Chute du mur/20e: Attention, un mur peut en cacher d’autres (What about Vietnam?)

9 novembre, 2009
Vietnamese dissidents arrestedRappelons que tous les murs ne sont pas abattus! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique: le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Guy Sorman
De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent. Winston Churchill (Westminster College, Fulton, Missouri, le 5 mars 1946)
Faites tomber ce mur, M. Gorbatchev! Ronald Reagan (Berlin, juin 1987)
Un président américain ratera les événements qui souligneront la fin d’un combat auquel nous avons, en tant que nation et sous des présidents des deux partis – consacré sang et argent pendant 50 années. Pour Barack Obama, 1989 est juste une autre année lointaine – et le Parti démocrate d’hommes comme Harry Truman et JFK n’a jamais été aussi lointain. Rich Lowry
La torture est maintenant une pratique répandue dans les prisons palestiniennes. Les techniques ont évolué. Les différents services de sécurité de l’Autorité palestinienne utilisent à présent des méthodes qui laissent moins de traces. Ils s’inspirent souvent des Israéliens, mais aussi des Américains, qui les entraînent en Jordanie. Shawan Jabarin (directeur de l’organisation de défense des droits de l’homme al-Haq)
Les membres du Fatah ont beaucoup appris dans les prisons israéliennes. Abou Ali (ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne)
D’ailleurs, l’immense majorité des dissidents de l’Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Slavoj Zizek
Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer. Duy Hoang (membre du parti réformiste interdit Viet tan)
Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des “lois” arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée. Do Hoang Diem (Viet Tan)

Attention: un mur peu en cacher d’autres!

En ce 20e anniversaire de la Chute du mur de Berlin (qui est aussi le 71e de la Nuit de cristal) et Journée mondiale de la liberté institué en novembre 2001 par George Bush (à quand, à défaut d’un nouveau Nuremberg, une Journée commémorative pour les quelque 70millions de victimes?) …

Snobés par un nouveau chef de file du Monde libre trop occupé à dénigrer son propre pays (y compris pour ses… victoires!) et courtiser les tyrans de la planète, comme en témoigne l’annonce de sa rencontre avec les dictateurs birmans en fin de semaine …

Pendant que, dans les Etats policiers du Moyen-Orient et sous couvert d’une véritable orgie de critiques contre le seul “mur israélien”, continuent plus que jamais tortures et exécutions extra-judiciaires comme purification religieuse contre les non-musulmans ou censure de toute référence au bouc émissaire sioniste jusqu’au Journal d’Anne Frank

Corruption généralisée, arrestations et détentions arbitraires (3 journalistes et 17 blogueurs), non-respect de la liberté de parole et d’expression, intimidation des militants pour la démocratie, restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques, confiscations des biens de l’Eglise catholique, surveillance policière et harcèlement de l’église mennonite dans les zones des minorités ethniques, interdiction de créer un syndicat des travailleurs indépendant, mauvaises conditions de travail, bas salaires et traitements dégradants …

Retour sur ces autres murs qui, comme le rappelait tout récemment Guy Sorman, n’ont “plus besoin, avec les alternatives plus sophistiquées du contrôle des frontières et de la censure d’internet, d’être en béton” mais restent appuyés sur la force militaire et policière.

Et notamment, derrière les cas notoires des Chine, Corée du nord et Cuba, celui, “glissé sous le radar” après un début de libéralisation pendant que d’autres conflits occupaient les unes des médias, du Vietnam.

Que, malgré les efforts du Parti réformiste Viet Tan et après avoir payé pourtant de la vie de près de 60 000 de ses soldats, le Monde libre semble apparemment avoir décidé d’abandonner à son triste sort …

M. Obama, rendez le Vietnam libre!
Duy Hoang
Wall Street Journal
30 janvier 2009

La “douce” puissance Américaine peut inciter au changement démocratique.

Pour tous ceux qui ont regardé le discours d’investiture de Barack Obama la semaine dernière depuis un pays non libre, assurément l’une des phrases les plus remarquable a été : « Eh oui, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, [...] sachez que l’Amérique est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme ou enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité. Et nous sommes prêts à mener le mouvement une fois de plus. »

Le Vietnam serait l’endroit parfait pour commencer.

D’un point de vue purement stratégique, le Vietnam se trouve en plein milieu de l’Asie du Sud-Est, à côté de la Chine et de la Thaïlande, et en parallèle avec les importantes lignes maritimes de la mer de Chine méridionale. L’Amérique ne pourrait que se réjouir de voir s’instaurer là-bas un régime pacifique et démocratique. Dans une perspective plus large, l’un des plus importants faux pas de la politique étrangère de l’Amérique au 20e siècle a été l’abandon du Vietnam au Parti communiste. Les temps ont changé, mais pas le Vietnam qui dispose pourtant d’un potentiel d’ancrage économique dynamique et libéral en Asie du Sud-Est. En utilisant la puissance douce, les États-Unis disposent des moyens diplomatiques permettant d’aider le peuple vietnamien, et les intérêts américains.

Le Vietnam est prêt pour le changement. Le Vietnam n’est pas la Malaisie ou l’Indonésie, en proie à des conflits sectaires. Il n’est pas non plus comme la Chine, malgré les ressemblances superficielles des gouvernements communistes dans des pays de culture confucéenne, gouvernements qui ont essayé d’offrir à leur peuple la croissance économique en échange d’une allégeance politique.

Alors que les dirigeants chinois aspirent au statut de grande puissance, les communistes du Vietnam maintiennent une position de subordonné avec la Chine, en s’appuyant sur le soutien politique de Pékin. En conséquence, alors que le Parti communiste chinois peut manipuler les sentiments nationalistes pour asseoir son contrôle, le Parti communiste vietnamien doit tempérer le nationalisme de peur de voir son pouvoir menacé. Hanoi est déjà confronté à une facture élevée pour ses mauvaises politiques et ses échecs de la réforme. Les compagnies multinationales ne peuvent pas ignorer l’énorme marché chinois, mais elles peuvent se permettre de faire l’impasse sur le Vietnam si l’environnement devient trop difficile ou le système politique trop répressif.

Un autre facteur décisif est la relative homogénéité des attitudes et de la diaspora vietnamienne. Estimée à 1,5 millions de personnes aux États-Unis et à trois millions dans le monde, les Vietnamiens de l’étranger sont pour la plupart des boat people qui ont fui en tant que réfugiés politiques à partir de 1975. Avec un passé commun, nombreux sont ceux qui partagent l’espoir d’un Vietnam libre et démocratique pour l’avenir. Pendant ce temps, le Vietnam possède l’une des populations les plus pro-américaines dans le monde. Au Vietnam, le régime n’apprécie pas les États-Unis, mais « la rue » aime l’Amérique. Tant que la politique américaine reste concentrée sur la mobilisation de la population vietnamienne, elle peut s’appuyer sur un énorme réservoir de bonne volonté.

Ce qui ne veut pas dire que Washington doive enfreindre la loi pour renverser le régime de Hanoi. Les changements politiques, lorsqu’ils arrivent, devront être l’œuvre du peuple vietnamien. Mais si M. Obama veut encourager l’évolution politique au Vietnam, il a des outils à sa disposition qui pourraient avoir un impact important. L’outil le plus important est tout simplement le ton que Washington donne à ses relations avec Hanoi. Les responsables américains doivent clairement faire savoir que les États-Unis travailleront avec le régime dans la mesure où c’est le gouvernement actuel, mais que l’Amérique est d’abord et avant tout un partenaire du peuple vietnamien.

Les États-Unis pourraient commencer en se prononçant contre les arrestations arbitraires, l’intimidation des militants pour la démocratie et les restrictions sur l’indépendance des organisations religieuses et politiques. Pour que les États-Unis parlent d’une seule voix, toutes les administrations impliquées au Vietnam, comme le Département d’État, du Commerce et de la Défense doivent avoir des priorités cohérentes. Une politique plus forte des droits de l’homme exige aussi que l’administration se conforme à la lettre et à l’esprit de la Loi sur la Liberté Religieuse Internationale. L’administration Bush a fait une erreur lorsqu’elle a retiré le Vietnam de la liste des pays particulièrement préoccupants pour les violations de la liberté religieuse afin de faire avancer d’autres objectifs diplomatiques.

Les États-Unis devraient s’impliquer dans toutes les facettes de la société vietnamienne. L’éducation est un domaine clé. Les programmes pour que les jeunes vietnamiens puissent étudier dans les universités américaines devraient recevoir un financement accru. Dans le même temps, les opportunités doivent être créés pour des universitaires et des experts basés aux USA d’échanger des idées avec le public, au Vietnam, par exemple par le biais de forums organisés par l’ambassade américaine à Hanoi. Les discussions politico-militaires des USA avec le gouvernement vietnamien et le Programme International d’Entrainement et de Formation Militaire du Pentagone encourageront l’Armée populaire du Vietnam, non seulement à moderniser ses capacités opérationnelles, mais aussi à modifier sa manière de penser en termes d’équilibre des relations civiles et militaires pour se concentrer sur la mission fondamentale de l’armée – qui est de défendre le pays contre des menaces extérieures.

Les États-Unis peuvent également aider pour que le peuple vietnamien ait son mot à dire sur son propre avenir en soutenant la société civile. Les programmes dirigés par le gouvernement vietnamien et d’autres canaux officiels sur la santé, l’éducation, la micro finance ne constituent pas une solution à long terme. Les États-Unis peuvent soutenir des capacités locales en explorant toutes les possibilités de coopérer directement avec le secteur privé vietnamien, avec des individus et des organisations communautaires. Les États-Unis doivent établir le dialogue avec les organisations vietnamiennes pro-démocratie ainsi qu’avec des éléments favorables aux réformes au sein du régime. Le message des États-Unis devrait être : « Il appartient au peuple vietnamien de choisir son propre gouvernement. En tant qu’ami du Vietnam, nous sommes prêts à écouter tous ceux qui ont des vues constructives. »

En effet, la politique américaine doit répondre à l’enthousiasme pour le changement sur le terrain. S’appuyant sur l’expérience de l’Europe de l’Est et d’ailleurs, les États-Unis peuvent également contribuer à rassurer ceux qui sont au pouvoir que le changement ne doit pas être destructeur ni mener au chaos.

Les principales décisions de la politique des États-Unis envers le Vietnam depuis la normalisation des relations en 1995 – comme l’accord de commerce bilatéral et les relations commerciales normales permanentes – ont souvent été justifiées par leur effet à long terme favorisant une plus grande ouverture. Mais le long terme peut se situer très loin. Le choix de la politique de l’administration Obama n’est pas de savoir si le Vietnam libre est simplement un résultat souhaitable à long terme, mais s’il devrait être un objectif réel à plus court terme. En se tenant du côté du peuple vietnamien, les États-Unis ont la possibilité de transformer le Vietnam et, en définitive, une large région de l’Asie.

M. Hoang est un des dirigeants de Viet Tan aux États-Unis, un parti politique pro-démocratie et non autorisé au Vietnam.

Voir aussi:

Témoignage de Viet Tan sur la situation des droits de l’homme devant le Parlement australien
Do Hoang Diem
Viet Tan
19/03/2009

Exposé de M. Do Hoang Diem
Président de Viet Tan

Témoignage devant la Sous-Commmission des Droits de l’Homme,
la Commission permanente mixte des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce,

le Parlement d’Australie

Enquête sur les Mécanismes des Droits de l’Homme en Asie-Pacifique
19 mars 2009

***

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie d’avoir invité Viet Tan (Parti pour la Réforme du Vietnam) à témoigner lors de cette audience publique d’aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur les mécanismes des droits de l’homme en Asie-Pacifique. Viet Tan est un parti défenseur de la démocratie, actif au Vietnam bien qu’il y soit officiellement interdit. Notre objectif est d’améliorer la situation actuelle des droits de l’homme et de susciter un changement politique pacifique à travers le pouvoir du peuple vietnamien. Nous croyons qu’une société libre, non seulement est le meilleur moyen d’exploiter le vaste potentiel du pays et de son peuple, mais aussi constitue les fondations des mécanismes des droits de l’homme. En outre, un Vietnam démocratique peut être un pilier de prospérité et de stabilité dans la zone Asie-Pacifique.

Situation actuelle au Vietnam

Le Vietnam est gouverné par une dictature corrompue et responsable de l’un des pires bilans sur les droits de l’homme dans le monde. Le pays a une population dynamique, jeune dont la vie et les aspirations sont réprimées par un appareil de sécurité et des « lois » arbitraires destinées à protéger le Parti communiste des points de vue dissidents et d’une opposition organisée.

Je voudrais illustrer plusieurs sujets de préoccupation

1. Arrestation et détention arbitraires

Le gouvernement utilise des décrets ambiguës et des dispositions juridiques visant à criminaliser l’expression politique et à considérer une opposition légitime et pacifique comme attentant à la sécurité nationale. Usant de lois aussi puissantes, le gouvernement vietnamien a lancé une série de répressions que Human Rights Watch a qualifié de pire en 20 ans. Plus récemment, en septembre 2008, de nombreux militants pour la démocratie (dont Nguyen Xuan Nghia, Pham Thanh Nghien, Ngo Quynh, Vu Hung, Tran Duc Thach, Nguyen Van Tuc et Pham Van Troi) ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts en faveur de la démocratie et pour avoir diffusé des slogans critiquant le gouvernement. Ils sont toujours détenus sans aucune accusation formelle. Dans le cas de Pham Thanh Nghien, bien qu’elle soit détenue depuis déjà six mois, sa famille n’a pas encore été autorisée à lui rendre visite. Sa santé serait en train de se détériorer.

2. Liberté de parole et d’expression

La constitution du Vietnam garantit la liberté d’expression et de la presse ; pourtant le gouvernement continue d’étouffer les journalistes indépendants d’esprit et Internet. Les autorités persécutent notamment ceux qui discutent de pluralisme politique ou qui s’interrogent sur les politiques concernant des questions sensibles comme la corruption impliquant des fonctionnaires du gouvernement ou des différends frontaliers avec la Chine. Par exemple deux journalistes, Nguyen Viet Chien et Nguyen Van Hai, respectivement des quotidiens Thanh Nien et Tuoi Tre, ont été arrêtés pour avoir exposé le scandale de corruption politique portant sur plusieurs millions de dollars et impliquant le détournement de fonds, les jeux de hasard et la prostitution au ministère des Transports (PMU-18) [1]. Ces hommes ont ensuite été jugés, condamnés et accusés d’avoir « abusé des libertés démocratiques ».

De même, ces derniers mois, les autorités ont lancé une campagne pour faire taire les militants sur Internet. Un blogueur bien connu, Dieu Cay, a été arrêté après avoir critiqué la politique du gouvernement sur les litiges territoriaux avec la Chine. Il a été condamné à 30 mois de prison pour « fraude fiscale » dans un procès qui a été condamné par la communauté internationale. Sa famille et ses collègues blogueurs ont été constamment harcelés et menacés.

Le gouvernement est même allé jusqu’à promulguer un nouveau décret en décembre 2008 interdisant aux blogueurs de publier des articles susceptibles d’être considérés comme « attentant à la sécurité nationale ». Ce nouveau décret impose aux fournisseurs internationaux de services Internet de fournir aux autorités des informations sur les utilisateurs privés.

3. Liberté religieuse

Toutes les organisations et pratiques religieuses au Vietnam doivent être officiellement enregistrées et reconnues par le gouvernement. L’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV) est toujours hors-la-loi et son plus haut dirigeant, le Vénérable Thich Quang Do, a été soumis arbitrairement à la détention à domicile et au harcèlement depuis plus de trente ans.

L’Église catholique souffre encore de grandes restrictions. Toute nomination ou affectation de son clergé exige l’approbation du gouvernement. En septembre 2008, plusieurs grandes veillées de masse ont été effectuées par l’archevêque de Hanoï et la paroisse de Thaï Ha, avec parfois la présence de plus de 15 000 fidèles, veillées demandant la restitution des propriétés confisquées de l’Église. Huit de ces paroissiens ont été arrêtés puis condamnés.

Mais plus opprimée encore est l’Église mennonite, là où ses adeptes appartiennent principalement à des minorités ethniques vivant dans les Hauts Plateaux du centre du Vietnam. Un des dirigeants de l’Église, le pasteur Nguyen Hong Quang a été maintes fois arrêté et emprisonné pour avoir exercé sans autorisation officielle. Lui et ses collègues font actuellement l’objet d’une surveillance policière et de harcèlement.

4. Droits des travailleurs

Il n’y a pas de syndicat des travailleurs indépendant reconnu au Vietnam. Il est interdit aux travailleurs de former un tel syndicat ou d’y adhérer.

Le seul syndicat qui existe est un organe de l’État appelé Confédération Générale du Travail du Vietnam, qui répond directement au Parti communiste vietnamien. En raison de cette antinomie, les droits des travailleurs sont souvent violés et négligés. Ces dernières années, des grèves à grande échelle ont eu lieu dans tout le pays en raison de mauvaises conditions de travail, de bas salaires et de traitements dégradants. Des milliers de travailleurs ont participé à ces grèves et de nombreux chefs de file de ces grèves ont été arrêtés et emprisonnés. Selon la loi vietnamienne, les grèves sans autorisation du gouvernement sont considérées comme illicites ; par conséquent, les travailleurs eux-mêmes prennent souvent un risque important d’être persécutés par les autorités et licenciés par leur employeur. L’agitation dans le monde du travail reflète les difficultés économiques et le mécontentement social. Le contrôle étroit des travailleurs exercé par le gouvernement et les restrictions au droit de grève enfreignent gravement le Code du travail.

Recommandations

1. Dialogue sur les droits de l’homme

Le dialogue Australie-Vietnam sur les droits de l’homme peut être un mécanisme efficace pour encourager une plus grande liberté politique au Vietnam. Pour accroître son efficacité, nous suggérons un renforcement des programmes concrets. Les programmes devraient en particulier se concentrer sur la promotion de la liberté des médias, de la libre utilisation d’Internet et de la liberté d’association. Toute aide financière pour ces projets doit avoir des repères clairs ; Il faut que soient documentés clairement des objectifs précis ainsi que les progrès effectués. Les résultats doivent être communiqués à la Commission permanente mixte et être transparents de telle sorte que le public puisse les étudier.

2. Soutien parlementaire pour le changement démocratique

Alors qu’est nécessaire l’institution de mécanismes de prévention et de réparation des violations des droits de l’homme, il importe également de promouvoir la démocratie car elle contribue à garantir ces mécanismes dans le long terme. Un système autoritaire à parti unique est un terrain fertile pour les violations des droits de l’homme. Nous pensons que la solution aux droits de l’homme est une société démocratique où les citoyens ont le droit de faire des choix politiques et de tenir le gouvernement pour responsable de ses actions. Le parlement australien peut soutenir le peuple du Vietnam et d’autres peuples réprimés en critiquant les persécutions, en discutant avec la société civile et les groupes démocratiques, en continuant à pousser au changement le régime actuel.

3. Commission des droits de l’homme de l’ ASEAN [2]

Nous appuyons fermement l’initiative du Groupe de Travail pour un Mécanisme des Droits de l’Homme de l’ASEAN de former une commission intergouvernementale des droits de l’homme. Nous recommandons que tous les États membres de l’ ASEAN soient automatiquement membres de cette commission et soient ainsi tenus de respecter les normes internationales des droits de l’homme. La Commission agira comme un organe de contrôle veillant à ce que les plaintes puissent être entendues et que ses recommandations soient mises en œuvre. Nous préconisons aussi que la Commission des droits de l’ASEAN puisse recommander une Cour qui, dans certaines circonstances pourrait prendre une décision collective à valeur contraignante. Bien que l’Australie ne soit pas membre de l’ASEAN, avec sa longue histoire d’une étroite relation de travail et d’un engagement dans la région, nous pensons que l’Australie peut engager un dialogue avec l’ASEAN et le Forum Asie-Pacifique afin de faire progresser la protection des droits de l’homme dans la région.

Voir également:

Appel pour faire cesser les pratiques arbitraires au Vietnam
Appel à l’Organisation des Nations Unies et aux pays concernés pour mettre fin aux pratiques arbitraires du gouvernement du Vietnam
Viet Tan
16/10/2009

À l’attention de :

* Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon
* Les dirigeants des nations démocratiques
* Les organisations internationales de défense des droits de l’homme

Nous, soussignés, familles des patriotes vietnamiens suivants :

* L’écrivain Nguyen Xuan Nghia
* L’enseignant Vu Hung
* L’ingénieur Pham Van Troi
* L’étudiant Ngo Quynh
* M. Nguyen Van Tinh
* M. Nguyen Van Tuc
* M. Nguyen Kim Nhan

Nos proches ont été arrêtés en septembre 2008 simplement pour avoir parlé de la souveraineté territoriale du Vietnam, de la lutte contre la corruption, de la démocratie et des droits de l’homme. Pendant quatre jours, du 6 au 10 octobre 2009, ils ont été jugés et condamnés pour « propagande contre l’État socialiste » au sens de l’article 88 du code pénal vietnamien et condamnés à de sévères peines d’emprisonnement.

Par cette lettre, nous tenons à remercier sincèrement les pays et les organisations qui ont manifesté leurs préoccupations pour nos proches, cherché des informations sur leur situation, et envoyé des représentants pour assister et de comprendre de visu comment les tribunaux fonctionnent actuellement au Vietnam. Par cette lettre, nous dénonçons également l’arbitraire dans les mécanismes juridiques et les conditions de détention inhumaines au Vietnam.

1. La nature inhumaine de la détention et les procédures juridiques au Vietnam.

Tout au long de la période de détention provisoire de nos proches, les autorités ont créé toutes sortes de difficultés pour qu’ils ne puissent pas bénéficier de visites ni de soins. Dans le cas de l’enseignant Vu Hung, sa famille n’a été autorisée à lui rendre visite durant une année entière. Concernant M. Nguyen Van Tinh, les autorités ont interdit à sa famille de lui rendre visite, même en sachant qu’il était gravement malade.

Les autorités ont déclaré que les procès seraient ouverts au public. Cependant, aux procès de Vu Hung et Pham Van Troi à Hanoi, seuls deux membres de leurs familles respectives ont été autorisés à être présents. Lors du procès des six autres personnes à Hai Phong, chaque prévenu n’avait le droit d’avoir un seul membre de la famille dans la salle d’audience. Pourtant, les salles d’audience étaient pleines de gens dont nous croyons fermement qu’ils étaient des policiers en civil se faisant passer pour des citoyens lambda. Entre-temps, à l’extérieur du tribunal, une centaine de sympathisants et amis n’est pas seulement privée du procès, mais a également été intimidée et dispersée par les forces de la Sécurité Publique.

2. Les raisons arbitraires données par le tribunal pour condamner nos proches sont écrites nulle part dans la loi vietnamienne.

Lors des procès, le parquet a fourni les pièces à convictions suivantes :

* Des banderoles disant que Hoang Sa (Paracel) et Truong Sa (Spratly) sont des îles vietnamiennes, appelant à tous les citoyens de combattre la corruption, demandant la démocratie et des droits de l’homme pour le Vietnam.
* Les articles diffusés sur Internet critiquant la corruption et réclamant la justice pour les victimes d’agressions physiques dont la Sécurité Publique a non seulement échoué à prévenir, mais qui ont sciemment dissimulé.

Sur la base des éléments ci-dessus, nous demandons sincèrement votre soutien et vous demandons de prendre contact avec le gouvernement et les tribunaux du Vietnam afin de clarifier les questions suivantes :

* Est-ce que le patriotisme et l’affirmation de la souveraineté territoriale sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce que protester contre la corruption et parler au nom des personnes défavorisées sont des crimes et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?
* Est-ce qu’utiliser Internet pour diffuser et recevoir des informations est un crime et, si oui, en vertu de quels articles de la constitution vietnamienne et du code pénal ?

En devenant volontairement membre de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Vietnam doit respecter les lois relatives aux droits de l’homme. En particulier, l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme déclare que les citoyens de tous les pays ont le « droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières » et l’article 9 de la Déclaration stipule que : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé ».

Nous condamnons les sentences injustes rendues par les tribunaux vietnamiens sur nos proches. Nous prions instamment le Secrétaire général de l’ONU et les chefs d’Etat d’intervenir directement auprès de Nguyen Minh Triet, Président de la République Socialiste du Vietnam, et demandons au gouvernement vietnamien de respecter les droits de l’homme, mettre fin aux pratiques judiciaires arbitraires, et de libérer immédiatement notre proches.

Nous vous remercions pour votre attention.

Signés conjointement,

1. Nguyen Thi Nga, épouse de Nguyen Xuan Nghia, Hai Phong, Viet Nam
2. Ly Thi Tuyet Mai, épouse de Vu Hung, Ha Tay, Viet Nam
3. Nguyen Thi Huyen Trang, épouse de Pham Van Troi, Ha Tay, Viet Nam
4. Ngo Quyen, frère de Ngo Quynh, Bac Giang, Viet Nam
5. Duong Thi Hai, épouse de Nguyen Van Tinh, Hai Phong, Viet Nam
6. Bui Thi Re, épouse de Nguyen Van Tuc, Thai Binh, Viet Nam
7. Ngo Thi Loc, épouse de Nguyen Kim Nhan, Bac Giang, Viet Nam

Voir par ailleurs:

Viêt-nam
RSF
le 7 février 2008

Les élections législatives de mai 2007 ont été l’occasion pour le parti unique de rappeler que l’opposition n’avait pas le droit d’exister. Dans certains quartiers d’Hô Chi Minh-Ville, le taux de participation s’est élevé à 100%, et aucun candidat indépendant n’a été élu. La presse a été contrainte de s’enthousiasmer pour ces élections jouées d’avance.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.” Quelques semaines auparavant, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, et quatre de ses collaborateurs, avaient été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue d’un procès expéditif. Ils avaient été reconnus coupables de “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

Des procès staliniens contre les dissidents

Le procès du père Nguyen Van Ly et ses quatre coaccusés n’a duré qu’un peu plus de trois heures. Affaibli par une grève de la faim, le prêtre a refusé de se lever pour énoncer son nom devant le juge du tribunal populaire de Hué (Centre). Après avoir entendu sa condamnation à huit ans de prison, il a crié : “A bas le Parti communiste du Viêt-nam !” Condamné à six ans de prison, son collègue Nguyen Phong a déclaré face au juge : “Pour la nation vietnamienne, je continuerai à me battre pour les valeurs de liberté et de démocratie.” Nguyen Binh Thanh, condamné à cinq ans de prison, s’est défendu en affirmant qu’il n’avait fait qu’agir dans le respect des “lois internationales”. Hoang Thi Anh Dao et Le Thi Le Hang ont été condamnées à un an et demi de prison avec sursis.

Arrêté en février, le père Nguyen Van Ly est l’un des responsables du magazine clandestin Tu do Ngôn luan (Liberté d’expression), publié à Hué. En 2007, deux autres animateurs de la revue, le père Chan Tin et le père Phan Van Loi, ont été placés en résidence surveillée. Le magazine a continué à être diffusé à l’étranger et, sous le manteau, au Viêt-nam.

Le retour des “tribunaux populaires”

Les autorités ont de nouveau mobilisé les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. En août, Nguyen Khac Toan, rédacteur en chef adjoint de la publication dissidente en ligne Tu Do Dân Chu (Liberté et démocratie), a été jugé devant l’un de ces tribunaux à Hanoi. Une dizaine de cadres du Parti et des policiers l’ont accusé d’avoir incité des paysans à manifester dans la capitale, avant de recommander de l’envoyer dans un camp de rééducation pour l’”écarter de la société”. Ce procès s’est fait en parallèle d’une campagne de presse contre lui, l’accusant d’être un “opportuniste politique démasqué”.

En février déjà, l’avocat de plusieurs dissidents emprisonnés, Nguyen Van Dai, avait dû affronter une “tribunal populaire” du district de Bach Khoa, accusé d’avoir “trahi son pays”. Les “juges” avaient exigé que son droit d’exercer son métier d’avocat lui soit retiré et que son cabinet soit fermé.

Les autorités sont allées bien au-delà des recommandations du peuple, puisqu’en mars, Nguyen Van Dai, également animateur du blog nguyenvandai.rsfblog.org, et une autre avocate, Le Thi Cong Nhan, ont été arrêtés à Hanoi. Leur détention ayant été critiquée à l’étranger, les forces de sécurité ont ordonné à leurs familles de ne plus s’exprimer publiquement par l’intermédiaire des médias étrangers. En mai, les deux avocats ont été condamnés respectivement à cinq et quatre ans de prison en vertu de l’article 88 du code pénal.

Les dissidents Le Nguyen Sang, médecin, Huynh Nguyen Dao, journaliste, et Nguyen Bac Truyen, tous membres du Parti populaire démocratique (interdit) ont également été condamnés à des peines de prison par un tribunal de Hô Chi Minh-ville. Ils étaient accusés d’avoir publié des documents hostiles au régime par le biais d’Internet. Tran Quoc Hien, porte-parole de l’Union des ouvriers et des paysans (United Workers-Farmers Organization, illégale), a quant à lui été arrêté en janvier pour “propagande contre le régime”. Il avait diffusé sur Internet de nombreuses informations sur la situation des travailleurs vietnamiens.

Une journaliste française détenue pour “terrorisme”

“Entre quatre murs, j’étais angoissée car je n’arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n’y a jamais eu de violence contre moi, mais j’étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C’était une forme de terreur morale”, a raconté la journaliste d’opposition Nguyen Thi Thanh Van, détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville. Munie de son passeport français, elle était entrée au Viêt-nam afin de faire la promotion de la radio Chan Troi Moi (Nouvel Horizon), proche du parti d’opposition Viet Tan, et réaliser des interviews de dissidents.

Cette affaire a illustré l’hostilité affichée des autorités vis-à-vis des radios internationales qui émettent en vietnamien. En décembre, quatre syndicalistes ont été jetés en prison pour avoir communiqué des informations à Radio Free Asia. Tandis que l’ambassade du Viêt-nam a menacé à plusieurs reprises des journalistes de Radio France Internationale, privant certains de visas.

Les journaux libéraux, notamment Tuoi Tre (La Jeunesse), ont tenté de repousser les limites de la censure officielle. Mais le gouvernement s’est appuyé sur une législation répressive pour rappeler à l’ordre les plus téméraires. Une loi adoptée en 2006 prévoit des amendes et des suspensions de licence pour les médias et les journalistes qui diffament et mettent en cause le “prestige de l’Etat”.

La presse officielle, qui compte plus d’une centaine de radios et de télévisions, autant de sites Internet et près de 600 publications, n’a pas profité en 2007 des espaces de débat ouverts en 2006 pendant la préparation du Congrès du Parti communiste. Au contraire, les médias, notamment les journaux du Parti, Nhân Dân (Le Peuple), et de la police, An Ninh Thu Do (La sécurité de la capitale), ont été mobilisés pour dénoncer les “agitateurs et les terroristes” de l’intérieur et de l’extérieur. Certains gouvernements étrangers et des organisations internationales, comme Reporters sans frontières, ont été accusés de soutenir les ennemis du régime.

Internet a fêté ses dix ans d’existence au Viêt-nam

En 2007, le pays a connu sa vague de répression la plus forte depuis 2002. En une semaine, six cyberdissidents ont été condamnés à des peines de prison allant de trois à cinq ans. Depuis qu’il est devenu le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce, le Viêt-nam a adopté un comportement contraire à celui qu’il avait montré à la communauté internationale avant son intégration. Il est l’un des pays les plus autoritaires de la planète et suit scrupuleusement le modèle chinois en matière d’atteinte à la liberté d’expression sur Internet. Au 1er janvier 2008, huit cyberdissidents étaient derrière les barreaux pour avoir usé de leur droit d’expression sur le Web.

En septembre, la police et le ministère de la Culture ont ordonné au site Intellasia.com de “fermer”. Animée par un Australien et spécialisée dans l’information économique, Intellasia.com diffusait des articles politiques sur le Viêt-nam.

Voir enfin:

Viêt-nam
166 sur 175 dans le dernier classement mondial

A l’exception des publications dissidentes qui circulent sous le manteau et sur le Web, il n’existe pas de médias indépendants dans le pays. La presse écrite, la télévision et les radios sont toutes contrôlées par les autorités de Hanoi. Pour autant, la presse poursuit sa modernisation et tente de repousser les limites de la censure. Une dizaine de journalistes et cyberdissidents sont actuellement emprisonnés.

En 2008, le gouvernement a donné un coup d’arrêt à l’émancipation progressive de la presse réformiste. Deux journalistes d’investigation des journaux Thanh Niên et Tuoi Tré ont été jugés pour avoir révélé une affaire de corruption retentissante. L’un d’eux a été condamné à deux ans de prison pour “abus des libertés démocratiques pour enfreindre les intérêts de l’Etat”. Il n’a été libéré début 2009 qu’en raison de fortes protestations internationales.

Ce procès s’est accompagné d’une purge au sein des médias les plus ouverts. Résultat : “Ces médias ont perdu leur ton mordant. Nous sommes revenus dix ans en arrière”, estime un journaliste vietnamien.

La concurrence s’accentue entre les principales rédactions, bien que les médias restent placés sous l’autorité de leur institution de tutelle : le Parti communiste, l’armée, l’agence de presse officielle ou les municipalités, selon le cas. Mais les journalistes, notamment ceux issus de la jeune génération, de mieux en mieux formée, s’écartent de temps en temps des directives éditoriales du parti unique. Le média le plus libre est sans conteste le site VietnamNet qui ose encore soulever des questions embarrassantes.

Les radios nationales, contrôlées par le cabinet du Premier ministre et par le comité central du Parti communiste, sont très écoutées, tout comme les programmes en vietnamien des radios internationales (BBC, RFI). Ces dernières ne peuvent malheureusement être captées qu’en ondes moyennes ou courtes, car le gouvernement refuse de leur accorder des licences en modulation de fréquence, sans aucun doute afin de limiter leur audience.

Par ailleurs, la police politique mène une lutte implacable contre les mouvements d’opposition et les publications dissidentes. Début 2009, deux journalistes et sept cyberdissidents étaient emprisonnés. Ainsi, le père Nguyen Van Ly, responsable de la revue dissidente Tu do Ngôn luan, a été condamné à huit ans de prison pour “propagande contre la République socialiste du Viêt-nam”.

La police utilise également les “tribunaux populaires” pour intimider les dissidents. Les habitants des quartiers sont alors invités à s’exprimer devant la cour pour dénoncer et condamner un accusé. Une justice d’un autre âge, qui fait fi du droit à la défense, sans parler d’équité.

Les autorités surveillent le Web, très populaire dans le pays. L’accès aux sites jugés « réactionnaires », particulièrement ceux des dissidents réfugiés à l’étranger, est bloqué. Depuis 2002, une trentaine de cyberdissidents ont été arrêtés. L’un d’entre eux a été condamné à 12 ans de prison. En janvier 2009, le gouvernement a adopté la “Circulaire n°7” qui interdit les contenus politiques sur les blogs. Et la cyberpolice est chargée de renforcer la surveillance. Le défenseur des droits de l’homme Nguyen Hoaong Hai, surnommé Dieu Cay, en fait les frais. Il a été condamné à deux ans et demi de prison, après avoir notamment créé le Free Vietnamese Journalists Club, regroupant des blogueurs indépendants.

En plus des “organes d’Etat”, notamment Le Peuple, quotidien du Parti communiste, on compte plus de 600 titres. Mais ils sont tous susceptibles d’être sanctionnés pour “violation grave de la loi sur la presse”. C’est le cas du magazine Du Lich, un organe de la direction du tourisme, suspendu pendant trois mois pour avoir publié des articles traitant des îles Paracels et Spratleys, objet d’un important contentieux territorial avec la Chine.

Répondant à une question d’un journaliste européen sur la situation des droits de l’homme, le président Nguyen Minh Triet a déclaré en mai 2008 : “Peut-être qu’il est difficile pour vous de comprendre l’amour que nous avons pour les gens, et l’amour que nous avons pour les droits de l’homme. Mais les gens qui violent la loi doivent être poursuivis.”


Chute du mur/20e: Aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré (No capitalist country has ever walled its people in)

8 novembre, 2009
Michael Moore
Vous ne pouvez pas vous dire capitaliste et chrétien, parce que vous ne pouvez pas aimer votre argent et aimer votre voisin. Michael Moore
Peut-être le communisme n’a-t-il jamais existé que dans l’imagination, les désirs et l’esthétisme de ceux qui ne vivaient pas dans un régime communiste? Le communisme comme illusion lyrique, mais à l’Ouest, pas à l’Est! Guy Sorman
Le roi était nu et nous ne le savions pas.
.
En ces temps étranges où, 20 ans après la chute du communisme, l’on nous annonce tous les jours la fin d’un capitalisme supposé vivre ses derniers instants …

Et où le premier documenteur venu peut remplir les salles et rafler les récompenses dans les festivals en alignant les pires inepties sur le système dont il vit grassement depuis 20 ans …

Pendant que nos dirigeants comme nos partis politiques signent des accords avec les partis frères des dernières dictatures de la planète …

Que ferions-nous sans les piqûres de rappel régulières de nos Guy Sorman pour nous remettre en mémoire certaines évidences?

Comme le fait, en ce 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, qu’il ait fallu si longtemps, de notre côté occidental, pour finalement comprendre que “partout où il a semé la terreur, le communisme n’a jamais été que le plus ou moins habile ou frustre maquillage d’une occupation militaire” (le tristement fameux bout du fusil de Mao).

Ou, contrairement à tous les murs de l’Histoire censés empêcher l’entrée des barbares (ou, contre la mauvaise foi de nos médias, des terroristes comme aujourd’hui la barrière de sécurité israélienne ou des immigrants illégaux entre les Etats-Unis et le Mexique ou… celle de Ceuta aux portes de notre propre Europe?), l’incroyable incongruité d’un mur censé “interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable”.

Ou enfin, que “tous les murs ne sont pas abattus” et que nombre de peuples (en Chine, Corée du nord, Cuba, Vietnam) rest”ent emmurés dans leur paradis communiste”.

Bref, que “le capitalisme n’a jamais emmuré personne”.

Sauf, ajouterions-nous, quand il envoie ses dirigeants signer des accords avec les geoliers des autres peuples ou ses entreprises pour leur fournir la technologie nécessaire

Extraits:

Le communisme n’avait jamais été qu’une occupation militaire: sans fusil, pas de communisme. Nul n’accepte, sauf s’il est apparatchik, de vivre dans un régime communiste, à moins d’y être forcé. Pour preuve, la destruction du Mur fut possible seulement parce que la police de l’Est n’avait pas tiré. Elle s’abstint, non par humanisme, mais parce que Gorbatchev avait décidé que la police et l’armée ne tireraient plus sur le peuple. Ce retournement du régime avait commencé au printemps 1989, en Lettonie, quand Gorbatchev ordonna à ses troupes de ne pas combattre les indépendantistes de Riga. Gorbatchev agit-il ainsi parce que pacifiste, humaniste ou faible ? Plus probablement, il n’avait pas compris le fondement de son propre pouvoir. Contrairement à Eltsine, et contrairement aux « durs » de son Parti, Gorbatchev vivait dans l’illusion d’un communisme, humain, légitime et efficace.

(…)

Avoir attendu la destruction du Mur, pour conclure que l’idéologie communiste n’avait jamais été autre chose qu’un maquillage de l’occupation militaire, aura témoigné d’une certaine bêtise à l’Est et à l’Ouest. Cette vraie nature du communisme aurait dû s’imposer comme évidence universelle, non pas à la destruction du Mur, mais dès son édification, en août 1961. Car l’Histoire est parsemée de murs, enceintes et murailles : tous n’ont jamais eu pour objet que d’interdire aux barbares l’entrée dans la Cité. Un Mur pour empêcher d’en sortir, cela ne s’était jamais vu. Le Mur de Berlin, de surcroît, devait interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable. L’objet était aussi incongru que les arguments pour le justifier : les dirigeants communistes, en 1961, avaient emprunté au vocabulaire de la prophylaxie, pour protéger la pureté communiste des « miasmes » capitalistes. Comment put-on croire à l’Ouest, après 1961, que le communisme sans l’Armée rouge fut jamais une alternative au capitalisme ?

(…)

Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus ! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique : le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie.

Il y a vingt ans, disparaissait l’illusion communiste
Guy Sorman
Le futur c’est tout de suite
30 octobre 2009

La chute du Mur ? Mais le Mur de Berlin n’est pas « tombé » le 9 novembre 1989 : il a été détruit. Comment s’est imposée l’expression « Chute du Mur » ? Comme s’il s’était effondré de lui-même ? La destruction fut volontaire et laborieuse : les Allemands de l’Est, acteurs et non pas spectateurs de cette « Chute », ne disposaient que d’outils rudimentaires : c’est à coups de marteau qu’ils vinrent à bout de la muraille en béton. Je fus sur place, témoin que, le Mur à peine franchi, les Allemands de l’Est, libérés, se précipitèrent vers les supermarchés de l’Ouest et s’en retournaient chez eux, chargés de ce que l’on ne trouvait pas à l’Est, en particulier des couches pour bébés et des bananes. Comme l’avait écrit Bertold Brecht dans son Opéra de quatre sous « La révolution, c’est bien ; mais il faut d’abord bouffer ». La destruction du Mur ne fut donc pas instantanée, ce qu’aussi laisserait croire l’expression Chute du Mur : Berlin ne fut pas Jéricho. De même, il ne fut pas clair d’emblée que l’Allemagne de l’Est avait disparu, ni que l’Europe était réunifiée, ni l’Union soviétique effacée de la carte, ni l’idéologie communiste hors jeu. L’élimination de la dictature soviétique chemina lentement et n’aboutit que grâce au talent visionnaire de Helmut Kohl en Allemagne, de George Bush aux Etats-Unis, de Boris Eltsine en Russie : grâce à eux, qui surent s’engouffrer dans le brèche, l’Europe finit réunifiée et l’URSS disparut.

Cette Fin de l’histoire communiste n’obéissait, en 1989, à aucune nécessité. Dans le camp soviétique, en Europe de l’Est, chez certains dirigeants occidentaux comme François Mitterrand, on espéra que la destruction du Mur ouvrait la voie à un nouveau socialisme, à visage humain : le Mur en moins, le communisme ne pourrait-il devenir légitime et démocratique ? En décembre 1989, un mois après la destruction du Mur, François Mitterrand se rendit en visite officielle en Allemagne de l’Est et déclara : « Nous avons encore beaucoup à faire ensemble ». Ce n’est qu’en octobre 1990, que l’Allemagne – au regret de Mitterrand – fut réunifiée. La destruction du Mur, loin de sonner, d’emblée, la victoire du capitalisme libéral, à l’époque et à gauche, fut interprétée et espérée comme l’inauguration d’une Troisième voie, ni capitaliste, ni communiste. Rappelons que Gorbatchev se berça de ce mythe de substitution jusqu’à ce que Boris Eltsine, qui lui était un démocrate, en 1991, y mette un terme. En Pologne, les apparatchiks communistes tentèrent aussi de se reconvertir à une Troisième voie : une partie des Eglises catholiques polonaise et tchèque, protestantes en Allemagne, s’y rallièrent avant que Jean-Paul II, sans enthousiasme mais lucide, admette que l’économie de marché seule pouvait sortir l’Europe de l’Est de la pauvreté.

Deux ans de controverses intellectuelles, de manipulations diplomatiques et de reconversions hâtives furent donc nécessaires pour enfouir, sous les décombres du Mur, à la fois le communisme dur, le communisme à visage humain et l’Union soviétique. Au terme de ces deux années d’hésitation, il fut enfin admis par les peuples directement concernés et leurs dirigeants que n’avait jamais existé qu’un seul communisme, le communisme réel. Et qu’il ne pouvait pas en exister un autre qui serait idéal et distinct de son expérience historique.

La destruction du Mur et le débat qui s’en suivit révélèrent, enfin, sans conteste, par KO, la véritable nature du communisme. Non, ce n’était pas une idéologie alternative à la démocratie libérale ; ce n’était pas une autre voie vers le développement économique ; ce n’était pas une autre forme de démocratie populaire par opposition à la démocratie bourgeoise. Le communisme n’avait jamais été qu’une occupation militaire : sans fusil, pas de communisme. Nul n’accepte, sauf s’il est apparatchik, de vivre dans un régime communiste, à moins d’y être forcé. Pour preuve, la destruction du Mur fut possible seulement parce que la police de l’Est n’avait pas tiré. Elle s’abstint, non par humanisme, mais parce que Gorbatchev avait décidé que la police et l’armée ne tireraient plus sur le peuple. Ce retournement du régime avait commencé au printemps 1989, en Lettonie, quand Gorbatchev ordonna à ses troupes de ne pas combattre les indépendantistes de Riga. Gorbatchev agit-il ainsi parce que pacifiste, humaniste ou faible ? Plus probablement, il n’avait pas compris le fondement de son propre pouvoir. Contrairement à Eltsine, et contrairement aux « durs » de son Parti, Gorbatchev vivait dans l’illusion d’un communisme, humain, légitime et efficace.

Mais on rappellera à la décharge de Gorbatchev et bien d’autres que l’Histoire ne fait sens qu’après les événements. La Destruction du Mur et la chute du communisme soviétique, qui aujourd’hui ont des allures d’inéluctabilité, étaient en vérité imprévisibles, n’obéissaient pas à une nécessité historique. La preuve en est, bien sûr, que nul ne l’avait prévu et que ceux qui s’aventuraient dans la prophétie la lisaient à l’envers : le Président de l’Allemagne de l’Est, en juin 1989, avait déclaré que le Mur était là pour cent ans, immédiatement rejoint par le leader social démocrate Ouest allemand, Gerhard Schroeder. Sans doute fallait-il, pour prévoir juste, une inspiration quasi mystique chez des hommes d’Etat qui, comme Ronald Reagan à Berlin, en 1987, s’adressant à Gorbatchev, avait osé dire « Démolissez ce Mur ». Reagan avait la conviction qu’il serait entendu par la Providence sinon par le Parti communiste soviétique.

La prophétie est un genre aléatoire, mais il n’empêche que, depuis vingt ans, les faits ont donné raison à ce qui fut, à l’époque, dès la Destruction du Mur, l’hypothèse de Francis Fukuyama sur la Fin de l’Histoire. Il n’avait pas écrit qu’il n’y aurait plus d’Histoire du tout, mais que celle-ci se définirait par rapport à un unique modèle de référence : le capitalisme démocratique. Depuis vingt ans, tel est bien le cas : de bon ou de mauvais gré, en temps de croissance, comme en temps de crise, la réflexion politique, la science économique et les choix démocratiques opèrent tous, partout, à l’intérieur du paradigme unique du capitalisme démocratique. Que certains cherchent à s’en échapper et que, peut-être, certains parviendront à inventer des idéologies de substitution, est dans l’ordre des choses : Fukuyama avait envisagé que la quête d’absolu, fut-elle déraisonnable, ne céderait jamais devant le principe de réalité. En Allemagne aujourd’hui, dans le reste de l’Europe de l’Est, en Russie, une intelligentsia insatisfaite par le capitalisme libéral rumine non pas dans le regret du Mur, mais dans la quête insatiable d’une société plus parfaite, sans Mur

Le regret du Mur affecte aussi, de manière non dite, les nostalgiques d’une Europe essentiellement franco-allemande qui paraissait avant 1989, à ses dirigeants, comme une alternative à la puissance américaine, une troisième force entre l’URSS et les Etats-Unis. Mais la réunification de toute l’Europe, inéluctablement générée par la Destruction du Mur, devait aussi mettre un terme à cette Europe-là. La nouvelle Europe se révèle beaucoup plus libérale en économie et pro-américaine que ne le fut jamais le couple franco-allemand. Loin de devenir la nouvelle puissance tierce, dont rêvèrent De Gaulle et Mitterrand, l’Union européenne est devenue une vaste zone de libre échange, et une configuration culturelle à l’identité floue qui ressemble plus à ce que fut l’Empire ottoman qu’à une troisième force neutraliste. La Destruction du Mur a pu fait perdre en puissance et en cohérence à l’ancienne Europe ; mais elle aura fait progresser l’aire de la paix et de la prospérité commune. Les Européens, dans leur ensemble, y auront gagné

Avoir attendu la destruction du Mur, pour conclure que l’idéologie communiste n’avait jamais été autre chose qu’un maquillage de l’occupation militaire, aura témoigné d’une certaine bêtise à l’Est et à l’Ouest. Cette vraie nature du communisme aurait dû s’imposer comme évidence universelle, non pas à la destruction du Mur, mais dès son édification, en août 1961. Car l’Histoire est parsemée de murs, enceintes et murailles : tous n’ont jamais eu pour objet que d’interdire aux barbares l’entrée dans la Cité. Un Mur pour empêcher d’en sortir, cela ne s’était jamais vu. Le Mur de Berlin, de surcroît, devait interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable. L’objet était aussi incongru que les arguments pour le justifier : les dirigeants communistes, en 1961, avaient emprunté au vocabulaire de la prophylaxie, pour protéger la pureté communiste des « miasmes » capitalistes. Comment put-on croire à l’Ouest, après 1961, que le communisme sans l’Armée rouge fut jamais une alternative au capitalisme ? Cette illusion n’avait pas confondu que la Gauche : Raymond Aron, philosophe libéral mais pessimiste par tempérament, dans les années 1960, envisageait une « convergence » entre les systèmes économiques communistes et libéraux. Il est désormais accepté de comparer l’illusion communiste à l’Ouest avec une sorte de foi religieuse qui rendait imperméable à la réalité. Certes. Mais ce serait sous estimer l’efficacité de la propagande soviétique, les complicités politiques et intellectuelles et le rôle de la corruption financière dans cet amour excessif de l’intelligentsia de gauche européenne pour l’URSS. Ce serait sous estimer, aussi, que la passion pour l’URSS fut indissociable de l’autre passion, négative celle-là, qui infecte en permanence l’intelligentsia européenne, je veux parler de l’anti-américanisme.

Peut-être le communisme n’a-t-il jamais existé que dans l’imagination, les désirs et l’esthétisme de ceux qui ne vivaient pas dans un régime communiste ? Le communisme comme illusion lyrique , mais à l’Ouest, pas à l’Est ! En 1990, lors d’une conversation avec Lech Walesa, alors leader du syndicat Solidarité à Gdansk, il m’assura n’avoir jamais rencontré un seul communiste polonais : « des opportunistes oui, des apparatchiks aussi, mais un communiste jamais ! ». L’observation ironique et profonde de Walesa valait pour l’ensemble du monde soviétique comme elle s’applique encore aux peuples emmurés de la Chine et de la Corée du Nord. Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus ! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique : le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Le choix ultime pour l’humanité est donc le suivant : vivre dans « l’enfer » capitaliste mais avec le droit d’en sortir ou dans le « paradis » communiste, avec l’obligation d’y rester. Dante n’avait pas imaginé cette Comédie-là.

Voir aussi:

For those of you on the way to church this morning …
Michael Moore
The Huffington Post November 8, 2009
October 4, 2009

Friends,

I’d like to have a word with those of you who call yourselves Christians (Muslims, Jews, Buddhists, Bill Maherists, etc. can read along, too, as much of what I have to say, I’m sure, can be applied to your own spiritual/ethical values).

In my new film I speak for the first time in one of my movies about my own spiritual beliefs. I have always believed that one’s religious leanings are deeply personal and should be kept private. After all, we’ve heard enough yammerin’ in the past three decades about how one should “behave,” and I have to say I’m pretty burned out on pieties and platitudes considering we are a violent nation that invades other countries and punishes our own for having the audacity to fall on hard times.

I’m also against any proselytizing; I certainly don’t want you to join anything I belong to. Also, as a Catholic, I have much to say about the Church as an institution, but I’ll leave that for another day (or movie).

Amidst all the Wall Street bad guys and corrupt members of Congress exposed in Capitalism: A Love Story, I pose a simple question in the movie: “Is capitalism a sin?” I go on to ask, “Would Jesus be a capitalist?” Would he belong to a hedge fund? Would he sell short? Would he approve of a system that has allowed the richest 1 percent to have more financial wealth than the 95 percent under them combined?

I have come to believe that there is no getting around the fact that capitalism is opposite everything that Jesus (and Moses and Mohammed and Buddha) taught. All the great religions are clear about one thing: It is evil to take the majority of the pie and leave what’s left for everyone to fight over. Jesus said that the rich man would have a very hard time getting into heaven. He told us that we had to be our brother’s and sister’s keepers and that the riches that did exist were to be divided fairly. He said that if you failed to house the homeless and feed the hungry, you’d have a hard time finding the pin code to the pearly gates.

I guess that’s bad news for us Americans. Here’s how we define “Blessed Are the Poor”: We now have the highest unemployment rate since 1983. There’s a foreclosure filing once every 7.5 seconds. 14,000 people every day lose their health insurance.

At the same time, Wall Street bankers (“Blessed Are the Wealthy”?) are amassing more and more loot — and they do their best to pay little or no income tax (last year Goldman Sachs’ tax rate was a mere 1 percent!). Would Jesus approve of this? If not, why do we let such an evil system continue? It doesn’t seem you can call yourself a Capitalist and a Christian — because you cannot love your money and love your neighbor when you are denying your neighbor the ability to see a doctor just so you can have a better bottom line. That’s called “immoral” — and you are committing a sin when you benefit at the expense of others.

When you are in church this morning, please think about this. I am asking you to allow your “better angels” to come forward. And if you are among the millions of Americans who are struggling to make it from week to week, please know that I promise to do what I can to stop this evil — and I hope you’ll join me in not giving up until everyone has a seat at the table.

Thanks for listening. I’m off to Mass in a few hours. I’ll be sure to ask the priest if he thinks J.C. deals in derivatives or credit default swaps. I mean, after all, he must’ve been good at math. How else did he divide up two loaves of bread and five pieces of fish equally amongst 5,000 people? Either he was the first socialist or his disciples were really bad at packing lunch. Or both.

Yours,
Michael Moore


Iran: Obama va-t-il aussi rater son TD de relations internationales? (Will John McCain finally stop North Korean arms shipment?)

25 juin, 2009
F for fail
Il est trois heures du matin et vos enfants sont endormis. Mais le téléphone sonne à la Maison-Blanche. Il se passe quelque chose dans le monde. Votre vote décidera de qui répondra à cet appel. Quelqu’un qui connaît déjà les leaders mondiaux, les forces militaires du pays, quelqu’un de rompu, prêt à gouverner dans un monde dangereux. Qui voudriez-vous voir répondre à cet appel? Spot de campagne d’Hillary Clinton (mars 2008)
Plus personne ne peut désormais prétendre que la théocratie et la démocratie sont compatibles. Amir Taheri
La rébellion iranienne, bien qu’il soit trop tôt pour la qualifier de révolution, s’avère être cet appel téléphonique de trois heures du matin pour M. Obama. Alors qu’un président français fait honte à son homologue américain pour sa clarté morale, l’argument d’Hillary Clinton sur son inexpérience et ses instincts dans une crise se révèlent prophétiques. The Wall Street Journal
Obama va-t-il aussi rater son TD de relations internationales ou sera-t-il repêché par… John McCain?

Après ses zéros pointés en histoire de la Turquie puis en histoire de l’islam

Un essai de missile nord-coréen promis sur Hawaii pour sa fête nationale et, en pleine crise de succession, un navire transportant des armes prohibées approchant la Birmanie …

Un énième rappel de sa “préoccupation” quand, bousculant tous ses plans , le sang coule depuis plus de dix jours à Téhéran et dans les villes iraniennes …

Remise des pendules à l’heure par le spécialiste du Moyen-Orient libano-américain Fouad Ajami.

Qui rappelle que, contrairement à ce que voudraient nous faire croire tant le Pleurnicheur en chef lui-même que ses thuriféraires médiatiques, la politique de la main tendue a maintes et maintes fois été utilisée avec la “République islamique”.

Et, ainsi que pourraient lui confirmer tant Carter que Bush père ou même Clinton, pour leur plus grand malheur.

Comme, s’il n’y prend garde, peut-être le sien aussi …

Obama’s Persian Tutorial
The president has to choose between the regime and the people in the streets.
Fouad Ajami
The Wall Street Journal
JUNE 23, 2009

President Barack Obama did not “lose” Iran. This is not a Jimmy Carter moment. But the foreign-policy education of America’s 44th president has just begun. Hitherto, he had been cavalier about other lands, he had trusted in his own biography as a bridge to distant peoples, he had believed he could talk rogues and ideologues out of deeply held beliefs. His predecessor had drawn lines in the sand. He would look past them.

Thus a man who had been uneasy with his middle name (Hussein) during the presidential campaign would descend on Ankara and Cairo, inserting himself in a raging civil war over Islam itself. An Iranian theocratic regime had launched a bid for dominion in its region; Mr. Obama offered it an olive branch and waited for it to “unclench” its fist.

It was an odd, deeply conflicted message from Mr. Obama. He was at once a herald of change yet a practitioner of realpolitik. He would entice the crowds, yet assure the autocrats that the “diplomacy of freedom” that unsettled them during the presidency of George W. Bush is dead and buried. Grant the rulers in Tehran and Damascus their due: They were quick to take the measure of the new steward of American power. He had come to “engage” them. Gone was the hope of transforming these regimes or making them pay for their transgressions. The theocracy was said to be waiting on an American opening, and this new president would put an end to three decades of estrangement between the United States and Iran.

But in truth Iran had never wanted an opening to the U.S. For the length of three decades, the custodians of the theocracy have had precisely the level of enmity toward the U.S. they have wanted — just enough to be an ideological glue for the regime but not enough to be a threat to their power. Iran’s rulers have made their way in the world with relative ease. No White Army gathered to restore the dominion of the Pahlavis. The Cold War and oil bailed them out. So did the false hope that the revolution would mellow and make its peace with the world.

Mr. Obama may believe that his offer to Iran is a break with a hard-line American policy. But nothing could be further from the truth. In 1989, in his inaugural, George H.W. Bush extended an offer to Iran: “Good will begets good will,” he said. A decade later, in a typically Clintonian spirit of penance and contrition, Secretary of State Madeleine Albright came forth with a full apology for America’s role in the 1953 coup that ousted nationalist Prime Minister Mohammed Mossadegh.

Iran’s rulers scoffed. They had inherited a world, and they were in no need of opening it to outsiders. They were able to fly under the radar. Selective, targeted deeds of terror, and oil income, enabled them to hold their regime intact. There is a Persian pride and a Persian solitude, and the impact of three decades of zeal and indoctrination. The drama of Barack Obama’s election was not an affair of Iran. They had an election of their own to stage. Mahmoud Ahmadinejad — a son of the Ayatollah Khomeini’s revolutionary order, a man from the brigades of the regime, austere and indifferent to outsiders, an Iranian Everyman with badly fitting clothes and white socks — was up for re-election.

The upper orders of his country loathed him and bristled under the system of controls that the mullahs and the military and the revolutionary brigades had put in place, but he had the power and the money and the organs of the state arrayed on his side. There was a discernible fault line in Iran. There were Iranians yearning for liberty, but we should not underestimate the power and the determination of those moved by the yearning for piety. Ahmadinejad’s message of populism at home and defiance abroad, his assertion that the country’s nuclear quest is a “closed file,” settled and beyond discussion, have a resonance on Iranian soil. His challenger, Mir Hossein Mousavi, a generation older, could not compete with him on that terrain.

On the ruins of the ancien régime, the Iranian revolutionaries, it has to be conceded, have built a formidable state. The men who emerged out of a cruel and bloody struggle over their country’s identity and spoils are a tenacious, merciless breed. Their capacity for repression is fearsome. We must rein in the modernist conceit that the bloggers, and the force of Twitter and Facebook, could win in the streets against the squads of the regime. That fight would be an Iranian drama, all outsiders mere spectators.

That ambivalence at the heart of the Obama diplomacy about freedom has not served American policy well in this crisis. We had tried to “cheat” — an opening to the regime with an obligatory wink to those who took to the streets appalled by their rulers’ cynicism and utter disregard for their people’s intelligence and common sense — and we were caught at it. Mr. Obama’s statement that “the difference between Ahmadinejad and Mousavi in terms of their actual policies may not be as great as had been advertised” put on cruel display the administration’s incoherence. For once, there was an acknowledgment by this young president of history’s burden: “Either way, we were going to be dealing with an Iranian regime that has historically been hostile to the United States, that has caused some problems in the neighborhood and is pursuing nuclear weapons.” No Wilsonianism on offer here.

Mr. Obama will have to acknowledge the “foreignness” of foreign lands. His breezy self-assurance has been put on notice. The Obama administration believed its own rhetoric that the pro-Western March 14 coalition in Lebanon had ridden Mr. Obama’s coattails to an electoral victory. (It had given every indication that it expected similar vindication in Iran.)

But the claim about Lebanon was hollow and reflected little understanding of the forces at play in Lebanon’s politics. That contest was settled by Lebanese rules, and by the push and pull of Saudi and Syrian and Iranian interests in Lebanon.

Mr. Obama’s June 4 speech in Cairo did not reshape the Islamic landscape. I was in Saudi Arabia when Mr. Obama traveled to Riyadh and Cairo. The earth did not move, life went on as usual. There were countless people puzzled by the presumption of the entire exercise, an outsider walking into sacred matters of their faith. In Saudi Arabia, and in the Arabic commentaries of other lands, there was unease that so complicated an ideological and cultural terrain could be approached with such ease and haste.

Days into his presidency, it should be recalled, Mr. Obama had spoken of his desire to restore to America’s relation with the Muslim world the respect and mutual interest that had existed 30 or 20 years earlier. It so happened that he was speaking, almost to the day, on the 30th anniversary of the Iranian Revolution — and that the time span he was referring to, his golden age, covered the Soviet invasion of Afghanistan, the American standoff with Libya, the fall of Beirut to the forces of terror, and the downing of Pan Am Flight 103 over Lockerbie, Scotland. Liberal opinion would have howled had this history been offered by George W. Bush, but Barack Obama was granted a waiver.

Little more than three decades ago, Jimmy Carter, another American president convinced that what had come before him could be annulled and wished away, called on the nation to shed its “inordinate fear of communism,” and to put aside its concern with “traditional issues of war and peace” in favor of “new global issues of justice, equity and human rights.” We had betrayed our principles in the course of the Cold War, he said, “fought fire with fire, never thinking that fire is quenched with water.” The Soviet answer to that brave, new world was the invasion of Afghanistan in December of 1979.

Mr. Carter would try an atonement in the last year of his presidency. He would pose as a born-again hawk. It was too late in the hour for such redemption. It would take another standard-bearer, Ronald Reagan, to see that great struggle to victory.

Iran’s ordeal and its ways shattered the Carter presidency. President Obama’s Persian tutorial has just begun.

Mr. Ajami, a professor at the School of Advanced International Studies at Johns Hopkins University and a fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is the author of “The Foreigner’s Gift: The Americans, the Arabs, and the Iraqis in Iraq (Free Press, 2007).

Voir aussi:

Obama’s Iran Abdication
Democracy interferes with his nuclear diplomacy script.
WSJ
JUNE 18, 2009

The President yesterday denounced the “extent of the fraud” and the “shocking” and “brutal” response of the Iranian regime to public demonstrations in Tehran these past four days.

“These elections are an atrocity,” he said. “If [Mahmoud] Ahmadinejad had made such progress since the last elections, if he won two-thirds of the vote, why such violence?” The statement named the regime as the cause of the outrage in Iran and, without meddling or picking favorites, stood up for Iranian democracy.

The President who spoke those words was France’s Nicolas Sarkozy.

The French are hardly known for their idealistic foreign policy and moral fortitude. Then again many global roles are reversing in the era of Obama. The American President didn’t have anything to say the first two days after polls closed in Iran on Friday and an improbable landslide victory for Mr. Ahmadinejad sparked the protests. “I have deep concerns about the election,” he said yesterday at the White House, when he finally did find his voice. “When I see violence directed at peaceful protestors, when I see peaceful dissent being suppressed, wherever that takes place, it is of concern to me and it’s of concern to the American people.”

Spoken like a good lawyer. Mr. Obama didn’t call the vote fraudulent, though he did allow that Ayatollah Ali Khamenei “understands the Iranian people have deep concerns about the election.” This is a generous interpretation of the Supreme Leader’s effort to defuse public rage by mooting a possible recount of select precincts. “How that plays out,” Mr. Obama said, “is ultimately for the Iranian people to decide.” Sort of like the 2000 Florida recount, no doubt.

From the start of this Iranian election, Administration officials said the U.S. should avoid becoming an issue in the campaign that the regime might exploit. Before votes were cast, this hands-off strategy made sense in that the election didn’t present a real choice for Iranians. Whether President Ahmadinejad or his chief challenger, Mir Hossein Mousavi, won wouldn’t change the mullahs’ ultimate political control. Mr. Mousavi had been Ayatollah Khomeini’s Prime Minister, hardly the resume of a revolutionary.

But Friday’s vote and aftermath have changed those facts on the ground. Like other authoritarians — Ferdinand Marcos in 1986 or Slobodan Milosevic in 2000 — Tehran misjudged its own people. Having put a democratic veneer around their theocracy, they attempted to steal an election in such a blatant way that it has become a new and profound challenge to their legitimacy. Especially in the cities, Iranians are fed up with the corruption and incompetence rampant in the Islamic Republic. This dissatisfaction was galvanized by the regime’s contempt for their votes and found an accidental leader in Mr. Mousavi. The movement has now taken on a life of its own, with consequences no one can predict.

The Obama Administration came into office with a realpolitik script to goad the mullahs into a “grand bargain” on its nuclear program. But Team Obama isn’t proving to be good at the improv. His foreign policy gurus drew up an agenda defined mainly in opposition to the perceived Bush legacy: The U.S. will sit down with the likes of Iran, North Korea or Russia and hash out deals. In a Journal story on Monday, a senior U.S. official bordered on enthusiastic about confirming an Ahmadinejad victory as soon as possible. “Had there been a transition to a new government, a new president wouldn’t have emerged until August. In some respects, this might allow Iran to engage the international community quicker.” The popular uprising in Iran is so inconvenient to this agenda.

President Obama elaborates on this point with his now-frequent moral equivalance. Yesterday he invoked the CIA’s role in the 1953 coup against Iranian leader Mohammad Mossadeq to explain his reticence. “Now, it’s not productive, given the history of the U.S.-Iranian relations, to be seen as meddling — the U.S. President meddling in Iranian elections,” Mr. Obama said.

As far as we can tell, the CIA or other government agencies aren’t directing the protests or bankrolling Mr. Mousavi. Beyond token Congressional support for civil society groups and the brave reporting of the Persian-language and U.S.-funded Radio Farda, America’s role here is limited. Less than a fortnight ago, in Cairo, Mr. Obama touted his commitment to “governments that reflect the will of the people.” Now the President who likes to say that “words matter” refuses to utter a word of support to Iran’s people. By that measure, the U.S. should never have supported Soviet dissidents because it would have interfered with nuclear arms control.

The Iranian rebellion, though too soon to call a revolution, is turning out to be that 3 a.m. phone call for Mr. Obama. As a French President shows up the American on moral clarity, Hillary Clinton’s point about his inexperience and instincts in a crisis is turning out to be prescient.

Voir également:

Obama and the Rogues
North Korea and Iran intrude on his diplomatic hopes.
The WSJ
June 23, 2009

President Obama took office loudly promising to be the anti-George W. Bush of foreign policy, vowing to “extend a hand” to adversaries “willing to unclench” their fists. What he has received instead is an education in the reality of global rogues, and how he responds has become a major test of his Presidency.

The immediate challenges are North Korea and Iran, governments that the American left claimed were “evil” only because Mr. Bush had declared them so. Perhaps Mr. Obama believed this too, though five months later he has learned otherwise. North Korea has rejected his every overture and is now defying the U.N. to press its nuclear and proliferation ambitions. As for Iran, the mullahs are attempting to crush a popular uprising after a stolen election while also showing disdain for Mr. Obama’s diplomatic entreaties.

The question is whether Mr. Obama will now adapt his policies to meet challenges he clearly didn’t expect. Jimmy Carter took office with similar illusions about the Soviet Union, promising to cure our “inordinate fear of Communism.” Our enemies pushed back at what they perceived to be U.S. weakness, and Mr. Carter and his NSC adviser Zbigniew Brzezinski never recovered. We’ll soon learn if Mr. Obama is made of sterner stuff.

On North Korea, for example, the President has vowed that “words matter” and that renegade missile and A-bomb tests must have “consequences.” The U.S. has rallied the U.N. to pass sanctions against Pyongyang, albeit no tougher than those the U.N. issued in 2006. Those sanctions include a Security Council “call” to intercept North Korean attempts to sell or spread weapons and delivery systems of mass destruction. The issue is whether those sanctions will be enforced.

As it happens, a U.S. Navy destroyer is currently tailing a North Korean ship suspected of carrying illicit weapons toward Burma via Singapore. The cargo ship Kang Nam left a North Korea port last Wednesday, and a South Korean intelligence report said it is believed to carry missiles and other parts. This would violate U.N. sanctions, and the U.S. has every legal right to board the ship. Alternatively, the USS John S. McCain (named for the Senator’s father and grandfather) could steer the Kang Nam to Singapore and inspect her there.

Either action carries risks because North Korea has said it will consider such an inspection to be an act of war. No one knows how the North would respond, though its leaders must know that any attack on South Korea would guarantee the end of their rule. It’s also possible the entire North Korean crew could defect if promised asylum.

The risks of doing nothing are even more serious because it would show the North — and the world — that the U.N. sanctions once again mean nothing. The threat of a North Korean attack on the South is small, but the danger of nuclear proliferation to the U.S. and its allies is clear and present. We know Pyongyang has proliferated to Iran and Syria in the recent past. Senator John McCain said yesterday the U.S. should board the Kang Nam, a sign that Mr. Obama could count on domestic political support. Will the President let Kim Jong Il make a mockery of U.N. condemnations?

Regarding Iran, Mr. Obama will also have to rethink his hopes for a grand nuclear bargain with Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei. This diplomatic desire explains the President’s cautious refusal last week to take sides in the post-election standoff — or, as a Washington Post headline put it, quoting Administration sources, “Obama Seeks Way to Acknowledge Protesters Without Alienating Ayatollah.” It’s impossible to imagine the Reagan Administration whispering something similar about Soviet dissidents and the Politburo.

The Supreme Leader gave his reply by endorsing the election results, arresting opponents and unleashing security forces to beat the demonstrators. Like the Shah in 1979, the government is now firing on its own people chanting “death to the dictator.” Even if the mullahs succeed in stopping the immediate unrest, their legitimacy will never be the same. As Iranian journalist and Journal contributor Amir Taheri notes, the “republic” half of the Islamic Republic of Iran has been exposed as a fraud.

Mr. Obama finally stiffened his rhetoric on Saturday, calling “on the Iranian government to stop all violent and unjust actions against its own people. The universal rights to assembly and free speech must be respected, and the United States stands with all who seek to exercise those rights.” This is an improvement, though he said this only after both houses of Congress condemned Iran’s crackdown on Friday.

Going forward, Mr. Obama will have to consider that any negotiations with the current government will lend it legitimacy at the expense of the Iranian people. That would be precisely the kind of “meddling” in Iran’s politics that Mr. Obama says he wants to avoid. Opposition leader Mir Hussein Mousavi might not take any less a hard line on Iran’s nuclear program than the current government, but he does now represent the aspirations of millions of Iranians. And there is even less chance that Mahmoud Ahmadinejad and Ayatollah Khamenei will bend on nukes now that nationalism and thuggish power are their main claims to legitimacy.

Focused as he is on domestic matters, Mr. Obama no doubt wishes he could return to his campaign illusions about the powers of diplomacy. But the world’s rogues have other priorities, and stopping them will take more than an extended handshake.

Voir enfin:

Iran’s Clarifying Election
No longer can anyone pretend theocracy and democracy are compatible.
Amir Taheri
The Wall Street Journal
June 16, 2009

Having won re-election amid allegations of fraud, Iranian President Mahmoud Ahmadinejad yesterday tried to show that he also controlled the streets where the Khomeinist regime first seized power in the 1979 revolution.

The show was less than impressive. Despite efforts by the Ansar Hezbollah (Militants of the Party of God) and security services to manufacture a large crowd, the massive Maydan Vali-Asr (Hidden Imam Square) was unfilled. The official news agency put the number at “several hundred thousands” while eyewitnesses reported tens of thousands.

Even then, scuffles broke out on the fringes of the crowd as groups of dissidents tried to force their way in with cries of “Marg bar diktator!” (death to the dictator). That slogan may be on its way to replacing the normal greeting of salaam (peace) in parts of urban Iran.

No one knows exactly how much electoral fraud took place. The entire process was tightly controlled by the Ministry of Interior under Sadeq Mahsouli, a general of the Islamic Revolutionary Guards and a senior aide to Mr. Ahmadinejad. There was no independent election commission, no secret balloting, no observers to supervise the counting of the votes, and no mechanism for verification. It is impossible to know how many people voted and for whom.

Mr. Ahmadinejad was credited with more votes than anyone in Iran’s history. If the results are to be believed, he won in all 30 provinces, and among all social and age categories. His three rivals, all dignitaries of the regime, were humiliated by losing even in their own hometowns. This was an unprecedented result even for the Islamic Republic, where elections have always been carefully scripted charades.

Many in Tehran, including leading clerics, see the exercise as a putsch by the military-security organs that back Mr. Ahmadinejad. Several events make these allegations appear credible. The state-owned Fars News Agency declared Mr. Ahmadinejad to have won with a two-thirds majority even before the first official results had been tabulated by the Interior Ministry. Mr. Ahmadinejad’s main rival, former Prime Minister Mir Hossein Mousavi, retaliated by declaring himself the winner. That triggered a number of street demonstrations, followed with statements by prominent political and religious figures endorsing Mr. Mousavi’s claim.

Then something unprecedented happened. Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, who has the last word on all issues of national life, published a long statement hailing Mr. Ahmadinejad’s “historic victory” as “a great celebration.” This was the first time since 1989, when he became supreme leader, that Mr. Khamenei commented on the results of a presidential election without waiting for the publication of official results. Some analysts in Tehran tell me that the military-security elite, now controlling the machinery of the Iranian state, persuaded Mr. Khamenei to make the unprecedented move.

A detailed study of Mr. Khamenei’s text reveals a number of anomalies. It is longer than his usual statements and full of expressions that he has never used before. The praise he showers on Mr. Ahmadinejad is simply too much. The question arises: Did someone use the supreme leader as a rubber stamp for a text written by Mr. Ahmadinejad himself? With Mr. Khamenei’s intervention, Mr. Ahmadinejad’s three defeated rivals are unlikely to contest the results of the election beyond lodging formal protests to the Council of the Guardians, a 12-mullah body that has the legal duty of endorsing the final results.

Buoyed by his victory, Mr. Ahmadinejad has already served notice that he intends to pursue his radical policies with even greater vigor. At yesterday’s rally, he promised to pass a law enabling him to bring “the godfathers of corruption” to justice. His entourage insists that former Presidents Hashemi Rafsanjani and Mohammed Khatami, and former parliament Speaker Nateq Nouri, all midranking mullahs, may be among the first to fall in a massive purge of the ruling elite.

It is too early to guess whether these dignitaries would march to the metaphorical gallows without a fight. Even if they fight, they are unlikely to win. Nevertheless, Messrs. Rafsanjani, Khatami and other targeted mullahs could influence others who wish to prevent a complete seizure of power by Mr. Ahmadinejad’s military-security clique, which is determined to replace the Shiite clergy as the nation’s ruling elite. Nor is it at all certain that Supreme Leader Khamenei would stand by and watch his power eroded by a rising elite of radicals.

Mr. Ahmadinejad also plans to seize the assets of hundreds of mullahs and their business associates for redistribution among the poor. In his speech at his victory rally yesterday he promised to “dismantle the network of corruption,” and vowed never to negotiate about Iran’s nuclear program with any foreign power: “That file is shut, forever,” he said.

Mr. Ahmadinejad’s victory has several immediate consequences. First, it should kill the illusion that the Khomeinist regime is capable of internal evolution towards moderation. Mr. Ahmadinejad sees Iran as a vehicle for a messianic global revolution.

Second, the election eliminates the elements within the regime — men such as Mr. Mousavi and Mahdi Karrubi (another of the three unsuccessful candidates who ran against Mr. Ahmadinejad) — who have pursued the idea of keeping the theocracy intact while giving it a veneer of democratic practice. According to a statement published yesterday by Mostafa Tajzadeh, a former deputy interior minister who was among 132 anti-Ahmadinejad activists arrested over the weekend, the regime’s “loyal opposition” would now have to reconsider its loyalty. With Iranian Gorbachev wannabes like Messrs. Khatami and Mousavi discredited, advocates of regime change such as former Interior Minister Abdullah Nouri and former Tehran University Chancellor Muhammad Sheybani look set to attract a good segment of the opposition within the establishment.

Mr. Ahmadinejad’s victory has the merit of clarifying the situation within the Islamic Republic. The choice is now between a repressive regime based on a bizarre and obscurantist ideology and the prospect of real change and democratization. There is no halfway house.

The same clarity may apply to Tehran’s foreign policy. Believing that he has already defeated the United States, Mr. Ahmadinejad will be in no mood for compromise. Moments after his victory he described the U.S. as a “crippled creature” and invited President Obama to a debate at the United Nations General Assembly, ostensibly to examine “the injustice done by world arrogance to Muslim nations.”

Iran’s neighbors are unlikely to welcome Mr. Ahmadinejad’s re-election. He has reactivated pro-Iranian groups in a number of Arab countries, notably Saudi Arabia, Kuwait and Bahrain. He is determined to expand Tehran’s influence in Afghanistan and Iraq, especially as the U.S. retreats. He has also made it clear that he intends to help the Lebanese Hezbollah strengthen its position as a state within the state and a vanguard in the struggle against Israel.

Even Latin America is likely to receive Mr. Ahmadinejad’s attention. The first foreign leader to phone to congratulate the re-elected Iranian leader was Venezuela’s President Hugo Chávez, whose “brotherly message” received headline treatment from the state-controlled media in Tehran. Later this year, Mr. Ahmadinejad plans to attend the summit of the nonaligned movements in Cairo to claim its leadership, according to Iran’s official news agency, with a message of “unity against the American Great Satan” and its allies in the region.

Buoyed by his dubious victory, Mr. Ahmadinejad appears itching for a fight on two fronts. He thinks he can have his way at home and abroad. As usual in history, hubris may turn out to be his undoing.

Mr. Taheri’s new book, “The Persian Night: Iran Under the Khomeinist Revolution,” is published by Encounter Books.


Afghanistan: Oui, la guerre froide est bien de retour! (Yes, the Cold War is really back!)

19 septembre, 2008
Le peuple de Paris ne tolérera pas de criminel de guerre dans la capitale. PCF (Déclaration à l’occasion de la nomination à la tête du siège des forces de l’OTAN en France du général Ridgway, dit “Ridgway la peste”, ex-commandant victorieux des forces de l’ONU en Corée, avril 1952)
Dans la mesure où nous avons sur place un bataillon, il a besoin d’essence, de produits. Naturellement, vous avez des mouvements de troupes. Général Nikolaï Ouvarov (porte-parole du ministère de la Défense sur l’avancée de quatre mois d’une rotation de troupes en Géorgie… à 3 h du matin!)
C’est une politique d’alignement sur les Etats-Unis, dont on sait les erreurs passées et dont on subodore les erreurs futures. Marine Le Pen
Pas un homme, pas un sou pour la guerre impérialiste! La mort au combat, en août dernier, de dix jeunes soldats a brusquement rappelé aux Français que, sans qu’ils aient été consultés, leur armée était engagée aux côtés des forces américaines et de celles de l’OTAN dans une guerre sanglante qui leur remet douloureusement en mémoire celles menées contre les peuples vietnamien et algérien. PCF
20 septembre: Manifestations pour le retrait des troupes impérialistes d’Afghanistan Titre de tract LCR
- pas d’engagement de la France dans la défense des intérêts américains qui ne sont pas ceux de la grande majorité du peuple américain qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre l’intervention
– liberté et indépendance pour le peuple afghan en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Parti des travailleurs

Alors que l’ancien kégébiste d’outre-Oural vient d’obtenir, d’une courageuse Union européenne et dans la large indifférence de nos belles âmes, un énième mois supplémentaire pour terminer son (longuement préparé) nettoyage ethnique de la Géorgie …

Après le récent publireportage des journalistes-combattants de Paris-Match pour les égorgeurs (?) et détrousseurs de cadavres …

Et pendant que leur poulain munichois du parti démocrate américain appelait encore tout récemment (cherchez l’erreur!) pour l’intensification de ladite guerre …

Pour les paléontologues friands de fossiles vivants, cette manif annoncée pour demain place de la République à Paris (c’est les talibans qui doivent se frotter les mains, eux qui vont jusqu’à accuser notre Sarkozy national de n’avoir pas tenu ses promesses de campagne!) …

Qui, après les soudaines sorties du placard des idiots utiles d’époque Pete Seeger, Morton Sobell et John Le Carré, nous promet, sans parler des jubilations d’un Borloo, le retour d’un unanimisme qu’on n’avait pas vu, à l’exception des grandes heures des manifs pacifistes d’il y a cinq ans contre l’Opération Liberté pour l’Irak (manque plus que les cris de mort aux juifs qui résonnaient alors dans nos rues!), depuis les années 50 et 60

Où, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche en passant pas les verts et les socialistes et les maitre communistes du défaitisme révolutionnaire et prenant prétexte des dix soldats récemment tombés dans une embuscade en Afghanistan, on en appelle au retrait des troupes françaises de la guerre qui jusqu’ici ne disait pas son nom

N’hésitant pas, pour combler les désirs des plus nostalgiques et des plus exigeants sur la qualité de la marchandise, à ressortir de la naphtaline et de leurs musées des accessoires les plus beaux slogans des années 50 et 60 sur l’impérialisme (naturellement américain) comme sur “les peuples algériens et vietnamiens” ou… “la liberté pour le peuple afghan et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes” !

Peut-être aurons-nous même droit (qui sait?)… aux manifestations contre “Ridgway la peste” et ç des toiles d’un nouveau Picasso contre “la guerre impérialiste américaine”?


Environnement: Kim Jong Il en pointe sur Kyoto! (Meet Al Gore’s top students)

28 octobre, 2006

North Korea by nightY pas photo: comme la prison à ciel ouvert de Cuba avec ses statistiques de santé, il faut rendre à César ce qui est à César et le pays actuel qui respecte le mieux le protocole de Kyoto, c’est quand même – et de loin -… la Corée du nord!

Démonstration par l’image sur le site rotten.com (merci Letel), où on voit bien à quel point ils économisent l’énergie – même la nuit!

In this satellite photograph taken at night above the Korean peninsula, you can make out several white splotches. Those are cities… as in streetlights… as in electricity. All of them are below the border in South Korea. And what about that dark area above the dividing line? Let’s just say that North Koreans save a fuckload of money on their utility bills.

Bien sûr, ils ont aussi leurs petits travers: les ADM (nucléaires, biologiques, chimiques) et leurs lanceurs et missiles dont ils s’efforcent de partager la technologie avec leurs amis les plus recommandables comme le Pakistan ou l’Iran, les famines avec cas de cannibalisme, une armée d’un million d’hommes pour une vingtaine de millions d’habitants pour un coût de 30% du PIB, les enlèvements de (quelques milliers de) ses voisins, le trafic d’héroïne et de faux dollars (de meilleure qualité même que les originaux!), sans oublier le goulag où ils exploitent jusqu’à la mort et souvent en famille quelque 200 000 personnes dans des camps de prisonniers d’un autre âge.

• North Korea is an atomic power.
• They possess about 5,000 tons of biological and chemical weapons.
• Famines. Cannibalism.
• Maintains the fifth-largest standing army (1,000,000 people). A little more than 30% of the national GDP is spent on the military.
• kidnappings
Since the cease-fire of the Korean War in 1953, North Korea has kidnapped about 3,750 Korean citizens in more than 470 cases. Most of them were crew members of fishing boats. Most fishermen returned home after undergoing intensive brain-washing in North Korea, but 442 of them are still held in North Korea.

North Korea kidnapped a total of 3,662 fishermen along with their fishing boats. The last victim was Dongjin-ho (skipper: Kim Soon-kun) and its 20 crew members. The boat was abducted near Paeknyon Island in January 1987, and all the crew members are still detained in North Korea.

• heroin smuggling
• counterfeiting
Then there is the counterfeiting of U.S. $100 bills. The North Koreans have stolen both the printing presses (from Switzerland) and the formula for the pulp and paper of the U.S. currency. Their quality is reputed to be so good that one South Korean Military intelligence official told WorldNetDaily, “The North Koreans must actually lower their counterfeiting standards — their fake bills are better made than those in the U.S.”

. gulags
The Ministry of National Political Security oversees a collection of death camps where 200,000 political and religious criminals are worked to death.

• Chungbong Mine
• Haengyong
• Hoeryong
• Huaong

Timeline

Jan 1968: U.S.S. Pueblo Incident.
1969: EC-121 incident.

Dec 1969: North Korean operatives hijack a South Korean passenger airliner, YS-11, on its way from Kangnung to Seoul. 51 people aboard the craft are taken captive in North Korea, and only 39 are ever released.

18 Aug 1976: Poplar Tree incident.

9 Oct 1983: A North Korean assassin attempts to kill the president of South Korea during a visit to Rangoon. He only survives by being tardy when a time bomb goes off at a memorial. 17 South Korean diplomats and 4 Burmese are killed in the blast.

Nov 1987: 114 are killed when Korean Airlines flight 858 blows up over the Indian Ocean. After this incident, the United States officially lists North Korea as a terrorist state.

Jun 1994: South Korea somehow persuades President Bill Clinton not to launch an air strike against North Korean nuclear sites.

Sep 1996: A North Korean spy submarine breaks down near Kangnung, prompting the 26-member crew to swim ashore. During the subsequent manhunt, 13 South Koreans are killed and 24 of the North Koreans are killed. 11 of the spies blew their own brains out on a mountain to avoid capture. One North Korean is captured alive, and is coerced into talking by force-feeding him soju. The last one somehow manages to escape. North Korea finally apologizes for the incident in December.

Apr 1997: North Korea finally admits that they have been suffering a deadly famine for almost a year.


Corée du nord: Dernier avertissement avant sanction (Last exit before toll)

12 octobre, 2006
Last_exit_before_toll_4A présent, donc, au lieu d’une, ce sont deux crises que les membres du Conseil de sécurité doivent traiter en urgence, comme pour montrer qu’il ne suffit pas de repousser les échéances pour voir les problèmes s’évanouir comme par enchantement. Thérèse Delpech

Après l’essai apparemment raté, il y a quatre jours, d’une arme nucléaire nord-coréenne, la question se pose à nouveau, comme le rappelle Thérèse Delpech dans le Figaro d’hier, de la capacité de réaction d’une “communauté internationale” qui, devant la montée des périls, n’a pas jusqu’ici (cf. l’exemple iranien) brillé par sa résolution.

Sans parler du “modèle chinois de gestion des crises” qui, au nom de la cynique poursuite, sans principes ni états d’âme, de l’intérêt national, l’amène à soutenir tout ce que la planète peut compter de régimes voyous comme sources d’approvisionnement énergétique ou “outil de marchandage” pour son obsession de reconquête de Taiwan.

Corée du Nord : Sommes-nous encore capables de réagir ?
Thérèse Delpech, philosophe, directeur de la prospective au Commissariat à l’énergie atomique, chercheur associé au Ceri, membre de l’Institut international d’études stratégiques de Londres, auteur de L’Iran, la bombe et la démission des nations (Autrement).
Le Figaro
le 11 octobre 2006

Depuis plus de dix ans maintenant, la Corée du Nord ne semble exister que pour apporter de mauvaises nouvelles. Mais, en 2006, on peut dire qu’elle a mis les bouchées doubles. En juillet, Pyongyang rompait le moratoire sur les essais balistiques adopté en 2002 en procédant à sept tests de missiles de différentes portées. Fait inhabituel, ces tests donnèrent lieu à une résolution du Conseil de sécurité, adoptée par consensus (la résolution 1695), qui a même été suivie de quelques sanctions. Non contente de ce premier exploit – et de cette réponse, à laquelle la Chine a pris part -, Pyongyang a annoncé la semaine dernière son intention de procéder à un essai nucléaire à une date indéterminée. Selon plusieurs sources ouvertes, une activité inhabituelle avait été observée à l’extérieur d’un site souterrain au nord-est du pays en septembre, donnant à cette annonce une certaine crédibilité. D’importantes quantités de câbles auraient notamment été déchargées, qui pouvaient relier un site d’expérimentation souterrain à des installations de mesure situées en surface. Une activité similaire ayant été détectée en 2005, les analyses restaient cependant assez prudentes.

Mais un essai a bien eu lieu le 9 octobre. L’explosion a été détectée par le réseau français à 3 h 35 avec une magnitude de 3,6. La seule question encore ouverte concerne la nature exacte de cet événement, comme le montre l’extrême prudence de Washington. En effet, si l’énergie produite était inférieure à 1 kilotonne, comme cela a été dit à Paris, un premier essai nucléaire de ce type est très probablement un essai raté. La gravité de l’acte n’en est pas diminuée, car Pyongyang envisage sans doute dans ce cas un deuxième essai, mais le Conseil de sécurité, qui a condamné l’essai le jour même, a le temps d’essayer de prévenir ce nouveau développement, en exerçant sur Pyongyang une pression sans faille très rapidement. De fait, l’avertissement doit être transmis dans la journée du 10 octobre. En effet, si l’on se souvient des essais indiens et pakistanais de 1998, deux jours seulement ont séparé les premiers et les seconds tirs (pour l’Inde : 11 et 13 mai, pour le Pakistan : 28 et 30 mai). Ces dates sont probablement dans tous les esprits à New York.

Le moment choisi par Pyongyang mérite aussi quelques commentaires : le nouveau premier ministre japonais, Shinzo Abe, se trouvait à Séoul au moment du tir, après une visite très réussie à Pékin. Contrairement aux commentaires hâtifs qui avaient suivi sa nomination, son premier geste a été de mettre fin aux relations détestables qui régnaient entre Tokyo et ses deux voisins pendant la période Koizumi. Dans ce contexte, même si cet essai représente pour lui un début difficile, il oblige aussi la Chine et la Corée du Sud à condamner Pyongyang, comme Tokyo, et à sortir enfin de l’ambiguïté. De ce point de vue, Pyongyang a fait un mauvais pari. Deuxième élément : l’annonce de la nomination à la tête des Nations unies à partir du 1er janvier 2007 du Sud-Coréen Ban Ki-moon, qui a déjà fait connaître son intention de s’impliquer personnellement dans le règlement de la question nord-coréenne. A tort ou à raison, Pyongyang est convaincu que la Corée du Sud et sa Sunshine Policy est de plus en plus réticente à exercer la moindre pression sur elle, par souci de rapprochement et par crainte de voir sa politique remise en question. Si tel était le calcul, il n’était pas fameux non plus, car l’essai met le gouvernement sud-coréen, comme les autorités chinoises, au pied du mur. On peut même dire que pour tous deux, c’est un camouflet, qui pourrait conduire Pékin à se montrer plus dure que de coutume avec Pyongyang.

Enfin, il y a les élections américaines et un autre dossier nucléaire, dont la Corée du Nord suit le déroulement avec attention : celui de l’Iran. Washington traverse une phase de faiblesse et de division politique évidente, et personne ne peut prévoir les conséquences internationales de cette situation pour la fin du mandat de l’Administration Bush. Parier sur l’impunité dans ces circonstances serait naturel pour Pyongyang. D’autant que les nombreuses tergiversations de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien ne peuvent constituer qu’un encouragement supplémentaire à tenter un coup de force. Après tout, Téhéran n’a tenu aucun compte de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité adoptée en mars et a tout autant ignoré la résolution 1696 de juillet, sans avoir, pour le moment du moins, subi la moindre conséquence.

À présent, donc, au lieu d’une, ce sont deux crises que les membres du Conseil de sécurité doivent traiter en urgence, comme pour montrer qu’il ne suffit pas de repousser les échéances pour voir les problèmes s’évanouir comme par enchantement. Toute la question est de savoir s’ils prendront toute la mesure de la gravité de la situation actuelle. Dans un monde déjà fortement déstabilisé par les suites du conflit de cet été au Moyen-Orient, par la permanence de la menace terroriste, par les activités de réseaux clandestins vendant au plus offrant les éléments d’armes non conventionnelles, l’aggravation soudaine de deux crises nucléaires ressemble fort à un dernier avertissement.


Iran-Corée du nord: La face cachée de la politique des bons sentiments

5 juin, 2006
Aquariums_pyongyangLe jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech

Au moment où le chantage iranien à la bombe semble sur le point de réussir, petit retour en arrière sur le précédent nord-coréen.

Corée du nord, qui, on le sait, est passée maitre dans l’art de manipuler la communauté internationale, notamment par ses incessants va et vient entre “déclarations contradictoires, brusques revirements, assouplissements avant les échéances importantes et nouvelles périodes de durcissement”. *

Mais aussi et littéralement cette fois dans la prolifération et la dissimulation, puisqu’on retrouve, un peu partout dans le monde et donc y compris en Iran, ses missiles et… ses experts !

D’où l’intérêt de cette tribune de l’année dernière dans le WSJ du défecteur et auteur d’une des plus puissantes dénonciations du goulag oublié de la Corée du nord (“Les Aquariums de Pyongyang”, Kang Chol-Hwan avec l’historien et auteur du “Livre noir du communisme” Pierre Rigoulot).

Ainsi que de la face cachée de la politique des bons sentiments et en particulier du double jeu tant sud-coréen (la fameuse politique du “Rayon de soleil” de l’ancien président Kim Dae-jung, du fait de la crainte, certes justifiée, du submergement et des énormes coûts que provoquerait un effondrement trop rapide de leur frère du nord) tant qu’occidental (sans parler de celui de la Chine, sans l’aide de laquelle le régime ne tiendrait pas… une semaine!) qui ne font en fait et des plus perversement que perpétuer le système.

Moon over Pyong Yang
Give Us an ‘Eclipse Policy’
Kang Chol-Hwan
The Wall Street Journal
July 13, 2005

Condoleezza Rice arrived in Seoul yesterday to the news that South Korea had agreed to send its communist neighbor half a million tons of rice as “humanitarian aid.” Ms. Rice put the best face possible on the matter, saying the aid did not undercut U.S. policy toward Pyongyang. Perhaps. But it is important to understand that North Koreans are starving not because of a lack of aid from South Korea or the U.S., but because they are deprived of freedom. Giving aid only throws a line to the government, and prolongs starvation, surely a perverse outcome.

Just look at recent history. In 1998, we nearly witnessed the collapse of the Kim Jong Il regime as three million people died of hunger. Bodies lined the streets, malnutrition caused cutbacks in military exercises, and an energy shortage even affected residential areas reserved for central party officials. The North Korean people finally had some hope that the time had come for regime change, or at least for the start of Chinese-style economic reforms. Sensing also that his end was near, Kim in desperation began begging the international community for aid. Then out of the blue, South Korea’s government stepped in and saved him and his regime.

South Korean President Kim Dae Jung decided to give assistance to North Korea without demanding in return either an improvement in the human-rights situation or an increase in economic freedoms. Hundreds of millions of dollars were blindly handed over to Kim Jong Il to do with as he pleased. Much aid was diverted to the military and other power organs, reviving them and helping them to consolidate their power.

More than seven years have passed since South Korea began this policy of indiscriminate assistance. How successful has it been? To judge by progress in the country’s human-rights situation, or in its willingness to dismantle its nuclear-weapons program, throwing aid at this regime has been demonstrably counterproductive. The human-rights situation has worsened and food shortages remain unabated. As for disarmament talks, Pyongyang has boycotted the negotiating table for more than a year.

Supporters of Seoul’s “Sunshine Policy” claim that tensions on the peninsula have been eased and that the policy has contributed toward a settlement of peace. This is a bare-faced lie. As the South Korean government sings its peace songs, Kim Jong Il openly declares possession of nuclear weapons. In compliance with the government’s strategy, South Korea’s media has turned a blind eye to the truth in North Korea, painting a false picture of reconciliation and cooperation. As a result, the South Korean people are barely aware of the calamity taking place only 25 miles north of Seoul, nor of the atrocities taking place in North Korea’s gulag. For nine long years I was one of its 200,000 political prisoners. I can tell you that the true tragedy of North Korea is virtually unknown even in the South.

While North Korea’s people long to see the end of Kim Jong Il’s misrule, Seoul insists on holding a dialogue, and cooperating, only with our dictator. While we want to see an end to the menace represented by the People’s Army, all we hear from President Roh Moo Hyun and his people is, “Do not irritate Kim Jong Il . . . We need to accept the North Korean system . . . We do not want Kim Jong Il’s regime to collapse . . . Kim Jong Il is an intelligent leader.” These words fill the North Korean people with indescribable anger. On what basis could Seoul claim its right to go beyond the wishes of the North Korean people? It is up to the North Korean people to decide whether or not to accept Kim Jong Il as their leader.

Signs that North Korea is once again on the brink of a collapse abound, which probably is why Pyongyang has demanded the 500,000 tons of rice from Seoul. As in the 1990s, the food crisis is affecting the ruling elite, and there are reports that rations have been cut even in Pyongyang. The demise of Kim Jong Il may come unexpectedly fast. He is running out of time. If his regime is not kept alive with artificial aid, he will not have enough time to blackmail the world with a nuclear-weapons program.

This is why Ms. Rice should remain steadfast in resisting calls by Mr. Roh’s government in Seoul to give aid to North Korea. Kim Dae Jung’s Sunshine Policy, now being repeated by Mr. Roh, has failed most miserably. If it was a genuine mistake, Ms. Rice and the rest of the Bush administration should try to open eyes in Seoul. If Pyongyang has been manipulating policy behind the scenes, America must react by renewing its determination not to deal with Pyongyang.

George W. Bush, whom I met in the White House last month, knows all of this. His steadfast stance against Kim Jong Il and his love toward my fellow suffering North Koreans is about to give results. The darkest moment of the night is right before dawn. My feeling is that North Koreans will be able to see daylight soon. Now is not the time to give in to North Korea’s blackmail or to the general feeling of appeasement that pervades the Seoul government. Now is not the time to give aid, or to agree to bilateral negotiations between the U.S. and North Korea.

Until things change in Seoul, Mr. Bush is the only hope the North Korean people have left. Those who are against him are only going to prolong their suffering.

Mr. Kang, the first person to escape from a North Korean concentration camp, is author of “The Aquariums of Pyongyang: Ten Years in the North Korean Gulag” (Basic Books, 2001).

Corrections & Amplifications:Kang Chol-Hwan did not escape from a North Korean gulag, as was stated in the author identification of this article; he and his family were released after 10 years of imprisonment, and he later escaped to China.

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Corée du nord: Le goulag caché (The hidden gulag – in full satellite view!)

23 avril, 2006

Nk_prison_1Continuant notre série à l’occasion du 40e anniversaire de la “Révolution culturelle” chinoise (et au moment où Juifs et Arméniens s’apprêtent à se remémorer les génocides dont ils ont été victimes) …

Il faudrait aussi rappeler que les quelque 100 millions de victimes du système communiste (URSS, Chine, Cambodge, Vietnam – sans parler du million d’Afgans et des 200 000 Tchéchènes), n’en épuisent pas le bilan puisque les camps d’internement et d’extermination (plus de 250 000 prisonniers) continuent en Corée du Nord, avec expérimentations chimiques et biologiques, en vue d’une éventuelle attaque de leurs voisins du sud, sur des familles entières (sans parler de la sous-alimentation délibérée de la population).

D’où l’intérêt du travail de l’humanitaire américain David Hawk, qui publiera (y compris grâce à l’aide de photos satellite) un rapport sur ses recherches en 2001 (“The Hidden gulag”) et de l’entretien qu’il donnera trois ans plus tard au site canadien Cankor:

Extraits:

Various prison-labour camps were being translated as “management centers” and “enlightenment centers” or “re-education centers”. After hearing the brutal conditions, the extreme punishments, and the extremely high rates of deaths in detention, and virtually no component or aspect of “education” or “rehabilitation” or self-organization, I turned to my translator and asked, “Why are you calling this place an enlightenment center, since what is being described sounds to me more like a slave labour or even a death camp?” To which my translator responded, “Well that’s how the Korean word he is using is usually translated into English.”

The Rwandan genocide lasted three months. The Khmer Rouge genocide lasted three years and eight months. What is different about North Korea is the long-term institutionalization of the severe repression. The political penal labour colonies and prison-labour camps have been around for a very long time; perhaps going on now almost half a century, year-in and year-out. The long-term repression cannot really be compared to the political violence of civil wars and armed conflicts, or to the violent anarchy within “failed states.” And, of course, the phenomenon of repression in North Korea is not “genocide” as defined in international law, even though the “g” word is sometimes used — inaccurately, in my opinion. The DPRK State objective is to remove the presumed wrongdoers from society and use them as a source of slave labour. In other words, to work them half to death, but not kill them outright and immediately, as was the case for segments of the population in Cambodia and Rwanda. Except perhaps the kwan-li-so political penal labour colonies in North Korea, which are, in my opinion, clear and massive “crimes against humanity” as that concept is defined in Article VII of the [Rome] Statute of the International Criminal Tribunal.

First, I had not previously encountered, or even heard of, the “guilt-by-association” phenomenon, where up to two generations of family members are also imprisoned, usually for lifetime sentences at hard labour, for the presumed political offence of another family member. Subsequently, I read that this was also practiced by Korea under Yi dynasty feudalism and also historically in China under the rule of various emperors. But I had never encountered or heard of it before. Secondly, the ethnically motivated forced abortions and infanticide practiced against North Korean women (if they happen to be pregnant when they are forcibly repatriated from China), because they are suspected of bearing “half-Han” babies. This too is completely beyond the pale of the usual repressive practices around the world.

Fortunately, in the absence of on-site verification, we were able to obtain commercially available satellite photographs for selected prison camps, on which the former prisoners were able to provide very detailed identifications of their former residence areas and work sites, etc.

As a child, Kang Chul Hwan (whose story is told in “Aquariums of Pyongyang”) spent a decade in the kwan-li-so political penal labour colony at Yodok for the presumed political offence of his grandfather. When he saw the Yodok camp photos (The first time around we sent him photos of Yodok town, not the nearby prison camp!) he recognized many sites, including even the beehives he had tended as an imprisoned child labourer. He said, “That is where I grew up… I’m keeping this photograph.”

Putting human rights at the top of the engagement agenda would be unworkable. Of course, there are some human rights activists who seek regime change in North Korea. There are others who use the human rights issue as a stick to beat their ideological adversaries. Conversely, there are some South Korean engagement proponents who pine for the Marxism-Leninism and/or the Juche solipsism of the Kim feudal dynasty in the DPRK. This is normal. But 50 years of military standoff and extreme ideological confrontation between North and South Korea brought no improvement to the human rights situation in the DPRK. The ROK’s “sunshine” policy is barely 5 years old. Recall that it took 15 years for the Basket 3 provisions of the Helsinki accords to produce positive results behind the Iron Curtain.

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Retour de Corée (Back to the good old Yankee go home days)

15 août, 2005

La_guerre_la_paixRigway la peste

Massacre en CoréeDe retour de vacances en Corée (où j’avais travaillé de 1990 à 1993) et en ce jour de fête nationale (60e anniversaire de l’indépendance du pays suite à l’éviction des Japonais le 15 août 1945), je repense à tous ces cimetières et à tous ces musées sur la guerre de 1950-1953 (ainsi que la zone démilitarisée) que j’ai finalement visités, toutes choses qu’en bon petit Français, j’avais plus ou moins consciemment ignorées lors de mes trois années là-bas mais qui, à la lueur du récent épisode néo-munichois de l’Irak, ont finalement repris pour moi tout leur sens …

Voir notre drapeau flotter fièrement là-bas aux côtés de ceux des vainqueurs, Américains, Britanniques ou Canadiens, alors que notre pays n’avait fourni qu’une infime partie des troupes avait en effet quelque chose de… surréaliste !

Qui dans la France d’aujourd’hui se souvient (ou a jamais su !) que le pays auto-proclamé des Droits de l’Homme n’avait fourni qu’à peine plus d’un millier de combattants (pour un total de 3 421) et encore des volontaires dont nombre de troupes “coloniales” (soit à peine plus que la petite Belgique ou les Pays-Bas, mais moins que la Grèce ou la Thailande et surtout 14 fois moins que la GB (total: 63 000) et même pas la moitié du contingent canadien ou …turc – sans parler des 300 000 Américains !) ?

Qui se souvient qu’il s’agissait d’une intervention dûment VOTÉE par l’ONU, profitant, il est vrai, de la politique de la chaise vide des Soviets et de l’absence des Chinois communistes au Conseil de sécurité ?

Qui se souvient que cette guerre avait fait l’objet, dans notre pays censément membre attitré de la coalition alors sur le champ de bataille, de manifestations continuelles contre l’ “impérialisme américain”, dont celle du 28 mai 1952 à l’annonce de la venue en France (au siège de l’OTAN) du général Ridgway qui commandait alors les troupes américaines en Corée ?

Qui se souvient de ce titre accusateur de l’Humanité (“Le peuple de Paris ne tolérera pas de criminel de guerre dans la capitale”) et du surnom de “Ridgway la peste” dont l’avait affublé l’extrême-gauche, et ce pour la série d’épidémies qui avait alors touché la Corée et la Chine et que le KGB avait faussement attribuées à l’utilisation américaine de l’arme… bactériologique?

Qui se souvient des prises de positions de nos chers intellectuels, comme, suite à l’exécution des espions Rosenberg, le vengeur… “l’Amérique a la rage” de Sartre (sauf peut-être – ultime ironie – la minorité d’étudiants “engagés” qui pendant des années et des années a rituellement manifesté contre les troupes d’”occupation” américaines dans les universités… coréennes !)?

Ou enfin qui se souvient de ces deux oeuvres que le PCF avait commandées à notre Picasso national pour illustrer le massacre américain des pauvres Nord-Coréens sans défense ?

D’abord, ce “Massacre en Corée” (dont j’ai d’aillleurs revu la reproduction cet été dans une petite expo de Pusan où ils n’avaient apparemment pas perçu que le “massacre” en question ne dénonçait pas tant la guerre EN GÉNÉRAL que la guerre AMÉRICAINE, qui se trouvait être à l’origine de leur… libération !) et où – ironie de l’histoire ! – lesdits Américains se trouvaient rejouer, dans la scénographie que reprenait astucieusement ce nouveau pilier du communisme français de la célèbre “Fusillade du 3 mai” de Goya, le rôle des… troupes napoléoniennes exécutant en 1808 des prisonniers espagnols?

Puis, cette double fresque de “La Guerre et la paix” (installée dans la chapelle du château de Vallauris en 1959) où il représentait, on ne peut plus didactiquement, l’accusation du Komintern sur la prétendue utilisation américaine d’armes bactériologiques – la “victime” nord-coréenne armée de la lance de la justice (avec la légendaire balance) et du bouclier blanc de la paix (la non moins fameuse colombe !) face au méchant Américain tenant, non entre les dents mais dans sa main droite, un couteau dégoulinant de sang et, dans sa main gauche, une sorte de fiole maléfique dont s’échappe les microbes de la guerre… bactériologique ?

Comme quoi tout a effectivement une histoire, mais qui parmi nos journalistes (ou même nos enseignants dont c’est après tout la fonction!) rappellent ce genre de choses au moment où nos populations se retrouvent à de semblables tournants de l’Histoire qui risquent aussi de se révéler un jour des tournants de… notre propre histoire?

Mais, comme dirait l’autre, seuls les faits comptent et, plus de 50 ans après la guerre de Corée, qui se rappelle que l’actuelle 11e économie du monde (3 places après l’Espagne et donc 6 places après nous, mais avant l’Australie et le Brésil et dix des 15 pays de la CEE) était, en 1970, au niveau du… Ghana (aujourd’hui 76e)!

Ou, en termes plus parlants de PNB par personne, qui se souvient que la Corée qui est maintenant à $19 000 (soit juste avant le Portugal – la France étant à 28 000 et les EU à un peu moins de 40 000), était encore, sept ans après la guerre, à moins de… $260 ?