Chute du mur/20e: Attention, un mur peut en cacher d’autres (What about Vietnam?)

9 novembre, 2009
Vietnamese dissidents arrestedRappelons que tous les murs ne sont pas abattus! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique: le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Guy Sorman
De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent. Winston Churchill (Westminster College, Fulton, Missouri, le 5 mars 1946)
Faites tomber ce mur, M. Gorbatchev! Ronald Reagan (Berlin, juin 1987)
Un président américain ratera les événements qui souligneront la fin d’un combat auquel nous avons, en tant que nation et sous des présidents des deux partis – consacré sang et argent pendant 50 années. Pour Barack Obama, 1989 est juste une autre année lointaine – et le Parti démocrate d’hommes comme Harry Truman et JFK n’a jamais été aussi lointain. Rich Lowry
La torture est maintenant une pratique répandue dans les prisons palestiniennes. Les techniques ont évolué. Les différents services de sécurité de l’Autorité palestinienne utilisent à présent des méthodes qui laissent moins de traces. Ils s’inspirent souvent des Israéliens, mais aussi des Américains, qui les entraînent en Jordanie. Shawan Jabarin (directeur de l’organisation de défense des droits de l’homme al-Haq)
Les membres du Fatah ont beaucoup appris dans les prisons israéliennes. Abou Ali (ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne)
D’ailleurs, l’immense majorité des dissidents de l’Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Slavoj Zizek
Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer. Duy Hoang (membre du parti réformiste interdit Viet tan)
Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des “lois” arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée. Do Hoang Diem (Viet Tan)

Attention: un mur peu en cacher d’autres!

En ce 20e anniversaire de la Chute du mur de Berlin (qui est aussi le 71e de la Nuit de cristal) et Journée mondiale de la liberté institué en novembre 2001 par George Bush (à quand, à défaut d’un nouveau Nuremberg, une Journée commémorative pour les quelque 70millions de victimes?) …

Snobés par un nouveau chef de file du Monde libre trop occupé à dénigrer son propre pays (y compris pour ses… victoires!) et courtiser les tyrans de la planète, comme en témoigne l’annonce de sa rencontre avec les dictateurs birmans en fin de semaine …

Pendant que, dans les Etats policiers du Moyen-Orient et sous couvert d’une véritable orgie de critiques contre le seul “mur israélien”, continuent plus que jamais tortures et exécutions extra-judiciaires comme purification religieuse contre les non-musulmans ou censure de toute référence au bouc émissaire sioniste jusqu’au Journal d’Anne Frank

Corruption généralisée, arrestations et détentions arbitraires (3 journalistes et 17 blogueurs), non-respect de la liberté de parole et d’expression, intimidation des militants pour la démocratie, restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques, confiscations des biens de l’Eglise catholique, surveillance policière et harcèlement de l’église mennonite dans les zones des minorités ethniques, interdiction de créer un syndicat des travailleurs indépendant, mauvaises conditions de travail, bas salaires et traitements dégradants …

Retour sur ces autres murs qui, comme le rappelait tout récemment Guy Sorman, n’ont “plus besoin, avec les alternatives plus sophistiquées du contrôle des frontières et de la censure d’internet, d’être en béton” mais restent appuyés sur la force militaire et policière.

Et notamment, derrière les cas notoires des Chine, Corée du nord et Cuba, celui, “glissé sous le radar” après un début de libéralisation pendant que d’autres conflits occupaient les unes des médias, du Vietnam.

Que, malgré les efforts du Parti réformiste Viet Tan et après avoir payé pourtant de la vie de près de 60 000 de ses soldats, le Monde libre semble apparemment avoir décidé d’abandonner à son triste sort …

M. Obama, rendez le Vietnam libre!
Duy Hoang
Wall Street Journal
30 janvier 2009

La “douce” puissance Américaine peut inciter au changement démocratique.

Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. »

Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer.

D’un point de vue purement stratégique, le Vietnam se trouve en plein milieu de l’Asie du Sud-Est, à côté de la Chine et de la Thaïlande, et en parallèle avec les importantes lignes maritimes de la mer de Chine méridionale. L’Amérique ne pourrait que se réjouir de voir s’instaurer là-bas un régime pacifique et démocratique. Dans une perspective plus large, l’un des plus importants faux pas de la politique étrangère de l’Amérique au 20e siècle a été l’abandon du Vietnam au Parti communiste. Les temps ont changé, mais pas le Vietnam qui dispose pourtant d’un potentiel d’ancrage économique dynamique et libéral en Asie du Sud-Est. En utilisant la puissance douce, les États-Unis disposent des moyens diplomatiques permettant d’aider le peuple vietnamien, et les intérêts américains.

Le Vietnam est prêt pour le changement. Le Vietnam n’est pas la Malaisie ou l’Indonésie, en proie à des conflits sectaires. Il n’est pas non plus comme la Chine, malgré les ressemblances superficielles des gouvernements communistes dans des pays de culture confucéenne, gouvernements qui ont essayé d’offrir à leur peuple la croissance économique en échange d’une allégeance politique.

Alors que les dirigeants chinois aspirent au statut de grande puissance, les communistes du Vietnam maintiennent une position de subordonné avec la Chine, en s’appuyant sur le soutien politique de Pékin. En conséquence, alors que le Parti communiste chinois peut manipuler les sentiments nationalistes pour asseoir son contrôle, le Parti communiste vietnamien doit tempérer le nationalisme de peur de voir son pouvoir menacé. Hanoi est déjà confronté à une facture élevée pour ses mauvaises politiques et ses échecs de la réforme. Les compagnies multinationales ne peuvent pas ignorer l’énorme marché chinois, mais elles peuvent se permettre de faire l’impasse sur le Vietnam si l’environnement devient trop difficile ou le système politique trop répressif.

Un autre facteur décisif est la relative homogénéité des attitudes et de la diaspora vietnamienne. Estimée à 1,5 millions de personnes aux États-Unis et à trois millions dans le monde, les Vietnamiens de l’étranger sont pour la plupart des boat people qui ont fui en tant que réfugiés politiques à partir de 1975. Avec un passé commun, nombreux sont ceux qui partagent l’espoir d’un Vietnam libre et démocratique pour l’avenir. Pendant ce temps, le Vietnam possède l’une des populations les plus pro-américaines dans le monde. Au Vietnam, le régime n’apprécie pas les États-Unis, mais « la rue » aime l’Amérique. Tant que la politique américaine reste concentrée sur la mobilisation de la population vietnamienne, elle peut s’appuyer sur un énorme réservoir de bonne volonté.

Ce qui ne veut pas dire que Washington doive enfreindre la loi pour renverser le régime de Hanoi. Les changements politiques, lorsqu’ils arrivent, devront être l’œuvre du peuple vietnamien. Mais si M. Obama veut encourager l’évolution politique au Vietnam, il a des outils à sa disposition qui pourraient avoir un impact important. L’outil le plus important est tout simplement le ton que Washington donne à ses relations avec Hanoi. Les responsables américains doivent clairement faire savoir que les États-Unis travailleront avec le régime dans la mesure où c’est le gouvernement actuel, mais que l’Amérique est d’abord et avant tout un partenaire du peuple vietnamien.

Les États-Unis pourraient commencer en se prononçant contre les arrestations arbitraires, l’intimidation des militants pour la démocratie et les restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques. Pour que les États-Unis parlent d’une seule voix, toutes les administrations impliquées au Vietnam, comme le Département d’État, du Commerce et de la Défense doivent avoir des priorités cohérentes. Une politique plus forte des droits de l’homme exige aussi que l’administration se conforme à la lettre et à l’esprit de la Loi sur la Liberté Religieuse Internationale. L’administration Bush a fait une erreur lorsqu’elle a retiré le Vietnam de la liste des pays particulièrement préoccupants pour les violations de la liberté religieuse afin de faire avancer d’autres objectifs diplomatiques.

Les États-Unis devraient s’impliquer dans toutes les facettes de la société vietnamienne. L’éducation est un domaine clé. Les programmes pour que les jeunes vietnamiens puissent étudier dans les universités américaines devraient recevoir un financement accru. Dans le même temps, les opportunités doivent être créés pour des universitaires et des experts basés aux USA d’échanger des idées avec le public, au Vietnam, par exemple par le biais de forums organisés par l’ambassade américaine à Hanoi. Les discussions politico-militaires des USA avec le gouvernement vietnamien et le Programme International d’Entrainement et de Formation Militaire du Pentagone encourageront l’Armée populaire du Vietnam, non seulement à moderniser ses capacités opérationnelles, mais aussi à modifier sa manière de penser en termes d’équilibre des relations civiles et militaires pour se concentrer sur la mission fondamentale de l’armée – qui est de défendre le pays contre des menaces extérieures.

Les États-Unis peuvent également aider pour que le peuple vietnamien ait son mot à dire sur son propre avenir en soutenant la société civile. Les programmes dirigés par le gouvernement vietnamien et d’autres canaux officiels sur la santé, l’éducation, la micro finance ne constituent pas une solution à long terme. Les États-Unis peuvent soutenir des capacités locales en explorant toutes les possibilités de coopérer directement avec le secteur privé vietnamien, avec des individus et des organisations communautaires. Les États-Unis doivent établir le dialogue avec les organisations vietnamiennes pro-démocratie ainsi qu’avec des éléments favorables aux réformes au sein du régime. Le message des États-Unis devrait être : « Il appartient au peuple vietnamien de choisir son propre gouvernement. En tant qu’ami du Vietnam, nous sommes prêts à écouter tous ceux qui ont des vues constructives. »

En effet, la politique américaine doit répondre à l’enthousiasme pour le changement sur le terrain. S’appuyant sur l’expérience de l’Europe de l’Est et d’ailleurs, les États-Unis peuvent également contribuer à rassurer ceux qui sont au pouvoir que le changement ne doit pas être destructeur ni mener au chaos.

Les principales décisions de la politique des États-Unis envers le Vietnam depuis la normalisation des relations en 1995 – comme l’accord de commerce bilatéral et les relations commerciales normales permanentes – ont souvent été justifiées par leur effet à long terme favorisant une plus grande ouverture. Mais le long terme peut se situer très loin. Le choix de la politique de l’administration Obama n’est pas de savoir si le Vietnam libre est simplement un résultat souhaitable à long terme, mais s’il devrait être un objectif réel à plus court terme. En se tenant du côté du peuple vietnamien, les États-Unis ont la possibilité de transformer le Vietnam et, en définitive, une large région de l’Asie.

M. Hoang est un des dirigeants de Viet Tan aux États-Unis, un parti politique pro-démocratie et non autorisé au Vietnam.

Voir aussi:

Témoignage de Viet Tan sur la situation des droits de l’homme devant le Parlement australien
Do Hoang Diem
Viet Tan
19/03/2009

Exposé de M. Do Hoang Diem
Président de Viet Tan

Témoignage devant la Sous-Commmission des Droits de l’Homme,
la Commission permanente mixte des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce,

le Parlement d’Australie

Enquête sur les Mécanismes des Droits de l’Homme en Asie-Pacifique
19 mars 2009

***

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie d’avoir invité Viet Tan (Parti pour la Réforme du Vietnam) à témoigner lors de cette audience publique d’aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur les mécanismes des droits de l’homme en Asie-Pacifique. Viet Tan est un parti défenseur de la démocratie, actif au Vietnam bien qu’il y soit officiellement interdit. Notre objectif est d’améliorer la situation actuelle des droits de l’homme et de susciter un changement politique pacifique à travers le pouvoir du peuple vietnamien. Nous croyons qu’une société libre, non seulement est le meilleur moyen d’exploiter le vaste potentiel du pays et de son peuple, mais aussi constitue les fondations des mécanismes des droits de l’homme. En outre, un Vietnam démocratique peut être un pilier de prospérité et de stabilité dans la zone Asie-Pacifique.

Situation actuelle au Vietnam

Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des « lois » arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée.

Je voudrais illustrer plusieurs sujets de préoccupation

1. Arrestation et détention arbitraires

Le gouvernement utilise des décrets ambiguës et des dispositions juridiques visant à criminaliser l’expression politique et à considérer une opposition légitime et pacifique comme attentant à la sécurité nationale. Usant de lois aussi puissantes, le gouvernement vietnamien a lancé une série de répressions que Human Rights Watch a qualifié de pire en 20 ans. Plus récemment, en septembre 2008, de nombreux militants pour la démocratie (dont Nguyen Xuan Nghia, Pham Thanh Nghien, Ngo Quynh, Vu Hung, Tran Duc Thach, Nguyen Van Tuc et Pham Van Troi) ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts en faveur de la démocratie et pour avoir diffusé des slogans critiquant le gouvernement. Ils sont toujours détenus sans aucune accusation formelle. Dans le cas de Pham Thanh Nghien, bien qu’elle soit détenue depuis déjà six mois, sa famille n’a pas encore été autorisée à lui rendre visite. Sa santé serait en train de se détériorer.

2. Liberté de parole et d’expression

La constitution du Vietnam garantit la liberté d’expression et de la presse ; pourtant le gouvernement continue d’étouffer les journalistes indépendants d’esprit et Internet. Les autorités persécutent notamment ceux qui discutent de pluralisme politique ou qui s’interrogent sur les politiques concernant des questions sensibles comme la corruption impliquant des fonctionnaires du gouvernement ou des différends frontaliers avec la Chine. Par exemple deux journalistes, Nguyen Viet Chien et Nguyen Van Hai, respectivement des quotidiens Thanh Nien et Tuoi Tre, ont été arrêtés pour avoir exposé le scandale de corruption politique portant sur plusieurs millions de dollars et impliquant le détournement de fonds, les jeux de hasard et la prostitution au ministère des Transports (PMU-18) [1]. Ces hommes ont ensuite été jugés, condamnés et accusés d’avoir « abusé des libertés démocratiques ».

De même, ces derniers mois, les autorités ont lancé une campagne pour faire taire les militants sur Internet. Un blogueur bien connu, Dieu Cay, a été arrêté après avoir critiqué la politique du gouvernement sur les litiges territoriaux avec la Chine. Il a été condamné à 30 mois de prison pour « fraude fiscale » dans un procès qui a été condamné par la communauté internationale. Sa famille et ses collègues blogueurs ont été constamment harcelés et menacés.

Le gouvernement est même allé jusqu’à promulguer un nouveau décret en décembre 2008 interdisant aux blogueurs de publier des articles susceptibles d’être considérés comme « attentant à la sécurité nationale ». Ce nouveau décret impose aux fournisseurs internationaux de services Internet de fournir aux autorités des informations sur les utilisateurs privés.

3. Liberté religieuse

Toutes les organisations et pratiques religieuses au Vietnam doivent être officiellement enregistrées et reconnues par le gouvernement. L’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV) est toujours hors-la-loi et son plus haut dirigeant, le Vénérable Thich Quang Do, a été soumis arbitrairement à la détention à domicile et au harcèlement depuis plus de trente ans.

L’Église catholique souffre encore de grandes restrictions. Toute nomination ou affectation de son clergé exige l’approbation du gouvernement. En septembre 2008, plusieurs grandes veillées de masse ont été effectuées par l’archevêque de Hanoï et la paroisse de Thaï Ha, avec parfois la présence de plus de 15 000 fidèles, veillées demandant la restitution des propriétés confisquées de l’Église. Huit de ces paroissiens ont été arrêtés puis condamnés.

Mais plus opprimée encore est l’Église mennonite, là où ses adeptes appartiennent principalement à des minorités ethniques vivant dans les Hauts Plateaux du centre du Vietnam. Un des dirigeants de l’Église, le pasteur Nguyen Hong Quang a été maintes fois arrêté et emprisonné pour avoir exercé sans autorisation officielle. Lui et ses collègues font actuellement l’objet d’une surveillance policière et de harcèlement.

4. Droits des travailleurs

Il n’y a pas de syndicat des travailleurs indépendant reconnu au Vietnam. Il est interdit aux travailleurs de former un tel syndicat ou d’y adhérer.

Le seul syndicat qui existe est un organe de l’État appelé Confédération Générale du Travail du Vietnam, qui répond directement au Parti communiste vietnamien. En raison de cette antinomie, les droits des travailleurs sont souvent violés et négligés. Ces dernières années, des grèves à grande échelle ont eu lieu dans tout le pays en raison de mauvaises conditions de travail, de bas salaires et de traitements dégradants. Des milliers de travailleurs ont participé à ces grèves et de nombreux chefs de file de ces grèves ont été arrêtés et emprisonnés. Selon la loi vietnamienne, les grèves sans autorisation du gouvernement sont considérées comme illicites ; par conséquent, les travailleurs eux-mêmes prennent souvent un risque important d’être persécutés par les autorités et licenciés par leur employeur. L’agitation dans le monde du travail reflète les difficultés économiques et le mécontentement social. Le contrôle étroit des travailleurs exercé par le gouvernement et les restrictions au droit de grève enfreignent gravement le Code du travail.

Recommandations

1. Dialogue sur les droits de l’homme

Le dialogue Australie-Vietnam sur les droits de l’homme peut être un mécanisme efficace pour encourager une plus grande liberté politique au Vietnam. Pour accroître son efficacité, nous suggérons un renforcement des programmes concrets. Les programmes devraient en particulier se concentrer sur la promotion de la liberté des médias, de la libre utilisation d’Internet et de la liberté d’association. Toute aide financière pour ces projets doit avoir des repères clairs ; Il faut que soient documentés clairement des objectifs précis ainsi que les progrès effectués. Les résultats doivent être communiqués à la Commission permanente mixte et être transparents de telle sorte que le public puisse les étudier.

2. Soutien parlementaire pour le changement démocratique

Alors qu’est nécessaire l’institution de mécanismes de prévention et de réparation des violations des droits de l’homme, il importe également de promouvoir la démocratie car elle contribue à garantir ces mécanismes dans le long terme. Un système autoritaire à parti unique est un terrain fertile pour les violations des droits de l’homme. Nous pensons que la solution aux droits de l’homme est une société démocratique où les citoyens ont le droit de faire des choix politiques et de tenir le gouvernement pour responsable de ses actions. Le parlement australien peut soutenir le peuple du Vietnam et d’autres peuples réprimés en critiquant les persécutions, en discutant avec la société civile et les groupes démocratiques, en continuant à pousser au changement le régime actuel.

3. Commission des droits de l’homme de l’ ASEAN [2]

Nous appuyons fermement l’initiative du Groupe de Travail pour un Mécanisme des Droits de l’Homme de l’ASEAN de former une commission intergouvernementale des droits de l’homme. Nous recommandons que tous les États membres de l’ ASEAN soient automatiquement membres de cette commission et soient ainsi tenus de respecter les normes internationales des droits de l’homme. La Commission agira comme un organe de contrôle veillant à ce que les plaintes puissent être entendues et que ses recommandations soient mises en œuvre. Nous préconisons aussi que la Commission des droits de l’ASEAN puisse recommander une Cour qui, dans certaines circonstances pourrait prendre une décision collective à valeur contraignante. Bien que l’Australie ne soit pas membre de l’ASEAN, avec sa longue histoire d’une étroite relation de travail et d’un engagement dans la région, nous pensons que l’Australie peut engager un dialogue avec l’ASEAN et le Forum Asie-Pacifique afin de faire progresser la protection des droits de l’homme dans la région.

Voir également:

Appel pour faire cesser les pratiques arbitraires au Vietnam
Appel à l’Organisation des Nations Unies et aux pays concernés pour mettre fin aux pratiques arbitraires du gouvernement du Vietnam
Viet Tan
16/10/2009

À l’attention de :

* Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon
* Les dirigeants des nations démocratiques
* Les organisations internationales de défense des droits de l’homme

Nous, soussignés, familles des patriotes vietnamiens suivants :

* L’écrivain Nguyen Xuan Nghia
* L’enseignant Vu Hung
* L’ingénieur Pham Van Troi
* L’étudiant Ngo Quynh
* M. Nguyen Van Tinh
* M. Nguyen Van Tuc
* M. Nguyen Kim Nhan

Nos proches ont été arrêtés en septembre 2008 simplement pour avoir parlé de la souveraineté territoriale du Vietnam, de la lutte contre la corruption, de la démocratie et des droits de l’homme. Pendant quatre jours, du 6 au 10 octobre 2009, ils ont été jugés et condamnés pour « propagande contre l’État socialiste » au sens de l’article 88 du code pénal vietnamien et condamnés à de sévères peines d’emprisonnement.

Par cette lettre, nous tenons à remercier sincèrement les pays et les organisations qui ont manifesté leurs préoccupations pour nos proches, cherché des informations sur leur situation, et envoyé des représentants pour assister et de comprendre de visu comment les tribunaux fonctionnent actuellement au Vietnam. Par cette lettre, nous dénonçons également l’arbitraire dans les mécanismes juridiques et les conditions de détention inhumaines au Vietnam.

1. La nature inhumaine de la détention et les procédures juridiques au Vietnam.

Tout au long de la période de détention provisoire de nos proches, les autorités ont créé toutes sortes de difficultés pour qu’ils ne puissent pas bénéficier de visites ni de soins. Dans le cas de l’enseignant Vu Hung, sa famille n’a été autorisée à lui rendre visite durant une année entière. Concernant M. Nguyen Van Tinh, les autorités ont interdit à sa famille de lui rendre visite, même en sachant qu’il était gravement malade.

Les autorités ont déclaré que les procès seraient ouverts au public. Cependant, aux procès de Vu Hung et Pham Van Troi à Hanoi, seuls deux membres de leurs familles respectives ont été autorisés à être présents. Lors du procès des six autres personnes à Hai Phong, chaque prévenu n’avait le droit d’avoir un seul membre de la famille dans la salle d’audience. Pourtant, les salles d’audience étaient pleines de gens dont nous croyons fermement qu’ils étaient des policiers en civil se faisant passer pour des citoyens lambda. Entre-temps, à l’extérieur du tribunal, une centaine de sympathisants et amis n’est pas seulement privée du procès, mais a également été intimidée et dispersée par les forces de la Sécurité Publique.

2. Les raisons arbitraires données par le tribunal pour condamner nos proches sont écrites nulle part dans la loi vietnamienne.

Lors des procès, le parquet a fourni les pièces à convictions suivantes :

* Des banderoles disant que Hoang Sa (Paracel) et Truong Sa (Spratly) sont des îles vietnamiennes, appelant à tous les citoyens de combattre la corruption, demandant la démocratie et des droits de l’homme pour le Vietnam.
* Les articles diffusés sur Internet critiquant la corruption et réclamant la justice pour les victimes d’agressions physiques dont la Sécurité Publique a non seulement échoué à prévenir, mais qui ont sciemment dissimulé.

Sur la base des éléments ci-dessus, nous demandons sincèrement votre soutien et vous demandons de prendre contact avec le gouvernement et les tribunaux du Vietnam afin de clarifier les questions suivantes :

* Est-ce que le patriotisme et l’affirmation de la souveraineté territoriale sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce que protester contre la corruption et parler au nom des personnes défavorisées sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce qu’utiliser Internet pour diffuser et recevoir des informations est un crime et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?

En devenant volontairement membre de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Vietnam doit respecter les lois relatives aux droits de l’homme. En particulier, l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme déclare que les citoyens de tous les pays ont le « droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières » et l’article 9 de la Déclaration stipule que : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé ».

Nous condamnons les sentences injustes rendues par les tribunaux vietnamiens sur nos proches. Nous prions instamment le Secrétaire général de l’ONU et les chefs d’Etat d’intervenir directement auprès de Nguyen Minh Triet, Président de la République Socialiste du Vietnam, et demandons au gouvernement vietnamien de respecter les droits de l’homme, mettre fin aux pratiques judiciaires arbitraires, et de libérer immédiatement notre proches.

Nous vous remercions pour votre attention.

Signés conjointement,

1. Nguyen Thi Nga, épouse de Nguyen Xuan Nghia, Hai Phong, Viet Nam
2. Ly Thi Tuyet Mai, épouse de Vu Hung, Ha Tay, Viet Nam
3. Nguyen Thi Huyen Trang, épouse de Pham Van Troi, Ha Tay, Viet Nam
4. Ngo Quyen, frère de Ngo Quynh, Bac Giang, Viet Nam
5. Duong Thi Hai, épouse de Nguyen Van Tinh, Hai Phong, Viet Nam
6. Bui Thi Re, épouse de Nguyen Van Tuc, Thai Binh, Viet Nam
7. Ngo Thi Loc, épouse de Nguyen Kim Nhan, Bac Giang, Viet Nam

Voir par ailleurs:

Viêt-nam
RSF
le 7 février 2008

Les élections législatives de mai 2007 ont été l’occasion pour le parti unique de rappeler que l’opposition n’avait pas le droit d’exister. Dans certains quartiers d’Hô Chi Minh-Ville, le taux de participation s’est élevé à 100%, et aucun candidat indépendant n’a été élu. La presse a été contrainte de s’enthousiasmer pour ces élections jouées d’avance.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.” Quelques semaines auparavant, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, et quatre de ses collaborateurs, avaient été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue d’un procès expéditif. Ils avaient été reconnus coupables de “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

Des procès staliniens contre les dissidents

Le procès du père Nguyen Van Ly et ses quatre coaccusés n’a duré qu’un peu plus de trois heures. Affaibli par une grève de la faim, le prêtre a refusé de se lever pour énoncer son nom devant le juge du tribunal populaire de Hué (Centre). Après avoir entendu sa condamnation à huit ans de prison, il a crié : “A bas le Parti communiste du Viêt-nam !” Condamné à six ans de prison, son collègue Nguyen Phong a déclaré face au juge : “Pour la nation vietnamienne, je continuerai à me battre pour les valeurs de liberté et de démocratie.” Nguyen Binh Thanh, condamné à cinq ans de prison, s’est défendu en affirmant qu’il n’avait fait qu’agir dans le respect des “lois internationales”. Hoang Thi Anh Dao et Le Thi Le Hang ont été condamnées à un an et demi de prison avec sursis.

Arrêté en février, le père Nguyen Van Ly est l’un des responsables du magazine clandestin Tu do Ngôn luan (Liberté d’expression), publié à Hué. En 2007, deux autres animateurs de la revue, le père Chan Tin et le père Phan Van Loi, ont été placés en résidence surveillée. Le magazine a continué à être diffusé à l’étranger et, sous le manteau, au Viêt-nam.

Le retour des “tribunaux populaires”

Les autorités ont de nouveau mobilisé les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. En août, Nguyen Khac Toan, rédacteur en chef adjoint de la publication dissidente en ligne Tu Do Dân Chu (Liberté et démocratie), a été jugé devant l’un de ces tribunaux à Hanoi. Une dizaine de cadres du Parti et des policiers l’ont accusé d’avoir incité des paysans à manifester dans la capitale, avant de recommander de l’envoyer dans un camp de rééducation pour l’”écarter de la société”. Ce procès s’est fait en parallèle d’une campagne de presse contre lui, l’accusant d’être un “opportuniste politique démasqué”.

En février déjà, l’avocat de plusieurs dissidents emprisonnés, Nguyen Van Dai, avait dû affronter une “tribunal populaire” du district de Bach Khoa, accusé d’avoir “trahi son pays”. Les “juges” avaient exigé que son droit d’exercer son métier d’avocat lui soit retiré et que son cabinet soit fermé.

Les autorités sont allées bien au-delà des recommandations du peuple, puisqu’en mars, Nguyen Van Dai, également animateur du blog nguyenvandai.rsfblog.org, et une autre avocate, Le Thi Cong Nhan, ont été arrêtés à Hanoi. Leur détention ayant été critiquée à l’étranger, les forces de sécurité ont ordonné à leurs familles de ne plus s’exprimer publiquement par l’intermédiaire des médias étrangers. En mai, les deux avocats ont été condamnés respectivement à cinq et quatre ans de prison en vertu de l’article 88 du code pénal.

Les dissidents Le Nguyen Sang, médecin, Huynh Nguyen Dao, journaliste, et Nguyen Bac Truyen, tous membres du Parti populaire démocratique (interdit) ont également été condamnés à des peines de prison par un tribunal de Hô Chi Minh-ville. Ils étaient accusés d’avoir publié des documents hostiles au régime par le biais d’Internet. Tran Quoc Hien, porte-parole de l’Union des ouvriers et des paysans (United Workers-Farmers Organization, illégale), a quant à lui été arrêté en janvier pour “propagande contre le régime”. Il avait diffusé sur Internet de nombreuses informations sur la situation des travailleurs vietnamiens.

Une journaliste française détenue pour “terrorisme”

“Entre quatre murs, j’étais angoissée car je n’arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n’y a jamais eu de violence contre moi, mais j’étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C’était une forme de terreur morale”, a raconté la journaliste d’opposition Nguyen Thi Thanh Van, détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville. Munie de son passeport français, elle était entrée au Viêt-nam afin de faire la promotion de la radio Chan Troi Moi (Nouvel Horizon), proche du parti d’opposition Viet Tan, et réaliser des interviews de dissidents.

Cette affaire a illustré l’hostilité affichée des autorités vis-à-vis des radios internationales qui émettent en vietnamien. En décembre, quatre syndicalistes ont été jetés en prison pour avoir communiqué des informations à Radio Free Asia. Tandis que l’ambassade du Viêt-nam a menacé à plusieurs reprises des journalistes de Radio France Internationale, privant certains de visas.

Les journaux libéraux, notamment Tuoi Tre (La Jeunesse), ont tenté de repousser les limites de la censure officielle. Mais le gouvernement s’est appuyé sur une législation répressive pour rappeler à l’ordre les plus téméraires. Une loi adoptée en 2006 prévoit des amendes et des suspensions de licence pour les médias et les journalistes qui diffament et mettent en cause le “prestige de l’Etat”.

La presse officielle, qui compte plus d’une centaine de radios et de télévisions, autant de sites Internet et près de 600 publications, n’a pas profité en 2007 des espaces de débat ouverts en 2006 pendant la préparation du Congrès du Parti communiste. Au contraire, les médias, notamment les journaux du Parti, Nhân Dân (Le Peuple), et de la police, An Ninh Thu Do (La sécurité de la capitale), ont été mobilisés pour dénoncer les “agitateurs et les terroristes” de l’intérieur et de l’extérieur. Certains gouvernements étrangers et des organisations internationales, comme Reporters sans frontières, ont été accusés de soutenir les ennemis du régime.

Internet a fêté ses dix ans d’existence au Viêt-nam

En 2007, le pays a connu sa vague de répression la plus forte depuis 2002. En une semaine, six cyberdissidents ont été condamnés à des peines de prison allant de trois à cinq ans. Depuis qu’il est devenu le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce, le Viêt-nam a adopté un comportement contraire à celui qu’il avait montré à la communauté internationale avant son intégration. Il est l’un des pays les plus autoritaires de la planète et suit scrupuleusement le modèle chinois en matière d’atteinte à la liberté d’expression sur Internet. Au 1er janvier 2008, huit cyberdissidents étaient derrière les barreaux pour avoir usé de leur droit d’expression sur le Web.

En septembre, la police et le ministère de la Culture ont ordonné au site Intellasia.com de “fermer”. Animée par un Australien et spécialisée dans l’information économique, Intellasia.com diffusait des articles politiques sur le Viêt-nam.

Voir enfin:

Viêt-nam
166 sur 175 dans le dernier classement mondial

A l’exception des publications dissidentes qui circulent sous le manteau et sur le Web, il n’existe pas de médias indépendants dans le pays. La presse écrite, la télévision et les radios sont toutes contrôlées par les autorités de Hanoi. Pour autant, la presse poursuit sa modernisation et tente de repousser les limites de la censure. Une dizaine de journalistes et cyberdissidents sont actuellement emprisonnés.

En 2008, le gouvernement a donné un coup d’arrêt à l’émancipation progressive de la presse réformiste. Deux journalistes d’investigation des journaux Thanh Niên et Tuoi Tré ont été jugés pour avoir révélé une affaire de corruption retentissante. L’un d’eux a été condamné à deux ans de prison pour “abus des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l’Etat”. Il n’a été libéré début 2009 qu’en raison de fortes protestations internationales.

Ce procès s’est accompagné d’une purge au sein des médias les plus ouverts. Résultat : “Ces médias ont perdu leur ton mordant. Nous sommes revenus dix ans en arrière”, estime un journaliste vietnamien.

La concurrence s’accentue entre les principales rédactions, bien que les médias restent placés sous l’autorité de leur institution de tutelle : le Parti communiste, l’armée, l’agence de presse officielle ou les municipalités, selon le cas. Mais les journalistes, notamment ceux issus de la jeune génération, de mieux en mieux formée, s’écartent de temps en temps des directives éditoriales du parti unique. Le média le plus libre est sans conteste le site VietnamNet qui ose encore soulever des questions embarrassantes.

Les radios nationales, contrôlées par le cabinet du Premier ministre et par le comité central du Parti communiste, sont très écoutées, tout comme les programmes en vietnamien des radios internationales (BBC, RFI). Ces dernières ne peuvent malheureusement être captées qu’en ondes moyennes ou courtes, car le gouvernement refuse de leur accorder des licences en modulation de fréquence, sans aucun doute afin de limiter leur audience.

Par ailleurs, la police politique mène une lutte implacable contre les mouvements d’opposition et les publications dissidentes. Début 2009, deux journalistes et sept cyberdissidents étaient emprisonnés. Ainsi, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, a été condamné à huit ans de prison pour “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

La police utilise également les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. Une justice d’un autre âge, qui fait fi du droit à la défense, sans parler d’équité.

Les autorités surveillent le Web, très populaire dans le pays. L’accès aux sites jugés « réactionnaires », particulièrement ceux des dissidents réfugiés à l’étranger, est bloqué. Depuis 2002, une trentaine de cyberdissidents ont été arrêtés. L’un d’entre eux a été condamné à 12 ans de prison. En janvier 2009, le gouvernement a adopté la “Circulaire n°7” qui interdit les contenus politiques sur les blogs. Et la cyberpolice est chargée de renforcer la surveillance. Le défenseur des droits de l’homme Nguyen Hoaong Hai, surnommé Dieu Cay, en fait les frais. Il a été condamné à deux ans et demi de prison, après avoir notamment créé le Free Vietnamese Journalists Club, regroupant des blogueurs indépendants.

En plus des “organes d’Etat”, notamment Le Peuple, quotidien du Parti communiste, on compte plus de 600 titres. Mais ils sont tous susceptibles d’être sanctionnés pour “violation grave de la loi sur la presse”. C’est le cas du magazine Du Lich, un organe de la direction du tourisme, suspendu pendant trois mois pour avoir publié des articles traitant des îles Paracels et Spratleys, objet d’un important contentieux territorial avec la Chine.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai 2008 : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.”


Chute du mur/20e: Aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré (No capitalist country has ever walled its people in)

8 novembre, 2009
Michael Moore
Vous ne pouvez pas vous dire capitaliste et chrétien, parce que vous ne pouvez pas aimer votre argent et aimer votre voisin. Michael Moore
Peut-être le communisme n’a-t-il jamais existé que dans l’imagination, les désirs et l’esthétisme de ceux qui ne vivaient pas dans un régime communiste? Le communisme comme illusion lyrique, mais à l’Ouest, pas à l’Est! Guy Sorman
Le roi était nu et nous ne le savions pas.
.
En ces temps étranges où, 20 ans après la chute du communisme, l’on nous annonce tous les jours la fin d’un capitalisme supposé vivre ses derniers instants …

Et où le premier documenteur venu peut remplir les salles et rafler les récompenses dans les festivals en alignant les pires inepties sur le système dont il vit grassement depuis 20 ans …

Pendant que nos dirigeants comme nos partis politiques signent des accords avec les partis frères des dernières dictatures de la planète …

Que ferions-nous sans les piqûres de rappel régulières de nos Guy Sorman pour nous remettre en mémoire certaines évidences?

Comme le fait, en ce 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, qu’il ait fallu si longtemps, de notre côté occidental, pour finalement comprendre que “partout où il a semé la terreur, le communisme n’a jamais été que le plus ou moins habile ou frustre maquillage d’une occupation militaire” (le tristement fameux bout du fusil de Mao).

Ou, contrairement à tous les murs de l’Histoire censés empêcher l’entrée des barbares (ou, contre la mauvaise foi de nos médias, des terroristes comme aujourd’hui la barrière de sécurité israélienne ou des immigrants illégaux entre les Etats-Unis et le Mexique ou… celle de Ceuta aux portes de notre propre Europe?), l’incroyable incongruité d’un mur censé “interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable”.

Ou enfin, que “tous les murs ne sont pas abattus” et que nombre de peuples (en Chine, Corée du nord, Cuba, Vietnam) rest”ent emmurés dans leur paradis communiste”.

Bref, que “le capitalisme n’a jamais emmuré personne”.

Sauf, ajouterions-nous, quand il envoie ses dirigeants signer des accords avec les geoliers des autres peuples ou ses entreprises pour leur fournir la technologie nécessaire

Extraits:

Le communisme n’avait jamais été qu’une occupation militaire: sans fusil, pas de communisme. Nul n’accepte, sauf s’il est apparatchik, de vivre dans un régime communiste, à moins d’y être forcé. Pour preuve, la destruction du Mur fut possible seulement parce que la police de l’Est n’avait pas tiré. Elle s’abstint, non par humanisme, mais parce que Gorbatchev avait décidé que la police et l’armée ne tireraient plus sur le peuple. Ce retournement du régime avait commencé au printemps 1989, en Lettonie, quand Gorbatchev ordonna à ses troupes de ne pas combattre les indépendantistes de Riga. Gorbatchev agit-il ainsi parce que pacifiste, humaniste ou faible ? Plus probablement, il n’avait pas compris le fondement de son propre pouvoir. Contrairement à Eltsine, et contrairement aux « durs » de son Parti, Gorbatchev vivait dans l’illusion d’un communisme, humain, légitime et efficace.

(…)

Avoir attendu la destruction du Mur, pour conclure que l’idéologie communiste n’avait jamais été autre chose qu’un maquillage de l’occupation militaire, aura témoigné d’une certaine bêtise à l’Est et à l’Ouest. Cette vraie nature du communisme aurait dû s’imposer comme évidence universelle, non pas à la destruction du Mur, mais dès son édification, en août 1961. Car l’Histoire est parsemée de murs, enceintes et murailles : tous n’ont jamais eu pour objet que d’interdire aux barbares l’entrée dans la Cité. Un Mur pour empêcher d’en sortir, cela ne s’était jamais vu. Le Mur de Berlin, de surcroît, devait interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable. L’objet était aussi incongru que les arguments pour le justifier : les dirigeants communistes, en 1961, avaient emprunté au vocabulaire de la prophylaxie, pour protéger la pureté communiste des « miasmes » capitalistes. Comment put-on croire à l’Ouest, après 1961, que le communisme sans l’Armée rouge fut jamais une alternative au capitalisme ?

(…)

Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus ! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique : le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie.

Il y a vingt ans, disparaissait l’illusion communiste
Guy Sorman
Le futur c’est tout de suite
30 octobre 2009

La chute du Mur ? Mais le Mur de Berlin n’est pas « tombé » le 9 novembre 1989 : il a été détruit. Comment s’est imposée l’expression « Chute du Mur » ? Comme s’il s’était effondré de lui-même ? La destruction fut volontaire et laborieuse : les Allemands de l’Est, acteurs et non pas spectateurs de cette « Chute », ne disposaient que d’outils rudimentaires : c’est à coups de marteau qu’ils vinrent à bout de la muraille en béton. Je fus sur place, témoin que, le Mur à peine franchi, les Allemands de l’Est, libérés, se précipitèrent vers les supermarchés de l’Ouest et s’en retournaient chez eux, chargés de ce que l’on ne trouvait pas à l’Est, en particulier des couches pour bébés et des bananes. Comme l’avait écrit Bertold Brecht dans son Opéra de quatre sous « La révolution, c’est bien ; mais il faut d’abord bouffer ». La destruction du Mur ne fut donc pas instantanée, ce qu’aussi laisserait croire l’expression Chute du Mur : Berlin ne fut pas Jéricho. De même, il ne fut pas clair d’emblée que l’Allemagne de l’Est avait disparu, ni que l’Europe était réunifiée, ni l’Union soviétique effacée de la carte, ni l’idéologie communiste hors jeu. L’élimination de la dictature soviétique chemina lentement et n’aboutit que grâce au talent visionnaire de Helmut Kohl en Allemagne, de George Bush aux Etats-Unis, de Boris Eltsine en Russie : grâce à eux, qui surent s’engouffrer dans le brèche, l’Europe finit réunifiée et l’URSS disparut.

Cette Fin de l’histoire communiste n’obéissait, en 1989, à aucune nécessité. Dans le camp soviétique, en Europe de l’Est, chez certains dirigeants occidentaux comme François Mitterrand, on espéra que la destruction du Mur ouvrait la voie à un nouveau socialisme, à visage humain : le Mur en moins, le communisme ne pourrait-il devenir légitime et démocratique ? En décembre 1989, un mois après la destruction du Mur, François Mitterrand se rendit en visite officielle en Allemagne de l’Est et déclara : « Nous avons encore beaucoup à faire ensemble ». Ce n’est qu’en octobre 1990, que l’Allemagne – au regret de Mitterrand – fut réunifiée. La destruction du Mur, loin de sonner, d’emblée, la victoire du capitalisme libéral, à l’époque et à gauche, fut interprétée et espérée comme l’inauguration d’une Troisième voie, ni capitaliste, ni communiste. Rappelons que Gorbatchev se berça de ce mythe de substitution jusqu’à ce que Boris Eltsine, qui lui était un démocrate, en 1991, y mette un terme. En Pologne, les apparatchiks communistes tentèrent aussi de se reconvertir à une Troisième voie : une partie des Eglises catholiques polonaise et tchèque, protestantes en Allemagne, s’y rallièrent avant que Jean-Paul II, sans enthousiasme mais lucide, admette que l’économie de marché seule pouvait sortir l’Europe de l’Est de la pauvreté.

Deux ans de controverses intellectuelles, de manipulations diplomatiques et de reconversions hâtives furent donc nécessaires pour enfouir, sous les décombres du Mur, à la fois le communisme dur, le communisme à visage humain et l’Union soviétique. Au terme de ces deux années d’hésitation, il fut enfin admis par les peuples directement concernés et leurs dirigeants que n’avait jamais existé qu’un seul communisme, le communisme réel. Et qu’il ne pouvait pas en exister un autre qui serait idéal et distinct de son expérience historique.

La destruction du Mur et le débat qui s’en suivit révélèrent, enfin, sans conteste, par KO, la véritable nature du communisme. Non, ce n’était pas une idéologie alternative à la démocratie libérale ; ce n’était pas une autre voie vers le développement économique ; ce n’était pas une autre forme de démocratie populaire par opposition à la démocratie bourgeoise. Le communisme n’avait jamais été qu’une occupation militaire : sans fusil, pas de communisme. Nul n’accepte, sauf s’il est apparatchik, de vivre dans un régime communiste, à moins d’y être forcé. Pour preuve, la destruction du Mur fut possible seulement parce que la police de l’Est n’avait pas tiré. Elle s’abstint, non par humanisme, mais parce que Gorbatchev avait décidé que la police et l’armée ne tireraient plus sur le peuple. Ce retournement du régime avait commencé au printemps 1989, en Lettonie, quand Gorbatchev ordonna à ses troupes de ne pas combattre les indépendantistes de Riga. Gorbatchev agit-il ainsi parce que pacifiste, humaniste ou faible ? Plus probablement, il n’avait pas compris le fondement de son propre pouvoir. Contrairement à Eltsine, et contrairement aux « durs » de son Parti, Gorbatchev vivait dans l’illusion d’un communisme, humain, légitime et efficace.

Mais on rappellera à la décharge de Gorbatchev et bien d’autres que l’Histoire ne fait sens qu’après les événements. La Destruction du Mur et la chute du communisme soviétique, qui aujourd’hui ont des allures d’inéluctabilité, étaient en vérité imprévisibles, n’obéissaient pas à une nécessité historique. La preuve en est, bien sûr, que nul ne l’avait prévu et que ceux qui s’aventuraient dans la prophétie la lisaient à l’envers : le Président de l’Allemagne de l’Est, en juin 1989, avait déclaré que le Mur était là pour cent ans, immédiatement rejoint par le leader social démocrate Ouest allemand, Gerhard Schroeder. Sans doute fallait-il, pour prévoir juste, une inspiration quasi mystique chez des hommes d’Etat qui, comme Ronald Reagan à Berlin, en 1987, s’adressant à Gorbatchev, avait osé dire « Démolissez ce Mur ». Reagan avait la conviction qu’il serait entendu par la Providence sinon par le Parti communiste soviétique.

La prophétie est un genre aléatoire, mais il n’empêche que, depuis vingt ans, les faits ont donné raison à ce qui fut, à l’époque, dès la Destruction du Mur, l’hypothèse de Francis Fukuyama sur la Fin de l’Histoire. Il n’avait pas écrit qu’il n’y aurait plus d’Histoire du tout, mais que celle-ci se définirait par rapport à un unique modèle de référence : le capitalisme démocratique. Depuis vingt ans, tel est bien le cas : de bon ou de mauvais gré, en temps de croissance, comme en temps de crise, la réflexion politique, la science économique et les choix démocratiques opèrent tous, partout, à l’intérieur du paradigme unique du capitalisme démocratique. Que certains cherchent à s’en échapper et que, peut-être, certains parviendront à inventer des idéologies de substitution, est dans l’ordre des choses : Fukuyama avait envisagé que la quête d’absolu, fut-elle déraisonnable, ne céderait jamais devant le principe de réalité. En Allemagne aujourd’hui, dans le reste de l’Europe de l’Est, en Russie, une intelligentsia insatisfaite par le capitalisme libéral rumine non pas dans le regret du Mur, mais dans la quête insatiable d’une société plus parfaite, sans Mur

Le regret du Mur affecte aussi, de manière non dite, les nostalgiques d’une Europe essentiellement franco-allemande qui paraissait avant 1989, à ses dirigeants, comme une alternative à la puissance américaine, une troisième force entre l’URSS et les Etats-Unis. Mais la réunification de toute l’Europe, inéluctablement générée par la Destruction du Mur, devait aussi mettre un terme à cette Europe-là. La nouvelle Europe se révèle beaucoup plus libérale en économie et pro-américaine que ne le fut jamais le couple franco-allemand. Loin de devenir la nouvelle puissance tierce, dont rêvèrent De Gaulle et Mitterrand, l’Union européenne est devenue une vaste zone de libre échange, et une configuration culturelle à l’identité floue qui ressemble plus à ce que fut l’Empire ottoman qu’à une troisième force neutraliste. La Destruction du Mur a pu fait perdre en puissance et en cohérence à l’ancienne Europe ; mais elle aura fait progresser l’aire de la paix et de la prospérité commune. Les Européens, dans leur ensemble, y auront gagné

Avoir attendu la destruction du Mur, pour conclure que l’idéologie communiste n’avait jamais été autre chose qu’un maquillage de l’occupation militaire, aura témoigné d’une certaine bêtise à l’Est et à l’Ouest. Cette vraie nature du communisme aurait dû s’imposer comme évidence universelle, non pas à la destruction du Mur, mais dès son édification, en août 1961. Car l’Histoire est parsemée de murs, enceintes et murailles : tous n’ont jamais eu pour objet que d’interdire aux barbares l’entrée dans la Cité. Un Mur pour empêcher d’en sortir, cela ne s’était jamais vu. Le Mur de Berlin, de surcroît, devait interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable. L’objet était aussi incongru que les arguments pour le justifier : les dirigeants communistes, en 1961, avaient emprunté au vocabulaire de la prophylaxie, pour protéger la pureté communiste des « miasmes » capitalistes. Comment put-on croire à l’Ouest, après 1961, que le communisme sans l’Armée rouge fut jamais une alternative au capitalisme ? Cette illusion n’avait pas confondu que la Gauche : Raymond Aron, philosophe libéral mais pessimiste par tempérament, dans les années 1960, envisageait une « convergence » entre les systèmes économiques communistes et libéraux. Il est désormais accepté de comparer l’illusion communiste à l’Ouest avec une sorte de foi religieuse qui rendait imperméable à la réalité. Certes. Mais ce serait sous estimer l’efficacité de la propagande soviétique, les complicités politiques et intellectuelles et le rôle de la corruption financière dans cet amour excessif de l’intelligentsia de gauche européenne pour l’URSS. Ce serait sous estimer, aussi, que la passion pour l’URSS fut indissociable de l’autre passion, négative celle-là, qui infecte en permanence l’intelligentsia européenne, je veux parler de l’anti-américanisme.

Peut-être le communisme n’a-t-il jamais existé que dans l’imagination, les désirs et l’esthétisme de ceux qui ne vivaient pas dans un régime communiste ? Le communisme comme illusion lyrique , mais à l’Ouest, pas à l’Est ! En 1990, lors d’une conversation avec Lech Walesa, alors leader du syndicat Solidarité à Gdansk, il m’assura n’avoir jamais rencontré un seul communiste polonais : « des opportunistes oui, des apparatchiks aussi, mais un communiste jamais ! ». L’observation ironique et profonde de Walesa valait pour l’ensemble du monde soviétique comme elle s’applique encore aux peuples emmurés de la Chine et de la Corée du Nord. Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus ! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique : le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Le choix ultime pour l’humanité est donc le suivant : vivre dans « l’enfer » capitaliste mais avec le droit d’en sortir ou dans le « paradis » communiste, avec l’obligation d’y rester. Dante n’avait pas imaginé cette Comédie-là.

Voir aussi:

For those of you on the way to church this morning …
Michael Moore
The Huffington Post November 8, 2009
October 4, 2009

Friends,

I’d like to have a word with those of you who call yourselves Christians (Muslims, Jews, Buddhists, Bill Maherists, etc. can read along, too, as much of what I have to say, I’m sure, can be applied to your own spiritual/ethical values).

In my new film I speak for the first time in one of my movies about my own spiritual beliefs. I have always believed that one’s religious leanings are deeply personal and should be kept private. After all, we’ve heard enough yammerin’ in the past three decades about how one should “behave,” and I have to say I’m pretty burned out on pieties and platitudes considering we are a violent nation that invades other countries and punishes our own for having the audacity to fall on hard times.

I’m also against any proselytizing; I certainly don’t want you to join anything I belong to. Also, as a Catholic, I have much to say about the Church as an institution, but I’ll leave that for another day (or movie).

Amidst all the Wall Street bad guys and corrupt members of Congress exposed in Capitalism: A Love Story, I pose a simple question in the movie: “Is capitalism a sin?” I go on to ask, “Would Jesus be a capitalist?” Would he belong to a hedge fund? Would he sell short? Would he approve of a system that has allowed the richest 1 percent to have more financial wealth than the 95 percent under them combined?

I have come to believe that there is no getting around the fact that capitalism is opposite everything that Jesus (and Moses and Mohammed and Buddha) taught. All the great religions are clear about one thing: It is evil to take the majority of the pie and leave what’s left for everyone to fight over. Jesus said that the rich man would have a very hard time getting into heaven. He told us that we had to be our brother’s and sister’s keepers and that the riches that did exist were to be divided fairly. He said that if you failed to house the homeless and feed the hungry, you’d have a hard time finding the pin code to the pearly gates.

I guess that’s bad news for us Americans. Here’s how we define “Blessed Are the Poor”: We now have the highest unemployment rate since 1983. There’s a foreclosure filing once every 7.5 seconds. 14,000 people every day lose their health insurance.

At the same time, Wall Street bankers (“Blessed Are the Wealthy”?) are amassing more and more loot — and they do their best to pay little or no income tax (last year Goldman Sachs’ tax rate was a mere 1 percent!). Would Jesus approve of this? If not, why do we let such an evil system continue? It doesn’t seem you can call yourself a Capitalist and a Christian — because you cannot love your money and love your neighbor when you are denying your neighbor the ability to see a doctor just so you can have a better bottom line. That’s called “immoral” — and you are committing a sin when you benefit at the expense of others.

When you are in church this morning, please think about this. I am asking you to allow your “better angels” to come forward. And if you are among the millions of Americans who are struggling to make it from week to week, please know that I promise to do what I can to stop this evil — and I hope you’ll join me in not giving up until everyone has a seat at the table.

Thanks for listening. I’m off to Mass in a few hours. I’ll be sure to ask the priest if he thinks J.C. deals in derivatives or credit default swaps. I mean, after all, he must’ve been good at math. How else did he divide up two loaves of bread and five pieces of fish equally amongst 5,000 people? Either he was the first socialist or his disciples were really bad at packing lunch. Or both.

Yours,
Michael Moore


Présidence Obama: Notre agent de La Havane (Our Man from Havana)

1 juillet, 2009
Our man in HavanaOn ne peut pas blâmer les États-Unis pour chaque problème dans cet hémisphère. Je suis très reconnaissant que le Président Ortega ne m’ait pas blâmé pour des choses qui se sont produites quand j’avais trois mois. Obama (18 avril 2009)

Certains diraient que le Président Obama est de centre-gauche. Et naturellement cela signifie que nous allons bien travailler avec les pays qui partagent notre engagement à améliorer et à accroître le potentiel humain. Hillary Clinton (conférence de presse au Salvador, 1er juin 2009)

La légitimité est manifestement une notion très subjective. Et évidemment, la légitimité du régime a été remise en question par les manifestations. Mais ce n’est pas l’élément décisif en termes de nos rapports avec l’Iran. Susan Rice (ambassadrice américaine à l’ONU, 28 juin 2009)

Bref, nous assistons au retour de l’idéalisme postnational d’un Carter mais avec cette fois le charisme d’un Reagan. Pendant 40 ans nos écoles ont enseigné l’équivalence morale, le pacifisme utopique et le multiculturalisme bien intentionné et nous apprenons maintenant que tout ceci n’était pas que de la thérapie mais est insidieusement devenu notre évangile national. Victor Davis Hanson
De l’Iran au Venezuela et à Cuba, du Myanmar à la Corée du Nord et à la Chine, du Soudan à l’Afghanistan et à l’Irak, de la Russie à la Syrie et à l’Arabie Saoudite, l’administration Obama a systématiquement enlevé les droits de l’homme et la promotion de la démocratie de l’ordre du jour de l’Amérique. A leur place, elle a préconisé l’amélioration de l’image de l’Amérique, le multilatéralisme et un relativisme moral qui soit ne voit aucune distinction entre les dictateurs et leurs victimes soit considère les distinctions peu importantes à l’avancement des intérêts américains. Caroline Glick

Notre Pleurnicheur en chef et avide lecteur du “Manuel du gauchiste” serait-il en train, pour subvenir aux besoins de ses filles à l’instar du modeste marchand d’aspirateurs du célèbre roman de Graham Greene, de se transformer en véritable agent de la Havane?

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui, fêtant il y a exactement un mois l’arrivée au pouvoir d’une nouveau gauchiste au Salvador (Mauricio Funes, candidat de l’ex-guérilla d’extrême gauche, s’il vous plait !) et son rétablissement des relations avec Cuba, rappelait fièrement la position de centriste de gauche de son patron et leur commun engagement avec les dictateurs de la planète à améliorer et à accroître le potentiel humain …

L’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice qui, commentant l’actuelle contestation du régime iranien dans une interview sur CBS le weekend dernier, confirmait que pour l’Administration Obama “la légitimité est de toute évidence une affaire purement subjective et surtout pas l’élément décisif en termes de nos rapport avec l’Iran” …

Alors qu’à l’instar du musée Chirac et ses attaques gratuites anti-Sara Palin et après Obama, Merkel et Zapatero, notre Sarko national se permet un nouvelle fois d’insulter un responsable politique étranger (cette fois le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman, le comparant, devant un Nétanyahou qu’on a connu plus combatif, à notre repoussoir national Jean-Marie Le Pen) …

Après les excuses à tort et à travers, les mensonges et contre-vérités sur l’islam et l’histoire mondiale en général, l’extrême passivité face à la répression sanglante en Iran (jusqu’au refus, contre ses alliés européens, de nouvelles sanctions?) et la dénonciation avec ses amis Chavez et Ortega de la mise en échec d’une tentative de coup d’Etat légal au Honduras

Retour, avec la chroniqueuse du Jerusalem post Caroline Glick (merci drzz pour la traduction), sur un premier bilan des six mois de présidence Obama confirmant les pires prévisions de ceux qui nous annonçaient un nouveau Carter

Extraits:

La politique étrangère d’Obama est déjà un échec. Pourquoi le Président refuse-t-il de la reconsidérer ?

Pourquoi, lorsque le sang coule dans les rues iraniennes, Obama veut-il toujours apaiser les mollahs ? Pourquoi, alors que le Vénézuéla menace d’envahir le Honduras pour supporter Zelaya, Obama se tient-il du côté de Zelaya contre les démocrate honduriens ? Pourquoi, alors que les Palestiniens refusent toujours le droit à l’auto-détermination au peuple hébreu, veut-il priver 500′000 Israéliens de leur logement ? Pourquoi, alors que la Corée du Nord menace d’utiliser ses missiles balistiques contre les Etats-Unis, refuse-t-il d’autoriser l’USS John McCain à aborder le navire nord-coréen illégal que [les Américains] trace[nt] depuis deux semaines ? Pourquoi, alors que le gouvernement du Soudan continue d’assassiner des Darfuris, cette administration clame-t-elle que le génocide au Darfour est terminé ?

La seule réponse logique à cette question est que la politique étrangère de Barack Obama est la plus dogmatique depuis Carter. Si, lorsqu’Obama a pris ses fonctions, on pouvait s’interroger sur sa vision internationale – pragmatique, ou dogmatique -, les six premiers mois de sa présidence permettent de lever les doutes. Obama est mû par une idéologie extrémiste et antiaméricaine qui le pousse à minimiser l’importance de la démocratie et se ranger du côté des dictateurs anti-américains contre les alliés de son pays.

Comme Carter avant lui, Obama pourra un temps cacher ses échecs de politique étrangère à son opinion publique , car celle-ci sera occupée à mesurer ses échecs en politique intérieure. Mais au final, sa dévotion aveugle à son idéologie radicale le conduira aux extrêmes ; ses échecs atteindront alors une masse critique.

Et ils s’effondreront avec lui.

Ideologue-in-chief
Caroline Glick
The Jerusalem Post
Jun. 29, 2009

For a brief moment it seemed that US President Barack Obama was moved by the recent events in Iran. On Friday, he issued his harshest statement yet on the mullocracy’s barbaric clampdown against its brave citizens who dared to demand freedom in the aftermath of June 12’s stolen presidential elections.

Speaking of the protesters Obama said, “Their bravery in the face of brutality is a testament to their enduring pursuit of justice. The violence perpetrated against them is outrageous. In spite of the government’s efforts to keep the world from bearing witness to that violence, we see it and we condemn it.”

While some noted the oddity of Obama’s attribution of the protesters’ struggle to the “pursuit of justice,” rather than the pursuit of freedom – which is what they are actually fighting for – most Iran watchers in Washington and beyond were satisfied with his statement.

Alas, it was a false alarm. On Sunday Obama dispatched his surrogates – presidential adviser David Axelrod and UN Ambassador Susan Rice – to the morning talk shows to make clear that he has not allowed mere events to influence his policies.

After paying lip service to the Iranian dissidents, Rice and Axelrod quickly cut to the chase. The Obama administration does not care about the Iranian people or their struggle with the theocratic totalitarians who repress them. Whether Iran is an Islamic revolutionary state dedicated to the overthrow of the world order or a liberal democracy dedicated to strengthening it, is none of the administration’s business.

Obama’s emissaries wouldn’t even admit that after stealing the election and killing hundreds of its own citizens, the regime is illegitimate. As Rice put it, “Legitimacy obviously is in the eyes of the people. And obviously the government’s legitimacy has been called into question by the protests in the streets. But that’s not the critical issue in terms of our dealings with Iran.”

No, whether an America-hating regime is legitimate or not is completely insignificant to the White House. All the Obama administration wants to do is go back to its plan to appease the mullahs into reaching an agreement about their nuclear aspirations. And for some yet-to-be-explained reason, Obama and his associates believe they can make this regime — which as recently as Friday called for the mass murder of its own citizens, and as recently as Saturday blamed the US for the Iranian people’s decision to rise up against the mullahs — reach such an agreement.

IN STAKING out a seemingly hard-nosed, unsentimental position on Iran, Obama and his advisers would have us believe that unlike their predecessors, they are foreign policy “realists.” Unlike Jimmy Carter, who supported the America-hating mullahs against the America-supporting shah 30 years ago in the name of his moralistic post-Vietnam War aversion to American exceptionalism, Obama supports the America-hating mullahs against the America-supporting freedom protesters because all he cares about are “real” American interests.

So too, unlike George W. Bush, who openly supported Iran’s pro-American democratic dissidents against the mullahs due to his belief that the advance of freedom in Iran and throughout the world promoted US national interests, Obama supports the anti-American mullahs who butcher these dissidents in the streets and abduct and imprison them by the thousands due to his “hard-nosed” belief that doing so will pave the way for a meeting of the minds with their oppressors.

Yet Obama’s policy is anything but realistic. By refusing to support the dissidents, he is not demonstrating that he is a realist. He is showing that he is immune to reality. He is so committed to appeasing the likes of Mahmoud Ahmadinejad and Ali Khamenei that he is incapable of responding to actual events, or even of taking them into account for anything other than fleeting media appearances meant to neutralize his critics.

Rice and Axelrod demonstrated the administration’s determination to eschew reality when they proclaimed that Ahmadinejad’s “reelection” is immaterial. As they see it, appeasement isn’t dead since it is Khamenei – whom they deferentially refer to as “the supreme leader” – who sets Iran’s foreign policy.

While Khamenei is inarguably the decision maker on foreign policy, his behavior since June 12 has shown that he is no moderate. Indeed, as his post-election Friday “sermon” 10 days ago demonstrated, he is a paranoid, delusional America-bashing tyrant. In that speech he called Americans “morons” and accused them of being the worst human-rights violators in the world, in part because of the Clinton administration’s raid on the Branch Davidian compound in Waco, Texas in 1993.

Perhaps what is most significant about Obama’s decision to side with anti-American tyrants against pro-American democrats in Iran is that it is utterly consistent with his policies throughout the world. From Latin America to Asia to the Middle East and beyond, after six months of the Obama administration it is clear that in its pursuit of good ties with America’s adversaries at the expense of America’s allies, it will not allow actual events to influence its “hard-nosed” judgments.

TAKE THE ADMINISTRATION’S response to the Honduran military coup on Sunday. While the term “military coup” has a lousy ring to it, the Honduran military ejected president Manuel Zelaya from office after he ignored a Supreme Court ruling backed by the Honduran Congress which barred him from holding a referendum this week that would have empowered him to endanger democracy.

Taking a page out of his mentor Venezuelan dictator Hugo Chavez’s playbook, Zelaya acted in contempt of his country’s democratic institutions to move forward with his plan to empower himself to serve another term in office. To push forward with his illegal goal, Zelaya fired the army’s chief of staff. And so, in an apparent bid to prevent Honduras from going the way of Daniel Ortega’s Nicaragua and becoming yet another anti-American Venezuelan satellite, the military – backed by Congress and the Supreme Court – ejected Zelaya from office.

And how did Obama respond? By seemingly siding with Zelaya against the democratic forces in Honduras who are fighting him. Obama said in a written statement: “I am deeply concerned by reports coming out of Honduras regarding the detention and expulsion of president Mel Zelaya.”

His apparent decision to side with an anti-American would-be dictator is unfortunately par for the course. As South and Central America come increasingly under the control of far-left America-hating dictators, as in Iran, Obama and his team have abandoned democratic dissidents in the hope of currying favor with anti-American thugs. As Mary Anastasia O’Grady has documented in *The Wall Street Journal*, Obama and Secretary of State Hillary Clinton have refused to say a word about democracy promotion in Latin America.

Rather than speak of liberties and freedoms, Clinton and Obama have waxed poetic about social justice and diminishing the gaps between rich and poor. In a recent interview with the El Salvadoran media, Clinton said, “Some might say President Obama is left-of-center. And of course that means we are going to work well with countries that share our commitment to improving and enhancing the human potential.”

But not, apparently, enhancing human freedoms.

FROM IRAN to Venezuela to Cuba, from Myanmar to North Korea to China, from Sudan to Afghanistan to Iraq to Russia to Syria to Saudi Arabia, the Obama administration has systematically taken human rights and democracy promotion off America’s agenda. In their place, it has advocated “improving America’s image,” multilateralism and a moral relativism that either sees no distinction between dictators and their victims or deems the distinctions immaterial to the advancement of US interests.

While Obama’s supporters champion his “realist” policies as a welcome departure from the “cowboy diplomacy” of the Bush years, the fact of the matter is that in country after country, Obama’s supposedly pragmatic and nonideological policy has either already failed – as it has in North Korea – or is in the process of failing. The only place where Obama may soon be able to point to a success is in his policy of coercing Israel to adopt his anti-Semitic demand to bar Jews from building homes in Jerusalem, Judea, and Samaria. According to media reports, Prime Minister Binyamin Netanyahu has authorized Defense Minister Ehud Barak to offer to freeze all settlement construction for three months during his visit to Washington this week.

Of course, in the event that Obama has achieved his immediate goal of forcing Netanyahu to his knees, its accomplishment will hinder rather than advance his wider goal of achieving peace between Israel and its neighbors. Watching Obama strong-arm the US’s closest ally in the region, the Palestinians and the neighboring Arab states have become convinced that there is no reason to make peace with the Jews. After all, Obama is demonstrating that he will deliver Israel without their having to so much as wink in the direction of peaceful coexistence.

So if Obama’s foreign policy has already failed or is in the process of failing throughout the world, why is he refusing to reassess it? Why, with blood running through the streets of Iran, is he still interested in appeasing the mullahs? Why, with Venezuela threatening to invade Honduras for Zelaya, is he siding with Zelaya against Honduran democrats? Why, with the Palestinians refusing to accept the Jewish people’s right to self-determination, is he seeking to expel some 500,000 Jews from their homes in the interest of appeasing the Palestinians? Why, with North Korea threatening to attack the US with ballistic missiles, is he refusing to order the USS John McCain to interdict the suspected North Korean missile ship it has been trailing for the past two weeks? Why, when the Sudanese government continues to sponsor the murder of Darfuris, is the administration claiming that the genocide in Darfur has ended?

The only reasonable answer to all of these questions is that far from being nonideological, Obama’s foreign policy is the most ideologically driven since Carter’s tenure in office. If when Obama came into office there was a question about whether he was a foreign policy pragmatist or an ideologue, his behavior in his first six months in office has dispelled all doubt. Obama is moved by a radical, anti-American ideology that motivates him to dismiss the importance of democracy and side with anti-American dictators against US allies.

For his efforts, although he is causing the US to fail to secure its aims as he himself has defined them in arena after arena, he is successfully securing the support of the most radical, extreme leftist factions in American politics.

Like Carter before him, Obama may succeed for a time in evading public scrutiny for his foreign-policy failures because the public will be too concerned with his domestic failures to notice them. But in the end, his slavish devotion to his radical ideological agenda will ensure that his failures reach a critical mass.

And then they will sink him.


Guantanamo: Attention, un “goulag” peut en cacher un autre (The gulag of our times)

7 juin, 2006
Cubaprisons_3Devenu un goulag moderne, Guantánamo confirme l’idée qu’une personne peut être détenue sans bénéficier d’aucune voie de recours. Rapport Amnesty international (mai 2005)

Quelques paroles fortes et des explications de simple bon sens d’Yves Roucaute, dans le Figaro d’aujourd’hui, contre la désinformation qui entoure Guantanamo et le “nouvel opium du peuple” de l’antiaméricanisme des “tartuffes qui feignent pour leur propagande de confondre exactions et règle”.

Si la vraie force des républiques réside dans la vertu, la vertu se mesure au courage de se battre pour elles.

Nul être sensé ne peut espérer voir les détenus dangereux de Guantanamo gambader en liberté ou monter des réseaux dans des prisons ordinaires.

L’isolement ? Quand, le 22 juin 1940, Hitler lance une offensive aérienne sans précédent contre l’Angleterre, Winston Churchill obtient du gouvernement canadien la détention de 3 000 soldats allemands capturés par l’armée britannique, conduits dans le plus total des secrets dans des camps isolés du nord de l’Ontario et à Kananaskis dans les Rocheuses. Trois raisons : il évite de voir ces détenus revenir au combat en cas d’évasion, prohibe, à partir de la prison, le passage d’informations, et interdit la construction de réseaux nazis. Quand on voit la façon dont les réseaux islamistes se constituent aujourd’hui dans les prisons françaises ou britanniques, le choix de l’isolement ne répond-il pas à la nature de la guerre asymétrique menée par les réseaux terroristes disséminés dans le monde ?

Le secret ? Il permet d’obtenir des informations sans que l’ennemi ne s’en doute, ne sachant qui est pris, ni quand. Il permet des infiltrations, des substitutions de personnes, des dévoilements de complicités, des jeux de désinformation. Provisoire, ce type d’incarcération n’en demeure pas moins stratégique. Et il sauve des milliers de vies.

Guantanamo : pour en terminer avec la propagande anti-américaine
Yves Roucaute
Le Figaro
07 juin 2006

En pleine guerre mondiale contre le terrorisme, «l’affaire de Guantanamo» est grave. Au lieu de soutenir ceux qui sont en première ligne dans cette guerre d’un nouveau type, livrée par les forces barbares à toutes les civilisations, le poison de l’antiaméricanisme ruine le moral de nos nations.

La propagande antiaméricaine nous ordonne de tourner nos regards vers Cuba. Non pas le Cuba réel, celui de Castro qui, après avoir tué plus de 100 000 Cubains depuis un demi-siècle, domine par la terreur. Non pas les geôles infectes castristes où croupissent plusieurs milliers de prisonniers politiques (336 officiellement). Dans le programme touristique du politiquement correct : «Le goulag de notre temps» est américain, les plages de sable chaud castristes.

Guantanamo donc. La propagande y dénonce l’isolement et le secret, réclame l’intervention des tribunaux américains, invente des prisonniers détenus sans raison, imagine tortures et viol des droits individuels.

Isolement et éloignement ? Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des précédents qui n’ont jamais été contestés. Quand, le 22 juin 1940, Hitler lance une offensive aérienne sans précédent contre l’Angleterre, Winston Churchill obtient du gouvernement canadien la détention de 3 000 soldats allemands capturés par l’armée britannique, conduits dans le plus total des secrets dans des camps isolés du nord de l’Ontario et à Kananaskis dans les Rocheuses. Trois raisons : il évite de voir ces détenus revenir au combat en cas d’évasion, prohibe, à partir de la prison, le passage d’informations, et interdit la construction de réseaux nazis. Quand on voit la façon dont les réseaux islamistes se constituent aujourd’hui dans les prisons françaises ou britanniques, le choix de l’isolement ne répond-il pas à la nature de la guerre asymétrique menée par les réseaux terroristes disséminés dans le monde ?

Le secret ? Il permet d’obtenir des informations sans que l’ennemi ne s’en doute, ne sachant qui est pris, ni quand. Il permet des infiltrations, des substitutions de personnes, des dévoilements de complicités, des jeux de désinformation. Provisoire, ce type d’incarcération n’en demeure pas moins stratégique. Et il sauve des milliers de vies.

L’intervention des tribunaux ? Par quelle étrange vue tortueuse de l’esprit s’imposerait-elle nécessairement ? Comme dans toute guerre, l’enfermement de l’ennemi capturé ne vise pas d’abord à juger, mais à empêcher de combattre et à enquêter. Certes, après un certain temps, les informations sont obtenues et le secret de la capture est éventé. Quand cessent l’intérêt pour le renseignement et la possibilité de reprendre les armes, libération et renvoi dans le pays d’origine sont d’usage. C’est pourquoi les Américains libèrent peu à peu les détenus. En ce qui concerne les contestations actuelles, après la décision de la Cour suprême (juin 2004, affaire Rasul/Bush) et le Detainee Treatment Act de décembre 2005, le débat juridique se poursuit, mais nul être sensé ne peut espérer voir les détenus dangereux de Guantanamo gambader en liberté ou monter des réseaux dans des prisons ordinaires.

Les conditions de détention ? Les républiques ne sont pas sans obligations. Comme le montre Kant, elles se différencient à jamais des tyrannies en ce que toute violation de la dignité de l’homme y est punie. En l’oubliant, un soldat signe un double crime : il viole une loi naturelle et sabote les fondements moraux du pays. Laissons là les tartuffes qui feignent pour leur propagande de confondre exactions et règle. Les tribunaux américains répondent à ce souci moral : ils ont prononcé des sanctions à la suite des révélations d’Abou Ghraïb et non un discours de bienvenue au paradis d’Allah.

Mais où sont les preuves de torture de Guantanamo ? Le fameux rapport de la commission des droits de l’homme de l’ONU (février 2005) sur lequel s’appuient les antiaméricains, laisse pantois. Cette commission, qui comptait dans ses rangs la Chine communiste, le Cuba castriste, l’Arabie saoudite… avait trouvé inconvenante la méfiance des autorités militaires qui acceptaient leur venue mais ne voulaient pas les laisser interroger les détenus. En conséquence, elle a refusé de mettre un pied dans le camp et a établi son rapport grâce notamment aux témoignages des… prisonniers islamistes libérés.

Dernier avatar de la propagande ? Un médiocre «documentaire-fiction», The Road to Guantanamo, ours d’or au Festival de Berlin, aux ficelles si grosses qu’elles font regretter Sergeï Eisenstein et Léni Riefenstahl. N’y avait-il vraiment aucune raison de suspecter les trois héros du film, détenus à Guantanamo ? Doit-on prendre pour argent comptant leurs assertions quant aux tortures subies dont il ne subsiste aucune marque ? Victimes de la malchance, ils seraient partis au Pakistan pour un mariage à Karachi, lieu de rendez-vous des islamistes du monde entier en partance pour l’Afghanistan. Puis, ils se rendent 1 200 kilomètres plus loin à Kandahar, centre de commandement d’al-Qaida, lieu de rendez-vous de la filière pakistanaise. Ils musardent jusqu’à Kaboul, où de nombreux renforts talibans arrivent avec eux. Intervention alliée oblige, nos flâneurs se retrouvent ensuite à la frontière pakistanaise où se sont repliés les islamistes. Poursuivis par la malchance, ils sont arrêtés par l’Alliance du Nord, avec des talibans armés, qui les remet aux autorités américaines.

L’antiaméricanisme apparaît chaque jour davantage comme le nouvel opium du peuple. Le coeur d’un monde sans âme d’où la moralité est exclue, le repère fantasque des consciences perdues par la chute du mur de Berlin. Si la vraie force des républiques réside dans la vertu, comme le montra Montesquieu, la vertu se mesure au courage de se battre pour elles. Guantanamo, c’est ce courage.

* Professeur d’université Paris-X Nanterre, agrégé de philosophie et de science politique, auteur de Le néo-conservatisme est un humanisme (PUF)


Idiots utiles: Out-sartring Sartre (Chomsky as the unrivaled intellectual godfather of both anti-Americanism and anti-semitism)

6 juin, 2006
Sartre_cuba_8Chomskycastro_9The Big Lie gets lots of public attention and is carried forward as in a big parade, with many hungry listeners, while the truth must come limping behind on crutches, struggling to catch up, panting with its tongue hanging out. Wilhelm Reich

En ce 40e anniversaire des purges maoïstes, plus connues sous le nom de “Révolution culturelle”, on ne peut évidemment pas ne pas mentionner l’un de ses derniers et plus célèbres soutiens, le maitre-rationalisateur de toutes les terreurs d’Etat – à condition bien sûr qu’elle ne soit pas américaine -, Noam Chomsky lui-même !

Après tout, même notre propre Jean-Paul n’avait pas réussi à faire mieux que le gourou préféré de la gauche mondiale (classé depuis au moins 25 ans intellectuel vivant le plus cité du monde et, si on compte les morts,… juste derrière Marx !) qui, en quelques décennies, a réussi le tour de force (seul peut-être notre Jacques Vergès national pourrait s’en approcher!) d’excuser ou de rationaliser tour à tour les terreurs d’Etat chinoise, nord-coréenne, vietcong, khmer rouge, cubaine, sandinista, serbe, soudanaise, irakienne, you name it !** Sans parler bien sûr des divers négationnistes du génocide juif et des responsables du… 11/9 !

* qui n’aurait peut-être pas apprécié son jugement pourtant pas si éloigné – pour une fois ! – de la réalitésur l’intelligentsia parisienne: “in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood” …

** d’ailleurs, pas plus tard que le mois dernier, il rendait visite au chef du Hamas au Liban-sud !

Morceaux choisis:

China is an important example of a new society in which very
interesting and positive things happened at the local level, in which a good deal of the collectivization and communization was really based on mass participation and took place after a level of understanding had been reached in the peasantry that led to this next step.

I don’t accept the view that we can just condemn the NLF terror,
period, because it was so horrible. I think we really have to ask
questions of comparative costs, ugly as that may sound. And if we are going to take a moral position on this—and I think we should—we have to ask both what the consequences were of using terror and not using terror. If it were true that the consequences of not using terror would be that the peasantry in Vietnam would continue to live in the state of the peasantry of the Philippines, then I think the use of terror would be justified.

post-war Cambodia was probably similar to France after liberation at the end of World War II when thousands of enemy collaborators were massacred within a few months. This was to be expected and was a small price to pay for the positive outcomes of the new government of Pol Pot.

Refugees are frightened and defenseless, at the mercy of alien forces. They naturally tend to report what they believe their interlocutors wish to hear. While these reports must be considered seriously, care and caution are necessary. Specifically, refugees questioned by Westerners or Thais have a vested interest in reporting atrocities on the part of Cambodian revolutionaries, an obvious fact that no serious reporter will fail to take into account.

the forced march of the population out of Phnom Penh was probably necessitated by the failure of the 1976 rice crop. If this was true, “the evacuation of Phnom Penh, widely denounced at the time and since for its undoubted brutality, may actually have saved many lives.

the deaths in Cambodia were not the result of systematic slaughter and starvation organized by the state but rather attributable in large measure to peasant revenge, undisciplined military units out of government control, starvation and disease that are direct consequences of the US war, or other such factors.

The [9/11] terrorist attacks were major atrocities. In scale they may not reach the level of many others, for example, Clinton’s bombing of the Sudan with no credible pretext, destroying half its pharmaceutical supplies and killing unknown numbers of people.

After the first week of bombing, the New York Times reported on a back page inside a column on something else, that by the arithmetic of the United Nations there will soon be 7.5 million Afghans in acute need of even a loaf of bread and there are only a few weeks left before the harsh winter will make deliveries to many areas totally impossible, continuing to quote, but with bombs falling the delivery rate is down to 1/2 of what is needed. Casual comment. Which tells us that Western civilization is anticipating the slaughter of, well do the arithmetic, 3-4 million people or something like that. . . . Looks like what’s happening is some sort of silent genocide.

One is the fact that terrorism works. It doesn’t fail. It works. Violence usually works. That’s world history. Secondly, it’s a very serious analytic error to say, as is commonly done, that terrorism is the weapon of the weak. Like other means of violence, it’s primarily a weapon of the strong, overwhelmingly, in fact. It is held to be a weapon of the weak because the strong also control the doctrinal systems and their terror doesn’t count as terror. Now that’s close to universal. I can’t think of a historical exception, even the worst mass murderers view the world that way. So take the Nazis. They weren’t carrying out terror in occupied Europe. They were protecting the local population from the terrorisms of the partisans. And like other resistance movements, there was terrorism. The Nazis were carrying out counter terror.

virtually everything that Israel is doing, meaning the United States
and Israel are doing, is illegal, in fact, a war crime. And many of them they defined as “grave breaches,” that is, serious war crimes. This means that the United States and Israeli leadership should be brought to trial.

Anti-Semitism is no longer a problem. It’s raised, but it’s raised because privileged people want to make sure they have total control, not just 98% control.

Jews are “the most privileged and influential part of the population. I see no anti-Semitic implications in denial of the existence of gas chambers or even denial of the Holocaust.

We might ask how the Times would react to an Arab claim that the Jews do not merit a ’second homeland’ because they already have New York, with a huge Jewish population, Jewish-run media, a Jewish mayor, and domination of cultural and economic life.

Almost any crime, a crime in the street, a war, whatever it may be, there’s usually something behind it that has elements of legitimacy. If the Nuremberg laws were applied, then every post-war American president would have been hanged. I have often thought that if a rational Fascist dictatorship were to exist, then it would choose the American system.

The United States is unusual among the industrial democracies in the rigidity of the system of ideological control – “indoctrination,” we might say – exercised through the mass media.

The Bible is one of the most genocidal books in history.

Voir aussi la probablement meilleure “dénazification”, par l’historien australien Keith Windschuttle, du maitre-dénazificateur lui-même !

The Hypocrisy of Noam Chomsky
Keith Windschuttle
NewCriterion.com
May 2, 2003

There’s a famous definition in the Gospels of the hypocrite, and the hypocrite is the person who refuses to apply to himself the standards he applies to others. By that standard, the entire commentary and discussion of the so-called War on Terror is pure hypocrisy, virtually without exception. Can anybody understand that? No, they can’t understand it.
—Noam Chomsky, Power and Terror, 2003

Noam Chomsky was the most conspicuous American intellectual to rationalize the Al Qaeda terrorist attacks on New York and Washington. The death toll, he argued, was minor compared to the list of Third World victims of the “far more extreme terrorism” of United States foreign policy. Despite its calculated affront to mainstream opinion, this sentiment went down very well with Chomsky’s own constituency. He has never been more popular among the academic and intellectual left than he is today.

Two books of interviews with him published since September 11, 2001 both went straight onto the bestseller lists.[1] One of them has since been turned into a film entitled Power and Terror, now doing brisk business in the art-house movie market. In March 2002 the film’s director, John Junkerman, accompanied his subject to the University of California, Berkeley, where in a five-day visit Chomsky gave five political talks to a total audience of no fewer than five thousand people.

Meanwhile, the liberal news media around the world has sought him out for countless interviews as the most prominent intellectual opposed to the American response to the terrorist attacks. Newspaper articles routinely open by reminding readers of his awesome intellectual status. A profile headlined “Conscience of a Nation” in the English daily The Guardian declared: “Chomsky ranks with Marx, Shakespeare, and the Bible as one of the ten most quoted sources in the humanities—and is the only writer among them still alive.” The New York Times has called him “arguably the most important intellectual alive.”

Chomsky has used his status, originally gained in the field of linguistics, to turn himself into the leading voice of the American left. He is not merely a spokesman. His own stance has done much to structure left-wing politics over the past forty years. Today, when actors, rock stars, and protesting students mouth anti-American slogans for the cameras, they are very often expressing sentiments they have gleaned from Chomsky’s voluminous output.

Hence, to examine Chomsky’s views is to analyze the core mindset of contemporary radicalism, especially the variety that now holds so much sway in the academic and arts communities.

Chomsky has been a celebrity radical since the mid-1960s when he made his name as an anti-Vietnam War activist. Although he lost some of his appeal in the late-1970s and 1980s by his defense of the Pol Pot regime in Cambodia, he has used September 11 to restore his reputation, indeed to surpass his former influence and stature. At seventy-four years of age, he is today the doyen of the American and much of the world’s intellectual left.

He is, however, an unconventional academic radical. Over the past thirty years, the left in the humanities has been smitten by high theory, especially neo-Marxist, feminist, and postmodernist philosophy out of Germany and France. Much of this material was arcane enough in its own language but in translation it elevated obscurantism to a badge of prestige. It inundated the humanities with relativism both in epistemology and moral philosophy.

In contrast, Chomsky has produced no substantial body of political theory of his own. Nor is he a relativist. He advocates the pursuit of truth and knowledge about human affairs and promotes a simple, universal set of moral principles. Moreover, his political writings are very clear, pitched to a general rather than specialist audience. He supports his claims not by appeals to some esoteric conceptual apparatus but by presenting plain, apparently factual evidence. The explanation for his current appeal, therefore, needs to be sought not in recent intellectual fashions but in something with a longer history.

Chomsky is the most prominent intellectual remnant of the New Left of the 1960s. In many ways he epitomized the New Left and its hatred of “Amerika,” a country he believed, through its policies both at home and abroad, had descended into fascism. In his most famous book of the Sixties, American Power and the New Mandarins, Chomsky said what America needed was “a kind of denazification.”

Of all the major powers in the Sixties, according to Chomsky, America was the most reprehensible. Its principles of liberal democracy were a sham. Its democracy was a “four-year dictatorship” and its economic commitment to free markets was merely a disguise for corporate power. Its foreign policy was positively evil. “By any objective standard,” he wrote at the time, “the United States has become the most aggressive power in the world, the greatest threat to peace, to national self-determination, and to international cooperation.”

As an anti-war activist, Chomsky participated in some of the most publicized demonstrations, including the attempt, famously celebrated in Norman Mailer’s Armies of the Night, to form a human chain around the Pentagon. Chomsky described the event as “tens of thousands of young people surrounding what they believe to be—I must add that I agree—the most hideous institution on this earth.”

This kind of anti-Americanism was common on the left at the time but there were two things that made Chomsky stand out from the crowd. He was a scholar with a remarkable reputation and he was in tune with the anti-authoritarianism of the student-based New Left.

At the time, the traditional left was still dominated by an older generation of Marxists, who were either supporters of the Communist Party or else Trotskyists opposed to Joseph Stalin and his heirs but who still endorsed Lenin and Bolshevism. Either way, the emerging generation of radical students saw both groups as compromised by their support for the Russian Revolution and the repressive regimes it had bequeathed to eastern Europe.

Chomsky was not himself a member of the student generation—in 1968 he was a forty-year-old tenured professor—but his lack of party membership or any other formal political commitment absolved him of any connection to the Old Left. Instead, his adherence to anarchism, or what he called “libertarian socialism,” did much to shape the outlook of the New Left.

American Power and the New Mandarins approvingly quotes the nineteenth-century anarchist Mikhail Bakunin predicting that the version of socialism supported by Karl Marx would end up transferring state power not to the workers but to the elitist cadres of the Communist Party itself.

Despite his anti-Bolshevism, Chomsky remained a supporter of socialist revolution. He urged that “a true social revolution” would transform the masses so they could take power into their own hands and run institutions themselves. His favorite real-life political model was the short-lived anarchist enclave formed in Barcelona in 1936–1937 during the Spanish Civil War.

The Sixties demand for “student power” was a consequence of this brand of political thought. It allowed the New Left to persuade itself that it had invented a more pristine form of radicalism, untainted by the totalitarianism of the communist world.

For all his in-principle disdain of communism, however, when it came to the real world of international politics Chomsky turned out to endorse a fairly orthodox band of socialist revolutionaries. They included the architects of communism in Cuba, Fidel Castro and Che Guevera, as well as Mao Tse-tung and the founders of the Chinese communist state. Chomsky told a forum in New York in December, 1967 that in China “one finds many things that are really quite admirable.” He believed the Chinese had gone some way to empowering the masses along lines endorsed by his own libertarian socialist principles:

“China is an important example of a new society in which very interesting and positive things happened at the local level, in which a good deal of the collectivization and communization was really based on mass participation and took place after a level of understanding had been reached in the peasantry that led to this next step.”

When he provided this endorsement of what he called Mao Tse-tung’s “relatively livable” and “just society,” Chomsky was probably unaware he was speaking only five years after the end of the great Chinese famine of 1958–1962, the worst in human history. He did not know, because the full story did not come out for another two decades, that the very collectivization he endorsed was the principal cause of this famine, one of the greatest human catastrophes ever, with a total death toll of thirty million people.

Nonetheless, if he was as genuinely aloof from totalitarianism as his political principles proclaimed, the track record of communism in the USSR—which was by then widely known to have faked its statistics of agricultural and industrial output in the 1930s when its own population was also suffering crop failures and famine—should have left this anarchist a little more skeptical about the claims of the Russians’ counterparts in China.

In fact, Chomsky was well aware of the degree of violence that communist regimes had routinely directed at the people of their own countries. At the 1967 New York forum he acknowledged both “the mass slaughter of landlords in China” and “the slaughter of landlords in North Vietnam” that had taken place once the communists came to power. His main objective, however, was to provide a rationalization for this violence, especially that of the National Liberation Front then trying to take control of South Vietnam. Chomsky revealed he was no pacifist.

“I don’t accept the view that we can just condemn the NLF terror, period, because it was so horrible. I think we really have to ask questions of comparative costs, ugly as that may sound. And if we are going to take a moral position on this—and I think we should—we have to ask both what the consequences were of using terror and not using terror. If it were true that the consequences of not using terror would be that the peasantry in Vietnam would continue to live in the state of the peasantry of the Philippines, then I think the use of terror would be justified.”

It was not only Chomsky who was sucked into supporting the maelstrom of violence that characterized the communist takeovers in South-East Asia. Almost the whole of the 1960s New Left followed. They opposed the American side and turned Ho Chi Minh and the Vietcong into romantic heroes.

When the Khmer Rouge took over Cambodia in 1975 both Chomsky and the New Left welcomed it. And when news emerged of the extraordinary event that immediately followed, the complete evacuation of the capital Phnom Penh accompanied by reports of widespread killings, Chomsky offered a rationalization similar to those he had provided for the terror in China and Vietnam: there might have been some violence, but this was understandable under conditions of regime change and social revolution.

Although information was hard to come by, Chomsky suggested in an article in 1977 that post-war Cambodia was probably similar to France after liberation at the end of World War II when thousands of enemy collaborators were massacred within a few months. This was to be expected, he said, and was a small price to pay for the positive outcomes of the new government of Pol Pot. Chomsky cited a book by two American left-wing authors, Gareth Porter and George Hildebrand, who had “presented a carefully documented study of the destructive American impact on Cambodia and the success of the Cambodian revolutionaries in overcoming it, giving a very favorable picture of their programs and policies.”

By this time, however, there were two other books published on Cambodia that took a very different line. The American authors John Barron and Anthony Paul called their work Murder of a Gentle Land and accused the Pol Pot regime of mass killings that amounted to genocide. François Ponchaud’s Cambodia Year Zero repeated the charge.

Chomsky reviewed both books, together with a number of press articles, in The Nation in June 1977. He accused them of publishing little more than anti-communist propaganda. Articles in The New York Times Magazine and The Christian Science Monitor suggested that the death toll was between one and two million people out of a total population of 7.8 million. Chomsky mocked their total and picked at their sources, showing some were dubious and that a famous photograph of forced labor in the Cambodian countryside was actually a fake.

He dismissed the Barron and Paul book partly because it had been published by Reader’s Digest and publicized on the front page of The Wall Street Journal, both of them notorious anti-communist publications, and partly because they had omitted to report the views of journalists who had been to Cambodia but not witnessed any executions.

Ponchaud’s book was harder to ignore. It was based on the author’s personal experience in Cambodia from 1965 until the capture of Phnom Penh, extensive interviews with refugees and reports from Cambodian radio. Moreover, it had been favorably reviewed by a left-wing author in The New York Review of Books, a publication for which Chomsky himself had often written. Chomsky’s strategy was to undermine Ponchaud’s book by questioning the credibility of his refugee testimony. Acknowledging that Ponchaud “gives a grisly account of what refugees have reported to him about the barbarity of their treatment at the hands of the Khmer Rouge,” Chomsky said we should be wary of “the extreme unreliability of refugee reports”:

“Refugees are frightened and defenseless, at the mercy of alien forces. They naturally tend to report what they believe their interlocutors wish to hear. While these reports must be considered seriously, care and caution are necessary. Specifically, refugees questioned by Westerners or Thais have a vested interest in reporting atrocities on the part of Cambodian revolutionaries, an obvious fact that no serious reporter will fail to take into account.”

In 1980, Chomsky expanded this critique into the book After the Cataclysm, co-authored with his long-time collaborator Edward S. Herman. Ostensibly about Vietnam, Laos, and Cambodia, the great majority of its content was a defense of the position Chomsky took on the Pol Pot regime. By this time, Chomsky was well aware that something terrible had happened: “The record of atrocities in Cambodia is substantial and often gruesome,” he wrote. “There can be little doubt that the war was followed by an outbreak of violence, massacre and repression.” He mocked the suggestion, however, that the death toll might have reached more than a million and attacked Senator George McGovern’s call for military intervention to halt what McGovern called “a clear case of genocide.”

Instead, Chomsky commended authors who apologized for the Pol Pot regime. He approvingly cited their analyses that the forced march of the population out of Phnom Penh was probably necessitated by the failure of the 1976 rice crop. If this was true, Chomsky wrote, “the evacuation of Phnom Penh, widely denounced at the time and since for its undoubted brutality, may actually have saved many lives.” Chomsky rejected the charge of genocide, suggesting that

“the deaths in Cambodia were not the result of systematic slaughter and starvation organized by the state but rather attributable in large measure to peasant revenge, undisciplined military units out of government control, starvation and disease that are direct consequences of the US war, or other such factors.”

After the Cataclysm also presented a much more extended critique of refugee testimony. Chomsky revealed his original 1977 source for this had been Ben Kiernan, at the time an Australian graduate student and apologist for the Pol Pot regime, who wrote in the Maoist-inspired Melbourne Journal of Politics. What Chomsky avoided telling his readers, however, was that well before 1980, the year After the Cataclysm was published, Kiernan himself had recanted his position.

Kiernan had spent much of 1978 and 1979 interviewing five hundred Cambodian refugees in camps inside Thailand. They persuaded him they were actually telling the truth. He also gained a mass of evidence from the new Vietnamese-installed regime. This led him to write a mea culpa in the Bulletin of Concerned Asian Scholars in 1979. This was a left-wing journal frequently cited by Chomsky, so he must have been aware that Kiernan wrote: “There can be no doubting that the evidence also points clearly to a systematic use of violence against the population by that chauvinist section of the revolutionary movement that was led by Pol Pot.” Yet in After the Cataclysm, Chomsky does not acknowledge this at all.

Kiernan later went on to write The Pol Pot Regime: Race, Power and Genocide under the Khmer Rouge 1975–79, a book now widely regarded as the definitive analysis of one of the most appalling episodes in recorded history. In the evacuation of Phnom Penh in 1975, tens of thousands of people died. Almost the entire middle class was deliberately targeted and killed, including civil servants, teachers, intellectuals, and artists. No fewer than 68,000 Buddhist monks out of a total of 70,000 were executed. Fifty percent of urban Chinese were murdered.

Kiernan argues for a total death toll between April 1975 and January 1979, when the Vietnamese invasion put an end to the regime, of 1.67 million out of 7.89 million, or 21 percent of the entire population. This is proportionally the greatest mass killing ever inflicted by a government on its own population in modern times, probably in all history.

Chomsky was this regime’s most prestigious and most persistent Western apologist. Even as late as 1988, when they were forced to admit in their book Manufacturing Consent that Pol Pot had committed genocide against his own people, Chomsky and Herman still insisted they had been right to reject the journalists and authors who had initially reported the story. The evidence that became available after the Vietnamese invasion of 1979, they maintained, did not retrospectively justify the reports they had criticized in 1977.

They were still adamant that the United States, who they claimed started it all, bore the brunt of the blame. In short, Chomsky still refused to admit how wrong he had been over Cambodia.

Chomsky has persisted with this pattern of behavior right to this day. In his response to September 11, he claimed that no matter how appalling the terrorists’ actions, the United States had done worse. He supported his case with arguments and evidence just as empirically selective and morally duplicitous as those he used to defend Pol Pot. On September 12, 2001, Chomsky wrote:

“The terrorist attacks were major atrocities. In scale they may not reach the level of many others, for example, Clinton’s bombing of the Sudan with no credible pretext, destroying half its pharmaceutical supplies and killing unknown numbers of people.”

This Sudanese incident was an American missile attack on the Al-Shifa pharmaceutical factory in Khartoum, where the CIA suspected Iraqi scientists were manufacturing the nerve agent VX for use in chemical weapons contracted by the Saddam Hussein regime. The missile was fired at night so that no workers would be there and the loss of innocent life would be minimised. The factory was located in an industrial area and the only apparent casualty at the time was the caretaker.

While Chomsky drew criticism for making such an odious comparison, he was soon able to flesh out his case. He told a reporter from salon.com that, rather than an “unknown” number of deaths in Khartoum, he now had credible statistics to show there were many more Sudanese victims than those killed in New York and Washington: “That one bombing, according to estimates made by the German Embassy in Sudan and Human Rights Watch, probably led to tens of thousands of deaths.” However, this claim was quickly rendered suspect. One of his two sources, Human Rights Watch, wrote to salon.com the following week denying it had produced any such figure. Its communications director said: “In fact, Human Rights Watch has conducted no research into civilian deaths as the result of US bombing in Sudan and would not make such an assessment without a careful and thorough research mission on the ground.”

Chomsky’s second source had done no research into the matter either. He was Werner Daum, German ambassador to Sudan from 1996 to 2000 who wrote in the Harvard International Review, Summer 2001. Despite his occupation, Daum’s article was anything but diplomatic.

It was a largely anti-American tirade criticizing the United States’ international human rights record, blaming America for the 1980s Iran-Iraq war, accusing it of ignoring Iraq’s gassing of the Kurds, and holding it responsible for the purported deaths of 600,000 Iraqi children as a result of post-1991 economic sanctions. Nonetheless, his comments on the death toll from the Khartoum bombing were not as definitive as Chomsky intimated. Daum wrote:

“It is difficult to assess how many people in this poor African country died as a result of the destruction of the Al-Shifa factory, but several tens of thousands seems a reasonable guess. The factory produced some of the basic medicines on the World Health Organization list, covering 20 to 60 percent of Sudan’s market and 100 percent of the market for intravenous liquids. It took more than three months for these products to be replaced with imports.”

Now, it is hard to take seriously Daum’s claim that this “guess” was in any way “reasonable.” He said there was a three-month gap between the destruction of the factory and the time it took to replace its products with imports. This seems an implausibly long interval to ship pharmaceuticals but, even if true, it is fanciful to suggest that “several tens of thousands” of people would have died in such a brief period.

Had they done so, they must have succumbed to a highly visible medical crisis, a pandemic to put the SARS outbreak in the shade. Yet no one on the spot, apart from the German ambassador, seems to have heard of it.

Anyone who makes an Internet search of the reports of the Sudanese operations of the several Western aid agencies, including Oxfam, Médecins sans Frontières, and Norwegian People’s Aid, who have been operating in this region for decades, will not find any evidence of an unusual increase in the death toll at the time. Instead, their major health concern, then and now, has been how the Muslim Marxist government in Khartoum was waging civil war by bombing the civilian hospitals of its Christian enemies in the south of the country.

The idea that tens of thousands of Sudanese would have died within three months from a shortage of pharmaceuticals is implausible enough in itself. That this could have happened without any of the aid organizations noticing or complaining is simply unbelievable.

Hence, Chomsky’s rationalization for the September 11 attacks is every bit as deceitful as his apology for Pol Pot and his misreading of the Cambodian genocide.

“It is the responsibility of intellectuals to speak the truth and to expose lies,” Chomsky wrote in a famous article in The New York Review of Books in February 1967. This was not only a well-put and memorable statement but was also a good indication of his principal target. Most of his adult life has been spent in the critique of other intellectuals who, he claims, have not fulfilled their duty.

The central argument of American Power and the New Mandarins is that the humanities and social sciences had been captured by a new breed of intellectuals. Rather than acting as Socratic free thinkers challenging received opinion, they had betrayed their calling by becoming servants of the military-industrial state. The interests of this new mandarin class, he argued, had turned the United States into an imperial power. Their ideology demonstrated

“the mentality of the colonial civil servant, persuaded of the benevolence of the mother country and the correctness of its vision of world order, and convinced that he understands the true interests of the backward peoples whose welfare he is to administer.”

Chomsky named the academic fields he regarded as the worst offenders—psychology, sociology, systems analysis, and political science—and held up some well-known practitioners, including Samuel Huntington of Harvard, as among the worst examples. The Vietnam War, Chomsky claimed, was designed and executed by the new mandarins.

In itself, Chomsky’s identification of the emergence of a new type of academically trained official was neither original nor radical. Similar critiques had been made of the same phenomenon in both western and eastern Europe for some time. Much of his critique had been anticipated in the 1940s in a book from the other end of the political spectrum, Friedrich von Hayek’s Road to Serfdom, which identified the social engineers of the welfare state as the greatest internal threats to Western liberty. Chomsky offered a leftist version of the same idea, writing:

“There are dangerous tendencies in the ideology of the welfare state intelligentsia who claim to possess the technique and understanding required to manage our “postindustrial society” and to organize the international society dominated by the American superpower.”

Yet at the very time he was making this critique, Chomsky himself was playing at social engineering on an even grander scale. As he indicated in his support in 1967 for the “collectivization and communization” of Chinese and Vietnamese agriculture, with its attendant terror and mass slaughter, he had sought the calculated reorganization of traditional societies. By his advocacy of revolutionary change throughout Asia, he was seeking to play a role in the reorganization of the international order as well.

Hence, apart from occupying a space on the political spectrum much further to the left than the academics he criticized, and apart from his preference for bloodshed over more bureaucratic techniques, Chomsky himself was the very exemplar of the new mandarin he purported to despise.

He was, in fact, one of the more successful examples of the breed. There has now been enough analysis of the Vietnam War to demonstrate conclusively that the United States was not defeated militarily. South Vietnam was abandoned to its fate because of the war’s political costs at home. The influence of radical intellectuals like Chomsky in persuading the student generation of the 1960s to oppose the war was crucial in elevating these political costs to an intolerable level.

The result they helped produce, however, was far worse than any bureaucratic solution that might have emanated from the behavioral sciences of the 1960s. From our present vantage point, we can today see the long-term outcome of the choice Chomsky posed in 1967 between the “comparative costs” of revolutionary terror in Vietnam versus the continuation of private enterprise agriculture in the Philippines.

The results all favor the latter. In 2001, the average GDP per head in the Philippines was $4000. At the same time, twenty-five years of revolution in Vietnam had produced a figure of only half as much, a mere $2100. Even those Vietnamese who played major roles in the transformation are now dismayed at the outcome. The former Vietcong General Pham Xuan An said in 1999: “All that talk about ‘liberation’ twenty, thirty years ago, all the plotting, all the bodies, produced this, this impoverished broken-down country led by a gang of cruel and paternalistic half-educated theorists.”

These “half-educated theorists” were the very mandarins Chomsky and his supporters so badly wanted to succeed and worked so hard to install.

As well as social science practitioners and bureaucrats, the other representatives of the intelligentsia to whom Chomsky has long been hostile are the people who work in the news media.

Although his politics made him famous, Chomsky has made no substantial contribution to political theory. Almost all his political books are collections of short essays, interviews, speeches, and newspaper opinion pieces about current events. The one attempt he made at a more thoroughgoing analysis was the work he produced in 1988 with Edward S. Herman, Manufacturing Consent: The Political Economy of the Mass Media. This book, however, must have been a disappointment to his followers.

Media studies is a huge field ranging from traditional defenses of the news media as the fourth estate of the democratic system, to the most arcane cultural analyses produced by radical postmodernist theorists. Chomsky and Herman gave no indication they had digested any of it.

Instead, their book offers a crude analysis that would have been at home in an old Marxist pamphlet from the 1930s. Apart from the introduction, most of the book is simply a re-hash of the authors’ previously published work criticizing media coverage of events in central America (El Salvador, Guatemala, and Nicaragua) and in south-east Asia (Vietnam, Laos, and Cambodia), plus one chapter on reporting of the 1981 KGB-Bulgarian plot to kill the Pope.

To explain the role of the mass media, Chomsky and Herman offer their “propaganda model.” This claims the function of the media is

“to amuse, entertain and inform, and to inculcate individuals with the values, beliefs and codes of behavior that will integrate them into the institutional structures of the larger society. In a world of concentrated wealth and major conflicts of class interest, to fulfil this role requires systematic propaganda.”

This is true, they maintain, whether the media operate in liberal democracies or under totalitarian regimes. The only difference is that in communist and other authoritarian societies, it is clear to everyone that the media are instruments of the dominant elite. In capitalist societies, however, this fact is concealed, since the media “actively compete, periodically attack and expose corporate and governmental malfeasance, and aggressively portray themselves as spokesmen for free speech and the general community interest.”

Chomsky and Herman argue that these attacks on authority are always very limited and the claims of free speech are merely smokescreens for inculcating the economic and political agendas of the privileged groups that dominate the economy.

The media, they note, are all owned by large corporations, they are beholden for their income to major national advertisers, most news is generated by large multinational news agencies, and any newspaper or television station that steps out of line is bombarded with “flak” or letters, petitions, lawsuits, and speeches from pro-capitalist institutes set up for this very purpose.

There are, however, two glaring omissions from their analysis: the role of journalists and the preferences of media audiences. Nowhere do the authors explain how journalists and other news producers come to believe they are exercising their freedom to report the world as they see it. Chomsky and Herman simply assert these people have been duped into seeing the world through a pro-capitalist ideological lens.

Nor do they attempt any analysis of why millions of ordinary people exercise their free choice every day to buy newspapers and tune in to radio and television programs. Chomsky and Herman fail to explain why readers and viewers so willingly accept the world-view of capitalist media proprietors. They provide no explanation for the tastes of media audiences.

This view of both journalists and audiences as easily-led, ideological dupes of the powerful is not just a fantasy of Chomsky and Herman’s own making. It is also a stance that reveals an arrogant and patronising contempt for everyone who does not share their politics. The disdain inherent in this outlook was revealed during an exchange between Chomsky and a questioner at a conference in 1989 (reproduced in Chomsky, Understanding Power, 2002):

“Man: The only poll I’ve seen about journalists is that they are basically narcissistic and left of center. Chomsky: Look, what people call “left of center” doesn’t mean anything—it means they’re conventional liberals and conventional liberals are very state-oriented, and usually dedicated to private power.”

In short, Chomsky believes that only he and those who share his radical perspective have the ability to rise above the illusions that keep everyone else slaves of the system. Only he can see things as they really are.

Since the European Enlightenment a number of prominent intellectuals have presented themselves as secular Christ-like figures, lonely beacons of light struggling to survive in a dark and corrupting world. This is a tactic that has often delivered them followers among students and other idealistic youths in late adolescence.

The phenomenon has been most successful when accompanied by an uncomplicated morality that its constituency can readily absorb. In his ruminations on September 11, Chomsky reiterated his own apparently direct and simple moral principles. Reactions to the terrorist attacks, he said, “should meet the most elementary moral standards: specifically, if an action is right for us, it is right for others; and if it is wrong for others, it is wrong for us.”

Unfortunately, like his declaration of the responsibility of the intellectual to speak the truth and expose lies, Chomsky himself has consistently demonstrated an inability to abide by his own standards. Among his most provocative recent demands are for American political and military leaders to be tried as war criminals. He has often couched this in terms of the failure by the United States to apply the same standards to itself as it does to its enemies.

For instance, America tried and executed the remaining World War Two leaders of Germany and Japan, but failed to try its own personnel for the “war crime” of dropping the atomic bomb on Japan. Chomsky claims the American bombing of dams during the Korean War was “a huge war crime … just like racist fanaticism” but the action was praised at home. “That’s just a couple of years after they hanged German leaders who were doing much less than that.”

The worst current example, he claims, is American support for Israel:

“virtually everything that Israel is doing, meaning the United States and Israel are doing, is illegal, in fact, a war crime. And many of them they defined as “grave breaches,” that is, serious war crimes. This means that the United States and Israeli leadership should be brought to trial.”

Yet Chomsky’s moral perspective is completely one-sided. No matter how great the crimes of the regimes he has favored, such as China, Vietnam, and Cambodia under the communists, Chomsky has never demanded their leaders be captured and tried for war crimes. Instead, he has defended these regimes for many years to the best of his ability through the use of evidence he must have realized was selective, deceptive, and in some cases invented.

In fact, had Pol Pot ever been captured and tried in a Western court, Chomsky’s writings could have been cited as witness for the defense. Were the same to happen to Osama bin Laden, Chomsky’s moral rationalizations in his most recent book—“almost any crime, a crime in the street, a war, whatever it may be, there’s usually something behind it that has elements of legitimacy”—could be used to plead for a lighter sentence.

This kind of two-faced morality has provided a model for the world-wide protests by left-wing opponents of the American-led coalition’s war against Iraq. The left was willing to tolerate the most hideous acts of state terrorism by the Saddam Hussein regime, but was implacable in its hostility to intervention by Western democratic governments in the interests of both their own security and the emancipation of the Iraqi people. This is hypocrisy writ large.

The long political history of this aging activist demonstrates that double standards of the same kind have characterized his entire career.

Chomsky has declared himself a libertarian and anarchist but has defended some of the most authoritarian and murderous regimes in human history. His political philosophy is purportedly based on empowering the oppressed and toiling masses but he has contempt for ordinary people who he regards as ignorant dupes of the privileged and the powerful. He has defined the responsibility of the intellectual as the pursuit of truth and the exposure of lies, but has supported the regimes he admires by suppressing the truth and perpetrating falsehoods. He has endorsed universal moral principles but has only applied them to Western liberal democracies, while continuing to rationalize the crimes of his own political favorites. He is a mandarin who denounces mandarins. When caught out making culpably irresponsible misjudgments, as he was over Cambodia and Sudan, he has never admitted he was wrong.

Today, Chomsky’s hypocrisy stands as the most revealing measure of the sorry depths to which the left-wing political activism he has done so much to propagate has now sunk.

Notes

[1] September 11, by Noam Chomsky; Seven Stories Press, 96 pages, $8.95. Power and Terror: Post 9/11 Talks and Interviews, by Noam Chomsky, edited by John Junkerman and Takei Masakazu; Seven Stories Press, 144 pages, $11.95.

Voir enfin l’ultime bétisier du néo-conservateur (et ancien patron de la revue-phare du gauchisme américain des années 60 “Ramparts”) David Horowitz (The Anti-Chomsky Reader) pour qui l’ “Ayatollah de l’anti-américanisme” n’a qu’un seul message: l’Amérique est le Grand Satan “.

It would be easy to demonstrate how on every page of every book and in every statement that Chomsky has written the facts are twisted, the political context is distorted and even inverted…how every piece of evidence Chomsky assembles and every analysis he makes is subordinated to the overweening purpose of his life-work, which is to justify an idee fixe—his pathological hatred of his own country”. Horowitz argues that Chomsky fulfills a role as the intellectual godfather of leftwing anti-Americanism, giving “an authentic voice to the hatred of America that has been an enduring fact of our national scene since the mid-1960s.

Et également sur Wikipedia: Criticism of Noam Chomsky.

Sur la récente visite de Chomsky au Hezbollah (voir la transcription du reportage télé par MEMRI):

The Middle East Media Research Institute
5/14/2006
American Linguist Noam Chomsky Meets with Hizbullah Leaders in Lebanon

Following are excerpts from a report on American linguist Prof. Noam Chomsky meeting Hizbullah leaders in Lebanon. The report aired on New TV on May 14, 2006.

Anchor: The leftist Jewish American intellectual Noam Chomsky toured Al-Khiyam Prison at the end of his visit to Lebanon. He declared that the victory achieved by the resistance is a victory for all the peoples that fight injustice and oppression.

Reporter: “Umm Kamel” – the Israeli [MK] spying aircraft – was the first to welcome leftist Jewish American intellectual Noam Chomsky, in his visit to Al-Khiyam Prison. Chomsky chose to provide “Umm Kamel” with the most detestable pictures, from the Israeli perspective, by smiling and shaking hands with Hizbullah’s leader in South Lebanon, Nabil Qauq. Then they both entered the prison’s Hall of Martyrs. Chomsky, who toured the prison with his wife and university professor Fawwaz Al-Trabulsi, insisted on staying inside one of the prison cells for a short while. He commended the perseverance of the inmates during the years of cruelty and pain, stressing that this prison is no different from Guantanamo.

The leftist intellectual chose to stand in front of a destroyed Israeli vehicle and declare that all the prisoners in the world must be released, whether in Israel or in American prisons.

In response to a question about [Lebanese expatriates] who decided to honor U.S. Ambassador to the U.N. John Bolton, Chomsky said:

Noam Chomsky: Well, you know, they have their own choices to make. There is pressure they have to deal with. When Japan occupied Asia and committed atrocities there, some Asians honored Japan because they were subject to imperialism.

Reporter: On the U.S. position regarding his visit, Chomsky said:

Noam Chomsky: I don’t know what their response will be, and I don’t care.

Reporter: Chomsky insisted on greeting the Israeli reconnaissance plane:

Noam Chomsky: The imperialistic forces do whatever they want, and as long as Washington allows them to do so, they will continue, until the American people learns about it and stops them.

Reporter: “Umm Kamel” got a picture of another Chomsky smile, when Qauq presented him with a picture commemorating the liberation. This time, Chomsky accompanied his smile with the hope to meet in the future in the Shab’a Farms after their liberation.