Antisémitisme/France: "Les juifs, ils ont tout, même Coca-Cola" (Will massive Muslim immigration definitely mark the end of "happy like a Jew in France"?)

Heureux comme Dieu en France. Traduction de l’expression allemande, à l’origine yiddish, wie Gott in Frankreich leben qui implique que dans un pays tôt déchristianisé, Dieu n’aurait d’autre souci que de profiter de la vie sans avoir à se soucier de ses ouailles. Wiktionnaire
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. "Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : "Non à Allah, non au prophète". C’est pour cela que les arabes ont inventé le "Mecca-cola". Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs. La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : "On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs." Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication "complotiste" : "Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait." Pour une minorité, c’était "bien fait pour les Américains et pour les juifs". Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. (…) En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué. (…) On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois. Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : "C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ?" Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait "pas autant pour les enfants palestiniens" ? Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. (…) Ces enfants sont les premiers à dire "le racisme c’est pas bien", mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les "Français", c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit "les racistes du PSG c’est que des juifs !", il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros. Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie, Saint-Denis)
The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. (…) The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions. Michel Gurfinkiel

L’immigration massive de musulmans finira-t-elle par définitivement refermer la page du "heureux comme un juif en France"?

Alors que cinq mois après l’infâme tuerie de Toulouse, la déclassification partielle du dossier Mohamed Mérah semble contredire de plus en plus la thèse de l’ancien patron de la DCRI, Bernard Squarcini, d’un loup solitaire autoradicalisé en prison au profit de celle du membre d"une véritable  "mouvance salafiste radicale toulousaine" et "d’une fratrie d’islamo-délinquants" aux contacts multinationaux, autrement dit  l’arrivée d’une "nouvelle génération d’islamistes toulousains" …

Et qu’entre multiplication des incidents et agressions comme des graffitis ou tags à sa gloire, les mois qui ont suivi son équipée sanglante (sept victimes dont trois dans une école confessionnelle juive) continuent de démontrer la complaisance que semble encore susciter le djihadiste toulousain dans au moins une partie de la communauté et notamment de la jeunesse musulmane …

Retour, avec un dossier du mois dernier du Nouvel Observateur, sur ce nouvel antisémitisme dans lequel semble s’installer durablement la France (ou plus largement l’Europe) comme la violence qui en résulte et que doivent subir au quotidien de plus en plus de nos concitoyens d’origine juive …

Mais aussi plus inquiétant, alimenté par le flot continu d’antisionisme diffusé quotidiennement par nos médias et l’internet (mais nos intellectuels ne sont pas en reste) et sous-tendant tout cela …

L’incroyable degré de confusion mentale, comme le rappellent un professeur d’histoire de Saint-Denis ainsi que l’éditorialiste Michel Gurfinkiel, dans lequel semblent vivre, sans hélas exclure le reste de la population en général, nombre des membres de ces nouvelles générations d’immigrés d’origine musulmane …

"Les juifs, ils ont tout, même Coca-Cola"

04-07-2012

Sarah Diffalah

REPORTAGE – A écouter parler Karim, Djamal et Ali, l’hégémonie de la communauté juive sur le monde serait incontestable…

Nouvel Observateur

Devant le centre Petit Bois de Borny, un quartier à trois kilomètres de Metz, il y a Karim, 23 ans, Ali, 29 ans, et Djamal, 21 ans. Ils sont une dizaine à s’activer autour de leurs voitures pour installer un drapeau espagnol sur un capot : ce sont des supporters de la Roja, l’équipe de foot espagnole. Interrogés sur la communauté juive, ils n’éludent aucune question. Au contraire. Le flot de préjugés est incessant, le débit rapide, le ton emporté, parfois railleur. Des juifs, ils n’en côtoient pourtant pas, mais les certitudes sont enracinées, à chaque fois appuyées par des exemples aussi imaginaires que précis.

Lobby juif, théories du complot, conflit israélo-palestinien… Tout se mêle, en boucle, maladroitement, confusément. Pour eux l’hégémonie de la communauté juive sur le monde est incontestable. Extraits de la conversation.

- Karim : Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit.

- Ali : Oui, c’est vrai. Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. "Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : "Non à Allah, non au prophète". C’est pour cela que les arabes ont inventé le "Mecca-cola". Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne.

- Karim : On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif…

- Ali : Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés.

- Djamal : En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien.

- Ali : Ici, il y a des salafistes, des "chameaux", ce sont des musulmans mais ils ont le cœur noir.

- Djamal : Les juifs devraient dire pardon à Dieu l’unique. Quel dieu ? Je ne sais même pas ce que c’est le judaïsme. Il faudrait leur demander.

- Karim : Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France.

- Ali : Mais s’il y a des gens qui veulent engager le dialogue entre musulmans et juifs, c’est pour calmer les tensions. Dans les autres grandes villes, c’est pire. C’est vrai que certains Arabes foutent la merde, ils nous salissent. Nous, on n’ira jamais agresser des juifs. J’ai rien contre eux en fait, c’est contre les sionistes. J’ai déménagé il y a sept ans, mon voisin est un juif, mais je ne parle pas de cela avec lui. Ils nous boycottent. Dans le centre-ville, il y a une boîte tenue par une personne de la communauté juive, et bien elle ne veut pas d’Arabes dans son club. C’est comme ça.

- Karim : A Borny, il n’y a pas de juifs. C’est très bien comme ça, il n’y a pas de problème.

Voir aussi:

Le jour où une élève m’a dit : "Moi, j’aime pas les juifs"

05-07-2012

Iannis Roder

prof d’histoire-géo

Iannis Roder est professeur d’histoire-géographie à Saint-Denis. Les réflexions antisémites, il en entend régulièrement dans les salles de classe et s’interroge : comment expliquer un tel phénomène ? Le Nouvel Observateur publie cette semaine un dossier spécial "Antisémitisme : ce qu’on ne veut pas dire" (édition du 5 juillet), où vous pouvez retrouver ce témoignage.

Édité par Maxime Bellec Auteur parrainé par Isabelle Monnin

Je suis d’une génération pour qui l’antisémitisme était mort avec la Shoah. Je n’avais pas pensé qu’il reviendrait d’ailleurs.

"Il n’y avait pas un juif hier dans les tours"

La première fois, c’était en 1998 dans une classe de 5e. Lorsqu’on a abordé le chapitre sur l’islam, une gamine a râlé : "On ne fait que quatre heures sur l’Islam, alors que l’année dernière, on a fait les Hébreux pendant au moins dix heures ! De toute façon, moi j’aime pas les juifs."

Je suis tombé des nues. Ce n’était que le début. Au tournant des années 2000, deux évènements ont libéré la parole : le 11 septembre et la seconde Intifada. Je me souviens précisément du 12 septembre 2001. La plupart de mes élèves étaient atterrés, mais l’un d’eux avait déjà une explication "complotiste" : "Il n’y avait pas un juif hier dans les tours, c’est eux qui l’ont fait." Pour une minorité, c’était "bien fait pour les Américains et pour les juifs".

Presque toujours, ces propos viennent d’enfants issus de l’immigration et se réclamant de l’Islam. En 2002, un garçon m’a expliqué que "Hitler aurait fait un bon musulman". Cela fait dix ans que je sais que c’est là, latent chez certains. Dès qu’on évoque la Shoah ou qu’ils comprennent qu’un des personnages est juif, ça sort.

Par exemple, cette année, Ousmane, 15 ans, alors que je parlais de Léon Blum : "Il est juif, qu’il crève !" Comme ça, direct. Je l’ai envoyé chez le proviseur qui a convoqué sa mère. Elle a pleuré et décidé de le changer d’établissement. Plus tard, des copains d’Ousmane m’ont rapporté ses propos : "Roder, il s’est énervé pour rien, un truc de fou." Il ne voyait pas le mal.

Pourquoi nie-t-on cette réalité dramatique ?

En salle des profs, quand je soulevais le problème, on me parlait du malaise social et de la politique israélienne, quand on ne me prenait pas pour un réac de droite. Le déni est ce qui m’a le plus choqué.

Avant, dans les années 80, au moindre soupçon d’antisémitisme, l’indignation était immédiate. Je me souviens de la manifestation après la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1990, tout le monde était dans la rue. Là, personne, rien.

On m’a dit que j’inventais, que je dramatisais, que je manipulais mes élèves pour leur faire dire des horreurs. Au motif qu’elle est au côté des opprimés, la gauche n’a pas voulu voir le problème. Ça a été une claque pour moi, que mes amis politiques ne réagissent pas. Ceux qui s’étaient levés sur Carpentras sont restés assis et muets. Pour eux, ces jeunes sont des victimes sociales et ne peuvent donc pas être antisémites. Comme si l’on ne pouvait être les deux à la fois.

Et puis, j’ai l’impression que pour certains, l’idée que des juifs sont victimes est lassante. Du genre : "C’est bon, ils ont déjà la Shoah, de quoi se plaignent-ils encore ?"

Avec la minute de silence après la tuerie de Mohamed Merah dans une école juive, les choses ont changé. Combien de jeunes ont refusé de respecter cette cérémonie, au motif qu’on n’en fait "pas autant pour les enfants palestiniens" ?

Beaucoup de profs en Seine-Saint-Denis, et plus seulement les profs d’histoire dans le huis clos de leurs classes, ont découvert cet antisémitisme. Désormais, j’ai le sentiment que la communauté scolaire sait, et peut commencer à se demander comment lutter contre ces préjugés.

Que faire contre ce fléau ?

Ces enfants sont les premiers à dire "le racisme c’est pas bien", mais ils ont une vision communautariste de la société. Pour eux il y a d’un côté les "Français", c’est à dire les blancs et les juifs, et de l’autre, eux. Quand un garçon me dit "les racistes du PSG c’est que des juifs !", il est dans un degré de confusion tel que l’incantation morale n’a aucun poids. Il entend probablement toute la journée que les juifs sont riches, puissants, racistes et tirent sur des enfants palestiniens, alors que Ben Laden et Merah sont des héros.

Voir encore:

Voyage au bout du nouvel antisémitisme

Isabelle Monnin

le Nouvel observateur

03-07-2012

Un jeune juif a été roué de coups dans un train entre Toulouse et Lyon. Dans la France de 2012, ils sont de plus en plus nombreux à subir cette violence au quotidien. L’enquête du "Nouvel Observateur".

C’est une goutte. Le 11 juin à Paris, Elie M., 12 ans, a dit à ses parents qu’il faudrait changer de nom : au collège on l’avait traité de "sale juif". Le 30 avril à Marseille, deux jeunes garçons ont été interpellés dans la rue : "Nous, on est pour la Palestine, on n’aime pas les juifs, on va tous vous tuer, on va tous vous exterminer, sales juifs que vous êtes." Puis ils se sont fait casser la gueule. Le 8 juin à Sarcelles, un adolescent a été insulté par trois jeunes : "Ferme ta gueule, sale juif." Il s’est défendu ; l’un d’eux l’a tenu au cou pendant que les deux autres le frappaient. Ça ne fait pas de bruit, une goutte, on ne l’entend que si on tend l’oreille.

Le 26 mars à Paris, un enfant de 11 ans portant tsitsits, ces franges traditionnelles, a pris des coups de poing au visage à quelques mètres de son école. "Sale juif", a dit son agresseur. Le même jour à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, en rentrant de la synagogue, un rabbin a été insulté par une bande de gamins de 12 ans environ. Ils lui ont jeté des pierres.

"J’aime pas les juifs, c’est comme ça"

Quatre jours plus tôt, Mohamed Merah avait été abattu par la police à l’issue d’une équipée sanglante dans laquelle il avait tué sept personnes dont trois enfants juifs et un rabbin dans une école confessionnelle. Chaque fois c’est pareil : on pense que l’horreur d’un crime éteindra les mauvais instincts. Mais l’émotion, pour être générale, n’est jamais unanime. Au contraire. Le djihadiste toulousain est devenu un genre de héros pour une petite minorité. Des tags à sa gloire, un peu partout, ont fleuri. Lors de la minute de silence imposée dans toutes les écoles en hommage aux victimes de l’école Ozar Hatorah, de nombreux incidents ont été répertoriés.

A Caussade, dans le Tarn-et-Garonne, une collégienne a dit : "Pour les juifs, je m’en fiche, mais s’il y a des Arabes, on peut le faire. J’aime pas les juifs, c’est comme ça." Convoqués, ses parents l’ont soutenue : "Vous ne faites rien pour les Palestiniens." A Marseille, une famille a été prise à partie par un doctorant en physique de 24 ans. Fils d’une universitaire et d’un ingénieur, il voulait "parler de la Palestine" avec le père de famille et lui a cassé la mâchoire. "J’ai vu à sa tête qu’il était sioniste", a expliqué à ses juges celui pour qui Mohamed Merah était un "résistant". Il a été condamné à un an ferme.

"Un climat"

Une goutte dans un océan d’actualité. Une de plus. On aimerait l’oublier, la laisser tomber puis sécher dans son coin, la dédaigner. Mais elle revient toujours, avec une régularité de métronome. La France n’en a pas fini avec l’antisémitisme.

Bien sûr, les juifs n’ont pas le monopole de la crainte. Ils ne sont pas la seule communauté à souffrir d’agressions de toute sorte. Ils ont moins de soucis que d’autres pour trouver un logement ou un travail. Mais s’ils portent une kippa, ils ne peuvent plus se promener sans peur dans certains quartiers. Des rabbins se font chahuter, on leur pique leur chapeau en passant, quand on ne les insulte pas. Les jours de shabbat, où les plus pratiquants des juifs sont les plus visibles et aussi les plus vulnérables (se déplaçant à pied et sans téléphone portable, pour respecter le dogme), les incidents se multiplient.

Dans certains quartiers populaires des régions parisienne, marseillaise ou lyonnaise, il y a, comme on dit, "un climat". Pas forcément une tension. Mais "un climat", malsain. Une vieille femme, vivant depuis toujours dans son immeuble à Marseille, trouve un matin la mention "sale juive" sur sa boîte aux lettres. Romy H., à Cannes, se demande si sa voisine, qui râle sans cesse contre ses "odeurs de cuisine" et trouve que la mezouzah qu’elle a mise au seuil de sa porte conformément à sa tradition religieuse dégrade les parties communes, n’a pas "un problème avec les juifs".

La plupart des incidents ne vont pas jusqu’à la violence et ne se terminent pas dans le sang comme début juin à Villeurbanne lorsque trois juifs ont été attaqués par une bande. Ce jour-là, l’un d’eux a été frappé à la tête avec un marteau. En général, il n’y a même pas de quoi porter plainte : à quoi bon prendre le risque de représailles pour si peu ?

Grand défouloir

C’est obsédant, une goutte. Ca peut rendre fou. Le récit de ce nouvel antisémitisme, diffusé à la vitesse du clic, va plus vite que le cheval au galop du shtetl d’antan. Les médias sont accusés d’être les amis des Arabes et donc, par paresseuse et injuste translation, forcément antisémites. Dans les boîtes mail, les listes de diffusion, mayonnaise anxiogène, font tourner en boucle les incidents, les amplifient.

De l’autre côté, le Net charrie son torrent de haine loin de tous ces médias (les mêmes) accusés immanquablement d’être dans la main du "lobby juif". Les modérateurs des sites internet le savent bien, qui doivent bloquer l’accès aux commentaires dès qu’il se passe quelque chose au Proche-Orient : la Toile est le grand défouloir des haines. Cette hypersensibilité se double parfois d’une maladresse, voire d’une tendance paranoïaque à faire de tout acte contre un juif une preuve indiscutable de l’antisémitisme rampant.

Le nombre d’acte antisémites flambe

Pour désamorcer les critiques en exagération, le Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif ) s’est doté en 2003 d’un outil de comptabilisation des actes antisémites validés par le ministère de l’intérieur. Le Service de Protection de la Communauté juive (SPCJ), enregistre et centralise toutes les plaintes.

Dans l’obs : Antisémitisme, ce qu’on ne veut pas dire, par Laurent Joffrin

En 2011, 389 actes ou menaces ont été recensés, contre 466 en 2010. Ce qui fait dire à Ariel Goldmann, vice-président du Crif et porte-parole du SPCJ, que "depuis dix ans on est systématiquement à plus de 300 actes par an". Depuis le début de l’année 2012, et surtout depuis l’affaire Merah en mars, les chiffres flambent : fin mai, déjà 268 actes répertoriés, dont 78 actions violentes (dégradations, violences sur personne) et 190 menaces et actes d’intimidation (tracts, tags, injures).

La majorité des signalements se situent à Paris, en Ile-de-France, en banlieue lyonnaise et à Marseille. "L’antisémitisme d’extrême droite est plus organisé, selon le service juridique de la Ligue internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra). Celui des banlieues semble plus spontané, non prémédité : ils se promènent, ils voient une kippa, ils se lâchent…" Comme si les uns disaient tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

Un antisémitisme souvent le fait de jeunes se disant musulmans

Ca revient toujours sur le lieu de son crime, une goutte. Eternellement par le même chemin. Si l’antisémitisme aujourd’hui est souvent le fait de jeunes issus du Maghreb ou d’Afrique noire et se disant musulmans, il n’est pas éloigné de l’antisémitisme occidental, si banal et florissant dans les années 1930. S’y ajoute la mélasse politico-religieuse transposée du confit israélo-palestinien et de l’antiaméricanisme. Mis à l’envers, le logo de Coca-Cola voudrait dire : "Pas d’Allah, pas de Mecque" en arabe. "On m’a même expliqué très sérieusement que lorsqu’on débouche une bouteille de Coca, on entend le mot "juif" !" sourit un professeur.

Ainsi, comme un démon increvable, l’antisémitisme renaît toujours, crachant les mêmes clichés (le-juif-est-riche-puissant-solidaire), grimaçant la même haine (éradiquons-le-juif), mélangeant sa mauvaise bouillie (le-juif-tue-les-Palestiniens). Pour Nicole Yardeni, du Crif de Midi-Pyrénées, ces jeunes perpétuent un antisémitisme très virulent dans le monde arabe, que les juifs issus d’Afrique du Nord ont connu autrefois et que les jeunes Arabes de France ont dans leurs mémoires. Le cliché du juif et de l’argent est plutôt fort dans le monde chrétien. Dans le monde arabe, on assimilerait plutôt le juif à la femme, c’est-à-dire à l’inférieur."

Le 14 mai, dans le métro parisien, Roger O. a été agressé par un homme noir qui lui a dit : "Salope, tapette, tu es juif : tu as vu comment tu es habillé ?"

Qui est juif ? Qui est musulman ?

Des clichés, Isabelle Wekstein, avocate de confession juive, en a entendu depuis qu’elle fréquente les établissements scolaires avec Mohamed Ulad, un réalisateur d’origine marocaine. L’idée de départ est simple : demander aux élèves lequel des deux est juif, lequel est musulman. Un garçon, s’adressant à Mohamed Ulad :

- "Vous, monsieur, à 100%, vous êtes juif . A cause de votre coupe de cheveux."

Combien y a-t-il de juifs en France, d’après vous ? demandent-ils ensuite aux adolescents.

- "Au moins 30 millions, répond une fille, mais ils se cachent, on ne le sait pas."

Se souviennent-ils d’Ilan Halimi, ce jeune juif supplicié par le "gang des barbares" de Youssouf Fofana ?

- "Oui, c’était un Israélien qui a été tué parce qu’il avait de l’argent, les juifs sont riches. S’il aurait [sic] été juif, Fofana serait pas parti en prison à vie, les juifs s’en sortent mieux que les Noirs et les Arabes."

"Il y a quelques années, l’antisémitisme de ces jeunes se référait a u confit israélo-palestinien, dit Isabelle Wekstein. Aujourd’hui, il ressemble de plus en plus à celui des années 1930." Pour le président de la Licra, Alain Jakubowicz, "la ‘dieudonnisation’ des esprits qui gagne dans les banlieues n’est pas moins dangereuse que la lepénisation dont elle est le complément d’objet direct".

La tentation du repli

C’est destructeur, une goutte. "Le grand trauma de la communauté juive reste la vague d’antisémitisme des années 2000-2002 dans les banlieues, analyse l’historien Tal Bruttmann. Une partie de la communauté s’est sentie abandonnée par le gouvernement Jospin et a basculé à droite. Elle reproche à la gauche de ne pas se détacher de cette idée bien-pensante selon laquelle une minorité ne pourrait pas elle-même se montrer raciste. Or c’est bien le cas, et c’est vrai dans les deux sens : la hausse de cet antisémitisme-là conforte le racisme et l’islamophobie d’un certain nombre de juifs."

Depuis dix ans, le nombre d’enfants quittant l’école publique pour des écoles juives ne cesse d’augmenter. Ils sont 30.000 aujourd’hui (sur une communauté globale estimée à 600.000 juifs), repliés derrière les murs protégés de ces établissements. "Les gens se demandent s’ils doivent rester", assure Sammy Ghozlan, responsable du Bureau national de Vigilance contre l’Antisémitisme. Des jeunes s’inventent un avenir ailleurs, aux Etats-Unis, les plus anciens se disent qu’ils pourraient aller vivre en Israël. D’autres s’alarment d’une montée des tensions : "On ne sait plus comment tenir nos jeunes qui chaque samedi se font insulter en boîte de nuit, dit Michèle Teboul, responsable du Crif Marseille Provence. Notre équipe de foot ne peut plus participer aux compétitions, ça tournait chaque fois au pugilat. Mais nous ne pouvons pas les priver de tout."

A Toulouse, les jeunes ont un numéro de téléphone où appeler pour obtenir de l’aide : des amis arrivent alors en scooter, "pour faire nombre". Ariel Goldmann veut nuancer :

On vit très bien son judaïsme en France, mais il y a des endroits où c’est plus difficile. Ces endroits sont difficiles pour tout le monde, nous ne prétendons pas en être les seules victimes."

Toujours la crainte d’en faire trop et d’alimenter cette idée ancrée qu’il n’y en a que pour les juifs. Alors beaucoup se taisent, effacent le graffiti sur la devanture du magasin casher, réparent la mezouzah dix fois dégradée, ne veulent pas faire de vagues.

"L’un d’eux l’a poignardé à plusieurs reprises"

David, lui, est corse. Il y a deux ans, il était avec un de ses amis sur un banc, dans un square du 13e arrondissement de Paris, quand une dizaine de jeunes gens les ont pris à partie. "Soudain l’un d’eux a crié : ‘Sale juif’. Je pense qu’il avait vu l’étoile de David autour du cou de mon ami. Ca a été comme un top départ. Ils l’ont roué de coups de pied et de poing et l’un d’eux l’a poignardé à plusieurs reprises dans le bras. Ils disaient : ‘On va te saigner, sale juif’. Avant cela, comme beaucoup de gens, je pouvais penser que les juifs sont dans la victimisation, qu’ils exagèrent. Depuis cela, je sais que l’antisémitisme existe. Ils l’auraient tué si je ne les avais pas finalement fait fuir. Juste parce qu’il est juif. Ils ont été arrêtés, ils avaient entre 15 et 17 ans."

A Marseille, on raconte l’histoire de cette vieille dame de 83 ans. Cambriolée, elle a vu son voleur revenir après son forfait. "Il a dû voir sa mezouzah en sortant", souffle Michèle Teboul. Alors, il l’a violée. "Ne me fais pas ça, je suis tunisienne comme toi", suppliait la dame. "Tu n’es pas tunisienne, tu es juive", lui aurait dit le violeur. Confondu par son ADN, il a été arrêté. Il a 15 ans. C’est monstrueux, une goutte.

Voir enfin:

French Jews/ No Future

 The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased.

 Michel Gurfinkiel

 August 12, 2012

“Any time young people approach me in order to get married, I ask them various questions about their future. Eighty percent of them say they do not envision any future in France.” This is what one rabbi in Paris told me last week. I heard similar statements from other French rabbis and lay Jewish leaders: “We have a feeling the words are on the wall now,” one leader in the Lyons area confided to me. “It is not just our situation in this country deteriorating; it is also that the process is much quicker than expected.”

Even the chief rabbi of France, Gilles Bernheim, may be sharing that view now. A philosopher (holding a prestigious French agrégation degree in philosophy), a graduate of the French Rabbinical School in Paris, and a former student at some of the most orthodox yeshivoth (Talmudic academies) in Jerusalem, Bernheim was until recently very eager to reconcile traditional Judaism with Europe’s “open society.” He has just devoted a book to France as a nation and how Jews can contribute to France’s public debates (N’oublions Pas De Penser La France), and in 2008, the year he was elected chief rabbi, he coauthored a book on Judeo-Christian dialogue (Le Rabbin et le Cardinal) with Cardinal Philippe Barbarin.

Despite all that, Bernheim suddenly warned Jewish leaders a few weeks ago about a growing “rejection” of Jews and Judaism in France, something he linked to the global passing of “Judeo-Christian values” in French society as a whole.

The immediate reason for Jewish pessimism in France and for Bernheim’s change of heart may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population.

There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year.

President François Hollande and Minister of the the Interior Manuel Valls must be credited for taking the present anti-Semitic crisis seriously, a noted departure from the ambivalent attitude of the last socialist administration of Prime Minister Lionel Jospin ten years ago. On July 22 — on the seventieth anniversary of the “grande raffle” (“great round-up”) of Jews by the Vichy government police in 1942 — Hollande drew a parallel between the Toulouse massacre and the deportation and mass murder of Jewish children during the Holocaust. As for Valls, he not only repeatedly acknowledged that “there was an upsurge of anti-Semitism in France,” but on July 8 went so far as to stigmatize the “most stupid, most dangerous new anti-Semitism” brooding among “young and not-so-young people” in the “neighborhoods” (a code word for Muslim enclaves). Quite a bold statement, since the Socialist party and the Left at large primarily derive their present electoral edge in France from the Muslim vote. Valls and his staff may also have inspired several no-nonsense reports on anti-Semitism that were recently published in the liberal, pro-socialist press.

The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same.

Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first.

Clearly, there are outward similarities between Judaism and Islam. Both religions originated in the Near East, and are — as of 2012 — related to Near or Middle East countries. Both use Semitic languages. Both insist on rituals, particularly in terms of gender roles, family life, or food, that do not fit with the current mainstream European way of life

However, differences between Judaism and Islam may outweigh similarities. As far as Near Eastern or Middle Eastern countries are concerned, Muslims turn to Saudi Arabia and Pakistan, the strongholds of anti-Western hatred, while Jews turn to Israel, the super-Western “start-up nation.” In terms of ritual, kosher slaughtering — a quasi-surgical operation — is as remote from halal slaughtering as from secular slaughtering. Jewish circumcision is performed on newborn babies and is much closer to secular prophylactic circumcision (as it is largely practiced in the United States) than to Islamic circumcision, which is performed on boys in their preteens or early teens. And when it comes to relations between politics and religion, there is simply a chasm between the two religions. Judaism (including Orthodox Judaism) is not interested in mass conversion; does not seek to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system.

But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). Jules Renard, an early 20th century French writer, wrote about his cat: “I keep telling him to hunt mice and let the canaries alone. Very subtle guidelines, I must admit. Even intelligent cats can get wrong on this issue.” And decide that eating canaries is easier and more satisfying than hunting mice. Regarding Judaism and Islam, most Europeans are like Renard’s cat. And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business.

Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. The reason why French conservatives were so fond of tagging is that a 2009 poll shows a 72% rejection of “ritual slaughtering” writ large. And Marine Le Pen, the far-right presidential candidate, dwelled on that issue for a while.

In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children.

Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it.

In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam.

The charge was made in Le Point, an important right-of-center newsmagazine, by Michel Onfray, a commercially successful dabbling philosopher and a long-time supporter of the radical Left, who himself reviewed and approvingly quoted Who Is God? (Qui est Dieu), an essay by another controversial author, the former diplomat Jean Soler.

In the 1970s Soler, who holds an agrégation degree in Greek and Latin classical studies but was never academically trained in anthropology, Semitics, or Near Eastern history, applied a structuralist approach to the study of Jewish rituals and won some polite applause from French, Israeli, and American scholars. Later on, when structuralism fell out of fashion, he sort of remixed his early work with neo-Marcionite currents in 19th century and early 20th century German and French Biblical criticism which claimed there was no spirituality at all, and indeed no real monotheism, in the Old Testament, a narrowly “tribalist” book. Or that everything spiritual in the Old Testament was a transplant from other cultures, either Pharaonic Egypt or Indo-European Iran.

Very few people in France realize what Soler’s later writing is really about, and that his approach or sources do not fit present academic standards. Even fewer people are aware that the neo-Marcionite hypothesis to which Soler has switched and which Onfray supports exerted a major influence on Nazi anti-Semitism (including the so-called “German Christian” movement) and remained after 1945 a major polemical tool in neo-Nazi or post-Nazi circles. So much so that the media had no qualms engaging for weeks in multifaceted debates and discussions about the Soler/Onfray contentions and thus, for all practical matters, promoted them.

The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions.

Michel Gurfinkiel is the Founder and President of the Jean-Jacques Rousseau Institute, a conservative think-thank in France, and a Shillman/Ginsburg Fellow at Middle East Forum.

© Michel Gurfinkiel & PJMedia, 2012

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16 réponses à Antisémitisme/France: "Les juifs, ils ont tout, même Coca-Cola" (Will massive Muslim immigration definitely mark the end of "happy like a Jew in France"?)

  1. [...] médias et l’internet (mais nos intellectuels ne sont pas en reste) et sous-tendant tout cela, l’incroyable degré de confusion mentale, comme le rappellent un professeur d’histoire de Saint-Denis comme l’éditorialiste Michel [...]

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  7. [...] Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. (…) The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions. Michel Gurfinkiel [...]

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  8. [...] que, pour ne prendre qu’un exemple ô combien symptomatique, nos concitoyens juifs en sont depuis des années réduits à pratiquer leur religion sous protection policière [...]

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  9. [...] que, pour ne prendre qu’un exemple ô combien symptomatique, nos concitoyens juifs en sont depuis des années réduits à pratiquer leur religion sous protection policière [...]

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  10. [...] que, pour ne prendre qu’un exemple ô combien symptomatique, nos concitoyens juifs en sont depuis des années réduits à pratiquer leur religion sous protection policière [...]

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  11. […] Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali […]

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  12. […] après avoir nié les différences raciales (pardon: ethniques) et l’antisémitisme (voire la présence juive !) en France […]

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  13. […] après avoir nié les différences raciales (pardon: ethniques) et l’antisémitisme (voire la présence juive !) en France […]

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  14. […] après avoir nié les différences raciales (pardon: ethniques) et l’antisémitisme (voire la présence juive !) en France […]

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  15. […] The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. (…) The second half of the 20th century was a golden age for French Jews, both in terms of numbers (from 250,000 souls in 1945 to 700,000 in 1970 due to population transfers and natural growth) and in terms of religious and cultural revival. There was only one shadow: the French government’s anti-Israel switch engineered by Charles de Gaulle in 1966, in part as a consequence of a more global anti-American switch. The 21st century may however be a much darker age. After a first wave of anti-Jewish violence in the early 2000s, some Jews left for Israel or North America. Emigration never really ceased since then, and may soon reach much more important proportions. Michel Gurfinkiel […]

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