Palestine/ONU: Ils ont enlevé l’étoile du drapeau jordanien et d’un seul coup nous étions palestiniens (It’s the continuation of war on zionism by other means, stupid !)

Toutes personnes qui, nées en pays étranger, descendant, en quelque degré que ce soit, d’un Français ou d’une Française expatriés pour cause de religion, sont déclarés naturels français et jouiront des droits attachés à cette qualité s’ils reviennent en France, y fixent leur domicile, et prêtent le serment civique. (…) Les religionnaires fugitifs et autres dont les biens ont été confisqués pour cause de religion, et leurs héritiers sont appelés à recueillir (…) les biens qui se trouvent actuellement dans les mains des fermiers préposés à leur régie. Loi du 15 décembre 1790
Les descendants des familles proscrites, lors de la révocation de l’Edit de Nantes, continueront à bénéficier des dispositions de la loi du 15 décembre 1790, mais à la condition d’un décret spécial pour chaque demandeur. Ce décret ne produira d’effet que pour l’avenir. Loi du 26 juin 1889
Voulons et entendons que l’Edit du feu Roi de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles, ce faisant, ordonnons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. Code noir (article 1, mars 1685)
Une Allemagne de l’Ouest tronquée après la seconde guerre mondiale a absorbé et réhabilité pas moins de 9,7 millions de personnes déplacées. La petite Autriche a reçu 178 000 réfugiés hongrois à la suite de la Révolution hongroise de 1956. L’Italie a recueilli 585 000 Italiens déplacés issus des territoire cédés à la Yougoslavie et de diverses régions d’Afrique. La France a donné l’asile permanent à 1,4 millions de réfugiés (y compris des musulmans algériens) déplacés par l’émergence de nouveaux États souverains en Afrique du Nord et en Indochine. Les Pays-Bas, petits et bondés, ont accueilli et intégré 230 000 réfugiés d’Indonésie. La Turquie a réinstallé 150 000 Turcs expulsés par le régime communiste de Bulgarie. Julius Stone (Self-determination and the Palestinian Arabs", in I. Howe and C. Gershman eds., Israel, the Arabs and the Middle East, 1972)
Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’après 50 ans le droit au retour soit toujours un problème entretenu par le grand nombre de Palestiniens encore dans les camps de réfugiés. Pourquoi sont-ils toujours là après 50 ans ? Sur le plan personnel, ma famille et moi, avec des millions d’autres, ont perdu leurs terres et leurs biens à la suite de la partition de l’Inde en 1947. Nous étions réfugiés. Les gouvernements Indiens et pakistanais ont fourni peu d’aide, mais surtout les réfugiés eux-mêmes, après un certain temps, se sont recréés une nouvelle vie. Il n’y a pas de camps de réfugiés sur aucun des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise remplis de millions de gens faisant valoir leur droit au retour. Deepak Lal ("In Praise of Empires, Globalization and Order", 2004)
Les conversions massives à l’époque grecque et romaine enlèvent au judaïsme toute signification ethnologique, et coupent tout lien physique (mais non pas spirituel) avec la Palestine […] La plupart des Juifs de Gaule ou d’Italie, sont le produit de ces conversions. Quant aux Juifs du bassin du Danube, ou du Sud de la Russie, ils descendent sans doute des Khazars. Ces régions contiennent de nombreuses populations juives qui probablement n’ont rien à voir, du point de vue ethnologique, avec les Juifs d’origine. Ernest Renan (« Le Judaïsme comme race et religion », 1883)
La grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays. Yitzhak Ben Zvi (second président de l’Etat d’Israël, 1929)
Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? (…) Nous n’étions pas trop gênés par le royaume jordanien. L’enseignement de la destruction de l’Israël était une partie intégrale du programme d’études. Nous nous sommes considérés "Jordaniens" jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des "Palestiniens"… ils ont enlevé l’étoile du drapeau jordanien et d’un coup nous avons eu un "drapeau palestinien". (…) Le fait est que les "Palestiniens" sont des immigrés des nations environnantes ! Mon grand-père avait l’habitude de nous dire que son village était vide avant que son père ne s’y installe. Walid Shoebat, ancien terroriste islamiste de l’OLP, repenti et devenu sioniste chrétien)
Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les “Palestiniens”, les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité “palestinienne”. L’existence d’une identité “palestinienne” distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état “palestinien” est un nouvel outil dans la bataille continue contre Israël et pour l’unité arabe. Zuheir Muhsin (chef des Opérations militaires de l’OLP et membre du Conseil exécutif de l’OLP, Trouw, le 3 mars 1977)
Le peuple “palestinien” n’existe pas. La création d’un État “palestinien” est seulement un moyen de continuer notre lutte contre l’État d’Israël pour l’unité arabe. En réalité aujourd’hui il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les “Palestiniens”, les Syriens et les Libanais. Seulement, pour des raisons politiques et tactiques, nous parlons aujourd’hui de l’existence des “Palestiniens” pour des intérêts arabes exigeant la création d’un peuple “palestinien” pour nous opposer au sionisme. Zuheir Muhsin (interview au Pakistan, 2006?)
L’objectif du peuple palestinien est la réalisation de ses droits nationaux inaliénables dans son État indépendant de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur tout le territoire de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza, occupée par Israël pendant la guerre de juin 1967, en conformité avec les résolutions de la légitimité internationale ainsi que la réalisation d’une solution juste et convenue à la question des réfugiés palestiniens conformément à la résolution 194, tel que stipulé dans l’Initiative de paix arabe, qui a présenté la vision consensuelle arabe pour résoudre le cœur du conflit israélo-arabe et de parvenir à une paix juste et globale. Mahmoud Abbas (ONU, 29.11.12)
Israël est un paradoxe intéressant: c’est une création artificielle récente et en même temps l’aboutissement d’une longue histoire, celle d’une communauté qui s’est pensée en exil. La langue illustre cette double dimension: on a repris une langue ancienne, uniquement consacrée à l’étude pendant deux mille ans, pour en faire une langue vernaculaire. Pour moi, comme pour mes collègues spécialistes d’autres domaines d’ailleurs, les nations sont toutes des constructions modernes. Ce n’est pas pour autant qu’elles doivent disparaître mais c’est pourtant cela qu’on sous-entend souvent avec Israël. Jacques Ehrenfreund
The myth of the 1966 Palestinian Convent that the "Palestinian people" was unjustly displaced by the Jewish invasion of Palestine in 1917 is widely disseminated and unquestioningly and dogmatically espoused in "studies" from the United Nations Secretariat. However, it is necessary to recall, not only the Kingdom of David and the succession of Jewish polities in Palestine down to Roman conquest and dispersion at the turn of the present era, but also that the Jews continued to live in Palestine even after that conquest, and were in 1914 a well-knit population there. Hundreds of thousands of other Jews, driven from the Palestine homeland by successive waves of Roman, Arab, and other conquerors, continued to live on for centuries throughout the Middle East, often under great hardship and oppression. And, of course, millions of others were compelled to move to other parts of the world where too often, as in pogrom-ridden Russia and Poland, they live in conditions of tyrannous and humiliating subjection and under daily threat to their lives… That the provision for a Jewish national home in Palestine was an application of the principle of self determination is manifest from the earliest seminal beginning of the principle. The Enquiry Commission, established by President Wilson in order to draft a map of the world based on the Fourteen Points, affirmed the right of the Jewish people that “Palestine should become a Jewish State” clearly on this ground. Palestine, the Commission said, was “the cradle and home of their vital race”, the basis of the Jewish spiritual contribution, and the Jews were the only people whose only home was in Palestine. It would be difficult to provide a more succinct statement of the essence of the self determination principle. (…) In fact the name Palestine had not for centuries (perhaps millennia) before 1917 referred to a defined political, demographic, cultural, or territorial entity. In the immediately preceding centuries it was a part of the Ottoman Empire designated as Southern Syria and governed from Damascus. In 1917, its northern part, from Safed almost to Jerusalem, was part of the Vilayet of Beirut and the whole of it was claimed to be part of Syria. The Arabs living there were not regarded by themselves or others as “Palestinians” or in any major respect as different from their brethren in Syria and Lebanon. This “Syrian” rather than “Palestinian” identification of Arabs living in Palestine underlay the request of the General Syrian Congress on July 2, 1919, that there should be no separation of the southern part of Lebanon, from Syrian country. A main argument thus made by Arabs in post-World War I negotiations was not that “Palestinians” would resent the loss of Palestinian identity by the establishment of the Jewish national home in Palestine, but rather that they would resent severance of their connection with their fellow Syrians… In the light of these facts, the notion that the Arabs living in Palestine regarded themselves in 1917, at the time when Woodrow Wilson’s seminal self-determination principle emerged, as a Palestinian Arab people in the sense required by the self-determination principle (or, as I may sometimes here call it, “the liberation of peoples principle” or “liberation principle”) is thus a figment of unhistorical imagination. To respect the historical facts is, therefore, not to impugn the liberation principle; it merely points out that the principle must be applied at the appropriate time to the facts of group life as they truly exist. These historical facts continue to reverberate today in Arab state circles. President Assad of Syria in 1974 stated that Palestine is a basic part of Southern Syria (New York Times, March 9 1974). On this on November 17, 1978, Yasser Arafat commented that Palestine is southern Syria and Syria is northern Palestine (Voice of Palestine, November 18, 1978 … (…) The distribution between Arabs and Jews after World War I was certainly implemented in succeeding decades as far as Arab entitlements were concerned. Arabs claims to sovereignty received extensive fulfillment in the creation of more than twenty sovereign states following World War I, not only in the Middle East but in Africa as well. Altogether this historical process included the following features: First, despite all the extraneous Great Power maneuverings, Jewish and Arab claims in the vast area of the former Ottoman Empire came to the forum of liberation together, and not (as is usually implied) by way of Jewish encroachment on an already vested and exclusive Arab domain. Second, the territorial allocation made to the Arabs, as now seen in about a dozen sovereignties in the Middle East (not to speak of many Arab sovereignties elsewhere) was more than a hundred times greater in area, and hundreds of times richer in resources than the Palestine designated in 1917 for the Jewish national home. Third, by successive steps thereafter, this already tiny allocation to Jewish claims was further encroached upon. Thus, already in 1922, a major part of it (namely 35,468 out of 46,339 square miles, including the more sparsely populated regions) was cut away to establish the kingdom of Transjordan (now known as the Hashemite Kingdom of Jordan). With so preponderant an Arab allocation capable, as events since 1973 now show, of threatening the economic existence of most of the rest of the world, it seemed reasonable to expect Arab acquiescence in the minute allotment to the Jews of Israel as their only national home. The extraordinary campaign against the State Of Israel in the General Assembly since the oil weapon was drawn from its scabbard in 1973 involves subversion both of basic international law principles, and of rights and obligations vested in states under them. It has also entailed rather grotesque reversals of the United Nations own position of the preceding quarter-century, as part of a wide and illicit rewriting of history. Considered in the context above sketched, this campaign is a kind of pilot operation in a remarkable venture in the detournement de pouvoir an assault with covert as well as overt elements, on the international legal order. It would follow that what is at stake are not only the range of state interests that lie within the lawful concern of the organs of the United Nations, but all interests of states that the General Assembly can by the ipse dixit of automatic majorities reach out to control, truncate or destroy. Julius Stone

Attention: une invention peut en cacher une autre !

Où l’on (re)découvre comment par un beau matin de juin 1967 et au prix d’une étoile en moins sur leur drapeau, une partie des Jordaniens se sont brusquement réveillés "palestiniens" …

Au lendemain d’un énième épisode de réécriture de l’histoire par le Machin

Avec le honteux soutien du Pays autoproclamé des droits de l’homme

Et alors que le Monde dit civilisé ne trouve pas de mots assez durs pour dénoncer l’annonce de la reprise de constructions israéliennes autour de Jérusalem …

Pendant qu’à Gaza comme à Ramallah, on appelle à une "troisième Intifada contre l’ennemi sioniste" ou "la prochaine fois bombarder Haïfa"

Petite remise des pendules à l’heure, sans parler de ceux qui ont probablement des racines juives, sur l’invention du peuple palestinien

Le mythe "palestinien"

JSS News
27 mai 2011

Le mois de septembre approchant à grands pas, l’article que vous allez lire, rédigé par « Durandal » le 10 avril 2006 pour le défunt blog « enpleindanslmille.blogspot.com », m’a semblé suffisamment complet et documenté pour ne pas prendre le risque de le voir disparaitre définitivement. Il est une réponse cinglante et parfaitement argumentée à la propagande éhontée qui est devenu la nouvelle histoire de notre monde à la 1984. Bonne lecture, et shabbat shalom à tous. – Gally

Les fausses « racines anciennes »

Les supporteurs de la « cause palestinienne » scandent à tour de bras que les Arabes « palestiniens » vivent depuis « des milliers d’années » en « Palestine ».

Des Arabes côtoient des Juifs dans cette région depuis des milliers d’années, ceci est vrai. Toutefois, ils n’ont jamais vécu en Terre d’Israël elle-même, ils étaient établis au sud et à l’est. Les Arabes en question sont les Nabatéens, une ancienne nation de chameliers-marchands.

Ces Arabes sont originaires de l’Arabie du Nord. Ils émigrèrent vers le territoire d’Édom (l’actuel désert du Néguev) 350 ans notre ère. Leur métropole fut Pétra, l’ancienne capitale des Édomites située à égale distance entre la Mer Morte et le Golfe d’Aqaba.

Peu à peu le Néguev fut connu sous le nom de Nabatène. Grâce à leurs caravanes allant d’un oasis à l’autre, ses habitants étendirent rapidement leur influence économique dans le Sinaï, l’est de la Jordanie actuelle, le sud de la Syrie actuelle et le nord-ouest de l’Arabie.

Voici une carte de la civilisation nabatéenne (prenez en compte que la partie en rouge ne correspond pas nécessairement à la région habitée par les Nabatéens, mais plutôt au centre de leurs activités commerciales).

La prochaine carte représente les routes commerciales terrestres des Nabatéens. Bien que leurs caravanes traversaient fréquemment la Terre d’Israël, celle-ci était habitée par les Juifs et les Samaritains.

Au cours de la guerre des Juifs contre les Helléniques en 166-142 av. J.-C., Juifs et Nabatéens furent alliés.

Le royaume nabatéen pris fin en l’an 106 lorsque la Nabatène est conquise par les Romains qui en font une province de leur empire.

Pendant les 2e, 3e et 4e siècles, les Nabatéens se convertirent au christianisme.

Au cours de leur histoire, les Nabatéens ne remplacèrent jamais les Juifs en tant qu’habitants de la Terre d’Israël, mais ils coexistèrent à côté d’eux sur un territoire distinct. Voici d’autres cartes de la province romaine d’Arabie :

Comme visible sur les cartes, les Nabatéens ne s’établirent pas à l’ouest du Jourdain. Ils s’installèrent toutefois à l’est du Jourdain et de la Mer Morte. Les Juifs attaquèrent les Nabatéens vivant en Pérée et en Moab en 90 av. J.-C. et en convertirent (de force) beaucoup au Judaïsme. En 32-31 av. J.-C., les Juifs attaquèrent encore les Nabatéens, cette fois en Décapole et en Ammon.

Les Arabes « palestiniens » ne sont donc pas des habitants millénaires de la « Palestine ».

La conquête arabo-musulmane

Les Arabes, dans le contexte des conquêtes islamiques, s’emparèrent de la Terre d’Israël en 638, la spoliant de leurs habitants Juifs et chrétiens.

Beaucoup de sources (dont plusieurs arabes) confirment le fait que la Terre d’Israël était encore judéo-chrétienne par la population et la culture malgré la diaspora juive et la domination islamique :

- L’historien James Parker a écrit : « Pendant le premier siècle après la conquête arabe [640-740], le Calife et les gouverneurs de la Syrie et de la Terre [Sainte] ont régné entièrement sur des sujets chrétiens et juifs. Mis à part des Bédouins lors des premiers jours [du règne arabe], les seuls Arabes à l’ouest du Jourdain étaient les garnisons. »
- En 985 l’auteur arabe Muqaddasi s’est plaint qu’« à Jérusalem la grande majorité de la population est juive », et dit que « la mosquée est vide des adorateurs… ».

Quoique les Arabes aient régné sur la Terre d’Israël de 638 à 1099, ils ne sont jamais devenus la majorité de la population. La plupart des habitants étaient des chrétiens (assyriens et arméniens) et des Juifs.

Tout le monde conviendra que les Arabes ne prospérèrent pas plus pendant la période des croisades allant de 1099 à 1289.

L’ère ottomane

La seconde période de règne islamique est la seule qui reste aux Musulmans qui veulent affirmer qu’une grande nation arabo-musulmane existait en Terre Sainte avant que les Juifs viennent recréer leur État.

Voyons voir si les Juifs s’emparèrent d’une « contrée bien établie, peuplée et verdoyante » en retournant en Terre d’Israël comme les Arabes l’affirment de nos jours. Tous les récits de voyage et rapports sur la Terre d’Israël de cette époque attestent au contraire d’une région vide de l’Empire ottoman. Voici ce que plusieurs personnes ayant voyagé dans cette région on constaté :

- Ibn Khaldun, un des historiens arabes les plus crédibles, a écrit en 1377 : « La souveraineté juive sur cette terre s’est prolongée sur 1 400 ans… C’est les Juifs qui ont implanté la culture et les coutumes en s’y étant installé de manière permanente ». Après 519 ans (non consécutifs) de domination musulmane sur la Terre d’Israël, Ibn Khaldun a certifié que la culture et les traditions juives étaient encore dominantes.

- Edouard Webbe en 1590 : « Il n’y a rien à Jérusalem mis à part des vieux murs ».

- Henry Maundrell en 1697 : Nazareth, « un village minuscule et sans importance », Jéricho, « une bourgade minable et sale », Acre, « une désolation ».

- L’archéologue britannique Thomas Shaw en 1738 : la Terre Sainte « VIDE, désolée et manquant de tout, qui manque d’habitants ».

- Le comte François Volney en 1785 : « Nous avons du mal à reconnaître Jérusalem, on y compte environ 12 000 habitants. Le pays est désolé et ruiné. »

- Commentaires par des Chrétiens dans les années 1800 : « Les Arabes ne peuvent pas être considérés comme autre chose que des résidents temporaires. Ils ont placés leurs tentes dans un pays ruiné. Ils n’ont rien créé en Terre Sainte. Puisqu’ils sont des étrangers sur cette terre, ils ne sont jamais devenus ses maîtres. »

- Alphonse de Lamartine en 1832 : Mis à part à Jérusalem, il ne rencontra pas âme qui vive et que la Terre d’Israël était « le tombeau de tout un peuple [les Hébreux] ».

- William Thackeray en 1844 : « La région est abandonnée. Nous n’avons vu aucun animal se déplacer parmi les pierres. »

- Alexandre Keith en 1844 : « La Terre Sainte est arrivée à l’état de désolation total décrit par les prophètes. »

- Le consul britannique en Terre d’Israël, James Pinn en 1857 : « Le pays est presque inhabité, il a grand besoin d’habitants. »

- Le cartographe britannique Arthur Penrhyn Stanley en 1862 : « Ni signes de vie ni habitations en Judée, sur des distances entières. »

- Mark Twain en 1867 : « Pas un seul village dans la Vallée de Jezréel, rien sur 30 miles dans les 2 sens. 2 ou 3 petits groupes de tentes bédouines, mais pas une seule habitation permanente. On peut voyager pendant 10 miles sans rencontrer 10 êtres humains. Déserts sans âme qui vive, collines VIDES, ruine mélancolique de Capharnaüm, stupide village de Tibériade, enterré sous six palmiers. Nous arrivâmes à Tabor sans rencontrer âme qui vive tout au long du chemin. Nazareth est désolée, Jéricho est en ruine, Bethléem et Béthanie, dans leur pauvreté et leur humiliation, ces endroits n’abritent pas une créature vivante. Un pays désolé, dont la terre serait peut-être assez riche si elle n’était abandonnée aux mauvaises herbes. Une étendue silencieuse, triste. À peine y a-t-il un arbre ou un arbuste, çà et là. Même les oliviers et les cactus, ces fidèles amis d’un sol sans valeur, ont quasiment déserté le pays. »

- Le consul américain à Jérusalem en 1880 rapporte que la région continuait son déclin : « La population et la richesse de la « Palestine » n’a pas augmenté pendant les 40 dernières années. »

- B. W. Johnson en 1892 : « Dans la partie de la plaine entre le mont Carmel et Jaffa on voit à peine quelques villages ou autres formes de vie humaine. Caesarea est maintenant entièrement abandonné. La désolation est partout autour de nous. »

- Compte-rendu de la commission royale Britannique de 1913 : « La région est sous-peuplée et est restée économiquement stagnante jusqu’à l’arrivée des premiers pionniers sionistes dans vers la fin des années 1880, qui sont venus pour reconstruire la terre juive. La route qui va de Gaza vers le nord n’est qu’une piste estivale tout juste bonne pour les chameaux et les charrettes. On ne voit ni bosquet d’orangers, ni verger, ni vigne, jusqu’à ce que l’on arrive en vue du village de Yavné. Les maisons sont des torchis. Il n’existe pas d’écoles. La partie orientale en direction de la mer est quasiment désertique. Les villages, dans cette région, sont rares et chichement peuplés. Beaucoup de villages sont désertés par leurs habitants. »

- Dawood Barakat, éditeur du journal égyptien Al-Ahram en 1914 : « Les Sionistes sont nécessaires pour le pays : l’argent qu’ils apporteront, leur connaissances, leur intelligence et l’industrialisation qui les caractérise contribueront sans aucun doute à la régénération du pays. »

Voilà pour le pays verdoyant et habité « envahi » par les Juifs. Fait historique : sous la domination turque, la terre était à l’abandon et dépeuplée. La terre s’est peuplée à la fois de Juifs et d’Arabes car les Juifs sont revenus et ont commencé à la réhabiliter.

Une seule ville arabe fut construite en Terre d’Israël : Ramleh. Toutes les autres sont des villes juives rebaptisées par eux. L’historien suisse Félix Bovet notait en 1858 : « C’est parce que les Arabes ne sont pas des autochtones qu’ils n’y construisent rien. »

Le mandat britannique

Après la Grande Guerre, les Britanniques héritèrent de ce morceau de l’Empire ottoman défait. Beaucoup de citations de l’époque attestent que le pays était désolé et qu’il n’existait pas d’entité dite « palestinienne ».

- Hussein Al-Qibla, gardien des lieux saints en Arabie Saoudite en 1918 : « Les ressources du pays et le sol vierge seront développés par les immigrés juifs. [...] Nous avons vu les Juifs des pays étrangers venir en « Palestine » de Russie, d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, d’Amérique. [...] Ils ont su que le pays était pour ses fils d’origine, [...] une patrie sacrée et aimée. Le retour de ces exilés à leur patrie s’avérera matériellement et religieusement [être] une expérimentation pour leurs frères [autres Juifs]. »

- Lewis French, le directeur britannique du développement de la « Palestine » en 1931 : « Nous l’avons trouvée [la "Palestine"] habitée par des Fellahs [agriculteurs arabes] qui vivent dans des taudis de boue et souffrent sévèrement de la malaria très répandue. De grands secteurs étaient non cultivés. [...] Il n’y avait presque aucune sécurité publique, Les fellahs sont sans cesse soumis au pillage de leurs voisins nomades, les bédouins. »

Voici une carte des divisions administratives de la région sous domination ottomane. La mention de « Palestine » n’apparait nulle-part. La Terre d’Israël est divisée en trois secteurs, la Syrie à l’est, Beyrouth au nord-ouest et Jérusalem au sud-ouest.

Le représentant arabe en « Palestine » déclara en 1919 : « Nous considérons la « Palestine » comme faisant partie de la Syrie. »

Le dirigeant arabe en Terre d’Israël Awni Bey Abdul Haadi déclara en 1937 : « Il n’y a pas de pays tel que la « Palestine ». « Palestine » est un terme que les Sionistes ont inventé. Il n’y a pas de « Palestine » dans la Bible. Notre pays a fait partie de la Syrie pendant des siècles. « Palestine » nous est aliène, c’est les Sionistes qui l’ont introduits. »

Le professeur Philip Hitti, historien arabe, déclara en 1946 « Il n’y a pas de chose telle que la « Palestine » dans l’histoire, absolument pas. »

Le représentant du Haut Comité arabe aux Nations Unies déclara en 1947 : « La « Palestine » fait partie de la province de Syrie. Les Arabes vivant en Palestine ne sont pas indépendants dans le sens qu’ils ne constituaient pas une entité distincte. »

Le représentant de l’Arabie Saoudite aux Nations Unies déclara en 1956 : « C’est une connaissance générale que la « Palestine » n’est rien d’autre que la Syrie du sud. »

Le roi Hussein de Jordanie répéta plus d’une fois : « Il n’y a aucune distinction entre la Jordanie est la « Palestine ». »

Hafez Assad (ex-Président syrien) déclara : « Il n’y a pas de peuple « palestinien », il n’y a pas d’entité « palestienne ». »

Ahmed Shuqeiri (ex-président de l’OLP) déclara : « La « Palestine » ne fut jamais rien d’autre que la Syrie du sud. »

À cette époque, les Arabes (ainsi que tout le monde) n’ont jamais soulevé la question d’un État « palestinien » car les Arabes eux-mêmes n’exigeaient pas d’État pour un peuple qui n’existait PAS !

La « Palestine » n’a jamais constitué un pays et le concept même de « Palestine » n’existait pas dans l’Empire ottoman !

Le mot même de « Palestine » (ou mot équivalent désignant cette région) n’était quasiment pas utilisé chez les Turcs et les Arabes. Il n’y avait ni État ni peuple « palestinien ». Les Arabes vivant en Terre d’Israël se considéraient comme Syriens ou Égyptiens.

Une pseudo-nation créée le lendemain de la Guerre des Six jours

« Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? »

« Nous ne nous sommes pas en particulier occupés du règne jordanien. L’enseignement de la destruction de l’Israel était une partie intégrale du programme d’études. Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »… ils ont enlevé l’étoile du drapeau jordanien et d’un coup nous avons eu un « drapeau palestinien ». »

« Le fait est que les « Palestiniens » sont des immigrés des nations environnantes ! Mon grand-père avait l’habitude de nous dire que son village était vide avant que son père ne s’y installe. »

Walid Shoebat, ancien terroriste islamiste de l’OLP, repenti et devenu sioniste chrétien

Zahir Muhsin, un ancien membre du comité exécutif de l’OLP et l’ancien commandant militaire de la même organisation, déclara en mars 1977 au journal néerlandais Trouw :

« Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous  partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité « palestinienne ». L’existence d’une identité « palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état « palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël. »

Et encore en s’adressant à un hebdomadaire pakistanais en 2006 :

« Le peuple « palestinien » n’existe pas. La création d’un État « palestinien » est seulement un moyen de continuer notre lutte contre l’État d’Israël pour l’unité arabe. En réalité aujourd’hui il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Seulement, pour des raisons politiques et tactiques, nous parlons aujourd’hui de l’existence des « Palestiniens » pour des intérêts arabes exigeant la création d’un peuple « palestinien » pour nous opposer au sionisme. »

Vérité historique : le peuple « palestinien » et le pays « Palestine » n’existaient pas avant que les Arabes les inventent de toutes pièces pour éventuellement ANÉANTIR Israël.

Cette affirmation peut sembler radicale, mais je vous conseille de lire l’article suivant :

Palestinians – « Peoplehood » Based on a Big Lie [Myths and Facts]

Voici quelques passages sélectionnés :

« There is no age-old Palestinian people. Most so-called Palestinians are relative newcomers to the Land of Israel.

Like a mantra, Arabs repeatedly claim that the Palestinians are a native people. The concept of a ‘Stateless Palestinian people’ is not based on fact. It is a fabrication.

Palestinian Arabs cast themselves as a native people in « Palestine » – like the Aborigines in Australia or Native Americans in America. They portray the Jews as European imperialists and colonizers. This is simply untrue.

Aerial photographs taken by German aviators during World War I show an underdeveloped country composed mainly of primitive hamlets. Ashdod, for instance, was a cluster of mud dwellings, Haifa a fishing village. In 1934 alone, 30 000 Syrian Arabs from the Hauran moved across the northern frontier into Mandate Palestine, attracted by work in and around the newly built British port and the construction of other infrastructure projects. They even dubbed Haifa Um el-Amal (« the city of work »).

The fallacy of Arab claims that most Palestinians were indigenous to Palestine – not newcomers – is also bolstered by a 1909 vintage photograph of Nablus, today an Arab city on the West Bank with over 121 000 residents. Based on the number of buildings in the photo taken from the base of Mount Gerizim, the population in 1909 – Muslim Arabs and Jewish Samaritans – could not have been greater than 2 000 residents.

Family names of many Palestinians attest to their non-Palestinian origins. Just as Jews bear names like Berliner, Warsaw and Toledano, modern phone books in the Territories are filled with families named Elmisri (Egyptian), Chalabi (Syrian), Mugrabi (North Africa). Even George Habash – the arch-terrorist and head of Black September – bears a name with origins in Abyssinia or Ethiopia, Habash in both Arabic and Hebrew.

Palestinian nationality is an entity defined by its opposition to Zionism, and not its national aspirations. This point is admirably illustrated in the following historic incident :

« In 1926, Lord Plumer was appointed as the second High Commissioner of Palestine. The Arabs within the Mandate were infuriated when Plumer stood up for the Zionists’ national anthem Hatikva during ceremonies held in his honor when Plumer first visited Tel Aviv. When a delegation of Palestinian Arabs protested Plumer’s ‘Zionist bias’, the High Commissioner asked the Arabs if he remained seated when their national anthem was played, ‘wouldn’t you regard my behavior as most unmannerly ?’ Met by silence, Plumer asked : ‘By the way, have you got a national anthem ?’ When the delegation replied with chagrin that they did not, he snapped back, ‘I think you had better get one as soon as possible’. » But it took the Palestinians more than 60 years to heed Plumer’s advice, adopting Anthem of the Intifada two decades after Israel took over the West Bank and Gaza in 1967 – at the beginning of the 1987 Intifada. »

Six décennies après la déclaration d’indépendance d’Israël, nous pourrions nous attendre à ce que les Arabes arrêtent de jouer les victimes qui se font dérober leurs terres, mais non, le mythe perdure. On nous rappelle sans cesse dans les médias que les « colons » israéliens « occupent » la Judée-Samarie, qu’ils volent la propriété des « Palestiniens » et qu’ils y construisent incessamment des nouvelles « colonies ».

En fait, de 1950 à 1967, plus de 250 colonies arabes ont été fondés en Judée-Samarie et de 1967 à 2002, 261 autres colonies furent fondées par les Arabes (incluant Jérusalem et Gaza). Durand cette seconde période, seulement 144 « colonies » juives ont été fondées (incluant Jérusalem et Gaza).

À ce jour, les Arabes continuent toujours à faire immigrer des milliers de colons en Israël. En 1998, Yasser Arafat déclare « Dans 5 ans, nous aurons 6 millions d’Arabes vivant en « Cisjordanie » et à Jérusalem. Nous pouvons importer des Arabes. » Le gouvernement israélien avoue avoir permis à 240 000 (mais le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé) « travailleurs » arabes d’entrer dans les territoires depuis 1993, ces « travailleurs » sont restés dans les territoires et sont devenus des colons.

Gaza ne comptait pas plus de 80 000 habitants « indigènes » en 1951. Comment est-il possible qu’en seulement 54 ans la population ait augmenté de 80 000 à plus de 1 300 000 habitants ? Ces Arabes de Gaza sont-ils capables de procréer d’une manière surnaturelle ? L’immigration massive est la SEULE explication plausible pour une augmentation démographique si forte. L’occupation arabe entre 1948 et 1967 était une occasion avantageuse pour les chefs arabes. Ils favorisèrent l’immigration massive de prétendus « Palestiniens » en Judée-Samarie/Gaza. Les immigrés venaient de chaque pays arabe, principalement l’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak et la Jordanie.

Il est impossible de connaître le nombre de colons arabes ayant immigrés en Judée-Samarie/Gaza depuis 1952, mais une chose reste certaine : la majorité ÉCRASANTE des « Palestiniens » n’ont aucun héritage en « Palestine » avant la guerre d’indépendance d’Israël (et le reste ont, pour la grande majorité d’entre eux, aucune racine dans la région avant 1917, et la faible minorité restante n’en a aucune avant le 19e siècle).

La « Palestine » n’est qu’une région géographique ; elle n’est ni un peuple, ni une nation, on ne peut donc en faire un État.

Mis en ligne par Gally – JSSNews

> Sources

The True Identity of the So-called Palestinians [Im Nin'alu]
Occupation and Settlement : The Myth and Reality [Front Page Magazine]
Sionisme et vérité : Plaidoyer pour l’État juif [Objectif Information]
Politically Motivated Mythology of « Palestine » [Ertz Yisroel]
Ancient Nabatean Empire

Voir aussi:

SIONISME ET VÉRITÉ: PLAIDOYER POUR L’ETAT JUIF

14/06/2009

Je remets en ligne un texte mettant les points sur les i concernant Israël et la Palestine. Merci à Karlomann.

Le monde doit se sortir des mensonges arabes sur Israël.

Emmanuel Navon, professeur de relations internationales à l’Université de Tel-Aviv, directeur d’un cabinet de conseil

Document paru dans la revue Outre-Terre N°9- "Israël en Israël" – novembre 2004- Revue française de géopolitique.

Lors de la venue du président israélien en France en février 2004, le porte-parole de l’Elysée publia un communiqué pour confirmer l’attachement de la France à la légitimité de l’Etat d’Israël[1]. Quatre mois plus tard, Michel Rocard déclarait lors d’un discours prononcé à la Bibliothèque d’Alexandrie : « L’origine du problème palestinien est la promesse donnée par les Anglais aux Juifs de fonder un Etat-nation . Ce fut une erreur historique »[2].

Ces deux déclarations prouvent que la légitimité même de l’Etat d’Israël ne va pas de soi pour les dirigeants français. Quelle eût été la réaction de la France si le porte-parole de la présidence israélienne avait publié un communiqué confirmant l’attachement d’Israël à la « légitimité » de la République française ? Et comment la France aurait-elle réagi si un ancien Premier ministre israélien avait situé l’origine des guerres franco-allemandes dans l’établissement de l’Etat-nation français ?

Pourquoi Israël est-il le seul Etat-nation dont la légitimité continue d’être mise en cause ?

Après tout, il existe aujourd’hui dans le monde des Etats à la fois récents, artificiels et instables dont la seule « contribution » à l’humanité consiste dans une série interminable de guerres et de massacres ethniques. Mais personne ne s’interroge sur la légitimité du Soudan, de la République démocratique du Congo ou du Rwanda. Ce qui ne signifie bien entendu pas que ces Etats soient illégitimes ou qu’il faille démanteler tous les Etats militairement violents, historiquement incohérents et culturellement muets. Mais on constate simplement que les Etats ratés, les Etats voyous et les Etats fantoches, eux, ne font pas l’objet d’une remise en question. Au contraire, la communauté internationale a récemment élu le Soudan à la commission des droits de l’homme des Nations unies, alors même que le gouvernement de Khartoum est en train de perpétrer un génocide à l’encontre des chrétiens soudanais. De même que la Syrie qui soutient le terrorisme chiite et occupe le Liban depuis trente ans est actuellement membre du Conseil de sécurité…

De l’autre côté, vous avez le plus ancien peuple du monde, un peuple persécuté, humilié et massacré pendant deux mille ans d’exil, auquel son pays sert d’unique refuge ; un peuple sans égal par son apport culturel à l’histoire de l’humanité ; le seul Etat fondé sur une tradition de plus de trois mille ans ; le seul pays où des réfugiés faibles et démunis ont fait fleurir le désert, fondé une démocratie dans une région totalitaire, gagné toutes les guerres provoquées par des coalitions de six pays arabes, développé des industries, des technologies et une recherche scientifique améliorant chaque jour la vie de millions d’individus dans le monde ; le seul Etat garant d’une culture, d’une religion et d’un message qui sont au fondement de la civilisation occidentale et de la foi partagée par deux milliards d’être humains; le seul Etat au monde à avoir renoncé à des gains territoriaux acquis dans des guerres d’autodéfense au nom de la paix avec ses voisins.

Cet Etat, c’est l’Etat d’Israël, mais lui, et il est seul dans ce cas, doit en permanence justifier de son existence.

Nationalisme et démocratie : il n’y a pas d’exception sioniste

Les Juifs eux-mêmes critiquent le sionisme, qui est le nationalisme juif. Certains courants du judaïsme ultra-orthodoxe s’opposent pour des raisons théologiques à l‘existence d’un Etat juif, mais cette position ne se cantonne pas aux mouvements ultra-orthodoxes. De nombreux intellectuels juifs estiment que le nationalisme juif est incompatible avec l’éthique juive : le peuple juif, tel est l’argument, ne peut pas être la « lumière des nations » et disposer à la fois de pouvoir, car le pouvoir corrompt. L’absence d’un Etat et d’une armée seraient l’ultime garant de la spiritualité et de la moralité juives. L’une des figures de proue de cet antisionisme juif est George Steiner, professeur de littérature comparée aux universités d’Oxford et de Cambridge et penseur de renommée internationale. Ni Juif honteux, ni « Juif antisémite », Steiner est fier de son identité juive, mais il considère que le peuple juif ne peut avoir pour rôle de témoigner de la moralité et de la justice universelles qu’en situation d’exil et d’éloignement du pouvoir. Le sionisme, en conférant aux Juifs du pouvoir, aurait liquidé ce statut de pureté morale et le destin historiquement assigné au peuple juif. Comme beaucoup d’autres intellectuels, Steiner abhorre le nationalisme, mais son opposition au sionisme ne découle pas d’un refus général du nationalisme. Que le nationalisme soit une maladie incurable de tous les peuples ou pas, le peuple juif est le seul peuple qui ne puisse se permettre d’y succomber. Steiner n’est bien entendu pas le seul penseur juif à décrier l’idée d’un pouvoir juif temporel. Dès le début du XXe siècle, les philosophes juifs allemands Hermann Cohen et Franz Rosenzweig avaient développé des théories hégéliennes du « destin » du peuple juif avant la Shoah. Ils pensaient sincèrement que cette même Allemagne qui allait décimer un tiers du peuple juif incarnait le sommet de la culture et qu’elle était, pour les Juifs, la Terre promise. Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal, mais dans le monde où six millions de Juifs ont été massacrés : au cœur coeur de l’Europe et en plein cœur coeur du vingtième siècle. La question qui se pose aux Juifs est alors de savoir s’ils préfèrent être parfaitement moraux et morts ou imparfaitement moraux et vivants. Une recherche du délicat équilibre entre idéal et réalité qui est d’ailleurs au centre de la pensée juive : le rôle de l’homme est d’améliorer le monde, pas de s’en détacher. La halakha, la loi juive, vise à introduire un élément de sainteté et de moralité dans le monde réel.

On affirme dans certains milieux intellectuels israéliens que Theodor Herzl, le père fondateur, ne voulait pas d’un Etat juif, mais qu’il préconisait un Etat des Juifs. C’est pourquoi son ouvrage majeur se serait intitulé en allemand Der Judenstaat, l’ « Etat des Juifs ». Or, les traductions anglaise et française de 1896 portent les titres explicites The Jewish State et L’Etat juif, un choix qui n’avait rien de fortuit puisque l’auteur connaissait les deux langues[3]. Par ailleurs, Herzl utilisait dans ses écrits de façon interchangeable les préfixes Juden- (« des Juifs ») et jüdisch (« juif »). Mais que voulait en réalité Herzl au-delà de la sémantique : un Etat à caractère juif ou un Etat neutre où les Juifs seraient majoritaires ?

Herzl était un Juif assimilé qui revint progressivement à ses origines après l’affaire Dreyfus. Sa correspondance et ses mémoires révèlent son attachement au judaïsme : « Dieu n’aurait pas préservé notre peuple aussi longtemps si nous n’avions pas une destin dans l’histoire de l’humanité »[4].

Ce qui ne signifie pas qu’il prônait une théocratie : « Nous saurons confiner les [rabbins] dans les temples, de même que nous saurons confiner les soldats dans les casernes », note-t-il dans l’Etat juif. Parce que ce qui unit les Juifs, ce qui les caractérise en tant que nation, de même que les Allemands ont la langue et les Suisses un territoire, c’est leur foi : « Nous nous reconnaissons comme nation à travers notre foi »[5] ; « notre foi est la seule chose qui nous ait préservés ». C’est pourquoi la tradition juive est « sacrée »[6]. Et donc : « Les rabbins seront les piliers de mon organisation, et je les honorerai. Ils élèveront, instruiront et éclaireront le peuple »[7]. Où encore au troisième congrès sioniste de Bâle : les Juifs pauvres de Russie seront « les meilleurs sionistes, parce qu’il n’ont pas oublié nos traditions et parce que leurs sentiments religieux sont profondément ancrés »[8] .

Herzl ne voulait donc en aucun cas dissocier l’Etat juif du judaïsme. La Déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël qu’il a contribué à fonder fait référence à la Bible et proclame que l’Etat réalisera la prophétie biblique du rassemblement des exilés. Le symbole de l’Etat d’Israël est le Chandelier du Temple de Jérusalem ; les fêtes nationales sont les fêtes juives ; l’hébreu la langue du pays ; il y a sur le drapeau national et les avions de l’armée de l’air l’étoile de David ; l’hymne national chante le « peuple libre sur notre terre ».

Certains prétendent qu’un Etat ne peut être à la fois juif et démocratique. C’est faux. Un Etat peut être démocratique sans qu’il y ait complète neutralité quant à son identité culturelle, ethnique et religieuse. L’Etat juif est le seul Etat du Moyen-Orient où des députés arabes siègent dans un parlement démocratiquement élu et où des juges arabes siègent dans des tribunaux (dont la Cour suprême ) indépendants du pouvoir exécutif. Israël promeut, comme beaucoup d’autres Etats, une identité nationale spécifique sans qu’il y ait pour autant discrimination entre ses citoyens, Juifs ou Arabes. Le fait que les Arabes israéliens ne se reconnaissent pas dans le drapeau et l’hymne du pays ne les empêche pas d’être des citoyens à part entière et de participer pleinement à la vie politique de leur pays. Qu’ils soient relativement désavantagés, idéologiquement et culturellement, handicapés par rapport à la majorité juive renvoie exactement au statut des minorités dans tous les autres Etats-nation démocratiques.

L’un des fondements de l’État juif est la Loi du retour. D’aucuns la qualifient de discriminatoire et raciste parce qu’elle confère aux seuls Juifs le droit automatique d’immigrer en Israël et de devenir citoyens israéliens. Mais il n’y a là nulle discrimination : la loi israélienne accorde automatiquement la citoyenneté à tout enfant né en Israël de parents israéliens, que ceux-ci soient juifs, arabes, druzes ou bédouins. Par ailleurs, tout non-Juif peut faire une demande d’immigration et de naturalisation. Israël a comme chaque pays souverain le droit d’accepter ou de rejeter pareille demande. Il n’y a aucun pays qui accorde automatiquement le doit d’immigration et de citoyenneté à quiconque le demande.

Le principe de rapatriement dans un Etat-nation est reconnu par le droit international. La résolution des Nations unies qui approuvait en 1947 l’établissement d’un Etat juif était destinée entre autres à permettre aux Juifs de contrôler l’immigration dans leur propre pays. Israël n’est par le seul Etat qui entretienne des relations privilégiées avec une importante diaspora et disposant d’une « loi du retour ». Pas moins de neuf pays européens : l’Autriche, la Belgique, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Roumanie, la Russie, la Slovaquie et la Slovénie ont des lois qui octroient un statut privilégié aux membres de leur groupe ethnique vivant en dehors du pays avec une nationalité étrangère. Par exemple le droit grec attribue des droits privilégiés aux « Grecs ethniques » ( article 108 de la constitution ) ; la Grèce est également à l’origine d’une initiative visant à offrir la citoyenneté grecque aux quelque 300 000 Albanais d’origine grecque vivant en Albanie. La Russie a voté une « loi du retour » en 1999 : tout russe de souche devient automatiquement citoyen russe lors de l’immigration en Russie.

Le Conseil de l’Europe a adopté les recommandations de la « commission de Venise » (à propos du statut des hongrois d’outre-frontières) : les relations normées et préférentielles entre pays d’origine et diaspora sont compatibles avec le droit international tant qu’elles ne portent pas atteinte à la souveraineté des pays hôtes. Autrement dit, l’Europe elle-même a récemment légitimé les principes d’appartenance nationale et ethnique.

Les Etats-nation démocratiques – et Israël parmi eux – favorisent donc les intérêts de leur majorité sans pour autant nier les droits de leur(s) minorité(s). Quiconque appelle au démantèlement de l’Etat juif parce que les Arabes y sont en position de relatif désavantage handicap se doit, au nom de la logique, de l’honnêteté et du bon sens, d’exiger celui de tous les Etats-nation où vivent des minorités et le remplacement de celles-ci par des fédérations bi- ou multinationales, voire par des Etats strictement indifférents à cet égard, tant au plan idéologique qu’au plan culturel.

Ceux d’entre les Européens qui affirment que le concept d’Etat juif est dépassé, mais appliquent le même raisonnement à leur propre pays, sont au moins logiques. Pour eux, c’est le concept même d’Etat-nation qui est périmé et qui doit faire place à celui de fédération européenne post- et supranationale. L’Europe aurait déjà atteint cette phase postnationale où la nation, tout comme l’Etat-nation, appartient déjà à l’histoire. Ce qui n’est à l’évidence pas l’opinion des Basques, des Catalans, des Corses, des Ecossais, des Wallons et des Flamands.

D’autres préfèrent s’inscrire dans la contradiction. C’est le cas député arabe à la Knesset Azmi Bishara lequel suit les « théories critiques » du modèle national d’un Benedict Anderson : la nation ne serait pas une « donnée naturelle » [9]. Et-ce à dire que tous les nationalismes seraient artificiels et illégitimes ? : « Non, l’idéologie et l’identité nationale font partie intégrante de la modernisation sociale. Je suis moi-même un nationaliste arabe »[10]. La critique ne vaut donc que pour le nationalisme juif ; tous les nationalismes sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.

Les fondements de l’Etat juif

Contrairement aux Anglais en Amérique ou aux Français en Algérie, les Juifs ne furent pas des colons. Ils n’avaient pas de métropole, vivaient comme des étrangers minoritaires dans tous les pays du monde, ne représentaient les intérêts d’aucune puissance coloniale, n’avaient jamais été souverains qu’en terre d’Israël et n’avaient jamais cessé de considérer cette terre comme la leur. Les puissances coloniales, par ailleurs, étaient opposées au projet sioniste et si les Britanniques publièrent la Déclaration Balfour en 1917, ce fut pour trahir leurs engagements dès 1922.

La vraie question est de savoir si l’émergence d’une nouvelle idéologie ou d’une nation nouvelle justifie la fondation d’un Etat lorque l’Etat à venir porte atteinte aux droits d’une autre nation. L’opinion la plus répandue à cet égard est à l’évidence que oui : personne n’irait remettre en cause l’existence des Etats-Unis parce que leurs fondateurs ont expulsé ou tué les Indiens autochtones. Et quant à la nouveauté des Etats, il n’est pas de pays qui ne soutienne aujourd’hui l’établissement d’un Etat palestinien alors que le concept même de peuple palestinien est récent. D’autant que le penseur et célèbre historien de l’orientalisme palestinien, Edward Saïd, le reconnaît lui-même : « Le nationalisme palestinien est fondé sur l’expulsion des Israéliens »[11].

Pourquoi donc remettre en question la légitimité du seul Etat juif ? La réponse la plus courante est que les Juifs ne peuvent se permettre de faire un « comeback » historique sur le dos des Arabes. Veulent-ils un Etat ? Qu’ils aillent s’installer sur un lopin de terre australien ou canadien , cela nous épargnera un conflit sans issue au Moyen-Orient. Il est compréhensible, tel est l’argument, que les Juifs, après la Shoah, aient besoin d’un pied-à-terre quelque part dans le monde, mais ils doivent aussi comprendre qu’on ne peut réclamer la propriété d’un bien abandonné depuis si longtemps et occupé entre-temps par de nouveaux locataires. Quitte à tolérer ce « fossile », comme le suggérait « plaisamment » l’historien Toynbee, que ce soit dans un musée d’histoire naturelle !

Une argumentation curieusement avancée par ceux qui se font en même temps les avocats zélés de « droit au retour » des Palestiniens et veulent que quiconque a été expulsé de sa maison doit pouvoir rentrer chez lui, quelle qu’ait été la durée de l’exil. Un raisonnement qui tiendrait donc pour les Palestiniens, mais pas pour les Juifs. Sans compter que ceux qui déclarent les Juifs étrangers en Terre Sainte ne les considèrent pas non plus comme de « vrais Français » ou de « vrais Russes ». Or, si les Juifs sont étrangers aussi bien en « Palestine » qu’en diaspora, on se demande où ils seront chez eux !

Certains français illustres comprirent que le retour des Juifs sur leur terre n’était que justice. Jean Racine « Réjouis-toi, Sion, et sors de la poussière. Quitte les vêtements de ta captivité. Et reprends ta splendeur première. Les chemins de Sion à la fin sont ouverts. Rompez vos fers, Tribus captives ; Troupes fugitives, Repassez les monts et les mers : Rassemblez-vous des bouts de l’univers » (Esther, Acte III, scène IX).

Jean-Jacques Rousseau « Je ne croirai jamais avoir bien entendu les raisons des Juifs, qu’ils n’aient un Etat libre, des écoles, des universités, où il puissent parler et disputer sans risque. Alors seulement nous pourrons savoir ce qu’il ont à dire » (La Profession de Foi du vicaire savoyard).

Napoléon Bonaparte en 1799 à quarante kilomètres de Jérusalem : « Réveillez-vous Israélites ! L’heure est venue de réaliser votre indépendance politique comme nation parmi les nations ! ».

Ces grands Français connaissaient leur histoire d’Israël. Ils savaient que le nom « Palestine » vient de Philistins, un peuple de la mer Egée qui s’était installé au douzième siècle avant l’ère chrétienne sur la côte orientale de la Méditerranée. Lorsque les Romains écrasèrent la révolte des Juifs au deuxième siècle de l’ère chrétienne, ils tentèrent d’effacer toute mémoire juive en rebaptisant justement la Judée Palestina, du nom de leurs ennemis. D’où le mot arabe Filastin..

Or, les Hébreux avaient conquis la terre de Canaan qu’ils rebaptisèrent Eretz Israel mille trois cents ans avant l’ère chrétienne. Ils y vécurent en confédération tribale jusqu’à l’unification sous la première royauté de Saül. David, établit la capitale d’Israël à Jérusalem mille ans avant l’ère chrétienne. Son successeur, Salomon, fils de David, construisit le Temple de Jérusalem ; il laissa un royaume centralisé et fermement établi.

Après la mort de Salomon, le pays était divisé entre le royaume du Nord (Israël) et celui du Sud (Judée). Le royaume d’Israël fut détruit par les Assyriens en l’an 722 et celui de Judée par les Babyloniens en 587 avant l’ère chrétienne. Un demi-siècle plus tard, le roi de Perse Cyrus permit aux Juifs de revenir en Israël et d’y rebâtir le temple de Jérusalem. Alexandre le Grand repoussa les Perses et conquit la Judée en 332 av. J.C. Les Juifs se révoltèrent en 167 contre la dynastie hellénistique et ils rétablirent un Etat autonome en 142. Rome conquit la Judée en 63 av. J.C. et y instaura un régime juif vassal. Le royaume d’Hérode était directement soumis à Rome et les Juifs se soulevèrent en l’an 66 de notre ère. La « Guerre des Juifs » relatée par Flavius Josèphe s’acheva avec la destruction du Second Temple par les Romains en 70. Bar Kokhba organisa une seconde révolte en 132 et celle-ci fut écrasée par les Romains en 135. Après la division de l’Empire romain deux siècles plus tard, Byzance règna sur les Juifs soumis jusqu’à l’invasion arabe de 634-640. Les croisés s’emparèrent de la Terre Sainte en 1099 pour la « libérer » des musulmans , mais le royaume franc s’effondra avec la victoire des Mamelouks en 1291.Les Ottomans prirent la région en 1517 et la dominèrent jusqu’à l’installation des Britanniques en 1917. Les Britanniques quittèrent eux-mêmes la Palestine en 1947 et les Juifs y établirent leur Etat la même année.

De tous les peuples qui se sont succédés en Judée depuis la destruction du Second Temple par les Romains, seuls les Juifs sont encore là. Après la conquête de Canaan, ils ont souvent été privés de leur indépendance, mais leur présence n’a jamais été effacée et ils ne se sont jamais départis d’un attachement viscéral, évoqués plusieurs fois par jour dans les prières, à ce pays. Même au lendemain de la révolte de Bar Kokhba et de la répression violente qui suivit, les Juifs continuèrent de constituer une majorité dans leur pays et ils y jouissaient encore d’une certaine autonomie. A preuve que lorsque l’empereur Caracalla décida en 212 d’octroyer la citoyenneté romaine à ceux de ses sujets qui avaient un pays, les Juifs l’obtinrent. Pas de doute à Rome, à l’époque, que la Palestine était le pays des Juifs. C’est à l’époque des Romains, puis de Byzance, que furent composés en Judée la Mishna et le Talmud de Jérusalem. Les Juifs ne cessèrent d’ailleurs pas de combattre pour leur indépendance puisqu’une force juive de Judée fut constituée en 614 pour lutter aux côtés des Perses contre les Byzantins[12].

C’est l’invasion arabe qui déracina vraiment les Juifs. Contrairement à leurs prédécesseurs, les Arabes pratiquèrent une politique de colonisation intensive, de confiscation des terres et de démolition des maisons. C’est ce nettoyage ethnique qui fit des Juifs, pour la première fois dans l’Histoire, une minorité en Judée. L’idée reçue, de nos jours, est que les Juifs ont chassé les Arabes de leur terre. Mais historiquement et chronologiquement, ce sont les Arabes qui les chassèrent. Ces derniers devinrent majoritaires au septième siècle, et ce jusqu’au processus de reconquête par les premiers au dix-neuvième siècle. La Reconquista de l’Espagne par les chrétiens mit huit cents ans à se produire. En quoi la reconquête de la Judée par les Juifs, parce qu’elle a pris quatre siècles de plus, aurait moins de légitimité ? Ce serait par ailleurs donner raison à Ben Laden qui attribue l’Espagne aux Arabes. Non que le droit civil de certains pays, entre autres le droit juif, ne reconnaisse pas l’idée de propriété par défaut. Le voleur peut devenir propriétaire du bien volé si la victime a perdu tout espoir de retrouver son bien. Or, les Juifs, précisément, ne cessèrent jamais d’espérer retourner dans leur pays. C’est pourquoi ils refusèrent au demeurant un Etat en Argentine, en Ouganda, au Birobidjan et en Mandchourie.

Cependant, en dépit des efforts déployés par les Romains, puis par les Arabes et les croisés, les Juifs se maintinrent en Judée/Palestine. Leurs principales communautés du premier au dix-neuvième siècle furent : Safed, Tibériade, Hébron, Gaza, Rafah, Ashkelon, Césarée, Jaffa, Acre et Jéricho. Parmi les habitants juifs de Jéricho au septième siècle, il y avait les rescapés des massacres perpétrés par Mahomet contre les tribus juives d’Arabie. Au onzième siècle, les croisés massacrèrent des milliers de gens et de nombreux Juifs de France, d’Angleterre, plus tard d’Espagne, de Lituanie, du Portugal, de Sicile, de Sardaigne, de Rhodes et de Naples s’installèrent en Judée. Dès le douzième siècle, la population juive allait croissant. Au moment de la conquête ottomane, à peu près 10 000 Juifs vivaient à Safed, le communauté de cette ville comptant 15 000 âmes et une académie rabbinique au seizième siècle[13]. D’importantes communautés vivaient à la même époque à Jérusalem, à Hébron et à Acre. Quand on procéda au premier recensement à Jérusalem à l’époque des Ottomans en 1858, il s’avéra que les Juifs y constituaient la majeure partie de la population, les musulmans en représentant moins du quart. Bien avant la première vague d’immigration (aliyah) des Juifs européens en 1882, Jérusalem, Safed et Tibériade étaient des villes (ou plutôt des villages) à majorité juive.

Durant l’occupation ottomane, la vie des Juifs en Judée était intolérable. William Tanner Young, consul britannique à Jérusalem, rapporte le 25 mai 1839 au Foreign Office qu’ils étaient massacrés à Hébron, battus, expropriés à Jérusalem et interdits de prière dans les Lieux saints. Si leurs coreligionnaires d’Europe, du Yémen, d’Irak, de Turquie et d’Afrique du Nord les rejoignirent à la fin du dix-neuvième siècle, c’est que les conditions de vie en diaspora étaient plus terribles encore et parce que ces mêmes Juifs n’avaient jamais perdu l’espoir de revenir dans leur pays.

Les Arabes affirment de nos jours que les Juifs s’emparèrent d’une contrée bien établie, peuplée et verdoyante. Tous les récits de voyage et rapports sur la Palestine du XVIIe au XIXe siècle attestent au contraire d’une région vide de l’Empire ottoman. Henry Maundrell en 1697 : Nazareth, « un village minuscule et sans importance » ; Jéricho, « une bourgade minable et sale » ; Acre, « une désolation »[14]. L’archéologue britannique Thomas Shaw en 1738 : la Terre Sainte «vide, désolée et manquant de tout »[15]. Le comte Volney en 1785 : Nous avons du mal à reconnaître Jérusalem…on y compte environ douze mille habitants »[16]. Alphonse de Lamartine qui visita la région en 1832 écrit dans le Voyage en Orient (1835) qu’à part Jérusalem, il ne rencontra pas âme qui vive et que la Palestine était « le tombeau de tout un peuple ». Ou encore Alexandre Keith en 1844 : « A l’époque de Volney, la Terre Sainte n’en était pas encore arrivée à l’état de désolation totale décrit par les prophètes »[17]. Et puis le consul britannique en Palestine ottomane, James Pinn en 1857 dans un rapport à Londres : « Le pays est à peu près inhabité »[18]. Le compte rendu le plus célèbre de l’état des lieux de la Palestine ottomane à la fin du XIXe siècle et à la veille de la première aliyah est le journal de Mark Twain, témoin oculaire en 1867 :

« Pas un seul village [dans la Vallée de Jezréel] –rien sur trente miles dans les deux sens. Deux ou trois petits groupes de tentes bédouines, mais pas une seule habitation permanente. On peut voyager pendant dix miles sans rencontrer dix êtres humains (…) Déserts sans âme qui vive, collines vides (…) ruine mélancolique de Capharnaüm, stupide village de Tibériade, enterré sous six palmiers (…). Nous arrivâmes à Tabor sans encombre et sans rencontrer âme qui vive tout au long du chemin. Nazareth est désolée (…) Jéricho est en ruine, comme inchangée depuis le miracle de Josué il y a plus de trois mille ans; Bethléem et Béthanie, dans leur pauvreté et leur humiliation, n’ont plus rien pour rappeler qu’elles furent honorées par la présence du Sauveur, ces endroits où les bergers chantaient « paix sur terre, grâce à l’homme » n’abritent pas une créature vivante (…) Bethesda et Horzine ont disparu et les déserts autour d’elles où des milliers d’hommes écoutèrent la voix du Sauveur et mangèrent le pain miraculeux, elles se sont endormies dans une solitude qui n’est plus habitée que par des oiseaux de proie et des renards qui rôdent[19]."

On peut également citer le cartographe britannique Arthur Penrhyn Stanley : « ni signes de vie ni habitations en Judée, sur des distances entières » dans une oeuvre parue en 1862[20].

Voilà pour le pays verdoyant « envahi » par les Juifs en 1882. Au moment où passe Mark Twain, la population de la Palestine ottomane est de quelque 400 000 âmes – Juifs et Arabes confondus. La première vague d’immigration, en 1882, entraîna celle des Arabes de l’Empire ottoman qu’attiraient les perspectives d’emploi fournies par l’infrastructure juive en Palestine. Un fait attesté et durable : « L’immigration arabe en Palestine, depuis 1921, est nettement plus nombreuse que l’immigration juive », déclare par exemple le Président Roosevelt en 1939[21]. C’est que la « communauté juive palestinienne » a lancé une économie dynamique. En 1947, le salaire d’un ouvrier arabe de Jaffa multiplie par deux celui de son collègue de Naplouse. De 1922 à 1947, la population arabe croît dans les villes et régions où les Juifs sont majoritaires : de 290% à Haïfa, de 158% à Jaffa et de 131% à Jérusalem – pour une croissance de 50% en moyenne dans les régions où les Juifs ne sont pas installés[22]. Selon l’historien Ernst Frankenstein, au moins 25% des Arabes qui vivaient en Palestine en 1882 étaient des nouveaux venus ou les descendants des Egyptiens ayant conquis la région en 1831[23].

A la date où les Britanniques reçoivent de la Société des Nations en 1920 un mandat sur l’ensemble du territoire correspondant aujourd’hui à ceux d’Israël, de l’Autorité palestinienne et de la Jordanie, 900 000 personnes s’y trouvaient (dont 600 000 en Palestine occidentale, à l’ouest du Jourdain). Dès le début du XVIIIe siècle, les villages, en particulier le port de Jaffa, étaient peuplés non seulement de Juifs et d’Arabes, mais de Turcs, de Grecs, d’Arméniens, de Bosniaques, de Druzes, de Kurdes, de Perses, d’Egyptiens, de Templiers allemands…Les Arabes étaient pour l’essentiel nomades et ne constituaient qu’un groupe ethnique parmi d’autres. A l’époque de la partition par les Nations unies en 1947, les Juifs étaient majoritaires à l’Ouest : 538 000 contre 397 000 Arabes.

La Palestine n’a jamais constitué un pays et le concept même de Palestine n’existait pas dans l’Empire ottoman. Comme l’explique Bernard Lewis, le spécialiste du Proche-Orient : « Depuis la destruction de l’Etat juif dans l’Antiquité et jusqu’au Mandat britannique, le territoire connu sous le nom de « Palestine » n’avait pas de frontières…Cette région englobait des subdivisions administratives changeantes »[24]. La Syrie fut en 1887 divisée en deux vilayets : Beyrouth et Damas, et les sandjaks d’Acre et Naplouse rattachés à Beyrouth, celui de Jérusalem étant indépendant. Point de Palestine, donc, dans l’Empire ottoman, que ce soit au plan physique, administratif ou linguistique. Le mot même de Palestine n’était pas usité chez les Turcs et les Arabes. Ce furent les Britanniques qui « ressuscitèrent » la Palestina romaine. Il n’y avait ni Etat ni peuple palestinien. Comme le reconnut d’ailleurs le rapport Peel de 1937, qui n’était pourtant en rien favorable aux Juifs : « Durant les douze siècles qui se sont écoulés depuis l’invasion arabe, la pays a quasiment disparu de la scène historique (…) Il est resté en dehors de l’Histoire tant sur le plan économique que politique. Même sur le plan culturel et scientifique, sa contribution à la civilisation est nulle.»[25]. C’est, comme le notait déjà en 1858 l’historien suisse Félix Bovet, parce que les Arabes ne sont pas des autochtones, qu’ils n’y construisent rien[26]. Une seule ville arabe fut construite en terre d’Israël: Ramleh. Toutes les autres sont des villes juives rebaptisées par eux. La résolution du premier congrès islamo-chrétien de janvier-février 1919 à Jérusalem réuni afin de désigner les représentants locaux pour la Conférence de la paix est révélatrice: « Nous considérons la Palestine comme faisant partie de la Syrie arabe dont elle ne fut jamais séparée. Nous sommes liés à la Syrie par des liens nationaux, religieux, linguistiques, naturels, économiques et géographiques »[27]. Le dirigeant arabe palestinien Awni Abdul Haadi déclarait quant à lui déclarant à la Commission Peel en 1937 : « Il n’y a pas de Palestine. C’est un terme inventé par les sionistes. Notre pays a fait partie pendant des siècles de la Syrie »[28].

Les Arabes connaissaient ces faits et tous ne considéraient pas le retour des Juifs, contrairement à une opinion aujourd’hui répandue, comme une « invasion ». Personne n’allait à l’époque de la Conférence de la paix soulever la question d’un Etat palestinien, car les Arabes eux-mêmes n’exigaient pas d’Etat pour un peuple qui n’existait pas. L’émir Faysal, leader de la délégation arabe à Versailles, voulait un royaume arabe incluant la Syrie, le Liban, la Transjordanie, la Palestine, voire même l’Irak. Mieux : il existe toute une série de déclarations, évidemment conjoncturelles, de celui-ci allant dans le sens des sionistes. Par exemple l’accord officiel de coopération passé le 3 janvier 1919 avec Haïm Weizmann : les sionistes appuieraient l’émir dans son effort de construction nationale ; ce dernier, en revanche, encouragerait « les mesures adéquates » pour une « immigration massive des Juifs vers la Palestine ». Ou encore la lettre de Faysal datant de mars 1919 au juriste Felix Frankfurter : « Notre délégation d’ici à Paris est parfaitement au courant de la proposition soumise hier par l’organisation sioniste à la Conférence de la Paix et nous la considérons comme modérée et convenable. Nous ferons de notre mieux, en ce qui nous concerne, pour l’aider à réussir. Nous souhaiterons la plus cordiale bienvenue aux Juifs chez eux…Il (le docteur Weizmann) a été un grand soutien de notre cause et j’espère que les Arabes pourront bientôt être en mesure de rendre aux Juifs une partie de leur bonté ».

De fait, ce n’est pas avec le partage de l’ONU, approuvé par l’Assemblée générale en novembre 1947, que la communauté internationale reconnut aux Juifs le droit de disposer d’eux-mêmes dans leur patrie historique, c’est à la conférence de San Remo, en avril 1920, puisque la Puissance mandataire, la Grande-Bretagne, avait désormais pour mission explicite d’œuvrer d’oeuvrer à l’établissement en Palestine d’un foyer national juif. Les Juifs obtenaient leur droit à l’autodétermination à la sueur de leur front et après avoir asséché les marais, planté des arbres et construit des routes, des hôpitaux, et des écoles.

En juin 1922, le Livre blanc de Churchill séparait officiellement la Transjordanie de la Palestine et l’excluait du territoire ouvert à l’immigration juive. Les Arabes dont beaucoup s’étaient battus, contrairement à la Légion juive (unités britanniques ), du côté turc, se voyaient donc attribuer 80% de la Palestine originelle.

Quant aux Arabes de Palestine occidentale qui souhaitaient le rattachement à la Syrie, ils n’admirent jamais l’établissement d’un quelconque Etat juif.

D’où la vague de violences des années 20. Les Britanniques tentèrent d’apaiser la colère arabe en faisant désigner Hadj Amin al-Husseini comme mufti de Jérusalem à la mi-mai 1921. Cette erreur fut fatale : le personnage fit du rejet de l’autodétermination juive un devoir religieux et de l’assassinat de Juifs un acte légitime et louable. Avant al-Husseini, le partage de la Palestine occidentale entre un Etat juif et un Etat arabe était encore envisageable. Après lui, elle devint impossible. Ses incitations au meurtre trouveront une application extrême dans le massacre de Hébron en 1929 : soixante Juifs assassinés par les Arabes le 23 août sur encouragement et instructions, alors que la communauté sépharade vivait là depuis des générations ; c’était la première fois que la ville se vida de ses Juifs. 133 personnes massacrées dans une tuerie qui s’était étendue en particulier à Safed. Le mufti accusa d’ailleurs ses victimes d’avoir provoqué ces meurtres pour s’attirer la sympathie des Britanniques. Ceux-ci, au lieu de combattre le terrorisme racial, accédèrent néanmoins à la demande d’al-Husseini et baissèrent le quota de l’immigration juive en Palestine fin 1936. Un scénario qui allait faire ses preuves par la suite.

Hadj Amin al-Husseini rejeta vigoureusement les propositions de partition de la Commissioin Peel, en juillet 1937, qui recommandait d’accorder seulement un cinquième du territoire aux Juifs. Le rejet d’al-Husseini enterra le plan de partage et donc la création d’un refuge pour les Juifs alors même qu’Hitler était au pouvoir en Allemagne depuis quatre ans.

Peu après l’accession d’Hitler au pouvoir, le mufti avait écrit au consul d’Allemagne à Jérusalem : « Les musulmans de Palestine et d’ailleurs accueillent favorablement le nouveau régime en Allemagne et ils espèrent que le système fasciste et antidémocratique s’étendra aux autres pays »[29]. Il avait organisé des « scouts nazis » sur le modèle des Hitlerjungen. La swastika était devenu un symbole populaire parmi les Palestiniens, tout comme la chanson : « Plus de Monsieur, plus de Mister ! Au ciel Allah et sur terre Hitler ! ». Le terrorisme arabe, soutenu par l’Allemagne, s’en prenait systématiquement aux civils juifs, dans les hôpitaux, les théâtres, les magasins et les maisons. Al-Husseini, qui rencontra Hitler en 1941, a coopéré avec le régime nazi : il promit de fomenter une nouvelle révolte panarabe en échange de l’indépendance après la guerre et de l’abrogation du foyer national juif ; il suggéra par exemple l’envoi des enfants juifs de Hongrie en Pologne[30]. Le mufti visita Auschwitz et relate dans ses mémoires : « Notre condition sine qua non à une coopération avec l’Allemagne était d’obtenir une liberté d’action totale pour éliminer tout Juif de Palestine et du monde arabe. Je demandai à Hitler un engagement explicite nous permettant de résoudre le problème juif suivant nos aspirations nationales et raciales, et conformément aux méthodes scientifiques modernes des Allemands. Sa réponse fut : ils sont à vous ! »[31]. C’est al-Husseini qui forgea les expressions « Itbah al Yahud » (Tuez les Juifs) et « Nashrab dam al Yahud » (Nous boirons le sang des Juifs).

Son étroite collaboration avec les nazis le grandit encore dans le monde arabe : l’Egypte lui accorda un statut de réfugié politique et le conseil national palestinien l’élut à sa tête en 1948. Il continue de figurer comme grand personnage des Arabes palestiniens et Arafat ne cesse de faire référence à lui en tant que « héros » (interview à al-Quds du 2 août 2002).

Après la Seconde Guerre mondiale, les peuples ayant soutenu les Nazis furent punis pour leurs crimes: par exemple, les Sudètes furent expulsés de Tchécoslovaquie par les Alliés et envoyés en Allemagne. Les Arabes de Palestine, en revanche, eurent droit à un meilleur traitement. En dépit de leur combat commun avec les Nazis, l’ONU leur reconnu le droit à un État avec le Plan de partage de 1947, en plus de l’État établi sur 80% de la Palestine mandataire par la Grande-Bretagne en 1922. Après la Shoah, dans laquelle six millions de Juifs périrent, le droit des Juifs à un État allait de soi. Pas seulement pour les Juifs d’Europe rescapés des camps, mais également pour les Juifs des pays arabes qui étaient traités comme citoyens de deuxième classe (dhimmis) dans les régimes d’apartheid arabes.

On entend souvent dire que les victimes de la Shoah avaient droit à un État, mais que c’était aux Allemands de payer une réparation territoriale et pas aux Arabes palestiniens. Cet argument est spécieux pour deux raisons. D’abord, comme je l’ai montré plus haut, la Palestine n’était pas plus arabe que juive, le droit des Arabes à un État fut reconnu par le plan de partition (qu’ils rejetèrent), et il n’y eut jamais d’État arabe palestinien. Le dernier État souverain fut l’État juif détruit par les Romains en 70. Deuxièmement, dire que les Arabes palestiniens n’ont rien à voir avec la Shoah est complètement faux: leur dirigeant Al-Husseini fut un criminel de guerre nazi, les Arabes palestiniens soutinrent l’Allemagne nazie, et ils portent une responsabilité écrasante dans le génocide du peuple juif.

Les Arabes rejetèrent en 1947, tout comme dix ans auparavant, le plan de partage de l’ONU et se lancèrent dans une guerre d’extermination contre les Juifs. Ce conflit déclenchant une vague de réfugiés juifs et arabes. 850 000 Juifs furent expulsés du monde arabe et 700 000 Arabes s’enfuirent de Palestine en attendant la victoire, comme les y appelaient les pays frères. Certes, la Haganah encouragea dans certains cas le départ de la population ennemie, mais ce sont les hostilités provoquées par les Arabes qui furent la cause principale du processus[32].

Après leur défaite en 1949, les Arabes auraient pu établir un Etat en Cisjordanie et à Gaza, mais tel n’était pas leur but. Ils voulaient liquider l’Etat juif souverain : d’où les guerres déclenchées par eux en 1967 et en 1973. Après la Guerre des Six Jours, Israël accepta la Résolution 242 du Conseil de Sécurité et les pays arabes la rejetèrent sans appel (Conférence de Khartoum). Comme le dit très justement l’ancien ministre des Affaires étrangères Abba Eban, la guerre des Six Jours fut le premier conflit de l’Histoire où ce fut le vainqueur qui demanda la paix et les vaincus qui exigèrent une capitulation sans conditions.

Anouar al-Sadate, qui eut le courage de franchir le pas et d’accepter la Résolution 242 se vit d’ailleurs restituer tout le Sinaï, soit 90% des territoires dont les Israéliens s’étaient emparés en 1967.

Arafat, l’héritier d’al-Husseini, refuse, lui, de s’engager sur cette voie. La « reconnaissance » d’Israël à Genève en décembre 1988 et la ratification de l’accord d’Oslo par le biais d’une lettre, datée du 9 septembre 1993, ne sont chez le chef de l’OLP que stratagèmes. Abou Iyad, son bras droit, déclare dès le 11 février 1989 au journal koweïtien al-Watan qu’il n’y a pas eu reconnaissance à Genève. ? Le 13 septembre 1993, jour de la signature de l’accord d’Oslo, Arafat lui-même signifie à la télévision jordanienne que l’objectif reste d’exécuter le plan par étapes adopté par l’OLP en 1974, c’est-à-dire d’accepter un compromis provisoire pour détruire par la suite Israël. 10 mai 1994 : c’est toujours Arafat qui explique à Johannesburg qu’Oslo n’est qu’une version moderne de la convention d’al-Hudaybiya, conclue entre Mahomet et ses ennemis en 628, soit un stratagème en situation de faiblesse pour mieux se défaire ensuite de l’ennemi.

La guerre d’Arafat est une guerre injustifiée. Son but n’est pas de libérer un peuple, mais d’en détruire un autre. Médias et manuels scolaires de l’Autorité palestinienne promeuvent la mort comme valeur suprême et rejettent le droit des Juifs à un Etat. Exemple de sermon de Muhammad Ibrahim Madi diffusé sur la chaîne de télévision de l’Autorité palestinienne le 3 août 2001 :

« J’ai été ravi lorsqu’un enfant m’a dit : ‘Ô Cheikh, j’ai quatorze ans. Dans quatre ans je me ferai exploser parmi les ennemis d’Allah, je me ferai exploser parmi les Juifs.’ Je lui ai dit : ‘Ô, jeune enfant, puisse Allah te faire mériter la Shahâda [« martyr »] et me faire mériter la Shahâda (…) Toutes les armes doivent être tournées contre les Juifs, nation maudite dans le Coran, qu’Allah décrit comme des singes et des porcs, des adorateurs de veaux et d’idoles. Rien ne les arrêtera sinon la couleur du sang de leur sale nation, sinon notre volonté de nous faire exploser en leur sein. Puisse Allah faire en sorte que les Musulmans règnent sur les Juifs. Nous les ferons exploser à Hadera, à Tel-Aviv, à Netaniya, jusqu’à ce qu’à ce qu’Allah nous rende maîtres de ces ordures (…) Nous entrerons dans Jérusalem en conquérants, ainsi qu’à Jaffa, Haïfa et Ashkelon (…) Bénis soient ceux qui éduquent leurs fils dans la voie du Jihad et de la Shahâda ! [33].

Ce n’est pas un hasard si le nombre des attentats perpétrés par l’OLP et le Hamas a triplé après la signature d’Oslo II en septembre 1995 (retrait israélien de 98% de la population palestinienne et établissement d’un gouvernement palestinien sous la houlette de l’OLP). Les attentats-suicide ont commencé après le retrait israélien des territoires et le début de la propagande d’Arafat qui se situe dans la lignée directe de celle d’al-Huseini. La présence militaire israélienne dans les territoires contestés est la conséquence, pas la cause, du terrorisme palestinien. Ce terrorisme débuta dès les années 1920 sous l’impulsion d’al-Husseini bien avant l’existence même de l’Etat d’Israël.

La plus longue occupation de l’Histoire fut l’occupation de l’Inde par la Grande-Bretagne. Il n’y eut pas un seul attentat-suicide contre les Anglais durant toute cette période. L’occupation la plus cruelle et la plus injustifiée aujourd’hui est l’occupation du Tibet par la Chine. Les Tibétains ne se font pas exploser parmi les Chinois innocents et ne tirent pas à bout portant sur leurs enfants. Quant à la pauvreté, si elle est l’autre cause du terrorisme palestinien, comment se fait-il que des pays comme Haïti ou le Bangladesh ne soient pas des centres mondiaux du terrorisme ?

C’est précisément à l’apogée du processus d’Oslo qu’Arafat exposa sa stratégie à des diplomates arabes dans un hôtel de Stockholm le 30 janvier 1996 : « L’idée est d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat purement palestinien…Par une guerre psychologique et l’explosion populaire nous allons rendre la vie aux Juifs impossible. Dans cinq ans, nous aurons de six à sept millions d’Arabes en Cisjordanie et à Jérusalem et les Juifs ne voudront pas vivre parmi les Arabes… »[34].

Conclusion

Le but du sionisme était de faire des Juifs un peuple libre sur sa terre et de permettre à leur génie créateur et à leur culture se s’épanouir pleinement. Ce but a été atteint.

Mais le sionisme avait un autre but, lequel n’a pas été atteint. Herzl, qui mourut il y a exactement cent ans, conclut son livre l’État juif en termes suivants : « Je crois qu’une génération extraordinaire de Juifs va émerger. Les Maccabées se lèveront à nouveau. Je le répète : les Juifs qui veulent un État l’auront. Nous vivrons comme hommes libres sur notre propre terre, et mourrons en paix dans nos maisons. Le monde sera libéré par notre liberté, enrichi par notre richesse, grandi par notre grandeur. Et tout ce que nous essaierons d’accomplir pour notre propre bien aura des répercussions bénéfiques pour le reste de l’humanité. » Les Juifs qui le veulent peuvent vivre libres sur leur propre terre. Mais si certains meurent en paix dans leurs maisons, d’autres meurent dans leurs maisons assassinés de sang froid, ou meurent déchiquetés dans la rue. Et, bien que la haute-technologie israélienne enrichisse d’autres peuples et pays, le monde n’est pas libéré par notre liberté et n’est pas agrandi par notre grandeur.

L’État d’Israël est accusé d’être un État criminel, d’être le principal violateur des droits de l’homme dans le monde, d’être l’incarnation du nazisme, et d’être l’ultime obstacle à la paix au Proche Orient. Aux Nations-Unies et dans les universités américaines et européennes, Israël est plus condamné ou boycotté qu’aucun autre pays. Ses dirigeants sont menacés d’être poursuivis en justice pour crimes de guerre.

Il est effectivement lâche et absurde d’accuser d’antisémite toute critique d’Israël. Mais il est malhonnête et hypocrite d’appliquer deux poids-deux mesures à la critique d’Israël et des autres pays. Les Israéliens critiquent leur pays à longueur de journée et sans pitié. Mais il y a une différence entre critiquer et diaboliser. Entre dire que Sharon a tort sur telle ou telle décision et le comparer à Hitler. Entre dire que la présence militaire israélienne au-delà des lignes de cessez-le-feu de 1949 est illégale, et dire que l’existence même de l’État d’Israël est illégitime. Entre dire que le conflit israélo-arabe doit être résolu et dire qu’Israël est la cause de tous les maux. Entre dire que la politique des éliminations ciblées des leaders terroristes est contre-productive, et dire qu’elle est responsable de l’antisémitisme en France. Il est hypocrite de manifester son soutien pour les Arabes palestiniens sans jamais mentionner les Tibétains ou les Kurdes dont les droits nationaux sont autrement plus authentiques et anciens et qui, eux, ne jouent pas au football avec la tête décapitée de leurs victimes. Il est hypocrite d’accuser Israël de crimes de guerre lorsque son armée prend des mesures défensives ou punitives pour protéger sa population civile, et de fermer les yeux, les oreilles et la bouche sur le génocide du Soudan. Il est hypocrite de hurler d’indignation sur l’ « occupation israélienne » et de ne dire mot sur l’occupation du Liban par la Syrie, de Chypre par la Turquie, ou du Tibet par la Chine. Il est hypocrite de venir servir de bouclier humain pour Arafat lorsque Tsahal cherche à mettre la main sur ses protégés, et de ne jamais venir servir de bouclier humain devant les cafés et les cinémas israéliens pour empêcher l’entrée de bombes humaines.

Comme l’écrit Alan Dershowitz, immédiatement après qu’Arafat ait rejeté toutes les offres de paix de Camp David sans faire de contre-proposition, et après qu’il ait répondu à la paix par la guerre, l’opinion publique internationale était majoritairement derrière Israël. Dès l’instant où Arafat envoya des femmes et des enfants se faire filmer devant les tanks israéliens, l’opinion internationale tourna à nouveau (en particulier après la manipulation de « l’Affaire Al-Dura » diffusée par France 2). Mais cette même opinion internationale ne se contenta pas de tomber dans le piège d’Arafat. Elle devint littéralement folle. En essayant de comprendre les causes de ce retournement irrationnel et extrême, Dershowitz conclut que « Israël est l’État juif et le « Juif » parmi les États du monde. »[35] Ce ne sont plus « les Juifs » qui sont la cause de tous les maux et les vrais responsables de leurs propres malheurs, mais « Israël » et « Sharon. » Ce ne sont plus « les Juifs » qui contrôlent la finance mondiale, mais « Sharon et son entourage » qui contrôlent Bush et les néo-conservateurs.

Grâce à l’État juif, les Juifs ne sont plus à la merci des nations. Mais l’État juif n’a pas mis fin à la haine des nations envers les Juifs, au contraire. L’idée que les Juifs puissent être forts et se défendre fait horreur à ceux qui se sont habitués à les humilier pendant des siècles. Le sionisme ne peut pas et ne pourra pas mettre fin à la haine des Juifs, parce que cette haine n’a rien a voir avec les Juifs eux-mêmes mais avec idées qu’ils représentent depuis leur apparition sur la scène de l’Histoire.

Comme l’annonce le Prophète Isaïe, un jour viendra où tous les hommes seront frères, et l’agneau couchera près du loup (une plaisanterie israélienne ajoute que mieux vaudra être le loup que l’agneau). Mais nous en sommes loin. Et pour que cette prophétie se réalise, il faut que les Juifs soient libres et souverains. D’où la nécessité de l’État juif, tant pour les Juifs que pour l’humanité.

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[1] Le Monde, 16 février 2004.

[2] http://www.proche-orient.info, 22 juin 2004.

[3] Cf. Yoram Hazony, « Did Herzl Want a ‘Jewish State ‘ ? », Azure, 9 ,printemps 2000, p-44-45 : Herzl utilisait souvent le substantif Juden pour l’adjectif juif ; par exemple Judenkongress pour congrès juif ; l’usage des deux tournures est chez lui, comme d’ailleurs en allemand indifférent.

[4] Briefe und Tagebücher, Vol. 2, p. 128-129.

[5] The Complete Diaries of Theodor Herzl, Raphael Patai, trad. Harry Zohn, New York, Herzl Press,1960, p. 56.

[6] Diaries, Ibid., p.72.

[7] Ibid. , p. 104.

[8] 15 août 1899.

[9] Cf. Azmi Bishara, « Entre nationalité et nation » (hébreu), Teoria ubikoret 6, 1995, p.41.

[10] Ha’aretz (supplément du week-end), 29 mai 1998, pp.24, 27.

[11] Atlantic Unbound, 22 septembre 1999, http://www.theatlantic.com/unbound/interviews/ba990922.htm

[12] Cf. Samuel Katz, Battleground : Fact and Fantasy in Palestine, New York, Bantam, 1973, p.88.

[13] Palestine Royal Commission Report Presented by the Secretary of State for the Colonies to Parliament by Command of his Majesty, July 1937, Cmd. 5479, p.11-12.

[14] The Journey of Henry Maundrell from Aleppo to Jerusalem, 1697, Londres, Henry Bohn, 1848, pp. 428, 450, 477.

[15] Cf. Thomas Shaw, Travels, or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant (1694-1751), Londres, 1754.

[16] Cf. Constantin Volney, Travels Through Syria and Egypt in the Years 1783,1784, 1785, Londres, Peter Noster & Row, 1788, Vol. 2, p.36.

[17] Cf. Alexandre Keith, The Land of Israel, Edimbourg, William Whyte, 1844, p.465.

[18] Lettre à Harel McLardon, 15 septembre 1857, British Foreign Office, doc. 78/1294, n°36.

[19] Cf. Mark Twain, The Innocents Abroad , or, The new Pilgrim’s progress, New York, Oxford University Press, 1996, pp. 349, 366, 375, 441-442.

[20] Cf. Arthur Penrhyn Stanley , Sinai and Palestine, in connection with their history, Londres, John Murray, 1881, p.118.

[21] Cf. Franklin Delano Roosevelt, communiqué au secrétaire d’Etat, 17 mai 1939, in Foreign Relations of the United States : Diplomatic Papers , Washington DC, United States Government Press Office, 1955, Vol. 4, p. 457.

[22] Cf. Arieh Avneri, Haityashvut Hayehudit Vetaanat Hanishol, Tel-Aviv, Hakibbutz Hameuhad, 1980, p.221.

[23] cf. Ernst Frankenstein, Justice for my People, Londres, Nicholson & Watson, 1943, p.127.

[24] Cf. Bernard Lewis, « The Palestinians and the PLO : A Historical Approach », Commentary, janvier 1975. Et du même auteur, « Palestine : On the History and Geography of a Name », in Bernard Lewis, Islam in History, Chicago, Open Court, 1993, p. 153-165.

[25] Palestine Royal Commission Report, op.cit., ch. 1, p.6.

[26] Cf. Félix Bovet, Egypt, Palestine and Phoenicia : A Visit to Sacred Lands, Londres, 1882, p.384-385.

[27] Cf. Yehoshua Porath, The Palestine-Arab National Movement, 1929-1939 : From Riots to Rebellion, Londres, Frank Cass, 1977, Vol. 2, p. 81-82.

[28] Cité par Alan Dershowitz, The Case for Israel, Wiley, 2003, p.7.

[29] Cf. Benny Morris, Victimes Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Editions Complexe, 2003, p. 143 = Righteous Victims A history of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999, New York, Alfred A. Knopf, 1999.

[30]Ibid., p.186.

[31] Cf. Sarah Honig, « Friendish Hypocrisy II : The Man from Klopstock St. », Jerusalem Post, 6 avril 2001.

[32] Cf. Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, Cambridge University Press, 1988.

[33] http://www.pmw.org.il

[34] Cf. Ephraim Karsh, Arafat’s War, New York, Grove Press, 2003, p. 57-58.

[35] The Case for Israel, p. 11.

Voir également:

 "L’histoire des Juifs est un miroir tendu à l’histoire européenne"

Sarah Scholl

Pour le professeur Jacques Ehrenfreund, l’histoire est un élément essentiel de la définition de l’identité juive.

DR

01 décembre 2012

INTERVIEW • Le professeur Jacques Ehrenfreund analyse le rapport entre judaïsme et histoire et montre comment se déploie dans ce cadre les notions de «peuple» ou de «nation».

Il est rare qu’un débat sur la question israélo-palestinienne fasse abstraction de la question historique et il n’y a pas une découverte archéologique en Terre sainte qui échappe à la publicité. Que se joue-t-il dans la relation entre les Juifs et leur histoire? Entre l’histoire des Juifs et celle du reste du monde?

Constituée en domaine d’étude depuis le début du XIXe siècle, l’histoire juive a aujourd’hui pleinement sa place dans les universités. Jeudi dernier, une journée d’étude était organisée à l’université de Lausanne sur la question: comment écrit-on l’histoire des Juifs? Coorganisateur de l’événement, le professeur Jacques Ehrenfreund n’hésite pas à aborder les questions de front. Il est soucieux d’éviter les anachronismes et les simplifications. Engagé à Lausanne depuis 2005, il est spécialiste du XIXe siècle et s’intéresse à la construction des groupes et des identités sociales, en lien aux héritages religieux. Interview.

L’histoire des Juifs est-elle une discipline à part?

Jacques Ehrenfreund: Non, elle fait bien sûr pleinement partie de l’histoire générale ou de l’histoire des religions. Elle s’occupe d’un groupe humain spécifique, qui se définit comme un peuple soumis à un ensemble de textes, Bible et Talmud. Tout tient ensemble: on ne peut parler du livre sans parler des gens, et inversement.

Que répondez-vous à ceux qui disent que les Juifs ne constituent pas un peuple mais une religion?

C’est pourtant très clair, les Juifs, historiquement, forment un peuple, mais attention, pas un peuple au sens moderne du terme. Avant le XIXe siècle, on ne peut pas parler de peuple souverain et les Juifs ne se pensent pas comme tel mais comme un peuple soumis à Dieu. Plus précisément, on peut les décrire comme un groupe de gens dispersés qui se sentent solidaires les uns des autres et soumis à la même loi [celle des textes sacrés], une forme de communauté politique ancienne. A cela s’ajoute l’idée, portée par les textes, d’être en exil. Cette situation, avant le mouvement sioniste, est interprétée exclusivement dans le registre de la pensée religieuse.

L’identité juive se construit-elle par l’histoire?

Au plus profond de sa tradition, le judaïsme est fondé sur un rapport singulier à l’histoire. Celle-ci est d’abord considérée comme providentielle, finaliste, dépendante du plan divin. Au point de départ, il y a une alliance avec la divinité: un engagement à respecter, des règles auxquelles se soumettre. L’ensemble a une vocation universelle: rendre témoignage de l’unicité de Dieu. Ce qui arrive, l’histoire, est perçu comme une preuve du respect ou du non-respect de l’engagement de ce peuple envers son Dieu.

La modernité transforme cela en faisant émerger une autre conception de l’histoire, interprétable rationnellement. Ce cheminement est parallèle dans le christianisme, sauf que les chrétiens, tout en reprenant un grand nombre d’éléments du judaïsme, ont abandonné l’aspect proprement politique ou collectif, l’idée de peuple.

Que se passe-t-il alors?

En fait, dans le judaïsme, la question de l’identité ne se pose pas vraiment avant la modernité: est Juif celui qui de filiation juive se soumet à la loi. A partir du XVIIe siècle et des grands questionnements philosophiques, de Spinoza par exemple, puis avec les Lumières, on se demande ce que cela signifie d’être Juif et on va avoir recours à l’histoire pour y répondre. Au XIXe siècle, les Juifs trouvent dans l’histoire un référent commun et une force pour se construire un avenir, dans le sionisme notamment mais pas seulement. L’histoire racontée est alors une histoire que l’on peut décrire comme lacrymale et héroïque, histoire des persécutions et des résistances, qui se décline dans des sommes érudites comme dans des manuels pédagogiques distribués aux enfants. Une histoire singulièrement longue d’ailleurs, de plusieurs millénaires, au-delà des ruptures colossales qui la marquent.

Quelle est la place de l’histoire des Juifs dans l’histoire européenne en général?

C’est une question difficile. Il est indispensable de faire une place à l’histoire des Juifs dans les différents contextes européens. Cette histoire est celle d’une petite minorité mais elle révèle des choses sur les sociétés dans lesquelles elle prend place. Il s’agit en effet d’une minorité singulière, qui ramène à une origine commune. Ce serait dommage de se priver de ce prisme-là.

Un exemple?

L’histoire des Juifs est comme un miroir tendu à l’histoire européenne en général. Elle permet par exemple d’éclairer la question des rapports entre politique et religieux. La place faite aux Juifs dit aussi quelque chose de l’invention des Etats nations au XIXe siècle. En Allemagne, l’intégration des Juifs passait principalement par la culture, la langue. En France, par contre, l’intégration se faisait par le politique, par l’Etat. On voit ainsi apparaître des compréhensions différentes de ce qu’est la nation.

Qu’en est-il de l’histoire de l’antisémitisme?

L’histoire de l’antisémitisme ne relève pas vraiment de l’histoire des Juifs. Plus exactement, il ne faut en aucun cas résumer l’histoire des Juifs à celle de l’hostilité exercée contre eux, même si on est en présence d’un phénomène considérable et qui n’a pas disparu. La polémique entre christianisme et judaïsme par exemple n’est pas réglée et elle n’est peut-être par réglable. La fonction de l’historien est justement de cerner ces questions, de les saisir, mais en aucun cas de les cacher ou de les euphémiser.

Quel est l’apport des recherches sur la Shoah?

La Shoah est devenue ces dernières années un sujet d’extrême spécialisation, presque un domaine en soi. Maintenant que les connaissances ont été accumulées, je crois qu’on peut faire le mouvement inverse et replacer cette histoire dans l’histoire européenne: recoller les morceaux des différentes histoires, celles des victimes, des bourreaux. La Shoah a bien sûr constitué une rupture civilisationnelle, mais elle ne résume pas pour autant l’entier de l’histoire des Juifs.

Israël est au cœur de nombre de controverses entre historiens, comment abordez-vous cette question?

Israël est un paradoxe intéressant: c’est une création artificielle récente et en même temps l’aboutissement d’une longue histoire, celle d’une communauté qui s’est pensée en exil. La langue illustre cette double dimension: on a repris une langue ancienne, uniquement consacrée à l’étude pendant deux mille ans, pour en faire une langue vernaculaire.

J’ai la volonté de dépasser cette dichotomie. Pour moi, comme pour mes collègues spécialistes d’autres domaines d’ailleurs, les nations sont toutes des constructions modernes. Ce n’est pas pour autant qu’elles doivent disparaître mais c’est pourtant cela qu’on sous-entend souvent avec Israël. Pour autant, il ne s’agit pas non plus d’une nation organique. Ses frontières par exemple doivent être le fruit de négociations.

Voir encore:

L’imposture Mahmoud Abbas

Guy Millière

La Mena…

Voici quelques jours à peine, Israël recevait une pluie meurtrière de roquettes et de missiles lancés depuis Gaza. Qu’ils n’aient pas fait davantage de morts et de destructions relève des capacités de défense d’Israël et non de la volonté de ses ennemis. L’Etat hébreu a répliqué comme il le fallait, en détruisant les caches d’armes dont disposaient les tireurs.

Israël s’est, bien sûr, attiré la réprobation du reste du monde, et les diplomates européens et américains se sont rendus à Jérusalem et au Caire afin que cessent les hostilités.

Le Hamas a bénéficié d’un armistice dont il sort conforté, puisque, désormais, des négociations sont menées avec lui et qu’il a obtenu des aménagements quant aux contrôles stricts exercés par Israël sur Gaza.

Mohammed Morsi, qui a joué les entremetteurs entre diplomates occidentaux et dirigeants du Hamas, est lui aussi sorti renforcé de la situation. Il s’est, depuis, arrogé les pleins pouvoirs en Egypte, et les émeutes qui en ont résulté ne recevront aucun soutien des Occidentaux, cela va de soi.

Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne ont été décrits comme affaiblis, ici ou là. Et il est exact qu’ils incarnent une version de la lutte contre l’existence d’Israël qui n’a pas semblé prédominante ces derniers temps.

Mais il ne faut pas en rester aux apparences : on peut compter sur le président de l’AP pour jouer sa propre partition.

Et il faudrait se décider à en finir avec le discours ressassé à l’envi, selon lequel Abbas et l’Autorité Palestinienne seraient les gentils « modérés » avec lesquels il serait possible de s’entendre, alors que le Hamas incarnerait le méchant « radical ».

Le Hamas est une organisation djihadiste, islamiste, terroriste, génocidaire, prônant la destruction d’Israël et l’anéantissement du peuple juif, c’est entendu. Mais Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne valent-ils mieux ?

Ils ne sont pas djihadistes et islamistes, tout au moins pas officiellement.

Ils n’ont rien contre le terrorisme et n’ont cessé de le pratiquer jusqu’à ce que, grâce à la barrière de sécurité, que les gauchistes européens détestent tant puisqu’elle les empêche de jouir du spectacle quotidien d’enfants juifs assassinés, les attentats suicides deviennent quasiment impossibles.

Ils sont génocidaires et usent simplement d’une stratégie différente : celle de la diabolisation d’Israël. Ils utilisent pour cela tous les moyens de propagande dont ils peuvent se doter et recourent à tous les relais dont ils peuvent disposer. Et ils rencontrent, grâce à cette stratégie et ces relais, un succès certain.

La plus récente étape de ce succès a été l’obtention, jeudi 29 novembre dernier, à l’Assemblée générale des Nations Unies, du statut d’Etat observateur, statut depuis lequel ils peuvent espérer obtenir davantage.

Ils ont reçu l’assentiment des deux tiers des pays de la planète, dont celui de la plupart des Etats européens, y compris de la France, qui s’est placée en chef de file.

Ils peuvent s’appuyer sur une horde imbécile de journalistes pratiquant docilement l’aveuglement volontaire, mais aussi sur un ramassis d’intellectuels « antisionistes » ou adeptes hypocrites d’un « processus de paix », qui, au fil des ans, s’est soldé par une guerre redoublée contre Israël.

Ils n’ont, faut-il le rappeler, jamais reconnu l’existence d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif et n’ont jamais renoncé au « droit au retour » de « réfugiés » partis cinq cent mille il a soixante-cinq ans et qui veulent revenir cinq millions, ce qui signifierait la fin d’Israël.

Ils n’ont jamais abandonné ce qu’ils appellent la « résistance » et la « lutte armée ». Et nombre de rues de Ramallah portent le nom de « martyrs ».

Ils ne sont pas djihadistes et islamistes, certes. Mais ils sont aussi laïques que je suis bonne sœur et comptent dans leurs rangs une organisation appelée, précisément, la Brigade des martyrs d’al Aqsa.

Leurs media, presse écrite, radio, télévision, ne cessent d’appeler à la haine antijuive et au meurtre.

Les discours de Mahmoud Abbas, comme ceux des autres dirigeants de l’Autorité Palestinienne, sont porteurs d’une falsification de l’histoire selon laquelle le « peuple palestinien », qui n’a existé et n’a été cité nulle part avant la fin des années 1960, aurait été chassé de sa terre lors de la renaissance d’Israël. Ils emploient, pour désigner la naissance d’Israël, le mot naqba, calqué délibérément sur le mot Shoah, aux fins d’établir un répugnant parallélisme entre le sort des Juifs à Auschwitz et le sort du « peuple palestinien ».

Ni Mahmoud Abbas ni l’Autorité Palestinienne ne veulent d’un Etat à côté d’Israël. Lorsqu’ils disent paix en anglais, ils emploient un autre mot en arabe, le plus souvent houdna, qui ne signifie pas paix, mais désigne une trêve avant que le combat ne reprenne.

Sur les cartes géographiques de l’Autorité Palestinienne, Israël n’existe pas, sur son emblème non plus.

Ce que veulent Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne n’est même pas, sans doute, un Etat à la place d’Israël. Ils mènent leur entreprise de démolition et entendent continuer sur cette voie. Ils sont grassement rémunérés et subventionnés pour cela.

Ils sont même reçus avec les honneurs à Paris, à Washington et ailleurs, ce qui n’est pas le cas, pour le moment, des dirigeants du Hamas.

Il existe entre eux et les dirigeants du Hamas une vieille hostilité. Mais il existe aussi une forme de complémentarité. Le Hamas a joué le rôle du méchant « radical », et on l’a apaisé ces derniers jours. Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne sont affublés du rôle de gentils « modérés », et on vient de les apaiser aussi. Mais ils ne sont ni gentils ni modérés.

Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne servent, à ceux qui sont emplis de la haine des Juifs et d’Israël, à se doter d’un artifice qu’ils s’efforcent de décrire comme présentable.

Mais Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne s’avèrent, en réalité, loin d’être pas présentables. Ils sont aussi ignobles et aussi hideux que les dirigeants du Hamas.

Ils ont entretenu des relations conflictuelles avec le groupuscule terroriste, mais si l’islam radical continue à s’étendre au Proche-Orient, et il est très vraisemblable qu’il en soit ainsi, je ne serais pas surpris si les deux entités venaient à se rapprocher.

Voir enfin:

INTERNATIONAL LAW AND THE ARAB-ISRAEL CONFLICT

Extracts from "Israel and Palestine – Assault on the Law of Nations"

by Julius Stone

EDITOR: Ian Lacey BA LL.B.

TABLE OF CONTENTS

ABOUT THE NOVEMBER 2001 EDITION– 3

PROFESSOR JULIUS STONE (1907 – 1985)— 4

1. SOVEREIGNTY IN THE ADMINISTERED TERRITORIES———– 5

The Self-Defence Principle 5

The Status of Competing Claims to Title 6

2. THE LEGAL STATUS OF JERUSALEM 7

The Effect of the Partition Plan– 7

The "Corpus Separatum " Concept …………………………………………………………………………….8

Acquisition of Sovereignty ………………………………………………………………………………………..9

3. THE GENEVA CONVENTIONS AND THE LEGALITY OF THE SETTLEMENTS——— 9

Impairment of Racial Integrity of the Native Population of the Occupied Territory—– 10

Inhuman treatment of its own population—- 11

4.GENERAL PRINCIPLES——— 11

An Arab View- 11

A Jewish View- 11

The Doctrine of Self-determination 12

The Equity Principle—– 13

CONCLUSION——— 14

A SHORT CHRONOLOGY OF THE ADMINISTERED TERRITORIES——— 15

MAPS—- 18

The British Mandate 19

The UN partition Plan, 1947——— 20

The Armistice Agreement 1949— 21

Cease Fire Lines 1967——— 22

Israel and Members of the Arab League- 23

INDEX— 24

ABOUT THE NOVEMBER 2001 EDITION

The legality of Israel’s presence in Jerusalem, Judea, Samaria and Gaza has been the subject of heated argument since 1967. Some regard these areas as illegally occupied, others as disputed territories and there is an obvious need for clarity if the subject is to be discussed rationally in terms of facts rather than assumptions.

In searching for authoritative information on the subject, I came across a booklet entitled "International Law and the Arab Israel Conflict" by Australian lawyer, Ian Lacey, in which he brilliantly analyses a work by one of the twentieth century’s leading authorities on the Law of Nations, the late Professor Julius Stone,

Professor Stone’s book, "Israel and Palestine", which appeared in 1980 provides a detailed analysis of the central principles of international law relating to the Arab-Israel conflict and Mr. Lacey’s analysis provides a brief and very readable outline of the main points with extracts from the original work.

Mr. Lacey has expressed appreciation for the advice and assistance of David D. Knoll B.Com., LLB, LLM. in preparing his booklet. Mr. Knoll is the author of "The Impact of Security Concerns upon International Economic Law"

Ian Lacey is a practising lawyer and a former student of Professor Stone. He has given evidence before the Sub-Committee on the Middle East of the Australian Parliamentary Joint committee on Foreign Affairs and Defence. He is the author of "Zionism – A short Historical Introduction" and co-editor of a study guide on the Arab Israel conflict.

As Mr. Lacey’s booklet is out of print I wrote to him, asking for permission to distribute and to quote freely from it with acknowledgement. He has kindly agreed and I express my sincerest appreciation to him

I am grateful to Mr. Lacey, Patricia Carmel, Judy Hajag and Saville Kaufman for their assistance in producing this edition.

Maurice Ostroff

PROFESSOR JULIUS STONE (1907 – 1985)

The late Professor Julius Stone was recognised as one of the twentieth century’s leading authorities on the Law of Nations. His short work “Israel and Palestine”, which appeared in 1980, represents a detailed analysis of the central principles of international law governing the issues raised by the Arab-Israel conflict. This summary is intended to provide a short outline of the main points in the form of extracts from the original work. One of the rare scholars to gain outstanding recognition in more than one field, Professor Stone was one of the world’s best-known authorities in both Jurisprudence and International Law. His publications his activities and the many honours conferred on him are eloquent evidence of his high standing in these two fields.

Professor Stone was born in 1907 in Leeds, Yorkshire. He taught at Leeds Harvard, and the Fletcher School of Law and Diplomacy: he was a visiting professor of Colombia, Berkeley, Stanford and other universities in the United States, as well as the Indian School of International Affairs at Delhi, at Jerusalem and the Hague Academy of International Law. In 1963-64 he was a Fellow of the Center for Advanced Study in the Behavioral Sciences at Stanford University.

From 1942 until 1972 he was the Challis Professor of International Law and Jurisprudence at the University of Sydney. From 1972 until his death in 1985 Professor Stone held concurrently with his appointment as visiting Professor of Law at the University of New South Wales the position of Distinguished Professor of Jurisprudence and International Law at the Hastings College of Law, University of California. In 1956 he received the award of the American Society of International Law, and in 1962 he was made an honour life member of the society. In 1964 the Royal Society of Arts named him as a recipient of the Swiney Prize for Jurisprudence. In 1965 he received the World Research Award of the Washington Conference on the World Peace Through Law, the first award ever made.

His 26 major works include the authoritative texts "Legal Controls of International Conflict", "Aggression and World Order”, "The International Court and World Crisis"and "The Province and Function of Law".

1. SOVEREIGNTY IN THE ADMINISTERED TERRITORIES

The principle ex iniuria non oritur ius operates in international law to the effect that no legal claim to territory can rise out of an illegal aggression. Professor Stone examines the application of this rule to the competing claims of Israel and Jordan in the administered territories. In his conclusion, he draws upon the writings of Professor Stephen Schwebel, now an eminent judge of the International Court of Justice

The Self-Defence Principle

The basic precept of international law concerning the rights of a state victim of aggression, which has lawfully occupied the attacking state’s territory in the course of self-defence, is clear. And it is still international law after the Charter, which gave to the UN General Assembly no power to amend this law. This precept is that a lawful occupant such as Israel is entitled to remain in control of the territory involved pending negotiation of a treaty of peace.

Both Resolution 242 (1967) and Resolution 338 (1973), adopted by the Security Council after respective wars of those years, expressed this requirement for settlement by negotiations between the parties, the latter in those words. Conversely both the Security Council and the General Assembly in 1967 resisted heavy Soviet and Arab pressures demanding automatic Israeli withdrawal to the pre-1997 frontiers. Through the decade 1966-67, Egypt and her Arab allies compounded the illegality of their continued hostilities by proclaiming the slogan “No recognition! No Peace! No negotiation!” thus blocking the regular process of international law for post-war pacification and settlement…

Israel’s territorial rights after 1967 are best seen by contrasting them with Jordan’s lack of such rights in Jerusalem and the West Bank after the Arab invasion of Palestine in 1948. The presence of Jordan in Jerusalem and elsewhere in cis-Jordan[1] from 1948 to 1967 was only by virtue of her illegal entry in 1948. Under the international law principle ex iniuria non oritur ius she acquired no legal title there. Egypt itself denied Jordanian Sovereignty; and Egypt never tried to claim Gaza as Egyptian territory

By contrast, Israel’s presence in all these areas pending negotiation of new borders is entirely lawful, since Israel entered them lawfully in self-defence. International law forbids acquisition by unlawful force, but not where, as in the case of Israel’s self-defence in 1967, the entry on the territory was lawful. It does not so forbid it, in particular, when the force is used to stop an aggressor, for the effect of such prohibition would be to guarantee to all potential aggressors that, even if their aggression failed, all territory lost in the attempt would be automatically returned to them. Such a rule would be absurd to the point of lunacy. There is no such rule….

International law, therefore, gives a triple underpinning to Israel’s claim that she is under no obligation to hand back automatically the West Bank and Gaza to Jordan or anyone else. In the first place, these lands never legally belonged to Jordan. Second, even if they had, Israel’s own present control is lawful, and she is entitled to negotiate the extent and the terms of her withdrawal. Third, international law would not in such circumstances require the automatic handing back of territory even to an aggressor who was the former sovereign. It requires the extent and conditions of the handing back to be negotiated between the parties.

The Status of Competing Claims to Title

Because the Jordanian entry onto the West Bank and East Jerusalem in 1948 was an unlawful invasion and an aggression, the principle ex iniuria non oritur ius beclouded even Jordan’s limited status of belligerent occupant. Her purported annexation was invalid on that account, as well as because it violated the freezing provisions of the Armistice Agreement. Conversely Israel’s standing in East Jerusalem after her lawful entry in the course of self-defence certainly displaced Jordan’s unlawful possession.

Once this position is reached, and it is remembered that neither Jordan nor any other state is a sovereign reversioner entitled to re-enter the West Bank, the legal standing of Israel takes on new aspects. She becomes then a state in lawful control of territory in respect of which no other state can show better (or, indeed, any) legal title. The general principles of international law applicable to such a situation, moreover, are well-established. The International Court of Justice, when called upon to adjudicate in territorial disputes, for instance in the Minquires and Echrehos case between the United Kingdom and France, proceeded “to appraise the relative strength of the opposing claims to sovereignty”. Since title to territory is thus based on a claim not of absolute but only of relative validity, the result seems decisive in East Jerusalem. No other state having a legal claim even equal to that of Israel under the unconditional cease-fire agreement of 1967 and the rule of uti possidetis, [2] this relative superiority of title would seem to assimilate Israel’s possession under international law to an absolute title, valid erga omnes…

The most succinct statement of this position is in Professor Stephen Schwebel’s “What Weight to Conquest?” published in 1970, before he entered U.S. government service. He points out that the answer to that question in terms of international law, after the Charter’s prohibitions of the use of force, makes necessary a vital distinction “between aggressive conquest and defensive conquest, between the taking of territory legally held and the taking of territory illegally held”:

”Those distinctions may be summarized as follows:

a) A state acting in lawful exercise of its right of self-defence may seize and occupy foreign territory as long as such seizure and occupation are necessary to its self-defence.

b) As a condition of its withdrawal from such territory, that state may require the institution of security measures reasonably designed to ensure that that territory shall not again be used to mount a threat or use force against it of such a nature as to justify exercise of self-defence.

c) Where the prior holder of the territory had seized that territory unlawfully, the state which subsequently takes that territory in the lawful exercise of self-defense has, against that prior holder, better title.”

2. THE LEGAL STATUS OF JERUSALEM

The Partition Plan of 1947 envisaged an international Jerusalem, separated from both Israel and the then proposed Palestinian State. After the 1948 war, East Jerusalem (which includes the holy places of Judaism, Christianity and Islam in the old city) came into Jordanian hands; and Jordan claimed sovereignty. In 1967, after Jordan launched an attack on West Jerusalem, the whole of Jerusalem came under Israeli rule; and Israel claims sovereignty over a united Jerusalem. Professor Stone examines the legal principles which apply, and considers the analysis of Professor Elihu Lauterpacht, the distinguished editor of the authoritative “Oppenheim’s International Law”.

The Effect of the Partition Plan

Elihu Lauterpacht concludes, correctly that the 1947 partition resolution had no legislative character to vest territorial rights in either Jews or Arabs. Any binding force of it would have had to arise from the principle pacta sunt servanda, that is, from the agreement of the parties concerned to the proposed plan. Such an agreement, however, was frustrated ab initio by the Arab rejection, a rejection underlined by armed invasion of Palestine by the forces of Egypt, Iraq, Lebanon, Syria and Saudi Arabia, timed for the British withdrawal on May 14, 1948, and aimed at destroying Israel and at ending even the merely hortatory value of the plan…

The State of Israel is thus not legally derived from the partition plan, but rests (as do most other states in the world) on assertion of independence by its people and government, on the vindication of that independence by arms against assault by other states, and on the establishment of orderly government within territory under its stable control. At most, as Israel’s Declaration of Independence expressed it, the General Assembly resolution was a recognition of the natural and historic right of the Jewish people in Palestine. The immediate recognition of Israel by the United States and other states was in no way predicated on its creation by the partition resolution, nor was its admission in 1949 to membership in the United Nations…

As a mere resolution of the General Assembly, Resolution 181(11) lacked binding force ab initio. It would have acquired the force under the principle pacta sunt servanda if the parties at variance had accepted it. While the state of Israel did for her part express willingness to accept it, the other states concerned both rejected it and took up arms unlawfully against it. The Partition Resolution thus never became operative either in law or in fact, either as to the proposed Jerusalem corpus separatum or other territorial dispositions in Palestine.

The "Corpus Separatum " Concept

We venture to agree with the results of the careful examination of the corpus separatum proposal by E. Lauterpacht in his monograph “Jerusalem and the Holy Places”.

”(1) During the critical period of the changeover of power in Palestine from British to Israeli and Arab hands, the UN did nothing effectively to implement the idea of the internationalization of Jerusalem.

(2) In the five years 1948-1952 inclusive, the UN sought to develop the concept as a theoretical exercise in the face of a gradual realization that it was acceptable neither to Israel nor to Jordan and could never be enforced. Eventually the idea was allowed quietly to drop.

(3) In the meantime, both Israel and Jordan demonstrated that each was capable of ensuring the security of the Holy Places and maintaining access to and free worship at them-with the exception, on the part of Jordan, that the Jews were not allowed access to Jewish Holy places in the area of Jordanian control.

(4) The UN by its concern with the idea of territorial internationalization, as demonstrated from 1952 to the present date (1968) effectively acquiesced in the demise of the concept. The event of 1967 and 1968 have not led to its revival.

(5) Nonetheless there began to emerge, as long ago as 1950, the idea of functional internationalization of the Holy Places in contradistinction to the territorial internationalization of Jerusalem. This means that there should be an element of international government of the City, but only a measure of international interest in and concern with the Holy Places. This idea has been propounded by Israel and has been said to be acceptable to her. Jordan has not subscribed to it.”

Even if no notion of a corpus separatum had ever floated on the international seas, serious questions about the legal status of Jerusalem would have arisen after the 1967 War. Did it have the status of territory that came under belligerent occupation in the course of active hostilities, for which international law prescribes a detailed regime of powers granted to the occupying power or withheld it from in the interest of the ousted reversionary sovereign? Or was this status qualified in Israel’s favour by virtue of the fact that the ousted power, in this case, Jordan, itself had occupied the city in the course of an unlawful aggression and therefore could not, under principle of ex iniuria non oritur ius, be regarded as an ousted reversioner? Or was Jerusalem, as we will see that a distinguished authority thought at the time, in the legal status of res nullius modo juridico? That is, was it a territory to which by reason of the copies of international instruments, and their lacunae, together with the above vice in the Jordanian title, no other state than Israel could have sovereign title? The consequence of this could be to make the legal status of Jerusalem that of subjection to Israel sovereignty.

Acquisition of Sovereignty

This analysis, based on the sovereignty vacuum, affords a common legal frame for the legal positions of both West and East Jerusalem after both the 1948-49 and the 1967 wars. In 1967, Israel’s entry into Jerusalem was by way lawful self-defence, confirmed in the Security Council and General Assembly by the defeat of Soviet and Arab-sponsored resolutions demanding her withdrawal..

Lauterpacht has offered a cogent legal analysis leading to the conclusion that sovereignty over Jerusalem has already vested in Israel. His view is that when the partition proposals were immediately rejected and aborted by Arab armed aggression, those proposals could not, both because of their inherent nature and because of the terms in which they were framed, operate as an effective legal redisposition of the sovereign title. They might (he thinks) have been transformed by agreement of the parties concerned into a consensual root of title, but this never happened. And he points out that the idea that some kind of title remained in the United Nations is quite at odds, both with the absence of any evidence of vesting, and with complete United Nations silence on this aspect of the matter from 1950 to 1967?…

In these circumstances, that writer is led to the view that there was, following the British withdrawal and the abortion of the partition proposals, a lapse or vacancy or vacuum of sovereignty. In this situation of sovereignty vacuum, he thinks, sovereignty could be forthwith acquired by any state that was in a position to assert effective and stable control without resort to unlawful means. On the merely political and commonsense level, there is also ground for greater tolerance towards Israel’s position, not only because of the historic centrality of Jerusalem to Judaism for 3,000 years, but also because in modern times Jews have always exceeded Arabs in Jerusalem. In 1844 there were 7,000 Jews to 5,000 Moslems; in 1910, 47,000 Jews to 9,800 Moslems; in 1931, 51,222 Jews to 19,894 Moslems in 1948, 100,000 Jews to 40,00 Moslems; in 1967 200,000 Jews to 54,902 Moslems.

3. THE GENEVA CONVENTIONS AND THE LEGALITY OF THE SETTLEMENTS

It is often claimed that settlement by Jews in the administered territories, and the expulsion of individuals from those territories by Court order, is in breach of the Geneva Conventions. Professor Stone was the author of the treatise “Legal Controls of International Conflict”, which included an extensive commentary on the Geneva Conventions. Here he discusses their applicability in the administered territories.

Perhaps the central current criticism against the government of Israel in relation to its administration of the territories occupied after the 1967 War concerns its alleged infractions of the final paragraph (6) of Article 49, of the Fourth Geneva Convention Relative to the Protection of Civilian Persons in Time of War, of August 12, 1949. The preceding paragraphs deal with deportation or transfer of a population out of the occupied territory. The final paragraph (6) reads as follows. "The occupying Power shall not deport or transfer parts of its own civilian population into territory it occupies."

It has been shown that there are solid grounds in international law for denying any sovereign title to Jordan in the West Bank, and therefore any rights as reversioner state under the law of belligerent occupation… Not only does Jordan lack any legal title to the territories concerned, but the Convention itself does not by its terms apply to these territories. For, under Article 2, the Convention applies “to cases of…occupation of the territory of a High Contracting Party, by another such Party. Insofar as the West Bank at present held by Israel does not belong to any other State, the Convention would not seem to apply to it at all. This is a technical, though rather decisive, legal point.

It is also important to observe, however, that even if that point is set aside, the claim that Article 49 of the convention forbids the settlement of Jews in the West Bank is difficult to sustain.

It is clear that in the drafting history, Article 49 as a whole was directed against the heinous practice of the Nazi regime during the Nazi occupation of Europe in World War II, of forcibly transporting populations of which it wished to rid itself, into or out of occupied territories for the purpose of liquidating them with minimum disturbance of its metropolitan territory, or to provide slave labour or for other inhumane purposes. The genocidal objectives, of which Article 49 was concerned to prevent future repetitions against other peoples, were in part conceived by the Nazi authorities as a means of ridding their Nazi occupant’s metropolitan territory of Jews – of making it, in Nazi terms, judenrein. Such practices were, of course, prominent among the offenses tried by war crimes tribunals after World War II.

If and insofar, therefore, as Israel’s position in Judea and Samaria (the West Bank) is merely that of an occupying power, Article 49 would forbid deportation or transfer of its own population onto the West Bank whenever this action has consequence of serving as a means of either

(1) impairment of the economic situation or racial integrity of the native population of the occupied territory; or

(2) inhuman treatment of its own population

Impairment of Racial Integrity of the Native Population of the Occupied Territory

The prominence of the question of legality of Jewish settlements on the West Bank reflects the tension of the peace process, rather than the magnitude of any demographic movement. Despite vociferous political warfare pronouncements on both sides, it seems clear, therefore, that no serious dilution (much less extinction) of the separate racial existence of the native population has either taken place or is in prospect. Nor do well-known facts of dramatic improvement in the economic situation of the inhabitants since 1967 permit any suggestion that the situation has been worsened or impaired..

Inhuman treatment of its own population

On that issue, the terms of Article 49(6) however they are interpreted, are submitted to be totally irrelevant. To render them relevant, we would have to say that the effect of Article 49(6) is to impose an obligation on the state of Israel to ensure (by force if necessary) that these areas, despite their millennial association with Jewish life, shall be forever judenrein. Irony would thus be pushed to the absurdity of claiming that Article 49(6) designed to prevent repetition of Nazi-type genocidal policies of rendering Nazi metropolitan territories judenrein, has now come to mean that Judea and Samaria the West Bank must be made judenrein and must be so maintained, if necessary by the use of force by the government of Israel against its own inhabitants.

4.GENERAL PRINCIPLES

Professor Stone considers that the Arab view of the State of Israel as "a deformed entity occupying Arab territory" and Jewish claims based on historical and religious connection. He notes that both claims are based on the principle of "self-determination", and he examines both the validity of the principle and its applicability to the conflict. He also considers the competing claims on the basis of the "equity" of the settlement which followed the First World War.

An Arab View

A letter dated February 20, 1980 to the secretary-General, transmitted for UN circulation to the General Assembly and the Security Council in connection with item 26 of A/35/11000-S/13816 (Situation in the Middle East) declared a propos of inclusion in the Charter of a principle of non-use of force:

"The principle of non-use of force shall apply to the relations of the Arab Nation and Arab States with the nations and countries neighbouring the Arab Homeland. Naturally, as you know, the Zionist entity is not included, because the Zionist entity is not considered a State, but a deformed entity occupying an Arab territory. It is not covered by these principles."

A Jewish View

The myth of the 1966 Palestinian Convent that the "Palestinian people" was unjustly displaced by the Jewish invasion of Palestine in 1917 is widely disseminated and unquestioningly and dogmatically espoused in "studies" from the United Nations Secretariat. However, it is necessary to recall, not only the Kingdom of David and the succession of Jewish polities in Palestine down to Roman conquest and dispersion at the turn of the present era, but also that the Jews continued to live in Palestine even after that conquest, and were in 1914 a well-knit population there. Hundreds of thousands of other Jews, driven from the Palestine homeland by successive waves of Roman, Arab, and other conquerors, continued to live on for centuries throughout the Middle East, often under great hardship and oppression. And, of course, millions of others were compelled to move to other parts of the world where too often, as in pogrom-ridden Russia and Poland, they live in conditions of tyrannous and humiliating subjection and under daily threat to their lives…

That the provision for a Jewish national home in Palestine was an application of the principle of self determination is manifest from the earliest seminal beginning of the principle. The Enquiry Commission, established by President Wilson in order to draft a map of the world based on the Fourteen Points, affirmed the right of the Jewish people that “Palestine should become a Jewish State” clearly on this ground. Palestine, the Commission said, was “the cradle and home of their vital race”, the basis of the Jewish spiritual contribution, and the Jews were the only people whose only home was in Palestine. It would be difficult to provide a more succinct statement of the essence of the self determination principle.

The Doctrine of Self-determination

Whether the doctrine is already a doctrine of international law stricto sensu, or (as many international lawyers would still say) a precept of politics, or policy, or of justice, to be considered where appropriate, it is clear that its application is predicated on certain findings of fact. One of these is the finding that at the relevant time the claimant group constitutes a people of nation with a common endowment of distinctive language or ethnic origin or history and tradition, and the like, distinctive from others among whom it lives, associated with particular territory, and lacking an independent territorial home in which it may live according to its lights…

Palestine Liberation Organization (PLO) leaders have frankly disavowed distinct Palestinian identity. On March 3, 1977, for example, the head of the PLO Military Operations Department, Zuhair Muhsin, told the Netherlands paper Trouw that there are no differences between Jordanians, Palestinians, Syrians and Lebanese.

"We are one people. Only for political reasons do we carefully underline our Palestinian identity. For it is of national interest for the Arabs to encourage the existence of the Palestinians against Zionism. Yes, the existence of a separate Palestine identity is there only for tactical reasons. The establishment of a Palestinian State is a new expedient to continue the fight against Zionism and for Arab unity…"

In fact the name Palestine had not for centuries (perhaps millennia) before 1917 referred to a defined political, demographic, cultural, or territorial entity. In the immediately preceding centuries it was a part of the Ottoman Empire designated as Southern Syria and governed from Damascus. In 1917, its northern part, from Safed almost to Jerusalem, was part of the Vilayet of Beirut and the whole of it was claimed to be part of Syria. The Arabs living there were not regarded by themselves or others as “Palestinians” or in any major respect as different from their brethren in Syria and Lebanon. This “Syrian” rather than “Palestinian” identification of Arabs living in Palestine underlay the request of the General Syrian Congress on July 2, 1919, that there should be no separation of the southern part of Lebanon, from Syrian country. A main argument thus made by Arabs in post-World War I negotiations was not that “Palestinians” would resent the loss of Palestinian identity by the establishment of the Jewish national home in Palestine, but rather that they would resent severance of their connection with their fellow Syrians…

In the light of these facts, the notion that the Arabs living in Palestine regarded themselves in 1917, at the time when Woodrow Wilson’s seminal self-determination principle emerged, as a Palestinian Arab people in the sense required by the self-determination principle (or, as I may sometimes here call it, “the liberation of peoples principle” or “liberation principle”) is thus a figment of unhistorical imagination. To respect the historical facts is, therefore, not to impugn the liberation principle; it merely points out that the principle must be applied at the appropriate time to the facts of group life as they truly exist. These historical facts continue to reverberate today in Arab state circles. President Assad of Syria in 1974 stated that Palestine is a basic part of Southern Syria (New York Times, March 9 1974). On this on November 17, 1978, Yasser Arafat commented that Palestine is southern Syria and Syria is northern Palestine (Voice of Palestine, November 18, 1978 …

The problem of competing self-determination becomes, indeed, even more difficult, whether for purposes of determining aggression or for other purposes, where the competing claims and accompanying military activities, punctuated by actual wars, armistices, and cease-fire agreements, have been made over protracted historical periods. The test of priority of resort to armed force in Article 2 of the 1974 Definition presupposes a fixed point of time from which priority is to calculated. Does one fix the aggression in the Cyprus crisis of 1974 from the action of the Greek officers who led the coup d’etat, or the Turkish response by invasion, even assuming that the 1974 crisis can be severed from earlier struggles? Is the critical date of the Middle East crisis 1973 or 1967, or the first Arab states attack on Israel in 1948, or is it at the Balfour Declaration in 1917, or at the Arab invasions and conquest of the seventh century AD, or even perhaps at the initial Israelite conquest of the thirteenth century BC? The priority question, as well as the self-determination question, are difficult enough. They become quite baffling when, in the course of such a long span of time, a later developing claim of self-determination like that of the Palestinian people in the 1960s, arises, and claims to override retrospectively the sovereign statehood of another nation, here the Jewish people, already attained by right of self-determination.

The Equity Principle

The distribution between Arabs and Jews after World War I was certainly implemented in succeeding decades as far as Arab entitlements were concerned. Arabs claims to sovereignty received extensive fulfillment in the creation of more than twenty sovereign states following World War I, not only in the Middle East but in Africa as well. Altogether this historical process included the following features:

First, despite all the extraneous Great Power maneuverings, Jewish and Arab claims in the vast area of the former Ottoman Empire came to the forum of liberation together, and not (as is usually implied) by way of Jewish encroachment on an already vested and exclusive Arab domain.

Second, the territorial allocation made to the Arabs, as now seen in about a dozen sovereignties in the Middle East (not to speak of many Arab sovereignties elsewhere) was more than a hundred times greater in area, and hundreds of times richer in resources than the Palestine designated in 1917 for the Jewish national home.

Third, by successive steps thereafter, this already tiny allocation to Jewish claims was further encroached upon. Thus, already in 1922, a major part of it (namely 35,468 out of 46,339 square miles, including the more sparsely populated regions) was cut away to establish the kingdom of Transjordan (now known as the Hashemite Kingdom of Jordan).

With so preponderant an Arab allocation capable, as events since 1973 now show, of threatening the economic existence of most of the rest of the world, it seemed reasonable to expect Arab acquiescence in the minute allotment to the Jews of Israel as their only national home.

CONCLUSION

The extraordinary campaign against the State Of Israel in the General Assembly since the oil weapon was drawn from its scabbard in 1973 involves subversion both of basic international law principles, and of rights and obligations vested in states under them. It has also entailed rather grotesque reversals of the United Nations own position of the preceding quarter-century, as part of a wide and illicit rewriting of history. Considered in the context above sketched, this campaign is a kind of pilot operation in a remarkable venture in the detournement de pouvoir an assault with covert as well as overt elements, on the international legal order. It would follow that what is at stake are not only the range of state interests that lie within the lawful concern of the organs of the United Nations, but all interests of states that the General Assembly can by the ipse dixit of automatic majorities reach out to control, truncate or destroy.

A SHORT CHRONOLOGY OF THE ADMINISTERED TERRITORIES

1900 BCE – 135 CE The mountainous region known as Judea and Samaria (called the “West Bank” after 1950) is the centre of Jewish life for 2000 years. Gaza, on the other hand, is a Philistine city during the period of the Jewish kingdoms. After 200 years of intermittent warfare against the Romans, culminating in the defeat of the massive Jewish revolt of 135CE, the Jewish population is largely dispersed as slaves and refugees. However, a substantial Jewish population always remains.

638 – 1099 The Arabs capture Jerusalem in 638 and Palestine ceases to be part of the Byzantine Empire. Under the Arab Caliphate from 638 to 1099, the population adopts Arabic language and culture, and many are converted from Christianity to Islam.

1517 Palestine becomes part of the Turkish Empire in 1517, after its conquest by Suleiman the Magnificent. By the twentieth century the population is reduced to about 650,000.

1882 Organised Jewish settlement in Turkish Palestine begins, following the Russian pogroms and increasing European anti-Semitism.

1914-1918 Turkey is allied with Germany in the First World War and the Turkish Empire is distributed in the subsequent settlement.

1920 By the Treaty of San Remo, it is agreed that the League of Nations will give a Mandate to Britain over Palestine on the basis of the Balfour Declaration of 1917, under which Palestine is to be the “Jewish National Home”. The original mandated area of Palestine includes the territory now comprising Jordan, Israel, the West Bank, Gaza and the Golan Heights.

1947 – 1948 In the UN Partition Resolution of 1947, Judea and Samaria and Gaza are to be included in the proposed Arab State. The Arab State is to be in economic union with a Jewish State, with an internationalised Jerusalem. However the Arabs refuse to accept the resolution or to set up a provisional government of the proposed Arab Palestine. When Israel accepts the resolution and proclaims its independence in 1948, the forces of the Arab League invade.

1949 – 1950 After cease fire lines are established in 1949, The Kingdom of Transjordan purports to annex the “West Bank”, and changes its name to “Jordan”. The annexation is recognised only by Britain and Pakistan, but not be any Arab Government, or by the UN. Gaza comes under Egyptian control, but it is not annexed by Egypt, and its inhabitants are Stateless.

1967 Jordan places its forces under joint command with Syria and Egypt, with the declared aim of annihilating Israel. After Israeli warnings are conveyed to Jordan through UN representatives, Jordan attacks West Jerusalem. In the ensuing war Israel takes possession of East Jerusalem, the West Bank, Gaza, the Golan Heights and Sinai.

After the war, Israel offers to negotiate “territory for peace”. However in August 1967, the Arab League conference at Khartoum declares “No peace, no negotiation, no recognition, no compromise.”

In November 1967, Resolution 242 of the Security Council calls for Israel’s right to “live in peace within secure and recognised boundaries” and for Israeli withdrawal “from territories occupied in the recent conflict”.

1977 – 1982 Egypt recognises Israel in 1977 and Sadat visits Jerusalem. In 1979 the Camp David Accords provide for Israeli withdrawal from Sinai, and negotiations with Jordan to establish a self-governing authority in West Bank and Gaza. Israel offers Gaza to Egypt, but Egypt refuses. In 1982 Egypt and Israel sign a formal Peace Treaty, and Sinai is returned to Egypt.

1989 Shamir-Rabin Peace Initiative proposes elections in the administered territories, to be followed by self-government as envisaged by the Camp David Accords, and subsequent negotiation of a peace settlement.

1993 The Oslo Accords create a “Palestinian Interim Self-Governing Authority” with initial jurisdiction in Gaza and Jericho, to be extended by a phased re-deployment of Israeli forces from populated centers in the Territories. The Accords contemplate the eventual negotiation of a “final status agreement.”

1995 Oslo II agreement creates Areas A, B and C in the Territories, with Palestinian, shared and Israeli control respectively. The Palestinian Authority now has jurisdiction over more than 95% of the Palestinian population of the Territories. 1998 The Wye Memorandum contemplates further step-by-step withdrawals from the territorial area, in parallel with steps for security co-operation by the PA.

July 2000 Camp David II final status talks fail when the PA rejects offer of over 90% of the Territories and compensatory transfer of land from within Israel. Israel rejects PA demands for sovereignty over the Temple Mount in Jerusalem, and a right for all Arab refugees and their descendants to return to Israel.

September 2000 The “El Aqsa Intifada” begins with violent rioting and with calls for “an end to the occupation”, followed by random shootings, mortar attacks and suicide bombings. Cease-fire agreements are not implemented.

GLOSSARY

Ab Initio. From the beginning.

Corpus Separatum. An area excluded from a sovereign state. (lit. “a separated body.”)

Detournement de pouvoir. “Embezzlement” of power.

Erga Omnes. Against all.

Ex iniuria non oritur ius. A legal right cannot be created by an illegal wrong. (Lit. “Out of an injury arises no right”.)

Ipse dixit. Affecting rights by mere declaration. (Lit. “He says so himself”.)

Judenrein Empty of Jews. (Lit. “Jew-clean”.)

Lacunae. Gaps.

Pacta sunt servanda. “Treaties must be honoured” the first principle of international law.

Res Nullius Modo Juridico Territory under no recognised legal jurisdiction (Lit. “A nullity at law.”)

Stricto sensu. Strictly speaking.

Uti possidetis. Legal title arising from possession, where there is no competing title. (Lit. “By possessory use”)

Ian Lacey

MAPS

The British Mandate

The UN partition Plan, 1947

The Armistice Agreement 1949

Cease Fire Lines 1967

Israel and Members of the Arab League

INDEX

Arabs.. 7, 10, 13, 14, 16, 26

Arafat, Yasser….. 14, 26

Balfour Declaration 14, 16, 26

Corpus Separatum…….. 8, 9

Egypt 5, 7, 16, 26

Equity Principle. 2, 14, 26

Gaza 3, 5, 16, 26

General Assembly 5, 8, 9, 12, 15, 26

Geneva Convention….. 10, 26

Geneva Convention (Fourth) 10, 11, 14

Holy Places 8, 9, 26

International Court of Justice 5, 6, 26

International Law 3, 4, 7, 26

internationalization. 8, 9, 26

Jerusalem 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 13, 16, 26

Jewish Presence in Palestine 12

Jews 7, 8, 10, 12, 14, 15, 18, 26

Jordan 5, 6, 7, 8, 9, 10, 15, 16, 26

Lauterpacht, Professor Elihu 7, 8, 9, 26

Moslems.. 10, 26

Occupied territory 10, 11

Palestine Liberation Organization… 13, 26

Palestine, some background………. 13

Palestinian identity 13, 26

Palestinians 7, 12, 13, 17, 26

Partition Plan 2, 7, 8, 16, 26

PLO… 13, 26

Population of Jerusalem, (historical)………. 10

Resolution 242. 5, 17, 26

Resolution 338……. 5, 26

Schwebel, Prof. Stephen 5, 6, 26

Security Council 5, 9, 12, 17, 26

Syria… 7, 13, 17, 26

Transjordan 15, 16, 26

United Nations. 2, 5, 8, 9, 12, 15, 16, 21, 26

West Bank. 5, 6, 10, 11, 16, 26

Wilson, President 12, 13, 26

World War I 11, 14, 26

World War II….. 11, 26

[1] "On this side of " the Jordan (Latin). As in Cis-Alpine Gaul

[2] [Ed. note: Under the rule of uti possidetis, where there is no valid competing claim to title, then lawful possession gives absolute title.]

2 réponses à Palestine/ONU: Ils ont enlevé l’étoile du drapeau jordanien et d’un seul coup nous étions palestiniens (It’s the continuation of war on zionism by other means, stupid !)

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