t say yes.

But by forcing this confrontation at a time when conditions simply don’t exist for a resolution of the conflict, Kerry is not just occupying himself with an issue that is clearly less pressing that the other crises in the Middle East like Egypt, Syria or the Iranian nuclear threat. Since failure is foreordained and the Palestinians are likely to bolt the talks at the first opportunity, what will follow will be far worse than merely a continuation of the present stalemate. The Palestinians will treat any outcome—even one created by their intransigence—as an excuse for either an upsurge in violence against Israel or an effort to use their status at the United Nations to work to further isolate the Jewish state.

Just as damaging, by again putting the U.S. seal of approval on the Palestinian demand for the 1967 lines as Israel’s borders, Kerry and Obama have also worsened Israel’s position once the talks collapse. Any outcome other than total Israeli acquiescence to Palestinian demands would also serve as justification for more European Union sanctions on Israel, even, as is likely, if such a surrender were to fail to be enough to entice the Palestinians to take yes for an answer.

Netanyahu will be criticized by many in his party for going along with what is likely to be at best, a farce, and, at worst, a dangerous trap. But having already rightly said that he was willing to negotiate with Abbas under any circumstance, he must send representatives to Washington. But neither he, the people of Israel, nor the Jewish state’s friends in this country should be under any illusions that what will ensue from Kerry’s diplomatic experiment will be helpful.

As much as Israel wants and needs peace, the conflict is at a stage when the best that can be hoped for is that it be managed in such a way as to minimize violence and encourage Palestinian development. Though Kerry is offering the PA lots of cash, there is little chance it will be used appropriately or get the desired result.

Next week’s talks may be heralded as an unprecedented opportunity for peace, but the odds are, we will look back on this moment the way we do foolhardy efforts such as President Clinton’s Camp David summit in 2000 that set the stage for a bloody intifada that cost the lives of over a thousand Jews and far more Palestinians. The agreement to talk about talking is a pyrrhic victory for Kerry. Those who cheer this effort should think hard about who will bear the responsibility for the bloodshed that could result from Kerry’s folly.

Voir enfin:

Caught in the Flytrap of Tehran

The new president of the Islamic Republic, a reputed reformist, has invited exiles to return to Iran without fear. The last such offer had tragic results.

Bret Stephens

WSJ

July 22, 2013

"The Shanghai Russians expressed their delight. They were told they could take with them as many possessions as they wanted and whatever they wanted. . . . They were told they could settle wherever they wanted to in the Soviet Union and, of course, work at any profession or trade. They were transported from Shanghai in steamships."

This is from Aleksandr Solzhenitsyn’s "The Gulag Archipelago." It describes a postwar episode when Joseph Stalin lured expatriate Russians—many of them exiles (or children of exiles) from the Russian Revolution—back to the Soviet Union with patriotic appeals to rebuild their shattered motherland. Russians from Shanghai to Paris heeded the call, seeking to show, as Solzhenitsyn wryly noted, that "they had not been lying previously about their love" of their ancestral home.

The history comes to mind following a speech last week by Hassan Rouhani, Iran’s president-elect and reputed moderate. Addressing a group called the "Assembly of the Pioneers for Jihad and Martyrdom," Mr. Rouhani made an overture to Iranians living abroad who wanted to make their peace with the regime.

"Those [Iranians] who are ready to return should have the way paved for them, since repentance is for everyone," he said, according to a report by Radio Farda.

In 1945. . . a plenipotentiary from the Soviet government went to Shanghai and announced a decree of the Presidium of the Supreme Soviet extending forgiveness to all émigrés. Well, now, how could one refuse to believe that? The government certainly couldn’t lie! . . .

This isn’t the first time a supposedly reformist president of the Islamic Republic urged the estimated three million exiled Iranians to come home. Beginning in the early 1990s, and especially after Mohammad Khatami’s election as president in 1997, the regime made the same pitch. "Today, Islamic Iran opens its arms to you," Mr. Khatami said in a message to exiles, adding that they were needed to help rebuild the country. Promises were made that no returnee would face prison time.

It’s impossible to say how many exiles returned to Iran for good. But many did begin traveling back and forth from the country, often for long stints, to work or study or visit relatives. Mr. Khatami’s outreach also had the effect of dividing the exile community politically between those who thought the regime could never be trusted and needed to be toppled, and those who believed in engaging it for the sake of reform.

It was the latter camp that wound up having the greatest influence in the West, not least by providing intellectual cover and moral standing to U.S. and European policy makers eager to reach out to Iran and make concessions. But it was also this camp that often paid the greatest personal price for trusting the regime.

Consider Ramin Jahanbegloo, a well-known Iranian philosopher and advocate of cultural dialogue. He was teaching at the University of Toronto when he decided to return to Iran in 2001 to take up an academic post. In 2006 he was imprisoned for four months on suspicion of being "one of the key elements in the American plan for the smooth toppling of the Islamic regime," according to the Iranian Jomhuri Eslami newspaper.

Similar prison ordeals awaited Iranian expatriates such as Woodrow Wilson Center scholar Haleh Esfandiari, journalist Maziar Bahari, businessmanAli Shakeri, urban planner Kian Tajbakhsh. Far worse was the fate of Iranian-Canadian photojournalist Zahra Kazemi, who was arrested, tortured, raped and beaten to death in July 2003.

Then there is Hossein Derakhshan, a left-wing blogger who in 2006 made a case in the Washington Post for Iran’s acquisition of nuclear weapons. But he also visited Israel that year, writing that while it might be illegal for him to do so as an Iranian, as "a citizen of Canada I have the right to visit any country I want." He was arrested in Iran in 2008, held in solitary confinement and tortured. In 2010 he was sentenced by an Iranian court to 19.5 years in Tehran’s infamous Evin prison.

Which brings us back to Mr. Rouhani’s invitation to Iranian exiles to return and repent. Last week, I asked dissident Saeed Ghasseminejad, a leader of the Iranian Liberal Students and Graduates who was jailed in Evin before coming to the U.S., how he would respond to the president-elect’s offer.

"The one who should repent his sins is Mr. Rouhani himself," Mr. Ghassaminejad wrote me in an email. "He is part of a regime which has killed, raped and tortured thousands and expelled and displaced millions of Iranians."

It would be nice if the West could treat the arrival of yet another alleged regime reformer with the same hard-earned skepticism. In the meantime, it’s worth recalling what happens to those who put their faith in the word of a totalitarian regime:

"The fate of the passengers varied. . . . Some of them were actually delivered to inhabited places, to cities, and allowed to live there for two or three years. Others were delivered in trainloads straight to their [Gulag] camps and were dumped out somewhere off a high embankment into the forest beyond the Volga, together with their white pianos and their jardinieres.

"In 1948-1949, the former Far Eastern emigres who had until then managed to stay out of camps were scraped up to the last man."


Syndrome de Stockholm/40e: Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français (France discovers anti-white racism)

22 juin, 2013
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/The_Intervention_of_the_Sabine_Women.jpghttp://images1.wikia.nocookie.net/__cb20071104124311/psychology/images/4/47/Stockholm_syndrome.jpgLes voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle.  F. G. (étudiant de Sciences Po, après son agression dans un bus de nuit parisien, 2009)
Appelons cela le syndrome du Noctilien (en référence à ce bus de nuit parisien dans lequel un jeune passager a été roué de coups, dernièrement) : il consiste à nier la gravité de certaines évidences, en détournant l’attention, si possible, sur la source du désordre. En l’espèce, pour cet étudiant qui n’a pas voulu voir une agression raciste dans ce qui lui est arrivé, les coupables sont celui qui a diffusé la vidéo de son passage à tabac et ceux qui l’ont commentée. Le politiquement correct raisonne de cette manière. Ivan Rioufol
Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses.  Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! (…) J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille. Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris … Arnaud
Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre. Guillaume
Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. Céline
Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. Caroline (enseignante)
Il suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible. Tarik Yildiz
Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français "pure souche" – les "blancs" – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier  Tarik Yildiz
Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ? Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera. Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle. Antoine Menusier
Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves. Benoît Rayski

Vous avez dit syndrome de Stockholm ?

Renvoi de huit mois en l’absence de plaignants, accusé absent parce que non retrouvé, co-accusé jugé mais blanc, refus d’une association anti-raciste (MRAP) de se porter partie civile (Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement), refus des parties civiles comme de la défense d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle

Au lendemain, suite à la bastonnade accompagnée d’injures racistes sur un quai de métro parisien en septembre 2010 d’un jeune homme blanc, du premier pour "racisme anti-blanc" …

Et une semaine après les simples sursis et avertissements des adolescents impliqués dans l’attaque du RER à la gare de Grigny …

Mais aussi trois ans après une vidéo qui avait révélé (outre la suspension et la garde à vue du policier l’ayant mise en ligne et la défense de ses agresseurs par l’agressé: "habillé de façon bourgeoise") le genre de phénomène d’attaques en meute que peuvent subir certains usagers des bus de nuit parisiens …

Comment ne pas voir, évoquée à demi-mot  si l’on en croit les extraits de presse dans le livre d’un jeune sociologue, l’étrange forme de syndrome de Stockholm (qui fête ses 40 ans cette année) …

Qui de la presse à nos belles âmes des beaux quartiers mais aussi apparemment à ses premières victimes que sont les derniers mohicans de certains quartiers des villes d’Ile-de-France les plus touchées par l’immigration (jusqu’à, pression de l’environnement oblige, mentir sur ses propres origines) …

Semble à présent s’être étendu l’ensemble de nos sociétés ?

Comment parler du racisme anti-blanc?

Julie Saulnier

L’Express

14/03/2011

Le racisme anti-blanc est une réalité embarrassante. Dans un essai, le sociologue Tarik Yildiz l’aborde de front, pour éviter notamment de laisser le sujet aux extrêmes.

"Sale Français(e) de merde!" Cette expression les renvoyant à leurs origines françaises, Guillaume, Bastien, Anne, Hasan et les autres l’ont entendue souvent. C’est ce que décrit Tarik Yildiz au travers de neuf entretiens avec un collégien, un lycéen, une étudiante, des professeurs et des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis.

Dans son essai, Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité*, ce doctorant en sociologie de seulement 25 ans dresse une cartographie du phénomène dans certains quartiers de certaines villes d’Ile-de-France.

Insultes, crachats, coups, les protagonistes de l’étude se disent victimes d’"une intolérance qui touche les blancs parce qu’ils sont – ou sont considérés – comme des ‘Français de souche’, en opposition aux Français issus de l’immigration", explique l’auteur, par ailleurs collaborateur du Bondy Blog.

Ne pas laisser la voie libre aux extrêmes

"Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre", raconte Guillaume, collégien. Céline confie que, pendant ses années de collège, elle maquillait la vérité pour qu’on la laisse en paix: "Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français." "Chaque jour, la seule chose que j’espérais, c’était de rentrer sans avoir pris de coups ou sans me faire insulter", ajoute de son côté Bastien, lycéen. Anne, sa mère, est abasourdie. "Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un tel racisme pouvait exister chez des enfants", déplore-t-elle.

Le phénomène est réel, mais circonscrit. Alain, qui a soutenu un appel "contre les ratonnades anti-blanc" en 2008, précise "que ceux qui profèrent ces insultes (…) représentent une minorité dans les classes. Et comme souvent, la minorité violente est la plus visible." "Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente, analyse Caroline. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche." Tarik Yildiz reconnaît qu’il "suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible".

Il faut aussi ne pas oublier, comme Caroline, enseignante, qu’"on a plus de chance de trouver un emploi ou un appartement quand on s’appelle François que quand on s’appelle Kader". Ou qu’il "est plus facile d’entrer en boîte de nuit, qu’on se fait beaucoup moins contrôler par la police quand on a la peau claire." Et d’attirer l’attention sur la dimension sociale: "Les jeunes qui posent des problèmes dans les établissements scolaires sont les plus défavorisés socialement (…) Ce n’est pas vraiment du racisme, mais une manière de vouloir prendre leur place dans une société où ils se sentent mal à l’aise."

Pour sa part, Fatima, étudiante française issue de l’immigration, estime qu’"il ne faut pas faire de distinction entre les racismes". Ce qu’admet bien volontiers Caroline, selon qui faire des différences, "c’est établir une hiérarchie". D’où l’importance de reconnaître l’existence de ces discriminations. "Lorsqu’on ne parle pas d’un problème, les victimes se sentent incomprises, déconsidérées. Cela peut les pousser elles-mêmes vers du racisme", observe Alain. "Ne pas entendre ceux qui souffrent, c’est prendre le risque de l’engrenage et les jeter dans les bras des partis extrêmistes, renchérit Tarik Yildiz. Il ne faut pas laisser le champs de ce qui préoccupe les Français aux extrêmes. Les partis traditionnels ne doivent pas avoir peur d’aborder le racisme ‘anti-blanc’. Ce sont les solutions apportées à cette forme de racisme qui doivent être différentes."

Le racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité, Tarik Yildiz, Les Editions du Puits du Roulle, 58 p., 8 euros.

Avertissement de modération: comme vous l’aurez noté, l’un des objectifs de Tarik Yildiz est de ne pas laisser aux extrêmes le sujet du racisme anti-blanc. Nous serons extrêmement attentifs à ce que ces mêmes extrêmes ne puissent exprimer des idées extrémistes dans les commentaires. LEXPRESS.fr

Voir aussi:

"Le racisme anti-blanc est réversible"

Julie Saulnier

L’Express

26/09/2012

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc. Une récupération politique qui risque de "jeter de l’huile sur le feu", selon le sociologue Tarik Yildiz, auteur de Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, dénonce le racisme anti-blanc. Que pensez-vous de ses propos?

Je ne suis pas dupe des intentions électoralistes de Jean-François Copé. Il veut envoyer un message fort à la base de l’UMP et lui dire qu’il est proche d’elle et de ses idées. Car beaucoup de gens pensent et disent que le racisme anti-blanc existe. Jean-François Copé ne fait que relayer cette idée.

Il est bon d’évoquer le racisme anti-blanc, comme il est bon de parler toute sorte de racisme. Mais la récupération partisane d’un sujet aussi délicat que celui-ci risque de jeter de l’huile sur le feu.

Comment éviter de tomber dans cet écueil?

Il faut parler du racisme anti-blanc mais éviter à tout prix la récupération politique. Pour cela, la dénonciation de cette forme de racisme doit venir, en premier lieu, des associations antiracisme. Elles seules peuvent aborder le sujet sans être taxées de xénophobie.

Si ces associations, donc, dénoncent clairement et sans gêne cette réalité, on gagnera en crédibilité. Et les tabous tomberont. Dès lors, les responsables politiques, y compris de gauche, pourront en parler sereinement.

Jean-François Copé limite ce phénomène aux "quartiers sensibles"…

Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français "pure souche" – les "blancs" – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier. Ce constat dressé, ce n’est pas autant qu’il faut y voir un lien de causalité – mais plutôt un lien de corrélation.

Peut-on endiguer cette forme de racisme?

Oui, car le racisme anti-blanc est quelque chose de très concret et qu’il est perpétré par des jeunes immatures. En cela, ce phénomène me semble réversible. Une bonne politique éducative et une punition adaptée permettraient d’en venir à bout. La solution consisterait à instaurer plus de discipline à l’école, et ce dès le collège, et à fixer des limites à ne pas dépasser pour éviter l’effet de surenchère.

Le sociologue Tarik Yildiz est l’auteur de l’essai Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Avertissement de modération: compte tenu du caractère sensible de ce thème, nous serons particulièrement sensibles à la bonne tenue des débats. Merci donc de ne pas tenir de propos xénophobes, racistes ou discriminatoires.

Voir également:

Justice : un Blanc jugé pour racisme… anti-Blanc

Marc Leplongeon

Le Point

26/04/2013

"Sale Blanc", "blanc-bec"… Un cuisinier était jugé vendredi à Paris pour avoir entaillé le visage d’un homme sur le quai du RER et proféré des injures racistes.

"Racisme anti-Blanc", l’expression est devenue presque banale. Pour SOS Racisme, elle appartient historiquement au vocabulaire de l’extrême droite. Mais elle est devenue ensuite un argument de campagne. Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP contre François Fillon, avait raconté fin 2012 l’histoire d’un jeune qui s’était fait "arracher son pain au chocolat par des voyous", au motif qu’"on ne mange pas au ramadan". D’après un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH), ces propos pourraient avoir eu une incidence sur la diffusion de l’idée d’un hypothétique racisme "anti-Français" dans la société. "4 % des personnes interrogées considèrent que les Blancs sont les principales victimes de racisme dans l’Hexagone", explique le rapport. Et "le sentiment que les Français sont les principales victimes de racisme en France est en hausse, avec 12 %, dont 18 % parmi les sympathisants de droite et 5 % parmi ceux de gauche", poursuit l’étude.

Vendredi après-midi, au palais de justice de Paris, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’est portée pour la première fois partie civile dans une affaire de "racisme anti-Blanc". Situation ubuesque : le prévenu est lui-même blanc. "Je n’aime pas ce terme [de racisme anti-Blanc, NDLR]", explique Mario Pierre Stasi, président de la commission juridique de la Licra. "Mais je n’en vois pas d’autres", lâche-t-il. À l’audience, un homme de 37 ans, crâne rasé, est appelé à la barre. La démarche lourde, les mains dans les poches de son jean recouvertes par une veste grise, Arnaud écoute, sans broncher, le président du tribunal. Son casier judiciaire est déjà bien rempli : plusieurs condamnations pour port d’armes (des couteaux), outrages contre policiers et infractions à la législation sur les stupéfiants (cannabis).

Pour Mario Pierre Stasi, avocat de la Licra, une infraction à connotation raciste peut être constituée, "qu’importe la pigmentation de la peau".

Balafre de 15 centimètres

Le 12 septembre 2010, au petit matin, la victime, un jeune homme de 28 ans, attend son métro à la station Strasbourg-Saint-Denis. Il est apostrophé par un homme qui accompagnait Arnaud, mais qui n’a jamais pu être identifié. "Sale Français !" lui aurait-il lancé. La victime descend du métro à Gare du Nord, avant de se rendre sur les quais du RER D. La vidéosurveillance laisse supposer qu’Arnaud et son acolyte l’y ont suivie. Vers 6 heures du matin, quoi qu’il en soit, l’agresseur non identifié se rue vers sa victime et lui porte un premier coup. La bagarre commence. L’agresseur tombe à terre, la victime prend le dessus. "Quand il était à terre, j’ai voulu le défendre. Il l’étranglait avec ses genoux, donc je lui ai mis des coups avec la droite, et un dernier avec un tesson de bouteille", lâche benoîtement Arnaud. Lorsque la bagarre se termine, la victime a une balafre de 15 centimètres de long sur la joue gauche. Le sang coule sur son torse.

Lors de ses premières auditions, Arnaud nie tout, malgré les images des caméras. Jusqu’à ce que le juge d’instruction lui parle d’une éventuelle circonstance aggravante : les injures racistes. Là, Arnaud se décide enfin à parler. "Je suis vraiment dégoûté. Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses", lâche-t-il. Problème : la victime est "blanche", comme lui. À l’audience, il s’énerve : "Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe !" Son acolyte ? Il l’aurait rencontré lors d’une soirée. Mais il n’en dira pas plus. "Je sais juste ce qu’il aimait comme filles, c’est tout", résume-t-il. Pas de provocation dans sa voix, juste le ton un peu benêt qu’il adoptera tout au long de l’audience.

"Sale blanc-bec"

Les témoins de la scène, des usagers et des agents de la société Effia, n’ont pas bougé. Certains n’étaient pourtant qu’à cinq mètres de la bagarre. Seule une dame a eu le cran de s’interposer, note la procureur. Trois d’entre eux ont cependant entendu les insultes "sale Français", "sale Blanc" (en français et en arabe), "sale blanc-bec", "va niquer ta mère", de la bouche de l’agresseur anonyme. Deux témoins sont formels : Arnaud a lui aussi prononcé ces mots avant, pendant et après l’agression. Lui assure que ces mots n’ont pas franchi ses lèvres. Arnaud semble accorder la même importance à une affaire de violences (qui ont causé 39 jours d’interruption temporaire de travail) qu’à quelques insultes racistes. "Pour moi, c’est pareil", lâche-t-il à l’audience.

"Vous vous considérez comme violent ?" lui demande le président du tribunal. "Nan", répond-il. Puis il raconte quelques bribes de sa vie. "J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille", argue-t-il. "Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris", lâche le prévenu. Pour l’avocat de la victime, Arnaud n’a rien d’un "sauveur". Il ne croit pas à la thèse de l’agression avec un tesson de flasque d’alcool, qui se serait brisée dans sa poche. Pour l’avocat, Arnaud a utilisé un couteau ou un cutter. Et il enfonce le clou sur les injures racistes. "La victime m’a dit : C’est tombé sur moi parce que j’étais blanc", explique-t-il.

Le procureur réclame quatre ans de prison, dont un avec sursis assorti d’un contrôle judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin. Pour l’avocat de la défense, Me Grégoire Etrillard : "On est en train de faire un exemple de racisme anti-Blanc. Il y a une frustration de ne pas avoir attrapé le vrai coupable."

Voir encore:

Le premier procès pour racisme anti-Blancs n’a pas eu lieu

Quand la partie civile n’assume pas son audace de principe

Antoine Menusier

Causeur

29 avril 2013

Le premier procès pour « racisme anti-Blancs », tenu en l’absence de la victime, vendredi 26 avril, devant la 13e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est arrêté au plus mauvais moment : quand il aurait pu vraiment commencer. Tant qu’à juger des motivations racistes du prévenu, un jeune homme de 28 ans qui comparaissait libre, cuisinier de métier, condamné à sept reprises pour des délits, la cour et les avocats de la partie civile et de la défense auraient pu aller « au fond », comme disent les juristes. Au fond du sujet. Un procès d’assises l’aurait sans doute permis, des psychologues auraient été cités à charge et à décharge pour éclairer le jury sur la personnalité de l’accusé. Ce dernier a d’ailleurs échappé de peu aux assises, a indiqué la procureur, agitant cette menace a posteriori, le chef d’accusation de tentative de meurtre n’ayant pas été retenu. La magistrate a requis quatre ans ferme, dont un avec sursis et mise à l’épreuve.

Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ?

Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera.

Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle.

Les faits : le 12 septembre 2010, vers 6 heures du matin, Arnaud D. se trouve sur un quai de la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, en compagnie d’un autre homme. Ils rentrent d’une soirée arrosée, se sont connus à cette occasion, raconte le prévenu, qui dit ignorer l’identité du second. Tout aurait commencé par une vague histoire de cigarette entre l’ami d’un soir d’Arnaud D. et Térence C., une vingtaine d’années, vendeur dans le prêt-à-porter, également présent sur le quai. L’ami aurait traité Térence C. de « sale Français », a rapporté la victime aux enquêteurs.

L’altercation reprend à trois stations de là, sur un quai de RER, gare du Nord. Arnaud D. et son acolyte y croisent à nouveau Térence C. – ils étaient à sa recherche, soupçonnent les parties civiles. L’acolyte attaque Térence C., lui donne des coups de poing. Celui-ci parvient à immobiliser son agresseur. C’est à ce moment-là qu’intervient Arnaud D., dans le dos de la victime. Il la frappe de ses poings, lui entaille la joue gauche au moyen d’un tesson de bouteille ou d’un couteau – d’« un tesson d’un flash de Cognac que j’avais dans la poche », explique le prévenu sans convaincre –, « sur quinze centimètres de long », selon le rapport d’enquête.

Une femme tente de s’interposer, en vain. Deux témoins passifs de la scène, agents de la RATP, absents à l’audience – la défense met en doute le sérieux de leurs témoignages –, ont affirmé que ces violences étaient accompagnées d’insultes : « Sale Français », « sale blanc-bec », « sale Blanc, « sale gaouri » (terme dépréciatif en argot maghrébin, désignant un Français ou plus généralement un étranger). Arnaud D. dit n’en avoir proféré aucune : « J’ai jamais entendu “gaouri”, je ne sais pas ce que ça veut dire. » Le président de la cour : « Ça veut dire “sale Français”. »

L’agression a été filmée, sans le son, par des caméras de vidéo-surveillance. Le complice d’Arnaud D. apparaît sur ces images muettes comme étant un Noir ou un métis. N’ayant pas été identifié, il a échappé à la justice. Un début de bande est diffusé au tribunal, mais le président met fin à son déroulé, la touche « avance rapide » ne fonctionnant pas. Ce 12 septembre 2010, Arnaud D. est vêtu d’un pantalon noir, d’un sweat rouge et porte une chaînette au cou. Il a le crâne ras. Ras, comme vendredi à l’audience, à laquelle il s’est présenté en blazer gris, chemise noire et cravate lilas pâle. Grand, sec, il dit le minimum, affirme qu’il ne peut pas être raciste, « toutes mes copines sont noires ou métisses ». Lors de l’instruction, niant dans un premier temps être la personne que les images désignent, il l’a d’abord dépeinte comme de « type arabe », avant d’admettre sa participation à l’agression.

Les insultes qu’il aurait proférées durant l’agression lui valent la circonstance aggravante de racisme, conformément à l’article 132-76 du Code pénal qui établit cette circonstance dès lors que l’infraction est commise « à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Me Grégoire Etrillard, l’avocat d’Arnaud D., a demandé à la cour de transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité au Conseil constitutionnel, afin qu’il se prononce sur cette disposition pénale, qu’il trouve floue. En effet, s’étonne-t-il, comment un individu mêlé à une agression au cours de laquelle des propos racistes sont prononcées, pourrait-il en être tenu responsable alors qu’il ne les a pas tenus ?

Sur leur banc, Me Pierre Combles de Nayves, le conseil de la victime, et son confrère Me Mario-Pierre Stasi, plaidant au nom de la Licra, soupirent et s’étranglent en silence. Pas pour longtemps. Me Stasi rappelle que, selon la loi, « le complice (d’une agression) encourt toutes les circonstances aggravantes ». S’ensuit un échange sur un cas, pas que d’école : des violences racistes commises en réunion par des skinheads. Me Etrillard admet qu’en cette circonstance, aucun des agresseurs ne peut se désolidariser pénalement de l’infraction.

Le 26 octobre 2012, Térence C. ne s’était pas présenté à une première audience parce qu’il suivait une formation professionnelle de « trois mois dans la région lilloise ». La tenue du procès avait été reportée. « Je regrette l’absence de Monsieur C. Il n’est pas un héros, c’est un homme comme vous et moi. C’est toujours difficile d’avoir été agressé. Il a été licencié ce matin », a argumenté Me Combles de Nayves pour expliquer la nouvelle défection de son client.

L’accusé a énuméré ses états de service dans la restauration, CAP de cuisine, commis, demi-chef de partie, chef de partie, second de cuisine, un passage « chez Dalloyau », une succession de « CDI ». Il lui arrive de porter sur lui des couteaux de travail, des armes aux yeux de la loi. Une personnalité complexe, dit-on banalement pour caractériser pareil individu. En refusant, par crainte de récupération politique, de fouiller la personnalité de l’accusé, la partie civile s’est peut-être privé de la preuve sinon matérielle du moins morale qui lui aurait permis de le confondre. Verdict le 21 juin.

Voir de même:

Diffusion d’une agression filmée: un policier en garde à vue

La mise en ligne sur Internet des images d’une violente agression survenue en décembre dans un bus parisien a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le Parisien

09.04.2009

Hier, un policier a été placé en garde à vue par l’inspection générale des services (IGS). La police des polices soupçonne ce jeune gardien de la paix d’être impliqué dans la diffusion sur le Net de la vidéo d’une agression extrêmement violente d’un passager, tabassé par une bande dans un bus de nuit, le 7 décembre dernier à Paris. Ces images proviennent de la caméra du bus de la RATP.

L’IGS cherche à savoir comment le policier relâché dès hier soir a pu se procurer ce document. La mise en ligne de cette vidéo, relayée et exploitée politiquement par des sites et des blogs d’extrême droite, a créé un buzz sur le Net, qui a explosé cette semaine. « C’est plus qu’une fuite, c’est une manipulation d’un document à usage policier et judiciaire à des fins de communication externe », dénonce Pierre Mongin, le patron de la RATP.

L’agression. Le 7 décembre 2008, vers 3 h 45, plusieurs jeunes gens s’en prennent au passager d’un Noctilien qui circule dans le XVIII e arrondissement de Paris. Assis non loin du chauffeur, l’usager se fait voler son portefeuille puis est violemment frappé par au moins quatre adolescents qui s’acharnent à coups de pieds et de poings, aux cris de « sale Français » et de « fils de pute ». D’autres passagers, dont une personne âgée et une femme, tentent de s’interposer et sont à leur tour molestés. Le chauffeur n’intervient pas mais déclenche une alarme silencieuse reliée au PC de sécurité. « Son attitude a été irréprochable », souligne-t-on à la RATP.

La vidéo. Quelques jours plus tard, les images de l’agression apparaissent en toute illégalité sur une page de Facebook. Le patron de la RATP, qui a porté plainte, rappelle que la « diffusion sur Internet de cette vidéo est constitutive d’un délit ». L’internaute qui l’a mise en ligne serait le policier entendu hier par l’IGS. Ce dernier est affecté au service régional de la police des transports (SRPT), service justement chargé de l’enquête sur l’agression filmée. « Ce fonctionnaire travaille en tenue à la sécurisation dans les trains, il n’a rien à voir avec les investigations sur les faits du 7 décembre, ni de près ni de loin », soutient un policier du SRPT. Reste à connaître les motivations du gardien de la paix. « Si c’est lui, il a dû vouloir montrer certaines réalités à des copains, sans aucune arrière-pensée politique, croit savoir un de ses collègues. Une connerie de jeunesse. » Ce comportement n’est pas anodin.

Le buzz. D’abord passée inaperçue, la vidéo est petit à petit sortie de la confidentialité. Le blogueur d’extrême droite François Desouche est l’un des premiers à l’avoir décelée sur la Toile. La vidéo a fini par faire son apparition sur les grandes plates-formes telles Dailymotion et YouTube. Depuis, ces sites la censurent sans relâche. Mais certains contournent l’obstacle en diffusant le document sur des plates-formes étrangères.

L’enquête. Alertés par le chauffeur du Noctilien, les policiers du SRPT ont interpellé dès la nuit des faits deux des agresseurs présumés, puis un troisième le 11 décembre. Au total, trois majeurs et un mineur ont été mis en examen, deux étant placés en détention provisoire. La vidéo enregistrée par la caméra du bus est une pièce à conviction capitale dans cette affaire, dont l’instruction est terminée.

La sécurité. L’agression du passager est-elle un fait isolé ? « Elle fait partie du top 20 des cas les plus graves que l’on traite. C’est évidemment choquant », indique un policier spécialisé. Selon ce dernier, ce type d’agression est loin d’être rare dans les transports en commun. Il évoque des jeunes, souvent mineurs, qui agissent en « meute » et de façon ultraviolente. « Quant au Noctilien, c’est souvent chaud, à l’image des trains de nuit, ajoute le policier. Si vous n’avez pas d’argent pour un taxi le samedi soir, mieux vaut rester en boîte et attendre le matin. »

Voir encore:

Vidéo de l’agression : la victime nie tout caractère raciste

Le Parisien

10.04.2009

Le jeune homme agressé dans un bus Noctilien, à Paris, dans la nuit du 6 au 7 décembre dernier s’est confié au journal Le Figaro après que la vidéo de son agression a été diffusée à grande échelle sur internet, provoquant une vive polémique.

Agé de 19 ans et élève en première année à Sciences Po Paris, le jeune homme n’a rien oublié de son agression qui a été filmée par une caméra de vidéosurveillance.

Interrogée sur les injures raciales proférées sur la video, la victime identifiée comme F. G., un élève de 19 ans en première année de Science Po, à Paris, affirme: «Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte».

Sur la vidéo montrant l’agression d’un jeune homme par quatre adolescents cherchant à lui dérober son porte-monnaie, la victime était rouée de coups de pied et de poing aux cris de «fils de pute» et de «sale Français».

«Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres», déclare la victime, qui n’a pas souhaité être identifiée, selon le journal.

«Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle», ajoute F. G.

Aujourd’hui, en pleine forme, le jeune homme estime être totalement sorti de cette affaire.

Voir de même:

Procès pour racisme anti-blanc : lettre ouverte d’un "sale blanc" au Mrap

Alors que s’ouvre le premier procès pour "racisme anti-blanc", le représentant du Mrap a expliqué à Europe 1 pourquoi l’association, exceptionnellement, ne se porte pas partie civile. Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement.

Mea Culpa

Benoît Rayski

Atlantico

27 avril 2013

Je suis un sale Blanc et j’espère que de l’avoir confessé me vaudra l’indulgence du tribunal où siègent peut-être les membres du Syndicat de la magistrature.

Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves.

Je suis un sale Blanc car j’ai usé de toute mon influence, qui est grande, pour que des dizaines de milliers d’Africains et d’Antillais soient enfermés dans des prisons appelées HLM.

Je suis un sale Blanc parce qu’un jour où mon fils s’était fait qualifier de "face de craie", frapper et dépouiller à la Foire du Trône je suis allé avec lui porter plainte et je ne l’ai pas dissuadé de dire que ses agresseurs étaient des Noirs.

Je suis un sale Blanc car j’habite un immeuble où aucune seringue ne jonche les escaliers et où aucun guetteur ne signale l’arrivée de mes visiteurs.

Je suis un sale Blanc car un jour, dans un regrettable mouvement de colère, j’ai dit à un grand gaillard notoirement plus foncé que moi et qui m’avait bousculé parce que je tardais à lui donner un clope : "Appelle-moi bwana!" ("Patron", comme disaient les Africains aux administrateurs coloniaux à une certaine époque).

Je suis un sale Blanc car, écrivant dans les journaux, je n’ai pas pris ma plume pour dénoncer l’affreux Eric Zemmour qui s’était permis de dire que les Noirs et les Arabes étaient largement majoritaires dans nos prisons.

Je suis un sale Blanc car, toute honte bue, je n’ai pas jeté à la poubelle mon exemplaire de "Tintin au Congo" que les forces progressistes, anti-racistes et anti-colonialistes tentent, à juste titre, de faire interdire.

Je suis un sale Blanc car je ne milite pas au MRAP et que j’ai refusé -alors que j’ai de la thune- d’envoyer un chèque de soutien au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires).

Je suis un sale Blanc car j’ai infiniment de respect pour Félix Eboué (nommé gouverneur de l’Afrique Occidentale Française par De Gaulle), pour Léopold Sédar Senghor et pour Rama Yade que je trouve très jolie. Or, ces gens-là sont, comme on dit dans les cités, des "Bounty", noirs à l’extérieur et blanc à l’intérieur, des "suceurs de Blancs", des traîtres.

Et, enfin, je suis un sale Blanc car je suis blanc.

Pour tous ces motifs-là, j’admets que je mérite d’être poursuivi. Je demande pardon pour l’esclavage et pour toutes les horreurs que je viens de citer. Faute avouée étant à moitié pardonnée, j’espère que le MRAP aura la bonté de ne pas exiger un verdict trop sévère. Peut-être même que les juges, compréhensifs et touchés par mon remord sincère, se contenteront de m’épingler sur le "Mur des Cons".

Voir enfin:

The six day war in Stockholm

Dr Nils Bejerot, professor of social medicine, Karolinska Institute, Stockholm

New Scientist (volume 61, number 886, page 486-487)

1974

The use of gas in the Swedish bank drama last August was widely criticised. Here a consultant psychiatrist to the police, who was in the bank throughout the affair, gives his explanation of the strategy adopted. The bank robbery in Stockholm in August 1973 held all Swedes, from the government and police to the mass media and the public, in horrified suspense for six days. I spent the whole of that week at the bank as psychiatric consultant to the police. I consider it instructive to answer the criticism of our strategy expressed during and after the operation.

During the drama I was rung up by some uninitiated psychiatrists and psychologists who declared that all signs pointed to a bloody outcome. In their opinion, the bank robber, when cornered and desperate, would probably shoot the hostages and perhaps himself, too. I was told that it was my duty to persuade the police to stop the action and also to induce the government to change its instructions forbidding the robbers to leave the bank with the hostages. In several newspapers journalists supported this theory, on television a similar opinion was expressed by a well-known child psychiatrist, and nine lecturers in criminology at the University of Stockholm broadcast an appeal along the same lines.

In spite of all this pressure we followed the opposite line. Here I can only give a short account of some of the most important considerations on which our strategy was based.

1. Right at the beginning the robber very nearly killed a policeman with shots from his submachine gun. Conclusion: The man would be a serious danger to the police in a confrontation in the bank, or in a later chase. A few days afterwards another policeman was shot, and here again it was only by chance that this did not end in the murder of a policeman. Or, the other hand in the early stages two policemen, after agreement with the bank robber, were able to go into the bank unharmed and negotiate without being shot at. As a physician I was able to move freely in the bank and speak to the robber at close quarters. It was clear that the man was not under the influence of alcohol or drugs, nor was he psychotic (“insane”). He was a resolute man of normal intelligence, and he functioned in a rational way from the standpoint of his criminal ambitions. Had he been psychotic, it would have been very difficult to predict his behaviour.

2. The robber demanded three million crowns and insisted that Clark Olofsson, a prisoner who had a further six years to serve, and who, two weeks previously, had made an unsuccessful attempt to escape by blowing up a prison door, should be brought to the bank. He also demanded two pistols and safe conduct for himself and Olofsson together with the hostages. Conclusion: ‘We were faced with a shrewd, daring and ambitious professional criminal. He would not be expected to do anything unless he would gain something by it, directly or indirectly. It must be remembered that among professional criminals shooting at the police in a threatening situation gives high status. It is, however, beneath the dignity of these criminals to injure hostages. With political terrorists the whole situation is different, but this subject will not be discussed here.

3. The Swedish government quickly took two decisions: (a) It agreed to the police using Olofsson, with his own consent, in negotiations with the bank robber; (b) the bank robber was not to be permitted to leave the bank with the hostages. Otherwise the police had a free hand. The decision not to let the bank robber take the hostages with him established a vitally important principle. If the government had accepted that the robbers had disappeared with three million crowns and the hostages, we would probably have been faced with a series of similar crimes in many countries, just as with hijacking. We would have been at a great psychological disadvantage in relation to professional criminals and gangsterism.

4. My conversations with Olofsson confirmed the opinion of the police. that he would not commit any desperate act or do anything which would hazard his own life. He was therefore allowed to join the bank robber, although at that stage we were unable to release the hostages in exchange for Olofsson as the government had intended. Conclusion: Apart from the fact that the bank robber seemed to act logically in relation to his aims, we now had in the bank also an intelligent man with a strong will to live and a rational way of thinking.

5. In this situation the outcome of the drama was given, and only a tactical blunder from one side or the other could have caused bloodshed. At an early stage the police had asked for a psychological assessment of the risk to the hostages. I judged this to be about 2 to 3 per cent in unfavourable circumstances, for instance, if we forced the operations too quickly and did not give the robber enough time to realise that the fight was lost. With a drawn-out course and the right amount of pressure, I considered that the action was practically free from risk for the hostages. It was clear to all initiated persons that the hazards would be far greater if the hostages had been allowed to accompany the robber, regardless of where the journey might lead or how long it might take.

6. Throughout the drama the bank robber acted in a way we had predicted at an early stage. He shot at the police when he had a chance, and in order to emphasise his demands he demonstratively detonated explosive paste in the bank hall and in the ventilation system. He kept his promise not to shoot people who came with food and drink, realising that otherwise he would not have received any necessities. As expected, also, he put up a long and determined resistance. Only two unexpected events occurred: (a) In connection with the first attempt to use gas, the robber made the hostages stand up with a noose round their necks. The police and hostages were given to understand that if gas was let in the hostages would be strangled when they were no longer able to stand up. This scheme took us completely by surprise. We heard through the microphones in the vault that the hostages experienced this as a direct threat to their lives, and the action was therefore immediately discontinued for a time. Nobody outside or inside the bank vault had slept properly for three days, and there was a certain risk that one side or the other might make a tactical mistake unless everyone had an opportunity of resting. As with the robber’s previous behaviour, the hanging arrangement was a serious threat, but in my interpretation, not really intended to injure the hostages. The bank robber here proved a little more cunning than we were. A much-needed 12- hour truce followed. (b) The other psychological misjudgement was that we expected the robber, during the final break through into the bank vault, to shoot off all his ammunition through the inner door to the vault before he capitulated. Obviously the tear gas and the determination of the final assault had such an effect on him that he considered it best to give up a few seconds earlier than we predicted.

Criminals are rational

It is astonishing that those critics who consider they have a great understarding of criminals and their reaction patterns, and who declared throughout that we should let the robbers escape with the hostages and the money, is fact did not believe that criminals think in a rational manner. Afterwards the critics argued that it was mere luck that everything went well. We who have worked with criminals for decades and are now accused of regarding them as madmen and monsters, know that they function rationally in the situation in which they have placed themselves. They are like players or gamblers, and they are very good at their game, otherwise they would never have become professional criminals. As a piquant political addendum I would like to point out that the government would have been in an almost hopeless situation if I had collected some of these so-called “progressive” critics, almost all of whom were strong government supporters, and consulted them on the situation. The Prime Minister would then have been confronted with a demand for the release of the robbers with the hostages. Even if I had put in a reservation, the government could hardly have stood out against this massive “expert opinion’”. The release .of the bank robbers on these premises, two weeks before a general election, would have been political suicide.


Mort de Clément Méric: La mode, ça sert aussi à faire la guerre (How Fred Perry became the brand of choice for France’s extremist groups)

8 juin, 2013
http://www.dobi.nu/yourscenesucks/skinhead/scene.jpgClément Méric cache sa chevalièreLes fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Winston Churchill
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne ("Qu’ils s’en aillent tous") ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. "Qu’ils s’en aillent tous !" : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu "déclin de la France" avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, "Qu’ils s’en aillent tous" aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
Dans les années 60, les mods anglais, incarnés par les Kinks ou les Who, s’emparent des vêtements bourgeois destinés aux élites (celles qui jouent au tennis, notamment) : le polo Fred Perry, le blouson Harrington ou les chemises Ben Sherman. Avec la fin des mods à l’aube des années 70, l’image de ces maisons se trouble : les skinheads, nés en réaction au mouvement hippie, se les approprient. Parmi eux, certains sont apolitiques, d’autres d’extrême gauche, beaucoup sont fascistes. Si bien que dans les années 70 et 80, le vestiaire en descendance mods est davantage associé aux militants extrémistes qu’à la musique. La succession d’artistes anglo-saxons s’affichant en Fred Perry (les Pogues, époque punk ; les Specials, version ska ; les Blur et Oasis, à l’ère brit-pop, ou les Strokes et Franz Ferdinand, plus rock), n’a pas suffi à dissiper l’image ambiguë de la marque. Aujourd’hui, Fred Perry ne communique pas sur sa stratégie marketing, mais les activités de ces dix dernières années montrent sa volonté de se distinguer en tant que maison de mode versée dans la créativité, et la musique. (…) Autre signe d’une volonté d’assainissement de son image : Fred Perry inaugure en 2008 sa première boutique française à Paris, dans le quartier du Marais. Une enseigne proprette, à côté de Zadig & Voltaire, Maje et Sandro, où règne une ambiance bien différente des petites boutiques multimarques à l’ambiance un peu tendue, spécialisées dans les griffes qu’aiment certains militants d’extrême droite, comme Ben Sherman ou Lonsdale.
Si Fred Perry et Ben Sherman ont pu compenser de troubles associations politiques par une cool attitude, la marque anglaise Lonsdale a été clairement associée aux groupuscules d’extrême droite. Les néonazis l’auraient «récupérée» à cause des lettres «NSDA» au cœur du mot «Lonsdale» (NSDA pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti nazi). Au milieu des années 2000, la griffe a ainsi été bannie dans plusieurs établissements scolaires en Allemagne, et surtout aux Pays-Bas, ou l’expression «jeunesse Lonsdale» était apparue pour évoquer la résurgence néonazie dans le pays. Plusieurs points de vente, trop marqués politiquement, ont dû être fermés, et les campagnes de communication de la marque martèlent désormais le slogan «Lonsdale loves all colours». Libération
La tragique mort de Clément Méric réveille une image que la marque anglaise avait réussi à faire un peu oublier. Il faudra qu’elle redouble d’effort pour éloigner ces clients aussi fidèles que gênants. Un peu comme Lacoste avait tenté de le faire en son temps avec les rappeurs des cités. Huffington post

Pour ceux qui avaient oublié que  la politique était la continuation du baston par d’autres moyens  …

Où l’on (re)découvre …

Derrière les évidentes récupérations de la mort apparemment accidentelle du petit casseur de fachos de Sciences Po il y a trois jours …

Par nos belles âmes (de l’ancien amant d’YSL et financier du matraquage homo à qui l’on droit le mariage pour tous Pierre Bergé au tribun pousse-au-crime Jean-Luc Mélenchon et jusqu’au zozo et apprenti-sorcier de l’Elysée) …

Et, sans compter la même musique et les mêmes Doc Martens,  les "polos proprets à la couronne de lauriers" du dernier (avant Andy Murray)  grand champion de tennis britannique qui habillent nos jeunes extrémistes  …

La réalité jusqu’ici bien cachée, à gauche comme à droite, de l’amour de la baston

"On peut presque dire que ce drame était inéluctable"

François-Luc Doyez

Libération

6 juin 2013

Marc-Aurèle Vecchione a réalisé en 2008 un film sur les combats entre antifascistes et skinheads d’extrême droite dans les années 80, «Antifa, chasseurs de skins». Suite à la mort Clément Méric, un antifa tué mercredi par des militants d’extrême droite, le cinéaste analyse, pour Next, les rapports entre ces deux mouvances, aux apparences identiques mais diamétralement opposées politiquement.

Comment expliquer que les groupuscules d’extrême droite et les antifascistes se soient entichés des mêmes marques, Fred Perry et Ben Sherman en l’occurrence ?

C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même.

Ce n’est donc pas étonnant de voir des groupuscules diamétralement opposés politiquement revendiquer les mêmes signes d’appartenance ?

Non, depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme.

Les boutiques qui vendent ces marques sont donc source de tensions ?

Oui, c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995.

Vous aviez entendu parler de ces braderies regroupant plusieurs marques, comme celle de mercredi qui fut le cadre de la bagarre entraînant la mort de Clément Méric ?

Oui, pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable.

Les marques se sont-elles accomodées de cette récupération ?

Non, elles ont été prises dans un phénomène culturel qui les dépassait, et ont essayé de s’en dissocier. La meilleure preuve, ce sont les polos aux couleurs flashy lancés par Fred Perry. Au milieu des années 90, les polos sont devenus «casual», et les Fred Perry ont alors été récupérés par des gays du Marais qui affichaient un look skinhead, sans conviction politique, uniquement pour le look. En sortant des couleurs fluo, Fred Perry a essayé d’accompagner ce mouvement de «popularisation» de la marque.

Voir aussi:

Fred Perry : le style des extrêmes ?

6 juin 2013 à 18:11

Elvire Von Bardeleben , François-Luc Doyez

La marque anglaise, comme Ben Sherman, est devenue le signe d’appartenance de groupuscules aux idées politiques diamétralement opposées.

Peu de marques de vêtements sont le symbole d’une pensée politique. Plus rares encore sont celles qui représentent deux mouvances opposées. C’est pourtant le cas de Fred Perry ou Ben Sherman, dont les polos et les blousons servent de marqueurs aux groupes fascistes et antifascistes. Dans les années 60, les mods anglais, incarnés par les Kinks ou les Who, s’emparent des vêtements bourgeois destinés aux élites (celles qui jouent au tennis, notamment) : le polo Fred Perry, le blouson Harrington ou les chemises Ben Sherman. Avec la fin des mods à l’aube des années 70, l’image de ces maisons se trouble : les skinheads, nés en réaction au mouvement hippie, se les approprient. Parmi eux, certains sont apolitiques, d’autres d’extrême gauche, beaucoup sont fascistes. Si bien que dans les années 70 et 80, le vestiaire en descendance mods est davantage associé aux militants extrémistes qu’à la musique.

Se distinguer par la créativité

La succession d’artistes anglo-saxons s’affichant en Fred Perry (les Pogues, époque punk ; les Specials, version ska ; les Blur et Oasis, à l’ère brit-pop, ou les Strokes et Franz Ferdinand, plus rock), n’a pas suffi à dissiper l’image ambiguë de la marque. Aujourd’hui, Fred Perry ne communique pas sur sa stratégie marketing, mais les activités de ces dix dernières années montrent sa volonté de se distinguer en tant que maison de mode versée dans la créativité, et la musique. En 2005, il lance Fred Perry Subculture, une plateforme destinée à produire de jeunes groupes, sponsorise le festival de mode et de photo de Hyères en 2011, puis Garorock et la seconde édition du Disquaire Day, en 2012. A cela, la marque ajoute des collaborations stylistiques remarquées avec Rei Kawakubo, designer de Comme des garçons, avec Raf Simons, actuel designer de Dior, ou encore avec quelques figures du rock comme Peter Doherty et Amy Winehouse.

Autre signe d’une volonté d’assainissement de son image : Fred Perry inaugure en 2008 sa première boutique française à Paris, dans le quartier du Marais. Une enseigne proprette, à côté de Zadig & Voltaire, Maje et Sandro, où règne une ambiance bien différente des petites boutiques multimarques à l’ambiance un peu tendue, spécialisées dans les griffes qu’aiment certains militants d’extrême droite, comme Ben Sherman ou Lonsdale. Thierry*, vendeur dans l’une des boutiques parisienne de Fred Perry, raconte : «Nous avons quelques skinheads parfois, mais ils s’inspirent de la mouvance originelle qui ne se souciait pas de politique, qui s’intéressait à la musique jamaïcaine et au ska. Nous avons toutes sortes de clients, et ceux qui achetaient du Fred Perry dans les années 80 n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. La marque s’est popularisée.» En effet, le polo (à 75 euros) est aussi bien porté par des nostalgiques des mods, par des bobos, que par des gays.

Au cœur du mot «Lonsdale»

Si Fred Perry et Ben Sherman ont pu compenser de troubles associations politiques par une cool attitude, la marque anglaise Lonsdale a été clairement associée aux groupuscules d’extrême droite. Les néonazis l’auraient «récupérée» à cause des lettres «NSDA» au cœur du mot «Lonsdale» (NSDA pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti nazi). Au milieu des années 2000, la griffe a ainsi été bannie dans plusieurs établissements scolaires en Allemagne, et surtout aux Pays-Bas, ou l’expression «jeunesse Lonsdale» était apparue pour évoquer la résurgence néonazie dans le pays. Plusieurs points de vente, trop marqués politiquement, ont dû être fermés, et les campagnes de communication de la marque martèlent désormais le slogan «Lonsdale loves all colours».

Voir encore:

Fred Perry et les skinheads : pourquoi les agresseurs de Clément Méric sortaient d’une vente privée de la marque anglaise

Sandra Lorenzo

Le HuffPost

06/06/2013

SKINHEADS – Mercredi 5 juin, quartier Saint-Lazare dans le neuvième arrondissement de Paris. A quelques mètres du magasin Citadium, spécialisé dans le "sportswear" et très fréquenté par les jeunes, est organisée une vente privée notamment de vêtements de la marque Fred Perry et Ben Sherman. À la sortie, rue Caumartin, la tension monte entre cinq skinheads et quelques militants antifascites. La bagarre dégénère. Quelques minutes plus tard, Clément Méric reçoit un coup fatal.

La mention de la marque Fred Perry n’est pas sans importance. Avec Ben Sherman, elle constitue effectivement le club des marques les plus prisées par les militants d’extrême droite et les groupes de skins, mais aussi des militants antifascistes. Une image qui lui colle à la peau. Fred Perry et ses polos proprets à la couronne de lauriers ont suivi l’évolution et les dérives d’une partie la jeunesse anglaise du XXème siècle.

Le fondateur, superstar du tennis anglais

Selon la légende, c’est à l’âge de 16 ans que Fred Perry aurait décidé de devenir champion de tennis en voyant les voitures de luxe des joueurs garées à la sortie d’un tournois de tennis. Très talentueux, il gagne trois fois l’US Open et trois fois le tournoi de Wimbledon. Après une carrière éblouissante, cet ancien joueur de ping-pong né en 1909 décide de prendre sa retraite à la fin des années 1940. Il s’associe alors à Tibby Wegner, un joueur de football autrichien, pour lancer une marque de vêtements spécialisés dans le tennis. Le duo inventera par exemple le célèbre bracelet-éponge, accessoire indispensable arborés par de nombreux sportifs.

Fred Perry est à ce jour le dernier Britannique à avoir remporté Wimbledon, en 1936. Marié 4 fois à des actrices et des mannequins, le tennisman est aussi resté célèbre pour avoir côtoyé les grands de son époque, comme la reine d’Angleterre ou le président John Fitzgerald Kennedy. Au départ, Fred Perry avait pensé à une pipe pour le logo de sa marque. Son associé réussira finalement à le convaincre d’adopter la couronne de lauriers, symbole de victoire antique et référence directe à son statut de champion.

Les "mods", jeunes dandys anglais, s’emparent du polo Fred Perry

À la fin des années 50, la marque a conquis les professionnels du tennis. Reste la rue. Et c’est à ce moment qu’un groupe de Londoniens va donner une "street credibility" à Fred Perry. Le mouvement des "modernists" ou "mods" naît dans la capitale anglaise. De jeunes adultes défendent l’image d’une jeunesse moderne qui tente de se détacher de la classe ouvrière et de l’élite. Tout les différencie de la société bien-pensante anglaise de l’époque, ils écoutent du "modern jazz" (d’où ils tirent leur nom), de la soul, du R’n’B et de la musique jamaïcaine. C’est aussi par leur look, que les mods se distinguent.

Ils arborent la French Line, une coupe de cheveux courts mi-longs avec une raie sur le côté, puis le Black Comb, les cheveux longs pour finir par une coupe très courte, la chevelure presque rasée, les futurs skinheads. Les mods sont vêtus de chemises Ben Sherman, de polos Fred Perry, de pantalons coupe cigarette (très moulants) ou hipsters (pantalons taille basse) et raffolent des costumes. Clarks, Doc Martens, Brogues ou encore Bowling Shoes aux pieds, les mods portent aussi des larges parkas de l’armée américaines.

Fred Perry entre dans l’armoire du hooligan et du skinhead

Finis les polos blancs qui ont fait le succès de la marque, Fred Perry diversifie sa gamme de vêtements et fait entrer la couleur au début des années 1970. Les cols et poignets deviennent personnalisables. Il est alors possible d’acheter une chemise aux couleurs de son équipe de foot préférée. Les hooligans en font leur uniforme. On les appelle les hard mods. À côté se développe le mouvement des rude boys ou rudies, des immigrés antillais qui écoutent la même musique noire américaine. La presse anglaise en septembre 1969 baptisent ces jeunes, les skinheads.

Au fil des années, le hooliganisme devient un vrai problème de société. Les skinheads, de leur côté, sont aussi synonymes de troubles, adeptes de violences urbaines en bandes. Radicalisés, ils se sont considérablement éloignés des mods. Nés en réaction contre le mouvement hippie, ces crânes rasés sont pour certains apolitiques, pour d’autres d’extrême gauche, pour beaucoup fascistes. Flirtant volontiers avec l’extrême-droite et la mouvance néo-nazie, ces derniers aiment beaucoup les vêtements de la marque anglaise, en particulier à cause de son logo repris à l’envi dans la symbolique skinhead d’extrême-droite.

Fred Perry a mauvaise presse. La marque essaie de redorer son blason en sponsorisant des concerts de ska et de reggae pour renouer avec l’héritage mods. Mais la mode est au grunge et au hip-hop, les polos de la marque ne séduisent plus. En 1994, la marque est en très mauvaise posture.

La renaissance Fred Perry

Deux ans plus tard, elle noue un partenariat avec un groupe de textile japonais et renaît de ses cendres. Parallèlement la britpop explose sur la scène internationale. Blur et Oasis s’habillent en Fred Perry. La marque signe des contrats avec des groupes très populaires comme Gorillaz ou les Arctic Monkeys. La marque fait un retour en force.

Toujours très liée aux skinheads et aux groupuscules d’extrême-droite dans l’imaginaire collectif, Fred Perry a réussi à s’écarter de cette image sulfureuse. La chanteuse Amy Winehouse a collaboré à quatre collections de la marque. Fred Perry a aussi fait un retour remarqué en tant qu’équipementier de tennis professionnel, en sponsorisant le joueur écossais Andy Murray.

La marque multiplie aussi les projets créatifs, en 2005, elle lance Fred Perry Subculture, une plateforme pour repérer et produire de nouveaux talents. En 2011, elle s’allie au très pointu festival de mode et de photo de Hyères. Pour ses dernières collections, la marque a aussi su s’entourer des meilleurs comme Rei Kawakubo, designer de Comme des garçons, ou Raf Simons, le directeur artistique de Dior.

La tragique mort de Clément Méric réveille une image que la marque anglaise avait réussi à faire un peu oublier. Il faudra qu’elle redouble d’effort pour éloigner ces clients aussi fidèles que gênants. Un peu comme Lacoste avait tenté de le faire en son temps avec les rappeurs des cités.

Voir enfin:

Quand Clément Méric se réfugiait derrière la sécurité de la Manif Pour Tous


Posté par Thomas DEBESSE le 07/06/2013 à 14:12. cc Licence CC by (copiez-moi !)

Alors qu’on apprend la mort de Clément Méric, la première réaction, légitime, est la désolation : encore une mort inutile qu’on ne peut que regretter. Malheureusement, le deuil est très vite terni par des vautours en mal de récupération politique…

D’un coté on aurait l’image d’Épinal du bon élève tolérant victime d’un get-apens et de l’autre des méchants nazis tout droit sorti du Château de Wolfenstein, et l’ensemble plongé dans une grande soupe d’amalgames…

Au milieu de tout ce foin médiatique, je trouve que l’article du Monde est remarquable : l’auteur n’hésite pas, par exemple, à montrer que Clément Méric critiquait le Front de Gauche qui pourtant récupère sa mort aujourd’hui. L’auteur ajoute également que selon les premiers éléments de l’enquête de police, les provocations étaient partagées.

Clément Méric avant sa mort

Le 17 avril 2013, en marge d’une Manif Pour Tous, la cellule d’extrême gauche à laquelle appartient Clément Méric vient agresser les manifestants. Line Press était sur place et a filmé une partie des événements. Les extraits sont très intéressants.

Malheureusement, je n’ai certainement pas les moyens de me payer une vidéo Line Press… Je me limite donc à une petite sélection de 7 images en invoquant le droit de courte citation… Cette vidéo était jusqu’à peu disponible sur le compte Youtube officiel de LinePress, si vous avez l’occasion de regarder cette vidéo, je vous y invite à le faire, elle est riche en renseignements.

Alors que son groupe agresse la manifestation, tandis que la police intervient pour calmer le jeu et commence à attraper certains, Clément Méric se faufile entre les policiers en civils pour se réfugier derrière les bénévoles de sécurité de la Manif Pour Tous (c’est le jeune au polo rouge à droite) :

Clément Méric fuit la police
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Le 24 mars, les bénévoles de la Manif Pour Tous avaient protégé les manifestants de la police, le 17 avril, ces mêmes bénévoles avaient protégé Clément Méric de la police.

Des altercations naissent entre ses camarades et des manifestants. Les bénévoles rappliquent. Clément Méric observe en retrait. On ne voit pas sur cette photo-ci (voir ci-après) mais ceux qui regarderont la vidéo pourront vérifier, Clément Méric place sa chevalière de manière à pouvoir frapper avec s’il le faut :

Clément Méric observe la bagarre
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Les bénévoles du service sécurité de la Manif Pour Tous protègent Clément Méric :

Clément Méric se planque derrière la Manif Pour Tous
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Ensuite, alors que la tension baisse un peu, Clément Méric rejoint ses camarades qui déploient une banderole « l’homophobie tue », et ils crient ensemble le slogan « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ». L’ironie du sort voudra que ce ne soit pas l’homophobie qui l’ai tué…

Clément Méric n’aime pas être pris en photo. En fait il retire son foulard dès qu’il faut se glisser incognito au milieu des policiers, profitant de son « visage de poupon » comme alibi, et le remet dès qu’il s’agit d’agir avec son groupe. On le voit à un autre moment de la vidéo lever la banderole sur son visage alors qu’un photographe se place pour photographier le groupe.

Mais ce qui nous intéresse dans cette photo n’est pas le foulard, c’est sa chevalière. Sur cette image il joue du pouce et du majeur pour retourner le chaton sous son index et dissimuler la trop voyante bague aux vues des objectifs. Tout le long de la vidéo on le voit tourner cette chevalière, en fonction du rôle qu’il joue.

Clément Méric ne se sert pas de sa chevalière comme d’une simple bague d’appartenance ou par coquetterie. Il la porte à l’index pour s’en servir comme une arme et lorsqu’il est inquiet et que le danger menace, place le chaton en avant du poing. Dès lors qu’il ne se sent plus en danger ou qu’il est pris en photo, il cache le chaton dans sa paume. Cet adolescent au nom de noblesse ne semble assumer sa chevalière qu’en tant qu’arme de poing :

Clément Méric cache sa chevalière

La vidéo ne montre pas l’acte qui a motivé une poursuite de la police, mais on le voit lui et son groupe se réfugier à SciencesPo, rue de la chaise :

Clément Méric à Science Po
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Là encore, jouant son jeu d’élève modèle arrivé là par hasard, d’un air de rien il passe au milieu des policiers :

Policiers à Science Po
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Tandis certains de ses camarades se font embarquer :

Antifas dans le panier à salade
Citation Line Press, tous droits réservés à Line Press, Cette illustration n’est pas libre.

Bref, le personnage est trouble. En d’autres circonstances, Clément Méric aurait pu se faire agresser par un antifa ou par un activiste prolétarien en mal de lutte des classes. Et sous le visage d’un enfant de chœur, malgré ses airs de bon élève et sa chevalière de bonne famille, Clément Méric portait son lot d’intolérance.

C’est humain.

Rixe et couverture médiatique

Certains évoquent une rixe qui engagerait la responsabilité de Clément Méric, ce serait à l’occasion d’une vente privée prisée autant par les dits « redskins » ainsi que que les dits « skinheads » (selon les mots trouvés dans la presse) que son groupe aurait pris à parti un groupe d’appartenance opposée. Plusieurs altercations auraient eu lieu, jusqu’à la dernière rixe où Clément Méric, frappé par un coup de poing tombe et heurte violemment un poteau. Affaibli par une leucémie dont il se remettait à peine, le choc lui est fatal et lorsque les secours arrivent, son état est jugé désespéré. La mort sera annoncée le lendemain.

Les média rivalisent de bidonnage. Du coté du Monde, « pour souligner que Clément Méric n’était pas un provocateur » on précise que le drame s’est déroulé alors qu’ il « se rendant à une vente privée de vêtements » comme s’il était allé à une vente BCBG. C’est oublier un peu vite que ladite vente privée est connue pour être un repaire d’extrémistes de tout bord et qui serait souvent l’occasion de bagarres… Tous les ingrédients pour une nomination au prix Albert Moscou sont là…

Déjà, à l’occasion d’un autre fait divers heureusement moins dramatique, je m’étais étonné au début du mois de mai en lisant un article sur une action d’antifa qui avaient troublé un rassemblement venu commémorer la mort d’un nationaliste.

Je lisais ces mots étonnant :

« [Les antifas ont] repéré les quelques nationalistes déjà présents. Ces derniers n’ont pu que détaler très vite pour éviter de prendre des coups. »

Comme s’il était normal, dans certains cas comme celui-ci, de recevoir des coups…

Certains rappellent le souvenir de François Noguiez, mort mardi dernier sans que son cas ne soulèvent d’indignation. Tandis que d’autres tentent difficilement de pondérer un peu. Pendant ce temps, les médias et les personnalités rivalisent de délire..

Récupération politique et amalgames

Notre classe politique aime le sang. Elle s’est repue du sang de Wilfred de Bruijn, elle s’enivre du sang de Clément Méric.

Si les agresseurs de Wilfred de Bruijn n’ont toujours pas été arrêtés il me semble, il paraîtrait que les rivaux présumés de Clément Méric aient été interpellés… nous en sauront peut-être plus sur les circonstances de ce dernier drame. En attendant, alors que l’incident n’est même pas encore compris, la France sombre dans une espèce de folie. Chacun verse ses fantasmes dans les caniveaux, à tel point que cela donne l’amère impression que ce drame était attendu avec impatience, afin de pouvoir s’épancher…

Entre les hommes politique amalgamant les partis opposés ou les mouvances adverses, les médias s’appropriant les témoignages sans discernements, certaines personnalités profanent le deuil sans aucune honte… La palme de l’horreur revient certainement à la Vilaine Lulu qui instrumentalise ce drame pour justifier ses fantasmes, et ce sans aucun respect pour Clément Méric :

« Ce sont ces inconscients de la #manifpourtous qui ont préparé le terrain. En s’associant avec l’extrême droite ils lui ont permis d’exister. »

Insatisfaite, la Vilaine Lulu pousse l’infamie jusqu’à se placer elle-même en victime, se vautrant dans le sang encore chaud de Clément Méric :

« Malgré tous ceux qui m’insultent, je le redis #lamanifpourtous a accepté dans ses rangs ces fachos qui ont tué Clément. A eux de réfléchir. »

La Vilaine Lulu oublie que le seul lien que l’on peut honnêtement tirer entre Clément Méric et les Manif Pour Tous, c’était quand Clément Méric agressait la Manif Pour Tous avec sa cellule d’extrême gauche, et quand il se réfugiait ensuite derrière la sécurité de la Manif Pour Tous pour se protéger à la fois des manifestants provoqués et des policiers qui allaient les interpeller !

Cependant, si vous ne cherchez pas de la haine et du mensonge mais plutôt du creux et du convenant qui n’apporte rien, vous le trouverez dans la bouche de François Hollande :

« Ces groupes qui, depuis trop longtemps créent le désordre doivent être réprimés. Maintenant, je vous le dis, l’enquête est en cours et n’allons pas plus vite et faisons en sorte de ne pas créer un climat qui est déjà trop lourd. Chacun, je l’avais dit, doit prendre ses responsabilités, et il est bien d’ailleurs que tous les partis aient condamnés ce qui s’est produit et faient en sorte que nous puissions tirer tous les enseignements de ce qui est arrivé hélas, dramatiquement, pour ce jeune. »

Écouter François Hollande sur RCF :

Vous pouvez télécharger cet extrait audio en vorbis, en mp3 ou en flac.

Sans se rendre compte que ses paroles ordonnent également la répression des mouvements dont était membre Clément Méric, le président de la république remplit le vide des lieux communs qu’il ne cesse d’user jusqu’à la moelle (et insiste pour dire qu’il le dit) : « prendre ses responsabilité », « condamner », « tirer enseignement », on n’a pas besoin d’un président de la république pour cela…

La mort d’un frère

Finalement, un des meilleurs commentaires de l’événement que j’ai pu lire, je l’ai trouvé sous la plume de Paul Da Silva :

« Et donc les médias s’en mêlent, les politiques – dont le métier est de plus en plus de faire de la télévision que d’avoir des idées – hurlent, pleurent et font des déclarations plus stupides les unes que les autres. Parmi ces voix là, une me choque plus que les autres […] des appels au meurtre (la loi du talion), d’autres à l’interdiction pour ces fascistes de s’exprimer, des amalgames à l’emporte pièce… »
« Je constate que ce mouvement qui profite bien sur de la crise et d’autres éléments de l’actualité joue le même jeu que l’extrême droite mise en cause aujourd’hui, surfe sur les faits divers à grand renfort de récupération politique et en profite pour attiser doucement une autre forme de haine. »
« Je n’ai pas de solution miracle, je n’ai pas de réponse géniale à apporter à ce qu’il vient de se passer et rien ne ramènera ce jeune homme à la vie. Mais doit-on pour autant remplacer un extrême par un autre ? »

On avait déjà pu lire de sa part, un peu plus tôt cette année, cette pensée pertinente au sujet de la haine :

« la liberté d’expression c’est aussi pour les cons, et j’aime savoir qui sont les cons autour de moi. »

Commentant le drame de Clément Méric, Paul Da Silva évoque la loi du Talion et cite des commentaires appelant au meurtre, trouvés sur des blogs de gauche.

Le drame, c’est que l’on se serve de la mort d’un homme pour justifier la haine, et réclamer encore la mort. C’est comme si la société avait attendu cette mort pour s’épancher, et c’est comme si la société attendait encore des morts pour se justifier.

Et finalement, ce sont des Français qui instrumentalisent la mort d’un Français pour appeler au meurtre d’autres Français.

L’un des commentaire cité par Paul Da Silva est tout simplement :

« Un mort chez nous, un mort chez eux »

Je trouve ce commentaire très significatif : la mort doit appeler la mort, et surtout, il y un « nous » et il y aurait un « eux ».

Quelles sont ces constructions mentales qui ne servent qu’à une chose : faire couler le sang français, le sang du concitoyen, le sang du frère ?

Ce n’est pas nouveau : le sang impur de la Marseillaise a longtemps été le sang français ! Et quand le sang d’un frère coule, certains y voient la justification du sang d’autres frères encore ! Il faut que le sang coule ! Il faut que le Français meure, car je fais partie de « nous » et il fait partie d’ « eux ». En fait peut importe qui est « nous » et qui est « eux », parce qu’il est le « eux » d’un autre « nous », il doit mourir.

Tout est bon pour justifier de faire couler le sang du français : il est de droite je suis de gauche, je suis d’extrême gauche il est d’extrême droite. Je suis pour, il est contre, il aime, j’aime pas. je dois souhaiter qu’il meure, et il doit le souhaiter pour moi.

« Ce sont des skinheads » entend-t-on. Non, ce sont des Français ! « Ce sont des redskins » entend-t-on. Non, ce sont des Français ! « Un mort chez nous, un mort chez eux ». Mais qui définit ces camps ? Ne sommes-nous tous pas du même pays ?

Si la mort de François Naugiez ne soulève pas les masses, c’est que sa récupération pourrait nourrir la xénophobie plutôt que le fratricide, ce qui n’a absolument aucun intérêt. Un prétexte est bien inutile s’il n’est pas un prétexte à haïr son frère.

On choisit ses amis, mais on ne choisit pas ses frères. Alors il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde s’aime et soit gentil, mais ceux que l’on supporte le moins sont souvent ceux que l’on ne choisit pas mais que l’on reçoit et pour qui nous avons des devoirs.

À lire et à entendre tous ces commentaires, il sembleraient que les antifas ne connaissent pas d’autres solutions que la mort de l’autre… et inversement. La France a inventé le génocide, la France a inventé l’extermination légale de population, et ce bien avant que le fascisme ne soit ne serait-ce qu’une hypothèse ! Pour preuve, les décrets ordonnant l’extermination du peuple Vendéen ne sont toujours pas abrogés ! Nobles de cour ou paysan de Vendée, de droite ou de gauche, le Français mérite la mort parce qu’un autre Français a décidé que je fais partie de « nous » et qu’il fait partie de « eux  !

Dans l’actualité récente on a lut l’un annoncer qu’il ne pleurerait pas une hypothétique bombe, l’autre souhaiter que la police tire à vue

Et ces menaces et malheureusement parfois ces actes sont justifiés par le « c’est nous » et le « c’est eux ».

La France est experte pour diviser les Français. Le meurtre devient possible si la victime fait partie de « eux ». Le Français peut tuer le Français dès qu’il a pu montrer que l’autre fait partie de « eux ».

Mais en fait, ces constructions mentales ne seraient pas plutôt le piège qu’on tend aux gens pour qu’ils s’entre-tuent, plutôt que d’y reconnaître un frère qu’il faudrait accompagner ? Pleurez la mort de Clément Méric, oui, et je la pleure avec vous. Mais s’il vous plaît, ne vous en servez pas pour justifier la mort d’un autre, ni même souhaiter la mort d’un autre !

L’Espérance

La foule qui s’est réunie spontanément pour pleurer la mort de Clément Méric avait en commun avec les veilleurs d’avoir chanté le Chant des partisans. Il n’y a plus qu’à prier pour que dans l’unité, ce soit tout le peuple de France qui entonne l’Espérance.


Obama II: Rattrapé par les scandales, Obama se hollandise à la vitesse grand V (Obama scandals: six months of Nixon-grade cover-up and they put you back in the White House)

23 mai, 2013
http://www.letelegramme.fr/ar/imgproxy.php/PhotoIntuitions/2013/01/05/1963206_economob.JPG?article=20130105-1001963206&aaaammjj=20130105http://0.tqn.com/d/politicalhumor/1/0/q/L/5/Obama-Scandals.jpghttp://www.carlsontoons.com/wp-content/uploads/2013/05/magCOLOR.gifhttp://img.allvoices.com/thumbs/image/609/609/98285623-obama-scandals.jpghttp://sphotos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/p480x480/417907_10151596694745699_500981230_n.jpghttp://bluecollarphilosophy.com/wp-content/uploads/2013/05/Big-Dawg-590-LI.jpghttp://www.frugal-cafe.com/public_html/frugal-blog/frugal-cafe-blogzone/wp-content/uploads/2013/05/obama-class-of-2013-do-not-fear-government-audit-political-cartoon.jpgMa propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, 2006)
J’ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays: le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français. (…) J’affirme ici que Jérôme Cahuzac n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d’innocence et il a quitté le gouvernement à ma demande dès l’ouverture d’une information judiciaire. François Hollande (3 avril 2013)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
One lesson, however, has not fully sunk in and awaits final elucidation in the 2012 election: that of the Chicago style of Barack Obama’s politicking. In 2008 few of the true believers accepted that, in his first political race, in 1996, Barack Obama sued successfully to remove his opponents from the ballot. Or that in his race for the US Senate eight years later, sealed divorced records for both his primary- and general-election opponents were mysteriously leaked by unnamed Chicagoans, leading to the implosions of both candidates’ campaigns. Or that Obama was the first presidential candidate in the history of public campaign financing to reject it, or that he was also the largest recipient of cash from Wall Street in general, and from BP and Goldman Sachs in particular. Or that Obama was the first presidential candidate in recent memory not to disclose either undergraduate records or even partial medical. Or that remarks like “typical white person,” the clingers speech, and the spread-the-wealth quip would soon prove to be characteristic rather than anomalous. Few American presidents have dashed so many popular, deeply embedded illusions as has Barack Obama. And for that, we owe him a strange sort of thanks. Victor Davis Hanson
Selon le professeur Dick Simpson, chef du département de science politique de l’université d’Illinois, «c’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que le système prend racine». L’arrivée de larges populations immigrées peinant à faire leur chemin à Chicago pousse les politiciens à «mobiliser le vote des communautés en échange d’avantages substantiels». Dans les années 1930, le Parti démocrate assoit peu à peu sa domination grâce à cette politique «raciale». Le système va se solidifier sous le règne de Richard J. Daley, grande figure qui régnera sur la ville pendant 21 ans. Aujourd’hui, c’est son fils Richard M. Daley qui est aux affaires depuis 18 ans et qui «perpétue le pouvoir du Parti démocrate à Chicago, en accordant emplois d’État, faveurs et contrats, en échange de soutiens politiques et financiers», raconte John McCormick. «Si on vous donne un permis de construction, vous êtes censés “payer en retour”», explique-t-il. «Cela s’appelle payer pour jouer», résume John Kass, un autre éditorialiste. Les initiés affirment que Rod Blagojevich ne serait jamais devenu gouverneur s’il n’avait croisé le chemin de sa future femme, Patricia Mell, fille de Dick Mell, un conseiller municipal très influent, considéré comme un rouage essentiel de la machine. Le Figaro
C’est un système pourri, une toile d’araignée qui organise sa survie en nommant ses amis à des postes clés de l’administration en échange de leur soutien politique et financier.  Anthony Peraica
Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire «par miracle».«Il a été aidé par la machine qui l’a adoubé, il est cerné par cette machine qui produit de la corruption et le risque existe qu’elle monte de Chicago vers Washington», va-t-il même jusqu’à prédire. Le conseiller régional républicain cite notamment le nom d’Emil Jones, l’un des piliers du Parti démocrate de l’Illinois, qui a apporté son soutien à Obama lors de son élection au Sénat en 2004. Il évoque aussi les connexions du président élu avec Anthony Rezko, cet homme d’affaires véreux, proche de Blagojevich et condamné pour corruption, qui fut aussi le principal responsable de la levée de fonds privés pour le compte d’Obama pendant sa course au siège de sénateur et qui l’aida à acheter sa maison à Chicago. «La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko», s’indigne Peraica, qui cite toutefois un article du Los Angeles Times faisant état d’une affaire de financement d’un tournoi international de ping-pong qui aurait éclaboussé le président élu. Le Figaro
Mr. Obama’s lesson in lack of political accountability also seems to be trickling down (…) There’s a certain infantilization of the federal government here that should be especially alarming to taxpayers who have ever crossed paths with the IRS. (…) If the scandal is showing anything, it is that the White House has a bizarre notion of accountability in the federal government. President Obama’s former senior adviser, David Axelrod, told MSNBC recently that his guy was off the hook on the IRS scandal because "part of being President is there’s so much beneath you that you can’t know because the government is so vast." In other words, the bigger the federal government grows, the less the President is responsible for it. Mr. Axelrod’s remarkable admission, and the liberal media defenses of Mr. Obama’s lack of responsibility, prove the tea party’s point that an ever larger government has become all but impossible to govern. They also show once again that liberals are good at promising the blessings of government largesse but they leave its messes for others to clean up. (…) If the President isn’t accountable, then we really have the tea party nightmare of the runaway administrative state accountable to no one. If Mr. Obama and his aides are to be taken at their word, that is exactly what we have. The WSJ
As of September 11, the race was dead even. (…) Beneath Obama’s calm veneer that September there were lots of things the public did not know, and from the administration’s point of view apparently should not know until after the election. Just three months earlier, the Treasury Department’s inspector general had reported to top Treasury officials that the Internal Revenue Service had been inordinately targeting conservative groups that were seeking tax-exempt status. Such political corruption of the IRS was a Nixonian bombshell, with enormous implications for the election, especially given that during the campaign Obama’s economic adviser Austan Goolsbee had claimed that he had knowledge about the Koch brothers’ tax returns, and Senate Majority Leader Harry Reid was lauding himself as a “wrecking crew” as he swore he had the inside dope on Mitt Romney’s taxes. (…) In other words, in cynical fashion, the Obama team won on two counts: The IRS had intimidated conservative organizations for months and had very possibly helped to prevent them from repeating their successes of 2010, while keeping the illegal activity from the press and the public.
As of September 11, 2012, the American people also did not know that the attorney general’s office had four months earlier been conducting secret monitoring of two months’ worth of records of calls made from private and work phone lines of Associated Press reporters — this surveillance supposedly due to suspicions that administration sources were leaking classified information to these reporters. (…) Reporters were outraged when they eventually learned that some of their brethren had been subjected to stealthy government surveillance — but they learned this a year after the fact and only following the reelection of Barack Obama.
On September 11, 2012, of course, there was the violent attack on U.S. facilities in Benghazi, Libya, that left four Americans dead, and a host of unanswered questions in the heat of the campaign: What was such a large CIA operation doing in Benghazi? Why was our ambassador left so vulnerable both before and during the attack? Why had the much-praised “lead from behind” campaign to remove Qaddafi earned us a dead ambassador and a nation full of anti-American terrorists, some of them perhaps al-Qaeda–related? We know now from a flurry of e-mails, public talking points, and public statements from staffers that when the president himself, Secretary of State Hillary Clinton, U.N. Ambassador Susan Rice, and Press Secretary Jay Carney insisted that the attack grew out of a spontaneous demonstration over an Internet video, they knew in reality that the video had nothing to do with the attack. Yet coming clean before the American people apparently might have involved explaining why no one in Washington was willing to beef up security in answer to Ambassador Stevens’s requests. And during the attack, worry over a Mogadishu-like firefight two months before the election may have been why the administration ordered available units to stand down rather than sending in help by any means necessary. (…) Again, the cover-up worked perfectly in accordance with the September campaign narrative. The American people did not find out the truth of what happened in Benghazi — the “consulate” was never attacked by “spontaneous” demonstrators enraged by a video emanating from the United States — until eight months after the attack.
In the matters of the Associated Press surveillance, the IRS scandal, and Benghazi, the White House prevailed — keeping from the public embarrassing and possibly illegal behavior until the president was safely reelected. As in the mysteries surrounding David Petraeus’s post-election resignation, and the revelation about the “train wreck” of Obamacare, what the voters knew prior to November about what their government was up to proved far different than what they are just beginning to know now. And so Obama won the election, even as he is insidiously losing half the country. Because breaking the law and telling untruths eventually surface, we will come to learn that Obama was reelected into oblivion. Victor Davis Hanson

Obama-Hollande, même combat !

Mensonges ou non-dits électoralistes sur l’attentat de Benghazi (4 morts dont l’ambassadeur, gommant, en ce 10e anniversaire du 11/9, toute référence à Al Qaeda qui aurait pu effrayer l’électeur), profilage du fisc pour les seuls groupes d’opposition,  presse sur écoutes (saisie de deux mois de relevés téléphoniques d’une vingtaine de journalistes), atermoiements sur la Syrie, impuissance sur la fermeture de Guantanamo, défaites sur le budget et le contrôle des armes à feu …

Alors que les scandales se multiplient autour du 2e mandat d’un président américain qui nous refait lui aussi le coup de la complète ignorance

Et que chez nous le fisc confirme, contrairement aux dénégations présidentielles, qu’il était au courant pour Cahuzac depuis au moins 2001 …

Comment ne pas voir comme le confirme l’historien militaire Victor Davis Hanson …

L’étrange gémellité entre d’un côté le président français le plus impopulaire de l’histoire de la Ve république et de l’autre le singulièrement précoce canard boiteux et auteur chicagoan du double casse du siècle de 2008 et de 2012 ?

The President Won — Sort Of

The administration spent the last six months of the campaign in cover-up mode.

Victor Davis Hanson

National Review

May 21, 2013

On September 11, 2012, Barack Obama was 1 point ahead of Mitt Romney in the ABC and Washington Post polls. He was scheduled to meet Romney in three weeks for the first debate. The president was increasingly anxious. Unemployment was still at 7.8 percent, and the Solyndra and Fast and Furious scandals had only recently disappeared from the news — and they had done so only thanks to the use of executive privilege.

But the Tea Party seemed to have lost its 2010 momentum, despite its renewed warnings that Obamacare would be a disaster if not repealed in 2013. The president was running on the slogan that GM was alive and bin Laden was dead — the implications being that massive influxes of borrowed federal money had allowed GM’s work force to survive, and that with the death of bin Laden came the unraveling of the “core” of al-Qaeda. Libya, of course, was cited as an overseas success — a sort of implied un-Iraq.

The contours of the campaign, in other words, were well drawn. Obama claimed that he had brought peace overseas and restoration at home, while Romney claimed that we were less secure on President Obama’s watch and that the economy was ossified because of too much debt and government spending.

And the race was neck and neck. In a few days the secretly taped “47 percent” Romney video would emerge and tar Romney with the charge of social insensitivity. And in the second debate, in mid-October, the moderator, CNN’s Candy Crowley, in utterly unprofessional fashion, would interrupt Romney’s reference to Benghazi and cite a transcript in such a way as to falsely turn Obama’s generic reference to terrorism into an explicit presidential condemnation of the Benghazi attacks as a terrorist action, and swing the momentum of the debate back to a stumbling Barack Obama.

Again, as of September 11, the race was dead even.

Beneath Obama’s calm veneer that September there were lots of things the public did not know, and from the administration’s point of view apparently should not know until after the election. Just three months earlier, the Treasury Department’s inspector general had reported to top Treasury officials that the Internal Revenue Service had been inordinately targeting conservative groups that were seeking tax-exempt status. Such political corruption of the IRS was a Nixonian bombshell, with enormous implications for the election, especially given that during the campaign Obama’s economic adviser Austan Goolsbee had claimed that he had knowledge about the Koch brothers’ tax returns, and Senate Majority Leader Harry Reid was lauding himself as a “wrecking crew” as he swore he had the inside dope on Mitt Romney’s taxes.

The inspector general of the Treasury recently testified before Congress that he had told Deputy Treasury Secretary Neal Wolin of the IRS’s shenanigans in June 2012, five months before the election. Treasury Secretary Timothy Geithner, who had been grilled during confirmation hearings about his own improper tax deductions, must at some point have been told of the IRS mess, but somehow all these disturbing developments were kept under wraps for the duration of the campaign. Are we to believe that, each time Geithner met with the president between June and November, he did not mention the scandal brewing in his department because his own deputy had never told him?

In other words, in cynical fashion, the Obama team won on two counts: The IRS had intimidated conservative organizations for months and had very possibly helped to prevent them from repeating their successes of 2010, while keeping the illegal activity from the press and the public.

As of September 11, 2012, the American people also did not know that the attorney general’s office had four months earlier been conducting secret monitoring of two months’ worth of records of calls made from private and work phone lines of Associated Press reporters — this surveillance supposedly due to suspicions that administration sources were leaking classified information to these reporters.

But something was awry here too. First, the administration did not start by apprising AP that it wished to talk to their suspect reporters, as is normal protocol. Stranger still, the administration itself apparently had leaked classified information about the Stuxnet cyber-war virus, the drone protocols, and the Seal Team 6 raid that killed bin Laden (remember Defense Secretary Bob Gates’s “Shut the f*** up!”) — all in efforts to persuade the voting public that their president was far more engaged in the War on Terror than his critics had alleged.

These efforts to squelch any mention of the monitoring of journalists worked as well. Reporters were outraged when they eventually learned that some of their brethren had been subjected to stealthy government surveillance — but they learned this a year after the fact and only following the reelection of Barack Obama.

On September 11, 2012, of course, there was the violent attack on U.S. facilities in Benghazi, Libya, that left four Americans dead, and a host of unanswered questions in the heat of the campaign: What was such a large CIA operation doing in Benghazi? Why was our ambassador left so vulnerable both before and during the attack? Why had the much-praised “lead from behind” campaign to remove Qaddafi earned us a dead ambassador and a nation full of anti-American terrorists, some of them perhaps al-Qaeda–related?

We know now from a flurry of e-mails, public talking points, and public statements from staffers that when the president himself, Secretary of State Hillary Clinton, U.N. Ambassador Susan Rice, and Press Secretary Jay Carney insisted that the attack grew out of a spontaneous demonstration over an Internet video, they knew in reality that the video had nothing to do with the attack.

Yet coming clean before the American people apparently might have involved explaining why no one in Washington was willing to beef up security in answer to Ambassador Stevens’s requests. And during the attack, worry over a Mogadishu-like firefight two months before the election may have been why the administration ordered available units to stand down rather than sending in help by any means necessary. The truth was clear: Libya was not quiet, nor was al-Qaeda leaderless.

Instead, blaming the violence on a petty crook and supposed “Islamophobe” squared the circle: A right-wing bigot had caused the problem; he could be summarily jailed; and the president could both be absolved from blame for the unexpected violence and praised for his multicultural bona fides in condemning such a hateful voice on our soil. Again, the cover-up worked perfectly in accordance with the September campaign narrative. The American people did not find out the truth of what happened in Benghazi — the “consulate” was never attacked by “spontaneous” demonstrators enraged by a video emanating from the United States — until eight months after the attack.

In the matters of the Associated Press surveillance, the IRS scandal, and Benghazi, the White House prevailed — keeping from the public embarrassing and possibly illegal behavior until the president was safely reelected. As in the mysteries surrounding David Petraeus’s post-election resignation, and the revelation about the “train wreck” of Obamacare, what the voters knew prior to November about what their government was up to proved far different than what they are just beginning to know now. And so Obama won the election, even as he is insidiously losing half the country.

Because breaking the law and telling untruths eventually surface, we will come to learn that Obama was reelected into oblivion.

— NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution. His The Savior Generals is just out from Bloomsbury Books.

Voir aussi:

Obama fragilisé par une succession de scandales

L’opposition républicaine accuse le fisc d’avoir multiplié à dessein les enquêtes contre des groupes proches du Tea Party.

Laure Mandeville

Le Figaro

«Il y a du sang dans l’eau», écrit John Avlon dans le Daily Beast,pour décrire la position défensive et affaiblie dans laquelle se retrouve acculée une Administration Obama rattrapée, en quelques jours, par les scandales. Plus que par les critiques quasi obsessionnelles des élus républicains contre les mensonges ou les non-dits de la crise de Benghazi, le président réélu est aujourd’hui rattrapé par les sombres manœuvres du fisc américain visant à cibler des groupes conservateurs Tea Party, ainsi que par la surveillance des échanges téléphoniques de plusieurs journalistes de la prestigieuse agence de presse AP. Certains parlent déjà d’une débandade à la Nixon pendant le Watergate, d’autres préférant faire plus sobrement référence aux affres de «Clinton II» et à la «malédiction», classique, des deuxièmes mandats. «On est encore dans le registre des abus mineurs, en comparaison avec les autres présidents», tempère le politologue Larry Sabato.

Dans un rapport publié mardi, l’inspecteur général de l’administration fiscale, qui dépend du département du Trésor, n’en a pas moins reconnu que l’IRS (Internal Revenue Service) a failli à sa mission en ciblant «selon des critères inappropriés» des groupes conservateurs qui réclamaient des exemptions fiscales. L’épicentre du scandale semble concerner une cellule du fisc de Cincinnati, où des groupes Tea Party et des mouvements «patriotes» de droite se sont vus soumis à des enquêtes approfondies sur l’origine de leurs fonds et le nom de leurs donateurs entre 2010 et 2012. L’inspecteur a affirmé que ces actions discriminantes constituent une infraction au principe de neutralité de l’État mais que rien ne permet de prouver qu’elles aient été commanditées de l’extérieur. «Ces conclusions sont intolérables et inexcusables. L’IRS doit appliquer la loi de manière juste et impartiale et ses employés doivent agir avec la plus grande intégrité», a condamné le président embarrassé, ordonnant au secrétaire au Trésor Jack Lew de sanctionner les coupables. Le FBI a par ailleurs ouvert une enquête.

« On est encore dans le registre des abus mineurs, en comparaison avec les autres présidents »

Le politologue Larry Sabato.

La question centrale est de déterminer si les actes des inspecteurs du fisc ont été le fait d’individus isolés ou si d’autres administrations, dont la Maison-Blanche, ont été associées. Une telle découverte changerait évidemment l’équation politique du scandale. La directrice des services d’exonération fiscale, Lois Lerner, parle d’un acte isolé dans lequel la présidence n’a eu aucun rôle. Elle affirme avoir eu vent de ces pratiques en 2011 et avoir ordonné un changement des critères de sélection. Mais les employés du fisc les auraient modifiés à nouveau sans en informer leur hiérarchie…

Peu convaincus, les élus républicains du Congrès s’apprêtent ce vendredi à lancer des auditions sur le sujet. À en croire certains groupes conservateurs ciblés par l’IRS, des agents du fisc leur auraient expliqué que leurs dossiers étaient examinés… à Washington. Plusieurs cellules Tea Party, de la Californie à la Virginie, affirment avoir été les cibles de contrôles du même type.

Pour les groupes conservateurs, qui vivent dans une méfiance instinctive du centre fédéral et accusent Barack Obama de vouloir instaurer un État centralisé dictatorial espionnant les citoyens et les privant de leurs libertés fondamentales – peur alimentée par son projet de contrôle des armes -, l’affaire de l’IRS est une aubaine, un formidable slogan de campagne potentiel pour les élections de mi-mandat de 2014.

Le porte-parole de la Maison-Blanche a beau affirmer que la présidence ne se sent «nullement» assiégée par ces dossiers d’abus de pouvoir, le bateau Obama semble avoir du mal à colmater les brèches, forçant «son capitaine» à la défensive. Pour le président, qui vient de subir deux défaites cuisantes sur le budget et le contrôle des armes à feu, cette tempête tombe mal, même si elle ne débouche pas sur une mise en cause de son intégrité. Son bilan législatif de deuxième mandat s’annonce squelettique, à l’exception de la loi sur l’immigration. Épuisé par ses efforts infructueux d’ouverture, il peine à définir le cadre de sa «conversation» avec le pays, handicap majeur dans une démocratie définie par un cycle d’actualité continue impitoyable, note l’ancien porte-parole de Bill Clinton, Mike McCurry. Même le consensus naissant sur l’immigration se retrouve occulté par les combines de l’IRS et les écoutes d’AP. Si on ajoute à ces couacs répétés, les atermoiements sur la Syrie et l’impuissance sur le dossier de la fermeture de Guantanamo, on voit se dessiner le portrait d’une Administration hésitante et paralysée par les couacs et les polémiques mesquines. «Mon intention est de gouverner», a pourtant lancé Obama clairement exaspéré, appelant ceux qui préfèrent «penser à leur élection qu’à la prochaine génération» à en assumer les risques.

La presse se déchaîne après la surveillance téléphonique de plusieurs journalistes

Déjà très remontée contre l’opacité de son Administration, la presse est furieuse contre Barack Obama. Avec la décision du ministère de la Justice de se faire communiquer les factures détaillées de journalistes de la vénérable agence Associated Press, elle se sent trahie et a déterré la hache de guerre. Il suffit de lire l’éditorial du New York Times ce mercredi pour comprendre. D’ordinaire plutôt amène vis-à-vis d’Obama, la rédaction épingle «le zèle glaçant de l’Administration à enquêter sur les fuites et à poursuivre leurs auteurs en justice». Pour l’heure, tout en affirmant ne pas avoir été impliquée dans les écoutes, la Maison-Blanche justifie de telles pratiques au nom de la sécurité nationale.

Voir aussi:

Les trois affaires qui embarrassent Obama

Groupes d’opposition ciblés par le fisc, journalistes espionnés, cafouillage de la communication sur l’attentat de Benghazi: l’Administration américaine est empêtrée dans une série de scandales.

Anne-Laure Frémont

Le Figaro

15/05/2013

L’année 2013 ne porte pas chance à Barack Obama. Déjà affaibli par son incapacité à faire passer une loi sur le contrôle des armes à feu, le président américain fait face, ces derniers jours, à une succession d’affaires dont les républicains se servent pour fustiger les «abus de pouvoirs» de l’Administration.

1- L’excès de zèle du fisc américain

La justice américaine a annoncé ce mardi l’ouverture d’une enquête après le mea culpa embarrassant du fisc. Vendredi, l’IRS (Internal Revenue Service) a en effet reconnu avoir ciblé quelque 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party, en lançant des examens plus approfondis de leur demande de statut spécial (qui conferre aux groupes dits «501(c)4» le régime fiscal de non-imposition, au même titre que les ONG ou les Églises). Les groupes dont le nom comportait le mot «patriote» étaient par exemple, particulièrement visés.

Depuis l’an dernier, des dizaines d’entre eux se plaignaient des questions très intrusives du fisc. En ciblant les groupes d’opposition, ce dernier a enfreint la loi et choque démocrates comme républicains. «Nous allons attendre de connaître tous les faits et les détails. Mais je n’ai aucune patience pour cela, je ne le tolérerai pas et nous ferons en sorte de comprendre exactement ce qu’il s’est passé», a promis Barack Obama lundi, évoquant un acte «scandaleux» lors d’une conférence de presse sur un tout autre sujet, à laquelle le premier ministre britannique David Cameron assistait. Son porte-parole, Jay Carney, a tenu à préciser mardi que le président n’avait rien à voir avec cette affaire. Même si l’IRS est un organisme indépendant, tout mauvais agissement de sa part rejaillit forcément sur la Maison-Blanche, estime toutefois Ron Bonjean, ancien assistant républicain au Congrès.

2 – Les journalistes de l’agence de presse AP espionnés

En voulant à tout prix contenir les fuites d’informations confidentielles, Washington est peut-être allé trop loin. L’agence de presse américaine Associated Press (AP) a dénoncé lundi une «intrusion massive et sans précédent» du département de la Justice, qui se serait secrètement saisi de deux mois de relevés téléphoniques d’une vingtaine de journalistes de l’agence. Selon AP, la justice aurait pris cette décision après la publication d’une dépêche dans laquelle, en mai 2012, l’agence révélait une opération de la CIA au Yémen ayant permis de déjouer un projet d’attentat d’al-Qaida visant à faire exploser une bombe à bord d’un avion à destination des États-Unis. La saisie aurait eu pour but de traquer l’identité des informateurs de l‘agence.

Le ministre de la Justice, Eric Holder, a tenté de se justifier mardi, indiquant que les fuites d’informations en question étaient «parmi les plus, si ce n’est les plus graves» qu’il ait jamais vues «depuis 1976», date à laquelle il a démarré sa carrière à la justice. «Ce n’est pas une exagération, cela mettait les Américains en danger et tenter de déterminer qui en était responsable, je pense, exige une action très offensive», a ajouté le ministre, qui a refusé de dire si d’autres médias étaient concernés. Mardi, Jay Carney a assuré qu’Obama soutenait le premier amendement – qui garantit la liberté d’expression – mais qu’un «équilibre» était nécessaire entre les libertés publiques et l’impératif d’enquêter sur des pratiques criminelles. Le sénateur démocrate Harry Reid a pour sa part jugé cette procédure «inexcusable». «J’ai du mal à défendre ce qu’a fait le ministère de la Justice (…), il n’y a aucun moyen de le justifier», a-t-il déclaré.

3 – L’interminable dossier Benghazi

L’Administration Obama est empêtrée dans l’affaire de l’attentat de Benghazi, en Libye. Un attentat au cours duquel l’ambassadeur, Christopher Stevens, et trois Américains ont été tués, le 11 septembre dernier. Les élus républicains, qui mettent notamment en cause l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton, reprochent à l’Administration d’avoir voulu taire le caractère «terroriste» de cette attaque pour ne pas plomber la campagne présidentielle d’Obama avant le vote de novembre 2012.

Rapports et auditions à l’appui, les républicains dénoncent les failles du dispositif de sécurité, tandis que des courriels révélés vendredi par la chaîne ABC semblent aussi indiquer que l’Administration est intervenue pour supprimer une référence à al-Qaida dans un document sur lequel devait s’appuyer Susan Rice, ambassadrice à l’ONU, pour rendre compte à la télévision des débuts de l’enquête. Dans l’un de ces messages, Victoria Nuland, alors porte-parole du département d’État, s’oppose à ce qu’on fasse état d’informations préalables de la CIA sur une menace islamiste dans l’est de la Libye «car cela pourrait être utilisé par des membres du Congrès pour attaquer le département d’État en l’accusant d’avoir ignoré les mises en garde».

Depuis des mois, l’équipe Obama tente de se justifier. «Le lendemain de cette attaque, j’avais reconnu qu’il s’agissait d’un acte terroriste», a encore déclaré le président américain lundi. «Le fait qu’on continue à en parler, franchement, a beaucoup à voir avec des motivations politiques.»

(Avec agences)

Voir également:

L’élan de Barack Obama brisé par les scandales

Laure Mandeville

Le Figaro

Quatre ans après une élection historique et six mois après une réélection sans réserve, le président américain donne l’impression d’être un observateur frustré et fatigué, plutôt qu’un président en charge.

De notre correspondante à Washington

À regarder Barack Obama donner une laborieuse conférence de presse en compagnie de son hôte turc Erdogan, ce jeudi dans le jardin aux Roses, sous un parapluie tenu au-dessus de sa tête par un marine à l’immobilité impeccable, on avait l’impression pénible d’une métaphore de l’état de sa présidence. Celle d’une Maison-Blanche qui prend l’eau. Quatre ans après une élection historique et six mois après une réélection sans réserve, il n’y a déjà plus d’élan à Washington. Juste un président fatigué aux cheveux blanchis par les soucis, qui tente tant bien que mal de reprendre l’initiative après une semaine émaillée de scandales.

Certes, Obama a promis de remettre de l’ordre avec vigueur dans les affaires du fisc américain, qui a clairement commis des abus de pouvoir. Pris à partie sur sa gestion politique de la crise de Benghazi, le chef de l’État a là encore choisi de faire publier tous les e-mails internes relatifs à l’affaire et appeler le Congrès à voter le renforcement des dispositifs de sécurité des ambassades. Au nom de «la sécurité nationale», Obama a également défendu l’action du ministère de la Justice, qui avait procédé à une surveillance de journalistes de l’agence Associated Press.

La pression des lobbys

Dans les trois cas, sa position est plutôt sensée et rationnelle, en tout cas défendable. Contrairement à Richard Nixon pendant le Watergate, ou à Clinton pendant l’affaire Lewinsky, Obama n’est pas personnellement éclaboussé par ces trois affaires, contrairement à ce que veut faire croire une armée de blogs conservateurs attirés par l’«odeur du sang». Mais ce qui manquait ce jeudi dans le jardin aux Roses, c’était l’étincelle. La force de conviction. Cette communion avec un homme qui avait fait croire à l’Amérique qu’il pourrait réformer Wall Street, fermer Guantanamo, réparer Washington, unifier la nation et réconcilier le monde d’un coup de baguette magique. Bref, marcher sur l’eau.

Si le président paraît désemparé, c’est qu’il réalise qu’il n’y a pas de grâce en politique, pas de place pour la grande transformation structurelle qu’il avait rêvée. Les trois ans et demi à venir s’annoncent comme un cheminement laborieux et cruel dans la boue des attaques, la pression des lobbys et l’affrontement permanent avec un Congrès divisé et paralysant, pour un résultat incertain. Patauger dans les batailles politiciennes, ce n’est pas vraiment la spécialité d’Obama, qui se pense comme un visionnaire et se passionne pour les dossiers techniques. Ses tentatives répétées d’ouverture vers les républicains, lors de dîners privés destinés à susciter des compromis sur le budget ou le contrôle des armes, ont échoué. Seule une victoire, très improbable, aux élections de mi-mandat, pourrait encore sauver ses plans. Du coup, Obama donne l’impression d’être un observateur frustré plutôt qu’un président en charge.

Crucifixion quotidienne

Le pays, qui a la mémoire courte, a oublié que cette «crucifixion» quotidienne a été le lot de tous ses prédécesseurs. Clinton a été honni et traîné dans la boue avant de devenir le sage dont chacun à droite comme à gauche loue «l’intelligence politique». Raillé, mis à l’index par les libéraux et déstabilisé par le scandale des contras, Reagan a dû mourir pour devenir une statue du commandeur tutélaire. Même chose pour Harry Truman, à la présidence semée de scandales. Au fond, Barack Obama vit un destin présidentiel normal. Il est juste parti de très haut, donnant du coup l’impression d’une chute irrémédiable. Ses hésitations à agir en Syrie – même si elles révèlent une prudence louable et peut-être salutaire – accroissent le sentiment d’un capitaine à la main défaillante.

Est-ce définitif? Sans doute pas. Dans le monde versatile du XXIe siècle, un drame en chasse un autre et c’est la chance d’Obama. S’il parvient à arracher une loi sur l’immigration par exemple, la planète médiatique se remettra à le louer, avec la même force qu’elle l’enterre. S’il réussit à démontrer les excès grotesques des critiques républicaines, qui l’accusent de vouloir transformer l’État en «Big Brother» dangereux, il pourrait rassurer un pays de plus en plus fatigué de la propagande et de la paralysie. Bref, le verre de la présidence Obama est toujours à moitié plein, même s’il se vide.

Reste toutefois une ombre de taille au tableau. Celle que la faiblesse politique d’Obama projette sur le pouvoir américain et ses limites. En regardant le président sous son parapluie appeler à s’en remettre à «la communauté internationale» pour régler le problème syrien, on ne peut s’empêcher d’y lire aussi une métaphore de la nouvelle impuissance américaine. Certains, à l’étranger, s’empresseront de l’exploiter.

Voir encore:

The Unaccountable Executive

If the President doesn’t run the government, then who does?

The Wall Street Journal

May 22, 2013

Every day brings new revelations about who knew what about the IRS targeting conservative groups during President Obama’s re-election campaign, but the overall impression is of a vast federal bureaucracy run amok. While the White House continues to peddle the story of a driverless train wreck, taxpayers are being treated to a demonstration of the dangers of an unwieldy and unaccountable administrative state. Look, Ma, no hands!

In his press events, Mr. Obama has said that while he learned about the Cincinnati rogues on the news, he plans to "hold accountable those who have taken these outrageous actions." But the White House began its response by pushing the line that the IRS is an "independent agency," and Mr. Obama has since given the impression that he sits atop a federal government which he does not, and could not possibly, control.

White House senior adviser Dan Pfieffer encouraged that fable on this Sunday’s news shows, implying that the Treasury’s internal process for handling the unfair treatment of political targets trumped the President’s right to know. When CNN political correspondent Candy Crowley asked Mr. Pfieffer why the White House and top Treasury officials weren’t notified, he explained that Treasury’s investigation was ongoing and "Here’s the cardinal rule: You do not interfere in an independent investigation."

Now there’s a false choice. The Treasury Inspector General’s report, for starters, was an audit, not an inviolable independent investigation. He lacked subpoena power and could bring no criminal charges. Having the President know of the IRS’s mistakes so that he could act to correct the problem was not a bridge too far or even clouding the purity of the process. Those things could have been done simultaneously without compromising Treasury’s investigation.

At Darrell Issa’s House oversight hearing on Wednesday, Treasury Inspector General for Tax Administration J. Russell George was criticized for not notifying Congress of the IRS wrongdoing when he became aware of it in July 2012. Emails between the IG’s office and committee staff show the IG’s office repeatedly evaded Congressional inquiries on the progress of the investigation.

All IGs appear before Congress, but they are really answerable to the President who is responsible for what goes on in the IRS and what the agency actually does. If the IRS is not operating in a way that treats taxpayers evenhandedly and in accordance with its guidelines and mission, it is up to him to change the personnel and make any other corrections so that the taxing power of the federal government is legal and fair. If that isn’t the case, voters deserve to know exactly who is accountable for the decisions of the agency that takes a healthy fraction of their income every year.

Mr. Obama’s lesson in lack of political accountability also seems to be trickling down: Lois Lerner was in charge of the IRS division that discriminated against conservative groups. But rather than take responsibility, Ms. Lerner on Wednesday invoked her Fifth Amendment right not to testify at the House hearing, though not before she read a statement saying that she had "not done anything wrong."

Asked by Texas Senator John Cornyn at a Finance Committee hearing on Tuesday whether he owed conservative groups an apology, former IRS Commissioner Douglas Shulman said that he was "certainly not personally responsible for creating a list that had inappropriate criteria on it" though he was sorry that it had happened on his watch.

There’s a certain infantilization of the federal government here that should be especially alarming to taxpayers who have ever crossed paths with the IRS. The agency has the power to make citizens lives miserable, ruin their businesses and garnish their wages. Anyone facing an audit is unlikely to get away with the evasions now in display in the federal bureaucracy.

If the scandal is showing anything, it is that the White House has a bizarre notion of accountability in the federal government. President Obama’s former senior adviser, David Axelrod, told MSNBC recently that his guy was off the hook on the IRS scandal because "part of being President is there’s so much beneath you that you can’t know because the government is so vast."

In other words, the bigger the federal government grows, the less the President is responsible for it. Mr. Axelrod’s remarkable admission, and the liberal media defenses of Mr. Obama’s lack of responsibility, prove the tea party’s point that an ever larger government has become all but impossible to govern. They also show once again that liberals are good at promising the blessings of government largesse but they leave its messes for others to clean up.

***

Alexander Hamilton and America’s Founders designed the unitary executive for the purpose of political accountability. It is one of the Constitution’s main virtues. Unlike grunts in Cincinnati, Presidents must face the voters. That accountability was designed to extend not only to the President’s inner circle but over the entire branch of government whose leaders he chooses and whose policies bear his signature.

If the President isn’t accountable, then we really have the tea party nightmare of the runaway administrative state accountable to no one. If Mr. Obama and his aides are to be taken at their word, that is exactly what we have.

Voir de même:

Obama’s ‘Idiot’ Defense

Scandal forces the president to drop the pose of omnicompetent know-it-all.

Jonah Goldberg

National review

May 22, 2013

Although there’s still a great deal to be learned about the scandals and controversies swirling around the White House like so many ominous dorsal fins in the surf, the nature of President Obama’s bind is becoming clear. The best defenses of his administration require undermining the rationale for his presidency.

“We’re portrayed by Republicans as either being lying or idiots. It’s actually closer to us being idiots.” So far, this is the administration’s best defense.

It was offered to CBS News’ Sharyl Attkisson by an anonymous aide involved in the White House’s disastrous response to the attacks in Benghazi, Libya.

Well-intentioned human error rarely gets the credit it deserves. People want to connect the dots, but that’s only possible when you assume that all events were deliberately orchestrated by human will. This is the delusion at the heart of all conspiracy theorists, from Kennedy assassination crackpots to 9/11 “truthers.”

Behind all such delusions is the assumption that government officials we don’t like are omnicompetent and entirely malevolent. The truth is closer to the opposite. They mean well but can’t do very much very well.

This brings us to the flip side of the conspiracy theory — call it the redeemer fantasy: If only we had the right kind of government with the right kind of leaders, there’d be nothing we couldn’t do.

It’s been a while since we had a self-styled redeemer president. John F. Kennedy surely dabbled in the myth that experts could solve all of our problems, though much of JFK’s messianic status was imposed on him posthumously by the media and intellectuals. You really have to go back to Franklin D. Roosevelt or Woodrow Wilson to find a president who pushed the salvific powers of politics as much as Barack Obama.

His presidency has been grounded in the fantasy that there’s “nothing we can’t do” through government action if we just put all our faith in it — and, by extension, in him. We are the ones we’ve been waiting for, he tells us, and if we just give over to a post-political spirit, where we put aside our differences, the way America (allegedly) did during other “Sputnik moments” (one of his favorite phrases), we can give “jobs to the jobless,” heal the planet, even “create a kingdom [of heaven] right here on Earth.”

For Obama, the only things separating America from redemption are politics, specifically obstruction from unhinged Republicans and others clinging to outdated and vaguely illegitimate motives. Opposition to gun control is irrational because the “government is us.” Reject warnings “that tyranny is always lurking,” he told the graduating class at Ohio State, because a self-governing people cannot tyrannize themselves.

But, suddenly, when the administration finds itself ensnared by errors of its own making, the curtain is drawn back on the cult of expertise and the fantasy of statist redemption. Early on in the IRS scandal, before the agency’s initial lies were exposed, David Axelrod defended the administration on the grounds that the “government is so vast” the president “can’t know” what’s going on “underneath” him. Of course, it was Obama who once said, “I know more about policies on any particular issue than my policy directors.”

That is, when things are going relatively well. When scandal hits the fan, he goes from the “government is us” to talking of his own agencies the way a czar might dismiss an injustice in some Siberian backwater. The hubris of omnicompetence gives way to “lighten up, we’re idiots.”

Many of his defenders now rush to insist that it’s unfair to hold him to too high a standard. He’s just a man, just a politician. Well, duh.

Meanwhile, Obama insists that he is outraged. And, if sincere, that’s nice. But so what? What the president seems to have never fully understood is that the Founders were smarter than he is or that the American people aren’t as dumb as he thinks we are. His outrage is beside the point.

A free people will have legitimate differences on questions of policy. A government as vast as ours is — never mind as vast Obama wants it to be — is destined to abuse its power, particularly in a climate where a savior-president is incessantly delegitimizing dissent (and journalistic scrutiny). Government officials will behave like idiots sometimes, not because they are individually dumb but because a government that takes on too much will make an idiot out of anyone who thinks there’s no limit to what it can do. That alone is good reason to fear tyranny. Indeed, it would be idiotic not to.

— Jonah Goldberg is the author of The Tyranny of Clichés, now on sale in paperback.

Voir aussi:

Big Government’s Abuses of Power

Monitoring AP but not detaining Tamerlan Tsarnaev — there is a common theme.

Victor Davis Hanson

National review

May 22, 2013

Government is now so huge, powerful, and callous that citizens risk becoming virtual serfs, lacking the freedoms guaranteed by the Founders.

Is that perennial fear an exaggeration? Survey the current news.

We have just learned that the Internal Revenue Service before the 2012 election predicated its tax-exemption policies on politics. It inordinately denied tax exemption to groups considered conservative or otherwise antagonistic to the president’s agenda.

If the supposedly nonpartisan IRS is perceived as skewing our taxes on the basis of our politics, then the entire system of trust in self-reporting is rendered null and void. Worse still, the bureaucratic overseer at the center of the controversy, Sarah Hall Ingram, now runs the IRS division charged with enforcing compliance with the new Obamacare requirements.

It was also before the 2012 election that some reporters at the Associated Press had their private and work phone records monitored by the government, supposedly because of fear about national-security leaks. The Justice Department gave the AP no chance, as it usually would, first to question its own journalists. The AP had run a story in May 2012 about the success of a double agent working in Yemen before the administration itself could brag about it.

In fact, the Obama White House has been accused of leaking classified information favorable to the administration — top-secret details concerning the Stuxnet computer virus used against Iran, the specifics of the raid on Osama bin Laden’s compound, and the decision-making behind the drone program — often to favored journalists. The message is clear: A reporter may have his most intimate work and private correspondence turned over to the government — Fox News’s James Rosen had his e-mail account tapped into — on the mere allegation that he might have tried to do what his own government had in fact already done.

Now the civil-rights divisions of the Department of Education and the Department of Justice have issued new speech codes for campuses, focusing on supposed gender insensitivities. The result is that federal bureaucrats can restrict the constitutionally protected rights of free speech for millions of American college students — including during routine classroom discussions.

Eight months after the Benghazi mess, Americans only now are discovering that the Obama administration, for political reasons, failed to beef up security at our Libyan consulate or send it help when under attack. It also lied in blaming the violence on a spontaneous demonstration prompted by an Internet video. That pre-election narrative was known to be untrue when the president, Secretary of State Hillary Clinton, U.N. Ambassador Susan Rice, and White House Press Secretary Jay Carney all peddled it.

The problem with a powerful rogue government is not just that it becomes quite adept at doing what it should not. Increasingly, it also cannot even do what it should.

Philadelphia abortionist Dr. Kermit Gosnell may well turn out to be the most lethal serial killer in U.S. history. His recent murder conviction gave only a glimpse of his carnage at the end of a career that spanned more than three decades. Yet Gosnell operated with impunity right under the noses of Pennsylvania health and legal authorities for years, without routine government health-code and licensing oversight.

In the case of Boston terrorist bomber Tamerlan Tsarnaev, his loud jihadist activity had earned him a visit from the FBI and the attention of both the CIA and the Department of Homeland Security. But all that government monitoring was for naught. Tsarnaev was not detained, but allowed to visit Dagestan and Chechnya — both located in the supposedly dangerous region that prompted his family’s flight to the U.S. in the first place.

In all of these abuses and laxities there is one common theme. Bureaucrats, political appointees, regulators, intelligence officials, and law-enforcement personnel wanted to fall in line with the perceived politically correct agenda of the day. Right now, that party line seems to include protecting the progressive interests of the Obama administration, going after its critics, turning a blind eye toward illegal abortions, ignoring warnings about radical Islam, and restricting the right to free speech in order to curtail language declared potentially hurtful.

Conspiracists, left and right, are sometimes understandably derided as paranoids for alleging that Big Government steadily absorbs the private sector, violates private communications, targets tax filers it doesn’t like, and lies to the people about what it is up to. The only missing theme of such classic paranoia is the perennial worry over the right to bear arms.

I went to several sporting-goods stores recently to buy commonplace rifle shells. For the first time in my life, there were none to be found. Can widespread shortages of ammunition be attributed to panic buying or to production shortfalls caused by inexplicably massive purchases by the Department of Homeland Security at a time of acrimonious debate over the Second Amendment?

Who knows, but yesterday’s wacky conspiracist may become today’s Nostradamus.

— Victor Davis Hanson is a classicist and historian at the Hoover Institution, Stanford University. His new book, The Savior Generals, is just out from Bloomsbury Press.

Voir enfin:

Is Obama Already a Lame Duck?

Not quite, but he sure is quacking like one.

Peggy Noonan

WSJ

May 3, 2013

I think we’re all agreed the president is fading—failing to lead, to break through, to show he’s not at the mercy of events but, to some degree at least, in command of them. He couldn’t get a win on gun control with 90% public support. When he speaks on immigration reform you get the sense he’s setting it back. He’s floundering on Syria. The looming crisis on implementation of ObamaCare has begun to fill the news. Even his allies are using the term "train wreck." ObamaCare is not only the most slovenly written major law in modern American history, it is full of sneaked-in surprises people are just discovering. The Democrats of Washington took advantage of the country’s now-habitual distractedness: The country, now seeing what’s coming in terms of taxes and fees, will not be amused. Mr. Obama’s brilliant sequester strategy—scare the American public into supporting me—flopped. Congress is about to hold hearings on Boston and how the brothers Tsarnaev slipped through our huge law-enforcement and immigration systems. Benghazi and what appear to be its coverups drags on and will not go away; press secretary Jay Carney was reduced to saying it happened "a long time ago." It happened in September. The economy is stuck in low-growth, employment in no-growth. The president has about a month to gather himself together on the budget, tax reform and an immigration deal before Congress goes into recess. What are the odds?

Republicans don’t oppose him any less after his re-election, and Democrats don’t seem to support him any more. This week he was reduced to giving a news conference in which he said he’s got juice, reports of his death are greatly exaggerated. It was bad. And he must be frustrated because he thinks he’s trying. He gives speeches, he gives interviews, he says words, but he doesn’t really rally people, doesn’t create a wave that breaks over the top of the Capitol Dome and drowns the opposition, or even dampens it for a moment.

Mr. Obama’s problem isn’t really the Republicans. It’s that he’s supposed to be popular. He’s supposed to have some sway, some pull and force. He was just re-elected. He’s supposed to have troops. "My bill is launched, unleash the hounds of war." But nobody seems to be marching behind him. Why can’t he rally people and get them to press their congressmen and senators? I’m not talking about polls, where he hovers in the middle of the graph, but the ability to wield power.

The president seems incapable of changing anything, even in a crisis. He’s been scored as passive and petulant, but it’s the kind of passivity people fall into when nothing works. "People do what they know how to do," a hardened old pol once said, meaning politicians use whatever talent they have, and when it no longer works they continue using it.

There’s no happy warrior in there, no joy of the battle, just acceptance of what he wearily sees as the landscape. He’d seem hapless if he weren’t so verbally able.

So, the president is stuck. But it’s too early to write him off as a lame duck because history has a way of intervening. A domestic or international crisis that is well-handled, or a Supreme Court appointment, can make a president relevant. There are 44 months left to Mr. Obama’s presidency. He’s not a lame duck, he’s just lame.

***

Which has me thinking of two things that have weakened the Obama presidency and haven’t been noted. One was recent and merely unhelpful. The other goes back, and encouraged a mindset that became an excuse, perhaps a fatal one.

The recent one: In the days after the 2012 election the Democrats bragged about their technological genius and how it turned the election. They told the world about what they’d done—the data mining, the social networking, that allowed them to zero in on Mrs. Humperdink in Ward 5 and get her to the polls. It was quite impressive and changed national politics forever. But I suspect their bragging hurt their president. In 2008 Mr. Obama won by 9.5 million votes. Four years later, with all the whizbang and money, he won by less than five million. When people talk about 2012 they don’t say the president won because the American people endorsed his wonderful leadership, they say he won because his team outcomputerized the laggard Republicans.

This has left him and his people looking more like cold technocrats who know how to campaign than leaders who know how to govern. And it has diminished claims of a popular mandate. The president’s position would be stronger now if more people believed he had one.

What damaged the Obama presidency more, looking back, was, ironically, the trash-talking some Republican leaders indulged in after the 2008 campaign. It entered their heads at the Obama White House and gave them a warped sense of the battlefield.

In a conference call with conservative activists in July 2009, then-Sen. Jim DeMint said of the president’s health-care bill, "If we’re able to stop Obama on this it will be his Waterloo. It will break him." Not long after, Minority Leader Mitch McConnell was quoted as saying that the GOP’s primary goal was to make Mr. Obama a one-term president.

The press hyped this as if it were something new, a unique and epic level of partisan animus. Members of the administration also thought it was something new. It made them assume no deals with Republicans were possible, and it gave them a handy excuse they still use: "It’s not us, they vowed from the beginning they wouldn’t work with us!"

Peggy Noonan’s Blog

Daily declarations from the Wall Street Journal columnist.

But none of it was new. The other side always vows to crush you. Anyone who’d been around for a while knew the Republicans were trying to sound tough, using hyperbole to buck up the troops. It’s how they talk when they’re on the ropes. But the president and his staffers hadn’t been around for a while. They were young. They didn’t understand what they were hearing was par for the course.

Bill Clinton’s foes made fierce vows about him, the enemies of both Bushes did the same. The opposing party always gets on the phone or gathers in what used to be Georgetown dens to denigrate the new guy and vow to fight him to the end. That’s how blowhards blow. When Reagan came in they vowed to take him down, and it was personal. Speaker Tip O’Neill called him "ignorant" and a "disgrace" and said it was "sinful" that he was president. He called Reagan "a man who has no care and no concern for the working class of America" and said: "He’s cold. He’s mean. He’s got ice water for blood." Chris Matthews, an O’Neill staffer, says he once greeted Reagan in the Capitol with the words: "Mr. President, welcome to the room where we plot against you."

They did. Reagan knew it.

Yet he had no problem dealing successfully with O’Neill. He didn’t moan, "Oh they hate me, it’s no use!"

Note to the next White House: There’s always gambling at Rick’s place. It’s never a shock and not an excuse. It’s business as usual. And if you’re a leader you can lead right past it.


Plagiat: L’université aussi ! (Who will watch the watchmen ?)

10 avril, 2013
A qui se fier ? Qui gardera les gardiens ? Philippe Bilger
Non, malheureusement pour moi. Mon éditeur ne me refuse rien. Il me faut deviner si le livre est mauvais ou non, parce qu’il ne me le dira pas. Frédéric Beigbeder
Il nous semble qu’il occulte en l’occurrence la dimension cosmique desdits phénomènes ; une dimension qui, selon le paradigme astrologique – et notre conviction – vient coiffer le social. En effet, le social est loin d’expliquer toutes les “crises… qui se produisent dans la société”. À preuve les actions totalement illogiques, non linéaires, non-logiques et inexplicables autrement que par le paramètre astral qui joue alors le rôle de paramètre éclairant et englobant coiffant le non-logique apparent. Dr. Elizabeth Tessier
C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. [...] L’autre erreur est de m’accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Stéphane Hessel
Démissionner sur une initiative personnelle (…) serait un acte d’orgueil alors je me dois d’agir aujourd’hui dans la plus grande humilité. Gilles Bernheim

Je n’ai rien à cacher aussi bien sur des choses anciennes que sur des choses à venir. Lorsqu’une faute a été commise, je le dis, et là-dessus c’est parfaitement acté. Et j’ajoute par ailleurs que lorsqu’un livre est imprimé, il y a parfois des étapes intermédiaires. Cela n’enlève rien à ma responsabilité. (…) Ce qui montre bien que ma démarche était soit suicidaire, soit parsemée d’un certain nombre d’erreur liées à la confiance mal donnée ou accordée à tel ou tel qui se servent de textes et qui ne donne ni la référence ni les guillemets. En toute situation j’assume et je suis pleinement responsable. (…) Mais ceci étant dans l’activité rabbinique qui est la mienne depuis prés de quatre ans et demi, je n’ai pas commis de fautes et l’histoire de l’agrégation, l’histoire des emprunts ou des plagiats. Ceux sont des faits importants, moralement graves. Mais je n’ai pas commis de fautes dans l’exercice de ma fonction dans l’attachement aux causes qui sont les miennes. Gilles Bernheim

Je me permettrais d’ajouter que lorsque je me suis présenté en 2008 à l’élection pour le Grand Rabbinat de France, l’information avait déjà circulé à l’époque. Je n’ai strictement rien dit et d’ailleurs vous observerez qu’au dos de tous mes écrits, jamais n’apparait l’expression : agrégé de philosophie. Que sur des notices, cela ait pu apparaître parce que les notices, elles, elles ne sont pas faites par l’auteur, par le sujet que je suis. Elles peuvent être faites par d’autres personnes qui s’appuient les uns sur certains réseaux d’informations, d’autres sur le net ou d’autres choses. Il y a des erreurs qui se véhiculent et qui finissent par devenir pour beaucoup des vérités. Pour ma part, je le regrette profondément. Gilles Bernheim
Cette affaire confirme que la pratique du plagiat est rarement ponctuelle – le fait malheureux d’un auteur qui a failli accidentellement -, mais bien une méthode d’écriture par procuration, parfaitement au point chez certains publiants – inutile de parler d’auteurs, et encore moins d’écrivains. Encore que ces types de livres soient quelquefois les plus lus, puisqu’ils sont plus des produits de promotion d’une personnalité ou d’une institution qu’un véritable travail intellectuel s’inscrivant dans une réflexion personnelle. Hélène Maurel-Indart
Même les trois pages de remerciements, très originaux, avaient été plagiées. Seul les noms des personnes remerciées avaient été changés! Jean-Noël Darde
Au mois de décembre, on a démasqué un cadre qui se prétendait diplômé de Polytechnique alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds. Quand je l’ai rappelé, il m’a dit que nous étions les premiers à nous en rendre compte en vingt ans de carrière. Emmanuel Chomarat (président du directoire de Verifdiploma)
Comme le nuage de TcherNobel, le phénomène des faux diplômes s’arrêterait juste du bon côté de la frontière ? Ouf, nous voilà rassurés ! Mais, en insistant un peu, la plupart des recruteurs lâchent une petite anecdote sur un candidat affabulateur, voire faussaire. Ainsi, Florian Mantione, directeur du cabinet du même nom, n’oubliera pas ce cadre qui prétendait avoir fait Sup de Co Toulouse en 1972 : "Malheureusement pour lui, c’était justement mon école, ma promotion, et je ne l’avais jamais vu." Pas de chance ! Pour l’instant, les menteurs sont plus nombreux que les faussaires. Mais, récemment, le patron de Verifdiploma a découvert que le diplôme de BTS d’un jeune candidat était un faux. Courrier cadres

Attention un "funeste secret de famille" peut en cacher un autre !

Plagiats de thèses massifs (jusqu’aux remerciments !), logiciels d’analyse automatique des textes dépassés par les traductions ou les reformulations, mode de financement des laboratoires de recherche  fondé sur le nombre de publications réalisées par les chercheurs,  universités et institutions de recherche en lutte de plus en plus féroce pour les financements et pour progresser dans les classements internationaux, absence d’instances internes aux établissements d’enseignement supérieur adaptées, chasseur de plagiats voyant ses cours et ses primes de recherche suspendues, plagiés qui ne prennent même pas la peine de déposer plainte  …

A l’heure où, affaire Cahuzac oblige et après le mensonge légal du mariage pour tous, nos dirigeants et députés rivalisent de candeur soudaine …

Et qu’après nombre de nos journalistes et gens de lettres et sans compter l’évident abus de faiblesse dont a été tout récemment victime notre grand Hessel national, c’est au tour d’un étrangement cryptomnésiaque et (déformation professionnelle?) casuistissime grand rabbin de France lui-même de se faire prendre (jusqu’au plagiat systématique, "trahi" selon la formule consacrée "par son assistant d’écriture",  et à l’usurpation de titre !) par le miroir aux alouettes médiatiques…

Pendant qu’en ces temps – internet oblige – d’industrialisation de la triche, les têtes tombent en Allemagne ou en Corée  …

Comment ne pas voir avec ce président d’université cité dans un article du Figaro évoquant déjà l’an dernier une institution et des chercheurs français paupérisés et sommés de « publier ou mourir » pour retrouver des financements et remonter des profondeurs des classements internationaux

Que le plagiat, pourtant devenu massif et sans parler des faux CV et diplômes (voire, au pays des madames Soleil docteurs en sociologie, des thèses fantaisistes), n’est pas près de "faire partie des objectifs de recherche" ?

Thèses, doctorats : le plagiat reste tabou à l’université

Quentin Blanc

Le Figaro

18/10/2012

La ministre allemande de l’Éducation vient d’être mise en cause dans une affaire de plagiat qui pourrait la pousser à démissionner. En France, la plupart des établissements préfèrent fermer les yeux dans de tels cas. Une situation jugée honteuse par certains universitaires.

Annette Schavan, ministre de l’Éducation allemande pourrait bien être obligée de démissionner dans les jours qui viennent. Elle aurait plagié de larges passages de sa thèse de doctorat. L’année dernière, déjà, le ministre de la défense et étoile montante du parti de Mme Merkel avait du quitter son poste suite à une révélation similaire.

En France, nos dirigeants passent avant tout par l’ENA ou les grandes écoles. Ils sont peu nombreux à avoir soutenu une thèse. Laissant le phénomène dans l’ombre des amphis. Pourtant «Le plagiat a pris de l’ampleur à l’université, s’offusque Michelle Bergadaà, spécialiste du sujet, mais il n’est pas pris au sérieux». Pour que ces fraudes ne restent pas impunies, des universitaires français ont décidé de dénoncer les cas, de sensibiliser leurs collègues, d’exposer sur des blogs les textes incriminés.

Des thèses plagiées à 99 %

Les «emprunts» sont souvent spectaculaires. «Les cas dont je parle et que je présente sur mon site sont des thèses qui sont entre 75 et 99 % plagiées» précise M. Jean-Noël Darde, maître de conférence à Paris 8 et auteur d’un blog consacré au sujet. Il cite «un cas où même les trois pages de remerciements, très originaux, avaient été plagiées. Seul les noms des personnes remerciées avaient été changés!»

Les moyens nouveaux de traquer ces abus se développent. Des logiciels comme Compilatio, par exemple, analysent automatiquement les textes à la recherche d’emprunts. Ils sont malheureusement faciles à tromper. Les traductions ou les reformulations lui échappent le plus souvent. Le cas de l’ex-ministre allemand de la Défense est un bon exemple. Des milliers d’internautes avaient du s’allier pour traquer tous les emprunts non sourcés dans sa thèse.

En France, les chasseurs de plagiaires sont encore peu nombreux. Il revient aux professeurs de se montrer vigilants. «Il n’y a rien de déshonorant à être abusé par un plagiaire. Ce qui l’est, c’est de ne pas réagir lorsque l’on s’en aperçoit» explique M. Darde. Et d’accuser: «Trop souvent, les autorités académiques ignorent les cas signalés». Elisabeth Sledziewski, philosophe à l’université de Rennes, parle même de «funestes secrets de famille».

«Les établissements se décrédibilisent aux yeux du public»

Le plus souvent, «il n’existe pas d’instances internes aux établissements d’enseignement supérieur adaptées à ces nouveaux enjeux» selon Mme Bergadaà. En conséquent, «les cas de plagiat doivent être traités par la justice civile. Ce qui implique qu’il y ait un dépôt de plainte réalisé par l’auteur plagié. C’est rarement le cas.» Elle estime que cette politique de l’autruche dessert les établissements d’enseignement supérieur: «Ils se décrédibilisent aux yeux du public et des étudiants car ils sèment le doute sur leur intégrité.» Dénoncer publiquement les cas avérés reste généralement la seule solution possible.

Mme Bergadaà, comme d’autres, pointe «le mode de financement des laboratoires de recherche qui est fondé sur le nombre de publications réalisées par les chercheurs. S’il faut publier beaucoup, et vite, eh bien, on hésitera moins à aller se servir discrètement dans les œuvres des autres.»

Or, aujourd’hui plus que jamais, nos universités se battent pour leurs financements et pour progresser dans les classements. Dans ce contexte, sont-elles vraiment prêtes à lutter contre ce problème? La question mérite d’être posée. Car en attendant, M. Darde a vu ses cours supprimés et sa prime de recherche suspendue par Paris 8. Bien qu’il se défende de tout laxisme, le président de l’établissement lui a adressé une lettre lui expliquant que le plagiat ne faisait pas partie des objectifs de recherche de l’université.

Voir aussi:

Un scandale "typisch deutsch"

Frédéric Lemaitre

07 février 2013

Annette Schavan et la chancelière Angela Merkel, le 13 décembre au Bundestag, à Berlin. Photo : Rainer Jensen/AP

Annette Schavan, ministre de l’éducation et de la recherche, est sans doute sur le départ. Lundi 4 février, l’université de Düsseldorf où elle a fait ses études de philosophie, lui a retiré son titre de docteur. Sa thèse, soutenue il y a plus de trente ans, contient trop de passages "empruntés à d’autres" sans qu’il y soit fait référence. Dans ce pays où le titre de docteur est un précieux sésame – que l’on ajoute à son état civil –, on ne plaisante pas avec le plagiat.

En 2011, le baron Karl-Theodor zu Guttenberg, alors ministre de la défense, que certains voyaient déjà chancelier, avait dû démissionner pour les mêmes raisons.

Pourtant, les deux cas ne sont pas tout à fait identiques. "K-T" comme l’appelaient les Allemands, avait carrément plagié 60% de sa thèse, rédigée à la va-vite quand il était déjà responsable politique dans le seul but d’être non seulement baron mais aussi docteur.

Le cas Schavan est plus compliqué. Cette célibataire de 57 ans, catholique pratiquante un brin austère, est une bosseuse reconnue et discrète. Le contraire du flamboyant "Baron de Googleberg", comme on a surnommé son ex-collègue. De plus, le plagiat est moins flagrant. D’ailleurs, le conseil de l’université n’a pas rendu son avis à l’unanimité. La communauté scientifique est divisée. Si l’opposition réclame la démission d’Annette Schavan, ce n’est pas l’hallali.

Reste qu’Annette Schavan est ministre de la recherche et qu’on la voit mal rester crédible à un tel poste.

Alors que la ministre est – opportunément – en voyage en Afrique du Sud et ne rentre que ce vendredi à Berlin, Angela Merkel, dont elle est une amie proche, lui a renouvelé sa "pleine confiance". Les deux femmes devraient se rencontrer dès vendredi soir. Et Angela Merkel tranchera. A quelques mois de l’élection, la plupart des commentateurs parient sur la démission de la ministre. Malgré tout, celle-ci se défend. "Non pas pour mon titre mais pour mon intégrité", dit-elle. Elle a d’ores et déjà intenté un recours devant le tribunal administratif. Mais outre qu’il n’est pas très glorieux pour un ministre de la recherche de demander à des juges de contredire des scientifiques, aucun magistrat n’aurait, depuis les années 1960, donné raison à un plaignant dans ce cas de figure.

Voir également:

Comme Annette Shavan, peut-on perdre son doctorat en France ?

Michel Alberganti

Globule et téléscope

6/02/2013

Un doyen de faculté qui s’avance vers les caméras pour annoncer que le doctorat de philosophie de la ministre de l’éducation et de la recherche, Annette Schavan, est invalidé 33 ans après lui avoir été décerné… La scène s’est déroulée en Allemagne, le 5 février 2013, à l’université de Düsseldorf. Quelque chose me dit qu’elle est difficilement imaginable en France. Mais pourquoi, au fond ?

1°/ Le titre de “Doktor” jouit d’une grande notoriété outre-Rhin

Alors qu’en France, seuls les docteurs en médecine peuvent espérer voir leur titre accolé à leur nom, en Allemagne, Herr Doktor jouit d’une aura considérable quelle que soit la discipline. Le paradoxe de l’université française conduit ainsi son diplôme le plus prestigieux a n’être jamais mis en avant par ceux qui l’ont obtenu après, au moins, une dizaine d’années de laborieuses études. Ainsi, alors que je reçois chaque année environ 200 scientifiques dans Science Publique, l’émission que j’anime sur France Culture, très rares sont ceux qui se présentent comme docteurs alors que bon nombre le sont. Pourquoi ? Il semble que la filière du doctorat reste refermée sur l’université. La vocation d’un docteur est de devenir professeur et/ou directeur de recherche. Même s’ils entrent au CNRS, les docteurs ne sortent guère des murs de ces institutions.

En Allemagne, après leur thèse, la plupart des Doktor font leur carrière dans l’industrie. Leur visibilité n’a alors pas de commune mesure. Surtout dans un pays où l’industrie est également fortement valorisée.

En France, conscient de ce problème qui leur barre souvent la route vers des emplois dans les entreprises alors que l’université est saturée, les docteurs se sont réunis dans une association nationale des docteurs, l’ANDès dont l’objectif affiché est de “promouvoir les docteurs”. Étonnant paradoxe… Le titre le plus élevé a donc besoin de “promotion”. C’est pourtant justifié. Le docteur reste loin d’avoir la même cote, dans l’industrie, d’un polytechnicien ou d’un centralien. Résultat, le faible nombre de docteurs dans les entreprises est l’une des principales causes du retard français en matière de pourcentage du PIB consacré à la recherche.

2°/ Pas besoin d’être docteur pour être ministre de la recherche en France

En Allemagne, donc, on ne badine pas avec le doctorat. Et même, ou surtout, un ministre de la recherche ne saurait avoir usurpé son titre. En France, ce cas de figure a d’autant moins de chances de se produire que… les ministres de la recherche sont rarement docteurs. A partir d’Hubert Curien, docteur es sciences, ministre de la recherche jusqu’en 1993, on ne trouve guère que 3 docteurs sur ses 19 successeurs: Claude Allègre, docteur es sciences physiques, ministre de 1997 à 2000, Luc Ferry, docteur en science politique, ministre de 2002 à 2004 et Claudie Haigneré, docteur ès sciences, option neurosciences, ministre déléguée de 2002 à 2004.

Force est de constater que ces trois ministres n’ont pas laissé un souvenir impérissable. Lorsque Luc Ferry et Claudie Haigneré étaient aux commandes, l’un des plus forts mouvements de révolte des chercheurs s’est produit avec “Sauvons la recherche“, en 2003. Il a fallu un autre couple, beaucoup plus politique, François Fillon et François d’Aubert, pour rétablir l’ordre et redonner un peu d’espoir dans les laboratoires.

3°/ Pas besoin d’une thèse de valeur pour être docteur en France

C’est peut-être ce qui fait le plus mal à l’image de l’université française. Et c’est peut-être lié à la sous-valorisation du doctorat. Même s’ils peuvent paraître anecdotiques, trois exemples publics ont suffi pour jeter un discrédit tenace sur l’institution qui délivre les doctorats. Il s’agit du diplôme décerné à Elizabeth Teissier, docteur en sociologie en 2001 avec sa thèse intitulé “Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence fascination-rejet dans les sociétés postmodernes”. Ex mannequin et comédienne, Elizabeth Teissier est surtout astrologue depuis 1968. Elle avait, certes, obtenu un DEA en Lettres modernes… en 1963.

Les autres exemples de doctorats ayant défrayé la chronique sont, bien entendu, ceux des frères Bogdanoff en mathématiques appliquées et en physique théorique. Ces cas sont-ils des exceptions ou la partie émergée de l’iceberg ? C’est toute la question.

Mais la France aurait sans doute besoin d’une “affaire Schavan”. Pas forcément, d’ailleurs, concernant le doctorat, rare, d’un ministre de la recherche. Mais juste une reconnaissance d’erreur. Histoire de montrer que l’institution universitaire est capable de revenir sur la décision de l’un de ses directeurs de thèse et d’un jury. L’erreur étant humaine, son absence est d’autant plus suspecte. Lorsqu’un peu moins de 10 000 thèses sont soutenues chaque année en France (contre environ 15 000 en Allemagne), une faute devrait être pardonnée. Encore faudrait-il qu’elle soit avouée ou déclarée…

Voir encore:

Texte intégral de l’interview de Gilles Bernheim sur radio Shalom

Israel Infos

10.04.2013 – 30 Nisan 5773

Nous reproduisons ci dessous le texte intégral de l’entretien réalisé par Pierre Gandus sur radio Shalom, le 9 Avril 2013. Transcription : Franck Sebbah

[Gilles Bernheim] PIERRE GANDUS :

Le Grand Rabbin de France s’exprime ce soir et en direct sur Radio Shalom. Dans une tourmente médiatique concernant plusieurs faits qui vous sont reprochés et qui pour certains d’entre eux vous avez reconnu.

Ces révélations, Gilles Berheim, ont provoqué étonnement, stupeur voire même un sentiment de trahison quant on sait le temps et les difficultés qui ont été les vôtres et celle de votre équipe pour imprimer une nouvelle image au judaïsme français plus moderne, plus dynamique, plus en phase avec la société française.

Nous allons parler de cela en toute franchise car ce soir la communauté juive attend vos réponses qui comme mes confrères de la presse et toux ceux qui nous écoutent et qui ne sont ni juifs, ni journalistes.

Alors on va dans un premier temps être assez factuel.

Première affaire, suite à de nombreuses attaques de plagiat sur Internet concernant "Les 40 méditations juives" parus en 2011, vous déclarez le 20 mars que l’emprunt aurait été le fait du philosophe Jean-François Liottard et de son interlocutrice qui aurait eu entre les mains la photocopie manuscrite d’un cours tenu par vous alors que vous étiez aumônier des étudiants.

Devant l’afflux des révélations alors que vous vous trouviez en Israël pour la clôture de la fête juive de Pessah, vous avez changé de discours en reconnaissant le plagiat et l’utilisation d’un nègre et en demandant à votre éditeur de retirer l’ouvrage de la vente ainsi que de votre bibliographie. Vous précisez aussi que c’est la seule et unique fois où vous vous êtes livré à un tel arrangement. Pourquoi cette réponse en deux temps et pourquoi vous êtes- vous enferré dans ce mensonge ?

GILLES BERNHEIM :

Vous savez lorsqu’un fait comme celui-là, quand des faits comme ceux-là sont révélés brutalement sur la place publique, que vous ne vous y attendiez pas, que vous n’êtes pas du tout préparé à la réaction, vous mentez bêtement.

Quand je dis, vous mentez bêtement, vous vous défendez immédiatement sans réfléchir.

Et pour ma part, je regrette profondément aujourd’hui.

PIERRE GANDUS :

La Deuxième affaire concerne "Le souci des autres, fondements de la loi juive" paru en 2002 où ce sont plusieurs pages qui ont été empruntés à Jean-Loup Charvet dans son livre "L’éloquence des larmes" dont la révélation a pris corps aujourd’hui même.

Sur cette affaire que répondez-vous ?

GILLES BERNHEIM :

Très simplement.

Le livre "Le souci des autres" est un livre de cours que j’ai donnés en tant qu’aumônier des étudiants pendant de très nombreuses années au Centre Edmond Fleg devant des dizaines et des dizaines d’étudiants.

Ce qui veut dire quoi ?

Ce qui veut dire que beaucoup plus tard, il m’a été demandé d’en faire un livre.

Et que pour illustrer – pas illustrer au sens d’illustration – mais parfois pour rendre plus clairs, plus pédagogiques, plus compréhensibles des enseignements de Torah que j’avais retranscrits de mes cours, soit j’ai demandé à des personnes de me faire ce travail plus pédagogique avec donc des références littéraires ou autres (et même si d’autres ont commis des fautes, j’en suis le seul responsable puisque c’est moi qui l’ai demandé, que ceci soit parfaitement clair), soit, et cela a pu arriver à plusieurs reprises, lorsque je préparais les cours durant toutes ces années, c’est-à-dire depuis le début des années quatre-vingts où j’ai enseigné au Centre Edmond Fleg – et c’est ma faute mais c’est une réalité – à savoir que pour rendre plus fluides et plus accessibles des enseignements de Torah qui sont parfois d’une certaine exigence, d’une certaine rigueur, d’une certaine difficulté du langage, je me suis servi, je prenais des notes à la main, j’écrivais au crayon pour reprendre dans tel ou tel livre quelque chose qui me semblait très proche du raisonnement de tel ou tel maître de la tradition rabbinique.

Et la faute qui est la mienne et je le dis très clairement, c’est que je ne mettais pas de références au point que ces notes devenaient miennes.

Jusqu’au jour où j’en ai fait un livre avec, très certainement, des emprunts – ce que d’autres appelleront des plagiats – de textes qui convergent avec l’essentiel de l’enseignement des maîtres rabbiniques mais qui restent des emprunts et, cela, non seulement je le regrette profondément mais je sais que c’est une faute morale.

PIERRE GANDUS :

D’autant que vous auriez pu signaler la référence.

GILLES BERNHEIM :

Tout à fait.

PIERRE GANDUS :

Troisième affaire, le 21 décembre dernier dans son discours annuel à la Curie romaine, lors d’un discours très attendu, le Pape Benoit XVI avait cité votre plaquette contre "le mariage pour tous", publiée le 18 octobre dernier sous le titre : "Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption, ce que l’on oublie souvent de dire."

Un événement salué par la communauté juive et la presse dans le monde entier.

Là encore, on vous reproche d’avoir emprunté plusieurs pages de son livre à Joseph Marie Verlinde : "L’idéologie du Gender – Identité reçue ou choisie ?" publié en mars 2012.

Vous confirmez ou vous infirmez aussi cet emprunt ?

GILLES BERNHEIM :

Je confirme.

Je n’ai rien à cacher aussi bien sur des choses anciennes que sur des choses à venir.

Lorsqu’une faute a été commise, je le dis, et là-dessus c’est parfaitement acté. Et j’ajoute par ailleurs que lorsqu’un livre est imprimé, il y a parfois des étapes intermédiaires. Cela n’enlève rien à ma responsabilité.

Ce que j’entends par une étape, c’est que d’aucuns peuvent reprendre du texte et reprendre à leur compte et ensuite vous l’utilisez.

Il m’est arrivé, enseignant au Centre Edmond Fleg, de laisser des gens enregistrer et de retrouver des lignes ou des pages dans d’autres livres.

Parfois, en général légèrement remaniées et puis, je vais vous dire une chose, si vous imprimez une page telle quelle, c’est complètement imbécile.

Quelqu’un qui est complètement pervers et qui veut se servir du travail des autres, il n’imprime pas les choses telles quelles.

Il les réécrit à sa façon pour s’en inspirer. Ce qui montre bien que ma démarche était, soit suicidaire, soit parsemée d’un certain nombre d’erreurs liées à la confiance mal donnée ou accordée à tel ou tel qui se servent de textes et qui ne donnent ni la référence ni les guillemets.

En toute situation j’assume et je suis pleinement responsable.

PIERRE GANDUS :

Et entre les deux, entre l’attitude suicidaire et la confiance mal donnée. Vous choisissez quoi ?

GILLES BERNHEIM :

Je choisis d’abord la deuxième solution non pas parce qu’elle m’arrange mais parce qu’elle est réelle. Et aussi des textes en d’autres circonstances qu’il m’est arrivé de reprendre dans les conditions que j’ai évoquées tout à l’heure.

À savoir que pour construire quelque chose, je me suis servi de textes anciens sans mettre moi-même la référence sur mes notes. Jusqu’à faire comme si elles m’appartenaient.

PIERRE GANDUS :

Dernier point il concerne votre agrégation de philosophie.

La société des agrégés n’a pas de trace de votre agrégation.

"Soit il n’est pas agrégé, soit il s’agit d’une erreur de transcription", c’est ce qu’avance la présidente de cette société.

On a entendu plein de choses au sujet de cette agrégation sauf votre version.

GILLES BERNHEIM :

Ma version est très simple, non pas parce que l’affaire fut simple à ce moment-là.

Nous sommes près de 40 ans plus tard, disons 37 ans plus tard. Il s’est simplement passé une chose. Lorsque vous arrivez à un concours, cela peut arriver.

Et c’est ce qui m’est arrivé, alors que les choses étaient très largement bien engagées avec une réussite sinon certaine, en tout les cas probable ou très possible, de craquer.

Craquer non pas sur une note mais parce qu’un événement tragique arrive à un moment où l’on ne peut pas se permettre de subir dans sa vie intime des événements extérieurs au travail intellectuel. Cela s’est passé ainsi.

L’événement tragique et puis ensuite on entre dans le déni.

C’est-à-dire, le fait, non pas de proclamer partout, mais de laisser dire que l’on est agrégé, permet de mettre un pansement sur une blessure qui est très forte et de vivre longtemps avec.

Je me permettrais d’ajouter que lorsque je me suis présenté en 2008 à l’élection pour le Grand Rabbinat de France, l’information avait déjà circulé à l’époque.

Je n’ai strictement rien dit et d’ailleurs vous observerez qu’au dos de tous mes écrits, jamais n’apparait l’expression : agrégé de philosophie.

Que sur des notices, cela ait pu apparaître parce que les notices, elles, elles ne sont pas faites par l’auteur, par le sujet que je suis.

Elles peuvent être faites par d’autres personnes qui s’appuient les uns sur certains réseaux d’informations, d’autres sur le net ou d’autres choses.

Il y a des erreurs qui se véhiculent et qui finissent par devenir pour beaucoup des vérités.

Pour ma part, je le regrette profondément.

PIERRE GANDUS :

Donc vous nous dites ce soir que vous n’êtes pas agrégé de philosophie.

GILLES BERNHEIM :

Non

PIERRE GANDUS :

Jean-Noël Darde, spécialiste des plagiats, est à l’origine de toutes ces révélations.

Est-ce que vous le connaissez ?

Est-ce qu’il y a un contentieux entre vous et pourquoi ces révélations sortent maintenant alors que les livres cités ont été publiés plusieurs années auparavant ?

GILLES BERNHEIM :

Je ne connais pas cet homme du tout.

Et jusqu’à cette affaire, j’en ignorais l’existence.

Je n’ai strictement rien à dire sur une personne que je ne connais pas.

Quant à la deuxième question – à savoir pourquoi cette affaire sort maintenant – permettez-moi de ne pas y répondre.

Parce que l’heure n’est pas à l’explication de l’histoire, de l’interprétation.

L’heure est à une prise de conscience personnelle des erreurs que j’ai commises.

De manière à en tirer des leçons.

Parce que vous le savez, lorsque l’on a des responsabilités très lourdes, beaucoup de gens – si vous réussissez un temps soit peu dans ce que vous faites- vous perçoivent comme une espèce de héros. Comme quelqu’un qui aurait de très grandes capacités ou des grandes compétences et donc vous n’avez pas envie de les décevoir et de vous enfermer dans l’image que les autres peuvent avoir de vous et finalement que vous vous donnez à vous-même.

Et je pense qu’à l’instant présent, c’est non seulement l’humilité mais la remise en question qui s’impose à moi.

De manière à vérifier chaque jour, à ne pas commettre de fautes, d’erreurs.

De ne pas viser plus haut que ce que je suis capable de faire en terme d’efforts, de réussite. Autrement dit d’être pleinement homme et ne pas se vouloir plus qu’un homme au-dessus des autres. Et je me permettrais de rajouter ce qu’enseigne le Baal Chem Tov, à savoir que "l’homme est le bégaiement de D-ieu". Il faut savoir parfois accepter de ne pouvoir bégayer et pas toujours parler parfaitement pour rien.

PIERRE GANDUS :

Vous parliez à l’instant de cette prise de conscience personnelle.

Je suppose que vous-même, vous vous posez des questions sur ce qui vous a poussé à agir ainsi.

Est-ce que vous avez un début de réponse ?

GILLES BERNHEIM :

Qu’est-ce qui pousse à agir ainsi ?

Vous savez ce que m’a rapporté l’histoire de l’agrégation ?

Je n’en ai jamais profité.

Je n‘ai jamais demandé un bénéfice, un profit, un poste, un avantage quelconque.

Que ce soit en termes de situation, que ce soit en termes d’argent, de représentation.

Là où j’ai été pour parler, pour enseigner, pour partager la Torah à l‘épreuve du monde, c’est-à-dire la pensée de la Torah à l’épreuve de la pensée occidentale, je l’ai fait oralement, sans notes, rarement avec des notes.

Ce qui nécessite une certaine compétence, un vrai travail de préparation, de réflexion, de clarté, de pédagogie.

Lorsque vous débattez avec de grands philosophes contemporains, avec ou sans titre d’agrégation, que vous débattez sans notes, vous n’existez que si vous êtes à la hauteur, si vous maitrisez votre savoir et ensuite c’est aux autres d’en juger.

De juger de la qualité de vos prestations.

Et vous savez depuis tant d’années, c’est-à-dire depuis 1978 où je suis rabbin, à Paris, en France, en Europe, en Israël et ailleurs, les débats publics ont été très nombreux. L’enseignement de la Torah, j’en parlais tout à l’heure, je l’ai pratiqué dans le cadre de l’aumônerie des étudiants puis de la Synagogue de la Victoire. Ces enseignements ont été multiples. Enseignement sans notes, dont des générations et des générations d’étudiants ont fait leur vie, se souviennent et ce sont eux qui peuvent en témoigner. Le livre en hébreu devant l’orateur et c’est tout.

Que vous dire d’autre ?

PIERRE GANDUS :

Internet où tout se dit sans limites s’est très vite emparé de cette affaire avec aussi bien des comités de soutien à votre encontre que des collectifs appelant à votre démission. Ce soir, que dites-vous à ceux qui nous écoutent ?

Allez-vous démissionner ou rester à votre poste ?

J’ajoute d’ailleurs que certains de ceux qui veulent votre démission vous ont menacé de nouvelles révélations si vous vous maintenez à votre poste.

GILLES BERNHEIM :

Permettez-moi de dire une chose très simple.

C’est que démissionner sur une initiative personnelle relèverait d’une désertion.

Que, par ailleurs, ce ne serait pas conforme à ce que j’ai toujours été dans la vie privée et dans la vie publique. À savoir un homme qui sait prendre ses responsabilités.

J’ajouterais également que ce serait un acte d’orgueil alors que je dois agir aujourd’hui dans la plus grande humilité.

Et puis permettez-moi de dire pour terminer que ce serait contraire à la collégialité qui préside à une telle décision.

Je crois que mon propos est très clair, je travaille, j’assume ma fonction pleinement. Les menaces sont évidemment toujours très brutales et ont pour finalité d’exercer une forme de violence, de casser la personne.

Je suis solide et, dans cette esprit de collégialité dont je viens de parler, j’assume chaque jour pleinement ma fonction de Grand Rabbin de France.

PIERRE GANDUS :

Donc vous ne démissionnez pas.

Est-ce que le Consistoire central vous soutient ?

GILLES BERNHEIM :

Le Consistoire central est un ensemble de personnes.

Il y a des gens qui me soutiennent, il y a des gens qui me soutiennent moyennement, il y a des gens qui s’opposent à moi, d’autres qui ne me soutiennent pas du tout.

Il y a un peu de tout si vous me permettez cette expression.

Vous savez, des gens qui vous soutiennent, des gens qui s’opposent à vous, cela a toujours existé. J’en ai vécu des situations d’opposition, voire de confrontations violentes.

Rappelez-vous en 2008, l’élection au poste de Grand Rabbin de France, rappelez-vous d’autres situations antérieures…

J’assume. Il n’y a que les gens qui ne s’engagent pas qui n’ont aucun ennemi, aucun adversaire et qui, quelque part, survivent à toutes les situations parce qu’ils sont passés entre les gouttes d’eau.

PIERRE GANDUS :

Je voudrais à présent aborder votre travail comme GRF, vous en en parliez à l’instant.

Avec votre équipe, je le disais au début de cette émission, vous avez imprimé une nouvelle image au judaïsme français.

Plus moderne, plus dynamique, plus en phase avec la situation française.

Vous avez été de tous les combats comme pour redonner un nouveau souffle au rabbinat français, réformer le séminaire israélite : rendre plus saine la filière de la cacherout en France ; se battre contre ceux qui voulaient interdire l’abattage rituel avec le Grand Rabbin Bruno Fison ; le dossier des circoncisions avec le Grand rabbin Moshe Lewine qui est aussi votre porte-parole ; celui des derniers devoirs dus aux morts avec le Grand Rabbin Claude Mamane.

Vous avez alerté les pouvoirs publics sur la résurgence de l’antisémitisme en France. Vous avez rendu visite à de très nombreuses communautés juives à travers toute la France.

Un travail de tous les jours avec une équipe qui est à vos côtés depuis quatre ans et, pour certains, depuis bien plus longtemps.

Qu’avez-vous envie de leur dire ce soir et que dites-vous aux juifs de France qui vous ont soutenus, qui ont cru en vous pour tout ce que je viens d’énoncer.

GILLES BERNHEIM :

Ce que je voudrais leur dire c’est qu’une épreuve, traverser une épreuve comme celle que je traverse, comme celle que ma famille, mes proches, mes collaborateurs et collaboratrices traversent doit rendre plus fort.

Être plus fort, tirer des leçons, ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs, afin d’aller de l’avant…

La Techouva n’existe qu’à condition que l’on sache ne pas répéter les mêmes fautes.

Et donc être plus exigeant, beaucoup plus vigilant après que ce que l’on n’était avant. C’est la première chose que je veux leur dire.

La deuxième chose, c’est au sujet de l’image que j’ai de la communauté, l’idée que je me fais du judaïsme en France – et je voudrais associer le Grand Rabin Haim Korsia qui n’a pas été mentionné tout à l’heure parmi mes collaborateurs et il y en a encore d’autres, qu’ils ne se vexent pas de ne pas être tous rappelés ce soir –, pour imprimer au judaïsme en France un souffle important.

Et quand je dis un souffle, une plus grande proximité entre les Juifs et les non Juifs. Une plus grande proximité entre toutes sortes de Juifs.

Ceux qui pratiquent et ceux qui ne pratiquent pas et ceux qui sont "tièdes".

C’est à dire non pas un judaïsme de clans où il y aurait différents types de Juifs… mais sans lien entre eux.

C’est très difficile parce que cela exige du respect, parfois de la tolérance.

Beaucoup de patience, là où des gens veulent réussir très vite et valoriser leurs réseaux parce qu’ils ont leurs intérêts.

Et c’est vrai que ce travail doit être poursuivi.

C’est ce que je souhaiterais accomplir si la communauté m’accorde sa confiance et si l’histoire me permet de continuer comme je le souhaite, d’aller de l’avant.

Vous avez parlé de l’école rabbinique.

Il y a là un gros chantier qui a été confié au Grand rabbin Kauffman et je l’épaulerai autant que faire se peut avec la commission administrative de l’École rabbinique.

Avec l’amitié, le soutien et la confiance du président du Consistoire central.

Et puis le travail social, le travail interreligieux.

Vous avez parlé de la cacherout, vous avez parlé de la formation continue des rabbins.

Cette formation continue que nous donnons aux rabbins, c’est pour leur permettre de mieux affronter les problèmes des familles, les problèmes sociaux, les problèmes économiques.

Pour pouvoir apporter des réponses, orienter les gens.

Pour pouvoir être de vrais relais lorsque les problèmes se posent à eux dans la communauté. C’est là le travail qui a été accompli déjà depuis quelques années maintenant.

Dans les hôpitaux, avec l’aumônerie des hôpitaux, c’est extrêmement important parce que nous savons que c’est dans les moments de souffrance que les gens réfléchissent, ont besoin des autres, veulent aller de l’avant.

Parfois ils ont des choix cruciaux à faire.

Et l’aumônier des hôpitaux est là pour aider ceux qui sont en grande souffrance ainsi que leurs familles. Je n’ai fait que recenser quelques tâches importantes, il y en beaucoup d’autres.

Le travail dans les petites communautés, les voyages, les visites, les encouragements, les enseignements et surtout, surtout, surtout, dispenser un enseignement de Torah qui parle à toutes sortes de juifs.

Qui leur donne à penser.

Que ce soit dans un langage simple ou que ce soit dans un langage intellectuel mais une Torah qui élève, qui donne l’amour de l’autre. Une Torah qui n’exclut pas, une Torah qui relie.

Et c’est cette Torah que je continuerai à enseigner chaque jour, chaque semaine et, sans doute après l’épreuve que je traverse, une Torah que je veux enseigner encore beaucoup plus et plus encore l’étudier moi-même chaque jour.

PIERRE GANDUS :

Dernier question : comment avez-vous l’intention de renouer les fils de la confiance qui se sont établis entre vous et la communauté juive ?

Entre vous et les gens qui travaillent avec vous au quotidien ?

GILLES BERNHEIM :

Ce sont en fait deux questions.

D’une part avec la communauté, d’autre part avec ceux qui travaillent avec moi au quotidien, et cela c’est important de le dire.

Pour commencer, ceux qui travaillent avec moi au quotidien peuvent être déçus, peuvent avoir l’impression d’avoir été trompés ou d’avoir été trahis.

Il m’appartient de demander pardon à ceux que j’ai pu décevoir, de leur dire et qu’ils puissent l’entendre. C’est comme demander pardon à ses proches.

Parce que les proches souffrent dans cette épreuve. Les proches, ce sont les amis, la famille, et la famille représente, pardonnez-moi l’expression, la partie la plus intime.

Et puis vis à vis de la communauté, c’est un problème d’images.

Elle est à restaurer, à reconstruire.

Ceci étant, dans l’activité rabbinique qui est la mienne depuis près de quatre ans et demi, je n’ai pas commis de fautes et l’histoire de l’agrégation, l’histoire des emprunts ou des plagiats, ce sont des faits importants, moralement graves, mais je n’ai pas commis de fautes dans l’exercice de ma fonction, dans l’attachement aux causes qui sont les miennes.

Dans l’accomplissement des nombreuses obligations qui me sont conférées et cela m’aidera à retisser, à reconstruire une image de confiance, je l’espère, si D-ieu le veut, avec l’aide du Tout Puissant.

PIERRE GANDUS :

Gilles Bernheim, merci pour ce moment de franchise et de vérité sur Radio Shalom. C’est la fin de cette émission.

Bonne soirée.

Interview réalisée par Pierre Gandus

German Fascination With Degrees Claims Latest Victim: Education Minister

Nicholas Kulish and Chris Cottrel

The New York Times

February 9, 2013

BERLIN — For 32 years, the German education minister’s 351-page dissertation sat on a shelf at Heinrich Heine University in Düsseldorf gathering dust while its author pursued a successful political career that carried her to the highest circles of the German government.

The academic work was a time bomb, however, and it exploded last year when an anonymous blogger published a catalog of passages suspected of having been lifted from other publications without proper attribution.

The university revoked the doctorate of the minister, Prof. Dr. Annette Schavan, on Tuesday (she retains the title pending appeal), and on Saturday she was forced to resign her cabinet post. It was the second time a minister had resigned from the government of Chancellor Angela Merkel over plagiarism in less than two years.

In an emotional news conference, Dr. Schavan said that she would sue to win back the doctorate, but in the meantime she would resign for the greater good. “First the country, then the party and then yourself,” she said.

Standing beside her, Dr. Merkel, who herself has a doctorate from the University of Leipzig, said that she accepted Dr. Schavan’s resignation “only with a very heavy heart,” but that politically there was no alternative.

Coming after Karl-Theodor zu Guttenberg was forced to step down as defense minister over plagiarism charges in 2011, Dr. Schavan’s déjà-vu scandal can only hurt Dr. Merkel ahead of September’s parliamentary election. But the two ministers are far from the only German officials to have recently had their postgraduate degrees revoked amid accusations of academic dishonesty, prompting national soul-searching about what the cases reveal about the German character.

Germans place a greater premium on doctorates than Americans do as marks of distinction and erudition. According to the Web site Research in Germany, about 25,000 Germans earn doctorates each year, the most in Europe and about twice the per capita rate of the United States.

Many Germans believe the scandals are rooted in their abiding respect, and even lust, for academic accolades, including the use of Prof. before Dr. and occasionally Dr. Dr. for those with two doctoral degrees. Prof. Dr. Volker Rieble, a law professor at Ludwig Maximilian University of Munich, calls this obsession “title arousal.”

“In other countries people aren’t as vain about their titles,” he said. “With this obsession for titles, of course, comes title envy.”

A surprising number of doctors of nonmedical subjects like literature and sociology put “Dr.” on their mailboxes and telephone-directory listings. The Web site of the German Parliament, the Bundestag, shows that 125 of 622 people elected to the current Parliament (including Dr. Schavan and Mr. Guttenberg) had doctorates when sworn in.

Dr. Merkel appointed Prof. Dr. Johanna Wanka, the state minister of science and culture in Lower Saxony, to take over Dr. Schavan’s position. Prof. Dr. Wanka got her doctorate in 1980, the same year as Dr. Schavan.

The finance minister, Wolfgang Schäuble, is a doctor of law. The vice chancellor, Philipp Rösler, is an ophthalmologist and thus the only one most Americans would call “doctor.”

For the plagiarism scalp hunters, the abundance of titles provides what in military circles is known as a target-rich environment, and digging up academic deception by politicians has become an unlikely political blood sport.

There is even a collaborative, wiki-style platform where people can anonymously inspect academic texts, known as VroniPlag.

Here in the homeland of schadenfreude, the zeal for unmasking academic frauds also reflects certain Teutonic traits, including a rigid adherence to principle and a know-it-all streak. “I just think that many Germans have a police gene in their genetic makeup,” Dr. Rieble said.

The University of Heidelberg revoked the doctorate of Silvana Koch-Mehrin, former vice president of the European Parliament and a leading member of Germany’s Free Democratic Party, in 2011, and she is still fighting the charges in court.

Another German member of the European Parliament, Jorgo Chatzimarkakis, saw his doctorate of philosophy revoked by the University of Bonn in 2011 after the VroniPlag Web site uncovered a number of dubious passages. Florian Graf, head of the Christian Democrats’ delegation in the Berlin city legislature, lost his Ph.D. last year after admitting to copying from other scholars’ works without properly crediting them.

In many countries, busy professionals with little interest in tenure-track positions at universities do not tend to bother writing dissertations. In Germany, academic titles provide an ego boost that lures even businesspeople to pursue them.

Prof. Dr. Debora Weber-Wulff, a plagiarism expert at the University of Applied Sciences in Berlin and an active participant in VroniPlag, suggested getting rid of superfluous doctoral titles outside of academia. “A doctor only has meaning at a university or in academia,” she told German television. “It has no business on political placards.”

But she is originally from Pennsylvania. Here the attitudes are deeply ingrained, and few think habits will change anytime soon. “It is a proof that you can handle academic stuff and that you can keep on task for quite a while,” Dr. Peter Richter, a correspondent in New York for the newspaper Süddeutsche Zeitung, said in an e-mail.

It can be a shock to Americans unfamiliar with the practice, as Dr. Richter has experienced in New York. “Here people instantly think that I’m a medicine man when they read my name,” he said.

Even within Germany the practice differs by region, he said, with those in the conservative south insisting on titles more than those in northern cities like Hamburg. There are other divides, with many members of the counterculture generation of 1968 rejecting titles, though many have come to enjoy them as they have grown older.

Dr. Schavan, 57, whose parliamentary district is in the southwestern state of Baden-Württemberg, was granted her doctorate in 1980; her dissertation was titled “Person and Conscience.” Despite that title, she was not shy about chastising Mr. Guttenberg, once an up-and-coming star from neighboring Bavaria, when his plagiarism scandal struck in 2011. One of her fellow cabinet member’s most prominent and outspoken critics, she told Süddeutsche Zeitung that she was “ashamed, and not just secretly,” about the charges against him.

The accusations against Dr. Schavan surfaced the following year on a bare-bones, anonymous Web site. The accusations were particularly significant for Dr. Schavan because she led the federal Ministry of Education and Research.

When Dr. Schavan’s doctorate was revoked, Dr. Merkel said through a spokesman that she had “complete trust” in her. While that may have sounded like a show of support, it was also exactly the same phrase she used for Mr. Guttenberg, right before he had to resign for plagiarizing passages of his dissertation.

Unlike Mr. Guttenberg, Dr. Schavan was widely known to be a friend and a confidante of Dr. Merkel’s, but few here expected that to save her job. The two women met privately on Friday evening to discuss the matter, announced at the chancellery building on a snowy Saturday afternoon. Dr. Merkel was unstinting in her praise for the departing minister but ultimately chose politics over personal ties.

“A health minister doesn’t need to be a medical doctor, but if he is one, then he can’t have committed malpractice,” Dr. Rieble said. “An education minister doesn’t need to have a Ph.D., but if he does, then his dissertation cannot be plagiarized.”

Victor Homola contributed reporting.

Voir par ailleurs:

The cheating epidemic at Britain’s universities

A cheating epidemic is sweeping universities with thousands of students caught plagiarising, trying to bribe lecturers and buying essays from the internet.

David Barrett

The Daily Telegraph

05 Mar 2011

A survey of more than 80 universities has revealed that academic misconduct is soaring at institutions across the country.

See the full list of cheating incidents at British universities

More than 17,000 incidents of cheating were recorded by universities in the 2009-10 academic year – up at least 50 per cent in four years.

But the true figure will be far higher because many were only able to provide details of the most serious cases and let lecturers deal with less serious offences.

Only a handful of students were expelled for their misdemeanours among those universities which disclosed how cheats were punished.

Most of the incidents were plagiarism in essays and other coursework, but others examples include:

* Three cases categorised as "impersonation" by Derby University and three at Coventry, along with 10 "uses of unauthorised technology"

* Kent University reported at least one case where a student attempted to "influence a teacher or examiner improperly".

* At the University of East Anglia students submitted pieces of work which contained identical errors, while others completed reports which were "almost identical to that of another student", a spokesman said, while one was caught copying sections from the Wikipedia website.

* A student sitting an exam at the University of the West of Scotland was caught with notes stored in an MP3 player.

* A Bradford University undergraduate completed work at home, smuggled it into an examination then claimed it had been written during the test.

* The University of Central Lancashire, at Preston, reported students had been caught using a "listening and/or communications device" during examinations.

* Keele undergraduates sitting exams were found to have concealed notes in the lavatory, stored on a mobile telephone and written on tissues while two students were found guilty of "falsifying a mentor’s signature on practice assessment documents to gain academic benefit".

Many institutions reported students buying coursework from internet-based essay-writing companies.

Dozens of websites offering the services are available on the web, providing bespoke essays for fees of £150 and upwards. Some offer "guaranteed first class honours" essays at extra cost and many "guarantee confidentiality and privacy" – hinting that the essays can be used to cheat.

In one website offering "creative, unique, original, credible" essays, a testimonial from a previous customer says: "I am very satisfied with my order because I got the expected result."

There are even sites which offer express services, while many claim the work is written by people with postgraduate qualifications.

Nottingham Trent discovered examples of bespoke essays, and Newcastle reported three cases of essays being purchased from a third party.

Two students bought work at Salford and cases were also reported at East London University, Greenwich and London South Bank, which uncovered three incidents.

Professor Geoffrey Alderman, from the University of Buckingham, who is a long-standing critic of falling standards in higher education, said: "I think it is a pretty depressing picture.

"It is worrying that students now resort to cheating on such a widespread scale and that the punishments on the whole are not robust enough.

"In my book it should be ‘two strikes and you’re out’.

"Although universities are perhaps better than they were at detecting certain types of cheating, such as plagiarism, when I talk to colleagues across the sector there is a view that cheating has increased."

Professor Alderman said the style of teaching and assessment now used at some institutions was partly to blame for the rise in academic dishonesty.

"There has been a move away from unseen written examinations and most university degree courses are now assessed through term papers, which makes it more tempting to commit plagiarism," he said.

"I advocate a return to the situation where it is impossible to pass a degree unit without achieving a minimum score in an unseen written test."

The survey exposed for the first time a huge leap in the number of incidents compared with just four years earlier, with a 53 per cent jump from 9,100 to 14,200 among the 70 institutions able to provide comparable data.

Cheating was reported widely among undergraduates but there were also significant numbers reported among postgraduates. For example, Loughborough reported 151 incidents last year of which 43 were committed by postgraduates.

Greenwich University had the largest number of incidents overall, with 916, compared with 540 in 2005-06, but this may indicate the south-east London institution is more successful at detecting cheating than other universities.

Sheffield Hallam had the second largest number with 801 last year, more than 500 of which were for plagiarism.

The institution had 35,400 students which means 2.3 per cent were caught cheating.

East London University said that among its 733 cases of cheating last year there were 612 of plagiarism, 50 of collusion, 49 of "importation" and three where students had bought work.

One student at Kingston falsified paperwork supporting their application for "mitigating circumstances", in a bid to win higher marks, and at the same institution 14 students were caught out when their mobile rang in the examination hall.

At Leicester, an undergraduate forged a medical certificate before taking an exam.

In 2005-06, Liverpool recorded two cases where a student was impersonating another examination candidate, and one candidate at London South Bank took an "annotated calculator" into the examination hall.

Few cheating students saw their academic careers brought to an end. Durham expelled four students last year for smuggling unauthorised material into exams or plagiarism, and one was expelled in 2005-06.

Goldsmith’s dismissed four students last year – undergraduates in history, politics, psychology and sociology.

Oxford reported 12 cases of academic misconduct, including plagiarism, last year and in two cases students were expelled, while others were marked down.

The university fined one student £100 for taking revision notes into an examination and imposed other fines for talking in an exam and taking mobile telephones into the examination hall.

Bournemouth University proved 53 cases of cheating last year but none of the students was expelled. Instead, most were marked down to nil marks for that piece of coursework or exam.

From Cardiff’s 301 cases of cheating last year, none was expelled but in one case a recommendation was made that the vice-chancellor should disqualify the student from further exams. The remainder of the offenders were reprimanded, marked down or sent on a "study skills" course.

Queen Mary reported one expulsion – for an exam offence and ghostwriting – last year out of 74 cases of cheating.

Voir enfin:

Comment devenir docteur en sociologie sans posséder le métier de sociologue ?1

Bernard Lahire

Revue européenne des sciences sociales

2002

Abstract

Peut-on devenir docteur en sociologie sans avoir acquis les compétences constitutives du métier de sociologue ? Une telle interrogation peut paraître provocatrice. Or, l’examen rigoureux et détaillé d’une thèse soutenue le 7 avril 2001 à l’université de Paris V, sous la direction de Michel Maffesoli (G. Elizabeth Hanselmann-Teissier, Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence fascination/rejet dans les sociétés postmoderne), conduit malheureusement à émettre une réponse positive à une question apparemment saugrenue. L’objectif premier de cet article est d’apporter les multiples preuves de l’absence de sociologie (de point de vue sociologique, de problématique, de rigueur conceptuelle, de dispositif de recherche débouchant sur la production de données empiriques…) dans la thèse en question. Mais le jugement sur ce cas précis fait apparaître, en conclusion, l’urgence qu’il y a à engager une réflexion collective sur les conditions d’entrée dans le métier de sociologue.

1Le samedi 7 avril 2001, Madame G. Elizabeth Hanselmann-Teissier (connue publiquement sous le nom d’Elizabeth Teissier) soutenait une thèse de sociologie (intitulée Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence ­fascination/rejet dans les sociétés postmodernes) à l’Université Paris V, sous la direction de Michel Maffesoli2. Les membres présents de son jury – il s’agissait, outre son directeur de thèse, de Serge Moscovici3, Françoise Bonardel4 et Patrick Tacussel5 (Gilbert Durand6 s’étant excusé de ne pouvoir être présent et Patrick Watier7 n’ayant pu se rendre à la soutenance en raison de grèves de train) – lui ont accordé la mention « Très honorable ». Cette mention est la plus haute qu’un candidat puisse recevoir et le fait qu’elle ne soit pas assortie des félicitations du jury n’ôte rien à l’appréciation très positive qu’elle manifeste (de nombreux universitaires rigoureux ne délivrant la mention « très honorable avec les félicitations » que dans les cas de thèses particulièrement remarquables). Deux professeurs avaient préalablement donné un avis favorable à la soutenance de cette thèse sur la base d’une lecture du document : Patrick Tacussel et Patrick Watier. Formellement, Madame Elizabeth Teissier est donc aujourd’hui docteur en sociologie de l’université de Paris V et peut – entre autres choses – prétendre, à ce titre, enseigner comme chargée de cours dans les universités, solliciter sa qualification afin de se présenter à des postes de maître de conférences ou déposer un dossier de candidature à un poste de chargée de recherche au CNRS.

8 Un tel travail de lecture demande beaucoup de temps et porte plus que l’ombre du doute sur les lec (…)

2Une lecture rigoureuse et précise de la thèse dans son entier (qui fait environ 900 pages8 si l’on inclut l’annexe intitulée « Quelques preuves irréfutables en faveur de l’influence planétaire », p. XII-XL) conduit à un jugement assez simple : la thèse d’E. Teissier n’est, à aucun moment ni en aucune manière, une thèse de sociologie. Il n’est pas même question d’un degré moindre de qualité (une « mauvaise » thèse de sociologie ou une thèse « moyenne »), mais d’une totale absence de point de vue sociologique, ainsi que d’hypothèses, de méthodes et de « données empiriques » de nature sociologique.

3Ce sont les différents éléments qui nous conduisent à ce jugement que nous voudrions expliciter au cours de cet article en faisant apparaître que la thèse 1) ne fait que développer un point de vue d’astrologue et 2) est dépourvue de tout ce qui caractérise un travail scientifique de nature sociologique (problématique, rigueur conceptuelle, dispositif de recherche débouchant sur la production de données empiriques…). Enfin, nous conclurons sur le fait que, s’il vaut la peine de faire l’analyse critique de cette thèse, c’est parce que celle-ci n’a rien d’anodin ou d’anecdotique et qu’elle remet gravement en cause la crédibilité scientifique de la sociologie et de tous les sociologues qui font leur métier et forment les étudiants avec toute la rigueur requise : si c’est bien la personnalité d’une astrologue connue des médias qui a été à l’origine de l’intérêt public porté à la soutenance, un tel événement pose au fond la question plus générale du fonctionnement collectif de notre discipline.

Un point de vue d’astrologue

9 C’est pour cela que nous ne pouvons pas suivre Jean Copans (« La sociologie, astrologie des scienc (…)

4Que l’astrologie (l’existence bien réelle d’astrologues), les modes d’usage et les usagers (à faible ou forte croyance) de l’astrologie constituent des faits sociaux sociologiquement étudiables, que l’on puisse rationnellement (et notamment sociologiquement ou ethnologiquement, mais aussi du point de vue d’une histoire des savoirs) étudier des faits scientifiquement perçus comme irrationnels, qu’aucun sociologue n’ait à décider du degré de dignité des objets sociologiquement étudiables (en ce sens l’astrologie comme fait social est tout aussi légitimement étudiable que les pratiques sportives, le système scolaire ou l’usage du portable), qu’un étudiant ou une étudiante en sociologie puisse prendre pour objet d’étude une réalité par rapport à laquelle il a été ou demeure impliqué (travailleur social menant une recherche sur le travail social, instituteur faisant une thèse de sociologie de l’éducation, sportif ou ancien sportif pratiquant la sociologie du sport…), ne fait à nos yeux aucun doute et si les critiques adressées à Michel Maffesoli et aux membres du jury étaient de cette nature, nul doute que nous nous rangerions sans difficulté aux côtés de ceux-ci. Tout est étudiable sociologiquement, aucun objet n’est a priori plus digne d’intérêt qu’un autre, aucun moralisme ni aucune hiérarchie ne doit s’imposer en matière de choix des objets9, seule la manière de les traiter doit compter.

10 Tout ce que nous mettons entre guillemets dans ce texte sont des extraits de la thèse. Les italiqu (…)

5Mais de quelle manière E. Teissier nous parle-t-elle d’astrologie tout au long de ses 900 pages ? Qu’est-ce qui oriente et structure son propos ? La réponse est assez simple, car il n’y a aucune ambiguïté possible sur ce point : le texte d’E. Teissier manifeste un point de vue d’astrologue qui défend sa « science des astres » du début jusqu’à la fin de son texte, sans repos. Et pour ne pas donner au lecteur le sentiment d’un parti-pris déformant, nous multiplierons les extraits tirés du texte de la thèse en indiquant entre parenthèses la référence des pages (afin de donner la possibilité de retourner aisément au texte)10.

Des commentaires astrologiques

6La première caractéristique notable de cette thèse est l’absence de distance vis-à-vis de l’astrologie. On y découvre de nombreux commentaires astrologiques sur des personnes, des événements, des époques. Par exemple, sous le titre « Application de la méthode astrologique : l’analyse du ciel natal d’André ­Malraux », les pages 120 à 131 de la thèse relèvent clairement d’une « analyse astrologique » de la destinée de l’écrivain et ancien ministre (« plutonien grand teint »). M. Weber est qualifié de « taureau pragmatique » (p. 38) et l’on « apprend » diversement que G. Simmel est « Poisson », que W. Dilthey est « Scorpion », que le psychologue C. G. Jung est « Lion » (p. 250), que l’ancien PDG d’Antenne 2, Marcel Jullian, est « Verseau », etc. À chaque fois l’auteur, nous gratifie d’une analyse mettant en correspondance le « ciel natal » de la personnalité et sa pensée :

« Par ailleurs, nous découvrîmes que, par exemple, les systèmes philosophiques et religieux étaient en correspondance avec leurs auteurs via leurs personnalités. [...] Autrement dit, qu’ils étaient hautement relatifs et ne pouvaient être qu’à l’image de leurs concepteurs, résultante d’un regard unique, celui de leur ciel natal. » (p. XI)

« L’astrologue n’est pas étonné de constater une amusante convergence entre ce côté ‘flottant’, mouvant, quelque peu imprécis ou fantasque et les Poissons, signe astrologique de Simmel; le signe par excellence, avec le cancer (autre signe d’eau) [...] de la mobilité adaptable, de la rêverie, du sens de l’illimité et du cosmique, d’une intuition fine et sensorielle. Signe double de surcroît, reflétant la dualité fondamentale de la philosophie simmelienne [...]. C’est à ses planètes en Verseau que Simmel doit son goût pour l’altérité, la communication, mais aussi son originalité, son amour du paradoxe et sa nature imprévisible. » (note 47, p. 34)

« Petit clin d’œil de l’astrologue : Dilthey, créateur d’une nouvelle théorie de la connaissance fondée sur la compréhension, né le 19 novembre 1833, était Scorpion et théologien de formation… » (note 91, p. 61)

« après avoir démontré par un exemple concret (l’analyse du ciel natal d’André Malraux) l’application pratique, venons-en à son histoire » (p. 132)

« Puisqu’il s’agit ici de rendre également compte d’une expérience personnelle… en effet, c’est à l’âge de 14 ans et demi (à la mi-temps du cycle de Saturne, planète de la réalisation de soi, surtout pour le Saturnien qu’est le Capricorne) qu’est né notre éveil pour l’astrologie. » (p. 288)

« Elle [l’astrologie] participe de cette mutation culturelle, scientifique, philosophique et morale de notre époque [...] au même titre que l’idée de solidarité et de fraternité libertaire incluses dans le symbolisme du Verseau. » (p. 509)

7E. Teissier est d’ailleurs très claire quant à la primauté de l’explication astrologique sur tout autre point de vue (dont le point de vue sociologique qu’elle est censée mettre en œuvre dans le cadre d’une thèse de sociologie) pour comprendre les faits sociaux. Critiquant une citation de Serge Moscovici qui évoque les causes sociales des crises, elle écrit : « il nous semble qu’il occulte en l’occurrence la dimension cosmique desdits phénomènes; une dimension qui, selon le paradigme astrologique – et notre conviction – vient coiffer le social. En effet, le social est loin d’expliquer toutes les ‘crises… qui se produisent dans la société’. À preuve les actions totalement illogiques, non linéaires, non-logiques et inexplicables autrement que par le paramètre astral qui joue alors le rôle de paramètre éclairant et englobant coiffant le non-logique apparent. » (p. 525). C’est l’astrologie qui explique les faits psychologiques, sociaux et historiques :

[Dans le cadre d’une partie intitulée « La cyclicité planétaire », p. 265-271] « Mais il va de soi que ce sont les mêmes astres avec leurs harmonies et leurs dissonances qui jouent sur les destins individuels. » (p. 268); « Jusqu’au jour où nous réalisons que le 2 décembre correspond à une position de Soleil de 9-10° en Sagittaire, qui se trouvait très impliquée dans le thème de Napoléon Bonaparte » (p. 269); « Le mystère s’éclaircit dès lors que l’on a recours au sésame astrologique : hasard exclu ! »; « Quant aux songes répétitifs, ils s’expliquent par l’angle que fait Neptune (rêves) avec ce même point en Scorpion (10 novembre). CQFD » (p. 270)

« Cette lettre et notre réponse, reproduites in extenso [...] sont aussi un exemple significatif du désarroi psychologique dans lequel peuvent nous plonger certaines dissonances planétaires » (p. 321)

« C’est ainsi que nous avons été en mesure de prévoir, entre autres, le krach boursier du 19 octobre 1987, ainsi que de nombreuses turbulences boursières exceptionnelles, souvent assimilées à des mini-krachs… » (p. 432)

« Signalons que, pour l’astrologue, cette période de convulsions sociologiques et philosophiques ne s’inscrit pas dans le hasard, mais se trouve reflétée par les grands cycles cosmiques. » (p. 830)

8Et c’est E. Teissier qui conclut elle-même son premier tome par un lapsus (sociologiquement compréhensible) ou un aveu, comme on voudra, consistant à parler de sa réflexion comme relevant d’un travail d’astrologue et non de sociologue : « Le travail de l’astrologue sera maintenant d’interpréter ces données, de tenter aussi de les expliquer. Et ce, ainsi que nous sommes convenus depuis notre étude, à travers l’outil de la compréhension. Rappelons-nous en quels termes Weber définit la sociologie dans Wirtschaft und Gesellschaft… » (p. 463)

9L’astrologie est à ce point structurante du propos que, bien souvent, la manière dont E. Teissier conçoit son rapport à la sociologie consiste à puiser dans les textes de sociologues des éléments qui lui « font penser » à ce que dit ou fait l’astrologie. Dans la sociologie, une astrologie sommeille :

[À propos de la notion astrologique d’interdépendance universelle] « Une notion qui, en sociologie, peut être rapprochée du Zusammenhang des Lebens (liaison du vécu au quotidien) de Dilthey, d’une cohérence de la vie où chaque élément est pris en compte et complète le donné social » (p. XIV)

« À noter que la typologie zodiacale rappelle la théorie wébérienne de l’idéal-type, dans la mesure où chaque signe correspond au prototype purement théorique d’une personnalité, en liaison avec le symbolisme du signe. » (p. 248)

« Plus concrètement, cette empathie, pierre angulaire de la consultation, oblige l’astrologue à se mettre à la place de son consultant, d’entrer en quelque sorte dans sa peau afin de comprendre son fonctionnement psychologique. On peut en l’occurrence transposer ici la parole de Weber, afférente à la démarche cognitive de l’observateur en sociologie. [...] En réalité, cette sympathie, cette empathie par rapport à l’expérience d’autrui, une des clefs de la sociologie compréhensive, est aussi le sésame de tout praticien, dont l’objet est la psyché humaine. L’idéal-type de l’astrologue devra, même si c’est difficile, satisfaire à ces conditions opérationnelles de la consultation en engageant la totalité de son être. » (p. 390)

Point de vue normatif et envolées prophétiques

11 M. Maffesoli, « Éloge de la connaissance ordinaire », Le Monde daté du 24 avril 2001.

10Le point de vue sociologique n’est pas un point de vue normatif porté sur le monde. Le sociologue n’a pas, dans son étude des faits sociaux, à dire le bien et le mal, à prendre partie ou à rejeter, à aimer ou à ne pas aimer, à faire l’éloge11 ou à condamner. En l’occurrence, une sociologie de tel ou tel aspect du « fait astrologique » ne doit en aucun cas se prononcer en faveur ou en défaveur de l’astrologie, dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Or, Elizabeth Teissier demeure en permanence dans l’évaluation normative des situations, des personnes et des points de vue, prouvant qu’elle écrit en tant qu’astrologue et non en tant que sociologue des pratiques astrologiques. Ce jugement normatif se manifeste, comme nous le verrons tout au long de ce rapport de lecture, à différents niveaux :

12 Nous ne vérifierons pas ici la véracité des sentiments positifs à l’égard de l’astrologie que l’au (…)

1) Dans l’évaluation positive (défense) de l’astrologie. De ce point de vue, tous les moyens sont bons pour prouver l’intérêt de l’astrologie. E. Teissier se sert de façon générale de la légitimité des « grands » qui auraient accordé de l’intérêt pour l’astrologie12, quelle que soit la nature de leur « grandeur » (elle peut ainsi tout aussi bien citer Balzac, Goethe, Fellini, Thomas d’Aquin, Bacon, Newton, Kepler, Einstein, Jung, Laborit, le roi Juan Carlos d’Espagne ou l’ancien Président François Mitterrand) : politique, cinématographique, philosophique, littéraire et, bien sûr, scientifique.

2) Dans l’évaluation négative de la partie des astrologues jugés peu sérieux, mais aussi de la voyance et autres pratiques magiques. Si E. Teissier ne se prive pas d’être dans le jugement positif à l’égard de l’astrologie qu’elle qualifie de « sérieuse », elle n’hésite pas à porter un regard négatif sur les autres pratiques. En portant de telles appréciations, elle se comporte alors en astrologue en lutte pour le monopole de la définition de l’astrologie légitime, et nullement en sociologue :

« Qu’il s’agisse de la presse écrite, de la télévision, du minitel ou d’internet, les horoscopes foisonnent, noyés dans un contexte qui, la plupart du temps, n’est qu’une grossière caricature d’ésotérisme – voyance, cartomancie, tarots, numérologie et autres retours d’affection appartenant à l’univers magico-mystificateur de pratiques paranormales » (p. 4)

[Fustigeant ses confrères sur minitel] « rares sont les programmes vraiment sérieux – on peut les estimer à un nombre situé entre 50 et 100 – qui pratiquent une astrologie digne de ce nom. Les autres ? Des avatars plus ou moins ludiques, des cocktails habiles et mystificateurs qui usurpent le nom astrologie, leurs concepteurs nourrissant l’espoir que cela leur donnera une coloration peu ou prou scientifique » (p. 74)

« séparer le bon grain (les astrologues compétents) de l’ivraie (les exploiteurs opportunistes d’une crédulité générale latente) » (p. 294).

Critique de la « fast-astrology » d’une « pauvreté parfois consternante » (p. 305).

[Les rédacteurs en chef de magazines ou journaux acceptent de publier] « des prévisions bateau minimalistes et d’un niveau intellectuel souvent consternant » (p. 556)

3) Dans l’évaluation négative des scientifiques (astronomes notamment, mais pas seulement) qui ne veulent pas reconnaître la légitimité de la « science des astres » (cf. infra « L’astrologie victime d’un consensus socioculturel et de la domination de la ‘science officielle’ »).

4) Dans l’évaluation négative de nombres de journalistes ou de médias qui se moquent des astrologues et de l’astrologie (cf. infra « Les ‘données’ : anecdotes de la vie personnelle, médiatique et mondaine d’E. Teissier »).

13 Elle peut soutenir à d’autres moments que la vérité sort de la bouche du peuple, parce que – mythe (…)

5) Dans l’évaluation négative d’une partie du public usager des prédictions astrologiques. E. Teissier manifeste un souverain mépris, parfois teinté d’ironie ou d’une extrême condescendance, vis-à-vis d’une partie de son propre public13 :

[Dans les « appels à l’aide » du courrier, des lecteurs lancent de] « véritables cris d’alarme ou de désarroi jetés par des déprimés las de vivre et de se battre contre l’adversité » et certains « se lancent alors dans un historique englobant toute leur misérable existence et nous gratifient d’une épître interminable couvrant parfois une vingtaine de pages d’une petite écriture serrée et frileuse. » (p. 312)

[À propos d’une lectrice qui lui demande si elle croit aux envoûtements car elle pense que ses voisins marocains l’ont envoûtée et qui lui demande si elle connaît des « sorciers sérieux » qui pourraient l’aider] « Manifestement cette lectrice était affligée d’une confusion intellectuelle – sinon mentale – évidente. Car [...] elle assimilait la pratique astrologique à la magie et à la sorcellerie, auxquelles l’astrologie est totalement étrangère [...] » (p. 372)

[À propos d’un allemand qui lui envoie du courrier depuis 1981, « deux à trois lettres par semaine, parfois des petits paquets contenant des bibelots kitsch »] « Il a ainsi dépensé une véritable fortune en timbres depuis presque vingt ans qu’il s’adonne à cette déviance unilatérale, à ce monologue pervers. » (p. 377)

« Les couches les moins cultivées de la société, ouvriers et agriculteurs, sont peut-être les plus vulnérables à cette fascination globale et non discriminatoire. [...] pour peu qu’une idée soit séduisante et si possible étrange, les gens gobent sans discrimination ce qu’on leur sert, tant est profond le goût du merveilleux et mystérieux le besoin de renouer le dialogue avec l’ordre primordial, avec le cosmos. » (p. 470-471)

À propos de T. W. Adorno qui, dans un ouvrage critique sur l’astrologie, dit que celle-ci participe de l’acceptation par les dominés de l’ordre établi, E. Teissier écrit : « En l’occurrence, à quoi servirait de faire sentir à ces petites gens leur dépendance, de les appeler à la révolte ? Peut-être à les rendre plus malheureux encore qu’ils ne sont ? » (p. 582); et elle rajoute une page plus loin, sans s’apercevoir qu’elle semble parler d’elle-même : « Bref, le mépris et l’arrogance percent sans arrêt à travers ces textes, de même qu’un esprit dénué totalement de sérénité et d’objectivité. » (p. 583)

11Mais de même qu’il ne doit être ni dans l’éloge ni dans la détestation, le sociologue n’étudie que ce qui est et non ce qui sera. Or, E. Teissier annonce l’avenir à de nombreuses reprises, prophétisant ce qu’elle désire ou, comme on dit plus ordinairement, prenant ses désirs pour des réalités (à venir). Si l’astrologue critique la lecture de l’avenir dans le marc de café, elle n’hésite cependant pas elle-même à prédire l’avenir sur la base de ses simples intuitions personnelles :

« Mais notre regard se portera plus loin et tentera de se projeter sur une vision prospective, essayant de pressentir et de supputer, étant donné le contexte sociétal d’aujourd’hui, la probable évolution du phénomène bifide qui nous occupe : y aura-t-il fusion, intégration harmonieuse de cette conjonctionis oppositurum, dans une sorte de synthèse féconde, et alors quelle forme pourrait prendre cette dernière ? [...] En d’autres termes, dans quel sens ira, selon toute vraisemblance, cette mouvance sociale ? » (p. 9)

« Nous oserons même tenter une incursion imaginaire dans l’avenir, à la recherche, en quelque sorte, du temps futur et de l’évolution probable du phénomène socio-astrologique » (p. 69)

« Car la raison sèche, la raison ratiocinante a fait son temps. Voici venir l’âge d’une raison ouverte, d’une ‘raison plurielle’, réconciliée avec la passion et le vital en l’homme, sa libido – ou pulsion vitale – véhiculant à la fois sa sensibilité et son feu intérieur. » (p. 834)

« Mais les nouvelles énergies sont en marche, comme l’annonce Abellio, ‘l’incendie de la nouvelle science fera irruption dans le monde’ » (p. 850)

L’astrologie est une science, voire la plus grande des sciences

14 « [...] je n’ai lu nulle part dans sa thèse que l’astrologie était scientifique », A. Touraine, « (…)

15 Elle écrit par ailleurs : « D’autre part, la télépathie ne s’est elle pas imposée comme discipline (…)

12Contrairement à certains lecteurs pressés, et empressés de communiquer à la presse le résultat de leur précipitation, qui soutiennent que E. Teissier n’a jamais défendu l’idée que l’astrologie était une science14, une lecture exhaustive de la thèse fait apparaître très exactement le contraire. L’auteur parle diversement de la « science des astres » (à de très nombreuses reprises tout au long de la thèse) ou de « la science empirique des astres » (p. 258), de « la science par excellence de la caractérologie » (p. XI), de « la science par excellence de la personnalité » (p. 92 ou 815), de la « science de la qualité du temps » (p. 112), d’une « science empirique par définition » (p. 769) ou de « la reine des sciences » (p. 72)15. Parfois l’astrologie est considérée comme une science sociale parmi d’autres, parfois comme une « science de l’esprit » opposée aux « sciences de la nature » ou une « science humaine » (p. 98) opposée à l’astronomie comme « science de l’observation ».

« à défaut de pouvoir être classé dans les sciences exactes, s’agit-il d’un savoir à connotation scientifique – fût-ce par le biais des sciences humaines ? [...] Pour une large part, celle-ci, en tant que science empirique, est de l’ordre du vérifiable et échappe ipso facto à la notion de ‘croyance’. Car l’astrologie, en tant que système culturel cohérent, a pour ambition de déchiffrer le réel à l’aide d’un référentiel universel et permanent – l’alphabet céleste du système solaire – référentiel invariable et donc prévisible dans sa rigueur mathématico-astronomique » (p. 24-25)

« En effet, l’astrologie étant, au même titre que la psychologie, la sociologie ou la religion, une science de l’esprit [...] par opposition à une science de la nature (bien qu’elle englobe celle-ci dans son objet), il n’est pas question ici de faire appel à un positivisme rationaliste expérimental qui ne relèverait que du quantitatif » (p. 27)

« la problématique épistémologique soulevée par la nature des sciences sociales en général et par l’astrologie en particulier » (p. 48)

« Selon nous, on l’aura compris, l’astrologie est un système cohérent, mathématiquement rationnel (supra-rationnel, selon Fischler) et vérifiable d’un astrologue à l’autre, ayant pour soubassement les données astronomiques fournies par les observatoires, à l’encontre de pratiques occultes et plus ou moins gratuites. » (p. 579)

13Mais on trouve aussi, toujours dans l’ordre de la référence scientifique, des revendications de plus grande dignité et de supériorité. Non seulement l’astrologie est une science, mais c’est la plus haute des sciences :

« On peut dire en somme que sans être classable dans l’une ou l’autre de ces catégories de la connaissance, l’astrologie est une émanation partielle de chacune de ces disciplines qu’elle englobe en un système ambitieux. » (p. 22)

« Elle apparaît de ce fait comme peut-être la seule science objective de la subjectivité, avec ce qu’elle peut contenir d’hénaurme, au sens ubuesque du mot, et de dérangeant. » (p. 250)

« L’astrologie est la mathématique du tout(dans la Rome antique, les astrologues étaient d’ailleurs appelés les mathematici). Elle est holistiquement logique, au contraire d’une logique fragmentaire, linéairement rationnelle. » (p. 501)

« Que connaissaient-ils tous de cette science ? Car à nos yeux, c’en était une, une science humaine bien plus charpentée que beaucoup d’autres, qui étaient respectées, elles. D’où venait que la plus vérifiable était justement la plus tabou, la plus salie, la plus rejetée ? À croire que la vérité était maudite quelque part. » (p. 597-598)

14Il ne faut cependant pas attendre de l’auteur trop de cohérence au sujet de la scientificité de l’astrologie, car elle peut tout aussi bien soutenir à d’autres moments que ce savoir se situe entre le mythe et la science ou qu’il est finalement en lien avec la plupart des sciences humaines et sociales, la philosophie, la poésie, la religion et la mythologie. Cette variété des définitions hétérogènes participe de la volonté de mettre en évidence l’extraordinaire richesse et l’irréductible complexité de l’astrologie :

« S’appuyant sur un langage symbolique en congruence avec tous les niveaux de réalité de L’Etant, et ce aussi bien sur un plan collectif qu’individuel, elle participe avant tout des sciences qui étudient l’homme, comme la philosophie (en particulier la métaphysique, à travers la cosmogonie qu’elle implique), la psychologie, la médecine, la biologie; elle flirte avec la poésie; mais elle est partie prenante également des sciences qui étudient la société humaine et ses produits, comme l’histoire et les sciences politiques (à travers la théorie des cycles), les sciences sociales (à travers les modes, les mouvements collectifs et les mentalités), la prospective (via la prévision qu’elle permet). Et n’oublions pas la religion (en liaison avec son caractère originellement sacré, l’éthique et l’esthétique qu’elle sous-tend), ni, bien entendu la mythologie. » (p. 21).

« Nous verrons que l’astrologie se situe effectivement quelque part entre ces deux univers du mythe immémorial et de la pure scientificité… » (p. 210)

« L’astrologie qui se situe au carrefour de la philosophie métaphysique, de la religion et de la science, qui participe à la fois de l’image et du concept, se place également quelque part entre le sacré et le profane. » (p. 478)

15Ailleurs encore, l’astrologie est présentée comme étant presque à l’avant-garde du « Nouvel esprit scientifique » et participant d’une « épistémologie de la complexité ». Non seulement elle est une science, et l’une des plus grandes d’entre elles, mais en plus elle s’avère plus avancée que toutes les autres :

Le « système astrologique » est « orienté sur la loi hermétique des correspondances, sur l’idée de sympathie universelle, autrement dit sur la notion, essentielle pour le Nouvel Esprit scientifique, d’interdépendance universelle » (p. XIV)

« l’astrologie [...] non seulement ne serait pas en contradiction avec le paradigme du Nouvel esprit scientifique, mais serait au contraire depuis toujours en congruence totale avec ce dernier » (p. 752)

« On peut donc imaginer que la science n’admettra la validité de l’astrologie que lorsqu’elle aura elle-même changé de paradigme en se rangeant du côté du nouvel esprit scientifique et en acceptant de reconnaître la réalité de l’esprit. Car en dernier ressort, la science finira par atteindre ses propres limites en touchant les limites de la matière… » (p. 765)

« cette ‘crise de la science’ aboutit à une nouvelle Weltansschauung qui ne demande qu’à renaître, celle de la complexité (Morin). Tournant paradigmatique, donc, équivalent à un glissement d’une épistémologie vers une ontologie, cette épistémologie étant celle de la complexité (Morin) » (p. 843).

16Mais si l’astrologue est si en avance, c’est – nous explique l’auteur sans rire – qu’à la différence de l’astronome « qui a en général une approche purement physique et mécaniste de sa science » et qui « est hypnotisé par la petitesse des astres, leur éloignement, leur faible masse par rapport au soleil », lui, « en écoute la musique » (p. 98). La tristesse du savoir de celui qui « évalue le poids et la matière du disque, ses dimensions et sa température, suppute sa densité » (p. 98) est grande face à la joie de celui qui sait écouter « la musique des sphères, chère déjà à Plotin, avant qu’elle ne fasse rêver Kepler » (p. 98).

L’astrologie victime d’un consensus socioculturel

et de la domination de la « science officielle »

17Pourquoi, se demande E. Teissier, l’astrologie ne bénéficie-t-elle pas de la légitimité académique (universitaire) et scientifique (au CNRS) ? Sa réponse – formulée à maintes reprises dans le texte – est la suivante : l’astrologie (« la science des astres ») est victime d’un rapport de domination qui est parvenu à instaurer un véritable consensus socioculturel en sa défaveur. La science, souvent rebaptisée « science officielle », « pensée unique » ou « conformiste », opprime l’astrologie et fait croire au plus grand nombre qu’il s’agit d’une « fausse science » en cachant la réalité des choses (« conjuration du silence », p. 816). La « science officielle » est donc considérée comme une idéologie dominante, un « lieu totalitaire », un « impérialisme » ou un « terrorisme » face à cette « contre-culture » astrologique qui est maintenue dans un véritable « ghetto ». Pire encore, la science n’est qu’affaire de « mode » et de « convention » et ne parvient à maintenir sa domination que par un enseignement officiel qui dicte à tous ce qu’il est bon de penser :

« Plus ou moins consciemment, nous étions convaincue, à l’instar de toute personne fermée à l’astrologie a priori et par convention, que l’absence de tout enseignement officiel reléguait la science des astres dans les fausses sciences. » (p. IX)

« Presque aussi ahurissante était l’occultation de ce paramètre philosophique dans notre culture occidentale, le fait qu’à travers toutes nos études – jusqu’à vingt-quatre ans – jamais nous n’avions entendu parler d’astrologie. Mieux : on nous avait soigneusement caché – comme on continue de le faire – que les plus grands esprits – R. Bacon, St Thomas d’Aquin, Newton, Kepler, Balzac, Goethe, Einstein, Jung… avaient soit pratiqué, soit vénéré la science des astres. Pourquoi ce parti pris de mise au ban de la plus pérenne des connaissances humaines ? Nous prîmes alors conscience de la relativité du consensus intellectuel d’une époque, vouée aux modes, muselée par ses courants de pensée; nous nous apercevions que l’enseignement officiel était un colosse aux pieds d’argile » (p. X)

« un pays, une culture sont le reflet de leur enseignement académique qui dicte ce qu’il convient de penser, le bien penser. La doxa (l’opinion), véhiculée en particulier par les médias, tout en ayant la coloration du sens commun, reste néanmoins sous l’influence de la pensée conformiste qui lui sert de référence » (p. XII-XIII)

« cette allergie aux astres qui débouche sur l’ostracisme culturel face à une contre-culture provocatrice » (p. XIII)

« Les résultats de telles recherches pourraient changer l’actuel consensus socioculturel, entraînant un changement dans les mentalités, et ce notamment au sein d’une certaine intelligentsia que J.-M. Domenach appelle les gens du demi-savoir. » (p. XVI)

« croyance illicite, donc persécutée, ses partisans faisant éventuellement office de bouc émissaire. » (p. 24)

« un certain terrorisme desséché de la pensée scientifique officielle » (p. 25)

« du fait de sa ghettoïsation, le milieu astrologique peut s’inscrire parmi les minorités culturelles » (p. 32)

« lobby scientifique face à l’astrologie » (p. 52)

« rationalisme dominant, lequel se trouve également à la source de la suppression de l’enseignement officiel de l’astrologie » (p. 88)

« C’est seulement au XVIIème siècle que ces deux sciences bifurquent. La mode est désormais à l’astronomie, sœur matérialiste de l’astrologie. » (p. 94-95)

« Et, forte du consensus socio-culturel qui la soutient tel un socle confortable, elle [la science] se permet d’opérer des évaluations [...] et des appréciations [...] » (p. 736)

« La science apparaît comme un lieu totalitaire qu’il ne faut pas remettre en question, où la compétition et le mandarinat jouent un rôle essentiel pour nombre de scientifiques. » (p. 737)

18Les « préjugés » et les « clichés » sont ainsi du côté de la « science officielle ». Les rationalistes sont « agressifs », « dogmatiques », « attardés » et sont accusés de manque de curiosité pour ne pas vouloir s’intéresser à l’astrologie et, surtout, pour ne pas lui trouver de l’intérêt : « Aujourd’hui, l’obscurantisme, l’opposition aux Lumières n’est plus du côté que l’on croit. » (p. 816).

« la raison en tant que telle n’a-t-elle pas outrepassé ses prérogatives et trahi sa vocation de sereine souveraineté pour se scléroser, tel un vieillard tyrannique ? » (p. 7)

« dogme implicite et respecté de la pensée dominante d’une société, en l’occurrence de la nôtre » (p. 11)

« rationalistes agressifs et allergiques aux astres » (p. 42)

« C’est un truisme d’affirmer que les décideurs, les hommes d’affaires sont de grands pragmatistes : ils retiennent ce qui marche, et s’encombrent peu, si les faits le commandent, des préjugés inhibants des rationalistes purs et durs. » (p. 430)

« C’est bien là la problématique de l’astrologie face à la condamnation des rationalistes purs et durs : l’inadéquation du système rationaliste. Sous cet aspect, on peut sans doute se ranger du côté d’Abellio qui traitait ces derniers d’attardés. Lorsque les représentants de cette tendance se retrouvent dans les médias, ils se muent en robots de la pensée, en mercenaires du système rationaliste. » (p. 638)

« Comme on l’a vu dans Duel sur la cinq, le scientifique se retranche derrière ses phrases clés, des phrases à consonance magique, aussi paradoxal que cela puisse paraître pour un savant : ‘L’astrologie n’est pas scientifique’… Lorsque cet argument est ainsi récurrent, il fait figure à la fois de défense, d’attaque, de bouclier, à l’instar de l’encre projetée par la seiche. Visiblement on ne veut – on ne peut – accepter l’échange, la discussion, l’argumentation. On fait appel à ce qui ressemble à un véritable credo, celui de la science officielle. Derrière cette attitude on trouve bien évidemment de l’arrogance, du mépris, une condescendance de bon aloi, mais aussi beaucoup de peur; la peur d’être déstabilisé, la peur d’être confronté à un inconnu qu’on ne pourra ni intégrer ni gérer. D’où l’attitude iconoclaste du scientifique positiviste, qui se réfugie dans la déliance (à l’opposé de la reliance), dans un splendide isolement. » (p. 729)

« refus d’expérimenter que l’on constate presque universellement dans le domaine de la science officielle » (p. 756)

L’argument relativiste

19On voit bien qu’invoquant le consensus socio-culturel et la domination, E. Teissier avance les éléments clefs de la position la plus naïvement relativiste. Remplacez les enseignants de physique par des enseignants d’astrologie, appelez l’astrologie la « science des astres » et imposez la à tous ceux qui passent par l’institution scolaire et vous verrez que la théorie de la relativité ne vaut guère mieux que l’analyse astrologique du ciel natal. Tout est affaire de mode et d’imposition purement arbitraire. Tout est relatif.

« Nous ne pouvions accepter – ni même envisager – l’idée qu’une société entière, surtout en notre époque postmoderne – donc, pensions-nous, évoluée – pouvait avoir tort, qu’elle était, elle aussi, comme toutes celles qui ont précédé, essentiellement relative. » (p. IX)

« La valeur d’une discipline n’est-elle pas relative à ceux qui la jugent; or, ceux-ci peuvent-ils juger ex nihilo, dégagés de tout a priori, de toute influence, de toute détermination socioculturelle ? » (p. XVI)

20Il suffirait donc de changer les « critères scientifiques » et de conception de ce que l’on appelle une « preuve » pour faire passer l’astrologie de l’état de connaissance opprimée à l’état de véritable science :

« chaque fois, on voulut faire rentrer l’astrologie dans le moule des critères classiques de scientificité, et celui de Procuste était chaque fois trop petit, on s’en doute. » (p. 743)

« Tout le problème [...] réside dans l’acception qu’on peut donner du mot preuve, car ce que les astrologues allégueront sous ce nom sera dénié par les scientifiques hostiles à l’astrologie. » (p. XIV)

21Par ailleurs, si E. Teissier insiste à de nombreuses reprises sur l’absence d’enseignement de l’astrologie à l’université et sur l’absence de département de recherche astrologique au CNRS, c’est bien pour défendre la thèse de la valeur relative de la science actuelle et de l’enseignement tel qu’il est pratiqué. À partir d’un tel argument, fondé sur l’idée de vérité comme pur effet d’un rapport de force, on pourrait tout aussi bien dire qu’en enseignant officiellement l’« art de lire dans les lignes de la main » et en rebaptisant la chiromancie « science de la prédiction des destins individuels » on pourrait imposer un nouvel état de la pensée scientifique, ni plus ni moins valable que le précédent ou que le suivant :

« Un fait sociologique surtout nous interpellait : le vide pédagogique de l’astrologie dans les institutions officielles en notre époque. L’intelligentsia semble ignorer en général que cette discipline fut en réalité enseignée à la Sorbonne jusqu’en 1666 et en Allemagne jusqu’en 1821. » (p. XII)

« [Nous nous demanderons] quelles pourraient être les chances de réhabilitation officielle de l’astrologie liée à une situation épistémologique évolutive » (p. 69)

« L’absence de recherches officielles – pour lesquelles il faudrait des subventions de l’Etat –, le refus de prendre en considération le paradigme astrologique, ne serait-ce que pour le réfuter, par exemple au moyen d’un département d’études au CNRS, sont là des symptômes évidents de l’attitude volontairement partiale, omniprésente dans la science officielle. » (p. 762)

22E. Teissier émet donc des commentaires astrologiques, se livre à une défense de l’astrologie qui est, pour elle, la « reine des sciences » et adopte sans discontinuité le point de vue normatif de l’astrologue plutôt que le point de vue cognitif du sociologue étudiant l’astrologie. Est-ce que, malgré tout, ce point de vue d’astrologue et ce plaidoyer pour l’astrologie s’accompagnent d’une réflexion et d’un travail de recherche sociologiques ? L’objet de notre deuxième partie est de montrer qu’il n’en est rien.

Le mauvais traitement de la sociologie

23Il n’y a, dans le texte d’E. Teissier, aucune trace de problématique sociologique un tant soit peu élaborée, de données empiriques (scientifiquement construites) ou de méthodes de recherche dignes de ce nom. L’« hypothèse » floue annoncée (« à savoir cette ambivalence sociétale où prime cependant la fascination, ambivalence qui frise parfois le paradoxe et qui fait figure de schyzophrénie (sic) collective », p. 7) n’est d’ailleurs qu’une affirmation parmi d’autres qui ne débouche sur aucun dispositif de recherche en vue d’essayer de la valider (mais telle qu’elle est formulée, on a en effet du mal à savoir ce qui pourrait être validé ou invalidé).

24En revanche, on a affaire, comme nous allons le voir, à de nombreux usages douteux des références sociologiques, à des propos clairement a-sociologiques et anti-rationalistes exprimés dans un style d’écriture pompeux et creux, ainsi qu’à des « données » anecdotiques et narcissiques (E. Teissier à la télévision, E. Teissier et la presse écrite, E. Teissier et ses démêlés avec les scientifiques, E. Teissier et les hommes de pouvoir, Le courrier des lecteurs d’E. Teissier…) suivis de commentaires le plus souvent polémiques (règlements de compte ou récits des règlements de compte avec telle ou telle personnalité de la télévision, tel ou tel scientifique, etc.) ou d’une série de citations d’auteurs rarement en rapport avec les propos qui les précèdent et avec ceux qui les suivent.

Contresens et mauvais usages

25La thèse est truffée de références sociologiques souvent affligeantes pour leurs auteurs (Durkheim, Weber, Berger et Luckmann…) et se lance parfois dans des critiques qui montrent que les auteurs critiqués n’ont pas été compris. Il faudrait évidemment des dizaines de pages pour relever chaque erreur de lecture, chaque absurdité, chaque transformation des mots et des idées des auteurs cités et expliquer pourquoi ce qui est dit ne veut rien dire étant donné ce que les auteurs commentés voulaient asserter.

26Par exemple, le sociologue allemand Max Weber est particulièrement mal traité, systématiquement détourné dans le sens où l’auteur de la thèse a choisi de le faire témoigner. Weber, présenté comme le défenseur d’un « subjectivisme compréhensif » (p. 37) est ainsi inadéquatement invoqué à propos de l’« interactionnisme » :

[À propos des gens qui sont nés le même jour et qui se rendent compte qu’ils ont des points communs] : « On a ainsi des questions du genre : ‘Au fait, que vous est-il arrivé en 1978 ? N’avez-vous pas comme moi divorcé ?’ Et l’autre de rétorquer : ‘Tiens donc, c’est intéressant. C’est bien fin 1978 que mon couple a connu la crise la plus forte et il est vrai qu’avec ma femme nous avons songé à nous séparer…’ À n’en pas douter, ce genre de similitude crée des liens, dans la mesure où l’on se retrouve peu ou prou dans l’Autre et/ou que l’on s’y projette. À travers le dialogue qui s’instaure, on a affaire à un véritable interactionnisme qui, selon Weber, est ‘une activité [...] qui se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement’ » (p. 405-406)

27La « sociologie compréhensive » est invoquée à tort et à travers. L’auteur écrit qu’elle va mettre en œuvre « la méthode de la compréhension » (p. VII) en interprétant vaguement la « sociologie compréhensive » comme une sociologie qui donnerait raison aux acteurs (et, en l’occurrence, aux astrologues). Ne pas rompre avec l’astrologie, lui (se) donner d’emblée raison et voir en quoi tout ce qu’on peut lui reprocher est de mauvaise foi : voilà ce qu’E. Teissier comprend du projet scientifique de la sociologie compréhensive appliquée à l’astrologie. Et l’on pourrait faire les mêmes remarques à propos des références à l’« interactionnisme symbolique » dont l’auteur semble à peu près ne connaître que le nom :

« À travers ce que l’on pourrait appeler une herméneutique de l’expérience, c’est la recherche de ce sens, aussi complexe qu’il se révèle, qui sera l’objet du second volet, où nous pratiquerons une sorte d’interactionnisme symbolique (selon l’École de Chicago). Recherche du sens sous-tendu par cette Lebenswelt de l’astrologie, par le donné social, à l’aube de ces temps nouveaux. » (p. 463)

28L’on voit aussi se développer les « talents » d’argumentation critique de l’auteur dans ce commentaire de Durkheim, où l’on saisit que l’idée de traiter les faits sociaux comme des choses est « abusive, et donc difficile à admettre parce qu’inadéquate » :

« Dans Les règles de la méthode sociologique, Durkheim affirme que ‘les faits sociaux sont des choses’. Encore qu’à coup sûr il faille compter la mouvance astrologique dans les faits sociaux, cette identification, qui consiste à chosifier ainsi un phénomène qui est de l’ordre de l’esprit et du vivant, nous paraît abusive, et donc difficile à admettre parce qu’inadéquate. » (p. 278)

29Et que faire, sinon rire, face au drolatique contre-sens sur la pensée de Michel Foucault concernant l’« intellectuel spécifique ». L’auteur de la thèse n’ayant de toute évidence pas lu Michel Foucault invoque la soi-disant critique des « intellos spécifiques » (sic) par un Michel Foucault qui justement défendait (en grande ­partie contre Sartre) la figure de l’« intellectuel spécifique » contre celle d’un « intellectuel universel » : « quoique puissent en dire les ‘intellos spécifiques’, hostiles au savoir transdisciplinaire, stigmatisés par Michel Foucault » (p. 860).

Des propos a-sociologiques et parfois anti-rationalistes

30On a déjà fait remarquer que l’auteur de la thèse privilégiait le point de vue astrologique sur l’explication sociologique. Mais souvent les explications apportées sont clairement a-sociologiques et trop floues ou trop générales pour être considérées comme de véritables explications. Qu’elle évoque l’« atavisme » ou les « dispositions humaines ataviques » (p. 62), « la part d’ombre » (p. 8) de chacun d’entre nous, la « reliance astrologique intemporelle inscrite au cœur de l’humanité » (p. 62), le « réflexe de l’homme, archaïque et intemporel, universel et omniprésent, qui le porte depuis la nuit des temps à voir une admirable homothétie entre la structure de l’univers et la sienne propre d’une part, la nature qui l’entoure d’autre part » (p. 200), l’« héritage génétique » et le « ciel de naissance » (p. 243), l’« Urgrund commun à toute l’humanité » (p. 253), « la permanence et la similitude de la nature humaine, à la fois sur le plan diachronique et synchronique » (p. 483), E. Teissier explique la fascination des uns et le rejet des autres par la nature humaine, les planètes ou une vague « intuition miraculeuse ». Ainsi, commentant les résultats d’un sondage effectué par le journal Le Monde, outre sa polémique avec le journal, E. Teissier se demande face à l’information selon laquelle les femmes seraient plus intéressées que les hommes par l’astrologie : « Faut-il y voir la conséquence d’un syncrétisme ontologique qui la porte à davantage de perméabilité spontanée à tout ce qui est de l’ordre de la Nature, sans la mettre en porte-à-faux avec une intuition qu’elle ne renie pas… » (p. 280). Les exemples de la sorte sont très nombreux :

« faut-il y voir [dans la fascination pour l’astrologie] un souvenir béni de la mémoire collective, une intuition miraculeuse du fil ténu qui le rattache au cosmos et à mère Nature, comme sa sauvegarde, en somme, en ce monde où une science mécaniste et une société déshumanisée voudraient le maintenir cloué au sol ? Plus concrètement, ce clivage sociétal est-il à rapprocher de catégories socioprofessionnelles particulières, de certaines classes d’âge, de la différence de sexe, ou faut-il le chercher dans l’individu lui-même, dans sa part d’ombre, quelle que soit sa place dans la société ? » (p. 8)

« une recherche des dispositions humaines ataviques et récurrentes pour cette reliance astrologique intemporelle inscrite, semble-t-il, au cœur de l’humanité. » (p. 62)

« on pourrait parler de données immédiates de la conscience collective pour qualifier ce réflexe de l’homme, archaïque et intemporel, universel et omniprésent, qui le porte depuis la nuit des temps à voir une admirable homothétie entre la structure de l’univers et la sienne propre d’une part, la nature qui l’entoure d’autre part » (p. 200)

« En somme, on pourrait comparer l’influence astrale à un vent (cosmique) qui soufflerait dans une certaine direction, induisant des climats et des événements probables, sans préjuger de la réaction de l’homme. Celle-ci étant fonction de sa personnalité propre, elle-même héritée à la fois génétiquement et par le ciel qui l’a vu naître » (p. 243)

« On est ici au cœur d’un anthropomorphisme intemporel, immémorial, atavique, qui participe de cet Urgrund commun à tout l’humanité. » (p. 253)

31Mais c’est plus généralement toute explication un tant soit peu rationnelle qui est explicitement rejetée par l’auteur. Devant la trop grande complexité des choses, il faudrait abandonner tout espoir de parvenir à en rendre véritablement raison et laisser parler l’intuition sensible et le langage des symboles. Il est vrai que l’auteur est bien aidée dans cette voie par les auteurs qu’elle ne cesse de citer et qui s’affirment assez nettement anti-rationalistes :

« une question primordiale apparaît être la suivante : faut-il voir dans l’approche astrologique une émanation de l’Absolu qui, bien qu’éloignée des religions révélées, serait une tentative humaine pour appréhender, à travers l’ordre cosmique conçu par un Dieu créateur, la manifestation d’une transcendance ? Ou bien doit-elle être considérée comme le code explicatif et immanent d’une influence astrale purement physique, phénomène à rapprocher des sciences de la nature ? Et dans ce cas, quelle serait la source ontogénétique de cette miraculeuse adéquation universelle, le primum mobile ? La réponse à cette question ontologique ne peut qu’être individuelle, car elle se place hors du domaine de la Raison pure, dans celui de l’indémontrable. » (p. 263)

[Citation de Michel Maffesoli] « il convient de dépasser, sans nostalgie aucune, toutes les idéologies se réclamant des prémisses rationalistes (Éloge de la raison sensible, p. 44) » (p. 643)

[Citation en exergue de Michel Maffesoli] « Le rationalisme classique (en sociologie) a fait son temps… » (p. 813)

Refus de toute objectivation

32On aura compris que tout ce qui pourrait permettre d’objectiver et de saisir même partiellement la réalité censée être étudiée est rejeté par l’auteur fascinée, séduite (« Simmel étant par ailleurs – et avant tout – un philosophe de la vie, au même titre que Schopenhauer, Bergson ou Nietzsche, cela également était fait pour nous séduire [...] », p. 50) par « la vie » dans toute sa complexité; complexité que les rationalistes, les sociologues positivistes, etc., s’acharnent à vouloir réduire et abîmer. La « méthode » qui convient à un objet aussi complexe et subtil est celle qui est « sensible à l’univers mystérieux, voire insondable, de l’âme humaine ». Cette « méthode » est indistinctement désignée par les termes de « méthode phénoménologique », d’« empathie » ou de « sociologie compréhensive » :

« Du fait que l’objectivité parfaite rêvée par la sociologie positiviste se cantonne dans un idéal par définition inaccessible, du fait surtout de la nature de notre sujet, essentiellement complexe, parfois contradictoire dans ses manifestations, un sujet ayant de surcroît pour objet et pour centre un univers subtil où convergent croyance, philosophie, tradition, sacré, affect fait de peur et de fascination, une méthode quantifiante et axée sur des analyses purement rationnelles passerait à côté de la vraie nature du problème. Une autre méthode s’avère donc nécessaire, sensible au monde vécu quotidien d’une part, à l’univers mystérieux, voire insondable, de l’âme humaine d’autre part. S’impose dès lors une méthode phénoménologique qui privilégie l’empathie et ayant pour atout le mérite d’une proximité de l’objet : la méthode dictée par la sociologie wébérienne, bâtie sur la compréhension, prend alors toute sa valeur. » (p. 34-35)

33La pensée de l’auteur fonctionne à la façon de la pensée mythique, sans crainte de la contradiction. Pour elle, le « quantitatif » s’oppose au « qualitatif » comme le « carré » s’oppose au « courbe », le « simple » au « complexe » (ou au « subtil »), l’« artificiel » au « naturel », etc. Si elle n’aime pas les méthodes quantitatives, c’est à cause de leur « caractère plaqué et artificiel » (p. 57); si elle n’apprécie pas les statistiques, c’est parce qu’elle sont trop « carrées et linéaires » (p. 295), etc.

« Utilisant des matériaux aussi variés que parfois difficiles à appréhender parce qu’appartenant davantage à l’univers subtil du qualitatif qu’à celui, mesurable mais tellement moins riche, du quantitatif… » (p. 10)

« Il est néanmoins possible que certains esprits plutôt attachés aux chiffres, aux statistiques et aux faits bruts et simples (encore que l’existence de tels faits soit douteuse et carrément niée par Schutz) puissent trouver cette méthode trop libre, trop fluctuante (ondoyante, dirait Simmel… ou Montaigne !) et subjective, donc manquant de rigueur. » (p. 56)

34Mais si les statistiques sont trop grossières pour l’esprit subtil d’E. Teissier, elles peuvent aussi à l’occasion être utiles si on peut leur faire dire des choses positives sur l’astrologie. Par exemple, commentant un sondage sur l’astrologie publié dans Science et vie junior (p. 287-290), elle réagit au fait que les jeunes soient apparemment les plus intéressés par l’astrologie de la manière suivante : « on peut d’ailleurs se demander si cela ne traduit pas un lien avec le cosmos resté plus vivant – et pourquoi pas diraient les adeptes de la réincarnation, un résidu des vies antérieures ? » (p. 288). D’un seul coup d’un seul, les pauvres statistiques se transforment, tel le crapaud devenant prince charmant, en preuves irréfutables du sérieux et de la véridicité des analyses astrologiques :

« Car nonobstant nos réserves déjà annoncées plus haut, quant à la valeur des analyses quantitatives en général, il reste que des indications chiffrées sur les secteurs de populations adhérant à cette discipline – ou simplement intéressées par cette dernière à divers degrés – ne peuvent que s’avérer des plus précieuses. » (p. 81)

« il y a les statistiques qui sont favorables à l’astrologie d’une façon à la fois péremptoire et éclatante » (p. XV)

35Et l’auteur se lance parfois elle-même hardiment dans l’évaluation chiffrée, mais totalement intuitive, des faits sociaux : « je pense que ceux qui aujourd’hui en France, font profession d’astrologue et chez qui la spécialité ‘astrologie’ proprement dite constitue effectivement 90 % et plus de la pratique professionnelle, doivent être moins d’un millier. C’est plus une impression qu’un décompte minutieux, mais ce chiffre me paraît plausible. » (p. 302).

Un étrange discours de la méthode

36Le discours de la méthode chez E. Teissier est aussi précis que ses hypothèses et sa « problématique ». Tout d’abord, l’« objectivité » est selon elle un idéal parfaitement inatteignable (un paragraphe entier est consacré au thème de « L’utopie de l’objectivité », p. 28-31). Mais, comme à son habitude, peu hantée par le principe de non-contradiction, E. Teissier peut critiquer la prétention « positiviste » à l’« objectivité » et dire que les scientifiques manquent d’objectivité, ou encore affirmer qu’elle est elle-même animée par un « souci d’objectivité ». La question de la possibilité ou l’impossibilité d’une objectivité est donc beaucoup plus complexe que ce qu’un lecteur rationaliste peut modestement imaginer : son sort dépend de la phrase dans laquelle le mot « objectivité » s’insère. Et l’on comprendra que l’auteur revendique l’« objectivité » lorsqu’il s’agit pour elle de défendre l’astrologie :

« Du fait que l’objectivité parfaite rêvée par la sociologie positiviste se cantonne dans un idéal par définition inaccessible [...] » (p. 34)

« Si l’on veut faire œuvre de sociologue visant à une certaine objectivité, on ne peut donc reprocher à l’art royal des astres, d’être lui aussi, à l’instar de toute croyance, de toute idéologie ou de toute religion, peu ou prou tigrée – pour reprendre le joli titre durandien – de superstition, dans la mesure où cette dernière est omniprésente (et tellement relative au point de vue et à la culture de référence) dans la psyché humaine. » (p. 471)

« Les points que nous avons cru devoir mettre en relief sont relatifs à la fois à notre ­expérience et à notre sensibilité, donc à ce qui nous est proposé et que nous essayons de communiquer avec un souci d’objectivité. Mais qui peut prétendre à l’objectivité ? » (p. 534)

« Il est vrai que ce déchiffrage ne fut pas toujours aisé, dans la mesure où, étant impliquée nous-même, il nous fallait cependant faire preuve d’un maximum d’objectivité. » (p. 825)

37Pour E. Teissier tout est « méthode ». Par exemple, lorsqu’elle écrit : « D’où l’importance essentielle de la démarche méthodologique choisie, qui consistera à cerner les motivations et sources secrètes des attitudes et comportements sociaux. » (p. 20), on constate qu’une vague volonté de « cerner des motivations » équivaut pour elle à une « démarche méthodologique ». Lorsqu’elle écrit aussi que, dans sa thèse, « la méthode empirique paraît s’imposer » et qu’« elle sera (son) outil de référence » (p. 10), on voit que le mot « méthode », équivalent d’« outil de référence », est utilisé avec l’imprécision la plus grande : « la méthode empirique » semble s’opposer à d’autres « méthodes » (qui ne le sont pas), mais on ne sait pas de quelle méthode précisément il s’agit.

38Les termes « méthodes », « paramètres », « facteurs », « outils », etc., sont, en fait, utilisés de manière sémantiquement aléatoire, tant la fonction essentielle de ces usages lexicaux réside dans l’effet savant que l’auteur entend produire sur elle-même et sur le lecteur. Le fait que dans la première citation, E. Teissier dise que les « paramètres » dont elle parle (équivalent ici de « notions ») apparaîtront « ici où là, au hasard de cette étude », fait bien apparaître le caractère extrêmement rigoureux de la « démarche méthodologique » mise en œuvre…

« Et si les dieux me sont favorables, peut-être pourrons-nous apporter quelques modestes lumières sur l’univers astrologique d’aujourd’hui par rapport à cinq paramètres élémentaires qui, selon NISBET, caractérisent plus que tout autre la sociologie : communauté, autorité, statut, sacré, aliénation, toutes notions qui, ici où là, au hasard de cette étude, la marqueront d’une empreinte en filigrane » (p. 44)

Un grand paragraphe s’intitule « Les outils ou paramètres d’étude » (p. 60-86); « Si l’on vise l’efficacité d’une méthode, celle-ci doit impérativement s’instrumentaliser à travers des outils, ces auxiliaires de la connaissance. Ils nous permettront de prendre en compte les différentes couches de la population concernées par le phénomène astrologique » (p. 60); « Un dernier facteur sera effleuré (car trop important pour être traité en profondeur) avec les rapports de l’astrologie et du pouvoir » (p. 66); « Dans la liste des outils/miroirs de cette investigation… » (p. 83)

39En sachant tout cela, tout lecteur peut mesurer l’effet comique de la prétention toute verbaliste à la rigueur qu’affiche l’auteur de la thèse : « nous avons eu l’occasion de développer l’esprit de rigueurdont l’exigence nous habite depuis toujours. À cela s’ajoutait un souci de rationalité, de cohérence, mais cela à travers une forte curiosité intellectuelle au service d’une recherche de la vérité » (p. VIII). Visiblement, l’esprit ne parvient pas à guider les gestes.

Les « données » : anecdotes de la vie personnelle, médiatique et mondaine d’Élizabeth Teissier

40Si l’on entend par « données empiriques » des matériaux qui sont sélectionnés, recueillis et/ou produits en vue de l’interprétation la plus fondée possible de tel ou tel aspect du monde social, c’est-à-dire à des corpus de données dont les principes de constitution et de délimitation sont explicitement énoncés, on peut dire sans risque que la thèse d’E. Teissier ne contient strictement aucune donnée empirique. Si l’auteur avait une conception un tant soit peu empirique de la pratique de recherche en sociologie (rappelons qu’elle dit mettre en œuvre « la méthode empirique »), elle n’oserait par exemple pas écrire avec autant de légèreté et d’inconscience empirique qu’elle va suivre l’évolution de l’astrologie « à travers le temps et l’espace dans les sociétés les plus diverses, de la nuit des temps à nos jours » en annonçant explicitement qu’elle se livrera « à un rapide survol, aussi bien chronologique que géographique, diachronique que synchronique… » (p. 93). Mais pourquoi se donner la peine de mettre en place un véritable dispositif de recherche lorsque l’on pense que « la vitalité de l’astrologie aujourd’hui ne fait aucun doute » et que « pour preuve, il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles » (p. 792) ?

41De même, comment apporter une preuve de « l’intérêt de plus en plus marqué des médias pour l’astrologie » ? E. Teissier répond : « il n’y a pas une semaine où nous ne soyons pas sollicitée à participer, ici ou là, en France ou à l’étranger, à une émission de ce genre » (p. 274). En fait, E. Teissier enchaîne de manière aléatoire les anecdotes personnelles au gré de l’association de ses souvenirs : « Dans le contexte de l’être-ensemble, une autre histoire nous revient à l’esprit, où nous étions à la fois témoin et partie » (p. 412); « Une autre histoire exemplaire nous revient à l’esprit. » (p. 383), etc. Elle raconte ce qu’on lui a dit ou écrit et ce qu’elle a répondu. Ses commentaires, quand il y en a, se contentent de prolonger la polémique lorsqu’il y avait polémique (avec les journalistes, les animateurs de télévision, les scientifiques, etc.) et de souligner l’intérêt pour l’astrologie – malgré le consensus culturel en défaveur de l’astrologie et la ghéttoïsation de cette dernière – qu’illustrent certaines anecdotes. L’anecdote tirée « au hasard » (signe sans doute d’objectivité à ses yeux) fait toujours preuve :

« Nous pourrions allonger indéfiniment la liste de ces lettres qui sont autant de témoignages du puissant impact sociétal de l’astrologie aujourd’hui » (p. 345)

« Pour montrer que l’impact de l’astrologie n’a pas de frontières et s’exerce en priorité sur les jeunes intellectuels, mentionnons encore cette lettre qui nous parvint… » (p. 354)

« nous avons tenté de dresser un panel évocateur des diverses activités sociétales reflétant l’attraction des diverses couches de la société contemporaine pour l’astrologie… » (p. 462)

« Parmi les éléments qui tendraient à refléter la notion de fascination, on peut estimer que le simple fait que le président des Français ait fait appel à nous est en soi signifiant. » (p. 440)

« À travers ces quelques expériences exemplaires, choisies au hasard dans notre parcours, nous retrouverons des Leitmotive qui se répondent en contrepoint, manifestations quasi permanentes, voire endémiques du rejet socioculturel, du tabou de l’astrologie aujourd’hui. » (p. 544)

42Si elle fait également le compte rendu d’échanges de courriers avec certains lecteurs, pour « preuve » de l’ambivalence fascination/rejet vis-à-vis de l’astrologie (« C- Le courrier des lecteurs et téléspectateurs, baromètres de notre société », p. 311-386), il n’est aucunement question de constituer un corpus, ni même de faire une analyse sociologique, mais de donner à lire le courrier reçu, ainsi que les réponses envoyées (« Voici ce que nous avons répondu à ce lecteur :… », p. 319; « Voici la réponse que nous adressâmes à cette lectrice désorientée », p. 327). On n’a pas même d’évaluation précise des différents types de courriers qu’elle reçoit. Ainsi, à propos des lettres qu’elle range dans la rubrique « Les appels à l’aide », elle écrit de manière approximative : « Il s’agit certainement, quantitativement parlant, de la masse la plus importante de lettres reçues » (p. 312) ou encore que « Parmi les appels à l’aide, les lettres émanant de prisonniers ne sont pas rares » (p. 321).

43Et l’on va ainsi d’une anecdote à l’autre : E. Teissier en « face-à-face avec un astronome monolithique dans son agressivité » (p. 543), E. Teissier et Marcel ­Jullian, PDG d’Antenne 2 (p. 588-629) à propos de l’émission Astralement vôtre, E. Teissier et l’émission allemande Astrow-show entre 1981 et 1983 (p. 645 et suivantes), E. Teissier et l’émission Comme un lundi de Christophe Dechavanne du 8 janvier 1996 (p. 671-685), E. Teissier et l’émission Duel sur la cinq du 10 juin 1988 (p. 709-725), etc. Et à chaque fois, l’auteur émet des jugements péremptoires, polémique, formule des réponses agressives. Elle n’étudie donc pas les réactions à l’astrologie, elle la défend. Elle ne fait pas l’analyse des polémiques autour de l’astrologie, mais est dans la polémique, continuant dans cette thèse – comme sur les plateaux de télévision, sur les ondes radiophoniques ou dans la presse écrite – à batailler contre ceux qui considèrent que ce n’est pas une science.

16 Le lecteur aura noté au passage qu’une formation d’une durée de six mois permet d’acquérir « les f (…)

44Dans tous les cas, le narcissisme naïf est grand, bien que totalement dénié : « Bien que nous refusions dans ce travail de nous mettre en avant pour des raisons à la fois d’objectivité et d’une décence de bon aloi, on aura remarqué que nous fûmes à travers toute l’émission la seule astrologue à être prise à parti… » (p. 686). Non seulement les exemples pris par E. Teissier ne concernent qu’E. Teissier (alors même qu’elle aurait pu s’intéresser à d’autres collègues astrologues), mais les récits mettent toujours en avant la vie héroïque ou passionnante d’E. Teissier. C’est ainsi qu’elle raconte par exemple comment la rencontre de l’astrologie fut « le grand tournant de sa vie » : « Nous eûmes droit à notre nuit de Pascal – nuit boréale en réalité, car l’‘illumination’ dura quelque six mois, le temps d’apprendre les fondements cosmographiques et symboliques de l’art royal des astres16, suffisamment pour être éblouie des ‘convergences’ d’une part psychologiques, d’autre part événementielles avec notre caractère et notre vécu, ou ceux de notre entourage » (p. X). Ou encore, faisant le récit du contexte dans lequel elle a été contactée pour présenter l’émission allemande Astro-Show : « Lorsque, au tout début de 1981, à notre retour d’un voyage en Inde, nous trouvâmes trois messages consécutifs et quelque peu impatients de l’ARD (première chaîne télévisuelle allemande), nous fûmes plutôt surprise. Jusque-là en effet notre rayon d’action n’avait pas passé les limites du Rhin. » (p. 646).

45Le narcissisme rejoint l’indécence lorsque, après avoir donné à lire le courrier d’un lecteur, jeune maghrébin incarcéré aux Baumettes, elle écrit avec misérabilisme et condescendance et sans prendre conscience du ridicule : « Nous étions consciente à quel point le fait de dialoguer pouvait être important pour ce jeune homme visiblement égaré, tel un zombie, en ce bas monde. [...] Voici la teneur de notre réponse audit prisonnier : ‘Cher Eric, je ne trouve hélas le temps de répondre à votre lettre qu’au retour d’un séjour à l’étranger. Je vous envoie une analyse à titre tout à fait exceptionnel, et pour la somme purement symbolique d’un franc (vu votre situation actuelle). Votre thème me montre que votre futur florissant vous permettra de m’envoyer ce que bon vous semblera en temps venu. Sachez que vous devez ce cadeau d’une part à vos bonnes étoiles [...], d’autre part au fait que votre lettre m’a touchée, également du fait que j’ai deux filles, l’une Poisson, l’autre née en 1973, comme vous !… Je vous demande en revanche de bien vouloir en garder le secret, puisque l’ébruiter pourrait faire des jaloux [...]’ » (p. 323).

Une écriture boursouflée et creuse

46Le problème essentiel avec le style d’écriture que l’on trouve dans une thèse comme celle d’E. Teissier, réside dans le fait que l’on aura beau multiplier les « échantillons », répéter les citations en vue de prouver que l’on a affaire à une écriture jargonnante, peu rigoureuse, souvent incompréhensible, parfois proche de l’absurde, d’autres verront au contraire dans les mêmes extraits toutes les marques de la profondeur ou de l’intelligence du propos. Question d’habitude pourrait-on dire. S’il est habitué à un usage déréglé de la langue, le lecteur appréciera les acrobaties verbales ou les associations aléatoires d’idées un peu comme s’il était devant un grand poème pseudo-savant. Mais là réside exactement le problème : le sociologue n’est pas un poète. On peut apprécier les poèmes de René Char ou de Stéphane Mallarmé et ne pas accepter, en matière de sciences sociales, ceux qui s’acharnent à faire dans le creux et le vague en faisant passer le creux pour du profond et le vague pour du riche et du complexe. Devant un grand nombre de passages de cette thèse, nous pourrions émettre le jugement suivant : dans la mesure où nous croyons savoir ce que parler en sociologue veut dire, nous pouvons témoigner du fait que nous n’avons rien compris à ce qui a été dit. Mais qu’y aurait-il à comprendre lorsque rien n’a été vraiment dit ?

17 Sur les habitudes discursives et mentales voir B. Lahire, L’Invention de l’« illettrisme ». Rhétor (…)

47Que des sociologues en France aient contracté de mauvaises habitudes de parler et d’écrire, qu’ils tentent de les transmettre régulièrement à des centaines, voire à des milliers d’étudiants, cela constitue un fait social majeur. Cependant, on peut avoir acquis auprès de maîtres, prestigieux ou moins prestigieux, de telles mauvaises habitudes17, et vouloir néanmoins s’en débarrasser une fois qu’on en a pris conscience. Mais encore une fois ce que l’on peut appeler « mauvaise habitude de parler et d’écrire », à partir d’une conception un tant soit peu rationaliste de l’argumentation, est malheureusement perçue par beaucoup de ceux qui les mettent en œuvre comme un signe d’intelligence et de pensée originale et profonde. L’écriture et la parole déréglées peuvent ainsi se transmettre de génération en génération, sans que ceux qui transmettent ni ceux qui se les approprient ne sachent exactement de quoi ils parlent, dans l’obscurité de la relation enchantée de maîtres à élèves (ou disciples) où se constituent ordinairement de telles habitudes. Il suffit d’être fasciné, de trouver cela beau, profond, sensible, original, pour avoir envie de faire de même et paraître à son tour intelligent, original, sensible et profond. Le sens de tout cela peut très bien être totalement absent des mots qui s’écrivent et s’échangent et se situer exclusivement dans la relation fascinée au maître. Peu de signification discursive, beaucoup de signification sociale.

48Délire sémantique ou esbroufe verbale, plaisir des mots savants qui sonnent bien accolés les uns aux autres pour asserter des banalités sur un ton sérieux, enchaînements des citations d’auteurs aussi ésotériques les unes que les autres, la panoplie de l’écriture pseudo-savante et réellement floue est assez complète. Donnons-en quelques exemples en garantissant au lecteur que l’effet d’étrangeté n’est pas le produit d’une injuste décontextualisation :

« [...] à la recherche de cet infracassable noyau de nuit qui hante le cœur de l’homme depuis des temps immémoriaux ? » (p. 7)

[M. Maffesoli parle du « sentiment cosmique » qui « incline vers le vrai organique, le vivant, c’est-à-dire vers le naturalisme »] « Ce sentiment cosmique se trouvant de plus en plus impliqué comme trame de fond dans notre recherche, dont il constitue en quelque sorte le tissu, il allait de soi qu’il serve aussi de reliance et de sésame heuristique dans notre démarche, c’est-à-dire, dit concrètement,de fil rouge instrumental au service de notre projet de décrypter le donné social de ce que Dilthey appellerait la structure psychique que constitue l’astrologie. » (p. 49)

« Ainsi, comme lanterne magique pour nous guider à travers ces méandres heuristiques, nous utiliserons, comme accessoire à la raison objective et raisonnante la raison sensible maffésolienne ou l’intuition intellectuelle d’un R. Guenon, telle qu’elle est évoquée par F. Bonardel. » (p. 53)

« Au-delà de cette complexité qui ne doit pas être un mot refuge, nous cultivons l’espoir – l’utopie ? – qu’en fin d’analyse, ayant, même imparfaitement, décrypté les arcanes de notre problématique, nous pourrons adhérer pleinement à l’affirmation du sociologue lorsqu’il déclare que la complexité est ‘le défi à affronter, ce qui aide à le relever, et parfois même à le surmonter’ (E. Morin, Introduction à la pensée complexe) » (p. 68)

« En tout état de cause, on assiste ici à un triple trajet – ou trajectorialité, au sens durandien –, dans un va-et-vient simmélien qui s’inscrit en premier lieu entre le consultant et le système astrologique » (p. 76)

« Mais on trouve également un autre vecteur de cette trajectivité, à savoir celui entre ce même acteur social et la réelle présence (pour reprendre un expression chère à G. ­Steiner) du consulté, de l’astrologue en l’occurrence. En effet, il s’agit bien de la manifestation symbolique d’un présentéisme dépouillé de tout jugement moral, où seul intervient le laisser-être, à l’exclusion d’un aspect quelconque de contrainte, d’un devoir-être ». (p. 77)

« Ne doutons pas que c’est dans cette effervescence que se trouve la vérité sociétale. Et cette effervescence se focalise de plus en plus sur le monde des astres, nous l’avons, pensons-nous largement montré au cours de notre survol. On assiste en effet de plus en plus et dans tous les domaines du quotidien à une infiltration diffuse et effervescente de l’astral en nos sociétés postmodernes, en résonance, quelque part, à la coupure épistémologique, déjà évoquée, d’une postmodernité dont Maffesoli donne la définition suivante : ‘Sorte d’agglutination, à la fois disparate et tout à fait unie, d’éléments les plus divers’, impliquant un ‘style organique’, ce dernier se révélant ‘une bonne manière d’appréhender la raison interne d’une connaissance’ (Préface à Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, p. 90) » (p. 851)

« Tout au long de notre thèse, nous avons à l’instar de ce qui est la vocation et l’objectif du chercheur, tenté de déceler les prémices sous-jacents, les frémissements de ce qui est ‘en train de naître’ et qui se font sentir dans la réalité sociétale aujourd’hui. Cela en pratiquant ce que G. Durand appelle une ‘pensée concentrique’, c’est-à-dire une ‘pensée formant un système ouvert qui refuse de rester au centre mais qui va glaner ce qui se passe et se propage en périphérie à la recherche de l’humus sous-jacent’. Autrement dit, il s’agissait de suivre un processus de va-et-vient, en vases communiquants, tout en refusant de rester prisonnier d’une idée, d’aller à la rencontre de l’inconnu, de ce qui se vit dans le donné social, de ce qui émerge dans le champ expérimental du chercheur. De tout ce vécu, de cet observé, nous avons tenté de dégager la dynamique à travers une synergie de la pensée, en délaissant son contraire : la pensée unique, sous forme d’une doxa synonyme d’apparence. Nous avons ainsi pu faire état de ce maillage multiple, de ces innombrables passerelles qui s’effectuent entre échanges de savoirs, dans un désir commun de s’ouvrir à d’autres connaissances et de partager son intérêt, mais aussi à travers ces nouvelles technologies, longuement évoquées, où tout un chacun fait un pied-de-nez à cette pensée conformiste représentée par ceux qui détiennent un pseudo-savoir – un ‘demi-savoir’ selon J.-C. (sic) Domenach. Au fil de notre travail, nous avons pu mettre le doigt sur la confusion qui émerge par rapport à ces données, où sont mis à mal ceux qui croyaient détenir le savoir, cette pensée bien gardée, convenable, intellectuellement correcte, tout en montrant que son impérialisme peu à peu se désagrège – et ce en dépit d’un combat d’arrière-garde qui se voit voué à un échec à long terme. Comme nous avons montré, pensons-nous, l’inanité d’un intellectualisme desséché. ‘Le règne absolu de l’idée ne peut s’établir ni surtout se maintenir : car c’est la mort’ (in Le suicide de Durkheim cité par Maffesoli dans sa préface aux Formes élémentaires de la vie religieuse, p. 11). En paraphrasant K. Jaspers, on pourrait dire que ‘c’est dans la communication qu’on atteint le but de l’astrologie (la philosophie)’ (Introduction à la philosophie, p. 25), dans cet échange chaleureux (dionysiaque ?) entre esprits branchés sur des intérêts semblables, orientés en l’occurrence sur les arcanes célestes. » (p. 861)

Ce qui nuit réellement à la discipline 9« À Londres, s’il n’y a pas non plus de chaire d’astrologie à l’université, du moins peut-on obtenir un P.H.D. (doctorat) en astrologie si cette discipline est officiellement dépendante de la branche Psychologie; même biais possibles en France à condition de choisir un sujet de thèse limitrophe de la Sociologie, de la Philosophie ou de l’Histoire des religions et de se placer officiellement sous l’égide ces disciplines : on est obligé de camoufler, de tricher, de contourner les institutions qui sont manifestement en retard sur la réalité d’un consensus de plus en plus évident. » (p. 815-816). La vérité de la thèse d’E. Teissier est très clairement énoncée dans ces pages. Pour défendre la cause de l’astrologie, il faut avancer masqué : philosophie, histoire de religion ou sociologie peuvent être des entrées possibles pour l’astrologue. Mais si de telles stratégies de légitimation peuvent être imaginées, c’est que notre communauté scientifique les rend possibles. Et c’est cela qui pose fondamentalement problème au-delà du cas particulier de cette thèse. Que les choses soient claires : E. Teissier ne peut être tenue pour responsable de ce qui s’est passé à la Sorbonne et elle n’aurait pas même eu l’idée de frapper à la porte de notre discipline pour trouver un lieu de légitimation de ses propres intérêts d’astrologue, si celle-ci n’était pas le refuge d’enseignants-chercheurs dépourvus de rigueur et parfois très explicitement anti-rationalistes.

50Revenons à notre point de départ : des « collègues » (abondamment cités dans cette thèse) ont délivré un droit de soutenance à l’auteur de cette thèse, puis, avec d’autres, ont décidé de lui attribuer la mention « Très honorable ». Après lecture du compte rendu précédent, on comprend à quel point le sentiment de scandale du lecteur de la thèse est grand.

18 Lorsque l’on compte le nombre de thèses de doctorat soutenues par directeur de thèse, en France en (…)

19 M. Maffesoli, courriel daté du 23. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

20 Et ce d’autant plus qu’on a contribué à banaliser sa présence au sein de la discipline dans des ma (…)

21 Lettre de M. Maffesoli adressée par courrier électronique le 23. 04. 01. Une autre variante se ret (…)

22 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

23 On a pu lire ainsi dans la presse qu’« Elizabeth Teissier pourrait devenir le pion qu’on avance en (…)

51Évidemment, le directeur de la thèse, Michel Maffesoli, est Professeur de sociologie à l’université de Paris V et a même été promu à la première classe par le CNU, il publie régulièrement des ouvrages, préface des classiques de la sociologie, dirige une revue et fait soutenir des thèses à un rythme particulièrement élevé18, etc. Il soutient, avec l’aplomb cynique de celui qui sait pertinemment que la thèse ne sera pas lue intégralement par les étudiants ni même par les sociologues professionnels qui ont généralement d’autres tâches plus urgentes à faire, que la thèse d’E. Teissier est une thèse « sur l’astrologie » (à quelques « dérapages » près avoue-t-il19, en rajoutant de manière insultante pour tous les sociologues qui font leur travail d’évaluation des thèses sérieusement : « En toute honnêteté, lequel d’entre nous, directeur de thèse n’a pas laissé passer de tels ‘dérapages’ ? ») et non une « thèse d’astrologie ». Il peut donc utiliser l’argument du meurtre d’une école de pensée20 (« Il ne faudrait pas que cette thèse serve de prétexte à un nouveau règlement de compte contre une des diverses manières d’envisager la sociologie. »21) et dénoncer la « chasse à l’homme » qui est lancée contre lui : « Est ce que cette thèse n’est pas un simple prétexte pour marginaliser un courant sociologique, et disons le crûment, pour faire une chasse à l’homme, en la matière contre moi-même ? »22 Et c’est bien comme cela que certains collègues ont interprété les réactions négatives à cette soutenance de thèse et à l’attribution d’un titre de docteur en sociologie23. Or, il n’est bien sûr pas question de querelles d’écoles dans cette affaire, mais de rigueur scientifique (et même, plus largement, de rigueur intellectuelle) et de définition du métier de sociologue.

52Les véritables questions au fond que pose une telle « affaire » nous semblent être les suivantes : Comment parvenir à transformer collectivement les produits d’une histoire (académique et scientifique) mal faite (attributions abusives du titre de docteur en sociologie, recrutements universitaires peu rigoureux, revues scientifiques à faible contrôle scientifique…) ? Comment justifier, sans apparaître injuste et terroriste, l’affirmation selon laquelle Michel Maffesoli (entre autres) n’est pas sociologue et n’est pas en mesure de former les étudiants dont il dirige les travaux de recherche au métier de sociologue ? Ce sont ces questions que les sociologues doivent affronter. Sans prise de conscience collective de notre communauté scientifique, il n’y a aucune raison que ce genre de faits ne se renouvelle pas à l’avenir, avec moins de fracas, car tous les candidats n’auront pas l’honneur de la grande presse.

24 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01, op. cit. Voir aussi sa réponse à l’article de Jean Bric (…)

25 M. Maffesoli a qualifié, de manière tout à fait insultante, l’« ennuyeux jargon » des sociologues (…)

26 J. Bouveresse, Le Philosophe chez les autophages, Paris, Minuit, « Critique », 1984, p. 114.

53« Mais se servir de cette thèse, pour régler des comptes, pour sonner l’hallali, ne me paraît pas sain et, en tout cas, risque de nuire à notre discipline, en général », écrit Michel Maffesoli24. Nous espérons avoir contribué ici à montrer que ce qui « nuit à notre discipline » et ce qui n’est « pas sain », c’est très précisément le genre de spectacle dont la Sorbonne a été le théâtre sous la responsabilité d’un jury en grande partie composé de sociologues. Personnage cynique25, fin stratège, maniant habilement l’art du renversement des situations, Michel Maffesoli voudrait nous faire croire que « les fautifs ne sont pas ceux qui commettent les fautes [...], mais ceux qui ont l’impudence de les dénoncer »26. Gageons que les diverses réactions saines à cette affaire malsaine puissent donner l’occasion d’une réflexion collective sur le métier de sociologue et sur les conditions d’entrée dans ce métier.

Top of page

Notes

1 Je tiens à remercier Stéphane Beaud et Christine Détrez pour la lecture des premières versions de ce texte, ainsi que Charles Soulié pour les données sur les thèses soutenues en sociologie entre 1989 et 1995 qu’il m’a communiqué.

2 Ce n’était pas la première fois que M. Maffesoli faisait soutenir une thèse en rapport avec l’astrologie. Ainsi, en 1989, S. Joubert a soutenu une thèse de doctorat intitulée Polythéisme des valeurs et sociologie : le cas de l’astrologie à l’Université de Paris V, sous sa direction. Le résumé de cette thèse manifeste un style d’écriture d’une aussi douteuse clarté que celui que l’on découvre dans la thèse d’Élizabeth Teissier : « Les figures polythéistes loin d’être les images obsolètes d’un passé primitif ou révolu, sont l’expression d’un agencement métaphorique dans lequel le face-à-face des dieux témoigne d’un éclatement des valeurs dont il s’agit de reconnaître toute la puissance heuristique. Le polythéisme des valeurs pousse la connaissance vers une épistémologie psycho-mythique qui semble aujourd’hui sensibiliser, tant les sciences exactes que les sciences humaines; en congruence avec cette mutation épistémologique émergent des indicateurs sociaux qui confirment la transformation paradigmatique à l’œuvre dans la post-modernité, telle l’astrologie dont le succès que l’on connaît tend à exacerber certaines valeurs comme la synthèse, le holisme, l’interdisciplinarité, la complexité, l’analogie, la synchronicité, etc… En toile de fond de cet engouement populaire se dessine plus ou moins nettement un certain nombre d’enjeux essentiels un peu comme si l’anodin servait à l’occasion de miroir reflétant à contre-jour les orientations que la post-modernitése donne à elle-même. » (Source : Docthese 1998/1). La thèse vient de paraître (L’homme d’aujourd’hui et les autres : fascination et rejet, Paris, Plon, 2001).

3 Directeur d’études à l’EHESS (psychologie sociale).

4 Professeur de philosophie à l’Université de Paris I.

5 Professeur de sociologie à l’Université de Montpellier III.

6 Professeur émérite à l’Université de Grenoble II, Fondateur du Centre de Recherche sur l’Imaginaire.

7 Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg II.

8 Un tel travail de lecture demande beaucoup de temps et porte plus que l’ombre du doute sur les lectures d’« un jour », comme celle d’Alain Touraine, qui affirme ainsi : « Je me suis présenté le premier et j’ai consacré la journée du 15 mai à sa lecture » (« De quoi Élizabeth Teissier est-elle coupable ? », Le Monde daté du 22 mai 2001).

9 C’est pour cela que nous ne pouvons pas suivre Jean Copans (« La sociologie, astrologie des sciences sociales ? », Le Monde daté du 30. 04. 01) lorsqu’il fait porter la critique sur les objets jugés trop futiles (« Les incivilités dans le 93 », « Mon portable, mon ordinateur et ma belle-fille », « L’interculturel entre la rue des Rosiers et le quartier de la Rose »).

10 Tout ce que nous mettons entre guillemets dans ce texte sont des extraits de la thèse. Les italiques sont des choix de soulignement de l’auteur de la thèse et les gras sont nos propres soulignements de lecteur.

11 M. Maffesoli, « Éloge de la connaissance ordinaire », Le Monde daté du 24 avril 2001.

12 Nous ne vérifierons pas ici la véracité des sentiments positifs à l’égard de l’astrologie que l’auteur prête à diverses personnalités.

13 Elle peut soutenir à d’autres moments que la vérité sort de la bouche du peuple, parce que – mythe du « bon peuple » oblige – celui-ci serait moins perverti par les institutions académiques, culturelles et médiatiques officielles : « Les gens simples, moins victimes d’a priori (il s’agit d’un terrain intellectuel en quelque sorte vierge) sont plus réceptifs, donc plus vrais par rapport à ce genre de constat, de reconnaissance. » (p. 483). Ou encore : « Il est certain que l’instinct populaire, très sûr parce que nourri de toute l’expérience humaine, cet ‘inconscient collectif’ cher au psychologue C. G. Jung, a depuis toujours l’intuition d’une action du ciel sur ce qui vit sur terre. » (p. XV).

14 « [...] je n’ai lu nulle part dans sa thèse que l’astrologie était scientifique », A. Touraine, « De quoi Élizabeth Teissier est-elle coupable ? », op. cit.

15 Elle écrit par ailleurs : « D’autre part, la télépathie ne s’est elle pas imposée comme discipline scientifique depuis les expériences de Rhine ? » (p. 281).

16 Le lecteur aura noté au passage qu’une formation d’une durée de six mois permet d’acquérir « les fondements cosmographiques et symboliques de l’art royal des astres ». L’effort n’est finalement pas si considérable que cela pour pouvoir « écouter la musique » des planètes.

17 Sur les habitudes discursives et mentales voir B. Lahire, L’Invention de l’« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates, Paris, Éditions la Découverte, Coll. « Textes à l’appui », 1999.

18 Lorsque l’on compte le nombre de thèses de doctorat soutenues par directeur de thèse, en France entre 1989 et 1995, on s’aperçoit que Michel Maffesoli arrive très largement en tête des directeurs de thèse avec 49 thèses (en 7 ans, soit en moyenne 7 thèses par an) soutenues, loin devant Louis-Vincent Thomas (33). Puis viennent Pierre Ansart (22), Jean Duvignaud (22), Pierre Fougeyrollas (19), Raymond Bourdon (17), Annie Kriegel (14), Alain Touraine (14), Jacques Lautmann (12), Robert Castel (11), Jean-Michel Berthelot (10) et Roger Establet (10).

19 M. Maffesoli, courriel daté du 23. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

20 Et ce d’autant plus qu’on a contribué à banaliser sa présence au sein de la discipline dans des manuels universitaires « respectueux de la pluralité des écoles et des sensibilités », comme le mentionne la quatrième de couverture de l’ouvrage La Sociologie française contemporaine (sous la direction de J.-M. Berthelot, Paris, PUF, 2000); ouvrage qui comprend un chapitre, signé par Patrick Tacussel, intitulé « La sociologie interprétative. Un tournant postempiriste dans les sciences humaines en France », p. 117-125.

21 Lettre de M. Maffesoli adressée par courrier électronique le 23. 04. 01. Une autre variante se retrouve dans le texte accompagnant le courrier : « Une question de bon sens se pose, est-ce que, finalement, cette thèse non lue, n’est pas prétexte à règlement de compte contre un type de sociologie que je représente ? »

22 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01 adressé à de nombreux sociologues.

23 On a pu lire ainsi dans la presse qu’« Elizabeth Teissier pourrait devenir le pion qu’on avance en surface pour régler des affaires plus souterraines, relevant des querelles de chapelle ou des jeux de pouvoir entre ‘grands’ de la sociologie » (O. Piriou, « Banalité d’Elizabeth Teissier », Le Monde daté du 30. 04. 01).

24 M. Maffesoli, courriel daté du 25. 04. 01, op. cit. Voir aussi sa réponse à l’article de Jean Bricmont et Diana Johnston (« Le monde diplomatique », août 2001) : « L’astrologie, la gauche et la science », in « Le monde diplomatique », 2 octobre 2001, p. 2.

25 M. Maffesoli a qualifié, de manière tout à fait insultante, l’« ennuyeux jargon » des sociologues d’« argot de proxénètes » dans la préface au livre de Alfred Schutz, Le Chercheur et le quotidien, Paris, Méridiens Klincksieck, 1987, p. I.

26 J. Bouveresse, Le Philosophe chez les autophages, Paris, Minuit, « Critique », 1984, p. 114.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 275 followers

%d bloggers like this: