Phénomènes mimétiques: Invasion des voleurs de pénis (When the locker room syndrome runs amok)

4 octobre, 2009
Mine is bigger than yoursJ’ai travaillé avec Freud à Vienne. On s’est brouillé sur le concept d’envie du pénis. Il voulait le limiter aux femmes. Woody Allen (“Zelig”, 1983)
Cet homme qui, rapporte-t-on, est originaire d’Afrique occidentale, est un agent sioniste impérialiste envoyé pour empêcher la population de procréer et de se multiplier. Jafar Abbas (chroniqueur soudanais résidant à l’étranger, Al-Watan, Arabie Saoudite, septembre 2003)
Le plus drôle est que le préjugé est colporté depuis des siècles par des Blancs racistes, tant et si bien qu’aujourd’hui nombre de Noirs, eux-mêmes persuadés de leur supériorité sexuelle, ne supportent pas qu’on veuille la démystifier. L’auteur rapporte notamment les résultats édifiants d’une enquête d’opinion Ipsos effectuée en avril dernier en Martinique. “Au fond, démolir cette légende comme Serge Bilé le fait (et il va jusqu’à évoquer la triste condition des Noirs dotés d’un petit sexe, terriblement inhibés à l’idée de provoquer une double déception), c’est risquer de mettre à mal un cas historique de discrimination positive. A cette aune, on mesurera l’enjeu politique d’un essai consacré au sexe des Noirs. Pierre Assouline (sur “Le Sexe surdimensionné des noirs” de Serge Bilié)
C’est le sexe de l’homme qui est visé car dans nos sociétés natalistes c’est le symbole de la richesse et du pouvoir. Lui voler son sexe c’est prendre son pouvoir. Felix Koné (sociologue africain)
Sur les marchés on vend d’énormes quantités d’aphrodisiaques, non pour améliorer les performances sexuelles, mais pour pallier les disfonctionnements… Comme disait Napoléon, l’homme place sa fierté là où il est le plus fragile ! (…) Ce n’est pas pour rien que le Haoussa a été pris pour cible, il est le spécialiste incontesté de la fabrication des aphrodisiaques. Or, dans la société haoussa, la puissante caste des bouchers mêle la préparation de la viande à son corollaire, l’hyper-sexualité. “Les maîtres des sauces” sont en effet les génies de l’étrange gastronomie à fin sexuelle… Yannick Jaffré (anthropologue français)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie

A l’heure où Newsweek s’inquiète de “l’envie d’Obama” dont souffrirait notre Sarko national face au Pleurnicheur en chef

Et après les fureurs sacrées, les chasses aux sorcières, les bâtiments hypocondriaques ou la course au toujours moins

Retour, dans notre série phénomènes mimétiques de masse, sur les extraordinaires formes que peuvent prendre, en notre monde toujours plus mondialisé, cette fameuse “envie du pénis” que Freud voulait réserver aux seules femmes.

Ou comment, à partir de la variabilité interindividuelle mais aussi tout simplement naturelle de l’organe

(de 1 à 3 pour cause, on le sait, de régulation thermique via la contraction ou rétraction réflexe des bourses par le muscle crémaster rapprochant ou éloignant ainsi les testicules du corps pour, selon la température ambiante – mais aussi l’état psychologique et le stress -, les réchauffer ou les refroidir, permettant ainsi aux bourses d’assurer leur fonction de frigo du sperme en maintenant les testicules à la température constante la plus favorable à la production de spermatozoïdes, soit environ 3 degrés de moins que le reste du corps)

Peuvent se greffer toutes sortes de complications allant, en nos sociétés occidentales, du simple “syndrome des vestiaires (fonds de commerce apparemment sans fond, si l’on en croit nos pourriels, des vendeurs d’accessoires ou de techniques chirurgicales d’agrandissement – chacun ses injections de silicone!).

A de véritables épidémies, en d’autres parties du monde comme en Asie (Chine, Indonésie, Singapour, Inde, sous le terme générique de “Koro”) ou en Afrique (Bénin, Nigeria, Ghana, Congo, Soudan, souvent liées à des accusations de sorcellerie) voire ailleurs (Jordanie),… de panique collective de rétraction ou de vol de pénis!

Ainsi, cette phobie des “rétrécisseurs de sexe” et son tribut de lynchages divers, remarquablement bien analysés par le journaliste indépendant Jean-Jacques Mandel (pour “Géo magazine” et les “Cahiers d’études africaines” en 2008) qui, il y a une dizaine d’années, a “traversé l’Afrique de l’Ouest à la vitesse d’un cyclone et fait les mêmes ravages: près de trois cents morts, plus de trois mille blessés, victimes expiatoires de la vindicte populaire”.

Le tout apparemment à partir d’une simple rumeur lancée en août 1996 dans la ville du Cameroun anglophone de Limbé (et amplifiée de plus par la presse locale) de colporteurs nigérians prétendument dotés de pouvoirs maléfiques (toujours aussi bénéfiques puisque ce sont les mêmes qui vendent les aphrodisiaques), censés faire ‘disparaître’ les organes génitaux par simple effleurement ou poignée de main.

Sur fond naturellement de profondes mutations sociales et économiques (dévaluation du CFA, ‘démocratisation’ de façade, faillite des États, exaspération des inégalités, prévarication, délinquance, exode rural, déracinement, replis communautaires, islamisme, antisémitisme), vite attribuées souvent à l’Occident rapace …

Extraits:

(…)

A la mi-août, le Cameroon Post, hebdomadaire de langue anglaise, fait pour la première fois état d’émeutes suivies de lynchages dans les bourgades de Limbé, Tiko, Muea et Batoké, toutes situées au pied des monts Cameroun, à un vol de busard de la frontière. Devant l’ampleur du phénomène, les forces de sécurité sont mises en alerte et opèrent rapidement de nombreuses arrestations dans la communauté nigériane de la bourgade pétrolière de Limbé, changée en cocotte-minute par la rumeur qui, selon l’hebdo Le Messager, couvait depuis le Noël précédent. Toute personne suspectée de sortilège sera désormais mise en garde à vue ; une façon comme une autre de protéger les suspects du lynchage en passe de devenir le sport local quotidien.

Ce qui n’empêche pas les émeutes de se multiplier. Trois morts et une dizaine de blessés en l’espace d’une seule semaine. Dès lors, chacun connaissant au moins quelqu’un qui a vu ou connaît quelqu’un qui a vu quelqu’un dont le sexe a été rétréci par un Nigérian, la psychose gagne à une vitesse fulgurante. Elle emprunte les transports en commun, gagne les villes voisines jusqu’aux environs de Douala et remonte vers le centre du pays. « Tous les hommes se promènent les mains bien enfoncées dans les poches et refusent d’échanger des poignées de mains », s’inquiète l’AFP dans une dépêche du 20 août 1996 émise de la capitale, Yaoundé, où la rumeur qui est annoncée fait craindre l’embrasement de la ville. Le risque est réel car la cité ne s’est jamais vraiment remise de cette terrible année 1978 où pareille rumeur, imputée à une vieille sorcière irascible, avait obligé les habitants à protéger de palmes le seuil de leurs maisons, seul remède magique capable de détourner le courroux démoniaque. Cette même année, les Camerounais s’en souviennent encore avec effroi, dans le Sud, non loin de Limbé comme par hasard, « les jours de marchés des malfrats faisaient disparaître le sexe des hommes et déplaçaient sur le front celui des femmes ! ».

La trame de cette rumeur naissante n’est pas le fruit d’un délire collectif mais la projection imaginaire des conséquences d’un fait avéré : une escroquerie montée par de faux colporteurs de médicaments mais vrais charlatans ambulants. Le scénario de l’arnaque, pratiquée par un duo de compères haoussas gonflés, sera invariable dans les pays que la rumeur va traverser. Toujours le même film. Sur un marché, une gare routière, à un carrefour, un étranger demande des renseignements à l’autochtone, il lui serre la main ou lui tape sur l’épaule. Puis il poursuit son chemin. Alors tout va très vite : la personne touchée par l’inconnu éprouve un frisson glacial ou bien une chaleur intense, des picotements ou encore de vives démangeaisons. Autant de signes qui annoncent la disparition imminente du sexe qui aussitôt se recroqueville, pire qui disparaît au plus profond du corps. Comme par miracle, un complice s’approche de la victime désemparée : il assure posséder les médicaments permettant au sexe de recouvrer sa taille initiale. Il peut même les lui vendre contre une coquette somme. Une sorte de rançon qui varie, selon les lieux et la qualité des victimes, de cinq mille francs CFA (environ 7,50 €) à sept ou huit cent mille francs CFA !

Une telle crédulité sur fond de magie pourrait a priori faire sourire si elle n’entraînait mort d’homme. Mais c’est ainsi que sont les superstitions ancestrales dont l’origine mythique se situe, dit-on, au cœur des ténèbres de l’Afrique centrale. C’est la remise à jour d’un châtiment millénaire inventé par les dieux pour punir les hommes adultères ou, plus prosaïque, les fainéants qui culbutaient les paysannes dans les champs au lieu de récolter les moissons. Dans le lit de la croyance populaire rurale, une simple affaire d’escroquerie va devenir en quelques mois la première rumeur panafricaine de l’histoire du continent.

Traversant successivement, à la vitesse d’une traînée de poudre, le Bénin, le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et la Mauritanie ; relayée par les médias, enrichie par des centaines de témoignages, elle se nourrit de l’angoisse engendrée par la crise politico-économique pour s’infiltrer dans tous les foyers, et réveille les peurs villageoises enfouies au plus profond des ruelles des cités indigènes.

Mi-octobre, la rumeur repasse la frontière du Nigeria, puis celle du Bénin qu’elle parcourt comme un missile téléguidé avant d’arriver à Lomé, Togo. Elle se répand sur tout le pays. Dans son sillage, la vindicte populaire. Le carnage continue jusqu’à la fin de l’année. Seul changement notable, les nouveaux boucs émissaires sont désormais des Ghanéens, traditionnels bras de la main-d’œuvre immigrée. Bien entendu, ceux-là sont plus nombreux que les Haoussas.

Le Togo n’est séparé du Ghana que par quelques kilomètres de plages qui commencent au centre de Lomé. À pied, en pirogue, en bus, en taxi, en car rapide comme en camion, le bruit des exactions commises contre les Ghanéens brûlés vifs ou lapidés précède la rumeur et arrive à la douane. Le 17 janvier 1997 « Satan s’empare d’Accra ! » annonce, en Une, le Ghanaian Times. « Des hommes aux pouvoirs maléfiques frappent dans la rue », surenchérit la manchette du Daily Grafic. Sept personnes sont lynchées à mort. On assiste alors à un étrange ballet dans les rues : la plupart des hommes se déplacent une main dans leur poche, l’autre devant l’entrejambe. On ne compte plus les blessés. Treize personnes dont deux Nigérians sont arrêtés et placés en détention pour être préservés de la colère de la foule. Le 20 janvier, la presse comptabilise onze cadavres ! Un fantastique dispositif policier est mis en place autour des principales villes, il s’agit de protéger les victimes putatives, des Nigérians essentiellement : Yorubas, Haoussas ou Ibos, promis au lynchage, aux bastonnades mortelles ou tout simplement à être brûlés vifs par le supplice du collier.

Elle court, elle court la rumeur, et n’en finit pas de gonfler. Elle court le long de la route côtière. Pénètre en Côte-d’Ivoire par l’est. Le journal abidjanais Soir Info annonce l’arrivée des « envoûteurs de sexe ». Aussitôt, les premiers cas de disparitions d’organes génitaux sont signalés près de la frontière ghanéenne. La rumeur fond sur Abidjan début février. Elle va s’installer pour de longs mois, dans les quartiers chics ou les cités populaires, à Cocody comme à Treichville, en Zone 4 et à Abobo gare ou Adjamé… On l’entend même près des pistes de l’aéroport essayant de s’envoler pour essaimer bien plus loin. Dans les quartiers périphériques des meutes déchaînées, armées de gourdins, de barres de fer et de machettes, terrorisent les « étrangers ». Un matin, on craint même un pogrom dans le quartier Koumassi, place Inch’Allah, quand les sanguinaires émeutiers entonnent leur nouveau cri de guerre : « Il faut braiser les Haoussas ! » Appel au meurtre qui va résonner dans toute la ville. Résultat ? Dès la première semaine, une dizaine d’innocents seront brûlés vifs ou lynchés. Parfois les deux. Les journaux font leur Une des photographies de cadavres de suspects calcinés, on publie les témoignages hallucinés des victimes. Plus personne n’ose sortir, on ne se salue plus. L’Autre est devenu le Diable. Seuls la confrérie des « trado-thérapeutes » et autres marabouts charlatans se frottent les mains. C’est bon pour le business : sur les marchés aux fétiches, la vente des grigris, poudres magiques et autres amulettes de protection connaît un véritable boom.

Les commissariats de police sont assiégés par les plaignants. Par peur de se faire eux-mêmes lapider, les flics hésitent désormais à intervenir pour protéger les victimes des foules hystériques. Pendant qu’Abidjan est à feu et à sang, la rumeur court toujours, mais ne peut aller plus loin à l’ouest sur la côte car elle est incapable de rivaliser avec les atrocités bien réelles de la guerre civile qui n’en finit pas de déchirer le Liberia frontalier. Deuxième quinzaine de mars, elle bifurque donc et poursuit son chemin vers le nord, par le chemin de fer cette fois. Direction le Burkina Faso, qu’elle traverse pour atteindre, au nord-ouest, le Mali.

Le 28 mars, on apprend que « deux escrocs nigérians auraient fait disparaître le pénis d’un innocent de passage » en plein Sikasso, non loin de la frontière. Les deux ont été tabassés par la foule puis, en piteux état, ils ont été interpellés par la police malienne ; le 3 avril, un prétendu Haoussa est bastonné à mort dans la ronde des taxis de la gare routière. Pendant que la fièvre gagne Bamako, la rumeur flambe à l’est du Burkina et pénètre dans Ouagadougou le 9 avril, vieille cité calme et douce. Il ne lui faudra qu’un mois à peine avant d’atteindre la paranoïa.

Le 13 mai, la goutte d’eau qui fait déborder le canari : une foule en délire est prête à lapider des Ibos dans un quartier populaire de la capitale burkinabè. La police intervient. On ramasse les corps martyrisés de nombreuses victimes. Des cas de disparition de sexe seront signalés chaque jour aux quatre coins de la ville en proie à la psychose. Les autorités organisent une réunion au sommet et publient un appel au calme. Le 20 mai, un communiqué du ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité lance un deuxième appel au calme et rappelle que la loi sera appliquée dans le cas d’actes de violence. « Les fauteurs de troubles seront sanctionnés sans faiblesse » titre le quotidien Sidawaya, daté du 22 mai. En pages intérieures, on lit qu’il est urgent de « procéder à une campagne de sensibilisation au niveau des églises, temples, mosquées et organisations de la jeunesse. Il faut organiser des patrouilles, sécuriser les étrangers, et utiliser la répression contre les fauteurs de troubles ». Riposte visiblement efficace car la rumeur abandonne le Burkina du jour au lendemain !

Peut-on encore parler de rumeur ? Une énorme pieuvre étend désormais ses tentacules sur les pays avoisinants. Elle tente le passage en Guinée, la remontée vers le Niger. Elle est à nouveau secouée de soubresauts au sud du Cameroun et arrive, un rien essoufflée, au Gabon. Le 13 juin, un lycéen aura le sexe réduit au beau milieu de la cour du bahut, au cœur de Libreville. Puis la fièvre retombe dans la forêt gabonaise, les exploits des rétrécisseurs n’intéressent plus personne. Tout se passe comme si la malédiction ne pouvait survivre loin des contrées islamiques propices à sa naissance et à sa propagation. Elle stoppe net aux lisières de cette même forêt qui, jadis, arrêta l’expansion hégémonique de l’islam. Tous les djihad, même les plus guerriers tels que ceux menés par les fantastiques armées peules au XIXe siècle, ont capitulé devant la puissance des génies des bois sacrés de la sylve primaire équatoriale. Peu importe, le monstre a du boulot ailleurs. Le Mali n’en finit pas de se contorsionner. Une demi-douzaine de morts et plusieurs dizaines de blessés. Puis, le céphalopode meurtrier prend le train en gare de Bamako, emprunte la voie ferrée, pénètre dans Kita, met le feu à Kayes, et plonge sur le Sénégal. Lançant ses ventouses vers les faubourgs de Dakar, Ziguinchor et Saint-Louis où il est signalé le 17 juillet. Le lendemain c’est la Casamance.

« À mort les étrangers, tuons tous les “niaks”, ce sont tous des sorciers ! » hurlent les justiciers populaires. Le Sénégal vit un cauchemar : on veut poignarder, lyncher, lapider, brûler vif tout ce qui porte un faciès d’étranger, tous les Haoussas en puissance : Guinéens, Ivoiriens, Za ïrois ou même Sénégalais au look un peu trop broussard, les colporteurs de médecines contre les maux de reins et les asthénies sexuelles. Bilan d’une semaine d’émeutes : sept morts dont un homme dévoré par le feu et un wagon de victimes de la « tragique méprise ». Et ce, rien que dans l’agglomération dakaroise ! Flics, psychologues et juges interviennent dans les colonnes des quotidiens, Le Matin ou Le Soleil. Ils dénoncent ce « fantasme collectif à thème de castration » qui reçoit un fantastique écho dans un pays ou les marabouts-sorciers ont le pouvoir d’éteindre la virilité des hommes. Au Sénégal on appelle cela faire un xala. À la fin des années 1970, le cinéaste Sembene Ousmane s’en est inspiré pour un film éponyme qui fit longtemps un tabac dans les cinés en plein air des quartiers populaires.

« Aujourd’hui avec le règne de la stigmatisation, de la vindicte populaire, de la dénonciation dans un climat de suspicion, d’anonymat, de sentiment de danger, les individus sont fragilisés », enfonce un éditorialiste. « Et, puisque l’opinion publique n’a pas besoin de preuves, parce qu’elle est déjà préparée et ne demande qu’à être conviée au lynchage, la boucle est bouclée. » Un constat. Lucide et sans appel. Qui renvoie à la folie sanguinaire qui a traversé le Sénégal en avril 1989. Quand la chasse au « Nar », au Maure en wolof, a été ouverte dans le pays. Quand les placides Sénégalais coupèrent, pour de vrai, les couilles des Mauritaniens, après les avoir massacrés à coup de machettes, au terme d’horribles chasses à l’homme. Comme par hasard, c’est vers la Mauritanie que se dirige la rumeur maintenant. Le 31 juillet, elle passe le bac sur le fleuve Sénégal à Rosso, et fait sa première victime en terre mauritanienne. Le « coupable », présumé sorcier haoussa, s’avère être malien…

Durant le mois d’août, on n’entend plus parler de rien ; radio-trottoir s’est même murée dans le silence. La nouvelle des condamnations des justiciers coupables de coups et blessures, dénonciation calomnieuse, incitation à la violence, assorties de peines de prison ferme, au Sénégal et au Mali a eu son effet au-delà les frontières. Tout le monde l’espère. Jusqu’au début septembre. Le 2 c’est un coup de tonnerre relayé par l’hebdo Mauritanie-Nouvelles : « La grande frayeur » n’est pas terminée. La rumeur, que tout le monde avait un peu trop rapidement enterrée, vient de sortir de sa tombe. Deux Sénégalais sont à nouveau impliqués dans des affaires de disparition d’organes génitaux à Nouakchott… Puis la capitale maure s’est rendormie dans la torpeur des premiers vents de sable.

Début octobre, l’Afrique de l’Ouest qui a retenu longtemps son souffle, panse les plaies de ses milliers de blessés. Et inhume pieusement ses trois cents morts. Martyrs de la rumeur sorcière…

(…)

Voir aussi:

Panique à Khartoum: Des étrangers serrent la main aux hommes et font disparaître leur pénis
THE MIDDLE EAST MEDIA RESEARCH INSTITUTE
Octobre 23, 2003

En septembre 2003, une hystérie collective a balayé Khartoum, capitale du Soudan, hystérie qui dû être réprimée par une intervention policière et des déclarations du ministre de la Santé. La panique a été provoquée par une rumeur selon laquelle des étrangers parcourant la ville et serrant la main aux hommes, faisaient disparaître les pénis de ces derniers. La rumeur s’est rapidement propagée par des messages écrits téléphoniques, détournant l’attention du public de la percée dans les négociations en cours au Kenya entre le vice-président soudanais Ali Othman et le chef de l’Armée de libération des peuples du Soudan,M. John Garang. [1]

Il existe plusieurs versions de l’histoire, et toutes n’impliquent pas des étrangers: il a d’abord été dit que les malfrats appartenaient à une tribu soudanaise; selon une autre version, un Ouest-Africain serait à l’origine des faits; cet homme unique a bientôt fait place à un groupe d’Ouest-Africains.

Kamal Hassan Bakhit, correspondant d’Al-Qods Al-Arabi, a été le premier à porter le phénomène à l’attention du public au-delà des frontières du Soudan; il affirme que «la source de cette horreur est un citoyen étranger d’un pays ouest-africain parcourant la place du marché de la ville et drainant la virilité des hommes par une poignée de main.» M. Bakhit rapporte que la Police a reçu de nombreuses plaintes concernant une personne appelée «L’Ami de Satan», qu’elle a ouvert une enquête et arrêté un étranger ayant en sa possession des foulards, des ouvrages de sorcellerie et deux millions de livres soudanaises (équivalant à près de 1500 dollars) [2] Voici quelques extraits d’articles abordant le sujet:

Les victimes racontent

Deux des «victimes» ont accepté de raconter leur histoire au quotidien Al-Qods Al-Arabi, édité en arabe à Londres. L’un des deux hommes, le marchand de textiles S. K. A., relate qu’un homme d’une tribu ouest-africaine est entré dans son magasin pour acheter du tissu, et qu’une querelle n’a pas tardé à éclater entre eux deux. Après quoi le client a fortement serré la main du vendeur, jusqu’à ce que ce dernier sente son pénis fondre. Le vendeur est devenu hystérique, et a été transporté à l’hôpital. [3]

Si la majorité des témoignages évoquent des poignées de main, un autre homme, qui a requis l’anonymat, raconte qu’alors qu’il était au marché, un inconnu s’est approché de lui, lui a tendu un peigne et lui a demandé de se peigner. S’exécutant, le premier homme a senti, après quelques secondes, une étrange sensation, et a découvert qu’il avait perdu son pénis. Certains affirment en outre qu’une fois que «l’Ami de Satan vide un homme de sa virilité,»il réclame à sa victime plus de quatre millions de livres soudanaises (environ 3000 dollars) contre sa restitution. [4]

Enquête policière et intervention gouvernementale

Les Soudanais, ne sachant trop comment traiter le problème, ont procédé à l’arrestation de quarante personnes ayant porté plainte ainsi qu’à celle de cinquante autres personnes soupçonnées de sorcellerie et de fraude. Plusieurs Ouest-Africains ont été conduits au poste de Police pour interrogatoire, au milieu de groupes de gens essayant de les attaquer. La Police a déployé un important effort pour disperser les émeutiers.

Des responsables politiques ainsi que du personnel sanitaire sont intervenus pour tenter de calmer la situation. Le procureur général Salah Abou Zayed a déclaré que toutes les plaintes avaient été portées à l’attention d’un comité d’enquête spécial, et que le premier plaignant serait poursuivi pour atteinte à l’ordre public, les docteurs ayant établi qu’il était en parfaite santé. [5] Un autre rapport précise toutefois que les plaignants souffraient de «névrose» et étaient victimes de «suggestion». [6]

Mme Nour Al-Houda, personnage haut placé de la Police, relate: «Nous avons rencontré les suspects et nous sommes aperçus que c’était eux les victimes. Ils sont accusés de faits dont ils ignorent tout (…) L’un des accusés avait appris par sa femme que sa fille, qui souffrait de violentes douleurs, allait subir une opération. Il s’est rué vers l’hôpital, mais s’est arrêté en cours de route pour demander à un homme le chemin de la salle d’opération; il a eu la surprise de découvrir que cet homme l’accusait de faire partie des personnes provoquant l’impuissance par poignées de main. Il a été victime de soupçons de ce type alors qu’il s’empressait de rejoindre sa fille en salle d’opération (…)

A notre avis, il ne s’agit là ni de sorcellerie, ni de magie. Les nombreux jeunes gens à avoir porté plainte étaient victimes de suggestion. Etant [psychologiquement] préparés à un tel événement, ils se sont véritablement cru malades.»

Taha Baasher, éminent psychiatre soudanais, a souligné que ce phénomène était apparenté à celui des femmes qui se croient, à tort, enceintes. [7]

Faire taire les rumeurs

Le procureur-général chargé des affaires criminelles, M. Yasser Ahmed Mohammed, a assuré au quotidien soudanais Al-Rai Al-Aam que «la rumeur a éclaté quand un marchand est allé chez un autre marchand lui acheter du karkady [boisson soudanaise]. Brusquement, le vendeur, victime de sorcellerie, a senti son pénis se ratatiner. Ce fut la première plainte de ce type. L’histoire est ensuite arrivée jusqu’aux médias, ce qui a provoqué une sensibilité particulière chez beaucoup d’autres.» Il ajoute que tous les plaignants ont été envoyés à l’hôpital. Dans tous les cas, le rapport médical établit que les pénis sont en parfait état, et que nul n’a souffert d’atrophie ou de douleurs.

«20% sont venus au tribunal le lendemain retirer leurs plaintes, expliquant qu’ils s’étaient rétablis. Mais certains ont maintenu l’accusation.»

Le ministre soudanais de la Santé, Ahmed Bilal Othman, a annoncé que selon les directeurs d’hôpitaux réunis le 23 septembre en session d’urgence, aucun cas d’impuissance imputé au contexte mentionné plus haut n’avait été constaté. Il a souligné que ce phénomène était dénué de tout fondement «scientifique», et que les coupables étaient la sorcellerie, la magie ou des problèmes d’ordre émotionnel. [8]

L’affaire a attiré l’attention des dessinateurs: Al-Rai Al-Aam a publié des caricatures sur le sujet; l’une d’entre elles représente un homme tendant une fausse main à un autre homme en commentant: «Il vaut mieux prévenir que guérir» [9] ; un autre dessin représente un homme amputé des deux mains confiant à son ami: «Dieu merci, je ne serre la main de personne, et personne ne me serre la main!» [10]

La presse

Dr Abd El-Latif Al-Buni estime, dans le journal soudanais Al-Sahafa, que les politiciens aussi devraient tirer les leçons de l’histoire : «C’en est arrivé au point où une femme accompagnant son mari jusqu’à la porte d’entrée de chez elle lui dit au revoir en précisant: ‘Fais bien attention à ne serrer la main d’aucun homme, mais tu peux serrer la main des filles autant que tu veux’ (…) Craignant de perdre son mari, elle est prête à partager [son mari avec d'autres femmes], même s’il s’agit là d’un partenariat forcé. Il en va de même [des négociations] de paix au Kenya: les concessions sont nécessaires si nous ne voulons pas perdre le Soudan dans son ensemble. Si la femme permet à son mari d’approcher d’autres personnes de son sexe, les politiciens peuvent bien renoncer au gain politique.» [11]

Jafar Abbas, chroniqueur soudanais résidant à l’étranger, élabore sur le sujet dans deux articles, l’un paru dans Al-Watan, et l’autre dans Al-Rai Al-Aam. Dans son article d’Al-Watan, Abbas écrit: «Même si ce que j’écris aujourd’hui doit nuire au tourisme au Soudan, je considère qu’il est de mon devoir d’enjoindre toutes les personnes désireuses de se rendre au Soudan à ne pas serrer la main d’hommes au teint sombre. Et vu que la plupart des Soudanais ont le teint sombre, il vaut mieux éviter de serrer la main des inconnus (…)»

Faisant référence au rapport du Soudanais ayant perdu son pénis après avoir utilisé un peigne, Abbas écrit: «Il ne fait aucun doute que ce peigne était un robot chirurgical contrôlé par laser, qui pénètre le crâne, [descend] jusqu’à la partie inférieure du corps et castre les hommes!

Je voudrais dire à la victime de ce peigne électronique: ‘Espèce de crétin, comment pouvez-vous porter à la tête le peigne d’un inconnu, quand même les gens de la même famille évitent d’utiliser le même peigne?’»

C’est un complot sioniste

En conclusion, Abbas écrit: «Cet homme qui, rapporte-t-on, est originaire d’Afrique occidentale, est un agent sioniste impérialiste envoyé pour empêcher la population de procréer et de se multiplier. (…)» [12]

Dans son article d’Al-Rai Al-Aam, Abbas écrit: «J’avais prévu de visiter le Soudan pendant le congé de l’Aïd Al-Fitr, et j’ai économisé autant de dollars que j’ai pu dans ce but (…) mais j’ai entendu parler de l”Ami de Satan’, à qui vous serrez la main avant de découvrir que vous n’êtes plus un homme. Est-il concevable qu’un homme sensé choisisse de visiter une ville saisie par l’horreur de la castration?! (…)

Je paie [mes impôts] au gouvernement, j’amène de l’argent à ma famille [de l'étranger], et il faudrait en plus que je paie un homme qui me dérobe de ce que j’ai de plus cher et exige ensuite que je lui rachète les biens volés?! (…)

Nos femmes dominent dans les services publics et les cours à l’université. Les hommes au Soudan sont aujourd’hui en droit de fonder une Association des droits de l’homme soudanais ; tout ce qui reste de notre masculinité réside dans nos caractéristiques biologiques essentielles, et voilà que quelqu’un veut nous en priver!»

Abbas évoque de nouveau «l’incident du peigne»: «Ce qui me conduira malgré tout à exécuter mon plan téméraire de visite au Soudan est que l’un des hommes dont ‘l’équipement’ a été confisqué déclare que la confiscation est intervenue après que l’un d’eux lui eut tendu un peigne et demandé de se peigner (…) Personne ne l’a forcé à le faire. La victime aurait pu refuser de se peigner les cheveux.

Si jamais je rencontre ce monstre, je lui demanderai comment il a pu porter le peigne d’un autre à sa tête! Il est vrai que nous sommes un peuple de dingues, et que 10 d’entre nous utilisent la même serviette. Chaque foyer possède plusieurs peignes, mais hélas, ces derniers disparaissent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un peigne dégoulinant de graisse que tous utilisent. Mais cette situation se limite en général au cadre familial. Nous n’utilisons généralement pas les peignes de personnes que nous ne connaissons pas, sauf chez le coiffeur!

Que nul parmi vous ne croie qu’il peut se protéger de la castration en évitant de serrer la main d’hommes ressemblant à des Ouest-Africains – vu que ceux qui perpètrent ces merveilles et miracles viennent d’Afrique occidentale. A quoi ressemble un homme d’Afrique occidentale? Il est noir? Existe-t-il seulement un Soudanais blanc?» [13]

[1] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 24 septembre 2003.

[2] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[3] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[4] Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 22 septembre 2003.

[5] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 23 septembre 2003.

[6] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 24 septembre, 2003.

[7] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 9 octobre 2003.

[8] Al-Rai Al-A’am ( Soudan), le 24 septembre 2003.

[9] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 26 septembre 2003.

[10] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 1er octobre 2003.

[11] Al-Sahafa (Soudan), le 23 septembre 2003.

[12] Al-Watan (Arabie Saoudite), le 24 septembre 2003.

[13] Al-Rai Al-A’am (Soudan), le 29 septembre 2003.

Voir également:

Sarkozy complexé devant Obama selon Newsweek
Julie Cloris
Le Parisien
02.10.2009

L’hebdomadaire américain Newsweek du 5 octobre fait sa Une européenne sur Nicolas Sarkozy, titrant sur le «complexe d’Obama» dont souffrirait le président français et consacrant un long article aux points communs entre les deux hommes malgré des relations sans confiance ni complicité.

Comme son homologue américain, Nicolas Sarkozy éprouve un besoin viscéral «d’être à l’avant de la scène», estime l’auteur de l’article, le journaliste Christopher Dickey, qui dirige le bureau parisien du grand hebdomadaire américain. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon lui, le président de la République semblait légèrement en retrait à Pittsburgh, lors du G20, où le Premier ministre birtannique Gordon Brown et Obama semblaient, eux, jouer jeu égal. Sarkozy apparaissait «comme s’il était le témoin de mariage d’un homme qu’il ne connaît pas», écrit Dickey, se fiant au langage du corps.

L’article s’interroge sur les relations entre les deux hommes, «Obama (semblant) parfois à peine remarquer son homologue français bourré de tics». Mais il dresse un portrait plutôt flatteur du président français. Pour Dickey, Nicolas Sarkozy, arrivé au pouvoir un an et demi avant Obama, lui a montré la voie dans bien des domaines, «des pirates somaliens à l’Iran en passant par le G20, la prime à la casse, la taxe carbone, l’+afghanisation+ de la guerre en Afghanistan, la manière d’aborder la belligérance russe et les ouvertures de paix envers la Syrie». Et Newsweek de noter qu’Obama et son administration feraient mieux de choyer un peu l’Elysée s’ils veulent obtenir son soutien sur les grands thèmes internationaux. Sans compter que l’hyperactif «Sarkozy n’est pas quelqu’un qu’on veut voir travailler contre soi», conclut l’article.

L’hebdomadaire américain, publié à 3 millions d’exemplaires aux Etats-Unis mais diffusé à 4 millions outre les frontières américaines, a déjà consacré plusieurs articles élogieux au président de la République française, l’inscrivant parmi les 50 personnalités les plus puissantes du monde, et estimant que «le palais de l’Elysée est redevenu l’adresse n°1 en Europe».

Voir enfin:

Sarkozy’s Obama Envy
Christopher Dickey

NEWSWEEK
Published Sep 26, 2009
From the magazine issue dated Oct 5, 2009

* From the Editors (2)
* Sarkozy vs. Villepin: a Scandalous French Lawsuit
* Denis MacShane: Obama and Europe

See All

* Recommended (6)
* More Etiquette Woes for Aloha President
* A Bloody Battle
* Sarkozy Looking To Play Crucial Role In Gaza
* World Politicians Helped, Hurt By Economic Crisis
* Letters: ‘The Taliban in their own words’
* Obama, Dems Vary Widely on Afghan Policy

See All

* Share: Facebook
* Digg
* Tweet
* LinkedIn
* Buzz up!

* Del.icio.us
* Stumble It!
* submit to reddit
* Fark It!
* Newsvine

* Tools: 15 Post Your Comment
* Print
* Email

SPONSORED BY
Click here to find out more!

Email To A Friend

Please fill in the following information and we’ll email this link.
Your Email Address
Recipient’s Email Address

Separate multiple addresses with commas

Facing down Iran, French president Nicolas Sarkozy stood shoulder to shoulder with President Barack Obama and British Prime Minister Gordon Brown in Pittsburgh last week. Or so it might be said. The statements of all three were consistent as they denounced the Islamic Republic’s construction of a secret nuclear facility. But in this stage show of solidarity, body language sent a different message. Obama and Brown really did stand side by side. Sarkozy stood apart, looking a little like he’d been asked to stand as best man at a stranger’s wedding.

Perhaps in his gut he thought this should have been his show—or at least his and Obama’s. The G20 that all were attending is a forum that Sarkozy pushed to create last year. And Sarkozy’s government has taken the lead in confronting Iran over its nuclear intentions.

Sarkozy wants to lead: he made it clear last year he didn’t want to step down from the European presidency when his six-month term was over. Sarkozy wants to act: he’s shown that in such faraway venues as the Gulf of Aden, where French troops were the first to stop payments to, and start shooting at, Somali pirates. And Sarkozy can claim, with some justification, that where he has led, Obama has followed.

Since Sarkozy became president in the summer of 2007, a year and a half before Obama took the oath of office, he has been out in front of the United States on issues ranging from Somali pirates, Iran, and the G20, to Cash for Clunkers, a carbon tax, the “Afghanization” of the Afghan war, coping with Russian belligerence, and opening the door to peace with Syria. His style is to be everywhere at once and all the time—the hyperprésident, as the French press calls him—and in that, too, Obama sometimes seems to be following his lead.

But he’s not. In fact, relations between the two leaders have been far from ideal or always effective. It’s sometimes unclear if Obama even notices his hyperkinetic counterpart. And that explains the ambitious Parisian’s Obama obsession. Few people outside France expect the leader of the world’s fifth-largest economy to set the global pace on major issues. But Sarkozy, sometimes known as l’Américain at home, has often tried to do just that. Under him the Paris-Washington partnership has become in many ways the most dynamic bilateral relationship in the Atlantic alliance, and one that helps set the global agenda. As their speeches at the United Nations and the G20 last week made clear, both he and Obama are committed internationalists with a similar vision of the new, more just and regulated world economic order. But—and this is part of the problem—both also expect to be at the forefront of any initiative: Obama because he is president of the United States, and Sarkozy because he’s so ambitious, and the French are so ambitious for their president.

The question that haunts Sarkozy is whether anyone sees him as part of a globe-beating tandem—and whether this team will ever achieve its potential. The two presidents’ very different personalities can collide: Obama, smiling but aloof, treats Sarkozy as one of many not-quite-equals in Europe, while Sarkozy, the backslapper, likes to call the U.S. president his “buddy,” but hasn’t had the favor returned. Watching the two of them onstage together, as when they appeared at D-Day anniversary commemorations in Normandy in June, is like watching the diminutive tough-guy actor Joe Pesci—all twitches and attitude—playing against Denzel Washington, all dignity and reserve. When Obama decided not to hang around for a family photo op with Sarkozy, the Élysée’s fury at the perceived slight was a sensation in the Paris press.

Sarkozy’s Obama complex is now a subject of persistent media speculation in France—and could become a real problem if the Obama administration doesn’t make more of an effort to understand it. This isn’t just a matter of policies and personalities, but of politics. In France’s troubled banlieues, many young people of African and Arab origin who once sported Che T shirts now wear Obama’s image instead. A recent Transatlantic Trends poll shows that Obama has a phenomenal 88 percent approval rating in France, while Sarkozy generally scores under 50. As some French journalists cautioned the new U.S. ambassador to France recently in a private meeting, if Sarkozy ever fears that the American president might try to bypass him and appeal directly to the French people on important issues, then Sarkozy’s testy friendship could turn to bitter enmity.

Last week, TV interviewer David Pujadas dared to ask Sarkozy directly whether there was a “competition for leadership” between him and Obama. “There’s no competition,” insisted Sarkozy, hardly concealing his chagrin. “I know my place. I preside over a big country. He is president of the No. 1 economic force in the world.” Citing the oft-forgotten history of “friendly ties” between the two nations, Sarkozy declared that “we have an interest in having Mr. Obama succeed.” But he took pains to say that he wouldn’t hesitate to cross swords with Obama on some issues, like commerce—citing his efforts to close a lucrative deal to sell advanced fighter aircraft to Brazil. While Obama had reportedly lobbied Brazilian President Luiz Inácio Lula da Silva over the phone on behalf of the Boeing F-18, Sarkozy had gone to Brasília himself to seal (some might say steal) the deal for the French-European Rafale.

Clearly this is not the kind of sympathique partnership that British Prime Minister Margaret Thatcher enjoyed with President Ronald Reagan. But Sarkozy clearly wishes it were. And no wonder. The problem isn’t ideological. Both Sarkozy and Obama are realists headed toward the same pragmatic center on many global issues. They may differ on specific questions, like whether to put a ceiling on bonuses for financial executives, but they agree on basic matters, like the need to create a better global financial regulatory system.

Both men campaigned with slogans about a fundamental break with the past (which was quite a feat for Sarkozy, who had served in the previous government). And once elected, both seemed to try to change everything at once. Sarkozy pushed for a radical rethinking of environmental policies; so, too, Obama. Sarkozy instituted a highly successful program to buy up old cars and subsidize the purchase of new, more ecofriendly ones. So, too, Obama. Sarkozy put the Middle East at the center of his foreign-policy initiatives, opening up to Syria and focusing on Iran’s nuclear threat. So did Obama. Only Sarkozy did all that before Obama had even taken his oath of office.

Sarkozy, always a showoff, was also much more blunt about a strategy that can come across as manic. In January 2008, when he had spent eight months in office (as Obama has now) and was facing criticism for taking on too many projects and delivering on too few, he told reporters, “You can’t hope to get results unless you change everything at the same time.” To do otherwise is to let the forces opposed to change gang up on you, he said, and then everything grinds to a halt. “The French ought to know this: I have a passion for action and I want to act,” he announced. Obama, by contrast, has never invoked the I word—it’s always about what’s practical.

Such differences in style risk having a further impact on substance. Take Afghanistan. Under Sarkozy, France rejoined the integrated command structure of NATO this year, and responded to the Bush administration’s pleas for more allied troops in Afghanistan by raising France’s contingent to almost 3,000. But the way Sarkozy calls attention to these changes again and again in public suggests he feels he hasn’t gotten enough credit for them. Now Obama wants still more from his allies. But an embittered, underappreciated Sarkozy might be tempted not to cooperate.

Such differences would be easier to smooth over if the two leaders shared the kind of full trust that the French call complicité. They don’t. The U.S. president is a tough politician from the Chicago school, but not quite tough enough for the Frenchman. Sarkozy has managed to co-opt or crush virtually all opposition. (He’s even had his most bitter Gaullist rival, former prime minister Dominique de Villepin, put on trial for an alleged smear campaign against him.) Obama’s inability to do something similar and bulldoze his opponents in order to push through his own agenda appears to have frustrated Sarkozy. Obama is “courageous” and “understands what is at stake,” Sarkozy told an interviewer last week, “but he is out in front of his country.” This past spring, Sarkozy reportedly told a group of parliamentarians having lunch at the Élysée that Obama “has never run a ministry in his life,” and “he’s not always up to the decision making and effectiveness.”

All the more pity, then, that the two men aren’t closer. For when the partnership works, it brings some striking results, as Sarkozy marshals not only France’s resources, but Europe’s. A good example is Somalia. Last winter, multiple multinational flotillas tried to cope with the rising threat to international shipping posed by pirates off the Horn of Africa. NATO proved ineffective, as did an ad hoc force the United States cobbled together out of Bahrain. The warships’ commanders proved reluctant to shoot at the pirates, and seemed unsure what to do with them if they captured them. And the Kalashnikov-toting corsairs just kept upping the ante. So Sarkozy worked with the European Union to create a much more aggressive force and also forged an agreement with Kenya allowing captured pirates to be offloaded there for trial. When Somalis seized the American-crewed Maersk Alabama and took its captain hostage in April, the U.S. Navy followed the by-then well-established precedents set by the French. It kept the pirates far out at sea, and when snipers got clear shots at the hostage takers, they pulled the trigger, killing the Somalis and freeing the captain.

“Now everything is operating very smoothly,” says a U.S. official who works closely with France on NATO and related issues but isn’t authorized to talk about them. “Sarkozy is an activist we can work with.” More than that, the implication goes, he’s not somebody you want working against you.

With Tracy McNicoll in Par


Mort de Bongo: La Françafrique est morte, vive la Françafrique! (With Bongo, every party got its fair share: Former French foreign minister confirms kickbacks)

11 juin, 2009
Bongo free for all
Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant. Omar Bongo
Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon ( …) Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis. (…) Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon. (…) Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage. Barack Obama (communiqué)
C’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain. Nicolas Sarkozy (communiqué)
Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Roland Dumas

La Françafrique est morte: vive la Françafrique!

A l’heure où, du Pleurnicheur en chef de la Maison Blanche à notre Sarkozy national, le monde entier n’a pas de mots assez doux pour louer les 41 ans du maitre-kleptomane Bongo à la tête du Gabon …

Et où l’ancien président Giscard confirme publiquement les financements occultes, par “l’ami de la France”, du délinquant multirécidiviste et ex-squatteur de l’Elysée pendant dix ans Jacques Chirac

Retour, avec un l’éditorialiste de RTL Jean-Michel Aphatie, sur le cynisme tranquille de l’ancien ministre et homme des coups tordus de François Mitterrand et accessoirement avocat du Canard enchainé Roland Dumas.

Qui, dans un entretien au Parisien et entre deux pince-fesses chez les mollahs, confirme la réalité de ces paiements comme le fait, dont se vantait lui-même celui qui continuait à faire destituer des ministres français et avait dû aller se faire opérer en Espagne pour cause de poursuites judiciaires en France où il possédait de nombreuses propriétés, qu’ils touchaient bien – et équitablement, s’il vous plait! – la totalité des partis politiques français.

Sans parler du secret de polichinelle de l’existence du même système pour les autres pays africains et de la réalité, contre toutes les promesses, de la continuation de la Françafrique.

Car en effet, “comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions?”

Roland Dumas sur Omar Bongo, jusqu’à la nausée

Jean-Michel Aphatie
RTL
le 11 juin 2009

Omar Bongo est mort, et les mots que les dirigeants français emploient à propos de cette mort ont ceci de fascinant et de formidable qu’ils en disent plus sur eux que sur lui, sur la France que sur l’Afrique.

Il a déjà été noté ici que plusieurs responsables politiques français ont qualifié Omar Bongo d’ « ami », ce qui laisse songeur quand on connaît le rapport que le président gabonais entretenait avec les libertés individuelles pour ces concitoyens, ou bien avec la notion de solidarité dans le partage des richesses de ce petit pays potentiellement riche, ou bien encore avec l’honnêteté et la moralité dont l’éducation la plus élémentaire apprend à chacun et sur tous les continents qu’elles doivent être les rails d’une vie.

Sur quelles valeurs se fondaient donc cette « amitié » aujourd’hui revendiquée? Des valeurs démocratiques, vraiment, ces valeurs qu’incarnent et représentent pourtant les dirigeants de la République française, patrie des droits de l’Homme et du reste? Ou bien plutôt, et plus prosaïquement, sur les services rendus? Sur les facilités accordées? Sur la défense d’intérêts réciproques? Chacun ici dira que poser la question est un peu stupide, un peu naïf, ou un peu facile, au choix, tant la réponse paraît évidente. Soit. Mais alors, il faut aller au bout du raisonnement et convenir que ni nous ni ceux qui nous dirigent ne croient aux beaux discours et aux proclamations de foi, que ceux-ci flattent nos esprits mais ne guident pas nos actes, qu’ils peuplent notre imaginaire mais ne déterminent pas toujours, pas forcément, voire très peu en la circonstance, nos actes. Il ne s’agit ni de s’en indigner, ni de le regretter. Il s’agit juste d’en prendre conscience, ce que nous permet de faire, justement, la mort d’Omar Bongo.

Cet événement libère les esprits davantage encore qu’on ne pouvait l’imaginer ou l’espérer. L’expression, alors, peut aller jusqu’au cynisme le plus nauséabond, comme l’illustre l’interview de Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, ce matin, dans Le Parisien.

Au rang de l’oubli de soi, des valeurs et du reste, ceci. Omar Bongo finançait-il, comme il s’en vantait parfois, les partis politiques français, lui est-il demandé? Réponse de Roland Dumas: « S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. »

Que la tirade est belle! Omar Bongo a pu connaître ou faire connaître tous les tourments de l’enfer, gérer son,pays comme un satrape, maintenir dans la pauvreté et la misère ses concitoyens, « nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. » C’est une chose, pour un responsable politique de défendre les intérêts de son pays, et Roland Dumas, ministre ou éminence grise, double ou triple tiroir, homme de main et homme servile, a prétendu servir son pays dans les différentes responsabilités publiques ou fonctions occultes qui ont été les siennes. Dans ces cas-là, on peut s’accommoder de tout et du pire, par devoir, avec abnégation. Mais c’est autre chose, tout de même, que cette « bonne intelligence » qui induit l’accord, la complicité, le goût même du contact et le plaisir des retrouvailles, l’amitié donc, revoilà le mot et ce qu’il charrie qui ici n’est pas noble.

Et puis autre chose, du lourd, c’est-à-dire de l’information. Omar Bongo finançait tous les partis, droite et gauche, tous républicains, tous vertueux, mais tous avides d’argent fût-il sale pour défendre ces intérêts là. Et avec combien de perdition au passage? Perte d’argent, certes, égaré dans diverses poches, mais perte de liberté aussi, d’indépendance. Et puis, cette autre information: « d’autres pays ont procédé à de tels financements. » Ah bon? Lesquels? Quand? Au profit de qui? Avec quelles contreparties?

Comme tous les grands hommes, Roland Dumas a écrit ses Mémoires. Rien de tout cela bien sûr n’y figure. Sans doute ne nous juge-t-il pas dignes de ce genre de confidences. Cela ne nous regarde pas, ne regarde que les puissants, ne se partage qu’entre puissants. Mais alors, pourquoi lever le coin du voile ce matin? Maîtrise imparfaite d’un égo depuis longtemps dilaté? Formidable sentiment d’impunité qui fait oublier les lois élémentaires de l’omerta?

Dans sa dernière réponse au Parisien, Roland Dumas atteint les sommets d’un détestable cynisme, au point d’en tutoyer le racisme. Question: « La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique? » Réponse: « Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions? »

De manière étonnante, on retrouve cette sentence mitterrandienne dans le papier de page 3 que Le Monde daté de ce jour consacre au défunt président gabonais. La voici, attribuée donc à François Mitterrand par Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert Diard, les deux signataires du papier: « A quoi cela sert-il de changer les hommes? Celui que l’on mettrait à la place ferait la même chose. »

La pensée ici n’est pas seulement désabusée, elle est pratiquement raciste. Mettre un Africain à la place d’un autre Africain est inutile. Ils se ressemblent tous. Le changement en France a un sens, parce que les Français sont évolués, intelligents, capables de réflexions, donc de choix. Mais un Africain, pensez donc? Il tapera dans la caisse, voilà tout. Donc, « nous » n’en changerons pas, car c’est nous, bien sûr qui « changeons » les dirigeants africains. Laissons donc en place celui et ceux que nous connaissons. Eux, au moins, ce sont des « amis ». Et voilà comment la boucle se boucle, dans le mépris, le si vulgaire mépris.

C’est une forme d’étonnement qui saisit à l’occasion de la mort d’Omar Bongo. Il était difficile d’imaginer que cet événement libérerait ainsi la parole, jusqu’à produire un effet de miroir dans lequel nous apparaissons la figure tordue par une bien vilaine grimace.

Voir aussi:

“Chaque parti était servi”
Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères
Propos recueillis par Henri Vernet
Le Parisien
11.06.2009

L’ancien ministre et avocat Roland Dumas, proche de François Mitterrand, connaissait bien Omar Bongo

Bongo a-t-il pu financer la campagne de Chirac en 1981, comme le prétend Giscard ?

Roland Dumas. Ce genre d’informations n’est pas nouveau. Le président Bongo a toujours été suspect de tels agissements. Je n’ai pas de raison de mettre en doute la parole de Valéry Giscard d’Estaing. Cela concerne un autre bord politique que le mien !

Mais Bongo a lui-même écrit dans un livre qu’il finançait tous les partis français…

S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans, c’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Il suivait la politique française de très près et s’arrangeait pour savoir quels étaient ceux qui allaient gagner les élections.

Vous avez constaté ces financements occultes ?

Cela ne passe jamais par les ministres en exercice ! Il y a toujours un trésorier de parti ou ses adjoints pour remplir ce rôle.

Beaucoup d’argent passait par Elf ?

Cela, c’est autre chose. C’est un financement privé. Je crois que ça a existé, que tout le monde recevait sa part. Mais quelques-uns étaient plus privilégiés que d’autres…

Quand Charles Pasqua jure que le RPR n’a jamais été financé par Bongo, cela vous fait sourire ?

Non… mais ça passait peut-être par d’autres que lui !

Comment François Mitterrand voyait-il cela ?

Il souhaitait maintenir avec les chefs d’Etat africains des relations qui étaient celles qu’ils avaient eues avec le général de Gaulle. Il n’a rien changé dans le dispositif, il a simplement changé des hommes. Par exemple, Foccart (NDLR : le Monsieur Afrique de De Gaulle) n’était plus là.

Qui était le Foccart de Mitterrand ?

Il y en a eu plusieurs. Il y avait son fils Jean-Christophe, qui avait des relations personnelles avec les dirigeants africains et des liens quotidiens avec son père. Cela facilitait les choses. Des dirigeants comme Bongo ou l’Ivoirien Houphouët-Boigny tenaient à avoir un contact direct avec l’Elysée, parce que là résidait le pouvoir. Je voyais régulièrement Bongo. Un jour il a tenu à me montrer sa vieille carte d’adhérent à la SFIO (NDLR : l’ancêtre du PS) qui remontait à avant la guerre !

Que pensait-il de Mitterrand ?

Il l’aimait bien. Mais il n’avait pas avec lui la même familiarité qu’avec Jacques Chirac, qu’il tutoyait et embrassait.

La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique ?

Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions ?

Voir enfin:

Obama “attristé” par la mort de Bongo
AFP
09/06/2009

Le président américain Barack Obama s’est dit “attristé” par la mort hier du président du Gabon Omar Bongo. “Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon”, écrit Barack Obama dans un communiqué.

“Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis”, ajoute-t-il.

“Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon”, indique M. Obama. “Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage”, ajoute le président américain. “Au nom du gouvernement des Etats-Unis, je présente mes condoléances à sa famille et au peuple du Gabon”, conclut M. Obama.

Voir enfin:

MORT D’OMAR BONGO
La mort du président gabonais signe-t-elle la fin de la “Françafrique”?
NOUVELOBS
11.06.2009

Même s’il ne représentait pas à lui seul la “Françafrique”, la disparition du président gabonais marque la fin d’une certaine relation franco-africaine.
Avec la mort d’Omar Bongo Omdimba, c’est un pilier de la “Françafrique” qui s’effondre. C’était l’une des figures les plus emblématiques de l’Afrique post-coloniale. Il a été l’interlocuteur privilégié des présidents français depuis plus de 40 ans, même si les relations avec Paris se sont récemment crispées. Doyen des chefs d’Etats africains, son influence tenait avant tout à son ancienneté: 41 ans de pouvoir.

Agé de 73 ans, il avait accédé au pouvoir en 1967, avec l’aval de la France. Il est le président resté le plus longtemps au pouvoir. Pour le journaliste Antoine Glaser, rédacteur en chef de la Lettre du continent il “était le gardien d’un demi-siècle de secrets de la présence française en Afrique”. “Approvisionnement énergétique, mercenariat, opérations secrètes… Des années 60 aux années 90, il a servi la diplomatie d’influence de la France en Afrique. Et la plate-forme de la France, gendarme de l’Afrique, c’était Libreville”, poursuit-il.

Une expression est née

C’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Felix Houphouët-Boigny, qui inventa l’expression France-Afrique, en 1955. Il voulait définir ainsi les bonnes relations qu’entretenait la France avec ses anciennes colonies. L’expression “Françafrique” a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave, ancien président de l’association Survie. Il a ainsi voulu désigner les réseaux occultes qui unissaient la France à l’Afrique.
Dans son livre, “La Françafrique, le plus long scandale de la République” (Stock, avril 1998), il écrit : la Françafrique est “une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies” qui “est hostile à la démocratie”. L’Angola, le Togo, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, les Comores, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Bénin, la Tunisie, le Maroc, le Niger, Djibouti, le Mali, la Centrafrique, la Mauritanie, la Guinée Equatoriale et l’Algérie feraient partie de ce cercle d’initiés.

Une sphère d’influence

Corruption, accords secrets, soutien militaire indirects en sont les caractéristiques. L’objectif français aurait été de maintenir une sphère d’influence importante en Afrique et d’exploiter la richesse des matières premières. Une “cellule Afrique” composée de plusieurs diplomates a été constituée sous l’autorité du général De Gaulle. Jacques Foccart en a été le principal dirigeant jusqu’en 1974. Cette cellule aurait, selon certains, soutenu des dirigeants, déjoué des coups d’Etat et fomentés d’autres. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a ainsi affirmé au lendemain de la mort d’Omar Bongo, que le président gabonais avait soutenu “financièrement” Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1981.

Le discours de Cotonou

Un lien, donc, fondé sur des intérêts croisés, y compris avec Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis de rompre avec la “Françafrique” et de “définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés”, lors de son discours de campagne en 2006 à Cotonou (Bénin).
Il promettait alors de ne plus soutenir les chefs d’Etat corrompus. Et pourtant.
Après son élection, il fait étape à Libreville au cours de sa première tournée africaine. Autre signe de la persistance de ces relations particulières, Omar Bongo a obtenu en 2008 le départ du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui l’avait profondément irrité en annonçant vouloir “signer l’acte de décès de la Françafrique” qu’il reconnaissait “moribonde”. Des déclarations jugées arrogantes pour le Gabon, qui, se sentant visé, a déclaré préférer “trouver des partenaires plus respectueux”.

“La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant”

Le Gabon était aussi le bastion originel d’Elf, la compagnie pétrolière française créée en 1967, dont l’ex-PDG, Loïk Le Floch-Prigent, reconnaîtra plus tard qu’elle servait de “diplomatie parallèle” et finançait les services secrets français… “Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant”. Ainsi Omar Bongo décrivait-il, dans les années 80, les relations entre Paris et son ex-colonie, riche en pétrole, manganèse et bois.

L’affaire des biens mal acquis

Les tensions sont montées d’un cran après la diffusion, par la chaîne de télévision publique France 2, d’un reportage consacré aux biens immobiliers luxueux du clan Bongo en France. Les associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la diaspora portent alors plainte pour “recel de détournement de biens publics et complicité” auprès du tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’Etats africains dont la famille d’Omar Bongo. Selon elles, ces biens ont été acquis avec de l’argent public détourné. Une enquête policière pour “infraction insuffisamment caractérisée” est ouverte par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite en novembre 2007. Au Gabon, l’opinion gabonaise se range derrière son chef d’Etat et dénonce les accusations françaises. Le 2 décembre 2008, Transparency International France, l’Association Sherpa et un citoyen gabonais Grégory Ngbwa Mintsa déposent une nouvelle plainte assortie d’une “constitution de partie civile” visant entre autres Omar Bongo, ainsi que son entourage pour “recel de détournement de fonds publics”. Dans les milieux diplomatiques, on a alors expliqué que la rupture ne devait pas passer en force, et que Nicolas Sarkozy voulait “éviter tout problème” avec l’Afrique.

Très peu de chance pour un procès

“La disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l’affaire des biens mal acquis”, a indiqué l’avocat Me William Bourdon à l’agence de presse AFP, en rappelant que “plusieurs membres de sa famille” sont également visés par une plainte devant la justice française. “Une enquête de police a montré que les détournements de fonds dénoncés par Tranparency Internationale France sont imputables à une entreprise familiale”, explique l’avocat de l’association anti-corruption. “Les opérations de succession sur les biens mal acquis ne peuvent être aujourd’hui que très compliqués et la disposition des biens d’Omar Bongo (distribution des biens à ses héritiers) ne peut, à mon sens, qu’être suspendue de fait, compte-tenu de la procédure en cours”, a-t-il ajouté. La date d’audience n’a pas encore été fixée.

Un allié encombrant ?

La disparition d’Omar Bongo, même si elle ne fera pas taire les associations, permet au gouvernement français de se débarrasser d’un allié gênant. Selon Antoine Glaser “c’est emblématique de la fin d’un certain type de relation entre l’Afrique et la France”. “C’est une page qui se tourne car c’était le dernier doyen de toute une période historique”. Et si l’opinion française est favorable à une enquête concernant les biens mal acquis, il y a peu de chance d’aboutir à un procès. Surtout si la suppression du juge d’instruction voulue par le chef de l’Etat est effective. “Je vois mal comment le Parquet pourrait initier une enquête”, s’inquiète William Bourdon.


Discriminations: Nous ne sommes pas des sorciers (Albinos under threat as Africa struggles with its long witchcraft heritage)

15 mai, 2009
Brazilian albino pride
Nous ne sommes pas des sorciers. (…) C’est prouvé par la science… Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Kisangani, RD Congo)
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières.
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujoud’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressourcs religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Le massacre de sorcières dans la région remonte à des siècles, depuis au moins la colonisation néerlandaise des îles qui sont par la suite devenues l’Indonésie. Bien que légalement injustifiable, le massacre de sorcières a longtemps servi de mécanisme aux villages ruraux pour expulser les comportements antisociaux. TU Bagus Ronny Nitibaskara (anthropologue, université d’Indonésie)
C’est un phénomène très profond, qui ne pourra être résolu que par une lutte plus efficace contre les discriminations et les hiérarchies sociales et “mélaniques”, héritées de la colonisation. Pap Ndiaye
Tout ce qui est beau dans nos vies nous vient de la civilisation occidentale. (…) Le retard horrible dans lequel vivent certaines nations est le résultat inévitable de leur refus de [l'apport occidental] et de leur attitude consistant à se réfugier dans le déni et l’arrogance.(…) La civilisation occidentale a accordé la priorité à l’individu et subordonné ses institutions, lois et procédures à ce principe, tandis que dans la civilisation ancienne, l’individu [n'] était [qu'] une dent dans l’engrenage. (…) La seule civilisation qui reconnaît et respecte l’homme en tant qu’individu est la société occidentale (…) La civilisation occidentale est son propre produit et ne doit rien à aucune autre civilisation, hormis la civilisation grecque. Ibrahim Al-Buleihi (membre du Conseil saoudien de la Shura)

Salif KeitaYellowman (Jamaica)Johnny Winter (Texas)Connie Chiu (Chinese top model)Shauna Ross (African male model)The Albino codePowderSpidermanVictimes d’une affection qui sous des dizaines de formes plus ou moins visibles touche la planète entière animaux compris (1 cas pour 20.000 naissances, 0,005 % mais jusqu’à 1/1000 sous le cruel soleil africain) …

Soupçonnés de contaminer les gens à distance et cibles des crachats et de toutes les insultes (“sorcier blanc”, “enfants de djins” ou “de petit Blanc café au lait”, “fantômes” – sans compter les stéréotypes des films nigérians ou occidentaux à la “Matrix” ou “Da Vinci code”!) …

Privés d’accès à l’éducation à l’emploi et au mariage (et donc condamnés à une consanguinité ne pouvant que perpétuer leur handicap) …

Exclus du berceau à la tombe comprise de la compagnie des autres (infanticide, tombes cachées et scellées hors village) …

Accusés de sorcellerie et de pratiques magiques (jusqu’au soupçon d’immortalité) …

Mais aussi – ambivalence typique envers les groupes exclus – en même temps recherchés (selon le principe de la pensée magique qui veut que celui qui fait du mal est aussi le mieux placé pour guérir) pour leur pouvoirs bénéfiques

Au point de devenir la proie, jusqu’à l’assassinat et notamment à la veille de compétitions électorales ou sportives, d’un trafic lucratif d’organes destiné à des sorciers …

A l’heure où, de Durban au Vatican ou à la Maison Blanche, notre Occident n’a de cesse de battre sa coulpe …

Et que, poussant la lucidité jusqu’à reconnaître les limites de l’islam et les apports de la civilisation occidentale, quelques rares musulmans se sentent obligés de la réduire à sa seule dimension grecque, faisant ainsi l’impasse sur ses fondements judéo-chrétiens …

Pendant que certains trop pâles s’efforcent de se brunir et d’autres trop foncés tentent de se blanchir …

Retour sur le dernier chantier en date inspiré par ce singulier “souci des autres et des victimes” d’un Occident pourtant si vilipendé

A savoir cette longue lutte contre les superstitions et les pratiques magiques dans laquelle est à son tour engagée le Tiers-Monde et dont ces sortes de nouveaux (ou derniers) cagots que sont aujourd’hui les albinos pour l’Afrique sont les plus récentes victimes …

Extraits:

“Ces parties du corps sont vendues en Tanzanie. Ces gens disent qu’ils vont gagner 600 millions de shillings (380.000 euros) pour chaque corps d’albinos.

Procureur burundais

“Un groupe de bandits armés de fusils a attaqué hier à 21h00 la maison d’une albinos de six ans du nom de Cizanye à Bugongo. Ces malfaiteurs l’ont décapitée avant de couper ses jambes et ses bras, qu’ils ont emportés avec eux.”

Rémi Sengiyumva (administrateur de la commune de Kinyinya)

“Personne n’achète l’albinisme au marché. C’est un fait de Dieu et toutes les femmes peuvent mettre au monde des albinos.”

Mme Bouaré (mère d’un enfant albinos, Mali)

“C’est la première fois que je vois la dépouille d’un albinos car on m’a toujours appris que les albinos ne meurent pas.”

Jean-Pierre Obambi (ingénieur des travaux publics)

“Nos ancêtres nous ont toujours appris à tirer un cheveu après être entré en contact avec un albinos. Même si on le voit de loin, il faut toujours le faire. Cette couleur est contagieuse et peut généralement se transmettre par la simple vue et quand on ne le fait pas, on peut être frappé d’un mauvais sort”.

Jean-Pierre Obambi

“Les albinos sont des personnes comme vous. Nous ne sommes pas des sorciers. Nous ne manquons que de la mélanine qui rend la peau noire. C’est prouvé par la science…”

Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Kisangani, RD Congo)

“Ils auraient des forces surnaturelles, ils pourraient prédire l’avenir, jeter des mauvais sorts et apporter la richesse. (…) Au moment des compétitions électorales, les albinos sont convoités par les candidats. Pendant cette période nous devons rester chez nous. Les albinos ne sont plus perçus comme des êtres humains mais comme des objets sacrificiels convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes. (…) Les superstitutions tendent à diminuer en Afrique car les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie. (…) Les associations ont très peu de moyens pourtant le continent est l’un des plus touchés par cette infection.”

Fédéré Sanon (président de l’association pour les personnes albinos ANIPA basée au Burkina Faso)

“Les personnes me suivaient pour me donner des cadeaux pour que je leur porte chance, j’ai toujours refusé. (…) Je ne suis presque jamais sortie de chez moi, par peur que l’on me fasse du mal. (…) Les Africains me regardent bizarrement, ils me toisent. Ils ont peur de moi. Je suis partie du Burkina Faso pour échapper aux croyances mais elles me poursuivent jusqu’en France.”

Korotomi Traoré (jeune femme burkinabé membre de l’association française pour les albinos Genespoir)

“Quand je suis né, mon père ne voulait pas de moi, heureusement le reste de ma famille l’a convaincu de me garder pensant que j’étais une bénédiction.”

Anguy Bajikila Mudimba (président d’Albinos sans frontières (ASF) en République démocratique du Congo)

Les albinos, victimes de sacrifices humains
Les croyances autour de l’albinisme persistent en Afrique
Stéphanie Plasse
Afrik
3 mai 2008

Génie des eaux, devin, mi-homme mi-dieu, tels sont les attributs que l’ont prête, dans certains pays d’Afrique, aux albinos. Recherchés pour leurs soi-disant pouvoirs bénéfiques ou maléfiques, ils sont souvent victimes de sacrifices humains. Pour mettre un terme aux croyances et aux pratiques occultes qui en découlent, des associations se battent au quotidien pour que les albinos ne soient plus marginalisés. Reportage.

Ils sont nombreux en Afrique à être atteints de cette maladie, l’albinisme, qui se caractérise par une absence de pigmentation. Outre les problèmes de vue et les risques de cancers de la peau directement liés à cette infection, les albinos font l’objet de croyances persistantes en Afrique. Malgré des campagnes de sensibilisation, les sacrifices humains ont toujours cours sur le continent [1]. Ainsi, il n’est pas rare de voir dans les journaux africains, à la rubrique des faits divers, le meurtre d’un albinos.

La persistance des sacrifices humains

L’ambivalence et l’ambiguïté que représente un être blanc né de deux parents noirs alimentent les croyances et les pratiques occultes autour des albinos. Dans la plupart des cas, c’est la femme qui est tenue responsable de cette maladie. « On l’accuse d’avoir dormi enceinte à la belle étoile dans un endroit interdit ou d’avoir été infidèle à son mari pendant la grossesse » explique à Afrik.com Fabéré Sanon, le président de l’association pour les personnes albinos (ANIPA) basée au Burkina Faso. On attribue souvent des pouvoirs maléfiques ou bénéfiques aux albinos. « Ils auraient des forces surnaturelles, ils pourraient prédire l’avenir, jeter des mauvais sorts et apporter la richesse », poursuit M. Sanon. Dans le meilleur des cas, les albinos se font offrir des présents. « Les personnes me suivaient pour me donner des cadeaux pour que je leur porte chance, j’ai toujours refusé » confie Korotomi Traoré, une jeune femme burkinabé arrivée depuis quatre ans en France et membre de l’association française pour les albinos baptisée Genespoir.

Malheureusement, les albinos sont recherchés pour les sacrifices humains, prometteurs en termes d’enrichissement ou d’élévation sociale. « Au moment des compétitions électorales, les albinos sont convoités par les candidats. Pendant cette période nous devons rester chez nous », indique Fédéré Sanon. « Les albinos ne sont plus perçus comme des êtres humains mais comme des objets sacrificiels convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes », ajoute-t-il.

C’est au niveau du corps social que les répercussions sont les plus influentes et les plus fréquentes. Même si cette pratique a tendance à devenir de moins en moins courante, les albinos peuvent être rejetés à leur naissance. « Quand je suis né, mon père ne voulait pas de moi, heureusement le reste de ma famille l’a convaincu de me garder pensant que j’étais une bénédiction », explique Anguy Bajikila Mudimba, le président d’Albinos sans frontières (ASF) en République démocratique du Congo. Souvent, perçus comme un mauvais présage, ils vivent reclus. « Je ne suis presque jamais sortie de chez moi, par peur que l’on me fasse du mal », affirme la burkinabé Korotimi Traoré. Les croyances mènent la vie dure aux albinos. Même en France, ils sont encore victimes de rejet. « Les Africains me regardent bizarrement, ils me toisent. Ils ont peur de moi », confie Mme Traoré. Je suis partie du Burkina Faso pour échapper aux croyances mais elles me poursuivent jusqu’en France », confie-t-elle.

Le rôle des associations en Afrique

« Les superstitutions tendent à diminuer en Afrique car les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie », explique Fabéré Sabon, le responsable d’ANIPA. « Les associations ont très peu de moyens pourtant le continent est l’un des plus touchés par cette infection », ajoute-t-il. Grâce à des campagnes de sensibilisation dans les villages, les albinos sont de moins en moins perçus comme des êtres à part. Un bon espoir pour les malades qui souhaitent à présent que les gouvernements soient plus attentifs aux problèmes de santé liés à l’albinisme.

[1] les pays les plus touchés en Afrique sont le Mali et le Cameroun

Voir aussi:

Kisangani: le dur combat des albinos pour se faire accepter
Pépé Mikwa
Syfia Grands Lacs /RD Congo
21-02-2008

Depuis que les albinos se sont regroupés en association pour lutter contre les préjugés trop répandus sur la couleur de leur peau, et défendre leurs droits, le regard que posent sur eux les habitants de Kisangani change. Même s’il reste encore du chemin à parcourir.

“As-tu déjà vu le cadavre d’un albinos ?”, interroge-t-on souvent dans les rues de Kisangani, quand on parle des personnes albinos. Selon une croyance très répandue dans le chef-lieu de la Province Orientale et dans presque toute la République démocratique du Congo, le corps d’un albinos disparaîtrait en effet après la mort. De nombreux autres préjugés circulent à leur sujet : ils sont sorciers, porte-malheur, inaptes au travail, ils disparaissent la nuit… La naissance dans une famille d’un bébé albinos est dès lors souvent source de conflit. “C’était à chaque fois un choc, une honte et une humiliation pour moi”, raconte Nafi Kifuku, une mère qui a deux enfants de cette couleur de peau.
Pourtant, l’un de rares préjugés “positifs” répandus dans cette région raconte qu’une mèche de cheveu d’un albinos accrochée à un filet de pêche apporte plus de poissons, ou plus d’intelligence à l’élève qui le noue à son stylo…

Pour combattre toutes ces croyances bien ancrées dans la société, les albinos de Kisangani se sont regroupés en Association pour la protection et le développement de la personne albinos (Aprodepa). A 162 membres, ils font désormais cause commune pour, disent-ils, “changer la perception négative que les gens ont de nous…” Dans les médias, les églises, lors des conférences-débats ou en faisant le porte-à-porte dans des familles, ils font passer des messages forts : “Les albinos sont des personnes comme vous. Nous ne sommes pas des sorciers. Nous ne manquons que de la mélanine qui rend la peau noire. C’est prouvé par la science…”

Briser l’isolement et les préjugés

Partout où ils peuvent se faire entendre, ils expliquent qu’ils ont les mêmes aptitudes physiques et intellectuelles que tout le monde, plaident pour leur accès à l’éducation, à l’emploi et au mariage. Leur président, Jean Janvier Ndumba, est parmi eux un exemple de courage, un homme débarrassé de tout complexe. “Quand j’avais 5 ans, ma mère me mettait du cirage sur mes cheveux pour les noircir”, rappelle-t-il avec humour. Agé aujourd’hui de 40 ans, directeur d’une école de personnes vivant avec un handicap, il a posé sa candidature aux législatives de 2006. “J’ai échoué mais j’ai beaucoup appris de cette expérience”, dit-il.

Pour espérer changer la perception du reste de la société à leur égard, les albinos ont d’abord commencé par briser les barrières qui existaient entre eux. Ils se réunissent, marchent ensemble dans la rue, ce qu’ils ne faisaient pas avant pour ne pas s’attirer le regard des gens. Lors des réunions, ils apprennent des leçons d’hygiène et de “réarmement moral” : toujours porter le chapeau et une chemise manche longue pour se protéger conte le soleil, se laver chaque jour, fréquenter l’école, ne pas se sous-estimer…Ils reçoivent en plus des crèmes solaires, des lunettes et apprennent à coudre ou à tricoter, ce qui leur permet de mieux se valoriser.

Beaucoup reste à faire

Nafi, la mère de deux albinos, reconnaît que la perception des membres de sa famille à l’égard de ses enfants a changé, depuis qu’ils suivent les conseils d’hygiène corporelle à l’Aprodepa. Dans les écoles, le regard n’est pas non plus aussi méfiant envers les élèves albinos. “Mes amis m’acceptent, je joue avec eux”, affirme John Motohato, 6 ans, qui partage son banc d’école avec d’autres petits.

Chargé des relations publiques à l’association, le frère de Jean Janvier, Servain Ndumba ne crie pas encore victoire. “Les gens nous approchent de plus en plus, car ils apprennent des choses qu’ils ignoraient sur l’albinisme, dit-il. Mais il y a encore beaucoup à faire surtout dans les milieux et familles peu lettrés”, où les préjugés ont encore la dent dure.

ENCADRE

L’albinisme, l’absence de pigmentation de la peau, ne frappe pas que les humains. La proportion chez l’homme, qu’il soit noir, blanc ou jaune, est d’un cas sur 20 000 mais les risques sont accrus en cas de mariage consanguin. La coloration de la peau est due à la présence dans l’épiderme de cellules capables de synthétiser un pigment brun : la mélanine. Mais la rencontre, lors de la fécondation, de deux gènes dits mutés entraîne un blocage de cette production. La peau et les cheveux de l’enfant seront blancs comme le lait, ses yeux très pâles avec parfois un reflet rouge au fond.

Voir également:

Les albinos s’insurgent contre leur marginalisation
Lyne Mikangou
Genespoir

Face aux brimades et à la marginalisation dont sont victimes les albinos au Congo, s’est créée la Fédération pour la Défense des Albinos du Congo. Témoignages.

Joséphine Ibouna, 48 ans, considérée comme la première albinos intellectuelle et qui a contribué à la création de la Fédération pour la Défense des Albinos du Congo, témoigne : “Nous albinos, pourtant Congolais au même titre que les autres, sommes marginalisés par la société entière qui nous rend responsables de tous les maux. Nous sommes accusés de sorcellerie, de pratiques magiques”. Une légende mystico-religieuse indique les albinos ne meurent jamais, mais disparaissent plutôt, qu’ils ne voient pas la nuit, ont les yeux rouges, une intelligence médiocre et un développement anormal.
L’histoire de J. Ibouna épouse depuis son enfance tous ces contours faits de malédictions et de superstitions. Elle est mère de 5 enfants, parfaitement noirs et donc “normaux”, selon les critères d’appréciation des Congolais. Elle est licenciée en santé publique et est responsable des questions liées à l’Information, l’Education et la Communication et est ainsi en contact régulier avec de nombreux interlocuteurs. Elle explique que lorsqu’elle animait des émissions radiophoniques en français et en langues locales, l’amplitude et le timbre de sa voix avaient charmé un inconditionnel à Libreville au Gabon”. Ce correspondant a insisté pour obtenir une photo dédicacée. Et ce qui devait ressembler à une relation suivie a laissé place à de l’amertume car recevant la photo, le correspondant a définitivement rompu les amarres.
En dépit du regard des autres, de sa différence, des humiliations, des moqueries, de l’étonnement, du désintéressement, J. Ibouna a pu se faire une place dans la société congolaise. Elle délivre un message fort et fait preuve d’une véritable introspection lorsqu’elle expose les difficultés rencontrées avec sa fille de 6 ans. “En me promenant un jour avec ma fille cadette, celle-ci a refusé que le lui prenne la main, certainement gênée devant ses petits camarades par mes cheveux et la couleur de ma peau”.
Religieuse de confession catholique, J. Ibouna, fervente croyante a puisé dans la religion et dans la foi en Dieu, le ressort nécessaire pour aller de l’avant dans son parcours scolaire et professionnel, ainsi que le réconfort dans ses moments de détresse, de doute et de chagrin dus à son handicap biologique.
“Pour que cessent les affronts subis au quotidien, il n’y a pas d’autres remèdes que de retrousser les manches. Tant qu’on ne fait rien, tout le reste ne sera que coup d’épée dans l’eau”, suggère-t-elle, toute confiante. Si J. Ibouna a pu dominer les affront de la vie, pour beaucoup d’albinos la situation est difficile. La plupart sont victimes de discrimination dans le système scolaire et la vie active. Au plan scolaire, par exemple, mal adaptés à leur environnement, les albinos souffrent des tares physiques et sont très peu scolarisés. Leur effectif est donc moins considérable du fait du complexe d’infériorité qui les hante. En revanche, ceux qui résistent n’arrivent souvent pas au terme de leurs études. Il suffit de considérer la représentativité de cette catégorie sur le marché du travail. “Les fréquentes tortures psychologiques et morales ne permettent pas aux albinos d’avoir accès à l’école. Ceux qui y vont ne terminent pas leurs études à cause de ces tortures. Alors, ils se renferment sur eux-mêmes”, déclare Symphorien Yara, président de la fédération pour la défense des albinos du Congo, faisant remarquer que le nombre très insignifiant des albinos sur le marché du travail s’explique par l’arrêt des études. Des propos que ne partagent Victorine Oniongo, étudiante en histoire à l’université Marien Ngouabi. Apparemment épanouie, cette étudiante née de parents normaux, a un albinisme partiel, localisé à l’œil et aux cheveux à mèches blanches. Elle ne veut pas se contenter de raler dans un coin, où très souvent, face aux curiosités humaines, les albinos opposent un silence mouillé de larmes. “Nous traînons derrière nous une longue tradition de maltraitance”, raconte-t-elle. “S’acharner à vouloir changer les autres est peine perdue. Se plaindre, geindre, gémir, accuser les autres de nos malheurs est pure perte de temps. Et croire que les choses s’arrangent d’elles-mêmes est veine illusion. Aussi, V. Oniongo propose-t-elle comme remède d’adopter un comportement conséquent qui éviterait bien des désagréments. Sur une centaine d’albinos établis à Brazzaville, deux seulement travaillent. Il s’agit de J. Ibouna et d’un homme enseignant dans un lycée. Ce dernier étant, hélas, décédé. Même la mort de cet enseignant a fait ressurgir le mythe de l’immortalité des albinos. C’est pourquoi à Ouenze, quartier nord de Brazzaville où étaient organisées les obsèques, des centaines de personnes s’empressaient de voir, même de toucher la dépouille, car pour nombre d’entre elles, les albinos ne meurent jamais, mais disparaissent sans laisser de traces. “C’est la première fois que je vois la dépouille d’un albinos car on m’a toujours appris que les albinos ne meurent pas”, s’étonne Jean-Pierre Obambi, ingénieur des travaux publics. “Cela témoigne des préjugés dont nous sommes victimes”, tente d’expliquer M. Yara. “Et cela se passe ainsi dans tous les domaines”, souligne-t-il. Claire Sita, restauratrice, témoigne : “il y a des hommes vicieux qui continuent de penser que la femme n’est qu’une objet dont on peut se servir comme on veut, juste pour voir si la femme albinos a les mêmes vibrations que les autres qu’ils considèrent normales. Mais on ne les laisse pas faire”. Il est fréquent de voir les parents s’opposer au mariage de leur fille avec un albinos, fait qu’ils jugent inimaginable. “Moi, j’ai du mal à faire comprendre aux parents de ma fiancée que je sui un homme comme tous les autres, mais ils s’opposent à notre union, parce qu’il est inimaginable que leur fille épouse un albinos”, se lamente Yara qui estime que seule l’instruction permettra aux albinos de s’imposer dans la société.
Leur “couleur”, particulière fait d’eux des êtres vulnérables. De même, on surprend un homme en train de tirer un cheveu de sa tête après avoir salué un albinos, parce que craignant d’être contaminé par la couleur de ce dernier. Jean-Pierre Obambi explique : “nos ancêtres nous ont toujours appris à tirer un cheveu après être entré en contact avec un albinos. Même si on le voit de loin, il faut toujours le faire. Cette couleur est contagieuse et peut généralement se transmettre par la simple vue et quand on ne le fait pas, on peut être frappé d’un mauvais sort”. Ces injustices ont conduit à créer la fédération pour la défense des albinos du Congo. Et ce dans le but de promouvoir leurs intérêts, de lutter pour leur insertion, leur acceptation et leur intégration. “Nous voulons promouvoir nos droits et convaincre nos semblables que les albinos sont des personnes à part entière et qu’il n’y a pas de raison de profiter de notre couleur pour nous brimer”, a déclaré M. Yara qui a lancé un appel à la communauté internationale et aux organisations sœurs dans le monde, afin d’aider les albinos du Congo à se faire accepter dans la société. Au plan officiel, les pouvoirs publics traînent les pieds à aider cette association à réaliser ses objectifs. Pour donner de l’espoir aux nombreux albinos du monde, M. Yara, qui est également auteur, a écrit quelques poèmes sur la situation des albinos. Parmi ces poèmes, figure “ne vous en faites pas”, qui dit entre autre “qu’être albinos n’est pas vœu”, et que “personne au monde ne choisit sa couleur, son sexe ni sa race”. Il termine par une phrase d’espoir “ne vous en faites pas”, comme pour dire “l’union des albinos du monde” aura raison des préjugés et l’albinos retrouvera sa place dans la société.

Voir enfin:

Enquête sur l’albinisme
Les Echos
Propos recueillis par Idrissa Sacko
22 juillet 2005

THIERNO DIALLO, UN ALBINOS DIRECTEUR GENERAL

« Tout couple peut avoir un albinos si l’anomalie génétique existe en eux »

Thierno Diallo, le directeur général de la Pyramide du souvenir, est un albinos. Dans l’entretien ci-dessous, il nous parle de l’albinisme, des préjugés à l’égard des albinos et de leurs conditions de vie.

Les Echos : Pouvez-vous nous dire ce que c’est que l’albinisme et comment le devient-on ?

T. D. : Je dois d’abord remercier « Les Echos » pour cette initiative, qui va certainement contribuer à éclairer la lanterne de plus d’un sur un sujet aussi vieux que le monde. Cela étant, l’albinisme est tout simplement l’absence de mélanine dans la peau. C’est une anomalie génétique héréditaire. Donc, tout couple peut avoir un albinos si cette anomalie génétique existe en eux.

Les Echos : Les causes étant connues, est-ce qu’il y a des mesures correctives pour qu’un enfant ne naisse pas albinos ?

T. D. : C’est vrai que la science a évolué, mais actuellement elle peut seulement détecter un albinos chez une femme enceinte de 3 mois. Peut-être bien que dans l’avenir ce sera possible d’éviter que l’enfant albinos très vite détecté naisse avec l’anomalie.

Les Echos : Comment, selon vous, l’albinos est accueilli dans sa famille d’abord, dans la société en général ?

T. D. : Ça dépend des concepts que les sociétés ont de ce phénomène.

L’albinos est bien accueilli par les spirituels parce que pour eux les écrits bibliques et autres disent que le prophète Noé était albinos. Certains musulmans trouvent que c’est la manifestation du prophète Mohamed dans les rêves. Par contre, il est mal accueilli par ceux-là qui pensent qu’il est le fruit des esprits, de la souillure (enfant conçu lors des périodes des règles de la femme), ce qui est scientifiquement faux tout comme des affirmations qui soutiennent qu’il y a albinos lorsque la femme fait l’amour à la belle étoile ou en plein jour. C’est pourquoi, certains l’appellent « enfant de la lune ».

Les Echos : Cela veut dire qu’il y a beaucoup de préjugés sur l’albinos ?

T. D. : Ah oui ! Quels que soient les concepts, l’albinos est victime de préjugés. Il servira de sacrifice parce que, pour certains, il porte en lui des pouvoirs magiques. Ou souvent, il est victime d’infanticide…

Les Echos : Comment se sent un albinos dans la communauté, un homme extraordinaire ou normal comme les autres ?

T. D. : C’est une question très difficile. Mais, personnellement, je ne sens pas de différence entre les autres et moi parce que éduqué dans un amour total de parents intellectuels. Souvent, il m’arrive de me demander est-ce que si je n’étais pas albinos, je serai ce que je suis. Cependant, certains albinos souffrent d’exclusion, de marginalisation compte tenu des préjugés évoqués tantôt.

Les Echos : Autres difficultés ?

T. D. : Il y a la fragilité pigmentaire et la faiblesse de la vue d’où le terme « yé-fégué », qui n’a rien de péjoratif. Ça signifie simplement quelqu’un qui n’a pas une bonne vue.

Les Echos : Existe-t-il au Mali, une association des albinos ?

T. D. : Il y a effectivement l’Association pour la promotion et l’insertion sociale des enfants albinos (SOS-Albinos) créée en 1992 par d’autres pour les albinos.

Les Echos : Comment doit-on se comporter à l’égard d’un albinos ?

T. D : On doit le traiter comme un homme tout court. Pour moi, il n’y a pas de demi-homme. On doit le traiter en homme normal sans tenir compter des préjugés. Certains des jeunes diplômés albinos n’arrivent pas à accéder à l’emploi du fait des préjugés. C’est dommage. Je saisis cette opportunité que vous m’offrez pour dire que l’albinisme n’est qu’une anomalie qui peut être uniquement oculaire, qu’il existe partout dans le monde, c’est-à-dire dans toutes les sociétés humaines et même animales. Ayons cela à l’esprit ! Toute personne bien portante est un handicapé potentiel.

LES ALBINOS Des victimes potentielles de cancers de la peau

L’albinisme est une anomalie génétique touchant la synthèse d’un pigment responsable de la coloration de la peau et des poils et donnant une coloration rouge aux yeux.

L’albinisme vient du latin « albus », qui signifie blanc. Il désigne la diminution ou l’absence totale de la matière colorante des téguments (la peau et les poils), suite à une anomalie génétique. Lorsque l’absence est double, la peau et les poils sont de couleur blanche, tandis que les yeux sont rougeâtres.

Parfois, la coloration des téguments est normale et seuls les yeux sont touchés. Cette matière colorante qui fait défaut s’appelle la mélanine, explique Dr. Minaba Traoré.

Un individu portant un albinis est appelé albinos. Aux dires de Dr. Traoré, contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, l’albinisme n’est pas une maladie dans le sens « altération de la santé », mais une « tare », une défectuosité dans la synthèse de mélanine.

Selon lui, il existe plus d’une dizaine de formes d’albinisme, dont certaines sont de transmissions récessives, d’autres dominantes et liées au sexe.

La forme la plus connue est l’albinisme oculo-cutané de type 1 ou plus simplement AOC type 1. Elle correspond aux dires de Dr. Minaba Traoré à une anomalie génétique touchant le gène codant pour une enzyme, la tyrosinase.

Ce qui explique la couleur rougeâtre de l’albinos, selon le spécialiste, c’est que l’iris et les autres structures de l’œil ne sont pas colorés du fait de l’absence de mélanine.

Consultations gratuites

On voit alors, par transparence, la rétine. Celle-ci est riche en vaisseau sanguin. L’albinisme peut exposer l’individu à certains problèmes, notamment au niveau de la peau et des yeux.

Les albinos à en croire, M. Traoré ont essentiellement des problèmes : sensibilité voire douleur des yeux à la luminosité, mouvements anormaux du globe oculaire, strabisme, problèmes relatifs et une mauvaise acuité visuelle de loin.

L’autre problème des albinos est leur sensibilité forte à la lumière du soleil, mais aussi un risque plus important de cancer de peau (défaut de protection contre les UV).

Il semble que les albinos soient plus nombreux dans le cercle de San que partout ailleurs au Mali.

Les dermatologues proposent à ceux qui sont en état précancéreux de se faire consulter le plus tôt possible pour éviter le cancer de peau qui, à un certain moment, s’avère irréversible.

Selon Dr. Pierre Traoré de l’Institut Marchoux, deux modes de protection s’imposent à ces patients.

Ils doivent, conseille-t-il, se protéger des rayons ultra violets (UV) en portant des chapeaux et en utilisant des substances chimiques anti-solaire (crèmes).

De façon systématique, ajoute-t-il, les albinos doivent se faire régulièrement consulter pour détecter à temps les lésions. Pour leur prise en charge, l’Institut Marchoux, affirme-t-il, procède depuis un certain temps à des consultations trimestrielles gratuites.

Il existe plusieurs types d’albinismes. Mais pour faire la différence entre eux, il faut au préalable faire des tests.

-Amadou Sidibé
Mohamed Daou

MOHAMED BOUARE DE FALADIE

La dure vie d’un enfant albinos

Le témoignage poignant de Mme Bouaré, mère d’un garçon de 9 ans, prouve à suffisance les difficultés que les enfants albinos rencontrent dans la vie quotidienne.

Les albinos sont des êtres comme tout le monde. Mais, au regard de la couleur de leur peau, ils suscitent souvent certaines interrogations et font objet de divers préjugés. Le petit Mohamed, albinos de 9 ans et élève en 3e année fondamentale à l’école de Faladié n’échappe pas à la règle.

Selon sa mère, Mohamed vit un calvaire dans son établissement à cause de ses camarades qui le rejettent. « Chaque jour que Dieu fait, si Mohamed ne vient pas les larmes aux yeux, il retourne avant l’heure tellement qu’il est embêté par ses petits camarades. C’est toujours le même langage. S’ils ne l’accusent pas d’être un sorcier blanc, ils le traitent d’enfant de djins ou de petit Blanc café au lait ».

Les rares camarades qui l’approchent sont vite dissuadés par d’autres qui prétextent que Mohamed va les contaminer avec sa peau tachetée.

Pis, dira Mohamed lui-même, ses voisins de classe refusent de partager ses goûters et l’excluent de tous les jeux dans la cour de récréation. Ne supportant pas ce traitement injuste, il préfère plier ses bagages et retourner à la maison alors qu’il est l’un des meilleurs élèves de la classe.

Face au mauvais comportement de ces élèves, la mère de Mohamed dit avoir interpellé le directeur de l’établissement.

« Malgré les menaces de ce dernier à l’endroit des élèves, mon fils reste ». C’est pourquoi, elle envisage de l’inscrire dans une école où il pourra étudier en toute quiétude.

Dans le quartier aussi, le petit albinos est souvent confronté au même problème. « Personne n’achète l’albinisme au marché. C’est un fait de Dieu et toutes les femmes peuvent mettre au monde des albinos.

Donc, soyons ouverts avec ces enfants qui sont des personnes comme nous tous », conseille Mme Bouaré. Elle appelle la société malienne à plus de tolérance envers les enfants albinos qui méritent, selon elle, respect et considération.

Sidiki Y. Dembélé

NIAMA KONE, CONTROLEUR DES POSTES

Albinos et fière de l’être

Agée d’une trentaine d’années, Melle Niama Koné est contrôleur des postes en service à la direction générale de la poste. Elle dit n’avoir aucun complexe quant à sa situation d’albinos et ne souffre pas plus de discrimination dans sa carrière qui a débuté en 1991.

Joviale et courtoise, Niama Koné est née d’un père médecin et d’une mère ménagère. Elle est le troisième enfant d’une famille qui en compte 10. Son frère cadet, infirmier de santé à Sikasso, est albinos comme elle.

C’est en 1991 qu’elle a été recrutée à la poste en qualité de contrôleur. Elle a effectué ses premiers pas dans le métier de postier à Sikasso. Après une mutation à Koulikoro, elle regagne Bamako.

« Je n’ai rencontré aucune difficulté jusqu’à ce jour, aucune frustration liée à la couleur de ma peau dans mes différents postes. Dans ma vie de tous les jours, c’est la même chose », indique Melle Koné.

Seul constat, qui ne la gêne d’ailleurs outre mesure, ce sont les quelques hostilités des enfants qui crachent au passage des albinos.

En toute humilité, Niama Koné, dont le cœur n’a pas encore rencontré l’âme sœur pense, que « tout part de Dieu et tout revient à Lui ».

Elle n’a pas honte de sa situation de célibataire même si elle souhaite, comme toute femme normale, mener une existence d’épouse et de mère.

Parlant de son frère albinos, elle juge ses relations satisfaisantes avec ses collègues, qui apprécient bien ses prestations. Le seul problème vécu par son jeune frère, Niama Koné le met au compte de l’Etat.

A ses dires, son frère, recruté dans la fonction publique en 1999, a été affecté à Diré au nord du pays où le mercure atteint souvent les 45°C.

Un climat défavorable à la santé des albinos. Toujours, selon elle, la famille a remué ciel et terre pour le ramener dans une région plus clémente pour lui éviter des maladies cutanées dues à l’effet du soleil.

« Malgré mes propres efforts, il a été retenu à Diré sous peine d’être radié de la fonction publique. La conséquence : il a souffert de problèmes dermatologiques. « Son ministère a été injuste », explique-t-elle.

C’est grâce à l’implication d’un cadre du Centre national des immunisations, qui a été sensible à son état de santé dégradant lors d’une mission à Diré, il fut alors muté à Sikasso.

Mlle Koné se réjouit d’avoir échappé à la formation militaire pour intégrer la fonction publique. Elle a pratiqué plutôt la forme civique.

Abdrahamane Dicko

TIBOU TELLY, SG ADJOINT DE L’UNTM

« Pas de discrimination contre les albinos »

Tibou Telly est l’un des monuments du syndicalisme malien. Enseignant de profession et secrétaire général du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), il occupe le poste de secrétaire général adjoint de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). M. Telly a près de 30 ans de vie syndicale bien remplie.

Fort de sa riche expérience, il affirme que son syndicat mère, l’UNTM, n’a été saisi d’aucune plainte émanant d’un albinos travailleur faisant état de discrimination ou brimade dans son service.

« De mémoire de syndicaliste, nous n’avons aucune information de ce genre », tranche-t-il.

Pour M. Telly, les albinos ne sont pas généralement rejetés dans notre société. Il fait allusion à un jeune releveur de l’EDM, qui a l’habitude de venir à la Bourse du travail et qui est choyé par le personnel syndical.

Cependant, ajoute-il, certains à cause des saignements de peau donnant des odeurs nauséabondes ou des taches noirâtres, peuvent penser qu’ils sont marginalisés ou répugnants.

A. D.

Le syndrome de l’albinisme

Dans notre société, on ne connaît pas d’anomalie biologique plus redoutée que l’hydrocéphalie et l’albinisme et le plus grand malheur qu’on puisse souhaiter à un homme ou à une femme est d’être le père ou la mère soit d’un albinos, soit d’un hydrocéphale. L’un ressemble au jinè, l’autre au bilisi, ce qui revient à la même chose, ces deux créatures étant de la même famille.

Quoique de compréhension scientifique facile, l’albinisme, surtout, est pris pour une calamité pour toutes les femmes en âge de procréer. Pour le citoyen ordinaire chez lequel dominent plus la superstition et l’animisme que le rationalisme cartésien, il n’est pas normal que deux individus de teint noir avéré puissent avoir comme rejeton une créature blanche avec les cheveux blond paille et des yeux étrangement immobiles de chatte enceinte.

Même pour l’élite dont beaucoup d’éléments croient plus aux puissances surnaturelles qu’au « Manifeste du Parti communiste » ou du « Discours de la méthode », l’accident biologique à l’origine de l’albinisme n’est pas tout à fait naturel. C’est pourquoi, quel que soit le milieu choisi, toute une littérature des plus mauvais goûts entoure cette malformation. La femme, de façon générale, en est tenue pour la principale responsable.

Lorsqu’elle se produit, elle est accusée soit d’avoir dormi enceinte à la belle étoile à un endroit où il ne le fallait pas, soit de s’être lavée au crépuscule à un lieu de passage des djins, permettant ainsi à l’un de ceux-ci de lui voler son bébé et de lui substituer un autre à mi-chemin entre le jinè et l’être humain.

Pourtant, des albinos, cela existe partout : même en Europe, même en Amérique et en Asie. Dans les pays scandinaves d’Europe du Nord, ils sont plus nombreux que dans le reste de l’Europe, mais, simplement appelés rouquins sous ces cieux, ils sont noyés dans la grande masse laiteuse de la multitude en mouvement et passe sans attirer l’attention.

Par contre, chez nous, l’albinos ne passe jamais inaperçu, tellement son image est négative. Sa peau excessivement blanche fait qu’on lui attribue des pouvoirs qu’il est loin de posséder. Sa nature particulière fait qu’il est tout à fait indiqué pour les sacrifices humains difficiles mais prometteurs en termes d’enrichissement ou d’élévation sociale.

Au moment des compétitions électorales, il est particulièrement recherché par les candidats comme d’autres recherchent les poulets et les moutons pour leurs sacrifices conformément aux sentences des oracles, des devins et autres marabouts.

Ils sont légion les albinos qui ont mystérieusement disparu dans la foulée des campagnes électorales et qu’on n’a pas retrouvés mais cela n’émeut personne, même pas leurs propres parents.

Dans les villes comme dans les campagnes, la condition d’albinos est un lourd fardeau. Dans certains coins de brousse, le garçon albinos n’est pas circoncis avec ses semblables, on se débrouille pour lui faire subir cette opération à part et presque en cachette.

Pour un père ou une mère, le mariage d’un albinos représente la chose la plus ardue au monde. S’il n’est pas de parents aisés, ayant quelque situation dans son milieu, à moins de tomber sur une fille de mêmes conditions et de même pigmentation que lui, le garçon albinos risque le célibat à vie.

Quant à la fille, sa situation est encore plus dure, surtout si elle sort d’un milieu pauvre. Les garçons la fuient comme la peste et invoquent des raisons tout à fait ridicules comme ses yeux qui font peur, son odeur suffocante, sa peau qui colle, etc, pour ne pas la fréquenter. En un mot, tout est prétexte pour lui trouver des poux sur la tête.

Dans les temps anciens, l’albinos n’était pas enterré au village. Son corps était conduit nuitamment en brousse et déposé dans une grotte qu’on refermait sommairement avec des branchages. Dans certaines zones, il était transporté loin du village et jeté en pâture aux hyènes, aux vautours et aux charognards.

L’introduction de l’islam a un peu modifié le comportement des gens avec les cadavres d’albinos qui ne sont plus jetés mais enterrés, même si cet enterrement est encore entouré du plus grand secret et du plus grand mystère.

Rares sont d’ailleurs les gens qui en ville pensent se targuer d’avoir assister à un enterrement d’albinos et dans le plus grand cimetière de Bamako on chercherait en vain le tombeau d’un albinos.

Et en réalité, hormis les parents biologiques, personne ne sait ce qui peut advenir des corps d’un albinos, même aujourd’hui.


Désinformation: Les 10 mythes sur le SIDA (Why the Pope was right after all)

30 mars, 2009

Ugandan AIDS poster

Le problème de l’Afrique n’est pas la forte promiscuité ou même les coupables habituels des groupes à haut risque comme les prostituées ou les routiers, mais plutôt  le phénomène social des  “partenaires simultanés”. Autrement dit, les Africains n’ont pas plus de partenaires sexuels que le reste du monde et nettement moins que les homosexuels dont les taux d’infection sont exponentiellement inférieurs; mais ils ont un nombre restreint de partenaires sexuels simultanés”, en même temps plutôt qu’un par un ou séquentiellement. Ce qui a lancé le virus comme un train fou sur la population générale .
En 1989, l’Ouganda avait l’un des taux d’infection les plus élevés du monde, mais  entre à peu près 1992 et 2002, le taux d’infection est tombé des deux-tiers. Pour Epstein, la clef du succès n’avait rien à voir avec  les milliards de dollars de l’Occident, mais avec “l’efficacité collective” d’une “calamité partagée” par des personnes s’entraidant et parlant ouvertement du fléau. En particulier, la “réduction du nombre de partenaires”, ajoute-elle, et non l’utilisation tant  vantée de préservatifs, a aidé les Ougandais à faire face au phénomène culturel des”partenaires simultanés”. La réduction de partenaires, comme le disait un membre du projet, est ainsi “le cadet négligé de l’approche ABC “de l’abstinence, de la fidélité ( “soyez fidèle”) et des préservatifs. Le “Papillonnage zéro”, comme l’a demandé le président ougandais, représente ainsi  un traitement silencieux déjà disponible, aussi précieuses que soient les autres approches. Daniel B. Clendenin (critique de “The Invisible Cure: Africa, the West, and the Fight Against AIDS”, Helen Epstein)

Et si la meilleure morale rejoignait la meilleure science?

Suite à la très douteuse polémique dont vient d’être victime le pape Benoit XVI

Et devant la crasse ignorance ou la peur d’apparaitre moralisateurs et donc rétrogrades dont font preuve nombre de nos médias et commentateurs …

Comme les guerres culturelles entre les capotards et les abstinards ou les priorités concurrentes des programmes de prévention …

Petit retour, avec un intéressant commentaire du médecin James D Shelton sur le site du Lancet il y a deux ans,  à la réalité du terrain et surtout, derrière la démystification des principales idées reçues sur le SIDA (merci “Albert Barrois” et pratispharma) …

A la vérité de la priorité à accorder au vecteur principal, notamment en Afrique, des épidémies généralisées, à savoir les relations sexuelles simultanées

Et donc, pour atteindre cet objectif crucial de limitation du nombre de partenaires et rendre encore plus efficaces les autres approches de prévention, à l’importance et la possibilité du changement de comportement de masse, via des techniques de changement de comportement adaptées aux cultures locales …

Extraits et résumé:

1. Le VIH se répand comme une trainée de poudre
2. La prostitution est le problème
3. Les hommes sont le problème
4. Les adolescents sont le problème
5. La pauvreté et la discrimination sont le problème
6. Les préservatifs sont la solution
7. Le test VIH est la solution
8. Le traitement est la solution
9. Les nouvelles technologies sont la solution
10. Les comportements sexuels ne changeront pas

- La contamination est, excepté au début, faible dans les rapports hétérosexuels (8% annuels), sauf dans les cas de relations simultanées (plus d’un partenaire régulier à la fois) qui semblent inciter à plus de relations risquées que les relations sporadiques ou exclusives comme dans les régions d’Afrique les plus affectées.

- Le ciblage de la prostitution officielle dans les campagnes de prévention a peu d’utilité, le facteur déterminant étant les relations simultanées où l’argent est souvent un facteur comme dans les relations de type sexe transactionnel (prostitution clandestine ou non affichée) c’est-à-dire motivé par le gain matériel ou financier notamment en milieu scolaire et estudiantin (on parle par exemple, dans les universités africaines francophones et sur le ton entendu de la rigolade, de “diplômes sexuellement transmissibles”, “MST” représentant ainsi “Maitrise Sexuellement Transmissible” ou, au niveau privé, de “2e bureau”).

- la contribution des femmes, même si le comportement des hommes est naturellement un facteur substantiel (notamment dans les relations inter-générationnelles ou forcées) pour l’installation d’épidémies généralisées, est aussi déterminante et la proportion est élevée (parfois la majorité) de femmes séropositives dans les couples où un seul partenaire est affecté

- les interventions sur les jeunes, y compris l’abstinence, bien qu’importante, sont d’utilité limitée, étant donné que dans les épidémies généralisées pratiquement tous les âges sont affectés

- le virus est souvent plus commun dans les milieux aisés peut-être parce que l’argent et la mobilité permettent les relations simultanées, des baisses importantes de la contamination pouvant aussi se produire sans réduction de la pauvreté comme au Zimbabwé

- les préservatifs ont souvent un impact limité dans les épidémies généralisées (même s’ils sont déterminant, surtout pour les prostitués, dans les zones d’épidémies concentrées et au niveau de certains individus) du fait qu’au-delà de leur protection non-parfaite, les gens ne les utilisent pas toujours (surtout dans les relations irrégulières) ou peuvent même être encouragés à des pratiques plus risquées avec préservatifs ou la simple intention de les utiliser

- Le test HIV ne mène pas aux changements de comportement et à la réduction des risques auxquels on pourrait s’attendre du fait que la majorité teste négatif, que si changements il y a ils doivent être maintenus pendant des années et que les personnes très nouvellement infectées et tout particulièrement infectieuses, ne sont pas immédiatement dépistables

- le traitement pourrait lui aussi se révéler d’un effet moins salutaire que prévu (réduction des niveaux d’infection, d’infectiosité et de la dénégation du problème, promotion des changements des comportements) du fait qu’il pourrait également encourager la reprise de l’activité sexuelle une fois que les malades se sentent mieux et même la déshinibition quand ceux-ci réalisent que la maladie n’est plus nécessairement fatale

- les nouvelles technologies (vaccins, microbicides, and anti-retroviraux prophylactiques) sont, malgré les très coûteux investissements dont elles sont l’objet, encore loin des succès escomptés et ne seraient vraisemblablement destinées qu’aux populations à très haut risque, supposeraient une forte contrainte comportementale et pourraient même avoir un effet déshinibiteur

- les comportements sexuels de populations entières peuvent en fait changer devant une menace mortelle et la simple peur qu’elle inspire, comme le montre le cas des homosexuels américains dans les années 80 et les baisses de contamination au Kenya ou au Zimbabwé se sont accompagnées d’une forte réduction des relations simultanées

Voir l’article original:

Comment
The Lancet, Volume 370, Issue 9602, Pages 1809 – 1811, 1

Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics
James D Shelton
The Lancet,
December 2007

Despite substantial progress against AIDS worldwide, we are still losing ground. The number of new infections continues to dwarf the numbers who start antiretroviral therapy in developing countries.1, 2 Most infections occur in widespread or generalised epidemics in heterosexuals in just a few countries in southern and eastern Africa. Although HIV incidence has fallen in Uganda, Kenya, and Zimbabwe, the generalised epidemic rages on. Something is not working. Ten misconceptions impede prevention.

1) HIV spreads like wildfire—Typically it does not. HIV is very infectious in the first weeks when virus levels are high,3 but not in the subsequent many-year quiescent phase. Only about 8% of people whose primary heterosexual partners have the virus become infected each year.4 Thus Kenya has more couples in which only one person is infected than couples in which both are (figure).5 This low infectiousness in heterosexual relationships partly explains why HIV has spared most of the world’s populations. However, the exceptional generalised epidemics in Africa seem largely driven by concurrent partnerships, in which some people have more than one regular partner. This pattern allows rapid dissemination when a new infection is introduced6 and probably involves more frequent risky sex than in sporadic or exclusive relationships.

2) Sex work is the problem

—Formal sex work is uncommon in these generalised epidemics. In Lesotho, fewer than 2% of men reported paying for sex in the previous year, although 29% reported multiple partners.7 Nuanced economic support is an important enabler of regular concurrent partnerships and transactional sex, but the targeting of sex work in prevention campaigns has limited usefulness.

3)Men are the problem

—The behaviour of men, including cross-generational and coercive sex, contributes substantially to the establishment of generalised epidemics. But a heterosexual epidemic requires some women to have multiple partners.3 The importance of women in generalised epidemics is evidenced by the high proportion (sometimes the majority) of discordant couples in which the woman, not the man, is HIV positive (figure).5

4)Adolescents are the problem—Generalised epidemics span all reproductive ages. Although adolescent women are affected through sex with older men, HIV incidence increases in women in their 20s and later in life.8 Men are infected at even older ages. Thus interventions in young people, including abstinence, although important, have limited usefulness.

5)Poverty and discrimination are the problem

—These factors can surely engender risky sex. But HIV is paradoxically more common in wealthier people than in poorer people, perhaps because wealth and mobility support concurrent sexual partnerships.9 Moreover, HIV has declined without major improvements in poverty and discrimination, notably in Zimbabwe (notwithstanding substantial economic and social distress).

6) Condoms are the answer—Condom use, especially by sex workers, is crucial to the containment of concentrated epidemics, and condoms help to protect some individuals. But condoms alone have limited impact in generalised epidemics. Many people dislike using them (especially in regular relationships), protection is imperfect, use is often irregular, and condoms seem to foster disinhibition, in which people engage in risky sex either with condoms or with the intention of using condoms.8

7) HIV testing is the answer—That learning one’s HIV status (hopefully with counselling) should lead to behavioural change and reduced risk seems intuitive. However, real-world evidence of such change is discouraging, especially for the large majority who test negative.3 Moreover any changes must be sustained for years. And very newly infected people, who are highly infectious, do not yet test HIV-positive.

8) Treatment is the answer—Theoretically, treatment and counselling might aid prevention by lowering viral levels (and infectiousness) in those treated, reducing denial about HIV, and promoting behavioural change. However, no clear effect has emerged. Indeed these salutary effects might be outweighed by negative effects, such as resumption of sexual activity once those on antiretrovirals feel well, and disinhibition when people realise that HIV might no longer be a death sentence.

9) New technology is the answer—Many resources are devoted to vaccines, microbicides, and prophylactic antiretrovirals. Unfortunately any success appears to be far off. Moreover, such innovations might be mainly targeted only at very high-risk populations, rely on behavioural compliance, and engender disinhibition.10 Similarly, treatment of sexually transmitted infections to prevent HIV has been disappointing.11 Even male circumcision, an already available, unmistakably effective, and compelling priority will take years to have additional substantial effect.

10) Sexual behaviour will not change—Actually, facing the prospect of deadly illness, many people will change. Homosexual men in the USA radically changed behaviour in the 1980s. And the reductions in HIV incidence in Kenya and eastern Zimbabwe were accompanied by large drops in multiple partners,8, 12 probably largely as a spontaneous reaction to fear.

Truthfully, our priority must be on the key driver of generalised epidemics—concurrent partnerships. Although many people sense that multiple partners are risky, they do not realise the particular risk of concurrent partnerships. Indeed, technical appreciation of their role is recent.6 But partner limitation has also been neglected because of the culture wars between advocates of condoms and advocates of abstinence, because it smacks of moralising, because mass behavioural change is alien to most medical professionals, and because of the competing priorities of HIV programmes.

Fortunately we can enhance partner-limitation behaviour, akin to the behaviour change that many people have adopted spontaneously. State-of-the-art behaviour-change techniques, including explicit messages, that are sensitive to local cultures, can raise perception of personalised risk. Even modest reductions in concurrent partnerships could substantially dampen the epidemic dynamic. Other prevention approaches also have merit, but they can be much more effective in conjunction with partner-limitation. Now, more than 20 years into HIV prevention, we have to get it right.

I thank Daniel Halperin and Willard Cates for helpful ideas on this Comment. My views here are not necessarily those of USAID. I declare that I have no conflict of interest.

References

1 UNAIDS, WHO. AIDS epidemic update. http://data.unaids.org/pub/EPISlides/2007/2007_epiupdate_en.pdf. (accessed Nov 21, 2007).
2 World Health Organization, UNAIDS, UNICEF. Towards universal access: scaling up priority HIV/AIDS interventions in the health sector. Progress report, April 2007. http://www.who.int/hiv/mediacentre/univeral_access_progress_report_en.pdf. (accessed Nov 21, 2007).
3 Cassell MM, Surdo A. Testing the limits of case finding for HIV prevention. Lancet Infect Dis 2007; 7: 491-495. Summary | Full Text | PDF(115KB) | CrossRef | PubMed
4 Wawer MJ, Gray RH, Sewankambo NK, et al. Rates of HIV-1 transmission per coital act by stage of HIV-1 infection, in Rakai, Uganda. J Infect Dis 2005; 191: 1403-1409. CrossRef | PubMed
5 Central Bureau of Statistics, Ministry of Health Kenya, Kenya Medical Research Institute, Centers for Disease Control and Prevention Kenya, ORC Macro. Kenya demographic and health survey 2003. http://www.measuredhs.com/pubs/pub_details.cfm?ID=462&ctry_id=20&SrchTp=type. (accessed Nov 21, 2007).
6 Halperin D, Epstein H. Concurrent sexual partnerships help to explain Africa’s high level of HIV prevalence: implications for prevention. Lancet 2004; 364: 4-6. Full Text | PDF(92KB) | CrossRef | PubMed
7 Ministry of Health and Social Welfare Lesotho, Bureau of Statistics Lesotho, ORC Macro. Lesotho demographic and health survey 2004. http://www.measuredhs.com/aboutsurveys/search/metadata.cfm?surv_id=256&ctry_id=160&SrvyTp=type. (accessed Nov 21, 2007).
8 Shelton JD. Confessions of a condom lover. Lancet 2006; 368: 1947-1949. Full Text | PDF(65KB) | CrossRef | PubMed
9 Shelton JD, Cassell MM, Adetunji J. Is poverty or wealth at the root of HIV?. Lancet 2005; 366: 1057-1058. Full Text | PDF(46KB) | CrossRef | PubMed
10 Imrie J, Elford J, Kippax S, Hart G. Biomedical HIV prevention—and social science. Lancet 2007; 370: 10-11. Full Text | PDF(49KB) | CrossRef | PubMed
11 Gray RH, Wawer MJ. Randomized trials of HIV prevention. Lancet 2007; 370: 200-201. Full Text | PDF(49KB) | CrossRef | PubMed
12 Gregson S, Garnett GP, Nyamukapa CA, et al. HIV decline associated with behavior change in eastern Zimbabwe. Science 2006; 311: 664-666. CrossRef | PubMed
a Bureau for Global Health, US Agency for International Development, Washington, DC 20523, USA

Voir enfin:

Décryptage
Santé
Sida: le pape a scientifiquement raison
Albert Barrois
27 mars 2009

Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c’est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu’elle est tout simplement vraie. J’examinerai d’abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l’échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l’épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l’une des personnes est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd’hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu’en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n’est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d’avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n’est efficace qu’à 85% comme contraceptif chez ceux qui l’utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l’ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C’est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu’elles ont été surnommées “roulette vaticane”.

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d’un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En “utilisation parfaite”, le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l’OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le “risque” d’avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu’on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.

À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l’évolution de l’épidémie de SIDA à l’échelle d’une population. On a récemment appris qu’à Washington, la prévalence de l’infection par le VIH était d’au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l’Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C’est d’autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l’individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d’être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C’est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l’âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l’épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l’arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l’épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son “commentaire” publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l’épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve “les préservatifs sont la solution” [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l’USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé Edward C. Green qui est le directeur d’un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l’université de Harvard. Il s’est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu’a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d’une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les “Demographic Health Surveys” financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d’infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui signifie que si quelqu’un utilise une technique de réduction d’un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s’il n’avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).

Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd’hui à Washington avec une reprise tragique de l’épidémie. Et avant qu’on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d’ajouter qu’il est agnostique.

À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l’échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu’un âge plus tardif pour le début de l’activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l’épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu’en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l’espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l’instabilité peut être fait ailleurs. L’ennui c’est que pour obtenir l’éradication d’une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu’aujourd’hui on ne se donne pas les moyens d’arriver à ce résultat autrement qu’en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d’un changement de comportement, on n’arrivera jamais à enrayer l’épidémie.

Tous ceux qui s’étonnent que le Pape soit catholique devraient s’apercevoir que son raisonnement, loin d’être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l’abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.


Propos du Pape: Comment désinformer en trois étapes (You can’t overcome this problem with slogans alone)

23 mars, 2009
Pope cartoon
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. (…) Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. Mathieu 17: 19-21
Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l’organisme “Demographic Health Surveys” financé par les Etats-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une “technologie” de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une “compensation” qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque. (…) Les solutions avant tout médicales financées par les plus grands donateurs n’ont eu que peu d’impact en Afrique, le continent le plus durement touché par le sida. Au contraire, des programmes relativement simples, peu onéreux, visant à changer les comportements – en mettant l’accent sur la progression de la monogamie et sur le recul des premières relations sexuelles chez les jeunes – ont permis les plus grandes avancées dans la lutte contre le sida et la prévention de son extension. Edward C. Green (directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida de Harvard)
Le continent africain, ce n’est pas le Marais. Il ne suffit pas de négocier un prix de gros à la société Durex pour faire de la distribution gratuite, de demander à Line Renaud de tourner un spot télé ni d’arborer une fois l’an un petit ruban rouge à sa boutonnière. Si d’ailleurs la question du préservatif pouvait tout régler, il serait criminel que la communauté internationale ne se mobilise pas pour envoyer au quasi milliard d’Africains de quoi se protéger. (…) Puisque la seule question qui vaille est la capote, le jour viendra où, dans des affaires de viol en réunion, le port du préservatif jouera comme une circonstance atténuante. Pourrait-on s’interroger, ne serait-ce qu’un moment, sur cette société où la règle consiste à tout consommer, même les corps? François Miclos
(…) Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. (…) Benoît XVI
(…) on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème. Citation tronquée du pape
Les Français veulent le départ du Pape Titre du Figaro
Propos du pape: le PCF distribue dimanche des préservatifs place Jean-Paul II à Paris La Croix

Après la condamnation unanime du discours de Ratisbonne où contre la bien-pensance politico-médiatique un pape prenait pour la première fois au sérieux la dimension violente de l’islam …

Et plus récemment de sa prise de position sur l’aberration du prétendu “mariage homosexuel”

Mais aussi de la déclaration hyperréaliste, sur le même sujet, d’un animateur de la télévision ouvertement homosexuel et d’ailleurs décédé du sida depuis …

Petite leçon de désinformation dans nos médias la semaine dernière …

1ère étape: Tendre un piège à la future victime (avec son consentement, c’est encore mieux) avec une question sur un sujet aussi hautement polémique que le sida dès le départ de son premier voyage sur le continent le plus pauvre et le plus touché par l’épidémie …

2e étape : Tronquer largement une déclaration élaborée et plutôt nuancée (passant ainsi de 279 à… 21 mots!) et matraquer ladite déclaration sur tous les supports et du matin au soir pendant toute la semaine …

3e étape : Commander un sondage avec des questions largement orientées sur la démission dudit Pape et dénaturer totalement ledit sondage avec un titre accrocheur qui, 1er mensonge, prétend que les Français veulent le départ du pape (alors que le sondage n’a interrogé que des catholiques), puis, 2e mensonge, qu’il s’agit de l’avis de l’ensemble ou au moins la majorité des personnes interrogées (alors qu’il n’est question que de 43%) …

Cerise sur le gâteau: Donner un large écho, aux journaux télévisés du dimanche soir, à la distribution délibérément provocante et agressive de préservatifs sur le parvis de Notre-Dame à la sortie de l’office du matin par des militants homosexuels (qui ont toujours, on le sait, brillé par leur sens des responsabilités et qui ont naturellement rien à voir avec ladite épidémie) et des députés communistes (au bilan eux aussi notoirement “globalement positif”)…

Voir le texte complet de la déclaration du Pape:

Philippe Visseyrias de France 2.

*Question -* Votre Sainteté [?], parmi les nombreux maux qui affligent l’Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l’Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n’étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

*Benoît XVI -* Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades… Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l’homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la juste réponse, et c’est ce que fait l’Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font.

Voir aussi:

From Saint Peter’s Square to Harvard Square
Media coverage of papal comments on AIDS in Africa is March madness .
Kathryn Jean Lopez
National review on line
March 19, 2009

‘We have found no consistent associations between condom use and lower HIV-infection rates, which, 25 years into the pandemic, we should be seeing if this intervention was working.”

So notes Edward C. Green, director of the AIDS Prevention Research Project at the Harvard Center for Population and Development Studies, in response to papal press comments en route to Africa this week.

Benedict XVI said, in response to a French reporter’s question asking him to defend the Church’s position on fighting the spread of AIDS, characterized by the reporter as “frequently considered unrealistic and ineffective”:

I would say that this problem of AIDS cannot be overcome with advertising slogans. If the soul is lacking, if Africans do not help one another, the scourge cannot be resolved by distributing condoms; quite the contrary, we risk worsening the problem. The solution can only come through a twofold commitment: firstly, the humanization of sexuality, in other words a spiritual and human renewal bringing a new way of behaving towards one another; and secondly, true friendship, above all with those who are suffering, a readiness — even through personal sacrifice — to be present with those who suffer. And these are the factors that help and bring visible progress.

“The pope is correct,” Green told National Review Online Wednesday, “or put it a better way, the best evidence we have supports the pope’s comments. He stresses that “condoms have been proven to not be effective at the ‘level of population.’”

“There is,” Green adds, “a consistent association shown by our best studies, including the U.S.-funded ‘Demographic Health Surveys,’ between greater availability and use of condoms and higher (not lower) HIV-infection rates. This may be due in part to a phenomenon known as risk compensation, meaning that when one uses a risk-reduction ‘technology’ such as condoms, one often loses the benefit (reduction in risk) by ‘compensating’ or taking greater chances than one would take without the risk-reduction technology.”

Green added: “I also noticed that the pope said ‘monogamy’ was the best single answer to African AIDS, rather than ‘abstinence.’ The best and latest empirical evidence indeed shows that reduction in multiple and concurrent sexual partners is the most important single behavior change associated with reduction in HIV-infection rates (the other major factor is male circumcision).”

And while, as Travis Kavulla writes from Kenya today, the international media will ignore all sorts of fascinating new stories about church and civilizational growth in favor of a sexier, albeit way-too-familiar storyline, Green has some encouraging news: The pope is not alone. “More and more AIDS experts are coming to accept the above. The two countries with the worst HIV epidemics, Swaziland and Botswana, have both launched campaigns to discourage multiple and concurrent partners, and to encourage fidelity.”

The pope added during that Q&A, “I would say that our double effort is to renew the human person internally, to give spiritual and human strength to a way of behaving that is just towards our own body and the other person’s body; and this capacity of suffering with those who suffer, to remain present in trying situations.”

We need to, in other words, treat people as people. Reason with them and show them there is a better way to live, respectful of themselves and others. It’s a common-sense message that isn’t madness whether you’re in Africa or dealing with hormonal American teenagers. It’s a hard message to hear over the same-old silly debates, parodies, and dismissals. But it’s one that is based on real life—and acknowledged not just in Saint Peter’s Square but in Harvard Square.

— Kathryn Jean Lopez is editor of National Review Online.

Voir par ailleurs:

“Un glory hole (anglicisme signifiant littéralement « trou de la gloire ») est un trou pratiqué dans un mur ou une cloison dans le but (…) de permettre l’insertion d’un pénis en érection, afin d’avoir un rapport sexuel avec la personne située de l’autre côté (masturbation, fellation, pénétration vaginale ou anale). Les particularités du glory hole sont qu’il permet de conserver son anonymat et qu’il assure une séparation physique entre les partenaires. Il constitue la matérialisation poussée à son paroxysme du fantasme du rapport sexuel sans lendemain avec un inconnu. Dans une optique de sexualité de groupe, une même cloison peut comporter plusieurs glory holes.Dans la mesure où le partenaire situé de l’autre côté de la cloison, ainsi que son passé sexuel, restent inconnus, le glory hole augmente les risques d’infection par les maladies sexuellement transmissibles, surtout si un préservatif n’est pas utilisé.

(…)

De plus, pour les hommes introduisant leur pénis dans un glory hole, il s’engagent à prendre toutes sortes de risques si ils ne conaissent pas les motivations des personnes avec l’usage de leur sexe de l’autre coté de la cloison…

En outre, les contours du trou peuvent infliger des abrasions et/ou des lacérations du pénis, particulièrement si la découpe est grossière. Afin d’éviter de tels désagréments, certains établissements proposant des glory holes en ont équipé les bords de surfaces protectrices.

Enfin, si cette pratique est réalisée dans un lieu public (en particulier les toilettes publiques), elle expose ses participants à des poursuites judiciaires, de tels comportements pouvant être considérés comme exhibitionnistes par la loi.”

Wikipedia

Voir enfin:

“Une étude publiée dans la revue American Journal of Medicine en 1984 a retracé plusieurs des premières infections par le HIV de New York City à un steward homosexuel infecté anonyme. Les épidémiologues supposaient alors incorrectement que Dugas avait importé le virus d’Afrique dans la communauté homosexuelle occidentale. (…)

Shilts dépeignait Gaëtan Dugas comme possédant un comportement presque asocial, ayant infecté intentionnellement, ou au moins mis en danger avec insouciance, d’autres avec le virus. Dugas y était décrit comme un athlète sexuel beau et charmeur, qui, selon ses propres dires, avait des centaines de partenaires sexuels par an. Il prétendait avoir eu plus de 2 500 partenaires sexuels dans toute l’Amérique du Nord depuis 1972. En tant que steward Dugas pouvait voyager d’un bout du monde à l’autre à peu de frais, notamment entre les premiers épicentres du HIV tels que Los Angeles, New York, Paris, Londres et San Francisco.

Diagnostiqué avec le sarcome de Kaposi en juin 1980, et après avoir été averti que ceci pouvait être causé et diffusé par un virus sexuellement transmis, Dugas refusa de cesser d’avoir des relations sexuelles non protégées, prétendant qu’il pouvait faire ce qu’il voulait avec son corps. Il informait, paraît-il, ses partenaires sexuels après coup qu’il avait “le cancer gay” et peut-être qu’ils l’auraient aussi.

Dugas est mort à Québec le 30 mars 1984 des suites d’une insuffisance rénale provoquée par des infections continuelles au HIV.”

Wikipedia


ONU: La conjonction de tous les totalitarismes (Durban II or the conjunction of all totalitarianisms)

15 mars, 2009
islamic pedophiliaIl me semble que l’esprit de Durban règne en maître. A l’ONU, la prose de Durban 1 en pire s’écrit tous les jours. On entend des diatribes de l’Organisation de la Conférence Islamique soutenue par Cuba, le Venezuela, la Chine et la Russie. L’ONU est devenue la machine de propagande totalitaire, un véritable rouleau compresseur, une machine à broyer les droits universels. Durban 2 sera la consécration fin 2009 de ce qui s’écrit chaque jour, résolution après résolution, texte après texte, rapport après rapport dans des négociations où la plupart des démocraties ont un profil extrêmement bas. (…) De nombreux sujets sont en chantier, la définition du terrorisme, du racisme, de la démocratie, la remise en question de la déclaration universelle, l’élaboration de nouvelles normes qui commencent à inclure la diffamation de l’Islam et la limitation de la liberté d’expression. Ce n’est pas juste la question de la religion, ni même de l’Islam qui est en jeu, mais bien la conjonction à l’ONU de tous les totalitarismes. Malka Marcovich
Force est de constater qu’aujourd’hui la musique entonnée il y a trente ans par la révolution islamique d’Iran donne le « la » dans les discussions internationales et que les droits des femmes sont instrumentalisés pour enterrer l’universalité de leurs droits. Annie Sugier
Oui, le Prophète (…) est tombé amoureux d’Aïcha, la fille de son meilleur ami, quand elle avait 9 ans et a refusé d’attendre qu’elle ait atteint la puberté. Le Prophète a demandé la main de la petite fille à 6 ans et le mariage a été consommé quand elle a eu 9 ans: dans nos sociétés occidentales, c’est ce qu’on appelle un pédophile. Cela ne relève pas seulement de l’Histoire: aujourd’hui encore, des musulmans veulent épouser des petites filles en prenant exemple sur le Prophète, ce modèle de moralité. Il est légal d’épouser une petite fille de 9 ans en Iran. Au Pakistan, cela arrive tout le temps. En 2001, le gouvernement marocain a demandé aux autorités néerlandaises d’abaisser l’âge du mariage, pour les filles, de 18 à 15 ans pour être conforme au droit islamique. Ayaan Hirsi Ali
Mon père m’a battue et m’a dit que si je n’épousais pas cet homme, je serais violée et personne dans ce pays ne m’aiderait. J’ai supplié mon père, ma mère, ma tante : rien n’y a fait. (….) Chaque fois que je voulais jouer dans la cour, il me frappait et m’entraînait dans la chambre à coucher. Je n’avais aucune idée de ce qu’était le mariage. Je pleurais tout le temps. Il me faisait des choses désagréables. Je courais de pièce en pièce, mais il arrivait à me rattraper. Ensuite, il faisait ce qu’il voulait. Noyoud Ali (Yéménite, 8 ans)
Si vous prenez par exemple la question des droits des femmes, vous seriez surpris de découvrir à quel point Mahomet était loin d’être un prophète plus sexiste que certains pères de l’église. Mahomet a vécu plus tard que les deux précédents prophètes, il était entouré de femmes à fort caractère, comme sa première femme khadija ou sa très jeune femme Aïcha, et il s’est plutôt battu pour certaines avancées dans ce domaine. Caroline Fourest (conférence, Rimini, le 29 octobre 2006)
L’islam n’est pas incompatible avec les valeurs républicaines, pas plus que n’importe quelle autre religion. (…) Quand j’ai lu le Coran, pour les besoins de mes recherches, j’ai souvent été surprise de son contenu souvent plutôt progressiste. Mahomet s’est battu pour que les femmes héritent (au moins la moitié des hommes), que l’excision soit modérée, il a refusé que l’on marie une fille de force, sans son consentement. Bien sûr, il y a aussi des passages très durs, mais comme dans tous les textes sacrés. Ce sont aux hommes de faire le tri et de garder le meilleur. L’islam ne pose en soi aucun problème. Seul l’intégrisme menace les libertés et le vivre ensemble. Caroline Fourest
J’ai été mariée à neuf ans, mise dans le lit de mon mari à douze, et j’ai eu mon premier bébé à treize ans. Kardiatou Diop (Née au Sénégal en 1962, installée en France en 1977)

Institutionnalisation, au nom même de la lutte contre le racisme, de l’antisémitisme en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël …

Imposition, au nom même de la liberté religieuse et de la part de pays punissant l’apostasie de la peine de mort, de la supériorité de la seule religion musulmane avec notamment un délit de blasphème …

Enterrement, au nom même de leur préservation et sous prétexte du respect des religions et des civilisations, de l’universalité des droits des femmes au profit d’une charia (polygamie comprise) présentée comme solution ultime tant aux mutilations sexuelles et violences conjugales qu’à la prostitution et à la traite des femmes …

Peut-on imaginer détournement plus systématique et plus radical du concept de protection des droits fondamentaux de l’individu?

A l’heure où avec la présidence libyenne, la vice-présidence iranienne et le rapporteur cubain de son Comité Préparatoire de Durban II, les Nations Unies ressemblent chaque jour un peu plus, sauf pour nos belles âmes du “Pays (autoproclamé) des droits de l’homme”, à une annexe de l’Organisation de la conférence islamique …

Petite piqûre de rappel, avec quelques témoignages tirés d’un récent livre français dénonçant les mariages forcés (“Le Scandale des mariages forcés”), sur la réalité que la religion du prophète pédophile prétend, 14 siècles après et jusqu’en Occident même, imposer à une bonne partie du monde …

J’ai eu mon premier enfant à 13 ans
BibliObs.com
07/03/2009

«Le Scandale des mariages forcés»: c’est le titre du livre que publient Fatou Diouf et Charles-Arnaud Ghosn. A l’occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars, BibliObs vous propose de lire quelques-uns des témoignages qui font la force de cet ouvrage

Fatou Diouf, d’origine sénégalaise, élevée en France a été mariée de force à 18 ans. Aujourd’hui âgé de 27 ans, elle dirige l’association Femmes solidaires de l’Essonne, qui aide les femmes à dire non aux mariages forcés ou arrangés. Avec Charles-Arnaud Ghosn, journaliste, elle publie aux Editions du Rocher «Le Scandale des mariages forcés», qui entremêle témoignages et analyses. Les auteurs, qui ont interrogé des juristes et des sociologues tentent d’expliquer pourquoi ces pratiques perdurent, et se demandent, entre autres, s’il faut légiférer en la matière.

Kardiatou, 46 ans, sénégalaise:

«J’ai eu mon premier enfant à 13 ans»

«J’ai été mariée à neuf ans, mise dans le lit de mon mari à douze, et j’ai eu mon premier bébé à treize ans.» Dans sa tenue africaine, boubou et foulard jaunes, Kardiatou Diop porte beau. En elle pointe le goût de la résistance. Née au Sénégal en 1962, cette belle femme, mi-peule mi-wolof, s’est installée en France en 1977. A quinze ans, elle était déjà mère de deux enfants. On lui avait imposé le mariage. Femme traditionnelle, elle vit les premières années de son séjour en France entre les quatre murs de son appartement, en Normandie. Chez elle, pourtant, s’élève un sentiment de révolte. «Attendre le retour de mon mari, enfermée dans l’appartement, m’était devenu insupportable. Je voulais m’instruire, connaître, me former. En 1980, j’ai rencontré des militantes associatives et j’ai commencé à me mêler à elles.» Kardiatou suit des cours du soir, sort de plus en plus. Son mari ne tolère pas son émancipation. La rupture se dessine. Le couple se sépare en 1980 et Kardiatou reste seule avec cinq enfants. Aujourd’hui, elle est interprète médiatrice dans une association de sa ville. Elle accompagne et entoure les femmes issues de l’immigration pour les conduire vers davantage d’autonomie. A quarante-sept ans, elle s’avoue libérée et heureuse: «Ce mariage arrangé subi dans mon enfance, l’absence d’éducation, tout ce que j’ai dû endurer me conforte aujourd’hui dans mon combat. J’ai envie que les choses bougent.» C’est avec enthousiasme que Kardiatou Diop salue les premiers pas vers l’émancipation des femmes de la communauté africaine de France, mais aussi du Sénégal, son pays d’origine. Elle aime évoquer cette grande féministe sénégalaise, militante syndicale, Mme Saye Seck, qui se bat courageusement à Dakar contre l’excision et les mariages forcés ou arrangés. «Mais, reconnaît-elle, le chemin est encore long parce que les hommes chez nous ne veulent pas rompre avec cette tradition qui les arrange. Si je milite au GAMS (Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles), c’est pour qu’on en finisse avec les violences faites aux femmes. Je ne veux pas que mes filles endurent à leur tour ce que j’ai supporté.»

Diaminatou, 21 ans, malienne:

«Le dimanche à Bamako, c’est le jour du mariage…
Moi, je suis partie le samedi pour échapper au dimanche»

Ne croyons pas que les rebelles, à l’instar de Necla Kelek, ne figurent que parmi les élites. On en trouve aussi parmi les jeunes filles sans diplôme universitaire, n’ayant jamais vécu en Europe. Ainsi, Diaminatou, jeune Malienne de vingt et un ans, rencontrée à l’association Voix de femmes, qui a fui son pays, voilà cinq ans, pour ne pas être unie à celui que sa famille entendait lui imposer. Simple couturière, voici le texte fort et déchirant qu’elle écrivait en 2008 pour illustrer un opuscule publié par l’association qui la défend (1):

Le dimanche à Bamako, c’est le jour du mariage.
Le dimanche à Bamako, c’est le jour du…
MOI
Je suis partie le samedi pour échapper au dimanche
MOI, je ne veux pas parler d’avant
Je ne veux pas prononcer le mot.
Chez nous, ils disent que je fais honte à ma famille
Et peut-être aujourd’hui, j’ai un peu honte.
Mais NON,
On ne peut pas gaspiller sa vie comme ça.
Même si on me dit que je suis une sorcière
Alors, je suis venue ici
Je ne regarde personne
Je ne rigole pas
Avant j’avais peur qu’on vienne me chercher
Aujourd’hui je voudrais parler à ma mère
Juste un mot
Qu’elle soit un peu d’accord avec moi
Quelle me donne des conseils
Qu’elle prenne de mes nouvelles
Qu’elle dise je pense à toi
Qu’elle dise est-ce que tu vas bien
Un jour, ma mère me reparlera
Un jour, je pourrai retourner au Mali pour la voir
Un vieux monsieur qui voulait… avec moi.
Je voudrais le voir, et lui crier dessus jusqu’à ce que je n’ai plus de force.

(1) Recueil de l’association Voix de femmes [1], «Quel choix face à un mariage forcé?», éditions In Libro Veritas, 2008. Tél. : 01-30-31-55-76. Voixdefemmes@wanadoo.fr [2]

Links:
[1] http://www.association-voixdefemmes.fr
[2] mailto:voixdefemmes@wanadoo.fr
[3] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090306.OBS7561/manifestation_pour_les_droits_de_la_femme_a_paris.html
[4] http://bibliobs.nouvelobs.com/toute-l-actualite
[5] http://bibliobs.nouvelobs.com/


Antisémitisme: Pourquoi il faut déserter Durban II (Shouting ‘red lines’ to sleeping consciences)

14 mars, 2009
Durban poster
Durban a été de manière indélébile la manifestation publique la plus extrême de l’antisémitisme depuis l’Holocauste et c’est à juste titre que le Haut commissaire pour les droits de l’homme des Nations Unies, Mme Mary Robinson, a rejeté la Déclaration finale et le plan d’action du Forum des ONG. Shimon Samuels (Directeur pour les relations internationales du Centre Simon Wiesenthal)
L’acharnement à détourner le Conseil de ses objectifs est tel qu’il devient nécessaire de s’interroger sur l’avenir de cet organe. Il est en train de vider de leur substance les principes qu’il est censé promouvoir et défendre. Jean-Claude Buhrer
Il y a non assistance à continent en danger. Il faut refuser le califat libyen sur l’ensemble de l’Afrique. Le racisme vis à vis des populations noires et les émigrants noirs en Libye est sans commune mesure, insultés, tués, déportés dans des bus au milieu du désert où on les abandonne et on les laisse mourir de faim. (…) Le président noir de la plus grande démocratie du monde est arrivé à la conclusion que cette conférence ne servirait pas la cause antiraciste et qu’il fallait s’en retirer. Nous savons d’ores et déjà qu’il sera impossible comme en 2001 de parler du racisme en Afrique, de l’esclavage, des violences et discriminations contre les homosexuels, des discriminations vis à vis des femmes, de la traite transsaharienne, des Pygmés que l’on pourchasse avec des fusils comme les animaux, des conditions des émigrés noirs dans les pays arabes etc… L’Europe et la France s’honoreraient de ne pas rentrer dans le chantage à l’antiracisme et de se retirer de Durban 2 ! Fodé Sylla (ancien député européen et ancien président d’SOS racisme)

Institutionnalisation de l’antisémitisme via la focalisation exclusive sur le conflit Palestine/Israël, restriction de la liberté d’expression au nom de la prétendue liberté religieuse et via l’imposition d’un délit de blasphème, instrumentalisation de la mémoire de l’esclavage via la demande de réparations pour les descendants des victimes de la traite exclusivement occidentale, rejet de l’universalité des droits de l’homme au profit de prétendues “spécificités culturelles”, contestation du droit à l’émancipation des femmes, refus d’aborder les discriminations de castes, notamment des Dalits en Inde, les discriminations et persécutions des minorités en Chine ou du peuple tibétain, des minorités religieuses dans nombre de pays musulmans …

Alors qu’après Israël et le Canada, le champion du multiculturalisme de la Maison Blanche lui-même a dû se rendre à l’évidence …

Et que l’Europe et le Pays autoproclamé des droits de l’homme (soutenu par le CRIF et autres naïfs de service?) continuent, pour soi-disant limiter les dégâts comme en 2001, à brandir des menaces de retrait tout en refusant d’en préciser les lignes rouges …

Pendant que, pétrodollars obligent, l’ensemble de l’Afrique et les restes de la France-Afrique à la tête même de l’Etat français sont en train de se mettre sous la coupe du califat libyen

Petite piqûre de rappel, à l’heure où sous (excusez du peu !) sa présidence libyenne (ouvrant les travaux “Au nom d’Allah, le miséricordieux”!), sa vice-présidence iranienne et son rapporteur cubain le Comité Préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance dit de «Durban II » en reprend ouvertement tous les travers, sur la funeste première édition de l’été 2001 avec ses antisémites pro-islamistes ses tracts regrettant Hitler et son exposition de caricatures antisémites…

Se rafraîchir la mémoire sur Durban 1 à la veille de Durban 2
Malka Malkovich
03 mars 2009

Après l’annonce par les USA qu’ils se retiraient du processus de négociation pour la conférence d’examen de Durban dite “Durban 2″, il est nécessaire de se rafraîchir la mémoire sur ce qui a eu lieu lors des négociations à la Conférence de Durban 1.

Pour se faire, ci-après des extraits du premier chapitre de “L’Onu contre les droits de l’homme” de Claude Levenson et Jean-Claude Buhrer, éditions les milles et une nuit, 2003.

“La rencontre de Durban s’avérait mal partie. Deux semaines d’âpres tractations lors de ce qui devait être l’ultime ligne droite préparatoire n’ayant pas permis de dégager un consensus si désespérément recherché, les émissaires des 125 Etats rassemblés à Genève ont chargé un groupe de vingt et un d’entre eux, composé de quatre représentants par région et présidé par l’Afrique du Sud, de se réunir à huis clos du 5 au 15 juin afin de poursuivre l’examen du texte litigieux : il fallait à tout prix rapprocher les points de vue et soumettre des propositions à une nouvelle et peut-être ultime séance préparatoire convoquée du 30 juillet au 10 août sur les rives du Léman.

(…)

Avec son lot quotidien de violences complaisamment répercutées par petit écran interposé, la situation au Proche-Orient a fini par devenir l’arbre qui cache la forêt, tandis que des régions entières sont simplement ignorées malgré leurs lancinants problèmes – que ce soit l’Indonésie avec les autochtones d’Irian-Jaya, les Moluques où des villages chrétiens sont soumis sous la menace au choix entre la conversion immédiate à l’islam ou la mort sur-le-champ, sans parler d’Aceh où la rébellion séparatiste donne du fil à retordre avec son cortège de victimes civiles aux autorités tant locales que nationales. Oubliées également les discriminations persistantes en Chine, notamment au Tibet, ou encore les montagnards du Vietnam et même les femmes en Afghanistan, comme d’ailleurs les indigènes des Amériques. Et la liste est loin d’être exhaustive, des conflits qui ensanglantent l’Afrique à la violence en Colombie, en passant par le Kurdistan, la Tchétchénie ou encore l’Algérie. La polarisation imposée de l’attention sur le sionisme et, dans une moindre mesure, sur l’esclavage, a semblé reléguer à l’arrière-plan toutes les autres facettes de l’intolérance ou de l’exclusion, qu’elles soient liées à des aspects économiques ou religieux, quand ce n’est pas simplement de sexe.

(…)

L’inefficacité des réunions préparatoires ayant laissé les dossiers les plus brûlants en suspens, les lacunes de l’organisation pratique sur place ont fait le lit des dérapages. Le vacarme manipulé des événements parallèles s’ajoutant à la méconnaissance de l’histoire et de la signification des mots ont contribué ensuite à faire dérailler les travaux, accentuant des dérives dangereuses pour l’avenir. Comme si nul n’avait voulu prendre la mesure des périls inhérents à l’ouverture de la boîte de Pandore: combattre le racisme dans un monde où l’autoritarisme se nourrit des antagonismes sociaux et où les libertés fondamentales se révèlent souvent le cadet des soucis des gouvernements exige des garde-fous que les organisateurs de la rencontre de Durban ont dramatiquement sous-estimés.

Alors que la conférence était censée lutter contre le racisme, les excès qui l’ont précédée et accompagnée ont produit l’effet contraire, alimentant la haine et l’intolérance. Déjà les travaux préparatoires s’étaient enlisés dans la surenchère à laquelle s’étaient livrés certains pays musulmans pour clouer Israël au pilori, en tentant une nouvelle fois d’assimiler le sionisme au racisme et de minimiser l’Holocauste. En l’absence d’une ébauche de consensus, en dépit des efforts inlassablement déployés jusqu’à la veille de son ouverture, la rencontre de Durban apparaissait d’emblée compromise. D’ailleurs, nombre de personnalités invitées avaient finalement préféré s’abstenir de faire le déplacement et à peine une douzaine de chefs d’Etat, en majorité d’Afrique, ont fait acte de présence. Du continent le plus peuplé, l’Asie, aucun président n’avait fait le voyage, seul le Cubain Fidel Castro était venu des Amériques, et pour l’Europe, on ne comptait que la Bosnie-Herzégovine et la Lettonie représentées au plus haut niveau. Dans de telles conditions, il était plus qu’hasardeux pour l’ONU de s’aventurer en pareil terrain.

(…)

Un bilan peu glorieux

Dans la foulée du vacarme du sommet de la jeunesse et du forum des ONG, la conférence proprement dite a débuté sous des auspices agités. Au point que d’emblée certains se demandaient déjà si elle pouvait être sauvée d’un naufrage annoncé. Kofi Annan pressentait-il l’ampleur du désastre à venir? En tout cas, le secrétaire général des Nations unies s’est borné à une brève apparition sur place au début de la conférence, juste le temps de souhaiter bonne chance aux participants avant de s’éclipser pour une tournée dans les pays voisins. Il avait tenté de conjurer les démons en s’efforçant de donner le ton à un débat qu’il savait semé d’embûches, mais l’écho qu’il a éveillé parmi les orateurs, principalement africains, qui l’ont suivi n’était guère à l’apaisement. Il n’a pas jugé nécessaire de revenir, après un constat désabusé lapidairement formulé à Kigali la veille de la clôture des travaux relevant que la cacophonie de Durban “donnait vraiment l’image d’une organisation incapable de s’entendre et de s’attaquer aux questions essentielles.”

De son côté, Mary Robinson s’est évertuée à rappeler: « Nous ne devons pas perdre de vue que nous ne sommes pas en mesure de régler tous les problèmes du monde à Durban. Ce que je vous demande, c’est de vous entendre sur les objectifs fondamentaux. »

Mme Vaira Vike-Freiberga, présidente de la Lettonie, leur a emboîté le pas en précisant : « Le colonialisme et l’oppression ne sont pas une affaire de couleur, il s’agit des droits de l’homme. Pour cela, on a besoin de bonne volonté et de compréhension mutuelle, c’est aussi une question de volonté politique ». Didjob Divungi di Ndinge, vice-président du Gabon, a abondé dans ce sens, tout en s’interrogeant sur la signification de la faible représentation officielle – à peine une petite douzaine de chefs d’Etat pour quelque 170 pays participants – avant de résumer ce qui lui paraissait essentiel dans ces travaux : devoir de mémoire, devoir de vision et devoir de responsabilité. Mais une fois passées les civilités diplomatiques du premier jour, l’affrontement a repris de plus belle pendant que s’installait apparemment un rythme de croisière dans la grande salle, tandis que les questions les plus litigieuses étaient confiées à des sous-comités restreints chargés de réduire les écarts de langage.

Peine perdue. Le départ des observateurs américains, puis de la délégation israélienne a consacré la rupture le 3 septembre. Les représentants des organisations arabes et musulmanes ont aussitôt crié victoire et bruyamment manifesté leur satisfaction devant le centre de conférences. Tel n’était pas le sentiment des hôtes sud-africains ni des responsables de l’ONU, ainsi confrontés au scénario qu’ils redoutaient le plus. La plupart des participants africains se plaignaient de la place prise – « usurpée », n’hésitaient pas à dire certains – par le Proche-Orient au détriment de tout le reste du monde.

(…)

Dès lors, d’épineuses tractations se sont poursuivies jours et nuits dans une atmosphère de plus en plus crispée dans l’espoir de sauver sinon la conférence, du moins les apparences. La perspective d’un fiasco retentissant a expliqué le report de la clôture officielle de la rencontre d’une demi-journée, sans pour autant suffire à trancher les nœuds gordiens que toutes les réunions préparatoires s’étaient avérées incapables de contourner. Personne ne souhaitait assumer ouvertement la responsabilité d’infliger l’affront d’un échec à l’Afrique du Sud, si bien qu’un compromis conclu sur la base du plus petit dénominateur commun a fini par se dégager à l’arraché, sauvant peut-être l’honneur, mais certainement pas la crédibilité du haut commissariat aux droits de l’homme et n’ajoutant rien à la cause de la lutte contre le racisme. La conférence de Durban a tout de même réussi à faire l’économie d’une controverse en laissant soigneusement de côté la question des religions et du racisme, ou du rôle des religions dans la propagation de l’intolérance…

Que restera-t-il de cette conférence pavée de bonnes intentions? Son échec, patent à l’issue d’une semaine de débats marqués par le tumulte de contradictions bruyamment exprimées et une virulente polémique sur les mots, a été brutalement masqué par les événements du 11 septembre à New York. Le fiasco n’en demeure pas moins flagrant en dépit des grandes professions de foi et des envolées lyriques tandis que le constat s’impose, abrupt: le racisme est bien vivant et l’on serait presque enclin à dire qu’il a encore de beaux jours devant lui, tant la seule évocation de ce fléau fait rejaillir des torrents de haine, parfois même savamment distillée par ceux qui prétendent le combattre. D’ailleurs, il aura fallu attendre les premiers jours de l’an 2002 pour disposer des documents finals adoptés à la sauvette lors d’une demi-journée de prolongation. Et encore: les contestations se sont tellement amplifiées dans les coulisses que l’assemblée générale des Nations unies qui devait théoriquement en prendre connaissance et les avaliser lors de sa session annuelle de 2001 a dû en ajourner l’examen à sa réunion suivante.

Voir aussi:

Shouting ‘red lines’ to sleeping consciences

02 mars 2009
Lettre au Jerusalem Post publié dans son édition du 28 février

Sir, – In his reply to Caroline Glick’s “Obama’s Durban Gambit” (“Assessing Durban,” Letters, February 24) David Harris, executive director of the American Jewish Committee, claims to have played a central role by having “publicly praised France and the Netherlands, among other countries, for insisting on clear red lines and threatening to withdrawif they are breached.”

Unfortunately, it is quite true that the AJC has been publicly visible on numerous occasions in the context of various European structures, governmental and others, in connection with Durban II. The AJC has repeatedly supported the participation of European governments in the Durban review process.

This infiltration of the AJC in Europe has had negative effects on individuals and organizations in Europe who have attempted to condemn the capitulation of their own governments throughout the Durban process and the spectacle of European governments seeking consensus at any price, however costly for our democracies.

Well before President Obama’s election, the moral support of a large organization such as the AJC gave European governments the cover of good behavior. For example, the AJC gave President Sarkozy its “Light unto the Nations” award. France, then sure of AJC’s friendship for its president, launched the now-famous concept of deciding Durban II participation on the basis of whether the process crossed so-called “red lines.”

But these red lines were never precisely defined by France or by Europe; they purposely evolve as negotiations continue.

Today, Mr. Harris and various European governments seem to believe it sufficient to shout “red lines”and threaten to leave in order to influence negotiations. In practice, they are fully aware that throughout the Durban II negotiations this has not worked even once.

By affirming that France is still talking in the abstract about red lines – that have surely been crossed – the AJC camouflages the reality of a grave situation.

The AJC’s paternalistic attitude toward European Jewish communities has had the dangerous consequence of helping to lull European consciences to sleep, while Munich-like appeasement grows stronger with each passing day.

BERNICE DUBOIS

MALKA MARCOVICH

Paris

Dubois is co-founder of French Coordination for the European Women’s Lobby (CLEF) and of the European Council of WIZO Federations (ECWF). Marcovich, a historian and human rights consultant, is the author of ‘DisUnited Nations: How the UN Buries Human Rights.’

Voir enfin:

Il ne faut pas déserter Durban II
Caroline Fourest
Le Monde
14 mars 2009

Il y a bien des raisons de redouter la conférence contre le racisme qui s’annonce à Genève du 20 au 24 avril. Ceux qui ont assisté à la première édition, à Durban (Afrique du Sud), en septembre 2001, ont encore en mémoire la prise en otage du forum des ONG par des groupes tiers-mondistes pro-islamistes et antisémites, les tracts regrettant Hitler, l’exposition de caricatures antisémites… Près de dix ans après la fin de l’apartheid, nous étions venus parler du racisme. Et nous n’avons entendu parler que d’Israël.

Est-ce une raison pour encourager l’Union européenne à suivre les Etats-Unis, le Canada et Israël, qui souhaitent boycotter la conférence de suivi ? En théorie oui. En pratique, les choses sont plus complexes. Les intellectuels ont bien raison d’alerter. Les diplomates ne doivent pas déserter.

D’abord, parce que la conférence se déroulera à Genève… sans forum des ONG. Si des débordements ont lieu dans les couloirs, ils seront encadrés, au pire révélateurs. Enfin et surtout, il ne s’agit pas d’un vrai Durban II, mais d’une simple conférence d’examen, destinée à faire appliquer la plate-forme adoptée par les Etats en 2001.

A l’époque, grâce à la vigilance et à la bataille de certaines délégations – notamment aux efforts conjoints de l’Afrique du Sud et de la Belgique, restée dans la bataille – cette plate-forme d’action contre le racisme a limité les dégâts. Fait rare, elle a refusé le texte inacceptable venant du forum des ONG. Cela n’aurait pas été possible si les pays européens avaient suivi les Etats-Unis et quitté eux aussi la conférence au milieu du gué.

Mais soyons clairs, cette plate-forme n’est pas bonne. Ultraminoritaires, les pays simplement soucieux de lutter contre le racisme ont dû céder à la surenchère et à la politisation voulues par certains pays. Le texte insiste sur la traite transatlantique, dans l’espoir d’obtenir des réparations financières, au risque d’esquiver la responsabilité de certains négriers noirs ou arabes. Il parle d’”islamophobie”, au risque de confondre la lutte contre le racisme avec une lutte contre le blasphème. Sans dire un mot des minorités religieuses opprimées dans les pays musulmans au nom de la charia. Israël est le seul pays cité. Comme si la mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de crimes de guerre liés à un conflit territorial.

Il ne dit rien des chasses aux homosexuels au Sénégal, ni de leur pendaison en Iran. L’histoire retiendra la longue liste de ces pays qui refusent de faire cesser l’homophobie ou le sexisme au nom du respect des cultures, consacré par la plate-forme de Durban.

La plupart des ajouts proposés par le Mouvement des non-alignés, l’Union africaine et le groupe des pays musulmans visent à aggraver ce texte. Ils insistent notamment pour élargir la lutte contre le racisme à la “diffamation des religions”. Ce qui reviendrait à mettre les droits de l’homme au service de la protection des religions, au détriment de la liberté d’expression. Inacceptable.

L’Union européenne en a conscience et ne cédera rien là-dessus. Ses lignes rouges sont clairement établies : la question des réparations de l’esclavage ne doit pas être instrumentalisée, celle du Moyen-Orient ne doit pas donner lieu à surenchère, et le concept de “diffamation des religions” doit être écarté. Si l’une de ces lignes rouges est franchie, elle aura bien raison de briser le consensus et de ne pas cautionner. Mais pour l’instant, le processus est en cours. La négociation peut encore aboutir à un texte court, qui s’en tiendrait à la mauvaise déclaration de Durban, comme base de travail.

Mépriser cette négociation ne permettrait pas d’expliquer au monde la position de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de déserter la lutte contre le racisme, mais de résister à son instrumentalisation. Le risque serait surtout d’affaiblir un peu plus le multilatéralisme, dont nous avons tant besoin pour préserver l’universalisme et renégocier un jour cette plate-forme.


Présidentielle américaine: Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes les plus corrompues de l’histoire américaine (My own city of Chicago has been one of the most corrupt in American history)

15 décembre, 2008
Obama's pedophile communist mentorMa propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
Après le pasteur raciste Jeremiah Wright, l’ancien terroriste William Ayers, l’ex-apologue de la pédophilie Frank Marshall Davis , le promoteur immobilier marron Tony Rezko, et les deux fils, sous investigation du FBI pour corruption, de l’ancien maire de Chicago Richard Daley ou de Jessie Jackson, les ACORN et les Fannie Mae

A l’heure où, après les premiers de ses 395 mensonges sur l’Irak et contrairement à ses dires, Barack Obama était bien, comme pour ses autres amis douteux parmi les familiers de l’actuel gouverneur de l’Illinois actuellement emprisonné pour corruption …

Et que ses propres conseillers refusent de reconnaître leurs propres contacts avec Blagojevich concernant le remplacement du siège du bientôt ex- sénateur de l’Illinois…

Retour sur un discours où l’auteur du casse du siècle rappelait, dans le pays même de son père il y a deux ans,… le lourd passé de corruption de sa propre ville de Chicago!

Barack Obama Speech at University of Nairobi in Kenya
Barack Obama Info Center
2006-08-28:

The first time I came to Kenya was in 1987. I had just finished three years of work as a community organizer in low-income neighborhoods of Chicago, and was about to enroll in law school. My sister, Auma, was teaching that year at this university, and so I came to stay with her for a month.

My experience then was very different than it has been on this trip. Instead of a motorcade, we traveled in my sister’s old VW Beetle, which even then was already ten years old. When it broke down in front of Uhuru Park, we had to push until some joakalis came to fix it by the side of the road. I slept on the couch of my sister’s apartment, not a fancy hotel, and often took my meals at a small tea-house in downtown Nairobi. When we went upcountry, we traveled by train and matatu, with chickens and collard greens and sometimes babies placed in my lap.

But it was a magical trip. To begin with, I discovered the warmth and sense of community that the people of Kenya possess – their sense of hopefulness even in the face of great difficulty. I discovered the beauty of the land, a beauty that haunts you long after you’ve left.

And most importantly for me, I discovered the story of my father’s life, and the story of his father before him.

I learned that my grandfather had been a cook for the British and, although he was a respected elder in his village, he was called “boy” by his employers for most of his life. I learned about the brutal repression of Operation Anvil, the days of rape and torture in the “Pipeline” camps, the lives that so many gave, and how my grandfather had been arrested briefly during this period, despite being at the periphery of Kenya’s liberation struggles.

I learned how my father had grown up in a tiny village called Alego, near Siaya, during this period of tumult. I began to understand and appreciate the distance he had traveled – from being a boy herding goats to a student at the University of Hawaii and Harvard University to the respected economist that he was upon his return to Kenya. In many ways, he embodied the new Africa of the early Sixties, a man who had obtained the knowledge of the Western world, and sought to bring it back home, where he hoped he could help create a new nation.

And yet, I discovered that for all his education, my father’s life ended up being filled with disappointments. His ideas about how Kenya should progress often put him at odds with the politics of tribe and patronage, and because he spoke his mind, sometimes to a fault, he ended up being fired from his job and prevented from finding work in the country for many, many years. And on a more personal level, because he never fully reconciled the traditions of his village with more modern conceptions of family – because he related to women as his father had, expecting them to obey him no matter what he did – his family life was unstable, and his children never knew him well.

In many ways, then, my family’s life reflects some of the contradictions of Kenya, and indeed, the African continent as a whole. The history of Africa is a history of ancient kingdoms and great traditions; the story of people fighting to be free from colonial rule; the heroism of not only of great men like Nkrumah and Kenyatta and Mandela, but also ordinary people who endured great hardship, from Ghana to South Africa, to secure self-determination in the face of great odds.

But for all the progress that has been made, we must surely acknowledge that neither Kenya nor the African continent have yet fulfilled their potential – that the hopefulness of the post-colonial era has been replaced by cynicism and sometimes despair, and that true freedom has not yet been won for those struggling to live on less than a few shillings a day, for those who have fallen prey to HIV/AIDS or malaria, to those ordinary citizens who continue to find themselves trapped in the crossfire of war or ethnic conflict.

One statistic powerfully describes this unfulfilled promise. In early 1960’s, as Kenya was gaining its independence, its gross national product was not very different from that of South Korea. Today, South Korea’s economy is forty times larger than Kenya’s.

How can we explain this fact? Certainly it is not due to lack of effort on the part of ordinary Kenyans – we know how hard Kenyans are willing to work, the tremendous sacrifices that Kenyan mothers make for their children, the Herculean efforts that Kenyan fathers make for their families. We know as well the talent, the intelligence, and the creativity that exists in this country. And we know how much this land is blessed – just as the entire African continent is blessed – with great gifts and riches.

So what explains this? I believe there a number of factors at work.

Kenya, like many African nations did not come of age under the best historical circumstances. It suffers from the legacy of colonialism, of national boundaries that were drawn without regard to the political and tribal alignments of indigenous peoples, and that therefore fed conflict and tribal strife.

Kenya was also forced to rapidly move from a highly agrarian to a more urban, industrialized nation. This means that the education and health care systems – issues that my own nation more than 200 years old still struggles with – lag behind, impacting its development.

Third, Kenya is hurt from factors unique to Africa’s geography and place in the world — disease, distance from viable markets and especially terms of trade. When African nations were just gaining independence, industrialized nations had decades of experience building their domestic economies and navigating the international financial system. And, as Frederick Douglass once stated: “Power concedes nothing without a demand. It never did, and it never will.” As a result, many African nations have been asked to liberalize their markets without reciprocal concessions from mature economies. This lack of access for Africa’s agriculture and commodities has restricted an important engine of economic growth. Other issues, such as resource extraction and the drain of human capital have also been major factors.

As a Senator from the United States, I believe that my country, and other nations, have an obligation and self-interest in being full partners with Kenya and with Africa. And, I will do my part to shape an intelligent foreign policy that promotes peace and prosperity. A foreign policy that gives hope and opportunity to the people of this great continent.

But, Kenya must do its part. It cannot wait for other nations to act first. The hard truth is that nations, by and large, will act in their self-interest and if Kenya does not act, it will fall behind.

It’s more than just history and outside influences that explain why Kenya lags behind. Like many nations across this continent, where Kenya is failing is in its ability to create a government that is transparent and accountable. One that serves its people and is free from corruption.

There is no doubt that what Kenyans have accomplished with this independence is both impressive and inspiring. Among African nations, Kenya remains a model for representative democracy – a place where many different ethnic factions have found a way to live and work together in peace and stability. You enjoy a robust civil society; a press that’s free, fair, and honest; and a strong partnership with my own country that has resulted in critical cooperation on terrorist issues, real strides in fighting disease and poverty, and an important alliance on fostering regional stability.

And yet, the reason I speak of the freedom that you fought so hard to win is because today that freedom is in jeopardy. It is being threatened by corruption.

Corruption is not a new problem. It’s not just a Kenyan problem, or an African problem. It’s a human problem, and it has existed in some form in almost every society. My own city of Chicago has been the home of some of the most corrupt local politics in American history, from patronage machines to questionable elections. In just the last year, our own U.S. Congress has seen a representative resign after taking bribes, and several others fall under investigation for using their public office for private gain.

But while corruption is a problem we all share, here in Kenya it is a crisis – a crisis that’s robbing an honest people of the opportunities they have fought for – the opportunity they deserve.

I know that while recent reports have pointed to strong economic growth in this country, 56% of Kenyans still live in poverty. And I know that the vast majority of people in this country desperately want to change this.

It is painfully obvious that corruption stifles development – it siphons off scarce resources that could improve infrastructure, bolster education systems, and strengthen public health. It stacks the deck so high against entrepreneurs that they cannot get their job-creating ideas off the ground. In fact, one recent survey showed that corruption in Kenya costs local firms 6% of their revenues, the difference between good-paying jobs in Kenya or somewhere else. And corruption also erodes the state from the inside out, sickening the justice system until there is no justice to be found, poisoning the police forces until their presence becomes a source of insecurity rather than comfort.

Corruption has a way of magnifying the very worst twists of fate. It makes it impossible to respond effectively to crises — whether it’s the HIV/AIDS pandemic or malaria or crippling drought.

What’s worse – corruption can also provide opportunities for those who would harness the fear and hatred of others to their agenda and ambitions.

It can shield a war criminal – even one like Felicien Kabuga, suspected of helping to finance and orchestrate the Rwandan genocide – by allowing him to purchase safe haven for a time and robbing all humanity of the opportunity to bring the criminal to justice.

Terrorist attacks – like those that have shed Kenyan blood and struck at the heart of the Kenyan economy – are facilitated by customs and border officers who can be paid off, by police forces so crippled by corruption that they do not protect the personal safety of Kenyans walking the streets of Nairobi, and by forged documents that are easy to find in a climate where graft and fraud thrive.

Some of the worst actors on the international stage can also take advantage of the collective exhaustion and outrage that people feel with official corruption, as we’ve seen with Islamic extremists who promise purification, but deliver totalitarianism. Endemic corruption opens the door to this kind of movement, and in its wake comes a new set of distortions and betrayals of public trust.

In the end, if the people cannot trust their government to do the job for which it exists – to protect them and to promote their common welfare – all else is lost. And this is why the struggle against corruption is one of the great struggles of our time.

The good news is that there are already signs of progress here. Willingness to report corruption is increasingly significantly in Kenya. The Kenyan media has been courageous in uncovering and reporting on some of the most blatant abuses of the system, and there has been a growing recognition among people and politicians that this is a critical issue.

Among other things, this recognition resulted in the coalition that came to power in the December elections of 2002. This coalition succeeded by promising change, and their early gestures – the dismissal of the shaky judges, the renewed vigor of the investigation into the Goldenberg scandal, the calls for real disclosure of elected officials’ personal wealth – were all promising.

But elections are not enough. In a true democracy, it is what happens between elections that is the true measure of how a government treats its people.

Today, we’re starting to see that the Kenyan people want more than a simple changing of the guard, more than piecemeal reforms to a crisis that’s crippling their country. The Kenyan people are crying out for real change, and whether one voted orange or banana in last year’s referendum, the message that many Kenyans seemed to be sending was one of dissatisfaction with the pace of reform, and real frustration with continued tolerance of corruption at high levels.

And so we know that there is more work to be done – more reforms to be made. I don’t have all the solutions or think that they’ll be easy, but there are a few places that a country truly committed to reform could start.

We know that the temptation to take a bribe is greater when you’re not making enough on the job. And we also know that the more people there are on the government payroll, the more likely it is that someone will be encouraged to take a bribe. So if the government found ways to downsize the bureaucracy – to cut out the positions that aren’t necessary or useful – it could use the extra money to increase the salary of other government officials.

Of course, the best way to reduce bureaucracy and increase pay is to create more private sector jobs. And the way to create good jobs is when the rules of a society are transparent – when there’s a clear and advertised set of laws and regulations regarding how to start a business, what it takes to own property, how to go about getting a loan – there is less of a chance that some corrupt bureaucrat will make up his own rules that suit only his interests. Clarifying these rules and focusing resources on building a judicial system that can enforce them and resolve disputes should be a primary goal of any government suffering from corruption.

In addition, we know that the more information the public is provided, the easier it will be for your Kenyan brothers and sisters out in the villages to evaluate whether they are being treated fairly by their public servants or not. Wealth declarations do little good if no one can access them, and accountability in government spending is not possible if no one knows how much was available and allocated to a given project in the first place.

Finally, ethnic-based tribal politics has to stop. It is rooted in the bankrupt idea that the goal of politics or business is to funnel as much of the pie as possible to one’s family, tribe, or circle with little regard for the public good. It stifles innovation and fractures the fabric of the society. Instead of opening businesses and engaging in commerce, people come to rely on patronage and payback as a means of advancing. Instead of unifying the country to move forward on solving problems, it divides neighbor from neighbor.

An accountable, transparent government can break this cycle. When people are judged by merit, not connections, then the best and brightest can lead the country, people will work hard, and the entire economy will grow – everyone will benefit and more resources will be available for all, not just select groups.

Of course, in the end, one of the strongest weapons your country has against corruption is the ability of you, the people, to stand up and speak out about the injustices you see. The Kenyan people are the ultimate guardians against abuses.

The world knows the names of Wangari Maathai and John Githongo, who are fighting against the insidious corruption that has weakened Kenya. But there are so many others, some of whom I’m meeting during my visit here – Betty Murungi, Ken Njau, Jane Onyango, Maina Kiai, Milly Odhiombo, and Hussein Khalid. As well as numerous Kenyan men and women who have refused to pay bribes to get civil servants to perform their duties; the auditors and inspectors general who have done the job before them accurately and fairly, regardless of where the facts have led; the journalists who asked questions and pushed for answers when it may have been more lucrative to look the other way, or whip up a convenient fiction. And then there are anonymous Kenyan whistleblowers who show us what is, so that we can all work together to demand what should be.

By rejecting the insulting idea that corruption is somehow a part of Kenyan culture, these heroes reveal the very opposite – they reveal a strength and integrity of character that can build a great country, a great future. By focusing on building strong, independent institutions – like an anti-corruption commission with real authority – rather than cults of personality, they make a contribution to their country that will last longer than their own lives. They fight the fight of our time.

Looking out at this crowd of young people, I have faith that you will fight this fight too.

You will decide if your leaders will be held accountable, or if you will look the other way.

You will decide if the standards and the rules will be the same for everyone – regardless of ethnicity or of wealth.

And you will determine the direction of this country in the 21st century – whether the hard work of the many is lost to the selfish desires of a few, or whether you build an open, honest, stronger Kenya where everyone rises together.

This is the Kenya that so many who came before you envisioned – all those men and women who struggled and sacrificed and fought for the freedom you enjoy today.

I know that honoring their memory and making that freedom real may seem like an impossible task – an effort bigger than you can imagine – but sometimes all it takes to move us there is doing what little you can to right the wrongs you see.

As I said at the outset, I did not know my father well – he returned to Kenya from America when I was still young. Since that time I have known him through stories – those my mother would tell and those I heard from my relatives here in Kenya on my last trip to this country.

I know from these stories that my father was not a perfect man – that he made his share of mistakes and disappointed his share of people in his lifetime.

As our parents’ children, we have the opportunity to learn from these mistakes and disappointments. We have the opportunity to muster the courage to fulfill the promise of our forefathers and lead our great nations towards a better future.

In today’s Kenya – a Kenya already more open and less repressive than in my father’s day – it is that courage that will bring the reform so many of you so desperately want and deserve. I wish all of you luck in finding this courage in the days and months to come, and I want you to know that as your ally, your friend, and your brother, I will be there to help in any way I can. Thank you.


Education: Des manuels bien trop noirs (French antidiscrimination agency denounces… antiracism!)

14 novembre, 2008
Masai with mobileIl faut changer les représentations en allant même un peu au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société. M. Schweitzer
Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte. Pascale Gélébart (Syndicat national de l’édition)
Après les manuels floutés et les manuels anti-américains,… les manuels antiracistes!

Surdénonciation des discriminations à l’égard des minorités visibles, oubli des femmes, handicapés, seniors (réduits à “l’image très négative” du “Mignonne, allons voir si la rose…” de Ronsard!) ou homosexuels, stéréotypes ou représentations exagérément choquantes de l’Africain pauvre et malade ou esclave (main famélique), choix systématique d’Africains ou immigrés en difficulté ou en échec scolaire, “exotisme” tout aussi systématique des représentations (mosquée située hors du territoire national, niqab illustrant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie) …

Au lendemain de l’élection du messie, noir comme il se doit, du multiculturalisme …

Dernière illustration de ces étranges temps que nous vivons: la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) obligée de monter au créneau, si l’on en croit le compte-rendu du Monde (au titre pour le moins surprenant: “Des manuels encore un peu trop blancs”?) pour dénoncer les manuels scolaires qui, après 40 ans de bien-pensance et de politiquement correct,… noircissent trop le tableau!

Et redonner enfin à tous les “bergers massaïs au milieu de leurs troupeaux, souriants et plutôt bien portants, téléphone portable à la main” la place qu’ils méritent.

Au risque de retomber du coup (chassez le naturel!), en prônant d’aller “au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société” (?)… dans d’autres (contre-)stéréotypes?

Des manuels encore un peu trop blancs
Laetitia van Eeckhout
Le Monde
06.11.08

Une femme voilée pour illustrer la Turquie, une main rachitique pour symboliser l’Afrique… Sans attendre que Barack Obama fasse son entrée dans les livres d’histoire des écoliers français, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) publie, jeudi 6 novembre, une grande enquête sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires.

Pas moins de 29 ouvrages et 3 097 illustrations ont été passés au crible par une équipe de chercheurs de l’université Paul-Verlaine de Metz. Le constat n’est pas accablant. Premier relatif satisfecit : les minorités visibles… sont visibles. 10% des illustrations représentent “un personnage principal de couleur”, dont un peu plus de la moitié un personnage “pouvant être perçu comme étant originaire d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient”. Ensuite, parce que les clichés racistes hérités de la période coloniale ont disparu. Le discours antiraciste y est présent. Les discriminations à l’égard des minorités visibles sont davantage dénoncées que celles à l’encontre d’autres groupes tels que les femmes, les handicapés, les seniors ou les homosexuels, également étudiés par l’enquête.

Toutefois, certains stéréotypes ont encore la vie dure. D’abord, note la Halde, certaines minorités sont manifestement plus mises en valeur que d’autres. Ensuite, les manuels de géographie en particulier, dans les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb, mettent l’accent sur la pauvreté sans que soient par ailleurs représentées des situations positives de modernité pourtant présentes dans les pays étudiés.

Les personnes noires sont particulièrement stigmatisées. Les illustrations où elles apparaissent, tant en géographie, en sciences de la vie et de la terre qu’en éducation civique, renforcent encore souvent le stéréotype de l’Africain non seulement pauvre, mais aussi malade. Dans les manuels d’histoire, la présence des personnes noires, fortement liée à la question de l’esclavage et à celle de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, amène certains élèves à considérer que “pour les Français, Noir égale esclave”. Autant de représentations qui, selon les auteurs, contribuent à entretenir “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile”. Bref, le “sanglot de l’homme blanc” n’est jamais bien loin.

Les auteurs ne préconisent évidemment pas de taire la vérité sur les faits, comme l’esclavage ou la famine. “Cependant, insistent-ils, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives doivent être absolument relativisés.” A quand la photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ou à Bamako ou d’un agriculteur africain consultant les cours des matières premières sur son ordinateur? “Les minorités visibles apparaissent davantage comme des personnages de débats portés par les manuels que des personnages de manuels au même titre que les autres”, résume un enseignant d’anglais.

Au-delà des illustrations, le choix des exemples, ou des prénoms dans les exercices, y compris de mathématiques, n’est pas anodin. Chez Hatier (manuel de 5e), une petite fille réussit-elle son exercice de géométrie? Normal, elle porte un prénom “bien français”. Sa camarade de classe se trompe? Pas de chance, elle s’appelle Samira. “Ce type d’exercice peut renforcer le stéréotype de l’élève maghrébin ou noir en situation d’échec scolaire ou éveiller un sentiment de discrimination”, notent les auteurs de l’étude, alertés eux-mêmes par des élèves de 5e.

Le lien qui est fait avec les appartenances religieuses, et en particulier l’islam, tend aussi à entretenir une discrimination. Pourquoi Nathan (manuel d’histoire-géographie de terminale) illustre-t-il l’islam avec une mosquée située hors du territoire national, et le catholicisme avec la cathédrale de Chartres? Forcément, un tel choix ne peut que renforcer l’idée que l’islam est une religion étrangère à la France. Surtout que le texte évoque “la crise des vocations” mais jamais “l’évolution de la pratique religieuse”.

De même, recourir à la symbolique du voile, notamment du niqab, dans une illustration évoquant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie est pour le moins périlleux. Certes, ce choix peut avoir pour but de faire réagir les élèves et d’être discuté en classe mais, relèvent les auteurs de l’étude, “il risque surtout de renforcer le stéréotype selon lequel le port du voile justifie toutes les formes de rejet et d’exclusion”.

Il y a une autre façon d’exclure. Ne pas montrer. En sciences de la vie et de la terre, les corps noirs sont particulièrement peu représentés. Dans un autre registre, l’origine étrangère d’une célébrité, comme Picasso, n’est pas systématiquement évoquée.

Dans ses recommandations, la Halde reconnaît que “les stéréotypes sont peu fréquents mais ils existent, d’autant plus que la fréquence n’enlève rien à l’effet qu’ils peuvent produire chez celui ou celle qui en est victime”. Jugeant le bilan “mitigé”, elle recommande surtout aux éditeurs de ne pas se contenter de “représenter correctement deux ou trois minorités visibles, en ignorant les autres”.

Ce premier principe établi, la Halde recommande d’éviter les stéréotypes véhiculés par des représentations exagérément choquantes, “sans pour autant dissimuler le rapport à la vérité des faits”. Comment? En procédant par contraste ou contre-stéréotype. Les auteurs délivrent un satisfecit à Magnard pour avoir illustré un de ses ouvrages d’histoire-géographie avec “un berger massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à la main”. En revanche, c’est le même éditeur qui publie (dans un autre ouvrage) la main famélique. “Un même manuel peut contenir des contre-stéréotypes pertinents, mais également des stéréotypes que nous condamnons”, déplorent les chercheurs.

Les manuels de français doivent aussi s’ouvrir davantage à la diversité culturelle. “L’identité française qu’ils véhiculent au travers de la littérature, et de l’intitulé de leur discipline, ne doit pas laisser de côté les minorités visibles qui constituent la société civile”, relève la Halde.

Parallèlement à cette réflexion, la Halde estime qu’un débat et des recherches mériteraient d’être engagés sur l’enseignement de la religion en France, notamment sur la représentation de l’islam et des musulmans dans les manuels scolaires. Mais la Halde ne se fait guère d’illusions. “La meilleure volonté des éditeurs ne suffira pas à faire réellement évoluer certains manuels, si les programmes ne les aident pas à introduire davantage les minorités visibles dans le respect de l’évitement des stéréotypes.”

Voir aussi:

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires
Emmanuel DEFOULOY
Le Point/ AFP
le 06/11/2008

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

“Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation”, a regretté lors d’un point de presse Louis Schweitzer, le président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), en rappelant que cette question n’était abordée en éducation civique qu’en classe de 5ème.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont “ni racistes, ni sexistes”, “mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir” dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère, le handicap “rarement évoqué”, des “seniors” associés à la maladie et à la dégénérescence du corps, “l’impasse” faite sur le sujet de l’orientation sexuelle: tel est le constat fait par la Halde après analyse de 29 manuels allant de la 6ème à la terminale.

Les métiers ne sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, et il n’y a qu’une femme représentée au travail pour trois hommes, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

En résumé, les manuels montrent généralement l’homme en médecin et la femme en infirmière, des “représentations” qu’il faut “casser”, a dit M. Schweitzer.

Les handicapés ne sont “jamais représentés dans une situation ordinaire” et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées “en situation de pauvreté et de difficultés”, a-t-il regretté.

En histoire et géographie, “le stéréotype du Noir pauvre et malade” entretient “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs”, selon l’étude.

Enfin, sur les 3.097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

“Il faut changer les représentations”, en allant même “un peu au-delà de la réalité à un moment donné”, afin de “donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société”, a affirmé M. Schweitzer.

Pour cela, la Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une “formation spécifique” à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes “qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives”.

“Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte”, a réagi auprès de l’AFP Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront “au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes”, a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que “par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels”.

Elle se félicite que la Halde se soit adressée “à tous les interlocuteurs de la chaîne”, y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis M. Schweitzer.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-halde-denonce-la-discrimination-dans-les-manuels-scolaires_696247.html

La Halde dénonce la discrimination dans les manuels scolaires
L’Express
le 07/11/2008

A l’occasion de la publication d’un rapport qui met en évidence l’existence de nombreux stéréotypes de discrimination dans les manuels scolaires, la HALDE appelle l’école ce jeudi à plus de lutte pour l’égalité.

Le constat est frappant: l’analyse d’une trentaine de manuels scolaires révèle la présence d’une multitude de clichés qui discriminent les femmes, les origines étrangères, les handicapés, les vieux et les homosexuels. Auteur de l’étude, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité (HALDE) souhaite que l’école relaye davantage la lutte pour l’égalité.

Les manuels scolaires, “le reflet d’hier”

“Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation”, a regretté vendredi, lors d’un point de presse, Louis Schweitzer, le président de la Halde.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont “ni racistes, ni sexistes”, “mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir” dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère. Le handicap est “rarement évoqué” et les “seniors” associés à la maladie et à la dégénérescence du corps.

Enfin est évoquée, “l’impasse” faite sur le sujet de l’orientation sexuelle.

L’analyse a porté sur 29 manuels allant de la 6e à la terminale. Les métiers n’y sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

Les handicapés ne sont “jamais représentés dans une situation ordinaire”. Et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées “en situation de pauvreté et de difficultés”, a-t-il regretté.

En histoire et géographie, “le stéréotype du Noir pauvre et malade” entretient “une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs”, selon l’étude.

“Il faut changer les représentations” a affirmé M. Schweitzer.

L’Ecole, relais de la prévention des discriminations

La Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une “formation spécifique” à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes “qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives”.

“Ces recommandations vont dans le bon sens. (…) On va en tenir compte”, a réagi Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront “au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes”, a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que “par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels”.

Elle se félicite que la Halde se soit adressée “à tous les interlocuteurs de la chaîne”, y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis son président.

Les stéréotypes

Sous-valorisation des femmes:

“L’homme en médecin et la femme en infirmière”. “Une femme représentée au travail pour trois hommes.” “Les femmes “icônes ou emblèmes” (Marianne, déesses grecques ou romaines. “Filles de”, “femme de” ou “mère de” (Letizia, mère de Napoléon). Les femmes en tant qu’”objet de désir des hommes”

Discrimination ethnique:
-3 prénoms à consonance étrangère sur 71 prénoms dans les manuels de mathématiques.

Le handicap à la trappe:
-Sur 3097 illustrations, 25 évoquent le handicap.

Le tabou de l’orientation sexuelle:
-Sur les 3 097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

Extraits:

Stéréotypes dans la représentation des personnes noires

Le stéréotype à l’égard des personnes noires le plus souvent mentionné par les élèves et les enseignants est la pauvreté. Ce constat rejoint celui de Nicolas Prévost (2001, op. cit.) dans son étude sur les images et l’enseignement de l’Afrique. Deux manuels de SVT sont révélateurs de ces stéréotypes. Le premier, chez Bordas en classe de 3ème, page 163, propose une photo (la seule de la page) en appui d’une illustration d’un des trois encadrés. Il décrit “le kwashiorkor, comme une maladie fréquente dans les pays en voie de développement atteignant les enfants”. La photo présente de profil un petit enfant noir, nu et rachitique, en train de s’alimenter. Le second, est extrait du manuel d’ECJS en Terminale chez Magnard (2002). Une photo page 75 montre en plan rapproché la main d’un enfant noir dans la paume de celle d’un adulte blanc. Ce dernier tient entre le pouce et l’index une main noire minuscule laissant apparaître un avant bras de la taille du pouce de l’adulte. Utilisée pour illustrer la solidarité nécessaire avec l’Afrique, cette image a été jugée choquante à plusieurs reprises, notamment dans le cadre du “focus group” avec les professionnels de l’intégration. Elle renforce le stéréotype du Noir non seulement pauvre, mais aussi malade. Elle contribue également à entretenir le stéréotype du rapport inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile. Cette analyse critique ne signifie pas qu’il s’agit de taire la vérité sur les faits, qu’ils soient économiques ou historiques. Cependant, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives par proximité de critères de catégorisation sociale doivent être absolument relativisés. Dans son étude des manuels de géographie consacrés à l’Afrique, Prévost (2001, p.119) 174 dresse le même constat en regrettant que « ces images ne sont pas souvent contrebalancées par des réussites de développement ». Dans ses réponses au questionnaire un enseignant fait le même type de proposition « Dans les manuels de géographie, les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb montrent trop souvent la pauvreté avec des photos d’enfants de rue, ou de paysans traditionnels, mais on ne parle pas assez du dynamisme de ces pays, de la modernité que l’on trouve parfois. Exemple : en géographie, en ce qui concerne le Maghreb, on pourrait mettre dans un livre une photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ». Cette perspective commence à être envisagée par des éditeurs qui utilisent ce type de contre stéréotype à propos des personnes noires dans le contexte de la mondialisation et du développement des technologies. Les deux exemples rapportés ci-dessus ont retenus à ce propos notre attention. Ils figurent tous les deux en couverture d’un ouvrage de terminale. Le premier en histoire – géographie, chez Magnard (2007), pour les classes de Terminale STG, présente un berger Massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à l’oreille. La couverture propose un montage photos avec en bas de page une image de ville moderne inscrivant le berger d’une tribu africaine et la personne noire dans la modernité. Le second, en sciences économiques et sociales, chez Bordas (2007) met côte à côte trois visions de la modernité, dans un contexte asiatique une femme marchant dans une ville, un portait de femme noire, téléphone portable à l’oreille, sur fond de ville et un homme en costume se déplaçant à vélo. La mondialisation et le développement technologique apparaissent ici comme un vecteur d’ouverture à la diversité culturelle et de rapprochement entre les différentes catégories sociales qu’on a tendance à opposer par ailleurs. Présentées dans le cadre des “focus group”, ces images ont été évaluées très favorablement par les professionnels de l’intégration et de la lutte contre les discriminations de l’ACSE. Nous présentons ici ces exemples de bonnes pratiques au même titre que les précédents qui rendaient compte de pratiques à proscrire. Comme nous l’avons constaté dans plusieurs ouvrages, un même manuel peut contenir des contre stéréotypes pertinents mais également des stéréotypes que nous condamnons. C’est pourquoi, en termes de recommandations aux éditeurs, nous les invitons à développer des dispositifs qui les aideront à tenir une ligne éditoriale où les minorités visibles seront numériquement et qualitativement représentées de façon pertinente, de la couverture de l’ouvrage à la dernière ligne du manuel, et ceci pour toutes les classes et dans toutes les matières. En effet, les éditeurs ne doivent pas se contenter de la pertinence d’une image qui pourrait les autoriser à être moins attentif à d’autres endroits du manuel.

(…)

Recommandations faites aux éditeurs

Recommandations de principe: Les recommandations ci-dessous proposent aux éditeurs (et aux équipes d’auteurs   dont ils ont la responsabilité) de suivre deux principes de base lors de la conception  d’un manuel scolaire: 1) principe de représentativité Les éditeurs doivent lutter contre l’exclusion des catégories sociales souffrant d’un  problème de représentativité dans leurs manuels, en s’efforçant de les introduire dans  des situations où ils pourront les faire apparaître quelle que soit la discipline. Des  propositions concrètes ont été faîtes à ce sujet. Ce principe peut être expliqué, voire  rédigé très clairement, aux  équipes d’auteurs, en  leur demandant de  penser aux  femmes  ou  encore  aux  minorités  visibles dans  les illustrations  ou  le  choix  des  prénoms, comme certains le font déjà; ils doivent également aller plus loin, aussi  bien sur le nombre de critères pris en compte, que sur les contextes d’apparition, par  exemple  en  s’efforçant  de  trouver  des  personnages  célèbres  de  la  discipline  répondant à ces critères. 2) principe de diversification des représentations Les éditeurs doivent lutter contre le renforcement des stéréotypes que leurs manuels  peuvent  induire  en  évitant  les  représentations  inutilement  dévalorisantes  ou  stigmatisantes, tout en veillant à la véracité des faits rapportés. L’utilisation de contre  stéréotypes est à encourager dans des proportions qui doivent rester raisonnables. Ils  doivent aussi et surtout s’efforcer de représenter les membres de ces catégories dans  des situations diversifiées. Pour les cinq  critères étudiés, toutes les analyses ont  révélé le besoin de faire apparaître davantage les membres de ces catégories sociales  en tant qu’individu, notamment en les mettant en scène dans des situations de la vie  quotidienne.  La  diversification  des  situations  peut  aussi  s’opérer  à  partir  du  relativisme culturel ou géographique, comme l’ont révélé des exemples pertinents, qui présentaient un cas en montrant la diversité des façons dont il était abordé dans  plusieurs pays européens.


Islam: Touche pas à mon esclave! (What African slavery?)

11 novembre, 2008
Hadijatou Mani with slavemaster (Niger, Oct. 2008)Bienheureux sont certes les croyants, (…) qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n’est qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer. (Coran, 23:1-6)

Comme si l’esclavage ne faisait pas partie intégrante de l’islam et si les premiers négriers n’étaient pas les Africains eux-mêmes!

Pour ceux qui nous bassinent avec leur repentance et leurs demandes de réparations pour la seule traite atlantique …

Ce jugement historique rendu (sous la pression à nouveau d’asssociations anti-esclavagistes britanniques) à la fin du mois dernier par un tribunal ouest-africain …

Rappelant, comme le souligne un intéressant commentaire du site  fr.soc.politique, que l’esclavage est toujours bien vivant dans les parties islamisées de l’Afrique …

Et pas seulement au Soudan ou en Mauritanie, mais aussi aux Niger, Mali, Burkina Faso …

Jugement historique: l’Etat du Niger jugé responsable d’esclavage
da lussou
fr.soc.politique
28 oct. 08

L’islam et l’esclavage, un long roman de 1400 ans qui s’écrit en lettres de sang de nos jours encore.

Vendue 366 euros à l’âge de 12 ans à un adorateur du prophète, Hadijatou Mani fera office de 5e femme à son maître. C’est que si l’islam limite un homme à 4 épouses, il lui permet de dépasser ce nombre en se satisfaisant de ses esclaves. C’est d’ailleurs pourquoi en bon musulman, cet homme aura 7 esclaves (source : The Guardian).

http://www.guardian.co.uk/world/2008/oct/26/human-rights-niger-verdict

Sachez par ailleurs que Hadijatou fut violée dès l’âge de 13 ans par son
maître, qui en comptait quant à lui 63 (source : The Guardian). Rappelons que Mahomet, le « beau » modèle des musulmans, déflora son Aïcha d’épouse lorsqu’elle avait 9 ans et lui. 52 ans. Ceci justifie cela.

http://www.guardian.co.uk/world/2008/oct/26/human-rights-niger-verdict

Il faut bien comprendre que, si tout ceci est parfaitement sordide pour un esprit occidental, ça n’en est pas moins parfaitement halal (permis) au regard de la « belle » loi islamique, que l’on nous impose insidieusement de plus en plus chez nous.

On ne peut évidemment que se féliciter du jugement du tribunal de la Cédéao. Sera-t-il suivi d’effets concrets pour les centaines de milliers d’Africains (dont 870 000 au Niger et 600 000 en Mauritanie) toujours maintenus en esclavage par leurs pairs, rien n’est moins sûr.

L’Etat du Niger jugé responsable d’esclavage
Le Nouvel observateur
27.10.2008

Un tribunal ouest-africain a estimé que l’Etat nigérien était responsable de n’avoir pas su protéger une jeune fille, vendue à l’âge de 12 ans. Selon une enquête, le pays compterait encore quelque 870.000 esclaves.

Un tribunal ouest-africain a estimé lundi 27 octobre que l’Etat du Niger était “responsable” dans une affaire d’esclavage, n’ayant pas été en mesure de protéger une jeune femme contre cette pratique qui perdure dans le pays malgré son interdiction.

Mission de protection

La cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), saisie par la victime, a tenu la République du Niger pour “responsable de l’inaction” de ses services administratifs et judiciaires, selon l’arrêt lu par Aminata Malle-Sanogo, la présidente de ce tribunal mobile qui se déplace en fonction des affaires à traiter.
Saisie pour la première fois pour une affaire d’esclavage, cette instance a estimé que les juges nigériens n’avaient pas rempli leur mission de protection de la victime.
“C’est absolument historique car c’est le tout premier verdict rendu sur le phénomène de l’esclavage par la cour de la Cédéao”, a estimé Ilguilas Weila, président de l’ONG nigérienne de lutte contre l’esclavage Timidria. Il a souhaité que cette décision “fasse jurisprudence pour les autres Etats de la Communauté, notamment le Mali et le Burkina Faso où la pratique esclavagiste persiste toujours”. Hors Cédéao, il a également cité la Mauritanie et le Tchad.

Vendue pour 366 euros

La plaignante, Adidjatou Mani Koraou, aujourd’hui âgée de 24 ans, a été vendue à l’âge de 12 ans pour 240.000 francs CFA (366 euros) par un esclavagiste touareg et était devenue la cinquième épouse d’un habitant de la région de Birni N’Konni (centre-sud nigérien), pendant neuf ans.
Elle réclamait 50 millions de Francs CFA de “réparations” à l’Etat. Le tribunal lui a accordé 10 millions.
“Je remercie Allah d’être libre comme vous tous. Avec les 10 millions, je vais m’occuper de moi-même, me faire plaisir et je vais essayer aussi de monter un petit commerce”, a-t-elle déclaré à l’AFP à la sortie du tribunal, esquissant un sourire, un bébé dans les bras.
L’un de ses avocats, Abdourahame Chaïbou, souligne qu’”avec cette décision les choses vont désormais changer au Niger, car on ne peut pas permettre qu’une telle pratique survive”.
Dans une enquête réalisée en 2003, Timidria a recensé plus de 870.000 esclaves dans ce pays de 12 millions d’habitants. Ces chiffres sont fortement contestés par les autorités qui ont lancé en novembre 2007 leur propre enquête, dont les résultats n’ont toujours pas été publiés.

“Soumission totale”

Depuis une décennie, une polémique oppose les autorités et les anti-esclavagistes au Niger. L’esclavage, officiellement aboli en 1960, est théoriquement passible de 10 à 30 ans de prison ferme dans ce pays.
Soutenue par Timidria et l’ONG Anti-Slavery International, Adidjatou Mani Koraou avait d’abord saisi les tribunaux locaux. Après avoir gagné en première instance, elle avait été déboutée en appel.

Elle avait alors demandé à la cour de la Cédéao de condamner l’Etat du Niger pour n’avoir pas été en mesure de la protéger contre l’esclavage.
Selon Anti-Slavery International, la jeune femme a vécu dans un état de “soumission totale”, forcée à travailler au foyer et dans les champs de son maître, subissant également des violences sexuelles. Elle a donné naissance à trois enfants, dont deux ont survécu.
L’Etat Nigérien n’a pas été jugé responsable des discriminations qu’elle a subies pendant neuf ans, estimant que ces faits étaient imputables à son ancien maître.

Le tribunal ouest-africain ne prononce pas de peines d’emprisonnement. Ses verdicts donnent généralement lieu à des “rappels à l’ordre contre les Etats”, afin qu’ils respectent leurs engagements vis-à-vis de la communauté internationale. Il peut aussi réclamer des dommages et intérêts pour les victimes. (Avec AFP)