Gaza: Ce drapeau du djihad qui trône place de la République et ces Français qui attendent juste que ça passe … (While Paristan burns, will the silent majority finally wake up ?)

28 juillet, 2014
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http://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/2014/07/op-gaza-opinion_0.jpg
Gaza: l’indifférence domine. Sondage Ifop (23 juillet 2014)
Des manifestations suivies d’émeutes fleurissent partout, et nous donnent envie de renommer la ville lumière Paristan. Des commerces juifs, des synagogues, des individus juifs, sont pointés du doigt sur les réseaux sociaux et attaqués par une horde de sauvages qui ne savent même pas mettre Gaza sur une carte. Des gauchistes en mal de combats défient le gouvernement en allant manifester là où des émeutiers brûlent des drapeaux israéliens et exhibent des messages antisémites d’un autre âge, accompagnés de drapeaux du djihad et du hezbollah. Des Français « en ont marre » de cette importation du conflit, mais ne se prononcent pas, et attendent juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif. (…) Des gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient à la place d’un militaire israélien de 20 ans face à un gazaoui de 14 ans qui lui tire dessus avec une mitraillette. Ces mêmes gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient si eux et leurs enfants subissaient des bombardements quotidiens, et cerise sur le cheese cake, l’opprobre de la communauté internationale. Ces mêmes gens ne se rendent pas compte que nous aussi, israéliens, avons mal pour les civils tués quotidiennement. Et c’est pourquoi nous sommes fiers de cette armée qui prévient, qui essaye de limiter autant que possible les pertes civiles.  (…) Alors vous savez quoi ? Je crois qu’à un moment, je vais m’en foutre de ce que vous pensez. Du fait que la levée de boucliers a eu lieu quand le gouvernement français a soutenu Israël et a interdit les manifs, mais que personne ne dit rien quand l’état débloque 11 millions pour Gaza, alors que tout le monde sait très bien où va aller cet argent. (…) Nous n’allons pas nous excuser d’être en vie parce que l’état israélien fait tout pour protéger ses civils. Alors non, je ne répondrai plus aux « oui mais à Gaza quand même y’a vachement de morts ». (…) Vous pensez avoir tout compris au conflit israélo palestinien en prenant parti pour le plus faible ? Vous oubliez une chose. Israël n’est pas en conflit contre la Palestine. Mais contre le Hamas. Qui est responsable de la mort de centaines de civils. Le hamas n’est pas plus un mouvement de résistance que Boko Aram. Le hamas ne veut pas deux états, il veut détruire Israël. (…) Alors vous, la « majorité silencieuse » qui a « hâte que cela s’arrête », réveillez-vous. Quant à vous, les manifestants du dimanche (et du samedi aussi), qui vous prenez pour Che Guevara parce que vous brûlez des drapeaux israéliens le visage masqué en criant « Hitler reviens » et parce que vous détruisez le bitume parisien, sachez une chose : personne n’est dupe. Vous n’apportez rien à la cause palestinienne si ce n’est de la désolation. Vous desservez tellement votre cause que plus personne ne vous croit.  Alors oui, peut être que je dormirai mieux si je m’en fous. Si je ne regarde plus ce drapeau du djihad qui trône place de la République un samedi après midi d’été au cours d’une manifestation interdite, et organisée quand même par des partis politiques dont le NPA … Sophie Taieb

A l’heure où, entre les djihadistes du dimanche et l’extrême gauche en mal de combats, Paristan brûle et le drapeau du djihad trône place de la République …

Et où, comme le confirme un sondage Ifop, une majorité silencieuse « attend juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif » …

Comment, avec l’excellent blog de Sophie Taieb Roots Israel, ne pas avoir envie de se réveiller et de se prononcer enfin ?

Salut à toi l’anti-sioniste, salut à toi l’antisémite, salut à toi l’anti-moi …

Sophie Taieb

Root Israel

27/07/2014

On a tout essayé.
D’expliquer, de concrétiser, d’imager, d’utiliser toutes les métaphores, paraboles, hyperboles, superbowls possibles… mais il n’y a rien à faire, on ne nous aime pas.
Depuis plus d’un mois, Israël est bombardé à l’aveugle par une organisation terroriste, qui prépare depuis des années un plan machiavélique visant à tuer le plus de civils possibles en passant par des tunnels construits avec l’aide humanitaire et les dons de l’ONU.
Gaza est à la merci de ce même groupe terroriste financé par des citoyens pensant aider les « pauvres enfants palestiniens » et par l’emir du Qatar qui aurait pu s’en tenir au PSG.
Paris est à feu est à sang à cause de barbares décidés à en découdre avec la « LDJ » dont ils ne connaissent rien à part la page wikipedia. Des politiques diffusent des photos de « gens de la LDJ » suivis d’appels au meurtre. Des manifestations suivies d’émeutes fleurissent partout, et nous donnent envie de renommer la ville lumière Paristan.
Des commerces juifs, des synagogues, des individus juifs, sont pointés du doigt sur les réseaux sociaux et attaqués par une horde de sauvages qui ne savent même pas mettre Gaza sur une carte.
Des gauchistes en mal de combats défient le gouvernement en allant manifester là où des émeutiers brûlent des drapeaux israéliens et exhibent des messages antisémites d’un autre âge, accompagnés de drapeaux du djihad et du hezbollah.

Des Français « en ont marre » de cette importation du conflit, mais ne se prononcent pas, et attendent juste que ça passe en évitant certains quartiers les jours de manif.

Des médias se saisissent du conflit et des émeutes inhérentes en laissant leurs internautes s’étriper, glorifier Hitler, et se menacer sur les réseaux sociaux sans aucune modération.

De gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient à la place d’un militaire israélien de 20 ans face à un gazaoui de 14 ans qui lui tire dessus avec une mitraillette. Ces mêmes gens prennent parti sans même se demander ce qu’ils feraient si eux et leurs enfants subissaient des bombardements quotidiens, et cerise sur le cheese cake, l’opprobre de la communauté internationale. Ces mêmes gens ne se rendent pas compte que nous aussi, israéliens, avons mal pour les civils tués quotidiennement. Et c’est pourquoi nous sommes fiers de cette armée qui prévient, qui essaye de limiter autant que possible les pertes civiles.

JE SUIS TRES ENERVEE ET J’AURAIS PU ECRIRE TOUT CELA EN MAJUSCULES mais les 12 heures de cessez le feu m’ont quelque peu calmée.

Alors vous savez quoi ?
Je crois qu’à un moment, je vais m’en foutre de ce que vous pensez. Du fait que vous n’avez pas l’empathie nécessaire pour vous rendre compte que mes compatriotes, ma famille, mes collègues, mes amis et moi même soyons visés quotidiennement par des bombardements incessants. Du fait que vous n’affirmiez pas haut et fort que ces salopards du hamas méritent d’être tous arrêtés pour ce qu’ils nous font, et pour ce qu’ils font à leurs civils. Du fait que la levée de boucliers a eu lieu quand le gouvernement français a soutenu Israël et a interdit les manifs, mais que personne ne dit rien quand l’état débloque 11 millions pour Gaza, alors que tout le monde sait très bien où va aller cet argent.
Je me rends compte que je deviens israélienne. Vous ne nous aimez pas ? Vous ne comprenez pas que sans cette intervention terrestre nous aurions été massacrés sans discernement à la rentrée ? Vous ne comprenez pas ce que même l’Egypte comprend en prêchant pour l’opération à Gaza ? Vous ne voyez pas que le hamas a le cynisme d’attaquer un hôpital construit par les Israéliens à la bordure de Gaza pour soigner les civils gazaouis ? Qu’il refuse tous les cessez le feu ? Ou alors vous ne vous sentez pas concernés par « les juifs et les arabes » qui « pourraient la mettre en veilleuse » ?
Tant pis pour nous, tant pis pour vous.
Nous n’allons pas nous excuser d’être en vie parce que l’état israélien fait tout pour protéger ses civils. Alors non, je ne répondrai plus aux « oui mais à Gaza quand même y’a vachement de morts ».
Nous n’allons pas arrêter les tirs vers Gaza tant que nous recevrons des roquettes parce que le hamas essaye de nous tuer. Et qu’heureusement, il n’y arrive pas trop (voir point précédent).
Nous n’allons pas vous harceler en vous prédisant une période difficile si les juifs quittent la France, pour Israël ou ailleurs, parce qu’ils en ont tout simplement marre d’être juifs. En France.
Vous pensez avoir tout compris au conflit israélo palestinien en prenant parti pour le plus faible ? Vous oubliez une chose. Israël n’est pas en conflit contre la Palestine. Mais contre le Hamas. Qui est responsable de la mort de centaines de civils. Le hamas n’est pas plus un mouvement de résistance que Boko Aram. Le hamas ne veut pas deux états, il veut détruire Israël. Et mes concitoyens et moi même nous battrons de toutes nos forces pour que cela n’arrive jamais et pour que vous aussi puissiez venir vous la couler douce sous le soleil de Tel Aviv. Alors vous, la « majorité silencieuse » qui a « hâte que cela s’arrête », réveillez-vous. Quant à vous, les manifestants du dimanche (et du samedi aussi), qui vous prenez pour Che Guevara parce que vous brûlez des drapeaux israéliens le visage masqué en criant « Hitler reviens » et parce que vous détruisez le bitume parisien, sachez une chose : personne n’est dupe. Vous n’apportez rien à la cause palestinienne si ce n’est de la désolation. Vous desservez tellement votre cause que plus personne ne vous croit.

Alors oui, peut être que je dormirai mieux si je m’en fous. Si je ne regarde plus ce drapeau du djihad qui trône place de la République un samedi après midi d’été au cours d’une manifestation interdite, et organisée quand même par des partis politiques dont le NPA. Peut être que je dormirai mieux si je ne passe plus de temps à répondre à des adorateurs d’Hitler sur le forum d’itélé. Peut être, ou peut être pas. Mais lundi, je m’y mets.

Voir également:

Les seize commandements de l’Etat islamique en Irak et au Levant
Jean-Pierre PERRIN envoyé spécial en Irak

Libération

23 juin 2014

La charte de l’Etat islamique en Irak et au Levant, distribuée à Mossoul le 13 juin 2014.
Deux jours après leur conquête de Mossoul, en Irak, le groupe jihadiste distribuait une «charte» instituant la terreur.

C’est une charte d’épouvante que l’Etat islamique en Irak et au Levant, Daech comme on l’appelle dans la région qui est son acronyme en arabe, a fait distribuer à Mossoul après la conquête de la ville, le 11 juin. Seize articles terrifiants qui organisent la vie du million et demi d’habitants que compte actuellement la ville.

Dans son article 5, elle promet à ceux qui «détruisent la terre», entendez ceux qui s’opposent à la volonté de Dieu, «l’exécution, la crucifixion, l’amputation des bras ou (et) des jambes, ou l’exil», avant, bien sûr, la géhenne éternelle.

Dans son article 8, elle interdit l’usage de l’alcool, du tabac et des drogues.

L’article 10 interdit désormais toute manifestation publique, sous prétexte qu’elles sont contraires à l’islam.

L’article 13 s’adresse, lui, aux statues auxquelles elle promet la destruction du fait qu’elles étaient adorées avant l’islam. Il se fonde notamment sur la destruction par Mahomet de 360 statues à La Mecque et sur la sourate Al-Maeda : «O les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.» Ce qui fait craindre que Daech s’attaque au site archéologique de Ninive, l’un des plus beaux du Moyen-Orient.

L’article 14 précise que les femmes devront sortir le visage et le corps complètement couverts par un niqab, à la condition que «le déplacement soit nécessaire», autorisé par le père, le frère ou le mari, et accompagné de l’un d’eux.

Par ailleurs, Daech vient d’imposer le statut de dhimmi (statut humiliant de sujétion et de protection des non-musulmans en terre d’islam) aux chrétiens de Mossoul, ce qui se traduit d’emblée par un impôt spécial de 250 dollars par personne et par mois.

Voir enfin:

Les extrémistes détruisent une autre mosquée historique à Mossoul

La presse

27 juillet 2014

Parmi les bâtiments religieux détruits à Mossoul la semaine dernière figurent la mosquée du prophète Seth et la mosquée du prophète Younès (en photo), considérée comme son lieu de sépulture.

Après avoir fait d’importants gains en Syrie face aux troupes d’Assad, les djihadistes de l’EIIL ont pris l’Irak d’assaut s’emparant d’importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l’Irak et la Syrie. »

Des résidants de Mossoul, dans le nord de l’Irak, ont déclaré dimanche que les extrémistes de l’État islamique avaient détruit une autre mosquée et un mausolée d’une grande valeur historique.
Selon ces résidants, la mosquée et le mausolée du prophète Jarjis ont été bombardés par des islamistes dimanche soir. Depuis une semaine, les extrémistes ont détruit plusieurs monuments religieux hautement vénérés à Mossoul.

Les résidants se sont adressés anonymement à l’Associated Press par crainte de représailles.

L’État islamique, un groupe djihadiste, a lancé une violente offensive à travers le nord et l’ouest de l’Irak à la fin de l’année dernière et a pris le contrôle de Mossoul en juin.

Parmi les bâtiments religieux détruits à Mossoul la semaine dernière figurent la mosquée du prophète Seth et la mosquée du prophète Younès (Jonas), considérée comme son lieu de sépulture.


Libertés: A quand la signalisation contenu sensible pour la Bible ? (Should the Bible come with trigger warnings ?)

28 mai, 2014
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/05/84bf3-trigger-warning.jpg?w=456&h=444https://fbexternal-a.akamaihd.net/safe_image.php?d=AQD8Fkvt3yUMcsiP&w=377&h=197&url=http%3A%2F%2Fwww.newrepublic.com%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fblindfolded.jpg&cfs=1&sx=123&sy=0&sw=989&sh=517
Et l’Éternel dit: J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits. Genèse 6: 7
Si un homme des enfants d’Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloc l’un de ses enfants, il sera puni de mort: le peuple du pays le lapidera. Si un homme couche avec la femme de son père, et découvre ainsi la nudité de son père, cet homme et cette femme seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. Si un homme couche avec sa belle-fille, ils seront tous deux punis de mort; ils ont fait une confusion: leur sang retombera sur eux. Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. Lévitique 20:2 et 11-13
Fille de Babylone, la dévastée, Heureux qui te rend la pareille, Le mal que tu nous as fait! Heureux qui saisit tes enfants, Et les écrase sur le roc! Psaumes 137
O Dieu, brise-leur les dents dans la bouche! Éternel, arrache les mâchoires des lionceaux Qu’ils se dissipent comme des eaux qui s’écoulent! Qu’ils ne lancent que des traits émoussés! Qu’ils périssent en se fondant, comme un limaçon; Sans voir le soleil, comme l’avorton d’une femme! Avant que vos chaudières sentent l’épine, Verte ou enflammée, le tourbillon l’emportera. Le juste sera dans la joie, à la vue de la vengeance; Il baignera ses pieds dans le sang des méchants. Et les hommes diront: Oui, il est une récompense pour le juste; Oui, il est un Dieu qui juge sur la terre. Psaumes 58: 7-11
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins
 Parmi tous les écrits présents dans l’Index, la Bible avec ses adaptations, ses commentaires et les études bibliques, est de loin le livre le plus censuré jusqu’à la suppression de l’Index. Les éditions de la Bible en latin, en grec, dans les langues vulgaires en tout ou en partie, ainsi que des commentaires bibliques figurent nombreux dans le premier index roman. L’interdiction, maintenue pendant deux siècles, d’adapter la bible en langue vulgaire finit par assimiler dans l’imaginaire collectif les traductions bibliques aux livres hérétiques dits « Gigliola Fragnito ». Plusieurs raisons justifiaient ces interdictions aux yeux des censeurs, principalement l’existence d’éditions altérées et commentées par des hérétiques, et la méfiance à l’égard d’une interprétation personnelle du texte révélé, que seule l’Église pouvait interpréter d’une façon authentique. Le contact direct avec les sources de la foi pouvait provoquer des remises en question et altérer la doctrine, la morale, et l’organisation de l’Église. Wikipedia
Le monothéisme devient une arme de guerre forgée tardivement pour permettre au peuple juif d’être et de durer, fût-ce au détriment des autres peuples. Il suppose une violence intrinsèque exterminatrice, intolérante, qui dure jusqu’aujourd’hui (…) les juifs inventent le génocide – le premier en date dans la littérature mondiale. Jean Soler
Le schéma judéo-chrétien s’impose, même à ceux qui se disent indemnes de cette religion. Jean Soler pense même le communisme et le nazisme dans la perspective schématique de ce modèle de pensée. Ainsi, chez Marx, le prolétariat joue le rôle du peuple élu, le monde y est vu en termes d’oppositions entre bien et mal, amis et ennemis, l’apocalypse (la guerre civile) annonce le millénarisme (la société sans classes). (…) Toujours selon Jean Soler, le monothéisme devient une arme de guerre forgée tardivement pour permettre au peuple juif d’être et de durer, fût-ce au détriment des autres peuples. Il suppose une violence intrinsèque exterminatrice, intolérante, qui dure jusqu’aujourd’hui. La vérité du judaïsme se trouve dans le christianisme qui universalise un discours d’abord nationaliste. (…) Bien sûr, il ne souhaite pas revenir au polythéisme antique, mais il propose que nous nous mettions enfin à l’école de la Grèce après plus de mille ans de domination judéo-chrétienne. Une Grèce qui ignore l’intolérance, la banalisation de la peine de mort, les guerres de destruction massive entre les cités ; une Grèce qui célèbre le culte des femmes ; une Grèce qui ignore le péché, la faute, la culpabilité ; une Grèce qui n’a pas souhaité l’extermination massive de ses adversaires ; une Grèce qui, à Athènes, où arrive saint Paul, avait édifié un autel au dieu inconnu comme preuve de sa générosité et de son hospitalité – cet autel fut décrété par Paul de Tarse l’autel de son dieu unique, le seul, le vrai. Constantin devait donner à Paul les moyens de son rêve. Michel Onfray
Dans certains des Psaumes l’esprit de haine nous frappe au visage comme la chaleur d’une fournaise. Dans d’autres cas, le même esprit cesse d’être effrayant mais c’est pour devenir (aux yeux de l’homme moderne) presque comique par sa naïveté. (…) Si nous excusons les poètes des Psaumes sous prétexte qu’ils n’étaient pas chrétiens, nous devrions pouvoir montrer que les auteurs païens expriment le même genre de choses et pire encore (….) Je peux trouver en eux de la lascivité, une bonne dose d’insensibilité brutale, une froide cruauté qui va de soi pour eux, mais certainement pas cette fureur ou cette profusion de haine…. La première impression que l’on en retire est que les Juifs étaient bien plus vindicatifs et acerbes que les païens. CS Lewis
Il y a une quantité incroyable de violence dans des pièces telles que Médée ou les Bacchantes, dans la tradition dionysiaque dans son ensemble qui est centrée sur le lynchage. L’Iliade n’est rien d’autre qu’une chaîne d’actes de vengeance ; mais ce que C. S. Lewis et Nietzsche disent sur cette question est sans doute vrai si le problème est défini de la façon qu’ils le définissent il, à savoir en termes non pas de pure quantité de violence exposée mais de l’intensité de la rancoeur ou du ressentiment. (…) Même si les Bacchantes d’Euripide ne sont pas loin de prendre la défense de la victime, en fin de compte elles ne le font pas. Le lynchage du roi Penthée de la propre main de sa mère et de ses sœurs est horrible certes, mais pas mauvais; il est justifié. Le roi Penthée est coupable de s’immiscer dans les rituels religieux des Bacchantes, coupable de s’opposer au dieu Dionysos lui-même. René Girard
On dit que les Psaumes de la Bible sont violents, mais qui s’exprime dans les psaumes, sinon les victimes des violences des mythes : “Les taureaux de Balaam m’encerclent et vont me lyncher”? Les Psaumes sont comme une fourrure magnifique de l’extérieur, mais qui, une fois retournée, laisse découvrir une peau sanglante. Ils sont typiques de la violence qui pèse sur l’homme et du recours que celui-ci trouve dans son Dieu. René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard 
Ce qui apparait comme une faiblesse est peut-être la clé de son succès. La Bible donne à chaque génération une liberté essentielle d’appropriation et de relecture. (…) La Bible, c’est tout le contraire de « L’Odyssée ». Son imperfection formelle est la preuve de sa véracité. Dieu ne peut être un poète, les poètes mentent, Dieu, Lui, dit le vrai … Jean-Christophe Attias
Une « trigger », ou en français un déclencheur, c’est un contenu — des mots, des images, un son, parfois même une odeur — qui déclenche chez quelqu’un ayant vécu un évènement traumatisant le souvenir de cet évènement, parfois suivi de moments très difficiles comme des crises d’angoisse, des flashbacks et d’autres éléments qui se retrouvent notamment dans le trouble de stress post-traumatique. Pour prendre un exemple qui risque de ne pas déranger trop de monde : si vous êtes phobique, disons, des lapins et que vous étiez dans un parc à boire un Coca quand une boule de poils à oreilles vous a soudain sauté sur le pied, il est possible que le goût ou la vue du Coca vous cause un sentiment de malaise, sans forcément que vous ne vous en rendiez compte. La plupart des déclencheurs concernent des choses plus sérieuses, comme des agressions, des viols, et d’autres traumatismes très violents. Mademoizelle.com
Frankly it seems this is sort of an inevitable movement toward people increasingly expecting physical comfort and intellectual comfort in their lives. It is only going to get harder to teach people that there is a real important and serious value to being offended. Part of that is talking about deadly serious and uncomfortable subjects. Greg Lukianoff (president of the Foundation for Individual Rights in Education)
On college campuses across the country, a growing number of students are demanding trigger warnings on class content. Many instructors are obliging with alerts in handouts and before presentations, even emailing notes of caution ahead of class. At Scripps College, lecturers give warnings before presenting a core curriculum class, the “Histories of the Present: Violence, » although some have questioned the value of such alerts when students are still required to attend class. Oberlin College has published an official document on triggers, advising faculty members to « be aware of racism, classism, sexism, heterosexism, cissexism, ableism, and other issues of privilege and oppression, » to remove triggering material when it doesn’t « directly » contribute to learning goals and « strongly consider » developing a policy to make « triggering material » optional. Chinua Achebe’s Things Fall Apart, it states, is a novel that may « trigger readers who have experienced racism, colonialism, religious persecution, violence, suicide and more. » Warnings have been proposed even for books long considered suitable material for high-schoolers: Last month, a Rutgers University sophomore suggested that an alert for F. Scott Fitzgerald’s The Great Gatsby say, « TW: suicide, domestic abuse and graphic violence. » (… and now that they’ve entered university classrooms, it’s only a matter of time before warnings are demanded for other grade levels. As students introduce them in college newspapers, promotional material for plays, even poetry slams, it’s not inconceivable that they’ll appear at the beginning of film screenings and at the entrance to art exhibits. Will newspapers start applying warnings to articles about rape, murder, and war? (…) Issuing caution on the basis of potential harm or insult doesn’t help us negotiate our reactions; it makes our dealings with others more fraught. As Breslin pointed out, trigger warnings can have the opposite of their intended effect, luring in sensitive people (and perhaps connoisseurs of graphic content, too). More importantly, they reinforce the fear of words by depicting an ever-expanding number of articles and books as dangerous and requiring of regulation. By framing more public spaces, from the Internet to the college classroom, as full of infinite yet ill-defined hazards, trigger warnings encourage us to think of ourselves as more weak and fragile than we really are. (…)  Trigger warnings are presented as a gesture of empathy, but the irony is they lead only to more solipsism, an over-preoccupation with one’s own feelings—much to the detriment of society as a whole. Structuring public life around the most fragile personal sensitivities will only restrict all of our horizons. Engaging with ideas involves risk, and slapping warnings on them only undermines the principle of intellectual exploration. We cannot anticipate every potential trigger—the world, like the Internet, is too large and unwieldy. But even if we could, why would we want to? Bending the world to accommodate our personal frailties does not help us overcome them. Jenny Jarvie
For those who have not yet caught up with it, in the academic world the phrase « trigger warning » means alerting students to books that might « trigger » deleterious emotional effects. Should a Jewish student be asked to read « Oliver Twist » with its anti-Semitic caricature of Fagin, let alone « The Merchant of Venice, » whose central figure is the Jewish usurer Shylock? Should African-American students be required to read « Huckleberry Finn, » with its generous use of the « n-word, » or « Heart of Darkness, » which equates the Congo with the end of rational civilization? Should students who are ardent pacifists be made to read about warfare in Tolstoy and Stendhal, or for that matter the Iliad? As for gay and lesbian students, or students who have suffered sexual abuse, or those who have a physical handicap . . . one could go on. Pointing out the potentially damaging effects of books began, like so much these days, on the Internet, where intellectual Samaritans began listing such emotionally troublesome books on their blogs. Before long it was picked up by the academy. (…) Suddenly women, African-Americans, and (later) gay and lesbian professors began teaching, in effect, themselves. No serious university could do business without an African-American Studies Department. Many female professors created and found an academic home in something called Gender Studies, which turned out to be chiefly about the suppression of women, just as African-American Studies was chiefly about the historical and contemporary maltreatment of blacks. Something called Queer Studies came next, with gays and lesbians instructing interested students in the oppression of homosexuals. Over time, the themes of gender, class and race were insinuated into the softer social sciences and much of the humanities. They have established a reign of quiet academic terror, and that has made the university a very touchy place indeed. (…) University presidents and their increasingly large army of administrators have by now a 50-year tradition of cowardice. They do not clamp down when students reject the visits on their campuses of such courageous or accomplished women as Ayaan Hirsi Ali, Christine Lagarde or Condoleezza Rice because their views are not perfectly congruent with the students’ own jejune beliefs. When students and younger faculty line up behind the morally obtuse anti-Israel BDS (Boycott, Divest, Sanction) movement, wiser heads do not prevail, for the good reason that there are no wiser heads. The inmates, fair to say, are running the joint. The trigger warning is another passage in the unfinished symphony of political correctness. If the universities do not come out against attacks on freedom of speech, why should they oppose the censorship implicit in trigger warnings? The main point of these warnings, as with all political correctness, is to protect the minority of the weak, the vulnerable, the disheartened or the formerly discriminated against, no matter what the price in civility, scholarly integrity and political sanity. Do they truly require such protection, even at the price of genuine education? Nearly 200 years ago Alexis de Tocqueville, in his book on American democracy, feared the mob of the majority. In the American university today that mob looks positively pusillanimous next to the mob of the minority. Joseph Epstein
The bible is a raw, sometimes bleeding text, pulsing with fear and bitterness and the crumbling of will in the face of temptation. I believe that this very rawness is responsible for its endurance. Because what is raw is also tender, and it is in this tender place where real transformation happens. The bible does not shy away from our vulnerabilities, nor does it seek to accommodate them. Instead, when read with an honest mind (which is, regrettably, not a universal phenomenon), it exposes us to them, and ultimately ourselves. It is this intrinsically unapologetic nature of the text, its refusal to soothe or conceal, which not so long ago took me by great surprise and ultimately drew me in. (…) I lack the vitriol some feel against those who are trying to make trigger warnings happen. Those students are well-meaning and want to protect the people among them who have experienced trauma. But the question is, what are they really protecting them from? If it’s from reading something that might take them outside their comfort zone, that might cause more harm than good. (With exception, of course, of serious cases of PTSD.) As Los Angeles Times’ Megan Daum wrote in her column on the topic, we are already self-censoring enough: “Liberals stay away from Fox News. Conservatives shield themselves from MSNBC. We choose to live in particular neighborhoods or regions in part because we want neighbors who share our values. We rant away on social media, but we’re usually just talking to people who already agree with us. We call that an echo chamber, but isn’t it also a way of living inside one big trigger warning?” If the ban is an attempt to shield some individuals from others’ insensitive comments, well this is what a good professor should help out with through the facilitation of nuanced conversation that makes everyone uncomfortable and not just those with a troubled personal connection. When everyone is vulnerable, everyone grows, through the development of empathy for others or a reckoning with their past. This is how we prepare students for a big bad world filled with wounded people and devoid of trigger-warnings. The bible has long-served a similar role. Its nakedness pushes those of us who study it to strip down too, and contemplate just what is at stake for ourselves and those around us. It does not shy away from the dark matter of life, and so we should not shy away from it or any other of the good books that do the same, because reading them together is how we grow. Elissa Strauss

Ames sensibles s’abstenir !

Violence massive (déluge, apocalypse), lapidation, épuration ethnique, sacrifice humain et animal, génocide, infanticide, fillicide, suicide (Saül, Samson et Judas), racisme, colonialisme, hétérosexisme, cisexisme, handicapisme, sadomasochisme, misogynie, homophobie, transphobie, viols, inceste, sexe, sang, insectes …

Alors qu’après les pays musulmans et l’Italie et avec ses places de stationnement réservées (et plus larges et plus longues, s’il vous plait !), la Corée traite la féminité comme un handicap …

Et après le test féministe dit de Bechdel et la signalisation interdit au moins de 14 ans pour le film …

Et alors qu’après les sites féminins et qu’entre Shakespeare, Twain, Dickens, Tolstoy et Stendahl, les universités américaines s’y mettent à leur tour…

Ne devrions-nous pas réfléchir, avant son interdiction ou incinération définitive, à une signalisation contenu sensible systématique (« trigger warnings » en anglais) pour l’un des plus violents et pernicieux livres de la planète et de l’histoire ?

Should the Bible Have a Trigger Warning?
The Good Book Exposes Our Vulnerabilities — As It Should
Warning: May contain war, slavery, rape, deceit, plagues, smiting or apocalypse.
Elissa Strauss
May 25, 2014

You know what could use a trigger warning? The bible. If any book merits a note of caution it is the one that is colloquially referred to as good.

In the recent debate over whether colleges should warn students of material that deals with potentially post-traumatic stress syndrome inducing topics like war, sexual violence, racism, and anti-Semitism, I couldn’t help but think about how the raw and vulgar bible has sat warning-less for centuries.

Students at the University of California Santa Barbara and Oberlin College believe novels like Chinua Achebe’s “Things Fall Apart” (for racial violence) and “The Great Gatsby” (for misogynistic violence) should be presented with a warning label, all the while the world’s most popular book, easily found at safe-seeming places like churches, synagogues and hotel rooms, is brimming with much worse.

The bible is a book without heroes or hagiography; there’s hardly a character who fails to misstep. Instead we get war, slavery, rape, deceit, plagues, smiting, apocalypses and, in some ways the most threatening of them all: soul-crushing doubt in the Almighty. And yet, historically speaking, how many soldiers, victims of sexual assault and believers have found comfort in its words?

For many of us today the bible is the stuff of myth or tribal tales, but in previous generations many took it as God’s word. Imagine the horror of reading about not just people but also God’s capacity for violence while also believing that God was the author.

So why didn’t the architects of the bible (you might believe it is God, I believe it was various people over time) try to do some damage control? If not by way of slapping a warning on the cover, at least in the editing of the text?

Thank God they didn’t.

The bible is a raw, sometimes bleeding text, pulsing with fear and bitterness and the crumbling of will in the face of temptation. I believe that this very rawness is responsible for its endurance.

Because what is raw is also tender, and it is in this tender place where real transformation happens. The bible does not shy away from our vulnerabilities, nor does it seek to accommodate them. Instead, when read with an honest mind (which is, regrettably, not a universal phenomenon), it exposes us to them, and ultimately ourselves.

It is this intrinsically unapologetic nature of the text, its refusal to soothe or conceal, which not so long ago took me by great surprise and ultimately drew me in.

Until five years ago, I had never read the bible and knew of it only through the second-hand sanitized versions I learned at Hebrew school or from watching Disney movies. If I hadn’t been invited to be an artist fellow at LABA, a laboratory for Jewish culture which hosts a non-religious house of study, I am not sure I would have ever gotten around to it. So entranced I became with the unsparing nature of the text on human behavior, I eventually became co-director of the house of study.

Every year as new fellows come study with us, many of whom who have also never read the text, I see them go through the same experience of being caught off guard and shaken up by the piercing directness of the bible. They are triggered, and it is from that place that they are inspired to create.

I lack the vitriol some feel against those who are trying to make trigger warnings happen. Those students are well-meaning and want to protect the people among them who have experienced trauma. But the question is, what are they really protecting them from?

If it’s from reading something that might take them outside their comfort zone, that might cause more harm than good. (With exception, of course, of serious cases of PTSD.) As Los Angeles Times’ Megan Daum wrote in her column on the topic, we are already self-censoring enough: “Liberals stay away from Fox News. Conservatives shield themselves from MSNBC. We choose to live in particular neighborhoods or regions in part because we want neighbors who share our values. We rant away on social media, but we’re usually just talking to people who already agree with us. We call that an echo chamber, but isn’t it also a way of living inside one big trigger warning?”

If the ban is an attempt to shield some individuals from others’ insensitive comments, well this is what a good professor should help out with through the facilitation of nuanced conversation that makes everyone uncomfortable and not just those with a troubled personal connection. When everyone is vulnerable, everyone grows, through the development of empathy for others or a reckoning with their past. This is how we prepare students for a big bad world filled with wounded people and devoid of trigger-warnings.

The bible has long-served a similar role. Its nakedness pushes those of us who study it to strip down too, and contemplate just what is at stake for ourselves and those around us. It does not shy away from the dark matter of life, and so we should not shy away from it or any other of the good books that do the same, because reading them together is how we grow.

Elissa Strauss is a contributing editor to the Forward.

Voir aussi:

What ‘trigger warning’ would the Bible get?
Valerie Strauss
WP
May 23 2014

A ”trigger warning” is a short statement on a written piece of work or even a television show ( think Law and Order: Special Victims Unit) noting that the material may be sexually graphic, violent or in some other way upsetting. This month The New York Times ran a story by Jennifer Medina about the warnings that has sparked a stream of articles in magazines, newspapers and blogs about the subject, many of them ridiculing the idea.

The article, which noted that these warnings ”have their ideological roots in feminist thought,” discussed the traction that “trigger warnings” have gotten on some college campuses this year, with students pushing administrators to institute them. For example, a piece written by Philip Wythe, a sophomore, in the student newspaper at Rutgers University last February, said:

[L]iterature courses often examine works with grotesque, disturbing and gruesome imagery within their narratives. For instance, F. Scott Fitzgerald’s critically acclaimed novel, “The Great Gatsby,” possesses a variety of scenes that reference gory, abusive and misogynistic violence. Virginia Woolf’s famous cerebral narrative, “Mrs. Dalloway,” paints a disturbing narrative that examines the suicidal inclinations and post-traumatic experiences of an English war veteran. And Junot Diaz’s critically acclaimed work, “This is How You Lose Her,” observes domestic violence and misogynistic culture in disturbing first-person narrations….

Reaching a compromise between protecting students and defending their civil liberties is imperative to fulfilling the educational potential of our University’s undergraduates. Within social justice circles, many activists have reached this compromise by implementing “trauma trigger warnings:” a safety system that allows full artistic expression, as well as psychological protection for those who need it.

Trauma trigger warnings are a minimalistic description that tag articles, literature and other works of art for traumatic content. These triggers can cover a variety of topics — from graphic violence to drug abuse — and are intended as vague, abstract descriptions of a work’s content. For instance, one trigger warning for “The Great Gatsby” might be: (TW: “suicide,” “domestic abuse” and “graphic violence.”)

Also in February, members of the student government at the University of California at Santa Barbara passed a resolution called “A Resolution to Mandate Warnings For Triggering Content in Academic Settings,” (see text below) that urges “the instructor of any course that includes triggering content to list trigger warnings on the syllabus.” It urges school officials to meet with students to develop a way for professors to create “trigger warnings” for material including “Rape, Sexual Assault, Abuse, Self-Injurious Behavior, Suicide, Graphic Violence, Pornography, Kidnapping, and Graphic Depictions of Gore.”

There was trigger activity on some other campuses too. The Times story reports, for example, that Oberlin College wrote a draft guide on “trigger warnings” that said, before it was withdrawn for further work:

Triggers are not only relevant to sexual misconduct, but also to anything that might cause trauma. Be aware of racism, classism, sexism, heterosexism, cissexism, ableism, and other issues of privilege and oppression. Realize that all forms of violence are traumatic, and that your students have lives before and outside your classroom, experiences you may not expect or understand.

In March, the student newspaper at the University of California Santa Barbara, The Daily Nexus, published a letter by the student who initiated the resolution, Bailey Loverin, explaining her reasons for taking the action. In early April, the student newspaper published another article, by Marissa Wenzke, further explaining the resolution, saying:

… even while protecting freedoms so crucial to higher education, we must recognize the legitimacy behind the intentions that lie behind this resolution. One of the arguments against this bill claims it would act as a crutch for students who do not wish to be challenged with potentially offensive material, essentially boiling it down to “just get over it.” We’d invite everyone who stands behind this to imagine the most terrifying or painful moment of your life, and then imagine being spontaneously forced to relive that moment in the middle of a lecture in Campbell Hall.

Two days after The New York Times article was posted to the newspaper website on May 17, the newspaper published a piece on its website by Loverin defending the resolution again. What followed was a flood of negative commentary by critics concerned that trigger warnings would amount to censorship, prior restraint and an assault on academic freedom, including an editorial by The Los Angeles Times with this title: “Warning: College students, this editorial may upset you.” It said in part:

The student resolution is only advisory, a recommendation that campus authorities can turn into policy or reject. They should not only choose the latter course but should explain firmly to students why such a policy would be antithetical to all that college is supposed to provide: a rich and diverse body of study that often requires students to confront difficult or uncomfortable material, and encourages them to discuss such topics openly. Trigger warnings are part of a campus culture that is increasingly overprotective and hypersensitive in its efforts to ensure that no student is ever offended or made to feel uncomfortable.

A piece in The New Yorker by Jay Caspian Kang noted other reaction:

Social media, which mostly acts as an agreement machine whenever the liberal consensus squares off with a more radical cousin, seemed to confirm my annoyance [at the idea of trigger warnings]. The novelist Darin Strauss tweeted, “Trigger Warning: All human experience.” Matt Bai, a national columnist for Yahoo News, added, “Maybe the entire Web should have ‘trigger warning’ so I never have to feel uncomfortable or challenged.” Colson Whitehead joined in: “Your face should have a trigger warning for reminding me you exist.” There were dozens of other examples, from jokey to dire, and, by the time the news cycle kicked up on Tuesday, op-eds questioning the use of trigger warnings had been published in the Guardian, the Atlantic, and Mother Jones.

Then there was this reaction on the blog of the UCLA Faculty Association, which raises an issue that may put the idea of trigger warnings in some perspective: What kind of trigger warning would be put on the Bible. It would, the post says, start “with nudity and fratricide in the Garden of Eden and moving on to mass drowning (Noah), polygamy, adultery, etc.”

Sarah Dictum wrote in New Statesman that Shakespeare would surely need a trigger warning too, if trigger warnings ever became policy anywhere:

There are the obvious horrors, like Titus Andronicus with its hideous maternally-directed rape (“Away with her and use her as you will./The worse to her, the better loved of me”) and subsequent mutilation of the victim. But then there are the comedies, which even at their merriest contain intimations of rape. Measure for Measure hinges entirely on a woman being coerced into intercourse to save her brother’s life. Problem play? More like problematic play. Get behind the tape.

Here’s a draft version of the resolution that the UC Santa Barbara students passed in late February:

A Resolution to Mandate Warnings For Triggering Content in Academic Settings (02262014:61) – February 25, 2014

Resolution #805

by Nikki Calderon & Second: Derek Wakefield

Student Sponsor: Bailey Loverin

Resolution Liaison:

Whereas: UCSB CARE (Campus Advocacy Resources & Education) reports that: 1 in 4 college women will be sexually assaulted during her academic career,; 1 in 4 women will experience domestic violence; and 1 in 33 men will experience attempted or completed rape. Therefore this is a pertinent and widespread issue that should be acknowledged on campus. (maybe, but this may be better as a separate whereas at the end)

Whereas: Triggers are not limited to sexual assault and violence.

Whereas: Trigger Warnings should be used for content not covered by the rating system used by the MPAA or TV warnings (such as contains violence, nudity or, language).

Whereas: The current suggested list of Trigger Warnings includes Rape, Sexual Assault, Abuse, Self-Injurious Behavior, Suicide, Graphic Violence, Pornography, Kidnapping, and Graphic Depictions of Gore.

Whereas: Triggers are a symptom of PTSD (Post Traumatic Stress Disorder).

Whereas: UCSB Disabled Students Program recognizes PTSD as a disability.

Whereas: Having memories or flashbacks triggered can cause the person severe emotional, mental, and even physical distress. These reactions can affect a student’s ability to perform academically.

Whereas: College level courses may contain materials with mature content. These particularly affect students if material is being read in the classroom or a film is being screened, as the student cannot choose to stop being exposed to the material.

Whereas: Including trigger warnings is not a form of criticism or censorship of content. In addition, it does not restrict academic freedom but simply requests the respect and acknowledgement of the affect of triggering content on students with PTSD, both diagnosed and undiagnosed.

Whereas: Being informed well in advance of triggering content allows students to avoid a potentially triggering situation without public attention. Having a trigger warning on a syllabus allows a student the choice to be presentgives a student advance notice of possible triggers and the choice to be present or not instead of having to leave in the middle of a class or lecture.

Therefore let it be resolved by the Associated Students in the Senate Assembled:

That the Associated Students of UC Santa Barbara urge the instructor of any course that includes triggering content to list trigger warnings on the syllabus.

Let it further be resolved that: AS Senate urges the instructor of any course that includes triggering content to not dock points from a student’s overall grade for being absent or leaving class early if the reason for the absence is the triggering content.

Let it further be resolved that: AS Senate directs the Student Advocate General Kristian Whittaker to appoint a staff member to review and update the list of Trigger Warnings as needed in collaboration with RCSGD (Resource Center for Sexual and Gender Diversity) and The Women’s Center.

Let it further be resolved that: AS Senate direct External Vice President of Statewide Affairs Alex Choate to bring this to the attention of the UCSA Board at the next board meeting and to advocate for a policy change to reflect the directions of this resolution on a UC wide level.

Let it further be resolved that: AS Senate directs AS President Jonathon Abboud to bring this to the attention of the Academic Senate and advocate for a policy change to reflect the directions of this resolution.

Let it finally be resolved that: AS Senate recognizes the support and passing of this resolution as a stronger stance taken by UCSB against issues of sexual harassment and violence.

Fiscal Impact: $0 from the account.

A New Entry in the Annals of Academic Cravenness
If colleges won’t stick up for free speech, why would they oppose the implicit censorship of ‘trigger warnings’?
Joseph Epstein
WSJ
May 27, 2014

For those who have not yet caught up with it, in the academic world the phrase « trigger warning » means alerting students to books that might « trigger » deleterious emotional effects. Should a Jewish student be asked to read « Oliver Twist » with its anti-Semitic caricature of Fagin, let alone « The Merchant of Venice, » whose central figure is the Jewish usurer Shylock? Should African-American students be required to read « Huckleberry Finn, » with its generous use of the « n-word, » or « Heart of Darkness, » which equates the Congo with the end of rational civilization? Should students who are ardent pacifists be made to read about warfare in Tolstoy and Stendhal, or for that matter the Iliad? As for gay and lesbian students, or students who have suffered sexual abuse, or those who have a physical handicap . . . one could go on.

Pointing out the potentially damaging effects of books began, like so much these days, on the Internet, where intellectual Samaritans began listing such emotionally troublesome books on their blogs. Before long it was picked up by the academy. At the University of California at Santa Barbara, the student government suggested that all course syllabi contain trigger warnings. At Oberlin College the Office of Equity Concerns advised professors to steer clear of works that might be interpreted as sexist or racist or as vaunting violence.

Movies have of course long been rated and required to note such items as Adult Language, Violence, Nudity—ratings that are themselves a form of trigger warning. Why not books, even great classic books? The short answer is that doing so insults the intelligence of those supposedly serious enough to attend college by suggesting they must not be asked to read anything that fails to comport with their own beliefs or takes full account of their troubled past experiences.

Trigger warnings logically follow from the recent history of American academic life. This is a history in which demographic diversity has triumphed over intellectual standards and the display of virtue over the search for truth. So much of this history begins in good intentions and ends in the tyranny of conformity.

Sometime in the 1950s, American universities determined to acquire students from less populous parts of the country to give their institutions the feeling of geographical diversity. In the 1960s, after the great moral victories of the civil-rights movement, the next obvious step was racial preferences, which allowed special concessions to admit African-American students. In conjunction with this, black professors were felt to be needed to teach these students and, some said, serve as role models. Before long the minority of women among the professoriate was noted. This, too, would soon be amended. « Harvard, » I remember hearing around this time, « is looking for a good feminist. »

All this, most reasonable people would concur, was fair enough. Then things took a radical twist. Suddenly women, African-Americans, and (later) gay and lesbian professors began teaching, in effect, themselves. No serious university could do business without an African-American Studies Department. Many female professors created and found an academic home in something called Gender Studies, which turned out to be chiefly about the suppression of women, just as African-American Studies was chiefly about the historical and contemporary maltreatment of blacks. Something called Queer Studies came next, with gays and lesbians instructing interested students in the oppression of homosexuals.

Over time, the themes of gender, class and race were insinuated into the softer social sciences and much of the humanities. They have established a reign of quiet academic terror, and that has made the university a very touchy place indeed.

Meanwhile many of those students who in the late 1960s arose in protest have themselves come to prominence and even to eminence as professors in their 60s and early 70s. Having fought in their youth against what they thought the professorial old-boy network, they now find themselves old boys. Unable to discover a way to replace the presumably unjust society that they once sought to topple, they currently tend to stand aside when students and younger professors cavort in bumptious protest, lest they themselves be thought, God forfend, part of the problem.

University presidents and their increasingly large army of administrators have by now a 50-year tradition of cowardice. They do not clamp down when students reject the visits on their campuses of such courageous or accomplished women as Ayaan Hirsi Ali, Christine Lagarde or Condoleezza Rice because their views are not perfectly congruent with the students’ own jejune beliefs. When students and younger faculty line up behind the morally obtuse anti-Israel BDS (Boycott, Divest, Sanction) movement, wiser heads do not prevail, for the good reason that there are no wiser heads. The inmates, fair to say, are running the joint.

The trigger warning is another passage in the unfinished symphony of political correctness. If the universities do not come out against attacks on freedom of speech, why should they oppose the censorship implicit in trigger warnings? The main point of these warnings, as with all political correctness, is to protect the minority of the weak, the vulnerable, the disheartened or the formerly discriminated against, no matter what the price in civility, scholarly integrity and political sanity. Do they truly require such protection, even at the price of genuine education?

Nearly 200 years ago Alexis de Tocqueville, in his book on American democracy, feared the mob of the majority. In the American university today that mob looks positively pusillanimous next to the mob of the minority.

Mr. Epstein’s latest book is « A Literary Education and Other Essays, » published this week by Axios Press.

Voir aussi:

Trigger Happy The « trigger warning » has spread from blogs to college classes. Can it be stopped?
Jenny Jarvie
The New Republic
March 3, 2014

The headline above would, if some readers had their way, include a « trigger warning »—a disclaimer to alert you that this article contains potentially traumatic subject matter. Such warnings, which are most commonly applied to discussions about rape, sexual abuse, and mental illness, have appeared on message boards since the early days of the Web. Some consider them an irksome tic of the blogosphere’s most hypersensitive fringes, and yet they’ve spread from feminist forums and social media to sites as large as the The Huffington Post. Now, the trigger warning is gaining momentum beyond the Internet—at some of the nation’s most prestigious universities.

Last week, student leaders at the University of California, Santa Barbara, passed a resolution urging officials to institute mandatory trigger warnings on class syllabi. Professors who present « content that may trigger the onset of symptoms of Post-Traumatic Stress Disorder » would be required to issue advance alerts and allow students to skip those classes. According to UCSB newspaper The Daily Nexus, Bailey Loverin, the student who sponsored the proposal, decided to push the issue after attending a class in which she “felt forced” to sit through a film that featured an “insinuation” of sexual assault and a graphic depiction of rape. A victim of sexual abuse, she did not want to remain in the room, but she feared she would only draw attention to herself by walking out.

On college campuses across the country, a growing number of students are demanding trigger warnings on class content. Many instructors are obliging with alerts in handouts and before presentations, even emailing notes of caution ahead of class. At Scripps College, lecturers give warnings before presenting a core curriculum class, the “Histories of the Present: Violence, » although some have questioned the value of such alerts when students are still required to attend class. Oberlin College has published an official document on triggers, advising faculty members to « be aware of racism, classism, sexism, heterosexism, cissexism, ableism, and other issues of privilege and oppression, » to remove triggering material when it doesn’t « directly » contribute to learning goals and « strongly consider » developing a policy to make « triggering material » optional. Chinua Achebe’s Things Fall Apart, it states, is a novel that may « trigger readers who have experienced racism, colonialism, religious persecution, violence, suicide and more. » Warnings have been proposed even for books long considered suitable material for high-schoolers: Last month, a Rutgers University sophomore suggested that an alert for F. Scott Fitzgerald’s The Great Gatsby say, « TW: suicide, domestic abuse and graphic violence. »

What began as a way of moderating Internet forums for the vulnerable and mentally ill now threatens to define public discussion both online and off. The trigger warning signals not only the growing precautionary approach to words and ideas in the university, but a wider cultural hypersensitivity to harm and a paranoia about giving offense. And yet, for all the debate about the warnings on campuses and on the Internet, few are grappling with the ramifications for society as a whole.

Not everyone seems to agree on what the trigger warning is, let alone how it should be applied. Initially, trigger warnings were used in self-help and feminist forums to help readers who might have post traumatic stress disorder to avoid graphic content that might cause painful memories, flashbacks, or panic attacks. Some websites, like Bodies Under Siege, a self-injury support message board, developed systems of adding abbreviated topic tags—from SI (self injury) to ED (eating disorders)—to particularly explicit posts. As the Internet grew, warnings became more popular, and critics began to question their use. In 2010, Susannah Breslin wrote in True/Slant that feminists were applying the term « like a Southern cook applies Pam cooking spray to an overused nonstick frying pan »—prompting Feministing to call her a « certifiable asshole, » and Jezebel to lament that the debate has « been totally clouded by ridiculous inflammatory rhetoric. »

The term only spread with the advent of social media. In 2012, The Awl’s Choire Sicha argued that it had « lost all its meaning. » Since then, alerts have been applied to topics as diverse as sex, pregnancy, addiction, bullying, suicide, sizeism, ableism, homophobia, transphobia, slut shaming, victim-blaming, alcohol, blood, insects, small holes, and animals in wigs. Certain people, from rapper Chris Brown to sex columnist Dan Savage, have been dubbed “triggering.” Some have called for trigger warnings for television shows such as « Scandal » and « Downton Abbey. » Even The New Republic has suggested the satirical news site, The Onion, carry trigger warnings.

At the end of last year, Slate declared 2013 the « Year of the Trigger Warning,” noting that such alerts had become the target of humor. Jezebel, which does not issue trigger warnings, raised hackles in August by using the term as a headline joke: « It’s Time To Talk About Bug Infestations [TRIGGER WARNING]. » Such usage, one critic argued, amounted to « trivializing » such alerts and « trolling people who believe in them. » And in Britain, Suzanne Moore, a feminist columnist for The Guardian, was taken to task when she put a trigger warning on her Twitter bioline, mocking those who followed her feeds only to claim offense. Some critics have ridiculed her in turn: « Trigger warning, @Suzanne_moore is talking again. » (Moore’s Twitter bio now reads, « Media Whore. »)

The backlash has not stopped the growth of the trigger warning, and now that they’ve entered university classrooms, it’s only a matter of time before warnings are demanded for other grade levels. As students introduce them in college newspapers, promotional material for plays, even poetry slams, it’s not inconceivable that they’ll appear at the beginning of film screenings and at the entrance to art exhibits. Will newspapers start applying warnings to articles about rape, murder, and war? Could they even become a regular feature of speech? « I was walking down Main Street last night when—trigger warning—I saw an elderly woman get mugged. »

The « Geek Feminism Wiki » states that trigger warnings should be used for « graphic descriptions or extensive discussion » of abuse, torture, self-harm, suicide, eating disorders, body shaming, and even « psychologically realistic » depictions of the mental state of people suffering from those; it notes that some have gone further, arguing for warnings before the « depiction or discussion of any consensual sexual activity [and] of discriminatory attitudes or actions, such as sexism or racism. » The definition on the Queer Dictionary Tumblr is similar, but expands warnings even to discussion of statistics on hate crimes and self-harming.

As the list of trigger warning–worthy topics continues to grow, there’s scant research demonstrating how words « trigger » or how warnings might help. Most psychological research on P.T.S.D. suggests that, for those who have experienced trauma, « triggers » can be complex and unpredictable, appearing in many forms, from sounds to smells to weather conditions and times of the year. In this sense, anything can be a trigger—a musky cologne, a ditsy pop song, a footprint in the snow.

As a means of navigating the Internet, or setting the tone for academic discussion, the trigger warning is unhelpful. Once we start imposing alerts on the basis of potential trauma, where do we stop? One of the problems with the concept of triggering—understanding words as devices that activate a mechanism or cause a situation—is it promotes a rigid, overly deterministic approach to language. There is no rational basis for applying warnings because there is no objective measure of words’ potential harm. Of course, words can inspire intense reactions, but they have no intrinsic danger. Two people who have endured similarly painful experiences, from rape to war, can read the same material and respond in wholly different ways.

Issuing caution on the basis of potential harm or insult doesn’t help us negotiate our reactions; it makes our dealings with others more fraught. As Breslin pointed out, trigger warnings can have the opposite of their intended effect, luring in sensitive people (and perhaps connoisseurs of graphic content, too). More importantly, they reinforce the fear of words by depicting an ever-expanding number of articles and books as dangerous and requiring of regulation. By framing more public spaces, from the Internet to the college classroom, as full of infinite yet ill-defined hazards, trigger warnings encourage us to think of ourselves as more weak and fragile than we really are.

What’s more, the fear of triggers risks narrowing what we’re exposed to. Raechel Tiffe, an assistant professor in Communication Arts and Sciences at Merrimack College, Massachusetts, described a lesson in which she thought everything had gone well, until a student approached her about a clip from the television musical comedy, « Glee, » in which a student commits suicide. For Tiffe, who uses trigger warnings for sexual assault and rape, the incident was a « teaching moment »—not for the students, but for her to be more aware of the breadth of students’ sensitivities.

As academics become more preoccupied with students’ feelings of harm, they risk opening the door to a never-ending litany of requests. Last month, students at Wellesley College protested a sculpture of a man in his underwear because, according to the Change.org petition, it was a source of « triggering thoughts regarding sexual assault. » While the petition acknowledged the sculpture may not disturb everyone on campus, it insisted we share a “responsibility to pay attention to and attempt to answer the needs of all of our community members. » Even after the artist explained that the figure was supposed to be sleepwalking, students continued to insist it be moved indoors.

Trigger warnings are presented as a gesture of empathy, but the irony is they lead only to more solipsism, an over-preoccupation with one’s own feelings—much to the detriment of society as a whole. Structuring public life around the most fragile personal sensitivities will only restrict all of our horizons. Engaging with ideas involves risk, and slapping warnings on them only undermines the principle of intellectual exploration. We cannot anticipate every potential trigger—the world, like the Internet, is too large and unwieldy. But even if we could, why would we want to? Bending the world to accommodate our personal frailties does not help us overcome them.

Jenny Jarvie is an Atlanta-based writer whose work has appeared in the Los Angeles Times, Atlantic Cities, Poetry Magazine, and the Sunday Telegraph.

Voir également:

Trigger Warnings and the Novelist’s Mind
Jay Caspian Kang
The New Yorker
May 22, 2014

During a graduate-school lecture on “Lolita,” my professor stood up in front of a crowded classroom and said something I have never been able to shake: “When you read ‘Lolita,’ keep in mind that what you’re reading about is the systematic rape of a young girl.”

I had read “Lolita” in high school and then again in college, when it became my personal literary liquor store—whenever I got stuck in a scene, or whenever my prose felt flat or typical, I’d open “Lolita” to a random page and steal something. My professor’s pronouncement felt too didactic, too political, and, although I tried to put it out of my mind and enjoy “Lolita” ’s cunning, surprising games with language, I could no longer pick up the book without feeling the weight of his judgment. The professor wasn’t wrong to point out the obvious about Humbert and Dolores Haze, and I don’t believe—at least not completely—that literature should only be examined as an object unto itself, detached from time and history, but I haven’t read “Lolita” since.

I thought of that professor and his unwelcome intrusion when I read a page-one story in last week’s Times about how several colleges across the country have considered placing “trigger warnings” in front of works of art and literature that may cause a student to relive a traumatic experience. For example, a student might be forewarned that J. M. Coetzee’s “Disgrace” details colonial violence, racism, and rape with a note on the class syllabus that would read something like “Trigger Warning: This book contains scenes of colonialism, racism, and rape, which may be upsetting to students who have experienced colonialism, racism, or rape.”

The story’s headline, “WARNING: THE LITERARY CANON COULD MAKE STUDENTS SQUIRM,” and the inclusion of some seemingly innocuous titles, like “The Great Gatsby,” as candidates for such warnings, dredged up all my distaste for my professor’s prescriptive reading of “Lolita.” If he could produce such a chilling effect, what harm could a swarm of trigger warnings—each one reducing a work of literature to its ugliest plot points—inflict on the literary canon? What would “Trigger Warning: This novel contains racism” do to a reading of Ralph Ellison’s “Invisible Man”? What would “Trigger Warning: Rape, racism, and sexual assault” do to a reading of Toni Morrison’s “Beloved”?

Social media, which mostly acts as an agreement machine whenever the liberal consensus squares off with a more radical cousin, seemed to confirm my annoyance. The novelist Darin Strauss tweeted, “Trigger Warning: All human experience.” Matt Bai, a national columnist for Yahoo News, added, “Maybe the entire Web should have ‘trigger warning’ so I never have to feel uncomfortable or challenged.” Colson Whitehead joined in: “Your face should have a trigger warning for reminding me you exist.” There were dozens of other examples, from jokey to dire, and, by the time the news cycle kicked up on Tuesday, op-eds questioning the use of trigger warnings had been published in the Guardian, the Atlantic, and Mother Jones.

Out on the far end of the agreement machine, feminist writers and academics defended the use of trigger warnings, and tried to explain their utility and their history. The modern iteration of “trigger warning,” or “TW,” as it’s commonly written, came out of the feminist blogosphere, and, like many other terms used within insular, politically active communities, addressed a specific need. Roughly ten years ago, editors at feminist and progressive Web sites realized that they needed a way of encouraging frank and candid conversation about sexual assault without catching readers unaware. Many survivors of sexual assault experience symptoms of post-traumatic stress; graphic depictions of rape or violent attacks can trigger flashbacks, nightmares, and crippling anxiety. The editors theorized that a warning posted before disturbing narratives could allow readers to prepare for what might be an upsetting but, ultimately, necessary conversation.

“Censorship was never the point,” Alexandra Brodsky, an editor at the Web site Feministing, told me. “We knew that violent and traumatic narratives could have a grave effect on the reader, so we, working together as a community, created guideposts for people to navigate what has always been a tricky terrain.” Those guideposts helped. Trigger warnings “made people feel like they could write explicitly and honestly about things that they may have not written about under different circumstances,” Brodsky said. “They let people know that this was going to be a different type of conversation.”

That logic eventually found its way into the academy. Last year, Bailey Shoemaker-Richards, a master’s student at the University of Findlay, in Ohio, started using trigger warnings in her academic presentations on cyber sexism and online abuse. The warning, she said, takes up roughly fifteen seconds at the start of a talk, and serves only as a reminder that those who are uncomfortable discussing online abuse are free to leave the room. “I don’t think a trigger warning will prevent conversations that may be upsetting,” Shoemaker-Richards told me. “But they might force people in the class to think through their reactions a little more.” Shoemaker-Richards’s use of trigger warnings largely mirrors the way that they have been implemented in classrooms across the country, and, although the term itself sounds forbidding and censorious, in practice these warnings are meant to protect students from public traumatic flashbacks. “If you know you’re about to read a graphic depiction of state racism, and you know that you’d rather be at home than in the library, the trigger warning is just information you need to make that decision,” Brodsky explained.

Brodsky feels conflicted about university-mandated trigger warnings for potentially troubling works of art and literature, as do other feminist thinkers I spoke to, but she still thinks that they should be used in the classroom. “You can’t copy the language from a Jezebel post and paste it onto a syllabus,” Brodsky explained. “With that being said, literature is important, and has effects beyond momentary pleasure and discomfort. ‘Trigger Warning: Colonialism,’ seems a bit reductive, but there should be a way that we acknowledge that what we’re going to read will have a significant impact.” The expansion of higher education onto the Internet has depersonalized the classroom, Brodsky argued, and with fewer settings in which a professor can adequately prepare a class for a potentially disturbing work of literature or art, trigger warnings could stand in, at least in part, for a nuanced and sensitive introduction.

It should be noted that none of the schools cited in the Times article have actually implemented a policy that would mandate trigger warnings, and that college classrooms have often served as testing grounds for vital policies that might at first have seemed apocalyptic or Pollyannaish. Trigger warnings could eventually become part of academic environments, as unobtrusive and beneficial as wheelchair ramps and kosher toaster ovens.

Many of the op-eds and articles on trigger warnings published this week have argued on behalf of the sanctity of the relationship between the reader and the text. For the most part, I have agreed with them. A trigger warning reduces a work of art down to what amounts to plot points. If a novel like José Saramago’s “Blindness” succeeds because it sews up small yet essential pockets of human normalcy against a horrific backdrop, a preëmptive label like “Trigger Warning: Violence and internment” strips it down to one idea.

I relayed these thoughts to Brodsky, along with the anecdote about my professor and “Lolita.” “What a delight it must be to read a book full of graphic accounts of sexual violence and still have the book not be about sexual violence to you!” she said. “Why is the depersonalized, apolitical reading the one we should fight for?” I admit, this was an angle I had not yet considered, and I recalled the severe annoyance I’d felt in college seminars and coffeehouse conversations whenever a white person would say a bit too ringingly that a book written by a person of color somehow “transcended race,” as if that was the highest compliment that could be paid to a work written by one of us poor, striving minorities. Every reliable figure, whether from academic study or from the Obama Administration, says that somewhere between one in four and one in five women are sexually assaulted during their time in college. To argue that their concerns are somehow marginal does not correlate with the math or the ethos of the classroom.

And yet, as a novelist who spent seven years writing an ultimately unpublished novel and two years writing another, I wonder about the effect a trigger warning—even a discreet, well-placed one—might have on the creative process. I kept thinking of the professor’s pronouncement about “Lolita,” and how difficult it had been for me to get it out of my head. After a few phone calls to fellow former classmates who had attended the same lecture, and who remember the professor’s comments with the same clarity, I finally figured out why. We had all enrolled in this particular graduate program because we wanted to write fiction. This was a foolish, likely doomed endeavor, sure, but if we were to have any chance at writing anything worthwhile, our commitment to the task would have to be irrational and unrelenting. Every young writer has to go through a stage of relating to works of literature as if they’re planets, with their own elegant ecosystems and gravitational pull.

A good reader may very well finish “Lolita” and conclude that the book is about the systematic rape of a young girl, or that such a troubling text should require a trigger warning, but a writer should have the freedom to look at “Lolita” as nothing more than a series of sentences that exist only for their own sake. If reading, as Joyce Carol Oates wrote, is the “sole means by which we slip, involuntarily, often helplessly, into another’s skin, another’s voice, another’s soul,” a trigger warning, even through gentle suggestion, guides us into that skin. For writers, who cull everything from what they read, any amount of guidance will lead to dull conformity.

In a good novel—it hardly needs to be said—every word matters. Dedications matter. Epigraphs matter. The size of the font on the Library of Congress listing matters. The order of the names on the acknowledgment page matters. A writer friend of mine once likened a completed novel to a pressure cooker—the weight placed on every stylistic decision should be extraordinary and evenly distributed. A trigger warning or, really, any sort of preface, would disrupt the creation of those highly pressurized, vital moments in literature that shock a reader into a higher consciousness. I cannot be the only person who believes that James Baldwin’s “Notes of a Native Son” has the power to radically change the way all people look at race in this country—Baldwin’s brutal treatment of himself, his perfect choice of detail, and his mode of dragging the reader through Harlem elevate the story of a young man preparing himself to attend the funeral of his father to a complete, gorgeous whole. Any excess language—in the form of a trigger warning—amounts to a preëmptive defacement. It’s worth considering how the next Baldwin would react to the possibility that his account would be stamped with “Trigger Warning: Child abuse.” How does that moment, when he picks up his head and stares out at his future reader, change the words he chooses? Can we really afford to have “Notes of a Native Son” be three, four, or even one word worse?

Voir encore:

Trigger warnings: What do they do?
BBC
25 February 2014

A bit like a spoiler alert, the phrase « trigger warning » is now often seen online but it has a more serious motive than stopping you from accidentally ruining the enjoyment of a TV show you’ve not seen yet.

What is a trigger warning?

Seen on the web, in tweets and on blogs, it usually takes the form of a sentence or a few words to caution readers about the content which will follow. The author adds a warning in recognition of strong writing or images which could unsettle those with mental health difficulties. They exist so readers can choose whether or not to read any further.

It usually starts with « trigger warning » in bold. It has to be carefully written so it isn’t a trigger itself.

TRIGGER WARNING – rather ironically, this article could be a trigger. If you feel your mental health could be affected by reading stories about how others can be affected, we advise you read no further.
So, what exactly is a trigger?

In the area of mental health, a trigger is something which causes instant distress in a vulnerable person. If you know what can trigger a bad reaction, you can try to avoid those triggers in the same way that someone with an allergy might take steps to avoid dogs.

What kind of things can act as a trigger?

Different things trigger trauma in different people. There is no set list.

The website for Young Minds youth mental health charity uses trigger warnings. A spokesman for the charity, Chris Leaman, says: « If they are feeling particularly vulnerable, illustrative bits of the site like personal accounts, might trigger young people into an action or remind them of a time when they were struggling. »

A woman who wants to remain anonymous tells us that a recent news story about the search for a man who stopped someone from jumping off a bridge in London, was a trigger for her. She says: « What he was doing, raising awareness of suicide, was really great and so positive. But every time I crossed that bridge I thought of jumping off – it triggered suicidal thoughts for me. »

Does everyone appreciate the warnings?

Writing in the New Statesman, Rhiannon Lucy Cosslett says she doesn’t like trigger warnings because they smack of « victimhood ». She says she has post-traumatic stress disorder (PTSD) and feels that people she doesn’t know are trying to wrap her in cotton wool.

At the other end of the scale, the mental health charity Samaritans has produced guidelines for journalists which advise against publishing details of how people kill themselves. It also calls for dramatic phrasing to be avoided. Samaritans says reading about the subject can trigger copycat behaviour.

Where did trigger warnings start?

Disabled occupational therapist Claire Jones works in the area of mental health. She says that trigger warnings first appeared on feminist websites to flag up accounts of abuse. The term was adopted by various other groups, particularly the wider mental health community. This happened in the early days of the internet, when the warnings were especially common in online forums.

Viewers of Hollywood films portraying the lives of former soldiers will be used to scenes where characters experience flashbacks brought on by a loud noise, perhaps. Jones says: « A car backfiring can trigger a memory of conflict. It is a very visceral experience, almost like reliving the trauma. »

Are trigger warnings ever considered unhelpful?

The thing about the internet is, if you use the word « trigger » it makes troubling content more findable because you can just type it into a search engine. Before the warning existed, « triggering » content, as it’s referred to, was harder to find.

On some websites, users share pictures of their self-harm scars and write about their suicidal thoughts. They place trigger warnings in front so people can avoid this strong material.

Service user and mental health policy expert Liz Main says that « if someone is feeling particularly grim, they might search out triggers because they want a nudge ». In other words, they might look for material which will inspire them to move from thinking about harming themselves, to actually doing it – which is obviously not positive.

Jones says online forums can be helpful and believes people with mental health difficulties are more likely to seek support if they know there are warnings which will prevent them from seeing traumatic material on their computer screen. She says: « That’s why I think that trigger warnings are broadly a good thing. »

Voir de même:

Voir enfin:

Suicide reporting – 10 things to remember

Samaritans

Leave out technical details about the method of suicide, such as describing the type of ligature used or the number and types of pills taken in an overdose. Never suggest that a method is quick, easy, painless or certain to result in death.
Language matters. Avoid dramatic headlines and terms such as ‘suicide epidemic’ or ‘hot spot’.
Include references to support groups and places where suicidal people can find help – it really does make a difference.
Treat social media with particular caution and refrain from mentioning websites or networks that promote or glamorise suicide.
Avoid dramatic or sensationalist pictures or video.
Young people are especially vulnerable to negative suicide coverage. Do not give undue prominence to photographs of a young person who has died and avoid repeated use of images such as galleries.
Try not to give a story undue prominence, for example with a front cover splash.
Don’t brush over the complex realities of suicide and its impact on those left behind. Remember that people bereaved by suicide are often vulnerable and are more likely to take their own lives than the general population.
Speculation about the ‘trigger’ for a suicide, even if provided by a close family member, should be avoided.
Use statistics with caution. Check with Samaritans or the relevant national statistical agency to make sure you have the most recent data and are comparing like with like.


Argentine: Attention, une dictature peut en cacher une autre (Who will even mention Argentina’s forgotten terror victims ?)

23 mars, 2013
http://lapoliticaonline.com/data/img_cont/img_imagenes/img_gr/11391.jpghttp://www.truthdig.com/images/eartothegrounduploads/kirchnerchavezmorales_300.jpghttp://elsolonline.com/archivos/imagenes/2013/03/pagina12_2628963-240.jpgDurant les années 1970, Horacio Verbitsky fut membre des Montoneros, une organisation péroniste pour laquelle il porta les armes. En 1976, quelques mois après le coup d’état militaire, il fut inculpé avec 6 autres Montoneros pour avoir été impliqué dans la planification et l’exécution d’un attentat contre la police fédérale faisant 21 morts parmi les agents du renseignement. La procédure judiciaire sera finalement close en 2007 en raison de la loi de prescription. Dans les années 90, à la direction de Pagina 12, il contribue à révéler plusieurs affaires de corruption et de pot de vins touchant le gouvernement ou la famille du président Carlos Menem puis apporte dans les années 2000 et 2010 un soutien appuyé à la politique menée par les gouvernements de Nestor et Cristina Kirchner. Wikipedia
Les anciens Montoneros, coupables d’attentats sanglants, d’assassinats, d’enlèvements et de tortures, grouillent à la tête de l’Etat à Buenos Aires depuis la présidence des Kirchner, et l’un d’entre eux, Carlos Bettini, est même ambassadeur en Espagne. Eduardo Luis Duhalde, secrétaire aux Droits de l’homme, Miguel Bonasso, député et conseiller présidentiel, Carlos Kunkel, porte-parole de la présidence (amnistié de ses crimes en 1984 par la loi Punto final dont les militaires ont été écartés), Rafael Bielsa, ex-ministre des Affaires étrangères qui a travaillé en exil pour Pinochet, Horacio Verbitsky, conseiller présidentiel, Anibal Fernandez, chef du cabinet présidentiel, Julio Cesar Urien, capitaine de frégate auteur de tortures dans les « prisons du peuple » et du « manuel d’instruction des milices montoneras », réhabilité par Kirchner en 2006 avec paiement rétroactif de sa solde depuis 1972, et surtout Nilda Garré, ex-ministre de la Défense de Nestor Kirchner, devenue ministre de la Sécurité (police et gendarmerie) en décembre dernier sous la présidence de Cristina de Kirchner. « Comandante Teresa » dans la guérilla des Montoneros, elle a été complice de crimes, commis notamment par son mari Juan Manuel Abal Medina et le frère de celui-ci, contre le général Aramburu en 1970 et l’ex-ministre de l’Intérieur Arturo Mor Roig en 1974 (qui avait légalisé les partis politiques et contribué au retour de la démocratie en 1973 avec l’élection de Juan Peron). Quant à Carlos Bettini, impliqué dans le meurtre du capitaine Jorge Bigliardi en 1975, donc en pleine période constitutionnelle sous la présidence d’Isabel Peron, il pourrait quitter incessamment son poste d’ambassadeur à Madrid pour devenir l’éminence grise de Cristina Kirchner, son ancienne petite amie… Jacques Thomet
Chacun sait comment la junte militaire renversa le gouvernement en 1976 et écrasa ensuite sans pitié les mouvements de subversion. Ses abus de pouvoir furent légion et, en 1983, elle quitta le pouvoir dans un pays plongé dans une hyper inflation et le chaos économique. Mais l’Argentine avait vécu une autre tragédie antérieure, et pendant quelque temps après que les militaires eurent saisi le pouvoir. Ce fut une vague de carnage et de destruction déclenchée par des bandes de guérillas s’inspirant de Castro, pour tenter de prendre le pouvoir en terrorisant la nation. Leurs actions provoquèrent le chaos à l’échelle nationale, puis le coup d’Etat militaire. Pourtant, à cause de la fin honteuse de la junte militaire, les terroristes et leurs sympathisants réussirent à réécrire l’histoire en ne relatant que les seuls crimes de leur ennemi en uniforme. D’ex-membres ou membres actuels du gouvernement Kirchner, d’autres du Congrès et d’autres travaillant dans les média furent des membres bien connus d’organisations subversives. . Mary Anastasia O’Grady
Patagonian roots aside, the president’s main interest in escalating the Falklands row may be to deflect looming domestic difficulties. The government is attempting to untangle expensive state subsidies which will hurt its blue-collar base. Analysts say inflation is more than double the official figure. The government is so desperate to massage the numbers it has prohibited economic consultancy firms publishing private inflation estimates. Compounding that unease, a constitutional ban on a third term means Fernández could soon be embroiled in a fraught effort to change the constitution so she can run again. The alternative will be to watch her authority gradually ebb. « A Peronist president without the chance of re-election becomes a lame duck. Once the Malvinas issue fades back into the background, the fight of succession will come to the fore and her monolithic power could reduce her flexibility when it comes to dealing with the Peronists, » said Romer, the analyst. « Her great strength could become her greatest weakness. » Tapping semi-dormant passions over the Falklands is a largely cost-free way to consolidate her base and deter would-be successors from moving too soon. Fernández has also been emboldened by the zeitgeist: South America has discovered it can, perhaps for the first time in its history, safely challenge the old colonial powers. A « pink tide » of nationalistic leftwing governments senses the region’s time has come after centuries of marginalisation. China’s rapid rise as a trading partner has further weakened European leverage. « South America doesn’t have the respect it used to have for Europe. It feels it is on top now and is flexing its new muscles, » said a senior European diplomat. Brazil’s Luiz Inácio Lula da Silva made a global splash railing against western bankers, Venezuela’s Hugo Chávez did the same railing against western imperialism and the Falklands gave Fernández her own cause, said Romer. « She is using Malvinas to expand her visibility on the international arena. » Lucrative fishing concessions have made the Falklands wealthy, and when in 2010 four British companies announced they were going to search for an estimated 8.3bn barrels of oil in Falkland waters, it added resource nationalism to the combustible mix of history and wounded pride. London’s blunt dismissal of Argentinian concerns over financial and environmental implications aggravated Fernández all the more. Rio Gallegos remains cold and windy but nobody expects to see a new generation of conscripts tramping aboard Falkland-bound planes. Fernández is not desperate or stupid. She is simply extracting advantage from a clump of islands her compatriots consider unfinished business. And in the process becoming, for many, Argentina’s own iron lady. The Guardian
Wrapping himself in the mantle of Simon Bolivar, the revolutionary leader of the early 19th century who led the fight for independence from the Spanish empire, Chavez led his own battle to free his country and region from what he saw as the hegemony of the neo-liberal, neo-colonalist superpower north of the Gulf of Mexico. (…) His politics, a blend of socialism, populism, authoritarianism and nationalism, became known as ‘Chavismo,’ his followers were ‘Chavistas.’ His goal was what he called the ‘Bolivarian revolution.’ In foreign policy terms, that meant a dual strategy, of ‘Latin America first’ and “my enemy’s enemy is my friend” (the enemy of course being the Yanqui imperialist.) To advance this strategy, he used Venezuela’s greatest source of wealth and power, its oil. That second rule of thumb basically explained Chavez’ forays outside the Americas: his establishment of an anti-US ‘Axis of Unity’ with Iran, his support for the Gaddafi dictatorship in Libya and most recently for Bashar Assad’s regime in Syria. Anti-Americanism drew Venezuela close to Moscow, and led him to denounce Israel – with whom Chavez broke off diplomatic relations after the 2008/9 war in Gaza – as a “genocidal state” and the “assassin arm of the United States.”(…) And it was over Cuba where Chavez’ impact was greatest. The billions of dollars of aid he gave the island, much in the form of heavily subsidized oil, may have been the difference between survival and collapse for the Communist regime. Over time a pattern developed, as oil-rich Venezuela under Chavez emerged as the leader of the poorer and more leftist countries of region: not just Cuba, but Nicaragua, Ecuador, Bolivia, and some Caribbean island nations. The bloc took formal economic shape in 2004 with the creation of ALBA, the ‘Alternativa Bolivariana para las Americas,’ set up to as a rival to the orthodox, free trade areas in the hemisphere. But it wasn’t just the ALBA members who didn’t want to offend Chavez: his wont to give contracts to non-US companies won him a hearing with the region’s richer countries too. By the time of his illness, however, his influence even in Latin America had waned. One reason was the decline in his physical powers. Another was the arrival of a new administration in Washington: Despite evidence that Venezuela was even abetting drugs trafficking into the US, Barack Obama struck a less confrontational note than his predecessor. For much the same reason, US relations with Brazil and Argentina have been smoother, offering Chavez less leverage. At the same time, left wing governments aligned with Venezuela have run into difficulties. And not least, the regional economic climate has changed. The appeal of ‘Chavismo’ was never greater than after the Latin American financial crises of the late 90s, culminating in Argentina’s 2001 default, seeming proof of the failure of the Western-style capitalism excoriated by Chavez. As it is, the last remotely ‘Chavista’ leader elected was Argentina’s Cristina Kirchner in 2007. The Independent
This article was amended on 14 March 2013. The original article, published in 2011, wrongly suggested that Argentinian journalist Horacio Verbitsky claimed that Cardinal Jorge Bergoglio connived with the Argentinian navy to hide political prisoners on an island called El Silencio during an inspection by human rights monitors. Although Verbitsky makes other allegations about Bergoglio’s complicity in human rights abuses, he does not make this claim. The original article also wrongly described El Silencio as Bergoglio’s « holiday home ». This has been corrected. The Guardian
Rien de tout cela n’est important pour ceux qui tentent de faire de l’Argentine le prochain Venezuela. Ce qui les fâche, c’est que le père Bergoglio croyait que le marxisme (et la « théologie de la libération » qu’il avait inspirée) était antithétiques au christianisme et qu’il avait refusé de l’adopter dans les années 1970. D’où les désaccords tant avec ceux à l’intérieur de l’ordre des Jésuites de l’époque qui croyaient à la révolution qu’avec les Montoneros qui multipliaient les mutilations, enlèvements et assassinats de civils pour terroriser la population. Criminels dont un bon nombre sont toujours là aujourd’hui et n’ont toujours pas abandonné leurs rêves de révolution. Mary Anastasia O’Grady
Mr. Treviño’s site mainly went after the opposition leader for anti-Semitic remarks and his alliance with the Islamist party PAS, and even accused him of links to terrorists through the International Institute of Islamic Thought. Mr. Anwar has made anti-Semitic comments—though that’s in part to fend off domestic accusations that he’s too cozy with Zionists. He also has ties to organizations that have taken Saudi money, but the suggestion that he somehow has « ties to terrorism » is preposterous. (…) Influence-peddling has a long and sordid history in Washington, and governments that use repressive methods at home yet want to remain on friendly terms with the U.S. typically have the biggest bankrolls. It’s not unheard of for PR operators to pay less reputable journalists and think- tankers to write favorable coverage, as the Jack Abramoff case in the mid-2000s showed. The Malaysian scheme, however, is notable because it drew in respected writers such as Rachel Ehrenfeld, who has contributed to the Journal in the past and took $30,000, Claire Berlinski, who got $6,750, and Seth Mandel, an editor at Commentary magazine, who was paid $5,500. Some of the articles appeared in well-known publications such as National Review and the Washington Times. Mr. Najib’s falling popularity at home suggests his days as Prime Minister could be numbered. The irony is that he was more democratic and played a more responsible role in the region than his predecessors. Even opposition figures have quietly admitted to us that he has steered Malaysia in the right direction. That should have been more than enough for a legitimate public relations operation to work with. Resorting to underhanded tactics to undermine the opposition has only backfired for Mr. Najib, at home and abroad. The WSJ

Attention: une dictature peut en cacher une autre !

 A l’heure où, ne reculant devant aucune démagogie, la nouvelle Evita argentine (ou Chavista – merci les valises de billets de Chavez !) est en train apparemment de nous refaire le coup des Malouines …

Et que nos médias pressés se font les courroies de transmission, plus ou moins volontaires et des deux côtés de l’Atlantique ou de la Manche (voire jusqu’en Malaisie !), des campagnes de calomnie du moment …

Qui rappellera, hormis un bien solitaire WSJ derrière l’omerta politiquement correcte actuelle, que ceux qui alimentent la pompe à calomnies contre un nouveau pape ayant le tort de penser, sans compter les Malouines ou le mariage homo, que « le marxisme comme la ‘théologie de la libération’ qu’il avait inspirée sont antithétiques au christianisme » …

Sont les mêmes qui,  outre les milliers de victimes commodément oubliées du terrorisme d’extrême-gauche, ont précipité le putsch militaire de 1976 et réécrivent aujourd’hui l’histoire au profit de l’actuel pouvoir argentin en place ?

 

LES VICTIMES OUBLIEES DU TERRORISME EN ARGENTINE

Maria Anastasia O’Grady

The WSJ

3 janvier 2011

traduction Yves/jacqus Thomet

Des milliers de personnes ont souffert du déchaînement de la gauche qui précipita le putsch militaire de 1976.

“Ceux qui contrôlent le passé contrôlent le futur, celui qui contrôle le présent contrôle le passé.”

- Parti slogan de Big Brother, “1984,” par George Orwell

La Justice ne s’installe pas facilement partout dans le monde. Mais dans l’Argentine d’aujourd’hui, il est périlleux de seulement mentionner en public les victimes du terrorisme de la gauche du pays, sans parler de les amener à se présenter eux ou leurs proches parents survivants devant une Cour [pour témoigner]. Essayez et vous serez probablement tancé par la Gauche argentine comme un ami fasciste de l’ex-régime militaire. Les [gens] du “politiquement correct” savent que ceux qui furent brutalisés par les guérillas, que Juan Peron (ex-président) désigna une fois de “jeunesse merveilleuse”, sont censés être effacés de la mémoire nationale.

L’avocate argentine Victoria Villaruel, 35 ans, défenseur des Droits de l’Homme, s’y refuse. Elle a fondé le “Centre Argentin d’Etudes Légales du Terrorisme et de ses Victimes”, avec pour objectif de lister les milliers de crimes terroristes commis entre 1969 et 1979.

Elle pense qu’apporter la lumière sur cette sombre décennie aidera à fournir un meilleur et juste futur à tous les Argentins. Chacun sait comment la junte militaire renversa le gouvernement en 1976 et écrasa ensuite sans pitié les mouvements de subversion. Ses abus de pouvoir furent légion et, en 1983, elle quitta le pouvoir dans un pays plongé dans une hyper inflation et le chaos économique.

Mais l’Argentine avait vécu une autre tragédie antérieure, et pendant quelque temps après que les militaires eurent saisi le pouvoir. Ce fut une vague de carnage et de destruction déclenchée par des bandes de guérillas s’inspirant de Castro, pour tenter de prendre le pouvoir en terrorisant la nation. Leurs actions provoquèrent le chaos à l’échelle nationale, puis le coup d’Etat militaire. Pourtant, à cause de la fin honteuse de la junte militaire, les terroristes et leurs sympathisants réussirent à réécrire l’histoire en ne relatant que les seuls crimes de leur ennemi en uniforme. D’ex-membres ou membres actuels du gouvernement Kirchner, d’autres du Congrès et d’autres travaillant dans les média furent des membres bien connus d’organisations subversives.

Lors d’une interview à Buenos Aires en novembre 2010, Mme Villaruel m’a raconté que même les politiciens de l’opposition ne parlent pas des victimes du terrorisme car cela est devenu “tabou” de le faire. L’Etat, dit-elle, les traite comme s’ils n’étaient jamais nés.”

Le résultat est qu’une génération d’Argentins a grandi sans aucune conscience de la vraie histoire de cette époque de terreur. Mme Villaruel est de l’opinion que la “Vérité et la Justice” requiert que ces victimes soient reconnues. Son livre, “Ils s’Appelaient Les Jeunes Idéalistes”, de 2009, est un pas en avant vers ce but. Dans celui-ci, elle documente avec des photographies et des coupures de presse la dévastation que ces terroristes ont infligé à leur propre peuple. “Vaincre ou mourir”, le slogan de l’Armée Révolutionnaire du Peuple (ERP), apparaît en graffiti sur un camion dans un cliché. Ce livre comprend les photos de quelques milliers de victimes : des bébés, des adolescents, des diplomates, des businessmen, des juges, des policiers.

Les uns furent enlevés et assassinés. D’autres furent tués ou mutilés simplement parce qu’ils se trouvèrent à proximité d’une bombe qui venait d’exploser. Les mineurs (d’âge) furent enrôlés dans les armées révolutionnaires. Tous furent considérés comme du simple gibier par les rebelles qui cherchaient à refaire le monde à travers la violence. Dans cette même interview de novembre 2010, Mme Villaruel décrit le travail de son centre sur le terrorisme : consultation des archives de journaux et dialogue avec les membres des familles et les témoins quand ils y sont disposés. Beaucoup d’entre eux vivent dans la peur de représailles, dit-elle.

Elle m’a appris que le Centre est parvenu à identifier par leur nom 13.074 victimes du terrorisme. Ce sont des bilans préliminaires. Mme Villaruel est tellement soucieuse de la justesse de son travail qu’elle a fait faire un audit indépendant à deux reprises. Elle espère que les décomptes définitifs seront prêts pour le milieu de cette année 2011. Il est intéressant de noter que le nombre de procès contre la junte militaire pour abus de pouvoir totalise moins de 9.000 cas. Pendant ce temps, la justification du gouvernement Kirchner pour nier l’existence des victimes de ce terrorisme de gauche consiste à les considérer comme des victimes de crimes ordinaires, leurs auteurs étant désormais exempts de poursuites de par la loi Statut des Limitations (NDLR : sorte d’amnistie).

Mais Mme Villaruel affirme démontrer que les victimes ont été des civils attaqués par des mouvements de guérilla dans leur quête sans merci pour le pouvoir. Si ce qu’elle avance se confirme, il ne s’agirait plus en l’occurrence de Statut de Limitations, en vertu de la Convention de Genève de 1949 ratifiée par l’Argentine. Dans son étude du terrorisme des années 70, elle n’a jamais “compris les raisons pour lesquelles un groupe, s’attribuant [arbitrairement] la représentation du peuple, a décidé d’assassiner son propre peuple.

Voir aussi:

Behind the Campaign to Smear the Pope

Argentines who want their country to be the next Venezuela see Francis as an obstacle.

Mary Anastasia O’Grady

The WSJ

March 17, 2013

Argentines celebrated last week when one of their own was chosen as the new pope. But they also suffered a loss of sorts. Cardinal Jorge Mario Bergoglio, a tireless advocate of the poor and outspoken critic of corruption, will no longer be on hand locally to push back against the malfeasance of the government of President Cristina Kirchner.

Argentines not aligned with the regime hope that the arrival of Francis on the world stage at least will draw attention to this issue. Heaven knows the situation is growing dire.

One might have expected a swell of pride from Argentine officialdom when the news broke that the nation has produced a man so highly esteemed around the world. Instead the Kirchner government’s pit bulls in journalism—men such as Horacio Verbitsky, a former member of the guerrilla group known as the Montoneros and now an editor at the pro-government newspaper Pagina 12—immediately began a campaign to smear the new pontiff’s character and reputation at home and in the international news media.

The calumny is not new. Former members of terrorist groups like Mr. Verbitsky, and their modern-day fellow travelers in the Argentine government, have used the same tactics for years to try to destroy their enemies—anyone who doesn’t endorse their brand of authoritarianism. In this case they allege that as the Jesuits’ provincial superior in Argentina in the late 1970s, then-Father Bergoglio had links to the military government.

This is propaganda. Mrs. Kirchner and her friends aren’t yet living in the equivalent of a totalitarian state where there is no free press to counter their lies. That day may come soon. The government is now pressuring merchants, under threat of reprisals, not to buy advertising in newspapers. The only newspapers that aren’t on track to be financially ruined by this intimidation are those that the government controls and finances through official advertising, like Mr. Verbitsky’s Pagina 12. Argentines refer to the paper as « the official gazette » because it so reliably prints the government’s line.

Intellectually honest observers with firsthand knowledge of Argentina under military rule (1976-1983) are telling a much different story than the one pushed by Mr. Verbitsky and his ilk. One of those observers is Adolfo Pérez Esquivel, winner of the 1980 Nobel Peace Prize. Last week he told BBC Mundo that « there were bishops that were complicit with the dictatorship, but Bergoglio, no. » As to the charge that the priest didn’t do enough to free junta prisoners, Mr. Pérez Esquivel said: « I know personally that many bishops who asked the military government for the liberation of prisoners and priests and it was not granted. »

Former Judge Alicia Oliveira, who was herself fired by the military government and forced into hiding to avoid arrest, told the Argentine newspaper Perfil last week that during those dark days she knew Father Bergoglio well and that « he helped many people get out of the country. » In one case, she says there was a young man on the run who happened to look like the Jesuit. « He gave him his identification card and his [clergy attire] so that he could escape. »

Ms. Oliveira also told Perfil that when she was in hiding at the home of the current minister of security, Nilda Garré, the two of them « ate with Bergoglio. » As Ms. Oliveira pointed out, Ms. Garré « therefore knows all that he did. »

Graciela Fernández Meijide, a human-rights activist and former member of the national commission on the disappearance of persons, told the Argentine press last week that « of all the testimony I received, never did I receive any testimony that Bergoglio was connected to the dictatorship. »

None of this matters to those trying to turn Argentina into the next Venezuela. What embitters them is that Father Bergoglio believed that Marxism (and the related « liberation theology ») was antithetical to Christianity and refused to embrace it in the 1970s. That put him in the way of those inside the Jesuit order at the time who believed in revolution. It also put him at odds with the Montoneros, who were maiming, kidnapping and killing civilians in order to terrorize the population. Many of those criminals are still around and hold fast to their revolutionary dreams.

For them, the new pope remains a meddlesome priest. In the slums where the populist Mrs. Kirchner claims to be a champion of the poor, Francis is truly beloved because he lives the gospel. From the pulpit, with the Kirchners in the pews, he famously complained of self-absorbed politicians. He didn’t name names, but the shoe fit. Nestór Kirchner, the late president and Cristina’s husband, responded by naming him « the head of the opposition. »

As Ms. Fernández Meijide observed last week, « I have the impression that what bothers the current president is that Bergoglio would not get in line, that he denounces the continuation of extreme poverty. » That’s not the regime’s approved narrative.

Voir aussi:

Le pape et les « années de plomb » en Argentine

Christine Legrand

Le Monde

16.03.2013

Le rôle de Jorge Mario Bergoglio, le pape François, pendant la dictature militaire (1976-1983) fait l’objet de controverse depuis plusieurs années à Buenos Aires. A l’origine, le directeur du quotidien progouvernemental Pagina 12, Horacio Verbitsky, avait publié, en 2005, un livre polémique, El Silencio (non traduit), où il dénonce la complicité de l’Eglise catholique argentine avec les militaires.

Le journaliste accuse en particulier Jorge Bergoglio, qui était à l’époque responsable de la Compagnie de Jésus en Argentine, d’être impliqué dans l’enlèvement de deux jeunes prêtres jésuites qui travaillaient dans un bidonville, en 1976. Torturés pendant cinq mois, Orlando Yorio et Francisco Jalics avaient été remis en liberté et s’étaient exilés. Le premier est mort en 2000, le second vit en Allemagne. Dans un communiqué publié, vendredi 15 mars, sur le site Internet des jésuites en Allemagne, ce dernier déclare qu’il ne peut « prononcer sur le rôle du père Bergoglio dans ces événements ». Il indique aussi avoir eu « l’occasion de discuter des événements avec le père Bergoglio qui était entre-temps devenu archevêque de Buenos Aires. Nous avons ensemble célébré une messe publique (…). Je considère l’histoire comme close », a-t-il précisé.

De son côté, le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, a dénoncé « le caractère anticlérical de ces attaques, allant jusqu’à la calomnie et la diffamation des personnes ». « La justice l’a entendu une fois et à simple titre de témoin et le père Bergoglio n’a jamais été suspecté ou accusé ». « Dans l’élaboration de la demande de pardon, Mgr Bergoglio a déploré les défaillances de l’Eglise argentine face à la dictature », souligne le Vatican.

« TALENTS D’ACTEUR »

Dans un article publié au lendemain de l’élection du pape François, M. Verbitsky, qui est également directeur du Centre d’études légales et sociales, une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme, a renouvelé ses attaques, qualifiant le nouveau pontife de « populiste conservateur », qui introduira « des changements cosmétiques » au Vatican, « avec ses talents d’acteur ». Le même jour, M. Verbitsky publie un courrier électronique de Graciela Yorio dans lequel la sœur du prêtre décédé exprime « son angoisse et sa colère ». Selon elle, il aurait « laissé sans protection » les deux prêtres, adeptes de la « théologie de la libération ».

Le dictateur Jorge Rafael Videla reçoit la communion de l’évêque Octavio Derisi, en décembre 1990.

Depuis l’élection surprise d’un pape argentin, une photo montrant un prêtre de dos, donnant l’hostie à l’ancien dictateur Jorge Rafael Videla, circule sur les réseaux sociaux. Cette photo avait fait la « une » de Pagina 12, le 27 mai 2012. Aucune légende ne précisait l’identité du curé de la photo, prise en 1990, au lendemain de la sortie de prison du général Videla, gracié par l’ancien président péroniste Carlos Menem. Le photographe, travaillant pour l’AFP et le quotidien argentin Cronica, l’a identifié : l’évêque Octavio Derisi, mort en 2002.

De leur côté, deux journalistes argentins, Francesca Ambrogetti de l’agence italienne ANSA et Sergio Rubin, spécialiste des affaires religieuses du quotidien Clarin (opposition), ont publié en 2010 l’ouvrage El Jesuita (non traduit), portrait élogieux de Mgr Bergoglio. Les témoignages recueillis, en particulier d’anciennes victimes, démentent toute collaboration avec les militaires, affirmant qu’au contraire il a aidé de nombreuses victimes, dont l’avocate Alicia Oliveira. Juge au moment du coup d’Etat de 1976, elle fut persécutée par les militaires. « Il m’a sauvé la vie », dit-elle. « Il y a eu des évêques complices de la dictature militaire, mais pas Bergoglio », ajoute Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix.

Estela de Carlotto, présidente de l’Association des mères et grands-mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, le 15 mars. Elle reproche au pape de n’avoir jamais parlé des personnes disparues pendant la dictature argentine (1976-1983), malgré l’avénement de la démocratie dans ce pays il y a trente ans.

La présidente Cristina Kirchner a salué froidement l’élection du pape. Mais sur les réseaux sociaux, les partisans des Kirchner ont durement critiqué le choix de l’archevêque de Buenos Aires, qui entretenait des rapports tendus avec les gouvernements péronistes du président Nestor Kirchner (2003-2007) et aujourd’hui celui de son épouse Cristina. Il avait coutume de centrer ses homélies sur des thèmes brûlants, des inégalités sociales jusqu’à la traite de personnes, en passant par la corruption.

Voir également:

Starting a Papacy, Amid Echoes of a ‘Dirty War’

Simon Romero and William Neuman

The New York Times

March 17, 2013

BUENOS AIRES — One Argentine priest is on trial in Tucumán Province on charges of working closely with torturers in a secret jail during the so-called Dirty War, urging prisoners to hand over information. Another priest was accused of taking a newborn from his mother, one of the many baby thefts from female prisoners who were “disappeared” into a system of clandestine prisons.

Another clergy member offered biblical justification for the military’s death flights, according to an account by one of the pilots anguished about dumping drugged prisoners out of aircraft and into the sea.

As he starts his papacy, Francis, until this month Jorge Mario Bergoglio, the archbishop of Buenos Aires, faces his own entanglement with the Dirty War, which unfolded from 1976 to 1983. As the leader of Argentina’s Jesuits for part of that time, he has repeatedly had to dispute claims that he allowed the kidnapping of two priests in his order in 1976, accusations the Vatican is calling a defamation campaign.

Now his election as pope is focusing scrutiny on his role as the most prominent leader of the Roman Catholic Church in Argentina, an institution that remains under withering criticism for its role in failing to publicly resist — and in various instances actively supporting — the military dictatorship during a period when as many as 30,000 people are thought to have been killed or disappeared.

This stance by Argentina’s church stands in contrast to the resistance against dictatorships by Catholic leaders elsewhere in Latin America at the time — notably in Chile and Brazil, two nations where far fewer people were killed. Even as the head of the Argentine Conference of Bishops from 2005 to 2011, Francis resisted issuing a formal apology for the church’s actions during the Dirty War, disappointing human rights campaigners.

“The combination of action and inaction by the church was instrumental in enabling the mass atrocities committed by the junta,” said Federico Finchelstein, an Argentine historian at the New School for Social Research in New York. “Those like Francis that remained in silence during the repression also played by default a central role,” he said. “It was this combination of endorsement and either strategic or willful indifference that created the proper conditions for the state killings.”

Francis, 76, has offered a complex description of his role during the dictatorship, a period officially called the Process of National Reorganization, in which the authorities installed a terrifying campaign against perceived opponents.

While refraining from public criticism of the dictatorship, Francis said in his autobiography that he pressed military officials behind the scenes to free the two priests from his order — Orlando Yorio and Francisco Jalics — even meeting with top military officials.

Francis also said that he hid at a Jesuit school several people persecuted by the dictatorship, and even helped one young man who resembled him to flee Argentina, via Foz do Iguaçu on the Brazilian border, giving him priest’s garb and his own identity documents.

The Rev. Ignacio Pérez del Viso, a Jesuit who is a longtime friend of Francis’, said that a small number of Argentine bishops spoke out against the military dictatorship. But they were clearly in the minority, he said, and others in the Argentine church, including the new pope, who was 39 at the time of the 1976 coup, adopted a far more cautious position.

“When you saw that the majority of the bishops preferred to have a dialogue with the military,” Father Pérez del Viso, 78, said, “it’s not easy to say, ‘We will do something different.’ ” He added: “Many of the bishops opted, rather than to confront the military head on, to try to intercede in private conversations for those they could save.”

“Later the bishops realized this was a mistake,” Father Pérez del Viso said. “But to see the mistake at that moment was difficult.”

Religious scholars attribute such passivity to remarkably close ideological and political links between the church and the armed forces. Some priests have even been forced to stand trial on charges of human rights abuses.

After a previous military coup in Argentina in 1930, the church forged a role as a spiritual guide for the armed forces. By the time military rule was established again in the 1970s, their operations overlapped to the point where some bishops were provided soldiers as personal servants in their palaces, and only a handful of bishops publicly condemned the dictatorship’s repression.

“Of all the national churches in Latin America, Argentina is where ties were closest between the clergy and the military,” said Kenneth P. Serbin, a historian at the University of San Diego.

This legacy presents a challenge to Francis. Last week, a judge who took part in an investigation into a clandestine prison at the Naval Mechanics School said the inquiry uncovered no evidence that Francis was involved in the kidnapping of the Jesuits. “It is totally false to say that Jorge Bergoglio handed over those priests,” the judge, Germán Castelli, was quoted as saying in the newspaper La Nación.

But doubts persist, based on the priests’ own accounts, including a 1977 report by Father Yorio to the Jesuit authorities, obtained by The New York Times, and a 1994 book by Father Jalics.

Father Yorio wrote that Francis, who was then the top Jesuit in Argentina, told them he supported their work even as he sought to undermine it, making negative reports about them to local bishops and claiming they were in the slum without his permission.

“He did nothing to defend us, and we began to question his honesty,” wrote Father Yorio, who died in 2000. Finally, without telling the two priests, Father Yorio wrote, Francis expelled them from the Jesuit order.

Three days later, hundreds of armed men descended on the slum and seized the two priests. Father Yorio was interrogated and accused of being a guerrilla. The priests were kept for five months, chained hand and foot and blindfolded, fearing they would be killed.

Finally, they were dropped off in a drugged state on the outskirts of Buenos Aires.

In a statement posted on a Jesuit Web site last week, Father Jalics said he would not comment “on the role of Father Bergoglio in these events.” He said that years after the kidnapping, they celebrated a Mass together and he solemnly embraced him. “I am reconciled to the events and view them from my side as concluded,” Father Jalics wrote.

But in an interview, Father Yorio’s sister, Graciela Yorio, accused Francis of leaving the priests “totally unprotected” and making them an easy target for the military. She said that her brother and Father Jalics, whom she referred to using his name in Spanish, were in agreement about Francis’ role. “My brother was certain,” she said, “And Francisco, too, Francisco Jalics. I have no reason not to believe my brother’s word.”

Still, several prominent leftists here have defended Francis, emphasizing his openness to dialogue and austere habits. “He is questioned for not having done all he could do,” said Adolfo Pérez Esquivel, a pacifist and winner of the Nobel Peace Prize. “But he was never an ally of the dictatorship.”

Though Francis has had to respond to doubts about his own past during the Dirty War, he has faced other issues that still haunt the church. He was head of Argentina’s bishops’ conference in 2007, when the Rev. Christian von Wernich, a former police chaplain, was found guilty of complicity in the killing and torture of political prisoners.

Even after his conviction, Father von Wernich was allowed to offer Mass to fellow prison inmates. Other priests have similarly faced charges related to abuses from the dictatorship era. And still there are other priests who have not been charged with a crime, but who face serious accusations about their connection to the armed forces.

The church has tried to account on different occasions for its actions during the dictatorship. In 2000, it apologized for its “silences” that enabled rights abuses. And last November, after the future pope’s tenure as head of the bishops’ conference had ended, the church issued another statement in response to the assertion by Jorge Videla, the former head of the military junta, that Argentine bishops had in effect collaborated with the dictatorship.

The church rejected Mr. Videla’s claim, but said it would “promote a more complete study” of the Dirty War years.

Reporting was contributed by Fabián Werner, Emily Schmall and Jonathan Gilbert from Buenos Aires; Mauricio Rabuffetti from Montevideo, Uruguay; and Nicholas Kulish from Berlin.

Voir encore:

New pope’s role during Argentina’s military era disputed

Accusers draw ties between Catholic church and 70s junta, saying Jorge Bergoglio failed to shield two priests

Jonathan Watts and Uki Goni in Buenos Aires

The Guardian

15 March 2013

JorgeBergoglio

A young Jorge Mario Bergoglio pictured in Buenos Aires. Photograph: Argenpress/Rex Features

Pope Francis is known in his native Argentina as a man of austere habits, long pregnant pauses in conversation and a reticence about discussing himself. For supporters, this is proof of his humility, which was further underlined for them in his first address as pope to the masses in St Peter’s Square, where he eschewed the usual jewelled crucifix in favour of a simple wooden cross.

For critics, however – and there are many in his home country – it may have more to do with allegations that he and the Roman Catholic church were guilty of the sin of omission – and perhaps worse – during the brutal military dictatorship from 1976 to 1983.

Those dark years cast the longest shadow over the elevation of Jorge Bergoglio, the former archbishop of Buenos Aires, as the new Vicar of Christ, and continues to divide a nation.

While Argentina rang with celebratory church bells at the news of the first Latin American pope, some were seized by doubt and confusion. « I can’t believe it, I don’t know what to do, I’m in so much anguish and so enraged, » wrote Graciela Yorio in an email published in the Argentine press on Thursday morning.

In 1976, her brother, Orlando Yorio, along with another Jesuit priest, Francisco Jalics, were seized by navy troops in the slums of Buenos Aires and held and tortured for five months at the ESMA camp, a navy base in the capital where 5,000 people were murdered by the military junta.

The two priests served under Bergoglio, who is accused in some quarters of abandoning them to the military after they became involved in leftist social movements.

His chief accuser is journalist Horacio Verbitsky, whose book El Silencio paints a disquieting picture of Bergoglio’s relationship with the priests who sought his protection when they felt their lives were in danger from the military because of their social work in the slums.

Verbitsky believes the then chief of the Jesuits in Argentina played a double game, aiding Yorio and Jalics while expressing concern about their activities to military officers.

But Verbitsky’s views are seen as overly simplistic by other observers of that era. « Verbitsky is not wrong, but he doesn’t understand the complexity of Bergoglio’s position back then when things were so dangerous, » said Robert Cox, a British journalist and former editor of the Buenos Aires Herald, the only newspaper in Argentina that reported the murders as they happened. « He can’t see how difficult it was to operate under those circumstances. »

But Cox, who moved to North Carolina after death threats against his family in 1979, suggests Bergoglio could have done more. « I don’t think he gave them in, » he said. « But Bergoglio didn’t protect them, he didn’t speak out. »

Adolfo Perez Esquivel, who won the 1980 Nobel peace prize for documenting the junta’s atrocities, takes a similar view. « Perhaps he didn’t have the courage of other priests, but he never collaborated with the dictatorship, » he told the Associated Press. « Bergoglio was no accomplice of the dictatorship. He can’t be accused of that. » The vast majority of Argentinians view the dictatorship era as appalling.

Others suggest that Bergoglio was actually a hero. Francesca Ambrogetti, co-author of The Jesuit – a flattering biography of the new pope – says Bergoglio told her he met the dictator Jose Rafael Videla and Eduardo Massera, the head of the navy which was in charge of some concentration camps, to try and intercede on behalf of the priests.

She said he took great risks to save others. « I believe he did all he could at that time, » she said. « It’s a complex issue that is very difficult to explain after so many years. »

In a 2005 interview Bergoglio himself said he moved fast to save their lives. « That same night when I heard of the kidnappings I started to move. In one of my attempts to meet Videla I found out who the military chaplain was who gave mass to Videla and convinced that priest to call in sick and I managed to be named to replace him. »

Bergoglio said that after the mass he managed to speak to Videla about the case, which would not have been an easy task at the time, given the climate of fear that reigned over these issues in Argentina then.

That era continues to polarise Argentina, where the current left-leaning government has reopened several prominent cases in the past decade. Details are murky. Few from that era can escape with entirely clear consciences. Many turned a blind eye and kept silent. Accusations of this sin of omission have been levelled at Bergoglio.

Myriam Bregman, an Argentine lawyer in the continuing trials of crimes at the ESMA death camp, says Bergoglio’s appointment to the papacy left her confused. « It gave me a feeling of amazement and impotence, » said Bregman, who took Bergoglio’s declaration regarding Jalics and Yorio in 2010.

« Bergoglio refused to come [and] testify in court, » she recalled, making use of Argentine legislation that permits ministers of the church to choose where to declare.

« He finally accepted to see us in an office alongside Buenos Aires cathedral sitting underneath a tapestry of the Virgin Mary. It was an intimidating experience, we were very uncomfortable intruding in a religious building. »

Bregman says that Bergoglio did not provide any significant information on the two priests. « He seemed reticent, I left with a bitter taste, » she said.

Estela de la Cuadra’s mother co-founded the Grandmothers of the Plaza de Mayo activist group during the dictatorship to search for missing family members. She was at first astonished, then appalled when a friend texted the news that Bergoglio had been chosen as the new pope.

« It is unthinkable, horrifying given what I know about his history, » she said, recalling the disappearance of her sister.

The last time they saw each other was in January 1977 when they were members of leftwing groups formed among the students at La Plata University, then one of the most radical in Argentina.

Her sister, Elena, was three months pregnant and in hiding in Buenos Aires from military snatch squads that had already seized her husband. She « disappeared » a month later and was later seen by survivors in a concentration camp run by the navy.

Desperate, the family used a connection with the global head of the Jesuit order – the « black pope », Pedro Arrupe – to lobby for her release. He put them on to Bergoglio, who provided a letter of introduction to a bishop with connections to the military dictator.

The only answer that came back, said Estela, was that her sister’s baby was now « in the hands of a good family. It was irreversible. » Neither mother nor child were heard from again.

For Estela, Bergoglio did the bare minimum he had to do to keep in line with the black pope. She says the story underlines the close connections between the Catholic church and the military junta, as well as what she sees as lies and hypocrisy of a new pope who once claimed to have no knowledge of the adoptions of babies being born in concentration camps and then adopted by families close to the regime.

« I’ve testified in court that Bergoglio knew everything, that he wasn’t – despite what he says – uninvolved, » said Estela, who believes the church worked with the military to gather intelligence on the families of the missing.

She is also furious that Bergoglio refused to defrock another priest, Christian von Wernich, who was jailed for life in 2007 for seven killings, 42 abductions and 34 cases of torture, in which he told victims: « God wants to know where your friends are. »

She is now requesting classified documents from the episcopal and Vatican archives, which would shed more light on the issues.

That is unlikely to be approved in Rome, though it would – until Wednesday at least – have probably gone down well in the government of Cristina Fernández de Kirchner.

The Argentine president is a staunch advocate of taking to court not only military officers responsible for the killing of thousands of young activists, but also civilians who may have played a role back then.

Fernández has an icy relationship with Bergoglio – who is seen as a conservative – and has studiously avoided him over the last years, moving out of the city every 25 May when Bergoglio gave his annual mass at Buenos Aires Cathedral.

As he has shown by rising through the ranks of the church Bergoglio is an extremely astute politician, who uses the sparseness of words and space to press home his considerable influence on government and legislature.

« He is a participant in Argentine politics, but in his own way – very low profile. More politicians pass through his office than either the opposition or the government would care to admit, » said Washington Uranga, social science professor at the University of Buenos Aires.

« People go in search of coverage, to ask him to use his influence. In other cases, he calls on them to come, but it is always in his territory. It’s always in his office. »

When Bergoglio does occasionally speak out in public, it tends to be with allusions rather than direct references to Argentina’s darkest era. When trials reopened in 2006, he suggested it was not a good idea to churn up the problems of the past, although this was seen as a comment on the rise in the number of trials.

« We are happy to reject anger and endless conflict, because we don’t believe in chaos and disorder … Wretched are those who are vindictive and spiteful, » he said in a public sermon.

Additional reporting by Sebastián Lacunza

Voir aussi:

The sins of the Argentinian church

The Catholic church was complicit in dreadful crimes in Argentina. Now it has a chance to repent

Hugh O’Shaughnessy

The Guardian

4 January 2011

Benedict XVI gave us words of great comfort and encouragement in the message he delivered on Christmas Eve.

« God anticipates us again and again in unexpected ways, » the pope said. « He does not cease to search for us, to raise us up as often as we might need. He does not abandon the lost sheep in the wilderness into which it had strayed. God does not allow himself to be confounded by our sin. Again and again he begins afresh with us ».

If these words comforted and encouraged me they will surely have done the same for leaders of the church in Argentina, among many others. To the judicious and fair-minded outsider it has been clear for years that the upper reaches of the Argentinian church contained many « lost sheep in the wilderness », men who had communed and supported the unspeakably brutal western-supported military dictatorship that seized power in that country in 1976 and battened on it for years. Not only did the generals slaughter thousands unjustly, often dropping them out of aeroplanes over the River Plate and selling off their orphan children to the highest bidder, they also murdered at least two bishops and many priests. Yet even the execution of other men of the cloth did nothing to shake the support of senior clerics, including representatives of the Holy See, for the criminality of their leader General Jorge Rafael Videla and his minions.

As it happens, in the week before Christmas in the city of Córdoba Videla and some of his military and police cohorts were convicted by their country’s courts of the murder of 31 people between April and October 1976, a small fraction of the killings they were responsible for. The convictions brought life sentences for some of the military. These were not to be served, as has often been the case in Argentina and neighbouring Chile, in comfy armed forces retirement homes but in common prisons. Unsurprisingly there was dancing in the city’s streets when the judge announced the sentences.

What one did not hear from any senior member of the Argentinian hierarchy was any expression of regret for the church’s collaboration and in these crimes. The extent of the church’s complicity in the dark deeds was excellently set out by Horacio Verbitsky, one of Argentina’s most notable journalists, in his book El Silencio (Silence). He recounts how the Argentinian navy hid from a visiting delegation of the Inter-American Human Rights Commission the dictatorship’s political prisoners on an island linked to senior clerics.

One would have thought that the Argentinian bishops would have seized the opportunity to call for pardon for themselves and put on sackcloth and ashes as the sentences were announced in Córdoba but that has not so far happened.

But happily Their Eminences have just been given another chance to express contrition. Next month the convicted murderer Videla will be arraigned for his part in the killing of Enrique Angelelli, bishop of the Andean diocese of La Rioja and a supporter of the cause of poorer Argentinians. He was run off the highway by a hit squad of the Videla régime and killed on 4th August 1976 shortly after Videla’s putsch.

• This article was amended on 14 March 2013. The original article, published in 2011, wrongly suggested that Argentinian journalist Horacio Verbitsky claimed that Cardinal Jorge Bergoglio connived with the Argentinian navy to hide political prisoners on an island called El Silencio during an inspection by human rights monitors. Although Verbitsky makes other allegations about Bergoglio’s complicity in human rights abuses, he does not make this claim. The original article also wrongly described El Silencio as Bergoglio’s « holiday home ». This has been corrected.

Voir par ailleurs:

Is Celibacy a Sin? The NYT Has a View

Walter Russell Mead
The Americain interest
March 3, 2013

Over at the New York Times where hostility to all things Roman Catholic is a longstanding tradition, Frank Bruni has mixed a unique cocktail of one part sharp observation, two parts confusion about Christian teaching, a dash of schadenfreude and splash of scandal. It is, in other words, business as usual at the newspaper of record, where passionate disagreement verging into bitter resentment at the sexual teachings of the Catholic Church (that homosexuals can’t marry, heterosexuals can’t divorce, and that abortion is the willful destruction of innocent human life) is almost as widespread as hatred of the KKK.

(I say almost, noting Ross Douthat’s piece this morning. Maureen Dowd, however, proudly upholds the paper’s traditional foam-flecked hatred of Rome, with the difference that loathing and contempt for Catholic ideas is expressed in our more democratic era by the Catholic or ex-Catholic children of Eire rather than toffee nosed WASPs. In the old days, hatred of Rome was a bond in New York journalistic and intellectual circles between nativist Protestants and aspiring Jewish intellectuals remembering centuries of Catholic persecution. These days everybody is in on the Church-hating.)

For those looking to cast stones at the Vatican there is no shortage of ammunition at hand, and Bruni’s piece, entitled “The Wages of Celibacy,” gives us a full measure of Catholic woe: tortured, self-rejecting gay priests and maybe cardinals and archbishops, ‘elite’ rings of transsexual prostitutes, hints of Vatican blackmail, pedophilia and tragic isolation. (Dowd takes it closer to the bone in a column dripping with juicy innuendoes about the Pope Emeritus’ relationship with his private secretary.)

All these troubles, Bruni maintains, spring from priestly celibacy and homosexual repression. Bruni’s core message is that celibacy is a “trap,” a bad idea all round:

No matter what a person’s sexual orientation, the celibate culture runs the risk of stunting its development and turning sexual impulses into furtive, tortured gestures. It downplays a fundamental and maybe irresistible human connection. Is it any wonder that some priests try to make that connection nonetheless, in surreptitious, imprudent and occasionally destructive ways?

Now I’m no Roman Catholic and my father is a happily married Episcopal priest; after 61 plus years of marriage my parents have four children, seven grandchildren, two great-grandchildren and over the decades their home has been a warm and welcoming place, a visible sign of God’s love for friends, family and strangers alike. It’s not for me to advise a religious body to which I don’t belong how to manage its affairs, but if I were designing a new Church of St. Mead from the ground up, I’d have no problem with married priests.

There are good arguments against a celibate priesthood, even in the special context of Roman Catholic doctrine about the nature and function of priests. It’s not, however, clear that these arguments are as strong as Bruni and many others assume. The last time I looked, college football coaches, BBC celebrities, public school teachers and scout leaders weren’t required to be celibate, but we’ve seen high profile sexual scandals in these fields—complete with coverups. Horatio Alger was a Unitarian minister when he was fired for “unnatural familiarity” with boys, and there have been some recent high profile cases of married Jewish and Protestant religious leaders involved in inappropriate sex with young people.

Human sexuality is tricky ground; many married people have from time to time resorted to exactly the kind of “furtive, tortured gestures” that Bruni thinks characterize celibacy. Few of us live up to our own sexual ideals or standards; gay or straight, single or married, drunk or sober, large numbers of human beings look back on certain incidents with sadness and regret. Not even Maureen Dowd can believe that America’s burgeoning porn industry survives on the patronage of furtive and twisted celibates alone. Celibacy, like monogamy, is a sexual ideal. Not many people live up to either ideal fully, and many fall sadly, woefully, and even horrifically short of the standards their own consciences declare.

But ideals, even unattainable ones, are often there for a reason. The Christian ideal of celibacy wasn’t invented by the Catholic hierarchy and didn’t originate as a tool to capture and repress homosexual men. Nor was it rooted in either Jewish or Roman antiquity. Caesar Augustus passed laws to penalize bachelors, and while Rome had its Vestal Virgins, they had no male counterparts. While ancient Greek culture celebrated many forms of what we today would call pedophilia, it strongly condemned adult men who engaged in passive homosexual intercourse and placed strong social pressure on men to marry women even as they continued to accost high school age boys. The closest thing to the Christian ideal of celibacy was found among some Middle Eastern cults and mystery religions, but the voluntary castration among some devotees of these cults never really caught on among the followers of Christ (Origen excepted).

The Christian ideal of celibacy comes straight from the source: Jesus, despite repeated attempts by later writers to whomp up romances with everyone from Mary Magdalene to St. John the Divine, never married. (I’m waiting for the Maureen Dowd column on Jesus the pedophile: What can we expect from a man who hung around playgrounds saying “Suffer the little children to come unto me?” Sounds pretty suspicious and, of course, he was celibate.)

Jesus’ example got a powerful boost and some theological buttressing from the life and writings of Christianity’s greatest early leader and thinker, St. Paul. So far as we know, Paul never married in the years before his conversion; certainly, he remained single during his life as the first Christian missionary.

Neither Jesus nor Paul demanded celibacy of their followers. We know that St. Peter had a mother-in-law and St. Paul said that bishops should have no more than one wife. If Jesus ever said anything about his decision to remain unmarried, the Gospels don’t report it, and his recorded teaching on marriage is largely confined to an absolute prohibition on divorce. But Paul was more forthcoming. In his first letter to the Christian community in the Greek city of Corinth, the apostle wrote that while ideally both women and men should remain unmarried, not everybody had the ability. For those who could not, ahem, contain themselves in the single life, he wrote, there was a less demanding if perhaps less noble course. “It is better to marry than to burn.

The examples of Jesus and Paul’s celibacy have resonated since the early centuries of Christian life, but choosing the celibate life was also often mixed up with pragmatic considerations. Centuries of persecution reinforced the idea that the leaders of the Christian community, bishops and priests for whom martyrdom was in the job description, should avoid earthly entanglements. One can sympathize with their point of view. It is bad enough being fed to the lions without worrying about the hungry family you are leaving behind.

When the persecutions ended with the conversion of the Emperor Constantine, Christians had a new reason to want celibate bishops and priests. The Church became one of the wealthiest institutions in the Empire, and its officials controlled great resources and had immense political power. That power only grew when the Empire fell and feudalism appeared. In an era of weak states and institutions, powerful families constantly sought to appropriate ‘common’ property; much like oligarchs pillaging state property after the fall of the Soviet Union, people sought to ‘privatize’ both church and state property when opportunities rose.

Without celibacy, clerical dynasties would surely have emerged, and lucrative offices would almost inevitably become hereditary. Even humble parish priests would try to ensure that their sons followed them in their calling and, in a period of weak institutions and little central authority, the positions and the possessions of the Church were all too likely to fall under private control. Celibacy ensured that priests had no children, or that, if they did (and there have never been many illusions in the Church about the weakness of the flesh and the powers of temptation), those children would at least be illegitimate and unable to claim a right of succession.

Even with celibacy, life in the Church got pretty corrupt. Clerics high and low struggled to make careers for their illegitimate children or their nephews (the word ‘nepotism’ comes from the Latin word for nephew); powerful families intrigued to control the more lucrative posts. But while the ban on clerical marriage didn’t necessarily make the clergy more moral, it helped assure the independence of the Church and kept its property and offices from falling completely and irrevocably into the hands of church dynasties. From this point of view the discipline of celibacy was less a means to sanctify priests than to protect the institutional integrity of the Church.

In the West today these dangers have receded, but in much of the world they remain real. Many African and Asian believers remain very poor, and priests would face overwhelming temptations to, for example, ensure that their own kids received whatever educational opportunities were on offer. A wealthy and well connected archbishop in a non-democratic developing country would have powerful reasons to make sure his kids were plugged into the power system—and also have powerful reasons to keep his mouth shut about corruption and the abuses of human rights. Moral heroes might stand up against the pressure, but not every archbishop is going to be that kind of person. A perennial problem for Rome is that it must legislate for Catholics throughout the world; a system that allowed priests to marry in rich countries but demanded celibacy of priests from poor countries would not go over well.

Even so, there are real questions about requiring celibacy of all clergy. The priesthood is a less economically and socially attractive profession today, but in past centuries (and still in many poor countries) choosing a career in the Church was the only avenue for kids without wealthy parents to get a good education or a job that didn’t involve digging ditches. A hunger for education, a desire to see the wider world, and the hope of a brilliant career are not the same things as a religious vocation, much less a divine call to the single life, but the Church insisted on a package deal. Some young people honored the bargain, many found it beyond their power or were cynics from the start.

More recently, many women faced a similar choice. For poor girls in much of Europe and North America, entry into a religious order was their only way into professional life and their only chance for a college education. As Bruni and others note, the celibate priesthood also provided an honorable exit for another group: young homosexual men. If you told your mother that you weren’t getting married because you liked guys, you got one reaction. If you said God was calling you to the priesthood, you got something else. This doesn’t require conscious hypocrisy; sexual identity and spiritual yearning are both complicated things, and young people in the throes of adolescence jump to lots of conclusions.

It seems pretty clear that many people in religious orders and the priesthood didn’t have a true calling to the celibate life, and one reason that tens of thousands of people left the orders and the priesthood after Vatican II was that in a changing world they had other options. Young Catholic women, whatever their sexual orientation, and young Catholic gay men now have more choices, and the Church seems to be finding that while there are fewer young people entering orders and the priesthood, those who come are better suited to the calling.

I don’t know that it’s fair to blame all the resulting problems on either the Church or on celibacy. One can say that it was less than fair of the Church to offer education and careers to the poor, to women and to homosexuals with such difficult conditions attached—but then nobody else was offering them anything at all. Surely some of the blame has to fall on societies and cultures that consigned whole swathes of their population to ignorance and oppression, leaving the Church to deal with the results as best it could. Within the framework of its doctrinal structures and its institutional requirements, the Church opened a door of opportunity for people who the rest of the world rejected. Surely even the Rhadamanthine judges at the New York Times can give it a few points for trying?

But many critics of the Church, and, unless I am misreading him, Bruni is one of these, don’t just think that the Church has misused the discipline of celibacy. They want to say that celibacy doesn’t even make sense as a religious ideal. One doesn’t want to judge a person’s entire world view on the basis of a single newspaper column, but Bruni seems to make the argument that celibacy is an unnatural state that involves a crippling loss of human connection. As Auden once put it: “Envy warps the virgin as she dries.”

The critique is not new; the belief that the Catholic view of celibacy leads either to futile isolation or to sexual deviance and depravity or both was one of the core arguments that the Reformers made against the Church. Lurid ‘confessions’ of nuns allegedly seduced by priests and darker rumors were widely disseminated during and after the wars of religion. As late as the 1830s a Protestant mob in Boston burned an Ursuline convent after reports of wicked goings on got into the press.

In Victorian times Protestants frequently contrasted what they saw as the healthy, masculine and extroverted nature of the Protestant clergy and its spirituality and the ‘diseased’, ‘feminine’ and introverted qualities they claimed to see among Catholics. Homophobia and anti-Catholicism ran together in 19th century England, and the Protestant cult of ‘muscular Christianity’ claiming that Jesus was an extroverted jock rather than a sensitive momma’s boy was particularly popular among the headmasters of boys’ boarding schools. In the minds of people like Charles Kingsley, tutor of the Prince of Wales, chaplain to Queen Victoria and the man whose attack prompted Cardinal Newman to write his great autobiography, suspiciously celibate Catholic priests with their crafty ways, lace gowns and aversion to marriage were exactly the sort of person one kept away from the vulnerable young.

Today the attack on celibacy, at least in elite circles, cannot base itself on overt homophobia any longer, although it was not all that long ago that the New York Times led the charge against gays and their wicked agenda. Where the Victorians attacked the celibate priesthood because they believed it sheltered homosexual men and gave them social position and power they could never otherwise have, our contemporaries attack priestly celibacy because it warps homosexual men, steeping them in self-hatred, twisting their desires, and forcing the natural healthy channel of their sexuality into at best sordid and furtive affairs and at worst leading otherwise normal gay men into the horrors of pedophilia.

Charles Kingsley would have interpreted the current avalanche of stories about pedophile priests and the rumors of gay sex rings in the Vatican as clear proof that Catholicism was rotten to the core and that a hierarchical culture resting on priestly celibacy was a big part of the problem. That is not as far from the Bruni position as either Kingsley or Bruni would like, but where Kingsley saw celibacy as tailor-made cover for insidious homosexuals and sexual predators, Bruni sees it as an instrument of homophobia and sexual repression.

From my wretchedly Anglican standpoint, I can only say that the problem seems less about celibacy as a sexual ideal than about the attempt, intrinsic to Catholicism, to embody the ideal Kingdom of God in a human institution. Priests, nuns, bishops and monks are not going to be perfect. They are going to abuse their power; they are going to misread the will of God even on those occasions when they summon up the fortitude to try to follow it. Catholics believe that even so the purposes of God are being worked out through the visible Church on earth, and that the institution, however weighed down with crooked bankers, bent priests, conniving bishops and hypocritical pedophiles really is the primary channel of grace into this fallen world, and the place par excellence where God’s perfect love meets human failure.

That Catholic approach to the institutionalization of the ineffable has led to great triumphs of the human spirit and nourished extraordinary saints down through the ages, but there is a darker side too. The attempt to bond a high and difficult sexual ideal to the routine business of running a global institution is bound to create some big problems; I wish the next pope every success in managing this great institution in tumultuous times, but I don’t have a lot of advice to offer.

There is a final point to make. It’s striking that Bruni’s discussion of celibacy omits any possible benefits that might flow from this way of life. Proponents of celibacy have often spoken of a closer union with God as both the motive and the consequence of their choice. Pastor Rick Warren tells the story of the bride who insisted that as she came down the aisle to meet her future husband the choir sing the old hymn “I’d Rather Have Jesus.” For millions of Catholic and Orthodox monks, priests and nuns down through the centuries, that was a choice that they consciously made. They felt called to sacrifice earthly ties to deepen their relationship with God and to focus exclusively on serving him rather than tending families on earth.

Bruni doesn’t even think this idea is worth discussing; as far as I can tell, there are no ‘brides of Christ’ in his world view, only delusional and embittered old maids.  The argument boils down to this: since human beings can’t be satisfied or fulfilled by relationships with God, celibacy has no point. It subtracts but it does not add. The celibate priest or nun is running away from normal human life and running toward… nothing.

Bruni is of course entitled to his opinion, and it’s one that many great scholars and philosophers have held. God either doesn’t exist or is so much in the background of things that he might as well not be there at all. Satisfaction is to be sought in the here and now; this life on earth offers all we need and in any case is all we have. Forget all this talk of mystical unions with Christ, forget the ecstasies of the saints, the Beatific Vision, the dream of fulfilling your life by picking up your cross and following Christ as closely as you can. Find an age-appropriate spouse of whatever gender works for you, and lead the rich and satisfying life of an upper middle class professional who enjoys the newspaper of record, and try not to think about old age, death, or anything else that suggests that the natural order is either incomplete or flawed.

This is a perfectly coherent point of view, but it is not very rational to suggest it to the Catholic Church. Bruni’s argument against celibacy is predicated on the disappearance of God; he is giving the Church advice on how to organize its affairs in the absence of Christ.

If Bruni is right, we shouldn’t just get rid of priestly celibacy. We should get rid of priests. We should turn our churches into art museums. Perhaps a few should stay open for the old people and the poor people and the semi-literate immigrants still bitterly clinging to their missals and their rosaries, but the Catholic Church is of value only insofar as it adds texture and color to the wonderful pageant of civilized modern life.

A lot of modern and progressive thinking people think this way in America and beyond; it’s a safe bet that the new pope, whoever he is, won’t agree.

Voir aussi:

LE CASTRISTE HUGO CHAVEZ A FINANCE SECRETEMENT LA CAMPAGNE EN 2007 DE LA PRESIDENTE ARGENTINE AVEC 6 MILLIONS $

Auteur jacquesthomet

25 septembre 2008

Un document tendant à le prouver a été présenté jeudi par l’homme d’affaires américano-vénézuélien Guido Antonini Wilson, cité comme témoin à Miami dans le procès sur le transfert illégal de 800.000 dollars du Venezuela vers l’Argentine.

Guido Antonini Wilson avait été intercepté le 4 août 2007 par la douane argentine en provenance de Caracas, avec une mallette contenant 800.000 dollars.

Selon l’accusation, il s’agissait d’argent destiné à la campagne présidentielle de la candidate Cristina Kirchner, qui a ensuite remporté les élections en octobre 2007. Mme Kirchner a nié avoir reçu des fonds provenant du Venezuela.

Guido Antonini Wilson est un témoin clé dans ce procès de trois Vénézuéliens et un Uruguayen –Moises Maionica, Franklin Duran, Carlos Kauffmann, Rodolfo Edgardo Wanseele Paciello– que les Etats-Unis soupçonnent d’avoir agi en tant qu’agents du Venezuela à Miami. Ils sont accusés d’avoir fait pression sur M. Antonini Wilson, qui avait introduit des fonds non déclarés en Argentine en août 2007, pour cacher la provenance et la destination de cet argent. Antonini Wilson a présenté un document, que lui avait remis Franklin Durán, dans lequel ce dernier détaillait les points importants concernant le supposé transfert de fonds.

« D’où vient l’argent: PDVSA (la compagnie pétrolière publique du Venezuela). A qui est-il destiné: à la campagne (de Cristina Kirchner) (…) deux mallettes (…) 6 millions de dollars… », indique notamment le document.

L’homme d’affaires américano-vénézuelien a affirmé avoir rencontré dans un hôtel le vice-président pour l’Argentine de PDVSA, Diego Uzcategui, peu de temps après avoir été appréhendé. « L’argent venait de PDVSA, ce n’était pas le mien », a-t-il expliqué. « J’ai demandé (à M. Uzcategui) pourquoi il m’avait placé dans une telle situation, et il m’a répondu: +où est le reste de l’argent ?+ Je lui ai dit: +De quoi est-ce que tu me parles ?+ Et il m’a dit: +Il y avait une autre valise avec 4,2 millions+ », avait-t-il raconté devant la cour.

M. Antonini Wilson a aussi révélé mercredi s’être entretenu à deux reprises au téléphone avec le chef des renseignements du Venezuela, Henry Rangel Silva, qui tentait de le convaincre d’occulter le scandale.

Voir enfin:

Malaysia’s U.S. Propaganda

Kuala Lumpur paid American conservative journalists to smear an opposition leader.

The WSJ

March 8, 2013

A general election is expected next month in the Southeast Asian nation of Malaysia, and that usually means political shenanigans—abuse of national security laws, media manipulation and character assassination. After the last election in 2008, when the ruling coalition barely held on to power, public anger at such practices prompted Prime Minister Najib Razak to redraft laws and reform the electoral system. However, new revelations that his government paid American journalists to attack opposition leader Anwar Ibrahim raise questions whether those changes went far enough.

In January, conservative American blogger Joshua Treviño belatedly registered under the Foreign Agents Registration Act, revealing that from 2008-2011 he was paid $389,724.70, as well as a free trip to Malaysia, to provide « public relations and media consultancy » services to the Malaysian government.

These consisted of writing for a website called Malaysia Matters, now defunct, as well as channeling $130,950 to other conservative writers who wrote pro-government pieces for other newspapers and websites. When questioned in 2011 by the Politico website about whether Malaysian interests funded his activities, Mr. Treviño flatly denied it: « I was never on any ‘Malaysian entity’s payroll,’ and I resent your assumption that I was. »

Malaysian opposition leader Anwar Ibrahim

The campaign was more targeted than the Malaysian ruling coalition’s domestic attacks on Mr. Anwar. Mr. Treviño’s site mainly went after the opposition leader for anti-Semitic remarks and his alliance with the Islamist party PAS, and even accused him of links to terrorists through the International Institute of Islamic Thought. Mr. Anwar has made anti-Semitic comments—though that’s in part to fend off domestic accusations that he’s too cozy with Zionists. He also has ties to organizations that have taken Saudi money, but the suggestion that he somehow has « ties to terrorism » is preposterous.

The site also defended an outrageous charge of sodomy brought against Mr. Anwar from 2008- 2012, and it criticized the U.S. State Department and The Wall Street Journal for taking Mr. Anwar’s side. These postings were clearly aimed at sowing doubt among other would-be Anwar defenders in the U.S., especially on the right of the U.S. political spectrum.

Mr. Treviño paid other writers who know almost nothing about Malaysia but mimicked his propaganda. The New Ledger, edited by Ben Domenech, was even more vociferous, calling Mr. Anwar a « vile anti-Semite and cowardly woman-abuser. » One posting was entitled, « Muslim Brotherhood’s terrorist money flowing to Anwar Ibrahim. » According to Mr. Treviño’s filing, he paid Mr. Domenech $36,000 for « opinion writing. » Three contributors of anti-Anwar items to the New Ledger—Rachel Motte, Christopher Badeaux and Brad Jackson—were paid $9,500, $11,000 and $24,700 respectively.

Mr. Treviño was initially paid by public relations multinational APCO Worldwide, which had a longstanding contract with the Malaysian government. APCO’s Kuala Lumpur representative through 2010, Paul Stadlen, now works in Prime Minister Najib’s office. David All, who at the time ran his own PR firm and collaborated on Malaysia Matters, also provided cash.

But from 2009-11, the Malaysian money came through Fact-Based Communications, which under the leadership of journalist John Defterios produced programs on client countries for CNN, CNBC and the BBC. After this was revealed in 2011, the three networks dropped all FBC programs, and Atlantic Media Company President Justin Smith resigned from its board.

Influence-peddling has a long and sordid history in Washington, and governments that use repressive methods at home yet want to remain on friendly terms with the U.S. typically have the biggest bankrolls. It’s not unheard of for PR operators to pay less reputable journalists and think- tankers to write favorable coverage, as the Jack Abramoff case in the mid-2000s showed.

The Malaysian scheme, however, is notable because it drew in respected writers such as Rachel Ehrenfeld, who has contributed to the Journal in the past and took $30,000, Claire Berlinski, who got $6,750, and Seth Mandel, an editor at Commentary magazine, who was paid $5,500. Some of the articles appeared in well-known publications such as National Review and the Washington Times.

Mr. Najib’s falling popularity at home suggests his days as Prime Minister could be numbered. The irony is that he was more democratic and played a more responsible role in the region than his predecessors. Even opposition figures have quietly admitted to us that he has steered Malaysia in the right direction. That should have been more than enough for a legitimate public relations operation to work with. Resorting to underhanded tactics to undermine the opposition has only backfired for Mr. Najib, at home and abroad.


Société: Cachez cette différence que je ne saurai voir (When in doubt, sexualize or butcher the quote!)

21 novembre, 2012
http://vulpeslibris.files.wordpress.com/2009/01/victorians.jpg?w=280&h=443Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul
C’est dingue ! Si on n’est pas branchée sex-toys, si on n’aime pas parler de masturbation en gloussant autour d’un mojito, et qu’on ne cumule pas les amants, on est… nulle. Anonyme
It’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality. Volkoh
« Hooking up » is a common phrase among young people today, but as journalist Stepp (author of Our Last Best Shot, 2000) discovered, the term is nebulous in meaning. Covering a range of sexual behavior, hooking up can mean anything from kissing to intercourse, as well as everything in between. Stepp conducted extensive interviews with young women in high school and college to find out how this casual approach to sexual encounters is affecting a generation. What she learned is that in large part hooking up had supplanted dating, with both young men and women eschewing deeper relationships for casual encounters with little or no commitment involved. Stepp looks at how the culture of today fosters these attitudes, noting that when young women are expected to excel at school and have numerous outside activities, many feel they don’t have time to form a deeper bond with a significant other. Eye-opening and powerful, Stepp’s book also offers empowering advice for women as they navigate today’s sexual landscape. Kristine Huntley
What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, « my plaything » and « my bitch. » Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the « yucks ». Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way (…) In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, « He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize. » And goes on to tell them, « In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long. » It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere. In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame. Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. « Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering. » In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes. And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all. Kathy Dobie
Suppose that everything we think we know about ‘The Victorians’ is wrong? That we have persistently misrepresented their culture, perhaps to make ourselves feel more satisfyingly liberal and sophisticated? What if they were much more fun than we ever suspected? As Matthew Sweet shows us in this brilliant study, many of the concepts that strike us as terrifically new – political spin-doctoring, extravagant publicity stunts, hardcore pornography, anxieties about the impact of popular culture upon children – are Victorian inventions. Most of the pleasures that we imagine to be our own, the Victorians enjoyed first: the theme park, the shopping mall, the movies, the amusement arcade, the crime novel and the sensational newspaper report. They were engaged in a well-nigh continuous search for bigger and better thrills. If Queen Victoria wasn’t amused, then she was in a very small minority . . . Matthew Sweet’s book is an attempt to re-imagine the Victorians; to suggest new ways of looking at received ideas about their culture; to distinguish myth from reality; to generate the possibility of a new relationship between the lives of 19th-century people and our own. Inventing the Victorians (Book presentation)
Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ « ridicule and ellipsis » link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous! (…) Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external. Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The « loss » of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a « loss » of male « virginity »; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been « broken » for the woman has, for the man, been « fixed. » I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.(…) It strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women? I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame. Classical values
In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of « virtues » into « values, » Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality: This mutation in the word « virtue » has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus « Victorian values » have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as « limbs, » and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries. In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. « The woman who draped the legs of her piano », one historian solemnly informs us, « so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat ». In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians. Classical values

Refus de la différence, quand tu nous tiens!

Découvert sur le net …

En ces temps étranges de parent 1 (ou A) et de parent 2 (ou B) …

Et en ce bientôt meilleur des mondes de mamans (porteuses) ou de putains remboursées par la sécu

Cet intéressant site de réinformation culturelle (Classical values) qui prétend, ô périlleuse mais louable ambition, « mettre un terme à la guerre culturelle en restaurant les valeurs culturelles » …

Où l’on apprend par exemple comment pour mieux enfoncer un livre déplorant la véritable mise au ban de la virginité dans certains milieux, un critique du Washington post n’hésite pas, au point de la dénaturer complètement voire de lui faire dire le contraire de ce qu’elle disait vraiment, à charcuter une citation …

Ou, alternativement, comment,  pour ridiculiser la prétendue obsession de la même virginité de nos arrières-parents victoriens, certains de nos historiens trop crédules ont pu prendre pour argent comptant les plaisanteries des Victoriens eux-mêmes (sur leurs cousins… américains!) et ainsi, pour des générations après eux, sexualiser malgré eux les pieds de leurs pianos …

Shaming the unshattered?

Classical values

March 03, 2007

Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ « ridicule and ellipsis » link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous!

The book in question is Laura Sessions Stepp’s Unhooked, and as Volokh makes clear, the butchery of the quote renders her thought almost incoherent.

Here’s the mangled (and subsequently ridiculed) WaPo quote:

Your body is your property…. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you?

Yeah, that makes very little sense. But here’s what’s omitted:

Your body is your property. No one has a right to enter unless you welcome them in. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? Is your body worth less than a house?

And here’s Eugene Volokh:

The second sentence (the omission of which the Post noted with the ellipses) explains why we’re talking about nonconsensual rock-throwing. In this paragraph, the author seems not to be faulting fully consensual, enthusiastic casual sex, but rather casual sex of the sort that is at least not entirely welcome (a characteristic that I take it the author thinks is not uncommon in casual sex). Many young women, the author is suggesting, let men have sex with them even though they do not fully « welcome them in, » perhaps because they feel pressured by the man or by social expectations. Not-fully-welcome sex is not the same as rock-throwing, but at least the analogy is closer than it is between presumably enthusiastic « hooking up » and rock-throwing.

The fourth sentence (which is also omitted in the Post review, though conventions of quotation allow the omission not to be marked with ellipses) then tries to tie the body with the house: They aren’t the same (for instance, in the sense that they’re both great places to have a party), but rather they’re both valuable, and your body is if anything even more valuable. Again, not a terribly convincing metaphor, but not as zany or worthy of derision as some might think. Among other things, try the lampoon quoted above on the whole paragraph:

I don’t think Stepp’s broken window analogy is either zany or worthy of derision, although I understand why others would. I suspect that those who derided the analogy are only pretending not to understand it, and I think they wouldn’t want to get it (and would claim not to get it if someone explained it). That’s because the broken window analogy goes to the center of the difference between the sexes that people imagine can be dismissed. Therefore, it’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality.

The broken window analogy (to a woman’s loss of virginity) is hardly new. Ask anyone who studied art history.

There’s Bouguereau’s Broken Pitcher, Greuze’s Broken Pitcher, and I even found a cute little narrative about the subject coming up in an art history class:

She is actually relieved to be in Art History discussing Greuze’s Broken Pitcher, even if there are idiots in her class. The girl with the jewel-encrusted crucifix obscuring all her other features insistently claims the girl in the painting signifies the masses, and the broken pitcher is their broken relationship with Christ. The cocky guy who has missed half the classes since joining his frat, is spinning the class all off on a tangent somehow connecting the broken pitcher to unemployment rates during the Great Depression. Stupid.

Sighing, she is patient, sighing again and again as she digests her so-called peers’ comments and systematically discards their worth. The class wallows in a pit of circular reasoning. Just as she is about to reach her limit and set them all straight, the teacher says, « What if it’s about sex? What if the pitcher is her virginity? »

Silence blooms. Her classmates look at each other, some giggling.

I don’t know whether the teacher planned on show-and-tell, so I’ll complement her lecture by adding Bouguereau’s Broken Pitcher:

It’s tough to unwrite Art History, but I’m sure they’re working on it.

Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external.

Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The « loss » of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a « loss » of male « virginity »; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been « broken » for the woman has, for the man, been « fixed. »

I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.

As to what is going on in the mind in the mental or moral sense, that’s more complicated. The WaPo reviewer touches on a favorite subject of Classical Values, and that is sexual shame:

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Look, I’m more against sexual shame than anyone I know. Seriously, I am not kidding; just poke around the blog.

But I have one question for the WaPo writer. Since when is a dog in heat (actually, it should be « bitch in heat ») an ugly image? The reason I’m asking is because I’m harboring a bitch in heat right now, and Coco does not take kindly to being called ugly by the MSM! She’s not ugly, and she leaves plenty to the imagination. Well, maybe not when she’s waving her little vagina around and her tail curls and the coat of hair on her butt gets all wrinkly and slitherers forward in anticipation of a tie-up. But even that is not without it’s charm, at least for a shameless relativist like me. The bottom line is that Coco is not ugly, and I don’t consider any of this shameful. (Although I suspect the WaPo might be trying to shame Ms. Stepp.)

I keep saying that what we call the Culture War is really a war over sex, because I think it is. At the heart of that, though, is a war over sexual shame. While I don’t know whether Ms. Stepp is trying to instill feelings of sexual shame as the Post says, I do know that plenty of people are very frustrated by the absence of sexual shame in others.

The problem is, as I keep saying, you can’t feel what you don’t have, nor can you expect that if you’re disgusted with something, that others will share your disgust. Sometimes, I think there’s on one « side » a demand that others not be disgusted by things which disgust them, while on the other « side » there’s an equally shrill demand that they be disgusted by things that don’t disgust them.

Right now though, I’m feeling a little disgusted by the lack of honesty in the way this argument is being addressed, because it just isn’t being addressed. People yell at each other’s tastes or what they perceive as a lack thereof, and they don’t even seem to realize that what they’re doing is demanding not accommodation or tolerance of their tastes or disgusts, but a sharing of them. While this strikes me as an unreasonable argument, there’s no way to discuss whether it’s a reasonable argument if people aren’t even aware that it is in fact an argument.

Take Leon Kass’s wisdom of repugnance. Please!

No seriously, let’s take it, because I’ve devoted time to it and gotten not very far. There is no question that sexual shame varies from person to person, as do sexual tastes. From a previous post, here’s Martha Nussbaum, interviewed by Reason’s Julian Sanchez:

Unlike anger, disgust does not provide the disgusted person with a set of reasons that can be used for the purposes of public argument and public persuasion. If my child has been murdered and I am angry at that, I can persuade you that you should share those reasons; if you do, you will come to share my outrage. But if someone happens to feel that gay men are disgusting, that person cannot offer any reasoning that will persuade someone to share that emotion; there is nothing that would make the dialogue a real piece of persuasion.

Reason: As a follow up, can you say something about how that cashes out into a critique of communitarian ideals?

Nussbaum: The prominent defenders of the appeal to disgust and shame in law have all been communitarians of one or another stripe ([Lord] Devlin, [Amitai] Etzioni, Kass), and this, I claim, is no accident. What their thought shares is the idea that society ought to have at its core a homogeneous group of people whose ways of living, of having sex, of looking and being, are defined as « normal. » People who deviate from that norm may then be stigmatized, and penalized by law, even if their conduct causes no harm. That was the core of Lord Devlin’s idea, and it is endorsed straightforwardly by Etzioni, and, in a rather different way, and in a narrower set of contexts, by Kass. My study of disgust and shame shows that these emotions threaten key values of a liberal society, especially equal respect for people and for their liberty. Disgust and shame are inherently hierarchical; they set up ranks and orders of human beings. They are also inherently connected with restrictions on liberty in areas of non-harmful conduct. For both of these reasons, I believe, anyone who cherishes the key democratic values of equality and liberty should be deeply suspicious of the appeal to those emotions in the context of law and public policy.

While I think trying to make someone feel shame who does not feel it is a waste of time, my point is that even if you put sexual shame aside, in logic something is being given up by a woman that is not being given up by a man. To deny this denies reality.

Denial of reality has a way of annoying me, but it’s even more annoying when it’s done in the name of reality.

But I think there’s something more going on than denial. I think the attempt to tar Ms. Stepp with the accusation that she’s fostering sexual shame obscures something else which Eugene Volokh mentioned, and that is the pressure of what he calls « social expectations. »

From the Amazon book description:

In Unhooked, Stepp follows three groups of young women (one in high school, one each at Duke and George Washington universities). She sat with them in class, socialized with them, listened to them talk, and came away with some disturbing insights, including that hooking up carries with it no obligation on either side. Relationships and romance are seen as messy and time-consuming, and love is postponed-or worse, seen as impossible. Some young women can handle this, but many can’t, and they’re being battered-physically and emotionally-by the new dating landscape. The result is a generation of young people stymied by relationships and unsure where to turn for help.

If it is true that some of the young women doing this cannot handle it, then I wonder why. I haven’t read the book, but might another form of shame be going on?

Is it possible that not wanting to have sex might be considered shameful in some circles? Might there be a stigma attached to virginity?

Apparently, there is. And it didn’t take me long to find it. Here’s the (U Va) Cavalier Daily’s Kate Durbin:

Having or abstaining from sex is a personal decision. Like drinking alcohol or eating meat, it is a choice that each person must make for him or herself, free from the pressures of peers and society in general. No reason need be given as to why someone chooses to abstain from sex, just as no reason need be given when someone chooses not to consume alcohol. Personal decisions are just that — personal. They should be respected as such. Virgins, angered by the negativity surrounding their choices, should seek to change societal attitudes instead of spending time enumerating the reasons they chose to be a virgin.

[...]

….if society is really so open when it comes to sex, why is it that virginity remains such a curse for those college students choosing it? For whatever reason, abstaining from sex has somehow come to be a socially isolating factor, making virgins feel like their choices are somehow viewed as wrong.

As long as current attitudes about sexual choices persist, refraining from sex will continue to be seen as some kind of problem. Having sex or not having sex is a personal choice. This fact must be accepted and respected by our generation.

Hmmm….Virginity a curse? At the University of Virginia at that!

Oh the irony!

I don’t know how typical the above complaint is (there’s more, of course, and it seems to be a response to another column poking fun at virgins), but as someone who is against sexual shame, I try to at least be consistent about it, and it strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women?

I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame.

Voir aussi:

Without Victorian modesty, even pianos can get carried away!

Classical values

March 13, 2007

In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of « virtues » into « values, » Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality:

This mutation in the word « virtue » has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus « Victorian values » have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as « limbs, » and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries.

In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. « The woman who draped the legs of her piano, » one historian solemnly informs us, « so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat. » In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians.

I have a minor correction. While I must necessarily take no position on the perpetuation of satire by gullible historians (lest I get into a conflict of interest), and I cannot claim to know who is right about sexualizing the Victorian penchant for covering piano legs, I can state with some confidence that the historian Himmelfarb criticized was not the first to sexualize the piano.

Unless the Victorian satirists were first, I’m afraid the credit must go to Salvador Dali, who did a pretty good job of it back in the 1930s:

Once again, here’s « Atmospheric Skull Sodomizing a Grand Piano » (1934):

atmospheric_skull_sodomizing_a_grand_piano.JPG

And from the same year, here’s « Skull with its Lyric Appendage Leaning on a Bedside Table which Should Have the Exact Temperature of a Cardinal’s Nest »:

SkullWithLyricAppendage.jpg

I don’t know whether this means the couple had a child or just merged with each other, but the presence of the bedside table indicates some that some sort of ongoing intimacy occurred.

I scrupulously take no position on whether any of this could have been avoided had the piano been appropriately covered.

And at the risk of being anthropopianomorphic, I have to venture that Dali might have been using the pianos as some sort of substitute for his own libido, or maybe his sex life. Because in the same year he painted the indisputably sexualized pianos, he also painted « Cardinal, Cardinal! »:

cardinal.jpg

Note the same bedside table. The man (IMO) is clearly Dali, and he’s leaning towards the bedside table at the same angle as the skull does. His shirt even looks like a skull! Not only that, he’s holding a pitcher (the breaking of which artistically symbolizes lost virginity), and seems unable to put it back where it belongs. The uncovered woman is of course his wife Gala. (A divorcee who could not be considered virginal by any definition.)

As to what the reference to the « exact temperature of a cardinal’s nest » might mean, I’m tempted to speculate that it might involve a failure of the human fertility cycle, and I’d note that by 1934 Gala seems to have left her fertility cycles behind her.

Whether Dali was making any judgment about virtues or values (or what that judgment might have been) I’ll leave to others.

Politics is surreal enough as it is.

(I’ve tried not to politicize art, but the piano meme seems to have legs.)

MORE: While I wasn’t thinking about her when I wrote the post, a Hot Air commenter named OBX Pete says that Hillary Clinton looks like a piano:

I’ve seen her legs and believe me you don’t want to see them. If you take a picture of her and crop everything above the waist she could be mistaken for a grand piano. Actually she is doing us all a favor by wearing those pantsuits.

On the other hand, she has to work with what she was born with (as we all do) so she can’t help it if she has piano legs. I’m more concerned with that ultra-liberal mind.

I looked into this and discovered that it’s worse than I imagined — to the point where the Urban Dictionary includes Hillary in the very definition of « Piano Legs »:

1. piano legs

Disproportionately thick calves and/or ankles on a woman with otherwise normal body weight.

No wonder Hillary Clinton always wears pant suits. She’s got a humongous set of piano legs.

Voir également:

Unhooked: How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both (by Laura Sessions Stepp)

Going All the Way

 By Reviewed by Kathy Dobie

The Washington Post

February 11, 2007

UNHOOKED

How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both

By Laura Sessions Stepp

Riverhead. 288 pp. $24.95

Reviewed by Kathy Dobie

Articles, op-ed pieces and radio shows have been devoted to the sexual practice of « hooking up, » but Washington Post reporter Laura Session Stepp’s Unhooked is the first book on the phenomenon and, one hopes, not the last. For when someone takes such a volatile aspect of young people’s lives and puts it under a microscope — or in this case, a concerned, disapproving gaze — you want the large, well-lit view.

Stepp follows three high school girls and six college women through a year in their lives, chronicling their sexual behavior. These girls and women don’t date, don’t develop long-term relationships or even short, serious ones — instead, they « hook up. » Hooking up, Stepp writes, « isn’t exactly anything. » It can « consist entirely of one kiss, or it can involve fondling, oral sex, anal sex, intercourse or any combination of those things. It can happen only once with a partner, several times during a week or over many months . . . . It can mean the start of something, the end of something or the whole something. » If that sounds as if hooking up can mean almost anything but « fried fish for dinner, » Stepp goes on to offer something more definite: What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, « my plaything » and « my bitch. »

Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the « yucks. »

Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way: In our teens and early twenties, sexual relationships are less about intimacy than about expanding our intimate knowledge of people — a very different thing. Through sex, we discover irrefutable otherness (he dreams of being madly in love; she hates going to sleep alone ), and we are scared and enraptured, frustrated and inspired. We learn less about intimacy in our youthful sex lives than we do about humanity. And of course, there is also lust, something this very unsexy book about sex doesn’t take into account. In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, « He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize. »And goes on to tell them, « In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long. »

It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere.

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. « Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering. »

In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes.

And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all.


Médias: Pallywood pour les nuls (Leading French newsmagazine falls in big for Palestinian street theater)

21 mai, 2012
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
Au début (…) l’AP accueillait les reporters à bras ouverts. Ils voulaient que nous montrions des enfants de 12 ans se faisant tuer. Mais après le lynchage, quand des agents de l’AP firent leur possible pour détruire et confisquer l’enregistrement de ce macabre événement et que les Forces de Défense Israéliennes utilisèrent les images pour repérer et arrêter les auteurs du crime, les Palestiniens donnèrent libre cours à leur hostilité envers les Etats-Unis en harcelant et en intimidant les correspondants occidentaux. Après Ramallah, où toute bonne volonté prit fin, je suis beaucoup plus prudent dans mes déplacements. Chris Roberts (Sky TV)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… Roberto Cristiano (représentant de la “chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
J’ai travaillé au Liban depuis que tout a commencé, et voir le comportement de beaucoup de photographes libanais travaillant pour les agences de presse m’a un peu troublé. Coupable ou pas, Adnan Hajj a été remarqué pour ses retouches d’images par ordinateur. Mais, pour ma part, j’ai été le témoin de pratique quotidienne de clichés posés, et même d’un cas où un groupe de photographes d’agences orchestraient le dégagement des cadavres, donnant des directives aux secouristes, leur demandant de disposer les corps dans certaines positions, et même de ressortir des corps déjà inhumés pour les photographier dans les bras de personnes alentour. Ces photographes ont fait moisson d’images chocs, sans manipulation informatique, mais au prix de manipulations humaines qui posent en elles-mêmes un problème éthique bien plus grave. Quelle que soit la cause de ces excès, inexpérience, désir de montrer de la façon la plus spectaculaire le drame vécu par votre pays, ou concurrence effrénée, je pense que la faute incombe aux agences de presse elles-mêmes, car ce sont elles qui emploient ces photographes. Il faut mettre en place des règles, faute de quoi toute la profession finira par en pâtir. Je ne dis pas cela contre les photographes locaux, mais après avoir vu ça se répéter sans arrêt depuis un mois, je pense qu’il faut s’attaquer au problème. Quand je m’écarte d’une scène de ce genre, un autre preneur de vue dresse le décor, et tous les autres suivent… Brian X (Journaliste occidental anonyme)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
L’attaque a été menée en riposte aux tirs incessants de ces derniers jours sur des localités israéliennes à partir de la zone visée. Les habitants de tous les villages alentour, y compris Cana, ont été avertis de se tenir à l’écart des sites de lancement de roquettes contre Israël. Tsahal est intervenue cette nuit contre des objectifs terroristes dans le village de Cana. Ce village est utilisé depuis le début de ce conflit comme base arrière d’où ont été lancées en direction d’Israël environ 150 roquettes, en 30 salves, dont certaines ont atteint Haïfa et des sites dans le nord, a déclaré aujourd’hui le général de division Gadi Eizenkot, chef des opérations. Tsahal regrette tous les dommages subis par les civils innocents, même s’ils résultent directement de l’utilisation criminelle des civils libanais comme boucliers humains par l’organisation terroriste Hezbollah. (…) Le Hezbollah place les civils libanais comme bouclier entre eux et nous, alors que Tsahal se place comme bouclier entre les habitants d’Israël et les terroristes du Hezbollah. C’est la principale différence entre eux et nous. Rapport de l’Armée israélienne
Après trois semaines de travail intense, avec l’assistance active et la coopération de la communauté Internet, souvent appelée “blogosphère”, nous pensons avoir maintenant assez de preuves pour assurer avec certitude que beaucoup des faits rapportés en images par les médias sont en fait des mises en scène. Nous pensons même pouvoir aller plus loin. À notre avis, l’essentiel de l’activité des secours à Khuraybah [le vrai nom de l’endroit, alors que les médias, en accord avec le Hezbollah, ont utilisé le nom de Cana, pour sa connotation biblique et l’écho du drame de 1996] le 30 juillet a été détourné en exercice de propagande. Le site est devenu en fait un vaste plateau de tournage, où les gestes macabres ont été répétés avec la complaisance des médias, qui ont participé activement et largement utilisé le matériau récolté. La tactique des médias est prévisible et tristement habituelle. Au lieu de discuter le fond de nos arguments, ils se focalisent sur des détails, y relevant des inexactitudes et des fausses pistes, et affirment que ces erreurs vident notre dossier de toute valeur. D’autres nous étiquètent comme de droite, pro-israéliens ou parlent simplement de théories du complot, comme si cela pouvait suffire à éliminer les éléments concrets que nous avons rassemblés. Richard North (EU Referendum)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
A l’heure où des rédacteurs en chef d’un magazine à la réputation établie de longue date laissent passer des bavures aussi mahousses que celle que vient de nous pondre le tout nouveau blog de l’Express d’Eric Mettout …
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Dans un pays où une importante exposition parisienne sur les photos controversées du siècle peut tranquillement faire l’impasse sur l’un des plus grands faux de l’histoire récente …
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Petit cours de rattrapage, avec le site Arrêts sur images, pour nos journalistes distraits ou pressés
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Qui via notamment quelques uns des cas de la flopée de photomontages qui avait marqué la 2e Guerre du Liban de 2006 et que nous avions évoquée ici
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Et malgré quelques dument douteuses plaisanteries de potache (sur les « Amerlocains »?) …
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A le mérite de rappeler le relatif degré de sophistication que permettent les technologies numériques actuelles ???
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Et surtout la véritable guerre d’information et d’image dont semblent souvent peu conscients non seulement le grand public mais ceux qui sont censés l’informer …
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souvenirs souvenirs

Avant les missiles iraniens, les fumées sur Beyrouth

Alain Korkos

Arrêts sur images

11/07/2008

L’art éternel de la retouche-photo

Bien avant l’affaire des missiles iraniens, Alain Korkos avait traité de l’art de la retouche des photos d’actualité sur son ancien blog, La boîte à images.

Pour ceux qui l’auraient manqué, ce cours magistral du professeur Korkos, donné le 8 septembre 2006, reste d’actualité !

Que ce soit pour lisser la peau tavelée du jeune marié ou pour truquer une image à des fins politiques, la retouche photographique existe depuis l’invention de la photographie – ou presque.

J’avais publié, dans le Manuel à l’usage des petites Staline de banlieue, des photographies truquées datant de la Commune de 1871 et j’avais rappelé que ce genre de manipulation existait avant même l’invention de la photographie, en citant pour exemple le Sacre de Napoléon peint par David.

La manipulation d’images à des fins politiques ne date pas d’hier, et il n’est pas étonnant qu’elle fleurisse de nos jours avec le perfectionnement des techniques. Avec parfois quelques couac aussi, dont la récente affaire Adnan Hajj nous fournit une belle illustration.

Le 5 août dernier, l’agence Reuters diffuse cette image du bombardement de Beyrouth par les Israéliens :

beyrouth-01petit
La tricherie est éventée le jour même par Charles Johnson sur son blogue littlegreenfootballs.com. Il nous révèle que l’auteur de la photo a utilisé la fonction « tampon » de Photoboutique pour dupliquer la fumée, sans oublier quelques immeubles par la même occasion :

beyrouth-02

Et l’on voit par là que Adnan Hajj ne maîtrise pas bien l’objet. N’importe quel photoboutiquier un tant soit peu expérimenté eût fait beaucoup mieux ! Résultat des courses : le photographe bidouilleur s’est fait virer de Reuters.

L’affaire avait également été dévoilée par le blogue The Jawa Report qui prouva aussi que Adnan Hajj avait truqué d’autres photos le 2 août dernier :


> Cliquez sur l’image pour un gros plan <

> Cliquez sur l’image pour un gros plan <

Nous sommes censés voir trois missiles alors qu’il n’y en a qu’un, dupliqué deux fois.

Au risque de choquer, je dirai que l’affaire du bombardement de Beyrouth – dont on peut lire les très intéressants développements sur cette page de la Wikipedia, est tristement banale. Nous sommes abreuvés de vidéos et de photos truquées, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Que l’on songe, par exemple, aux photos publiées par la presse à emballer le poisson qui nous montrent régulièrement des couples illégitimes de vedettes n’existant que sur le papier. Que l’on songe à toutes ces photos de chanteuses auxquelles on a ajouté des seins, allongé les jambes, gommé les bourrelets.

De nos jours, la manipulation naît dans les bas-fonds de la presse pour grandir dans ses étages. Une foule d’exemples amerlocains relevant de la politique ou du pipeule est fournie sur cette page de l’indispensable Dartmouth College.

Souvenons-nous de l’affaire Brian Walski, par exemple. En avril 2003, ce photographe du Los Angeles Times livra cette image d’un soldat britannique à Basra, en Irak :

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Image bidon qui raconte une histoire inventée grâce à la compilation de deux photos :

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Rien que de très banal, disais-je.

Nous vivons une époque où il est impératif de ne plus croire en la véracité d’une image, une époque où l’on nous ment à tout bout de champ. Apprenons à faire avec en aiguisant notre regard, cultivons la suspicion au risque de sombrer dans la paranoïa, et tout ira presque bien dans le pire des mondes.

Sauf que…

Sauf que certains veulent se croire encore plus malins que les trafiquants d’images. Profitant de leur confortable position de chevalier blanc, ils abusent le monde ou s’abusent eux-mêmes.

Rien qu’un exemple éclairant, toujours à propos de cette affaire Adnan Hajj.

Fort de sa découverte concernant le bidonnage du bombardement de Beyrouth, le ouèbemaistre de littlegreenfootballs.com publie peu après une photo qui, selon lui, serait l’image originale trafiquée par Adnan Hajj. Il s’agit d’un cliché pris le 26 juillet 2006 par Ben Curtis pour Associated Press :

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Et ledit ouèbemaistre, de mettre en ligne une animation prouvant qu’il s’agit bien de la même image :

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Sauf que voilà, seul un tiers de la photo est commun, et bizarrement, la petite maison sur la hauteur n’est pas dans le même axe vertical si l’on prend comme point de référence l’immeuble entouré d’un carré rouge :

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Ce seul point nous indique que nous n’avons pas affaire à la même photo. La chose se confirme si l’on se réfère à la ligne verte du bas nous montrant que la position de l’immeuble encadré de rouge est différente. La ligne verte du haut nous indique, elle, que la hauteur de la colline a considérablement varié ! Elle a grandi à un point tel que c’est impossible et l’on va bientôt comprendre pourquoi (voir plus bas les points 1. et 4.).

Un peu plus tard dans la journée, l’agence Reuters reconnaissait « l’erreur ». Elle publiait le lendemain la photo originale d’Adnan Hajj, avant retouche :


> Cliquez sur l’image pour un gros plan < Photo originale

> Cliquez sur l’image pour un gros plan < Photo retouchée

Peut-on accorder du crédit à Reuters, qui diffusa plusieurs photos bidon d’Adnan Hajj sans jamais sourciller ? Oui. Ces deux photos n’en sont qu’une, en voici une preuve parmi d’autres :

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À gauche, un extrait de la photo originale ; à droite la photo retouchée. S’il est une chose que l’appareil photographique le plus rapide au monde ne peut capter de manière absolument identique sur deux prises de vues différentes, c’est bien la fumée qui a la mauvaise habitude de se déplacer plus vite que son ombre. Ici, on s’aperçoit que la découpe du panache est absolument identique. Il s’agit bien de la même photo. Les immeubles au-dessous sont différents, certes. L’explication est fournie quelques lignes plus bas, aux points 1 et 4.

On voit par là que le ouèbemaistre de littlegreenfootballs.com s’était un peu emballé, avait pris ses désirs pour des réalités. L’erreur est humaine, ne lui jetons pas la pierre. Il publia ensuite la photo originale divulguée par Reuters, sans un mot d’excuse à l’attention de ses lecteurs.

Dommage.

PETIT EXAMEN DES RETOUCHES EFFECTUÉES PAR ADNAN HAJJ


> Cliquez sur l’image pour un gros plan <

1. Cette partie de la colline a été déplacée vers le haut afin d’exagérer le côté tapi, vulnérable de la ville.
2. et 3. La fumée a été dupliquée au tampon.
4. et 5. Les immeubles ont été dupliqués au tampon.
6. Le bas de la photo a été coupé, afin d’enfoncer encore un peu plus la ville. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder à nouveau la photo originale ci-dessous. La partie encadrée de rouge est celle qui a été ôtée :

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Enfin, le contraste a été accentué sur toute la surface de l’image afin de la rendre plus dramatique.

CADEAU BONUS

L’École des Hautes Études en Sciences Sociales, académique institution s’il en est, dispose d’un blog intitulé Actualités de la recherche en histoire visuelle. À propos de l’affaire Adnan Hajj, on peut y lire ceci en date du 8 août :
Pendant plus d’une dizaine d’années, pour montrer les manipulations permises par l’image numérique, les manuels de visual studies n’ont eu recours qu’à une seule illustration: l’altération du visage d’O. J. Simpson en couverture de Time. [1994](…) A en juger par les effets produits par l’affaire Adnan Hajj, nous disposons maintenant du premier exemple emblématique de manipulation de l’ère de la photographie numérique.

L’auteur de ces lignes semble avoir oublié l’affaire Brian Walski de 2003, qui fit pourtant bien du bruit dans le landerneau. Le même auteur publie un dessin de presse résumant l’affaire, sans en comprendre tout le sel :

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Source.

Allusion au fait qu’un cliché peut être photoboutiqué, mais aussi rappel d’une autre photographie d’Adnan Hajj qui fit couler quelques filets d’encre une poignée de jours plus tôt :

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A rescuer carries the body of a toddler victim of an Israeli air raid on Qana that killed more than 60 people, the majority of them women and children, in south Lebanon, July 30, 2006. REUTERS/Adnan Hajj (LEBANON)

Cette image honteuse d’un sauveteur exhibant un gamin sous les objectifs des reporters évoque – involontairement – une célèbre photographie de guerre prise par Eugene Smith en 1944 à Saipan. Cette île, qui fait partie de l’archipel des Mariannes dans le Pacifique, avait été investie par les Amerlocains pour y déloger les Japonais.

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Voir aussi:

Le mea culpa de l’Express, qui s’excuse, mais qui n’a rien compris !

David Goldstein

Haabir-haisraeli

Beaucoup ont vu la vraie photo publiee par l’Express : de faux soldats israéliens qui maltraitent un pseudo prisonnier palestinien, et le menacent cruellement de leurs armes. Cette photo a créé un scandale, justifié, sur le net et ailleurs parce que même si elle existe, cette photo ne montre qu’une comédie de très mauvais goût montée par des Palestiniens du Liban – sauf que l’Express n’a pas mentionné que c’était une mise en scène et l’a montrée comme une preuve de la cruauté inhumaine de Tsahal et d’Israel. Le 18 mai, l’Express, par l’intermediaire du responsable du site Eric Mettout, s’excuse de la bavure et écrit un pamphlet appelé : « Non, nous ne sommes pas antisémites ». Extrait et analyse.

« Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande.

C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée.

C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là : laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucune excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement : je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage.

A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises.

Cela dit – et que les choses soient claires, ce que j’écris ci-dessous n’enlève rien à ce que j’ai écrit ci-dessus ».

Merci monsieur Mettout pour ces excuses, sûrement motivées par l’incendie allumé par votre rédaction irresponsable (eh oui, même si vous en êtes le responsable, vous n’êtes pas seul). Bien sûr, on ne peut qu’accepter vos excuses, mais cela ne suffit pas monsieur Mettout pour vous débarasser du reste de cette boulette. Vous avez fait une erreur, soit. Vous vous excusez, bien. Vous n’êtes pas antisémite, ou anti-israélien, cela reste a voir !

Comment vous expliquez monsieur Mettout que l’Express publie une photo legendee avec de telles accusations ? Moi j’ai deux explications:

- La premiere : vous et vos collaborateurs êtes des gens manquant de professionalisme, et ça vous l’avez prouvé, vous devriez donc en tirer les conséquences et agir en conséquence – mais j’ai bien compris que vous pensez que votre lettre d’excuse soit suffisante !? Vos lecteurs prendront donc leur décision en conséquence ; s’ils pensent pouvoir continuer d’accorder leur confiance à un journal géré par des gens qui font de telles erreurs…

- La deuxième (qui n’exclut pas la première) : vous et vos collaborateurs êtes bel et bien des journalistes anti-israéliens (voir antisémites puisque vous vous en défendez) et je m’en explique. Comment expliquer que vous ayez décidé de publier une photo aussi grave sans même vérifier correctement ce que vous alliez publier ? Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scene (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », etonnant non ?

Vous et votre rédaction vous vous êtes précipités sur une photo sans intérêt pour pouvoir accuser Israel et Tsahal, vous l’avez légendé de vos propres phantasmes, de votre haine latente de ce pays – exutoire de vos esprits malades.

Et que dire de votre agressivité envers ceux qui vous critiquent…

Monsieur Mettout, vous et vos collègues faites bel et bien partie des journalistes engagés contre Israel, tout comme le triste sieur Enderlin. Vous avez saisi l’occasion de prendre une photo truquée et d’en modifier la légende originale pour faire un coup contre l’armée la plus morale du monde et la seule démocratie du Proche-Orient, sans vous soucier du mal que vous pouviez faire – ou peut-être en l’espérant. Alors antisémite ou non ? Moi je ne sais pas vraiment comment vous qualifier, vous ne m’inspirez en fait pas grand chose.

Voir enfin:

Non, nous ne sommes pas antisémites

le 18 mai 2012 15H48 | par

Eric Mettout

Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande.

C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée.

C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage.

A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises.

Cela dit – et que les choses soient claires, ce que j’écris ci-dessous n’enlève rien à ce que j’ai écrit ci-dessus:

- Il arrive, quand nous nous trompons – parce que ça arrive, personne n’est parfait – que nous en soyons avertis directement, que celle ou celui qui a repéré une erreur nous envoie un mail, nous passe un coup de téléphone, nous écrive pour nous demander de nous expliquer, de corriger, de supprimer – il est assez facile de nous contacter si on le souhaite vraiment. J’attends toujours. Dès que j’ai eu connaissance, par le patron du service Monde de L’Express, de cette bourde, j’ai fait supprimer l’image et sa légende.

- Sur de nombreux sites pro-israéliens où l’affaire (!) a pris son envol et son ampleur, elle a servi à nourrir de vieilles rancœurs. Pour résumer: les médias français dans leur ensemble désinforment sciemment, s’acharnant sur Israël en toute (mé)connaissance de cause – quand nous ne sommes pas tout bonnement accusés d’encourager le terrorisme; j’ai lu tout à l’heure que nous aurions « fabriqué » Mohamed Merah…

Naturellement, ont resurgi à cette occasion d’autres incidents, au premier rang desquels figure, comme d’habitude, la mort du petit Mohamed Al-Durah, filmée par l’équipe du correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin – formidable journaliste, dont le courage n’a d’égal que le professionnalisme, j’en profite pour le répéter ici. Il faut avoir le cuir épais pour résister aux pressions brutales et inqualifiables dont il est la cible depuis ce jour-là. Il l’a, fait toujours bien son métier, rend coup pour coup, malgré les attaques infamantes et les calomnies dont il est l’objet, respect.

C’est d’ailleurs un regret supplémentaire: en manquant de rigueur, nous avons involontairement contribué à discréditer nos confrères qui font bien leur travail, qui relatent les emprisonnements arbitraires des uns, l’extrémisme religieux et les diatribes antisémites des autres, les opérations militaires implacables comme les tirs de roquettes, les colonies illégales comme les attentats aveugles – et rappellent aussi, ne serait-ce que par leur liberté d’y travailler, qu’Israël est la seule véritable démocratie de la région, qu’on y vote sans contrainte, qu’on y lit des journalistes indépendants, qu’on peut y manifester et s’y opposer sans risquer la torture et la mort.

- Marre de lire que tous autant que nous sommes, nous, journalistes français, nous cultivons non seulement un antisionisme atavique (ce qui est faux), mais aussi un antisémitisme historique – ce qui, pour le coup, me fait hurler. Evoquer, comme je l’ai lu ici ou là, « la connotation antisémite » de ce qui, encore une fois, n’est rien d’autre qu’une bévue, ce n’est pas seulement disproportionné et inutilement insultant, ce n’est pas seulement banaliser le Mal, c’est aussi un avertissement à peine déguisé.

J’ai utilisé le mot propagande au début de ce post, à propos de l’image qui l’a motivé. Il n’y en a pas d’autre pour qualifier les méthodes d’intimidation mises en oeuvre pour nous empêcher de parler librement du conflit israélo-palestinien. Et si reconnais bien volontiers, et bien tristement, notre erreur, je tiens à confirmer que nous continuerons, malgré elle et les réactions qu’elle a provoquées, à le faire.

PS qui a tout à voir: le sujet de ce post est éminemment sensible. Je ne vais être épargné par personne, ni par les défenseurs les plus intransigeants de la politique israélienne, ni par ceux qui dénoncent sans nuance le vil « colonisateur ». J’aimerais simplement que tous les autres, et j’espère qu’ils sont majoritaires, liront ce que j’ai écrit et pas ce que ces jusqu’au-boutistes en auront dit.

*PS qui a tout à voir aussi: pour information, la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »


Réseaux sociaux: Attention, une émeute peut en cacher une autre (Vancouver rioters face unprecedented tyranny of social networks)

27 juin, 2011
We gonna be burning an a-looting tonight (… burning all illusion tonight … Bob Marley
Les vrais fans ne font pas d’émeutes. Page Facebook
J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! Sienna St-Laurent (14 ans)
Je ne sais pas, je voulais me sentir cool. Sienna St-Laurent
Près d’une semaine après les émeutes de Vancouver — pour une vulgaire histoire de hockey et de défaite — la Toile s’est mise en mouvement, à l’appel de la police, pour se transformer en immense espace de délation des émeutiers. Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes, protecteurs des droits civiques et pourfendeurs des dérives contemporaines. Alors que la jeunesse branchée qui a accepté d’alimenter ce nouveau travers des réseaux sociaux ne semble pas vraiment s’en formaliser. Le Devoir

Jeune vandale contraint de se livrer aux autorités et de s’excuser publiquement, déménagement de la famille d’un vandale sous la pression publique, adolescents victime de messages haineux après s’être vantée sur son blog de sa soirée d’émeutes, émeutière perdant son emploi à temps partiel après avoir été reconnue sur des images sur l’internet, arrestations d’émeutiers reconnus par leurs voisins et amis à partir d’images diffusées sur les réseaux sociaux …

Les réseaux sociaux, en  cette véritable société orwellienne où l’on ne peut même plus casser en paix, ont encore frappé !

En ces temps étranges où, pour avoir l’aval des médias ou être élus, nos responsables politiques se félicitent comme à New York de voter des aberrations du type droit au « mariage homosexuel » …

Où le maire d’une ville de nos banlieues françaises ravagée par le trafic de drogue et prise les échanges de tirs entre gangs de trafiquants en appelle démagogiquement à la fois à l’envoi de casques bleus et à une dépénalisation de l’usage du cannabis qui ne peut que pousser les trafiquants à passer à d’autres drogues plus dures et plus lucratives …

Et où , dans la Région Centre , une rectrice se voit contrainte à la rétractation pour avoir osé évoque le secret de polichinelle du rapport entre une immigration non choisie et la baisse des résultats du système éducatif français dans les comparaisons internationales …

Véritable « émeute » de bons sentiments chez nos courageuses belles âmes …

S’inquiétant suite à la mise à sac de la ville de Vancouver (117 arrestations, 150 blessés hospitalisés, pillages de magasins, voitures brûlées, des millions de dollars de dégats dans la nuit du 14 au 15 juin) par de jeunes émeutiers en furie après la perte par leur équipe du championnat de Hockey de …

la réaction citoyenne d’internautes outrés par un tel déferlement gratuit de violence gratuite !

Émeutes : le rôle des médias sociaux et des internautes

Le Devoir

21 juin 2011

Des témoins des émeutes ont capté des images des évènements

Près d’une semaine après les émeutes qui ont suivi la finale de la Coupe Stanley à Vancouver, Internet est devenu la plaque tournante des témoignages entourant les événements. La chasse aux malfaiteurs se poursuit dans les médias sociaux, et plusieurs Vancouvérois l’apprennent à leurs dépens.

Alors que certains utilisent Internet pour excuser leurs méfaits, la majeure partie d’entre eux dénoncent et publient les photos et les identités des suspects. Depuis mercredi dernier, la police de Vancouver a reçu des centaines de photos, de vidéos et d’images des émeutes.

Le professeur de sociologie à l’Université de la Colombie-Britannique, Christopher Schneider, parle d’une tyrannie des médias sociaux sans précédent.

C’est problématique parce que la protection de l’identité des présumés délinquants mineurs n’existe plus.

— Christopher Schneider, professeur de sociologie

Par voie de communiqué, la police de Vancouver a d’ailleurs demandé aux citoyens lundi de résister à la tentation de se faire justice eux-mêmes, en raison du danger grandissant des médias sociaux.

Aucune vengeance physique n’a été rapportée pour le moment, mais les menaces sont bien réelles pour ceux qui figurent sur ces images.

En quelques heures seulement, le nom de Nathan Kotylak, 17 ans, s’est retrouvé partout sur Internet, en plus de l’adresse de sa famille et de son numéro de téléphone. L’étoile montante de l’équipe canadienne junior de Water Polo s’est livrée aux autorités vendredi et s’est excusée publiquement d’avoir commis des actes de vandalisme.

Malgré tout, les menaces se poursuivent. Craignant des représailles, la famille Kotylak a même dû quitter son domicile de Maple Ridge le week-end dernier.

Des feux brûlent sur la rue Georgia à Vancouver

De son côté, Sienna St-Laurent, 14 ans, a elle aussi appris à ses dépens l’effet pervers des médias sociaux. En rentrant chez elle le soir des émeutes, elle a publié un message sur son blogue. « J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée! », a-t-elle écrit.

Des dizaines de messages haineux ont ensuite rempli sa boîte de courrier électronique. « Trouve un pont et saute en bas. [...] Tu es la honte du pays », disaient certains d’entre eux. D’autres ont demandé l’adresse de sa résidence.

« Je ne sais pas, je voulais me sentir cool, dit-elle. Je sais très bien maintenant que ce ne l’était pas. » Elle se dit aujourd’hui navrée pour ses gestes.

Pour sa part, Camille Cacnio a créé un blogue pour exprimer ses regrets et reconnaître ses torts. L’étudiante en biologie à l’Université de la Colombie-Britannique a notamment été prise en photo en train de s’amuser au milieu des émeutiers et a avoué avoir volé une paire de pantalons. Ces images lui ont fait perdre son emploi à temps partiel chez un concessionnaire automobile.

Quoi qu’il en soit, les images publiées sur Internet ont grandement aidé la police de Vancouver. Cette dernière a reçu près de 3500 courriels de gens qui dénoncent des participants aux émeutes de mercredi dernier à l’adresse de courriel robbery@vpd.ca et plus de 900 autres courriels ont été envoyés à son bureau de relations publiques.

Il reste toutefois beaucoup à faire, car même s’il y a eu plus d’une centaine d’arrestations, des mises en accusation formelles ne sont toujours pas garanties.

Voir aussi :

http://blogs.hbr.org/samuel/2011/06/in-vancouver-troubling-signals.html

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4122

Cyber-délation à grande échelle, après des émeutes à Vancouver

Une défaite en hockey avait provoqué pillages, affrontements et arrestations

Gilles Klein

Arrêt sur images

24/06/2011

Polémique au Canada : après les violentes émeutes qui ont choqué Vancouver (117 arrestations, 150 blessés hospitalisés, pillages de magasins, voitures brûlées, des millions $ de dégats dans la nuit du 14 au 15 juin après un match de hockey) des internautes via blogs, Twitter et Facebook se sont lancés à la chasse aux images d’émeutiers pour les identifier, répondant à l’appel lancé par la police. Certains approuvent, d’autres sont choqués par le procédé.

La page Facebook « Vancouver riot pics: post your photos » (Photos des émeutes de Vancouver : mettez en ligne vos images) illustrée par un slogan tagué sur un mur « Les vrais fans ne font pas d’émeutes » a attiré plus de 100 000 fans.

Sur son blog VanCity Justice, un internaute présente « une galerie d’images de ces salauds, ces déchets impliqués dans les émeutes de la Stanley Cup le 15 juin 2011″.

Exemple avec « Est-ce quelqu’un peut identifier ce type ? »

On trouve de très nombreuses vidéos sur YouTube montrant les incidents.

Ici un jeune homme (chauve, sac à dos, tee-shirt noir) essaie de protéger sa camionnette entourée par la foule qui crie « brulez le camion ». Il finit par frapper celui qui vient de jeter un cocktail molotov dans son véhicule, mais il est aussitôt submergé par des manifestants qui le rouent de coups.

Les commentaires sur YouTube sous la vidéo saluent son courage et dénoncent ceux qui l’attaquent « comme un troupeau de singes sans cerveaux »

« Les médias sociaux rassemblent les images pour aider la police à épingler les émeutiers » constate le quotidien 24 Hours Vancouver qui estime que près de 70 000 personnes ont envahi les rues dans la nuit du 14 au 15 juin après la défaite de l’équipe de Vancouver, puis tout a dégénéré en émeutes pendant plusieurs heures.

Après avoir lancé un appel aux témoignages, selon l’agence La Presse Canadienne, le 20 juin, la police a déjà « reçu quelque 3500 courriels du public, qui contenaient 53 vidéos en pièce jointe, 676 liens vers YouTube, 708 images et 1011 hyperliens pour aider à identifier les émeutiers. L’émeute a fait l’objet d’une forte réprobation du public, et plusieurs casseurs ont également été identifiés par des amis et des connaissances dans des photos publiées sur divers sites web. Dans certains cas, les adresses et les informations personnelles sont également accessibles à tous. La policière Lindsey Houghton a indiqué que la police était au courant de l’existence de sites comprenant des messages de ces défendeurs de l’ordre, mais qu’elle ne les condamnait pas. »

« Nous recevons encore des centaines d’informations et d’images concernant les émeutes. Voci comment nous faire parvenir vos images et vidéos au Vancouver Police Department » (VPD) explique un Tweet sur le compte officiel de la police de Vancouver

Sur son site la VPD demande, le 20 juin, aux émeutiers de se rendre eux-mêmes à la police. Puis le 21 juin souligne le « Danger d’une justice expéditive » :

« Vu l’émotion provoquée par les émeutes dues au hockey, il y a un danger croissant que les outils du réseau social soient utilisés pour mettre en place une justice sommaire. »

« Le Vancouver Police Departement et son équipe d’enquête demandent au public de résister à la tentation de faire la justice eux-mêmes. Nous vous demandons d’être patients et de continuer à vous comporter en citoyens responsables alors que l’enquête avance »

Une « tyrannie des médias sociaux »

Le professeur de sociologie à l’Université de la Colombie-Britannique, Christopher Schneider, parle d’une tyrannie des médias sociaux sans précédent : « C’est problématique parce que la protection de l’identité des présumés délinquants mineurs n’existe plus. » souligne Radio-Canada.

« Aucune vengeance physique n’a été rapportée pour le moment, mais les menaces sont bien réelles pour ceux qui figurent sur ces images.En quelques heures seulement, le nom de Nathan Kotylak, 17 ans, s’est retrouvé partout sur Internet, en plus de l’adresse de sa famille et de son numéro de téléphone. L’étoile montante de l’équipe canadienne junior de Water Polo s’est livrée aux autorités vendredi et s’est excusée publiquement d’avoir commis des actes de vandalisme. Malgré tout, les menaces se poursuivent. Craignant des représailles, la famille Kotylak a même dû quitter son domicile de Maple Ridge le week-end dernier. »

« De son côté, Sienna St-Laurent, 14 ans, a elle aussi appris à ses dépens l’effet pervers des médias sociaux. En rentrant chez elle le soir des émeutes, elle a publié un message sur son blogue. «J’ai participé aux émeutes, j’ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d’autobus… Une grosse soirée!», a-t-elle écrit. Des dizaines de messages haineux ont ensuite rempli sa boîte de courrier électronique. « 

Camille Cacnio, étudiante en biologie à l’université de Colombie-Britannique, a été brièvement filmée, joyeuse, sortant du magasin Black & Lee pillé, un pantalon volé à la main (1mn30 à 1mn33 dans cette vidéo).

Cacnio a perdu son emploi à temps partiel dans une concession automobile, Burrad Acura, dont le patron, comme il l’a expliqué à CBC News, a reçu une série d’appels téléphoniques et d’e-mails furieux et/ou menaçants évoquant la présence d’une de ses employées dans l’émeute. Elle a ouvert un blog pour publier un message d’excuse, après avoir rapporté le pantalon, et s’être présentée à la police.

Elle s’excuse auprès des habitants de Vancouver, du magasin, de son employeur, et de son université.

Certains n’apprécient pas du tout cettte chasse aux délinquants via Internet.

« « Je ne crois pas que j’ai envie de vivre dans une société qui transforme les réseaux sociaux en outil de contrôle et de surveillance sociale et collective. Ça me rend d’autant plus inconfortable quand je pense que cela pourrait être repris par le lobby pro-vie pour dénoncer les femmes sur le point d’avorter, des régimes totalitaires ou des patrons homophobes pour traquer les employés qui participent au défilé de la Gay Pride ». « écrit dans la Harvard Business Review Alexandra Samuel, directrice du Centre des médias sociaux et interactifs de l’Université Emily Carr

Sous le titre « Vancouver: après les émeutes, les réseaux sociaux livrent leur pire côté »le quotidien francophone Le Devoir s’inquiète le 21 juin : « Près d’une semaine après les émeutes de Vancouver — pour une vulgaire histoire de hockey et de défaite — la Toile s’est mise en mouvement, à l’appel de la police, pour se transformer en immense espace de délation des émeutiers. Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes, protecteurs des droits civiques et pourfendeurs des dérives contemporaines. Alors que la jeunesse branchée qui a accepté d’alimenter ce nouveau travers des réseaux sociaux ne semble pas vraiment s’en formaliser. »

Voir enfin:

After a Loss in Vancouver, Troubling Signals of Citizen Surveillance

Alexandra Samuel

Harvard Business Review

June 16, 2011

Last night’s post-Stanley Cup riots left me disappointed in my community. Not my local community in Vancouver: after a decade living here, I can no longer be surprised by the intensity of this city’s hockey madness. And to be fair, most of my fellow Vancouverites took the loss in stride. It was only a handful of drunken hooligans who turned the let-down into a crime spree.

The community that disappointed me was my community online. No sooner were the riots underway than the tweets began:

One thing. Social media should be used to arrest all the idiots being, well, idiots. #canucks #riots

So anyone going through their PVR when they get home and posting screenshots of rioters? Website idea: « Identify this Idiot »

Hey riot dummies: social media didn’t exist in ’94. You’re gonna get busted, and I hope you do #canucksriot

Dear Vancouver, #riot degenerates are still out. I hope with social media, these douchebags are identified by their own family and friends.

This enthusiastic embrace of social media’s potential role in identifying the trouble-makers immediately troubled me. I wasn’t alone. As one widely-retweeted message put it:

This is the downside of smartphones and social media: douchebags taking pics and tweeting about being in the midst of the riot.

But the worrying thing about social media users turning into riot documentarians wasn’t (just) the way they contributed to the crowding of Vancouver’s streets. I was deeply disturbed to see the community of social media enthusiasts embrace a new role: not in observation, not in citizen journalism, but in citizen surveillance.

Documentation and narration is a core part of social media culture. There’s nothing wrong with social media users snapping photos or video as part of their organic experience of an event. Whether it’s for a Facebook update now or a blog post you’re writing tomorrow, posting live images is a routine part of telling a story online.

But it’s one thing to take pictures as part of the process of telling your story, or as part of your (paid or unpaid) work as a citizen journalist. It’s another thing entirely to take and post pictures and videos with the explicit intention of identifying illegal (or potentially illegal) activity. At that moment you are no longer engaging in citizen journalism; you’re engaging in citizen surveillance.

And I don’t think we want to live in a society that turns social media into a form of crowdsourced surveillance. When social media users embrace Twitter, Facebook, YouTube and blogs as channels for curating, identifying and pursuing criminals, that is exactly what they are moving toward. It may seem constructive to post photos of someone burning a car in a hockey riot, and it certainly satisfies the online community’s craving to show that yes, social media can have a tangible impact. (See! The cops got a measurable ROI from their investment in Twitter!)

I am much less comfortable when I think about other ways that crowdsourced surveillance has been or might be put to use: By pro-life demonstrators posting photos of women going into clinics that provide abortions. By informants in authoritarian states tracking posts and tweets critical of the government. By employers that scan Facebook to see which of their employees have been tagged in photos on Pride Day or 4/20.

Social media users need to decide whether surveillance is going to be part of our collective mission and culture online. We need to distinguish between the opportunity (and perhaps even responsibility) that comes with widespread ownership of camera phones, and the decision to post what we snap or film. Beginning with Rodney King, we’ve learned that citizens with cameras may often capture the footage that is key to addressing an injustice or resolving a crime, and it’s in that spirit that the Vancouver Police wisely tweeted this request last night:

Anyone with photos of people committing criminal acts, please hold onto them. With the situation on-going we will need them later. thnx

But passing along the odd photo isn’t the same as turning yourself into a security camera. And it’s certainly not the same as tweeting, Facebooking or blogging your way to a comprehensive portfolio of public crimes and misdemeanours.

What social media is for — or what it can be for, if we use it to its fullest potential — is to create community. And there is nothing that will erode community faster, both online and off, than creating a society of mutual surveillance.


Après-DSK: Chronique du machisme ordinaire (In their own version of FMyLife French women spill the beans on everyday sexism)

7 juin, 2011
Tu ne convoiteras point la servante de ton prochain. Moïse
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.  Yeshoua
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Shaoul
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Les parents veulent garder leurs filles à la maison et elles partent ainsi plus rarement que leurs frères en pension ou en apprentissage. Elles auront aussi du mal à convaincre leur famille d’aller poursuivre des études loin de chez elles. Plus tard, elles devront prendre soin de leurs parents âgés. Elles sont en quelque sorte un « objet parental » alors que les garçons s’affirment comme « sujet parental » auquel on veut donner de l’autonomie. Ce type de discriminations est le plus souvent inconscient. (…) On assiste aujourd’hui à une régression à l’école avec des insultes homophobes qui deviennent courantes dans les cours de récré. Il y a une très forte pression sur les jeunes garçons pour s’imposer comme tel. La masculinité s’exprime finalement dans la désobéissance, quand la féminité se mesure à son adaptabilité et à sa capacité à favoriser les situations sans conflit. (…) Les femmes choisissent plus ou moins consciemment des professions dans le cadre desquelles elles peuvent s’occuper des autres, comme la médecine ou la magistrature où elles sont aujourd’hui majoritaires. S’il y a quand même 25 % de femmes dans les écoles d’ingénieurs par exemple, elles savent qu’elles devront briser un « plafond de verre » qui bridera leurs ambitions dans des secteurs « masculins ». C’est d’ailleurs frappant de constater qu’au contraire, dans les professions dites « féminines », les garçons bénéficient eux d’un « ascenseur de verre ». (…) A la sortie des grandes écoles de commerce, les jeunes filles sont recrutées au même poste et au même statut que les garçons, mais 5 à 10 % moins cher. La différence est la même à la sortie des grandes écoles d’ingénieurs, mais on constate qu’en plus un quart d’entre elles n’obtient pas un statut cadre quand c’est le cas de la quasi-totalité des garçons ! Et tout serait encore pire une fois dans le milieu professionnel. Notamment dans des conseils d’administration qui restent l’apanage des hommes. (…) Les dirigeants pensent qu’un bon leader, qu’il soit d’ailleurs un homme ou une femme, doit être masculin tout en neutralisant certains aspects machistes de sa personnalité. Créer des quotas va donner un appel d’air, mais ne résoudra rien si les entreprises ne prennent pas garde à faire peu à peu progresser leurs cadres féminines. S’il s’agit de leur faire passer plusieurs étapes d’un seul coup sans qu’elles y soient préparées, elles risquent d’avoir du mal à s’imposer. (…) En Grande-Bretagne, 10 % de la formation continue s’adresse spécifiquement aux femmes, contre 0,5 % en France. On ne veut pas admettre que, dans des groupes mixtes, les femmes ont souvent du mal à s’imposer ou même à poser des questions. On ne veut pas considérer qu’elles interagissent mieux et trouvent plus facilement les outils hors de la présence d’hommes. Souvent ceux-ci s’imposent parce que les femmes se sous-estiment. En les formant, nous leur apprenons à se valoriser. Renaud Redien-Collot (psychosociologue spécialiste du genre)
Je suis d’une espèce domestique, d’un peuple sans Histoire, sans héros, sans aventures et sans légendes. Je suis d’un peuple qui n’a pas découvert l’Amérique, qui n’a pas inventé le moteur à explosion, qui n’a pas écrit de symphonies. Je suis du peuple qui a porté dans ses flancs les auteurs de toutes ces merveilles humaines. Je suis du peuple qui leur a fait à manger, a lavé leur linge, soigné leurs plaies. Nous sommes des fabriques de génies, mais jamais nous n’avons pu être des génies nous-mêmes. Nous les avons mis au monde, nous les avons nourris du lait de nos poitrines, nous leur avons chanté des berceuses. Nous avons répété les mêmes gestes pendant des millénaires, et on peut imaginer qu’une femme de l’âge de pierre trouverait un langage commun avec une femme du xxe siècle, américaine ou papoue, parce que certains gestes n’ont pas changé. (…) La loi de la jungle ne concerne pas que les animaux. Malheur aux perdantes. Les vainqueurs ne nous ont laissé faire que ce qu’ils ne pouvaient ni ne voulaient faire eux-mêmes et ont inventé que ça nous faisait plaisir. De notre souffrance ils ont fait un destin. Celles qui se sont aventurées à protester ont été, par la force et la violence, réduites au grand silence des peuples vaincus. Isabelle Alonso
Sexisme: ils se lâchent, les femmes trinquent Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du « il n’y a pas mort d’homme » au « troussage de domestique » en passant par « c’est un tort d’aimer les femmes ? » ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent. (…) Nous ne savons pas ce qui s’est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises. Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination. Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : « ne portez pas plainte ». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes. Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c’est d’être des hommes. Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d’une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voie aux partisans d’un retour à l’ordre moral qui freine l’émancipation des femmes et des hommes. Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu’on croyait d’un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l’égalité femmes – hommes. Collectif Osons le féminisme
Ah ben, dans un village où y a des pervers, il y a des cochonnes, hein, monsieur !
Tu serais pas une petite coquine toi par hasard ?
De toutes façons les femmes seules avec des enfants finissent toutes par être des putes.
Féministe et susceptible, ça doit être compliqué pour votre conjoint! Je le plains.
Mais pourquoi veux tu qu’il se lève alors qu’il y a ici 3 femmes dont c’est le travail ? »
Dans le service, je ne comprends pas, les femmes tombent toujours enceintes quand elles ont un poste de titulaire….. » .
A quand suffisamment d’éluEs, pour qu’une femme dans une assemblée ne soit plus juste une secrétaire ?

27% de salaire en moins, 80% des tâches ménagères, 18,5% des députés, 85% des travailleurs précaires,  75 000 viols déclarés par an, blagues machistes au quotidien …

En cette semaine de Shavout/Pentecôte qui commémore tant la réception de la Loi par Moïse que de l’Esprit saint pour la graver dans les coeurs …

Et qui, pour un banal « lutinage de femme de chambre » (dixit l’un de nos éditorialistes) valent aujourd’hui à l’Occident d’être à nouveau la risée du reste de la planète pour sa si singulière obsession, dérives comprises, pour la défense de la victime

A l’heure donc où dans la première puissance du monde un puissant se voit conspuer, entre deux marches des salopes, par un collectif de femmes de chambre

Où un ex-gouverneur du premier de ses états  désavouer pour une vulgaire histoire d’enfant secret avec l’une de ses employées de maison …

Un élu de la plus grande ville du monde   contraindre de s’excuser d’avoir menti pour le plus puéril des envois de photos déplacées à des inconnues sur Facebook  …

Où, au Pays même des droits de l’homme (sic), de similaires histoires d’amours ancilaires (DSK-Tron) et  surtout le déferlement de commentaires auxquelles elles ont donné lieu, étalent en une de nos journaux les petites  faiblesses cachées  de nos puissants à nous …

Retour, avec le blog lancé il y a un an (Vie de meuf, version féminine de « Vie de merde » aujourd’hui fermée pour cause de succès et de malveillance mais dont la compilation des anecdotes vient de sortir en librairie) par le collectif  « Osons le féminisme » …

Sur,  du travail à la rue et à la maison, le machisme ordinaire

VIE DE MEUF

Viedemeuf, c’est le blog ouvert par Osez le féminisme pour mettre en lumière les inégalités femmes – hommes qui persistent dans notre société. En 2011, en France, les femmes gagnent en moyenne 27% de salaire en moins, assument 80% des tâches ménagères, représentent 18,5% des députés, constituent 85% des travailleurs précaires, sont victimes de violences au quotidien (chaque année, 75 000 femmes sont violées en France) et sont obligées de se coltiner régulièrement les blagues machistes encore fortement en vogue… La liste pourrait continuer longtemps. L’objectif de ce blog est de rendre visible le sexisme ordinaire pour montrer l’importance d’être – encore aujourd’hui – féministe !

Famille, travail, couple, rencontres, soirées… : cliquez ici pour raconter votre « vie de meuf ».

Commentaires : pourquoi nous les fermons

Nous avons ouvert ce blog pour partager et mettre en lumière le sexisme ordinaire.

Les nombreuses contributions et le succès du site montrent que l’expérience du sexisme est largement partagée et que le féminisme a des raisons d’être. Nous remercions les internautes qui nous envoient leurs histoires et tiendrons ce blog ouvert tant que le sexisme ordinaire le rendra utile.

Devant l’afflux de commentaires irrespectueux, nous avons reçu des mails de nombreuses internautes et de nombreux internautes nous demandant de réagir. Nous n’avons à l’heure actuelle pas les moyens humains de modérer les commentaires, l’équipe étant composée de bénévoles qui gèrent le blog sur leur temps libre. Nous nous voyons dans l’obligation de fermer la possibilité de commenter. Nous en sommes désolées et essayons de trouver rapidement une solution alternative.

L’équipe viedemeuf, contact@osezlefeminisme.fr

samedi 4 juin 2011

Les Gérard du sexisme

Aujourd’hui, lecture du palmarès des « Gérard » de la politique, poilade, rigolade et tutti quanti, les hommes politiques sont épinglés pour leur(s) bêtise(s) et petites phrases, quand tout à coup:

« Gérard de la femme politique, quand tu la vois, t’as pas envie de lui mettre ton bulletin dans l’urne :

Fadela Amara ex aequo avec Nadine Morano ».

C’est vrai que chez les femmes, on ne critique ni le bilan ni la c******e, seulement le physique et l’attractivité, classe!

#viedemeuf

Jeanne

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 19:08

J’attends le directeur

Un commercial arrive sur mon lieu de travail (ils sont des dizaines en fin d’année scolaire !). Il est jeune, souriant, semble très heureux de se présenter dans mon école et me demande où se trouve le bureau du directeur…

Je lui réponds, souriante, que je suis la directrice de l’établissement et que je peux le recevoir rapidement.

Il m’a alors très poliment répondu qu’il préférait attendre le retour du directeur !!! J’ignore si il attend encore… #viedemeuf

Ange

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 18:06

pouvoir et sexisme

Rendez-vous avec l’élu d’une mairie d’arrondissement de Paris pour présenter un projet artistique que nous sommes 4 à venir défendre: 3 hommes et une femme(moi). A la fin, le maire nous salue et dit en me désignant du menton : « envoyez-moi votre compte-rendu, j’ai vu que votre secrétaire prenait des notes ».

A quand suffisamment d’éluEs, pour qu’une femme dans une assemblée ne soit plus juste une secrétaire ? #viedemeuf

Séverine

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 17:03

Vie quotidienne

Hier soir, je rentre du boulot. Arrivée à un passage piéton j’hésite à traverser : un 4×4 arrive à toute allure. Finalement il s’arrête mais le conducteur, un type de 60 ans, fait rugir son moteur. Je me marre parce que je trouve ça un peu ridicule, le remercie et traverse. Là il ouvre sa fenêtre et me dit « tu serais pas une petite coquine toi par hasard ? ». Et il commence à me suivre :  » t’as quel âge toi, 25 ? 28 ? ». Vous me croirez ou non, je suis restée muette de stupeur… #viedemeuf

Marie

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 16:02

chef de famille

A l’agence immobilière, je demande à ce qu’on mette mon nom sur le dossier de l’appartement que j’occupe avec mon conjoint et dont le bail est aux 2 noms:

- Oh non, nous on met le chef de famille pour le nom du dossier. On est vieux jeu, on met l’homme, c’est plus logique.

- Moi je suis féministe, le chef de famille, ça n’existe pas donc vous allez mettre mon nom.

- Féministe et susceptible, ça doit être compliqué pour votre conjoint! Je le plains. #viedemeuf

Clem

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 15:00

Une charge

Quand j’ai passé mon entretien d’embauche, ma fille avait 5 mois. Le DRH me regarde et dit « comment vous allez faire avec un enfant en bas âge? Ca va pas vous gêner dans votre travail? »

J’ai halluciné et je lui ai dit que si je postulais c’est parce que j’avais un mode de garde pour mon enfant et que ma fille n’était pas une charge pour moi.

Et oui, on est au 21ème siècle et y en a encore qui pensent que la femme doit rester à la maison ! #viedemeuf

Magali

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 14:59

JT

Jt de France 2 suite à la catastrophe au Japon. Pujadas parle du « retour des expatriés ainsi que de leur femme et leurs enfants… » #viedemeuf

Dorothé

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 13:57

Petite morale

Il y a quelques années je travaillais auprès de familles de réfugiés politiques, parmi lesquelles une femme seule avec un enfant. Moi même je divorçais et élevais mon fils. Lorsque j’évoquais des difficultés de cette maman en réunion de travail; le chef de service intervient en ces mots « de toutes façons les femmes seules avec des enfants finissent toutes par être des putes ».

Ca a duré 4 ans dans cet esprit, ca c’est fini par un burn out…ça étonne quelqu’un ? #viedemeuf

Véro

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 12:55

Ce fameux métier

Alors que je cuisine, mon père me regarde. Après mûre réflexion, il me dit :

« C’est bien, tu t’entraînes… Ça sera ton métier plus tard.

- C’est à dire ?

- T’occuper de ton mari. » #viedemeuf

Elodie

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 12:54

Compliment

Jeune directrice de service, mon boss, sexagénaire, me demande quand est-ce que je me présente au concours de Miss France, l’air de me faire un super compliment qui devrait me faire hyper plaisir. Sa secrétaire, une femme, me lance un regard de travers, puis lui dit en minaudant : « ha ben, on ne me demande pas ça à moi » ! Puis, elle me dit carrément que « je devrais être contente » au lieu de le prendre comme ça (je l’ai envoyé bouler, le boss)… #viedemeuf

Lise

samedi 4 juin 2011

Cousin Cousine

Il y a dix jours : ma fille -4 ans- veut jouer avec son cousin -5 ans qui ne veut pas par contre pour jouer avec mon fils de 2 ans, le cousin est plus d’accord…

Pourquoi donc ma fille ne peut jouer au voiture avec les autres …? #viedemeuf

Joseph

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 10:51

le perdant est une perdante

Je me promène quand 3 petits garçons de 8-10 ans me doublent en courant. Celui qui est en tête dit: « le dernier arrivé est une femme! » J’en suis restée bouche bée…!!! #viedemeuf

Marine

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 09:49

vendredi 3 juin 2011

Rappel à l’ordre

A un barbecue avec des collègues et leurs proches, un collègue se lève pour s’occuper de son petit garçon. Mon boss lui dit : « il faut vraiment qu’on refasse ton éducation. C’est quoi cet homme qui se lève de table pour ses gosses, ta femme est là pour s’en occuper ».

Pour info, mon boss se noie dans le travail et l’alcool, alors que l’autre est simplement heureux.

Parfois la vie n’est pas si injuste… #viedemerde

LS

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 18:46

Compétences

Je suis enseignante dans un établissement culturelle et lors d’une réunion du conseil pédagogique notre directeur nous informe de la formation d’une commission de 5 supers profs …..que des hommes. A ma réflexion sur le fait que cela manquait de femmes la réponse a été : je n’ai nommé que des hommes car je voulais que des gens compétents…….perte de mémoire pour ce cher homme qui avait oublié que les deux femmes en face de lui avaient plus de diplômes que lui. #viedemeuf

Dani

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 15:42

Famille chérie

A table avec mes parents et ma grand mère, le repas se termine, les femmes se lèvent pour débarrasser… Je fais remarquer à mon père qu’il pourrait participer, et ma grand mère, d’un air mécontent, rétorque le plus sérieusement du monde : « mais pourquoi veux tu qu’il se lève alors qu’il y a ici 3 femmes dont c’est le travail ? »

Quelle sotte je fais, merci mémé de me remettre les idées en place ! #viedemeuf

Laëtitia

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 15:41

Poule pondeuse

Mon premier job. Mon chef de service (Albert de son petit nom, propre sur lui, cravate beige et pantalons sable) me dit d’un air bonasse derrière son bureau  » dans le service, je ne comprends pas, les femmes tombent toujours enceintes quand elles ont un poste de titulaire….. » . Je me suis entendu lui répondre « T’as déjà essayé d’élever des enfants en ayant un contrat de précaire, toi ? » oups….! #viedemeuf

CB

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 13:40

Mon mari aussi

Pendant ma première grossesse, on me demandait si je reprendrais le travail à plein temps avec un bébé. La conversation changeait vite de sujet quand je disais « Je reprendrai à plein temps, et mon mari aussi ». #viedemeuf

Sean

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 12:39

Le valet

On laisse la voiture à un valet devant un restaurant. Au moment de repartir, comme je ne bois pas d’alcool, il est évident que je conduis, avec à bord mon mari et un couple d’amis. Je m’approche de la voiture côté conducteur. Le valet se dépêche de refermer la porte du conducteur pour m’ouvrir la porte à l’arrière. C’est là qu’il comprend, devant mon air ébahi:  » ha, c’est vous qui conduisez? « .

Oui, merci bien. #viedemeuf

Lola

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 11:38

Lecture

Un midi, La Défense, un kiosque à journaux. La blonde peroxydée que je suis fouine de-ci de-là pour s’emparer, dans un accès de culture d’un petit courrier international, un numéro spécial de Marianne sur la guerre civile en France, et enfin un petit Science et Vie sur la Naissance de la Médecine.

Un sourire crevant de spontanéité, le mec à la caisse me balance: « Eh ben dis donc la blondinette elle lit pas n’importe quoi!! » Humour. #viedemeuf

Altane

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 10:36

on ne veut qu’un garçon !

Je suis en formation d’éducatrice spécialisée. Je postule par l’intermédiaire de l’école dans un établissement pour un stage. Réponse de la personne qui s’occupe des demandes de stages : « ils ne prennent que des hommes ! ». Je réponds que c’est scandaleux et qu’ils ne devraient plus leur envoyer de stagiaire… Elle me répond qu’avec la pénurie de stages ils vont continuer à collaborer avec eux. Et dans le secteur social on se veut progressiste et engagés !!! #viedemeuf

Emma

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 09:33

(…)

mercredi 4 mai 2011

s’il y a des pervers, c’est qu’il y a des cochonnes !

Pendant un repas entre collègues, nous abordons le sujet d’un déviant sexuel qui soumettait une gamine à des attouchements. Cette affaire a eu lieu dans mon village natal.

Remarque d’un collègue à ce sujet « ah ben dans un village où y a des pervers il y a des cochones hein M. ! » #viedemeuf

Matou

jeudi 19 mai 2011

Le fer à la main

Mon copain m’ a assuré que le ménage était plus génétique chez la femme que chez l’homme.

Ce à quoi je lui ai demandé s’il pensait que j’étais née une serpillière dans la main et un fer à repasser dans l’autre.

#viedemeuf

Elise

mercredi 13 avril 2011

Sans nom de famille

Aujourd’hui, discussion politique avec des amis. Le même phénomène, observé avec des amis de toutes les tendances politiques, se reproduit.

Quand on parle des hommes politiques, c’est : Sarkozy, Hollande, Villepin, Hamon…

Quand on parle des femmes politiques, c’est : Ségolène, Martine, Marine, Rachida…

Il n’y a que moi que ça choque.

#viedemeuf

Genn

Publié par Osez le féminisme à l’adresse 18:09

jeudi 26 août 2010

Politique

Je suis la coupable et je m’en veux encore… Je débutais comme journaliste dans la presse régionale, je couvre une manif, on me conseille d’aller voir le maire, là-bas. Un chauve ventru, une jolie brune assez maquillée. Je me tourne vers l’homme. C’était elle, le maire, et lui, l’adjoint. #viedemeuf

AGJury

12 juillet 2010

Jury

«Je passe avec un jury composé d’une femme et d’un homme. A la fin de l’entretien, la femme me raccompagne, et m’explique que mon dossier est bon, mais qu’ils préfère un homme pour le poste « vous savez, c’est dur comme boulot, c’est un milieu diffcile »… Alors qu’elle-même est la responsable de communication. #viedemeuf»

Voir aussi:

Vie de meuf = vie de merde

Slate

12 juillet 2010

«Je passe avec un jury composé d’une femme et d’un homme. A la fin de l’entretien, la femme me raccompagne, et m’explique que mon dossier est bon, mais qu’ils préfère un homme pour le poste « vous savez, c’est dur comme boulot, c’est un milieu diffcile »… Alors qu’elle-même est la responsable de communication. #viedemeuf»

Ce témoignage, laissé par «comcom», est à l’image de la dizaine d’autres déjà en ligne sur le blog Vie de meuf, lancé lundi 10 juillet par le réseau Osez le féminisme.

Créé en 2009 pour défendre le Planning Familial dont le budget était menacé, le réseau a lancé ce blog à la veille du 27e anniversaire de la première loi sur l’égalité professionnelle. Pour Osez le féminisme, la situation n’a pas beaucoup évolué en terme d’inégalités hommes-femmes dans les contrats, les congés parentaux, les retraites, les discriminations à l’embauche, etc.

«27 ans après la première loi sur l’égalité professionnelle, les femmes touchent toujours des salaires inférieurs de 27% à ceux des hommes et constituent 80% des travailleurs précaires», dénonce le réseau, qui entend faire de son blog une plateforme «pour mettre en lumière ces inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes dans le monde du travail et exiger des mesures de la part des pouvoirs publics».

Inspiré par le site Vie de merde, où les internautes sont invités à raconter leurs ennuis quotidiens et à finir leurs anecdotes d’un «#VDM», le blog Vie de meuf propose aux internautes féminines de poster leurs soucis professionnels liés à des discriminations, et à les finir d’un «#viedemeuf».

La date de lancement du blog a aussi été choisie pour marquer le coup alors qu’Eric Woerth a présenté son projet de loi de réforme des retraites au Conseil des ministres. Alors que Capital.fr lui demandait comment limiter l’impact de la réforme sur les femmes, qui se retrouvent encore plus pénalisée par le report de l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans, et perçoivent déjà une pension moins grande que celle des hommes, le ministre a répondu:

«La question majeure n’est pas ici la retraite, mais plutôt l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Il s’agit là d’un scandale absolu auquel nous allons nous attaquer. D’ici la fin de l’année, les entreprises devront rendre public leur rapport de situation comparée sur l’emploi des hommes et des femmes. Et si elles ne jouent pas le jeu, il y aura des sanctions financières»

Mais Osez le féminisme rappelle que le gouvernement a en fait reculé: la loi de 2006 sur l’égalité prévoyait une sanction sur l’absence de négociations prévues par le code du travail, tandis que ce qu’Eric Woerth demande aujourd’hui est une sanction si les entreprises ne publient par leurs chiffres en matière d’égalité.

Dans Les Echos, la nouvelle présidente de la Halde Jeannette Bougrab déclarait que la Haute Autorité de lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité comptait s’auto-saisir de la question de la retraite des femmes, parce qu’elles sont «les premières victimes de discriminations dans le monde du travail» et que «ces inégalités

Vie de meuf, le blog contre le machisme au boulot

Nathalie Ratel

L’Express

15/07/2010

Le collectif Osez le féminisme a inauguré lundi le blog « Vie de meuf », pour toutes les femmes victimes du sexisme sur leur lieu de travail.

« T’as tes ragnagnas ou quoi? » Ce type de réflexions machistes, Flo, elle connaît. Sur le blog Vie de meuf, lancé lundi par le collectif Osez le féminisme à la veille du 27e anniversaire de la première loi sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, elle confie avoir régulièrement droit à ce type de remarques de la part de ses collègues masculins, dès lors qu’elle ne saisit pas un point technique au cours d’une réunion. Son cas n’est pas isolé, comme en témoignent les 200 commentaires laissés sur Vie de meuf où, comme sur le site Vie de merde, les internautes sont invités à raconter leurs soucis quotidiens.

Quel que soit le secteur d’activité, certaines femmes sont encore recalées à leurs entretiens d’embauche au motif qu’elles auront des enfants un jour. Marie B. s’est ainsi vu refuser un poste parce qu’elle envisageait de devenir maman dans les cinq années à venir: « Avoir des enfants avant 35 ans est un signe de manque d’ambition flagrant », lui a t-on répondu. « C’est une femme qui m’a dit ça! » écrit-elle, atterrée.

Pour les femmes déjà en poste, le congé maternité peut aussi servir de prétexte pour freiner l’évolution de carrière. « Nous avons des points de compétence tous les 3 ans (et une augmentation de 49 euros bruts). Je pars pour mon congé maternité à 2 ans et 11 mois d’ancienneté. De retour, on m’annonce que du fait de mon arrêt, j’ai perdu des compétences et que le compteur reprend à zéro… » se désespère Lolo.

« T’es pas sérieuse, c’est un boulot de mec »

Lorsqu’il s’agit de gérer des équipes ou d’endosser un peu plus de responsabilités, de nombreuses femmes se heurtent encore au postulat selon lequel elles n’auraient pas assez de poigne. « Le lobbying? T’es pas sérieuse, c’est un boulot de mec. Influencer, prendre des positions politiques fortes: il y a trop de responsabilités pour une femme », a entendu Charlotte, après avoir décroché un emploi au sein d’une grande compagnie aérienne.

Employée par une société de services en ingénierie informatique, C. a elle aussi crû à une hallucination quand son collègue lui a demandé ce qu’elle avait fait au chef pour qu’il lui confie la gestion d’un projet important. « Ce n’est pas possible qu’une fille fasse du bon boulot dans l’informatique? » s’indigne-t-elle.

Les internautes de Vie de meuf se plaignent également de leurs associés ou managers qui, comme c’est le cas pour Eve, leur adressent la parole les yeux rivés sur leur poitrine. D’autres, comme Nadia, s’exaspèrent de se voir qualifier de « secrétaire » quand leurs homologues masculins, qui exercent pourtant les mêmes fonctions, sont appelés « collaborateurs ». Un sexisme tellement prégnant qu’il affecte même certains hommes: « Aujourd’hui, je cherche un boulot de cuisinier/plongeur, le patron refuse de me donner le poste parce que ‘les femmes savent mieux faire ces choses là' », soupire Armand.

« Vie de meuf », miroir de l’inégalité professionnelle hommes-femmes

Le Monde

11.08.10

95% des sondés estiment qu’il est facile d’être un homme et 75% d’être une femme.

« Premier jour dans mon nouveau boulot, ma collègue m’accueille par cette remarque : ‘vous avez de la chance d’être là, au début, ils ne voulaient pas de femmes parce que ça tombe enceinte. Mais finalement ils ont changé d’avis : les hommes ça coûte trop cher.' » Cette anecdote est tirée du site Vie de meuf, lancé il y a un mois par le collectif Osez le féminisme pour fêter à sa manière le 27e anniversaire de la première loi sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Une égalité encore bien utopique. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans sa revue du mois de juillet, l’écart des rémunérations atteint une moyenne de 19 %. Chez les cadres, les différences de salaire entre hommes et femmes dépassent les 30 %.

Vie de meuf est construit sur le modèle du site humouristique Vie de merde, où chacun est invité à raconter en une ou deux phrases ses mésaventures au quotidien. Pourtant, la lecture de Vie de meuf ne prête pas vraiment à rire : les près de quatre cents histoires répertoriées à ce jour évoquent pêle-mêle les collègues moins diplômés mais mieux payés, les entretiens d’embauche très poussés sur la vie privée, les mises au placard au retour de congés maternités, ou les emplois refusés par peur que la candidate ne tombe enceinte rapidement.

GARE AUX ENFANTS !

Laetitia, qui débute dans la vie active, raconte ainsi la confession de son manager : il ne l’aurait jamais engagée si elle avait été un peu plus âgée, car « avec une femme de 28-30 ans, à l’embauche on sait qu’elle risque d’être absente deux ou trois fois six mois pour congé maternité ».

« Tout se passe comme si les femmes qui n’ont jamais eu l’intention d’interrompre leur carrière n’ont pas pu envoyer un signal crédible aux employeurs sur leur engagement à long terme », indique l’étude de l’OFCE. Cette dernière souligne ainsi qu’avoir ou non des enfants a peu d’influence sur le salaire horaire. Mais gare à celles qui envisagent d’avoir des enfants. Pour avoir évoqué la possibilité d’avoir des enfants dans les cinq ans à venir, Marie n’a pas eu le poste convointé. « Avoir des enfants avant 35 ans est un signe de manque d’ambition flagrant », lui aurait rétorqué la DRH.

« Mon supérieur direct n’a jamais employé le terme de congé de maternité mais celui de ‘convalescence’ ! Je lui ai fait remarquer à plusieurs reprises que je n’étais pas malade mais enceinte », déplore de son côté Eve.

PEU DE SANCTIONS

Estelle se fait elle embaucher sans souci en étant enceinte. Mais pas pour les raisons qu’elle imaginait. « Je finis par apprendre que j’ai été embauchée parce que j’étais enceinte, pour faire chier le remplaçant du recruteur… Et mon bac +8 alors, il compte pas ? » Sophie Ponthieux, co-auteur de l’étude de l’OFCE, résume la situation au Parisien : « l’idée qu’on puisse être une mère ou une future mère et une salariée comme les autres n’est toujours pas admise. »

Selon la loi sur l’égalité professionnelle de 2006, les entreprises ont jusqu’au 31 décembre 2010 pour ouvrir des discussions sur le sujet. « Aujourd’hui, quatre ans après la loi et six mois avant la date butoir, seules 8 % des entreprises ont signé un accord avec les partenaires sociaux », expliquait Caroline De Haas du réseau Osez le féminisme, dans une tribune au Monde.fr. Quelles seront les sanctions pour les entreprises récalcitrantes ? La loi renvoie au projet de réforme des retraites, où la question de l’égalité professionnelle apparaît dans l’article 13.

« Les sanctions qu’il prévoit sont en réalité largement en deçà de celles prévues en 2006. Elles seront appliquées uniquement aux entreprises de plus de trois cents salariés – moins de 36 % des emplois – et porteront non pas sur l’absence de négociations mais sur l’absence de publications de chiffres sur l’égalité », explique Caroline De Haas. « Pour échapper aux sanctions, il suffira aux entreprises de commander un rapport sur l’égalité professionnelle. Que celui-ci donne lieu ensuite à des changements, peu importe… » Le site Vie de meuf a encore de beaux jours devant lui.

Egalité professionnelle : un demi pas en avant, vingt-sept ans en arrière

Le Monde

 14.07.10

Il y a vingt-sept ans, le 13 juillet 1983, Yvette Roudy faisait adopter à l’Assemblée nationale la première loi sur l’égalité professionnelle. Après les avancées nombreuses de 1965 (autorisation de travailler sans l’accord de son mari, possibilité d’ouvrir un compte en banque à son nom…), cette loi visait à corriger les inégalités encore profondément ancrées dans le monde du travail.

Près d’un quart de siècle plus tard, les choses ont-elle réellement changé ? La réalité est assez cruelle : nous n’en sommes pas beaucoup plus loin qu’au début des années 1980. Les chiffres publiés chaque année par le Service Droits des Femmes du gouvernement nous le rappellent : les femmes touchent des salaires inférieurs de 27 % à ceux des hommes et représentent 82 % des salariés à temps partiel. La moitié des emplois féminins se concentre dans 14 % des catégories professionnelles. Près de trois femmes sur dix attendent 65 ans pour liquider leur retraite, faute de n’avoir pu rassembler les trimestres nécessaires, contre un homme sur vingt. Les femmes n’occupent, en 2007, qu’un peu plus d’un quart des postes d’encadrement des entreprises du secteur privé et semi-public alors qu’elles sont majoritaires à l’université.

L’année 2010 n’est pas anodine pour l’égalité professionnelle. C’est la date donnée en 2006, lors du vote de la dernière loi pour l’égalité pour évaluer ses effets et éventuellement sanctionner les entreprises. Ces dernières ont jusqu’au 31 décembre pour se mettre en conformité avec la loi, c’est-à-dire ouvrir des discussions en leur sein sur l’égalité professionnelle. Aujourd’hui, quatre ans après la loi et six mois avant la date butoir, seules 8 % des entreprises ont signé un accord avec les partenaires sociaux. Il y a donc de quoi s’inquiéter.

TOUJOURS LA MÊME RÉALITÉ

Que risquent les entreprises qui ne respectent pas la loi ? En 2006, les parlementaires avaient prévu dans ce cas qu’un nouveau projet de loi pourrait instaurer une taxe sur les salaires pour les sanctionner. Le gouvernement, pour faire d’une pierre deux coups, a directement intégré cette question au projet de réforme des retraites qui sera discuté à la rentrée à l’Assemblée nationale.

L’article 13 de la réforme des retraites concerne en effet l’égalité professionnelle. Les sanctions qu’il prévoit sont en réalité largement en deçà de celles prévues en 2006. Elles seront appliquées uniquement aux entreprises de plus de 300 salariés – moins de 36 % des emplois – et porteront non pas sur l’absence de négociations mais sur l’absence de publications de chiffres sur l’égalité (le RSC, rapport de situation comparée). Pour échapper aux sanctions, il suffira aux entreprises de commander un rapport sur l’égalité professionnelle. Que celui-ci donne lieu ensuite à des changements, peu importe…

L’égalité professionnelle semble depuis vingt-sept ans une marotte sur laquelle tout le monde s’accorde mais pour laquelle personne ne fait rien. Des lois, des déclarations, des promesses et au final, toujours la même réalité. Lorsqu’on naît femme, on est destinée à être moins payée qu’un homme.

A une réforme des retraites qui, en reculant l’âge légal de départ à taux plein, va toucher en premier lieu les femmes, le gouvernement ajoute donc un recul net en matière d’égalité professionnelle. Le 13 juillet, nous pourrons souhaiter à toutes les femmes un « triste anniversaire ». Vingt-sept ans après, les batailles sont manifestement toujours d’actualité.

Le réseau Osez le féminisme ! a construit un site d’information sur ce sujet : Vie de meuf.

Caroline De Haas, réseau « Osez le féminisme ! »

 Voir enfin:

et encore, je m’retiens ! : extrait 1

Isabelle Alonso

Petites sœurs

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Moi ça fait un moment que je suis là. On ne peut pas dire que j’aie tout accepté, mais je me suis habituée à ma vie de femme chez les hommes. Je suis une femme parmi les femmes, c’est-à-dire une femme qui, comme toutes les autres, vit chez les hommes. Car le monde appartient aux hommes. Aux hommes avec un grand H. Il n’y a pas de femmes avec un grand F. Je suis d’une espèce domestique, d’un peuple sans Histoire, sans héros, sans aventures et sans légendes. Je suis d’un peuple qui n’a pas découvert l’Amérique, qui n’a pas inventé le moteur à explosion, qui n’a pas écrit de symphonies. Je suis du peuple qui a porté dans ses flancs les auteurs de toutes ces merveilles humaines. Je suis du peuple qui leur a fait à manger, a lavé leur linge, soigné leurs plaies. Nous sommes des fabriques de génies, mais jamais nous n’avons pu être des génies nous-mêmes. Nous les avons mis au monde, nous les avons nourris du lait de nos poitrines, nous leur avons chanté des berceuses. Nous avons répété les mêmes gestes pendant des millénaires, et on peut imaginer qu’une femme de l’âge de pierre trouverait un langage commun avec une femme du xxe siècle, américaine ou papoue, parce que certains gestes n’ont pas changé. Parce que les gestes éternels de soins aux nourrissons sont restés au long des siècles le carcan qui délimitait nos journées, et donner le jour notre destin figé. Joli parfois, triste souvent. Il fut un temps où la mortalité maternelle décimait les filles de vingt ans. La grossesse était un risque mortel, et la grossesse, c’était tout le temps. Nos aïeules étaient en danger de mort permanent.

Croyez-vous que ça leur ait valu la moindre solidarité de la part de ceux à qui elles faisaient l’amour ? Non. Au contraire. La loi de la jungle ne concerne pas que les animaux. Malheur aux perdantes. Les vainqueurs ne nous ont laissé faire que ce qu’ils ne pouvaient ni ne voulaient faire eux-mêmes et ont inventé que ça nous faisait plaisir. De notre souffrance ils ont fait un destin. Celles qui se sont aventurées à protester ont été, par la force et la violence, réduites au grand silence des peuples vaincus. Je regarde les petites d’aujourd’hui, mes petites sœurs, les héritières de siècles de servitude absolue, et je ne voudrais pas qu’elles se fassent avoir par tous les vieux trucs qui nous ont fait marcher du pied gauche dans l’Histoire depuis toujours. Je pense à vous les petites sœurs et mon cœur fond. Je voudrais vous protéger, vous mettre à l’abri. Nous revenons de si loin, nous avons gagné tant de terrain, la route est encore si longue. Vous avez cinq, huit, douze ou quinze ans, vous allez avoir affaire pendant de longues années à un rapport de forces défavorable. Vous allez naviguer vent debout, face à la logique masculine. Qui est par la même occasion celle du système. Faut vous y faire. Mais faut pas vous laisser faire. C’est pas facile. J’aimerais vous aider, vous tendre la main. Par solidarité. La solidarité entre filles, ça s’appelle la sororité. Et la sororité, si on nous laisse jamais le loisir de l’exprimer, c’est aussi beau que la fraternité.

Bonne chance les filles, la planète est un peu pourrie pour nous autres, mais c’est la seule qu’on a et rappelez-vous toujours qu’on a du bol quand même, ça aurait pu être pire, bien pire. Quand vous sortirez des jupes de vos mères, des jupes qui vous ont tenu chaud jusqu’à maintenant, n’oubliez pas que dehors c’est le monde des hommes. Un monde qui n’est pas et n’a jamais été fait pour vous. C’est dur ? Dangereux ? Oui, mais c’est aussi votre chance, une chance inouïe. Les hommes se plaignent souvent que le monde moderne ne leur offre plus d’aventure avec un grand A, plus d’Amérique, plus de frisson. C’est vrai pour eux, car les enfants trop gâtés n’ont plus de désirs. Mais pour vous, la vie, la simple vie, est encore une conquête, une aventure, une vraie. Parce que vous êtes des femmes. Et qu’à l’aube du troisième millénaire vous êtes encore des pionnières, avec devant vous mille bastions, mille conquêtes, mille défis. Vous verrez, ça vaut le coup, la vie, quand on la vit comme on la rêve, comme l’ont rêvée nos aïeules quand elles n’avaient ni leur corps à elles, ni leur chambre à elles, ni leur nom à elles… Je vous salue, les petites, vous êtes les plus belles du monde, vous méritez et je vous souhaite tous les bonheurs. À vous !

et encore, je m’retiens ! : extrait 2

Isabelle Alonso

Putes

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Il y en a qui considèrent les putes comme des femmes à part, et d’autres qui trouvent que prostituée est un métier comme un autre qui devrait ouvrir droit à la Sécurité sociale et à la qualité de contribuable. Les deux points de vue posent problème. Le premier parce qu’il marginalise les femmes qui en viennent à se prostituer, le deuxième parce qu’il vise à institutionnaliser une activité qui n’est pas comme les autres. Évidemment, les femmes qui se prostituent sont des femmes comme les autres ! Avec deux jambes, deux bras, deux seins et deux X dans les chromosomes ! Les enfermer dans un statut qui les exclut de la société est une ignominie. Mais prétendre que vendre son corps constitue une profession comme une autre, n’est-il pas faire très bon marché de la dignité humaine ? Aucune femme n’a envie de passer pour une pute. En revanche, celles qui exercent ce qu’il est convenu d’appeler le plus vieux métier du monde en ont ras les jarretelles du mépris et de la réprobation qui pèsent sur leurs seules épaules. Faire comme on dit commerce de ses charmes salit encore et toujours celle qui le fait. Pourquoi ? Parce que le cul, ça a toujours été sale, air connu, affaire entendue. Mais on pourrait en déduire qu’au fur et à mesure que la chose sexuelle sort du ghetto-crado où la morale et l’Église l’ont enfermée si longtemps la prostitution devient une activité parmi tant d’autres, un échange entre adultes consentants, majeurs et vaccinés. Sauf que ça ne marche pas comme ça. Ce qui choque dans la prostitution, ce n’est pas le cul. C’est l’argent. Parce qu’il transforme un corps en marchandise. Une pute est un être humain avec un prix de location affiché sur le ventre. Et si ce prix la dégrade à ses propres yeux et à ceux des autres, c’est que devenir une denrée commercialisée n’a jamais été source d’estime de soi ni de prestige ! Tant qu’une seule femme sera à vendre, toutes les femmes seront symboliquement à vendre. Car ce qui se vend, c’est du sexe de femme, le même que nous avons toutes entre les jambes. D’ailleurs, celles qui ont déjà attendu quelqu’un dans la rue (en faisant le pied de grue, c’est comme ça qu’on dit, non ?) et qui ont essuyé le regard des passants se demandant si vous en êtes ou pas voient certainement très bien à quel point la confusion est facile : vous êtes une femme, ça suffit. Voilà pourquoi la prostitution est l’affaire de toutes les femmes. La chosification de certaines d’entre nous rejaillit sur toutes les autres et constitue une saisissante synthèse de notre statut social : nous sommes encore des objets dans la vie des autres, pas encore les sujets de nos propres vies. Nous restons, dans des proportions variées, un bien de consommation, un signe extérieur de richesse. Or qui sont celles d’entre nous qui se prostituent ? Comment en arrive-t-on à prêter à des inconnus, pour quelques billets de banque, ce que l’on a de plus précieux : son propre corps, sa propre intimité, son propre soi ? Comment accepte-t-on de se laisser pénétrer sans désir par un homme pour qui on n’est rien d’autre qu’un instrument ? Les romanciers ont de tout temps fantasmé sur les courtisanes, les putes au grand cœur et autres supposées prêtresses du sexe. Le cinéma et la chanson délirent tout pareillement. Julie la rousse par-ci, Dame aux camélias par-là, Emmanuelle dans son fauteuil, sans oublier Arletty, si rigolote en pute gouailleuse, avec son cocard de fille soumise qui aime les coups ! Les sociologues, plus prosaïques, ont depuis longtemps établi le portrait type de la prostituée. Elle n’est ni plus ni moins folle de son corps que vous et moi. Plutôt moins. Elle se trouve le plus souvent au confluent de la misère économique et de l’extrême misère affective. Elle est souvent fille de prostituée. Elle a presque toujours subi des violences sexuelles dans l’enfance. Une sorte de cumularde des désavantages qui finissent par anéantir toute confiance en soi, tout amour de soi. Et puis il y a le tiers monde. Son inextinguible pauvreté fournit aux pays riches un stock perpétuel de misère à exploiter, de femmes à vendre. Et quand on dit femmes, on devrait dire jeunes filles. Car, au point où en est le marché, la viande de femme se consomme hyperfraîche : les filles qu’on vend, qu’elles soient sud-américaines, philippines ou slaves, ont entre quinze et dix-huit ans. Le collège, les fous rires, les premiers flirts sont un luxe hors d’atteinte pour les milliers de filles qui tombent entre les pattes des réseaux de traite des femmes. Escroquées, trompées, contraintes. Pas l’ombre d’un choix. Quand on est en position de faiblesse absolue, il se trouve toujours quelqu’un pour en profiter. C’est ce qui se passe. Et voilà qu’en faisant la pute elles se prennent sur les endosses tout le mépris du monde : langue de pute, fils de pute, putain de toi, putain de ta mère, putain tout court… Pauvres putes, décidément ! Toujours aux premières loges quand on en vient aux mots ! Il y a bien pire. Elles sont aussi aux premières loges quand on en vient à la violence : recrutées de force, réduites au silence par chantage, humiliées, frappées, privées de leurs enfants, menacées de mort et assassinées plus souvent qu’à leur tour, elles ont une vie quotidienne tissée dans la brutalité la plus immédiate. Avec pour toile de fond l’indifférence de tous ou cette complicité rigolarde qu’on réserve à la gaudriole.

Mais sur ce marché sordide où elles jouent le rôle d’article de base, elles ne sont pas seules. Quand il y a marché, il y a demande. Alors, quid de l’acheteur ? Qui va aux putes sans se poser de questions ? Qui prend du plaisir à pénétrer le corps d’une femme qui ne le désire pas ? Qui ne voit aucun inconvénient à acheter de l’être humain, en ces temps de défense des droits de l’homme, un siècle et demi après l’abolition de l’esclavage ? De quelle matière particulière est faite la conscience de celui qui s’autorise à acheter quelqu’un d’autre ? Vous me direz, acheter pour quelques instants c’est pas vraiment acheter, c’est plutôt louer. Et louer, n’est-ce pas, c’est différent. Ça fait pas esclavagiste, tout au plus consommateur. Y a pas de mal, hein… Que voulez-vous qu’il fasse, le client, quand c’est le printemps dans son kangourou ? Ses choses de la vie sont pleines à ras bord, ça lui boursoufle la braguette, ça lui obsède le cortex ! C’est tout juste s’il se colle pas un gyrophare sur le machin, il roule sur la bande d’urgence ! Une femme, vite ! Faut bien qu’il se vidange ! Il s’en va, fort de la tradition, lourd de la burne, mais l’esprit d’autant plus léger que le même système de valeurs qui accable les prostituées excuse leurs clients : « C’est le plus vieux métier du monde. » Palme du cynisme. Salaud aussi, c’est le plus vieux métier du monde. C’est sûr, l’exploitation des femmes a toujours existé. Est-ce une raison suffisante pour ne pas l’arrêter ? « Ça ne changera jamais. » Et pourquoi ça ? Pourquoi ça ne changerait pas ? Qui en a décidé ainsi ? Y a des tas de dégueulasseries qu’on essaie de changer : le meurtre, le suicide, la torture, l’esclavage, etc. ? Pourquoi la prostitution bénéficierait-elle de l’indulgence générale ? Parce que ça arrange une moitié de l’humanité pendant que ça écrase l’autre ? « Ça fait pour ainsi dire partie de la nature humaine. » Humaine ! Masculine, plutôt, faut croire ! Elle a bon dos, la nature ! La prostitution est un pilier de notre culture, nuance ! Et la culture, ça peut évoluer, que je sache. « C’est une question d’hygiène. » Argument scientifico-médicamenteux-grumeleux qui assimile l’amour à un besoin naturel, comme pipi-caca ! Si c’est le cas, messieurs les clients, pignolez-vous dans les toilettes ! Pour les besoins naturels, on utilise du pécu, pas des femmes ! « C’est une soupape de sécurité, autrement, les hommes violeraient tout ce qui bouge. » Sont-y pas mignons ? Autrement dit, pour protéger les femmes ordinaires, sacrifions les moins chanceuses ! La prostitution terrassant le viol ! C’était notre minute de sexe-fiction ! En réalité, viol et prostitution sont une seule variation sur le même thème : le désir des femmes, on n’en a rien à battre, on s’en balance, on s’en fout, on s’en tape ! La queue est pri-o-ri-taire, point final. « Certaines femmes sont faites pour ça. » Ben voyons ! C’est une vocation ! Une Ghanéenne de seize ans lâchée sans papiers sur le pavé parisien obéit évidemment à une irrésistible vocation ! Une éducation normale avec des enfants de son âge, figurez-vous que ça la branchait pas du tout ! Et les immondes qui lui proposent plus cher pour la baiser sans capote, l’abjection leur vient par vocation, aussi ? « C’est un métier comme un autre ! » Se harnacher avec des fringues humiliantes. Se déshabiller devant un type qu’on ne connaît pas, un type qu’on n’a pas choisi. Il a mauvaise haleine ? Il est sale ? Il sent le rance ? Il a bu ? Peu importe. C’est un client. Lui laver le sexe. Le branler. Lui enfiler un préservatif. S’étendre sur le lit. Écarter les jambes. Se laisser pénétrer, vagin abîmé par toutes ces invasions sans désir. Il éjacule. Se rhabiller. Redescendre. Au suivant. Supporter les passants qui matent, les passantes qui toisent, le mépris. Variante : plier le billet, le planquer dans ses fringues. Les agressions, c’est souvent. Et si tu ramènes pas assez, punition. S’agenouiller dans l’herbe. Ouvrir la braguette. Sortir le sexe. Se le mettre dans la bouche. Il pue ? Il a des boutons ? Une drôle de couleur ? Des veines répugnantes ? Peu importe. C’est un client. Le sucer jusqu’à éjaculation. Cracher. Se relever. Retourner sur le bord de la route. Il fait froid. Au suivant. Y a aussi la pute haut de gamme, pour clients haut de gamme. L’offre s’adapte à la demande, c’est la loi du marché. Rajoutez donc un brin de conversation, des dessous plus chics et quelques étoiles au fronton de l’hôtel. Pour le reste, même scénario. C’est plus comme ça ? Y a le minitel ? Soit. Supprimez le trottoir. Rendez-vous pianoté sur un clavier. Pour le reste, kif-kif. Un métier comme un autre ? Le choisiriez-vous pour votre fille ? Avec en prime le mépris des autres et le mépris de soi-même. « C’est elles qui veulent, personne les force. » Si. Il y a toujours, toujours, contrainte. Le monde de la prostitution est planifié, organisé, hiérarchisé. Pour le plus grand profit des réseaux de proxénétisme. Toujours. Même les putes des années soixante-dix, qui occupaient les églises et se disaient indépendantes, ont fini par reconnaître que les vrais organisateurs de leur mouvement étaient les macs, lassés par les pv qui leur rognaient les bénéfices. Pareil maintenant. La seule raison pour laquelle on ne voit pas les macs, c’est que la législation française autorise la prostitution mais interdit le proxénétisme. Alors ils se planquent. Mais ils encaissent. « C’est le seul moyen de lutter contre la misère sexuelle ; il faut bien quelqu’un pour baiser les immigrés, les handicapés, les timides. » Et si on parlait de la misère sexuelle des femmes ? Elle est largement aussi intense. Il y a aussi des femmes chez les immigrés, les handicapés, les timides, et chez les pas beaux, les tordus, les cocus, les goitreux et lesbancals ! Comment font-elles ? Ben, en tout cas, elles vont pas aux putes ! La preuve que c’est possible ! Vous dites ? Les femmes ont pas les mêmes besoins ? Ah ! encore un petit coup de logique masculine, où cohabitent sans encombre l’idée qu’on n’a que peu de besoins sexuels (donc pas besoin de se « soulager ») et celle qu’on a toutes le feu au cul (toutes des salopes, toutes des putes).

Et bla-bla-bla, je n’invente rien, les arguments ne manquent jamais aux exploiteurs de la misère d’autrui. Louer le ventre d’une femme ne pose manifestement aucun problème à ceux qui le font. Votre voisin, votre mari, votre frère, votre patron, votre meilleur copain font peut-être partie des un Français sur trois qui fréquentent les prostituées, et des dix pour cent qui en sont les habitués. Ça fait du monde ! Il paraît que c’est une question de liberté des mœurs. Les mœurs de qui ? La liberté de qui ? Qu’est-ce que la liberté a à voir avec ça ? Comment assimile-t-on la liberté avec la possibilité de traiter un être humain comme un objet de consommation ? Encore un mystère de la logique masculine, sans doute. On a toujours admis que la sexualité mâle doit fonctionner dans l’urgence, se soucier comme d’une guigne du désir de l’autre et constituer l’une de ces priorités qui justifient tout. Le client est présenté comme une sorte de victime. De la tyrannie de sa libido et du mercantilisme des femmes. Faut bien qu’il tire sa crampe, et si c’est pas lui qui achète cette femme ça sera un autre. Le même raisonnement justifie toujours toutes les violences. En mettant sa bite dans la bouche de la fille, le client paie obligeamment son écot aux mafias qui bâtissent des empires financiers sur le pain de fesse.

Nous vivons dans une culture où les femmes sont une denrée parmi les autres, que les hommes achètent et vendent sur un marché sauvage et florissant. Tant qu’on achètera une seule femme, toutes les femmes resteront des marchandises. Pour la plus grande fortune des proxos du jour. Oubliez le Julot de quartier, casquette de guingois et mégot à la lippe, distributeur de torgnoles quand la comptée n’est pas à la hauteur. Le personnage est toujours aussi lâche, sinistre, lugubre, gluant. Mais le proxo, aujourd’hui, se la joue homme d’affaires. Cravate, attaché-case et décalage horaire. Il voyage, il lobbyise, il achète les hommes politiques, il sert d’indic à la police, il a des amis partout. Eh oui. Le marché est devenu planétaire et c’est au niveau international qu’on blanchit les profits. Vous ne croyez tout de même pas, malgré l’histoire éternelle de la fille-indépendante-qui-aime – tellement – baiser – qu’elle – préfère – que – ça – lui-rapporte, qu’une telle source de profits resterait entre les mains de la productrice de base ? Ça serait une grande première dans l’histoire de l’économie ! Non, les gigantesques profits de la prostitution s’ajoutentà ceux de la drogue et des jeux, mamelles traditionnelles des mafias diverses et variées qui pullulent sur la planète. Un drogué ne fait de mal qu’à lui-même. Un client fait du mal à autrui. Consommez de la drogue et vous serez un délinquant, consommez de la femme et vous serez un citoyen normal. Le trafic de drogue scandalise tout le monde, mais personne ne semble se soucier du trafic d’êtres humains. Parce que ces êtres humains sont des femmes ? Parce que électoralement elles ne représentent rien ? Parce que ceux qui votent les lois et font l’opinion ne dédaignent pas à l’occasion une gâterie tarifée ? Pourquoi ces femmes en détresse ne rencontrent-elles pas plus de solidarité parmi nous autres qui avons eu la chance d’échapper à cette lente destruction de la personne qu’est l’exercice de la prostitution ?

Que faire ? Des lois sur la prostitution, y en a toujours eu. Et elles ont toujours été inefficaces. Votées par des assemblées mâles à quatre-vingt-dix pour cent, clients à l’occasion, elles ne posent pas le problème du consommateur de prostituées. Alors ? Interdire la consommation ? Peine perdue. Une loi de plus ne changerait rien. Mais agir sur les mentalités, ça devrait pouvoir se faire, non ? On nous abreuve à longueur d’année de campagnes de pub nous incitant à boucler notre ceinture, à manger des kiwis ou à mettre des capotes. Pourquoi pas une campagne expliquant aux usagers la vérité sur le trafic des femmes ? Plus personne ne devrait pouvoir dire qu’il ne sait pas que les proxénètes contrôlent la prostitution par la contrainte, la violence, la torture et le chantage. Plus personne ne devrait considérer que sa propre urgence sexuelle justifie que quelqu’un d’autre mène une vie d’esclave. Plus personne ne devrait trouver du plaisir à humilier une femme en la traitant comme le simple outil de son plaisir. Aucun homme ne devrait oser regarder une femme dans les yeux s’il en a acheté une autre.

Vis-à-vis de la prostitution, il n’est pas de neutralité possible. Toute femme est une pute v irtuelle, tout homme un client en puissance. Nous vivons dans un pays où l’on n’a même pas le droit de vendre son propre sang, parce que l’éthique qui est la nôtre nous enseigne qu’il est des choses qu’on donne ou qu’on garde, mais qui ne font pas partie des produits commercialisables. Pourquoi pourrait-on alors vendre le corps des femmes ? Pourquoi pourrait-on vendre son propre corps ? Pourquoi pourrait-on mettre sur le marché ce qu’on a de plus précieusement intime : sa sexualité ? Au nom de quoi, si ce n’est une fois encore au nom de la loi du plus fort ? Les rapports entre les sexes ne sont-ils pas influencés par ce déséquilibre de base ? Par cette inscription des femmes dans la vénalité et cette puissance économique de l’homme sur la femme ? À ce sujet, je gardais pour le dessert l’argument ultime des clients, parce qu’il pose le problème à sa racine : « Je paie parce que les autres femmes veulent pas se laisser faire. » Mais se posent-ils la question de savoir pourquoi les « autres femmes » ne veulent pas ? Que pensent la plupart des hommes des femmes qui veulent bien, qui font pas de chichis ? Ils les méprisent ! Ce sont des femmes faciles ! Pas bien, ça ! Pas loin de la pute ! Et encore, la pute a une excuse, c’est le fric, alors que les autres, celles qui font ça parce qu’elles aiment ça, c’est carrément des salopes. Des malades ! Nymphomanes, ça s’appelle ! Préfèrent-ils les femmes difficiles ? Ah non, c’est bien pour ça qu’ils vont aux putes, parce que les femmes qu’il faut convaincre, draguer, faire semblant d’aimer, quelle galère ! Encore une rasade de logique masculine ! Pas d’issue pour les gonzesses ! Ils méprisent celles qui veulent et fuient celles qui veulent pas ! Avec cette habitude qu’ils ont de ranger les femmes dans des tiroirs : celles qu’on baise, celles qu’on aime, celles qu’on épouse, celles qu’on jette, celles qu’on respecte (ça veut dire celles qu’on touche pas). Oh ! les mecs ! Et si simplement vous cessiez de juger les femmes à l’aune de valeur s imbéciles ? Si vous cessiez de mépriser celles qui adorent baiser avec vous ? Les femmes seraient ravies d’être des putes gratuites, c’est-à-dire des femmes qui font l’amour autant qu’elles le veulent avec qui elles veulent sans encourir le mépris. Nous, les filles, avons des urgences autant que vous. Y a des fois, comme vous, on sauterait un réverbère ! Si on ne le dit pas, c’est parce que passer pour une salope, on n’aime pas. Alors on attend que notre partenaire soit libre si on en a un. Autrement, comme dit Coluche, on se la met derrière l’oreille et on attend que ça se passe. Notre désir à nous n’est ni prévu ni légitime. On ne va pas, nous, au coin de la rue dépenser quelques kopecks pour user du corps d’autrui. Traiter l’autre comme un objet, on sait pas faire. On n’a pas appris. Pour nous, faire l’amour suppose que l’autre existe. Notre société est un supermarché du cul pour ceux qui ont le droit de consommer, les hommes. Nous, si on a le feu au derrière, on passe pour quoi ? Gagné ! Pour des putes !


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