Langues: Pate escargots soup de jour (Le pretentious Français sans pain by our Aussie friends)

15 décembre, 2013
http://www.paris-saint-honore.com/wp-content/uploads/2013/07/amour-brown-cigarrette-french-Favim_com-499849.jpgL‘anglais ? Ce n’est jamais que du français mal prononcé. Clémenceau
À la Cour, ainsi que dans les châteaux des grands seigneurs, où la pompe et le cérémonial de la Cour étaient imités, la langue franco-normande était la seule en usage ; dans les tribunaux, les plaidoyers et les arrêts étaient prononcés dans la même langue ; bref, le français était la langue de l’honneur, de la chevalerie et même de la justice ; tandis que l’anglo-saxon, si mâle et si expressif, était abandonné à l’usage des paysans et des serfs, qui n’en savaient pas d’autre. Peu à peu, cependant, la communication obligée qui existait entre les maîtres du sol et les êtres inférieurs et opprimes qui cultivaient ce sol, avait donné lieu à la formation d’un dialecte composé du franco-normand et de l’anglo-saxon, dialecte à l’aide duquel ils pouvaient se faire comprendre les uns des autres, et de cette nécessité se forma graduellement l’édifice de notre langue anglaise moderne, dans laquelle l’idiome des vainqueurs et celui des vaincus se trouvent confondus si heureusement, et qui a été si heureusement enrichie par des emprunts faits aux langues classiques et à celles que parlent les peuples méridionaux de l’Europe. Walter Scott (Ivanhoe, 1820)
Eh bien ! reprit Wamba, comment appelez-vous ces animaux grognards, qui courent là-bas sur leurs quatre jambes ? Des pourceaux, bouffon, des pourceaux, dit Gurth ; le premier idiot venu sait cela. Et pourceaux, c’est du bon saxon, dit le railleur. Mais comment appelez-vous la truie, quand elle est écorchée et coupée par quartiers et suspendue par les talons comme un traître ? Du porc, répondit le pâtre. Je suis heureux de reconnaître aussi que tous les idiots savent cela, dit Wamba ; or, un porc, je pense, est du bon normand-français, de sorte que, tant que la bête est en vie et sous la garde d’un serf saxon, elle porte son nom saxon ; mais elle devient normande et on l’appelle porc quand elle est portée au château pour faire réjouissance aux seigneurs. Que dis-tu de cela, ami Gurth, hein ? Cette doctrine n’est que trop vraie, ami Wamba, de quelque manière qu’elle soit entrée dans ta folle tête. Oh ! je puis t’en dire davantage encore, fit Wamba sur le même ton. Vois ce vieux bailly l’ox, il continue à porter son nom saxon tant qu’il est sous la garde de serfs et d’esclaves tels que toi ; mais il devient beef, c’est-à-dire un fougueux et vaillant Français, quand on le place sous les honorables mâchoires qui doivent le dévorer ; monsieur calf aussi devient monsieur le veau de la même façon ; il est Saxon tant qu’il lui faut nos soins et nos peines, et il prend un nom normand aussitôt qu’il devient un objet de régal. Par saint Dunstan ! s’écria Gurth, tu ne dis là que de tristes vérités. On ne nous laisse à peu près que l’air que nous respirons, et on paraît nous l’avoir accordé en hésitant fort, et dans le seul but de nous mettre à même de porter le fardeau dont on charge nos épaules. Tout ce qui est beau et gras est pour les tables des Normands ; les plus belles sont pour leurs lits, les plus braves pour les armées de leurs maîtres à l’étranger, et ceux-là vont blanchir de leurs ossements les terres lointaines, ne laissant ici qu’un petit nombre d’hommes qui aient, soit la volonté, soit le pouvoir de protéger les malheureux Saxons. Wamba (bouffon saxon dans Ivanhoé, Walter Scott, 1819)
Un Anglais a la bouche pleine d’expressions empruntées […]. Il emprunte continuellement aux langues des autres. Daniel Defoe
La licence arrivée avec la Restauration qui, après avoir infecté notre religion et nos mœurs, en est venue à corrompre notre langue. Jonathan Swift
Nos guerriers s’emploient activement à propager la langue française, alors qu’ils se couvrent de gloire en écrasant cette puissance. The Spectator (guerre de Succession d’Espagne)
Notre tâche se borne à les vaincre, et nous pouvons le faire en bon anglais. […] Nous supplions donc humblement que les mots français, tout comme le costume et les manières de France, soient mis de côté, du moins pendant la durée du présent conflit, car si leur langue et leurs coutumes s’abattaient sur nous, nous risquerions d’apprendre par leur exemple, le jour de la bataille, à f—te [sic] le camp. Edmund Burke (guerre de Sept Ans 1756 et 1763)
My sugar is so refined, she’s one o’ them high-class kind, she doesn’t wear a hat, she wears a chapeau, she goes to see a cinema, but never a show. Nat King Cole (écrit par Dee-Lippman, 1946)
Outre la tragédie qu’a représentée l’expropriation de la vielle aristocratie anglaise, l’effet sans doute le plus regrettable de a conquête fut l’éclipse presque totale de l’anglais vernaculaire comme langue de la littérature, du droit et de l’administration. Remplacé dans les documents officiels et autres par le latin, puis de plus en plus dans tous les domaines par le franco-normand, l’anglais écrit n’est quasiment pas réapparu avant le XIIe siècle. Encyclopaedia Britannica (américaine)
Pour nous autres Anglais, la conquête normande n’a presque aucun secret. Nous sommes fiers d’y voir le dernier exemple d’invasion réussie de l’Angleterre. La date emblématique, 1066, a coulé dans le lait de notre mère. Bouche bée, le souffle coupé, les enfants continuent de se voir raconter, à la maison ou en voyage scolaire à Bayeux, l’histoire du roi anglo-saxon Harold, tué d’une flèche dans l’œil à la bataille de Hastings. Mais même si la psyché anglaise a intégré dans son subconscient l’idée que le féodalisme et une classe dirigeante francophone – clergé, noblesse, marchands et administrateurs – sont alors venus se superposer à la société anglo-saxonne, la question linguistique reste, elle, curieusement camouflée. Personne ne reconnaît vraiment – chuchotez-le ! – qu’autrefois les Anglais parlaient français.  Jon-Kriss Mason
Despite, or maybe partly because of, these national idiosyncrasies, I find France a wonderful place to live, and I would never willingly live anywhere else. For me, the most pleasant surprise of all has been the people, and here I find that the cliches aren’t true. It is often said that the French are aloof, suspicious of strangers and not very fond of foreigners, criticisms that I’m sure reflect many visitors’ first social contact on French soil. This is likely to be with that daunting figure, the Parisian waiter. He is bored, he can’t understand what you say, and his feet hurt. Consequently, be treats you with a mixture of disdain and barely suppressed irritation, and you might very easily feel that he represents the attitude of all his fellow Frenchmen. He doesn’t. In fact, he is just as grumpy with his compatriots, and probably with his wife as well. Outside Paris, the English are usually treated with courtesy. Their halting French is listened to with patience, their curious habits (milk in the tea, warm beer) accommodated. An Englishman may never be truly one of the French family, but unless he’s very unlucky, he will eventually find himself accepted. I used to be somewhat sensitive about my nationality, and I could never quite escape the feeling that I was no more than a permanent and possibly unwelcome tourist. Then one day, a neighbour with whom I was having a drink put my mind at rest. "You are English," he said, "which is of course unfortunate. But you should know that most of us down here prefer the English to the Parisians." Peter Mayle

Attention: un snobisme peut en cacher un autre !

Pour les amoureux de la langue de Molière …

Et contre les snobs de tous bords …

Mais hommage involontaire à un prestige et à une culture pas tout à fait morts …

Qui, depuis Guillaume le Conquérant et pendant 300 ans et bien plus, ont pourtant fourni quelque 80% du vocabulaire de la langue de Shakespeare …

Ce petit classique des chansons parodiques …

Par le chanteur australien Greg Champion (merci Andrew !) …

The French Song

Divishti Rankine & Greg Champion

Pate escargots soup de jour

cordon bleu chic coiffure

fait accompli maison

creme de menthe Marcel Marceau

meringue blancmange Bardot

gauche gay Paris garcon

gendarme agent provocateur

eau de toilette voyeur

au revoir deja vu

carte blanche bidet croissant bourgeois

c’est la vie abattoir

bon voyage coup d’etat

hors d’ouevres Peugeot faux pas

Gerard Depardieu

Lacoste panache papier mache

en suite rue morgue yoplait

Pepe La Pew soufflé

en tous cas le Guy Forget

Maurice Chevalier

le Rainbow Warrior

lingerie chocolat eclair

avant garde Frigidaire

fromage crouton Cointreau

cherchez la femme boudoir je t’aime

vol au vent Jacques Cousteau

joie de vivre Plastic Bertrand

le Coq Sportif penchant

Henri Leconte

See also:

Sur le pont d’Avignon

Voila! Oui! C’est si bon

Oh – les enfants terribles

Dominique and Papillon

Petit four. Bon vivant.

Soixante neuf – incroyable !

Une. Deux. Trois. Café au lait

Respondez si vous plait.

Les Girls. La Marseillaise

Camembert. La restaurant.

Au clair de la lune

Raison d’etre. C’est la guerre

Champignons. Pomme de terre.

Plaisir d’amour

Cabaret. Au naturel

Regardez, Charles De Gaulle

Filet mignon, Bon ami

Parlez vous francais, monsieur

Allons. Louis Pasteur

Parfait. Salvation Army

Frere Jacques. Caviar

Touche. Le Tableau noir

La palais de Versailles

Eiffel Tower. Fermez la bouche

Lavatory. Les Champs Elysées

Scaramouche. Quelle heure est-il?

Monsieur de Tocqueville

Louis Jardin

Moulin Rouge. Toulouse Lautrec

Esprit de corps. Le Specs.

Merci beaucoup. Bonne chance

Cabernet shiraz. Mon Dieu

Fenetre. Pas de deux

And Guy de Maupassant

Sacre bleu! Double entendre

Et la plume de ma Tante

Gigi – interessant

Visschisoise and Chardonay

Quel domage. Inspector Clouseau

Victor Hugo. Coup d’etat

Madame – pardonnez moi

Mon petit fils

http://inthismy70thyear.wordpress.com/2012/09/22/day-183-the-french-song-2002/

Voir également:

They really do say ‘oh la la’

Peter Mayle has been explaining the French to the English for 15 years. It’s not that they are aloof, he says – they just appreciate what they’ve got

Peter Mayle

April 2004

It is in the nature of neighbours to squabble, and notwithstanding the official cordiality of the past 100 years, Anglo-French relations have been known to suffer sporadic minor ruptures. These are rather stimulating occasions, traditionally marked by name-calling and foot-stamping on both sides of the channel. Either Albion has been more than usually perfide, or those damned Frogs have been feathering their nest again. Indeed, it sometimes seems to me that we take it in turns to irritate our friends across the water. And yet, inevitably, we kiss and make up. After all, we have so many things in common.

One of them is the terminology we use when insulting one another. Cold, self-serving, arrogant and bloody-minded – is that a Frenchman talking about the English, or an Englishman talking about the French? I have heard these same words applied to both nationalities, and they have become so well established that when we come across a humble Frenchman, or a warm-blooded Englishman, we are taken aback. It is not at all what we have been led to expect.

The fact is, quite a few of the nationalistic cliches are accurate. Naturally, I can’t speak for the French, but I certainly feel qualified to speak about them, having spent several years observing them on a daily basis and at close quarters. Like many people of my age and background, I had a bundle of preconceived notions about the French and their way of life. When I came to live in France, one of my early discoveries was that so many of these turned out to be true, from the trivial (they really do say "Oh la la," as anyone who listens to French rugby commentaries will know) to the more important matters which follow.

Let’s start with a fundamental part of the French character that infuriates the English even as it provokes sneaking feelings of admiration. I refer, of course, to the French superiority complex. They consider their language to be the most elegant, their culture to be the most refined, their diplomacy to be the most diplomatic, their wines to be the most aristocratic, and their gastronomy to be the most subtle and interesting. Then there are the physical glories of France – the mountains, the beaches, the forests, the chateaux of the Loire, the City of Light, Catherine Deneuve. Most of the French people I’ve met have a deep regard for their country – although never, ever for the way it’s run – and I’ve lost count of the number of times I’ve been told that God lives in France. I suppose all this can create the impression that the French look down their noses at the rest of the world, which I don’t think they do. They simply appreciate what they have.

Nowhere is this more enthusiastically celebrated than at the table. The desire not merely to eat, but to eat well, is as much a part of the French character as the national reluctance to wait in a queue. And it’s contagious. I have become just as bad as any Frenchman – impatient for the first asparagus of spring, the first melon of summer or the first truffle of winter. I am no longer surprised, when eating with French friends, that a great part of the conversation around the table is not about politics, sport or sex, but about food. They are amused and somewhat mystified by the North American fascination with the French Paradox, which to them is no paradox at all; simply a matter of civilised eating habits.

I was recently shown, by a Frenchman who was shaking his head in disbelief, a learned paper prepared by a panel of American university professors. Its subject was obesity, now so prevalent over there that I believe it is classified as a disease, and the paper – several closely spaced pages ending with an impressive list of references – discussed at great length the French and their paradox. You will doubtless be stunned, as I was, by the perceptive nature of the professors’ conclusion. The reason for the relatively low incidence of obesity in France is this: the French eat less.

Is it true, as all we Anglo-Saxons like to believe, that France is the world capital of bureaucracy? I’m afraid it probably is. Consider this classic example taken from Stendhal’s Life of Napoleon. In 1811, a small rural community wished, for the sum of 60 francs, to use some substandard paving stones which had been rejected by the engineer in charge of laying the main road. This required 14 decisions by the prefect, the subprefect, the engineer and the minister. After incredible difficulties and extensive activity, the required authorisation finally arrived, 11 months after the request had been made, at which point it transpired that the defective paving stones had already been used by the roadworkers to fill up a hole in the road.

An extreme case, perhaps. Or perhaps not. I remember the 13 months that I spent trying to obtain my first carte de séjour, and the difficulty of establishing my identity with only my passport as proof when, as I now know, nobody takes you seriously in France unless you can produce an electricity bill. I remember the paperwork, the subsequent official inspection and the meticulous, vine-by-vine count when I replaced some elderly vines with younger versions of the same variety. And I remember the look of alarm on the face of the maçon when I asked him to enlarge a small window at the back of the house without the appropriate written permission from some distant central authority.

Despite, or maybe partly because of, these national idiosyncrasies, I find France a wonderful place to live, and I would never willingly live anywhere else. For me, the most pleasant surprise of all has been the people, and here I find that the cliches aren’t true. It is often said that the French are aloof, suspicious of strangers and not very fond of foreigners, criticisms that I’m sure reflect many visitors’ first social contact on French soil. This is likely to be with that daunting figure, the Parisian waiter. He is bored, he can’t understand what you say, and his feet hurt. Consequently, be treats you with a mixture of disdain and barely suppressed irritation, and you might very easily feel that he represents the attitude of all his fellow Frenchmen. He doesn’t. In fact, he is just as grumpy with his compatriots, and probably with his wife as well.

Outside Paris, the English are usually treated with courtesy. Their halting French is listened to with patience, their curious habits (milk in the tea, warm beer) accommodated. An Englishman may never be truly one of the French family, but unless he’s very unlucky, he will eventually find himself accepted. I used to be somewhat sensitive about my nationality, and I could never quite escape the feeling that I was no more than a permanent and possibly unwelcome tourist. Then one day, a neighbour with whom I was having a drink put my mind at rest. "You are English," he said, "which is of course unfortunate. But you should know that most of us down here prefer the English to the Parisians."

After that, I felt much better.


Société: Cachez cette différence que je ne saurai voir (When in doubt, sexualize or butcher the quote!)

21 novembre, 2012
http://vulpeslibris.files.wordpress.com/2009/01/victorians.jpg?w=280&h=443Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul
C’est dingue ! Si on n’est pas branchée sex-toys, si on n’aime pas parler de masturbation en gloussant autour d’un mojito, et qu’on ne cumule pas les amants, on est… nulle. Anonyme
It’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality. Volkoh
"Hooking up" is a common phrase among young people today, but as journalist Stepp (author of Our Last Best Shot, 2000) discovered, the term is nebulous in meaning. Covering a range of sexual behavior, hooking up can mean anything from kissing to intercourse, as well as everything in between. Stepp conducted extensive interviews with young women in high school and college to find out how this casual approach to sexual encounters is affecting a generation. What she learned is that in large part hooking up had supplanted dating, with both young men and women eschewing deeper relationships for casual encounters with little or no commitment involved. Stepp looks at how the culture of today fosters these attitudes, noting that when young women are expected to excel at school and have numerous outside activities, many feel they don’t have time to form a deeper bond with a significant other. Eye-opening and powerful, Stepp’s book also offers empowering advice for women as they navigate today’s sexual landscape. Kristine Huntley
What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, "my plaything" and "my bitch." Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the "yucks". Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way (…) In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, « He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize." And goes on to tell them, "In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long." It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere. In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame. Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. "Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering." In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes. And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all. Kathy Dobie
Suppose that everything we think we know about ‘The Victorians’ is wrong? That we have persistently misrepresented their culture, perhaps to make ourselves feel more satisfyingly liberal and sophisticated? What if they were much more fun than we ever suspected? As Matthew Sweet shows us in this brilliant study, many of the concepts that strike us as terrifically new – political spin-doctoring, extravagant publicity stunts, hardcore pornography, anxieties about the impact of popular culture upon children – are Victorian inventions. Most of the pleasures that we imagine to be our own, the Victorians enjoyed first: the theme park, the shopping mall, the movies, the amusement arcade, the crime novel and the sensational newspaper report. They were engaged in a well-nigh continuous search for bigger and better thrills. If Queen Victoria wasn’t amused, then she was in a very small minority . . . Matthew Sweet’s book is an attempt to re-imagine the Victorians; to suggest new ways of looking at received ideas about their culture; to distinguish myth from reality; to generate the possibility of a new relationship between the lives of 19th-century people and our own. Inventing the Victorians (Book presentation)
Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ "ridicule and ellipsis" link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous! (…) Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external. Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The "loss" of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a "loss" of male "virginity"; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been "broken" for the woman has, for the man, been "fixed." I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.(…) It strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women? I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame. Classical values
In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of "virtues" into "values," Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality: This mutation in the word "virtue" has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus "Victorian values" have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as "limbs," and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries. In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. "The woman who draped the legs of her piano", one historian solemnly informs us, "so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat". In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians. Classical values

Refus de la différence, quand tu nous tiens!

Découvert sur le net …

En ces temps étranges de parent 1 (ou A) et de parent 2 (ou B) …

Et en ce bientôt meilleur des mondes de mamans (porteuses) ou de putains remboursées par la sécu

Cet intéressant site de réinformation culturelle (Classical values) qui prétend, ô périlleuse mais louable ambition, "mettre un terme à la guerre culturelle en restaurant les valeurs culturelles" …

Où l’on apprend par exemple comment pour mieux enfoncer un livre déplorant la véritable mise au ban de la virginité dans certains milieux, un critique du Washington post n’hésite pas, au point de la dénaturer complètement voire de lui faire dire le contraire de ce qu’elle disait vraiment, à charcuter une citation …

Ou, alternativement, comment,  pour ridiculiser la prétendue obsession de la même virginité de nos arrières-parents victoriens, certains de nos historiens trop crédules ont pu prendre pour argent comptant les plaisanteries des Victoriens eux-mêmes (sur leurs cousins… américains!) et ainsi, pour des générations après eux, sexualiser malgré eux les pieds de leurs pianos …

Shaming the unshattered?

Classical values

March 03, 2007

Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ "ridicule and ellipsis" link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous!

The book in question is Laura Sessions Stepp’s Unhooked, and as Volokh makes clear, the butchery of the quote renders her thought almost incoherent.

Here’s the mangled (and subsequently ridiculed) WaPo quote:

Your body is your property…. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you?

Yeah, that makes very little sense. But here’s what’s omitted:

Your body is your property. No one has a right to enter unless you welcome them in. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? Is your body worth less than a house?

And here’s Eugene Volokh:

The second sentence (the omission of which the Post noted with the ellipses) explains why we’re talking about nonconsensual rock-throwing. In this paragraph, the author seems not to be faulting fully consensual, enthusiastic casual sex, but rather casual sex of the sort that is at least not entirely welcome (a characteristic that I take it the author thinks is not uncommon in casual sex). Many young women, the author is suggesting, let men have sex with them even though they do not fully "welcome them in," perhaps because they feel pressured by the man or by social expectations. Not-fully-welcome sex is not the same as rock-throwing, but at least the analogy is closer than it is between presumably enthusiastic "hooking up" and rock-throwing.

The fourth sentence (which is also omitted in the Post review, though conventions of quotation allow the omission not to be marked with ellipses) then tries to tie the body with the house: They aren’t the same (for instance, in the sense that they’re both great places to have a party), but rather they’re both valuable, and your body is if anything even more valuable. Again, not a terribly convincing metaphor, but not as zany or worthy of derision as some might think. Among other things, try the lampoon quoted above on the whole paragraph:

I don’t think Stepp’s broken window analogy is either zany or worthy of derision, although I understand why others would. I suspect that those who derided the analogy are only pretending not to understand it, and I think they wouldn’t want to get it (and would claim not to get it if someone explained it). That’s because the broken window analogy goes to the center of the difference between the sexes that people imagine can be dismissed. Therefore, it’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality.

The broken window analogy (to a woman’s loss of virginity) is hardly new. Ask anyone who studied art history.

There’s Bouguereau’s Broken Pitcher, Greuze’s Broken Pitcher, and I even found a cute little narrative about the subject coming up in an art history class:

She is actually relieved to be in Art History discussing Greuze’s Broken Pitcher, even if there are idiots in her class. The girl with the jewel-encrusted crucifix obscuring all her other features insistently claims the girl in the painting signifies the masses, and the broken pitcher is their broken relationship with Christ. The cocky guy who has missed half the classes since joining his frat, is spinning the class all off on a tangent somehow connecting the broken pitcher to unemployment rates during the Great Depression. Stupid.

Sighing, she is patient, sighing again and again as she digests her so-called peers’ comments and systematically discards their worth. The class wallows in a pit of circular reasoning. Just as she is about to reach her limit and set them all straight, the teacher says, "What if it’s about sex? What if the pitcher is her virginity?"

Silence blooms. Her classmates look at each other, some giggling.

I don’t know whether the teacher planned on show-and-tell, so I’ll complement her lecture by adding Bouguereau’s Broken Pitcher:

It’s tough to unwrite Art History, but I’m sure they’re working on it.

Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external.

Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The "loss" of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a "loss" of male "virginity"; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been "broken" for the woman has, for the man, been "fixed."

I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.

As to what is going on in the mind in the mental or moral sense, that’s more complicated. The WaPo reviewer touches on a favorite subject of Classical Values, and that is sexual shame:

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: "Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you?" And: "Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination." The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Look, I’m more against sexual shame than anyone I know. Seriously, I am not kidding; just poke around the blog.

But I have one question for the WaPo writer. Since when is a dog in heat (actually, it should be "bitch in heat") an ugly image? The reason I’m asking is because I’m harboring a bitch in heat right now, and Coco does not take kindly to being called ugly by the MSM! She’s not ugly, and she leaves plenty to the imagination. Well, maybe not when she’s waving her little vagina around and her tail curls and the coat of hair on her butt gets all wrinkly and slitherers forward in anticipation of a tie-up. But even that is not without it’s charm, at least for a shameless relativist like me. The bottom line is that Coco is not ugly, and I don’t consider any of this shameful. (Although I suspect the WaPo might be trying to shame Ms. Stepp.)

I keep saying that what we call the Culture War is really a war over sex, because I think it is. At the heart of that, though, is a war over sexual shame. While I don’t know whether Ms. Stepp is trying to instill feelings of sexual shame as the Post says, I do know that plenty of people are very frustrated by the absence of sexual shame in others.

The problem is, as I keep saying, you can’t feel what you don’t have, nor can you expect that if you’re disgusted with something, that others will share your disgust. Sometimes, I think there’s on one "side" a demand that others not be disgusted by things which disgust them, while on the other "side" there’s an equally shrill demand that they be disgusted by things that don’t disgust them.

Right now though, I’m feeling a little disgusted by the lack of honesty in the way this argument is being addressed, because it just isn’t being addressed. People yell at each other’s tastes or what they perceive as a lack thereof, and they don’t even seem to realize that what they’re doing is demanding not accommodation or tolerance of their tastes or disgusts, but a sharing of them. While this strikes me as an unreasonable argument, there’s no way to discuss whether it’s a reasonable argument if people aren’t even aware that it is in fact an argument.

Take Leon Kass’s wisdom of repugnance. Please!

No seriously, let’s take it, because I’ve devoted time to it and gotten not very far. There is no question that sexual shame varies from person to person, as do sexual tastes. From a previous post, here’s Martha Nussbaum, interviewed by Reason’s Julian Sanchez:

Unlike anger, disgust does not provide the disgusted person with a set of reasons that can be used for the purposes of public argument and public persuasion. If my child has been murdered and I am angry at that, I can persuade you that you should share those reasons; if you do, you will come to share my outrage. But if someone happens to feel that gay men are disgusting, that person cannot offer any reasoning that will persuade someone to share that emotion; there is nothing that would make the dialogue a real piece of persuasion.

Reason: As a follow up, can you say something about how that cashes out into a critique of communitarian ideals?

Nussbaum: The prominent defenders of the appeal to disgust and shame in law have all been communitarians of one or another stripe ([Lord] Devlin, [Amitai] Etzioni, Kass), and this, I claim, is no accident. What their thought shares is the idea that society ought to have at its core a homogeneous group of people whose ways of living, of having sex, of looking and being, are defined as "normal." People who deviate from that norm may then be stigmatized, and penalized by law, even if their conduct causes no harm. That was the core of Lord Devlin’s idea, and it is endorsed straightforwardly by Etzioni, and, in a rather different way, and in a narrower set of contexts, by Kass. My study of disgust and shame shows that these emotions threaten key values of a liberal society, especially equal respect for people and for their liberty. Disgust and shame are inherently hierarchical; they set up ranks and orders of human beings. They are also inherently connected with restrictions on liberty in areas of non-harmful conduct. For both of these reasons, I believe, anyone who cherishes the key democratic values of equality and liberty should be deeply suspicious of the appeal to those emotions in the context of law and public policy.

While I think trying to make someone feel shame who does not feel it is a waste of time, my point is that even if you put sexual shame aside, in logic something is being given up by a woman that is not being given up by a man. To deny this denies reality.

Denial of reality has a way of annoying me, but it’s even more annoying when it’s done in the name of reality.

But I think there’s something more going on than denial. I think the attempt to tar Ms. Stepp with the accusation that she’s fostering sexual shame obscures something else which Eugene Volokh mentioned, and that is the pressure of what he calls "social expectations."

From the Amazon book description:

In Unhooked, Stepp follows three groups of young women (one in high school, one each at Duke and George Washington universities). She sat with them in class, socialized with them, listened to them talk, and came away with some disturbing insights, including that hooking up carries with it no obligation on either side. Relationships and romance are seen as messy and time-consuming, and love is postponed-or worse, seen as impossible. Some young women can handle this, but many can’t, and they’re being battered-physically and emotionally-by the new dating landscape. The result is a generation of young people stymied by relationships and unsure where to turn for help.

If it is true that some of the young women doing this cannot handle it, then I wonder why. I haven’t read the book, but might another form of shame be going on?

Is it possible that not wanting to have sex might be considered shameful in some circles? Might there be a stigma attached to virginity?

Apparently, there is. And it didn’t take me long to find it. Here’s the (U Va) Cavalier Daily’s Kate Durbin:

Having or abstaining from sex is a personal decision. Like drinking alcohol or eating meat, it is a choice that each person must make for him or herself, free from the pressures of peers and society in general. No reason need be given as to why someone chooses to abstain from sex, just as no reason need be given when someone chooses not to consume alcohol. Personal decisions are just that — personal. They should be respected as such. Virgins, angered by the negativity surrounding their choices, should seek to change societal attitudes instead of spending time enumerating the reasons they chose to be a virgin.

[...]

….if society is really so open when it comes to sex, why is it that virginity remains such a curse for those college students choosing it? For whatever reason, abstaining from sex has somehow come to be a socially isolating factor, making virgins feel like their choices are somehow viewed as wrong.

As long as current attitudes about sexual choices persist, refraining from sex will continue to be seen as some kind of problem. Having sex or not having sex is a personal choice. This fact must be accepted and respected by our generation.

Hmmm….Virginity a curse? At the University of Virginia at that!

Oh the irony!

I don’t know how typical the above complaint is (there’s more, of course, and it seems to be a response to another column poking fun at virgins), but as someone who is against sexual shame, I try to at least be consistent about it, and it strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women?

I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame.

Voir aussi:

Without Victorian modesty, even pianos can get carried away!

Classical values

March 13, 2007

In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of "virtues" into "values," Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality:

This mutation in the word "virtue" has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus "Victorian values" have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as "limbs," and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries.

In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. "The woman who draped the legs of her piano," one historian solemnly informs us, "so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat." In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians.

I have a minor correction. While I must necessarily take no position on the perpetuation of satire by gullible historians (lest I get into a conflict of interest), and I cannot claim to know who is right about sexualizing the Victorian penchant for covering piano legs, I can state with some confidence that the historian Himmelfarb criticized was not the first to sexualize the piano.

Unless the Victorian satirists were first, I’m afraid the credit must go to Salvador Dali, who did a pretty good job of it back in the 1930s:

Once again, here’s "Atmospheric Skull Sodomizing a Grand Piano" (1934):

atmospheric_skull_sodomizing_a_grand_piano.JPG

And from the same year, here’s "Skull with its Lyric Appendage Leaning on a Bedside Table which Should Have the Exact Temperature of a Cardinal’s Nest":

SkullWithLyricAppendage.jpg

I don’t know whether this means the couple had a child or just merged with each other, but the presence of the bedside table indicates some that some sort of ongoing intimacy occurred.

I scrupulously take no position on whether any of this could have been avoided had the piano been appropriately covered.

And at the risk of being anthropopianomorphic, I have to venture that Dali might have been using the pianos as some sort of substitute for his own libido, or maybe his sex life. Because in the same year he painted the indisputably sexualized pianos, he also painted "Cardinal, Cardinal!":

cardinal.jpg

Note the same bedside table. The man (IMO) is clearly Dali, and he’s leaning towards the bedside table at the same angle as the skull does. His shirt even looks like a skull! Not only that, he’s holding a pitcher (the breaking of which artistically symbolizes lost virginity), and seems unable to put it back where it belongs. The uncovered woman is of course his wife Gala. (A divorcee who could not be considered virginal by any definition.)

As to what the reference to the "exact temperature of a cardinal’s nest" might mean, I’m tempted to speculate that it might involve a failure of the human fertility cycle, and I’d note that by 1934 Gala seems to have left her fertility cycles behind her.

Whether Dali was making any judgment about virtues or values (or what that judgment might have been) I’ll leave to others.

Politics is surreal enough as it is.

(I’ve tried not to politicize art, but the piano meme seems to have legs.)

MORE: While I wasn’t thinking about her when I wrote the post, a Hot Air commenter named OBX Pete says that Hillary Clinton looks like a piano:

I’ve seen her legs and believe me you don’t want to see them. If you take a picture of her and crop everything above the waist she could be mistaken for a grand piano. Actually she is doing us all a favor by wearing those pantsuits.

On the other hand, she has to work with what she was born with (as we all do) so she can’t help it if she has piano legs. I’m more concerned with that ultra-liberal mind.

I looked into this and discovered that it’s worse than I imagined — to the point where the Urban Dictionary includes Hillary in the very definition of "Piano Legs":

1. piano legs

Disproportionately thick calves and/or ankles on a woman with otherwise normal body weight.

No wonder Hillary Clinton always wears pant suits. She’s got a humongous set of piano legs.

Voir également:

Unhooked: How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both (by Laura Sessions Stepp)

Going All the Way

 By Reviewed by Kathy Dobie

The Washington Post

February 11, 2007

UNHOOKED

How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both

By Laura Sessions Stepp

Riverhead. 288 pp. $24.95

Reviewed by Kathy Dobie

Articles, op-ed pieces and radio shows have been devoted to the sexual practice of "hooking up," but Washington Post reporter Laura Session Stepp’s Unhooked is the first book on the phenomenon and, one hopes, not the last. For when someone takes such a volatile aspect of young people’s lives and puts it under a microscope — or in this case, a concerned, disapproving gaze — you want the large, well-lit view.

Stepp follows three high school girls and six college women through a year in their lives, chronicling their sexual behavior. These girls and women don’t date, don’t develop long-term relationships or even short, serious ones — instead, they "hook up." Hooking up, Stepp writes, "isn’t exactly anything." It can "consist entirely of one kiss, or it can involve fondling, oral sex, anal sex, intercourse or any combination of those things. It can happen only once with a partner, several times during a week or over many months . . . . It can mean the start of something, the end of something or the whole something." If that sounds as if hooking up can mean almost anything but "fried fish for dinner," Stepp goes on to offer something more definite: What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, "my plaything" and "my bitch."

Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the "yucks."

Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way: In our teens and early twenties, sexual relationships are less about intimacy than about expanding our intimate knowledge of people — a very different thing. Through sex, we discover irrefutable otherness (he dreams of being madly in love; she hates going to sleep alone ), and we are scared and enraptured, frustrated and inspired. We learn less about intimacy in our youthful sex lives than we do about humanity. And of course, there is also lust, something this very unsexy book about sex doesn’t take into account. In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, "He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize."And goes on to tell them, "In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long."

It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere.

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: "Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you?" And: "Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination." The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. "Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering."

In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes.

And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all.


Médias: L’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules (When in doubt, blame the victim)

12 novembre, 2011
Parmi les hommes, ce sont ordinairement ceux qui réfléchissent le moins qui ont le plus le talent de l’imitation. Buffon
La tendance à l’imitation est vivace surtout chez les sauvages. Darwin
Comme la faculté d’imitation dépend de la faculté d’observation, elle se développera d’autant plus chez les animaux qu’ils seront plus intelligents. George John Romanes
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…)  l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) Le fascisme en Italie est arrivé au pouvoir en 1922 et il est demeuré puissant jusqu’à ce qu’il soit renversé par les Américains et les Anglais. L’islamisme est arrivé au pouvoir en divers endroits, commençant en 1979 avec l’Ajatollah Khomeini en Iran. Le baasisme est encore une autre variante de la même chose, et probablement que dans les jours à venir, en Irak, il sera renversé par les mêmes Américains et Anglais qui ont renversé Mussolini. L’islamisme est arrivé au pouvoir en Iran en 1979, et la révolution islamique en Iran était une vraie force mondiale. Alors l’islamisme est arrivé au pouvoir au Soudan et en Afghanistan, et pendant un moment il a semblé progressé tout à fait bien. Les Iraniens sont chi’ites et les autres pays sont sunnites, donc ce sont des dénominations différentes de l’Islam. Mais, cependant, c’était un mouvement qui jusqu’à récemment semblait avancer d’une manière traditionnelle — c’est-à-dire par la capture d’Etats. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Paul Berman
It is the function of the novelist to tell timeless and universal truths through the device of a fashioned narrative. A story’s significance as a piece of art cannot be divorced from its message, any more than a society’s prospects for freedom and prosperity can be divorced from its underlying principles. The writer and the man are one and the same, as are the culture and its common beliefs. In my writing and in my life I have pursued a vision not only to inspire my readers but also to share my dream of what we can aspire to build here in our world. (…) There are those who in the name of the free market have supported Latin American dictatorships whose iron hand of repression was said to be necessary to allow business to function, betraying the very principles of human rights that free economies rest upon. Then there are those who have coldly reduced all questions of humanity to a matter of economics and see the market as a panacea. In doing so they ignore the role of ideas and culture, the true foundation of civilization. Without customs and shared beliefs to breathe life into democracy and the market, we are reduced to the Darwinian struggle of atomistic and selfish actors that many on the left rightfully see as inhuman. (…) What is lost on the collectivists, on the other hand, is the prime importance of individual freedom for societies to flourish and economies to thrive. This is the core insight of true liberalism: All individual freedoms are part of an inseparable whole. Political and economic liberties cannot be bifurcated.  (…) Many cling to hopes that the economy can be centrally planned. Education, health care, housing, money and banking, crime control, transportation, energy and far more follow the failed command-and-control model that has been repeatedly discredited. Some look to nationalist and statist solutions to trade imbalances and migration problems, instead of toward greater freedom. Mario Vargas Llosa
Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d’un Etat qui est depuis quinze ans en déficit chronique, je suis à la tête d’un Etat qui n’a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ça ne peut pas durer. François Fillon
Suite à une erreur technique, un message a été automatiquement diffusé à certains abonnés au portail de S&P Global Credit indiquant que la note de crédit de la France avait été changée. Ce n’est pas le cas. La note de la République française est inchangée à "AAA", assortie d’une perspective stable, et cet incident n’est pas lié à une quelconque activité de surveillance de la note. Communiqué Standard and Poor’s
Ne nous faisons pas d’illusion: sur les marchés, la dette (française) n’est déjà plus AAA. Jacques Attali
Not only are such Islamophobic antics futile and childish, but they also openly beg for the very violent responses from extremists their authors claim to proudly defy in the name of common good. What common good is served by creating more division and anger, and by tempting belligerent reaction? Bruce Crumley (Time magazine)
That was very, very objectionable to, you know, a majority of Muslims to see their religious leader depicted in any way, but certainly not in sort of a satirical, laughable fashion. You know, I heard a comment from a French Muslim who I think got it exactly right, which is that just because you can do this thing because you have a First Amendment right or you have a right to free expression in Western societies doesn’t mean you should do them. So I think I would hope we get to a place where we condemn this constant provocation. Why these provocations to a vast minority group inside of France? I think it’s irresponsible. (…) but, you know, I would defend to the last straw to do it. I just hope we get to a place where the people who do do this get condemned by society for constantly provoking crises that we don’t need right now. John Kitfield (National Public Radio)
The issue was not thought-provoking; it simply contributed to burgeoning anti-Muslim sentiment. What it should have been doing was pushing the conversation forward to confront the seemingly dormant but rampant institutional bigotry. After all, is that not the point of having a free press tradition in the first place? Romina Ruiz-Goiriena (France 24, Huffington post)
The original title of Crumley’s piece, still viewable in the website URL, was “Firebombed French Paper: A Victim of Islam, Or Its Own Obnoxious Islamaphobia?” If a reader, so offended by Crumley’s excuse-making for theocratic nutcases, bombs TIME’s Paris Bureau, would that make Crumley a “victim” of his own obnoxious cowardice? James Kirchick
What possible argument can those of us who shudder at the thought of arsonists torching Time, and immolating all who work there, now make in its defence? The latest issue contains a piece saying that the French satirical magazine Charlie Hebdo  deserved to have someone – maybe an Islamist, maybe not – firebomb its offices in Paris. Nick Cohen
But the right to blaspheme is not only under frontal assault. Writing about the attack on Charlie’s offices, Bruce Crumley, Paris bureau chief for Time magazine, did nothing to hide his contempt—not for the attackers, but for the magazine itself. "Not only are such Islamophobic antics futile and childish," he wrote, "but they also openly beg for the very violent responses from extremists their authors claim to proudly defy in the name of common good." James Kitfield, National Journal’s security correspondent, told NPR listeners that he wished the  "irresponsible" people who "do this get condemned by society for constantly provoking crises that we don’t need right now." Such reactions cause one to wonder whether the deeper threat to free speech comes not from its avowed enemies but from its supposed practitioners. That itself is an old story in the West, something the American political thinker Paul Berman, writing about the pre-World War II indulgence of French Socialists for the Nazi regime, has called "the liberalism of denial." Others might simply call it cowardice. Anne Jolis (WSJ)
In what I hope is part of the last gasps of the disorienting moral relativism that marked so many intellectuals during the aughts (’00s), Bruce Crumley was given the pages of Time Magazine to spin out a now classic critique based on the internalizing of “Islamophobia” as proposed by Muslims who want to avoid public criticism, something approaching the level of a dogma in journalistic circles. In response to the Charlie Hebdo firebombing, Crumley not only blamed Charlie Hebdo for the attack, but those political and intellectual figures in France who condemned the bombing. Richard Landes

A l’heure où, nous dit-on, la contagion de la crise atteint une France dont nos candidats de la dernière présidentielle admettaient déjà il y a quatre ans que les caisses étaient vides …

Et où, sous prétexte d’une apparente erreur de manipulation informatique et après les avoir tant critiquées pour ne pas avoir averti le monde des crises précédentes, chacun s’apprête à tirer sur le messager des  agences de  notation américaines (dont la 3e est d’ailleurs sous contrôle français)…

Pendant que, sous les effets de ladite crise, les appels se multiplient, notamment par rapport à la Chine ou à l‘islam, à toutes les lâchetés

Comment ne pas repenser à la célèbre analyse proustienne du lynchage mondain du salon Verdurin?

Où, derrière la plus insignifiante des conversations mondaines au sein de la frange la plus policée de l’Occident d’avant la sauvagerie de 14, un Proust longtemps rabaissé à la futilité de la mondanité dont il avait été au contraire, après en avoir guéri, le plus lucide des déconstructeurs …

Démonte parfaitement (quasi-ethnologiquement) non seulement le mécanisme de bouc émissaire (le ramenant brutalement à sa vérité primitive d’anthropophagie) mais aussi l’imitation (dont nos plus grands esprits, de Buffon à Darwin, ont toujours tant tenu à se démarquer) qui en est la source sans oublier la lâcheté sans laquelle celui-ci ne peut fonctionner …

Autrement dit, dans le génial raccourci de l’auteur de la Recherche,… cet instinct d’imitation et l’absence de courage qui gouvernent les sociétés comme les foules ?

Firebombed French Paper Is No Free Speech Martyr

Bruce Crumley

Time

November 2, 2011

Okay, so can we finally stop with the idiotic, divisive, and destructive efforts by “majority sections” of Western nations to bait Muslim members with petulant, futile demonstrations that “they” aren’t going to tell “us” what can and can’t be done in free societies? Because not only are such Islamophobic antics futile and childish, but they also openly beg for the very violent responses from extremists their authors claim to proudly defy in the name of common good. What common good is served by creating more division and anger, and by tempting belligerent reaction?

The difficulty in answering that question is also what’s making it hard to have much sympathy for the French satirical newspaper firebombed this morning, after it published another stupid and totally unnecessary edition mocking Islam. The Wednesday morning arson attack destroyed the Paris editorial offices of Charlie Hebdo after the paper published an issue certain to enrage hard-core Islamists (and offend average Muslims) with articles and “funny” cartoons featuring the Prophet Mohammed—depictions forbidden in Islam to boot. Predictably, the strike unleashed a torrent of unqualified condemnation from French politicians, many of whom called the burning of the notoriously impertinent paper as “an attack on democracy by its enemies.”

We, by contrast, have another reaction to the firebombing: Sorry for your loss, Charlie, and there’s no justification of such an illegitimate response to your current edition. But do you still think the price you paid for printing an offensive, shameful, and singularly humor-deficient parody on the logic of “because we can” was so worthwhile? If so, good luck with those charcoal drawings your pages will now be featuring.

Though police say they still don’t know who staged the apparent strike, the (sorry) inflammatory religious theme of the new edition has virtually everyone suspecting Muslim extremists were responsible. Which, frankly, is exactly why it’s hard not to feel it’s the kind of angry response–albeit in less destructive form– Charlie Hebdo was after in the first place. What was the point otherwise? Yet rather than issuing warnings to be careful about what one asks for, the arson prompted political leaders and pundits across the board to denounce the arson as an attack on freedom of speech, liberty of expression, and other rights central to French and other Western societies. In doing so they weren’t entirely alone. Muslim leaders in France and abroad also stepped up to condemn the action–though not without duly warning people to wait for police to identify the perpetrators before assigning guilt, especially via association.

The reasons for such concern were as obvious as the suspicions about who had staged the strike: the coarse and heavy-handed Islamist theme of the current edition of Charlie Hebdo. As part of its gag, the paper had re-named itself “Sharia Hebdo”. It also claimed to have invited Mohammed as its guest editor to “celebrate the victory” of the Islamist Ennahda party in Tunisia’s first free elections last week. In addition to satirical articles on Islam-themed topics, the paper contains drawings of Mohammed in cartoons featuring Charlie Hebdo’s trademark over-the-top (and frequently not “ha-ha funny”) humor. The cover, for example, features a crudely-drawn cartoon of the Prophet saying “100 Whip Lashes If You Don’t Die Of Laughter.” Maybe you had to be there when it was first sketched.

If that weren’t enough to offend Muslims sensitive to jokes about their faith, history helped raised hackles further. In 2007, Charlie Hebdo re-published the infamous (and, let’ face it, just plain lame) Mohammed caricatures initially printed in 2005 by Danish paper Jyllands-Posten. As intended, those produced outrage–and at times violent reaction–from Muslims around the world (not to mention repeated terror plots to kill illustrators responsible for the drawings). Apart from unconvincing claims of exercising free speech in Western nations where that right no longer needs to be proved, it’s unclear what the objectives of the caricatures were other than to offend Muslims—and provoke hysteria among extremists. After it’s 2007 reprinting of those, Charlie Hebdo was acquitted by a French court on inciting racial hatred charges lodged by French Islamic groups over those and other caricatures—including one run as the paper’s cover cartoon depicting Mohammed complaining “It’s Hard To Be Loved By (expletives)”. When it comes to Islam, Charlie Hebdo has a million of ‘em—but they’re all generally as weak as they are needlessly provocative.

Editors, staff, fans, and apologists of Charlie Hebdo have repeatedly pointed out that the paper’s take-no-prisoners humor spares no religion, political party, or social group from its questionable humor. They’ve also tended to defend the publication during controversy as a kind of gut check of free society: a media certain to anger, infuriate, and offend just about everybody at some point or another. As such, Charlie Hebdo has cultivated its insolence proudly as a kind of public duty—pushing the limits of freedom of speech, come what may. But that seems more self-indulgent and willfully injurious when it amounts to defending the right to scream “fire” in an increasingly over-heated theater.

Why? Because like France’s 2010 law banning the burqa in public (and earlier legislation prohibiting the hijab in public schools), the nation’s government-sponsored debates on Islam’s place in French society all reflected very real Islamophobic attitudes spreading throughout society. Indeed, such perceived anti-Muslim action has made France a point of focus for Islamist radicals at home and abroad looking to harp on new signs of aggression against Islam. It has also left France’s estimated five million Muslims feeling stigmatized and singled out for discriminatory treatment—a resentment that can’t be have been diminished by seeing Charlie Hebdo’s mockery of Islam “just for fun” defended as a hallowed example of civil liberty by French pols. It’s yet to be seen whether Islamist extremists were behind today’s arson, but both the paper’s current edition, and the rush of politicians to embrace it as the icon of French democracy, raises the possibility of even moderate Muslims thinking “good on you” if and when militants are eventually fingered for the strike. It’s all so unnecessary.

It’s obvious free societies cannot simply give in to hysterical demands made by members of any beyond-the-pale group. And it’s just as clear that intimidation and violence must be condemned and combated for whatever reason they’re committed—especially if their goal is to undermine freedoms and liberties of open societies. But it’s just evident members of those same free societies have to exercise a minimum of intelligence, calculation, civility and decency in practicing their rights and liberties—and that isn’t happening when a newspaper decides to mock an entire faith on the logic that it can claim to make a politically noble statement by gratuitously pissing people off.

Defending freedom of expression in the face of oppression is one thing; insisting on the right to be obnoxious and offensive just because you can is infantile. Baiting extremists isn’t bravely defiant when your manner of doing so is more significant in offending millions of moderate people as well. And within a climate where violent response—however illegitimate—is a real risk, taking a goading stand on a principle virtually no one contests is worse than pointless: it’s pointlessly all about you.

So, yeah, the violence inflicted upon Charlie Hebdo was outrageous, unacceptable, condemnable, and illegal. But apart from the “illegal” bit, Charlie Hebdo’s current edition is all of the above, too.

Voir aussi:

Friday News Roundup – Hour 2

The Diane Rehm show

National Public Radio
04.11.11
(…)

KAY

11:53:48
Okay, Courtney.  I’ll give you another story that I’d like to get to just before we end the program.  France, the office of the weekly publication Charlie Hebdo was fire-bombed in France this week, why?

KUBE

11:54:00
Well, they had just completed this spoof issue that was guest edited by the Prophet Mohammad and it included images of him, cartoons of him.  You know, of course, this was also the same publication that in 2006 republished the cartoons that were in a Danish newspaper that caused tremendous unrest throughout the Middle East.  It’s a publication that continues to push the limits between satire and what they can get away with under freedom of expression, freedom of the press.

KUBE

11:54:34
And the problem is in France, it’s the largest Muslim population in Europe and there was an outcry.  There was…

KAY

11:54:43
No one’s claimed responsibility for the fire-bombing, is that right?

KUBE

11:54:44
Not yet.  And there was one of the editors even said something, well, this could have just been some drunk people.  We don’t know.  But the police think it was a Molotov cocktail and there have been threats against the people who work in the office so it appears to be targeted.  It appears to be because of this publication that was about to come out and has since now come out on another organization, another newspaper printed some of the cartoons along with an explanation for why they were doing it.

KUBE

11:55:07
You know as I said it’s a publication that’s known for pushing the limits and the only difference this time was the target and that was Mohammad, which, of course, in Islam, there’s not allowed to be representations of the Prophet Mohammad.  It’s a tremendous insult to Islam.  But the fact is this is a satirical publication and they have the right to express, to freedom of expression.

KAY

11:55:30
James, are we still in the situation, though, where something like this with Charlie Hebdo could cause knock-on effects as we saw with the Danish cartoons?  I mean, are the tensions still at that level?

KITFIELD

11:55:41
You know, I think the tensions are less now, but the tensions are — I mean, people died because of that earlier…

KAY

11:55:47
Right.

KITFIELD

11:55:47
…all over the world.  I mean, that was very, very objectionable to, you know, a majority of Muslims to see their religious leader depicted in any way, but certainly not in sort of a satirical, laughable fashion.  You know, I heard a comment from a French Muslim who I think got it exactly right, which is that just because you can do this thing because you have a First Amendment right or you have a right to free expression in Western societies doesn’t mean you should do them.  So I think I would hope we get to a place where we condemn this constant provocation.  Why these provocations to a vast minority group inside of France?  I think it’s irresponsible.

KAY

11:56:26
Particularly when you already have tensions with those…

KITFIELD

11:56:29
Right, and people can die.  I think it’s irresponsible, but, you know, I would defend to the last straw to do it.  I just hope we get to a place where the people who do do this get condemned by society for constantly provoking crises that we don’t need right now.

KAY

11:56:45
Okay.  Yeah, we certainly don’t need another crisis after all that we’ve been talking about this week, one crisis we don’t need with the fire-bombing of the magazine, Charlie Hebdo.  James Kitfield, senior correspondent with the National Journal, Courtney Kube, national security producer for NBC News and Robin Harding, U.S. economics editor, The Financial Times, thank you all so much for joining me.  It’s been an incredibly busy week yet another busy week on the international scene I suspect with everything that’s happening in Greece and Europe. We’re going to fill another hour easily next week as well.  Thank you all so much for joining me.

KUBE

11:57:14
Thank you.

KITFIELD

11:57:14
Thank you.

HARDING

11:57:14
Thank you.

KAY

11:57:14
I’m Katty Kay of the BBC.  I’ve been sitting in for Diane Rehm.  Diane is up in Maine, she’s on a station visit.  She will be back on Monday.  Thank you so much for listening all of you, do have a great weekend.
Voir également:

Charlie Hebdo, Firebombs and the Role of Satire

Romina Ruiz-Goiriena.

Assistant Producer, France24

Huffington post

11/2/11

Paris — At approximately 5 a.m. Wednesday morning, Stephane Charbonnier, better known as "Charb" to his readers, had a rude awakening. Overnight, the offices of the French satirical magazine Charlie Hebdo, where he serves as editor, had been the target of a firebombing. The website had also been hacked and the police were looking into the act.

For many, the publication has been an iconic soapbox for the far French left since its creation in 1960. Charlie Hebdo publishes weekly. Every issue is filled with comic strips, cartoons and caricatures that push the boundaries of everything taboo in France. Over the years, politicians, celebrities and even a dead Jesus Christ have fallen prey. But what could have angered someone so much to attack the weekly’s headquarters?

On Tuesday night, the magazine had finished the final printing of a special Arab Spring edition. Renamed Charia Hebdo for the occasion and playing on the word in French for Shariah law, the cover features a picture of the prophet Muhammad as ‘guest’ editor. Every spread of the 14-page newspaper insults Islam. making jokes about sodomy, the niqab and even scolds the idea that the rise of modern Islamic governments in newly liberated Libya and Tunisia can be democratic.

Regardless of the fact that authorities have not provided any more details, the event has already provoked public outcry.

The Associated Press quoted Mohammed Moussaoui, head of the French Council of the Muslim Faith, who disapproved of the publication for its depiction of the prophet but condemned the violence that had ensued. Meanwhile, Prime Minister François Fillon, said that "all attacks on the freedom of the press must be condemned with the greatest firmness."

And so, here begins another chapter in the battle between the French ideal of laïcité (secularism) and Islam’s role in France.

Focusing on the wrong issue

Before the blast, media outlets were already speculating over how this week’s issue would depict the religion of five million French citizens. Following the attack, however, the conversation quickly shifted to discuss the intolerance for Islam’s critics and freedom of the press.

Charb defended the values of Charlie Hebdo. "There is no question of us giving in to Islamists. We are a news magazine and will continue commenting on the news. What we are doing is nothing like the polemical tone of the Muhammsd cartoons [in Denmark]. We approach this with our own sense of humor," Charbonnier told France 24 in an interview during the breakfast show Live from Paris.

Nothing else was important. It did not matter that the publication fetishized over the different ways to wear the controversial veil, mocked Muhammad’s penis in a cartoon and scoffed at the recently elected Ennahda party in Tunisia. No, this was not demeaning, disrespectful or racist. This, by Charlie Hebdo’s definition, was satire: the kind that everyone had to accept as part of the French tradition.

Even the BBC’s Hugh Schofield wrote that publications like Charlie Hebdo are longstanding in French history, all the way to the scandal sheets that denounced Marie-Antoinette in the run-up to the French Revolution. In an almost apologist fashion Schofield wrote, "over the years, it [Charlie Hebdo] has printed examples which make today’s representations of Mohammed look like illustrations from a children’s book… police would be shown holding the dripping heads of immigrants; there would be masturbating nuns; popes wearing condoms, anything to make a point. So today when the paper’s staff say there is nothing unusually provocative about the Charia Hebdo issue they are being perfectly truthful."

While this might be so, what is also inherently French is the country’s deeply rooted malaise with its Muslims citizens. Partly, because it has never really explored its colonialist legacy in North Africa nor has it established a body politic inclusive of minorities.

So whether the discussion of the day is about a niqab or the role of prayer, it is seen as something diametrically opposed to French values. The real conversation to be had is about how to create a more inclusive socially-just France.

The role of satire

By definition, satire is based on the premise that however serious the subject, it can achieve a greater effect if a society’s follies are held to ridicule. The greater purpose is constructive criticism. However, the Charia Hebdo number did everything to scorn the Arab Spring abroad and nothing to contest French clichés and institutional racism against Muslims.

The issue was not thought-provoking; it simply contributed to burgeoning anti-Muslim sentiment. What it should have been doing was pushing the conversation forward to confront the seemingly dormant but rampant institutional bigotry. After all, is that not the point of having a free press tradition in the first place?

Voir enfin:

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU: SODOME ET GOMORRHE (MARCEL PROUST)

—Mon cher—collègue, dit-il à Brichot, après avoir délibéré dans son esprit si «collègue» était le terme qui convenait, j’ai une sorte de—désir pour savoir s’il y a d’autres arbres dans la—nomenclature de votre belle langue—française—latine—normande. Madame (il voulait dire Mme Verdurin quoiqu’il n’osât la regarder) m’a dit que vous saviez toutes choses. N’est-ce pas précisément le moment?—Non, c’est le moment de manger», interrompit Mme Verdurin qui voyait que le dîner n’en finissait pas. «Ah! bien; répondit le Scandinave, baissant la tête dans son assiette, avec un sourire triste et résigné. Mais je dois faire observer à Madame que, si je me suis permis ce questionnaire—pardon, ce questation—c’est que je dois retourner demain à Paris pour dîner chez la Tour d’Argent ou chez l’Hôtel Meurice. Mon confrère—français—M. Boutroux, doit nous y parler des séances de spiritisme—pardon, des évocations spiritueuses—qu’il a contrôlées.—Ce n’est pas si bon qu’on dit, la Tour d’Argent, dit Mme Verdurin agacée. J’y ai même fait des dîners détestables.—Mais est-ce que je me trompe, est-ce que la nourriture qu’on mange chez Madame n’est pas de la plus fine cuisine française?—Mon Dieu, ce n’est pas positivement mauvais, répondit Mme Verdurin radoucie. Et si vous venez mercredi prochain ce sera meilleur.—Mais je pars lundi pour Alger, et de là je vais à Cap. Et quand je serai à Cap de Bonne–Espérance, je ne pourrai plus rencontrer mon illustre collègue—pardon, je ne pourrai plus rencontrer mon confrère.» Et il se mit, par obéissance, après avoir fourni ces excuses rétrospectives, à manger avec une rapidité vertigineuse. Mais Brichot était trop heureux de pouvoir donner d’autres étymologies végétales et il répondit, intéressant tellement le Norvégien que celui-ci cessa de nouveau de manger, mais en faisant signe qu’on pouvait ôter son assiette pleine et passer au plat suivant: «Un des Quarante, dit Brichot, a nom Houssaye, ou lieu planté de houx; dans celui d’un fin diplomate, d’Ormesson, vous retrouvez l’orme, l’ulmus cher à Virgile et qui a donné son nom à la ville d’Ulm; dans celui de ses collègues, M. de La Boulaye, le bouleau; M. d’Aunay, l’aune; M. de Bussière, le buis; M. Albaret, l’aubier (je me promis de le dire à Céleste); M. de Cholet, le chou, et le pommier dans le nom de M. de La Pommeraye, que nous entendîmes conférencier, Saniette, vous en souvient-il, du temps que le bon Porel avait été envoyé aux confins du monde, comme proconsul en Odéonie? Au nom de Saniette prononcé par Brichot, M. Verdurin lança à sa femme et à Cottard un regard ironique qui démonta le timide.—Vous disiez que Cholet vient de chou, dis-je à Brichot. Est-ce qu’une station où j’ai passé avant d’arriver à Doncières, Saint–Frichoux, vient aussi de chou?—Non, Saint–Frichoux, c’est Sanctus Fructuosus, comme Sanctus Ferreolus donna Saint–Fargeau, mais ce n’est pas normand du tout.—Il sait trop de choses, il nous ennuie, gloussa doucement la princesse.—Il y a tant d’autres noms qui m’intéressent, mais je ne peux pas tout vous demander en une fois.» Et me tournant vers Cottard: «Est-ce que Mme Putbus est ici?» lui demandai-je. «Non, Dieu merci, répondit Mme Verdurin qui avait entendu ma question. J’ai tâché de dériver ses villégiatures vers Venise, nous en sommes débarrassés pour cette année.—Je vais avoir moi-même droit à deux arbres, dit M. de Charlus, car j’ai à peu près retenu une petite maison entre Saint–Martin-du-Chêne et Saint–Pierre-des-Ifs.—Mais c’est très près d’ici, j’espère que vous viendrez souvent en compagnie de Charlie Morel. Vous n’aurez qu’à vous entendre avec notre petit groupe pour les trains, vous êtes à deux pas de Doncières», dit Mme Verdurin qui détestait qu’on ne vînt pas par le même train et aux heures où elle envoyait des voitures. Elle savait combien la montée à la Raspelière, même en faisant le tour par des lacis, derrière Féterne, ce qui retardait d’une demi-heure, était dure, elle craignait que ceux qui feraient bande à part ne trouvassent pas de voitures pour les conduire, ou même, étant en réalité restés chez eux, puissent prendre le prétexte de n’en avoir pas trouvé à Doville-Féterne et de ne pas s’être senti la force de faire une telle ascension à pied. A cette invitation M. de Charlus se contenta de répondre par une muette inclinaison. «Il ne doit pas être commode tous les jours, il a un air pincé, chuchota à Ski le docteur qui, étant resté très simple malgré une couche superficielle d’orgueil, ne cherchait pas à cacher que Charlus le snobait. Il ignore sans doute que dans toutes les villes d’eau, et même à Paris dans les cliniques, les médecins, pour qui je suis naturellement le «grand chef», tiennent à honneur de me présenter à tous les nobles qui sont là, et qui n’en mènent pas large. Cela rend même assez agréable pour moi le séjour des stations balnéaires, ajouta-t-il d’un air léger. Même à Doncières, le major du régiment, qui est le médecin traitant du colonel, m’a invité à déjeuner avec lui en me disant que j’étais en situation de dîner avec le général. Et ce général est un monsieur de quelque chose. Je ne sais pas si ses parchemins sont plus ou moins anciens que ceux de ce baron.—Ne vous montez pas le bourrichon, c’est une bien pauvre couronne», répondit Ski à mi-voix, et il ajouta quelque chose de confus avec un verbe, où je distinguai seulement les dernières syllabes «arder», occupé que j’étais d’écouter ce que Brichot disait à M. de Charlus. «Non probablement, j’ai le regret de vous le dire, vous n’avez qu’un seul arbre, car si Saint–Martin-du-Chêne est évidemment Sanctus Martinus juxta quercum, en revanche le mot if peut être simplement la racine, ave, eve, qui veut dire humide comme dans Aveyron, Lodève, Yvette, et que vous voyez subsister dans nos éviers de cuisine. C’est l’«eau», qui en breton se dit Ster, Stermaria, Sterlaer, Sterbouest, Ster-en-Dreuchen.» Je n’entendis pas la fin, car, quelque plaisir que j’eusse eu à réentendre le nom de Stermaria, malgré moi j’entendais Cottard, près duquel j’étais, qui disait tout bas à Ski: «Ah! mais je ne savais pas. Alors c’est un monsieur qui sait se retourner dans la vie. Comment! il est de la confrérie! Pourtant il n’a pas les yeux bordés de jambon. Il faudra que je fasse attention à mes pieds sous la table, il n’aurait qu’à en pincer pour moi. Du reste, cela ne m’étonne qu’à moitié. Je vois plusieurs nobles à la douche, dans le costume d’Adam, ce sont plus ou moins des dégénérés. Je ne leur parle pas parce qu’en somme je suis fonctionnaire et que cela pourrait me faire du tort. Mais ils savent parfaitement qui je suis.» Saniette, que l’interpellation de Brichot avait effrayé, commençait à respirer, comme quelqu’un qui a peur de l’orage et qui voit que l’éclair n’a été suivi d’aucun bruit de tonnerre, quand il entendit M. Verdurin le questionner, tout en attachant sur lui un regard qui ne lâchait pas le malheureux tant qu’il parlait, de façon à le décontenancer tout de suite et à ne pas lui permettre de reprendre ses esprits. «Mais vous nous aviez toujours caché que vous fréquentiez les matinées de l’Odéon, Saniette?» Tremblant comme une recrue devant un sergent tourmenteur, Saniette répondit, en donnant à sa phrase les plus petites dimensions qu’il put afin qu’elle eût plus de chance d’échapper aux coups: «Une fois, à la Chercheuse.—Qu’est-ce qu’il dit», hurla M. Verdurin, d’un air à la fois écoeuré et furieux, en fronçant les sourcils comme s’il n’avait pas assez de toute son attention pour comprendre quelque chose d’inintelligible. «D’abord on ne comprend pas ce que vous dites, qu’est-ce que vous avez dans la bouche?» demanda M. Verdurin de plus en plus violent, et faisant allusion au défaut de prononciation de Saniette. «Pauvre Saniette, je ne veux pas que vous le rendiez malheureux», dit Mme Verdurin sur un ton de fausse pitié et pour ne laisser un doute à personne sur l’intention insolente de son mari.» J’étais à la Ch…, Che…—Che, che, tâchez de parler clairement, dit M. Verdurin, je ne vous entends même pas.»

Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois.

«Voyons, ce n’est pas sa faute, dit Mme Verdurin.—Ce n’est pas la mienne non plus, on ne dîne pas en ville quand on ne peut plus articuler.—J’étais à la Chercheuse d’esprit de Favart.—Quoi? c’est la Chercheuse d’esprit que vous appelez la Chercheuse? Ah! c’est magnifique, j’aurais pu chercher cent ans sans trouver», s’écria M. Verdurin qui pourtant aurait jugé du premier coup que quelqu’un n’était pas lettré, artiste, «n’en était pas», s’il l’avait entendu dire le titre complet de certaines oeuvres. Par exemple il fallait dire le Malade, le Bourgeois; et ceux qui auraient ajouté «imaginaire» ou «gentilhomme» eussent témoigné qu’ils n’étaient pas de la «boutique», de même que, dans un salon, quelqu’un prouve qu’il n’est pas du monde en disant: M. de Montesquiou–Fezensac pour M. de Montesquiou. «Mais ce n’est pas si extraordinaire», dit Saniette essoufflé par l’émotion mais souriant, quoiqu’il n’en eût pas envie. Mme Verdurin éclata: «Oh! si, s’écria-t-elle en ricanant. Soyez convaincu que personne au monde n’aurait pu deviner qu’il s’agissait de la Chercheuse d’esprit.» M. Verdurin reprit d’une voix douce et s’adressant à la fois à Saniette et à Brichot: «C’est une jolie pièce, d’ailleurs, la Chercheuse d’esprit.» Prononcée sur un ton sérieux, cette simple phrase, où on ne pouvait trouver trace de méchanceté, fit à Saniette autant de bien et excita chez lui autant de gratitude qu’une amabilité. Il ne put proférer une seule parole et garda un silence heureux. Brichot fut plus loquace. «Il est vrai, répondit-il à M. Verdurin, et si on la faisait passer pour l’oeuvre de quelque auteur sarmate ou scandinave, on pourrait poser la candidature de la Chercheuse d’esprit à la situation vacante de chef-d’oeuvre. Mais, soit dit sans manquer de respect aux mânes du gentil Favart, il n’était pas de tempérament ibsénien. (Aussitôt il rougit jusqu’aux oreilles en pensant au philosophe norvégien, lequel avait un air malheureux parce qu’il cherchait en vain à identifier quel végétal pouvait être le buis que Brichot avait cité tout à l’heure à propos de Bussière.) D’ailleurs, la satrapie de Porel étant maintenant occupée par un fonctionnaire qui est un tolstoïsant de rigoureuse observance, il se pourrait que nous vissions Anna Karénine ou Résurrection sous l’architrave odéonienne.—Je sais le portrait de Favart dont vous voulez parler, dit M. de Charlus. J’en ai vu une très belle épreuve chez la comtesse Molé.» Le nom de la comtesse Molé produisit une forte impression sur Mme Verdurin. «Ah! vous allez chez Mme de Molé», s’écria-t-elle. Elle pensait qu’on disait la comtesse Molé, Madame Molé, simplement par abréviation, comme elle entendait dire les Rohan, ou, par dédain, comme elle-même disait: Madame La Trémoïlle. Elle n’avait aucun doute que la comtesse Molé, connaissant la reine de Grèce et la princesse de Caprarola, eût autant que personne droit à la particule, et pour une fois elle était décidée à la donner à une personne si brillante et qui s’était montrée fort aimable pour elle. Aussi, pour bien montrer qu’elle avait parlé ainsi à dessein et ne marchandait pas ce «de» à la comtesse, elle reprit: «Mais je ne savais pas du tout que vous connaissiez Madame de Molé!» comme si ç‘avait été doublement extraordinaire et que M. de Charlus connût cette dame et que Mme Verdurin ne sût pas qu’il la connaissait. Or le monde, ou du moins ce que M. de Charlus appelait ainsi, forme un tout relativement homogène et clos. Autant il est compréhensible que, dans l’immensité disparate de la bourgeoisie, un avocat dise à quelqu’un qui connaît un de ses camarades de collège: «Mais comment diable connaissez-vous un tel?» en revanche, s’étonner qu’un Français connût, le sens du mot «temple» ou «forêt» ne serait guère plus extraordinaire que d’admirer les hasards qui avaient pu conjoindre M. de Charlus et la comtesse Molé. De plus, même si une telle connaissance n’eût pas tout naturellement découlé des lois mondaines, si elle eût été fortuite, comment eût-il été bizarre que Mme Verdurin l’ignorât puisqu’elle voyait M. de Charlus pour la première fois, et que ses relations avec Mme Molé étaient loin d’être la seule chose qu’elle ne sût pas relativement à lui, de qui, à vrai dire, elle ne savait rien. «Qu’est-ce qui jouait cette Chercheuse d’esprit, mon petit Saniette?» demanda M. Verdurin. Bien que sentant l’orage passé, l’ancien archiviste hésitait à répondre: «Mais aussi, dit Mme Verdurin, tu l’intimides, tu te moques de tout ce qu’il dit, et puis tu veux qu’il réponde. Voyons, dites, qui jouait ça? on vous donnera de la galantine à emporter», dit Mme Verdurin, faisant une méchante allusion à la ruine où Saniette s’était précipité lui-même en voulant en tirer un ménage de ses amis. «Je me rappelle seulement que c’était Mme Samary qui faisait la Zerbine, dit Saniette.—La Zerbine? Qu’est-ce que c’est que ça? cria M. Verdurin comme s’il y avait le feu.—C’est un emploi de vieux répertoire, voir le Capitaine Fracasse, comme qui dirait le Tranche Montagne, le Pédant.—Ah! le pédant, c’est vous. La Zerbine! Non, mais il est toqué», s’écria M. Verdurin. Mme Verdurin regarda ses convives en riant comme pour excuser Saniette. «La Zerbine, il s’imagine que tout le monde sait aussitôt ce que cela veut dire. Vous êtes comme M. de Longepierre, l’homme le plus bête que je connaisse, qui nous disait familièrement l’autre jour «le Banat». Personne n’a su de quoi il voulait parler. Finalement on a appris que c’était une province de Serbie.» Pour mettre fin au supplice de Saniette, qui me faisait plus de mal qu’à lui, je demandai à Brichot s’il savait ce que signifiait Balbec. «Balbec est probablement une corruption de Dalbec, me dit-il. Il faudrait pouvoir consulter les chartes des rois d’Angleterre, suzerains de la Normandie, car Balbec dépendait de la baronnie de Douvres, à cause de quoi on disait souvent Balbec d’Outre–Mer, Balbec-en-Terre. Mais la baronnie de Douvres elle-même relevait de l’évêché de Bayeux, et malgré des droits qu’eurent momentanément les Templiers sur l’abbaye, à partir de Louis d’Harcourt, patriarche de Jérusalem et évêque de Bayeux, ce furent les évêques de ce diocèse qui furent collateurs aux biens de Balbec. C’est ce que m’a expliqué le doyen de Doville, homme chauve, éloquent, chimérique et gourmet, qui vit dans l’obédience de Brillat–Savarin, et m’a exposé avec des termes un tantinet sibyllins d’incertaines pédagogies, tout en me faisant manger d’admirables pommes de terre frites.» Tandis que Brichot souriait, pour montrer ce qu’il y avait de spirituel à unir des choses aussi disparates et à employer pour des choses communes un langage ironiquement élevé, Saniette cherchait à placer quelque trait d’esprit qui pût le relever de son effondrement de tout à l’heure. Le trait d’esprit était ce qu’on appelait un «à peu près», mais qui avait changé de forme, car il y a une évolution pour les calembours comme pour les genres littéraires, les épidémies qui disparaissent remplacées par d’autres, etc… Jadis la forme de l’«à peu près» était le «comble». Mais elle était surannée, personne ne l’employait plus, il n’y avait plus que Cottard pour dire encore parfois, au milieu d’une partie de «piquet»: «Savez-vous quel est le comble de la distraction? c’est de prendre l’édit de Nantes pour une Anglaise.» Les combles avaient été remplacés par les surnoms. Au fond, c’était toujours le vieil «à peu près», mais, comme le surnom était à la mode, on ne s’en apercevait pas. Malheureusement pour Saniette, quand ces «à peu près» n’étaient pas de lui et d’habitude inconnus au petit noyau, il les débitait si timidement que, malgré le rire dont il les faisait suivre pour signaler leur caractère humoristique, personne ne les comprenait. Et si, au contraire, le mot était de lui, comme il l’avait généralement trouvé en causant avec un des fidèles, celui-ci l’avait répété en se l’appropriant, le mot était alors connu, mais non comme étant de Saniette. Aussi quand il glissait un de ceux-là on le reconnaissait, mais, parce qu’il en était l’auteur, on l’accusait de plagiat. «Or donc, continua Brichot, Bec en normand est ruisseau; il y a l’abbaye du Bec; Mobec, le ruisseau du marais (Mor ou Mer voulait dire marais, comme dans Morville, ou dans Bricquemar, Alvimare, Cambremer); Bricquebec, le ruisseau de la hauteur, venant de Briga, lieu fortifié, comme dans Bricqueville, Bricquebosc, le Bric, Briand, ou bien brice, pont, qui est le même que bruck en allemand (Innsbruck) et qu’en anglais bridge qui termine tant de noms de lieux (Cambridge, etc.). Vous avez encore en Normandie bien d’autres bec: Caudebec, Bolbec, le Robec, le Bec–Hellouin, Becquerel. C’est la forme normande du germain Bach, Offenbach, Anspach; Varaguebec, du vieux mot varaigne, équivalent de garenne, bois, étangs réservés. Quant à Dal, reprit Brichot, c’est une forme de thal, vallée: Darnetal, Rosendal, et même jusque près de Louviers, Becdal. La rivière qui a donné son nom à Dalbec est d’ailleurs charmante. Vue d’une falaise (fels en allemand, vous avez même non loin d’ici, sur une hauteur, la jolie ville de Falaise), elle voisine les flèches de l’église, située en réalité à une grande distance, et a l’air de les refléter.-Je crois bien, dis-je, c’est un effet qu’Elstir aime beaucoup. J’en ai vu plusieurs esquisses chez lui.-Elstir! Vous connaissez Tiche? s’écria Mme Verdurin. Mais vous savez que je l’ai connu dans la dernière intimité. Grâce au ciel je ne le vois plus. Non, mais demandez à Cottard, à Brichot, il avait son couvert mis chez moi, il venait tous les jours. En voilà un dont on peut dire que ça ne lui a pas réussi de quitter notre petit noyau. Je vous montrerai tout à l’heure des fleurs qu’il a peintes pour moi; vous verrez quelle différence avec ce qu’il fait aujourd’hui et que je n’aime pas du tout, mais pas du tout! Mais comment! je lui avais fait faire un portrait de Cottard, sans compter tout ce qu’il a fait d’après moi.-Et il avait fait au professeur des cheveux mauves, dit Mme Cottard, oubliant qu’alors son mari n’était pas agrégé. Je ne sais, Monsieur, si vous trouvez que mon mari a des cheveux mauves.-Ça ne fait rien, dit Mme Verdurin en levant le menton d’un air de dédain pour Mme Cottard et d’admiration pour celui dont elle parlait, c’était d’un fier coloriste, d’un beau peintre. Tandis que, ajouta-t-elle en s’adressant de nouveau à moi, je ne sais pas si vous appelez cela de la peinture, toutes ces grandes diablesses de compositions, ces grandes machines qu’il expose depuis qu’il ne vient plus chez moi. Moi, j’appelle cela du barbouillé, c’est d’un poncif, et puis ça manque de relief, de personnalité. Il y a de tout le monde là dedans.-Il restitue la grâce du XVIIIe, mais moderne, dit précipitamment Saniette, tonifié et remis en selle par mon amabilité. Mais j’aime mieux Helleu.-Il n’y a aucun rapport avec Helleu, dit Mme Verdurin.-Si, c’est du XVIIIe siècle fébrile. C’est un Watteau à vapeur, et il se mit à rire.—Oh! connu, archiconnu, il y a des années qu’on me le ressert», dit M. Verdurin à qui, en effet, Ski l’avait raconté autrefois, mais comme fait par lui-même. «Ce n’est pas de chance que, pour une fois que vous prononcez intelligiblement quelque chose d’assez drôle, ce ne soit pas de vous.—Ça me fait de la peine, reprit Mme Verdurin, parce que c’était quelqu’un de doué, il a gâché un joli tempérament de peintre. Ah! s’il était resté ici! Mais il serait devenu le premier paysagiste de notre temps. Et c’est une femme qui l’a conduit si bas! Ça ne m’étonne pas d’ailleurs, car l’homme était agréable, mais vulgaire. Au fond c’était un médiocre. Je vous dirai que je l’ai senti tout de suite. Dans le fond, il ne m’a jamais intéressée. Je l’aimais bien, c’était tout. D’abord, il était d’un sale. Vous aimez beaucoup ça, vous, les gens qui ne se lavent jamais?—Qu’est-ce que c’est que cette chose si jolie de ton que nous mangeons? demanda Ski.—Cela s’appelle de la mousse à la fraise, dit Mme Verdurin.—Mais c’est ra-vis-sant. Il faudrait faire déboucher des bouteilles de Château-Margaux, de Château-Lafite, de Porto.—Je ne peux pas vous dire comme il m’amuse, il ne boit que de l’eau, dit Mme Verdurin pour dissimuler sous l’agrément qu’elle trouvait à cette fantaisie l’effroi que lui causait cette prodigalité.—Mais ce n’est pas pour boire, reprit Ski, vous en remplirez tous nos verres, on apportera de merveilleuses pêches, d’énormes brugnons, là, en face du soleil couché; ça sera luxuriant comme un beau Véronèse.—Ça coûtera presque aussi cher, murmura M. Verdurin.—Mais enlevez ces fromages si vilains de ton, dit-il en essayant de retirer l’assiette du Patron, qui défendit son gruyère de toutes ses forces.—Vous comprenez que je ne regrette pas Elstir, me dit Mme Verdurin, celui-ci est autrement doué. Elstir, c’est le travail, l’homme qui ne sait pas lâcher sa peinture quand il en a envie. C’est le bon élève, la bête à concours. Ski, lui, ne connaît que sa fantaisie. Vous le verrez allumer sa cigarette au milieu du dîner.—Au fait, je ne sais pas pourquoi vous n’avez pas voulu recevoir sa femme, dit Cottard, il serait ici comme autrefois.—Dites donc, voulez-vous être poli, vous? Je ne reçois pas de gourgandines, Monsieur le Professeur», dit Mme Verdurin, qui avait, au contraire, fait tout ce qu’elle avait pu pour faire revenir Elstir, même avec sa femme. Mais avant qu’ils fussent mariés elle avait cherché à les brouiller, elle avait dit à Elstir que la femme qu’il aimait était bête, sale, légère, avait volé. Pour une fois elle n’avait pas réussi la rupture. C’est avec le salon Verdurin qu’Elstir avait rompu; et il s’en félicitait comme les convertis bénissent la maladie ou le revers qui les a jetés dans la retraite et leur a fait connaître la voie du salut. «Il est magnifique, le Professeur, dit-elle. Déclarez plutôt que mon salon est une maison de rendez-vous. Mais on dirait que vous ne savez pas ce que c’est que Mme Elstir. J’aimerais mieux recevoir la dernière des filles! Ah! non, je ne mange pas de ce pain-là. D’ailleurs je vous dirai que j’aurais été d’autant plus bête de passer sur la femme que le mari ne m’intéresse plus, c’est démodé, ce n’est même plus dessiné.—C’est extraordinaire pour un homme d’une pareille intelligence, dit Cottard.—Oh! non, répondit Mme Verdurin, même à l’époque où il avait du talent, car il en a eu, le gredin, et à revendre, ce qui agaçait chez lui c’est qu’il n’était aucunement intelligent.» Mme Verdurin, pour porter ce jugement sur Elstir, n’avait pas attendu leur brouille et qu’elle n’aimât plus sa peinture. C’est que, même au temps où il faisait partie du petit groupe, il arrivait qu’Elstir passait des journées entières avec telle femme qu’à tort ou à raison Mme Verdurin trouvait «bécasse», ce qui, à son avis, n’était pas le fait d’un homme intelligent. «Non, dit-elle d’un air d’équité, je crois que sa femme et lui sont très bien faits pour aller ensemble. Dieu sait que je ne connais pas de créature plus ennuyeuse sur la terre et que je deviendrais enragée s’il me fallait passer deux heures avec elle. Mais on dit qu’il la trouve très intelligente. C’est qu’il faut bien l’avouer, notre Tiche était surtout excessivement bête! Je l’ai vu épaté par des personnes que vous n’imaginez pas, par de braves idiotes dont on n’aurait jamais voulu dans notre petit clan. Hé bien! il leur écrivait, il discutait avec elles, lui, Elstir! Ça n’empêche pas des côtés charmants, ah! charmants, charmants et délicieusement absurdes, naturellement.» Car Mme Verdurin était persuadée que les hommes vraiment remarquables font mille folies. Idée fausse où il y a pourtant quelque vérité. Certes les «folies» des gens sont insupportables. Mais un déséquilibre qu’on ne découvre qu’à la longue est la conséquence de l’entrée dans un cerveau humain de délicatesses pour lesquelles il n’est pas habituellement fait. En sorte que les étrangetés des gens charmants exaspèrent, mais qu’il n’y a guère de gens charmants qui ne soient, par ailleurs, étranges. «Tenez, je vais pouvoir vous montrer tout de suite ses fleurs», me dit-elle en voyant que son mari lui faisait signe qu’on pouvait se lever de table. Et elle reprit le bras de M. de Cambremer. M. Verdurin voulut s’en excuser auprès de M. de Charlus, dès qu’il eut quitté Mme de Cambremer, et lui donner ses raisons, surtout pour le plaisir de causer de ces nuances mondaines avec un homme titré, momentanément l’inférieur de ceux qui lui assignaient la place à laquelle ils jugeaient qu’il avait droit. Mais d’abord il tint à montrer à M. de Charlus qu’intellectuellement il l’estimait trop pour penser qu’il pût faire attention à ces bagatelles: «Excusez-moi de vous parler de ces riens, commença-t-il, car je suppose bien le peu de cas que vous en faites. Les esprits bourgeois y font attention, mais les autres, les artistes, les gens qui «en sont» vraiment, s’en fichent. Or dès les premiers mots que nous avons échangés, j’ai compris que vous «en étiez»! M. de Charlus, qui donnait à cette locution un sens fort différent, eut un haut-le-corps. Après les oeillades du docteur, l’injurieuse franchise du Patron le suffoquait. «Ne protestez pas, cher Monsieur, vous «en êtes», c’est clair comme le jour, reprit M. Verdurin. Remarquez que je ne sais pas si vous exercez un art quelconque, mais ce n’est pas nécessaire. Ce n’est pas toujours suffisant. Degrange, qui vient de mourir, jouait parfaitement avec le plus robuste mécanisme, mais «n’en était» pas, on sentait tout de suite qu’il «n’en était» pas. Brichot n’en est pas. Morel en est, ma femme en est, je sens que vous en êtes…—Qu’alliez-vous me dire?» interrompit M. de Charlus, qui commençait à être rassuré sur ce que voulait signifier M. Verdurin, mais qui préférait qu’il criât moins haut ces paroles à double sens. «Nous vous avons mis seulement à gauche», répondit M. Verdurin. M. de Charlus, avec un sourire compréhensif, bonhomme et insolent, répondit: «Mais voyons! Cela n’a aucune importance, ici!» Et il eut un petit rire qui lui était spécial—un rire qui lui venait probablement de quelque grand’mère bavaroise ou lorraine, qui le tenait elle-même, tout identique, d’une aïeule, de sorte qu’il sonnait ainsi, inchangé, depuis pas mal de siècles, dans de vieilles petites cours de l’Europe, et qu’on goûtait sa qualité précieuse comme celle de certains instruments anciens devenus rarissimes. Il y a des moments où, pour peindre complètement quelqu’un, il faudrait que l’imitation phonétique se joignît à la description, et celle du personnage que faisait M. de Charlus risque d’être incomplète par le manque de ce petit rire si fin, si léger, comme certaines oeuvres de Bach ne sont jamais rendues exactement parce que les orchestres manquent de ces «petites trompettes» au son si particulier, pour lesquelles l’auteur a écrit telle ou telle partie. «Mais, expliqua M. Verdurin, blessé, c’est à dessein. Je n’attache aucune importance aux titres de noblesse, ajouta-t-il, avec ce sourire dédaigneux que j’ai vu tant de personnes que j’ai connues, à l’encontre de ma grand’mère et de ma mère, avoir pour toutes les choses qu’elles ne possèdent pas, devant ceux qui ainsi, pensent-ils, ne pourront pas se faire, à l’aide d’elles, une supériorité sur eux. Mais enfin puisqu’il y avait justement M. de Cambremer et qu’il est marquis, comme vous n’êtes que baron…—Permettez, répondit M. de Charlus, avec un air de hauteur, à M. Verdurin étonné, je suis aussi duc de Brabant, damoiseau de Montargis, prince d’Oléron, de Carency, de Viazeggio et des Dunes. D’ailleurs, cela ne fait absolument rien. Ne vous tourmentez pas, ajouta-t-il en reprenant son fin sourire, qui s’épanouit sur ces derniers mots: J’ai tout de suite vu que vous n’aviez pas l’habitude.»


Flottille de Gaza: On arnaque la planète mais surtout on ne rit pas (We con the world, but don’t you dare laugh!)

10 juin, 2010

Cartoon of the year (The Independent, 2003)

Serguei for Le Monde (2006)Quelqu’un m’a demandé pourquoi je ne dis plus qu´Israël doit être détruit… J´ai répondu qu´il n’était plus nécessaire de le dire, vu que ce régime est déjà en voie d´être détruit. Mahmoud Ahmandinejad
On arnaque la planète, on arnaque les gens. On va leur faire croire que l’armée israélienne est Jack l’éventreur (…) On va faire oublier au monde sa raison, on va leur faire croire que le Hamas est Mère Teresa. Flotilla choir (Latma)
J’ai montré la vidéo à mes enfants parce que je trouvais ça drôle. C’est ce que ressentent les Israéliens. Mais le gouvernement n’a rien à voir avec cela. Mark Regev (porte-parole pour le bureau du premier ministre israélien)
Nous pensons que c’est une importante contribution israélienne à la discussion des événements récents. Caroline Glick
Les images des fameux commandos de l’IDF tombant aux mains d’une foule de lyncheurs islamiques sur le pont du bateau turc Mavi Marmara lundi matin reflètent parfaitement l’humeur nationale. Les commandos montent à bord du bateau armés de pistolets à peinture s’attendant à être accueillis par des militants humanitaires hostiles mais non-violents pour se retrouver face à une foule meurtrière. De même, l’opinion publique israélienne estime que quand nous faisons l’effort de montrer au monde nos intentions et notre nature pacifiques, nous sommes accueillis par les lyncheurs de la planète entière. Au lieu de nous écouter, le monde nous fait violemment taire par une propagande fallacieuse multipliant les mises en scène de la plus pure agitprop. Caroline Glick

Suite à notre billet d’hier sur l’intensification (dont le coup de la flotille n’était que le plus récent épisode) de la véritable entreprise de délégitimation mondiale dont l’Etat d’Israël est l’objet …

Et au moment où, flairant la bonne affaire, d’autres pays de l’Iran au Liban, se bousculent au portillon pour annoncer leurs propres projets de flottilles

Retour sur une énième illustration du deux poids deux mesures dont le ‘petit pays de merde’ (dixit un ambassadeur français) est systématiquement victime.

Avec l’indignation notoirement sélective de nos médias qui a accueilli une brillantissime vidéo parodique dénonçant la manipulation de la flottille de Gaza d’il y a 10 jours.

(Qui avait, selon une technique à présent bien rodée on s’en souvient peut-être, entrainé plusieurs centaines de boucliers humains – dont les proverbiaux femmes et enfants de nos médias- , dans un acte militaire dans le seul but de faire quelques martyrs pour noircir un peu plus – et avec le succès que l’on sait – les forces de sécurité israéliennes)

Ou plus précisément le fait (ce qui indiquerait – comme les images vite diffusées des casseurs humanitaires de la flottille de Gaza – qu’enfin les autorités israéliennes aient pris conscience de la menace à laquelle elles sont confrontées) qu’elle ait été, sauf erreur, envoyée à certains de nos journalistes.

Comme peut-être ceux (un certain Independent) qui avaient il y a 7 ans choisi comme dessin politique de l’année une caricature présentant l’ancien premier ministre israélien Sharon en Saturne dévorant les enfants palestiniens.

Voire notre propre Journal de révérence national avec ses Plantu et Serguei quotidiens …


Israël obligé de s’excuser après une vidéo parodique sur la flottille

Le Monde
09.06.10

Cela fait quelques jours que la vidéo fait du bruit sur Internet. Parodiant le clip de USA for Africa We Are the World, elle s’intitule We Con the World ("On arnaque la planète") et ridiculise les militants de la flottille qui se dirigeait vers Gaza, interceptée par l’armée israélienne, auxquels elle donne le rôle de terroristes déguisés en humanitaires.

"On arnaque la planète, on arnaque les gens. On va leur faire croire que l’armée israélienne est Jack l’éventreur", chantent les acteurs, qui jouent le rôle des membres d’équipage du bateau et des pseudo-militants pour la paix. Ou encore : "On va faire oublier au monde sa raison, on va leur faire croire que le Hamas est Mère Teresa."

Vue près de deux millions de fois sur YouTube, cette vidéo, réalisée par le site satirique LatmaTV, a circulé notamment via le service de presse du gouvernement israélien. Jusqu’à ce que, face à la critique, il se rétracte et présente des excuses, comme l’a rapporté, lundi 7 juin, la BBC.

Mark Regev, porte-parole pour le bureau du premier ministre israélien, s’est expliqué au journal britannique The Guardian : "J’ai montré la vidéo à mes enfants parce que je trouvais ça drôle. C’est ce que ressentent les Israéliens. Mais le gouvernement n’a rien à voir avec cela", a-t-il assuré.

Voir aussi:

Des bateaux libanais et iraniens devraient partir pour Gaza
Le Monde
09.06.10

Les bateaux libanais et iraniens devraient se diriger vers Gaza dans le courant de la semaine prochaine, mais leurs chances d’arriver à destination sont quasi nulles, Israël ayant dit à plusieurs reprises qu’il empêcherait toute tentative de passer outre le blocus.

Le bateau Naji-el-Ali (nom d’un caricaturiste palestinien) quittera le Liban avec à son bord des journalistes et du matériel scolaire pour les enfants. Yasser Kashlak, président du mouvement Palestine libre, qui organise ce convoi avec l’association libanaise Reporters sans chaînes, a déclaré que cette nouvelle campagne servira à transporter des journalistes et invité "toutes les personnes qui se considèrent comme libres" à y participer.

Ghassan Jaafar, président du Rassemblement national et démocratique des médecins (organisation libanaise), a également lancé un appel aux professionnels de la médecine pour les inviter à prendre part à cette deuxième flottille et aider le personnel des hôpitaux une fois à Gaza.

PROVOCATION

De son côté, le Croissant-Rouge – équivalent de la Croix-Rouge dans le monde musulman – iranien a annoncé, lundi 7 juin, qu’il allait envoyer trois bateaux avec "de la nourriture et des volontaires humanitaires" et un avion rempli de 30 tonnes d’aide humanitaire à Gaza.

Cette nouvelle tentative iranienne semble s’apparenter à une provocation, Téhéran ne reconnaissant pas l’Etat d’Israël. Les Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime iranien, ont fait savoir qu’ils pourraient escorter la flottille humanitaire "en faisant usage de leurs capacités et équipements". En 2009, l’Iran avait déjà tenté d’envoyer de l’aide humanitaire. Le bateau, affrété par le Croissant-Rouge, avait été empêché d’accoster à Gaza par la marine israélienne. Il avait finalement déchargé sa cargaison dans un port égyptien.

La diplomatie américaine a accueilli négativement l’annonce de l’Iran. "Je ne pense pas que les intentions de l’Iran vis-à-vis de Gaza soient bienveillantes", a commenté le porte-parole Philip Crowley. "Nous essayons de notre côté de trouver le moyen d’augmenter l’aide qui arrive au peuple de Gaza", a-t-il également affirmé.

Enfin, le mouvement Free Gaza ("Liberté pour Gaza"), à l’initiative de l’envoi de la première flottille, avait indiqué qu’il tenterait une nouvelle fois de briser le blocus "dans les deux prochains mois". "Nous reviendrons", promettait-il dans un communiqué.

Voir également:

Israel apologises for spoof video mocking Gaza flotilla
Monday
7 June 2010

The Israeli government has apologised after its press office emailed to journalists a spoof video about the flotilla which tried to dock in Gaza.

The video shows people dressed as peace activists singing "we con the world" to the tune of We Are the World.

A spokesman said the video did not represent the Israeli government’s view.

The video contains real footage of the Israeli raid on the flotilla in which nine activists died.

‘Bluff’

In the clip, which parodies the video made for the 1985 charity song, the singers are dressed up in costumes representing the captain of the flotilla, western peace activists, and Arabs wearing keffiyeh scarves.

"There’s no people dying, so the best that we can do, is create the greatest bluff of all", they sing.

"We are peaceful travellers, we’re waving our own knives," the song goes.

The song builds to a chorus of "we con the world, we con the people. We’ll make them all believe the IDF (Israel Defense Forces) is Jack the Ripper."

At one point the singer dressed as the flotilla captain sings "Ithbah al-Yahud" which means "slaughter the Jews" in Arabic.

The video is interspersed with footage from the Israeli commando raid on the Mavi Marmara, the Turkish lead vessel of the flotilla which tried to break an Israeli and Egyptian blockade on Gaza last week.

‘Funny’

Nine passengers on board were killed during the Israeli commando raid on the ship.

The ships were towed to the port of Ashdod and the activists deported.

Mark Regev, spokesman for the Israeli Prime Minister’s office, told the UK’s Guardian newspaper: "I called my kids in to watch it because I thought it was funny. It is what Israelis feel. But the government has nothing to do with it."

The video was made by the Hebrew satirical website Latma.co.il, run by Jerusalem Post deputy editor Caroline Glick.

On her website she said the clip featured "the Turkish-Hamas ‘love boat’ captain, crew and passengers in a musical explanation of how they con the world."

"We think this is an important Israeli contribution to the discussion of recent events," Ms Glick wrote.

But there has also been condemnation of the spoof.

"The video is a repulsive attempt to use satire to make Israel’s case on Flotilla debacle," Didi Remez of the Coteret blog said.

Voir de plus:

Israel forced to apologise for YouTube spoof of Gaza flotilla
Israeli government press office distributed video link featuring Arabs and activists singing
Rachel Shabi in Jerusalem
The Guardian
6 June 2010

The Israeli government has been forced to apologise for circulating a spoof video mocking activists aboard the Gaza flotilla, nine of who were shot dead by Israeli forces last week.

The YouTube clip, set to the tune of the 1985 charity single We Are the World, features Israelis dressed as Arabs and activists, waving weapons while singing: "We con the world, we con the people. We’ll make them all believe the IDF (Israel Defence Force) is Jack the Ripper."

It continues: "There’s no people dying, so the best that we can do is create the biggest bluff of all."

The Israeli government press office distributed the video link to foreign journalists at the weekend, but within hours emailed them an apology, saying it had been an error. Press office director Danny Seaman said the video did not reflect official state opinion, but in his personal capacity he thought it was "fantastic".

Government spokesman Mark Regev said the video reflected how Israelis felt about the incident. "I called my kids in to watch it because I thought it was funny," he said. "It is what Israelis feel. But the government has nothing to do with it."

The clip features a group led by the Jerusalem Post’s deputy managing editor Caroline Glick, wearing keffiyehs and calling themselves the Flotilla Choir. The footage is interspersed with clips from the recent Israeli raid on the Gaza-bound aid ship, the Mavi Marmara.

The clip has been praised in Israel, where the mass-circulation daily Yediot Aharonot said the singers "defended Israel better than any of the experts".

But Didi Remez, an Israeli who runs the liberal-left news analysis blog Coteret, said the clip was "repulsive" and reflected how out of touch Israeli opinion was with the rest of the world. "It shows a complete lack of understanding of how the incident is being perceived abroad," he said. Award-winning Israeli journalist Meron Rapoport said the clip demonstrated prejudice against Muslims. "It’s roughly done, not very sophisticated, anti-Muslim – and childish for the government to be behind such a clip," he said.

A similar press office email was sent to foreign journalists two weeks ago, recommending a gourmet restaurant and Olympic-sized swimming pool in Gaza to highlight Israel’s claim there is no humanitarian crisis there. Journalists who complained the email was in poor taste were told they had "no sense of humour".

Last week, the Israel Defence Force had to issue a retraction over an audio clip it had claimed was a conversation between Israeli naval officials and people on the Mavi Marmara, in which an activist told soldiers to "go back to Auschwitz". The clip was carried by Israeli and international press, but today the army released a "clarification/correction", explaining that it had edited the footage and that it was not clear who had made the comment.

The Israeli army also backed down last week from an earlier claim that soldiers were attacked by al-Qaida "mercenaries" aboard the Gaza flotilla. An article appearing on the IDF spokesperson’s website with the headline: "Attackers of the IDF soldiers found to be al-Qaida mercenaries", was later changed to "Attackers of the IDF Soldiers found without identification papers," with the information about al-Qaida removed from the main article. An army spokesperson told the Guardian there was no evidence proving such a link to the terror organisation.

While the debate over accounts of the flotilla raid continues, Israel is facing more boycotting. In the past week, three international acts, including the US rock band the Pixies, have cancelled concerts in Tel Aviv.

Best-settling authors Alice Walker and Iain Banks have backed the boycott campaign, with Banks announcing his books won’t be translated into Hebrew. Dockworker unions in Sweden and South Africa have refused to handle Israeli ships, while the UK’s Unite union just passed a motion to boycott Israeli companies.

Voir enfin:

We con the world

There comes a time

When we need to make a show
For the world, the Web and CNN
There’s no people dying,
so the best that we can do
Is create the greatest bluff of all

We must go on pretending day by day
That in Gaza, there’s crisis, hunger and plague
Coz the billion bucks in aid won’t buy their basic needs
Like some cheese and missiles for the kids

We’ll make the world
Abandon reason
We’ll make them all believe that the Hamas
Is Momma Theresa
We are peaceful travelers
With guns and our own knives
The truth will never find its way to your TV

Ooooh, we’ll stab them at heart
They are soldiers, no one cares
We are small, and we took some pictures with doves
As Allah showed us, for facts there’s no demand
So we will always gain the upper hand

We’ll make the world
Abandon reason
We’ll make them all believe that the Hamas
Is Momma Theresa
We are peaceful travelers
we’re waving our own knives
The truth will never find its way to your TV

If Islam and terror brighten up your mood
But you worry that it may not look so good
Well well well well don’t you realize
You just gotta call yourself
An activist for peace and human aid

We’ll make the world
Abandon reason
We’ll make them all believe that the Hamas
Is Momma Theresa
We are peaceful travelers
We’re waving our own knives
The truth will never find its way to your TV

We con the world
We con the people
We’ll make them all believe the IDF is Jack the Ripper
We are peaceful travelers
We’re waving our own knives
The truth will never find its way to your TV
We con the world (Bruce: we con the world…)
We con the people (Bruce: we con the people…)
We’ll make them all believe the IDF is Jack the Ripper
We are peaceful travelers
We’re waving our own knives
The truth will never find its way to your TV
The truth will never find its way to your TV


Histoire culturelle: Vous avez dit icône? (American Gothic: The extraordinary odyssey of America’s most loved – and reviled – painting)

21 novembre, 2009
American GothicAmerican gothic (plastic)Am gothic killerTransexual Am gothGothic Am goth
La démocratie américaine s’est construite sur le labeur d’hommes et de femmes aux coeurs vaillants et aux mâchoires fermes, des hommes et des femmes tels que ceux-ci. Légende d’une reproduction de 1935
Les Allemands peuvent bien massacrer mille Danois aujourd’hui, mais l’homme à la fourche sait qu’il aura du foin à faire quand les vaches rentreront ce soir. Brochure (Illinois, 1944)
I’m going home for good. And I’m going to paint those damn cows and barns and barnyards and cornfields and little red schoolhouses and all those pinched faces and the women in their aprons and the men in their overalls and store suits and the look of a field or a street in the heat of summer or when it’s ten below and the snow piled six feet high. Damn it, isn’t that what Sinclair Lewis has done in his writing— in Main Street and Babbitt? Damn it, you can do it in painting too! Grant Wood
Nous devrions avoir peur de Grant Wood. Chauqe artiste et chaque école artisitque devrait avoir peur de lui à cause de sa satire dévastatrice. Gertrude Stein
La famille qui tue ensemble reste ensemble. American gothic (accroche du film, 1988)
Toutes les bonnes idées que j’ai jamais eues me sont venues sous les pis d’une vache. Grant Wood
Il y a bien satire, mais seulement dans le sens qu’il y a satire dans toute œuvre réaliste. Ce sont des types de personnes que j’ai cotoyées toute ma vie. J’ai essayé de les représenter honnêtement – de les rendre plus eux-mêmes qu’ils ne l’étaient dans la vie réelle. Grant Wood
Mais la clé de la force d’attraction toujours renouvelée de ce tableau n’est pas son sujet ou son intrinsèque ambiguïté, mais sa forme – à savoir la pure frontalité des figures. Que l’on pense aux autres images iconiques de l’histoire de l’art: la Joconde, le cri de Munch, la Marilyn de Warhol, la mère de famille migrante de Dorothea Lange. Toutes dépeignent des figures humaines faisant directement face au spectateur – tout comme les images platement frontales des saints des icônes chrétiennes médiévales. Représenter ainsi des personnages les imprime dans nos mémoires et leur confère une certaine autorité et immédiateté. Les premiers chrétiens croyaient que les icônes étaient des portes donnant directement accès à la figure sacrée représentée. Les icônes séculaires modernes comme American gothic ont conservé une certaine part de sacré, dans le sens qu’elles relient à quelque chose de plus grand – non avec le divin, mais avec la mémoire collective de notre culture si friande d’images. Mia Fineman

Prix de consolation, longue obscurité d’une salle de musée, objet de malentendu puis de mépris, icône vénérée, objet de parodie, objet publicitaire ou télévisuel, sujet de films, série télé ou télé-réalité  …

En ces temps aux étranges relents, crise mondiale oblige, de Grande Dépression …
Et au moment où triomphe dans les musées parisiens la Renaissance flamande
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Retour, via un livre qui lui avait été consacré il y a quelques années pour son 75e anniversaire par l’historien de Harvard Steven Biel ("American Gothic: a life of America’s most famous painting", 2005 – merci Samuel Laurent) …
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Sur le curieux destin d’un des plus célèbres mais aussi des plus décriés et parodiés tableaux américains du début justement des années 30 …
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Le fameux American Gothic 

Où comment la redécouverte, par un peintre régionaliste américain (Grant Wood alors âgé de 39 ans) fraichement rentré d’Europe et confronté à l’abstraction continentale qui gagnait alors l’Amérique, de l’austérité sacrée de la Renaissance allemande dans la façade néo-gothique d’une maison de son Iowa natal

Elle-même d’ailleurs inspirée (grâce à l’invention de la scie à chantourner à vapeur et l’apparition des moulures en bois produites en série – on parle ainsi de "gothique du charpentier" ou gothique rural) de l’engouement de l’architecture anglo-saxonne d’alors pour les formes médiévales tant des temples protestants que des campus universitaires ou des édifices publics …

Finit, après une petite médaille de bronze, une acquisition pour le moins peu enthousiaste et pas moins de trente ans d’obscurité dans une salle de musée et par la seule magie ambigüe du climat anti-provincial des années 30 des Sherwood Anderson et des Sinclair Lewis puis de la contestation des années 60

En véritable icône, systématiquement et continument parodiée depuis, de la dénonciation de la culture censément bornée et répressive de la "Bible Belt" américaine (la menaçante fourche du puritain rural censée défendre tant la pruderie supposée de sa fille que le sacré emprunté de sa propriété) …

Mais aussi, par un curieux retour des choses et en réaction de la part des provinces ainsi stigmatisées (l’artiste se gardant bien lui-même de lever l’ambiguité de sa ruralité reconstituée – "le genre de personnes que j’imaginais vivre dans cette maison" – sa soeur et son dentiste jouant les fermiers américains) …

En véritable étendard et célébration des vertus et valeurs les plus sacrées, de détermination pionnière et de liberté individuelle, de l’Amérique profonde

Mais également, comme en témoignera le choix chez nous pour la couverture du célèbre "De la démocratie en Amérique" de Tocqueville, de l’Amérique tout court

The most Famous Farm Couple in the World
Why American Gothic still fascinates.
Mia Fineman
Slate Magazine
June 8, 2005

Of all the famous images in the history of art, only a handful have risen (or some might say sunk) to the status of cultural icons. At the top of this list are Leonardo’s Mona Lisa, Edvard Munch’s The Scream, and Grant Wood’s American Gothic. These images have been relentlessly copied, parodied, and reproduced in every conceivable form—from posters to neckties to life-sized inflatable dolls. The variations are endless: In a museum shop not long ago I came across a little flip-book in which American Gothic gradually morphs into The Scream—two for the price of one!

But how and why does an image become an icon? In his new book, American Gothic, published to coincide with the painting’s 75th anniversary, Harvard historian Steven Biel traces the cultural history of Wood’s famous portrait of a dour Iowa farmer and his stiff-necked wife (or daughter). Nearly everyone knows the image through copies and parodies, though few know much about the original painting. When Biel showed the picture to 59 Harvard sophomores, they all recognized it, but only 31 knew the title and only five could name the artist.

The story of American Gothic begins with a trim white cottage in Eldon, Iowa, that Wood, an Iowa-born artist with European training, spotted from a car window in August 1930.* He decided to paint the house—built in the "carpenter Gothic" style, which applied the lofty architecture of European cathedrals to flimsy American frame houses—along with "the kind of people I fancied should live in that house." He recruited his sister Nan as a model for the woman, dressing her in a prim, colonial-print apron trimmed with rickrack (already out of date in 1930). He based the man on his stern-looking Cedar Rapids dentist, Byron McKeeby, whom he posed in a black jacket, collarless shirt, and clean denim overalls. In one hand, McKeeby holds a three-pronged pitchfork, which is visually echoed in the stitching of his overalls and in the Gothic window in the gable. In fact, Wood modeled each element separately—Graham and McKeeby never actually stood together in front of the house.

In the fall of 1930, Wood entered the painting in a competition at the Art Institute of Chicago. The judges dismissed it as a trifling "comic valentine," but a powerful museum patron urged them to reconsider, and they awarded Wood a third-place bronze medal and $300. The patron also convinced the Art Institute to acquire the painting for its collection, where it remains today. The image quickly became famous through newspaper reproductions, first appearing in the Chicago Evening Post, and then in the rotogravure sections of newspapers in New York, Boston, Kansas City, and Indianapolis, often with the caption, An Iowa Farmer and His Wife.

When the picture finally appeared in the Cedar Rapids Gazette, real Iowa farmers and their wives were not amused. To them, the painting looked like a nasty caricature, portraying Midwestern farmers as pinched, grim-faced, puritanical Bible-thumpers. One Iowa farmwife told Wood he should have his "head bashed in." Another threatened to bite off his ear. Stung by the criticism, Wood declared himself a "loyal Iowan" and insisted that the figures were not intended to be farmers but small-town folk, not Iowans but generic Americans. His sister Nan, perhaps embarrassed about being depicted as the wife of a man twice her age, started telling people that Wood had envisioned the couple as father and daughter, not husband and wife. (Wood himself remained vague on this point.)

The critics who admired the painting in the early ’30s—including Gertrude Stein and Christopher Morley—also assumed it was a satire about the rigidity of American rural or small-town life, lampooning the people H. L. Mencken called the "booboisie" of the "Bible Belt." As Biel explains, "American Gothic appeared to its first viewers as the visual equivalent of the revolt-against-the-provinces genre in 1910s and 1920s American literature"—a critique of provincialism akin to Sherwood Anderson’s Winesburg, Ohio, Sinclair Lewis’ Main Street, and Carl Van Vechten’s The Tattooed Countess.

But a few years later, as the nation sank into the Great Depression, people started to see Wood’s painting in a different light. American Gothic was no longer understood as satirical, but as a celebratory expression of populist nationalism. Critics extolled the farmer and his wife as steadfast embodiments of American virtue and the pioneer spirit. "American democracy was built upon the labors of men and women of stout hearts and firm jaws, such people as those above," read one caption in 1935.

Wood helped along this revisionist reading by repudiating the Paris-influenced bohemianism of his youth, refashioning himself as America’s "artist-in-overalls." He allied himself with other regionalist painters like John Steuart Curry and the virulently jingoistic Thomas Hart Benton, who railed against the "control" of the East Coast art world by "precious fairies." Wood echoed Benton’s anti-intellectual sentiments, announcing: "All the good ideas I’ve ever had came to me while I was milking a cow."

The Depression-era understanding of American Gothic as an image of authentic American identity gave rise to its first known parody: In 1942, the photographer Gordon Parks posed a black cleaning woman with an upright broom in front of a large American flag and called it American Gothic. Since then, variants of Wood’s image have appeared in Broadway shows (The Music Man), movies (The Rocky Horror Picture Show), marketing campaigns (Saks Fifth Avenue, Country Corn Flakes, and Newman’s Own Organics, to name a few), television shows (Green Acres, The Simple Life), pornography (Playboy and Hustler), and in millions of jokey snapshots of two people facing front, one of them holding a vaguely pitchforklike object.

So, what is it about American Gothic that it makes such an indelible impression? Biel stops short of drawing any real conclusions, explaining how American Gothic became an icon, but not why. Of course, part of the answer lies in the built-in ambiguity of the image. Is the painting a satire or a celebration of the American heartland? Even Grant Wood seemed uncertain about this. ("There is satire in it," he said, "but only as there is satire in any realistic statement. These are types of people I have known all my life. I tried to characterize them truthfully—to make them more like themselves than they were in actual life.")

But the key to this painting’s enduring appeal is not its subject or its inherent ambiguity, but its form—specifically, the stark frontality of the figures. Think about the other iconic images from art history: the Mona Lisa, Munch’s Scream, Warhol’s Marilyn, Dorothea Lange’s Migrant Mother. All of them depict human figures directly facing the viewer—just like the flatly frontal images of saints in medieval Christian icons. Rendering figures in this way imprints them on our memories and endows them with both authority and immediacy. Early Christians believed icons were like portals that allowed the viewer to communicate directly with the sacred figure represented. Modern secular icons like American Gothic still retain some vestige of sacredness, in the sense that they connect with something larger—not with the divine, but with the collective memory of our image-loving culture.

Voir aussi:

Goth chic
‘American Gothic’ has become a cultural icon. But why? And what is it really about?
David Mehegan
The Boston Globe
May 21, 2005

CAMBRIDGE — It’s the most familiar American painting, even more than Emanuel Leuztze’s "Washington Crossing the Delaware" or Gilbert Stuart’s portrait of George Washington. It’s instantly recognizable.

This year, Grant Wood’s "American Gothic" turns 75, and in his forthcoming book of the same name, Harvard historian Steven Biel tells its history and raises questions so simple that no one seems to have asked them before: What does this literal icon mean to America, and why is it the most parodied image since the Mona Lisa?

There are no simple answers, because the image has been interpreted in various ways by various people — with anger, celebration, satire, even horror — for 75 years. "It is randomly adapted to almost anything now," said Biel, director of Harvard’s program in history and literature, "but if you look at it and try to get beyond the blandness that comes from having seen it so many times, it can be unsettling."

Biel’s 1996 book, "Down With the Old Canoe," was a similar treatment — in that case of the various cultural understandings of the Titanic disaster. "I seem to be attracted to things that have been flattened, reduced to cliché, over time," he said, "and to recovering some of the richness of their meaning."

In advertisements for corn flakes, Saks Fifth Avenue, Paul Newman’s organic produce, and even colleges, in political cartoons or television promotions (Paris Hilton’s "The Simple Life"), we continually see versions of the famous image of a woman and dour man holding a pitchfork, in front of a house with a Gothic window. Many of us, as a joke, have struck that pose for a camera, holding a rake, a broom, or a snow shovel. But what is the joke? That we consider ourselves heartlanders, or just the opposite? Or are we poking fun at the idea of a heartland? Or are we merely imitating a famous painting?

The story begins with a mystery. No one knows what Grant Wood, an Iowa painter with European training, was thinking in 1930 when he put together his sister, Nan Wood Graham, his Cedar Rapids dentist, Byron H. McKeeby, and a lonely little house in Eldon, Iowa. (Built in 1881, the house is owned by the state historical society.) Each element was modeled separately (Graham and McKeeby never stood in front of the house), then combined in Wood’s mind and painting.

In later years, when the work was famous, Wood gave different explanations. It was merely a composition of forms, such as "Whistler’s Mother." The couple were a married farm family. Or they were father and daughter. Later still, he said that the man was a local banker or a businessman who liked to dress up in farmer duds at home. They were "basically solid and good people," or they were "prim" and "self-righteous." But there is no record of his thinking before or during the painting’s creation.

Its fame was a fluke. Wood entered it in the Art Institute of Chicago’s annual painting contest, where it was dismissed as cloying. But a museum trustee implored the judges to reconsider. They did and gave it the third-place bronze medal, with a $300 prize. It became part of the museum’s collection, where it remains. But fame rushed in with a reproduction in the Chicago Evening Post in October 1930, followed by appearances in rotogravure sections nationwide, including in Boston, New York, and eventually Cedar Rapids.

When Iowa farmers saw the painting, they were outraged, seeing it as another lampoon of small-town America, the sort of sneering at the "booboisie" famously practiced by H.L. Mencken. Many critics, including an admiring Gertrude Stein, also assumed it was a satire. But Wood, stung by his neighbors’ anger, called himself "a loyal Iowan" who would never make fun of his state’s people.

As times changed, so did understandings of the painting. In the Depression, some critics admired it as a celebration of authentic values, akin to the works funded by the Federal Arts Project. During World War II, some saw the farmer and his wife or daughter as symbols of triumphal strength. "The Germans may today slay a thousand Danes," an Illinois pamphleteer wrote in 1944, "but the man with the pitchfork knows that . . . he will have hay to pitch when the cows come home."

In the 1960s and since, critics have offered various understandings of "American Gothic." One pointed out that "gothic" also means horrifying, that dark and shameful deeds might lie behind the subjects’ faces and veiled window. Robert Hughes wrote that Wood was obviously a deeply closeted homosexual, while Hilton Kramer attacked the work as kitsch that has no place in the canon of great 20th-century painting. John Seery saw "Oedipal, generational, incestual" themes.

The image appeared in Meredith Willson’s "The Music Man," but the age of parody really got going in the late 1960s, when Nan Wood Graham (Grant had died in 1942) sued Johnny Carson and Playboy magazine for defamation. Carson had held up an image showing the man in bathing trunks and the woman in a bikini, while Playboy had showed her, of course, bare-breasted. Graham settled out of court but lost a similar 1988 suit against Hustler magazine. She died in 1990, and by then the flood of parodies was unstoppable.

"American Gothic" is fixed in the nation’s collective brain, but perhaps mainly as parody. As an experiment, Biel showed "American Gothic" to 59 Harvard sophomores and asked them to name the title and painter. Most of them recognized it, but only 31 knew the title, and only five could name the painter.

Uses of the image often stretch far beyond the original scene. "There was a billboard I used to pass every day on Massachusetts Avenue in North Cambridge," Biel said. "It showed two college kids advertising Quincy College in the ‘American Gothic’ pose. Maybe somebody can tell me what that has to do with Quincy College. There are parodies that use it in thoughtful ways, but it also tends to get used in an automatic, ‘Oh well, everybody will recognize this’ fashion." (A spokeswoman for Quincy College said the billboard promoted the fine arts department.)

"American Gothic" may work so well as parody because it’s a kind of broad template. It shows middle-age, middle-class white people in the Midwest, apparently a family, before their middling house (neither imposing nor a hovel), an odd splice of agrarian and suburban elements, half home and half church. It may be that "American Gothic" is the archetypal theme that we crave to vary. Possibly the earliest variation was Gordon Parks’s 1942 photograph of Ella Watson, an African-American charwoman in Washington, holding a broom in front of an American flag.

Growing up in suburban Cleveland, Biel, 44, says he was immersed in television and popular culture, and is clearly sensitive to cultural imagery. His book, which will be published June 6, has authoritative analyses of "American Gothic" in the 1960s sitcoms "Beverly Hillbillies" and "Green Acres." In addition to a large framed print of "American Gothic," Biel’s Harvard office is full of parody items, including a flip-book in which the painting gradually morphs into Edvard Munch’s "The Scream." He turns on his laptop computer to show the 1963 Country Corn Flakes ad, in which the painting’s familiar duo sings, amid clucking chickens, "It won’t wilt/ when you pour on milk!"

Like "The Scream," "American Gothic" could not work as parody if the original did not have power of its own. Biel is not an art critic, and he hesitated to comment on the painting, apart from the myriad understandings others have had. But when pressed to do so, he gazed up at it over his desk and mused, "It’s haunting — creepy in a lot of ways. Look at those faces. They’re disturbing. Why isn’t she looking at us? He is — why isn’t she? What does he want, peering into our souls? He is holding a pitchfork, but there’s no dirt on it. Is he posing with it because this is Sunday afternoon and this is one of the tools of his trade? Or is there something — more sinister?"

Voir encore:
In 1930, Iowan artist Grant Wood paints American Gothic using his sister Nan and a local dentist as models. (The history’s recounted in Steven Biel’s new American Gothic: A Life of America’s Most Famous Painting.) The work places third at an Art Institute of Chicago competition (after nearly being eliminated in an early round). Critics interpret it as a bohemian’s caricature of Midwesterners, but Wood claims it’s simply an exercise in formal composition. The Institute buys it for $300.(2) The painting is displayed at the 1933–4 World’s Fair in Chicago and reproduced widely in newspapers. Iowa farmwives are livid; one threatens to bite off Wood’s ear. Photographer Gordon Parks later borrows American Gothic’s title for his 1942 photograph of an African-American cleaning woman holding a broom in front of the American flag.(3) The Music Man opens on Broadway in 1957; in it, two townsfolk pose in a familiar tableau. Six years later on The Dick Van Dyke Show, Rob thinks he’s bought a version of the painting at an auction. Laura points out that the subjects are smiling. Says Rob, “Well, maybe they had a good crop that year . . . ”

(4) In 1968, Nan Wood Graham launches a $9 million defamation suit against Johnny Carson and Playboy, prompted by a “Make Fun of the Classics” segment in which Carson shows the couple clad in skimpy bathing suits. Wood Graham wins a small settlement. Later, in 1977, she loses a similar $10 million suit against Hustler.

(5) In 1975, the cult painting makes a cameo in a soon-to-be cult film, when the American Gothic couple open the church doors for Brad and Janet in The Rocky Horror Picture Show.

(6) The painting, which Life magazine once used to illustrate the concept of middlebrow, hits its cultural nadir in 1988, when it lends its title to the slasher flick American Gothic, starring Rod Steiger and Yvonne De Carlo. (Tagline: “Families that slay together stay together!”)

(7) In 1997, critic Robert Hughes tries to “out” Wood in his book American Visions, calling the painting “an exercise in sly camp, the expression of a gay sensibility so cautious that it can hardly bring itself to mock its objects openly.” Gothic becomes not-so-sly camp when, in 2003, Paris Hilton and Nicole Richie strike the pose for a Simple Life publicity photo. This year, the painting marks its 75th anniversary by returning to Iowa for a Grant Wood retrospective at the Cedar Rapids museum in September.

Voir enfin:

October 1930, Grant Wood’s American Gothic comes in third at a Chicago Art Institute exhibit

American Gothic

by Sarah Vowell

Going Home for Good

Grant Wood, American Gothic (1930). Oil on beaver board. The Art Institute of Chicago®.

In August 1930, President Herbert Hoover appointed representatives from the Federal Reserve, the Federal Farm Board, the Red Cross, banks, and the railroads to form the National Drought Relief Committee in order to at least pretend to address what Secretary of Agriculture Arthur M. Hyde called “the worst drought ever recorded in this country.” Meanwhile, back in Iowa, painter Grant Wood went for a ride. At the moment Hyde’s department worried that dwindling stores of feed, including hay, in Southern and Midwestern states were in “critical condition,” Wood spotted an old white home in the town of Eldon and thought of painting its imaginary owners out front, with the man of the house gripping a hay fork. The pair’s outdated clothes would give them a nostalgic air. Or maybe as the 1930s wore on, they would come to appear nostalgic for a time when there was actually hay around to pitch.

By October, Wood’s painting, American Gothic, would come in third at the Art Institute of Chicago’s Forty-Third Annual Exhibition of American Paintings and Sculpture. Museum boosters purchased the work for $300 for the Art Institute’s permanent collection, where it remains in the company of Caillebotte and Matisse— real artists from France. A week after the exhibition’s opening, Wood’s hero and fellow Midwesterner, Sinclair Lewis of Minnesota, would become the first American to win the Nobel Prize in Literature. (Take that, France.) “They had labored, these solid citizens,” Lewis wrote in Babbitt. Not a stretch to describe Wood’s subjects that way too.

Wood, like Lewis (and F. Scott Fitzgerald of St. Paul and Ernest Hemingway of Oak Park), would ditch his hometown for Paris in the 1920s, where he would dab out the sort of blurry paintings of cathedrals he thought he was supposed to like. According to his friend there, the journalist William L. Shirer, one day Wood up and declared:

I’m going home for good. And I’m going to paint those damn cows and barns and barnyards and cornfields and little red schoolhouses and all those pinched faces and the women in their aprons and the men in their overalls and store suits and the look of a field or a street in the heat of summer or when it’s ten below and the snow piled six feet high. Damn it, isn’t that what Sinclair Lewis has done in his writing— in Main Street and Babbitt? Damn it, you can do it in painting too!

Thus Wood gave up on painting dappled French Gothic doors and hightailed it back to Iowa to start painting his famous flat, Gothic Revival window, hung with what Lewis called “curtains of starched cheap lace” probably ordered from the same mail-order catalog as those in Gopher Prairie, the town in Main Street. (Insert obligatory mention of the word “regionalism” here, along with legally required passing reference to painters John Steuart Curry of Kansas and the swirling pictorial narratives of Missouri’s Thomas Hart Benton.)

If Shirer’s memory of Wood’s Parisian outburst is to be believed, the painter made good on his pledge to depict “the women in their aprons and the men in their overalls” in American Gothic. There’s even a “damn barn” over the man’s shoulder, presumably to house a few “damn cows” he’s fixing to feed with his pitchfork. Though not if the aforementioned drought of 1930 has a say.

Let’s start with the apron. It’s a fake. The model for the farmer’s daughter in the painting is Wood’s sister, Nan. She later recalled that her brother requested that she sew an apron with rickrack, a “trim that was out of style and unavailable in stores. I ripped some off Mother’s old dresses, and after the painting made its debut, rickrack made a comeback.”

Nan’s point? This is a history painting. Three years later Wood made Portrait of Nan. In it, his sister lets her hair down. She wears makeup and a kicky, sleeveless polka-dot blouse. Compared to the fictional plain Jane in American Gothic, actual Nan verges on Veronica Lake. So that rickrack is literally a dead giveaway—that woman, and flinty women like her, according to Wood, are dead and gone so let us now praise famous whatever.

In a 1941 letter, Wood claimed he wanted the painting’s daughter to be “very self-righteous, like her father.” Her defiant cleanliness, however, is betrayed by a curl breaking free of her tight bun. Wood goes on to say that he “let the lock of hair escape to show that she was, after all, human.”

If self-righteousness was Wood’s intention, he failed. Trust the painting, not the painter. What we see here is self-doubt. All the starch in Iowa cannot stiffen the look on that woman’s face. Her sidelong glance betrays something more interesting than pain—ambivalence. Mixed feelings about her lot in life is the most modern feeling a woman can have. Just ask Carrie Kennicott: “That one word— home—it terrified her.”

Kennicott, Lewis’s protagonist in Main Street, turns down her college sweetheart Stewart’s marriage proposal because “I want to do something with life.” He rebuts, “What’s better than making a comfy home and bringing up some cute kids and knowing nice homey people?” Corny, but a fair point. This, Lewis deadpans, is the “immemorial male reply to a restless woman.”

Though Carrie turns down Stewart, she eventually gives up her career as a librarian to marry a doctor from Gopher Prairie, a place that is about as lively as it sounds. Mid-marriage, she abandons him too for Washington, D.C., for a while, to live and work among the suffragettes. Eventually, she gives up and goes back to her husband and Gopher Prairie, though not without screeching, “I do not admit that dish-washing is enough to satisfy all women!” So there!

The woman in American Gothic might even have such a backstory, if not an actual inner life. To see her, however, requires actually looking at the painting. This is harder than it sounds. There’s a lot of buildup that needs to be cleaned off. Scrape away that postcard of Ronald and Nancy Reagan in rickrack and overalls. As well as Paul Newman and his daughter on a package of Newman’s Own organic cookies. Along with the couple singing backup on “Dammit Janet” in the Rocky Horror Picture Show. And the opening credits of Green Acres—go ahead and sing along while you scrub: “The Chores! The Stores!” The only thing more American than turning American Gothic into a sight gag is the way the deep, dark, Norwegian anguish of Edvard Munch’s The Scream is turned into a fun backdrop for dark chocolate M&Ms. (In America, stores almost always win out over chores.)

After she saw American Gothic, august American-in- Paris Gertrude Stein said, “We should fear Grant Wood. Every artist and every school of artists should be afraid of him, for his devastating satire.” Certain ladies of Iowa concurred. Historian Steven Biel notes, “An Iowa farmwife, irate over American Gothic, told Grant Wood, by one account, that he should have his ‘head bashed in.’”

Wood’s upstanding, folksy couple are usually the sort of characters urbanites only care about when Truman Capote writes a pretty book about how they got gunned down. To his more rural fellow Iowans, Wood was a city slicker from Cedar Rapids. So was he making fun of farmers?

Wood claimed he didn’t mean to. In that 1941 letter, the artist argues:

The persons in the painting, as I imagined them, are small town folks, rather than farmers. Papa runs the local bank or perhaps the lumber yard. He is prominent in the church and possibly preaches occasionally. In the evening, he comes home from work, takes off his collar, slips on overalls and an old coat, and goes out to the barn to hay the cow.

In fact, the model for the man in overalls was not a farmer but Wood’s dentist, Byron McKeeby. In the letter, Wood goes on to say that he “did not intend this painting as satire.” He adds, “It seems to me that they are basically solid and good people. But I don’t feel that one gets at this fact better by denying their faults and fanaticism.”

As a D.C. suffragette tells Carrie Kennicott in Main Street, “Your Middlewest is double-Puritan— prairie Puritan on top of New England Puritan; bluff frontiersman on the surface, but in its heart it still has the ideal of Plymouth Rock in a sleet-storm.” Wood’s pair lives up to that assessment—they’re a tad too churchy but they won’t give up. There are worse sentiments for a painting made in the first year of the Great Depression to have.

American Gothic asks the same question of the country it asks of its prim couple staring down the viewer: is the basic, earthy goodness and potted-plants- on- the- porch cheer of the United States weakened by its preachy, confrontational zeal? Answer: yep. But that doesn’t mean the painting—or the country—is all that funny.

Bibliography:

Steven Biel, American Gothic: A Life of America’s Most Famous Painting (New York, 2005). Wanda M. Corn, “The Birth of a National Icon: Grant Wood’s American Gothic,” in Reading American Art, ed. Marianne Doezema and Elizabeth Milroy (New Haven, CT, 1998). Thomas Hoving, American Gothic: The Biography of Grant Wood’s American Masterpiece (New York, 2005). Jane C. Milosch, ed., Grant Wood’s Studio: Birthplace of American Gothic (Cedar Rapids, IA, 2005).


Polémique Sarkozy/Berlin: Retrouverons jamais notre pleine confiance en l’Internet? (Information Age dealt another stunning blow after new factual error discovered on the Internet)

13 novembre, 2009
Sarko was there, too

 

Heureusement que Nicolas Sarkozyl n’a pas prétendu être là le jour de la prise de la Bastille, parce que je ne sais pas comment il s’en serait sorti! Ségolène Royal
Retrouverons jamais notre pleine confiance en l’Internet? Il est bien possible que nous assistions à l’aube d’une nouvelle ère de scepticisme dans laquelle nous ne prendrons plus pour argent comptant tout que nous lisons en ligne. Mais indépendamment de ce que l’avenir nous réserve, une chose est claire: le statut de l’Internet comme dépôt mondial ultime des faits incontestables a été compromis. Paul Boutin (rédacteur en chef de Wired)

Retrouverons jamais notre pleine confiance en l’Internet?

Alors que le monde assistait aux cérémonies du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin et prélude à la fin du communisme en Europe …

En l’absence du président censé être le chef de fil du Monde libre et représentant du principal pays à l’origine de l’événement …

Mais en présence du représentant d’un pays dont l’actuel premier ministre et ancien président (et accessoirement ex-kagébiste) qualifiait il y a quelques années l’événement de "plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle" et qui avouait tout récemment sa nostalgie pour la RDA …

Pendant que résistait héroïquement encore la dernière rue Lénine de nos banlieues sur fond de signature d’accords entre le parti de notre grand Timonier et son parti frère de Pékin …

Et que notre presse hexagonale s’écharpait, avant l’affaire Marie Diaye, sur la présence ou non du jeune Nicolas Sarkozy dès le premier jour, comme il le prétendait sur sa page Facebook, audit événement …

Et que les sites internet du Post et de Libération nous gratifiaient d’une réjouissante série de photos bidonnées où, à la "Zelig", notre Timonier national se retrouvait participant ou témoin, du 11/9 à l’assassinat de Kennedy à Yalta et de la crucifixion à la Création du monde, des plus grands moments de l’histoire mondiale …

Retour, comme le rappelle le blog du NYT, sur l’un des grands moments de l’histoire du Net.

A savoir, ce jour fatidique de 2002 où le journal en ligne américain The Onion révélait à un monde atterré la première erreur factuelle confirmée de l’Internet, susceptible de miner à jamais la confiance de chacun de nous en ce merveilleux outil de l’Age de l’Information:

Un site de fans de la sitcom culte du Brady Bunch show avait incorrectement avancé la date de création de la série de (tenez-vous bien!)… une année entière!

Factual Error Found On Internet
The Onion
May 22, 2002

LONGMONT, CO—The Information Age was dealt a stunning blow Monday, when a factual error was discovered on the Internet. The error was found on TedsUltimateBradyBunch.com, a Brady Bunch fan site that incorrectly listed the show’s debut year as 1968, not 1969.

The shocking error.

Caryn Wisniewski, a Pueblo, CO, legal secretary and diehard Brady Bunch fan, came across the mistake while searching for information about the show’s first-season cast.

"When I first saw 1968 on the web page, I thought, ‘Wow, apparently, all those Brady Bunch books I’ve read listing 1969 as the show’s first year were wrong,'" Wisniewski told reporters at a press conference. "But even though I obviously trusted the Internet, I was still kind of puzzled. So I checked other Brady Bunch fan sites, and all of them said 1969. After a while, it slowly began to sink in that the World Wide Web might be tainted with unreliable information."

Following up on her suspicion, Wisniewski phoned her public library, the ABC television network, and the office of Brady Bunch producer Sherwood Schwartz—all of whom confirmed that "Ted’s Ultimate Brady Bunch Site" was in error.

Attempts to contact the webmaster of "Ted’s Ultimate Brady Bunch Site," identified as Ted Crewes of Naugatuck, CT, were unsuccessful. The page has been taken offline by its host, Cheaphost.net, which released a statement Tuesday.

"We at Cheaphost were deeply saddened and disturbed to learn that one of the millions of pages we host contained a factual discrepancy," the web-posted statement read. "Please be assured that we are doing everything within our power to ensure that nothing of the sort happens again. We will not rest until the Internet’s once-sterling reputation as the world’s leading source for 100 percent reliable information is restored."

Paul Boutin, senior editor of Wired, said the error is likely to have a profound effect on how the Internet is perceived.

"Will we ever fully trust the Web again?" Boutin asked. "We may well be witnessing the dawn of a new era of skepticism in which we no longer accept everything we read online at face value. But regardless of what the future holds, one thing is clear: The Internet’s status as the world’s definitive repository of incontrovertible fact has been jeopardized."

Peter Luyck, 30, a Dallas-area graphic designer and frequent Internet user, was crestfallen.

"If it happens once, it can happen again," Luyck said. "I shudder to think that, one dark day in the future, misinformation could again make its way online. In fact, it may already have. How do we know that trusted sites like the Drudge Report and Fucked Company are as accurate as we instinctively trust them to be? Can we blindly trust that SpideyRulez.com is correct in its reportage that the upcoming Spider-Man sequel will feature Christopher Walken as Dr. Octopus? Pandora is out of the box."

Though the Brady Bunch error is the first confirmed instance of false information on the Internet, scares have occurred in the past. In 1998, an e-mail sent to a woman in Warner Robins, GA, made an unverifiable claim that she could earn thousands of dollars from an initial $5 investment. The claim was never conclusively proven false, and no charges were filed.


Liberté d’expression: Des capitales européennes à Washington beaucoup de Daladier et de Chamberlain

2 mai, 2009
Ezra Levant before Canada's InquisitionC’est la première cause de blasphème au Canada en plus de 80 ans. Leurs plaintes ont été rejetées, mais il est inexact de dire qu’ils ont perdu. Ils ont obtenu que le gouvernement me fasse la vie dure pendant près de trois ans, sans frais pour eux. Le processus auquel j’ai été soumis est en soi un châtiment, et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical. Ezra Levant
Nous sommes dans une période sombre, où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens. Il y a, aujourd’hui, des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions. Guy Millière
Des siècles de ravages et de djihad, que reste-t-il aujourd’hui dans la conscience collective ? Laurent Murawiec

En ces temps où un journaliste canadien peut être trainé devant les tribunaux pendant trois ans pour avoir exercé sa liberté d’expression en publiant les caricatures du chef de guerre pillard pédophile dit Mahomet …

Retour, au lendemain de la récente pantalonnade de Genève dite Durban II et avec Guy Millière et Laurent Murawiec …

Sur ces temps bien sombres "où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens et où il y a (…) des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions" …

Et où, avec le refus politiquement correct de tout critère universellement valide, "on confond les actualités" avec une "histoire mythique" qui a "perdu ses causes" et se réduit de plus en plus à de la "victimologie promotionnelle" …

Durban II, des raisons d’être pessimiste
Guy Millière
Metula News Agency
26 avril 2009

L’Organisation des Nations Unies essaie et essaiera encore ultérieurement de sauver les apparences. Mais tous ceux qui ne veulent pas être dupes ni pratiquer l’aveuglement volontaire savent qu’elle n’est plus, depuis longtemps, que la caricature stérile, coûteuse, et souvent ignoble, de ce qu’elle fut au moment de sa fondation.

D’assemblée des démocraties, censée endiguer les totalitarismes, elle est passée au statut de cénacle, où les démocraties sont noyées au milieu d’un océan de tyrannies, de dictatures et de ploutocraties plus ou moins crapuleuses.

La règle étant qu’un pays dispose d’une voix et qu’un régime politique y vaut un autre régime politique, le Zimbabwe de Robert Mugabe ou le Soudan d’Omar Hassan al Bachir y jouissent du même statut qu’Israël ou les Etats-Unis.

Les membres permanents du conseil de sécurité s’y neutralisent les uns les autres, et toute volonté d’action de pays libres se trouve bloquée : aujourd’hui par la Chine et la Russie, comme autrefois par l’Union Soviétique. Ce qui résulte est, dans ces conditions, très logiquement, une pléthore de textes qui ne servent à rien, sinon à rejoindre les poubelles de l’histoire, pourtant déjà bien remplies.

Ce qui en résulte est aussi un ensemble de commissions et de conseils, tel celui chargé des droits de l’homme et dont le siège est à Genève.

Comme il sied pour un organe issu de l’ONU, les pays chargés d’y « veiller sur les droits de l’homme » sont, pour l’essentiel, les principaux violateurs des droits de l’homme sur la surface de la terre. Il en résulte logiquement des conférences telles celle organisée à Durban, en Afrique du Sud, en septembre 2001, ou celle qui s’est tenue ce mois d’avril, et qu’on appelle communément Durban II.

L’objectif était fixé à l’avance : il s’agissait d’entériner les résultats de Durban I. Le résultat lui-même était prévisible et très nettement prévu depuis des mois : une structure présidée par la Lybie, avec l’assistance de Cuba et de l’Iran, ne pouvait produire qu’un résultat nauséabond, et le résultat nauséabond a été au rendez-vous.

Certains jugeront que le fait que des formules infectes aient été aseptisées et remplacées par des formules creuses, réversibles et interprétables de toutes les façons possibles, y compris les pires, a été une victoire des tenants de la liberté. Pour ce qui me concerne, je trouve préférables la franchise et la clarté.

Je pense que les seuls gouvernements à s’être conduits dignement sont ceux qui ont renoncé totalement de siéger à Durban II. Tandis que les gouvernements qui sont venus ont cautionné l’injustifiable par leur présence et siégé au côté de gens infréquentables.

Je pense que l’artifice d’édulcoration de textes vomitifs, en les rendant plus digestes, peut même s’avérer dangereux, en permettant au poison de se disséminer de manière plus insidieuse, sans qu’il cesse de se répandre, et contribuer ainsi à empêcher de voir ce qui doit être dévoilé.

Les cinquante sept pays de l’Organisation de la Conférence Islamique votent comme un seul bloc. C’est un fait, et ce bloc est gorgé d’antisémitisme, de ressentiment, de rejet des droits les plus élémentaires de la personne humaine, d’une haine envers l’Occident, en général, et à l’encontre d’Israël, en particulier.

Ce bloc, c’est un autre fait, cautionne des massacres de masse tels ceux commis au Darfour, et applaudit à des propos tels ceux de Mahmoud Ahmadinejad, qui relèvent de l’incitation au génocide et du négationnisme. Il a, ce bloc, et c’est un troisième fait, pour alliés indéfectibles les cinquante trois pays de l’Union Africaine, les pays appelés de manière tragiquement risible « non alignés », mais aussi la Russie et la Chine.

Lorsqu’ils ne s’en tiennent pas fermement à leurs principes, et acceptent de jouer les crétins de service, les gouvernements occidentaux ne préservent rien et ne sauvent pas même un reste d’honneur : ils se conduisent de manière méprisable et ne peuvent s’attendre, en conséquence, et très logiquement, qu’à être méprisés par ceux qui leur font face.

Ils envoient un message désespérant à ceux qui croupissent dans des cachots obscurs des tyrannies et qui auraient pu penser que les mots « droits de l’homme » avaient encore un sens, au moins dans les pays où ces mots ont vu le jour.

Un livre publié voici quelques années par Tony Blankley, rédacteur en chef du Washington Times, s’appelait « La dernière chance de l’Occident », et Blankley s’y montrait pessimiste.

En voyant que les deux tiers de la planète sont aux mains de gens sans scrupules et de dirigeants qui, s’ils ne sont eux-mêmes barbares, sont prêts à excuser les barbares ou à leur prêter assistance, je ne puis que partager ce pessimisme.

En voyant que seule une petite minorité de gouvernements européens s’est abstenue de participer à Durban II, et que les autres se sont contentés de demander à leurs représentants de sortir prendre un café pendant qu’Ahmadinejad parlait, pour revenir ensuite écouter les délégués cubains, syriens ou soudanais, je ne peux qu’en tirer une déduction immédiate : l’Europe est, politiquement et éthiquement, proche de la mort cérébrale.

Les Etats-Unis, ayant porté à leur tête un Président anti-américain proche de l’extrême-gauche, et très incompétent de surcroît, force est de constater qu’ils ne vont pas bien non plus.

Force est de dire, aussi, que les ennemis de la liberté ne peuvent, de tous côtés, qu’être tentés de profiter de la situation débile du monde libre, ce qu’ils font d’ores et déjà, comme on le voit entre autres en Irak, au Pakistan, et au large de la Somalie.

Israël, depuis longtemps, n’a pas été aussi seul et à ce point soumis aux pressions de gens qui seraient prêts à jeter le peuple juif aux chiens les plus enragés.

La lueur d’espoir ne vient pas de ceux qui ont envoyé siéger je ne sais qui à Genève, à proximité de bâtiments qui furent ceux de la très impuissante Société des Nations dans l’entre-deux-guerres. Elle tient dans le gouvernement d’Israël, qui, fort heureusement, n’est plus celui d’Olmert. Elle tient dans ceux qui se sont rassemblés à l’extérieur des bâtiments officiels à Genève, autour d’hommes debout tels Elie Wiesel (un survivant de la Shoah traité de « nazi » par un membre de la délégation iranienne) ou Alan Dershowitz.

Elle tient à ceux qui se sont réunis à New York, à l’invitation de Phyllis Chesler, le 21 avril, jour du souvenir de la Shoah et du soulèvement du Ghetto de Varsovie, pour une contre-conférence. Outre les intentions génocidaires d’Ahmadinejad et Khamenei, et l’antisémitisme disséminé au même moment à Genève, on s’y est préoccupé du sort de Roxana Sabari, la journaliste américaine condamnée à huit ans de prison à Téhéran et abandonnée à son sort par Barack Hussein.

La lueur d’espoir dépend de ceux qui se réuniront le 3 mai à midi à Times Square, à New York encore, pour défendre vraiment les droits de l’homme et pas pour faire semblant, comme l’ont fait les hauts fonctionnaires tièdes et pusillanimes de Genève.

Elle tient à la vigilance et à la détermination des femmes et des hommes porteurs d’une plus haute idée de la dignité de l’être humain. Elle tient à ceux qui n’oublient pas que c’est à Evian, pas très loin de Genève, qu’en 1938 s’est tenue une réunion où tous les pays du monde soi-disant civilisé ont abandonné le peuple juif, lui ont montré qu’il n’avait nulle art où se réfugier et ont, en quelque sorte donné le « feu vert » à la Shoah.

Elle tient à ceux qui voient que le monde soi-disant civilisé serait prêt à donner le feu vert à une seconde Shoah, comme il l’a montré à Genève, à 500 mètres des lieux où Joseph Goebbels, en 1933, était venu affirmer le droit de l’Allemagne à être antisémite.

Nous sommes dans une période sombre, où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens.

Il y a, aujourd’hui, des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions.

Quand Winston Churchill a dû tenir tête, il a été très seul pendant un temps. Il savait, ses Mémoires en attestent, que les ténèbres ne pouvaient, en définitive, l’emporter, car les ténèbres sont stériles. Il savait que le mal ne peut pas se trouver vaincu par l’apaisement et les compromissions, mais par le rappel sans trêve que le futur appartient à ceux qui savent rester fermes sur les valeurs de l’essentiel.

Au temps où Jimmy Carter demeurait à la Maison Blanche, l’empire soviétique semblait conquérant et invincible, comme peuvent sembler l’être aujourd’hui les dirigeants des deux tiers des gouvernements de la planète.

Les Européens, déjà, selon l’expression de Jean-François Revel, faisaient la cour aux potentats du Kremlin. Il a suffit qu’un Ronald Reagan succède à Jimmy pour qu’il s’avère que l’impudence soviétique tenait surtout à la faiblesse de l’Occident.

Au temps où Barack Hussein Obama et son téléprompteur campent à la Maison Blanche, les dirigeants susdits semblent portés par des courants irrépressibles. Il faudra que la page se tourne. Elle se tournera.

Voir aussi:

Histoire mythique : quelques pensées sur la mémoire
Laurent Murawiec à Washington
Metula News Agency
01/05/09

L’Histoire ne remonte pas loin. Elle à commencé hier. On se souvient à peine de ce que l’on a lu dans le journal d’hier. Le jour d’avant n’existe plus, il s’est enfoncé dans le brouillard d’un passé révolu. L’avant-hier est un pays étranger. Quand un philosophe avertit que ceux qui l’ignorent sont condamnés à répéter l’histoire, il dit vrai. Le passé est comme un logarithme, tout proche hier, infiniment éloigné avec la distance.

Prenons l’Algérie : la France avait envahi, en 1830, ce qui ne portait pas le nom d’« Algérie », sans autre raison que les ambitions du roi Charles X, soucieux de faire diversion à l’agitation politique métropolitaine.

Généraux avides de gloriole, colons cupides, méprisants envers les « indigènes », ce fut un cas typique de colonialisme spoliateur et d’impérialisme rapace. L’innocente Algérie fut violée par le colonisateur. Humiliés, les « Algériens » se révoltèrent contre près d’un siècle d’oppression, ce fut la Guerre d’Algérie en 1954. Ah ! Comme l’Histoire est simple !

Prenons encore le trafic du « bois d’ébène », crime imprescriptible commis par l’impérialisme européen et les colons des Caraïbes et du Sud Etats-Unis. Fondant sur les Africains, l’Europe bâtit sa fortune et son industrie sur les os des victimes du trafic, de même que l’Amérique.

Douze millions peut-être d’êtres humains furent arrachés à leurs terroirs, et, pour les survivants, devinrent esclaves du sucre et du coton. Ici, l’erreur vient de l’omission : on s’est couvert un œil pour ne voir qu’avec celui qui convient.

Car de l’autre côté de l’Afrique, et à travers ses intérieurs, l’Islam était, depuis le VIIIème siècle, le plus grand esclavagiste de l’histoire. Les circuits de caravanes organisés drainaient non seulement les côtes mais aussi les intérieurs, fournissant de prodigieuses richesses aux trafiquants, qui parcouraient les grands itinéraires de la traite vers les marchés des grands ports. Les grands marchés des esclaves, celui du Caire en particulier, regorgeaient d’esclaves noirs, les mâles préalablement castrés par millions.

On notera la différence avec, entre autres, les Etats-Unis, où les Noirs représentent environ douze pour cent de la population, et le monde arabe, où ils représentent, en gros, zéro pour cent.

Dans un cas, malgré les horreurs de l’esclavage, les uns ont fait souche, et le pays s’est même fendu d’une meurtrière guerre civile pour abolir l’infâme institution. Dans l’autre, néant. Nulle partie du monde n’a manifesté de si mauvaise grâce à signer les protocoles de l’abolition de l’esclavage, et à en violer la lettre et l’esprit, que le monde arabe ; qui ne respecte d’ailleurs nullement la parole donnée ni n’accepte cette vieille règle du droit Pacta sunt servanda : il faut appliquer les traités signés.

Les esclaves noirs castrés du monde arabe pouvaient d’ailleurs rencontrer, au Caire et ailleurs, les millions d’esclaves blancs, venus du monde slave. Ils étaient acheminés par caravanes vers Constantinople et le monde musulman, non sans complicités de la part des roitelets slaves de la steppe, qui y trouvaient la recette la plus lucrative.

De même les esclaves noirs étaient razziés, stockés et vendus par les roitelets africains, soit au cours des éternelles razzias maritimes et côtières, auxquelles se livraient les Ottomans et leurs vassaux, d’Alger à Tripoli, dans toute la Méditerranée occidentale. L’économie islamo-ottomane reposait largement sur l’acquisition permanente d’esclaves par centaines de milliers.

La dépopulation de l’Espagne méridionale, du Mezzogiorno italien, des grandes îles de la Sardaigne, de la Sicile, date de là. Les pirates pillaient et détruisaient les villages et les villes.

J’insiste, c’est au cours des siècles, par millions, que les esclaves slaves ou du Midi européen furent enlevés et réduits à l’esclavage par les Ottomans et le monde arabo-musulman [1].

La ville d’Alger fut pendant des siècles l’un des centres principaux de la piraterie esclavagiste du djihad, elle en fut le symbole détesté et terrifiant. Jusqu’à 1830, et depuis des siècles, Alger était le centre de la piraterie-djihad-islamique dont les raids meurtriers avaient ruiné et dépeuplé les côtes méditerranéennes. En l’espace de trois ou quatre siècles, des millions d’Européens – oui, des millions -, avaient été violemment capturés et réduits à l’esclavage, par les pirates-djihadis, passant souvent par les épouvantables bagnes d’Alger.

Il fallut d’ailleurs que l’U.S. Navy – créée dans le but précis de mettre un terme à cette plaie – rompît avec la politique européenne, qui était de payer rançon aux pirates maghrébins, et leur fît la guerre ; la Guerre de la Côte de Barbarie, en 1801-1805, puis en 1815 – pour mettre un terme à la désolation que faisaient régner les pirates du djihad.

Quand Charles X envoya le général Bugeaud prendre l’Algérie, il ne s’attaquait pas à une terre vierge et innocente, remplie de bons sauvages, ou de bonnes gens. A l’évidence, tout cela ne justifie pas le racisme, le mépris, ni l’état de sujétion où se trouvaient les « Algériens » de la période coloniale. Mais de cela, la France se bat la coulpe sans discontinuer. De l’esclavagisme arabo-musulman, pas un mot, ça pourrait fâcher.

Des siècles de ravages et de djihad, que reste-t-il aujourd’hui dans la conscience collective ? La réponse est simple : rien. La myopie historique a tout brouillé. L’histoire sainte commence en 1830 avec la conquête française. L’histoire a perdu ses causes. Ne restent que des phénomènes isolés que seule l’idéologie permet de reconstruire : c’est la faute de l’Europe, impérialiste par nature, rapace et brutale, assaillant le monde virginal.

Le politiquement correct a, depuis longtemps, inscrit sur ses bannières cette frappante devise, de rejeter l’étude des dead white males, c’est-à-dire des grands écrivains du passé. Dans la plupart des facultés de lettres des universités américaines, hélas ! foin de Shakespeare, Goethe, Dante, Cervantès ou Rabelais.

Il ne faut lire que des auteurs contemporains, de préférence issus de minorités, de bons sauvages en somme. Ils sont, nous dit-on, représentatifs. Il ne faut regarder que le présent : il n’y a pas de passé, sauf mauvais.

Et voilà nos universités qui s’entichent d’une femme écrivain, lesbienne et handicapée, qui provient d’Afrique noire et dénonce les effets ravageurs du colonialisme. Elle est pressée, la pauvre : dès son trépas, elle perdra son statut d’actuelle, et, n’étant plus contemporaine, disparaîtra du panorama des lettres. Le présent, le présent seul, compte.

On confond les actualités avec l’histoire. Cette myopie est une enfance éternelle et débile, celle de l’absence de mémoire. Une société qui vit ainsi se lobotomise. A vivre dans le présent, on efface le passé. Cela correspond certes au choix d’un hédonisme écervelé, où on fait disparaître toute causalité.

Comme l’ont ressassé les maîtres à penser, Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Jean Baudrillard et Cie, la « vérité » s’est effacée, ne restent que les « narratifs ». Chacun le sien, chacun sa « vérité », il n’y a aucun critère universellement valide, mais des fragments égaux en dignité, l’assassin a « sa » vérité », sa victime la sienne, et aucun choix de supériorité morale n’est licite.

Pour répéter l’ironique commentaire de Leo Strauss : « Si toutes les croyances se valent, alors le cannibalisme est légitime ». Dès qu’un acte est commis, il acquiert sa légitimité au nom de son existence : j’assassine, donc, à mes yeux, l’assassinat est licite. Je vous en ferai un traité philosophique, d’ailleurs.

L’écrivain argentin Jorge-Luis Borges avait imaginé un homme qui n’oubliait rien, et vivait comme écrasé par la surabondance des souvenirs. A l’opposé, l’homme sans passé, comme amnésique, ne vaut guère mieux : il va, comme l’écrit François Villon, « deçà, delà, comme le vent balance ».

L’homme sans mémoire croit n’importe quoi, pourvu qu’on le lui répète assez et assez souvent. Il n’a pas de critère de comparaison. Il est donc plein de compréhension quand un larron impudent comme le « président » algérien Bouteflika, comme ses prédécesseurs qui en on fait un fond de commerce, se répand en invectives contre le colonialisme français.

Evidemment, nul responsable gouvernemental français n’a jamais eu la décence de lui dire de se taire, et, qu’en matière de destruction, de pillage et de torture, le régime algérien est champion, depuis 1962 comme avant 1830.

Quant aux pédants ignorants et doctrinaires comme Jean-Paul Sartre, ramollis dans leur café-crème, voilà qui leur permettait de pontifier sur les vertus rédimantes du meurtre. Dans leur guerre civile qui va et vient, le régime algérien et son antagoniste islamiste ne font que répéter, jusqu’à la nausée, les méthodes de leurs ancêtres les trafiquants d’esclaves. Gouverner, c’est tuer.

Je réponds par avance à l’objection qui me sera faite, de blanchir le colonisateur et de noircir le colonisé. Halte-là ! Je ne suis pas là pour distribuer les bons points et les mauvais. Je m’irrite profondément de ces pseudo-histoires qui servent de grilles de compréhension à ceux dont ce devrait être la tâche d’interpréter l’actualité pour le commun des mortels.

Tel parle du paradis terrestre que fut al-Andalus, admirable tolérance musulmane envers les chrétiens et les Juifs. A part le fait qu’ils étaient tous, jusqu’au dernier, des individus de seconde zone, des dhimmis. Tolérés au prix d’innombrables humiliations et infériorités, ils étaient également soumis aux innombrables pogromes qui ensanglantèrent la partie musulmane de l’Espagne.

Il n’y avait pas tolérance, mais ils étaient quelquefois tolérés. Il suffisait que meure tel monarque dans tel émirat, qui faisait preuve de mansuétude envers ses sujets de deuxième classe, et que son successeur ne soit pas du même avis, pour que les persécutions recommencent (le même vaut d’ailleurs pour les monarques chrétiens).

Age d’Or ? C’est un chromo retouché, un trucage d’où tous les pixels qui fâchent ont été annulés et remplacés par un joli rose, certes mensonger, mais si agréable, si rassurant.

L’homme lobotomisé oublie aujourd’hui ce qu’était avant-hier, il oubliera demain ce que fut hier, et comptez bien sur aujourd’hui pour disparaître après-demain.

« Savez-vous comment on dit « jamais » dans le langage du camp [Auschwitz] ? « Morgen früh », demain matin », écrit Primo Levi. La déshumanisation, c’est bien la disparition d’un vrai passé et la réduction au présent immédiat. « Si c’est un homme » se demande Levi.

L´homme sans passé se rapproche dangereusement de l´animalité. La mémoire opère, certes, un tri qui permet d´oublier sélectivement certains aspects du passé et d´en mettre d´autres en exergue ; cela vaut pour les individus comme pour les groupes sociaux.

Enjeu du tri, la hiérarchisation des choses, le choix de ce qui va dominer la mémoire de la société. La Russie a «oublié» les crimes de Staline, ce qui permet à Poutine de s´engager dans la même voie. La Chine a «oublié» les crimes de Mao, ce qui permet à ses dirigeants de dominer l´armée des oublieux, des ne-sait-rien, des hommes sans âmes, malléables comme une argile mouillée. L´Allemagne, quoi qu´on dise, a largement opéré son travail de mémoire quant à la persécution et l´extermination des Juifs – quoique l´extrême-gauche fasse des efforts considérables pour annuler cet effort.

L´oubli ici est à sens unique. On fait commencer là où ça vous arrange, là où cela «colle» avec la pseudo-histoire mythographique que l´on répand. Les histoires standard de l´Afrique noire, dont le héraut est l´Anglais Basil Davidson, sont des empilements de mensonges, de spéculations hasardeuses d´à-peu-près dont la somme est un compendium nuisible et délirant.

Mais c´est de ce Miroir de l´attrape que se servent tant d´universités
anglophones de par le monde.

Les livres français ne sont pas en reste. La victimologie promotionnelle y existe tout autant. Et, pour revenir à l´Algérie, dont je parlais au début, il est important de se souvenir que la manière dont on prend le pouvoir se répercute toujours sur la manière dont on l´exerce. L´ignoble sauvagerie du djihad algérien de 1954-1962, qui s´exerça d´abord contre les autres Algériens musulmans, plutôt que sur les Français d´Algérie, ne cessa jamais quand le FLN s´arrogea le pouvoir absolu.

Inspirés par cette «glorieuse», analphabète et brutale école, les jeunes issus de l´immigration reprennent spontanément les schèmes de comportement dont ils ont hérité par capillarité et par entente des récits familiaux ou autres, et par propagande.

Qui glorifie la barbarie devient barbare. Du côté français, l´abdication d´une identité nationale et le renoncement à l´assimilation n´ont rien arrangé: le professorat, la magistrature, les maîtres-à-penser cousus main, l´école en général, et ces gouvernants pleutres et illusionnistes, dont Giscard d´Estaing et Mitterrand furent les parangons, n´ont rien arrangé.

L´homme sans mémoire est un homme sans âme.

Note:

[1] On notera cependant le rôle d´intermédiaires esclavagistes des marchands vénitiens et génois, en particulier, et de la Constantinople orthodoxe, grand marché aux esclaves où venait s´approvisionner le monde musulman. L´économie européenne n´était plus, et de longue date, une économie basée sur l´esclavage; dans une large mesure, le monde musulman l´était, et avait sans cesse besoin de se «ravitailler» en esclaves.

Voir enfin:

Liberté d’expression
Caricatures de Mahomet : La saga Ezra Levant (la suite, mais c’est loin d’être la fin)
Annie Lessard, Marc Lebuis
vendredi 15 août 2008

« L’imam Soharwardy et le Edmonton Council of Muslims ont réussi à mettre une agence gouvernementale au service de la poursuite de leur fatwa radicale contre moi. Leurs plaintes ont été rejetées après 900 jours d’enquête par 15 bureaucrates, au coût de un demi million $ pour les contribuables. Mes frais légaux s’élèvent à 100 000$. Il est cependant inexact de dire qu’ils ont perdu. Le processus auquel j’ai été soumis est un châtiment en soi et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical. De plus, la commission des droits est maintenant le rédacteur en chef de la province. ».

Ezra Levant n’est toutefois pas au bout de ses peines. Une autre plainte vient d’être déposée contre lui devant la commission des droits de la personne, pour son blog. De plus, l’imam Soharwardy a déposé une plainte au barreau albertain contre lui.

Voyez dans notre section video la déclaration liminaire faite par Ezra Levant lors de la première journée d’enquête de la commission albertaine.

L’Association canadienne des journalistes a récemment réclamé l’abolition des pouvoirs de censure des commissions des droits de la personne au Canada.

Traduction de : Ezra Levant : How I beat the fatwa, and lost my freedom, National Post, le 6 août 2008

Comment j’ai vaincu la fatwa, et perdu ma liberté

Quelque 900 jours après que je sois devenu la seule personne dans le monde occidental à être accusée du « délit » d’avoir republié les caricatures danoises de Mahomet, le gouvernement m’a finalement déclaré non coupable de « discrimination » illicite. Les contribuables ont déboursé plus de 500 000 $ pour une enquête qui a mobilisé 15 bureaucrates à la Commission des droits de la personne de l’Alberta. Mes frais légaux ainsi que ceux du défunt magazine Western Standard s’élèvent à 100 000$.

L’affaire aurait été renvoyée depuis longtemps si j’avais été inculpé devant une cour criminelle au lieu d’une commission des droits de la personne. C’est qu’au criminel, les accusés ont droit à un procès expéditif, mais pas les éditeurs qui sont inculpés devant une commission des droits.

Si j’avais été poursuivi devant un tribunal civil, le juge ordonnerait maintenant à la partie perdante de payer mes frais juridiques. Au lieu de cela, le Edmonton Council of Muslim Communities n’aura pas un sou à me payer. Ni Syed Soharwardy, l’imam de Calgary qui a retiré sa plainte identique contre moi ce printemps.

Les deux ont réussi à mettre une agence gouvernementale laïque au service de la poursuite de leur fatwa islamique radicale contre moi. C’est la première cause de blasphème au Canada en plus de 80 ans. Leurs plaintes ont été rejetées, mais il est inexact de dire qu’ils ont perdu. Ils ont obtenu que le gouvernement me fasse la vie dure pendant près de trois ans, sans frais pour eux. Le processus auquel j’ai été soumis est en soi un châtiment, et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical.

Le rapport de 11 pages du gouvernement sur mes activités est d’une arrogance à couper le souffle. Dans ce rapport, Pardeep Gundara, un bureaucrate de bas niveau, assume le rôle de rédacteur en chef pour toute la province d’Alberta. Il a parcouru l’article de notre magazine et donné sa propre opinion sur les caricatures, pour ensuite se prononcer sur la décision de notre magazine de les publier. L’aspirant journaliste du gouvernement a fait une faute d’orthographe, il a mal rapporté les faits et démontré son incapacité à respecter les délais. Nous ne l’aurions jamais embauché à notre magazine. Mais on rit de nous, il serait apparemment notre patron et celui de tous les journalistes en Alberta.

Dans son rapport, Gundara présente comme un « fait » son opinion personnelle sur les caricatures de Mahomet. Il dit qu’elles sont « stéréotypées, négatives et offensantes ». C’est un point de vue. D’autres ont un avis différent. Qui se soucie de l’opinion personnelle de Gundara ? Ai-je besoin de sa permission, ou celle d’autres personnes que ma conscience, avant de publier des choses à l’avenir ? Est-ce qu’il trouve la présente chronique correcte ?

Gundara a pardonné mes péchés ainsi que ceux du Western Standard parce que, selon lui, le caractère offensant des caricatures était « neutralisé dans le contexte de l’article qui les accompagnait » et que nous avons publié des lettres pour et contre les caricatures dans notre numéro ultérieur. Il nous a également acquitté parce que « les caricatures n’ont pas été tout simplement publiées au milieu du magazine sans but ni article s’y rapportant ».

Permettez-moi de traduire : mieux vaut être « raisonnable » dans la façon dont vous utilisez vos libertés sinon vous ne serez pas autorisés à les préserver. Vous feriez mieux de ne pas publier de caricature politique « tout simplement au milieu » d’un magazine. Si vous êtes « négatif », vous avez intérêt à avoir un « but » qui sera approuvé par un bureaucrate lorsqu’il se décidera finalement trois ans plus tard.

Je ne trouve pas cela acceptable. Je ne suis pas intéressé par les vues de Gundara sur les caricatures. Je ne suis pas intéressé à apprendre ses critères personnels sur ce que je peux ou ne peux pas exprimer. On est au Canada, pas en Arabie saoudite.

Le renvoi de la plainte n’est pas une victoire pour la liberté de la presse. La presse albertaine n’est pas libre, elle est désormais soumise à l’approbation du gouvernement. Les Canadiens ont cependant le droit à une presse libre en dépit du gouvernement. Nous avons le droit d’enfreindre chacune des règles insignifiantes et subjectives de Gundara.

Exactement deux mois avant mon acquittement, un autre Albertain a été condamné par la Commission sur une accusation identique : « discrimination » dans un journal. Il y a cinq ans, le révérend Stephen Boissoin a écrit une chronique controversée sur les droits des homosexuels. Sa chronique rencontrait toutes les règles maison de Gundara : elle s’insérait dans un débat plus large, elle a été suivie de nombreuses lettres critiques au rédacteur en chef, elle avait un « but », etc. Mais le révérend Boissoin a été condamné à une amende de 7000 $ et s’est vu interdire à vie de donner des sermons ou même d’envoyer des emails privés qui seraient « dénigrants ». Pour couronner le tout, il a été condamné par la Commission à renoncer publiquement à sa foi.

La raison pour laquelle j’ai été acquitté et Boissoin condamné est évidente. J’ai été une épine politique dans le pied de la Commission. Le révérend Boissoin ? Il se taisait, alors on l’a écrasé. Mais nous ne sommes pas plus libres l’un que l’autre, nos opinions à tous les deux ont été vérifiées par le gouvernement.

Je suis bien sûr heureux d’en avoir fini avec cette poursuite malveillante, bien que mes adversaires puissent encore faire appel de mon acquittement.

Il y a deux ans, la Commission m’a dit que si je payais quelques milliers de dollars à mes accusateurs et leur donnais une page de notre magazine, je serais libéré. La plupart des victimes de la Commission acceptent de telles offres, et c’est certainement moins cher qu’un combat de 900 jours. Au plan moral, obtenir l’approbation des censeurs de la Commission n’est toutefois pas mieux que leurs efforts en vue d’une capitulation. Si je dois payer un imam radical ou apaiser un bureaucrate intrusif, ça demeure une atteinte à nos libertés canadiennes.


Islam: Dieu est grand et Mahomet n’est pas son prophète (How can you reproduce the image of someone who probably never existed?)

17 novembre, 2008
Faceless Mohammed
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. (…) C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Jésus (Mat 7: 15-20)
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, j’estime plutôt qu’il n’a jamais existé. Mohammed Sven Kalisch
Il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux: la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le "dialogue des civilisations". Christian Makarian

Ultime confirmation de l’impossibilité de représenter l’image de Mahomet

Au lendemain, sur fond de persécutions et d’assassinats de chrétiens orientaux, d’un énième échange, par nos dignitaires religieux, d’énièmes banalités sur le prétendu "dialogue des cultures et des religions"

Enfin un spécialiste de l’islam qui ose dire tout haut la vérité sur la véritable captation d’héritage que constitue l’islam!

A savoir que, comme le confirme l’islamologue allemand Sven Kalisch, Mahomet n’a probablement pas existé et que, loin d’être la "parole incréée de Dieu" lui-même, le Coran est au mieux issu d’une hérésie chrétienne.

Et que, comme le rappelle le dernier livre du journaliste de l’Express Christian Makarian ("Le Choc Jésus-Mahomet"), l’expression "gens du Livre" que tout le monde répète complaisamment désigne en fait des peuples (juifs et chrétiens) dont l’islam s’est non seulement accaparé l’héritage mais qu’il accuse en plus d’avoir falsifié leurs Ecritures"".

De même pour la "fausse symétrie" Bible-Coran qui avalise tous les contresens.

Comme le fait que, contrairement au Coran, la Bible n’est pas écrite directement par Dieu (du moins pour le christianisme actuel) mais par des hommes inspirés, "ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant" ("la Bible ne se récite pas, elle demande une "lecture’ ").

Que les scènes de massacre évoquées dans la Bible sont en fait le reflet des pratiques de l’époque et que "jamais il n’est dit: ‘Nous avons suscité la haine entre eux" à destination des siècles à venir’, comme nous pouvons le trouver dans le Coran".

Et enfin que, par la multiplicité des textes qu’elle réunit sur quelque mille ans, la Bible "contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation" …

"Mahomet n’a jamais existé", affirme Sven Kalisch

Sven Kalisch, professeur d’islamologie à l’Université de Münster, craint pour sa sécurité. Le magazine d’actualités Der Spiegel déclare qu’il serait l’objet de menaces à peine voilées. Un certain nombre de musulmans ne le considèrent plus comme l’un des leurs. Les musulmans conservateurs ont vu dans l’apostasie un délit passible de la peine de mort. Le magazine du son « Focus » souhaite que l’année prochaine, Kalisch expose sa thèse controversée dans un livre en anglais. Selon le journal, l’auteur nierait l’existence du prophète Mahomet et plaiderait pour une réinterprétation historique et critique du Coran, arguant que ce dernier ne serait pas la parole directe de Dieu. Kalisch a réservé un accueil favorable à la théorie de l’école de Sarrebruck selon laquelle le Coran reposerait sur un texte chrétien. En raison de ces divergences d’ordre théologique, le Conseil des musulmans d’Allemagne a entre-temps suspendu toute collaboration avec lui. En outre, l’Université de Münster aurait décidé de confier la chaire de M. Kalisch à un autre professeur.

Traduit de l’allemand par Patrick H

Source: Die Welt

Voir aussi:

La Bible est loin du Coran
L’Express
le 29/10/2008

Les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l’islam ne sont pas comparables. C’est cette « fausse symétrie » que décrypte Christian Makarian dans Le Choc Jésus-Mahomet (Lattès). Extraits.

LA PATERNITÉ D’ABRAHAM

Le Coran rediscute l’histoire d’Israël, non pas à partir de l’avènement de Mahomet, mais dès l’origine, dans la nuée des siècles écoulés. C’est pourquoi la nature du lien qu’institue Mahomet avec les chrétiens est, hélas, conflictuelle par essence. On ne discute pas le Coran; or il contient des versets parfois accablants. Nous savons que Mahomet fait du patriarche Abraham le premier "soumis" au Dieu unique. Comme "soumis" se dit en arabe muslim (musulman en français), cela fait habilement d’Abraham le premier musulman de l’Histoire.

C’est ainsi que le Prophète opère une "captation à la source" de l’épopée biblique. Sur ce point, le christianisme est en contradiction parfaite avec l’islam par l’effet d’une parole cinglante de Jésus. "Ne vous avisez pas de dire en vous-même: Nous avons pour père Abraham; car je vous le dis, des pierres que voici, Dieu peut susciter des enfants à Abraham" (Matthieu 3, 8-9). Jésus dit ici le contraire de ce que soutiendra Mahomet: cette fracture-là est irréductible. Autrement dit, la paternité abrahamique n’est pas une garantie d’élection ou de salut, ni un avantage au ciel, ni encore une faveur divine accordée à certains élus au détriment des autres….

LES « RELIGIONS DU LIVRE »

L’expression "gens du Livre" (Ahl al-Kitab), c’est-à-dire les juifs et les chrétiens, revient une trentaine de fois dans le Coran : si l’islam n’occulte pas ces derniers, s’il accepte en grande partie leur héritage, s’il se situe dans leur lignage, que leur reproche-t-il donc au final ? En vérité, le Coran accuse les "gens du Livre" d’avoir falsifié (tahrîf) leurs Ecritures, ni plus ni moins, et d’avoir perverti la vérité qu’elles contenaient. "Ô gens du Livre! Pourquoi dissimulez-vous la Vérité sous le mensonge? Pourquoi cachez-vous la Vérité alors que vous la savez ?" (3, 71).

La preuve de leur mensonge est offerte par le fait que les juifs et les chrétiens se sont divisés, opposés, au lieu d’offrir à Dieu le spectacle de la paix et de l’unité. Le Coran est très clair sur ce point: "Certains juifs altèrent le sens des paroles révélées… Ils tordent leurs langues et ils attaquent la Religion" (4, 46). La sourate 5, qui pratique un curieux amalgame entre chrétiens et juifs, étant définitive : "Ils [les juifs] altèrent le sens des paroles révélées ; ils oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras pas de découvrir leur trahison" (v. 13)… Parmi ceux qui disent: "Nous sommes chrétiens, nous avons accepté l’alliance", certains ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons suscité entre eux [les juifs et les chrétiens] l’hostilité et la haine jusqu’au jour de la Résurrection (v. 14)… Ceux qui disent: "Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie", sont impies. Dis: "Qui donc pourrait s’opposer à Dieu s’il voulait anéantir le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère, et tous ceux qui sont sur terre » (v. 17)… Les juifs et les chrétiens ont dit: "Nous sommes les fils de Dieu et ses préférés. » Dis : « Pourquoi, alors, vous punit-il pour vos péchés" (v. 18). La conclusion de cette sourate terrible se passe de commentaires: "Si les incrédules possédaient tout ce qui se trouve sur la terre, et même le double, et s’ils l’offraient en rançon pour éviter le châtiment au jour de la Résurrection, on ne l’accepterait pas de leur part : un douloureux châtiment leur est réservé. Ils voudront sortir du feu, mais ils n’en sortiront pas : un châtiment leur est réservé" (5, 36-37). Le mot châtiment est prononcé trois fois, bien que Dieu soit désigné, deux versets plus loin, comme "celui qui pardonne" et qu’il soit qualifié de "miséricordieux".

L’exaltation du discours fait ressortir la nature extrêmement ambiguë, torturée, des rapports entre l’islam et les deux autres monothéismes. Le verset essentiel – "Nous avons suscité entre eux l’hostilité et la haine" – démontre au passage une conception très offensive de la bonté et de la miséricorde divines. Louis Massignon fera remarquer que "la tendance générale de la théologie islamique va à affirmer Dieu plutôt par la destruction que par la construction des êtres" (Passion, p. 631, n° 4). Le résultat en est une série de sourates particulièrement dérangeantes qui instaurent une tension permanente dans le rapport avec les juifs et les chrétiens.

A ce stade, il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux : la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le "dialogue des civilisations".

Mettre tous les textes dos à dos, quelle harmonie parfaite! Le chrétien sécularisé tend la main en effaçant sa propre personnalité; l’athée résout toutes les différences en démontrant l’inanité universelle du fait religieux. Une telle "symétrie" a tout pour plaire. Elle est pourtant contraire à la vérité et a pour principaux effets d’éviter à la religion musulmane d’entreprendre l’effort d’interprétation moderne dont elle a tant besoin et de détruire la communauté de valeurs des sociétés postchrétiennes, actionnant du même coup des extrémismes fondés sur le rejet de l’autre. Il faut sérieusement réviser cette opinion.

La Bible présente trois différences de taille avec le Livre saint de l’islam. D’abord, elle n’est pas directement dictée par Dieu, surtout pas "incréée", mais écrite par des hommes inspirés par Dieu, ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant. Il y a, par exemple, des incohérences manifestes, donc assumées en matière de chronologie dans plusieurs passages de l’Ancien comme du Nouveau Testaments. On y trouve également un grand nombre d’approximations qui montrent que l’exactitude n’est pas le but du texte, au bénéfice de la morale qu’il faut tirer de l’épisode. Au contraire du Coran, la Bible ne se récite pas, elle demande une "lecture", c’est-à-dire un processus de distanciation, un effort de déchiffrage, une capacité à dépasser la lettre.

Ensuite, la Bible relate l’histoire du peuple hébreu, narration parfois fastidieuse de mille pérégrinations effectuées sous le regard de Dieu. Que le texte comporte des scènes de massacre collectif, des meurtres, des viols, des supplices et des bains de sang est choquant à l’aune de l’universalisme contemporain tout en étant rigoureusement conforme à la tristesse du champ historique concerné. Mais jamais il n’est dit: "Nous avons suscité la haine entre eux" à destination des siècles à venir, comme nous pouvons le trouver dans le Coran.

Enfin, la Bible contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation. Plus qu’un livre, c’est un ensemble de livres, une véritable bibliothèque dont la définition fait justement débat depuis des lustres entre juifs et chrétiens, entre catholiques et protestants. Au cours des mille ans qu’a duré sa rédaction, cette "centrale documentaire de Dieu" n’a cessé de s’enrichir de nouveaux textes qui comportent des réflexions sur les épisodes antérieurs, les commentent, y renvoient. La Bible est ouverte à la spéculation intellectuelle, l’esprit des hommes est incité à investiguer. Même Dieu y trouve sa science: la théologie, invention chrétienne qui n’aura pas d’équivalent exact dans l’islam.

Voir également:

Un prof de théologie viré pour avoir douté de l’existence de Mahomet
MARC SEMO
Libération
Monde 28 oct. 2008

Publiquement, il s’est interrogé sur la réelle existence du prophète Mahomet. Pour s’être posé cette question afin d’inciter ses étudiants à développer leur esprit critique, Muhammad Kalisch, 42 ans, professeur de théologie islamique à l’université de Münster (dans le nord-ouest de l’Allemagne) a été en partie relevé de ses fonctions et craint pour sa sécurité, déménageant son bureau dans des locaux plus faciles à protéger.

«Penser par eux-même».

«Il n’y a pas de menace concrète, mais certains m’accusent d’avoir renié ma foi et dans la conception traditionnelle de l’islam, l’apostasie est punie de mort. Il faut donc être prudent», explique à l’AFP cet universitaire qui s’était converti à l’âge de 15 ans, changeant son prénom de Sven en Muhammad. Il s’occupe de former les futurs enseignants de religion islamique dans les écoles allemandes. Il prônait un islam plutôt conservateur, voire rigoriste, et d’aucuns le critiquaient pour son dogmatisme dans des conférences où il martelait que la charia était la loi de Dieu. Puis, ces deux dernières années il a changé, devenant un libéral.

En juillet, il y eut ainsi une conférence à Bielefeld (Rhénanie du Nord-Westphalie) où il commença à mettre en doute la réalité historique du Prophète. Il revint à la charge à la radio, affirmant que «rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et que «faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, il estimait plutôt qu’il n’avait jamais existé». S’il qualifie lui-même ces thèses «d’extrêmes», il explique à l’hebdomadaire Die Zeit vouloir ainsi «inciter ses étudiants à penser par eux-mêmes» tout en affirmant que «même sans un Mahomet historique ce n’est pas la fin de l’islam».

Ces propos firent naturellement scandale. «Si le Prophète n’a pas existé, alors le Coran n’existe pas non plus ; et si le Coran n’existe pas qu’est ce qui reste ?» s’indigne Ali Kizilkaya, porte-parole du Conseil de coordination des musulmans (KRM) qui regroupe quatre associations réputées conservatrices et qui est régulièrement consulté par l’université de Münster. Embarrassée par la colère du KRM, l’université de Münster, en coordination avec les autorités régionales, a demandé à Muhammad Kalisch d’abandonner ses fonctions de formateur des futurs professeurs de religion tout en gardant son poste à l’université. «Il est important que les personnes qui effectuent cette formation puissent être acceptées par la communauté», explique Andre Zimmerman, du ministère régional de la Recherche. Une centaine d’universitaires et de dignitaires religieux ont pris fait et cause pour le professeur Kalisch, signant une pétition de solidarité.

Ecoles parallèles.

Cette polémique relance aussi la question de l’enseignement de la religion islamique dans les écoles publiques par des professeurs formés en Allemagne. Ce Land de Rhénanie-Nord Westphalie doit être l’un des premiers à se lancer dans l’expérience. L’enjeu est important alors que 800 000 enfants reçoivent des cours de religion dans des écoles coraniques parallèles, à l’initiative d’iman et de religieux des diverses communautés d’une immigration musulmane comptant plus de 3 millions de personnes.

Voir enfin:

Professor Hired for Outreach to Muslims Delivers a Jolt
Islamic Theologian’s Theory: It’s Likely the Prophet Muhammad Never Existed
ANDREW HIGGINS
The WSJ
November 15, 2008

MÜNSTER, Germany — Muhammad Sven Kalisch, a Muslim convert and Germany’s first professor of Islamic theology, fasts during the Muslim holy month, doesn’t like to shake hands with Muslim women and has spent years studying Islamic scripture. Islam, he says, guides his life.

So it came as something of a surprise when Prof. Kalisch announced the fruit of his theological research. His conclusion: The Prophet Muhammad probably never existed.
Theology Without Muhammad

Muslims, not surprisingly, are outraged. Even Danish cartoonists who triggered global protests a couple of years ago didn’t portray the Prophet as fictional. German police, worried about a violent backlash, told the professor to move his religious-studies center to more-secure premises.

"We had no idea he would have ideas like this," says Thomas Bauer, a fellow academic at Münster University who sat on a committee that appointed Prof. Kalisch. "I’m a more orthodox Muslim than he is, and I’m not a Muslim."

When Prof. Kalisch took up his theology chair four years ago, he was seen as proof that modern Western scholarship and Islamic ways can mingle — and counter the influence of radical preachers in Germany. He was put in charge of a new program at Münster, one of Germany’s oldest and most respected universities, to train teachers in state schools to teach Muslim pupils about their faith.

Muslim leaders cheered and joined an advisory board at his Center for Religious Studies. Politicians hailed the appointment as a sign of Germany’s readiness to absorb some three million Muslims into mainstream society. But, says Andreas Pinkwart, a minister responsible for higher education in this north German region, "the results are disappointing."

Prof. Kalisch, who insists he’s still a Muslim, says he knew he would get in trouble but wanted to subject Islam to the same scrutiny as Christianity and Judaism. German scholars of the 19th century, he notes, were among the first to raise questions about the historical accuracy of the Bible.

Many scholars of Islam question the accuracy of ancient sources on Muhammad’s life. The earliest biography, of which no copies survive, dated from roughly a century after the generally accepted year of his death, 632, and is known only by references to it in much later texts. But only a few scholars have doubted Muhammad’s existence. Most say his life is better documented than that of Jesus.

"Of course Muhammad existed," says Tilman Nagel, a scholar in Göttingen and author of a new book, "Muhammad: Life and Legend." The Prophet differed from the flawless figure of Islamic tradition, Prof. Nagel says, but "it is quite astonishing to say that thousands and thousands of pages about him were all forged" and there was no such person.

All the same, Prof. Nagel has signed a petition in support of Prof. Kalisch, who has faced blistering criticism from Muslim groups and some secular German academics. "We are in Europe," Prof. Nagel says. "Education is about thinking, not just learning by heart."

Prof. Kalisch’s religious studies center recently removed a sign and erased its address from its Web site. The professor, a burly 42-year-old, says he has received no specific threats but has been denounced as apostate, a capital offense in some readings of Islam.

"Maybe people are speculating that some idiot will come and cut off my head," he said during an interview in his study.

A few minutes later, an assistant arrived in a panic to say a suspicious-looking digital clock had been found lying in the hallway. Police, called to the scene, declared the clock harmless.

A convert to Islam at age 15, Prof. Kalisch says he was drawn to the faith because it seemed more rational than others. He embraced a branch of Shiite Islam noted for its skeptical bent. After working briefly as a lawyer, he began work in 2001 on a postdoctoral thesis in Islamic law in Hamburg, to go through the elaborate process required to become a professor in Germany.

The Sept. 11 attacks in the U.S. that year appalled Mr. Kalisch but didn’t dent his devotion. Indeed, after he arrived at Münster University in 2004, he struck some as too conservative. Sami Alrabaa, a scholar at a nearby college, recalls attending a lecture by Prof. Kalisch and being upset by his doctrinaire defense of Islamic law, known as Sharia.

In private, he was moving in a different direction. He devoured works questioning the existence of Abraham, Moses and Jesus. Then "I said to myself: You’ve dealt with Christianity and Judaism but what about your own religion? Can you take it for granted that Muhammad existed?"

He had no doubts at first, but slowly they emerged. He was struck, he says, by the fact that the first coins bearing Muhammad’s name did not appear until the late 7th century — six decades after the religion did.

He traded ideas with some scholars in Saarbrücken who in recent years have been pushing the idea of Muhammad’s nonexistence. They claim that "Muhammad" wasn’t the name of a person but a title, and that Islam began as a Christian heresy.

Prof. Kalisch didn’t buy all of this. Contributing last year to a book on Islam, he weighed the odds and called Muhammad’s existence "more probable than not." By early this year, though, his thinking had shifted. "The more I read, the historical person at the root of the whole thing became more and more improbable," he says.

He has doubts, too, about the Quran. "God doesn’t write books," Prof. Kalisch says.

Some of his students voiced alarm at the direction of his teaching. "I began to wonder if he would one day say he doesn’t exist himself," says one. A few boycotted his lectures. Others sang his praises.

Prof. Kalisch says he "never told students ‘just believe what Kalisch thinks’ " but seeks to teach them to think independently. Religions, he says, are "crutches" that help believers get to "the spiritual truth behind them." To him, what matters isn’t whether Muhammad actually lived but the philosophy presented in his name.

This summer, the dispute hit the headlines. A Turkish-language German newspaper reported on it with gusto. Media in the Muslim world picked up on it.

Germany’s Muslim Coordinating Council withdrew from the advisory board of Prof. Kalisch’s center. Some Council members refused to address him by his adopted Muslim name, Muhammad, saying that he should now be known as Sven.

German academics split. Michael Marx, a Quran scholar at the Berlin-Brandenburg Academy of Sciences, warned that Prof. Kalisch’s views would discredit German scholarship and make it difficult for German scholars to work in Muslim lands. But Ursula Spuler-Stegemann, an Islamic studies scholar at the University of Marburg, set up a Web site called solidaritymuhammadkalisch.com and started an online petition of support.

Alarmed that a pioneering effort at Muslim outreach was only stoking antagonism, Münster University decided to douse the flames. Prof. Kalisch was told he could keep his professorship but must stop teaching Islam to future school teachers.

The professor says he’s more determined than ever to keep probing his faith. He is finishing a book to explain his thoughts. It’s in English instead of German because he wants to make a bigger impact. "I’m convinced that what I’m doing is necessary. There must be a free discussion of Islam," he says.

—Almut Schoenfeld in Berlin contributed to this article.


Nouvelles parutions: Les années Chirac vues par les Suisses

25 avril, 2007

A signaler dans les bacs des librairies …

Et pour fêter le départ, après 12 longues années, de l’actuel squatter et kleptocrate de l’Elysée …

Cette compilation des meilleurs dessins de presse suisses …

Sur la République bananière qu’il nous a laissée …

"La France vue par les Suisses" …

La France vue par les Suisses

BDParadisio

1995-2007: les années Chirac en dessins La France comme les Français ne l’ont jamais vue… ou n’ont jamais voulu la voir ! On voit plus souvent la paille dans l’oeil du voisin que la poutre qu’on a dans le sien, prétend le proverbe. Ce qui est évidemment une légende. Prenons le simple exemple du dessin de presse. Qui mieux qu’un dessinateur français pourra croquer la grandeur et les mérites du peuple français, lumière du monde ? Hum ? Pour ce qui est des petits quintes de toux de la démocratie, des problèmes en banlieue, de la perte d’influence dans les anciennes colonies, du dopage sur le Tour, du coup de boule de Zizou, du coup de mou des 35 heures etc, etc là peut-être vaudrait-il mieux faire appel à un oeil extérieur, celui d’une douzaine de dessinateurs suisses par exemple, qui eux ne se gêneront pas pour dire – avec humour – ce qui va mal en France car comme le dit le proverbe, on voit plus souvent la paille dans l’oeil du voisin etc, etc Compilation des meilleurs dessins de presse suisse consacrés à la France, La France vue par les Suisses est une sorte de grand miroir réfléchissant qui devrait faire cogiter plus d’un français.. et le faire rire aussi!


Caricatures antisémites: Les mollahs priment une Française

10 novembre, 2006

Un petit cocorico pour les résultats du concours de caricatures antisémites des mollahs annoncés la semaine dernière: 2e place (sur, parait-il, 1,193 dessins reçus de 62 pays) pour la Française et caricaturiste d’extrême-droite Françoise Pichard dite Chard (mais hélas pas pour le dessin ci-dessus pourtant bien supérieur – un petit regret aussi pour Serguei, très méritant lui aussi), ex-aequo avec le brésilien islamo-gauchiste et antiaméricain auquel nous avions consacré deux billets: ici et .

A voir d’urgence sur Iran-Resist:

Iran : Toutes les caricatures anti-holocauste des mollahs & co.

Iran-Resist

03.11.2006

En riposte à la publication au Danemark des caricatures du prophète Mahomet, le régime des mollahs a organisé un concours de caricatures sur l’Holocauste ! Le journal Hamshahri, co-organisateur de l’exposition et du concours, avait déclaré vouloir tester la tolérance de l’Occident. Très politiquement correct, Hajar Smouni, de Reporters sans frontières, a dénoncé le « mauvais goût » de ce concours. Nous avons décidé de publier les œuvres des dessinateurs lauréats afin que chacun juge les différents acteurs de cette farce médiatique dont l’objectif est de créer un vrai malaise social dans les pays d’origine des lauréats.

Abdellah Derkaoui | Maroc | 1er Prix : 12000 $ + Trophée + Mention Honorable

Le dessinateur marocain Abdollah Derkaoui a reçu le premier prix doté de l’équivalent de 9400 euros pour un dessin représentant une grue israélienne en train d’édifier le mur de sécurité, cachant peu à peu la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem. Une représentation de l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz figure sur le mur. Selon le ministre iranien de la Culture Hossein Saffar Harandi, ce dessin montre que les Palestiniens ont été des victimes indirectes de l’Holocauste.

Le porte-parole du ministère marocain des Affaires étrangères Aziz Ouarrak s’est dit persuadé que le dessin de Derkaoui n’affectera pas les bonnes relations du royaume avec Israël.
Carlos Latuff | Brésil | 2nd Prix : 9000 $ + Trophée + Mention Honorable

Carlos Latuff est un dessinateur de bande dessinée politique. Il est né le 30 novembre 1968 à Rio de Janeiro au Brésil. Il est de sensiblité islamo-gauchiste antisémite antiaméricaine. Il aime les raccourcis faciles.
Chard | France | 2nd Prix : 9000 $ + Trophée + Mention Honorable

Françoise Pichard, née le 2 novembre 1941 à Lion-en-Sullias (Loiret), également connue sous les pseudonymes de Chard et de Pscharr, est une dessinatrice française, connue à la fois comme caricaturiste de presse et illustratrice de livres pour la jeunesse. De sensibilité d’extrême droite, elle publie ses dessins dans l’hebdomadaire Rivarol et dans le quotidien Présent. Nous lui conseillons de lire ceci.
Shahram Rezai | Iran | 3e Prix : 5800 $ + Trophée + Mention Honorable
Naji Benaji | Maroc | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
M. Doustmohammadi | Iran | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Maziyar Bizhani | Iran | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Eloar Guazzelli | Brésil | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Omar Adnan Salem-Al-Abdallat | Jordanie | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Mahmoud Nazari | Iran | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Gatto Alessandro | Italie | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Raed Khalil | Syrie | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Nasser Al-Ja’afari | Jordanie | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Jaber Assadi | Iran | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Casso | Brésil | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Vahid Khodayar | Iran | Prix Spécial : 3 Pièces d’or + Trophée + Mention Honorable
Chard | France | Prix Spécial « Si y’a du pognon, c’est bon ! »

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