Culture: Pour ses 30 ans en France, McDonald’s s’offre Le Louvre (Starbucks was bad enough)

10 octobre, 2009
Starbucked Mona LisaMcMona lisa La ‘désacralisation’ du temple muséal attire, du reste, comme une nuée de mouches, les célèbres marchands dudit temple: que penser, par exemple, de l’éviction de la librairie-carterie RMN, exilée en un lieu moins stratégique de la galerie, par un Starbucks Coffee avec alibi de « café littéraire »? À quand l’installation d’un McDonald’s? Communiqué CFDT (2007)
Un McDo au Louvre: le monde s’insurge, la France reste muette? Le Post
Henri Loyrette, président du musée du Louvre, soucieux, lui, de l’image du plus beau musée du monde jusqu’à Abu Dhabi, n’avait qu’un mot à dire pour empêcher que des effluves de frites flottent jusque sous le nez de la Joconde. Il en a décidé autrement. Bernard Hasquenoph (Louvre pour tous, 27.09.2009)
Cette haute galerie en pierre de Bourgogne et en béton blanc – “le lieu unique d’une rencontre réussie entre culture, tourisme, histoire et shopping” clame la publicité – a été ouverte en 1993 et, pour ne pas nuire à l’image du musée, ne devait accueillir à l’origine que des boutiques de luxe ou à vocation culturelle.
Les marchands et les commentateurs n’ont pas à occuper avec tant d’insistance les abords du temple… on n’éveille pas la curiosité pour l’art à travers les cafétérias et une sous-culture de pacotille… Le Louvre est un palais ; on n’a pas à le faire précéder d’un mélange de drugstore et d’aéroport. Bruno Foucart (historien)
On notera que ceux qui faisaient la queue dans la galerie commerciale pour avoir accès au musée, plutôt que se précipiter dans les boutiques, n’avaient en tête que de voir les trésors exposés, choisissant d’emblée le temple plutôt que ses marchands. Virgin, par exemple, connut une fréquentation très moyenne. Sain réflexe de cette multitude curieuse de tout qui comptait bien s’en jeter plein les mirettes”. L’HUMANITÉ (jour de l’ouverture gratuite au public de la nouvelle aile Richelieu du Louvre, novembre 1993)

A l’heure où, grâce à nos amis progressistes norvégiens, il faut bien se frotter les yeux quand on lit sa presse du matin (non, vous n’êtes pas en 1938 ou sur le site satirique Onion) …

Même si la satisfaction reste grande d’avoir échappé au retour du cirque Bétancourt ou, pour les tyrans de la planète, à tous ces dissidents chinois qui attendront bien gentiment leur tour …

Nouvel exemple de cette pathétique incapacité de nos élites culturelles à la Polanski ou Mitterrand et de Hollywood à la Rive gauche à accepter la loi commune …

Avec cette non moins pathétique indignation de nos gardiens du temple devant le manque de réaction dans le 2e marché mondial de la restauration rapide face à l’annonce, en ce 30e anniversaire de l’arrivée de McDonald’s au pays de Bocuse et du Guide Michelin mais aussi après un long purgatoire de 15 ans de Disney au Louvre, de l’installation de leur prochain restaurant dans le saint des saints de la haute culture.

Ainsi ce communiqué de la CFDT, qui, à l’occasion de l’arrivée au Louvre de Starbucks (“le McDo du café“) il y a trois ans, s’inquiétait déjà de la “Disneylandisation” de la culture française et même (dans sa singulière préscience) de l’éventualité de l’arrivée de McDonald’s …

Après Atlanta, Abou Dhabi, et bientôt Shangaï, Saô Paulo…
Non à la “Disneylandisation” de la Culture!
CFDT-Culture
Paris, le 29 janvier 2007

L’ambition culturelle du moment du Ministre/VRP de la Culture, c’est de transformer les grands musées et les monuments historiques en parcs à thèmes. Il faut être lucide : le musée du Louvre est le « number one » de ces parcs à thèmes d’un nouveau genre : entre le parcours Joconde-
Milo-Samothrace, et celui du Da Vinci Code, il n’a rien a envier à son condisciple de Marne la Vallée/Chessy. D’ailleurs tout comme Disneyland Paris (12 millions de visiteurs annuels) le musée du Louvre reste le plus fréquenté du monde. II a accueilli 8,3 millions de visiteurs en 2006, contre 7,5 millions un an auparavant.

On est franchement passé à l’ère de l’industrie touristique culturelle (la CFDT-Culture dénonçait déjà cette dérive en janvier 2005) et il s’agit de satisfaire le client par des « produits » adaptés qui puissent générer des revenus considérables. Quant aux « petits » musées et autres monuments historiques, c’est au prétexte que ces lieux seraient autrement condamnés à disparaître que l’on justifie la politique de « mise en exploitation touristique » actuelle des lieux culturels.

La « touristification » de la culture pourrait passer pour une évolution éminement démocratique et anti-élitiste, permettant au plus grand nombre d’avoir accès au beau et à l’exceptionnel. Mais pourquoi a-t-on l’impression qu’un nivellement par le bas s’opère dans la sphère culturelle ? Parce que le résultat en est une réduction de l’institution culturelle à quelques œuvres emblématiques, iconisées, comme la Joconde, ou même à un unique symbole architectural: la pyramide, voire à ce simple label «Louvre» frauduleusement américanisé: «I LVuvre Atlanta™», comme le proclame sottement un Tshirt promotionnel à la distribution enlisée dans les sables d’une communication calamiteuse. La « désacralisation » du temple muséal attire, du reste, comme une nuée de mouches, les célèbres marchands dudit temple : que penser, par exemple, de l’éviction de la librairie-carterie RMN, exilée en un lieu moins stratégique de la galerie, par un Starbucks Coffee avec alibi de « café littéraire »? À quand l’installation d’un McDonald’s ? Mais le Louvre n’est pas le seul à avoir cette ambition « de la touristique de masse », Beaubourg (à Shangaï ?), Rodin (à Saô Paulo?), Versailles, Orsay, Branly… tous les grands musées sont entrés dans la course et ont les mêmes espoirs…

On est très loin de l’esprit de Malraux, de la richesse et de la diversité des missions primordiales du ministère de la Culture. Pourquoi s’étonner, alors, que l’opposition au projet d’Abou Dhabi rassemble à ce jour plus de 3 000 noms du monde de l’art, conservateurs, historiens d’art ou personnels de musées, français, mais aussi britanniques, russes, américains, brésiliens, etc. ?

Abou Dhabi : combat d’arrière-garde ?

De quoi s’agit-il ? De louer des œuvres sous franchise de la marque « Louvre™ » (pourquoi pas ? voir ci-dessus !), pour une vingtaine d’années, à l’émirat d’Abou Dhabi contre espèces sonnantes et trébuchantes. Un des arguments de l’administration ministérielle est de gagner, à travers cette franchisation et cette location, les moyens financiers de sauvegarde des collections et de fonctionnement des musées français.

Pour l’aspect contractuel entre les deux pays, on peut s’inquiéter du statut encore mal défini de l’antenne d’Abou Dhabi qui pourrait être régie par la loi islamique, comme l’est déjà la collection du prince du Qatar (poursuivi pour fraudes), confisquée parce que considérée comme bien de main morte.

Quant à la sauvegarde des collections, on sait ce qu’il en est de l’Hermitage, dépouillé de l’âme même de ses collections pour assurer les salaires de son personnel… Craignons que ce ruineux « mécénat » d’un nouveau genre ne tende à se substituer au budget de l’État ! Et ajoutons que nos éminents gouvernants et administrateurs, qui prennent ces décisions en catimini, sans la moindre concertation préalable, usurpent d’insupportable manière les prérogatives du peuple souverain détenteur de ce patrimoine, en en faisant commerce.

Il faut vigoureusement protester contre l’introduction du payant là où régnait la collaboration savante et la gratuité. Jusqu’à ce jour, en effet, les échanges entre institutions culturelles reposaient sur une saine entente autour de prêts gratuits — et réciproques — liés à un projet scientifique.

Les projets scientifiques dans le ” Louvre Atlanta ” ou même le ” Louvre Abou Dhabi ” ne vont-ils pas devenir rapidement l’alibi d’opérations purement commerciales ? Quant à nos impécunieux musées (puisqu’ils ont tant besoin de mécènes), craignons qu’ils ne puissent bientôt plus financer d’expositions si, au coût d’assurance et de transport des œuvres, s’ajoute le prix de leur location…

Location derrière laquelle pourraient bientôt se profiler des projets de vente… Qui n’a entendu dire que les réserves des musées regorgent d’oeuvres. Ces œuvres non exposées, à quoi servent-elles ? Ne coûtent-elles pas finalement trop cher en frais de conservation ou de restauration ? Ne sont-ce pas des chefs d’œuvre injustement soustraits à la contemplation du public-contribuable qui y a droit? Ne s’agit-il pas d’oeuvres secondaires dont l’État pourrait bien «faire l’économie»?…

Derrière ces propos contradictoires qui fleurissent en tous médias se manifeste la même méconnaissance de l’histoire de l’art et du rôle de conservation des musées qui, l’une et les autres, ne se limitent pas aux chefs d’œuvres. Ces propos dénotent aussi l’ignorance — feinte peut-être — de l’évolution du goût et, par conséquent, de la cote des œuvres sur le marché.

Faut-il rappeler ici le rachat à prix d’or d’œuvres précédemment ” bradées ” par certains musées de France ? Plus positivement, l’actuelle et très pertinente exposition ” Orangerie, 1934 : les peintres de la réalité ” met en exergue cette évolution en évoquant la redécouverte, qui ne date que de l’Entre-Deux-Guerres, d’un peintre aussi important que Georges de La Tour…

Mais il s’agit « de faire circuler des œuvres et d’entretenir un commerce intellectuel » avec tous les pays, sans exclusive, rétorquent les tenants du projet. Argument imparable ! Outre que les prêts entre musées se pratiquent depuis des décennies dans la plus grande clarté (cohérence intellectuelle du projet d’exposition, sécurité et protection des œuvres transportées, limitation de la durée des prêts), on voit mal ce que ces projets pharaoniques apportent de plus à la circulation des biens culturels ; on voit bien, par contre, les risques qu’ils leur feraient courir.

Pendant ce temps, quelle sera la déception, puis, peut-être, la désertion des touristes et des visiteurs du Louvre fatigués de contempler des cimaises mitées de petits cartons expliquant l’absence, pour raison commerciale, de l’œuvre attendue ?

Cette glissade des institutions museales vers la ” Disneylandisation ” est une étape supplémentaire du désengagement de l’État. D’aucuns y voient l’avènement d’une “nouvelle politique culturelle” française, mais le sujet, fondamental, ne saurait se passer d’un débat public, et de la large concertation dont ce ministère — et ce gouvernement — semblent décidément incapables.

La CFDT-Culture mettra tout en œuvre pour que le ministère renonce à « disneylandiser » la Culture pour en revenir à la réalité de ses missions : conservation, valorisation (qui n’est pas commercialisation!), mise à disposition du public.

Voir aussi:

McDonald’s entre au Louvre
Un fast-food va entrer dans le temple de la culture du pays de la « haute gastronomie ». Une « faute de goût » que dénoncent associations et presse internationale.
Benoit Hasse
Le Parisien
07.10.2009

Pour les puristes, c’est une nouvelle difficile à avaler. D’ici à la fin de l’année, McDonald’s va ouvrir un nouvel établissement parisien… au Louvre. La chaîne de restauration rapide dont l’image de marque est aussi éloignée de celle du Louvre que la statue du clown McDonald’s l’est de la « Vénus de Milo » ne s’installera évidemment pas dans la partie « muséale » du prestigieux site.

Le nouveau restaurant sera construit un peu plus loin, dans le Carrousel du Louvre, attenant au musée. Ce centre commercial souterrain (situé entre le parking des Tuileries et le hall d’entrée du Louvre sous la pyramide) accueille déjà de nombreuses enseignes grand public et plusieurs restaurants rapides. Le McDonald’s s’installera dans l’espace restauration du Carrousel, actuellement en pleine réfection, sur une terrasse qui surplombe le grand hall Charles-V bordé par les anciennes fortifications du Louvre. Cet espace est totalement distinct du musée.

« La première chose que les visiteurs verront, ce sera le M de McDo »

Il n’empêche. La prochaine installation du McDo choque tous les amoureux du Louvre. D’autant plus qu’un projet de réaménagement du Grand Louvre (lancé il y a deux ans par Christine Albanel) prévoit d’ici à 2017 la création d’une nouvelle entrée par le hall Charles-V qui sera réservée aux groupes. « Quand ce sera fait, la première chose que les visiteurs verront en entrant au Louvre, ce sera le M de McDo », grince un défenseur du musée en s’étonnant du manque de réaction des amoureux de l’art.

Dès lundi, un site Internet parisien (Louvre pour tous) a qualifié l’arrivée du McDo de « faute de goût ». Mais c’est dans la presse étrangère que les critiques ont été les plus « saignantes ». Le « Daily Telegraph » de Londres mais aussi des journaux italiens, norvégiens, russes, américains se sont étonnés de l’installation d’un fast-food dans le temple de la culture du pays de la haute gastronomie. « Aujourd’hui, McDonald’s. Et demain des magasins de fringues low-cost ? » au musée, interroge un expert cité par le « Daily Telegraph ».

Pour l’instant, dans la galerie du Carrousel, la nouvelle suscite moins d’émotion chez les visiteurs. « Il y a déjà plusieurs snacks dans cette galerie, commente un touriste attablé devant une assiette de frites. J’ai vu un Starbuck en bas. Alors pourquoi pas un McDo ? » « L’arrivée d’un fast-food n’est pas appréciée par les professionnels, complète une étudiante de l’Ecole du Louvre installée dans le Carrousel. Le plus surprenant dans ce projet, c’est qu’il y a déjà un McDo, sur la rue de Rivoli, à moins de 50 m d’ici. Pourquoi en rajouter un ? »

Hier, la direction du Louvre n’a fait aucun commentaire sur le sujet. « Le Carrousel est un espace totalement privé, sans rapport avec le musée. Le Louvre n’a pas à se prononcer sur les choix du gestionnaire », se contentait d’indiquer une porte-parole.

Voir également:

McDonald’s fête ses 30 ans an France, oubliée la malbouffe

Le Parisien
28.08.2009

Longtemps symbole de la malbouffe en France, McDonald’s, qui fête ses 30 ans dans l’Hexagone, a partiellement réussi à se débarrasser de sa mauvaise image, la filiale française devenant même l’une des plus rentables de l’enseigne américaine.

“Les Français viennent moins chez nous que dans d’autres pays, mais ils consomment beaucoup à chaque visite”, explique Eric Gravier, l’un des vice-présidents de la filiale française.

Le ticket de caisse moyen est le plus élevé au monde, à plus de 10 euros contre 3 aux Etats-Unis, ce qui fait de la France le deuxième pays le plus rentable derrière les Etats-Unis.

Cette performance devrait se vérifier cette année. Après avoir vu ses ventes progresser de plus de 11% en 2008 à 3,3 milliards d’euros, la filiale française table sur environ +10% en 2009.

McDonald’s revient de loin. Il y a une dizaine d’années, il était perçu par de nombreux Français comme le symbole de la malbouffe. En 1999, la Confédération Paysanne “démontait” un McDonald’s à Millau (Aveyron). En 2000, l’enseigne était la cible de plusieurs attentats en Bretagne, dont celui de Quévert, qui coûta la vie à une employée.

Dix ans après, McDo est passé de 400 à 1.200 établissements et accueille plus d’un million de consommateurs chaque jour dans ses restaurants.

“Ce pays n’a pas de tradition de fast-food et les barrières étaient difficiles à franchir. Nous nous sommes adaptés en développant des restaurants plus haut de gamme”, explique le PDG Jean-Pierre Petit.

Cette réussite s’explique aussi par d’intenses efforts de communication.

“José Bové et la crise de la vache folle nous ont bousculés. On s’est mis à communiquer sur notre entreprise, sur la nutrition, sur l’environnement”, souligne M. Gravier.

Les investissements en communication de McDo France ont représenté 4% du chiffre d’affaires, soit plus de 130 millions en 2008.

En 2001, en pleine tourmente, la filiale française joue la provocation en installant un stand au salon de l’agriculture. Elle innove quelques années plus tard en proposant des salades, des fruits frais et affiche le nombre de calories sur les produits.

McDo a beaucoup misé sur ces produits . “Ils ne représentent que 15 à 20% de nos ventes car l’essentiel se fait toujours sur des produits classiques mais ils sont très importants en terme d’image”, souligne M. Petit.

“McDo a été très précurseur sur cette question alors que beaucoup de leurs concurrents misaient encore sur le goût ou le plaisir”, explique Raphaël Berger, du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc). “Cela a attiré la clientèle féminine”.

Aujourd’hui l’américain mise sur le développement durable en recyclant notamment une partie de ses huiles usagées.

Et, quitte à transgresser les règles du fast-food, il n’exclut pas le service à table “en test dans une dizaine d’établissements pour s’adapter notamment au vieillissement de la clientèle”, selon M. Petit.

L’absence de réels concurrents explique aussi le succès du modèle français. Burger King s’est retiré du marché en 1996 et Quick ne compte qu’un peu plus de 300 établissements. Quant à Starbucks, McDonald’s a lancé les hostilités en créant le concept du McCafé, actuellement présent dans une cinquantaine d’établissements.

La restauration française bon marché, comme les restaurants ouvriers, n’a pas su s’adapter, estime pour sa part José Bové: “alors que l’Italie défend sa pizza et l’Espagne ses tapas, elle n’a pas été capable d’évoluer et les politiques n’ont pas su la protéger”, regrette-t-il.

Voir enfin:

McDonald’s restaurants to open at the Louvre

It is a move which has managed to get both France’s art lovers and gastronomes choking on their Gitanes.
Henry Samuel in Paris
04 Oct 2009

Lovers of France’s two great symbols of cultural exception – its haute cuisine and fine art – are aghast at plans to open a McDonald’s restaurant and McCafé in the Louvre museum next month.

America’s fast food temple is celebrating its 30th anniversary in France with a coup -the opening of its 1,142nd Gallic outlet a few yards from the entrance to the country’s Mecca of high art and the world’s most visited museum.

Fries with the Colosseum?

The chain faces a groundswell of discontent among museum staff, many already unhappy about the Louvre lending its name and works to a multi-million pound museum project in Abu Dhabi.

“This is the last straw,” said one art historian working at the Louvre, who declined to be named. “This is the pinnacle of exhausting consumerism, deficient gastronomy and very unpleasant odours in the context of a museum,” he told the Daily Telegraph.

Didier Rykner, head of The Art Tribune website found the idea “shocking”.

“I’m not against eating in a museum but McDonald’s is hardly the height of gastronomy,” he said, adding that it was a worrying mixture of art and consumerism. “Today McDonald’s, tomorrow low-cost clothes shops,” he said.

McDonald’s confirmed that a restaurant will open next month. The Louvre confirmed it will be positioned in the underground approach to the Louvre, known as the Carrousel du Louvre.

The stonewalled gallery was opened in 1993, five years after the famous Louvre pyramid. The Carrousel’s initial remit stipulated that its “commercial activities will be regulated and restricted to cultural or tourist activities”.

The Louvre has the right to protest against boutiques it considers fail to meet such criteria. However, the museum told the Daily Telegraph it had agreed to a “quality” McCafé and a McDonald’s in place by the end of the year, which it said was “is in line with the museum’s image”.

“The Louvre welcomes the fact that the entirety of visitors and customers, French or foreign, can enjoy such a rich and varied restaurant offer, whether in the museum area or gallery,” the museum said in a statement.

The McDonald’s would represent the “American” segment ” of a new “food court”, and would be situated “among (other) world cuisines and coffee shops,” it wrote.

It added that the franchise owner “has taken the utmost care in ensuring the quality of the project, both in culinary and aesthetic terms”.

Louvre Pour Tous, a website whose aim is to “inform and defend” museum visitors, said: “Henri Loyrette, president of the Louvre museum just had to say one word to stop the whiff of French fries from wafting past the Mona Lisa’s nose. He chose otherwise.”

There was already an outcry last year when Starbucks opened a café perilously close to the Right bank museum’s entrance. Employees and art aficionados sent management a petition in protest; the café opened regardless but was asked to provide a cultural corner of brochures and catalogues as a placatory measure.

“Starbucks was bad enough but McDonald’s is worse,” said the Louvre art historian.

A new ticket hall is due to be built in the next three years by the site of the new McDonald’s to cope with the eight million annual visitors.

“Once this happens, the first thing visitors will likely see when they arrive are big golden arches,” he said.

Many in France view “McDo” as the Trojan horse of globalisation and the scourge of local produce and long lunches.

José Bové, the mustachioed anti-GM crusader shot to fame after bulldozing a McDonald’s in 1999 to protest against malbouffe (junk food).

However, even if there were a last-minute u-turn at the Louvre, statistics suggest the battle of Le Big Macs has already been lost. France has become McDonald’s biggest market in the world outside of the US, according to the chain. While business in traditional brasseries and bistros is in freefall, the fast food group opened 30 new outlets last year in France and welcomed 450 million customers – up 11 per cent on the previous year.


Exposition: Picasso, peintre du Très Grand Capital (From ancient masters to masters of the world)

2 novembre, 2008
Picasso's StalinJ’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant. Picasso

Nous ne faisons pas des chefs-d’œuvre, nous. Nous nous moquons de faire des chefs-d’œuvre, nous faisons des études, des exercices, nous travaillons, nous étudions, nous nous exerçons.
Picasso (à Francis Ponge, 1960)

Je peins contre les tableaux qui comptent pour moi, mais aussi avec ce qui leur manque. Picasso (cité par Malraux, 1974)
La leçon saute aux yeux: les maîtres sont faits pour être maltraités… Le Monde

Aucun code ne vaut pour l’homme de toutes les libertés. Nicolas Sarkozy (avant-propos du catalogue)

Quand l’argent était roi, cette promo de nouveau riche serait passée pour une vertu. Maintenant que le roi est nu, elle pourrait passer pour un péché, sinon une honte. Philippe Lançon et Gérard Lefort

On oublie toujours que le prophète sort du rang des prêtres. Max Weber

Du candidat du Très Grand Capital au… peintre du Très Grand Capital!

Trop chère pour être couverte par les assurances, 4 millions d’euros d’installation, 210 tableaux de maitres, trois ans de préparation, trois musées nationaux …

Titien, Velazquez, Goya, Zurbaran, Rembrandt, Poussin, Ingres, Manet, Cézanne, Van Gogh, Goya, Cézanne, Ingres, Poussin, Delacroix, le Greco, Gauguin, Renoir, Degas, Manet, Courbet, Murillo, Degas, le Douanier Rousseau, Toulouse-Lautrec…

Alors qu’au moment de la plus grande crise du capitalisme depuis 29, la planète entière, via ses médias unanimes, s’apprête à élire le candidat du Très Grand Capital déguisé en défenseur du peuple et des démunis …

Paris est à son tour en train de faire un triomphe au peintre du Très Grand Capital déguisé lui aussi un temps en défenseur du peuple et des démunis!

Qui aurait cru en effet que le compagnon de route et relais appliqué des campagnes de désinformation du Comintern en un temps où l’Amérique avait aussi la rage ne frayerait plus aujourd’hui qu’avec les milliardaires?

Et que nos musées que seul le très Grand capital et nos Etats peuvent encore se payer seraient condamnés à toujours plus de surenchère pour pouvoir juste survivre?

En tout cas, malgré les nécessairement méga-queues (il faudra faire les trois expos et les 1h 30 de queue chacune dans la même journée pour gagner son paradis de billet commun!), il serait dommage de bouder le plaisir que promet la dernière “méga-opération de branding du “club Picasso” avant le prochain saut vers Abu Dhabi“.

Ne serait-ce que, via “le peintre qui a peint la peinture”, pour l’exceptionnelle concentration de chefs d’oeuvres des grands maîtres de la peinture occidentale venant d’une soixantaine de musées et de collections privées.

Mais aussi, contre l’idéologie de l’œil neuf et de la table rase, pour l’exceptionnelle démonstration qu’elle nous offre.

A savoir que pour devenir le prophète de l’avant-gardisme et l’incarnation de la modernité célébrés aujourd’hui, le fils du professeur de dessin et conservateur du musée de sa ville natale qui, du Prado au Musée ethnographique du Trocadéro passait ses journées dans les musées espagnols ou parisiens, sera aussi sa vie entière un théoricien et un érudit de la peinture

Picasso à côté de ses maîtres, au Grand Palais
Fabienne Faur
Le Point
08/10/2008

Titien, Velazquez, Goya, Zurbaran, Rembrandt, Poussin, Ingres, Manet, Cézanne, Van Gogh… : ils fûrent les maîtres de Picasso, qui n’a jamais cessé de les regarder. Ils sont tous au Grand Palais, pour une exposition exceptionnelle qui témoigne de ce dialogue permanent.

“Picasso et les maîtres” (8 octobre – 2 février 2009) présente quelque 210 oeuvres exécutées du XVIe siècle à 1971, en une concentration rarement égalée de chefs d’oeuvres signés de Picasso et des grands maîtres de la peinture occidentale.

Pablo Picasso (1881-1973) est “parmi tous les peintres modernes, le seul à avoir à ce point endossé toute l’histoire de la peinture”, indique Anne Baldassari, directrice du musée Picasso à Paris et co-commissaire de cette exposition “miraculeuse”, dit-elle, avec Marie-Laure Bernadac, du Louvre.

C’est “cette confrérie de pairs qui ont tous dit à leur époque, +je suis le peintre qui révolutionne la peinture+, qui accompagnent Picasso, et vont le porter”, ajoute-t-elle.

L’exposition ne les montre pas tous, mais les plus grands sont là, avec des chefs d’oeuvres qui pour certains, ne quittent jamais les murs du Prado, du MoMA (Museum of Modern Art) de New York, de la Gemälde Galerie de Berlin ou de la National Gallery de Londres.

Leurs portraits ouvrent l’exposition, de Goya, de Cézanne, d’Ingres, Poussin ou Delacroix. Il y a aussi le père, le vrai, le peintre José Ruiz-Blasco dont la légende dit qu’il abandonna pinceau et palette devant le génie de son fils.

Formé de manière très académique dans des écoles de Beaux-Arts, Picasso dessine à 14 ans des études déjà virtuoses de mains, de torses, que l’exposition réunit pour la première fois. Déjà, on voit des “effets de décentrement, de découpes de l’espace. Il est, enfant, le grand peintre qu’il va devenir”, dit Mme Baldassari.

Le parcours, thématique et chronologique, amène le visiteur à cette confrontation permanente à travers les thèmes de la couleur, des natures mortes, des grands portraits, des nus, des variations.

Mais “nous ne sommes pas dans le vis-à-vis réducteur”, insiste la commissaire. “L’exposition ne dit pas +Picasso est le fils de Machin et le petit-fils de Truc, il est toujours en train de croiser toute la peinture à la fois”, dit-elle.

Il peut s’inspirer du Greco, dont le découpage de l’espace dans +Le songe de Philippe II+ est “proto-cubiste”, dit-elle. Il reprend pour ses +Amoureux+ des formes de la +Nana+ de Manet mais aussi d’une toile du Douanier Rousseau, premier artiste qu’il collectionna.

Il pose un bonnet phrygien sur la tête d’un soldat de son +Enlèvement des Sabines+ repris de Poussin, pastiche Rembrandt et sa +Femme se baignant dans un ruisseau+ qu’il transforme en drôle de +Pisseuse+, reprend Courbet, brosse une Arlésienne tirée de Van Gogh.

D’un +Portrait de nain+ de Velazquez, il exécute des variations que l’on n’a jamais vues réunies depuis 1971. Une salle est consacrée à toutes celles issues des célèbres +Ménines+ de Velazquez, restées au Prado.

Dans l’éblouissante dernière salle consacrée aux grands nus, Picasso voisine avec une +Vénus+ du Titien, la +Maja desnuda+ de Goya et l’+Olympia+ de Manet, trois oeuvres qui n’ont jamais quitté leurs cimaises. “Personne n’a jamais vu la +Maja+ et l’+Olympia+ ensemble. Picasso non plus!”, dit Mme Baldassari.

En parallèle, le musée du Louvre et le musée d’Orsay exposent des variations de Picasso autour des +Femmes d’Alger+ de Delacroix au Louvre et du “Déjeuner sur l’herbe” de Manet à Orsay.

(tlj sauf le mardi de 10H00 à 22H00, le jeudi jusqu’à 20H00. Tlj de 9H00 à 23H00 pendant les vacances scolaires. Tarif : 12 euros (TR: 8 EUR). Catalogue, 368 pages, RMN. 49 euros. Hors série Découvertes Gallimard. 8,40 EUR).

Voir aussi:

Picasso et la démesure des chiffres
Philippe Dagen
Le Monde
le 08.10.08

L’exposition “Picasso et les maîtres”, qui ouvre ses portes à Paris ce matin dans trois musées (Grand Palais, Louvre et Orsay), s’annonce comme un triomphe. C’est un vrai festival de premières.
ifficile de l’ignorer : l’exposition Picasso et les maîtres qui se tient dans les Galeries nationales du Grand Palais, au Louvre et au Musée d’Orsay s’annonce depuis longtemps comme un triomphe en matière de fréquentation et d’écho. A moins d’avoir réservé son entrée, il faudra de l’endurance. Et les longues chaînes qui doivent organiser la queue au Grand Palais sont à la mesure des prévisions : au moins 10 000 entrées par jour pour que la Réunion des musées nationaux (RMN) équilibre son budget, à raison de 12 euros par personne. Car c’est d’abord cela aujourd’hui, une grande exposition : calculs et négociations, chiffres et tractations en tous genres pour composer le “plateau” le plus prestigieux.

Des chiffres, donc. Trois des plus grandes institutions de Paris qui n’avaient jusqu’ici jamais collaboré pour une manifestation commune ; plus de 200 œuvres de Picasso et des plus grands peintres anciens, de Titien à Goya, avec lesquels il est confronté ; des prêts consentis par une soixantaine de musées et de collections privées, en France et à l’étranger. Et encore, côté pratique, quatre mois d’ouverture, cinq nocturnes jusqu’à 22 heures par semaine au lieu d’une d’habitude et, durant les vacances scolaires, l’ouverture tous les jours de 9 heures à 23 heures, une première dans l’histoire des musées français. Le budget de Picasso et les maîtres est estimé à 4,3 millions d’euros, ce qui en fait l’une des manifestations les plus chères de l’histoire des musées français, sinon la plus chère. Le groupe LVMH en est le mécène pour un montant que le groupe, comme d’habitude, refuse de révéler et qui serait de l’ordre d’un million, 150 000 euros pour le Louvre, autant pour Orsay, le reste pour le Grand Palais.

De ce budget, trois postes se détachent par leur importance. Il y a d’abord le million attribué aux sociétés sous-traitantes chargées de l’accueil et de la surveillance des salles : étant donné les horaires d’ouverture exceptionnels et les flux annoncés, il a fallu renforcer le gardiennage. Investissement logique : dépenser plus pour recevoir beaucoup plus, grâce à la billetterie. Autre point majeur, les assurances des œuvres : 730 000 euros. Cette somme serait bien plus élevée si l’Etat français n’était son propre assureur pour ses collections. Sans ce dispositif de “garantie d’Etat”, l’exposition aurait été impossible. La valeur cumulée des œuvres s’estime en milliards d’euros, 2, 4 ou plus. Estimation sans beaucoup de sens : qui peut réellement fixer la valeur financière de la Maja desnuda de Goya ou de l’Olympia de Manet, tableaux aussi universels que La Joconde ? Et qui oserait économiser sur le transport de tels trésors ? Il en coûte près d’un million – avions, caisses, camions – pour faire venir à Paris en toute sécurité quelques-unes des toiles les plus célèbres de l’histoire de la peinture occidentale : Titien, Vélasquez, Greco, Zurbarán, Rembrandt, Poussin, Ingres, Manet. Encore deux des plus importantes, Les femmes d’Alger de Delacroix et le Déjeuner sur l’herbe de Manet sont-elles demeurées dans leurs musées habituels, le Louvre pour la première, Orsay pour le second, où elles ont été rejointes par les dessins et peintures qu’elles ont inspirées à Picasso. Et encore les Ménines de Vélasquez sont-elles restées à Madrid, au Prado, qui refuse de les laisser sortir.

Tel est en effet l’autre défi d’une telle opération : s’il faut la financer, il faut commencer par obtenir des musées et des collectionneurs qu’ils se dessaisissent pour plusieurs mois de plusieurs de leurs chefs-d’œuvre. Plus ils sont célèbres, moins leurs propriétaires acceptent de s’en séparer. Pour Picasso et les maîtres, les négociations ont donc commencé il y a trois ans. Car une grande exposition, aujourd’hui, c’est de la diplomatie et du troc. Anne Baldassari, l’une des deux commissaires, dirige le musée Picasso. L’autre, Marie-Laure Bernadac, est conservatrice au Louvre. Si elles n’occupaient pas ces fonctions, elles n’auraient pu réussir.

Anne Baldassari n’en fait pas mystère : elle a érigé le troc en méthode de travail : “La coopération avec la National Gallery de Londres était primordiale, pour plusieurs tableaux anciens, tel le Portrait de Madame Moitessier d’Ingres. Nous lui prêterons donc une vingtaine de Picasso l’an prochain pour leur propre version de l’exposition.” Autre exemple : “Il nous fallait absolument la Nana de Manet, conservé à la Kunsthalle de Hambourg, parce que Picasso en a fait sa version. La Nana est en principe indéplaçable, le directeur du musée l’avait annoncé à son conseil d’administration.” Elle viendra pourtant au Grand Palais – et Hambourg aura son exposition Picasso dans quelque temps. Le jeu de grandes expositions, aujourd’hui, c’est cela. Incontestablement, la France, forte de son patrimoine, s’y montre plutôt efficace.

Voir enfin:

Picasso à l’ancienne
Coup d’envoi hier de «l’événement» Picasso. Les Galeries du Grand Palais associées à Orsay et au Louvre confrontent in situ le maître du cubisme à ses inspirateurs.

Philippe Lançon et Gérard Lefort
Libération
9 octobre 2008

A lire ces temps-ci toutes les feuilles et à regarder toutes les télés, il semblerait que le principal intérêt de la poly-expo Picasso (au Grand Palais, à Orsay et au Louvre) soit sa cherté (4,3 millions d’euros TTC). La faute aux assurances, aux transports, à la sécurité et tout le toutim. Une superproduction dont le lancement s’apparente à s’y méprendre à la promotion d’un film-auquel- vous-n’échapperez-pas. Asterix chez les Picassiettes? Dans les propos des responsables, le chantage est à peine voilé : vous n’allez tout de même pas dire du mal d’un «événement» qui a coûté aussi cher, rien qu’avec des stars internationales. Et, seconde louche de prise d’otage, qui fut tellement compliqué à organiser. Sur ce dernier point, les mêmes responsables sont intarissables, notamment sur les aléas et soucis d’une sorte de troc et puces inter-musées: tu me prêtes un Goya, je te fourgue vingt Picasso. Dealé ? Cette double approche bancaire et psycho(-pathologique?) est dans l’air du temps et n’est pas nouvelle pour les manifestations culturelles dites à grand spectacle. Sauf qu’ici elle tombe légèrement en porte à faux avec l’actualité mondiale. Quand l’argent était roi, cette promo de nouveau riche serait passée pour une vertu. Maintenant que le roi est nu, elle pourrait passer pour un péché, sinon une honte. Tout ceci étant dit, à quoi ressemble le Magical Picasso Tour ?

Aux Galeries (du Grand Palais), tout commence par une salle des autoportraits. Les invités vedettes se bousculent au portillon : Poussin, Gauguin, Cézanne, Goya, Greco, Delacroix, Rembrandt et Picasso le jeune (1901) donc. Ce qui reviendrait dans une surboum chez les milliardaires à commencer par le carré VIP. Cette première impression jet-set est la bonne et se confirme. De salle en salle, le beau linge s’étend, à tu et à toi. Holà Pablo! Que tal, Francisco? Tout le monde s’amuse, tout le monde est très gai, sauf les Menines, putas de su madre, qu’on ne verra donc pas en peinture mais qui ont quand même envoyé un mot d’excuse : leur projection en diapo dans les cimaises mais dans un coin, sans doute pour exalter leur évidence procubiste. A Madrid, il y a deux ans, elles étaient le clou d’un semblable spectacle, modèle réduit, qui sonne rétrospectivement comme une avant-première. C’était plus modeste mais plus efficace, le diable Picasso s’habillait en Prado.

A Paris, c’est plus copieux, c’est buffet de chefs-d’œuvre à volonté, sidérants certes, mais c’est quoi l’idée? Picasso a regardé des peintures. Faites excuse : des maîtres ! Ce qui place l’accrochage sous la haute surveillance d’un esprit lourdement scolaire. Exemples. Un adorable petit baigneur massif de Cézanne (1883) fait l’avion avec ses bras. A côté, bling-bling, deux adolescents picassiens de 1906, tout roses de plaisir, tout épilés, s’étirent. Une femme de Cézanne (1898) ne cache rien de sa nudité, bras en l’air. A côté, drelin-drelin, une femme de Pablo (1906), tout aussi nue, masque des mains son buisson censément ardent. Au rayon Vanités, entre une tête de mouton de l’ami Goya (1808-1812) et le carré d’agneau de la maison Chardin (1732), un trio de mâchoires de bêtes (17 octobre 1939) et une nature morte au crâne de mouton (6 octobre 1939) de Pablito. Voyez le rapport? Oui, mais encore? C’est pour le jeu des sept erreurs ?

En clou du showroom : mesdemoiselles au salon (des indépendantes), avec les top-modèles Venus, Maja et Olympia qui ont fait le déplacement, un peu poseuses, surtout à poil, sous le regard des vieilles putes magnifiques de Degas (La fête de la patronne, monotype à l’encre rehaussé de pastels. 1878). Ces belles plantes ne s’étaient jamais rencontrées, personne n’avait songé à les faire défiler ensemble. Voilà c’est fait, c’est chic. Bisous je t’embrasse. Et à plus.

A la sortie, on se sent ballonné. Et même gavé, avec un mal de foi carabiné. A ceux qui croyaient en effet que l’histoire de l’art n’est pas un long fleuve tranquille mais un torrent fait de ruptures, de sauts dans le vide, de coups de hache dans la glace, Picasso et les bons maîtres assènent un sérieux coup de bambou sur la tête : Picasso s’est inspi-ré. Pas un copieur non, pas un voleur, raccrochez quelle horreur, mais un-classique-moderne-qui-s’inscrit-dans-une-continuité. Respect! Car, suivez le guide, déjà Picasso perçait sous Delacroix, Ingres, Manet, Chardin, Poussin, etc. (si l’on ose dire). On sait les dégâts de cette idéologie croissante du «tout est dans tout» pourvu qu’il y en ait trop, et son effet induit: la paix des braves dans un silence de caveau de famille.

Etant donné la rigidité et pour tout dire la pauvreté paradoxale du propos, qui d’ailleurs s’autodénature en une exposition fédérale sur les genres (l’autoportrait, la nature morte, les nues, les femmes…), c’est au chausse-pied que les «preuves» entrent dans leurs petits souliers démonstratifs avec la grâce d’un éléphant dansant la tektonik. Des fois ça casse (entre autres les pieds). Pour la Buveuse d’absinthe de Picasso (1901), Degas, tel l’esprit, est là, mais Toulouse hurle son nom de Lautrec dans les Galeries désertes. Des fois, ça marche : fondu en noir et gris d’un nu (d’Ingres) à l’autre (de Picasso). La Pisseuse de 1965 au corps à corps avec la Femme se baignant dans un ruisseau de Rembrandt (1654), sorte d’équivalent de la miction sartrienne sur la tombe de Chateaubriand. La «copie» (1962) de L’enlèvement des Sabines (1637-1638) de Poussin : péplum et couilles au vent. Et toujours cette impression que les tableaux venus d’ailleurs sont ici en vacances, dans une auberge de jeunesse, s’encanaillant avec Pablo le taulier. La Maja nue, on ne l’avait jamais vue, en tout cas pas comme ça, aussi libre, aussi naturiste, aussi chaude parmi les nues du Vieux.

Direction Orsay, quatre salles dévolues à la confrontation avec Le déjeuner sur l’herbe de Manet. Ce qui frappe et aveugle, c’est la déco: un papier peint tendance (olive et marron), librement inspiré, quant au motif, du Déjeuner (des arbres stylisés), et qui ne choquerait pas en vitrine de n’importe quel Habitat. Superflu, modasse et raté.

Final au Louvre, qui n’a presque rien changé à ses habitudes. Dans un hall du pavillon Denon, Les femmes d’Alger de Delacroix sont mises en regard des quinze variations et moult dessins préparatoires que Picasso lui a fait subir. C’est sec comme un coup de trique, mais cette ascèse fait enfin toucher des yeux ce que pouvait être, comme du Pérec en peinture, une tentative d’épuisement du sujet, qu’il soit cruche ou chef-d’œuvre certifié. Une sorte d’inépuisé inépuisable.

A Ponge en 1960, Picasso dit : «Nous ne faisons pas des chefs-d’œuvre, nous. Nous nous moquons de faire des chefs-d’œuvre, nous faisons des études, des exercices, nous travaillons, nous étudions, nous nous exerçons.»

Picasso et les maîtres. Galeries du Grand Palais. Tous les jours sauf mardi. 12 €. Tarif réduit : 8 €.

Picasso-Manet. Musée d’Orsay. Tous les jours sauf lundi. 9,50 €.

Picasso-Delacroix. Musée du Louvre, Aile Denon. Tous les jours, sauf mardi. 9 euros avant 18 heures, 6 euros après, les mercredis et vendredis.

Le ministère de la Culture a créé un billet groupé pour les trois expositions à 26€.


Disney: De la boue au musée en 15 ans! (Only in France!)

6 avril, 2007
Disney at the Louvre
Au seuil de la plus belle capitale du monde, ce barnum de carton-pâte à six lieues du Louvre … Ariane Mouchkine

“Tchernobyl culturel”, “Biafra de l’esprit”, “barbarie” …

Quel est cet étrange pays où, antiaméricanisme oblige, les élites peuvent émettre les pires insanités envers un producteur de la plus vile culture de masse et quinze ans après… l’encenser dans un temple de son art le plus raffiné?

A peine trois mois après l’immense succès que fut l’exposition du Grand Palais consacrée à Walt Disney sur notamment (de Doré et Daumier à Perrault et Murnau en passant par les romantiques, les primitifs et les préraphaélites – excusez du peu !) ses sources littéraires, artistiques et cinématographiques …

Et en cette semaine où le parc Disneyland Paris (13 millions de visiteurs par an, première destination de loisirs d’Europe) entame son 15e anniversaire …

On a du mal à se rappeler les tombereaux d’insultes et d’imprécations qui ont accompagné son ouverture à Marne-la-Vallée en 1992 et les avanies par lesquels le pauvre Disney a dû passer pour parcourir… ces fameuses “six lieues” qui le séparaient du Louvre!

Mais bon c’est aussi le même pays qui condamna les accords Blum-Byrnes sur le cinéma en 46, tenta dans la foulée de faire interdire le Coca Cola (les lobbies viticoles) avant d’interdire Tarzan en 1953 (le PCF) …

Pour finir, dans les années 60 et avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague, par s’extasier (ce que nos amis américains n’ont toujours pas compris) devant le moindre film de Jerry Lewis!

Après on dira que les Etats-Unis sont le pays des excès et des contradictions …

Alors, mieux vaut ne pas trop se poser de questions et, pour ceux qui auraient raté l’expo, il reste toujours… Montréal!

L’exposition Il était une fois Walt Disney rapproche pour la première fois les dessins originaux des studios Disney des œuvres de l’art occidental – parfois au-delà – qui les ont inspirés, du Moyen Âge gothique au surréalisme. L’art de Gustave Doré, de Daumier, des peintres romantiques et symbolistes allemands, des préraphaélites anglais, tout autant que celui des primitifs flamands ou du cinéma expressionniste, a profondément marqué les réalisations des studios Disney.

Dès le milieu des années 1930, Walt Disney réunit toutes les informations possibles sur les artistes européens dont le style pouvait correspondre à ses projets. Et lorsque ses capacités ne suffirent plus, il eut l’intelligence de recruter des artistes dont les connaissances dépassaient de beaucoup les siennes, des émigrants venus d’Europe pour la plupart. Ces artistes, presque tous formés dans les académies européennes, apportaient avec eux la maîtrise technique de leur art – peinture, dessin, sculpture, illustration –, mais aussi toute la tradition esthétique et l’héritage artistique de leur pays respectif. Et certains Américains de naissance, réunis par Disney, n’étaient pas moins talentueux.

Walt Disney au musée ?…
Aux sources de l’art des studios Disney

Après avoir été présentée au Grand Palais à Paris où elle a remporté un vif succès, l’exposition Il était une fois Walt Disney arrive au Musée des beaux-arts de Montréal, en exclusivité nord-américaine, du 8 mars au 24 juin 2007.

Walt Disney au musée ? Si la question est posée d’emblée, c’est que le projet de cette exposition a été parfois accueilli avec un sourire perplexe. Comment expliquer en effet l’entrée de Walt Disney (1901-1966) et de la cohorte de ses personnages, de Mickey à Mowgli, dans une institution où ont été célébrés des maîtres incontestés, tels Nicolas Poussin, Édouard Manet ou Pablo Picasso ?

Parangon de la mièvrerie et du divertissement populaire pour les uns, conteur de génie pour les autres, Disney, en entrant au musée, est hissé de fait au rang des grands artistes de l’histoire de l’art occidental, là où certains ne comprendront sans doute pas sa présence. Pour l’auteur de ces lignes, on s’en doute, la réponse est évidente, de l’ordre de la conviction : Walt Disney est à ranger parmi les figures les plus importantes du cinéma et plus largement de l’art du XXe siècle.

L’exposition Il était une fois Walt Disney rapproche pour la première fois les dessins originaux des studios Disney des œuvres de l’art occidental – parfois au-delà – qui les ont inspirés, du Moyen Âge gothique au surréalisme. L’art de Gustave Doré, de Daumier, des peintres romantiques et symbolistes allemands, des préraphaélites anglais, tout autant que celui des primitifs flamands ou du cinéma expressionniste, a profondément marqué les réalisations des studios Disney.

Dès le milieu des années 1930, Walt Disney réunit toutes les informations possibles sur les artistes européens dont le style pouvait correspondre à ses projets. Et lorsque ses capacités ne suffirent plus, il eut l’intelligence de recruter des artistes dont les connaissances dépassaient de beaucoup les siennes, des émigrants venus d’Europe pour la plupart. Ces artistes, presque tous formés dans les académies européennes, apportaient avec eux la maîtrise technique de leur art – peinture, dessin, sculpture, illustration –, mais aussi toute la tradition esthétique et l’héritage artistique de leur pays respectif. Et certains Américains de naissance, réunis par Disney, n’étaient pas moins talentueux. La personnalité de ces artistes permettrait à elle seule de comprendre la richesse des sources de Disney.

Disney resta toute sa vie préoccupé par l’innovation technologique. Il comprit aussi l’importance de la littérature et du conte européens pour nourrir ses courts métrages. Aidé des conseils de ses artistes, il commença alors à acquérir des livres, qui allaient constituer dès 1934, la bibliothèque de travail des studios, au moment même où il décidait de se lancer dans l’aventure d’un long métrage avec Blanche-Neige et les Sept Nains, d’après les frères Grimm. Les achats d’ouvrages se multiplièrent, jusqu’au grand voyage que Disney effectua en Europe à l’été 1935. Ce séjour fut déterminant pour la constitution de son trésor documentaire et pour la suite des créations des studios Disney. En compagnie de membres de sa famille, Walt Disney passa onze semaines en France, en Italie, en Suisse, en Angleterre et aux Pays-Bas. Il en profita pour acheter près de 350 livres, tous destinés à la Walt Disney Studio Library. Tout ce que l’Europe comptait alors de grands illustrateurs se trouvait dans sa sélection : Arthur Rackham, Gustave Doré, Honoré Daumier, Grandville, Benjamin Rabier, Ludwig Richter, Wilhem Busch, Heinrich Kley, Attilio Mussino, John Tenniel, Charles Folkard, et bien d’autres. C’est cette prodigieuse richesse des sources et de l’inspiration de Walt Disney que l’exposition tente d’éclairer.

L’exposition se concentre sur les longs métrages d’animation produits sous la direction personnelle de Walt Disney, soit depuis Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) jusqu’au Livre de la Jungle (1967), sorti presqu’un an après sa mort , en décembre 1966. À partir de ce corpus est reconstituée une histoire des sources d’inspiration de Disney, illustrant aussi, à travers cette œuvre, les liens qui unissent culture savante et culture populaire, la vieille Europe et l’Amérique.

L’exposition évoque en ouverture les premiers pas de Walt Disney et la création du personnage de Mickey, rendant hommage à l’homme et à ses principaux collaborateurs artistiques. Les sections suivantes sont consacrées aux sources littéraires et cinématographiques, puis à celles des décors et de l’architecture. Une place particulière est ensuite réservée au thème de l’anthropomorphisme, thème central dans l’œuvre de Disney. Plus loin, la genèse des principaux personnages disneyens est expliquée, film par film, de Blanche-Neige aux 101 Dalmatiens. Enfin, l’exposition s’ouvre aux influences qu’a exercées la production Disney sur l’art contemporain, de Warhol à Lichtenstein, bouclant ainsi l’évocation de ces allers-retours incessants entre les cultures et leurs représentations.

Si l’exposition met l’accent sur les sources européennes de Disney, il ne faut pas oublier la part importante des modèles proprement américains : le cinéma hollywoodien a d’ailleurs donné beaucoup de modèles aux personnages disneyens, de Chaplin à Douglas Fairbanks, en passant par Joan Crawford, Shirley Temple et Jean Harlow. Disney assumait sans complexe ces emprunts divers, en apparence discordants : Shakespeare et le vaudeville, le cinéma d’avant-garde et le cinéma populaire, la peinture classique et l’illustration pour enfants, Stravinski et l’harmonica.

Cet improbable mélange est devenu une forme d’expression unique, révolutionnaire, celle d’un étonnant recycleur d’images, d’un des plus grands conteurs, d’un artiste à part entière. S’il ne peut être considéré comme l’inventeur du dessin animé, il est le premier à lui avoir accordé un tel soin dans le traitement artistique : la qualité des dessins des studios Disney est l’une des découvertes de cette exposition. Alors que ce genre était menacé de rester un avatar du cinéma, lui-même longtemps relégué au rang d’art mineur, le perfectionnisme et le génie de Walt Disney ont ainsi offert au dessin animé une audience universelle.

Bruno Girveau, commissaire général de l’exposition

Musée des beaux-arts de Montréal: 1379, rue Sherbrooke Ouest |514-285-2000|
1-800-899-MUSE

Voir aussi:

A découvrir…
Le site de l’exposition
Expositions »

Il était une fois Walt Disney

Aux sources de l’art des studios Disney

Walt Disney (1901-1966) est certainement l’un des créateurs les plus originaux du XXe siècle. S’il n’est pas l’inventeur du dessin animé, il est le premier à lui donner une audience universelle. La réussite exceptionnelle de ses productions les range parmi les modèles de la culture américaine de masse, jusqu’à faire oublier leur extraordinaire genèse. Culture populaire et culture savante s’ignorent le plus souvent, et les liens qui les unissent sont mal étudiés et mal connus. Les longs métrages d’animation de Walt Disney, depuis Blanche-Neige et les Sept Nains, en 1937, jusqu’au Livre de la Jungle, en 1967, sont un des exemples les plus frappants d’influences réciproques entre ces deux cultures. Dans cet esprit, l’exposition se propose de rapprocher les dessins originaux des studios Disney des œuvres et créations de l’art occidental qui les ont inspirés.
Les origines : « … Et tout a commencé par une souris ! » (Walt Disney)
Premières sources En 1928, Walt Disney réalise Steamboat Willie, le premier court métrage d’animation avec son synchronisé de l’histoire du cinéma, donnant vie à l’un des personnages les plus célèbres du siècle, Mickey, imaginé par Disney et mis en forme par Ub Iwerks (1901-1971). En 1935, La Fanfare (The Band Concert) met en scène Mickey pour la première fois en technicolor. Dès lors et tout au long des années trente, les Oscars saluent régulièrement la production des studios Disney, jusqu’à la sortie en 1937 de Blanche-Neige et les Sept Nains. Premier long métrage d’animation, ce film est un énorme succès international et marque la naissance d’un genre capable de rivaliser avec le cinéma hollywoodien.
Walt Disney et les dessinateurs pionniers des studios Disney
Le talent de Walt Disney, qui renonce très tôt à dessiner, repose sur une intuition artistique infaillible, tant dans le choix et le rôle de ses collaborateurs que dans celui des sources littéraires ou artistiques de ses films. Il recrute ainsi quelques-uns des meilleurs illustrateurs européens émigrés en Amérique : le Suisse Albert Hurter (1883-1942), le Suédois Gustaf Tenggren (1886-1970) et le Danois Kay Nielsen (1886-1957). Formés dans les académies d’art de leurs pays, ces pionniers ont instillé leur culture dans les premiers films des studios, notamment Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), Pinocchio (1940) et Fantasia (1940).
Galeries nationales du Grand-Palais. Fermé le mardi
16 septembre 2006 – 15 janvier 2007

Voir enfin l’article de l’Express qui persiste à l’appeler Eurodisney” (alors que le nom a officiellement changé en 1995) et qui semble avoir du mal à cacher une certaine joie mauvaise devant les “mécomptes” de l’entreprise et une joie tout court devant le succès (qui a quand même eu du mal à venir) du petit rival… gaulois (le Parc Astérix):

Euro Disney
Contes et mécomptes

Corinne Scemama
L’Express
Le 28/03/2007

Le parc de loisirs va fêter avec éclat son 15e anniversaire. Vrai succès touristique et commercial, le royaume de Mickey reste pourtant un gouffre financier, que les plans de sauvetage n’ont toujours pas réussi à combler. Voyage au pays des comptes défaits

Ce sera une de ces fêtes somptueuses et extravagantes dont seul Disney a le secret. Au début d’avril, le parc de loisirs de Marne-la-Vallée déroulera son tapis rouge, ses princesses et ses étoiles, Mickey, Donald, Peter Pan et les autres, pour inviter le public au château de la Belle au bois dormant. Ce sera Noël au cœur du printemps, un véritable feu d’artifice.

Nouvelles attractions, effet du 15e anniversaire… La citrouille va-t-elle enfin se transformer en carrosse? Euro Disney va-t-il s’en sortir?

Cette mise en scène exceptionnelle a été imaginée pour célébrer un événement de taille: le 15e anniversaire de Disneyland Resort Paris. En plus d’enchanter petits et grands, cette manifestation est destinée à prouver au monde qu’Euro Disney tient, plus que jamais, debout; que l’entreprise, contrôlée par le géant américain The Walt Disney Company (TWDC), est prête à repartir vers de nouvelles aventures. Et ce, malgré les vicissitudes, des hauts et des bas aussi vertigineux que les montagnes russes de Space Mountain, l’une des attractions vedettes.

A l’heure du bilan, le parc peut se prévaloir d’une belle réussite commerciale – 13 millions de visiteurs par an – mais certainement pas d’un succès financier: il n’a jamais été au rendez-vous. Aujourd’hui, Euro Disney veut convaincre son public, sa maison mère, l’Etat français, les banques et les actionnaires que les revers et les chutes de ces dernières années – dignes de la Tour de la terreur, la prochaine attraction phare (mise en service au début de 2008), où un ascenseur dégringole 13 étages à pleine vitesse – appartiennent désormais au passé.

Le tapis rouge, c’était, en 1987, le gouvernement français qui l’avait déroulé pour Disney. 2 000 hectares de terrain, vendus pour une bouchée de pain, dans les environs de Marne-la-Vallée, et des infrastructures de transports pour desservir le parc. Rien n’était trop beau pour Euro Disney, le «sauveur» de l’Est parisien. Mais le conte de fées seine-et-marnais a rapidement tourné au vinaigre. Traité de «Tchernobyl culturel» par des Français ulcérés par les manières brutales de la firme américaine, qui n’avait pas cru bon d’adapter son parc à l’Europe – les moustaches, les boucles d’oreilles et les jupes courtes étaient interdites – le lieu voit sa fréquentation battre d’emblée de l’aile. Pis, le montage montre rapidement ses limites. Les frais financiers sont exorbitants, les royalties reversées à la maison mère, excessives. Et l’action, cotée 23 € en 1992, s’effondre, au point de devenir une penny stock (action à moins de 1 €) à 8 centimes d’euro. Même pas le prix d’un Carambar! «La Walt Disney Company a sous-estimé les réticences de la France et fait des investissements disproportionnés», analyse Didier Arino, consultant chez Protourisme. Cette assurance – «de l’arrogance», juge un ancien cadre – ne s’est jamais démentie, malgré tous les aléas.

La première restructuration, conquise de haute lutte par le nouveau PDG, Philippe Bourguignon, en 1994, suivie de l’inauguration de Space Mountain, en 1995, et d’une baisse des tarifs, a donné un second souffle au parc. Franciliens, Britanniques, Espagnols et autres Européens sont, cette fois, au rendez-vous, faisant bondir la fréquentation, notamment celle des hôtels, remplis à 85%. Mais cela ne suffit pas.

L’Ile-de-France enchantée

Condamné à trouver perpétuellement de nouvelles ressources, le parc se lance dans une fuite en avant, qui se poursuit encore aujourd’hui. En 2002, l’entreprise franco-américaine s’endette pour créer un second parc, censé restaurer sa santé financière. «Cheap», selon l’expression d’un expert, le parc Walt Disney Studios se révèle très vite une catastrophe commerciale: il devait permettre d’atteindre 17 millions de visiteurs par an; c’est tout juste s’il n’en fait pas perdre. «La déroute financière s’est alors transformée en un désastre industriel. Euro Disney est proche du dépôt de bilan», raconte un banquier. «L’arrogance américaine, doublée d’un refus obstiné de faire des concessions, a fait le reste», ajoute un proche du dossier. Devant cet échec, un autre groupe que Disney aurait tiré les leçons de la crise. Mais, certaine d’avoir raison contre tous, la firme fait de la résistance. «Lorsque j’ai demandé à la direction s’il n’était pas exagéré de faire payer 49 € pour tester huit attractions, raconte un syndicaliste, on m’a répondu avec mépris: ‘‘Baisser les prix, c’est dévaloriser le produit.”»

Il faut recapitaliser ou supprimer les royalties

On efface tout et on recommence. En 2004, alors que le roi de l’entertainment est à nouveau au bord de la faillite, un plan de sauvetage vient donner un dernier coup de baguette magique. «Tout le monde a fait des concessions», se souvient Ignace Lahoud, directeur général adjoint finances. Ainsi, non seulement la dette – plus de 2 milliards d’euros – a été rééchelonnée jusqu’en 2023, mais les remboursements peuvent être ajournés en cas de difficultés. Autre cadeau royal: une levée de fonds de 250 millions d’euros pour investir. «Dans cette industrie, le renouvellement des attractions est primordial. Il faut réinjecter, tous les ans, entre 10 et 25% de son chiffre d’affaires pour enrichir l’offre», affirme Arnaud Bennet, président du Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels. Cet autofinancement ne pose, en général, pas de problème, la rentabilité du secteur étant forte. Excepté chez Euro Disney…

Ce nouvel afflux de liquidités, providentiel, a donné au parc un vrai coup de fouet. En ce frileux début de mars, la foule, qui déambule entre Space Mountain et Buzz l’Eclair, se presse derrière les palissades pour apercevoir les ouvriers mettre la dernière main au Crush’s Coaster, un grand huit étourdissant dans les profondeurs du Monde de Némo, ou pour visualiser le circuit de Cars. Surtout, le public s’extasie devant un bâtiment imposant et mystérieux, contrastant avec l’aspect angélique de la demeure de la Belle au bois dormant: la Tour de la terreur. Frissons et chiffres de fréquentation garantis. «Un atout pour relancer le deuxième parc», estime un employé. A deux semaines de la célébration, l’heure est à l’optimisme: «En un seul exercice, nous avons amélioré nos résultats d’exploitation et gagné 500 000 visiteurs», se réjouit le nouveau PDG d’Euro Disney, l’Américain Karl Holz, nommé à la fin de 2004. Ces performances pourraient faire croire qu’Euro Disney est définitivement sorti d’affaire. Il n’en est rien.

«Pourquoi laisser la boîte continuer à s’empêtrer dans des problèmes financiers sans fin?» interroge un ancien cadre, un brin énervé. La dette? A 2 milliards d’euros, elle reste considérable et grève Euro Disney de 100 millions d’euros par an de frais financiers. Le montage capitalistique? Il est bancal et peut parfois se révéler dangereux. Comme le prouve l’épisode tragico-comique de Center-Tainment, un groupe qui, en novembre 2006, a annoncé vouloir lancer une OPA sur Euro Disney. «Les Américains ont eu très peur», révèle un cadre. «Le jour où un prédateur comprendra qu’il peut, malgré le système de la commandite, racheter une partie de l’entreprise, ce sera la catastrophe», prévient un financier.

La firme de Burbank pourrait s’épargner de tels désagréments. «Par exemple, en remettant à plat la structure financière et en recapitalisant l’entreprise de manière définitive», analyse un ancien dirigeant. «2 milliards, c’est l’équivalent de la recette d’un DVD à succès de Disney. Ce n’est pas grand-chose pour eux», assure, pour sa part, un banquier.

Les Américains pourraient aussi décider de supprimer, jusqu’à ce que le parc fasse des bénéfices, les royalties (65 millions d’euros en 2006), sans lesquelles «Euro Disney, estime Didier Arino, serait presque à l’équilibre».

Euro Disney doit devenir une destination de vacances

Mais c’est le poids de la TWDC dans la gestion du parc qui plombe le plus Disneyland Paris. «Il y a un vrai problème de gouvernance», affirme un expert. Ce n’est pas un hasard si six présidents se sont succédé en quinze ans! Laissant très peu d’autonomie à leur filiale, les Américains pilotent sans rien comprendre aux Européens. Karl Holz a beau reconnaître la «complexité de l’Europe», en réalité, tous les PDG, sauf exceptions, ne sont que de superdirecteurs d’exploitation. De nombreux cadres talentueux ont préféré partir, après avoir passé trois ou quatre ans chez Mickey. La situation est donc coincée. Et insoluble. A moins, bien sûr, que TWDC ne décide de jeter l’éponge, comme elle l’a fait pour son parc de Tokyo. Mais, «pour la Disney, cette présence en Europe est stratégique. C’est sa plus belle vitrine», affirme Ignace Lahoud.

Faute de pouvoir agir sur la structure financière, les dirigeants d’Euro Disney préfèrent donc se concentrer sur le produit et les performances. Et s’adapter aux goûts de la clientèle. La répugnance à baisser les tarifs, elle aussi, a vécu. Cet hiver, l’entrée s’est vendue à 29 € seulement (49 € en 2002), afin d’attirer les Franciliens, sensibles au prix. Mieux, pour séduire les comités d’entreprise et gonfler sa fréquentation en un tournemain, Disneyland Paris propose, selon un syndicaliste, des billets à… 1 €! «C’est sa force: pouvoir dépenser de l’argent quand il en perd», s’amuse un consultant. «Le parc est désormais en dehors de toute logique économique, regrette un concurrent. Disneyland me fait penser au club de foot du Paris Saint-Germain. Ça ne marchera jamais, mais, au fond, tout le monde s’en fout.» Et personne ne s’inquiète, excepté les petits porteurs. Car, au bout du compte, le statu quo arrange tout le monde: l’Etat profite des retombées du parc et les banques s’y retrouvent, sachant que la maison mère réglera toujours l’ardoise. Le retour aux bénéfices, lui, est repoussé aux calendes grecques. Car, auparavant, il faudra que les dépenses par visiteur augmentent. Et que «Disneyland Paris devienne une destination de vacances», espère Dominique Cocquet, directeur général adjoint du groupe.

En attendant, la société peut continuer à fonctionner cahin-caha. Avec ce sentiment, fort en cette période d’anniversaire, d’être, tels les personnages de Disney, éternelle. Après tout, on ne peut vivre des contes de fées sans y croire un tant soit peu. Ni construire les attractions les plus acrobatiques sans espérer que, dans la vraie vie, on rattrape toujours ceux qui tombent. A l’intérieur de la Tour de la terreur, l’ascenseur fait une chute vertigineuse. Mais l’histoire se termine bien…

Les dates clefs

1992: La création du parc

Les bonnes fées – l’Etat français, The Walt Disney Company et les banques – se sont penchées sur le berceau d’Euro Disney pour lui assurer une belle existence.

1994: La restructuration

Euro Disney est dépassé par la polémique et les problèmes financiers. Philippe Bourguignon, le nouveau PDG, obtient une restructuration salutaire.

2001: Les gros soucis

Euro Disney replonge dans le rouge et les problèmes. Opaque, l’entreprise cache ses soucis financiers et de fréquentation.

2004: Les créanciers se rebiffent

Tous les pirates sont à l’assaut d’Euro Disney, en quasi-dépôt de bilan, et réclament leur dû. Avant de concéder un nouveau plan de sauvetage.

2007: Le nouveau départ

L’Ile-de-France enchantée
Corinne Scemama
LEXPRESS.fr du 28/03/2007
La puissance publique aider Disney à s’installer en Ile-de-France. Et en a retiré quelques bénéfices

Six milliards d’euros d’investissements, 13 600 emplois pour les deux parcs et 48 000 emplois indirects, 1 milliard de recettes fiscales. Le bilan de Disneyland Paris, dressé à l’occasion du 15e anniversaire du royaume enchanté, est, selon Jean-Pierre Weiss, directeur général d’Epamarne et d’Epafrance (les établissements publics d’aménagement de Marne-la-Vallée), largement positif. A la question «La puissance publique a-t-elle eu raison d’aider Disney à s’installer en Ile-de-France, dans le cadre d’un rééquilibrage vers l’Est?» il répond sans hésitation: «Oui!» Et ajoute que l’Etat est largement rentré dans ses frais. Avec 175 millions de visiteurs depuis l’ouverture du premier parc, en 1992 – soit l’équivalent de ceux qu’attirent le musée du Louvre et la tour Eiffel réunis – Disneyland Paris a aussi dopé le tourisme français (6% des recettes totales). «Nos 8,5 millions de nuitées, en 2005, font de nous le quatrième pôle hôtelier de France», explique Dominique Cocquet, directeur général adjoint d’Euro Disney. En quinze ans, les visiteurs de la première destination de loisirs d’Europe (60% d’étrangers) ont dépensé 39 milliards d’euros, dont plus de 60% en dehors du parc. Une indéniable réussite, qui met du baume au cœur des dirigeants d’Euro Disney.

La potion magique du parc Astérix
Corinne Scemama
L’Express
Le 28/03/2007

Le Parc Astérix a su séduire une clientèle familiale et fait jeu égal avec Euro Disney, en région parisienne. Explications d’un succès

C’est un village d’irréductibles Gaulois qui croise le fer avec le géant américain. Avec 1,8 million de visiteurs, le parc Astérix est, certes, loin de la fréquentation de Disneyland Paris (12,8 millions). Mais le deuxième parc à thème français a su séduire une clientèle familiale, au point de faire jeu égal, en Ile-de-France, avec le royaume de Mickey. Le secret de sa réussite? Pas de potion magique, mais une convivialité basée davantage sur l’émotion, les sensations et l’exploit physique que sur le rêve et l’enchantement. Un positionnement qui permet au guerrier gaulois et à ses amis d’exister, malgré des moyens plus limités. «Quand nos plus grosses attractions représentent, au maximum, un investissement de 10 millions d’euros, celles de Disney peuvent atteindre plus de 100 millions», souligne Alain Trouvé, patron du parc Astérix.

L’établissement, propriété de la Compagnie des Alpes, peut, en revanche, se targuer d’être très rentable: son résultat net représente de 8 à 10% de son chiffre d’affaires (70 millions d’euros en 2006). Et le cercle vertueux n’est pas près de se briser: désormais relié à Paris par une navette, Astérix a prévu de nouvelles attractions pour 2008, avant de fêter, en 2009, le 20e anniversaire du parc et les 50 ans du personnage d’Uderzo. Le combat risque donc d’être acharné entre le royaume enchanté et le village animé. Mais, c’est bien connu, les Gaulois adorent la bagarre, par Toutatis!


Idiots utiles: Nous aussi, on s’appelait Rachel (Our names were Rachel, too)

10 novembre, 2006
Rachel Corrie Rachel Corrie posters (Paris demo)

Rachel Corrie play (London)

Les Palestiniens sont en ce moment, pour  moi, engagés dans une résistance non-violente gandhienne. Rachel Corrie
La mort de Corrie était regrettable, mais plus regrettable  encore est un establishment médiatique et culturel qui starise les “martyrs” de causes anti-démocratiques tout en ignorant les victimes que produisent lesdites causes. National Review editorial

Au moment où la pièce tirée du journal de la pasionaria des tunnels de contrebande d’armes des terroristes palestiniens (“My name is Rachel Corrie“) vient d’ouvrir à Broadway après avoir fait un triomphe à Londres, il faut lire cette tribune de Tom Gross, rappellant les non-dits que cache cette apologie du terrorisme et des attentats-suicide, à savoir toutes les autres Rachel dont la mort n’avait elle rien d’accidentel!

The International Solidarity Movement (ISM), the group with which Corrie was affiliated, is routinely described as a “peace group” in the media. Few make any mention of the ISM’s (…) of the fact that in its mission statement the ISM said “armed struggle” is a Palestinian “right”.
According to the “media co-ordinator” of the ISM, Flo Rosovski, “‘Israel’ is an illegal entity that should not exist” – which at any rate clarifies the ISM’s idea of peace.
Indeed, partly because of the efforts of Corrie’s fellow activists in the ISM, the Israeli army was unable to stop the flow of weapons through the tunnels near where she was demonstrating. Those weapons were later used to kill Israeli children in the town of Sderot in southern Israel, and elsewhere.

The Forgotten Rachels

Anti-Israel propaganda sells out on the London stage
By Tom Gross
October 22, 2005

INTRODUCTORY NOTE

“My Name is Rachel Corrie,” a new play based on the writings of the young American radical who was accidentally killed during an anti-Israeli demonstration in Gaza in 2003, opened in April 2005 at London’s prestigious Royal Court, a venue named by the New York Times as “the most important theatre in Europe.” In October, it reopened again in near record time, at the same theatre. In November the “Cantata concert for Rachel Corrie” – co-sponsored by the UK government Arts Council – had its world premiere at another London theatre. Lincoln Center in New York has expressed interest to the Royal Court in staging the play, as have dozens of schools and universities. And that the play’s co-director was “Harry Potter” and “Die Hard” star Alan Rickman only served to add a touch of Hollywood glamour to the cult of Rachel Corrie.

But other Rachels have lost their lives as well – Jewish victims of the Intifada. Does anyone remember them? In Britain, where the play is being staged, how many people even know the name of Rachel Thaler, a British citizen who was murdered by a suicide bomber in Israel at the age of 16?

“Not a single British journalist has ever interviewed me or mentioned Rachel’s death,” her mother Ginette Thaler told me three and a half years after her murder. Below, an article I wrote for the weekly British magazine, The Spectator, explores these phenomena and also marks the first time Rachel Thaler’s name has been mentioned in the mainstream British media. Earlier, in April, I wrote another piece on “The Forgotten Rachels” for the Jerusalem Post, to mark the play’s initial staging.

– Tom Gross

Rachel Thaler, 16,
blown up in a pizzeria

Rachel Levi, 19, murdered
while waiting for the bus

Rachel Levy, 17, blown up
in a Jerusalem grocery store

Rachel Charhi, 36, blown up
while sitting in a café

Rachel Gavish, 50, killed with her
husband and son while at home

Rachel Kol, 53, who worked for
20 years in the neurology lab at
Jerusalem’s Hadassah Hospital,
murdered with her husband in a
drive-by shooting by the Fatah
al-Aqsa Martyrs Brigades, in
July 2005 (in the midst of a
supposed Palestinian truce)

Rachel Ben Abu, 16, killed with
her teenage friends by a suicide
bomber at the Netanya shopping
mall, in July 2005 (in the midst
of a supposed Palestinian truce)

Rachel Shabo, 40, murdered with
her three sons aged 5, 13 and 6,
while sitting at home

DEAD JEWS AREN’T NEWS

RACHEL Thaler, aged 16, was blown up at a pizzeria in an Israeli shopping mall. She died after an 11-day struggle for life following a suicide bomb attack on a crowd of teenagers on 16 February 2002.

Even though Thaler was a British citizen, born in London, where her grandparents still live, her death has never been mentioned in a British newspaper.

Rachel Corrie, on the other hand, an American radical who died in 2003 while acting as a human shield during an Israeli anti-terror operation in Gaza, has been widely featured in the British press. According to the Guardian website, she has been written about or referred to on 57 separate occasions in the Guardian alone, including three articles the Saturday before last.

The cult of Rachel Corrie doesn’t stop there. Last week the play, My Name is Rachel Corrie, reopened at the larger downstairs auditorium at the Royal Court Theatre (a venue which the New York Times recently described as “the most important theatre in Europe”). It previously played to sold-out audiences at the upstairs theatre when it opened in April. (It is very rare to revive a play so quickly.)

On 1 November the “Cantata concert for Rachel Corrie” – co-sponsored by the Arts Council – has its world premiere at the Hackney Empire.

NOT A CAUSE CÉLÈBRE IN BRITAIN

But Rachel Thaler, unlike Rachel Corrie, was Jewish. And unlike Corrie, Jewish victims of Middle East violence have not become a cause célèbre in Britain. This lack of response is all the more disturbing at a time when an increasing number of British Jews feel that there has been a sharp rise in anti-Semitism.

Thaler is by no means the only Jewish Rachel whose violent death has been entirely ignored by the British media. Other victims of the Intifada include Rachel Levy (aged 17, blown up in a grocery store), Rachel Levi (19, shot while waiting for the bus), Rachel Gavish (killed with her husband, son and father while at home celebrating a Passover meal), Rachel Charhi (blown up while sitting in a Tel Aviv cafe, leaving three young children), Rachel Shabo (murdered with her three sons aged 5, 13 and 16 while at home), Rachel Ben Abu (16, blown up outside the entrance of a Netanya shopping mall) and Rachel Kol, 53, who worked at a Jerusalem hospital and was killed with her husband in a Palestinian terrorist attack in July a few days after the London bombs.

Corrie’s death was undoubtedly tragic but, unlike the death of these other Rachels, it was almost certainly an accident. She was killed when she was hit by an Israeli army bulldozer she was trying to stop from demolishing a structure suspected of concealing tunnels used for smuggling weapons.

Unfortunately for those who have sought to portray Corrie as a peaceful protester, photos of her burning a mock American flag and stirring up crowds in Gaza at a pro-Hamas rally were published by the Associated Press and on Yahoo News on 15 February 2003, a month before she died. (Those photos were not used in the British press.)

While Thaler’s parents, after donating their murdered daughter’s organs for transplant surgery, grieved quietly, Corrie’s parents embarked on a major publicity campaign with strong political overtones. They travelled to Ramallah to accept a plaque from Yasser Arafat on behalf of their daughter. They circulated her emails and diary entries to a world media eager to publicise them. They have written op-ed pieces, including a recent one in the Guardian.

“ARMED STRUGGLE” IS A PALESTINIAN “RIGHT”

The International Solidarity Movement (ISM), the group with which Corrie was affiliated, is routinely described as a “peace group” in the media. Few make any mention of the ISM’s meeting with the British suicide bombers Omar Khan Sharif and Asif Muhammad Hanif who, a few days later, blew up Mike’s Place, a Tel Aviv pub, killing three and injuring dozens, including British citizens. Or of the ISM’s sheltering in its office of Shadi Sukiya, a leading member of Islamic Jihad. Or of the fact that in its mission statement the ISM said “armed struggle” is a Palestinian “right”.

According to the “media co-ordinator” of the ISM, Flo Rosovski, “‘Israel’ is an illegal entity that should not exist” – which at any rate clarifies the ISM’s idea of peace.

Indeed, partly because of the efforts of Corrie’s fellow activists in the ISM, the Israeli army was unable to stop the flow of weapons through the tunnels near where she was demonstrating. Those weapons were later used to kill Israeli children in the town of Sderot in southern Israel, and elsewhere.

However, in many hundreds of articles on Corrie published in the last two years, most papers have been careful to omit such details. So have actor Alan Rickman and Guardian journalist Katharine Viner, co-creators of My Name is Rachel Corrie, leaving almost all the critics who reviewed the play completely ignorant about the background to the events with which it deals.

So in April, when reviewers first wrote about the play, they tended to take it completely at face value. “Corrie was murdered after joining a non-violent Palestinian resistance organisation,” wrote Emma Gosnell in the Sunday Telegraph. The Evening Standard, for example, described it as a “true-life tragedy” in which Corrie’s “unselfish goodness shines through”.

Only one critic (Clive Davis in the Times) saw the play for the propaganda it is. At one point Corrie declares, “The vast majority of Palestinians right now, as far as I can tell, are engaging in Gandhian non-violent resistance.” As Davis notes, “Even the late Yasser Arafat might have blushed at that one.”

But ultimately the play, and many of the articles about Corrie that have appeared, are not really about the young American activist who died in such tragic circumstances. They are about promoting a hate-filled and glaringly one-sided view of Israel.

(Tom Gross is a former Jerusalem correspondent for the Sunday Telegraph.)

More forgotten victims

Partly thanks to the efforts of Corrie and her fellow activists, the flow of explosives from Egypt into Gaza continued – and were later used to kill children in southern Israel. Below, two of the victims: Dorit Aniso, 2 and Yuval Abebeh, 4, killed in Sderot in southern Israel by missiles fired from Gaza on, September 29, 2004.

Dorit Aniso, 2, an Ethiopian-
Israeli infant murdered with
explosives from Gaza, 2004

Yuval Abebeh, 4, an Ethiopian-
Israeli infant murdered with
explosives from Gaza, 2004

Yuval’s mother, Asras Abebeh,
during his funeral, Oct. 1, 2004

Another Israeli boy in Sderot, who died shortly
after this picture was taken, wounded from a rocket
attack by Palestinian terrorists on Sept. 29, 2004

Rachel Corrie’s parents being presented with a framed portrait of their
daughter by Yasser Arafat, at Arafat’s compound in Ramallah, Sept. 2003

Voir aussi:

When Reuters Miscaptioned a Photo, They Changed an Accidental Death into a Murder
David Bedein

IsraelBehindTheNews.com
21st March, 2003

A news story which shocked the world this week dealt with the crushing of American citizen Rachel Corrie by an IDF bulldozer, who ostensibly blocked with her body a bulldozer about to demolish the home of a Palestinian terrorist in Gaza, made huge headlines all over the world. I asked to speak with the spokesman of International Solidarity Movement Mike Shaik, who passed me on to Lynn Clausen, a 24-year old resident of Washington from the Christians Peacemakers Team based in Hebron, which trains the ISM volunteers.

Shaik and Clausen sent me to speak with Corrie’s friends who were with her at the time she was crushed. Corrie’s friend Joe Smith described me how Corrie sat on a mound of dirt facing the IDF bulldozer making its way to the house it was about to demolish.

“Rachel had two options”, Smith says. “When the bulldozer started to dig in the dirt pile, the pile started to move, and she could have rolled sideways quickly or fallen backwards to avoid being hit. But Rachel leaned forward to climb to the top of the dirt pile. The bulldozer’s digging drew her downward, and its driver could not see her anymore. So without lifting the scoop, he turned backward and she was already underneath the blade”

Smith’s description is very important, since the picture published by Reuters shows Corrie standing to the left of the bulldozer, in a location where the driver can see her very clearly, as she holds a megaphone in her hand. Beneath the picture’s caption is written: “Photographed before Rachel Corrie was run over by an IDF bulldozer.” Everyone who looks at the picture and the text understands that the driver, who sees the American civilian standing in front of him, just kept on going, crushing her to death. But Joe Smith says that the picture was taken hours before she was run over, which happened at 5:00 p.m., and not a few minutes beforehand. Smith emphasizes that at the time of the incident and during it, there were no photographers in the area.

After I checked the pictures that Reuters distributed to the world’s newspapers, I noticed the difference between the colors of the sky in the picture where Corrie stands with the megaphone and the one that shows the body after the incident. The time the picture was taken also appears in text on the Internet site, saying that it was in the morning. It is not noted that the incident took place hours later.

I called Reuters’s photography department and asked for an explanation.

The photography editor said that the pictures were not taken by his agency, which had no photographers in the area at all, and that the pictures came to them via ISM.

The Reuters photography editor added that he wrote clearly that the pictures had been taken by ISM.

I pointed out to him that no such notice appeared in the pictures I saw on the Reuters site. I asked the director general of Reuters in Israel, Tim Heritage, whether Reuters has a set policy of using pictures provided by political organizations, and Heritage replied that it is widespread.

Heritage promised into check the matter of the misleading picture that was taken before the incident and asked me to call him back in an hour.

After an hour, Heritage was no longer available to speak with me. I went into the Reuters website and was amazed to find that the pictures of Corrie had been removed.

Thus the American woman who came to protect the homes of Palestinian terrorists with her own body was wiped out twice: once by an IDF bulldozer and then by the Reuters agency, which came to “document” the incident.

The damage the agency caused still requires repair. A picture is worth a thousand words. The picture of Rachel Corrie with the megaphone, standing before the bulldozer of the “cruel Zionist occupier”, who was “crushed after this picture was taken”, as Reuters falsely wrote, will be engraved in the memories of those who follow events in the Middle East.

[By no strange coincidence, the web site of the International Solidarity Movement, at www.palsolidarity.org, features the picture of Rachel Corrie, holding her proverbial megaphone, with a caption which says that Rachel was in the clear sight of the bulldozer driver before he ran her over. Yes, five hours before . . .]

These pictures were sent out by Reuters in sequence, and gave the impression that Rachel was mauled by the bulldozer after she had been standing with a megaphone in hand, in clear view of the bulldozer driver which ran her down.
search.news.yahoo.com/search/news?p=Rachel&b=41&c=news_photos


Chine: Quand l’art conceptuel joue à la… Révolution! (Chinese extreme art: From one cultural revolution to another)

23 avril, 2006
Zhu_yu_1No religion forbids cannibalism. Nor can I find any law which prevents us from eating people. I took advantage of the space between morality and the law and based my work on it. Zhu Yu
It is worth trying to understand why China is producing the most outrageous, the darkest art, of anywhere in the world. Waldemar Januszczak (Times art critic)

Suite à notre page sur le tout prochain 40e anniversaire de la Révolution culturelle chinoise, intéressant article de la BBC d’il y a trois ans sur le “shock art” de nombre d’artistes conceptuels chinois contemporains.

Quand on voit la fascination d’artistes conceptuels pour la transgression à tout prix les amener à “jouer” (?) le cannibalisme dont on sait qu’il affecta la révolution dite “culturelle” des années 60, comment ne pas supposer en effet que des décennies de “révolution”, ie. d’atrocités et d’horreurs révolutionnaires, (jusqu’ici impunies et même pas… reconnues !) n’aient pas laissé de traces sur la psyché de tout un peuple … ?

Et comment ne pas avoir quelque inquiétude pour l’avenir de la région et même de la planète tout entière quand ce peuple devrait bientôt atteindre la stature de superpuissance que semble déjà lui conférer de fait… son simple nombre ?

Baby-eating art show sparks upset
A controversial UK TV programme featuring a Chinese artist apparently eating a stillborn baby has received a number of complaints from viewers.
BBC NEWS
3 January, 2003

About 15 viewers called in to complain following the transmission on Thursday night, while 50 others had already contacted Channel 4 to register their disgust before it was even aired.

Conservative MP Ann Widdecombe was one of those who had condemned the Beijing Swings documentary, which featured extreme art in China, as “hideous” before it was shown.

An estimated 900,000 tuned in to see the documentary, which went out at 2300 GMT on Thursday. It was beaten in the ratings by the 1997 movie Beverly Hills Cop II, which attracted 3.4 million viewers.

Beijing Swings featured footage of a man drinking wine that had an amputated penis added to it, as part of an investigation into extreme practices in China.

Cannibalism

The documentary also included stills of artist Zhu Yu biting into the body of a stillborn baby.

A Channel 4 spokesman said that while it takes all comments and complaints seriously, it stands by its decision to broadcast the programme.

The artist, Zhu Yu, was quoted as saying: “No religion forbids cannibalism.

“Nor can I find any law which prevents us from eating people. I took advantage of the space between morality and the law and based my work on it.”

Mr Yu, who is a Christian, claims religion plays a major role in his work.

But before seeing the show, Ms Widdecombe said: “This programme sounds hideous.”

The documentary’s presenter, Sunday Times art critic Waldemar Januszczak, defended the documentary on BBC Radio 4’s Today programme.

‘Deluded’

While he did not defend Mr Yu’s practice, he said: “It is worth trying to understand why China is producing the most outrageous, the darkest art, of anywhere in the world.”

The Chinese embassy in London also reportedly also condemned the programme.

Mr Yu’s performance show, Eating People, was originally shown in 2000. It has been shown at the Third Shanghai Biennale in China.

Mr Yu’s work is part of a wave of extreme art that has swept contemporary Chinese artistic circles.

The ministry of culture cracked down on what it termed “shock art” after the country was announced as the host to hold the 2008 Olympics.